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Mary-Luisa Kapelus
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Mary-Luisa Kapelus
2019-02-19 9:09
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Merci.
Je m'appelle Mary-Luisa Kapelus et je suis sous-ministre adjointe par intérim du Secteur des affaires autochtones et de la réconciliation à Ressources naturelles Canada.
Je tiens d'abord à reconnaître que nous nous trouvons sur le territoire ancestral algonquin, qui ne nous a jamais été cédé. Je tiens également à vous remercier de cette occasion qui m'est donnée de m'adresser au Comité, dans le cadre de son étude sur le renforcement des capacités communautaires et le maintien en poste des personnes talentueuses.
Cet important travail arrive à un moment opportun à Ressources naturelles Canada, car le ministère s'emploie à remplir l'engagement du gouvernement de faire progresser la réconciliation et de renouveler la relation entre le Canada et les peuples autochtones.
Avant d'aller plus loin, je voudrais vous présenter mon collègue, John Kozij, qui est directeur général de la Direction du commerce, de l'économie et de l'industrie du Service canadien des forêts, ainsi que Jean Gagnon, arpenteur général pour le Secteur des terres et des minéraux.
À l'instar de mes collègues des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada et des Services aux Autochtones Canada, nous considérons qu'il est essentiel d'appuyer le renforcement des capacités des communautés autochtones.
Comme vous le savez sans doute, Ressources naturelles Canada est responsable des données géospatiales ainsi que des sciences forestières, minières, énergétiques et terrestres, qui demandent de collaborer avec des partenaires provinciaux et territoriaux, le milieu universitaire, l'industrie et les collectivités autochtones. À Ressources naturelles Canada, il est capital que l'importance des partenariats et du renforcement des capacités mutuelles avec les communautés autochtones soit soulignée dans le cadre de ce travail.
C'est avec cette vision en tête que RNCan a créé récemment le secteur dont je suis responsable, celui des affaires autochtones et de la réconciliation. Ce nouveau secteur veille à ce qu'il y ait au ministère une approche coordonnée dans le cadre des efforts de mobilisation et de consultation auprès des Autochtones, notamment en renforçant nos relations avec les organisations autochtones nationales, en soutenant les divers secteurs de RNCan dans les activités qu'ils mènent avec les Autochtones et en améliorant l'approche pangouvernementale en matière de réconciliation.
Je vous donnerai maintenant un aperçu de cinq initiatives où RNCan soutient le renforcement de capacités au sein des communautés.
Premièrement, le Centre canadien de cartographie et d'observation de la Terre soutient le renforcement des capacités par l'entremise de la station-relais pour satellites d'lnuvik, qui fait d'lnuvik, et du Canada, une destination prisée dans le monde entier pour ses données. Cette station de réception de données satellites de 20 millions de dollars, qui est un centre mondial de services géospatiaux et de science de données dans l'Arctique, a été construite en partenariat avec les Gwich'in et les lnuvialiut, la Ville d'lnuvik et le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, et avec l'appui des agences spatiales canadiennes et internationales et celui du secteur privé.
Le projet soutient également le développement des compétences et des capacités d'étudiants autochtones recrutés pour occuper des emplois de collecte, de gestion et d'application de données géospatiales dans le cadre de projets précis, tout en apprenant à comprendre l'exploitation de satellites.
Ressources naturelles Canada a également parrainé l'élaboration d'évaluations des besoins des utilisateurs en matière de données géospatiales au sein des collectivités autochtones afin d'accroître la pertinence des données telles que celles sur le changement climatique, la gestion des catastrophes et la gestion des océans.
Le deuxième domaine concerne les efforts de RNCan pour renforcer les capacités des Autochtones dans le secteur forestier. Ce secteur est une importante source d'emplois, surtout dans les régions rurales et éloignées de notre pays. L'Initiative de foresterie autochtone est la plus récente démarche entreprise dans le cadre du soutien offert par RNCan depuis 30 ans pour renforcer les capacités en foresterie autochtone.
Ressources naturelles Canada collabore avec les collectivités pour renforcer leurs capacités en gestion des ressources forestières et soutenir le développement d'entreprises détenues et exploitées par les Autochtones.
Par exemple, depuis 2016, RNCan soutient le renforcement des capacités de gestion forestière de la Confederacy of Mainland Mi'kmaq, qui gère directement les terres forestières de la Couronne en Nouvelle-Écosse en intégrant le savoir autochtone et la science occidentale, ce qui assure un appui plus complet des activités forestières.
Les investissements de RNCan ont également aidé la nation des Cris de Chapleau à élaborer la stratégie d'économie de la conservation des chefs régionaux du Nord-Est du lac Supérieur, une pierre angulaire du développement économique du secteur forestier. Ce travail a contribué à l'établissement de Wahkohtowin, une société de développement dirigée par des Autochtones, qui comprend une entreprise prospère de production de sirop de bouleau et une exploitation forestière qui apporte des emplois et des revenus à la collectivité locale.
L'Initiative de foresterie autochtone favorise les partenariats avec les communautés autochtones. Ce n'est pas seulement une question de rendement de programmes; il s'agit de bâtir des relations durables. Notre présence sur le terrain, par l'entremise des centres de foresterie régionaux, nous permet de développer des projets en collaboration avec les communautés.
Le troisième domaine que j'aimerais aborder est celui des efforts concertés et novateurs que nous déployons pour bâtir un avenir énergétique plus propre. Dans le cadre du Programme Énergie propre pour les collectivités rurales et éloignées, RNCan a reçu 220 millions de dollars sur six ans pour appuyer des projets d'énergie propre. Nous collaborons avec les collectivités et les organisations autochtones pour faire progresser les projets d'énergie renouvelable et de renforcement des capacités afin de réduire leur dépendance au diesel.
Avec l'aide du gouvernement fédéral, le Conseil des Tlingits de Teslin, au Yukon, a construit une usine de bioénergie forestière pour chauffer sa collectivité. Teslin a optimisé les retombées locales à chaque étape du projet. Les responsables ont supervisé la planification, la construction et, enfin, l'exploitation et l'entretien continus de leurs systèmes de bioénergie.
Notre programme d'élimination du diesel a affecté des fonds totalisant 10 millions de dollars à des projets de renforcement des capacités liés à l'énergie propre. Dans le cadre de la première ronde de financement, nous soutenons 11 projets de renforcement des capacités dans diverses régions du Canada, projets qui concernent tant la planification énergétique communautaire que la littératie énergétique ou les programmes de formation pour les jeunes.
Ces projets sont à la base même de nos efforts visant à aider les communautés autochtones à acquérir un plus grand pouvoir décisionnel concernant leur avenir énergétique. Chaque projet est piloté par la collectivité et vise à engendrer des répercussions socioéconomiques plus vastes.
Par exemple, RNCan appuie un projet qui permettra de recruter et de former de nouveaux gestionnaires de l'énergie autochtones à temps plein dans de nombreuses collectivités éloignées de l'Ouest canadien, et de leur offrir du perfectionnement professionnel.
La semaine dernière, RNCan a également lancé le projet intitulé « Créer de nouvelles possibilités: Initiative autochtone pour réduire la dépendance au diesel à Whitehorse ». L'objectif de cette initiative consiste à aider jusqu'à 15 collectivités autochtones éloignées à abandonner le diesel comme source d'énergie principale.
Au cours des 18 derniers mois, Ressources naturelles Canada a dialogué avec de multiples communautés d'un bout à l'autre du pays pour s'assurer que leurs divers besoins et points de vue sont incorporés dans le développement de ces initiatives. Ce dialogue a mené à une approche de conception flexible, où les participants ont accès aux formations et au soutien nécessaires pour développer des projets d'énergie propre ajustés aux besoins des communautés.
Les investissements dans les solutions d'énergie propres pour réduire la dépendance au diesel dans les communautés autochtones, bien que modestes, font un apport d'importance vitale au soutien de la réconciliation et de l'autodétermination.
Le quatrième domaine est le programme de gestion des terres des Premières Nations. Dans le budget de 2018, le gouvernement a investi 8,4 millions de dollars sur cinq ans pour mettre à l'essai un programme pilote de renforcement des capacités d'arpentage pour les collectivités des Premières Nations afin d'éliminer les obstacles à une gestion efficace des terres.
Dans le cadre de ce programme, RNCan offrira à 24 collectivités des Premières Nations 12 semaines de formation en milieu communautaire et une formation pratique personnalisée sur les principes fondamentaux de l'arpentage
Ce programme vise à mieux faire connaître les avantages que représente l'arpentage pour ce qui est du soutien à la gouvernance et de la capacité de prendre des décisions au sujet des terres.
Le maintien des compétences acquises dans la collectivité est important. Ces compétences seront conservées en offrant de la formation dans la communauté plutôt qu'en obligeant les participants à quitter la collectivité pour suivre une formation et en élaborant des outils, des documents et des procédures internes.
Enfin, en 2014, RNCan a entrepris un engagement précoce et continu avec les peuples autochtones dans le cadre de l'Initiative sur l'infrastructure énergétique de la côte Ouest. Cette initiative permet aux fonctionnaires fédéraux et aux collectivités autochtones de s'investir dans des projets d'infrastructure énergétique. En collaboration avec divers ministères partenaires, RNCan a approuvé 235 projets évalués à près de 61 millions de dollars. Par exemple, la nation Tsleil-Waututh a entrepris de nombreuses initiatives visant à rétablir la santé de l'écosystème dans le bras de mer Burrard. Ces démarches comprennent l'établissement d'un plan d'action environnemental, la tenue d'une table ronde cogérée pour mettre à jour les objectifs de qualité de l'eau dans le bras de mer et l'installation d'un réseau d'instruments scientifiques pour surveiller la qualité de l'eau.
Grâce à ces travaux, la collectivité a récolté des myes dans la baie Burrard pour la première fois en 44 ans.
En réponse à cette situation, le Conseil tribal Carrier Sekani a élaboré le programme de formation destiné aux agents de référence des Premières Nations, une initiative de formation technique pour les collectivités des Premières Nations de la Colombie-Britannique. Le but de cette initiative est de permettre de mieux comprendre et gérer les renvois liés à la consultation et d'améliorer la prise de décisions ainsi que la gestion des ressources naturelles dans leurs territoires.
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Lib. (ON)
Je vous remercie, madame la présidente.
Madame Kapelus, j'aime bien ce programme que vous avez mis en place pour les arpenteurs-géomètres. Y a-t-il d'autres domaines que vous avez ciblés où une approche semblable pourrait être adoptée localement? Comme nous le savons, dans le secteur des ressources naturelles, les possibilités sont énormes dans de nombreuses collectivités autochtones, mais un grand nombre des membres de ces collectivités ne veulent pas aller s'installer ailleurs pour suivre la formation.
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John Kozij
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John Kozij
2019-02-19 10:25
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Je vous remercie pour votre question.
Je vais me concentrer sur ce que nous faisons pour éliminer l'emploi du diesel. Dans le cadre de notre initiative Énergie propre pour les collectivités rurales et éloignées, nous avons prévu un investissement de 220 millions de dollars sur cinq ans pour contribuer à l'atteinte des cibles fixées dans l'Accord de Paris. Ce programme comporte un volet sur le renforcement des capacités. Nous savons qu'il faudra du temps pour réduire l'utilisation du diesel dans les collectivités. Nous allons devoir établir des liens avec les collectivités, et nous avons besoin de renforcer les capacités pour réaliser des projets visant à favoriser l'utilisation d'énergies propres et renouvelables.
Pour ce qui est du programme sur la biomasse, que je connais mieux, nous avons souvent parlé de mettre en place un programme comportant 10 ou 12 étapes pour faire la transition vers l'utilisation de la biomasse pour le chauffage ou la production d'électricité. Pour ce faire, nous devons travailler en amont. Nous devons comprendre comment gérer les forêts et nous pencher sur la formation dans le domaine de l'exploitation forestière, sur les types de systèmes qu'on peut utiliser et sur la question de savoir si on les utilisera uniquement pour le chauffage ou pour la production d'électricité ou bien pour les deux. Nous nous penchons aussi sur les capacités nécessaires pour faire fonctionner les installations au fil du temps. Nous devons mettre en place la capacité nécessaire pour toutes ces activités, du début à la fin.
En outre, nous venons tout juste d'annoncer un programme fondé sur les défis, dans le cadre duquel nous travaillons avec le Indigenous Clean Energy Network pour tirer parti de son programme Catalyseurs 20/20, qui vise à désigner des champions dans diverses collectivités des Premières Nations, principalement, mais aussi dans des collectivités métisses à l'échelle du Canada, qui pourront élaborer dans leur communauté des plans pour l'utilisation d'énergies propres et nous présenter des propositions de financement pour mettre ces plans en oeuvre.
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Lib. (ON)
D'accord.
En ce qui concerne le projet d'élimination de l'emploi du diesel, pouvez-vous me dire dans quelle mesure vous avez progressé quant au renforcement des capacités? Avez-vous été en mesure de faire en sorte que certaines collectivités n'aient plus recours au diesel? Est-ce que dans certaines collectivités, ce sont entièrement des Autochtones qui gèrent le processus de transition?
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John Kozij
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John Kozij
2019-02-19 10:30
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Nous venons tout juste de mettre en branle ce programme. Nous avons mis en oeuvre un de nos premiers projets à Gitxsan l'automne dernier. Dans cette collectivité, une fournaise a été installée dans un aréna, et maintenant, les gens là-bas ont des plans plus ambitieux.
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Lib. (ON)
Est-ce la première fois qu'on fait les choses ainsi, qu'on donne de la formation et qu'on renforce les capacités à l'échelon local?
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John Kozij
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John Kozij
2019-02-19 10:30
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Nous avons établi un partenariat avec Services aux Autochtones Canada avant de mettre en place le volet sur la biomasse du programme Énergie propre pour les collectivités rurales et éloignées. Nous avions un programme sur la biomasse pour le Nord, et nous avons mis sur pied un programme sur la biomasse pour ce que nous appelons le Sud du 60e parallèle. Ce programme comporte une vaste gamme de projets. Nous avons remplacé des poêles à combustible par des poêles plus efficaces, ce qui a donné des résultats remarquables sur le plan de la réduction de la consommation de biomasse et la réduction des particules dans l'air, ce qui est important. Nous avons mis en place ce programme parce que nous savions que les deux programmes sur la biomasse permettaient de lier étroitement le renforcement des capacités à notre programme de développement.
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PCC (SK)
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2019-02-19 10:31
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Dimanche, j'étais à Yellowknife. J'ai vu 40 semi-remorques charger du diesel pour se rendre aux mines de diamants. Tout fonctionne au diesel. L'hiver, ils ont deux ou trois mois pour acheminer le produit qui sera utilisé le reste de l'année. Vous parlez de l'utilisation du diesel dans le Nord. Combien de temps faudra-t-il pour éliminer l'utilisation du diesel? Il y a là-bas un réseau hydroélectrique qui a coûté 1,2 milliard de dollars, et pourtant, vous parlez d'un investissement de 220 millions de dollars, ce qui ne représente pas une grosse somme. J'ai passé trois jours à Yellowknife, et j'ai constaté que les gens là-bas dépendent entièrement du diesel.
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John Kozij
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John Kozij
2019-02-19 10:32
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Yellowknife est une communauté très intéressante. Si vous avez l'occasion d'aller à Yellowknife, vous y verrez un certain nombre de fournaises à la biomasse à proximité de divers immeubles publics, ce qui s'apparente à ce qu'on voit dans certaines collectivités de l'Île-du-Prince-Édouard. Il est possible de mettre en place des solutions renouvelables même dans les collectivités où nous croyons qu'il est impossible de faire la transition.
Notre programme sur la biomasse est axé sur l'élimination de l'emploi du diesel dans les collectivités autochtones. Il existe bien entendu de nombreuses solutions pour mettre fin à l'utilisation du diesel dans le secteur commercial, mais nous nous concentrons sur les collectivités autochtones en raison des importants avantages connexes, dont la réduction des hydrocarbures.
Avant d'entrer en fonction au ministère des Ressources naturelles il y a quatre ans, j'ai travaillé à un programme de développement des terres et de l'économie. J'étais responsable du programme des sites contaminés fédéraux dans les réserves. Les principaux sites fédéraux contaminés dans les réserves, comme vous le savez probablement, ce sont les parcs de stockage de carburant. Ce ne sont pas les dépotoirs. Plus il y aura de collectivités qui abandonneront le diesel, plus les avantages connexes seront grands...
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Bruno Pereira
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Bruno Pereira
2018-10-29 16:43
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Merci, madame la présidente.
La Société d'énergie Qulliq est la société d’énergie territoriale du Nunavut.
Je tiens d'abord à vous remercier, ainsi que les membres du Comité permanent, de m'avoir invité à témoigner devant vous aujourd’hui à titre de représentant de la Société d'énergie Qulliq. C'est une belle occasion de parler de certains des aspects à améliorer et de formuler des recommandations au gouvernement fédéral. Je vais être bref et me concentrer sur la SEQ, la Société d'énergie Qulliq.
La SEQ est une entreprise relativement petite. Elle compte environ 200 employés et 15 000 clients, avec un chiffre d'affaires annuel d’environ 134 millions de dollars. Notre rayon d'action est cependant très étendu. Notre territoire, le Nunavut, s'étend sur deux millions de kilomètres carrés et représente environ 20 % de la masse terrestre du Canada. Cette superficie considérable est desservie par nos 25 centrales électriques, une dans chaque collectivité du Nunavut. Chaque centrale électrique est autonome, de sorte qu'aucun réseau ne raccorde les collectivités entre elles ou avec le sud.
Sur le territoire, le manque d’infrastructures de base — routes, ports, logements — et d'infrastructures de télécommunications a de profondes répercussions sur le secteur de l’énergie. Plus important encore, chacune des centrales électriques est alimentée au diesel, ce qui a des conséquences à la fois financières et environnementales.
Le financement des projets d’infrastructures demeure le principal défi de la Société en tant que seul fournisseur d’électricité du territoire. Onze des 25 centrales électriques de la SEQ ont dépassé leur durée de vie prévue. Actuellement, la pression exercée sur les ressources en capital limite considérablement les projets que nous pouvons entreprendre ou financer. Je songe notamment aux projets axés sur les énergies de remplacement.
Ces restrictions nuisent à la capacité de la Société de restreindre la dépendance du territoire au diesel et de réduire les émissions de carbone. À l’heure actuelle, l’accroissement de notre utilisation des ressources énergétiques renouvelables et de remplacement dépend en grande partie du financement fédéral. La SEQ a bénéficié de programmes de financement fédéraux, mais ceux-ci ne sont pas toujours réalisables dans le Nord, particulièrement au Nunavut et à la SEQ. Cependant, la SEQ continue de présenter des demandes au titre de ces différents programmes.
Pour vraiment améliorer la vie des Nunavummiuts, le soutien financier pour le Nord et ses habitants doit être accessible et pertinent. Il devrait y avoir des discussions sur les possibilités de financement du développement et sur la façon dont ces possibilités s’appliquent spécifiquement à la région.
Je m’éloigne un peu de ma question, mais au Nunavut, les coûts énergétiques représentent une part considérable du coût de la vie — le coût de l’électricité, le coût du chauffage et le coût du transport. Le Nunavut est la seule administration au Canada qui dépend à 100 % du diesel ou des combustibles fossiles. Toute notre électricité est produite par des génératrices au diesel. Toute notre chaleur provient des combustibles fossiles. Bien sûr, notre système de transport est lui aussi axé sur les combustibles fossiles.
Pour avoir une incidence réelle sur le bilan énergétique du Nunavut, c’est-à-dire sur l’abordabilité, il faudrait viser à la fois l’électricité et le chauffage. Collectivement, si nous pouvions avoir une incidence sur le prix que nos clients doivent payer et que les Nunavummiuts doivent assumer en électricité et en chauffage, cela aurait une incidence importante sur leurs perspectives financières et économiques.
Il est essentiel que le Comité permanent et le gouvernement fédéral dans son ensemble comprennent les défis auxquels la SEQ, le gouvernement du Nunavut et tous les Nunavummiuts font face en matière d'infrastructures. Sans votre appui, notre entreprise aura de la difficulté à reconstruire son infrastructure essentielle et à accroître son utilisation d'énergie renouvelable et de remplacement. J’ai dit « accroître », mais pour l’instant, nous n’en avons pas, même si nous espérons changer cela dans un proche avenir.
Un certain nombre de choses jouent en notre défaveur — encore une fois, je m'éloigne un peu de mes notes —, par exemple la géographie, la logistique et la capacité. Sur le plan géographique, nos 25 communautés sont réparties sur plus de deux millions de kilomètres carrés sans aucune interconnexion d'infrastructure. Nous ne pouvons rien faire à cela.
Du côté de la logistique, il y a les coûts du transport, selon la saison où le ravitaillement par transport maritime est possible. Comme vous le savez sans doute, le transport d'importantes quantités de matériaux de construction jusqu'au Nunavut doit se faire pendant la saison du transport maritime. C’est essentiellement le seul moment où c'est possible, à moins d’être prêt à payer le prix du transport aérien pour le faire à un autre moment de l'année, à supposer qu'il s'agit de matériaux de petite taille.
Bien sûr, dans les territoires voisins comme le Yukon, où une grande partie de la population est établie à Whitehorse ou, dans une moindre mesure, à Yellowknife, il y a une certaine interconnexion de l'infrastructure, mais chez nous, il n'y a rien de tout cela.
C’est aussi, évidemment, une question de capacité. Nos communautés sont petites, alors c’est une question de financement, une question de ressources humaines et de partenariat avec des organisations qui possèdent les compétences, etc.
Tous ces défis sont liés à l’infrastructure globale.
Madame la présidente, voilà qui conclut mon exposé. Je serai heureux de répondre à vos questions. Merci.
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Jay Grewal
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Jay Grewal
2018-10-29 16:50
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Bonjour. Je m’appelle Jay Grewal. Je suis la présidente-directrice générale de la Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest, la SETNO. Je suis accompagnée, à Yellowknife, de Paul Guy, président du conseil d’administration de la SETNO et sous-ministre du ministère de l’Infrastructure du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest.
Je vous remercie de me donner l’occasion de m’adresser à vous aujourd’hui, non seulement au sujet des difficultés que nous éprouvons ici, dans le Nord, en ce qui concerne la production et la distribution d’électricité, mais aussi au sujet des possibilités qui aideront à stabiliser le coût de l’énergie et à favoriser une économie à croissance propre, dans l’intérêt des habitants du Nord et de tous les Canadiens.
La SETNO est une société d’État territoriale ayant pour seul actionnaire le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Notre mission consiste à produire, à transporter et à distribuer de l’énergie propre, fiable et abordable aux résidents, aux collectivités et aux entreprises des Territoires du Nord-Ouest. Ces efforts ont pour but d'enrichir la vie des habitants du Nord en leur fournissant de l’électricité et de les encourager à vivre, à travailler et à investir dans le territoire.
En réalité, notre mission devient de plus en plus difficile à accomplir. Nous servons une population d’environ 44 000 personnes dans la troisième plus grande région du Canada d'une superficie de 1,3 million de kilomètres carrés. Cinquante pour cent de nos clients sont des Autochtones. Ils vivent dans des communautés éloignées dont la plupart ne sont accessibles que par voie aérienne, par barge ou par route d’hiver. Ces petites communautés, où les possibilités d’emploi sont limitées, sont malheureusement celles où les tarifs d’électricité sont parmi les plus élevés au pays.
Même en faisant de son mieux pour être la plus rentable possible, les tarifs d’électricité de la SETNO dans les Territoires du Nord-Ouest sont environ cinq fois plus élevés que la moyenne nationale. Nous en sommes au point où certains de nos clients doivent choisir entre acheter à manger pour la famille et payer la facture de services publics pour continuer à avoir de l’électricité. Aucun Canadien ne devrait avoir à faire ce choix.
La réalité que de nombreux Canadiens tiennent pour acquis est loin d'être le lot des habitants du Nord, où seules 8 des 33 communautés des Territoires du Nord-Ouest ont accès à l’hydroélectricité. Certaines de ces installations ont été construites il y a près de 80 ans, grâce à des investissements fédéraux. Malheureusement, cela fait des décennies qu'il n'y a pas eu d’investissements importants dans de nouvelles capacités hydroélectriques. Ainsi donc, les 25 autres communautés de notre territoire sont alimentées principalement par des génératrices autonomes au diesel, à grands coûts sur les plans financier et environnemental.
Cette augmentation du coût de la vie, en plus d'avoir une incidence sur nos résidents et leur qualité de vie, crée des problèmes économiques et entrave la croissance économique.
Les Territoires du Nord-Ouest sont riches en ressources, des ressources qui resteront largement inexploitées à moins que nous puissions offrir des solutions énergétiques rentables et écologiques. Le manque de routes fait que des ressources minérales comme le cobalt, l’or, le lithium, le bismuth et certains métaux du groupe des terres rares nécessaires pour alimenter l’économie verte mondiale sont, pour la plupart, inaccessibles.
L’électricité représente généralement la plus importante part des coûts d’exploitation d’une mine. Dans les Territoires du Nord-Ouest, le manque d’infrastructures énergétiques, notamment de nouvelles capacités hydroélectriques et de lignes de transmission, signifie que les mines éloignées doivent compter sur les combustibles fossiles. Ces combustibles sont transportés par camion ou par avion sur des milliers et des milliers de kilomètres pour répondre aux besoins en électricité.
La probabilité que ces projets miniers potentiels entrent en exploitation est faible, car les facteurs que je viens de mentionner rendent ces projets tellement coûteux que leurs aspects économiques ne sont pas viables. Si la situation ne change pas, ces précieux minéraux mondialement convoités ne seront probablement jamais extraits.
À l’heure actuelle, nous avons une petite clientèle. Nos deux réseaux hydroélectriques ne sont pas reliés l'un à l'autre, ni au réseau nord-américain. Les changements climatiques entraînent une baisse du niveau d’eau tous les 10 ans. Tout cela crée une plus grande dépendance au diesel coûteux qui alimente les génératrices de secours, ce qui se traduit par des coûts d’électricité plus élevés.
Les investissements dans l’infrastructure énergétique sont nécessaires pour relever les défis fondamentaux avec lesquels nous sommes aux prises dans les Territoires du Nord-Ouest: ils feront en sorte de soutenir le développement d’une économie à la croissance plus vigoureuse, de réduire le coût de la vie pour tous les résidants, d'offrir des possibilités de partenariats avec les Autochtones et de favoriser le respect des engagements internationaux du Canada à l’égard des changements climatiques par la réduction des gaz à effet de serre.
NTPC, soucieuse de relever ses propres défis, a élaboré un plan stratégique sur 20 ans qui repose sur trois piliers: la fiabilité, la durabilité économique et la durabilité environnementale. Ces trois bases s'inscrivent dans la stratégie énergétique pour 2030 de nos actionnaires, au développement de laquelle nous avons participé activement.
L’un des principaux objectifs de la stratégie énergétique pour 2030 des Territoires du Nord-Ouest est la réduction des émissions de GES issus de la production d’électricité. Le plan des Territoires du Nord-Ouest profitera à nos clients, car une de ses composantes essentielles est l’investissement à long terme dans l’infrastructure énergétique, qui permettra de réduire le coût de l’énergie sans nuire à la fiabilité. Grâce à un solide soutien financier du gouvernement fédéral dans le cadre du programme d’infrastructure Investir dans le Canada, le PIIC, d’importants projets d’électricité comme le projet éolien d’Inuvik — le premier projet éolien à produire suffisamment d'énergie pour qu'on la chiffre en mégawatts — construit au nord du cercle arctique au Canada, pourra aller de l’avant.
Le projet sera réalisé en partenariat avec les Premières Nations Gwich’in et Nihtat de la région.
Avec l’appui du PIIC et d’autres programmes de financement fédéraux et territoriaux, NTPC prévoit d'intégrer l’énergie solaire et éolienne dans les collectivités qui dépendent actuellement principalement du diesel. Nous souhaitons également remplacer le diesel et réduire les émissions de GES en construisant des usines de gaz naturel liquéfié.
Bien que ces investissements soient bénéfiques et qu’ils soient aptes à aider les Territoires du Nord-Ouest à respecter leurs engagements en matière de réduction de l'empreinte carbone, ils ne sont pas suffisants et ne contribueront pas à réduire de façon importante l’écart entre les tarifs locaux d’électricité résidentiels et la moyenne nationale canadienne.
Pour atteindre ces objectifs, des changements importants sont nécessaires. Un projet transformateur permettrait aux Territoires du Nord-Ouest de faire leur part pour honorer les engagements pris dans le cadre pancanadien, de rendre le secteur minier plus écologique, de créer des partenariats mutuellement avantageux avec les Autochtones et de soutenir le développement économique à long terme des résidants du Nord.
L’expansion hydroélectrique de Taltson est le projet qui peut et doit aller de l’avant, car il transformera la réalité des résidants des Territoires du Nord-Ouest. Il y a actuellement deux réseaux hydroélectriques distincts de part et d’autre du Grand lac des Esclaves. Le plan visant à accroître la capacité de Taltson et à raccorder les réseaux nord et sud se traduira par une énergie plus propre et plus fiable pour plus de 70 % des résidants et des entreprises. Elle jettera également les bases d'une mise à niveau écologique pour le développement des activités minières actuelles et futures. La rivière Taltson, actuellement exploitée à hauteur de 18 mégawatts d'hydroélectricité, a une capacité potentielle de 200 mégawatts, qui pourrait être mise en exploitation par étapes successives. Toutes les phases d’expansion dépendraient de la technologie au fil de l’eau, qui ne requiert aucune inondation.
La phase 1 de l’expansion hydroélectrique de Taltson permettrait de mettre à la disposition des clients 60 mégawatts supplémentaires d’électricité propre et comprendrait l’installation d’une ligne de transport pour relier les réseaux nord et sud. À plus long terme, l’agrandissement permettrait également d’installer une ligne de transport dans le corridor d’accès proposé de la province géologique des Esclaves. Les avantages combinés d’un meilleur accès routier, de l'approvisionnement et du développement plus efficaces des mines dans une région riche en ressources et de la réduction des coûts énergétiques transformeraient complètement le climat d’investissement pour l’industrie et l’avenir économique du territoire.
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Sergio Marchi
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L'hon. Sergio Marchi
2018-10-29 17:00
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Je vous remercie, madame la présidente, et merci aux membres de votre comité, d’avoir invité l’ACÉ à venir témoigner dans le cadre de votre mandat très opportun. Je m'appelle Sergio Marchi, président et chef de la direction. Je suis accompagné de Doug Tenney, qui était vice-président au développement du Nord chez ATCO.
À la suite des commentaires de Bruno et Jay, je pense que le Comité aura une bonne idée des besoins en matière d’infrastructure énergétique dans le Nord.
Malheureusement, madame la présidente, les traducteurs n’ont pas terminé notre mémoire à temps. Vous avez une copie de mon exposé, mais nous vous remettrons le mémoire dans les deux langues officielles le plus tôt possible .
Nous présentons au gouvernement cinq recommandations stratégiques. Ensemble, elles décrivent des façons de relever les défis et de saisir les occasions uniques qui se présentent dans le Nord du Canada, de sorte que personne ne soit laissé pour compte dans la transition énergétique du Canada vers un avenir sobre en carbone.
Tout d’abord, quelques mots au sujet de l’Association. Comme vous le savez peut-être, l’ACÉ est le porte-parole national du secteur canadien de l’électricité. Nous comptons parmi nos membres des entreprises de production, de transport et de distribution partout au Canada, ainsi que des fabricants, des entreprises de technologie et des firmes d’experts-conseils, qui représentent toute la gamme des fournisseurs du secteur de l'électricité.
Ce secteur est particulièrement bien placé pour contribuer à une ère énergétique plus propre et plus verte. Cependant, les collectivités éloignées et nordiques du Canada sont victimes d'une grande inégalité sur le plan énergétique, car le coût de l’électricité dans de nombreuses collectivités y est environ 10 fois plus élevé que la moyenne canadienne. Cette lacune en matière d’énergie abordable a limité le potentiel économique de la région et il étouffe son développement économique et sa prospérité. Cela a également une incidence sur son tissu social, ce dont les trois intervenants précédents ont parlé.
En termes simples, cela doit changer. Le gouvernement fédéral doit reconnaître que le caractère unique de la région l'exige: les populations y sont peu nombreuses et dispersées, elle est isolée des réseaux électriques, connaît un développement économique limité et des conditions hivernales difficiles.
En juin dernier, l’ACÉ a invité un riche éventail de dirigeants à Carcross, au Yukon, pour un symposium sur l’énergie intitulé « Énergiser l’avenir: établir des partenariats pour le développement énergétique ». C’était un événement pour le Nord, par le Nord. Nous avons eu une discussion très intéressante et nous avons produit le rapport de ces délibérations. Le mémoire que nous présentons aujourd’hui est un extrait de ce rapport, qui respecte les règles établies quant à la longueur des présentations, selon les précisions de votre comité.
Comme je l’ai mentionné, nous y formulons cinq recommandations. Premièrement, le gouvernement fédéral doit appuyer par des investissements en capitaux les projets transformateurs d’infrastructure pour l'énergie renouvelable dans le Nord du Canada de même que la recherche, le développement et le déploiement. Il faut améliorer l’accès au capital et réduire les obstacles techniques et les contraintes opérationnelles.
Deuxièmement, le gouvernement doit s’efforcer d’accélérer la recherche en cours visant à trouver des moyens novateurs de produire du diesel, tout en faisant la promotion de solutions de rechange au diesel. Comme nous l’a dit Bruno, le diesel continuera de jouer un rôle important dans un avenir prévisible, car de nombreuses collectivités du Nord n’ont d’autre choix que de compter sur la production de diesel.
Troisièmement, le gouvernement fédéral devrait s’efforcer de faciliter l'interconnexion de lignes de transport à l’intérieur des territoires et entre le Nord et le Sud afin de mettre fin à l’isolement énergétique. Les trois territoires du Nord ont des réseaux électriques isolés et, dans bien des cas, comme nous l’avons déjà entendu cet après-midi, les collectivités locales de ces territoires mêmes se trouvent encore plus isolées du réseau électrique principal.
Quatrièmement, le gouvernement fédéral doit trouver et mettre en oeuvre des mécanismes de financement souple pour que les gouvernements territoriaux puissent atteindre leurs objectifs et leurs cibles en matière de climat. Une approche souple permettra d’apporter des changements transformateurs aux systèmes énergétiques et de tracer la voie vers la durabilité énergétique dans ces régions sur le long terme.
Enfin, le gouvernement fédéral doit continuer d’établir des partenariats nouveaux et dynamiques avec les collectivités autochtones, afin qu'elles soient économiquement prospères et durables.
Le développement économique et la durabilité future de ces collectivités autochtones dépendront en grande partie de telles relations.
Madame la présidente, j’aimerais maintenant inviter Doug à nous faire part de ses réflexions très concrètes sur le sujet.
Merci.
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Michael Spence
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Michael Spence
2018-10-22 15:31
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Merci. Je suis honoré de prendre la parole devant le Comité cet après-midi.
À titre de maire de Churchill, je suis parfaitement conscient de l'importance des projets et des stratégies d'infrastructure dans le Nord. Il est crucial que les infrastructures soient améliorées dans le Nord afin de satisfaire les besoins des résidants, des administrations locales et des entreprises dans l'Arctique et la région subarctique. Nous jouons un rôle quant au cadre stratégique pour l'Arctique que le gouvernement fédéral est en train d'élaborer. En fait, notre communauté a tenu sa première audience il y a environ un an. Plus tard aujourd'hui, je témoignerai devant le Comité sénatorial spécial sur l'Arctique, comparution que j'attends avec impatience.
Comme vous le savez, Churchill travaille depuis longtemps avec les Inuits de Keewatin, qui est maintenant la région canadienne de Kivalliq. Les Inuits vivent à Churchill et dans les environs depuis des milliers d'années et continuent de le faire aujourd'hui. Cette réalité constitue une facette importante de l'histoire de notre communauté subarctique et du Canada.
Churchill a fait partie des Territoires du Nord-Ouest jusqu'en 1911 et était la capitale administrative du district de Keewatin jusqu'au début des années 1970. En fait, des étudiants de la région venaient à Churchill pour effectuer leurs études secondaires. Notre hôpital continue de servir la région.
Le ravitaillement de la région venait presque exclusivement de Churchill, les denrées étant transportées pendant des décennies par le chemin de fer de la baie d'Hudson et le port, un lien qui existe depuis longtemps. Étant desservie par un port subarctique, un terminal ferroviaire et un aéroport, Churchill partage des objectifs communs avec ses voisins du Nunavut en ce qui concerne le développement des infrastructures du Nord et l'établissement d'une économie forte dans le Nord, tout en cherchant à protéger l'environnement et à préserver la biodiversité de l'Arctique. Nos infrastructures peuvent continuer d'avoir une utilité régionale et contribuer à la prospérité de l'Arctique. C'est là notre objectif.
Comme la plupart des membres du Comité le sauront, Chuchill a récemment dû affronter la période la plus difficile de son histoire en raison de la perte du lien ferroviaire et de la mise à pied de travailleurs au port. Il y a environ un mois, cependant, le 31 août, le gouvernement fédéral a annoncé un investissement substantiel dans le port, le parc de réservoirs maritime et le chemin de fer de Churchill.
Je m'en voudrais de ne pas souligner cet important investissement stratégique du gouvernement fédéral dans notre région. Il a en effet permis le transfert de ces infrastructures à un nouveau propriétaire du nom d'Arctic Gateway Group, un groupe de copropriété local du secteur privé. Il s'agit d'un partenariat sans précédent qui favorisera véritablement la prospérité dans notre région.
Immédiatement après cette acquisition, on a commencé à réparer la voie ferrée, réparations qui en sont maintenant aux dernières étapes. Nous espérons voir arriver le premier train dans notre communauté dans deux semaines. Notre voie ferrée et notre port peuvent servir l'ensemble de la communauté de l'Arctique en la ravitaillant. Ils l'ont fait par le passé, et nous sommes impatients de rétablir ces importantes relations.
En plus d'être desservie par la seule voie ferroviaire à se rendre dans l'Arctique, par son parc de réservoirs maritime et par son port, Churchill compte un aéroport qui joue un rôle crucial dans la chaîne d'approvisionnement et qui possède déjà des infrastructures d'envergure. Comme il a été construit à des fins militaires, il peut accueillir le plus grand avion de la planète. À l'heure actuelle, il est sous-utilisé, mais il possède un immense potentiel, pouvant servir le Nord en coordination avec la voie ferroviaire afin d'expédier des marchandises dans la région.
Nous avons entamé des discussions avec le gouvernement fédéral en vue d'élargir d'utilisation de l'aéroport tout en établissant des liens avec le port et le chemin de fer dans le cadre des efforts que nous déployons pour créer une véritable porte d'entrée de l'Arctique. Nous ferons en sorte que l'aéroport puisse assumer un mandat élargi afin de servir les immenses besoins de l'Arctique, et nous sommes impatients de discuter avec les dirigeants et les résidants du Nord au sujet de l'initiative de l'aéroport de Churchill.
Nous voulons agir à titre de partenaires dans le cadre des investissements futurs afin de faire le lien entre notre aéroport et les infrastructures portuaires et ferroviaires existantes. Il est tout à fait logique d'optimiser ces infrastructures pour le bien de toutes les communautés de l'Arctique. Nous considérons cette initiative comme un nouvel investissement stratégique. Le projet comprend notamment un entrepôt climatisé, un lien ferroviaire direct avec le tarmacadam, la création d'une chaîne d'approvisionnement intégrée et l'installation d'équipement de déchargement spécialisé.
Churchill peut jouer un rôle important afin de réduire encore l'insécurité alimentaire dans le Nord grâce à des investissements effectués pour faire diminuer les coûts du ravitaillement.
La table ronde régionale de la baie d'Hudson, constituée des gouvernements du Manitoba et du Nunavut, des sept hameaux de Kivalliq, au Nunavut, des villes de Churchill et de Gillam, de la Première Nation des Dénés sayisi et de la nation crie du lac Fox, s'est efforcée de promouvoir les intérêts et le développement locaux. Nous avons tenu des réunions au Manitoba et au Nunavut au sujet de diverses initiatives conjointes.
Parmi les principales priorités figurait le remplacement du diesel utilisé dans les communautés de Kivalliq. En 2014, après que la table ronde régionale de la baie d'Hudson eut présenté une proposition, une étude d'évaluation de la portée a été lancée en vue de construire une ligne de transport hydroélectrique entre le Nord du Manitoba et les communautés et les mines du district de Kivalliq. Cette initiative faisait suite à l'étude menée en 1999 par Manitoba Hydro, laquelle avait permis de déterminer qu'il existait un solide argument économique et environnemental en faveur de la ligne de transport, car cette dernière alimenterait la région de Kivalliq en énergie propre, fiable et abordable.
L'association inuite de Kivalliq a utilisé ce rapport pour aller plus loin et a considérablement fait progresser le projet. Nous soutenons les efforts qu'elle déploie pour faire financer et réaliser le projet de ligne de transport et de fibre optique. Il s'agit d'un projet d'édification de la nation qui favorisera la croissance économique et l'utilisation de l'énergie propre, en plus d'améliorer considérablement l'accès à Internet dans la région de Kivalliq.
Le gouvernement fédéral assume un rôle de leadership dans le cadre des efforts déployés pour réduire le recours aux carburants fossiles.
Churchill est particulièrement bien placée pour améliorer les connaissances sur l'Arctique et la région subarctique, et pour protéger l'environnement. Son Centre d'études nordiques jouit d'une solide réputation pour son travail de recherche dans ces domaines. Quant à l'observatoire marin de Churchill, dont la construction se terminera l'an prochain, il s'agira du seul projet du monde voué exclusivement à l'étude des changements climatiques. Les autres infrastructures de Churchill, y compris le centre de santé, ont été construites pour servir la région et au-delà.
Churchill, à titre de capitale mondiale de l'ours polaire, demeure une destination touristique internationale, tout en élargissant ses marchés pour l'observation du béluga et des oiseaux en été et des lumières boréales en hiver.
En conclusion, nous sommes fiers de travailler avec nos partenaires de l'Arctiques pour combler le manque d'infrastructures dans le Nord afin de favoriser la croissance propre pour le bien de l'Arctique et de l'ensemble du pays.
Je tiens à remercier le Comité de m'avoir invité ici cet après-midi. Je suis sûr que vous formulerez sur les infrastructures du Nord des recommandations qui contribueront à stimuler le développement économique de l'Arctique et de ses communautés. Le gouvernement fédéral a le pouvoir de réaliser le potentiel de notre région en appuyant le projet de ligne de transport et de fibre optique qui servirait Kivalliq, et en soutenant notre initiative visant à faire le lien entre nos voies ferrées et l'aéroport.
Il est primordial de préciser que ces infrastructures sont situées dans notre communauté, mais qu'elles appartiennent à la région. Il faut que ce soit bien clair.
Merci.
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Merven Gruben
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Merven Gruben
2018-10-22 15:40
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Je voudrais vous remercier tous de m'offrir l'occasion de parler une fois encore de notre cause. Je voudrais traiter de quelques questions, dont le port en haute mer pour la communauté de Tuk et la présence de gaz naturel dans la région. Ce n'est pas nécessairement juste pour Tuk. Si vous regardez où se trouve cette communauté, vous verrez qu'elle se trouve tout près de l'océan Arctique.
Pardonnez-moi. Je devrais tout d'abord me présenter. Je m'appelle Merven Gruben et suis maire de Tuktoyaktuk.
Je vais faire un petit retour en arrière. C'est en quelque sorte du déjà vu. En 2012, j'ai été invité ici pour parler à un comité. Je pense que c'était à peu près les mêmes personnes ou le même comité. Nous avons fait un si bon exposé à l'automne 2012 qu'en février 2013, notre ami M. Flaherty — qu'il repose en paix — a annoncé dans le budget que le gouvernement investirait 199 millions de dollars dans notre autoroute. C'est ainsi que l'autoroute de Tuk-Inuvik a vu le jour. J'ignore pourquoi nous l'appelons ainsi. J'aime l'appeler la route de Tuk. Ce n'est que le prolongement de la route de Dempster, construite sous le règne de Diefenbaker. C'est, comme elle devrait l'être, la route menant aux ressources.
Quoi qu'il en soit, cette autoroute a été construite et, fait incroyable, Tuk a accueilli 5 000 touristes cette année. Les bonnes années, nous en recevions peut-être 2 500. Vous savez, tout le monde veut sauter dans l'océan, bien entendu. Cette route a tout changé.
Oui, j'espère recevoir ici une réponse semblable à celle que le gouvernement fédéral nous a donnée en 2013.
Comme vous le savez — ou peut-être pas —, le fleuve Mackenzie baisse continuellement. Le niveau d'eau diminue constamment, et l'expédition est de plus en plus imprévisible. Nous pouvons envoyer des marchandises de plus en plus tard au cours de la saison. Or, on ne peut expédier trop tard au cours de la saison, car le niveau d'eau est trop bas.
Nous avons donc terminé l'autoroute de Tuk, après quoi j'ai proposé au gouvernement des Territoires du Nord-Ouest et à plusieurs autorités de faire venir les marchandises par camion tout l'hiver et d'entreposer ce dont nous avons besoin dans le Nord. Nous disposons des infrastructures d'entreposage, des réservoirs de carburant et des terres nécessaires, mais nous devons agrandir nos installations portuaires et peut-être draguer un peu l'entrée du port.
Cette proposition a le grand avantage de nous permettre d'expédier les marchandises bien plus tôt aux communautés si on les fait venir tout hiver par la route. Paulatuk n'a pas reçu d'expéditions maritimes cette année et a tout fait venir par la voie des airs. Cambridge Bay et Kugluktuk n'ont pas reçu toutes leurs expéditions, mais Paulatuk n'a rien reçu, ni carburant, ni denrées. Elle fait maintenant tout venir par avion. Imaginez ce qu'il en coûtera au gouvernement au bout du compte. C'est nous qui lui expédierons les marchandises.
Vous savez, il serait tout à fait logique d'exploiter ma proposition, mais cela tombe dans l'oreille d'un sourd.
Je me suis rendu à Anchorage pour parler à un comité semblable au vôtre afin de proposer d'agrandir le port de Tuk et d'accroître la présence de la Garde côtière. Vous savez que le passage du Nord-Ouest est à proximité, au pas de notre porte. On peut voir les navires aller et venir, et il n'y a rien dans le Nord, dans notre région pour leur venir en aide si quelque chose tourne mal. Le nombre de navires de croisière et de bateaux de plaisance augmente, mais nous ne sommes pas préparés à intervenir. Trump essaie de rouvrir la Réserve faunique nationale de l'Arctique, qui se trouve tout à côté de nous. Si un incident survient, nous ne sommes pas préparés à intervenir. Nous ne sommes pas prêts.
Depuis de nombreuses années, j'exhorte la Garde côtière à développer notre région, juste au cas où quelque chose se passerait, mais elle ne fait rien. En fait, elle a fait quelque chose: elle a construit un bureau à Inuvik, à 80 miles au sud, loin de la côte, ce qui n'aide personne. Comme je l'ai indiqué, j'étais à Anchorage, et aucun représentant de la Garde côtière canadienne n'était présent. Il y avait la Garde côtière des États-Unis et tous les représentants de la Défense nationale des Amériques, ainsi que quelques personnes d'Ottawa, et je les ai rencontrés. Nous nous sommes tous interrogés sur l'absence de la Garde côtière, qui avait pourtant été invitée.
La situation doit changer. Vous savez, les navires de la Garde côtière affectés un peu partout dans l'Est de l'Arctique sont trop éloignés pour être efficaces ou pour aider qui que ce soit. La Garde côtière doit donc se raviser et venir travailler avec nous avant que quelque chose de vraiment grave ne se produise.
J'ai parlé avec Michael McLeod, député de l'Ouest de l'Arctique, et il m'a dit «Oui, Merven, nous devrions faire quelque chose pour vous aider. »
Je conviens que les libéraux devraient nous aider. Ils ont mis fin aux activités de gazéification extracôtière et imposé un moratoire sur l'ensemble de l'Arctique sans même nous consulter. Ils ne nous ont jamais dit un mot.
Nous sommes des gens fiers qui aiment travailler pour vivre. Nous n'avons pas l'habitude de recevoir de l'aide sociale et ce genre de soutien. Nous accueillons maintenant des touristes, mais c'est bien peu comparé à ce que nous tirions de l'exploitation pétrolière et gazière. Nos gens sont habitués à ce genre de vie. Ils n'ont pas l'habitude de vendre des babioles et des t-shirts. Mais les activités pétrolières et gazières reprendront, je pense, si vous nous aidez à améliorer le port pour le rendre plus attirant et un peu plus sécuritaire.
Il y a des années, les anciennes compagnies Dome et Canmar, ainsi que Gulf et Imperial disposaient d'excellents ports. Ces ports étaient bons et très utilisables, mais ils se sont lentement détériorés au fil des ans. Tuk compte trois ports, dont un appartient au Service de transport maritime du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest. Cela fait partie de la marine de Bob.
Nous avons besoin d'aide à propos de ces infrastructures.
Il faut également parler du gaz naturel. Nous sommes assis sur des billions de pieds cubes de gaz naturel. Il se trouve juste sous nos pieds, alors que nous faisons venir du diesel et de l'essence de loin. Inuvik reçoit son gaz naturel de Delta, en Colombie-Britannique, au prix de 35 $ le gigajoule, ce qui est complètement insensé.
À Tuk, nous utilisons encore le diesel; pourtant, à 13 kilomètres de la ville se trouvent des billions de pieds cubes de gaz naturel. Nous n'avons besoin que d'un puits de production, puis d'ouvrir la valve dans l'usine de gaz naturel liquéfié, et nous serions approvisionnés.
Certaines choses, simples pour nous, semblent très difficiles à comprendre et à réaliser pour le gouvernement. Il lui est tellement plus facile de continuer comme il le fait et d'expédier du carburant polluant dans le Nord. Tout le monde veut utiliser les turbines, les éoliennes et les conduites, mais ces technologies ne fonctionnent pas dans le Nord. On a essayé dans diverses régions, en vain.
Je parle trop. Je dois laisser Jackie prononcer quelques mots, si vous le voulez bien.
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Voir le profil de Rachel Blaney
NPD (BC)
Voilà qui m'étonne.
Vous avez également glissé un mot de l'utilisation du diesel et des préoccupations que cela vous cause. J'aimerais savoir de quand datent vos infrastructures pour le diesel. D'autres témoins nous ont parlé du vieillissement de ces infrastructures et des inquiétudes qui en découlent dans certaines situations où il faut réagir à une coupure d'électricité en plein milieu de l'hiver.
J'aimerais donc que vous nous parliez de l'état actuel de vos infrastructures pour le diesel.
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