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NPD (BC)
Madame la Présidente, je reviens ce soir sur une question que j'ai posée au ministre de l'Environnement au début décembre. Le rapport de 2022 sur les espèces sauvages venait tout juste d'être publié et le sommet de la COP15 sur la biodiversité allait commencer à Montréal.
Le rapport sur les espèces sauvages publié en 2022 décrit la situation générale de plus de 50 000 espèces présentes au Canada. Ces rapports sont publiés tous les cinq ans depuis 2000, le plus récent étant le cinquième de la série. On y apprend que plus de 2 000 espèces sont en danger de disparition, dont plus de 100 espèces qu'on ne trouve qu'au Canada.
Les populations d'oiseaux diminuent à une vitesse inquiétante en Amérique du Nord. Elles ont diminué de 30 % depuis 50 ans, ce qui représente une perte d'environ 3 milliards d'oiseaux.
Cette perte de biodiversité constitue une énorme menace pour notre environnement, nos écosystèmes et notre approvisionnement alimentaire. J'ai rappelé au ministre que les libéraux n'ont presque pas fait de progrès en vue de respecter leur promesse de protéger 30 % de nos terres naturelles d'ici 2030. À l'heure actuelle, seulement 12 % environ des habitats terrestres et aquatiques du Canada sont protégés; le Canada se classe au 128e rang à l'échelle mondiale dans ce domaine, derrière les États-Unis et loin derrière des pays comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
J'ai expressément demandé si le gouvernement présentera un projet de loi sur la responsabilité en matière de biodiversité afin que nous atteignions ces objectifs cruciaux. Je dirai d'emblée que je suis heureux que le ministre se soit engagé à le faire lors de la COP 15 à Montréal, mais j'aimerais prendre un peu de temps pour expliquer pourquoi nous devons le faire et ce que nous devons faire.
Tout d'abord, nous avons besoin de mesures de reddition de comptes. Nous avons vu les progrès réalisés depuis l'adoption de la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité. Nous avons besoin d'un cadre législatif semblable pour assurer la protection de notre biodiversité. Nous avons besoin d'objectifs et de plans pour les atteindre. Nous avons des objectifs de base pour la protection des habitats, qui consistent à préserver 30 % des terres et des eaux d'ici 2030. Nous devons les étoffer, car nos efforts se solderont probablement par un échec si nous nous contentons d'un objectif axé sur la superficie.
Nous ne pouvons pas simplement mettre de côté de grands lopins de roche et de toundra. Les grandes étendues de terre sont importantes, mais elles doivent être contrebalancées par la protection de zones plus petites qui représentent un habitat essentiel pour les espèces en péril. La plupart de ces espèces en péril se trouvent dans le Sud du Canada, dans les régions où nous vivons et travaillons. Ce sont ces écosystèmes que nous avons modifiés pour construire des villes, cultiver la terre et extraire des ressources naturelles.
Parmi les écosystèmes les plus menacés, il y a la forêt carolinienne du Sud‑Ouest de l'Ontario, les prairies à herbes hautes du Sud du Manitoba, les savanes de chênes de Garry du Sud de l'île de Vancouver et, dans mon coin de pays, les prairies désertiques du Sud de la vallée de l'Okanagan, en Colombie‑Britannique. Ces écosystèmes et d'autres encore ont besoin qu'on leur accorde une attention particulière et ne doivent pas être oubliés dans les plans du gouvernement.
Le Canada a joué un rôle de premier plan sur la scène internationale dans la mise au point du concept des zones clés pour la biodiversité, et nous devrions mettre pleinement en œuvre ce programme ici, dans le cadre de la stratégie canadienne de la biodiversité. Une loi sur la responsabilité en matière de biodiversité permettrait de préciser ce à quoi ressemblera la protection des écosystèmes et d'établir un plan clair pour y arriver. Bien sûr, il faut prévoir des mesures robustes de reddition de comptes pour que les gouvernements successifs soient tenus d'atteindre les objectifs.
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NPD (BC)
Madame la Présidente, j'ai décrit ce que nous devons faire pour relever le défi de la perte de la biodiversité au Canada. Il nous faut une loi qui contient un processus nous permettant de fixer des objectifs significatifs et d'établir un plan concret sur la façon de les atteindre, ainsi que des mesures de reddition de comptes publiques et transparentes visant à assurer notre réussite.
Les plans de protection de la biodiversité doivent inclure une variété de modèles de gestion de l'habitat comprenant des mesures de protection des espèces très mobiles, comme le caribou, ainsi que des sites très précis pour d'autres espèces vulnérables. Tout cela inclura des partenariats avec les peuples autochtones, des organisations non gouvernementales et, bien entendu, les provinces, qui contrôlent la majorité des terres publiques au Canada. Nous devons réussir. La santé de l'environnement où nous vivons, celle des divers milieux qui nous fournissent de l'air pur, de l'eau potable et des sols riches où faire pousser nos récoltes, repose au bout du compte sur une grande variété d'espèces.
Lorsque le reste de la planète nous regardait, à Montréal, le Canada a dit les bonnes choses. Maintenant, nous devons transformer ces paroles en gestes concrets afin de conserver un monde habitable pour les générations futures.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, les néo-démocrates se réjouissent de toute avancée en matière de garderies au Canada. Nous insistons sur ce programme depuis 30 ans, c'est-à-dire depuis que les libéraux ont commencé à le promettre.
Je me demande si le député pourrait faire part de ses réflexions sur les avantages que cela représente non seulement pour les jeunes familles et les femmes qui essaient d'accéder au marché du travail, mais aussi pour les entreprises canadiennes. Dans ma circonscription, le logement représente l'un des principaux obstacles pour les entreprises qui sont à la recherche de main-d'œuvre. Si nous pouvons accéder à une main-d'œuvre qui dispose déjà d'un logement, comme les femmes à la maison qui ont besoin d'une garderie pour entrer sur le marché du travail, c'est un énorme avantage pour l'économie dans son ensemble.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, je suis heureux que la députée ait soulevé le sujet de l'effet que cela aurait sur la main-d'œuvre. De nombreuses entreprises dans ma circonscription et dans l'ensemble du Canada sont à la recherche de travailleurs. Dans ma circonscription en particulier, ainsi que dans beaucoup d'autres, elles ne peuvent pas trouver de travailleurs parce qu'il n'y a pas d'endroit où les nouveaux travailleurs peuvent vivre. La crise du logement leur a rendu la tâche très difficile. L'une des solutions évidentes à ce problème consiste à fournir un meilleur système de garderies qui est plus inclusif, plus abordable et plus accessible et qui permettra aux personnes qui ont déjà un endroit où vivre de réintégrer le marché du travail, ce qui aidera ces entreprises à aller de l'avant et à réussir dans le monde d'aujourd'hui.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, c'est avec tristesse que le prends la parole cet après-midi pour rendre hommage à notre ami et collègue Jim Carr. Jim était, en effet, l'ami et le collègue de tous les députés. Selon mon expérience, il représentait le meilleur genre de politicien qui soit, c'est-à-dire quelqu'un qui est sincèrement au service de sa communauté, de sa province et de son pays. Il avait toujours à cœur de tendre la main aux collègues d'en face, de collaborer avec les gens de tous les horizons politiques et de rassembler les gens.
Certaines de ces caractéristiques lui venaient peut-être de son parcours professionnel varié. Il disait parfois avoir été un peu hippie dans sa jeunesse. Il a même été néo-démocrate pendant un certain temps.
Jim était musicien professionnel, hautboïste dans l'Orchestre symphonique de Winnipeg et journaliste pour le Winnipeg Free Press.
Il a été pendant plusieurs années député à l'Assemblée législative du Manitoba. Il a aussi été président du Business Council of Manitoba et parmi les premiers à militer en faveur d'une stratégie en matière d'énergie propre pour le Canada. Un parcours aussi varié permet vraiment à une personne de voir toutes les facettes d'un enjeu et d'imaginer différentes façons de régler les problèmes.
J'ai fait la connaissance de Jim à l'époque où j'étais le porte-parole du NPD en matière de ressources naturelles et qu'il était le ministre. Nous avons voyagé ensemble à plusieurs reprises. Je n'étais pas toujours d'accord avec lui, mais il m'a toujours traité avec un respect total. À mon léger malaise, il m'a plusieurs fois présenté lors de conférences comme son « gentil critique ». Cette représentation suscitait en moi des sentiments partagés, mais elle reflétait vraiment la camaraderie qui régnait entre nous.
Jim était un vrai rassembleur. En 2017, il a organisé le forum Génération Énergie dans sa ville natale, Winnipeg. Jim était très fier de cette conférence et de la façon dont elle a rassemblé des gens de toute l'Amérique du Nord et, en fait, du monde entier dans sa ville natale pour parler du passage à l'énergie propre.
Au milieu de la conférence, il a invité de nombreux participants chez lui pour une fête, qui était en fait pour célébrer son anniversaire. Je ne pense pas que la conférence ait été planifiée pour coïncider avec son anniversaire, mais c'était certainement un excellent moyen pour nous de rencontrer des personnes intéressantes venues s'attaquer à certaines des questions difficiles de notre époque, tout en profitant de l'hospitalité de Jim et Colleen.
L'année suivante, j'ai voyagé avec Jim pour assister au sommet sur l'énergie du G20, en Argentine. Là-bas, il était très fier de tous les efforts que son équipe et lui avaient faits pour rallier les États‑Unis avec un communiqué qui parlait de la crise climatique et de la nécessité de se tourner vers un avenir plus vert, à faibles émissions de carbone. Il faut se rappeler que c'était en plein cœur de la présidence de Trump.
Plus tard cette année-là, Jim est passé au portefeuille du Commerce international. Je ne l'ai donc plus autant côtoyé. De toute évidence, il a travaillé avec tout autant d'énergie et de conviction dans ce dossier que dans celui des ressources naturelles. Il était convaincu que les partis qui semblaient avoir de fortes divergences d'opinions sur des questions importantes pouvaient se rapprocher grâce à des conversations honnêtes. Il a également présidé ses réunions avec brio en veillant à ce que des conversations honnêtes mènent à des mesures concrètes autant que possible.
Jim était très heureux que son projet de loi d'initiative parlementaire sur le développement d'une économie verte dans les Prairies soit adopté à la Chambre la semaine dernière. Malgré sa longue bataille contre le cancer, il semblait bien aller et il a pris le temps de remercier tous ceux qui lui avaient donné leur appui. Il savait qu'il souffrait d'un cancer en phase terminale, mais, comme il le disait souvent, « chaque jour compte ».
Jim aimait son pays. Il avait sa collectivité à cœur. Il n'hésitait pas à encourager les nouveaux députés de tous les partis. Il faut plus de gens comme Jim Carr dans cette enceinte et au sein de tous les gouvernements au Canada.
Au nom du caucus du Nouveau Parti démocratique, je tiens à offrir mes plus sincères condoléances à son épouse, Colleen, et à toute sa famille. Je les remercie de nous avoir permis de le côtoyer au cours des sept dernières années.
J'aimerais dire à Jim: « Au revoir, mon ami. Que Dieu te garde. Shalom. »
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NPD (BC)
Monsieur le Président, nous subissons les effets des changements climatiques. Les effets sont réels sur la population et sur notre économie.
L'année dernière, en Colombie-Britannique, nous avons connu une série d'incendies de forêt catastrophiques, dont l'un a rasé la municipalité de Lytton. Simultanément, un dôme de chaleur a amené des températures de plus de 40 degrés dans le sud de la Colombie-Britannique, tuant plus de 600 personnes dans la région métropolitaine de Vancouver.
À l'automne, une rivière atmosphérique a détruit toutes les routes reliant la côte sud de la Colombie-Britannique au reste du Canada, et certaines de ces routes viennent tout juste d'être rouvertes. Les inondations ont dévasté les villes de Princeton et de Merritt, de nombreuses communautés des Premières Nations et quelques-unes des meilleures terres agricoles de la province.
Le véritable coût de ces catastrophes n'a pas encore été calculé, mais le gouvernement fédéral s'est engagé à verser 5 milliards de dollars à la Colombie-Britannique pour aider les collectivités à se reconstruire. Cette année, la Colombie-Britannique a été largement épargnée, mais au printemps, elle a essuyé une série de tempêtes, qu'on appelle maintenant un « derecho ». Nous avons dû apprendre une toute nouvelle taxinomie des catastrophes climatiques. Ce phénomène a causé près d'un milliard de dollars de dommages à des propriétés assurées dans certaines parties de l'Ontario et du Québec.
Puis, à l'automne, l'ouragan Fiona est devenu l'ouragan le plus puissant à avoir jamais touché terre dans le Canada atlantique. Des maisons ont été emportées par la mer et des vies ont été perdues. Encore là, le gouvernement a promis une aide de l'ordre de plus de 300 millions de dollars.
En septembre, un rapport de l'Institut climatique du Canada a révélé que les effets des changements climatiques ralentiront la croissance économique du Canada à raison de 25 milliards de dollars par année d'ici 2025. C'est la moitié de la croissance prévue du PIB en 2025 et 12 fois l'ensemble des pertes liées aux intempéries réclamées aux assurances au Canada en 2021. Ces répercussions atteindront près de 100 milliards de dollars par année d'ici 2050.
Ma question au ministre de l’Environnement et du Changement climatique, dont je fais le suivi dans ce débat d'ajournement, était fondée sur ce rapport. Le rapport de l'Institut climatique du Canada conclut également que les mesures proactives qui aident les collectivités et les Canadiens à s'adapter aux changements climatiques pourraient réduire l'impact des catastrophes climatiques. En fait, le rapport souligne qu'une combinaison de l’atteinte des cibles mondiales de réduction des émissions et de la prise de mesures d'adaptation par le Canada pourrait réduire de 75 % les effets négatifs.
Peu de temps après que j'eus posé cette question, le gouvernement a déposé sa Stratégie nationale d’adaptation. Cette stratégie prévoit 1,6 milliard de dollars en nouveau financement pour des mesures générales d'adaptation aux changements climatiques. Environ le tiers de ce montant sert à supplémenter le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes, qui souffre d'un sous-financement chronique et ne suffit pas à la demande. De nombreuses collectivités qui tentent de rebâtir après un incendie ou une inondation n'obtiennent pas l'aide dont elles ont besoin.
Le gouvernement va-t-il arrêter de subventionner l'industrie des carburants fossiles et rediriger ces milliards de dollars vers l'aide aux collectivités pour la résilience face aux changements climatiques?
Nous récupérerions bien plus que cet investissement grâce à la réduction des impacts directs des événements météorologiques extrêmes sur les collectivités canadiennes et, plus important encore, nous atténuerions les conséquences tragiques des catastrophes climatiques sur la vie et le gagne-pain des familles canadiennes.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, dans sa réponse à ma question lors de la période des questions, le ministre a admis que le Canada verse encore des subventions totalisant 4 milliards de dollars au secteur pétrolier et gazier à l'heure actuelle. Le gouvernement n'a pas le courage ni l'ambition de mettre en œuvre des mesures d'adaptation aux changements climatiques quand c'est ce dont nous avons cruellement besoin. C'est comme sa réponse plutôt timide pour atténuer les changements climatiques et son incapacité à réduire nos émissions de carbone.
Le financement complémentaire de près de 500 millions de dollars consacrés au Fonds d'atténuation et d'adaptation en matière de catastrophes n'est pas suffisant. Nous devons faire des investissements audacieux pour réduire les effets dévastateurs de la crise climatique. Le NPD croit que le gouvernement doit consacrer, chaque année, au moins 2 milliards de dollars additionnels au Fonds d'atténuation et d'adaptation en matière de catastrophes. C'est encore très en deçà des 5 milliards de dollars que le pays consacre chaque année pour réparer les dégâts assurables.
Nous devons investir dans les mesures d'adaptation, et non seulement agir après coup pour aider les collectivités à se remettre des effets dévastateurs d'une catastrophe qui laisse les Canadiens sans logis et sans gagne-pain. Nous devons faire ces investissements immédiatement. Nous devons veiller à aider les Canadiens et les collectivités de notre pays à se préparer pour un avenir incertain.
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NPD (BC)
Madame la Présidente, j'aurais aimé que l'énoncé économique de l'automne et le projet de loi à l'étude apportent une aide supplémentaire aux étudiants des cycles supérieurs, ces étudiants brillants qui font une maîtrise ou un doctorat. Les sommes qu'ils reçoivent du gouvernement fédéral pour leur travail n'ont pas changé depuis 2003, donc depuis presque 20 ans. Ils vivent dans la pauvreté, sous le seuil de pauvreté. Leur travail leur rapporte moins que le salaire minimum. Au cours de la dernière année, le comité de la science et de la recherche a recommandé une augmentation de leur salaire, mais rien n'a été fait.
Le député peut-il expliquer pourquoi?
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NPD (BC)
Madame la Présidente, je connais l'expérience du député et je lui suis reconnaissant de tous ses efforts dans ce dossier. Je comprends ce qui le motive.
C'est un projet de loi très important. À la base, nous devons reconnaître l'histoire autochtone du Canada, qui est complètement ignorée dans la plupart de nos commémorations. Afin de protéger les lieux historiques, les monuments, les sites ou quel que soit le nom qu'on veut bien leur donner, il faut du financement. En 2018, le vérificateur général a constaté qu'il n'y avait pas suffisamment de financement.
C'est le cas dans ma circonscription. Le Miners' Union Hall, à Rossland, qui est le seul lieu historique national dans ma circonscription, n'a pas pu obtenir de financement fédéral pour faire l'entretien de sa toiture.
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NPD (BC)
Madame la Présidente, selon le récent rapport sur les espèces sauvages, une espèce sur cinq est en voie de disparition au Canada. Cela signifie que plus de 2 000 espèces canadiennes sont menacées d'extinction ou de disparition du pays. Cette perte constitue une énorme menace pour notre environnement, nos écosystèmes et notre approvisionnement alimentaire.
Les libéraux n'ont presque pas fait de progrès en vue de respecter leur promesse de protéger 30 % de nos terres naturelles d'ici 2030. Le gouvernement présentera-t-il un projet de loi sur la responsabilité en matière de biodiversité afin que nous atteignions ces objectifs cruciaux?
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NPD (BC)
Monsieur le Président, je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour que je partage mon temps de parole cet après-midi.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée de Nunavut.
Je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi C‑23, Loi sur les lieux historiques du Canada, qui vise à moderniser la Loi sur les lieux et monuments historiques. En résumé, cette nouvelle mesure législative vise à moderniser le cadre de protection et de préservation des lieux historiques et à inclure les peuples autochtones dans le processus de désignation de ces lieux.
Les Canadiens accordent de l'importance aux lieux qui font partie de leur patrimoine historique et culturel collectif. Toutefois, pendant la plus grande partie de l'histoire du pays, l'histoire des peuples autochtones n'a pratiquement pas été prise en considération dans la désignation des lieux et des monuments historiques. Ce projet de loi est un premier pas dans la bonne direction pour inclure les peuples autochtones dans le processus de désignation et d'aménagement de ces lieux.
La députée de Nunavut fournira plus de détails à cet égard, mais j'aimerais donner comme exemple deux lieux importants pour les Autochtones qui se trouvent dans ma circonscription.
Dans la région du Sud de l'Okanagan, il y a deux parcs provinciaux qui sont populaires chez les campeurs, mais qui sont aussi d'importants lieux culturels pour les Syilx.
Contrairement à la plupart des lieux historiques non autochtones, ces lieux ne contiennent aucun édifice emblématique, mais ils ont été d'importants lieux de rassemblement pendant des millénaires.
L'un de ces parcs est le parc provincial sw̓iw̓s. C'est une belle péninsule étroite, qui coupe presque en deux le lac Osoyoos. Le terme « nsyilxcən » signifie une partie peu profonde d'un lac qu'on peut traverser à pied ou à cheval.
Le nom « sw̓iw̓s » a été changé pour celui d'« Osoyoos » par le juge Haynes, un colon et le premier juge de paix. C'est maintenant devenu le nom de la localité et du lac.
Selon la légende, le juge Haynes a ajouté le « o » initial en raison de ses origines irlandaises.
Paradoxalement, la longue péninsule a pris le nom de « Haynes Point », puis est devenue le parc provincial Haynes Point. En 2015, le nom du parc a été changé pour « parc provincial sw̓iw̓s ». Le parc est maintenant géré et exploité par la bande indienne d'Osoyoos.
Il y a un cas similaire un peu plus au Nord, à Okanagan Falls. Dans des rapides rocheux, où la rivière Okanagan prend sa source dans le lac Skaha, on trouve depuis des millénaires un lieu de rassemblement sacré pour les Syilx. Il est sacré parce que c'était un endroit où on capturait du saumon rouge et du saumon quinnat alors qu'ils remontaient le courant pour aller frayer.
Comme dans le cas du parc sẁiẁs, dont je viens de parler, cet endroit aussi a été désigné parc provincial, le parc provincial Okanagan Falls, mais en 2015, lui aussi a été rebaptisé et il est géré depuis par la bande indienne d'Osoyoos. Il s'appelle maintenant le parc provincial sx̌ʷəx̌ʷnitkʷ, un nom nsyilxcən qui signifie « petites chutes ». Cela fait référence à Kettle Falls, dans l'État de Washington, sur la rivière Kettle.
Le nom nsyilxcən de Kettle Falls est sx̌ʷnitkʷ, qui signifie « grandes chutes ». Ces deux chutes comptaient parmi les lieux de pêche importants du territoire traditionnel de la nation Okanagan.
Le site de Kettle Falls a été inondé par le barrage de Grand Coulee il y a près d'un siècle, et même si cela s'est produit sur le territoire des États‑Unis, c'est le reflet d'un manque total d'égard à l'endroit des lieux qui revêtaient une importance capitale pour les peuples autochtones lors de la colonisation de l'Amérique du Nord.
Le terrain de camping du parc provincial sx̌ʷəx̌ʷnitkʷ est fermé chaque année pendant la troisième fin de semaine de septembre en raison de la fête du saumon tenue par l'Alliance des Nations de l'Okanagan. Il s'agit d'une activité de sensibilisation à l'histoire et à la culture de la nation Okanagan, ainsi qu'aux efforts de cette dernière pour revitaliser et restaurer les stocks de saumon rouge dans la rivière Okanagan.
Tout le monde peut participer aux célébrations, et je recommande vivement à tous d'y aller. Il s'agit d'une activité merveilleuse.
Il y a un lieu historique national officiel dans ma circonscription, le Miners' Union Hall, à Rossland, qui a ouvert ses portes en 1898, au plus fort du boom minier dans Kootenay‑Ouest. Les mineurs de la région avaient créé la première section locale canadienne de la Western Federation of Miners, en 1895, et chacun d'entre eux avait versé une journée de salaire pour faire construire cet immeuble.
Cette section locale a contribué à faire adopter bon nombre des premières lois du travail en Colombie‑Britannique et au Canada, notamment en ce qui concerne la semaine de travail de cinq jours, la journée de travail de huit heures, la sécurité en milieu de travail ainsi que — c'était la première loi du genre — l'indemnisation des travailleurs.
Après la construction de l'immeuble, des tensions constantes au sein des camps miniers ont amené le gouvernement du Canada à envoyer Roger Clute, éminent avocat de Toronto, à Rossland, en 1899. Celui-ci a conclu que l'imposition d'un processus d'arbitrage serait moins efficace que l'adoption de mesures de conciliation. Après un autre voyage à Rossland, ses rapports ont mené à la mise en place d'une loi fédérale, l'Acte de conciliation de 1900, qui a favorisé la création du ministère du Travail et du régime canadien de relations du travail.
Ce qui s'est passé à Rossland a contribué à l'établissement de notre régime de relations de travail, partout au pays, et l'édifice Miners' Hall a été au centre de cette effervescence. La rumeur veut même que Joe Hill, le légendaire syndicaliste des États‑Unis, ait vécu dans le grenier de l'édifice alors qu'il se cachait des autorités américaines. Le Miners' Union Hall de Rossland peut donc véritablement être considéré comme l'un des plus importants lieux historiques du Canada et il occupe toujours une place de choix dans la vie communautaire de cette localité et des environs.
Le bâtiment a été abandonné après la fermeture des mines, à la fin des années 1920, et d'importants travaux de rénovation étaient nécessaires pour le remettre en état. Des travaux récents ont commencé en 2015, et les tentatives initiales d'obtenir du financement fédéral à cette fin ont échoué. Je suis toutefois heureux de signaler que les derniers travaux de rénovation ont finalement reçu du financement de tous les ordres de gouvernement. En 2020, l'édifice Miners' Hall de Rossland a été désigné lieu historique national, et j'ai été ravi de participer à la cérémonie qui a été tenue à cette occasion.
Je voulais raconter l'histoire du Miners' Hall pour bien montrer que les lieux historiques ont besoin d'être entretenus et rénovés en permanence et que ceux qui n'appartiennent pas au gouvernement fédéral, dont le Miners' Hall, en ont tout autant besoin que ceux qui lui appartiennent.
En 2017, le Comité permanent de l'environnement et du développement durable a recommandé de porter le financement fédéral annuel du programme de partage des frais pour les lieux historiques à au moins 10 millions de dollars par an, mais seulement 2 millions de dollars sont disponibles pour le prochain cycle. En 2018, le vérificateur général a signalé qu'aucune ressource n'est allouée aux nouveaux lieux historiques nationaux et que ces lieux précieux s'effondrent littéralement. Lorsqu'il s'agit d'entretenir le patrimoine, qui tient à cœur aux Canadiens, nous devons faire mieux.
En terminant, j'aimerais parler d'un autre lieu historique au Canada qui ne bénéficie pas encore d'une désignation ou d'une protection fédérale: le SS Sicamous. Le SS Sicamous est un navire à vapeur historique muni de roues à aubes, qui voguait sur le lac Okanagan au début des années 1900. Il permettait des déplacements vitaux dans l'ensemble de la vallée, avant la construction de routes. Ce navire est amarré de façon permanente à Penticton, tout comme le saloon qui se trouvait à l'arrière du SS Okanagan, un navire plus vieux à bord duquel mes grands-parents ont traversé le lac après qu'ils ont quitté l'Angleterre pour venir s'établir au Canada en 1910. Ce parc sur l'histoire maritime abrite aussi le SS Naramata, un vieux remorqueur à vapeur et un autre remorqueur à moteur diésel historique du Chemin de fer Canadien Pacifique, qui poussait des trains de barges sur le lac Okanagan quand j'étais jeune.
Ces navires historiques occupent une grande place dans notre histoire, et ils méritent une désignation nationale. Comme dans le cas de l'édifice Miners' Hall de Rossland, l'entretien et la rénovation de ces navires coûtent très cher. Il y a un grand groupe de bénévoles très talentueux et enthousiastes qui travaillent sur ces navires chaque jour, mais ils ont besoin de fonds pour le matériel afin de les aider avec leur travail.
Ce projet de loi est attendu depuis longtemps, et le NPD l'appuiera. Cependant, nous devons faire plus pour nous assurer que les Autochtones et les lieux qui leur sont chers prennent la place qui leur revient dans nos lieux historiques nationaux. Nous devons veiller à ce que suffisamment de fonds soient prévus en vue de sauver ces lieux précieux pour les générations futures de Canadiens.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, je suis aussi d'avis qu'il ne suffit pas de célébrer les pans de notre histoire qui nous rendent fiers et qu'il faut aussi garder en mémoire ceux qui sont moins glorieux et dont nous avons peut-être honte, alors, oui, nous devons nous souvenir des événements comme l'affaire du Komagata Maru qui ont marqué l'histoire de notre pays. Il faudrait peut-être des lieux historiques ou des plaques pour nous enseigner ce qui s'est passé dans ces lieux ou lors de ces événements.
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NPD (BC)
Monsieur le Président, je suis aussi d'accord avec la députée de Saint‑Jean: nous devons préserver la mémoire de ces événements et incidents de notre histoire.
Le Miners' Union Hall est un symbole de l'évolution des relations de travail au Canada, qui n'étaient pas très roses dans les années 1800, lorsque les mineurs sont arrivés à Rossland. Ces derniers ont amélioré les choses. C'est un pan d'histoire qui doit être connu et célébré. Que le contexte relatif à ces sites ou à d'autres sites et lieux où se sont déroulés divers événements change ou pas, ces sites et lieux historiques doivent être mis en valeur et entretenus afin que nous puissions continuer d'apprendre à leur sujet.
Dans le futur, je ne sais pas comment ces lieux pourront être politisés. Nous avons actuellement des exemples de tels cas, notamment en ce qui concerne des statues. Par contre, nous devons connaître notre histoire et nous en souvenir si nous ne voulons pas être condamnés à la répéter.
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NPD (BC)
Madame la Présidente, je suis entièrement d'accord. La bande indienne d'Osoyoos, dont j'ai fait mention, en est un parfait exemple. Elle a construit le Nk’Mip Desert Cultural Centre, dont la mission vise précisément la conservation. Je suis très fier d'avoir ce centre dans ma circonscription.
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