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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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39e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 015

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 13 novembre 2007





CANADA

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 142 
l
NUMÉRO 015 
l
2e SESSION 
l
39e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 13 novembre 2007

Présidence de l'honorable Peter Milliken

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière


  (1005)  

[Français]

Recours au Règlement

Les travaux des subsides 

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, j'invoque votre pouvoir de décision en vertu de l'alinéa 81(14)b) du Règlement de la Chambre, qui stipule:
    Lorsqu'il a été donné préavis de deux motions ou plus, par des députés de l'opposition, en vue de leur étude un jour désigné, le Président est autorisé à déterminer laquelle des motions proposées aura priorité ce jour-là.
    Le Marleau et Montpetit, à la page 725, nous donne un aperçu des critères qui ont été appliqués par le passé pour guider la présidence dans son choix. Je cite ce paragraphe de la page 725:
[...] il tiendra habituellement compte des facteurs suivants: la représentation des partis à la Chambre, le nombre de motions parrainées par les divers partis jusqu’à maintenant, une certaine équité à l’égard des petits partis, la date de l’avis, le parrain de la motion, le sujet de celle-ci, son caractère votable ou non, et les ententes conclues par les partis au cours des dernières périodes de subsides.
    À mon avis, monsieur le Président, si vous examinez l'ensemble de ces critères, vous en viendrez à la conclusion que la journée de l'opposition d'aujourd'hui doit être attribuée au Bloc québécois. Je me permets d'expliquer plus en détail les raisons qui, à notre sens, plaident en faveur de cela.
    À mon avis, dans la situation actuelle, plusieurs des critères énumérés plus haut sont indissociables.
    Examinons donc ensemble les critères suivants: la représentation des partis à la Chambre, le nombre de motions parrainées par les divers partis jusqu'à maintenant et les ententes conclues entre les partis au cours des dernières périodes de subsides.
    En ce qui concerne la représentation des partis à la Chambre, précisons d'abord que le Bloc québécois représente, à l'heure actuelle, 28 p. 100 des députés des partis d'opposition et que le NPD représente 17,14 p. 100 de ceux-ci.
    Le paragraphe 81(10) du Règlement nous indique clairement que les calculs relatifs aux journées de l'opposition doivent se faire sur la base d'une année civile.
    De plus, dans les négociations qui ont eu cours entre les partis d'opposition au cours des dernières années, le calcul du nombre de journées de l'opposition par parti s'est toujours fait sur une base annuelle et respectait rigoureusement la répartition des partis à la Chambre.
    Or, il est important de tenir compte de ce critère. En effet, dans une décision rendue le 31 mai 1984, la présidence s'exprimait ainsi:
    La présidence doit faire son choix en se fondant sur les instances que lui présentent les partis représentés à la Chambre et aussi sur ce qui s'est passé, du consentement des partis en cause, en cours des périodes de subsides qui ont précédé immédiatement la période en cause.
    En raison de la prorogation de la Chambre, il y aura, au cours de l'année civile 2007, 20 journées de l'opposition à la place des 22 initialement prévues. Si nous répartissons ces journées en fonction de la représentativité des partis d'opposition, nous arrivons à un total de 11 pour les libéraux, 6 pour le Bloc québécois et 3 pour le NPD.
    À ce jour, les libéraux ont obtenu 10 journées de l'opposition, le Bloc en a obtenu 5 et le NPD en a obtenu 3. En conséquence, les deux dernières journées de l'opposition devraient être attribuées, selon nous, au Bloc québécois et au Parti libéral.
    Donner la prochaine journée de l'opposition au NPD ferait en sorte que, pour l'année 2007, ce dernier aurait droit à 20 p. 100 des journées de l'opposition alors qu'il représente 17,14 p. 100 de la députation des partis d'opposition, et le Bloc québécois aurait droit, lui, à 25 p. 100 des journées de l'opposition alors qu'il représente 28 p. 100 des députés des partis d'opposition. Il y aurait entre les deux partis un écart de 5 p. 100 quant au nombre de journées de l'opposition alors que l'écart de représentation est de 11 p. 100.
    Permettez-moi une dernière remarque quant aux conventions mathématiques. À la suite des négociations qui ont eu lieu au début de la 39e législature, le Bloc québécois et le Parti libéral ont accepté de bonne grâce d'accorder une 4e journée au NPD, alors qu'en vertu de leur représentativité à la Chambre à cette époque, soit 15,93 p. 100 des députés des partis d'opposition, ils avaient droit à 3,51 journées d'opposition. C'est donc dire que le NPD a obtenu une 4e journée de l'opposition même si leur représentativité dépassait d'un centième de 1 p. 100 le seuil pour obtenir cette 4e journée.
    Dans le cas qui nous occupe, le Bloc québécois dépasse le seuil mathématique de 1 dixième de 1 p. 100, et non pas de 1 centième de 1 p. 100, soit un pourcentage dix fois plus important que celui dont a bénéficié le NPD lors des dernières négociations. Dans ces circonstances, nous sommes d'avis que ce qui a bénéficié au NPD il y a moins de deux ans devrait maintenant bénéficier au Bloc québécois.
    Cette illustration nous amène à nous pencher sur un autre des critères d'attribution des journées de l'opposition, critère qui est à la base de l'argumentaire du NPD. En effet, le Marleau et Montpetit mentionne que le Président doit faire preuve d'« une certaine équité à l’égard des petits partis ».
    Permettez-moi d'abord une remarque préliminaire. Je trouve assez ironique, de la part d'un parti qui se targue publiquement d'être la véritable opposition officielle, de rechercher de la part de la présidence une forme de protection parce qu'il est un petit parti.
    Cela étant dit, le Marleau et Montpetit parle d'une certaine forme d'équité envers les petits partis. Dans l'argumentaire qu'il vous a fait parvenir, le NPD prétend que le Bloc québécois, au même titre que le NPD, a bénéficié de cette protection accordée aux petits partis.
    Si nous achetons ce raisonnement, nous en venons à la conclusion que le NPD demande à la présidence, afin de faire preuve d'équité envers un petit parti, d'être inéquitable envers un autre parti, petit ou grand. Ce raisonnement nous apparaît hasardeux, et nous sommes d'avis qu'en aucun cas la présidence ne devrait suivre cette voie.

  (1010)  

    Finalement, examinons la dernière série de critères. Je rappelle que ces critères se lisent comme suit: la date de l'avis, le parrain de la motion, le sujet de celle-ci et son caractère votable ou non. Certains de ces critères ne viennent rien ajouter à la situation actuelle. Les deux motions sont votables. Elles sont présentées par deux députés. Elles ont été déposées la même journée, bien que celle du Bloc québécois ait été déposée plus tôt dans la journée. Il reste donc un élément majeur: le sujet, et je terminerai là-dessus.
    Permettez-moi d'insister sur ce point qui, à mon avis, revêt une importance primordiale. Alors que la motion du NPD est intemporelle, celle du Bloc québécois présente un caractère d'urgence. En raison de la concurrence étrangère, la situation de l'industrie manufacturière est très précaire depuis déjà un certain temps. On le sait. Or, à cause de la récente hausse du dollar canadien et de la montée du prix de l'énergie, des milliers de travailleuses, de travailleurs et d'entreprises sont extrêmement inquiets des potentielles répercussions sur eux. Ces travailleuses, ces travailleurs et les entreprises pour lesquelles ceux-ci travaillent s'attendent à ce que leurs élus se préoccupent de leur situation et agissent sans tarder.
    Si la motion du NPD peut représenter un certain intérêt pour certaines personnes, le Bloc québécois est d'avis que les travailleuses et les travailleurs touchés par la crise des secteurs manufacturier et forestier sont davantage préoccupés par leur gagne-pain que par l'avenir du Sénat.
    C'est pour toutes ces raisons que le Bloc québécois est d'avis que la Chambre devrait débattre de la motion présentée par la députée de Trois-Rivières au cours de la présente journée d'opposition.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je vous remercie de me donner l'occasion de dire quelques mots sur ce rappel au Règlement.
    Premièrement, il est regrettable que nous soyons contraints aujourd'hui de vous demander de trancher en ce qui concerne ce jour désigné. Comme les deux partis n'ont malheureusement pas réussi à s'entendre, nous demandons à la présidence de rendre une décision impartiale sur cette question et nous vous remercions de vous pencher sur cette dernière.
    Comme vous le savez, le NPD a fait valoir ses arguments à la présidence dans une longue lettre datée du 1er novembre. Je reconnais la valeur des arguments mis en avant par mon collègue, le leader du Bloc québécois à la Chambre. Je comprends sa position et je sais qu'il souhaite que la journée de l'opposition d'aujourd'hui soit attribuée à son parti. Je crois cependant qu'il existe de très solides arguments pour que la présidence décide d'attribuer au NPD la journée de l'opposition d'aujourd'hui.
    Le Bloc s'est essentiellement fondé sur des critères mathématiques eu égard à la représentation à la Chambre. Nous croyons, quant à nous, que tous les partis doivent subir une partie des contretemps découlant des jours désignés perdus en raison de la prorogation, à la condition que cela soit raisonnable. Le Bloc soutient que seuls les libéraux et les néo-démocrates devraient perdre un jour désigné. Nous croyons que cela n'est ni juste ni correct.
    Le Bloc se fonde surtout sur des critères mathématiques concernant la représentation. Il soutient que le quatrième jour désigné du cycle devrait lui être attribué puisqu'il dépasse le seuil de représentativité dans une mesure de 0,1, alors que le NPD, de son côté, se trouve sous le seuil dans une mesure de 0,08. Comme vous pouvez le constater, monsieur le Président, mathématiquement, il n'y a pratiquement aucune différence.
    J'aimerais préciser que nous ne croyons pas que vous devriez prendre une décision seulement en fonction de facteurs mathématiques relatifs à la représentation. Évidemment, il est question ici d'équité envers les petits partis et, en fait, comme le Bloc lui-même vous l'a signalé et comme nous l'avons indiqué dans notre lettre, le Marleau et Montpetit énonce, à la page 725, les critères qui doivent guider la présidence dans son choix d'une motion aux termes de l'alinéa 81(4)b) du Règlement. Il n'y a aucun doute que l'équité envers les petits partis fait partie de ces critères.
    À ce sujet, j'aimerais faire valoir que nous devrions examiner comment se manifeste l'équité envers les petits partis dans le déroulement des travaux de la Chambre. Par exemple, je dirais qu'il est très clair que la rotation des intervenants est équitable pour tous les partis. Notons que, au cours du premier tour, chaque parti est traité sur un pied d'égalité. Voilà un exemple parfait de cas où l'on accorde le même statut à chaque parti.
    Deuxièmement, regardons comment la période des questions se déroule. Là encore, même si le pourcentage de questions alloué aux différents partis correspond approximativement au nombre de députés qu'ils ont à la Chambre, on tient aussi compte du fait qu'une rotation doit être effectuée pour faire en sorte que chaque parti soit traité de façon équitable et ait la possibilité de s'exprimer, surtout au premier tour.
    Par ailleurs, monsieur le Président, j'ajouterai que votre décision de permettre à au moins un député indépendant de poser une question chaque semaine repose également sur le principe selon lequel, d'une part, les délibérations de la Chambre doivent être équitables et, d'autre part, les députés indépendants doivent avoir l'occasion de prendre la parole.
    Encore une fois, il suffit de regarder comment les ressources financières sont réparties entre chaque parti. La répartition s'effectue en fonction de l'importance de chaque parti à la Chambre, mais l'on reconnaît également que les petits partis ont besoin d'un minimum de financement pour fonctionner, peu importe le nombre de sièges qu'ils détiennent à la Chambre. C'est donc dire que même la répartition des ressources financières repose sur ce très important principe, de même que sur des critères d'équité envers les petits partis.
    Monsieur le Président, je vous demanderais de bien vouloir vous prononcer à ce sujet et de prendre en compte non seulement l'aspect mathématique de la chose, mais aussi l'importante question de l'équité envers les petits partis.

  (1015)  

    J'estime qu'il n'est pas déraisonnable de demander que chaque parti bénéficie d'au moins un jour désigné par cycle. Il s'agit même d'une requête très raisonnable, fondée sur notre proposition selon laquelle les députés de chaque parti devraient avoir la possibilité de débattre une motion au moins une fois par cycle, à l'occasion d'un jour désigné.
    Monsieur le Président, si vous vous prononcez en faveur du Bloc aujourd'hui, le NPD perdra cette occasion, et ce, à cause de ce qui est essentiellement un argument mathématique très étroit, argument qui, à notre avis, ne rend pas justice à l'esprit d'équité de la Chambre. Nous vous demandons de bien vouloir examiner ces arguments et de trancher en faveur du NPD, afin que nous puissions étudier la motion qu'il a soumise à la Chambre aujourd'hui.
    À l'ordre, s'il vous plaît. La présidence savait de toute évidence que la question serait soulevée parce qu'elle avait reçu des lettres des deux partis qui ont présenté leurs arguments et d'autres personnes également. J'ai pu prendre connaissance de ces lettres. Je remercie les députés qui sont intervenus et ceux qui ont envoyé des lettres. Je suis prêt à rendre une décision sur la répartition des jours désignés qui restent au cours de la période des crédits se terminant le 10 décembre 2007.
    Le nombre de jours désignés et leur répartition sur l’année sont prévus à l’article 81(10)a) du Règlement:

[Français]

    Dans une même année civile, sept jours de séance seront réservés aux travaux des subsides au cours de la période se terminant au plus tard le 10 décembre, sept autres jours seront réservés aux travaux des subsides au cours de la période se terminant au plus tard le 26 mars et huit autres jours seront réservés aux travaux des subsides au cours de la période se terminant au plus tard le 23 juin; le nombre de jours de séance ainsi réservés peut toutefois être modifié conformément à l'alinéa b) ou c) du présent paragraphe. Ces vingt-deux jours seront appelés jours désignés. Dans une même année civile, au plus un cinquième des jours désignés tomberont le mercredi et au plus un cinquième le vendredi.

[Traduction]

    Comme le veut l’usage, les partis d’opposition se sont entendus au début de la législature sur la répartition des 22 jours désignés de l’année civile. Cependant, la prorogation survenue en 2007 a amputé de trois semaines les travaux prévus par ailleurs par la Chambre. Par conséquent, puisque les travaux n’ont repris que le 16 octobre dernier, le nombre de jours désignés pour la période se terminant le 10 décembre a été réduit, passant de sept à cinq conformément à l’article 81(10)b) du Règlement.
    Comme l’ont entendu les députés ce matin, les partis d’opposition n’ont pu s’entendre sur la répartition des jours désignés de la période de crédits à la suite de cette réduction. Il y a notamment désaccord quant à la motion devant faire l’objet d’un débat aujourd’hui.

  (1020)  

[Français]

    Le rôle de la présidence dans la répartition des jours désignés est prévu expressément à l'article 81(14)b) du Règlement, et je cite:
    Lorsqu'il a été donné préavis de deux motions ou plus, par des députés de l'opposition, en vue de leur étude un jour désigné, le Président est autorisé à déterminer laquelle des motions proposées aura priorité ce jour-là.
    En outre, comme les arguments présentés aujourd'hui en ont fait état, La procédure et les usages de la Chambre des communes précise, à la page 725, que:
    Pour ce faire, [le Président] tiendra habituellement compte des facteurs suivants: la représentation des partis à la Chambre, le nombre de motions parrainées par les divers partis jusqu’à maintenant, une certaine équité à l’égard des petits partis, la date de l’avis, le parrain de la motion, le sujet de celle-ci, son caractère votable ou non, et les ententes conclues par les partis au cours des dernières périodes de subsides.

[Traduction]

    Dans la grande majorité des cas, bien sûr, les partis d’opposition parviennent à s’entendre sur celui qui présentera une motion devant faire l’objet d’un débat à la Chambre lors d’un jour désigné donné. Les occasions où les partis n’ont pu s’entendre étant peu nombreuses, ce n’est que très rarement que la présidence a été appelée à se prononcer sur de tels différends et à assumer ainsi l’obligation prévue au Règlement.
     Par le passé, les Présidents ont constaté le manque de directives sur la manière dont ils devaient intervenir. L'ouvrage La procédure et les usages de la Chambre des communes dresse une liste des éléments à considérer, mais la résolution d’un cas précis dépendra des circonstances particulières auxquelles la Chambre fait face, comme c’est généralement le cas pour la plupart des problèmes de procédure qui se posent à la Chambre.
    Prenons, par exemple, le caractère votable mentionné par Marleau et Montpetit. On pourrait soutenir que ce caractère perd de son importance lorsque le Président tranche un différend, étant donné que les modifications apportées au Règlement en 2005 font en sorte que les motions de l’opposition sont automatiquement mises aux voix.

[Français]

    Cependant, un élément prime toujours dans un différend. Comme l'a mentionné le Président Francis dans sa décision du 31 mai 1984, à la page 4223 des Débats:
    La présidence doit faire son choix en se fondant sur les instances que lui présentent les partis représentés à la Chambre [...]
    Lorsque cette décision a été rendue, il n'y avait que deux partis d'opposition; il y en a maintenant trois. Toutefois, la représentation des divers partis d'opposition demeure le premier élément à considérer pour assurer l'équité procédurale de tous les partis d'opposition, petits et grands.

[Traduction]

    Nous l’avons déjà dit, le Règlement fixe le nombre de jours désignés et leur répartition sur les trois périodes de crédits d’une année civile. Au cours de la présente législature, comme par le passé, l’entente sur cette répartition entre les partis reposait sur la représentation proportionnelle de chaque parti d’opposition et sur les conventions habituelles d’arrondissement des nombres. En pratique, cela signifie que des 22 jours désignés prévus, 12 ont été accordés à l’opposition officielle, 6 au Bloc Québécois et 4 au NPD. Cependant, la prorogation a fait passer de 22 à 20 le nombre total de jours désignés pour l’année civile en cours.

[Français]

    Toute intervention de la présidence à cette étape doit évidemment tenir compte des jours désignés déjà accordés pendant les deux périodes de crédits précédentes.
    Un examen des Journaux de la Chambre pour ces deux premières périodes — se terminant respectivement en mars et en juin — indique que huit jours désignés ont été consacrés à l'opposition officielle, quatre au Bloc québécois et trois au Nouveau Parti démocratique.

[Traduction]

    Dans ce cas-ci, il est donc tout à fait raisonnable que la présidence se fonde sur les éléments utilisés par les partis pour conclure l’entente initiale afin de rendre sa décision sur le nombre de jours désignés devant être accordés à chacun, compte tenu des nouvelles circonstances. Le nombre de jours accordés à un parti devrait correspondre à sa représentation à la Chambre. À l’aide du mode de calcul utilisé par les partis pour parvenir à l’entente initiale, la présidence a déterminé ainsi la répartition du total révisé de 20 jours : 11 jours sont accordés à l’opposition officielle, six au Bloc Québécois et trois au NPD.
     La présidence reconnaît qu’il s’agit d’une répartition approximative par rapport au nombre relatif de députés de chaque parti d’opposition, mais elle fournit l’approximation qui se rapproche le plus de leur représentation réelle. Permettez-moi de rappeler de nouveau que cette conclusion se fonde sur le mode de calcul utilisé par les partis pour parvenir à l’entente initiale.
    Je suppose que les partis pourraient soutenir que, s’ils avaient su au début de l’année qu’il n’y aurait que 20 jours désignés, ils auraient conclu une autre entente sur la répartition de ces jours pour l’année, ou pour l’une ou l’autre des périodes de crédits. Cependant, cela demeure hypothétique. Le Président doit régler la situation précise à laquelle fait face la Chambre aujourd’hui et, bien sûr, tenir compte de ce qui s’est passé depuis le début de l’année.

  (1025)  

[Français]

    Au cours de la présente période de crédits, qui est également la dernière de l'année, l'opposition officielle a profité de deux jours désignés pour un total de dix cette année; et le Bloc québécois, d'un jour désigné pour un total de cinq en 2007.
    Par conséquent, j'accorde le 13 novembre 2007, quatrième jour désigné de la présente période de crédits, au Bloc québécois. Le cinquième jour, lorsqu'il sera fixé, sera accordé à l'opposition officielle.

[Traduction]

    Je rappelle aux députés que les directives du Règlement et les usages de la Chambre ne sont pas d’une grande utilité pour trancher ce genre de différend. La formule mathématique appliquée par le Président peut sembler être un moyen sommaire qui ne tient pas suffisamment compte des aspects plus délicats du problème. Je crois que la discrétion dont jouit la présidence est limitée dans de tels cas, particulièrement étant donné que la Chambre elle-même n’a jamais jugé bon de préciser les motifs sur lesquels le Président pourrait se fonder pour exercer sa discrétion. Je ne fais que réitérer la demande de mes prédécesseurs lorsque j’invite le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre à faire des recommandations qui pourraient éclaircir ces points pour l’avenir.

[Français]

    Je remercie les honorables députés de leur attention.

AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

[Traduction]

La citoyenneté et l'immigration

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 32(2) du Règlement de la Chambre des communes, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le projet de règlement modifiant le Règlement sur la citoyenneté. Ces modifications au règlement concernent les enfants nés à l'étranger qui sont adoptés par des citoyens canadiens.

Les travaux publics et les services gouvernementaux

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 32(2) du Règlement, je dépose deux exemplaires du rapport annuel 2006-2007 que Travaux publics et Services gouvernementaux Canada a préparé sur la Loi d'accès à l'information et sur la Loi sur la protection des renseignements personnels.

La Loi constitutionnelle de 2007 (durée du mandat des sénateurs)

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Loi sur les consultations concernant la nomination des sénateurs

    -- Monsieur le Président, je donne avis que le gouvernement a l'intention, conformément au paragraphe 73(1) du Règlement, de renvoyer au comité avant la deuxième lecture ce projet de loi sur la consultation des électeurs au sujet du Sénat.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

La Loi canadienne sur les droits de la personne

    -- Monsieur le Président, conformément à l'ordre spécial adopté antérieurement, j'aimerais informer la Chambre que ce projet de loi est identique au projet de loi C-44 tel qu'il se présentait au moment de la prorogation.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Français]

    La présidence est d'avis que ce projet de loi est dans le même état où était le projet de loi C-44 au moment de la prorogation de la première session de la 39e législature.

[Traduction]

    En conséquence, conformément à l'ordre adopté le jeudi 25 octobre 2007, le projet de loi est réputé avoir été lu pour la deuxième fois et renvoyé au Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord.

    (Le projet de loi, lu pour la deuxième fois, est renvoyé à un comité.)

  (1030)  

Les délégations interparlementaires

    Monsieur le Président, conformément à la pratique habituelle, après avoir dûment notifié tous les partis je demande la permission de déposer, dans les deux langues officielles, le rapport du Groupe d'amitié parlementaire Canada-Taïwan sur la participation de ses délégués aux réunions qui se sont tenues à Taïwan du 1er au 8 septembre 2007.
    Le député de Mississauga-Sud a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour déposer le document?
    Des voix: D'accord.

[Français]

Loi sur le Tribunal canadien du commerce extérieur

     -- Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter un projet de loi visant à modifier la loi sur le Tribunal canadien du commerce extérieur et la Loi sur les mesures spéciales d'importation, notamment afin que les syndicats qui représentent des travailleurs et des travailleuses qui produisent des marchandises touchées par le dumping ou le subventionnement étranger puissent demander des enquêtes, ce qui, à l'heure actuelle, est interdit.
    En présentant ce projet de loi, le Bloc québécois vise à corriger une grave injustice alors que la mondialisation menace plusieurs de nos emplois. De plus, dans le projet de loi, nous voulons que, dorénavant, la préservation des emplois soit prise en compte lors d'une décision du Tribunal du commerce extérieur.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Traduction]

Le Code criminel

    -- Monsieur le Président, il s'agit d'un projet de loi qui vise à modifier le Code criminel pour protéger les employés des services de transport en commun. Une enquête récente démontre que 36 p. 100 des chauffeurs d'autobus et des opérateurs de véhicule de transport en commun ont fait l'objet d'une forme ou d'une autre d'agression physique. À Vancouver et dans la vallée du Bas-Fraser, en Colombie-Britannique, il se produit notamment quelque 240 agressions contre les chauffeurs chaque année. Dans la région du Grand Toronto, c'est plus d'une par jour. La vie de Canadiens est entre leurs mains. Le moins que nous puissions faire, c'est de prendre les mesures nécessaires pour les protéger.

[Français]

    Il s'agit de la Loi modifiant le Code criminel (employés des services de transport en commun). Un sondage récent a démontré que 36 p. 100 des chauffeurs d'autobus et de métro doivent subir différents types d'attaques physiques. À Montréal, il y a plus de 100 attaques par année.
    Puisque les chauffeurs d'autobus et de métro nous protègent en nous conduisant à la maison et à notre travail, nous espérons bien que tous les députés de cette Chambre appuieront le projet de loi du NPD voulant protéger ces chauffeurs d'autobus et de métro.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Traduction]

La Loi canadienne sur le développement durable

    -- Monsieur le Président, je pense que le titre plutôt long du projet de loi nous éclaire sur son contenu. Il est déposé à point nommé comme une réponse au rapport du commissaire à l'environnement sur l'état de la production de rapports sur le développement durable au sein du gouvernement du Canada. De l'avis du commissaire à l'environnement, ce mécanisme est totalement inadéquat. Ce projet de loi contribuerait substantiellement à corriger cette situation, tout en consacrant une fois pour toutes l'indépendance du commissaire à l'environnement et au développement durable.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1035)  

Pétitions

Les fiducies de revenu  

    Monsieur le Président, je souhaite présenter une pétition au sujet de promesses non tenues concernant les fiducies de revenu, de la part de M. Joe Savino, de Maple, en Ontario.
    Les pétitionnaires rappellent au premier ministre qu'il avait promis de ne jamais imposer les fiducies de revenu, mais qu'il a violé cette promesse en imposant une taxe punitive de 31,5 p. 100, laquelle a supprimé en permanence 25 milliards de dollars d'économies de retraite péniblement amassées par plus de deux millions de Canadiens, notamment des aînés.
    Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement minoritaire conservateur tout d'abord, de reconnaître que la décision d'imposer les fiducies de revenu était fondée sur une méthodologie boiteuse et sur des hypothèses incorrectes et, en deuxième lieu, de s'excuser auprès des personnes qui ont été injustement lésées par cette rupture de promesse et, enfin, de révoquer la taxe punitive de 31,5 p. 100 visant les fiducies de revenu.

La rotonde des locomotives du CN  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter une pétition au nom de la population de Biggar, en Saskatchewan et de personnes de partout au Canada qui souhaitent vivement le maintien de notre rotonde historique du CN dans la ville de Biggar. Le Parlement a le devoir de protéger nos bâtiments patrimoniaux. Je demande que la rotonde soit désignée comme édifice du patrimoine du Canada.

L'amiante  

    Monsieur le Président, j'ai une pétition de la part de milliers de personnes de partout au Canada. Ils veulent signaler à la Chambre que l'amiante est le produit industriel le plus mortel que le monde ait connu et que, pourtant, le Canada continue d'être l'un des plus importants producteurs et exportateurs d'amiante au monde. Le Canada permet l'utilisation de l'amiante dans des matériaux de construction, des produits textiles et même dans les jouets. Le Canada dépense des millions de dollars pour subventionner l'industrie de l'amiante et pour contrer les efforts faits ailleurs dans le monde pour en réduire l'utilisation.
    Par conséquent, ces Canadiens demandent que le gouvernement du Canada interdise l'amiante sous toutes ses formes, mette fin à toute subvention gouvernementale de l'amiante aussi bien au Canada qu'à l'étranger, et cesse de faire obstacle aux conventions internationales visant à protéger les travailleurs de l'amiante, comme la convention de Rotterdam.
    Monsieur le Président, à titre d'ancien travailleur de l'amiante, je suis très fier de prendre la parole à la Chambre pour présenter une pétition signée par des gens de partout au Canada. Ils demandent que le gouvernement du Canada reconnaisse enfin que l'amiante est le produit industriel le plus meurtrier au monde. La réputation du Canada comme chef de file mondial a été ternie du fait que nous continuons de chercher dans le tiers monde des débouchés pour ce produit toxique, dans des pays où, comme nous le savons, les mesures de protection nécessaires n'existent pas. Il ressort clairement d'études épidémiologiques récentes faites au Québec que l'amiante a des effets meurtriers au Canada également. Je dépose cette pétition au nom de personnes de partout au Canada.

Questions au Feuilleton

    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Demande de débat d'urgence

Le dollar  

[Article 52 du Règlement]
    La présidence a reçu un avis de demande de débat d'urgence de la part de la députée de Parkdale—High Park. Je vais maintenant l'écouter.
    Monsieur le Président, conformément à l'article 52 du Règlement, je demande que la Chambre tienne un débat d'urgence sur les effets de la hausse du dollar canadien sur l'économie. Nous avons constaté une hausse sans précédent du dollar canadien, ce qui a placé dans une situation d'urgence de nombreux Canadiens qui perdent leur emploi. Cette hausse a un impact non seulement sur le secteur manufacturier, mais aussi sur d'autres secteurs de notre économie, comme le tourisme, la culture et l'exportation de biens. Les familles sont très préoccupées. Les gens perdent leurs emplois. Ils se demandent ce que leurs parlementaires font au sujet de cette crise sans précédent.
    Je demande respectueusement la tenue d'un débat d'urgence à ce sujet.
    Je remercie la députée de Parkdale—High Park pour ses explications. J'ai étudié sa demande et, selon moi, elle ne répond pas pour l'instant aux exigences du Règlement et je dois la refuser à ce moment-ci.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Travaux des subsides]

  (1040)  

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition -- Les secteurs manufacturier et forestier  

    Que, de l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait immédiatement mettre en place un ensemble de mesures pour venir en aide aux secteurs manufacturier et forestier durement frappés par la hausse du dollar et la montée de la concurrence des nouveaux joueurs dans le domaine de la fabrication de masse à bas prix, dont notamment un programme de soutien des entreprises qui désirent renouveler leur appareil de production, une série d’investissements et de mesures fiscales pour soutenir la recherche et le développement dans l’industrie, la remise en place d’un programme de diversification économique des régions forestières inspiré de celui que le gouvernement conservateur a aboli, une révision des lois commerciales pour mieux protéger nos entreprises contre la concurrence déloyale et un meilleur soutien financier des travailleurs frappés par la crise du secteur manufacturier.
     — Monsieur le Président, je partagerai mon temps avec le député de Shefford.
    La crise que vivent les secteurs forestier et manufacturier est une situation sans précédent. Cette crise est sans contredit la plus grave et la plus profonde de notre histoire. Tous les intervenants du milieu l'affirment. Il faut agir. Tous s'entendent pour dire que la situation ne peut perdurer ainsi — tous, sauf le gouvernement conservateur. Ce gouvernement fait cavalier seul sur le cheval du laisser-faire. Il se borne à donner des baisses d'impôt aux riches pétrolières de l'Ouest, alors que les secteurs manufacturier et forestier du Québec sont en crise.
    Voici quelques constats: depuis le 31 décembre 2002, 135 000 emplois manufacturiers ont été perdus au Québec, soit l'équivalant d'un travailleur sur cinq, dont 65 000 depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir en 2006. Le Québec a ainsi représenté environ la moitié des 275 000 emplois perdus au Canada pendant cette période. Chaque hausse de 1 ¢ du dollar canadien par rapport au dollar américain menace 19 000 emplois manufacturiers.
    Parlons maintenant du secteur forestier. Entre mai 2002 et avril 2005, les pertes dans les scieries et les papetières ont totalisé 10 000 emplois. Dans le secteur forestier, c'est près de 100 000 emplois dans 240 villes et villages au Québec qui sont aujourd'hui menacés de dévitalisation. On voit l'urgence d'intervenir. Chaque hausse de 1 ¢ représente des pertes en revenu de 500 millions de dollars pour l'industrie forestière du Canada. Le Conseil de l’industrie forestière évalue cette perte à 150 millions de dollars pour le Québec. Je le répète: la situation est grave. Elle menace la base industrielle de notre économie. C'est pourquoi le Bloc québécois utilise cette journée d'opposition pour rappeler au gouvernement conservateur l'urgence d'agir.
    On sait que la situation est problématique. Le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie a étudié pendant près d'un an différentes recommandations. Il a fait un rapport en février 2007. Après toutes ces audiences, 22 recommandations ont été établies par le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. De ces 22 recommandations, le gouvernement conservateur n'a concédé que l'amortissement accéléré qui, vraiment, aide les industries de l'Alberta et nuit à l'économie du Québec. Par conséquent, en proposant cette motion, le Bloc veut que des dispositions soient prises immédiatement.
    Nous avons des solutions. Nous avons des propositions. La première proposition pour régler cette crise consiste en la mise en place d'un programme de soutien des entreprises qui désirent renouveler leur appareil de production. Il faut en effet mettre en place un programme de prêts et de garanties de prêts pour aider les entreprises à se moderniser. On sait que les entreprises sont en mauvaise santé financière. On connaît la difficulté qu'elles éprouvent à emprunter sur les marchés, ce qui fait qu'elles ont à payer une prime de risque et, donc, qu'elles voient augmenter les intérêts qu'elles paient. Le gouvernement doit aider les entreprises. Il doit alors garantir aux entreprises des prêts qui leur permettront de renouveler leur appareil de production, de se moderniser, et ainsi de faire face à la crise actuelle.
    Nous proposons aussi une série d'investissements et de mesures fiscales pour soutenir la recherche et le développement. Le gouvernement doit améliorer le soutien fiscal à la recherche et au développement, et à l'innovation en entreprise. Il doit augmenter le type de dépenses admissibles, par exemple en incluant les coûts d'obtention des brevets ou les coûts de la formation du personnel appelé à oeuvrer dans les projets innovateurs. Le gouvernement doit rendre remboursable le crédit d'impôt en recherche et développement. Il est certain que de donner des crédits d'impôt à des entreprises qui ne font pas de profits, ce n'est pas utile. Cependant, accorder des crédits d'impôt remboursables aux entreprises qui investissent en recherche et développement, c'est une grande part de la solution.
    Le gouvernement fédéral doit appuyer la recherche, doit annuler les coupes qu'il a imposées au programme de Partenariat technologique Canada et doit plutôt augmenter son financement et remettre en vigueur tous les secteurs de pointe que les conservateurs ont abandonnés . Les secteurs de pointe comme la pharmaceutique, les technologies de l'environnement, les nouveaux matériaux ou les technologies de production sont laissés à eux-mêmes. Contrairement à ce que prétend le gouvernement, la baisse d'impôt n'est pas la solution à tous les maux.

  (1045)  

    Une autre solution est la remise en place d'un programme de diversification économique des régions forestières, un programme inspiré de celui que le gouvernement conservateur a aboli.
    Étant moi-même députée d'une région ressource, je suis à même de comprendre les difficultés que peut traverser une région qui voit sa principale activité économique péricliter. Le Bloc propose donc d'accorder une attention particulière aux régions ressources qui sont touchées par la crise forestière actuelle et qui ont désespérément besoin de diversifier leur base industrielle pour contrer cette crise.
     On doit remettre en place un programme de soutien et de diversification des économies régionales frappées par la crise forestière. On doit offrir une fiscalité avantageuse aux entreprises qui sont présentes dans les régions ressources. Entre autres, on doit les encourager lorsqu'elles permettent à des travailleurs qualifiés de s'établir en région. De plus, on doit mettre en place un programme de soutien et de production d'énergie et d'éthanol par l'utilisation des résidus forestiers.
    Le ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec a mis fin au programme spécifique déstiné aux régions touchées par la crise forestière. C'est la politique du laisser-faire adoptée par ce gouvernement. Il n'y a rien dans le discours du Trône, ni dans l'Énoncé économique du ministre des Finances à cet égard. Il est urgent d'agir.
    Nous devons aussi revoir les lois commerciales pour mieux protéger nos entreprises contre la concurrence déloyale. En effet, les lois antidumping canadiennes datent de l'époque de la guerre froide et sont complètement dépassées par le contexte actuel, particulièrement face aux économies émergentes et face à la Chine. Il est urgent de mettre les lois commerciales canadiennes au même niveau que celles des autres pays industrialisés, notamment les États-Unis et les pays de l'Union européenne. C'est ce que propose la députée de Terrebonne—Blainville dans le projet de loi C-411, Loi modifiant la Loi sur les mesures spéciales d'importation (prix intérieurs). Nous y reviendrons.
    Les conservateurs ont décidé de ne pas appliquer les lois commerciales qui permettent de protéger temporairement nos entreprises ainsi que de leur donner le temps de s'ajuster au nouveau contexte et de se moderniser. Nous rêvons d'un gouvernement qui aurait de la vision et qui permettrait de protéger nos emplois dans nos comtés.
    Par ailleurs, un dernier élément est le soutien financier aux travailleurs frappés par la crise du secteur manufacturier. C'est l'hécatombe en ce qui concerne des emplois dans ce secteur. Cent trente-cinq mille emplois manufacturiers ont été perdus au Québec, soit l'équivalent d'un travailleur sur cinq, depuis le 31 décembre 2002. Le Québec est particulièrement touché par cette crise et l'arrivée des conservateurs n'a fait qu'amplifier les choses. Rappelons que 65 000 emplois manufacturiers ont été perdus depuis janvier 2006.
    La situation oblige donc le gouvernement à revoir ses positions concernant la bonification du programme d'assurance-emploi. Le Bloc propose depuis des années que l'on bonifie vraiment ce régime d'assurance-emploi et que, notamment, on augmente de cinq semaines la période d'accessibilité pour toutes les régions, sans égard au taux de chômage. On doit hausser les prestations de 55 à 60 p. 100 avec un calcul fondé sur les 12 meilleures semaines. On doit éliminer le délai de carence et diminuer à 360 heures le minimum d'heures assurables pour avoir droit à ces prestations.
    L'assurance-emploi est un droit, ce n'est pas un privilège. Les travailleurs et les entreprises paient pour l'assurance-emploi. Ensemble, ils se créent des mesures pour répondre aux besoins en cas de difficultés. Les difficultés sont présentes, mais le programme d'assurance-emploi n'est pas au rendez-vous. De plus, que penser de l'inexistence d'un programme pour les travailleurs âgés victimes d'un licenciement massif? Mes collègues y reviendront. Il s'agit d'un élément important à soutenir.
    Le Bloc québécois est bien intégré dans son milieu. Le Bloc québécois est solidaire de la population québécoise qui cherche des solutions et une résolution à cette crise majeure pour le Québec. Nous devons donc, par cette journée de l'opposition, convaincre le gouvernement qu'il est urgent d'agir. Le devenir de nos collectivités est en jeu.

  (1050)  

    Il est donc très urgent d'agir et je convie tous les collègues en cette Chambre à voter en faveur de cette motion.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je félicite la députée de son excellent discours, qui soulève quelques questions.
    Elle a parlé de l'attitude de laisser-faire du gouvernement conservateur minoritaire. D'autres ont parlé d'un gouvernement qui applique le principe du « chacun pour soi ».
    Les faits révèlent que l'inaction du gouvernement est nuisible. Elle nuit aux emplois et à notre économie. Nous sommes en train de devenir plus vulnérables. Le Comité de l'industrie avait formulé 22 recommandations à ce propos. Le gouvernement n'a donné suite qu'à une seule recommandation et encore là, qu'en partie.
    La députée n'ignore pas que l'entente sur le bois d'oeuvre était très mauvaise pour le Canada. Il y a aussi le traité commercial avec la Corée du Sud en ce qui concerne le secteur de l'automobile et toute la question des pièces. Notre caucus de l'automobile a rencontré les représentants des TCA et de l'association des fabricants automobiles. Selon eux, si nous concluons un accord de libre-échange — tel qu'il est rédigé à l'heure actuelle — avec la Corée du Sud, le Canada perdra 33 000 emplois supplémentaires et 8 milliards de dollars de revenus.
    C'est le genre de choses qui arrivent. Il ne s'agit pas de laisser-faire ni de « chacun pour soi ». Le gouvernement cause du tort à notre secteur manufacturier. La députée a peut-être d'autres exemples à donner.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis certainement en accord avec notre collègue. Il est évident que le laisser-faire n'est pas une politique industrielle.
    En tant que députés en cette Chambre, nous avons la responsabilité d'intervenir et de demander à notre gouvernement de faire preuve d'un peu de vision, de prévoir ce qui va se passer sur le plan de notre économie au cours des 10 prochaines années et d'essayer de cerner les facteurs de développement en vue d'instaurer une vraie politique industrielle.
    Le travail a été fait. Comme le collègue l'a rappelé, le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie est intervenu. Des recommandations sont sur la table. Nous en faisons aujourd'hui et nous bonifions ce travail. Le gouvernement ne peut certainement pas s'engager, entre autres, dans des accords de libre-échange. On nous dit qu'il y en aurait encore une vingtaine dans les cartons du gouvernement, sans avoir mené d'études sérieuses quant aux conséquences et aux impacts.
    Il ne faut certainement pas, pour comble d'insulte, céder au laisser-faire et ainsi détériorer encore plus la situation. À mon avis, les travailleuses et les travailleurs, entre autres ceux du Québec, ne nous le pardonneraient jamais.
    Monsieur le Président, je veux tout d'abord féliciter ma collègue de Trois-Rivières de son intervention et d'avoir présenté cette motion, qui est des plus appropriées dans les circonstances. En effet, au Québec, 240 villages vivent de la foresterie et 100 000 emplois en dépendent. De 2001 à 2005, 10 000 emplois ont été perdus. Depuis ce temps, 25 000 autres ont été perdus, dont une bonne partie sous le régime des conservateurs.
    En cette salle, je vois le député de Roberval—Lac-Saint-Jean qui vient de se faire élire en faisant campagne avec les forestiers. Il s'était justement engagé à régler ce problème en amenant son gouvernement à adopter des mesures pour pouvoir fournir de l'emploi en vue d'endiguer cette crise dans le secteur forestier.
    Je veux questionner ma collègue au regard des positions du Parti conservateur relativement à la situation qu'elle vient de décrire et par rapport au refus des conservateurs d'accorder la recommandation royale à un projet de loi traitant de l'assurance-emploi.
    Comment les citoyennes et les citoyens doivent-ils percevoir cette politique conservatrice qui va à l'encontre des intérêts des citoyens du Québec? Comment doivent-ils percevoir cela, compte tenu de la position que nous adoptons ce matin?

  (1055)  

     Monsieur le Président, la population du Québec est très critique, et avec raison, des positions du Parti conservateur. On doit se rappeler qu'il y a quelques années, on avait au gouvernement du Québec l'objectif de créer 100 000 emplois. Il semble maintenant qu'on en perd par milliers et que ce ne soit rien. C'est vraiment dramatique et tragique.
    La population juge un gouvernement à son action. Dans ce cas-ci, c'est l'inaction établie. Il faut rappeler que, dans le cas de l'assurance-emploi, ce fonds n'appartient pas au gouvernement. Le gouvernement n'y contribue pas. Il est vraiment impensable de penser que comme travailleur, toute sa vie, on aura exercé un travail, on aura payé des cotisations à l'assurance-emploi et qu'au moment où l'entreprise fermera — qui est souvent la seule entreprise du village —, on se retrouvera à dépenre des mesures de soutien du revenu qui sont vraiment déficientes. On aura à tout prendre ce qu'on appelle chez nous notre « vieux gagné », à vendre la maison, à se déposséder de tout, parce que les mesures qu'on avait prévues à l'assurance-emploi pour nous venir en aide ne sont pas au rendez-vous.
    Il y a l'insensibilité du gouvernement à mettre fin à cela, à aider les travailleurs par un programme pour les travailleurs âgés qui leur permettrait de finir dans la dignité une vie de travail et où entre 55 et 64 ans, on pourrait leur donner des prestations qui feraient le pont avant les prestations de la Régie des rentes.
    Cette situation est inadmissible, parce que c'est un droit pour les travailleurs. Le gouvernement sera certainement sanctionné pour son inaction.
    Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord dénoncer l'incapacité de ce gouvernement à gérer ce pays. C'est un gouvernement inutile, un gouvernement du laisser-faire. J'en aurais pour les 10 prochaines minutes à employer d'autres termes pour décrire ce gouvernement conservateur qui gère le pays. Qu'est-ce que cela peut bien donner aux citoyens canadiens et québécois d'avoir un gouvernement guidé par le laisser-aller et qui ne gère rien?
    C'est certain qu'il est facile pour un gouvernement de gérer le pays en présence d'un surplus budgétaire de 20 milliards de dollars. Il est facile de prendre cet argent, de le saupoudrer, de le distribuer d'un bord et de l'autre pour se gagner des avantages politiques. C'est facile, n'importe qui peut le faire.
    Cependant, quand vient le temps de s'occuper d'une situation comme celle que vit l'industrie, de proposer des solutions concrètes pour sauver cette industrie ou d'épargner les travailleurs de pertes d'emplois, que fait le gouvernement? Absolument rien. Qu'a-t-il fait dernièrement et au cours des dernières années? Il a fait perdre 135 000 emplois, dont 65 000 au Québec. Voilà ce que fait un gouvernement conservateur: rien.
    Il a réduit la TPS de 1 p. 100. Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie qu'on diminue le prix de tous les produits, y compris ceux provenant de la Chine, toutes ces exportations faites par un pays tiers qui vient faire du dumping chez nous et qui vient nous encombrer de toutes sortes de produits que nous ne pouvons concurrencer. De fait, nous ne pouvons pas spécifier de prix pour ces produits, parce que les contraintes imposées font en sorte qu'on ne peut évaluer le prix véritable.
    On a donc réduit le prix des produits de la Chine de 1 p. 100. Or on a trouvé que ce n'était pas suffisant, alors qu'a-t-on fait? On a encore réduit la TPS de 1 p. 100. Toutes les fois qu'on réduit la TPS de 1 p. 100, on diminue le prix des produits. Cela ne favorise pas les poches du consommateur, mais directement celles des producteurs. Et ces producteurs, au Québec comme ailleurs, produisent en plus grande proportion des produits chinois. Il faut faire attention, quand on y pense.
    À quoi les conservateurs ont-ils pensé lorsqu'ils ont décidé de réduire la TPS? À une seule chose: les consommateurs trouveront intéressant d'avoir 1 p. 100 de plus dans leurs poches. Cependant, les conservateurs ne pensent pas plus loin que le bout de leur nez. Car telle n'est pas l'influence de cette réduction de la taxe. Le montant suffisant pour se payer chacun un café à la fin du mois? Je ne pense pas que ce soit un tel montant d'argent que les conservateurs veulent avoir dans leurs poches.
    Quelle est la deuxième chose que les conservateurs ont faite? Ils ont admis que l'industrie allait mal et ils ont consenti à former un comité pour étudier le secteur manufacturier pendant presque un an. Comme ma collègue l'a dit plus tôt, 22 recommandations ont été émises. J'ai entendu d'autres députés dire qu'ils ont tenu compte d'une de ces 22 recommandations. Cependant, ils oublient de dire qu'il ne s'agit pas d'une recommandation complète, mais d'une demi-recommandation. En effet, on avait demandé un amortissement accéléré sur cinq ans, mais le gouvernement l'a étalé sur deux ans. Il n'écoute rien ni personne. Il demande qu'on mène des études, mais une fois ces études achevées, il se permet de les prendre et de les mettre à la poubelle, sans rien écouter. Il gère à la pièce, mais il n'examine même pas les pièces non plus.
    Je me demande parfois si le premier ministre a deux cerveaux: un qui avantage l'Alberta et un autre qui tient compte du reste du Canada, dont fait partie le Québec. D'autres fois, je me demande si un de ses cerveaux n'est pas perdu et l'autre, à sa recherche.
    En outre, il est question d'accorder des baisses d'impôt aux compagnies. Il faut le faire! Qui ce gouvernement essaie-t-il d'acheter? À qui essaie-t-il de plaire? De toute évidence, ce n'est pas aux compagnies en difficulté, parce que celles-ci ne paient pas d'impôt. À qui cela profite-t-il? Cela profite encore aux belles pétrolières et aux grosses compagnies qui font de l'argent. À mon avis, les compagnies qui font de l'argent n'ont pas besoin de baisses d'impôt; elles en font, de l'argent. Lorsqu'on dit vouloir aider des entreprises, ce devrait être celles qui sont en difficulté. Le gouvernement ne l'a pas encore compris. De toute façon, il ne comprend pas grand-chose.

  (1100)  

     Depuis le temps qu'on observe des pertes d'emplois ici et là toutes les semaines, il me semble qu'il devrait comprendre! Dernièrement, dans le fief de l'ex-ministre de l'Industrie, on a vu un accroissement des plaintes venant des gens du milieu: ceux-ci se sont plaints de l'inertie de ce gouvernement. D'un bout à l'autre du Canada, on entend les gens se demander où sont ces députés du gouvernement conservateur. Ils ont des bouchons dans les oreilles. Je comprends mal qu'ils ne fassent absolument rien.
    Ensuite, lorsqu'ils parlent de baisses d'impôt pour aider les consommateurs, qu'essaient-ils de faire? Ils essaient d'acheter des votes. C'est ce qu'ils essaient de faire: acheter des votes avec un surplus de 20 milliards de dollars. Ce n'est pas là aider l'économie. Ils n'aident pas l'économie. Il faut que cette baisse d'impôt puisse paraître non seulement dans les poches des consommateurs, mais également dans l'économie canadienne et québécoise. Voilà où cela devrait paraître.
    Pourquoi vous dis-je cela? D'une part, on baisse les impôts, certes. D'autre part, le dollar canadien fluctue tandis que le dollar américain reste stable ou diminue. On lit dans les journaux que les gens qui réaliseront une économie d'impôt utiliseront cet argent pour aller magasiner aux États-Unis.
    À quoi ce gouvernement a-t-il pensé? Je ne le sais pas. Je ne comprends pas, car l'économie qu'on doit encourager doit être la nôtre. Or on baisse présentement les impôts pour encourager l'économie américaine. Cela n'a aucun bon sens. Quelle est la logique de ce gouvernement? Je ne sais pas. Où a-t-il pris cette idée? Je ne sais pas non plus, mais il devrait changer de conseiller. Car aucun argument ne pourrait me convaincre qu'il s'agit d'une des meilleures choses qu'il a faites pour relancer l'économie. Il ne la relance pas; il ne fait que l'empirer. Il n'y a rien de bon.
    Que fait ce gouvernement? Chaque fois qu'il fait quelque chose, c'est pour s'attirer de la sympathie afin d'avoir des votes lors de la prochaine élection. Ce n'est pas ce qu'on doit faire. On perd des emplois et il est temps de travailler pour les garder. Pourtant, le gouvernement ne fait toujours rien. J'ai hâte qu'il se prenne en main à un moment donné et qu'il décide de faire quelque chose d'intelligent. Toutefois, je ne pense pas que cela viendra. Je suis découragé. Il faut user d'une journée de l'opposition ici pour essayer de sensibiliser les députés d'un gouvernement qui dit promouvoir la bonne gouvernance. Permettez-moi d'y penser deux minutes. À mon avis, la bonne gouvernance, ce gouvernement la promeut, mais seulement pour lui-même et pour son lobby.
    De plus, comme je vous le disais plus tôt, les baisses d'impôt profitent aux industries. Je crois que, de mémoire, pour l'ensemble des sociétés pétrolières canadiennes, il s'agit d'un rabais d'impôt de 40 millions de dollars. Voyons donc! Et on leur fait déjà un cadeau de 250  millions de dollars, à ces sociétés pétrolières. Quand arrêtera-t-on? Lorsqu'il n'y aura plus d'industries au Québec? L'industrie du Québec est importante. Il s'agit du secteur économique qui fait vivre à peu près tout le monde au Québec. Pourtant, que fait-on à cet égard? Rien.
    D'après ce que je peux voir, on est en train de nous vendre aux États-Unis. Si nous transférons notre argent aux États-Unis en allant y magasiner, il n'y aura plus d'économie chez nous. Il faut que le gouvernement arrête de penser que cela se fait tout seul, puisque cela ne se fait pas tout seul.
    Il y a autre chose. Toujours selon les données, j'ai entendu dire à un certain moment que le gouvernement conservateur avait donné 37 millions de dollars à l'industrie canadienne. Il s'agit de 37 millions de dollars sur 20 milliards de dollars! Ce gouvernement pense-t-il sauver l'industrie avec cela? Les députés de ce gouvernement sont inconscients. Ils ne voient rien. Ils n'ont pas d'avenir politique. Il n'y a pas d'avenir industriel. Je ne sais pas ce qu'on fera. Néanmoins, il va falloir que le gouvernement se prenne en main, sinon, ce sont des emplois et des industries qu'on va perdre au Québec. Si rien n'est fait pour sauver la situation des industries, on va continuer dans le même sens. Or, rien n'est fait pour sauver la situation des industrie — absolument rien! Je n'arrête pas de le dire, car j'en suis convaincu. Que voulez-vous que je vous dise, monsieur le Président?
    On dit qu'il y a des pistes. On n'est pas ici seulement pour chialer.

  (1105)  

    On est là pour présenter des recommandations, pour dire aux conservateurs ce qu'ils ont à faire puisqu'ils ne sont pas capables de le trouver par eux-mêmes.
    Les recommandations sont des prêts et des garanties de prêts pour favoriser l'investissement, la modernisation des entreprises et le renouvellement des appareils de production. Il me semble que c'est clair. Nul besoin d'être bien brillant pour comprendre cela. S'ils ne l'ont pas compris, il faut croire qu'on en tirera notre propre conclusion.
    Il y a eu des coupes dans les programmes. Combien de programmes le gouvernement conservateur a-t-il coupés? Après cela, il s'aperçoit qu'il n'a pas coupé le bon programme et qu'il faudrait le remettre en place. Il le redémarre donc sous un autre nom. C'est le genre de parti qui fait faillite pour ensuite redémarrer sous un autre nom pour se donner bonne conscience. Personnellement, j'en reviens bien des gens qui ne pensent à rien.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec grand intérêt le discours de mon collègue. Le seul point contre lequel je m'élève, c'est lorsqu'il dit que le gouvernement ne savait pas ce qu'il faisait. Je dirais qu'il sait pertinemment ce qu'il fait.
    Le gouvernement est en train de saper la capacité fiscale fédérale afin que nous ayons une économie nationale équilibrée. Certaines régions engrangeront des bénéfices inimaginables tandis que d'autres risquent de disparaître. La classe supérieure, les banques et les grandes entreprises pétrolières en profiteront tandis que le reste d'entre nous sera appelé à disparaître.
    Je dirais que cette situation n'est pas seulement propre au Québec. Dans le Nord de l'Ontario, les usines ferment les unes après les autres et l'économie de certaines villes a été anéantie comme par une bombe à neutrons économique.
    Les députés ministériels ne font que ricaner et formuler des observations narquoises. Ils savent que leur plan, s'il est appliqué au complet, permettra à leur base électorale — c'est-à-dire les grandes banques et les grandes pétrolières — d'accumuler des bénéfices records alors que le reste d'entre nous sera laissé pour compte.
    J'aimerais que mon collègue nous fasse part de ses observations à ce sujet.

[Français]

     Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue. À mon avis, il a compris la situation que je voulais décrier aujourd'hui.
    J'espère que les conservateurs pourront comprendre la même chose que comprennent les autres députés en cette Chambre. J'espère qu'ils pourront dormir sur cette conclusion et nous apporter quelque chose de concret pour sauver notre industrie. En effet, ces secteurs de l'industrie sont importants car c'est le moteur économique du pays et du Québec.

  (1110)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'allocution du député me prouve plus que jamais que le Bloc ne fait simplement pas ses devoirs.
    Le député a déclaré que rien n'a été fait, mais, en vérité, le Bloc n'a absolument rien fait. Les députés du Bloc ont voté contre notre mise à jour économique. Or, elle prévoyait 60 milliards de dollars de réductions fiscales pour les entreprises, le secteur manufacturier et les familles. Ils prétendent soutenir le secteur manufacturier, mais ils ont voté contre la mise à jour économique.
    Le député a parlé des 22 recommandations du Comité de l'industrie dont il fait partie. Le gouvernement conservateur a donné suite à 21 des 22 recommandations et il a dit que ce n'était rien.
    En d'autres termes, les 400 millions de dollars pour la frontière Windsor-Detroit, ce n'est rien, selon lui. Les 500 millions de dollars pour le recyclage de la main-d'oeuvre, ce n'est rien, selon lui. La création d'un programme pour le travailleurs âgés, ce n'est rien. La déduction pour amortissement accéléré, ce n'est rien. Faire avancer les sciences et la technologie et la recherche-développement, ce n'est rien. La révision du crédit d'impôt partagé, il appelle cela rien.
    Il est manifeste que le Bloc souhaite des hausses d'impôt. Il veut freiner l'économie. Nous avons le plus faible taux de chômage en 32 ans.
    Le Bloc prétend soutenir le secteur manufacturier, mais il est bien connu que les politiques environnementales radicales de Kyoto qu'il appuie causent la perte de ce secteur. Comment le député réconcilie-t-il ces deux positions contraires et hypocrites? Je veux le savoir et les Canadiens veulent le savoir.

[Français]

    Monsieur le Président, on voit bien qu'ils ne comprennent absolument rien. On a dit qu'il y avait une recommandation, mais il est rendu à 21 recommandations. Ce parti politique essaie d'induire en erreur la population canadienne en disant n'importe quoi juste pour essayer de faire bonne figure.
    Je ne vois pas la chose extraordinaire que ces gens ont accomplie. Cela peut-il aider de faire partie d'un gouvernement conservateur? Dans un comté conservateur de la région de Québec, 60 travailleurs de l'entreprise Prévost Car ont été mis à pied. Or, le gouvernement canadien a décidé de faire construire 30 autobus en Allemagne. Expliquez-moi quelle en est la raison? Il s'agit d'un député conservateur qui parle à son premier ministre, mais il n'est pas capable de faire octroyer un contrat chez lui, car ce contrat est envoyé en Allemagne. C'est encore pire.
    Aujourd'hui, on constate également que dans le comté de l'ancien ministre de l'Industrie, des industries vieilles de 60 ans ferment, mais personne en cette Chambre ne se lève. Or, sa communauté se lève debout pour dire à ce gouvernement qu'on a un sérieux problème. Il ne faudrait pas que ce député, qui fait aussi partie du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie, perde cela de vue.
    Pendant un an, on a dit que la valeur du dollar était trop élevée. Lorsque la valeur du dollar est trop basse, ça va bien, mais lorsque la valeur du dollar grimpe et que le prix de l'essence est trop élevé, ça ne va pas bien pour l'industrie. A-t-il perdu cela de vue?
     En fin de semaine, j'ai payé 1,12 $ le litre d'essence. Je ne crois pas que de payer 1,12 $ le litre d'essence aidera les gens de l'industrie. De plus, lorsque notre dollar vaut 1,08 $ ou 1,10 $ par rapport au dollar américain, cela n'aide pas. Cela n'incite pas les industries à venir acheter chez nous.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je saisis l'occasion de répondre à la question de la députée de Trois-Rivières concernant l'industrie forestière et les mesures que prend le gouvernement pour venir en aide à cette industrie.
    Comme on l'a vu dans le récent discours du Trône, le gouvernement défendra les industries traditionnelles du Canada, qui sont actuellement confrontées à de grands défis. Notre gouvernement prend des mesures pour soutenir les travailleurs pendant que ces industries s’adaptent au contexte mondial et il continuera dans ce sens.
    Monsieur le Président, je partagerai le temps qui m'est alloué avec le député de Roberval—Lac-Saint-Jean.
    La députée de Trois-Rivières a raison de signaler que l'industrie forestière fait face à un grand nombre de difficultés. C'est la réalité. Ces problèmes sont, entre autres, les coûts élevés des fibres, le recul de la demande américaine, l'appréciation du dollar canadien ainsi que l'augmentation des coûts de l'énergie et de production.
    Je rappelle à mes collègues que le gouvernement du Canada a annoncé, dans le budget de 2006, un investissement de 400 millions de dollars sur deux ans afin de renforcer la compétitivité à long terme du secteur forestier, un secteur clé, et de favoriser l'adaptation des travailleurs, entre autres choses; on pourrait difficilement dire qu'il laisse faire.
    Je saisis aussi l'occasion de rappeler encore une fois à mes collègues les vastes retombées qu'a eues sur le secteur forestier du Québec l'entente sur le bois d'oeuvre conclue en 2006, une entente fort bien accueillie que les provinces et l'industrie continuent d'appuyer.
    Grâce aux efforts de notre gouvernement, on a conclu une entente avec les États-Unis. Le Québec et les principales provinces productrices de bois d'oeuvre au Canada ont exprimé leur appui à cette entente qui a également joui du soutien d'une vaste majorité des intervenants de l'industrie.
    Lors des négociations avec les États-Unis, nous n'avons ménagé aucun effort et nous avons travaillé en étroite collaboration avec le Québec ainsi qu'avec les autres provinces et l'industrie forestière de manière à prendre leurs intérêts en compte. L'entente reflète clairement cet esprit de collaboration.
    En deuxième lieu, il importe de signaler que l'entente comprenait un mécanisme de remboursement des droits perçus par les États-Unis et mettait fin à tout litige. À ce propos, je signale que le Québec a touché plus de 1 milliard de dollars des 5 milliards de dollars remboursés à l'industrie canadienne.
    La restitution de ces droits constitue une importante injection de capital dans l'industrie, ce qui a bénéficié par ricochet aux travailleurs et aux collectivités aux quatre coins du Canada. Cela a aidé l'industrie à traverser cette période difficile marquée en particulier par un marché du logement chancelant aux États-Unis.
    L'accord, en plus de permettre au Québec de conserver la gestion de ses forêts, stabilise pour au moins sept ans l'industrie du bois d'oeuvre. De plus, l'accord prévoit que les mesures à la frontière ne s'appliqueront pas au bois d'oeuvre importé aux États-Unis en provenance de 32 pays, y compris de toutes les scieries frontalières du Québec.
    L'accord empêche aussi les États-Unis d'appliquer des recours commerciaux pendant toute sa durée, protégeant ainsi nos exportateurs contre les mesures imprévisibles et paralysantes appliquées par les États-Unis, comme la hausse des droits de douane à 27 p. 100, comme cela s'est déjà fait.
    Le gouvernement n'agit pas seul dans ce dossier. Il continue de collaborer de près avec les représentants de l'industrie et des provinces. Les fonctionnaires fédéraux continuent de tenir des rencontres individuelles et sectorielles avec des entreprises forestières pour s'assurer de comprendre leurs besoins et leurs préoccupations. De plus, les fonctionnaires fédéraux et provinciaux se rencontrent régulièrement pour discuter de la mise en oeuvre de l'accord et de la situation de l'industrie.
    Le résultat de cette proche collaboration entre les intervenants au sujet de l'accord sur le bois d'oeuvre était et demeure la meilleure façon d'assurer le succès de cette industrie et des centaines de milliers de Canadiens des collectivités qui en dépendent chaque jour.
    Je puis aussi rassurer ma collègue, la députée de Trois-Rivières: le gouvernement du Canada a continué de travailler avec rigueur sur ce dossier bien après que l'accord soit entré en vigueur l'an dernier. L'accord sur le bois d'oeuvre établit un cadre institutionnel officiel permettant aux gouvernements canadien et américain de gérer le dossier du bois d'oeuvre et de régler les situations qui pourraient survenir tout au long de la durée de vie de l'accord.
    L'accord prévoit l'établissement d'un comité du bois d'oeuvre chargé de superviser la mise en oeuvre de l'accord, ses améliorations futures et les groupes de travail mis sur pied aux termes de l'accord et d'étudier toute autre question qui affecter son fonctionnement.
    Dans l'exercice de ses fonctions, le comité doit établir et déléguer des responsabilités à des groupes de travail ou à des groupes d'experts et obtenir des conseils d'experts au besoin. Lors de sa réunion inaugurale de 2007, le comité du bois d'oeuvre a constitué cinq groupes de travail chargés de sujets techniques tels que les données et les rapprochements, des questions liées aux permis, aux douanes et à la portée de l'accord, ainsi que des questions stratégiques à long terme comme les dérogations régionales, le bois d'oeuvre produit à partir de billes provenant de terres privées et les restrictions à l'exportation des billes.

  (1115)  

    Le comité s'est déjà réuni deux fois, le plus récemment il y a deux semaines, à Ottawa. Il veille à ce que la mise en oeuvre et l'administration de l'accord se fassent de façon efficace et harmonieuse, de manière à ce que l'industrie en bénéficie comme il se doit.
    De plus, comme le sait très certainement la députée de Trois-Rivières, l'accord sur le bois d'oeuvre a également établi des mécanismes permettant à l'industrie du bois d'oeuvre de profiter du fort degré d'intégration de l'économie nord-américaine. À titre d'exemple de tels mécanismes, on peut citer le Conseil binational du bois d'oeuvre résineux, composé de 12 représentants de l'industrie provenant de part et d'autre de la frontière dont la tâche consiste principalement à accroître la collaboration entre les États-Unis et le Canada au sein de l'industrie du bois d'oeuvre.
    L'un des principaux objectifs du Conseil binational du bois d'oeuvre résineux consiste à renforcer et à élargir le marché des produits du bois d'oeuvre pour rendre l'industrie nord-américaine du bois d'oeuvre plus concurrentielle à long terme.
    Un autre objectif important du Conseil consiste à renforcer les partenariats entre producteurs des deux pays et à créer un climat de confiance à tous les paliers de l'industrie. Ce n'est pas tant la concurrence qui nous anime mais la volonté de bâtir ensemble dans nos deux pays. Ce sont là des aspects critiques pour toute industrie qui s'efforce de réussir dans une économie mondiale fortement intégrée.
    Nous comprenons que le secteur forestier traverse une période difficile. De fait, le marché du bois d'oeuvre nord-américain est caractérisé par une forte interdépendance. Sa faiblesse actuelle est attribuable à une baisse du marché du logement aux États-Unis, de l'ordre de 30 p. 100 d'une année à l'autre, qui a entraîné une réduction de la demande des produits du bois.
    Comme je l'ai dit d'entrée de jeu, nous devons composer avec la hausse de la valeur du dollar canadien et avec une plus forte concurrence des économies émergentes où le coût de production de la fibre est moindre. Ces facteurs auraient eu une incidence beaucoup plus néfaste sur l'industrie du bois d'oeuvre en l'absence d'un accord sur le bois d'oeuvre. Le remboursement de 5 milliards de dollars aide les entreprises à composer avec les difficultés actuelles.
    Le gouvernement continue d'être à l'écoute des besoins de nos collectivités forestières. Nous travaillons ensemble pour trouver des solutions aux problèmes auxquels elles sont confrontées.
    Comme nous l'avons toujours dit, le Canada aussi bien que les États-Unis ont avantage à ce que l'accord fonctionne rondement et les responsables des deux pays vont continuer à travailler de près avec les intervenants du secteur forestier dans cette optique. Nous ne devons jamais perdre de vue que nous sommes, l'un pour l'autre, le partenaire commercial le plus important. Il suffit de penser que la valeur quotidienne de nos échanges commerciaux est de l'ordre de 1,7 milliard de dollars. Le fait que pratiquement tous ces échanges donnent lieu à très peu de différends est en soi un exploit.
    Par l'entremise du Service des délégués commerciaux du Canada et de nos ambassades à l'étranger, le gouvernement collabore avec les responsables de l'industrie forestière canadienne afin de tenter de trouver de nouveaux débouchés commerciaux sur les marchés étrangers. Nos délégués commerciaux trouvent chaque jour de nouveaux acheteurs et concluent de nouvelles ententes commerciales pour les entreprises canadiennes de la foresterie et de la transformation du bois.
    De plus, le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international a offert un soutien financier à ce secteur pour l'aider dans ses diverses initiatives de développement du commerce international, par l'entremise du programme de développement des marchés d'exportation à l'intention des associations commerciales.
    Comme je viens de le souligner, des mécanismes ont été établis dans le cadre de cet accord pour venir en aide à l' industrie du bois de sciage, grâce aux travaux du Conseil binational du bois d'oeuvre . Il est important que les intervenants de l'industrie des deux côtés de la frontière travaillent en collaboration afin de mettre au point des méthodes nouvelles et novatrices pour aider cette industrie à faire face aux nombreux défis qu'elle doit relever. Cet accord ainsi que le travail du Conseil binational du bois d'oeuvre facilitent le dialogue, ce qui aide à créer un environnement permettant au secteur du bois d'oeuvre de prospérer. C'est un secteur qui revêt une grande importance pour bon nombre de travailleurs, de collectivités et de familles au pays.
    L'accord sur le bois d'oeuvre est un excellent rappel de ce que le Canada et les États-Unis peuvent faire lorsqu'ils collaborent pour surmonter leurs propres obstacles nationaux et pour rendre l'industrie du bois d'oeuvre de l'Amérique du Nord plus concurrentielle et trouver de nouveaux débouchés pour le bois d'oeuvre nord-américain sur les marchés internationaux. L'accord a été et continue d'être un facteur positif pour l'industrie forestière du Québec et pour les collectivités qui en vivent.
    Nous reconnaissons que le secteur forestier fait toujours face à de grands défis, mais il ne fait aucune doute que cette entente a été bénéfique pour les provinces et pour tous les intervenants de ce secteur en offrant un remboursement des droits de douane aux producteurs de bois, en mettant un terme à un litige qui s'éternisait et en procurant une prévisibilité et une stabilité dont ce secteur était privé depuis bien trop longtemps.
    Je concluerai en disant que le gouvernement continuera de maintenir le dialogue avec le secteur forestier et avec les provinces afin de garantir un accord prospère et durable dont tous les intervenants du secteur forestier québécois et canadien pourront profiter.

  (1120)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais demander ceci au député et nouveau membre du Comité permanent du commerce international.
    Comment peut-il considérer la situation actuelle si on lui dit qu'il y a 130 000 emplois manufacturiers qui ont été perdus au Québec depuis le 31 décembre 2002 et que, sur ce nombre, 65 000 ont été perdus depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs? Il nous dit que son gouvernement met tout en oeuvre pour faire en sorte d'aider effectivement l'industrie forestière et l'industrie manufacturière dans son ensemble?
    Quelles sont vraiment les politiques tangibles qui ont été appliquées depuis ce temps, soit depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs? En effet, je le répète, sur 130 000 emplois, 65 000 ont été perdus depuis l'arrivée des conservateurs.
    Je voudrais aussi le sensibiliser au projet de loi C-411, déposé par ma collègue de Terrebonne—Blainville, qui prévoit des critères pour identifier les activités de dumping des pays qui nous envoient leurs produits pour faire en sorte de s'ajuster aux politiques, tant étatsuniennes qu'européennes, et pour faire en sorte de limiter le dumping qui se fait ici au Québec et au Canada.
    J'aimerais savoir quelles sont les intentions du secrétaire d'État du ministre du Commerce international) pour faire en sorte que la saignée des emplois sur le plan manufacturier et forestier puisse être endiguée?

  (1125)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je me réjouis à la perspective de travailler avec mon collègue, le député de Sherbrooke, dans le cadre de nos fonctions respectives, au Comité du commerce international.
    Nous sommes confrontés à plusieurs importantes questions et aucune ne l'est plus que celle-ci, mais il comprend très bien la dynamique des changements qui touchent actuellement tous les pays, dans leurs efforts pour s'adapter aux réalités de la concurrence mondiale. Il comprend que nous sommes dans une situation asymétrique. Il comprend aussi que chaque secteur de notre économie est touché différemment par les changements que vit notre pays. Nous ne sommes pas les seuls à vivre ces changements.
    Cependant, il s'enquiert spécifiquement des mesures prises.
    Le député a beau citer des chiffres sur le chômage dans un secteur de l'économie, il faut reconnaître que les taux de chômage sont en ce moment plus bas qu'ils ne l'ont été depuis longtemps, dans notre pays. Il faut reconnaître que, dans la belle province, le taux de chômage avoisine actuellement les 6 p. 100 et que c'est le taux le plus bas depuis une quinzaine d'années. Ce taux montre la capacité des Québécois, la capacité des entreprises du Québec, PME et grandes entreprises, de s'adapter et de réorienter leurs capacités et leurs compétences de manière originale et nouvelle pour créer des possibilités d'emploi. Les Québécois ont cette capacité, tout comme les intervenants du secteur des PME et du secteur des grandes entreprises, partout au pays. Ils savent se recentrer et opérer des transitions qui leur permettront de se développer, de prendre de l'expansion et de prospérer, et c'est précisément ce qu'ils font.
    Il est facile d'attirer l'attention sur les chiffres relatifs à l'emploi dans un secteur et il y a un but à cela, mais il n'en demeure pas moins que les conséquences de l'adaptation et de la mondialisation des marchés sont bien réelles et qu'on ne peut pas en faire abstraction.
    J'ai été quelque peu étonné d'entendre...
    À l'ordre, s'il-vous-plaît. Je suis désolé de devoir interrompre le député, mais j'aimerais pouvoir entendre au moins deux questions pendant cette période de cinq minutes.
    La députée de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, il n'y a qu'une seule chose sur laquelle je suis en accord avec ce que le député a dit, à savoir que les Québécois ont évidemment tout à fait la capacité de s'adapter.
    Toutefois, je ne comprends pas que, dans son allocution, il nous ait parlé davantage du passé que du présent et de l'avenir. Ici et maintenant, dans de nombreuses régions du Québec et ailleurs sur le territoire, des gens ont perdu leur emploi. Il y a des petites et moyennes compagnies, ainsi que des grandes entreprises dans le domaine de la foresterie entre autres, qui n'ont plus de lendemains.
    Ce que les gens veulent savoir de leur gouvernement conservateur minoritaire, c'est ce qu'il va faire maintenant. Par le passé, il a refusé, par exemple, des garanties de prêts. Il s'est vanté d'avoir laissé aux Américains un milliard de dollars lors de l'entente. Il se félicite encore de cela. Il nous parle des 400 millions de dollars. Mais qu'ont-il fait des 14 milliards de dollars qu'ils ont appliqués — je m'excuse de mon anglicisme — contre la dette? Que vont-ils faire tangiblement pour les gens qui veulent travailler légitimement dans le domaine forestier au Québec et ailleurs et qui vivent une crise?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée soulève la question des mesures prises par ce gouvernement. Je pourrais en nommer quelques-unes. Il y a certainement le Programme d'aide aux travailleurs âgés, dont le Québec a obtenu environ 30 des 70 millions qui y sont consacrés. Ce programme a vraiment aidé les travailleurs à faire le pont soit vers la retraite, soit vers d'autres avenues qu'ils souhaitent explorer.
    Comme je l'ai déjà dit, le taux de chômage n'a jamais été aussi bas dans la province de Québec, ce qui illustre assez bien la capacité qu'ont les Québécois de relever des défis.
    La députée m'a demandé des observations concernant des initiatives futures. Le ministère du Commerce international finance spécifiquement le secteur forestier. Quant à la promotion du commerce international, des délégations commerciales s'affairent à offrir ce genre de conseil, le repérage de possibilités, dont l'industrie espère pouvoir bénéficier dans l'avenir.
    Le remboursement des 5 milliards de dollars, dont une bonne partie est destinée au Québec, facilite la transition. J'aimerais aussi mentionner que l'exemption visant les scieries frontalières québécoises permettra à cette partie de l'industrie, à tout le moins, de bénéficier d'une absence totale et continue de taxes.
    De plus, le Conseil binational du bois d'oeuvre et le très réel...

  (1130)  

    À l'ordre, s'il vous plaît. Je suis désolé, mais la période prévue pour les questions et observations est terminée.
    Le député de Roberval—Lac-Saint-Jean a la parole pour la reprise du débat.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est un privilège pour moi que de discuter aujourd'hui de ce que le gouvernement a fait et fait encore pour soutenir le secteur canadien des produits forestiers.
    Le secteur des produits forestiers contribue de manière dynamique à l'économie canadienne et génère environ 80 milliards de dollars annuellement. Il compte également pour 3 p. 100 du produit intérieur brut. Le Canada est le plus grand exportateur de produits forestiers au monde, et le plus efficace. Ce secteur est aussi l'un des plus importants employeurs du Canada. Il fournit près de 900 000 emplois directs et indirects dans 300 petites localités et communautés rurales de Terre-Neuve-et-Labrador à l'île de Vancouver. Ce sont des emplois bien rémunérés, caractérisés par la haute technologie et la forte productivité.
    Pourtant, les députés des deux côtés de la Chambre savent que ce secteur éprouve de graves difficultés. Le marché mondial des produits forestiers fluctue, tout comme la demande. Le secteur est en proie à des pressions considérables à cause de l'augmentation de la valeur du dollar canadien, des coûts élevés de l'énergie, de l'infestation du dendroctone du pin dans l'Ouest canadien et de la concurrence des producteurs à bas salaires d'Asie et d'Amérique du Sud.
    Le secteur et le gouvernement doivent collaborer pour faire en sorte que les producteurs canadiens restent compétitifs. Pour sa part, le secteur a intégré de nouvelles technologies, accéléré la croissance de la productivité, adopté des pratiques environnementales de niveau international, ouvert de nouveaux marchés et créé de nouveaux produits. Il sait que pour rester en tête de liste, il doit être au moins aussi efficace que tous ses concurrents aux quatre coins du monde en ce qui concerne l'adoption de nouvelles idées et technologies.
    Quant au gouvernement, en favorisant la concurrence, l'innovation et la réussite, il est en train de créer un environnement commercial sain pour toutes les industries, dont celle des produits forestiers.
    Nous réalisons cela dans le cadre d'Avantage Canada, notre plan économique stratégique directement axé sur les défis auxquels sont confrontés tous les secteurs. En continuant à réduire les taxes et les formalités, en construisant des infrastructures modernes et en favorisant une main-d'oeuvre plus compétente et éduquée, nous jetons les bases de la croissance de l'économie, des débouchés et des choix, pour les personnes comme pour les entreprises.
    Dans le sillage d'Avantage Canada, notre gouvernement a récemment lancé des consultations sur les moyens de rendre le programme d'encouragements fiscaux à la recherche scientifique et au développement expérimental plus efficace pour les entreprises canadiennes, et de lui permettre de jouer un rôle encore plus important dans la promotion d'une économie plus concurrentielle et prospère.
    Nous sommes en train de rationaliser l'examen des grands projets d'exploitation des ressources naturelles et de réduire les formalités et le fardeau de la réglementation pour les entreprises. Nous investissons dans les effectifs, les compétences et la formation pour que les fabricants aient accès à la main-d'oeuvre la plus instruite, la plus compétente et la plus souple au monde. Nous investissons dans nos infrastructures pour que les fabricants puissent profiter des possibilités économiques au Canada et à l'étranger.
    Le budget de 2006 a donné un élan économique aux fabricants et à tous les Canadiens. Le budget de 2007 continue dans cette voie. Nous avons éliminé l'impôt fédéral sur le capital, réduit le taux d'imposition des petites entreprises et amélioré la déduction pour amortissement, dont un montant déductible pendant deux ans pour la machinerie et l'équipement, et ce, pour stimuler les liquidités et les investissements. Nous n'en sommes pas restés là. Ce gouvernement vient juste de soutenir les fabricants et transformateurs canadiens avec un allégement fiscal de 2,6 milliards de dollars dans l'Énoncé économique.
    Grâce à notre nouvelle initiative de réduction des impôts, parmi les pays du G7, le Canada aura le plus faible taux d'imposition général sur les nouveaux investissements des entreprises d'ici à 2011 et le plus faible taux d'imposition prévu par la loi d'ici à 2012. Cela accroîtra la productivité, stimulera l'emploi et améliorera la prospérité.
    C'est clair que ce gouvernement travaille en vue de créer un environnement favorable pour toutes les industries. Nous faisons la même chose pour le secteur des produits forestiers. Nous avons pris des mesures particulières destinées à le soutenir.
    Pendant l'automne 2006, le Canada et les États-Unis ont éliminé l'un des plus importants obstacles auquel ce secteur ait jamais été confronté — le différend sur le bois d'oeuvre. Moins de neuf mois après avoir pris le pouvoir, ce gouvernement a tenu sa promesse en réglant ce différend qui durait depuis longtemps.
    L'entente sur le bois d'oeuvre a mis fin à des années de contentieux onéreux et apporté la certitude économique aux entreprises, aux communautés et aux travailleurs du Canada. Elle a permis à nos producteurs de bois d'oeuvre de récupérer plus de 5 milliards de dollars canadiens versés en dépôt — une injection considérable de capitaux dans le secteur.
    Le règlement du différend sur le bois d'oeuvre témoigne clairement de l'engagement de notre gouvernement à l'égard du secteur.

  (1135)  

     Les Canadiens ont demandé à notre gouvernement de négocier un règlement qui assure la stabilité du secteur et protège le gagne-pain des travailleurs, des communautés et des familles au Québec et au Canada.
    Outre le règlement de ce différend qui a duré plusieurs décennies, ce gouvernement a annoncé, dans le budget de 2006, un investissement de 400 millions de dollars pour favoriser la compétitivité à long terme du secteur forestier, pour lutter contre l'infestation du dendroctone du pin dans l'Ouest canadien et pour faciliter le réaménagement des effectifs.
    Nous respectons aussi les engagements suivants. L'automne dernier, soit en octobre 2006, le gouvernement a annoncé le lancement d'un nouveau programme à frais partagés avec les provinces et les territoires: l'Initiative ciblée pour les travailleurs âgés. Ce programme de deux ans vise à aider jusqu'à 10 000 travailleurs âgés qui ont perdu leur emploi dans des communautés où l'économie locale est touchée par le chômage chronique ou dont les industries, telles que la foresterie, sont touchées par des réductions d'effectifs et des fermetures.
    Cette année, notre gouvernement a annoncé des mesures axées sur la lutte contre l'infestation du dendroctone du pin et ses répercussions sur les forêts et les communautés de la Colombie-Britannique. Élaborée en collaboration avec le gouvernement de la Colombie-Britannique, la stratégie globale de lutte contre cette infestation comporte des mesures visant à en enrayer l'expansion vers l'est et à aider les communautés touchées à développer de nouveaux produits forestiers, marchés, secteurs et services en vue d'assurer leur bien-être économique à long terme.
    Nous avons aussi annoncé un financement de 127,5 millions de dollars destiné à renforcer la compétitivité à long terme du secteur forestier. Les initiatives — promotion de l'innovation et de l'investissement, expansion des débouchés, élaboration d'une nouvelle Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers et création d'un conseil des ressources humaines dans le secteur forestier — aideront à créer l'environnement qui permettra à notre secteur forestier de soutenir la concurrence internationale.
    Notre gouvernement a soutenu et continuera à soutenir le secteur forestier du Canada. Le discours du Trône a mis en lumière l'engagement continu de notre gouvernement à l'égard du soutien aux principales industries traditionnelles du Canada, y compris le secteur forestier et ceux de la fabrication, de la pêche et du tourisme.
    Comme je l'ai indiqué, nous avons soutenu les travailleurs dans ces secteurs tout au long de l'exercice de notre mandat et nous continuerons à le faire. Les mesures que nous avons prises et que nous continuons à prendre en témoignent clairement. Cela est clair pour les Canadiens et cela devrait l'être aussi pour les députés d'en face. Les actes résonnent plus fort que les paroles.
    Monsieur le Président, je crois savoir qu'il y a beaucoup d'industries liées au secteur forestier dans la circonscription du député de Roberval—Lac-Saint-Jean. J'aimerais savoir si les baisses d'impôt accordées par son gouvernement s'appliqueront à ces gens. Personnellement, j'en doute, parce qu'ils ne font aucun profit.
    Le contenu de son discours est vide quant à la façon de rehausser le secteur économique de l'industrie. Il n'y a rien dans les paroles dont il nous a affublés aujourd'hui. C'était seulement pour nous dire ce que le gouvernement a fait auparavant. On ne veut pas savoir ce qu'il a fait auparavant: on veut savoir ce qu'il fera dès aujourd'hui et demain. Ce qu'il a fait auparavant, on le sait. C'est 65 000 emplois qui ont été perdus.
    L'autre député conservateur disait qu'on avait le plus bas taux de chômage au Canada. Je lui ferai remarquer que les travailleurs du secteur manufacturier, qui ont perdu leur emploi, se retrouvent aujourd'hui dans le secteur des services, un secteur moins bien rémunéré. Cela entraîne des pertes économiques dans toutes les régions.
    Qu'entend faire son gouvernement, à partir d'aujourd'hui, pour enrayer les fermetures d'entreprises à cause d'un dollar trop fort? Je pense que le gouvernement n'a pas encore compris que les ressortissants des États-Unis ne viendront pas acheter chez nous parce que notre dollar est plus fort que le leur.

  (1140)  

    Monsieur le Président, je remercie de sa question mon collègue. Je rappellerai à mon confrère que 75 p. 100 des mesures annoncées dans l'Énoncé économique touchent directement les contribuables canadiens, et que 25 p. 100 des mesures touchent les entreprises. Donc, tout citoyen canadien est touché par ce qui a été annoncé en ce qui a trait au plancher d'impôt, à la diminution de la TPS et à tout le reste.
    Comme mon confrère l'a dit, je viens d'une région où le secteur forestier est le plus important du Québec, de la MRC qui produit le plus de bois au Québec. Chaque jour, lorsque je suis dans mon comté, je rencontre des travailleurs forestiers, des travailleurs d'entreprises.
    Nous travaillons, comme nous l'avons fait dans le passé, à trouver des solutions pour l'industrie. Le premier ministre annoncera en temps et lieu ce qui se doit d'être annoncé. Néanmoins, nous travaillons chaque jour. Tous les députés qui représentent le caucus du Québec sont au travail tous les jours pour le faire avec leurs confrères de l'ensemble du pays. Le Bloc peut bien en parler; nous, nous agirons et nous trouverons des solutions.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député a dit qu'il provenait d'une vaste région où il y a beaucoup d'entreprises forestières, ce qui était aussi le cas de la circonscription de Kenora, mais il n'en reste pas beaucoup en raison de certaines politiques du gouvernement actuel.
    Le député a commencé son intervention en parlant de ce que les conservateurs ont fait, mais ils n'ont rien fait. Ils ont bradé le secteur forestier dans leur entente sur le bois d'oeuvre. Quatre scieries de ma circonscription, dans le Nord de l'Ontario, viennent d'annoncer des fermetures temporaires de deux mois et demi à cause de cet accord.
    Le député a déclaré que le gouvernement avait mis fin à des litiges coûteux. Lorsque de bons amis comme le Canada et les États-Unis ont des différends, ils s'adressent aux tribunaux pour les régler. Il était dispendieux de s'adresser aux tribunaux, mais nous étions sur la bonne voie. Il en a coûté 1 milliard de dollars au gouvernement pour brader le secteur du bois d'oeuvre. Les conservateurs ont donné ce secteur à ceux qui luttaient contre nous.
    Compte tenu du dollar canadien fort, qu'est-ce que le gouvernement est prêt à faire aujourd'hui pour toutes les familles du Nord de l'Ontario, du Québec et d'ailleurs, qui n'ont plus d'emploi? Qu'est-ce que le gouvernement est prêt à faire pour s'assurer que les usines reprennent leurs activités? Il faudra de nouveaux programmes parce que tout ce que le gouvernement a fait jusqu'à maintenant n'a pas fonctionné.

[Français]

    Monsieur le Président, tel que nous l'avons réaffirmé et tel que le premier ministre l'a également annoncé suite au discours du Trône, nous allons continuer à élaborer et à mettre en avant des programmes et des mesures pour aider les travailleurs de l'industrie forestière et de d'autres secteurs à la grandeur du pays.
    Nous continuons à faire tout ce qui est actuellement en notre pouvoir pour faire les analyses et arriver avec des solutions qui seront concrètes et qui atteindront les objectifs que nous ciblons, soit bien sûr aider les travailleurs, permettre à l'industrie d'aller plus loin et permettre encore une fois au Canada de demeurer le plus grand pays exportateur de bois au monde.
    Monsieur le Président, avec l'engagement que le député de Roberval—Lac-Saint-Jean vient de prendre, je comprends qu'il votera en faveur de la motion de la députée de Trois-Rivières, parce que c'est exactement ce qui est contenu dans la motion.
    Il nous a annoncé des choses qui ont été faites, des reprises de programmes qui existaient dans le passé et qui ont abouti à des pertes d'emplois.
    Le député de Roberval—Lac-Saint-Jean, qui a fait la campagne sur des engagements envers les forestiers, peut-il me dire s'il votera, oui ou non, en faveur de la motion de notre collègue de Trois-Rivières?
    Monsieur le Président, le Bloc québécois a fait campagne dans mon comté en déposant un projet de loi touchant le Québec et les régions du Québec au sujet de tout le programme forestier canadien et québécois.
    Nous avons fait notre campagne sur le terrain en voulant représenter nos concitoyens. On nous a déposé un projet de loi. Jusqu'à ce jour, à que je sache, deux projets de loi de ce parti ont été acceptés pour des changements de noms de comtés.
    Il est donc facile de venir dans les régions du Québec et dire qu'on déposera un projet de loi qui permettra au Québec d'aller plus loin au niveau forestier et par la suite de demander aux députés qui ont été élus de se compromettre dans d'autres secteurs.
     Dans le cadre de ce dossier, le Bloc québécois a encore une fois déposé pour tout le monde dans notre comté un projet de loi qui serait encore une fois resté sur les tablettes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Markham—Unionville.
    C'est avec plaisir que je prends la parole au sujet de cette motion extrêmement importante concernant une question qui l'est tout autant. Les secteurs manufacturier et forestier connaissent d'immenses difficultés. L'envolée rapide du dollar canadien ou peut-être la dépréciation du dollar américain et la rapidité de son déclin ont contribué à ces difficultés. Toutefois, le secteur industriel dans son ensemble doit aussi faire face à des problèmes durables de compétitivité et de productivité extrêmement graves.
    Je vais axer une partie de mes observations sur les difficultés de l'industrie du bois d'oeuvre des Maritimes, ma région. Manifestement, celle-ci est aux prises avec des difficultés. Le marché est inondé de bois d'oeuvre à bas prix provenant de la Colombie-Britannique. Cette situation découle en partie des coupes à blanc qui ont lieu en Colombie-Britannique en raison du dendroctone du pin. Ce qui était au départ une catastrophe naturelle est devenue une catastrophe économique pour d'autres régions du pays. Le déclin du marché de l'habitation aux États-Unis a une incidence sur les exportations de bois d'oeuvre canadien, sans compter les effets de l'appréciation du dollar et de la hausse des prix de l'énergie. Nos coûts de production ont augmenté et la compétitivité de notre produit diminue.
    Selon des producteurs de ma circonscription, le prix qu'ils réussissent à obtenir pour leur produit fini est, dans certains cas, plus bas que le prix qu'ils paient pour acheter des billes de bois, leur matière première. D'ailleurs, les producteurs américains de bois d'oeuvre du Maine exportent leur produit au Canada atlantique.
    Sur les 92 usines de l'Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, 22 n'ont pas produit de bois d'oeuvre depuis janvier 2007 et 18 autres ont annoncé des fermetures permanentes, indéfinies ou temporaires. Seulement 16 usines fonctionnent presque à plein rendement et il s'agit surtout de petits producteurs qui desservent des marchés locaux. Le reste des usines réduisent leur production. À ce jour, 1 249 employés ont été mis à pied dans l'industrie du bois d'oeuvre des Maritimes. Ces renseignements sont mis à jour régulièrement. D'ailleurs, le nombre de fermetures a augmenté depuis le mois dernier. Si la tendance se maintient, d'ici le 31 décembre 2008, l'industrie fonctionnera à 50 p. 100 du rendement de 2006.
    Ce n'est pas réconfortant que le gouvernement dise que l'accord sur le bois d'oeuvre qu'il a signé avec les États-Unis au début de son mandat est en quelque sorte une panacée qui réglera tous les problèmes auxquels se heurte l'industrie canadienne du bois d'oeuvre. L'accord conclu avec le gouvernement des États-Unis consistait davantage en une série de séances de photos pour le gouvernement conservateur qu'en une mesure pour d'obtenir des résultats véritables à long terme pour le secteur canadien du bois d'oeuvre.
    Il faut vraiment reconnaître l'importance d'appuyer les collectivités touchées par le déclin de l'industrie du bois d'oeuvre. La première chose à faire est de rétablir le programme de diversification économique pour les régions forestières. En 2005, dans le cadre de sa stratégie forestière, le gouvernement libéral avait prévu 1,5 milliard de dollars pour soutenir l'industrie. Cet investissement comprenait des subventions pour permettre aux entreprises d'investir dans la recherche et le développement et un fonds national d'adaptation des collectivités forestières, réparti sur cinq ans et destiné à la diversification de l'économie des collectivités forestières en déclin.

  (1145)  

    Le gouvernement conservateur qui prône le laissez-faire et une idéologie rigide plutôt que l'aide aux collectivités canadiennes a sabré ces programmes. C'est le même gouvernement qui a supprimé les ententes relatives au marché du travail conclues avec nombre de provinces. Ces ententes avaient pour but d'aider les travailleurs du secteur forestier ou manufacturier qui font face au déclin de leur industrie ou à une transition dans celle-ci. Ces ententes leur étaient favorables, mais le gouvernement les a supprimées à un moment critique.
    Dans les Maritimes, compte tenu de la structure de propriété des terres et des régions boisées, les défis qui se posent à l'industrie du bois d'oeuvre diffèrent de ceux des autres régions du pays. Néanmoins, il est vraiment important que les députés se rendent compte que si certaines conditions diffèrent dans les Maritimes, l'industrie du bois d'oeuvre des provinces atlantiques est tout de même confrontée à de graves difficultés. Le gouvernement conservateur fait abstraction de l'industrie du bois d'oeuvre du Canada atlantique et en a aussi piètrement défendu les intérêts que ceux de l'industrie forestière québécoise et des autres régions canadiennes.
    Pour ce qui est du secteur manufacturier, il est clair que la déduction pour amortissement accéléré qu'offre le gouvernement, qui s'applique actuellement sur deux ans, doit être répartie sur cinq ans. Voilà ce que demande Manufacturiers et Exportateurs du Canada. L'association soutient que ce n'est pas du jour au lendemain que les entreprises décident d'acheter de l'équipement pour améliorer la production à long terme. Pour qu'une déduction pour amortissement accéléré fasse vraiment une différence, il faut qu'elle s'applique sur une période de cinq ans, non de deux ans. Nous avons pressé le gouvernement à maintes reprises de répartir cette déduction sur cinq ans pour renforcer le partenariat avec les manufacturiers canadiens et les aider à faire les investissements qui s'imposent pour accroître leur productivité.
    Par surcroît, au chapitre de la recherche et du développement et des activités de commercialisation susceptibles d'aider les manufacturiers canadiens à soutenir la concurrence et à tirer leur épingle du jeu dans un contexte de forte concurrence, le gouvernement doit remanier son programme de crédits d'impôt à la recherche scientifique et au développement expérimental. Cette initiative a aidé des entreprises et des manufacturiers canadiens qui font ce genre d'investissement dans des industries aussi différentes que la biotechnologie ou les technologies propres.
    Pour élargir et renforcer le programme de crédits d'impôt à la recherche scientifique et au développement expérimental, on pourrait augmenter la limite annuelle des dépenses liées à la recherche et au développement, qui a été établie en 1985, avant l'ALENA. On pourrait ainsi faire passer cette limite de 2 millions de dollars à 10 millions de dollars, et le seuil du capital imposable de 10 millions de dollars à 50 millions de dollars. Cela ferait une énorme différence pour les manufacturiers et les autres entreprises du Canada qui font de la recherche, du développement et de la commercialisation.
    Un autre changement possible serait de supprimer la restriction actuelle des SPCC sur les crédits remboursables en vertu du programme de crédits d'impôt à la recherche scientifique et au développement expérimental, tout en maintenant les critères d'admissibilité. Cela ferait une différence sur le plan du revenu imposable et des seuils de capital imposable.
    Il est essentiel d'investir dans l'infrastructure, surtout en ce qui a trait aux transports. Le gouvernement libéral dont je faisais partie a investi énormément dans la porte d'entrée du Pacifique. Le gouvernement conservateur a continué à investir, mais dans une moindre mesure que ce que notre gouvernement avait fait. La porte d'entrée du Pacifique en fait partie.
    En ce qui a trait à la porte d'entrée de l'Atlantique, le gouvernement a récemment annoncé un échange de lettres ou de protocoles d'entente, mais ce n'est pas suffisant. Le gouvernement devrait agir plus rapidement pour établir et renforcer les voies de commerce maritime le long de la côte Est et dans le Canada atlantique.
    Le gouvernement se doit d'affecter davantage de ressources à l'infrastructure vieillissante de l'Ontario, surtout au passage frontalier Windsor-Detroit, qui doit être traité en priorité. J'ai lu aujourd'hui dans un article du Toronto Star que le PDG de Chrysler réclame un nouveau passage frontalier à Windsor. Tous les intervenants doivent jouer un rôle actif. Le gouvernement doit agir et affecter les ressources nécessaires.

  (1150)  

    Selon le Conseil des affaires canadiennes-américaines, l'infrastructure déficiente et les coûts de la bureaucratie nuisent à la compétitivité des entreprises des deux côtés de la frontière. Compte tenu de l'importance du transport rapide des pièces et des matériaux pour le secteur manufacturier, il est absolument essentiel que les autorités frontalières du Canada et des États-Unis soient efficaces et efficientes. Le gouvernement doit faire ce genre d'investissements, qui seraient beaucoup plus utiles et efficaces qu'une réduction de la TPS qui n'améliore pas la productivité, qui ne rend pas nos entreprises manufacturières plus concurrentielles et qui ne crée pas d'emplois pour les travailleurs canadiens.
    Monsieur le Président, le député a offert un point de vue intéressant relativement à cette importante motion. C'est une question extrêmement importante pour notre pays à l'heure actuelle, et une situation très instable.
    Je sais que le député a travaillé dans le milieu bancaire. Je me demande s'il pourrait expliquer à la Chambre les dangers qui guettent les secteurs manufacturier et forestier et peut-être indiquer encore une fois ce que ferait un gouvernement responsable pour atténuer la crise.

  (1155)  

    Monsieur le Président, le député a évoqué certains de mes antécédents professionnels, mais il est lui-même comptable. Il y a très peu de comptables agréés à la Chambre des communes et ses connaissances sur certaines de ces questions nous son également très utiles.
    Nous entendrons bientôt le député de Markham—Unionville, qui pourra commenter certains des aspects entourant la réforme fiscale et nous parler de l'importance de créer un régime fiscal plus concurrentiel pour les manufacturiers canadiens et tout le secteur industriel afin de pouvoir soutenir la concurrence et réussir à l'échelle mondiale.
    Tous les économistes du pays s'entendent pour dire que le gouvernement a eu tort de réduire une taxe à la consommation au lieu de consentir des baisses d'impôt générales, notamment en réduisant l'impôt sur le revenu des particuliers.
    Il est primordial non seulement de créer des régimes d'imposition plus concurrentiels pour les sociétés et les particuliers, mais aussi de réduire l'impôt sur le capital, sur l'investissement et sur les types de technologies qui sont nécessaires pour accroître la compétitivité. Voilà le genre de mesures que devrait prendre le gouvernement, au lieu de réduire la TPS. Réduire la taxe à la consommation constitue une mauvaise politique publique, une mauvaise politique sociale et une mauvaise politique économique.

[Français]

    Monsieur le Président, je veux féliciter mon collègue de nous avoir sensibilisés aux difficultés de la crise forestière dans les Maritimes. On constate que les problèmes y sont identiques et qu'on se rejoint sur une chose, soit la nécessité d'avoir un programme de diversification économique des régions forestières, ce programme qui a été aboli par les conservateurs en 2006.
    De façon plus large, j'aimerais qu'il nous parle un peu de ce que pourrait être un gouvernement qui n'aurait pas le laissez-faire comme leitmotiv. On sait que ce gouvernement est un grand acheteur de biens. Pourquoi ne favorise-t-il pas les entreprises canadiennes grâce à des contrats?
    Lorsqu'il a eu des contrats inespérés en aéronautique, soit des contrats représentant 17 milliards de dollars, ce qu'on voit rarement au Canada, pourquoi ce gouvernement n'a-t-il pas été attentif au fait que ce soient des entreprises canadiennes? Pourquoi n'a-t-on pas exigé des retombées pour le Québec, où l'entreprise aéronautique représente 60 p. 100 de l'industrie canadienne en ce domaine? N'est-ce pas, encore une fois, laisser nos entreprises en panne alors qu'elles sont aux prises avec les aléas de la hausse du dollar? Ne pourrait-on pas avoir un peu de perspective?
    Monsieur le Président, j'apprécie beaucoup la question. C'est clair que l'on doit investir pour restaurer les programmes afin d'aider nos travailleurs, mais il y a aussi les questions relatives à l'approvisionnement dans les secteurs comme la défense et l'aérospatial. Il est très important d'utiliser notre système d'approvisionnement pour augmenter notre compétitivité dans ces secteurs. C'est clair que les autres pays continuent d'utiliser leur système d'approvisionnement pour le faire, et on devrait faire la même chose ici.
    Par le passé, c'était le cas pour tous les gouvernements libéraux et aussi pour les gouvernements progressistes-conservateurs. Il y avait un historique d'utiliser l'approvisionnement pour augmenter notre compétitivité, mais ce n'est pas le cas avec le gouvernement conservateur actuel.
    Il serait également important de réformer notre système d'impôt pour augmenter notre productivité afin d'attirer les investissements nécessaires pour augmenter aussi notre compétitivité.
    J'apprécie beaucoup l'accent sur la question de l'approvisionnement en tant qu'ancien ministre des Travaux publics puisque c'était mon dossier par le passé. Je crains que l'on perde beaucoup de terrain avec l'approche récente de laisser-faire de ce gouvernement conservateur.

  (1200)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'idée générale, c'est que le gouvernement fait l'autruche quand on parle des répercussions du dollar fort sur les emplois, dans les industries touristique, manufacturière et forestière. Des mises à pied ont déjà eu lieu. Il y a à peine deux semaines, on a annoncé la suppression de 1 100 emplois chez Chrysler. Je crois que c'est la semaine dernière que 800 emplois ont été coupés dans l'industrie forestière. Et ce n'est là que la pointe de l'iceberg.
    Si la devise est longtemps maintenue à une valeur égale ou supérieure à celle du dollar américain, nous serons témoins de centaines de milliers de congédiements.
    Le gouvernement est bloqué et aveuglé par sa propre idéologie sur cette question. Il ne voit pas le rôle que le gouvernement pourrait jouer pour éviter cette crise imminente qui serait attribuable à la valeur du dollar.
    Le premier ministre se concentre peut-être sur Calgary, où tout va bien puisque c'est l'industrie pétrolière qui est à l'origine de la valeur élevée du dollar. Toutefois, en Ontario, au Québec et dans tout le pays, des centaines de milliers d'emplois sont menacés par la force du dollar. Le gouvernement ne se contente pas de ne rien faire pour des raisons idéologiques, il va jusqu'à faire du tort à ces industries essentielles alors qu'elles battent déjà de l'aile.

[Français]

     Dans la motion du Bloc, on dit qu'on devrait remettre en place un programme de diversification économique des régions forestières inspiré de celui que le gouvernement conservateur a aboli. C'est une autre manière de dire qu'il veut un programme pareil à celui qu'avait introduit le gouvernement libéral et que le gouvernement conservateur a aboli.

[Traduction]

    Je dirai tout à l'heure quelques mots au sujet de ce programme que le bloc veut voir rétabli, comme le NPD, d'ailleurs, j'en suis sûr, si ce n'était du fait que le NPD a décidé de faire tomber le gouvernement en 2006. Les conservateurs ont fait du tort à l'industrie forestière en abolissant ce programme.
    Les conservateurs ont fait du tort au secteur de l'automobile avec leur programme de remise ridicule et insensé qui nuit à notre industrie et à nos emplois. Ils lui font du tort avec l'accord de libre-échange avec la Corée. Dans sa forme actuelle, cet accord ne ferait rien pour lever les barrières non tarifaires et nuirait davantage à l'industrie canadienne. Les conservateurs n'ont pas investi un sou dans le secteur de l'automobile au Canada, alors que le précédent gouvernement libéral y avait investi quelque 300 millions de dollars.
    Les conservateurs ont frappé l'industrie forestière, qui était déjà mal en point. Ils ont aussi frappé le secteur de l'automobile et l'industrie touristique, qui étaient aussi mal en point.
    L'industrie touristique est dans un piteux état, parce que les Américains ne viennent plus en raison de la force du dollar. Qu'ont fait les conservateurs? Il ont aboli le programme de remboursement de la TPS aux visiteurs au moment où l'industrie en avait le plus besoin.
    Étant donné la destruction totale de nos relations avec la Chine, la Chine n'a pas accordé au Canada le statut de destination approuvée. Elle l'a accordé à 80 autres pays. Ce n'est donc pas une mesure appliquée avec beaucoup de parcimonie. Mais les relations entre le Canada et la Chine sont dans un tel état que ce statut nous est refusé. Ainsi, des centaines de milliers de touristes chinois qui auraient voulu voyager au Canada ne peuvent pas venir.
    En plus de ne rien faire, les conservateurs ont regardé ces secteurs clés en difficulté, qu'il s'agisse du secteur forestier, de l'industrie automobile ou du tourisme, et ils leur ont asséné d'autres coups. C'est inconcevable, ils n'ont rien fait et ils n'ont rien proposé pour aider ces industries.
    Les conservateurs ont refusé, par exemple, de mettre en oeuvre la période de cinq ans que tous préconisent, y compris le Comité de l'industrie, dans le cadre du programme d'amortissement accéléré pour les secteurs de la fabrication et de la transformation. Le rapport du Comité de l'industrie contenait, je crois, 22 recommandations qui faisaient l'unanimité chez les partis. Il s'agit d'un excellent rapport et les conservateurs n'ont mis en oeuvre qu'une petite partie d'une des recommandations. Ils n'ont pas donné suite aux 21 autres.
    Permettez-moi de dire quelques mots au sujet du programme libéral à l'intention de l'industrie forestière, un programme que le Bloc vante indirectement dans sa motion. Je dirai aux députés ce que ce programme aurait fait. Je demanderai ensuite aux députés du Bloc et du NPD s'ils auraient aimé ce programme.
    Lorsque le NPD a fait tomber le gouvernement en 2006, nous avons perdu non seulement le programme de garderie et l'accord de Kelowna qui visait les Autochtones, mais aussi le programme de 1,3 milliard de dollars qui aurait grandement aidé le secteur forestier, un secteur qui a actuellement désespérément besoin de cette aide. Examinons les faits.

  (1205)  

[Français]

    Premièrement, on avait 150 millions de dollars pour appuyer les travailleurs et les collectivités. N'est-ce pas précisément ce que demande maintenant le Bloc?

[Traduction]

    Que dire des 150 millions de dollars pour appuyer les travailleurs et les collectivités? Le NPD n'aurait-il pas aimé cette mesure? Voilà ce que nous proposions avant que le gouvernement vienne tout sabrer et nous ne pouvons guère compter sur le gouvernement pour qu'il rétablisse un tel programme.

[Français]

    Deuxièmement, il y a le programme de technologie transformatrice de 215 millions de dollars. N'est-ce pas de cela qu'a besoin l'industrie forestière au Québec et ailleurs au Canada?

[Traduction]

    Le NPD n'aime-t-il pas l'idée d'investir 215 millions de dollars dans un programme de technologies transformatrices qui fournirait une aide matérielle à l'industrie forestière et à tous les travailleurs de ce secteur qui risquent actuellement d'être mis à pied? Une telle mesure redonnerait espoir aux collectivités, à l'industrie, aux travailleurs, un espoir qui est réduit à néant par le politique de laissez-faire extrême du gouvernement, avec l'appui et l'encouragement du NPD.

[Français]

    Troisièmement, pour l'innovation forestière et les produits à valeur ajoutée, c'est un total de 90 millions de dollars.

[Traduction]

    La croissance des marchés du bois n'est-elle pas importante? N'avons-nous pas besoin de nouveaux marchés pour écouler notre bois, la Chine notamment, mais nos chances y sont maintenant minces, compte tenu du gouvernement actuel.
    Le gouvernement libéral précédent s'était engagé à verser 66 millions de dollars pour développer les marchés du bois, 10 millions de dollars pour rehausser le niveau des compétences et 50 millions de dollars pour appuyer la bioénergie, exactement ce dont a aujourd'hui besoin l'industrie forestière.

[Français]

    Toutes ces choses que demande maintenant le Bloc québécois étaient là, mais cela a été annulé en raison du comportement du Bloc québécois et du NPD en 2006.

[Traduction]

    Pour terminer, je vais simplement soulever un point fondamental. Si notre dollar se maintient au niveau actuel, nous sommes à la veille d'une crise de l'emploi. Les récentes mises à pied ne sont en fait que la pointe de l'iceberg. Et il ne s'agit pas seulement de chiffres. Ces statistiques touchent en fait des parents et des amis de Canadiens habitant dans toutes les régions du pays.
    Le gouvernement, fidèle à son extraordinaire attitude de laissez-faire, n'a pas daigné faire quoi que ce soit pour régler ce problème. Et comme si cela ne suffisait pas, il s'en est pris à ces industries au moment où elles étaient le plus vulnérables. C'est au NPD et au Bloc que revient en bonne partie la responsabilité de la crise de l'industrie forestière. En renversant le gouvernement libéral précédent, ils ont causé l'annulation d'investissements de quelque 1,3 milliard de dollars qui auraient aujourd'hui été injectés dans l'industrie forestière et qui assureraient le soutien des collectivités, de la population et des emplois qui sont en grande partie tributaire de l'industrie forestière.

  (1210)  

    Monsieur le Président, j'aimerais répondre à mon collègue, le député de Markham. Nous avons, lui et moi, débattu cette question à plusieurs reprises et voici une autre occasion de le faire.
    Premièrement, j'aimerais lui poser deux questions simples. L'une d'entre elles concerne la déduction pour amortissement.
    Mon collègue de Markham, qui a été banquier, sait bien que pour qu'une entreprise puisse profiter de la déduction pour amortissement, elle doit faire des bénéfices. Pour faire des bénéfices, il faut qu'il y ait un climat propice aux affaires, et c'est ce qui semble manquer dans le secteur forestier depuis plusieurs années.
    C'est le gouvernement libéral qui a entamé les négociations avec la Corée, en 2005, je crois. Il pourrait peut-être en parler. Ces négociations viennent d'aboutir.
    En ce qui a trait au programme des libéraux en faveur de l'industrie forestière, ses chiffres sont erronés. Il a dit qu'il s'agissait d'un programme de 1,3 milliard de dollars. En fait, il s'agissait plutôt de 1,4 milliard, dont 800 millions auraient été versés aux entreprises du secteur du bois d'oeuvre dans l'ensemble du pays.
    Comme nous le savons, 5 milliards de dollars étaient en dépôt aux États-Unis. Comme ancien banquier, mon collègue sait que les banques aiment que leurs clients aient de quoi payer leurs obligations. La plupart de ces entreprises étaient au bord du gouffre financièrement parce qu'elles devaient payer un droit sur le bois d'oeuvre et étaient à court de liquidités.
    De cette somme de 1,4 milliard, 800 millions devaient être versés aux entreprises du secteur du bois d'oeuvre dans l'ensemble du pays, ce qui les aurait aidées à rester à flot. Les 600 millions restant devaient être versés aux agences de développement économique, soit l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, dont il est question aujourd'hui, l'Initiative fédérale de développement économique pour le Nord de l'Ontario et la Diversification de l'économie de l'Ouest. Cela aurait surtout permis d'aider les entreprises dans les secteurs dont il est question aujourd'hui.
    Les libéraux ne l'ont pas mis en oeuvre. Ils auraient pu le faire. Mon collègue pourrait-il me dire pourquoi ils ne l'ont pas fait? C'est ce qui a obligé le gouvernement actuel a présenté le projet de loi dont le ministre du Commerce international a saisi la Chambre dès l'arrivée au pouvoir des conservateurs.
    Monsieur le Président, mon ancien collègue libéral a présenté une version plutôt déformée de la réalité. Je le remercie toutefois d'avoir apporté une mise au point: ce magnifique programme libéral ne prévoyait pas 1,3 milliard de dollars comme je l'avais dit, mais bien 1,4 milliard de dollars. Je considère cela comme une mise au point amicale.
    Ce que le député a oublié de dire toutefois, c'est que des élections ont eu lieu entretemps et que notre gouvernement a été remplacé par le gouvernement conservateur qui a annulé....
    Des voix: Oh, oh!
    Monsieur le Président, les députés néo-démocrates applaudissent à la victoire conservatrice, ce qui n'a rien d'inattendu.
    Après notre défaite toutefois, le gouvernement conservateur doctrinaire et je-m'en-foutiste a annulé les 581 millions de dollars que nous avions promis. Il a annulé les programmes qui visaient à venir en aide aux travailleurs dans les collectivités. Il a annulé le programme de technologie de la transformation, d'innovation en matière de foresterie, de produits à valeur ajoutée et de croissance des marchés du bois et autres. C'est ce que le gouvernement a fait.
    Si nous avions remporté ces élections, nous aurions mis ces programmes en vigueur, mais nous ne les avons pas remportées et l'industrie forestière a ainsi perdu 581 millions de dollars qui auraient pu venir en aide aux collectivités et aux travailleurs et permettre de conserver des emplois dans ce secteur.
    Monsieur le Président, je voudrais rappeler au député d'en face que ce ne sont pas les néo-démocrates, mais bien les Canadiens qui ont défait les libéraux. Lorsque les Canadiens ont vu de quelle terrible manière les libéraux s'étaient conduits alors qu'ils étaient à la tête du gouvernement, ils ont décidé qu'ils ne méritaient plus de gouverner le pays et c'est la raison pour laquelle ils se retrouvent aujourd'hui dans l'opposition.
    J'appuie le député de Thunder Bay—Superior-Nord quand il dit qu'il y a beaucoup de choses que les libéraux avaient promis de faire avant les élections, mais qu'ils n'avaient pas pris les dispositions nécessaires pour que le nouveau gouvernement soit forcé d'agir et qu'il ne puisse pas reculer et ne pas s'engager à dépenser cet argent.
    Il suffit de jeter un coup d'oeil au budget de 2005 pour comprendre. Le NPD avait alors convaincu les libéraux de ne pas accorder d'allégements fiscaux aux entreprises, mais de consacrer plutôt ces 5 milliards de dollars à des programmes venant en aide aux contribuables et aux collectivités. Ce projet de loi a été adopté et mis en vigueur. On est donc encore en train de dépenser cet argent.
    Le Conseil du Trésor n'a jamais pris d'engagement officiel à l'égard de cet argent dont parle le député, et plus particulièrement des 1,4 milliard de dollars promis dans le secteur forestier. Le gouvernement élu pouvait alors se permettre de ne pas le dépenser...

  (1215)  

    C'est avec regret que je dois interrompre le député de Sault Ste. Marie, mais le temps alloué est écoulé. Je donne quelques secondes au député de Markham—Unionville pour qu'il puisse répliquer.
    Monsieur le Président, je crois que je vais expliquer lentement ce point pour que le NPD puisse comprendre.
    Il est vrai que les Canadiens ont déterminé le résultat des élections de 2006. C'est le NPD qui a déclenché ces élections en renversant le Parti libéral. Ce faisant, les néo-démocrates ont renoncé, au nom de tous les Canadiens, au programme d'aide aux collectivités autochtones de 5 milliards de dollars, au programme d'aide aux collectivités forestières de 1,3 milliard de dollars et au programme de garde d'enfants de 5 milliards de dollars. C'est le NPD qui a fait perdre ces programmes aux Canadiens.
    Monsieur le Président, je partagerai le temps qui m'est alloué avec le député d'Acadie—Bathurst.
    J'appuie cette importante motion sur le secteur manufacturier et les répercussions qu'a l'appréciation du dollar canadien sur ce secteur. Le secteur manufacturier canadien traverse une crise grave. Au cours des dix dernières années, le Canada est passé d'un excédent commercial de 12 milliards de dollars à un déficit commercial de 16 milliards de dollars. Nous avons été témoins de la perte de centaines de milliers d'emplois dans le secteur manufacturier. Ce secteur en perd des centaines d'autres chaque jour.
    La part que représente le secteur manufacturierde dans l'ensemble de notre économie a reculé de quelque 25 p. 100 au cours des dix dernières années. Pourtant, notre économie dépend largement du secteur manufacturier qui fournit un emploi sur huit et qui donne du travail à plus de 2,4 millions de Canadiens. C'est un secteur clé de notre économie.
    Pensons à notre histoire. Les Canadiens étaient perçus comme des scieurs de bois et des porteurs d'eau. Il a fallu de valeureux efforts et une volonté collective pour que nous décidions que nous pouvions en faire davantage. Certes, notre pays avait des ressources naturelles abondantes qui jouaient un rôle clé dans notre économie, mais il était dans l'intérêt de tous les Canadiens d'ajouter de la valeur à ces ressources naturelles. Aussi, en plus de pêcher du poisson, nous allions le transformer; en plus d'extraire les minerais du sol, nous allions les transformer. Non seulement allions-nous cultiver des produits agricoles, mais nous allions les transformer pour les consommer au pays ou les exporter à l'étranger.
    Ce qui est plus important encore, nous allions ajouter de la valeur dans le secteur manufacturier, qui deviendrait l'un des principaux fournisseurs de certains produits clés dans le monde. Comme nous l'avons vu dans de nombreux secteurs de l'économie, le Canada a excellé. Notre succès n'est pas arrivé par accident. Nos parents et nos grands-parents ont travaillé pour créer un secteur manufacturier dynamique au Canada.
    Nous assistons dernièrement, à cause de divers facteurs dont je parlerai dans un instant, à l'érosion du secteur manufacturier. Comment pourrons-nous soutenir une économie prospère et l'assiette fiscale nécessaire pour financer nos programmes sociaux, notre infrastructure et tout ce à quoi nous tenons, si nous perdons notre secteur manufacturier qui est à la fois précieux, dynamique et lucratif? C'est très préoccupant.
    Je citerai d'autres statistiques concernant les pertes d'emploi dans ce secteur. Examinons différents domaines. Nous avons perdu 40 p. 100 des secteurs du textile et du vêtement. Nous avons perdu 16 p. 100 du secteur aérospatial, 32 p. 100 du secteur de la construction navale, 13 p. 100 du secteur des aliments et des boissons, 13 p. 100 de l'industrie de première transformation des métaux, 9 p. 100 du secteur du papier, 8 p. 100 des produits forestiers et 7 p. 100 de notre industrie automobile. Ces statistiques se traduisent par d'énormes pertes d'emploi et une grande insécurité pour un grand nombre de familles.
    Ces pertes sont réparties à l'échelle du pays. Le secteur manufacturier a connu une baisse de 20 p. 100 en Nouvelle-Écosse et de 25 p. 100 dans la région de Kootenay, en Colombie-Britannique. La Colombie-Britannique a perdu 13 700 emplois. Les pertes sont énormes partout au pays dans le secteur manufacturier. Je sais que Toronto, ma ville, a perdu plus de 100 000 emplois dans ce secteur, ce qui a eu une énorme incidence sur de nombreuses familles de la région.
    Jetons un coup d'oeil aux causes. Cette motion fait état de la vigueur du dollar. De toute évidence, la vigueur de notre devise entraîne des pertes d'emploi et constitue une source de stress pour tous les secteurs de l'économie qui exportent ou qui dépendent des investissements étrangers, notamment le tourisme et le secteur culturel. La hausse du dollar canadien a une énorme incidence sur l'économie.

  (1220)  

    Comme la députée l'a indiqué dans la motion, je réitère que le libre-échange et les accords commerciaux mal négociés constituent un des problèmes. Le gouvernement précédent a entamé nombre d'accords de libre-échange. Il a notamment amorcé un accord avec la Corée, dont l'actuel gouvernement poursuit la négociation, alors que nous accusons déjà un énorme déficit commercial. Dans le secteur de l'automobile, par exemple, le déficit commercial du Canada se chiffre aujourd'hui à 1,7 milliard de dollars et le Canada perd actuellement des milliers d'emplois précisément à cause de ce déficit commercial avec la Corée. Pourtant, le gouvernement précédent a cru et le gouvernement actuel croit lui aussi qu'il faut simplement continuer à exporter des emplois à l'étranger, notamment en Corée, sans exiger l'équilibre commercial ici-même au Canada.
    Nous avons également vu le gouvernement précédent et l'actuel gouvernement donner carte blanche aux entreprises en leur accordant des réductions d'impôt, sans y assortir de conditions et sans exiger que ces impôts soient réinvestis dans la collectivité pour la création d'emploi et la recherche et le développement. Le gouvernement fait purement et simplement des cadeaux aux entreprises dont certaines, comme les banques et les sociétés pétrolières et gazières, enregistrent à l'heure actuelle des profits phénoménaux et n'ont certainement pas besoin d'allégements fiscaux qui ne feront qu'accentuer la flambée du dollar. Cette politique financière nuit aussi au secteur manufacturier canadien.
    Le gouvernement actuel continue de réduire les impôts et ne semble pas être conscient de la crise dans le secteur manufacturier canadien, ni de ce que cela signifie pour les travailleurs qui perdent leurs emplois et pour les familles.
    Quand je parle de cela pendant la période des questions, on me répond qu'il y a plein d'emplois créés partout au Canada. Or, si on se penche sur la situation des gens qui perdent leur emploi dans le secteur manufacturier, des emplois bien rémunérés et qui offrent des avantages sociaux qui aident les travailleurs à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, on constate qu'ils se retrouvent avec des emplois à faible rémunération et sans sécurité d'emploi dans le secteur tertiaire. Ce ne sont pas des emplois qui permettent aux travailleur de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai présenté un projet de loi qui vise à établir le salaire minimum national à 10 $ l'heure.
    Un autre facteur néfaste pour les travailleurs du secteur manufacturier qui perdent leur emploi est l'érosion de notre programme d'assurance-emploi. L'ancien gouvernement s'est approprié des milliards de dollars payées par les travailleurs et les employeurs sous forme de cotisations, des sommes qui auraient dû être remises aux travailleurs sous forme de prestations en cas de perte d'emploi. Ce ne fut pas le cas.
    Aujourd'hui, à Toronto, environ 20 p. 100 seulement des travailleurs sans emploi reçoivent des prestations d'assurance-emploi. Cela signifie que 80 p. 100 des travailleurs cotisent à un programme, mais ne peuvent pas recevoir les prestations quand ils en ont besoin.
    Le secteur manufacturier canadien est en crise. Cette crise ne touche pas seulement les travailleurs de ce secteur, mais bien tous les Canadiens. Il s'agit d'un secteur de haute technologie et à forte valeur ajoutée qui est d'une importance capitale pour notre économie. Aucun autre pays n'ouvre toutes grandes les portes en disant « laissons le marché décider ». Les autres pays défendent leur secteur manufacturier. Ils veulent plus d'investissements. Ils veulent renforcer leur secteur manufacturier pour le bien de leur population.
    Par conséquent, j'appuie la motion et j'exhorte les députés à l'adopter.

  (1225)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt l'intervention de ma collègue . J'aimerais faire quelques observations et lui poser quelques questions auxquelles elles pourrait peut-être répondre.
    Dans ses propos, elle a critiqué les réductions de l'impôt des sociétés effectuées par le gouvernement. Je me demande si elle sait que l'ancien gouvernement néo-démocrate de la Saskatchewan avait récemment adopté cette même stratégie. Pense-t-elle que les gouvernements néo-démocrates ont également tort lorsqu'ils réduisent l'impôt des sociétés? Voilà ma première question.
    Ma deuxième question concerne le faible taux de chômage au pays. La députée reconnaît-elle que le pays a un des plus faibles taux de chômage en 30 ou 33 ans? Le gouvernement croit que, par compassion et pour favoriser le développement régional, il faut aider certaines personnes, mais la députée doit se rendre compte que notre pays connaît son plus faible taux de chômage global.
    Enfin, la députée a parlé de la hausse du dollar. De quelle manière précise le NPD voudrait-il que nous intervenions? Nous avons vu des pays d'Amérique latine et aussi l'ancien régime de Boris Yeltsin adopter des mesures pour influer directement sur la valeur de leur monnaie. Nous avons vu les problèmes que cela a créés. Nous comprenons aussi que si nous influençons le cours du dollar, au lieu de laisser le marché le déterminer, cela entraînera une hausse du prix de choses comme les fruits, le mazout et l'essence. Qu'est-ce que le NPD voudrait qu'on fasse exactement pour influer sur ces éléments macroéconomiques?
    Monsieur le Président, sur la question des réductions d'impôt, mon collègue ne comprend-t-il pas que, lorsque l'on accorde des réductions d'impôt sans condition à des secteurs de l'économie qui sont déjà très rentables, on ne leur fait en réalité que des cadeaux, sans donner quoi que ce soit aux autres secteurs de l'économie?
    En quoi cela est-il utile que le gouvernement accorde des milliards de dollars en réductions d'impôt qui font augmenter les bénéfices du secteur des hydrocarbures et de celui des banques? Les entreprises qui ne sont pas rentables à l'heure actuelle, comme celles du secteur de la fabrication, ne peuvent pas tirer parti de ces réductions d'impôt.
    Toute réduction d'impôt doit être ciblée et conçue de manière à stimuler un secteur de l'économie qui est en difficulté et elle doit être liés à des résultats attendus, à savoir des investissements qui créent des emplois dans le secteur concerné. On ne doit pas tout simplement donner un chèque en blanc à un secteur de l'économie qui est déjà rentable.
    Le député affirme que nous sommes dans une situation de faible chômage. J'aimerais qu'il se rende à Brampton et qu'il dise aux 1 100 travailleurs de Chrysler qui vont perdre leur emploi que le faible taux de chômage leur donne l'avantage de postuler chez Wal-Mart et Tim Hortons. Qu'il vienne donc à Brampton pour voir comment un tel commentaire serait accueilli.
    Monsieur le Président, j'aimerais lire une ligne de la motion que nous débattons aujourd'hui: « la remise en place d'un programme de diversification économique des régions forestières inspiré de celui que le gouvernement conservateur a aboli ».
    Je suis fier de dire que j'ai joué un rôle dans l'élaboration du programme dont il est question. Cependant, il y a un aspect dont on n'a pas parlé. Le programme n'était pas limité puisque nous ne connaissions pas les difficultés éventuelles du secteur forestier et qu'il y avait de nombreux défis à relever. Nous ne pouvions pas prévoir, par exemple, la très forte appréciation du dollar canadien. Le programme n'était pas limité et il était d'une grande valeur.
    J'ai une question à poser à la députée. En avril 2007, le Parti libéral a annoncé la tenue d'un sommet forestier national. Nous souhaitions réunir toutes les parties intéressées. Le Canada compte au moins cinq régions forestières différentes et distinctes, à savoir la côte Est, le Québec, le Nord de l'Ontario, l'Ouest et la région côtière. Il nous semble très constructif de réunir les intervenants de toutes ces régions pour qu'ils discutent de diverses questions et élaborent une solution à long terme pour le secteur forestier.
    La députée et son parti favoriseraient-ils la tenue d'un sommet forestier national visant à traiter de certaines de ces questions dans une perspective d'ensemble?
    Monsieur le Président, de toute évidence, le secteur forestier est soumis à des pressions incroyables depuis quelque temps. Le récent accord sur le bois d'oeuvre n'a été d'aucun secours et, bien entendu, la hausse du dollars est la cerise sur le gâteau.
    Pour répondre à la question de notre collègue, je crois que ce serait une bonne idée que de réunir des représentants régionaux du secteur. En fait, je pense que le gouvernement devrait envisager la création de stratégies sectorielles pour chaque volet de notre économie et, surtout, pour les secteurs en difficulté. Je crois en la valeur des discussions tripartites lorsqu'il s'agit de...

  (1230)  

    Reprise du débat. Le député d'Acadie—Bathurst a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de prendre part à ce débat sur ce problème des fermetures de manufactures au Canada, que ce soit dans le domaine forestier ou dans celui du textile.
    Le Parti conservateur aime se vanter en disant que le taux de chômage est le plus bas depuis les 30 dernières années. Cependant, il y a un problème. Le taux de chômage est peut-être le plus bas, mais il ne dit pas que des gens sont obligés d'avoir trois emplois afin de gagner assez d'argent pour nourrir leur famille. Ils sont obligés de travailler dans un restaurant le jour, dans un autre restaurant le soir et dans un autre la fin de semaine. Ce parti ne parle pas du fait que les familles ont perdu des bons emplois pour se retrouver dans des emplois qui les paient au salaire minimum.
    Ce serait drôle de faire une étude. Le gouvernement a les moyens de la faire puisqu'il a eu 14 milliards de dollars de surplus cette dernière année. Il devrait faire une étude pour savoir où les emplois sont allés. Je suis certain qu'ils ne sont pas tous allés en Alberta, à Fort McMurray ou à « Fort MakeMoney », comme on l'appelle. Ils se sont plutôt transformés en des emplois où les salaires sont minimes, de sorte que les gens sont obligés d'en avoir deux ou trois. On peut effectivement dire que le taux de chômage a baissé, mais il faut aussi tenir compte des revenus qui reviennent aux familles.
    Ces dernières années — cela a commencé lorsque le Parti libéral formait le gouvernement —, on a eu le problème du bois d'oeuvre. Pendant des années, jusqu'à ce qu'on le règle avec les États-Unis, ce problème a handicapé les compagnies forestières et leur a fait du mal. Lorsque les conservateurs sont arrivés au pouvoir, ils ont décidé que 4 milliards de dollars feraient l'affaire, même si les Américains nous devaient 5 milliards de dollars. On a alors perdu 1 milliard de dollars au profit des Américains. C'est bien beau, car on a de l'argent en masse au Canada et on nage dans les surplus. Plutôt que d'investir cet argent dans les infrastructures des villes et des villages, le gouvernement conservateur le donne aux Américains à raison de 1 milliard de dollars, sans problème. Et il pense ensuite qu'il a réglé le problème. Il ne l'a toutefois pas réglé, car après cela, les compagnies ont été touchées.
    Par exemple, chez nous, en octobre 2005, lorsque la compagnie Smurfit-Stone a fermé ses portes à Bathurst — comme c'est arrivé à New Richmond —, des emplois ont été perdus et cela a vraiment fait mal aux communautés. Il s'agissait d'emplois dans un moulin à papier qui existait à Bathurst depuis au moins 100 ans. Anciennement, il s'agissait de la Consolidated-Bathurst. Cela existait depuis plusieurs années.
    Un problème entre autres est survenu. Le Canada et les gouvernements n'ont pas été vigilants dans le passé quant au libre choix de la vente de nos compagnies aux entreprises étrangères. Par exemple, on a vendu une compagnie à une entreprise américaine, la Stone, qui a ensuite été achetée par la Smurfit, qui est finalement devenue la Smurfit-Stone. Tout d'un coup, une bonne journée, à New York, dans leurs bureaux administratifs, les dirigeants de cette compagnie se sont dit qu'ils avaient assez de production et, en regardant sur la carte géographique, qu'ils allaient fermer les moulins à papier de Bathurst et de New Richmond, point à la ligne. C'est fini, on a fait maison nette.
    On transfère la coupe de bois en forêt à une autre compagnie qui appartient à l'étranger. Prenons par exemple la UPM qui a acheté la compagnie de Miramichi. La coupe de bois va à Miramichi. C'est alors que l'usine UPM décide de fermer ses portes de 9 à 12 mois. Six cents employés sont mis à la porte pour 9 à 12 mois. Maintenant, on apprend que la coupe de bois est embarquée sur des bateaux à Belledune et envoyée en Finlande parce que la Russie refuse de fournir le bois à la Finlande. Et c'est nous qui en payons le prix. On peut voir pourquoi les compagnies canadiennes ont fermé: les compagnies étrangères s'occupent de leur pays en premier.
    J'ai personnellement écrit une lettre au premier ministre du Canada et au ministre des Ressources naturelles leur demandant ce que notre collègue libéral du Cape Breton—Canso a demandé plus tôt: ne devrait-il pas y avoir un sommet pour discuter de la situation? J'ai aussi écrit une lettre au premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, un libéral, pour demander la même chose: pourquoi ne réunissez-vous pas tous les joueurs autour d'une même table, soit l'industrie, les syndicats, les gouvernements et les personnes de la région? Je leur ai suggéré de réunir ces gens autour d'une table pour qu'ils puissent discuter de cet important problème.

  (1235)  

    Je n'étais pas trop fier de la réponse du premier ministre du Nouveau-Brunswick. Il a répondu tout simplement qu'on est chanceux d'avoir ces compagnies parce que sinon ce serait pire. Fermer l'usine, prendre le bois et l'envoyer en Finlande, ce serait pire que ça? Il est honteux et scandaleux que nous ayons perdu nos emplois.
    De plus, on perd nos ressources qui sont envoyées dans des pays étrangers. Ce n'est pas assez qu'ils viennent fermer nos compagnies, en plus, ils disent que si nous voulons acheter leurs compagnies, il ne faut pas compétitionner avec eux. Comment une compagnie de papier ne peut-elle pas faire compétition à une autre compagnie de papier? Ils viennent nous dire qu'elle est fermée et de les oublier. C'est ce qu'ils nous ont dit.
    Ce n'est pas seulement en Finlande qu'ils envoient le bois du Nouveau-Brunswick, mais aussi à Chicago. Lors de ma tournée, j'ai été à Hearst et à Kapuskasing, en Ontario, où le même problème existe. Ils ferment les moulins à scie, le bois va aux États-Unis et ils perdent leur bois. Je suis certain qu'il se passe la même chose au Québec et que le bois s'en va ailleurs.
    Le gouvernement n'est pas proactif. Il ne fait absolument rien pour arrêter cela. La seule chose qu'il nous dit est que cela pourrait être pire.
    La semaine dernière, on apprenait ceci au sujet d'une compagnie de textile au Nouveau-Brunswick. Il s'agit de Fils Fins Atlantique de Pokemouche dans la circonscription d'Acadie—Bathurst et dans la région de Restigouche, à Atholville. Elle emploie environ 300 personnes. Cette compagnie fait affaire avec l'Amérique du Sud. Cette dernière impose une taxe de 15 p. 100. Avec le taux de l'argent qui est maintenant élevé et cette taxe de 15 p. 100, elle ne peut pas arriver. L'industrie et les syndicats demandent une entente pour enlever ces 15 p. 100 et avoir une entente bilatérale qui est déjà négociée depuis quelque temps mais qui n'a pas été signée pour aider ces compagnies à avoir de nouveaux emplois. Combien de compagnies de textile ont également fermé au Québec? Elles ferment partout.
    Le gouvernement conservateur a le front de se vanter devant nous en disant que l'économie va bien au Canada. Je peux dire que l'économie ne va pas si bien que cela dans les régions rurales et dans les régions où, comme chez nous, il n'y a quasiment plus de pêche. C'est aussi le cas dans la Péninsule acadienne que dans le sud-est du Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse. Le secteur forestier est en train de fermer en raison des compagnies étrangères qui achètent nos compagnies, qui ferment leurs portes et qui repartent ou envoient notre bois chez eux.
    Le gouvernement fédéral ne fait absolument rien. Le gouvernement libéral, qui a été au pouvoir 13 ans, ne peut pas non plus se vanter. Cette histoire voulant qu'il ne soit pas au pouvoir parce que le NPD l'a fait tomber est de l'histoire ancienne. Vous n'êtes pas au pouvoir parce que les Canadiens vous ont mis à la porte. Vous avez fait des scandales, vous avez volé l'argent des citoyens et c'est pour cette raison que vous avez été mis à la porte. Ce sont les citoyens qui l'ont fait et non le NPD. On a donné la chance aux citoyens de voter et ils vous ont mis à la porte. Vous avez eu 13 ans pour régler nos problèmes dans nos régions.
    Les conservateurs n'ont à se vanter de rien. Depuis qu'ils sont au pouvoir, des moulins à scie, des moulins de papier et des industries du textile de partout dans les régions rurales ferment tous les jours. De plus, il n'est pas vrai que les gens de chez nous veulent tous aller en Alberta, même si beaucoup vont y travailler. Beaucoup vont dans l'Ouest, en Saskatchewan et dans les Territoires du Nord-Ouest. En même temps, toutefois, ils veulent aussi vivre chez eux. Ils ont des familles et ils voudraient pouvoir travailler chez eux. Ils le méritent aussi.
    Je demande au gouvernement de mettre les joueurs ensemble, de mettre sur pied une stratégie et de ne pas le faire l'année prochaine. Comment arrêter le fléau de la fermeture et de la vente de nos compagnies canadiennes? On pourrait peut-être les donner à des gens de chez nous? On devrait peut-être commencer à créer des coopératives et les donner aux gens des régions capables de mener leur propre production. On devrait être capables de créer des emplois chez nous, plutôt que d'avoir des fermetures comme on en a à gauche et à droite. Les gouvernements essaient de se vanter d'avoir un bon record, mais sur le terrain, il y a des endroits où cela ne fonctionne pas. Dans certains endroits au Canada, les régions rurales ont été oubliées.
     Il est à souhaiter qu'il y aura des mesures qui seront prises pour aider les travailleurs et les travailleuses qui ont perdu leur emploi, que ce soit à la compagnie Fils Fins, dans l'industrie forestière ou ailleurs.

  (1240)  

    Monsieur le Président, je félicite mon collègue pour son intervention qui représente la position de son parti par rapport à la motion du Bloc québécois.
    Dans son exposé, il a dressé un portrait des implications pour les entreprises et les industries. Il a aussi touché aux implications par rapport aux travailleurs. À la fin du présent mois, la Chambre entreprendra la deuxième heure de débat sur le projet de loi C-269, à l'étape de la troisième lecture. Il s'agit d'une des mesures visant à venir en aide aux travailleurs qui perdent leur emploi. C'est la fatalité: il n'y a plus d'emploi, alors ils devraient avoir recours à l'assurance-emploi.
    Notre collègue connaît très bien le dommage qui a été causé par les deux autres partis en ce qui a trait au programme d'assurance-emploi.
    Mon collègue pourrait-il nous dire quelle est sa position par rapport à la recommandation royale que doit accorder le gouvernement au projet de loi sur le programme d'assurance-emploi pour qu'il soit mis aux voix à l'étape de la troisième lecture? Ces modifications sont nécessaires pour venir en aide aux chômeuses et aux chômeurs.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier le député de Chambly—Borduas de sa très bonne question. En effet, le gouvernement a déjà pris 54 millions de dollars dans la caisse de l'assurance-emploi. De plus, de 2006 à 2007, le gouvernement fédéral a annoncé un surplus de 3,3 milliards de dollars dans la caisse de l'assurance-emploi, et de mars à aujourd'hui, il a réalisé un surplus de 1,7 milliard de dollars. La raison pour laquelle le gouvernement ne veut pas accorder la recommandation royale à ce projet de loi, c'est qu'il pense que tout va bien au Canada. Il pense que le taux de chômage est à la baisse et que parce qu'il n'y a plus de problèmes, il peut continuer à puiser dans la caisse de l'assurance-emploi, comme les libéraux le faisaient également.
    On s'était entendus pour dire que le projet de loi C-269 est semblable au projet de loi C-265. En fait, même les libéraux étaient d'accord, mais ils ont commencé à glisser sur la glace. Est-ce parce que l'hiver est arrivé que leurs patins ont commencé à glisser sur la glace? Maintenant, ils ne veulent plus nous appuyer à propos de ce projet de loi, parce qu'ils craignent, s'ils reprennent le pouvoir un jour, de ne pas pouvoir poursuivre les compressions commencées en 1996.
    Il ne faut pas oublier que le problème de l'assurance-emploi est le bébé des libéraux, problème qu'avaient créé les conservateurs avant eux, à l'époque de Brian Mulroney. Les compressions ont commencé à l'époque de Brian Mulroney et elles se sont poursuivies sous le gouvernement de Jean Chrétien et ainsi de suite.
    Ce projet de loi permettrait à des gens qui habitent dans des régions rurales ou qui occupent des emplois dans des secteurs saisonniers de se qualifier à l'assurance-emploi. De plus, le Bloc avait souvent parlé du projet de loi ou de la motion visant à venir en aide aux travailleurs de 55 ans et plus qui perdent leur emploi. Cependant, le gouvernement reste neutre à ce sujet. Il ne veut pas en parler et il n'a pas l'intention d'aider les travailleurs. Par contre, le gouvernement est présent lorsque arrive le temps d'aider les grosses compagnies et les grosses banques en leur accordant de grandes réductions d'impôt. C'est bien dommage pour les travailleurs, qu'ils déménagent en Alberta, pense-t-on. Cependant, les gens ne déménageront pas tous en Alberta.
    Monsieur le Président, je veux d'abord féliciter le collègue d'Acadie—Bathurst qui est toujours très éloquent. Je suis d'accord avec lui pour dire que l'adage « Quand on se compare, on se console » est vraiment dépassé, non seulement à l'échelle internationale, mais en général.
    La question que je veux lui poser rejoint celle du collègue de Chambly—Borduas. Elle concerne le soutien financier aux travailleurs frappés par la crise dans les secteurs manufacturier et forestier.
    Le collègue croit-il opportun qu'on instaure un programme permanent à l'intention des travailleurs saisonniers qui aurait pour but non pas de leur demander de changer de carrière, mais de leur permettre de compléter leur saison de travail grâce à un emploi connexe ou complémentaire, sans qu'ils soient pénalisés, évidemment? Au contraire, on veut les aider.
    Nous avons besoin maintenant et nous aurons besoin à l'avenir d'employés qualifiés dans ces deux secteurs en particulier qui vivent principalement en région. Ainsi, un tel programme permettrait de retenir une main-d'oeuvre qualifiée et active.
    J'aimerais que mon collègue émette ses commentaires.
    Monsieur le Président, je veux remercier la députée de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques de sa question.
    Lorsqu'on a apporté des changements à l'assurance-emploi en 1996, il y avait ce qu'on appelait la phase 1 et la phase 2 de l'assurance-emploi. La phase 2 avait pour but d'offrir de la formation. C'est le seul programme gouvernemental auquel tu n'as même pas recours si tu n'as pas été choisi pour recevoir de la formation.
    Les gens veulent travailler et ils veulent être en mesure de se qualifier. C'est bien dommage, car l'assurance-emploi pourrait aider tellement de travailleurs et de travailleuses. Le surplus n'est pas de 54 millions de dollars, mais bien de 54 milliards de dollars. Qu'on imagine un peu toutes les bonnes choses qui pourraient se réaliser lorsqu'une industrie vit un problème. On pourrait offrir de la formation et faire profiter les travailleurs âgés de programmes jusqu'à ce qu'ils atteignent 65 ans. L'argent est là, mais le gouvernement n'a pas la volonté, étant donné que la caisse de l'assurance-emploi est sa vache à lait.

  (1245)  

    Reprise du débat.
    Le député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup a la parole.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Chambly-Borduas.
    Pourquoi, aujourd'hui, sommes-nous tenus de débattre de cette motion sur le secteur manufacturier? C'est parce que le Bloc québécois a décidé qu'on ne pouvait pas accepter que l'Énoncé économique du ministre des Finances n'ait tenu aucunement compte de la réalité de la crise manufacturière et forestière au Canada. Ce n'est pas une nouvelle d'hier matin.
     Il y a un an à peu près, en février 2007, le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie a produit un rapport unanime intitulé « Le secteur manufacturier: Des défis qui nous forcent à agir ». Le président du comité, qui est un député conservateur, le député d'Edmonton- Leduc, et tous les députés membres du comité, tous partis confondus, ont jugé que ce rapport méritait d'être appuyé par le gouvernement.
    En voici un extrait — c'était en février 2007, il y a près d'un an:
    Alors que le reste de l'économie est généralement très dynamique, beaucoup d'industries manufacturières ont du mal à demeurer concurrentielles dans le contexte, notamment, de l'appréciation de plus de 40 % du dollar canadien par rapport au dollar américain en à peine quatre ans, de la montée et de la volatilité des coûts de l'énergie, de l'intensification de la concurrence mondiale, surtout celle de la Chine et de l'Inde, et d'une réglementation excessive et inefficiente.
    On disait aussi:
    Le Comité estime que le gouvernement du Canada doit se fixer comme objectif national de préserver la compétitivité du secteur manufacturier et devrait rapidement donner suite aux recommandations présentées ici, compte tenu de la gravité des difficultés que vit le secteur.
     Les députés du Bloc québécois membres du comité, dont j'étais, ont de bonne foi appuyé ce rapport parce qu'on y retrouvait l'ensemble d'une stratégie industrielle nécessaire au Canada pour donner une chance à l'industrie manufacturière. Maintenant, en novembre 2007, près d'une année plus tard, et, surtout, après l'Énoncé économique dans lequel le gouvernement a fait fi de toutes les recommandations du comité, la moitié d'une recommandation sur l'amortissement accéléré a suivi dans le dernier budget. Il en reste donc vingt-et-une et demie à mettre en place, et d'aucune façon l'attitude actuelle du gouvernement nous donne bon espoir à cet égard.
    Le gouvernement fait comme si l'économie allait bien. Il nous répète à satiété que le taux de chômage a baissé. Dans ma circonscription, quand on passe systématiquement d'emplois de 15, 18, 20 ou 22 $ de l'heure à des emplois de 8, 10 ou 12 $ de l'heure, on ne trouve pas cela intéressant. Il y a eu dans ma circonscription, seulement depuis l'élection de 2006, la fermeture de Bermatex dans le domaine du textile, de Consoltex, de Baronet en Beauce et aussi d'une scierie dans ma circonscription, à Saint-Juste-de-Bretenière. Il y a aussi eu la fermeture de Whirlpool avant cette période de 2006. Des centaines d'emplois ont disparu. Le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie a fait un rapport unanime sur ce sujet — avec l'appui de tous les partis —, mais le gouvernement est toujours incapable d'y donner suite. On pourrait se demander comment il se fait qu'il a fait cela. Peut-être que ce sont seulement les conservateurs actuellement au gouvernement qui pensent qu'il ne faut pas agir.
    Voici un extrait d'un commentaire de M. Poloz, premier vice-président, Affaires générales, et économiste en chef à EDC, Exportation et développement Canada: « Les entreprises exportatrices canadiennes traversent une période difficile, leur croissance ayant été minime depuis quatre ans. » Minime depuis quatre ans! Les conservateurs ont poussé l'odieux jusqu'à mettre, à la page 30 de l'Énoncé économique du ministre des Finances, un tableau qui s'intitule « Croissance du PIB manufacturier réel par secteur depuis décembre 2005 ». Il y a un seul secteur positif quant à la croissance, et c'est celui du pétrole. Tous les autres secteurs, machines, papier et impression, plastique, caoutchouc et produits métalliques, aliments et boissons, première transformation des métaux, textiles, vêtements et cuirs, bois, meubles et produits minéraux non métalliques, véhicules automobiles et pièces, tous ces secteurs sont négatifs, et c'est de pis en pis du premier jusqu'au dernier.
     À la page 29 de l'Énoncé économique, c'est écrit:
     Le secteur manufacturier a été le plus durement touché ces deux dernières années: depuis décembre 2005, sa production réelle a diminuée de plus de 3 p. 100, et au-delà de 130 000 emplois ont été perdus.
     Comment un gouvernement élu, qui dit qu'il est capable de gérer l'économie correctement, évite-t-il toutes mesures? Il ne s'agit pas d'un problème qui est né hier matin; c'est un problème qui existe depuis plusieurs années et qui a été signalé unanimement par le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie, par des députés de tous les partis, incluant des députés conservateurs, dont le président du comité lui-même qui faisait les constats que j'ai énoncés plus tôt.

  (1250)  

    Ce n'est pas tout. Dernièrement, le premier ministre du Québec et celui de l'Ontario ont dit la même chose, à savoir qu'il fallait que le gouvernement fédéral fasse sa part. Dans un éditorial du journal Le Soleil intitulé « L'insensible Harper », Mme Breton dit:
    Il serait temps que [le premier ministre] voie les lézardes dans l'économie canadienne et agisse. Comment le premier ministre peut-il affirmer que l'économie du pays est solide comme le Bouclier canadien lorsque des milliers d'emplois ont été perdus dans les secteurs manufacturiers et forestiers et que d'autres sont menacés par la montée vertigineuse du huard? Certes, le premier ministre n'a pas à s'immiscer dans les responsabilités qui incombent à la Banque du Canada. C'est un fait, il n'appartient pas aux politiciens mais bien à la Banque du Canada de déterminer la politique monétaire et les taux d'intérêt.
    Il peut utiliser une multitude de moyens. Il y a l'ensemble du rapport du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Il est là, il n'avait qu'à le mettre en place. Il n'avait qu'à faire dire, par son ministre des Finances, en toute logique suivant la page 30 de l'Énoncé économique, que pour faire face à ces problèmes, pour les conjurer et pour trouver des solutions, il allait mettre en place un certain nombre des recommandations adoptées à l'unanimité par des députés de cette Chambre. Cependant, il n'en a pas eu le courage.
    On doit chercher la raison propre à cette situation. Je n'en vois qu'une: le gouvernement conservateur ne s'aligne que sur la promotion des sociétés pétrolières. En effet, ça va très bien pour elles actuellement sur le plan économique. Il y a une économie à deux vitesses complètement différentes au Canada, actuellement. Il y en a une dans l'Ouest, où les sociétés pétrolières croissent très rapidement; et l'autre est dans l'Est, au Québec et en Ontario, où l'on vit une situation très difficile sur le plan de l'emploi manufacturier. C'est très étonnant et très choquant que le gouvernement conservateur n'ait vu aucune mesure à prendre parmi toutes celles qui lui a recommandées le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. J'y reviens encore, parce que cela m'apparaît vraiment important qu'on le fasse.
    Je poursuis dans la continuité des oppositions. M. Jean-Paul Gagné, éditorialiste du journal Les Affaires, dans une lettre au ministre des Finances du Canada, écrivait ceci: Permettez-moi toutefois de vous redire que ces baisses de taxes sont mal adaptées. Monsieur le premier ministre, qui a une maîtrise en économie, et vous-même avez dû apprendre à l'université qu'une baisse de TPS encourage la consommation qui porte en grande partie sur des produits importés, activité qui contribue peu à la croissance économique du Canada.
     Les gens se sont rendu compte que la conséquence de la baisse d'un point de pourcentage de la TPS est un transfert d'argent directement vers la Chine. Cela n'a d'aucune façon donné à notre industrie manufacturière la chance de concurrencer, de produire à des coûts compétitifs les biens qui pourront être achetés. D'aucune façon l'attitude du gouvernement conservateur n'a été en ce sens. Cela a été le libre marché total, de sorte qu'on offre quasiment des subventions à l'emploi à l'étranger, ce qui m'apparaît tout à fait inacceptable.
    Je reviens à ce que disait M. Gagné, et qui s'adresse au premier ministre: Vous avez placé l'intérêt électoraliste avant la gouvernance économique et le fédéralisme de coopération. L'avenir de plusieurs provinces et même du pays est menacé, parce que les pouvoirs publics n'investissent pas assez dans l'éducation et l'innovation.
    On constate qu'il y a ici une réprobation générale de la part du Comité de l'industrie, des sciences et de la technologie, du premier ministre du Québec, du premier ministre de l'Ontario, de l'éditorialiste en question et surtout des gens qui vivent des situations difficiles dans chacune des entreprises qu'on a rencontrées.
    La semaine dernière, pendant la semaine de relâche, partout on a entendu des nouvelles, à savoir que cela allait très mal dans les scieries, que notre industrie forestière avait besoin que le gouvernement fédéral bouge. En ce qui concerne l'industrie manufacturière, il y a eu des messages semblables, et d'aucune façon on n'a vu le gouvernement aller de l'avant en ce sens.
    C'est pourquoi, aujourd'hui, le Bloc québécois a saisi la Chambre de cette motion. Nous espérons que nous aurons l'appui d'une vaste majorité de députés en cette Chambre, des libéraux, des néo-démocrates et des conservateurs qui vivent aussi cette réalité dans leurs circonscriptions. Car il y a des conservateurs, des gens du Québec, des gens qui vivent de l'industrie forestière, des gens de l'industrie manufacturière qui veulent qu'on dise au gouvernement fédéral de refaire ses devoirs, que c'est important. Ils veulent qu'on lui dise que l'Énoncé économique ne traite pas des vrais problèmes, qu'il y a des problèmes profonds et qu'il a la marge financière pour y faire face. De fait, il a les milliards de dollars nécessaires pour y faire face, il a la stratégie industrielle proposée par le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. L'ensemble du gouvernement détient cette mesure. Il faut que le premier ministre et le ministre des Finances refassent leurs devoirs pour s'assurer que demain, on ne sera pas devant une hécatombe qui sera la conséquence de l'inaction du gouvernement conservateur.

  (1255)  

    Monsieur le Président, je remercie le collègue de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup de son allocution. Il y a déjà touché, mais j'aimerais qu'il réponde peut-être à une interrogation plus en profondeur . À tout le moins, je lui en donne l'occasion.
    Il fait référence aux secteurs forestier et manufacturier en disant qu'ils subissent non seulement maintenant la concurrence de la Chine, de l'Inde et d'autres pays émergents, mais que cette concurrence était déjà établie et prévisible. Pour une foule de raisons, les secteurs n'ont pu s'y préparer ou n'étaient pas préparés.
    En plus des mesures d'urgence que l'on vise par cette motion — quand on pense à des mesures d'urgence, cela équivaut ni plus ni moins à mettre un pansement sur une plaie ouverte —, j'aimerais savoir ce que cette motion vise de plus en ce qui concerne les citoyens et les autres paliers de gouvernement qui sont mobilisés pour véritablement préparer l'avenir? On demande au gouvernement conservateur de le préparer tangiblement, ici et maintenant, dans nos régions. De quelle façon ce se fera-t-il afin que, légitimement, l'industrie et nos gens puissent recevoir des gains et bien vivre comme d'autres citoyens?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.
    Effectivement, quand on parle de l'industrie forestière, on pense aux compagnies, aux scieries et aux travailleurs dans la forêt. Maintenant, on en est rendus jusqu'aux producteurs forestiers. Je cite M. Jean-Louis Gagnon, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent. Il dit ceci: « Les producteurs encaissent un dur coup. Dans certaines familles, on ne parle plus du beurre mais du pain qui peut manquer sur la table. »
    Le secteur forestier est dans une crise qui ne touche pas seulement les entreprises qui ferment l'une après l'autre, mais tout un secteur. Cela nuit jusqu'aux revenus familiaux qu'il doit y avoir dans notre société pour un tel secteur.
    Par rapport au deuxième aspect de sa question, je voudrais lire la dixième recommandation du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Nous avions déposé une stratégie complète. Elle demandait ce qui suit:
    Que le gouvernement du Canada effectue un examen interne des politiques et pratiques canadiennes en matière de mesures antidumping et compensatoires, ainsi que de leur application, afin que les lois et les pratiques du Canada sur les recours commerciaux restent à jour et efficaces.
    On demandait aussi une réforme de la Loi sur le droit d'auteur.
    L'ensemble de ces recommandations visaient à arrêter l'importation de produits au Canada qui ont été fabriqués dans des conditions environnementales et de travail inacceptables. Il faut une vraie mondialisation où tout le monde répondrait aux mêmes exigences, ce qui n'est pas le cas actuellement.
    Le gouvernement conservateur se fait le complice de productions qui se font dans des conditions environnementales et de travail inacceptables pour essayer de baisser le taux d'inflation. Il faut absolument que le gouvernement conservateur bouge de ce côté et mette en place les recommandations de ce rapport unanime.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie mon vis-à-vis de son discours sur la motion de l'opposition.
    J'ai passé la matinée ici à écouter les discours. Mes collègues du Bloc québécois ont fait valoir un certains nombre d'arguments. Je suis très content de savoir qu'ils ne formeront jamais le gouvernement du Canada. Ils nous entraîneraient si loin vers la gauche que nous n'y verrions plus clair. Leurs politiques fiscales et financières seraient extrêmement mauvaises pour notre pays. Dieu merci, ils resteront à jamais de ce côté-là de la Chambre, dans leur petit coin, qui, je l'espère, sera encore plus petit au lendemain des prochaines élections.
     Je suis un peu indigné par certains des commentaires qui ont été formulés non seulement par le député, mais aussi par les autres députés du Bloc qui ont pris la parole pour blâmer les grandes et méchantes sociétés. Ma circonscription abrite un certain nombre de petits fabricants — pas que l'industrie forestière soit un petit secteur manufacturier — mais ils sont désespérément à court d'employés. Évidemment, les temps sont durs avec la hausse du dollar, et ils le savent. Mais au bout du compte, ce sont des Canadiens, des employés, qui fabriquent des choses, pas de grandes et méchantes sociétés. Les sociétés n'existeraient pas sans ces personnes.
    Le député ne comprend-t-il pas que le taux de chômage n'a jamais été aussi faible au Canada? Comment le Bloc s'y prendrait-t-il pour le réduire encore davantage?

  (1300)  

[Français]

    L'honorable député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup doit savoir que le temps qui lui est alloué est expiré, mais je lui accorderai quelques secondes pour répondre.
    Monsieur le Président, je veux seulement dire à mon collègue que les socialistes étaient également au Parti conservateur. Le président du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie est un député conservateur. Quatre députés conservateurs étaient pour la mise en place des recommandations de ce rapport unanime du comité, mais d'aucune façon le gouvernement conservateur n'a décidé d'y donner suite.
     Était-ce les députés qui n'étaient pas à la bonne place ou le gouvernement qui n'a pas pris ses responsabilités?
    Monsieur le Président, je veux d'abord féliciter et remercier mon collègue de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup de son intervention, de son discours et également, bien sûr, du travail extraordinaire qu'il a fait au moment où il était porte-parole de notre parti en matière de ressources humaines et de développement social, comme il le fait maintenant en matière de finances.
    Comme pour le reste en cette Chambre, nous tentons toujours d'être disciplinés par respect pour nos collègues qui sont ici. J'apprécierais que nos collègues en fassent autant aujourd'hui par respect pour cette Chambre.
    Précédemment, mon collègue a bien indiqué qu'il y a là un choix politique évident du Parti conservateur qui repose sur les mêmes piliers que ceux du gouvernement Bush, aux États-Unis. C'est donc dire que l'économie doit prendre sa force sur toute l'industrie militaire et l'industrie pétrolière. Mon collègue l'a bien illustré. Ce qui dope présentement l'économie à l'EPO, c'est l'EPO du pétrole. C'est actuellement le seul secteur qui donne de l'énergie à l'économie canadienne, puisque tous les autres secteurs sont en difficulté, plus particulièrement le secteur manufacturier et le secteur forestier.
    Je dirais à nos collègue du Québec du Parti conservateur  — et je dirais la même chose aux libéraux — que lorsque nous, du Bloc québécois, nous présentons dans des assemblées et des réunions quelconque, les gens nous disent tout le temps que nous avons l'air de travailler très fort. Je leur dit toujours qu'au Bloc québécois, nous sommes obligés de travailler fort parce que nous travaillons pour 75 députés, alors que nous ne sommes que 49 députés. Pourquoi? C'est parce qu'il y a des députés des partis fédéralistes qui travaillent carrément contre les intérêts de la population, se souciant d'abord des intérêts des puissants, particulièrement des pétrolières. C'est évident. Ce n'est pas seulement au niveau du discours.
    Mon collègue l'a indiqué tantôt. Allons voir à la page 30 de l'Énoncé économique. Tous les secteurs d'activité sont là. Présentement, le seul qui obtient le soutien financier constant du gouvernement canadien, c'est l'industrie pétrolière, ceux que j'appellerais les barons du pétrole.
    Pendant ce temps, au Québec, notre économie est basée particulièrement sur l'industrie manufacturière. Le secteur manufacturier est tellement crucial qu'il y a au Québec trois fois plus de revenus qui proviennent du secteur manufacturier que ce que l'Alberta, par exemple, peut dégager avec le secteur pétrolier, soit 536 000 emplois pour une masse salariale de 22 milliards de dollars.
    C'est donc dire l'impact économique que le secteur manufacturier a au Québec, un secteur qui représente 90 p. 100 des exportations internationales. Ainsi, des 69 milliards de dollars d'exportation, 63 milliards de dollars proviennent du secteur manufacturier.
    La production de biens génèrent le plus de richesses au Québec. Or, qu'on n'accepte pas de mesures pour dynamiser à nouveau le secteur manufacturier, il s'agit en soi de politiques qui viennent carrément à l'encontre des intérêts du Québec.
    Pour illustrer mon propos, je rappellerai que 135 000 emplois manufacturiers ont été perdus au Québec, soit l'équivalent de 1 travailleur sur 5, et ce, depuis le 31 décembre 2002. C'est 65 000 emplois perdus depuis l'arrivée de conservateur.
    Ce matin, nos collègues nous énuméraient les mesures pour venir en aide au secteur manufacturier. Ils auraient été bien mieux de ne pas en mettre en place parce que j'ai l'impression que les mesures qu'ils ont établies ont davantage nui au secteur manufacturier qu'elles ont pu lui aider.
    Un collègue disait: « Ne nous dites pas ce qui s'est passé, dites-nous ce que vous allez faire ». Vous vous êtes engagés — et vous le faites encore aujourd'hui — à venir en aide au secteur manufacturier, mais vous n'annoncez rien.

  (1305)  

    La motion du Bloc, proposée aujourd'hui, a l'avantage d'amener chacun des partis à prendre position pour obtenir des mesures concrètes en vue de venir en aide au secteur manufacturier. Au Québec, environ 275 000 emplois ont été perdus strictement dans le secteur manufacturier.
    Parlons maintenant de la crise forestière. Entre mai 2002 et avril 2005, les pertes dans les scieries et les papetières ont totalisé 10 000 emplois. C'était avant 2005. Depuis avril 2005, 21 000 emplois de plus ont été perdus. Ce sont les conservateurs. Les derniers députés qui ont été élus lors des élections partielles sont des députés conservateurs. J'y reviens souvent, parce que c'est important que les citoyennes et les citoyens se rendent compte qu'il y a des gens en cette Chambre qui se sont fait élire par le truchement de plates-formes qui faussent carrément la vérité. Le député de Roberval—Lac-Saint-Jean s'est fait élire en disant à l'industrie forestière qu'il leur viendrait en aide, et en lui demandant de le placer au pouvoir dans ce gouvernement. Son premier discours en Chambre était un discours d'idolâtrie envers son chef. Il parlait d'« un certain Albertain ». Il a utilisé à peu près tous les qualificatifs pour le glorifier, mais il n'a jamais utilisé de qualificatifs pour dire les mesures devant être prises et pour donner de la dignité aux gens qu'il représente dans son comté. La seule façon de donner de la dignité, c'est d'apporter des mesures concrètes à l'industrie forestière.
    Ces mesures concrètes, on les retrouve dans la motion. Voici les solutions: un meilleur soutien fiscal à la recherche et au développement, une attention particulière aux régions-ressources, un investissement dans le développement de nouveaux produits. On aurait pu en remplir des pages, mais on a résumé cela dans une seule motion. Voteront-ils pour cela aujourd'hui? C'est la journée de vérité pour les gens qui se sont fait élire en disant qu'ils viendraient en aide à ces travailleurs et à ces entrepreneurs.
    Plus tôt, un collègue a parlé de l'assurance-emploi. On vient d'indiquer les mesures concrètes pour venir en aide à l'industrie. Toutefois, lorsque la fatalité rattrape les travailleurs par des pertes d'emplois. Ceux-ci sont d'accord pour retourner au travail. Ce sont des gens vaillants qui veulent travailler. Ils vont donc suivre des cours et assister à des sessions de réintégration au travail, lorsqu'il y a de l'emploi. Que se passe-t-il lorsqu'il n'y a pas d'emplois?
    Deux malheurs se sont abattus sur eux. D'abord, ils se sont retrouvés avec un gouvernement libéral qui a massacré le programme d'assurance-emploi. Ensuite, le gouvernement conservateur, lui, a trahi ses engagements, à savoir qu'il restaurerait le programme d'assurance-emploi, notamment en mettant sur pied une caisse autonome d'assurance-emploi de sorte que le gouvernement cesse de tripoter dans la caisse et s'en serve à d'autres fins. Pourtant, il y a des travailleurs âgés qui n'ont plus aucun revenu, qui se retrouvent prestataires de l'aide sociale, alors qu'ils ont contribué à l'assurance-emploi toute leur vie. Le gouvernement libéral a éliminé le PATA, et les conservateurs s'étaient engagés à le remettre sur pied. Pourtant, ils maintiennent la position du gouvernement libéral.
    C'est la même chose en ce qui concerne l'assurance-emploi. Il y aura, à la fin de ce mois-ci, la deuxième heure du débat en troisième lecture du projet de loi C-269, Loi modifiant la Loi sur l'assurance-emploi (bonification du régime d'assurance-emploi). Ce projet de loi vise à restaurer le régime d'assurance-emploi afin de donner des prestations aux gens qui ont contribué à la caisse et qui sont les seuls, avec leurs employeurs, à y avoir contribué. Et il y a toutes les sommes d'argent nécessaires pour ce faire. De fait, il y a encore 3 300 000 000$ de surplus cette année, soit ce qu'il faut pour pouvoir répondre aux obligations du projet de loi C-269. Pourtant, le gouvernement continue à imposer des mesures contraignantes aux travailleurs qui perdent leur emploi.
     J'invite à mon tour mes collègues à voter pour la présente motion, afin d'amener ce gouvernement à prendre des mesures concrètes pour aider les deux secteurs d'activité, soit les secteurs manufacturier et forestier, à se sortir du pétrin.

  (1310)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, en écoutant l'exposé du député, je me disais qu'il n'avait vraiment pas fait ses devoirs. En effet, dans la motion dont nous sommes saisis, le Bloc nous demande de prendre des mesures que nous avons, en fait, déjà prises.
    Par exemple, en ce qui concerne les réductions d'impôt, dans notre récent énoncé économique, nous avons réduit l'impôt des sociétés, du secteur manufacturier et des familles. Pourtant, le député a voté contre cette mesure.
    Le député qui le précédait avait parlé des 22 recommandations du Comité permanent de l'industrie. Nous en avons mis en oeuvre 21. Pourtant, le député dit que cela est insignifiant. Il dit que les 400 millions de dollars investis au titre du passage frontalier entre Windsor et Détroit sont insignifiants. En fait, il a voté contre. En ce qui concerne le perfectionnement de la main-d'oeuvre, 500 millions de dollars sont prévus. Il dit encore que cela est insignifiant. Nous créons un programme pour les travailleurs âgés, qui correspond exactement à ce dont il parlait quelques minutes auparavant, mais il n'appuie pas cette mesure non plus. Même chose pour la déduction pour amortissement accéléré. Encore non. Il y a également notre stratégie en matière de sciences et de technologie, qui prévoit des investissements substantiels dans la recherche et le développement. Le député est encore contre. Il dit que nous ne faisons rien. Est-il en train de nier l'existence de toutes ces mesures?
    À l'heure actuelle, nous sommes en train d'envisager la révision du programme de crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental et du programme des biocarburants. Voilà exactement ce que le Bloc demande, exactement ce que nous avons déjà fait, mais le Bloc n'est pas franc avec la population du Québec. Il dit qu'il appuie le secteur manufacturier, tout en préconisant un programme environnemental radical qui, s'il était mis en oeuvre, signerait l'arrêt de mort de ce secteur, augmentant le prix du carburant et du chauffage et, par le fait même, les frais d'exploitation des fabricants.
    Je voudrais que le député nous dise comment il peut appuyer le secteur manufacturier tout en appuyant en même temps ce programme environnemental radical que préconise le Bloc québécois.

[Français]

    Monsieur le Président, mon collègue joue ici un jeu qui n'est pas tellement élégant. Il sait très bien qu'une baisse d'impôt et un crédit d'impôt, c'est très différent. Un crédit d'impôt peut s'appliquer pour les entreprises, par exemple, qui ont des pertes, alors que la baisse d'impôt ne donne rien aux entreprises qui ne font pas de revenus.
    Cette année, dans l'opération des baisses d'impôt, les grandes gagnantes sont les pétrolières. Pour les pétrolières dans leur ensemble, c'est plus de 500 millions de dollars qu'elles viennent chercher de plus dans cet énoncé économique, alors qu'il y a rien pour les papetières et les industries manufacturières. Pourquoi? C'est parce qu'elles ne font pas de profits? C'est donc clair.
    Pourquoi le député joue-t-il à ce jeu-là? Ce n'est pas du tout élégant. Il faut faire attention à nos termes ici, je le conçois, mais il faut se le dire. Il ne faut pas dire de choses semblables.
    Lorsqu'il parle des programmes mis en place, il parle de programmes que les conservateurs ont recyclés car ils avaient en fait des performances mitigées. Ils les ont donc recyclés. Ils les ont abolis pour les remettre en place. Il n'y a rien de nouveau.
    Les exemples que le député nous donne ne concernent pas le Québec et ce ne sont pas des exemples qui existent dans l'industrie manufacturière. Lorsqu'on bâtit ou refait un pont, on n'est pas dans l'industrie manufacturière et on n'est pas non plus dans la forêt. Ce sont des choses qu'il devrait comprendre. On va l'aider à lui faire comprendre cela tranquillement.
    L'honorable députée de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques a la parole pour une brève question, s'il vous plaît.
    Monsieur le Président, je remercie le collègue de Chambly—Borduas de son allocution.
    Ce qui m'a vraiment frappée lorsque le collègue conservateur a pris la parole, c'est que cela frisait — et je mesure mes mots très délicatement — le manque de rigueur intellectuelle lorsqu'un député conservateur nous parle de baisses d'impôt sachant très bien que nous parlons de compagnies qui sont en grande difficulté et qui ne font pas de profits. Tout le monde ici a compris cela et toute la population l'a compris également.
    Je veux revenir sur un élément. J'aimerais demander à mon collègue s'il peut ajouter un commentaire quant aux mesures que la motion vise en ce qui concerne les régions ressources dont je fais partie. Je déteste le mot « région ressource » car j'ai l'impression qu'on vient chercher nos ressources et qu'après cela, on nous abandonne.
    Dans une grandeur d'esprit, pourrait-il nous dire ce qu'il vise particulièrement en ce qui concerne les mesures pour les régions ressources?

  (1315)  

    L'honorable député de Chambly—Borduas doit savoir qu'il lui reste 40 secondes pour répondre.
    Monsieur le Président, je veux d'abord remercier ma collègue de sa question.
    En deux mots, cela signifie aider ces entreprises dans les régions à développer, dans un deuxième ou un troisième développement, les ressources qui existent dans leurs régions. Il faut les soutenir en recherche et développement, en matière de nouvelle économie et dans des nouveaux secteurs d'activité pouvant les aider dans leurs propres régions à utiliser leurs propres ressources afin de pouvoir, elles-mêmes, aller sur le marché avec des produits finis. Selon moi, c'est une des mesures très concrètes qui peut s'appliquer.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis heureux de parler de l'économie canadienne et de la grande utilité des politiques et des initiatives du gouvernement conservateur pour les fabricants canadiens et les membres de notre industrie forestière.
    Il y a moins de deux ans, les Canadiens ont voté pour du changement. Ils ont voté pour un gouvernement ayant des priorités claires. Ils ont voté pour du leadership, pour un comportement responsable et pour de l'action. C'est exactement ce que le gouvernement conservateur leur a donné. Le gouvernement s'est attelé à la tâche, il a assumé ses responsabilités et il obtient des résultats.
    Grâce au leadership de notre premier ministre, l'économie du Canada ne s'est jamais si bien portée. Contrairement à ce que les beaux discours des partis d'opposition laissent entendre, l'économie canadienne est d'une solidité à toute épreuve. Nous n'avons qu'à faire la comparaison avec la plupart de nos partenaires commerciaux les plus près. Ils sont en butte à de l'incertitude économique et la récession les guette.
    Le Canada affiche maintenant le taux de chômage le plus faible en 33 ans, soit 5,8 p. 100. Le Québec connaît lui aussi le taux de chômage le plus bas depuis des années. Cette année seulement, le nombre d'emplois au Canada a augmenté de près de 350 000; la plupart sont des emplois à temps plein, de qualité et qui payent bien. L'investissement des entreprises connaît un essor et la période d'expansion économique actuelle est la deuxième en durée de l'histoire du Canada.
    Nous sommes le seul pays du G7 à dégager de manière continue des excédents budgétaires et à diminuer le fardeau de sa dette. Le gouvernement continue de rembourser la dette, et les économies d'intérêts ainsi réalisées seront remises aux Canadiens qui travaillent fort sous forme de réductions d'impôts, semblables aux réductions de 60 milliards de dollars annoncées par le ministre des Finances il y a tout juste deux semaines. Soit dit en passant, le Bloc hypocrite a voté contre.
    Notre économie continue de croître à un bon rythme. Durant le deuxième trimestre de 2007, l'économie canadienne a connu une croissance de 3,4 p. 100. La croissance durant le premier trimestre avait été de 3,1 p. 100. Les prévisionnistes du secteur privé s'attendent à une croissance solide soutenue au cours des 5 prochaines années. Le monde mise sur le Canada, et avec raison.
    Qui est responsable de cette réussite? La réponse est fort simple. Il s'agit des Canadiens de tous les milieux et de partout, ceux qui, chaque jour, développent nos secteurs primaires et y ajoutent de la valeur, ceux qui travaillent dans le secteur manufacturier, ceux qui innovent et font de le recherche-développement dans nos écoles et nos universités, ceux qui entretiennent notre infrastructure essentielle, ceux qui oeuvrent dans l'industrie de la construction, et tous ces autres Canadiens qui fournissent les biens et services qui caractérisent notre pays à l'heure actuelle.
    C'est grâce à ces Canadiens que nous pouvons dire avec fierté que les citoyens d'un océan à l'autre bâtissent un Canada meilleur, plus sûr et plus fort.
    Quel a été le rôle du Bloc québécois dans l'atteinte de ces réussites économiques? La réponse, c'est qu'il a été et sera toujours un simple témoin. Le Bloc sera toujours relégué aux banquettes de l'opposition et ne pourra jamais faire quoi que ce soit de concret pour la belle province.
    Contrairement au parti qui sera toujours d'une opposition proverbiale, le gouvernement comprend le rôle vital que joue le secteur manufacturier. Nous avons reconnu les défis qu'il devait relever et nous avons agi de manière à assurer des résultats.
    Le secteur de la fabrication donne du travail à plus de deux millions de personnes dans nos villes et nos localités rurales, dans des petites entreprises et des grandes sociétés. Ce secteur représente, directement, un sixième de notre économie. Les retombées économiques de ce secteur important se répercutent sur l'ensemble de l'économie. Il n'y a aucun doute qu'il est essentiel d'avoir un secteur de la fabrication solide pour nous assurer d'une économie nationale dynamique.
    Si le Bloc avait vérifié la question, il aurait constaté que des solutions ont déjà été proposées pour presque tous les éléments de sa motion, soit dans le rapport sur la fabrication du Comité de l'industrie, soit lors d'importantes annonces du gouvernement conservateur touchant des questions économiques ou proposant des innovations.
    Le Comité de l'industrie, des sciences et de la technologie, qui comptait deux membres bloquistes, a entendu des témoins raconter combien ce secteur vital a connu de difficultés au cours des dernières années, en raison notamment des prix des denrées plus élevés et moins stables, d'une intense compétition internationale et d'un ralentissement de l'économie des États-Unis. Les industriels canadiens ont dû en outre composer avec une hausse rapide du dollar canadien.
    En février dernier, mon bon ami et collègue, le député d'Edmonton—Leduc, qui est aussi président du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie de la Chambre des communes, a présenté les conclusions de l'étude de notre comité sur les défis qui attendent le secteur de la fabrication au Canada. Le comité a entendu plus de 100 témoins. Grâce au travail acharné du député d'Edmonton—Leduc, le comité a présenté 22 recommandations unanimes au gouvernement. Ces recommandations portent sur la fiscalité, l'énergie, la main-d'oeuvre, le commerce et la protection du droit à la propriété intellectuelle, ainsi que sur les politiques relatives à la réglementation, à l'infrastructure, à la R et D et à la commercialisation.

  (1320)  

    Quelle a été la réponse du gouvernement conservateur? Dans le budget de 2007, nous avons réussi à mettre en oeuvre 21 des 22 recommandations, ce qui explique pourquoi beaucoup jugent ce budget le plus favorable au secteur manufacturier jamais présenté. Bien avant que le Bloc québécois ne songe à ses stratagèmes pour se faire du capital politique avec ce secteur crucial, notre gouvernement avait pris des mesures qui donnaient des résultats réels.
    Notre réponse, Le secteur manufacturier: Des défis qui nous forcent à agir, était un rapport complet et extrêmement positif qui démontrait notre attachement envers les entreprises manufacturières, leurs employés et les collectivités où elles se trouvent. Notre réponse traduit notre leadership et notre volonté d'agir d'urgence à une époque où les entreprises manufacturières en ont le plus besoin.
    La réponse du gouvernement a été rapide et décisive et était tout à fait adaptée aux besoins des entreprises manufacturières. Notre réponse offrait des allégements fiscaux immédiats. Elle confirmait la place du Canada dans le peloton de tête de la production et de l'utilisation de sources d'énergie propre et renouvelable grâce à des investissements bien pensés. Elle mettait en oeuvre de nouvelles initiatives et apportait des améliorations aux programmes existants afin de faire en sorte que les entreprises manufacturières canadiennes aient accès à une main-d'oeuvre très qualifiée et instruite.
    En novembre dernier, le gouvernement a lancé son plan économique à long terme afin de nous procurer cinq avantages qui amélioreront notre qualité de vie et nous permettront de réussir dans le monde: premièrement, un avantage fiscal sous forme d'une réduction des impôts de tous les Canadiens afin d'instaurer le taux d'imposition le plus faible du G7 sur les nouveaux investissements des entreprises; deuxièmement, un avantage financier qui élimine la dette nette de l'ensemble des administrations publiques en moins d'une génération; troisièmement, un avantage entrepreneurial par la réduction de la réglementation inutile et des tracasseries administratives et l'établissement d'un climat des affaires plus concurrentiel; quatrièmement, un avantage du savoir pour créer la main-d'oeuvre la plus scolarisée, la plus compétente et la plus souple au monde; cinquièmement, un avantage infrastructurel pour créer l'infrastructure la plus moderne dont nous avons besoin; et sixièmement, pour avoir l'avantage fiscal, le budget de 2007 comblait directement des besoins des entreprises manufacturières canadiennes en introduisant des mesures fiscales et des initiatives qui leur sont profitables.
    D'abord et avant tout, le gouvernement conservateur a provoqué une poussée d'adrénaline parmi les entreprises manufacturières en donnant suite à la principale recommandation du rapport du Comité de l'industrie en accordant aux fabricants et aux exportateurs canadiens une déduction pour amortissement accéléré qui leur permet d'amortir sur deux ans l'achat de machinerie et de matériel. Nous avons fait passer de 4 à 10 p. 100 le taux de la réduction pour amortissements des immeubles utilisés pour la fabrication et la transformation et même que pour d'autres actifs. Ces mesures permettront à nos entreprises manufacturières d'investir dans les immeubles, la machinerie et le matériel qui les aideront à demeurer innovatrices, productives et concurrentielles.
     Le budget de 2007 devance également de deux ans l'élimination de l'impôt fédéral sur le capital et prévoit la suppression de la surtaxe pour toutes les sociétés. Encore une fois, c'est le présent gouvernement conservateur qui a pris ces mesures tandis que le Bloc ne sera toujours qu'un joueur en réserve.
    Il y a deux semaines, dans son énoncé économique, le ministre des Finances a annoncé que notre gouvernement allait stimuler le secteur manufacturier et le secteur de la transformation grâce à de nouvelles réductions de l'impôt des sociétés représentant un allégement fiscal de 2,6 milliards de dollars. Il s'agit là d'une mesure fiscale audacieuse applaudie par les fabricants et les exportateurs canadiens et, là encore, une mesure que le Bloc ne pourra jamais prendre parce qu'il sera toujours dans l'opposition.
    Notre nouvelle mesure audacieuse de réduction fiscale fera passer le taux général d'imposition du revenu des sociétés de 22,1 à 15 p. 100 d'ici 2012. Grâce à ces réductions fiscales, c'est le Canada qui aura le plus faible taux d'imposition général des nouveaux investissements des entreprises parmi les pays du G7 d'ici 2011 et le plus faible taux d'imposition du revenu des sociétés prévu par la loi, parmi les pays du G7, d'ici 2012. Ces mesures ont été bien accueillies par le milieu des affaires et les fabricants, qui considèrent qu'il s'agit d'un pas extrêmement important pour accroître la capacité du Canada de faire face à la concurrence sur la scène internationale et d'attirer de nouveaux investissements commerciaux.
    L'engagement à éliminer la dette nette du Canada en moins d'une génération permettra d'autres allégements fiscaux dans l'avenir. Notre gouvernement conservateur s'est engagé à rendre directement aux Canadiens toutes les économies réalisées sur les intérêts grâce à la réduction de la dette, sous forme de réductions d'impôts.
    Il est impératif de souligner le degré d'hypocrisie du Bloc à ce stade-ci. Même si le gouvernement conservateur a réduit les impôts des sociétés, des entreprises et des particuliers, il y a deux semaines, les bloquistes ont voté contre chacune des mesures qui aideront considérablement les fabricants, au moment où ils en ont le plus besoin.
    Le présent gouvernement a pris un grand nombre d'autres mesures et initiatives qui stimulent l'économie du Canada et aident les fabricants.

  (1325)  

    Un élément majeur de notre plan visant à instaurer un avantage entrepreneurial consiste à soulager les entreprises du fardeau des formalités administratives imposées par les bureaucrates. C'est pourquoi nous réduisons la paperasserie pour les petites et moyennes entreprises, dont les coûts liés à la réglementation sont souvent, toutes proportions gardées, plus élevés que ceux des grandes entreprises.
    Le mois dernier, mes collègues, le président du Conseil du Trésor et la secrétaire d’État responsable de la Petite Entreprise et du Tourisme) ont fait un autre pas de géant afin de réduire la bureaucratie pour les entreprises en éliminant 80 000 exigences et obligations dans 13 ministères et agences de réglementation clés. Notre objectif est de réduire de 20 p. 100 la paperasserie fédérale à l'intention des entreprises d'ici novembre 2008. Il s'agit une fois de plus d'une mesure que le Bloc ne pourra jamais offrir aux fabricants québécois.
    Une autre initiative importante du gouvernement a été l'annonce de la création, en juillet dernier, d'un groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence, tel que promis dans le budget de 2007. Voilà qui démontre une fois de plus à quel point ce gouvernement prend au sérieux la place qu'occupe le Canada dans l'économie mondiale et qui nous rappelle tristement l'inutilité du Bloc.
    La semaine dernière, le groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence a publié son document de consultation intitulé « Investir dans la position concurrentielle du Canada ». Ce groupe écoutera les Canadiens et fera des recommandations sur les façons de mettre en place les conditions encourageant le développement d'entreprises multinationales ayant leur siège social au Canada afin que notre pays devienne une destination internationale pour le talent, les capitaux et l'innovation.
    De nos jours, pour être concurrentiels sur le marché mondial, les fabricants doivent être innovateurs et pouvoir embaucher des employés hautement qualifiés. Le gouvernement conservateur crée un environnement où les entreprises canadiennes peuvent mettre à profit la connaissance, commercialiser la recherche et offrir des produits et des services innovateurs.
    La compétitivité à long terme du Canada et notre niveau de vie dépendent de la recherche et du développement d'idées nouvelles. Ce n'est donc pas par hasard que le premier ministre Harper a annoncé la Stratégie nationale des sciences et de la technologie...
    Je regrette de devoir interrompre le secrétaire parlementaire, mais il occupe un poste important et de confiance à la Chambre et il devrait savoir que nous ne devons pas mentionner le nom des autres députés, mais les désigner plutôt par leur titre ou le nom de leur circonscription.
    Monsieur le Président, en mai dernier, le premier ministre a lancé la Stratégie nationale des sciences et de la technologie à Waterloo, un haut lieu de l'innovation. Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada, notre stratégie en matière de S et T vise à stimuler les investissements du secteur privé dans la recherche et développement et à multiplier les inscriptions dans les programmes universitaires en sciences et en génie.
    Notre stratégie vise à promouvoir une excellence de classe internationale, à concentrer les efforts sur les priorités et à soutenir les partenariats, y compris les collaborations entre le milieu des affaires, le milieu universitaire et le secteur public. Elle est axée sur quatre secteurs importants pour les manufacturiers canadiens: les ressources naturelles, l'environnement, la santé et la technologie de l'information.
    Le gouvernement favorisera un environnement d'affaires concurrentiel et dynamique, encouragera les partenariats publics-privés en recherche et en commercialisation et augmentera l’impact de ses programmes d’aide à la recherche et développement destinés aux entreprises. Nous allons de l'avant pour donner suite à ces engagements.
    Afin de donner suite aux recommandations unanimes sur les allégements fiscaux ciblés que le Comité de l'industrie a formulées dans son rapport, recommandations appuyées par le Bloc, le ministre des Finances et le ministre du Revenu national ont récemment lancé de vastes consultations sur la question de savoir comment on pourrait rendre plus efficace pour les entreprises canadiennes, y compris celles du secteur manufacturier, le crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental, le crédit d'impôt RS&DE.
    Le crédit d'impôt RS&DE est l'un des plus généreux de ce type dans le monde entier. Pourtant, les manufacturiers n'en tirent pas pleinement profit. Nous trouverons une solution en l'améliorant de manière à le rendre plus pertinent et plus accessible aux entreprises, y compris à celles du secteur manufacturier.
    Voilà un autre exemple qui prouve que le Bloc n'a qu'un pouvoir de recommandation, mais qu'en fin de compte, il ne peut obtenir de résultats concrets pour le Québec.
    Le gouvernement conservateur ne s'est pas arrêté là. Il y a quatre semaines à peine, le ministre de l'Industrie et le ministre des Finances ont annoncé le versement d'une somme de 105 millions de dollars à sept centres d'excellence chargés de se pencher sur des questions prioritaires en matière de recherche et de commercialisation pour le Canada. Cet argent permettra au Canada d'être un leader mondial dans des secteurs stratégiques qui présentent des possibilités scientifiques et un avantage concurrentiel. Je suis persuadé que la grande majorité des travaux effectués par ces centres profiteront aux fabricants.
    Les mesures progressistes prises par le gouvernement conservateur se poursuivent.
    Le 18 octobre, le ministre de l'Industrie a annoncé la nomination de 17 membres au nouveau Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation. Ce conseil jouera un rôle essentiel en fournissant des conseils en matière de sciences et de technologie sur des questions soulevées par le gouvernement qui sont très importantes pour le développement économique et le bien-être du Canada. Bon nombre de ces gens ont travaillé dans le secteur manufacturier au Canada et ils comprennent les besoins des fabricants.
    J'aimerais vanter l'une de nos réussites en matière de partenariats public-privé. Le ministre de l'Industrie a visité récemment le Laboratoire David Florida de l'Agence spatiale canadienne pour voir le satellite commercial de seconde génération RADARSAT-2. Cette technologie de pointe montre bien ce que les investissements dans le domaine des sciences et de la technologie peuvent réaliser. Ce satellite est un produit de l'extraordinaire partenariat public-privé et il est fabriqué ici au Canada. C'est un bon exemple de ce que nous pouvons faire dans notre pays, dans notre industrie de pointe et grâce à nos spécialistes canadiens de haut niveau.
    Le gouvernement a adopté des mesures qui permettent aux fabricants de s'adapter et de faire preuve d'innovation, des mesures que le Bloc ne sera jamais en mesure de prendre.
    Enfin, afin de pouvoir offrir un avantage infrastructurel, le gouvernement conservateur compte promouvoir la réussite des fabricants en investissant dans les infrastructures essentielles au Canada.
    Récemment, soit le 6 novembre, le premier ministre, son homologue britanno-colombien Gordon Campbell et le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités ont signé un accord historique entre le Canada et la Colombie-Britannique pour lancer le programme Chantiers Canada. Ce plan historique d'infrastructure de 33 milliards de dollars permettra d'édifier un Canada plus fort, plus sûr et meilleur. En comparaison avec les initiatives fédérales précédentes en matière d'infrastructure, Chantiers Canada assurera un financement plus substantiel sur une période plus longue, soit de 2007 à 2014. Ce plan prévoit notamment des investissements de 1 milliard de dollars pour l'initiative de la porte d'entrée et du corridor de l'Asie-Pacifique et de 2,1 milliards de dollars au titre du Fonds pour les portes d'entrée et les passages frontaliers. Ces investissements permettront d'améliorer la circulation des marchandises entre le Canada et le reste du monde, élément essentiel pour les manufacturiers et les exportateurs canadiens.
    L'annonce prévoit également un investissement de 400 millions de dollars pour le passage frontalier entre Windsor et Detroit et la route d'accès à celui-ci, en réponse à une autre recommandation du Comité de l'industrie.
    Au moment où un nombre croissant de manufacturiers canadiens s'intègrent aux chaînes d'approvisionnement locales, nationales et mondiales, ils doivent pouvoir compter sur une infrastructure fiable, sûre et solide.

  (1330)  

    Contrairement aux députés du Bloc québécois qui ne pourront jamais rien faire d'autre que de réchauffer les banquettes, qui font de la politicaillerie avec l'un des éléments les plus cruciaux de l'économie canadienne et qui n'obtiendront jamais de résultats pour les manufacturiers du Québec, le gouvernement conservateur a obtenu de véritables résultats pour les manufacturiers et pour les travailleurs et il continuera de le faire. Nous continuerons de collaborer avec l'industrie pour instaurer le climat voulu afin que les manufacturiers canadiens fassent bonne figure dans l'économie mondiale, ce qui assurera aux Canadiens et aux Québécois de bons emplois bien rémunérés.
    Le gouvernement fournit l'appui que les Canadiens attendent, il sert les collectivités et il respecte ses engagements. Nous nous attaquons directement aux défis auxquels sont confrontés les manufacturiers et les travailleurs et nous continuerons à faire preuve de véritable leadership pour l'ensemble des Canadiens.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue pour ces observations, même si je trouve plutôt exaspérant de le voir s'attribuer le mérite de remédier à bien des excès de gouvernements précédents. Il parle de réduire la dette. Je lui rappelle que la dette a été créée par un ancien premier ministre, un certain Mulroney, qui a presque acculé le Canada à la faillite, à l'époque. Nous avons essayé de la réduire. Grâce à certaines mesures législatives, les conservateurs disposent d'argent laissé par de bons gouvernements qui les ont précédés pour réduire cette dette.
    C'est bien beau la rhétorique et tout le baratin sur les résultats des conservateurs, mais qu'est ce que le député compte faire pour les familles du Nord de l'Ontario, les familles qui n'ont plus d'emplois en raison de la crise qui sévit dans le secteur forestier? Pourrait-il me dire ce qu'ils vont faire pour Noël, sans travail. Le gouvernement réduit les impôts. Or, ces travailleurs n'ont pas de revenu d'emploi sur lequel payer de l'impôt. Pourriez-vous me dire ce que vous ferez aujourd'hui pour les familles du Nord de l'Ontario et du Canada qui n'ont plus d'emploi dans le secteur forestier en raison de problèmes que vous avez créés?

  (1335)  

    Le député de Kenora devrait savoir que, lorsqu'il s'adresse à la Chambre par l'entremise de la présidence, il doit employer la troisième personne, et non la deuxième personne.
    Monsieur le Président, notre gouvernement se soucie avant tout des familles qui perdent leurs emplois. C'est pourquoi il est essentiel de créer un climat favorable pour les sociétés et les fabricants, et c'est pourquoi nous sommes si heureux de pouvoir dire que le taux de chômage n'a jamais été aussi bas en plus de 33 ans.
    Je trouve un peu fort que le député se vante de ce qu'a fait le gouvernement précédent. La vérité, c'est que si les libéraux avaient fait quoi que ce soit de bien, nous n'en serions pas là aujourd'hui.
    Le député a parlé de l'ancienne dette. Cette dette avait été créée par un gouvernement libéral de nombreuses années auparavant. Son gouvernement a eu plus de 13 ans pour agir, mais qu'a-t-il fait? Absolument rien. Il a fallu que notre gouvernement intervienne, ce qu'il a fait immédiatement en réglant le conflit du bois d'oeuvre. En seulement 13 mois, nous avons offert des résultats et assuré le remboursement d'une somme de plus de 5 milliards de dollars perçue auprès des sociétés canadiennes. Nous avons garanti l'accès au marché américain, notre principal marché.
    Qu'ont-fait les libéraux pendant 13 années? Absolument rien. C'est ce qui nous distingue de nos prédécesseurs. Nous sommes un gouvernement d'action et nous allons lutter pour demeurer des chefs de file mondiaux.

[Français]

    Monsieur le Président, d'une part, cela me fait toujours rire d'entendre le monde décrier le Bloc québécois, mais la démocratie a parlé aussi au Québec.
    D'autre part, dans le comté d'Oshawa, GM fabrique des camionnettes qui s'appellent le Sierra et le Silverado. Compte tenu des baisses d'impôt et de la réduction de la TPS, je veux savoir ce que ce merveilleux gouvernement répondra aux 1 000 travailleurs qui perdront leur emploi d'ici aux fêtes dans le comté du député. Que pourra-t-il leur donner comme excuse?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je le répète, je n'accepte pas les conseils de cette députée du Bloc pour quoi que ce soit ayant trait à mes électeurs.
    Je n'accueille pas de gaieté de coeur, pas plus que le gouvernement, une réorganisation dans le secteur de la fabrication. Même si on a mis à pied 1 200 travailleurs à l'usine de camions d'Oshawa, je rappelle à la députée que les ventes de camions ont augmenté de 14,1 p. 100 au Canada.
    La difficulté, c'est que le gouvernement canadien peut prendre les mesures voulues pour appuyer l'économie canadienne, mais il ne peut influer sur les autres économies. Dans le secteur de la fabrication à l'heure actuelle, une bonne partie des problèmes concernent l'économie américaine. L'économie des États-Unis bat de l'aile à l'heure actuelle alors que la nôtre continue d'être vigoureuse.
    Comme je l'ai dit, le taux de chômage n'a jamais été aussi bas. Nous remboursons la dette. Nous venons de réduire le niveau d'imposition de sorte qu'il est le plus bas du G7. Ce qui est visé, et que le Bloc ne peut comprendre puisqu'il préconise toujours des augmentations d'impôts, c'est que le Canada devienne concurrentiel à l'échelle mondiale et attire des entreprises au Canada. En continuant à faire augmenter les impôts, comme le feraient les députés du Bloc québécois pour financer certains de leurs programmes radicaux, on décourage les fabricants. Si notre taux de chômage est si bas à l'heure actuelle, c'est parce que le gouvernement fait le nécessaire à l'avantage des Québécois et de l'ensemble de Canadiens.
    Monsieur le Président, le député d'Oshawa n'a pas parlé du programme de remise. Au moment même où les électeurs du député sont mis à pied, l'argent de leurs impôts est utilisé pour un programme de remise par lequel des sommes sont transmises à la Corée du Sud, au Japon et à d'autres pays du monde. Ses électeurs subventionnent des emplois ailleurs dans le secteur de l'automobile aux dépens d'emplois au Canada, et il n'a rien fait pour s'y opposer.
    Le député n'a pas parlé non plus du fait que nous n'avons pas encore de programme PTC pour le secteur de l'automobile. Il y en a un pour l'industrie aérospatiale au Québec et en Ontario, mais il n'y en a pas pour l'industrie de l'automobile.
    Ma dernière observation est d'autant plus intéressante qu'elle contredit le beau discours du député. Il a déclaré que 21 des 22 recommandations du Comité de l'industrie avaient été mises en oeuvre. J'ai siégé à ce comité. Il a dit que la première recommandation avait été suivie, mais ce n'est pas le cas. Il a tort de laisser entendre le contraire. Cette recommandation était fort précise. Elle visait une déduction pour amortissement sur cinq ans et la possibilité de cinq années additionnelles après examen. Voilà qui revêt une grande importance dans la troisième, la quatrième et la cinquième années d'investissement.
    Comment ce député peut-il prendre la parole à la Chambre et dire devant ses électeurs que la recommandation a été suivie alors qu'elle ne l'a pas été?

  (1340)  

    Monsieur le Président, il est évident que le député de Windsor-Ouest est très fâché, et je peux comprendre pourquoi.
    Il a fait partie du Comité de l'industrie. Ce comité a présenté un rapport contenant 22 recommandations unanimes. Pourtant, le chef du parti du député l'a obligé à voter contre ces recommandations lors du vote sur le plus récent budget. Je serais fâché moi aussi si je n'avais aucune crédibilité auprès de mes électeurs.
    Parlons de la déduction pour amortissement. Nous avons réglé cela. Comme le ministre des Finances l'a dit très clairement, il sera possible d'améliorer la situation encore plus dans l'avenir.
    Le député omet de mentionner que nous venons d'investir 33 milliards de dollars dans notre programme d'infrastructure, dont 400 millions de dollars iront au passage frontalier de Windsor-Detroit, qui est situé dans sa circonscription. Qu'a fait le député néo-démocrate? Il a voté contre cela. Il a voté contre 500 millions de dollars pour le recyclage de la main-d'oeuvre, ce qui aurait aidé les gens de sa circonscription qui ont perdu leur emploi. Il a voté contre la création d'un programme pour les travailleurs âgés. Il a voté contre notre stratégie en matière de sciences et de technologie. Je me suis rendu à Windsor pour constater les effets des investissements sans précédent que nous avons faits en recherche et développement. Le député a voté contre cela aussi.
    Les députés du NPD n'ont aucune crédibilité. Ils sont comme les bloquistes. Ils peuvent établir toutes les stratégies qu'ils veulent, mais notre gouvernement, lui, agit.
    Monsieur le Président, je continue de lire la motion dont nous sommes saisis. En voici un extrait:
... dont notamment un programme de soutien des entreprises qui désirent renouveler leur appareil de production, une série d’investissements et de mesures fiscales pour soutenir la recherche et le développement dans l’industrie, [...] une révision des lois commerciales pour mieux protéger nos entreprises contre la concurrence déloyale...
    Voici la question que je veux poser au secrétaire parlementaire: n'est-ce pas exactement ce que nous faisons? Pourquoi le Bloc québécois soulève-t-il cette question? Ces députés devraient féliciter et remercier le gouvernement pour avoir pris des mesures au lieu de dire que nous ne faisons rien alors que nous agissons. Qu'en pense le secrétaire parlementaire?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Burlington de son bon travail en ce qui concerne le secteur de la fabrication.
    Ce qu'il a dit est tout à fait vrai. Nous remédions déjà aux problèmes soulevés dans la motion du Bloc. C'est la tragédie du Québec à l'heure actuelle. Le Bloc québécois ne fait pas ses devoirs. Ses députés ne peuvent rien faire pour le Québec. Même lorsqu'ils ont l'occasion de critiquer, ils le font dans des domaines où nous avons déjà pris des mesures. Cela montre encore une fois l'inutilité du Bloc québécois pour les gens du Québec.

[Français]

    L'honorable députée de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques a la parole. Nous ne disposons que d'une minute pour la question et la réponse.
    Monsieur le Président, ce sera très bref parce que je n'ai qu'un commentaire à formuler. Il ne sera pas nécessaire qu'on me réponde, mais je tiens à dire mon commentaire.
    La raison pour laquelle je n'ai pas de question, c'est que cela ne servirait qu'à nous rebattre les oreilles d'une rhétorique vraiment pompeuse.
    Premièrement, tous les gens ici, en cette Chambre, ont été élus légitimement. Il n'y a pas de députés de plus grande ou de moins grande valeur.
    Deuxièmement, un député du gouvernement devrait avoir la rigueur intellectuelle de ne pas fausser les informations en nous parlant du taux d'emploi absolument exubérant au Canada, alors que dans les régions, certaines personnes éprouvent des problèmes et, face à la crise, vivent dans une absolue précarité. Alors respectons au moins le fait que ces gens sont en difficulté.

[Traduction]

    Le temps du député est écoulé, mais je lui permets de répondre rapidement.
    Je vous remercie, monsieur le Président. Je pourrais peut-être répondre par une observation. Tous les députés ici sont dûment élus. Lorsque des citoyens votent pour un député, ils s'attendent à ce que celui-ci fasse ses devoirs et représente le mieux possible sa circonscription.
    Comme je l'ai dit et comme le député de Burlington l'a souligné, nous prenons déjà des mesures concernant les points que le Bloc a mentionnés.
    J'aimerais dire que nous...

  (1345)  

    Nous reprenons le débat. Le député de Gatineau a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps avec le député de Chicoutimi—Le Fjord.
    Il est de mon devoir de prendre la parole aujourd'hui sur la situation des secteurs manufacturier et forestier. Dans mon pays, le Québec, ces secteurs subissent une grave crise. Dans ma région et dans ma circonscription, soit Gatineau, en Outaouais, nous ressentons fortement sa douleur.
    Présentement, l'usine de Domtar, en Outaouais, dans la ville de Gatineau, n'a plus que 70 ouvriers actifs afin de fournir les services d'électricité, de vapeur d'eau et d'assainissement des eaux usées à sa voisine, l'usine de Kruger. À la fin d'octobre dernier, Domtar a vu 180 de ses 250 ouvriers perdre leur emploi. Ils produisaient du papier couché pour des revues.
    Le syndicat et le comité de relance continuent de travailler d'arrache-pied pour que le gouvernement fédéral actuel aide l'usine à maintenir la machinerie fonctionnelle, pour qu'un acheteur potentiel puisse reprendre le tout en main, redémarrer la production et ainsi redonner des emplois au papetiers qui ont été fauchés le mois dernier. Ils demandent que le gouvernement fédéral les aide, comme il a aidé l'usine de fabrication navale Davie, à Lauzon près de Québec, au début des années 2000, en maintenant la machinerie à niveau. Là-bas, ce fut un succès. Le Chantier maritime Davie a repris vie. On en souhaite autant à Domtar à Gatineau.
    D'ailleurs, le ministre de l'Industrie recevra aujourd'hui les représentants syndicaux de l'usine, MM. Gene Hartley et Gérard Carrière, ainsi que moi-même. Nous tenterons d'obtenir l'appui du gouvernement actuel dans cette démarche, tout comme les travailleurs de Davie, à Lauzon, l'avaient obtenu. Cependant, je n'ose pas croire que l'usine Domtar de Gatineau fermera complètement ses portes. Les 400 ouvriers de Kruger, également de Gatineau, qui dépendent des trois services que Domtar lui fournit toujours, pourraient se retrouver également victimes de l'actuelle crise chez les papetières.
    De plus, je pense à l'usine de Bowater, directement implantée dans ma circonscription. Cette papetière comptait 1 450 ouvriers en 1991. On en dénombre aujourd'hui 425. En mars dernier, 171 papetiers y ont perdu leur emploi. Comme le soulignait le représentant syndical, président du local 142 du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, M. Gaston Carrière, en février 2007 la multinationale a annoncé aux employés de la machine no 3 qu'il y aurait une fermeture temporaire de 30 jours. Une semaine avant la réouverture, Bowater a annoncé que la machine no 3 serait fermée définitivement.
    Lors d'une conférence de presse au mois de juin dernier, M. Carrière a dit avoir vu pleurer des employés qui avaient 25 ans et 30 ans de servicer. Dans cette situation, le programme du gouvernement conservateur pour les travailleurs âgés n'a déboursé aucun sou pour ces derniers. C'est un programme fantoche dont les critères sont si pointus qu'il faudrait vivre sur Saturne pour y avoir accès.
    C'est cela, la crise manufacturière et forestière actuellement. Elle est extrêmement dure pour les travailleurs touchés, leur famille et leur communauté. Le Bloc québécois est partie prenante pour la relance de ces secteurs industriels. C'est la raison pour laquelle j'appuie cette motion de ma collègue et porte-parole en matière d'industrie, la députée du Bloc québécois de Trois-Rivières:
    
— Que, de l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait immédiatement mettre en place un ensemble de mesures pour venir en aide aux secteurs manufacturier et forestier durement frappés par la hausse du dollar et la montée de la concurrence des nouveaux joueurs dans le domaine de la fabrication de masse à bas prix, dont notamment un programme de soutien des entreprises qui désirent renouveler leur appareil de production, une série d’investissements et de mesures fiscales pour soutenir la recherche et le développement dans l’industrie, la remise en place d’un programme de diversification économique des régions forestières inspiré de celui que le gouvernement conservateur a aboli, une révision des lois commerciales pour mieux protéger nos entreprises contre la concurrence déloyale et un meilleur soutien financier des travailleurs frappés par la crise du secteur manufacturier.

  (1350)  

    Tout comme le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie, le Bloc québécois estime qu'à rester sans agir, le gouvernement conservateur fait partie du problème et non de la solution.
    Voici quelques pistes de solutions qu'apporte le Bloc québécois pour diminuer la crise: soutenir les travailleurs frappés par la crise; créer un programme de soutien au revenu pour les travailleurs âgés — ce programme permettrait aux travailleurs âgés de 55 à 64 ans non reclassables et victimes de licenciements massifs d'avoir un revenu leur permettant de faire le pont entre l'assurance-emploi et le fonds de pension —; bonifier substantiellement le régime d'assurance-emploi, notamment en augmentant de cinq semaines la période d'accessibilité pour toutes les régions, sans égard au taux de chômage; hausser le taux de prestation de 55 p. 100 à 60 p. 100, avec un calcul fondé sur les 12 meilleures semaines; éliminer le délai de carence et de diminuer à 360 heures le minimum d'heures assurables pour avoir droit à des prestations; créer des outils financiers pour favoriser l'investissement et la modernisation des entreprises, soit mettre en place un programme de prêts et de garanties de prêts pour aider les entreprises à se moderniser. Ces prêts, offerts aux entreprises au taux du marché pour les sociétés en bonne santé financière, seraient particulièrement utiles à celles qui sont en mauvaise santé et qui ont de la difficulté à emprunter sur les marchés privés ou qui doivent payer une prime de risque qui fait augmenter les intérêts qu'elles paient.
    La mise en place de ce programme permettrait de diminuer le taux d'intérêt payé par les entreprises qui investissent. Alors que le dollar élevé devrait permettre aux entreprises de renouveler à faible coût leurs appareils de production, elles n'ont tout simplement pas les liquidités nécessaires pour investir.
    Également, il faut améliorer le soutien fiscal à la recherche, au développement et à l'innovation en entreprise. Il faut augmenter le type de dépenses admissibles, par exemple en incluant les coûts d'obtention de brevets ou les coûts de formation du personnel appelé à oeuvrer sur des projets innovateurs.
    Il faut rendre remboursable le crédit d'impôt à la recherche et au développement pour que les entreprises puissent en bénéficier même si elles sont à l'étape du développement et qu'elles ne font pas encore de profit.
    Il faut mettre en place un programme de soutien au développement des activités de production d'énergie et d'éthanol par l'utilisation des résidus forestiers. Cette mesure, en plus de contribuer à diminuer les gaz à effet de serre, permettrait aux entreprises forestières de jouir d'un revenu supplémentaire provenant de la vente d'énergie et de diminuer leurs coûts de pétrole.
    Il faut imposer rapidement des cibles absolues de réduction des gaz à effet de serre pour permettre l'établissement d'un marché d'échange des crédits de carbone. Soulignons que les alumineries et les entreprises forestières ont fait des efforts importants pour réduire leurs émissions.
    Pensons également à moderniser les lois commerciales pour mieux protéger les entreprises contre la concurrence déloyale. Les lois antidumping canadiennes datent de l'époque de la guerre froide et sont complètement dépassées dans le contexte actuel, particulièrement face à la Chine. Il urge de mettre les lois commerciales canadiennes au même niveau que celles des autres pays industrialisés, notamment les États-Unis et les pays de l'Union européenne. C'est d'ailleurs pour le bénéfice de l'ensemble des Québécois et des Canadiens que la députée de Terrebonne—Blainville a déposé le projet de loi C-411.
     Voilà ce que le Bloc québécois apporte. Il apporte des solutions à des problèmes majeurs. Tout ce qui manque maintenant, c'est de la volonté politique. De notre côté, nous l'avons. Nous apportons ces dossiers et faisons en sorte de rencontrer les citoyens et citoyennes qui souffrent des crises comme celles que nous vivons présentement, entre autres dans les secteurs forestier et manufacturier.

  (1355)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, la semaine dernière, à Cochrane, en Ontario, nous avons perdu l'usine de Norbord. Dans les deux semaines qui ont précédé, nous avons perdu Tembec Cochrane, ce qui a touché 200 ou 300 emplois. Nous avons donc perdu environ 500 emplois dans une ville de 5 000 habitants. L'histoire se répète partout dans le Nord de l'Ontario: 130 emplois ont été perdus à l'usine de panneaux OSB de Weyerhaeuser à Wawa et des emplois ont été perdus à Kenora, à Thunder Bay et à Atikokan. Or, le gouvernement se désintéresse complètement de notre dollar qui surchauffe. Le gouvernement mine de façon brutale la capacité industrielle des régions rurales du Nord de l'Ontario de pouvoir livrer concurrence là où sont nos marchés.
    J'aimerais que mon collègue m'explique pourquoi, à son avis, le gouvernement fait preuve d'un désintérêt qui rendrait fière Marie-Antoinette. Pourquoi le gouvernement se désintéresse-t-il de toute région à l'extérieur des sables bitumineux, de toute région canadienne -- dans le Nord du Québec ou le Nord de l'Ontario -- qui souffre des politiques gouvernementales inopportunes? Pourquoi favorise-t-il une région aux dépens de toute autre région qui repose sur la fabrication et la foresterie?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie le collègue néo-démocrate qui m'a posé la question. En fait, sa question renferme une partie de la réponse.
    À un moment donné, il faut avoir une vision large de l'ensemble des citoyens qui ont des représentants ici, à la Chambre des communes. Il n'est pas vrai que le Canada n'est basé que sur la richesse présentement produite par les pétrolières. De favoriser cette industrie, c'est d'oublier qu'il y a d'autres industries dans ce pays, et qu'au Québec comme en Ontario ou ailleurs dans l'ensemble du territoire, certaines industries se portent très bien, mais d'autres se portent très mal.
    Seules les industries qui ont de la difficulté doivent absolument recevoir de l'aide, car elles sont fragilisées par la crise. Les éléments sont mis en lumière, jour après jour, autant par les intervenants que par les gens de l'industrie et les syndicats qui apportent des solutions. Les solutions vont plus loin que les simples baisses d'impôt. Il faut justement avoir des crédits d'impôt pour aider cette industrie.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est pour moi un privilège de poser une question à mon collègue du Bloc.
    Le programme de taxation avec remise dans l'industrie automobile est une des mesures du gouvernement conservateur qui peut être qualifiée d'intéressante. Il s'agit d'un programme qui consiste à appliquer une taxe à certains véhicules, qui sont souvent construits au Canada, et une remise à d'autres. Or, ce programme n'a pas changé la tendance en ce qui concerne l'achat de véhicules éconergétiques. Les chiffres de l'industrie automobile le montrent.
    Il est intéressant de constater que les travailleurs de l'automobile à Oshawa, à Brantford et ailleurs en Ontario qui sont mis à pied à cause de cette situation voient qu'on donne l'argent de leurs impôts à des compagnies qui construisent des véhicules à l'étranger. Des compagnies établies en Corée du sud ou au Japon inondent le Canada de véhicules et chacune d'entre elles reçoit des milliers de dollars. Des millions de dollars sont ainsi versés à ces sociétés qui font perdre des emplois au pays.
    Que pense mon collègue d'un programme qui envoie l'argent des contribuables canadiens à l'étranger et qui permet aux industries étrangères de nous faire perdre des emplois ici? Que pense-t-il de cette stratégie des conservateurs?

[Français]

    Monsieur le Président, c'est à la lumière de ce qu'on avançait plus tôt. Chaque industrie a sa réalité, et les industries manufacturière et forestière vivent une dure réalité.
    En ce qui concerne le commerce international, nos lois se basent sur la guerre froide. Or, ces lois ont été votées à une autre époque. Aujourd'hui, les industries de l'automobile, du papier ou encore du bois d'oeuvre éprouvent de la difficulté. Elles souffrent du fait que le gouvernement actuel a une courte vue et qu'il ne regarde que vers l'Ouest canadien, vers l'Alberta et vers les pétrolières pour baser sa richesse. Or, la richesse d'un pays, que ce soit le Québec ou le Canada, se base sur l'ensemble des travailleurs aptes à y travailler dans l'ensemble des industries existantes.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

Le Mois national des 4-H

    Monsieur le Président, novembre est le Mois national des 4-H. C'est l'occasion de souligner la contribution de cet organisme qui rejoint des collectivités des quatre coins du Nouveau-Brunswick et du Canada. Le programme 4-H favorise et encourage la croissance et le potentiel de la jeunesse, notre ressource la plus précieuse.
    En 2006-2007, à lui seul, le Nouveau-Brunswick comptait environ 537 membres du mouvement 4-H qui ont joué un rôle actif dans l'agriculture, dans leurs collectivités, ainsi que dans l'ensemble des régions rurales de la province. De l'agriculture à l'informatique, en passant par l'art oratoire et la procédure parlementaire, le programme 4-H offre des programmes de leadership et de développement aux jeunes gens du Nouveau-Brunswick depuis plus de 90 ans.
    Je suis fier de compter huit des 26 clubs provinciaux dans ma circonscription, Tobique—Mactaquac. La devise des 4-H, « C'est en forgeant qu'on devient forgeron », inspire le développement de la confiance en soi, de la responsabilité et du leadership. J'ai pu voir une démonstration de ces compétences lors de l'exposition provinciale des 4-H à Fredericton. J'ai même eu l'honneur de prêter main forte aux juges du concours d'exposants.
    En novembre, nous rendons hommage à cet organisme remarquable. Je félicite tous les 4-H de leur engagement et de leur dévouement, pour le plus grand bien des jeunes et de l'agriculture.

La recherche agricole

    Monsieur le Président, le Centre de recherches de l'Atlantique sur les aliments et l'horticulture de Kentville, en Nouvelle-Écosse, est trop important pour les agriculteurs de l'Atlantique pour être fermé. Les chercheurs de Kentville comprennent les conditions de croissance locales et collaborent avec les industries locales afin de surmonter les défis régionaux.
    Lorsque les abeilles à miel ont commencé à disparaître, le centre s'est associé aux cultivateurs de bleuets locaux pour favoriser la pollinisation des plants. Le centre collabore avec des oenologues locaux afin de créer de nouvelles variétés de vignes supportant le climat plus froid de la Nouvelle-Écosse. De l'avis de Bruce Ewert, viticulteur local, les travaux du centre sont « essentiels à notre industrie ».
    Le gouvernement a récemment créé un groupe pour examiner tous les laboratoires de recherche à vocation non réglementaire du pays, et l'avenir de ce centre de recherche est maintenant incertain.
    J'invite le gouvernement à rendre cet examen public, à travailler avec toutes les parties intéressées locales, y compris les agriculteurs et, bien entendu, les employés des centres de recherches, et à les écouter. J'invite le gouvernement à maintenir la recherche agricole canadienne dans les régions, près des groupes de producteurs concernés.

[Français]

Le secteur manufacturier

    Monsieur le Président, les baisses d'impôt pour les entreprises annoncées par le gouvernement fédéral ne sont pas une solution pour appuyer l'industrie manufacturière du Québec.
    Le secteur manufacturier québécois, qui vit une crise sans précédent, ne profitera pas de ces baisses d'impôt, puisque les fabricants peinent à dégager des profits. À qui profiteront-elles principalement? Encore une fois, aux richissimes pétrolières.
    Pendant ce temps, les députés conservateurs du Québec s'agenouillent devant le premier ministre, espérant devenir ministre ou conserver leur poste de ministre. Il faut noter que dans la circonscription du ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités, huit usines ont fermé leurs portes temporairement ou définitivement. Les conservateurs restent les bras croisés devant quelque 135 000 travailleurs québécois ayant perdu leur emploi depuis 2003, alors qu'ils prétendent défendre la nation québécoise.
    L'Énoncé économique est fait pour l'Ouest canadien. Le Bloc québécois est le seul parti qui défend réellement les intérêts du Québec à Ottawa.

[Traduction]

Le Centre canadien de politiques alternatives

    Monsieur le Président, je tiens à souligner le 10e anniversaire du Centre canadien de politiques alternatives. Le premier ministre a lancé les célébrations hier soir en s'adressant à plus d'un millier de partisans.
    Depuis dix ans, le bureau du Manitoba du Centre canadien de politiques alternatives publie des rapports de recherche de grande qualité qui ont d'importantes répercussions sur la vie des Canadiens. Le bureau a vu le jour grâce aux efforts des professeurs Errol Black et Jim Silver qui, avec la collaboration de Wayne Anthony, ont mis sur pied un projet qui est devenu en novembre 1997 le bureau du Manitoba du Centre canadien de politiques alternatives.
    Étant députée depuis la création de cet important groupe de réflexion, je peux vous assurer qu'il serait beaucoup plus difficile pour moi de faire mon travail si je ne pouvais compter sur le CCPA qui est au centre de nos efforts en matière de justice sociale. Le centre a été créé à un moment crucial, alors que les gouvernements fédéraux libéraux et conservateurs faisaient passer les allégements fiscaux consentis aux entreprises avant les droits des collectivités et les droits à l'égalité.
    Sans les recherches effectuées par le CCPA, il aurait été impossible de riposter aux programmes régressifs en matière de privatisation des soins de santé, aux coupes dans le secteur du logement et à la pauvreté croissante. Grâce au CCPA, l'opinion des peuples autochtones et des gens des secteurs défavorisés a été prise en compte dans les récentes études.
    Je tiens à féliciter la directrice exécutive Shauna McKinnon et tous les membres du CCPA du Manitoba.

[Français]

Le Gala des Lauriers de la PME

    Monsieur le Président, en fin de semaine dernière se tenait ici, à Ottawa, la quatrième édition du Gala des Lauriers de la PME. Cet événement prestigieux organisé par le Réseau de développement économique et d'employabilité fut l'occasion de souligner la contribution exceptionnelle des petites et moyennes entreprises francophones en milieu minoritaire partout au Canada.
    À titre de député et de secrétaire parlementaire pour les Langues officielles, j'ai eu l'honneur de participer à cette soirée et de remettre le prix dans la catégorie « Nouvelles entreprises ». Ce fut un honneur pour moi de remettre le prix à une entreprise de ma circonscription, Glengarry—Prescott—Russell. En effet, le prix fut décerné cette année à la compagnie Green Beaver, de Hawkesbury.

  (1405)  

[Traduction]

    Green Beaver est une entreprise de produits de soins personnels naturels sans additifs chimiques. En plus d'être prospère, cette entreprise s'applique à améliorer notre environnement et notre santé.

[Français]

    Je tiens donc à féliciter les propriétaires de l'entreprise, Alain Ménard et son épouse, Karen Clark, pour leur accomplissement. Vous faites la fierté de Glengarry—Prescott—Russell.

[Traduction]

La fête du Diwali ou du Bandi Chhorh Divas

    Monsieur le Président, la fête du Diwali ou du Bandi Chhorh Divas, la fête des lumières, est l'occasion de célébrer l'espoir, l'amitié et la bonne volonté. C'est la fête du renouveau qui offre l'occasion de renouer avec ceux et celles que nous aimons et avec ceux et celles qui comptent pour nous au sein de nos collectivités.
    Les célébrations entourant la fête des lumières marquent la rencontre des coutumes et des cultures. Elles témoignent de la réussite de la diversité canadienne.
    Avec des collègues du Parlement, j'ai participé à des célébrations qui ont eu lieu dans des écoles, dans des salles communautaires et dans des lieux de culte aux quatre coins du Canada.
    Se mêler aux néo-Canadiens provenant des quatre coins de la planète aussi bien qu'à ceux et celles dont les parents et les grands-parents se sont établis ici est une façon de voir se tisser la trame du Canada de demain.
    J'invite les députés à se joindre à moi pour souhaiter à tous les Canadiens une joyeuse fête du Bandi Chhorh Divas et du Diwali.

La santé

    Monsieur le Président, le 14 novembre est la Journée mondiale de la MPOC. La maladie pulmonaire obstructive chronique, ou MPOC, atteint 425 000 Canadiens et, cette année seulement, 4 300 de ces derniers en mourront.
    Depuis 2000, le nombre de femmes qui meurent de la MPOC a augmenté à un taux deux fois plus élevé que le nombre de celles qui meurent du cancer du sein. La MPOC arrive au quatrième rang des causes de décès au Canada et pourtant moins de 50 p. 100 des Canadiens ont entendu parler de la maladie.
    La MPOC se caractérise par l'essoufflement, une toux, une respiration sifflante et la production accrue de crachat. Les personnes atteintes de la maladie disent que c'est comme respirer par une paille. Nous savons quelles en seraient les répercussions sur nos activités même les plus mineures.
    Sandy Lee et ses collègues de l'Association pulmonaire demandent à tous les Canadiens de porter quelque chose de rouge demain pour marquer la Journée mondiale de la MPOC et, si possible, l'épingle de l'Association pulmonaire, pour sensibiliser les gens aux dangers de la MPOC.
    L'Association pulmonaire compte également sur la générosité de tous les Canadiens parce que ce sont leurs dons qui lui permettent de financer la recherche qui assurera un avenir meilleur.

[Français]

Le Sommet sur les changements climatiques

    Monsieur le Président, le 24 septembre dernier, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, accueillait Catherine Gauthier, une jeune femme de 18 ans de mon comté, au Sommet sur les changements climatiques.
     Mme Gauthier s'est adressée aux 80 chefs d'État en ces termes: « Les citoyens du monde [...] ne toléreront plus les élus qui dorénavant ne mettront pas tout en oeuvre pour régler le problème. [...] je fais maintenant partie de ceux qui voteront pour le climat. »
    Son discours lui a valu de nombreuses félicitations, dont celles de Ban Ki-moon.
    Par ailleurs, Mme Gauthier a dit être déçue de l'absence du premier ministre du Canada. « C'est aberrant, dit-elle. [Il] se vante de faire le pont entre ceux qui sont pour et contre Kyoto, mais il ne peut pas avoir deux faces. »
    Enfin, elle déplore l'inertie du gouvernement qui n'obéit qu'aux impératifs économiques. « Il ne faut pas oublier que l'économie repose sur les richesses naturelles. Il y a moyen d'avoir un équilibre entre les deux [...] et ça s'appelle le développement durable », affirme-t-elle.
    Bravo, madame Gauthier, pour votre merveilleux sens des responsabilités envers l'humanité.

Alain Charland

    Monsieur le Président, j'aimerais rendre hommage à M. Alain Charland, un Charlesbourgeois exemplaire qui a reçu la Médaille élogieuse du ministre des Anciens Combattants pour son dévouement envers les anciens combattants.
    M. Charland est un membre actif de la Gendarmerie royale du Canada, section de la lutte antidrogue à Québec, qui consacre généreusement son temps et son talent pour changer la vie de nos anciens combattants et pour s'assurer que les générations futures n'oublient jamais leur contribution.
    Passionné d'histoire militaire, il a une impressionnante collection d'uniformes, de badges et d'habits d'anciens des Forces canadiennes qu'il prête pour des cérémonies ou des expositions à plusieurs organisations, entre autres à la Légion royale canadienne dont il est membre. Depuis 1993, trois anciens véhicules des Forces canadiennes que M. Charland a restaurés à neuf sont utilisés lors de cérémonies au Québec et à Ottawa.
    Son engagement envers les membres des Forces canadiennes et envers les jeunes est bien connu dans la communauté, où il aime discuter d'histoire militaire avec eux.
    Je tiens donc à saluer cet homme de coeur.

[Traduction]

Le secteur manufacturier

    Monsieur le Président, les entreprises manufacturières du Canada sont aux prises avec un dollar élevé, des coûts de l'énergie en hausse et une vive concurrence mondiale. Les répercussions négatives du contexte actuel ont été ressenties dans la région du Niagara, où le secteur manufacturier constitue une composante cruciale de l'économie depuis des décennies et est la principale source d'emplois. Le déclin de ce secteur a entraîné d'importantes et inacceptables pertes d'emplois et fermetures d'usines.
    Je félicite la chambre de commerce de St. Catharines-Thorold, qui représente plus de 1 000 entreprises locales et plus de 26 000 employés, pour son étude poussée du secteur manufacturier et son rapport où elle recommande au gouvernement fédéral d'accorder des incitatifs ciblés dans le domaine des énergies vertes, qui est un secteur crucial de notre économie, et d'accorder aussi à nos établissements d'enseignement postsecondaire des fonds additionnels pour la recherche et le développement.
    De telles initiatives placeraient le Canada à la fine pointe de la technologie verte et aideraient à stabiliser et à revitaliser le secteur manufacturier tout en le rendant plus résistant et plus compétitif.
    Le gouvernement conservateur doit absolument agir de toute urgence pour faciliter la transition vers une économie moderne et mondialisée. Les habitants de la région du Niagara en bénéficieraient en même temps que tous les Canadiens.

  (1410)  

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, tout le monde à la Chambre est conscient de l'importance de l'industrie forestière pour l'économie canadienne.
    Depuis qu'il est au pouvoir, le gouvernement prend des mesures concrètes, comme une initiative de 127,5 millions de dollars pour assurer la compétitivité à long terme de l'industrie forestière, l'injection de 200 millions de dollars pour lutter contre le dendroctone du pin en Colombie-Britannique et en Alberta et l'investissement de 72,5 millions de dollars dans l'Initiative ciblée pour les travailleurs âgés, un rajustement du Programme d'aide aux travailleurs âgés.
    Ces décisions s'ajoutent au fait que 5 milliards de dollars ont été redonnés aux entreprises canadiennes d'exploitation forestière à la suite du règlement du différend sur la question du bois d'oeuvre.
    Nous avons réglé ce problème en moins d'un an. Les députés d'en face ont eu 13 ans pour arriver à une entente et n'y sont pas parvenus. Pendant qu'ils restent à ne rien faire, le gouvernement prend des mesures concrètes pour que l'industrie forestière et le secteur de la fabrication demeurent viables et rentables.

L'énoncé économique

    Monsieur le Président, en Ontario, Mike Harris avait déclaré la guerre aux impôts. Aujourd'hui, le premier ministre reprend le flambeau.
    Dans le minibudget, il a décidé d'accentuer la dévastation causée par l'ouragan Harris plutôt que d'y remédier. Oui, certains des allégements fiscaux ciblés consentis aux gagne-petit et aux petites entreprises ont été les bienvenus, mais aucune personne sensée ne peut croire que les grandes banques et les pétrolières avaient besoin de réductions d'impôt de 7 milliards de dollars pour arrondir encore davantage leurs profits déjà records. La réduction d'un point de pourcentage de la TPS ne représentera qu'un maigre 10 $ pour un consommateur capable de dépenser 1 000 $, mais nous coûtera 5 milliards de dollars d'investissements en moins dans la collectivité.
    Les aînés qui, avec l'argent qu'ils ont durement gagné, ont permis de mettre sur pied les programmes qui sont maintenant vidés de leur substance méritent mieux. Les enfants, dont la réussite repose sur l'excellence en éducation, méritent mieux. Les travailleurs dont l'emploi et le régime de retraite dépendent d'une stratégie pour le secteur manufacturier, méritent également mieux. Les villes, dont l'infrastructure soutient la collectivité et l'économie, méritent mieux elles aussi.
    Les conservateurs veulent nous amener dans la mauvaise direction, mais, dans un contexte de gouvernement minoritaire, on aurait pu les en empêcher. Les libéraux devraient avoir honte d'avoir contribué à faire adopter ce budget.

[Français]

Le hockey

    Monsieur le Président, le Canada est reconnu mondialement pour diverses raisons, mais la première est certainement pour sa capacité à se maintenir numéro un dans cette importante discipline sportive qu'est le hockey.
    Afin de continuer à développer des joueurs talentueux, il est essentiel que les collectivités de partout au Canada s'intéressent à nos jeunes pour lesquels le sport est un excellent moyen d'acquérir des valeurs importantes. Et c'est pourquoi je tiens aujourd'hui à féliciter les participants des équipes AAA, AA, BB et CC inscrites au 34e Tournoi international annuel de hockey midget de Saint-Léonard qui se tenait récemment dans mon comté, Saint-Léonard—Saint-Michel.
    Je tiens également à féliciter M. Gabriel Paradis qui, en tant que président, a su mener de main de maître ce tournoi qui se déroulait sous la présidence d'honneur de M. Roger Brulotte. De plus, j'aimerais remercier les nombreux bénévoles et les généreux commanditaires qui sont: la Cage aux sports de Langelier, McDonald de Saint-Léonard, la Caisse populaire de Saint-Léonard et Atlanta Aluminum.

Jocelyn Bathelon et France Jutras

    Monsieur le Président, lors du Gala IES, qui s'est déroulé le 27 octobre dernier à Laval, France Jutras et Jocelyn Bathalon, de la firme Jutras-Bathalon, une division des Jardins Lumières situé à L'Avenir, près de Drummondville, se sont vu remettre les honneurs Mérithor.
    Cette reconnaissance est remise à des professionnels qui participent à l'évolution de la lumière et à la qualité du travail de ces derniers.
    Deux réalisations ont retenu l'attention du jury: leurs mises en lumière de l'Atrium Tropique Nord à Montréal et d'une sculpture environnementale située à l'entrée du centre-ville de Gatineau.
    Le couple Jutras-Bathalon nous en mettra encore plein la vue dès décembre, en France, eux qui illumineront une imposante sculpture faite de granit, d'eau, de feu et de lumière située dans un nouveau parc construit par la ville de Douai, au nord de Paris.
    Je veux offrir toutes mes félicitations à France Jutras et à Jocelyn Bathalon et leur souhaiter un franc succès.

  (1415)  

[Traduction]

L'infrastructure

    Monsieur le Président, au Canada, bâtir un pays signifie accroître le potentiel économique des villes et en faire de meilleurs endroits où vivre. Or, au lieu de croître en force, nos villes risquent de voir leur avenir compromis par un déficit de 100 milliards de dollars sur le plan de l'infrastructure et un gouvernement fédéral qui refuse de partager son excédent record.
    La semaine dernière, lorsque les municipalités ont réclamé des investissements auprès d'Ottawa, le gouvernement conservateur les a envoyées paître. La mairesse de Mississauga, Hazel McCallion, a depuis prévenu les contribuables qui paient de l'impôt foncier qu'il y aurait une énorme hausse d'impôt pour combler le vide créé par le nouveau gouvernement du Canada.
    Je demande au gouvernement de cesser d'agir à court terme pour séduire les électeurs et d'agir plutôt à long terme pour bâtir notre pays, ainsi que de commencer à investir dans l'avenir en investissant dans nos villes.

Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre

    Monsieur le Président, quelque chose de très étrange s'est produit aujourd'hui au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.
    Les députés conservateurs ont déposé une motion exigeant que les pratiques financières et électorales appliquées par tous les partis au cours des deux dernières campagnes électorales soient soumises à un examen public, dans un comité, sous l'oeil des caméras, pour que les Canadiens puissent juger et voir par eux-mêmes ce qu'il en est; mais curieusement, avant que la motion puisse être mise aux voix, les députés de l'opposition se sont levés pour se ruer vers la porte. En l'absence de quorum, le comité a dû mettre fin à ses travaux.
    Cela s'est produit seulement quelques heures après que des députés conservateurs eurent présenté un affidavit exposant des pratiques électorales et financières hypocrites que les autres partis ont appliquées au cours des deux dernières campagnes électorales. Est-ce une coïncidence? Je ne crois pas.
    Si les députés de l'opposition croient vraiment qu'ils n'ont rien à se reprocher et qu'ils veulent condamner ce que nous avons fait, pourquoi ont-ils pris leurs jambes à leur cou et renoncé à se prévaloir de l'occasion qui s'offrait à eux?

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

L'affaire Airbus

    Monsieur le Président, le gouvernement est au courant depuis des mois des très graves allégations visant l'ancien premier ministre Brian Mulroney. Il a reçu des centaines de pages sur toute l'affaire.
    Le premier ministre a même reçu des lettres personnelles de M. Schreiber, mais le gouvernement est resté des mois sans rien faire. Pourquoi?
    Monsieur le Président, la semaine dernière, j'ai annoncé que, après la présentation d'une déclaration sous serment devant un tribunal, le gouvernement nommerait un tiers indépendant pour le conseiller sur la suite à donner aux allégations.
    J'explique clairement ce que nous ferons. Nous demanderons à ce tiers indépendant, que nous nommerons bientôt, de nous proposer un mandat pour une commission d'enquête publique et de nous proposer d'autres mesures qu'il jugera appropriées.

[Français]

    Monsieur le Président, l'information qui déclenche les réactions du premier ministre était dans ses mains depuis des mois: une lettre de la part de M. Schreiber sur laquelle était indiqué: « À remettre en mains propres — pour ses yeux seulement. »
    Et cela, de la part d'un premier ministre dont l'obsession est de tout contrôler dans les moindres détails — et son caucus le sait trop bien. Le premier ministre se cache derrière le bureau du Conseil privé et les employés juniors de son propre bureau.
    Va-t-il prendre ses responsabilités et faire la seule chose qui s'impose, soit d'ordonner une enquête publique complète maintenant?
    Monsieur le Président, je viens de répondre à cette question sur l'enquête publique. La tierce partie indépendante donnera au gouvernement le mandat approprié pour une telle enquête, et une telle enquête sera entreprise.

[Traduction]

    Je voudrais parler des lettres que, d'après le chef de l'opposition, j'aurais en ma possession. Soyons bien clairs. Je rappelle au chef libéral que Karlheinz Schreiber est visé par des procédures d'expulsion fédérales depuis maintenant huit ans. Je peux affirmer au chef de l'opposition que, lorsque quelqu'un écrit pour parler des procédures d'expulsion qui le concernent, ses lettres ne sont pas traitées par le premier ministre. Elles sont transmises aux fonctionnaires compétents.

  (1420)  

    Monsieur le Président, même M. Mulroney réclame une enquête publique complète. Le premier ministre doit être la seule personne qui ne pense pas que c'est une bonne idée.
    Pourquoi? De quoi a-t-il peur? Fera-t-il ce qui doit être fait? Assumera-t-il ses responsabilités et demandera-t-il une enquête publique complète dès maintenant?
    Monsieur le Président, le problème, c'est que le chef de l'opposition s'était soigneusement préparé à poser sa question et qu'il n'a pas écouté les deux réponses précédentes.
    C'est exactement ce que fera le gouvernement. Dans les circonstances, le tiers indépendant dont le gouvernement retiendra les services lui recommandera un mandat pour la tenue d'une enquête publique complète.
    Monsieur le Président, le premier ministre a sans vergogne montré du doigt...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre s'il vous plaît. Je suis certain que tous les députés veulent entendre la question que le député d'Ajax--Pickering s'apprête à poser. Il a la parole.
    Monsieur le Président, le premier ministre a sans vergogne montré du doigt le Conseil privé et son greffier, Kevin Lynch. C'est absurde.
    Toute la correspondance envoyée au premier ministre est accompagnée d'un bordereau d'acheminement et inscrite dans le système des dossiers. On peut la suivre et la retracer. Des lettres d'une telle sensibilité politique, comme celles renfermant des allégations d'abus mettant en cause un ancien premier ministre, sont transmises immédiatement par le Bureau du Conseil privé aux plus hauts fonctionnaires du cabinet du premier ministre. On a en main les lettres en question au cabinet du premier ministre.
    S'il veut demeurer un peu crédible, le premier ministre devrait se lever sur-le-champ et dire la vérité.
    Je le répète, monsieur le Président, Karlheinz Schreiber est poursuivi en justice par le gouvernement fédéral depuis que ces députés qui étaient à l'époque des députés ministériels ont demandé son expulsion. Le premier ministre ne lira jamais une lettre signée par un tel individu sur une question comme celle-là.
    Je dois dire au député, qui ne rate jamais une occasion d'exposer une bonne théorie du complot, que je n'ai aucun lien avec Karlheinz Schreiber et que je n'ai pas la moindre intention de devenir son correspondant.
    Monsieur le Président, il a assurément des liens avec Brian Mulroney, et c'est précisément le fond de l'affaire.
    Si le premier ministre est convaincu à ce point que ces lettres ont été égarées dans le système, il devrait déposer à la Chambre les bordereaux d'acheminement et les dossiers pertinents pour toute lettre que M. Schreiber a adressée au premier ministre. Il devrait déposer la trace écrite qui prouvera soit l'incompétence flagrante et la négligence du cabinet du premier ministre, soit une opération de camouflage, une tentative délibérée pour tromper les Canadiens, ou encore la décision de protéger M. Mulroney au lieu de laisser la justice suivre son cours.
    Monsieur le Président, il existe peut-être plusieurs lettres de cet individu, mais de toute évidence, le premier ministre a agi sur la foi de nouvelles allégations formulées dans une déclaration sous serment, et je crois qu'il adopte une ligne de conduite très responsable.

[Français]

    Monsieur le Président, il est difficile de comprendre pourquoi le premier ministre refuse la tenue d'une enquête publique sur les allégations concernant la relation entre l'ex-premier ministre Brian Mulroney et l'homme d'affaires Karlheinz Schreiber. Tous les partis d'opposition et M. Mulroney lui-même demandent qu'une enquête publique soit tenue. On est en droit de se poser des questions quant aux motivations du premier ministre.
    Le premier ministre aurait-il peur de la nature de certaines informations qu'une telle enquête dévoilerait? Ou peut-être craint-il plutôt les révélations de personnes connues, comme Elmer McKay et Marc Lalonde qui ont payé la...
    Le très honorable premier ministre a la parole.
    Monsieur le Président, je viens de dire que j'ai annoncé, la semaine dernière, que je nommerais une tierce partie indépendante pour donner des conseils au gouvernement dans cette affaire. Il est de notre intention de demander à ce conseiller de nous donner un mandat approprié pour une pleine enquête publique sur cette affaire.
    Monsieur le Président, en plein coeur du scandale des commandites, le premier ministre, qui était alors chef de l'opposition officielle, n'arrêtait pas de réclamer une telle enquête publique.
    Je lui demande clairement de ne pas attendre une recommandation de son conseiller, mais de nous dire aujourd'hui qu'il y aura en effet une enquête publique et de spécifier la forme qu'elle prendra. Qu'il nous le dise. Qu'il ne demande pas si le conseiller décidera pour lui, mais qu'il nous annonce lui-même, ici en cette Chambre, qu'il y aura une enquête publique sur cette affaire.

  (1425)  

    Monsieur le Président, je viens de dire oui. Je crois qu'il n'est pas approprié pour ce gouvernement de définir le mandat d'une telle commission, et c'est la raison pour laquelle je demanderai à une tierce partie indépendante de nous donner des recommandations sur le mandat approprié pour une enquête publique.
    Monsieur le Président, le premier ministre a demandé à ses députés de cesser tout contact avec Brian Mulroney et il entend s'imposer la même retenue. Pour lancer ce débat dans la sérénité, il faudrait s'assurer que le premier ministre n'a aucun lien avec les principaux acteurs de cette affaire. Or, on ne peut pas savoir si, par exemple, Schreiber et Mulroney ont financé la course au leadership du premier ministre, car sa liste de contributeurs n'a jamais été rendue publique.
    Le premier ministre peut-il s'engager publiquement à produire la liste des contributeurs à sa propre campagne à la direction?
    Monsieur le Président, ces listes sont disponibles. Je pense que le fait que l'ancien premier ministre n'appuyait pas ma candidature à la direction de ce parti est une question d'histoire publique.
    Monsieur le Président, le premier ministre n'aura donc pas d'objection à rendre publique la liste.
    Doit-on comprendre du refus du premier ministre de décréter une enquête publique qu'il craint qu'avec une telle enquête, la liste de ses contributeurs ne devienne publique — et il ne veut pas que cela se sache?
    Monsieur le Président, cette liste est publique. On doit se souvenir que nous parlons d'événements qui se sont produits il y a une quinzaine d'années.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il ne s'agit pas en l'occurrence de simples correspondants. Ce n'est pas drôle. Les Canadiens sont en train de perdre confiance en leur gouvernement, pas un gouvernement en particulier, pas seulement un premier ministre conservateur, mais un gouvernement après l'autre, d'un côté comme de l'autre, scandale après scandale.
    Le premier ministre fera-t-il vraiment le nécessaire? Il prend d'ordinaire plaisir à dire à ses ministres à qui ils peuvent ou non parler. Donnera-t-il dorénavant pour consigne à tous ses ministres, y compris ceux du Sénat, de témoigner dans le cadre d'une éventuelle enquête publique et de coopérer pleinement de toutes les façons possibles, pour faire toute la lumière sur ce scandale? Oui ou non?
    Monsieur le Président, le chef du NPD est en très grande forme. Pourtant, je lui rappellerai que les événements dont il est question se sont produits il y a 15 ou 20 ans et qu'ils ont fait l'objet d'un règlement signé par le gouvernement précédent il y a dix ans.
    Il va de soi que nous coopérerons, comme je m'y attendrais d'ailleurs de la part de tout parlementaire.

[Français]

    Monsieur le Président, ce n'est pas quelque chose d'heureux. Ce n'est pas une blague. On ne parle pas d'une blague ici. On parle de la confiance des gens dans leur gouvernement. On a une situation très, très sérieuse.
    La question est la suivante. Est-ce que le gouvernement va coopérer avec une enquête complète et publique pour que tout le monde puisse comprendre ce qui est arrivé et pour arriver à une solution juste pour les contribuables, oui ou non? Publique, oui ou non? Coopération, oui ou non, monsieur le premier ministre?
    Monsieur le Président, il y a toujours des difficultés quand les partis d'opposition ont leurs questions avant d'écouter les réponses. Les réponses sont oui.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le premier ministre dit aux Canadiens qu'il ne connaissait pas l'existence de la lettre envoyée à son cabinet par Karlheinz Schreiber en mars dernier, il y a sept mois, pas plus qu'il ne connaissait l'existence d'une lettre semblable qui lui a été envoyée il y a seulement six semaines.
    Les Canadiens ont beaucoup de difficulté à croire de telles histoires. Que le premier ministre soit clair. Combien de lettres, en tout, le premier ministre a-t-il reçu de Karlheinz Schreiber?

  (1430)  

    Monsieur le Président, comme on l'a déjà dit, cette personne a peut-être envoyé de nombreuses lettres à des députés, à des membres du Parti libéral et à une foule de gens au Canada.
    Toutefois, ce qui est important ici, c'est que des allégations ont été faites sous serment et que le premier ministre a agi de façon responsable en nommant une tierce personne pour examiner tout cela et établir les paramètres d'une enquête publique. C'est là la chose responsable à faire.
    Monsieur le Président, le 22 janvier, le cabinet du premier ministre a écrit ceci à Karlheinz Schreiber:
    Au nom du premier ministre, j'accuse réception de votre lettre du 16 janvier dernier.
     J'ai fait parvenir une copie de votre lettre et de ses pièces jointes à l'honorable [ministre de la Justice et Procureur général du Canada] à titre d'information.
    Après le 22 janvier, qui, au cabinet du premier ministre, a décidé de mettre fin à toute correspondance avec M. Schreiber? Était-ce un plan pour effacer les traces écrites? Quand la correspondance a-t-elle pris fin?
    Monsieur le Président, le premier ministre a été clair: il y aura une enquête publique au sujet de ces allégations. Il s'agira d'une véritable recherche des faits et non d'une chasse aux sorcières.
    Monsieur le Président, vendredi, le premier ministre a admis avoir rencontré Brian Mulroney à Harrington Lake, au cours de l'été 2006. Par contre, il n'a pas expliqué comment il se faisait que M. Schreiber était au courant de cette rencontre. Le premier ministre a déclaré que M. Mulroney ne lui avait jamais parlé au nom de M. Schreiber.
    Cette explication n'est pas suffisante pour les Canadiens.
    Le premier ministre ou ses représentants ont-ils déjà discuté avec M. Mulroney ou ses représentants, non pas au nom de M. Schreiber, mais à son sujet?
    Monsieur le Président, le premier ministre a été très clair. Lorsque de nouvelles allégations ont été faites sous serment, il a annoncé qu'il nommerait un tiers pour examiner cette affaire.
    Comme il l'a dit aujourd'hui, il y aura une commission d'enquête publique et les paramètres en seront établis. Je pense que c'est la voie raisonnable à suivre.

[Français]

    Monsieur le Président, apparemment, le premier ministre et Brian Mulroney ont beaucoup de choses à se dire. Le premier ministre lui-même l'a admis. Le 20 avril 2006, il a dit, à l'émission The National sur les ondes de CBC, que dans leurs relations, Brian Mulroney a été très généreux de son temps et honnête de ses conseils.
     Au cours de ces nombreuses conversations, combien de fois ont-ils discuté de l'affaire Schreiber?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le premier ministre et les députés ont été très clairs. À la suite de nouvelles allégations faites sous serment devant un tribunal, le premier ministre et le gouvernement ont réagi tout de suite.
    Cependant, comme le député l'a indiqué, probablement à la grande déception de tous les rédacteurs de questions aujourd'hui, il y aura une commission d'enquête publique.

[Français]

L'Afghanistan

    Monsieur le Président, à la suite des aveux du président afghan, Amid Karzaï, à savoir que des prisonniers continuent d'être torturés en Afghanistan, le premier ministre ne peut plus continuer de nier la réalité et ne peut plus continuer de prétendre que ces allégations de torture sont le fruit d'une propagande talibane, puisque ce sont les propos mêmes du président afghan.
    Le premier ministre se rend-il compte que par son inaction, il met le Canada dans une situation où il contrevient à la Convention de Genève?
    Monsieur le Président, je suis très heureux que mon collègue du Bloc québécois puisse aujourd'hui me poser une question et qu'il ne fasse pas comme son collègue de Saint-Lambert, soit quitter le bateau du Bloc québécois pour siéger au Québec avec ses amis du Parti québécois. De ce côté-ci de la Chambre, on s'aperçoit que le Bloc québécois est inutile. Je pense que les gens du Bloc s'en aperçoivent aussi.
    En ce qui a trait à la question bien précise de mon collègue, je répondrai que nous sommes là pour aider le gouvernement afghan dignement élu à respecter ses obligations internationales
    Monsieur le Président, Amnistie internationale réclame un moratoire sur le transfert des prisonniers. Selon ses informations, des tortures et des mauvais traitements sont toujours infligés aux prisonniers.
    Le premier ministre va-t-il, aujourd'hui, décréter de son siège la fin des transferts de prisonniers aux autorités afghanes? C'est son seul moyen de respecter la Convention de Genève.

  (1435)  

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit tout à l'heure, nous aidons le gouvernement dignement élu d'Afghanistan à respecter ses obligations. Nous avons, entre autres, financé un projet de 1,5 million de dollars à la prison de Sarpoza à Kandahar pour en améliorer l'infrastructure et donner une formation en matière de droits de la personne.

La justice

    Monsieur le Président, ce gouvernement a récemment cessé de réclamer des gouvernements étrangers que les ressortissants canadiens condamnés à la peine de mort voient leur peine commuée en emprisonnement à vie. Le ministre de la Sécurité publique a tenté de se justifier en affirmant qu'il n'était pas question de demander le transfert de criminels au Canada, une demande que personne n'a pourtant formulée.
    Le ministre est-il conscient qu'en mettant fin à cette approche, non seulement il rompt avec une politique claire rejetant la peine capitale, mais il laisse même entendre qu'il appuie ce traitement pourtant jugé cruel et inusité ici? C'est complètement révoltant.

[Traduction]

    Monsieur le Président, sur la question de la peine capitale, le droit canadien est très clair et ne changera pas.

[Français]

    Monsieur le Président, ces tentatives du gouvernement pour nous rassurer ne sont pas convaincantes. Si le gouvernement est sincère dans sa volonté de continuer sa lutte pour l'abolition de la peine de mort, peut-il nous expliquer la décision récente du Canada, qui a refusé de parrainer le moratoire de l'ONU sur la peine de mort?
    Monsieur le Président, ici, au Canada, nous avons une loi très claire. La peine de mort n'existe pas dans notre pays. Ce que nous faisons sur la scène internationale, c'est la même chose. Nous voterons en faveur d'une résolution à l'ONU qui incite les autres pays à avoir les mêmes politiques que celles que nous avons ici, au Canada.

[Traduction]

L'affaire Airbus

    Monsieur le Président, le ministère de la Justice faisait enquête sur des allégations formulées à l'endroit de l'ancien premier ministre Brian Mulroney, mais depuis l'arrivée du nouveau ministre de la Justice, devinez quoi! Le ministre a mis un terme à cette enquête. Est-ce parce qu'il était secrétaire parlementaire dans l'ancien gouvernement Mulroney ou seulement parce qu'il essaie de protéger son ancienne idole?
    Comment le ministre peut-il être impartial et agir dans l'intérêt des contribuables canadiens si sa loyauté se limite à couvrir les actes de son ancien patron et de son ancienne idole?
    Monsieur le Président, l'un des dossiers que nous traitons au ministère de la Justice est celui de l'extradition de l'une des personnes en cause. Tout le monde à la Chambre et la plupart des députés libéraux devraient comprendre qu'il ne conviendrait pas de discuter de questions relatives à cette affaire.
    Je dois dire que je n'apprécie pas les insinuations de la députée. Je prends très au sérieux ma responsabilité de procureur général du Canada, ainsi que mon serment d'allégeance à la Reine.
    Monsieur le Président, cette réponse ne vaut certainement pas 2,1 millions de dollars.
    Je pose la question a posteriori: le ministre y est-il pour quelque chose dans l'arrêt de cette enquête? Nous savons que le ministère de la Justice agissait au nom des Canadiens en tentant de récupérer les 2,1 millions pris à même l'argent durement gagné des contribuables, qui remplissent actuellement les poches d'un ancien premier ministre. Les Canadiens veulent une réponse. Ils veulent faire la lumière sur ce camouflage des conservateurs.
    Le ministre a-t-il mis un terme à l'enquête qui était en cours au ministère de la Justice?
    Monsieur le Président, si la députée parle d'une entente qui a été conclue il y a dix ans, elle devrait s'informer auprès de certains de ses collègues pour savoir comment ils en sont arrivés à un tel règlement.
    Des procédures d'extradition ont été entreprises concernant l'une des personnes en cause dans cette affaire. Par conséquent, il ne convient absolument pas que nous en discutions.

[Français]

    Monsieur le Président, on va essayer en français. Vous avez un ministère de la Justice qui entreprend une révision de l'enquête concernant MM. Mulroney et Schreiber. L'ex-ministre réformiste de la Justice, l'actuel président du Conseil du Trésor, était curieux et a demandé un briefing complet sur les nouveaux développements dans cette affaire. À mon avis, on l'a trouvé trop fatiguant, puisqu'il a perdu son ministère. Comme par hasard, cela n'intéressait plus le nouveau ministre progressiste-conservateur de la Justice, et on a perçu la volonté de recouvrir tout cela.
    Le président du Conseil du Trésor peut-il nous dire ce qu'il a appris de nouveau sur cette affaire lorsqu'il était ministre de la Justice?

  (1440)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est une question tout à fait irréfléchie et le député devrait avoir honte de ce qu'il laisse sous-entendre par là.
    Monsieur le Président, nous prenons tous...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre, s'il vous plaît. Le ministre de la Justice a la parole et je n'entends rien de ce qu'il dit parce qu'il y a beaucoup trop de bruit. Le député de Bourassa a posé une question et il doit pouvoir entendre la réponse du ministre puisqu'il a droit à une question complémentaire. Le ministre de la Justice a la parole et je demanderais un peu d'ordre, s'il-vous-plaît.
    Monsieur le Président, de notre côté de la Chambre, nous prenons tous nos responsabilités très au sérieux et nous agissons en conformité avec notre bon jugement et des principes bien établis.
    La question est tout à fait irréfléchie. Nous suivrons le plan défini par le premier ministre. Nous nous en tiendrons aux faits dans chacun des cas pour éviter que cela tourne à la chasse aux sorcières que nos vis-à-vis préconisent.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est difficile. L'ex-ministre de la Justice, aujourd'hui président du Conseil du Trésor, est issu de l'aile réformiste du gouvernement. L'actuel ministre de la Justice est plutôt un rescapé du naufrage du gouvernement Mulroney. Le premier s'intéressait aux nouveaux développements dans l'affaire Mulroney-Schreiber; l'autre aimait mieux ne pas savoir.
    Le premier ministre donnera-t-il à la commission d'enquête le mandat de faire la lumière sur les tractations de coulisses entre des ministres de son propre Cabinet qui ont tenté d'empêcher la vérité d'éclater au grand jour?

[Traduction]

    Le député a proféré bon nombre d'inepties, monsieur le Président, mais la prémisse de sa question est tout à fait fausse. Le président du Conseil du Trésor n'a jamais été membre du Parti réformiste.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, c'est avec fierté que le ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien a déposé ce matin une mesure législative pour abroger l'article 67 de la Loi canadienne sur les droits de la personne. Chose étonnante, l'article 67 empêche les Autochtones de jouir de la même protection que les autres Canadiens en matière de droits de la personne.
    Le ministre pourrait-il expliquer à la Chambre, particulièrement aux députés de l'opposition qui étaient contre cette initiative au cours de la dernière session, pourquoi ce projet de loi est si important et constitue vraiment la bonne mesure à prendre?
    Monsieur le Président, notre gouvernement s'est engagé à fournir des résultats tangibles aux Premières nations; voilà pourquoi nous étions déterminés à abroger l'article 67 de la Loi canadienne sur les droits de la personne qui a honteusement empêché les Autochtones de bénéficier de la même protection juridique que les autres Canadiens.
    Cette question ne concerne pas uniquement les Autochtones, elle relève également des droits de la personne et tous les Canadiens, sans exception, devraient bénéficier des mêmes droits et avantages.
    Le gouvernement prend une mesure pour améliorer la qualité de vie des citoyens des Premières nations. Les libéraux et les autres partis préféreraient peut-être appuyer une motion purement symbolique aux Nations Unies, mais nous ne tournerons pas le dos à une mesure législative concrète en matière de droits de la personne. Les Premières nations méritent une telle mesure dès maintenant.

L'affaire Airbus

    Monsieur le Président, c'est la culture du secret qui a donné prise à la corruption sous les libéraux. Des allégations de corruption planent maintenant sur le gouvernement conservateur puisqu'il semblerait qu'un ancien premier ministre a accepté des sacs de papier remplis d'argent dans des rencontres secrètes tenues dans une chambre d'hôtel.
    Maintenant qu'une enquête publique est devenue inévitable, reste à savoir quand elle se tiendra. Le premier ministre s'engage-t-il à tenir une enquête publique approfondie avant le déclenchement des prochaines élections fédérales?
    Monsieur le Président, avant que les réponses ne soient données aujourd'hui, aucune de ces questions n'avait été rédigée.
    Le premier ministre a indiqué qu'une tierce partie indépendante examinerait le dossier et établirait les paramètres d'une enquête publique. Cette mesure devrait satisfaire tous les députés.
    Monsieur le Président, je crois que nous convenons tous que confier ce travail à contrat à une tierce partie indépendante est un gaspillage de temps et d'argent. Il s'agit en fait d'une tactique dilatoire.
    Quand Allan Rock a plié et donné 2,1 millions de dollars au lieu de pousser l'enquête, c'est l'actuel ministre des Affaires indiennes qui a demandé que la question soit soumise à l'examen d'un comité parlementaire.
    Le leader du gouvernement à la Chambre acceptera-t-il que le Comité de l'accès à l'information et de l'éthique examine cette question quand une motion en ce sens y sera présentée? Acceptera-t-il qu'un comité parlementaire procède à un examen au lieu de passer à contrat...

  (1445)  

    Le ministre de la Justice a la parole.
    Monsieur le Président, nous pouvons tous convenir, selon moi, que le NPD ne sera jamais satisfait des mesures qui seront prises à cet égard ou dans tout autre dossier.
    Ce que nous proposons est raisonnable à mon avis. Il est de mise de tenir une enquête publique et c'est ce que nous avons promis.
    Monsieur le Président, vendredi dernier, le premier ministre a ordonné à tous les membres de son gouvernement de cesser tout contact avec Brian Mulroney pendant la durée de l'enquête. Il n'avait besoin de donner cet ordre que si M. Mulroney était en contact avec le gouvernement.
    À quels dossiers M. Mulroney travaillait-il en tant que lobbyiste non inscrit? Auprès de quels ministres et au nom de quels clients? Est-ce que l'enquête publique couvrira tout cela?
    Monsieur le Président, je ne vois pas du tout de quoi parle le député.
    Une voix: Vous verrez bien.
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Le député de Vancouver-Sud a la parole.
    Monsieur le Président, bien entendu qu'ils ne savent pas de quoi nous parlons.
    Bon nombre de députés conservateurs sont des amis et confidents de Brian Mulroney depuis des décennies. Le ministre de la Défense nationale a obtenu un de ses premiers emplois grâce à M. Schreiber. Le leader du gouvernement au Sénat a été la reine de la partisanerie sous Mulroney et le ministre de la Justice a été secrétaire dans le gouvernement Mulroney.
    Comment le premier ministre peut-il s'attendre à ce que les Canadiens croient qu'aucun membre de son gouvernement n'aura de contact direct ou indirect avec Brian Mulroney pendant la tenue de l'enquête?
    Monsieur le Président, je n'étais pas secrétaire. En fait, c'est moi qui dirigeais le gouvernement à l'époque, mais ça ne se sait pas vraiment.
    Si le député a des allégations à formuler, je suis convaincu qu'il les présentera lors de l'enquête publique.
    Monsieur le Président, en décembre 1994, Brian Mulroney a rencontré Karlheinz Schreiber dans une chambre d'hôtel de New York pour recevoir une enveloppe contenant 100 000 $ en espèces. Bon nombre de lois s'appliquaient lorsque cet argent a été transféré au Canada.
    Le ministre du Revenu peut-il nous dire si M. Mulroney a déclaré ses 100 000 $ aux agents des douanes comme il était tenu de le faire? La retenue fiscale des États-Unis a-t-elle été versée sur cette somme? Si le paiement avait rapport à des services de consultation, M. Mulroney a-t-il versé la TPS?
    Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord connaître les règles que le député voudrait nous voir suivre. Il veut nous faire divulguer les dossiers d'impôt sur le revenu d'un citoyen canadien. Cette divulgation vise-t-elle cette seule personne, ou les personnes qui n'ont pas l'heur de plaire au Parti libéral? Est-ce la façon de faire habituelle de libéraux?
    Monsieur le Président, je suppose que la fin de non-recevoir du gouvernement signifie que le ministre du Revenu n'a pas fait son travail, ou a reçu instruction de ne pas le faire.
    Quoi que l'on pense de M. Schreiber, il joue un rôle clé dans un scandale très grave qui implique un ancien premier ministre conservateur. Cependant, dans les 48 heures, il pourrait être expédié à l'extérieur du pays et réduit au silence.
    Le gouvernement va-t-il veiller à ce que M. Schreiber soit disponible en personne pour être interrogé sous serment au Canada dans le cadre de toute enquête judiciaire ou de toute autre poursuite judiciaire au Canada?
    Monsieur le Président, il se peut bien que la façon de faire les choses des libéraux consiste à divulguer les dossiers d'impôt sur le revenu d'une personne sans sa permission ou sans une ordonnance d'un tribunal. C'est ce que semblent avoir proposé les libéraux. Je puis dire au député, en réponse au deuxième volet de sa question, que si c'est d'une audience d'extradition dont il voulait parler, nous ne discutons jamais en public de telles questions.

[Français]

Le secteur manufacturier

    Monsieur le Président, à la page 30 de l'Énoncé économique du ministre des Finances, un graphique très éloquent indique que les PIB de tous les secteurs manufacturiers, sauf celui du pétrole, sont en décroissance. Cette décroissance perdure depuis 2005, ce qui indique que tous ces secteurs sont donc techniquement en récession.
    Le ministre admettra-t-il que ce graphique prouve hors de tout doute la justesse de nos préoccupations sur les difficultés du secteur manufacturier?

  (1450)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir, l'économie du Canada est forte et florissante. Les données sur l'emploi sont très bonnes, y compris celles recueillies au Québec.
    Les Canadiens peuvent se réjouir de cette forte croissance continue. Le taux de chômage n'a jamais été aussi faible en 33 ans. Il y a plus de Canadiens et de Canadiennes qui travaillent aujourd'hui qu'à tout autre moment de l'histoire de notre pays.

[Français]

    Monsieur le Président, après le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie il y a 10 mois, c'était au tour, la semaine dernière, de Jean Charest, du Conseil de l'industrie forestière et des centrales syndicales d'exiger des mesures immédiates pour venir en aide au secteur manufacturier pour que cesse l'hémorragie.
    Comment le gouvernement peut-il justifier son inaction quand son propre Énoncé budgétaire reconnaît la crise du secteur manufacturier et qu'il possède depuis février dernier les 22 recommandations du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie, qui le presse d'agir au plus vite?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée a tout à fait raison de dire que dans le budget de mars dernier, nous avons mis en oeuvre la recommandation unanime du Comité de l'industrie de la Chambre des communes concernant l'instauration d'une déduction pour amortissement accéléré permettant aux fabricants d'amortir la totalité du coût de leurs nouvelles machines et de leur nouvel équipement sur deux ans. Cette mesure figure dans le budget de cette année et il est important que nous poursuivions dans cette voie.
    Nous avons constaté que les fabricants renouvellent plus rapidement leurs machines et leur équipement. La force du dollar canadien par rapport au dollar américain contribue également à ce phénomène. Dans la mise à jour économique de cet automne, nous avons consenti des baisses d'impôt considérables à toutes les sociétés canadiennes pour...
    Le député de Beauséjour a la parole.

[Français]

L'affaire Airbus

    Monsieur le Président, depuis sept mois, le gouvernement conservateur cache un scandale qui touche le coeur du Parti conservateur.
    En mars dernier, le cabinet du premier ministre a été mis au courant des allégations visant l'ancien premier ministre, mais il a préféré les cacher. En septembre, la même chose s'est produite.
    La supposée enquête publique aura-t-elle le mandat de découvrir qui, au sein du Conseil privé et du cabinet du premier ministre, a oeuvré pour étouffer ce scandale? La commission d'enquête aura-t-elle son mot à dire sur les conséquences que ces personnes subiront?

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'estime que le gouvernement agit de façon très responsable. Nous allons mandater un tiers indépendant pour examiner la situation et formuler des recommandations relativement à la tenue d'une enquête publique et, bien entendu, tous les faits pourront alors être examinés.
    Je ferais toutefois remarquer une chose en ce qui concerne l'enthousiasme soudain du Parti libéral à l'égard des enquêtes publiques. Au lendemain de la pire tuerie de l'histoire canadienne, la tragédie d'Air India, les libéraux se sont dérobés durant des années et ne voulaient rien savoir d'une enquête publique. Pourtant, ils trouvent maintenant l'idée merveilleuse.

L'environnement

    Monsieur le Président, la semaine dernière, le ministre de l'Environnement a visité ma province natale, le Manitoba, et il a prouvé que ce gouvernement est déterminé à adopter des mesures concrètes pour assainir nos lacs, nos rivières et nos ruisseaux en annonçant que 18 millions de dollars seraient affectés à l'assainissement du lac Winnipeg.
    La charge excessive du lac en nutriments crée de grandes quantités d'algues toxiques d'un bleu vert. Pendant 13 ans, les libéraux n'ont rien donné pour régler le problème. Ils l'ont laissé empirer.
    Le ministre de l'Environnement peut-il dire à la Chambre comment ces 18 millions de dollars vont aider le lac Winnipeg et les habitants du Manitoba?
    Monsieur le Président, le député de Selkirk—Interlake, de même que les membres du caucus du Manitoba, ont travaillé fort pour enfin commencer à assainir le lac Winnipeg, un lac qui a été ignoré par le gouvernement libéral précédent pendant une génération.
    Nous pourrons restaurer l'intégrité écologique du lac, ce qui est une bonne nouvelle pour l'Ouest canadien, une bonne nouvelle pour tous les Canadiens.
    Le député de Selkirk—Interlake sera consterné d'apprendre que non seulement le parti libéral n'a rien fait dans ce dossier, mais il a aussi voté contre l'affectation de fonds en vue de cette restauration écologique importante.

L'affaire Airbus

    Monsieur le Président, nous savons que M. Mulroney a reçu 2,1 millions de dollars. Nous savons qu'il a reçu de M. Schreiber --  comme il l'a admis lui-même -- un montant de 300 000 $ et qu'il n'a pas divulgué cette information avant le dédommagement.
    Le ministre de la Justice nous dit que son parti agit de manière raisonnable et responsable. Ne serait-il pas raisonnable et responsable de lui demander s'il a lancé une enquête au sein de son propre ministère sur le versement de ce paiement dans ces circonstances?

  (1455)  

    Monsieur le Président, je pense que les modalités du dédommagement versé par le gouvernement libéral précédent il y a 10 ans sont bien connues. Toutefois, nous adoptons l'attitude très responsable qui consiste à nommer une tierce partie indépendante. Compte tenu des paramètres d'une enquête publique, je pense qu'il s'agit d'une mesure raisonnable et appropriée à ce moment-ci.
    Monsieur le Président, je dirais qu'il essaie de se dérober à sa responsabilité.
    La Loi sur la responsabilité contient des dispositions très claires sur la nomination et l'utilisation d'un procureur public dans ces circonstances. Le ministre a-t-il envisagé la possibilité d'examiner qui devrait diriger l'enquête? Ou bien le directeur des poursuites pénales est-il en conflit d'intérêts parce qu'il pourrait enquêter sur son propre ministère?
    Monsieur le Président, la tierce partie indépendante pourrait formuler une recommandation à cet égard. Nous lui laisserons le soin de formuler de telles recommandations.
    Monsieur le Président, la leader du gouvernement au Sénat est l'amie et la confidente de l'ancien premier ministre depuis de nombreuses années.
    Comment le premier ministre peut-il s'attendre à ce que les Canadiens croient qu'aucun membre de son gouvernement n'aura de contacts avec l'ancien premier ministre ou ses représentants pendant que celui-ci fera l'objet d'une enquête?
    Le premier ministre actuel, qui est passé maître dans l'art de museler, s'attend-il à ce que les Canadiens croient que Marjory LeBreton cessera ses conversations téléphoniques quotidiennes avec M. Mulroney?
    Monsieur le Président, cette question est indigne du député.
    Des voix: Oh, oh!
    L'hon. Rob Nicholson: J'imagine qu'on ne s'entend pas. Certains députés disent qu'il est approprié que les libéraux posent des questions du genre. Je n'ai pas envie de me lancer dans ce débat-là aujourd'hui. Je pense qu'une enquête publique est la chose qui convient et c'est ce qu'a promis le gouvernement.

Le Diwali

    Monsieur le Président, le Diwali est la célébration de la victoire de la lumière sur l'obscurité et du triomphe du bien sur le mal. À cette occasion, la famille, les amis et la communauté se réunissent pour célébrer les réalisations du passé et aborder l'avenir avec espoir.
     Le secrétaire d'État au Multiculturalisme et à l'Identité canadienne pourrait-il informer la Chambre de l'initiative prise par le gouvernement pour se joindre aux Canadiens qui célèbrent le Diwali?
    Monsieur le Président, je remercie le député de son appui à cet important festival de la communauté indo-canadienne, en particulier, aux membres des confessions hindoue et sikhe, pour qui c'est le plus important festival de l'année.
    Je sais que les députés d'en face ont de la difficulté à se laisser aller à participer aux fêtes importantes des diverses communautés, mais le gouvernement et le premier ministre sont fiers de souhaiter un heureux Diwali à la communauté indo-canadienne. En fait, j'aimerais offrir, au nom du premier ministre des cartes de souhaits du Diwali à la députée de Thornhill.

[Français]

Les ressources humaines et le développement social

    Monsieur le Président, le gouvernement n'a pas compris la leçon d'Emplois été Canada.
    Le programme Nouveaux Horizons pour les Aînés est lui aussi victime d'une centralisation du pouvoir. Dans le cadre d'une nouvelle initiative, les projets soumis par des organismes de ma circonscription, de ma région, seront traités à Montréal.
    Pourtant, les agents de Services Canada à Rimouski connaissent beaucoup mieux le milieu, sont compétents et aptes à prendre de bonnes décisions au bon moment, dans la région.
    Pourquoi les décisions qui concernent les aînés de Rimouski, Trois-Pistoles ou Dégelis sont-elles prises à Montréal, à Ottawa, voire au bureau du ministre, plutôt que localement?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis très fier des projets du programme Nouveaux Horizons dont nous avons pris l'initiative. Nous avons élargi ce programme en y investissant 10 millions de dollars supplémentaires au titre des dépenses d'équipement. Nous procédons à de larges consultations. De cette façon, nous pouvons prendre le pouls de toutes les régions et de toutes les provinces et faire en sorte que les projets les plus valables bénéficient de ces ressources précieuses.

L'affaire Airbus

    Monsieur le Président, personne ne soutient M. Schreiber, mais, au cours de l'enquête publique dont le premier ministre a parlé aujourd'hui, M. Schreiber sera sans aucun doute un témoin important.
    Le premier ministre peut-il affirmer à la Chambre et à tous les Canadiens que, au cours de l'enquête publique qu'il a l'intention de commander, le principal témoin dans l'affaire, M. Schreiber, sera entendu? Sera-t-il disponible, oui ou non, pour témoigner sous serment?

  (1500)  

    Monsieur le Président, cela correspondrait aux paramètres d'une enquête publique, mais nous ne voulons présumer de rien pour le moment.
    Je peux affirmer que, si le député me pose une question précise au sujet de l'extradition, il serait tout à fait inapproprié de ma part d'y répondre, et je crois que des députés libéraux le savent.

[Français]

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, les travailleurs saisonniers de 21 régions du Canada seront privés de 5 semaines de prestations d'assurance-emploi si le gouvernement ne fait rien. En effet, le projet-pilote arrive à échéance le 9 décembre prochain. En juin 2006, la ministre des Ressources humaines de l'époque avait accordé une première prolongation.
    Le ministre des Ressources humaines et du Développement social fera-t-il du projet-pilote une mesure permanente qui contribuerait à mettre fin pour les travailleurs saisonniers au trou noir dans lequel ils se retrouvent année après année?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme le ministre des Finances l'a souligné, des milliers d'emplois ont été créés d'un bout à l'autre du Canada et des Canadiens de partout en ont profité.
    Cependant, nous éprouvons énormément de sympathie pour les habitants de régions du Canada où il n'y a pas d'emplois à l'année et nous évaluerons l'avenir du projet-pilote en tenant compte de cette donnée.

Le développement économique

    Monsieur le Président, le Nord de l'Ontario est plus vaste que sept des provinces et sa population plus nombreuse que celle de trois provinces. Pourtant, 20 ans après la création de la FedNor, nous nous retrouvons devant des problèmes plus graves dans une économie cyclique dépendante des ressources naturelles.
    Mon parti demande que la FedNor devienne un organisme de développement régional à part entière, plus fort et centré sur la collectivité. Imaginez ce que la FedNor pourrait être pour le Nord avec un mandat indépendant et un budget plus important.
    Le gouvernement appuiera-t-il cette transformation de la FedNor en un organisme de développement régional à part entière, et dans le cas contraire, pourquoi?
    Monsieur le Président, c'est un sujet qui fera l'objet d'une discussion au sein de notre caucus. Toutefois, pour répondre au député, si le plan du NPD a pour objectif d'accroître la bureaucratie et de réduire le contrôle et le nombre d'employés dans le Nord de l'Ontario, alors ce caucus s'y opposera.

Les voies et moyens

Avis de motion  

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 83(1) du Règlement, j'aimerais déposer un avis de motion de voies et moyens portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 19 mars 2007.
    Je demande que l’étude de la motion soit inscrite à l’ordre du jour.

Initiatives ministérielles

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les secteurs manufacturier et forestier  

    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Monsieur le Président, venant moi-même d'une région durement touchée par la crise forestière, je suis heureux que nous puissions débattre de cette question aujourd'hui. Il s'agit d'un sujet qui préoccupe grandement la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean, et plus particulièrement les travailleuses et travailleurs du secteur forestier.
    Ce n'est pas d'hier que le Bloc québécois réclame des mesures concrètes pour venir en aide aux secteurs manufacturier et forestier. Les gouvernements libéral et conservateur, au cours des dernières années, ont ignoré la grave crise qui afflige plusieurs régions ressources au Québec.
    J'aimerais profiter des quelques minutes qui me sont accordées pour discuter davantage du secteur forestier, qui touche plusieurs milliers de personnes de ma région, et des mesures que l'on pourrait adopter pour atténuer cette crise.
    La crise forestière qui afflige le Saguenay-Lac-Saint-Jean et plusieurs régions du Québec est loin d'être résorbée. Les conservateurs prétendent avoir investi quelques millions de dollars dans le secteur forestier. Ces mesures sont nettement insuffisantes face à la réalité économique qui frappe durement les régions ressources du Québec et du Canada. La hausse de plus de 25 p. 100 du dollar canadien depuis le début de l'année, par rapport à la devise américaine, devient un double coup pour les populations.
    La fusion d'il y a quelques mois entre Abitibi-Consol et Bowater est en quelque sorte une conséquence de cette crise. Actuellement, aucun plan de réorganisation n'a été déposé par l'entreprise américaine malgré les nombreuses inquiétudes de la population et des travailleuses et travailleurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
    La nouvelle société comptera dans la région environ 5 500 employés et contrôlera près de 75 p. 100 des approvisionnements forestiers. Elle va devoir prendre d'importantes décisions économiques. Il s'agit de deux compagnies en difficultés financières qui fusionnent. Plusieurs s'attendent à une rationalisation des emplois, compte tenu de la crise qui afflige l'industrie forestière.
    Avec l'émergence du bois en provenance de Chine et des nouvelles conditions de l'industrie, de nombreuses entreprises devront, dans les prochains mois, procéder à des mises à pied importantes si aucune mesure n'est mise en place par le gouvernement conservateur.
    Récemment, des leaders locaux et plusieurs dirigeants de scieries, dont celles de Petit-Saguenay, de Saint-Fulgence, de Roberval et de Saint-Félicien, se sont dit inquiets quant à leur avenir. Les mauvaises nouvelles se font connaître régulièrement. J'en présente quelques-unes. La semaine dernière, Abitibi-Consol a annoncé la mise à pied de quelque 80 travailleurs de l'usine de Bois d'ingénierie LP de Larouche, sans compter l'annonce de la fermeture des installations de la Scierie Lemay qui touchera 83 employés d'ici à la fin de novembre.
    Dans plusieurs communautés de ma région et dans Chicoutimi—Le Fjord, l'effet de la crise au cours des dernières années s'est déjà fait sentir. L'une des plus importantes coopératives forestières du Québec située à Laterrière a fait faillite en 2004. Cette faillite a eu un impact indirect sur bon nombre de scieries au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les six coopératives forestières de ma région ont perdu 1 000 emplois depuis les sept dernières années.
    Par conséquent, les deux députés conservateurs de ma région, ceux de Jonquière—Alma et de Roberval—Lac-Saint-Jean, doivent prendre la défense du Saguenay-Lac-Saint-Jean, comme je le fais aujourd'hui. Leur silence est inacceptable. Ils ont le devoir de convaincre ce premier ministre conservateur de mettre en avant un plan pour contrer cette crise.
    Le Bloc québécois tente depuis plusieurs mois de sensibiliser le gouvernement conservateur à la réalité de cette crise forestière.

  (1505)  

    Le gouvernement conservateur se doit de mettre en place des mesures concrètes pour venir en aide au secteur forestier. Le gouvernement conservateur vient d'annoncer des milliards de dollars de baisses d'impôt pour les haut salariés, les pétrolières, les banques, mais il ne fait rien pour la crise forestière. Son inaction prouve qu'il ne réalise pas l'ampleur de la crise et qu'il abandonne les travailleurs et les entreprises du secteur forestier.
    Actuellement, plusieurs milliers d'emplois sont perdus ou mis en péril en raison, principalement, de l'inertie de ce gouvernement. Pourtant, le Bloc québécois a proposé de véritables solutions pour venir en aide à l'industrie.
    Premièrement, le gouvernement doit remettre en place le fonds de diversification des économies forestières. Quand le ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec a réduit le fonds de diversification de 50 millions de dollars destinés aux régions frappées par la crise forestière, il a créé un véritable recul pour cette industrie.
    Ce programme permettait de venir en aide entre autres aux collectivités touchées par cette crise. Il s'agit d'une erreur d'avoir sabré un tel programme et une telle assistance. Il faut remettre un tel programme en place, mais avec davantage de ressources financières.
    Deuxièmement, le Bloc québécois a proposé la mise en place d'un programme de prêts et de garanties de prêts pour aider à financer les investissements dans le matériel de production. Il s'agit d'un soutien aux entreprises qui désirent renouveler leur équipement de production ou tout simplement favoriser un meilleur développement de leur entreprise.
    Dans un troisième temps, le Bloc a suggéré de réduire les impôts pour des entreprises oeuvrant dans le secteur manufacturier et forestier pour favoriser le développement des entreprises, ou encore des crédits d'impôt pour inciter l'embauche. Le gouvernement conservateur minimise l'impact de la crise forestière qui frappe de plein fouet les régions du Québec, alors qu'il devrait leur venir en aide immédiatement.
    Enfin, le Bloc réclame depuis plusieurs années l'implantation d'un programme de soutien du revenu pour les travailleurs âgés. Les travailleurs et les travailleuses sont au désespoir en raison de l'absence d'aide. Ce sont des communautés entières qui sont touchées par ce manque à gagner.
    Le gouvernement du Québec a fait des efforts au chapitre de l'aide aux travailleurs âgés. Cependant, ces efforts sont insuffisants tant et aussi longtemps qu'Ottawa ne fera pas sa part. Dans un Québec souverain, nous aurions notre argent, tous nos impôts, ce qui permettrait au Québec d'offrir à sa population et à ses travailleurs un PATA.
    Les employés âgés de plus de 55 ans ont de la difficulté à se reclasser. Ils ne peuvent profiter d'une aide adéquate. Il s'agit pourtant d'un programme qui ne coûterait que 75 millions de dollars annuellement pour l'ensemble du Canada.
    Ces quelques mesures visent à stimuler le virage de l'industrie forestière à la deuxième et à la troisième transformation du bois. Ce virage permettra de concevoir des produits à forte valeur ajoutée et d'assurer que chaque arbre fournira le plus d'emplois.
    Il faut bien réaliser que près de 21 000 emplois ont été perdus dans le secteur forestier au Québec depuis le 1er avril 2005, dont près de 4 000 dans ma seule région, le Saguenay—Lac-Saint-Jean. On sait qu'au Québec la forêt est le principal employeur dans 260 villes et villages et que dans 134 d'entre eux, la forêt représente 100 p. 100 des emplois. Il est donc important d'assurer la viabilité de cette industrie.
    Il est indéniable que la crise forestière a des effets en créant d'importantes pertes d'emplois. Elle a aussi des répercussions sur la jeunesse. Une étude menée par le Centre jeunesse du Saguenay—Lac-Saint-Jean avance l'hypothèse que l'incertitude de l'industrie forestière a des répercussions sur la jeunesse de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Voilà un autre aspect grave de cette crise.

  (1510)  

    Je termine en soulignant que les mesures proposées par le Bloc sont des avenues qui auront des effets immédiats pour les employeurs, les employés, les jeunes et les communautés. Au cours des prochaines années, la concurrence de nouveaux acteurs dans le domaine de la fabrication de masse ira en augmentant. Des mesures efficaces doivent donc être prises rapidement par le gouvernement conservateur, ce gouvernement, pour éviter l'effondrement...

  (1515)  

    Je regrette d'interrompre l'honorable député, mais le temps alloué à son discours est expiré.
    Nous poursuivons les questions et commentaires. L'honorable député de Burnaby—New Westminster a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le discours de mon collègue du Bloc québécois. Toutefois, je remarque un certain manque de cohérence dans la position que défend le Bloc en Chambre.
    L'année passée, le Bloc québécois a aidé le Parti conservateur à faire adopter l'entente sur le bois d'oeuvre. Cela a provoqué, par la suite, la perte de milliers d'emplois partout au Québec, notamment en Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay—Lac-Saint-Jean. À cause de cet appui inconsidéré du Bloc québécois, le Parti conservateur a mis en place une entente sur le bois d'oeuvre qui a coûté très cher aux travailleuses et aux travailleurs québécois.
    Aujourd'hui, le Bloc dépose une motion qui, à première vue, semble sensée et qui parle des mesures qui devraient être prises dans le domaine forestier. Cependant, le Québec, comme toutes les autres provinces canadiennes, ne peut plus prendre de mesures pour aider les communautés touchées par la crise forestière, parce que l'entente du bois d'oeuvre a effectivement donné un pouvoir décisionnel à Washington.
    Le Bloc essaie de réparer les pots cassés. Il a aidé le Parti conservateur à faire adopter un projet de loi et une entente qui a coûté très cher aux travailleurs québécois. Il dit maintenant qu'il faut instaurer des mesures pour aider les communautés touchées par la crise forestière.
    Le député comprend-il que le fait d'appuyer l'entente du bois d'oeuvre du Parti conservateur — entente qui a coûté très cher aux travailleurs du Québec et de la Colombie-Britannique — a été une erreur? Regrette-t-il que le Bloc ait appuyé le Parti conservateur? On voit maintenant le résultat, l'impact et les pertes de milliers d'emplois au Québec à cause de cet appui.
    Monsieur le Président, non, ce n'était pas une erreur. Le Bloc québécois a appuyé l'entente Canada—États-Unis sur le bois d'oeuvre parce que tous les syndicats lui demandaient de le faire. Les entreprises nous demandaient également d'appuyer cette entente.
    À l'époque, nous demandions à ce gouvernement un plan pour venir en aide à l'industrie du bois d'oeuvre, mais ce plan n'est pas venu.
    Monsieur le Président, à la suite de ce qu'a dit mon collègue du Bloc québécois, je lui ferai remarquer que, depuis environ 13 ans, son parti — peut-être pas lui personnellement — a été incapable de faire quoi que ce soit, même pour ses régions. Il n'a jamais été capable, d'aucune façon, d'interférer ou même de suggérer au Parti libéral de l'époque de faire quelque chose pour ses régions. Jamais le Bloc, même dans ses régions, n'a amené un seul sou pour les compagnies papetières.
    Je lui demande aujourd'hui comment il se fait que, lorsqu'il y a eu une élection dans sa région il y a moins d'un mois — élection remportée par un député du Parti conservateur —, le député de cette région n'ait pas dénoncé le fait que Greenpeace attaquait les clients des compagnies papetières de son comté? Il a fait des ententes avec Greenpeace pour faire crever les compagnies de son comté.
    Comment se fait-il qu'aujourd'hui, il vire à tout vent? D'un côté, il dit qu'on ne fait rien, et de l'autre, il appuie Greenpeace qui va voir les clients en Allemagne pour empêcher les compagnies papetières de son comté de réussir. Peut-il répondre à cette question?

  (1520)  

    Monsieur le Président, je constate que le député ne lit pas les journaux durant les fins de semaine.
    Le samedi qui a précédé l'élection dans le comté de Roberval, j'ai fait une déclaration et nous nous sommes prononcés contre la démarche de Greenpeace. Nous appuyons les travailleurs du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Nous appuyons les industries dans le domaine forestier.
    Je voudrais dire également qu'il y a deux députés conservateurs dans ma région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et que rien n'a changé. C'est du pareil au même. Que ce soit libéral ou conservateur, il n'y a pas de programme pour venir en aide à l'industrie forestière.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps avec le député de Davenport.
    La motion d'aujourd'hui est très importante. Je suis content qu'elle ait été présentée à la Chambre. La motion dit: « Que, de l’avis de la Chambre, le gouvernement devrait immédiatement mettre en place un ensemble de mesures pour venir en aide aux secteurs manufacturier et forestier durement frappés par la hausse du dollar et la montée de la concurrence. »
    Toutefois, je remarque que la motion ne traite pas de l'inaction et des mauvaises politiques du gouvernement. Je vais parler de ces deux questions précises dans mes observations.
    Étant donné que le gouvernement n'a rien fait pour trouver comment promouvoir la productivité et la compétitivité, manifestement, il a fait fi des recommandations du Comité de l'industrie, qui en a formulé 22 au sujet de la productivité et de la compétitivité. Le gouvernement n'a pas de vrai plan complet en place.
    C'est notre parti qui a expliqué à la population canadienne que, à partir de maintenant, le Canada, à titre de pays commerçant, doit être plus concurrentiel et veiller à être productif. Nous devons nous assurer de pouvoir soutenir la concurrence dans un environnement nord-américain et face à une économie asiatique émergente et à d'autres économies et unions établies.
     Voyons un peu les politiques boiteuses du gouvernement. Examinons en particulier ses politiques forestières. J’ai eu l’occasion de parcourir le pays et de voir de près plusieurs secteurs qui sont touchés. Un grand nombre d’industries, de familles, de travailleurs, de personnes et de compagnies sont directement touchés par le mauvais accord sur le bois d’œuvre qu’a signé le gouvernement conservateur.
     À l’heure actuelle, nous avons un dollar canadien fort qui est en hausse. Nous subissons aussi une baisse du prix du bois d’œuvre et un fléchissement de la demande visant les produits de la forêt et de bois résineux par suite d’un ralentissement sur le marché de l’habitation des États-Unis. Qu’a fait le gouvernement? Il a signé un mauvais accord qui fait en sorte que les compagnies doivent verser des taxes plus élevées et qui les a assujetties à des quotas.
     Pire encore, un autre dossier n’a pas été traité. C’est celui de l’infestation par le dendroctone du pin. Voici ce qui dérange après tout, après que nous avons renoncé à un milliard de dollars et après que le gouvernement conservateur a renié sa promesse: il a promis de percevoir les droits, mais il n’a perçu que 80 ¢ sur chaque dollar. Au fond, nous avons miné toutes les décisions rendues en notre faveur aux termes de l’ALENA et par l’OMC. Qu’avons-nous obtenu en retour? Comme je l’ai dit, nous nous retrouvons avec des taxes plus élevées et des quotas. Nous voici de nouveau devant les tribunaux après sept mois d’un accord de sept ans et, ce qui est plus important et que les Canadiens doivent savoir, nous avons compromis notre souveraineté.
     Le gouvernement n’a aucune autorité en tant qu'État et ne peut maintenant pas collaborer avec le secteur forestier. S’il décide et prend sur lui de le faire, il devra faire face à des poursuites par les États-Unis et par la coalition des producteurs de bois d’œuvre des États-Unis. Voilà un exemple d’une politique forestière manifestement mauvaise.
     Le gouvernement a aussi une bien mauvaise approche à l'égard du secteur de la fabrication. Voici un exemple précis concernant l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Le ministre a laissé entendre qu’il voulait conclure rapidement cet accord. Il veut traiter cette question à toute vitesse. Personne ne m’a encore expliqué pourquoi il faudrait agir ainsi. Voyons au juste quels sont les avantages de cet accord.
     Nous avons actuellement un déficit commercial avec la Corée du Sud. Ce pays a une culture très protectionniste. Quand on regarde les protocoles d’entente de 1995 et de 1998 entre la Corée du Sud et les États-Unis, on voit que la Corée est complètement revenue sur sa parole. Dans le secteur automobile, par exemple, il y a un écart considérable. La Corée du Sud vend 400 automobiles sur notre marché alors que nous en vendons une sur le sien, et ses importations ne représentent que 2 p. 100 de son marché de l’automobile.
     Le Parti libéral a été très clair là-dessus. Pendant tout l’été, notre chef a parcouru l’Ontario. Il s’est rendu dans bien des villes et a visité nombre d’usines de fabrication. Il a parlé avec beaucoup d’intervenants dans le secteur de l’automobile et, plus important encore, avec des représentants de compagnies qui dépendent du secteur automobile. Il a conclu qu’il n’était pas question pour nous d’appuyer un mauvais accord de libre-échange avec la Corée du Sud. Nous tenons à ce que les barrières non tarifaires soient discutées. Nous tenons à ce qu’un bon mécanisme de règlement des différends soit en place. Ce qui me dérange avec le gouvernement, c’est que nous nous évertuons à défendre le Canada et les intérêts des Canadiens, et à proposer un programme bien précis pour stimuler la productivité et la compétitivité.

  (1525)  

    Voici ce que le ministre du Commerce international avait à dire:
    Le fait que nous n'ayons pas vendu un grand nombre de véhicules en Corée, et peut-être même aucun, s'explique probablement davantage par le fait que les fabricants nord-américains de voitures n'ont pas réussi à produire ces petits véhicules de grande qualité et à haut rendement énergétique que les Coréens recherchent.
    J'aimerais demander au ministre de saisir l'occasion pour visiter ces usines. Je considère qu'il s'agit là d'une remarque décourageante et décevante parce qu'elle dévalorise les travailleurs canadiens. Le ministre devrait dire cela aux employés de l'usine Chrysler de Brampton où 1 100 d'entre eux ont perdu leur emploi. Ce qu'il importe de bien comprendre, c'est que non seulement ces gens ont perdu leur emploi, mais que ces mesures ont aussi eu de grandes répercussions sur leurs familles et sur les compagnies qui comptent sur cette grande usine de montage d'automobiles. C'est très décourageant et il faut faire quelque chose.
    Voilà certains des points importants qui n'ont pas été soulevés dans la motion.
    Le gouvernement conservateur n'a pas préparé de plan d'action détaillé. La politique du gouvernement laisse réellement à désirer en ce qui a trait aux secteurs manufacturier et forestier. Je pense par exemple à l'accord sur le bois d'oeuvre et j'ai déjà souligné certaines des préoccupations à cet égard. L'autre point que je voulais soulever est celui de l'accord de libre-échange avec la Corée du Sud.
    À mon avis, ce qui est encore plus troublant, c'est le bilan contre-productif du gouvernement pour ce qui est d'améliorer le sort de notre secteur manufacturier à l'étranger. Nous sommes une nation commerçante. Nous devons nous assurer d'avoir des marchés plus ouverts et accessibles à l'étranger. Que fait le gouvernement? Il ferme des consulats clés dans des marchés importants, au Japon et à Milan, par exemple. Ce sont des endroits où nous devons assurer notre présence, pour pouvoir vendre nos produits et faire connaître le Canada.
    Le gouvernement a annulé bon nombre de programmes. Je pense par exemple au programme canadien en matière de commerce, un programme complet très important qui portait sur les petites et moyennes entreprises et qui visait à trouver des moyens de les rendre plus concurrentielles, de mettre notre secteur manufacturier en valeur bien au-delà de l'Amérique du Nord et de faire tout en notre pouvoir pour conserver les emplois de haut niveau bien rémunérés au Canada.
     C’est vraiment difficile, si nous considérons la situation globale du marché de l’emploi. Prenons la forêt, par exemple. Environ 300 000 emplois dépendent directement de l’industrie forestière. Ces emplois diminuent de jour en jour. Nous comptons près de 550 000 emplois dans le secteur de la construction automobile, par exemple. Fait très important, il y a 7,5 emplois indirects pour chacun de ces emplois. Pour chaque emploi perdu dans ce secteur, ce sont 7,5 autres emplois qui disparaissent. Des milliers d’emplois sont en cause.
     J’ai visité des localités qui dépendent entièrement d’une scierie, parce qu’elles sont étroitement intégrées au secteur forestier. Certaines villes, comme Windsor, Brampton et de nombreuses localités dans le Sud-Ouest de l’Ontario, dépendent lourdement du secteur manufacturier. Pour chaque emploi perdu dans ce secteur, ce sont environ 8 emplois indirects qui se volatilisent.
     Ces pertes d’emplois auront un effet dévastateur sur ces villes et localités. Des familles qui travaillent fort seront anéanties. Un coup terrible sera porté à l’économie locale. Le gouvernement fait mine de ne rien voir. S’il fait quelque chose, ce sera pour accélérer le processus en signant un accord de libre-échange imparfait avec la Corée du Sud. Plus important encore, le gouvernement s’est privé de toute marge de manœuvre en ce qui concerne l’accord sur le bois d’œuvre.
     Nous avons compromis complètement notre souveraineté. Ce qui me dérange, c’est que les Canadiens ont élu un gouvernement minoritaire et ont fait ce choix pour s’assurer que le Parlement s’efforce de protéger et de conserver de bons emplois bien rémunérés au Canada, non pour compromettre notre souveraineté.
     Il est absolument désolant et décevant de voir le gouvernement conservateur ne tenir aucun compte de deux secteurs essentiels qui emploient des milliers de travailleurs, qui aident à créer des milliers d’autres emplois et qui rapportent des millions, voire des milliards de dollars au fisc.
     En fin de compte, il s’agit d’une question de confiance. La motion dit que les Canadiens ne peuvent pas se fier au gouvernement pour protéger les emplois bien rémunérés des Canadiens. Ils ne peuvent compter sur le gouvernement conservateur pour défendre notre souveraineté et la protéger. En ce qui concerne la forêt, le gouvernement est absolument exclu du dossier. Il ne peut rien faire. S’il fait le moindre geste pour aider le secteur forestier, il sera poursuivi. Voilà la sorte de politique que le gouvernement a conçue. Il essaie de calmer nos voisins du Sud, et cela nous coûtera des milliers d’emplois.
     Les deux secteurs sont en crise et c’est ce que la motion à l’étude aujourd’hui souligne. J’espère que le gouvernement prête une oreille attentive et qu’il agira.

  (1530)  

    Monsieur le Président, je remercie le député d’en face pour ses observations. Je veux bien admettre qu’il n’était pas à la Chambre lorsque les consultations concernant l’accord Canada-Corée du Sud ont commencé. Bien sûr, ces consultations ont été entreprises sous le gouvernement libéral précédent, au début de 2004. Je crois qu’à ce moment, le Parti libéral au pouvoir évaluait cette initiative. Par la suite, ce parti, qui formait encore le gouvernement, a entamé les négociations avec la Corée du Sud. Tout allait bien jusque-là.
     Nous sommes ensuite arrivés au pouvoir. Maintenant que le gouvernement est conservateur et qu’il participe à ces mêmes négociations avec la Corée du Sud pour voir s’il y a un avantage mutuel à conclure un accord, voilà tout à coup que rien ne va plus. Le député ne croit-il pas que cela frise l’hypocrisie?
    Monsieur le Président, le fait d’entreprendre des négociations n’implique pas de conclure un mauvais accord.
     Dans le cadre de l’accord sur le bois d'œuvre résineux, par exemple, les conservateurs avaient promis, dans leur plate-forme électorale, qu’ils recouvreraient la totalité des droits perçus. Ils ont manqué à leur promesse. Ils ont laissé un milliard de dollars sur la table et ont compromis notre souveraineté.
     Aujourd’hui, le gouvernement joue le même jeu dans le cas de l’accord de libre-échange avec la Corée du Sud. J’ai parlé à de nombreux intervenants, sociétés et particuliers. Beaucoup de gens disent qu’ils n’ont pas été consultés d’une manière appropriée.
     Sur le plan économique, il serait absolument insensé pour nous d’aller de l’avant à cet égard sans que rien n’ait été fait au chapitre des barrières non tarifaires. Le gouvernement a pris la mauvaise orientation pour des raisons politiques et idéologiques. Il ne veille pas aux intérêts des Canadiens et se soucie peu de leurs préoccupations. Il ne tient pas compte des répercussions que cela aura sur les emplois et les économies locales.
     Ce n’est pas parce que nous avons entrepris les négociations que nous devons appuyer un mauvais accord. Voilà la position du Parti libéral.
    Monsieur le Président, j’ai écouté attentivement les observations de mon collègue au sujet de la motion dont nous sommes saisis. Ma circonscription, Île de Vancouver-Nord, compte beaucoup de collectivités dont l’économie dépend des ressources naturelles. Nous sommes entourés d’arbres, mais nos scieries ont beaucoup de difficulté à soutenir la concurrence. Leur situation n’était pas rose, même avant que la valeur du dollar canadien n’atteigne celle du dollar américain. Maintenant que notre dollar a dépassé la devise américaine, les scieries sont vraiment dans une mauvaise passe.
     Malheureusement, le Bloc a soutenu l’accord sur le bois d’œuvre résineux. Ce que le Bloc a fait revient à verrouiller la porte de l’écurie après la fuite du cheval. Parce qu’il a appuyé l’accord, nous avons de plus en plus d’exportations de billes brutes. En dépit du fait que nous soyons entourés d’arbres, les camions partent de chez nous chargés de billes à destination des scieries américaines ou de l’étranger.
     Cela fait un grand tort à nos collectivités. Je comprends bien qu’une motion ait été déposée. Pour ma part, j’ai déposé une motion visant à limiter les exportations de billes brutes et à renforcer le secteur manufacturier à valeur ajoutée, ici au Canada. Je crois que nous devrions protéger les emplois canadiens.
     Le député ne croit-il pas qu’il est un peu hypocrite de déposer une telle motion après que le Bloc a appuyé l’accord sur le bois d’œuvre résineux?
    Monsieur le Président, il va sans dire que le Parti libéral a été grandement déçu que le Bloc québécois appuie l'accord sur le bois d'oeuvre. L'accord était boiteux et le processus laissait également à désirer. Voilà la position que nous avons exprimée depuis le début.
    Je comprends les préoccupations de la députée à l'égard de la fermeture de scieries et de la perte d'emplois ainsi que de la situation des collectivités qui en sont frappées. J'ai soulevé cette question et je continuerai de le faire parce qu'elle a une incidence sur des familles canadiennes non seulement dans le Nord de l'Ontario et en Colombie-Britannique, mais également partout au Canada.

  (1535)  

    Monsieur le Président, les Canadiens d'un océan à l'autre ont suivi avec un intérêt considérable la flambée du dollar canadien. Cependant, peu de nos concitoyens ont suivi cette ascension avec plus d'attention que les milliers de Canadiens qui travaillent dans les secteurs manufacturier et forestier.
    Autrement dit, les secteurs manufacturier et forestier canadiens traversent une crise et ont désespérément besoin de l'aide du gouvernement fédéral. Pas plus tard que la semaine dernière, le premier ministre du Québec a dit que la situation est urgente, en parlant de l'incidence de la flambée du dollar et des pertes d'emplois dans le secteur manufacturier.
    La situation dans les secteur manufacturier et forestier au Canada est certes urgente. Le premier ministre du Québec a également ajouté qu'il souhaitait absolument rencontrer son homologue fédéral dans les meilleurs délais.
    Quelle a été la réponse du premier ministre du Canada? Si l'on en croit son cabinet, il est disposé à rencontrer le premier ministre québécois, mais pas avant la fin de l'année ou le début de 2008. Ce n'est pas la façon de réagir à une crise urgente.
    Le Canada a enregistré plus de 175 000 pertes d'emploi dans le secteur manufacturier depuis trois ans. La vigueur du dollar a clairement aggravé la situation.
    Il suffit de songer à la récente annonce faite par la société Chrysler qui supprime 1 100 emplois à Brampton, en Ontario, pour constater que la situation ne fait que s'aggraver.
    En fait, Gerry  de l'Association des fabricants de pièces d'automobile du Canada a exprimé assez clairement la même opinion en disant récemment que les choses ne font qu'empirer.
    Comme nombre d'observateurs continuent de le souligner, la perte d'emplois dans le secteur manufacturier est un problème qui se répercute dans tous les volets de notre économie. Beaucoup d'emplois connexes dépendent des emplois du secteur manufacturier dans les collectivités du Canada.
    Les députés peuvent-ils s'imaginer l'impact de la disparition de 1 100 emplois bien rémunérés sur l'économie de la municipalité de Brampton, en Ontario? Pensons à la perte de pouvoir d'achat causée par la disparition de ces emplois dans une collectivité comme Brampton.
    J'ai rencontré récemment les représentants des Travailleurs canadiens de l'automobile qui travaillent à l'usine de Bombardier Aéronautique de Downsview. Ils sont venus me voir pour me parler des sérieuses préoccupations des travailleurs du secteur manufacturier. En fait, les Travailleurs canadiens de l'automobile mènent actuellement une campagne pancanadienne intitulée « Le secteur manufacturier, c'est important ». Ils ont raison. Le secteur manufacturier est vraiment important.
    Nous perdons de bons emplois et le gouvernement n'écoute pas les nombreux Canadiens qui perdent leur moyen de subvenir aux besoins de leur famille et de leur collectivité. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le déficit commercial du Canada sur le plan des produits manufacturés seulement est de 30 milliards de dollars. C'est tout simplement inacceptable et le gouvernement doit agir.
    Ce problème ne fera que s'aggraver si on ne réagit pas sans tarder. J'invite le gouvernement à écouter les experts.
    Par exemple, M. Ted Carmichael, économiste en chef chez J.P. Morgan Securities Canada, a déclaré que nous pourrions perdre 150 000 emplois de plus si la valeur du dollar demeurait aussi élevée.
    La motion dont nous sommes saisis porte aussi sur les emplois perdus dans le secteur forestier. Notre secteur forestier connaît d'énormes difficultés d'un océan à l'autre. Bruce McIntyre, de PricewaterhouseCoopers, a dit que la force du dollar sciait les jambes de l'industrie forestière et que la situation était désespérée.
    La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec a indiqué que le secteur forestier du Québec avait perdu jusqu'à 10 000 emplois. Elle fait aussi remarquer que, chaque fois que la valeur du dollar augmente d'un cent, cela crée un manque à gagner de 150 millions de dollars par année pour le secteur forestier de la province.
    Dans le secteur manufacturier ou dans le secteur forestier, des Canadiens perdent leur emploi et le gouvernement ne fait rien pour endiguer les crises dans ces deux importants secteurs de notre économie.