Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Vancouver Centre.
Kwe. Unusakut. Tansi. Hello. Bonjour. Je tiens à reconnaître d’abord que je m’exprime aujourd’hui depuis le territoire ancestral du peuple algonquin anishinabe.
Les collectivités, les familles et les amis autochtones souffrent. Les émotions sont fortes et la douleur est réelle. Pour les Autochtones, les événements de cette semaine ne sont peut-être pas une surprise. Cela ne les rend pas moins choquants ou moins douloureux. Il n’y a pas une seule collectivité qui ne soit pas en deuil aujourd’hui. Les nouvelles venues de Kamloops la semaine dernière ont rouvert des blessures qui n’étaient pas cicatrisées, même si les gens pensaient qu’elles l’étaient.
Nos pensées et nos actions en ce moment doivent aider les collectivités et les familles à découvrir la vérité, afin qu’elles puissent continuer à guérir. Nous ne pouvons pas guérir sans la vérité, aussi douloureuse soit-elle. Elle est dans le cœur et l’esprit de tous les Canadiens, et honnêtement, si elle ne l’y est pas, elle devrait y être.
Au cours de la semaine dernière, les gens ont livré des récits poignants et atroces qui montrent vraiment quel genre d’endroits ces établissements étaient, et effectivement, les témoignages de députés aujourd’hui le confirment. Je les remercie pour leurs témoignages.
Un ami guérisseur sur lequel je compte beaucoup m’a rappelé que, par exemple, l’Institut Mohawk à Six Nations avait un verger et des pommes, mais les enfants ne pouvaient pas en manger. Ils étaient punis s’ils le faisaient. Il y avait des poules, mais les enfants ne pouvaient pas prendre les œufs parce qu’ils étaient destinés au marché. La seule fois où ils pouvaient en avoir un, c’était à Pâques. Appeler ces endroits des écoles est un euphémisme. C’étaient des camps de travail, et les gens mouraient de faim.
Je sais que les gens sont impatients d’obtenir des réponses sur ce que le gouvernement fédéral fera, ce que nous ferons à l’échelle nationale et ce que le Canada fera. Permettez-moi de vous dire clairement que nous serons là pour les collectivités autochtones qui veulent poursuivre la quête de la vérité.
Le fait est que la suite nous sera dictée par les collectivités touchées, comme cela a été énoncé particulièrement dans l’appel à l’action 76 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation. Nous serons là pour les collectivités. Nous devons respecter la vie privée, l’espace et la période de deuil de ces collectivités qui reprennent leurs esprits et élaborent leurs protocoles pour honorer ces enfants. Elles nous ont expressément demandé de le faire. Nous le ferons, et les Canadiens doivent le respecter.
Hier, la ministre des Relations Couronne-Autochtones a annoncé un financement de 27 millions de dollars pour soutenir le Centre national pour la vérité et la réconciliation et mettre en œuvre les appels à l’action 74 à 76. Ce financement permettra d’aider les survivants, leur famille et les collectivités de tout le Canada à localiser et commémorer les enfants qui sont morts ou ont disparu alors qu’ils fréquentaient les pensionnats.
Nous devons aussi nous regarder directement dans les yeux et faire face à cette réalité, à savoir une certaine méconnaissance ou une ignorance du grand public sur certains points de notre histoire, et surtout les moments les plus pénibles. C'est une vérité qui est très pénible, d'abord et avant tout pour les communautés autochtones affectées, les individus et les familles qui revivent des moments très pénibles de leur propre histoire ou celle de leurs parents, cousins, oncles et tantes.
Notre rôle à tous, en tant que leaders, politiciens et députés de la Chambre, est aussi d'éduquer et de contribuer à cette éducation. À la lumière de ce que l'on a vu cette semaine, force est de constater que, encore une fois, il reste beaucoup de vérités à découvrir. Cela doit être expliqué. Trop souvent, cette explication provient des peuples autochtones eux-mêmes. Trop souvent, ils ont pris sur leurs épaules la responsabilité d'éduquer les Canadiens et, trop souvent, nous ne transmettons pas cette connaissance à nos enfants. Heureusement, maintenant, les enfants apprennent cela à l'école et ils nous relatent la vérité très difficile de ce qui s'est passé. Ce fardeau sur les épaules des peuples autochtones n'est pas juste, et ils ne devraient pas l'avoir.
Je le dis et je le répète: nous serons là pour les communautés et les familles autochtones. Nous soutiendrons la recherche de la vérité et nous répondrons aux appels à l'action 72 à 76, entre autres, par un premier investissement de 27 millions de dollars. Ce financement sera distribué en fonction des priorités et des demandes des communautés elles-mêmes.
Le rôle du gouvernement est d'appuyer financièrement les communautés dans leur processus de deuil et de guérison, encore très vif dans ce cas-ci. Les communautés elles-mêmes prendront des décisions si, oui ou non, elles vont procéder à des fouilles plus invasives.
Dans le cas présent, à Kamloops et dans les communautés environnantes, nous avons directement parlé au leaders pour leur offrir des services en santé mentale et en sécurité, car les émotions sont vives, mais nous allons respecter l'espace qu'elles nous ont demandé de respecter.
C'est évidemment pénible pour les familles qui ont peut-être eu des oncles, des tantes ou des cousins ayant disparu, desquels ils n'ont pas encore de nouvelles, mais le point à retenir, c'est que le gouvernement du Canada sera là avec le soutien et le financement nécessaires pour les communautés qui en auront besoin.
L’une des nombreuses choses mises en évidence soulignée cette semaine, au milieu de la douleur à Kamloops, est que les enfants autochtones ont leur place dans leur famille et leur collectivité. La place des enfants est à la maison, où ils peuvent être avec leurs parents et leurs aînés; où ils peuvent apprendre la culture, la langue et les traditions de leur nation; et où ils peuvent recevoir en retour tout ce qui a été pris à leurs parents et à leurs grands-parents. Le projet de loi C-92 affirme ce droit inhérent. Je tiens à souligner que ce droit fondamental est un droit que nous tenons tous pour acquis.
Nous partageons tous la responsabilité de veiller à ce qu’il en soit ainsi. Le nombre d’enfants autochtones qui ont été pris en charge au cours des dernières années dépasse de loin le nombre de ceux qui ont fréquenté les pensionnats. Il faut en prendre conscience. En 2016, plus de 52 % des enfants placés en famille d’accueil au Canada étaient Autochtones et ils représentent 7 % de la population des enfants. La vérité est que pour les enfants retirés de leur collectivité, leurs liens avec leur culture et leurs traditions ont aussi été compromis.
Réparer un système qui ne fonctionne pas nécessite des réformes à long terme. Le gouvernement du Canada est déterminé à éliminer et continue d’éliminer ces politiques et pratiques discriminatoires envers les enfants autochtones, et nous le faisons main dans la main avec nos partenaires autochtones. La Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis, qui répond à des appels à l’action, ouvre une nouvelle voie. Les gouvernements et les collectivités autochtones ont toujours été habilités à décider de ce qui est le mieux pour leurs enfants, leurs familles et leurs collectivités, et la loi leur donne la possibilité d’exercer pleinement ce pouvoir et de le renforcer.
Grâce à ce travail, mené par les collectivités autochtones, deux lois autochtones sont désormais appliquées: la loi des Nations indépendantes Wabaseemoong en Ontario et la Cowessess First Nation Miyo Pimatisowin Act, en Saskatchewan. Dans chacune de ces communautés, les enfants auront davantage l’occasion de grandir dans leur propre culture et entourés de leurs proches. Ils seront accueillis chez eux.
Nous nous rapprochons de notre objectif ultime commun de réduire le nombre d’enfants autochtones pris en charge. La réforme du système de services à l’enfance et à la famille est une étape importante. La réparation des préjudices subis en est une autre.
Depuis que le Tribunal canadien des droits de la personne a rendu sa première ordonnance pour que le Canada cesse ses pratiques discriminatoires en 2016, nous collaborons avec les dirigeants et les partenaires des Premières Nations pour que soient respectées les ordonnances du tribunal.
Nous avons l’objectif commun d’une indemnisation juste et équitable. Je veux être clair: aucun enfant des Premières Nations ne se verra refuser une indemnisation juste et équitable. Les enfants ne devraient pas se voir refuser les produits ou les services dont ils ont besoin parce que les gouvernements ne peuvent pas s’entendre sur qui les paiera. C’est pourquoi, grâce au principe de Jordan, nous avons injecté environ 2 milliards de dollars dans divers services, en orthophonie, en soutien scolaire, en équipement médical, en services de santé mentale et bien plus encore. C’est transformateur et c’est ce qu'il faut faire.
Le gouvernement ne remet pas en question l’idée que les enfants des Premières Nations qui ont été retirés de leur foyer, de leur famille et de leur collectivité devraient être indemnisés. Nous sommes déterminés à fournir aux enfants des Premières Nations l’accès aux soutiens et aux services nécessaires, mais il est important de clarifier certaines questions limitées, et c’est pourquoi nous avons demandé une révision judiciaire. Nous devons nous concentrer sur ce qui est vraiment important, c’est-à -dire assurer une indemnisation juste et équitable aux enfants des Premières Nations touchés par le programme des services à l’enfance et à la famille et faire en sorte que les enfants des Premières Nations aient accès au soutien dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin.
Je rappelle à la Chambre qu’il existe également deux recours collectifs concurrents qui portent essentiellement sur le même groupe d’enfants. Nous sommes néanmoins en pourparlers avec les parties aux différentes affaires, mais ces discussions doivent rester confidentielles par respect.
Enfin, aucune affaire judiciaire ne peut réaliser le changement transformateur que nous devons effectuer en tant que pays.
Comme nous l'avons encore rappelé lors de la récente découverte à Kamloops, chaque enfant de ce pays devrait avoir le soutien et les services dont il a besoin pour s'épanouir.
Le fait de retirer un enfant de sa famille ou de sa communauté devrait être un absolu dernier recours. Nous devons faire le travail nécessaire pour changer le système et veiller à ce que chaque personne soit traitée de manière équitable et juste, sans préjugés ou injustices, mais avec respect et dignité. C'est notre responsabilité en tant que gouvernement et en que tant que Canadiens qui veulent faire du Canada un meilleur endroit pour tous.
Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous pouvons en tirer des leçons pour chercher des moyens de remédier à ces torts, de reconnaître ce qui n'aurait jamais dû arriver et de faire tout notre possible pour assurer un avenir meilleur.
Meegwetch. Nakurnii. Masi cho.
Madam Speaker, today I will be splitting my time with the hon. member for Vancouver Centre.
Kwe. Unusakut. Tansi. Hello. Bonjour. I want to acknowledge that I am speaking today from the traditional territory of the Algonquin Anishinabe people.
Indigenous communities, families and friends are hurting. Emotions are high, and the pain is real. For indigenous people, the events this week may not be a surprise. It does not make it less of a shock or less painful. There is not a single community that is not grieving today. The news that came from Kamloops last week has opened up wounds that were not closed, even if people thought they were closed.
Our thoughts and actions at this time must support the communities and families in recovering the truth, so that they could continue to heal. We cannot heal without the truth, as painful as it is. It is on the hearts and minds of all Canadians, and frankly, if it is not, it should be.
Over the past week, people have shared piercing and atrocious anecdotes that really show what kind of places those facilities were, and indeed the testimonials today from members in the House certainly reinforces that. I thank them for their testimonials.
I was reminded by a faith healer friend who I rely heavily upon that, for example, the Mohawk Institute in Six Nations had an orchard and had apples, but the kids could not eat them. They were punished if they did. There were chickens, but the kids could not take the eggs because the eggs were sent to market. The only time they would get one was at Easter. Calling those places schools is to use a euphemism. They were labour camps, and people starved.
I know people are eager to get answers as to what the federal government will do, what we will do nationally and what Canada will do. Let me say this clearly, we will be there for indigenous communities that want to continue the search for the truth.
The reality is that this is something that will be dictated to us by the communities that are affected, as set forth notably in call to action 76 in the body of the Truth and Reconciliation Report. We will be there for communities. We do have to respect the privacy, space and mourning period of those communities that are collecting their thoughts and putting together their protocols as to how to honour these children. They have asked us specifically for that. We will do that, and Canadians must respect that.
Yesterday, the Minister of Crown-Indigenous Relations announced $27 million in funding to support the ongoing NCTR and to implement calls to action 74 to 76. This will fund support for survivors, their families and communities across Canada to locate and memorialize children who died or went missing while attending residential schools.
We also have to look one another right in the eyes and face the fact that the general public either misunderstands or is ignorant of certain chapters of our history, especially the most painful ones. This truth is hard to bear, particularly for the indigenous communities affected and for the individuals and families who are reliving very painful parts of their own history or that of their parents, cousins, uncles and aunts.
As leaders, politicians and members of Parliament, it is also our role to educate and contribute to that education. In light of what we have learned this week, it is once again clear that many more truths remain to be uncovered. Explanations are needed. Too often, that explanation comes from indigenous peoples themselves. Too often, the job of educating Canadians has fallen to them, and, too often, we do not transmit that knowledge to our children. Fortunately, children are now learning about this in school, and they are telling us the harsh truth about what happened. Placing this burden on indigenous peoples is not fair. It should not be their burden to carry.
I repeat: We will be there for indigenous communities and families. We will support the search for truth and we will implement calls to action 72 to 76, among others, with an initial investment of $27 million. This funding will be distributed according to the priorities and requests of the communities themselves.
The government's role is to financially support communities in their grieving and healing process, as the wounds are still very fresh in this case. The communities will decide themselves whether they want to proceed with more extensive searches or not.
In this particular case, we spoke directly with indigenous leaders in Kamloops and the surrounding communities to offer mental health and security services, because emotions are running high, but we will respect the space they asked us to respect.
Obviously, this is painful for families who may have had uncles, aunts or cousins who disappeared and were never heard from again, but the key point here is that the Government of Canada will be there with the necessary support and funding for the communities that need it.
One of the many things being highlighted and underscored this week, in the midst of the heartache in Kamloops, is that indigenous children belong with their families and communities. Kids belong at home, where they can be with their relatives and elders; where they can learn their nation's culture, language and traditions; and where they can be given back all that was taken from, their parents and their grandparents. Bill C-92 affirms this inherent right. I would note that this basic right is one that the rest of us take for granted.
All of us share the responsibility to ensure this happens. The number of indigenous children who have been taken away in care in recent years far exceeds the number who attended residential schools. That should set in. In 2016, more than 52% of children in foster care in Canada were indigenous, and they account for 7% of the child population. The truth is that for children taken away from their community, their connections to their cultures and traditions were impacted too.
Fixing a broken system requires long-term reforms. The Government of Canada is determined to eliminate and continues to eliminate these discriminatory policies and practices against indigenous children, and we are doing it hand-in-hand with indigenous partners. The Act respecting First Nations, Inuit and Métis children, youth and families, which responds to calls to action, is a new way forward. Indigenous governments and communities have always been empowered to decide what is best for their children, their families and their communities, and the act provides a path for them to fully exercise and lift up that jurisdiction.
As a result of this work, led by indigenous communities, two indigenous laws are now enforced: the Wabaseemoong Independent Nations law in Ontario and the Miyo Pimatisowin Act of the Cowessess First Nation in Saskatchewan. In each of these communities, children will have greater opportunity to grow up immersed in their culture and surrounded by loved ones. They will be welcomed home.
We are moving closer to achieving our shared ultimate goal of reducing the number of indigenous children in care. Systemic reform of the child and family services system is one important step. Compensation for past harms is another.
Since the CHRT issued its first order for Canada to cease its discriminatory practices in 2016, we have been working with first nations leaders and partners to implement the tribunal's orders.
We have the same goal of fair and equitable compensation. Let me be clear that no first nations children will be denied fair and equitable compensation. Children should not be denied the products or services they need because governments cannot agree on who will pay for them. It is why, via Jordan's principle, we have funded approximately $2 billion in services, speech therapy, educational supports, medical equipment, mental health services and so much more. This is transformative and the right thing to do.
The government is not questioning or challenging the notion that first nations children who were removed from their homes, families and communities should be compensated. We are committed to providing first nations children with access to the necessary supports and services, but it is important to obtain clarity on certain limited issues, which is why we brought the judicial review forward. We need to focus on what is really important, ensuring fair and equitable compensation of first nations children affected by the child and family services program and that first nations children have access to the supports they need when they need them.
I would remind the House that there are also two competing class actions that deal essentially with the same group of children. We are, nevertheless, in discussions with the parties to the various cases, but those discussions must remain confidential out of respect.
Finally, no court case can achieve the transformative change that we need to achieve as a country.
As the recent discovery in Kamloops reminds us once again, every child in this country should have the support and services they need to thrive.
Removing a child from their family or community must be an absolute last resort. We need to do the work to change the system and ensure that every person is treated equally and fairly, without prejudice or injustice, and with respect and dignity. It is our responsibility as a government and as Canadians who want to make Canada a better place for everyone.
We cannot change the past, but we can learn from it and find ways to right some historic wrongs, to acknowledge what never should have happened and do everything we can to ensure a better future.
Meegwetch. Nakurmik. Masi cho.