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39e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 035

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 11 décembre 2007





CANADA

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 142 
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NUMÉRO 035 
l
2e SESSION 
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39e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 11 décembre 2007

Présidence de l'honorable Peter Milliken

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

La Commission d'enquête sur l'attentat à la bombe contre le vol 182 d'Air India

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 32(2) du Règlement, je suis heureux de déposer, dans les deux langues officielles, le premier rapport de la Commission d'enquête sur l'attentat à la bombe contre le vol 182 d'Air India, intitulé Les familles se souviennent.
    Les récits rapportés sont éloquents. Ils témoignent de façon émouvante du profond sentiment de perte et de deuil que les familles ont éprouvé et continuent d'éprouver. L'attentat à la bombe contre le vol 182 d'Air India est une horrible tragédie, le pire acte de terrorisme de l'histoire du Canada, et il nous rappelle que nous ne sommes pas à l'abri du terrorisme.
    Le gouvernement du Canada a ouvert une enquête afin d'apporter des réponses aux questions qui n'ont toujours pas été résolues. Nous espérons qu'elle aidera ceux qui pleurent encore la perte d'un être cher à tourner la page sur ce jour fatidique de juin 1985.

La Commission canadienne de sûreté nucléaire

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 19(3) de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, un exemplaire des instructions données à la Commission canadienne de sûreté nucléaire concernant la santé des Canadiens.

Loi visant à éliminer le profilage racial ou religieux

    -- Monsieur le Président, je suis heureux de présenter, avec l'appui de la députée de Vancouver-Est, un projet de loi d'initiative parlementaire intitulé Loi visant à éliminer le profilage racial ou religieux.
    Le projet de loi a pour objet d'interdire le profilage racial ou religieux qui est pratiqué par les autorités fédérales responsables et leurs agents. Mes collègues néo-démocrates et moi avons été très touchés et scandalisés par le profilage racial et religieux dont nos électeurs et d'autres Canadiens ont été victimes et dont ils nous ont fait part. .
    Cette pratique a des répercussions graves et coûteuses sur ceux qu'elle vise et sur la société en général. Quand les autorités responsables et leurs agents font du profilage, ils se fondent uniquement sur de faux stéréotypes. C'est une politique qui ne sert pas l'intérêt public et ce n'est pas une bonne pratique en matière d'exécution de la loi, un point c'est tout.
    Ce projet de loi est une version mise à jour d'un projet de loi qui avait été présenté par la députée de Vancouver-Est au cours de la dernière législature. Il définit le profilage racial et religieux comme étant une mesure prise pour des raisons de sûreté, de sécurité ou de protection du public qui repose sur des stéréotypes fondés notamment sur la race, la couleur, l’ethnie, l’ascendance, la religion ou le lieu d’origine, ou sur une combinaison de ces facteurs, plutôt que sur un soupçon raisonnable, dans le but d’isoler une personne à des fins d’examen ou de traitement particulier.
    Le projet de loi obligerait les membres de la GRC, les agents des douanes, les agents d'immigration, les agents de contrôle dans les aéroports et les membres du SCRS à éliminer le profilage racial et religieux. Chaque autorité responsable serait tenue de remettre au Parlement un rapport sur les progrès qu'elle a accomplis. Elle serait également tenue de faire l’analyse de la façon dont le racisme se manifeste dans son contexte particulier. Les victimes de profilage racial et religieux pourraient faire une demande de réparation auprès de la Cour fédérale ou lui présenter un autre recours.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Le Code criminel

    -- Monsieur le Président, je suis heureux de présenter, avec l'appui de la députée de Vancouver-Est, un projet de loi d'initiative parlementaire intitulé « Loi modifiant le Code criminel (identité sexuelle et expression sexuelle) ».
    Ce projet de loi viendrait ajouter l'identité sexuelle et l'expression sexuelle aux caractéristiques distinctives protégées en vertu de l'article 318 du Code criminel, sous la rubrique propagande haineuse.
    Il ajouterait également l'identité sexuelle et l'expression sexuelle à la liste des circonstances aggravantes à prendre en compte au moment de déterminer la peine à infliger, en vertu de l'article 718.2 du Code criminel.
    Les transgenres et les transsexuels font régulièrement l'objet de mauvais traitements, de harcèlement et de violence physique. Le projet de loi ferait en sorte qu'il soit clairement établi que la violence envers les transgenres et les transsexuels motivée par la transphobie constitue un crime haineux, en remédiant à l'absence de protection explicite à l'égard de ces personnes en vertu des dispositions actuelles du Code criminel relatives à la haine.
    Il permettrait aux juges de tenir compte, aux fins de la détermination de la peine, du fait que le crime a été motivé ou non par la haine envers les transgenres ou les transsexuels.
    L'inclusion de l'identité sexuelle et de l'expression sexuelle dans les dispositions du Code criminel relatives à la haine et à la détermination de la peine ferait clairement savoir que la violence motivée par l'identité sexuelle ou l'expression sexuelle des victimes ne saurait être tolérée au Canada.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Français]

Ingrid Betancourt

    Monsieur le Président, je demande le consentement unanime de la Chambre pour l'adoption de la motion suivante:
    Que la Chambre recommande au leader des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Manuel Marulanda, de faire preuve d'humanité et de libérer immédiatement Mme Ingrid Betancourt, considérant son état de santé critique et l'extrême désespoir dans lequel elle se trouve, et exprime sa solidarité envers tous les otages détenus en Colombie ainsi que son appui à une solution humanitaire qui permettrait à tous de retrouver leur liberté au plus vite.
    L'honorable députée de Longueuil—Pierre-Boucher a-t-elle le consentement unanime de la Chambre afin de présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Lui plaît-il d'adopter cette motion?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

[Traduction]

Les comités de la Chambre

Affaires autochtones et développement du Grand Nord 

    Monsieur le Président, je propose que le premier rapport du Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord, présenté le lundi 3 décembre 2007, soit adopté.
    Je suis heureuse de prendre la parole à la Chambre sur la motion d'adoption du rapport du Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord intitulé Une priorité absolue: l’éducation postsecondaire des autochtones au Canada. Le rapport a d'abord été rédigé en février 2007 et le gouvernement y a répondu le 12 juin 2007.
    Compte tenu de ce qui s'est produit au cours des derniers mois, il convient que nous discutions une fois de plus de l'éducation postsecondaire à la Chambre. Nous avons eu plusieurs occasions de le faire dans les derniers mois.
    S'il faut en parler actuellement, c'est que la Chambre a été prorogée. Nous avons eu un nouveau discours du Trône et un nouvel énoncé économique. Certaines des recommandations qui se trouvaient dans le rapport n'ont été traitées ni dans le discours du Trône ni dans l'énoncé économique. Il importe donc que nous parlions de nouveau des études postsecondaires.
    Je veux aborder certaines recommandations du rapport. Je ne discuterai pas de chacune, mais l'une d'elles en particulier avait trait au soutien financier des étudiants. Le comité recommandait que le plafond annuel de 2 p. 100 imposé à l’égard de l’augmentation des fonds consacrés au Programme d’enseignement postsecondaire du ministère soit éliminé immédiatement.
    Le plafond de 2 p. 100 a été imposé par un gouvernement libéral et est demeuré en vigueur depuis. Cette limite de 2 p. 100 est en vigueur depuis dix ans. Or, d'après les rapports du Bureau du vérificateur général et d'autres, il est évident que la population des Premières nations, des Métis et des Inuits augmente de beaucoup plus que 2 p. 100 par année.
    Le gouvernement a fourni une réponse qui, bien que longue, manquait de substance. La réponse au rapport disait notamment que le gouvernement croyait que la responsabilité du financement des études devrait être assumée en partie par les étudiants et leur famille, en tenant compte de leur situation financière.
    Le segment important de cet énoncé est « en tenant compte de leur situation financière ». Dans les réserves, beaucoup de Premières nations vivent avec des revenus désespérément faibles.
    À propos d'un récent rapport de Campagne 2000, on souligne encore une fois que les Autochtones sont les plus pauvres du pays. Il s'agit des Premières nations, des Métis et des Inuits. Selon les chiffres, un enfant autochtone sur quatre grandit dans la pauvreté et, comme je l'ai déjà dit à la Chambre, il n'y a pas d'enfants pauvres sans familles pauvres.
    Plus loin dans le rapport, sous la rubrique Propositions, le comité a présenté plusieurs propositions au gouvernement. L'une d'elles visait à s’assurer que les questions relatives au financement ou à l’accréditation des établissements d’enseignement dirigés par des Autochtones sont soulevées lors de rencontres intergouvernementales sur la question de l’éducation postsecondaire des Autochtones ou de l’éducation postsecondaire en général, et à inviter les gouvernements provinciaux et territoriaux à y apporter des solutions.
    Dans la réponse à cette recommandation, on dit:
    Toutefois, la responsabilité première pour la plupart des aspects de la question relève manifestement des provinces. Dans la mesure où le gouvernement fédéral a un intérêt dans un aspect donné, il doit intervenir de concert avec les gouvernements provinciaux.
    Nous convenons certes que, dans une grande mesure, l'accréditation des établissements d'enseignement postsecondaire relève des provinces, mais il incombe au gouvernement fédéral d'assumer pleinement la responsabilité de l'accès des Premières nations, des Inuits et des Métis de tout le pays à l'éducation postsecondaire. On compte donc sur le leadership du gouvernement fédéral dans le secteur de l'éducation postsecondaire.
    De nombreux témoins ont comparu devant le comité. Ils ont évoqué le grand nombre de rapports qui ont été rédigés au fil des ans. Je veux revenir à un rapport qu'on a mentionné, celui de la Commission royale sur les peuples autochtones. Dans le volume 3, « Vers un Ressourcement », on parlait de l'éducation postsecondaire. À la page 561 du chapitre 5, on dit:
    À mesure que l'économie postindustrielle mondiale impose des exigences de plus en plus strictes en matière de compétences, la marginalisation, la pauvreté et la situation défavorisée des autochtones risquent de s'accentuer, à moins que le taux de réussite scolaire ne soit amélioré.
    Pour les autochtones et leurs éducateurs, il est essentiel de donner aux générations montantes les compétences nécessaires pour participer à l'économie globale, mais ce n'est qu'un élément de leur stratégie.
    Les autochtones sont déterminés à préserver leur culture et leur identité; ils considèrent l'éducation comme un outil indispensable pour préparer leurs enfants à voir le monde avec leurs yeux d'autochtones et à assumer leur identité.
    L'éducation autochtone doit donc se fonder sur les cultures autochtones et les réalités communautaires. Elle doit renforcer l'identité autochtone, inculquer des valeurs traditionnelles et confirmer la validité du savoir et des modes d'apprentissage autochtones.

  (1010)  

     Au chapitre 5 du troisième volume, le rapport dit:
    Nous avons recommandé la création d'une université internationale des peuples autochtones, d'un centre électronique pour l'échange d'informations, d'un centre de données statistiques et d'un centre de documentation. Nous recommandons aussi la création d'un conseil pancanadien ou d'une association chargé de fixer les normes et d'agréer les programmes autochtones d'enseignement postsecondaire.
    En 1996, la Commission royale sur les peuples autochtones a tenu de vastes audiences dans tout le pays. Elle a entendu des organismes et des personnes sur place et a formulé quelques recommandations concrètes. Le jour du dixième anniversaire de la Commission royale sur les peuples autochtones, nous avons constaté que la réponse globale tant des libéraux que des conservateurs a été plutôt vague quant aux mesures à prendre.
    Il y va aussi de l'intérêt du reste du Canada. L'enjeu est bien entendu une question d'équité et de justice dans ce pays et le fait qu'il faut assurer aux membres des Premières nations, aux Métis et aux Inuits l'accès à l'éducation postsecondaire, mais il y a aussi des considérations économiques pour le reste du Canada. Si les arguments d'équité et de justice ne suffisent pas à convaincre, les intérêts économiques devraient certainement peser dans la balance.
     Le Centre d'étude des niveaux de vie vient de réaliser une étude. Je vais citer le communiqué:
    Le Canada risque de perdre des milliards de dollars, au cours des prochaines décennies, sous forme d'une baisse de productivité et de croissance de la main-d'oeuvre, parce que près d'un Autochtone sur deux ne finit pas ses études secondaires...
    Selon une projection de l'enquête, effectuée par le Centre d'étude des niveaux de vie, à Ottawa, le produit intérieur brut du Canada pourrait grimper de 71 milliards $ supplémentaires d'ici 2017 si les Autochtones avaient le même taux de diplômation que le reste de la population.
    A l'aide de données recueillies dans le cadre du recensement de 2001, l'étude constate que seulement 52 p. 100 des Autochtones du pays réussissent à décrocher un diplôme d'études secondaires, contre 70 p. 100 pour les autres Canadiens.
    Si l'économie canadienne parvenait à mieux utiliser le potentiel des jeunes Autochtones, les communautés autochtones et l'économie du pays tout entier s'en porteraient mieux...
    Et le communiqué poursuit:
    « Non seulement les Autochtones du Canada s'en porteraient-ils beaucoup mieux, mais cela contribuerait beaucoup à redresser deux des problèmes les plus pressants auxquels fait face l'économie canadienne : une croissance plus lente de la main-d'œuvre, et une croissance médiocre de la productivité. »
    Voilà pour l'intérêt économique du Canada.
    Il est bien connu que diverses provinces canadiennes sont aux prises avec de graves pénuries de main-d'oeuvre dans certains secteurs. Voici une occasion de vraiment investir dans l'éducation, de la maternelle aux études postsecondaires. Quand je parle d'études postsecondaires, je ne pense pas seulement à l'université. Je pense aussi à des programmes d'apprentissage et de formation professionnelle et technique, car il existe des pénuries dans tous ces domaines.
    Le communiqué de presse se poursuit en affirmant que seulement 8,9 % des Autochtones détiennent un diplôme universitaire, par rapport à près de 22 p. 100 pour les Canadiens non autochtones.
    Toujours selon le communiqué de presse:
    Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, a déclaré qu'il était clair que les Autochtones constituaient une « ressource inexploitée ». Selon lui, ils forment le segment de la population canadienne qui augmente le plus vite et la majorité des Autochtones ont moins de 25 ans.
    Mais ils sont aussi aux prises avec une très grande pauvreté -- de l'eau non potable, des logements inadéquats, des maladies et des suicides [...] D'ici à ce que les Autochtones puissent atteindre le même niveau de vie [...] ils auront de la difficulté à contribuer efficacement à l'économie canadienne.
    Il est insensé [...] de garder des gens pauvres, peu instruits, mal formés et incapables de décrocher des emplois [...] Il s'agit d'un important bassin de main-d'oeuvre, mais il faut le développer.
    Plus loin, le communiqué de presse cite Andrew Sharpe, directeur exécutif du centre et co-auteur de l'étude:
[...] l'argument économique utilisé pour augmenter le taux de diplômation des Autochtones est solide, mais tous les ordres de gouvernement ont également un fort incitatif moral.
    Il existe donc un argument économique appuyant le besoin d'investir dans l'éducation.
    Je le répète, les propres dossiers du ministère indiquent que le gouvernement conservateur est aux prises avec les conséquences d'un investissement insuffisant hérité des libéraux, ce qui signifie que le problème ne date pas d'il y a deux ans seulement. Il s'agit d'un problème d'investissement dans l'éducation des Autochtones qui perdure d'un océan à l'autre depuis longtemps.

  (1015)  

    Dans les dossiers du ministère, il est question aussi bien de la maternelle à la douzième année que du postsecondaire. On ne peut les dissocier, dans la mesure où il faut que les jeunes puissent réussir leur douzième année pour être admissibles au postsecondaire. Nous devons investir à tous les niveaux.
    Voici ce qu'en dit le ministère dans ses propres documents:
    L'insuffisance de financement, que le ministère comble par réaffectation interne de ressources à partir de programmes « discrétionnaires », était de 86,3 millions de dollars et sera, selon les prévisions, de 100 millions de dollars en 2005-2006.
    Ainsi, selon le ministère, il n'y a tout simplement pas eu suffisamment d'argent pour les services de formation et de soutien, en dépit d'une population croissante.
    À la lumière de ces chiffres, le ministère s'est également penché sur le fait que, au cours des six dernières années, les dépenses consacrées à la gestion des immobilisations et des installations ont baissé. La raison en est, d'après le ministère, que le programme de gestion des immobilisations et des installations est souvent perçu comme étant discrétionnaire et que ses ressources sont souvent utilisées pour combler des insuffisances dans d'autres programmes plus essentiels comme l'éducation primaire et secondaire et les services à la famille et à l'enfance.
    Ainsi, les écoles sont sous-financées parce que les bandes sont obligées de réaffecter des fonds. Elles n'en ont tout simplement pas suffisamment pour répondre à certains autres besoins essentiels.
    Le ministère signale également que les dépenses par habitant en immobilisations ont baissé de 35 p. 100, soit de 1 660 $ à 1 225 $ en dollars constants. La valeur du financement n'est tout simplement plus ce qu'elle était. Plus loin dans le document, il est question des besoins estimatifs croissants en immobilisation sur cinq ans. Dans l'ensemble, on constate une insuffisance de 1,6 milliard de dollars, en ne tenant compte d'aucun nouveau projet.
    De plus, les bandes continuent à devoir composer avec une formule désuète pour le financement des écoles de bandes. Les représentants de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador étaient sur la Colline hier. Ils souhaitaient sensibiliser les parlementaires aux enjeux de l'éducation chez les Premières nations.
    Au sujet de cette formule de financement des écoles de bandes, ils ont dit qu'elle ne tenait pas compte d'un certain nombre de coûts; en effet, elle ne prévoit aucun financement pour l'intégration de la technologie dans les écoles, les bibliothèques scolaires, la formation professionnelle dans les écoles secondaires, les activités sportives et récréatives parascolaires, la mise en oeuvre de réformes provinciales en matière d'éducation et l'application d'un programme d'études diversifié et stimulant englobant le sport, les arts et le volet international.
    La formule de financement du fonctionnement des bandes doit arriver à échéance en mars 2008. Partout au pays, les bandes nous disent qu'elles ne sont tout simplement pas invitées à participer de façon significative aux discussions concernant les besoins de leurs collectivités.
    De plus, l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a fait une étude comparative sur le financement que reçoivent les provinces et les territoires. On constate d'énormes différences. Je ne vous donnerai pas toutes les différences dans les moyennes provinciales. Je me contenterai d'indiquer que le financement moyen par étudiant à l'échelle du pays est de 13 588 $ dans les provinces, mais que la moyenne n'est que de 7 946 $ dans le cas d'un étudiant autochtone.
    L'écart considérable entre ces sommes montre bien que nous continuons de dire aux membres des Premières nations à l'échelle du pays qu'ils sont des citoyens de seconde classe qui ne méritent pas un financement correspondant à celui que reçoivent les autres étudiants canadiens qui fréquentent un établissement d'enseignement financé par une province.
    Je soulèverai deux ou trois points concernant l'enseignement postsecondaire. Je dirai d'abord que le Conseil canadien sur l'apprentissage a formulé des recommandations. Nous avons été saisis d'une foule de rapports. Le plus récent de cet organisme s'intitule « L’enseignement postsecondaire au Canada: Des stratégies pour réussir ».
    Ce rapport est plus volumineux que le rapport des Premières nations, mais bon nombre des recommandations s'appliquent aussi aux Premières nations. Le rapport renferme trois recommandations clés: « La mise au point d’un cadre pancanadien avec la participation de partenaires en enseignement postsecondaire partout au pays; la mise au point et la mise en œuvre d’une stratégie de données pancanadienne; l’établissement d’une série de points de repère permettant d’évaluer les progrès réalisés au Canada. »
    Dans le rapport, le Conseil fait remarquer que « le Canada ne dispose pas plus des structures que des pratiques ou des mécanismes nécessaires à l’optimisation de la contribution sociale et économique du secteur de l’enseignement postsecondaire ».
    Nous savons qu'un pourcentage important des emplois qui seront créés ou qui sont en train d'être créés au Canada exigeront une formation de niveau postsecondaire. Les Autochtones constituent une ressource inexploitée de travailleurs qui pourraient occuper ces emplois, mais nous ne faisons pas les investissements nécessaires et nous n'avons pas de stratégie nationale. Tous se renvoient la balle. Le gouvernement fédéral compte sur les gouvernements provinciaux pour assumer une responsabilité du gouvernement fédéral envers les Premières nations, les Métis et les Inuits.

  (1020)  

    Je reviens au First Nations Technical Institute, le FNTI. Il s'agit d'un institut des Premières nations qui a une bonne réputation. Plus de 2 000 diplômés en sont sortis, et près de 400 Autochtones par année. L'institut a établi sa crédibilité pour ce qui est de préparer les étudiants à s'intégrer au marché du travail.
    Cependant, son financement fédéral a été réduit de 50 p. 100 en 2004, ce qui a entraîné la mise à pied de dizaines de personnes, le gel des salaires et la restructuration de l'institut. En octobre dernier, l'institut a été informé d'une réduction additionnelle de 65 p. 100 de son budget pour l'année en cours, et l'exercice financier est déjà entamé. Nous avons un institut d'enseignement postsecondaire autochtone qui a une bonne réputation en fait de diplomation des étudiants, mais pourtant, ses subventions sont réduites.
    Le rapport final du conciliateur, daté du 1er mars 2006, sur le projet Nunavut, porte sur la maternelle jusqu'à la 12e année, mais aborde aussi la question du niveau postsecondaire. Il y est question du Nunavut Sivuniksavut, aussi appelé NS, et du rendement de l'institut ainsi que de ses difficultés à obtenir des fonds.
    Dans son rapport, le juge Berger déclare:
    Le chiffre probablement le plus frappant est le taux de réussite: sur 10 ans, entre 80 et 85 p. 100 des élèves de Nunavut Sivuniksavut ont obtenu leur diplôme, un résultat remarquable étant donné la nature du programme et la distance du territoire, géographiquement et culturellement.
    Nunavut Sivuniksavut est un organisme sans but lucratif et une œuvre de bienfaisance enregistrée qui est solidement dirigé. J’ai eu l’impression que peu d’argent a été gaspillé sauf les fonds réservés aux campagnes de financement puisque seul NTI s’est engagé au financement à long terme de Nunavut Sivuniksavut. Le programme doit obtenir des fonds d’autres organismes et donateurs pour assurer le soutien continu. Cela représente une contrainte pour les ressources administratives minimales disponibles.
    Le juge continue en déclarant que, en dépit du fait qu'il existe une demande, la capacité d'expansion du programme est très limitée tout simplement parce que NS n'a pas de financement. Comme beaucoup d'organisations, son niveau de financement est assuré une année à la fois, ou peut-être trois ans à la fois. Les organisations comme NS ont besoin d'un financement de base garanti à long terme qui leur permet de se concentrer sur l'éducation plutôt que sur la recherche de fonds. Il est très difficile de parler d'un établissement d'enseignement postsecondaire qui connaît beaucoup de succès, mais qui doit consacrer une bonne partie de ses très maigres ressources à amasser des fonds uniquement pour garder ses portes ouvertes.
    Le comité a eu l'occasion de visiter l'établissement d'enseignement, d'entendre les étudiants et de voir leurs réalisations. Je serais étonnée que tous les membres du comité n'aient pas été touchés de voir l'énergie et l'enthousiasme qui animent le personnel et les étudiants.
    Les étudiants doivent surmonter énormément d'obstacles pour poursuivre leurs études. Ils habitent loin et doivent se déplacer. Certains d'entre eux ont des enfants qu'ils amènent avec eux. Ils sont séparés de leur famille et de leur collectivité, mais ils fréquentent cet établissement parce qu'ils comprennent à quel point l'éducation est importante pour que le Nunavut entre dans le XXIe siècle et pour leur permettre de participer de façon substantielle à leur économie et à la vie de leurs collectivités.
    Ici encore on voit très bien que le gouvernement fédéral pourrait faire preuve de leadership et intervenir pour fournir un financement durable à long terme à cette très importante organisation.
    On ne peut isoler le secteur de l'éducation et le laisser fonctionner en vase clos. Hier, on a entendu le chef Picard parler d'une approche souvent disparate en la matière. On prend un élément d'un programme et on s'emploie à surmonter certains problèmes et défis, mais on n'envisage pas la situation dans son ensemble.
    Quand il est question d'éducation postsecondaire, on sait également qu'il est très difficile pour les étudiants et pour leur famille de devoir s'éloigner parce qu'ils n'ont tout simplement pas les moyens financiers et les ressources pour rentrer à la maison lorsqu'ils ont besoin d'être en contact avec les leurs. Ceux qui rentrent à la maison se retrouvent plus souvent qu'autrement dans des maisons surpeuplées où il est très difficile d'étudier.
     Si on veut vraiment s'attaquer au problème de la pauvreté des Premières nations, des Métis et des Inuits, il faut tout simplement investir dans l'éducation postsecondaire pour leur donner des possibilités économiques. Bon nombre de députés diront que c'est le travail qui permet de se sortir de la pauvreté, mais pour obtenir un emploi et profiter des occasions qui se présentent, il faut avoir de l'éducation.

  (1025)  

    J'exhorte les députés à appuyer les recommandations que le comité permanent a énoncées dans son rapport sur l'éducation postsecondaire. Il va sans dire que je presse également les conservateurs d'utiliser un partie de l'excédent et de l'investir de façon judicieuse dans les collectivités autochtones.

  (1030)  

    Monsieur le Président, je veux attirer l'attention de tout le monde sur ce qui se passe exactement. La motion d'adoption que le NPD a présentée est une tactique dilatoire visant à retarder l'adoption du projet de loi C-28, la Loi d'exécution du budget. C'est très triste. Le NPD est devenu le parti des tactiques dilatoires.
    Les néo-démocrates tentent d'empêcher la mise en place d'un grand nombre de bonnes mesures juste à temps pour les Fêtes. Ils doivent être des rabat-joie, car ils ne veulent pas ramener la TPS à 5 p. 100 à partir du 1er janvier 2008. Ils ne veulent pas accroître l'exemption personnelle de base pour l'impôt sur le revenu à 9 600 $, rétroactivement au 1er janvier 2007, et à 10 100 $ en 2009. Ils ne veulent vraiment pas que les contribuables et les Canadiens de l'ensemble du pays profitent de ces merveilleuses économies. Ils ne veulent pas réduire le taux le plus faible d'impôt sur le revenu des particuliers à 15 p. 100 à compter du 1er janvier 2007. Ils ne veulent pas introduire la prestation fiscale pour le revenu de travail. Ils ne veulent également pas éliminer l'impôt sur le revenu des bourses d'études aux niveaux primaire et secondaire.
    Je ne sais pas pourquoi la députée a présenté cette motion. Il y a tellement de bonnes choses dans l' énoncé économique et dans la Loi d'exécution du budget, et nous devrions mettre l'accent sur la mise en place de ces grandes économies pour les Canadiens et nous assurer, en tant que gouvernement, d'arrêter de leur soutirer de l'argent pour qu'ils aient plus d'argent en poche, surtout à l'approche des Fêtes.
    Monsieur le Président, le grincheux, c'est plutôt le gouvernement conservateur.
    Celui-ci avait un excédent de 14 milliards de dollars. Selon des rapports indépendants, les collectivités des Premières nations et les collectivités inuites dans l'ensemble du pays vivent dans la pauvreté et dans des conditions effroyables.
    À propos de grincheux, à mon avis, il n'y a pas de mots pour décrire un gouvernement qui accepte que certains Canadiens vivent dans des conditions dignes du tiers monde, un gouvernement qui tourne le dos aux Premières nations, aux Métis et aux Inuits et qui refuse de dépenser une partie de l'excédent de 14 milliards de dollars afin de prendre des mesures concrètes.
    Je suis étonnée que le député ne reconnaisse pas qu'on parle très peu, dans l'énoncé économique, de réinvestir dans les collectivités des Premières nations.
    Monsieur le Président, j'ai écouté avec intérêt l'échange entre les conservateurs et ma collègue. Les conservateurs nous parlent de ceux qu'ils aident et de la réduction d'un point de pourcentage de la TPS qu'ils accorderont aux électeurs, mais pourtant, le budget ne contient aucune mesure pour résoudre les problèmes des Premières nations.
    Ce dont il nous faut parler à la Chambre, c'est du fait que, en ce qui concerne les fonds pour l'éducation spécialisée et les soins de santé, le gouvernement du Canada maintient un genre d'apartheid institutionnel en appliquant délibérément et constamment aux Premières nations des normes de deuxième classe. Il adopte des lois obligeant les étudiants à respecter les normes provinciales alors que lui-même est loin d'atteindre les normes provinciales lorsqu'il s'agit de fournir l'argent nécessaire.
    J'aimerais poser à ma collègue une question à propos du financement de l'éducation spécialisée. Quand je travaillais avec le conseil tribal des Algonquins en Abitibi-Témiscamingue, d'année en année, nous luttions pour obtenir un financement élémentaire et équitable pour les étudiants ayant des besoins spéciaux. Le gouvernement du jour n'était pas du tout intéressé. Le gouvernement actuel, lui, s'en moque complètement. Les conservateurs pensent que c'est une blague.

[Français]

    Mon collègue d'Abitibi—Témiscamingue connaît bien la situation dans sa circonscription avec les Algonquins. C'est maintenant la même chose partout au Canada, dans la région des Cris, par exemple.

[Traduction]

    Pourquoi, selon ma collègue, le gouvernement se désintéresse-t-il avec une telle suffisance des conditions de vie réelle des gens des Premières nations, qui ont besoin d'argent pour l'éducation, peut-être davantage que toute autre région du pays?
    Monsieur le Président, la question du député de Timmins—Baie James traite d'un seul des nombreux facteurs constamment présents. Les sommes prévues pour répondre aux besoins spéciaux en éducation sont insuffisantes, et on doit localement transférer des sommes d'un poste budgétaire à l'autre pour répondre aux besoins qui existent dans le milieu, en matière d'éducation spécialisée.
    Des fonctionnaires du ministère sont venus témoigner devant le Comité des affaires autochtones il y a une semaine ou deux. Nous leur avons demandé ce qui se passait lorsqu'une école était détruite par le feu ou, comme dans le cas d'Attawapiskat, l'école se trouvait sur un site contaminé. Nous leur avons demandé comment ils fixaient les priorités pour financer les écoles.
    Nous nous sommes aperçus que, lorsqu'une crise se produisait, l'école concernée, qui se trouvait peut-être quelque part dans la liste d'attente depuis des années, se voyait renvoyée au bas de la liste. Par conséquent, on n'injecte pas d'argent supplémentaire pour tenir compte de l'envoi, à l'extérieur de leur milieu, des élèves qui ne peuvent plus aller à leur école parce que celle-ci a brûlé ou se trouvait sur un site contaminé.
    Il n'existe tout simplement aucun sens des priorités, ni aucune sensibilité permettant aux décideurs de comprendre les conséquences, pour les élèves de ces endroits, de se retrouver avec une école ne satisfaisant même pas aux normes provinciales.
    Qu'il s'agisse d'éducation spécialisée, d'écoles situées sur des sols contaminés, d'écoles détruites par le feu, de logement ou d'approvisionnement en eau, il continue d'y avoir, en milieu autochtone, une série de problèmes persistants que le gouvernement néglige.

  (1035)  

    Monsieur le Président, j'ai deux questions à poser. La première a trait à la formule de financement de l'enseignement postsecondaire pour les Premières nations, qui expire en mars 2008 et dont la députée a parlé. Apparemment, il n'y a pas encore d'orientation claire et les Premières nations n'ont pas été invitées à prendre part à des discussions utiles. Je ne comprends pas et j'aimerais que la députée aborde cet aspect.
    La députée a également mentionné qu'il n'existait aucune stratégie nationale digne de ce nom en matière d'éducation postsecondaire pour les Premières nations. Comment pouvons-nous avoir une stratégie nationale pour les Premières nations quand nous n'en avons même pas une pour l'éducation postsecondaire en général. Comment se fait-il que nos étudiants paient des frais de scolarité postsecondaire scandaleux? Pourquoi ne réduisons-nous pas ou n'éliminons-nous pas ces frais afin d'entrer de plain-pied dans le XXIe siècle, comme d'autres pays l'ont fait, de manière à faire croître notre économie et à investir dans l'avenir?
    Monsieur le Président, les écoles dans les réserves sont financées grâce à la formule de financement du fonctionnement des bandes, créée en 1988. J'aimerais citer les propos de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador:
     [La formule] ignore des coûts importants et n’a pas été révisée davantage pour tenir compte des nouveaux développements en éducation. Cette formule n’a même pas été indexée au coût de la vie depuis 1996...
    L'assemblée poursuit en disant qu'en 2003-2004 les coûts par étudiant au Canada avaient augmenté de 24 p. 100 en moyenne, ce qui dépasse le taux d'inflation.
    La formule de financement du fonctionnement des bandes influe grandement sur la capacité des écoles dans les réserves d'offrir une éducation répondant au moins à des normes semblables à celles du reste des provinces.
    Nous sommes en décembre et les bandes du pays ne savent toujours pas quel sera leur budget de fonctionnement le 1er avril 2008. Elles doivent commencer à prévoir des engagements financiers pour le prochain exercice.
    Mon collègue a absolument raison lorsqu'il parle de stratégie d'éducation postsecondaire. Nous n'avons pas de stratégie nationale générale dans ce domaine. Nous savons que les gens déménagent d'une province à l'autre; nous devons pouvoir nous dire qu'il y a des normes et des stratégies nationales en matière d'éducation postsecondaire.
    Le Canada n'a pas de stratégie nationale d'éducation postsecondaire pour l'ensemble des citoyens et nous n'avons certes pas de stratégie nationale en la matière pour les Premières nations, les Métis et les Inuits.
    Comme je l'ai mentionné, il s'agit d'une occasion économique ratée; cette possibilité nous aiderait à faire face à la pénurie de main-d'oeuvre ainsi qu'au vieillissement des baby-boomers.
    Monsieur le Président, j’apprécie l’effort déployé par la députée pour que la Chambre se penche sur ce dossier aujourd’hui. Je doute qu’il y ait une question plus importante à l’heure actuelle, quand on regarde tout le pays et qu’on se demande qui a les besoins les plus criants et qui devrait avoir une occasion de participer à la société, de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, et de bien gagner sa vie.
     La députée sait que je parcours tout le pays depuis deux ans afin de mieux connaître ce problème de la pauvreté. Il faut d’abord savoir que le visage de la pauvreté au Canada est celui d’une femme handicapée qui, en plus, est autochtone. C’est une honte nationale.
     Nous avons vu les gouvernements, tant celui qui est en place que celui qui l’a précédé, réaliser des excédents au moment même où nos collectivités des Premières nations s’enfonçaient toujours plus dans la pauvreté et dans une grande dépression.
     Puisque le visage de la pauvreté apparaît si clairement partout au Canada, dans pratiquement toutes les collectivités autochtones, il faut se demander depuis quand dure le problème, pourquoi le gouvernement libéral précédent n’a rien fait à ce sujet et qu’est-ce que le gouvernement actuel pourrait faire.

  (1040)  

    Monsieur le Président, je pense que c’est une honte nationale. Nous avons eu des gouvernements libéral et conservateur qui ont simplement fermé les yeux sur la pauvreté au Canada; ils ont refusé d’élaborer une stratégie nationale en collaboration avec les Premières nations, les Métis et les Inuits pour qu’il y ait de véritables résultats.
    Monsieur le Président, je participe au débat sur cette motion, mais je m’étonne quand même que la Chambre soit saisie de la motion d'adoption du rapport vu que le Comité des affaires autochtones, auquel je siège en compagnie de la députée néo-démocrate, a proposé ce débat au cours de la dernière session. Ce rapport a déjà été présenté à la Chambre et il a été approuvé par la Chambre.
     Je vois que la démarche d'aujourd'hui est superflue. Je ne comprends pas pourquoi le Nouveau Parti démocratique fait cela. En fait, notre travail porte actuellement sur le projet de loi C-28, qui conférerait tellement d’avantages aux Canadiens.
     Mais pour revenir à la motion de la députée, je signale que notre gouvernement a fait plusieurs choses pour les membres des Premières nations, voire pour les Autochtones à la grandeur du pays. Nous avons étudié ce dossier sous deux angles. Bien sûr, il faut investir davantage, mais il faut aussi procéder à une réforme systémique, et c’est un aspect dont le gouvernement libéral précédent ne s’était pas préoccupé. Nous avons pris des mesures concrètes en matière d’éducation, plus précisément en Colombie-Britannique dans le cadre de l’entente avec les autorités des Premières nations en matière d’éducation, qui met en œuvre cette réforme systémique si nécessaire.
     Je voudrais poursuivre ce débat, parce qu’il est important, mais notre gouvernement a de nombreux dossiers importants à soumettre. Nous n’avons eu que quelques minutes de préavis concernant ce débat et nous préférerions revenir sur la question à un autre moment, ce qui sera certainement possible un autre jour.
     Comme nous l’avons souvent mentionné ce matin, beaucoup d’autres dossiers nécessitent notre attention et c’est pourquoi je propose:
    Que le débat soit maintenant ajourné.
    Évidemment, la motion est recevable, et j'ajouterais qu'elle ne peut pas faire l'objet d'un débat.
    La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le vice-président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le vice-président: À mon avis, les oui l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le vice-président: Convoquez les députés.

  (1120)  

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 25)

POUR

Députés

Abbott
Ablonczy
Albrecht
Alghabra
Allen
Allison
Ambrose
Anders
Anderson
Arthur
Asselin
Bachand
Bagnell
Bains
Barnes
Batters
Bélanger
Bell (North Vancouver)
Bellavance
Bennett
Benoit
Bernier
Bezan
Blais
Blaney
Bonin
Bonsant
Boshcoff
Boucher
Bourgeois
Breitkreuz
Brison
Brown (Leeds—Grenville)
Brown (Barrie)
Bruinooge
Calkins
Cannan (Kelowna—Lake Country)
Cannis
Cardin
Carrie
Carrier
Casson
Chong
Clement
Coderre
Comuzzi
Cotler
Cullen (Etobicoke North)
Cuzner
D'Amours
Davidson
Day
Del Mastro
Demers
Deschamps
Devolin
Dhaliwal
Dosanjh
Doyle
Dryden
Dykstra
Easter
Emerson
Epp
Eyking
Faille
Fast
Finley
Fitzpatrick
Flaherty
Fletcher
Folco
Freeman
Gagnon
Galipeau
Gallant
Gaudet
Godfrey
Goldring
Goodale
Goodyear
Gourde
Gravel
Grewal
Guay
Guergis
Guimond
Hanger
Harper
Harris
Harvey
Hawn
Hearn
Hiebert
Hill
Holland
Hubbard
Ignatieff
Jaffer
Jean
Kadis
Kamp (Pitt Meadows—Maple Ridge—Mission)
Karygiannis
Keddy (South Shore—St. Margaret's)
Keeper
Kenney (Calgary Southeast)
Komarnicki
Kotto
Kramp (Prince Edward—Hastings)
Laforest
Laframboise
Lake
Lauzon
Lavallée
LeBlanc
Lee
Lemay
Lemieux
Lessard
Lukiwski
Lunn
Lunney
Lussier
MacAulay
MacKay (Central Nova)
MacKenzie
Malhi
Malo
Maloney
Manning
Mark
Marleau
Matthews
Mayes
McGuire
McKay (Scarborough—Guildwood)
McTeague
Ménard (Hochelaga)
Menzies
Merrifield
Miller
Mills
Minna
Moore (Port Moody—Westwood—Port Coquitlam)
Moore (Fundy Royal)
Murphy (Moncton—Riverview—Dieppe)
Murphy (Charlottetown)
Nadeau
Neville
Nicholson
Norlock
O'Connor
Obhrai
Oda
Ouellet
Pacetti
Pallister
Paquette
Paradis
Perron
Petit
Picard
Plamondon
Poilievre
Prentice
Preston
Proulx
Rajotte
Ratansi
Redman
Regan
Reid
Richardson
Ritz
Robillard
Rodriguez
Rota
Roy
Russell
Savage
Scarpaleggia
Scheer
Schellenberger
Shipley
Silva
Simard
Simms
Skelton
Smith
Solberg
Sorenson
St-Cyr
St. Amand
St. Denis
Stanton
Steckle
Storseth
Strahl
Sweet
Szabo
Telegdi
Temelkovski
Thi Lac
Thibault (West Nova)
Thompson (New Brunswick Southwest)
Thompson (Wild Rose)
Tilson
Toews
Tonks
Trost
Tweed
Valley
Van Kesteren
Van Loan
Vellacott
Verner
Vincent
Wallace
Warawa
Warkentin
Watson
Williams
Wrzesnewskyj
Yelich
Zed

Total: -- 225

CONTRE

Députés

Angus
Atamanenko
Bell (Vancouver Island North)
Bevington
Black
Charlton
Chow
Christopherson
Comartin
Crowder
Davies
Dewar
Godin
Julian
Layton
Marston
Martin (Winnipeg Centre)
Martin (Sault Ste. Marie)
Masse
Mathyssen
McDonough
Mulcair
Nash
Priddy
Siksay
Stoffer
Thibault (Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques)
Wasylycia-Leis

Total: -- 28

PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

  (1125)  

[Traduction]

    La Chambre reprend maintenant l'étude des affaires courantes.

Pétitions

Les prêts étudiants  

    Monsieur le Président, je suis heureux de présenter deux pétitions.
    La première est signée par plus de 100 personnes de la vallée du Bas-Fraser, en Colombie-Britannique, y compris des gens de ma circonscription, Burnaby—Douglas, des étudiants de l'Université Simon Fraser et des membres de la congrégation de la St. John's United Church de Vancouver.
    Les pétitionnaires demandent au ministre des Ressources humaines et du Développement social de changer le système des prêts aux étudiants afin d'établir un système fondé sur les besoins, de réduire le taux d'intérêt des étudiants, de nommer un ombudsman des étudiants, d'améliorer les dispositions relatives à l'allégement des intérêts, d'établir des normes pour les agences de recouvrement des prêts étudiants, de réduire la période pendant laquelle les prêts étudiants sont soustraits à la protection de la loi sur les faillites et de tenir compte des recommandations de la coalition pour l'équité des prêts étudiants et d'autres groupes de défense des étudiants.

Les frais d'utilisation des guichets automatiques  

    Monsieur le Président, ma deuxième pétition est signée par de nombreux habitants de Burnaby. Ils soulignent que les banques canadiennes, pendant qu'elles affichent des profits sans précédents de milliards de dollars, font payer les Canadiens lorsqu'ils utilisent leurs guichets automatiques pour déposer, retirer ou transférer leur propre argent.
    Les pétitionnaires demandent au Parlement de modifier la Loi sur les banques afin d'éliminer les frais d'utilisation des guichets automatiques.

Les crimes violents  

    Monsieur le Président, je vais déposer deux pétitions.
    Dans la première, les pétitionnaires demandent au Parlement de mettre en oeuvre une stratégie à trois volets fondée sur l'intervention, la prévention et la responsabilisation afin de lutter contre la violence dans nos collectivités.
    Le Parlement doit intervenir en subventionnant des programmes communautaires et sociaux qui permettront d'empêcher les enfants de s'initier à une vie de violence dans la rue. Le Parlement doit prévenir la violence en collaborant avec ses partenaires provinciaux et municipaux pour mettre en oeuvre des politiques plus strictes de contrôle des armes à feu. Enfin, le Parlement doit tenir responsables les contrevenants qui utilisent des armes à feu et les poursuivre avec toute la rigueur de la loi.

Le secteur manufacturier  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition a été signée par des résidants de toutes les régions de l'Ontario. Ces pétitionnaires prient le Parlement d'élaborer et de mettre en oeuvre un plan d'action visant à protéger les emplois du secteur manufacturier canadien, en consultation avec les intervenants du monde syndical et du milieu des affaires.
    Les emplois manufacturiers sont importants pour l'économie nationale. Au Canada, des milliers de ces emplois disparaissent chaque année.

Les opérateurs de véhicules de transport en commun  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter une pétition signée par des centaines de Canadiens d'un bout à l'autre du Canada. Parmi les pétitionnaires, il y a des membres de la famille ou des voisins de chauffeurs d'autobus ou de travailleurs du secteur des transports en commun, ainsi que des chauffeurs d'autobus et des travailleurs du secteur des transports en commun.
    Compte tenu du nombre croissant d'agressions commises contre les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de véhicules de transport en commun d'un bout à l'autre du pays, on peut dire qu'il s'agit d'une épidémie. Les pétitionnaires demandent donc à la Chambre des communes d'appuyer la mesure législative que j'ai présentée, qui conférerait aux chauffeurs d'autobus et autres opérateurs de véhicules de transport en commun les mêmes protections, en vertu du Code criminel, que celles dont bénéficient les agents de police qui font l'objet d'une agression dans l'exercice de leurs fonctions. Leurs agresseurs s'exposeraient ainsi à des peines beaucoup plus sévères.
    Les chauffeurs d'autobus, les opérateurs de véhicules de transport en commun, leurs familles et leurs voisins demandent au gouvernement et à la Chambre des communes de prendre les mesures nécessaires pour protéger les chauffeurs d'autobus et les opérateurs de véhicules de transport en commun.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Le vice-président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

  (1130)  

[Traduction]

Loi d'exécution du budget et de l'énoncé économique de 2007

    Monsieur le Président, je suis ravi de pouvoir enfin présenter le projet de loi C-28 à l'étape de la troisième lecture.
    Avant de conclure un débat qui est allé au fond des choses, et encore plus ce matin, je tiens à remercier mes distingués collègues qui ont appuyé la motion pour la poursuite du débat sur la mise en oeuvre du projet de loi C-28. Il est important que cette mesure soit adoptée dès que possible.
    Le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui prévoit la mise en oeuvre des mesures fiscales prévues dans l'énoncé économique de l'automne ainsi que les mesures du budget de 2007 qui n'ont pas encore force de loi.
    D'abord, j'aimerais formuler quelques observations au sujet de l'état de l'économie canadienne. Notre économie a affiché une vigueur remarquable au cours de la première moitié de 2007, vigueur qui a appuyé une augmentation des revenus et renforcé la situation financière du gouvernement dans son ensemble et, cela, malgré les difficultés particulières auxquelles sont confrontés certains secteurs de notre économie. Ce qui est plus important encore, c'est que notre économie a donné lieu à une croissance de l'emploi impressionnante. Selon des données sur l'emploi pour le mois de novembre publiées récemment par Statistique Canada, 42 600 nouveaux emplois ont été créés au Canada le mois dernier seulement. Contrairement à ce que certains ont déclaré, il s'agit de bons emplois bien rémunérés.
    Comme Jacquie Douglas, économiste chez Valeurs mobilières TD, le dit en parlant des données sur l'emploi pour le mois de novembre, et je cite:
    La majeure partie de la croissance de l'emploi venait des emplois à temps plein, plutôt qu'à temps partiel [...] et, ce qui est plus important encore, un nombre considérable d'emplois se sont ajoutés dans le secteur privé.
    Jusqu'à maintenant cette année, 388 000 emplois ont été créés au Canada, un nombre plutôt étonnant.
    En termes simples, notre position économique et financière est solide, et nous sommes prêts à relever les défis qui se pointent à l'horizon. Pour reprendre les paroles de Stéfane Marion, économiste à la Banque Nationale du Canada, avec « un ratio emploi-population sans précédent et une répartition plus égale de la création d'emplois entre les régions, l'économie canadienne demeure en bonne position pour absorber le ralentissement qui s'est amorcé aux États-Unis. » 
    Cette position solide a permis à notre gouvernement conservateur d'intervenir de façon proactive à l'égard de deux priorités importantes pour les Canadiens, soit la réduction des impôts et de la dette. En effet, nous prévoyons réduire la dette de 10 milliards de dollars en 2007-2008 et de 3 milliards de dollars annuellement par la suite. On aura donc réduit la dette de plus de 37 milliards de dollars au total depuis 2005-2006. Cela veut dire que le fardeau de la dette fédérale que nous laissons aux générations futures aura été réduit de près de 1 600 $ pour chaque Canadien, ce qui est considérable.
    Par ailleurs, nous avons aussi tenu notre promesse d'allégement fiscal garanti en veillant à ce que les économies d'intérêts attribuables à la réduction de la dette soient remises aux Canadiens sous forme de réductions de l'impôt sur le revenu des particuliers. Grâce au montant additionnel affecté au remboursement de la dette, la valeur totale des réductions de l'impôt sur le revenu des particuliers consenties au titre de l'allégement fiscal garanti augmentera à 2,5 milliards de dollars en 2012-2013.
    La position financière solide du Canada nous a également permis de réduire de 190 milliards de dollars le fardeau fiscal global des particuliers et des entreprises pour le présent exercice et les cinq exercices subséquents. Cela abaissera les impôts payés par les Canadiens à leur plus bas niveau en 50 ans, un exploit remarquable réalisé par le gouvernement conservateur.
    J'aimerais maintenant parler des initiatives contenues dans cette mesure législative qui sont associées à l'énoncé économique présenté cet automne, et je passerai ensuite aux mesures clés prévues dans le projet de loi C-28 qui découlent du budget de 2007.

  (1135)  

    Dans son récent énoncé économique, le gouvernement a présenté des réductions d'impôt générales qui ont réjoui la plupart des Canadiens. John Williamson, de la Fédération canadienne des contribuables, était ravi. Il a dit, en parlant de l'énoncé économique, que celui-ci « dépassait nos attentes [...] ce sont des mesures dont vont bénéficier tous les contribuables au pays ».
    Même les économistes qui font habituellement preuve de réserve se sont montrés très élogieux. Par exemple, Patricia Croft, qui est une économiste chez la société de placement Philips, Hager & North, n'a pu s'empêcher de dire:
    L'ampleur des réductions d'impôt annoncées est tout à fait étonnante [...] il y en a pour tout le monde [...] c'est [...] Noël, Hannoucah et le jour de l'An en même temps. Aujourd'hui, à peu près tout ce qui est vivant a obtenu une réduction d'impôt.
    Qu'est-ce qui a suscité une réaction aussi positive et enthousiaste? Je vais commencer avec la réduction d'un point de pourcentage de la TPS. Cette mesure nous a permis de remplir notre promesse électorale de réduire la TPS à 5 p. 100, mais elle permettra aussi aux contribuables canadiens d'économiser environ 12 milliards de dollars, pour la seule année prochaine. C'est une réduction d'impôt importante dont profiteront directement les Canadiens, chaque fois qu'ils achèteront des produits ou des services assujettis à la TPS.
    Voici des exemples d'économies auxquelles les Canadiens peuvent s'attendre. Un couple qui achète une nouvelle maison de 300 000 $ va économiser presque 4 000 $ en TPS. Une famille qui consacre 10 000 $ à des rénovations sur sa maison va économiser 200 $ en TPS. Une famille qui achète une nouvelle fourgonnette de 30 000 $ va économiser 600 $ au titre de la TPS. Il n'est donc pas surprenant qu'un si grand nombre d'organismes divers aient réservé un accueil aussi favorable à cette mesure.
    Par exemple, l'association Retail BC a déclaré:
     La réduction de la TPS est une bonne nouvelle pour les consommateurs, et aussi pour les détaillants canadiens qui s'efforcent de rendre leurs prix plus compétitifs face à leurs concurrents américains.
    Le directeur général de Tourisme Victoria, Lorne Whyte, est heureux de la réduction de la TPS. Il a dit que cette mesure serait « bonne pour le marché du tourisme au Canada ».
    Même l'ancienne vice-première ministre libérale, Sheila Copps, a vanté notre réduction de la TPS en disant:
    La majorité des Canadiens n'aiment pas la TPS et ils veulent que le gouvernement réduise cette taxe. Les partis politiques qui ne tiennent pas compte de ce consensus le font à leurs risques et périls. Il serait suicidaire pour tout parti d'opposition de faire tomber le gouvernement parce qu'il a réduit la TPS.
    Afin de continuer à aider les Canadiens qui ont un revenu faible ou moyen, le crédit de la TPS sera maintenu à son niveau actuel, ce qui entraînera des retombées annuelles de plus d'un milliard de dollars pour ces personnes.
    L'énoncé économique fait aussi mention d'un allégement fiscal supplémentaire pour les particuliers et les familles. En effet, le montant que les Canadiens peuvent gagner avant de commencer à payer de l'impôt est augmenté à 9 600 $. En outre, cette mesure est rétroactive au 1er janvier. Par ailleurs, ce montant sera encore relevé le 1er janvier 2009, alors qu'il sera porté à 10 100 $. Ces seules mesures se traduiront par un allégement fiscal de 2,5 milliards de dollars cette année et l'an prochain.
     L’énoncé économique propose également de réduire à 15 p. 100 le taux le plus faible d’imposition du revenu des particuliers, une mesure rétrospective au 1er janvier de la présente année d’imposition. Ainsi, cette réduction du taux d’imposition du revenu des particuliers, combinée aux baisses de la TPS annoncées dans l’énoncé économique, signifieront qu’une famille gagnant entre 15 000 et 30 000 $ économisera en moyenne 180 $ en 2008. Les économies moyennes des familles gagnant entre 80 000 $ et 100 000 $ seront de 600 $. Ce sont toujours de bonnes nouvelles pour les contribuables lorsqu’ils apprennent que l’argent retourne là où il doit aller, c’est-à-dire dans leurs poches.
     Ajoutons que l’énoncé économique présente des mesures pour aider les entreprises canadiennes à prospérer. En premier lieu, le projet de loi C-28 propose de réduire à 15 p. 100 le taux général d'imposition d'imposition du revenu des sociétés d’ici 2012. Cette réduction commencera par une baisse de 1 p. 100 en 2008, en sus des baisses déjà planifiées qui ont été annoncées précédemment. En outre, le projet de loi ramène aussi à 11 p. 100 le taux d’imposition des petites entreprises en 2008, c’est-à-dire une année plus tôt que prévu.

  (1140)  

     Grâce à ces baisses d’impôt, nous maintiendrons l’impôt sur le revenu des sociétés sur une trajectoire descendante pendant cinq ans pour mieux mousser la croissance économique, créer encore plus d’emplois et fournir à l’entreprise l’environnement prévisible dont elle a besoin pour faire de la planification économique. Ce sont des mesures proactives, rigoureuses et propres à assurer la prospérité économique au Canada, de bonnes mesures pour le Canada introduites en temps opportun.
     D’ailleurs, la Chambre de commerce du Canada n’a pas manqué de les louanger les qualifiant de mesures tout à fait dans la foulée de ce qu'elle avait proposé au nom de ses membres.
     La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante s’en est réjouie, affirmant qu’elles étaient vraiment encourageantes, car elles envoyaient un signal fort à l’entreprise.
     L’économiste en chef de la Banque royale du Canada, monsieur Craig Wright, a déclaré qu’elles allaient dans le sens des perspectives de croissance positive que devrait connaître l’économie canadienne.
     Finn Poschmann de l’Institut C.D. Howe a fait simplement remarquer que c’était magnifique.
     Avec ces réductions, nous aurons établi le taux d'imposition le plus faible du G7 sur les nouveaux investissements des entreprises d'ici 2011 et le taux le plus faible d'imposition des principaux pays industrialisés sur le revenu des sociétés d’ici 2012, un autre accomplissement remarquable du gouvernement conservateur actuel.
     J’ai rappelé au début que le projet de loi C-28 proposait de nombreuses mesures fiscales exceptionnelles tirées du budget de 2007, mais non incluses dans la première loi d'exécution du budget adoptée par le Parlement le printemps dernier.
     Le manque de temps m’empêche de passer en revue chacune des ces mesures, mais je ferai remarquer que le projet de loi C-28 comprend notamment des dispositions pour éliminer l’impôt sur le revenu sur les bourses d’études aux niveaux primaire et secondaire, porter à 750 000 $ l’exonération cumulative des gains en capital pour les propriétaires de petites entreprises, les agriculteurs et les pêcheurs, hausser le pourcentage déductible des frais de repas des conducteurs de grands routiers, proroger le crédit d’impôt pour exploration minière, alléger le fardeau administratif des petites entreprises en réduisant la fréquence des versements et des déclarations d’impôt sur le revenu, encourager les entreprises à créer des places en garderie par le biais d’un crédit d’impôt à l’investissement, ne pas inclure dans le calcul du revenu imposable les sommes versées à des athlètes non-résidents aux prochains Jeux de 2012 à Vancouver et mettre en place la nouvelle prestation fiscale pour le revenu de travail et le régime enregistré d’épargne-invalidité.
     Ce sont ces deux dernières mesures que j’expliquerai davantage aux Canadiens. Ce sont deux initiatives progressistes et humaines qui montrent clairement comment le gouvernement conservateur entend aider les Canadiens les plus vulnérables tout en gérant prudemment l’économie.
     Commençons d’abord par la prestation fiscale pour le revenu de travail. Cette mesure a été qualifiée par le Caledon Institute of Social Policy d’ajout bienvenu à la politique sociale canadienne, un maillon manquant depuis longtemps dans le système canadien de la sécurité du revenu.
     Le rapport de Centraide du Grand-Toronto lui aussi en a fait l’éloge, la qualifiant de changement positif propre à améliorer la situation des familles à faible revenu.
     Pourquoi ces accolades? C’est à cause de l’importante contribution que ferait cette initiative pour aider les Canadiens à faible revenu à échapper au prétendu piège de l’aide sociale. Le piège de l’aide sociale fait allusion au fait que, pour beaucoup trop de Canadiens à faible revenu, accepter un emploi peut signifier être pénalisé financièrement.
     Par exemple, une personne à la tête d’une famille monoparentale qui accepte un emploi peu rémunéré risque de perdre une grande partie de chaque dollar gagné en impôt et en soutien de revenu réduit. De plus, les bénéficiaires de l’aide sociale risquent aussi de perdre des avantages en nature tels qu'un logement subventionné et la prise en charge des médicaments prescrits.
     La prestation fiscale pour le revenu de travail se traduira par une aide allant jusqu’à 500 $ pour une personne et 1 000 $ pour une famille. Elle récompensera et encouragera le travail pour quelque 1,2 million de Canadiens à faible revenu et les aidera à se tirer du piège de l’aide sociale.
     Arrêtons-nous un moment sur le régime enregistré d’épargne-invalidité. Notre gouvernement conservateur reconnaît à quel point il est important pour les parents et les grands-parents d’un enfant atteint d’un grave handicap de voir à ce que la sécurité financière de cet enfant soit assurée le jour où ils ne seront plus en mesure de l’aider.

  (1145)  

     En 2006, le ministre des Finances a chargé un comité d’experts d’étudier la question et de formuler des recommandations. Les mesures proposées dans le projet de loi C-28 donnent suite aux recommandations de ce comité en instituant un nouveau régime enregistré d’épargne-invalidité. Fondée en grande partie sur la structure du régime enregistré d’épargne-études, ce nouveau régime aiderait notamment les parents à économiser en vue d’assurer la sécurité financière de personnes lourdement handicapées.
     J’espère que tous les députés comprennent la portée de ces efforts pour aider les Canadiens handicapés. J’espère aussi qu’ils délaisseront leur position partisane typique pour au moins indiquer leur appui à cette mesure.
     Certains députés y verront peut-être simplement un autre programme gouvernemental, mais c’est beaucoup plus. Ceux qui comprennent réellement l’impact que cette mesure aura savent qu’elle est extrêmement importante.
     Plus tôt cette année, on a pu lire dans un éditorial du Vancouver Province, « le grand bien que fera cette mesure ne se calcule pas en dollars et en cents. »
     D’ailleurs, Al Etmanski de l’organisation Planned Lifetime Advocacy Network a dit dans une entrevue radiodiffusée que l’annonce de cette mesure « me tire des larmes. Je pense que cela nous touche beaucoup, pas juste personnellement, parce que nous avons compris ce qu’elle signifie pour la population, pour les familles. »
     Le projet de loi C-28 a une portée considérable car il traite de toute une variété de dossiers et s’attaque à un grand nombre de difficultés, mais il vise avant tout à promouvoir un Canada meilleur, un Canada plus prospère, un Canada où nous serons encore plus heureux d’habiter et de laisser à nos enfants et à nos petits-enfants. Pour ce faire, nous ne pourrons toutefois pas nous croiser les bras et nous reposer sur nos lauriers.
     Comme le disait le poète anglais Percy Bysshe Shelley, « rien ne flétrit plus vite que les lauriers sur lesquels on se repose. »
     Il est temps d’aller de l’avant et de bâtir sur nos réalisations, et c’est justement ce que permet de faire le projet de loi C-28. C’est pourquoi j’invite la Chambre à adopter rapidement la mesure législative proposée.
    Monsieur le Président, la création de 388 000 emplois est toujours une excellente nouvelle, mais je suis persuadé que le député est au courant des préoccupations exprimées tous les jours par un certain nombre de députés, surtout ceux du NPD et du Bloc, au sujet du secteur manufacturier et du nombre considérable de pertes d'emplois qu'il subit actuellement.
    Premièrement, quels sont les secteurs qui créent de l'emploi? Deuxièmement, les travailleurs et les entreprises du secteur manufacturier peuvent-ils s'attendre à ce que le gouvernement leur propose une stratégie, un plan de protection de leurs emplois et de promotion de ce secteur afin d'y stimuler la croissance de l'emploi? Si oui, quand?
    Monsieur le Président, je pense que le gouvernement a été très transparent dans ses rapports avec toutes les industries. Nous ne voulons pas décider qui seront les gagnants et les perdants. Nous mettons simplement en oeuvre des mesures fiscales et des réductions d'impôt qui profitent à toutes les industries à la grandeur du Canada.
    En fait, nous reconnaissons la situation particulière du Nord. Nous réalisons qu'il s'agit d'une région défavorisée qui n'a pas eu l'occasion de rattraper son retard. Notre gouvernement est vraiment le premier à reconnaître le potentiel de cette région et c'est pourquoi, par l'entremise de notre ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien et de son secrétaire parlementaire, nous ne ménageons aucun effort pour en faire la promotion.
    Il est intéressant de constater que c'est justement le député du NPD qui pose cette question. En effet, si je ne me trompe, c'est son parti qui a appuyé le dernier budget du gouvernement libéral précédent. J'aimerais citer les propos d'un représentant des Manufacturiers et exportateurs du Canada au sujet du dernier budget libéral adopté avec l'appui du NPD: « C'est un exemple flagrant d'occasion manquée. »
    Il parlait du dernier budget libéral et, au cas où je ne l'aurais pas mentionné, ce budget a été appuyé par le NPD. En fait, je pense l'avoir déjà mentionné. Le représentant des Manufacturiers et exportateurs du Canada ajoutait que: « Ce budget ne contient aucune mesure permettant de protéger la base industrielle du Canada. Les manufacturiers estiment que leurs demandes ne sont pas prises au sérieux. »
    Je n'en reviens tout simplement pas que le député puisse prendre la parole pour demander des comptes au gouvernement conservateur sur ce qu'il a fait pour les industries, alors que le budget des libéraux et des néo-démocrates ne faisait absolument rien pour elles, que les industries elles-mêmes reconnaissaient qu'il ne contenait aucune mesure pour les aider. On peut imaginer que si les mesures appropriées avaient été prises à cette époque, nos industries seraient aujourd'hui en meilleure position pour affronter la concurrence.
    La déduction pour amortissement accéléré mise en oeuvre par le ministre des Finances représente un investissement de 1,3 milliard pour aider l'industrie.

  (1150)  

[Français]

    Monsieur le Président, le député vient évidemment de faire — comme ses collègues le font souvent de ce côté-là de la Chambre — l'éloge de la vision du gouvernement conservateur, qui vise principalement à mettre plus d'argent dans les poches de celles et ceux qui en ont déjà. On ne peut pas critiquer les gens qui en ont. Or ils en ont déjà, et les facteurs que l'on tente d'améliorer sur le plan des mesures fiscales et l'encouragement à la consommation bénéficient évidemment directement à ces gens.
    Il y a une couche très importante de notre société que sont nos aînés. Nous savons que ceux et celles, parmi eux, qui reçoivent uniquement la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti sont sous le niveau de ce qu'on appelle le « faible revenu », un euphémisme pour « pauvreté ».
    À quand des mesures très pratiques, très concrètes pour accorder un revenu à ces gens qui n'ont rien d'autre, afin de les amener au-dessus du seuil de la pauvreté? À quand la reconnaissance du fait que des aînés, au fil des années, ont été malheureusement floués parce qu'ils n'étaient pas au courant du Supplément de revenu garanti et d'une rétroactivité digne de ce nom, alors que lorsqu'on était de ce coté-ci de la Chambre on était en faveur de ces mesures? Ce sont deux questions très simples. Quand va-t-on vraiment aider nos aînés et leur permettre de vivre dans la dignité?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée a pris la parole à la Chambre pour poser des questions dans l'intérêt de ses électeurs, et je comprends donc que ce sujet lui tient à coeur.
    Durant la période des questions le ministre a parlé à maintes reprises de l'aide qu'accorde le gouvernement actuel aux aînés et aux personnes à faible revenu. Dans mon discours, j'ai formulé plusieurs commentaires au sujet de la prestation fiscale pour les revenus gagnés qui vise les personnes en mesure de retourner au travail, et du régime d'épargne visant les personnes handicapées incapables de travailler. Si ces mesures se concrétisaient, ce serait une première. Pour répondre plus précisément à la question de la députée, je souligne que nous avons prévu le fractionnement du revenu pour les aînés.
    Les avantages fiscaux prévus dans le projet de loi C-28 doivent être approuvés par la Chambre le plus rapidement possible puisque les Canadiens sont impatients d'en profiter. Les économies d'impôt promises aux Canadiens seront rétroactives pour l'ensemble de l'année 2007.
    Il est évident d'après les observations des députés néo-démocrates qu'ils cherchent à ralentir cette mesure législative, alors que bon nombre d'entre nous aimeraient bien rentrer à la maison auprès de nos familles pour Noël. Nous savons tous quelles sont les positions que chaque parti adoptera à ce sujet.
    Nous avons débattu la question durant des heures. Nous comprenons quels sont les avantages pour les Canadiens. J'invite mes collègues à répondre aux attentes de leurs électeurs, c'est-à-dire à leur venir en aide. C'est justement ce que vise cette Loi d'exécution du budget et de l'énoncé économique.

  (1155)  

[Français]

    Monsieur le Président, cet Énoncé économique ne prévoit absolument rien pour aider l'industrie manufacturière, malgré des recommandations unanimes émises il y a plus d'un an par le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Parmi ces recommandations, deux étaient particulièrement intéressantes. La première visait un amortissement accéléré pour les équipements en vue de permettre aux entreprises d'augmenter leur productivité. L'autre proposait de rendre remboursables les crédits d'impôt en matière de recherche et développement pour permettre aux entreprises d'obtenir immédiatement les fonds dont elles auraient besoin.
    Le gouvernement nous répond que ces mesures sont trop coûteuses. Or, il ne s'agit pas de dépenses fiscales pour le gouvernement, puisque ce sont en fait des impôts différés dans le temps. Pour ce qui est de cet amortissement plus rapide des investissements, évidemment, au moment où l'on amortit cet équipement, on paie moins d'impôt, mais une fois l'amortissement terminé, on paiera plus d'impôt, cet impôt qu'on aurait dû payer plus tôt. C'est la même chose pour les crédits d'impôt remboursables en recherche et développement. Si on les demande maintenant, alors qu'on ne fait pas de profit, cela représente bien sûr une dépense pour le gouvernement. De toute manière, cette dépense fiscale aurait été occasionnée au moment où l'entreprise aurait fait des profits et aurait réclamé ces crédits.
    On se retrouve donc dans une situation où, finalement, ces deux mesures mises en avant par le Bloc québécois, et appuyées à l'unanimité par les députés membres du Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie, représentent un faible coût. Cela permettrait de donner aux entreprises en difficulté les liquidités dont elles ont besoin pour passer au travers de la crise manufacturière et de la crise forestière.
    Le gouvernement a plutôt décidé de consacrer tout son argent à des baisses d'impôt dont seules les compagnies qui se portent bien pourront profiter.
    Voici donc ma question que j'adresse au secrétaire parlementaire. Est-il conscient, sait-il, peut-il dire à cette Chambre qu'il a bien pris acte que ces deux mesures spécifiques ne sont en fait que des impôts différés dans le temps et qu'on ne demande pas de cadeau particulier pour l'industrie manufacturière?

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon collègue d'en face et moi-même avons discuté de ces questions au Comité des finances. Je m'intéresse au plus haut point aux recommandations des témoins qui comparaissent devant le comité. Ces recommandations nous tiennent évidemment à coeur.
    Le comité accueille divers points de vue. Je pense tout particulièrement aux représentants d'un secteur industriel du Québec qui ont déclaré qu'il nous fallait un dollar à 0,70 ¢ pour être concurrentiels. Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire qu'aucun plan d'affaires ne devrait être fondé sur l'hypothèse d'un dollar à 0,70 ¢.
    Je dois toutefois rappeler à mon collègue que la disposition concernant l'amortissement accéléré que nous avons prévue permet des investissements dans bon nombre d'industries, ce qui assure la création d'un plus grand nombre d'emplois dont j'ai parlé plus tôt dans mon discours.
    Il est certain que ces emplois sont en évolution, tout comme il y a du changement dans nos vies et dans chaque industrie. Les emplois que nous avons créés en aidant des industries à être concurrentielles sur le plan international sont des emplois bien rémunérés. Ce ne sont pas des emplois à faible valeur. Nous visons donc, par la mise en oeuvre de cette mesure, à faire en sorte que le Canada devienne la région du G7 où le fardeau fiscal d'ensemble est le plus faible.

  (1200)  

    Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C-28, la loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé par le gouvernement conservateur en mars 2007 et de certaines dispositions de l'énoncé économique, ou minibudget, déposé en octobre dernier.
    Les conservateurs forment le gouvernement depuis maintenant presque deux ans et, à part reprendre des idées et des initiatives qui ont vu le jour sous le gouvernement libéral et se plaindre du bilan de ce dernier au cours des 13 années qui ont précédé leur arrivée au pouvoir, ils n'ont pas proposé grand chose en terme de vision ou d'orientation pour notre vaste pays. En fait, pour reprendre leur propre expression, ils ne livrent simplement pas la marchandise, et ce projet de loi l'illustre bien. Il comporte de nombreuses lacunes, et, dans un instant, je vais tenter de résumer brièvement certaines de mes préoccupations.
    Mais d'abord, j'aimerais commenter l'un des éléments positifs du projet de loi C-28, la loi d'exécution du budget et du minibudget. Il s'agit du fait que les conservateurs vont rétablir les baisses d'impôt que notre gouvernement avait consenties aux particuliers en 2005, faisant passer le taux de base de 15,5 p. 100 à 15 p. 100. Les députés conservateurs se sont défendus d'avoir augmenté l'impôt des particuliers dans leurs budgets. Or, ils reconnaissent maintenant que c'est ce qu'ils ont fait et, avec le projet de loi C-28, ils réduiront à nouveau l'impôt des particuliers au Canada.
    Lorsque le gouvernement fédéral décide de réduire l'impôt des particuliers, ce qui est louable de temps à autres, il doit maintenir l'équilibre fragile entre la réduction des impôts et la nécessité d'investir dans notre avenir. À mon avis, ce n'est pas ce que fait le gouvernement, mais s'il tient quand même à réduire les impôts, alors il devrait réduire l'impôt sur le revenu des particuliers, et non la TPS.
    Des économistes de tout le pays ont affirmé que réduire les taxes à la consommation comme la TPS était une mauvaise politique économique. Bien entendu, le Parti conservateur a fait campagne en promettant de faire passer la TPS de 7 à 5 p. 100. Il l'a fait passer de 7 à 6 p. 100 et maintenant, le projet de loi C-28 propose de la réduire encore davantage en la faisant passer de 6 à 5 p. 100.
    Le coût de la mise en oeuvre de cette initiative pour chaque point de pourcentage est d'environ 5,5 milliards de dollars par année. Donc, il en coûtera 11 milliards de dollars par année, de façon permanente, pour faire passer la TPS de 7 p. 100 à 5 p. 100, et la capacité fiscale du gouvernement fédéral en sera d'autant diminuée. Ce serait parfait si le gouvernement ne devait pas, pour répondre aux besoins des Canadiens, investir, établir des programmes et les financer.
    Je vais tout d'abord parler de l'infrastructure nationale, qui est dans une situation de déficit énorme. Nous devons commencer à nous attaquer au problème. En fait, certaines organisations compétentes ont estimé que le déficit en matière d'infrastructure nationale s'élève à environ 120 milliards de dollars. C'est le genre d'investissement que nous devons faire pour mettre à jour nos systèmes d'égouts, nos aqueducs, nos ponts, nos routes, nos ports et nos aéroports, bref, toute l'infrastructure essentielle pour la sécurité des Canadiens et pour la compétitivité du Canada sur la scène internationale. Plus nous attendons, plus les coûts augmentent.
    À mon avis, au lieu de faire passer la TPS de 6 p. 100 à 5 p. 100, nous devrions utiliser ces 5,5 milliards de dollars pour commencer à régler le déficit en matière d'infrastructure en collaboration avec les provinces et les municipalités. Ce serait beaucoup plus sage que ce que propose le projet de loi C-28.

  (1205)  

    Par contre, le vote sur le projet de loi C-28 est un vote de confiance. Si nous rejetons le projet de loi, il y aura des élections fédérales et je ne crois pas que ce soit ce que les Canadiens souhaitent. Par conséquent, il se peut que nous soyons forcés de donner notre aval.
    Bien que le projet de loi d'exécution du budget soit le reflet du budget et du minibudget, il n'offre ni vision, ni orientation pour le Canada.
    J'ai parlé de l'infrastructure, mais qu'en est-il de l'accord de Kelowna? Le projet de loi ne prévoit aucun fond à cet égard. Les Autochtones du Canada ont des besoins criants. Notre ancien premier ministre, le député de LaSalle—Émard, a rencontré des chefs autochtones et d'autres intervenants pendant notre dernier mandat et avait décidé d'investir dans les écoles, les hôpitaux et l'infrastructure de base qui font cruellement défaut aux Autochtones. Qu'est-ce que le gouvernement conservateur a fait? Son budget ne contient pas le financement de 5 milliards de dollars sur un certain nombre d'années qui avaient été promis aux Autochtones.
    Le budget ne prévoit rien non plus pour les accords sur les garderies, que notre gouvernement libéral avait négociés. Ces accords auraient créé de véritables places dans les garderies du Canada afin que les travailleurs puissent continuer de répondre aux besoins de leurs enfants sans se ruiner. Le budget fait complètement abstraction de ces accords.
    Je ne vois rien dans la Loi d'exécution du budget qui réponde réellement à;a nécessité pour le Canada d'être concurrentiel à l'échelle mondiale, d'investir dans la recherche et le développement et d'innover. Le monde évolue rapidement. Des pays tels que le Brésil, l'Inde et la Chine connaissent une expansion fulgurante, et il faut espérer que cette expansion s'effectuera de manière durable. Des emplois qui se trouvaient autrefois au Canada, aux États-Unis ou en Europe se retrouvent maintenant à des endroits comme Bangalore, en Inde, à Shanghai, en Chine, ou encore au Brésil.
    On assiste a un exode des emplois vers ces pays où le coût de la main-d'oeuvre est beaucoup moins élevé. Ce phénomène, appelé délocalisation ou externalisation, constitue une tendance irrépressible. C'est une réalité avec laquelle il nous faut composer. Pour ce faire, nous devons, en tant que nation, perfectionner notre main-d'oeuvre; celle-ci est déjà hautement qualifiée, mais nous pouvons faire mieux. Nous pouvons nous doter d'une main-d'oeuvre encore plus scolarisée et plus qualifiée et chercher activement à tirer profit des débouchés à valeur ajoutée qui existent déjà. Les entreprises essentiellement primaires ne mèneront plus autant leurs activités au Canada, mais plutôt dans des pays tels que l'Inde et la Chine.
    Je n'ai pas vu grand-chose dans les deux derniers budgets qui ferait du Canada un pays innovateur et axé sur la recherche et qui lui permettrait de se doter d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée et scolarisée. Le projet de loi C-28 ne prévoit à peu près rien dans ce sens, et c'est une grave omission.
    Des membres de mon caucus ont rencontré, il y a quelque temps, les responsables du projet MaRS à l'Université de Toronto. Cet organisme sert de trait d'union entre la recherche universitaire et les sociétés qui la commercialisent, en en faisant une activité de développement économique au Canada. C'est un projet vraiment formidable.
    Nous avons également rencontré des professeurs de l'Université de Toronto qui sont venus des États-Unis précisément en raison de l'environnement propice à la recherche que le gouvernement libéral précédent a créé au Canada en investissant dans les chaires de recherche, dans la Fondation canadienne pour l'innovation, dans les Instituts de recherche en santé du Canada et dans les coûts indirects liés à ces activités de recherche fédérale.
    Nous avons renversé l'exode des cerveaux créé avant notre arrivée au pouvoir, et cela n'a pas été une sinécure. Nous avons entrepris de réinvestir beaucoup dans la recherche et le développement, une fois les problèmes financiers du pays réglés. Les professeurs avec qui nous nous sommes entretenus ont mentionné l'environnement très propice à la recherche qu'on trouve chez nous et qui les a attirés au Canada.

  (1210)  

     Malheureusement, sous le gouvernement conservateur, les investissements dans ces initiatives ont ralenti. Cela crée au Canada un climat qui n’est plus aussi propice à la recherche qu’avant. Nous risquons de perdre nos chercheurs au profit des États-Unis et de l’Europe et, en fait, de perdre certains de nos chercheurs qui sont revenus au Canada parce que nous avions créé des conditions très favorables pour la recherche.
     Si cela arrivait, ce serait un triste jour pour le Canada après tout le travail qui a été fait sous le gouvernement libéral. Notre avenir dépend de notre capacité d’innover, de nous orienter vers la recherche et d’être à la fine pointe de la technologie, car c’est là que se trouve notre avenir.
     Même si l’économie du Canada repose encore en grande partie sur nos ressources naturelles, elle a largement changé de cap. Elle s’est réorientée en partie dans des domaines comme la biotechnologie, les télécommunications, les technologies de l’information et le secteur des services. Nous devons reconnaître l’importance de notre économie fondée sur les ressources naturelles. En fait, une bonne partie de la haute technologie est implantée dans notre secteur des ressources naturelles. Nous devons nous prévaloir de ces nouvelles économies et de ces nouveaux débouchés. La seule façon de le faire est d’investir dans la recherche, l’innovation et une main-d’oeuvre bien formée, mais je ne vois pas beaucoup d’investissements de ce genre dans ce budget.
     Comme je l’ai dit, nous devons améliorer l’infrastructure et construire davantage de réseaux de transport en commun. La ville dans laquelle je vis et je représente une circonscription est la ville de Toronto. Nous pouvons constater les effets de l’étalement urbain, d’un trop grand nombre d’automobiles et de l’insuffisance des transports en commun. La qualité de l’air en souffre. Il nous faut davantage d’investissements dans les transports en commun. Nous devons faire face à l’étalement urbain et créer les densités démographiques qui permettront d’investir davantage dans le transport en commun. Je ne vois pas grand-chose de positif à cet égard dans le budget.
     Il y a aussi d’autres problèmes auxquels le gouvernement n’accorde pas beaucoup d’attention. De nombreuses fraudes commerciales sont commises par des gens qui profitent des investisseurs peu avertis ou du laxisme de notre fiscalité et de la réglementation concernant l’investissement dans les valeurs mobilières.
     Notre gouvernement a mis sur pied des équipes intégrées de la police des marchés financiers qui devaient inclure à la fois des policiers et des avocats pour poursuivre ceux qui commettent des fraudes sur le marché boursier et qui escroquent les investisseurs au moyen d’habiles stratagèmes. En réalité, ces équipes intégrées ne sont jamais vraiment entrées en action. Elles ne font pas grand-chose. Le gouvernement actuel devrait consacrer davantage de ressources à cette initiative. Là encore, je ne vois rien dans le projet de loi C-28 pour mettre en oeuvre cette mesure.
     Nous avons au Canada de nombreuses personnes âgées qui investissent par l’entremise de leur régime de retraite ou directement. Nous constatons les effets des hauts et des bas du marché boursier. Je pense que c’est parce que de nombreux courtiers multiplient les opérations abusivement. Nous n’avons pas de véritable organisme indépendant qui peut faire des recherches, agir et examiner ces questions. À mon avis, nous devrions faire plus pour protéger les petits investisseurs.
     Le Comité permanent de la sécurité publique et nationale a publié un rapport.

[Français]

    En mai 2007, nous avons produit un rapport intitulé « Les produits contrefaits au Canada -- Une menace pour la sécurité publique ». Ce rapport a été rédigé par le Comité permanent de la sécurité publique et nationale.

[Traduction]

     Quelques semaines plus tard, ce rapport a été suivi d’un rapport du Comité permanent de l’industrie renfermant lui aussi un certain nombre de recommandations sur le fléau que représentent la contrefaçon et le piratage de produits au Canada. Notre pays est devenu tristement célèbre, — j’allais dire célèbre tout court, mais tristement célèbre est plus approprié — dans le monde pour le piratage et la contrefaçon de produits.
     On a adopté une loi l’an dernier pour contrer le piratage de films. Ce genre de piratage se fait dans les salles de cinéma par des gens munis d’une caméra vidéo qui enregistrent clandestinement des films et les produisent en masse pour les écouler sur le marché. Malgré cette loi, je reste convaincu que cette activité se poursuit encore à l’occasion à l’heure actuelle.
     Le Comité permanent de la sécurité publique et nationale s’est penché sur les produits de contrefaçon qui sont sources de risques pour la sécurité et la santé des Canadiens. Nous avons appris par les journaux l’existence de dentifrices contrefaits qui nous arrivent d’outre-mer. Je regrette de le dire, mais il s'agissait de la Chine. La Chine fait beaucoup de contrefaçon. Il faut bien l’admettre. On trouve des tubes de dentifrice contenant de la sciure ou quelque chose d’approchant, mais pas de dentifrice du tout.
     On trouve aussi, toujours en provenance de Chine, mais aussi d’autres pays malheureusement, des produits pharmaceutiques qui contiennent autre chose que ce que les comprimés ou les pilules sont censés contenir. Les gens se fient à ces pilules ou à ces comprimés pour traiter une maladie ou une infection sans savoir qu’ils ne renferment pas les ingrédients attendus, mais des colorants alimentaires ou d’autres composés.
     Certains produits électriques entrent dans notre pays portant le sceau contrefait de l’Association canadienne de normalisation, sceau qui sert à indiquer aux consommateurs que lesdits produits répondent aux normes de l’association alors qu’en réalité, ils sont de qualité inférieure. Pire, ils présentent parfois des risques pour la population. Naguère, les marchés aux puces étaient les seuls endroits où on pouvait se procurer ce genre de produits, mais la vérité, c’est que maintenant on les trouve dans d’autres établissements de vente au détail, comme les magasins à un dollar, et ainsi de suite. Des rallonges et d’autres produits électriques peuvent présenter des risques graves pour la sécurité des gens. Ils peuvent provoquer des courts-circuits, causer des incendies ou simplement mettre le feu. Parce qu’on les importe de Chine à peu de frais, ils offrent des marges bénéficiaires fort alléchantes, et les sanctions sont minimes. Le crime organisé redouble d’activité sur le marché de la contrefaçon et du piratage des produits.
     Le gouvernement doit réagir énergiquement aux rapports du Comité permanent de l’industrie et du Comité permanent de la sécurité publique et nationale en adoptant des mesures législatives pour renforcer les sanctions prévues actuellement. Nous devons également confier à l’Agence des services frontaliers du Canada la mission et le mandat de procéder à des fouilles et à des saisies dans le respect des lois canadiennes et à détruire les fruits de la contrefaçon et du piratage.
    Mis à part la référence faite aux droits de propriété intellectuelle dans le discours du Trône, je ne vois rien dans le budget, le minibudget ou le projet de loi C-28 qui s'attaque à ces problèmes grandissants au Canada.
    Je ne vois rien dans le projet de loi C-28 qui indique que le gouvernement reconnaît l'erreur qu'il a faite en imposant les fiducies de revenu. Je ne vois rien qui porte à croire qu'il a rétracté sa position à ce sujet. C'est bien beau de dire que sa position est ferme et qu'il n'en démordra pas, mais si sa position n'est pas la bonne, il ne devrait pas s'entêter.
    Nous savons qu'il fallait faire face à la question des fiducies de revenu, parce qu'elles n'étaient pas censées servir de stratagème d'évitement fiscal dans le secteur industriel. Elles ont été conçues dans un but très précis, soit à l'intention des sociétés d'énergie et des compagnies de construction-aménagement. Toutefois, ce qu'on reproche aux conservateurs, c'est la façon dont ils s'y sont pris avec les fiducies du revenu, après avoir promis de ne pas les imposer. Les gens se sont fiés à cet engagement et ont investi, et ils se sont fait avoir, perdant 25 milliards de dollars en capitalisation boursière. Je ne vois rien dans le projet de loi C-28 à cet égard.

  (1215)  

    Je ne vois rien dans le projet de loi C-28 qui traite de la décision irréfléchie du gouvernement d'éliminer la déductibilité des intérêts des sociétés. Je n'ai pas le temps de m'étendre sur ce sujet maintenant. Nous savons qu'il fallait faire quelque chose dans le cas de ceux qui déduisaient leurs intérêts au Canada et qui touchaient un revenu non imposable à l'étranger, mais nous n'avions pas besoin des conséquences imprévues de cette décision.
    Je pense que c'est un projet de loi qui comporte des lacunes, mais malheureusement, s'il est rejeté, cela provoquera des élections générales, alors je n'ai rien à ajouter.

  (1220)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec intérêt les propos de mon bon ami sur le projet de loi. Il a fait des commentaires sur le Comité de la sécurité publique, auquel nous siégeons tous les deux. Je profite de l'occasion pour le féliciter, lui et les membres de son parti, de leur remarquable sens de la collaboration. Si le comité fonctionne bien, c'est grâce à l'attitude véritablement parlementaire qui l'anime.
    Pour en revenir à certains de ses commentaires au sujet de la période pendant laquelle son parti a été au pouvoir, soit 13 ans, et la courte période pendant laquelle le gouvernement actuel a été en place, j'aimerais lui poser quelques questions.
    Lui qui est comptable, ne conviendrait-il pas que réduire, en quelques années, la dette nationale par habitant de près de 1 600 $ constitue une bonne mesure sur le plan financier?
    N'est-ce pas une bonne décision financière que d'avoir les impôts des sociétés les plus bas du G7 afin de favoriser l'investissement de capitaux pour créer le type d'industries dont nous avons besoin et le genre d'économie du savoir à laquelle il a fait allusion?
    Ne dirait-il pas que c'est une excellente idée de réduire l'impôt sur le revenu des particuliers à son niveau le plus bas depuis une cinquantaine d'année?
    Ne dirait-il pas que le fait que nous ayons le taux d'emploi le plus élevé en 32 ans est le résultat d'une très bonne gestion financière?
    Est-ce que ce ne sont pas certains des éléments positifs que nous avons vus dans ce budget et dans le budget précédent qui ont mis le Canada en meilleure situation financière que jamais? Deux ans, n'est-ce pas justement bien court pour avoir accompli tout cela?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue de Northumberland—Quinte West pour dire que le Comité permanent de la sécurité publique et nationale est un modèle de non-partisanerie pour tous les comités. Le député d'en face a défendu ardemment plusieurs mesures sur lesquelles nous nous entendons tous, notamment la lutte contre les produits contrefaits et une loi antiterroriste. Je l'en remercie.
    Je suis d'accord avec le député sur certains points, mais pas pour dire que le gouvernement a innové en deux ans.
    En ce qui concerne la réduction de la dette nationale, c'est le gouvernement libéral qui a été le premier à agir. Lorsque nous avons pris le pouvoir en 1993, nous faisions face à un déficit annuel de 42 milliards de dollars. Ce déficit a été éliminé en trois ans seulement, puis nous nous sommes attaqués à la réduction de la dette. À la fin de notre mandat, notre gouvernement avait versé quelque 55 milliards de dollars au titre du remboursement de la dette, ce qui a fait épargner, continue et continuera de faire épargner annuellement 3 milliards de dollars au Trésor. Je suis ravi de voir que le gouvernement conservateur emprunte la même voie et qu'il continue de rembourser la dette.
    En ce qui concerne les réductions de l'impôt des sociétés, je suis d'accord avec le député pour dire qu'il est bon que le taux d'imposition des sociétés soit bas. Cela attire des investissements au Canada et, par voie de conséquence, y crée des emplois.
    Monsieur le Président, j'aimerais savoir ce que le député pense à certains égards.
    En Colombie-Britannique, on nous dit que l'économie est prospère et que tout va bien. Pourtant, il suffit d'observer ce qui se passe pour constater que nous avons le taux de pauvreté chez les enfants le plus élevé au Canada. La confusion règne dans les services de soins aux aînés. Nous avons des problèmes avec le système de soins de santé et il n'y a pas de vaste programme pour des places en garderie abordables.
    À l'échelle nationale, le gouvernement accumule un excédent budgétaire, alors que nous n'avons pas de programme national de logement abordable. Les étudiants sont en difficulté et font des pieds et des mains pour ne pas trop s'endetter pendant leurs études universitaires. Le système de soins de santé bat de l'aile. Nous n'avons pas de système d'assurance-médicaments pour venir en aide aux aînés. L'infrastructure dans nos collectivités rurales est en décrépitude. Pourtant, on parle de réductions de l'impôt des sociétés, d'un excédent de plus de 14 milliards de dollars et de réductions de la TPS.
    J'aimerais savoir ce que le député pense de ces aspects de la situation au Canada.

  (1225)  

    Monsieur le Président, j'ai vécu en Colombie-Britannique pendant 12 ans et une partie de moi s'y trouve toujours. Les problèmes, défis et occasions qui existent en Colombie-Britannique se retrouvent partout au pays.
    Je suis tout à fait d'accord avec le fait qu'il faut investir dans les infrastructures. Réduire la TPS constitue, selon moi, une mauvaise affectation des ressources du gouvernement fédéral à un moment où nous avons besoin de ces investissements dans les infrastructures.
    Notre chef a récemment proposé notre plan 30-50 anti-pauvreté. Il y a quelques années, cette Chambre a voté à l'unanimité en faveur de la réduction de la pauvreté chez les enfants et nous n'avons pas fait beaucoup de progrès. Notre parti s'est engagé à s'attaquer à la pauvreté chez les enfants dès qu'il formera le prochain gouvernement.
    Quant au logement abordable, l'ancien gouvernement libéral avait conclu des ententes avec la majorité des provinces. Dans ma province, l'Ontario, il y avait l'Entente Canada-Ontario concernant le logement abordable, constituée de deux parties. L'une portait sur l'investissement dans de nouvelles unités de logement. Pour les gens de ma circonscription, il ne s'agit pas tant de disposer de nouvelles unités de logement, mais de disposer d'unités abordables afin qu'ils n'aient pas à consacrer de 40 à 50 p. 100 de leur revenu au logement. Il nous faut une combinaison, et c'est ce que notre programme a fait. Il a permis à la fois de créer de nouvelles unités de logement et d'offrir des subventions au logement.
    Je suis d'accord avec le député de Colombie-Britannique-Southern Interior. Les défis sont nombreux. Je ne partage toutefois pas son avis au sujet des réductions de l'impôt des sociétés, car je crois qu'elles n'ont pas, dans l'ensemble, une si grande incidence sur la situation financière du gouvernement. Il y a là une occasion d'attirer des investissements, et si nous attirons des investissements, nous créerons des emplois, ce qui est bon pour le Canada.
    Monsieur le Président, j'apprécie les observations du député d'en face, compte tenu de son appartenance au Parti libéral, ainsi que sa réponse à mon collègue de la Colombie-Britannique sur la question de la pauvreté des enfants et de la pauvreté en général.
    Partout, les gens appréhendent le moment où ils vont perdre leur emploi. Le sentiment est généralisé. La plupart disent qu'il leur reste seulement un chèque de paye ou deux avant de se trouver dans des circonstances vraiment difficiles. Lorsqu'ils regardent du côté du précipice ce qui pourra les sauver, ils voient que le système de l'assurance-emploi a beaucoup changé. À une certaine époque, plus de 75 p. 100 des gens étaient admissibles. Aujourd'hui, selon l'endroit où l'on se trouve, la proportion va de 25 à 50 p. 100. Il n'y a pratiquement aucune autre forme d'aide pour les familles si elles perdent l'un de leurs salaires.
    Je me demande si le député était présent lorsque le gouvernement libéral s'est débarrassé du Régime d'assistance publique du Canada et qu'il a réduit par la suite les transferts aux provinces pour les programmes sociaux. La réduction a été de 7 à 8 milliards de dollars par année.
    Le député a en outre parlé des réductions d'impôt pour les entreprises comme si l'État allait perdre seulement des sommes marginales. En fait, les analyses faites par les économistes indiquent que l'État va perdre entre 6 et 12 milliards de dollars en recettes fiscales, alors qu'il devrait affecter cette somme aux infrastructures, compte tenu des besoins.
    Le député était-il là, et pourquoi le gouvernement libéral a-t-il...
    Je n'aime pas interrompre les députés, mais je dois permettre au député d'Etobicoke-Nord de répondre.
    Monsieur le Président, le député sait probablement que le Régime d'assistance publique du Canada et le financement des programmes établis ont été éliminés dans les années 1980. Même si je suis plus vieux qu'on pourrait le croire, je ne suis pas député depuis si longtemps.

  (1230)  

    Non, pas dans les années 1980.
    Oui, dans les années 1980. Ils ont été remplacés par le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux. En fait, le Régime d'assistance publique consistait à distribuer des dollars équivalant à 50 ¢. Il y avait alors très peu de reddition de comptes et d'incitation, pour les provinces, à dépenser les sommes de façon avisée. Le financement des programmes établis avait aussi ses lacunes. Le gouvernement a alors créé le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux.
    J'étais très fier quand notre gouvernement a augmenté ce transfert, au cours de son dernier mandat. La dernière fois, c'est 43 milliards de dollars qui ont été versés pour améliorer le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux. En outre, nous avons mis au point des mécanismes de responsabilisation applicables aux transferts relatifs à la santé. Les provinces devaient ainsi faire rapport de leurs résultats et de leur rendement.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis heureux de me prononcer encore une fois sur le projet de loi C-28 dont nous sommes saisis aujourd'hui, même si, comme on l'a signalé précédemment en cette Chambre, on en a déjà discuté longuement, en long et en large.
    Évidemment, le Bloc québécois a décidé de ne pas l'appuyer pour plusieurs raisons, notamment parce qu'il contenait des éléments desquels nous ne convenions pas. Par exemple, l'accord de l'Atlantique prévoit qu'on va continuer d'exclure du calcul de la péréquation les revenus des ressources naturelles non renouvelables — essentiellement le pétrole.
    Pour nous, évidemment, le programme de péréquation devrait être basé sur son principe original qui était d'assurer à toutes les provinces une capacité fiscale similaire. À partir du moment où une province bénéficie d'une assiette fiscale quelle qu'elle soit, cela devrait être pris en compte dans le calcul de la péréquation.
    Conformément à cette entente particulière pour les provinces, notamment celles de l'Atlantique, cette exclusion du calcul des énergies non renouvelables, le pétrole, avantage ces provinces au détriment des provinces qui ont une tout autre richesse.
    Par exemple, si le Québec excluait plutôt l'énergie tirée des ressources renouvelables, comme l'hydroélectricité, évidemment, il recevrait subitement des montants très importants au titre de la péréquation. Toutefois, cela ne serait pas justifiable, car on dérogerait du principe.
    Je tiens à souligner un peu, en cette Chambre, l'ironie de la chose. Il se trouve qu'en ce qui a trait à la question de la péréquation, il n'y a que le Bloc québécois, parti souverainiste — comme tout le monde le sait —, qui défende en cette Chambre le principe même à la base de ce programme, qui est de tenir compte des capacités fiscales des provinces, en prenant en compte toutes les ressources à leur disposition pour faire ce calcul de la péréquation. C'est un des éléments pour lesquels nous ne sommes pas favorables à ce projet de loi.
    Plusieurs mesures viennent du minibudget, l'Énoncé économique, présenté à l'automne. Le Bloc québécois s'est prononcé contre cet Énoncé économique, surtout en raison de ce qu'il ne contenait pas. En effet, partout au Québec et même en Ontario, il y a beaucoup de pressions et de cris d'alarme qui viennent de partout de la part des industries manufacturière et forestière. Ces industries demandent au gouvernement d'intervenir immédiatement.
    Le gouvernement peut bien faire le fanfaron, mais il ne s'agit pas que d'une demande des députés du Bloc québécois qu'ils peuvent ignorer. Cette demande fait l'unanimité au Québec non seulement auprès des industries, mais aussi auprès du premier ministre Jean Charest. Ce dernier a encore répété la fin de semaine dernière que le gouvernement fédéral doit agir, qu'il ne peut plus rester assis sur ses mains et ne rien faire. On a même entendu le chef de l'opposition officielle à Québec, le bon ami du premier ministre, Mario Dumont, lui demander ce qu'il attendait pour agir.
    Le gouvernement nous répond toujours qu'il faudra attendre le prochain budget, alors que nous voulons de l'action dès maintenant. Le gouvernement pourrait intervenir vigoureusement, avant même la fin de la session, avant les Fêtes, pour aider les travailleurs qui sont en difficulté.
    À cet égard, c'est un peu pathétique de voir le comportement du ministre des Finances du Parti jovialiste du Canada qui nous dit que tout va bien. J'invite personnellement ce ministre des Finances du Parti jovialiste à revenir sur terre et à rencontrer les gens qui perdent leur emploi. J'en ai rencontré, des gens qui ont travaillé fort toute leur vie dans des usines qui ont fermé leurs portes. Ces gens vivent dans des villes souvent monoindustrielles, où la shop, la manufacture, la scierie et ou la papeterie est le principal employeur.
    Lorsque les travailleurs disent qu'on n'a rien fait pour les aider et protéger leurs emplois, qu'est-ce qu'on leur répond? On leur répond que l'économie va bien, que tout va bien, que le taux de chômage est bas et que les revenus sont en croissance. Mais sur quelle planète vit le ministre des Finances du  Parti jovialiste du Canada? Cela n'a aucun sens de dire de telles choses.
     Au Comité permanent des finances, on a même été jusqu'à insinuer que, dans le fond, si les gens perdent leurs emplois dans les communautés au Québec, ils n'ont qu'à déménager en Alberta!

  (1235)  

    C'est comme cela qu'on traitera les gens qui ont travaillé toute leur vie et qui veulent développer leur communauté locale! On leur dira que ce n'est pas grave s'ils perdent leur emploi puisqu'ils peuvent déménager en Alberta où il y a des emplois.
    Parfois, j'ai l'impression que le gouvernement trouve presque dommage que les citoyens ne soient pas du bétail, parce qu'il serait alors plus facile de les déplacer. La réalité n'est pas comme cela. Quand on reconnaît entre autres la nation québécoise et son existence, cela ne signifie pas de dire aux gens d'aller en Alberta s'ils n'ont pas d'emploi. Il faut reconnaître que les gens veulent vivre au Québec.
    Le gouvernement parle beaucoup de l'occupation du territoire. Or, le fait d'avoir des gens qui travaillent dans des villes et des collectivités fait partie de l'occupation du territoire. C'est bien plus important de garder nos emplois dans nos régions et dans nos villes pour occuper le territoire que d'acheter des brise-glaces sans débat ni discussion pour protéger l'Arctique.
    Il y a donc une espèce d'incohérence de la part du gouvernement à cet égard. Pourtant, il existe des solutions simples, très efficaces et pas si coûteuses qui sont à la disposition du gouvernement. Entre autres, 22 recommandations ont été adoptées de façon unanime par le Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Même les membres du parti gouvernemental les ont appuyées. Pourtant, dans le dernier énoncé économique, sur ces 22 mesures, seulement une demie a été mise en oeuvre.
    Pour ma part, j'aimerais parler de deux de ces mesures. La première est l'amortissement accéléré pour le capital et les investissements dans des équipements qui permettent à nos entreprises d'augmenter leur productivité. On dit que le gouvernement a annoncé la demie d'une mesure. C'est de cette mesure dont il est question, parce qu'on recommandait au Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie de le faire pour au moins cinq ans, si ce n'est de façon permanente. Or, le gouvernement l'a mise en place pour deux ans. Évidemment, ce n'est pas tellement utile, parce que dans bien des cas, les investissements des compagnies qui commencent à investir aujourd'hui s'échelonnent sur plus de deux ans. En effet, ces projets durent parfois jusqu'à cinq ans. Si on établit une mesure qui s'échelonne sur deux ans, ces compagnies ne pourront pas réellement en bénéficier.
    Cette mesure n'est pas si coûteuse, parce que lorsqu'on amortit plus rapidement le capital, ce n'est pas un cadeau fiscal. Cela permet évidemment aux entreprises de différer des impôts dans le temps. Une entreprise paiera donc moins d'impôts l'année où elle amortit une partie plus importante de ses équipements. Cependant, une fois que l'équipement est complètement amorti, elle paiera plus d'impôts l'année où elle n'aura plus d'amortissement à déduire de ses revenus.
    Cette mesure permet donc de repousser des impôts dans le temps pour des entreprises qui connaissent actuellement des difficultés. L'intelligence de ce genre de mesures est de dire qu'on donnera une pause à nos entreprises pour qu'elles aient les liquidités nécessaires pour faire ces investissements qui leur permettront d'augmenter leur productivité. Elles paieront les impôts lorsqu'elles feront des profits plus tard.
    De façon tout à fait similaire, on proposait d'octroyer un crédit pour la recherche et le développement. Ce crédit existe déjà, mais on souhaitait le rendre remboursable. Présentement, pour les entreprises qui sont en déficit et qui ne font pas de profit, lorsqu'elles essaient de réclamer ce crédit puisque elles ne font évidemment pas de profit, elles ne peuvent donc pas le déduire de leurs impôts. Que font-elles? Elles le mettent en banque, jusqu'à ce qu'elles fassent éventuellement des surplus.
    Pour aider nos entreprises qui en ont besoin maintenant — non pas dans cinq ou dix ans lorsqu'elles feront des profits, mais maintenant lorsqu'elles connaissent des difficultés —, il faut rendre ce crédit remboursable. Les compagnies réclameraient le crédit d'impôt dès maintenant. On le leur rembourserait même si elles ne font pas de profit. De toute manière, ce sont des crédits qu'on aurait remboursés plus tard. Encore une fois, c'est un impôt qui est différé dans le temps. On veut donner une pause à nos entreprises manufacturières et forestières pour leur permettre de se remettre d'aplomb et d'augmenter leur productivité. Toutefois, lorsque le temps des profits viendra, on percevra alors les impôts. À mon avis, cette mesure n'est pas si coûteuse.

  (1240)  

    Évidemment, même s'il s'agit d'un impôt différé, des coûts y sont associés. Nous en sommes conscients, au Bloc québécois. Par exemple, des coûts sont associés à l'inflation, car un dollar aujourd'hui vaut plus qu'un dollar dans deux ou cinq ans, on le comprend bien. Par contre, compte tenu du taux actuel de l'inflation au Canada, ces coûts sont somme toute assez négligeables par rapport aux bénéfices de cette mesure.
    Dans le cas des crédits d'impôt en recherche et développement, on peut aussi penser qu'une entreprise sous le régime actuel ferait faillite et ne recouvrerait jamais ces crédits d'impôt. Par conséquent, en accordant ces crédits dès maintenant, le fisc encourrait des frais supérieurs. C'est vrai, mais ce serait un drôle d'argument de la part du parti jovialiste du Canada que de dire que cela coûtera cher parce qu'il croit que beaucoup d'entreprises feront faillite. En effet, des entreprises feront faillite si le gouvernement n'agit pas dès maintenant à cet égard.
    J'insiste pour dire qu'il faut agir dès maintenant, puisque le gouvernement ne semble pas réaliser l'urgence de la situation. Il faut comprendre qu'une partie des problèmes, par exemple, sont liés à la hausse du dollar canadien. Or, les effets se font ressentir avec un certain délai. Comme les entreprises manufacturières venues témoigner devant le Comité permanent des finances nous l'ont répété, ce qu'on vit aujourd'hui, ce n'est pas l'effet du dollar canadien à égalité avec le dollar américain; ce qu'on vit, c'est l'effet du dollar américain qui équivaut à 80 ¢ canadien. Ce qu'on vit aujourd'hui, c'est l'effet de la hausse du dollar telle qu'elle l'était il y a peut-être un an ou deux.
    On n'a pas encore vu toutes les répercussions catastrophiques du dollar canadien à égalité avec le dollar américain. On ne les a pas encore vues, mais cela reste à venir. C'est pour cela qu'il faut agir dès maintenant pour parer les coups. On ne peut pas se contenter de dire, comme le fait le parti jovialiste du Canada, que les entreprises n'ont qu'à augmenter leur productivité et tout ira bien.
    La valeur du dollar canadien a augmenté de 40 p. 100 dans une période extrêmement courte. Elle est passée de 60 ¢ à 1 $. Aussi productive une entreprise soit-elle, aussi imaginatifs les gens soient-ils, il est impossible de penser que cette entreprise peut, dans une période aussi courte, faire augmenter sa productivité pour compenser cette augmentation de coûts.
    Par conséquent, il faut mettre en place des mesures de transition. Le gouvernement a pourtant des milliards de dollars à consacrer aux baisses d'impôt pour des compagnies qui font des profits, entre autres ses amies les pétrolières. Par contre, il ne trouve pas quelques dollars, des montants raisonnables, pour venir en aide maintenant aux industries manufacturières, particulièrement celles qui en ont besoin.
    Justement, j'aimerais reprendre en cette Chambre les propos tenus par différents représentants de l'industrie manufacturière venus nous rencontrer au Comité permanent des finances. De façon générale, ils nous ont demandé d'examiner le problème en séparant les entreprises en trois groupes. Le premier groupe se constitue des entreprises qui, en présence ou non d'une crise manufacturière, que le dollar soit fort ou faible, s'en tireront puisqu'elles ont les reins solides et ne connaissent pas de difficultés. À l'opposé, le deuxième groupe comprend les entreprises qui sont tellement en difficulté que, peu importe l'aide qu'on essaiera de leur apporter, elles ne s'en tireront pas. Enfin, au milieu se situe la troisième catégorie. Les entreprises situées dans cette zone critique ont une possibilité de s'en tirer si on leur donne un coup de main, mais elles pourraient devoir fermer leurs portes si l'on ne fait rien pour les aider.
    Alors examinons quelles seront les répercussions, sur ces trois groupes d'entreprises, des mesures proposées par le gouvernement dans son énoncé budgétaire.
    La première mesure consiste en une baisse d'impôt généralisée pour les entreprises. Pour le premier groupe d'entreprises, soit celles qui s'en tirent bien et qui ne connaîtront pas de difficultés, ces baisses d'impôt représentent un beau cadeau. Elles feront encore plus d'argent et elles en sont bien heureuses, et avec raison. C'est tant mieux, mais ce n'est pas elles qui en ont besoin. Quant au deuxième groupe d'entreprises, c'est-à-dire celles qui ont peut-être des possibilités de s'en tirer si elles reçoivent un coup de pouce, en fait, elles ne recevront pas d'aide. En effet, elles ne paient pas d'impôt puisqu'elles éprouvent des difficultés financières. Les mesures du gouvernement ne leur donnent donc rien du tout. C'est la même chose pour le troisième groupe d'entreprises, évidemment.

  (1245)  

    Prenons plutôt les mesures que le Bloc québécois propose, qui avaient d'ailleurs été appuyées de façon unanime au Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Regardons quel impact cela aurait sur ces trois groupes, que ce soit l'amortissement accéléré ou le fait de rendre remboursable les crédits d'impôt en recherche et développement.
    Pour le premier groupe, celui qui ne connaît aucune difficulté et pour qui ça va bien, il n'y a aucun changement. Que les crédits d'impôt soient remboursables ou non, il les aura la même année et cela ne changera rien puisque qu'il faisait des profits. Pour ce qui est de l'amortissement accéléré, cela lui permettra de sauver un peu d'impôt cette année, mais il devra le repayer un peu plus tard. On n'a donc pas besoin de donner des milliards de dollars à des compagnies qui vont déjà bien.
    Par contre, ces mesures deviennent intéressantes pour le deuxième groupe qui connaît des difficultés, mais qui a une chance de s'en tirer. Nos mesures ciblées deviennent alors efficaces. Pour passer à travers la crise, les entreprises ont essentiellement besoin de deux choses: améliorer leur productivité et avoir des liquidités. C'est exactement ce qu'apportent ces mesures. Elles améliorent leur productivité parce qu'elles leur permettent d'investir maintenant en recherche et développement ainsi que dans des équipements pour devenir plus rentables. D'autre part, elles leur donneront des liquidités parce qu'on différera les impôts à payer dans le temps. Elles auront donc maintenant l'argent dont elles ont besoin pour passer à travers la crise. Cela me semble drôlement plus efficace que l'option du gouvernement pour ces entreprises qui est de ne leur donner aucune aide.
    Évidemment, dans le troisième cas dont je parlais tout à l'heure, soit celui des entreprises qui ne passeront pas à travers la crise et qui devront fermer leurs portes dans tous les cas, on se trouvera à leur donner une aide qui, malheureusement, sera perdue. Toutefois, on ne peut pas concevoir notre politique en fonction des entreprises qui feront faillite et qui ne pourront pas s'en sortir. Surtout que si on ne fait rien, ce groupe sera composé de très nombreuses entreprises. Si on fait quelque chose, on pourra aider beaucoup d'entreprises qui, autrement, auraient fait faillite ou auraient dû fermer leurs portes. On pourra les amener dans le groupe de celles qui pourront passer à travers la crise.
    J'ai donc voulu faire la démonstration à savoir que le gouvernement n'avait pas de véritable raison de ne pas venir en aide à l'industrie manufacturière, dès le dernier mini-budget ou énoncé économique. Il était étonnant de voir, entre autres, la position des conservateurs qui étaient candidats lors de la dernière élection partielle dans les régions où ils connaissent très bien les problèmes de l'industrie forestière. Ils promettaient aux gens que d'avoir un député au pouvoir réglera leurs problèmes. Ensuite, on se retrouve avec un énoncé économique où il n'y a rien, zéro, pour les industries manufacturière et forestière qui connaissent des difficultés. Quand les gens, par exemple, de Roberval—Lac-Saint-Jean entendaient leur candidat leur faire des promesses et dire qu'il aidera les entreprises pour sauver leurs jobs, tout le monde comprenait qu'il aiderait les entreprises qui en ont besoin. Personne ne comprenait que ce serait une aide pour les pétrolières en Alberta. C'est un peu de la fausse représentation qui a été faite, entre autres, pendant cette élection partielle.
    C'est tout à fait déplorable, pour ne pas dire pitoyable, de voir des députés élus lors d'une élection partielle, sur la promesse disant qu'ils sont au gouvernement et qu'ils feront bouger les choses, se lever et voter pour un énoncé économique où il n'y a aucune mesure pour les entreprises en difficulté dans l'industrie forestière. Pire encore, lorsque nous avons présenté une motion pour demander au gouvernement d'agir dès maintenant, on a vu ces mêmes députés se lever et voter contre cette motion et contre les raisons pour lesquelles ils ont fait campagne dans leur comté.
    J'espère, et je suis confiant, que les Québécois s'en rappelleront aux prochains élections. Ils se rappelleront que, dans les temps difficiles, le Bloc québécois est toujours présent pour se lever et pour les défendre. Les députés conservateurs du Québec se limitent toujours à vanter le gouvernement qui est si bon et si fin, mais quand il est temps de mettre leur poing sur la table et de voter ici en cette Chambre pour avoir une véritable influence et pour changer le cours des choses, ils ne sont pas au rendez-vous. Il n'y a que les députés du Bloc québécois qui sont au rendez-vous.

  (1250)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis ravie d'intervenir aujourd'hui au sujet du projet de loi  C-28. Je sais que, plus tôt, un député conservateur a dit qu'il y a eu suffisamment de débat et que la Chambre doit adopter cette mesure législative.
    Heureusement que les néo-démocrates sont à la Chambre et qu'ils soulèvent certaines questions très importantes qui se posent aux Canadiens d'un océan à l'autre. Ce sont les néo-démocrates qui soulignent l'absence d'une stratégie nationale en matière de garde d'enfants, les problèmes dans le secteur de l'éducation et l'augmentation de l'itinérance, de la pauvreté et du nombre d'enfants qui vivent dans la pauvreté au Canada.
    Quand les néo-démocrates se penchent sur le projet de loi C-28, ils constatent que le gouvernement est carrément en train de mener le Canada dans la mauvaise direction. Il ne présente pas une approche équilibrée parce qu'il ne s'attaque pas à l'écart de prospérité.
    L'écart de prospérité révèle que bon nombre de familles canadiennes de la classe moyenne travaillent de plus en plus sans arriver à améliorer leur situation. Cette mesure législative offrait au gouvernement l'occasion de se servir de l'excédent pour investir dans les Canadiens.
    Nous avons également entendu les conservateurs dire que les néo-démocrates n'ont jamais appuyé les réductions d'impôt. En réalité, nous demandons des réductions d'impôt ciblées, non des allégements fiscaux qui bénéficient à certains secteurs comme celui des banques et des ressources naturelles.
    En parlant des banques et du secteur des ressources naturelles, je signale que, parmi les entreprises canadiennes, celles du secteur financier engrangent un tiers des profits avant impôt et que celles des secteurs pétrolier, gazier et minier en engrangent un sixième. Cela représente approximativement la moitié des profits du secteur commercial.
    Par conséquent, quand les néo-démocrates parlent de réductions d'impôt ciblées, ils songent à des allégements fiscaux qui favorisent la croissance d'une économie axée sur les emplois écologiques, la recherche et développement et l'appui aux industries manufacturière et forestière. Il va sans dire que dans la circonscription de Nanaimo--Cowichan, l'industrie forestière traverse une période difficile.
    Plus tôt, notre collègue bloquiste a parlé de la motion de son parti à l'appui des industries manufacturière et forestière. C'était une occasion pour tous les députés d'intervenir et de voter pour soutenir ces industries. Au lieu de cela, les conservateurs et les libéraux ont rejeté la motion.
     Dans ma circonscription, Nanaimo--Cowichan, une usine de pâtes et papiers a demandé la protection de la loi sur les faillites. Par ailleurs, certaines scieries effectuent des mises à pied et les exportations de grumes se poursuivent. La Youbou Timberless Society continue de faire valoir que les exportations de grumes font perdre des emplois dans ma circonscription, sur l'île de Vancouver et dans la province de la Colombie-Britannique. Pourtant, l'énoncé économique et le projet de loi n'abordent pas la question.
    Le ministre a lui-même reconnu que les secteurs manufacturier et forestier étaient en crise au pays, mais il n'a pris aucune mesure. Je me demande où se trouve le leadership quand on reconnaît l'existence d'un problème, mais qu'on ne fait rien pour le régler. Le problème ne se disparaîtra pas comme par magie.
    La capacité fiscale dans les prochaines années est une autre préoccupation que suscitent le projet de loi C-28 et l'énoncé économique. On évalue que d'ici 2012 ou 2013, la mise en oeuvre complète des mesures coûtera 6,1 milliards de dollars par année en recettes perdues, mais beaucoup d'économistes progressistes croient que les recettes perdues s'élèveront probablement autour de 12 milliards de dollars.
    Étant donné que le gouvernement ne disposera plus de cet argent dans ses coffres, on peut se demander quels programmes et quels services devront être supprimés. C'est une simple question de mathématiques vraiment. Si le gouvernement perçoit moins d'argent, il devra couper ailleurs. Il n'a pas encore été question de cela dans le débat.
    On nous dit que les gens auront plus d'argent à leur disposition grâce aux réductions de l'impôt des particuliers. En fait, ceux qui gagnent moins de 30 000 $ par année auront, en bout de ligne, 180 $ de plus. Cela ne permettra pas de financer les places en garderie, les logements abordables ou les droits de scolarité de l'éducation postsecondaire.
    Si le gouvernement ne fait pas preuve de leadership dans ces domaines très importants pour la santé de notre économie, qui le fera donc? Il est de la plus haute importance que les néo-démocrates interviennent à la Chambre et soulèvent ces grandes questions pour que les Canadiens savent au moins que quelqu'un à la Chambre défend les intérêts des familles et des travailleurs de la classe moyenne.

  (1255)  

    Je veux revenir un instant à quelques questions. Je commencerai par les services de garde d'enfants. En septembre 2007, le conseil de planification sociale de Cowichan a élaboré un rapport sur les services de garde d'enfants dans la région de Cowichan. Il y a eu beaucoup de débats à la Chambre sur l'importance de services d'éducation préscolaire et de garde d'enfants et sur leur contribution à la santé et au bien-être des familles. Ces services ont également des conséquences directes sur l'économie. Dans le résumé du rapport, on dit:
    Des services de qualité en matière d'éducation préscolaire et de garde d'enfants revêtent une importance cruciale pour le bien-être de la région de Cowichan. L'épanouissement de nos enfants a un effet à long terme sur la stabilité économique et sociale de notre région.
    La région de Cowichan, tout comme bon nombre de collectivités de la Colombie-Britannique et la plupart des régions du Canada, a de la difficulté à offrir des services de garde adéquats, abordables et de qualité aux enfants et à leur famille. Cette situation est exacerbée par la pénurie actuelle de main-d'oeuvre et par le coût croissant du logement, de sorte que la plupart des familles ont besoin de deux revenus pour se payer une maison.
    Sauf erreur, environ 70 p. 100 des femmes ayant des enfants de moins de 6 ans travaillent à l'extérieur du foyer. Parfois, elles choisissent de travailler à l'extérieur, mais il s'agit parfois d'une nécessité. Le rapport traite ensuite des avantages économiques des services de garde d'enfants. On dit:
    Les avantages de services de qualité en matière d'éducation préscolaire et de garde d'enfants ne s'arrêtent pas à la famille: l'ensemble de la collectivité en retire également des avantages sociaux et économiques. Des services de garde d'enfants sont importants pour assurer une cohésion dans les collectivités rurales ou isolées, car ils attirent les jeunes familles vers les régions rurales et ils sont indispensables au développement économique.
    L'absence de services de garde d'enfants est reconnue comme un grave problème par le milieu des affaires de la Colombie-Britannique, comme en témoigne l'extrait ci-dessous d'une résolution adoptée à l'unanimité lors du congrès de la Chambre de commerce de la Colombie-Britannique qui a eu lieu en mai 2007.
    Je ne lirai pas la résolution en entier, mais en voici l'essentiel. On dit:
    Les compressions récentes imposées par le gouvernement fédéral au secteur des services de garde d'enfants en Colombie-Britannique ont provoqué une réaction en chaîne au sein de la main-d'oeuvre dans cette province parce que le gouvernement provincial ne s'est pas engagé à compenser ces pertes de fonds fédéraux. La Colombie-Britannique a choisi de ne pas faire de la garde des enfants une priorité. Cette décision a un impact négatif énorme sur la capacité des entreprises de cette province à inciter les femmes, les jeunes familles et les travailleurs qualifiés en général à se joindre à la population active.
    Compte tenu de la pénurie actuelle de main-d'oeuvre qualifiée, il est essentiel pour les entreprises de pouvoir attirer et garder des employés. La ventilation des entreprises à l'échelle de la province montre que 364 000 des 371 000 entreprises de la Colombie-Britannique comptent moins de 50 employés. Pour les petites entreprises, il est difficile d'attirer de nouveaux travailleurs ou de garder des employés, car les plus grandes entreprises sont en mesure d'offrir de meilleurs salaires ou des horaires de travail plus flexibles.
    De nombreuses jeunes familles ont de la difficulté à concilier la vie familiale avec le travail. Ces hommes et ces femmes trouvent des emplois de premier échelon ou de bas niveau, et le coût des services de garde est si élevé qu'il n'est pas financièrement avantageux pour ces gens de travailler. Cela limite les possibilités de croissance de l'économie de la Colombie-Britannique lorsqu'un travailleur qui désire contribuer au PIB est forcé d'envisager des options autres que le travail ou de se contenter de travailler pour une petite entreprise où les avantages sont limités.
    La garde des enfants est un élément très important de notre économie, et pourtant nous ne sommes pas prêts à faire ce genre d'investissement. Le rapport parle ensuite de l'incidence sur les employeurs et les chercheurs d'emploi de la région. On peut y lire ceci:
    L'incapacité de trouver des services de garde est reconnue comme étant un obstacle à la possibilité d'attirer des travailleurs dans la région de Cowichan; un obstacle à l'emploi; un facteur contribuant à l'absentéisme; une raison forçant les parents à quitter le marché du travail ou à ne pas accepter d'emplois; un obstacle aux familles d'immigrants, particulièrement celles qui ont plusieurs enfants, et aux travailleurs immigrants qui cherchent un emploi.
    Nous pouvons voir que, dans ma circonscription, Nanaimo—Cowichan, et je sais que c'est la même chose dans d'autres circonscriptions d'un bout à l'autre du pays, des services de garde abordables, réglementés, de qualité et sans but lucratif sont essentiels si nous voulons assurer la croissance continue de nos économies.
    Je veux maintenant aborder la question des sans-abri. Le 22 octobre, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le logement convenable, Miloon Kothari, a présenté un rapport préliminaire. Il y traite de nombreux aspects de ce qu'il appelle la crise du logement au Canada. Je veux porter une attention toute particulière au problème de l'itinérance. Le rapport dit ceci:
     L’itinérance est l’un des signes les plus visibles et les plus graves du manque de respect du droit à un logement convenable. Il est encore plus choquant de constater la présence d’un si grand nombre d’itinérants dans un pays aussi développé et riche que le Canada. Le gouvernement du Canada n’a malheureusement pas pu me fournir de statistiques fiables sur le nombre d’itinérants au pays, contrairement à de nombreux autres pays.
    Le Secrétariat national de l’itinérance a laissé entendre qu’il y aurait peut-être 150 000 sans-abri, tout en précisant que ce nombre n’était pas fiable. Selon des experts et des instituts de recherche, le nombre réel de sans-abri pourrait être deux fois plus élevé.
    Au Canada, il y a 150 000 personnes qui n'ont pas d'endroit où vivre.

  (1300)  

    Il y a quelques années, un sondage avait été fait dans ma circonscription, Nanaimo—Cowichan, auprès de personnes vivant dans la rue. Environ la moitié des personnes qui avaient été sondées et qui vivaient dans la rue étaient des femmes, et un bon nombre d'entre elles avaient des enfants.
    D'autres études révèlent aussi que certaines personnes vivant dans la rue ont un emploi, mais qu'elles ne sont tout simplement pas capables de trouver un logement abordable et sécuritaire. Si ce dossier ne mérite pas de faire l'objet d'un débat à la Chambre des communes, je me demande bien qu'est-ce qui pourrait le mériter.
    Les gens font allusion au fait que le gouvernement a un excédent de 14 milliards de dollars. Ils parlent du discours du Trône et de l'énoncé économique. Le projet de loi C-28 ne traite pas de la crise de l'itinérance et du logement dans notre pays.
    M. Kothari ajoute, dans son rapport:
    Le gouvernement fédéral doit se doter d’une stratégie globale et engager des fonds suffisants pour réduire la pauvreté, conformément à ses obligations à l’égard des droits de la personne; les provinces et les territoires doivent mettre en œuvre des plans complémentaires dans le cadre d’une stratégie pancanadienne en matière de logement.
    Encore une fois, nous faisons les manchettes sur la scène internationale. On fait allusion à notre pays relativement à une situation qui devrait choquer tous les Canadiens. Un minimum de 150 000 personnes sont sans-abri, et en fait ce nombre est contesté. Selon certains, il pourrait être beaucoup plus élevé.
    Un rapport vient de paraître sur les femmes et le logement dans le Nord. Selon lui, de nombreuses femmes dans le Nord sont à risque et disposent d'une aide limitée.
    Puisque nous parlons de la pauvreté, j'aimerais brièvement parler de la pauvreté chez les enfants et les familles. Plus tôt aujourd'hui, un député a mentionné qu'Ed Broadbent avait présenté une motion, en 1989, demandant l'élimination de la pauvreté des enfants d'ici l'an 2000. Un organisme du nom de Campagne 2000 a publié un rapport récemment. Selon celui-ci, nous ne nous attaquons pas au très grave problème de la pauvreté chez les enfants. Or, les enfants ne sont pauvres que si leur famille l'est aussi.
    Divers groupes sont surreprésentés. Un enfant autochtone sur quatre est pauvre. C'est donc 25 p. 100. Pourtant, ni le projet de loi C-28 ni l'énoncé économique n'offre de solution satisfaisante au problème de la pauvreté des enfants et des familles.
    Selon une récente déclaration d'UNICEF Canada, beaucoup trop d'enfants sont abandonnés à leur sort 18 ans après l'adoption de la Convention relative aux droits de l'enfant. Dans un communiqué de presse du 20 novembre, l'organisme indique que:
    Comparativement aux autres pays industrialisés, nos enfants souffrent de taux inacceptables de pauvreté, d’obésité, de maladie mentale et de violence qui ont persisté ou ont augmenté depuis que le Canada a ratifié, en 1991, la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies.
    Plus tard dans le même communiqué de presse, on dit:
    Les enfants autochtones comptent parmi les populations les plus vulnérables du Canada et sont confrontés à d’énormes défis. Dans l’ensemble, le taux de pauvreté des enfants autochtones est près de trois fois supérieur à celui des autres enfants canadiens. Les enfants de certaines communautés autochtones éloignées ont en outre un accès restreint à un logement adéquat, à de l’eau potable et à une éducation de qualité. Ils sont aussi représentés de manière disproportionnée dans le système de protection de l’enfance et le système judiciaire pour les jeunes.
    Malgré cette réalité consternante, le Canada tourne le dos aux nombreuses réserves de partout au pays, dont on décrit souvent les conditions comme étant dignes du tiers monde. Nous avons une fois de plus la possibilité d'y faire quelque chose, compte tenu des excédents. Le gouvernement n'a pris aucune mesure concrète pour combler le fossé de la pauvreté.
    UNICEF Canada a aussi dit que la proportion d'enfants autochtones au sein du système d'aide sociale est anormalement élevée. En effet, l'Assemblée des Premières Nations et d'autres partenaires ont déposé des plaintes relatives aux droits de la personne parce que plus d'enfants autochtones sont confiés aux soins de l'État aujourd'hui qu'à l'époque des pensionnats autochtones. Il y a un écart d'environ 22 p. 100 entre ce à quoi ont droit les enfants autochtones sur les réserves dans le système d'aide à l'enfance et ce que paieront les provinces. Qui plus est, il n'y a aucun financement des mesures les moins perturbatrices.

  (1305)  

    Au lieu d'en profiter pour appuyer les familles et collaborer avec elles afin que les enfants puissent demeurer avec leurs parents, le gouvernement, dans sa sagesse, préfère retirer les enfants de leurs familles, ce qui est beaucoup plus coûteux. S'il prenait une partie de l'argent qu'il dépense pour s'occuper des enfants qui ont été retirés à leurs familles et qu'il s'en servait pour aider celles-ci, il épargnerait probablement beaucoup à long terme, sans compter qu'il améliorerait la qualité de vie des enfants. En l'occurence, nous avons constaté que les Premières nations ne sont tout simplement pas invitées à participer de manière utile aux conversations pour remédier à ce problème de taille.
    Plus tôt aujourd'hui, nous avons parlé d'éducation. Que ce soit pour les membres des Premières nations, les Métis, les Inuits ou les autres Canadiens, l'éducation est un élément clé pour combler l'écart entre riches et pauvres. C'est également un facteur essentiel de la prospérité et de l'efficacité économique.
    Aujourd'hui, le Conseil canadien sur l'apprentissage a rendu public son deuxième rapport annuel sur l'éducation postsecondaire. Le rapport est daté du 11 décembre et voici ce qu'il dit dans son introduction:
    Le Conseil canadien sur l’apprentissage déclare, avec le soutien de diverses organisations partout au pays, que si le Canada n’adopte pas, à l’instar de nombreux pays, une stratégie pancanadienne sur l’enseignement postsecondaire, il risque de mettre en péril sa prospérité et son avantage concurrentiel.
    Dans le communiqué, le président-directeur général du conseil déclare:
    On estime que 70 p. 100 des emplois qui seront créés au Canada d’ici 2015 exigeront une formation de niveau postsecondaire [...] Pour cette raison, et bien d’autres, nous croyons fermement qu’une stratégie pancanadienne en matière d’enseignement postsecondaire est essentielle pour assurer la compétitivité du Canada sur le marché mondial et préserver notre qualité de vie.
    Une telle stratégie offrirait une approche pragmatique favorisant la mobilité, l’efficience, l’efficacité et l’équité d’un océan à l’autre, tout en présentant des avantages pour toutes les couches de la société.
    Plus loin, on peut lire:
    « Il est à la fois lamentable et irresponsable que le Canada présente les pires statistiques des pays de l’OCDE en matière d'éducation, et qu’il n’ait pas encore élaboré de stratégies, de mesures et d’objectifs pancanadiens en matière d’enseignement postsecondaire », déclare Jim Knight, président de l’Association des collèges communautaires du Canada, au nom des collèges canadiens.
    Le projet de loi C-28 et l'énoncé économique offraient au gouvernement l'occasion de faire preuve de leadership à l'échelle du pays en ce qui concerne l'éducation postsecondaire. On a beaucoup parlé de la pénurie de main-d'oeuvre au Canada; c'était l'occasion d'y remédier.
    À propos de mesures qui pourraient être prises dans le domaine de l'éducation, la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants a préparé en octobre dernier des documents d'information à l'intention de tous les parlementaires. La documentation faisait ressortir l'importance de l'éducation et indiquait les mesures à prendre pour améliorer notre système d'éducation postsecondaire. Dans l'introduction, on pouvait lire:
    Une des plus grandes tragédies de l’éducation supérieure au Canada c’est qu’il n’y a jamais eu de stratégie commune fédérale-provinciale pour améliorer ce programme social essentiel.
    Un thème commence à se dégager. Le précédent rapport parlait de la nécessité d'une stratégie nationale. La Fédération canadienne des étudiants réclame exactement la même chose. Je continue la lecture:
    Le résultat direct de cette lacune a été que les provinces ont élaboré des politiques très différentes en matière de frais de scolarité et d’aide financière aux études, et celles-ci sont basées sur des priorités partisanes ou idéologiques à court terme plus que sur les besoins régionaux. Du côté fédéral, un manque de planification intergouvernementale coordonnée a fait que les discussions sur la conception d’un meilleur Programme canadien de prêts aux étudiants (PCPE) tournent en rond [...]
    Le rapport parle ensuite du fait que le Canada a été cité en vertu du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies, pour ce qui est de l'éducation.
    Le Canada est confronté à de nombreux défis que l'énoncé économique aurait pu aborder. Le gouvernement aurait pu faire preuve de leadership tant sur la scène nationale qu'internationale. Il aurait pu réinvestir dans les familles de la classe ouvrière et de la classe moyenne, dans l'enseignement postsecondaire, dans le logement et dans la garde des enfants. Ce sont des occasions ratées.
    C'est malheureux parce que certaines décisions qui ont été prises se répercuteront sur notre productivité et sur la qualité de vie des Canadiens. Il est important que les néo-démocrates soulèvent ces questions et préoccupations capitales à la Chambre afin que les Canadiens sachent que quelqu'un parle au nom des familles de la classe ouvrière et de la classe moyenne.

  (1310)  

    Monsieur le Président, toujours sur le thème de l’enseignement postsecondaire dont nous a entretenu la députée, elle n’ignore pas que le gouvernement libéral précédent avait investi des sommes considérables dans la recherche et le développement, dans les chaires universitaires et dans toute une variété d’institutions, encourageant la recherche au Canada. En fait, nous étions passés des derniers rangs au premier dans le monde en matière de financement public de la recherche.
     Nous avons renversé l'exode des cerveaux. Des universités comme Queens, l’Université de la Colombie-Britannique et d’autres ont attiré des chercheurs de réputation internationale. Et grâce à ces chercheurs, des possibilités de formation se sont ouvertes, tant au premier cycle qu’au deuxième. Des sommes d’argent considérables ont été affectées à l’infrastructure universitaire et ont amené d’heureuses retombées dans tout le pays.
     La députée a parfaitement raison de parler des nombreuses choses que le gouvernement pourrait faire avec tout l’argent qu’il a dans ses coffres. Est-elle aussi inquiète que moi de la négligence qu’il manifeste apparemment envers les institutions dont j’ai parlé et envers ces investissements importants que le gouvernement précédent avait consentis?
    Monsieur le Président, nous savons tous que la recherche et le développement constituent un élément essentiel à la vigueur du milieu universitaire et collégial et au développement d’une économie à la fine pointe du progrès. La recherche et le développement sont une composante importante notamment d’une stratégie de l’emploi vert qui ferait de nous, dans ce domaine, des chefs de file au pays et à l’étranger. Nous devons mettre la recherche et le développement au centre d’une nouvelle stratégie de l’emploi alors que nous apprenons à composer avec certaines des conséquences des changements climatiques.
     J’ai mentionné tout à l’heure le rapport du Conseil canadien sur l’apprentissage qui vient d’être publié. Il parle de l’urgente nécessité pour les décideurs politiques de tous les niveaux de collaborer à l’échelle nationale pour arrêter ensemble une stratégie en matière de compétences en mettant l’accent sur les problèmes de pénurie. Cela inclurait un programme de recherche et de développement. Il semble que nous sommes probablement à la croisée des chemins pour ce qui est de positionner nos établissements post-secondaires afin qu'ils contribuent à l’élaboration d’une stratégie économique saine pour l'avenir .
     Compte tenu de ce rapport récent, il incombe aux conservateurs de donner le ton et, avec l’appui de tous les partis à la Chambre, de s’assurer que le Canada est bien positionné pour prendre sa place au sein de l’économie du XXIe siècle.
    Monsieur le Président, nous examinons cette question d'un point de vue national, mais également international. Dans son dernier livre, Naomi Klein parle de la doctrine économique de Chicago, de la philosophie de Milton Friedman, de ses idées sur la privatisation, la déréglementation ainsi que les programmes sociaux, et de sa croyance que nous n'avons pas besoin d'intervention du gouvernement dans nos vies. Le livre documente la dévastation que cela a causé dans des pays comme le Chili, la Russie, l'Argentine, l'Irak et l'Afrique du Sud.
    Nous observons l'élimination des programmes gouvernementaux, les excédents, les compressions, l'absence d'argent pour les logements abordables, l'absence d'un programme national de garderies et le manque d'attention accordé à la question de la pauvreté. La députée est-elle d'avis que nous sommes en train d'adopter un programme favorable aux entreprises et que nous ne pourrons pas nous en sortir, sauf si nous empêchons le gouvernement de poursuivre sur cette voie?

  (1315)  

    Monsieur le Président, je veux remercier le député de Colombie-Britannique-Southern Interior pour le bon travail qu'il a fait dans le secteur de l'agriculture. En effet, quand nous parlons des règlements gouvernementaux et de leur harmonisation, l'agriculture est un des secteurs où il y a des pressions croissantes pour que nous harmonisions certains de nos règlements avec ceux d'autres pays qui ne respectent pas les normes de sécurité pour les Canadiens.
    Récemment, nous avons vu de nombreux rappels de jouets toxiques. Je crois qu'il est vraiment important que le gouvernement canadien continue à assurer la sécurité et la santé des Canadiens.
    Récemment, dans le cadre du Partenariat pour la sécurité et la prospérité, la plupart des discussions se sont déroulées à huis clos. On ne peut pas vraiment porter ces discussions à l'attention de la Chambre des communes dans un souci de contrôle et de transparence.
    Ce sont ces choses qui font que les Canadiens se méfient grandement de la direction dans laquelle le gouvernement amène le pays. Nous l'avons dit par le passé, et nous continuons de dire que le gouvernement amène le pays dans la mauvaise direction. Je crois qu'il est important que nous continuions à soulever ces questions à la Chambre des communes.
    Monsieur le Président, je félicite également la députée d'avoir présenté une analyse précise de la situation et de l'incidence qu'elle aura sur la vie de collectivités, de familles et d'enfants de tout le Canada.
    Les députés se rappelleront que j'ai demandé plus tôt au député d'Etobicoke-Nord ce qui s'est passé sous le règne des libéraux qui se vantent maintenant d'être les instigateurs de tout ce qui est positif, communautaire et socialement correct au Canada. Je crois que c'est en 1993 que Jean Chrétien a été élu premier ministre et que lui et son ministre des Finances ont présenté un plan de lutte au déficit et qu'ils ont supprimé le Régime d'assistance publique du Canada.
    Le député d'Etobicoke-Nord a laissé entendre que cela s'est passé dans les années 1980. Je lui fais savoir que c'est arrivé après 1993. Cette mesure s'inscrivait dans le programme du gouvernement libéral pour lutter contre le déficit aux dépens des familles, des enfants et de tous les Canadiens qui tentent de s'en sortir.
    Les libéraux n'ont pas seulement aboli le Régime d'assistance publique du Canada qui prévoyait que les différents niveaux de gouvernement assument certaines responsabilités particulières avec les fonds qui leur étaient transférés, mais ils ont également réduit le transfert de 7 à 8 milliards de dollars par année. Ensuite, après 1995, la situation économique était bonne et ils sont allés de l'avant. Ils ont commencé à accorder aux entreprises le même genre d'allégements fiscaux que l'actuel gouvernement a prévu dans le budget et qu'il propose de présenter dans le mini-budget.
    Les économistes qui examinent la situation estiment que, selon la façon dont on calcule, le gouvernement aura entre 6 et 12 milliards de dollars de moins pour répondre aux besoins des familles, des enfants, des collectivités autochtones, des établissements d'enseignement postsecondaire, des hôpitaux et du système de soins de santé de l'ensemble du Canada.
    D'abord et avant tout, je me demande si la députée s'est interrogée sur l'incidence, d'une part, de la ponction, faite par les libéraux, de plusieurs milliards de dollars dans le transfert social et, d'autre part, des réductions d'impôt qu'ils ont consenties aux sociétés pendant les 13 années où ils ont été au pouvoir. Deuxièmement, l'actuel gouvernement est encore plus généreux en ce qui concerne le taux d'imposition des sociétés. La députée a-t-elle songé à l'incidence que cela aura sur certains Canadiens dont la situation lui tient vraiment à coeur et qui lui ont parlé des problèmes auxquels ils sont confrontés?
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier le député de Sault Ste. Marie de revenir sans cesse à la charge sur la question de la pauvreté et de s'efforcer d'en faire un sujet permanent de discussion ici à la Chambre.
    Sur ces questions, libéraux et conservateurs se disputent la vedette. Sous les libéraux, nous avons assisté au démantèlement du programme national de logement. Après 1993, on a imposé un plafond de 2 p. 100 au financement des Premières nations. Ce n'est pas nous qui l'avons inventé. Miloon Kothari l'a souligné dans son rapport. L'Assemblée des Premières Nations fait état de ce plafond de 2 p. 100 et souligne à quel point il paralyse les collectivités des Premières nations. L'Assemblée des Premières Nations a publié un rapport concernant la Commission royale sur les peuples autochtones. Si nombre des recommandations de cette commission sont restées lettre morte, libéraux et conservateurs doivent également en partager la responsabilité.
    Nous subissons évidemment les contrecoups de certaines des décisions prises par les libéraux alors qu'ils étaient au pouvoir. Les conservateurs sont dans la continuité, avec leurs décisions qui font augmenter l'itinérance, qui alourdissent la dette des étudiants du postsecondaire et qui laissent les réserves aux prises avec des problèmes de logement et d'eau potable. La liste est interminable.

  (1320)  

    Monsieur le Président, il est important que les gens qui suivent nos débats de chez eux se rendent compte que la raison pour laquelle la parole passe d'un néo-démocrate à un autre et que les questions sont posées par des néo-démocrates, c'est que les libéraux qui siègent à la Chambre ont pratiquement donné un chèque en blanc au premier ministre...
    Une voix: C'est de l'obstruction.
    M. Peter Julian: Il semble que certains conservateurs se réveillent de leur sieste de l'après-midi. Grand bien leur fasse. Ils vont pouvoir en apprendre davantage au sujet du budget supplémentaire qui, comme ils le savent très bien, ne correspond pas du tout aux intérêts des Canadiens.
    Certains conservateurs se réveillent maintenant. C'est une excellente chose. Cependant, il faut constater que les néo-démocrates sont les seuls à la Chambre qui font preuve de la diligence qui s'impose au sujet de cet énorme cadeau de 190 milliards de dollars, qui va surtout aux entreprises. Je vais y revenir dans un instant.
    La situation à laquelle nous assistons reflète assez bien celle que nous avons pu constater jeudi dernier au comité où il était question du projet de loi S-2, qui, à l'évidence, accorde un autre demi-million de dollars, surtout aux banques. Nous avons découvert que les conservateurs et les libéraux qui siègent au comité voulaient simplement en accélérer l'étude. Ils ne voulaient ni convoquer de témoins, ni se pencher sur les implications fiscales du projet de loi. Ils voulaient tout simplement le faire étudier le plus rapidement possible. C'est ce que nous constatons également ici pour le projet de loi C-28...
    Le député de Selkirk—Interlake souhaite invoquer le Règlement.
    Monsieur le Président, nous en sommes à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C-28, pas du projet de loi S-2. Le député parle d'un projet de loi qui n'a aucun rapport. Nous en sommes à la troisième lecture, et le député se doit de mieux cibler ses observations. Je sais que ce n'est pas facile pour lui, mais je lui demande de s'en tenir au projet de loi dont la Chambre est saisie à l'étape de la troisième lecture.
    Le député de Selkirk—Interlake n'a pas tort. Les députés doivent s'efforcer d'aborder précisément les éléments du projet de loi en cause, surtout à l'étape de la troisième lecture.
    Le député de Burnaby—New Westminster a la parole.
    Merci beaucoup, monsieur le Président.
    Il est question de capitulation. La capitulation qui a eu lieu jeudi dernier est semblable à celle que propose le projet de loi C-28. Je sais que le député n'aime pas vraiment entendre cela, mais il doit comprendre que donner des milliards de dollars en cadeau aux grandes sociétés, tel que proposé dans le projet de loi C-28, est parfaitement inapproprié.
    Pourquoi? À cause de la situation économique actuelle de la plupart des Canadiens.
    Quand le ministre des Finances a présenté sa mise à jour budgétaire, c'est aux Canadiens qu'il s'adressait. Depuis 1989, le revenu réel des deux tiers des Canadiens a diminué. Le revenu réel de la classe moyenne, de la classe moyenne inférieure et des Canadiens les plus pauvres a diminué, de façon catastrophique dans bien des cas. Pourtant, depuis une vingtaine d'années, les politiques économiques consistent à faire des cadeaux aux dirigeants d'entreprises et à leurs avocats.
    Le projet de loi C-28 continue dans la même veine. C'était la politique de l'ancien gouvernement libéral et le gouvernement conservateur actuel poursuit la tradition. Est-ce dans l'intérêt du Canada? Pas du tout.
    Le fait que le fardeau de la dette de la plupart des familles canadiennes ait doublé au cours des 20 dernières années m'amène à poser la question suivante: qu'est-ce que la mise à jour budgétaire aurait dû contenir? C'est une question très simple.
    Nous nous retrouvons avec des cadeaux très dispendieux pour les entreprises qui font les plus gros profits au Canada. Voilà la priorité du soi-disant nouveau gouvernement. Ses priorités sont calquées sur celles de l'ancien gouvernement libéral. Nous y voyons les même vieilles rengaines. Ce sont les mêmes approches économiques.
    Qu'aurait-on pu faire à la place? On aurait pu investir dans le secteur industriel pour protéger les emplois dans les entreprises de fabrication. Nous avons perdu des centaines de milliers d'emplois dans ces entreprises au cours des dernières années. Nous avons vu des usines fermer dans ma province, la Colombie-Britannique, et il y a eu des pertes massives d'emplois dans l'industrie du bois d'oeuvre. À la suite de la capitulation du gouvernement, au cours de la dernière année, nous avons perdu 10 000 emplois dans le secteur du bois d'oeuvre seulement. Cette perte a eu un effet dévastateur parmi les populations vivant de cette industrie, un peu partout au pays. Des milieux de vie sont devenus exsangues.
    Essentiellement, nous avons vu le secteur de la fabrication et l'industrie du bois d'oeuvre perdre toute vitalité. Les mauvaises nouvelles se sont succédé. Je sais que les députés conservateurs ne veulent pas entendre parler de la réalité. Ils prêtent plutôt l'oreille aux agents politiques des grandes sociétés, mais, bonté divine! il est à peu près temps que les conservateurs commencent à écouter les gens de la rue plutôt que de n'entendre que la rue St-Jacques.
    Nous avons vu cette déchéance commencer pendant que les libéraux étaient au pouvoir. Les conservateurs affirmaient alors qu'avec eux, les choses se passeraient différemment. On a bien vu combien elles étaient différentes dans la mise à jour économique, avec le projet de loi C-28, dont nous sommes en train de discuter. On se remet à brader comme avant les ressources publiques du Canada. Il n'y a aucune tentative de bâtir le secteur industriel. On n'essaie pas du tout de redresser la situation que doivent vivre les Canadiens. Le gouvernement se met plutôt à jeter de l'argent par les fenêtres.
    Les conservateurs disent qu'ils ont un excédent, mais cet excédent n'est qu'un mythe. Permettez-moi de rappeler aux conservateurs un fait important qu'ils semblent avoir complètement oublié tout au long du présent débat. La Fédération canadienne des municipalités est venue nous dire qu'après des années de compressions des libéraux, elle estime le déficit relatif aux infrastructures à environ 125 milliards de dollars. Pire encore, ce déficit s'accroît de près de 20 milliards de dollars par année.
    Que signifie le déficit relatif aux infrastructures dans le domaine du transport? Il signifie que nos routes sont de plus en plus dangereuses, notamment aux sauts-de-mouton qui les enjambent. L'effondrement qui s'est produit au Minnesota a résulté de l'insuffisance des ressources consacrées à l'entretien des sauts-de-mouton. Bien des gens redoutent qu'un tel accident arrive au Canada.
    L'accès à l'eau potable est insuffisant dans des endroits comme Walkerton et North Battleford, pourtant le gouvernement fédéral n'investit pas du tout pour améliorer l'approvisionnement en eau potable au pays.
     Parlons du traitement des déchets, en particulier dans une ville comme Victoria qui continue de déverser ses eaux d’égout brutes dans le détroit Juan de Fuca. Les libéraux n’ont rien fait à ce sujet. Les conservateurs ont dit que tout serait différent. Or, rien n’a changé à ce chapitre.
     Il en va de même pour tout le transport en commun. On a été témoin d’un grave sous-financement de l’infrastructure du transport en commun partout au Canada, ce qui signifie que les Canadiens ont encore moins de choix pour se rendre au travail et en revenir. On sait que le temps de déplacement augmente, tout comme les heures supplémentaires. Les gens travaillent de plus en plus fort pendant des semaines de plus en plus longues, pourtant leur salaire net diminue.

  (1325)  

     Le projet de loi C-28, la mise à jour budgétaire, n’aborde aucune de ces questions. Le gouvernement conservateur a plutôt décidé d’imposer des compressions touchant le système de justice, l’environnement, l’agriculture, les pêches et les océans, la sécurité publique, les affaires indiennes, le système de santé, le commerce international et l’industrie, les ressources humaines et l’amélioration des compétences.
     Rien ne change, tout est pareil. On a tout vu cela avec les libéraux et voici qu’avec le projet de loi C-28, on constate l’irresponsabilité financière du gouvernement conservateur. Il impose des compressions dans ce qui est essentiel puis il dit qu'il a un excédent et qu’il devrait le remettre au secteur privé.
     Cela me fait penser au petit garçon à qui sa maman a donné 3 $ pour aller faire une course. Il devait aller acheter des choses essentielles pour sa famille, pour ses frères et sœurs, du pain et du lait à rapporter à la maison. Mais il a plutôt dépensé les trois quarts de l’argent pour acheter des bonbons et, à son retour, il a dit à sa mère qu’il avait de l’argent en surplus, qu’il n’avait acheté aucune des choses essentielles et qu’il avait gaspillé l’argent.
     On voit que le gouvernement gaspille l’argent en réduisant constamment l’impôt des sociétés et en ne s’occupant pas de l’essentiel, c’est-à-dire de l’infrastructure de base, de ce dont nos villes et nos municipalités ont besoin pour garantir une qualité de vie décente à leurs citoyens; peu lui importe qu’il y ait en place une stratégie industrielle qui fournit de bons emplois, des emplois qui font vivre des familles. On ne voit rien de cela.
     Le gouvernement dit que les gens peuvent aller travailler chez Wal-Mart, parce qu’il ne leur donne pas autre chose comme stratégie industrielle. Quand les gens sont mis à pied, qu’ils n’ont plus d’emplois pour faire vivre leurs familles, parce que les conservateurs et les libéraux n’ont rien fait à cet égard depuis 20 ans, ils acceptent des emplois à temps partiel ou temporaires dans les secteur tertiaire, des emplois qui paient nettement moins et qui ne leur permettent pas de faire vivre leurs familles, ce qui explique pourquoi les revenus des deux tiers des familles canadiennes ont diminué.
    Si ce n'est pas une crise du revenu, je me demande bien ce que c'est. Cependant, les conservateurs ne souffleront pas un mot à ce sujet, pas plus que ne l'ont fait les libéraux d'ailleurs. On nie constamment ce qui se passe dans les rues de notre pays, y compris, comme le député de Sault Ste. Marie l'a mentionné, le fait que cette nuit, en plein hiver, 300 000 Canadiens dormiront dans des parcs et des refuges pour les sans-abri au pays. Si cela n'est pas honteux, qu'est-ce qui pourrait bien l'être?
    Les libéraux n'ont rien fait. En fait, en éliminant les programmes de logement, ce sont eux qui ont provoqué la crise. Quant aux conservateurs, ils ont simplement pris les fonds prévus dans le budget néo-démocrate et ils ont déclaré à tout le monde qu'ils avaient mis de côté 1 milliard de dollars. C'était l'argent que le NPD destinait au logement, et ce n'était qu'un début. Nous reconnaissons qu'il y a une crise du logement et qu'il faut beaucoup plus que 1 milliard de dollars pour aider les 300 000 Canadiens qui dormiront dans la rue ce soir et les centaines de milliers de familles canadiennes qui sont à un chèque de paie ou à un cheveu près de perdre leur maison.
    Nous savons que ces fonds n'étaient qu'un début par rapport aux investissements nécessaires, mais c'est tout ce que le gouvernement conservateur est prêt à consentir. Les conservateurs prennent tout simplement l'argent que le NPD avait mis de côté, c'est tout.
    Rien n'est prévu pour les besoins essentiels. Le NPD a dit à maintes reprises que le projet de loi C-28 devrait mettre en place un régime national d'assurance-médicaments pour aider concrètement les familles qui s'endettent et qui voient leurs revenus s'envoler en raison de l'escalade du coût des médicaments.
    Le NPD est le seul parti à la Chambre qui préconise la mise en place d'un régime national d'assurance-médicaments, à la manière de l'ancien chef néo-démocrate Tommy Douglas, le plus grand Canadien qui soit. Nous disons que le projet de loi C-28 aurait dû prévoir un régime national d'assurance-médicaments, mais il n'en est rien.
    Le projet de loi ne contient aucune stratégie pour l'industrie, aucune pour les étudiants du postsecondaire qui font face à un endettement massif et à des revenus plus faibles à leur sortie de l'université. Comme la plupart des emplois créés de nos jours, les emplois à la Wal-Mart, ne sont pas assortis d'un régime de pensions ou d'autres avantages, ces étudiants font face à une vie marquée essentiellement par l'endettement.
    On prend ces jeunes, qui ont travaillé pour obtenir un diplôme universitaire, puis on les envoie commencer leur vie avec une dette de 30 000 $. Comme Statistique Canada nous le confirme, ils n'obtiennent pas des salaires très élevés au départ, une fois qu'ils occupent ce qu'ils ont trouvé de mieux comme emploi sous le régime de ce gouvernement laxiste — et cela vaut aussi pour les libéraux, qui ne se sont jamais préoccupés de la classe moyenne et des travailleurs démunis. Puis, lorsqu'ils ont finalement remboursé leurs prêts d'études, les étudiants se retrouvent face à un avenir où leurs seuls revenus de pension sont ceux provenant du Régime de pensions du Canada et du Supplément de revenu garanti.

  (1330)  

    Nous savons que le gouvernement n'a pris aucune mesure pour remédier au sous-financement du Supplément de revenu garanti, une véritable arnaque pour les aînés. Le projet de loi C-28 ne tient pas du tout compte du fait que le coût de la vie augmente plus rapidement que le Supplément de revenu garanti, ce qui signifie que les aînés se font arnaquer par le gouvernement conservateur, tout comme ils se faisaient arnaquer par l'ancien gouvernement libéral.
    Le projet de loi C-28 ne répond à aucune de ces préoccupations. Il ne contient aucune mesure pour remédier à la crise dans le secteur de l'agriculture et à l'insuffisance des revenus agricoles, ni pour remédier à la pauvreté des Premières nations et à la situation déplorable dans les réserves de tout le pays. Il ne prévoit aucune mesure pour remédier au fait que 5 millions de Canadiens handicapés comptent parmi les personnes les plus pauvres du pays. La moitié des sans-abri sont des personnes handicapées, et 40 p. 100 d'entre elles doivent faire longtemps la queue aux banques alimentaires pour obtenir de quoi manger, un problème sur lequel ni les libéraux, ni les conservateurs se sont réellement penchés. Les files d'attente aux banques alimentaires s'allongent constamment, et 40 p. 100 des personnes qui fréquentent ces banques alimentaires rien que pour pouvoir survivre jusqu'à la fin du mois sont des personnes handicapées. Le projet de loi C-28 ne règle pas non plus ce problème.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je vous prierais de rétablir l'ordre. À l'étape de la troisième lecture, nous sommes censés nous attacher au contexte du projet de loi. Ce n'est plus le moment d'avoir des discussions comme celles que l'on a aux étapes de la deuxième lecture, de l'étude en comité ou du rapport. Il est inopportun pour le député d'énumérer une liste de souhaits quand le moment est venu de parler des dispositions spécifiques du projet de loi et de ses modalités d'application.

  (1335)  

    Je demanderais de nouveau au député de Burnaby—New Westminster de s'efforcer de s'en tenir le plus possible à l'objet de l'étape de la troisième lecture du projet de loi C-28.
    Monsieur le Président, le député de Selkirk—Interlake n'aurait pas pu mieux dire, lorsqu'il a dit que nous sommes censés nous attacher au contexte du projet de loi. C'est précisément de cela que je parle, du contexte et du fait que le projet de loi ne traite d'aucunes des questions qui préoccupent le plus les Canadiens.
    De quoi traite-t-il? D'énormes réductions d'impôt pour les sociétés, priorité gouvernementale intéressante s'il en est une. En effet, on puise à même la capacité financière du gouvernement un montant de 190 milliards de dollars et on en affecte la moitié à des réductions d'impôt pour les sociétés. Où ira cet argent? Il se trouve que le gros de ce montant profitera aux secteurs très rentables que sont les banques et l'industrie pétrolière. Le gouvernement leur donne de l'argent à la pelletée, mais il ne fait rien dans le domaine des soins de santé ou d'autres domaines que les néo-démocrates ont soulevés.
    Voyons où va l'argent. La pétrolière Impériale, qui a fait des profits de plus de 3 milliards de dollars l'an dernier, en 2006, bénéficie de la générosité du gouvernement conservateur qui s'apprête à la rendre encore plus rentable en lui donnant sans cesse plus.
    Voyons d'autres exemples. Petro-Canada a fait des profits de 1,7 milliard de dollars. Les conservateurs donnent de l'argent à la pelletée à cette société, mais pas aux Canadiens handicapés ni aux Autochtones ni aux familles de petits salariés qui tirent le diable par la queue.
    Une voix: Sortez le bouldozeur.
    Une voix: Cela prendrait une chargeuse frontale.
    Je vais devoir demander à tout le monde de se calmer. Normalement, j'entends ce que dit le député de Burnaby—New Westminster sans aucun problème, mais aujourd'hui, j'ai un peu de difficulté à l'entendre.
    Les députés pourraient peut-être attendre jusqu'à la période réservée aux questions et observations pour faire leurs commentaires; ensuite, nous permettrons au député de Burnaby—New Westminster de continuer.
    Monsieur le Président, je suis content de voir que les conservateurs sont sortis de leur sommeil. Espérons qu'ils vont bien lire le projet de loi et faire preuve de la prudence nécessaire en votant contre.
    Il est important pour les Canadiens de savoir où ces cadeaux fiscaux vont. Je pense qu'aucun député conservateur ne s'opposerait à cela, car les conservateurs adhèrent au principe de la responsabilité.
     Encana Corporation a réalisé un bénéfice de 6,4 milliards de dollars en 2006, et les conservateurs veulent lui donner encore plus d'argent. Shell Canada a réalisé un bénéfice de 1,7 milliard de dollars, Suncor Energy, de 2,9 milliards de dollars, Husky Energy, de 2,7 milliards de dollars, et Talisman, de 2 milliards de dollars. C'est là la liste des oeuvres de bienfaisance et des bénéficiaires de la générosité des conservateurs. Les conservateurs envoient de l'argent par pelletées aux entreprises.
    Le projet de loi C-28 ne contient rien pour les Canadiens pauvres, rien pour contrer la crise du logement ou la crise des revenus ni rien pour contrer la crise dans l'éducation postsecondaire et la crise dans les réserves autochtones. Il ne contient rien pour contrer la crise que vivent les Canadiens atteints d'un handicap. Nous ne voyons aucune mention de ces problèmes. Pourquoi? Le gouvernement conservateur est tellement déconnecté qu'il pense que la priorité des Canadiens, en ce moment même, est de pelleter des dizaines de milliards de dollars dans la cour des entreprises.
    Le gouvernement ne s'occupe pas du tout des anciens combattants et des Autochtones. Il ne s'occupe pas des familles de travailleurs pauvres qui ont donné tout ce qu'elles pouvaient au cours des 20 dernières années et qui doivent consacrer en moyenne plus de 200 heures de plus à leur travail en raison de l'augmentation du temps nécessaire pour se rendre au travail et de la détérioration de la qualité d'ensemble des services attribuable à l'irresponsabilité des libéraux lorsqu'ils étaient au pouvoir. Les conservateurs ne font rien non plus à ce sujet.
    Ils diront que le projet de loi C-28 prévoit un léger ajustement du taux applicable aux tranches d'imposition les plus basses. Cependant, il est important que les Canadiens sachent qu'ils pourront bénéficier d'un avantage fiscal, dont le montant net est de 15 $ par mois pour les familles moyennes ayant un revenu inférieur à 30 000 $ par année. Le gouvernement donne des dizaines de milliards de dollars aux entreprises, mais il ne verse qu'un maigre 15 $ par mois aux familles.
    Je viens de la Colombie-Britannique. J'ai donc été témoin de ce genre de tours de passe-passe sous le gouvernement de Gordon Campbell, qui agissait exactement de la même façon. Il donnait d'énormes cadeaux à ses petits amis du secteur des entreprises en ne versant que 15 à 20 $ par mois aux familles à faible revenu. En réalité, toutes les familles gagnant moins de 80 000 $ par année, autrement dit la vaste majorité des familles canadiennes, ont fini par payer davantage de frais d'utilisation qu'ils n'ont profité de cette petite réduction d'impôt.
    Comme je l'ai mentionné plus tôt, les coupes massives appliquées par le gouvernement conservateur dans tous les services que je viens de mentionner, en me basant sur des documents de la Bibliothèque du Parlement, se traduiront par un avantage fiscal de seulement 15 $ par mois pour les familles de travailleurs pauvres, qui devront en contrepartie composer avec les frais d'utilisation ou la détérioration de l'ensemble des services du gouvernement fédéral.
    Ce n'est pas ce que veulent les Canadiens. Ce qu'ils veulent, c'est un gouvernement fédéral efficace. Il veulent un gouvernement fédéral impliqué qui gère l'argent avec sagesse et l'investit là où cela compte le plus. Ils ne veulent pas d'un gouvernement qui gaspille, de la façon la plus irresponsable qui soit, des dizaines de milliards de dollars en faisant des cadeaux aux entreprises.
    Le gouvernement avait le choix. Il aurait pu se distinguer du gouvernement libéral inefficace et corrompu qui l'a précédé, mais il a choisi de suivre la même voie. C'est pourquoi nous nous opposons au projet de loi C-28.

  (1340)  

    Monsieur le Président, j'aimerais savoir quand le NPD va se tourner vers le présent et l'avenir plutôt que de revenir constamment sur le passé.
    Le député de Burnaby—New Westminster et son collègue, le député de Sault Ste. Marie, ne cessent de revenir sur le Régime d'assistance publique du Canada. Même s'il est vrai que nous avons remplacé ce régime en 1993, il n'était déjà plus efficace à la fin des années 1980. Pourquoi? Parce que l"argent du Régime d'assistance publique du Canada était dépensé par les provinces. Les provinces étaient remboursées à 50 p. 100 par le gouvernement fédéral. Les provinces ont abusé de ce système. Si une province ne dépense que 50 ¢ sur chaque dollar, c'est une façon très mesquine de faire des affaires.
    De plus, le financement des programmes établis a été amalgamé au Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux. Le financement des programmes établis était un outil très peu efficace, car il constituait une tentative d'allouer des fonds à divers programmes. Dans sa sagesse le gouvernement a, en 1993 ou en 1995, je ne me rappelle pas l'année précise, remplacé le Régime d'assistance publique du Canada, archaïque et inefficace, ainsi que le financement des programmes établis par le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux. Avec le temps, dans le cadre du Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux, le gouvernement libéral a instauré diverses mesures de reddition de comptes, de rendement et de résultats.
    Si les députés néo-démocrates étaient effectivement tournés vers le présent et l'avenir, ils verraient que la question qui nous préoccupe porte sur le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux et l'opportunité de consacrer une partie de ce fonds à l'enseignement postsecondaire. Voilà une des grandes questions. Je n'entends aucun des députés néo-démocrates parler de cela. Ils restent tournés vers le passé en parlant du Régime d'assistance publique du Canada, qui n'existe plus depuis 15 ans. Bon sang, concentrons-nous sur le présent et l'avenir et discutons de la voie que nous comptons faire prendre à ce pays en regardant vers l'avant, et non en arrière.
    Quand les néo-démocrates commenceront-ils à se tourner vers le présent et l'avenir plutôt que vers le passé?
    Monsieur le Président, chaque fois qu’un libéral parle de reddition de comptes, cela me fait sourire. Lorsqu’ils étaient au pouvoir, les libéraux ne se sont aucunement souciés de rendre des comptes, ont trempé dans la corruption et ont agi comme si tout leur était dû. Malheureusement, les conservateurs ont adopté exactement la même attitude.
     Nous avons parlé du présent et de l’avenir. Nous avons parlé de tous les éléments que les Canadiens veulent voir réunis, soit des mesures de soutien pour notre système de soins de santé et l’éducation postsecondaire, pour une stratégie industrielle et une stratégie commerciale permettant aux gens d’avoir des emplois qui leur permettent de faire vivre leur famille et pas seulement des emplois mal rémunérés chez Wal-Mart, les seuls emplois que les conservateurs et les libéraux offrent aux Canadiens depuis 20 ans. Nous avons parlé très clairement du présent et de l’avenir.
     Je ne vais pas laisser les libéraux nier leur responsabilité dans la destruction du programme national d’habitation. Cela a eu pour conséquence que des centaines de milliers de Canadiens doivent dormir sous les porches ou dans les parcs de notre pays. C’est vraiment consternant.
     Lorsque les membres du Parti libéral essaient de défendre ses tristes résultats, cela montre seulement qu’ils n’ont pas appris leur leçon.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter le député pour son excellent discours. C’était un excellent exposé de ce que le gouvernement actuel désire faire en accordant des allégements d’impôt aux sociétés aux dépens des investissements dans l’infrastructure dans l’intérêt des citoyens et des collectivités.
     Je me demande si le député a essayé de faire la comparaison avec 13 années de gouvernement libéral. En fait, dans son désir de combattre le déficit qu’il a résorbé rapidement en raison de la nature agressive de son programme, le gouvernement libéral précédent a réduit de façon encore plus radicale le transfert social aux provinces, le faisant passer de 7 à 8 milliards de dollars. Le gouvernement libéral précédent a ensuite profité des conditions économiques favorables que nous avons connue après 1995 pour commencer à offrir d’énormes concessions fiscales aux sociétés, aux banques, aux compagnies d’assurances et aux sociétés pétrolières du pays aux dépens de l’infrastructure sociale.
     Prenons par exemple notre système de soins de santé qui nous définit en tant que Canadiens. Je n’ai pas besoin de chercher bien loin pour constater les coupes que le gouvernement fédéral a faites aux dépens des provinces. Les provinces ont ensuite sabré à leur tour les institutions qu’elles doivent mettre à la disposition des collectivités et des citoyens. Le régime de santé est une de ces institutions qui ont été sauvagement détruites.
     Il y a des listes d’attente, de longues files d’attente et diverses maladies qui commencent à apparaître. C’est très inquiétant. Je dirais que notre système de soins de santé est en crise.
     Lorsqu’il compare ce que le nouveau gouvernement conservateur qui est en place depuis près de deux ans propose de faire pour le pays avec ce que les libéraux ont fait pendant 13 ans, le député constate-t-il une différence?

  (1345)  

    Monsieur le Président, il semble que seuls les députés néo-démocrates posent à la Chambre des questions intelligentes sur le projet de loi C-28. La question du député est très pertinente.
    Nous avons vu le saccage du régime de soins de santé par le gouvernement libéral se poursuivre sous le gouvernement conservateur. Il y a les récentes compressions dont je viens de parler dans le cadre des compressions globales imposées aux ministères. Au lieu de s'assurer que l'argent est investi correctement et que le programme de soins de santé est bien financé, les conservateurs adoptent la même approche que les libéraux.
    Le député de Sault Ste. Marie a soulevé une question capitale. Il est essentiel de noter que les soins de santé représentent une partie importante de l'avantage concurrentiel que possèdent les entreprises canadiennes. En effet, toutes les études ont démontré que les entreprises canadiennes sont beaucoup plus compétitives, car elles n'ont pas à payer des prestations pour soins de santé comme c'est le cas aux États-Unis. Nous avons un avantage concurrentiel important.
    Ni les libéraux ni les conservateurs n'ont jamais tenté d'établir un lien entre le taux d'imposition des sociétés et l'avantage concurrentiel que les sociétés retirent du régime de soins de santé. Ils ne cessent de réduire le taux d'imposition des sociétés sans considérer le fait que le soutien accordé au régime de soins de santé est un avantage concurrentiel important.
    Si le gouvernement désire aider les entreprises, pourquoi n'investit-il pas dans les soins de santé? Pourquoi n'investit-il pas dans un programme d'assurance-médicaments qui permettrait aux sociétés d'avoir un avantage concurrentiel encore plus grand sans nuire à la capacité du gouvernement fédéral d'aider les Canadiens ordinaires?
    Monsieur le Président, aujourd'hui, on a accusé mon collègue de vivre dans le passé et de s'appesantir sur les choses qui sont arrivées avant.
    J'aimerais qu'il nous explique comment il voit l'avenir du pays. Juge-t-il que nous sommes à la croisée des chemins et que les mesures destinées au secteur privé sont graduellement en train de remplacer celles destinées aux citoyens? Dans l'affirmative, que faire pour retrouver notre pays d'avant et revenir sur la bonne voie, comme la plupart des Canadiens le veulent?
    Monsieur le Président, notons qu'aucun conservateur ne prend la parole pour défendre le budget. Le gouvernement comprend très bien qu'il n'y a pas grand-chose à défendre.
    Le député de Colombie-Britannique-Southern Interior veut savoir ce que j'envisage pour le pays. À la prochaine législature, je vois le député de Toronto—Danforth premier ministre et un plus grand nombre de néo-démocrates efficaces et zélés assumer leurs fonctions à la Chambre avec diligence, ce que les conservateurs n'ont pas l'air de réussir à faire. Ils ne font pas leurs devoirs et ils n'agissent pas avec diligence. Les Canadiens les jugeront là-dessus.
    Les Canadiens veulent que nous nous attaquions aux difficultés auxquelles ils se heurtent. Ils veulent que nous améliorions la qualité de vie de la plupart des familles canadiennes. Il faut notamment contrer la hausse vertigineuse du prix des médicaments. Il faut aider les jeunes à obtenir la formation et l'éducation postsecondaire qui conviennent. Il faut favoriser un environnement plus sain et veiller à avoir un secteur industriel qui crée des emplois durables pour les familles. Il faut adopter une stratégie commerciale dont l'objectif n'est pas de régresser.
    Depuis que le gouvernement conservateur est arrivé au pouvoir, il a capitulé dans le dossier du bois d'oeuvre et il s'est fait avoir par le Liechtenstein dans des négociations commerciales. Le gouvernement semble toujours négocier de manière à ce que le pays régresse.
    Les Canadiens s'attendent à ce que le gouvernement fédéral soit fier du Canada et puisse défendre les intérêts des Canadiens, en particulier ceux des familles.
    Il faudrait notamment stopper le Partenariat pour la sécurité et la prospérité. Je sais que le député de Colombie-Britannique-Southern Interior a vivement déploré la nature secrète et antidémocratique du partenariat et ses répercussions sur la qualité de vie des Canadiens. Un gouvernement néo-démocrate y mettrait un terme immédiatement.
    J'ai beaucoup d'optimisme pour l'avenir. Je sais que les Canadiens se sont rendu compte que les conservateurs ne sont pas vraiment différents des libéraux.

  (1350)  

    ,Monsieur le Président, je suis heureux de pouvoir faire quelques observations au sujet du programme qu'a présenté l'actuel gouvernement conservateur et de dire aux députés et à la population que nous, néo-démocrates, n'adopterions pas un tel programme.
    En ce qui concerne les priorités au Canada, nous estimons qu'il faut investir tout l'argent dont nous disposons dans l'infrastructure communautaire, l'infrastructure sociale, l'infrastructure de la santé et l'infrastructure de l'éducation. Ainsi, notre pays sera le meilleur au monde sur le plan du rendement économique et nous pourrons nous occuper de nos citoyens comme le Canada est reconnu pour le faire dans le reste du monde.
    La réalité sur le terrain et le programme proposé ici sont contradictoires. Dans son énoncé économique, le gouvernement propose de ramener le taux d'impôt fédéral sur le revenu des sociétés de 22 p. 100 à 19,5 p. 100 en 2008, à 18 p. 100 en 2010, à 16,5 p. 100 en 2011 et à seulement 15 p. 100 en 2012. Les coffres de l'État seront ainsi privés d'un montant de 6 milliards à 12 milliards de dollars.
    Comme nous le savons tous, nous pourrions utiliser cet argent pour investir dans les programmes dont nous avons besoin pour aider nos enfants, pour assurer l'avenir des générations montantes, pour veiller à ce que notre système de santé fasse encore une fois l'envie du monde, pour faire en sorte que notre système d'éducation postsecondaire soit accessible à tous, afin que nous ayons les travailleurs dont nous aurons besoin pour être concurrentiels dans l'économie mondiale en évolution.
    Cette réduction d'impôt va bien au-delà de la promesse faite dans le budget de 2007, soit avoir ramené le taux d'imposition des sociétés à 18,5 p. 100 en 2011. Le ministre des Finances a dit que les réductions d'impôt des sociétés sont les plus fortes et les plus rapides jamais envisagées. Lorsqu'on compare cela aux réductions d'impôt des sociétés qui ont été faites dans les années 1990 sous le gouvernement libéral précédent, on ne peut que s'étonner de l'énergie et du zèle dont fait preuve le gouvernement pour remettre de l'argent à de grandes entreprises qui en ont déjà plus qu'elles n'en auront jamais besoin.
     Malheureusement, alors que nous cherchons des alliés en cette enceinte pour mettre obstacle à ce programme, nous apprenons que le chef du Parti libéral se dit en faveur de la réduction de l'impôt des sociétés et qu'il a fait remarquer qu'il avait lui-même proposé cette mesure. Quiconque laisse entendre qu'il y a une opposition à la Chambre, autre que de la part du NPD et parfois du Bloc, ne comprend pas du tout ce qui s'y passe.
    Depuis les quelques mois qui se sont écoulés depuis le retour du Parlement en octobre après la prorogation, les libéraux ont eu maintes occasions de prendre la parole et de s'opposer aux mesures draconiennes des conservateurs, à ce programme qui sape la capacité du gouvernement. Les libéraux ont eu maintes occasions de participer au renforcement de la vie de tous les Canadiens, mais ils se sont contentés de croiser les bras et ont refusé de voter. Ils ne voteront ni pour ni contre, dans la mesure où certains libéraux sont en situation de conflit, mais dans tous les cas, ils ne se prononceront pas.
    Selon l'énoncé économique, on estime à 6 milliards de dollars le manque à gagner fiscal annuel quand la mesure sera entièrement mise en oeuvre en 2012-2013. Cette somme-là ne pourra donc être investie ni dans les mesures qui, selon les étudiants, sont nécessaires si nous voulons veiller à ce que l'éducation postsecondaire soit abordable, ni dans celles qui, selon les personnes âgées, sont nécessaires si nous voulons collaborer avec elles de manière à ce qu'elles puissent vivre dignement, à l'image du travail qu'elles ont accompli pendant leurs années de vie active.
    Le gouvernement disposera de 6 milliards de dollars de moins pour trouver une solution à la crise des soins de santé. Il disposera de 6 milliards de dollars de moins pour aider les anciens combattants qui sont montés au front au nom du Canada. Ceux-ci se sont battus pour la liberté et la démocratie et se trouvent maintenant dans des circonstances assez désespérées, sans l'aide dont ils ont besoin pour prendre soin d'eux et de leur famille et pour vivre dignement.

  (1355)  

    Des économistes progressistes concluent que ces 6 milliards de dollars sont en fait une estimation trop basse et que le chiffre réel des recettes auxquelles le gouvernement renonce avec sa mesure serait probablement de l'ordre de 12 milliards de dollars. C'est beaucoup d'argent.
    C'est beaucoup d'argent dont le gouvernement ne disposera pas pour les transferts aux provinces, qui s'en serviraient pour réparer les routes, investir dans les transports en commun, construire des ponts et faire en sorte que les collectivités soient en bon état et fournissent de l'eau potable. Cet argent pourrait aussi aider les petites collectivités qui ont une petite assiette fiscale à se conformer aux nouveaux règlements concernant l'élimination des déchets et le traitement des eaux usées.
    Ce sont les banques et le secteur des ressources qui bénéficient le plus des réductions, ce qui veut dire que les grandes pétrolières et les grandes banques sont gagnantes. Le secteur des finances, qui représente un tiers des profits avant impôt des entreprises, et les secteurs des hydrocarbures et des mines, qui sont en plein essor et qui représentent un sixième des profits avant impôt des entreprises, comptent pour le gros des recettes tirées des entreprises. Ils bénéficieront de ce bricolage fait pour eux à moins que les libéraux ne trouvent d'ici là suffisamment de courage pour s'opposer avec nous à ce programme dévastateur et néfaste.
    Les compressions générales d'impôts des entreprises ne font rien pour les secteurs que nous souhaitons cibler. Elles réduiront donc la capacité du gouvernement d'investir dans les infrastructures dont nous avons besoin pour que le Canada soit le premier ou le deuxième dans le monde en fait d'investissements dans ses ressources humaines, mais elles ne stimuleront pas l'économie comme le prétend le gouvernement parce que ce ne sont pas les bons secteurs qui en retireront de l'argent.
    Nous avons besoin d'investissements dans des secteurs comme le secteur manufacturier et les entreprises vertes où nous pouvons stimuler la création d'emplois de qualité et investir dans le renouvellement de la machinerie et du matériel, renforcer la recherche, le développement et l'innovation.
    Que se passe-t-il au Canada pendant que nous discutons de la gestion radicale des finances du gouvernement et du Canada? Lorsque je parcours le pays et que je rencontre des gens, je constate que l'anxiété s'accroît, que la population se sent incertaine de son avenir et de ce sur quoi elle pourra compter.
    Monsieur le Président, je poursuivrai mon intervention après la période des questions.
    Il restera 12 minutes au député pour conclure.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Le bénévolat

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de prendre la parole aujourd'hui au sujet d'une des initiatives bénévoles les plus fructueuses du pays.
    Au cours de la 14e édition du festival des arbres à Red Deer, un appel de fonds a été lancé pour financer l'achat de nouveau matériel technologique pour notre hôpital régional. Nos bénévoles ont répondu à l'appel et ont recueilli 1,1 million de dollars.
    Notre ville, Red Deer, qui compte presque 90 000 habitants, a recueilli le même montant qu'Edmonton et Calgary, qui sont dix fois plus grandes.
    Ce n'est pas la première fois que nos bénévoles se singularisent. La Bibliothèque collégiale Red Deer, le service de santé David Thompson et le Centre Collicott ont tous sensibilisé le public et recueilli des dons substantiels.
    Nos bénévoles ont contribué à l'immense succès de nombreuses manifestations, notamment les Championnats du monde de hockey junior et le Tournoi des coeurs Scott.
    Je suis très fier de nos bénévoles. Toute la collectivité leur dit un grand merci.

  (1400)  

La violence contre les femmes

    Monsieur le Président, en décembre 2005, le meurtre de Paula Gallant, une enseignante, a ébranlé les résidants de Halifax.
    Ce meurtre a privé notre collectivité d'une femme forte et intelligente, doublée d'une artiste talentueuse. Il a privé sa famille d'une mère, d'une soeur et d'une épouse aimante.
    La semaine dernière, plusieurs centaines de personnes ont confirmé leur détermination à trouver le meurtrier de Paula et à faire en sorte que justice soit rendue. Le jour de l'anniversaire de Paula, ses proches ont lancé un site web à sa mémoire, où ils rappellent les efforts continus visant à mettre fin à la violence contre les femmes.
    Récemment, j'ai rencontré Lynn, la soeur de Paula, qui se consacre à faire connaître la vie de Paula et à sensibiliser les gens à ce meurtre non élucidé. Lynn est une battante impressionnante et une soeur dévouée.
    Je sais que les députés se joignent à moi pour féliciter Lynn ainsi que toutes les personnes qui ne ménagent aucun effort au nom de Paula et de toutes les femmes qui sont victimes de violence.

[Français]

Le prix Jean-Paul-Raymond

    Monsieur le Président, la Fédération de l'UPA du Bas-Saint-Laurent a reçu dernièrement le prix Jean-Paul-Raymond pour son projet de centre de transformation des viandes. Le prix Jean-Paul-Raymond est décerné chaque année lors du congrès général de l'Union des producteurs agricoles pour souligner un projet ou une activité syndicale qui se démarque.
    Le président de la Fédération de l'UPA du Bas-Saint-Laurent, Claude Guimond, a déclaré « qu'il s'agissait d'une belle reconnaissance des producteurs agricoles de toutes les régions du Québec et que cela démontrait qu'il y a encore de la place pour les projets collectifs ».
    Le centre de transformation, qui se spécialise dans la découpe de viande d'agneau et de boeuf, a entrepris ses activités temporairement à La Pocatière et déménagera l'été prochain à Saint-Gabriel-de-Rimouski, quand la construction du centre sera terminée.
    Félicitations encore une fois à M. Guimond et à toute son équipe pour cette initiative unique en son genre, qui fait la fierté des Bas-Laurentiennes et des Bas-Laurentiens.

[Traduction]

Le Régime de pensions du Canada

    Monsieur le Président, plus de 70 000 aînés vivent à Hamilton, ma ville. Un sur quatre vit dans la pauvreté. Ces aînés dépendent des régimes de retraite du gouvernement auxquels ils ont cotisé toute leur vie, convaincus que leurs investissements dans les régimes de retraite publics seraient à leur portée le moment venu.
    On les a trahis. Les prestations du Régime de pensions du Canada ont toujours été cruellement insuffisantes.
    Et voilà que le gouvernement fédéral apprend que Statistique Canada a sous-estimé le taux d'inflation des cinq dernières années, ce qui veut dire que les prestations du RPC n'ont même pas été rajustées en fonction de la hausse du coût de la vie. Les prestations de retraite de nos aînés auraient dû augmenter bien davantage, mais ce ne fut pas le cas.
    Dans le minibudget qu'ils ont présenté récemment, les conservateurs ont accordé des réductions de milliards de dollars à certaines de nos banques et sociétés pétrolières les plus rentables. Pourtant, ils ont retenu l'argent qui appartient réellement aux aînés.
    C'est exact. Les conservateurs ont pris de l'argent dans les poches de nos aînés les plus pauvres pour le donner aux sociétés pétrolières les plus prospères.
    Nos aînés méritent mieux. Ils méritent davantage de respect et ils méritent assurément leur juste part des régimes de retraite auxquels ils ont cotisé.

La violence à l'égard des aînés

    Monsieur le Président, il existe de nombreux types de relations de violence dans notre société, mais l'une des plus répréhensibles est la violence à l'égard des aînés. Celle-ci inclut la violence physique, psychologique et parfois même financière, qui est peut-être la forme de violence la plus inique.
    Les aînés, dont la volonté est érodée par le vieillissement, ne peuvent se défendre de la façon dont ils auraient sûrement pu le faire lorsqu'ils étaient plus jeunes, et ils gardent le silence parce qu'ils ont honte.
    Les économies de toute une vie, qu'ont accumulées diligemment des aînés pour assurer leur sécurité et leur indépendance financières face à l'État, pour donner des cadeaux à des membres de leurs familles, ou pour faire des dons à des organismes de charité, sont drainées sans pitié et ouvertement par les personnes les plus proches d'eux.
    À titre de parlementaires, il nous incombe de prendre conscience du problème de la violence à l'égard des aînés, et de régler ce problème.
    Je félicite les intervenants de première ligne de leurs efforts, c'est-à-dire les corps policiers de tout le pays. Toutefois, ceux-ci ont besoin de plus de ressources et de meilleurs outils.
    La violence faite aux aînés est un phénomène qu'on constate un peu partout et qui, malheureusement, est de plus en plus répandu. Nous devons faire preuve d'une plus grande efficacité pour ce qui est de protéger nos aînés.

L'agriculture

    Monsieur le Président, la plupart des députés s'en souviendront, les dernières années ont été difficiles pour nos producteurs de céréales et d'oléagineux. Nos agriculteurs ont dû composer avec une chute brutale et presque sans précédent des prix des denrées et, parallèlement, avec l'augmentation à un niveau record des prix des facteurs de production.
    Malheureusement, le même genre de défi semble maintenant attendre les secteurs du boeuf et du porc au Canada. L'industrie du boeuf est encore en train de se relever à la suite de la crise de la vache folle. Maintenant, encore affaiblis financièrement, nos secteurs du boeuf et du porc font face à une crise imminente qui pourrait être catastrophique pour ces pierres angulaires de l'économie agricole du Canada.
    Comme l'agriculture est le deuxième domaine d'emploi en importance au Canada et un pilier de notre économie nationale, j'exhorte le gouvernement à prendre immédiatement des mesures décisives pour aider nos agriculteurs à surmonter la crise et pour préserver leur industrie pour les années futures. Le temps nous est compté. Nos agriculteurs ont besoin de mesures immédiates.

  (1405)  

L'Algérie

    Monsieur le Président, nous venons tout juste d'apprendre une triste nouvelle: deux horribles attentats terroristes ont été commis ce matin à Alger. Plus de 60 personnes ont perdu la vie et de nombreuses autres ont été blessées, notamment des employés du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
    Au moment où l'Algérie se remet d'une longue décennie de guerre civile qui a coûté la vie à plus de 150 000 personnes, il est particulièrement choquant de voir que des éléments terroristes, probablement liés à Al-Qaïda, ont lancé ces attaques meurtrières contres des victimes innocentes et des membres du personnel onusien qui travaillent pour le bien des Algériens.
    Au cours des dernières années, l'Algérie a fait des efforts considérables pour lutter contre le terrorisme, rétablir la paix et en arriver à la réconciliation sur son territoire.
    Le gouvernement du Canada condamne vivement ces attentats terroristes qui ont pour seul but de miner les fondements de la démocratie et de déstabiliser l'Algérie.

[Français]

L'Union des producteurs agricoles

    Monsieur le Président, le Bloc québécois félicite M. Christian Lacasse, producteur laitier de Saint-Vallier de Bellechasse, le nouveau président de l'Union des producteurs agricoles. Nous félicitons également les vice-présidents, Pierre Lemieux et Denis Bilodeau. Je tiens aussi à souligner l'immense contribution au milieu agricole québécois de M. Laurent Pellerin, président de l'UPA pendant 14 ans, et de Mme Martine Mercier, première femme à occuper le poste de vice-présidente.
    Aussitôt élu, le nouveau président de l'UPA a déclaré, et je cite:
    Nous allons nous serrer les coudes pour nos confrères en difficulté dans les secteurs de la forêt, du porc, des bovins, des céréales. Il faut l'appui des gouvernements pour des aides d'urgence pour traverser la crise. Si rien n'est fait, il y aura des fermetures.
    Son message n'a pas été entendu puisque le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire n'a rien annoncé au congrès de l'UPA pour venir en aide aux producteurs. Il a refusé de répondre à leurs questions. Il devra pourtant les entendre parce que le Bloc québécois continuera de défendre les intérêts des agricultrices et des agriculteurs du Québec.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, le Canada joue un rôle important et dynamique dans l'économie mondiale. Le gouvernement conservateur a renforcé notre assise économique et a établi une orientation à long terme, et les Canadiens en récoltent les fruits. L'économie est solide et le taux d'emploi atteint des sommets.
    Nous collaborons avec les entreprises canadiennes pour améliorer les conditions d'investissement, encourager l'innovation et accroître le commerce international, mais le gouvernement conservateur veillera à ce que les règles soient équitables et à ce que nos intérêts nationaux soient protégés.
    Voilà pourquoi le ministre de l'Industrie a décidé de protéger le Canada contre les sociétés d'État étrangères qui prennent le contrôle d'entreprises canadiennes sans être totalement transparentes. Rien ne garantit que les intérêts de ces sociétés soient strictement commerciaux; elles agissent souvent pour le compte de leur gouvernement.
    Nous nous assurons de ne pas laisser les travailleurs canadiens à la merci d'un gouvernement étranger. Les sociétés d'État étrangères devront prouver que leurs investissements sont dans l'intérêt du Canada.
    Le message est clair: le gouvernement protégera les travailleurs canadiens et nos intérêts nationaux.
    Le Canada est prêt à faire des affaires, mais il n'est certainement pas à vendre. Nous veillerons à continuer de protéger nos foyers et nos droits, ainsi que notre économie.

L'université Mount Allison

    Monsieur le Président, c'est avec grande fierté que je salue aujourd'hui l'Université Mount Allison, de Sackville au Nouveau-Brunswick.
    Mount Allison a été reconnue comme la meilleure université de premier cycle dans le cadre du 17e sondage annuel mené par la revue Maclean's.
    Cette année, Mount Allison s'est classée première, ex aequo avec l'Université Acadia. Au cours des 17 dernières années, Mount Allison s'est classée 12 fois en première position et cinq fois en deuxième position. C'est un bilan exceptionnel, digne d'une université d'envergure mondiale.
    M. Robert Campbell, président de l'Université Mount Allison, l'explique en ces termes:
    Le classement des universités que publie le Maclean's informe le monde des forces de l'Université Mount Allison, des professeurs primés aux petites classes en passant par notre système innovateur de résidence, qui comprend une résidence durable, et une myriade d'activités parascolaires [...] L'Université Mount Allison ne fait pas que décerner un diplôme à ses étudiants, elle les prépare à devenir des citoyens engagés du monde [...]

[Français]

    Félicitations aux étudiants, au personnel et aux enseignants de l'Université Mount Allison.

Les secteurs manufacturier et forestier

    Monsieur le Président, le 7 décembre dernier, notre premier ministre s'est rendu à Rivière-du-Loup et à Rimouski où il a rencontré de nombreux commettants du Bas-Saint-Laurent qui l'ont chaleureusement accueilli. Pour une des rares fois en 14 ans, des acteurs économiques de la région ont pu faire part de leurs préoccupations directement à un élu fédéral qui n'est pas cloué sur les banquettes de l'opposition et qui a les moyens d'agir.
    Comme à son habitude, le premier ministre a abordé les vrais défis, dont la situation des industries manufacturière et forestière qui sont appelées à évoluer dans un contexte économique exigeant. Notre gouvernement, fort de sa représentation québécoise, a pris des mesures pour soutenir ces industries, leurs communautés et leurs travailleurs. Notre gouvernement en fera plus durant la nouvelle année et dans le prochain budget pour ces industries parce que c'est dans l'intérêt du Québec et des Canadiens.
     Pendant ce temps, le député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup pourra continuer à écouter et à poser questions.

  (1410)  

[Traduction]

Les aînés

    Monsieur le Président, nos aînés méritent bien mieux de la part du gouvernement. Les aînés travaillent fort. Ils ont contribué à leur régime de pensions et ils devraient bénéficier d'une retraite sûre. Cependant, de plus en plus, on leur soutire leur propre argent. Les aînés ne reçoivent pas automatiquement le Supplément de revenu garanti. Certains aînés admissibles aux prestations d'invalidité n'en touchent pas. D'autres doivent aller devant les tribunaux pour avoir leurs paiements de base du Régime de pensions du Canada. Maintenant, en raison d'une erreur dans le calcul du taux d'inflation ces cinq dernières années, les aînés sont encore une fois lésés.
    Quand j'ai fait cette annonce dans ma circonscription, la secrétaire d'État aux Aînés a publié un communiqué dans les heures qui ont suivi. Le gouvernement redressera-t-il le problème? Non. Il blâme le gouvernement libéral pour cette erreur en ajoutant que d'autres pays occidentaux ont gardé les fonds accumulés à la suite d'erreurs.
    Nous montrons à nos enfants à assumer leurs erreurs. Pourquoi en serait-il autrement pour le gouvernement? Ce dernier peut instantanément publier un communiqué dans lequel il se défend de ne pas faire ce qui s'impose, mais il ne peut réagir assez rapidement pour les aînés. Les gestes sont plus éloquents que la parole. Il faut donner aux aînés l'argent qui leur est dû.

L'Aga Khan

    Monsieur le Président, ce jeudi 13 décembre marquera le 71e anniversaire de naissance de Son Altesse l'Aga Khan.
    Son Altesse est un important leader spirituel pour les millions d'ismaïliens dans le monde. Il est connu par un public encore plus vaste comme le chef du réseau de développement de l'Aga Khan, l'une des plus importantes fondations privées se consacrant à l'éradication de la pauvreté, de la faim, de l'analphabétisme et des maladies dans les pays en développement.
    Son altruisme désintéressé et son dévouement pour le pluralisme sont reconnus partout dans le monde. Il a d'ailleurs reçu le titre de Compagnon de l'Ordre du Canada.
    L'Aga Khan est en train de mettre sur pied le Centre mondial du pluralisme, qui aura son siège à Ottawa. Le centre effectuera des travaux de recherche et favorisera le dialogue sur la diversité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse afin d'aider à promouvoir les valeurs pluralistes dans le monde entier.
    J'invite tous les députés de la Chambre à se joindre à moi pour offrir à Son Altesse l'Aga Khan nos meilleurs voeux de succès tandis qu'il poursuit ses efforts en vue de redonner espoir aux plus démunis et aux plus vulnérables de la planète.

[Français]

L'organisme Partance

    Monsieur le Président, c'est en 1982, par suite du constat des difficultés que rencontrent les femmes dans leur démarche d'intégration du marché de l'emploi, que l'organisme Partance voyait le jour à Drummondville.
    Vingt-cinq ans plus tard, le marché de l'emploi s'est transformé, mais les obstacles sont encore nombreux pour les femmes qui veulent réaliser leur objectif professionnel. Près de 4 000 femmes ont bénéficié des services de Partance devenu pour elles symbole d'un départ, d'un envol, d'une porte ouverte sur l'avenir.
    À l'occasion de cet anniversaire, un hommage a été rendu aux gagnantes du concours « Femmes d'influence », soit Berthe Tessier, de l'Association des retraitées et retraités de l'enseignement du Québec, région de Drummondville; Francine Ruest Jutras, la mairesse de Drummondville; Mariette Saint-Laurent, la fondatrice de La Rose des vents; Micheline Locas, la présidente-directrice générale de l'Association des clubs d'entrepreneurs étudiants; et Paula Provencher, la présidente de l'AFEAS Centre-du-Québec.
    Elles sont les témoins de la place que les femmes occupent à Drummondville. Elles ont tracé le chemin pour d'autres. Je les en félicite toutes!

[Traduction]

Postes Canada

    Monsieur le Président, le gouvernement a asséné un terrible coup au service de distribution postale en région rurale, dans ma circonscription, Cardigan, et dans toute l'Île-du-Prince-Édouard.
    Postes Canada a demandé à ses représentants d'ordonner aux citoyens d'utiliser des boîtes postales communautaires disposées le long de routes où la circulation est dense, ce qui est très dangereux. Un incident s'est déjà produit sur la route Trans-Canada, dans ma circonscription, la semaine dernière. Une personne qui passait prendre son courrier a eu un accident en quittant les lieux.
    Postes Canada a installé ces boîtes postales communautaires sans se soucier de la sécurité de la population et sans ménager un espace suffisant pour permettre aux gens d'aller chercher leur courrier en toute sécurité. Cette situation est inacceptable et ne peut plus durer.
    Mon message est simple. Mettez fin à cette situation dans laquelle les insulaires mettent leur vie en péril rien qu'en allant chercher leur courrier. Si le gouvernement permet que cette situation perdure, ce sera la fin de la distribution du courrier en région rurale à la grandeur du Canada, ce qui aura un effet direct sur les personnes âgées vivant en milieu rural.

  (1415)  

L'environnement

    Monsieur le Président, lorsqu'il est question d'hypocrisie au sujet des changements climatiques, le Parti libéral l'emporte haut la main.
    En reconnaissance de son incapacité totale, pendant 13 ans, à combattre les changements climatiques, nous sommes heureux de remettre un prix spécial d'hypocrisie libérale du jour dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se déroule actuellement en Indonésie.
    Le prix du jour est remis au député libéral d'Etobicoke—Lakeshore, qui a déclaré: « Nous diminuerons la pollution au Kazakhstan, mais pas celle du centre-ville de Toronto ». Et qui peut oublier la célèbre fois où il a interpellé le chef libéral au sujet de son dossier peu reluisant sur l'environnement en disant « Nous n'avons pas fait le travail ».
    Lorsqu'il s'agit de combattre les changements climatiques sur la tribune internationale, un seul parti est sérieux quant au travail à faire et à la façon d'obtenir de tous les principaux pollueurs comme la Chine, l'Inde et les États-Unis qu'ils emboîtent le pas. Ce parti, mes amis, est le Parti conservateur du Canada.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

La centrale nucléaire de Chalk River

    Monsieur le Président, le gouvernement a levé son embargo sur la mesure législative visant à régler le gâchis de la crise des isotopes. Je vais donc poser au premier ministre des questions au sujet du projet de loi.
    Pourquoi l'organisme de réglementation du nucléaire n'a-t-il aucun rôle à jouer pour ce qui est d'évaluer si le réacteur de Chalk River est sûr durant la période de 120 jours? Pourquoi le gouvernement croit-il qu'EACL, qui violait de façon flagrante les conditions de son permis, est compétente pour décider si l'exploitation du réacteur est sans danger?
    Monsieur le Président, le gouvernement a reçu un avis impartial disant que le réacteur ne présente aucun problème du point de vue de la sécurité.
    Par contre, nous savons que les actions de la Commission de sûreté nucléaire nommée par les libéraux continueront de menacer la santé, la sécurité et la vie de dizaines de milliers de Canadiens.
    Nous ne sommes pas autorisés à agir en tant qu'exécutif, mais nous avons la responsabilité de demander au Parlement d'intervenir pour corriger la situation avant que la santé d'un plus grand nombre de gens ne soit compromise.
    Monsieur le Président, le fait de s'en prendre à l'organisme de réglementation, à l'exclure du processus, ne fera qu'aggraver le problème.
    Dans un discours prononcé en juin 2006 à Chalk River, le ministre des Ressources naturelles a dit que le gouvernement mettait de l'ordre dans ses affaires. Ce n'est manifestement pas le cas. EACL est une société d'État. Son conseil d'administration est nommé par le gouvernement. Ce dernier aurait dû savoir que cette société violait les conditions de son permis.
    Pourquoi le ministre est-il resté à ne rien faire pendant 18 mois?
    Monsieur le Président, EACL et la CCSN sont deux entités qui fonctionnent indépendamment du gouvernement.
    Cela dit, les actions de l'organisme de réglementation, bien qu'elles soient conformes aux pouvoirs prévus dans la loi, ne sont clairement pas dans l'intérêt public, aux yeux du gouvernement. Ce qu'il faut faire, dans l'intérêt public, c'est remettre ce réacteur en marche et reprendre la production de ces radio-isotopes d'application médicale. Il n'y a aucune menace à la sécurité nucléaire. C'est plutôt la santé des gens qui est menacée.
    Les libéraux devraient cesser de protéger les gens qu'ils ont eux-mêmes nommés et veiller à ce que reprenne sans tarder la production de ces isotopes d'application médicale.
    Monsieur le Président, depuis quand le premier ministre du Canada est-il un expert en sécurité nucléaire?

[Français]

    Le réacteur nucléaire de Chalk River a cessé ses activités le 18 novembre. Toutefois, ce n'est que vendredi passé, soit 18 jours plus tard, que le ministre de la Santé commençait à dresser le bilan de la situation.
    Pourquoi cette attente négligente d'un mois — un mois pendant lequel la santé des Canadiens était en péril? Pourquoi la santé des Canadiens est-elle encore en péril?
    Monsieur le Président, le gouvernement a consulté des experts pour entendre des avis d'experts sur une situation d'intérêt public.

  (1420)  

[Traduction]

    Depuis quand le Parti libéral a-t-il le droit, d'outre-tombe, par l'intermédiaire d'une personne qu'il a nommée auparavant, de bloquer la fabrication de produits médicaux nécessaires dans notre pays? Cela ne sert pas l'intérêt public. Plus la situation persiste, plus les dommages à la santé publique seront importants. Le Parti libéral empêche qu'on règle ce problème.
    Monsieur le Président, il semble que, depuis un an et demi, l'EACL exploite une installation nucléaire sans respecter les conditions de son permis.
    La crise actuelle liée aux isotopes nucléaires ne peut constituer une surprise pour le gouvernement. Après tout, l'EACL est une société d'État qui fait rapport au ministre des Ressources naturelles.
    Je ne demande pas au ministre ce qu'il a fait aujourd'hui. Je ne lui demande pas ce qu'il a fait la semaine dernière. Je lui demande plutôt quelles mesures il a prises depuis 17 mois pour régler ce problème.
    Monsieur le Président, l'EACL, qui fonctionne sans lien de dépendance avec le gouvernement, a pris les mesures nécessaires pour s'occuper de tout problème de sécurité immédiat. La question est plutôt de savoir si les libéraux vont continuer à empêcher la production de radio-isotopes destinés à des fins médicales au Canada.
    Ils sont responsables de cette situation et ils continuent de bloquer une mesure nécessaire pour l'intérêt public et la santé des Canadiens.
    Monsieur le Président, c'est nous qui posons les questions ici.
    Le comportement du gouvernement et de l'EACL au cours des 17 derniers mois nous a placés dans cette situation de crise médicale nationale. Il semble que la solution du gouvernement face à cette crise consiste à abaisser les normes et à confier le dossier à l'EACL, sans exercer aucune forme de surveillance.
    Le ministre ou, en fait, le premier ministre va-t-il dire aux Canadiens ce qui va arriver si un accident nucléaire se produit? Qui sera responsable? Est-ce que ce sera le premier ministre?
    Monsieur le Président, il n'y aura pas d'accident nucléaire. Il va plutôt y avoir une crise de plus en plus grande dans le secteur médical au Canada et dans le monde entier, si le Parti libéral continue d'appuyer les autorités de réglementation qui empêchent ce réacteur de recommencer à fonctionner.
    Cette mesure est essentielle. Elle est dans l'intérêt public. Elle est nécessaire pour la santé des Canadiens. Le Parti libéral peut bien jeter tout le blâme qu'il veut sur l'EACL, mais il devrait cesser de bloquer une mesure qui est dans l'intérêt des Canadiens sur le plan de la santé.

[Français]

Les langues officielles

    Monsieur le Président, le Bloc québécois a déposé un projet de loi pour que la Charte de la langue française s'applique aux entreprises sous compétence fédérale au Québec. La reconnaissance de la nation québécoise doit, logiquement, inclure la reconnaissance de sa langue, le français, y compris au travail. Or, pour les conservateurs, il n'en est rien. Aujourd'hui, les membres et le président conservateurs du comité de la procédure se sont ligués pour empêcher que ce projet de loi ne fasse l'objet d'un vote.
    En se cachant derrière des prétextes fallacieux, les conservateurs n'ont-ils pas fait la preuve de leur hypocrisie en refusant que la nation québécoise puisse promouvoir sa langue, le français?
    Monsieur le Président, le député connaît bien le processus en comité. Le comité n'a pas encore pris de décision, et nous attendons cette décision.
    Monsieur le Président, celle des conservateurs était très claire. Il parle des deux côtés de la bouche en même temps.
    Vendredi dernier, à Rivière-du-Loup, le premier ministre a affirmé: « [...] que son gouvernement exerçait un fédéralisme qui respecte le fait historique de la spécificité culturelle et linguistique du Québec et lui donne la flexibilité et l'autonomie dont il a besoin pour maintenir son identité francophone. »
    Comment le premier ministre peut-il expliquer qu'il fait exactement l'inverse, aujourd'hui, en s'opposant à ce que le projet de loi du Bloc québécois fasse l'objet d'un vote en cette Chambre?
    Monsieur le Président, au contraire, ce gouvernement respecte les pouvoirs linguistiques du gouvernement du Québec dans ses champs de compétence.
    En même temps, le gouvernement fédéral pratique sa politique dans ses champs de compétence. Et la politique du gouvernement fédéral, depuis longtemps, est de respecter la position primordiale de chacune des deux langues officielles dans leur région, tout en respectant les droits des minorités linguistiques.

  (1425)  

    Monsieur le Président, les conservateurs invoquent la Constitution pour affirmer que le projet de loi du Bloc québécois n'est pas recevable. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que ce projet ne s'applique pas aux institutions publiques fédérales, mais à l'entreprise privée régie par le Code canadien du travail, ce qui est très différent.
    L'attitude des conservateurs n'est-elle pas la preuve non seulement de leur refus de reconnaître la primauté du français partout au Québec, mais aussi de leur entêtement à refuser aux travailleurs québécois, régis par le Code canadien du travail, de travailler en français partout au Québec?
    Monsieur le Président, le Bloc québécois sait très bien que le fédéralisme d'ouverture obtient une écoute attentive de la part des Québécois, et partout au Canada. Nous allons continuer, ainsi que le premier ministre l'a dit, de respecter les champs de compétence des différentes provinces au pays, et nous allons prendre nos responsabilités et faire la promotion de la dualité linguistique au pays.
    Monsieur le Président, le gouvernement fédéral peut bien essayer de se défiler en invoquant la Constitution, mais la Loi sur les langues officielles relève de ses compétences. Le gouvernement applique déjà la loi sur le salaire minimum du Québec pour les travailleurs québécois régis par les lois du travail fédérales.
    Le gouvernement admettra-t-il que son attitude ne traduit rien d'autre qu'une absence de volonté d'agir pour assurer concrètement que le français est la langue publique commune de la nation québécoise, et ce, même dans les entreprises qui sont du ressort du fédéral?
    Monsieur le Président, il y a à peine quelques mois, l'ancien chef du Parti québécois a appelé les troupes souverainistes à cesser les confrontations inutiles. Le gouvernement fédéral continuera d'oeuvrer dans son champ de compétence tout en respectant les champs de compétence des provinces.

[Traduction]

La justice

    Monsieur le Président, hier, Conrad Black a été condamné pour fraude et pour entrave à la justice. Or, comme les lois canadiennes sont très peu sévères envers les criminels à cravate, bien des gens pensent que, s'il avait commis des crimes pareils au Canada, il ne serait pas du tout allé en prison.
    Actuellement, le pays n'a aucune disposition juridique concernant les clauses de non-concurrence. Les normes comptables canadiennes sont de loin moins rigoureuses que les normes internationales qu'on devrait respecter. Alors, les investisseurs, parmi lesquels se trouvent beaucoup de personnes âgées, en subissent des effets néfastes et courent des risques.
    Pour protéger la réputation du Canada et les investisseurs du pays, y compris les gens âgés, je dois demander au premier ministre pourquoi il est si tolérant envers les criminels à cravate au pays.
    Monsieur le Président, j'aimerais savoir pourquoi le NPD est si tolérant envers les délinquants violents au pays. Nous avons un menu législatif bien chargé et, croyez-le ou non, le NPD s'est employé avec d'autres à vider de sa substance le projet de loi C-9, sur l'emprisonnement avec sursis.
    Le Parlement a beaucoup de pain sur la planche actuellement. J'espère que le NPD pourra se rendre compte qu'il fait fausse route et qu'il saura se montrer vraiment utile.
    Monsieur le Président, il est clair, par conséquent, que le gouvernement n'a pas l'intention d'agir pour résoudre un problème que les Américains et bien d'autres gens considèrent comme sérieux. Il n'a pas l'intention de protéger les investisseurs, qu'il s'agisse de gens âgés ou d'autres citoyens.

[Français]

    Le Canada est maintenant le véritable far west des crimes financiers. Évidemment, il est acceptable pour le gouvernement conservateur de laisser les choses ainsi; pour nous, ce n'est pas acceptable. Nous avons déposé des propositions pour régler la situation.
    Pourquoi le gouvernement ne veut-il pas protéger les retraités, ceux dont la vie est entre ses mains? Pourquoi ne veut-il pas poser les actions nécessaires? Pourquoi ne pas adopter une politique formidable sur cette question?

[Traduction]

    Monsieur le Président, si j'ai bien compris la première partie de la question, le député veut que nous prenions le système de justice des États-Unis comme modèle. C'est ce qu'il a dit, selon moi.
    Je devrais souligner à l'intention du député que, lorsque nous avons présenté un projet de loi visant à mettre fin aux peines de détention à domicile pour les personnes reconnues coupables de fraude, c'est le NPD qui est venu prêter main-forte à ceux qui ont vidé ce projet de loi de sa substance, en lui retirant la disposition nécessaire. Que ces députés se rallient donc à nous s'ils ont bel et bien les convictions qu'ils prétendent avoir.

L'environnement

    Monsieur le Président, le responsable du dossier des changements climatiques à l'ONU, Yvo de Boer, qualifiait hier d'hypocrite le comportement du Canada qui, d'une part, rejette les objectifs du Protocole de Kyoto, mais, d'autre part, exige des pays en développement qu'ils prennent des engagements contraignants en matière de réduction des émissions. La Chine pointe quant à elle le Canada du doigt comme étant le plus gros obstacle au progrès.
    Le gouvernement prétend que les mesures qu'il prend sont axées sur des données scientifiques. Or, le chef du GIEC l'a qualifié de « gouvernement de sceptiques ». Notre plus éminent spécialiste du climat estime que les politiques du ministre ont été élaborées au moyen d'une planchette Ouija. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de souscrire aux objectifs de réduction qu'exigent les données scientifiques?

  (1430)  

    Monsieur le Président, dans les faits, au terme de 13 années d'inaction libérale, les émissions avaient augmenté de 33  p. 100. Voilà ce qui a mis le Canada dans l'embarras.
    Nous avons maintenant un leadership fort et un objectif de réduction de 20  p. 100 d'ici 2020. Cela représente 150 mégatonnes. C'est l'objectif le plus ambitieux de l'histoire du Canada.
    Monsieur le Président, le Canada et son ministre de l'Environnement, considérés comme la principale entrave au progrès à Bali, sont devenus un objet de risée. Personne ne croit que le gouvernement canadien négocie de façon irréprochable. Son plan national a été critiqué par tous les observateurs indépendant sans exception. Ce plan va permettre aux émissions canadiennes de gaz à effet de serre d'augmenter pendant des décennies. Personne ne croit le gouvernement au Canada, et personne ne le croit à Bali.
    Pourquoi le ministre ne rentre-t-il pas tout bonnement au pays pour terminer ses emplettes de Noël? Le premier ministre n'a-t-il personne à envoyer à l'étranger pour exprimer la volonté des Canadiens?
    Monsieur le Président, voici ce qu'a dit le député qui n'a pas mené la tâche à bien. J'ai une superbe citation: le protocole de Kyoto est « trop bureaucratique », et il faut s'attaquer à ses lacunes pour attirer les États-Unis vers un nouvel accord sur la lutte contre les changements climatiques.
    Les députés savent-ils qui a dit cela? C'est le chef du Parti libéral.

[Français]

    Monsieur le Président, le monde entier critique le ministre de l'Environnement, son plan d'inaction pour l'environnement et sa position hypocrite lors des négociations à Bali.
    Et quelle est la réponse du ministre? Une attaque contre les environnementalistes. Le ministre a dit qu'en exigeant la perfection, les environnementalistes étaient les ennemis du bien.
    Le secrétaire parlementaire présentera-t-il des excuses pour avoir dénigré bassement les défenseurs de l'environnement au Canada?

[Traduction]

    Monsieur le Président, un des membres de la délégation canadienne en Indonésie est la ministre de l'Environnement du Québec. Voici ce qu'elle a dit: « Nous estimons que des cibles obligatoires doivent être imposées à tous, c'est-à-dire que les pays, dont les États-Unis et des économies émergentes comme la Chine et l'Inde, doivent participer à la lutte contre les changements climatiques. »
    Elle a tout à fait raison. Nous devons tous pousser la roue et commencer à lutter contre les changements climatiques.

[Français]

    Monsieur le Président, je comprends que le secrétaire parlementaire ne parle pas le français, mais je pensais que la traduction parlementaire fonctionnait très bien. Il n'a pas répondu à la question.
    Nous savons que ce ministre a très peu d'estime pour la communauté environnementale du Canada. En fait, le ministre a si peu de considération pour les environnementalistes qu'il n'a invité aucun groupe environnemental dans sa délégation à Bali.
    Le gouvernement admettra-t-il qu'il a empêché les environnementalistes canadiens d'y participer parce que le ministre tente désespérément d'empêcher une entente à Bali et qu'il ne veut pas que les Canadiens le sachent?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les libéraux continuent de dénigrer le ministre. Hier, le député d'Ajax—Pickering l'a encore fait au sujet de l'affaire concernant le maire d'Ottawa, et le ministre a répété clairement qu'il n'était pas mêlé à cette affaire.
    J'ai pensé qu'il était opportun d'attirer l'attention sur une chose dont les libéraux ont fait abstraction, chose qui a amené la Police provinciale de l'Ontario à publier un communiqué sur cette question à propos du ministre de l'Environnement. On peut y lire ceci: « À ce stade-ci, la Police provinciale de l'Ontario n'envisage pas d'enquêter plus longuement sur cette affaire. » On y dit aussi que « la Police provinciale de l'Ontario n'a pas l'intention de communiquer à la GRC son dossier concernant cette affaire. »
    Je voudrais que les députés du Parti libéral qui se sont livrés à ces interrogations par le passé présentent aujourd'hui leurs excuses pour leurs propos diffamatoires incessants.

[Français]

    Monsieur le Président, le Canada est de plus en plus isolé à la conférence de Bali. Le président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, a qualifié les conservateurs de gouvernement de sceptiques, tandis que M. de Boer a parlé d'hypocrisie si aucune cible contraignante n'était établie. Les ministres de l'Environnement du Québec et de l'Ontario, de leur côté, exigent que le premier ministre fasse preuve de leadership.
    Doit-on conclure de l'attitude du gouvernement à Bali qu'en matière d'environnement, le Canada a décidé de privilégier l'économie au détriment de l'environnement?

  (1435)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, la réalité c'est que si on ne réussit pas à convaincre tous les grands émetteurs de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, les émissions continueront d'augmenter. C'est pourquoi le Canada a pris les devants et a demandé l'établissement d'un cadre réglementaire obligatoire prévoyant la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20 p. 100 d'ici 2020 et de 60 à 70 p. 100 d'ici 2050. Ce sera le niveau le plus bas jamais atteint dans l'histoire. Nous sommes sur la bonne voie. M. Steiner a dit que nous avions la bonne approche.

[Français]

    Monsieur le Président, les rappels à l'ordre ne viennent pas seulement de l'étranger. L'Assemblée nationale du Québec, soulignant le 10e anniversaire du Protocole de Kyoto, a renouvelé à l'unanimité son engagement de réduire de 6 p. 100 les émissions de gaz à effet de serre du Québec d'ici à 2012 en référence à 1990, et réaffirme son désaccord quant à la position du gouvernement canadien.
    Si le gouvernement est vraiment sérieux dans sa volonté de respecter la nation québécoise, pourquoi n'adopte-t-il pas l'approche territoriale et ne transfère-t-il pas les budgets à Québec qui, lui, veut faire du Protocole de Kyoto un succès, et non pas un échec?
    Monsieur le Président, ce gouvernement a établi une cible obligatoire de réduction des gaz à effet de serre de 20 p. 100 d'ici à 2020. Si le gouvernement du Québec veut avoir des cibles plus contraignantes, c'est son droit. C'est son droit, selon notre plan.
    Toutefois, je ne comprends pas la position du Bloc québécois selon laquelle la Chine et d'autres pays, qui sont les plus grands émetteurs du monde, ne devraient pas avoir de cibles. Sur la base d'une telle politique, on va avoir le double des émissions.

Les valeurs mobilières

    Monsieur le Président, demain, les ministres des Finances se rencontreront ici, à Ottawa. À cette occasion, le ministre fédéral des Finances veut ramener, encore une fois, son idée d'une commission des valeurs mobilières centralisées. C'est une idée qui ne respecte pas les compétences du Québec et des provinces, et qui est décriée par l'Assemblée nationale, l'Autorité des marchés financiers et la Bourse de Montréal.
    Au lieu de tenter d'imposer ses lubies, le ministre des Finances ne ferait-il pas mieux de prendre des actions vigoureuses et immédiates pour aider le secteur manufacturier qui, lui, est en crise?
    Monsieur le Président, je remercie le député de sa question.
    Comme le dit le discours du Trône, nous respectons les compétences des gouvernements du Canada.

[Traduction]

    Je félicite également la Bourse de Montréal et la Bourse de Toronto d'avoir amélioré les marchés financiers au Canada grâce à l'accord qu'ils ont conclu plus tôt cette semaine.

[Français]

    Monsieur le Président, lorsque la Bourse de New York et Euronext ont fusionné, chaque institution a gardé son cadre réglementaire. La fusion n'a pas entraîné la création d'un organisme unique de réglementation. Or, selon la Banque mondiale et l'OCDE, le système actuel fonctionne très bien, et des études démontrent qu'un système centralisé serait plus coûteux.
    Devant ces faits, le ministre des Finances avouera-t-il que son véritable objectif est de centraliser la totalité des activités financières à Toronto, au profit de ses amis de Bay Street?

[Traduction]

    Monsieur le Président, cette suggestion est tout à fait absurde. Nous avons discuté de l'opportunité de créer, comme le recommandait le comité Crawford, un organisme commun de réglementation des valeurs mobilières, pas un organisme de réglementation fédéral ou un organisme de réglementation de l'Ontario ou de Toronto.
    J'invite le député d'en face à examiner les problèmes d'application de la loi que nous avons au Canada en ce qui concerne les valeurs mobilières, les fraudes dont sont victimes les personnes âgées et les fraudes dont sont victimes les investisseurs. Pense-t-il sérieusement que nous pouvons mettre en place des mesures d'application de la loi efficaces sans la présence du gouvernement national?

La réforme électorale

    Monsieur le Président, je voudrais lire, pour la gouverne des députés, des paroles prononcées à l’Assemblée législative de l’Ontario:
    Nous croyons que le vote de chaque électeur du Canada et de chaque électeur de l’Ontario devrait avoir le même poids pour l’élection des députés provinciaux ou fédéraux.
     Qui a dit cela? Norm Sterling, un conservateur dont tout le caucus a voté à l’unanimité pour exhorter le gouvernement à assurer l’équité pour l’Ontario.
     Pourquoi le ministre de la Réforme démocratique veut-il adopter une loi que même ses cousins provinciaux ne peuvent pas appuyer? Pense-t-il que Norm Sterling est également un petit homme de la Confédération?

  (1440)  

    Monsieur le Président, je ne vais pas commenter les propos de M. Sterling. Les gens peuvent tirer leurs propres conclusions à cet égard.
     En réalité, la déclaration de M. Sterling montre bien que les Ontariens sont mécontents de voir M. McGuinty appliquer certaines politiques dans sa province où il a éliminé la représentation selon la population à l’Assemblée législative et demander ensuite quelque chose d’entièrement différent sur la scène nationale.
     La véritable question qu’il faut poser à la députée est la suivante: quelle est la position du Parti libéral? Les libéraux de l’Ontario pensent-ils qu’ils devraient avoir davantage de sièges en Ontario ou les libéraux du Québec estiment-ils que l’Ontario devrait avoir moins de sièges et non pas plus? Je voudrais savoir quelle est la véritable position du Parti libéral à ce sujet.
    Monsieur le Président, nous voulons ce qui est équitable pour l’Ontario.
     Hier, l’Assemblée législative de l'Ontario a adopté à l’unanimité une motion demandant au gouvernement de modifier le projet de loi C-22. Les premiers ministres du Québec et du Manitoba ont tous les deux convenu que ce projet de loi était injuste. Des éditoriaux publiés dans des journaux comme le Toronto Star, le Globe and Mail et la Gazette de Montréal conviennent de la nécessité d’améliorer ce projet de loi.
     Qu’attend le ministre pour reconnaître qu’il a commis une erreur, pour améliorer ce projet de loi et traiter équitablement tous les Canadiens?
    Monsieur le Président, le premier ministre du Québec ne veut pas que la loi actuelle soit changée. Il veut qu’elle reste telle quelle. Le premier ministre de l’Ontario veut qu’elle soit modifiée, mais il estime que nous n’allons pas assez loin. Il veut que nous allions plus loin et que nous éliminions entièrement la garantie qui existe actuellement pour le Québec.
     Étant donné que la députée cite des gens aux points de vue diamétralement opposés, je voudrais savoir de quel côté elle se trouve ou si elle croit que la voie modérée que nous avons choisie qui va aider l’Ontario à obtenir plus de sièges et qui aidera l’Alberta et la Colombie-Britannique à obtenir une meilleure représentation selon la population est la meilleure solution. Je n’ai pas entendu le Parti libéral prendre position si ce n’est pour critiquer tous ceux qui essaient de corriger les inégalités actuelles.

Le secteur du sans-fil

    Monsieur le Président, nous savons que Brian Mulroney a exercé des pressions auprès de l'ancien ministre de l'Industrie et qu'il a ménagé une entrevue entre le ministre et Pierre Karl Péladeau.
    La Loi sur l'enregistrement des lobbyistes stipule que les personnes qui, moyennant paiement, ménagent pour un tiers une entrevue avec le titulaire d'une charge publique relativement à la politique gouvernementale doivent être inscrites au registre.
    Le premier ministre savait-il que Brian Mulroney n'a jamais été inscrit au registre des lobbyistes lorsqu'il intervenait à titre de lobbyiste auprès du gouvernement?
    Monsieur le Président, je signale à l'attention de mon ami que les allégations dont il fait état n'ont rien à voir avec la décision concernant le spectre de fréquences sans fil. C'est moi qui ai pris cette décision en tant que ministre de l'Industrie, selon un processus dont j'ai fourni d'amples détails à la Chambre et en public.
    La décision est bonne. J'invite mon ami à appuyer toute mesure offrant aux consommateurs davantage de choix, un meilleur service et la possibilité de prix plus bas. Voilà le type de mesure que le député devrait appuyer à la Chambre.
    Monsieur le Président, le ministre me fait penser un peu à Alexander Haig.
    Jeudi, le chef de l'opposition a demandé au premier ministre, et je cite: « Le premier ministre a-t-il jamais discuté de la vente aux enchères du spectre sans fil avec Brian Mulroney? » Le premier ministre a refusé de répondre.
    Pourquoi a-t-il fallu deux heures au cabinet du premier ministre pour répondre à une simple question? De deux choses l'une: ou le premier ministre a parlé à M. Mulroney du spectre de fréquences sans fil, ou il ne lui en a pas parlé.
    Au cours de ces deux heures, le cabinet du premier ministre a-t-il parlé à Brian Mulroney ou à ses représentants, de manière à accorder leurs violons?
    Monsieur le Président, absolument pas. L'opposition ne recherche que des réponses compromettantes et elle n'a aucune preuve en main.
    M. Mulroney n'est pas intervenu auprès de moi et il n'a pas tenté d'influencer mon opinion à l'égard d'une décision gouvernementale ni dans ce dossier, ni dans aucun un autre dossier depuis que nous dirigeons le gouvernement.

L'environnement

    Monsieur le Président, le Canada reconnaît la nécessité de réagir à tous les aspects des changements climatiques et de la pollution atmosphérique.
    Le monde prend des mesures pour réagir aux changements climatiques et pour protéger l'environnement, et le Canada tente d'être à l'avant-garde à cet égard, tant chez nous qu'à l'étranger.
    Aujourd'hui, on a annoncé le lancement d'un logiciel à l'intention des entreprises qui évalue la viabilité des possibilités de recours à l'énergie propre. De ce côté-ci de la Chambre, il semble y avoir beaucoup de pollution.
    Le ministre des Ressources naturelles pourrait-il dire à la Chambre ce que fait notre gouvernement pour garder le Canada à la fine pointe des technologies propres, en vue de réduire les émissions et de favoriser l'adaptation aux changements environnementaux?
    Des voix: Oh, oh!

  (1445)  

    À l'ordre, s'il vous plaît. Je rappelle aux députés que nous sommes mardi, et non mercredi. Nous pourrions peut-être nous calmer un peu et nous laisser inspirer par l'esprit de Noël.
    Le ministre des Ressources naturelles a la parole, et nous allons rester calmes, s'il vous plaît.
    Monsieur le Président, nous étions très fiers d'annoncer aujourd'hui le lancement d'un nouveau logiciel mis au point par Ressources naturelles Canada, le RETScreen. Ce logiciel permet aux entreprises, aux propriétaires de maison, aux industries et aux institutions d'évaluer leurs projets énergétiques en fonction de leur viabilité économique et des réductions de gaz à effet de serre qu'ils permettront. Ce logiciel est utilisé dans le monde entier. On peut se le procurer en 20 langues différentes, et il est en voie de devenir la norme dans l'industrie.
    Encore une fois, les Canadiens sont aux premiers rangs dans la mise au point de la technologie pour la réduction des gaz à effet de serre. Nous devrions tous être fiers de nos scientifiques qui rendent cela possible.

[Français]

Les valeurs mobilières

    Monsieur le Président, les Bourses de Toronto et de Montréal viennent de décider de se fusionner. Des voix aussi crédibles que celle d'Henri-Paul Rousseau posent des questions sérieuses sur la pérennité de l'établissement de la bourse des marchandises et des produits dérivés à Montréal.
    Le premier ministre peut poser un geste concret pour assurer que Montréal garde son rôle de métropole au Québec et en matière de finances au Canada. Peut-il garantir que la bourse du carbone sera établie à Montréal?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les arrangements pris entre la Bourse de Montréal et celle de Toronto ont été négociés entre les deux institutions.
    D'après les entretiens que j'ai eus avec les dirigeants de ces institutions, j'en conclus qu'on a décidé de garder les instruments dérivés à Montréal. Le commerce de ces produits a connu un vif succès à Montréal, tout comme celui des actions à Toronto. La fusion est une mesure judicieuse pour le Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, est-ce que le premier ministre est capable de comprendre que la fusion des deux bourses n'est pas une simple question d'affaires privées? Cela peut affecter le rôle de Montréal en tant que capitale économique, Montréal qui a déjà subi assez avec plusieurs gouvernements séparatistes au cours des 30 dernières années.
    La question qu'on pose au gouvernement est fort simple. Est-ce que, oui ou non, le gouvernement conservateur appuiera l'établissement de la bourse du carbone à Montréal? Oui ou non?

[Traduction]

    Monsieur le Président, ce sont des questions que les dirigeants des deux bourses concernées discuteront.
    J'imagine que le député sera ravi de la réussite et de la vigueur de la Bourse de Montréal dans le marché des instruments dérivés. Il s'agit d'une véritable réussite dans le secteur des marchés financiers au Canada. Il devrait se réjouir au lieu de faire le rabat-joie.

La garde des enfants

    Monsieur le Président, lors d'une récente visite à Napanee, en Ontario, une petite ville rurale, j'ai demandé à des fournisseurs de services de garde combien les choses avaient changé depuis que les parents disposent d'une allocation imposable. Quand je leur ai demandé combien de nouvelles places il y avait, ils m'ont répondu « aucune ». Quand je leur ai demandé combien de places il y avait dans de meilleures installations, ils m'ont répondu  « aucune ». Quand je leur ai demandé de combien de places disposaient ceux qui en ont le plus besoin, ils m'ont répondu « aucune ».
    Je leur ai ensuite demandé, puisqu'ils pensaient que la situation était bien pire qu'avant, s'ils disaient « aucune » alors qu'ils voulaient dire « peu ». Non, m'ont-ils dit, il n'y en a aucune. Zéro.
    Qui dit la vérité, le ministre ou les habitants de Napanee?
    Monsieur le Président, je remercie le député de son histoire, mais je me souviens avoir lu dans le journal il n'y a pas longtemps ce qu'avait à dire l'ancienne chef adjointe du Parti libéral à propos du programme de garderies du député. Les députés savent-ils combien de places ce plan avait créées, selon elle? Aucune.
    Monsieur le Président, le ministre dit-il que les fournisseurs de services de garde de Napanee ne disent pas la vérité?
    Monsieur le Président, la vérité, la voici. Le gouvernement investit trois fois plus dans la garde d'enfants que le précédent gouvernement.
    La vérité, c'est que nous donnons le choix aux parents, mesure que ceux-ci ont très bien accueillie.
    La vérité, c'est que le chef du Parti libéral a dit qu'il éliminerait la Prestation universelle pour la garde d'enfants, ce qui serait extrêmement nuisible pour les parents. C'est là la vérité.

  (1450)  

Le Service correctionnel du Canada

    Monsieur le Président, les Canadiens s'attendent à ce que nos prisons fournissent des soins et assurent la réadaptation des prisonniers.
    Si une personne incarcérée a une crise cardiaque, nous supposons qu'elle recevra les mêmes soins médicaux que tout citoyen du Canada.
    Comment se fait-il alors que certains prisonniers ayant des problèmes de santé mentale sont confinés, les mains et les pieds attachés, au lieu de recevoir des soins médicaux?
    Le ministre responsable de Service correctionnel Canada s'engagera-t-il devant la Chambre à financer et mettre en oeuvre une stratégie en matière de santé mentale visant les établissements carcéraux du Canada?
    Monsieur le Président, la population prendra connaissance très bientôt des recommandations d'un comité qui s'est penché sur des solutions à divers problèmes du système correctionnel. Nous recevons également des conseils utiles de l'enquêteur de Service correctionnel Canada.
    Je suis heureux de constater que, dans le cadre du budget le plus récent, nous avons été en mesure d'engager, en plus des sommes que nous affectons déjà, 240 millions de dollars pour les deux prochaines années pour régler les problèmes dont il est question ici.
    Monsieur le Président, j'en félicite le ministre. Des budgets existent mais, selon ce que j'ai entendu dire par des responsables du Service correctionnel, ils ne sont probablement pas suffisants. Je signale qu'il est question ici d'un montant qui servirait à la réintégration des prisonniers à la société.
    Ce qui manque vraiment dans le système carcéral, ce sont des services d'évaluation et de traitement qui feront en sorte que de jeunes femmes, de jeunes délinquants, comme Ashley Smith, ne finiront pas par s'enlever la vie après avoir passé cinq ans en prison, essentiellement isolés des autres, sans même être intégrés à la collectivité.
    J'implore le ministre d'adopter une perspective d'ensemble et de trouver des façons de réformer le système carcéral canadien pour que nous puissions éviter d'autres cas comme celui d'Ashley Smith.
    Monsieur le Président, la situation et les événements entourant l'incarcération d'Ashley Smith sont extrêmement douloureux et tragiques. Je suis convaincu que la députée sait qu'un certain nombre d'enquêtes sont en cours et que certaines accusations ont été portées. Nous devons donc laisser le processus suivre son cours.
    Dès que j'ai été saisi de cette situation, j'ai tenu à ce que l'on passe en revue l'ensemble des consignes et protocoles pertinents afin qu'ils soient mis à jour et contrôlés. Nous voulons à tout prix éviter toute situation du genre.

[Français]

Le secteur manufacturier

    Monsieur le Président, le fabricant de meuble Shermag a annoncé la fermeture de quatre usines, dont deux au Québec, ce qui entraîne la perte de 320 emplois. Pendant ce temps, le gouvernement fait des surplus de plus de 11,6 milliards de dollars, mais rien n'est fait pour aider le secteur manufacturier qui vit une grave crise. Pourtant, le Bloc québécois a présenté des mesures d'aide concrètes adaptées aux besoins de l'industrie du meuble.
    Le gouvernement entend-il agir maintenant au lieu de toujours dire qu'il le fera lors du budget? C'est maintenant que ces travailleurs ont besoin d'aide.
    Monsieur le Président, nous sommes en désaccord. Contrairement aux députés du Bloc, j'ai bon espoir que le secteur manufacturier au Québec se remette sur pied. Comme mentionné hier, plusieurs de ces secteurs sont en croissance.
    De plus, la revue Canadian Business a établi que cinq des dix meilleurs endroits au Canada pour créer une entreprise se situent au Québec: Sherbrooke arrive au no 1; le Saguenay, au no 3; Laval, au no 5; Trois-Rivières, au no 6; et Longueuil, au no 10.
    Monsieur le Président, pour ma part, j'aimerais parler de Shawinigan. Pendant que des centaines de travailleurs de l'usine Belgo perdent leur emploi et essaient de conserver un peu d'espoir, le gouvernement n'annonce rien comme programme de soutien au revenu pour les travailleurs âgés. Ces 270 travailleurs âgés ont besoin de savoir tout de suite, et non pas au prochain budget, ce qui les attend après la fermeture définitive de cette usine.
    Qu'attend donc ce gouvernement pour mettre en place un véritable programme de soutien au revenu pour les travailleurs âgés? Combien de fermetures d'usines et de pertes d'emplois les conservateurs attendront-ils avant de bouger?

  (1455)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, chaque fois qu'une usine ferme, les travailleurs sont très durement touchés. Les gens de Service Canada rencontrent immédiatement les responsables de l'usine, le syndicat et les travailleurs et expliquent quels sont leurs choix en ce qui a trait aux avantages sociaux, à la formation et aux nouvelles possibilités d'emploi.
    Je crois que la meilleure façon d'aider les travailleurs est de leur donner les compétences dont ils ont besoin pour profiter d'un marché de l'emploi très florissant. En fait, le Québec n'est devancé que par l'Alberta, son taux de création d'emplois cette année s'établit à 2,9 p. 100. Ce sont de très bonnes nouvelles. Le taux d'emploi de la province atteint des sommets historiques. Nous voulons aider les travailleurs à se recycler.

[Français]

    Monsieur le Président, hier, la compagnie Shermag a annoncé la fermeture de quatre usines, dont deux au Nouveau-Brunswick, dans ma circonscription. Le gouvernement conservateur n'a rien fait depuis le début de la crise manufacturière et forestière. Les communautés, les entreprises, les travailleurs et leur famille ont besoin d'un fonds économique mis en place immédiatement par l'APECA pour faire face à leur avenir.
    Le ministre est-il prêt à mettre en place ce fonds de survie? Combien d'autres familles devront souffrir avant que le gouvernement conservateur ne fasse quelque chose de concret? Combien d'autres familles devront souffrir?

[Traduction]

    Monsieur le Président, il est toujours triste de voir une usine fermer et de constater comment cette décision touche la vie des travailleurs. Le gouvernement en est conscient et est sensible à leurs difficultés.
    Il y a eu un fléchissement de la demande et la restructuration de certains secteurs. Par contre, l'économie canadienne continue de créer des emplois à un rythme jamais vu, soit 388 000 emplois créés jusqu'à maintenant cette année.
    C'est au Nouveau-Brunswick que le taux de création d'emploi, à 4,2 p. 100, est le plus élevé d'une année à l'autre. Il y a longtemps que le taux d'emploi au Nouveau-Brunswick n'avait pas été aussi élevé.

L'agriculture

    Monsieur le Président, dernièrement, le député de Winnipeg-Centre a eu l'audace de prétendre que le gouvernement avait dépensé 1 million de dollars dans une croisade idéologique.
    Le ministre de l'Agriculture pourrait peut-être éclairer le député de Winnipeg-Centre, qui s'est dit stupéfait. Le gouvernement a-t-il dépensé 1,2 million de dollars dans un exercice démocratique pour donner voix au chapitre à des milliers d'agriculteurs de l'Ouest?
    Le député de Crowfoot n'a stupéfié personne avec cette déclaration, monsieur le Président.
    Comme le député le sait, nous avons tenu un référendum sur l'orge en vue de déterminer ce que les agriculteurs de l'Ouest souhaitaient. Soixante-deux pour cent veulent pouvoir choisir comment commercialiser l'orge. Je sais que ce pourcentage est encore plus élevé aujourd'hui.
    Cela étonnera peut-être le député de Winnipeg-Centre, mais nous avons dépensé de l'argent pour informer les agriculteurs dans la région desservie par la Commission canadienne du blé. Les annonces du gouvernement contenaient uniquement de l'information sur l'admissibilité à voter, les numéros sans frais, les sites web et, bien sûr, les résultats.
    Le NPD n'apprécie jamais la démocratie, mais le gouvernement est toujours prêt à appuyer les droits et libertés des agriculteurs.
    Je me ferai un plaisir de déposer ce matériel, monsieur le Président. J'ai les documents ici même avec moi.

Les sans-abri

    Monsieur le Président, depuis 1998, le Toronto Disaster Relief Commitee affirme que l'itinérance est une catastrophe nationale et 400 organismes de partout au pays sont d'accord.
    La solution des libéraux fut de sabrer dans le financement pour le logement et les conservateurs privilégient d'énormes réductions de l'impôt des sociétés au lieu de réinvestir dans le logement.
    À Edmonton seulement, 41 sans-abri sont morts l'an dernier. Un sans-abri est mort le week-end dernier à Montréal. C'est une catastrophe tout à fait indue.
    Quand le gouvernement établira-t-il une stratégie nationale pour le logement? Quand prendra-t-il au sérieux toutes ces morts?
    Monsieur le Président, la stratégie du gouvernement est de prendre des mesures qui font une différence dans la vie des gens. C'est pourquoi, lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, l'une des premières choses que nous avons faites a été d'investir à fond dans le logement abordable. Il y a 1,4 milliard de dollars dans la fiducie pour le logement aujourd'hui.
    Le gouvernement investit plus d'argent dans le logement abordable que n'importe quel autre gouvernement de l'histoire du pays. Nous avons créé la Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance. À notre avis, placer un toit au-dessus de la tête d'une personne est le point de départ pour l'aider. Nous consacrons 270 millions de dollars à cette stratégie.
    Nous comprenons l'importance de veiller à ce que les gens qui vivent dans la pauvreté aient...
    Le député de Sault Ste. Marie a la parole.
    Disons-le franchement, monsieur le Président. L'argent vient du budget néo-démocrate, de cette occasion où nous avons forcé les libéraux à annuler leurs réductions d'impôt des sociétés.
    D'après l'Hôpital St. Michael, le taux de mortalité des sans-abri est 10 fois plus élevé que celui des personnes qui ont un toit.
    Tous les programmes fédéraux sur l'itinérance, la modernisation du logement et le logement abordable vont expirer dans quelques mois. Le ministre devrait se rendre dans les rues, parler aux sans-abri et voir la réalité, car l'hiver est là. Où est le plan?

  (1500)  

    Monsieur le Président, je déteste devoir ôter au député ses illusions, mais le NPD n'a jamais été au pouvoir. Il n'y a donc jamais eu de budget néo-démocrate.
    Les néo-démocrates sont loin d'être les seuls à se préoccuper des sans-abri. La semaine dernière, j'ai rencontré à Vancouver des groupes qui travaillent dans la rue pour aider les gens à se trouver un toit et à se sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent.
    Nous nous préoccupons de la situation. Nous déployons des ressources. Notre parti ne se contente pas de beaux discours. Nous agissons.

L'agriculture

    Monsieur le Président, les producteurs de boeuf et de porc de tout le Canada sont confrontés à une catastrophe financière, mais le gouvernement ne réagit pas.
    Les agriculteurs qui ont répondu à l'appel lancé par le gouvernement en faveur de la modernisation, de l'augmentation de leur production et de l'accroissement des exportations sont les meilleurs parmi les meilleurs. Des agriculteurs de la troisième, de la quatrième et de la cinquième génération perdent leur entreprise et perdent aussi leur maison et leur patrimoine, pourtant, le gouvernement, qui est assis sur d'énormes excédents, ne s'occupe pas d'eux.
    Est-ce que le ministre agira immédiatement et injectera de l'argent dans le monde agricole en plus de ce que prévoient le filet de sécurité ordinaire?
    Monsieur le Président, rien ne saurait être plus loin de la vérité. Nous sommes en communication constante avec les groupes d'agriculteurs, d'éleveurs de boeuf et de porc, avec les transformateurs et avec les provinces et nous travaillons avec eux. Ils savent tous que nous déployons beaucoup d'énergie dans le dossier et que nous aurons très bientôt des réponses à leur donner.

[Français]

La justice

    Monsieur le Président, la découverte récente de 3 000 plants de marijuana dans un commerce situé au-dessus d'une garderie nous rappelle le problème croissant des cultures dans les collectivités et leurs conséquences sur la santé et la sécurité des gens qui se trouvent à proximité, en l'occurrence des nourrissons et des enfants d'âge préscolaire extrêmement vulnérables.
    Mon honorable collègue, le ministre de la Justice, peut-il expliquer à la Chambre comment le projet de loi C-26, sur l'imposition de peines d'emprisonnement obligatoires pour des crimes graves liés à la drogue, réglera ce problème?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je ne commente pas les cas particuliers.
    Le projet de loi C-26 vise à faire en sorte que les producteurs et les marchands de drogues qui menacent la sécurité et la santé de la population se voient imposer des peines plus lourdes. Plus particulièrement, il est prévu dans le projet de loi que, lorsque la production d'une drogue constitue un risque pour la santé ou la sécurité des enfants qui se trouvent dans les environs immédiats du centre de production, la peine sera plus lourde. Nous voulons faire clairement comprendre aux marchands et aux producteurs de drogues que, s'ils menacent la sécurité publique, et particulièrement s'ils menacent nos enfants, ils se verront infliger des peines d'emprisonnement sévères.

Privilège

Les allégations de recours abusif aux ressources du Parlement — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
    À l'ordre, s'il vous plaît. Je suis maintenant prêt à rendre ma décision sur la question de privilège soulevée le 22 novembre 2007 par le député de Thunder Bay—Rainy River concernant les allégations de recours abusif aux services de la Bibliothèque du Parlement.
    Il semble que le député de Thunder Bay—Rainy River et celui de Thunder Bay—Superior North aient réglé cette question à leur satisfaction mutuelle. Je remercie les deux députés de leur collaboration, et la présidence considère que l'affaire est close.

  (1505)  

Recours au Règlement

La recommandation royale -- Le projet de loi C-474  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, le vendredi 7 décembre, le Président suppléant a invité les députés à faire des commentaires concernant la nécessité d'une recommandation royale pour le projet de loi C-474.
    Sans me prononcer sur la valeur du projet de loi, je soutiens que les dispositions du projet de loi visant à créer la nouvelle fonction de commissaire indépendant à l'environnement et au développement durable, qui serait un nouveau mandataire du Parlement, entraîneraient de nouvelles dépenses pour le gouvernement et, par conséquent, nécessiteraient une recommandation royale.
    Selon l'article 13 du projet de loi C-474, le gouverneur en conseil serait tenu de nommer un nouveau commissaire à l'environnement et au développement durable. Ce même article énonce les pouvoirs, les devoirs et la durée du mandat du nouveau commissaire. Ce changement organisationnel nécessiterait une augmentation des dépenses. Les précédents à cet égard sont nombreux.
    La nécessité d'une recommandation royale pour un nouveau mandataire du Parlement ressort clairement de la décision du Président du 9 novembre 1978, et je cite: « [...] si ce projet de loi impose une nouvelle charge aux fonctionnaires de la Couronne [...]  les objectifs [...] entraîneront des dépenses qui, de par leur nature, nécessiteraient l'initiative financière de la Couronne.»
    La nécessité d'une recommandation royale en cas de changements organisationnels, comme la création d'un nouveau ministère ou d'un poste de commissaire, est traitée dans la décision du Président du 11 juillet 1988, et je cite:
[...] la création d'un ministère distinct et d'un poste de commissaire au multiculturalisme [...] entraînerait indubitablement un changement considérable pour le Trésor fédéral, qui aurait à assurer le fonctionnement permanent du nouveau ministère.
    Il ressort de la décision du Président du 19 septembre 2006 concernant le projet de loi C-293 que la création d'un comité consultatif nécessite une recommandation royale puisque, de toute évidence, cela entraînerait une hausse des dépenses publiques d'une manière et à une fin qui ne sont pas actuellement autorisées. Je citerai maintenant cette décision:
[...] la création du comité consultatif sur l'aide au développement international prévue à l'article 6 nécessiterait clairement l'engagement de fonds publics [...]
    J'estime que ce principe doit s'appliquer au projet de loi C-474 puisque la création d'un poste de commissaire indépendant à l'environnement et au développement durable nécessiterait très certainement de nouvelles dépenses pour rémunérer le commissaire et lui assurer le soutien administratif nécessaire. Bien que le projet de loi ne précise pas ces exigences, le Président a décidé qu'une recommandation royale serait néanmoins nécessaire.
    Dans sa décision du 8 février 2005, le Président déclare:
    Lorsqu'il apparaît clairement que l'objectif législatif du projet de loi ne peut être atteint sans y consacrer des fonds publics, le projet de loi doit être considéré comme affectant des crédits.
    Je suis d'avis que c'est la raison pour laquelle il a fallu obtenir une recommandation royale en vue de modifier en 1995 la Loi sur le vérificateur général pour créer le Bureau du commissaire à l'environnement et au développement durable au sein du Bureau du vérificateur général.
    Le Bureau du commissaire à l'environnement et au développement durable a un effectif de 40 personnes et a dépensé 2,8 millions de dollars en 2006-2007 pour des activités de surveillance liées au développement durable et pour faire le suivi des pétitions sur l'environnement adressées à l'État. Il en découle que la nomination d'un commissaire à l'environnement et au développement durable indépendant nécessiterait qu'on lui adjoigne un personnel de professionnels ayant pour rôle de l'aider à remplir ses fonctions, tel que précisé à l'article 13.
    Étant donné que le projet de loi C-474 aurait pour effet de modifier les conditions et les réserves indiquées dans la loi originale ayant permis la création du Bureau du commissaire à l'environnement et au développement durable, une nouvelle recommandation royale serait nécessaire pour le projet de loi C-474.
    Voici ce qui est écrit à la page 183 de la Jurisprudence parlementaire de Beauchesne:
[...] tout amendement enfreint l'initiative de la Couronne dans le domaine financier, non seulement s'il augmente le montant, mais aussi s'il en étend les objets et les fins, ou s'il relâche les conditions et les réserves signalées dans la communication, par laquelle la Couronne a demandé, ou recommandé, un prélèvement.
    Il est clair qu'en voulant séparer le Bureau du commissaire à l'environnement et au développement durable du Bureau du vérificateur général, de manière à ce que le commissaire relève directement du Parlement, le projet de loi C-474 propose une modification des conditions et des réserves rattachées à la loi originale. Par conséquent, je suis d'avis que le projet de loi C-474 nécessite une recommandation royale.
    Monsieur le Président, j'ai l'impression que le parrain du projet de loi voudra commenter le point que vient de soulever le leader adjoint du gouvernement à la Chambre. Je me demande si vous pourriez lui donner l'occasion d'intervenir à ce sujet le plus tôt possible.
    C'est exactement ce que je m'apprêtais à dire. Je remercie le secrétaire parlementaire de ses remarques soigneusement préparées à ce sujet. Je sais qu'il organise toujours ses arguments avec soin et minutie et, de toute évidence, il a consacré beaucoup de temps à la préparation de son intervention d'aujourd'hui. Je le remercie de sa contribution. Bien entendu, nous entendrons d'autres interventions à ce sujet en temps opportun avant que la présidence ne rende sa décision.

Initiatives ministérielles

[Initiatives ministérielles]

  (1510)  

[Traduction]

Loi d'exécution du budget et de l'énoncé économique de 2007

    Monsieur le Président, comme je le disais avant d'être interrompu par la période des questions, cette mesure, ce minibudget, cet énoncé préparé par le gouvernement entraîne le Canada dans la mauvaise direction.
    Ce n'est pas l'approche équilibrée qui doit guider les travaux que nous accomplissons dans cet endroit au nom des Canadiens et des collectivités de tout le pays. Nous avions ce que le NPD considère comme une occasion sans précédent d'investir dans les gens et dans les collectivités.
    Le gouvernement a laissé passer cette occasion. Ce qui est réellement décevant dans cette situation, c'est que le seul caucus dans cette Chambre qui a osé dénoncer cette mesure et voter contre son adoption depuis le début, c'est le caucus néo-démocrate. De temps à autre, nous avons bénéficié de l'appui du Bloc.
     C'est certainement révélateur que le caucus libéral n’ait pas eu le courage de protester et de voter contre ce budget. Les libéraux se sont abstenus de voter à trois occasions au moins si ma mémoire est bonne, alors qu’ils pouvaient dire au gouvernement qu’il allait dans la mauvaise direction, qu’il n’appliquait pas le bon programme, qu’il avait une approche déséquilibrée et qu’il allait ainsi faire du tort aux collectivités et aux Canadiens.
     Ce budget nuira aux familles de travailleurs partout au Canada. Il peut sembler étrange d’entendre un néo-démocrate dire cela, mais il y avait là la possibilité d’un allégement fiscal ciblé pour ceux qui en ont le plus besoin. Le gouvernement n’a pas saisi l’occasion.
     Le gouvernement n’a même pas relevé les secteurs de notre industrie qui avaient le plus besoin d’aide. Le budget allège le fardeau fiscal des grandes banques, de l’industrie pétrolière et des compagnies d’assurance. Le budget n’a rien fait et continuera de ne rien faire pour le secteur de la fabrication. Des collectivités comme celles de Hamilton, St. Catharines, Winnipeg et Sault Ste. Marie, entre autres, qui sont touchées par la réduction des effectifs dans le secteur de la fabrication, continueront d’en subir les dommages.
     Aucune aide ne viendra du gouvernement fédéral parce qu’il n’y a rien dans ce minibudget. Il n’y avait rien dans le budget précédent ni dans le programme des conservateurs pour donner aux collectivités le moindre espoir que le gouvernement viendrait à la table et serait un partenaire, qu’il participerait d’une façon ou d’une autre à la restructuration et au réalignement de leur avenir.
     Voilà les raisons, et mes collègues en ont cité bien d’autres à la Chambre et continueront de le faire au cours de prochains jours, pour lesquelles, au Nouveau Parti démocratique, nous allons voter contre ce minibudget.
     En parcourant le pays ces deux dernières années, j’ai rencontré des groupes communautaires, des leaders et des gens qui luttent pour joindre les deux bouts. J’ai rencontré des démunis ainsi que des intervenants du milieu communautaire et des personnes qui défendent les démunis partout au Canada.
     Il est indéniable que les conditions empirent de jour en jour. Cette constatation est confortée par toutes sortes d’analyses et d’études menées par le Conseil du bien-être social, le Conseil canadien de développement social, l’Organisation nationale anti-pauvreté et les Initiatives canadiennes oecuméniques pour la justice. Tous ces groupes sont bien intentionnés. Ce sont des groupes qui sont engagés et qui travaillent fort depuis des années pour tenter de venir à bout de la pauvreté, cette réalité dont personne n’a besoin dans ce pays riche qui est le nôtre.
     Ces groupes nous disent que les sociétés n’ont pas besoin de baisses d’impôt ou d’allégements fiscaux. Nous devons investir dans les institutions qui aident les Canadiens et leurs enfants à joindre les deux bouts. Les Canadiens ont besoin d’aide pour répondre à leurs besoins sur le plan de la santé et faire instruire leurs enfants afin qu’ils puissent avoir un meilleur avenir.
     Les Canadiens ont besoin de logements abordables, propres et salubres. Les Canadiens ont besoin de médicaments lorsqu’ils sont malades. Ils ont également besoin de services de garde d’enfants qui sont tellement indispensables, tant pour assurer la croissance et le développement des enfants que pour permettre aux parents d’aller travailler sans que cela ne leur coûte une fortune. Le gouvernement ne s’oriente pas dans cette direction et ne répond pas à tous ces besoins.
     Une autre réalité vraiment inquiétante dont je me suis rendu compte ces dernières années, et c’est peut-être à cause de la façon dont notre économie évolue au Canada, c'est que l’on crée des emplois à bas salaire plutôt que les emplois bien rémunérés qui existaient avant dans le secteur manufacturier.

  (1515)  

     Il y a de plus en plus de gens qui travaillent fort pendant de longues heures et qui vivent dans la pauvreté même s’ils travaillent à plein temps toute l’année. De nombreuses personnes qui ont un emploi décent vivent dans l’insécurité. Elles ne savent pas, d’une semaine à l’autre, si elles auront toujours leur emploi le mois prochain ou le mois d’après.
     Ces personnes risquent de se retrouver dans une situation difficile si elles ratent un chèque de paie ou deux. Alors qu’il y a un mois, six mois ou quelques années elles pouvaient travailler fort, faire des placements, faire des études, espérer un meilleur avenir pour elles et pour leurs enfants, elles commencent maintenant à vivre dans la peur. Elles ne regardent plus vers l’avenir. Elles se demandent ce qui se passera si elles perdent leur emploi, ce qu’il adviendra d’elles si les chèques de paie n'arrivent plus.
     L’exemple le plus évident des torts qui ont été causés, pas nécessairement par le gouvernement actuel, mais par le gouvernement libéral précédent, c'est la modification des règles du régime d’assurance-emploi. En fait, un grand nombre de chômeurs n’ont pas droit aux prestations et se retrouvent avec de maigres prestations d’aide sociale.
     Le filet de sécurité sociale que nous avons tous tissé au cours des années, parce que nous estimions nécessaire de le faire pour nous entraider, aider nos voisins, les membres de notre famille, nos amis et tous ceux qui habitent notre pays, a maintenant disparu.
     Lorsque ces personnes regardent autour d’elles, elles commencent à constater, comme nous l’avons vu et comme nous avons essayé de le signaler ici, et aussi comme j’ai essayé de le signaler au cours de mes voyages et dans mes efforts visant à éliminer la pauvreté, que le filet de sécurité sociale n’est plus là.
     Au cours des 10 dernières années, nous avons eu la possibilité, au moins dans notre pays, de faire de véritables investissements dans des domaines tels que les garderies, le logement, l’éducation postsecondaire et le système de soins de santé qui est en train de s’effilocher. Nous avons eu la possibilité de veiller à ce que, dans tous ces domaines, nous puissions absolument tous bénéficier du soutien nécessaire pour être en bonne santé, pour prendre soin de nos enfants et pour participer à la vie économique. Malheureusement, ce soutien n’existe plus.
    À en croire les économistes qui ont analysé le minibudget et le budget du gouvernement, nous sommes sur le point de priver le gouvernement d'une capacité qui se chiffre à 6 à 12 milliards de dollars par année. Une fois ce budget adopté, le gouvernement ne sera plus en mesure d'investir cet argent.
    Si nous ajoutons ces montants aux réductions de l'impôt des sociétés consenties par les libéraux à leurs amis et bienfaiteurs pendant les 13 années où ils étaient au pouvoir, c'est beaucoup d'argent, de l'argent avec lequel il aurait été possible de faire beaucoup de bien, de construire le genre de Canada dont nous rêvons, le Canada tel qu'on l'imagine encore dans bien des coins du monde. Pourtant, la réalité est bien différente.
    Nous avons encore le temps, car nous siégerons encore quelques jours. Nous espérons que les conservateurs écouteront. Ils sont pratiquement, sinon physiquement et mentalement ,déjà partis en congé. Cependant, nous sommes bel et bien présents et nous resterons au poste. Nous prendrons la parole, jusqu'au dernier. Nous parlerons de ce projet de loi et nous exprimerons toutes nos inquiétudes. Celles-ci sont bien réelles.
    Nous parlerons de nos inquiétudes en nous basant sur notre expérience, sur le travail que nous faisons, sur les voyages d'un bout à l'autre de la province, sur le retour dans nos collectivités toutes les fins de semaine pour parler à ces hommes et à ces femmes, pour parler à ces familles, aux représentants de ces institutions, aux leaders de la collectivité, qui nous racontent une histoire très différente de celle que les conservateurs veulent nous faire avaler comme ils l'ont fait au moment de la présentation de leur budget.
    Ils ne se donnent même plus la peine de prendre la parole à la Chambre, car ils veulent également rentrer à la maison pour Noël. Ils ne veulent pas faire le...
    À l'ordre. Je suis désolé d'interrompre le député, mais le temps dont il disposait est maintenant écoulé.
    Questions ou observations. Le député de Burnaby—Douglas a la parole.

  (1520)  

    Monsieur le Président, je remercie le député pour le travail qu'il effectue depuis de nombreuses années dans le dossier de la pauvreté en Ontario et dans l'ensemble du pays.
    Il sera de mon avis qu'une multitude de rapports sur la pauvreté au Canada ont été publiés. Tous incitent à l'action, mais soulignent également l'importance d'un programme national de logement pour éradiquer la pauvreté.
    Au cours des derniers mois, de nombreux rapports ont fait état de la nécessité de construire davantage de logements abordables et de logements sociaux, et de mettre sur pied des programmes pour faire face à l'itinérance. Je pense notamment au rapport préliminaire du Rapporteur spécial de l'ONU, Miloon Kothari, et au rapport publié par des organismes de défense des itinérants et des femmes dans le Nord. D'innombrables rapports ont insisté sur le fait qu'il y a une pénurie de logements abordables et nous n'avons toujours pas de programme national de logement.
    Nous avions une agence de logement qui faisait du très bon travail. Elle était très créative et avait une réputation mondiale. La Société canadienne d'hypothèques et de logement était aussi reconnue pour son travail en matière de complexes domiciliaires. Malheureusement, elle a été réduite à néant par les gouvernements libéraux et conservateurs au cours des dernières décennies. Elle ne fait plus ce genre de travail. Nous devrions revenir à cette formule.
    Pendant la période des questions aujourd'hui, le député de Sault Ste. Marie a posé des questions au ministre des Ressources humaines et du Développement social sur la nécessité d'un programme national de logement. Le ministre a répondu que le gouvernement faisait quelque chose. Il fait quelque chose avec l'argent pour lequel le NPD s'est battu au cours de la dernière législature et lors du dernier budget libéral.
    Pourrait-il en dire plus au sujet de l'importance d'un programme national de logement, notamment pour lutter contre la pauvreté?
    Monsieur le Président, mon collègue fait un excellent travail comme porte-parole du NPD en matière de logement. Il connaît le dossier à fond.
    Il a raison. J'ai parcouru le pays au cours des dernières années. J'ai rencontré des groupes communautaires, des gens qui défendent les droits des personnes qui vivent dans la pauvreté et des gens qui vivent eux-mêmes dans la pauvreté. Ils ont dit qu'il nous fallait un programme national pour le logement. Avec l'argent que nous donnons aux entreprises, nous pourrions lancer une stratégie nationale du logement dès maintenant. Nous en avons besoin parce que tout le monde a besoin d'un chez-soi abordable et sûr.
    L'itinérance est devenue une honte et une catastrophe nationales. Les organismes qui travaillent depuis des années pour faire face à cette réalité dans leur milieu commencent à manquer d'argent. Les gens engagés dans ce type de travail ne cessent de puiser dans leurs ressources, mais ils sont à bout de souffle. Ils ont besoin que le gouvernement les épaule et leur fournisse soutien et ressources.
    J'ai téléphoné au Toronto Disaster Relief Committee hier pour obtenir des statistiques pour préparer la question que je voulais poser au ministre. Cet organisme, le plus important au pays, avait fermé ses portes. Il parlait au nom de ceux qui n'ont pas de voix. Il a fermé, faute de ressources.
    Manifestement, nous avons besoin d'argent pour le logement. Il nous faut une stratégie nationale du logement et aussi une stratégie nationale pour les sans-abri.
    Monsieur le Président, je remercie aussi mon collègue de Sault Ste. Marie de son travail de promotion et de défense des questions sociales au Canada. Il est un modèle pour beaucoup d'entre nous dans mon caucus et devrait servir de modèle à beaucoup d'autres députés.
    Le Canada vit des investissements sociaux faits dans les années 1970 et au début des années 1980. Une bonne partie de l'infrastructure sociale construite à l'époque commence à s'effondrer et a grandement besoin de nouveaux investissements. Il y a un déficit au chapitre de la structure sociale que je trouve très inquiétant.
    J'ai remarqué, dans certains secteurs de ma propre collectivité, et aussi au centre-est de Vancouver, que les membres des services d'urgence sont seuls à s'occuper des plus démunis de la société, des très pauvres et des malades mentaux. Il est honteux que le gouvernement conservateur et que notre pays aient abandonné les plus vulnérables aux soins du personnel des services d'urgence, que ce soit des ambulanciers paramédicaux ou des agents de police. Le député de Sault Ste. Marie pourrait-il nous dire deux mots là-dessus? Cela rejoint les questions qu'il a soulevées au sujet du logement et de l'investissement en faveur des sans-abri.
    Quelle honte que les employés des services d'urgence soient les seuls au Canada à aider ces gens que le gouvernement et de nombreux Canadiens ont complètement oubliés.

  (1525)  

    Monsieur le Président, la députée a tout à fait raison. Beaucoup de sans-abri finissent en prison car il semble que les collectivités soient à cours d'option.
    On ne s'attend pas à voir de sans-abri dans certaines parties du pays. Aujourd'hui, cependant, même les villes les plus prospères et dynamiques sur le plan économique comme Calgary et Victoria ont de graves problèmes d'itinérance.
    Puisque les gouvernement fédéral et provincial n'aident pas Calgary à s'attaquer à ce problème, en désespoir de cause, celle-ci se met à adopter des lois pour interdire l'itinérance. Les gens ne peuvent plus dormir dans les parcs ou sous les ponts, ou traîner dans les centres commerciaux. Que leur reste-t-il à faire?
    Où sont-ils censés aller?
    Précisément, voilà pourquoi ils tombent de plus en plus sous la responsabilité des services d'urgence.
    Monsieur le Président, même si je suis d'accord avec mon collègue au sujet de sa critique des réductions d'impôts annoncées dans le minibudget, sur lequel nous devons voter, j'aimerais quand même dire ceci: entre 1984 et 2006, grâce au gouvernement actuel et aux deux gouvernements précédents, le Canada a volontairement renoncé à plus de 250 milliards de dollars de recettes en procédant à des réductions d'impôts.
    L'incroyable défi, le désastre, la crise que constitue la pauvreté dans ce pays ne nous est pas tombé dessus du jour au lendemain. Cette pauvreté prend de l'ampleur depuis 20 ans. Le député pourrait-il décrire comment le gouvernement libéral précédent a jeté les bases de ce désastre?
    Monsieur le Président, des gens se sont penchés sur ce défi pendant des années pour comprendre comment un pays aussi riche que le nôtre a soudainement pu se retrouver aux prises avec une telle pauvreté, avec des personnes couchant dans la rue. Si nous leur posions la question, ils nous répondraient que cela a commencé très sérieusement à s'accentuer lorsque le gouvernement libéral s'est débarrassé du Régime d'assistance publique du Canada.
    Ce régime permettait au gouvernement fédéral de s'assurer que les provinces et les municipalités recevaient assez d'argent pour s'occuper de ces questions. Ce régime assurait une reddition de comptes. Il permettait de veiller à ce que l'argent destiné à des programmes particuliers soit réellement dépensé dans le cadre de ces programmes.
    Lorsque le Régime d'assistance publique du Canada a été éliminé, c'est la boîte à outils que le gouvernement fédéral a donné aux provinces...
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je sais que les députés néo-démocrates essaient de faire de l'obstruction et commencent à manquer d'arguments, mais ils doivent se concentrer sur le sujet.
    Nous débattons du projet de loi C-28, qui en est à l'étape de la troisième lecture. Les observations doivent porter sur la teneur du projet de loi. Ils ne peuvent s'éparpiller dans tous les sens en parlant de ce qu'ils font avec l'argent. Ils doivent débattre de questions qui concernent le projet de loi C-28. J'aimerais que vous les rappeliez à l'ordre.
    Je remercie le député de Selkirk—Interlake. Il reste une minute au député de Sault Ste. Marie, et je suis certain qu'il reviendra à l'objet du débat.
    Monsieur le Président, le député est intervenu à maintes reprises dans le courant de la journée pour accuser les néo-démocrates de faire de l'obstruction. Nous faisons simplement notre travail. Nous sommes fidèles au poste. Nous nous pointons ici tous les jours pour faire nos 12 heures de travail.
    Les libéraux et les conservateurs sont très pressés de rentrer chez eux pour les vacances de Noël. Nous, nous jugeons que nous avons une tâche à accomplir. Je prends la parole à la Chambre au quotidien au nom de gens qui n'ont pas de voix ici. Leur point de vue sur la question ne coïncide pas forcément avec celui des conservateurs. Il se peut qu'ils perçoivent différemment l'essence du projet de loi. C'est ce que nous faisons valoir.
    Je disais que le Régime d'assistance publique du Canada est né ici. Les libéraux ont ensuite essayé de convaincre les provinces que c'était une bonne idée. Ils cherchaient en fait à réduire le montant des transferts de 7 milliards de dollars ou 8 milliards de dollars. La boîte à outils qu'ils ont donnée aux provinces à cette fin est le Régime d'assistance publique du Canada.
    Quand on combine le montant des réductions et l'élimination du Régime d'assistance publique du Canada, on commence à comprendre la situation dans laquelle se trouvent actuellement nos collectivités d'un bout...

  (1530)  

    Je suis désolé, mais je dois interrompre le député. Reprise du débat. Le député de Hamilton-Est—Stoney Creek a la parole.
    Monsieur le Président, je prends encore une fois la parole au sujet du projet de loi C-28 par suite de l’importance de ses répercussions sur la circonscription de Hamilton-Est—Stoney Creek. De toute évidence, le budget a d’importants effets sur ma circonscription et toute la collectivité de Hamilton et ce, davantage à cause de ce qui ne s’y trouve pas que de ce qui s’y trouve.
     Avant de parler directement du projet de loi C-28, je voudrais prendre quelques instants pour répondre...
    L'hon. Jim Flaherty: Qu’avez-vous contre les familles? Qu’avez-vous contre les personnes handicapées?
    M. Wayne Marston: Cette observation n’est vraiment pas digne d’une réponse.
     Je voudrais donc prendre quelques instants pour revenir sur les observations formulées ce matin par le député conservateur de Macleod. Il a parlé des aspects positifs qu’il voyait dans le projet de loi C-28. Je comprends son point de vue -- c’est celui du gouvernement -- ainsi que les avantages, tels qu’il les perçoit. Il a également parlé à la Chambre, comme nous l’avons entendu pendant la période des questions, des 388 000 emplois, pour la plupart à temps plein selon lui, qui ont été créés dans le pays cette année.
     Cela m’amène à poser les questions suivantes: dans quels secteurs s’est produite cette extraordinaire croissance de l’emploi? Les travailleurs des entreprises du secteur manufacturier peuvent-ils s’attendre, de la part du gouvernement, à un plan de protection des emplois existants et de création de nouveaux emplois dans l’un des secteurs clés de l’économie canadienne? Jusqu’ici, je ne sais toujours pas où ces emplois ont été créés. J’espère l'apprendre à un moment donné.
     Toutefois, au cours de son discours, le député de Macleod a dit en substance que le gouvernement conservateur avait pris la décision de ne pas favoriser un secteur de l’économie par rapport à un autre et d’offrir des allégements fiscaux pour encourager la croissance partout au Canada.
     J’ai failli sauter en l’air en l’entendant parler. Le secteur manufacturier est en crise au Canada, en général, et dans ma collectivité, en particulier. On nous dit qu’il n’a pas été favorisé. Nous n’avons jamais demandé une faveur quelconque. Nous voulons que le gouvernement élabore un plan, une stratégie pour répondre aux besoins de ce secteur clé de notre économie, pour l’aider et aider les entreprises qui le composent.
     On entend beaucoup parler ces temps-ci d’approches « holistiques », le plus souvent dans le contexte de la santé, mais je crois que c’est d’une approche de ce genre que nous avons besoin pour affronter la crise que connaît aujourd’hui notre secteur manufacturier.
     Le gouvernement conservateur doit s’adapter à son temps. S’il croit pouvoir remédier aux maux de l’économie uniquement en réduisant les impôts, puis en laissant les événements suivre leur cours, il devrait savoir que l’économie à la Reagan et l’effet de ruissellement ont été discrédités et sont considérés comme un échec dans le monde entier. Le gouvernement devrait renoncer à cette vision simpliste de l’économie et laisser tomber les réductions d’impôt dont il veut faire profiter les grandes entreprises riches en espérant qu’il restera quelque chose plus tard pour les Canadiens ordinaires.
     Le gouvernement doit en arriver au point où il pourra commencer à appliquer une vision holistique dans la gestion des affaires publiques et veiller à ce que tous les Canadiens profitent ensemble des mesures prises, au lieu de laisser les riches profiter en premier en espérant que les autres pourront récolter quelques miettes plus tard. Tout le monde doit bénéficier en même temps de la grande richesse de notre pays.
     Vingt pour cent de ma collectivité vit dans une pauvreté abjecte. Ces gens veulent travailler, mais il n’y a pas d’emplois, ils n’arrivent pas à en trouver un. Ils savent que le projet de loi ne fait rien du tout pour eux. La question est la suivante: qui sont ces entreprises et ces sociétés favorisées auxquelles le député de Macleod a fait allusion? Sans avoir lu un seul mot de cette déclaration, sans avoir suivi un seul cours d’économie, les Canadiens, bien préparés par les gouvernements libéraux qui ont précédé, peuvent nous dire que ce sont les banques et les grandes sociétés pétrolières et gazières qui profiteront immédiatement du projet de loi C-28, tout comme ils ont tiré des avantages pendant des années, sous les gouvernements libéraux.
     Le député de Macleod a également parlé du budget libéral de 2005, rectifié par le NPD. J’ai bien dit rectifié et non amendé. Nous l’avons rectifié en faisant enlever plus de 4 milliards de dollars à la réduction de l’impôt des sociétés qui était prévue et en forçant les libéraux à consacrer ces économies, cette capacité fiscale retrouvée, aux transports en commun -- j’en vois les résultats aujourd’hui à Hamilton, où il y a de nouveaux autobus écologiques --, à l’éducation et aux logements, les mêmes logements dont les conservateurs se sont arrogé le mérite aujourd'hui à la Chambre.
     Maintenant, les libéraux, qui voient que le budget donne enfin cet argent à leurs amis des sociétés, vont s'abstenir de voter. Ils ne vont pas bloquer cette mesure.

  (1535)  

     Aujourd’hui, les besoins sont pressants, et ils ne feront que s’aggraver à l’avenir. Ce qui échappe à bien des gens ici, où ce qu’ils refusent de voir, c’est une perte de la capacité fiscale du Canada. J’ai trouvé intéressant d’entendre les députés ministériels passer autant de temps, le printemps dernier, à réclamer le crédit des dépenses qui découlent du budget modifié par le NPD. Ils ont répété les mêmes choses à la Chambre aujourd’hui.
     Dans le projet de loi C-28, les conservateurs poursuivent, comme le gouvernement libéral précédent, l’application de leur programme d’aide sociale pour les entreprises, car ils proposent d’importants allégements de l’impôt des sociétés qui sont semblables à ceux proposés par les libéraux en 2005. On estime que ces allégements feront réduire les recettes fiscales du Canada de 14 milliards de dollars par année.
     Cette préoccupation évidente devrait se retrouver chez les libéraux. Encore une fois, il faut s’interroger sur la perte de capacité financière fédérale dans les années à venir. Nous savons, et les députés l’ont entendu bien des fois au long du débat, que les villes canadiennes sont aux prises avec un énorme problème d’infrastructure.
     Je tiens à rappeler que la Fédération canadienne des municipalités a établi dans un rapport récent l’existence d’un déficit en matière d’infrastructure de 123 milliards de dollars. Personne n’a réfuté ce rapport à la Chambre. Personne n’a dit qu’il était inexact, qu’il n’était pas véridique. C’est comme si ce rapport n’existait pas. Je ne comprends pas comment les conservateurs peuvent en faire abstraction. Comment les libéraux peuvent-ils les laisser faire? Cela dépasse l’entendement.
     Je vais prendre un moment pour proposer une idée au gouvernement. J’ai déjà parlé du bon sens des Canadiens et dit qu’un certain nombre d’entre eux, dans ma circonscription, Hamilton-Est—Stoney Creek, n’avaient pas tardé à manifester leur surprise lorsqu’ils ont constaté que le gouvernement conservateur, avec tous ses excédents budgétaires, n’était pas prêt à investir pour répondre aux besoins de ma collectivité, aux besoins de toutes les localités et villes au Canada.
     Pour reprendre les termes de mes électeurs, le gouvernement n’est pas prêt à faire preuve de bon sens pour préparer notre avenir et réparer une partie de l’infrastructure héritée du passé. Mes électeurs comprennent qu’il faut rembourser la dette, mais ils ne peuvent absolument pas comprendre qu’on prévoie de si lourds remboursements alors qu’il y a déjà des besoins criants au Canada.
     Il faut s’attaquer au problème de l’infrastructure. Nous avons besoin de logements abordables. Le député de Sault Ste. Marie a parlé du drame des itinérants au Canada. L’an dernier, 42 personnes sont mortes parce qu’elles n’avaient pas de logement. Il faut aussi un programme national d’assurance-médicaments.
    Cependant, le niveau embarrassant de pauvreté au pays devrait pousser tous les gens et tous les gouvernements à agir. J'ai donné ce petit conseil au gouvernement.
    Un autre conseil que je lui donnerais concerne la nécessité de corriger immédiatement l'erreur de 500 $ par année. On le doit aux personnes âgées. Je crois que le gouvernement a la responsabilité d'agir immédiatement et de payer aux personnes âgées ce qu'on leur doit.
    S'il existe une raison de réaffecter la richesse du pays à de nouveaux programmes visant à éliminer la pauvreté vécue par des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, je dirais que c'est la raison pour laquelle je suis intervenu à plusieurs reprises pour parler du projet de loi C-28. Dans bien des cas, je répète ce que j'ai dit auparavant, mais je dois répéter les mêmes choses tout le temps jusqu'à ce que la honte qu'est la pauvreté au Canada soit éliminée.
    J'ai pris le petit-déjeuner aujourd'hui avec le haut-commissaire de l’Inde. Beaucoup de Canadiens perçoivent l'Inde comme un pays désespérément pauvre, mais elle a une stratégie visant à éliminer la pauvreté d'ici 2020. Qu'elle réussisse ou non, cet effort concerté est un modèle à suivre pour le Canada.
    Nous avions cette grande vision d'éliminer la pauvreté chez les enfants d'ici 2000. Nous avons besoin d'une autre grande vision pour le Canada. Nous avons besoin de leadership de la part du gouvernement, et nous devons régler la question de la pauvreté maintenant.
    Monsieur le Président, j'ai une question pour mon collègue de Hamilton-Est—Stoney Creek.
    Je suis heureux que le député ait parlé de la Fédération canadienne des municipalités et de son travail sur le déficit en matière d'infrastructure au Canada. Dans son rapport intitulé Attention: danger, L’effondrement imminent de l’infrastructure municipale du Canada, la FCM parle d'un déficit de 123 milliards de dollars sur le plan de l'infrastructure au Canada.
    La FCM répartit ce déficit en catégories distinctes. Selon le rapport, il faudrait 31 milliards de dollars pour les systèmes de traitement de l’eau et des eaux usées, 21,7 milliards pour les transports, 22,8 milliards pour le transport en commun, 7,7 milliards pour la gestion des déchets solides et 40,2 milliards pour l'infrastructure communautaire, récréative, culturelle et sociale.
    Ce sont autant de services et d'installations que nous ne pourrons pas construire sans collaborer. Nous devrons le faire collectivement. Ce n'est pas en épargnant 100 $ d'impôt sur le revenu qu'on aidera à bâtir une station d'épuration dans notre collectivité. Cela ne garantira pas la salubrité de l'eau dans nos collectivités. Il faudra plutôt pour cela travailler ensemble et mettre nos ressources en commun pour nous assurer que les installations nécessaires seront construites.
    Je sais que le député de Hamilton-Est—Stoney Creek s'intéresse particulièrement aux sports et aux loisirs. Le déficit est particulièrement troublant dans le milieu des loisirs étant donné que beaucoup d'installations récréatives du Canada, qui font partie de notre vie culturelle, qui nous gardent en santé et qui accueillent beaucoup d'activités propres à resserrer les liens des collectivités, commencent à accuser leur âge. Bon nombre d'entre elles ont été bâties dans le cadre de projets du centenaire et se font vieilles. D'importants travaux d'entretien ont été sans cesse reportés au fil des ans, et ces installations se décomposent littéralement. C'est un aspect important du déficit en matière d'infrastructure.
    Je me demandais si le député pourrait nous parler de l'importance d'inclure le financement de l'infrastructure dans ce budget et nous dire pourquoi on n'y trouve pas ces éléments que la Fédération canadienne des municipalités juge importants.

  (1540)  

    Monsieur le Président, avant de répondre à la question, j'aimerais prendre un instant pour parler de ma collectivité. Le déficit en matière d'infrastructure à Hamilton s'élève à 4 milliards de dollars. Nous avons un très vieux système d'égouts qui n'est pas du tout en bon état et qui nous cause des problèmes énormes chaque année.
    Regardons toutefois le déficit en ce qui concerne le sport, notamment en ce qui concerne les installations sportives. Nous pourrions investir dans la construction de telles installations pour encourager les jeunes à participer à ces activités. Ce sont les installations de ce genre qui aident nos athlètes lorsqu'ils planifient leurs objectifs. Nous avons les Jeux Olympiques de Pékin qui s'en viennent et aussi les Jeux Olympiques d'hiver. Il y a tellement d'investissements à faire pour aider les athlètes à se préparer.
    Quant aux programmes servant à développer ces athlètes pour qu'ils puissent avoir l'occasion de représenter le Canada sur la scène mondiale, ils ont tous disparu. La capacité financière a été réduite au point où, si nous n'investissons pas maintenant dans nos installations sportives et dans nos athlètes, la crise qui se produira fera tomber cet élément encore plus bas sur la liste. C'est malheureux de voir la perte de cette capacité financière.
    Monsieur le Président, je félicite le député de Hamilton-Est—Stoney Creek. Il a commencé son discours en parlant, et j'en ai pris note, d'un déficit en ce qui concerne le sport à Hamilton. J'ai immédiatement pensé qu'il allait parler des Tiger-Cats. J'aimerais qu'il fasse quelques remarques à ce sujet, car il n'a même pas mentionné cette équipe qui, je crois, représentait un déficit sur la scène sportive à Hamilton.
    Monsieur le Président, je serais ravi de parler des Tiger-Cats de Hamilton. Lorsque nous parlons d'investissements dans ce cas, il ne s'agit malheureusement pas d'investissements du gouvernement fédéral. Le propriétaire des Tiger-Cats, M. Young, a investi une somme considérable dans son équipe et nous avons hâte de voir bientôt un défilé de la Coupe Grey à Hamilton.
    Monsieur le Président, je suis ravi que le député ait terminé son intervention en disant que nous avions besoin d'une nouvelle vision pour lutter contre la pauvreté parce que c'est exactement ce que le chef du Parti libéral a annoncé il y a quelques semaines.
    Son programme est le seul programme exhaustif qui ait jamais été présenté au Canada, par un gouvernement ou par l'opposition, et qui soit si détaillé et si rigoureux. Il vise à réduire la pauvreté en général de 30 p. 100 et la pauvreté chez les enfants de 50 p. 100, et ce, au cours des cinq prochaines années. Le crédit d'impôt pour enfants serait remboursable. Voilà une mesure de plus pour aider les enfants. Des dispositions nouvelles permettraient aux travailleurs à faible revenu de ne plus dépendre de l'aide sociale et de retourner sur le marché du travail sans être trop pénalisés.
    Certaines dispositions permettraient aux aînés désirant retourner sur le marché du travail de ne pas être trop pénalisés et de ne pas perdre une partie trop importante de la pension qu'ils reçoivent. D'autres dispositions augmenteraient le revenu des aînés très pauvres.
    Toutes ces dispositions permettraient d'atteindre ces objectifs précis. Comme nous le savons, le gouvernement conservateur n'aime pas trop fixer des objectifs, en tout cas pas en matière de changements climatiques. Je le répète, les objectifs sont que, d'ici cinq ans, 30 p. 100 des personnes en général et 50 p. 100 des enfants vivant dans la pauvreté aujourd'hui ne soient plus dans cette situation.
    Comme le député l'a dit, voilà quelque chose dont le Canada a vraiment besoin. C'est une stratégie pour lutter contre la pauvreté. Elle est porteuse d'un potentiel extraordinaire pour l'avenir, si nous devions former le prochain gouvernement.

  (1545)  

    Monsieur le Président, ces remarques m'amènent à dire que le député, qui a un plan, avait aussi un plan pour Kyoto, et que ce plan n'a pas guère fonctionné pour notre pays. Ce sont les gens d'en face, qui ont été au pouvoir durant 13 ans, qui ont pratiquement détruit le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux.
    Le gouvernement libéral a détruit l'assurance-emploi. Il a transformé le programme d'assurance-chômage, sur lequel les gens pouvaient compter, puisque 85 p. 100 des travailleurs qui étaient licenciés et qui perdaient leur emploi pouvaient obtenir une aide. Maintenant, nous sommes rendus au point où, à l'échelle nationale, la proportion est tombée à 40 p. 100. À Hamilton, elle n'est que de 22 p. 100. C'est un bilan honteux.
    Je m'attends à un échec semblable à celui que les libéraux ont connu avec l'accord de Kyoto.
    Monsieur le Président, de toute évidence, le projet de loi C-28 est une mesure importante, à cause des dossiers dont il ne traite pas.
    Il ne traite pas de la crise de l'itinérance et de la pauvreté.
    Il ne traite pas non plus de la crise dans notre programme d'assurance-emploi. Comme le député l'a si justement mentionné, ce programme a été vidé de sa substance par le gouvernement libéral précédent, au point où, dans ma propre ville, à Toronto, presque 80 p. 100 des chômeurs n'ont pas droit à l'assurance-emploi. C'est là où nous en sommes aujourd'hui. Dans le passé, c'était le contraire, en ce sens qu'environ 80 p. 100 des chômeurs touchaient des prestations d'assurance-emploi.
    Le député pourrait-il nous donner son point de vue sur l'incapacité tant du gouvernement actuel que du gouvernement précédent à régler la crise de la pauvreté, et aussi sur le rôle joué dans cette crise par les changements dévastateurs apportés au régime d'assurance-emploi?
    Monsieur le Président, à mon avis, la question renvoie directement à une des raisons majeures de la pauvreté au Canada. Lorsqu'une personne a la chance — parce que ce n'est plus une question de règles — de retirer des prestations d'assurance-emploi, le nombre de semaines de prestation a été réduit. Au bout du compte, les gens qui sont incapables de trouver un emploi finissent à l'aide sociale. Ils se retrouvent prestataires des programmes de bien-être social.
    Une des raisons pour lesquelles on n'en parle pas très souvent, c'est que le changement est attribuable au délestage. Le plan libéral visait à délester le gouvernement fédéral de certains services. Il s'agissait de déplacer le fardeau de l'assiette de l'impôt sur le revenu vers l'assiette de l'impôt foncier. Le résultat, c'est que les municipalités doivent porter le fardeau.
    Cependant, les assistés sociaux n'entrent pas dans les statistiques sur le chômage parce qu'ils ne sont pas à la recherche d'un emploi. Dans l'ordre des choses, si nous cherchions vraiment à connaître les chiffres sur le chômage au Canada, nous verrions qu'ils sont au moins trois fois plus élevés que les chiffres of