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Il était une fois six chandeliers

Kerry Barrow, catalogueur de collections, Services de conservation

Chandelier

La Cité parlementaire abrite une vaste collection d'objets et d'artéfacts qui recèlent des histoires plus intéressantes les unes que les autres. Trop souvent, malheureusement, le temps passe et l'information erronée sur ces objets persiste, tandis que la vérité est souvent obscure ou parfois oubliée. C'est le cas des six magnifiques chandeliers qui illuminent la vaste salle de la Confédération (salle 200) de l'édifice de l'Ouest. L'origine de ces merveilles était plutôt vague et inconnue. Par conséquent, les Services de conservation ont entrepris de rectifier la chose en faisant des recherches et ils ont découvert la véritable origine des chandeliers et le concours de circonstances qui explique leur présence dans un édifice du Parlement du Canada.

Les chandeliers ornent la salle de la Confédération depuis sa construction et son inauguration officielle, le 15 avril 1964. À ce moment-là, ils étaient déjà vieux de plus de cent ans. Ils sont de style Regency et datent d'environ 1840. On attribue leur confection à l'atelier de verre connu de Henry G. Richardson & Sons Ltd. de Stourbridge, en Angleterre, dont la finesse d'exécution était d'une qualité telle qu'elle ne pouvait être reproduite en 1964, et encore moins aujourd'hui.

On peut retracer l'histoire des chandeliers jusqu'à la première moitié du 19e siècle, aux « The Royal Assembly Rooms de Liverpool, en Angleterre. Ces salles, très populaires pour les rassemblements à l'époque, ont été conçues en 1844 pour accueillir des bals et des concerts et ont servi jusqu'en 1908. On ne sait pas encore pourquoi exactement elles ont été détruites.

Chandeliers

À la fin de la Première Guerre mondiale et avec le début de la Crise de 1929, toutefois, ces grandes salles de rassemblement n'avaient plus la cote. Bon nombre ont été fermées et d'autres ont été abandonnées et dépouillées de leur contenu à l'encan. Les « The Royal Assembly Rooms ont probablement connu le même sort avant d'être démolies, puisqu'il n'existe aucune trace de ces édifices aujourd'hui. Vers 1930, les six chandeliers ont été achetés par une certaine Mme M.E. Crick, propriétaire d'un atelier de chandeliers à Londres.

Entre 1930 et 1960, les chandeliers ont été restaurés par l'entreprise bien connue et respectée de F & C Osler, de Birmingham, en Angleterre. À l'époque, l'armature était en bien piètre état. C'est au magasin de Mme Crick, en 1960, que le gouvernement canadien a acheté les chandeliers, 75 000 $ la pièce, après qu'un employé du ministère des Travaux publics les a remarqués. On a décidé qu'ils seraient parfaits pour la nouvelle salle qu'on bâtissait dans l'édifice de l'Ouest. Avant de les envoyer au Canada, on a refait le filage pour l'adapter à la tension au Canada et, moins de six semaines plus tard, on les installait dans la nouvelle salle, à temps pour l'inauguration officielle.

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