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NPD (QC)
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. J'ai une question très simple pour lui.
Les libéraux et le gouvernement libéral sont très forts pour accuser l'opposition de retarder les travaux et de rendre le Parlement dysfonctionnel. J'aimerais l'entendre sur l'obstruction systématique que font les libéraux au Comité permanent de la défense nationale pour essayer de protéger leur ministre de la Défense, qui ne mérite plus d'être à son poste. Parfois, ce sont les libéraux qui font de l'obstruction systématique.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. J'ai l'impression que, avec le ministre de la Défense nationale, on assiste à une vaste opération de camouflage.
Malheureusement, ce n'est pas une opération militaire sur le terrain, c'est une opération pour essayer de sauver sa peau et son poste comme ministre.
Je pense que le député l'a bien dit. Le lien de confiance est brisé et les victimes de cette opération de camouflage sont les gens qui servent dans nos Forces armées, en particulier les femmes.
Qu'en pense-t-il?
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie ma collègue d'Edmonton Strathcona de ses interventions, qui sont toujours extrêmement pertinentes, senties et empreintes d'humanité.
Dans Hamlet, Shakespeare fait dire à un de ses personnages qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. En ce moment, j'ai l'impression qu'il y a quelque chose de pourri au bureau du ministre de la Défense nationale. En effet, à plusieurs reprises, il a laissé tomber les hommes et les femmes des forces armées. Il a fait des opérations de camouflage, il a essayé d'ignorer des faits, il a essayé de balayer les choses sous le tapis et il a trompé le comité parlementaire lorsqu'il a répondu à des questions. Les gens des forces armées méritent beaucoup mieux que cela, car ce sont des femmes et des hommes courageux. Ils prennent des risques, ils sont prêts à faire des sacrifices et ils assurent notre sécurité et celle du pays.
À mon avis, les hommes et les femmes qui travaillent dans les forces armées doivent absolument être respectés. Ils méritent mieux que cela. Le ministre de la Défense nationale les a laissés tomber et a préféré fermer les yeux sur de graves allégations, dont les allégations d'inconduite sexuelle, et sur d'autres problèmes, notamment ceux survenus en Iraq. Il a toujours préféré essayer d'étouffer l'affaire. On dirait que le modus operandi du ministre, c'est de ne pas régler le problème, de regarder ailleurs ou de balayer les problèmes sous le tapis. À ses yeux, si l'on ne voit plus les problèmes, ils n'existent plus. Or ce n'est pas le cas.
Le ministre de la Défense nationale, protégé par le premier ministre et par l'ensemble du gouvernement libéral, a particulièrement laissé tomber les femmes qui servent au sein des forces armées. Cela est regrettable, puisque c'est en flagrante contradiction avec tous les grands discours des libéraux, dans lesquels ils disent que le gouvernement est féministe et qu'il se préoccupe grandement du sort des femmes et de l'avancée des femmes, afin d'atteindre une égalité réelle.
À plusieurs reprises, ce ministre, protégé par le premier ministre, a échoué au test. Les gens qui travaillent au sein des forces armées sont des travailleurs et des travailleuses qui ont une vocation unique et particulière. Nous devons être reconnaissants envers eux. Personnellement, je suis reconnaissant envers mon grand-père, Urgel Boulerice, qui a servi dans les forces armées lors de la Deuxième Guerre mondiale. Cela me fait penser à ma collègue d'Edmonton Strathcona, qui a parlé de son grand-père. Son histoire était vraiment très intéressante. Ces gens ont le droit de travailler dans un environnement sécuritaire et sain. Le gouvernement libéral a carrément échappé à ses obligations.
On fait face à un climat délétère, à une culture d'impunité et à une culture toxique. Malgré tous les rapports et les recommandations, le gouvernement libéral, le premier ministre et le ministre de la Défense nationale ont été incapables d'assurer un climat de travail sain et sécuritaire. Tous les travailleurs et travailleuses du pays y ont droit, y compris ceux et celles qui servent dans nos forces armées.
Je n'ai pas rencontré énormément de militaires, puisqu'il n'y a pas de base militaire dans ma région. Dans ma circonscription, Rosemont—La Petite‑Patrie, il y a une légion, et j'ai rencontré ses membres à quelques reprises. Comparativement à d'autres de mes collègues, je n'ai pas cette proximité. Par contre, j'ai passé trois jours sur une frégate entre Halifax, en Nouvelle‑Écosse, et Saint‑Jean, à Terre-Neuve. Pendant trois jours, j'ai vécu avec des marins sur la frégate NCSM Ville de Québec — je dois dire que c'est un très beau nom. J'y ai rencontré des hommes et des femmes extrêmement dévoués et professionnels qui veulent bien faire leur métier et qui avaient des histoires absolument incroyables à raconter, dont des opérations antipirates sur les côtes de l'Afrique de l'Est, entre autres. Je salue tout leur travail et leur bravoure. Si je parle de cela, c'est parce que j'essaie d'amener cela sous l'angle des droits des femmes et des droits des travailleurs et des travailleuses.
Je veux prendre un peu de recul et poser la question suivante: que faisons-nous ici, comme parlementaires, quand nous faisons de la politique? Il faut être à l'écoute des gens. Il faut être proche des gens. Il faut entendre leurs problèmes et essayer de trouver des solutions. Yann Martel nous a déjà dit, lors d'un congrès du NPD, que cela prenait une faculté qu'on appelle l'empathie, c'est-à-dire la capacité de se mettre dans la peau de quelqu'un d'autre pour mieux comprendre sa vie.
Je dois avouer que j'ai eu un parcours privilégié et qu'il y a des difficultés que je ne peux pas comprendre. Je ne fais pas partie d'une minorité, je n'ai pas été exclu ou discriminé et je n'ai pas été victime de racisme ou de sexisme. Cette capacité à se mettre à la place des autres et à faire preuve d'humanité, de solidarité et de fraternité me semble essentielle.
J'en profite pour lire un texte de Jacques Prévert qui nous met justement dans cette prédisposition. Je trouve cela intéressant d'avoir ce point de vue dans cette discussion, parce qu'il y a un lien évident. Cela va prendre deux minutes, puis je vais revenir au sujet principal. Le voici:
Le soleil brille pour tout le monde, il ne brille pas dans les prisons, il ne brille pas pour ceux qui travaillent dans la mine, Ceux qui écaillent le poisson Ceux qui mangent de la mauvaise viande Ceux qui fabriquent les épingles à cheveux Ceux qui soufflent vides les bouteilles que d'autres boiront pleines Ceux qui coupent leur pain avec leur couteau Ceux qui passent leurs vacances dans les usines Ceux qui ne savent pas ce qu'il faut dire [...]Ceux qu'on n'endort pas chez le dentiste Ceux qui crachent leurs poumons dans le métro Ceux qui fabriquent dans les caves les stylos avec lesquels d'autres écriront en plein air que tout va pour le mieux Ceux qui en ont trop à dire pour pouvoir le dire Ceux qui ont du travail Ceux qui n'en n'ont pas Ceux qui en cherchent Ceux qui n'en cherchent pas Ceux qui donnent à boire aux chevaux Ceux qui regardent leur chien mourir Ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire Ceux qui l'hiver se chauffent dans les églises Ceux que le suisse envoie se chauffer dehors Ceux qui croupissent Ceux qui voudraient manger pour vivre Ceux qui voyagent sous les roues Ceux qui regardent la Seine couler Ceux qu'on engage, qu'on remercie, qu'on augmente, qu'on diminue, qu'on manipule, qu'on fouille, qu'on assomme Ceux dont on prend les empreintes Ceux qu'on fait sortir des rangs au hasard et qu'on fusille Ceux qu'on fait défiler devant l'Arc Ceux qui ne savent pas se tenir dans le monde entier Ceux qui n'ont jamais vu la mer Ceux qui sentent le lin parce qu'ils travaillent le lin Ceux qui n'ont pas l'eau courante Ceux qui sont voués au bleu horizon Ceux qui jettent le sel sur la neige moyennant un salaire absolument dérisoire Ceux qui vieillissent plus vite que les autres Ceux qui ne se sont pas baissés pour ramasser l'épingleCeux qui crèvent d'ennui le dimanche après-midi parce qu'ils voient venir le lundiEt le mardi, et le mercredi, et le jeudi, et le vendredi Et le samedi Et le dimanche après-midi.
Je pense que cela nous dit qu'il faut être capable de voir ceux qui ont des vies et des difficultés différentes et qui souffrent. En ce moment, dans les Forces armées canadiennes, il y a des gens qui souffrent et qui ont vécu des difficultés. C'est pour cela qu'il y a eu des allégations d'inconduite et des enquêtes. Malheureusement, le ministre de la Défense, au lieu d'essayer de se mettre à la place des gens qui vivent des difficultés et qui souffrent, a préféré essayer d'étouffer l'affaire fois après fois.
Il l'a fait dans le cas de l'enquête sur les allégations d'inconduite sexuelle, mais ce n'est pas la première fois. Il y a des choses qui me troublent énormément dans les réflexes de l'actuel ministre de la Défense. Rappelons quand même qu'avant toute cette saga incroyable, il y avait eu des vidéos de membres des forces irakiennes qui commettaient des crimes contre des femmes irakiennes, y compris des agressions sexuelles, des viols et des meurtres potentiels. Quelle était la réponse du ministre de la Défense, à ce moment-là? Il a donné le conseil de simplement ne pas regarder les vidéos.
En 2016, après être devenu ministre de la Défense, le ministre a décidé volontairement d'écarter une enquête sur des transferts de prisonniers en Afghanistan, alors qu'ils étaient remis à des autorités locales déjà reconnues pour pratiquer la torture de manière routinière sur leurs prisonniers. Cela va complètement à l'encontre de nos engagements internationaux et des conventions de Genève. On ne doit pas transférer des prisonniers si on pense qu'ils vont être maltraités ou torturés.
Il y a donc des preuves accablantes démontrant que ce ministre est incompétent, qu'il ne mérite pas notre confiance et qu'il ne mérite pas la confiance de la Chambre. C'est pour cela qu'au NPD, nous demandons sa démission.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question. Je pense malheureusement que les réponses sont connues depuis longtemps et c'est cela, le drame. Je pense que les solutions sont là. Pendant les cinq années qu'a duré l'opération HONOUR, qui devait pourtant changer la culture au sein de l'armée canadienne, 581 agressions sexuelles et 220 incidents de harcèlement sexuel ont été rapportés dans l'armée.
Le rapport Deschamps a été déposé et rendu public le 30 avril 2015. Quelques mois plus tard, les libéraux ont obtenu un gouvernement majoritaire, alors que les recommandations de la juge Deschamps étaient déjà connues: le constat avait été fait et des solutions pratiques avaient été proposées. Or, six ans plus tard, rien n'a été fait et la même culture est encore présente. Pourtant, les réponses sont dans le rapport de la juge Deschamps.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, cela me fait toujours extrêmement plaisir de décevoir un libéral. Cela me rend heureux pour la journée. Franchement, j'ai déjà vu mieux, comme attaque. On pourrait se pencher sur plusieurs conservateurs qui sont responsables d'un paquet de mauvaises décisions, dont Jason Kenney.
Je voudrais juste dire au secrétaire parlementaire qu'il accuse souvent l'opposition de retarder les travaux, de faire de l'obstruction et de rendre le Parlement dysfonctionnel. C'est la rhétorique des libéraux en ce moment. Je rappelle toutefois que ce sont les libéraux qui font de l'obstruction au Comité permanent de la défense nationale pour cacher la vérité, empêcher d'entendre des témoins et ne pas faire toute la lumière sur ce qui est arrivé dans le bureau du ministre de la Défense nationale. Ils essaient de protéger leurs amis, c'est la bonne vieille culture libérale. Parfois, ceux qui retardent les travaux sont ceux qui ont des choses à cacher.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue néo‑démocrate de son excellente question. Encore une fois, mettons-nous dans la peau des gens qui souffrent et qui ont été victimes d'inconduite, d'agressions ou de harcèlement sexuels et qui voient tout ce travail de camouflage de la part des libéraux et du ministre de la Défense. Ces gens doivent se sentir frustrés et abandonnés. Malheureusement, les libéraux ont abandonné nos hommes, et surtout nos femmes, des Forces armées canadiennes.
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NPD (QC)
Monsieur le Président, en pleine pandémie, qu'est‑ce que les sans-génie de libéraux ont eu la bonne idée de faire? Ils ont réduit la Prestation canadienne de la relance économique de 800 $ par mois à partir du mois de juillet. Cela veut dire que cette prestation va passer de 500 $ à 300 $ par semaine.
Les libéraux sont‑ils vraiment une bande de sans‑cœur? Des secteurs entiers, comme les arts, la culture et le tourisme, en arrachent encore.
Les libéraux vont‑ils enfin faire preuve de bon sens et annuler les compressions de la Prestation canadienne de relance économique, oui ou non?
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NPD (QC)
Monsieur le Président, je pense que si vous le demandez, vous obtiendrez le consentement unanime de la Chambre pour l'adoption de la motion suivante:
Que la Chambre:
a) appuie la motion unanime adoptée à l'Assemblée nationale du Québec le 9 juin 2021 reconnaissant principalement que
(i) la Charte de la langue française reconnaît explicitement le droit des Premières Nations et des Inuits de maintenir et de développer leurs langues et leurs cultures;
(ii) plusieurs langues autochtones sont menacées de disparition;
(iii) les onze nations autochtones au Québec ont, tout comme la nation québécoise, le droit de vivre dans leurs langues, de les promouvoir et de les protéger;
(iv) le gouvernement du Québec a une part de responsabilité à assumer à cet égard;
b) demande au gouvernement fédéral de reconnaître ses responsabilités et de déployer davantage de ressources pour protéger, promouvoir les langues autochtones au Québec et au Canada.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie le chef du Bloc québécois de son discours et de sa motion.
Nous parlons d'une motion visant à reconnaître que le Québec a la compétence de modifier sa section de la Constitution, d'inscrire que les Québécois forment une nation, ce que reconnaissent la Chambre des communes et le NPD, au moyen de son programme, et que le français est la seule langue officielle du Québec. Comme mon collègue l'a souligné, c'est le cas depuis 1974, alors que le gouvernement de Robert Bourassa était au pouvoir. Ce sont tous des faits incontestables. De plus, il s'agit d'une motion non contraignante.
Quel est l'objectif de déposer une motion sur laquelle tout le monde s'entend?
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours très majoritairement en anglais. Je comprends qu'il veuille défendre les droits de la minorité historique anglophone du Québec et qu'il fait donc son travail. Cependant, vu que le français est la langue officielle et la langue commune du Québec depuis 1974, sous le gouvernement libéral de Robert Bourassa, que craint‑il?
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. Il a brossé un tableau historique très intéressant. Évidemment, nous sommes aussi d'accord sur les trois points soulevés dans cette motion au sujet de la Constitution, de la reconnaissance de la nation québécoise et du français comme langue officielle du Québec.
Par contre, nous avons une certaine préoccupation concernant la reconnaissance du français comme langue commune, et je me demande s'il la partage.
Selon lui, cela ne viendrait-il pas nuire à la reconnaissance par l'Assemblée nationale des langues autochtones qui sont présentes au Québec?
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Chicoutimi—Le Fjord.
En parlant de la place du français et de la défense du fait français ici, dans les institutions fédérales, j'aimerais l'entendre sur une demande que nous, au NPD, faisons depuis plusieurs années, parce que la position du Parti conservateur à ce sujet n'est pas tout à fait claire.
Est-ce que le Parti conservateur voudrait rendre obligatoire le bilinguisme des juges à la Cour suprême du Canada?
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue de New Westminster—Burnaby.
Je suis heureux de prendre part au débat sur cette motion fort intéressante alors que les travaux de la Chambre tirent à leur fin.
La motion à l'étude est assez intéressante, parce qu'elle prend acte de certains faits qui sont assez bien établis, parfois même depuis très longtemps. Cette motion a donc une valeur politique et symbolique, mais n'a pas de valeur contraignante. L'adoption de cette motion ne changera pas grand-chose dans la vie des Québécois et des Québécoises, même si les notions et les concepts évoqués font largement consensus. Depuis cet avant-midi, on constate qu'il y a consensus à la Chambre.
Je ne pense pas que la motion fasse l'unanimité, et il peut y avoir des nuances ainsi que certaines préoccupations. Nous avons d'ailleurs une préoccupation sur un aspect; j'y reviendrai plus tard. Or, je pense que les trois points principaux de cette motion recueillent un très large consensus.
Cette motion contient trois éléments: la Constitution, la nation et la langue française.
En ce qui concerne la Constitution, le gouvernement du Québec a déposé le projet de loi no 96, lequel propose de modifier la Loi constitutionnelle de 1867 afin d'y insérer les caractéristiques fondamentales du Québec, notamment le fait que les Québécois et les Québécoises forment une nation et que le français est la seule langue officielle du Québec, et qu'elle forme ainsi la langue commune de la nation québécoise.
Plus précisément, ces modifications seraient insérées après l'article 90 de la Loi constitutionnelle de 1867. Cette proposition permettrait au Québec de modifier sa propre constitution. Il pourrait donc modifier la section québécoise de la Constitution canadienne. D'ailleurs, l'article 45 de la Constitution canadienne le stipule:
45 Sous réserve de l'article 41, une législature a compétence exclusive pour modifier la constitution de sa province.
Cela fait aussi consensus auprès de certains experts. Je vais citer Benoît Pelletier, un ancien ministre du gouvernement québécois qui est maintenant professeur de droit à l'Université d'Ottawa. Dernièrement, il a été gravement malade à cause de la COVID‑19 et je lui souhaite un prompt rétablissement et une bonne santé.
Il a dit: « Moi, à mon avis, ce qui est proposé par le gouvernement du Québec tombe sous le couvert de l'article 45, c'est pourquoi j'ai dit que c'est constitutionnel et légal. »
Le premier point de la motion propose un changement constitutionnel et il s'agit tout de même d'une innovation. Cela n'a jamais été fait auparavant et aurait une certaine portée quant à l'interprétation juridique. Cette portée n'est pas totale, mais elle est certaine. Or le Québec a cette prérogative.
La motion propose de modifier la section québécoise de la Constitution pour y inscrire que le Québec forme une nation et que le français est sa langue officielle. Cela fait partie des propositions que les néo-démocrates font depuis longtemps en tant que forces progressistes et cela correspond à nos valeurs. C'est une vision et une orientation qui est en tout point conforme avec la Déclaration de Sherbrooke adoptée en 2005 par ma formation politique. Je vais la citer, parce que cela a un rapport direct avec la discussion que nous avons aujourd'hui.
La Déclaration de Sherbrooke est claire à ce sujet. Elle dit:
Ainsi, le Nouveau Parti démocratique reconnaît le caractère national du Québec et croit que ce caractère peut trouver son expression dans le contexte fédéral canadien.
Ce caractère national du Québec repose notamment, mais non exclusivement, sur:
i. Une société à majorité francophone, dont le français est reconnu comme langue de travail et langue commune de l'espace public.
Cela est extrêmement important. Cela confirme que, culturellement, historiquement, sociologiquement, politiquement, le Québec n'est pas une province comme les autres. Il est une nation au sein de la Fédération.
C'est pour cela que le NPD prône ce qu'on appelle le fédéralisme asymétrique, et qui donne au Québec la possibilité de se retirer des nouveaux programmes fédéraux avec compensation financière. C'est offert au Québec sur la base de cette reconnaissance de la nation.
La nation a été plus largement reconnue par ce Parlement en 2006. Encore une fois, on n'est pas en train de réinventer la roue. Cela dit, je suis très fier du fait que nous puissions reconnaître une nation québécoise moderne, diversifiée, souriante, ouverte sur le monde et inclusive. Cette nation fait place aux nouveaux arrivants, qui enrichissent notre culture commune et notre espace de vie commune, ainsi qu'aux influences provenant d'un peu partout dans le monde.
À cet égard, j'aimerais en profiter pour parler de l'une des réussites de la Charte de la langue française. En effet, le troisième point que je désire aborder, après ceux de la Constitution et de la nation, est celui de la langue française.
Je rappellerai que la langue française est la langue officielle depuis 1974 lorsque le gouvernement libéral de Robert Bourassa fait adopter la loi 22, que nous appelions « le bill 22 » ou « le gros bill », comme dirait Yvon Deschamps. Cette loi faisait du français la langue officielle d'un certain nombre de secteurs. Le français devenait ainsi la langue de la législation et de la justice, de l'administration publique, des entreprises d'utilité publique et des ordres professionnels, ainsi que la langue des affaires, du travail et de l'enseignement, y compris quelques exceptions et quelques exclusions. La loi 22 a eu une durée de vie d'environ trois ans avant d'être remplacée par la Charte de la langue française, aussi appelée loi 101.
Sur ce Québec ouvert sur le monde, qui accueille des gens qui veulent venir contribuer à l'épanouissement de notre société et de notre monde, l'une des très grandes réussites de la Charte de la langue française et de la loi 101 réside, selon moi, dans l'enseignement obligatoire en français pour les enfants d'immigrants et d'immigrantes.
Je suis député d'une circonscription de Montréal depuis quelques années. J'habite à Montréal depuis plus de 25 ans. C'est toujours extrêmement touchant de voir ces petits garçons et ces petites filles, qui viennent de partout dans le monde, parler français entre eux, jouer en français dans la cour d'école et s'amuser en français après les classes. C'est une grande réussite du gouvernement du Québec et de la Charte de la langue française d'avoir été capable d'assurer ce renouvellement par les nouveaux arrivants qui se joignent à notre société et à notre nation.
Je connais très bien plusieurs personnes qui sont des enfants de la loi 101: des gens qui travaillent pour le NPD, mais également quelqu'un avec qui je partage ma vie, qui travaille en français et pour qui le français est la troisième langue. Il existe au NPD un historique quant à la volonté de renforcer la place du français non seulement au Québec, mais également au Canada, où le français se trouve dans une situation extrêmement minoritaire. Comme plusieurs l'ont rappelé aujourd'hui, les francophones représentent environ 2 % à 3 % de la population de l'Amérique du Nord. Non seulement ils sont peu représentés sur le plan démographique, mais les francophones sont confrontés à l'influence culturelle du géant américain, à un impérialisme culturel qui déborde de ses frontières et s'étend partout dans le monde. Il est extrêmement important de demeurer très vigilant.
En 2013, nous avons obtenu un grand succès lorsque notre ancienne députée Alexandrine Latendresse a réussi à faire adopter un projet de loi qui assurait que les agents du Parlement, comme le vérificateur général, soient bilingues. Ce fut une avancée, une chose importante que nous souhaitions. Nous avons toujours lutté pour le droit des travailleurs et des travailleuses du Québec de travailler en français et de communiquer avec leur employeur en français. Ce sont des principes de la Charte de la langue française, c'est-à-dire la possibilité pour ces travailleurs, qui représentent environ 10 % de la main-d'œuvre au Québec, d'avoir les mêmes droits que ceux qui travaillent dans les entreprises de compétence provinciale.
C'est une question de défense du français, mais également d'égalité des droits pour les travailleurs et les travailleuses. On assiste à une situation absurde en ce moment où une personne qui travaille à la caisse populaire a certains droits linguistiques que n'a pas une personne qui travaille à la Banque Royale ou à la Banque de Montréal. Il faut régler ce problème.
Récemment, en 2020, j'ai déposé une motion qui a reçu le consentement unanime de la Chambre et qui visait à reconnaître non seulement le déclin du français, mais également la nécessité d'avoir un plan pour mettre fin à ce déclin et protéger le français un peu partout au pays.
Sur ce troisième point, j'aimerais tout de même souligner en terminant que nous ne voudrions pas que l'actuelle motion vienne nuire à la reconnaissance des langues autochtones au Québec. L'Assemblée nationale et le gouvernement du Québec ont, depuis des années, reconnu un statut aux langues autochtones au Québec. L'un ne va pas contre l'autre. Reconnaître que le français est la langue commune et la langue officielle ne devrait, en aucun cas, venir nuire à cette reconnaissance et au fait que nous voulons assurer non seulement le maintien des langues autochtones au Québec, mais également leur épanouissement.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, à mon avis, c'est effectivement extrêmement cynique de la part du gouvernement libéral d'utiliser la journée de l'opposition de l'un des partis de l'opposition qui veut parler du fait français pour déposer, à la dernière minute, un projet de loi visant à moderniser la Loi sur les langues officielles.
Selon moi, il s'agit d'une récupération politique. L'idée, c'est de rattraper le débat. C'est d'autant plus cynique que ce projet de loi ne sera ni débattu à la Chambre ni adopté par celle-ci, qu'il y ait ou non des élections à l'automne. Ce n'est donc qu'une pure opération de relations publiques. Je trouve cela dommage, puisque nous méritons mieux que cela.
Pour ce qui est de l'amendement, il contredit l'essence même de la motion qui a été présentée. À première vue, il devrait être irrecevable, selon les procédures.
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NPD (QC)
Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question. Je la remercie également de m'avoir invité à rencontrer des représentants de certaines associations franco-albertaines. Ces rencontres ont été fort intéressantes et instructives.
Je siège au Comité permanent des langues officielles. En ce moment, nous menons une étude sur l'éducation postsecondaire dans certaines universités, dont le Campus Saint‑Jean et l'Université de Moncton. Nous nous penchons aussi sur le cas de l'Université Laurentienne et sur l'initiative concernant l'Université de Sudbury. Le gouvernement fédéral doit en faire beaucoup plus.
Tous les recteurs et toutes les associations qui ont témoigné devant le Comité permanent des langues officielles nous ont dit avoir besoin d'une implication et d'un financement stable et régulier en matière d'éducation postsecondaire en français, partout au Canada. C'est une chose que le gouvernement fédéral peut et doit faire; c'est même une obligation constitutionnelle.
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