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Lib. (ON)
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2011-03-09 14:11 [p.8825]
Monsieur le Président, cette semaine, c'est la Semaine contre l'apartheid israélien. Les universités sont d'excellents lieux pour discuter, débattre et dénoncer. Toutefois, la Semaine contre l'apartheid israélien n'a souvent rien à voir avec la discussion et le débat. On en profite pour faire de l'intimidation et pour propager la haine, alors qu'une seule voix interrompt les autres et les réduit au silence.
L'État d'Israël ne pratique pas l'apartheid, et nous avons appris de Nelson Mandela, ce grand pourfendeur de l'apartheid en Afrique du Sud, qu'aucun conflit ne peut être résolu dans la haine, car, même les membres du clan gagnant doivent apprendre à vivre avec les autres. Pour vivre les uns avec les autres, il ne suffit pas de parler, il faut aussi écouter; il ne suffit pas de savoir, il faut aussi apprendre; il ne suffit pas d'avoir raison, il faut aussi créer un monde meilleur.
Nos étudiants ont encore au moins 60 ans devant eux. Ce sont eux qui changeront le Canada et qui créeront le monde de demain. Il est temps que les étudiants qui participent à la Semaine contre l'apartheid israélien passent à quelque chose qui est plus digne d'eux et qui permet d'envisager l'avenir de façon plus positive.
Ce qui est vraiment triste quand on pense à la Semaine contre l'apartheid israélien, c'est qu'on sait fort bien que nos étudiants et nos universités ont beaucoup mieux à offrir à la société.
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Lib. (ON)
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2011-02-08 14:10 [p.7868]
Monsieur le Président, la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences aime parler de choix. Parlons-en.
Parlons de la plupart des familles de la classe moyenne. Un parent travaille, ou les deux, et le revenu familial n'augmente pas; parfois même, il diminue. Ils ont une maison et une voiture à payer. Les enfants vont à la garderie et chaque place coûte plus de 8 000 $ par année, alors que la prestation pour la garde d'enfants, comme on l'appelle, une mesure instaurée par les conservateurs, ne représente même pas 1 000 $ par an après impôt.
Parlons de la plupart des parents, qu'ils soient à la maison ou non, qui s'inquiètent pour leurs enfants et qui savent que pour eux, la seule vraie sécurité, la seule vraie possibilité d'avenir est l'apprentissage. Ces parents veulent que leurs enfants soient en contact avec d'autres enfants et d'autres adultes, dans différents lieux et contextes. Ils veulent que leurs enfants soient prêts à apprendre lorsqu'ils commencent la maternelle. Or, ils savent que la prestation de 1 000 $ des conservateurs ne leur donne aucun choix. Elle ne permet pas de créer de meilleures garderies, ni d'attirer et de maintenir en poste des enseignants plus qualifiés, ni d'assurer de meilleures perspectives d'apprentissage.
Voilà la différence. Les conservateurs n'offrent aucun choix, tandis que les libéraux offrent de vrais choix, conformes à la vraie vie, que les parents soient à la maison ou non.
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Lib. (ON)
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2011-01-31 14:10 [p.7423]
Monsieur le Président, le sergent Ryan Russell avait 35 ans. Il avait une femme et un jeune fils. Il adorait le hockey et y jouait comme gardien de buts. Il adorait son travail. Son père, qui avait pratiqué le même métier, était son héros. Un jour, il y a quelques semaines, il est parti travailler. Il avait encore un avenir d’une quarantaine d’années devant lui. Puis, en un instant, tout a basculé.
À Toronto, plus 10 000 personnes ont assisté à ses funérailles. Avant la cérémonie, sur le trottoir, la foule attendait le cortège funèbre. Jamais je n’avais vu la ville figée dans pareil silence.
Nous faisons tout ce que nous pouvons pour éliminer tous les risques de notre vie. Il y a pourtant des gens, des agents de police, des pompiers et des soldats, entre autres, qui prennent délibérément de grands risques pour assurer notre sécurité commune. On peut se demander comment ils font. Pourrions-nous faire la même chose?
Toute une ville s’est donc immobilisée pour exprimer sa peine, pour donner espoir aux survivants, pour remercier le sergent Russell et tous ceux qui font le métier qui était le sien.
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Lib. (ON)
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2010-12-01 14:19 [p.6668]
Monsieur le Président, la semaine dernière, Red Fisher a été intronisé au Panthéon des sports du Québec. Fort d'une expérience journalistique incroyable de 56 années, d'abord pour le compte du Montreal Star, et aujourd'hui pour The Gazette, M. Fisher respecte l'objet de ses articles et respecte ses lecteurs. Jamais il ne se croit plus important que le sport dont il fait le reportage. Alors que d'autres décident qu'ils ont « déjà tout vu et tout entendu », Red Fisher conserve la capacité et la volonté de se fâcher, de s'emballer et d'apprécier la nouveauté.
Certes, il peut être dur. À certains moments, il a critiqué ma performance, mais c'est parce qu'il savait que je pouvais faire mieux; d'ailleurs, chaque fois que je n'arrivais pas à trouver mes propres solutions, j'attendais le journal du matin pour voir ce que Red pensait.
Il n'y a pas de public de hockey plus connaisseur au monde que le public de Montréal. C'est ce public qui dicte la norme à laquelle les Canadiens doivent se mesurer et dont dépend le succès de l'équipe. Personne n'a contribué à maintenir cette norme de façon plus importante que Red Fisher. Jour après jour, année après année, Red est simplement le meilleur.
Nous félicitions Red Fisher et le remercions.
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Lib. (ON)
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2010-11-25 13:38 [p.6448]
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Richmond Hill.
Je vais voter contre la motion, qui ne sera probablement pas adoptée, comme nous le savons déjà, et tout ce que nous pouvons dire aujourd’hui n’y changera rien.
Sur une question de vie et de mort pour les soldats engagés par notre volonté ou pour ceux qui rentrent au Canada et portent en eux une expérience qui influencera tout le reste de leur vie, on s’attendrait à un débat pénétrant qui dure des semaines et des mois. Mais ce n’est pas ce qui est proposé ici.
S’il n’y a pas de vrai débat, donc, posons au moins certaines des questions dont nous aurions discuté s’il y en avait eu un, et ne les perdons pas de vue lorsque se profileront les prochaines étapes charnières de la mission afghane en 2011, en 2014 et par la suite.
Au plus fort de la guerre du Vietnam, je fréquentais l’université. Ce conflit nous a enseigné bien des choses. Il nous a montré ce qui arrive lorsque l’idéologie, dans ce cas-là celle de la guerre froide, nous empêche de voir la réalité, lorsque la rhétorique nous entraîne et nous impose une fausse image convaincante, et c’était alors celle des dominos: si le Vietnam tombe, c’est toute l’Asie du Sud-Est qui tombera, et si l’Asie du Sud-Est tombe, ainsi tombera…
Ce conflit nous a aussi fait découvrir d’autres pièges. « Cinq cents soldats sont morts, nous ont dit le gouvernement américain et l’armée, nous ne pouvons tolérer qu’ils soient morts en vain. » D’autres soldats ont donc été envoyés, et d’autres soldats sont morts. Un millier, 10 000, 20 000, jusqu’à ce que la guerre ne soit plus une question de dominos qui tombent, et 10 000 autres sont morts parce que 20 000 autres les avaient précédés, et puis 10 000 encore ont péri. « Nous ne pouvons pas partir maintenant. » Et 10 000 de plus sont morts.
Il y a donc eu des enseignements, mais un grand nombre n’ont pas été retenus. L’un d’eux l’a été, pourtant: l’opinion américaine, en tournant le dos à la guerre du Vietnam, a également tourné le dos au dévouement de ses soldats. Ses soldats sont rentrés brisés, mais ils n’ont eu droit à aucun réconfort. Cela ne se reproduirait plus.
Donc, dans les années qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, le Canada est allé en Afghanistan pour combattre le terrorisme et du même coup, défendre ceux qui était maltraités par la vie afghane, surtout les femmes.
Il est tellement difficile de tenir des débats en temps de guerre. Les critiques semblent peu patriotiques. C’est comme si nous perdions le droit de poser des questions et de réfléchir. C’est pourtant un moment où il nous faut poser des questions et réfléchir. Des Canadiens trouvent la mort. Des Afghans meurent aussi. Nous devons prendre des décisions justes. Les situations peuvent évoluer ou nous commençons à les percevoir différemment. Il ne s’agit pas de remettre nos soldats en question. Exception faite d’un rare incident odieux, les soldats ont toujours raison. Ils font ce qu’on leur dit de faire. Ceux qui peuvent se tromper, ce sont leurs généraux, ce sont les décideurs d’Ottawa, nous. C’est leur gouvernement. Nous prenons les décisions finales. Si nous nous trompons, ce sont eux bien plus que nous qui paient le prix de ces erreurs.
Nous devons encourager le débat, car il est tellement facile de le réprimer et de faire fausse route. Car c’est une question de vie et de mort, et non d’argent. Car nous ne pouvons envisager la possibilité de nous être trompés.
Il nous est si facile de nous couvrir du drapeau, de nous cacher derrière les soldats, et à la moindre critique, de dire: « Nous devons appuyer nos soldats », et d’étouffer toute forme de débat. Et qui peut se défendre?
Dans le cas du Vietnam, les Américains ont eu dédain de la guerre, et également dédain de leurs soldats. Au Canada, aujourd’hui, loin d’adopter cette attitude à l’égard de nos soldats, nous avons beaucoup de mal à nous dissocier de toute guerre qu’ils peuvent mener.
Mais si nous voulons vraiment appuyer nos hommes et nos femmes, nous devons toujours les affecter à une bonne cause, où nous avons de bonnes chances de réussir, aujourd'hui, demain et plus tard. Nous devons nous ouvrir les yeux et demeurer réceptifs et lucides.
Il y a plus de 200 ans, Samuel Johnson a décrit le patriotisme comme le dernier refuge d'une fripouille. Ce n'est pas toujours le cas, mais cela peut arriver. Les périodes de questions, les mêlées de presse et les brèves déclarations formatées ne se prêtent pas bien à la réflexion. On se contente alors d'essayer de séduire l'électorat.
« C'est dans la nature de la politique, disons-nous, et il ne faut pas s'en inquiéter outre mesure. » Mais en l'absence de toute autre discussion, il y a lieu de s'inquiéter.
Comme les subventions aux producteurs de grains, les soins de santé et le logement abordable, la guerre est une question de choix. Nous devons fournir aux militaires canadiens les instruments dont ils ont besoin pour s'acquitter des tâches que nous leur confions, mais ces tâches doivent-elles les emmener en Afghanistan, au Darfour ou ailleurs? S'agit-il de défense, de diplomatie, de développement ou des trois domaines? Est-ce que ça dépend? Il y a des choix à faire. Devrions-nous acheter des F-35 et nous doter d'une politique étrangère qui nécessite de tels appareils? Nous en faut-il moins ou davantage?
La guerre fait des morts. Des dizaines de milliers de Canadiens meurent chaque année parce qu'ils ne peuvent ni s'alimenter, ni se loger comme il faut ou parce qu'ils n'ont pas eu les mêmes chances que les autres au départ, dans la vie. La guerre en Afghanistan nous coûte 2 milliards de dollars par année. D'autres choix s'offrent à nous.
Nous savons quels espoirs nous entretenons en Afghanistan. Nous espérons pouvoir mettre fin aux activités des terroristes au-delà des frontières afghanes. Nous espérons que les Afghans pourront s'instruire et vivre mieux, en particulier les femmes afghanes. Nous espérons que, longtemps après notre départ, le peuple afghan continuera d'aspirer à ce genre de vie et se sera donné les moyens nécessaires. Actuellement, nous espérons bien plus que nous savons. Mais nous ne devons pas nous laisser aveugler par nos espoirs, par l'idéologie de la lutte antiterroriste et par les pertes de vie subies par le Canada. Les enjeux sont trop importants.
Quelle dette avons-nous envers les 153 soldats canadiens qui sont morts en Afghanistan? Quelle dette avons-nous envers leurs familles? Nous leur devons le respect et la gratitude. Nous leur devons de ne jamais oublier ce qu'ils ont fait pour leur pays. Mais nous leur devons avant toute chose de faire de bons choix à l'avenir, dans l'intérêt de ceux qui leur succéderont.
Je voterai contre cette motion, mais, comme tout le monde, aux Communes et ailleurs au pays, j'ai l'intention de garder dorénavant les yeux bien ouverts.
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Lib. (ON)
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2010-11-25 13:48 [p.6450]
Madame la Présidente, selon moi, l'enjeu pour tout le monde à la Chambre est de veiller à ce que nous nous en tenions à notre engagement, c'est-à-dire jouer un rôle de développement et de formation, et non de combat.
À mon avis, le problème, c'est que le bilan de nombreux gouvernements dans le monde laisse à désirer lorsqu'il est question de maintenir ce genre de promesses. Lorsqu'un pays se trouve dans un contexte de guerre, il est très difficile de ne pas y jouer un rôle de combat.
Voilà pourquoi, comme j'ai essayé de le dire, chacun de nous doit vraiment faire preuve de vigilance parce qu'il est très facile de glisser vers un autre rôle.
Le vote d'aujourd'hui porte sur l'appui plein et entier à une mission de formation et de développement, et non à une mission de combat.
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Lib. (ON)
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2010-11-25 13:50 [p.6450]
Madame la Présidente, d'après ce que je comprends, il n'est pas question de prolonger la mission de combat.
S'il ne s'agit pas de cela, alors ce n'est pas du tout ce que le député a soulevé dans sa question.
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Lib. (ON)
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2010-11-25 13:51 [p.6450]
Madame la Présidente, je ne suis pas allé en Afghanistan. Je n'ai pas vu de près quels sont les besoins de ce pays.
Je pars du principe qu'il existe un besoin permanent réel en vue d'assumer ce rôle plus vaste. Au fur et à mesure que les soldats des autres pays se retirent et que ceux qui restent jouent des rôles non reliés au combat, les Afghans doivent assumer beaucoup plus de responsabilités et la tâche qui les attend est plus considérable. C'est pourquoi il faut les former.
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Lib. (ON)
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2010-11-01 16:02 [p.5615]
Monsieur le Président, je suis heureux d’avoir l’occasion de parler du projet de loi C-47, loi no 2 portant exécution du budget.
Tous autant que nous sommes, riches et pauvres, jeunes et vieux, nantis et moins nantis, nous cherchons tous la même chose: une chance, une vraie chance. Même ceux qui ont été riches toute leur vie ont aussi besoin d’une chance pour développer un nouveau produit ou percer un nouveau marché.
Et ceux qui ne sont pas riches, ceux qui sont pauvres, qui n’ont pas eu les mêmes chances que d’autres ou ne sont pas donné toute la chance nécessaire, que font-ils? Vers qui se tournent-ils? Pour eux, pour nous tous, à un moment donné, l’État a son importance.
Un budget, ça compte. Il trace une voie vers l’avenir économique de notre pays et de chacun de nous pris individuellement. Toutefois, l’impact d’un budget est loin d’être uniquement économique. Il peut donner un coup de pouce à une vie qui, jusque-là, n’allait nulle part. Un budget, c’est souvent de l’argent débloqué pour des investissements, de la formation, de l’apprentissage, les services de santé, la recherche-développement, le logement, l’alphabétisation, bref, des choses qui n’améliorent pas beaucoup notre vie dans l’immédiat, mais qui nous donnent une chance d’avoir un meilleur avenir.
Depuis plus de quatre ans et demi, j’observe le gouvernement. Il a déposé plusieurs budgets. Le jour du budget, il y a bien des annonces sur une foule de sujets. On dirait que beaucoup de choses vont se faire. Puis, le lendemain et les autres jours qui suivent, on commence à s’apercevoir aussi de ce qui ne se fait pas. Pour moi, le critère qui permet de juger n’importe quel budget de n’importe quel gouvernement est le suivant: quel sera son effet dans cinq ou dix ans? Comment va-t-il améliorer notre sort comme pays et comme individus? Dans quelle mesure est-ce de la poudre aux yeux qui n’aura aucun effet dans notre vie?
Voilà ce qui me déçoit chez le gouvernement. Plus de quatre ans et demi ont passé, et il a fort peu amélioré l’avenir du Canada et des Canadiens.
Nous le savons, l’apprentissage sera crucial pour l’avenir de tous les pays. Nous, les parents, nous inquiétons de nos enfants. Nous nous tournons vers l’avenir et, plus que tout, nous voulons avoir la certitude qu’ils sauront s’en tirer. Nous voyons se profiler des changements énormes, inimaginables, et nous ne savons pas comment nos enfants vont s’y adapter.
Nous savons que, si nous leur laissons de l’argent, cela leur donnera un coup de pouce, mais l’argent se dépense. Avec le temps, nous en sommes venus à prendre conscience du fait que, dans l’avenir, leur seule vraie sécurité, leur seule vraie chance sera l’apprentissage. Ainsi, quand les choses changeront, ils auront la capacité d’apprendre et d’évoluer avec elles.
Nos enfants ont besoin d’apprendre plus et mieux dans leurs jeunes années, ils ont besoin d’occasions plus intéressantes à l’extérieur de leur foyer également, dans les services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, tout comme lorsqu’ils atteindront la maternelle et poursuivront leurs études. Ils ont besoin de meilleures chances au collège et à l’université pour que leur apprentissage ne soit pas constamment interrompu par la nécessité d’occuper des emplois à temps partiel ou de prendre des années sabbatiques pour limiter leur endettement.
Beaucoup d’adultes qui n’apprennent pas à lire dans leurs jeunes années, qui sont étouffés par l’analphabétisme, ont besoin de programmes d’alphabétisation pour avoir une nouvelle chance dans la vie.
Dans ce budget, que fait le gouvernement à cet égard? Qu’a-t-il fait pendant ces quatre années et demie et plus? Fort peu. Assez pour dire à la période des questions et dans les conférences de presse impromptues qu’il fait quelque chose. Assez pour répondre à ses besoins sur le plan politique, mais pas assez, beaucoup s’en faut, pour répondre aux besoins de ceux qui ne font pas partie du gouvernement, aux besoins du Canada et des Canadiens, qui doivent préparer leur avenir.
Quand la récession prendra fin, il est certain que l’économie mondiale ne se retrouvera pas là où elle était avant le début de la récession. Il y a eu des changements. Il y a de nouvelles façons de faire, de nouvelles technologies, surtout dans le secteur de l’énergie, de nouvelles possibilités, de nouveaux risques. Tout gouvernement, toute entreprise doit aller là où le monde se dirige et non pas retourner en arrière ou rester sur ses positions.
Dans ce budget et depuis quatre ans et demi, qu’a fait le gouvernement pour nous préparer à réussir à l’avenir? Il a fait juste assez pour pouvoir dire qu’il a fait quelque chose.
C’est encore plus vrai pour ceux qui sont pauvres et qui ont besoin d’aide sur bien des plans, que ce soit le logement abordable, l’aide au revenu, la garde d’enfants, les pensions d’invalidité et surtout, pour ceux qui sont autochtones. Le gouvernement a fait juste assez pour pouvoir dire qu’il a fait quelque chose, mais pas suffisamment pour que cela compte, pour donner aux gens la chance d’avoir une vraie vie.
De plus en plus souvent, les deux parents doivent travailler pour pouvoir joindre les deux bouts. Nous vivons plus longtemps. Nous sommes en meilleure santé. Toutefois, il est moins fréquent que nous vivions avec nos parents. Qu’arrive-t-il en cas de problème, lorsqu’il y a une maladie grave dans la famille, qui touche un enfant ou un parent âgé? Quand on arrive tout juste, comment faire face à cette situation? Que faisons-nous pour soutenir les aidants? Le gouvernement a fait juste assez pour pouvoir dire qu’il fait quelque chose, mais pas assez pour que cela compte.
Lorsqu’on remarque combien le gouvernement fait peu pour les Canadiens, le gouvernement ne veut rien entendre. Selon lui, ces problèmes ne devraient pas exister. Si la taille de l’État diminue, si les gens ont un peu plus d’argent dans leurs poches, tout ira bien.
Néanmoins, en réalité, dans la vraie vie, les choses ne se passent pas ainsi, à moins, bien sûr, que le gouvernement ne l’ait pas remarqué. Pour le gouvernement conservateur, c’est le miracle de l’idéologie. Si les conservateurs savent déjà quelque chose, ils n’ont pas besoin d’écouter. Le gouvernement n’a pas à écouter les groupes communautaires alors pourquoi ne pas réduire leur financement? Il n’a pas à écouter ceux qui s’opposent à lui ou le critiquent, alors pourquoi ne pas les congédier ou les humilier? Comme nous ne savons pas ce que nous ne devons pas savoir, il limite le recensement. Tout le monde sait que si une chose n’est pas mesurée, cette chose n’existe pas. Si elle n’existe pas, elle ne peut pas poser de problème. Si elle ne pose pas de problème, pourquoi avoir des programmes gouvernementaux pour régler ce qui n’a pas besoin de l’être? C’est de la magie pour le gouvernement, mais pas pour ceux qui ont besoin d’aide.
En période de transformation économique mondiale, en période de changements climatiques, dans un contexte où l’écart entre les riches et les autres s’est élargi, pendant cette période de plus de quatre ans et demi, comme le montre la deuxième loi d’exécution du budget, le gouvernement conservateur s’est démarqué par la façon dont il dirige sa politique et non pas celle dont il dirige la nation.
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Lib. (ON)
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2010-11-01 16:12 [p.5616]
Monsieur le Président, cette question nous concerne tous. Même si nous trouvons nos débats à la Chambre passionnants, je ne crois pas que tous les Canadiens sont du même avis. Le faible taux de participation aux élections, surtout parmi les jeunes, en témoigne. De plus, la majorité de ceux qui vont voter le font parce qu'ils ressentent une sorte d'obligation, et non pas nécessairement parce que le processus les enthousiasme. C'est un problème qui nous concerne tous.
Notre principal problème, comme nous pouvons le voir aux États-Unis, vient du fait qu'il n'y a rien de vraiment passionnant au menu. Voilà la source du problème. Nous avons tous déjà été assis à une table où nous avions des divergences d'opinions. À moins de pouvoir nous concentrer sur quelque chose que nous jugeons bien plus important que nous-mêmes, nous allons justement nous concentrer sur nous-mêmes. C'est alors que commence le dénigrement mutuel.
Voilà notre défi. C'est aussi le défi qui se pose aux États-Unis.
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2010-11-01 16:14 [p.5616]
Monsieur le Président, il ne fait aucun doute que, lorsque l'économie se porte bien, le meilleur programme de justice sociale est une économie qui fonctionne bien. Toutefois, un des problèmes qui se posent ces temps-ci est que, les ménages à deux revenus, ce qui n'est souvent pas le cas, finissent par devoir faire face aux mêmes difficultés dont je parlais, notamment pour ce qui est du logement, du revenu trop faible et de la pauvreté.
Je ne crois pas qu'il suffise de dire que nous ferons notre possible pour soutenir l'économie. Je dois mettre les gens d'en face en garde contre la tentation de ne s'intéresser qu'à ce qu'ils font; ils faut qu'ils s'intéressent également à l'ampleur des mesures qu'ils prennent.
N'importe qui peut faire sa petite part correspondant à un pouce, mais un pouce ne compte pas pour grand-chose si l'ampleur du problème se mesure en pieds. On peut tenir un beau discours et donner bonne conscience à tout le monde, mais le vrai problème, ce sont les 11 autres pouces de l'équation. C'est ce que je trouve à redire à l'orientation du gouvernement actuel au cours des quatre dernières années et demie.
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Lib. (ON)
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2010-10-21 14:15 [p.5182]
Monsieur le Président, il y a quelques semaines, j'ai visité le centre Hincks-Dellcrest qui se trouve dans ma circonscription. Le centre offre, entre autres choses, des programmes pour les enfants chez qui on soupçonne des problèmes de santé mentale et leurs parents. Je me suis assis avec quelques mères et je leur ai demandé pourquoi elles se trouvaient là.
La plupart d'entre elles sont des néo-canadiennes, leurs propres mères vivent loin et elles n'ont pas de proches ni de mentors vers qui se tourner. Et c'est leur premier enfant. Est-ce que toutes ces choses nouvelles qu'elles découvrent tous les jours chez leur enfant sont normales? Y a-t-il un problème? Qu'est-ce qu'elles devraient faire? Elles apprennent grâce au personnel et en s'entraidant. Elles se font des amis. Leurs enfants se font des amis. Ils se sentent bien. Ils se sentent chez eux.
Si jamais un jour vous doutez du bien-fondé des gouvernements et des impôts, si jamais vous vous demandez pourquoi les coupes ne sont pas la réponse à tout ou si vous voulez savoir pourquoi le multiculturalisme au Canada fonctionne mais pas dans d'autres, allez donc au centre Hincks-Dellcrest. C'est une expérience inspirante.
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Lib. (ON)
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2010-06-17 16:00 [p.4026]
Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Vancouver-Centre.
La prorogation peut être utilisée principalement pour des raisons valables, mais ce n'était pas le cas ici. On y a eu recours de façon arbitraire, pour servir les besoins du gouvernement et pour faire taire certaines personnes que le gouvernement ne voulait pas entendre. C'est peut-être une attitude très humaine, mais pour une société démocratique, pour le Canada, c'est un problème de taille.
Le premier ministre n'aime pas que plusieurs voix s'expriment, que ce soit dans son caucus, son Cabinet, les comités, la fonction publique, les médias, bref, n'importe où.
Durant son mandat de plus de quatre ans, pensez à une importante discussion publique que son gouvernement a suscitée sur les enjeux d'aujourd'hui et de demain, l'économie nationale et internationale en évolution, la sécurité mondiale, les changements climatiques, l'énergie, ou tout autre sujet. Il n'y en a eu aucune. Le premier ministre n'aime pas entendre d'autres voix, qui pourraient être critiques, gênantes ou dérangeantes. Elles pourraient exprimer une opinion tout simplement différente de la sienne. Il sait où il veut aller. Il pense qu'il a raison. Alors pourquoi se préoccuper de ces autres voix?
La prorogation n'était qu'un élément parmi d'autres. Pendant son mandat de plus de quatre ans, le premier ministre a utilisé le pouvoir que lui confère son poste, ses récompenses et ses sanctions et il s'en est servi abusivement pour leurrer et intimider, pour tirer parti de la faiblesse humaine, pour appuyer les voix qu'il veut entendre et pour faire taire celles qu'il ne veut pas entendre. C'est peut-être une attitude très humaine, mais pour une société démocratique, pour le Canada, c'est un problème de taille.
Lundi dernier, nous avons réuni une vingtaine de groupes communautaires de partout au pays, certains nationaux et internationaux et d'autres de moindre envergure et locaux. Ces groupes ont perdu leur financement après avoir reçu des fonds du gouvernement fédéral pendant des années et parfois des décennies pour offrir des services communautaires importants et pour faire entendre la voix de ceux qui sont moins avantagés afin de les aider à vivre comme tous les Canadiens devraient vivre. Il s'agissait de groupes autochtones, de groupes oeuvrant dans le domaine de la santé, de groupes de femmes, de centres d'apprentissage et de services de garde, de groupes d'aide au développement, et j'en passe. Toutefois, cette table ronde ne portait pas vraiment sur les compressions. Elle traitait de ce que signifie pour les collectivités et pour le Canada la disparition des services que ces groupes leur offraient et de la voix qu'ils faisaient entendre en leur nom.
Ces compressions, l'importance différente accordée au droit de se faire entendre publiquement tranchent nettement par rapport à la situation sous les gouvernements précédents, les gouvernements libéraux des années 1970 et du début des années 1980, les gouvernements progressistes-conservateurs de la fin des années 1980 et du début des années 1990 et les gouvernements libéraux jusqu'en 2006.
Lorsque j'étais ministre du Développement social, mes responsabilités comprenaient les personnes âgées, les personnes handicapées, l'ensemble du secteur du bénévolat et les garderies. Ceux qui travaillaient pour des groupes de revendication dans ces secteurs le faisaient parce qu'ils avaient ces questions à coeur et qu'ils estimaient qu'il fallait en faire beaucoup plus. Ces groupes se sont montrés insistants. Nous avons appris à nous connaître, peut-être même à nous faire un peu confiance, mais ces groupes n'avaient absolument aucun parti pris politique et un énorme parti pris pour leur cause.
Ils devaient traiter avec quiconque était au pouvoir. Parfois, ils me rendaient fou. Parfois, ils avaient entièrement raison, au point où c'en était gênant lorsque je n'étais pas certain de pouvoir leur donner satisfaction. Parfois, j'estimais qu'ils avaient complètement tort, que la voie qu'ils voulaient emprunter pour que nous atteignions, eux et moi, nos objectifs était la mauvaise.
Toutefois, je savais ce que chaque parti, depuis des décennies, savait: ces voix font partie de l'ensemble essentiel de voix nécessaires au bon fonctionnement d'une société vigoureuse.
Puis, en 2006, les conservateurs ont remporté les élections. Au cours des trois à quatre premiers mois, on a vu des signes annonçant des difficultés pour ces groupes, mais ils pensaient qu'il s'agissait pour eux de s'habituer à un nouveau gouvernement et vice-versa. Ils avaient déjà vu cela, que ce soit avec un gouvernement libéral ou progressiste-conservateur, et ils savaient qu'ils finiraient par se faire entendre du gouvernement et que tout allait redevenir comme avant. Mais, pas cette fois-là.
Il y a eu des compressions visant le Programme de contestation judiciaire, les organisations vouées aux droits des femmes, à l'alphabétisation et aux garderies et les groupes autochtones. Les premiers groupes ont pensé qu'ils étaient les seuls visés. Ils continuaient d'attendre l'arrivée du train, mais je leur disais que le train ne passerait pas.
Le gouvernement conservateur voit les choses autrement. Il ne comprend pas pourquoi il devrait donner de l'argent à ces groupes. Il pense que c'est son devoir de représenter les différentes opinions qui se font entendre dans le pays. Il croit que si le public appuyait vraiment ces questions, les gens donneraient eux-mêmes de l'argent aux groupes concernés. Il est aussi d'avis que si les groupes reçoivent bel et bien des fonds, l'argent devrait aller directement à ceux qui en ont besoin, soit aux personnes sur le terrain, et non aux employés dans leurs grands bureaux. Il n'arrive pas à comprendre pourquoi un gouvernement sensé appuierait quelqu'un qui ne fait que lui adresser des reproches.
Il est peut-être très humain de réagir ainsi, mais pour un pays démocratique, pour le Canada, une telle réaction pose un grave problème.
Nous savions tous, y compris le gouvernement, ce qui se passerait ensuite. Une fois leur efficacité, leurs moyens d'expression et leur existence menacés, ces groupes allaient protester. À la place, la plupart sont restés silencieux.
Je pense qu'au départ, cette réaction a surpris même le gouvernement, mais il s'est ensuite rendu compte de sa puissance. En gros, il a dit à ces groupes: « Vous vous croyiez puissants. Vous ne l'êtes pas. Vous avez besoin de notre argent et maintenant, vous devez faire un choix. Si vous vous taisez, vous obtiendrez peut-être des fonds, mais probablement pas et certainement moins qu'avant; en plus, en vous taisant, vous deviendrez impuissants. Vous pouvez aussi soulever un tollé, mais dans ce cas, il est certain que vous n'obtiendrez rien et que vous perdrez votre puissance. Alors, que préférez-vous: être impuissants ou impuissants? »
Pour le gouvernement, cela voulait dire qu'il pouvait garder son argent et faire taire ces groupes. Il aurait difficilement pu faire mieux.
Lundi, ensemble, certains de ces groupes ont raconté leur histoire. Nombre d'autres ne sont toujours pas prêts à le faire. Il y a aussi une personne qui a participé, mais qui a décidé de le faire seulement par téléphone, car un groupe pour lequel elle voudrait travailler attend l'octroi d'un contrat du gouvernement, et elle ne voulait pas risquer de compromettre ses chances ou celles du groupe en dévoilant son identité. Je vous parle d'une personne qui a la réputation de mener tous les combats, en parlant haut et fort sur la place publique et sans jamais reculer. On ne cherche qu'à museler les gens.
En outre, un groupe qui n'a pas perdu son financement avait l'intention d'assister à la réunion pour montrer sa solidarité envers les autres, car le groupe en question sait que si ce n'était d'un ministre qui s'intéresse personnellement à la question qu'il défend, il perdrait peut-être aussi ses fonds. Toutefois, au bout du compte, il a décidé qu'il ne pouvait pas risquer d'être là. D'une façon ou d'une autre, encore une fois, on fait taire les gens.
La table ronde ne portait pas sur la perte de financement subie par les groupes. Elle portait plutôt sur le sens de cette perte, sur les répercussions de la perte de services et de représentation sur les collectivités locales et la communauté nationale, ainsi que sur chacun d'entre nous.
Voici ce que certains d'entre eux ont dit. Une personne a affirmé ce qui suit: « Je sais tout à fait que — de nos jours — il risque d'y avoir des conséquences quand on parle en public des enjeux sociaux et politiques d'importance pour les Canadiens... rares sont ceux qui nieraient la présence réelle d'un “effet paralysant” qui marque un virage dans la démocratie canadienne. »
Selon une autre personne, les organisations ont maintenant peur d'être visibles lors des conférences de presse; depuis toujours, certains groupes ont toujours eu trop peu de ressources pour pouvoir agir seuls. La même personne a ajouté que ces groupes sont divisés par la peur et par la compétition pour assurer leur survie financière. Cela se traduit par la méfiance, la peur et le manque de cohésion.
Une autre personne a dit: « Nous assistons à la réduction au silence de certaines des organisations les plus en vue au pays... pour s'assurer que le gouvernement n'aura guère d'opposants à ses gestes ou à ses politiques. Il semble que les ONG ont deux choix: ou bien elles se taisent et ne représentent pas les défis auxquels font face les Canadiens vulnérables, ou bien elles dévoilent ces enjeux et disparaissent en silence. »
Ces mots n'expriment pas toute l'ampleur de leur histoire ni le ton de leur voix. Leur ton était empreint de tristesse, de colère et de déception. Ces gens étaient déçus d'eux-mêmes parce qu'ils étaient si faibles devant la survie de leur organisation, parce qu'ils s'étaient retournés contre d'autres groupes, parce qu'ils étaient devenus égoïstes et cupides et parce qu'ils étaient si loin de l'image qu'ils s'étaient projetés. Mais surtout, leur ton trahissait un sentiment d'incrédulité et de déni. Ils ne pouvaient pas croire ce qui se passait. Ils ne pouvaient pas croire qu'on pouvait les empêcher de dire ce qui s'imposait. Ce n'est pas ainsi qu'on faisait les choses au Canada.
Ces groupes connaissaient leurs propres histoires et savaient ce qui se passait dans leurs propres secteurs, mais ils ont été étonnés d'entendre les autres voix et de constater à quel point le problème était profond et généralisé. Je crois qu'il a fallu beaucoup de temps avant que ces groupes se fassent entendre à cause de ce sentiment d'incrédulité parce qu'ils avaient l'impression d'être les seuls à vivre une telle expérience, d'où le sentiment que personne ne les comprendrait, et parce qu'ils craignaient que leur plainte à l'égard de leur perte de financement soit perçue, aux yeux de certains, comme de la rancoeur et de l'égoïsme, comme s'ils n'avaient pas vraiment le droit d'en souffler mot.
C'est le même cas pour tous les partis politiques de l'opposition et pour les médias. Nous sommes en train de perdre notre voix, mais quel droit avons-nous pour dire quelque chose? On réduit cela à de la rancoeur et de l'égoïsme.
Tout d'abord, cela n'a rien à voir avec nous. Cela concerne le public, les Canadiens et la façon dont notre pays fonctionne. Cela nous donne un droit et une obligation.
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Lib. (ON)
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2010-06-17 16:12 [p.4028]
Madame la Présidente, comme je le disais tout à l'heure, la prorogation cherchait à faire taire les gens, et rien d'autre.
Les prorogations peuvent servir à bien des fins, mais à moins que je me trompe, aucune d'entre elles ne vise à permettre au gouvernement de faire taire les gens. C'est un thème, une attitude, une façon de faire qu'on voit de plus en plus souvent chez le gouvernement: dès qu'une personne l'embête, il la fait taire. Même chose quand il ne veut pas entendre ce qu'elle a à dire: il la fait taire. La prorogation n'est que l'un des moyens utilisés.
En ce qui concerne la question du député sur le travail du comité, je suis convaincu que celui-ci a travaillé très fort. Le fait est que, dans l'état actuel des choses, la prorogation permet de fermer le Parlement et d'empêcher les gens de parler à des moments tout à fait mal choisis et inopportuns. À moins que ne nous ne fixions des règles adéquates au sujet de la prorogation, nous nous exposons à de nouveaux abus.
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Lib. (ON)
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2010-06-17 16:15 [p.4029]
Madame la Présidente, que le député soit content ou non de la façon dont nous avons présenté cette motion, je crois que la question fondamentale, c'est le fonctionnement du gouvernement actuel et sa mauvaise utilisation de la prorogation pour étouffer ses détracteurs.
Je ne me laisse pas distraire aussi facilement que le député. Je crois que cette façon de bâillonner les gens est une question absolument fondamentale pour nous tous.
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