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PCC (ON)
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2019-12-10 10:11 [p.175]
propose:
Que, compte tenu de la crise diplomatique qui perdure avec la Chine, la Chambre nomme un comité spécial chargé de tenir des audiences servant à examiner tous les aspects des relations sino-canadiennes, y compris ceux qui ont trait aux relations consulaires, économiques et diplomatiques, au droit et à la sécurité:
a) que le Comité soit composé de 12 membres, dont six proviendront du parti ministériel, quatre de l’opposition officielle, un du Bloc québécois et un du Nouveau Parti démocratique;
b) que les changements apportés à la composition du comité entrent en vigueur dès le dépôt de l’avis du whip auprès du greffier de la Chambre;
c) que les membres du Comité puissent se faire remplacer au besoin, conformément à l'article 114(2) du Règlement;
d) que les membres soient nommés par le whip de leur parti respectif par dépôt, auprès du greffier de la Chambre, de la liste des membres qui siégeront au comité au plus tard le 15 janvier 2020;
e) que le greffier de la Chambre convoque une réunion d'organisation du comité au plus tard le 20 janvier 2020;
f) que le Comité soit présidé par un membre du parti ministériel;
g) que nonobstant l’article 106(2) du Règlement, outre le président, le Comité compte un vice-président de l’opposition officielle, un vice-président du Bloc québécois et un vice-président du Nouveau Parti démocratique;
h) que le quorum du Comité soit conforme aux dispositions de l’article 118 du Règlement, et que le président soit autorisé à tenir des séances afin de recevoir et de publier des témoignages en l’absence de quorum, si au moins quatre membres sont présents, dont un membre de l’opposition et un membre du gouvernement;
i) que le Comité dispose de tous les pouvoirs que le Règlement confère aux comités permanents, ainsi que le pouvoir de voyager, accompagné du personnel nécessaire, à l’intérieur et à l’extérieur du Canada;
j) que le Comité dispose du pouvoir d’autoriser la diffusion vidéo et audio d’une partie ou de la totalité de ses délibérations;
k) que le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Sécurité publique et l’ambassadeur du Canada en Chine soient, à l’occasion, convoqués à témoigner devant le Comité, au moment qui conviendra au Comité.
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PCC (ON)
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2019-12-10 10:11 [p.176]
Monsieur le Président, le Parlement est aujourd'hui saisi d'une motion très importante, et je tiens à remercier le chef du Parti conservateur ainsi que notre caucus de l'avoir présentée. Ce débat est un exemple de la manière dont le Parlement peut s'acquitter de ses fonctions, demander des explications au gouvernement et exiger des comptes de sa part pour un bilan plutôt maigre en matière d'affaires étrangères, mais également proposer des méthodes plus fructueuses. Voilà le but de cette motion de l'opposition, qui propose la création d'un comité parlementaire spécial sur les relations sino-canadiennes.
D'abord, j'aimerais formuler deux réflexions. La première, c'est qu'il y a aujourd'hui un an que les Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig ont été arrêtés par les autorités chinoises, qui les détiennent sans les avoir mis en accusation ni leur donner accès à un avocat, au mépris de la primauté du droit. La détention arbitraire de ces hommes est une réaction diplomatique à une arrestation à des fins d'extradition effectuée légalement par le Canada, un État de droit, au nom des États-Unis et à la suite de la décision d'un tribunal américain. Le Canada a agi dans le plein respect de ses traditions honorant la primauté du droit, et les actions de la Chine montrent et nous rappellent que ce pays ne respecte pas la primauté du droit.
Je suis convaincu que l'ensemble des conservateurs, des parlementaires et des Canadiens soutiennent, comme moi, la famille des deux Michael. Nous voulons que leur bien-être soit assuré et nous voulons qu'ils rentrent au Canada le plus tôt possible. Aujourd'hui, nous discuterons de différents aspects des relations sino-canadiennes ainsi que des nombreux défis et des quelques occasions qu'elles recèlent. Par contre, nous n'en dirons pas davantage au sujet des deux Michael, par respect pour l'affaire en cours, afin qu'elle puisse connaître une fin heureuse.
Le comité spécial que nous proposons constitue l'un des éléments prometteurs de cette motion. Il s'agirait d'un comité omnipartite et pluridisciplinaire qui serait habilité à étudier tous les aspects des relations sino-canadiennes — dossiers consulaires complexes, enjeux de sécurité nationale, commerce international, affaires mondiales — et à pouvoir le faire à huis clos s'il faut protéger des renseignements secrets ou sensibles. Ce serait probablement le meilleur endroit où discuter d'une solution permettant de régler rapidement l'affaire impliquant M. Spavor et M. Kovrig. J'espère que les députés ministériels y penseront au moment de la mise aux voies de notre motion, un peu plus tard.
J'espère que tous les députés comprennent que nous avons là l'occasion de mettre de côté l'élément politique tout en nous permettant de faire notre travail. Les Canadiens s'inquiètent du sort de ces citoyens. Les Canadiens sont bien au fait des questions liées à la Chine, qu'il s'agisse des îles de la mer de Chine méridionale, de Huawei, de la situation des Ouïghours ou des ambitions de la Chine dans l'Arctique, alors qu'elle s'autoproclame « État quasi arctique », un tout nouveau terme diplomatique qu'elle a elle-même créé.
L'épineuse relation que le Canada entretient avec la Chine constitue pour lui l'enjeu d'une génération en matière de politique étrangère. La situation se prête parfaitement à la mise sur pied d'un comité de parlementaires spécial chargé d'étudier cette relation afin de veiller à ce que le Canada arrive à bien concilier tous les éléments pertinents.
Voici le deuxième point que je veux soulever d'entrée de jeu: la Chine recèle un énorme potentiel. Or, pour pouvoir tirer parti de ce potentiel, surtout sur le plan des affaires et de l'exportation, le Canada ne peut pas et ne doit pas renoncer à son soutien sans faille de la primauté du droit et des droits de la personne ni cesser d'appuyer ses alliés et amis dans le monde. Dans bien des cas, si le Canada devait y laisser les valeurs qui lui méritent le respect depuis toujours, le jeu n'en vaudrait plus la chandelle.
Tous les gouvernements de l'ère moderne, à commencer par celui dirigé par le père du premier ministre actuel, ont tenté d'atteindre un équilibre entre, d'une part, la nécessité de tisser des liens commerciaux et de faire des affaires avec la Chine ainsi que de contribuer au développement de ses régions et, d'autre part, l'obligation de promouvoir les droits de la personne, la réforme démocratique, la primauté du droit et des normes plus élevées sur le plan des affaires mondiales. Ce pays recèle donc un énorme potentiel.
Je suis exaspéré de constater que, ces dernières années, le Parti communiste chinois semble avoir tourné le dos à l'engagement qu'il avait pris de devenir une puissance mondiale sérieuse et respectueuse des lois.
Il y a des années, avant mon élection en tant que député, j'ai pris la parole lors d'un déjeuner d'affaires à Toronto. Comme de nombreuses entreprises exportatrices canadiennes, le cabinet d'avocats devant lequel je suis intervenu était conscient de l'énorme potentiel de croissance de la Chine. En effet, la Chine est la deuxième économie mondiale, et ses taux de croissance sont dans les deux chiffres depuis quelques décennies. À l'époque, j'ai présenté l'ambassadeur du Canada en Chine, qui s'adressait à des gens d'affaires de Toronto. J'ai alors cité un proverbe chinois: une génération plante des arbres, et c'est la génération suivante qui profite de l'ombre qu'ils procurent.
C'est sous le gouvernement dirigé par Pierre Trudeau que s'est amorcé l'excellent travail nécessaire pour assurer le développement initial de la Chine moderne. Tous les premiers ministres qui se sont ensuite succédé ont poursuivi ce travail, et nous devons aussi une fière chandelle à de célèbres Canadiens comme Norman Bethune ainsi qu'aux centaines de missionnaires et d'autres citoyens canadiens qui tissent des relations avec la Chine. C'est grâce à ces relations que nous avons planté des arbres. Nous avons fait de l'excellent travail. Nous devrions maintenant profiter de l'ombre. L'ambassadeur a fini par faire de ce proverbe son expression favorite, car il définit l'essence même de la diplomatie: nous faisons de l'excellent travail pour que les générations futures puissent en récolter les fruits.
Le Canada a été un partenaire important dans le développement de la Chine qui, de pays en développement, est devenue la deuxième économie du monde, une puissance mondiale. Nous avons joué un rôle de premier plan avec le Dr Bethune. Nous avons aidé ce pays à améliorer ses pratiques agricoles. Nous y avons exporté la technologie CANDU, pour que ce pays fortement dépendant du charbon ait accès à une source d'énergie sans émission de gaz à effet de serre grâce aux centrales nucléaires. Nous y avons établi des relations commerciales. Nous avons accueilli des pandas et effectué des missions commerciales. D'extraordinaires entreprises dans les secteurs des services financiers, de l'agriculture et des transports, des entreprises de premier plan comme Manuvie, Bombardier, Agrium, et j'en passe, brassent des milliards de dollars en affaires avec la Chine depuis des décennies. Nous devrions en être très heureux, mais aussi nous montrer très prudents.
Depuis quelques années, particulièrement à la lumière du 19e congrès national, la Chine se retire d'engagements sérieux pris sur la scène internationale. Le Parti communiste exerce son influence dans toutes les sphères de la vie chinoise, notamment par l'entremise de sociétés d'État et de leur action internationale. Nous connaissons l'initiative la Ceinture et la Route, qui rend les pays qui y participent redevables à la Chine pour des infrastructures et d'autres projets.
Compte tenu des changements observés en Chine au cours des 10 dernières années, il y a lieu d'être prudent. Plutôt que de profiter de l'ombre des arbres plantés par les générations précédentes, notre génération risque de se perdre en forêt, car nous ne savons plus comment maintenir cette relation importante sans sacrifier les valeurs canadiennes.
Pourquoi soulevons-nous ce débat dans le cadre de notre première motion de l'opposition? C'est parce que nous nous inquiétons sérieusement de la capacité du premier ministre de gouverner dans l'intérêt national sur la scène internationale. Aucun Canadien ne lui fait confiance lorsqu'il part à l'étranger.
Nous déplorions le fait qu'on ne parlait jamais du Canada sur la scène internationale. Aujourd'hui, il est impossible de regarder une émission de fin de soirée ou Saturday Night Live sans voir le premier ministre être le sujet de railleries pour ses agissements sur la scène mondiale, ses gaffes qui nuisent à l'intérêt national. Lors du sommet de l'OTAN, le premier ministre s'est moqué du président américain, celui-là même dont nous avons besoin pour exercer des pressions en faveur de la libération des Canadiens en Chine.
Tout cela se produit à un moment où l'OTAN est remise en question par les présidents de la France et des États-Unis. Le Canada pourrait jouer son rôle traditionnel de pivot, comme disait Winston Churchill entre l'Europe et l'Amérique du Nord. Nous sommes membres du G7, de l'OTAN, du NORAD et du Groupe des cinq. Le Canada n'est jamais le plus gros joueur, mais il a des relations qu'il est généralement en mesure de faire jouer en faveur de l'intérêt national, de la liberté, celles des autres notamment, ainsi que des intérêts de l'alliance atlantique. Cela a changé. Aujourd'hui, c'est la visite d'État du premier ministre en Inde qui illustre le mieux l'image qu'a le Canada aujourd'hui, une visite où il a placé les photographes, son image de marque et les intérêts du Parti libéral devant l'intérêt national du Canada.
Concernant la Chine, nos craintes remontent aux toutes premières actions du gouvernement. J'espère que bon nombre des nouveaux députés libéraux sont à l'écoute, parce que c'est leur rôle dans le caucus de poser des questions maintenant. Ils devraient être aussi inquiets que les conservateurs en ce qui concerne la Chine.
Un ancien ambassadeur canadien en Chine, David Mulroney, a qualifié de naïve l'approche du premier ministre à l'égard de ce pays, et je suis d'accord. Je vais faire peu de cas des propos que le premier ministre a tenus avant les élections, où il déclarait son admiration pour le régime chinois, qui est essentiellement une dictature. Je ne sais pas si c'était une blague ou si ses propos ont été mal interprétés. Chose certaine, c'était une réponse carrément ridicule.
Cependant, on a pu observer l'influence d'une faction fortement en faveur de Pékin au sein de la garde rapprochée du premier ministre dès les premiers jours du gouvernement. Le président du Conseil commercial Canada-Chine était à la tête de l'équipe libérale de transition en 2015. Il siège maintenant au Sénat, après avoir été nommé par le premier ministre.
En mai 2016, la première année du gouvernement libéral, il a été révélé que le premier ministre avait participé à des activités de financement donnant un accès privilégié en compagnie de grands personnages, d'oligarques ayant des liens étroits avec l'État chinois. Je me rappelle du moment où mon collègue de Red Deer—Lacombe a souligné avec éloquence à la Chambre non seulement que ces activités remplissaient les coffres du Parti libéral, mais aussi qu'un riche entrepreneur associé à l'État chinois avait fait un don de 200 000 $ à la Fondation Trudeau. En fait, on avait réservé une somme pour l'érection d'une statue de Pierre Trudeau. Nous en étions aux premiers jours.
Dans les premiers mois de leur mandat, les libéraux ont également infirmé une décision visant à empêcher la vente d'une entreprise technologique à une société contrôlée par des intérêts chinois. En effet, l'une des dernières choses qu'a faites le gouvernement Harper a été de bloquer la vente d'ITF Technologies à O-Net Communications pour des motifs de sécurité, puisque des éléments de recherche-développement dans le domaine de l'énergie auraient pu directement servir à des fins militaires. La vente a donc été bloquée en juillet 2015. Quelques mois à peine après être arrivés au pouvoir, les libéraux ont toutefois décidé de lever l'interdit et, quelques mois plus tard, la vente d'une entreprise à qui l'on doit des technologies potentiellement militaires à une entreprise d'État chinoise était autorisée.
Monsieur le Président, croyez-vous vraiment que cette transaction n'a pas attiré l'attention de nos alliés du Groupe des cinq? Ils ont au contraire estimé que la sage décision qu'avait prise le gouvernement conservateur venait d'être infirmée simplement parce que le nouveau premier ministre souhaitait négocier un accord de libre-échange avec la Chine.
Ce n'est pas tout. L'année suivante, les libéraux ont autorisé la vente de Norsat à Hytera, une autre entreprise détenue par des intérêts chinois, ce qui a fait sursauter le Pentagone, qui avait des contrats avec cette entreprise canadienne de communications militaires. Pour tout dire, voici ce qu'un commissaire au commerce américain, pourtant un démocrate nommé par Obama, a trouvé à dire de cette transaction:
L'autorisation, par le Canada, de la vente de Norsat à une entité chinoise soulève de graves préoccupations liées à la sécurité nationale des États-Unis, puisque l'entreprise en question figure parmi les fournisseurs de nos forces armées [...]
Le Canada semble disposé à négliger ses propres intérêts dans le domaine de la sécurité pour s'attirer les faveurs de la Chine.
Il a ajouté que ce n'était pas une raison pour compromettre la sécurité d'un proche allié. On parle ici du commissaire de la commission d'étude sur l'économie et la sécurité États-Unis—Chine, c'est-à-dire d'un démocrate nommé par celui-là même avec qui le premier ministre entretenait une bromance, le président Obama.
Ce ne sont pas de propos provocateurs. Ce sont des préoccupations légitimes qui ont été portées à l'attention des membres du comité des affaires étrangères lorsqu'ils se sont rendus à Washington. Nous avons vite constaté que des ventes pouvaient être conclues rapidement — ce qu'on aurait probablement dû interdire pour des motifs de sécurité — afin d'adoucir les angles dans les relations.
Il y a aussi de nombreuses violations des droits de la personne. J'ai dit à la Chambre plus tôt cette semaine que depuis des mois, des millions de personnes protestent dans les rues de Hong Kong. Le gouvernement n'en a pratiquement pas parlé. Quelque 300 000 Canadiens vivent là-bas. Il y a 78 ans cette semaine, des soldats des Winnipeg Grenadiers et des Royal Rifles combattaient pour défendre Hong Kong. Des centaines d'entre eux sont morts pendant cette bataille qui a pris fin le jour de Noël, et des centaines d'autres sont par la suite décédés dans des camps de prisonniers au Japon. Il n'y a donc pas que des intérêts et des citoyens canadiens à Hong Kong. Du sang canadien y a déjà été versé, et le gouvernement s'est montré avare de commentaires.
Il s'est aussi montré avare de commentaires au sujet de l'internement et de la rééducation de près d'un million de Ouïghours, un phénomène très préoccupant. Il s'agit d'un dossier où les valeurs de notre pays devraient peser dans la balance des négociations commerciales.
Sous la direction de l'actuel premier ministre, tous les autres dossiers ont été relégués à l'arrière-plan. En réalité, les libéraux se préparaient à annoncer un accord de libre-échange avant le voyage officiel du premier ministre là-bas, qui a eu lieu en 2016. Manifestement, le premier ministre et le gouvernement libéral ont fait prévaloir les intérêts commerciaux du Canada sur plusieurs enjeux: les questions de sécurité nationale; une décision par rapport à Huawei qui n'a jamais été concrétisée; la multitude de causes liées aux droits de la personne; les inquiétudes de nos partenaires de l'Asie-Pacifique concernant la militarisation des îles artificielles créées dans la mer de Chine méridionale. Soixante-dix pour cent des échanges commerciaux mondiaux s'effectuent dans cette mer. Les dernières manoeuvres de l'une de nos frégates dans ces eaux ont été surveillées par la Chine du début à la fin. La Chine s'efforce d'isoler Taïwan par rapport aux organismes internationaux comme l'Organisation mondiale de la santé, dont le but est d'endiguer les épidémies dans le monde. Encore une fois, le Canada manque de fermeté.
Les conservateurs demandent la création de ce comité spécial afin que le Canada adopte une position équilibrée par rapport à la Chine. Durant les quatre dernières années où le premier ministre a été au pouvoir, cet équilibre n'a jamais été atteint.
En ce triste anniversaire de la détention de ces deux citoyens canadiens, j'en profite pour dire qu'au cours de la dernière année, les conservateurs ont recommandé au gouvernement d'émettre des avertissements à l'intention des voyageurs. Celui-ci a mis trois mois pour le faire. Quelques semaines plus tard, nous avons demandé au premier ministre de s'en mêler directement. Il a refusé de le faire en disant qu'il s'agissait d'un simple dossier relevant des affaires consulaires. Ce n'était pas le cas. Au moment où lui et l'ancienne ministre ont finalement tenté d'intervenir, on n'a pas répondu à leurs appels. Nous leur avons indiqué que la Loi sur l'extradition permettait de confier l'affaire Meng à un autre tribunal qui serait en mesure de trancher plus rapidement. En plus de rendre service à nos citoyens, cela aurait accéléré le processus, dans le respect de la primauté du droit et de la Loi. Les libéraux n'ont pas écouté.
Le comité a appelé M. McCallum à comparaître à huis clos. Je ne peux pas en parler, mais j'aurais souhaité que sa comparution soit télévisée. Les députés comprennent probablement pourquoi il n'est plus ambassadeur. Il s'est contredit à plusieurs reprises et a dû démissionner. Nous voulions qu'un ambassadeur soit nommé immédiatement, mais les libéraux ont attendu jusqu'aux élections pour nommer M. Barton, sans consulter les partis de l'opposition. Nous leur avons demandé d'annuler la participation du Canada à la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures. Nous leur avons demandé de déposer immédiatement une contestation devant l'OMC relativement au canola et à d'autres produits injustement touchés par le commerce. Les libéraux ont attendu jusqu'à deux jours avant les élections, autrement dit, six mois. Nos alliés ne sont pas là pour nous en raison du manque de sérieux du premier ministre sur la scène internationale.
En terminant, je vais citer la dernière déclaration de M. McCallum, qui montre pourquoi nous avons besoin de ce comité et devons être sérieux avec la Chine. Lorsqu'il est parti en mission, il a dit:
Lorsque la Chine et le Canada ont eu des désaccords par le passé — car cela arrive parfois —, les trois premiers ministres que j'ai servis ont tous tiré parti de ce lien d'amitié en vue de parler avec respect et franchise à leurs homologues chinois. Je suis persuadé que cette longue tradition se poursuivra.
Elle ne s'est pas poursuivie. Avec ce comité spécial, elle pourra se poursuivre, et nous pourrons faire les choses avec sérieux et avoir une approche équilibrée vis-à-vis de la Chine.
Voir le profil de Robert Oliphant
Lib. (ON)
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2019-12-10 10:32 [p.178]
Monsieur le Président, je remercie le député de Durham d'avoir soulevé des préoccupations qui, à mon avis, sont partagées par tous les députés en ce qui concerne les relations diplomatiques très délicates, et parfois difficiles, que nous avons avec la Chine.
J'ai une question très simple pour le député. Le printemps dernier, le comité législatif Canada-Chine, soit l'organisme qui se penche sur les relations parlementaires entre le Canada et la Chine, a mené une mission en Chine.
Le Parti conservateur a choisi de ne pas envoyer de députés de son caucus dans le cadre de ce voyage. Lors de cette mission, nous avons eu l'occasion de rencontrer des représentants du comité central et plus particulièrement des députés du comité des affaires étrangères. Nous avons été en mesure de soulever des questions délicates concernant les affaires consulaires, ainsi que d'autres questions relatives au commerce et à la détention arbitraire de Canadiens. Malgré cela, le Parlement affiche maintenant un intérêt renouvelé pour cette affaire en particulier.
Pourquoi le Parti conservateur a-t-il choisi de ne pas envoyer de députés dans le cadre de ce voyage très important afin qu'il puisse se faire entendre, comme le veut la bonne tradition parlementaire?
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PCC (ON)
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2019-12-10 10:33 [p.178]
Monsieur le Président, je suis heureux que le député de Don Valley-Ouest soit membre de groupes d'amitié parlementaire et qu'il participe à des activités d'engagement social très informelles auxquelles beaucoup de députés peuvent participer, mais il ne s'agit pas d'efforts diplomatiques sérieux au nom du Canada.
En réalité, je suis déçu parce que, à l'époque, le député était le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères et il aurait dû savoir qu'il ne prenait pas la relation du Canada avec la Chine suffisamment au sérieux s'il envoyait quelques modestes fonctionnaires ou des fonctionnaires de niveau plus élevé, comme un groupe d'amitié parlementaire, et que le premier ministre et la ministre des Affaires étrangères ne se saisissaient pas du dossier.
C'est pourquoi, en décembre dernier, les conservateurs et leur chef ont demandé au premier ministre de s'occuper personnellement du dossier, comme le disait M. McCallum, pour montrer l'importance que le Canada accorde au différend diplomatique et à la détention. Ce n'est pas en envoyant un groupe d'amitié parlementaire quelques mois plus tard que le Canada peut montrer l'importance qu'il accorde à la question de la détention.
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NPD (MB)
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2019-12-10 10:34 [p.179]
Monsieur le Président, puisque c'est la première fois que je prends la parole à la Chambre, je tiens simplement à remercier les électeurs d'Elmwood—Transcona de m'avoir réélu pour représenter notre collectivité à Ottawa.
À propos de l'Association législative Canada-Chine, j'aimerais dire qu'elle porte un titre très différent de celui d'autres associations. Je le sais parce que mon père a en fait quelque chose à voir avec ce titre.
À l'époque, des libéraux et des conservateurs voulaient lui donner le nom d'association parlementaire. Toutefois, étant donné que la Chine n'est pas une démocratie, certains députés de ce côté-ci de la Chambre ont estimé qu'il était inapproprié de lui attribuer le nom d'association parlementaire.
Nous avons un groupe d'amitié législatif entre le Canada et la Chine pour une raison bien précise. J'ai pensé qu'il serait bon de le rappeler aux députés, et ce, pour une raison importante.
Je sais qu'à l'époque du gouvernement Harper, le Canada a signé un accord commercial controversé avec la Chine. Cet accord est reconnu pour permettre que soient laissées dans l'ombre des décisions d'arbitrage rendues dans son cadre.
Dans son discours, le député a notamment fait allusion aux nombreux problèmes commerciaux que nous avons eus avec la Chine, notamment dans le dossier du canola et d'autres produits agricoles. Cet accord ne semble pas avoir fait grand-chose pour les producteurs canadiens.
Je me demande si le député envisagerait la possibilité d'examiner cet accord dans le cadre des travaux du comité, pour voir s'il a été utile ou non aux producteurs canadiens.
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PCC (ON)
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2019-12-10 10:36 [p.179]
Monsieur le Président, je tiens à remercier le député d'Elmwood—Transcona de cette précision concernant le nom du groupe législatif.
Il a tout à fait raison de dire que ce comité devrait être saisi de l'APIE, c'est-à-dire de l'Accord sur la promotion et la protection des investissements, signé par le Canada et la Chine. J'ai d'ailleurs participé au processus qui a mené à cet accord, à l'époque où j'étais secrétaire parlementaire. Cet accord devait offrir un certain degré de certitude aux exportateurs.
Le problème, c'est que les exportateurs chinois qui expédient leurs produits au Canada peuvent recourir aux tribunaux canadiens, c'est-à-dire au système judiciaire le plus juste et judicieux au monde. À qui les exportateurs canadiens peuvent-ils s'adresser en Chine? Il n'y a pas d'État de droit. L'APIE était censé régler presque immédiatement certains de ces différends. Si cela n'a pas fonctionné tout à fait comme prévu, c'est en grande partie parce que l'État chinois a reculé devant son engagement; c'est ce qu'on appelle le socialisme aux caractéristiques chinoises.
Pour diriger une entreprise d'État ou siéger à son conseil d'administration, il faut être membre du Parti communiste. Toutes ces entreprises, y compris Huawei, sont le prolongement de l'État chinois. Tous ces éléments doivent être pris en compte par ce comité omnipartite professionnel. J'espère que les néo-démocrates et mes collègues appuieront cette motion.
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PCC (ON)
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2019-12-10 10:38 [p.179]
Monsieur le Président, je profite de cette première intervention à la Chambre pour remercier les gens d'Oshawa de m'avoir réélu. Je promets de faire de mon mieux pour servir ma collectivité à la Chambre au cours de ce sixième mandat.
Je remercie également mon collègue de Durham d'avoir présenté cette importante proposition. Comme ce comité aiderait l'ensemble du Canada et tous les participants à la Chambre, je le remercie d'avoir tendu la main aux autres partis. Pour ce qui est du dossier chinois et des affaires internationales, de toute évidence, l'actuel gouvernement libéral a besoin d'un sérieux coup de main.
Je me rappelle le premier accord commercial que le premier ministre a eu l'occasion de signer. Comme mon collègue s'en souviendra, il s'agissait du Partenariat transpacifique. Le premier ministre était l'invité de M. Obama, le président le plus progressiste de l'histoire des États-Unis, dont c'était l'initiative. Mais qu'a fait le premier ministre à nos partenaires de l'Asie-Pacifique et aux Américains? Il ne s'est tout simplement pas présenté pour signer l'accord.
Les gaffes ne cessent de se succéder, comme lors du voyage en Inde ou lors du sommet de l'OTAN où nous avons été témoins du dernier faux pas de la série. Les Chinois souhaitent vraiment que le Canada leur donne une certaine certitude. Ils s'attendent à un certain respect.
J'aimerais que mon collègue explique pourquoi il importe que le Canada rétablisse de bonnes relations avec la Chine et, comme l'a indiqué M. McCallum, qu'il adopte une approche respectueuse fondée sur des principes pour traiter en toute franchise avec eux.
Voir le profil de Erin O'Toole
PCC (ON)
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2019-12-10 10:39 [p.179]
Monsieur le Président, je tiens, moi aussi, à remercier les gens d'Oshawa d'avoir élu le député d'Oshawa, qui est à la fois un parlementaire fantastique et mon voisin. Une petite zone au nord d'Oshawa m'a élu, et je lui en suis reconnaissant.
Le député a tout à fait raison: le comité proposé pourrait grandement aider le Canada, puisque la relation entre le Canada et la Chine évolue et se trouve actuellement à un point crucial. Nous pouvons examiner tous les aspects de la situation, notamment les enjeux liés au commerce et les questions consulaires.
J'ai participé à un excellent débat, la semaine dernière, avec mon collègue de Scarborough—Guildwood, et j'ai été abasourdi lorsqu'il a convenu que le gouvernement libéral n'aurait pas dû fermer le bureau de l'ambassadeur pour la liberté de religion.
Je salue sa volonté de dénoncer l'une des nombreuses erreurs qu'a commises le gouvernement précédent dans le domaine de la politique étrangère. L'ambassadeur Bennett a été l'un des premiers fonctionnaires canadiens à attirer l'attention sur la situation des Ouïghours. Il a toutefois été réduit au silence par le premier ministre.
Fait ironique, Bob Rae, dont le Globe and Mail publie aujourd'hui un bon éditorial sur ces questions, se trouve aujourd'hui à la Cour internationale de Justice à propos du dossier des Rohingyas. La première personne qui a vraiment attiré notre attention sur leur sort, c'est l'ambassadeur Bennett.
Lorsque les droits de la personne, les libertés religieuses et la primauté du droit sont menacés ailleurs dans le monde, le rôle important que joue une personnalité comparable à un diplomate de haut rang peut parfois donner un coup de pouce au Canada dans un dossier. Le comité pourrait se pencher sur les façons de rétablir ce poste ou d'élargir le mandat de son titulaire.
Voir le profil de Kevin Lamoureux
Lib. (MB)
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2019-12-10 10:40 [p.180]
Monsieur le Président, je m'interroge sur le bien-fondé de la demande de l'opposition officielle qui veut créer un comité spécial, alors que nous avons déjà de nombreux comités permanents en place, notamment celui des affaires étrangères, qui serait tout indiqué dans ce cas. Un comité directeur sera également mis sur pied au sein de ce comité.
Le député d'en face reconnaît que les relations entre le Canada et la Chine connaissent des hauts et des bas. Je me souviens qu'au début des années 1990, lorsque Jean Chrétien était premier ministre, les efforts d'Équipe Canada avaient permis d'accroître les retombées économiques dans les deux pays. On parle de centaines de millions de dollars. Je me souviens également que Stephen Harper est allé en Chine et qu'il en a ramené un couple de pandas. Il y a des hauts et des bas. Je qualifierais la relation entre le Canada et la Chine de bonne et je dirais que les ministres accomplissent un excellent travail pour protéger les intérêts du Canada.
Pourquoi le député ne veut-il pas permettre au Comité permanent des affaires étrangères d'examiner la question plutôt que de créer un problème là où il n'y en a pas? Ce que propose le député n'a rien à voir avec la captivité des deux Canadiens, une question qui préoccupe énormément tous les députés.
Voir le profil de Erin O'Toole
PCC (ON)
Voir le profil de Erin O'Toole
2019-12-10 10:42 [p.180]
Monsieur le Président, il s'agit de la relation la plus fondamentale qu'aura le Canada avec un pays étranger d'ici une génération. Nous n'avons pas besoin qu'un comité permanent mène une étude de trois jours. Nous avons besoin d'un comité multidisciplinaire spécialisé qui a le pouvoir de tenir des réunions à huis clos et d'accéder à des renseignements secrets afin de se pencher non seulement sur les affaires consulaires complexes, mais aussi sur les questions liées au commerce, à la défense, à la sécurité, aux cybermenaces ainsi qu'aux actions et aux répercussions de la Chine dans le domaine du droit de la personne et de la primauté du droit.
Dans le contexte actuel, où des informations de nature délicate pourraient nuire à une affaire consulaire complexe ou être liées aux réseaux 5G, par exemple, le comité pourrait tenir des réunions à huis clos, en secret, sans que la question soit politisée à la Chambre. Pourquoi les libéraux ne voudraient-ils pas voir ce degré de professionnalisme?
La seule raison qui me vient à l'esprit et qui peut expliquer pourquoi les libéraux ne veulent pas adopter cette approche multipartite est qu'ils ne veulent pas soumettre leur bilan à un examen approfondi. Je suis désolé, mais notre travail consiste à leur demander des comptes et à faire pression pour qu'ils fassent mieux. C'est pourquoi nous devrions adopter la motion visant à établir le comité spécial.
Voir le profil de Karina Gould
Lib. (ON)
Voir le profil de Karina Gould
2019-12-10 10:43 [p.180]
Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au sujet de la motion présentée par le député de Durham. Je tiens d'abord à souligner que, il y a un an jour pour jour, Michael Kovrig et Michael Spavor se sont fait emprisonner arbitrairement en Chine. Il faut préciser qu'ils sont et demeureront la priorité absolue du gouvernement et des Canadiens.
Le Canada entretient depuis longtemps une relation étroite avec la Chine. En ces temps difficiles, nous devons nous concerter pour résoudre les différends qui nous opposent à ce pays en gardant à l'esprit que la sécurité des Canadiens demeure notre principale priorité.
Nous travaillons avec persévérance, soin et détermination pour les ramener au Canada.
Malgré l'ampleur des liens bilatéraux du Canada avec la Chine, nos relations diplomatiques avec ce pays, à l'instar de tout autre pays, ne sont pas exemptes de difficultés. Nous traversons actuellement une période particulièrement difficile. Comme les deux côtés de la Chambre l'ont mentionné, les Canadiens s'inquiètent profondément de la détention arbitraire de Michael Kovrig et de Michael Spavor ainsi que de la condamnation à mort arbitraire de Robert Schellenberg.
Les Canadiens sont aussi préoccupés par les violations des droits de la personne des musulmans ouïghours et d'autres minorités en Chine. Les récents développements à Hong Kong inquiètent particulièrement la population canadienne, étant donné que 300 000 Canadiens y vivent. Le gouvernement du Canada continue à partager ces préoccupations et a toujours dénoncé la situation.
Notre gouvernement soulèvera toujours avec le gouvernement chinois des questions d'importance pour les Canadiens, telles que le respect de la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Le Canada demeurera ferme et résolu dans la défense de ses principes et de ses intérêts. Comme le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères l'ont clairement indiqué, tous les paliers gouvernementaux sont concernés par les dossiers des Canadiens détenus et condamnés de façon arbitraire en Chine.
Nous saluons le courage et la force morale de MM. Kovrig et Spavor, ainsi que celui de leurs familles dans ces circonstances extrêmement difficiles. Aujourd'hui, le 10 décembre, cela fait exactement un an que Michael Kovrig et Michael Spavor ont été arrêtés de façon arbitraire par les autorités chinoises. Depuis le début de leur détention, ils n'ont pas eu accès à un avocat et se sont vu refuser tout contact avec leurs familles et leurs proches.
Le gouvernement a mentionné très clairement que la détention de ces deux Canadiens est inacceptable, que leur emprisonnement est arbitraire, et qu'ils doivent être immédiatement libérés. Nous avons soulevé cette question auprès de tous les paliers de gouvernement chinois, et nous continuerons de le faire chaque fois que nous le pourrons jusqu'à ce que ces hommes soient libérés.
L'ambassadeur Barton, l'équipe diplomatique en Chine et notre gouvernement continueront de fournir des services consulaires à ces hommes et à leurs familles afin de les appuyer.
Cette question ne préoccupe pas seulement le Canada, elle préoccupe aussi tous ceux qui cherchent à défendre l'ordre international fondé sur des règles. La détention arbitraire et la détermination de la peine des Canadiens vont totalement à l'encontre des principes de la primauté du droit.
Malgré ce que le député d'en face a dit, plusieurs pays ont exprimé les mêmes préoccupations au sujet des mesures prises par la Chine, notamment l'Australie, la République tchèque, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, les Pays-Bas, la Lettonie, la Lituanie, l'Espagne, l'Estonie, l'Union européenne et l'OTAN.
De grosses pointures du monde universitaire, du secteur privé et de la société civile sont du même avis. Une lettre ouverte signée par des diplomates et des universitaires de 19 pays n'est qu'un exemple parmi tant d'autres montrant que les préoccupations que suscitent les agissements de la Chine vont bien au-delà des frontières du Canada.
De concert avec les ambassadeurs du Canada dans le monde entier, nous continuerons de parler de cette question avec les homologues étrangers et d'autres intervenants, en soulignant le précédent troublant que constituent ces mesures arbitraires.
En effet, des citoyens d'autres pays ont également été victimes de ces mesures.
Il est important que la Chine reconnaisse que son comportement nuit à sa réputation non seulement aux yeux du Canada, mais à ceux de nombreux autres pays, et que cela envoie un mauvais signal à la communauté internationale.
Nous sommes conscients que l'arrestation, au Canada, de Mme Meng Wanzhou préoccupe la Chine au plus haut point. Mme Meng a été arrêtée conformément aux obligations juridiques internationales du Canada aux termes du Traité d'extradition canado-américain. Cela n'avait rien à voir avec notre relation avec la Chine ou les États-Unis. C'était plutôt dicté par l'engagement inébranlable du Canada à respecter la primauté du droit et à remplir ses obligations juridiques.
Le Canada a conclu plus de 50 accords bilatéraux d'extradition, et nous les respectons tous avec la même rigueur. Comme la Chine a, elle aussi, des dizaines d'accords bilatéraux en matière d'extradition, elle devrait bien comprendre le processus.
Pour le Canada, la primauté du droit n'est pas une option. C'est la pierre angulaire de notre démocratie et une valeur canadienne fondamentale. Le Canada ne compromettra ni ne politisera la primauté du droit et l'application régulière de la loi.
Le Canada mène une procédure judiciaire équitable, impartiale et transparente à l'égard de Mme Meng. À preuve, le Canada a accordé l'accès consulaire à la Chine à peine quelques heures après l'arrestation de Mme Meng, qui a ensuite été libérée sous caution. Mme Meng est représentée par un avocat chevronné et elle pourra soulever toute question qui, selon elle ou son avocat, s'avère pertinente chaque fois que l'occasion se présentera tout au long des procédures judiciaires.
Cela tombe bien puisque, aujourd'hui, le 10 décembre, c'est la Journée des droits de l'homme dans le monde entier.
Le Canada demande systématiquement à la Chine de respecter, de protéger et de promouvoir la liberté d'opinion et d'expression, la liberté de réunion et d'association pacifiques et la liberté de religion ou de croyance pour tous les citoyens chinois.
Nous continuons de soulever les questions relatives aux droits de la personne et à la primauté du droit auprès de nos homologues chinois à tous les échelons.
La promotion et la protection des droits de la personne font partie intégrante de la politique étrangère canadienne et demeurent une priorité absolue pour le gouvernement du Canada. Si la croissance économique de la Chine a entraîné une amélioration générale du niveau de vie de la population chinoise, le respect des droits civils et politiques a connu un recul inquiétant dans le pays. La liberté de religion ou de croyance est également menacée.
Le Canada est gravement préoccupé par l’intimidation et la répression persistante des minorités ethniques, des groupes religieux et des groupes vulnérables en Chine, notamment des bouddhistes tibétains, des Ouïghours et d’autres musulmans, des chrétiens, des adeptes du Falun Gong, des femmes et des filles, ainsi que des membres de la communauté LGBTQ.
Le Canada a manifesté ses préoccupations au sujet de la réduction de l'espace accordé à la société civile en Chine. L’intensification des actions contre les défenseurs des droits de la personne, y compris les avocats, les journalistes et les acteurs de la société civile, est également préoccupante.
Le gouvernement n'a cessé d'exprimer auprès des autorités chinoises ses préoccupations à propos du respect des droits de la personne en Chine et au sujet de la situation au Xinjiang. Nous nous sommes prononcés publiquement devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies et avons pressé la Chine de libérer tous les membres de la minorité ouïghoure détenus arbitrairement au Xinjiang. Des déclarations à cet égard ont été faites en septembre 2018, novembre 2018 et mars 2019. En juillet 2019, le Canada s'est joint à 21 pays, dont l'Australie, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Japon et le Royaume-Uni, pour présenter une lettre au Conseil des droits de l'homme afin de faire connaître ces préoccupations.
Plus récemment, le 29 octobre, lors de la Troisième Commission de l'Assemblée générale des Nations unies, le Royaume-Uni a dénoncé au nom de 23 pays, dont le Canada, la détention arbitraire des membres de la minorité ouïghoure et les atteintes aux droits de la personne commises au Xinjiang, en Chine, devant le comité sur l'élimination de la discrimination raciale. Nous continuerons de soulever à la moindre occasion ces questions et d'autres préoccupations relatives aux droits de la personne et d'exiger que le gouvernement chinois veille au plein respect des droits de ses citoyens.
Le Canada continue de surveiller de près les troubles qui secouent actuellement Hong Kong. Le Canada presse tous les partis concernés par cette crise à faire preuve de retenue, à éviter d'user de violence et à entamer un dialogue pacifique et inclusif.
Comme 300 000 Canadiens vivent à Hong Kong, le Canada a intérêt à promouvoir la stabilité et la prospérité de Hong Kong. Nous continuons d'appuyer le droit de manifester pacifiquement ainsi que l'autonomie de Hong Kong comme le prévoient la Loi fondamentale et le cadre juridique « un pays, deux systèmes ».
Le Canada félicite le peuple de Hong Kong pour l'élection pacifique de son conseil de district le 24 novembre. Ce fut une occasion importante pour les citoyens de Hong Kong d'exprimer leur point de vue. Nous espérons que les élections aideront à tracer la voie du dialogue et de la réconciliation pacifique.
Malgré les défis qu'elles présentent, nous devons reconnaître que les relations bilatérales entre le Canada et la Chine ont toujours comporté de nombreux volets de coopération fort utile. Dans les dernières années, nous avons amélioré le cadre de mécanismes officiels de dialogue dont nous nous servons. Même si nous regrettons que le gouvernement chinois ait choisi de restreindre la collaboration, le Canada continuera ses efforts de dialogue à tous les niveaux.
Le fait que les ambassadeurs à Ottawa et à Pékin ont récemment tous deux été relevés nous permet d'espérer que le dialogue officiel et informel pourra se poursuivre. Mon collègue le ministre des Affaires étrangères a fait valoir ses attentes quant à la poursuite du dialogue lorsqu'il a rencontré le ministre des Affaires étrangères de la Chine en marge des rencontres du G20 à Nagoya à la fin de novembre.
Le gouvernement du Canada est hautement préoccupé par la décision des autorités chinoises de restreindre l'importation de canola canadien et, dans le cadre de discussions bilatérales à l'OMC, nous demandons le rétablissement complet de ces échanges.
Les efforts que nous déployons pour défendre l'ensemble du pays ont permis de rétablir le commerce de porc et de bœuf et nous allons continuer de défendre les intérêts du Canada chaque fois que ce sera nécessaire.
Dans certains secteurs, il est évident que la collaboration pratique est nécessaire. La lutte contre les changements climatiques et la protection de l'environnement requièrent des solutions à l'échelle planétaire et la Chine constitue un partenaire essentiel à cet égard. Le Canada a réussi à mettre en œuvre des mécanismes de collaboration avec la Chine sur ces enjeux et il continuera de le faire.
Le domaine de la santé est un exemple de l'importance d'une collaboration et d'un dialogue en continu pour promouvoir une coopération concrète. Les pandémies mondiales présentent des risques importants. Le Canada et la Chine travaillent en collaboration depuis longtemps dans le domaine de la santé, notamment la santé à l'échelle internationale.
La culture est un autre domaine important de coopération bilatérale entre le Canada et la Chine. Il y a de plus en plus d'échanges organisés de manière indépendante par des organisations artistiques, et ces échanges contribuent à l'enrichissement de nos cultures respectives, au partage du savoir et à la tolérance. Le Canada doit chercher à mieux comprendre la Chine.
Ce sont là quelques exemples de relations bilatérales qui constituent un précieux rappel de l'importance d'un dialogue suivi avec nos homologues chinois.
Je voudrais insister sur le fait que, pendant cette période difficile sur le plan de ses relations avec la Chine, le Canada continuera à miser sur un engagement stratégique et réfléchi. Le dialogue avec la Chine est important pour soutenir et promouvoir les intérêts du Canada à l'échelle mondiale. C'est pourquoi il importe que les voies de communication restent ouvertes, mais que,simultanément, le Canada exprime clairement à la Chine sa ferme intention d'obtenir la libération de Michael Kovrig et de Michael Spavor et de faire respecter les valeurs et les principes canadiens.
Au bout du compte, la Chine doit comprendre qu'en prenant des mesures arbitraires contre des ressortissants étrangers pour faire pression sur un autre pays, elle envoie un mauvais signal à la communauté internationale. Ce n'est pas une manière efficace de résoudre les différends bilatéraux.
Nous allons appliquer une approche pancanadienne et continuer de faire front commun. Ce n'est pas une question partisane, et ce n'est pas en se servant de cette question à des fins partisanes qu'on aidera M. Kovrig et M. Spavor.
Le Canada continuera de défendre ses principes et l'ordre international fondé sur des règles qui a permis de maintenir la paix et la prospérité dans le monde pendant des décennies. Dans nos rapports avec la Chine, notre approche fondée sur des principes nous amène à chercher la collaboration lorsque c'est possible et à défendre nos valeurs et nos intérêts lorsque c'est nécessaire.
Voir le profil de Garnett Genuis
PCC (AB)
Monsieur le Président, j'espère que la ministre et le gouvernement appuieront cette motion. Le gouvernement est minoritaire au Parlement, et il est très important que les parlementaires se penchent sur les décisions qui sont prises par le gouvernement et en débattent avec rigueur. Espérons que le gouvernement ne cherchera pas à empêcher cela.
J'ai deux questions précises à poser à la ministre.
Comme les gens qui nous écoutent, la ministre sait qu'elle a choisi ses mots très soigneusement en parlant de la situation à Hong Kong. La ministre et son gouvernement appuient-ils les appels à un véritable suffrage universel et à une vraie démocratie à Hong Kong, puisque cela fait partie des demandes clés des manifestants?
Ma seconde question porte sur la nomination de Dominic Barton au poste d'ambassadeur du Canada en Chine. M. Barton a été directeur général chez McKinsey & Company, une firme qui a offert des services de consultation à au moins 22 des 100 plus grandes entreprises d'État en Chine. Il a participé à un séjour d'entreprise à Kashgar, à quatre milles d'un camp de concentration où sont emprisonnés des Ouïghours. Il a, de son propre aveu, « avalé le discours officiel par rapport à la Chine ». Dominic Barton n'a aucune expérience diplomatique.
Je me demande donc ce qu'en pense la ministre. Le gouvernement a signalé sa position sur la situation des musulmans ouïghours, réitéré son engagement à l'égard des droits de la personne et offert son point de vue sur la construction d'îles artificielles en mer de Chine méridionale par des entreprises d'État. L'une de ces entreprises a été conseillée par McKinsey. Quel message la nomination de Dominic Barton envoie-t-elle en ce qui a trait à ces enjeux?
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Lib. (ON)
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2019-12-10 10:59 [p.182]
Monsieur le Président, je suis impatiente de continuer à servir dans la présente législature avec le député. Je sais que la question des droits de la personne le passionne, car je l'ai constaté lorsque j'étais secrétaire parlementaire et qu'il faisait partie du comité des affaires étrangères. J'ai donc hâte de discuter de ce sujet, et de bien d'autres, avec lui.
En ce qui concerne l'ambassadeur Barton, j'aimerais remercier Jim Nickel, notre chargé d'affaires, de son excellent travail. J'aimerais aussi remercier nos diplomates en Chine de tout le travail qu'ils accomplissent dans des circonstances difficiles.
L'ambassadeur Barton entreprend son mandat en possédant déjà une vaste connaissance de la Chine et il est bien placé pour comprendre l'importance de nos relations avec ce pays. Son expérience a déjà des effets positifs en ces temps difficiles, et nous espérons qu'il poursuivra sur sa lancée.
Comme je l'ai dit, le Canada est solidaire des habitants de Hong Kong. Nous nous réjouissons des élections du 24 novembre dernier, qui se sont déroulées avec succès et de façon pacifique. Toutefois, la situation là-bas nous inquiète toujours, et nous continuons de réclamer que les gens puissent se rassembler pacifiquement et s'exprimer librement dans le respect des droits démocratiques.
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NPD (ON)
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2019-12-10 11:00 [p.183]
Monsieur le Président, la mise sur pied de ce comité est très importante. La situation avec la Chine est extrêmement grave et nous amène à nous interroger sérieusement sur la piètre gestion du gouvernement libéral dans ce dossier depuis le début.
Nous savons que l'élément déclencheur a été l'arrestation de Meng Wanzhou, de la société Huawei, qui est impliquée dans une guerre commerciale féroce avec les États-Unis, dont nous avons décidé de nous mêler en l'arrêtant. Le président des États-Unis a dit qu'il interviendrait s'il pouvait conclure un meilleur accord commercial avec la Chine, faisant ainsi de nous le dindon de la farce. En raison de notre prise de position, des Canadiens sont emprisonnés et nos exportations de canola sont maintenant menacées.
Je m'inquiète du fait qu'il n'y a pas eu vraiment de réflexion dans ce dossier. Nous n'avons pas tenté de régler la question diplomatiquement avec la Chine. Un ancien libéral, le diplomate alors en poste, a tenu des propos vraiment déplacés. Il a ensuite été remplacé par un conseiller libéral. Il semble que le gouvernement préfère servir les intérêts du Parti libéral plutôt que d'affecter des diplomates compétents et expérimentés à l'étranger. Il met des Canadiens en danger et risque de nuire à nos négociations commerciales avec un pays qui joue un rôle très important.
Pourquoi la ministre craint-elle de confier le dossier à un comité pour que nous puissions examiner les échecs de son gouvernement?
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Lib. (ON)
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2019-12-10 11:01 [p.183]
Monsieur le Président, je suis ravie de pouvoir siéger avec mon collègue pendant cette législature. Je sais à quel point les droits de la personne d'ici et d'ailleurs lui tiennent à coeur.
Pour ce qui est des priorités du Canada, comme je l'ai dit dans mon discours, notre priorité absolue est la sécurité de monsieur Spavor et de monsieur Kovrig, qui sont en Chine. Il est primordial que tous les députés de la Chambre collaborent pour que les deux hommes puissent revenir au pays et retrouver leur famille.
Comme mon collègue de Winnipeg-Nord l'a souligné dans une question adressée au député de Durham, il semble que plusieurs comités parlementaires sont en mesure d'étudier ce dossier, dont le comité des affaires étrangères, à moins qu'il faille un niveau d'habilitation sécuritaire plus élevé. Lors de la dernière législature, le gouvernement a créé, en collaboration avec les autres partis représentés à la Chambre, un comité multipartite chargé de la sécurité et du renseignement. Il existe déjà des moyens de traiter ce dossier. Je sais que le ministre des Affaires étrangères serait heureux d'en discuter avec n'importe qui à la Chambre.
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