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Voir le profil de Kristina Michaud
BQ (QC)
Monsieur le Président, je vais vous parler d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia. Auparavant, c'était la circonscription de Haute-Gaspésie—La Mitis—Matane—Matapédia. Je vais revenir là-dessus un peu plus tard.
Je suis très contente de m'exprimer sur ce sujet aujourd'hui. J'écoutais les discours de mon chef et de mon leader parlementaire ce matin et c'était de la musique à mes oreilles de les entendre défendre le Québec. Je plains nos pauvres collègues conservateurs qui vont encore nous entendre défendre le Québec et la nation qu'elle est, parce que le sujet du jour, c'est cela, essentiellement.
Comme le disait mon collègue de Saint-Hyacinthe—Bagot, il est rappelé à la Chambre depuis 2006 que les Québécois et les Québécoises forment une nation. La Chambre l'a réitéré en juin dernier, prenant acte que le Québec formait une nation et que le français était sa seule langue officielle et commune. Je pense que quand on a conscience de cette unité et de cette volonté de vivre en commun, cela signifie aussi l'aspiration et le droit à une certaine forme d'autodétermination et de contrôle de notre développement social, économique et culturel.
Tant que le Québec fait partie du Canada, notre statut national a des implications politiques concrètes. Pour que cette prise en compte de notre statut national s'incarne dans les décisions politiques qu'on prend ici à la Chambre des communes, il est absolument essentiel que nous ayons un poids politique qui nous permette de l'exprimer.
Je me sens directement interpellée par le sujet du jour parce que, lors du dernier exercice de redécoupage électoral il y a 10 ans, ma circonscription était directement ciblée. Comme en 2012, le directeur général des élections, ou DGE, a proposé en octobre dernier une nouvelle répartition de sièges qui en ferait gagner quatre au Canada, mais en ferait perdre un au Québec, lequel passerait de 78 à 77 sièges. Ce serait la première fois depuis 1970 qu'une province perdrait un siège à la Chambre des communes. Pour moi, cela est absolument inacceptable.
La seule façon d'éviter une telle situation, c'est par une modification de la formule qui détermine le nombre de députés et leur répartition par province de manière à protéger le Québec. Un peu plus tôt, le député de Drummond a déposé un projet de loi à la Chambre pour garantir au Québec 25 % des députés. Il vous aura certainement expliqué les tenants et les aboutissants de cette clause de nation qu'on veut intégrer.
Aujourd'hui, ce qu'on demande à la Chambre, c'est essentiellement d'adopter un principe simple: protéger le poids politique du Québec. Je vois difficilement comment on pourrait être en désaccord avec cela. Je vous disais qu'il est important pour moi de prendre la parole. En effet, ce n'est pas seulement la voix du Québec qui s'affaiblit, cela pourrait être la voix de l'Est du Québec qui s'affaiblit.
Je reviens en 2012, au moment où l’on procédait au même exercice de redécoupage électoral. Les députés de la région ont fait front commun pour dénoncer la suppression d'une circonscription de notre coin de pays, parce que c'était ce qui était proposé: la suppression de la circonscription que je représente aujourd'hui. Les raisons en étaient essentiellement démographiques, la population de la circonscription étant inférieure au nouveau quotient de l'époque, établi à environ 101 000 habitants.
Le DGE a tenté d'équilibrer la population des circonscriptions de l'Est du Québec avec la moyenne québécoise en faisant disparaître cette circonscription. La commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour le Québec proposait de repousser les frontières de la déjà très grande circonscription de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques et de celle de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine pour en faire deux énormes circonscriptions, faisant disparaître celle d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.
Non seulement cela aurait créé deux circonscriptions énormes en superficie, mais cela en aurait fait les deux circonscriptions les plus populeuses du Québec. Les députés de l'époque, Guy Caron, député néo-démocrate de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, François Lapointe, député néo-démocrate de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, et Jean-François Fortin, député bloquiste de Haute-Gaspésie—La Mitis—Matane—Matapédia — un prédécesseur, donc, que je salue — avaient présenté un mémoire à la commission pour démontrer à quel point ce n'était pas une bonne idée de vouloir faire disparaître une circonscription rurale.
J'ai ressorti ce mémoire des tablettes, je l'ai dépoussiéré pour aller y puiser des arguments qui sont toujours valables aujourd'hui et qui prouvent que, malheureusement, on risque de jouer dans le même film qu'il y a 10 ans. L'Est du Québec pourrait être ciblé et perdre son poids politique à la Chambre des communes.
Je veux revenir sur ce qui s'est passé. Heureusement, en 2012, ma circonscription n'a pas disparu, parce que je ne serais pas ici, évidemment. On a seulement redessiné les contours ou les frontières des circonscriptions. Cela a fait en sorte qu'on a perdu Haute-Gaspésie pour gagner une partie de la Baie-des-Chaleurs qui est complètement de l'autre côté de la péninsule. Cela vient un peu inutilement mêler les gens qui, toutes les quelques années, se demandent qui est leur député. Ce n'est pas tous les jours qu'on fait appel à son député fédéral. Cela a quand même été une victoire en soi pour les députés de la région qui avaient mené un combat pour ne pas perdre une partie de leurs voix.
Je veux parler des raisons pour lesquelles je pense qu'on ne doit pas s'attaquer au territoire rural. D'abord, c'est un très grand territoire. Ma circonscription, à elle seule, fait près 15 000 kilomètres carrés. Elle s'étend sur deux régions administratives, elle englobe quatre municipalités régionales de comté, 56 municipalités et deux communautés autochtones. C’est grand, et cela vient avec des défis complètement différents de ceux des circonscriptions en milieu urbain, et ce, même si elles sont un peu moins peuplées.
En milieu rural, des intérêts multiples se reflètent, avec lesquels les élus doivent composer et exercer un certain travail de consensus et de cohésion de la parole régionale. Dans une circonscription comme la mienne, quand un débat met en cause les intérêts de la région, je dois mobiliser mes 56 maires, mes quatre préfets, mes deux chefs autochtones, les quatre chambres de commerce et tous les syndicats de l'agriculture, économiques, et tout ce qui en fait partie. Tout le monde mérite d'être entendu, mais cela se fait sur un territoire tellement large que c'est accompagné de défis.
Ce ne sont pas les mêmes joutes qu’en milieu urbain, où certains de mes collègues ont affaire à un seul maire ou à un député provincial. Ce n'est pas du tout la même chose.
Je pense qu'il faut être respectueux des communautés naturelles, des limites des régions administratives et des MRC. Il ne faut pas les scinder. Or c'est ce que le redécoupage de 2021 proposait: morceler les MRC. Cependant, je pense qu'il faut être conscient des réalités qui viennent avec le fait d'être dans une certaine région politique, que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral. Les personnes qui relèvent d’une municipalité ou d’une autre administration locale vont tisser des liens économiques, sociaux et politiques par le seul fait de partager la même communauté politique.
Souvent on tente de justifier ces redécoupages en se basant sur les prévisions démographiques qui démontrent un nouveau façonnement urbain axé sur la densification plutôt que sur l'étalement. Je comprends cela, mais je trouve qu'il est un peu excessif de baser le redécoupage sur des prévisions qui s’étalent sur 20 ans alors que l’exercice de révision des limites doit se faire, de toute façon, tous les 10 ans.
De plus, pour la première fois depuis 20 ans, le solde migratoire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie a été positif, en 2021. Je pense que cela aussi doit être pris en considération. Ce n'est plus le même phénomène qu'auparavant. On peut peut-être trouver que c'est un effet positif de la pandémie qui a permis aux gens qui, par le télétravail, ont pu venir s'installer en région. Je crois qu'on doit prendre cela en considération.
Je me permets aussi de mentionner l’importance des bureaux de circonscription dans une région comme la mienne. Je suis peut-être l'une des quelques députés fédéraux qui ont quatre bureaux de circonscription. La raison en est simple: le territoire de ma circonscription est si grand, que cela n'aurait aucun sens de faire faire deux heures de route à une personne de Carleton-sur-Mer pour qu'elle puisse avoir un service au bureau d’Amqui ou une heure de route pour les citoyens de Mont-Joli afin qu'ils puissent se rendre au bureau de Matane. Cela n'a pas de sens. C'est important pour moi de leur offrir un service.
Les bureaux de circonscription donnent un visage humain à la politique et rapprochent la population des élus. C'est, en quelque sorte, la première ligne, le point de contact, où l’on tente de remédier aux ratés de la grande machine fédérale. D'ailleurs, le nombre de cas d'immigration et d'assurance-emploi qu'on traite par semaine aux bureaux de circonscription prouve qu'on a besoin d'offrir ce service à la population.
J’en profite d’ailleurs pour saluer le travail de mes très chers collègues qui sont au bureau de circonscription: Ariane, Marjolaine et Ghislain. Sans eux, je ne pourrais certainement pas faire ce travail et plusieurs personnes de ma circonscription n'auraient pas vu leur problème se résoudre.
Je vais aller directement à la conclusion parce que je vois que le temps file.
Le mémoire de 2012 se concluait sur les mots suivants: la ruralité n’est pas un droit constitutionnel reconnu. C’est un mode de vie, une économie, des valeurs et des intérêts qui, eux, ont un droit constitutionnel à l’expression par l'entremise du droit à l’équité du vote.
C’est sur ces mots que je vais implorer mes collègues de tous les partis d'adhérer à l’idée que, pour toutes les raisons que je viens de nommer, la voix du Québec, et particulièrement celle de l’Est-du-Québec, ne doit pas être affaiblie.
Voir le profil de Rick Perkins
PCC (NS)
Monsieur le Président, c'est avec un profond sentiment de colère et de tristesse que je prends la parole aujourd'hui pour dénoncer les événements qui ont eu lieu lundi dans mes deux bureaux de circonscription et dans ceux de notre collègue le député de Nova-Ouest.
Nous avons reçu des enveloppes qui contenaient des produits chimiques irritants. Un membre de mon personnel a ouvert l'enveloppe par mégarde. On a dû l'amener d'urgence à l'hôpital, où il s'est fait soigner et décontaminer. Heureusement, il va bien et il est de retour au travail.
Ce geste met en évidence un problème plus profond relativement à l'effondrement de la civilité et du respect dans le discours démocratique tenu dans les médias sociaux, les courriels, le courrier et en personne. Nous pouvons discuter. Nous pouvons être en désaccord. Nous pouvons manifester pacifiquement. Ces éléments constituent l'essence de la démocratie. Les gestes haineux et violents commis à l'encontre des gens qui travaillent au service des Canadiens ne sont pas des attaques contre des personnes, mais contre la démocratie même. Une attaque contre un seul individu est une attaque contre tous.
Mon message est le suivant: aucun député ne sera intimidé. Nous continuerons de représenter nos collectivités et de faire du Canada un meilleur endroit pour tous.
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