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Lib. (QC)
Nous commençons maintenant la 24e réunion du Comité permanent de l'environnement et du développement durable en accueillant notre nouvelle greffière, Mme Angela Marie Crandall. J'aimerais aussi souhaiter la bienvenue à un grand poète, M. Bachrach, qui nous a lu son poème au sujet de M. Bittle dans le cadre de la tradition des essais sonores de ce comité.
Comme vous le savez, c'est la première réunion que nous tenons au sujet de l'étude sur les articles en plastique à usage unique, mais j'aimerais tout d'abord demander que quelqu'un propose l'adoption du rapport du comité directeur. En effet, tout ce qui suit est ancré dans ce rapport, s'il est approuvé.
J'ai vu deux mains levées.
Monsieur Bittle, vous avez la parole.
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Voir le profil de Chris Bittle
Lib. (ON)
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2021-04-12 15:28
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Monsieur le président, j'ai un très bref rappel au Règlement, après quoi je vais céder la parole à M. Longfield pour qu'il présente le rapport, si c'est la raison pour laquelle il lève la main.
Avant de commencer, je voulais parler brièvement d'une erreur que notre bureau a commise. Ce matin, la motion du comité de direction a été envoyée à des fonctionnaires parlementaires et d'autres membres du personnel exonéré. L'objectif était de nous assurer que les fonctionnaires ministériels compétents puissent répondre aux exigences de la motion à compter de notre réunion du mercredi, au cas où elle serait adoptée. C'était une erreur, et j'ai rappelé au personnel que les motions du comité de direction sont confidentielles jusqu'à leur adoption.
En tant que secrétaire parlementaire, j'ai des comptes à rendre, et je présente mes excuses aux membres du Comité pour cette erreur. J'ai parlé aux employés, qui m'ont présenté leurs excuses, et je m'excuse à mon tour auprès du Comité. Je tiens à vous assurer que cela ne se produira plus.
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Lib. (QC)
Je vous remercie, monsieur Bittle.
Allez-y, monsieur Longfield.
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Voir le profil de Lloyd Longfield
Lib. (ON)
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2021-04-12 15:29
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Monsieur Bittle, je vous remercie de cette précision, mais je propose que nous adoptions le rapport.
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Lib. (QC)
Ai-je le consentement unanime du Comité?
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Voir le profil de Dan Albas
PCC (BC)
Oui. Nous acceptons également les excuses.
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
D'accord. Nous pouvons maintenant entamer la première séance de notre étude sur le plastique.
Je vois des témoins que nous connaissons déjà. Puisqu'ils ont témoigné récemment, j'imagine qu'ils connaissent la procédure, et tous les autres aussi. Nous vous demandons de garder votre micro en sourdine jusqu'à ce que vous ayez la parole. C'est essentiellement ce qu'il faut faire. C'est assez logique, mais il vaut la peine de le rappeler.
Vous pouvez bien sûr vous exprimer dans l'une ou l'autre des deux langues officielles, et vous avez le choix entre trois canaux: le parquet, l'interprétation en anglais ou l'interprétation en français.
Nous accueillons aujourd'hui Mme Chelsea Rochman, de l'Université de Toronto. Nous recevons aussi les représentants du Pacte canadien sur les plastiques: George Roter et Usman Valiante. Nous écouterons également les représentants de l'Association canadienne de l'industrie de la chimie: M. Masterson et Mme Elena Mantagaris, que nous connaissons tous les deux. M. John Galt nous parlera au nom de Husky Injection Molding Systems, tandis que Mme Sophie Langlois-Blouin représente RECYC-QUÉBEC.
Chaque groupe a cinq minutes pour son exposé. Nous devrions pouvoir compléter trois tours. Dans le cas contraire, s'il manque cinq minutes, ce que je ne prévois pas, nous terminerons simplement à 17 h 35 ou 17 h 40, au plus tard. Je ne pense toutefois pas que ce sera nécessaire. Je crois que nous finirons à temps.
Nous allons commencer par Mme Rochman, qui a cinq minutes. Allez-y, je vous prie.
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Chelsea M. Rochman
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Chelsea M. Rochman
2021-04-12 15:31
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Je vous remercie infiniment de m'avoir invitée à comparaître devant le Comité. Je suis ravie d'avoir l'occasion de vous faire part de mes connaissances et de contribuer à l'élaboration de politiques qui reposent sur la science et des données probantes.
Je m'appelle Chelsea Rochman, et je suis professeure d'écologie à l'Université de Toronto. Mon programme de recherche est mondialement connu pour ses travaux sur le développement de méthodes, la contamination des microplastiques dans l'environnement et les effets sur la faune, les humains et l'écologie. Nous étudions les débris de plastique dans le monde entier, y compris localement dans les Grands Lacs, dans la Région des lacs expérimentaux de l'IIDD et dans l'Arctique canadien.
Je suis actuellement la déléguée scientifique au Canada pour le groupe de travail de l'UNE sur la pollution plastique. Je conseille également à Environnement et Changement climatique Canada d'ajouter le plastique comme indicateur de la santé des Grands Lacs dans le cadre de l'Accord relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs. Je dirige aussi un groupe de travail international en Californie pour conseiller cet État sur une méthode de surveillance des microplastiques et l'établissement d'un seuil de risque pour la faune et les humains.
J'aborderai aujourd'hui la question spécifique des déchets plastiques et des articles en plastique à usage unique, puis les conséquences négatives de la pollution plastique en général.
Nous estimons que 24 à 34 millions de tonnes de déchets plastiques ont été émises dans les écosystèmes aquatiques en 2020 et que si nous continuons d'agir comme si de rien n'était, ce chiffre pourrait tripler d'ici 2030. Il n'y a pas de temps à perdre. À moins que la croissance de la production et de l'utilisation du plastique ne soit stoppée, une transformation fondamentale de l'économie du plastique est essentielle. Nous devons passer à une économie circulaire, où les produits en plastique en fin de vie sont valorisés au lieu de devenir des déchets. C'est pourquoi je soutiens les objectifs de la stratégie pancanadienne visant l'atteinte de zéro déchet de plastique et la proposition de gérer les plastiques en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement, ou LCP. J'ai été heureuse de voir le gouvernement du Canada adopter une approche véritablement intégrée de la gestion des plastiques, qui s'attarde à la gestion des plastiques à usage unique, à l'adoption de normes de rendement et à l'établissement du principe de la responsabilité en fin de vie.
Chacune de ces voies, y compris la réduction de notre dépendance aux articles inutiles de plastique à usage unique, est nécessaire pour infléchir notre économie linéaire du plastique vers une économie circulaire. La réduction des articles en plastique à usage unique qui sont des polluants environnementaux courants, qui ne sont pas réutilisables ou recyclables, et qui ont un substitut, est un élément important de cette transition. J'applaudis la décision d'interdire certains plastiques à usage unique dès cette année.
Je suis également d'accord avec chaque élément de la liste. En effet, ces articles se trouvent couramment dans l'environnement, ne sont pas essentiels et n'ont pas une fin de vie pratiquement durable. Je suggère également que nous fassions preuve d'esprit critique lorsqu'il faudra déterminer comment définir le « plastique » dans le cadre de la loi. Si les plastiques compostables ou biodégradables peuvent faire l'objet d'exemptions, ils doivent être réellement compostables au-delà d'une installation de compostage industrielle, ou biodégradables dans l'environnement dans un délai relativement rapide, soit moins de six mois. À ma connaissance, il n'existe actuellement aucun produit sur le marché qui réponde à ces critères.
J'aimerais consacrer mes dernières minutes à aborder les effets des plastiques en tant que source de pollution.
Mes recherches portent principalement sur les petites particules. Le terme « microplastique » englobe une grande diversité de plastiques, y compris des morceaux dégradés de produits en plastique plus grands, comme les produits en plastique à usage unique. Mes recherches démontrent que les microplastiques sont omniprésents dans l'environnement, y compris dans l'Arctique et dans les produits de la mer et les eaux extraites pour l'eau potable dans les Grands Lacs.
Elles démontrent également que les microplastiques peuvent être toxiques pour les poissons et les invertébrés. De nombreuses études ont testé leurs effets sur les organismes. Bien que les résultats soient variables, il existe des preuves irréfutables que les microplastiques peuvent avoir un impact sur les organismes à des concentrations qui se trouvent déjà à certains endroits dans l'environnement. Bien que nous ne comprenions pas encore comment ils affectent la santé humaine, nous savons que nous y sommes exposés et que des recherches sont nécessaires.
En ce qui concerne les grands débris de plastique, il ne fait aucun doute que cette pollution peut avoir un impact sur la faune et la flore. Des études ont fait état d'une contamination par enchevêtrement ou ingestion chez des centaines d'espèces sauvages. Cette contamination peut entraîner la lacération des tissus, la mortalité d'un organisme individuel, le déclin de la taille des populations ou des changements dans les assemblages d'espèces. Le poids des preuves de l'impact des débris microplastiques sur la faune sauvage suggère qu'il est temps d'agir.
Comme vous le savez, il n'existe pas de solution universelle. Il faut plutôt avoir une boîte à outils de solutions, y compris celles qui nous aident à construire une économie circulaire. L'une des solutions est la réduction des articles en plastique à usage unique inutiles. Au Canada, nous avons fait preuve d'un grand leadership dans ce domaine, et je vous en remercie. Nous devrions poursuivre sur cette voie en construisant une économie circulaire, en réduisant les émissions de déchets plastiques dans l'environnement, et en nettoyant ce qui est une source de pollution.
J'envisage diverses politiques qui fonctionneraient de pair. Elles devraient inclure ce qui a déjà été mis en place, y compris une harmonisation et une expansion des régimes de responsabilité élargie des producteurs existants, la mise en œuvre de normes qui augmentent l'utilisation de contenus recyclés dans les nouveaux produits, et l'élimination des articles en plastique à usage unique qui sont problématiques.
Je vous remercie encore de m'avoir donné l'occasion de vous parler, et je serai très heureuse de répondre à vos questions aujourd'hui ou à l'avenir.
Je vous remercie.
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Lib. (QC)
Merci beaucoup, madame Rochman.
Nous allons maintenant écouter M. Roter, qui parlera au nom du Pacte canadien sur les plastiques.
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George Roter
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George Roter
2021-04-12 15:36
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Je remercie infiniment les distingués membres du Comité de nous avoir invités à témoigner aujourd'hui.
Je suis ravi de me joindre à vous en tant que directeur général du Pacte canadien sur les plastiques. Je suis accompagné de ma collègue Usman Valiante.
Le Pacte canadien sur les plastiques s'attaque à la source des déchets plastiques et de la pollution. Nous sommes membres du Global Plastics Pact de la Fondation Ellen MacArthur, ainsi qu'une initiative indépendante de Natural Step Canada, un organisme de bienfaisance national qui, depuis 25 ans, favorise une économie forte, inclusive et prospère dans les limites de la nature.
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BQ (QC)
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2021-04-12 15:37
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Je m'excuse de vous interrompre, monsieur Roter.
Monsieur le président, je ne reçois pas l'interprétation parce que la qualité du son n'est pas bonne.
Le micro de M. Roter est-il bien placé?
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Lib. (QC)
La greffière pourrait-elle vérifier auprès des interprètes s'il y a un problème?
Si je comprends bien, vous n'entendez rien, madame Pauzé. Il n'y avait pas d'interprétation. Est-ce bien cela?
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BQ (QC)
Voir le profil de Monique Pauzé
2021-04-12 15:37
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C'est cela. L'interprète a précisé que la qualité sonore n'était pas suffisamment bonne pour qu'il soit en mesure d'interpréter les propos de M. Roter. Je ne sais pas si la position du micro devrait être corrigée.
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
C'est possible.
Monsieur Roter, j'imagine que vous avez le microphone que le Comité vous a envoyé.
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George Roter
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George Roter
2021-04-12 15:38
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Oui. J'ignore si la qualité est suffisante pour que tout le monde m'entende bien.
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Il est parfois préférable de lever légèrement le micro plutôt que de le baisser.
Est-ce que c'est mieux, madame la greffière?
M. George Roter: Le son est-il acceptable?
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Angela Crandall
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Angela Crandall
2021-04-12 15:38
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Il semble que le son est très étouffé.
M. George Roter: Est-ce mieux ainsi?
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Oui, c'est un peu mieux.
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Angela Crandall
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Angela Crandall
2021-04-12 15:39
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S'agit-il du casque d'écoute de la Chambre des communes, monsieur Roter?
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George Roter
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George Roter
2021-04-12 15:39
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Non. La semaine dernière, j'avais fait l'essai de ce microphone-ci avec le groupe, et le son était apparemment acceptable. Je peux changer de casque d'écoute, si vous préférez.
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Lib. (QC)
Ce serait préférable. Pourquoi ne pas l'essayer?
M. George Roter: Très bien.
Le président: En attendant, nous allons écouter M. Masterson. Nous reviendrons ensuite à vous, monsieur Roter.
Monsieur Masterson, vous avez la parole cinq minutes, je vous prie.
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Bob Masterson
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Bob Masterson
2021-04-12 15:40
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Je vous remercie, monsieur le président et mesdames et messieurs les membres du Comité, de me permettre de donner cette présentation.
J'ai le plaisir, encore une fois, d'être accompagné de ma collègue, Elena Mantagaris.
Comme nous l'avons mentionné la dernière fois où nous nous sommes parlé, il y a quelques semaines à peine, l’industrie de la chimie et des matières plastiques du Canada partage le point de vue du Parlement et de la société canadienne selon lequel les plastiques n’ont pas leur place dans l’environnement. Nous convenons que nous aussi avons la responsabilité de trouver des solutions au problème des matières plastiques post-consommation. Nous concevons des produits destinés à être recyclés, nous utilisons des matières recyclées, nous faisons progresser les programmes de responsabilité élargie des producteurs mis en œuvre par l’industrie, nous investissons dans la technologie et l’infrastructure, et nous prenons des mesures pour lutter contre la pollution marine dans les économies émergentes.
Nous sommes convaincus qu’une économie circulaire pour les matières plastiques est non seulement envisageable, mais bel et bien réalisable dans un avenir relativement proche. Je répète d'ailleurs — et M. Roter vous dira sûrement la même chose —, que nos consommateurs l'exigent.
L'un des objectifs de cette étude est d'examiner les retombées économiques de l’approche proposée par le gouvernement fédéral visant à ajouter les « articles fabriqués en plastique » à l’annexe 1 (Liste des substances toxiques) de la LCPE et à interdire certains plastiques à usage unique. Je rappelle qu'il est important de comprendre que l’industrie des matières plastiques est très hétérogène. C’est pourquoi je vais me concentrer sur deux composantes très distinctes, pour vous simplifier les choses.
Il existe d’une part, en amont, les grands fabricants de résine, de très grandes multinationales qui possèdent de grandes usines en Ontario, en Alberta et au Québec.
D’autre part, il y a en aval les fabricants de produits en plastique — sur lesquels les retombées seront très différentes —, qui convertissent les résines en produits de plastique que nous utilisons au quotidien. Cette industrie en aval est très dispersée. Il y a presque 2 000 entreprises dans le secteur du plastique, au Canada, 86 % d'entre elles sont des PME et bon nombre d’entre elles sont des entreprises familiales. Nombre de ces entreprises fabriquent un seul type de produit, comme les sacs de plastique, ou une petite gamme de produits. L’interdiction nuira fortement à ces entreprises et à leurs employés et leur fermera parfois l’accès à tous les marchés intérieurs.
En outre, le Canada est un pays relativement petit pour ce qui est de sa population et de la taille de ses marchés. Comme la plupart des industries canadiennes, de nombreuses entreprises desservent à la fois les marchés intérieurs et d’exportation. Dans son approche, le gouvernement fédéral propose ou évoque une interdiction des exportations de plastique, même vers les économies qui n'imposent pas d'interdiction comparable. Ces entreprises n'auront d'autre choix que de se relocaliser ou d’arrêter complètement leurs activités, puisqu'il ne sera plus possible de produire des produits sans marchés d'exportation.
Je crois toutefois — et vous m'avez entendu le dire à maintes reprises déjà — que la plus lourde conséquence économique des mesures fédérales proposées sera leur effet sur les futures possibilités d’investissement. Le Canada est un producteur d’envergure mondiale de plastiques à faibles émissions de carbone. Nous sommes le troisième plus grand fabricant au Canada. Nous faisons partie des 10 plus grands producteurs de résines de plastique. Le secteur connaît une croissance mondiale qui équivaut chaque année à près de deux fois le PIB mondial. Si tous les articles fabriqués en plastique sont considérés comme toxiques en vertu de la LCPE, nous croyons que cela enverra le message que le Canada est au mieux ambivalent, voire complètement opposé à l’investissement dans ce secteur et à sa croissance.
Nous ne pourrons pas créer une économie circulaire ni attirer les investissements nécessaires pour cela sans miser sur les investissements étrangers. Cette économie naîtra du secteur déjà en place.
Le Canada a une occasion en or à saisir. Vous m'avez déjà entendu dire qu'au cours des six dernières années, 300 milliards de dollars ont été investis dans le secteur aux États-Unis. Le Canada aurait dû voir des investissements en parallèle de 30 milliards de dollars dans son propre secteur. Au lieu de cela, les investissements n’y atterrissent même pas. Désigner les produits comme « toxiques » en inscrivant tous les articles fabriqués en plastique à l’annexe 1 de la loi ne fera qu’exacerber le problème.
De leur côté, les plus grandes provinces canadiennes — l’Alberta, l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique — accordent toutes la priorité à la croissance économique, en misant en partie sur la reprise qui suivra la pandémie de COVID et en partie sur les nouveaux investissements dans le secteur de la chimie. Comme dans la lutte contre la pandémie de COVID, nous avons besoin que le gouvernement fédéral et les gouvernements des provinces travaillent de concert avec les gens de l'industrie et les autres parties prenantes, de façon harmonisée et intégrée.
Merci.
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Merci.
Nous entendrons maintenant de nouveau M. Roter.
Monsieur Roter, je pense que vous avez le bon casque d'écoute, mais nous ne vous entendons pas, pourtant votre micro ne semble pas désactivé. Nous entendrons donc M. Galt, puis reviendrons à vous ensuite.
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John Galt
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John Galt
2021-04-12 15:45
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Merci, monsieur le président, de me donner le temps de présenter mon point de vue sur cette question extrêmement importante.
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John Galt
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John Galt
2021-04-12 15:45
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Je vois trois grands principaux problèmes dans les modifications proposées à la LCPE.
Le premier problème, c'est que les plastiques ne sont pas toxiques, surtout quand on tient compte des solutions de rechange possibles.
Le deuxième problème, c'est qu'on ne s'attaque pas autant qu'il le faudrait à la source du problème environnemental, c'est-à-dire aux méthodes de gestion des déchets inefficaces et épouvantablement dépassées du Canada.
Enfin, il y a les effets économiques et sur l'emploi.
Premièrement, revenons aux raisons pour lesquelles les plastiques ne sont pas toxiques du tout, au sens classique du terme. Ce sont des substances chimiques extrêmement stables qui n'interagissent pas facilement avec les autres substances. Ils sont parmi les matières les plus communément utilisées dans l'industrie médicale. Pas moins de 73 % de l'équipement médical jetable dans le monde est fait de plastique. Le plastique est de qualité médicale. Comparativement à l'aluminium ou au verre, quand le plastique se brise en plus petits morceaux, il ne cause pas autant de coupures que ces autres matières. L'avantage des qualités médicales, combinées au caractère incassable des plastiques explique pourquoi ceux-ci ont remplacé toutes les autres matières dans les emballages pour aliments et boissons. Les plastiques sont sûrs pour emballer les produits, ils permettent de réduire au minimum les déchets alimentaires et sont bien adaptés au transport.
Contrairement au plastique, l'aluminium est très réactif, chimiquement. C'est la raison pour laquelle toutes les canettes en aluminium produites sont recouvertes d'un enduit de plastique.
Le papier est aussi une matière fantastique, mais son utilisation est très limitée. Les produits de papier ne peuvent pas contenir de liquides comme l'eau ou l'huile, à moins qu'on y ajoute des additifs ou des structures multicouches, comme des doublures en plastique. Beaucoup d'emballages de papier ou de carton multicouches contiennent des composés chimiques perfluorés, soit des PFAS. Les PFAS ne se décomposent pas.
C'est donc le rejet non contrôlé de déchets dans l'environnement qui justifie qu'on qualifie les plastiques de toxiques, et je suis totalement d'accord pour dire qu'il faut nous attaquer au problème.
Si vous voulez mettre fin au concept obsolète de l'économie linéaire et comprendre pourquoi il est si fondamental de créer une économie circulaire pour protéger nos ressources naturelles, j'aimerais vous faire part des réflexions suivantes sur les plastiques.
Le terme « plastique à usage unique » est mal choisi. La seule raison pour laquelle la majorité des plastiques utilisés aujourd'hui ne peuvent pas être utilisés plus d'une fois, c'est qu'il faudrait moderniser les politiques de gestion des déchets du Canada afin de mettre l'accent sur la gestion des ressources; il faudrait ainsi favoriser l'investissement dans le recyclage et établir des normes minimales de contenu recyclé pour tous les articles, pour les plastiques comme les autres matières.
Au pays, l'industrie des boissons recycle près de 75 % de tous les contenants de plastique. Les technologies nécessaires pour recycler les PET, soit les plastiques qui entrent dans la composition de ces contenants, sont matures. Elles sont efficaces et doivent être valorisées davantage.
Le recyclage et la réutilisation sont des solutions éprouvées, mais la loi ne réussit pas à combattre les problèmes autant qu'il le faudrait, selon moi.
Enfin, pour ce qui est des effets sur l'environnement, les plastiques ont le point de fusion le plus bas de toutes les matières d'emballage, si bien qu'il faut moins d'énergie pour les produire ou les recycler. Comparativement à l'empreinte carbone du PET utilisé pour fabriquer des contenants de boissons, l'empreinte carbone des composites de papier est 1,6 fois supérieure, celle de l'aluminium 1,7 fois supérieure et celle du verre 4,4 fois supérieure.
Le plastique PET ne nécessite pas de déforestation ni d'exploitation minière à ciel ouvert comme le papier et l'aluminium.
Sur le plan de l'emploi, Husky fait partie de l'industrie canadienne des plastiques, une industrie d'une valeur de plus de 35 milliards de dollars. Elle emploie directement et indirectement 370 000 personnes, dont la plupart dans des petites ou moyennes entreprises, comme je l'ai déjà dit, un segment de l'économie qui a été dévasté par le confinement imposé pour lutter contre la COVID.
Husky elle-même emploie environ 1 100 personnes au Canada et 4 000 personnes dans le monde. Nous investissons 60 millions de dollars chaque année par l'intermédiaire de 190 fournisseurs différents, qui emploient eux-mêmes 10 000 Canadiens. Au cours des 10 dernières années, Husky a contribué à la masse salariale canadienne à hauteur de plus de 1,8 milliard de dollars. Nous sommes un chef de file mondial de l'industrie 4.0, et nos investissements devraient atteindre les 190 millions de dollars sur trois ans dans nos activités canadiennes, pour mettre nos effectifs à niveau en vue de passer à l'ère numérique. Notre objectif est de faire en sorte que nos activités au Canada soient concurrentielles partout dans le monde.
Cependant, depuis le dépôt de ce projet de loi, Husky, comme beaucoup de ses clients et de ses cofournisseurs de l'industrie, a reporté ses investissements au Canada.
À mon avis, la solution serait de mobiliser l'industrie et ses 1 700 petites et moyennes entreprises dans la recherche d'une solution. La création d'une économie circulaire créera de l'emploi.
Bref, l'ère du consommer-jeter, soit celle de l'économie linéaire, est révolue, et je pense que nous serons tous d'accord là-dessus. Nous — et j'entends par là les 7,8 milliards de personnes qui peuplent la planète et qui cherchent toutes à élever leur niveau de vie — avons dépassé le point de non-retour. Nous sommes simplement rendus au stade où nous exploitons plus rapidement les ressources de notre terre mère qu'elle ne peut se régénérer. Grâce aux partenariats public-privé, nous pourrions faire de ce que nous appelons les déchets aujourd'hui nos ressources de demain, et pour longtemps encore.
Les plastiques forment une famille de matières idéalement adaptées à l'économie circulaire. Beaucoup de plastiques sont réutilisables à l'infini. Ils sont purifiés et décontaminés pendant le processus de recyclage.
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Lib. (QC)
Votre temps est presque écoulé, monsieur Galt. Peut-être pouvez-vous prendre quelques minutes pour conclure.
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John Galt
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John Galt
2021-04-12 15:51
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J'arrive à ma conclusion. Je ne prendrai que quelques secondes de plus pour mentionner quelques éléments.
À la base, les plastiques ont la plus faible empreinte carbone qui soit et se recyclent mieux que les autres matières.
Enfin, je pense que pendant l'année et demie qu'a duré ce débat, un partenariat public-privé aurait pu être établi, et nous aurions pu réaliser de véritables avancées pour faire du Canada un leader de l'économie circulaire. Le Canada a une occasion unique sur la scène internationale, puisque nous sommes une multinationale ayant des clients partout.
Le Canada peut absorber plus de carbone qu'il n'en produit…
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Nous devrons nous arrêter là, monsieur Galt. Vous aurez amplement de temps pour nous fournir d'autres renseignements pendant la période des questions.
Monsieur Roter, comment les choses se passent-elles de votre côté?
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George Roter
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George Roter
2021-04-12 15:51
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La troisième fois sera peut-être la bonne. Qu'en pensez-vous?
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Voir le profil de Francis Scarpaleggia
Lib. (QC)
Je pense que vous allez obtenir le feu vert cette fois-ci. Je regarde la greffière.
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