Passer au contenu Début du contenu

Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

Pour faire une recherche avancée, utilisez l’outil Rechercher dans les publications.

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

Publication du jour précédent Publication du jour prochain
PDF

37e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 101

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 13 mai 2003




1010
V     Privilège
V         La Loi sur les armes à feu--Décision de la présidence
V         Le Président

1015
V AFFAIRES COURANTES
V     Réponse du gouvernement à des pétitions
V         M. Geoff Regan (secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.)
V     Loi sur l'évaluation des programmes législatifs
V         M. John Williams (St. Albert, Alliance canadienne)
V         Adoption des motions; première lecture et impression du projet de loi
V     Pétitions
V         La liberté de religion
V         M. Larry Spencer (Regina—Lumsden—Lake Centre, Alliance canadienne)
V         La santé
V         Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD)
V     Questions au Feuilleton
V         M. Geoff Regan (secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.)
V         Le vice-président
V INITIATIVES MINISTÉRIELLES
V     Loi d'exécution du budget de 2003
V         M. Ghislain Fournier (Manicouagan, BQ)

1020
V         M. John Williams (St. Albert, Alliance canadienne)

1025

1030
V         Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD)

1035

1040
V         M. Roger Gaudet (Berthier--Montcalm, BQ)

1045

1050
V         Mme Jocelyne Girard-Bujold (Jonquière, BQ)

1055

1100
V         Mme Bev Desjarlais (Churchill, NPD)

1105

1110
V         M. John Williams
V         Le vice-président
V         M. Gilles-A. Perron (Rivière-des-Mille-Îles, BQ)

1115

1120
V         M. Svend Robinson (Burnaby—Douglas, NPD)

1125

1130
V         Mme Alexa McDonough (Halifax, NPD)

1135

1140
V         Le vice-président

1145
V     Loi de 2002 sur la sécurité publique
V         M. Gurmant Grewal (Surrey-Centre, Alliance canadienne)

1150

1155
V         M. Claude Bachand (Saint-Jean, BQ)

1200

1205
V         Mme Bev Desjarlais (Churchill, NPD)

1210

1215
V         M. Gerald Keddy (South Shore, PC)

1220

1225
V         Mme Alexa McDonough (Halifax, NPD)

1230

1235
V         Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD)

1240

1245
V         M. Svend Robinson (Burnaby—Douglas, NPD)

1250

1255
V         Le président suppléant (Mme Bakopanos)
V         Mme Marlene Catterall

1300
V     Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada
V         L'hon. Jean Augustine
V         Mme Carole-Marie Allard (secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Lib.)

1305

1310

1315

1320

1325
V         M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Alliance canadienne)

1330

1335

1340

1345

1350
V         Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ)

1355
V         Le président suppléant (Mme Bakopanos)
V DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS
V     L'Association des armateurs canadiens
V         M. John Maloney (Erie—Lincoln, Lib.)
V     Le Moyen-Orient
V         M. Rahim Jaffer (Edmonton—Strathcona, Alliance canadienne)

1400
V     La Journée du livre au Canada
V         Mme Sarmite Bulte (Parkdale—High Park, Lib.)
V         Le président suppléant (Mme Bakopanos)
V     Le stockage de l'hydrogène
V         M. Massimo Pacetti (Saint-Léonard—Saint-Michel, Lib.)
V     Les Canadiens d'origine portugaise
V         Mme Raymonde Folco (Laval-Ouest, Lib.)
V     La Canadian Alliance for Social Justice and Family Values
V         M. Vic Toews (Provencher, Alliance canadienne)
V     Books for Children and Families
V         L'hon. Andy Scott (Fredericton, Lib.)

1405
V     L'exploitation minière
V         M. Ghislain Fournier (Manicouagan, BQ)
V     La ville de Scarborough
V         M. John McKay (Scarborough-Est, Lib.)
V     Perth—Middlesex
V         M. Grant Hill (Macleod, Alliance canadienne)
V     John Savage
V         M. Geoff Regan (Halifax-Ouest, Lib.)
V     John Savage
V         Mme Alexa McDonough (Halifax, NPD)
V     Le terrorisme
V         M. Michel Guimond (Beauport—Montmorency—Côte-de-Beaupré—Île-d'Orléans, BQ)

1410
V     Chypre
V         Mme Eleni Bakopanos (Ahuntsic, Lib.)
V     La circonscription de Perth—Middlesex
V         M. Gerald Keddy (South Shore, PC)
V     La Semaine nationale des soins infirmiers
V         L'hon. Hedy Fry (Vancouver-Centre, Lib.)
V     La Semaine nationale des soins infirmiers
V         M. Rob Merrifield (Yellowhead, Alliance canadienne)

1415
V QUESTIONS ORALES
V     L'Auberge Grand-Mère
V         M. Stephen Harper (chef de l'opposition, Alliance canadienne)
V         L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.)
V         M. Stephen Harper (chef de l'opposition, Alliance canadienne)
V         L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.)
V         M. Stephen Harper (chef de l'opposition, Alliance canadienne)
V         L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.)
V         M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Alliance canadienne)
V         Le Président
V         L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.)

1420
V         M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Alliance canadienne)
V         L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.)
V     La marijuana
V         M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ)
V         Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.)
V         M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ)
V         Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.)
V         M. Richard Marceau (Charlesbourg—Jacques-Cartier, BQ)
V         Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.)
V         M. Richard Marceau (Charlesbourg—Jacques-Cartier, BQ)
V         Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.)

1425
V         M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD)
V         Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.)
V     Les affaires étrangères
V         M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD)
V         Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.)
V     L'Auberge Grand-Mère
V         Le très hon. Joe Clark (Calgary-Centre, PC)
V         L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.)
V         Le très hon. Joe Clark (Calgary-Centre, PC)
V         L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.)
V     La défense nationale
V         M. Leon Benoit (Lakeland, Alliance canadienne)
V         L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.)

1430
V         M. Leon Benoit (Lakeland, Alliance canadienne)
V         L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.)
V     Le bois d'oeuvre
V         M. Paul Crête (Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, BQ)
V         L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.)
V         M. Paul Crête (Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, BQ)
V         L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.)
V     La défense nationale
V         M. James Moore (Port Moody—Coquitlam—Port Coquitlam, Alliance canadienne)
V         L'hon. John McCallum (ministre de la Défense nationale, Lib.)
V         M. James Moore (Port Moody—Coquitlam—Port Coquitlam, Alliance canadienne)

1435
V         L'hon. John McCallum (ministre de la Défense nationale, Lib.)
V         M. Claude Bachand (Saint-Jean, BQ)
V         L'hon. Bill Graham (ministre des Affaires étrangères, Lib.)
V         M. Claude Bachand (Saint-Jean, BQ)
V         L'hon. Bill Graham (ministre des Affaires étrangères, Lib.)
V     Le Service correctionnel du Canada
V         M. Kevin Sorenson (Crowfoot, Alliance canadienne)
V         L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.)
V         M. Kevin Sorenson (Crowfoot, Alliance canadienne)

1440
V         Le Président
V         L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.)
V     Les arts et la culture
V         M. Julian Reed (Halton, Lib.)
V         L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.)
V         Le Président
V         Mme Wendy Lill (Dartmouth, NPD)
V         L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.)
V     L'industrie du transport aérien
V         Mme Bev Desjarlais (Churchill, NPD)
V         L'hon. David Collenette (ministre des Transports, Lib.)
V     La défense nationale
V         M. John Herron (Fundy—Royal, PC)

1445
V         L'hon. John McCallum (ministre de la Défense nationale, Lib.)
V         Le Président
V     Le bois d'oeuvre
V         M. Bill Casey (Cumberland—Colchester, PC)
V         L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.)
V     La Commission canadienne du blé
V         M. David Anderson (Cypress Hills—Grasslands, Alliance canadienne)
V         L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.)
V         M. David Anderson (Cypress Hills—Grasslands, Alliance canadienne)
V         L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.)
V     Le Fonds canadien de télévision
V         Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ)
V         L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.)
V         Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ)

1450
V         L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.)
V     La Garde côtière
V         M. John Cummins (Delta—South Richmond, Alliance canadienne)
V         L'hon. Robert Thibault (ministre des Pêches et des Océans, Lib.)
V         M. John Cummins (Delta—South Richmond, Alliance canadienne)
V         Le Président
V         L'hon. Robert Thibault (ministre des Pêches et des Océans, Lib.)
V     La Francophonie
V         Mme Hélène Scherrer (Louis-Hébert, Lib.)
V         L'hon. Denis Paradis (secrétaire d'État (Amérique latine et Afrique) (Francophonie), Lib.)
V     L'Agence des douanes et du revenu du Canada
V         Mme Val Meredith (South Surrey—White Rock—Langley, Alliance canadienne)
V         L'hon. Elinor Caplan (ministre du Revenu national, Lib.)

1455
V         Mme Val Meredith (South Surrey—White Rock—Langley, Alliance canadienne)
V         L'hon. Elinor Caplan (ministre du Revenu national, Lib.)
V     L'agriculture
V         M. Bernard Bigras (Rosemont—Petite-Patrie, BQ)
V         L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.)
V     Le financement des partis politiques
V         M. Joe Jordan (Leeds—Grenville, Lib.)
V         M. Peter Adams (Peterborough, Lib.)
V         Mme Pierrette Venne (Saint-Bruno—Saint-Hubert, BQ ind.)
V         L'hon. Don Boudria (ministre d'État et leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.)
V     L'infrastructure
V         M. Myron Thompson (Wild Rose, Alliance canadienne)
V         L'hon. David Collenette (ministre des Transports, Lib.)

1500
V     La frontière canado-américaine
V         M. Gilles-A. Perron (Rivière-des-Mille-Îles, BQ)
V         L'hon. Elinor Caplan (ministre du Revenu national, Lib.)
V INITIATIVES MINISTÉRIELLES
V     Loi sur le transfèrement international des délinquants
V         Le Président

1515
V     (Division 160)
V         Le Président
V         Adoption de la motion; deuxième lecture du projet de loi et renvoi à un comité
V         Mme Marlene Catterall
V         Le Président
V         Le Président
V     La Loi d'exécution du budget
V         Le Président

1525
V     (Division 161)
V         Le Président

1530
V     (Division 162)
V         Le Président
V         

1535
V         Mme Marlene Catterall
V         Le Président
V     (Division 163)
V         Le Président
V         M. Dale Johnston
V         Le Président
V         Mme Marlene Catterall
V         M. Dale Johnston
V         M. Michel Guimond
V         M. Yvon Godin
V         M. Rick Borotsik
V         M. Jean-Guy Carignan
V         M. Ghislain Lebel
V     (Division 164)
V         Le Président
V         L'hon. John Manley (vice-premier ministre et ministre des Finances, Lib.)
V         Mme Marlene Catterall
V         M. Dale Johnston
V         M. Michel Guimond
V         M. Yvon Godin
V         M. Rick Borotsik
V         M. Jean-Guy Carignan
V         M. Ghislain Lebel

1540
V     (Division 165)
V         Le Président
V     Loi sur la sécurité publique 2002
V         Le Président
V         Mme Marlene Catterall
V     (Division 166)
V         Le Président
V         L'hon. David Collenette (ministre des Transports, Lib.)
V         Le Président
V         Adoption de la motion
V INITIATIVES PARLEMENTAIRES
V     La Loi sur le Parlement du Canada
V         Le Président

1550
V     (Division 167)
V         Le Président
V         Adoption de la motion; troisième lecture et adoption du projet de loi
V     Loi sur la concurrence
V         Le Président

1600
V     (Division 168)
V         Le Président
V         Adoption de la motion; troisième lecture et adoption du projet de loi
V     Privilège
V         La marijuana
V         Mme Libby Davies (Vancouver-Est, NPD)

1605
V         L'hon. Don Boudria (ministre d'État et leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.)

1610
V         Le Président
V     Recours au Règlement
V         La période des questions orales
V         M. Yvon Godin (Acadie—Bathurst, NPD)
V         Le Président
V         M. Greg Thompson (Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, PC)
V         Le Président
V     Les travaux de la Chambre
V         M. Peter Adams (Peterborough, Lib.)
V         M. John Herron
V         Le Président

1615
V INITIATIVES MINISTÉRIELLES
V     Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada
V         Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ)

1620

1625

1630

1635

1640
V         Le président suppléant (Mme Bakopanos)
V         Mme Wendy Lill (Dartmouth, NPD)

1645

1650
V         Mme Carole-Marie Allard (secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Lib.)
V         Mme Wendy Lill
V         M. Larry Bagnell (Yukon, Lib.)
V         Mme Wendy Lill
V         M. Gerald Keddy (South Shore, PC)

1655

1700
V         M. Larry Bagnell (Yukon, Lib.)
V         M. Gerald Keddy

1705
V         M. Larry Bagnell
V         M. Gerald Keddy
V         M. Larry Bagnell (Yukon, Lib.)

1710

1715

1720

1725
V     LES TRAVAUX DE LA CHAMBRE
V         M. Geoff Regan (secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.)
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V AFFAIRES COURANTES
V     Les comités de la chambre
V         Comptes publics
V         M. Geoff Regan (secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.)
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         Adoption de la motion
V INITIATIVES MINISTÉRIELLES
V      Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         M. John Bryden (Ancaster—Dundas—Flamborough—Aldershot, Lib.)
V         M. Larry Bagnell

1730
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V INITIATIVES PARLEMENTAIRES
V     Le Code criminel
V         M. David Pratt (Nepean—Carleton, Lib.)

1735

1740
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         Adoption de la motion
V         M. David Pratt

1745
V         M. Gurmant Grewal (Surrey-Centre, Alliance canadienne)
V         M. David Pratt

1750
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         M. Gurmant Grewal
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD)
V         M. David Pratt (Nepean—Carleton, Lib.)
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         Adoption de la motion
V         M. Gurmant Grewal (Surrey-Centre, Alliance canadienne)

1755

1800
V         M. Richard Marceau (Charlesbourg—Jacques-Cartier, BQ)

1805
V         M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD)

1810
V         M. Loyola Hearn (St. John's-Ouest, PC)

1815
V         M. Jim Karygiannis (Scarborough—Agincourt, Lib.)

1820
V         M. David Pratt (Nepean—Carleton, Lib.)

1825
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         Le président suppléant (M. Bélair)
V         Adoption d'office de la motion; annulation de l'ordre; retrait du projet de loi et renvoi de son objet au Comité permanent de la justice et des droits de la personne

1830
V INITIATIVES MINISTÉRIELLES
V     Les crédits
V         La santé—Le Budget principal des dépenses, 2003-2004
V         Étude en comité plénier de tous les crédits au titre de la santé dans le Budget principal des dépenses, M. Kilger au fauteuil
V         Le président
V         M. Rob Merrifield (Yellowhead, Alliance canadienne)

1835
V         L'hon. Anne McLellan (ministre de la Santé, Lib.)

1840
V         Le président
V         L'hon. Anne McLellan
V         Le président
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Rob Merrifield
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Monte Solberg (Medicine Hat, Alliance canadienne)

1845
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Rob Merrifield
V         L'hon. Anne McLellan

1850
V         M. Grant Hill (Macleod, Alliance canadienne)
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         Le président
V         L'hon. Anne McLellan (ministre de la Santé, Lib.)

1855

1900

1905

1910
V         M. Réal Ménard (Hochelaga—Maisonneuve, BQ)

1915
V         L'hon. Anne McLellan

1920
V         M. Réal Ménard
V         L'hon. Anne McLellan

1925
V         M. Réal Ménard
V         L'hon. Anne McLellan

1930
V         M. Svend Robinson (Burnaby—Douglas, NPD)
V         Le président
V         M. Svend Robinson
V         L'hon. Anne McLellan

1935
V         M. Svend Robinson

1940
V         L'hon. Anne McLellan

1945
V         

1950
V         M. Svend Robinson
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Greg Thompson (Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, PC)
V         L'hon. Anne McLellan

1955
V         M. Greg Thompson
V         L'hon. Anne McLellan

2000
V         M. Greg Thompson

2005
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Greg Thompson
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Greg Thompson

2010
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Bob Speller (Haldimand—Norfolk—Brant, Lib.)

2015

2020
V         M. Paul Szabo (Mississauga-Sud, Lib.)

2025
V         L'hon. Anne McLellan

2030
V         M. Grant Hill
V         Le président
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan

2035
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan

2040
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan

2045
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Grant Hill
V         L'hon. Anne McLellan

2050
V         M. Rob Merrifield
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Rob Merrifield
V         L'hon. Anne McLellan
V         Le président
V         M. Rob Merrifield

2055
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. John Maloney (Erie—Lincoln, Lib.)

2100
V         Mme Anita Neville (Winnipeg-Centre-Sud, Lib.)

2105

2110
V         M. Réal Ménard

2115
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Réal Ménard
V         L'hon. Anne McLellan

2120
V         M. Réal Ménard

2125
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Réal Ménard

2130
V         Mme Carolyn Bennett (St. Paul's, Lib.)

2135

2140
V         Le vice-président adjoint
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Carolyn Bennett
V         Le vice-président adjoint
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Carolyn Bennett

2145
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Carolyn Bennett
V         L'hon. Anne McLellan

2150
V         M. Monte Solberg
V         L'hon. Anne McLellan

2155
V         M. Monte Solberg
V         L'hon. Anne McLellan

2200
V         M. Rob Merrifield
V         L'hon. Anne McLellan

2205
V         Le vice-président adjoint
V         M. Rob Merrifield
V         Le vice-président adjoint
V         M. John Williams
V         M. Geoff Regan
V         Le vice-président adjoint
V         M. Rob Merrifield
V         M. John Bryden
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         M. Rob Merrifield

2210
V         L'hon. Anne McLellan
V         Mme Raymonde Folco (Laval-Ouest, Lib.)

2215
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         M. Geoff Regan
V         Le vice-président adjoint

2220
V         Mme Raymonde Folco
V         M. John Williams
V         M. Geoff Regan
V         Mme Raymonde Folco
V         M. John Williams

2225
V         Le vice-président adjoint
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Sarmite Bulte (Parkdale—High Park, Lib.)

2230

2235
V         Le vice-président adjoint
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD)
V         L'hon. Anne McLellan

2240
V         Le vice-président adjoint
V         M. John Williams
V         Mme Judy Wasylycia-Leis
V         L'hon. Anne McLellan

2245
V         Mme Judy Wasylycia-Leis
V         L'hon. Anne McLellan
V         Mme Judy Wasylycia-Leis

2250
V         L'hon. Anne McLellan
V         Mme Judy Wasylycia-Leis

2255
V         L'hon. Anne McLellan
V         Mme Hélène Scherrer (Louis-Hébert, Lib.)

2300
V         M. Rob Merrifield
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Hélène Scherrer

2305
V         M. John Williams
V         Le vice-président adjoint
V         M. Geoff Regan
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Hélène Scherrer

2310
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Hélène Scherrer
V         Le vice-président adjoint
V         Mme Hélène Scherrer
V         M. Rob Merrifield
V         Le vice-président adjoint
V         L'hon. Anne McLellan
V         Mme Bonnie Brown (Oakville, Lib.)

2315
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Loyola Hearn (St. John's-Ouest, PC)
V         Le vice-président adjoint
V         M. Loyola Hearn
V         M. John Williams
V         M. Loyola Hearn
V         M. Geoff Regan

2320
V         Le vice-président adjoint
V         M. Loyola Hearn
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Loyola Hearn

2325
V         L'hon. Anne McLellan
V         M. Loyola Hearn

2330
V         Le vice-président adjoint
V         L'hon. Anne McLellan
V         Le vice-président adjoint
V         Le président suppléant (Mme Bakopanos)






CANADA

Débats de la Chambre des communes


VOLUME 138 
NUMÉRO 101 
2e SESSION 
37e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 13 mai 2003

Présidence de l'honorable Peter Milliken

    La séance est ouverte à 10 heures.


Prière


*   *   *

  +(1010)  

[Traduction]

+Privilège

+La Loi sur les armes à feu--Décision de la présidence

[Décision de la présidence]
+

    Le Président: Je suis maintenant prêt à rendre ma décision sur la question de privilège soulevée par le député de Yorkton--Melville le 1er mai 2003 au sujet du transfert du ministre de la Justice au solliciteur général du contrôle du Centre canadien des armes à feu ainsi que des attributions ministérielles conférées par la Loi sur les armes à feu au ministre de la Justice.

    Je voudrais remercier le député de Yorkton--Melville d’avoir soulevé cette question ainsi que le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre de sa contribution à cet égard.

    Lors de son intervention, le député de Yorkton—Melville s’est dit préoccupé de constater que la responsabilité ministérielle de l’application de la Loi sur les armes à feu avait été transférée par un décret pris le 14 avril 2003 en vertu de la Loi sur les restructurations et les transferts d'attributions dans l'administration publique, la LRTAAP. Il a fait remarquer que, dans la définition figurant à l’article 2 de la Loi sur les armes à feu, «ministre fédéral» s’entendait expressément du ministre de la Justice. Le député a soutenu que le transfert au solliciteur général de la responsabilité de la Loi sur les armes à feu et du Centre canadien des armes à feu exigeait une modification à la Loi sur les armes à feu et ne pouvait être effectué par décret. En d’autres termes, le gouvernement doit présenter un projet de loi et franchir les étapes nécessaires du processus législatif au Parlement pour pouvoir transférer cette responsabilité ministérielle. À son avis, le fait que le gouvernement n’ait pas agi ainsi constitue un outrage à la Chambre et une atteinte à ses privilèges de député.

[Français]

    En réponse à ces accusations, l'honorable secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a indiqué, les 1er et 2 mai derniers, que le pouvoir d'effectuer un tel transfert avait été conféré au gouvernement par la Loi sur les restructurations et les transferts d'attributions dans l'administration publique. Il a cité plusieurs cas où le gouvernement s'était prévalu de cette loi, notamment lors de la restructuration de 1993 où quatre nouveaux ministères avaient été créés et, plus récemment, lors du transfert de responsabilités d'un ministre à un autre à l'égard de la Loi sur les produits antiparasitaires, en 2000, et la Loi sur la Monnaie royale canadienne, en 2002.

[Traduction]

    J’ai maintenant examiné tous les faits en cause et je souhaite faire les observations suivantes.

    J’ai étudié les cas mentionnés par le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre, en particulier ceux ayant trait au transfert des responsabilités conférées par la Loi sur les produits antiparasitaires et la Loi sur la Monnaie royale canadienne.

    Dans le cas du transfert de la responsabilité de la Loi sur les produits antiparasitaires du ministre de la Santé au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, le décret de transfert a été pris le 19 octobre 2000 et publié dans la Gazette du Canada le 8 novembre 2000. La responsabilité ministérielle de la Monnaie royale canadienne a été transférée du ministre d’État, vice-premier ministre et ministre de l’Infrastructure et des Sociétés d’État au ministre des Transports le 6 août 2002 et ce transfert a été publié dans la Gazette du Canada le 28 août 2002.

    Nous pouvons remarquer dans ces deux situations que la responsabilité a été transférée, par voie de décret, d’un ministre fédéral expressément mentionné dans la loi à un autre ministre fédéral et que l’enregistrement de ces décrets de transfert a été officiellement consigné dans la Gazette du Canada.

    Ainsi, le gouvernement soutient que le fait de transférer d’un ministre à un autre la responsabilité de la Loi sur les armes à feu et du Centre canadien des armes à feu institué par cette loi est fondé sur des précédents. Il affirme clairement qu’il est habilité à faire de tels transferts en vertu de la Loi sur les restructurations et les transferts d’attributions dans l'administration publique.

[Français]

    La question soulevée par l'honorable député de Yorkton—Melville a trait à la validité d'un décret qui transfère une responsabilité attribuée par une loi. Il est bien établi que le gouvernement ne peut modifier une loi par voie de règlement puisque, pour reprendre les paroles de l'honorable député, on ne peut faire appel à une loi subordonnée pour passer outre à une loi d'une portée supérieure.

[Traduction]

    Le député de Yorkton--Melville soutient que le gouvernement a utilisé une loi subordonnée, la LRTAAP, pour modifier une loi supérieure, la Loi sur les armes à feu. La présidence pourrait envisager que l'argumentation du député porte non pas sur les liens entre ces deux lois, mais plutôt sur la différence entre les textes supérieurs et les textes subordonnés dans la hiérarchie des textes législatifs--c'est-à-dire entre la loi supérieure et le décret subordonné. Toutefois, il s'agirait là d'une question de droit et non de procédure et, en pareil cas, il reviendrait aux tribunaux, et non à la présidence, d'en décider.

    Or, comme mes prédécesseurs et moi-même l'avons signalé dans de nombreuses décisions antérieures où il était question d'interprétation des lois, la présidence n'a pas le pouvoir de statuer sur des questions de droit.

[Français]

    Il est fait clairement mention de cette restriction aux pages 219 et 220 de La procédure et les usages de la Chambre des communes:

    [...] bien que les Présidents doivent prendre en compte la Constitution et les lois au moment de rédiger une décision, nombre d'entre eux ont expliqué qu'il n'appartient pas à la présidence de se prononcer sur la «constitutionnalité» ou la «légalité» des mesures dont la Chambre est saisie.

[Traduction]

    Il est évident qu’il n’appartient pas à la présidence de se prononcer sur la légalité de la décision du gouvernement de transférer la responsabilité de la Loi sur les armes à feu d’un ministre fédéral à un autre. Il revient aux tribunaux d’en décider. Je dois plutôt examiner l’allégation du député du point de vue strictement procédural. À quel privilège cette façon de faire a-t-elle porté atteinte?

    Le député semble affirmer que le gouvernement, en transférant la responsabilité de la Loi sur les armes à feu d’un ministre à un autre, a fait outrage à la Chambre. Or, après une étude exhaustive de nos précédents, je n’ai pas réussi à trouver de cas où la présidence aurait conclu que le gouvernement était coupable d’outrage à la Chambre pour avoir exercé un pouvoir réglementaire conféré par une loi. Par conséquent, je conclus qu’il n’y a eu aucune atteinte aux privilèges de la Chambre ou du député.

    Je tiens néanmoins à signaler que le décret pris en vertu de la Loi sur les restructurations et les transferts d'attributions dans l'administration publique, qui a transféré le Centre canadien des armes à feu du portefeuille de la Justice à celui du solliciteur général, est un texte réglementaire. Par conséquent, l’alinéa 108(4)b) du Règlement s’applique et le Comité mixte permanent d’examen de la réglementation devra jouer son rôle. Cet alinéa du Règlement renvoie à l’article 19 de la Loi sur les textes réglementaires, qui prévoit que le comité est saisi d’office de chaque texte réglementaire.

    Le décret dont se plaint le député fera donc forcément l’objet d’un examen détaillé en comité et je l’invite à traiter de cette question avec sa vigueur habituelle lors des travaux du comité.


+AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

*   *   *

  +-(1015)  

[Traduction]

+-Réponse du gouvernement à des pétitions

+-

    M. Geoff Regan (secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.): Monsieur le Président, conformément au paragraphe 36(8) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, la réponse du gouvernement à deux pétitions.

*   *   *

+-Loi sur l'évaluation des programmes législatifs

+-

    M. John Williams (St. Albert, Alliance canadienne) demande à présenter le projet de loi C-435, Loi sur l'évaluation des programmes législatifs.

    --Monsieur le Président, je suis heureux de présenter à nouveau mon projet de loi d'initiative parlementaire relatif à l'examen périodique des programmes législatifs. Je sais que le ministre des Finances a proposé une politique prévoyant l'examen quinquennal des programmes non législatifs lors du dépôt du budget en février, mais mon projet de loi propose un examen décennal des programmes législatifs. Cet examen permettrait de découvrir des éléments d'optimisation et de productivité, et de faire économiser aux contribuables des dizaines de millions de dollars, voire des milliards de dollars. Je recommande donc sans réserve à la Chambre d'adopter le projet de loi.

    (Les motions sont adoptées, et le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

*   *   *

+-Pétitions

+-La liberté de religion

+-

    M. Larry Spencer (Regina—Lumsden—Lake Centre, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je désire présenter une pétition au nom d'électeurs de ma circonscription. Les pétitionnaires demandent au Parlement de ne pas adopter le projet de loi C-250 ou un projet de loi semblable qui limiterait la liberté de religion ou d'expression. Ils nous demandent également de défendre la définition historique et juridique du mariage et d'annuler tout jugement d'un tribunal qui empiéterait sur la liberté de religion.

*   *   *

+-La santé

+-

    Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD): Monsieur le Président, je suis heureuse de présenter une pétition signée par des centaines de Canadiens qui s'inquiètent de l'état actuel des soins de santé au Canada. Les pétitionnaires reconnaissent que la Commission Romanow a présenté un rapport qui s'harmonise aux valeurs des Canadiens et qui traduit la volonté d'une écrasante majorité d'entre eux de maintenir les aspects public et universel du système de santé. Ils demandent au gouvernement de considérer le rapport de la Commission Romanow comme un plan directeur et de mettre ce plan directeur en oeuvre en vue d'assurer l'avenir des soins de santé à l'intérieur d'un régime sans but lucratif et public.

*   *   *

+-Questions au Feuilleton

+-

    M. Geoff Regan (secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.): Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.

+-

    Le vice-président: D'accord?

    Des voix: D'accord.


+-INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

*   *   *

[Français]

+-Loi d'exécution du budget de 2003

     La Chambre reprend l'étude, interrompue le 12 mai 2003, du projet de loi C-28, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 18 février 2003, dont le comité a fait rapport avec des propositions d'amendement; ainsi que du groupe de motions no 1.

+-

    M. Ghislain Fournier (Manicouagan, BQ): Monsieur le Président, hier soir, lors de mon intervention, j'allais parler du bois d'oeuvre, mais malheureusement, il ne me restait plus de temps.

    Ce que je voulais dire concernant le bois d'oeuvre, c'est que dans le budget, on n'a rien prévu pour faire face à la crise du bois d'oeuvre. Le plan de DRHC à l'égard des travailleurs touchés par la crise du bois d'oeuvre a été l'objet de vives critiques de la part de tous les milieux. Les mesures annoncées pour aider ces travailleurs sont, comme vous le savez, nettement insuffisantes.

    Certains ministres ont promis une deuxième phase au programme d'aide pour les travailleurs du bois d'oeuvre. Le budget n'annonce pas le financement de cette phase, comme si le gouvernement fédéral avait oublié ses promesses. Est-ce qu'il y en a beaucoup parmi vous pour qui c'est nouveau que le gouvernement fédéral oublie ses promesses?

    Plusieurs de nos concitoyennes et concitoyens sont déçus. Leurs besoins sont toujours mal servis parce que les provinces ne reçoivent pas du gouvernement fédéral les ressources adéquates pour répondre aux besoins de la population.

    La liste des mesures importantes pour les citoyens qui ne figurent pas dans le budget est longue. Il n'y a pas de réduction de la taxe d'accise sur l'essence, ni de réduction de la TPS sur le litre d'essence; pas de baisse additionnelle des impôts; pas de bonification appréciable à court terme du plafond de contribution au REER; pas d'augmentation du facteur d'équivalence; rien dans le budget pour les personnes âgées; pas de réduction substantielle de la cotisation à l'assurance-emploi; pas de bonification de la pension de la sécurité de vieillesse; aucune mesure pour récupérer les impôts sur les salaires déguisés; pas d'allégement fiscal pour le travail des bénévoles; pas de déductions additionnelles pour des dons de charité.

    Le gouvernement fédéral ne respecte pas les élus du Québec et des provinces qui crient leurs besoins. Il ne respecte pas non plus les élus municipaux, ni ses concitoyens qui vivent souvent des états de crise dans lesquels il les a lui-même plongés, comme c'est le cas pour les pêcheurs, par exemple.

    Présentement, les pêcheurs de la Basse-Côte-Nord occupent les bureaux du MAPAQ et de Développement économique Canada, puisque le gouvernement a plongé ces travailleurs, ces pêcheurs, dans une crise sans précédent. Ce n'est pas la faute des travailleurs. C'est la faute du gouvernement et du ministre des Pêches qui n'a pas planifié. Depuis cinq ans, la population de phoques n'a jamais été contrôlée. De 1,8 million qu'elle était, elle est maintenant rendue à 7 millions.

    Je terminerai en disant que nous sommes très déçus. Il y a des décisions à prendre, et il faut les prendre maintenant.

  +-(1020)  

[Traduction]

+-

    M. John Williams (St. Albert, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de parler de la Loi d'exécution du budget et du bilan pitoyable qui est celui du gouvernement, depuis près de dix ans que je siège à la Chambre.

    Sous la conduite du premier ministre, le gouvernement a tenu le cap et laissé faire la croissance économique dont le Canada a bénéficié grâce à la saine gestion d'Alan Greenspan, président de la Federal Reserve Bank des États-Unis, qui a vraiment fait progresser l'économie nord-américaine et occidentale pendant les années 90. Le gouvernement s'est contenté de regarder l'argent emplir ses coffres, ce qui lui a permis d'équilibrer le budget.

    Nous ne devons pas l'équilibre budgétaire à la bonne gestion du gouvernement libéral. C'est plutôt la politique économique de Washington qui a eu des retombées chez nous. Les recettes ont augmenté et le budget a trouvé son équilibre. C'était une formule magique pour le gouvernement.

    Toutefois, c'est de leadership que nous avons vraiment besoin. Depuis dix ans que je suis député, nous n'avons eu aucun leadership en matière économique.

    Les dépenses continuent d'augmenter même si le gouvernement a déclaré qu'il les réduirait. Ce montant est monté à 175 milliards de dollars par année. Même en dépensant des sommes de ce genre, on n'a pu trouver que deux ou trois milliards de dollars pour nos forces armées. Nous savons que le matériel militaire est en piteux état et que nos aéronefs se désagrègent en plein vol. Le gouvernement peut-il se décider à acheter de nouveaux hélicoptères? Il dit que non, qu'il n'y a pas d'argent frais pour de nouveaux hélicoptères.

    Le gouvernement n'a pas de priorités. Nous avons eu la possibilité de nous ranger du côté du monde occidental et de le défendre au cours du dernier mois, environ, mais du fait que quelques-uns de nos militaires avaient été envoyés en Afghanistan, le premier ministre a déclaré que nous n'avions pas d'autres militaires disponibles. Le gouvernement a envoyé des navires avec notre seul hélicoptère à bord et un beau jour, l'hélicoptère a décollé du pont pour s'y écraser et tout cela a pris fin de cette façon.

    Malheureusement, nos militaires et les Canadiens sont embarrassés par l'état de délabrement de nos forces armées et pourtant, les libéraux ont bien du mal à montrer qu'ils peuvent acheter de nouveaux hélicoptères sans reconnaître qu'ils avaient tort en 1993 de mettre un terme au programme d'acquisition d'hélicoptères. Il n'est pas question pour eux de faire des dépenses qui sont dans le meilleur intérêt du Canada.

    Fondamentalement, on nous annonce de nouveaux programmes juste avant les élections, pour obtenir des voix. Deux jours avant le déclenchement des élections en l'an 2000, le ministre des Finances de l'époque, le député de LaSalle—Émard, est intervenu pour proposer une remise pour le mazout de chauffage. C'était une urgence à l'époque et le gouvernement a déclaré qu'il devait verser de l'argent aux Canadiens, car ils n'auraient pas les moyens de payer leurs factures de chauffage. Ce programme nous a coûté 1,4 milliard de dollars.

    Certaines personnes disent que c'était un bon programme, car il a aidé les Canadiens. Cependant, le vérificateur général a signalé que, en fonction des propres critères du gouvernement, à peine 400 millions de dollars sont allés à ceux qui étaient admissibles et avaient besoin de l'argent et un milliard de dollars a été versé à des gens qui n'en avaient pas besoin. Cela comprenait, comme nous le savons, des gens dans les cimetières, dans les prisons et dans les foyers pour personnes âgées où les intéressés ne paient pas leurs factures de services publics. Tous ces gens ont obtenu des dizaines de milliers de dollars de deniers publics lorsque le gouvernement a distribué ses largesses dans toutes les régions du pays au moment des élections.

    Et ce n'est pas tout. Quatre-vingt-dix mille Canadiens qui avaient besoin de cet argent, selon les critères du gouvernement lui-même, n'ont pas reçu un sou. Un milliard de dollars ont été gaspillés et 90 000 Canadiens n'ont pas reçu l'argent qu'ils auraient dû recevoir. Le gouvernement a affirmé qu'il s'agissait d'une bonne politique.

  +-(1025)  

    Nous sommes maintenant en 2003. Qu'avons-nous entendu hier au Comité des comptes publics? Longtemps après que le montant des factures fut retombé et que les 90 000 personnes qui avaient besoin d'argent eurent payé leurs factures, le gouvernement a dit au Comité des comptes publics qu'il voulait verser une nouvelle somme de 13 millions de dollars à 86 000 autres Canadiens pour les aider à payer les comptes de mazout domestique très élevés qu'ils avaient reçus en l'an 2000. Nous nous attendons à ce que le gouvernement nous revienne l'an prochain, en 2004, pour nous dire qu'il remettra de l'argent à des gens qui n'ont pas besoin de cet argent pour payer leurs factures de services publics de l'an 2000.

    Peut-on parler de saine gestion? Je ne crois pas qu'il s'agisse là d'une saine gestion. Je ne comprends vraiment pas pourquoi le gouvernement croit qu'il peut utiliser l'argent des contribuables de cette façon, le répartir d'un bout à l'autre du pays et dire que le gouvernement libéral est un bon gouvernement.

    Le gouvernement libéral n'est pas un bon gouvernement. Il n'a aucune priorité ni aucune orientation. Le gouvernement n'invite pas les citoyens à le suivre vers la terre promise, vers la prospérité. Non. Le gouvernement se contente de vivre au jour le jour, d'augmenter les impôts jusqu'à ce que les gens n'en puissent plus, puis de reculer pour les laisser respirer un peu. Puis, il remet de l'argent à un peu tout le monde afin d'assurer la popularité du parti libéral.

    Pensons au gâchis d'un milliard de dollars à DRHC. Peu importe qu'une demande ait été reçue; peu importe que les gens soient admissibles ou respectent les règles, le gouvernement leur envoie un chèque, et plus tôt que tard, car cela fait des heureux.

    Nous sommes tous au courant du milliard de dollars qu'a coûté le registre des armes à feu. On avait annoncé que le programme coûterait deux millions de dollars, mais nous en sommes à un milliard, et ce n'est pas fini. Ce ne serait pas si mal si le gouvernement avait simplement sous-estimé les coûts, si encore il est possible de sous-estimer une dépense au point qu'on l'évalue à deux millions plutôt qu'à un milliard. Toutefois, les députés savent-ils ce que nous avons appris aux audiences du comité des comptes publics? Une bonne partie du milliard de dollars, environ 500 millions, a été investie, gaspillée, dans la programmation informatique, parce que le gouvernement n'avait prévu aucun plan de gestion des programmes informatiques permettant d'assurer l'administration du programme.

    Le gouvernement a effectué 1 200 révisions du programme informatique. Les programmeurs étaient occupés à élaborer des programmes, à arrêter leurs travaux et à les reprendre chaque fois qu'on leur soumettait un nouveau concept. Ils entreprenaient de réaliser le nouveau concept, puis arrêtaient tout de nouveau, jetaient le tout à la poubelle et concevaient un nouveau projet. Le fruit de ces efforts s'est retrouvé à la poubelle et n'a rien rapporté aux Canadiens.

    Cette situation est malheureusement imputable au leadership du gouvernement et du député de LaSalle—Émard qui a été ministre des Finances pendant de nombreuses années, et qui veut maintenant diriger son parti. Nous savons ce à quoi il s'oppose, mais nous ne savons pas ce qu'il appuierait si jamais il devenait premier ministre. Les Canadiens devraient s'en inquiéter, car même si nous savons qu'il reléguerait aux oubliettes le projet de loi du ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien qui veut qu'il y ait reddition de comptes chez les autochtones, qu'il modifierait peut-être l'accord de Kyoto et instaurerait certaines autres mesures dont il a parlé, nous n'avons aucune idée de ce que ferait l'ancien ministre des Finances qui a occupé son poste pendant huit ou neuf ans, a laissé les dépenses augmenter et n'a pas orienté les finances nationales. Nous nous inquiétons de ce que deviendra le pays sous la gouverne des libéraux.

    J'aurais voulu avoir plus de temps à ma disposition. Je pourrais continuer de parler encore longtemps des problèmes que nous constatons, mais je garderai mes critiques pour une autre occasion.

  +-(1030)  

+-

    Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD): Monsieur le Président, je suis heureuse de pouvoir parler du projet de loi C-28, la Loi d'exécution du budget, et de recommander aux députés les importants amendements dont la Chambre est saisie aujourd'hui.

    Je tiens à ce que la Chambre sache que, à l'égard du projet de loi C-28, le Nouveau Parti démocratique a pris le processus très au sérieux et a proposé un certain nombre d'amendements. Nous recommandons à la Chambre d'adopter ces amendements afin de faire du budget un meilleur document et de s'assurer que le budget de 2003 reflète les priorités des Canadiens.

    Comme la Chambre s'en sera aperçue d'après les discours prononcés jusqu'ici au sujet du projet de loi, de nombreux députés ne pensent pas que le gouvernement ait vraiment tenu compte des priorités des Canadiens ou fait tout ce qui était en son pouvoir pour s'assurer que le budget réponde aux besoins pressants des Canadiens et à leurs préoccupations. Et cela, à un moment où il dispose d'un important excédent budgétaire et où les Canadiens ont clairement le sentiment qu'il est temps de procéder à un réinvestissement social et que ce doit être la priorité du gouvernement.

    Dans nos commentaires antérieurs sur le budget, nous avons reconnu qu'il y avait bien eu quelques améliorations mineures mais qu'elles ne suffisaient pas face à la pauvreté des enfants, aux conditions de logement des autochtones dans les réserves, à l'écartèlement des travailleuses prises entre la nécessité de subvenir aux besoins de leurs enfants et l'impossibilité de trouver des garderies de qualité, ou encore aux difficultés des chômeurs qui essaient désespérément de trouver une certaine sécurité à un moment où la main-d'oeuvre est en proie à de grands changements.

    Aujourd'hui, nous recommandons que le gouvernement investisse davantage dans ces priorités. Nous recommandons que, pour se faire, le gouvernement reporte son programme de réductions des impôts et suspende ses projets d'allégements fiscaux à l'intention des grandes entreprises et des riches particuliers, et ce, afin de répondre aux nombreux et pressants besoins sociaux.

    J'aimerais parler rapidement de quatre ou cinq de ces besoins pressants. La priorité no 1 des Canadiens est le système de santé. Nous savons que le budget tente de renverser la vapeur après une décennie de restrictions budgétaires qui ont durement touché la santé. Nous savons qu'aujourd'hui les libéraux reconnaissent leurs erreurs et tentent de remédier à une situation qu'ils ont eux-mêmes créée. Nous reconnaissons que le budget prévoit des fonds supplémentaires pour la santé.

    Toutefois, le montant est très loin de répondre aux besoins et de correspondre à ce qui avait été recommandé par la commission sur la santé nommée par les libéraux. N'oublions pas que les propositions à l'étude aujourd'hui représentent un écart de quelque 5,1 milliards de dollars par rapport aux recommandations Romanow, montant qui, s'il avait été affecté aux gouvernements provinciaux, aurait pu permettre de veiller à ce que ces gouvernements soient dotés de l'équipement voulu et capables de faire face à des listes d'attente sans cesse plus longues, alors que sont revendiqués l'instauration de systèmes communautaires de soins de santé primaires et une intervention qui se fait depuis trop longtemps attendre en ce qui concerne les régimes nationaux de soins à domicile et d'assurance médicaments ayant été promis.

    La première priorité des Canadiens est la santé. Le gouvernement a échoué en ce domaine en refusant d'utiliser les ressources pour palier au sous-financement découlant des années de réduction et de l'effet dévastateur qu'a eu en 1995 le fameux budget présenté et établi par le député de LaSalle—Émard.

    La deuxième priorité a trait à la garde d'enfants et aux mesures nécessaires pour répondre aux besoins des femmes et des familles au travail partout dans la société. Je suis ravie que la ministre responsable du Statut de la femme soit présente aujourd'hui. J'espère qu'elle interviendra dans le cadre de ce débat car, à mon avis, bien qu'il soit reconnu que le budget constitue un petit pas visant à donner suite à la promesse qui remonte le plus loin dans l'histoire de la politique canadienne en ce qui concerne l'établissement d'un programme national de soins de jour, il ne s'agit pas pour autant d'un tel programme.

  +-(1035)  

    Les femmes au travail et les familles partout au pays éprouvent toujours beaucoup de difficulté à trouver pour leurs enfants des services de garde autorisés de qualité à but non lucratif. Il ne fait aucun doute que lorsqu'il est question de la quête des femmes en vue d'obtenir l'égalité et de la lutte contre les obstacles limitant leur pleine participation au sein de la population active, la principale priorité est la qualité des services de garde. Le gouvernement a négligé d'y consacrer des ressources qui auraient pu venir des excédents ou d'un report des allégements fiscaux consentis aux grandes sociétés et aux riches au Canada. Cet argent aurait pu contribuer largement à régler ce problème.

    Troisièmement, il y a la question des conditions de vie des autochtones et de la situation du logement dans les réserves dans tout le pays. Le gouvernement devrait rougir de honte devant les constatations figurant dans le rapport de la vérificatrice générale, qui a clairement indiqué que beaucoup de collectivités des premières nations vivent dans des conditions propres au tiers monde et dans des logements en état déplorable. Le gouvernement a négligé dans le budget à l'étude aujourd'hui de s'attaquer à ce problème qui dure depuis trop longtemps.

    Il devrait aussi être gênant pour le gouvernement de devoir traiter avec un envoyé spécial des Nations Unies qui s'est déplacé dans les collectivités des premières nations du Canada et qui a fait rapport au sujet de la situation déplorable qui y règne. Ce doit être une révélation pour le gouvernement de savoir que des représentants de l'ONU en visite au Canada ont exprimé un sentiment de choc, de surprise, de désarroi et d'horreur devant le fait qu'un pays aussi riche que le nôtre ait permis le maintien de ces conditions de vie et de travail horribles.

    En dernier lieu, permettez-moi d'aborder la question des femmes en général et de commenter le rapport du comité des Nations Unies responsable de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Ce document devrait ouvrir les yeux du gouvernement et l'amener à reconnaître que le Canada est bien loin de respecter ses obligations en vertu de cette convention et que, dans les faits, les compressions dans les programmes sociaux et l'inaction gouvernementale des dix dernières années ont eu des répercussions désastreuses sur les femmes et les familles.

    Le résultat est que le Canada ne respecte même pas ses obligations élémentaires en vertu de la convention des Nations Unies exigeant l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes. De toute évidence, à un moment où le budget offre une marge de manoeuvre considérable et présente un excédent appréciable, le gouvernement pourrait trouver le moyen de s'attaquer aux préoccupations des familles, à la discrimination contre les femmes, à la pauvreté des enfants et aux conditions de vie tiers-mondistes des collectivités autochtones. Voilà de quoi nous devrions parler aujourd'hui, et le gouvernement doit absolument s'attaquer à ces questions.

    Aujourd'hui, nous présentons une recommandation visant à faciliter cette intervention. Nous exhortons le gouvernement à retirer ses propositions de réduction d'impôt qu'il s'apprête à accorder aux bien-nantis et aux grandes entreprises en recommandant une hausse du plafond des cotisations aux REER et la modification de l'impôt sur le capital. Il pourrait ainsi rediriger un ou deux milliards de dollars de recettes vers les priorités sociales des Canadiens. Le gouvernement s'attaquerait à un problème de fond en réinvestissant dans le tissu social du Canada et en veillant à ce que la collectivité et, de ce fait, la Chambre des communes relève une fois pour toutes le défi d'effacer le déficit humain et la dette sociale du Canada.

    Voilà notre recommandation pour aujourd'hui. Nous espérons que notre point de vue sera bien accueilli et que les députés appuieront nos amendements.

  +-(1040)  

[Français]

+-

    M. Roger Gaudet (Berthier--Montcalm, BQ): Monsieur le Président, lorsqu'on dépose un budget, il faut rappeler et répéter souvent car je crois que le gouvernement est sourd, il n'écoute pas quand le monde parle. Je pense que le budget illustre l'ampleur du déséquilibre fiscal.

    Depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, les recettes d'Ottawa sont passées de 123 milliards de dollars en 1993-1994 à 185 milliards de dollars en 2003-2004, soit une hausse de 50 p. 100.

    Si nous devions retenir une chose du budget 2003, c'est que le gouvernement fédéral dispose de beaucoup trop d'argent par rapport à ses besoins. Le gouvernement fédéral nage dans les surplus. Il taxe et impose beaucoup trop. Malgré une hausse des dépenses de 11 p. 100—ce qui est énorme—, le Bloc québécois estime qu'Ottawa va disposer d'un surplus de 14,7 milliards de dollars au cours des deux prochaines années. Cela illustre l'ampleur du déséquilibre fiscal. Rappelons d'ailleurs que seuls le Québec, le Manitoba et l'Alberta éviteront des déficits l'an prochain. Les autres provinces seront toutes déficitaires.

    Le pouvoir fédéral de dépenser est une autre conséquence du déséquilibre fiscal. Ottawa ne peut résister à la tentation de dépenser ses surplus dans toutes sortes de domaines de compétence du Québec et des provinces. C'est ainsi que le gouvernement fédéral n'hésite pas à créer des organismes et des nouveaux programmes en éducation, aide à l'enfance ou en santé. Ottawa dépensera 4,5 milliards de dollars au cours des trois prochaines années dans ces domaines, créant ainsi des contentieux avec le Québec et les provinces. La conclusion, c'est que c'est du gaspillage.

    Il n'y a rien pour les grands oubliés. Disons que les régions qui dépendent de l'industrie du bois d'oeuvre, les travailleurs autonomes et les agriculteurs—qui n'existent pas aux yeux du gouvernement fédéral—, les autochtones, les chômeurs et les travailleurs qui paient des cotisations d'assurance-emploi, sont les plus grands oubliés de ce budget.

    Enfin, il faut mentionner les contribuables de la classe moyenne qui sont complètement oubliés. Le gouvernement libéral a préféré annoncer une hausse du plafond pour les REER, une mesure qui ne touche que 1,5 p. 100 des contribuables québécois, soit ceux qui déclarent un revenu moyen de 150 000 $ et plus.

    Le ministre des Finances se targue de transparence, mais il sous-estime encore les surplus de près de 8 milliards de dollars. Il annonce une caisse d'assurance-emploi équilibrée alors que le gouvernement fédéral va encore piger dans les surplus de trois milliards de dollars par année. Finalement, il crée des fiducies et des fondations qui échappent au contrôle du public et des parlementaires.

    Depuis 1998, le budget consacré à la défense a augmenté de 53 p. 100. En comparaison, les transferts fédéraux destinés à l'éducation post-secondaire ont fondu de plus de 30 p. 100 depuis 1996. D'après vous, quelle est la priorité des Québécois et des Québécoises: la défense ou l'éducation?

    De plus, il y a une nouvelle méthode de comptabilisation des actifs gouvernementaux. Le gouvernement fédéral a modifié la méthode de comptabilisation de ses actifs. Désormais, la méthode utilisée sera la méthode de la comptabilité d'exercice intégrale. Ce changement de méthode comptable a un impact sur les résultats du gouvernement.

    Les prévisions budgétaires du ministre sont les suivantes: 9,4 milliards de dollars en 2002-2003, 8,8 milliards de dollars en 2003-2004. De plus, ils se sont gardé des mesures de prudence de trois milliards de dollars en 2002-2003 et de quatre milliards de dollars en 2003-2004, ce qui fait un surplus pour les deux prochaines années de 25 milliards de dollars et plus.

    Le ministre des Finances n'a pas répondu aux demandes des Québécois et des Canadiens. Des consultations prébudgétaires menées par le Bloc québécois nous ont amenés à formuler les demandes suivantes: corriger le déséquilibre fiscal progressivement et transférer 9,5 milliards de dollars en deux ans aux provinces sous forme de points d'impôt ou de recettes de la TPS; réduire le taux de cotisation et assouplir les règles d'admissibilité à l'assurance-emploi, ce qui est très important aujourd'hui avec tout ce qui se passe dans les pêcheries, dans le bois d'oeuvre et ailleurs; créer un nouveau programme d'infrastructures; soutenir l'industrie éolienne; abolir la taxe spéciale de 1,5¢ sur le litre d'essence; abolir la taxe pour la sécurité du transport aérien; couper les dépenses gouvernementales de plusieurs milliards de dollars par an en abolissant des programmes inutiles, le gaspillage et des abris fiscaux qui ne profitent en rien à la croissance économique.

    Pour résoudre le déséquilibre fiscal, la Commission Séguin a fait l'unanimité au Québec. Il y a un déséquilibre fiscal et celui-ci doit être corrigé. Dans le but de mettre un terme au problème du déséquilibre fiscal, nous avions demandé au gouvernement fédéral de transférer au gouvernement du Québec et à celui des autres provinces, une capacité fiscale supplémentaire pour qu'elles puissent investir là où les besoins sont criants.

    Nous demandons encore un transfert de points d'impôt ou un espace fiscal supplémentaire de 4,5 milliards de dollars en l'an 2002-2003 et de cinq milliards de dollars en l'an 2003-2004.

  +-(1045)  

    Les diverses mesures prises dans le budget de 2003 n'atténuent en rien la pression financière qui étouffe les provinces. On pourrait conclure ceci: le gouvernement a annoncé des investissements supplémentaires insuffisants dans les domaines où les besoins sont criants, telle la santé, et distribué des fonds dans des programmes et organismes qui empiètent dans les champs de compétence provinciale.

    Le gouvernement fédéral n'a visiblement aucune intention de résoudre le déséquilibre fiscal. La création de nouveaux organismes, programmes et autres ne fera qu'accentuer le fonctionnement existant dans les relations financières intergouvernementales. Les besoins des citoyens seront toujours mal comblés, parce que les provinces ne reçoivent pas du gouvernement fédéral les ressources adéquates pour répondre aux besoins de la population.

    Parlons maintenant de nos oubliés. Il faudrait créer une caisse autonome d'assurance-emploi. Les syndicats et les employeurs sont exaspérés par le détournement de la caisse de l'assurance-emploi. Ils appuient la demande du Bloc qui réclame une caisse autonome afin que le gouvernement cesse de piller la caisse, que les taux de cotisation soient fixés par les cotisants, soit les employés et les employeurs.

    Le Bloc québécois espérait que le gouvernement libéral allait créer une caisse autonome avant le retour de l'ex-ministre des Finances. Or, le budget de l'actuel ministre des Finances n'établit pas la caisse de l'assurance-emploi autonome et annonce un délai de près de deux ans quant à l'établissement d'un nouveau mécanisme d'établissement des taux de cotisation. Le régime pourrait engendrer un surplus de trois milliards de dollars au cours du prochain exercice, alors que le ministre des Finances promet, pour les années à venir, un équilibre entre les cotisations d'assurance-emploi et les dépenses du programme.

    Parlons de supprimer la taxe sur l'essence. Le gouvernement avait introduit une taxe spéciale de 1,5¢ du litre d'essence pour combattre son déficit. L'époque des déficits étant révolue, pourquoi ne pas enlever cette taxe ou bien la garder et la remettre aux provinces pour les infrastructures? Ce serait une très bonne idée.

    Quant à financer les infrastructures, le Bloc a demandé que les sommes appropriées soient débloquées afin de pouvoir procéder aux travaux d'infrastructures nécessaires au Québec. Nous avons demandé que l'on ait des engagements substantiels et à long terme. Or, l'augmentation des dépenses en infrastructure n'est pas suffisante. De plus, le gouvernement tarde à verser les montants requis.

    Le budget prévoit des investissements supplémentaires de trois milliards de dollars sur 10 ans. Cet investissement se concrétise comme suit: deux milliards de dollars de plus pour le Fonds sur l'infrastructure stratégique. Le fonds passe donc de deux milliards de dollars à quatre milliards de dollars, et un milliard de dollars pour l'infrastructure municipale sur dix ans.

    Un milliard de dollars, ce n'est pas beaucoup. Cent millions de dollars par année à l'échelle du Québec et du Canada, ce n'est pas beaucoup.

    Qui a été laissé pour compte? Ce sont les femmes. Malgré des fonds additionnels pour la Prestation nationale pour enfants et pour des places en garderies, qui ont un effet indirect sur la réalité vécue par les femmes, peu de mesures concrètes concernant directement les femmes ont été adoptées dans le budget.

    Par exemple, rien dans le budget ne mentionne l'intention du gouvernement fédéral de négocier avec le gouvernement du Québec afin de conclure une entente concernant la récupération des cotisations d'assurance-emploi, qui permettrait la création du régime québécois d'assurance-parentale. Le RAP est un nouveau régime de remplacement du revenu qui remplacerait et bonifierait le congé de maternité et le congé parental du régime d'assurance-emploi du gouvernement fédéral. Avec une admissibilité plus large, les travailleuses autonomes et saisonnières pourraient profiter du RAP et des prestations plus avantageuses, soit un taux de remplacement de revenu qui pourrait aller jusqu'à 75 p. 100. Les femmes pourraient alors avoir des enfants dans des conditions beaucoup plus agréables et faciles.

    Par ailleurs, on ne prévoit aucune mesure fiscale ou autre dans le budget à l'intention des personnes âgées, soit des rentes, des pensions de vieillesse. Or, le revenu de cette tranche de la population ne cesse de baisser et comme les femmes composent plus de la moitié de cette clientèle, ce sont surtout elles qui en subissent les contrecoups.

    Quant aux autochtones, bien peu leur est accordé dans le budget du ministre des Finances. Depuis le dépôt du volumineux rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, le gouvernement fédéral traîne les pieds au lieu d'y donner suite.

    Quant aux personnes âgées, c'est pareil. Il n'y a rien dans le budget pour les personnes âgées.

    Au sujet du bois d'oeuvre, le plan de Développement des ressources humaines Canada à l'égard des travailleurs touchés par la crise du bois d'oeuvre a été l'objet de vives critiques de part et d'autre, plusieurs affirmant que les mesures annoncées pour aider ces travailleurs étaient nettement insuffisantes. Je le crois; cela nous a été prouvé il n'y a pas tellement longtemps cette semaine et lors des semaines antérieures.

    Certains ministres ont promis une deuxième phase au programme d'aide pour les travailleurs du bois d'oeuvre. Or, rien dans le budget n'annonce le financement de ladite phase. C'est comme si le gouvernement fédéral avait oublié ses promesses; je pense que ses représentants font plus qu'oublier, je crois qu'ils ont perdu la mémoire.

    Il y a les voyageurs utilisant les aéroports. C'est encore pareil. Il y a une taxe de 12 $. Il faudrait peut-être que le gouvernement l'enlève. Cela veut dire que le budget du gouvernement n'est pas tellement un budget qui reflète les besoins de la population du Québec et du Canada.

  +-(1050)  

+-

    Mme Jocelyne Girard-Bujold (Jonquière, BQ): Monsieur le Président, c'est la deuxième fois que je prends la parole sur le budget de 2003-2004.

    Au mois de février dernier, lorsque j'avais réagi au budget, j'y étais allée mollo. Mais plus le temps passe, plus je regarde le budget et plus je m'aperçois, comme le disait mon collègue, le député de Matapédia—Matane, que c'est un budget d'illusions et il est en plus irréaliste.

    Avec l'arrivée d'un nouveau ministre des Finances, qui était alors un présumé candidat à la course à l'investiture du Parti libéral, je me serais attendue à ce qu'il fasse en sorte d'injecter de l'argent dans les vraies priorités des Canadiens. Depuis des années, les Canadiens disent à ce gouvernement quelles sont leurs priorités. Avec ce budget, le candidat à la chefferie du Parti libéral ne s'est pas démarqué du tout de l'ancien ministre des Finances, le député de LaSalle—Émard.

    À la lecture de ce budget, je constate que les priorités en regard des investissements qui auraient dus être faits rapidement ont été ignorées, que ce soit dans le dossier des infrastructures ou autres.

    Suite au dépôt de ce budget, le président de la Coalition pour le maintien des infrastructures stratégiques, le maire de Laval, disait que pour les 10 prochaines années, il aurait fallu que le gouvernement investisse 15 milliards de dollars pour remettre à jour les infrastructures municipales. Mais qu'est-ce qu'on voit? Il met deux milliards de dollars pour tout le Canada pour les 10 prochaines années. Cela veut dire qu'au Québec, on aura 200 millions de dollars pour les 10 prochaines années.

    De plus, ils veulent passer par-dessus la tête des provinces et s'adresser directement aux municipalités, au lieu de faire des projets et des ententes comme il y en avait dans le passé, soit des ententes au niveau des infrastructures entre le Canada, le Québec et les municipalités. Présentement, avec seulement leurs maigres 200 millions de dollars, ils veulent faire en sorte de s'adresser directement aux municipalités. On voit à quel point les maires des municipalités ne sont pas dupes malgré que, comme vous le savez, les besoins soient criants.

    On a beau dire qu'on investit en santé, mais présentement, dans nos municipalités, il faut refaire les égouts et les aqueducs. Vous savez à quel point c'est très important. On n'a qu'à regarder ce qui s'est passé en Ontario lorsqu'on a eu des problèmes avec les aqueducs et les eaux.

    Également, dans ma région, le gouvernement canadien dit toujours: «On s'occupe des régions.» Je suis la critique du Bloc québécois en matière de développement régional. J'ai regardé le budget prévu pour l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. À la lecture de ce budget, j'ai constaté que pour l'exercice 2003-2004, pour un budget qui est vraiment collé à la réalité des régions, il y a une coupure de 52 millions de dollars. Je me suis posé des questions. Je me suis dit: «Comment se fait-il que le ministre qui s'occupe des régions du Québec accepte cela?» Je constate que cela a été évincé du discours. Alors, qu'il ne vienne pas nous dire qu'il s'occupe des régions.

    Également, ce budget a fait en sorte de nous montrer à quel point il y avait un déséquilibre fiscal. On n'a plus de mots pour le dire. Je pense que toutes les provinces du Canada ont appuyé le rapport Séguin au Québec et ont dit qu'il était vrai qu'il existe un déséquilibre fiscal au Canada. Le gouvernement canadien va chercher d'énormes ponctions d'argent au détriment des provinces. Que fait-il avec cet argent dont il fait la ponction?

  +-(1055)  

    Au lieu de le retourner les points d'impôt aux provinces, il envahit des champs de compétence qui ne lui appartiennent pas. Il crée de nouveaux programmes et après trois ans, il s'en va, et les provinces sont prises avec ces nouveaux programmes. Les provinces sont égorgées présentement par le peu de retour d'argent du gouvernement fédéral.

    Il est grave de constater ce qui se passe aujourd'hui. On dit que le ministre des Finances fait la tournée du Canada pour écouter les gens et leur demander: «Que voulez-vous que j'inclue dans mon budget?» Je ne sais pas quels gens il a rencontrés. Chez moi, je rencontre les vrais gens, je rencontre les personnes handicapées. Il n'y a pas de mesure fiscale pour aider ces personnes avec l'abattement fiscal pour handicapés. Au contraire, le gouvernement restreint vraiment l'accessibilité à ce crédit d'impôt. Il faut être alité, impotent, incapable de se vêtir et de s'alimenter pour être éligible à ce crédit d'impôt.

    Je voudrais également mentionner le dossier dont mon collègue de Champlain a beaucoup parlé au cours des deux dernières années, le Supplément de revenu garanti pour les personnes âgées. On sait que cela fait neuf ans que le gouvernement prive une quantité énorme de personnes âgées de ce supplément de revenu. Rien n'est prévu pour effectuer le remboursement à ces personnes de ce qui ne leur a pas été versé depuis neuf ans.

    Plusieurs personnes âgées viennent me voir à mon bureau, dans mon comté, et me demandent: «Quand est-ce que le gouvernement va nous donner un revenu décent? Quand est-ce qu'il va faire en sorte que nous, les personnes âgées, vivions d'une façon humaine sans être obligées, à notre retraite, de nous priver continuellement? Quand est-ce qu'il va commencer à comprendre qu'avec un revenu de 14 000 $, nous ne sommes pas capables de vivre décemment? Quand est-ce qu'il mettra un seuil normal de revenu de 30 000 $ pour les personnes âgées?» Ce sont ces personnes âgées qui ont fait que le Canada se soit développé, mais il n'y a aucune reconnaissance envers elles.

    Également, il y a tout ce qui touche le dossier des femmes et le dossier de l'assurance-emploi. Il n'y a même pas d'ouverture dans le dossier des travailleurs autonomes, alors qu'on sait que 16 p. 100 de la population canadienne est présentement constituée de travailleurs autonomes qui n'ont pas accès à l'assurance-emploi. Ceci met donc de côté une quantité énorme de travailleurs.

    Ce gouvernement pense avoir répondu à l'attente des gens. Comme vous le savez, il y aura un changement à la tête du gouvernement libéral, et je ne pense pas que le nouveau chef du Parti libéral du Canada va entériner ce budget, surtout que c'est un budget dont la plupart des mesures sont étalées sur les 10 prochaines années. Vous savez, quand on fait notre budget personnel, c'est difficile de faire un budget pour les prochaines années. Dans le cas présent, on étale sur 10 ans des mesures qui ne sont même pas collées à la réalité. Imaginez-vous tout ce qui arrivera dans le futur. Dans ce budget, rien n'est prévu pour le futur.

    Je suis très déçue de ce nouveau ministre des Finances. Je suis très déçue de ce gouvernement qui empoche des surplus phénoménaux et qui ne fait rien pour au moins répondre aux personnes âgées, aux travailleurs, aux travailleurs du bois d'oeuvre, ou pour modifier la Loi sur l'assurance-emploi. La semaine dernière, le secrétaire d'État responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec a même admis que la caisse de l'assurance-emploi de 44 milliards de dollars n'existait plus. Pouf! elle a disparu.

    Vraiment, c'est un gouvernement d'illusions. C'est un gouvernement qui pique dans la poche des gens en leur disant: «Donnez-moi l'argent, moi, je peux faire ce que je veux avec.» Non, jamais je ne donnerai mon aval à une telle vision d'un pays. Jamais je ne croirai que ce gouvernement peut dire qu'il est à l'écoute des gens. Je vais voter contre ce budget.

  +-(1100)  

[Traduction]

+-

    Mme Bev Desjarlais (Churchill, NPD): Monsieur le Président, je suis heureuse de pouvoir parler du projet de loi d'exécution du budget. Je tiens à aborder quelques points précis. Premièrement, je vais revenir sur le point dont a parlé notre collègue du Bloc québécois, le crédit d'impôt pour personnes handicapées. Deuxièmement, je parlerai de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien et du financement que lui accorde ce budget. Troisièmement, je veux aussi discuter du financement du Fonds canadien de télévision. Certaines personnes touchées par les compressions dans ce programme seront ici sur la colline aujourd'hui et elles feront valoir certains arguments. Voilà des questions qui nous touchent tous en tant que Canadiens.

    Prenons d'abord l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, responsable d'un nouveau programme que le gouvernement canadien a instauré il y a deux ans environ. Ce programme devait viser la sécurité dans les transports en général, mais surtout dans le transport aérien. Il s'agissait d'un nouvel organisme que le gouvernement allait financer au moyen d'une nouvelle taxe. La nouvelle TPS du gouvernement libéral est un droit pour la sécurité que doivent payer ceux qui voyagent en avion.

    En ma qualité de néo-démocrate, et comme de nombreux Canadiens, j'ai quelques réserves à ce sujet. Demander à un secteur en particulier de payer pour sa sécurité équivaut à demander aux victimes de vols par effraction de payer dorénavant pour les services de la GRC. En fait, au Canada, il semblerait inacceptable qu'on demande à ceux dont la vie a été affectée par un meurtre, ou un geste encore plus ignoble, de payer pour les services de la GRC afin d'obtenir une protection supplémentaire.

    Cependant, le gouvernement a mis en oeuvre le droit pour la sécurité des passagers du transport aérien, profitant ainsi des difficultés et des craintes suscitées par les événements du 11 septembre. Pour renforcer la sécurité des transports, il a instauré cette taxe de 24 $ que doit verser chaque passager. Il a réparti la note en plusieurs sections. Pour un aller seulement, il en coûte tant, pour le retour il en coûte tant, sans oublier la TPS qui s'applique à ce droit. Quel camouflet pour la société. Les voyageurs payent non seulement un montant pour assurer leur propre sécurité, mais aussi la taxe qui s'applique à ce montant. Je suppose qu'il ne s'agit pas d'un service essentiel, car cela voudrait dire que le gouvernement juge parfaitement acceptable d'imposer la TPS sur des services essentiels.

    Il a créé la taxe de sécurité et le nouvel organe, l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, pour s'en occuper. De nombreuses préoccupations ont été exprimées selon lesquelles la taxe de sécurité était pour quelque chose dans les difficultés que connaît le secteur aérien. Ce secteur avait énormément souffert des événements du 11 septembre, et maintenant, il y a des problèmes liés au SRAS. C'est tout un tas de raisons réunies, mais la taxe de sécurité aérienne en faisait partie. Le gouvernement a créé ce nouvel organe qui devait être financé avec la taxe.

    L'autre jour, au Comité des transports, nous avons entendu des témoins qui représentaient cet organe, au sujet des crédits qui devraient être adoptés dans ce budget pour qu'ils aient leur financement. Le ministre a dit à maintes reprises que tout ce qui pouvait avoir un lien avec l'association de la sûreté du transport aérien, et je lui choisis des noms parce que j'ai été tellement dérangée, l'autre jour, par toute leur attitude, tout ce qui touche à l'ACSTA devrait être renvoyé à cet organe. Une part du budget y est affectée parce qu'il n'y a pas de fonds distinct pour cette taxe.

    En plus, cette taxe de sécurité des transports qui est perçue auprès des passagers est versée dans le fonds des recettes générales, ce trou noir où va l'argent du Régime de pension du gouvernement du Canada, le fonds de l'assurance-emploi et, maintenant, aussi la taxe de sécurité des transports.

    Le ministre nous a dit à maintes reprises de poser nos questions à l'ACSTA. Des témoins de l'ACSTA sont venus devant nous l'autre jour. Que nous ont-ils dit, en comité, lorsque nous les avons interrogés sur l'une de leurs dépenses? Nous n'avons pas demandé quel genre de mesures de sécurité étaient appliquées à l'aéroport international de Toronto. Nous n'avons pas demandé quel équipement avait été acheté. La question qui a été posée, c'est «Combien avaient-ils payé pour un contrat avec cette compagnie?» Nous n'avons pas demandé ce que comprenait exactement ce contrat. Nous n'avons demandé aucun détail.

  +-(1105)  

    Nous avons demandé combien coûtait ce contrat. Compte tenu de toutes les situations auxquelles le gouvernement réagit, des questions au sujet des contrats qu'il a accordés, du favoritisme et de l'attribution de contrats, la question était à propos. Qu'est-ce que l'ACSTA a dit? «Nous ne pouvons vous le dire pour des raisons de sécurité nationale.» Peut-on imaginer cela? L'ACSTA ne pouvait pas nous dire combien elle avait payé ce contrat pour des raisons de sécurité nationale. On ne leur a pas demandé de contrevenir à la loi. Comment les députés pourraient-ils demander à l'ACSTA de contrevenir à la loi?

    C'est la déclaration la plus ridicule qu'il m'ait été donné d'entendre. Les membres du comité étaient frustrés. Notre comité donnait suite à une recommandation de la vérificatrice générale à l'effet que les parlementaires devaient chercher à savoir à quoi servent les deniers publics. Nous devons demander combien de fonds sont consacrés aux différents programmes. En tant que bons députés du Parlement, nous faisons ce qu'on nous demande de faire, nous veillons à ce que le gouvernement rende des comptes sur les deniers publics, et on vient nous dire: «Nous ne pouvons vous le dire à moins que le ministre en décide autrement.»

    Le ministre devrait se lever dans la Chambre et rendre des comptes. Si personne ne peut parler en son nom sans sa permission, il n'y a aucune raison de travailler ensemble en comité. Le ministre devrait rendre des comptes à la Chambre relativement à la taxe pour la sécurité des passagers qui utilisent le transport aérien.

    Je tiens par ailleurs à signaler le crédit d'impôt pour personnes handicapées. On a l'impression que le gouvernement ne veut pas accorder le crédit d'impôt aux personnes handicapées à moins que celles-ci se traînent littéralement par terre. Alors, si c'est le cas et si elles sont encore capables d'ingurgiter de la nourriture, elles n'auraient probablement toujours pas droit à ce crédit.

    Honnêtement, dit-on aux entreprises qui bénéficient de déductions fiscales pour leurs employés «nous sommes désolés, mais vous avez eu tel revenu, si bien que vous n'avez pas besoin de ce crédit d'impôt ou de cette déduction fiscale»? Dit-on aux entreprises qu'elles ne peuvent déduire le coût de leurs loges dans les arénas, par exemple? Non, il n'y a pas de problème, mais que dit-on aux personnes handicapées? Qu'elles doivent obtenir un document signé par un médecin qui atteste qu'elles ne peuvent pas faire certaines choses, faute de quoi elles n'obtiendront pas le crédit pour personnes handicapées.

    C'est inacceptable. Les priorités du gouvernement sont bien mal placées. L'attitude affichée par ce dernier à l'endroit des Canadiens ordinaires, et dans bien des cas des Canadiens les plus vulnérables, est tout simplement inacceptable. Il faut traiter de la question des crédits d'impôt. Il faut faire en sorte que les personnes handicapées puissent jouir de ces crédits, aussi minimes soient les sommes qu'ils représentent. On doit reconnaître que les handicapés doivent assumer des coûts supplémentaires. Les Canadiens le savent et ils sont d'accord pour qu'on leur accorde un crédit d'impôt, tout comme bon nombre de Canadiens croient que les personnes qui travaillent sont justifiées de réclamer un crédit d'impôt pour la garde d'enfants. Les Canadiens trouvent ces requêtes acceptables.

    Le troisième point dont je voudrais parler est cette attaque déraisonnable dirigée contre la programmation canadienne. L'absence d'une vision rassembleuse pour unir le pays et bâtir des industries qui nous définissent, nous les Canadiens, est encore une fois inacceptable. Il faut tenir compte des gens qui ont tant donné de leur vie, en tant que comédiens, réalisateurs et producteurs, pour nous offrir chaque jour des émissions à la télévision et à la radio. La réduction de 25 millions de dollars du Fonds canadien de télévision a des conséquences douloureuses pour notre pays et l'industrie touchée.

    Un groupe de pression est ici aujourd'hui et je demande aux députés d'écouter attentivement ce qu'il a à dire. On doit amener le gouvernement à agir. Il faut que ce dernier continue d'appuyer financièrement cette industrie et qu'il apporte les modifications législatives nécessaires au niveau du CRTC pour pouvoir aider, au moyen d'un programme quelconque, les futurs producteurs, raélisateurs et comédiens. Nous ne voulons pas importer les émissions américaines. Nous voulons un produit canadien. Nous voulons que nos jeunes qui grandissent voient le Canada à travers les yeux de Canadiens.

    C'est ce qui nous est arrivé à leur âge. Je défie qui que ce soit ici de prétendre le contraire, même les plus jeunes de nos députés. Nous avons eu droit à d'excellentes émissions canadiennes au fil des ans. Qu'on songe seulement à Don Messer, Tommy Hunter, Street Legal et Da Vinci's Inquest. Ce sont de merveilleuses émissions canadiennes.

    M. Calder: The Beachcombers.

    Mme Bev Desjarlais: Exactement, The Beachcombers, une série mettant en vedette d'excellents comédiens et comédiennes. Nous sommes fiers d'eux. Pourquoi le gouvernement ne démontre-t-il pas sa fierté à l'égard des Canadiens travaillant dans cette industrie? Il a réduit de 25 millions de dollars le financement accordé à la programmation canadienne. C'est inacceptable.

  +-(1110)  

    Mon temps est écoulé, mais j'espère que d'autres députés parleront également de cette question.

+-

    M. John Williams: Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. À mon avis, l'allocution de la députée était excellente. De toute évidence, elle a manqué de temps. Vous pourriez peut-être demander le consentement unanime pour l'autoriser à continuer.

+-

    Le vice-président: Y a-t-il consentement unanime?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

[Français]

+-

    M. Gilles-A. Perron (Rivière-des-Mille-Îles, BQ): Malheureusement, madame, vous auriez dû continuer.

    Monsieur le Président, ce matin, je ne parlerai pas nécessairement du budget qui fait l'objet du débat. Je vais plutôt parler d'un amendement proposé par ma collègue, la députée de Drummond, qui vise supprimer l'article 64 à la page 56 du projet de loi. Cet amendement se lit comme suit:

    Que le projet de loi C-28 soit modifié par suppression de l'article 64.

    La question que tout le monde se pose est de savoir pourquoi on veut supprimer l'article 64.

    Cela vient d'un problème qui existe depuis longtemps entre les commissions scolaires de tout le pays et le ministère des Finances. En effet, pour le transport scolaire, les commissions scolaires ont droit à un crédit de 100 p. 100 de taxes sur les intrants en vertu des dispositions de la Loi sur la taxe d'accise, concernant le traitement sur le régime de taxes des produits et services, de la taxe de vente harmonisée des administrations scolaires et des services de transport scolaire qu'elles offrent. Cela fait des années que ce crédit existe.

    L'ancien ministre des Finances— présentement leader dans la course au leadership du Parti libéral, je parle du député de LaSalle—Émard—avait décidé de prendre ce crédit de 100 p. 100 et de le baisser unilatéralement à 68 p. 100. Finalement, des commissions scolaires se sont levées, ont fait des poursuites et sont allées en cour.

    Le 17 octobre 2001, la Commission scolaire des Chênes recevait un jugement unanime donnant droit aux commissions scolaires canadiennes d'avoir ces déductions à 100 p. 100. Ces dernières touchaient en tout 415 commissions scolaires au pays, dont 72 au Québec, 88 en Saskatchewan, 72 en Ontario, 7 en Nouvelle-Écosse, 60 en Colombie-Britannique et j'en passe. Donc, toutes les commissions scolaires canadiennes étaient impliquées.

    D'ailleurs, dans un article de journal du 20 mars 2002, le président de l'Association canadienne des commissions scolaire, M. Gary Shaddock, disait que ce jugement coûterait environ 150 millions de dollars. Cela veut dire que le Canada essaierait d'aller chercher un surplus de 150 millions de dollars dans les poches des commissions scolaires. Cela aurait eu pour résultat un manque à gagner de 150 millions de dollars pour l'ensemble du territoire.

    M. Shaddock disait:

    Pour les commissions scolaires, c'est beaucoup d'argent (...) mais pour le gouvernement fédéral, ce n'est pas grand chose.

    M. Shaddock, dans le même article, affirmait que l'ancien ministre des Finances—et le nouveau puisque c'est dans le budget du nouveau ministre des Finances—tentait de se soustraire à la décision judiciaire demandant au gouvernement de donner un crédit à 100 p. 100 et que les politiques du gouvernement ne devraient pas annuler les jugements des tribunaux.

    C'est exactement ce que l'article 64 tente de faire. Dans le budget, on vient tout simplement dire aux juges: «Vous avez fait une job plus ou moins bonne, ce n'est pas bon votre affaire, c'est fini.»

    J'aimerais parler un peu des commissions scolaires du Québec. André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, disait dernièrement qu'il s'agit d'un abus de droit et de pouvoirs.

  +-(1115)  

    En agissant ainsi, le gouvernement fédéral privera les commissions scolaires du Québec de ressources financières importantes pour l'organisation du transport scolaire de 650 élèves quotidiennement.

    La fédération estimait à moins de 30 millions de dollars le problème causé. Ces 30 millions de dollars de manque à gagner des commissions scolaires du Québec aura quel effet? Il faudra augmenter les taxes scolaires de tous les parents d'étudiants au Québec si on veut continuer à fournir un système de transport adéquat.

    C'est un autre moyen pris par le gouvernement fédéral. Il va piger des millions de dollars chez les commissions scolaires, dans la caisse de l'assurance-emploi et un peu partout. Pourquoi faire? Peut-être pour favoriser des petits amis et aider des petits amis. Je ne sais pas.

    En terminant, j'ai une lettre en provenance d'un grand cabinet d'avocats de Montréal, Stikeman Elliott. Elle est signée par une personne qui, je crois, est un de vos amis ou une très grande connaissance, l'honorable Marc Lalonde, ex-ministre des Finances dans le gouvernement Trudeau. Lui aussi s'opposait et s'oppose à l'article 64 dudit budget, disant que c'est inacceptable. Je vais lire quelques passages de la lettre de M. Lalonde. L'ex-ministre des Finances, le député de Lasalle—Émard, disait ceci:

    La modification proposée sera toutefois sans effet sur les causes qui ont déjà été tranchées par la Cour fédérale.

    C'était la déclaration du ministre des Finances de l'époque, le député de LaSalle—Émard, dans un communiqué émis le 31 décembre 2001, soit dans le temps des Fêtes, pour que personne ne s'en aperçoive. Il avait donc dit cela. Cependant, cela a suscité une levée de boucliers.

    M. Lalonde l'avait prévu. Il s'adresse ici à l'ex-ministre des Finances:

    Étant donné votre vaste expérience politique, vous pouvez facilement imaginer les réactions des commissions scolaires laissées pour compte par cette affaire.

    Je sais qu'il ne me reste que deux minutes et je crois que je pourrai terminer ce que j'ai à dire. Voici un autre extrait de la lettre de Marc Lalonde.

    Une fois une décision finale rendue par les tribunaux, toutes les autres causes auraient dû être réglées sur la même base. Cependant, la proposition législative envisagée par votre ministère aurait pour effet de renverser rétroactivement un tel arrangement. Inutile de dire que nos clients ont le sentiment que le ministère des Finances se met dans une situation de parieur qui dit: «Je tire pile, je gagne; face, tu perds.»

    Ce sont les propos de Marc Lalonde. Ce ne sont pas ceux du député de Rivière-des-Mille-Îles. Ce sont les propos de Marc Lalonde, ex-ministre des Finances. Je crois que l'ex-ministre des Finances, le député de Lasalle—Émard, et l'actuel ministre des Finances auraient dû en tenir compte.

    Vous voyez la raison pour laquelle je demande que l'amendement de ma collègue, la députée de Drummondville, soit accepté et qu'on abolisse cet article 64.

    Je vous remercie de m'avoir permis de m'exprimer au sujet d'un dossier qui m'est cher et qui concerne les étudiants d'un peu partout au Canada.

  +-(1120)  

[Traduction]

+-

    M. Svend Robinson (Burnaby—Douglas, NPD): Monsieur le Président, je suis heureux de participer à ce débat important sur le projet de loi d'exécution du budget et de rendre d'abord hommage à ma collègue, la nouvelle porte-parole du caucus fédéral du Nouveau Parti démocratique en matière de finances, la députée de Winnipeg-Nord-Centre, qui a exprimé éloquemment notre point de vue, en tant que néo-démocrates, au sujet des nombreuses lacunes que recèle le budget.

    Notre participation au débat s'inscrit dans le contexte d'une décennie au cours de laquelle le gouvernement libéral fédéral a réduit et sabré quelques-uns des programmes les plus fondamentaux qui sont chers aux Canadiens. Je voudrais en donner quelques exemples.

    Je représente une circonscription de la Colombie-Britannique, celle de Burnaby—Douglas, où nous sommes fiers de compter un bon nombre de projets de coopératives de logement. En fait, plus de 1 000 familles habitent dans des coopératives de logement. Lorsque les libéraux ont été élus sur la scène fédérale en 1993, une des premières choses qu'a faites l'ancien ministre des Finances, qui est actuellement candidat à la direction du Parti libéral et qui sillonne le pays pour dire à quel point il fera un bon premier ministre, a été de réduire, de supprimer, de faire disparaître les fonds destinés aux coopératives de logement et au logement social au Canada. C'est absolument honteux.

    Nous sortions tout juste de neuf années d'un régime conservateur, et j'avais eu l'honneur de représenter la circonscription de Burnaby pendant ces neuf années. Même les conservateurs n'avaient pas osé éliminer le financement fédéral pour les coopératives d'habitation. Le gouvernement libéral l'a fait. Maintenant, les libéraux disent que nous connaissons à nouveau une période d'excédents. Maintenant qu'il y a cette période d'excédents et que les libéraux ont pu trouver des millions et des millions de dollars de baisses d'impôt pour certains des Canadiens les plus fortunés, combien d'argent le gouvernement libéral a-t-il prévu dans le dernier budget pour les coopératives d'habitation? Pas un cent n'a été prévu pour le financement des coopératives d'habitation, même si le gouvernement a trouvé des fonds pour ses amis des grandes sociétés, pour les citoyens les plus riches de notre pays. L'ex-ministre des Finances, le ministre des Finances actuel et le gouvernement libéral devraient avoir honte. De toute évidence, ils ne se soucient pas de l'accès à un logement abordable et aux coopératives d'habitation.

    Une autre préoccupation qui a été soulevée à maintes occasions par l'ex-porte-parole des néo-démocrates fédéraux en matière de santé et par moi-même, ainsi que par mes collègues et notre nouveau chef, Jack Layton, c'est le fait que le gouvernement libéral manque à ses responsabilités dans la mise en oeuvre des recommandations extrêmement importantes de la commission Romanow sur l'avenir des soins de santé.

    Roy Romanow a passé une année et demie à se déplacer partout au Canada afin de consulter les Canadiens et de recueillir les meilleurs témoignages possibles sur les façons de sauver notre système de soins de santé public. Il est arrivé à la conclusion que, non seulement nous devons apporter des changements majeurs dans la façon dont nous dispensons les soins de santé, y compris, par exemple, les services de diagnostic prévus expressément aux termes de la Loi canadienne sur la santé, mais il a aussi parlé très clairement des répercussions profondes que les compressions pratiquées par l'ex-ministre des Finances ont eues sur la qualité des soins de santé d'un océan à l'autre.

    Encore une fois, nous avons vu l'ex-ministre des Finances sabrer le financement prévu pour le système de soins de santé public et se décharger de ses responsabilités sur les provinces et les territoires. On aurait espéré que l'actuel ministre des Finances donne suite aux recommandations de Roy Romanow. Au lieu de cela, les libéraux ont présenté une réponse laissant nettement à désirer. Ils ont laissé un écart énorme, comme les premiers ministres des provinces l'ont souligné dans leur accord, un écart que ma collègue, la députée de Winnipeg-Centre-Nord, appelle l'écart par rapport aux recommandations de M. Romanow, un écart énorme entre ce qui était nécessaire, entre ce que Roy Romanow avait défini comme étant extrêmement important lorsqu'il s'est déplacé partout au Canada, et ce que les libéraux ont réellement offert.

    Pour assurer la viabilité à long terme du système public de soins de santé, M. Romanow avait appuyé le principe, exprimé par les néo-démocrates, selon lequel la part du gouvernement fédéral dans le financement des soins de santé devrait être rétablie à 25 p. 100 le plus rapidement possible. Je fais une pause ici pour dire qu'il ne s'agit pas là d'un objectif radical ou révolutionnaire. Cela ne fait pas si longtemps que le gouvernement fédéral s'était engagé à assumer la moitié, soit 50 p. 100, des coûts de notre système public de soins de santé.

  +-(1125)  

    Roy Romanow a suggéré que nous augmentions à 25 p. 100 au moins. Il a insisté pour que cela se fasse sur une période de trois ans. Comment le gouvernement libéral a-t-il répondu à cette importante recommandation? Au lieu de retourner à 25 p. 100, le budget libéral, que nous débattons actuellement, porte la contribution du gouvernement fédéral à 20 p. 100 seulement. Et cela ne se fera même pas sur trois ans, mais bien sur cinq ans. Essentiellement, il y a un déficit de quelque 5 milliards de dollars. C'est l'écart qui existe par rapport à la recommandation de M. Romanow. Ce sont 5 milliards de dollars dont on a désespérément besoin pour renforcer et améliorer notre système public de soins de santé. Le gouvernement libéral, qui nage dans les excédents et qui peut trouver de l'argent pour consentir des réductions d'impôt, ne peut cependant pas trouver d'argent pour financer les besoins essentiels de notre système de soins de santé.

    Les libéraux ont créé un autre écart dans le budget, qui concerne cette fois la reddition de comptes. En effet, il y a un manque de clarté en ce qui a trait aux chiffres sur la santé. Nous ne savons pas, par exemple, si les fonds qui ont déjà été engagés, les 13,2 milliards de dollars engagés pour améliorer les soins de santé aux termes de l'accord de 2000 sur la santé, sont du vieil argent ou de l'argent neuf. Personne ne le sait vraiment.

    Il y a aussi la question des points d'impôt et des transferts aux provinces, et ainsi de suite. M. Romanow a été très clair à ce sujet. Il a dit que les provinces devraient recevoir tous leurs transferts en espèces. Il ne devrait plus y avoir de ce tour de passe-passe que sont les points d'impôt.

    Une des choses qui menacent le plus le système public de soins de santé, c'est la décision du gouvernement libéral de laisser gonfler les profits d'un système public de soins de santé de plus en plus privatisé. Comme l'ont signalé maintes et maintes fois à la Chambre ma collègue, la députée de Halifax, qui m'a précédé comme porte-parole en matière de santé et qui est désormais porte-parole en matière financière, et le chef de notre parti, l'assurance-maladie et le système public de soins de santé sont gravement menacés par le recours de plus en plus grand aux soins de santé privés à but lucratif. Et pourtant, les libéraux ne disent absolument rien de cela. Il n'existe aucun moyen de s'assurer que les nouveaux fonds qui sont engagés dans les soins de santé conformément aux dispositions de l'accord sur la santé que les premiers ministres ont conclu récemment ne serviront pas à payer des soins privés à but lucratif.

    Comme l'ont établi clairement la Coalition canadienne de la santé et beaucoup d'autres, y compris les premiers ministres néo-démocrates du Manitoba et de la Saskatchewan, cela menace sérieusement notre régime d'assurance-maladie. En un sens, le dommage est double. Étant donné que les libéraux sous-financent vraiment le système public de soins de santé et qu'ils laissent croître un système de soins de santé privés à but lucratif, les pressions des Canadiens se feront de plus en plus grandes lorsqu'ils verront les listes d'attente s'allonger dans certains cas à cause de la réduction du financement fédéral. On dira évidemment que, si le système public n'arrive pas à suffire à la tâche, comme le laisse entendre l'Alliance canadienne, nous devrions passer à un système de soins de santé à deux vitesses comme celui des Américains. Nous, néo-démocrates, nous opposerons vigoureusement ici à l'adoption d'un système de soins de santé aussi régressif.

    À un certain nombre d'égards très importants, le budget que nous débattons aujourd'hui nous entraîne de plus en plus loin sur cette voie très dangereuse qui mènera à une érosion du système public de soins de santé.

    Nous avons de nombreuses autres préoccupations à l'égard de ce budget et de l'insuffisance des crédits qui y sont prévus. La prévention du crime, par exemple, préoccupe énormément les habitants de Burnaby, ma localité. J'ai eu l'honneur de m'entretenir avec quelques représentants des services de police communautaires. Ils m'ont expliqué que, par suite de certaines réductions notables dans le budget de la prévention du crime, la sécurité publique dans certains quartiers s'est trouvée compromise. On a également sabré dans les fonds consacrés à la prévention du crime et à la lutte contre les infractions commerciales.

    Nous n'avons toujours pas obtenu de financement suffisant du gouvernement fédéral pour le transport en commun et nous n'avons pas non plus été remboursés d'une partie de ces centaines de millions de dollars que les contribuables de la Colombie-Britannique versent au Trésor de l'État. Pas un cent n'en revient à la Colombie-Britannique pour financer les services de transport en commun.

    Vous me faites signe que mon temps de parole est écoulé, monsieur le Président, alors que je commence à m'échauffer. Je sais que la députée de Etobicoke—Lakeshore compte présenter une défense émouvante du budget et je suis impatient d'entendre ses observations.

  +-(1130)  

    De l'avis des néo-démocrates, le budget laisse beaucoup à désirer dans quelques-uns des domaines les plus critiques, notamment les soins de santé, l'aide à l'étranger, le logement, l'environnement et, bien sûr, d'autres domaines dont la culture.

+-

    Mme Alexa McDonough (Halifax, NPD): Monsieur le Président, je suis vraiment ravie de participer au débat sur la Loi d'exécution du budget. Je crois qu'il est clair, comme le nom de ce projet de loi l'indique, que nous discutons des mesures que prend le gouvernement pour joindre les actes à la parole.

    Quand le gouvernement lance des idées progressistes et se dit préoccupé de l'avenir des Canadiens et de celui du pays, il faut vraiment se demander s'il fournira bel et bien les ressources pour concrétiser ces beaux projets dans l'intérêt des Canadiens et de notre grand pays.

    Comme les députés le savent déjà, nombre de mes collègues sont déjà intervenus à cet égard. Au cours de leur récente intervention, le député de Burnaby—Douglas, la députée de Winnipeg, qui est porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de finances, et bien d'autres collègues ont particulièrement souligné certains écarts et les graves divergences entre les promesses et les ressources.

    Aujourd'hui, je ne m'attarde pas tant à certains secteurs où le budget qui, ne reposant par sur des priorités judicieuses, a des répercussions désastreuses. Les Canadiens en constatent assez clairement l'incidence négative par exemple dans la réduction du financement dans le secteur pourtant prioritaire de la santé, réduction qui demeure toujours controversée dans le budget dont nous discutons maintenant.

    Nous savons que le gouvernement est devenu spécialiste dans l'art de présenter des statistiques montrant des pourcentages précis d'augmentation dans le financement des soins de santé. Évidemment, le gouvernement ne précise pas que la base à partir de laquelle ces pourcentages d'augmentation sont calculés est désastreusement faible et que c'est lui-même qui l'a établie lors des coupes massives, unilatérales et sans précédent qu'il a effectuées dans le financement du système de soins de santé. Par conséquent, le gouvernement se livre à de grands tours de passe-passe et présente des augmentations calculées sur une base ridicule. Les chiffres présentés ne signifient rien tant qu'on ne regarde pas comment ils sont appliqués au système.

    Voilà la réalité et elle a des répercussions très directes sur de nombreux Canadiens. Cette situation a incité un grand nombre de citoyens à se mobiliser pour tenter de fermer la brèche Romanow comme on l'appelle.

    De même, pour ce qui concerne les coopératives d'habitation, le gouvernement dit s'inquiéter au sujet des sans-abri. À l'occasion, il donne brièvement la parole à certains organismes communautaires qui luttent ferme pour essayer de régler le problème des sans-abri. Ils se réunissent pour signer une entente sur la situation des itinérants de la rue qui menace constamment de dégénérer en crise. Cependant, lorsqu'il s'agit d'investir dans les logements abordables qui permettraient de résoudre partiellement le problème, l'argent fait défaut. Ce budget ne renferme pas les fonds nécessaires et depuis le début de son mandat le gouvernement n'a jamais accordé les fonds nécessaires à cet égard.

    Au cours des quelques minutes mises à ma disposition, je parlerai succinctement de trois domaines où le budget ne répond pas aux besoins; les effets de ces lacunes ne seront pas immédiatement mesurables, mais leur impact n'en sera pas moins problématique, désastreux et dévastateur. Ils ne touchent pas tous les Canadiens comme le financement des soins de santé, mais ils affectent certainement l'essence même du Canada à titre de communauté et de nation. Ces omissions dans le budget en disent long sur l'âme et l'esprit du Canada, mais le gouvernement ne semble pas se préoccuper énormément de cet aspect.

    Le premier domaine est celui du crédit d'impôt pour personnes handicapées. Nous avons longuement débattu de cette question à la Chambre. Le NPD avait travaillé d'arrache-pied avec les organisations et les personnes handicapées pour essayer d'amener le gouvernement à comprendre que la définition restrictive de ce qui constitue un handicap et détermine l'admissibilité au crédit d'impôt a causé des difficultés colossales à de très nombreux Canadiens.

  +-(1135)  

    Ce doit être l'une des mesures les plus imprévoyantes et les plus mesquines que le gouvernement ait jamais prises. Il y en a beaucoup d'autres sur cette liste également, mais il est tout simplement révoltant que le gouvernement s'en prenne aux Canadiens les plus vulnérables, pour qui même les exigences de la vie quotidienne sont difficiles et demandent une motivation et un engagement herculéens, et qu'il décide d'économiser en resserrant les critères d'admissibilité au crédit d'impôt pour personnes handicapées.

    Le gouvernement continue d'exprimer son inquiétude et de dire qu'il va réexaminer la situation, mais il reste que les gens qui recevaient un petit supplément, et c'est bien de cela qu'il s'agit ici, à un revenu annuel et mensuel déjà tout à fait inadéquat se font avoir encore plus et sont encore moins en mesure de financer leurs besoins quotidiens, sans compter les coûts reliés à leur handicap.

    La seconde question tombe dans un domaine qui pourrait bien ne pas être aussi évident pour beaucoup de Canadiens. Revenons très brièvement à la période qui a suivi les événements du 11 septembre, lorsque j'ai présenté une motion à la Chambre, avec la collaboration de nombreux Canadiens qui s'inquiétaient déjà des signes de la réaction qu'allait avoir le gouvernement.

    Nous avons soutenu qu'il fallait affecter des ressources à la lutte contre la discrimination raciale et le sectarisme religieux qui se manifestaient déjà au sein de la famille canadienne. Ainsi, l'établissement de profils raciaux qui a commencé à toucher la vie non seulement des gens traversant la frontière mais des jeunes enfants dans les cours d'école était tout à fait contraire aux valeurs canadiennes. Un sentiment anti-musulman et antisémite qui était tout à fait alarmant et inquiétant a commencé à imprégner la société canadienne. Cela demeure un problème très grave.

    Je dois dire qu'en ce qui concerne la capacité du gouvernement de joindre le geste à la parole, après avoir exprimé ses inquiétudes, au lieu d'affecter des ressources au développement de la conscience communautaire, à une sensibilisation accrue de la population à ce problème, il a simplement mis de côté ce problème qui s'est amplifié.

    En fait, le gouvernement a fait encore pire que cela. On ne le voit pas immédiatement dans le budget dont nous sommes saisis, car il n'y a pas de crédit budgétaire. Le gouvernement a aggravé le problème en présentant plusieurs mesures législatives qui fondamentalement permettent qu'on foule au pied les libertés civiles, qui donnent fondamentalement à la population l'impression que pour parvenir à une meilleure sécurité, il faut restreindre les libertés et les droits des Canadiens.

    Qui sont les plus visés par cette répression des droits et des libertés? Les Canadiens mêmes qui sont les plus souvent victimes de discrimination, qui ont besoin de compréhension et de soutien et dont les droits et les libertés doivent être protégés. Le gouvernement a tout simplement aggravé le problème en refusant de prévoir les ressources nécessaires à l'organisation de campagnes de sensibilisation de la population.

    Pour terminer, et je sais qu'il ne me reste qu'une minute ou deux, j'aimerais dire qu'il est important, à mon avis, que le gouvernement prenne conscience du nombre sans cesse croissant de Canadiens qui se disent extrêmement inquiets de voir que la communauté artistique, plus particulièrement les artistes du théâtre ou du cinéma, se sente obligée de venir ici, sur la colline du Parlement, demander pour l'amour de Dieu pourquoi le gouvernement ne comprend-il pas que les paroles et les actions du milieu des arts et de la culture expriment le mieux l'âme même des Canadiens, qui nous sommes et quelles sont nos aspirations.

    Que se passe-t-il? Non seulement nous sommes témoins de la perte d'un nombre incroyable d'emplois très intéressants, non seulement toute une industrie, et je parle de l'industrie du cinéma et des industries culturelles connexes, est assaillie de toute part, mais nous nous retrouvons dans une situation où est réprimée la capacité des Canadiens d'entendre d'autres Canadiens, leurs voix ou leurs aspirations exprimées par l'intermédiaire de l'énergie créatrice de la communauté artistique.

  +-(1140)  

    J'espère que le gouvernement écoute et qu'il entendra ce que les membres de l'ACTRA, l'industrie du cinéma, disent quand ils l'implorent de ne pas tuer un élément important de l'âme canadienne et une industrie en retranchant 25 millions de dollars du budget des arts, quand ils l'invitent à essayer de comprendre qu'ils ne demandent pas que de l'argent mais l'annulation des changements décrétés par le CRTC, changements qui ont aussi réprimé et réduit au silence les voix de l'espoir et des aspirations de la société qui s'expriment par le truchement de la communauté artistique et culturelle.

+-

    Le vice-président: La Chambre est-elle prête à se prononcer?

    Des voix: Le vote.

    Le vice-président: Le vote porte sur la motion no 13. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.

    Des voix: Oui.

    Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: À mon avis, les non l'emportent.

    Et plus de cinq députés s'étant levés:

    Le vice-président: Le vote sur la motion no 13 est reporté. Le prochain vote porte sur la motion no 14. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.

    Des voix: Oui.

    Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: À mon avis, les non l'emportent.

    Et plus de cinq députés s'étant levés:

    Le vice-président: Le vote par appel nominal sur la motion no 14 est reporté. Les résultats du vote par appel nominal s'appliqueront également à la motion no 15.

    Le prochain vote porte sur la motion no 17. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.

    Des voix: Oui.

    Le vice-président: Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire non.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: À mon avis, les non l'emportent.

    Et plus de cinq députés s'étant levés:

    Le vice-président: Le vote par appel nominal sur la motion no 17 est reporté.

  +-(1145)  

[Français]

    Le prochain vote porte sur la motion no 18. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.

    Des voix: Oui.

    Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.

    Des voix: Non.

    Le vice-président: À mon avis, les non l'emportent.

    Et plus de cinq députés s'étant levés:

     Le vice-président: Le vote sur la motion no 18 est différé. Le vote par appel nominal différé s'appliquera aussi à la motion no 19.

[Traduction]

    Les votes sont reportés à la fin de la période des questions.

*   *   *

+-Loi de 2002 sur la sécurité publique

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 9 mai, du projet de loi C-17, Loi modifiant certaines lois fédérales et édictant des mesures de mise en oeuvre de la convention sur les armes biologiques ou à toxines, en vue de renforcer la sécurité publique dont le comité a fait rapport avec une proposition d'amendement, et de la motion no 6.

+-

    M. Gurmant Grewal (Surrey-Centre, Alliance canadienne): Monsieur le Président, j'interviens au nom des électeurs de Surrey-Centre en ce qui concerne la motion no 6 dans le cadre de l'étude à l'étape du rapport du projet de loi C-17, Loi modifiant certaines lois fédérales et édictant des mesures de mise en oeuvre de la convention sur les armes biologiques ou à toxines, en vue de renforcer la sécurité publique, aussi connue sous l'appellation de Loi sur la sécurité publique.

    Comme les projets de loi C-42 et C-55 qui l'ont précédé au cours de la dernière session, le projet de loi C-17 est de type omnibus, et il modifie ou ajoute près de 24 lois relevant de près d'une douzaine de ministères ou d'organismes fédéraux.

    La motion no 6 est très intéressante. Elle reprend la notion d'arrêtés d'urgence figurant dans le projet de loi C-17 et l'inclut dans la Loi sur les produits antiparasitaires au cas où cette loi obtiendrait la sanction royale avant le projet de loi C-17. Pensez-y. Au moment de la rédaction de la Loi sur les produits antiparasitaires, la question des arrêtés d'urgence n'y était pas abordée et, maintenant, le gouvernement est si préoccupé qu'il a modifié le projet de loi C-17 pour qu'il s'applique à un projet de loi qui sera adopté dans l'avenir. C'est fascinant.

    Dans de nombreux cas, au lieu de dispositions visant à rassurer le public voyageur et le public en général, le projet de loi accorde à quatre ministres le pouvoir de prendre des arrêtés d'urgence. Une grande partie du projet de loi C-17 traite des arrêtés d'urgence. Dix parties du projet de loi modifient diverses lois afin d'y ajouter ou d'y accroître le pouvoir permettant au ministre responsable de prendre des arrêtés d'urgence dans des situations où une intervention immédiate s'impose. Essentiellement, en adoptant la notion d'arrêtés d'urgence, le gouvernement dit «Faites-moi confiance». Autrement dit, il déclare «Accordez-moi des pouvoirs non définis et, en cas d'urgence, vous pouvez avoir la certitude que je prendrai les bonnes décisions.» C'est ce que dira le ministre.

    Premièrement, on ne peut oublier que le gouvernement qui a mis plus de 19 mois à réagir aux événements du 11 septembre est celui qui nous dit désormais «Faites-moi confiance.» Deuxièmement, on ne peut faire abstraction du fait que si le gouvernement savait vraiment ce qu'il fait, il aurait défini clairement ses responsabilités et ses pouvoirs. Aux États-Unis, l'ébauche de la loi américaine sur la sécurité dans les secteurs de l'aviation et des transports a été rédigée tout juste 10 jours après les événements du 11 septembre. Toutefois, même à cette époque, alors qu'une Amérique sous le choc réfléchissait à la crise impensable qui venait tout juste de se produire, les législateurs américains savaient que le public américain ne se contenterait pas d'un «Faites-moi confiance.»

    La Loi américaine sur la sécurité dans les secteurs de l'aviation et des transports est précise. Elle délègue des pouvoirs, mais elle confère aussi des responsabilités. Elle comprend des échéances. Elle précise le montant qui peut être consacré à des initiatives particulières. Elle fixe des objectifs de gestion et exige des évaluations ainsi que des vérifications régulières. Elle est très précise, et non vague comme la mesure législative dont nous discutons.

    On sait clairement qui fait quoi, pourquoi, quand et en vertu de quel pouvoir. Des freins et contrepoids sont prévus. La loi américaine sur la sécurité de l'aviation et des transports est une réponse planifiée et stratégique d'une grande puissance à une menace précise.

    Au Canada, le projet de loi C-17 recourt aux arrêtés d'urgence alors que les États-Unis prévoient des mesures spécifiques. Les arrêtés d'urgence suivent tous un même modèle. Ils autorisent un ministre, dans certaines circonstances, à prendre un arrêté qui, en temps normal, devrait venir du gouverneur en conseil. Ainsi, aux moments critiques, lorsque le Cabinet ne peut se réunir, l'arrêté d'urgence permet à un ministre de prendre des mesures qui, normalement, devraient avoir l'aval du Cabinet.

  +-(1150)  

    Dans la plupart des cas, en vertu du projet de loi C-17, l'arrêté d'urgence doit être publié dans la Gazette du Canada dans les 23 jours suivant sa prise, recevoir l'approbation du Cabinet dans les 14 jours suivant sa prise et il expire un an après sa prise. De même, il doit être déposé devant le Parlement dans les 15 jours après sa prise.

    Pendant l'étude au comité législatif spécial, les députés de l'Alliance canadienne, du Bloc et du NPD ont essayé de proposer des amendements constructifs au projet de loi C-17 relativement aux arrêtés d'urgence. Les 14 amendements proposés par le porte-parole de l'Alliance canadienne en matière de transport, qui avait fait un excellent travail, étaient tous inspirés de la Loi sur les mesures d'urgence. Dans son préambule, cette loi dit notamment:

    Attendu que l'État a pour obligations primordiales d'assurer la sécurité des individus, de protéger les valeurs du corps politique et de garantir la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale du pays;

que l'exécution de ces obligations au Canada risque d'être gravement compromise en situation de crise nationale et que, pour assurer la sécurité en une telle situation, le gouverneur en conseil devrait être habilité, sous le contrôle du Parlement, à prendre, à titre temporaire, des mesures extraordinaires peut-être injustifiables en temps normal;

    Par conséquent, il nous a semblé que la règle du contrôle parlementaire énoncée dans la Loi sur les mesures d'urgence pourrait s'appliquer au type de situations dans lesquelles des arrêtés d'urgence pourraient être pris en vertu du projet de loi C-17. Le paragraphe 61(1) de la Loi sur les mesures d'urgence stipule:

    Sous réserve du paragraphe (2), les décrets ou règlements pris par le gouverneur en conseil en application de la présente loi sont déposés devant chaque Chambre du Parlement dans les deux jours de séance suivant la date de leur prise.

    Le paragraphe 61(2) stipule:

    Lorsqu'un décret ou un règlement d'application de la présente loi est soustrait à la publication dans la Gazette du Canada par les règlements d'application de la Loi sur les textes réglementaires, le décret ou le règlement, plutôt que d'être déposé conformément au paragraphe (1) est renvoyé au comité d'examen parlementaire dans les deux jours suivant sa prise ou, si le comité n'est pas alors constitué, dans les deux premiers jours suivant sa constitution.

    Chacun des 14 amendements s'inspire du même principe: si, pendant une situation d'urgence, le gouvernement peut soumettre des décrets et règlements au contrôle parlementaire dans les deux jours de séance suivant leur prise, il n'y a aucune raison pour qu'une norme moins rigoureuse s'applique au projet de loi C-17. L'Alliance canadienne n'est pas la seule à le penser. Le NPD et le Bloc ont également défendu ce principe.

    J'ai espoir que les trois partis pourront s'entendre sur une approche commune, afin de soumettre à un contrôle parlementaire plus rigoureux les arrêtés d'urgence pris par ce gouvernement, qui veut que nous lui fassions confiance 20 mois après les événements du 11 septembre. Toutefois, les libéraux semblent intraitables quant à leur volonté d'échapper au contrôle parlementaire. Au lieu d'accepter de soumettre les arrêtés d'urgence à quelque nouvelle restriction que ce soit, les libéraux membres du comité ont proposé, pour tout amendement relatif aux arrêtés d'urgence, d'ajouter l'article 111.1 au projet de loi, de façon à inclure les arrêtés d'urgence dans la Loi sur les produits antiparasitaires.

    En terminant, l'usage généralisé des arrêtés d'urgence est inquiétant. Le fait que le gouvernement continue d'avoir recours aux arrêtés d'urgence 20 mois après le 11 septembre montre bien que les libéraux sont toujours incapables de donner aux Canadiens une loi pour combattre le terrorisme chez nous et à l'étranger. La délégation de pouvoirs étendus à des ministres constitue une tendance dangereuse. La version du projet de loi C-17 produite à l'étape de l'étude en comité représente une amélioration par rapport au projet de loi C-42 présenté il y a 17 mois, mais d'autres amendements, en particulier pour assurer un contrôle parlementaire accru, seront nécessaires.

  +-(1155)  

    Après le 11 septembre, les Canadiens étaient prêts à renoncer à des libertés contre la promesse d'un contrôle et d'une sécurité accrus. Un an et demi s'est écoulé, et cette disposition des Canadiens s'est atténuée. C'est pourquoi le gouvernement ferait bien d'examiner attentivement un contrôle parlementaire accru semblable à celui prévu par la Loi sur les mesures d'urgence, s'il veut que les partis d'opposition appuient le projet de loi C-17.

[Français]

+-

    M. Claude Bachand (Saint-Jean, BQ): Monsieur le Président, ce n'est pas la première occasion que j'ai de m'exprimer sur ce projet de loi. Ce n'est pas non plus la première occasion où le Bloc québécois s'exprime sur ce projet de loi.

    Nous avons d'ailleurs été bons joueurs relativement à ce projet de loi. Nous avons suivi toutes ses étapes. Nous avons pris la parole en deuxième lecture, nous avons aussi fait notre travail au comité législatif spécial dont vous présidiez les destinées. Aujourd'hui, cela nous fait plaisir de nous exprimer à nouveau car nous pensons que nous avons apporté une contribution assez importante à ce débat.

    Ce projet de loi découle d'autres projets de loi. Il y a eu des modifications assez substantielles. On se rappelle qu'au départ, on parlait du projet de loi C-55. Cela a été converti au projet de loi C-42, et maintenant, c'est le projet de loi C-17. Donc, il y a eu une évolution de ce projet de loi.

    Il ne fait pas de doute également que les tentatives relatives aux projets de loi C-55, C-42 et maintenant C-17 font suite aux attentats terroristes sur les tours jumelles à New York. Le Canada s'était dit que nous allions maintenant renforcer un peu plus notre sécurité. Des dispositions ont été mises de l'avant dans le projet de loi sur lesquelles il y a eu une interaction entre les différents collègues de la Chambre des communes, particulièrement au niveau du comité.

    Il y a une chose également que nous avons entendue souvent dans cette Chambre, c'est qu'il ne fallait pas qu'on entrave les libertés des Canadiens et des Québécois au point de dire que, finalement, l'attentat a été une victoire pour les terroristes. En effet, nous étions d'accord pour un peu plus de sécurité, mais nous n'étions pas d'accord pour abandonner, par exemple, toute la question de la vie privée des citoyens entre les mains de corps policiers comme la GRC ou le SCRS. C'est pour cela que nous avons participé intensément à ce débat.

    Il y avait trois sujets principalement dans le projet de loi qui nous concernaient plus particulièrement. Il y avait entre autres les zones militaires. Je me rappelle que lorsque le projet de loi a initialement été rendu public, il y avait eu une objection majeure de la part du Bloc québécois sur l'établissement des zones militaires contrôlées.

    À l'époque, je veux rappeler qu'il s'agissait qu'on ait une infrastructure militaire à un endroit pour établir autour de celle-ci une immense zone de contrôle. D'ailleurs, on avait souvent donné l'exemple de Québec. Il y a plusieurs installations militaires dans le port de Québec et nous pensions qu'il n'y avait pas de limites. On pouvait étendre la zone militaire à toute la basse-ville et aussi à toute la superficie du Parlement québécois. Il y avait donc des problèmes majeurs.

    Là-dessus, le Bloc peut crier victoire car nous avons été les premiers à dénoncer la question des zones militaires. Dans le projet de loi C-17, toute la question des zones militaires a disparu. Pour nous, c'est définitivement une victoire.

    Cela n'implique toutefois pas pour autant que nous sommes maintenant favorables au projet de loi C-17. Il y a d'autres aspects du projet de loi C-17 où nous avons manifesté notre désaccord et où nous avons tenté d'amener des correctifs au comité législatif que vous présidiez. Malheureusement, nos amendements au projet de loi ont été rejetés.

    Il y a un point qui nous tient particulièrement à coeur, soit celui des arrêtés d'urgence. Un arrêté d'urgence fait que n'importe quel ministre de la Couronne peut décider des actions à poser sans en informer le Parlement. Ce que nous regardons aussi, c'est l'évolution des arrêtés d'urgence car cela était également présent dans les projets de loi C-42 et C-55.

    Nous sommes surtout contre parce qu'il n'y a pas de vérification préalable de conformité avec la Charte des droits et libertés. C'est très grave pour nous. Un ministre de la Couronne pourrait décider d'un arrêté d'urgence et n'a pas à vérifier si cela est conforme ou non à la Charte des droits et libertés. Pour nous, c'est un problème majeur. On voit que le gouvernement a tenté d'évoluer dans ce dossier particulier, notamment sur la durée de l'arrêté en conseil. Dans le projet de loi C-42, cela prenait 90 jours pour y mettre fin. Dans le projet de loi C-55, on en était à 45 jours. Dans la version du projet de loi C-17 qui est devant nous, on en est maintenant à 14 jours.

    Il faut aussi déposer cet arrêté d'urgence devant le Parlement. Dans le projet de loi C-42, il n'y avait aucun dépôt prévu. Dans les deux dernières versions du projet de loi, il y a un délai de 15 jours. Nous avons donc vu qu'il y avait une évolution.

  +-(1200)  

    Cependant, le problème majeur demeure la conformité avec la Charte canadienne des droits et libertés. Normalement, quand quelqu'un arrive avec un arrêté d'urgence, le Conseil privé devrait dire: «On va regarder l'arrêté d'urgence et on va voir si cela passe le test de la Charte canadienne des droits et libertés.»

    Le fait qu'on exclue cela de la démarche cause un véritable problème. N'importe quel ministre de la Couronne pourrait dire demain, la semaine prochaine, après la mise en force de la loi: «Je fais un arrêté d'urgence, parce que je juge la situation urgente. Pour ce qui est de la Charte canadienne des droits et libertés, on repassera, parce que je n'ai pas à m'y conformer forcément.»

    C'est sûr qu'on ne pourra pas cataloguer le ministre comme étant de mauvaise foi. Cela peut être une préoccupation pour lui, mais il n'est pas obligé d'être en conformité avec le Conseil privé, ce qui nous cause un sérieux problème.

    Le troisième aspect qui nous a causé un problème depuis le début concerne tout l'échange d'information pour les voyageurs empruntant les transports aériens. On sait qu'à cet égard, même le commissaire à la vie privée a émis beaucoup de commentaires négatifs concernant cet aspect de la loi. Encore une fois, nous avons tenté en comité de modifier les dispositions du projet de loi présentement à l'étude, afin d'assurer une certaine vie privée aux citoyens.

    Je n'ai pas été très satisfait des réponses de la GRC et du SCRS quant au fait qu'ils pourraient, dans un avion, prélever des renseignements à mon sujet et, après coup, les faire circuler d'un bord et de l'autre. Particulièrement, deux choses nous agaçaient. La GRC pouvait utiliser des renseignements personnels de tous les voyageurs aériens pour repérer des individus recherchés en vertu d'un mandat pour toute infraction passible d'une peine d'emprisonnement de cinq ans et plus.

    À ce sujet, le gouvernement a été un peu sensible à notre approche. La compréhension qu'on en a, c'est qu'il a fait un pas, mais qu'il n'est pas allé assez loin. Entre autres, le pas qu'il a fait voulait que la GRC puisse refiler cela à un agent de la paix. Pour nous, il y a un problème, parce que c'est la GRC qui détermine si elle réfère ou non. Cela revient au même que ce soit elle qui fasse l'arrestation ou que ce soit un agent de la paix moyennant des renseignements fournis par la GRC. Pour nous, cela revient au même. Il y a donc une atteinte à la vie privée des citoyens, surtout des voyageurs aériens. Cela nous préoccupe donc grandement.

    Quant à l'échange d'information, l'autre aspect qui nous préoccupait consistait au fait qu'on conserve ces renseignements. On ne nous a pas rassurés quant à la pertinence de conserver ces renseignements dans les délais prescrits dans le projet de loi. On a tenté à cet égard de dire: «On va accélérer la durée de protection des renseignements. On va les détruire plus rapidement.» Malheureusement, toutes les propositions mises de l'avant en comité ont été défaites.

    Je voudrais vous citer des passages du communiqué de presse du commissaire à la protection de la vie privée, M. Radwanski. En effet, il était très préoccupé. Cela n'a pas changé tellement depuis ce temps. Comme il me reste deux minutes, j'ai le temps de citer le commissaire à la protection de la vie privée:

[...] sous la forme du projet de loi C-17, version qui n'est pas satisfaisante et qui ne comporte que des changements mineurs.

    Le commissaire dit aussi que:

    Les dispositions en question, que renferme l'article 4.82 des deux projets de loi, permettraient à la GRC et au SCRS d'avoir un accès sans restriction aux renseignements personnels de tous les Canadiens voyageant sur des vols intérieurs ou sur les routes internationales.

    C'est ce que je viens de vous expliquer tout à l'heure. On épouse un peu la position du commissaire à la protection de la vie privée. Il s'inquiète aussi, et je le cite:

[...] du fait que la GRC serait habilitée de façon expresse à utiliser ces renseignements pour repérer toute personne à l'égard de laquelle un mandat aurait été délivré pour une infraction pénale qui serait sans aucun rapport avec le terrorisme, la sécurité des transports ou la sécurité nationale.

    Finalement, il dit que les modifications proposées sont une insulte à l'intelligence des Canadiens et des Canadiennes.

Les amendements qui ont été apportés dans le cadre du nouveau projet de loi n'apportent aucune solution aux enjeux fondamentaux liés au principe en question.

    Je conclus en vous disant qu'on est quand même fiers d'avoir gagné sur toute la question concernant certains aspects du projet de loi, notamment les zones militaires qui n'existent presque plus dans le projet de loi actuel. Malheureusement, à notre avis, le gouvernement n'en a pas assez fait concernant les arrêtés d'urgence des ministres de la Couronne et concernant la protection de la vie privée de tous les voyageurs. En effet, il a promu des modifications qui ne vont nettement pas assez loin pour protéger la vie privée desdits voyageurs.

  +-(1205)  

[Traduction]

+-

    Mme Bev Desjarlais (Churchill, NPD): Madame la Présidente, c'est avec plaisir que je prends part au débat sur le projet de loi C-17, Loi sur la sécurité publique, qui a connu un certain nombre de versions depuis un ou deux ans. Chose curieuse, même après les attentats du 11 septembre, il y a près de deux ans, nous avons pu survivre sans ce projet de loi. Les Canadiens et ceux qui ont dû intervenir lors de cet événement ont accompli un travail fantastique. Leur action n'a été entravée par personne, par aucun ministère, aucune organisation. Je n'ai encore entendu personne élever des objections contre ce qui s'est passé. Personne n'a exprimé la crainte que ses droits ne soient lésés. Par contre, il en va tout autrement dans le cas du projet de loi.

    Je suis persuadée que le député qui a présidé le comité chargé du projet de loi C-17 confirmera que les témoins que nous avons entendus du côté du gouvernement, du ministère et des associations policières estimaient tout à fait acceptable d'empiéter sur la vie privée et les libertés fondamentales des Canadiens. À peu près tous les autres témoins, des représentants très informés et respectés dans leur domaine, Ken Rubin, l'ancien ministre Warren Allmand, Clayton Ruby, les représentants de différentes organisations de défense des libertés, les représentants des associations du barreau du Québec, de la Colombie britannique et de l'ensemble du pays, ont exprimé de vives préoccupations. Ces inquiétudes ne sont pas un caprice. Les témoins ont exprimé leurs réserves au sujet des atteintes aux libertés fondamentales et à la vie privée des Canadiens.

    Ces gens ne l'ont pas fait malicieusement. Ils n'ont pas dit qu'ils s'opposaient à l'instauration de mécanismes pour lutter contre le terrorisme, mais ils avaient le sentiment général que les mécanismes déjà en place devaient permettre d'accomplir la tâche. Le projet de loi fait intervenir de nombreux autres ministères. Il y est question de l'Office national de l'énergie, de la Loi sur la marine marchande du Canada, de la Loi sur les aliments et drogues, des armes biologiques et à base de produits toxiques, de la Loi sur la protection des eaux navigables. Bon nombre de ministères différents sont en cause, et personne n'a soulevé d'objection en disant qu'en cas d'acte terroriste nous devrons pouvoir intervenir. Personne ne s'est opposé à cela.

    Les plus fortes objections concernaient la protection des droits des Canadiens ordinaires. Il ne s'agit pas de la protection des droits des criminels et des terroristes. Nous avons parlé du droit fondamental des Canadiens ordinaires de ne pas faire l'objet d'une intervention policière pour un acte aussi simple que le fait de déambuler dans la rue ou de prendre l'avion. Il était question de protéger la vie privée et les libertés civiles.

    Je voudrais lire quelques observations pour donner une idée des raisons pour lesquelles les préoccupations étaient vives. Le commissaire à la protection de la vie privée, George Radwanski, a dit:

    C'est, en fait, parmi les nombreuses préoccupations que vous avez entendues et que vous entendrez en tant que comité, probablement la plus simple à régler, parce qu'elle n'a absolument aucune incidence sur la sécurité des transports ou la sécurité nationale dans la lutte contre le terrorisme, qui sont, bien évidemment, l'objet de ce projet de loi.

    Cela est très important, car, bien souvent, les propos que nous avons entendus ne semblaient pas porter sur la sécurité nationale ni sur l'objet du projet de loi, qui est la sécurité des transports.

    Pourtant, c'est aussi une préoccupation qui revêt une importance cruciale, en raison des précédents que créerait la disposition en question et des portes qu'elle ouvrirait, ce qui suscite de profondes inquiétudes, selon la perspective de la protection de la vie privée.

    Je tiens à souligner cela, en raison de l'attitude voulant que, si nous n'avons rien à cacher, nous ne devrions pas nous inquiéter.

    Je tiens à souligner, en traitant de ce sujet, comme je l'ai souligné dans mon rapport annuel, qui a été publié la semaine dernière, que depuis le 11 septembre, pas une seule fois je ne me suis objecté à la moindre mesure réelle de lutte contre le terrorisme.

    Personne d'autre au Canada ne l'a fait non plus.

    Il est entendu que je considère impensable que, en tant que commissaire à la protection de la vie privée, je puisse ne serait-ce qu'un moment faire obstacle à toute mesure qui est véritablement et légitimement nécessaire pour protéger les Canadiens contre le terrorisme. Je ne l'ai jamais fait et ne le ferai pas.

  +-(1210)  

    Voilà ce qu'a dit le Commissaire à la protection de la vie privée. Je souligne que sa position reflète celle de tous les Canadiens.

    Mais, comme je l'ai dit, la disposition en question n'a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme ou la sécurité des transports. C'est plutôt quelque chose qui s'est glissé dans ce projet de loi sans avoir vraiment de rapport avec son objet. Je parle des aspects de l'article 4.82 du projet de loi et, plus spécifiquement, du paragraphe 4.82(11), qui habilite les agents de la GRC à examiner les données sur les passagers, même les passagers des vols intérieurs, à avertir les autorités locales ou à prendre des mesures appropriées pour procéder à une arrestation si par hasard ils repèrent quelqu'un qui est recherché ou qui fait l'objet d'un mandat pour n'importe laquelle d'une vaste gamme d'infractions au Code criminel qui n'ont absolument aucun lien ni avec le terrorisme ni avec la sécurité des transports.

    Le projet de loi que le gouvernement a vanté et qu'il a présenté en misant sur la peur suscitée par les événements du 11 septembre ne sert pas à régler le problème du terrorisme ou de la sécurité des transports. Il habilite en quelque sorte les forces policières et d'autres agences aux quatre coins du Canada à s'en servir pour d'autres motifs que ceux qu'il définit. C'est de l'abus.

    M. Radwanski a ajouté:

    En faisant ressortir ce problème que je vois là, permettez-moi de le souligner, je ne cherche absolument pas à protéger des criminels, et le moyen que je propose pour le corriger ne protégerait nullement les criminels. La difficulté, c'est plutôt que cette disposition ouvre la porte pour la première fois à une méthode tout à fait non appropriée et, dans ce cas-ci non nécessaire, d'imposer l'auto-identification obligatoire à l'État, à la police, à des fins d'application générale de la loi

    Lorsque je suis arrivée à la Chambre, je n'ai jamais pensé qu'il serait un jour possible, au Canada, que la police m'aborde et me demande: «Montrez-moi une pièce d'identité. Avez-vous une raison d'être là?» Nous croyons tous avoir le droit d'être là où nous voulons et de ne pas avoir à dire pourquoi nous sommes à cet endroit. Si nous n'avons pas commis un acte criminel, nous ne devrions jamais devoir répondre à une telle question.

    Du fait de ce projet de loi et de plusieurs autres mesures mises en place au Canada, j'avais l'impression que l'on envahissait ma vie privée et que l'on portait atteinte à mes droits sans aucune raison valable. Cela me faisait peur. L'Association des avocats musulmans m'a fait part de ses réflexions. J'ai essayé de me mettre à la place d'une personne d'origine musulmane après les événements du 11 septembre, et je me suis sentie encore moins en sécurité et encore plus menacée. Un Canadien blanc risque moins d'être pris pour cible que les membres de certains autres groupes raciaux.

    Dans ma circonscription, il y a une importante population autochtone. Au fil des ans, j'ai vu de nombreux autochtones au Canada être la cible de plaisanteries et de propos désobligeants. Nous savons que, de tout temps, différents groupes ont été pris à partie, mais soyons honnêtes. Cela ne nous arrive généralement pas à nous les blancs, parce que nous formons la majorité. Le pire cas de figure ne nous touchera probablement jamais, ce qui nous fait perdre de vue le fait que les groupes qui risquent fort de se retrouver dans le pire cas de figure ont absolument raison de s'inquiéter encore plus que nous du projet de loi.

    Je n'arrive pas à croire qu'il ne me reste qu'une minute pour parler de cette question. C'est une question très importante qui concerne les droits à la vie privée des Canadiens et leurs libertés fondamentales. Le commissaire à la vie privée a mis le doigt sur un problème réel que je viens de présenter. Des commentaires du même genre ont été faits par des témoins représentant des regroupements de juristes et les barreaux. Nous avons tous des choses à reprocher aux avocats en général, mais je pense qu'au plus profond de nous-mêmes nous croyons réellement que, dans le système judiciaire, ils défendent les intérêts des Canadiens. Personne n'a dit qu'on allait protéger les criminels au détriment des droits des autres. Ce n'est pas cela. Nous voulons protéger tous les Canadiens contre les atteintes à leur vie privée et à leurs libertés fondamentales.

  +-(1215)  

    Plusieurs dispositions du projet de loi sont inutiles. Franchement, je ne crois même pas que le projet de loi soit nécessaire. Je reconnais que le gouvernement voulait apporter quelques changements, et c'est bien, mais quand ils touchent à la vie privée et aux libertés fondamentales, ils ne sont pas acceptables. Pour cette seule raison, le projet de loi ne devrait pas être adopté, à moins que l'on mette en place des mesures supplémentaires pour protéger les libertés fondamentales et la vie privée des Canadiens.

+-

    M. Gerald Keddy (South Shore, PC): Madame la Présidente, je suis heureux de parler du projet de loi C-17. Cette question a déjà été débattue, de façon fort intéressante, pendant de nombreuses heures.

    Je vais commencer par répéter ce que le député de Pictou—Antigonish—Guysborough a dit dans un débat antérieur sur cette question:

    Il est évident que tout gouvernement a pour obligation de gouverner de façon équilibrée et intègre pour veiller à protéger les intérêts de la population et il se doit certes de s'assurer que ses actions sont examinées dans une certaine mesure. Ce que je crains le plus, et je pense que bon nombre des députés qui sont déjà intervenus partagent cette préoccupation, c'est que le projet de loi s'éloigne de ce principe fondamental, ce fondement de la justice qui dit qu'il doit y avoir reddition de comptes et que toute action a des suites.

    J'ai écouté une partie du débat aujourd'hui, et ces mots, bien qu'ils aient été changés légèrement, ont été répétés par pratiquement tous les députés qui ont pris la parole au sujet de ce projet de loi. Le député de Pictou—Antigonish—Guysborough a également dit ceci:

    À mon avis, ce genre de loi peut être un moyen utile de concentrer encore davantage de pouvoirs au profit du gouvernement, et j'estime que l'accroissement du contrôle de l'État qui en résulte peut avoir des répercussions négatives sur les droits et libertés civils. En fait, ce genre de mesure pourrait être en vigueur pendant un an. On peut soutenir, à juste titre, qu'il s'agirait, dans bien des cas, d'exercer le pouvoir pour le pouvoir. Je crois que les Canadiens, lorsqu'ils voient exercer ce genre de pouvoir, deviennent davantage cyniques et même apathiques, au point de ne plus participer au processus démocratique.

    Les remarques du député de Pictou—Antigonish—Guysborough, de la députée de Churchill et d'autres députés qui ont participé au débat sur ce projet de loi montrent que les gens sont extrêmement inquiets et préoccupés parce qu'on est en train de donner trop de pouvoir au gouvernement, sans qu'il soit tenu de rendre des comptes. En tant que défenseurs du processus démocratique, il nous incombe de voir à ce que le gouvernement soit tenu de rendre des comptes relativement à tout excès possible dans n'importe quel genre de mesure législative qui est adoptée.

    Le projet de loi touche 20 ministères et organismes différents. Il modifie plus de 20 lois. Cette question, probablement plus que toute autre question pouvant être soulevée à la Chambre, a tout à voir avec la confiance des Canadiens envers le gouvernement du Canada. Et cette confiance n'existe manifestement pas ici.

    Le projet de loi modifiera plusieurs lois. Il y a notamment la Loi de mise en oeuvre de la convention sur les armes biologiques ou à toxines, qui est là pour rehausser la sécurité publique. La Partie 1 du projet de loi est censée rehausser la sécurité publique. La Partie 1 modifie la Loi sur l'aéronautique. La Partie 2 modifie les définitions de «contrôle» et de «point de contrôle» de la Loi sur l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien pour y ajouter un renvoi aux directives d'urgence prises sous le régime de la Loi sur l'aéronautique. Elle autorise aussi l'Administration à conclure avec les exploitants d'aérodromes désignés des ententes pour le partage des frais occasionnés par la fourniture des services de police.

    Ce n'est là qu'une partie du projet de loi. Presque chacune des lois qui sont ici touchées pourrait à elle seule faire l'objet d'une mesure législative.

  +-(1220)  

    C'est la troisième fois que l'on ressuscite le projet de loi. Celui-ci est beaucoup trop complexe et compliqué pour que la Chambre des communes l'adopte en vitesse. Il vise à modifier le Code criminel, la Loi sur le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, la Loi sur le ministère de la Santé, la Loi sur les explosifs, la Loi sur les licences d'exportation et d'importation, la Loi sur les aliments et drogues, et la Loi sur les produits dangereux. Peu de secteurs du gouvernement ne sont pas touchés. Tout ce qui touche le moindrement aux Canadiens est couvert par ce projet de loi omnibus.

    La liste s'allonge: la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, la Loi sur la sûreté du transport maritime, la Loi sur la défense nationale, la Loi canadienne sur les mesures d'urgence, la Loi sur la protection des eaux navigables, et la Loi sur le Bureau du surintendant des institutions financières. Je m'interroge sur les prétendues zones de sécurité et les prétendues méthodes de contrôle des possibles activités terroristes dans le blanchiment d'argent. Tout cela touchera-t-il aussi le gouvernement? Touchera-t-il aussi tout le monde au Canada? Cible-t-on un groupe en particulier? Emploiera-t-on des pouvoirs excessifs, voire abusifs contre des citoyens ordinaires qui n'ont franchement pas besoin d'être constamment surveillés par Big Brother? Ce projet de loi pourrait-il donner éventuellement lieu à des abus?

    La plupart des gens diraient que la plupart des lois peuvent donner lieu à des abus mais, plus une loi est compliquée et plus sa portée est grande et plus elle risque de donner lieu à des abus.

    La Partie 17 me préoccupe particulièrement. Elle modifie la Loi sur la protection des renseignementspersonnels et les documents électroniques de façon à autoriser la collecte et l’utilisation de renseignements personnels pour des motifsafférents à la sécurité nationale. De quel type de renseignements personnels s'agit-il? Il est déjà possible d'obtenir de tels renseignements personnels maintenant. Je ne suis pas avocat, mais si un service policier veut obtenir des informations personnelles, il peut obtenir d'un juge un mandat l'autorisant à faire de l'écoute électronique, de l'écoute secrète, à prendre des photos, ou même à porter atteinte à la vie privée d'une personne en fouillant son domicile à la recherche de documents illégaux ou illicites.

    À ma connaissance, tout ce qui a été demandé dans le projet de loi existe déjà, avec un système de freins et contrepoids en place pour nous assurer qu'on n'abusera pas de ce pouvoir. L'ennui avec le projet de loi C-17, c'est que je n'y trouve pas les mêmes freins et contrepoids pour nous garantir que les libertés civiles des Canadiens seront protégées. Je ne vois pas l'assurance que le droit à la protection de la vie privée, que nous tenons tous pour acquis, sera effectivement protégé, que lorsque nous prendrons l'autocar ou l'avion, il n'y aura pas quelqu'un pour nous suivre à la trace d'après les achats que nous effectuerons avec notre carte VISA, par exemple le billet et les repas que nous prendrons. Ce sont là des informations anodines qui, je suppose, peuvent s'avérer importantes pour certains organismes chargés de l'application de la loi pour diverses raisons.

    On peut déjà obtenir ces informations. Le gouvernement peut s'adresser à un magistrat et faire valoir qu'il en a besoin; il peut ainsi obtenir un mandat de perquisition ou un permis de surveillance ou d'écoute électronique, et essayer de découvrir de cette façon si la personne ciblée mène des activités illégales. Je ne suis pas très convaincu que l'actuel gouvernement soit suffisamment responsable pour que l'on puisse lui confier les pouvoirs aussi vastes qu'il réclament dans ce projet de loi.

  +-(1225)  

    Sans vouloir paraître alarmiste, je ne suis pas convaincu que le gouvernement en fera un usage judicieux ou avisé. C'est une initiative grave qui risque de créer un mauvais précédent.

+-

    Mme Alexa McDonough (Halifax, NPD): Madame la Présidente, je suis heureuse de pouvoir participer au débat sur le projet de loi C-17. Comme l'ont indiqué très clairement mes collègues qui ont parlé avant moi de cette mesure législative, il s'agit d'un projet de loi omnibus qui se divise en 19 parties différentes, qui touche au moins 20 secteurs de responsabilité ministérielle et qui modifie quelque 24 lois dans des domaines tels que le transport, dont l'aviation, la sécurité aéroportuaire et l'expédition des marchandises, ainsi que l'industrie, l'énergie et la santé publique.

    Nous pensons que certains aspects de ce projet de loi méritent d'être appuyés. Il y a des précautions et des mesures de protection raisonnables que l'on propose de mettre en place pour accroître la sécurité des Canadiens. Nous sommes cependant incapables d'appuyer le projet de loi dans son ensemble, et c'est pourquoi nous allons voter contre cette mesure législative.

    Comme je l'ai dit, nous sommes d'accord avec certains éléments du projet de loi, tels que les dispositions concernant le blanchiment d'argent destiné au financement des activités terroristes, ainsi que les nouvelles infractions criminelles pour menaces à la bombe et incitation à craindre des activités terroristes. De tels actes sont intolérables et nous appuyons les dispositions imposant des peines plus sévères. Nous sommes d'accord avec la mise en application de conventions internationales interdisant le trafic d'armes biologiques, d'armes légères et d'explosifs. Nous aimerions cependant que le gouvernement prêche énergiquement en faveur de l'élimination de toutes les armes, des armes légères aux mines terrestres.

    Nous sommes inquiets de voir que le gouvernement semble de plus en plus enclin à oublier le travail courageux, important, innovateur et fructueux accompli par ses ministères, pour se plier aux caprices de nos voisins du Sud, c'est-à-dire de l'administration Bush.

    Nous félicitons le gouvernement de sa détermination à adopter une attitude encore plus proactive à l'égard de ces mesures. Nous n'hésitons pas à dire clairement que nous appuyons ces mesures. Cependant, nous ne pouvons pas appuyer les dispositions du projet de loi qui concernent les arrêtés d'urgence et qui sont complexes et nombreuses. Elles vont bien au-delà de ce qu'exige la sécurité nationale ou de ce qui est raisonnable. Avec les nouvelles zones de sécurité militaires, elles pourraient avoir l'effet contraire à celui visé par le projet de loi, c'est-à-dire assurer aux Canadiens une sécurité accrue dans un monde instable et perturbé.

    Elles franchissent clairement la ligne de ce qui est acceptable dans une société démocratique. C'est une ligne que nous ne devrions jamais accepter de franchir pour conférer au gouvernement et à certains ministres des pouvoirs arbitraires stupéfiants. En théorie, les titulaires de ces pouvoirs démesurés pourraient se servir de ces pouvoirs pour supprimer les droits fondamentaux des citoyens, cela en n'ayant que peu ou pas de comptes à rendre à ce sujet. Malheureusement, nous avons déjà commencé à voir le gouvernement s'appuyer sur des dispositions législatives semblables pour adopter des mesures draconiennes et prendre des décisions arbitraires en l'absence d'une obligation de rendre compte, ce que permettra justement le projet de loi à l'étude.

  +-(1230)  

    Le plus inquiétant, c'est qu'au nom de la sécurité, on empiète sur des libertés civiles et des droits de la personne qui sont importants. Le projet de loi à l'étude n'est pas le seul à être inquiétant, il en est de même de la réaction générale du gouvernement aux demandes, aux pressions et à l'hystérie dont font preuve nos voisins du Sud, relativement à la nécessité d'accroître les mesures de sécurité.

    Qu'est-il arrivé au gouvernement? Les députés de ce coin-ci de la Chambre s'étaient en effet réjoui de la façon dont le gouvernement avait compris la sécurité comme quelque chose d'étroitement lié à la sécurité des êtres humains. Dans un premier temps, il faut, non pas porter atteinte aux droits et aux libertés civils, mais bien prendre des mesures extraordinaires et adéquates pour préserver et protéger ces droits.

    Il ne s'agit pas d'une préoccupation théorique. Deux rencontres informatives et instructives qui ont eu lieu à mon bureau depuis 24 heures viennent en effet corroborer cela. Hier, j'ai rencontré un représentant de la communauté juive du Canada qui a fermement dénoncé la flambée d'antisémitisme survenue dans notre pays à la suite des attentats du 11 septembre et qui s'en est inquiété.

    Plus tôt ce matin, j'ai eu l'occasion, au cours du débat sur la Loi d'exécution du budget, de faire part de mes préoccupations après avoir entendu certains députés du gouvernement s'inquiéter de la montée évidente de sentiments antimusulmans et antisémites au Canada. Le gouvernement a refusé de faire cas de ces inquiétudes notamment en fournissant les ressources appropriées pour renforcer les mesures de sauvegarde et de protection des citoyens partout où se manifestent la haine raciale et le sectarisme religieux.

    Le gouvernement nous a inondés d'une avalanche de mesures législatives soi-disant destinées à assurer la sécurité, mais qui, en fait, institutionnalisent le non-respect des droits civiques et des victimes de discrimination, l'établissement de profils raciaux, la haine et le sectarisme à l'égard des citoyens qui ont le plus besoin de protection. Ce sont eux qui sont les plus susceptibles d'être victimes de discrimination. Nous voilà de nouveau avec le projet de loi C-17. Cette mesure législative ne fait que répéter la réaction peu judicieuse des soi-disant mesures de sécurité.

    La deuxième rencontre que j'ai eu ce matin, à mon bureau, s'est avérée extrêmement instructive et utile. Des représentants, des bénévoles et des activistes de la communauté canado-arabe sont venus sur la colline du Parlement aujourd'hui pour exprimer leur inquiétude à l'égard de la réaction du gouvernement suite à la tragédie du 11 septembre. Ils exhortent le gouvernement à se pencher sur la situation.

    Voilà pourquoi cette mesure législative s'avère si importante. Les membres de la communauté canado-arabe pressent le gouvernement de comprendre que la réaction du Canada à l'égard des événements du 11 septembre a littéralement bouleversé de nombreux Canadiens, notamment les membres des communautés arabes et musulmanes. Je cite directement un extrait de l'appel qu'ont lancé les représentants de la communauté canado-arabe que j'ai rencontrés ce matin.

    La tragédie du 11 septembre a bouleversé les Canadiens d'origine arabe et musulmane et a créé chez eux des sentiments d'anxiété, de crainte, d'aliénation, de marginalisation, de trahison et de désillusion. Les causes de cette situation sont nombreuses. Toutefois, une des principales est ce qu'on pourrait qualifier, d'après les normes canadiennes, de programme de sécurité excessif et exagéré.

    Or, la mesure législative que nous examinons révèle une attitude excessive et exagérée en matière de sécurité.

  +-(1235)  

+-

    Mme Judy Wasylycia-Leis (Winnipeg-Centre-Nord, NPD): Madame la Présidente, je me joins avec plaisir à mes collègues du Nouveau Parti démocratique aujourd'hui pour exprimer nos objections les plus vigoureuses au projet de loi C-17.

    La Chambre aura déjà entendu plusieurs de mes collègues, dont notre porte-parole sur les transports, la députée de Churchill, qui a pris la direction de notre caucus au sujet du projet de loi et a exprimé aux fins du compte rendu les préoccupations générales et accablantes que suscite ce projet de loi.

    Encore ce matin, la Chambre a entendu que ce projet de loi nous préoccupait tellement que nous voudrions que le gouvernement le retire et recommence. C'est la troisième tentative de proposition législative sur la sécurité et la lutte contre le terrorisme. Trois fois déjà, le gouvernement a présenté une proposition insoutenable. Trois fois, le gouvernement a présenté un projet de loi qui empiète de façon inacceptable sur la vie des particuliers dans leur quotidien, ce qui est une violation fondamentale du droit à la vie privée. Trois fois, le gouvernement s'est fait dire qu'il a tort, que c'est insoutenable, que c'est inacceptable, que c'est contraire à la tradition canadienne et que c'est incompatible avec notre approche qui consiste à trouver un juste équilibre entre les préoccupations relatives à la sécurité et les droits et les libertés de la personne.

    Trois fois, le gouvernement est revenu présenter une loi inacceptable. À notre avis, cela fait trois prises et le gouvernement devrait être retiré. Le projet de loi devrait être rejeté et retiré de l'ordre du jour, et le gouvernement devrait recommencer.

    Si nous ne l'avons pas dit assez haut et fort dans le débat, revenons à certains des experts qui ont commenté la loi. Je voudrais revenir sur les propos de Ken Rubin qui, on le sait, est un expert dans les domaines de la liberté de l'information, des droits à la vie privée et de l'équilibre des pouvoirs du gouvernement avec notre Charte des droits et libertés. Le 3 février, dans un article publié dans la Gazette de Montréal, Ken Rubin dit ce qui suit:

    Cette troisième tentative du gouvernement de faire une Loi sur la sécurité publique constitue l'attaque la plus agressive contre le droit à la vie privée des Canadiens qui ait été suggérée au Parlement depuis la Loi sur les mesures de guerre.

    Ce sont là des paroles sévères, mais elles sont appuyées par des faits. Ce sont des paroles sévères dont le gouvernement doit tenir compte. Assurément, le gouvernement est aussi préoccupé que le reste des Canadiens par la nécessité de maintenir un équilibre, de mettre les choses en perspective et d'assurer que soit maintenue la tradition de garantir les droits et les libertés des Canadiens. Assurément, le gouvernement est préoccupé par l'héritage d'équilibre qu'il entend laisser aux prochaines générations. Oui, nous devons protéger les Canadiens contre les menaces et les attaques de terroristes, mais nous devons en même temps reconnaître que nous sommes obligés de protéger la vie privée des Canadiens ainsi que les droits et les libertés que nous avons obtenus de haute lutte et qui nous tiennent à coeur.

    J'exhorte le gouvernement aujourd'hui à tenir compte de ces paroles et à écouter le reste de ce que Ken Rubin a à dire dans cet article:

    Le projet de loi C-17, maintenant rendu à l'étape de la deuxième lecture devant un comité parlementaire spécial, a été critiqué parce qu'il entend créer une base de données des passagers des lignes aériennes qui servira à de multiples fins.

    Les auteurs du projet de loi voudraient non seulement que les agents puissent vérifier les listes de passagers à la recherche de suspects qui ont le profil de terroriste, mais que le SCRS, l'agence de renseignement du Canada, et la GRC se servent de l'information recueillie pour combattre le terrorisme et pour attraper des criminels passibles de peines d'emprisonnement d'au moins cinq ans.

    Plus loin, l'auteur de l'article demande au Parlement de mettre les choses en perspective et d'accepter qu'il a avant tout comme rôle et responsabilité de protéger cet équilibre et de faire en sorte que ses mesures législatives ne franchissent pas une certaine limite en envahissant la vie des individus au point de supprimer leurs libertés et leurs droits fondamentaux.

  +-(1240)  

    Le commissaire à la vie privée a fait valoir les mêmes sentiments devant le comité le 10 février. Il a tenu des propos fort importants pour le gouvernement. Nous avions espéré que les députés libéraux membres du comité écoutent le commissaire, qu'il en tiennent compte et qu'ils recommandent aujourd'hui que le projet de loi soit fondamentalement modifié ou carrément abandonné et remplacé par un autre tout nouveau.

    Voici ce que M. Radwanski a déclaré le 10 février:

     Comme je l'ai dit dans mon rapport annuel déposé récemment, le droit fondamental à la protection de la vie privée fait actuellement l'objet de menaces sans précédent au Canada. Une série d'initiatives gouvernementales, déjà en cours de réalisation ou à l'état de projet, menacent de frapper au coeur de la protection de la vie privée telle que nous la connaissons. Nous risquons de perdre ce droit que nous tenons depuis longtemps pour acquis. Ces initiatives gouvernementales résultent d'un souci de renforcement de la sécurité au lendemain du 11 septembre et elles sont censées avoir pour fondement la lutte antiterroriste.

    Certes, nous sommes tous ici aujourd'hui pour discuter des mesures législatives qu'il convient de prendre relativement aux attaques terroristes et, plus particulièrement, par suite de l'attentat terroriste du 11 septembre. Cette question nous intéresse tous.

    Nous savons aussi qu'il nous incombe de veiller à ce que la loi qui sera adoptée aujourd'hui résiste à l'épreuve du temps et protège les Canadiens contre une intrusion injuste dans leur vie de tous les jours. Nous avons eu le temps, depuis le 11 septembre, d'examiner le projet de loi C-17 plus en profondeur et à tête reposée pour déterminer quel effet durable il aura sur la société canadienne.

    Nous avons également eu le temps de déterminer l'effet des pouvoirs accrus exercés par le gouvernement depuis le 11 septembre sur la société canadienne et d'entendre le point de vue de nombreux groupes ayant des connaissances spécialisées du domaine.

    Comme dans le cas des mesures législatives qui ont précédé le projet de loi C-17, nous devons reconnaître que le projet de loi dont nous sommes maintenant saisis va au-delà d'une simple réaction rationnelle et raisonnable aux attaques terroristes du 11 septembre. En effet, il franchit la ligne et entre dans un domaine où les libertés fondamentales sont à risque.

    Nous disons au gouvernement aujourd'hui que le projet de loi va trop loin. Notre principale préoccupation, c'est l'effet qu'il aura sur notre droit à la vie privée et à un traitement égal devant la loi, quels que soient nos origines raciales, notre religion ou le lieu d'origine de notre famille.

    Il y a aussi la question du droit de regard du Parlement et de l'obligation de rendre compte à ce dernier, qui sont les fondements de notre système de gouvernement démocratique.

    Permettez-moi de revenir en arrière et d'expliquer un peu plus longuement la question que Ken Rubin a abordée, soit la sécurité du transport aérien et la communication de renseignements concernant les passagers.

    Le commissaire à la protection de la vie privée a été très explicite dans les observations qu'il a faites devant le comité parlementaire. Il a dit que ce n'était pas la communication de renseignements pour lutter contre le terrorisme qui soulevait des préoccupations. Il nous a montré que le projet de loi allait plus loin que cela, qu'il s'ingérerait dans la protection de longue date de notre droit à la vie privée et dans les limites imposées au droit de l'État d'avoir accès aux renseignements personnels. Le commissaire nous a prévenus que le projet de loi pourrait conférer aux autorités le pouvoir d'effectuer des recherches sur des Canadiens dont le nom pourrait paraître dans les banques de données de la police, mais qui n'auraient rien à voir avec la sécurité ou le terrorisme.

    Si nous voulons modifier notre approche fondamentale de l'application de la loi, nous devrons tenir un débat portant également sur nos droits garantis dans la Charte des droits et libertés, au lieu de trouver un moyen détourné comme un projet de loi omnibus.

    Il y aurait encore beaucoup à dire, mais je suis certaine que mes collègues continueront de traiter de cette question très importante. À mon avis, le gouvernement devrait reconnaître l'importance de modifier radicalement le projet de loi. Je lui proposerais d'examiner quelques-uns des 50 amendements qu'a proposés le Nouveau Parti démocratique au comité ou alors, de consentir à retirer le projet de loi et à reprendre ses travaux, avec le souci d'établir un équilibre entre la sécurité et la nécessité de protéger les droits et les libertés des Canadiens.

  +-(1245)  

+-

    M. Svend Robinson (Burnaby—Douglas, NPD): Madame la Présidente, au moment où j'interviens dans le débat sur le projet de loi C-17, je souligne comme l'a fait mon collègue de Winnipeg-Centre-Nord que c'est la troisième fois que le gouvernement cherche à faire adopter à la Chambre une mesure législative qui ferait peser une menace grave sur certaines des libertés civiles les plus fondamentales et sur la vie privée des Canadiens.

    Nous savons que la mesure législative précédente présentée en novembre 2001 était le projet de loi C-42. Il a soulevé énormément d'opposition, notamment de la part des néo-démocrates. Le gouvernement est revenu à la charge au printemps 2002 avec le projet de loi C-55.

    Chaque fois que le gouvernement a présenté cette mesure législative, il a quelque peu arrondi les angles, en a réduit la portée du document et il en a modifié légèrement la prescription, mais il n'a pas tenu compte des préoccupations des Canadiens qui estiment que le projet de loi s'attaque à certains des droits et libertés les plus élémentaires, ainsi qu'au droit à la vie privée qui leur tient à coeur.

    Je voudrais rendre hommage à mon collègue de Churchill et porte-parole du Parti néo-démocrate en matière de transports, qui a accompli un travail très efficace tant au comité que partout au pays et contribué à sensibiliser les Canadiens aux dangers que recèle ce projet de loi.

    Il y a plus que cette mesure législative. Selon moi, nous devons la prendre en considération dans le contexte d'un plus vaste ensemble de projets de loi présentés par le gouvernement dans la foulée des événements du 11 septembre. Le projet de loi C-36 est celui qui ressortait du lot. Il s'agit de la prétendue loi antiterroriste qui allait nettement au-delà de ce qui s'imposait pour dissiper les préoccupations réelles en matière de lutte contre le terrorisme.

    C'était manifestement un projet de loi profondément et fondamentalement bancal qui prévoyait de nouveaux pouvoirs sans précédent. Le projet de loi C-17 est essentiellement du même acabit.

    Le comité qui a étudié le projet de loi C-17 a entendu énormément de témoignages de toute une gamme de personnes venant de partout au Canada. Mes collègues qui sont intervenus avant moi dans le débat ont souligné certains des éléments que ces personnes ont mentionnés dans leur témoignage. Je cite à titre d'exemple le témoignage convaincant et éloquent des représentants de la Coalition of Muslim Organizations of Canada, qui s'inquiétaient déjà du fait que les membres de leur collectivité soient ciblés par les agents de la paix et par les préposés au contrôle à la frontière, tant au Canada qu'aux États-Unis, depuis les événements du 11 septembre.

    À titre de député de Burnaby—Douglas, j'ai entendu de nombreux électeurs nés au Moyen-Orient, en Syrie, en Irak, en Iran ou ailleurs dans cette région, et venus au Canada en très bas âge dans certains cas me raconter comment ils avaient été traités de manière humiliante et dégradante, soumis à la prise d'empreintes et de photographies, et essentiellement traités comme des criminels. Pourtant, leur seul tort était d'avoir vu le jour dans l'un de ces pays.

    Ce genre d'établissement de profil racial est totalement inacceptable et pourtant, le projet de loi C-17 paverait la voie à sa mise en oeuvre à grande échelle. Comme je l'ai dit, la Coalition of Muslim Organizations l'a souligné lors de sa comparution devant le comité et dans son mémoire au comité. Ce mémoire précisait que la mesure législative accorderait un immense pouvoir et une grande latitude discrétionnaire au ministre des Transports et aux dirigeants du SCRS et de la GRC, lesquels pourraient largement abuser de ces pouvoirs.

    Un des plus grands dangers du projet de loi, c'est qu'il ne propose aucune surveillance parlementaire réelle. En votant pour ce projet de loi, nous donnerions carte blanche au ministre des Transports et aux dirigeants du SCRS et de la GRC qui pourraient à leur guise exercer ces nouveaux pouvoirs presque absolus.

    Les membres de la communauté canado-arabe, et surtout ceux de la communauté musulmane, qui ont déjà été ciblés après les événements du 11 septembre, ont, avec raison, fait état de leurs graves inquiétudes quant à l'impact de cet immense pouvoir discrétionnaire. Le projet de loi permettrait aux organismes d'exécution de la loi de lancer des enquêtes à l'aveuglette et de violer le droit à la vie privée des Canadiens.

    Le Parlement a accepté de nommer un Commissaire à la protection de la vie privée dont le rôle est de signaler au Parlement toute violation du droit à la vie privée des Canadiens.

  +-(1250)  

    Le Commissaire à la protection de la vie privée, George Radwanski, a comparu devant le Comité permanent des transports il y a deux mois de cela environ et a déclaré que le projet de loi était une mesure législative extrêmement dangereuse. Il a placé cela dans le contexte d'autres mesures législatives qui ont été adoptées et d'autres pouvoirs qui ont été accordés. Il a noté par exemple la base de données de l'Agence des douanes et du revenu du Canada qu'il a appelé la base de données sur les voyageurs du style Big Brother.

    George Radwanski a parlé du projet de loi dont la Chambre est maintenant saisie. Il a déclaré:

    Le projet de loi C-17, Loi sur la sécurité publique, nous forcera, en fait, à nous identifier à la police lorsque nous voyageons. Je parle ici du fait qu'au moment de monter à bord d'un avion de nos jours, même sur un vol intérieur, nous devons montrer une photo d'identité pour confirmer notre identité.

    Le projet de loi va rendre les renseignements sur les passagers disponibles pour le SCRS et la GRC, et il n'est pas simplement question de lutter contre le terrorisme. Le projet de loi précise très clairement que cela va bien au-delà. On permet à la GRC de vérifier les renseignements sur les passagers pour trouver tout un éventail de renseignements n'ayant rien à voir avec le terrorisme.

    Cela revient, comme M. Radwanski l'a signalé, à une auto-identification à la police de la part de citoyens honnêtes. Comme il l'a demandé, pourquoi ne pas le faire lorsque nous prenons le train ou l'autobus, louons un auto ou nous enregistrons dans un hôtel? Une fois que ce dangereux principe est accepté, la police a des pouvoirs que je considère inconstitutionnels et qui violent carrément les dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés.

    L'un des plus éminents constitutionnalistes du Canada, Clayton Ruby, a comparu devant le comité étudiant le projet de loi C-17 et a défendu ce point-même. Il a déclaré que le projet de loi ne renferme aucune véritable garantie. Il a dit:

    Vous avez pris un petit noyau de constitutionnalité... et ce pourrait être ou ne pas être sage [...]. Je ne me préoccupe pas de sagesse ici, mais de constitutionnalité. L'idée que vous puissiez prendre ces renseignements et les transmettre, sans limite de temps, sans contraintes, à des fins générales d'application de la loi, ...

    Il ne s'agit de terrorisme, mais d'application générale de la loi. Il a ajouté:

...est tout simplement quelque chose de jamais vu dans notre pays. Nous n'avons jamais agi ainsi. Peut-être, fait plus important encore, les pays libres n'agissent tout simplement pas ainsi, de façon générale. Les démocraties ne font pas ce genre de choses en général.

    Pourtant, le gouvernement fédéral, tout d'abord dans le projet de loi C-42, puis dans le projet de loi C-55 et maintenant, dans le projet de loi C-17, insiste pour prévoir ces nouveaux pouvoirs extrêmement étendus et dangereux.

    Ma collègue de Winnipeg-Centre-Nord a parlé de Ken Rubin et de son témoignage au comité. Chose certaine, Ken Rubin est un des plus grands experts en matière de protection de la vie privée et de respect des droits fondamentaux et des libertés des Canadiens.

    Un autre groupe qui s'est fait clairement entendre et a joué un rôle de leadership dans ce domaine vient de ma province, la Colombie Britannique. Il s'agit de la British Columbia Civil Liberties Association, l'un des groupes de défense des libertés fondamentales les plus actifs au Canada.

    La B.C. Civil Liberties Association a également comparu devant le comité permanent chargé d'étudier le projet de loi C-17. Selon elle, ce projet de loi est draconien et constitue une attaque contre une société libre et démocratique. Elle a fait observer que le projet de loi allait bien au-delà de ce que justifiait la lutte contre la menace réelle de terrorisme et qu'une grande partie des mesures à prendre ne nécessitent aucune nouvelle disposition législative. En réalité, l'actuelle Loi sur les mesures d'urgence confère de vastes pouvoirs permettant de répondre aux préoccupations qui ont été soulevées.

    Il existe toujours une tension entre, d'une part, les droits fondamentaux des Canadiens énoncés dans la Charte des droits et libertés et dans un corpus législatif et, d'autre part, la volonté d'accorder de nouveaux pouvoirs considérables à la police au nom de la lutte contre le terrorisme. Les néo-démocrates estiment que le gouvernement a vraiment échoué dans la recherche d'un juste équilibre.

    Je voudrais dire un mot également d'une autre disposition du projet de loi C-17, celle qui porte sur les zones d'exclusion. On peut désigner par décret du conseil une zone inconnue comme zone d'exclusion. Nous ne savons pas au juste de quelle zone il pourrait s'agir, autour de Halifax, d'Esquimalt et de Nanoose Bay. Cette disposition pourrait servir dans d'autres régions également, et nous ne savons toujours pas au juste quels pouvoirs seront accordés à l'égard de cette zone militaire à accès contrôlé prévu dans le projet de loi C-55.

  +-(1255)  

    Dans le cas de Nanoose Bay, un nombre croissant d'habitants de la Colombie-Britannique refuse la présence dans leurs eaux de sous-marins américains qui sont à propulsion nucléaire ou peuvent être dotés d'armes nucléaires. Pourtant, le projet de loi accorde de nouveaux pouvoirs au gouvernement pour créer des zones d'exclusion dans ces régions également.

    Le projet de loi C-17 devrait aller à la poubelle. Le gouvernement devrait reprendre le travail depuis le début et reconnaître que, au Canada, nous protégeons et chérissons les libertés fondamentales. Nous ne nous attaquons pas aux libertés fondamentales et à la vie privée comme le projet de loi C-17 le fait.

+-

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): La Chambre est-elle prête à se prononcer?

    Des voix: Le vote.

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Le vote porte sur la motion no 6. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.

    Des voix: Oui

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire non.

    Des voix: Non.

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): À mon avis, les oui l'emportent.

    Et plus de cinq députés s'étant levés:

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Convoquez les députés.

+-

    Mme Marlene Catterall: Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Je demande que le vote soit reporté à 15 heures, à la fin de la période des questions.

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Est-ce d'accord?

    Des voix: D'accord.

*   *   *

  +-(1300)  

[Français]

+-Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada

+-

    L'hon. Jean Augustine (au nom de la ministre du Patrimoine canadien) propose: Que le projet de loi C-36, Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada, modifiant la Loi sur le droit d'auteur et modifiant certaines lois en conséquence soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.

+-

    Mme Carole-Marie Allard (secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Lib.): Madame la Présidente, Thomas D'Arcy McGee, l'un des pères de la Confédération, a dit un jour que s'il y a un devoir qui incombe aux Canadiens, c'est celui de produire une histoire que l'humanité ne voudra pas facilement laisser mourir.

    Aujourd'hui, 135 ans plus tard, je crois que mes collègues dans cette Chambre seront d'accord avec moi pour dire que les Canadiens et les Canadiennes ont rempli ce devoir avec brio. Même si notre pays est encore bien jeune, nous avons une multitude de faits, de réalisations et d'accomplissements à mettre en valeur, et ce, dans toutes les sphères d'activités imaginables.

    Au fil du temps, nos scientifiques, nos médecins, nos chercheurs, nos dirigeants et une multitude d'autres Canadiens et Canadiennes, se sont démarqués de bien des façons. Ils ont permis à notre pays de faire retentir fièrement sa voix dans le concert des nations.

    C'est avec beaucoup de fierté que je prends la parole aujourd'hui devant cette Chambre pour parler d'un projet de loi qui va nous permettre de préserver et de mettre en valeur encore davantage cette histoire riche et ce patrimoine unique.

    Une fois adoptée, la Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada et modifiant la Loi sur le droit d'auteur et d'autres lois en conséquence, donnera vie à la nouvelle agence de la Bibliothèque et les Archives du Canada. Cette nouvelle entité naîtra de la fusion entre les Archives nationales du Canada et la Bibliothèque nationale du Canada.

    Notre gouvernement veut amalgamer ces deux entités dans un seul et unique but: faire de la nouvelle agence un centre de gestion de l'information et du savoir qui nous donnera, aujourd'hui et demain, un accès sans précédent à notre patrimoine documentaire.

    Dans le discours du Trône de septembre 2002, notre gouvernement s'est engagé à ce que nous puissions découvrir notre histoire grâce à la création d'une nouvelle institution résultant de la fusion des Archives nationales du Canada et de la Bibliothèque nationale du Canada. Comme le démontre ce projet de loi, notre gouvernement respecte ses engagements.

    Avec ce projet de loi, nous voulons fusionner deux institutions qui jouent déjà un rôle primordial dans la conservation et la diffusion de notre patrimoine et de notre histoire. Nous voulons regrouper le savoir, la vision et la créativité de plus de 1 000 employés afin de créer une nouvelle entité dynamique et moderne qui fera rayonner nos récits, nos images, nos témoignages et nos légendes.

    Cette nouvelle agence unifiée sera mieux à même de gérer les millions de documents et de répondre aux diverses demandes de spécialistes et des Canadiens et Canadiennes, dans nos deux langues officielles.

    Le mandat de la Bibliothèque nationale et des Archives du Canada reposera sur les fondations des mandats actuels des deux entités séparées. Bien entendu, son mandat sera aussi élargi afin de lui permettre d'oeuvrer avec plus de facilité dans les secteurs de l'interprétation et de la programmation et d'utiliser davantage les nouvelles technologies.

    Au fil du temps, les Archives nationales et la Bibliothèque nationale du Canada nous ont rendu de précieux services et ont accompli presque l'impossible pour préserver l'impressionnant patrimoine documentaire canadien. Grâce à elles, les Canadiens et Canadiennes peuvent aujourd'hui avoir accès à plus de 20 millions de livres, de documents gouvernementaux et de publication, à 340 000 heures de films, de vidéos et d'enregistrements sonores, à 2,3 millions de cartes géographiques et à plus de 20 millions de photographies.

    La Bibliothèque et les Archives nationales représentent rien de moins que notre mémoire collective et constituent un véritable trésor pour l'humanité.

    Il faut avoir vu une exposition comme Reflets du Canada au Musée canadien de la poste, exposition qui regroupe tous les timbres émis depuis les origines de notre pays, pour comprendre le rôle que joue les Archives nationales d'un pays. Les 12 000 timbres de cette collection forment à eux seuls un livre d'histoire unique et original qui résume les plus glorieuses étapes de l'épopée canadienne.

    Tout cela n'aurait jamais été possible sans la collaboration des Archives nationales avec d'autres institutions publiques comme Postes Canada. Des exemples de ce genre sont nombreux, tant pour les Archives que pour la Bibliothèque nationale.

  +-(1305)  

    Aujourd'hui, nous voulons que ce type d'initiatives se multiplient afin de permettre aux Canadiens de tous les horizons, de même qu'aux citoyens du monde entier, d'avoir accès à des renseignements précieux sur notre pays, le Canada, sa population, sa culture, sa société et ses valeurs.

    Comme l'ont déjà mentionné l'archiviste national du Canada, Ian Wilson, et l'administrateur général de la Bibliothèque, Roch Carrier, il ne fait aucun doute que les rôles des deux institutions convergent et que leurs responsabilités s'apparentent. Déjà, leurs administrations respectives partagent le même édifice et exercent quatre activités similaires, soit recenser, sélectionner et acquérir; décrire et faire connaître; préserver; et rendre accessibles les collections.

    Jusqu'à présent, ce sont surtout les types de documents qui dictaient lequel des deux établissements allait en être responsable. La Bibliothèque nationale se chargeait notamment de préserver les publications imprimées, comme les livres et les revues, tandis que les Archives nationales regroupaient estampes, microfiches, manuscrits et divers autres documents d'importance.

    Dans ce secteur comme dans bien d'autres, l'arrivée des nouvelles technologies a fait tomber les barrières qui délimitaient la responsabilité de chacun. Avant que les micropuces remplacent les microfiches, nous n'avions d'autre choix que de suivre le rythme et de moderniser nos lois et la structure de nos organisations si nous voulions continuer à répondre aux besoins des Canadiens et Canadiennes. Nous devons aussi utiliser le plus possible l'immense potentiel que nous offre le monde virtuel pour nous aider à avoir accès à des renseignements au sujet de notre patrimoine. C'est ce que nous proposons avec le projet de loi aujourd'hui.

    En 2001 et 2002, le nombre de visiteurs sur le site Internet des Archives nationales a dépassé le cap des 2,5 millions, ce qui représente une augmentation de 30 p. 100 par rapport à l'année précédente. Celui de la Bibliothèque nationale a été visité par 4,3 millions d'internautes, soit une augmentation de 20 p. 100.

    La demande est là. Elle est forte et croissante. Nous devons donc faire en sorte d'y répondre du mieux que nous pouvons afin de faire connaître à notre population leur histoire, et ce, peu importe où elle vit sur notre vaste territoire. Après tout, la Bibliothèque et les Archives du Canada ne sont pas l'apanage des citoyens et des citoyennes de la région de la capitale nationale.

    Ce projet de loi prévoit aussi faire en sorte que la nouvelle agence mise davantage sur des programmes destinés au public. Par exemple, grâce à ses nombreuses collections, la nouvelle institution veillera à alimenter le Musée du portrait du Canada, qui ouvrira ses portes au cours des prochaines années.

    La loi proposée prévoit aussi que la ministre du Patrimoine canadien puisse mettre sur pied un comité consultatif pour conseiller le bibliothécaire et archiviste national en ce qui a trait aux nouvelles activités d'exposition et d'interprétation, ainsi qu'à la collecte de renseignements non gouvernementaux.

    La nouvelle agence continuera à bâtir ses collections par l'entremise des mêmes mécanismes, à savoir le dépôt légal, les enregistrements, l'échantillonnage, le transfert des documents gouvernementaux, les dons, les acquisitions, ainsi que les ententes administratives. Cependant, nous allons en ajouter un nouveau en permettant à la Bibliothèque et aux Archives du Canada d'effectuer périodiquement un échantillonnage de documents Internet qui sont accessibles au public sans restriction.

    L'Internet est devenu le miroir fidèle de notre société, et nous allons nous en servir pour que dans 10 ans, 50 ans ou 100 ans, nos historiens puissent, grâce à ces échantillons d'un jour, obtenir un portrait précis des préoccupations, des problèmes et de la culture du Canada à un moment précis de son histoire.

    Bien sûr, pour rendre cela disponible, nous devons modifier la Loi sur le droit d'auteur afin de conférer à l'agence le pouvoir de capter de temps à autre des échantillons représentatifs de notre patrimoine documentaire à des fins de préservation.

  +-(1310)  

    Nous avons travaillé de près dans ce dossier avec les parties concernées, de manière à définir une exemption spécifique au droit d'auteur pour les bibliothécaires et l'archiviste national.

    Je tiens à rassurer les députés de cette Chambre que nous n'avons laissé aucun détail en suspens. Nous nous sommes notamment inspirés des lois de plusieurs pays. Nous proposons aussi d'autres changements à la Loi sur le droit d'auteur, afin d'atteindre un juste équilibre entre les besoins des détenteurs d'un droit d'auteur sur les oeuvres non publiées et ceux de la Bibliothèque et des Archives du Canada.

    Depuis que nous avons apporté la dernière série de modifications à la Loi sur le droit d'auteur en 1997, certains héritiers d'auteurs canadiens se sont dits inquiets des nouveaux critères régissant la durée des oeuvres non publiées.

    À la suite de consultations avec des représentants de la Société historique du Canada, du Bureau canadien des archivistes, des Archives nationales du Canada et de l'Union des écrivains du Canada, nous avons réussi à en venir à un consensus qui permet d'accorder des périodes transitoires en fonction de la date de décès des auteurs.

    Nous voulons aussi que la Bibliothèque et les Archives nationales deviennent un centre d'expertise du gouvernement du Canada pour la gestion des documents gouvernementaux. Actuellement, l'archiviste en chef joue un rôle important dans ce domaine en conseillant les institutions fédérales quant aux méthodes et aux normes de gestion des documents.

    Dans le projet de loi, il est prévu que le responsable de la nouvelle agence conservera cette responsabilité. Cependant, notre gouvernement veut encore aller plus loin afin de s'assurer que tous les documents précieux sur le plan historique soient préservés pour les prochaines générations. Le bibliothécaire et archiviste national aura donc le pouvoir d'intervenir en demandant le transfert des documents qui sont considérés en péril.

    Dans le secteur privé, le mot fusion rime parfois avec réduction de budget, restructuration organisationnelle majeure et coupure de personnel. Dans le scénario qui nous concerne, ce n'est pas le cas. Le budget et le personnel de ces deux institutions demeureront inchangés. Cependant, il faut rappeler que certaines collections précieuses ont été menacées par la désuétude de certaines installations.

    Dans le dernier budget, nous avons consacré 15 millions de dollars en vue de répondre à certains besoins spécifiques à court terme et de mener des études qui permettront d'avoir une meilleure vue d'ensemble de nos besoins et des priorités à long terme. Les nouvelles entités que nous voulons créer devraient également nous permettre d'avoir une meilleure vision sur la façon de gérer ce dossier.

    Bien entendu, à titre de parlementaires, nous vouons tous un très grand respect aux bibliothèques et aux archives. La Bibliothèque du Parlement, qui subit actuellement des rénovations plus que nécessaires, est une ressource dont la valeur est inestimable. Elle procure une vaste gamme de services sans lesquels notre travail serait beaucoup plus difficile.

    La Bibliothèque nationale fournit le même type de services, mais à une clientèle beaucoup plus large. Après tout, elle est la bibliothèque de tous les Canadiens et Canadiennes d'un océan à l'autre.

    À titre de députée, j'ai été membre d'un grand nombre de comités et j'ai rassemblé plusieurs dossiers personnels. Il est donc facile pour moi de réaliser que les archives représentent une véritable mine de renseignements. Quel trésor elles représentent pour les étudiants et les universitaires qui cherchent à comprendre le débat au sujet, par exemple, du drapeau canadien ou encore de la Seconde Guerre mondiale! Quelle mémoire institutionnelle elle représente pour ceux et celles qui élaborent les politiques et qui recherchent des renseignements sur la Commission Spicer ou la Commission Pépin-Robarts!

    Considérant la valeur et le potentiel des collections, je crois que vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il est important qu'un grand nombre de Canadiens et Canadiennes puissent y avoir accès. Je crois aussi que nos institutions doivent suivre l'évolution de notre société et refléter l'arrivée des nouveaux moyens qui nous sont offerts.

    Voilà pourquoi je suis heureuse de participer à ce débat. Il est évident, lorsque j'examine cette loi, qu'elle nous permettra de pouvoir compter sur une institution nouvelle et améliorée, moderne, une institution culturelle qui sera plus efficace pour protéger et promouvoir le patrimoine documentaire de ce pays.

  +-(1315)  

    En fusionnant la Bibliothèque nationale du Canada et les Archives nationales du Canada pour créer la Bibliothèque et les Archives du Canada, ce gouvernement reconnaît une situation qui a évolué au cours des dernières années. Cependant, nous faisons beaucoup plus que cela. En fait, nous créons également une nouvelle agence qui disposera des outils modernes pour répondre à nos besoins en matière d'information au XXIe siècle.

    Tout ceux qui sont familiers avec ces deux institutions savent qu'elles travaillent en étroite collaboration depuis plusieurs années. Déjà, ces deux entités partagent certains services administratifs comme les finances, les ressources humaines, certaines installations, la sécurité et les services d'information et de préservation.

    Les fusions entre les bibliothèques et les services d'archives sont une tendance qui a été observée dans les milieux universitaires. De plus en plus, les cours qui y sont donnés touchent les deux disciplines. Dans ce contexte, il n'est donc pas étonnant que la Bibliothèque nationale et les Archives du Canada soient elles-mêmes à l'origine de la fusion.

    En plus de l'étroite collaboration qui existe entre les Archives et la Bibliothèque, il y a d'autres raisons qui nous permettent de croire que la fusion de ces deux vénérables organisations en une institution nouvelle et moderne serait une bonne chose.

    Tout d'abord, les Canadiens et Canadiennes ont de plus en plus besoin d'un accès simplifié au savoir et à l'information, notamment en ce qui a trait au patrimoine et à la culture. Ce phénomène s'explique par l'évolution des technologies de l'information, qui a eu pour effet d'augmenter l'appétit des Canadiens pour un accès rapide aux renseignements dans toutes leurs formes. Les nouvelles technologies ont aussi un immense potentiel en matière d'entreposage, d'organisation et de recherche documentaire.

    Aujourd'hui, il est possible de numériser des livres, des journaux, des photographies, des tableaux, des enregistrements sonores et des films. Qui plus est, nous pouvons aussi créer un point d'accès unique pour tout ce matériel. La magie d'Internet permet également de partager plus facilement tous ces fichiers avec des personnes d'ici et d'ailleurs.

    Les progrès technologiques ont aussi redéfini le secteur de la préservation. Un meilleur contrôle de la température, une meilleure compréhension de la composition des matériaux, des moniteurs plus sensibles et d'autres percées nous aident à préserver les plus précieux artefacts de notre patrimoine pour les prochaines générations.

    De cette manière, notre patrimoine documentaire reprend vie et nous, les Canadiens et Canadiennes, pouvons bénéficier d'un accès amélioré à une vaste quantité de renseignements portant sur nous-mêmes et sur notre pays.

    Pour toutes ces raisons et plusieurs autres, je suis donc fière d'ajouter une voix à ceux et celles qui appuient le projet de loi C-36. J'invite mes collègues des deux côtés de la Chambre à suivre mon exemple afin de répondre aux besoins des Canadiens et Canadiennes qui désirent en apprendre davantage sur leur pays.

    J'ajoute que le projet de loi C-36 comprend d'autres amendements à la Loi sur le droit d'auteur qui sont absolument nécessaires au bon fonctionnement de la nouvelle agence.

    Comme vous le savez, le droit d'auteur est une question controversée, et ce, depuis longtemps. Au XIXe siècle, Charles Dickens était mécontent du fait que les citoyens américains passaient outre à la loi britannique sur le droit d'auteur en copiant son travail et en tentant d'en tirer profit. Aujourd'hui, c'est plutôt le contraire.

    L'un des enjeux majeurs du débat sur le droit d'auteur aujourd'hui consiste, pour les gouvernements, à trouver un équilibre entre les besoins des artistes et ceux des utilisateurs. En d'autres mots, comment offrir aux artistes une protection pour qu'ils soient les seuls à tirer profit de leur travail, tout en procurant en même temps aux utilisateurs un accès raisonnable à leurs oeuvres?

  +-(1320)  

    Ce défi est encore plus grand quand il est question d'artistes décédés et d'oeuvres qui ne seront jamais publiées ou qui n'ont jamais été publiées. Malheureusement, pour une bibliothèque ou des archives, voilà justement le type de situation qui peut se produire. Imaginons qu'une collection de documents soit offerte par un Canadien et qu'un recherchiste découvre dans un recueil de nouvelles ou dans un livre un court texte qui n'a jamais paru. Est-ce que ce joyau est la propriété de la succession ou des descendants d'un auteur? C'est le genre de confusion que cette loi tente d'éviter.

    En 1997, lors du dernier examen majeur de la Loi sur le droit d'auteur, le gouvernement du Canada a mis fin à la protection perpétuelle des oeuvres non publiées en les soumettant aux mêmes règles générales qui régissent le droit d'auteur au Canada.

    Depuis, les oeuvres non publiées sont protégées pour 50 ans après la mort de l'auteur. Une période transitoire de cinq ans a été instaurée avec cet amendement de 1997, afin de permettre aux héritiers des auteurs que les oeuvres ne deviennent pas immédiatement le propriété du domaine public. Ces modifications sont entrées en vigueur le 31 décembre 1998 et les oeuvres inédites des auteurs qui sont décédés 50 ans avant cette date, c'est-à-dire en 1948, seront donc la propriété du domaine public le 1er janvier 2004.

    Toutefois, pendant que certains héritiers d'écrivains ont démontré des inquiétudes au sujet de la protection de leur droit d'auteur, il y a aussi un nombre de personnes, notamment des historiens, des archivistes, des généalogistes et d'autres intervenants qui ont réclamé que les oeuvres non publiées fassent partie du domaine public. Les parties concernées ont entrepris des négociations et en sont venues à un compromis raisonnable. Puis, elles l'ont présenté au gouvernement afin qu'il considère sa mise en oeuvre dans ce projet de loi.

    Ainsi, la loi à l'origine de notre débat d'aujourd'hui prévoit les changements suivants. Tout d'abord, les oeuvres non publiées des auteurs décédés avant le 1er janvier 1930 seront protégées en vertu du droit d'auteur jusqu'au 31 décembre de cette année.

    En ce qui a trait aux auteurs décédés après le 31 décembre 1929 et avant le 1er janvier 1949, leurs oeuvres non publiées bénéficieront d'une protection jusqu'au 31 décembre 2017.

    Dans les deux cas, toutes les oeuvres non publiées, qui seront publiées avant que la protection ne soit échue, se verront attribuer une période de protection additionnelle de 20 ans à partir de leur date de parution.

    Les changements que je viens tout juste de décrire prolongent la durée de la protection pour les oeuvres non publiées. Mais nous apportons aussi une modification pour aider les historiens, les archivistes, les généalogistes et les autres intervenants.

    Le projet de loi C-36 modifiera aussi l'article 30.21 de la Loi sur le droit d'auteur afin d'enlever certaines conditions que les archives doivent respecter pour effectuer une seule copie d'une oeuvre non publiée. Ce type de copies sert à la recherche ou à des études privées.

    Actuellement, l'article 30.21 stipule qu'il est seulement possible de réaliser une copie d'une oeuvre non publiée avant le 1er septembre 1999 lorsque les archives sont incapables d'identifier le détenteur du droit d'auteur. Il est aussi prévu qu'il faut tenir un registre de toutes les copies effectuées en vertu de cet article. Comme vous pouvez l'imaginer, ces conditions représentent un fardeau supplémentaire pour nos archives.

    Les modifications proposées à la Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada dont nous débattons aujourd'hui élimineraient ces deux conditions. D'ailleurs, je suis très heureuse de souligner que ce changement a reçu l'appui de tous les intervenants qui ont participé aux négociations sur cette question.

    Voilà une autre preuve que Bibliothèque et Archives du Canada disposera du mandat, des pouvoirs et des outils nécessaires pour atteindre ses objectifs.

  +-(1325)  

    Le patrimoine documentaire nous appartient tous, et il doit être davantage accessible. Grâce à ces modifications et à d'autres qui ont été mentionnées par mes collègues, nous mettons en place une institution qui sera appréciée et suscitera notre fierté.

    Voilà ce que propose ce projet de loi. En reconnaissant la nature complémentaire de la mission et des collections de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales et en l'utilisant pour jeter les fondations d'une nouvelle institution plus efficace, le gouvernement donne aux citoyens et aux citoyennes de ce grand pays une nouvelle agence culturelle qui reflétera, stimulera, interprétera et célébrera notre identité nationale, une agence qui fera du Canada une véritable société du savoir.

    La proposition que nous débattons aujourd'hui annonce une ère nouvelle pour le Canada. En tirant profit des 130 années d'expérience dans le regroupement, la préservation et la diffusion du patrimoine documentaire canadien, la Bibliothèque et les Archives du Canada représentent l'institution dont nous aurons besoin au cours du prochain siècle.

    Nous ne pouvons pas changer le cours de l'histoire. Cependant, il est clair que nous pouvons mieux relever les défis de l'avenir si nous connaissons notre passé.

    Le projet de loi qui se retrouve devant cette Chambre aujourd'hui permettra à la Bibliothèque et aux Archives du Canada d'entrer de plain-pied dans le XXIe siècle et d'assurer la préservation des nombreux vestiges de notre histoire collective.

    J'invite donc tous les députés de cette Chambre à appuyer le projet de loi qui donne à notre pays les outils nécessaires pour que nos livres, nos estampes, notre musique, nos films, nos cartes géographiques et nos documents numériques d'hier, d'aujourd'hui et de demain forment des collections fabuleuses et mieux connues des Canadiens et Canadiennes.

    De cette manière, nous, les Canadiens et les Canadiennes, pourrons continuer de remplir le devoir dont parlait D'Arcy McGee il y a plus d'un siècle: produire une histoire riche en ayant la certitude qu'elle sera préservée, mise en valeur et à la portée de tous.

[Traduction]

+-

    M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Alliance canadienne): Madame la Présidente, c'est un plaisir pour moi d'intervenir dans ce débat sur la Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada, modifiant la Loi sur le droit d'auteur et modifiant certaines lois en conséquence.

    Le projet de loi vise principalement la création d'un nouvel organisme fédéral qui permettrait de combiner les Archives nationales du Canada et la Bibliothèque nationale du Canada. Je soulignerai dans un moment les avantages de cette fusion, mais j'aimerais tout d'abord présenter aux fins du compte rendu la position de l'Alliance canadienne concernant cette fusion et le projet de loi à l'étude. Nous avons une politique à cet égard que les gens peuvent consulter notamment sur notre site web. Notre politique prévoit que: «Nous affirmons le rôle du gouvernement fédéral dans la préservation du patrimoine naturel et historique du Canada, notamment les parcs nationaux, les musées et les sites historiques, pour le bénéfice et le plaisir de tous et en tant que rappel constant de notre héritage commun.»

    Avant la fin de mon discours, je conseillerai à mes collègues de l'Alliance canadienne d'appuyer le projet de loi C-36. Il restera de nombreuses questions auxquelles il faudra répondre en comité, et je suis certain que le comité entendra toute la gamme des témoins. De façon générale, la loi est bien orientée. Évidemment, c'est toujours des détails que surgissent les difficultés, mais nous croyons qu'il nous sera possible d'appuyer le projet de loi.

    Voici l'énoncé de mission des Archives nationales du Canada:

    Préserver la mémoire collective de la nation et du gouvernement canadien, collaborer à la protection des droits et contribuer à l'enrichissement du sentiment d'identité nationale: en acquérant et en conservant les documents privés et publics d'importance nationale, en en favorisant l'accès et en étant le dépositaire permanent des documents des institutions fédérales et des documents ministériels; en facilitant la gestion des documents des institutions fédérales et des documents ministériels; et en appuyant les milieux des archives.

    J'aborderai plus loin la question de la préservation des documents et de l'archivage des documents gouvernementaux importants, dont ceux du Cabinet.

    Les archives nationales sont actuellement accessibles à tous les Canadiens, et il continuera d'en être ainsi une fois que la Bibliothèque du Canada et les Archives nationales auront fusionné.

    Le rôle principal de la Bibliothèque nationale du Canada est: «de conserver et de promouvoir, [...] les documents canadiens qui font partie du patrimoine canadien». La Bibliothèque est également reconnue comme «l'un des grands centres de recherche en études canadiennes du pays et une fenêtre ouverte sur la littérature et la musique canadiennes». Elle est également accessible à tous les Canadiens.

    Le projet de loi C-36 constituera les Archives et la Bibliothèque en une seule entité. Nous croyons que cette mesure peut et devrait produire des résultats positifs pour ce qui est de l'histoire et du patrimoine canadiens archivés et publiés.

    À titre personnel, je me rappelle que lorsque mon frère effectuait des recherches pour le livre qu'il a écrit sur l'histoire de notre famille, il est venu à Ottawa et a passé du temps aux Archives nationales. Il a rédigé son ouvrage, dont la Bibliothèque nationale conserve sûrement un exemplaire. Le personnel des Archives a été très serviable avec lui. Il est toujours étonnant, pour moi comme pour des historiens amateurs comme mon frère, de constater à quel point les archives sont accessibles, à quel point le personnel est serviable et à quel point l'information nous est utile lorsqu'on rédige un livre. Il s'agissait, dans ce cas, de l'histoire de ma famille, mais c'est certainement aussi le cas pour toutes les recherches sur l'histoire canadienne et toutes les études.

    Il est évident qu'il importe de préserver le patrimoine documentaire. L'article 8 du projet de loi dit ceci: «L'administrateur général peut prendre toute mesure qui concourt à la réalisation de la mission de Bibliothèque et Archives du Canada». La liste est longue: acquérir des publications; prendre des mesures de catalogage, bien sûr; compiler et maintenir des sources d'information; fournir aux Canadiens des services d'information, de consultation et des services de prêt; mettre en place des programmes visant à faire connaître le patrimoine documentaire et encourager ou organiser des activités, notamment des expositions, des publications et des spectacles; conclure des accords avec d'autres bibliothèques, archives ou institutions au Canada ou à l'étranger en vue de faire connaître et comprendre notre patrimoine historique; conseiller les institutions fédérales, notamment sur des façons d'utiliser Internet pour la promotion et la diffusion d'informations; déterminer les orientations des services bibliothécaires des institutions fédérales, etc. Il y a beaucoup à faire et ils font un bon travail, même dans la situation difficile actuelle. Autrement dit, voilà un mandat très fort en vue de la préservation du patrimoine canadien.

  +-(1330)  

    De plus, aux termes de l'article 8 du projet de loi C-36, l'administrateur général, à des fins de préservation, peut constituer des échantillons représentatifs des éléments d'information présentant un intérêt pour le Canada et accessibles au public sans restriction dans Internet ou par tout autre média similaire.

    Un nombre accru de Canadiens tireront aussi parti de ce service. Même ceux qui ne peuvent pas venir à Ottawa auront un nouvel accès et un accès amélioré aux documents, grâce à Internet. Il est à espérer que la diffusion de ces renseignements précieux à de futurs historiens, tant amateurs que professionnels, permettra non seulement de préserver, mais aussi de mieux comprendre notre passé et de l'appliquer à nos préoccupations, aux enjeux et à notre culture actuels.

    La gestion des archives et de la bibliothèque fusionnées devrait se révéler plus efficiente. Une fois intégrées, les collections seront plus complètes, ce qui augmentera l'efficience et la valeur pratique de la gestion de l'information. La convergence de l'expertise humaine et du savoir devrait donner lieu à une compétence accrue au plan de la gestion de l'information. Autrement dit, en réunissant les deux entités sous un seul chapeau, nous devrions pouvoir bénéficier de l'expertise formidable des deux organisations actuelles.

    La fusion de ces deux institutions devrait créer une synergie et accroître l'efficience dans la gestion des systèmes internes touchant les ressources humaines, les finances, le marketing, la technologie et ainsi de suite. J'ai bien dit «devrait» parce que les notes d'information que nous avons reçues du ministère ne disent pas clairement que ce sera effectivement le cas. En fait, les notes disent qu'il se pourrait que cette fusion ne permette pas de réaliser des économies. C'est un aspect qu'il faudrait examiner en comité.

    Il me semble que le fait de regrouper les systèmes de gestion devrait permettre de réaliser des économies dans tous les secteurs allant de la gestion des ressources humaines à la technologie. Nous chercherons des façons de faire cela. Nous encourageons le comité à faire son possible pour voir à ce que cette fusion donne lieu à des économies.

    Il y a certaines dispositions du projet de loi qui concernent l'accès. En fusionnant les deux entités, nous espérons accroître la visibilité du patrimoine et de l'histoire du Canada. Nous croyons que Bibliothèque et Archives du Canada offrira un accès intégré à ses collections au moyen d'un guichet unique.

    Encore une fois, je vais utiliser l'exemple de la recherche de mon frère. Cela aurait pratique pour lui d'aller à un endroit et de pouvoir demander des renseignements historiques sur, par exemple, les navires qui ont amené nos ancêtres ici, et avoir accès à tous les ouvrages sur ce sujet. Beaucoup d'autres gens chercheraient à obtenir divers renseignements liés au patrimoine. Dans mon cas, ce sont mes antécédents suédois et mennonites, ou «suénonites», qui m'intéressent. Je pourrais tout trouver à un seul endroit.

    Bibliothèque et Archives du Canada utiliserait la technologie de pointe pour rendre ses collections accessibles. Il ferait appel à l'Internet pour donner accès à certains des services suivants: le Centre canadien de généalogie; Référence virtuelle Canada; le Musée du portrait du Canada; des projets pour préserver le patrimoine documentaire autochtone et multiculturel du Canada; des services comme le prêt de publications et de microfilms entre bibliothèques; des programmes pour promouvoir l'alphabétisation; de l'aide pour les personnes incapables de lire les imprimés; et ainsi de suite. Cela améliorerait l'accès pour tous les Canadiens, même ceux qui sont incapables de venir à Ottawa pour consulter les documents sur place.

    Nous avons quelques réserves au sujet du projet de loi C-36. Il y a des choses qui devront être étudiées par le comité.

    Les documents que j'ai reçus de Patrimoine Canada indiquent que la transition coûtera 7,5 millions de dollars sur trois ans. Par ailleurs, le budget de 2003 prévoit la somme de 15 millions de dollars pour assurer une meilleure protection à court terme des documents et des artefacts. Je ne sais pas si ces 7,5 millions de dollars sont inclus dans les 15 millions; quoi qu'il en soit, la préservation est nécessaire. Nous essaierons d'établir les coûts exacts et de déterminer si, à la longue, cette mesure permettra de faire des économies. Le projet de loi nous est tombé dessus à la fin de la semaine dernière et le ministère ne nous a pas encore offert de séance d'information. Nous ne savons pas exactement ce qui est inclus dans ces 7,5 millions de dollars. Est-ce seulement une évaluation comptable du coût? Est-ce le coût de la main-d'oeuvre? Nous n'en sommes pas certains, mais on va étudier la question.

  +-(1335)  

    Je le répète, les documents de Patrimoine Canada admettent qu'il ne s'agit pas d'une mesure de réduction des coûts. Il me semble pourtant qu'elle devrait permettre des économies. Nous demanderons aux responsables du ministère d'expliquer pourquoi ils n'en prévoient pas. Pour ma part je pense qu'il devrait y avoir une réduction des coûts.

    Par ailleurs, il y a davantage de possibilités de faire participer plus pleinement le secteur privé, les gens qui peuvent tirer parti de cette mesure. Peut-être y a-t-il aussi des possibilités de générer des revenus. Cela se fera peut-être dans le cadre des partenariats établis entre les bibliothèques, à l'échelle national qu'internationale.

    Quiconque suit ce dossier sait que la préservation de nos archives nationales, et non le projet de loi, est un souci en général. Au cours des deux dernières années, les contribuables ont dépensé environ 4,5 millions de dollars simplement pour réparer des documents endommagés par des fuites d'eau et des problèmes d'entretien dans les édifices actuels des archives. Il me semble qu'une fois que le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, la Bibliothèque et les Archives se seront enfin organisés, ils devront arrêter de se chamailler et trouver une solution pour loger et préserver les archives nationales du Canada.

    Ça ne sert à rien de garder un exemplaire de tout ce qui est publié et de le mettre dans une salle où les boîtes en carton ne sont pas à l'abri de l'eau. Si nous voulons préserver ces documents et si on prend la peine de les cataloguer, d'en rendre compte, de les préserver, etc., assurons-nous qu'ils sont effectivement préservés au lieu d'être entassés dans l'un des édifices les moins étanches d'Ottawa. J'exhorte le ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux, les Archives et la Bibliothèque à mettre fin à leurs affrontements et à faire le nécessaire pour préserver ce dont nous parlons aujourd'hui. Cette information importante doit être préservée. Trouvons un moyen de le faire sans plus tarder.

    Le prochain point a trait au travail de tout comité chargé d'examiner un projet de loi. Je prierais le comité, dont je fais partie, de s'assurer que les Canadiens en auront pour leur argent avec cette mesure qui est proposée. En apparence, tout a l'air parfait, mais c'est toujours comme cela dans les documents d'information du gouvernement. Je n'en ai pas vu un seul qui nous laisse entrevoir que nous nous apprêtons à gaspiller de grosses sommes d'argent. En revanche, les exemples de dépassement des coûts ne manquent pas. Le Musée canadien de la guerre est un bon exemple. Tout le monde est en faveur d'un tel musée. On devrait construire ce musée. Sauf qu'on n'a pas encore érigé les murs et on a déjà dépassé le budget de dizaines de millions de dollars.

    On procédera évidemment à un examen approfondi en comité, comme cela s'impose. Il incombe à tous les partis d'analyser soigneusement cette dépense. Je demande instamment à tous les députés de se livrer avec soin à cet exercice parce que ce genre de projet de loi peut parfois nous réserver des surprises.

    Il est aussi important de noter que, selon l'alinéa 8 (2) g) du projet de loi, Bibliothèque et Archives du Canada doit «conseiller les institutions fédérales sur la gestion de l'information qu'elles produisent et utilisent et leur fournir des services à cette fin». Autrement dit, s'il y a moyen de mieux gérer cette information—et tout cela paraît très bien dans les notes d'information et le projet de loi—nous allons vouloir savoir exactement comment ce système de gestion améliorera la situation.

    Un autre passage important du projet de loi, le paragraphe 12 (1), que j'exhorte les archivistes intéressés à parcourir, précise ce qui suit:

    L'élimination ou l'aliénation des documents fédéraux ou ministériels, qu'il s'agisse ou non de biens en surplus, est subordonnée à l'autorisation écrite de l'administrateur général ou de la personne à qui il a délégué, par écrit, ce pouvoir.

    Il est extrêmement important que les gens comprennent ce que cela suppose, que les bureaucrates comprennent ce que cela signifie, en fait. Cela signifie que les employés ministériels sont tenus de s'assurer que les documents sont bien gardés et que les archives sont préservées et cela, non seulement lorsque c'est opportun, soit non seulement les archives qui paraissent bien ou qui font parler d'elles, mais toutes les archives. En fait, il est bien dit à l'article 12 que l'élimination ou l'aliénation des documents fédéraux ou ministériels est subordonnée à l'autorisation écrite de l'administrateur général ou de la personne à qui il a délégué, par écrit, ce pouvoir.

  +-(1340)  

    Autrement dit, peu importe qu'un rapport soit négatif ou que quelqu'un préfère ou espère qu'un document ne sera pas lu par ses petits-enfants. Au gouvernement, des archives sont des archives. Nous préservons le bon, le mauvais et le laid. Nous prenons tout, nous préservons tout et nous veillons à ce que les documents soient correctement conservés afin que de futurs historiens puissent en tirer des renseignements et éviter, nous l'espérons, des problèmes que nous avons eus et que nous avons toujours.

    Je signale que le Parlement est encore aux prises avec une controverse, cette fois-ci à propos des documents conservés par la Banque de développement du Canada, une société semi-indépendante mandatée par la Chambre des communes. Ce qui est intéressant, c'est le manque de méthode dans la conservation des documents et le fait qu'il en manque. Des documents clés qui risquent peut-être d'impliquer le premier ministre, notamment, dans des transactions ou l'approbation de prêts, peu importe, ont tout à coup disparu des archives de la banque.

    Le gouvernement est en cause. Il reçoit et donne des conseils, mène des études et fait toutes sortes de choses que font les gouvernements. Je le répète, l'article 12 prévoit que l'on conserve tous les documents, bons et mauvais, et que l'on comprenne que l'on est légalement tenu de les conserver et de les remettre aux Archives. Il s'agit de plus en plus de documents électroniques qui doivent, eux aussi, être conservés.

    Le gouvernement du Canada doit améliorer les méthodes qu'il utilise pour conserver l'information et les documents. Je crains que, pour se soustraire à cette disposition, le gouvernement évite tout simplement de créer des documents en premier lieu. C'est une façon de contourner la disposition.

    Le 24 mars dernier, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a fait la déclaration suivante, telle que rapportée dans l'Ottawa Citizen:

    Le danger le plus grave pour un gouvernement transparent et responsable, c'est une crise de la gestion de l'information au sein du gouvernement fédéral du Canada.

    L'auteur de l'article a poursuivi en ces termes:

    Même si on les a prévenus qu'ils doivent apporter des améliorations dans ces domaines, les fonctionnaires fédéraux évitent de créer des documents, de dire M. Reid. Le spectre d'une amende ou d'un emprisonnement pour avoir détruit ou falsifié des documents, d'ajouter M. Reid, encourage les fonctionnaires à faire des séances d'information orales ou à s'échanger de l'information par courriel, pour éviter de créer des documents écrits permanents.

    À ma connaissance, ce n'est pas là l'objectif de l'article 12. Cette disposition stipule qu'il ne faut pas éliminer les documents. Il faut les garder intacts. Les documents doivent être transmis et archivés afin que nous puissions tous les consulter un jour. Fondamentalement, même s'il n'en est pas fait mention dans le projet de loi, il importe de souligner qu'une mesure législative sur la dénonciation sera indispensable pour régler ce problème, afin que les gens osent s'exprimer et rédiger des propositions et des notes d'information à l'intention des ministres, au lieu de simplement avoir une discussion autour de la distributrice à café, sachant que ces propos ne peuvent être archivés, ce qui nous empêche de tirer des leçons des erreurs passées.

    Beaucoup de lois sont modifiées à titre corrélatif par le projet de loi. Chacune en soi est également importante. Par exemple, le projet de loi modifie la Loi sur le règlement des revendications territoriales des premières nations du Yukon. Je suis sûr que le député du Yukon voudra examiner de près ces modifications. Des changements sont également apportés à la Loi sur les archives nationales, à la Loi sur l'autonomie gouvernementale des premières nations du Yukon, à la Loi sur les allocations aux anciens combattants, à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, à la Loi sur le produit de la criminalité et à la Loi sur la rémunération du secteur public. Il y a également d'importantes modifications corrélatives à la Loi concernant l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut ainsi qu'à la Loi sur la gestion des finances publiques. Il faudra les examiner toutes.

    Il y a en outre d'importantes modifications corrélatives à la Loi sur le droit d'auteur. Ce domaine a déjà prêté à controverse. La protection du droit d'auteur est une question importante. Le Canada a été beaucoup moins dynamique que la plupart de ses concurrents internationaux pour ce qui est de faire le lien entre l'innovation et la propriété intellectuelle ou ou de protéger et d'encourager le droit à la propriété intellectuelle. En fait, le député allianciste de Yorkton—Melville a présenté une motion dans le cadre des initiatives parlementaires pour demander à la Chambre des communes de créer un comité chargé d'examiner les droits de propriété, y compris la propriété intellectuelle. Le droit d'auteur s'inscrit dans le droit à la propriété. Il serait important de donner suite à cette motion.

  +-(1345)  

    Le problème épineux que soulève le projet de loi au sujet du droit d'auteur concerne la nécessité d'en arriver à un équilibre entre les incitatifs créés par le droit d'auteur et la protection des brevets, d'une part, et la nature publique de l'oeuvre des auteurs et des artistes, de l'autre. Comme le gouvernement a récemment entrepris un important examen des questions liées au droit d'auteur, je serai heureux d'entendre ce que les témoins auront à dire au comité à ce sujet.

    Je crois que le comité de l'industrie voudra lui aussi examiner cet aspect, sinon étudier l'ensemble du projet de loi. Il voudra sans doute réfléchir aux modifications corrélatives apportées à la Loi sur le droit d'auteur. Nous devons en arriver à un équilibre entre les droits des artistes et de leurs héritiers et le droit d'accès du public aux oeuvres inédites après un certain temps.

    Je crois que nous devons trouver cet équilibre. Le projet de loi prolonge la protection de 15 ans, ce qui est plutôt long, compte tenu du fait que nous avons examiné et révisé la Loi sur le droit d'auteur il y a seulement quatre ans. L'expiration de la protection est censée se produire l'année suivante. Dans le cas des oeuvres non publiées, cette disposition va considérablement prolonger la protection. Ce point prête à controverse et devra aussi fait l'objet d'un examen au comité, qui devra déterminer si une protection de 15 ans est nécessaire ou s'il est possible de trouver quelque chose de plus approprié entre l'année prochaine et 15 ans plus tard.

    Il me semble qu'il arrivera un moment où les oeuvres non publiées des artistes morts ne seront plus protégées par le droit d'auteur. Nous devrons étudier cela, de même que le comité de l'industrie, pour trouver un juste milieu.

    Dans l'ensemble, je vais encourager mes collègues à appuyer le principe du projet de loi au stade de la deuxième lecture. C'est une bonne décision de gestion de réunir les archives et la bibliothèque. Comme je l'ai déjà dit, j'ai des préoccupations au sujet des économies, de certaines autres questions ainsi que des modifications corrélatives. Le projet de loi devrait être facile à approuver au stade du comité, mais il faudra voir ce que les témoins auront à nous dire de ces modifications.

    À ce stade, donc, nous appuierons le projet de loi, mais nous attendrons l'étape du comité pour en examiner les détails.

  +-(1350)  

[Français]

+-

    Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ): Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui sur ce projet de loi.

    Avant de parler des différents enjeux que comporte le projet de loi C-36, j'aimerais souligner que depuis la venue des libéraux au pouvoir, les programmes et les projets de loi qui viennent du ministère du Patrimoine canadien se ressemblent tous et ont comme objectif principal d'inculquer à la population du Québec et du reste du Canada un fort sentiment d'appartenance canadienne.

    Il est désolant de voir que l'on inclut dans ce projet de loi des modifications à la Loi sur le droit d'auteur. Les changements apportés à celle-ci nous apparaissent bons en principe, mais pas si l'on considère la direction qu'on a voulu faire prendre à ce projet de loi intitulé Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada, modifiant la Loi sur le droit d'auteur et modifiant certaines lois en conséquence.

    Ce que je dis, c'est que ce projet de loi comprend plusieurs enjeux qui nous amènent à être contre le principe de ce projet de loi. Dans les prochaines minutes, je vais essayer d'expliquer pourquoi nous sommes contre le principe de ce projet de loi.

    Sommairement, dans ce projet de loi, le texte crée Bibliothèque et Archives du Canada, agence qui succède à la Bibliothèque nationale et aux Archives nationales du Canada. Ce projet de loi prévoit la nomination d'un administrateur général pour la nouvelle agence, dont le titre est «bibliothécaire et archiviste du Canada».

    Le mandat de la nouvelle instance sera établi sur la base des mandats respectifs de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Canada et élargi pour inclure l'interprétation de l'histoire du Canada et l'exposition des collections. Un système modernisé de dépôt légal désormais applicable aux publications électroniques est mis en place. Un nouveau pouvoir visant à préserver le patrimoine documentaire du Canada sur Internet est également instauré. Ce sont là, en gros, les objectifs de ce projet de loi.

    Le projet de loi modifie aussi la Loi sur le droit d'auteur en prévoyant une durée de protection plus longue pour les oeuvres non publiées ou publiées à titre posthume par des auteurs décédés avant 1949. La durée de la protection varie selon la date du décès de l'auteur ou selon qu'une oeuvre est publiée ou non dans une période donnée. L'obligation d'obtenir l'autorisation du titulaire du droit d'auteur pour faire la reproduction d'oeuvres non publiées déposées avant 1999, les exigences connexes concernant la tenue d'un registre et la recherche des titulaires introuvables seront abrogées.

    Le texte apporte aussi des modifications corrélatives aux lois pertinentes et contient des dispositions transitoires ainsi que des dispositions de coordination.

    Donc, si on analyse des points importants du projet de loi, on se rend compte que plusieurs enjeux sont déjà dans ce projet de loi. La création d'une nouvelle institution appelée Bibliothèque et Archives du Canada remplacera la Bibliothèque nationale et les Archives nationales du Canada, et il est difficile de s'opposer à donner un nouveau nom à cette institution.

    Nous ne sommes pas contre cette nouvelle disposition. Par contre, ce que nous aimons moins, c'est autre chose dans le projet de loi. La communauté des bibliothèques, notamment l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation, demeure plutôt tiède aussi à l'idée d'une fusion entre la Bibliothèque nationale et les Archives nationales du Canada. Pourquoi? C'est parce qu'elle juge que les deux organisations ont deux missions et deux approches très distinctes. La Bibliothèque nationale dessert davantage les bibliothèques et provisoirement les gens, alors que les Archives nationales ont plutôt comme mission la conservation du patrimoine canadien.

    Le Bloc québécois estime, lui aussi, qu'il est très difficile de concilier ces deux missions de la Bibliothèque et des Archives puisqu'elles visent des objectifs différents. Nous avons aussi l'appui de l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation.

    À cet effet, plusieurs bibliothèques du Québec m'ont envoyé leurs idées sur cette fusion, soutenant qu'elles n'étaient pas d'accord. Selon elles et selon nous, être bibliothécaire demande une formation très différente de celle d'archiviste. La fusion des deux organismes risque donc de créer quelques problèmes. Le Bloc québécois croit qu'une étude approfondie du projet devrait être entamée.

  +-(1355)  

    Il y a aussi le mandat de l'administrateur général de Bibliothèque et Archives du Canada. L'administration publique sera placée sous l'autorité du ministre du Patrimoine canadien mais dirigée par un administrateur général; ce dernier aura le titre de bibliothécaire et archiviste du Canada, et sera nommé par le gouverneur en conseil.

    Le Bloc s'interroge. C'est un pouvoir additionnel dont l'administrateur général est investi; il pourra intervenir et demander le transfert des documents du gouvernement du Canada, ou d'autres bibliothèques, s'il estime que ceux-ci risquent d'être endommagés et détruits.

    Encore là, on aurait pu s'inspirer de ce qui a été fait à la Bibliothèque nationale du Québec en matière de responsabilités. On a procédé à des nominations sûres qui relèvent de la ministre de la Culture et des Communications du Québec; on a également prévu que d'autres membres viennent se joindre au conseil d'administration, lesquels sont issus du milieu des bibliothèques, de celui de l'édition, des associations d'écrivains et des universités. Trois de ces personnes doivent être bibliothécaires. Parmi ces dernières, l'une doit être spécialiste dans le domaine de la conservation et une autre, dans le domaine de la diffusion. Ces personnes doivent être aussi nommées par la Ville de Montréal.

    Il y a aussi deux usagers. On est allé chercher des citoyens. L'un d'eux doit être résident de la ville de Montréal, élu à la majorité des voix exprimées par ses pairs, selon les règlements de la bibliothèque.

+-

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Nous devons maintenant passer aux déclarations de députés. L'honorable député de Erie—Lincoln a la parole.


+-DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Article 31 du Règlement]

*   *   *

[Traduction]

+-L'Association des armateurs canadiens

+-

    M. John Maloney (Erie—Lincoln, Lib.): Madame la Présidente, je tiens à féliciter l'Association des armateurs canadiens, qui fête ses 100 ans.

    Créée en 1903 sous le nom de Dominion Marine Association, l'Association des armateurs canadiens représente les intérêts des entreprises canadiennes qui possèdent et exploitent des navires battant pavillon canadien sur la Voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent, la côte est et l'Arctique.

    Elle a prouvé, au moyen des partenariats établis entre ses membres et le gouvernement, que l'industrie navale est un secteur de l'économie canadienne dont l'activité est fiable, sûre, respectueuse de l'environnement et concurrentielle.

    L'Association des armateurs canadiens est à la fine pointe de la technologie et de l'innovation en matière d'environnement. Grâce à son leadership technologique, elle a constamment amélioré la sécurité et l'efficience des opérations conduites par ses membres. L'Association voit dans la Voie maritime des Grands Lacs et du Saint-Laurent un trésor national, ce qui explique qu'elle fasse appel à une technologie de navigation et à des techniques de formation qui sont axées sur la sécurité et la protection de l'environnement.

    L'avenir posera de nombreux défis pour l'infrastructure navale canadienne. Les navires, les ports et les écluses de la voie maritime nécessitent de nouveaux investissements pour répondre aux besoins d'un trafic maritime de plus en plus volumineux et aux réalités émergentes de la concurrence. Nous apprécions la collaboration et la participation de l'association.

    Je félicite l'Association des armateurs canadiens pour ses 100 ans de services de qualité dans le domaine des transports. Puisse-t-elle continuer pendant bien des années encore.

*   *   *

+-Le Moyen-Orient

+-

    M. Rahim Jaffer (Edmonton—Strathcona, Alliance canadienne): Madame la Présidente, le terrorisme a encore frappé au coeur du Moyen-Orient. Cette fois, l'organisation Al-Qaïda est responsable de l'attentat perpétré contre quatre complexes résidentiels et commerciaux en Arabie saoudite.

    Les incidents de ce type plongent dans l'angoisse la plus profonde mes frères et soeurs de la communauté islamique du Canada.

    Pas plus tard que ce matin, je me suis entretenu avec des représentants de la communauté arabe, qui se disent préoccupés par la réaction démesurée du gouvernement sur le front national, face à de tels événements.

    Depuis le 9 septembre, les Canadiens d'obédience islamique estiment avoir été injustement ciblés par des initiatives comme la Loi antiterroriste et maintenant le projet de loi C-18.

    L'Alliance canadienne s'est efforcée de comprendre ces membres de la communauté musulmane dont la vie a été chamboulée par les efforts destinés à améliorer la sécurité. Nous reconnaissons les difficultés auxquelles les Canadiens d'origine arabe ont été confrontés lors de leurs déplacements à l'étranger et nous dénonçons toute discrimination fondée sur le pays d'origine.

    Nous devons concerter nos efforts pour nous assurer que tous les Canadiens seront traités avec égalité et équité en vertu de la loi, indifféremment de leur race ou de leur pays d'origine.

*   *   *

  +-(1400)  

+-La Journée du livre au Canada

+-

    Mme Sarmite Bulte (Parkdale—High Park, Lib.): Madame la Présidente, j'ai été l'hôte, le 19 avril, dans ma circonscription, des célébrations marquant la Journée du livre au Canada qui s'inscrit dans la Semaine canadienne du livre.

    Je remercie particulièrement Greg Gatenby, directeur artistique du Festival international des auteurs, qui a organisé ces célébrations.

    Lors de cet événement, mes électeurs ont eu le plaisir de rencontrer des auteurs canadiens de renom comme Rosemary Aubert, Catherine Bush, Stephen Finucan, Joe Fiorito, Greg Gatenby, Lesley Krueger, Hal Niedzviecki, Christine Pountney et Jason Sherman.

    La Journée du livre au Canada est parrainée par le Writer's Trust of Canada. Cette organisation sans but lucratif, fondée en 1976, offre aux écrivains un niveau de soutien inégalé par toute autre organisation ou fondation non gouvernementale.

    Le Writer's Trust of Canada s'est donné pour mission d'explorer les traditions susceptibles d'enrichir notre patrimoine littéraire commun, de les faire connaître aux générations à venir et de renforcer les assises culturelles canadiennes.

    La Journée du livre au Canada nous donne l'occasion de reconnaître l'apport des écrivains à la richesse culturelle du Canada.

    Cette journée nous donne également l'occasion de...

+-

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): Le député de Saint-Léonard—Saint-Michel a la parole.

*   *   *

[Français]

+-Le stockage de l'hydrogène

+-

    M. Massimo Pacetti (Saint-Léonard—Saint-Michel, Lib.): Madame la Présidente, je suis très heureux aujourd'hui de prendre la parole pour féliciter notre gouvernement fédéral.

    Le ministre des Affaires intergouvernementales, au nom du ministre de l'Industrie, a annoncé le 22 avril dernier la création de la Chaire de recherche industrielle sur le stockage de l'hydrogène. La contribution au financement de cette chaire à l'Université du Québec à Trois-Rivières s'élève à un million de dollars.

    La majorité des entreprises canadiennes qui travaillent à la mise au point de cette technologie sont des petites entreprises qui manquent de ressources financières et de personnel. Cette chaire offre donc d'importants avantages aux entreprises et favorisent ainsi le développement et la commercialisation de leurs produits à Trois-Rivières pour l'ensemble du Canada.

    Voici encore un autre exemple parmi plusieurs de l'appui du gouvernement fédéral au financement de projets pour la population canadienne pour la population québécoise et pour la population de Trois-Rivières.

*   *   *

+-Les Canadiens d'origine portugaise

+-

    Mme Raymonde Folco (Laval-Ouest, Lib.): Madame la Présidente, cette journée marque le 50e anniversaire de l'arrivée du premier contingent d'immigrants portugais officiellement reconnus comme tels par le gouvernement du Canada.

    Je voudrais en ce jour souligner la longue et riche histoire des Canadiens d'origine portugaise, ainsi que leurs contributions au développement du Canada.

    Cette journée représente une occasion idéale de célébrer les premiers immigrants qui ont débarqué au quai 21 à Halifax, et leur établissement ici. Bien que de nombreux Portugais soient arrivés avant cette date, ils sont venus à bord de bateaux immatriculés en Grèce, en Italie, en Dominique, aux États-Unis ou dans les Caraïbes. En raison du manque d'ententes officielles en matière d'immigration entre le Portugal et le Canada, ces premiers immigrants étaient simplement inscrits comme ressortissants de ces pays.

    Je salue les Canadiens d'origine portugaise dans ma circonscription de Laval-Ouest et j'invite tous les Canadiens à prendre part aux festivités commémorant leur patrimoine et leurs contributions. Ils ont permis au Canada de devenir la nation multiculturelle et diversifiée que l'on connaît aujourd'hui.

*   *   *

[Traduction]

+-La Canadian Alliance for Social Justice and Family Values

+-

    M. Vic Toews (Provencher, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je salue aujourd'hui la Canadian Alliance for Social Justice and Family Values, établie à Vancouver, qui soutient les familles canadiennes de façon remarquable et qui défend la cause de la justice sociale.

    Hier, j'ai déposé, au nom de cette association, plus de 12 000 pétitions dont la moitié demandent le maintien de la définition traditionnelle du mariage. Dans les 6 000 autres pétitions, les signataires expriment leur opposition au projet de loi C-250 qui suscite énormément de préoccupations à l'égard de la capacité des institutions et des chefs religieux de communiquer et de respecter les questions de foi fondamentales.

    La Canadian Alliance for Social Justice and Family Values est une association populaire, laïque et apolitique. Ses principaux objectifs sont de réparer les injustices sociales, et de prôner et de défendre les droits sociaux et constitutionnels garantis par la charte, les valeurs familiales traditionnelles et les droits parentaux. De nombreux Canadiens, d'un océan à l'autre, apprécient son action.

*   *   *

+-Books for Children and Families

+-

    L'hon. Andy Scott (Fredericton, Lib.): Madame la Présidente, c'est avec fierté que je prends la parole au sujet d'un projet littéraire intitulé «Books for Children and Families». Cette collection de huit livres à tirage limité est l'oeuvre de l'University of New Brunswick Early Childhood Centre, en collaboration avec les centres d'intervention précoce et de ressources familiales du Nouveau-Brunswick et avec le Secrétariat national à l'alphabétisation.

    La collection s'efforce de mettre à l'honneur diverses situations familiales, et le public visé est celui des enfants d'âge préscolaire et leurs parents qui partagent et apprennent ensemble.

    Les livres ont été écrits et illustrés par des auteurs et des artistes chevronnés du Nouveau-Brunswick. Cette collection fait un excellent cadeau pour les jeunes ainsi que pour les écoles, les garderies et les hôpitaux auxquels je rends visite dans ma circonscription.

    J'encourage tous les députés à acheter plusieurs exemplaires de la collection «Books for Children and Families».

*   *   *

  +-(1405)  

[Français]

+-L'exploitation minière

+-

    M. Ghislain Fournier (Manicouagan, BQ): Monsieur le Président, en tant que porte-parole en matière de mines pour le Bloc québécois et à l'occasion de la Semaine minière, je suis heureux de souligner l'apport du secteur minier dans notre économie et aussi dans nos vies.

    L'exploitation minière est d'une extrême importance pour la vitalité économique de notre société. Les industries de la construction, de la navigation et de l'aéronautique, par exemple, n'auraient pas connu le même essor sans les innombrables ressources qui sont extraites de nos mines.

    Il faut prendre conscience de la richesse et des impacts significatifs que procure l'industrie minière et assurer à ce secteur d'activités les modalités fiscales et les investissements nécessaires pour son développement, que ce soit pour l'exploration, l'exploitation ou la recherche, et ainsi garantir aux travailleurs miniers des années de prospérité.

*   *   *

[Traduction]

+-La ville de Scarborough

+-

    M. John McKay (Scarborough-Est, Lib.): Monsieur le Président, comme vous le savez, le reste de Toronto, Mississauga, Markham et Durham ne sont que des banlieues de Scarborough, et, encore une fois, Scarborough a été appelée à la rescousse des citoyens de Toronto et du pays.

    Dimanche, nous avons assisté à la magnifique performance d'Anson Carter, qui a appris tout ce qu'il sait du hockey à Scarborough. Il a alors marqué un magnifique but de derrière le filet qui a rapporté l'or au Canada lors des championnats mondiaux de hockey. Ensuite, lundi soir, Mike Myers, qui a répété tous ses sketches dans une salle de jeu du sous-sol de ses parents à Scarborough, a dit à des millions d'Américains, dans le cadre de l'émission Tonight Show, que Toronto est une ville sûre et agréable, un merveilleux endroit à visiter. Il a ensuite entrepris de distribuer des T-shirts portant l'inscription «I Love Toronto».

    Encore une fois, Scarborough se lance au secours d'une ville et de son pays.

*   *   *

+-Perth—Middlesex

+-

    M. Grant Hill (Macleod, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je tiens à saluer la candidate de l'Alliance canadienne, Marion Meinen, et son équipe de bénévoles.

    Ils ont consacré des heures interminables durant l'élection partielle qui s'est tenue dans Perth—Middlesex à soulever des questions qui sont très importantes pour les Canadiens. Je tiens à remercier chacun d'eux pour leur travail et leurs efforts acharnés.

    J'aimerais également féliciter le nouveau député, Garry Schellenberger, qui s'est fait élire en récoltant 32 p. 100 des voix des électeurs.

    Le grand perdant dans cette élection a été l'ancien ministre des Finances. Malgré qu'ils aient remporté ce siège lors des trois dernières élections et malgré le couronnement imminent de l'ancien ministre des Finances, les libéraux ont perdu plus de 10 p. 100 de l'appui de la population. Les électeurs voulaient un changement. Ils ont donc décidé de laisser tomber les libéraux et de voter néo-démocrate.

    Il y a une leçon à tirer de cela. Une nouvelle tendance se dessine. Cette tendance: le partage du vote de la gauche.

*   *   *

+-John Savage

+-

    M. Geoff Regan (Halifax-Ouest, Lib.): Monsieur le Président, aujourd'hui, la Nouvelle-Écosse, ma province, vit une journée sombre avec le décès d'un de ses esprits les mieux éclairés.

    M. John Savage, officier de l'Ordre du Canada, ancien maire de la ville de Dartmouth, ancien chef du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse, ancien premier ministre de la Nouvelle-Écosse et un grand humanitaire, est décédé ce matin à la suite d'une courageuse lutte contre le cancer.

    M. Savage a consacré sa vie à améliorer le sort de ses concitoyens. Il a amené les Néo-Écossais à changer radicalement leur perception du gouvernement. La prudence sur le plan financier a remplacé le favoritisme, la planification a remplacé l'opportunisme, et quand est venu le temps de quitter la politique il a fait passer les intérêts de son parti avant les siens et a dès lors consacré son énergie à améliorer le sort des plus démunis en Afrique.

    À ses nombreux amis et à sa famille, je présente mes sincères condoléances et les invite à tirer consolation du fait que John Savage était un Canadien vraiment extraordinaire qui a fait de ce monde un monde meilleur. Que Dieu ait son âme!

*   *   *

+-John Savage

+-

    Mme Alexa McDonough (Halifax, NPD): Monsieur le Président, à l'annonce du décès du Dr John Savage, un compatriote néo-écossais et un ami de ma famille, Sine MacKinnon, a cité Hilaire Belloc: «Il ne meurt pas celui qui, en guise d'héritage, laisse sa marque à sa chère patrie.»

    John Savage a laissé sa marque. Il a été un époux aimant pour Margaret, fier père et grand-père de sept enfants et huit petits-enfants.

    Cet homme remarquable, qui s'est dévoué à sa famille, a aussi, avec le soutien de celle-ci, dévoué sa vie afin de créer des communautés saines au sein de la grande famille humaine tout au long de sa carrière politique, en tant que maire de Dartmouth et premier ministre de la Nouvelle-Écosse, et par la contribution médicale visionnaire qu'il a apportée à l'échelle tant locale que mondiale.

    Pendant qu'il luttait contre le cancer, le Dr Savage a déclaré: «J'accepte ce qui doit arriver à chacun tôt ou tard», pour rapidement attirer l'attention du public sur les qualités des soins palliatifs dispensés à domicile.

    Nous offrons nos sincères condoléances à sa famille. Sa présence manquera aux Néo-Écossais, aux Canadiens et à sa grande famille mondiale qui lui seront toujours reconnaissants et redevables pour sa contribution durable.

*   *   *

[Français]

+-Le terrorisme

+-

    M. Michel Guimond (Beauport—Montmorency—Côte-de-Beaupré—Île-d'Orléans, BQ): Monsieur le Président, encore une fois, des attentats extrêmement malheureux se produisent. Nous ne pouvons qu'être consternés devant une telle violence et de telles conséquences.

    Le Bloc québécois exprime ses plus sincères condoléances aux membres des familles des gens de toutes nationalités ayant perdu la vie lors de ces attentats, la nuit dernière à Riyad. Nous espérons que tous les blessés se porteront mieux rapidement. Nous pensons aussi aux familles des Canadiens qui se trouvaient là-bas.

    Le terrorisme n'est jamais une option légitime. Il frappe aveuglément. Ses buts sont, comme son nom l'indique, de créer la terreur. De tels gestes absolument déplorables ne doivent pas ternir les efforts faits en faveur de la paix au Moyen-Orient.

    Nous invitons le gouvernement du Canada à continuer de travailler en collaboration avec les instances internationales appropriées afin de combattre une telle violence.

*   *   *

  +-(1410)  

+-Chypre

+-

    Mme Eleni Bakopanos (Ahuntsic, Lib.): Monsieur le Président, c'est avec grand plaisir que je m'adresse à cette Chambre aujourd'hui pour souhaiter la plus cordiale bienvenue à Son Excellence, la Haute Commissaire de Chypre, à l'occasion de sa visite au Canada.

    Le Canada a toujours encouragé et appuyé un règlement complet et permanent sur la question de Chypre par l'entremise des résolutions des Nations Unies.

[Traduction]

    On voit enfin le dénouement prochain de l'impasse de près de 30 ans dans laquelle se trouve Chypre. C'est le début d'une ère nouvelle pour les Chypriotes.

    J'ai été ravie d'apprendre le mois dernier, un peu plus d'une semaine après que Chypre eut signé le traité d'adhésion à l'Union européenne, le 16 avril, que des milliers de Chypriotes grecs, dont des membres de ma famille et des amis à moi, avaient franchi la dernière ligne de démarcation européenne, la «ligne verte».

    Ces personnes ont pu retourner chez eux pour la première fois depuis l'invasion par la Turquie en 1974. Ils ont pu fouler leur terre natale pour la première fois depuis près de 30 ans.

    Le Canada continuera de travailler avec les Nations Unies afin de convaincre la Turquie et le chef des Chypriotes turcs de participer au processus des Nations Unies afin de mettre fin à la division de Chypre et de réunir les Chypriotes grecs et turcs.

    Nous souhaitons paix et unité au plus récent membre de l'Union européenne, la République de Chypre.

*   *   *

+-La circonscription de Perth—Middlesex

+-

    M. Gerald Keddy (South Shore, PC): C'est vraiment une journée historique pour les progressistes-conservateurs, pour les Ontariens, pour les Canadiens et surtout pour Gary Schellenberger, député progressiste-conservateur nouvellement élu dans la circonscription de Perth—Middlesex.

    Cette journée marque le retour d'une politique axée sur les questions du jour et le rejet d'une opposition officielle régionale, semeuse de discorde et inefficace.

    Le nouveau député de Perth—Middlesex mérite nos félicitations pour avoir mené une campagne propre et fondée sur des principes. Il est demeuré imperturbable même lorsque le député de West Vancouver—Sunshine Coast a tenté de faire une montagne avec des riens.

    Cette attaque sans précédent a démontré aux électeurs de Perth—Middlesex l'intention de l'Alliance canadienne de nuire à un candidat progressiste-conservateur dans le but de favoriser l'élection d'un libéral.

    Le vent a finalement tourné et les libéraux devront encore une fois rendre des comptes aux gens de Perth—Middlesex.

    Je félicite Gary Schellenberger pour sa victoire.

*   *   *

+-La Semaine nationale des soins infirmiers

+-

    L'hon. Hedy Fry (Vancouver-Centre, Lib.): Monsieur le Président, la récente flambée de SRAS a permis de constater encore une fois le dévouement, le zèle et la compassion des infirmières du Canada.

    Le nouvel accord sur la santé démontre à quel point nous nous préoccupons de nos malades. Les soins à domicile, les soins palliatifs et la santé mentale sont maintenant des priorités nationales.

    Il incombera aux infirmières de dispenser ces soins. On compte actuellement 232 000 infirmières autorisées au Canada, dont la moitié prendront leur retraite au cours des 10 ou 15 prochaines années. D'ici 2011, nous devrons faire face à une pénurie de 78 000 infirmières. Le recrutement de nouvelles infirmières et le maintien des effectifs doivent devenir une priorité des gouvernements.

    Le milieu très dangereux et extrêmement stressant dans lequel travaillent les infirmières ainsi que leur frustration grandissante sont directement attribuables au manque de respect qu'on leur porte. Les infirmières sont surmenées, sous-payées et sous-évaluées.

    Pourtant, à toute heure du jour et chaque jour de la semaine, dans les centres et cliniques de santé communautaires, dans les hôpitaux universitaires des grandes villes ou les infirmeries des petites localités éloignées, des infirmières continuent de prodiguer aux Canadiens les soins dont ils ont besoin.

    En cette Semaine nationale des soins infirmiers, remercions publiquement les infirmières du Canada, parce qu'elles prodiguent des soins qui sont au coeur même de notre système de santé.

*   *   *

+-La Semaine nationale des soins infirmiers

+-

    M. Rob Merrifield (Yellowhead, Alliance canadienne): Monsieur le Président, la Semaine nationale des soins infirmiers qui a cours nous fournit l'occasion de saluer le rôle capital que joue le personnel infirmier auprès des malades dont il assure le bien-être.

    Ces agents, composante précieuse du système de prestation des soins de santé, travaillent dur jour et nuit pour soulager les souffrances des malades et en réconforter les proches.

    Cette année, les infirmières et les infirmiers du Canada méritent une mention spéciale pour le travail accompli dans le cadre de la lutte mondiale contre le SRAS. Malgré le manque de leadership de la ministre de la Santé, et malgré la grande incertitude et le danger qui régnaient, le personnel infirmier du Canada, notamment à Toronto, a effectué un travail exceptionnel en première ligne, soignant les malades et concourant aux efforts pour contenir le virus. Ces agents ont pris l'initiative de relever le défi et de demeurer au service des Canadiens touchés par cette épidémie, prouvant ainsi qu'ils constituent l'âme du système de santé.

    J'invite les députés à se joindre à moi pour remercier le plus chaleureusement du monde les infirmières et les infirmiers du Canada de leur contribution extraordinaire.


+-QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

*   *   *

  +-(1415)  

[Traduction]

+-L'Auberge Grand-Mère

+-

    M. Stephen Harper (chef de l'opposition, Alliance canadienne): Monsieur le Président, en juillet de l'an dernier, la GRC a demandé qu'un mandat de perquisition soit émis contre le National Post pour qu'on puisse avoir accès aux dossiers concernant les tractations du premier ministre dans l'affaire de l'Auberge Grand-Mère. Il se trouve que, lorsque la GRC a demandé le mandat, elle n'a pas fourni au tribunal tous les renseignements qu'elle était tenue de fournir. Elle a retenu des renseignements.

    Le solliciteur général s'est-il informé auprès de la GRC pour savoir pourquoi elle avait demandé et obtenu un mandat de perquisition sans avoir fourni tous les renseignements nécessaires?

+-

    L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.): Monsieur le Président, les documents du tribunal sont assez explicites et, comme le député le sait, la GRC prend ses propres décisions dans des cas de ce genre. Cependant, je peux dire au député que tous les faits pertinents dans cette affaire sont connus depuis longtemps, ont été rendus publics depuis longtemps, ont été examinés depuis longtemps, et le député devrait plutôt concentrer son temps et son énergie sur des questions qui intéressent les Canadiens au lieu de courir après des ombres dans des dossiers qui sont réglés depuis longtemps.

+-

    M. Stephen Harper (chef de l'opposition, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je dirai au premier ministre que, s'il veut vraiment faire de l'obstruction dans ce dossier, il serait mieux de s'en charger lui-même au lieu de confier cette tâche au ministre responsable de l'enquête sur l'affaire Airbus.

    La directrice de la succursale de la BDC en cause a fait une déclaration à la police au sujet de la façon dont ce prêt a été accordé. Elle a dit que le prêt n'aurait jamais été approuvé sans l'intervention du premier ministre; pourtant, ce renseignement et d'autres renseignements ne figuraient pas dans la demande de mandat de perquisition.

    Le solliciteur général permettra-t-il la tenue d'une enquête indépendante afin de déterminer pourquoi la police s'est servie de renseignements incomplets pour obtenir un mandat de perquisition afin d'intimider un grand quotidien?

+-

    L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, je suis absolument étonné de voir le chef de l'opposition continuer de s'en prendre non seulement à des personnes, mais aussi à des organismes qui sont reconnus parmi les meilleurs dans le monde. Le fait est que la GRC prend les mesures qu'elle juge nécessaires. C'est ce qu'elle a fait dans ce cas, et on devrait s'en tenir à cela.

+-

    M. Stephen Harper (chef de l'opposition, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je vais poser une question au ministre responsable de la BDC puisqu'il semble si empressé de se lever pour répondre. Les représentants de la BDC n'ont laissé aucun doute là-dessus: l'Auberge Grand-Mère n'était pas admissible à un prêt. La BDC est censée être indépendante du gouvernement. Pourtant, un seul appel téléphonique du premier ministre a suffi pour que le prêt soit approuvé.

    Est-ce là une pratique courante à la BDC? Sinon, le ministre responsable a-t-il ordonné la tenue d'une enquête sur le fonctionnement de la BDC?

+-

    L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.): Monsieur le Président, tous les faits pertinents sont sur la table. Ils ont été examinés maintes et maintes fois. Tout est clair.

    Il y a une chose que je peux observer, c'est que les gens du district de Perth, ou de Stratford, de toute cette région en Ontario, examinent de près le comportement de l'Alliance canadienne et, hier, ils ont exprimé leur opinion sur le rendement de l'Alliance et de son chef. Nous appuyons totalement leur jugement.

+-

    M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Alliance canadienne): Monsieur le Président, compte tenu du fait que le ministre ne sait même pas où se situe la circonscription de Perth—Middlesex, il a du culot de faire ces observations.

    La dernière fois que le premier ministre s'est retrouvé dans l'eau chaude parce que des prêts inappropriés avaient été consentis à l'Auberge Grand-Mère, un juge a autorisé des fonctionnaires à perquisitionner le domicile du président de la BDC et à saisir ainsi qu'à détruire tout document lié au dossier de l'Auberge Grand-Mère, c'est-à-dire à trouver et à détruire la preuve.

    Il apparaît maintenant que des documents liés à l'Auberge Grand-Mère ont effectivement disparu, cette fois-ci à l'administration centrale de la BDC. Ils ont disparu, et on présume qu'ils ont été détruits, et la GRC n'a même pas pris la peine de signaler cette disparition lorsqu'elle a demandé un mandat de perquisition.

    Le gouvernement est-il enfin convaincu que cette sordide affaire mérite la tenue d'une enquête indépendante approfondie, ou laissera-t-il cela à...

+-

    Le Président: Le ministre de l'Industrie a la parole.

+-

    L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.): Monsieur le Président, il y a eu enquête et tous les faits pertinents ont été analysés et présentés. Ces députés ne se rendront pas service en remuant les cendres d'une affaire réglée, c'est-à-dire en tentant de promouvoir leurs intérêts politiques en s'attaquant à la réputation d'un homme qui, en 40 ans, a fait plus pour le pays que ne fera jamais ce parti.

  +-(1420)  

+-

    M. Chuck Strahl (Fraser Valley, Alliance canadienne): Monsieur le Président, je rappelle au ministre de l'Industrie que le dernier ministre de l'Industrie à s'être porté à la défense du premier ministre a maintenant une adresse postale différente de celle qu'il avait à l'époque.

    À un moment donné, les porte-parole libéraux ont déclaré que «le gouvernement n'intervient jamais dans les activités de prêts de la Banque de développement du Canada». Le président de la banque ayant été licencié et le directeur local de la banque ayant déclaré que ce prêt n'aurait jamais dû être approuvé, que faudra-il exactement pour que le ministre de l'Industrie ordonne une enquête indépendante? À défaut d'ordonner cette enquête, laissera-t-il le député de LaSalle—Émard accomplir le sale boulot pour lui?

+-

    L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.): Monsieur le Président, le conseiller en éthique a examiné la question. Les faits pertinents ont été analysés maintes et maintes fois. La décision du conseiller en éthique a été présentée par écrit et mise à la disposition de tous les députés.

    Toutes ces questions ont été étudiées et abordées maintes et maintes fois. Nous sommes ici en présence d'un parti désespéré n'ayant rien d'utile à offrir aux Canadiens, n'ayant aucune position méritoire concernant les vrais problèmes auxquels fait face le pays et ayant encore une fois le regard tourné vers l'arrière.

*   *   *

[Français]

+-La marijuana

+-

    M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ): Monsieur le Président, le ministre de la Justice avait à peine terminé la présentation de son projet de loi sur la marijuana au Cabinet, qu'il prenait déjà l'avion en direction de Washington pour discuter du contenu de la législation avec le procureur général des États-Unis, John Ashcroft.

    Est-ce que le premier ministre trouve normal que pour son gouvernement, c'est plus important d'obtenir la permission de Washington que d'informer les députés et la population de ses intentions?

+-

    Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.): Monsieur le Président, le ministre a des contacts réguliers avec le procureur général des États-Unis; il est allé le rencontrer.

    Quant à la question de changer et de moderniser les pénalités relatives à la marijuana, ce sera encore illégal, mais les pénalités seront changées.

    Évidemment, si les Américains veulent en savoir davantage au sujet de notre projet de loi, je n'ai pas d'objections à leur dire ce que le Parlement décidera ultérieurement.

+-

    M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ): Monsieur le Président, la crise du bois d'oeuvre, le bouclier antimissile, les OGM et la décriminalisation de la marijuana, sur tous les fronts le gouvernement fédéral est en train de s'écraser devant l'administration Bush.

    Est-ce que le premier ministre est en train de nous dire que le processus législatif, maintenant, c'est: décision du Cabinet, imprimatur de Washington, première lecture, deuxième lecture, troisième lecture? Est-ce là qu'on est rendus?

+-

    Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.): Monsieur le Président, le dossier a été examiné; il y a eu des rapports venant de la Chambre.

    La meilleure preuve sur le fait que nous prenons des décisions indépendantes, c'est que lorsque nous avons pris une décision, il n'y a pas très longtemps, concernant la guerre en Irak, notre position était claire depuis un an et nous l'avons maintenue, malgré les protestations de certaines personnes, parce que ce pays peut prendre ses propres décisions, étant donné notre indépendance.

+-

    M. Richard Marceau (Charlesbourg—Jacques-Cartier, BQ): Monsieur le Président, le processus normal d'élaboration et d'étude d'un projet de loi veut que les décisions du Cabinet soient discutées avec le caucus libéral et que le projet de loi soit déposé devant cette Chambre ici, afin qu'il soit débattu, modifié au besoin et adopté.

    Si le ministre de la Justice s'empresse de se rendre à Washington avant même d'avoir informé qui que ce soit, est-ce que ce n'est pas parce qu'il veut se garder toute la latitude possible pour apporter les changements recommandés par Washington, sans que cela paraisse et sans que personne ne le sache?

+-

    Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.): Monsieur le Président, il y aurait un projet de loi, alors le député pourrait dire: «Cette ligne vient des Américains; cette ligne vient des Britanniques; cette ligne vient du Bloc québécois; cette ligne vient du caucus libéral.»

    Lorsque le projet de loi sera devant la Chambre, il fera les commentaires qu'il voudra. Seulement, il y aura un projet de loi pour moderniser les sentences concernant la marijuana.

+-

    M. Richard Marceau (Charlesbourg—Jacques-Cartier, BQ): Monsieur le Président, est-ce que le premier ministre admettra qu'en se rendant à Washington, le ministre de la Justice confirme que le processus législatif est devenu un détail insignifiant, puisque les changements qui peuvent être apportés au projet de loi le seront dans les officines américaines et non ici, par le gouvernement fédéral?

+-

    Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.): Monsieur le Président, je n'ai rien à ajouter. Il y aura un projet de loi que les députés pourront étudier. Il y a déjà eu des recommandations venant de la Chambre des communes et du Sénat à ce sujet.

    Alors, nous soumettons tout le projet ensemble. Très bientôt, il y aura un projet de loi qui changera et qui modernisera le système de sentences concernant la marijuana.

  +-(1425)  

[Traduction]

+-

    M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Monsieur le Président, ma question s'adresse au premier ministre, qui a dû avoir du mal à décider qui il devait informer en premier lieu: le gouvernement provisoire du député de LaSalle—Émard ou le gouvernement américain. La seule chose qui ne semble pas avoir effleuré l'esprit du premier ministre, c'est de déposer au Parlement le nouveau projet de loi sur la décriminalisation de la possession de marijuana afin que les députés soient les premiers à en prendre connaissance.

    Pourquoi afficher un tel mépris envers le Parlement?

+-

    Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.): Monsieur le Président, le gouvernement n'a pas encore mis la dernière main au projet de loi. Nous ne pouvons pas déposer quelque chose qui n'existe pas. Lorsque le projet de loi sera prêt, nous le déposerons à la Chambre des communes pour qu'il franchisse les étapes de la première, de la deuxième et de la troisième lectures. Le député est à cet endroit depuis assez longtemps pour le savoir, mais comme il n'a probablement pas de question sérieuse à poser, il a encore une fois essayé de créer un problème de toutes pièces.

*   *   *

+-Les affaires étrangères

+-

    M. Bill Blaikie (Winnipeg—Transcona, NPD): Monsieur le Président, je suis à cet endroit depuis assez longtemps pour avoir du respect pour le Parlement et pour savoir que les projets de loi devraient être déposés ici en premier lieu et nulle part ailleurs. Même s'il est ici depuis plus longtemps que moi, le premier ministre n'a pas à s'inquiéter: on ne l'accusera jamais d'avoir une quantité, même infime, de respect pour le Parlement.

    Le premier ministre a dit que la décision concernant la guerre des étoiles a été reportée. Qui va-t-il consulter? Il ne suffit pas qu'il consulte les libéraux. Ils ne forment pas tout l'univers politique. Il existe quelque chose qui s'appelle le Parlement. Comment le premier ministre consultera-t-il le Parlement et la population canadienne?

+-

    Le très hon. Jean Chrétien (premier ministre, Lib.): Monsieur le Président, le Parlement a été consulté. Un comité de la Chambre des communes a étudié la question pendant des mois. De quoi le député se plaint-il?

    Nous préparons actuellement le projet de loi; celui-ci sera déposé. C'est très simple. Lorsque le député en sera saisi, il pourra se prononcer. Le député semble en faveur d'une modification des peines prévues pour la possession de marijuana. Aussi, s'il veut se prononcer sur le projet de loi le jour où celui-ci sera déposé, c'est très bien. La Chambre se prononcera sur le projet de loi le plus tôt possible. Le député devrait toutefois demander à ses collègues de ne pas parler trop longuement.

*   *   *

+-L'Auberge Grand-Mère

+-

    Le très hon. Joe Clark (Calgary-Centre, PC): Monsieur le Président, ma question s'adresse au premier ministre.

    France Bergeron était directrice de la succursale de la Banque de développement du Canada qui desservait la circonscription du premier ministre à l'époque où sont survenus les événements entourant l'Auberge Grand-Mère. Les dossiers du tribunal indiquent qu'elle a déclaré à la GRC que «sans l'intervention du député fédéral, le projet n'aurait jamais été accepté». Le député qui a fait cette intervention d'une valeur de 615 000 $ était le premier ministre.

    Le gouvernement est-il d'accord avec l'analyse professionnelle et le témoignage sous serment de Mme Bergeron?

+-

    L'hon. Allan Rock (ministre de l'Industrie, Lib.): Monsieur le Président, dans une lettre adressée à ce député, le conseiller en éthique a donné son opinion sur tous ces points, y compris les faits qu'il vient de mentionner dans sa question. Le conseiller en éthique a affirmé sans équivoque qu'aucun principe n'avait été transgressé.

+-

    Le très hon. Joe Clark (Calgary-Centre, PC): Monsieur le Président, le parleur professionnel vient de parler.

    L'enquête plus poussée du National Post a mis au jour de nouvelles preuves dans ce dossier du Shawinigate. Ce journal fait état de pages de dossiers perdues et de documents électroniques disparus. La demande de mandat de perquisition de la GRC, qui visait certains documents ayant fait l'objet de fuites, ne mentionnait pas le témoignage signé de France Bergeron où elle affirmait que le prêt avait été accordé uniquement parce que le premier ministre était intervenu.

    Le solliciteur général n'a pas besoin d'un porte-parole. Il peut répondre lui-même des actes de la GRC. Peut-il dire à la Chambre pourquoi la GRC a omis d'inclure la partie la plus pertinente de la déclaration de Mme Bergeron dans sa demande de mandat de perquisition?

+-

    L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, la connivence entre l'Alliance canadienne et le chef du Parti progressiste-conservateur dans cette affaire m'étonne au plus haut point.

    Ils essaient de ressortir de vieilles histoires et de diffamer des organismes, des organisations et la GRC. Ils continuent de médire du premier ministre. Il semble que ce soit leur seul but dans cette affaire. Il n'y a vraiment rien de nouveau. Comme je l'ai dit plus tôt, la GRC a fait enquête dans ce dossier et cela suffit.

*   *   *

+-La défense nationale

+-

    M. Leon Benoit (Lakeland, Alliance canadienne): Monsieur le Président, une longue liste de hauts fonctionnaires et de hauts gradés ont critiqué l'ingérence et l'incompétence des libéraux dans le projet de remplacement des Sea King. Hier, ils ont été rejoints par l'ancien sous-ministre des Travaux publics, Raymond Hession, un homme qui, selon le ministre de la Justice, est fort respecté.

    Étant donné que le gouvernement a tant de respect pour la capacité de M. Hession à corriger les mauvais programmes gouvernementaux, va-t-il donner suite à son observation voulant que le processus utilisé par le gouvernement pour remplacer les Sea King soit tout à fait stupide?

+-

    L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.): Monsieur le Président, beaucoup de gens font valoir de nombreuses opinions divergentes sur les hélicoptères. M. Hession a son point de vue, mais il en va de même du chef d'état-major de la Défense qui a signalé que l'énoncé des besoins de 1999 avait le plein appui du haut commandement militaire. Il a déclaré que tous les hélicoptères dont il était question dans ce concours étaient excellents.

    Nous essayons d'être très précis dans nos exigences et dans le processus pour veiller à ce que nos militaires et les contribuables soient entièrement satisfaits.

  +-(1430)  

+-

    M. Leon Benoit (Lakeland, Alliance canadienne): Monsieur le Président, voyons la liste. Trois anciens sous-ministres, deux anciens commandants d'escadron de Sea King et un ancien directeur du projet d'hélicoptère ont déclaré que le processus avait été faussé par l'ingérence politique.

    D'une part, le gouvernement essaie désespérément de se couvrir en ce qui concerne le programme de remplacement des Sea King et d'autre part, un nombre croissant d'experts internes hautement respectés ont déclaré que le programme avait été faussé.

    Qui les Canadiens devraient-ils croire, selon le gouvernement?

+-

    L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.): Monsieur le Président, comme je l'ai déjà signalé à la Chambre, depuis l'année dernière, le ministre de la Défense nationale et moi-même travaillons très fort pour que ce processus d'acquisition suive son cours d'une façon tout à fait appropriée. La première mesure a été prise en décembre dernier par le ministre de la Défense nationale qui a refusionné le marché.

    Je signale que le chef d'état-major de la Défense a également dit de ce refusionnement que c'était la bonne façon de procéder. Je pense que les conseils du chef d'état-major de la Défense sont bons à suivre.

*   *   *

[Français]

+-Le bois d'oeuvre

+-

    M. Paul Crête (Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, BQ): Monsieur le Président, hier, le ministre du Commerce international nous a assuré à la Chambre qu'il travaillait en étroit contact avec l'industrie du bois d'oeuvre dans les discussions conduites avec Washington pour régler le conflit du bois d'oeuvre.

    Comment le ministre peut-il justifier que l'industrie n'ait été informée qu'aujourd'hui, devant le fait accompli, de la reprise des négociations avec les Américains?

+-

    L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.): Monsieur le Président, je serais très étonné que l'industrie ait été informée aujourd'hui que les négociations allaient reprendre cette semaine puisqu'elles ne vont pas reprendre cette semaine.

    Jeudi, il y aura une visite des coordinateurs dans le dossier qui vont se rendre au ministère américain du Commerce, comme ils le font régulièrement depuis deux ans et demi. Ce sont des rencontres régulières qui ne sont pas des négociations.

    Ce que je dis, c'est que les négociations ne reprennent pas cette semaine. Il y aura une rencontre entre le coordonnateur...

    Des voix: Oh, oh.

    L'hon. Pierre Pettigrew: Monsieur le Président, ils ne veulent même pas savoir la réponse. Ce qui les intéresse, c'est de placoter.

+-

    M. Paul Crête (Kamouraska—Rivière-du-Loup—Témiscouata—Les Basques, BQ): Monsieur le Président, le ministre a dit vendredi que le dossier était réglé. La réalité, c'est que non seulement l'industrie du bois d'oeuvre n'a pas été informée avant aujourd'hui de la tenue des négociations et du contenu de celles-ci, mais un représentant de l'industrie québécoise confirme que les positions discutées proviennent probablement de discussions ayant eu lieu entre l'industrie américaine du bois d'oeuvre et les fonctionnaires américains.

    N'est-ce pas une nouvelle confirmation que de plus en plus, dans les dossiers importants comme ceux du bouclier spatial, de la marijuana ou du bois d'oeuvre, le gouvernement est à la remorque du gouvernement américain et que les vraies décisions se prennent à Washington, pas à Ottawa?

+-

    L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.): Monsieur le Président, voilà la théorie du complot avancée par des gens méfiants, un peu paranoïaques.

    Dans le dossier du bois d'oeuvre, s'il y a un gouvernement qui s'est tenu debout pour la défense des producteurs, ce fut le gouvernement que nous avons.

    Parce que nous faisons du progrès à Washington, cela semble chagriner certains membres du Bloc qui ne se préoccupent pas des véritables intérêts des producteurs de bois du Québec, mais qui voudraient faire de la politique sur un dossier délicat. Cela fait deux ans et demi que nous travaillons avec toutes les provinces, avec les industries à travers le pays, et elles continueront d'être consultées aussi étroitement que dans le passé.

*   *   *

[Traduction]

+-La défense nationale

+-

    M. James Moore (Port Moody—Coquitlam—Port Coquitlam, Alliance canadienne): Monsieur le Président, le projet des Sea King n'est pas la seule débâcle des libéraux en matière de marchés publics. Le remplacement des chasseurs CF-18 du Canada n'a rien de mirobolant et les versions améliorées ne sont qu'une solution symbolique.

    Quand le gouvernement libéral accélérera-t-il notre participation au projet d'avion d'attaque interarmées afin d'éviter une répétition du désastre des Sea King?

+-

    L'hon. John McCallum (ministre de la Défense nationale, Lib.): Monsieur le Président, nous sommes en train de transformer nos forces armées, comme d'autres pays le font partout dans le monde. Les armées de tous les pays sont maintenant confrontées à une situation fondamentalement différente par suite de la fin de la guerre froide et du début de l'ère antiterroriste, et de progrès technologiques très rapides.

    Nous avons déjà annoncé un certain nombre de changements et commencé à les mettre en oeuvre. Les députés peuvent avoir l'assurance que le gouvernement présentera des plans sensés pour transformer les Forces canadiennes dans les années à venir.

+-

    M. James Moore (Port Moody—Coquitlam—Port Coquitlam, Alliance canadienne): Monsieur le Président, nous avons déjà vu ce qu'ont donné certains des plans du gouvernement: celui des Sea King ne va nulle part; les avions Hercules ont des ailes qui s'effritent sur les bords; des troupes sont envoyées au combat avec le mauvais uniforme de camouflage; nos soldats doivent quémander cigarettes, munitions et toilettes portatives à nos alliés. Le gouvernement transforme certes nos forces armées, mais pas, tant s'en faut, de manière bien utile.

    Le ministre accélérera-t-il notre participation au projet d'avion d'attaque combat interarmées, oui ou non?

  +-(1435)  

+-

    L'hon. John McCallum (ministre de la Défense nationale, Lib.): Monsieur le Président, l'Alliance canadienne achèterait à peu près n'importe quelle pièce d'équipement militaire. Par exemple, elle veut que l'on dépense 5 milliards de dollars pour des avions de transport stratégique qui coûteraient si cher qu'il ne nous resterait plus d'argent pour acheter des choses à charger à bord de ces avions. L'Alliance veut que nous achetions ce qui coûte à peu près le plus cher sur le marché mondial.

    Nous avons des responsabilités de ce côté-ci de la Chambre. Nous avons un budget limité. Nous devons dépenser notre argent de manière stratégique et sage. Je ne vais donc pas répondre à cette question en disant la première chose qui me vient à l'esprit.

[Français]

+-

    M. Claude Bachand (Saint-Jean, BQ): Monsieur le Président, dans le dossier du bouclier antimissile, le ministre des Affaires étrangères avait confirmé au comité que la position canadienne était de ne pas militariser l'espace. Or, les discussions vont bientôt reprendre à ce sujet avec Washington, ce qui révèle que la position canadienne est en train de changer.

    Comment le ministre des Affaires étrangères peut-il concilier sa position prise en comité et la décision du gouvernement d'entamer des négociations avec les Américains à ce sujet?

+-

    L'hon. Bill Graham (ministre des Affaires étrangères, Lib.): Monsieur le Président, d'abord, le gouvernement n'a pas encore pris la décision d'avoir des négociations avec les Américains. La base de la question est un peu manquée.

    Si jamais le gouvernement canadien entamait des discussions avec nos collègues américains, ce serait toujours sur la base des valeurs et des intérêts canadiens que nous avancerions. Nous avons clairement indiqué à nos collègues américains que la militarisation de l'espace n'est pas une priorité du gouvernement canadien, et nous nous sommes férocement opposés à une telle mesure.

+-

    M. Claude Bachand (Saint-Jean, BQ): Monsieur le Président, comme dans les dossiers de la marijuana et du bois d'oeuvre, est-ce que le comportement du gouvernement canadien dans le dossier du bouclier antimissile ne révèle pas que les positions des ministres et celles des comités ne tiennent plus lorsqu'il s'agit de plaire aux Américains, et que c'est la maison mère à Washington qui, désormais, tranche dans tous ces dossiers?

+-

    L'hon. Bill Graham (ministre des Affaires étrangères, Lib.): Monsieur le Président, au contraire, notre politique indique clairement que nous consultons les Canadiens et que nous consultons nos collègues parlementaires par l'entremise des comités. C'est précisément ce que fait ce gouvernement. Nous n'avons pas pris de décision, précisément parce que le premier ministre a indiqué que nous allons consulter à une très large échelle avant de prendre une décision, et que la décision, une fois prise, tiendra compte des intérêts du Canada et des Canadiens.

*   *   *

[Traduction]

+-Le Service correctionnel du Canada

+-

    M. Kevin Sorenson (Crowfoot, Alliance canadienne): Monsieur le Président, un détenu sur quatre est atteint d'hépatite dans les institutions pénitentiaires fédérales et en 2001, quelque 1 500 détenus atteints d'hépatite C ont été remis en liberté. Ces chiffres sont plutôt conservateurs, puisque le Service correctionnel du Canada est d'avis que le nombre de personnes atteintes d'hépatite et du VIH est encore plus important que ce que les statistiques laissent croire.

    Puisque la prévention est un élément essentiel en cette ère de maladies transmissibles, pourquoi le solliciteur général n'impose-t-il pas un programme obligatoire de dépistage des maladies infectieuses à tous les détenus des établissements fédéraux?

+-

    L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, le député d'en face a beaucoup évolué. Il parle maintenant de prévention, principe sur lequel il n'était pas d'accord avec nous il y a quelque temps.

    En fait, les détenus ont droit aux mêmes soins de santé que tous les autres Canadiens, et dans les mêmes conditions. Nous essayons de leur fournir des traitements, ainsi que des programmes de prévention. Je suis heureux de voir que le député nous appuie au chapitre de la prévention.

+-

    M. Kevin Sorenson (Crowfoot, Alliance canadienne): Monsieur le Président, c'est le gouvernement qui ne s'est pas encore rendu compte du problème auquel il fait face.

    La population en général de même que les agents de correction et leurs familles courent des risques. Même les détenus, auxquels le solliciteur général doit un certain niveau de soins, sont en danger parce que le solliciteur général refuse de les protéger contre des virus dangereux et peut-être même mortels.

    Ma question s'adresse encore une fois au solliciteur général. Je veux savoir quand, et non si, il imposera un programme de dépistage obligatoire à tous les...

  +-(1440)  

+-

    Le Président: Le solliciteur général a la parole.

+-

    L'hon. Wayne Easter (solliciteur général du Canada, Lib.): Monsieur le Président, encore une fois, je suis heureux de constater que le député a beaucoup évolué. Comme il le sait bien, la sécurité du public, des détenus et de notre personnel est de la plus haute importance pour nous. C'est pourquoi nous avons adopté un programme de traitement assez dispendieux et nous mettons en application des mesures de prévention complètes. Je crois que nous faisons ce que nous devons faire et que nous avançons à pas de géant au chapitre de la protection du public, des employés et des détenus.

*   *   *

+-Les arts et la culture

+-

    M. Julian Reed (Halton, Lib.): Monsieur le Président, des acteurs, producteurs et directeurs de l'industrie canadienne du cinéma et de la télévision sont aujourd'hui sur la colline du Parlement pour dire clairement que les productions canadiennes ont besoin plus que jamais de soutien.

    Ma question s'adresse à la ministre du Patrimoine canadien. Qu'entend faire le gouvernement du Canada pour que les Canadiens continuent de voir des émissions de chez nous comme This Hour Has 22 Minutes et The Eleventh Hour?

+-

    L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.): Monsieur le Président, je voudrais tout d'abord remercier le député de sa question, car je crois qu'il est le seul député membre de l'ACTRA. Pour ma part, je suis toujours prête à participer à l'émission This Hour Has 22 Minutes, même si je ne reçois aucun cachet de l'ACTRA.

    Je suis très fière de ce que nous avons accompli jusqu'à maintenant. Depuis que ce gouvernement est en place, nous avons signé avec 25 pays des accords de coproduction portant sur 635 projets d'une valeur de 4,5 milliards de dollars. Le crédit d'impôt pour les productions de films ou de vidéos a permis de créer, en tout, pour 10,8 milliards de dollars...

+-

    Le Président: La députée de Dartmouth.

+-

    Mme Wendy Lill (Dartmouth, NPD): Monsieur le Président, la production télévisuelle canadienne traverse une grave crise. Depuis 1999, le nombre de dramatiques canadiennes est passé de 12 à quatre. Des milliers d'emplois ont été perdus et certains de nos meilleurs créateurs ont dû s'exiler aux États-Unis. Cette crise est le résultat de la mauvaise politique que le CRTC applique depuis quatre ans et de quatre années de dérive et de négligence du Cabinet.

    La ministre va-t-elle s'engager aujourd'hui à se prévaloir de la Loi sur la radiodiffusion pour revoir la politique du CRTC, qui date de 1999, et commencer à relancer la production de dramatiques télévisées au Canada en utilisant les ressources réglementaires et financières nécessaires?

+-

    L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.): Tout d'abord, monsieur le Président, si vous me le permettez, je voudrais déposer un document qui définit le plan d'action pour assurer la réussite de l'industrie du cinéma et de la télévision au Canada. Je voudrais aussi déposer la liste des productions qui bénéficient d'un financement supplémentaire de 130 millions de dollars. Par ailleurs, je suis tout à fait d'accord avec ce qu'a dit la députée.

    Bien entendu, les travaux du comité permanent sur la radiodiffusion ouvriront les portes à de nouveaux investissements dans l'industrie canadienne de la télévision et du cinéma, et j'espère que les programmes du gouvernement canadien contribueront à lancer de nombreux autres Gordon Pinsent.

*   *   *

+-L'industrie du transport aérien

+-

    Mme Bev Desjarlais (Churchill, NPD): Il y a un mois, monsieur le Président, le gouvernement libéral était disposé à prêter des millions de dollars à la société Air Canada. Or, la société Air Canada essaie d'obtenir de ses employés, y compris ceux qui sont déjà à la retraite, qu'ils acceptent une réduction de 20 p. 100 de leur pension de retraite. Imaginez ce que cela signifie pour un retraité de perdre du jour au lendemain 20 p. 100 de son revenu.

    Comme le gouvernement était disposé à prêter à la société Air Canada des millions de dollars à dilapider en salaires de cadre, avancera-t-il maintenant l'argent pour s'assurer que des retraités ne perdent pas leur revenu de retraite? Ou est-ce que des retraités comptent moins pour le gouvernement que des cadres de compagnies aériennes?

+-

    L'hon. David Collenette (ministre des Transports, Lib.): Monsieur le Président, je rappelle à la députée que la société Air Canada est maintenant sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, ce qui signifie que les tribunaux surveillent les transactions, y compris la rémunération, les conventions collectives et les pensions de retraite. La députée devrait laisser le tribunal faire son travail.

*   *   *

+-La défense nationale

+-

    M. John Herron (Fundy—Royal, PC): Monsieur le Président, ma question s'adresse au ministre de la Défense nationale. L'énoncé des besoins opérationnels est resté le même, mais l'information importante sur les spécifications des hélicoptères a changé au moins sept fois, entraînant une baisse des exigences opérationnelles et de sécurité.

    Voici que trois anciens sous-ministres, dont Raymond Hession, ont critiqué le processus. Hession a même qualifié de tout bonnement stupide la décision d'acquérir les hélicoptères les moins chers plutôt que les meilleurs. Le ministre confirmera-t-il qu'on a produit plus de sept avant-projets de spécifications, non d'énoncés de besoins?

  +-(1445)  

+-

    L'hon. John McCallum (ministre de la Défense nationale, Lib.): Comme je l'ai dit hier, monsieur le Président, je me suis entretenu maintes fois à ce sujet avec le chef d'état-major de la Défense et, pour être absolument sûr, j'ai de nouveau obtenu hier confirmation de cette information auprès de lui. Il a confirmé que l'énoncé des besoins est pleinement appuyé par les dirigeants militaires et qu'il n'a pas changé depuis 1999.

    Quant au second volet de la question du député sur la traduction de cet énoncé des besoins en exigences techniques pour la construction de choses aussi complexes que des hélicoptères, le chef d'état-major de la Défense a ajouté, en citant aussi le chef d'état-major de la Force aérienne...

+-

    Le Président: Le député de Cumberland—Colchester a la parole.

*   *   *

+-Le bois d'oeuvre

+-

    M. Bill Casey (Cumberland—Colchester, PC): Monsieur le Président, depuis à peu près un an, le ministre du Commerce international répète que nous adopterons une solution élaborée au Canada. Or, le département du Commerce des États-Unis vient d'annoncer, dans un bulletin d'orientation, l'adoption d'une nouvelle politique en vertu de laquelle il décidera de son propre chef si les provinces canadiennes ont effectivement réformé leurs politiques et leurs pratiques. Si le département américain du Commerce examine ce que font les provinces du Canada, je ne vois pas comment cette solution a pu être élaborée au Canada.

+-

    L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.): Monsieur le Président, nous avons adopté, il y a deux ans et demi, une stratégie très claire par laquelle nous contestions les allégations des États-Unis selon lesquelles nous subventionnons nos producteurs de bois d'oeuvre. Or, je tiens à dire au député que nous n'accordons pas de telles subventions, que nous n'en accorderons pas et que nous n'en avons jamais accordées.

    Toutefois, au vu de la longueur des procès en cours, nous avons indiqué que, avec le soutien du secteur à l'échelle du pays et dans l'ensemble des provinces, nous devrions reprendre les pourparlers avec le département du Commerce. Quant à ces bulletins d'orientation politique, les provinces et le gouvernement du Canada ont contribué de près à leur élaboration et je crois qu'ils s'avéreront fort utiles à l'avenir.

*   *   *

+-La Commission canadienne du blé

+-

    M. David Anderson (Cypress Hills—Grasslands, Alliance canadienne): Monsieur le Président, en octobre, le ministre responsable de la Commission canadienne du blé a été informé que son conseil d'administration prélevait illégalement de l'argent sur les comptes communs des agriculteurs. Il se sert de cet argent pour gérer et administrer les droits de permis nationaux qui, en vertu de la Loi sur la Commission canadienne du blé, doivent être payés par le gouvernement.

    Le ministre a dit qu'il allait transmettre la question aux fonctionnaires et aux forces policières. Cela fait six mois que l'Alliance canadienne a soulevé cette question. Quels sont les résultats de l'enquête du ministre et pourquoi cette pratique illégale continue-t-elle?

+-

    L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.): Monsieur le Président, j'ai effectivement transmis cette question, qui avait été soulevée par un administrateur de la Commission canadienne du blé, au conseil d'administration de la Commission ainsi qu'à son conseiller juridique. Je leur ai demandé de faire enquête pour voir si ces allégations étaient fondées. À ce jour, je n'ai certainement pas été avisé de la véracité de ces allégations.

    C'est après tout une question qui concerne la gestion de la Commission canadienne du blé qui, en vertu de la loi, est la responsabilité des administrateurs.

+-

    M. David Anderson (Cypress Hills—Grasslands, Alliance canadienne): Monsieur le Président, c'est le conseil d'administration qui enfreint la loi. Le ministre responsable de la commission du blanchiment ne peut échapper à ce fait.

    En Australie, les droits de permis coûtent 20 millions de dollars par an. À cause du manque de transparence qui règne à la Commission canadienne du blé et au sein de son conseil d'administration, nous ne pouvons même pas deviner la somme qui a été illégalement facturée aux agriculteurs canadiens.

    Le ministre sait-il à combien elle s'élève? Pourquoi permet-il à la Commission canadienne du blé et à son conseil d'administration de procéder à des opérations illégales contraires à la Loi sur la Commission canadienne du blé?

+-

    L'hon. Ralph Goodale (ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, ministre responsable de la Commission canadienne du blé et interlocuteur fédéral auprès des Métis et des Indiens non inscrits, Lib.): Monsieur le Président, rien ne semble appuyer les allégations du député. Le fait est que la Chambre a créé un nouveau système de régie pour la Commission canadienne du blé. L'ancien système n'existe plus. Les commissaires nommés par le gouvernement ont fait place à un conseil d'administration moderne, comparable à ce qu'on retrouve dans toute entreprise, qui est formé de 15 membres au total dont 10 sont directement élus par les agriculteurs eux-mêmes.

    L'opposition aimerait substituer au jugement des agriculteurs le jugement politique de l'Alliance. Pour ma part, je préférerais faire confiance aux agriculteurs.

*   *   *

[Français]

+-Le Fonds canadien de télévision

+-

    Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ): Monsieur le Président, la ministre du Patrimoine canadien a trouvé un nouveau prétexte pour éviter d'expliquer les coupures de 25 millions de dollars que son ministère a fait subir au Fonds canadien de télévision. Elle a affirmé que le dossier était trop compliqué.

    Est-ce que la ministre admettra que ce qui n'est pas compliqué à comprendre, c'est qu'encore une fois, elle n'a pas l'intention de tenir ses promesses?

+-

    L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.): Monsieur le Président, cette année, il y aura 230 millions de dollars dans le fonds. Quand j'ai créé le fonds, il y a six ans, il y avait 200 millions de dollars. C'est 30 millions de dollars de plus que ce qu'il y avait quand nous avons créé le fonds. C'est ce que j'ai dit il y a quelques semaines.

+-

    Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ): Monsieur le Président, la ministre ne peut nier qu'elle a fait la promesse de remettre l'argent dans le Fonds canadien de télévision à la veille du lancement d'une campagne des producteurs qui voulaient dénoncer les coupures, parce qu'elle ne voulait pas nuire à sa campagne au leadership.

    Maintenant que sa campagne est lancée, peut-elle nous dire quand compte-t-elle remettre les 25 millions de dollars promis qu'elle a coupés au Fonds canadien de télévision?

  +-(1450)  

+-

    L'hon. Sheila Copps (ministre du Patrimoine canadien, Lib.): Monsieur le Président, si elle est d'accord, je déposerai aujourd'hui en cette Chambre la liste de tous ceux et celles qui ont reçu le surplus, pour un montant totalisant 230 millions de dollars, ce qui représente une augmentation de 20 millions de dollars par rapport à ce qu'il y avait.

    Donc, si j'ai l'appui de la Chambre, je déposerai tout ce qu'on m'a donné afin de démontrer que nous dépensons cette année 230 millions de dollars, pour comparer avec ce que nous avons fait au début du processus.

    A-t-on l'accord du Bloc québécois pour déposer les documents?

    Une voix: Déposez-les.

    L'hon. Sheila Copps: D'accord, merci, monsieur le Président.

*   *   *

[Traduction]

+-La Garde côtière

+-

    M. John Cummins (Delta—South Richmond, Alliance canadienne): Monsieur le Président, l'intervention de la Garde côtière lors de l'incendie qui s'est déclaré hier à bord du transbordeur Queen of Surrey de la Colombie-Britannique a beaucoup laissé à désirer. Elle s'est présentée sur les lieux avec tout ce dont elle disposait à ce moment-là: un garde-côte de 41 pieds de sa base de Kitsilano, une embarcation gonflable de 24 pieds de la Garde côtière auxiliaire de Gibson et un hélicoptère de Comox.

    Heureusement, le temps était clément et il n'a pas été nécessaire d'évacuer les 350 passagers, mais que serait-il arrivé s'il avait fallu le faire? Comment cette flotte minuscule pouvait-elle déployer un effort de sauvetage massif?

+-

    L'hon. Robert Thibault (ministre des Pêches et des Océans, Lib.): Monsieur le Président, c'est complètement ridicule. L'intervention a été excellente. Nous avions trois bâtiments sur place. Les forces militaires étaient là avec un hélicoptère Cormorant. Le service des transbordeurs de la Colombie-Britannique était sur place avec un navire de rechange. Au besoin, nous aurions pu évacuer tout le monde. L'intervention de l'équipage a été excellente et il faudrait en féliciter tous les membres.

+-

    M. John Cummins (Delta—South Richmond, Alliance canadienne): Monsieur le Président, de toute évidence, le ministre ne connaît pas la capacité de son équipement. Lors de l'intervention d'urgence d'hier, il manquait le seul bâtiment capable de transporter suffisamment de radeaux de sauvetage et de manoeuvrer près de la rive, l'hydroglisseur basé à l'aéroport de Vancouver. Il était en réparation.

    Hier, il s'agissait de 350 passagers à bord d'un traversier. Demain, il pourrait s'agir de 350 passagers à bord d'un avion à réaction sur l'estran, près de l'aéroport, où l'hydroglisseur est le seul bâtiment capable d'intervenir. Quand le gouvernement va-t-il...

+-

    Le Président: Le ministre des Pêches et des Océans a la parole.

+-

    L'hon. Robert Thibault (ministre des Pêches et des Océans, Lib.): Monsieur le Président, je conseille au député d'emprunter un des traversiers de la Colombie-Britannique ou tout autre bâtiment commercial. Il remarquera que ces navires sont équipés de radeaux de sauvetage pour recueillir les passagers. Un deuxième traversier était sur place pour intervenir et nous avions trois bâtiments et un hélicoptère militaire. Il y a eu une excellente intervention de tous les services et surtout de l'équipage du traversier, qui a réussi à éteindre l'incendie, de sorte que l'évacuation n'a pas été nécessaire.

*   *   *

[Français]

+-La Francophonie

+-

    Mme Hélène Scherrer (Louis-Hébert, Lib.): Monsieur le Président, nous savons que la population des États-Unis compte de plus en plus de francophones. Le secrétaire d'État responsable de la Francophonie peut-il partager avec nous la vision du Canada en ce qui a trait au rayonnement de la langue française chez nos voisins du Sud?

+-

    L'hon. Denis Paradis (secrétaire d'État (Amérique latine et Afrique) (Francophonie), Lib.): Monsieur le Président, actuellement, les États-Unis comptent près de 12 millions de citoyens de souche française, et plus de deux millions d'entre eux parlent couramment français. On dénombre des centaines d'organismes et de regroupements de langue française à travers tous les États-Unis. Par exemple, l'Association des professeurs de français regroupe plus de 10 000 membres aux États-Unis.

    Le Canada doit être prêt à aider ses voisins, et plus particulièrement ses voisins frontaliers, en développant avec eux une concertation dynamique dans le dossier de la Francophonie.

*   *   *

[Traduction]

+-L'Agence des douanes et du revenu du Canada

+-

    Mme Val Meredith (South Surrey—White Rock—Langley, Alliance canadienne): Monsieur le Président, le programme Nexus a été conçu pour séparer les voyageurs à faible risque des voyageurs à haut risque. Une plus grande utilisation de ce programme permettra aux douaniers et aux agents d'immigration de se concentrer sur le faible pourcentage de voyageurs à haut risque.

    Or, Nexus n'est actuellement utilisé qu'à quelques postes frontaliers. Pourquoi tarde-t-on à l'utiliser à tous les postes frontaliers du Canada?

+-

    L'hon. Elinor Caplan (ministre du Revenu national, Lib.): Monsieur le Président, il n'y a eu aucun retard. Nous sommes très fiers du fait que le programme Nexus, qui a été élaboré conjointement avec les États-Unis et négocié dans le cadre de la frontière intelligente, soit en voie d'implantation dans tout le pays. Il a suscité beaucoup d'intérêt. Les gens y adhèrent et, jusqu'ici, 39 000 personnes ont présenté leur demande. Cela illustre bien que nous pouvons rendre la frontière plus intelligente, c'est-à-dire plus sûre et plus efficace pour les Américains et les Canadiens.

  +-(1455)  

+-

    Mme Val Meredith (South Surrey—White Rock—Langley, Alliance canadienne): Monsieur le Président, bien que le programme Nexus ait généralement bien fonctionné aux postes frontaliers de la Colombie-Britannique, l'absence de procédure d'appel constitue une lacune. Des électeurs de ma circonscription n'ont pas pu obtenir de laissez-passer Nexus en raison de problèmes mineurs comme des viandes à tartiner ou d'anciennes violations des règlements des douanes par leur conjoint aujourd'hui décédé. Quand la ministre va-t-elle assortir le programme Nexus d'une procédure d'appel?

+-

    L'hon. Elinor Caplan (ministre du Revenu national, Lib.): Monsieur le Président, cette question m'offre une bonne occasion de souligner l'importance de ce programme, car tous ceux qui y sont admissibles doivent avoir un casier judiciaire vierge, ne présenter aucun danger pour la sécurité et ne pas avoir enfreint le règlement des douanes. Le Canada et les États-Unis ont adhéré à ces conditions. Il s'agit d'un nouveau programme. Nous en vérifions l'efficacité, et la députée peut faire des suggestions pour que nous puissions l'améliorer davantage. Ce programme récompense ceux qui ont des dossiers entièrement vierges. Ce sont ceux à qui nous faisons confiance et qui sont admissibles au programme.

*   *   *

[Français]

+-L'agriculture

+-

    M. Bernard Bigras (Rosemont—Petite-Patrie, BQ): Monsieur le Président, appuyé par le Canada, le gouvernement américain annonçait aujourd'hui une contestation devant l'Organisation mondiale du commerce suite au moratoire imposé par l'Europe sur l'importation d'organismes génétiquement modifiés.

    Comment le gouvernement fédéral peut-il appuyer la démarche américaine alors que 87 p. 100 de la population canadienne et 90 p. 100 de la population québécoise s'attendent, de la part de leur gouvernement, à plus de transparence et à plus de précautions quant au traitement réservé aux OGM?

+-

    L'hon. Pierre Pettigrew (ministre du Commerce international, Lib.): Monsieur le Président, ce que nous avons demandé aujourd'hui, de concert avec les États-Unis, l'Argentine, l'Égypte et plusieurs autres pays, c'est simplement que l'Union européenne ne permette à ses propres lois sur l'autorisation des OGM de fonctionner et nous voulons que les pays membres de l'Union européenne respectent leurs propres lois et arrêtent de bloquer le processus. C'est tout ce que nous demandons.

*   *   *

[Traduction]

+-Le financement des partis politiques

+-

    M. Joe Jordan (Leeds—Grenville, Lib.): Monsieur le Président, le projet de loi C-24 concerne directement tous les députés actuels et futurs parce qu'il transformera la façon dont les partis et les candidats seront financés dans l'avenir.

    Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudie actuellement le projet de loi C-24. Le président du comité peut-il dire à la Chambre où le comité en est dans son étude du projet de loi et de la question du financement politique?

+-

    M. Peter Adams (Peterborough, Lib.): Monsieur le Président, l'intérêt que le député porte à ce sujet devrait tous nous inspirer.

    Le comité étudie le projet de loi C-24 depuis trois ou quatre semaines. Aujourd'hui, il tient une table ronde ouverte à tous les députés dans la salle 253-D, à 17 h 30. Nous espérons que tous les députés saisiront cette occasion.

    Plus tard cette semaine, nous entendrons d'autres témoins de provinces où une mesure semblable est en vigueur et, peu après la semaine de relâche, nous étudierons le projet de loi article par article et amendement par amendement.

[Français]

+-

    Mme Pierrette Venne (Saint-Bruno—Saint-Hubert, BQ ind.): Monsieur le Président, ma question s'adresse au leader du gouvernement à la Chambre. Le projet de loi C-24 prévoit le versement automatique d'une allocation trimestrielle aux partis déjà bien établis, ce qui leur permettra de garantir leur pérennité financière et de mettre sur pied des caisses électorales à même les deniers publics.

    Le leader du gouvernement peut-il nous expliquer pourquoi son projet de loi ne comporte pas de dispositions à l'effet que les allocations soient versées uniquement pour rembourser des dépenses réellement encourues, comme le prévoit la Loi électorale québécoise?

+-

    L'hon. Don Boudria (ministre d'État et leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.): Monsieur le Président, le système dans le projet de loi C-24 est basé, en partie, sur les systèmes qui existent au Québec, au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard. Il fait en sorte que les partis politiques sont remboursés à raison de 1,50 $ par vote, ce qui leur permettra d'assurer le bon fonctionnement des bureaux des partis politiques.

    À ce que je sache, les partis politiques n'ont pas dit que ceci aurait pour résultat un excès de fonds. Si la députée prétend que c'est le cas pour certains partis, j'aimerais savoir les noms de ces partis.

*   *   *

[Traduction]

+-L'infrastructure

+-

    M. Myron Thompson (Wild Rose, Alliance canadienne): Monsieur le Président, il y a un segment de route dans ma circonscription qui a fait 22 morts et 119 blessés graves depuis 1999.

    Le gouvernement fédéral est au courant depuis des années de la nécessité d'élargir la Transcanadienne près de Lake Louise, dans le parc national Banff.

    Depuis 1993, en effet, je prie le gouvernement de régler ce problème. Combien d'autres personnes devront trouver la mort à cet endroit avant que le gouvernement ne se décide à élargir à quatre voies cette route importante?

+-

    L'hon. David Collenette (ministre des Transports, Lib.): Monsieur le Président, le député devrait savoir qu'il existe un programme d'amélioration des routes à Transports Canada et que le gouvernement de l'Alberta a signé un accord en la matière. Nous savons parfaitement que le segment de route en question est dangereux. Des fonds sont prévus pour le rendre plus sécuritaire, mais le gouvernement provincial doit aussi participer au projet.

*   *   *

  +-(1500)  

[Français]

+-La frontière canado-américaine

+-

    M. Gilles-A. Perron (Rivière-des-Mille-Îles, BQ): Monsieur le Président, des industriels du bois d'oeuvre demandent à la ministre du Revenu national d'harmoniser les services des douanes canadiennes avec les douaniers américains de manière à obtenir le même service des deux côtés de la frontière.

    Est-ce que la ministre peut nous assurer qu'elle affectera les budgets nécessaires et placera des douaniers additionnels aux postes de Estcourt, Saint-Pamphile, Saint-Just, Sainte-Aurélie et Saint-Zacharie, afin d'offrir le même service du côté canadien que celui offert du côté américain?

[Traduction]

+-

    L'hon. Elinor Caplan (ministre du Revenu national, Lib.): Monsieur le Président, je tiens à signaler un fait intéressant, mais peu connu, et c'est que, depuis toujours, du côté canadien de la frontière, avant le 11 septembre 2001, nos ressources douanières ont été de 40 p. 100 supérieures à celles des Américains. Nos voisins du Sud ont tout simplement renforcé leurs équipes. Ils ont entrepris d'embaucher et de former du personnel.

    Dans le cadre de l'initiative de la frontière intelligente, nous consacrons énormément d'efforts à l'élaboration de mesures de ce genre pour renforcer la sécurité et l'efficacité à la frontière. Je puis assurer au député d'en face que nous disposons des ressources voulues pour ce faire.


+-INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

*   *   *

[Traduction]

+-Loi sur le transfèrement international des délinquants

    La Chambre reprend le débat, interrompu le 7 mai, de la motion: Que le projet de loi C-33, Loi de mise en oeuvre des traités ou des ententes administratives sur le transfèrement international des personnes reconnues coupables d'infractions criminelles, soit lu une deuxième fois et renvoyé à un comité.

+-

    Le Président: Comme il est 15 h 2, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion de deuxième lecture du projet de loi C-33.

    Convoquez les députés.

*   *   *

  +-(1515)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

+

(Vote no 160)

POUR

Députés

Adams
Allard
Anderson (Victoria)
Assad
Assadourian
Augustine
Bachand (Saint-Jean)
Bagnell
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Bertrand
Bevilacqua
Bigras
Binet
Blaikie
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bourgeois
Bradshaw
Brown
Bryden
Bulte
Byrne
Caccia
Calder
Cannis
Caplan
Cardin
Carignan
Carroll
Casey
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Clark
Coderre
Collenette
Copps
Cullen
Cuzner
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duceppe
Duplain
Easter
Farrah
Finlay
Folco
Fournier
Frulla
Fry
Gagnon (Québec)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gagnon (Champlain)
Gallaway
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godfrey
Godin
Goodale
Graham
Guay
Guimond
Harvey
Hearn
Herron
Hubbard
Jennings
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laframboise
Lanctôt
Lastewka
Lebel
LeBlanc
Lee
Lill
Lincoln
Longfield
Loubier
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marceau
Marcil
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
Matthews
McCallum
McDonough
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Ménard
Mitchell
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paquette
Paradis
Parrish
Peric
Perron
Peterson
Pettigrew
Picard (Drummond)
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Plamondon
Pratt
Price
Proctor
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Robillard
Robinson
Rock
Roy
Saada
Sauvageau
Savoy
Scherrer
Scott
Sgro
Shepherd
Speller
St-Hilaire
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stoffer
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Tirabassi
Tonks
Ur
Valeri
Wappel
Whelan
Wilfert
Wood

Total: -- 184

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Bailey
Benoit
Breitkreuz
Burton
Cadman
Casson
Chatters
Cummins
Elley
Forseth
Gallant
Goldring
Gouk
Grewal
Grey
Hill (Prince George--Peace River)
Hill (Macleod)
Hilstrom
Jaffer
Johnston
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
Merrifield
Mills (Red Deer)
Moore
Penson
Reynolds
Schmidt
Skelton
Sorenson
Spencer
Stinson
Strahl
Thompson (Wild Rose)
Toews
Vellacott
Venne
White (North Vancouver)
Williams
Yelich

Total: -- 43

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief
Venne

Total: -- 10

+-

    Le Président: Je déclare la motion adoptée.

[Français]

    En conséquence, ce projet de loi est renvoyé au Comité permanent de la justice et des droits de la personne.

    (Le projet de loi est lu pour la deuxième fois et renvoyé au comité.)

[Traduction]

+-

    Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous constaterez que les parrains des deux projets de loi d'initiative parlementaire et que les autres députés à la Chambre des communes acceptent à l'unanimité de passer à l'étude de la Loi sur l'exécution du budget et de reporter le vote sur les deux projets de loi d'initiative parlementaire.

+-

    Le Président: Vous voulez dire le reporter après les votes?

    Mme Marlene Catterall: Oui.

+-

    Le Président: D'accord?

    Des voix: D'accord.

*   *   *

+-La Loi d'exécution du budget

    La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-28, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 18 février 2003, dont le comité a fait rapport avec des propositions d'amendement, ainsi que du groupe de motions no 1.

+-

    Le Président: La Chambre passe maintenant aux votes par appel nominal différés à l'étape du rapport du projet de loi C-28. Le vote porte sur la motion no 13.

*   *   *

  +-(1525)  

    (La motion no 13, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)

+-

(Vote no 161)

POUR

Députés

Bachand (Saint-Jean)
Bigras
Blaikie
Bourgeois
Cardin
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
Duceppe
Fournier
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gagnon (Québec)
Gallant
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godin
Guay
Guimond
Laframboise
Lanctôt
Lebel
Lill
Loubier
Marceau
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McDonough
Ménard
Paquette
Perron
Picard (Drummond)
Plamondon
Proctor
Robinson
Roy
Sauvageau
St-Hilaire
Stoffer
Wasylycia-Leis

Total: -- 42

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Adams
Alcock
Allard
Anderson (Victoria)
Assad
Assadourian
Augustine
Bagnell
Bailey
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Benoit
Bertrand
Bevilacqua
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bradshaw
Breitkreuz
Brown
Bryden
Bulte
Burton
Byrne
Caccia
Cadman
Calder
Cannis
Caplan
Carignan
Carroll
Casey
Casson
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Chatters
Clark
Coderre
Collenette
Copps
Cullen
Cummins
Cuzner
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duplain
Easter
Elley
Farrah
Finlay
Folco
Forseth
Frulla
Fry
Gallaway
Godfrey
Goldring
Goodale
Gouk
Graham
Grewal
Grey
Harvey
Hearn
Herron
Hill (Prince George--Peace River)
Hill (Macleod)
Hilstrom
Hubbard
Jaffer
Jennings
Johnston
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laliberte
Lastewka
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marcil
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Mitchell
Moore
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paradis
Parrish
Penson
Peric
Peterson
Pettigrew
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Reynolds
Robillard
Rock
Saada
Savoy
Scherrer
Schmidt
Scott
Serré
Sgro
Shepherd
Skelton
Sorenson
Speller
Spencer
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stinson
Strahl
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (Wild Rose)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Tirabassi
Toews
Tonks
Ur
Valeri
Vellacott
Wappel
Whelan
White (North Vancouver)
Wilfert
Williams
Wood
Yelich

Total: -- 188

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief
Venne

Total: -- 10

+-

    Le Président: Je déclare la motion no 13 rejetée.

[Français]

    La prochaine mise aux voix porte sur la motion no 14. Le vote sur cette motion s'applique également à la motion no 15.

*   *   *

  +-(1530)  

[Traduction]

    (La motion no 14, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)

+-

(Vote no 162)

POUR

Députés

Bachand (Saint-Jean)
Bigras
Blaikie
Bourgeois
Cardin
Crête
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
Duceppe
Fournier
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gagnon (Québec)
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godin
Guay
Guimond
Laframboise
Lanctôt
Lebel
Lill
Loubier
Marceau
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McDonough
Ménard
Paquette
Perron
Picard (Drummond)
Plamondon
Proctor
Robinson
Roy
Sauvageau
St-Hilaire
Stoffer
Wasylycia-Leis

Total: -- 42

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Adams
Alcock
Allard
Anderson (Victoria)
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Assadourian
Augustine
Bagnell
Bailey
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Benoit
Bertrand
Bevilacqua
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bradshaw
Breitkreuz
Brown
Bryden
Bulte
Burton
Byrne
Caccia
Cadman
Calder
Cannis
Caplan
Carignan
Carroll
Casey
Casson
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Chatters
Clark
Coderre
Collenette
Copps
Cullen
Cummins
Cuzner
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duplain
Easter
Farrah
Finlay
Folco
Forseth
Frulla
Fry
Gallant
Gallaway
Godfrey
Goldring
Goodale
Gouk
Graham
Grewal
Grey
Harvey
Hearn
Hill (Prince George--Peace River)
Hill (Macleod)
Hilstrom
Hubbard
Jaffer
Jennings
Johnston
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laliberte
Lastewka
Lebel
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marcil
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Mitchell
Moore
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paradis
Parrish
Penson
Peric
Peterson
Pettigrew
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Reynolds
Robillard
Rock
Saada
Savoy
Scherrer
Schmidt
Scott
Sgro
Shepherd
Skelton
Sorenson
Speller
Spencer
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stinson
Strahl
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (Wild Rose)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Tirabassi
Toews
Tonks
Ur
Valeri
Vellacott
Wappel
Whelan
White (North Vancouver)
Wilfert
Williams
Wood
Yelich

Total: -- 187

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief
Venne

Total: -- 10

+-

    Le Président: Je déclare la motion no 14 rejetée. Je déclare par conséquent la motion no 15 rejetée.

[Français]

+-

    La prochaine mise au voix porte sur la motion no 17.

  +-(1535)  

[Traduction]

+-

    Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous trouverez qu'il y a consentement unanime de la Chambre pour que le vote sur la motion no 14 s'applique également à la motion no 17.

+-

    Le Président: D'accord?

    Des voix: D'accord.

*   *   *

    (La motion no 17, mise aux voix, est rejetée par le vote suvant:)

+-

(Vote no 163)

POUR

Députés

Bachand (Saint-Jean)
Bigras
Blaikie
Bourgeois
Cardin
Crête
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
Duceppe
Fournier
Gagnon (Québec)
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godin
Guay
Guimond
Laframboise
Lanctôt
Lebel
Lill
Loubier
Marceau
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McDonough
Ménard
Paquette
Perron
Picard (Drummond)
Plamondon
Proctor
Robinson
Roy
Sauvageau
St-Hilaire
Stoffer
Wasylycia-Leis

Total: -- 42

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Adams
Alcock
Allard
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Anderson (Victoria)
Assadourian
Augustine
Bagnell
Bailey
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Benoit
Bertrand
Bevilacqua
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bradshaw
Breitkreuz
Brown
Bryden
Bulte
Burton
Byrne
Caccia
Cadman
Calder
Cannis
Caplan
Carignan
Carroll
Casey
Casson
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Chatters
Clark
Coderre
Collenette
Copps
Cullen
Cummins
Cuzner
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duplain
Easter
Elley
Farrah
Finlay
Folco
Forseth
Frulla
Fry
Gallant
Gallaway
Godfrey
Goldring
Goodale
Gouk
Graham
Grewal
Grey
Harvey
Hearn
Hill (Macleod)
Hill (Prince George--Peace River)
Hilstrom
Hubbard
Jaffer
Jennings
Johnston
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laliberte
Lastewka
Lebel
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marcil
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Mitchell
Moore
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paradis
Parrish
Penson
Peric
Peterson
Pettigrew
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Reynolds
Robillard
Rock
Saada
Savoy
Scherrer
Schmidt
Scott
Sgro
Shepherd
Skelton
Sorenson
Speller
Spencer
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stinson
Strahl
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Thompson (Wild Rose)
Tirabassi
Toews
Tonks
Ur
Valeri
Vellacott
Wappel
Whelan
White (North Vancouver)
Wilfert
Williams
Wood
Yelich

Total: -- 188

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief
Venne

Total: -- 10

+-

    Le Président: Je déclare la motion no 17 rejetée.

+-

    M. Dale Johnston: Monsieur le Président, j'aimerais que le nom du député de Nanaimo—Cowichan soit inscrit comme ayant voté dans le même sens que l'Alliance canadienne, pour ce dernier vote.

    Le Président: D'accord?

    Des voix: D'accord.

+-

    Le Président: Le prochain vote porte sur la motion no 18.

[Français]

    Le vote sur cette motion s'applique également à la motion no 19.

[Traduction]

+-

    Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous constaterez qu'il y a unanimité pour que les députés qui ont voté sur la motion précédente soient inscrits comme ayant voté sur la motion no 18 dont la Chambre est actuellement saisie, les députés libéraux votant non.

    Le Président: Est-on d'accord?

    Des voix: D'accord.

+-

    M. Dale Johnston: Monsieur le Président, les députés de l'Alliance canadienne votent contre la motion.

[Français]

+-

    M. Michel Guimond: Monsieur le Président, les députés du Bloc québécois votent non sur cette motion.

+-

    M. Yvon Godin: Les députés du Nouveau parti démocratique votent oui sur cette motion.

[Traduction]

+-

    M. Rick Borotsik: Monsieur le Président, les députés du Parti progressiste-conservateur votent contre la motion.

    J'aimerais également qu'il soit consigné au compte rendu que le député de Fundy—Royal a voté contre la motion, à l'instar de son parti.

[Français]

+-

    M. Jean-Guy Carignan: Monsieur le Président, je vote non sur cette motion.

+-

    M. Ghislain Lebel: Monsieur le Président, je vote oui sur cette motion.

*   *   *

[Traduction]

    (La motion no 18, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)

+-

(Vote no 164)

POUR

Députés

Blaikie
Davies
Desjarlais
Godin
Lebel
Lill
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McDonough
Proctor
Robinson
Stoffer
Wasylycia-Leis

Total: -- 13

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Adams
Alcock
Allard
Anderson (Victoria)
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Assadourian
Augustine
Bachand (Saint-Jean)
Bagnell
Bailey
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Benoit
Bertrand
Bevilacqua
Bigras
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bourgeois
Bradshaw
Breitkreuz
Brown
Bryden
Bulte
Burton
Byrne
Caccia
Cadman
Calder
Cannis
Caplan
Cardin
Carignan
Carroll
Casey
Casson
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Chatters
Clark
Coderre
Collenette
Copps
Crête
Cullen
Cummins
Cuzner
Dalphond-Guiral
Desrochers
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duceppe
Duplain
Easter
Elley
Farrah
Finlay
Folco
Forseth
Fournier
Frulla
Fry
Gagnon (Québec)
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gallant
Gallaway
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godfrey
Goldring
Goodale
Gouk
Graham
Grewal
Grey
Guay
Guimond
Harvey
Hearn
Herron
Hill (Macleod)
Hill (Prince George--Peace River)
Hilstrom
Hubbard
Jaffer
Jennings
Johnston
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laframboise
Laliberte
Lanctôt
Lastewka
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
Loubier
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marceau
Marcil
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Ménard
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Mitchell
Moore
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paquette
Paradis
Parrish
Penson
Peric
Perron
Peterson
Pettigrew
Picard (Drummond)
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Plamondon
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Reynolds
Robillard
Rock
Roy
Saada
Sauvageau
Savoy
Scherrer
Schmidt
Scott
Sgro
Shepherd
Skelton
Sorenson
Speller
Spencer
St-Hilaire
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stinson
Strahl
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (Wild Rose)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Tirabassi
Toews
Tonks
Ur
Valeri
Vellacott
Wappel
Whelan
White (North Vancouver)
Wilfert
Williams
Wood
Yelich

Total: -- 217

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief

Total: -- 9

+-

    Le Président: Je déclare la motion no 18 rejetée. Par conséquent, la motion no 19 est rejetée.

+-

    L'hon. John Manley (vice-premier ministre et ministre des Finances, Lib.) propose: Que le projet de loi soit agréé.

+-

    Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que certains députés voudraient bien adopter la motion. Par conséquent, si vous le demandez, je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour que les députés qui ont voté sur la motion précédente soient inscrits comme ayant voté sur la motion dont la Chambre est maintenant saisie, les députés libéraux votant oui.

    Le Président: Est-on d'accord?

    Des voix: D'accord.

+-

    M. Dale Johnston: Monsieur le Président, les députés de l'Alliance canadienne votent contre le projet de loi C-28.

[Français]

+-

    M. Michel Guimond: Monsieur le Président, les députés du Bloc québécois votent non sur cette motion.

+-

    M. Yvon Godin: Monsieur le Président, les députés du Nouveau parti démocratique votent non sur cette motion.

[Traduction]

+-

    M. Rick Borotsik: Monsieur le Président, les députés du Parti progressiste-conservateur votent contre la motion.

[Français]

+-

    M. Jean-Guy Carignan: Monsieur le Président, je vote oui sur cette motion.

+-

    M. Ghislain Lebel: Monsieur le Président, je vote non sur cette motion.

*   *   *

  +-(1540)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

+-

(Vote no 165)

POUR

Députés

Adams
Alcock
Allard
Anderson (Victoria)
Assadourian
Augustine
Bagnell
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Bertrand
Bevilacqua
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Boudria
Bradshaw
Brown
Bryden
Bulte
Byrne
Caccia
Calder
Cannis
Caplan
Carignan
Carroll
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Coderre
Collenette
Copps
Cullen
Cuzner
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Dromisky
Drouin
Duplain
Easter
Farrah
Finlay
Folco
Frulla
Fry
Gallaway
Godfrey
Goodale
Graham
Harvey
Hubbard
Jennings
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laliberte
Lastewka
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marcil
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Mitchell
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paradis
Parrish
Peric
Peterson
Pettigrew
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Robillard
Rock
Saada
Savoy
Scherrer
Scott
Sgro
Shepherd
Speller
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Tirabassi
Tonks
Ur
Valeri
Wappel
Whelan
Wilfert
Wood

Total: -- 137

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Bachand (Saint-Jean)
Bailey
Benoit
Bigras
Blaikie
Borotsik
Bourgeois
Breitkreuz
Burton
Cadman
Cardin
Casey
Casson
Chatters
Clark
Crête
Cummins
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
Doyle
Duceppe
Elley
Forseth
Fournier
Gagnon (Québec)
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gallant
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godin
Goldring
Gouk
Grewal
Grey
Guay
Guimond
Hearn
Herron
Hill (Macleod)
Hill (Prince George--Peace River)
Hilstrom
Jaffer
Johnston
Keddy (South Shore)
Laframboise
Lanctôt
Lebel
Lill
Loubier
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
Marceau
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McDonough
Ménard
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Moore
Paquette
Penson
Perron
Picard (Drummond)
Plamondon
Proctor
Reynolds
Robinson
Roy
Sauvageau
Schmidt
Skelton
Sorenson
Spencer
St-Hilaire
Stinson
Stoffer
Strahl
Thompson (Wild Rose)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Toews
Vellacott
Wasylycia-Leis
White (North Vancouver)
Williams
Yelich

Total: -- 93

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief

Total: -- 9

+-

    Le Président: Je déclare la motion adoptée.

*   *   *

[Traduction]

+-Loi sur la sécurité publique 2002

    La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-17, Loi modifiant certaines lois fédérales et édictant des mesures de mise en oeuvre de la convention sur les armes biologiques ou à toxines, en vue de renforcer la sécurité publique, dont le comité a fait rapport avec des propositions d'amendements, et de la motion no 6.

+-

    Le Président: La Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion 6 à l'étape du rapport du projet de loi C-17.

+-

    Mme Marlene Catterall: Monsieur le Président, je crois que vous obtiendrez le consentement unanime de la Chambre pour que le résultat du vote à l'étape du rapport sur le projet de loi C-28 s'applique au vote sur la motion dont la Chambre est maintenant saisie.

    Le Président: Est-on d'accord?

    Des voix: D'accord.

*   *   *

    (La motion no 6, mise aux voix, est adoptée par le vote suviant:)

+-

(Vote no 166)

POUR

Députés

Adams
Alcock
Allard
Anderson (Victoria)
Assadourian
Augustine
Bagnell
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Bertrand
Bevilacqua
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Boudria
Bradshaw
Brown
Bryden
Bulte
Byrne
Caccia
Calder
Cannis
Caplan
Carignan
Carroll
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Coderre
Collenette
Copps
Cullen
Cuzner
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Dromisky
Drouin
Duplain
Easter
Farrah
Finlay
Folco
Frulla
Fry
Gallaway
Godfrey
Goodale
Graham
Harvey
Hubbard
Jennings
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keyes
Kilgour (Edmonton Southeast)
Knutson
Kraft Sloan
Laliberte
Lastewka
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Manley
Marcil
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Mitchell
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paradis
Parrish
Peric
Peterson
Pettigrew
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Robillard
Rock
Saada
Savoy
Scherrer
Scott
Sgro
Shepherd
Speller
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Tirabassi
Tonks
Ur
Valeri
Wappel
Whelan
Wilfert
Wood

Total: -- 137

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Bachand (Saint-Jean)
Bailey
Benoit
Bigras
Blaikie
Borotsik
Bourgeois
Breitkreuz
Burton
Cadman
Cardin
Casey
Casson
Chatters
Clark
Crête
Cummins
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
Doyle
Duceppe
Elley
Forseth
Fournier
Gagnon (Québec)
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gallant
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godin
Goldring
Gouk
Grewal
Grey
Guay
Guimond
Hearn
Herron
Hill (Macleod)
Hill (Prince George--Peace River)
Hilstrom
Jaffer
Johnston
Keddy (South Shore)
Laframboise
Lanctôt
Lebel
Lill
Loubier
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
Marceau
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McDonough
Ménard
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Moore
Paquette
Penson
Perron
Picard (Drummond)
Plamondon
Proctor
Reynolds
Robinson
Roy
Sauvageau
Schmidt
Skelton
Sorenson
Spencer
St-Hilaire
Stinson
Stoffer
Strahl
Thompson (New Brunswick Southwest)
Thompson (Wild Rose)
Toews
Vellacott
Wasylycia-Leis
White (North Vancouver)
Williams
Yelich

Total: -- 93

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief

Total: -- 9

+-

    Le Président: Je déclare la motion no 6 adoptée.

+-

    L'hon. David Collenette (ministre des Transports, Lib.) propose: Que le projet de loi modifié soit adopté avec un nouvel amendement.

+-

    Le Président: Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?

    Des voix: D'accord.

    Des voix: Non.

    Le Président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.

    Des voix: Oui.

    Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.

    Des voix: Non.

    Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.

    Une voix: Avec dissidence.

    Le Président: Je déclare la motion adoptée.

    (La motion est adoptée.)


+-INITIATIVES PARLEMENTAIRES

[Initiatives parlementaires]

*   *   *

[Français]

+-La Loi sur le Parlement du Canada

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 7 mai, de la motion: Que le projet de loi C-408, Loi modifiant la Loi sur le Parlement du Canada (serment ou affirmation solennelle), soit maintenant lu une deuxième fois et renvoyé à un comité.

+-

    Le Président: La Chambre procédera maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi C-408.

*   *   *

  +-(1550)  

[Traduction]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

+-

(Vote no 167)

POUR

Députés

Abbott
Ablonczy
Adams
Alcock
Allard
Anderson (Victoria)
Anderson (Cypress Hills—Grasslands)
Assadourian
Augustine
Bagnell
Bailey
Bakopanos
Barnes (London West)
Beaumier
Bélair
Bélanger
Bellemare
Bennett
Benoit
Bertrand
Bevilacqua
Binet
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bradshaw
Breitkreuz
Brown
Bryden
Bulte
Burton
Byrne
Cadman
Calder
Cannis
Caplan
Carignan
Carroll
Casey
Casson
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Charbonneau
Chatters
Collenette
Cullen
Cummins
Cuzner
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duplain
Easter
Elley
Farrah
Finlay
Folco
Forseth
Frulla
Fry
Gallant
Gallaway
Godfrey
Goldring
Goodale
Gouk
Graham
Grewal
Grey
Harvey
Hill (Prince George--Peace River)
Hilstrom
Hubbard
Jaffer
Jennings
Johnston
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Knutson
Kraft Sloan
Laliberte
Lastewka
LeBlanc
Lee
Lincoln
Longfield
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Lunney (Nanaimo—Alberni)
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Marcil
Masse
Matthews
McCallum
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Mitchell
Moore
Murphy
Myers
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paradis
Parrish
Peric
Peterson
Pettigrew
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Pratt
Price
Proulx
Provenzano
Regan
Reynolds
Robillard
Rock
Saada
Savoy
Scherrer
Schmidt
Scott
Sgro
Shepherd
Skelton
Sorenson
Speller
Spencer
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stinson
Strahl
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (Wild Rose)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Tirabassi
Toews
Tonks
Ur
Valeri
Vellacott
Wappel
Whelan
White (North Vancouver)
Wilfert
Williams
Wood
Yelich

Total: -- 178

CONTRE

Députés

Bachand (Saint-Jean)
Bigras
Blaikie
Bourgeois
Caccia
Cardin
Crête
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
Duceppe
Fournier
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gagnon (Québec)
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godin
Guay
Guimond
Hearn
Herron
Laframboise
Lanctôt
Lebel
Lill
Loubier
Marceau
Martin (Winnipeg Centre)
McDonough
Ménard
Paquette
Perron
Picard (Drummond)
Plamondon
Proctor
Reed (Halton)
Robinson
Roy
Sauvageau
St-Hilaire
Stoffer
Wasylycia-Leis

Total: -- 45

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief
Venne

Total: -- 10

+-

    Le Président: Je déclare la motion adoptée. Par conséquent, le projet de loi est renvoyée au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.

    (Le projet de loi est lu une deuxième fois et renvoyé au comité.)

*   *   *

+-Loi sur la concurrence

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 9 mai, de la motion: Que le projet de loi C-249, Loi modifiant la Loi sur la concurrence, soit lu pour la troisième fois et adopté.

+-

    Le Président: La Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C-249, à la rubrique des initiatives parlementaires.

*   *   *

  +-(1600)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)

-

(Vote no 168)

POUR

Députés

Adams
Alcock
Anderson (Victoria)
Augustine
Bachand (Saint-Jean)
Bagnell
Bailey
Barnes (London West)
Beaumier
Bélanger
Bellemare
Bennett
Bertrand
Bevilacqua
Bigras
Binet
Blaikie
Blondin-Andrew
Bonin
Bonwick
Borotsik
Boudria
Bourgeois
Bradshaw
Brown
Bryden
Bulte
Byrne
Caccia
Cadman
Calder
Cannis
Caplan
Cardin
Carignan
Casey
Castonguay
Catterall
Chamberlain
Collenette
Crête
Cullen
Cuzner
Dalphond-Guiral
Davies
Desjarlais
Desrochers
DeVillers
Dhaliwal
Dion
Discepola
Doyle
Dromisky
Drouin
Duceppe
Duplain
Easter
Farrah
Finlay
Fournier
Frulla
Fry
Gagnon (Champlain)
Gagnon (Lac-Saint-Jean—Saguenay)
Gagnon (Québec)
Gaudet
Gauthier
Girard-Bujold
Godfrey
Godin
Goodale
Graham
Grewal
Guay
Guimond
Harvey
Herron
Hubbard
Jennings
Jordan
Karetak-Lindell
Karygiannis
Keddy (South Shore)
Keyes
Knutson
Kraft Sloan
Laframboise
Laliberte
Lanctôt
Lastewka
Lebel
LeBlanc
Lee
Lill
Lincoln
Longfield
Loubier
MacAulay
Macklin
Mahoney
Malhi
Maloney
Marceau
Marcil
Martin (Winnipeg Centre)
Masse
McCallum
McDonough
McGuire
McKay (Scarborough East)
McLellan
McTeague
Ménard
Mitchell
Murphy
Nault
Neville
Normand
O'Brien (London--Fanshawe)
O'Reilly
Owen
Pacetti
Pagtakhan
Paquette
Paradis
Parrish
Peric
Perron
Peterson
Pettigrew
Picard (Drummond)
Pickard (Chatham--Kent Essex)
Pillitteri
Plamondon
Pratt
Price
Proctor
Proulx
Provenzano
Reed (Halton)
Regan
Robillard
Robinson
Rock
Roy
Saada
Sauvageau
Savoy
Scherrer
Scott
Sgro
Shepherd
Speller
St-Hilaire
St-Jacques
St-Julien
St. Denis
Steckle
Stewart
Stinson
Stoffer
Szabo
Telegdi
Thibault (West Nova)
Thibeault (Saint-Lambert)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Tirabassi
Tonks
Ur
Valeri
Wappel
Wasylycia-Leis
Whelan
Wilfert
Wood

Total: -- 175

CONTRE

Députés

Ablonczy
Benoit
Breitkreuz
Burton
Casson
Chatters
Cummins
Forseth
Gallant
Goldring
Grey
Hearn
Hill (Prince George--Peace River)
Hilstrom
Jaffer
Johnston
Lunn (Saanich—Gulf Islands)
Meredith
Merrifield
Mills (Red Deer)
Moore
Schmidt
Skelton
Sorenson
Spencer
Strahl
Thompson (Wild Rose)
Toews
Williams

Total: -- 29

PAIRÉS

Députés

Asselin
Bergeron
Cauchon
Grose
Harvard
Lalonde
Martin (LaSalle--Émard)
Tremblay
Vanclief
Venne

Total: -- 10

+-

    Le Président: Je déclare la motion adoptée.

    (Le projet de loi est lu pour la troisième fois et adopté.)

    Le Président: J'informe la Chambre qu'en raison des votes par appel nominal différés, la période des initiatives ministérielles sera prolongée de 60 minutes.

    La présidence a reçu avis d'une question de privilège de la députée de Vancouver-Est.

*   *   *

+-Privilège

+-La marijuana

[Privilège]
+-

    Mme Libby Davies (Vancouver-Est, NPD): Monsieur le Président, je soulève la question de privilège parce que le Parlement et les députés sont tenus dans l'ignorance au sujet d'un projet de loi qui est sur le point d'être déposé, tandis que beaucoup d'information circule dans les médias à ce sujet et que le ministre de la Justice s'empresse d'aller à Washington, D.C., pour parler au procureur général des États-Unis, M. Ashcroft, du projet de loi sur la marijuana.

    L'information au sujet d'un projet de loi est censée rester secrète tant que le projet de loi n'a pas été rendu public à la Chambre. En l'occurrence, tout le monde semble savoir des choses sur le projet de loi, sauf les députés. J'estime que c'est un outrage à la Chambre. Il arrive trop souvent que de l'information soit largement diffusée avant même le dépôt de quoi que ce soit à la Chambre.

    Le ministre de la Justice aurait pu déposer le projet de loi et faire une déclaration ministérielle avant d'aller aux États-Unis, si le gouvernement du Canada tenait tant à avoir l'autorisation de ce pays.

    Je pense que le privilège confère à tout député le droit de voir un projet de loi déposé au Parlement avant que le ministre n'aille faire des courbettes devant ses amis à Washington. Je demande au Président d'examiner s'il y a eu, en l'occurrence, atteinte au privilège de la Chambre.

  +-(1605)  

+-

    L'hon. Don Boudria (ministre d'État et leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.): Monsieur le Président, la question de privilège, telle qu'elle est présentée, n'a rien à voir avec le privilège parlementaire, je crois.

    Nous devons nous souvenir de la succession des événements et nous reporter peut-être à Marleau et Monpetit.

    Tout d'abord, nous parlons des discussions que les ministres ont de temps en temps avec leurs homologues d'autres pays. La semaine prochaine, un certain nombre d'entre nous, dont moi-même, iront au Royaume-Uni avec le vice-président de la Chambre pour tenir des consultations avec des collègues britanniques sur la façon dont nous modifierons le Règlement de la Chambre. Le processus de consultation se tiendra avant que nous ne présentions notre rapport à la Chambre.

    De même, le ministre de la Justice se trouve à Washington. La décision d'aborder le sujet de ce projet de loi ou d'un autre lui appartient. Toutefois, s'il le fait avant le dépôt du projet de loi à la Chambre, dans le cadre de consultations, c'est tout à fait semblable aux consultations que les députés ont de temps en temps au sujet des mesures législatives.

    Ne perdons pas de vue le processus de dépôt des projets de loi à la Chambre des communes. J'ai vérifié ce point dans Marleau et Monpetit il y a un certain temps. Je ne croyais pas devoir m'y reporter si tôt, mais je crois me souvenir assez bien de l'essentiel de ce que j'ai lu. En fait, c'est un processus auquel j'ai affaire sur une base quotidienne et qu'il ne devrait pas être difficile pour moi de retenir.

    Le ministre produit un document à l'intention du Cabinet. On en trouvera la confirmation, presque mot pour mot, dans Marleau et Montpetit. Ensuite, un projet de loi est élaboré par le ministère de la Justice. Puis le leader du gouvernement à la Chambre des communes—c'est-à-dire moi-même—s'assure que le projet de loi reflète la décision adoptée par le Cabinet. Une fois cela fait, comme le disent Marleau et Montpetit, le leader du gouvernement à la Chambre des communes demande au Cabinet une délégation de pouvoirs lui permettant d'affirmer que tel est le cas. C'est alors seulement que le ministre intéressé est autorisé à déposer le projet de loi à la Chambre des communes. Voilà donc la succession des étapes du processus. Le fait qu'un ministre tienne des consultations avant le dépôt d'un projet de loi n'est pas exactement un phénomène incompréhensible.

    Le député se demande peut-être pourquoi le ministre ne nous a pas consultés. En fait, c'est exactement ce qu'il a fait. Le député de Langley—Abbotsford ainsi que la députée de Burlington—je crois bien que c'est sa circonscription—ont conjointement organisé les travaux qui ont abouti au rapport très fructueux du Comité spécial sur la consommation non médicale de drogues. Un comité parallèle du Sénat, qui est allé sensiblement plus loin dans ses recommandations, a également produit un rapport. Par conséquent, l'autre endroit a publié un rapport et la Chambre en a également produit un dans le cadre de ces consultations.

    À ma connaissance, le ministre est à Washington pour des discussions avec son homologue. Qu'il soulève cette question ou une autre n'a rien à voir avec les privilèges de la Chambre. L'idée même est ridicule. Il serait tout aussi logique que, dans deux semaines, lorsque que le vice-président, d'autres députés et moi-même reviendrons du Royaume-Uni, quelqu'un nous dise que nous avons porté atteinte aux privilèges de la Chambre parce que nous avons consulté les Communes britanniques sur la modernisation de notre Règlement avant le dépôt de notre rapport à la Chambre. Les circonstances seraient identiques. Il est difficile de voir là matière à privilège.

  +-(1610)  

+-

    Le Président: Je pense que je vais trancher la question maintenant. Je sais que la députée de Vancouver-Est lit assidûment les journaux. Cela ressort de la question de privilège qu'elle a soulevée cet après-midi. Je dois dire que je les lis moi-même parfois, mais je dois prendre avec un grain de sel les articles au sujet du contenu de projets de loi d'initiative ministérielle ou même d'initiative parlementaire qui sont présentés à la Chambre. Je les considère toujours comme fondés plutôt sur la fiction jusqu'à ce que le projet de loi soit présenté et que je puisse comparer ce qui est écrit dans l'article avec ce qu'on retrouve dans le projet de loi. C'est particulièrement vrai dans le cas de projets de loi portant sur des questions controversées.

    Nous lisons des articles dans les journaux au sujet du contenu du budget des mois à l'avance et ils ont plus ou moins de ressemblance avec ce qu'on retrouve dans le budget, selon, je suppose, les sources d'information que le journaliste avait ou sa capacité à inventer ces choses. Dans la plupart des cas, nous ignorons d'où ces renseignements viennent. Nous ne pouvons que les considérer comme ce que j'appellerais de la fiction tant et aussi longtemps que le projet de loi n'a pas été présenté et que nous avons pas des preuves solides quant au contenu du projet de loi.

    Dans ce cas-ci, des articles ont prétendu que ces diverses dispositions se retrouvaient dans un projet de loi qui doit être présenté à la Chambre et nous ne le saurons pas vraiment tant qu'il n'aura pas été présenté. J'ai bien peur qu'il soit difficile pour la présidence de trouver qu'il y a eu violation de privilège des députés lorsque des gens écrivent ces articles.

    À moins qu'il y ait vraiment des preuves que le ministre a transmis des exemplaires de ce projet de loi à quelqu'un d'autre, et je ne pense pas que nous ayons ces preuves à ce moment-là et la députée n'a certes pas laissé entendre cela, et à moins que le projet de loi ait été remis sous la forme sous laquelle il sera présenté à la Chambre plus tard, il est difficile pour la présidence de considérer qu'on a violé les privilèges de la Chambre. En conséquence, je refuse de le faire dans ce cas-ci.

    Bien entendu, je suis persuadé que la députée va surveiller la situation de près et voir si des exemplaires sont mis en circulation à l'avance, ce qui, je le reconnais, pourrait constituer une violation de privilèges si cela se produisait. Nous n'avons aucune preuve à cet effet pour le moment et la question de privilège n'est donc pas fondée dans le cas présent.

    Le député d'Acadie--Bathurst souhaite invoquer le Règlement.

*   *   *

[Français]

+-Recours au Règlement

+-La période des questions orales

[Recours au Règlement]
+-

    M. Yvon Godin (Acadie—Bathurst, NPD): Monsieur le Président, hier, lors de la période des questions orales, j'avais posé une question au premier ministre concernant la crise du crabe au Québec et dans la Péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick.

    Cette question portait sur les montants d'argent qui pourraient être alloués aux employés d'usines. Ainsi, le gouvernement disait que le Nouveau-Brunswick devait payer, parce qu'il existe un programme et que le gouvernement fédéral a souscrit 90 millions de dollars au Nouveau-Brunswick et 600 millions de dollars au Québec.

    La question s'adressait au premier ministre, et le ministre des Pêches et des Océans s'est empressé de répondre à la question. Il disait que le problème avait été résolu. Mais il a induit la Chambre en erreur, parce que le problème n'est pas résolu; aucune entente n'a été conclue.

+-

    Le Président: Je crains que l'honorable député ait vraiment soulevé une question de débat. Il y a souvent des désaccords concernant les questions ou les réponses en Chambre. Mais le député sait bien qu'il ne peut pas se lever sur un rappel au Règlement pour continuer un débat qui a commencé pendant la période des questions orales.

    Sans doute voudra-t-il s'exprimer sur le sujet demain pendant la période des questions orales avec une question supplémentaire adressée au ministre concernant ce sujet. Je l'invite donc à procéder ainsi.

[Traduction]

+-

    M. Greg Thompson (Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, PC): Monsieur le Président, la tradition à la Chambre veut que l'on cherche au plus tôt à rétablir les faits lorsqu'on a déformé des propos, commis un lapsus ou fourni une fausse information. Je crois que nous sommes d'accord là-dessus, monsieur le Président.

    Je veux revenir sur la période des questions de vendredi dernier. En posant une question au ministre des Finances, j'ai parlé de 14 000 emplois perdus en avril. Je tiens seulement à préciser qu'il s'agissait non pas de 14 000, mais de 19 000 emplois perdus. Je sais que vous êtes bon en arithmétique, monsieur le Président. Ce sont 5 000 emplois perdus de plus que ce que j'avais dit. J'ai cru devoir porter cela à l'attention de la Chambre.

+-

    Le Président: Je suis persuadé que tous les députés remercient le député de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest d'avoir apporté cette correction.

*   *   *

+-Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
+-

    M. Peter Adams (Peterborough, Lib.): Monsieur le Président, compte non tenu de la prolongation des initiatives ministérielles à cause des derniers votes par appel nominal, je crois que vous trouverez qu'il y a consentement unanime pour mettre fin aux initiatives ministérielles à 17 h 30 afin de passer à l'heure réservée aux initiatives parlementaires.

    Le Président: Donc, si je comprends bien, il n'y aura pas d'heure supplémentaire aujourd'hui. Nous n'y reviendrons pas après les initiatives parlementaires. Est-on d'accord?

    Des voix: D'accord.

+-

    M. John Herron: Monsieur le Président, mon recours au Règlement sera plus simple. Plus tôt aujourd'hui, en réponse à ma question, le ministre de la Défense nationale a cité un document bien précis. Je demande au ministre de mettre ce document à la disposition des députés en le déposant à la Chambre.

+-

    Le Président: Nous devrons évidemment attendre que le ministre soit ici pour savoir s'il accepte de déposer le document. Je suis persuadé qu'on prendra bonne note du recours au Règlement du député et que le ministre y répondra sûrement en temps opportun.


+-INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

*   *   *

  +-(1615)  

[Français]

+-Loi sur la Bibliothèque et les Archives du Canada

    La Chambre reprend l'étude de la motion: Que le projet de loi C-36, Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada, modifiant la Loi sur le droit d'auteur et modifiant certaines lois en conséquence, soit maintenant lu une deuxième fois et renvoyé à un comité.

+-

    Mme Christiane Gagnon (Québec, BQ): Monsieur le Président, je continue le discours que je prononçais avant la période des questions orales sur le projet de loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada. C'est un projet de loi qui comporte plusieurs enjeux, tel que je l'expliquais avant la période des questions orales.

    Nous, du Bloc québécois, ne donnerons pas notre accord quant aux perspectives qu'offre ce projet de loi.

    Cette institution remplace la Bibliothèque nationale et les Archives du Canada et adopte le nom de Bibliothèque et Archives du Canada. Donc, on change le nom et on fait une fusion. Il est difficile de s'opposer au nom, et on n'a pas de problème avec celui-ci. Les problèmes surviennent un peu plus loin.

    La communauté des bibliothèques, notamment l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation, qu'on appelle l'ASTED, demeure également plutôt tiède à l'idée d'une fusion de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Canada parce qu'elle juge que les deux organisations ont deux missions totalement opposées. La Bibliothèque nationale dessert davantage les bibliothèques et provisoirement les gens, alors que les Archives ont plutôt comme mission la conservation du patrimoine documentaire. Le Bloc québécois estime aussi qu'il est très difficile de concilier les missions de la Bibliothèque et des Archives parce qu'elles ont des buts et des objectifs différents.

    J'ai reçu plusieurs lettres des différentes bibliothèques au Québec qui m'ont fait part de leurs bémols quant à cette perspective de fusion. Être bibliothécaire et archiviste demande des formations très différentes. La fusion des deux organismes risque de créer quelques problèmes. Le Bloc québécois croit plutôt qu'il devrait y avoir une étude plus approfondie avant même d'avoir déposé un projet de loi.

    Un autre irritant, c'est le poste d'administrateur général de Bibliothèque et Archives du Canada qui est prévu pour faire l'administration de l'organisme. Il sera placé sous l'autorité de la ministre du Patrimoine canadien, tandis que le directeur général aura le titre de bibliothécaire et archiviste du Canada et sera nommé par le gouverneur en conseil.

    Ce que nous aurions aimé, c'est quelque chose comme dans la Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec, où on est quand même allés beaucoup plus loin quant à la nomination d'un comité qui appuierait l'administrateur. Il y a cinq personnes qui étaient aussi nommées par le gouvernement en vertu de la recommandation de la ministre de la Culture et des Communications. Mais après consultation du milieu des bibliothèques et de celui de l'édition ainsi que des associations d'écrivains et universités, trois de ces personnes devaient être des bibliothécaires. Parmi ces derniers, l'un devait être spécialisé dans le domaine de la conservation, un autre dans le domaine de la fusion et deux personnes devaient être nommées par la ville de Montréal. En plus, on avait prévu que deux usagers de la Bibliothèque, dont un est résidant de la ville de Montréal, soient élus à la majorité des voix exprimées par leurs pairs selon les règlements de la Bibliothèque.

    Après la nomination de l'administrateur général, on a aussi prévu un comité, mais il n'y a pas toutes ces balises qui permettraient de penser qu'il y aurait un comité qui serait plus transparent et qui ne relèverait pas nécessairement des autorités politiques. Donc, on voit comment, pour ce qui est du pouvoir politique et des institutions, c'est une tendance du gouvernement libéral de vouloir mêler ces deux aspects sans avoir des chiens de garde pour protéger l'intégrité et la transparence.

    Dans d'autres dossiers, on a vu comment cela est facile, quand on relève directement d'un ministre, puisqu'il n'y a pas toutes ces balises pour permettre plus d'indépendance. À Radio-Canada, on voit comment le conseil d'administration est formé et comment, avec la politique et l'administration, une institution qu'on devrait penser indépendante ne l'est pas totalement, ce qui souvent ne donne pas les résultats escomptés. C'est dommage.

    Encore là, dans le projet de loi, on a voulu amener cette direction qui est un peu trop près du pouvoir à notre goût et qui ne donnera pas la marge de manoeuvre qu'il faut avoir dans ce type d'institutions.

    Un pouvoir additionnel est conféré à l'administrateur général. Il pourra intervenir et demander le transfert des documents du gouvernement du Canada ou d'autres bibliothèques s'il estime que ceux-ci risquent d'être endommagés ou détruits.

  +-(1620)  

    Le Bloc québécois voudrait obtenir plus d'informations sur ces pouvoirs additionnels. Dans le projet de loi, on est muet à ce sujet. Le bibliothécaire et archiviste du Canada sera-t-il en droit d'exiger le rapatriement de tout document qu'il juge à risque et qu'est-ce que cela comporte? On n'en sait pas assez pour pouvoir mieux évaluer l'orientation de ce projet de loi.

    Au sujet du pouvoir politique et des institutions, il faut rester prudent. Qui sera chargé d'évaluer les documents? Le bibliothécaire et archiviste du Canada ne devrait peut-être pas posséder les pleins pouvoirs par crainte d'abus. Le Bloc québécois va travailler afin que le pouvoir additionnel du bibliothécaire et archiviste du Canada soit conforme aux fonctions des diverses bibliothèques à travers le Canada.

    La mission du bibliothécaire et archiviste du Canada, tout comme celle de la nouvelle institution regroupant la Bibliothèque nationale et les Archives nationales, est élargie afin d'y intégrer la compréhension et la promotion du patrimoine documentaire du Canada. Et c'est là qu'il faut être plus respectueux de ce qui se passe au Canada.

    Je connais la phobie de la ministre du Patrimoine canadien et de ce ministère du Patrimoine canadien, celle de vouloir avoir un Canada «coast to coast», le «building nation», sans nuances, où l'histoire est à sens unique et pas respectueuse de ce qui se passe ailleurs. Cela comporte des aspects et des orientations que nous ne pouvons pas appuyer.

    Le Bloc québécois juge que la mission du bibliothécaire et archiviste du Canada ne devrait en aucun cas être politisée. Avec l'intégration de la promotion du patrimoine à ses fonctions, le poste de bibliothécaire et archiviste du Canada se transforme en nomination politique, ce qui es contraire à la mission première de Bibliothèque et Archives du Canada.

    C'est pourquoi, dans la Loi nationale du Québec, il a été question de plus de transparence quant aux différentes nominations, quant aux différents choix de gens qui vont composer le comité de la Bibliothèque nationale du Québec. Le Bloc québécois exige donc que l'on retire tout renvoi à la compréhension et à la promotion du patrimoine comme faisant partie de la mission du bibliothécaire et archiviste du Canada.

    Il se passe la même chose dans le mandat de Radio-Canada; on est obligé de référer à cette notion d'unité canadienne qui, dans un sens, pourrait contraindre certains journalistes à ne pas pouvoir parler de façon libre de ce qui se passe sur le terrain, à cause de cette dynamique, de cette orientation de «nation coast to coast».

    Ce que nous voulons, c'est le maintien des pouvoirs et des responsabilités déjà accordés aux Archives nationales ou à la Bibliothèque nationale de par leurs lois respectives. Le mandat de la nouvelle agence se verra élargi pour inclure l'interprétation de notre histoire, référant ainsi à l'histoire canadienne.

    Le communiqué de la ministre du Patrimoine canadien affirme que le projet de loi aura pour mission de sensibiliser davantage les Canadiens et les Canadiennes à leur histoire et à leur culture. Pour quelles raisons le gouvernement voudrait-il élargir le mandat des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale, de manière à y inclure l'interprétation de l'histoire du Canada?

    À titre d'exemple, selon l'université et la province choisies par un étudiant, l'enseignement de l'histoire du Canada peut être extrêmement différent. Il existe mille et une façons d'interpréter l'histoire du Canada. En tout cas, selon le point de vue que l'on veut bien observer et selon ce qu'une nation, comme le Québec, a pu vivre, la perception des évènements peut être très différente.

    Bibliothèque et Archives du Canada ne peut décider d'utiliser sa propre interprétation de l'histoire du Canada afin d'en faire la promotion et tenter de convaincre la population de la valeur historique de sa version. Donc, le mandat de Bibliothèque et Archives du Canada est de rendre l'information historique disponible, et non d'en faire sa propre version pour ensuite la propager à travers le Canada en tant qu'outil de propagande.

    Je pense qu'il faut être quand même prudent. Il faut avoir plutôt cette pensée d'élargir le débat et de permettre que les différentes interprétations de l'histoire du Canada soient permises au sein du Canada et arrêter de toujours vouloir faire une identification «coast to coast», qui soit pareille de l'Île-du-Prince-Édouard à la Colombie-Britannique.

  +-(1625)  

    Je le sais parce qu'au Comité permanent du patrimoine, nous avons voyagé partout au Canada. Il y a plusieurs réalités au Canada, et c'est pour cela que Terre-Neuve veut reprendre un champ de compétence. C'est aussi pour cela qu'au Québec, cela a évolué dans le sens où les intérêts du Québec sont souvent menacés par toutes sortes d'interprétations qu'on fait au nom de l'unité canadienne.

    Ainsi, de vouloir que la nouvelle agence que sera Bibliothèque et Archives du Canada interprète l'histoire pour qu'elle soit mieux comprise par les Canadiens dénote beaucoup d'arrogance de la part du gouvernement fédéral et aura surtout une saveur politique. Le Bloc québécois estime que le mandat élargi de la nouvelle institution ne fait que poursuivre des objectifs de propagande pour l'unité canadienne. Le nouveau mandat vient à l'encontre des objectifs de neutralité qu'a toujours recherchés la Bibliothèque et les Archives du Canada.

    Le gouvernement cherche à imposer sa propre vision de l'histoire canadienne. Le Bloc québécois fera tout ce qu'il peut pour conserver la réputation exceptionnelle qu'ont toujours eue la Bibliothèque et les Archives du Canada.

    Le Bloc québécois exige qu'on retire du mandat de Bibliothèque et Archives du Canada toute référence à l'interprétation de l'histoire du Canada. C'est une notion qui a pour but la construction, comme je le disais, d'un «nation building» à la Trudeau et la recherche d'un sentiment d'appartenance à une seule version de l'histoire du Canada.

    Il y a un autre irritant, soit la création d'un comité consultatif dont les membres seront nommés par la ministre du Patrimoine canadien.

    Ainsi, je le disais tout à l'heure, on avait procédé autrement quand on a institué la Loi sur la Bibliothèque nationale du Québec. Le comité consultatif conseillera le responsable de la nouvelle agence en ce qui a trait à la promotion et à l'accessibilité du patrimoine documentaire du Canada.

    C'est un rôle excessivement important; il demande une transparence et une liberté d'action. À cause de cette façon de procéder, nous avons des raisons de croire que le ministère du Patrimoine canadien, avec sa vision de l'unité canadienne, pourra intervenir auprès de ce comité et entraver certaines pensées inhérentes à celui-ci. Le rôle du comité est de conseiller le bibliothécaire et archiviste du Canada, de faire connaître le patrimoine documentaire aux Canadiens et à quiconque possède des intérêts au Canada. Il doit aussi faciliter l'accès au patrimoine canadien. Les membres du comités consultatifs seront encore nommés par la ministre du Patrimoine canadien.

    Pour nous, il est inacceptable que les membres du comité soient choisis par la ministre du Patrimoine canadien, surtout avec le mandat qu'aura la nouvelle agence Bibliothèque et Archives du Canada. Elle aura comme superviseur le ou la ministre du Patrimoine, selon celui ou celle qui en aura la responsabilité au moment où la loi entrera en vigueur.

    En donnant comme mandat au comité de promouvoir l'histoire et le patrimoine, on constate indéniablement un manque de neutralité. On le dénonce aussi auprès des institutions fédérales qui relèvent des ministres et qui ont ce genre de dynamique. Radio-Canada en est un exemple patent. Si l'on ajoute à cela que les membres du comité sont nommés par le ou la ministre, comment peut-on tenter de convaincre la population de l'indépendance de ce comité?

    Les institutions de Bibliothèque et Archives du Canada deviennent alors politisées ou pourraient en tout cas être influencées politiquement puisque la ministre du Patrimoine canadien a le pouvoir de nommer qui elle veut comme conseillers. Il aurait mieux valu de permettre une plus grande transparence en nommant des gens qui venaient du milieu et aussi des personnes qui venaient de l'extérieur, des citoyens ordinaires qui auraient pu siéger à ce comité.

    Le Bloc québécois estime que la création d'un comité consultatif, qui aurait pour mandat la promotion de l'histoire du Canada est pour nous inutile puisque c'est contraire à son mandat historique. Un nouveau pouvoir visant à préserver le patrimoine du Canada sur Internet—c'est un autre aspect du projet de loi—est attribué au bibliothécaire et archiviste.

    Je ne crois pas que le Bloc québécois évalue que cette nouvelle façon de recueillir de l'information est innovatrice et qu'elle démontre une compréhension profonde des nouvelles sources d'information. Toutefois, on semble vouloir tout mêler dans le projet de loi qui est aujourd'hui à l'étude. C'est dommage parce que le Bloc aurait aimé appuyer certains aspects de la loi, dont ce nouveau pouvoir visant à préserver le patrimoine documentaire du Canada sur Internet. On ne peut pas être contre cela.

    On sera tout de même contre le projet de loi parce que nous nous opposons au principe d'un autre aspect du projet de loi. Parce qu'on veut mêler et mettre toutes sortes d'enjeux dans un projet de loi comme celui-ci, le Bloc québécois ne pourra pas y donner son appui. C'est malheureux et j'étais très bouleversée de devoir dire non. On ne donnera pas notre appui à ce projet de loi, bien que certains aspects de la loi m'intéressaient et que je trouvais tout à fait rafraîchissant de voir que l'on s'adaptait aux nouvelles technologies.

  +-(1630)  

    Un autre aspect est que le contexte entourant les modifications à la Loi sur le droit d'auteur est modifié afin que les oeuvres non publiées d'auteurs décédés avant 1949 bénéficient d'un délai de protection plus long.

    En 1997, des modifications substantielles avaient été apportées par l'entremise d'un projet de loi qu'on nommait C-32. Avant ces modifications, les auteurs d'oeuvres non publiées jouissaient d'une protection perpétuelle du droit d'auteur. Les modifications du projet de loi C-32 ont été très controversées. Des historiens, des universitaires, des archivistes, des généalogistes ont exercé énormément de pressions pour demander le raccourcissement de la période de transition afin que les documents d'archives plus anciens tombent dans le domaine public plus rapidement.

    Ceux dont les intérêts étaient compris, les héritiers d'auteurs dont les oeuvres non publiées tomberaient bientôt dans le domaine public, se sont lancés dans une campagne pour prolonger la période de protection pour les oeuvres non publiées afin de donner plus de temps aux héritiers.

    Nous étions pour cette modification de l'article 7 de la Loi sur le loi d'auteur. La modification qui touche le paragraphe 7(4) aurait pour effet de préserver la protection du droit d'auteur jusqu'au 31 décembre 2003 dans le cas des oeuvres non publiées des auteurs décédés avant le 1er janvier 1930. Nouveau dans le projet de loi, le paragraphe 7(5) dicte que lorsque l'auteur est décédé avant le 31 décembre 1929 et avant le 1er janvier 1949, ses oeuvres non publiées bénéficieraient de la protection du droit d'auteur jusqu'au 31 décembre 2017. Dans les deux cas, les oeuvres non publiées qui seraient publiées avant l'expiration de leur protection seraient alors protégées par une autre période de 20 ans suite à la date de la publication.

    Nous sommes en faveur de ces modifications qui permettent une protection plus longue du droit d'auteur afin que les héritiers puissent publier des oeuvres qui, jusque là, ne l'avaient pas été. De plus, si une oeuvre est publiée dans les délais, le droit d'auteur est prolongé de 20 ans. C'est une mesure qui est jugée bonne par le Bloc québécois. Mais encore là, on a encore voulu tout mélanger et on veut trouver les moyens de faire plus de propagande. C'est dommage parce que le Bloc québécois ne pourra pas donner l'aval à ce projet de loi.

    Autre aspect de la loi, le Programme des services de dépôt, qui s'appelle le PSD, a été fondé en 1927 dans le but de fournir des documents gouvernementaux à des bibliothèques. Il voit à ce que la population du Canada ait un accès immédiat et égal à l'information diffusée par le gouvernement du Canada en fournissant ces documents à un réseau de plus de 790 bibliothèques et quelque 147 établissements dans le monde qui ont des collections de publications du gouvernement du Canada.

    En septembre 2002, ce service a été fusionné avec d'autres opérations d'édition de Communication Canada, et est administré par Communication Canada sans toutefois qu'aucune consultation n'ait été menée auprès du public. Une inquiétude grandissante s'est manifestée face à l'instabilité du programme au cours de ces dernières années. Communication Canada avait accepté, en novembre 2002, d'aborder la question. J'essaie de donner un peu l'historique sur comment on veut procéder aussi à un changement.

    C'est alors que des discussions ont débuté sur une recommandation des membres de la communauté des bibliothèques, soit de transférer les programmes de dépôt dans les bibliothèques à la Bibliothèque et aux Archives. Bien que le gouvernement fédéral semble ouvert à cette proposition, on a cessé de communiquer avec les communautés des bibliothèques, si bien qu'aucune information n'a filtré des discussions entre les organismes gouvernementaux.

    Le Bloc québécois estime que le gouvernement devrait mettre fin à son silence et discuter ouvertement avec les communautés des bibliothèques. De plus, PSD devrait être intégré à la nouvelle institution proposée par le gouvernement, et ce, le plus rapidement possible. On n'en fait pas état dans le projet de loi.

    Pour résumer, nous avons des objections sur la Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada. Le Bloc québécois demeure réticent face à Bibliothèque et Archives du Canada, puisque la communauté des bibliothèques s'est opposée au projet de loi de fusion, ce qui nous fait nous questionner sur son utilité.

    Aussi, le Bloc québécois estime que le mandat élargi de la nouvelle institution poursuit des objectifs de propagande canadienne, et que le nouveau mandat vient à l'encontre de la neutralité dont ont toujours fait preuve la Bibliothèque et les Archives du Canada. Le gouvernement fédéral veut alors imposer sa vision de l'histoire canadienne, et le Bloc québécois sait de quoi on parle quand on dit que le gouvernement fédéral veut imposer sa vision.

  +-(1635)  

    Le Bloc québécois exige également qu'on retire du mandat de Bibliothèque et Archives du Canada toute référence à l'interprétation de l'histoire du Canada, notion qui a pour but la construction d'un «nation building» à la Trudeau, et à la recherche d'un sentiment d'appartenance à une seule version dite canadienne de l'histoire du Canada.

    Donc, il est inacceptable de voir la création d'un comité consultatif choisi seulement par le premier ministre. On a encore là des bémols. Le poste de bibliothécaire et archiviste se transforme donc en nomination politique; il en est de même pour son comité.

    Le Bloc québécois est en faveur des modifications apportées à la Loi sur le droit d'auteur. C'est ce qui est le plus frustrant parce qu'on aurait aimé pouvoir scinder ce projet de loi pour les aspects non partisans et donner notre accord, par exemple, pour ce qui est de la Loi sur le droit d'auteur. Celle-ci aurait permis une protection beaucoup plus étendue du droit d'auteur, donc plus de temps pour permettre aux héritiers de publier des oeuvres qui jusque-là n'étaient pas publiées. De plus, si une oeuvre est publiée dans les délais, le droit d'auteur est prolongé de 20 ans; c'est une mesure jugée bonne par le Bloc québécois.

    Donc, la position générale face au projet de loi est qu'on encourage fortement le gouvernement fédéral à diviser le projet de loi C-36 en deux, afin que puissent être adoptées les mesures positives touchant le droit d'auteur. Le Bloc québécois juge que la partie du projet de loi portant sur la nouvelle Bibliothèque et Archives du Canada n'est que propagande de la part du gouvernement libéral. Le Bloc québécois votera donc contre si on ne va pas de l'avant en scindant ce projet de loi en deux, afin qu'une étude plus juste puisse être faite.

    J'espère qu'on tiendra compte des nuances que le Bloc a voulu apporter aujourd'hui. Nous ne sommes pas contre tout. On ne rejette pas tout le projet de loi. Mais c'est dommage, parce qu'on ne pourra pas y contribuer. On trouve que le gouvernement devrait faire un effort et comprendre les positions du Bloc québécois et d'autres intervenants dans le milieu, qui s'inquiètent aussi de ces nominations partisanes qui sont faites, que ce soit chez Radio-Canada, à la nouvelle Bibliothèque et Archives du Canada. On sait qu'il y a des nominations partisanes.

    En plus, la nomination de tout le comité sera partisane, parce qu'il sera nommé par la ministre du Patrimoine canadien. On sait comment elle peut se servir de son influence pour faire taire souvent des administrateurs au sein d'institutions qui relèvent de sa compétence. Ce n'est pas seulement chez Patrimoine canadien que cela se passe. Cela se passe aussi dans d'autres secteurs d'activités.

    Je pense avoir dit l'essence des interventions du Bloc québécois concernant ce projet de loi C-36 qui est très décevant. Comme je le disais au tout début, je rappelais que depuis la venue du Parti libéral au pouvoir, soit depuis 1993, les programmes et les projets de loi provenant de Patrimoine Canada entre autres, se ressemblent tous, parce que l'objectif est d'inculquer un sentiment d'appartenance «coast to coast».

    On sait très bien qu'on ne tient pas compte de certaines nuances. Il y a les alliancistes avec leur région. On sait très bien qu'il y a aussi certaines nuances quant au Canada et à son histoire. Au Québec, il y en a d'autres. Des historiens n'ont pas tout à fait la même vision de la naissance du Canada. On sait très bien que Mme la ministre du Patrimoine canadien aime bien minimiser, par exemple, la fondation de Québec, en rappelant qu'il y aurait eu d'autres aspects historiques.

    Je pense qu'on aurait tout avantage dans ce projet de loi à avoir une certaine ouverture et comprendre certaines facettes de l'histoire de la fondation du Québec et du Canada. On aurait pu au moins faire un pas pour essayer de mieux comprendre ce qui se dit relativement à certains historiens canadiens. À cause d'un tel mandat donné à Bibliothèque et Archives du Canada, on ne pourra pas donner notre accord.

  +-(1640)  

+-

    Le président suppléant (Mme Bakopanos): À l'ordre, s'il vous plaît! Conformément à l'article 38, je dois faire connaître à la Chambre les questions qu'elle abordera à l'heure de l'ajournement ce soir, à savoir: l'honorable députée de Winnipeg-Centre-Nord, Les institutions financières; et l'honorable députée de Renfrew—Nipissing—Pembroke, La défense nationale.

[Traduction]

+-

    Mme Wendy Lill (Dartmouth, NPD): Madame la Présidente, c'est pour moi un plaisir de parler du projet de loi C-36 et de la sagesse de la fusion entre les Archives nationales et la Bibliothèque nationale. Ces deux institutions culturelles sont d'une grande importance pour moi ainsi que pour les Canadiens et la culture canadienne.

    La première année où j'étais députée, et porte-parole de mon parti en matière de culture, on m'a demandé de participer aux consultations menées par M. John English sur ce sujet. En 1998, en vue de rédiger un mémoire à l'intention de M. English, je me suis penchée sur la situation de la bibliothèque et des archives et, franchement, ce que j'ai découvert ne m'a pas réjouie.

    Il était évident que, à la suite des importantes compressions des années 1990, les archives et la bibliothèque étaient en difficulté, voire menacées. En 1990, le crédit parlementaire destiné aux Archives nationales était de 65 millions de dollars et le crédit de la bibliothèque était de 40 millions de dollars. En 1998, le budget des deux institutions a été réduit d'un tiers mais, exprimée en dollars réels ajustés en fonction de l'inflation, cette réduction était en fait de la moitié de leur budget. Tout à coup, les archivistes ont dû décider quelles collections historiques d'importance nationale devaient prendre le chemin de la boîte bleue. Les compressions ont fait que des documents appartenant à des syndicalistes, à des chefs d'entreprise, à des politiciens, à des féministes et à des journalistes, plus l'histoire des autochtones et des récits de nouveaux Canadiens ne seront jamais accessibles aux historiens car les archives, dont la survie même était en jeu, n'acceptaient plus ces collections. Les historiens qui chercheront dans nos collections nationales les récits de nos ancêtres s'apercevront qu'il en manque.

    Certains libéraux ont dit que les compressions imposées par l'ex-ministre des Finances étaient historiques. Dans le cas des archives, je pense qu'elles ont été anti-historiques. Les archives ont pu au moins faire face aux compressions draconiennes en réduisant leurs collections, mais la bibliothèque n'a pas eu cette option étant donné la nature de son mandat. Le Parlement exige, en vertu de la loi, que la bibliothèque conserve deux exemplaires de tout document publié au Canada. Elle n'est pas libre de ses acquisitions. Nous en avons fait le dépositaire national de tous nos livres, documents et revues. La Chambre a dit que la Bibliothèque nationale était le lieu de rassemblement des écrivains, des poètes, des journalistes et d'autres muses. C'est la coordonnatrice centrale de notre formidable réseau littéraire national, nos bibliothèques publiques.

    Pour la Bibliothèque nationale, les compressions ont entraîné la détérioration des installations matérielles. Il y a eu des compressions de personnel et des fuites dans les toits; des tuyaux ont éclaté et on a dû mettre des livres neufs dans des boîtes entassées dans des entrepôts. Le plus grand ennemi du papier est l'eau. Un livre ne survit pas quand le toit fuit. Les copies papier de documents anciens ne survivent pas quand les tuyaux d'eau éclatent. Les journaux intimes anciens se désintègrent quand on les garde dans des boîtes en carton à cause du manque de place et de personnel.

    D'après les médias, il y a eu, depuis une dizaine d'années, plus de 45 incidents où les dommages causés par l'eau avaient mis en péril les collections de la Bibliothèque nationale et des archives hébergées au 395, rue Wellington. Les dommages subis ont causé la perte de plus de 25 000 ouvrages. Même les tentatives d'améliorer le complexe de la capitale au moyen de la construction d'un nouveau centre de conservation à Gatineau n'ont été qu'une solution symbolique, puisque les compressions budgétaires ont fait perdre beaucoup d'archivistes, et sans archivistes, il n'y a personne pour s'occuper des archives.

    Le rapport qu'a présenté M. English, en 2000, prônait une meilleure coordination administrative entre les deux établissements, un comité de coordination des deux institutions avec le ministère et plus de mise en commun des documents pour permettre aux clients d'accéder aux documents des deux institutions en un seul endroit. Selon lui, la collection devrait être centrée uniquement sur le contenu canadien et une fusion générale de tout, à part la direction des deux institutions, serait chose acceptable. Cependant, il s'est abstenu de recommander une fusion complète. Je vais citer son rapport. Il disait:

    Aucun mémoire émanant des principaux organismes intervenants ne recommandait la fusion des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale. Les grands services d'archives et de bibliothèque préféraient que nous distinguions encore les postes d'administrateur de la Bibliothèque nationale et celui d'archiviste national.

    Il défendait aussi fermement le point de vue selon lequel les archives devraient encore être des archives pour tous les Canadiens, recueillir des documents d'intérêt national dans tout le pays, plutôt que de n'être des archives que pour les documents du gouvernement; c'est un avis que j'appuie pleinement.

  +-(1645)  

    Les institutions ont survécu de peine et de misère pendant des années. Le financement s'est stabilisé à son niveau réduit et il n'a pas vraiment augmenté au rythme de l'inflation. La bonne nouvelle, je suppose, c'est que les libéraux ont cessé d'aggraver la situation, mais le financement n'a toujours pas été rétabli.

    Plusieurs choses intéressantes sont survenues à la bibliothèque depuis quelques années, la plus captivante ayant été la nomination de Roch Carrier à la direction de la Bibliothèque nationale. M. Carrier a réussi à rehausser l'image de la bibliothèque et à exposer les problèmes qu'elle connaît en soulignant l'importance de notre bibliothèque nationale pour notre réseau national de bibliothèques dans son ensemble.

    En 2000, dans une allocution devant le Comité du patrimoine sur l'industrie de l'édition, Roch Carrier a dit ce qui suit:

    En tant que responsable de la Bibliothèque nationale, je dois reconnaître franchement que sur certains points je n'ai pas les outils pour remplir notre mandat de conserver le patrimoine de l'édition du Canada. Un trésor national comme de vieux journaux canadiens, par exemple, est conservé dans des conditions épouvantables dans un secteur industriel d'Ottawa, où de fortes ampoules nues pendent du plafond, à quelques pieds de papiers secs et fragiles [...] C'est une catastrophe annoncée.

    Cela a amené le Comité du patrimoine à faire la recommandation 5.2:

    Le Comité recommande qu'en collaboration avec l'administrateur général de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales, le ministère du Patrimoine canadien engage sans tarder une réflexion sur l'examen des besoins d'espace et de conservation à long terme, à la fois des Archives nationales et de la Bibliothèque nationale.

    Malheureusement, on n'a pas donné suite à cette recommandation vieille de trois ans. Le sous-financement perdure, aucun nouvel immeuble n'a été construit et le projet de loi à l'étude propose une fusion en bonne et due forme. Le projet de loi C-36 indique que la fusion n'est pas un exercice de réduction des coûts, mais compte tenu du bilan du gouvernement, il y a lieu d'en douter. Je n'ai pas d'objection de principe à la fusion des deux institutions. Je crois même qu'il serait bon d'envisager une fusion de notre précieuse Bibliothèque du Parlement avec la nouvelle institution que constitueront la bibliothèque et les archives du Canada; cela contribuerait à accroître la capacité de la nouvelle institution, et les parlementaires auraient plus facilement accès aux ressources plus abondantes de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales.

    Je ne m'oppose pas au principe du projet de loi C-36, mais au fait qu'il ne résout pas les problèmes les plus flagrants et les plus anciens auxquels sont confrontés ces deux importantes institutions, à savoir leur financement et leur mandat.

    Je suis disposée à donner mon appui de principe au projet de loi, mais je préviens le gouvernement que notre appui dépendra de l'examen des questions suivantes à l'étape de l'étude en comité: que la protection de la collection des archives et de la bibliothèque soit la grande priorité lors de l'examen du financement et du mandat; qu'aucun des employés actuels ne perde son emploi en raison de la fusion; que le remplacement du toit de l'édifice situé au 395 Wellington ne constitue que la première étape des travaux de modernisation et de remplacement; que les plans de modernisation et de remplacement soient soumis au comité pendant l'étude du projet de loi; et que la possibilité à long terme d'inclure la Bibliothèque du Parlement dans une institution de recherche et d'archivage réelle et complète concernant l'histoire du pays soit envisagée.

    J'espère que, dans le cadre de l'étude du projet de loi C-36, le Comité du patrimoine examinera sérieusement certains de ces importants facteurs, et que nous aurons la possibilité de discuter de ces importantes institutions. Je préviens le gouvernement que je retirerai mon fragile appui au projet de loi si je constate que la seule raison d'être de cette mesure est de perpétuer la politique libérale de négligence à l'égard de nos archives culturelles.

  +-(1650)  

+-

    Mme Carole-Marie Allard (secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Lib.): Madame la Présidente, je voudrais demander à ma collègue si elle voit de grands avantages à la création de ce nouvel organisme.

+-

    Mme Wendy Lill: Madame la Présidente, j'y vois en fait de très gros avantages, à la condition qu'il dispose des ressources voulues. La Bibliothèque du Congrès des États-Unis est l'une des plus grandes institutions dans le monde et elle représente le meilleur modèle de fusion qui soit. Si nous tenons véritablement à renforcer nos institutions, j'estime que ce modèle est celui que nous devrions envisager.

+-

    M. Larry Bagnell (Yukon, Lib.): Monsieur le Président, je présume que la députée apprécierait les 15 millions de dollars complémentaires que nous avons affectés pour la création d'espaces d'entreposage et la réparation du toit. La députée pourrait nous donner son avis sur cette nouvelle fonction consistant à faire connaître le patrimoine canadien. N'y voit-elle pas un élément positif que l'on ajoute à ce nouvel organisme?

+-

    Mme Wendy Lill: Je voudrais parler des fonds qui ont été consacrés aux travaux de réfection. Ils sont insuffisants. Je fais partie du Comité de la Bibliothèque du Parlement. L'autre jour, on nous a fait le point sur les travaux de construction en cours à la bibliothèque. Nous avons parlé franchement des énormes difficultés persistantes que connaît la bibliothèque nationale et du fait que ces organismes ont tous la même mission, préserver le patrimoine national. Aucun de ces bibliothécaires ou archivistes n'apprécie que leur organisation soeur éprouve autant de difficultés. Je ne manquerai jamais d'appuyer la moindre initiative visant à faire connaître notre culture et à intéresser les Canadiens à leur patrimoine, et je me batterai pour qu'on en prenne davantage.

+-

    M. Gerald Keddy (South Shore, PC): Madame la Présidente, je suis ravi d'intervenir au nom du Parti progressiste-conservateur du Canada au sujet du projet de loi C-36, Loi constituant Bibliothèque et Archives du Canada, modifiant la Loi sur le droit d'auteur et modifiant certaines lois en conséquence.

    Il est important de souligner que l'institution Bibliothèque et Archives du Canada proposée aurait exactement le même statut juridique qu'ont actuellement la Bibliothèque nationale et les Archives nationales du Canada. Le projet de loi vise à regrouper ces deux entités en un seul organisme qui relèverait du ministère du Patrimoine canadien.

    La création de Bibliothèque et Archives du Canada relèverait du bibliothécaire et archiviste du Canada et rendrait des comptes au ministre du Patrimoine canadien, tel que prévu à l'annexe I.1 de la Loi sur la gestion des finances publiques.

    Plus important, tous les employés de la Bibliothèque nationale et des Archives nationales du Canada conserveraient leur statut actuel de fonctionnaires au sens de la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique. La députée de Dartmouth a soulevé cette question, mais cette partie du projet de loi lui a peut-être échappé lorsqu'elle l'a lu.

    Il est important de souligner que cette loi moderniserait les fonctions et pouvoirs actuels des deux établissements, utiliserait une nouvelle formulation neutre sur le plan technologique lorsque c'est possible et harmoniserait des activités qui étaient auparavant menées individuellement par les deux établissements.

    Le bibliothécaire et archiviste du Canada, en sa qualité de dirigeant de la nouvelle institution, bénéficierait de pouvoirs accrus lui permettant d'intervenir et de demander le transfert de dossiers créés par le gouvernement du Canada, lorsque ceux-ci risquent d'être endommagés sérieusement ou détruits. Nous avons été témoins à maintes reprises dans le passé de cas où des dossiers et des documents faisant partie des archives ont été détruits en raison de la négligence du gouvernement.

    Le titulaire du poste aurait le rang et les pouvoirs d'administrateur général de ministère. Il serait nommé à titre amovible par le gouverneur en conseil comme c'est le cas actuellement de l'archiviste national et du bibliothécaire national.

    Le projet de loi C-36 prévoit la création d'un conseil consultatif chargé de conseiller l'administrateur général sur la façon de faire connaître le patrimoine documentaire aux Canadiens et à quiconque s'intéresse au Canada, et de le rendre accessible.

    Tous les députés comprennent l'importance de l'histoire, de la tradition et du patrimoine. C'est dans cette veine que le projet de loi C-36 et l'établissement d'un conseil consultatif nous aideraient à avoir plus facilement accès au patrimoine documentaire du Canada et à mieux le comprendre.

    Certains se demanderont pourquoi il faut constituer un comité consultatif pour atteindre cet objectif. Le mandat de Bibliothèque et Archives du Canada serait de faire mieux connaître le patrimoine du Canada que ne le faisaient les Archives nationales et la Bibliothèque nationale en vertu de leurs mandats respectifs. La nouvelle Bibliothèque et Archives du Canada n'aurait pas pour seule fonction d'assurer à tous les Canadiens l'accès à leur patrimoine; elle ferait connaître et rendrait accessible le vaste et divers patrimoine documentaire du Canada.

    Il serait plus facile d'assumer ce rôle enrichi avec l'aide d'un comité consultatif indépendant possédant les connaissances et les compétences pertinentes et reflétant la diversité du Canada.

    Ce projet de loi protégerait les oeuvres non publiées des auteurs. En vertu des modifications proposées dans le projet de loi C-36 les oeuvres non publiées des auteurs décédés avant 1999 seraient protégées plus longtemps. La période de protection varierait évidemment selon la date du décès de l'auteur et la date de publication de l'oeuvre. Cependant, le Parti progressiste-conservateur du Canada salue et appuie fermement cette initiative.

    Ceux qui suivent le débat aujourd'hui se demandent peut-être pourquoi les documents fédéraux seraient transférés à Bibliothèque et Archives du Canada. Il faut souligner que l'actuel archiviste national a le pouvoir de déterminer quels documents ont une valeur historique ou archivistique et que l'administrateur général de la nouvelle institution aurait ce même pouvoir.

  +-(1655)  

    Pour ce qui est des pouvoirs de transfert des documents fédéraux, l'administrateur général aurait le droit de transférer des documents à valeur historique ou archivistique qu'il jugerait en danger d'être endommagés ou détruits. Cela comblerait une lacune dans la Loi sur les Archives nationales du Canada. Pour remplir le mandat qui lui est confié par la loi, à savoir protéger le patrimoine documentaire du Canada, l'administrateur général doit avoir le pouvoir d'intervenir lorsque d'importants documents fédéraux risquent d'être endommagés ou détruits car il doit assurer leur protection à long terme. Le projet de loi C-36 lui donnerait ce pouvoir.

    Plus tôt, j'ai fait allusion aux changements qui seraient apportés à la Loi sur le droit d'auteur pour que la création de Bibliothèque et Archives du Canada soit possible. Les députés se souviendront que, en 1997, le projet de loi C-32 avait modifié sensiblement l'article 7 de la Loi sur le droit d'auteur qui, avant cette modification, assurait que les oeuvres non publiées étaient protégées à perpétuité par le droit d'auteur. Cette modification avait suscité de multiples controverses, de sorte que le gouvernement avait fini par réduire les périodes transitoires.

    Brièvement, le projet de loi C-36 prévoit la modification de l'article 7 de la Loi sur le droit d'auteur en vue d'accroître la durée de protection pour les oeuvres non publiées d'auteurs canadiens décédés entre 1929 et 1949. Cette période devrait être étendue jusqu'en 2017 plutôt que de se terminer en décembre 2003. Une telle mesure permettrait aux héritiers de ces auteurs de publier des oeuvres qui ne l'ont jamais été. Toutes les oeuvres qui n'auront pas été publiées à la fin de cette nouvelle période de 14 ans feraient alors partie du domaine public. Les oeuvres publiées pendant cette période auraient alors droit à la protection de la Loi sur le droit d'auteur pendant 20 ans à partir de la date de publication.

    De plus, l'article 30.21 serait modifié pour faire disparaître la condition voulant que les archivistes tiennent un registre des personnes ayant accès à une oeuvre non publiée pour laquelle la protection du droit d'auteur n'est pas expirée s'ils ne réussissent pas à trouver le titulaire du droit d'auteur. Cela ferait disparaître une disposition lourde à administrer et qui entraîne des répercussions financières particulièrement difficiles pour les plus petites archives qui ne disposent que de ressources restreintes. Dans l'ensemble, la Loi sur le droit d'auteur est conçue pour fournir un juste équilibre entre la protection des droits des créateurs et l'intérêt pour la société que présente la diffusion de leur oeuvre.

    Aux termes de ce projet de loi, Bibliothèque et Archives du Canada continuerait de rendre ses vastes collections accessibles, sous réserve des critères de la Loi sur le droit d'auteur, comme le faisaient les Archives nationales et la Bibliothèque nationale. Il est important de souligner qu'il n'y a pas de contradiction ou de divergence entre le mandat de Bibliothèque et Archives du Canada et la Loi sur le droit d'auteur qui cherchent tous deux à atteindre des objectifs complémentaires. Bibliothèque et Archives du Canada continuerait d'utiliser les pratiques permises aux termes de la Loi sur le droit d'auteur, en vue de préserver le patrimoine documentaire du Canada qui faisait autrefois partie de la collection permanente de la bibliothèque et des archives du Canada.

    Enfin, j'aimerais soulever un autre point avant de terminer mes remarques sur ce projet de loi. Il est clair que le but de la nouvelle Bibliothèque et Archives du Canada serait de recueillir et de préserver les dossiers importants pour le gouvernement du Canada. Aux termes de cette nouvelle mesure législative, Bibliothèque et Archives du Canada continuerait de recueillir et de documenter le patrimoine documentaire selon les méthodes autrefois distinctes des Archives na