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BQ (QC)
Monsieur le Président, c'est avec un extrême plaisir que je parle aujourd'hui à la Chambre du projet de loi de mon collègue — mais surtout mon ami — le député de Jonquière.
Presque tout le monde trouve que l'environnement est important. En fait, l'environnement est aussi consensuel que la tarte aux pommes et je pense que tout le monde aime la tarte aux pommes. Par conséquent, tout le monde aime l'environnement.
Vu le temps limité dont nous disposons pour débattre, voici directement le fond de ma pensée: l'environnement est une compétence dont l'administration devrait revenir exclusivement au Québec et aux provinces. J'insiste à nouveau sur le fait que le temps est limité, car il me semble évident que le gouvernement souhaite laisser le temps filer au lieu d'agir pendant que nous avons encore les moyens de le faire. Notre champ d'action en matière environnementale rapetisse chaque jour. Au lieu d'agir réellement dans ce domaine, on s'interroge encore sur la possibilité d'un cadre pancanadien. Dans les faits, par contre, les gouvernements du Québec et de la plupart des provinces sont déjà passés à l'action.
Pour sa part, le gouvernement fédéral, peu importe sa couleur, a un piètre bilan en la matière. Ainsi, au lieu d'analyser les risques du forage pétrolier extracôtier, par exemple, le gouvernement libéral choisit de l'approuver. Il en vade même pour un grand nombre d'autres projets. Nous ne sommes cependant pas dupes: si les libéraux se préoccupaient vraiment de l'environnement et de l'importance d'agir, ils l'auraient fait depuis longtemps.
Pour moi, il est clair comme de l'eau de roche que l'on doit protéger l'environnement, mais la meilleure façon de faire cela n'est pas de « greenwasher » ou de verdir le bilan du gouvernement à coup de vœux pieux. Il faut plutôt prendre les outils qui existent au Québec et dans les provinces et les appliquer aux projets fédéraux. Il faut également écouter les scientifiques, ceux-là mêmes à qui les libéraux répètent ad nauseam vouloir se fier pour prendre leurs décisions.
Nous sommes en 2021 et nous n'avons plus besoin de nous poser des questions. Nos scientifiques se les sont déjà toutes posées et ils y ont répondu. Mes collègues qui sont à l'écoute ont peut-être d'excellentes intentions et croient peut-être encore à l'environnementalisme allégué de leur gouvernement. Cependant, et je le dis à la Chambre, s'il y avait du pétrole dans le lac Saint-Jean, nous pouvons êtres sûrs que ce gouvernement inventerait une bonne raison de l'exploiter.
C'est pour cela qu'il est particulièrement vrai que, sur les questions environnementales, personne n'est mieux placé que le Québec et les provinces pour choisir. Non seulement les provinces ont-elles chacune un ministère de l'Environnement avec des scientifiques compétents et spécialisés, ce sont elles qui sont responsables de la gestion des ressources naturelles, hydriques et autres à l'intérieur de leurs frontières. C'est pour cela que l'on devrait commencer par respecter les lois environnementales québécoises et provinciales. On doit respecter les champs de compétence attribués dans notre Constitution. Ce qui en découle est clair depuis plus de 150 ans.
Il est notable que ce soit un souverainiste qui rappelle quelques bases du fédéralisme.
Si la Chambre me le permet, je vais suggérer quelque chose. Il y a quelques semaines, lors du débat sur l'Agence canadienne de l'eau, j'ai eu l'occasion de souligner que le Bloc québécois, par l'entremise de l'éminent député de Jonquière, avait déposé le projet de loi C-225 sur la souveraineté environnementale du Québec. Aujourd'hui, mes propos relèvent presque du copié-collé, car, au lieu d'analyser les lois fédérales, le projet de loi C-225 veut les modifier et les rendre plus efficaces. Je voterai donc en faveur.
Soyons pragmatiques un instant: si l'on admet l'importance de protéger l'environnement, l'on admet nécessairement que c'est pressant. Or, si c'est pressant, choisissons la voie la plus rapide et la plus efficace qui existe. Dans notre cas, ce sont les règles québécoises et provinciales qui sont les plus sévères et elles existent déjà.
En toute logique, si mes collègues sont conséquents avec leur désir de protéger l'environnement, ils seront d'accord avec moi pour dire que le fédéral devrait, pour ses propres infrastructures et lois, respecter les règles en vigueur dans les provinces et les municipalités au lieu de leur faire des guéguerres de compétence et de toujours se demander qui doit légiférer. C'est simple: tout le volet environnemental devrait être la responsabilité des législateurs provinciaux, car ils sont là pour cela.
Il y a une autre question que l'on doit se poser: pour qui travaille-t-on? Je vais rappeler à la Chambre pour qui je travaille et pourquoi je suis ici. Je travaille pour les gens de ma circonscription, pour le monde de Lac-Saint-Jean. Lorsqu'on en vient à l'environnement, je travaille pour la génération de mes enfants en particulier. Je travaille pour des jeunes qui, pas plus tard qu'il y a quelques semaines, me disaient qu'ils en ont assez de la bureaucratie par-dessus la bureaucratie et qu'ils sont fatigués que le fédéral paralyse tout et n'accomplisse rien. À quoi cela sert-il de s'asseoir autour d'une table pour se demander comment éteindre un incendie alors que les pompiers sont dehors avec les tuyaux et les lances?
Être des parlementaires responsables, c'est aussi déléguer certains éléments à nos homologues provinciaux québécois quand c'est le temps, au lieu de toujours agir comme s'ils n'existaient pas ou de les considérer comme inférieurs. Aujourd'hui, c'est le temps de le faire.
Dans les faits, où se trouve la crédibilité du gouvernement fédéral relativement aux multinationales alors qu'il autorise les forages en mer? Où se trouve la crédibilité du gouvernement fédéral relativement aux communautés qui vivent sur le bord des cours d'eau alors qu'il laisse des pipelines et des trains se déverser dans ceux-ci? Où se trouve la crédibilité du gouvernement fédéral en ce qui a trait aux municipalités qui s'efforcent de fournir de l'eau potable à leurs citoyens alors qu'il est incapable d'approvisionner les communautés autochtones en eau potable? Où se trouve la crédibilité du gouvernement fédéral quant aux mammifères marins en voie d'extinction alors qu'il laisse l'industrie marine s'autoréglementer? Où se trouve la crédibilité du gouvernement tout court? Nous cherchons encore la réponse.
En Amérique du Nord et dans le monde, il n'existe qu'un État qui s'occupe bien de son environnement et qui est crédible, soit le Québec. Le Québec s'est engagé à préserver ses richesses collectives. Il ne cherche pas à le faire en tergiversant, mais plutôt en agissant. Par exemple, la gestion intégrée des ressources en eau par bassins versants permet au Québec de planifier ses mesures de protection et d'utilisation des ressources en eau. Le gouvernement du Québec a fait cela en misant sur la concertation de l'ensemble des décideurs, des usagers et de la société civile. Cela ne s'est pas fait au moyen d'un remue-méninges, 25 ans plus tard, sur une façon de déléguer des compétences qui ne nous appartiennent pas.
La preuve que le Québec et les provinces se débrouillent très bien sans le gouvernement fédéral, c'est que lorsque les bassins versants sont transfrontaliers avec le Canada ou les États-Unis, le Québec collabore et établit des ententes, comme l'Entente sur les ressources en eaux durables du bassin des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Le fédéral devrait s'en tenir à cela.
Pour lutter contre les changements climatiques, le Québec inclut des mesures pour favoriser la conservation et la protection des ressources hydriques ainsi que la résilience des écosystèmes et espèces associés. Le fédéral devrait s'en tenir à cela.
Partout dans le monde, lorsque vient le temps de faire un barrage, tout le monde se fie à Hydro-Québec et à son expertise. Le fédéral devrait s'en tenir à cela.
Au fond, on devrait s'inspirer de la flexibilité des législateurs provinciaux en légiférant pour renforcer leurs compétences à travers les nôtres.
Si la Chambre adopte le projet de loi de mon collègue de Jonquière, les lois québécoises relatives à la protection de l'environnement et à l'aménagement du territoire s'appliqueront sur l'ensemble du territoire québécois, que ce soit fédéral ou non. Cela signifie que les privilèges d'un promoteur d'aéroports cesseront d'être au-dessus de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles ou des règlements municipaux. Cela veut aussi dire que les géants des télécommunications devront s'entendre avec les municipalités et ériger leurs tours et antennes dans le respect des résidents. Enfin, comme tous les autres projets semblables, les infrastructures sous juridiction fédérale seront assujetties au BAPE et aux autres processus provinciaux d'évaluation. Ils devront obtenir un certificat d'autorisation de ces gouvernements pour aller de l'avant. En ce qui concerne les propriétés du gouvernement fédéral, ils vont devoir respecter les schémas d'aménagement et les règlements municipaux adoptés par les autorités locales, en plus d'assurer une meilleure protection de l'environnement et un aménagement plus harmonieux du territoire.
Le projet de loi C-225 instaurera une certitude juridique pour les promoteurs, pour les citoyens et pour les groupes de défense de l'environnement. Les nombreuses contestations judiciaires liées au partage des compétences seront réglées. En autorisant un projet qui enfreint une loi provinciale, c'est à une loi fédérale que le ministre fédéral contreviendrait. Cela règlerait ainsi la question des conflits liés aux champs de compétence et entraînerait un gain de temps et d'argent.
J'espère que cela a permis d'éclairer plus d'un député de la Chambre. Je tiens encore une fois à remercier le député de Jonquière de ce très important projet de loi.
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BQ (QC)
Madame la Présidente, nous avons eu droit à un enchaînement de mots qui ont en fait été utilisés pour éluder la question visant à savoir si le ministre des Affaires étrangères soutient ou non la motion.
Des collègues libéraux du ministre siègent au Sous-comité des droits internationaux de la personne et ont utilisé le terme de « génocide ». Trois de ses collègues libéraux ont signé une lettre ouverte publiée le 6 février et intitulée « Les Jeux de la honte », dans laquelle le terme « génocide » est employé. Pour être le plus clair possible, est-ce que le ministre des Affaires étrangères soutient la position de ses collègues qui, eux, qualifient le traitement des Ouïghours au Xinjiang de « génocide »?
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BQ (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Montarville de son discours. Quant à l'hommage qu'il m'a rendu, je lui rends la pareille, parce que son discours était puissant, éloquent et solide et je l'en félicite.
Je suis extrêmement reconnaissant de me tenir devant la Chambre pour ce qui risque d'être un débat inscrit dans les livres d'histoire. Pour cette raison, il est particulièrement important que nous nous posions la question suivante: de quel côté de l'histoire voulons-nous être? En fait, ils sont rares les moments où nous avons pleinement connaissance de ce choix. Pourtant, ce choix s'offre à nous aujourd'hui, à la Chambre, et c'est une chance unique.
Tout autant que nous sommes dans ce Parlement, nous nous tenons exactement là où de nombreux politiciens et politiciennes se sont tenus auparavant et où ils ont échoué ou réussi. Ce ne sera pas à moi de juger de ce qui se passera aujourd'hui, ce sera à l'histoire de le faire. Mon jugement sera porté sur ma capacité et la capacité de mes collègues à convaincre l'ensemble des députés que ce qui se passe dans le Xinjiang est un génocide. Mon seul pouvoir sur mes collègues est de les convaincre d'être du bon côté de l'histoire.
Les faits sont troublants et les parlementaires de tous les partis peuvent les rapporter. C'est donc que je vais faire aussi. Peu importe ce que la Chambre fera de la motion présentée par mon collègue de Wellington—Halton Hills, au moins personne ne pourra plaider l'ignorance, laquelle, d'ailleurs, est la plus grande alliée des régimes totalitaires, après l'aveuglement. Ne soyons pas ignorants et ne soyons pas aveugles.
Cet été, le Sous-comité des droits internationaux de la personne, dont je fais partie, a étudié la question des droits de la personne des Ouïghours et des autres musulmans turciques au Xinjiang, par suite de fuites de documents qui suggéraient fortement l'existence d'un système d'incarcération massive et d'oppression dans cette région de la Chine. De nombreux experts consultés par le Sous-comité ont estimé que des millions de personnes se trouvent dans ce que les autorités chinoises ont l'odieux d'appeler des « camps de formation professionnelle », entourées de murs, de barbelés et de gardiens.
Pour certains, il n'est pas suffisant de l'entendre, et c'est là qu'interviennent les images satellites et les photos de plus en plus troublantes de complexes gigantesques, d'usines et de files de prisonniers et de travailleurs forcés. Ces scènes lèvent le voile sur l'ampleur de l'opération en cours depuis plusieurs années au Xinjiang et qui se déroule dorénavant sous nos yeux. Cette opération, il faut la nommer: c'est un génocide. Les témoignages existaient, mais ils étaient éclipsés tant par la complaisance de l'Occident à l'égard du Parti communiste qu'occultés par la discrétion dont il a fait preuve. Ces témoignages ont soudainement été corroborés par les preuves matérielles manquantes. Je peux dire qu'ils ont trouvé une oreille chez les parlementaires qui les ont entendus, et ce, de par le monde.
À l'heure actuelle, une véritable entreprise d'effacement culturelle bat son plein. Au Xinjiang, porter la barbe, prier ou cesser de fumer peut valoir d'être envoyé dans un camp de concentration. Là-bas, on empêche les gens de pratiquer l'islam et même de parler leur langue. On les force à manger du porc et à faire l'éloge du Parti communiste et du président Xi Jinping.
Ce n'est pas facile d'entendre les expatriés ouïghours raconter leur histoire. C'est très difficile de rester indifférent quand des êtres humains témoignent de récits où des enfants ont été retirés de leur famille pour être placés dans des orphelinats ou des écoles gérés par l'État. C'est encore plus difficile quand on sait qu'ils seront privés de leur langue et de leur culture pour être endoctrinés et, finalement, assimilés.
Il y a malheureusement pire. Nous avons — et je pèse mes mots — été dégoûtés d'entendre que de nombreuses femmes ont été violées dans ces camps. Devant des allégations non prouvées de prélèvement d'organes, nous ne pouvions pas qualifier ce qui nous horrifiait le plus, que ce soit possible ou que cela ne nous surprenne pas puisque c'est déjà arrivé contre les fidèles de Falun Gong et d'autres minorités religieuses.
Ce n'est pas tout. Nous avons été profondément troublés par les témoignages de stérilisation de masse qui ont lieu au Xinjiang. Il a été dévoilé que les autorités espéraient que 80 % des femmes en âge de procréer soient stérilisées. Les méthodes utilisées vont de la pose forcée d'un stérilet aux chirurgies forcées. On fait état de l'imposition de prise de médicaments et d'injections.
Si l'on doute des témoignages, on n'a qu'à se fier aux chiffres. Le taux de croissance de la population a chuté de 84 % entre 2015 et 2018 dans les zones majoritairement ouïghoures du Xinjiang. J'ai entendu des parlementaires réticents à utiliser le mot « génocide », voire à l'utiliser, y compris notre premier ministre dernièrement. On prétend que le mot « génocide » est lourd et qu'il faudrait faire attention avant de l'utiliser.
En tout respect, c'est parce qu'il est lourd qu'il importe de l'utiliser. Les Premières Nations au Québec et au Labrador n'hésitent pas à le faire. Les représentants de la communauté ukrainienne n'hésitent pas à le faire. Les représentants de la communauté juive n'hésitent pas à le faire. L'envoyé spécial du Canada pour la préservation de la mémoire de l'Holocauste et la lutte contre l'antisémitisme, Irwin Cotler, n'hésite pas à le faire, et il a été nommé par le premier ministre. Alors, nous non plus ne devrions pas hésiter à le faire. C'est notre devoir de le dénoncer et d'agir.
En effet, nous nous retrouvons même mêlés, malgré nous, à ce génocide. Sans nous en rendre compte, nous profitons de la situation. De plus en plus de preuves s'accumulent et lient directement la chaîne d'approvisionnement d'entreprises occidentales au travail forcé des Ouïghours. Sans nommer d'entreprises directement, je confirme que chacun d'entre nous a très probablement en sa possession des objets qui ont été en tout ou en partie fabriqués par des Ouïghours.
En toute autre circonstance, on n'hésiterait pas à qualifier d'esclavage moderne le fait de déplacer des gens hors de leur région pour les faire travailler de force. Je soumets à la Chambre que le cas de la Chine ne devrait pas être abordé avec plus de tolérance qu'un autre pays. Nous sommes conscients, au moment où la planète entière est confrontée à sa pire crise sanitaire et économique depuis plus d'un siècle, que les droits de la personne ne sont pas à l'avant-scène. Nous parlons ici d'un génocide, l'exemple le plus horrible de ce que l'humain est capable de faire subir à ses semblables. Nous ne pouvons rester silencieux.
C'est ce qui m'a poussé à chercher une piste de solution, parce que je crois qu'on doit commencer quelque part. Suivre nos alliés et déclarer qu'un génocide a lieu est un pas important que j'espère franchir avec tous les députés de la Chambre, et nous pouvons faire plus. Nous pouvons et devons frapper le régime du Parti communiste là où cela fait mal: dans son orgueil et dans sa fierté. En 2022, Pékin doit accueillir les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver. Il s'agit d'une occasion unique d'agir et de rassembler les humanistes et les démocrates du monde entier autour d'une idée bien simple, celle de refuser de participer par le truchement de cette fête sportive planétaire à la mise en scène visant l'autoglorification d'un régime qui commet les pires crimes contre l'humanité envers sa propre population. Le sinistre dessein du Parti communiste ne peut pas être récompensé de notre présence à Pékin, pas plus qu'il ne devrait bénéficier de celle des autres pays.
Le 6 février dernier, 13 députés de la Chambre ont signé une lettre ouverte avec des organisations de défense des droits de la personne et plusieurs députés du Québec. D'ailleurs, mon collègue de Montarville et celui de Longueuil—Saint-Hubert ont signé cette lettre. Dans cette lettre, nous ne demandons pas à nos athlètes de renoncer à leur rêve olympique. Nous sommes très conscients des efforts considérables qu'il leur aura fallu déployer pour espérer pouvoir le réaliser. Nous croyons qu'il est encore temps d'exiger du Comité international olympique qu'il organise les Jeux ailleurs si le gouvernement chinois continue dans son délire génocidaire.
Certains nous ont dit qu'il ne faut pas mélanger politique et sport. Il ne s'agit pas non plus de prendre notre élite sportive en otage. On ne peut pas dire que c'est de la politique quand c'est un génocide. Je réponds que nous sommes confrontés à un génocide. Comme je viens de le dire, on ne parle pas de politique, mais bien de droits de la personne et de crimes contre l'humanité. Au contraire, il faut voir à ce que les médailles que les athlètes gagneront en 2022 ne soient pas souillées, parce que l'histoire retiendra sans doute ces Jeux, après ceux de Berlin en 1936, comme étant les Jeux de la honte. Il est impossible d'accepter le statu quo qui prévaut pour l'instant. Je sais que mes 12 collègues et moi ne sommes pas seuls à la Chambre.
C'est la raison pour laquelle, à la motion du député de Wellington—Halton Hills, je propose un amendement qui, j'espère, ralliera une majorité des députés de la Chambre. Je propose:
Que la motion soit modifiée par adjonction, après les mots « contre les Ouïgours et autres musulmans turciques » de ce qui suit:
« demande au Comité international olympique de déplacer les Jeux olympiques de 2022 si la République populaire de Chine continue ce génocide. »
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BQ (QC)
Madame la Présidente, c'est un honneur et un plaisir de travailler avec la députée de Saanich-Gulf Islands.
Je veux la remercier à mon tour parce qu'elle a signé cette lettre, ainsi que son collègue de Nanaimo-Ladysmith. Nous pouvons prouver à cette Chambre que nous sommes capables de travail transpartisan sur des questions de droits internationaux de la personne.
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BQ (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
Je pense que c'est une situation qui va se présenter de plus en plus souvent, effectivement. Le Comité international olympique a un problème évident lorsque vient le moment d'attribuer les Jeux olympiques. On se rend compte que la tenue de ces Jeux coûte de plus en plus cher et que les pays qui veulent les accueillir sont souvent des États dirigés par un gouvernement tyrannique qui veut redorer son blason. Ces pays exploitent l'organisation des Jeux olympiques pour en tirer une espèce d'« autoglorification » de leur régime et pour démontrer à leur propre population qu'ils sont puissants et forts.
C'est un problème sur lequel nous devons nous pencher. Je crois que l'amendement que nous proposons aujourd'hui est en fait un geste fort. Si la Chambre pouvait voter pour cet amendement et cette motion, je crois que nous en sortirions gagnants et que nous deviendrions des chefs de file sur la scène internationale. Je suis convaincu que cela ferait boule de neige dans plusieurs parlements libres de ce monde.
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BQ (QC)
Madame la Présidente, je vais essayer de répondre rapidement et du mieux que je le peux, et je le ferai avec une citation: « Un politicien pense à la prochaine élection. L'homme d'État, à la prochaine génération ».
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BQ (QC)
Monsieur le Président, je veux souligner l'engagement du député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan auprès des Ouïghours depuis très longtemps déjà. À la lumière du discours qu'il vient de livrer, on peut comprendre la passion qui l'anime, mais aussi l'urgence dans laquelle on se trouve face à ce qui se passe au Xinjiang.
Le Canada n'a pas toujours été du bon côté de l'histoire. Rappelons-nous Mackenzie King, en 1938, qui refusait un bateau rempli de réfugiés juifs. Il avait alors dit:
« Aucun, c'est déjà trop. »
Toutefois, notre pays a déjà été du bon côté de l'histoire. Il suffit de penser à M. Mulroney, qui s'est battu et a pris le leadership durant l'apartheid en Afrique du Sud.
Selon mon honorable collègue, de quel côté de l'histoire se retrouvera le premier ministre de ce pays?
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BQ (QC)
Monsieur le Président, j'ai bien apprécié le discours de mon collègue.
Dans une partie de son discours, il nous a parlé d'un livre qui raconte l'histoire de jeunes sportifs qui sont présents aux Jeux olympiques de Berlin, en 1936. Comme on le sait, aujourd'hui, j'ai déposé une proposition d'amendement à la motion conservatrice, demandant au CIO de déplacer les Jeux olympiques si la Chine poursuit son délire génocidaire. Cette proposition a été acceptée.
Certains sont contre cet argument, disant qu'il ne faut pas mêler la politique et le sport. J'aimerais savoir ce que mon honorable collègue pense de cet argument.
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BQ (QC)
Monsieur le Président, tantôt le leader du gouvernement nous a dit qu'il n'avait pas besoin du Bloc québécois. La semaine dernière, tous les partis ont joint leur voix au chef du Bloc québécois pour exiger du gouvernement l'octroi de la citoyenneté à Raif Badawi. Tous les partis, y compris les libéraux, ont demandé au ministre de l'Immigration d'utiliser son pouvoir discrétionnaire pour le nommer citoyen. Cela facilitera à la fois l'accès aux services consulaires pour le prisonnier politique ainsi que les démarches du Canada pour le faire libérer.
Le ministre de l'Immigration pourrait-il prendre acte de la demande unanime de la Chambre et faire de Raif Badawi un citoyen canadien?
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BQ (QC)
Monsieur le Président, c'est un peu fâchant pour Ensaf Haidar, cette réponse-là. Cela ne répond pas à la question.
Le ministre des Affaires étrangères, en 2015, alors qu'il était dans l'opposition, écrivait que les « yeux du monde entier seront rivés sur le Canada pour que le gouvernement utilise tous ses moyens diplomatiques pour pousser la libération de Raif Badawi ». Le premier ministre aussi, alors qu'il était dans l'opposition, en 2015, talonnait Stephen Harper et disait que c'était le temps d'agir. Aujourd'hui, ils sont au pouvoir et tous les partis leur demandent de faire de Raif Badawi un citoyen canadien.
L'opposition libérale de l'époque a beaucoup parlé de Raif Badawi. Ces mêmes libéraux, qui sont maintenant au gouvernement, vont-ils enfin agir?
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BQ (QC)
Monsieur le Président, hier, la Chambre des communes s'est enfin rangée avec le Bloc québécois pour exiger unanimement que le gouvernement accorde la citoyenneté canadienne à Raif Badawi.
Les Québécois s'attendent de tous les membres de ce Parlement qu'ils honorent leur parole, encore plus particulièrement le premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. En 2015, avant d'accéder au pouvoir, tous deux demandaient publiquement ce qu'Ottawa attendait pour agir concernant la libération de Raif Badawi. Ils nous disaient que les Canadiens continueraient de se montrer solidaires et qu'ils feraient front commun pour libérer M. Badawi. Plus de cinq ans plus tard, ils n'ont rien fait.
Aujourd'hui, ce front commun existe à la Chambre des communes. C'est l'heure d'agir. Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté doit accorder immédiatement la citoyenneté canadienne à M. Badawi. Le ministre des Affaires étrangères, lui, doit raviver les pourparlers avec l'Arabie saoudite pour faire libérer le citoyen Badawi. Je m'attends du premier ministre qu'il fasse preuve d'un leadership irréprochable dans ce dossier.
Ensaf Haidar et ses enfants ont assez attendu. Raif Badawi a assez souffert.
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BQ (QC)
Madame la Présidente, c'est vraiment dommage parce que j'avais préparé un discours de 10 minutes.
Tout le monde trouve que l'eau, c'est important. C'est bien simple, l'eau fait davantage consensus que la tarte aux pommes. D'ailleurs, j'en bois ce soir. Tout le monde aime l'eau, mon honorable collègue de Lac-Saint-Louis y compris. Il aime tellement l'eau qu'il souhaiterait qu'on prenne du temps, beaucoup de temps, pour que ce Parlement analyse une panoplie d'aspects touchant l'eau douce.
Vu le temps limité — surtout le mien — que nous avons ce soir pour débattre dans cette enceinte, voici le fond de ma pensée: l'eau douce est une richesse dont l'administration revient exclusivement au Québec et aux provinces.
J'insiste d'ailleurs sur le fait que le temps est limité parce qu'il me semble plutôt évident que le gouvernement voudrait qu'on écoule ce temps avant l'élection. Il serait commode de noyer le Comité permanent de l'environnement et du développement durable en lui demandant d'étudier la question de l'eau douce au lieu de réellement agir en matière environnementale. Mieux que cela, au lieu d'analyser les risques du forage pétrolier extracôtier que le gouvernement libéral a choisi d'approuver, le Comité se concentrerait sur ce que les provinces font pour ensuite leur donner des leçons.
Nous ne sommes pas dupes. Si le député de Lac-Saint-Louis et les libéraux se préoccupaient autant de l'eau salée que de l'eau douce, ils seraient grandement surpris. Pour moi, il est clair comme de l'eau de roche que l'on doit protéger l'eau maintenant. Or, la meilleure façon de le faire, ce n'est pas en entreprenant une vaste étude préélectorale pour faire du « greenwashing » et verdir le bilan du gouvernement. Non, la meilleure façon d'y parvenir, c'est d'écouter les scientifiques, ceux-là mêmes à qui les libéraux répètent ad nauseam vouloir se fier pour prendre des décisions.
C'est bien beau, les vœux pieux et l'analyse posée, mais nous sommes en 2021. Nous n'avons plus besoin de nous poser toutes ces questions que les scientifiques se sont déjà posées et auxquelles ils ont déjà répondu. Mon collègue a peut-être d'excellentes intentions pour nos cours d'eau et peut-être même croit-il encore à l'environnementalisme allégué de son gouvernement. Toutefois, que l'on mette sur pied ou non une Agence canadienne de l'eau, s'il y avait du pétrole dans le Lac-Saint-Louis, ce gouvernement inventerait une bonne raison de l'exploiter.
Personne n'est mieux placé que le Québec et les provinces pour traiter des questions environnementales relatives à l'eau ou de questions environnementales tout court. Non seulement ces provinces ont-elles chacune un ministère de l'environnement avec des scientifiques compétents et spécialisés, mais elles sont responsables de la gestion des ressources hydriques à l'intérieur de leurs frontières.
J'ai un petit conseil avisé pour les libéraux: ils devraient commencer par respecter les lois environnementales québécoises et provinciales avant de chercher encore à s'approprier des compétences d'autres gouvernements. Dans ce Parlement, on peut réglementer les pêches, le transport maritime et la navigation. C'est clair depuis plus de 150 ans.
En fait, ce que mon collègue voudrait, c'est que le Canada devienne un gérant d'estrade qui se permet de critiquer tout ce que les joueurs font sur la glace. Je suis désolé, mais ce n'est pas ainsi que ce pays est censé fonctionner. Encore une fois, un souverainiste est obligé de rappeler les bases du fédéralisme au gouvernement, un événement à noter au calendrier.
Si l'on me le permet, je vais suggérer quelque chose. Par l'entremise de l'éminent et pertinent député de Jonquière, un gars formidable à ses heures, le Bloc québécois a déposé un projet de loi sur la souveraineté environnementale du Québec, le projet de loi C-225. Contrairement à la motion M-34, le projet de loi C-225 n'analyse pas les lois fédérales, mais veut les modifier. Soyons pragmatiques un instant: si l'on admet l'importance de protéger l'environnement, on admet nécessairement que c'est pressant. Or, si la chose est pressante, choisissons la voie la plus rapide et la plus efficace si elle existe. Dans notre cas, ce sont les règles québécoises et provinciales qui sont les plus strictes, et elles existent déjà.
En toute logique, si le député de Lac-Saint-Louis et ses collègues sont conséquents, ils seront d'accord avec moi que le gouvernement fédéral devrait, pour ses propres infrastructures, respecter les règles en vigueur dans les provinces et les règlements municipaux, au lieu de faire une petite guerre de compétence avec elles.
On commence à me connaître assez bien pour savoir ce que je vais dire. Pour qui travaillons-nous? Je vais dire pour qui et pourquoi je suis ici. Je travaille pour les gens de ma circonscription, pour le monde de Lac-Saint-Jean. Dans le dossier de l'environnement en particulier, je travaille pour la génération de mes enfants. Je travaille pour des jeunes qui, pas plus tard que cet après-midi, me disaient que les couches de bureaucratie, ça suffit. Ces jeunes sont tannés que le fédéral paralyse tout et n'accomplisse rien. À quoi sert...
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BQ (QC)
Monsieur le Président, on sait que le projet de loi C‑14 vise à mettre en place des normes pancanadiennes de soins de longue durée qui seraient une condition préalable au financement. Je pense que c'est aussi une idée du NPD.
Cependant, notons que le rapport des Forces armées canadiennes après leur passage dans les CHSLD au Québec le printemps dernier est clair: beaucoup de normes et de règles sur la prévention et le contrôle de la contamination et sur le port d'équipement de protection sont déjà en place, mais elles n'ont pas réussi à stopper le virus.
Il est plutôt question de la capacité de respecter les normes et les règles en place et de les appliquer. La raison principale pour laquelle ces règles ont été plus difficiles à respecter est tout aussi claire: c'était à cause de la pénurie de main-d'œuvre. Selon les conclusions du rapport, les CHSLD ont un besoin criant de personnel avec formation médicale. C'est donc d'argent dont nous avons besoin, pas de normes.
Le député est-il d'accord avec moi pour dire que s'il veut parler de normes, il doit aller au provincial, mais que s'il veut faire son travail au fédéral, il doit plutôt essayer de donner de l'argent aux provinces?
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BQ (QC)
Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Je crois que nous avons mal entendu mon collègue lorsqu'il a dit qu'il partagerait son temps avec la députée de Repentigny. Je crois que ce n'était pas clair.
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BQ (QC)
Madame la Présidente, encore une fois, je remercie mon collègue de son immense talent de parlementaire. Encore une fois, il a livré un discours extraordinaire.
La position des conservateurs est claire sur tout ce qui touche l'industrie gazière et pétrolière. Par contre, de l'autre côté de la Chambre, c'est moins clair. Le 6 novembre 2015, le député Laurier—Sainte-Marie, qui se trouve à être le ministre du Patrimoine, se réjouissait du fait que l'administration Obama allait dire non au projet Keystone XL. Cela a changé sous l'administration Trump. L'administration Biden est maintenant en place. Là, c'est moins clair chez les libéraux si on se réjouit du fait que Keystone XL n'aura pas lieu.
J'aimerais savoir ce que pense mon collègue de la tergiversation des libéraux concernant ce dossier.
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