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NPD (AB)
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2022-11-29 10:19 [p.10126]
Madame la Présidente, le grand problème du conseil national de réconciliation, c'est que le gouvernement choisit les personnes qui y siègent. Mes collègues du Parti conservateur et du Bloc ont soulevé ce problème à plusieurs reprises, car ils s’inquiètent de voir que l’on choisit avec soin les organismes qui siégeront au conseil d’administration du conseil national de réconciliation. Il est important que les peuples autochtones aient une voix forte dans ce dialogue si essentiel.
Mon collègue d’en face, le secrétaire parlementaire, a parlé de rendre cela apolitique. C’est un geste extrêmement politique que de choisir avec soin qui siégera. J’ai tenu des consultations et j’ai parlé directement aux organismes métis de tout le pays, dont bon nombre ne sont pas représentés au Ralliement national des Métis. Comment mon collègue s’attend-il à inclure les communautés autochtones qui ne sont pas membres des trois organismes nationaux et qui n’auront pas de place aux autres tables?
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NPD (AB)
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2022-11-29 11:21 [p.10134]
Madame la Présidente, la circonscription du député, Winnipeg-Nord, compte l’une des plus importantes populations autochtones mais affiche aussi l’un des plus hauts taux de prise en charge par les Services à l’enfance et à la famille au Canada. Or, le député est un ministériel.
Quoi qu'il en soit, vous n'avez pas à me croire sur parole, mais vous pouvez faire confiance à une ancienne vérificatrice générale, qui a dit en 2011, à la fin de son mandat, qu’elle n’était pas impressionnée. Après 10 ans d’audits, elle a déclaré que la situation était tout simplement inacceptable. Son successeur a dit par la suite que la situation était devenue encore plus inacceptable.
Selon le rapport que l'actuelle vérificatrice générale vient de publier, le gouvernement ne met pas les intérêts des Premières Nations au centre de ses priorités.
Quand le gouvernement prendra-t-il vraiment au sérieux les questions autochtones? Le gouvernement a eu sept ans pour agir. Nous ne pouvons plus attendre. Quand agira-t-il?
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PCC (AB)
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2022-11-29 11:47 [p.10138]
Madame la Présidente, j’ai écouté avec beaucoup d’intérêt le discours de mon collègue libéral. Il a parlé spécifiquement de la nécessité de faire entendre diverses voix autour de la table, y compris celles des personnes qui nous feraient part de dures vérités.
J’espère que le député connaît bien l’accord politique et la décision rendue dans l'affaire Daniels concernant la bataille juridique entre le Congrès des peuples autochtones et le gouvernement du Canada et les questions connexes visant à ce que les Autochtones inscrits et non inscrits soient reconnus par le gouvernement.
En fait, je suis très déçu. Je me demande si le député appuiera l’amendement proposé par son gouvernement aujourd’hui, un amendement adopté au comité et présenté à la Chambre à l’étape du rapport, qui retirerait le Congrès des peuples autochtones de ce conseil.
Je suis très inquiet. Bien que le député parle de dures vérités partagées par des voix autour de la table, je me demande s’il appuie le programme de son gouvernement qui vise à retirer ces voix.
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NPD (AB)
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2022-11-29 11:51 [p.10139]
Madame la Présidente, le député d’en face vient de mentionner une partie très importante de cette loi qui, je l’espère, profitera au dialogue de tous les députés sur ce sujet extrêmement important.
La Constitution du Canada a été citée à plusieurs reprises pour défendre le gouvernement et expliquer la raison pour laquelle il a choisi trois organismes nationaux. L’article 35 de la Constitution est explicite. Il indique que les droits existants — ancestraux ou issus de traités — des peuples autochtones du Canada sont reconnus et confirmés. Il ne mentionne aucunement l’Assemblée des Premières Nations, le Ralliement national des Métis ou l’Inuit Tapiriit Kanatami. Ces trois organisations nationales ont été, dans de nombreux cas, instaurées après la ratification de la Constitution en 1982.
La question est vraiment de connaître la raison pour laquelle le gouvernement a choisi ces trois organismes nationaux. Il ne peut pas utiliser la Constitution parce que ce n’est pas ce qu’elle indique.
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NPD (AB)
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2022-11-29 12:06 [p.10141]
Madame la Présidente, j'ai écouté avec attention le discours du député sur la réconciliation économique. Cet aspect n'est jamais mentionné dans les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, mais je comprends que le député parle de ce principe pour que les Premières Nations, les Métis et les Inuits aient les outils économiques nécessaires afin de participer pleinement à l'économie.
Cependant, l'ensemble des propos du député sont liés directement aux projets d'exploitation des ressources naturelles. Que se passera-t-il si, par exemple, un groupe autochtone adopte une approche l'amenant à vouloir réaliser un projet d'énergie renouvelable et verte? Le principe de la réconciliation économique s'appliquerait-il dans un tel cas de figure pour les conservateurs?
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PCC (AB)
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2022-11-29 12:18 [p.10142]
Madame la Présidente, tout à l’heure, j’ai posé une question à un autre député libéral sur le Congrès des peuples autochtones. J’espère que le secrétaire parlementaire est au courant de l’arrêt Daniels sur le Congrès des peuples autochtones et le gouvernement du Canada ainsi que de la longue bataille juridique entre ces deux parties. L’arrêt Daniels rend le gouvernement fédéral légalement responsable des intérêts des Métis et des Indiens non inscrits.
Cet arrêt est essentiel, car au cours du débat en comité, nous avons ajouté à ce conseil des représentants importants, notamment ceux d’organismes autochtones nationaux. Pourtant, le ministre libéral a déposé aujourd’hui un amendement demandant d’éliminer le Congrès des peuples autochtones du projet de loi. Ce dernier représente une voix importante pour les Autochtones, car bon nombre d’entre eux ne sont pas représentés à d’autres tables. Mon collègue appuie-t-il l’élimination du Congrès des peuples autochtones de cette mesure?
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PCC (AB)
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2022-11-29 12:23 [p.10143]
Madame la Présidente, je suis toujours heureux de prendre la parole à la Chambre au nom des habitants de Red Deer—Mountain View. Je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi d'initiative ministérielle, le projet de loi C‑29, Loi prévoyant la constitution d’un conseil national de réconciliation.
Je crois que la vérité et la réconciliation doivent être considérées comme le fruit d'un partenariat, d'un parcours vers la destination souhaitée. Il n'est pas facile de rétablir des relations, surtout lorsqu'il y a un historique de méfiance. Au cours de l'étude du projet de loi C‑29, nous devons le considérer en nous mettant à la place de ceux qui éprouvent de la méfiance, ce qui nous permettra de jeter des ponts et d'établir un consensus.
Le projet de loi C‑29 tente de donner suite aux appels à l'action os 53 à 56 de la Commission de vérité et réconciliation en établissant un mécanisme de reddition de comptes sur les progrès de la réconciliation au Canada.
Comme d’autres membres de mon caucus l’ont dit, notre parti est pour la reddition de comptes. J’ai eu l’honneur de siéger au Comité des affaires autochtones et du développement du Grand Nord il y a de nombreuses années, lorsque nous avons créé la Commission de vérité et réconciliation. Je dois dire que jusqu’à la présentation de ces derniers amendements, j’appuyais le projet de loi C-29, à cause de l’excellent travail de mes collègues conservateurs au Comité qui ont fait pression pour faire adopter des amendements logiques, ce qui a finalement renforcé ce projet de loi. Les amendements libéraux viennent maintenant brouiller les cartes. Quoi qu’il en soit, il y a encore d’autres sujets de préoccupation sur lesquels j’aimerais maintenant me pencher.
Premièrement, le processus de nomination du conseil d’administration du Conseil national de réconciliation pose problème, notamment en ce qui concerne la transparence et l'indépendance. Pour y remédier, nous devons réfléchir au contexte entourant les interventions du gouvernement. Le premier ministre a annoncé en décembre 2017 qu’il amorcerait le processus d’établissement d’un conseil national de réconciliation en mettant en place un conseil d’administration provisoire. En juin 2018, ce conseil d’administration provisoire a présenté son rapport définitif renfermant 20 recommandations précises. Cependant, il a fallu trois ans et demi au ministre pour nommer les nouveaux membres du conseil d’administration de ce conseil national ou pour se préparer à le faire.
À mon avis, le ministre doit rendre des comptes et faire preuve de transparence à la Chambre lorsqu’il répond aux préoccupations des Canadiens concernant le processus de sélection, en particulier d’Autochtones. Pourquoi le gouvernement et le ministre ont-ils mis si longtemps avant de procéder aux nominations? Qui est responsable de l’analyse du processus, et pourquoi était-il acceptable que cela prenne plus de trois ans?
En tant qu’ancien professeur de mathématiques, je mesure vraiment l’importance des indicateurs quantitatifs et du suivi. J’en parle souvent au comité de l’environnement et à celui des ressources naturelles, ce qui m’amène à ma prochaine préoccupation. Le projet de loi C- 29 ne prévoit rien pour mesurer les résultats. Si nous ne savons pas ce que nous avons et où nous allons, comment saurons-nous quand nous serons arrivés? Nous avons besoin de données pour comprendre si ce que nous faisons correspond à nos objectifs. Personne ne peut prédire l’avenir et personne ne peut parler au nom des populations autochtones mieux qu’elles-mêmes. Des données mesurables peuvent aider tout le monde à vérifier que les résultats que nous souhaitons tous sont effectivement atteints.
Je comprends qu’il est difficile de quantifier la réconciliation, mais l’appel à l’action no 55 montre qu’il existe plusieurs éléments mesurables, par exemple le nombre comparatif d’enfants autochtones et non autochtones pris en charge et les raisons de la prise en charge. Nous pouvons mesurer et suivre ces éléments. Je suis sûr que de telles données seraient extrêmement utiles dans l’élaboration de politiques pour s'attaquer à ce très important enjeu.
Un autre exemple pour nous aider à établir une politique de justice et des mesures de soutien social serait de suivre les progrès réalisés pour éliminer la surreprésentation des enfants autochtones dans les centres de détention pour les jeunes, ainsi que les progrès réalisés pour réduire le taux de victimisation criminelle dans les homicides, la violence familiale et d’autres crimes. Je suis sûr que ces mesures seraient également utiles pour le processus d’élaboration des politiques. Afin de mesurer la reddition de comptes, nous devons d’abord fixer des objectifs afin de distinguer le succès de l’échec. Nous savons que le gouvernement a un bilan peu reluisant en matière d’atteinte de cibles et de mesures de la reddition de comptes.
En mai 2022, le directeur parlementaire du budget a publié son rapport sur l'analyse comparative du budget principal des dépenses du ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord et du ministère des Services aux Autochtones, analyse qu'il a effectuée à la demande du Comité permanent des affaires autochtones et du Nord.
Le directeur parlementaire du budget s'est montré critique à l'égard de Services aux Autochtones Canada et du ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord du Canada. Il a noté qu'entre 2015‑2016 et 2022‑2023, les ressources financières consacrées aux services aux Autochtones ont considérablement augmenté.
Puis il a ajouté que cette augmentation des dépenses « n’a pas entraîné d’[augmentation] proportionnelle de la capacité de ces organisations à atteindre les objectifs qu’elles s’étaient fixés ».
Il a ajouté ceci: « Selon l’examen qualitatif, la capacité [des ministères] à atteindre les objectifs fixés a diminué. »
Que des budgets augmentent sans que les résultats s'améliorent le moindrement, ce n'est jamais une bonne chose. Qu'il s'agisse de dépenser de l'argent ou de mettre en œuvre une politique, nous devons rendre des comptes aux contribuables et aux Canadiens, mais j'ai l'impression que nos collègues libéraux ont oublié ce principe.
Lorsque le projet de loi a été présenté à l'étape de la deuxième lecture, j’ai été interpellé par l'échéancier déraisonnable qui s'appliquait aux débats à la Chambre. J'avais toujours des réserves sur le plan de la transparence, mais aussi en ce qui concerne l'indépendance du processus de nomination des administrateurs. Je suis également préoccupé par le fait que le projet de loi ne prévoit aucun résultat mesurable ainsi que par les obstacles que les gouvernements érigent pour freiner le pouvoir économique des Autochtones.
Calvin Helin, fils d'un chef héréditaire, est l’auteur de sept best-sellers et lauréat de plusieurs prix. Il est actuellement PDG d'Eagle Group of Companies et il a déjà présidé la Native Investment and Trade Association. Il a récemment comparu devant le comité des ressources naturelles, où il a parlé de la nécessité pour les peuples autochtones d'avoir accès aux capitaux et aux marchés. Il a fait valoir que les Autochtones doivent pouvoir exploiter les ressources de leurs terres, en évoquant les problèmes qu’ils éprouvent avec le gouvernement pour y parvenir.
Dans le livre de M. Helin, Dances with Dependency, que j'ai lu lorsque je suis arrivé ici, en 2008 et que je fais lire également à tous ceux qui travaillent pour moi, il traite de la réalité des écocolonialistes. Je suis tout à fait d'accord avec lui pour dire que les ministères et les gouvernements font obstacle à l'exploitation des ressources des peuples autochtones, surtout à une époque où le monde a besoin des ressources éthiques du Canada. Il serait vraiment dommage que ces actifs se retrouvent immobilisés et que les Autochtones aient à lutter encore pour leur liberté économique parce que le gouvernement actuel met des bâtons dans les roues du secteur pétrolier et gazier canadien, pour ne pas dire qu'il fait obstacle à beaucoup d'activités d’extraction de nos ressources.
Au comité, une proposition d'amendement qui aurait donné à l'organisation économique autochtone nationale un siège au conseil d'administration a été rejetée. Cela va à l’encontre de l'avis de nombreux témoins qui ont souligné l'importance d'avoir une voix forte sur la réconciliation économique à la table. Mes collègues conservateurs au comité ont fait valoir avec force que la réconciliation économique est la solution pour éradiquer la pauvreté, résoudre les problèmes sociaux qu'elle engendre et, en fin de compte, créer une voie vers l'autodétermination pour les peuples autochtones.
Il a été dit que si l'on ne peut pas faire partie d'une solution, il y a toujours de l'argent à faire en prolongeant le problème. Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada et Services aux Autochtones Canada, ainsi que leurs ministres, semblent se contenter de prolonger le problème avec nos peuples autochtones.
Nous l'avons constaté au cours des sept dernières années avec le gouvernement libéral, surtout en ce qui concerne les questions autochtones. Il fait de grandes annonces, il organise des conférences de presse et des séances de photos, mais il ne fait qu'ignorer et laisser traîner les choses pour ne pas avoir à faire tout le travail nécessaire pour aider nos peuples autochtones.
Sur les 19 amendements présentés au comité, 17 ont été proposés par mes collègues conservateurs. Ceux-ci ont tous été adoptés avec l'appui des autres partis, et je tiens à les remercier de leur coopération. Malheureusement, nous assistons aujourd'hui à un retour en arrière pour certaines de ces initiatives.
En terminant, je reviendrai là où cette discussion a commencé, lorsque notre ancien gouvernement conservateur a formé la Commission de vérité et réconciliation. Nous avons préconisé une plus grande transparence dans les réserves pour les peuples autochtones. Mon ancien collègue, Rob Clarke, a fait adopter la Loi sur la modification et le remplacement de la Loi sur les Indiens, qui a reçu la sanction royale en décembre 2014. Il est triste de constater qu'aucune mesure concrète n'a été prise depuis.
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PCC (AB)
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2022-11-29 12:34 [p.10145]
Madame la Présidente, l'un des principaux thèmes présentés a été celui du gouvernement et de ses appels à l'action. La députée néo-démocrate a mentionné, il y a un instant, que le gouvernement avait donné suite à 13 des 94 appels à l'action.
J'ai eu le temps de m'asseoir avec les Autochtones dans leurs territoires pendant que tout cela se passait et de discuter de leurs préoccupations avec eux. Nous devons tous comprendre, je crois, que le gouvernement choisit ce qu'il fera et ne fera pas pour aider nos peuples autochtones.
De toute évidence, si le résultat est seulement de 13 sur 94, nous ne sommes pas...
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PCC (AB)
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2022-11-29 12:36 [p.10145]
Madame la Présidente, pour répondre peut-être au rappel au Règlement, je dirai que ces expressions étaient celles utilisées lorsque je siégeais à la Chambre en 2008 et 2010 et que les discussions se sont tenues. Je m'excuse d'avoir utilisé l'expression qui était utilisée à cette époque. Les choses ont certainement changé maintenant.
Je crois avoir fait valoir mes arguments au député du Parti libéral.
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PCC (AB)
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2022-11-29 12:37 [p.10145]
Madame la Présidente, je pense que c’est important au moment où nous déterminons ce que sera le mandat du conseil. Comme je l’ai dit dans mon intervention, si nous ne savons pas ce que sera le mandat, il sera très difficile de mesurer les résultats et ce que nous aurons accompli.
Bien sûr, je sais que beaucoup a été fait en comité. Nous avons appris ce matin que les libéraux ont présenté un amendement visant à supprimer le siège du Congrès des peuples autochtones au conseil d’administration. Je suis certain que cela a été un peu un choc pour les députés néo-démocrates qui étaient présents et pour le Bloc, qui avait également exprimé son soutien.
Cela n’arrive pas très souvent, mais dans ce cas-ci, je suis désolé pour le NPD si les forces de sa coalition l’ont jeté sous le bus alors que sa direction cherchait une justification pour appuyer la trahison libérale.
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PCC (AB)
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2022-11-29 12:39 [p.10145]
Madame la Présidente, absolument pas. Lorsque je siégeais au comité des affaires autochtones et du développement du Grand Nord, je me suis rendu dans les territoires pour parler à des dirigeants. Ces derniers demandaient des possibilités de sortir leur peuple de la pauvreté. C’est tout. Ce n’était pas à cause d’un parti politique. Ce n’était pas à cause de qui appartenait à qui. C’était une situation où ils disaient qu’il fallait le faire.
Il y avait parmi eux les gens les plus extraordinaires que j’aimerais avoir à la tête d’une entreprise si j’étais ce genre d’individu ou de personne. C’est ce que nous avons dans nos collectivités nordiques. Nous devons abandonner cette approche de dépendance. Nous ne pouvons pas permettre à cet éco-colonialisme de continuer. Je pense que c’est ce que Calvin Helin a exprimé, et il est clair qu’il est temps à présent pour nous de leur donner les possibilités qu’ils méritent. C’est ce que je défends.
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NPD (AB)
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2022-11-29 13:37 [p.10154]
Madame la Présidente, je suis très honoré de prendre la parole aujourd’hui au nom des survivants, des membres de la communauté et des aînés qui ont malheureusement vécu l’expérience traumatisante des horribles pensionnats indiens du Canada.
Aujourd’hui, nous parlons d’une question qui tient à cœur aux enfants, à leurs parents et à leurs grands-parents. Aujourd’hui, tout au long du débat, le gouvernement a parlé de l’importance de déposer enfin ce projet de loi tant attendu, que les survivants et leurs familles réclament depuis des années.
La Commission de vérité et réconciliation a parcouru le pays et a parlé aux survivants et aux familles de l’importance de créer enfin un organisme indépendant qui serait chargé d’obtenir justice au nom des familles autochtones qui sont encore parmi nous aujourd’hui.
C’est le besoin et l’objectif auquel répond l’appel à l’action dont nous parlons aujourd’hui.
Nous avons aussi entendu les conservateurs. Nous avons entendu parler de la nécessité d’une réconciliation économique. Même si une grande partie de ce qu’ils préconisent ne tient pas compte de la réalité et du sort des survivants, je reconnais la nécessité de voir de véritables possibilités économiques pour les peuples autochtones, mais elles doivent aller au-delà de l’extraction des ressources. Les solutions doivent vraiment tenir compte des besoins des peuples autochtones et de leurs valeurs, et véritablement mener pour les peuples autochtones à de meilleurs résultats dans le cadre d’initiatives qu’ils dirigent eux-mêmes dans le contexte de processus d’autodétermination.
Ces travaux sont réels. À l’heure actuelle, des gens de partout au pays prennent des décisions dans leur famille, avec leurs enfants, dans les écoles publiques et même dans les églises. Ils discutent avec des gens ordinaires de ce que signifie le mot « réconciliation ». Lorsque je parle de « réconciliation », il est important que nous comprenions mon point de vue et celui des membres des communautés autochtones. La réconciliation sous-entend qu’à un moment donné, il y a eu une sorte de conciliation au Canada. Il est important de reconnaître que les peuples autochtones ont souvent été relégués à l'arrière-plan du processus décisionnel du gouvernement.
Une chose que nous devons éviter à tout prix dans la loi, c’est le recours prescriptif au contrôle gouvernemental pour insister sur le choix de la personne qui siège à la table pour guider, et peut-être à certains égards influencer, la nature de l’objet indépendant de la loi.
L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 est nouveau pour certains Canadiens, mais pas tous. Certains se souviennent peut-être de ce qui s’est passé à la fin des années 1970 et au début des années 1980, lorsque les peuples autochtones de tout le pays se sont organisés. Ils ont créé de nouvelles organisations. Ils se sont battus pour se faire entendre. Ils ont fait entendre leur voix à la Chambre pour exiger justice, pour que les droits des peuples autochtones, leurs droits inhérents et les droits issus de traités, soient protégés. Ce moment de notre histoire n’est pas très loin. Le Canada est un pays très jeune, mais il nous faut vraiment des gestes concrets, plutôt que des paroles.
Ce ne sont pas seulement les Autochtones qui le disent, c'est la vérificatrice générale du Canada. Elle en a parlé pas plus tard que la semaine dernière. « En 2011, Sheila Fraser, à la fin de son mandat en tant que vérificatrice générale du Canada, a employé le mot “inacceptable” pour résumer son impression des mesures prises par le gouvernement après 10 ans d’audits et de recommandations connexes sur les enjeux touchant les Premières Nations. » Cinq ans après, Michael Ferguson, le prédécesseur de la vérificatrice actuelle, a qualifié la situation de « plus qu’inacceptable ».
La vérificatrice générale a affirmé: « Aujourd’hui, plusieurs décennies d’audits ont montré que les programmes et les engagements du gouvernement n’ont pas servi les peuples autochtones du Canada, et ce, de nombreuses fois [...] Il me paraît évident que les discours fermes ne suffisent pas pour opérer un changement — il faut prendre des mesures concrètes pour corriger ces problèmes de longue date, et le gouvernement doit être tenu responsable de ses actes. »
Ce ne sont pas les mots des néo-démocrates. Ce sont les mots de la vérificatrice générale du Canada, auxquels je souscris fermement.
L'ère de la responsabilisation est à nos portes. Les peuples autochtones en ont assez d'attendre. Ils en ont assez de demander. Les peuples autochtones exigent maintenant que le gouvernement prenne au sérieux les paroles de sa propre vérificatrice générale, qui a fait écho aux échecs du gouvernement il y a près de dix ans. La vérificatrice générale dit encore la même chose aujourd’hui. Nous devons faire mieux.
Quand je dis « mieux », je pense à certaines statistiques frappantes. Je tiens à mentionner que, lorsque nous utilisons des chiffres dans cette enceinte, il faut bien comprendre que ces chiffres représentent des personnes, de vrais enfants, des personnes dans chacune de nos communautés. Il n'y a pas un seul député à la Chambre qui n'est pas touché par les politiques de cet endroit, en particulier les politiques visant les peuples autochtones et, surtout, les enfants. Le Canada continue aujourd’hui d’intenter des poursuites contre des enfants.
Selon Statistique Canada, un recensement effectué en 2021 a montré que les enfants autochtones représentaient 53,8 % de tous les enfants placés en famille d'accueil. Ce chiffre a augmenté depuis le recensement de 2016, qui a révélé que 52,2 % des enfants placés de moins de 14 ans étaient autochtones.
Si je pose cette question au gouvernement, ce que j'ai fait aujourd'hui, il se contentera de faire diversion et de dire que les gouvernements provinciaux sont responsables. Cependant, cela n'arrête pas les défenseurs des droits des Autochtones, les membres forts de ces communautés, comme l'ancienne chef Norma Kassi, qui a déclaré que même si les pensionnats sont fermés, les foyers d'accueil existent toujours, et leurs enfants leur sont encore enlevés.
C'est là la réalité, une réalité dont on ne parle peut-être pas dans cette enceinte, mais qui est évoquée chaque jour dans tout le pays, y compris dans les salles d'audience. La très honorable Cindy Blackstock, une championne et une véritable guerrière des Autochtones qui se bat pour les enfants les plus vulnérables, a déclaré que:
[...] les derniers pensionnats ont fermé en 1997. Le traumatisme s'est perpétué, mais les enfants et les familles des Premières Nations avaient moins de ressources publiques pour y faire face. Cependant, ils étaient souvent pointés du doigt par le public canadien, qui ne pouvait pas savoir [...] C'est ce qui a perpétué le cycle du racisme et le cycle du traumatisme.
Ce qu'elle nous dit, c'est que les députés doivent sérieusement tenir compte du fait que si nous n'agissons pas maintenant, cela continuera de génération en génération. C'est dire à quel point les blessures sont profondes.
Nous pouvons penser aux mauvais traitements infligés aux enfants autochtones, non seulement durant la période des pensionnats, mais aussi pendant la rafle des années 1960, dont je suis un survivant intergénérationnel. La rafle des années 1960 ne remonte pas à si longtemps que cela; elle a des répercussions sur des familles tous les jours. Il y a des membres de la famille que l'on ne voit jamais. Je n'ai jamais rencontré tous les membres de ma famille. Ce n'est pas une histoire rare. C'est l'histoire commune de beaucoup de gens d'un bout à l'autre du pays.
La situation est encore pire. Beaucoup d'entre eux sont victimes de mauvais traitements, même à l'heure où nous parlons, comme de la violence physique, sexuelle et spirituelle. Selon les statistiques les plus récentes du Portail de la protection de l’enfance du Canada, il y a au moins 14 100 enquêtes sur des incidents de maltraitance concernant des enfants autochtones. Si nous ne parlons pas dans cette enceinte des principes fondamentaux de la justice pour les personnes les plus vulnérables de notre société, que faisons-nous vraiment ici? Il y a 14 000 enfants qui souffrent de malnutrition au Canada et nous discutons de la question de qui peut siéger à un conseil national de réconciliation.
Je mets le gouvernement au défi d'aller bien au-delà de la rhétorique, bien au-delà du dépôt d'un projet de loi, mais je dois profiter de l’occasion pour répéter qu'il faut faire davantage. Nous en sommes à peine à la première étape pour veiller à ce que le gouvernement fasse vraiment ce qui doit être fait.
Nous savons que ces enfants auront encore besoin de notre soutien. Ils auront encore besoin des Autochtones. Ils auront encore besoin de leur langue. Ils auront encore besoin de l'accès à la terre. C'est essentiel pour la reconstruction de nos gens.
Je tiens à remercier mes collègues de débattre de ce sujet très sérieux. J'espère que nous pourrons unir la Chambre, non seulement pour les principes d'équité contenus dans ce projet de loi, mais aussi pour la justice envers les peuples autochtones, non seulement aujourd'hui, mais chaque jour à la Chambre. C'est ce que j'espère.
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NPD (AB)
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2022-11-29 13:47 [p.10155]
Madame la Présidente, je remercie le secrétaire parlementaire de poser cette question aujourd’hui, car elle est importante. Tout dépendra de l’orientation de notre société et du but de l’éducation publique.
Nous sommes à l’ère non seulement de la réconciliation, mais aussi de l’action et des conséquences. Si nous n’avions pas agi dans tous les aspects de la société, notamment dans les écoles publiques, toute une nouvelle génération de Canadiens aurait été laissée pour compte. Ils n’auraient pas compris l’importance des pensionnats et les graves répercussions qu’ils ont eues sur les enfants. Ils ne sauraient rien de la rafle des années 1960. Ils ne sauraient rien du système des services à l’enfance et à la famille. Il est important que nous poursuivions nos efforts pour faire en sorte que les écoles publiques de tout le Canada disposent des outils nécessaires pour discuter de cette page importante de l’histoire.
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NPD (AB)
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2022-11-29 13:49 [p.10155]
Madame la Présidente, je tiens à mentionner quelque chose de tout à fait essentiel pour comprendre ce pays, le Canada, et le gouvernement par rapport aux personnes qui représentent les peuples autochtones. Quand nous parlons d’« organisations nationales », de quelles nations parlons-nous, et qui appartient à ces nations? Il est essentiel de changer complètement de point de vue pour comprendre que les Autochtones font partie de la population et que le Canada doit aller à leur rencontre et pas le contraire.
Par conséquent, je peux rassurer le député. Je comprends ce qui motive les conservateurs. La composition de ce conseil d’administration semble bien manquer d’indépendance parce que le gouvernement nomme les membres, et les conservateurs essaient de nommer des membres en ce moment même. Les néo-démocrates disent que la composition du conseil importe peu. Elle doit montrer qu’il faut aller à la rencontre des peuples autochtones là où ils se trouvent, sur le terrain.
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NPD (AB)
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2022-11-29 13:51 [p.10156]
Madame la Présidente, il est important de remercier les survivants, les membres importants des gouvernements autochtones et les dirigeants locaux, mais à certains égards, il convient aussi de mentionner les enfants qui endurent cette douleur jour après jour et qui comptent sur les parlementaires de la Chambre pour rendre aux enfants autochtones, ainsi qu'à tous les enfants au pays, la justice qu'ils méritent. Lorsque nous disons qu'il faut aborder ces questions de façon non partisane, il faut comprendre qu’il y a encore beaucoup à faire pour que ces enfants obtiennent la justice et le genre de compensation qu’ils méritent.
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