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Susan McGee
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Susan McGee
2020-08-17 15:05
Je vous remercie beaucoup de cette introduction.
Je suis présidente-directrice générale de Homeward Trust, un organisme communautaire qui emploie une approche de planification de système pour mettre fin à l'itinérance dans la communauté d'Edmonton. Cette entité locale appuie la mise en œuvre du programme Reaching Home et soutient activement l'évolution des stratégies nationales du Canada en matière de logement et d'itinérance. J'ai eu le privilège et la chance immenses de faire partie du comité consultatif sur l'itinérance, présidé à l'époque par le secrétaire parlementaire Adam Vaughan, et je suis actuellement membre d'un certain nombre de comités nationaux.
Je suis accompagnée aujourd'hui de M. Puligandla, notre responsable de la stratégie, qui pourra probablement mieux répondre que moi à certaines questions. Nous voulons réserver du temps à cette fin.
Notre organisme et ses organisations partenaires sont reconnus à l'échelle nationale et internationale pour les efforts collectifs qu'ils déploient pour éradiquer l'itinérance, réussissant à loger près de 11 000 personnes depuis le début de notre programme Housing First en 2009. Notre organisme recueille des fonds de tous les ordres de gouvernement pour soutenir les fournisseurs de service, les communautés autochtones et les partenaires gouvernementaux d'Edmonton afin d'élaborer, de mettre en œuvre et de surveiller collectivement nos solutions visant à mettre fin à l'itinérance dans notre communauté.
Nous vous remercions de nous offrir l'occasion de traiter aujourd'hui de la réponse du gouvernement à la pandémie de COVID-19 et de ce qu'il faut faire pour que les Canadiens vulnérables et sans abri soient soutenus et protégés sur le long chemin qui nous attend.
La COVID-19 a frappé il y a à peine six mois, mais les risques qu'elle pose pour les membres de notre communauté nous ont obligés à revoir complètement nos priorités et nos programmes. Voilà qui a demandé un effort intense et épuisant, mais dont nous pouvons être fiers et qui n'aurait pas été possible sans la mobilisation rapide des ressources ,municipales, provinciales et — disons-le — fédérales.
Le financement du programme Reaching Home a joué un rôle primordial dans la lutte contre l'itinérance à Edmonton. Ce financement ayant été engagé tôt, les processus s'en sont trouvés accélérés et tant les organisations locales que le personnel des programmes fédéraux ont été en mesure de prendre des décisions nécessaires, faisant fond sur les relations fondées sur la responsabilité existantes. Nombre d'entre nous en retiennent l'impression durable que nous pouvons et devrions continuer de réagir de cette manière pour traiter l'itinérance comme l'urgence nationale qu'elle est en toute circonstance.
Homeward Trust soutient sans réserve l'initiative Recovery for All et le plan en six points que l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance a déjà présentés au gouvernement, et nous appuyons d'autres organisations nationales comme l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine, qui préconise d'investir davantage dans le logement abordable, notamment en faisant appel aux Autochtones.
Plutôt que de revenir sur ces intentions soigneusement considérées, nous mettrons l'accent sur ce que nous considérons comme les mesures essentielles et immédiates qu'il faut prendre pour favoriser la réussite de leur mise en œuvre.
D'abord, notre pays a besoin d'un investissement à long terme pour que nos communautés, qui ont fait des accomplissements herculéens au cours du sprint des six derniers mois, aient l'endurance nécessaire pour le marathon à venir. Sans engagement à l'horizon, la planification a cessé et les programmes ont pris fin, alors que les gens font face aux mêmes risques auxquels ils étaient exposés sur le plan de la santé et de la sécurité en mars, dès le début.
En outre, tous les ordres de gouvernement doivent déployer des efforts pour non seulement protéger les Canadiens vulnérables contre la pandémie, mais aussi pour résoudre les nombreux problèmes systémiques qui ont conduit les gens vulnérables à l'itinérance au départ. La pandémie a fait ressortir les failles du système, que nous ne pouvons plus ignorer une fois que nous les avons vues.
Enfin, le gouvernement doit renforcer les communautés en dirigeant la réaction dans le cadre d'une approche de planification de système coordonnée, réunissant les intervenants des divers systèmes et ordres de gouvernement qui, s'ils fonctionnent indépendamment les uns des autres, risquent de recréer les mêmes failles que nous cherchons si fort à éliminer.
En ce qui concerne le premier point sur l'investissement à long terme, il ne fait aucun doute que tous les ordres de gouvernement admettent qu'il faudra des mois, voire des années avant que la pandémie ne soit complètement derrière nous. D'autres vagues frapperont et — c'est peut-être le plus grave — de nombreuses personnes perdent leurs emplois et des familles sont en crise. Elles perdent leur maison et leur santé mentale en souffre considérablement. Nous n'avons jamais connu quelque chose comme la réaction initiale à la pandémie, et il n'existe aucun précédent — certainement de notre vivant — des fissures économiques fiscales qui se forment déjà.
Les investissements initiaux ont été effectués rapidement, et il est heureux que nous disposions d'un solide programme d'infrastructure et de partenaires avec lesquels travailler pour mobiliser ces ressources.
À Edmonton, nous avons en priorité mobilisé les services essentiels à un endroit différent, puisque les organismes, les espaces publics et les autres lieux qui permettaient souvent d'offrir un répit aux itinérants étaient fermés. Nous avons offert notre accès coordonné et notre programme Housing First en déployant rapidement des efforts supplémentaires de relogement et de diversion, faisant appel à de nouveaux partenaires et en recourant à des initiatives de préventions grâce à un financement immédiat pour combler les besoins à court terme. Nous avons pu réquisitionner un hôtel pour offrir du logement temporaire, ce qui a joué un rôle important dans le cadre de la réaction de notre communauté en permettant de loger plus de 700 personnes depuis avril.
En l'absence de financement à long terme, nous risquons de devoir confier toutes ces tâches à contrat à un moment où le nombre d'itinérants et de campements augmente à un taux sans précédent à Edmonton depuis 2007. Nous savons que le logement constitue la solution à l'itinérance et nous avons vu les risques directs auxquels s'exposent les personnes sans logement. Nous ne pouvons pas nous sortir de cette situation assez vite, mais nous pouvons faire en sorte que notre réaction à la pandémie donne naissance à des solutions permanentes et à long terme si le financement du programme est ciblé et assuré à long terme. Tous les gouvernements et les bailleurs de fonds ont un rôle à jouer, mais il importe d'admettre que les fournisseurs communautaires, qui subissent les contrecoups d'une diminution des revenus qu'ils recueillent et de la main-d'œuvre, peineront à satisfaire les nouvelles demandes qui affluent, voire même la demande existante. Le gouvernement fédéral doit impérativement montrer la voie en prenant un engagement maintenant.
Le programme Reaching Home a apporté de nombreux changements aux approches de planification communautaire, mettant l'accent sur les modèles fondés sur des données probantes, une reddition de comptes transparente et un engagement à l'échelle du système. Il faut donc disposer des infrastructures nécessaires pour pouvoir instaurer une culture de prise de décisions axée sur le savoir pour que nos interventions puissent être ciblées, évaluées et continuellement corrigées, et pour que les contribuables puissent être certains que les fonds publics apportent les résultats escomptés. Ainsi, je suis convaincue que les investissements que l'on continue d'effectuer dans le cadre du programme Reaching Home auront un effet immédiat et optimal.
Voilà qui m'amène à mon deuxième point: la réaction à la pandémie doit s'attaquer aux problèmes fondamentaux qui contribuent à la pauvreté et à l'itinérance, particulièrement aux problèmes de nature institutionnelle. La population itinérante est dynamique. Il n'existe aucune frontière nette entre les gens qui fréquentent les refuges, ceux qui dorment dans la rue ou dans des campements, les personnes au logement instable et ceux qui vivent chez des amis et des membres de la famille.
Le chômage, les faillites et les expulsions étant à la hausse, les personnes confrontées à la précarité du logement avant la pandémie se retrouvent à la rue. Les problèmes de dépendance et de santé mentale augmentent rapidement et mettent en péril la capacité des familles et des particuliers de demeurer résilients; pourtant, pour les populations itinérantes et vulnérables, les divers systèmes et ministères interviennent de manière disparate, créant ainsi des failles et des manques immenses et laissant beaucoup trop de besoins insatisfaits. Leurs rôles sont souvent définis par des mandats étroits et limités par des restrictions financières, sans que l'on sache de manière holistique comment ils peuvent agir en interaction; par conséquent, il n'y a aucune interaction.
Pour les itinérants, la réaction à la pandémie doit, pour être efficace, comprendre des engagements à corriger les problèmes systémiques sous-jacents qui créent et perpétuent l'itinérance. On peut avoir l'impression de ne pas savoir par où commencer pour résoudre ce problème. De fait, les gouvernements tiennent, depuis des années, des réunions de planification de système afin de tenter de faire tourner le Titanic dans un pouce d'eau. Pendant la pandémie, toutefois, les autorités sanitaires ont participé activement aux efforts locaux et ont dû s'attaquer aux risques précis auxquels les itinérants sont exposés. La pandémie a montré à quelle vitesse nous pouvons adapter la manière dont nous travaillons ensemble quand l'urgence et la volonté sont là.
Ceci m'amène à mon dernier point, qui concerne l'importance du leadership communautaire dans le cadre de la réaction à la pandémie.
En mars, des organismes communautaires ont dû composer avec des autorités fluctuantes et parfois contradictoires au sein du gouvernement fédéral, les ministères provinciaux, des autorités sanitaires et des administrations locales. Les structures de commandement internes compartimentées et la confusion entre les diverses autorités peuvent nuire à une réaction active, efficace et exhaustive à la pandémie. À titre d'entités communautaires et d'organisations de planification de système, notre rôle principal consiste à transcender et à combler les fossés pour permettre aux communautés de faire le nécessaire. À bien des égards, les gouvernements et les systèmes doivent accepter un rôle de soutien et laisser les communautés prendre les devants, car elles possèdent les connaissances, l'expérience et les relations qui nous permettent d'agir au mieux pour les personnes vulnérables. Il faut donc leur confier des pouvoirs et des ressources pour favoriser le leadership et la gouvernance communautaires. Il faut également construire les infrastructures nécessaires pour que les partenaires communautaires puissent prendre des mesures collectivement et exploiter les ressources et les forces à tous les égards sans devoir manœuvrer entre le financement et les rôles institutionnels.
Le programme Reaching Home assume manifestement le rôle de leadership local, ce qui lui a permis de déployer promptement des ressources pendant la crise, avec des résultats à l'appui. Même si d'autres investissements sont envisagés, que ce soit pour soutenir la construction de logements ou pour atténuer la perte de logements, nous recommandons fortement de renforcer le leadership communautaire afin de coordonner le déploiement des ressources.
En résumé, pour réagir efficacement à la pandémie, le gouvernement fédéral doit s'engager à soutenir le leadership communautaire avec un financement et des politiques qui peuvent répondre à deux urgences en matière de santé publique: les répercussions récentes et continuelles de la COVID-19 et les causes institutionnelles de longue date de l'itinérance. Ce n'est qu'en effectuant constamment des investissements que le gouvernement fédéral permettra aux communautés de poursuivre leurs efforts et leurs réalisations des six derniers mois et nous évitera de perdre notre capacité de protéger les gens vulnérables des conséquences de la pandémie à long terme.
Il est essentiel ici d'accélérer les efforts pour mettre fin à l'itinérance, notamment en mettant en œuvre le plan de relance en six points proposé par l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance et en prenant un engagement intentionnel avec les gouvernements provinciaux et les administrations municipales afin d'aider les communautés à éradiquer l'itinérance en transformant les systèmes pour qu'ils facilitent leur travail au lieu d'y nuire.
Je vous remercie de m'avoir offert l'occasion de vous parler aujourd'hui. Nous répondrons à vos questions avec grand plaisir.
Thank you very much, and thanks for the introduction.
I am the chief executive officer for Homeward Trust. We are a community-based organization utilizing a system-planning approach to ending homelessness in our community of Edmonton. We are the local entity supporting the implementation of Reaching Home, and we have actively supported the evolution of Canada's national housing and homelessness strategies. I was very privileged and fortunate to sit on the advisory committee on homelessness, chaired at the time by Parliamentary Secretary Adam Vaughan, and I currently sit on a number of national committees.
I'm joined today by Giri, our chief strategic officer. I expect there will be some questions that he would be better at answering than I would be. We want to allow time for that.
We and our partner agencies have been recognized nationally and internationally for our collective efforts to end homelessness, housing nearly 11,000 people since the beginning of our Housing First program in 2009. Our organization brings together funding from all orders of government to support service providers, indigenous communities and government partners in Edmonton to collectively plan, act on and monitor our solutions to end homelessness in our community.
We're grateful for the opportunity to speak today about the Government of Canada's response to COVID-19 and what is needed to ensure that vulnerable and homeless Canadians are supported and protected on the long road ahead.
It has been just six months since COVID-19, and the risks it presents to our community members have required a complete rethinking of our priorities and programs. This has been an intense and exhausting effort, but one that we can be proud of and that wouldn't have been possible without the quick mobilization of resources from municipalities and provinces and, indeed, the federal government.
For Edmonton's homeless response, Reaching Home funding played a critical role. Funding was committed early, processes were accelerated, and both local organizations and federal program staff were empowered to make necessary decisions, building on existing accountable relationships. For many of us involved, the lasting reflection is that we can and should continue to respond that way by treating homelessness as the national emergency it is in any situation.
Homeward Trust is a strong supporter of Recovery for All and the six-point plan already presented to government by the Canadian Alliance to End Homelessness, and we support other national organizations such as the CHRA and its advocacy of greater investments in affordable housing, specifically indigenous-led housing investments.
Rather than reiterate those well-considered positions, we will focus on what we consider to be critical and immediate steps to support their successful implementation.
First is that our country requires a sustained investment to make sure that communities' Herculean achievements over the last six months, which has been a sprint, have the endurance for the marathon that lies ahead. With no commitment on the horizon, planning has ceased and programs are being wound down, while individuals are exposed to the same health and safety risks that we experienced in March from the beginning.
Second is that all orders of government focus efforts not only on protecting vulnerable Canadians from the pandemic but also on addressing the many systemic issues that have made people vulnerable to homelessness in the first place. The pandemic has laid bare these system failures, and we can't unsee what we have seen.
Last is that the government reinforce communities in leading this response in a coordinated system-planning approach, bringing together the various cross-systems and interjurisdictional roles that, operating independently, risk recreating the system failures we are working so hard to address.
On the first point of sustained investment, there is no question that all orders of government recognize that we are many months away, if not years away, from this pandemic's being completely behind us. There are more waves on the horizon and, perhaps most critically, large numbers of people losing their jobs and families in crisis. They are losing their homes and their mental health is being significantly affected. We've never experienced anything like the initial pandemic response before, and there is no precedent, certainly in our lifetime, for the economic and fiscal fissures that are already forming.
Initial investments were made quickly, and we were fortunate to have strong program infrastructure and partners to work with to activate those resources.
In Edmonton, our response prioritized mobilizing critical services in an alternate location, as agencies, public spaces, and other locations that often provided respite for homeless individuals closed. We brought in our coordinated access and Housing First program with additional rapid rehousing and diversion efforts, and included new partners and prevention initiatives by providing immediate funding to address short-term needs. We were able to secure and headlease a hotel to provide bridge housing, which has played an important role in our community's response in housing over 700 people to date since April.
In the absence of sustained funding, we are faced with having to contract all of those efforts at a time when we are seeing significant increases in homelessness and encampments on a scale not seen in Edmonton since 2007. We know that housing is a solution to homelessness, and we have seen the direct health risks to those without a home. We cannot build our way out of the situation fast enough, but we can ensure that our pandemic response results in long-term permanent solutions if program funding is sustained and targeted. There is a role for all governments and charitable funders in supporting our efforts, but it is important to recognize that community-based providers are reeling from lost fundraising revenue and staff capacity and will have difficulty dealing with the onslaught of needs, let alone the existing demands. It is imperative that the federal government lead with a commitment now.
Reaching Home has incorporated many important changes in community planning approaches, emphasizing evidence-based models, clear accountabilities and system-wide engagement. This means having the infrastructure to enable a culture of knowledge-driven decision-making so that our interventions can be targeted, evaluated and corrected continually, and taxpayers can be confident that public dollars are achieving the results they'd expect. As such, I have great confidence that continued investments through Reaching Home will have the greatest immediate impact.
This brings me to my second point: that the pandemic response has to address the foundational issues that contribute to poverty and homelessness, especially those that are institutional in nature. The homeless population is dynamic. There are no clean boundaries between people who use shelters, people who sleep rough or in encampments, and people who are unstably housed and people who are living with friends and family.
With rising unemployment, bankruptcies and evictions, people who faced housing insecurity before the pandemic will become homeless. Addiction and mental health issues are increasing rapidly and threatening the ability of families and individuals to stay resilient, yet for homeless and vulnerable populations, various systems and government departments get involved in a way that creates a patchwork of responses, with huge gaps and blind spots and far too many unmet needs. Their roles are often defined by narrow mandates and cost containment, without a holistic sense of how all their parts interact—and they don't.
An effective pandemic response for the homeless population has to incorporate commitments to fix the underlying systemic problems that create and sustain homelessness. There may not seem to be an obvious first step to address this issue. Indeed, governments have spent years in system-planning meetings trying to turn the Titanic in an inch of water. However, during the pandemic we have seen health authorities actively participating in local efforts, and they have been required to address the specific risks that homeless community members are exposed to. The pandemic has highlighted how quickly we can adjust how we work together when the urgency and the will are there.
This leads to my final point, which is about the importance of community-based leadership in the pandemic response.
In March, community organizations were navigating shifting and sometimes conflicting authorities in the federal government, provincial ministries, health authorities and local governments. Siloed internal command structures and interjurisdictional confusion can threaten an active, effective and comprehensive pandemic response. One of our key roles as community entities and system-planner organizations is to transcend and bridge across these chasms so that we can enable communities to do what needs to be done. In many ways, governments and systems need to take a back seat to let communities lead the way. They have the knowledge, experience and relationships to ensure that we are doing what is best for vulnerable people. This means empowering and resourcing communities to enable community-level leadership and governance. It also means building the necessary infrastructure so that community partners can implement actions collectively and leverage resources and strengths across the board without having to manoeuvre between funding and institutional roles.
Reaching Home clearly embraces the role of local leadership, and as such has been able to deploy resources quickly during this time, with demonstrated impacts. While other investments are considered, whether to support housing developments or mitigate housing loss, we strongly recommend reinforcing community-level leadership in coordinating that deployment of those resources.
In summary, for an effective pandemic response, the federal government needs to commit to supporting community-based leadership with funding and policies that can address two public health emergencies: the recent and ongoing impacts of COVID-19 and the long-standing institutional causes of homelessness. Continuing investments by the federal government are the only way to ensure that community efforts and achievements over the past six months are sustained and that we don't regress in our ability to protect vulnerable people from the impacts of the pandemic in the long run.
A critical component of this is to accelerate efforts to realize an end to homelessness, including the six-point recovery plan put forward by the Canadian Alliance to End Homelessness, and intentional engagement with provincial and municipal governments to support communities in making this happen by transforming systems so that they facilitate their work instead of hindering it.
I appreciate the opportunity to speak to the committee today, and we are certainly happy to answer any questions.
Voir le profil de Adam Vaughan
Lib. (ON)
Pour que tout soit clair ici, le revenu de base fonctionne, mais il est plus efficace quand il vient avec un logement abordable. Autrement dit, s'il s'inscrit dans un régime d'intervention, le revenu de base va plus loin, est plus efficace et aide davantage les gens.
To be clear here, basic income works, but it works better when there's affordable housing attached to it. In other words, if there's a system to tie it to, then basic income goes further, works harder and provides more support for people.
Susan McGee
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Susan McGee
2020-08-17 15:38
C'est ainsi que nous voudrions que les choses fonctionnent sur les plans de l'intervention, du capital et des fonds d'exploitation. Nous pourrons ensuite offrir aux gens l'aide dont ils ont besoin pour optimiser leurs chances de réussite.
It would be what we look to in terms of turning the lights on and in terms of capital and operating capital. Then we can bring supports to the individuals as they need in order to ensure they have the greatest opportunity for success.
Voir le profil de Leah Gazan
NPD (MB)
Merci, monsieur le président.
Je suis vraiment ravie de revoir tous mes collègues du Comité. Mes premières questions s'adressent à Mme McGee.
Comme ce fut le cas pour d'autres périodes sans précédent de notre histoire, celle que nous vivons actuellement pourrait nous fournir l'occasion de mettre en place des programmes sociaux essentiels au bénéfice de tous les Canadiens. C'est ce qui est arrivé par exemple avec l'assurance-emploi. J'estime que le moment se prête bien à une restructuration de notre économie de manière à la rendre plus juste et plus équitable pour tous. Je viens tout juste de présenter la motion 46 qui propose l'instauration d'un revenu minimum garanti qui s'ajouterait à tous les programmes gouvernementaux et sociaux actuels et à venir, y compris l'accès à des logements sociaux à coût abordable. À votre avis, en quoi la mise en oeuvre d'un revenu minimum garanti au Canada pourrait-elle nous aider à nous acquitter de nos obligations internationales quant au respect du droit au logement pour tous?
Thank you, Mr. Chair.
It's really nice to see all of my colleagues on the HUMA committee. My first questions are for Ms. McGee.
During this unprecedented time in history, as we've seen in other unprecedented times in history, critical social programs that have been created have collectively benefited all Canadians. There was, for example, employment insurance. I believe that now is a time in history when we have a chance to restructure our economy in a way that is more just and equitable for all. I recently introduced motion 46 in support of a guaranteed livable basic income that would be in addition to all current and future government and social programs, including accessible affordable social housing. How do you think a guaranteed annual livable income in Canada could help realize our international legal obligations to ensure the human right to housing?
Susan McGee
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Susan McGee
2020-08-17 15:48
Nous n'avons pas manqué de vanter les mérites d'un revenu minimum garanti dans le cadre de la stratégie de l'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance. Je sais que de nombreuses analyses sont menées à ce sujet et que nous devrons en débattre de façon plus approfondie. En fait, la pandémie a fait converger les besoins de différents groupes plus ou moins vulnérables. Bien que nous devions nous occuper de toute urgence au quotidien de la plupart des personnes auxquelles nous venons en aide parce qu'elles vivent des moments particulièrement difficiles, nous gardons un oeil sur l'évolution de la situation au cours des prochains mois en sachant fort bien que beaucoup d'autres de nos concitoyens risquent de se retrouver dans la rue pour peut-être vivre une première expérience d'itinérance. Tous ces gens en viendront à dépendre d'un système qui arrive de plus en plus difficilement à faire le nécessaire par l'entremise de ses organismes sociaux de première ligne, à l'intérieur de ce que l'on pourrait appeler la société civile, mais également au moyen des programmes gouvernementaux. Ces Canadiens se retrouvent en effet dans des situations de logement vraiment précaires et il est très difficile de prévoir ce que les prochains mois nous réservent. Nous devons donc en quelque sorte nous fonder sur des hypothèses, mais il y a toutefois une chose qui est certaine et c'est le fait que nous ne sommes pas prêts à affronter une telle crise.
We have supported, certainly within the Canadian Alliance strategy, the value of a livable income. I know there's a lot of analysis and there are more discussions to be had about that. The pandemic really is a convergence of different groups and different levels of need. As much as most individuals we support who are currently living rough are a day-to-day emergency concern, we look at the horizon of the next few months and we know that many more people will come into and experience homelessness perhaps for the first time. They will come into a system that right now is quite eroded in its ability to respond through front-line social agencies, the civil society if you will, but also through government programs because individuals have really tenuous housing circumstances and what the next few months will bring is very difficult to predict and we're kind of guessing. What we do know, however, is that we're not ready for it.
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Lib. (ON)
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2020-08-17 16:03
Je veux aussi revenir sur un point soulevé par M. Vaughan, soit que l'argent passe par les provinces et que ce pourrait être une source de préoccupation. En effet, dans certaines provinces, on ne fournit pas les fonds nécessaires dans les délais appropriés.
Est-ce que la construction de logements est ce qui s'impose? Est-ce vraiment ce que nous devons faire?
I also want to pick up on something that MP Vaughan was talking about, which was money flowing from the province and maybe some of the concerns there. Certainly in some provinces, they're not getting the funds necessary within the right time frame.
Is building new housing the answer to this? Is that really the bottom line of what we need to do?
Susan McGee
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Susan McGee
2020-08-17 16:03
Nous devons vraiment fournir davantage de solutions pérennes à la communauté, soit des logements sociaux et un parc de logements communautaires. C'est essentiel. Il doit également y avoir des processus qui veillent à ce que les personnes qui en ont besoin y aient accès, et ce, en priorité. Sincèrement, je crois que nous sommes nombreux dans le secteur à craindre que, même si nous bâtissons des logements, à court terme, ce ne sera pas la clientèle ciblée qui y accédera en priorité.
Notre système doit veiller à ce que ces actifs servent leur vocation. Les programmes avec lesquels nous devons travailler actuellement tentent constamment de communiquer ce message. Il y a les biens nantis et les démunis. Et il y a des démunis dans les deux camps, ce qui fait que, habituellement, le système tend à d'abord loger les personnes qui lui coûtent le moins cher et qui entraînent le moins de frais fixes. Notre système doit être conçu de sorte que les actifs et les efforts importants investis dans ce secteur servent les personnes qui en ont besoin.
We definitely need more product that is dedicated in perpetuity to the community, which is our social housing and community housing stock. We absolutely do. We also need processes to ensure that people access that and that they are prioritized. Honestly a fear that I think many have in the sector is that we build new housing, but then in the near term it isn't prioritized for the people it was built for.
Our system needs to ensure that this dedication of capital goes to the need it was intended to serve. The programs we work with right now try to message that consistently. We have “haves” and “have-nots”. We have have-nots amongst the haves and have-nots, and typically, the system will tend to start to house people who are less expensive to serve and who create less overhead. Our systems need to be designed so that we ensure that the significant capital and efforts that we put in go to the people who need them.
Marie-José Corriveau
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Marie-José Corriveau
2020-08-17 16:07
Comme mentionné, je m'appelle Marie-José Corriveau. Je représente le Front d'action populaire en réaménagement urbain, le FRAPRU, un regroupement qui a été constitué il y a 41 ans. Il compte 140 organismes implantés sur tout le territoire québécois qui se préoccupent des enjeux de lutte contre la pauvreté et de droit au logement. Le FRAPRU intervient principalement auprès des gouvernements supérieurs afin de faire progresser le droit au logement et l'accès au logement social.
Pour ce qui est de la réaction gouvernementale à la pandémie, le FRAPRU est reconnaissant au fédéral d'avoir mis sur pied rapidement la Prestation canadienne d'urgence, la PCU, ce qui a permis aux ménages de répondre à leurs besoins de base, comme la nourriture et le logement. Le FRAPRU est cependant déçu, voire choqué, de la disproportion entre les sommes mises à la disposition des plus fortunés pour traverser la crise sanitaire et celles versées aux ménages les plus pauvres et les plus vulnérables. En matière de logement, comme après la crise économique de 2008, le Canada a décidé d'aider principalement les banques, les compagnies d'assurances et les propriétaires, abandonnant les locataires à leur sort. Nous sortons de ces derniers mois avec un sentiment d'injustice accru.
Par ailleurs, la PCU n'aura pas empêché quelque 3 000 ménages québécois de devoir recourir au programme mis sur pied par le Québec pour aider les locataires qui ne parviennent pas à payer leur loyer après avoir perdu leur emploi et avoir subi une réduction brutale de leurs revenus. Les prochains mois sont préoccupants pour nombre d'entre eux, car il s'agit de prêts qu'ils devront rembourser alors qu'ils n'auront pas nécessairement retrouvé d'emploi à cette échéance.
La pandémie aura toutefois eu l'avantage de nous rappeler le lien étroit et inaltérable qui existe entre le droit au logement et le droit à la santé, et de nous rappeler également que le logement est justement un des principaux déterminants de la santé. En effet, les mesures de confinement imposées pour minimiser les risques de propagation du coronavirus n'ont pas été vécues par toutes et tous de la même manière.
Comment se confiner quand on n'a tout simplement pas de logement? Comment rester confiné dans un logement trop petit, insalubre ou étouffant à cause de canicules successives? Comment rester en bonne santé quand le loyer accapare une part démesurée du budget familial au détriment de la nourriture, des médicaments et de tout autre produit de première nécessité, comme un masque ou Internet? Comment s'en sortir en période de confinement quand on dépend au quotidien de ressources communautaires pour se nourrir, se vêtir, se transporter, mais que ces ressources communautaires doivent réduire leurs activités pour respecter les règles de distanciation physique?
Pour de trop nombreux ménages, la pandémie est une crise de plus dans un parcours de vie parsemé de périls. Déjà, lors du recensement de 2016, 1,7 million de ménages canadiens avaient des besoins impérieux de logement, c'est-à-dire qu'ils habitaient dans un logement insalubre, trop petit ou trop cher. La très grande majorité d'entre eux sont des locataires pauvres. Au Québec, les quelque 244 120 ménages locataires ayant des besoins impérieux de logement ont eu un revenu médian de seulement 17 612 $ pour toute l'année 2015.
Depuis le dernier recensement, les choses se sont aggravées. Une pénurie de logements s'étend et s'enracine dans les grandes villes québécoises, comme dans plusieurs autres provinces canadiennes. Ici, le taux d'inoccupation des logements locatifs n'est que de 1,8 %, et il n'est que de 1,5 % dans les régions métropolitaines de recensement de Montréal et de Gatineau. Cela représente la moitié du seuil de 3 % censé garantir un rapport équilibré entre les propriétaires et les locataires. À Gatineau, le loyer moyen du marché a augmenté de 10 % entre 2018 et 2019, soit en une seule année.
Les impacts sont désastreux et vont malheureusement durer. Nombre de locataires subissent des pressions indues pour accepter des augmentations de loyer injustifiées. On a constaté sur le terrain que les loyers exigés pour les logements mis en location ce printemps dépassaient très largement le prix courant moyen. Or, comme la pénurie semble vouloir perdurer, on peut craindre que ce mouvement inflationniste persiste. Parmi les centaines de ménages québécois qui n'ont pas réussi à trouver un nouveau logement et qui se sont retrouvés sans logis le mois dernier, en juillet, plusieurs avaient subi une reprise de possession ou une « rénoviction », du fait que leur propriétaire cherchait à se débarrasser d'eux, surtout s'ils étaient locataires de longue date et qu'ils payaient un loyer peu élevé.
Chercher un logement en pleine pandémie s'avère également problématique, voire impossible, pour les ménages pauvres n'ayant pas accès à Internet parce qu'ils ne sont pas équipés, parce que le système est trop cher ou simplement parce que le service n'est pas disponible sur leur territoire. Plusieurs, notamment les familles, les personnes racisées et les pauvres, ont également été discriminés à cause de leur condition, sans égard à leur historique de crédit ou de paiement de loyer, sans aucun recours véritablement efficace pour se défendre. La pénurie pousse littéralement des ménages aux portes de l'itinérance, en pleine pandémie.
Enfin, rappelons-nous que, trop souvent, pour trouver un nouveau logement, les ménages ainsi délogés ont dû quitter leur quartier, leur ville, voire leur région, perdant du même coup leur réseau d'entraide familiale et communautaire.
Dans ce contexte, le FRAPRU espérait non seulement que le gouvernement fédéral réviserait rapidement les programmes d'aide aux mal-logés, mais qu'il accroîtrait aussi ses investissements dans le domaine du logement social prévus dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement. Or, il n'a rien fait de tout cela jusqu'à présent.
Pourtant, en 2017, lors de l'adoption de la Stratégie nationale sur le logement, le gouvernement a, lui aussi, fait état des ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement. Cependant, les moyens annoncés pour leur venir en aide comportaient des lacunes graves, ce qui rendait ces mesures inefficaces. Le FRAPRU a alors repéré et dénoncé ces problèmes. Si vous le souhaitez, je pourrai vous donner quelques exemples.
Depuis que la pandémie a été déclarée, le taux de chômage a bondi. Or, une seconde vague est à craindre, de même qu'une récession, voire une crise économique. Les gouvernements investissent massivement pour soutenir différents pans de l'économie. Le FRAPRU leur demande de relancer un grand chantier de logements sociaux et de financer adéquatement la remise en état de tous ceux déjà construits. Jusqu'à présent, la réponse d'Ottawa est extrêmement décevante et préjudiciable à ce qui sera à venir.
Au-delà des crises sanitaires et économiques annoncées, nous sommes d'avis que le gouvernement a le devoir de mettre les plus pauvres et les plus mal logés à l'abri des crises environnementales qui, c'est maintenant certain, vont suivre. Pour ce faire, il doit cesser de tergiverser et recommencer à investir dans le logement social, sans but lucratif et hors marché. Pour financer cet effort, le gouvernement ne manque pas de moyens. En voici quelques exemples. Il peut diminuer ses investissements dans les énergies fossiles. Il peut revoir sa fiscalité, retirer les avantages fiscaux consentis au cours des dernières décennies aux plus fortunés et rétablir une grille d'imposition plus progressive. Il doit également lutter plus sérieusement contre l'évasion fiscale et l'évitement fiscal. Or, quelles que soient les avenues qu'il choisira, il doit mieux protéger les plus vulnérables, à défaut de quoi les dommages politiques et économiques seront démesurés et les fractures sociales, vraisemblablement irréversibles.
J'espère avoir respecté les limites de temps.
As mentioned, my name is Marie-José Corriveau. I represent the Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), a group that was created 41 years ago. It is made up of 140 organizations from across Quebec that are concerned about poverty alleviation and housing rights. FRAPRU primarily calls on higher governments in order to advance the right to housing and access to social housing.
In terms of the government response to the pandemic, FRAPRU is grateful to the federal government for quickly setting up the Canada Emergency Response Benefit (CERB), which has enabled households to meet their basic needs, such as food and housing. However, FRAPRU is disappointed, even shocked, by the disproportionate amount of money made available to the wealthiest versus to the poorest and most vulnerable households to get through the health crisis. In terms of housing, just like after the 2008 economic crisis, Canada decided to primarily help banks, insurance companies and property owners, leaving tenants to fend for themselves. We are coming out of these last few months with an increased sense of injustice.
Moreover, the CERB failed to prevent 3,000 Quebec households from having to resort to the Quebec program set up to help tenants unable to pay their rent after losing their jobs and suffering drastic cuts to their incomes. The next few months will be worrisome for many of them, as they will have to pay back loans without necessarily having found a job by that time.
However, one good thing about the pandemic is that it has reminded us of the close and incontrovertible connection between the right to housing and the right to health, and of the fact that housing is one of the main determinants of health. The lockdown measures imposed to minimize the risks of the spread of the coronavirus have not been experienced by everyone in the same way.
How can you be in lockdown when you just don't have housing? How can you stay locked down in a house that is too small, unhealthy or suffocating because of successive heat waves? How can you stay healthy when rent takes up an inordinate part of the family budget to the detriment of food, medication and other necessities, such as a mask or the Internet? How do you cope in times of lockdown when you depend on community resources for food, clothing and transportation on a daily basis, but those community resources have to cut back on their activities to comply with the rules of physical distancing?
For too many households, the pandemic is yet another crisis in a life fraught with peril. Already, as of the 2016 census, 1.7 million Canadian households were in core housing need—that is, living in housing that is substandard, too small or too expensive. The overwhelming majority of them are poor renters. In Quebec, the approximately 244,120 tenant households in core housing need had a median income of only $17,612 for all of 2015.
Since the last census, things have become worse. A housing shortage is spreading and taking root in Quebec's major cities, as in several other Canadian provinces. Here, the vacancy rate for rental housing is only 1.8%, and it is only 1.5% in the census metropolitan areas of Montreal and Gatineau. This represents half of the 3% threshold that is supposed to guarantee a balance between landlords and tenants. In Gatineau, the average market rent increased by 10% between 2018 and 2019, in a single year.
The impacts are devastating and will unfortunately last. Many tenants are under undue pressure to accept unjustified rent increases. On the ground, it has been observed that the rents charged for rental units this spring were well above the average current price. However, as the shortage seems to want to last, the concern is that this inflationary trend will continue. Among the hundreds of Quebec households who were unable to find new housing and who found themselves homeless last month, in July, many had been repossessed or “renovicted” because their landlords were trying to get rid of them, especially if they were long-term tenants and paying low rent.
Searching for housing in the midst of the pandemic is also problematic, if not impossible, for poor households that do not have access to the Internet because they do not have the equipment, because the system is too expensive or because the service is simply not available in their areas. Many, including families, racialized people and the poor, have also been discriminated against because of their condition, regardless of their credit or rent payment history, without any truly effective recourse to defend themselves. The shortage is literally pushing households to the brink of homelessness in the midst of a pandemic.
Finally, let's remember that, too often, to find new housing, the households thus displaced have had to leave their neighbourhood, their city, or even their region, thereby losing their family and community support network.
Under those circumstances, FRAPRU hoped that the federal government would not only quickly review the programs to help the poorly housed, but that it would also invest more in social housing as part of the national housing strategy. To date, it has done neither of those things.
Yet in 2017, when the national housing strategy was adopted, the government also identified households in core housing need. However, the resources announced to assist them came with serious gaps, making those measures ineffective. FRAPRU then identified and denounced those problems. If you wish, I can give you some examples.
Since the pandemic was declared, the unemployment rate has soared. Now, a second wave is looming, as well as a recession, or even an economic crisis. Governments are investing massively to support different parts of the economy. FRAPRU is asking them to relaunch a major social housing project and to adequately finance the refurbishment of all those units already built. So far, Ottawa's response has been extremely disappointing and detrimental to what is to come.
Beyond the health and economic crises, we believe that the government has a duty to protect the poorest and most poorly housed from the environmental crises that are now certain to follow. To do so, it must stop procrastinating and start investing again in social, non-profit and non-market housing. To fund the effort, the government has no shortage of resources. Here are a few examples. It can reduce its investments in fossil fuels. It can review its tax system, withdraw the tax benefits granted in recent decades to the wealthiest and restore a more progressive tax scale. It must also fight more seriously against tax evasion and tax avoidance. However, whatever avenues it chooses, it must better protect the most vulnerable, otherwise the political and economic damage will be disproportionate and the social fractures likely to be irreversible.
I hope I have stayed within the time limits.
Voir le profil de Louise Chabot
BQ (QC)
Merci, monsieur le président.
Madame Corriveau, je vous salue, de même que le FRAPRU. Je vous remercie de votre présence et de votre témoignage.
Je connais bien votre organisme au Québec. Les revendications que vous formulez aujourd'hui sont en droite ligne avec ce que vous soutenez depuis des années.
Vous me direz si mes chiffres sont exacts. Je crois que vous avez dit qu'en juillet 2020 seulement, 350 ménages étaient sans logement. Ce serait le chiffre le plus élevé depuis 2003. De plus, si les organismes communautaires faisaient un décompte, ce chiffre serait peut-être plus élevé. Si cela s'avère exact, cela confirme effectivement qu'il y a une pénurie de logements qu'on pourrait qualifier de sociaux. On pourrait faire une distinction entre les logements communautaires, les logements à loyer modeste et les logements abordables, mais disons qu'il s'agit d'une pénurie de logements sociaux. C'est un dossier sur lequel vous travaillez depuis des années.
D'autres intervenants ont parlé de la Stratégie nationale sur le logement. Comme vous le savez, il y a eu une entente entre le fédéral et toutes les provinces, sauf le Québec. Pour le Québec, la somme depuis trois ans pourrait se situer entre 1,4 milliard et 1,7 milliard de dollars, ce qui n'est pas rien.
À votre avis, si cet argent avait été transféré sans condition au Québec, qu'est-ce que cela aurait pu changer à la dynamique?
Thank you, Mr. Chair.
Mrs. Corriveau, I applaud you and FRAPRU. Thank you for being here and for your testimony.
I am very familiar with your organization in Quebec. The claims you are making today are in line with those you have been making for years.
Please tell me if my figures are accurate. I believe you said that, in July 2020 alone, 350 households were without housing. That would be the highest number since 2003. Also, if the community organizations did a count, it might be higher. If this is accurate, it does confirm that there is a shortage of what we may call social housing. A distinction could be made between community-based housing, low-income housing and affordable housing, but let's say there is a shortage of social housing. This is something you have been working on for years.
Other speakers have talked about the national housing strategy. As you know, an agreement was signed between the federal government and all the provinces except Quebec. For Quebec, the amount over the last three years could be between $1.4 billion and $1.7 billion, which is not insignificant.
In your opinion, if the money had been transferred unconditionally to Quebec, what difference would it have made to the dynamic?
Marie-José Corriveau
Voir le profil de Marie-José Corriveau
Marie-José Corriveau
2020-08-17 16:33
J'ose espérer que le gouvernement du Québec se serait montré plus généreux quant au lancement d'une nouvelle programmation pour le développement de logements sociaux. Il avait déjà un premier défi à relever: il avait décidé de livrer pas loin de 15 000 logements sociaux qui étaient déjà au programme depuis une dizaine d'années, mais qui n'avaient toujours pas été livrés, puisque le programme québécois de subventions n'avait pas été adapté aux nouvelles réalités économiques, notamment les prix des terrains et les coûts de construction. J'ose donc espérer que, s'il avait reçu de l'argent du fédéral, le gouvernement du Québec aurait lancé une nouvelle programmation.
Cela dit, mon principal problème en ce moment est que le gouvernement fédéral, tout en prétendant qu'il s'agit d'un champ de compétence provinciale et territoriale, a élaboré une série de fonds qu'on pourrait qualifier de programmes. Ainsi, il intervient à la place des provinces dans les façons de faire et de régler les problèmes, plutôt que de leur donner les ressources financières nécessaires pour qu'elles agissent en fonction de leurs propres défis et de ce que les communautés souhaitent.
Je pense que le gouvernement fédéral devrait être un bailleur de fonds, comme il se doit. Il devrait assumer pleinement ses responsabilités pour tout ce qui concerne les logements à loyer modique qu'il a contribué à réaliser avant 1994, évidemment. Il devrait non seulement respecter les conventions, mais aussi s'assurer que ce parc est remis en état. À la suite de cela, il devrait procéder aux transferts comme il se doit. J'ose espérer que cela permettrait au Québec notamment de faire avancer les choses plus vite. Il faut dire qu'au Québec, nous avons continué à faire du logement social, mais ce n'est pas le cas de toutes les provinces en ce moment.
J'en reviens à ce que je disais tout à l'heure: dans tous les cas, il faut abandonner l'idée de confier au secteur privé le développement de logements pour des ménages ayant des besoins impérieux en matière de logement. Ce n'est pas vrai que le secteur privé pourra produire les habitations qu'il faut pour ces gens. C'est impossible pour eux de payer de tels logements quand leur revenu annuel se situe entre 17 000 $ et 20 000 $. Pour y arriver, on n'a pas le choix: il faut penser à du logement sans but lucratif et à du logement subventionné. Pour éviter que ce soit un coup d'épée dans l'eau ou une mesure qui n'est pas durable, il faut faire du logement social qui ne soit pas vendu, mais que l'on protège et que l'on entretienne convenablement pour les générations futures.
My hope is that the Government of Quebec would have been more generous in launching new programming for the development of social housing. It already had a first challenge to meet: it had decided to deliver some 15,000 social housing units that had already been in the program for about 10 years, but that had still not been delivered because the Quebec subsidy program had not been adapted to the new economic realities, particularly land prices and construction costs. I therefore dare to hope that, had it received money from the federal government, the Quebec government would have launched a new program.
That said, my main problem at the moment is that the federal government, while claiming that this is an area of provincial and territorial jurisdiction, has developed a series of funds that could be called programs. In so doing, it is taking the role of the provinces in the way they do things and solve problems, instead of giving them the financial resources they need to take action according to their own challenges and to what the communities want.
I think the federal government should do the right thing and be a funder. It should take full responsibility for all the low-income housing that it helped to bring about before 1994, of course. It should not only comply with the agreements, but also ensure that the supply is refurbished. After that, it should proceed with the transfers properly. My hope is that this would allow Quebec in particular to move things along more quickly. It must be said that in Quebec, social housing development has continued, but that is not the case in all the provinces at this time.
Let me come back to what I was saying earlier: we must entirely abandon the idea of entrusting the private sector with developing housing for families in core housing need. It's not true that the private sector will be able to develop the housing for them. It is impossible for them to pay for that kind of housing when their annual income is between $17,000 and $20,000. We have no choice but to look at non-profit housing and subsidized housing. In order to prevent this from being a complete waste of time or an unsustainable measure, it is important to have social housing that is not sold, but that is protected and properly maintained for future generations.
Voir le profil de Adam Vaughan
Lib. (ON)
Merci beaucoup.
Madame Corriveau, êtes-vous d'accord pour dire que, si le gouvernement fédéral offre plus de fonds aux provinces, les provinces ne devraient pas avoir le droit de réduire la limite des dépenses provinciales en matière de logement? Quand nous donnons d'une main au système de logement, le gouvernement du Québec ne devrait pas avoir le droit de reprendre ces fonds de l'autre et ainsi annuler nos efforts. Croyez-vous que cette demande du gouvernement fédéral est raisonnable?
Thanks very much.
Madame Corriveau, would you agree that if the federal government puts new dollars on the table for provinces, the provinces should not be allowed to cut provincial spending limits on housing? As we put money in the front door for the housing system, the Quebec government should be required not to take money out the back door so that it becomes a wash. Would you agree that's a reasonable request by the federal government?
Marie-José Corriveau
Voir le profil de Marie-José Corriveau
Marie-José Corriveau
2020-08-17 16:50
Pour ce qui est de réduire sa propre contribution, oui, je suis tout à fait d'accord. Si le gouvernement du Canada mettait de l'argent sur la table, il devrait l'assortir de conditions, comme il l'a d'ailleurs déjà fait par le passé. Quand j'ai dit que je ne souhaitais pas que le gouvernement fédéral crée des programmes à la place des provinces ou des territoires, je ne voulais pas dire pour autant qu'il devrait donner de l'argent sans imposer de contraintes.
Le gouvernement doit aller au bout de sa démarche visant à faire reconnaître le droit au logement. Il doit également revenir à des stratégies qui ont fait leurs preuves, comme le développement de logements sociaux. En outre, il doit s'assurer que les provinces n'utilisent pas les sommes fédérales en remplacement des budgets qu'autrement elles devraient mettre sur la table.
In terms of reducing their own contributions, yes, I quite agree. If the Government of Canada puts money on the table, it should come with conditions, as it has previously done in the past, after all. When I said that I did not want the federal government to create programs in place of the provinces and territories, that did not mean that I feel it should provide money without requiring some conditions.
The government should do everything in its power to have the right to housing acknowledged. It should also go back to proven strategies, such as developing social housing. In addition, it must make sure that the provinces do not use federal money to replace the budgets that they otherwise should be putting on the table.
Voir le profil de Adam Vaughan
Lib. (ON)
Exactement. Et, du point de vue des nouveaux programmes de supplément au loyer comme l'Allocation canadienne pour le logement qui subventionne le loyer des personnes dont vous avez parlé, est-ce que les provinces devraient contribuer à parts égales au nouveau programme si le gouvernement fédéral en offre un qui l'exige ou devraient-elles plutôt avoir la possibilité de confirmer notre contribution et, donc, que nous n'avons pas à verser d'argent frais?
Est-ce que les provinces devraient être intégrées à un système de logement plus robuste sous la houlette du fédéral, tant qu'il est conçu et offert par les provinces? Seriez-vous d'accord avec cela?
Exactly, and in terms of new rent supplement programs, for example, the Canada housing benefit, which aims to subsidize rents for the very individuals you talked about, if the federal government has a program that requires cost-matching dollars from the provinces, should the provinces have to match the new program or should they be allowed to say that we're already doing that and, therefore, we don't have to add any of our new dollars?
Should provinces be brought into a stronger housing system with the federal authority, as long as it's provincially designed and delivered? Would you agree with that?
Marie-José Corriveau
Voir le profil de Marie-José Corriveau
Marie-José Corriveau
2020-08-17 16:52
Je ne suis pas certaine de savoir ce que vous entendez par un système plus robuste. Je sais par contre qu'il faut tenir compte des programmes d'allocation pour le logement dont les provinces disposent déjà et s'assurer qu'elles ne retirent pas leurs billes. Au contraire, il faut que les sommes allouées permettent de dépasser les objectifs actuels des provinces et des territoires. À l'heure actuelle au Québec, par exemple...
I am not sure I know what you mean by a stronger system. However, I do know that we have to consider housing allocation programs that the provinces already have and make sure that they are not withholding their cash. Quite the opposite, we need the amounts allocated to surpass the provinces' and territories' current objectives. At the moment, for example, in Quebec—
Voir le profil de Adam Vaughan
Lib. (ON)
Mais sans renoncer à leurs objectifs actuels ou refuser de participer...
But not surrender their current goals or refuse to participate...?
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