Interventions à la Chambre des communes
 
 
 
Fil RSS basé sur les critères de recherche Exporter les résultats de recherche - CSV (texte brut) Exporter les résultats de recherche - XML
Ajouter un critère de recherche
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-10 14:01 [p.208]
Madame la Présidente, il y a 30 ans aujourd'hui, le prix Nobel de la paix était décerné à Sa Sainteté le dalaï-lama.
En ma qualité de député de Parkdale—High Park, je suis immensément fier de représenter la plus importante diaspora tibétaine d'Amérique du Nord.
Le dalaï-lama n'est pas simplement un leader pour le peuple tibétain, il est un leader pour nous tous. Grâce à ses efforts pour promouvoir la non-violence et sa défense de la liberté religieuse mondialement, ce chef bouddhiste est devenu un champion pour la justice et les droits de la personne pour des millions de personnes partout au monde.
J'ai eu l'honneur de rencontrer le dalaï-lama en 2018, en Inde. Je garderai toujours un souvenir impérissable de la sagesse et de la gentillesse de Sa Sainteté, mais surtout de son attachement pour le peuple tibétain et pour l'approche conciliante.
À Sa Sainteté le dalaï-lama, citoyen honoraire du Canada, j'adresse un simple merci [le député s'exprime en tibétain] pour tout ce qu'il a fait, non seulement pour le peuple tibétain, mais pour l'ensemble de la planète et pour la promotion de la paix et du pluralisme sur la scène internationale.
[Le député s'exprime en tibétain.]
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-10 15:36 [p.225]
Monsieur le Président, je tiens d'abord à indiquer que je partagerai mon temps de parole avec le député de Mississauga-Centre.
Je suis très heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet de la motion importante présentée par le député de Durham. De toute évidence, je tiens à souligner que cela fait un an que Michael Kovrig et Michael Spavor sont détenus arbitrairement en Chine. Il faut préciser qu'ils sont et demeurent la priorité absolue du gouvernement et des Canadiens.
Nous travaillons avec persistance, soin et détermination pour les ramener au Canada. Notre gouvernement soulèvera toujours auprès du gouvernement chinois des questions d'importance pour les Canadiens telles que le respect de la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Le Canada demeurera ferme et résolu dans la défense de ses principes et de ses intérêts.
La question dont la Chambre est saisie aujourd'hui ne concerne pas seulement le Canada, mais aussi tous ses alliés. Ce souci commun a entraîné la formation d'une vaste coalition de soutien. Les Canadiens sont d'ailleurs reconnaissants envers les nombreux alliés étrangers du Canada qui sont intervenus et qui ont dénoncé la détention de ces deux citoyens canadiens. Cette solidarité montre que le Canada n'est pas seul et qu'il fait partie d'une communauté internationale.
Comme on l'a dit à maintes reprises aujourd'hui et pendant la période des questions, le 10 décembre est la Journée internationale des droits de la personne. Je tiens à parler un peu de ces droits dans le cadre du débat sur la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui.
Les droits de la personne sont importants. Ils ne le sont pas seulement pour les organismes internationaux, mais aussi pour les Canadiens ordinaires, nos concitoyens avec qui nous nous sommes entretenus pendant la campagne. Les droits de la personne sont importants, et c'est ce que reflète la politique étrangère du Canada.
Le gouvernement canadien demande souvent à la Chine de respecter, de protéger et de défendre la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion et d'association pacifiques et la liberté de religion dans l'ensemble de la population chinoise.
Le Canada est gravement préoccupé par l'intimidation et la répression persistantes des minorités ethniques, des groupes religieux et des groupes vulnérables en Chine, notamment des bouddhistes tibétains, des Ouïghours, des autres musulmans, des chrétiens, des adeptes du Falun Gong, des femmes et des filles, ainsi que des membres de la communauté LGBTI.
Le Canada a manifesté ses préoccupations au sujet du rétrécissement de l'espace accordé à la société civile en Chine. L'intensification des actions contre les défenseurs des droits de la personne, y compris les avocats, les journalistes et les acteurs de la société civile, est également préoccupante.
Ce sont d'importantes questions dont je parle et je dis cela à titre de député du caucus ministériel, de secrétaire parlementaire lors de la dernière législature et aussi de personne qui représente des bouddhistes tibétains dans ma circonscription, Parkdale—High Park. Il y en a 7 000. C'est la plus grande communauté de la diaspora tibétaine en Amérique du Nord.
Nous soulevons ces questions non seulement pour le peuple tibétain, mais pour différents groupes, y compris les musulmans ouïgours, comme je l'ai mentionné, et divers autres groupes dont les droits ont toujours ont toujours été et sont encore aujourd'hui restreints en Chine.
Nous n'avons eu de cesse de soulever ces préoccupations concernant les droits de la personne. Je vais en mentionner une qui me touche directement. Les députés peuvent comprendre qu'étant député et l'un des 10 députés musulmans du caucus ministériel, je suis très inquiet et préoccupé par la situation des musulmans ouïgours dans la région connue sous le nom de Xinjiang.
Notre gouvernement a pris la parole publiquement au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, exhortant les autorités chinoises à libérer tous les Ouïgours détenus arbitrairement dans la région de Xinjiang. Nous avons vu des rapports remontant à deux semaines seulement sur les conditions de détention et sur l'ampleur de l'internement et de la persécution là-bas.
Notre gouvernement a fait des déclarations en septembre 2018, en novembre 2018 et en mars 2019. En juillet 2019, nous nous sommes joints à 21 autres membres de la communauté internationale, y compris l'Australie, le Danemark, la Finlande, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Japon et le Royaume-Uni, pour présenter une lettre au Conseil des droits de l'homme exprimant ces préoccupations.
Toujours au sujet de la minorité ouïgoure, signalons que, le 29 octobre, devant le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale, dans le cadre de la Troisième Commission de l'Assemblée générale des Nations unies, le Royaume-Uni a exprimé, au nom de 23 pays, dont le Canada, sa préoccupation au sujet de la détention arbitraire de membres de la communauté ouïgoure et des atteintes aux droits de la personne commises au Xinjiang, en Chine.
Je vais passer à un autre sujet qui alimente ma vocation de député et qui m'amène à défendre les droits des gens de ma circonscription dans la mesure de mes capacités. Il s'agit des Tibétains et de la protection de leurs droits en Chine.
En plus d'être la Journée internationale des droits de la personne, c'est aujourd'hui le 30e anniversaire de la remise du prix Nobel de la paix à Sa Sainteté le dalaï-lama, en reconnaissance de son œuvre. Cet homme est admiré partout dans le monde, parce qu'il défend la liberté de religion. Il prône la non-violence et se bat contre la persécution en favorisant l'approche conciliante.
Parlons de ce que le gouvernement a accompli au sujet des Tibétains. Nous avons ouvertement déclaré nos préoccupations au sujet des difficultés vécues par les Tibétains auprès du même organisme, au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, ainsi que directement auprès des autorités chinoises au sujet de l'intimidation et de la répression que subissent les minorités ethniques et religieuses en Chine, y compris les Tibétains.
Nous avons spécifiquement discuté du cas du défenseur des droits linguistiques, Tashi Wangchuk, avec les autorités chinoises. Cet homme a eu le courage de parler de la promotion de la langue tibétaine dans la Région autonome du Tibet. Tashi Wangchuk a été accusé et emprisonné injustement. Le Canada n'a pas eu peur d'affirmer ce qu'il pense de cette affaire et il continuera de le faire.
Le gouvernement du Canada a aussi continué de demander l'accès à la Région autonome du Tibet pour nos diplomates, nos parlementaires, nos organisations non gouvernementales et nos délégations. Nous invoquons un concept connu sous le nom de l'accès réciproque. Si un gouvernement étranger est en visite au Canada, il peut se rendre partout où il veut. Nous revendiquons la même liberté d'accès lors de nos visites en Chine, y compris dans la Région autonome du Tibet.
Nous avons aussi toujours prôné l'établissement d'un dialogue sérieux et concret entre le gouvernement chinois et Sa Sainteté le dalaï-lama ainsi que ses représentants pour que les deux parties puissent trouver un terrain d'entente. Nous l'avons fait aux réunions bilatérales de 2016, de 2017 et de 2018 et nous continuerons de le faire à chaque occasion.
C'est un point essentiel à souligner, en raison de l'importance que revêt cette motion. Il est important que le député de Durham soulève cette question parce que cela touche les relations sino-canadiennes et leurs nombreuses facettes.
Un des piliers de ces relations est le respect mutuel, la façon dont nous appliquons ce que l'on appelle la primauté du droit et la façon dont nous abordons la protection des droits fondamentaux de la personne. Le sort des Tibétains, des Ouïghours et de bien d'autres personnes se trouve au cœur des questions que nous devons aborder, sans oublier la situation des adeptes du Falun Gong.
La députée d'Ottawa-Ouest—Nepean, qui a présidé le sous-comité des droits de la personne, y a étudié de très près cette question, entre autres. Le comité s'est penché sur des enjeux comme le prélèvement d'organes et certains des graves problèmes liés au Falun Gong. Nous en avons parlé et nous continuerons d'en parler.
Examinons maintenant les relations bilatérales dans leur ensemble. À cet égard, nous nous assurons d'instaurer un dialogue à tous les échelons. D'ailleurs, le nouveau ministre des Affaires étrangères a récemment assisté au sommet du G20, tenu à Nagoya, à la fin de novembre, pour soulever les questions dont je parle.
Nous avons eu d'autres discussions avec les autorités chinoises au sujet d'une question importante soulevée par le porte-parole de l'opposition en matière d'agriculture, à savoir le canola et les mesures que nous prenons pour rétablir l'accès du canola canadien au marché chinois. Nous parlons haut et fort des changements climatiques et du fait que, s'il s'agit d'un problème mondial, il demande une solution mondiale dont la Chine doit faire partie.
Nous avons parlé de la santé. Nous en parlons dans le cadre du dialogue que nous avons avec les Chinois, ainsi que de la collaboration en matière de santé. Une collaboration bilatérale en matière culturelle s'est établie. Toutes ces questions sont cruciales et nous les examinons toutes dans le cadre de cette relation que nous voulons développer.
C'est une puissance mondiale émergente et il faut cultiver les liens qui nous unissent de manière équilibrée, mais aussi en nous fondant sur nos principes. Nous sommes d'accord avec l'opposition. Nous devons défendre nos principes et miser sur une approche équilibrée, mais nous devons aussi nous exprimer clairement et avec force et ne pas hésiter en particulier à souligner les questions relatives aux droits de l'homme que j'ai soulevées.
C'est une période difficile. C'est évident pour quiconque lit les journaux. Toutefois, nous n'oublions jamais la sécurité des Canadiens, qui reste notre priorité numéro un. Nous croyons, et nous l'avons dit clairement, que ces détentions sont arbitraires et qu'il faut y mettre fin. Nous avons rallié des alliés internationaux à cette cause. Dialoguer est important pour promouvoir les intérêts du Canada à l'échelle de la planète, et nous maintiendrons ces canaux de communication ouverts.
De façon plus générale, le Canada continuera de faire valoir ses principes et de défendre l’ordre international fondé sur des règles qui assurent la paix et la prospérité dans le monde depuis des décennies. Dans le cadre de notre engagement fondé sur des principes, nous poursuivrons la collaboration avec la Chine là où nous le pouvons et défendrons nos valeurs et nos intérêts là où nous le devons.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-10 15:48 [p.227]
Monsieur le Président, je remercie le député de Cowichan—Malahat—Langford de ses observations et de ses interventions à la Chambre. C'est une question intéressante à laquelle je répondrai en quelques points.
Tout d'abord, il est rare qu'un comité spécial soit mis sur pied pour étudier une relation entre deux pays. Des groupes d'amitié et des associations parlementaires s'occupent parfois d'une relation bilatérale précise.
Ensuite, les comités sont maîtres de leur programme de travail. Ainsi, peu importe la composition des comités, y compris lorsque le gouvernement est minoritaire et que les partis de l'opposition sont majoritaires, ce sont les comités qui déterminent eux-mêmes les études à réaliser.
Pour ce qui est de l'idée de former un comité spécial qui étudierait toutes les dimensions du dossier, elle est valable et constitue une contribution louable au débat actuel. Toutefois, je tiens à souligner que l'étude sur la situation des Ouïghours réalisée par le Sous-comité des droits internationaux de la personne est la plus révélatrice que le Parlement ait effectuée jusqu'à maintenant.
Divers comités, y compris des sous-comités, font déjà un excellent travail. Je veux leur donner les moyens de continuer de braquer les projecteurs sur la responsabilité du gouvernement chinois, en particulier en ce qui concerne les droits de la personne.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-10 15:49 [p.227]
Monsieur le Président, au cours des cinq dernières années, j'ai pu apprendre dans cette enceinte que les affaires consulaires et les dossiers qui peuvent avoir de sérieuses conséquences sur la vie de gens doivent être traités avec beaucoup de précautions, y compris quand deux personnes sont injustement emprisonnées en territoire étranger. Ce sont des affaires difficiles et délicates que le gouvernement doit tenter de régler en communiquant par les canaux consulaires avec le gouvernement de l'autre pays, et non sur la place publique.
Je crois fermement que c'est le cas actuellement. Cela ne signifie pas que l'opposition ne peut pas participer à ce genre d'effort. Les députés peuvent mettre la main à la pâte et devraient le faire, mais il faut procéder prudemment et d'une manière qui, par-dessus tout, respecte la vie privée des familles et assure la confidentialité.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-10 15:51 [p.227]
Monsieur le Président, je souhaite au député la bienvenue à la Chambre et je le remercie de sa question. Je m'inscris respectueusement en faux contre l'affirmation selon laquelle nous n'avons obtenu aucun résultat dans les relations entre le Canada et la Chine. Nous traversons une période difficile, mais les liens de longue date que les deux pays ont commencé à tisser à l'époque où Trudeau père exerçait la fonction de premier ministre sont aussi solides qu'on peut le souhaiter.
À mesure que notre relation avec la Chine se développait, nous avons toujours défendu sans équivoque les principes importants que sont la primauté du droit et l'égalité des êtres humains, tous titulaires des mêmes droits fondamentaux. En fait, nous avons commencé à le faire dès 1971 ou 1972 environ. Cette relation connaît depuis peu de temps quelques difficultés, mais je pense qu'elle peut rester forte et qu'elle le demeurera parce que nos économies sont étroitement liées. Nous allons poursuivre cette intégration économique en cherchant d'autres moyens de promouvoir le commerce et les échanges avec l'Asie, comme nous l'avons fait avec l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste et comme nous le ferons avec l'usine de gaz naturel liquéfié à Kitimat.
Il existe beaucoup de moyens de promouvoir les échanges et le dialogue avec la Chine. Nous devons jouer un rôle de premier plan à cet égard, et nous allons continuer de le faire.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-09 12:17 [p.79]
Monsieur le Président, c'est un plaisir d'être de retour à la Chambre et je voudrais d'abord remercier les gens de Parkdale—High Park de m'avoir accordé un deuxième mandat. C'est un honneur et un privilège de les servir, une responsabilité que je ne prends pas à la légère.
Je remercie également les personnes les plus importantes dans ma vie, qui m'ont permis de me rendre où je suis aujourd'hui, les personnes qui m'ont guidé lorsque j'étais enfant et jeune adulte: mes parents, Lou et Sul Virani. Mon père célébrait son 78e anniversaire samedi dernier. Je remercie aussi ma sœur, Shakufe. Dans toute cette aventure, ma famille immédiate m'a toujours offert un soutien indéfectible.
Je dois avouer que ça a été un peu plus difficile pour mon fils cadet cette fois-ci. En 2015, il avait un an et n'était pas très conscient de ce qui se passait. Cette fois-ci, il avait cinq ans et s'est beaucoup ennuyé de son père pendant la période électorale, tout comme mon fils de huit ans. Toutefois, c'est pour eux que je fais ce travail. C'est pour tous les enfants canadiens que nous faisons ce travail. Ne l'oublions pas. J'aime profondément Zakir et Nitin. Je ne porte pas de chemise à boutons de manchette aujourd'hui, mais j'ai des boutons de manchettes portant leurs initiales dans ma poche, comme à toutes les grandes occasions.
Évidemment, la personne la plus importante est ma douce moitié, mon épouse Suchita, qui est mon roc. Nous ne venons pas d'une famille de politiciens, mais, elle me fournit néanmoins un soutien inébranlable et est demeurée à mes côtés tout au long de cette aventure. Elle a même effectué des appels pour encourager le vote le jour du scrutin cette année, ce qu'elle n'avait jamais fait auparavant. Je remercie mon épouse Suchita. Je l'aime profondément. Je la remercie de me permettre de faire ce que je fais, c'est-à-dire servir le Canada et ma circonscription.
Le discours du Trône, qui a été présenté la semaine dernière, contient une série d'initiatives que le gouvernement souhaite mettre en place. J'aimerais en souligner six. Les députés qui siégeaient à la dernière législature se souviendront que je suis toujours avocat plaidant, qui a à coeur de bien organiser ses commentaires.
Mon premier point porte sur la lutte contre les changements climatiques. Nous avons qu'il est urgent d'agir pour le climat. Les Canadiens ont entendu parler de cet enjeu pendant la campagne électorale et avant celle-ci. Nous savons qu'il faut prendre des mesures audacieuses, et c'est ce que nous sommes en train de faire. J'aimerais aussi souligner un autre point important, qui est lié au message que nous ont envoyé les Canadiens, soit qu'ils s'attendent à ce que, dans le cadre d'un gouvernement minoritaire, les députés fassent preuve d'une plus grande collaboration. Nos concitoyens pensent aussi que personne ne détient le monopole des bonnes idées. Nous devons être à l'affût des pratiques exemplaires mises de l'avant par les partis de l'opposition et de celles adoptées dans l'ensemble du pays et partout dans le monde afin de les mettre en pratique ici même, au Canada.
Je vais m'attarder sur une de ces pratiques. Nous avons déjà pris des mesures audacieuses en tarifant le carbone et en adoptant des initiatives visant à éliminer graduellement le charbon et à assurer une transition équitable. Une autre mesure que nous devons prendre ne figure pas dans notre plateforme électorale, mais plutôt dans celle d'un des partis de l'opposition, le NPD. Il s'agit d'un mécanisme de responsabilité climatique, auquel le gouvernement serait tenu de se soumettre. C'est exactement le type de mesure qu'il vaut la peine d'étudier. C'est le modèle qu'utilise la Grande-Bretagne et dont on a vanté les mérites à la COP24, à laquelle j'ai assisté l'an dernier, à Katowice. Je me suis mis à en parler dès mon retour à la Chambre. Je suis heureux de constater que cette idée figure dans la plateforme d'autres partis. C'est le genre d'idée qu'il faut mettre de l'avant, car rien n'est plus pressant que de s'attaquer aux changements climatiques.
Mon deuxième point porte sur la pertinence que revêt l'abordabilité partout au pays. Cela ne concerne pas uniquement ma circonscription, ni la ville de Toronto ou les centres urbains, mais toutes les régions du Canada, rurales ou urbaines. Je veux parler d'un engagement clé qui a été pris dans le discours du Trône et qui a été répété lors de la lecture du discours, à savoir que la toute première mesure que prendra le gouvernement sera de réduire le fardeau fisacal des Canadiens à revenu faible ou moyen. Comment y parviendrons-nous? En augmentant le montant de l'exemption personnelle de base.
Comme je l'ai déjà dit, il ne s'agit pas d'une question partisane. Toutefois, je tiens à signaler une nuance subtile qui expose la différence entre les deux principaux partis à la Chambre. Les conservateurs ont présenté la même idée, sauf qu'ils voulaient que cette augmentation s'applique à tous. Les libéraux, quant à eux, trouvaient que c'est une excellente idée, mais ils ont décidé de l'appliquer à tous, à l'exception du centile le plus riche. Pourquoi? C'est parce que nous croyons qu'il est fondamentalement important que nos mesures ciblent les personnes qui en ont le plus besoin.
Par le passé, certains ont critiqué, peut-être à juste titre, le fait que nous ayons accordé, lors de la dernière législature, une baisse d'impôt pour les personnes dont le revenu se situait approximativement entre 42 000 $ et 85 000 $, si mon souvenir est bon. Des gens ont dit, à juste titre, que les personnes à faible revenu ont besoin d'un allégement fiscal comme n'importe qui. C'est ce que nous avons prévu dans le cadre de notre plateforme électorale et de cette première initiative. Avec cette approche légèrement différente qui consiste à s'assurer que la mesure profite à ceux qui en ont le plus besoin et non à ceux qui n'en ont pas besoin, le Parti libéral s'affiche résolument comme un parti centriste qui s'efforce de répondre aux besoins des plus vulnérables.
Le logement est le troisième sujet dont je veux parler. C'est une question d'une importance capitale. Les gens m'en parlaient constamment lorsque je faisais du porte-à-porte. Qu'il soit question de l'aide au logement, de l'abordabilité des logements locatifs ou de la capacité d'acheter sa première maison, les gens se sentent dépourvus. Ils ont l'impression d'être exclus du marché immobilier.
Il nous incombe, à nous tous, de poser des gestes clairs et énergiques pour améliorer la situation du logement. Et c'est exactement ce que nous faisons grâce à un plan de 55 milliards de dollars sur 12 ans.
La campagne électorale est terminée. Il est maintenant temps de mettre en œuvre des politiques dans ce domaine, en commençant par l'Allocation canadienne pour le logement. Comme il s'agit d'une prestation transférable, elle ne sera pas associée à un appartement ou à un logement en particulier. Les gens pourront donc la transférer s'ils déménagent, qu'ils changent ou non de circonscription ou de ville à l'intérieur du pays.
Le quatrième thème, le contrôle des armes à feu, est d'une importance capitale. Je souhaite dire quelques mots à ce sujet, car il s'agit d'un besoin qui touche l'ensemble des Canadiens, qu'ils vivent en zone rurale ou urbaine.
J'étais tellement ravi de parler du discours du Trône que j'ai oublié de mentionner que je partagerai mon temps de parole avec le député de Vaughan—Woodbridge. Je le félicite d'avoir été réélu à la Chambre.
Je reviens donc au contrôle des armes à feu. On a souligné, vendredi dernier, un anniversaire important: c'était le 30e anniversaire de la tuerie de Montréal.
Je me souviens très bien de cette année-là, il y a 30 ans, parce que ma sœur était une jeune étudiante à l'Université McGill. Comme elle était dans la ville même de Montréal, nous avons reçu plusieurs appels de gens qui voulaient savoir si Shakufe était correcte etsi elle était en sécurité. Nous avons pu répondre que oui, car nous avions eu des nouvelles d'elle. Nous avons été chanceux, notre famille a été chanceuse.
Quatorze familles ont été bouleversées à tout jamais ce soir-là. Ce qui me dérange, c'est que bien des gens félicitent Jacinda Ardern pour la façon dont elle s'est acquittée du dossier du contrôle des armes à feu dans le sillage du massacre brutal perpétré en Nouvelle-Zélande, mais croient que nous devrions attendre le prochain massacre avant d'agir. Nous avons eu notre lot de problèmes et nous continuons d'en avoir. Je pense par exemple à la tuerie survenue il y a 30 ans à Montréal, et à celle qui a eu lieu le 29 janvier 2017 dans la ville de Québec.
Nous avons déjà été témoins de massacres perpétrés au moyen d'armes à feu conçues uniquement pour tuer un maximum de personnes. Ce ne sont ni des fusils de chasse ni des armes que l'on peut avoir une raison légitime de se procurer; ce sont des armes qui n'ont pas leur place dans la société canadienne. Nous avons pris l'engagement audacieux de nous débarrasser des armes d'assaut de type militaire. Cet engagement a été réitéré dans le discours du Trône, et j'ai la ferme intention de veiller à ce qu'il soit mis en œuvre sans tarder.
Cependant, cela ne s'arrête pas là. En tant que député de Toronto, je crois fermement à la nécessité de contrôler les armes à feu. Il y a certes beaucoup d'éléments qui contribuent au problème des armes à feu et à la violence dans des villes comme la mienne. Nous avons des problèmes liés aux gangs et au contrôle de nos frontières, mais une partie du problème s'explique par l'accessibilité des armes de poing, qui n'ont pas leur place dans une ville comme Toronto ni dans un grand nombre de nos centres urbains.
C'est un enjeu qui touche nos collectivités, y compris les communautés racialisées. L'accessibilité des armes à feu fait du tort aux gens qui ont des problèmes de santé mentale ou des pensées suicidaires. Elle est étroitement liée à la violence familiale, en particulier la violence envers les femmes. C'est en nous attaquant au nœud du problème — le contrôle des armes à feu — que nous remédierons à cette situation.
Le cinquième thème que je souhaite aborder est la réconciliation avec les Autochtones. J'étais très fier de voir ce thème être réitéré dans le discours, comme il doit l'être. Il faudra sept générations pour que la réconciliation se concrétise. Lors de la dernière législature, nous avons réalisé d'énormes progrès relativement aux besoins monétaires, aux avis d'ébullition de l'eau, aux mesures législatives sur les services à l'enfance et à la Loi sur les langues autochtones, sur laquelle j'ai eu le grand privilège de travailler à titre de secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien de l'époque. Abstraction faite de mes antécédents concernant les questions d'équité et la lutte contre la discrimination, ce dossier m'a appris que nous ne parviendrons à remédier à toutes sortes d'autres problèmes d'iniquité au Canada que si nous nous attaquons au problème fondamental, à savoir les 400 ans de colonialisme et de racisme dont les Autochtones ont été victimes.
L'assurance-médicaments est le sixième thème dont je voulais parler. Dans le but de tendre la main à nos collègues d'en face, nous avons entendu différents partis en parler à la Chambre. Le temps est venu de combler les lacunes dans les politiques actuelles. Parmi tous les pays membres de l'OCDE, le Canada est le seul à avoir un régime public de soins de santé, mais pas de régime public d'assurance-médicaments. Personnellement, je ne souhaite pas faire partie d'une telle minorité et je sais que mes collègues d'en face partagent cet avis.
Une autre excellente suggestion, qui se trouve dans la plateforme électorale du NPD, c'est d'examiner l'intégration des soins dentaires au régime de soins de santé. On l'a mentionné dans le discours du Trône, et je crois que cette idée mérite d'être examinée.
Monsieur le Président, vous savez que, avant d'être élu, j'étais avocat spécialiste des droits de la personne et du droit constitutionnel. Étant donné que nous avons siégé ensemble, vous savez que je suis arrivé au Canada comme réfugié de l'Ouganda, que j'ai tiré parti des occasions qui se sont offertes à moi dans ce beau pays et que j'ai travaillé pour le rendre meilleur. Depuis quatre ans, nous avons fait de grands progrès, mais il reste encore beaucoup de pain sur la planche.
Je tiens à conclure en mentionnant quatre points auxquels j'ai pensé après ma réélection, qui sont des engagements envers moi-même, mes concitoyens et la Chambre.
Premièrement, je continuerai à exprimer mes convictions de toujours: lutter contre la discrimination, promouvoir l'égalité et faire du Canada un pays plus inclusif pour tous.
Deuxièmement, je continuerai à défendre les droits de la personne, tant ici qu'à l'étranger, à chaque occasion qui se présente.
Troisièmement, je veillerai à ce que l'abordabilité du logement ne soit pas uniquement une idée farfelue, mais bien une mesure qui se concrétise pour les habitants de ma circonscription.
Quatrièmement, je m'assurerai que nous travaillerons toujours sans relâche, rapidement et de façon ambitieuse pour lutter contre les changements climatiques parce qu'il s'agit du problème le plus urgent de notre époque.
Dans un esprit de collaboration et de collégialité, je félicite tous les nouveaux députés et ceux qui sont de retour. J'espère travailler en collaboration avec l'ensemble des députés pour améliorer le pays et le Parlement.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-09 12:28 [p.81]
Monsieur le Président, c'est un honneur extraordinaire pour moi que la première personne à me poser une question à la Chambre, en cette nouvelle législature, soit un ancien stagiaire parlementaire. Je félicite le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon. Nous sommes maintenant trois. Judy Wasylycia-Leis, que je peux nommer puisqu'elle ne siège plus ici, a été la première stagiaire à être élue.
C'est une question délicate que pose le député. Nous avons prévu un incitatif universel à l'achat de véhicules sans émissions, mais je ferai remarquer au député que c'est pour les véhicules sans émissions parmi les moins chers, ceux qui coûtent 50 000 $ ou moins.
Les véhicules Tesla et d'autres types de véhicules coûtent dans les 80 000 $ et 90 000 $. Nous les avons expressément exclus parce que ces véhicules sont à la portée d'une certaine tranche de la population. Ils ne sont pas à la portée des personnes à faible revenu ou à revenu moyen. Ce sont elles que nous ciblons. C'est pour cette raison que le crédit d'impôt pour véhicules non polluants n'est offert que pour les véhicules dont le prix est inférieur au prix plafond que nous avons fixé.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-09 12:30 [p.82]
Monsieur le Président, je félicite le député de St. John's-Est de son retour à la Chambre. C'est un député expérimenté qui a été brièvement et involontairement absent, et je lui souhaite la bienvenue à la Chambre.
Sur ces deux points, c'est en toute bonne foi que nous nous engageons à adopter l'assurance-médicaments et entamons un dialogue sur les soins dentaires.
En ce qui concerne le deuxième point, les soins dentaires, j'en ai beaucoup entendu parler dans ma circonscription et pendant la campagne. Plus précisément — et je ne suis pas certain que cela ne concerne que l'Ontario — , les personnes admissibles à ce qu'on appelle le Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées pâtissent d'une lacune du programme. En effet, elles ont droit à l'assurance dentaire, mais celle-ci leur est subitement coupée dès lors qu'elles atteignent l'âge de 65 ans et qu'elles ont accès au Programme de prestations d'invalidité du Régime de pensions du Canada. C'est un problème, notamment pour les gens qui vivent jusqu'à 80 ou 90 ans. Nous devons nous pencher sur cette question. Nous devons l'étudier.
Au sujet du calendrier, nous parlons de changements structurels massifs de la même ampleur que ceux que nous avons faits dans les années 1960 avec l'assurance-maladie ou dans les années 1950 avec les pensions, si je me souviens bien.
Nous devons les apporter de façon méthodique et nous assurer de bien faire les choses. C'est la raison d'être de l'étude et du rapport Hoskins et c'est ainsi que nous allons procéder.
Voir le profil de Arif Virani
Lib. (ON)
Voir le profil de Arif Virani
2019-12-09 12:32 [p.82]
Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question et je le félicite pour son élection et son histoire familiale. J'aimerais souligner deux choses.
Premièrement, les subventions pétrolières ne sont pas aussi simples qu'il ne les fait paraître. Les subventions pétrolières comprennent aussi des subventions aux communautés autochtones, plus particulièrement celles du Nord du Canada. Ce sont elles qui nous ont dit, lors de la dernière législature, que si nous éliminions ces subventions, nous éliminerions le lien leur permettant d'avoir accès à une source d'énergie économique.
Deuxièmement, nous nous sommes engagés à éliminer les subventions pétrolières d'ici 2025, et nous allons atteindre cet objectif.
Résultats : 1 - 9 de 9