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Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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40e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 022

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 3 mars 2009





CANADA

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 144 
l
NUMÉRO 022 
l
2e SESSION 
l
40e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 3 mars 2009

Présidence de l'honorable Peter Milliken

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière


  (1000)  

[Traduction]

Le Code criminel

    J'ai appris qu'une erreur d'écriture s'était glissée lors de la rédaction du projet de loi C-301, Loi modifiant le Code criminel et la Loi sur les armes à feu (enregistrement d'armes à feu).
    J'ai donc demandé que le projet de loi soit réimprimé et que la version corrigée soit affichée sur le site web parlementaire.

[Français]

    Pour la gouverne de tous les députés, je dépose une copie de la lettre adressée à la présidence et reçue du légiste dans laquelle il décrit les changements nécessaires.

AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

[Traduction]

Le Code criminel

    -- Monsieur le Président, je suis heureuse de présenter ce projet de loi qui vise à modifier le Code criminel afin qu'il prévoie, à l’égard de quiconque exerce des voies de fait contre un conducteur d'autobus, de tramway, de train ou train léger ou de traversier, les mêmes sanctions pénales que celles actuellement infligées dans les cas d'agressions de pilotes ou d'agents de la paix.
    Nous savons que, chaque jour, des millions de Canadiens dépendent des compétences et de la protection des conducteurs de véhicules de transport en commun et nous apprécions tous les services que ces conducteurs rendent dans nos collectivités; pourtant, en dépit des lois en vigueur, ces travailleurs subissent souvent des menaces ou sont agressés.
    Depuis le fameux 11 septembre, nous sommes de plus en plus conscients de la cible que constituent les véhicules de transport en commun et de la vulnérabilité de leurs conducteurs. Ce projet de loi vise à protéger les travailleurs du secteur public qui assurent le transport de personnes par différents moyens et à assurer leur sécurité.
    Bien que ce projet de loi ait été rédigé et présenté lors de la dernière session, avant le décès tragique de Tim McLean, qui a été décapité dans un autobus faisant le trajet d'Edmonton à Winnipeg et même si nous ne savons pas si ce projet de loi aurait une incidence quelconque dans ce cas, il rappelle à chacun d'entre nous l'importance de la sécurité dans les transports en commun.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

La Loi portant exécution du Budget 2009

    Madame la Présidente, il y a eu des consultations entre les partis et vous constaterez qu’il y a consentement unanime à l’égard de la motion concernant l'étape du rapport du projet de loi C-10, Loi portant exécution du budget.
    Je propose:
    Que, nonobstant tout article du Règlement ou usage habituel de la Chambre, à la conclusion du débat sur l'étape du rapport du projet de loi C-10, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 27 janvier 2009 et mettant en œuvre des mesures fiscales connexes, toutes questions nécessaires pour disposer de l'étape du rapport du projet de loi soient réputées mises aux voix et les votes par appel nominal soient réputés demandés et différés à 15 heures, le mardi 3 mars 2009, pourvu que le projet de loi puisse être débattu à la troisième lecture à la même séance.

  (1005)  

    Le ministre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    La présidente suppléante (Mme Denise Savoie): La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

Pétitions

L'environnement 

    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition provenant des habitants des Territoires du Nord-Ouest. Les pétitionnaires enjoignent au gouvernement conservateur de renoncer aux dispositions du projet de loi C-10 qui visent à éliminer les mesures de protection de l'environnement et des droits de navigation contenues dans la Loi sur la protection des eaux navigables.
    Les électeurs de ma circonscription soulignent également leur mécontentement à l'égard de la disposition du projet de loi portant exécution du budget qui prive les Canadiens et les comités de leur droit de procéder à un examen exhaustif. Cette pétition a été signée par 63 habitants des Territoires du Nord-Ouest.

La liberté de religion   

    Madame la Présidente, conformément à l'article 36 du Règlement, j'aimerais présenter à la Chambre aujourd'hui deux pétitions qui ont été certifiées par le greffier des pétitions.
    La première pétition vient de gens de ma circonscription qui sont préoccupés par la persécution religieuse. Ils aimeraient attirer l'attention de la Chambre sur le fait que la persécution religieuse touche un grand nombre de groupes religieux dans de très nombreux pays du monde et estiment que la persécution de personnes et de groupes pour leurs croyances religieuses viole le droit individuel fondamental à la liberté de religion.
    En août 2008, dans le district de Kandhamal, dans l'État d'Orissa, en Inde, 179 églises chrétiennes ont été détruites et des milliers de chrétiens de la région ont été déplacés à la suite d'actes de violence perpétrés pour des raisons religieuses.
    Les pétitionnaires demandent au Parlement de condamner la persécution des minorités religieuses dans le monde entier, particulièrement des chrétiens du district de Kandhamal, dans l'État d'Orissa, en Inde.

Les fiducies de revenu  

    Madame la Présidente, la deuxième pétition porte sur la promesse non tenue de ne jamais imposer les fiducies de revenu.
    Les pétitionnaires se souviennent d'avoir entendu le premier ministre se vanter de son engagement en matière de responsabilité en affirmant qu'il n'y pas pire tromperie qu'une promesse non tenue. Ils rappellent au premier ministre qu'il avait promis de ne jamais imposer les fiducies de revenu, mais qu'il a renié sa promesse en frappant d'un impôt punitif de 31,5 p. 100 l'épargne que 2 millions de Canadiens, surtout des personnes âgées, avaient accumulée au prix de durs sacrifices en prévision de la retraite.
    Les pétitionnaires demandent donc au gouvernement, premièrement, d'admettre que la décision d'imposer les fiducies de revenu était fondée sur une méthodologie boiteuse et sur des hypothèses erronées, deuxièmement, de présenter des excuses aux personnes injustement lésées par cette promesse non tenue et, troisièmement, de supprimer l'impôt punitif de 31,5 p. 100 sur les fiducies de revenu.

Questions au Feuilleton

    Madame la Présidente, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Des voix: D'accord.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

[Traduction]

Loi d'exécution du budget de 2009

     La Chambre reprend l'étude, interrompue le 2 mars, du projet de loi C-10, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 27 janvier 2009 et mettant en oeuvre des mesures fiscales connexes, dont le comité a fait rapport sans propositions d'amendement, ainsi que du groupe de motions no 2.
    Madame la Présidente, je suis heureuse de pouvoir participer aujourd'hui au débat sur le projet de loi d'exécution du budget. Je dois dire d'emblée que je trouve affligeant que nous soyons réunis ici pour débattre d'un projet de loi qui prévoit d'énormes dépenses et qui va replonger le pays dans une situation terriblement déficitaire. Je suis certaine que nous déplorons tous, en tant que parlementaires, la conjoncture économique. Nous espérons pouvoir unir nos efforts et aplanir nos divergences d'opinion sur certains points afin de faire ce qui s'impose pour le bien du Canada et ce que tous les Canadiens attendent de nous en ces temps difficiles.
    Si l'on se reporte à l'arrivée du gouvernement conservateur, il y a quelques années à peine, on constate que les conservateurs ont eu la chance d'être portés au pouvoir à un moment où l'économie se portait bien et d'avoir hérité d'un excédent de 12 milliards de dollars. Il est maintenant question d'enregistrer un déficit de 34 à 50 milliards de dollars. Comme les temps changent vite. Il est dommage que des fonds n'aient pas été mis de côté en prévision de temps difficiles pour aider les Canadiens à traverser la période de grave ralentissement économique à laquelle nous devons faire face aujourd'hui.
    Si les conservateurs n'avaient pas vidé les coffres, on disposerait de plus de ressources et ne s'acheminerait pas vers un déficit aussi considérable sans même savoir si cela va vraiment aider à traverser cette période difficile. Parce que nous, de ce côté-ci de la Chambre, sommes des parlementaires responsables, nous allons faire ce qui s'impose et ce que les Canadiens attendent de nous, c'est-à-dire collaborer avec le gouvernement pour essayer de garantir la reddition de comptes et veiller à ce que l'argent soit versé là où on en a besoin.
    Nous n'aurons pas peur de présenter une motion de défiance au besoin, si le gouvernement ne fait pas de bons investissements pour les Canadiens. Un homme très sage qui siège à la Chambre a dit récemment, à propos des décisions que nous avons dû prendre à titre d'opposition officielle depuis quelque temps, que les Canadiens ont autant besoin d'une autre élection que d'un trou dans la tête. Cette déclaration montre clairement que l'opposition officielle fait passer les intérêts des Canadiens avant tout. Nous savons que nous appuyons un budget qui nous préoccupe énormément à divers égards, en ce qui concerne, par exemple, les changements à la Loi sur la protection des eaux navigables et à d'autres lois. Pourtant, au nom des Canadiens et dans leur intérêt, nous acceptons cela. L'homme sage que je viens de citer est évidemment le chef de notre parti. Son commentaire sur les élections montre bien qu'il fait preuve de gros bon sens dans sa façon d'aborder les défis que les parlementaires doivent relever.
    Nous avons dit que nous allions mettre le gouvernement en probation et que nous n'aurions pas peur de l'obliger à rendre des comptes si nous croyons que les investissements ne vont pas dans la bonne direction ou qu'ils ne satisfont pas aux besoins de notre pays et des Canadiens. Mettre les conservateurs en probation et les obliger à présenter des rapports est une façon brillante de collaborer avec le gouvernement, dans l'intérêt des Canadiens, et de veiller à ce qu'il tienne ses promesses et à ce que l'argent aille bien là où il doit aller, au lieu qu'il soit saupoudré ici et là, comme l'excédent de 12 milliards de dollars qui n'aura servi à créer aucun emploi ni à faire des investissements qui ont amélioré le sort des Canadiens.
    Nous allons appuyer le budget avec certaines réserves, à condition que le gouvernement rende des comptes aux Canadiens et leur donne l'aide qu'ils méritent et à laquelle ils s'attendent. Nous tenons le gouvernement responsable en amendant le projet de loi d'exécution du budget. Si les conservateurs refusent de rendre des comptes, ou s'ils ne sont pas à la hauteur des attentes des Canadiens, nous prendrons les mesures qui s'imposent au nom des citoyens du Canada. C'est notre responsabilité.
    Pour le bénéfice des Canadiens, des rapports périodiques seront déposés au Parlement sur la mise en oeuvre du budget et sur ses coûts. Le premier rapport, que nous attendons avec impatience, sera présenté en mars, puis sera suivi d'un autre rapport en juin, puis en décembre. Nous allons étudier attentivement ces documents. Ceux-ci feront l'objet d'un débat et d'un examen approfondis, et nous allons aller de l'avant en faisant preuve d'une grande prudence. Chacun de ces rapports nous fournira l'occasion de retirer notre appui au gouvernement, si celui-ci ne respecte pas ses engagements envers les Canadiens durant cette période critique pour notre pays.
    Le budget renferme des mesures positives en matière d'investissement. Certaines des initiatives proposées par les conservateurs — qui sont le fruit d'une collaboration avec les libéraux et de pressions de notre part — prévoient des investissements dans le logement social et l'infrastructure. Ce sont là des mesures que nous prônons depuis des années.

  (1010)  

    Lorsque nous formions le gouvernement, nous avions un ministre du Logement et nous avions engagé des sommes importantes dans la construction de logements abordables dans tout le pays. Nous avions aussi investi dans l'infrastructure. Nous savons tous que notre pays bénéficie grandement des investissements dans ce secteur. Nous avons une infrastructure vieillissante et les besoins sont énormes. Investir dans l'infrastructure — à condition qu'on le fasse vraiment — entraîne la création d'un nombre surprenant d'emplois et de multiples retombées.
    Notre préoccupation relativement à ce qu'on a appelé le Fonds Chantiers Canada, c'est qu'une très faible partie du budget a pu être utilisée par nos villes. L'accès à ces fonds était entravé par de lourdes formalités administratives. Il incombe au gouvernement de corriger la situation. Le ministre a dit qu'il allait le faire, mais il arrive trop souvent que les belles déclarations ne soient que des paroles en l'air. Il faut que l'argent soit distribué là où les besoins existent. Il faut que le matériel soit sur place et que les travaux de construction soient amorcés.
    Une aide ciblée est accordée aux Canadiens à revenu faible et moyen grâce à l'élargissement de la prestation fiscale pour enfants et de la prestation fiscale pour le revenu de travail. Encore une fois, il faut aider les chômeurs et les personnes à faible revenu qui ne peuvent joindre les deux bouts. Le gouvernement se doit d'être présent lorsque ces gens ont besoin de son soutien.
    Pour ce qui est des collèges et des universités au Canada, c'est un fait que les jeunes représentent l'avenir de notre pays. Il faut investir davantage et donner à nos jeunes la possibilité de s'instruire. C'est essentiel si l'on veut que le Canada puisse soutenir la concurrence dans l'avenir. Des mesures visant ce secteur sont incluses dans le budget parce que l'opposition libérale a insisté afin qu'elles le soient. Nous allons continuer à surveiller ce qui se passe avec ces fonds, pour nous assurer qu'ils sont affectés là où ils sont nécessaires.
    Certains aspects du budget continuent de nous préoccuper. Nous allons suivre attentivement ce que le gouvernement va faire et nous allons lui demander des comptes. L'un des aspects qui nous préoccupent est la modernisation des programmes d'équité salariale pour les femmes. Les conservateurs parlent de modernisation, mais cela ressemble beaucoup plus à un recul important.
    Nous sommes aussi préoccupés par l'approche musclée qui aura pour effet de semer la discorde au sein des relations fédérales-provinciales. Le gouvernement ne tient pas la promesse qu'il a faite aux provinces au sujet de la péréquation. Ce n'est pas le moment de s'engager dans des conflits avec les provinces, qui ont chacune leurs propres défis à relever durant cette période difficile.
    Quelles seront les conditions rattachées au financement des infrastructures? Quelles seront les conditions rattachées au financement accordé au secteur de l'automobile? Il est important pour l'opposition officielle et tous les parlementaires de le savoir, car il nous incombe de nous assurer que ces conditions sont justes et adéquates, et qu'elles protègent notre investissement, tout en nous permettant d'atteindre notre objectif, soit de maintenir certaines entreprises en activité. Le secteur de l'automobile est essentiel pour le pays et, en plus, il crée des emplois indirects. Je veux être certaine que ces entreprises reçoivent l'aide dont elles ont besoin.
    Le gouvernement s'attaque aux conventions collectives des fonctionnaires. Ce n'est pas le genre de chose que l'on devrait retrouver dans un projet de loi d'exécution du budget. Cela nous préoccupe énormément, car il s'agit d'ententes négociées. Il aurait été préférable qu'elles ne fassent pas l'objet de modifications dans le cadre du projet de loi d'exécution du budget. Elles auraient plutôt dû faire l'objet d'un débat et de négociations.
    On manque une belle occasion d'investir dans une économie verte et durable. Le budget parle très peu de l'économie verte. Les modifications à la Loi sur la protection des eaux navigables et la diminution des exigences relatives à l'environnement sont des choses que nous devrons surveiller très attentivement. Les améliorations apportées au programme d'assurance-emploi sont insuffisantes. L'Ontario ne reçoit aucune aide. J'avais espéré que le gouvernement uniformiserait les prestations d'assurance-emploi à l'échelle du pays. L'Ontario fait maintenant partie des provinces pauvres. Ces changements doivent être apportés le plus tôt possible.
    De plus, les conservateurs ont refusé d'assouplir les critères d'admissibilité à l'assurance-emploi, un geste essentiel en cette période économique difficile. Le gouvernement ne présente aucun plan crédible pour réduire le déficit qui se chiffre à 85 milliards de dollars.
    Ces points nous préoccupent beaucoup de ce côté-ci de la Chambre. J'aurais aimé que nos anciens combattants et nos aînés reçoivent plus d'aide, car eux aussi vivent des moments difficiles.

  (1015)  

    Madame la Présidente, la députée a énuméré les nombreuses priorités de son parti, et je souscris à certaines d'entre elles. S'il y a des choses qui peuvent être changées dans le budget, il faut les changer. Nous sommes ici aujourd'hui pour modifier un budget mal conçu à bien des égards
    La députée a affirmé que la mise à jour financière contenait de nombreuses mesures qui laissaient à désirer, y compris en ce qui concerne les conventions collectives de la fonction publique et l'équité salariale. Les gens s'y étaient alors opposés, et nous nous y opposons aussi. Nous voulons que ces éléments soient enlevés du projet de loi d'exécution du budget. Ils n'ont pas leur place dans un projet de loi qui vise à relancer l'économie et à aider les Canadiens.
    Je veux savoir pourquoi le parti de la députée ne nous aide pas à supprimer les parties rétrogrades du projet de loi, c'est-à-dire les parties sur l'équité salariale, la Loi sur la protection des eaux navigables et les conventions collectives.

  (1020)  

    Madame la Présidente, nous avons des réserves et le NPD en a aussi. Nous sommes l'opposition officielle, et je crois que nous agissons de façon responsable.
    Le gouvernement a signalé clairement que tout amendement au projet de loi déclencherait la tenue d'élections. Est-ce une menace? Bien sûr, mais nous ne sommes pas prêts à nous engager sur cette voie pour l'instant. Nous allons tenter de travailler avec le gouvernement conservateur et nous allons lui demander des comptes.
    Le gouvernement devra présenter des rapports de rendement en mars, en juin et à l'automne. S'il ne répond pas aux besoins des Canadiens et qu'il nous oblige à réagir, nous ne nous déroberons pas à nos responsabilités. Nous tiendrons un vote de défiance contre le gouvernement, et nous le ferons en toute connaissance de cause.
    Toutefois, nous devons tenter de faire fonctionner le Parlement. C'est ce que les Canadiens attendent de nous. À mon avis, si les députés néo-démocrates songeaient réellement au rôle qu'ils ont à jouer, ils se joindraient à nous pour tenter de faire fonctionner le Parlement au lieu d'en entraver le fonctionnement à un moment où ils savent que les Canadiens attendent davantage de nous.
    Madame la Présidente, la députée a parlé de certaines questions qui ne devraient tout simplement pas se trouver dans le budget, comme l'équité salariale, la Loi sur la concurrence et la Loi sur la protection des eaux navigables.
    J'aimerais l'interroger sur les infrastructures. Elle travaille d'arrache-pied sur le programme des villes et des milieux urbains. Au cours des deux dernières années, quelque 2 milliards de dollars ont été approuvés pour les infrastructures, mais n'ont jamais été distribués. Ces fonds ont été approuvés, alloués et promis, mais ils n'ont jamais été dépensés.
    Nous sommes dans le dernier mois de l'exercice en cours. Le budget s'applique à l'année qui commence le 1er avril, mais il nous reste encore un mois et nous voilà en présence d'argent qui a été approuvé, mais qui ne sera pas utilisé.
    Il me semble que, même en ce qui a trait à l'argent budgétisé et destiné aux infrastructures — et je crois que celles-ci représentent 40 p. 100 du plan de relance — on ne dit pas tout simplement que cela devrait être fait et que les travaux devraient commencer immédiatement. Il y a beaucoup de travail préparatoire. Il faut tenir compte des considérations, des approbations, de toutes les formalités administratives et des travaux de démarrage.
    J'ai bien peur que la seule raison pour laquelle les travaux ne sont pas réalisés au moyen des fonds approuvés au cours de l'année financière en cours, c'est que le gouvernement tente de camoufler les résultats de l'exercice actuel afin de les rendre plus positifs qu'ils ne le sont en réalité. Il me semble que le gouvernement fait passer ses intérêts partisans avant ceux de la population.
    Madame la Présidente, cela s'est déjà produit par le passé, dans le cas du Fonds Chantiers Canada et des 33 milliards de dollars de la taxe sur l'essence dont 4 p. 100 ont vraiment été utilisés.
    J'ai deux sources de grande préoccupation. L'une est la multiplicité des annonces et d'affirmations en l'air sans que rien de concret soit effectivement réalisé. C'est en partie pour cette raison que nous avons proposé des mesures de reddition de comptes. Nous allons surveiller la situation pour voir si tout est fait correctement
    En outre, l'argent qui aurait pu aider les villes à s'attaquer au problème du vieillissement de leur infrastructure existe. Les conduites d'eau et d'égouts se rompent dans toutes les grandes villes du Canada. Nous avons pu le constater tout au long de ce rude hiver. Ce sont des réparations qui sont déjà prévues. Les villes ont juste besoin de notre aide.
    Je remercie le député pour sa question parce qu'elle me fait penser aux fonds de contrepartie. Qu'il s'agisse de ma ville, Toronto, ou de villes plus petites, elles ne disposent pas des fonds de contrepartie. D'après ce que je comprends, le gouvernement demande à ma ville et aux régions rurales de moindre importance de contribuer à 50 p. 100, mais cela va s'avérer très difficile pour elles.
    Je pense que le gouvernement prétend que l'argent est là...
    Reprise du débat. Le député de Thunder Bay—Superior-Nord a la parole.
    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour manifester mon inquiétude au sujet d'un projet de loi d'exécution du budget qui n'en est pas réellement un, mais qui contient des dispositions empoisonnées. Ce sont des dispositions empoisonnées que les libéraux semblent tout à fait prêts à endurer pendant des mois encore, que ce soit au sujet des droits des femmes, des droits des travailleurs et, l'aspect que je souhaite aborder plus particulièrement aujourd'hui, des droits relatifs à l'environnement, car, en effet, il est normal que l'on légifère en matière d'environnement.
    Je voudrais parler aujourd'hui de mes inquiétudes concernant la révision de la Loi sur la protection des eaux navigables. Les objectifs de cette loi sont valables, mais c'est une mauvaise loi et il ne convient pas de l'intégrer au projet de loi d'exécution du budget. Cette question devrait faire l'objet d'un projet de loi distinct dont nous devrions pouvoir débattre sans crainte de faire tomber le gouvernement et de précipiter des élections.
    Je reçois une correspondance nourrie de mes électeurs et de bon nombre de groupes de Thunder Bay et du reste du Nord-Ouest de l'Ontario, comme la Première nation Mattawa et d'autres Premières nations, Environment North, le plus important et le plus ancien des groupes environnementaux du Nord-Ouest de l'Ontario, bon nombre de groupes d'avironneurs, y compris le Lakehead Canoe Club, et EcoSuperior, un groupe sans but lucratif voué à la protection de l'environnement du Nord de l'Ontario. Tous ces gens s'inquiètent des changements proposés à la Loi sur la protection des eaux navigables. Je sais fort bien que, dans le reste du Canada, de nombreux autres groupes et organisations s'inquiètent au sujet de cette loi. Ils sont tous en état d'alerte au sujet des changements proposés à la Loi sur la protection des eaux navigables.
    En février 2008, le gouvernement a demandé au Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités de la Chambre des communes d'entreprendre des consultations afin d'élaborer une nouvelle Loi sur la protection des eaux navigables. Cette loi a été rédigée en 1882. Il s'agit de l'une des plus anciennes mesures législatives du Canada. Il est certainement temps de la mettre à jour, mais la façon de le faire et les changements proposés sont inacceptables.
    L'an dernier, le Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités souhaitait éliminer une bonne partie des tracasseries administratives imposées aux municipalités, surtout pour ce qui a trait à la construction d'infrastructures sur les cours d'eau ou à proximité. Il voulait du même coup moderniser cette loi de 127 ans. C'étaient des objectifs louables. Malheureusement, les conservateurs n'ont pas bien fait les choses et la nouvelle mouture de la Loi sur la protection des eaux navigables réduit les droits en matière de navigation, réduit la protection de l'environnement et réduit également les obligations de rendre compte ainsi que la transparence.
    Durant les audiences du comité, de nombreux ministères fédéraux et provinciaux ont témoigné et soumis des considérations et des propositions visant la modernisation de la loi. Malheureusement, le comité a limité la participation de témoins liés à des groupes environnementaux, des Premières nations ou des organisations de citoyens. Le NPD s'est opposé à la limitation de la participation qui, selon lui, allait à l'encontre de la notion même de consultation et entravait le déroulement d'un examen en bonne et due forme par un comité parlementaire.
     Cela étant, le comité a essayé de formuler une proposition globale visant à moderniser entièrement la loi, ce qui était la première demande du gouvernement. Or, plutôt que de faire cela, il a décidé de recommander une série d’amendements qui posent problème dans les meilleurs cas et qui n’ont pas été examinés dans les pires. Le NPD a voté contre ces amendements proposés.
     Par le truchement d’un vote majoritaire des autres partis, le comité n’a pas permis l’expression d’opinions complémentaires ou dissidentes dans ce rapport. Cette mesure est plutôt inhabituelle, puisqu’il est de pratique courante d’inclure des opinions supplémentaires et des recommandations chaque fois que les rapports et les études du comité ne sont pas adoptés à l’unanimité. C’est là un autre exemple du dysfonctionnement croissant de ce comité qui ne respecte pas les procédures et les pratiques habituelles de la démocratie parlementaire.
     Même si ce n’est là que la première étape du processus de modification de la Loi sur la protection des eaux navigables, cette méthode constitue un précédent troublant. Le comité attend à présent les amendements législatifs du gouvernement qui sont prêts. Le NPD n’a pas pu donner suite à son aspiration de faire en sorte que tous les intérêts soient représentés, sous la forme de mémoires ou de témoignages oraux à propos des changements envisagés, que ce soit en matière d’environnement ou que cela concerne les Premières nations, les organisations de loisirs et les regroupements de citoyens.

  (1025)  

     Il faut moderniser la Loi sur la protection des eaux navigables. Le processus doit être exhaustif et transparent et il doit faire l’objet de véritables consultations. C’est ce qu’il faut faire, mais le moment est mal choisi et ce budget n’est pas le véhicule approprié.
     Une Loi sur la protection des eaux navigables entièrement refondue donnerait lieu à un système à deux vitesses dans le cas des cours d’eau canadiens, conférant au ministre le pouvoir absolu de considérer que certains cours d’eau méritent une protection environnementale, tandis que d’autres pas. Il pourrait qualifier certains cours d’eau de mineurs. Or, il n’existe pas de cours d’eau mineur.
    Selon la nouvelle définition, les ouvrages entrepris le long de voies navigables mineures n’auront pas à être soumis à un examen environnemental. Cela équivaut à éliminer la majeure partie des examens environnementaux jusque-là exigés dans le cas des projets concernant les cours d’eau au Canada. Même les examens environnementaux relatifs aux ouvrages majeurs, comme les ponts, les barrages et les levées empierrées, seraient laissés à la discrétion du ministre.
    Comme il ne serait plus, à la suite de ces changements, obligatoire d’effectuer systématiquement des évaluations environnementales, ce sont désormais la politique et l’argent qui présideraient aux destinées de nos rivières et de nos fleuves plutôt que l’environnement ou les besoins de la société à longue échéance.
    Où sont la transparence et la responsabilité dans tout cela? La possibilité donnée au ministre de divulguer ou pas des renseignements au public et de mener ou pas des consultations relativement à ce genre de projets soulèvera des problèmes sur le plan des droits historiques du public à naviguer sur nos cours d’eau, droits qui remontent à la naissance de notre pays.
     Je peux vous garantir que ce problème ne disparaîtra pas, même si les changements proposés dans la partie 7 ne sont pas retirés du projet de loi omnibus d’exécution du budget. Le gouvernement essaie d’imposer sournoisement des changements sur le plan environnemental grâce à un projet de loi omnibus d’exécution du budget qu’il veut faire adopter rapidement. Le problème en question ne concerne pas simplement le transport, mais bien la protection de nos cours d’eau et l’accès à ces cours d’eau par tous les Canadiens, notamment par ceux qui pratiquent des loisirs aquatiques. Il est nécessaire, à cet égard, de tenir un débat distinct à la Chambre et dans les comités appropriés.
    Nous reconnaissons qu’il y a lieu de moderniser la Loi sur la protection des eaux navigables, mais pas aux dépens du droit public à naviguer sur nos cours d’eau ni aux dépens de la protection de l’environnement.
    Nous proposons que les changements envisagés soient retirés de la loi d’exécution du budget.

  (1030)  

    Madame la Présidente, je sais que le député s'est déjà personnellement intéressé à cette question dans le cadre de ses responsabilités professionnelles. J'aimerais le remercier de ses observations approfondies et des points concrets et importants qu'il a soulevés au nom de ceux qui se préoccupent de la conservation et de la gestion de nos systèmes d'eau.
    Mon collègue pourrait-il nous parler un peu des circonstances qui l'ont amené à épouser ces opinions, de certaines des expériences personnelles qu'il a eues dans son travail avec les groupes de conservation dans la région qu'il représente, et nous donner de plus amples détails sur l'état de la gestion des eaux aujourd'hui comparativement à ce qu'on propose dans le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui?
    Madame la Présidente, je suis biologiste et, dans une vie antérieure, je rédigeais et examinais des études d'impact sur l'environnement.
    Au cours des nombreuses années durant lesquelles j'ai exercé ces fonctions, j'ai compris que les projets sont rarement interrompus à cause d'une évaluation environnementale; ils sont améliorés. Ce type d'évaluation est un autre outil utile, nécessaire et, en l'occurrence, essentiel pour améliorer la planification et la construction et pour évaluer l'incidence probable sur l'environnement — en l'occurrence, nos cours d'eau — des projets qu'on propose d'entreprendre.
    Les évaluations environnementales sont simplement une autre façon d'assurer la bonne planification. Je suis sûr que tous les députés appuient la bonne planification. Nous ne devrions pas limiter les évaluations environnementales ces temps-ci; nous devrions veiller, surtout en ce qui concerne les voies d'eau, à ce qu'elles aient lieu.
    Madame la Présidente, je suis ravie de participer au débat sur ce groupe d'amendements au projet de loi C-10, la loi d'exécution du budget. J'estime qu'il serait approprié, à cette étape, de récapituler pour que les Canadiens comprennent la signification du débat et la raison pour laquelle le Canada est à un point tournant de son histoire.
    On se rappelle que le budget de 2009 se voulait une réponse à la crise économique. Il devait consister en un plan de relance de l'économie. Ce plan devait permettre de créer de nouveaux emplois, de sauvegarder les emplois actuels et de protéger les plus vulnérables de la société. Du moins, bon nombre de parlementaires et certainement les libéraux ont évoqué ces paramètres ou ces principes en amorçant le présent débat. Ils ont notamment présenté la conservation des emplois, la création de nouveaux emplois et la protection des plus vulnérables comme bannière et comme étalon pour juger de la valeur du projet de loi d'exécution du budget.
    Or, le projet de loi n'atteint pas ces objectifs. Il ne protège pas les emplois, il n'en crée pas de nouveaux et il ne défend pas la cause des plus vulnérables. En dépit de cela, les libéraux ont donné leur aval à cette mesure législative et au programme conservateur.
    Le présent débat sur le budget non seulement rate la cible en termes de véritable stimulation économique, mais comme vient de le souligner mon collègue de Thunder Bay, il est également rempli de dispositions empoisonnées. Le budget contient toute une série de projets favoris des conservateurs qui font partie de leur programme néo-conservateur dont l'objectif est d'utiliser tous les moyens et toutes les occasions pour supprimer, éliminer et anéantir les développements, les innovations et les importants projets que nous avons élaborés au fil des ans et qui correspondent aux valeurs des Canadiens.
    En dépit du fait qu'il ne s'agit pas vraiment d'un budget de relance et qu'il est rempli de dispositions empoisonnées qui anéantissent des initiatives importantes voire cruciales au Canada, notamment l'équité salariale et les évaluations environnementales liées à la Loi sur la protection des eaux navigables, en dépit de tout ça, les libéraux se pinceront le nez et voteront pour le budget des conservateurs, sans égard au fait que cela nuira à l'économie nationale, à l'environnement et à notre réputation au chapitre des droits de la personne.
    C'est vraiment incompréhensible. Comment les libéraux ont-ils pu se laisser berner par les conservateurs? Après avoir été inondés d'information provenant d'organisations, de groupes et de Canadiens des quatre coins du pays au sujet de l'impact dévastateur du budget, comment peuvent-ils encore nous dire aujourd'hui qu'ils veulent éviter des élections et que, par conséquent, pour des raisons d'opportunisme politique, ils appuieront les conservateurs, peu importe les dommages subis, les difficultés créées et les principes en cause?
    Voilà ce qui est si frustrant et si décevant à la Chambre. Les Canadiens regarderont le Parlement et ils se demanderont ce que cela signifie, ils se demanderont pourquoi nous sommes ici et ce que nous défendons si, en un clin d'oeil, les politiciens abandonnent leurs principes pour un programme politique partisan.
    Comment pouvons-nous à l'heure actuelle nous pencher sur la Loi sur la protection des eaux navigables, une loi qui existe depuis la Confédération, comme l'a dit mon collègue? Cette loi prévoit qu'on rende des comptes quand on entreprend de grands projets, qu'il s'agisse de barrages, de ponts, de l'élargissement de voies navigables ou de travaux de dragage. Peu importe le projet, cette loi faisait en sorte qu'on rende des comptes aux Canadiens, qu'on procède à des évaluations environnementales, qu'on protège nos voies navigables, qui sont si précieuses, de manière à ce qu'il n'y ait aucune incidence sur le mode de vie ou les besoins professionnels des gens partout au pays.

  (1035)  

    D'un seul coup, sans la moindre hésitation de la part des libéraux, nous allons éliminer ces protections historiques de la Loi sur la protection des eaux navigables.
    L'hon. Joseph Volpe: Judy, vous avez oublié que le gouvernement est de l'autre côté.
    Mme Judy Wasylycia-Leis: Madame la Présidente, les libéraux jacassent encore dans leur coin et ils laissent entendre quelque chose au sujet des conservateurs. Nous savons que le problème tient au fait que les conservateurs ont présenté des mesures néo-conservatrices très à droite.
    L'hon. Joseph Volpe: Nous nous entendons bien avec eux, mais pas vous.
    Mme Judy Wasylycia-Leis: Nous le savons.

  (1040)  

    Je prie le député d'Eglinton—Lawrence d'attendre d'avoir la parole, c'est-à-dire dans quelques minutes.
    Merci, madame la Présidente. Merci de m'avoir rappelé à moi aussi l'existence de ce libéral jacasseur, le député d'Eglinton—Lawrence, qui semble sur la défensive en raison de mes déclarations concernant le soutien que les libéraux apportent aux conservateurs. Depuis environ deux ans maintenant, les libéraux ont voté à 55 reprises pour soutenir les conservateurs. Pourtant, les libéraux prennent la parole chaque jour à la Chambre pour dire à quel point ils n'aiment pas le budget, à quel point il n'est pas bon pour le Canada et va à l'encontre de leurs principes, mais qu'ils suivront tout de même les conservateurs.
    Où est la limite? Quand assez devient-il assez?
    Comment se fait-il que nous parlions de quelque chose d'aussi important que les évaluations environnementales en ce moment? Ces évaluations sont visées. On veut modifier la Loi sur la protection des eaux navigables supposément pour rationaliser le processus d'approbation des projets. Que font ces modifications? Elles donnent plus de pouvoir au ministre; elles retirent du pouvoir aux députés et aux Canadiens; elles permettent des projets de construction sans évaluations environnementales; elles soustraient certaines catégories de travaux sur certaines catégories de cours d'eau navigables au processus d'approbation.
    Cela signifie que nous donnons carte blanche aux conservateurs, ces grands défenseurs de l'environnement, qui pourront prendre des décisions concernant les eaux navigables sans aucune consultation des députés, des Canadiens et des défenseurs de l'environnement.
    Est-ce que les libéraux se fient aux conservateurs? Pensent-ils qu'ils font passer les intérêts du pays en premier? Je rappelle aux députés que l'avenir de la planète est en jeu. Les libéraux croient-ils qu'ils peuvent compter sur les conservateurs pour prendre les meilleures décisions? J'en vois qui font signe que oui. Ceci explique donc cela. Les libéraux disent une chose et son contraire en même temps. Ils prennent la parole pendant la période des questions pour condamner le gouvernement en raison de tout ce que contient le budget, des modifications à la Loi sur la protection des eaux navigables jusqu'à l'équité salariale en passant par le traitement des étudiants, mais une minute après, ils donnent leur appui aux conservateurs et les suivent.
    Je crois que les Canadiens en ont assez de ce genre d'hypocrisie en politique. Ils sont écoeurés de voir avec quelle facilité les gens renoncent à leurs principes et cèdent à la pression. Les conservateurs ne supportent pas la pression. Ils n'ont pas trouvé le moyen de travailler avec les partis de l'opposition afin de produire un budget raisonnable et progressiste qui aurait offert un véritable plan de relance sans les éléments d'extrême droite qui parsèment celui qui a été présenté.
    Judy, vous êtes devenue une extrémiste.
    Le ciel va nous tomber sur la tête.
    Madame la Présidente, les conservateurs laissent entendre que je proteste trop. Ils disent que le ciel ne nous tombera pas sur la tête et que tout est pour le mieux dans le budget.
    Permettez-moi de dire aux députés ce que les autres Canadiens savent déjà très bien: le budget contient des éléments très néfastes, et on peut dire que le ciel est bel et bien en train de nous tomber sur la tête. Le projet de loi est une véritable catastrophe dans plusieurs dossiers importants.
    Le budget signe l'arrêt de mort de l'équité salariale. N'est-ce pas le ciel en train de nous tomber dessus? Bien sûr que oui, et il n'y a pas matière à rire. C'est la vérité pure et simple. Nous connaissons les intentions des conservateurs en matière de parité salariale. Ils veulent en signer l'arrêt de mort. Avec le projet de loi, la parité salariale devient une chose du passé. Il ne reste qu'aujourd'hui et demain pour les arrêter.
    Les conservateurs veulent aussi signer l'arrêt de mort des évaluations environnementales concernant les eaux navigables. Cela ne fait aucun doute.
    La liste est encore longue.
    Je pense que nous devons nous lever aujourd'hui dans cette enceinte pour nous opposer à ce projet de loi et que nos collègues du Parti libéral devraient se joindre à nous. Nous devons appuyer ces amendements pour rétablir l'essentiel en ce qui concerne les eaux navigables. Nous devons nous assurer que nous faisons notre travail de députés dans la protection de l'environnement et la sauvegarde de la planète pour les générations futures.
    Madame la Présidente, je pense que, effectivement, ma collègue proteste beaucoup trop. Sur la question des voies navigables, elle ne semble pas comprendre qu'une évaluation environnementale est faite chaque fois que des travaux publics touchent un cours d'eau. Les provinces sont responsables des rives des rivières et des lacs, du lit des rivières et des lacs et de l'eau dans la rivière. Le gouvernement fédéral est responsable seulement de ce que font les gens à la surface de l'eau, dans les voies navigables.
    Nous voulons que l'argent soit distribué. Nous voulons stimuler l'activité économique au Canada. Ce serait superflu de réaliser une évaluation environnementale de ce que les gens font à la surface de l'eau alors que la province en a déjà fait une.
    La députée proteste vraiment trop. En fait, cette modification de la loi fait en sorte que les préoccupations d'ordre environnemental puissent être évaluées efficacement. Si l'évaluation est satisfaisante, on peut aller de l'avant.
    La députée proteste vraiment trop.

  (1045)  

    Madame la Présidente, est-ce que je proteste trop quand on dit que le gouvernement, malgré toute l'importance qu'il accorde à la lutte contre la criminalité, fait volte-face et réduit les salaires de la GRC? Est-ce trop protester?
    Est-ce trop protester de dire que le budget ne prévoit absolument rien au chapitre de la garde des enfants et ne fait rien pour aider les travailleurs et leurs familles, en ces temps économiques difficiles, à veiller à ce que leurs enfants reçoivent de bons soins?
    Protestons-nous trop quand nous citons des groupes qui travaillent jour après jour avec les sans-abri et les plus démunis et qui affirment que le budget ne fait rien pour aider les plus vulnérables de notre société?
    Est-ce que je proteste trop quand je parle de tous les organismes et particuliers qui savent que l'équité salariale ne pourra pas être atteinte sous le gouvernement conservateur, à moins que nous ne puissions convaincre les libéraux de changer d'idée?
    Protestons-nous vraiment trop, si un ancien directeur responsable de l'équité salariale à la Commission canadienne des droits de la personne défend notre point de vue, comme il l'a fait hier, et affirme que cette mesure est contraire à la Charte des droits et libertés?
    Protestons-nous trop quand nous disons que les voies navigables sont de compétence fédérale? Les conservateurs suppriment un système de poids et contrepoids sur une question aussi vitale que l'environnement et l'avenir de la planète.
    Madame la Présidente, la protestation des protestations de ma collègue m'a presque balayé de mon fauteuil. En effet, elle proteste trop.
    La raison pour laquelle le gouvernement actuel est en place est due en grande partie aux mesures qu'elle a prises elle-même il y a deux élections et à celles que son parti continue de prendre depuis lors.
    Toutefois, puisqu'elle prétend vouloir assurer le meilleur avenir possible au Canada, j'aimerais savoir si elle a présenté un plan que le gouvernement a déjà rejeté ou si elle a un meilleur plan qu'elle aimerait soumettre à l'opposition officielle pour que nous puissions appuyer un plan viable?
    Nous sommes bien déterminés à faire preuve d'un esprit de collaboration, mais, comme je l'ai dit précédemment, lorsque nous avons voulu travailler avec les néo-démocrates, le gouvernement s'est objecté. Maintenant que nous allons de l'avant avec d'autres, ce sont eux qui s'objectent.
    Que veut-elle au fond?
    Madame la Présidente, les propos du député de Eglinton—Lawrence ne font que renforcer ce que nous savons tous, c'est-à-dire que les libéraux ne semblent jamais accepter la volonté du peuple. Ils n'ont pas accepté la défaite qu'ils ont subie il y a deux élections. Et maintenant, ils n'acceptent pas que les Canadiens veuillent qu'ils défendent leurs principes alors qu'il est grand temps qu'ils le fassent.
    Si le député croyait réellement ce qu'il dit, s'il croyait réellement à l'importance de représenter ses électeurs, il n'appuierait jamais un projet de loi et un budget qui font disparaître le principe de l'équité salariale qui a été reconnu comme un droit fondamental dans notre pays.
    À l'ordre, s'il vous plaît. Puisqu'aucun autre député n'a demandé la parole, conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, tous les votes nécessaires pour terminer l’étude de la motion no 7 sont réputés avoir été demandés et différés. Le résultat du vote sur la motion no 7 s'appliquera également aux motions nos 8 et 31.

  (1050)  

    Je propose maintenant les motions du groupe no 3.
Motion no 32
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 358.
Motion no 33
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 359.
Motion no 34
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 360.
Motion no 35
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 361.
Motion no 36
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 362.
Motion no 37
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 363.
Motion no 38
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 364.
Motion no 39
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 365.
Motion no 40
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 366.
Motion no 41
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 367.
Motion no 42
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 368.

[Français]

Motion no 43
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 383.
Motion no 44
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 384.
Motion no 45
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 385.
Motion no 46
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 386.
Motion no 47
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 387.
Motion no 48
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 388.
Motion no 49
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 389.
Motion no 50
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 390.
Motion no 51
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 391.
Motion no 52
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 392.

[Traduction]

Motion no 53
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 394.
Motion no 54
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 395.
Motion no 55
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 396.
Motion no 56
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 397.
Motion no 57
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 398.
Motion no 58
Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 399.
Motion no 59
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 400.
Motion no 60
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 401.
Motion no 61
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 402.
Motion no 62
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 403.
Motion no 63
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 404.
Motion no 64
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 405.
Motion no 65
    Que le projet de loi C-10 soit modifié par suppression de l'article 406.
    -- Madame la Présidente, j'interviens aujourd'hui pour jouer le rôle que mon parti joue depuis bon nombre d'années, et plus récemment par rapport à ce budget. Notre rôle en tant que députés de l'opposition, c'est d'ajouter notre grain de sel dans un projet que nous estimons très important, le budget du Canada.
    Dans son budget, le gouvernement établit ses priorités et ses desseins et il trace la direction dans laquelle il veut nous engager. Nous avons vu dans quelle direction les conservateurs voulaient nous engager lorsqu'ils ont présenté leurs prévisions et leur feuille de route. Ils voulaient nous faire prendre un sentier des plus particuliers. Ils ont annoncé aux fonctionnaires que ceux-ci n'avaient plus de droits, qu'ils n'auraient plus le droit de faire la grève, que leurs salaires seraient gelés et que les négociations collectives seraient suspendues pendant plus ou moins longtemps, et je suppose que cela voulait dire aussi longtemps qu'ils allaient être au pouvoir. Ils ont voulu faire disparaître l'équité salariale et faire une question politique du financement des partis politiques. Nous connaissons la suite des choses.
    Comme Saül sur le chemin de Damas, le gouvernement a dit qu'il voyait clair, soudainement, et qu'il comprenait le rôle du gouvernement, qu'il reconnaissait l'existence d'un problème financier et qu'il constatait qu'il y avait une crise et que le gouvernement avait un rôle à jouer. Ensuite, il a présenté le budget.
    Superficiellement, on pouvait penser que le budget était bon et que le gouvernement s'était réveillé. Honnêtement, c'est la collaboration de mon parti et des autres partis qui a forcé le gouvernement à s'éloigner du précipice, à comprendre qu'il avait un rôle à jouer et à réparer ses erreurs politiques en présentant un budget répondant aux besoins des gens.
    Les motions que je propose aujourd'hui illustrent l'ignorance du gouvernement devant la crise financière. Nous avons discuté de la Loi sur la protection des eaux navigables, mais les modifications que nous proposons en vue de supprimer des articles du projet de loi concernent l'équité salariale, les étudiants et la péréquation.
    Il importe de comprendre que le gouvernement fait précisément ce que le gouvernement de Mike Harris a fait lorsqu'il a pris le pouvoir. À mes collègues qui n'étaient pas députés de l'assemblée législative de l'Ontario ou qui n'étaient pas dans cette province à l'époque, je dirai que nous savons d'où vient le chef de cabinet du premier ministre. Il a laissé ses empreintes sur toutes les pages du budget.
     L’idée consistait à regrouper dans un très long projet de loi budgétaire tous les principes et éléments idéologiques. Selon moi, le projet de loi 26 a été la mesure sinistre qui a coulé la province. Il y avait tellement d’éléments différents dans le budget qu’il n’y avait pas assez de temps pour les étudier de façon responsable au comité. Pourquoi? Parce que le gouvernement Harris a modifié les règles du comité pour que nous ne puissions pas en débattre.
    Le gouvernement Harris s’est assuré de regrouper dans un volumineux projet de loi tous les éléments qu’il voulait modifier au gouvernement. En réalité, il voulait que le gouvernement se retire de bien des domaines où, de façon responsable, il avait un rôle à jouer. Et vous savez quoi? Mike Harris est de retour. On voit son empreinte dans le projet de loi budgétaire à l’étude, qui fait reculer le dossier de l’équité salariale et modifie la réglementation environnementale. En ce qui concerne les étudiants, l’une des modifications proposées tend à éliminer certaines dispositions.
     Les députés savent-ils ce que le gouvernement veut faire dans ce budget, qui est censé contenir des mesures en faveur des étudiants? À la page que j’ai sous les yeux, il est dit que, si les étudiants commettent une erreur dans leur déclaration, le gouvernement les poursuivra. Il a donné ce pouvoir au ministre. Il s’empare du pouvoir et le concentre entre ses mains. Ailleurs dans le monde, tous cherchent des moyens de rendre le gouvernement plus ouvert, plus disposé à expliquer à la population le fonctionnement de l’État et son souci de transparence.
     Le gouvernement conservateur va dans la direction contraire. Au lieu d’accorder des subventions aux étudiants pour leur donner une chance, il propose une loi rétrograde qui dit au fond qu’il ne fait pas confiance aux étudiants et que, pour cette raison, il se donne les moyens de les poursuivre.

  (1055)  

    Voilà à quoi rime cette disposition, qui n’a pas sa place dans un projet de loi budgétaire qui est censé stimuler l’économie.
    Nous avons aussi entendu parler du traitement rétrograde de l’équité salariale. Cela nous exaspère, moi, mes électeurs et bien des gens qui se sont longtemps battus avec énergie pour obtenir cette équité. Soit dit en passant, j’espère que le gouvernement a fini par comprendre la différence entre l’équité salariale et la parité de rémunération. Nous avons eu droit à une leçon à ce sujet hier. J’espère que les conservateurs sont venus prendre des notes, mais j’en doute.
    Le président du Conseil du Trésor a le culot de prendre la parole à la Chambre jour après jour pour répéter que son gouvernement fait exactement la même chose que les gouvernements de l’Ontario et du Manitoba. J’espère que, un jour, il devra rendre compte de sa gestion de ce dossier.
     Ce que les deux provinces ont fait, c’est donner à une commission de l’équité salariale les ressources nécessaires pour veiller à ce que l’équité salariale soit respectée en milieu de travail. Le gouvernement fédéral élimine le droit d’interjeter appel pour obtenir l’équité salariale et dit, comme en passant, qu’il n’y aura pas de négociations, que les conventions sont bloquées.
    Comment peut-on être sain d’esprit et croire le gouvernement lorsqu’il s’agit de l’équité salariale? Et comment, si on est sain d’esprit, laisser passer cette mesure lorsqu’on est convaincu du principe de l’équité salariale?
    Le gouvernement a fait en sorte que les gens ne puissent plus le contester lorsqu'il était dans l'erreur. Le financement des contestations judiciaires a été supprimé. Cela s'est fait il y a deux budgets. À l'époque, le gouvernement a déclaré, et cela s'applique à l'équité salariale, que toutes les lois qu'il proposerait à partir de ce moment-là respecteraient la Charte. Je tiens à dire que le gouvernement sera contesté au sujet de cette loi. Je voudrais alors savoir, lorsque cette loi aura été contestée et radiée, combien nous aurons payé en frais judiciaires et en rémunération des juristes du gouvernement pour défendre cette mesure insensée, et donc combien nous aurons perdu d'argent.
    Je puis vous garantir que les gens se demanderont en rétrospective comment il se fait qu'un tel projet de loi a été adopté. Il est rétrograde sur le plan de l'équité salariale, il est rétrograde à l'égard des femmes et il va nous coûter plus cher.
    En résumé, les amendements visent essentiellement à atténuer les pires excès du budget à l'étude. Le gouvernement nous déclare qu'il souhaite stimuler l'économie et, pour ce faire, il introduit des mesures qui suppriment l'équité salariale et qui imposent un contrôle des étudiants. Il refuse d'accorder des bourses aux étudiants, mais il veille à être en mesure de les poursuivre et de sévir à leur égard. Les étudiants posent problème en effet et leurs frais de scolarité sont scandaleusement bas, n'est-ce pas? Pourtant, tous les députés ici présents ont certainement payé des frais de scolarité moindres que ceux des étudiants d'aujourd'hui.
    Quelle hypocrisie absolue que cet article 358 qui, au lieu de prévoir des bourses pour les étudiants, déclare l'intention du gouvernement de les poursuivre. On sévira contre toute omission dans la présentation du dossier d'un étudiant. Combien en coûtera-t-il de poursuivre les étudiants? Aurait-on pu utiliser cet argent pour leur venir en aide? Je ne le sais pas. Toujours est-il que le gouvernement ne s'en soucie pas du tout. Les amendements proposés visent à atténuer les pires excès d'un budget qui s'inspire d'une démarche des plus rétrogrades.
    En résumé, je dois dire à mes collègues du Parti libéral qu'il n'est pas trop tard pour défendre leurs principes. Ils ne doivent pas se laisser intimider. En quoi est-il préférable de faire adopter cette mesure rétrograde maintenant plutôt que de s'en occuper en juin?
    Nous ne devons pas perdre de vue que, une fois supprimés, tous les droits et toutes les mesures législatives progressistes pour lesquelles on s'est battu au Canada ne seront pas rétablis de si tôt. Mes collègues du Parti libéral devraient savoir que le gouvernement justifie sa position actuelle du fait qu'elle lui vaudra de bons points.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous disons qu'il ne convient pas de démolir l'équité salariale, de pourchasser les étudiants et d'annuler des accords de péréquation.

  (1100)  

    Madame la Présidente, je suis parfaitement d'accord pour dire que le budget est loin d'être parfait, mais je dois franchement demander au député pourquoi, s'il se soucie tant des intérêts des Canadiens, il a rejeté le budget en 2006. Ce budget aurait donné aux Canadiens un programme universel de garderies, l'accord de Kelowna, la protection des Autochtones et un plan de protection de l'environnement aux termes du Protocole de Kyoto.
    N'est-il pas plus important d'accepter ce budget malgré ses défauts et ses lacunes afin de veiller à ce que les Canadiens qui ont besoin d'aide financière et les secteurs qui ont besoin de mesures de relance puissent en bénéficier, à ce que les dépenses d'infrastructure que réclament les municipalités comme celles de ma circonscription, Mississauga—Streetsville, puissent être faites et à ce que les mesures comme la prolongation des prestations d'assurance-emploi pour aider les chômeurs, les investissements sectoriels et le logement subventionné puissent être mises en oeuvre?
    Si le député se soucie vraiment des Canadiens, ne travaillera-t-il pas à s'assurer que les fonds sont versés aux Canadiens qui en ont besoin?
    Madame la Présidente, ma collègue sait probablement que c'est le budget conservateur que nous avons rejeté en 2006, ce que j'ai fait avec plaisir. Elle voulait peut-être parler du budget de 2005. Je n'étais pas à la Chambre à ce moment-là, mais la mesure législative dont nous sommes saisis aujourd'hui renferme des éléments tellement répréhensibles que je suis absolument incapable de l'appuyer.
    Aujourd'hui, nous demandons aux libéraux et à d'autres d'appuyer nos amendements, qui visent justement à supprimer ces éléments mal conçus et nuisibles à notre pays. J'aimerais que la députée nous aide à rendre ce projet de loi d'exécution du budget un peu moins répréhensible en essayant d'en modifier les aspects les plus destructeurs.
    Enfin, sur la question du déblocage des fonds, où est l'argent qui a été affecté aux travaux d'infrastructure dans les deux derniers budgets, argent que le gouvernement a encore dans ses coffres et qu'il pourrait dépenser dès demain? La députée ne devrait pas se laisser prendre au piège des conservateurs, un piège qu'ils tendent constamment. La députée ne devrait pas les croire. Ils ont de l'argent maintenant. Ils n'ont pas dépensé les fonds prévus dans les deux derniers budgets et pourraient le faire aujourd'hui s'ils le voulaient.
    Madame la Présidente, allons un cran plus loin. Si le député faisait la part des choses, autrement dit, si le budget était rejeté, il y aurait des élections et la Chambre ne reviendrait vraisemblablement pas avant l'automne prochain et elle n'en serait pas à l'étape du débat sur le budget.
    J'estime que c'est maintenant qu'il faut mettre en place un plan de relance. Rien qui puisse se produire dans les mois qui viennent ne peut éliminer la nécessité d'une stimulation économique immédiate parce que le ralentissement a des conséquences bien réelles.
    Le député peut-il faire part à la Chambre d'autres questions qui le préoccupent et qui ne pourraient pas être réglées quand il y aura un nouveau gouvernement? Ne convient-il pas que si la relance ne commence pas dès maintenant, il ne sera pas possible d'aider les Canadiens quand ils en auront vraiment besoin?

  (1105)  

    Madame la Présidente, j'essaie de comprendre la logique du député et de son parti. Ils affirment ne rien pouvoir faire immédiatement, mais ils nous assurent qu'ils vont demander des comptes. Cependant, ils ne proposeront aucun amendement et ils ne négocieront pas pour améliorer le budget.
    On vient de parler du budget de 2005 à l'égard duquel notre parti a négocié des mesures de relance de 4,5 milliards de dollars parce qu'il estimait que c'était son rôle. Les libéraux étaient au pouvoir à l'époque.
    Qu'obtient-on aujourd'hui du Parti libéral dans le contexte de ces négociations ardues? Que fait le Parti libéral? Il maintient fermement sa position et refuse de discuter: il exigera trois rapports de rendement et il continue de prétendre qu'il tiendra le gouvernement sous surveillance.
    Le Parti libéral est dans l'opposition. Il ne peut pas prétendre faire partie de l'opposition le lundi, mais pas le mercredi. Le député peut-il dire à la Chambre quelle différence il y a entre le rejet d'un budget peu judicieux aujourd'hui plutôt qu'en juin? En passant, c'est une des possibilités qu'envisage le Parti libéral, alors ce sont les libéraux, non les Canadiens, qui sont mis en cause; c'est une véritable farce.

[Français]

    Madame la Présidente, je prends la parole ce matin pour vous présenter la question des modifications apportées par l'amendement du Bloc québécois.
    En ce qui concerne la péréquation, nous proposons de supprimer les articles 383 à 392. Le gouvernement conservateur a proposé des mesures semblables qui, d'une certaine façon, modifient complètement des éléments majeurs qu'il avait lui-même annoncés en 2007.
     En modifiant le calcul de la formule de péréquation, l'augmentation des paiements de péréquation sera réduite de façon importante. Il est question de 991 millions de dollars pour l'année financière allant du 1er avril 2009 jusqu'en 2010. Ce n'est pas rien, 1 milliard de dollars que le Québec avait prévu.
    On sait très bien que les paiements de péréquation sont prévus bien à l'avance. Le montant des augmentations est prévu bien à l'avance, de telle sorte qu'une province comme le Québec fait une prévision de ses dépenses ou des services qu'elle doit rendre à la population en fonction de ces montants, notamment. Le gouvernement fédéral invoque une crise économique pour modifier unilatéralement une formule dont on avait déjà convenu. On appelle cela pelleter des problèmes, ses problèmes, dans la cour des provinces.
     Au Québec particulièrement, comme je le disais tout à l'heure, cela représente tout près de 1 milliard de dollars, seulement pour l'année prochaine. Imaginons seulement les services que le gouvernement du Québec va devoir amputer à sa population. Quels seront ces services? Quels seront les choix difficiles que le gouvernement du Québec devra faire, et ce, parce que le gouvernement a décidé tout seul de modifier une formule?
    L'une des particularités des changements apportés en 2007, c'est qu'ils étaient prévisibles. C'était un élément majeur, un des arguments forts du gouvernement conservateur en 2007 — et je reviendrai sur ce sujet tout à l'heure —: dorénavant, les montants de péréquation que les provinces vont recevoir seront connus à l'avance. C'était un argument fort du gouvernement conservateur qui disait même qu'il réglait le déséquilibre fiscal de cette façon.
    On ne s'entend pas pour dire que le déséquilibre fiscal était réglé, loin de là. En effet, le déséquilibre fiscal sera réglé quand on cessera de prendre des sommes d'argent, de tirer de l'impôt là où on n'a pas affaire et de transférer ces points d'impôt aux provinces, notamment au Québec. Mais c'est un autre débat.
    Cette modification qui a été effectivement annoncée au mois de novembre, notamment dans la mise à jour du ministre des Finances et lors d'une rencontre fédérale-provinciale des ministres des Finances peu de temps après, et qui a été confirmée, a complètement modifié les calculs qui ont dû être faits par le gouvernement du Québec. Par conséquent, l'Assemblée nationale du Québec a tenu une session spéciale en janvier dernier où les trois partis politiques — je dirais même quatre partis politiques, parce qu'il y en a maintenant un quatrième qui est représenté — ont adopté à l'unanimité une résolution qui dénonce cette intention du gouvernement fédéral de modifier unilatéralement la formule de péréquation.
     Cette motion adoptée à l'unanimité exigeait du gouvernement fédéral le maintien du programme de péréquation selon sa formule actuelle. Ce n'est pas nous qui avons inventé l'actuelle formule. Je disais plus tôt qu'en 2007, le gouvernement conservateur avait convenu d'une nouvelle formule. Le premier ministre avait même écrit au premier ministre du Québec pour lui dire d'une façon plus fondamentale: « [...] et pour la première fois depuis des décennies, cela permet aux provinces et territoires de pouvoir compter sur un appui fédéral à long terme, prévisible et dont la croissance est substantielle pour les priorités communes que sont la santé et l'éducation postsecondaire, la formation, les programmes sociaux et la reconstruction de l'infrastructure du Canada. »
    Sachant que ces mots ont été écrits par l'actuel premier ministre il y a deux ans seulement et qu'aujourd'hui, on y met fin de façon unilatérale, on ne peut plus faire confiance à ce premier ministre et au ministre des Finances qui est le même qu'en 2007.

  (1110)  

    C'est une question de confiance car on s'est engagé, par l'intermédiaire d'un budget et d'une lettre spécifique, à être un bon gouvernement. On a également promis un plan qui refléterait l'engagement ferme qu'on prenait envers un fédéralisme d'ouverture et le respect des compétences provinciales, notamment en limitant l'utilisation du pouvoir fédéral de dépenser. On ajoutait même dans cette lettre que le Québec bénéficierait de transferts prévisibles et à long terme et de nouveaux investissements dans le domaine de l'éducation postsecondaire. Et cela ne s'arrêtait pas. L'avant-dernier paragraphe de cette lettre du premier ministre disait: « Nous établissons une assise solide fondée sur la responsabilisation et la transparence budgétaire ainsi que des arrangements fiscaux prévisibles à long terme. »
    Tout cela n'a pas duré très longtemps. Aujourd'hui, on se retrouve avec un budget qui montre de façon très claire et très nette que le gouvernement fédéral modifie unilatéralement ces arrangements, qui devaient être prévisibles. Cela n'a absolument aucun sens que le gouvernement fédéral modifie cela unilatéralement. Il aurait dû convoquer une conférence fédérale-provinciale et en discuter, puisqu'il s'était déjà engagé à ce que cela soit prévisible et à long terme. Je parlais tout à l'heure de confiance par rapport aux beaux mots que le ministre des Finances a déjà dits en 2007, mais c'est maintenant chose du passé.
    Les citoyens du Québec ont beaucoup de mal à faire confiance à ce gouvernement conservateur. On vient encore une fois de leur donner des munitions importantes pour se méfier de ce gouvernement. Il dit des choses, mais que vaut sa parole? Il ne tient pas ses promesses. Il prend des engagements, mais ne les respecte pas.
    On sait qu'il existe un mythe au Canada par rapport à la péréquation, particulièrement dans l'Ouest. Plusieurs disent que le Québec est l'enfant gâté du Canada, qu'il reçoit tout et ne donne rien. On entend souvent dire que la péréquation ne profite qu'au Québec, qu'il reçoit les plus grosses sommes, etc. Or une chose est vraie: si le Québec reçoit des sommes importantes, c'est que sa population est très nombreuse. Toutefois, si on recalcule le tout par habitant, il est très clair que le Québec n'est pas l'enfant gâté du fédéralisme, absolument pas. Dans les années antérieures, le Québec a reçu 1 037 $ par habitant, alors que l'Île-du-Prince-Édouard en recevait 2 310 $, le Nouveau-Brunswick 2 111 $ et Terre-Neuve-et-Labrador 1 781 $. On voit très bien qu'il y a une disproportion et que ces changements auront un impact tout à fait majeur sur l'avenir des services publics au Québec, notamment en éducation, en santé ainsi que dans le domaine des ressources pour la petite enfance.
    Nous suggérons donc ces modifications et nous souhaitons que les partis d'opposition votent en faveur de ces amendements pour permettre au Québec de retrouver cette partie de péréquation que le gouvernement fédéral conservateur a aboli de façon unilatérale, ce dont le Québec souffrira grandement.

  (1115)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, le projet de loi sur l'exécution du budget renferme d'innombrables questions qui posent problème. Comme quelqu'un l'a dit plus tôt, ce budget contient tellement de pilules empoisonnées qu'après l'avoir examiné, on peut se demander s'il vise à stimuler l'économie et à aider la population ou s'il cherche plutôt à changer le rôle du gouvernement et son mode de fonctionnement.
    Quelle mouche a donc piqué les conservateurs? Le député croit-il que son parti comprend vraiment le rôle que l'on exige actuellement du gouvernement? Ou bien son parti utilise-t-il le budget comme une technique de diversion pour tenter d'y insérer ce qui plaît à sa base et changer des choses qu'il n'aime pas, tout en affirmant qu'il dispose de quelques dollars pour stimuler l'économie à titre de mesure secondaire?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie de sa question le député d'Ottawa-Centre. On a l'impression que ce projet de loi du budget a été utilisé par le gouvernement un peu comme un fourre-tout. On y a mis des modifications de loi qui n'ont absolument rien à voir avec un projet de loi sur le budget.
    Si l'on avait effectivement voulu relancer l'économie de façon concrète, correcte et honnête et être cohérent quant à l'ensemble des responsabilités d'un gouvernement, on n'aurait pas retrouvé dans ce projet de loi des mesures visant à modifier les responsabilités en matière de voies navigables pour éviter que soient faites d'éventuelles études environnementales.
    De plus, on n'aurait pas retrouvé pas dans un tel projet de loi une modification à l'équité salariale, qui attaque le droit des femmes, ni de modifications unilatérales à la formule de péréquation, comme je le disais tout à l'heure, sans passer par les instances habituelles pour faire d'éventuelles modifications.
    Enfin, on n'aurait pas retrouvé non plus des articles qui donnent au gouvernement 150 millions de dollars pour implanter graduellement une commission des valeurs mobilières unique pancanadienne dont personne ou à peu près ne veut au Québec, et cela faisait aussi partie de la résolution unanime de l'Assemblée nationale du Québec en janvier dernier.
    Madame la Présidente, mon collègue a mentionné les lois que ce gouvernement veut mettre en place — comme l'équité salariale — qui n'ont rien à voir avec l'actuelle crise économique.
    Au sujet du Fonds Chantiers Canada, mon collègue pense-t-il que les fonds que ce gouvernement conservateur veut injecter aideront vraiment les communautés qui ne sont pas choisies par les conservateurs?
    Je m'explique. Les communautés de ma circonscription ont soumis leur candidature pour recevoir ces fonds, surtout pour des projets liés à l'eau, et elles ont dépensé plus de 80 000 $ en trois ans. Pourtant, elles n'ont pas eu le feu vert pour leurs projets.
    Mon collègue pense-t-il que cela les aidera?
    Madame la Présidente, la collègue soulève un point assez important par rapport à la partisanerie extrême de ce gouvernement. On sait que le gouvernement a été élu pour représenter l'ensemble des citoyens. Or, normalement, les citoyens de toutes les régions du pays — peu importe pour quel parti ils ont voté puisque c'est cela, la démocratie — auraient pu s'attendre à ce que des mesures puissent s'appliquer.
    Aussi, on craint vraiment beaucoup que ce gouvernement applique ses principes de partisanerie à l'extrême. On le sait, au Québec, il y a déjà même des fonctionnaires qui vont dans le même sens que les députés ou les ministres qui ont déjà annoncé que telles régions ne recevraient pas telles subventions parce qu'elles n'avaient pas voté du bon bord. On se retrouve donc comme en 1940, au bon temps de Duplessis, et c'est très très regrettable. Cela fait reculer toute la démocratie au Canada et au Québec.

  (1120)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je pense que c'est la dernière occasion qui m'est offerte pour tenter de convaincre mes collègues du Parti libéral de changer d'idée au sujet d'un droit humain fondamental, qui est en jeu dans ce projet de loi d'exécution du budget.
    Il est minuit moins une. Nous sommes sur le point de perdre un droit humain fondamental, un droit qui est inscrit dans la Charte des droits et libertés et qui permet aux femmes d'obtenir justice lorsqu'on refuse de leur verser un salaire égal pour un travail de valeur égale. Le projet de loi C-10 d'exécution du budget leur enlève ce droit.
    Il m'est peut-être arrivé d'être très émotive au cours du débat et il se pourrait bien que je le sois encore à l'occasion de cette dernière chance, ou de l'une des dernières chances, qui m'est offerte de parler du projet de loi. Mais j'espère de tout coeur pouvoir convaincre les libéraux d'une manière ou d'une autre qu'il s'agit d'un droit humain fondamental et qu'il faut arrêter dès maintenant toute tentative visant à l'éliminer.
    Nous le devons aux femmes qui ont lutté avant nous. Cet enjeu fait partie du mouvement féministe depuis 30 ou 40 ans. Dans les années 1970, le Comité canadien d'action sur le statut de la femme, Femmes et Droit et les comités consultatifs sur la condition féminine, au niveau local, ont lutté avec toutes les ressources dont ils disposaient pour faire reconnaître leur droit à une véritable égalité, c'est-à-dire le droit à une rémunération en fonction de la valeur.
    C'est ce que veut dire un salaire égal pour un travail d'égale valeur. Cela veut dire reconnaître que, si nous croyons vraiment en l'égalité, nous devons nous attaquer au problème des ghettos d'emplois, nous devons reconnaître que les hommes ont toujours occupé des catégories d'emplois où ils sont considérés inestimables pour leur entreprise, leur organisation, et sont payés en conséquence et sont très bien payés.
    Considérant que les femmes ont toujours été placées dans des ghettos d'emplois et, bien qu'elles puissent effectuer un travail de la même valeur que les hommes, comme homologues dans d'autres organisations, elles reçoivent une rémunération bien inférieure. Elles sont traitées comme des citoyens de seconde zone. Elles sont encore traitées ainsi. Elles ne sont pas payées en fonction de leur valeur et c'est là l'enjeu: l'équité salariale. On parle d'un salaire égal pour un travail d'égale valeur et non d'un salaire égal pour le même travail, ce qui revient à comparer des emplois exactement pareils, ce qui ne contribue en rien à sortir les femmes des ghettos d'emplois et ne fait rien pour éliminer les écarts salariaux dans notre pays.
    Nous le devons aux femmes qui ont combattu avant nous pour obtenir ce droit et, aujourd'hui, je voudrais rendre un hommage spécial à Michèle Demers, qui était à la tête de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada. Elle est décédée récemment dans des circonstances tragiques et nous avons pleuré sa perte. Elle a lutté inlassablement en faveur de son mouvement, dans l'intérêt des employés professionnels de la fonction publique. Elle s'est battue pour l'équité salariale. Elle ne nous a jamais déçus, et pourtant ce qui est sur le point de se passer à la Chambre aujourd'hui l'aurait grandement déçue. Nous ne devons pas laisser sa mort être en vain. Nous devons trouver le moyen, dans cette enceinte, d'être loyaux envers les personnes qui, comme Michèle Demers, ont lutté jour et nuit pour défendre les droits humains fondamentaux, le droit d'offrir le meilleur de soi-même et d'être reconnu pour sa contribution, le droit de ne pas voir son statut dans la société être diminué ou de ne pas être traité comme source de main-d'oeuvre bon marché qui peux être intégrée à l'économie ou éliminée, selon les besoins.
    Les conservateurs tiennent un double discours. Nous savons que, dans le passé, le premier ministre a qualifié l'équité salariale d'« escroquerie ». Nous savons que, lorsqu'il travaillait au sein de la National Citizens Coalition, il a dit que le gouvernement devrait laisser tomber sa loi ridicule sur l'équité salariale. Nous savons que, lors de leur convention à Winnipeg en novembre dernier, les conservateurs ont en fait redéfini l'équité salariale de manière à redonner à cette notion le sens qu'elle avait dans les années 1950, soit un salaire égal pour un travail égal.
    Nous connaissons les antécédents des conservateurs. Pourtant, en même temps, à la Chambre des communes, le président du Conseil du Trésor défend cette nouvelle initiative prévue dans le projet de loi C-10, en la qualifiant de mesure progressive qui assurera le maintien de l'équité salariale parce que les conservateurs vont légiférer et que les gens n'auront donc pas à attendre si longtemps une décision de la Commission des droits de la personne.

  (1125)  

    Il faut lier le fait que cela est faux aux véritables objectifs des conservateurs pour bien comprendre leurs véritables intentions. Les libéraux devraient savoir cela. Ils devraient faire preuve de discernement et écouter leur coeur. Ils feraient ainsi ce qu'il faut et prendraient la défense des femmes de ce pays. Il s'agit ici d'un droit fondamental.
    J'aimerais citer les paroles de Darlene Dziewit, présidente de la Fédération du travail du Manitoba. Elle a dit ceci:
    J'ai observé avec beaucoup d'inquiétude le gouvernement conservateur fédéral annoncer qu'il supprimerait du Code des droits de la personne le droit des femmes à l'équité salariale. Le président du Conseil du Trésor [...] a dit qu'une telle protection pour les femmes exige trop de temps et d'argent et qu'il faut donc la retirer du Code pour en faire une question de convention collective. Il a aussi dit que la loi sur l'équité salariale adoptée au Manitoba au milieu des années 1980 constituait une solution préférable à la protection accordée en vertu du Code des droits de la personne.
    Darlene a qualifié ces propos de « sottises ». C'est le moins qu'on puisse dire. J'ajouterais qu'ils sont insensés, qu'il s'agit d'une totale fabulation. Elle a poursuivi en ces mots:
    L'alarme devrait sonner chaque fois qu'un gouvernement annonce qu'il prévoit retirer des droits accordés à un groupe en vertu des lois sur les droits de la personne. Selon cet argument [du président du Conseil du Trésor], il serait alors logique de croire qu'il faudrait aussi retirer du Code des droits de la personne la protection contre toute autre forme de discrimination fondée, par exemple, sur l'âge ou l'origine ethnique qui nécessite trop de temps ou de ressources financières. Je suppose que cela laisserait alors plus de temps et d'argent pour s'occuper d'autres mesures discriminatoires moins délicates ou coûteuses.
    Je pose donc cette question à la Chambre, et en particulier aux libéraux: où est la limite? S'ils ne peuvent défendre l'équité salariale, qui est un droit fondamental, que défendront-ils? Où se situe cette limite pour les libéraux? Concerne-t-elle le racisme? L'homophobie? Défendront-ils le droit des syndicats de négocier des conventions collectives? Défendront-ils les handicapés? Les gens de couleur? Quand diront-ils « Ça suffit! », s'ils ne peuvent prendre la défense des femmes au sujet d'un droit si fondamental?
    Je ne sais pas si je trouverai les mots qu'il faut aujourd'hui pour bien faire comprendre aux députés, surtout aux libéraux, ce qui est en jeu. Il s'agit d'un droit fondamental que les conservateurs veulent faire disparaître complètement en interdisant dorénavant à quiconque au sein de l'administration fédérale, peu importe le niveau ou le secteur d'activité, de présenter à la Commission canadienne des droits de la personne une plainte en matière d'équité salariale. Qu'importe ce qui se passe dans la société, que l'on fasse partie du mouvement syndical, que l'on bénéficie de la protection offerte par une convention collective ou que l'on travaille pour une entreprise du secteur privé sans convention collective, aucune disposition ne prévoit le recours à la Commission canadienne des droits de la personne pour réclamer un droit fondamental de la personne tel que décrit dans la Charte.
    Il n'existe pas d'autres recours de nature législative non plus, puisqu'il ne s'agit pas, à proprement parler, de législation sur la parité salariale, mais plutôt de ce qu'on appelle l'équité dans la rémunération. On ne définit pas dans la loi ce que cela signifie. On n'y fait aucune mention du principe du salaire égal pour un travail de valeur égale. Le mot « homme » ne figurant nulle part dans la loi, comment fait-on pour comparer des emplois? N'est-ce pas là l'essence de la question à l'étude?
    La question est de comparer la valeur du travail des femmes dans notre société à celui des hommes et d'essayer de trouver des moyens de réduire l'écart. Les femmes qui remplissent des fonctions exigeant les mêmes niveaux de compétence, d'instruction et de responsabilité que celles que remplissent des hommes ne devraient-elles pas avoir le même taux de salaire que ces hommes? Leur échelle de salaire ne devrait-elle pas être comparable?
    Voilà ce qui est en jeu dans le projet de loi. Il ne sera plus possible d'établir de telles comparaisons. Il en sera fini du droit de réclamer l'équité salariale devant la Commission canadienne des droits de la personne. L'équité salariale disparaîtra à tout jamais, à moins que l'on arrive à convaincre les libéraux de se secouer, de se battre pour les principes dans lesquels ils croient, de défendre une cause juste, de ne pas se laisser compromettre, d'agir dans l'intérêt supérieur du Canada et de défendre l'égalité et les droits de la personne.

  (1130)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai le plaisir de prendre la parole au nom du Bloc québécois sur une motion présentée par notre parti qui demande la suppression des articles 383 à 392 du projet de loi C-10. Ces articles visaient la modification de la Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces, soit la fameuse péréquation. Le projet de loi C-10 mettant en oeuvre le budget comprend une modification de la formule de calcul de la péréquation. Selon la nouvelle formule de calcul, l'augmentation des paiements de péréquation au Québec sera réduite. Cette modification amputera de un milliard de dollars les paiements de péréquation que le Québec recevra en 2009-2010. En ces temps difficiles, un milliard de dollars de moins dans les coffres de la province de Québec représente une somme très importante.
     Le Bloc québécois a livré une bataille en cette Chambre, au nom des Québécoises et Québécois, contre le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. Ce règlement partiel, autorisé par le gouvernement fédéral à la suite de la bataille qu'a livrée le Bloc québécois, visait notamment la modification de la formule de calcul de la péréquation. Unilatéralement, le gouvernement fédéral, appuyé par les libéraux, décide de priver le Québec de un milliard de dollars.
    J'ai eu la chance de prendre connaissance de la lettre qu'a écrite la ministre des Finances du Québec au ministre des Finances du fédéral. Le 21 janvier 2009, Mme Jérôme-Forget, qui soit dit en passant n'est pas de notre allégeance politique, lui écrivait cette lettre. Cela démontre l'importance du Bloc québécois dans la défense des intérêts des Québécoises et Québécois. Je lis le début de cette lettre:
    Cher collègue,
    Au cours des derniers jours, les autorités du gouvernement fédéral, dont vous-même et des émissaires de votre gouvernement, ont affirmé que toute l'information pertinente sur les changements que vous envisagez apporter à la péréquation a été communiquée lors de la rencontre fédérale- provinciale des ministres des Finances tenue le 3 novembre dernier à Toronto.
    Cela est inexact. Permettez-moi de rectifier les faits.
    Quand ces mots proviennent de la ministre des Finances du Québec, tous les députés québécois en cette Chambre, qu'ils soient conservateurs ou libéraux, devraient ouvrir les yeux comme nous le faisons. Depuis quelques mois, le gouvernement fédéral colporte des ragots. Il dit que les provinces étaient au courant de la modification de la péréquation et que ce n'était pas unilatéral, alors que ce l'était. Il s'agit encore une fois d'une modification unilatérale. Le fédéral fait encore un bris au règlement du déséquilibre fiscal. Il privera le Québec d'une somme de un milliard de dollars. Je reviendrai à cette lettre.
    Il est important de le comprendre. Trop souvent, on se demande pourquoi le Bloc québécois se lève si souvent en cette Chambre pour défendre les intérêts des Québécoises et Québécois. C'est tout simplement parce que le gouvernement fédéral ne respecte pas sa parole. Ce non respect privera le Québec d'une somme de un milliard de dollars en 2009-2010. C'est très important.
     La péréquation n'est pas un système unique qu'on ne retrouve qu'au Canada. Elle fait partie de ce système confédératif — on ne sait même plus si c'est confédératif ou fédératif. Toutefois, une chose est certaine, la façon dont la péréquation est utilisée au Canada l'est aussi dans d'autres pays comme l'Allemagne, la Suisse, l'Australie, l'Inde, le Pakistan et l'Afrique du Sud. Le Royaume-Uni a aussi un système de péréquation qui tient compte des besoins spéciaux de l'Écosse, du pays de Galles et de l'Irlande du Nord. Ce système se veut une façon de mieux répartir la richesse à l'intérieur d'une confédération ou d'une fédération. Cette façon de procéder fait que les provinces les plus pauvres bénéficient d'une contribution du système confédératif ou fédératif. La péréquation aide à l'équilibre des finances des provinces qui se comportent moins bien économiquement.
    On ne se lève pas de gaieté de coeur pour défendre la péréquation. Je souhaiterais bien que le Québec soit une province qui ne bénéficie pas de ce système de péréquation. Cela signifierait que la richesse des Québécois et Québécoises est plus grande que celle des autres provinces, mais ce n'est pas le cas.

  (1135)  

    Quand on nous dit que le Québec est l'enfant gâté de la fédération, on aura compris que c'est tout simplement un mythe et je vais donner des exemples à ce sujet. Regardons les sommes versées par habitant en 2008-2009 dans le système de péréquation. Pour le Québec, c'était 1 037 $; pour la Nouvelle-Écosse: 1 679 $; pour le Manitoba: 1 732 $; pour Terre-Neuve-et-Labrador: 1 781 $; pour le Nouveau-Brunswick: 2 111 $; pour l'Île-du-Prince-Édouard: 2 310 $. Donc, encore une fois, ce système de péréquation n'est pas égal par rapport aux sommes qui sont reçues par habitant, par province. C'est la raison pour laquelle le Québec demande, depuis plusieurs années, dans le règlement du déséquilibre fiscal, un rééquilibrage du calcul de la péréquation. Si on en bénéficie, parce que la richesse de la province est moins importante, il faut que ce soit sensiblement égal par habitant. On essaie de rétablir cet équilibre.
    Le Parti conservateur a fait des erreurs économiques. Je dirai que de réduire la TPS était une erreur. Cela rapporte très peu aux contribuables, mais cela a privé le gouvernement fédéral d'une somme de 14 milliards de dollars. Quand on voit pointer la crise économique à l'horizon, le fédéral fait qu'il a toujours fait, il coupe dans les transferts aux provinces. C'est la réalité. Le Québec sera privé d'une somme de un milliard de dollars en 2009-2010.
    On voit cette nouvelle façon de calculer notamment dans la lettre de la ministre des Finances, du 21 janvier 2009. Dans les derniers paragraphes de cette lettre, elle dit:
    Je désire également aborder un élément de première importance pour le Québec, et qui a été souligné par le premier ministre du Québec à la rencontre des premiers ministres du 16 janvier dernier [le16 janvier 2009].
    Le 14 novembre 2008, vos fonctionnaires ont avisé les fonctionnaires des provinces que des changements aux règlements sur la péréquation étaient envisagés. Ces changements ont été annoncés dans la Gazette officielle du Canada le 24 décembre 2008. L'un de ces changements entraîne une modification du traitement des dividendes versés à Hydro One au gouvernement de l'Ontario. Le gouvernement fédéral a décidé de considérer cette source de revenus à l'assiette des impôts des sociétés plutôt qu'à l'assiette des ressources naturelles.
    L'argument invoqué par votre ministère est que cette entreprise effectue le transport et la distribution d'électricité, mais qu'elle n'en produit pas.
    On comprend que c'est important. La ministre ajoute:
    Toutefois, tous les dividendes versés par Hydro-Québec au gouvernement du Québec demeurent pris en compte par le gouvernement fédéral dans l'assiette des ressources naturelles, même si une partie importante de ces dividendes résultent, comme pour Hydro One, d'activités de transport et de distribution d'électricité.
    Encore une fois, cela priverait le Québec d'une somme additionnelle de 250 millions de dollars. Donc, même dans le changement, le gouvernement conservateur a décidé de pénaliser encore plus le Québec d'un montant additionnel de 250 millions de dollars.
    Ce qui est inquiétant c'est que, encore une fois, les députés conservateurs et libéraux, des partis politiques qui ont des élus au Québec, s'en prennent au Québec. C'est la dure réalité de cette Chambre. On essaie toujours d'aller encore un peu plus contre le Québec. Comme s'il fallait le faire, on traite un peu mieux l'Ontario, avec Hydro One, et on pénalise le Québec. Cela augmentera encore le déséquilibre fiscal par rapport à ce que peut vivre le Québec dans cette fédération, ou confédération — appelons cela comme on veut, on ne sait plus trop dans quoi on vit.
    C'est pourquoi d'élections en élections, les Québécoises et les Québécois font confiance aux députés du Bloc québécois pour soulever ces points à la Chambre des communes et déposer des amendements, comme on le fait pour le projet de loi C-10. Nous espérons que tous les députés du Québec en cette Chambre se lèveront et voteront pour les motions 43 à 52 déposées par le Bloc québécois.

  (1140)  

[Traduction]

    Madame la présidente, ce budget est une attaque en règle contre les femmes. C'est bientôt la Journée internationale de la femme qui est censée être un jour de fête, mais malheureusement je crains qu'elle ne soit sinistre cette année. Nous n'aurons pas grand-chose à fêter, car nous n'avançons pas, en fait nous reculons. Nous devrions avancer et non reculer.
    Ce budget n'a pas simplement négligé les femmes, il les a en fait attaquées en sapant leur égalité. Il faut que le gouvernement fédéral cesse de refuser d'admettre la nécessité de l'équité salariale pour les femmes. Au lieu de s'attaquer à elles, il devrait les aider. Et ce ne sont pas seulement les femmes, mais aussi les enfants et les familles qui sont victimes des propositions de ce budget conservateur en matière de parité salariale. Le gouvernement devrait au contraire envisager de modifier l'assurance-emploi pour aider les femmes. Il faut réduire le nombre d'heures requises et le fixer à 360. La durée requise varie énormément selon les régions au Canada. C'est injuste pour certains travailleurs, surtout les femmes.
    Il faut supprimer le délai de carence de deux semaines pour que les gens qui perdent leur travail ne soient pas pénalisés immédiatement et puissent tout de suite toucher cet argent. Il faut prolonger le nombre de semaines de prestations. Le gouvernement a dit qu'il allait le prolonger de cinq semaines. C'est bien gentil, mais ce n'est pas suffisant, il faudrait vraiment 52 semaines.
    Le gouvernement ne veut pas entendre parler d'un programme national de garderie abordable et accessible. Le montant de l'aide mensuelle qu'il accorde ne représente même pas un jour de salaire d'un employé de garderie. On est très loin de ce que coûte un enfant en garderie. Et pour ce qui est des femmes qui ont en moyenne un revenu d'environ 27 000 $ par an contre 45 000 $ pour les hommes, les réductions d'impôt pour les tranches les plus élevées leur font une belle jambe. Les pauvres vont continuer à s'appauvrir et les riches à s'enrichir.
    Je parle d'un programme national de garderies parce que cela aiderait vraiment les travailleuses à gagner correctement leur vie, au lieu d'aller travailler simplement pour pouvoir payer la garderie. Il faudrait aussi revoir un jour la question du salaire minimum dans tout le pays, car il est insuffisant pour justifier que les gens aillent travailler. J'ai vu trop souvent des prestataires d'aide sociale qui trouvent un travail, mais à qui on dit qu'il vaut mieux rester à la maison parce que cela leur coûterait trop cher de faire garder leur enfant.
    Au lieu de les enfoncer, on devrait les aider à s'en sortir. J'ai parlé de réformer l'assurance-emploi. Je crois que c'est vraiment essentiel parce que l'assurance-emploi, c'est le meilleur stimulant économique qu'on puisse trouver. Chaque dollar versé à une personne en guise d'assurance-emploi se traduit par un stimulant économique de 1,64 $. On l'a expliqué au gouvernement lors des consultations prébudgétaires, mais il n'en a tenu aucun compte. Comment peut-on fermer les yeux sur le stimulant le plus efficace qui soit? Les prestataires vont dépenser leur chèque en moins de deux semaines après l'avoir touché.
    Les travaux d'infrastructure constituent un autre moyen important de stimuler l'économie, mais il faut s'y prendre comme il faut. Nous avons réuni deux fois des économistes: une fois avant les consultations prébudgétaires et une fois après. Les deux fois, ils nous ont dit la même chose. Pour surmonter la crise et stimuler l'économie, il faut s'attaquer au problème de la pauvreté. Le train de mesures pour stimuler l'économie fera effet si on réduit la pauvreté. L'économie va se remettre à tourner lorsqu'on va se mettre à construire des logements abordables et que les gens vont trouver des emplois.
    Nous devons aussi envisager des mesures pour mettre fin à la violence contre les femmes. Nous avons parlé de la Journée internationale de la femme. Une autre clé importante réside dans ce dossier. Trop souvent, on voit que les gens qui vivent dans la pauvreté sont ceux qui subissent de mauvais traitements. Nous devons veiller à ce que le gouvernement s'occupe de ce problème.

  (1145)  

    Pour ce qui est de la loi sur la parité salariale, nous avons vu combien le budget est injuste envers les femmes. On veut qu'elles cherchent désormais à obtenir la parité salariale en négociant des conventions collectives. Or, ce n'est pas tout le monde qui peut négocier une convention collective. De plus, la négociation peut prendre beaucoup de temps, puisqu'elle dépend de la volonté de négocier de l'employeur. Je crois qu'on est vraiment en train de reculer et qu'il faut empêcher l'adoption d'une telle mesure rétrograde.
    Nous avons parlé des gens qui prennent leur retraite. La plupart des gens qui prennent leur retraite et qui vivent dans la pauvreté sont des femmes. Selon une étude de 2004, une proportion renversante de 45,6 p. 100 des femmes à la retraite vit encore dans la pauvreté. Pensez-y un peu. Ce sont des personnes qui ont contribué à bâtir le pays. Tout à coup, elles se retrouvent à la retraite. Elles devraient pouvoir profiter de leur vie de retraitée, mais elles en sont incapables parce que le gouvernement refuse d'admettre que les prestations de retraite ou d'invalidité versées par le Régime de pensions du Canada constituent un revenu insuffisant. Nous devons voir à ce que ce problème soit réglé. Ce sont encore les femmes qui sont touchées le plus durement.
    En ce qui a trait aux emplois, cela fait un bon moment que je veux aborder la question du salaire minimum. Lorsqu'on regarde le secteur de l'emploi, on constate que, plus que jamais, ce sont des femmes qui occupent les emplois au salaire minimum et, plus souvent qu'autrement, il s'agit d'immigrantes. Il y a tellement de pauvreté au pays qu'il est honteux de la part du gouvernement de s'en prendre aux femmes dans ce budget.
    Nous pourrions faire tellement pour aider les femmes. Les syndicats font incontestablement des efforts dans ce sens. Le gouvernement devrait aider les femmes en difficulté, au lieu de les attaquer. Les lois sur l'équité salariale interdisent la discrimination salariale lorsque des employés effectuent un travail de valeur égale ou comparable, tandis que les lois sur la parité salariale interdisent une telle discrimination lorsque des personnes accomplissent un travail identique ou essentiellement semblable.
    Il faut regarder ce qui se passe au Manitoba et en Ontario en matière d'équité salariale, parce que celle-ci ne fait pas partie du processus normal de négociation collective. Les droits de la personne ne peuvent pas faire l'objet de négociations collectives. Les lois provinciales au Manitoba et en Ontario s'appliquent tant aux employés syndiqués que non syndiqués. La loi manitobaine vise exclusivement les travailleurs du secteur public, tandis que la loi ontarienne s'applique tant à ceux du secteur privé que public. Dans le cas des travailleurs syndiqués, des programmes d'équité salariale sont élaborés conjointement par l'employeur et le syndicat, mais pas dans le cadre des négociations collectives. Cet exercice est fait séparément.
    En Ontario, la Commission de l'équité salariale a les mêmes pouvoirs que la Commission des relations de travail. Elle peut mener des enquêtes, agir comme médiateur et régler des plaintes. Si l'une des parties n'est pas d'accord avec le règlement de la plainte, elle peut interjeter appel auprès d'un tribunal. La décision rendue par le tribunal est exécutoire.
    Au Manitoba, c'est le Bureau de contrôle de l'égalité des salaires qui s'occupait des plaintes. Toutefois, étant donné que la loi manitobaine est très vieille et que cet organisme n'était accessible qu'aux fonctionnaires, il n'avait plus sa raison d'être. Le bureau fonctionnait sensiblement de la même façon que la Commission de l'équité salariale de l'Ontario. C'est maintenant le conseil des relations de travail du Manitoba qui s'occupe de tous les différends.
    Voyons encore combien d'argent gagne une femme. Si l'on compare sa situation à celle d'un homme, on constate qu'une femme gagne 71 ¢ lorsqu'un homme touche un dollar. Une femme de couleur gagne encore moins, et l'écart est encore plus prononcé dans le cas d'une femme autochtone.
    Le moment est venu pour le gouvernement d'examiner sérieusement le contenu de son projet de loi d'exécution du budget et de retirer cette partie. Il faut vraiment aller de l'avant dans ce dossier. L'équité salariale est un droit fondamental qui est protégé par la Loi canadienne sur les droits de la personne. La loi actuelle interdit de verser des salaires différents aux femmes et aux hommes, mais le gouvernement ne semble pas comprendre cela.

  (1150)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le discours extrêmement progressiste et bien senti de ma collègue. J'ai compris son parti pris pour la lutte contre la pauvreté et c'est certainement tout à son honneur. Je crois qu'elle a bien raison de nous rappeler qu'au plan de l'assurance-emploi, c'est un gouvernement qui s'est traîné les pieds. Le Bloc québécois a déposé plusieurs projets de loi pour bonifier le sort des personnes qui sont malheureusement sans emploi.
    Je veux poser trois questions à ma collègue. J'aimerais qu'elle nous rappelle l'importance du logement social pour lutter contre la pauvreté, qu'elle nous rappelle le caractère impératif des modifications qu'il faut apporter à l'assurance-emploi et j'aimerais finalement connaître son point de vue sur le sort qui est réservé aux femmes à l'intérieur de ce budget.
    Madame la Présidente, j'aimerais remercier mon collègue de sa question. J'aborderai tout d'abord la question de l'assurance-emploi, parce que je crois que cela représente un gros défi.
    Il faut vraiment réaliser qu'il y a un besoin de changer l'assurance-emploi. Notre collègue et son parti ont proposé un changement la semaine dernière. C'est dommage, mais il ne semble pas que les conservateurs aient entendu ce qui est vraiment nécessaire pour aider les prestataires de l'assurance-emploi. L'impact sur les femmes est très grand et on doit vraiment aborder cette question. Comme je l'ai mentionné précédemment, chaque dollar dépensé dans la communauté par une personne prestataire de l'assurance-emploi constitue un stimulus de 1,64 $ dans l'économie.
    Le logement abordable est une question très importante. Il leur a fallu beaucoup de temps pour bâtir un immeuble de logements abordables dans la région de London, si je ne me trompe pas, et c'était seulement 12 unités. Il leur a fallu trois ans pour bâtir cet immeuble. On peut imaginer tous les gens qui essaient d'avoir des logements abordables et qui ne sont pas capables d'en obtenir. Ils ne sont pas capables d'aller travailler et n'ont pas accès à l'assurance-emploi. Ce sont ces gens qui travaillent habituellement au salaire minimum.
    Ce gouvernement devrait vraiment réaliser que nous vivons actuellement une crise. Il comprendrait alors l'importance de stimuler l'économie et également d'assurer la disponibilité de logements abordables. Si on peut vraiment commencer à bâtir des logements abordables, cela réduira la pauvreté. Premièrement, les gens seront capables de se loger et, deuxièmement, ils seront capables d'aller travailler.
    D'autre part, on a besoin aussi d'un programme national de garderies pour assurer que les parents sont en mesure d'amener leurs enfants dans une garderie où ils recevront l'attention et la protection appropriées pendant qu'ils travaillent. Il faut que ce service soit abordable. Cela fait longtemps qu'on en parle. Le gouvernement libéral avait dit auparavant qu'il mettrait en place un tel système. Il a vraiment oublié ses promesses. Le gouvernement conservateur avait alors dit qu'il regarderait le dossier et qu'il aiderait les parents. Toutefois, il ne donne qu'un petit montant d'argent en disant que c'est suffisant.
    Cela me coûtait encore plus cher quand je devais faire garder mes enfants dans une garderie privée. Or, ce n'est pas tout le monde qui est capable de défrayer un tel montant pour avoir une garderie.
    Je remercie donc mon collègue de sa question.
    Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir de vous retrouver au fauteuil. Je sais que vous aimez la responsabilité qui vous a été confiée. Sachez que mes meilleurs voeux de succès vous accompagnent.
    Le Bloc québécois est engagé dans une bataille très importante pour les citoyens et citoyennes qui vivent au Québec afin que soient respectés les montants à verser aux provinces en ce qui a trait à la question de la péréquation. Ce n'est pas une bataille banale. Je veux que tous les gens qui écoutent, et je sais qu'ils sont nombreux à regarder nos travaux, sachent que le gouvernement conservateur, de façon délibérée et planifiée, a décidé de contribuer à appauvrir les finances publiques du Québec d'une somme de un milliard de dollars pour l'année 2009-2010. Cet exemple démontre que le gouvernement fédéral a les moyens de déstabiliser les finances publiques de chacune des provinces.
    La formule de péréquation, établie dans les années 1950 à la suite de la Commission royale d'enquête sur les problèmes constitutionnels (Commission Tremblay), vise à donner les capacités à chacune des provinces d'offrir des services publics à ses concitoyens. Depuis son existence, la péréquation a servi à éviter les disparités régionales. La péréquation a été constitutionnalisée en 1982 lors du rapatriement unilatéral de la Constitution. Le Québec, par la voix de son assemblée nationale, n'a jamais souscrit à la révision constitutionnelle qui s'est amorcée à la suite du référendum de 1980. L'Assemblée nationale du Québec, appuyée par René Lévesque mais également par Claude Ryan, était contre le rapatriement unilatéral de la Constitution. Elle craignait pour ses prérogatives, particulièrement pour celles concernant les lois linguistiques. Évidemment, l'histoire lui a donné raison. La Cour suprême a invalidé des pans entiers de la loi 101, particulièrement ceux concernant la liberté d'expression.
    La péréquation doit donc donner la capacité aux provinces d'offrir des services, en tenant compte de l'assiette fiscale, de la capacité de produire des taxes et impôts, et du nombre d'entreprises qui se trouvent sur leur territoire. La conférence fédérale-provinciale a eu le mérite de mettre en furie la ministre des Finances de l'Assemblée nationale du Québec, Mme Jérôme-Forget, qui ne peut pas être suspectée de sympathie pour la cause souverainiste. Elle a fait parvenir une lettre à son homologue, l'actuel ministre des Finances du gouvernement conservateur, disant combien elle trouvait odieux qu'on modifie le calcul de façon unilatérale. Cette modification entraînera des pertes de un milliard de dollars pour l'année 2009-2010. Le deuxième caractère odieux de cette façon de procéder est que, non seulement on appauvrit les provinces, mais on ne les a pas prévenues dans des délais raisonnables de ce que cela pouvait vouloir dire sur le plan de l'aménagement des services.
     À au moins deux reprises, Mme Jérôme-Forget, la ministre des Finances du gouvernement du Québec, soit du gouvernement de M. Jean Charest, a tenté, lors de la conférence fédérale-provinciale des ministres des Finances, d'obtenir des éléments d'information sur la façon dont le calcul a été établi. Le premier ministre Charest est revenu à la charge au Conseil de la fédération, et jamais ce gouvernement n'a agi avec transparence en rendant publique la façon dont les calculs pourraient être établis. Je trouve cela absolument inadmissible.
    Qui défend les intérêts du Québec en ce Parlement? Qui s'est fait entendre du côté des conservateurs pour dénoncer ce caractère unilatéral, cette façon de faire qui appauvrit les provinces en ne tenant absolument pas compte du fait qu'il faut travailler dans un esprit de partenariat?

  (1155)  

    N'eût été du Bloc québécois, aucune voix ne se serait faite entendre spécifiquement pour défendre les intérêts du Québec. Et c'est à regret que je dois dire que je n'ai entendu aucun collègue du caucus conservateur québécois se lever en cette Chambre pour dénoncer cette façon de faire totalement inadmissible.
    On sait bien que lorsque l'on prive le Québec d'un milliard de dollars de revenus dans son budget, cela veut nécessairement dire que des services devront être revus et que des éléments de programmation devront être ajustés. Est-ce que c'est ça, l'esprit de partenariat?
    Je me rappelle bien que, durant la campagne électorale de 2006, l'actuel premier ministre avait prononcé un discours dans la région de Québec, plus particulièrement à Sainte-Foy si mes souvenirs sont exacts, dans lequel il avait parlé de la nécessité de travailler ensemble, d'agir en partenariat, de mettre en place ce qu'il appelait « le fédéralisme coopératif », voulant ainsi se démarquer de ce qu'il qualifiait de fédéralisme autoritaire du gouvernement précédent. Mais lorsque l'on coupe un milliard de dollars en paiements de péréquation, fait-on preuve de fédéralisme coopératif? Certainement pas.
     Plusieurs éléments de ce budget sont absolument lacunaires, absolument détestables, et jamais il ne nous serait venu à l'esprit, au Bloc québécois, d'appuyer un budget aussi imparfait. Je vais donner des exemples, puisque je sens bien qu'on brûle d'envie de les connaître.
     Je parle évidemment de l'assurance-emploi. Le Bloc québécois a demandé à plusieurs reprises que l'on puisse uniformiser le nombre d'heures pour avoir accès au régime et qu'il soit de 360 heures pour tous. Le Bloc québécois a demandé que l'on abolisse le délai de carence, qui diffère de deux semaines l'admissibilité au régime. Bien sûr, on a fait une bataille de longue date pour tenir compte des travailleurs saisonniers. Rien dans ce budget ne donne satisfaction aux gens qui sont à la recherche d'un emploi.
     On sait, en cette période de crise économique, combien de chômeurs sont à la recherche d'un emploi. Malheureusement, l'assurance-emploi ne correspond pas aux besoins de ces travailleurs. Un travailleur sur deux cotise au régime. C'est un régime auquel le gouvernement fédéral ne souscrit pas. Le gouvernement fédéral ne met pas d'argent sur la base de ses revenus comme gouvernement. Ce régime est financé à 100 p. 100 de façon non pas paritaire, mais à 100 p. 100 par les travailleurs et les employeurs. Rien, dans ce budget, ne donne satisfaction aux personnes qui sont à la recherche d'un travail.
    Également, on l'a dit, le gouvernement conservateur a choisi de s'attaquer de plein fouet au droit des femmes d'obtenir un salaire égal pour un travail égal. Il a choisi de s'attaquer aux droits des femmes qui ne sont pas représentées à l'intérieur d'un syndicat, et on ne permet plus aux femmes d'obtenir satisfaction sur le plan de l'équité salariale en ayant recours à des mécanismes de plainte devant les tribunaux. Voilà qui en dit long sur ce gouvernement et sa sensibilité à l'endroit des femmes.
    Le Bloc québécois, dans sa défense acharnée et éclairée des intérêts du Québec, a présenté des amendements. Je termine en disant combien la question de la péréquation est un sujet important pour nous. On ne dira jamais assez combien il est odieux de priver le Trésor public québécois d'un milliard de dollars pour l'année financière 2009-2010. On imagine les répercussions que cela aura pour ceux qui ont à planifier des services publics pour nos concitoyens. Je crois qu'on peut dire combien c'est honteux, combien il y a là un manque de sensibilité. Et n'eût été de la voix du Bloc québécois dans ce Parlement, personne ne s'en serait préoccupé, même si cela crée un préjudice considérable pour l'Assemblée nationale du Québec.

  (1200)  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de prendre la parole en cette Chambre pour poser une question à mon collègue d'Hochelaga. J'ai été estomaqué d'écouter l'allocution de mon collègue puisqu'il nous a livré finalement le contraire du bon sens et de la vérité.
    Jamais le Québec n'a touché des montants aussi élevés en péréquation qu'avec notre gouvernement conservateur. Jamais les députés québécois, et tous mes collègues du caucus, n'ont fait en sorte que le Québec soit privé de sommes importantes. Du temps où les bloquistes et les libéraux étaient là, des hôpitaux ont fermé, des services en éducation ont été coupés. Nous, qu'avons-nous fait pour le Québec depuis que nous sommes au pouvoir? Nous avons fait gonfler la péréquation, et non seulement la péréquation, puisque les transferts sociaux pour le Québec ont atteint des sommets inégalés dans l'histoire de la fédération. Ce sont des conservateurs et des députés québécois qui se lèvent ici, en Chambre, et qui approuvent des initiatives comme ce budget qui est une prescription extraordinaire pour le Québec en cette période d'incertitude économique.
    Ma question pour le député d'Hochelaga est la suivante. Comment peut-il abandonner les Québécois, les travailleurs, les familles et les aînés en n'appuyant pas ce plan d'action économique en pleine période d'incertitude économique? Comment peut-il garder ses oeillères et son approche idéologique au moment où les Québécois ont besoin de députés en cette Chambre qui livrent la marchandise pour le Québec?

  (1205)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Cependant, je dois lui dire qu'il s'éloigne considérablement de la vérité et qu'il pourrait même emprunter le chemin du mensonge s'il maintenait en cette Chambre que le Québec ne serait pas privé d'un milliard de dollars. Je lui demande, par votre intermédiaire, s'il maintient que l'Assemblée nationale ne sera pas privée d'un milliard de dollars, contrairement à ce que dit la ministre des Finances du Québec qui a fait parvenir une lettre au gouvernement du Canada, s'indignant de la formule actuelle proposée par son gouvernement, alors qu'il collabore à cette initiative? Quand un député conservateur se lève en cette Chambre pour remettre cela en cause, il est sur la pente désagréable du mensonge.
    Monsieur le Président, j'ai écouté mon collègue conservateur qui faisait allusion au fait que dans le budget proposé par son gouvernement, les travailleurs, les familles et les aînés y trouveraient leur compte. Nous n'avons probablement pas lu le même budget. En effet, les mesures pour les travailleurs sont des mesures pour deux ans seulement. On augmente de cinq semaines les prestations d'assurance-emploi. Ce ne sont pas des mesures appropriées pour les travailleurs. Avec les pertes d'emplois et l'inertie de ce gouvernement à mettre l'argent nécessaire pour sortir de cette crise économique, le Programme d'aide aux travailleurs âgés, le PATA, aurait été utile. Il y aurait dû y avoir un effort de fait de la part du gouvernement.
    Également, lorsqu'on parle des personnes âgées, il y a une déduction d'impôt de 1 500 $. Toutefois, il faut absolument que ces gens-là puissent payer de l'impôt. Quand des aînés sont sous le seuil de la pauvreté, on peut être assuré qu'ils ne payent pas d'impôt et, donc, ils ne peuvent pas se prévaloir des mesures du gouvernement.
    J'aimerais poser une question à mon collègue. Quelle serait la solution ou l'optique que le Parlement devrait avoir face à ce gouvernement conservateur et à ce budget?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de ses questions très avisées, évidemment, puisque lui-même ne l'est pas moins.
    La solution la plus simple, sur le plan fiscal, serait bien sûr que nous puissions occuper un espace fiscal additionnel en points d'impôt et que le Québec ne soit pas tributaire des paiements de péréquation qui peuvent être revus sans négociation et sans respect des provinces.
    Sur le plan des aînés, le Bloc québécois a déposé un projet de loi pour augmenter le Supplément de revenu garanti. Pour ce qui est de la question nationale, la véritable solution, c'est la souveraineté du Québec.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c’est avec plaisir que je me fais l’écho des préoccupations exprimées aujourd’hui, surtout en ce qui concerne l’insinuation dans le projet de loi d’exécution du budget de la Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public. Quelle expression orwellienne!
    Depuis trois ans et demi, le gouvernement essaie de faire taire les femmes. Il a réduit le financement de Condition féminine Canada. Il a mis fin à la recherche, à la défense des intérêts et au lobbying. Il a fermé 12 bureaux régionaux de Condition féminine Canada. Il a mis un terme au financement d’un grand nombre d’organismes féminins et il a enlevé l’égalité du mandat de Condition féminine Canada, toutes ces mesures étant destinées à faire taire les femmes, à les remettre à leur place.
    Cela ne marche pas. Le gouvernement a peut-être essayé de faire taire les femmes, mais j’ai une lettre, signée par 79 personnes, des lauréates du Prix du Gouverneur général en commémoration de l’affaire Personne, des avocates, des universitaires, des Canadiennes de renom. Je veux m’assurer que leur voix et la voix de millions d’autres Canadiennes sera entendue dans cette Chambre et je vais donc vous lire la lettre que ces personnes ont envoyée au premier ministre. Elle est formulée en ces termes:
    Nous écrivons pour vous faire part de notre surprise devant le dépôt de la nouvelle Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public. Nous nous inquiétons de ce que cette loi a été déposée dans le cadre du budget de 2009, ce qui ne permettra pas au Parlement de décider s’il doit l’appuyer en tant que nouvelle loi indépendante du budget. À notre avis, cela revient à légiférer en cachette et c’est indigne d’un gouvernement canadien quel qu’il soit en plus d’être injuste envers les femmes.
    Cette loi enlève aux fonctionnaires fédéraux de sexe féminin le droit à un salaire égal pour un travail d’égale valeur. Vous avez prétendu que votre gouvernement reconnaissait l’équité salariale comme un droit pour les femmes et que cette nouvelle loi se contente de rendre plus efficace et plus rapide le processus d’obtention de l’équité salariale dans la fonction publique. Nous avons étudié cette loi de près et nous jugeons que ces prétentions sont fausses. La Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public enlève toute signification au droit à l’équité salariale.
    Le nouveau critère prévu dans la loi pour l’évaluation d’une « rémunération équitable » va rétablir la discrimination fondée sur le sexe dans les pratiques de rémunération au lieu de l’éliminer. En vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne, il est discriminatoire de la part d’un employeur d’instaurer ou de pratiquer des disparités salariales entre les hommes et les femmes qui exécutent, dans le même établissement, des fonctions équivalentes. Le critère permettant d’établir l’équivalence des fonctions exécutées par des salariés est le dosage de qualifications, d’efforts et de responsabilités nécessaire pour leur exécution compte tenu des conditions de travail (article 11). La nouvelle loi adopte ces critères, mais en ajoute d’autres qui sapent totalement l’engagement à assurer aux femmes un salaire égal pour un travail d’égale valeur. L’alinéa 4(2)b) de la Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public ajoute que la valeur du travail doit être également évaluée en fonction des « besoins de l’employeur en matière de recrutement et de maintien de l’effectif pour ce groupe ou cette catégorie, compte tenu des compétences requises pour l’exécution du travail et de la demande, sur le marché, d’employés les possédant. » Cela veut dire que l’évaluation peut tenir compte du fait que les emplois à dominance masculine sont davantage valorisés sur le marché, ce qui oblige l’employeur à payer plus pour attirer de nouveaux employés ou garder ceux qu’il a déjà, même si la valeur du travail n’est pas plus grande que celle des emplois à dominance féminine, compte tenu des qualifications, des efforts et des responsabilités.
    Le droit à un salaire égal pour un travail d’égale valeur a été inscrit dans la législation fédérale des droits de la personne en 1977, justement pour éliminer la discrimination fondée sur le sexe qui caractérise les pratiques de rémunération du marché. Jusqu’ici, le marché a dévalorisé le travail exécuté par les femmes. Si l’on cherche maintenant à évaluer les pratiques de rémunération de la fonction publique fédérale pour les groupes professionnels à dominance féminine en les comparant à la rémunération accordée pour ces emplois sur le marché, on va renforcer la discrimination fondée sur le sexe et non pas l’éliminer.
    De plus, la nouvelle loi définit un groupe à dominance féminine comme un groupe dans lequel 70 p. 100 des travailleurs sont des femmes; seuls ces groupes peuvent prétendre à une « rémunération équitable ». C’est une définition trop rigide étant donné qu’elle exclut de l’application de la loi les groupes dans lesquels les femmes représentent 51 p. 100 à 69 p. 100 des travailleurs, quel que soit le contexte. Cette loi limite les comparaisons entre les groupes professionnels masculins et féminins, si bien qu’on peut seulement faire des comparaisons dans des secteurs précis de la fonction publique fédérale ou au sein d’organismes fédéraux et non pas dans l’ensemble de la fonction publique. De plus, il est constamment question dans la loi d’accorder une « rémunération équitable » dans un « délai raisonnable ». Cela semble sous-entendre que les fonctionnaires de sexe féminin ne seront peut-être pas rémunérées équitablement pour toute la période pendant laquelle elles auront touché moins qu’un salaire égal pour un travail d’égale valeur et qu’elles ne recevront peut-être pas ce qui leur est dû immédiatement.

  (1210)  

    Nous concluons que le droit à un salaire égal pour un travail d’égale valeur a perdu sa signification, qu’on a imposé des restrictions pour l’application de la loi et la façon de faire des comparaisons et que les périodes pour lesquelles la rémunération est due sont malléables.
    De plus, le processus établi dans la loi pour demander une « rémunération équitable » présente des défauts fondamentaux. La loi rend les employeurs et les syndicats responsables conjointement de la « rémunération équitable », même si les syndicats du secteur public fédéral n’exercent aucun contrôle sur le Trésor fédéral. Elle fait également de la « rémunération équitable » des fonctionnaires fédéraux de sexe féminin une question qui doit être négociée entre les employeurs et les syndicats en même temps que les autres enjeux de la négociation collective, et non pas séparément et distinctement comme le prévoit la Loi sur l'égalité des salaires du Manitoba.
    Pour cette raison, les femmes qui travaillent dans la fonction publique fédérale risquent que les négociations leur fassent perdre leur droit d’être protégées contre la discrimination sexuelle parce que d’autres enjeux auront plus d’importance aux yeux de l’employeur, du syndicat ou les deux. La Cour suprême du Canada a jugé dans Dickason c. Université de l'Alberta que les employeurs ne peuvent pas se désister, par contrat, de leurs obligations sur le plan des droits de la personne. Rien dans cette loi ne garantit que le processus de négociation respectera les droits de la personne au lieu de les laisser de côté. Cette restructuration du processus d’obtention de l’équité salariale a pour résultat que l’équité salariale n’est plus un droit fondamental pour les femmes, mais un avantage ou un privilège qui peut être négocié avec succès ou non.
    Nous remarquons que les femmes, tant syndiquées que non syndiquées, ont le droit de porter plainte devant la Commission des relations de travail de la fonction publique si elles croient que leur rémunération n’est pas « équitable ». Toutefois, les femmes non syndiquées et les femmes syndiquées n’auront personne pour les aider. À l’heure actuelle, si les femmes déposent une plainte auprès de la Commission canadienne des droits de la personne, la commission mène enquête, entend des témoins et examine la preuve. En vertu de la Loi sur l’équité dans la rémunération de la fonction publique, les plaignantes n’obtiendront aucune aide.
    De plus, les femmes syndiquées ne peuvent pas obtenir l’aide de leur syndicat pour loger une plainte concernant l’équité salariale. En fait, les syndicats se verront imposer une amende de 50 000 $ s’ils aident une femme à déposer une plainte. Nous soulignons que cette imposition d’une amende viole les normes internationales en matière de droits de la personne étant donné qu’elle contrevient à l’alinéa 9(3)c) de la Déclaration des droits des défenseurs des droits de l’homme. Au paragraphe 9(3)c) il est dit que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, …d’offrir et prêter une assistance juridique professionnelle qualifiée ou tout autre conseil et appui pertinents pour la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales. »
    Cette procédure de plainte individuelle est devenue un mécanisme d’application vide de sens. Par définition, les plaintes concernant l’équité salariale sont des plaintes collectives. Sans l’aide de la commission ou de leurs syndicats, les fonctionnaires de sexe féminin n’auront pas accès à l’information concernant les taux de rémunération et les descriptions de postes qui sont nécessaires pour déposer une plainte sur « la rémunération équitable ».
    Je vois que je manque de temps bien que j’aurais beaucoup d’autres choses à dire. Néanmoins, la lettre continue ainsi:
    Nous concluons que la Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public n’est pas conforme aux engagements que le Canada a pris envers les femmes dans les instruments internationaux relatifs aux droits de la personne ou dans la Charte. Nous vous demandons de retirer cette loi immédiatement et de mettre en oeuvre les recommandations du Groupe de travail de 2004 sur l’équité salariale.
    En tant que Canadiennes qui avons contribué pendant de nombreuses années à améliorer la vie des femmes, nous sommes en colère quand nous voyons le gouvernement du Canada faire reculer les droits des femmes. C’est la cinquième attaque flagrante que votre gouvernement porte contre les droits des femmes au Canada, suite à l’annulation du financement du Programme de contestation judiciaire, aux changements apportés aux critères de financement du Programme des femmes de Condition féminine Canada qui empêchent de soutenir la défense des intérêts ou le lobbying pour la réforme du droit, à l’annulation de...

  (1215)  

     Ces personnes ont dit avoir honte de ce que le Canada a fait aux femmes. C’est un triste jour...
    Questions et commentaires. La députée de Drummond a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, mon honorable collègue de l'autre côté de la Chambre nous a clairement fait remarquer que rien n'oblige les syndicats à défendre le droit des femmes. Cela ne fait pas partie de leurs prérogatives inscrites quelque part. S'ils veulent le faire, ils le feront et s'ils ne le veulent pas, ils ne le feront pas. Ainsi, si les événements se précipitent lors des négociations et qu'il y a des choses plus particulières à négocier que le droit des femmes à l'équité salariale, eh bien, les femmes vont passer à côté comme elles l'ont toujours fait par les années passées.
    Il n'y a donc rien qui oblige les syndicats à faire cela, et il y a également des dizaines de milliers de femmes, comme ma collègue le faisait remarquer, qui ne sont pas syndiquées et que personne ne défendra jamais. Les femmes ont un droit intrinsèque à l'équité salariale, c'est-à-dire à travail égal, salaire égal. C'est un droit fondamental qui n'est pas négociable. Ma collègue a parfaitement raison de le rappeler.
    En présentant un système légal où ce droit est bafoué, le gouvernement nous fait actuellement reculer de 50 ans. On bafoue fondamentalement le droit des femmes et on s'en débarrasse, à toutes fins pratiques. Ce qui est navrant et dramatique, c'est que le Parti libéral, qui prétend défendre le droit des femmes, s'alliera avec le gouvernement pour leur couper ces droits.
    J'aimerais connaître l'opinion de ma collègue là-dessus.

  (1220)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je dois admettre, ayant lu la lettre concernant ces femmes et personnalités extraordinaires du Canada qui ont exprimé leur honte parce que le gouvernement veut compromettre et même piétiner les droits des femmes, que je ressens une honte égale quand je vois le Parti libéral du Canada se joindre à cette comédie pour appuyer une mesure législative devant mettre fin à l’égalité et aux droits fondamentaux des femmes.
     Je veux être très claire dans ma réponse à mon collègue. Le fait d’inscrire la rémunération équitable, ou la version qu’en donne le gouvernement, dans la négociation collective rend la situation très difficile. Je suis très fière des liens syndicaux que j’ai tissés dans ma carrière, comme défenseur et membre du London and District Labour Council. Je sais que les syndicats font de leur mieux pour défendre les droits de tous leurs membres. Toutefois, quand il s’agit de la sécurité des lieux de travail et de la rémunération, on renonce souvent à certaines choses en échange d’autres choses. Dans ce cas, il est inacceptable de mettre en cause les droits de la personne.
    Monsieur le Président, je voudrais d’abord dire que le caucus libéral est parfaitement d’accord avec la députée en ce qui concerne les questions touchant les femmes, comme la parité salariale, les contestations judiciaires, la condition féminine, etc. Le gouvernement a clairement manifesté son mépris des femmes dans presque tout ce qu’il a fait.
    En ce qui concerne le dilemme de ceux qui risquent de perdre leur emploi, ce serait un grand problème de ne pas créer de nouveaux emplois pour remédier à la situation actuelle et parer aux difficultés des membres de notre société qui sont le moins en mesure de s’aider eux-mêmes. Il semble bien que le seul élément du budget qui puisse remédier à la situation réside dans un plan de relance dont 40 p. 100 des fonds sont destinés au financement de l’infrastructure.
    Tout en sachant fort bien qu’il y a de nombreux problèmes et que nous avons affaire à un projet de loi omnibus plutôt qu’à un projet de loi d’exécution du budget, nous estimons que les gens ont besoin de ce plan de relance et que tout retard dans son adoption pourrait causer des dégâts permanents dans la vie des Canadiens. Est-ce que la députée peut en convenir?
    Monsieur le Président, il était très clair pour nous, membres du caucus du Nouveau Parti démocratique, qu’un ralentissement économique s’annonçait. La crise hypothécaire d’août 2007 aux États-Unis l’a clairement montré à quiconque suivait la situation. C’est la raison pour laquelle nous avons dit et répété au gouvernement qu’il devait faire quelque chose pour protéger les emplois existants et investir dans les emplois de l’avenir. Nous l’avons dit à maintes et maintes reprises, mais personne n’écoutait.
    Aujourd’hui, nous sommes en pleine crise, et le gouvernement exploite la situation pour glisser ces dispositions empoisonnées dans le projet de loi d’exécution du budget. Ces dispositions visent à supprimer des droits syndicaux et des droits humains des femmes, elles sont destinées à brader des biens publics pour une bouchée de pain et à nous priver de la capacité de nous occuper de nos propres industries.
     Il est temps de nous lever...

  (1225)  

    Je vais suivre le conseil de la députée. Nous devons continuer.
    Reprise du débat. Le député de Joliette a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de prendre part au débat concernant le projet de loi C-10 qui met en oeuvre le budget, en particulier pour plaider en faveur de la proposition du Bloc québécois visant à supprimer les articles de 380 à 392. Ces articles ont trait à la décision unilatérale du gouvernement conservateur de modifier la formule de péréquation telle qu'elle avait été précédemment modifiée. Il faut donc maintenir le statu quo à cet égard.
     Si jamais les articles 383 et 392 restaient dans le projet de loi C-10, le Québec perdrait près de 1 milliard de dollars pour l'année financière 2009-2010. Au moment où la situation financière économique a des effets sur les rentrées fiscales du Québec, ce manque à gagner de 1 milliard de dollars aura des conséquences extrêmement graves sur la capacité de l'État du Québec, du gouvernement du Québec, de remplir ses obligations sur les plans de la santé, de l'éducation et de la solidarité sociale.
    On s'attendrait à ce que tous les députés québécois en cette Chambre appuient l'amendement du Bloc québécois afin de défendre correctement les intérêts du Québec. Si jamais des députés québécois de quelque parti que ce soit décidaient d'appuyer le projet de loi C-10 et de maintenir ces articles, ils représenteraient mal les intérêts du Québec et iraient à l'encontre des décisions de l'Assemblée nationale. On le sait, à la mi-janvier, l'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité une motion qui exigeait du gouvernement fédéral le respect, entre autres, de la formule actuelle concernant la péréquation.
    Le premier ministre du Canada a écrit au premier ministre du Québec, Jean Charest, le 19 mars 2007 — ce n'était quand même pas il y a des siècles; c'était il y a quelques mois — pour prendre un certain nombre d'engagements qui ne sont pas respectés, mais bafoués par le projet de loi C-10, en particulier en ce qui concerne les articles 383 à 392. Je vous en lis une toute petite partie de sa lettre. À la fin du premier paragraphe, le premier ministre conservateur écrivait à son homologue du Québec:
    Nous avons réitéré cet engagement dans le Budget de 2006 et tenu des consultations avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les experts et les Canadiens sur la façon de remettre les transferts fédéraux sur une assise fondée sur des principes, prévisible et s'appuyant sur une formule, après deux années d'ententes ponctuelles.
    À la fin du régime libéral sous M. Martin, des modifications à la pièce avait été apportées à la péréquation. Dans la lettre, le premier ministre conservateur nous annonçait qu'il n'y aurait plus d'ententes ponctuelles et que l'on aurait des principes ainsi qu'une formule qui assureraient des transferts stables. Force est de constater que le projet de loi C-10, en particulier les articles 380 à 392 qui touchent la péréquation, ne respecte pas cet engagement de la part du premier ministre du Canada. Dans le deuxième paragraphe de la lettre, on pouvait lire:
    Tous les gouvernements disposeront dorénavant de ressources d'une manière qui est fondée sur des principes, prévisible et à long terme afin de mener à bien leurs responsabilités.
    On voit encore que le projet de loi C-10 contrevient tout à fait aux engagements du premier ministre conservateur. Le ministre des Finances a voulu faire croire que l'information avait été rendue publique lors de la conférence des ministres des Finances l'automne dernier. Mme Jérôme-Forget, qui n'est pas une souverainiste, et je ne suis pas convaincu qu'elle vote pour le Bloc québécois, a à coeur les intérêts du Québec en tant que ministre des Finances libérale. Elle a bien dit que jamais l'information n'avait été transmise lors de cette rencontre.
    Je voudrais mentionner que le gouvernement conservateur fait actuellement une entente parallèle avec la Nouvelle-Écosse sur la base que celle-ci n'aurait pas été informée des modifications qui seraient amenées à la péréquation et des effets que cela aurait sur les transferts à cette province. Lors de cette rencontre des ministres des Finances, Mme Jérôme-Forget, et je n'ai aucune raison de croire qu'elle ne nous dit pas la vérité, a très bien fait savoir au gouvernement fédéral conservateur et au ministre des Finances que l'information n'avait pas été rendue disponible.

  (1230)  

    Ce n'était pas du tout de l'ordre du manque à gagner dont on parle maintenant, c'est-à-dire un milliard de dollars.
    Je rappelle que l'essentiel de ces articles 383 à 392 fait en sorte de plafonner le montant auquel chaque province aura droit. C'est déjà une entrave importante en soi. Le gouvernement modifie aussi la formule de calcul de péréquation qui, à notre avis, n'était pas satisfaisante. Il faut se rappeler qu'on ne comptait que 50 p. 100 des revenus provenant des redevances ou d'autres formes concernant les ressources naturelles, ce qui était, à notre sens, tout à fait inadéquat. Si on veut faire jouer à la péréquation le rôle pour lequel elle existe et est enchâssée dans la Constitution canadienne, il faut que la totalité des revenus provenant des ressources naturelles soit comptabilisée. Pour nous, la formule était déjà une formule bâtarde qui consistait à retenir seulement la moitié de ces revenus. On considère toujours qu'il faut compter 100 p. 100 de ces revenus pour pouvoir établir le vrai niveau de péréquation et de transfert duquel le Québec et les provinces qui y ont droit devraient bénéficier.
    Si on revient plus en arrière, la formule de péréquation et la stabilité des principes sur lesquels elle était établie faisaient partie d'une série de demandes qui n'ont pas été remplies par le gouvernement conservateur. Et contrairement à ce que disent le premier ministre, les députés conservateurs du Québec et le ministre des Finances, il est faux de dire que le déséquilibre fiscal est réglé. Là-dessus, il y a unanimité à l'Assemblée nationale du Québec et au Québec: le déséquilibre fiscal n'est pas réglé.
    Pour qu'il soit réglé, il faudrait d'abord que les niveaux de transfert prévus pour les programmes sociaux, que ce soit la santé, l'éducation postsecondaire ou la solidarité sociale, soient ramenés aux niveaux de 1994-1995, au moment où le ministre des Finances d'alors, Paul Martin, a commencé unilatéralement ses coupes et a commencé à pelleter ses problèmes financiers dans la cour des provinces et du Québec. Pour cela, il manque toujours au Québec 820 millions de dollars en transferts pour l'éducation postsecondaire. C'est 3,2 milliards à l'échelle canadienne. Il y a eu des efforts dans le passé pour la santé, mais pour ce qui est des programmes touchant l'éducation postsecondaire, on est encore aux niveaux de 1994-1995, et ça demeure inadmissible.
    Une fois les niveaux rétablis, nous désirons que le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec négocient les transferts équivalents en termes d'espace fiscal vers le Québec. Il est très clair, on le voit aujourd'hui avec le projet de loi C-10, que les transferts du fédéral vers le Québec et les provinces sont toujours assujettis à l'arbitraire fédéral. La seule façon de s'assurer que le Québec a l'autonomie financière nécessaire pour assumer ses responsabilités, même au sein de la fédération canadienne, c'est de transférer l'espace fiscal vers le Québec, comme cela s'est fait dans le passé.
     On se rappellera, sous Lester B. Pearson, le transfert effectué à la demande de Jean Lesage, et qui a permis la Révolution tranquille et le rattrapage du Québec à cette époque. Il y a aussi le transfert qui a eu lieu en 1977 sous René Lévesque. On constate que peu importe qu'on soit fédéraliste ou souverainiste, quand on travaille pour les intérêts du Québec, ça donne des résultats. En 1977, c'était essentiellement pour les soins de santé.
    Ce qu'on demande n'est pas nouveau, mais pour que ces transferts puissent se faire, il faut d'abord les ramener aux niveaux de 1994-1995, ensuite entamer les négociations avec le Québec pour transférer l'espace fiscal correspondant à ces transferts.
    Il y a encore un autre problème: le gouvernement conservateur s'était engagé à deux ou trois reprises à régler la question du pouvoir de dépenser du fédéral. À nos yeux, il est très clair qu'il ne s'agit pas d'encadrer ou de limiter le pouvoir de dépenser, il faut l'éliminer. Or la seule façon d'éliminer le pouvoir de dépenser du fédéral, c'est de donner au Québec et à toute province qui le voudra la possibilité de se retirer de tout programme mis en place par le fédéral dans les champs de compétence des provinces et du Québec, avec pleine compensation et sans condition. À cet égard, on attend toujours le projet de loi, mais je doute sérieusement qu'on en voie jamais le début du bout du nez. Si on n'est pas capable de respecter sa parole concernant la péréquation et la formule mise en place par ce gouvernement il y a à peine un an et demi en nous promettant que c'était maintenant garanti pour un long terme, je serais fort surpris qu'on respecte une promesse dont on n'a même pas commencé à créer les conditions pour la remplir.

  (1235)  

    C'est lamentable. J'invite encore une fois l'ensemble des parlementaires en cette Chambre à voter en faveur du retrait des articles de 383 à 392.
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de Joliette de la magnifique démonstration qu'il vient de nous faire. À très brève échéance, il y aura donc un manque à gagner de 1 milliard de dollars pour le Québec. Pour ceux qui n'ont pas cette somme dans leurs poches et qui ne l'auront jamais, il s'agit de mille billets de 1 million de dollars empilés les uns par-dessus les autres. C'est beaucoup d'argent avec lequel on peut bien sûr faire énormément de choses et sans lequel on ne peut pas faire ces choses.
    Il s'agit d'un trou important dans la sacoche de Mme Jérôme-Forget dont elle nous parle tout le temps. Actuellement, il n'y a plus grand-chose dans cette sacoche. L'une des raisons est probablement les coupes que l'on y fait aussi. L'Assemblée nationale a pris la décision unanime de dénoncer cela. Tous les fédéralistes à l'Assemblée nationale du Québec ainsi que tous les souverainistes l'ont dénoncé. C'est unanime et c'est le Québec qui parle à l'Assemblée nationale, et non deux ou trois personnes en cette Chambre. C'est le Québec au complet.
    Tous les députés de la Chambre qui ne sont pas membres du Bloc québécois vont, à une exception près, voter contre le Québec à ce sujet. On comprend pourquoi. De fait, tout cela relève de la loi du caucus. En caucus, la démocratie joue: la majorité décide et les minorités suivent la majorité. Nos députés sont minoritaires partout, quoi qu'on y fasse, et ils seront toujours obligés de défendre les positions établies par la majorité canadienne qui veut ces coupes. Ils défendront toujours le Canada contre le Québec.
    J'aimerais connaître la position de mon collègue à cet égard.
    Monsieur le Président, je voudrais d'abord remercier le député de Drummond de sa question extrêmement pertinente. Par le truchement d'un débat sur la péréquation, on voit l'importance du débat qui s'est produit pendant la campagne électorale. Au début de cette dernière, les conservateurs ont voulu remettre en cause la légitimité du Bloc québécois et du vote de millions de Québécois et Québécoises depuis les 18 dernières années.
     Que ce soit en 1993, en 1997, en 2000, en 2004, en 2006 ou encore en 2008 lors de la dernière élection, les Québécois et Québécoises ont décidé d'envoyer chaque fois une majorité de la députation du Québec sous la bannière du Bloc québécois. Pourquoi? Ils voient très bien, comme aujourd'hui, que le seul parti à se tenir debout et à défendre sans compromis les intérêts et les valeurs du Québec est le Bloc québécois.
    Tant que l'on restera à l'intérieur de la fédération canadienne, le Bloc québécois aura un rôle à jouer. Je suis convaincu que les Québécois et Québécoises continueront dans l'avenir, comme ils l'ont fait dans le passé, à envoyer une majorité de députés qui défendent véritablement leurs intérêts et leurs valeurs, soient ceux du Bloc québécois.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier de cet exposé extrêmement enrichissant et très véridique mon collègue de Joliette. J'appuie beaucoup ses propos.
    Comme l'a dit un peu plus tôt mon collègue de Drummond, il est question d'une perte de 1 milliard de dollars pour le Québec. Je me demande comment le gouvernement du Québec pourra réussir à planifier certains budgets dans l'avenir en ne connaissant jamais les véritables montants qu'il recevra d'Ottawa. Il serait aussi important de préciser qu'il ne s'agit pas d'argent qui nous est donné par Ottawa, mais d'argent qui nous est retourné. Il s'agit de notre argent. Notre travail a rapporté cet argent que l'on transfère à Ottawa. Il doit nous être retourné de toute façon.
    J'aimerais faire un petit aparté par rapport à l'idéologie des conservateurs. L'Alberta reçoit des transferts continus selon une certaine progression, alors que l'on sabre les transferts de péréquation des autres provinces.
    Mon collègue trouve-t-il logique que la riche Alberta continue à recevoir des sommes d'argent, alors que les autres provinces voient sabrer leurs transferts de péréquation — péréquation qui est non seulement justifiée, mais nécessaire, particulièrement pour le développement du Québec?
    Monsieur le Président, je remercie de sa question le député de Louis-Hébert. On a ici une illustration de ce qu'est le fédéralisme canadien. Le gouvernement fédéral, lorsqu'il décide de faire un transfert pour des programmes particuliers, le fera jusqu'à ce que sur le plan de sa visibilité, il considère que ce sera intéressant de le faire.
    Prenons l'exemple du logement social. Le gouvernement fédéral a mis en place un programme. Les provinces, en particulier le Québec, en ont bénéficié pour répondre à la demande sur le plan du logement social. Tout à coup, au milieu des années 1990, on sabre dans ce domaine, et le Québec est aux prises avec le problème. C'est toujours le danger. Encore pire, depuis quelques années, tous les programmes mis en place sont sur la base de la population...

  (1240)  

[Traduction]

    Reprise du débat. La députée de Nanaimo—Cowichan a la parole.
    Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour parler des amendements qu'on propose d'apporter à la Loi d'exécution du budget. Je vais traiter particulièrement de l'article 362, qui porte sur les prêts aux étudiants, et de l'article 394, qui porte sur l'équité salariale.
    En ce qui concerne les prêts aux étudiants, je veux m'attarder sur l'obligation de produire des documents additionnels. Cette disposition du projet de loi précise que quiconque reçoit un prêt d'études canadien sera tenu de fournir au ministre, sur demande, des documents additionnels. Elle crée une gamme de nouvelles pénalités pour les fausses déclarations et les omissions et semble aussi permettre au ministre de punir les étudiants de façon rétroactive pour avoir fait une fausse déclaration ou une omission en demandant un prêt d'études canadien.
    De nos jours, nous voulons que l'éducation postsecondaire soit le plus accessible possible aux étudiants. Nous savons que, en période de repli économique, il est important que les gens puissent parfaire leurs compétences et leur éducation afin d'être en mesure de profiter de la relance économique lorsqu'elle se produira.
    Cette disposition est particulièrement troublante parce qu'elle rendra l'accès à l'éducation encore plus difficile. Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien effectue actuellement un examen de l'éducation postsecondaire. Il examine un programme qu'on appelle Programme d'aide aux étudiants de niveau postsecondaire. Une des options envisagées, c'est que certains étudiants des Premières nations demandent des prêts d'études canadiens.
    Nous savons déjà que, lorsqu'il s'agit d'éducation postsecondaire, les étudiants des Premières nations ont moins d'accès, plus de barrières et un taux d'obtention de diplôme moins élevé. Pourtant, nous savons aussi que, dans bien des provinces, les Premières nations et les Métis forment une partie importante de la population étudiante. Il est inquiétant que nous soyons en train de remanier un programme d'une façon qui aura une incidence sur les étudiants en général du point de vue de l'accès et qui pourrait toucher plus directement les étudiants des Premières nations.
    Lors d'une assemblée du conseil des ministres de l'Éducation du Canada tenue le 23 février, le chef national Phil Fontaine a parlé de l'importance de l'éducation. Il parlait des études primaires et secondaires, de la maternelle à la 12e année, mais je crois que cela s'applique aussi aux études postsecondaires. Il a dit que le coût de l'inaction était astronomique. Il a ajouté ceci:
    J'ai lu récemment un éditorial dans le Star Phoenix qui prévoyait que les Premières nations et les Métis de la Saskatchewan pourraient représenter environ 23 p. 100 de la main-d'oeuvre d'ici 2016, ce qui aurait d'énormes répercussions, tant ici que partout au pays. À l'échelle nationale, plus de 600 000 jeunes Autochtones entreront sur le marché du travail d'ici 2026, et ils pourraient apporter à l'économie canadienne une importante contribution estimée à 71 milliards de dollars. Il est essentiel que nous prenions les bonnes décisions dès maintenant, sans quoi les coûts sociaux et économiques pourraient être très élevés pour les gouvernements fédéral et provinciaux.
    À mon avis, un projet de loi d'exécution du budget qui ne tient pas compte de telles répercussions pour les étudiants Canadiens et ceux des Premières nations, des Métis et des Inuits contient de graves lacunes.
    Bon nombre de personnes ont soulevé avec beaucoup d'éloquence la question de l'équité salariale à la Chambre. Il s'agit en fait de la Loi sur l'équité dans la rémunération du secteur public. Depuis 2006, nous avons été témoins d'une érosion constante du principe de l'égalité des femmes au pays, à partir du retrait du mot égalité du site web de Condition féminine Canada jusqu'au sous-financement des organisations féminines qui pourraient fournir à la Chambre un éclairage qui lui manque dans ce dossier. Seulement 20 p. 100 des députés sont des femmes. Il est très important que nous financions ces organisations féminines afin de nous assurer que le gouvernement tient compte de cette représentation dans la politique sociale et économique lorsqu'il prépare ses mesures législatives. La Loi d'exécution du Budget et le budget lui-même ne tiennent presque aucun compte des femmes.
    J'aimerais dire quelques mots sur les Premières nations. L'Association des femmes autochtones du Québec a émis un communiqué de presse après avoir examiné le budget. Elle a parlé du fait que les plans d'investissement visant l'infrastructure et les industries ont tendance à bénéficier davantage aux secteurs d'activités qui regroupent principalement des travailleurs masculins. La double discrimination à laquelle les femmes autochtones font face a déjà mené à une féminisation de la pauvreté et la crise économique accroîtra sans doute leur marginalisation. Le communiqué souligne ensuite le fait que les Nations Unies ont transmis un grand nombre de recommandations sur les principaux secteurs de préoccupations quant à leurs obligations en matière de droits de la personne. Malheureusement, ces recommandations ont été complètement ignorées dans le budget.

  (1245)  

    L'Association des femmes autochtones du Canada a parlé de la nécessité de tenir expressément compte des femmes autochtones dans le plan de relance. Toutefois, on n'y retrouve tout au plus qu'un commentaire d'ordre général sur les questions autochtones comme le logement social dans les réserves, la formation et le perfectionnement des Autochtones ainsi que les services à l'enfance et à la famille. L'Association a par la suite souligné que les femmes ne sont mentionnées nulle part dans ce plan. Lorsqu'on sait qu'il n'existe pas de programme, de service ou d'infrastructure portant précisément sur les femmes et les questions qui s'y rapportent, on voit bien que ces dernières ont tout simplement été mises de côté.
    Je soulève ce point dans le cadre d'un débat sur l'équité salariale parce que quelqu'un a dit à la Chambre que nous devions faire en sorte que les familles canadiennes aient accès à une indemnisation raisonnable. L'ancien groupe de travail sur l'équité salariale de 2004, qui avait mené des centaines d'heures de consultations d'un océan à l'autre auprès d'entreprises, de syndicats et de particuliers, avait produit toute une série de recommandations très étoffées dont personne ne tient compte depuis 2004. Ce n'est donc pas seulement le gouvernement actuel qui a feint de les ignorer, mais son prédécesseur aussi. Le groupe de travail sur l'équité salariale aurait mis en oeuvre des mesures concrètes pour faire du salaire égal pour un travail d'égale valeur une réalité. Soyons clairs, c'est bien de cela qu'il s'agit. On parle de salaire égal pour un travail d'égale valeur, mais cette notion se noie parfois dans les discours creux à la Chambre.
    Le projet de loi dont nous sommes saisis nous fait faire un grand pas en arrière. Nous savons que les femmes du Canada, en moyenne, gagnent environ 70 cents pour chaque dollar gagné par les hommes. Ce dont nous avions vraiment besoin, c'est d'ajouter du mordant à la loi sur l'équité salariale. Sans parler du fait que cette mesure n'aurait jamais dû se retrouver dans le projet de loi d'exécution du budget. Elle aurait dû donner faire l'objet d'un projet de loi distinct afin que le Comité de la condition féminine puisse convoquer des témoins et examiner le projet de loi en profondeur et veiller à ce qu'il reflète les recommandations du groupe de travail sur l'équité salariale.
    Le gouvernement a plutôt choisi d'enfouir cette mesure dans un projet de loi omnibus sans qu'elle fasse l'objet d'une étude adéquate, comme bon nombre d'autres mesures incluses dans ce projet de loi, notamment celles qui concernent les eaux navigables.
    J'aimerais citer des passages de deux communiqués. Le 23 février, l'Alliance de la fonction publique du Canada a publié un communiqué dans lequel il est écrit ce qui suit:
    L'AFPC dénonce vertement la Loi sur l'exécution du budget, qui met en péril le droit à la négociation collective et le principe de l'équité salariale.
    Et, un peu plus loin:
    La Loi sur l'équité dans la rémunération du secteur public empêcherait les travailleuses de la fonction publique fédérale de réclamer un salaire égal pour un travail d'égale valeur. Elle propose que l'équité salariale serve de monnaie d'échange à la table de négociation où l'employeur a toujours été maître du jeu. Elle interdirait aux syndicats d'aider les membres qui voudraient déposer des plaintes pour discrimination salariale. Le projet de loi C-10 ne corrigerait aucunement l'écart salarial qui existe entre les travailleuses et travailleurs de la fonction publique fédérale.
    Dans une note d'information détaillée rédigée par l'agent de l'Alliance de la fonction publique du Canada responsable des droits de la femme et de la personne, intitulée « La fin de l'équité salariale pour les femmes dans la fonction publique fédérale », on souligne que l'accès sera restreint. Je vous lirai les extraits suivants:
    La Loi sur l'équité dans la rémunération du secteur public limitera la teneur et l'application de l'équité salariale dans le secteur public. Ce projet de loi retirerait le droit des travailleuses et travailleurs du secteur public de présenter des plaintes en matière d'équité salariale à la Commission canadienne des droits de la personne. Le projet de loi, en redéfinissant la notion de « groupes ou catégories d'emplois à prédominance féminine » à des groupes composés d'au moins 70 p. 100 de femmes, fera en sorte qu'il sera plus difficile dorénavant de réclamer l'équité salariale. Il redéfinit aussi les critères utilisés pour évaluer si le travail est de « valeur égale ».
    Plus loin, il est question de l'amende de 50 000 $ qui sera imposée aux syndicats qui encourageraient ou aideraient leurs membres à présenter une plainte en matière d'équité salariale et du fait que l'équité salariale est un droit fondamental de la personne protégé par la Loi canadienne sur les droits de la personne depuis 1977.
    Nous reconnaissons là le gouvernement dans ses tentatives visant à miner l'égalité des femmes au pays. C'est un recul pour les droits de la femme qui donne le ton de l'approche générale du gouvernement à l'endroit des dossiers concernant les femmes. J'exhorte les députés à appuyer l'amendement qui consiste à retirer ces éléments du projet de loi d’exécution du budget et à les soumettre, comme il se doit, au Comité de la condition féminine qui pourra en discuter en profondeur et assurer une surveillance adéquate.

  (1250)  

[Français]

    Monsieur le Président, nous sommes rendus à l'étude du projet de loi de mise en vigueur du budget à l'étape du rapport. Aujourd'hui, dans le regroupement d'amendements proposés, deux types d'amendements n'auraient pas dû se retrouver dans le projet de loi du budget. En ce qui concerne la question de la péréquation, le gouvernement fédéral dépose un budget de relance économique qui retire d'une main au Québec ce qu'il lui donnerait de l'autre.
     Le système de péréquation tel que développé au Canada est financé intégralement par le gouvernement fédéral à l'aide des impôts payés par les Canadiens et les Québécois dans tout le pays. Cela découle d'un engagement fondamental en faveur de l'équité, pour que les citoyens aient accès à des services publics à des niveaux d'imposition sensiblement comparables. Autrement dit, la formule mise au point au fil des ans vise à mesurer la capacité fiscale d'une province d'offrir des services publics sans prendre en compte les différents facteurs susceptibles d'influer sur le volume ou le coût des services publics dans les provinces, à l'exception de sa taille et de sa population.
    Dans le cas présent, on a décidé de modifier unilatéralement la façon de faire. Le Québec se retrouve avec un manque à gagner de l'ordre de 1 milliard de dollars alors que le Québec, comme les autres provinces du Canada, fait actuellement face à des problèmes majeurs, à la baisse de consommation et à la nécessité de relancer l'économie. On nous annonce d'un côté que l'on investira de l'argent dans l'infrastructure, par exemple, pour stimuler la consommation et de l'autre côté, qu'on enlève cette marge de manoeuvre à laquelle le Québec s'attendait pour pouvoir y avoir accès. D'ailleurs, la ministre des Finances du Québec a dénoncé cette décision dans une lettre et a demandé au gouvernement fédéral de reconsidérer sa façon d'évaluer les choses et de mettre sur la table ce qui serait vraiment important. En ce sens, le Bloc québécois a déposé des amendements afin que cette partie de la loi soit retirée.
    Le fait est que les conservateurs peuvent compter sur l'appui des libéraux. Cette coalition bleue et rouge ressemble à bonnet blanc, blanc bonnet. D'un côté ou de l'autre, que ce soit l'un ou l'autre qui soit au gouvernement, il y a le même rouleau compresseur centralisateur du gouvernement fédéral. Cela s'exprime particulièrement dans cette question des coupes à la péréquation qui feront très mal au Québec.
    Un autre aspect important concerne toute la question de l'équité salariale. Dans ce bloc d'amendements, on retrouve aussi des amendements ayant pour but de redonner ses lettres de noblesse à la question de l'équité salariale. D'ailleurs, on s'étonne beaucoup de retrouver ce type de mesures dans une loi portant sur la mise en oeuvre du budget. On a vu ce modèle d'intervention au Congrès américain, particulièrement sous les républicains, lorsqu'on accrochait des amendements à des projets de loi omnibus. On en arrive à des états de fait qui ne correspondent pas à ce qui est souhaité.
    Le Bloc québécois est évidemment favorable à l'équité salariale et il considère qu'il s'agit d'un droit, voire d'une valeur non négociable. Afin de s'assurer que l'équité salariale est effective pour l'ensemble des travailleurs québécois et des travailleuses québécoises, il faut une loi fédérale proactive qui couvrira l'ensemble des travailleuses relevant des champs de compétence fédérale.
    Dans le présent projet de loi, plutôt que de donner un droit égal à chacune des travailleuses, on crée une catégorie additionnelle de travailleuses qui ne sont pas couvertes par les mêmes conditions. On donne une protection aux gens du secteur public et un autre type de protection à ceux qui ne sont pas couverts par l'actuel projet de loi. Cela nous apparaît inéquitable pour les femmes touchées par ce projet de loi.
    En fait, le Bloc québécois est contre la partie qui fait de l'équité salariale un droit négociable s'inscrivant dans une convention collective. Il souhaite que l'on procède plutôt par la création de comités sectoriels sur l'équité salariale, comme on l'a fait au Québec. Nous dénonçons le fait que ce projet de loi crée une troisième catégorie de travailleuses au Québec. Comme je le disais plus tôt, il y a une catégorie relevant de la Loi sur l'équité salariale québécoise, une autre relevant de la loi fédérale sur la rémunération équitable et celle toujours soumise au système de plaintes inefficace et relevant du secteur privé de compétence fédérale et de certaines sociétés d'État.
    Il y a donc trois catégories de citoyennes différentes par rapport à une loi qui vise l'équité salariale. Il y a un non-sens ici. Le gouvernement fédéral aurait eu intérêt à ne pas s'avancer sur ce terrain. Il a mis en avant des mesures qui créeront plus d'iniquités qu'elles ne résoudront de problèmes.

  (1255)  

    Nous croyons que les lacunes, omissions et prémisses, dont la notion d'économie de marché de ce projet de loi, le rendent inacceptables et non conformes aux valeurs québécoises.
    Si le gouvernement conservateur juge nécessaire que la rémunération soit équitable au gouvernement, pourquoi n'est-ce pas le cas pour les entreprises privées qui relèvent de sa juridiction si ce n'est qu'il juge que ce principe est coûteux et nuisible à l'entreprise privée?
    On détermine l'équité non pas en fonction des droits des travailleuses concernées, mais en fonction des intérêts des employeurs qui les engagent. C'est très inacceptable comme façon de faire et il m'apparaît que les conservateurs auraient dû reculer sur cette position. C'est la raison pour laquelle, particulièrement comme députés du Bloc québécois, nous avons des valeurs bien ancrées sur la question de l'équité salariale au Québec, une pratique pas assez bien développée. On souhaite que le gouvernement conservateur recule sur ce point. S'il ne le fait pas, il aura à porter les effets du jugement de la population sur son comportement.
    La partie II du projet de loi porte sur la rémunération équitable et édicte la Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public. L'expression équité salariale est absente du projet de loi. On parle plutôt de rémunération équitable sans jamais la définir. Cela va être très flou au plan des interprétations juridiques et on risque, en fin de compte, de retrouver un des obstacles que les conservateurs prétendaient faire disparaître, c'est-à-dire les batailles sans fin devant les cours de justice qui ne permettront pas à ces travailleuses d'obtenir justice.
    Le projet de loi s'applique strictement aux employeurs du secteur public: le Conseil du Trésor, la GRC et certaines agences et sociétés d'État. Les entreprises sous juridiction fédérale ne sont pas couvertes comme certaines sociétés d'État, notamment Postes Canada et Radio-Canada. On crée donc un fouillis immense qui, en fin de compte, n'améliorera d'aucune façon la situation.
    On voit donc que le gouvernement fédéral aurait pu aller de l'avant dans ce budget avec des mesures qui auraient vraiment pu aider l'économie québécoise. On parle notamment de l'aide aux secteurs manufacturier et forestier. On voit encore aujourd'hui comment ces secteurs ont besoin d'aide et ont été abandonnés par le gouvernement fédéral. On a donc besoin d'interventions, de garanties de prêts et de moyens d'action originaux. Le Bloc québécois a proposé des mesures à cet égard l'automne dernier. Il a d'ailleurs été le seul parti de l'opposition à faire des propositions concrètes en ce sens.
    Dans ce budget de relance, en plus de ces éléments qui manquent et qui sont importants et primordiaux pour la société québécoise et qui ont fait en sorte que le Bloc québécois se prononce contre le projet de loi, le gouvernement a intégré dans la loi des mesures qui n'étaient pas nécessairement d'ordre budgétaire et qui ne méritaient surtout pas d'être corrigées de la façon qu'il le souhaite à ce moment-ci si on veut respecter l'équité envers les provinces et si on dit qu'elles disposent des sommes nécessaires pour relancer l'économie.
    Lorsque le ministre des Finances se targue d'avoir investi des milliards de dollars par le plan d'infrastructure pour relancer l'économie et que, de l'autre côté, il coupe l'argent de la péréquation pour le Québec, il crée des conditions où le Québec n'aura pas les sommes disponibles pour activer les programmes tripartites qui demandent l'intervention du fédéral, du provincial et des municipalités. Or, si on lui avait laissé sa marge de manoeuvre vis-à-vis de la péréquation, on aurait pu obtenir beaucoup plus d'effets positifs sur l'économie pour en arriver à vraiment obtenir un plan de relance qui vienne contrer le ralentissement économique qu'on vit actuellement.
    De ce côté-là, le gouvernement conservateur n'a pas été capable de se sortir des ornières de sa vieille pratique non interventionniste. Même si on dit que devant la situation, on est obligé de changer de comportement, on retrouve plusieurs comportements traditionnels des conservateurs et cela en est effectivement un, soit celui de pénaliser le Québec en coupant les sommes pour la péréquation. Cela a des conséquences draconiennes pour le gouvernement du Québec qui rencontrera sûrement des difficultés particulières lors de la préparation de son budget.
    On me fait signe qu'il ne me reste qu'une minute. On se rend également compte que cette approche est l'un des constats principaux qui font que de plus en plus de Québécois et de Québécoises considèrent que s'ils avaient 100 p. 100 de leurs impôts — qui est une partie importante de la souveraineté —, ils pourraient prendre des décisions de peuple adulte. Ils ne seraient plus obligés de faire des débats de ce type ni de dépendre d'un gouvernement qui, d'une année à l'autre, change les modes de financement qu'il nous assure par la péréquation. À mon avis, autant du côté canadien que du côté québécois, on serait beaucoup plus heureux dans une situation comme celle-là.

  (1300)  

    En attendant ce moment où le peuple québécois aura décidé de donner suite au projet de souveraineté, le Bloc québécois est ici en cette Chambre pour défendre les intérêts du Québec. Il le démontre encore une fois par les amendements proposés au projet de loi et par la position du Bloc québécois qui n'a pas été de faire comme les libéraux et de s'associer à un budget conservateur qui se fait se le dos du Québec. Nous avons défendu clairement les positions du Québec et nous continuerons de le faire.
    Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à mon collègue.
     Il a abordé le sujet de l'équité salariale. J'aimerais rappeler qu'aujourd'hui, une femme gagne environ 70,5 ¢ pour chaque dollar que gagne un homme. C'est 64 ¢ si c'est une femme de couleur et si c'est une femme autochtone, c'est 46 ¢.
    J'aimerais avoir l'opinion de mon collègue vis-à-vis de cette attaque sur l'équité salariale que le gouvernement conservateur a mis de l'avant dans le budget. En quoi voit-il que cela stimulera l'économie? Moi, je ne le vois pas. Également, j'aimerais avoir son opinion sur le fait que nos collègues féminines, du côté libéral, qui se sont auparavant portées à la défense des droits des femmes, appuient maintenant ce budget.
    Monsieur le Président, effectivement, l'équité salariale est un droit. Ce n'est pas une mesure de relance économique comme telle. C'est un droit que les femmes ont, qu'on devrait respecter et qu'on devrait mettre en pratique par des mécanismes adéquats.
    Ce qu'on voit dans le présent budget, c'est l'instauration d'un système à trois niveaux différents, selon le type d'employeurs qu'auront les travailleuses. On ne voit pas vraiment de quelle façon on arrivera à améliorer la situation des femmes avec ce type de démarches. En bout de ligne, il n'y aura évidemment pas d'impact économique, parce que le rétablissement prendra beaucoup de temps. Il y aura encore des contestations judiciaires importantes. Il ne faut pas rendre l'équité salariale dépendante de son effet sur l'économie. Il faut considérer l'équité salariale comme un droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale. Toute femme a droit au même salaire qu'un homme lorsqu'elle accomplit un travail comportant des compétences, un effort et des responsabilités similaires, dans des conditions de travail semblables. Lier cette reconnaissance au type d'employeurs, d'en faire des catégories différentes selon que l'on travaille dans les secteurs public, privé ou parapublic, ce n'est pas la voie de l'avenir. Il faudrait vraiment aller de l'avant avec une mesure d'équité salariale qui donnerait l'équité complète, qui permettrait d'en arriver à ce qu'une femme gagne un salaire égal pour un travail égal et équivalent.
    Ainsi, dans le budget, le gouvernement aurait dû mettre de côté cette façon de faire et y aller vraiment d'un véritable plan de relance.
    Monsieur le Président, j'aimerais féliciter mon collègue pour son excellent discours. J'aurais une question à lui poser.
    Bien sûr, remettre en question l'équité salariale des femmes, permettre aux femmes d'avoir recours à certains droits au niveau public, mais faire en sorte qu'au niveau privé elles n'aient aucun droit, cela va un peu dans la l'esprit de ce fait que le Parti conservateur. Il s'est déjà attaqué, antérieurement, au programme de Condition féminine et au Programme de contestation judiciaire. Donc, cela va un peu dans cette perspective. J'aimerais entendre mon collègue à ce sujet.
    Il y a également le fait qu'on ait coupé au niveau de la péréquation. On n'a pas soutenu nos industries du secteur manufacturier, mais en plus, on permet encore des abris fiscaux pour 80 milliards de dollars. J'aimerais entendre mon collègue à ce propos.
    Monsieur le Président, ce qui est aberrant concernant la question de l'équité salariale dans ce projet de loi, c'est qu'on crée un premier groupe de femmes qui sera touchée par la loi sur la rémunération équitable au niveau fédéral et un autre groupe qui sera soumis au système de plaintes inefficaces relevant du secteur privé de compétence fédérale de certaines sociétés d'État. Donc, sous prétexte de créer plus d'équité, on crée plus d'iniquité. La réponse en soi est là dans le libellé du projet de loi.
    Pour ce qui est de toute la question de la péréquation, effectivement, le Québec aurait vraiment le goût de sortir de cette mécanique qui, d'année en année, lui accorde des budgets imprévisibles. Le gouvernement fédéral met comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du Québec. Cette fois-ci, on voit que cela a des conséquences majeures. Les coupes seront de l'ordre d'un milliard de dollars et lorsqu'on évaluera l'efficacité des mesures de l'ensemble du budget fédéral, on se rendra compte que les provinces n'auront pas pu dépenser les sommes nécessaires, surtout dans le cas du Québec, parce qu'elles auront été obligées de compenser la baisse de financement obtenu par l'entremise de la péréquation.

  (1305)  

[Traduction]

    Reprise du débat. Comme aucun autre député ne souhaite intervenir, conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, les motions nos 32, 43 et 53 sont réputées avoir été mises aux voix et le vote par appel nominal est réputé avoir été demandé et reporté.

[Français]

    Le vote par appel nominal sur la motion no 32 s'appliquera également aux motions nos 33 à 42.

[Traduction]

    Le résultat du vote sur la motion no 43 s'appliquera également aux motions nos 44 à 52.
    Le résultat du vote sur la motion no 53 s'appliquera également aux motions nos 54 à 65.
    Conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, les votes par appel nominal sont reportés à 15 heures aujourd'hui.

La Loi sur les grains du Canada

L'hon. Diane Finley (au nom du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et ministre de la Commission canadienne du blé)  
    propose que le projet de loi C-13, Loi modifiant la Loi sur les grains du Canada, le chapitre 22 des Lois du Canada (1998) et le chapitre 25 des Lois du Canada (2004), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
    Monsieur le Président, c'est un privilège pour moi d'intervenir aujourd'hui dans le débat sur les modifications proposées à la Loi sur les grains du Canada. Le gouvernement attache une grande priorité à cette mesure, parce que les agriculteurs l'ont demandée et qu'il est grand temps que la loi soit modernisée de manière à refléter que nous vivons au XXIe siècle.
    La preuve que nous avons les producteurs agricoles à coeur, c'est que nous améliorons le mandat de la Commission canadienne des grains. Dans le passé, la phrase « au profit des producteurs de grain », une phrase de la loi, a donné lieu à différentes interprétations. En réponse aux recommandations tant de la firme COMPAS que du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, le mandat de la Commission canadienne des grains sera divisé en deux parties.
    Aux termes de la première partie de son mandat, la Commission canadienne des grains fixera et fera faire respecter des normes de qualité pour le grain canadien et régira la manutention des grains, au nom des intérêts des Canadiens. Par ailleurs, nous avons jugé qu'il était nécessaire de reconnaître également les intérêts des producteurs. Ainsi, aux termes de la deuxième partie de son mandat, la commission protégera les intérêts des producteurs à divers égards.
    Tout d'abord, il y a les livraisons aux élévateurs et aux négociants en grains, ensuite, il y a l'accès au décisions exécutoires de la commission concernant les grades de grains et les impuretés et, en troisième lieu, il y a la répartition des wagons aux producteurs. Nous avons modifié et amélioré le mandat de la commission pour répondre aux préoccupations exprimées par les producteurs de grains de tout le Canada.
    Au Canada, le secteur céréalier est une grande réussite parmi les réalisations considérables de l'agriculture canadienne ces 100 dernières années. Grâce au travail remarquable de nos producteurs, le blé, l'orge et les autres grains produits au Canada sont reconnus par nos clients internationaux pour la constance inégalée de leur propreté et de leur qualité.
    Chaque année, les producteurs de grains canadiens gagnent environ 10 milliards de dollars. Cet argent contribue à faire tourner l'économie du Canada, tant dans les régions urbaines que rurales. La production de grains soutient des emplois dans toute la chaîne de production, des fournisseurs d'intrants jusqu'aux employés des élévateurs en passant par ceux qui les transportent et les transforment. L'argent produit soutient nos collectivités rurales, qui apportent une si grande contribution à l'économie du Canada.
    Pour mettre cela en termes concrets, je dirai que ce sont les cultivateurs de grains qui soutiennent notre santé et notre bien-être. Ce sont les gens qui mettent le pain quotidien sur nos tables.
    Le gouvernement a pris des mesures concrètes pour soutenir le secteur agricole, qui est vital pour notre économie. Le ministre a toujours dit qu'il faisait passer les agriculteurs en premier et c'est ce qu'il a fait.
    Il y a près de trois ans, un des premiers gestes que nous avons posés en tant que gouvernement a été dans l'intérêt des producteurs de grains. Nous avons accéléré le programme de paiement des grains et des oléagineux. À ce moment-là, j'ai eu le plaisir de travailler avec les partis de l'opposition pour faire adopter la mesure législative. Nous avons travaillé avec tous les autres partis et nous avons pu faire adopter rapidement le projet de loi qui apportait des modifications.
    Nous investissons plus de 2 milliards de dollars dans le développement des biocarburants pour ouvrir de nouveaux débouchés à nos producteurs de grain et d'oléagineux, pour créer des emplois dans nos collectivités rurales et pour créer un meilleur environnement pour les Canadiens. Nous avons donné aux producteurs la possibilité de participer aux programmes. Les fonds investis ont facilité la planification de nouveaux projets sur les biocarburants partout au Canada et ils aideront à construire des usines de production des biocarburants.
    Nous avons amélioré le programme des avances en liquide en doublant la portion sans intérêt offerte aux producteurs. Nous facilitons le transfert des exploitations agricoles familiales aux jeunes en majorant l'exemption pour gains en capital. Dans les négociations de l'OMC sur l'agriculture, nous restons déterminés à obtenir un résultat bénéfique pour l'ensemble du secteur agricole canadien.
    Beaucoup d'entre nous travaillent pour ouvrir les structures de commercialisation du grain de manière à offrir des options aux producteurs. De nouveaux marchés aideront le Canada à traverser la période d'incertitude économique actuelle et à en ressortir plus fort que jamais.
    Nous devons aussi mettre en oeuvre des programmes stables donnant des résultats tangibles. Ils permettront aux agriculteurs de survivre à la crise et de continuer à être le moteur de l'économie. C'est là l'objectif du cadre stratégique Cultivons l'avenir. Il s'agit de stabiliser l'agriculture aujourd'hui puis de bâtir un secteur agricole solide pour demain.
    Nous travaillons avec les provinces et les territoires afin de mettre la dernière touche à l'ensemble des programmes autres que ceux de gestion des risques de l'entreprise qui seront offerts dans toutes les provinces. Nous prévoyons mettre en oeuvre ces programmes avant le 1er avril. Les progrès vont d'ailleurs bon train.
    Les programmes de gestion des risques d'entreprise constituent un élément clé du cadre Cultivons l'avenir. Dans le budget présenté en janvier, nous avons pris des mesures pour que le Canada et l'industrie agricole sortent plus forts que jamais de la crise économique actuelle.
    Je voudrais parler de quelques éléments qui se trouvent dans le budget. Nous avons annoncé un programme de flexibilité agricole de 500 millions de dollars qui vise à aider les agriculteurs à relever les défis et à exploiter les débouchés des marchés régionaux. Ces fonds permettront aux agriculteurs de faire face aux pressions liées aux coûts de production, de favoriser l'innovation et d'assurer la viabilité environnementale.
    Nous avons aussi mis 50 millions de dollars de côté afin d'augmenter la capacité des abattoirs et des usines de transformation de la viande. Cet argent vise à aider les abattoirs autres que les grands abattoirs qui existent dans ce pays.
    Nous avons mis de côté 1 milliard de dollars pour le fonds d'adaptation des collectivités afin d'aider les collectivités rurales à relever les défis économiques.

  (1310)  

    Je veux parler un peu du projet de loi C-13, le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui, et de notre engagement à l'égard des céréaliculteurs. Les modifications proposées par le gouvernement à la Loi sur les grains du Canada et à la Commission canadienne des grains sont une preuve de cet engagement. J'ai déjà parlé du mandat. Ce changement est nettement dans l'intérêt des producteurs. Le régime canadien d'assurance de la qualité applicable aux grains est un important avantage concurrentiel pour nos agriculteurs. Les modifications que nous proposons consolideront encore cet avantage.
    Quand d'autres pays choisissent d'acheter du grain canadien pour son traitement, ils comptent sur la qualité et la propreté de chaque livraison. Nos grains ont acquis une réputation mondiale méritée.
    D'abord et avant tout, cette réputation est attribuable au travail constant de nos agriculteurs. Les entreprises de manutention du grain, les scientifiques et la Commission canadienne des grains ont certainement joué un rôle dans l'établissement de cette réputation sans tache. Notre atout, sur le marché, c'est la qualité. La Commission canadienne des grains en est responsable en grande partie, ainsi que le régime d'assurance de la qualité qu'elle administre en conformité de la Loi sur les grains du Canada. C'est pourquoi cette loi, et les modifications que nous y apportons, sont tellement importantes.
    L'industrie des grains évolue, et les outils législatifs qui assurent la compétitivité de l'industrie doivent évoluer aussi. La Loi sur les grains du Canada n'a pas été modifiée pour la peine en près de 40 ans. Il est donc temps que nous examinions cette loi et y apportions les changements qui conviennent pour les agriculteurs d'un bout à l'autre du pays.
    Le marché a évolué. Nous le comprenons tous. Nous avons un nouveau débouché important pour le grain: l'industrie des biocarburants. Des projets de notre gouvernement ont appuyé cette industrie.
    Nous avons des systèmes de gestion de la qualité qui permettent de garder séparés, au cours de la manutention, les grains ayant des qualités particulières recherchées par certains clients. C'est un changement énorme par rapport au système que nous employions par le passé, qui ne permettait que la manutention en vrac d'immenses quantités de grains. Maintenant, de nouvelles initiatives permettent aux agriculteurs qui le souhaitent d'offrir à leur clientèle des grains aux qualités particulières en plus petites quantités.
    Nous pratiquons un marketing de créneaux. Nous avons des installations de traitement des grains partout au Canada. Nous avons aussi un plus large éventail de cultures, dont nous devons tenir compte.
    Au milieu des années 1990, la réforme de la Loi sur le transport du grain de l’Ouest a donné lieu à une diversification généralisée dans cette partie du pays, des producteurs ayant décidé de commercialiser leurs grains sur le marché de l’élevage ou d’opter pour d’autres cultures, comme les oléagineux, les légumineuses ou les cultures horticoles. Dans ma région, cela s’est traduit par d’importants changements. Tandis que 80 ou 90 p. 100 de la superficie était jadis consacrée aux céréales, nous en comptons maintenant moins de 50 p. 100 sans doute. Sur l’ensemble des Prairies, près du tiers des terres arables servent à la culture du blé et les deux autres tiers à des cultures que nous ne pratiquions pas il y a 20 ans.
     Il demeure que nous avons besoin d’une loi qui soit adaptée à nos réalités actuelles et futures et je me propose donc de vous parler des modifications que nous nous comptons apporter à la Loi sur les grains du Canada. Ces modifications sont destinées à permettre à nos producteurs de demeurer compétitifs grâce à une amélioration de la réglementation du secteur céréalier au Canada.
    Les changements que nous nous proposons d’apporter à la Loi sur les grains du Canada et à la Commission canadienne des grains permettront au secteur céréalier de faire face aux défis du XXIe siècle et d’être plus concurrentiel et davantage axé sur les marchés. En éliminant les coûts obligatoires mais inutiles associés au système de manutention des grains, ce projet de loi vise à réduire les coûts pour les céréaliculteurs et à faire en sorte que le secteur soit plus efficace et novateur.
     Nous modernisons le contexte réglementaire. Comme ce sont les exploitants agricoles qui finissent par assumer l’ensemble des coûts, nos propositions leur permettront d’accéder à un système moins coûteux.
     Les modifications que nous comptons apporter ne sont pas apparues comme par magie. Elles reprennent les orientations fixées dans le rapport de la firme Compas et par le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire qui a fait un excellent travail. Les deux rapports en question sont le résultat de consultations poussées menées auprès des intervenants du secteur concerné. Cet ensemble de propositions est fondé sur ces nombreuses recommandations, surtout sur celles du comité permanent. Bref, ces modifications témoignent de la volonté et des besoins de l’industrie céréalière canadienne.
     Je me propose de vous parler plus particulièrement de trois ou quatre des changements proposés.
     Premièrement, nous suggérons de ne plus imposer l’inspection et le pesage des céréales à la livraison dans l’Ouest du Canada. Rien ne justifie d’imposer une disposition inutile, surtout quand les coûts doivent être assumés par les céréaliculteurs et par le secteur céréalier.
    Actuellement, quand des exploitants livrent leurs céréales aux silos, celles-ci sont classifiées en accord avec le céréaliculteur, avant d’être déchargées. Cela ne changera pas. Toutefois, à l’heure actuelle, la Commission des grains doit également inspecter et peser chaque lot de céréales de l’Ouest livré aux installations terminales agréées, par train ou par camion.

  (1315)  

    L’industrie réclame des changements à cet égard depuis plusieurs années, parce que les inspections obligatoires entraînent des coûts et ne sont pas essentielles pour garantir la qualité des céréales. Le projet de loi C-13 vise à éliminer l’inspection et le pesage obligatoires à la livraison. Les expéditeurs de céréales pourront tout de même réclamer une inspection s’ils estiment que le jeu en vaut la chandelle. Les exploitants de silos devront permettre à des inspecteurs privés d’accéder à leurs installations lorsqu’une inspection sera réclamée, et il s’agit là d’une disposition cruciale dont les céréaliculteurs doivent pouvoir continuer de se prévaloir.
    La Commission canadienne des grains serait autorisée à arbitrer tout différend concernant la classification des céréales, à la demande des parties à une transaction. Autrement dit, en cas de différend au sujet de la classification, la Commission canadienne des grains pourrait trancher de façon impartiale.
    Je tiens à préciser que cela ne revient pas à dire que les céréales ne seraient plus jamais inspectées. Les inspections de sortie seraient encore obligatoires dans le cas des céréales destinées à l’exportation et chargées à bord de navires dont la cargaison devrait continuer de faire l’objet d’une certification par la Commission canadienne des grains, certification fondée sur l’inspection et le pesage réalisés par le personnel de la commission.
    Grâce à ce projet de loi, le consommateur pourra sans crainte continuer de faire confiance au système d’assurance de la qualité des céréales d’origine canadienne.
    En résumé, la Commission canadienne des grains continuerait à réglementer la manutention des céréales au profit des producteurs. Elle continuerait à octroyer des licences aux manutentionnaires et aux négociants en grains. Elle continuerait à leur imposer d'avoir le bon matériel de classement et de pesée des grains et de présenter toute la documentation requise pour leurs achats. Elle leur imposerait aussi de continuer à permettre aux producteurs d'avoir accès à l'arbitrage de la Commission canadienne des grains en matière de classement.
    Le projet de loi renforcerait la protection des agriculteurs en étendant l'arbitrage de la Commission canadienne des grains en matière de classement et d'impuretés aux agriculteurs qui livrent leur marchandise aux silos de transformation et aux négociants en grains. Actuellement, si un producteur n'accepte pas le grade ou le taux d'impuretés annoncé lorsqu'il livre son grain à un silo agréé, il peut demander à la commission de trancher par une décision à force exécutoire, mais il ne peut pas le faire s'il s'agit d'autres installations ou négociants. Le projet de loi étendrait ce service aux livraisons à tous les manutentionnaires de grains agréés, y compris les silos de transformation et les négociants en grains. Les agriculteurs n'ont jamais eu cette protection auparavant.
    Deuxièmement, le projet de loi propose que la Commission canadienne des grains cesse de prélever et de détenir les dépôts de garantie des silos et des négociants agréés en vertu du Programme de garantie de paiement pour les producteurs. Le programme actuel a un coût: il immobilise des capitaux qui sont improductifs. Au bout du compte, c'est l'agriculteur qui paie la facture.
    Le régime actuel a des lacunes. Nous connaissons bien des cas flagrants de producteurs qui ont constaté qu'ils n'avaient pas vraiment la garantie d'être payés. Avec ces modifications, les agriculteurs et leurs organisations pourraient mettre sur pied d'autres formules de garantie de paiement pour les producteurs. D'ailleurs, le gouvernement aide ces organisations à mettre au point leurs propres mécanismes de remplacement appropriés.
    Avec le Programme de partenariat avec le secteur privé pour la gestion des risques, le gouvernement aide la Fédération canadienne de l'agriculture à envisager des formules de remplacement. Nous savons bien que ces propositions suscitent certaines inquiétudes dans le pays et nous sommes parfaitement disposés à travailler avec l'opposition en comité pour apporter les changements nécessaires dans ce domaine.
    En outre...
    Une voix: Ce sera un changement.
    M. David Anderson: Je suis heureux d'entendre mon collègue d'en face dire qu'il pense pouvoir collaborer avec nous sur ce point. Cela fait plaisir de voir que nous pourrons retrouver au comité cette coopération que nous avons eue bien d'autres fois pour d'autres projets de loi.
    Le projet de loi contient plusieurs autres modifications visant à moderniser la loi. Celles-ci permettraient entre autres de préciser les modalités d'application des dispositions existantes, de tenir compte des pratiques actuelles puisque les choses ont changé au fil des ans, d'accroître la protection des producteurs, un aspect important, et d'éliminer certaines dispositions désuètes.
    Les modifications proposées à la Loi sur les grains du Canada contribueraient à rendre le secteur des grains plus compétitif, offriraient plus de liberté aux agricultures en matière de gestion des risques et permettraient une surveillance réglementaire plus efficace là où c'est nécessaire.
    En terminant, grâce à ces modifications, nous accordons la priorité aux agriculteurs. Selon moi, les modifications proposées contribueraient à rendre le secteur des grains plus compétitif et plus novateur de plusieurs façons, notamment en réduisant les coûts.
    Comme nous le savons, les agriculteurs assument tous les coûts qui leurs sont transférés. Ce serait une façon de réduire le coût des intrants qui, à ce que l'on dit, pèsent lourd dans le budget des agriculteurs.
    Le projet de loi améliorerait la compétitivité des agriculteurs. Il améliore clairement la réglementation et offre des choix à nos producteurs et aux autres intervenants dans le secteur des grains.
    Cependant, compte tenu du débat animé que nous avons eu dans cette enceinte l'an dernier lorsque ce projet de loi a été présenté, nous sommes conscients que certaines questions devront être débattues au comité.

  (1320)  

    Comme je l'ai signalé à plusieurs reprises dans mon discours, nous sommes disposés à travailler avec l'opposition pour apporter des modifications satisfaisantes pour les agriculteurs de l'Ouest canadien et, en fait, tous les agriculteurs du pays. Je suis ouvert à ce débat et aux commentaires des membres du comité permanent pour que ce projet de loi soit le meilleur possible.
    Monsieur le Président, en fait, je me demandais si le secrétaire parlementaire parlerait du projet de loi C-13 quand il a commencé. Cependant, je comprends pourquoi il essayait d'éviter d'en parler. Ce projet de loi ne tient absolument pas compte du travail et des recommandations du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Le secrétaire parlementaire et le ministre actuel ont siégé à ce comité.
    J'ai quelques questions à poser au secrétaire parlementaire sur ce qu'il a dit au début. Il a affirmé que le gouvernement faisait passer les agriculteurs en premier alors qu'en fait, c'est tout l'inverse. J'estime que le bilan du gouvernement en matière d'agriculture est un échec. Le secrétaire parlementaire est-il d'accord avec moi sur les points suivants, qui prouvent que le bilan du gouvernement est un échec?
    Il a parlé de programmes stables donnant des résultats tangibles. Nous savons maintenant qu'Agri-stabilité et Agri-investissement, les deux nouveaux programmes mis en place dans le cadre de l'initiative Cultivons l'avenir, rapportent en fait, lorsque les prix baissent et que les revenus diminuent de 15 p. 100, 7 500 dollars de moins que l'ancien Programme canadien de stabilisation du revenu agricole, que les gens d'en face dénonçaient.
    En ce qui concerne AgriFlex et les 500 millions de dollars sur quatre ans promis pendant la campagne, il ne s'agit en fait que de 190 millions de dollars d'argent nouveau sur cinq ans. Encore une promesse non tenue. Le gouvernement a annulé le programme fondé sur le coût de production, qui représentait 100 millions de dollars annuellement pour les producteurs. Ne pense-t-il pas qu'on peut parler d'échec?
    Finalement, en ce qui concerne Agri-relance, ce programme ne remplit tout simplement pas son rôle en termes de...

  (1325)  

    À l'ordre, s'il-vous-plaît. Je suis désolé d'interrompre le député, mais je dois prévoir du temps pour d'autres questions.
    Je donne la parole au secrétaire parlementaire.
    Monsieur le Président, j'aimerais parler aujourd'hui des choses positives qui se sont produites dans le domaine de l'agriculture, et ce projet de loi fait très certainement partie des bonnes nouvelles pour les agriculteurs de l'Ouest canadien.
    Le député d'en face ne tient peut-être pas à ce que nous appuyions l'agriculture. Son gouvernement avait un bilan lamentable en la matière, et ses programmes étaient immanquablement voués à l'échec. En comparaison, notre gouvernement s'est engagé en faveur de l'agriculture, engagement qui prend des formes multiples, dont les programmes de soutien que le député a mentionnés.
    Cependant, j'aimerais parler de ce projet de loi aujourd'hui et de certains de ses effets parce qu'il appuie bel et bien les producteurs. Permettez-moi de les énumérer de nouveau et de parler de leurs avantages. Dans ses objectifs, ce projet de loi reconnaît que le gouvernement doit protéger les intérêts des producteurs de grains. C'est pourquoi nous avons pris des mesures en ce sens.
    L'élimination de l'aile d'inspection à l'arrivage permet à l'agriculteur de l'Ouest canadien de réduire ses coûts. Si je dois faire faire une inspection au moment de la livraison, je peux prévenir les responsables et le tour est joué. Toutefois, ça ne change rien lorsque je livre mon grain à l'installation. Je discute avec les responsables, on convient d'un grade, puis je peux le livrer. Personnellement, je trouve que c'est une amélioration.
    Nous avons fait quelques suggestions au sujet du programme de sécurité des producteurs, mais nous sommes ouverts à d'autres propositions. Le député d'en face a parlé de certaines choses qui n'ont rien à voir avec le projet de loi à l'étude, mais nous sommes disposés à prendre aussi en considération ce qu'il a à dire.
    Nous devons moderniser ce projet de loi afin d'aider nos producteurs, et c'est ce que nous tentons de faire.
    Monsieur le Président, j'ai quelques questions auxquelles j'aimerais que mon collègue réponde.
    Depuis l'abolition du tarif du Nid-de-Corbeau, la transformation secondaire dans les Prairies a connu quelques changements. Le secteur de l'alimentation du bétail occupe une place énorme dans ma région en raison de ces changements. Le député pourrait-il nous parler des aspects des modifications proposées dans le projet de loi C-13 en réponse à certains des changements qui ont eu lieu depuis l'abolition du tarif du Nid-de-Corbeau?
    J'aimerais également qu'il nous parle de la sécurité. Dans ma région, certains producteurs ont écopé à cause de l'échec d'une société céréalière. Il parle de méthodes de rechange. J'ignore s'il y avait des méthodes de rechange pour protéger les producteurs agricoles contre les pertes. Je n'ai pas assisté aux délibérations du Comité de l'agriculture quand ces discussions ont eu lieu, j'aimerais donc que le député m'explique plus en détail, ainsi qu'à la Chambre, certaines des initiatives proposées pour remplacer les mesures de protection de la Commission canadienne des grains.
    Monsieur le Président, je ne suis pas sûr d'avoir le temps de répondre à toutes ces questions, mais j'aimerais pouvoir le faire car il s'agit des aspects positifs de l'agriculture.
    La modification du tarif du Nid-de-Corbeau a entraîné d'énormes changements dans l'Ouest du Canada. Évidemment, la circonscription du député, Lethbridge, et les régions avoisinantes ont considérablement bénéficié de ces changements, parce qu'elles comptent maintenant un secteur prospère de l'alimentation du bétail qui n'aurait pas nécessairement existé autrement.
    D'autres secteurs ont connu une grande croissance dans l'Ouest du Canada. Le secteur des légumineuses a connu un essor fulgurant dans les quelques dernières décennies. Il n'existait même pas dans ma région il y a 15 ans. On y fait maintenant pousser des légumineuses, des pois, des lentilles, des pois chiches et toutes sortes d'autres choses. Le secteur du canola s'est répandu et a pris de l'ampleur dans l'Ouest.
    À propos de la sécurité, il y a de nombreuses façons de procéder. Lors des diverses discussions sur le sujet, il a été question de maintenir le système de cautionnement, de le renforcer ou de le remplacer par un système d'autoassurance en vertu duquel les agriculteurs pourraient assurer leurs propres transactions et de mettre en place des bureaux centraux qui pourraient protéger ces transactions.
    Toutes sortes d'options se présentent à nous et nous sommes disposés à en discuter avec l'opposition afin de déterminer comment mieux représenter et protéger les Canadiens de l'Ouest et les producteurs canadiens.

  (1330)  

    Monsieur le Président, le député et moi pourrions avoir un face-à-face si personne d'autre n'intervient pendant la période des questions et des observations.
    La question des effets de l'arbitrage m'intéresse pour une raison personnelle que je ne peux pas aborder ici. Toutefois, par le passé, quand un producteur s'opposait au grade accordé au grain qu'il avait mis en vente, il pouvait avoir recours à l'arbitrage.
    Quels changements au projet de loi C-13 permettraient de régler la question ou d'améliorer la situation? Ces changements ont-ils un lien avec les grands terminaux céréaliers dans les Prairies, et le grain a-t-il été livré à un silo local ou à un de ces terminaux? Ce n'est pas clair dans mon esprit, et je me demande si le député pourrait m'aider à comprendre.
    Monsieur le Président, par le passé, quand les producteurs avaient des problèmes avec le classement du grain, ils pouvaient avoir recours à la Commission canadienne des grains. Ils faisaient appel à un tribunal, et celui-ci déterminait comment résoudre le conflit.
    Selon les modifications proposées dans le projet de loi, le grain livré à un silo recevrait un grade, comme c'était habituellement le cas par le passé. Si le grain est transporté dans un wagon de producteurs, peu importe l'entente en place ou le grade donné, le producteur pourrait faire appel directement à la Commission des grains si quelque chose pose un problème. Il pourrait aller voir les responsables de l'industrie d'abord et leur dire qu'il s'oppose au grade donné à son grain. Puis, s'ils ne parviennent pas à s'entendre, il pourrait faire appel directement à la Commission des grains. C'est un tiers indépendant qui ne participe pas au processus. Il pourrait donc prendre une décision indépendante sur le grade à octroyer au produit.
    Monsieur le Président, le secrétaire parlementaire sait que l'une des principales recommandations du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire veut qu'on procède à une analyse coût-avantage avant d'adopter le projet de loi. Cette analyse a-t-elle été effectuée et, dans l'affirmative, le secrétaire parlementaire est-il prêt à la déposer à la Chambre aujourd'hui?
    Les producteurs primaires s'inquiètent notamment beaucoup du fait que le projet de loi élimine l'obligation, pour les sociétés céréalières, de verser une caution. Cette obligation existe pour protéger les producteurs primaires. Pourquoi le gouvernement veut-il affaiblir la protection dont bénéficient les agriculteurs et laisser l'industrie faire essentiellement comme bon lui semble?
    Monsieur le Président, je vais parler de la question des cautions et de la protection. Manifestement, les cautions protègent les producteurs, mais elles ont un coût. Des producteurs nous ont dit vouloir que ce coût disparaisse. D'autres producteurs préfèrent payer ce coût pour qu'ils bénéficient de la protection offerte par la caution.
    Il va falloir que le Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire discute de la question et qu'il détermine où se situe le juste équilibre entre ces deux tendances. C'est avec enthousiasme que nous allons travailler à la modernisation de la loi, dans l'intérêt des producteurs du pays.
    Monsieur le Président, comme je l’ai dit il y a un moment, je suis quelque peu découragé de prendre la parole à l’étape de la deuxième lecture du projet de loi. Si je le suis, c’est que le projet de loi C-13 de la deuxième session de la 40e législature est exactement le même, avec les mêmes graves imperfections et lacunes que le projet de loi C-39 présenté au cours de la 39e législature, le 13 décembre 2007.
     Je renvoie les députés ministériels et surtout le ministre et ses bureaucrates d’Agriculture et Agroalimentaire Canada aux comptes rendus du 1er et du 15 février 2008. Les mêmes préoccupations très importantes au sujet du projet de loi ont alors été exposées à la Chambre.
    Où le ministre, les bureaucrates d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et ceux de la Commission canadienne des grains ont-ils passé la dernière année? Il aurait été possible de proposer à la Chambre une version nettement améliorée du projet de loi. Nous aurions pu commencer à travailler à une mesure de meilleure qualité, mais le projet de loi présente les mêmes failles que la première version. Et, en très bonne place, parmi ces préoccupations, il y a le fait que le rapport que le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire a remis sur la Commission canadienne des grains a été à peu près totalement laissé de côté.
     Le président du comité, à l’époque, celui a qui a signé ce rapport, est précisément le ministre qui présente aujourd’hui ce projet de loi imparfait. On aurait pensé que le ministre de l’Agriculture respecterait mieux sa propre signature: il a signé un rapport qui présente certaines recommandations, mais il n’en tient pas compte au moment où, à titre de ministre, il a le pouvoir de présenter le projet de loi.
    Nous savons tous, cependant, que le ministre de l’Agriculture, lorsqu’il s’agit d’écouter les agriculteurs, est sourd comme une pierre. Malgré tout, on aurait pu penser que, au moins, le ministère ou la Commission canadienne des grains tiendraient compte de certaines de ces préoccupations.
    Nous savons également que le commissaire en chef de la Commission canadienne des grains est un ami du ministre. Je me demande même si cet ami ne cherche pas surtout à protéger les préférences et les programmes du ministre au lieu de protéger les producteurs qu’il est censé représenter.
    Dans la question que j’ai posée au secrétaire parlementaire, il y a un instant, j’ai souligné qu’on n’avait fait aucune analyse de rentabilité sur les changements que le gouvernement propose d’apporter à la Commission canadienne des grains. Mais ce n’est pas, pour le gouvernement, un comportement inhabituel. Il n’a pas fait cette analyse non plus, lorsqu’il s’en est pris à la Commission canadienne du blé.
     Au bout du compte, le Parlement du Canada a empêché le premier ministre et son ministre d’agir à leur guise pour miner la Commission du blé. Même le judiciaire a dû intervenir une ou deux fois pour barrer la route au premier ministre, qui cherchait à saper la Commission canadienne du blé.
    Par le passé, le gouvernement a déjà essayé de miner les institutions qui protègent les agriculteurs dans l’Ouest du Canada, soit la Commission canadienne du blé et la Commission canadienne des grains. La première applique des mesures de protection qui s’étendent aux producteurs de grains de l’ensemble du Canada.
     Je voudrais profiter de mon intervention pour signaler une chose que je dois probablement dénoncer dans la manière dont le ministre s’est servi de son poste pour s’attaquer à des institutions qui, en fait, protègent les agriculteurs canadiens.
    Je vais citer un article paru dans le Melfort Journal le 24 février. Le ministre a pris la parole à la Chambre pour s’attaquer aux pertes du fonds de prévoyance de la Commission canadienne du blé. Ce n’était pas la chose à faire, car les producteurs de grains en ont souffert sur le plan commercial.

  (1335)  

    Voici l'extrait de l'article en question publié dans le Melfort Journal. On y dit ceci:
    L'an dernier, la CCB a enregistré des recettes de 7,2 milliards de dollars pour les céréaliculteurs de l'Ouest. Par rapport à l'année précédente, il y a eu une augmentation de près de 50 p. 100 des recettes pour le blé et de près de 100 p. 100 pour l'orge et le blé dur.
    Autrement dit, la commission a surclassé ses concurrents internationaux, un rendement exceptionnel qui mérite d'être salué, même par les plus féroces critiques de la commission [...] et jamais on oserait penser qu'un ministre du gouvernement ferait mauvais usage de son influence et de son pouvoir et ne raconterait qu'une petite partie de l'histoire pour se faire du capital politique. La question va bien au-delà de l'appui ou de l'opposition à la commission.
    Je soulève ce point parce qu'il est extrêmement important que les Canadiens comprennent qu'il n'y a pas de limites aux bassesses que le ministre et le gouvernement peuvent utiliser pour s'en prendre aux diverses institutions dont la raison d'être est de protéger la collectivité agricole, parce que, de toute évidence, le ministre et le gouvernement préfèrent que l'industrie réalise davantage de profits et ait un pouvoir accru, principalement les sociétés céréalières et les chemins de fer.
     J'étais en Alberta pendant la fin de semaine pour assister à un événement important organisé par notre parti à Edmonton. Je n'ai pu m'empêcher de penser, en discutant avec les céréaliculteurs sur place et en me remémorant le passé, que lors de ma première visite dans l'Ouest à titre de chef de file du secteur agricole à la fin des années 1970, les agriculteurs de l'Ouest du Canada pouvaient compter sur une infrastructure ferroviaire et sur des embranchements qui se rendaient dans presque toutes les localités. Le mouvement coopératif était vigoureux à l'époque. Shapiro, un Américain, était venu parler d'un syndicat du blé et les céréaliculteurs de l'Ouest ont mis sur pied un tel système. C'est ainsi qu'ont été créés le Manitoba Pool Elevators, le Alberta Wheat Pool et le Saskatchewan Wheat Pool ainsi que des organisations et des coopératives au service de la collectivité agricole. Les agriculteurs avaient donc une protection sur ce front également.
    Tout cela est du passé. Aujourd'hui, les sociétés céréalières pensent à leurs actionnaires et aux profits de ceux-ci ailleurs dans le monde; peu leur importent les producteurs primaires de ces collectivités rurales.
    Le système d'installations à l'intérieur de cette infrastructure de lignes secondaires a été entièrement payé par les producteurs primaires. Oui, c'était des installations en bois, mais on en trouvait dans chaque petite ville et elles étaient payées en entier. Il n'y avait pas d'endettement et elles étaient payées par les agriculteurs. Maintenant, nous avons un système dans lequel les grandes entreprises céréalières et les grandes sociétés de chemin de fer tentent, presque quotidiennement, de fermer des lignes secondaires et d'abolir le service dans ces petites collectivités. Il en résulte que du grain doit être transporté par camion sur des routes payées par les contribuables au niveau provincial. L'acier de ces chemins de fer payé par les contribuables canadiens a été vendu à des pays comme le Brésil et d'autres et, en fin de compte, les agriculteurs ont un moins bon service. Leurs lignes secondaires ont été démantelées et ils ne bénéficient plus de la protection du mouvement coopératif comme autrefois.
    Les seules protections qu'il reste aux agriculteurs dans l'Ouest du Canada sont, un, la Commission canadienne du blé, dont le premier ministre a essayé par tous les moyens d'amoindrir les pouvoirs, et deux, la Commission canadienne des grains, sur laquelle porte ce projet de loi. Par ce projet de loi, le gouvernement essaie d'affaiblir un grand nombre des protections qui existent.
    Il suffit de regarder le projet de loi pour voir l'attitude du gouvernement. Dans le rapport 2008-2009 sur les plans et les priorités, la Commission canadienne des grains résume son mandat. C'est la Commission canadienne des grains qui applique les dispositions de la Loi sur les grains du Canada. Le mandat de la Commission canadienne des grains, tel qu'il est énoncé dans la loi est:
[...] la Commission a pour mission de fixer et de faire respecter, au profit des producteurs de grain, des normes de qualité pour le grain canadien et de régir la manutention des grains au pays afin d’en assurer la fiabilité sur les marchés intérieur et extérieur.

  (1340)  

    Dans ce projet de loi, on ne parle plus des intérêts des producteurs primaires. Il est même prévu dans le mandat que la mesure visera davantage les intérêts de l'industrie que ceux des producteurs primaires. Voilà qui revient, à mon avis, à mon observation de départ et à la question que j'ai posée plus tôt au secrétaire parlementaire, à savoir que le gouvernement n'a pas su du tout protéger les intérêts de la collectivité agricole. Il abonde dans le même sens dans ce projet de loi en affirmant clairement que les producteurs primaires ne sont plus les premiers intéressés dans le cadre du mandat.
    Le président du Syndicat national des cultivateurs, Stewart Wells, a énuméré quelques conséquences critiques de ce projet de loi pour la collectivité agricole. J'aimerais les rappeler ici en citant ce qu'il a déclaré dans sa correspondance: « Avec les modifications, la CCG ne sera plus tenue d'agir comme chien de garde de l'intérêt public dans la réglementation de l'industrie des grains dans son ensemble, et ce « dans l'intérêt des producteurs ». Si ce projet de loi est adopté, l'industrie céréalière deviendra autoréglementée à toutes fins pratiques et le rôle de la CCG ne sera plus que celui d'un « fournisseur de services »  passif qui assurera des services de classement du grain, de pesée et d'inspection aux sociétés céréalières en étant rémunéré à l'acte. Les agriculteurs ne bénéficieront plus que d'un minimum de protection, dont les sociétés céréalières pourront même les priver à la faveur de cette mesure. »
    Il ajoute ce qui suit:
    Les agriculteurs canadiens n'ont pas préconisé un affaiblissement du rôle de réglementation de la CCG. À une époque où des sociétés céréalières comme Viterra, ADM et Cargill resserrent leur emprise sur le marché, il est évidemment nécessaire d'établir un mécanisme pouvant protéger les agriculteurs.
    J'ajoute ici que le gouvernement du Canada agit à l'encontre d'une telle protection dans le cas qui nous occupe.
    M. Wells ajoute:
    Avec le système actuel, les inspecteurs de grain peuvent détecter les wagons qui contiennent du grain contaminé, défraîchi ou classé incorrectement, au moment du déchargement, de la pesée et de la mise en silo, avant que les grains soient mélangés à de grandes quantités d'autres grains. Le fait de supprimer la disposition à cet égard nuira à la rentabilité des exploitations agricoles.
    Selon les modifications proposées, on supprimera également la disposition selon laquelle les négociants en grain doivent verser un cautionnement avant d'être agréés par la CCG. Cette disposition a été établie pour protéger les agriculteurs qui, autrement, seraient tenus responsables en cas de faillite d'une société céréalière. La dernière observation de M. Wells est la suivante:
    Le fait de supprimer cette exigence n'économisera rien aux agriculteurs. Par contre, elle fera grandement augmenter leurs risques.
    Ainsi se terminent les observations de M. Wells. Elles sont toutes valables. Il en ressort un affaiblissement de la protection des agriculteurs.
    Les modifications qui affaiblissent la position relative des agriculteurs font partie du bilan désastreux du ministre. Le 13 décembre 2007, en présentant le rapport de rendement de la Commission canadienne des grains, le ministre a dit qu'il avait présenté le projet de loi C-39, Loi modifiant la Loi sur les grains du Canada, au Parlement. Il a ensuite parlé de la façon dont les modifications proposées étaient conformes aux objectifs exprimés dans le prétendu cadre Cultivons l'avenir.
    Ce cadre Cultivons l'avenir m'inquiète. J'ai dit plus tôt, dans mes questions au secrétaire parlementaire, que si le ministre se sert de Cultivons l'avenir pour expliquer la position du gouvernement, alors les agriculteurs du Canada sont dans de beaux draps. Quelque 3 600 agriculteurs font faillite chaque année. La dette des agriculteurs a grimpé jusqu'à 54 milliards de dollars et est quatre fois plus élevée, par ferme, qu'aux États-Unis. Le gouvernement a supprimé le programme fondé sur le coût de production, contrairement à l'engagement pris par le premier ministre pendant la campagne électorale de 2006. Il a brisé sa promesse et supprimé cette fois-ci les coûts de production dans le budget. Cela fait partie de Cultivons l'avenir.

  (1345)  

    Nous savons qu'Agri-investissement et Agri-stabilité, lorsque le revenu est en baisse, offrent des paiements inférieurs à ce qu'offrait l'ancien PCSRA que le premier ministre détestait tant.
    Si Cultivons l'avenir est vraiment la voie à suivre, alors je dis à la communauté agricole de se réveiller, parce que c'est un pas en arrière. Ce cadre mine les mesures de protection des agriculteurs au Canada.
    Les agriculteurs ont de quoi être inquiets. Permettez-moi de souligner certaines lacunes du projet de loi. Clairement, le projet de loi C-13 ne reflète pas les recommandations unanimes du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Le ministre cherche à induire les gens en erreur en affirmant le contraire.
    Pourquoi le ministre méprise-t-il autant le comité et ses propres collègues conservateurs qui y siègent? Ces recommandations portaient sa signature. Ne viole-t-il donc pas sa propre intégrité?
    La cinquième recommandation contenue dans le rapport du comité concernait une analyse coûts-avantages. Aucune analyse de ce genre n'a été faite à propos des effets du projet de loi C-13 relativement à l'impartition de l'inspection des grains proposée dans le rapport. En fait, dans sa réponse au rapport du comité permanent, le gouvernement affirme ce qui suit:
    Le gouvernement considère que les services d’inspection et de pesée fournis par les employés de la CCG ont joué un rôle considérable en rehaussant la qualité marchande et la réputation des grains canadiens. Cela étant, nous devons faire preuve de prudence et veiller à ce que les avantages de tout changement apporté aux services de pesée et d’inspection soient supérieurs à ce qu’il en coûte au système pour l’appliquer. Le gouvernement accepte qu’une analyse de rentabilité soit menée pour évaluer les avantages et les coûts de la sous-traitance de ces services.
    Le gouvernement a admis dans sa réponse au comité qu'il faudrait procéder à une analyse de rentabilité, mais rien n'a été fait. Pourquoi?
    Le commissaire en chef de la Commission canadienne des grains est aussi un bon ami du ministre. Il a présenté quelques arguments qui me préoccupent également. Il a déclaré que le commissaire en chef et la Commission canadienne des grains allaient procéder aux modifications même sans cette mesure législative. Il a été décidé de mettre fin cet été aux services d'inspection aux silos primaires des Prairies, de fermer trois centres de services des Prairies et de réduire le nombre d'employés.
    Le commissaire en chef a dit ceci: « L'élimination graduelle des services d'inspection signifie que la CCG ne procédera plus au classement et au pesage officiel des chargements de grains provenant des installations terminales des Prairies ou de ceux destinés aux États-Unis ou aux minoteries canadiennes. »
    C'est inquiétant, car le commissaire en chef effectue déjà des changements qui mineront notre capacité d'expédier les grains de grande qualité pour lesquels le Canada est reconnu, et il a commencé à le faire avant même la présentation du projet de loi.
    Je terminerai en disant que nous croyons qu'il est possible d'améliorer la Commission canadienne des grains. Il faudra toutefois modifier en profondeur le projet de loi dont nous sommes saisis. Nous avons hâte d'en discuter et je prie le gouvernement d'écouter les producteurs cette fois.

  (1350)  

     Monsieur le Président, j’ai deux questions qui s’adressent au député de Malpeque.
    D’abord, quand pourrons-nous déguster ensemble les meilleures huîtres qui soient, celles de Malpeque?
    Ma deuxième question est plus pressante. D’après ce qu’a dit le député, j'entrevois au moins trois problèmes avec la loi sur les grains. Premièrement, si j’ai bien compris, il semble que nous allons perdre une centaine d’inspecteurs, dont la moitié protègent et inspectent les céréales dans le port de Thunder Bay, lequel se trouve dans ma circonscription. La disparition de ces professionnels et de la compétence qu’ils représentent constitue une autre preuve que le gouvernement ne croit pas dans les principes d’inspection ou de réglementation et qu’il est plutôt convaincu de la nécessité de réduire la présence du gouvernement, voire de la faire disparaître.
    Le député a mentionné le second problème dont je veux parler. Vous avez reçu une lettre indiquant que les céréales ne seront plus inspectées, ce qui constituera un problème sur les marchés américains et les autres marchés dans le monde. C’est totalement vrai. Nous produisons les meilleures céréales du monde, mais nous devons pouvoir le prouver.
    Le troisième problème tient au fait que nous n’allons plus assurer la salubrité des aliments pour les Canadiens, ce qui continue de nous poser des difficultés au Canada dans le cas de la listeria.
    Pourriez-vous réagir à cela, monsieur le député de Malpeque?

  (1355)  

    Je rappelle au député de Thunder Bay—Superior-Nord qu’il doit s’adresser à la présidence plutôt que directement aux députés.
    Le député de Malpeque a la parole.
    Monsieur le Président, plusieurs questions m’ont été posées, mais je commencerai par dire que celle concernant les huîtres est tout à fait valable. Dans ma circonscription, Malpeque, nous estimons produire les meilleures huîtres du monde. Vous êtes tous invités à visiter n’importe quand cette merveilleuse circonscription de l’Île-du-Prince-Édouard pour vous régaler de fruits de mer.
    Le député a parlé de la disparition de 100 emplois à Thunder Bay. Ce sont effectivement 100 emplois qui vont disparaître à Thunder Bay, d’après ce que les syndicats nous ont dit, mais il faut davantage s’attendre à ce que nous perdions 200 emplois et peut-être même plus sur l’ensemble du réseau. Il s’agit d’employés qui travaillent sur place et veillent à la qualité des céréales canadiennes. Ces gens-là veillent à ce que les exploitants de silos traitent les céréaliculteurs de façon équitable, à ce qu’il n’y ait pas d’écarts de poids positifs ou négatifs, à ce que les bascules soient ajustées et à ce qu’on n’exploite pas les agriculteurs sur les plans de la qualité et de la catégorie des céréales.
    Ces pertes d’emplois sont très graves, mais la disparition de la protection des céréaliculteurs et du contrôle de la qualité dans notre système de production céréalière l'est tout autant. Les gens doivent comprendre que le Canada vend des céréales de qualité dans le monde grâce au travail de la Commission canadienne des grains, surtout à comparer aux États-Unis qui n’offrent pas la même qualité que nous.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter le député pour ses observations. Le député est bien renseigné et il comprend les enjeux.
    Le mantra de l'autoréglementation me cause de grandes préoccupations et cela fait des années maintenant qu'on l'entend. Le gouvernement voudrait que tous les secteurs s'autoréglementent.
    Je connais l'expérience ontarienne. Quand je pense à l'autoréglementation en Ontario, je pense à Walkerton, aux Aliments Maple Leaf et au dossier de l'ESB. Ce projet de loi pourrait avoir de nombreuses conséquences, particulièrement en ce qui concerne les garanties des manutentionnaires de grain et les inspections à l'arrivage. Nous laissons la voie libre à tous et nous exposons ainsi nos agriculteurs aux caprices des grandes sociétés qui pourraient faire comme bon leur semble.
    Ma question a deux volets. J'aimerais que le député nous parle de l'élimination des garanties en l'absence de mécanismes de rechange viables et je voudrais aussi qu'il aborde la question de la salubrité des aliments.
    Monsieur le Président, deux ou trois points ont été soulevés.
    Il est intéressant ces jours-ci d'entendre le premier ministre parler dans le monde entier de la solidité du système bancaire du Canada. Notre système bancaire doit sa solidité au gouvernement précédent. J'ai siégé avec d'autres députés de ce côté-ci de la Chambre au comité qui a recommandé que le système bancaire du Canada ne soit pas déréglementé et qu'on n'autorise pas la propriété étrangère, comme cela s'est produit aux États-Unis. Notre système bancaire comporte de bonnes protections réglementaires et c'est pourquoi il fonctionne si bien.
    Toutefois, le mantra du premier ministre est de déréglementer et c'est ce que fait le gouvernement avec la Commission canadienne des grains. Le gouvernement élimine la protection dont jouissaient les producteurs de grain, les exportateurs et l'industrie. Une réglementation rigoureuse régissait les garanties qui protégeaient les producteurs et l'industrie. Le député a tout à fait raison. Ce projet de loi minera ces règlements et les mécanismes de protection des Canadiens.
     Lorsque nous reprendrons le débat, il restera quatre minutes pour les questions et observations faisant suite à l'intervention du député de Malpeque.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

La taxe d'accise

    Monsieur le Président, nous avons au Canada un important secteur minier qui englobe l'extraction des diamants et des métaux précieux qui alimentent un dynamique secteur de la bijouterie à valeur ajoutée.
    En 2005, malgré une résistance féroce de la part du gouvernement libéral, mon projet de loi d'initiative parlementaire visant l'élimination de la taxe d'accise sur les bijoux a reçu la sanction royale. Cette taxe était discriminatoire et nuisait gravement à l'emploi au Canada.
    Le gouvernement libéral de l'époque a choisi d'invoquer une question de forme pour ne pas abroger cette taxe injuste, proposant plutôt de l'éliminer progressivement à long terme. Date à retenir, c'est aujourd'hui le premier jour où cette taxe aurait disparu en vertu du plan libéral.
    Comparons maintenant cela à ce qu'a fait le gouvernement conservateur élu en janvier 2006. Il a immédiatement éliminé cette taxe, il y a plus de trois ans de cela.
    Voilà encore un cas où, une fois de plus, les conservateurs ont agi sans tarder pour venir en aide aux Canadiens, alors que les libéraux, eux, se traînaient les pieds. C'est honteux.

Innis Christie

    Monsieur le Président, c'est avec tristesse que les Néo-Écossais ont appris récemment le décès d'un homme dévoué à sa famille, un professeur de droit respecté, un auteur et un médiateur. Innis Christie inspirait ses étudiants et il adorait façonner les jeunes esprits tout autant qu'il adorait passer du temps auprès de sa famille et de ses amis à Amherst Shore.
    Le dévouement de l'ancien recteur de la faculté de droit de l'Université Dalhousie à l'égard du droit et du service public est légendaire dans ma province natale. Ses étudiants, dont plusieurs siègent dans cet endroit, sont aujourd'hui dispersés aux quatre coins du monde. Nous reconnaissons tous la chance que nous avons eue d'être témoins de la sagesse, de la bonne humeur et du jugement solide d'Innis Christie.
    J'invite les députés à se joindre à moi pour offrir nos sincères condoléances à la famille Christie et pour saluer un grand Néo-Écossais dont le souvenir ne s'effacera jamais de nos mémoires.

[Français]

Jean-Philippe Prévost-Robert

    Monsieur le Président, Jean-Philippe Prévost-Robert, du Collègue Montmorency à Laval, s'est classé au premier rang, pour une deuxième année de suite, à la grande compétition québécoise de construction de ponts Pontpop ÉTS. Plus de 300 jeunes de niveaux secondaire et collégial des quatre coins du Québec ont convergé vers l'École de technologie supérieure pour participer les 21 et 23 février dernier à la compétition la plus importante du genre.
    Les jeunes devaient construire des ponts à la fois beaux et résistants pouvant supporter un poids allant jusqu'à deux tonnes, avec pour seuls matériaux des bâtons de Popsicle, des cure-dents, de la soie dentaire et de la colle blanche. Jugé par de nombreux professionnels de l'industrie et des professeurs du département de génie de la construction de L'ÉTS, Jean-Philippe a remporté les honneurs au niveau collégial, ce qui lui a valu une bourse d'étude de 750 $ ainsi qu'un prix de 500 $.
    Mes collègues du Bloc québécois et moi-même tenons à féliciter Jean-Philippe de sa remarquable victoire.

[Traduction]

L'infrastructure

    Monsieur le Président, les gens de l'ensemble du Nord de l'Ontario ont entendu que le gouvernement est prêt à remuer ciel et terre afin que l'argent désespérément nécessaire pour stimuler l'économie soit versé aux collectivités et que ces dernières puissent apporter des améliorations tellement nécessaires à leurs infrastructures. Maintenant, les représentants élus de ces mêmes collectivités se demandent ce qu'il va falloir pour qu'ils reçoivent bel et bien cet argent.
    La collectivité d'Espanola, dans ma circonscription, est un parfait exemple de ce qui ne fonctionne pas. Aux prises avec un problème d'eaux usées, Espanola a fait toutes les démarches nécessaires pour trouver une solution. Elle a suivi les étapes du processus de demande et a attendu que le gouvernement fédéral accepte de payer sa part du financement de ce projet prêt à démarrer dans le cadre du Fonds Chantiers Canada.
    Malgré le fait qu'Espanola a satisfait à toutes les exigences pour obtenir des fonds dans le cadre de ce programme, ces derniers lui ont encore été refusés.
    Le résultat est difficile à accepter. Pour une petite collectivité, le processus de demande est décourageant. Espanola a dépensé 80 000 $ de sa relativement petite assiette fiscale pour obtenir de l'aide en vue de régler ce problème persistent. Non seulement elle n'a pas eu droit à des fonds, mais on ne lui a pas non plus indiqué...
    À l'ordre, s'il vous plaît. Le député de Prince Edward—Hastings a la parole.

L'infrastructure

    Monsieur le Président, aujourd'hui, les présidents et PDG représentant l'industrie canadienne du ciment, dont l'usine d'Essroc Cement à Picton dans ma circonscription, nous rendent visite au Parlement.
    L'industrie du ciment aimerait féliciter le gouvernement du Canada d'avoir agi rapidement afin d'accélérer l'attribution des fonds destinés à l'infrastructure et la mise en chantier des projets prêts à démarrer.
    L'industrie du ciment jouera un rôle important dans les projets d'infrastructure annoncés dans le Plan d'action économique du Canada. Le ciment est une composante essentielle du béton qui est un matériau indispensable conçu pour construire des infrastructures durables partout au pays.
    À l'image du ciment que l'on utilise pour jeter les bases solides nécessaires à la construction des édifices, des ponts et des autoroutes, le gouvernement du Canada se sert des investissements dans l'infrastructure annoncés dans le Plan d'action économique pour jeter des bases solides pour le Canada. Ces bases aideront à protéger la prospérité et la vie des Canadiens dans tout le pays.

  (1405)  

Les droits de la personne

    Monsieur le Président, protégés par la liberté d'expression, certains groupes se servent de campus universitaires, comme celui de l'Université York, pour porter atteinte au principe du discours civilisé en tenant des événements dans le cadre de ce qu'ils appellent la semaine contre l'apartheid israélien.
    De tels événements sèmeront assurément la discorde, favoriseront les stéréotypes négatifs et alimenteront la haine.
    On pourrait se demander ce qui motive les groupes comme la Fédération canado-arabe, le SCFP-Ontario et le STTP à appuyer la semaine contre l'apartheid israélien et à participer à son organisation.
    La sécurité des étudiants juifs et de leurs professeurs sera inutilement mise en danger par ces manifestations. Ce n'est pas en érodant les principes de la liberté dans les universités canadiennes qu'on fera avancer la cause de la paix au Moyen-Orient.
    J'invite la Chambre à se joindre à moi pour condamner les activités entreprises dans le cadre de la Semaine contre l'apartheid israélien et à encourager les administrations d'universités à prendre des mesures pour mettre un terme à l'antisémitisme et à l'attisement de la haine.

La tragédie de Mayerthorpe

    Monsieur le Président, c'est avec beaucoup de tristesse que je prends aujourd'hui la parole à la Chambre pour rappeler le tragique incident qui s'est produit à Mayerthorpe, en Alberta, le 3 mars 2005. Ce jour-là, quatre agents de la GRC, Peter Schiemann, Anthony Gordon, Leo Johnston et Brock Myrol, ont été tués par balles dans l'exercice de leurs fonctions.
    J'ai moi-même été agent de police, puis sergent, pendant plus de 18 ans au sein de la police de Winnipeg. Plusieurs membres de ma famille font carrière dans le domaine de l'application de la loi, et c'est toujours un choc et un immense chagrin d'apprendre qu'un collègue, homme ou femme, a perdu la vie en tentant de protéger ses concitoyens.
    Nous prenons très au sérieux l'engagement de nos services d'exécution de la loi. Nous reconnaissons chaque jour que le personnel de nos services policiers et de la GRC risquent leur vie pour protéger les autres. Nous apprécions vraiment qu'ils consentent ce sacrifice pour rendre nos localités sûres et sans danger.
    Les familles de chacun des agents décédés ont toute ma sympathie et toute mon admiration. Nous avons encore le coeur lourd en pensant à eux et à ce que nous avons perdu avec leur disparition. Je veux que ces familles sachent que tous les Canadiens se souviendront de ces quatre agents qui ont donné leur vie il y a quatre ans aujourd'hui.

[Français]

Laurent Pellerin

    Monsieur le Président, M. Laurent Pellerin a été élu, la semaine dernière, président de la Fédération canadienne de l'agriculture. Il est le premier Québécois à accéder à la présidence de cette organisation regroupant plus de 200 000 producteurs agricoles.
    M. Pellerin, propriétaire avec sa famille d'une ferme dans la région du Centre-du-Québec, a été président de l'Union des producteurs agricoles pendant 14 ans.
    Engagé pour l'agriculture québécoise, on lui doit beaucoup dans la création de la Financière agricole du Québec et des clubs-conseils en agroenvironnement. Il a aussi été un grand ambassadeur sur toutes les tribunes, notamment à la Fédération internationale des producteurs agricoles et aux conférences Europe-Amérique sur l'agriculture. C'est en outre sous sa gouverne que l'UPA Développement international a pris son envol, un organisme de coopération qui travaille dans une dizaine de pays en développement pour instaurer un modèle d'inspiration québécoise basé sur l'action collective.
    En 2005, le caractère exceptionnel de ses réalisations a été souligné par le gouvernement du Québec qui lui a décerné sa plus haute distinction, l'insigne de chevalier de l'Ordre national du Québec.
    Au nom du Bloc québécois, je tiens à féliciter M. Pellerin.

[Traduction]

La Semaine internationale de la femme

    Monsieur le Président, nous célébrons cette semaine la Semaine internationale de la femme.
    Le Parti conservateur possède une longue tradition d'appui aux femmes. À preuve, la première femme à occuper le poste de ministre de la Justice, de ministre de la Défense et de première ministre du Canada était membre du Parti conservateur.
    Aujourd'hui sur la Colline du Parlement, un groupe de filles et de garçons observent le processus démocratique en action et s'entretiennent avec des parlementaires.
    Les jeunes filles du groupe sont ici grâce à l'organisme À voix égales. La ministre d’État (Condition féminine) a récemment annoncé que cet organisme recevra un financement de 1,2 million de dollars au titre du projet Expériences, une initiative pour accroître la participation démocratique de ces jeunes filles et d'autres jeunes femmes, en les associant à un mentor. J'ose espérer qu'un jour, certaines des participantes deviendront elles-mêmes députées.
    Aujourd'hui au Canada, il y a bien peu de choses qu'une femme ne peut pas faire. À l'occasion de la Semaine internationale de la femme, nous pouvons vraiment saluer les femmes et les jeunes filles remarquables qui contribuent à faire du Canada une terre de promesses pour l'ensemble de ses citoyens.

  (1410)  

[Français]

Carmelita Sideco

    Monsieur le Président, les résidants de mon comté, Mont-Royal, et la communauté philippine du Québec et du Canada ont été profondément attristés d'apprendre le récent décès de la leader humanitaire philippine Carmelita Sideco.

[Traduction]

    Carmelita a grandement contribué à la communauté philippine à titre de première présidente et membre clé de la FAMAS, de l'Association des infirmières philippines et de la Fédération de l'Association Canada-Philippines du Québec, entre autres.
    En effet, son leadership et son engagement dépassaient le cadre de la communauté philippine puisqu'elle faisait partie d'une foule d'organismes et de projets interculturels, universitaires, artistiques et politiques qui profitaient tous de sa générosité, son courage et son énergie sans borne.
    Elle était un pilier important et respecté non seulement de la communauté philippine, mais aussi de la grande communauté des Québécois et des Canadiens. Elle personnifiait les meilleures valeurs philippines, à savoir l'engagement, la compassion, le service communautaire et le don de soi pour le bien-être des autres.
    Elle manquera énormément à tous ceux qui la connaissaient, à ma famille et moi-même et à tous ceux dont elle a enrichi la vie pendant si longtemps.

Michael Baker

    Monsieur le Président, j'ai l'immense regret d'informer la Chambre que Michael Baker, ministre des Finances de la Nouvelle-Écosse, est décédé hier soir chez lui, à Lunenburg, entouré de sa famille.
    Michael Baker n'a jamais laissé son cancer l'empêcher d'être un bon mari et un bon père, et de bien servir les gens de la Nouvelle-Écosse. À mesure que sa maladie progressait, il est demeuré l'homme qu'il avait toujours été, un homme travaillant, dévoué et très attaché à sa famille.
    Michael Baker a servi dans plusieurs portefeuilles dans ses 10 ans au Cabinet et il a fait sa marque dans de nombreux dossiers. On se souviendra particulièrement qu'en 2004, après qu'un adolescent au volant d'un véhicule volé eut causé la mort d'une aide-enseignante, Michael a mené dans sa province le combat pour changer le système de justice pour les adolescents. Dans son rôle de ministre des Finances, Michael a réussi à déposer une série de budgets équilibrés et il travaillait, avant sa mort, au budget provincial devant être présenté au printemps.
    Nous tenons à exprimer nos sincères condoléances à son épouse, Cynthia, et à leurs fils, Matthew et Daniel. Michael nous manquera.

La taxe fédérale sur l'essence

    Monsieur le Président, avez-vous déjà attendu un tramway au coin d'une rue venteuse par temps glacial à Toronto? Eh bien, l'attente sera bientôt beaucoup plus courte.
    Toronto a décidé de faire l'acquisition de 204 nouveaux tramways. Mes électeurs qui se déplacent en tramway sur les rues Queens Quay, Spadina, King, Queen, Dundas, College et Bathurst en bénéficieront tous. Grâce aux délais d'attente plus courts, moins de gens prendront leur voiture.
    Non seulement il est préférable de prendre le tramway pour ses déplacements, mais la construction de tramways permettra de créer 300 emplois en 10 ans.
    Le gouvernement fédéral devrait envoyer ses 450 millions de dollars à Toronto de sorte que le contrat pour les tramways de la TTC puisse être signé d'ici au 27 avril. Les conservateurs, cependant, refusent d'adopter une formule de transfert de la taxe sur l'essence qui reflète les priorités de Toronto. Il en résulte que les fonds sont bloqués dans les dédales administratifs depuis des années.
    Quand les Torontois vont-ils enfin voir une partie des impôts qu'ils paient être investie dans leur ville?

[Français]

Le Bloc québécois

    Monsieur le Président, le Bloc utilisait ses budgets parlementaires, l'argent des contribuables, pour financer un journal avec des propos extrémistes et empreints d'intolérance. Le Réseau de résistance du Québécois a démontré son mépris de la démocratie durant le débat entourant les commémorations de la bataille des plaines d'Abraham qui a fait rage, en empruntant l'avenue de la peur, de l'intimidation et des appels à la violence.
    Comment le Bloc compte-t-il compenser la région de Québec pour les pertes causées par l'annulation de la reconstitution historique, pertes estimées par l'Office du tourisme de Québec à plus de 3 millions de dollars? Mais surtout, pourquoi les bloquistes sont-ils complices de groupuscules qui cherchent à nier un événement charnière et déterminant de notre histoire? Comme le dit la devise du Québec: « Je me souviens », et comme Québécois, je tiens à dénoncer l'étroitesse d'esprit et le nombrilisme du Bloc québécois qui hypothèque l'avenir du Québec en niant son passé.

Les députés conservateurs du Québec

    Monsieur le Président, un article de Chantal Hébert paru dans le Hill Times et dans le Toronto Star plus tôt ce mois-ci se voulait fort instructif quant au manque de jugement dont ont fait preuve les conservateurs québécois dans le dossier de la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham.
    À ce sujet, l'article insistait sur le fait que le gros bon sens voudrait que les mythes fondateurs, sujet délicat, soient gérés avec soin, ce que le caucus conservateur québécois n'a pas su faire, le qualifiant même d'insensible.
    Ce qui est encore plus intéressant, c'est que le même article reconnaît le talent qu'a la ministre des Affaires intergouvernementales à jeter de l'huile sur le feu qu'elle essaie en vain d'éteindre. En plus de citer en exemple le cas récent de la reconstitution des plaines d'Abraham, l'article fait aussi référence aux coupes en culture que la ministre a si mal gérées qu'elle fut mutée dans un autre ministère!
    De conclure Mme Hébert: c'est ce genre de fiasco que la ministre et ses collègues québécois semblent destinés à répéter lors de la prochaine élection.

  (1415)  

[Traduction]

Michael Baker

    Monsieur le Président, les Néo-Écossais pleurent aujourd'hui la disparition de Michael Baker, qui a occupé divers postes au sein du cabinet provincial, dont celui de ministre des Finances.
    Nous avons tous été touchés par le cancer, qui a emporté des membres de notre famille ou certains de nos amis. Toutefois, Michael Baker nous a montré que le cancer n'a pas à emporter notre courage, notre volonté ou notre capacité de contribuer à rendre le monde meilleur.
    Nous l'avons regardé poursuivre son travail et avons été émerveillés par sa volonté de ne pas laisser le cancer l'éloigner de ses fonctions. En fait, on peut vraiment dire qu'il a vaincu le cancer en réussissant à conserver un horaire chargé et une énergie sans bornes même si, au bout du compte, le cancer l'a emporté.
    Un nouveau palais de justice portant son nom a récemment été inauguré à Bridgewater. Son influence va bien au-delà de la structure de cet édifice. Il laisse derrière lui son amour de la loi, son dévouement envers sa collectivité, son engagement envers sa famille et son courage devant l'adversité. C'était un homme remarquable.
    Nous offrons nos condoléances aux membres de sa famille en espérant qu'ils trouveront du réconfort dans le respect et l'affection que les Néo-Écossais, toutes allégeances politiques confondues, avaient à l'égard de Michael Baker. Il a mérité une place spéciale dans notre histoire et dans nos coeurs.

Le chef du Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, le chef de l'opposition est tout à fait déconnecté de la réalité des Canadiens ordinaires. Il a surtout perdu tout contact avec les Canadiens des régions rurales, ce qu'il a d'ailleurs prouvé récemment en s'opposant à la chasse aux phoques au Canada alors qu'il appuyait cette taxe punitive sur le carbone.
    Il a prétendu au cours de la course à la direction du Parti libéral de 2006 et de la dernière campagne électorale que la taxe sur le carbone était une bonne chose pour le Canada et pour notre économie. Il a dit que nous devions accroître le fardeau d'autres Canadiens qui étaient plus en mesure d'absorber les coûts énergétiques, sans jamais demander aux Canadiens des régions rurales s'ils pouvaient absorber ces coûts supplémentaires.
    Non satisfait de ses attaques contre les Canadiens des régions rurales, il tente maintenant de réduire à néant les moyens de subsistance des chasseurs de phoques parce que ses amis européens estiment que c'est une bonne idée de le faire. Son parti compte déposer aujourd'hui une mesure législative interdisant la chasse au phoque au Canada, avec l'appui du controversé Fonds international pour la protection des animaux.
    Le chef de l'opposition n'appuie pas les chasseurs de phoques canadiens. Le chef de l'opposition n'appuie pas les Canadiens des régions rurales. Quand le chef de l'opposition cessera-t-il de s'en prendre aux Canadiens des régions rurales?

L'honorable Gilbert Parent

    Je tiens à informer la Chambre du décès, survenu hier soir, de mon prédécesseur, l'ancien président de la Chambre des communes, l'honorable Gilbert Parent.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, les Canadiens méritent un message clair de leur premier ministre au sujet de la crise économique. Parfois il dit que nous sommes en récession, parfois c'est une dépression. En septembre dernier, il n'allait rien se passer du tout.
    Le week-end dernier, au réseau CNN, le premier ministre a parlé d'« un repli cyclique, mais rien qui nécessite une intervention majeure du gouvernement ». Nous avons appuyé des mesures de relance totalisant 40 milliards de dollars parce que nous croyons que la crise économique est grave. 
    Le premier ministre a-t-il changé quelque peu d'idée?

[Français]

    Monsieur le Président, en commençant, je voudrais offrir nos condoléances à la famille de l'ancien Président de la Chambre, Gilbert Parent.

[Traduction]

    Si le député examinait attentivement la transcription de cette interview, il verrait que je parlais spécifiquement du secteur hypothécaire. Les États-Unis dépensent des dizaines de milliards de dollars pour régler les problèmes dans le secteur hypothécaire. Ce secteur connaît un repli cyclique chez nous, mais rien qui nécessite une aide gouvernementale massive.
    Malgré les difficultés économiques, c'est là un des nombreux points forts de notre pays comparativement aux États-Unis.

  (1420)  

    Monsieur le Président, nous attendons encore un énoncé clair quant à la nature de la crise, et la façon dont le premier ministre définit celle-ci aidera les Canadiens à la traverser.
    Je pose donc la question encore une fois. Considère-t-il qu'il s'agit d'un repli cyclique, d'une récession ou d'une dépression? Les Canadiens ont besoin d'une réponse claire pour les guider.
    Monsieur le Président, le plan économique du ministre des Finances énonce très clairement comment notre gouvernement voit la situation actuelle et ce que nous comptons faire pour y remédier.
    Le député parle de contradictions. La semaine dernière, les libéraux voulaient retarder l'adoption du Budget des dépenses, et ils disent maintenant qu'il faudrait l'adopter le plus rapidement possible. Au moins, leur deuxième idée est la bonne.

[Français]

    Monsieur le Président, le gouvernement demande notre appui pour voter 3 milliards de dollars supplémentaires pour la stimulation économique. Seul problème: il ne donne aux Canadiens aucune idée sur quoi il va dépenser l'argent. Nous ne pouvons pas signer un chèque en blanc.
    Le premier ministre va-t-il nous dire avant le vote quels sont les programmes précis ciblés par ces 3 milliards de dollars supplémentaires?
    Monsieur le Président, c'est évident que ces fonds sont pour la mise en application du budget de 2009, y compris les fonds de l'infrastructure pour la saison de construction de l'été. C'est urgent que cette Chambre agisse. J'encourage le chef de l'opposition à ne pas encore changer de position et à appuyer ces mesures et ces fonds importants pour l'économie canadienne.

[Traduction]

    Monsieur le Président, s'il y a à la barre une main plus hésitante que celle du premier ministre, ce ne peut être que celle du ministre des Finances. Lorsqu'il dit que l'Ontario est le dernier endroit où l'on doit investir, lorsqu'il annonce des budgets équilibrés en novembre, ce que personne n'a cru, pour faire volte-face et annoncer des déficits de 84 milliards de dollars deux mois plus tard, comment peut-il inspirer aux Canadiens la confiance dont ils auraient bien besoin en cette période de crise économique?
    Monsieur le Président, je remercie le député d'en face pour ses remarques chaleureuses. Le mois de mars est arrivé.
    Le plus gros budget de l'histoire canadienne récente a été présenté le 27 janvier. L'opposition libérale a dit qu'elle allait l'appuyer. C'est aujourd'hui le 3 mars, et le projet de loi d'exécution du budget est encore à l'étude à la Chambre. Pas un seul sou du plan de relance n'a été versé aux Canadiens qui ont besoin d'aide...
    Votre leader parlementaire a prévu un vote cet après-midi.
    ...y compris les Canadiens qui habitent la circonscription de Wascana.
    Monsieur le Président, s'il y a quelqu'un qui devrait savoir qu'il serait illégal de verser un seul sou du plan de relance avant le 1er avril, c'est bien le ministre des Finances.
    Il a traité ses énoncés précédents comme des mini-budgets. L'automne dernier, malgré une forte augmentation des pertes d'emploi au Canada et les pires résultats économiques depuis des décennies, le ministre a présenté un énoncé économique qui ne faisait absolument rien. Et il a justement expliqué aujourd'hui que ce n'était que cela, un énoncé économique, que ce n'était pas un budget ni un plan économique.
    Pourquoi n'avait-il pas de plan au moment où le Canada en avait le plus besoin?
    Monsieur le Président, nous sommes au coeur d'une grave récession mondiale, et le Canada est en meilleure position que la plupart des pays. Cela ne veut toutefois pas dire que le Canada n'est pas touché de façon importante par cette récession. C'est pourquoi nous devons absolument verser les fonds qui aideront les Canadiens.
    Je suis soulagé d'entendre le porte-parole de l'opposition en matière de finances dire que le projet de loi sera adopté à temps. Je suis certain que c'est le message qu'il communiquera aux sénateurs libéraux afin que le projet de loi soit adopté rapidement lorsqu'il sera envoyé au Sénat, ce qui, j'espère, se fera d'ici quelques jours.

[Français]

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, alors que la crise économique s'amplifie, le gouvernement refuse d'aider l'industrie forestière, un secteur économique qui vit de graves difficultés. Le gouvernement a pourtant accordé des milliards de dollars au secteur automobile, mais seulement 170 millions de dollars à l'industrie forestière. Ce montant sert uniquement à financer des programmes qui existent déjà. Il n'y a aucune garantie de prêts aux entreprises, le gouvernement prétextant que cela est illégal. Or, c'est faux.
    Est-ce que le premier ministre peut nous dire quel article de l'entente sur le bois d'oeuvre lui interdit d'accorder des garanties de prêts aux industries?

  (1425)  

    Monsieur le Président, le chef du Bloc devrait savoir que l'entente avec les États-Unis défend les subventions directes aux compagnies dans cette industrie. C'est la raison pour laquelle nous encourageons l'industrie avec des incitatifs sur l'énergie renouvelable, sur l'innovation, sur des mesures pour venir en aide aux travailleurs des communautés. Cette industrie est très déçue par l'opposition du Bloc québécois quant à ces mesures importantes pour cette industrie et ces communautés.
    Monsieur le Président, le premier ministre devrait savoir que des garanties de prêts, ce ne sont pas des subventions. L'aide à l'exportation canadienne repose sur des garanties de prêts. Il n'a pas cité l'article parce qu'il sait bien qu'il n'existe pas.
    Toujours concernant l'entente sur le bois d'oeuvre, le tribunal de Londres a statué que l'Est du Canada — qui comprend le Québec et l'Ontario — avait trop exporté de bois pendant les six premiers mois de 2007. Or, pendant cette période, l'Ontario est la grande responsable de ce dépassement des quotas, avec 60 p. 100 de l'excédent des exportations. Conséquemment, l'Ontario devrait assumer 60 p. 100 des pénalités.
    Le premier ministre s'engage-t-il à faire payer à l'Ontario sa juste part des pénalités afin que cela ne se fasse pas au détriment du Québec?
    Monsieur le Président, encore une fois, le Bloc tente de diviser les Canadiens, l'Ontario contre le Québec. C'est le vrai objectif de cette question. Ce n'est pas pour aider l'industrie forestière, c'est seulement une autre façon de semer la division et les batailles entre les Canadiens. C'est ce à quoi les Canadiens s'attendent d'un parti extrémiste comme ça.

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, en janvier seulement, il s'est perdu 129 000 emplois. C'est 4 000 chômeurs de plus par jour. Il est urgent que le gouvernement leur vienne en aide et ce n'est pas avec des baisses d'impôt qu'il y arrivera. L'abolition du délai de carence à l'assurance-emploi permettrait de mettre immédiatement de l'argent dans les poches des chômeurs tout en contribuant à la relance économique.
    Pourquoi les conservateurs s'entêtent-ils à ne pas supprimer cette pénalité injustifiée?
    Monsieur le Président, comme je l'ai expliqué plusieurs fois à l'honorable député, nous avons mené des consultations partout au pays avant de préparer le budget. Nous avons demandé aux employés et aux employeurs ce qu'ils voulaient avoir dans le budget à propos de l'assurance-emploi et ce qu'ils nous ont dit, c'est qu'ils voulaient avoir plus de semaines d'admissibilité. C'est ce que nous avons fait. Nous avons offert ces cinq semaines de plus suite à ce qu'ils nous ont demandé. Pourquoi n'accepte-t-il pas ces cinq semaines pour réponse?
    Monsieur le Président, il faudrait que la ministre nous dise qui elle a consulté. L'abolition du délai de carence serait une mesure, à notre avis, simple et efficace. Elle permettrait de corriger une injustice faite aux victimes de la crise.
     Après avoir détourné 54 milliards de dollars de la caisse de l'assurance-emploi, le gouvernement comprendra-t-il qu'il a le devoir moral d'aller de l'avant avec cette mesure?
    Monsieur le Président, c'est bien simple: les gens qui en ont le plus besoin devraient avoir le plus de prestations. C'est pourquoi nous avons ajouté cinq semaines à la fin de la période couverte par l'assurance-emploi. Ainsi, ceux qui en auront le plus grand besoin auront des prestations plus longues au moment où ils en auront le plus besoin.

L'économie

    Monsieur le Président, le gouvernement se sert de la crise économique pour créer sa propre caisse occulte du même genre de celle que la vérificatrice générale et le juge Gomery ont dénoncée. Le gouvernement refuse de dévoiler un plan d'investissement pour ces 3 milliards de dollars. Il n'y a ni objectifs, ni conditions ni règlements. Les conservateurs veulent carte blanche. C'est la même recette qui a mené au scandale des commandites.
    Pourquoi le premier ministre ne veut-il pas que les gens sachent ce qu'il fera de ces 3 milliards de dollars?

  (1430)  

    Monsieur le Président, ces fonds serviront à la mise en oeuvre du budget de 2009. La population canadienne attend ce budget et ces fonds. Le Nouveau Parti démocratique a décidé de voter contre le budget avant de le lire. C'est une position tout à fait irresponsable.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le principe de la responsabilité ministérielle est l'un des piliers de la démocratie. Malgré cela, le premier ministre essaie d'échapper à son obligation de rendre des comptes au Parlement. Il ignore les rapports présentés dans le passé par le Bureau du vérificateur général. Il fait fi des leçons que l'on a pu tirer du scandale des commandites. Les Canadiens ne veulent surtout pas que le gouvernement conservateur puisse se constituer une caisse noire de 3 milliards de dollars. On ne peut pas se contenter de signaler les erreurs après coup.
    Le premier ministre est-il prêt à présenter à la Chambre des mécanismes de reddition de comptes et à les mettre en oeuvre pour s'assurer que l'argent chèrement gagné par les contribuables ne devienne pas une caisse noire pour les conservateurs?
    Monsieur le Président, le député fait partie de ceux qui voulaient inverser les résultats des élections pour empêcher notre budget d'être soumis au Parlement. Il a dit qu'il allait voter contre le budget, peu importe le contenu. Maintenant, il prétend qu'il y a une caisse noire, alors que le gouvernement n'a pas encore dépensé un seul sou.
    Monsieur le Président, vous voyez jusqu'à quel point les positions du Nouveau Parti démocratique sont devenues irresponsables et ridicules. Il fut un temps où ce parti défendait de vraies idées. Aujourd'hui, il est simplement contre tout.
    Monsieur le Président, lorsqu'on dépense l'argent des contribuables, on ne le fait pas en choisissant soit la rapidité, soit la responsabilité. Les Canadiens tiennent aux deux. Après avoir vécu un scandale libéral pendant des années, les Canadiens voulaient que le premier ministre ait une approche un peu différente. Mais, il a plutôt choisi de sombrer dans ce qu'on pourrait appeler un déficit de responsabilité.
    De quoi a-t-il peur? Pourquoi ne pas, par exemple, demander premièrement l'avis de la vérificatrice générale? Pourquoi ne pas demander au président du Conseil du Trésor d'obtenir l'approbation préalable du Comité permanent des comptes publics? Pourquoi ne pas inviter le public à suivre l'argent à la trace comme on l'a fait aux États-Unis? La rapidité importe, mais les Canadiens veulent qu'on leur rende des comptes sur l'utilisation de leur argent.
    Monsieur le Président, il est certain que les Canadiens n'auront ni la rapidité, ni la responsabilité avec le NPD. Nous avons consulté la vérificatrice générale. Nous allons rendre des comptes sur l'utilisation de la totalité de cet argent. Il faut débloquer cet argent pour pouvoir profiter pleinement de la prochaine saison de la construction. J'exhorte le NPD à mettre fin à son opposition ridicule à des programmes qui sont nettement dans l'intérêt de l'ensemble des Canadiens, y compris les malheureux qui ont voté pour le NPD.

[Français]

L'Afghanistan

    Monsieur le Président, récemment, au mois de février, le ministre de la Défense nationale a dit que le Canada ne pouvait pas abandonner son rôle de leadership en Afghanistan jusqu'à ce que ce dernier puisse se gouverner, libre de l'ombre de la terreur des talibans.
    Le ministre est-il toujours fidèle à ses paroles?
    Absolument, monsieur le Président. Je suis très heureux de cette déclaration. C'est clair, notre gouvernement prend une approche totale, pangouvernementale, avec tous les autres ministères, pour augmenter la capacité des armées nationales, des forces de la sécurité en Afghanistan.
    En même temps, c'est nécessaire de trouver une façon de travailler avec les autres pour appuyer certains ministères du gouvernement afghan afin de reconstruire, de rebâtir les communautés et d'augmenter la gouvernance. C'est une approche totale.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je me demande si le ministre reconnaît qu'il peut être difficile pour beaucoup de Canadiens de savoir où loge le gouvernement compte tenu de ses discours creux comme celui du ministre que j'ai cité en anglais et où il affirme que le Canada ne pourrait pas abandonner son rôle tant que l'Afghanistan ne sera pas libéré de l'ombre des talibans.
    Ne comprend-il pas qu'il est très difficile pour les Canadiens de concilier la déclaration du ministre et celle du premier ministre, qui souffle maintenant les paroles au ministre? Si le premier ministre daignait répondre à une de mes questions, je serais très heureux.

  (1435)  

    Monsieur le Président, je serai heureux de répondre.
    Il est ironique de voir un député qui demandait l'an dernier que le Canada se retire d'Afghanistan demander maintenant pourquoi nous nous en retirerons dans trois ans.
    La vérité, c'est que nos militaires, nos diplomates et nos travailleurs s'occupant de développement font un travail remarquable sur le terrain pour s'assurer que nous puissions axer davantage notre mission sur le développement tandis que les Afghans assument leurs propres responsabilités.
    C'est ce qui se passe, et le député devrait réfléchir à sa propre position sur la question avant de répondre.
    Monsieur le Président, c'est tout à fait faux et le premier ministre le sait. Je fais une nouvelle tentative.
    En février 2008, le ministre de la Défense nationale a déclaré:
    Voilà pourquoi nous ne pouvons abandonner le rôle essentiel de leader que nous jouons actuellement en Afghanistan tant que nous n'aurons pas atteint ce point tournant critique [...]
    Puisque le premier ministre a abdiqué, quel est notre nouveau point tournant critique en Afghanistan?
    Monsieur le Président, il y a bien plus qu'un peu d'ironie et de cynisme dans la déclaration du député. Sa fausse indignation nie le fait que lui et les autres députés libéraux ont voté en faveur de la prolongation de la mission.
    Nous devons nous rappeler que ce que nous faisons aujourd'hui en Afghanistan, c'est aider le gouvernement de ce pays à se doter de la capacité d'agir, de se doter des forces de sécurité nationales et de ministères qui lui permettront de s'occuper de son peuple. C'est là notre obligation humanitaire, diplomatique et militaire dans le cadre de la mission dirigée par l'OTAN, soutenue par l'ONU et menée à la demande de l'Afghanistan.

[Français]

    Monsieur le Président, le problème, c'est que le ministre de la Défense nationale a laissé tomber les troupes, nos troupes.
    La volte-face du premier ministre sur la mission en Afghanistan a provoqué une onde de choc chez nos soldats et particulièrement chez les familles qui ont perdu un des leurs. On espère que les 1 600 soldats qui vont quitter Valcartier pour l'Afghanistan dans les prochaines semaines ont été informés de la volte-face et de la capitulation du gouvernement conservateur.
    Une voix: Oh, oh.
    L'hon. Denis Coderre: C'est au premier ministre que je parle!
    Que répond le premier ministre à M. Guy Roberge, père de l'adjudant-chef Gaétan Roberge tué en décembre dernier, qui se demande ce que nos troupes vont faire là jusqu'en 2011, maintenant que le premier ministre a abdiqué?
    Monsieur le Président, notre premier ministre appuie cette mission en Afghanistan et appuie nos soldats. Je suis très heureux et je suis très confiant dans les capacités de nos soldats qui servent notre pays sur le terrain en Afghanistan aujourd'hui.
    C'est clair, la mission continue après que les soldats finissent le travail. C'est nécessaire pour notre appui. Notre effort en Afghanistan, c'est total, pangouvernementale, et c'est un effort dont nous, les Canadiens, sommes très fiers.

La fiscalité

    Monsieur le Président, pendant que six pays européens réclament des mécanismes de sanction contre les paradis fiscaux, le ministre des Finances fait exactement le contraire en permettant aux entreprises de les utiliser pour déduire deux fois les intérêts engagés pour leurs emprunts.
    Alors que son gouvernement refuse d'aider les secteurs en difficulté et les chômeurs, comment le ministre peut-il élargir l'accès aux paradis fiscaux et encourager les fuites fiscales?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme on le sait très bien, nous avons commandé à ce sujet une étude qui a été réalisée sous la direction de M. Peter Godsoe, ancien PDG de la Banque de Nouvelle-Écosse, et le budget donne suite aux recommandations formulées dans son rapport.

[Français]

    Monsieur le Président, le ministre prétexte par ce rapport la compétitivité. De quelle compétition parle-t-il quand la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis s'opposent à la double déduction? Le ministre admettra-t-il que ses choix budgétaires sont la démonstration, encore une fois, de son indifférence face aux victimes de la crise et de son parti pris pour ses amis de la finance de Bay Street?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le groupe consultatif Godsoe a pris le temps d'examiner la façon de faire de divers pays et il a recommandé au gouvernement d'agir, surtout en cette période de récession, ce que nous avons fait dans le budget, afin de préserver la position concurrentielle du Canada.

[Français]

L'Afghanistan

    Monsieur le Président, le premier ministre admet finalement qu'il n'y aura pas de victoire militaire en Afghanistan. D'ailleurs, comme l'a constaté le secrétaire général de l'ONU, la situation sécuritaire et humanitaire se détériore en Afghanistan, ce qui commande un véritable rééquilibrage de la mission comme telle et non de belles paroles creuses comme son gouvernement nous a souvent servies.
    Devant cette prise de conscience, est-ce que le premier ministre entend profiter du prochain sommet de l'OTAN à Strasbourg pour enjoindre cet organisme à revoir l'ensemble de son intervention en Afghanistan, comme nous le demandions en 2007?

  (1440)  

    Monsieur le Président, le Canada est en Afghanistan en réponse à la demande du gouvernement élu démocratiquement de l'Afghanistan afin d'aider les Afghans à rebâtir le pays pour en faire une société stable, démocratique et autosuffisante.
    Rémi Landry, de l'Université de Montréal, a indiqué que ce point de vue est également partagé par les militaires canadiens. C'est indiqué très clairement dans le nom même de la mission de l'OTAN, à savoir que les militaires sont là pour offrir de l'assistance et non pour faire le travail à la place des Afghans.
    C'est la même position que notre gouvernement.

L'OTAN

    Monsieur le Président, le prochain sommet de l'OTAN devrait aussi être l'occasion pour lancer l'idée d'un sommet international sur l'Afghanistan qui déborde le seul cadre de l'OTAN. L'Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe la Chine, la Russie et cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, pourrait être mise à contribution.
    Est-ce que le premier ministre entend se faire le porteur d'une telle proposition auprès de ses partenaires de l'OTAN?
    Monsieur le Président, j'apprécie la question. C'est une bonne question. Je suis confiant face à la prochaine réunion de l'OTAN. C'est une opportunité pour avoir une discussion claire et très importante pour attirer plus d'appuis pour cette mission. Cela inclut peut-être certains États dans la région pour appuyer la mission et appuyer l'approche pangouvernementale. Notre gouvernement apprend, et c'est une bonne question.

Le bois d'oeuvre

    Monsieur le Président, vendredi dernier, le Tribunal international d'arbitrage de Londres a imposé une taxe supplémentaire de 10 p. 100 sur le bois d'oeuvre du Québec et de l'Ontario exporté vers les États-Unis.
    Cette décision découle directement de l'entente à rabais sur le bois d'oeuvre que les conservateurs ont signée avec les Américains.
    Comment les conservateurs peuvent-ils expliquer aux travailleurs forestiers qui ont perdu leur emploi qu'il faudra payer 68 millions de dollars en taxes, avant même qu'ils puissent être réembauchés?
    Monsieur le Président, nous avons une entente avec les États-Unis. De temps en temps, un pays ou l'autre peut mettre sur la table un sujet de discussion s'il y a un désaccord. Il y aura tout le temps un règlement après leur protestation. C'est important. Parfois nous pouvons gagner dans les cours, d'autres fois, le règlement sera contre nous. C'est important que nous respections notre entente.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la Cour d'arbitrage international de Londres a ordonné, vendredi dernier, l'imposition d'une taxe de 10  p. 100 sur les exportations de bois d'oeuvre du Québec et de l'Ontario vers les États-Unis. Cette décision est une conséquence directe du mauvais accord sur le bois d'oeuvre que les conservateurs ont conclu avec les États-Unis.
    Comment les conservateurs vont-ils expliquer aux travailleurs forestiers québécois et ontariens sans emploi que, avant qu'on puisse les rembaucher, il va falloir payer des taxes d'exportation de 68 millions de dollars?
    Monsieur le Président, avant que ne soit conclu l'accord sur le bois d'oeuvre, les batailles juridiques n'en finissaient plus et des taxes et quotas ne cessaient d'être imposés au Canada. Nous avons maintenant un accord qui bénéficie d'un appui considérable dans l'industrie.
    Un tel accord présente notamment l'avantage de prévoir un mécanisme de règlement des différends. Si une partie fait appel à l'arbitre et que ce dernier juge que l'autre partie doit payer ou s'il n'est pas d'accord, les parties sont tenues de respecter l'accord. C'est ce que nous avons l'intention de faire. Nous allons travailler en collaboration avec les provinces afin de déterminer comment ces sommes peuvent être remboursées sans leur nuire.
    N'oublions pas que le Canada avait récupéré 5 milliards de dollars dans le cadre de cet accord.

  (1445)  

L'infrastructure

    Monsieur le Président, aujourd'hui, des milliers de travailleurs de la construction au chômage et leurs familles attendent que le gouvernement conservateur fasse ce qu'il n'a pas fait jusqu'à présent: verser des fonds destinés à l'infrastructure de manière responsable et équitable et avec célérité.
    En fait, le gouvernement a échoué à ce chapitre et n'a versé que 5 p. 100 de ce qu'il avait promis, entraînant ainsi la perte de dizaines de milliers d'emplois. Le gouvernement promet qu'il pourra distribuer 7 milliards de dollars cette année en utilisant les mêmes méthodes.
    Compte tenu de l'importance cruciale de créer des emplois dans nos collectivités, le gouvernement va-t-il maintenant modifier ses façons de faire?
    Monsieur le Président, dans la province du député, nous prenons des mesures dynamiques pour faire démarrer des projets d'infrastructure. Nous avons annoncé 289 différents projets dans toutes les régions de la province, ce qui représente des dépenses de plus d'un milliard de dollars.
    Nous devions allouer 300 millions de dollars pour des projets et nous avons plus que triplé ce montant. Il y a à peine deux semaines, dans la circonscription même du député, le premier ministre du Canada et celui de ma province ont annoncé le versement de 500 millions de dollars pour aider le réseau de transports en commun GO.
    Nous faisons ce qu'il y a à faire, une étape à la fois.

[Français]

    Monsieur le Président, la semaine dernière, le premier ministre a utilisé le même vieux truc, comme annoncer des projets à plusieurs reprises sans qu'un seul emploi soit créé. Aujourd'hui, nous voterons sur la motion libérale qui propose de transférer la moitié des fonds prévus pour l'infrastructure de façon plus efficace, comme le modèle de la taxe sur l'essence.
    Le gouvernement conservateur va-t-il renoncer à ses anciennes habitudes politiques et agir enfin dans l'intérêt des Canadiens?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous collaborerons de façon constructive avec les provinces.
    Ce que le député d'en face voudrait que nous fassions, c'est de simplement mettre à l'écart le premier ministre de l'Ontario et de cibler directement les municipalités.
    Le député a fait campagne contre Dalton McGuinty. Il n'a jamais appuyé ce dernier. Nous nous sommes engagés à travailler avec lui. Nous nous sommes engagés à former un partenariat et à obtenir des résultats.

Israël

    Monsieur le Président, les étudiants juifs partout au pays sont assiégés par les antisémites qui ont fait connaître leurs plans en vue de la Semaine de l'apartheid juif. Des députés libéraux ont été cités dans les médias et même aujourd'hui ils ont dit au Comité de l'immigration que les organisations antisémites, comme la Fédération canado-arabe, devraient avoir droit à des subventions du gouvernement.
    Le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme pourrait-il expliquer pourquoi le gouvernement est d'avis que la Semaine de l'apartheid juif est une activité antisémite?
    Monsieur le Président, les Canadiens sont libres d'exprimer leurs points de vue au sujet des politiques des gouvernements étrangers, mais la Semaine de l'apartheid juif n'a rien à voir avec cela. Il s'agit d'un effort systématique pour saper la légitimité de la patrie démocratique du peuple juif, un pays né de l'holocauste.
    Nous sommes très préoccupés par la résurgence de la vieille calomnie selon laquelle le sionisme est une forme de racisme. C'est la notion qui est au coeur de la Semaine de l'apartheid juif.
    Les étudiants juifs sur les campus du pays se sentent de plus en plus vulnérables. Nous dénonçons ces activités qui ciblent et attaquent de la manière la plus odieuse le peuple juif et Israël.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, la fourberie des conservateurs ne cesse d'étonner les Canadiens. Les Premières nations étaient à mettre au point des mesures de responsabilisation avant que le gouvernement conservateur soit élu, mais ce dernier a fait cesser toute activité à ce sujet.
    Maintenant, les conservateurs veulent apporter des modifications en ce qui concerne l'élection des conseils de bandes et le financement des bandes sans consultation ou presque et ils réduiront de plus des deux tiers les budgets consacrés aux pourparlers.
    La responsabilisation vaut dans les deux sens. Puisque les conservateurs ne parlent pas aux Premières nations, refusent-ils d'assumer leurs propres responsabilités?
    Monsieur le Président, je ne sais pas trop de quoi la députée veut parler au juste. Il est vrai que nous collaborons avec les Premières nations aux Programmes de soutien aux gouvernements indiens. À titre d'exemple, un groupe consultatif a été créé. Il est composé d'agents financiers des collectivités autochtones, de l'APN, de l'Assemblée des chefs du Manitoba et d'autres.
    Ce groupe tient aujourd'hui une rencontre, très secrète évidemment, à laquelle tous ont été invités publiquement. J'ai transmis une lettre à ce sujet à tous les chefs et à tous les conseils du pays. J'annonce également une autre rencontre, très secrète elle aussi, évidemment. Pour les députés qui voudraient être mis au courant, elle aura lieu vendredi dans la région de l'Atlantique.
    Monsieur le Président, selon des documents ayant fait l'objet d'une fuite, la raison principale pour laquelle les conservateurs souhaitent modifier le mode de financement des conseils de bandes est de modifier la gestion des pensions. Les conservateurs tentent de réduire la responsabilité du gouvernement à l'égard du sous-financement des pensions. Les conservateurs veulent imposer des changements aux conseils de bandes pour masquer la mauvaise gestion du gouvernement.
    Pourquoi le gouvernement ne déclare-t-il pas franchement ses intentions et ne cesse-t-il pas d'induire les Premières nations en erreur?

  (1450)  

    Monsieur le Président, je devrais peut-être chuchoter encore un peu plus bas quand je parle de tels secrets. Voici le secret. Nous collaborons avec les Premières nations, y compris l'Assemblée des Premières Nations, l'Assemblée des chefs du Manitoba, le Conseil tribal de Manitoulin et nombres d'autres. Ils font partie d'un groupe de travail. Ils siègent avec nous pour parler d'améliorations que nous pouvons apporter au moment du renouvellement des Programmes de soutien aux gouvernements indiens. Nous allons peut-être pouvoir améliorer les choses, notamment en matière de responsabilité, et ce à l'avantage des Premières nations et de leurs populations.
    Ce n'est pas un secret. C'est ce que souhaitent les Premières nations et c'est ce que nous souhaitons faire en collaboration avec elles.

[Français]

La chasse au loup-marin

    Monsieur le Président, la Commission européenne du marché intérieur a récemment appuyé un règlement visant à imposer un embargo partiel sur les produits du loup-marin. Cet embargo aurait de graves conséquences pour plusieurs chasseurs qui vivent de cette chasse traditionnelle et honorable. Les décideurs européens voteront très bientôt sur le projet de loi final.
    Qu'est-ce que le gouvernement entend faire pour contrer cette nouvelle attaque contre la chasse au loup-marin?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement conservateur continuera à défendre le droit des chasseurs de phoques canadiens à nourrir leur famille grâce à une chasse légale, durable et sans cruauté. Nous continuerons à faire en sorte que les discussions internationales reposent sur des faits.
    À la différence du Parti libéral du Canada qui les a attaqués, nous défendrons les chasseurs de phoques canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, l'inaction du gouvernement actuel laisse libre cours aux faussetés véhiculées par les groupes abolitionnistes dont un sénateur libéral, Mac Harb, qui réclame la fin de la chasse au loup-marin.
    Qu'est-ce que le gouvernement attend pour présenter une campagne d'information à l'échelle internationale pour favoriser l'expansion des marchés des produits du loup-marin et assurer la viabilité de cette industrie, notamment en augmentant le nombre de prises?

[Traduction]

    Monsieur le Président, notre gouvernement consacre beaucoup de temps et de ressources à défendre la chasse au phoque à l'étranger et ici, ce qu'il est vraiment navrant de devoir faire. La chasse au phoque, qui est critiquée en Europe, l'est aussi maintenant ici même, au Canada.
    Nous continuerons à soutenir les chasseurs de phoques canadiens. Nous poursuivrons nos efforts en Europe pour que les faits soient connus en ce qui concerne la chasse au phoque au Canada et nous soutenons nos chasseurs.

Les affaires autochtones

     Monsieur le Président, j’ai entendu la réponse du ministre. Il cherche à tromper les Premières nations, mais il ne fait que tourner autour du pot dans cette satanée affaire.
     Les conservateurs ont radicalement réduit le budget de consultations et veillent à garder un « profil bas » sur le plan des communications. Je ne fais que reprendre les mots que j’ai trouvés dans ses propres documents.
     Pourquoi cherche-t-il à exclure les Premières nations de toute vraie consultation? Pourquoi dit-il une chose en juin au sujet des excuses et agit-il maintenant dans un sens différent? Pourquoi ne peut-il pas se montrer honnête envers les Premières nations de notre pays?
    Monsieur le Président, je n’ai jamais vu le document dont parle le député. Je ne l’ai jamais vu et je n’en connais pas la source.
    Ce que je sais, c’est que nous avons une politique ouverte dans nos relations avec les Premières nations du pays. Un comité consultatif a été établi. Les réunions sont déjà prévues du début jusqu’à la fin.
    Il y aura vendredi une réunion avec l’Atlantic Policy Congress. Au cours de cette réunion, on demandera au député s’il appuie Warren Kinsella et la position d’un sénateur libéral qui veut faire interdire la chasse aux phoques au Canada. Voilà ce que nous aimerions que le député nous dise. Il prétend qu’il appuie la chasse aux phoques. Nous verrons bien.
    Monsieur le Président, le ministre voudra peut-être se joindre à moi sur les glaces flottantes. Je compte y aller de nouveau ce printemps, comme je l’ai fait les deux printemps derniers. Il devrait vraiment venir avec moi.
     D’après les documents internes du ministre, les changements qu’il propose ne seraient pas facultatifs. En même temps que les collectivités des Premières nations sont privées de la possibilité de choisir, on les empêche d’exprimer leur point de vue et d’accéder au processus décisionnel.
     Il est curieux d’entendre le ministre parler de responsabilité quand il n’en assume pas lui-même. Compte-t-il ouvrir la porte pour laisser entrer les Premières nations?

  (1455)  

    Monsieur le Président, nous avons un bel exemple du vieil adage d’après lequel moins on est sûr d'un fait, plus on crie fort.
     Voici les faits. Je vais les énumérer lentement à l'intention du député. Un comité consultatif a été établi avec l’Assemblée des Premières nations et l’Assemblée des chefs du Manitoba. Les membres de l’Atlantic Policy Congress sont les bienvenus. Chaque chef du pays a reçu une lettre à ce sujet. Les agents d’administration financière de toutes les Premières nations du pays seront invités aux réunions au cours de l’année prochaine pour en discuter. Voilà le grand secret.
     J'aimerais maintenant savoir ce qui suit: quand le député ira sur les glaces flottantes, emmènera-t-il Mac Harb avec lui?

Les Forces canadiennes

    Monsieur le Président, le NPD remercie le gouvernement de l'annonce qu'il a faite hier sur la coordination des efforts pour aider les soldats blessés et leurs familles. Cependant, il existe un autre problème très grave, celui des chèques de pension pour les militaires qui quittent l'armée volontairement.
    La vérité, c'est que ces hommes et ces femmes qui ont servi notre pays doivent attendre bien des mois avant de pouvoir recevoir un chèque de pension. Cela nuit à leur capacité de payer leur hypothèque et d'autres factures.
    Quand le gouvernement remettra-t-il les choses en ordre et distribuera-t-il ces chèques de pension que les militaires méritent tellement?
    Monsieur le Président, je remercie le député d'avoir eu la gentillesse d'appuyer hier notre mesure visant à mettre en place des unités interarmées de soutien au personnel dans l'ensemble du pays.
    Dans le même ordre d'idées, nous avons recruté davantage d'employés. Des fonctionnaires très dévoués travaillent jour et nuit pour éliminer l'arriéré. En effet, en raison du profil démographique des Forces canadiennes, il y avait un arriéré que nous tentons très efficacement d'éliminer. Cela prend du temps. Il y a des gens qui travaillent très fort là-dessus.
    J'aimerais demander au député si, au moment de voter sur le budget, il pourrait se ranger du côté des Forces canadiennes pour la première fois au lieu de s'esquiver furtivement de la Chambre.

L'assurance-emploi

    Il faut se dépêcher et attendre, monsieur le Président. En plus des anciens combattants, les personnes au chômage sont elles aussi obligées d'attendre à cause de ce gouvernement froid et mesquin.
    Dans les provinces de l'Atlantique, 30 000 familles doivent attendre que leur demande d'assurance-emploi soit traitée. Plus de 8 000 de ces familles attendent depuis plus de six semaines. Cela fait un mois et demi qu'elles n'ont pas d'argent pour faire des courses et pour payer leur loyer, leur hypothèque et leurs factures de chauffage et d'électricité.
    Quand la ministre informera-t-elle la Chambre de ce qu'elle compte faire pour réduire le délai de traitement des demandes d'assurance-emploi?
    Monsieur le Président, j'ai toujours pensé qu'il est alarmiste de citer des chiffres erronés. C'est tout à fait inacceptable.
    Il est tout aussi inacceptable, selon nous, que quiconque ait à attendre pour toucher des prestations d'assurance-emploi. C'est pourquoi nous avons rappelé des employés retraités pour s'attaquer au nombre record de demandes. Nous faisons appel à des employés d'autres ministères. Nous avons prolongé les heures d'ouverture des centres d'appel. Nous faisons des heures supplémentaires. Nous avons davantage recours à l'automatisation. Nous voulons que ces personnes puissent obtenir l'argent dont elles ont besoin et qu'elles méritent.

Les Forces canadiennes

    Monsieur le Président, le gouvernement est résolu à lutter contre les gangs et d'autres groupes du crime organisé en présentant de nouvelles lois qui ciblent les drogues, les gangs et le crime organisé. Il est important que nous empêchions d'abord que les drogues soient écoulées dans nos rues.
    Le ministre aurait-il l'amabilité de dire à la Chambre si les Forces canadiennes contribuent à empêcher les drogues illicites de tomber dans les mains du crime organisé et d'être vendues dans les rues de nos collectivités?
    Monsieur le Président, effectivement, depuis 2006, les Forces canadiennes jouent un rôle important dans les opérations antidrogue canadiennes et elles patrouillent dans les abords méridionaux de l'Amérique du Nord pour empêcher les drogues illicites d'arriver dans nos rues.
    Nous avons récemment participé à une opération multinationale qui a permis d'intercepter de la cocaïne d'une valeur de quelque 272 millions de dollars. De plus, le NCSM Montréal, une frégate basée à Halifax, a récemment aidé un bâtiment de guerre français à arraisonner, dans les Caraïbes, un contrebandier dont le navire était rempli de cocaïne. Aussi, un aéronef Aurora des Forces canadiennes a repéré et suivi une plate-forme semi-submersible qui menait des opérations dans les eaux internationales.
    Nous pouvons tous être fiers de ces opérations continues des Forces canadiennes.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, quelque 27 000 enfants des Premières nations sont sous la tutelle d'organismes d'aide à l'enfance autochtones et provinciaux, soit trois fois le nombre d'enfants qui fréquentaient les pensionnats indiens au plus fort de l'époque de ces pensionnats.
    La Commission canadienne des droits de la personne a été saisie du dossier, mais le gouvernement tente de faire classer l'affaire par la Cour fédérale parce que les conservateurs semblent s'en moquer éperdument. Ont-ils quelque chose à cacher?
    La réconciliation, c'est plus que de simples excuses.

  (1500)  

    Monsieur le Président, quand nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons constaté qu'il n'y avait aucune entente entre les provinces et les Premières nations sur les services à l'enfance et à la famille. Les libéraux en ont parlé pendant 13 ans, mais ils n'ont rien fait pour passer d'un modèle d'appréhension à un modèle de prévention en ce qui concerne les services à l'enfance et à la famille.
    C'est pour cela que nous avons signé la première entente sur les services à l'enfance et à la famille avec les Premières nations de l'Alberta. Le budget de 2009 étend cet accord à l'ensemble du pays. Nous avons maintenant assez d'argent pour ajouter deux provinces.
    Nous continuons à avancer systématiquement parce qu'il est important de s'occuper des enfants. C'est pourquoi je remercie la députée d'appuyer le budget.

[Français]

L'Agence du revenu du Canada

    Monsieur le Président, à une question posée hier par le Bloc québécois sur un permis accordé pour fabrication de cigarettes à un homme maintenant accusé de trafic de drogues, le ministre du Revenu national a répondu qu'il y avait un aspect confidentiel à considérer. Or les comparutions se déroulent en cour ouverte, donc publiquement, et cette histoire fut publiée lundi dans un quotidien québécois. Il n'y a rien de confidentiel là-dedans.
    Puisque le ministre reconnaît qu'il a le pouvoir d'agir, qu'attend-il pour suspendre le permis jusqu'à la conclusion de cette affaire judiciaire?
    Monsieur le Président, à nouveau, je veux rappeler qu'avant d'émettre une licence de vente du tabac, nous vérifions si la personne a des antécédents criminels, et, bien sûr, si de telles choses arrivent, nous sommes en mesure de ne pas délivrer le permis. Maintenant, je répète au député que s'il prenait la peine de vérifier exactement ce qu'il en est, il ne poserait pas la même question puisqu'il verrait peut-être autre chose. Si on devait vérifier qu'effectivement, il y a un antécédent criminel, le ministre aurait toujours le pouvoir de révoquer ladite licence.

[Traduction]

L'industrie

    Monsieur le Président, l'inaction du gouvernement dans le cas des licenciements illégaux chez la société Xstrata a créé un précédent dangereux.
    Aujourd'hui, la société Vale Inco, qui a son siège au Brésil, élimine 423 emplois au Canada, dont 261 à Sudbury et dans Nickel Belt. Pourtant, cette société a conclu une entente avec le gouvernement dans laquelle elle s'est engagée à ne pas supprimer d'emplois avant le mois d'octobre 2009.
    Après le fiasco de Xstrata, les compagnies se rendent maintenant compte que les ententes interdisant les licenciements ne veulent rien dire, puisque le gouvernement conservateur n'en tient pas compte et n'impose aucune conséquence.
    Quand le gouvernement va-t-il enfin défendre les travailleurs et exiger le respect des ententes interdisant les licenciements?
    Monsieur le Président, j'imagine qu'il faut faire partie du caucus néo-démocrate pour conclure qu'un investissement supplémentaire de 300 millions de dollars est un désastre pour Sudbury et pour les mineurs.
    Dans le cas de la société Vale Inco et de l'annonce faite aujourd'hui, nous sympathisons énormément avec les travailleurs et les familles touchés par cette décision. Je tiens à dire au député que nous suivons la situation de près. Nous sommes en train d'étudier les dispositions de la Loi sur Investissement Canada, afin de voir dans quelle mesure celles-ci s'appliquent à Vale Inco.
    Nous nous attendons à ce que cette société respecte les engagements pris envers le gouvernement du Canada et les Canadiens. Nous allons examiner la situation très attentivement.

La condition féminine

    Monsieur le Président, nous célébrons actuellement la Semaine internationale de la femme, qui va culminer le 8 mars, à l'occasion de la Journée internationale de la femme.
    Le gouvernement conservateur a toujours fait beaucoup pour appuyer les femmes. Le pourcentage de femmes nommées récemment au Cabinet par le premier ministre est le plus élevé de l'histoire, et celui-ci a aussi nommé pour la première fois une ministre d'État qui s'occupe exclusivement de la condition féminine.
     La ministre d’État à la Condition féminine pourrait-elle nous dire ce qu'elle fait pour souligner la Semaine internationale de la femme?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de son bon travail et de son appui, au moment où nous sommes en train d'élaborer notre plan d'action pour promouvoir l'égalité des femmes.
    La sécurité économique est l'un des fondements de ce plan. Hier soir, j'ai eu l'honneur d'annoncer un projet de partenariat avec WEConnect Canada, qui est un organisme de réseautage d’entreprises chargé de faciliter l'entrée dans les chaînes d’approvisionnement mondiales aux femmes d'affaires canadiennes. Le Programme de diversité des fournisseurs va créer, pour les femmes d'affaires canadiennes, des occasions d'élargir leurs entreprises et de connaître du succès.
    En outre, je suis fière de diriger la délégation canadienne à la Commission des Nations Unies sur la condition féminine.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — L'infrastructure municipale  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 26 février, de la motion.
    Comme il est 15 h 5, conformément à l'ordre adopté le jeudi 26 février, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion relative aux crédits.
    Convoquez les députés.

  (1515)  

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 14)

POUR

Députés

Allen (Welland)
André
Andrews
Angus
Ashton
Asselin
Atamanenko
Bachand
Bagnell
Bains
Beaudin
Bélanger
Bellavance
Bennett
Bevilacqua
Bevington
Bigras
Black
Blais
Bonsant
Bouchard
Bourgeois
Brison
Brunelle
Byrne
Cannis
Cardin
Carrier
Casey
Charlton
Chow
Christopherson
Coady
Coderre
Comartin
Cotler
Crête
Crombie
Crowder
Cullen
Cuzner
D'Amours
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Vancouver East)
DeBellefeuille
Deschamps
Desnoyers
Dewar
Dhaliwal
Dion
Dorion
Dosanjh
Dryden
Duceppe
Dufour
Duncan (Etobicoke North)
Duncan (Edmonton—Strathcona)
Easter
Eyking
Faille
Foote
Freeman
Fry
Gagnon
Garneau
Gaudet
Goodale
Gravelle
Guarnieri
Guimond (Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques)
Guimond (Montmorency—Charlevoix—Haute-Côte-Nord)
Hall Findlay
Harris (St. John's East)
Holland
Hughes
Hyer
Ignatieff
Jennings
Julian
Kania
Karygiannis
Kennedy
Laforest
Laframboise
Lavallée
Layton
Lee
Lemay
Leslie
Lessard
Lévesque
MacAulay
Malhi
Malo
Maloway
Marston
Martin (Esquimalt—Juan de Fuca)
Martin (Winnipeg Centre)
Martin (Sault Ste. Marie)
Masse
Mathyssen
McCallum
McGuinty
McKay (Scarborough—Guildwood)
McTeague
Ménard (Hochelaga)
Ménard (Marc-Aurèle-Fortin)
Mendes
Minna
Mulcair
Murphy (Charlottetown)
Murray
Nadeau
Neville
Oliphant
Ouellet
Pacetti
Paillé
Paquette
Patry
Pearson
Plamondon
Pomerleau
Proulx
Rae
Rafferty
Ratansi
Regan
Rodriguez
Rota
Roy
Russell
Savage
Savoie
Scarpaleggia
Sgro
Siksay
Silva
Simms
Simson
St-Cyr
Stoffer
Szabo
Thi Lac
Thibeault
Tonks
Trudeau
Valeriote
Vincent
Volpe
Wasylycia-Leis
Wilfert
Wrzesnewskyj
Zarac

Total: -- 154

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Aglukkaq
Albrecht
Allen (Tobique—Mactaquac)
Allison
Ambrose
Anders
Anderson
Arthur
Ashfield
Baird
Benoit
Bernier
Bezan
Blackburn
Blaney
Block
Boughen
Braid
Breitkreuz
Brown (Leeds—Grenville)
Brown (Newmarket—Aurora)
Brown (Barrie)
Bruinooge
Cadman
Calandra
Calkins
Cannan (Kelowna—Lake Country)
Carrie
Casson
Chong
Clarke
Clement
Cummins
Davidson
Day
Dechert
Del Mastro
Devolin
Dreeshen
Duncan (Vancouver Island North)
Dykstra
Fast
Finley
Flaherty
Fletcher
Galipeau
Gallant
Glover
Goldring
Goodyear
Gourde
Grewal
Guergis
Harper
Harris (Cariboo—Prince George)
Hawn
Hiebert
Hill
Hoback
Hoeppner
Holder
Jean
Kamp (Pitt Meadows—Maple Ridge—Mission)
Kenney (Calgary Southeast)
Kent
Kerr
Komarnicki
Kramp (Prince Edward—Hastings)
Lake
Lauzon
Lebel
Lemieux
Lobb
Lukiwski
Lunn
Lunney
MacKay (Central Nova)
MacKenzie
Mark
Mayes
McColeman
McLeod
Menzies
Miller
Moore (Port Moody—Westwood—Port Coquitlam)
Moore (Fundy Royal)
Nicholson
Norlock
O'Connor
O'Neill-Gordon
Obhrai
Oda
Paradis
Payne
Petit
Poilievre
Preston
Raitt
Rajotte
Rathgeber
Reid
Richards
Richardson
Rickford
Saxton
Scheer
Schellenberger
Shea
Shipley
Shory
Smith
Sorenson
Stanton
Storseth
Strahl
Sweet
Thompson
Tilson
Toews
Trost
Tweed
Uppal
Van Kesteren
Van Loan
Vellacott
Wallace
Warawa
Warkentin
Watson
Weston (West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country)
Wong
Woodworth
Yelich
Young

Total: -- 136

PAIRÉS

Députés

Cannon (Pontiac)
Demers
Guay
Lalonde
Mourani
Prentice
Ritz
Weston (Saint John)

Total: -- 8

    Je déclare la motion adoptée.

[Traduction]

Loi d'exécution du budget de 2009

[Initiatives ministérielles]
     La Chambre reprend l'étude du projet de loi C-10, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 27 janvier 2009 et mettant en oeuvre des mesures fiscales connexes, dont le comité a fait rapport sans propositions d'amendement.
    Conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur les motions, à l'étape du rapport, du projet de loi C-10. Le vote porte sur la motion no 1.

  (1520)  

[Français]

    (La motion no 1, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)
 

(Vote no 15)

POUR

Députés

Allen (Welland)
André
Angus
Ashton
Asselin
Atamanenko
Bachand
Beaudin
Bellavance
Bevington
Bigras
Black
Blais
Bonsant
Bouchard
Bourgeois
Brunelle
Cardin
Carrier
Charlton
Chow
Christopherson
Comartin
Crête
Crowder
Cullen
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Vancouver East)
DeBellefeuille
Deschamps
Desnoyers
Dewar
Dorion
Duceppe
Dufour
Duncan (Edmonton—Strathcona)
Faille
Freeman
Gagnon
Gaudet
Gravelle
Guimond (Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques)
Guimond (Montmorency—Charlevoix—Haute-Côte-Nord)
Harris (St. John's East)
Hughes
Hyer
Julian
Laforest
Laframboise
Lavallée
Layton
Lemay
Leslie
Lessard
Lévesque
Malo
Maloway
Marston
Martin (Winnipeg Centre)
Martin (Sault Ste. Marie)
Masse
Mathyssen
Ménard (Hochelaga)
Ménard (Marc-Aurèle-Fortin)
Mulcair
Nadeau
Ouellet
Paillé
Paquette
Plamondon
Pomerleau
Rafferty
Roy
Savoie
Siksay
St-Cyr
Stoffer
Thi Lac
Thibeault
Vincent
Wasylycia-Leis

Total: -- 81

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Aglukkaq
Albrecht
Allen (Tobique—Mactaquac)
Allison
Ambrose
Anders
Anderson
Andrews
Arthur
Ashfield
Bagnell
Bains
Baird
Bélanger
Bennett
Benoit
Bernier
Bevilacqua
Bezan
Blackburn
Blaney
Block
Boughen
Braid
Breitkreuz
Brison
Brown (Leeds—Grenville)
Brown (Newmarket—Aurora)
Brown (Barrie)
Bruinooge
Byrne
Cadman
Calandra
Calkins
Cannan (Kelowna—Lake Country)
Cannis
Carrie
Casey
Casson
Chong
Clarke
Clement
Coady
Coderre
Cotler
Crombie
Cummins
Cuzner
D'Amours
Davidson
Day
Dechert
Del Mastro
Devolin
Dhaliwal
Dion
Dosanjh
Dreeshen
Dryden
Duncan (Vancouver Island North)
Duncan (Etobicoke North)
Dykstra
Easter
Eyking
Fast
Finley
Flaherty
Fletcher
Foote
Fry
Galipeau
Gallant
Garneau
Glover
Goldring
Goodale
Goodyear
Gourde
Grewal
Guarnieri
Guergis
Hall Findlay
Harper
Harris (Cariboo—Prince George)
Hawn
Hiebert
Hill
Hoback
Hoeppner
Holder
Holland
Ignatieff
Jean
Jennings
Kamp (Pitt Meadows—Maple Ridge—Mission)
Kania
Karygiannis
Kennedy
Kenney (Calgary Southeast)
Kent
Kerr
Komarnicki
Kramp (Prince Edward—Hastings)
Lake
Lauzon
Lebel
Lee
Lemieux
Lobb
Lukiwski
Lunn
Lunney
MacAulay
MacKay (Central Nova)
MacKenzie
Malhi
Mark
Martin (Esquimalt—Juan de Fuca)
Mayes
McCallum
McColeman
McGuinty
McKay (Scarborough—Guildwood)
McLeod
McTeague
Mendes
Menzies
Miller
Minna
Moore (Port Moody—Westwood—Port Coquitlam)
Moore (Fundy Royal)
Murphy (Charlottetown)
Murray
Neville
Nicholson
Norlock
O'Connor
O'Neill-Gordon
Obhrai
Oda
Oliphant
Pacetti
Paradis
Patry
Payne
Pearson
Petit
Poilievre
Preston
Proulx
Rae
Raitt
Rajotte
Ratansi
Rathgeber
Regan
Reid
Richards
Richardson
Rickford
Rodriguez
Rota
Russell
Savage
Saxton
Scarpaleggia
Scheer
Schellenberger
Sgro
Shea
Shipley
Shory
Silva
Simms
Simson
Smith
Sorenson
Stanton
Storseth
Strahl
Sweet
Szabo
Thompson
Tilson
Toews
Tonks
Trost
Trudeau
Tweed
Uppal
Valeriote
Van Kesteren
Van Loan
Vellacott
Volpe
Wallace
Warawa
Warkentin
Watson
Weston (West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country)
Wilfert
Wong
Woodworth
Wrzesnewskyj
Yelich
Young
Zarac

Total: -- 209

PAIRÉS

Députés

Cannon (Pontiac)
Demers
Guay
Lalonde
Mourani
Prentice
Ritz
Weston (Saint John)

Total: -- 8

    Je déclare la motion no 1 rejetée.
    Le vote suivant porte sur la motion no 2. Le vote sur cette motion s'applique également aux motions nos 3 à 6.

  (1530)  

    (La motion no 2, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)
 

(Vote no 16)

POUR

Députés

Allen (Welland)
André
Angus
Ashton
Asselin
Atamanenko
Bachand
Beaudin
Bellavance
Bevington
Bigras
Black
Blais
Bonsant
Bouchard
Bourgeois
Brunelle
Cardin
Carrier
Charlton
Chow
Christopherson
Comartin
Crête
Crowder
Cullen
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Vancouver East)
DeBellefeuille
Deschamps
Desnoyers
Dewar
Dorion
Duceppe
Dufour
Duncan (Edmonton—Strathcona)
Faille
Freeman
Gagnon
Gaudet
Gravelle
Guimond (Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques)
Guimond (Montmorency—Charlevoix—Haute-Côte-Nord)
Harris (St. John's East)
Hughes
Hyer
Julian
Laforest
Laframboise
Lavallée
Layton
Lemay
Leslie
Lessard
Lévesque
Malo
Maloway
Marston
Martin (Winnipeg Centre)
Martin (Sault Ste. Marie)
Masse
Mathyssen
Ménard (Hochelaga)
Ménard (Marc-Aurèle-Fortin)
Mulcair
Nadeau
Ouellet
Paillé
Paquette
Plamondon
Pomerleau
Rafferty
Roy
Savoie
Siksay
St-Cyr
Stoffer
Thi Lac
Thibeault
Vincent
Wasylycia-Leis

Total: -- 81

CONTRE

Députés

Abbott
Ablonczy
Aglukkaq
Albrecht
Allen (Tobique—Mactaquac)
Allison
Ambrose
Anders
Anderson
Andrews
Arthur
Ashfield
Bagnell
Bains
Baird
Bélanger
Bennett
Benoit
Bernier
Bevilacqua
Bezan
Blackburn
Blaney
Block
Boughen
Braid
Breitkreuz
Brison
Brown (Leeds—Grenville)
Brown (Newmarket—Aurora)
Brown (Barrie)
Bruinooge
Byrne
Cadman
Calandra
Calkins
Cannan (Kelowna—Lake Country)
Cannis
Carrie
Casey
Casson
Chong
Clarke
Clement
Coady
Coderre
Cotler
Crombie
Cummins
Cuzner
D'Amours
Davidson
Day
Dechert
Del Mastro
Devolin
Dhaliwal
Dion
Dosanjh
Dreeshen
Dryden
Duncan (Vancouver Island North)
Duncan (Etobicoke North)
Dykstra
Easter
Eyking
Fast
Finley
Flaherty
Fletcher
Foote
Fry
Galipeau
Gallant
Garneau
Glover
Goldring
Goodale
Goodyear
Gourde
Grewal
Guarnieri
Guergis
Hall Findlay
Harper
Harris (Cariboo—Prince George)
Hawn
Hiebert
Hill
Hoback
Hoeppner
Holder
Holland
Ignatieff
Jean
Jennings
Kamp (Pitt Meadows—Maple Ridge—Mission)
Kania
Karygiannis
Kennedy
Kenney (Calgary Southeast)
Kent
Kerr
Komarnicki
Kramp (Prince Edward—Hastings)
Lake
Lauzon
Lebel
Lee
Lemieux
Lobb
Lukiwski
Lunn
Lunney
MacAulay
MacKay (Central Nova)
MacKenzie
Malhi
Mark
Martin (Esquimalt—Juan de Fuca)
Mayes
McCallum
McColeman
McGuinty
McKay (Scarborough—Guildwood)
McLeod
McTeague
Mendes
Menzies
Miller
Minna
Moore (Port Moody—Westwood—Port Coquitlam)
Moore (Fundy Royal)
Murphy (Charlottetown)
Murray
Neville
Nicholson
Norlock
O'Connor
O'Neill-Gordon
Obhrai
Oda
Oliphant
Pacetti
Paradis
Patry
Payne
Pearson
Petit
Poilievre
Preston
Proulx
Rae
Raitt
Rajotte
Ratansi
Rathgeber
Regan
Reid
Richards
Richardson
Rickford
Rodriguez
Rota
Russell
Savage
Saxton
Scarpaleggia
Scheer
Schellenberger
Sgro
Shea
Shipley
Shory
Silva
Simms
Simson
Smith
Sorenson
Stanton
Storseth
Strahl
Sweet
Szabo
Thompson
Tilson
Toews
Tonks
Trost
Trudeau
Tweed
Uppal
Valeriote
Van Kesteren
Van Loan
Vellacott
Volpe
Wallace
Warawa
Warkentin
Watson
Weston (West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country)
Wilfert
Wong
Woodworth
Wrzesnewskyj
Yelich
Young
Zarac

Total: -- 209

PAIRÉS

Députés

Cannon (Pontiac)
Demers
Guay
Lalonde
Mourani
Prentice
Ritz
Weston (Saint John)

Total: -- 8

    Je déclare la motion no 2 rejetée. Par conséquent, les motions nos 3 à 6 sont rejetées.

[Traduction]

    Le vote suivant porte sur la motion no 66. Le résultat du vote sur cette motion s'appliquera également aux motions nos 67 à 86.
    Monsieur le Président, il y a impasse avec les chefs de parti. Je pense que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour qu'on applique le résultat du vote préc