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Lib. (ON)
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2019-06-05 17:32 [p.28602]
propose:
Que la Chambre: a) demande au Comité permanent de la santé d’entreprendre une étude et d'en faire rapport afin de déterminer (i) les facteurs qui contribuent aux importantes disparités dans les résultats en matière de santé des Canadiens vivant en milieu rural, comparativement à ceux des Canadiens vivant dans les centres urbains, (ii) des stratégies, y compris le recours à des technologies des communications modernes et qui progressent rapidement, afin d’améliorer la prestation de services de santé aux Canadiens en milieu rural; b) demande au gouvernement de travailler de concert avec les provinces et les territoires, ainsi que les intervenants concernés, à améliorer par de nouvelles mesures la prestation de services de santé dans le Canada rural.
— Monsieur le Président, c’est un honneur et un plaisir pour moi de prendre la parole au sujet de ma motion d’initiative parlementaire, la motion M-226, qui concerne la prestation des soins de santé en milieu rural au Canada.
Je représente la circonscription de Kenora, l’une des plus grandes circonscriptions rurales du Canada: délimitée au nord par la baie d’Hudson, elle atteint presque la frontière américaine au sud. C’est probablement l’un des meilleurs exemples que l’on puisse utiliser pour illustrer ce qu’est une région éloignée et inaccessible, ou accessible seulement par avion ou par route d’hiver, lorsque les lacs sont gelés.
Il s’agit d’un sujet important pour tous les Canadiens qui vivent en milieu rural. Les soins de santé et leur prestation, ainsi que la capacité du gouvernement de fournir des produits de santé à toute la population canadienne, notamment dans le Nord, sont des questions qui préoccupent tous les Canadiens. Pour ces raisons, le Nord-Ouest de l’Ontario représente une étude de cas unique à bien des égards. De l’infrastructure à l’environnement, en passant par les transports et l’emploi, le Nord nous oblige à trouver des solutions innovatrices.
Les soins de santé peuvent être abordés sous différents angles, notamment ceux des soins de santé mentale, des fournisseurs de soins de santé et de leur disponibilité, de la couverture des médicaments sur ordonnance et des soins adaptés à la culture, pour ne nommer que ceux-là.
Selon les données du recensement de 2016 de Statistique Canada, la population du pays dépassait les 35 millions d'habitants, et 16,8 % d'entre eux vivaient en milieu rural. En 2006, l'Institut canadien d'information sur la santé a publié un rapport intitulé « Comment se portent les Canadiens vivant en milieu rural? Une évaluation de leur état de santé et des déterminants de la santé ». On peut y lire que les taux de mortalité et de mortalité infantile sont plus élevés chez les Canadiens des régions rurales et que ceux-ci ont une espérance de vie plus courte que les personnes vivant dans les centres urbains.
Des facteurs liés à la santé, comme une proportion plus élevée de fumeurs, une consommation moindre de fruits et de légumes et un taux d'obésité élevé, touchent de façon disproportionnée les résidants des régions rurales. De plus, la population en milieu rural a tendance à être plus âgée que dans les villes.
Le recrutement et le maintien en poste de médecins et de professionnels de la santé représentent aussi un défi de taille. Tout au long des années où je me suis intéressé à la question, il n'a jamais été facile de trouver suffisamment de professionnels qui veulent travailler dans les régions rurales. Selon les données de 2016 de l'Institut canadien d'information sur la santé, il y avait environ 84 000 médecins au Canada et seulement 6 790 d'entre eux, ou 8 %, pratiquaient en milieu rural.
Selon un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé publié en 2006, les hommes vivant en milieu rural, où les fumeurs y sont plus nombreux, avaient une espérance de vie moyenne plus courte de presque trois ans par rapport à leurs concitoyens urbains. Le rapport indique que ces chiffres sont statistiquement importants.
Le risque de mortalité causée par des maladies ou des crises cardiaques, ou par des maladies respiratoires comme l'influenza et la pneumonie, était aussi beaucoup plus élevé en milieu rural que dans les grands centres urbains. Les niveaux de services offerts varient, étant donné que les régions rurales n'ont pas le bassin de population pour justifier la construction de grandes infrastructures de santé.
De plus, les collectivités rurales et éloignées ont de la difficulté à recruter et à maintenir en poste des professionnels de la santé. J'y reviens souvent parce que c'est un enjeu qui est soulevé pratiquement toutes les semaines dans ma circonscription.
Du côté des jeunes, il n'y a pas d'outil pour mesurer les disparités en matière de santé au Canada. Si on se penche sur l'expérience que les enfants et les jeunes vivant en milieu rural ont du système de santé, on obtient une bonne idée de l'état de la situation. Les populations autochtones, surtout celles qui se trouvent en régions rurales et éloignées, sont les communautés les plus mal desservies du Canada.
J'aimerais prendre une minute pour donner un exemple de situations vécues dans le Nord afin que chacun comprenne bien à quel point la prestation des soins de santé y est différente de ce qui se fait dans le Sud du pays.
En septembre 2018, l'autorité sanitaire des Premières Nations de Sioux Lookout a publié le rapport « Our Children and Youth Health Report », dans lequel est consignée l'expérience de 31 communautés autochtones de la région de Sioux Lookout.
Depuis 1991, la population des Premières Nations de Sioux Lookout a augmenté de 74 %. Pour la plupart, les gens qui ont besoin de soins médicaux s'adressent au dispensaire de leur localité. Quant aux services d'urgence, ils sont la plupart du temps accessibles seulement par avion. Les femmes des Premières Nations de Sioux Lookout qui attendent un bébé doivent donc quitter leur domicile, laisser leur famille derrière elles et parcourir des centaines de kilomètres pour donner naissance à leur enfant à l'hôpital. Les députés peuvent-ils s'imaginer se retrouver un jour dans une pareille situation? Dans la quasi-totalité des cas, aussitôt que la date de l'accouchement approche, la famille doit prendre l'avion et s'absenter pendant des semaines, absence qui peut se prolonger de plusieurs semaines si le bébé se fait attendre.
Pour la plupart, les gens qui habitent dans la région et qui ont besoin de soins médicaux s'adressent au dispensaire de leur localité. Quant aux services d'urgence, ils sont la plupart du temps accessibles seulement par avion. Les femmes des Premières Nations de Sioux Lookout qui attendent un bébé doivent quitter leur domicile, comme je le disais, et si leur nouveau-né a besoin de soins d'urgence, il est transporté par hélicoptère, parce qu'aucun établissement de la région n'a de service des urgences. Depuis 2012, le nombre de nouveau-nés qui ont eu besoin de soins d'urgence a augmenté de 11 %.
Les jeunes des Premières Nations de Sioux Lookout sont cinq fois plus nombreux que la moyenne ontarienne à se rendre aux urgences pour des problèmes de santé mentale. De 2012 à 2016, le nombre de personnes qui se sont rendues aux urgences pour cette raison a crû de 123 %.
Ces exemples illustrent bien les obstacles que doivent surmonter les Canadiens qui vivent dans un milieu rural ou éloigné et qui ont besoin de soins médicaux. Je suis ici pour trouver des moyens d'abattre ces obstacles et d'aider les localités rurales à obtenir les mêmes soins de santé qu'en ville, y compris sur le plan de la qualité.
Les questions de compétence représentent l'un des plus grands obstacles à la prestation de soins de santé de qualité dans le Nord. Quel est le rôle des divers ordres de gouvernement dans le contexte de ces diverses compétences? Le gouvernement fédéral est responsable de la prestation de soins de santé à certains groupes de la population. Évidemment, les provinces sont responsables de leur population générale respective.
L'article 10 de la Loi canadienne sur la santé prévoit que le régime d'assurance-santé de chacune des provinces doit être universel, ce qui suppose « qu’au titre du régime provincial d’assurance-santé, cent pour cent des assurés de la province ait droit aux services de santé assurés prévus par celui-ci ». Qu'est-ce que cela veut dire? En résumé, il faut adopter une approche axée sur la collaboration. Plutôt que d'avoir une approche descendante, il faut veiller à ce que les collectivités et les régions déterminent leurs besoins particuliers et qu'elles trouvent les solutions qui s'imposent.
Bref, il n'existe pas de panacée, et ce qui fonctionne dans une collectivité ne marchera pas forcément dans une autre. En fin de compte, il faut écouter les personnes qui vivent et qui travaillent dans le système tous les jours, afin de pouvoir bien comprendre le mode de prestation de soins de santé qui s'impose dans les régions rurales du pays.
Dans le cadre de ces discussions, il est parfois difficile de comparer des pommes avec des pommes ou des oranges avec des oranges. C'est pourquoi j'ai passé un peu de temps à établir des comparaisons entre le Canada et l'Australie. Comme la plupart des pays développés, le Canada et l'Australie ont un système de santé public et universel. Les deux pays ont des densités de population et des zones géographiques comparables. En juin 2018, l'Australie comptait un peu moins de 25 millions d'habitants, dont 11,4 % vivaient dans des régions rurales ou éloignées. Le gouvernement fédéral de l'Australie joue un rôle actif dans la lutte contre les disparités en matière de santé entre les populations urbaines et les populations rurales ou éloignées.
Le gouvernement australien fournit des fonds pour inciter les médecins à travailler dans les régions rurales ou éloignées et pour encourager l'adoption de la technologie de télémédecine dans ces régions. L'Australie rurale, tout comme le Canada rural, est mal desservie en ce qui concerne le nombre de ses médecins. Toutefois, le gouvernement australien est également conscient que pour changer cela, il doit trouver une solution. C'est ce que fait l'Australie, et je pense que le Canada devrait en tenir compte.
L'Australie rurale manque tellement de services qu'en 2009, on a demandé au comité permanent sur la santé rurale du conseil consultatif des ministres de la Santé de l'Australie d'élaborer un cadre stratégique national pour la santé en régions rurales et éloignées. Il a été publié en 2011, puis mis à jour en 2016.
En 2014, le gouvernement australien a mis en œuvre l'Indigenous Australians' Health Programme afin d'améliorer l'accès à des services de santé culturellement adaptés dans toute l'Australie.
En juin 2017, dans le cadre de ses efforts pour réformer le système de santé dans les régions rurales et éloignées de l'Australie, le gouvernement australien a adopté une loi visant à créer un poste de commissaire national à la santé rurale. Comme au Canada, la population autochtone d'Australie est plus susceptible d'être atteinte de maladies respiratoires, de problèmes de santé mentale, de maladies cardiovasculaires, de diabète et de maladies rénales chroniques, ainsi que d'avoir une espérance de vie réduite que les Australiens non autochtones.
Lors de l'étude des initiatives parlementaires, comme en ce moment, il est toujours bon de faire un effort pour que le débat soit non partisan et qu'il transcende les lignes de parti. Le mois dernier, j'ai eu le plaisir d'appuyer le projet de loi C-451, Loi constituant le poste de commissaire à la santé des enfants du Canada, présenté par le député de Simcoe—Grey. Le projet de loi C-451 priorise le bien-être, la santé, la sécurité et l'éducation des enfants et des adolescents en reconnaissant à tout enfant le droit de jouir d’un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental et social. Pour faciliter la concrétisation de ces mesures, le projet de loi vise à créer un poste de commissaire indépendant, qui sera chargé de faire rapport, de donner des conseils et de faire des recommandations au Parlement.
Dans le prolongement du projet de loi C-451, ma motion vise à faire la lumière sur les écarts dans la prestation des services de santé entre les Canadiens des régions rurales et ceux des régions urbaines. C'est un domaine qui doit être étudié, car il y a actuellement très peu d'évaluations de la situation sanitaire des Canadiens en région rurale. Du fait que nous n'avons pas une population assez dense pour construire certaines des infrastructures nécessaires pour offrir des services de santé adéquats, nous devons nous tourner vers les technologies nouvelles et émergentes pour remédier à l'écart dans les services. Ce type particulier d'étude n'a jamais été fait au Canada. J'ai donc hâte de travailler avec tous les partis pour qu'une telle étude soit menée.
Dans ma circonscription, nous sommes à créer un hôpital pour toutes les nations. Nous étudions la prestation des soins de santé dans la région, avec l'intention de développer un système de soins de santé pour toutes les nations, y compris un hôpital. Nous avons consulté tous les ordres de gouvernement et les collectivités locales pour déterminer la meilleure façon d'offrir ces services. Il s'agit d'une solution possible.
Je crois qu'en travaillant de concert, comme nous l'avons fait la semaine dernière avec le ministre des Services aux Autochtones lorsque nous avons annoncé l'appui du gouvernement envers un système de soins de santé pour toutes les nations, nous pouvons améliorer la prestation des services de soins de santé dans les collectivités rurales.
En conclusion, peu importe qu'une personne soit riche ou pauvre, jeune ou âgée, ou qu'elle vive dans un milieu rural ou urbain, le système de soins de santé du Canada doit offrir à tous un accès et des soins équivalents. Je suis persuadé que l'actuel gouvernement et la Chambre ont un rôle à jouer pour faire en sorte qu'on mène des évaluations appropriées et trouve les bonnes structures afin d'offrir de bons soins de santé.
Enfin, je dirai que si on permet aux gens de vivre dans les régions rurales du Canada, y compris durant leurs vieux jours, il faudra trouver un système de soins de santé adéquat pour que cela soit possible. Autrement, beaucoup de personnes âgées déménageront dans les centres urbains, en raison du nombre limité d'endroits où vivre dans les régions rurales du Canada.
Je remercie la Chambre de m'avoir donné l'occasion d'intervenir au sujet de la motion.
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Lib. (ON)
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2019-06-05 17:48 [p.28604]
Monsieur le Président, il y a effectivement des éléments précis sur lesquels j’aimerais que le comité de la santé se penche.
Tout d’abord, j’aimerais que le comité de la santé examine une partie des rapports qui ont été rédigés et certains des engagements qui ont été pris par tous les ordres de gouvernement au début des années 2000. En 2004 et 2006, le gouvernement fédéral était en train de négocier avec les provinces, et le programme visant à accorder aux provinces les fonds destinés aux soins de santé, que ce soit sous forme de paiements de péréquation ou au titre de notre programme de développement social, exigeait notamment qu'on inclue des études ou une analyse des soins de santé dans l’ensemble de ces provinces. Dans mon cas, en Ontario, il s’agissait d’une occasion d'y évaluer la prestation des soins de santé, tant en milieu rural que dans les centres urbains, et d’en faire rapport. Or, cela n’a pas eu lieu.
En fait, je me demande encore pourquoi aucune province n'a fait de suivi après s'être engagée, il y a plusieurs années, à dire au Parlement, aux Canadiens et aux Canadiens des régions rurales comment leur système de soins de santé était administré.
En prévision des autres questions qui vont m’être posées au cours des prochaines minutes, je vais préciser ma pensée.
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Lib. (ON)
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2019-06-05 17:51 [p.28605]
Monsieur le Président, la députée doit savoir que je n’ai pas choisi le moment de présenter ma motion. Cela se fait au moyen d’un processus à la Chambre. Si j’avais été l’un des premiers sur la liste, la motion aurait été présentée il y a deux ou trois ans. Là n’est pas la question.
Le vrai problème, comme bon nombre d’entre nous le savent et le diront, c’est que nous n’avons pas besoin d’avoir cet échange, parce qu’il s’agit d’une compétence provinciale. Étant donné que les soins de santé sont de compétence provinciale, le gouvernement du Canada ne peut pas faire adopter une loi pour changer les choses en ce qui concerne les soins en milieu rural. Nous avons besoin d’un partenariat avec tous les autres ordres de gouvernement, y compris les provinces, les municipalités et les Premières Nations.
Ce que je recherche, c’est la collaboration de tous les gouvernements, y compris les administrations autochtones et municipales, comme je l’ai dit plus tôt au sujet de ma région, afin que nous puissions trouver de meilleures façons d’offrir des services de santé.
Je l’ai dit, et je le répète, il ne s’agit pas d’un enjeu partisan. Il est question de l’essence même du Canada. Nous avons un vaste territoire et nous faisons de notre mieux pour nous assurer que tous les citoyens, peu importe où ils vivent, ont accès à de bons services de santé et pour que les indicateurs soient meilleurs concernant ces services, comme je l’ai mentionné tout à l'heure. Dans les régions rurales du Canada, les indicateurs des services de santé laissent à désirer par rapport à ceux des centres urbains.
Nous devons travailler ensemble. Nous devons lancer ce débat. En tant que député, je ne m’inquiéterais pas tant des élections. Les élections reviennent régulièrement, et nous serons tous de retour d’une façon ou d’une autre. Nous voudrons poursuivre ce dialogue. Je pense que les Canadiens des régions rurales méritent mieux que ce qu’ils obtiennent. Nous n’avons pas consacré suffisamment de temps et d’énergie à cette question.
Personnellement, je veux demeurer dans une région rurale du Canada et je ne veux pas avoir à déménager lorsque je vieillirai parce que les services de santé y seraient insuffisants. Ce dialogue est fondamental et il revêt la même importance pour tous les Canadiens des régions rurales.
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Lib. (ON)
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2019-05-17 12:07 [p.28010]
Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, deux rapports de la Section canadienne de ParlAmericas. Le premier concerne sa participation à la visite bilatérale tenue à Mexico, au Mexique, du 10 au 12 février 2019. Le deuxième porte sur la 47e réunion du conseil d'administration et la quatrième rencontre du Réseau pour un parlement ouvert de ParlAmericas, qui ont eu lieu à Quito, en Équateur, du 11 au 14 mars 2019.
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Lib. (ON)
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2019-05-16 14:12 [p.27943]
Monsieur le Président, je tiens à souhaiter la bienvenue à la Chambre aux jeunes leaders du programme visant l'acquisition d'aptitudes de vie chez les jeunes Autochtones, de l'organisme Right to Play.
Right to Play travaille en partenariat avec plus de 90 communautés et organismes autochtones, métis et inuits pour appuyer des initiatives communautaires destinées aux jeunes qui favorisent l'acquisition d'aptitudes de vie et qui améliorent la santé et les résultats scolaires des jeunes.
Aujourd'hui, nous avons parmi nous Zoe Duhaime de la Première Nation Wahnapitae, Tyler Evans de la Première Nation de St. Theresa Point, Danny Charles de la Première Nation de Beecher Bay et Shayna Russell et Evangeline Martin de la Première Nation Gitanyow.
Ce soir, avec le député de Cariboo—Prince George et la députée de Vancouver-Est, nous allons accueillir ces jeunes leaders pour les entendre lors d'une activité à la salle 410 de l'édifice Wellington.
J'invite tous les députés à se joindre à nous ce soir, et à se joindre à moi maintenant pour souhaiter la bienvenue à la Chambre des communes à ces jeunes leaders inspirants.
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Lib. (ON)
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2019-04-11 16:13 [p.27020]
Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole cet après-midi au sujet du dernier budget présenté par le gouvernement libéral avant les élections d'octobre. Je signale à la Chambre que je partagerai mon temps de parole avec le député de Vaughan—Woodbridge, qui prendra aussi part au débat.
Chaque fois que j'interviens à la Chambre, j'essaie de rappeler à mes collègues le caractère unique de ma circonscription. Je sais que nous sommes tous attachés à nos circonscriptions respectives. Mais quand on représente, comme moi, un tiers de la superficie de l'Ontario, 42 Premières Nations dont 22 sont isolées, ainsi que 13 municipalités, on doit composer avec des différences et des besoins particuliers qui ne font pas partie du quotidien des autres députés. Je ne veux pas dire par là qu'ils n'ont pas leur propres défis à relever, puisque nous en avons tous.
Je veux parler aujourd'hui de la différence entre un gouvernement libéral et un gouvernement conservateur dans les circonscriptions comme celle de Kenora. En 2015, les gens de la circonscription de Kenora ont voté pour un changement parce qu'ils aspiraient à une meilleure qualité de vie et souhaitaient une nouvelle approche à l'égard de la réconciliation. Lorsqu'un député représente des électeurs de 42 nations autochtones, il doit sans cesse se demander comment, dans l'avenir, on établira des relations avec ces peuples. Lorsqu'on représente des localités éloignées et des localités rurales, comme moi dans la circonscription de Kenora, on vote pour une approche en matière d'infrastructure qui mettra fin au précédent créé par les conservateurs de Harper, qui, pendant une décennie, a consisté à laisser le Nord prendre encore plus de retard, faute d'investissements dans de nouvelles infrastructures.
Je suis heureux de dire que les Canadiens et les habitants du Nord s'en sortent mieux qu'il y a quatre ans. Comme j'en suis à ma vingtième année comme député, je peux dire d'expérience que les gens ont des priorités et des attentes envers le gouvernement. Entre autres choses, ils s'attendent à ce que la situation économique s'améliore et aussi à ce que leur qualité de vie s'améliore. Ils s'attendent à ce que le gouvernement s'occupe de l'éducation de leurs enfants et considère que les soins de santé qui sont offerts sont importants. Manifestement, s'agissant des personnes âgées, les Canadiens comptent sur le gouvernement pour veiller au maintien de la qualité et du niveau de vie de ce segment de la population au crépuscule de la vie et à son traitement comme partie intégrante de la société.
Ma circonscription a décidé d'améliorer sa situation. Étant donné que les libéraux ont décidé d'investir dans l'avenir, nous avons des emplois mieux rémunérés, davantage de possibilités pour les familles et des collectivités plus fortes. Grâce au plan économique du gouvernement, on a créé plus de 900 000 emplois, réduisant le taux de chômage à son niveau le plus bas en 40 ans. En 2018, les salaires ont connu l'un des taux de croissance les plus élevés des huit dernières années.
Quel message faut-il retenir de ces statistiques, qui montrent que l'économie se redresse et que la qualité de vie des Canadiens s'améliore? Il faut retenir que les visions opposées dont nous parlerons en 2019 seront importantes pour les habitants du Nord, comme elles le sont pour tous les Canadiens. Ces visions sont les mesures que proposent les partis pour le citoyen ordinaire, qu'il vive dans le Nord, dans une circonscription rurale ou dans une ville. J'ai hâte d'expliquer aux habitants du Nord qu'ils devraient confier un deuxième mandat au gouvernement actuel en raison des améliorations qu'il a pu apporter.
J'ai apporté une courte liste de certaines de nos réalisations depuis 2015. Nous avons fait des investissements sans précédent dans le Nord de l'Ontario et dans ma circonscription, à savoir les investissements les plus importants de l'histoire. Je vais commencer par la réalisation suivante. Nous avons annoncé un investissement de 1,6 milliard de dollars pour relier 17 Premières Nations au réseau électrique.
Nous sommes dans une pièce où les lumières sont allumées. Cela semble assez normal pour ceux qui vivent à Ottawa. Cependant, là où j'habite, certaines collectivités sont encore alimentées par des centrales au diesel et ne peuvent pas compter sur leurs ressources énergétiques pour faire croître leur économie ou même pour utiliser les appareils de première nécessité dont disposent tous les ménages, comme une laveuse ou une sécheuse. Je pense que les gens n'envisagent même pas d'utiliser un lave-vaisselle, car dans les régions comme la mienne, l'alimentation électrique ne permet pas d'utiliser ce genre d'appareils.
Le montant de 1,6 milliard de dollars semble énorme, mais je peux dire aux députés que cela aidera grandement les 17 collectivités des Premières Nations qui sont actuellement coupées du monde. Je serais heureux de pouvoir un jour dire à la Chambre que ces collectivités ont des routes praticables en tout temps et que les gens peuvent se rendre chez leurs voisins et dans d'autres collectivités en voiture; que les enfants disposent d'installations de sport et peuvent aller à des concerts; et qu'il est possible d'établir des liens qui sembleraient normaux pour la population de toute autre région du pays. D'où je viens, c'est le genre d'infrastructures que nous voulons.
Voilà pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre d'élire un gouvernement qui n'a pas de vision pour l'avenir et qui ne fera pas tout ce qui est en son pouvoir pour que les collectivités comme celles que je représente ne soient pas de plus en plus laissées pour compte.
Le budget aide à poursuivre les efforts de réconciliation et à apporter d'autres améliorations aux infrastructures majeures dans les collectivités autochtones de tout le pays. C'est aussi un budget qui répond aux besoins des municipalités. On y reconnaît que la prospérité économique et l'amélioration de la qualité de vie touchent d'abord et avant tout les municipalités et les gens qui y vivent.
Le gouvernement a fait le choix de considérer les municipalités comme de véritables partenaires au lieu de refiler toutes les responsabilités aux gouvernements provinciaux. D'ailleurs, nous sommes tous des partenaires qui doivent assumer leurs responsabilités afin de mettre en place des infrastructures pour contrer les changements climatiques et des réseaux d'aqueduc et d'égout de calibre mondial. Entre Kenora et Falcon Lake, près de la frontière du Manitoba, nous devrions aménager une route praticable en toutes saisons qui soit non pas étroite, mais deux fois plus large, afin d'inciter plus de clients, de touristes et d'autres voyageurs à venir dans notre région. Si on considère seulement les questions de sécurité, on pourrait sauver bien des vies en doublant ce tronçon.
J'ai exhorté les gouvernements provinciaux à travailler avec le gouvernement fédéral pour qu'une partie du financement réservé aux infrastructures serve à construire des chemins praticables en toutes saisons et à doubler des routes. Je reçois parfois des réponses très étranges de la part des gouvernements provinciaux. Actuellement, on dirait que le gouvernement Ford considère que ce dossier n'est pas très important. Il ne veut toujours pas consacrer plus de ressources à des projets d'infrastructure qui aideraient les municipalités et les Autochtones et qui leur permettraient d'avoir le genre d'infrastructures qu'on tient pour acquises dans les autres régions du pays.
Il faut être très vigilant pour veiller à ce que les gouvernements provinciaux qui sont élus au Canada comprennent l'importance de nouer de véritables partenariats au lieu de passer tout leur temps à faire de la petite politique partisane, ce qui n'apporte rien aux gens qu'ils représentent. Bien franchement, cela m'importe peu qu'un gouvernement provincial soit conservateur, néo-démocrate ou libéral. J'aimerais simplement avoir un partenaire qui soit prêt à collaborer avec le gouvernement fédéral pour arriver à des résultats.
Je siégeais à la Chambre à l'époque où Mike Harris était le premier ministre de l'Ontario. C'était une époque assez lamentable. Mike Harris a laissé un gâchis dans le Nord de l'Ontario. Il s'en est pris au système scolaire public, affirmant que les syndicats étaient trop forts et que les enseignants ne se souciaient pas des élèves. C'était choquant.
La même chose est en train de se reproduire. Il y aura d'énormes compressions dans le système de santé. Nous devons veiller à contrebalancer cela grâce à un gouvernement fédéral efficace.
J'ai hâte de livrer bataille aux deux partis conservateurs: le parti d'en face, qui veut prendre notre place, et les conservateurs provinciaux. Ils semblent tous deux convaincus que leur grande priorité est de faire tomber le gouvernement actuel, plutôt que de travailler dans l'intérêt des gens qu'ils représentent.
Le budget est vraiment axé sur les aînés et les jeunes. Nous avons dû composer avec la crise du logement qui a sévi chez les personnes âgées pendant les 10 ans du gouvernement Harper. Nous commençons maintenant à déterminer les mesures que nous devons prendre, ce qui améliorera grandement le sort des aînés.
En ce qui concerne les étudiants, il faut reconnaître que la formation et l'éducation se poursuivent tout au long de la vie. Le budget vise avant tout la préparation à l'économie de demain, dans 10 ou 20 ans, alors que nous ignorons quelle forme elle prendra. Nous devons être prêts.
Je n'ai pas besoin de vendre ce budget aux gens de Kenora, mais je dois leur expliquer l'importance d'avoir une vision d'avenir, une vision à long terme. Il ne suffit pas d'examiner les chiffres d'une année à l'autre.
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Lib. (ON)
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2019-04-11 16:26 [p.27022]
Monsieur le Président, je tiens à souhaiter un joyeux anniversaire au député d'Oshawa.
Les Canadiens sont foncièrement conscients que tout gouvernement a une vision, adopte des politiques et suit une ligne de conduite, ce qui nécessite du temps. Ils n'ont pas de problème avec cela et n'ont surtout pas besoin de se le faire répéter encore en encore. Je sais que de nombreux Canadiens vivent une situation difficile. Que l'on soit un habitant de l'Alberta ou un représentant d'Oshawa, nous éprouvons tous les mêmes souffrances quant à ces pertes d'emplois.
Notre gouvernement a bel et bien une politique. Nous avons un plan. Nous avons créé le genre de carrefours technologiques qui vont se développer dans un avenir assez rapproché. Toutefois, on ne peut s'attendre à des résultats du jour au lendemain. Notre une vision pour le pays dépasse un horizon de 10 ans, et nous constaterons les résultats au fur et à mesure.
Dans mon allocution, j'ai parlé de notre grande réussite en ce qui concerne la création d'emplois. Néanmoins, certains endroits en particulier vivent des situations plus difficiles. Ma propre région a toujours connu un taux de chômage plus élevé que la plupart des autres régions au pays, car la création d'emploi y est plus difficile.
En tant qu'ancien dirigeant syndical, je pense que peu importe où se trouvent les emplois, l'essentiel est qu'il s'agisse d'emplois de qualité qui comportent de bons avantages sociaux et que les gens puissent avoir une bonne qualité de vie. Nous allons réellement changer les choses. Je ne fais aucune distinction entre les emplois dans la fonction publique et les emplois du secteur privé; à mon avis, ce sont tous de bons emplois.
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Lib. (ON)
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2019-04-11 16:28 [p.27022]
Monsieur le Président, le député me prend un peu au dépourvu, puisque je ne suis pas du Québec et que je ne connais pas exactement ce projet. Cependant, j'estime que le tourisme est une industrie importante. C'est l'une des plus importantes au Canada, et il se trouve que je représente une circonscription en plein coeur de l'industrie touristique canadienne.
Je vis dans le Nord de l'Ontario, près de l'un des plus grands lacs du monde, appelé le lac des Bois. Le tourisme rapporte des milliards de dollars dans la région. Le lac s'étend jusqu'aux États-Unis et au Manitoba. Je comprends donc ce que dit le député. Je suis convaincu que, si le projet est un bon projet, le gouvernement fera son travail et veillera à consacrer les ressources voulues pour continuer de faire croître l'industrie du tourisme.
Que ce soit au Québec, dans le Nord de l'Ontario ou en Colombie-Britannique, le tourisme doit demeurer une force dans nos projets d'avenir.
En ce qui a trait à la gestion de l'offre, comme nous le savons, le budget en parle directement, ainsi que de l'importance d'aider la communauté agricole. La semaine dernière, j'ai rencontré le groupe agricole canadien à mon bureau. Nous avons eu une bonne conversation à propos des retombées économiques de l'agriculture, qui je crois est la plus importante industrie au Canada au chapitre de la création d'emplois.
À mon humble avis, nous continuerons de protéger l'agriculture et ses retombées économiques simplement parce qu'il s'agit de l'une des choses les plus importantes que nous faisons.
Enfin, la sécurité alimentaire a fait l'objet d'une discussion à mon bureau pour une raison, soit le fait qu'il n'y a pas d'agriculture dans ma circonscription. Il y a de l'exploitation minière, de la foresterie et du tourisme. Toutefois, les gens s'intéressent beaucoup au concept de sécurité alimentaire et aux façons dont le milieu agricole peut aider les familles à assurer la leur. Nous devrions examiner cela très sérieusement sur le plan des ressources.
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Lib. (ON)
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2019-02-26 14:48 [p.25804]
Monsieur le Président, l'accumulation continue de neige et de glace sur les pistes peut représenter un véritable défi pour les pilotes qui atterrissent aux aéroports régionaux. Comme vous le savez, monsieur le Président, dans ma circonscription, Kenora, il y a 22 aéroports de ce type. Les résidants comptent sur l'aéroport municipal de Red Lake pour appuyer l'économie locale et maintenir le bien-être social dans la collectivité. Le ministre pourrait-il indiquer à la population de ma circonscription les mesures prises pour aider les aéroports locaux à régler leurs problèmes de sécurité?
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Lib. (ON)
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2019-02-07 16:22 [p.25417]
Madame la Présidente, l'un des objectifs du Bureau du commissaire aux langues autochtones sera de collaborer avec des groupes autochtones dans les régions. Dans toutes les régions, il y aura des besoins uniques en matière de langues, de revitalisation des langues et d'enseignement de ces langues dans les écoles des Premières Nations, que ce soit dans le Nord de l'Alberta ou, dans mon cas, dans le Nord de l'Ontario.
Selon le député, quel rôle doit jouer le commissaire pour ramener la langue crie, en particulier pour les jeunes? Voilà le défi. Maintenant que les jeunes ont accès à la télévision par satellite et à toutes ces choses, ils ont changé, peu importe où ils se trouvent au Canada. J'aimerais que le député me dise quel rôle devrait jouer le commissaire dans la région qu'il représente.
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Lib. (ON)
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2019-02-07 16:39 [p.25419]
Madame la Présidente, je crois savoir que le député représente le centre urbain d'Edmonton, où vivent de nombreux Autochtones.
L'une des choses qui m'intéressent le plus à propos de ce projet de loi et des mesures qu'il faut prendre, c'est l'éducation qui est offerte dans le système des écoles publiques et celui des écoles privées, non pas dans les réserves, mais dans la ville d'Edmonton, ainsi que la façon de gérer tout cela aux termes d'un projet de loi comme celui-ci. Comme nous le savons pertinemment, la vaste majorité des enfants des Premières Nations vit en dehors des réserves. Si nous voulons que les jeunes aient l'occasion d'apprendre leur propre langue, il faut qu'ils puissent le faire dans les écoles publiques de villes comme Edmonton.
Le député a-t-il une idée de la voie à suivre et pense-t-il que nous allons réussir à revitaliser ces langues, pas seulement dans les réserves des Premières Nations, mais aussi dans toutes les villes du Canada?
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Lib. (ON)
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2019-02-07 16:42 [p.25419]
Madame la Présidente, je suis heureux de prendre la parole au sujet de ce projet de loi. C'est peut-être une des seules occasions que j'aurai de parler d'un projet de loi d'une aussi vaste portée — s'il est bien mis en oeuvre — et qui sera historique pour les circonscriptions comme la mienne.
Comme le savent les députés, je représente 42 Premières Nations dans ma circonscription. La majorité d'entre elles habitent dans des communautés isolées. Elles représentent trois groupes culturels distincts, mais il existe aussi des dialectes parlés dans ces communautés qui ne sont pas nécessairement déclarés par les locuteurs.
La population que je représente compte beaucoup d'Ojibwés, de Cris et d'Oji-Cris, comme on les appelle. Il existe des sous-groupes au sein de ces groupes. Je l'ai appris au début de ma carrière politique, vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, quand je me suis rendu dans le Nord pour rencontrer les gens de ces communautés. Quand je parlais à des aînés, j'y allais avec un interprète, car les aînés préféraient parler dans leur langue, s'y sentant plus à l'aise. L'interprète me disait parfois que la langue de la communauté où nous nous rendions, 100 milles plus loin, était plus difficile à comprendre que celle de la communauté que nous venions de visiter, résultat de l'isolement et de l'évolution particulière qu'avait connue la langue au cours de centaines, voire de milliers d'années.
Bref, le projet de loi C-91 est d'une importance capitale pour ma circonscription et ma région si nous souhaitons bâtir une société diverse et adaptée à la culture des enfants autochtones et de leurs parents.
Quand on se rend dans le Nord de l'Ontario, on constate que les aînés de plusieurs communautés parlent encore leur langue. Le défi, c'est de voir à ce que les enfants continuent de l'apprendre. Comme je l'indiquais dans l'une de mes questions, avec la technologie moderne, la télévision et les satellites, l'anglais est entré dans les maisons, et beaucoup de jeunes parlent maintenant l'anglais plutôt que leur propre langue.
Je salue également les efforts des députés qui ont fait des démarches pour qu'on traduise les langues autochtones à la Chambre. Il s'agit d'une chose importante pour nous tous.
Je vais consacrer mon temps de parole au rôle du commissaire, qui est fondamental. En vertu de la loi, le commissaire aura pour mission de veiller à la préservation et à la promotion des langues autochtones.
Les langues relèvent de l'éducation. On sait qu'une éducation de qualité et adaptée à la culture contribue à l'établissement d'une relation moderne et plus étroite avec les peuples autochtones du Canada. Certes, pour favoriser l'apprentissage, il faut offrir aux enfants de l'eau potable ainsi que l'accès à un logement sûr et abordable, à des infrastructures sociales et à des services de santé. La création et le maintien d'un tel environnement sont essentiels pour que les jeunes et les enfants se sentent appuyés. Je crois que tous les députés sont résolus à faire en sorte que cela se produise.
Dans la circonscription de Kenora — que je représente depuis 1988, avec une interruption —, nous avons beaucoup d'exemples d'efforts de revitalisation linguistique. Je pense entre autres au centre de ressources éducatives Kwayaciiwin à Sioux Lookout. J'invite les députés qui étudieront le projet de loi en comité à réfléchir au rôle des centres de ressources de ce genre au pays dans la renaissance et l'utilisation des langues autochtones. Je vais donc parler directement de ce que fait le centre de ressources.
En plus d'offrir des programmes et des services aux enfants et aux jeunes autochtones de 21 communautés des Premières Nations, il publie du matériel pédagogique et des livres pour enfants dans un éventail de langues autochtones. En voici quelques titres: « Les mocassins d'Ariel », publié en oji-cri, et « Les signes du printemps », publié en ojibwé.
On ne peut présenter ce genre de projet de loi à la Chambre des communes sans bien comprendre le processus pédagogique, comment on enseigne aux jeunes. Tout comme pour l'enseignement de l'anglais, du français ou de toute autre langue, il faut des ressources, comme des livres qu'on ne peut se procurer ailleurs dans le monde, qui doivent être élaborés un à la fois au Canada. C'est le travail qu'accomplit ce centre de ressources pour les jeunes de ces 21 Premières Nations. Il reçoit de nombreux appels des quatre coins du pays sur la façon de procéder pour traduire la matière dans la langue de la communauté en question et en faire des livres pour la maternelle, la première année et ainsi de suite afin que les ressources nécessaires soient disponibles dans la langue de la communauté.
Je me suis rendu au centre de ressources à de nombreuses reprises et je peux dire que l'enthousiasme dont son équipe fait preuve envers les langues autochtones est indéniable.
J'aimerais aussi attirer l'attention de la Chambre sur l'école Kiizhik, à Kenora. Elle a ouvert ses portes en 2015 avec 15 élèves. Depuis lors, elle connaît une croissance exponentielle. En tant que première école de son genre en Ontario, elle s'efforce de combler l'écart de scolarisation des élèves autochtones de la région en mettant en oeuvre des programmes qui comprennent l'étude du patrimoine autochtone au lieu d'un cadre éducatif.
J'ai eu l'occasion de visiter l'école. Il s'agit de l'école dont je parlais à mon collègue d'Edmonton, celle située dans un centre urbain qui peut accueillir des jeunes — qu'ils vivent dans une réserve des Premières Nations à proximité ou à Kenora — pour leur apprendre leur propre langue. C'est unique, et, de toute évidence, il s'agit d'une autre forme d'éducation. À l'instar de l'immersion française, il s'agit d'une école d'immersion ojibwée. Les enfants commencent à la maternelle, et l'école grossit chaque année.
L'école enseigne des langues traditionnelles et des éléments de la culture autochtone que les écoles publiques ne sont actuellement pas en mesure d'inclure dans leur programme. En apprenant la langue ojibwée, en utilisant un tableau phonétique anishinabe, en participant à des pow-wows dynamiques, en échangeant avec la communauté anishinabe tout en suivant le programme principal de l'Ontario, les élèves vont au-delà de l'apprentissage de base et apprennent vraiment à découvrir la culture qui définit la nation anishinabe.
L'éducation est essentielle à la revitalisation des langues autochtones. Par leurs efforts, des organisations comme le centre de ressources éducatives Kwayaciiwin et la Kiizhik Education Corporation montrent l'exemple.
À la suite de la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation, en 2015, le gouvernement s'est engagé à donner suite aux 94 appels à l'action. Avec le projet de loi C-91, le gouvernement a le plaisir de répondre à un certain nombre d'appels à l'action concernant les langues autochtones.
Dans son appel à l'action no 15, la Commission demande au gouvernement fédéral de nommer, à la suite de consultations avec les groupes autochtones, un commissaire aux langues autochtones. Plus précisément, elle demande que ce commissaire soit chargé de contribuer à la promotion des langues autochtones et de présenter des comptes rendus sur l’efficacité du financement fédéral destiné aux initiatives liées aux langues autochtones.
J'ai visité les écoles de toutes les nations autochtones qui vivent dans ma circonscription. Dans ces communautés, cette recommandation fait partie des principaux sujets de discussion des enseignants et des commissions scolaires. Ils aimeraient avoir plus de ressources, plus de professeurs de langue et plus de possibilités d'enseigner dans leur langue. Ce projet de loi nous donne l'occasion de suivre cette recommandation pour que les jeunes puissent en bénéficier dès maintenant et pour les années à venir.
Le Canada sera doté pour la première fois d'un commissaire national aux langues autochtones. La Loi sur les langues autochtones et tout ce qu'elle prévoit, y compris la création d'un poste de commissaire, représentent une étape importante dans les efforts du Canada en vue de la réconciliation avec les peuples autochtones. On ne saurait trop insister sur l'importance de cette mesure.
J'ai parlé du nouveau poste de commissaire aujourd'hui parce qu'il représente une façon d'avancer sur cette route. Comme nous le savons tous, il faudra des années, et non quelques semaines ou quelques jours, pour mettre en place un processus qui améliorera vraiment la situation. C'est même le cas des langues comme l'ojibwé ou le cri qui ne risquent pas de disparaître de sitôt. Ce sont des langues bien vivantes, qui comptent un grand nombre de locuteurs. Cela dit, beaucoup de jeunes enfants ne parlent pas ces langues en raison du milieu où ils grandissent.
Pendant tout l'été, le gouvernement a mobilisé les peuples autochtones au moyen d'ateliers communautaires avec les Premières Nations, les Inuits et les Métis de partout au Canada. Je m'intéresse vivement à la forme que prendra la collaboration entre le commissaire et les Métis, étant donné qu'ils sont nombreux dans ma région. Je suis impatient de voir les rouages de ce processus. De façon générale, dans ma région — et je crois que c'est le cas dans la vôtre aussi, madame la Présidente — les Métis fréquentent des écoles publiques ou séparées. Ils ne vivent pas nécessairement au sein de collectivités des Premières Nations. Il faudra s'attarder au processus d'éducation pour l'adapter à leur situation.
Bon nombre des Autochtones consultés par le ministère du Patrimoine canadien estimaient que le rôle du commissaire aux langues autochtones devrait consister à appuyer les établissements autochtones locaux et régionaux, et non à reproduire les ressources existantes. Je demande à mes collègues qui se pencheront sur le projet de loi de se rappeler qu'il n'y a pas de solution universelle. Les mesures prises dans le Nord de l'Ontario ne sont pas les mêmes que celles adoptées dans le Nord du Québec pour les Cris. Les deux endroits possèdent aussi des systèmes d'éducation différents. Je me suis fréquemment rendu dans le Nord du Québec, et j'ai cru comprendre que le système d'éducation là-bas était particulier. Je me réjouis à l'idée d'appuyer des initiatives locales. Nous trouverons des façons de faire bouger les choses.
C'est pourquoi le travail du commissaire est absolument essentiel au succès du projet de loi ainsi qu'au renforcement des langues autochtones, que nous jugeons tous importantes pour la culture et la société canadiennes. Cela améliorera notre relation avec les Autochtones à l'avenir. Ces derniers se sentiront vraiment chez eux dans leur pays quand ils pourront suivre des cours dans leur langue et parler celle-ci à l'école. J'aimerais être présent dans la salle de classe la première fois qu'il y aura un cours de science en oji-cri. Il serait intéressant de lire un ouvrage scientifique rédigé en langue autochtone.
Le commissaire reconnaîtra que les peuples autochtones sont les mieux placés pour jouer un rôle de premier plan en ce qui touche la réappropriation, la revitalisation, le maintien et le renforcement des langues autochtones et créera un cadre de travail pour une approche flexible et stable relativement au financement des langues autochtones.
Je tenais à prendre la parole au sujet de ce projet de loi, car c'est le plus important que la Chambre adoptera cette session-ci. Il aura de grandes répercussions sur la société encore longtemps après que nous aurons quitté ce monde, car les jeunes auront la possibilité de parler leur langue.
J'invite fortement la Chambre et les députés à adopter rapidement le projet de loi et à trouver des moyens de travailler ensemble. Je crois que nous convenons tous, en principe, qu'il s'agit d'un important projet de loi. Certains le qualifieront d'historique. Personnellement, comme je représente une circonscription dont 40 % de la population est autochtone, ce projet de loi est l'une des principales raisons pour lesquelles je suis ici.
Je suis impatient de collaborer avec tous mes collègues. Je ne fais pas partie du comité des affaires autochtones, mais je sais qu'il fera du très bon travail lorsqu'il étudiera le projet de loi afin de veiller à ce que nous fassions bien les choses, de manière à ce que les jeunes puissent apprendre dans leur propre langue et que nous puissions fournir du matériel et des ressources, tels que des livres, qui reflètent leur propre culture. C'est un aspect très important.
Voilà ce que je voulais dire. Je suis reconnaissant d'avoir eu l'occasion de dire quelques mots aujourd'hui.
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Lib. (ON)
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2019-02-07 16:59 [p.25421]
Madame la Présidente, si cela signifie de ne pas pouvoir nous rendre à l'adoption du projet de loi par la Chambre, je ne suis pas d'accord avec le député. Cependant, s'il souhaite que nous siégions 24 heures sur 24, je suis tout à fait prêt à le faire. Si les gens tiennent à tout prix à pouvoir s'exprimer, restons ici jusqu'à ce que tout le monde ait l'occasion de le faire. Par contre, je ne crois pas que le fait que tout le monde veuille ajouter son grain de sel devrait servir d'excuse pour justifier qu'un projet de loi ne soit pas adopté par la Chambre. C'est vrai, j'aurais préféré que le projet de loi soit présenté l'année dernière ou l'année précédente, mais nous savons tous comment les rouages du Parlement fonctionnent.
Comme je suis ici depuis presque 20 ans, pratiquement rien ne peut me surprendre quant au fonctionnement — ou parfois à l'absence de fonctionnement — de cet endroit. Nous avons l'occasion de collaborer au nom des Canadiens de façon non partisane.
Lorsque j'étais ministre des Affaires autochtones, la politique partisane menée par les partis m'exaspérait, car elle se fait au détriment des peuples des Premières Nations. Nous avons possiblement l'occasion de changer les choses, de faire la bonne chose et de nous assurer que ce projet de loi soit adopté avant les élections pour que la population décide...
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Lib. (ON)
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2019-02-07 17:02 [p.25422]
Madame la Présidente, je ne veux pas dévoiler mon âge, mais j'étais ministre lorsque le Nunavut a été créé et que nous avons signé l'accord d'autonomie gouvernementale. Je comprends donc très bien l'importance de la langue, de l'inuktitut, et des peuples du Nunavut.
Je rappelle à la députée que nous n'avons pas oublié les habitants du Nord. Le financement des neuf langues autochtones des Territoires du Nord-Ouest est passé de 1,9 million à 5,9 millions de dollars cette année. Au Nunavut, nous avons fait passer de 1,5 million à 5,1 millions de dollars le financement annuel pour l'inuktitut.
Nous n'oublions pas l'importance des langues dans le Nord. Je ne pense pas que le but du projet de loi soit d'expliquer précisément chacune des langues. Il vise à établir un processus et un cadre de travail qui permettront aux Inuits et à leurs langues de prospérer dans le Nord, ainsi qu'à mettre en place, localement et régionalement, les ressources voulues pour que cela se réalise.
Je laisse au comité des affaires autochtones le soin d'étudier le projet de loi pour s'assurer que nous n'avons pas fait d'erreur relativement aux Inuits dans le Nord, car ceux-ci représentent une très grande pièce de notre mosaïque. Nous voulons qu'ils soient également fiers de leur langue et que cette dernière se porte mieux que jamais.
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Lib. (ON)
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2019-02-07 17:05 [p.25422]
Monsieur le Président, à cause du fait que nous n'avons pas eu de système robuste, au fil des décennies, pour garder les langues vivantes, dynamiques et florissantes, beaucoup de travail devra être fait dans les écoles et les communautés des Premières Nations, de même que dans les villes et les petits villages où vivent beaucoup d'Autochtones, qu'ils soient des Indiens inscrits, des Métis ou des Inuits. Nous voulons que des efforts de réconciliation soient déployés partout au pays. La question de la compétence a toujours représenté un obstacle pour nous. Le problème, c'est que le gouvernement fédéral s'occupait exclusivement du dossier des Autochtones et que les provinces et les communautés n'y jouaient aucun rôle. Or, ce projet de loi nous permet de leur donner un rôle dans l'éducation et la promotion des langues parce que ces domaines ne relèvent pas exclusivement de la compétence du fédéral.
Je veux remercier mon collègue et le chef national Perry Bellegarde, entre autres, de leur excellent travail.
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