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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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40e LÉGISLATURE, 3e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 148

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 24 mars 2011





CANADA

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 145
NUMÉRO 148
3e SESSION
40e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 24 mars 2011

Présidence de l'honorable Peter Milliken

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière


  (1005)  

[Traduction]

La Commission canadienne des droits de la personne

    J'ai l'honneur de déposer le rapport annuel de la Commission canadienne des droits de la personne pour 2010.

[Français]

    Conformément à l'alinéa 108(3)e) du Règlement, ce document est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent de la justice et des droits de la personne.

AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 36(8) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, la réponse du gouvernement à 15 pétitions.

Les délégations interparlementaires

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le rapport de la délégation canadienne de l'Association parlementaire Canada-Europe concernant sa participation à la réunion de la Commission des questions économiques et du développement de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et à la première partie de la session ordinaire de 2011 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, tenues à Londres et à Strasbourg du 20 au 28 janvier 2011.
    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le rapport de la délégation canadienne du groupe interparlementaire Canada-Japon concernant sa participation à la 17e réunion bilatérale de la Ligue d'amitié des parlementaires Japon-Canada, tenue à Vancouver, Squamish et Whistler, en Colombie-Britannique, du 3 au 7 janvier 2011, et le rapport de la délégation parlementaire canadienne concernant sa participation à la visite annuelle des coprésidents du groupe interparlementaire Canada-Japon, tenue à Tokyo, au Japon, du 13 au 18 février 2010.

[Français]

Les comités de la Chambre

Défense nationale 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles de notre pays, le sixième rapport du Comité permanent de la défense nationale relatif au Budget supplémentaire des dépenses (C) 2010-2011.
    J'ai aussi l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le septième rapport du Comité permanent de la défense nationale relatif au projet de loi C-41, Loi modifiant la Loi sur la défense nationale et d'autres lois en conséquence.

[Traduction]

Agriculture et agroalimentaire  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui, dans les deux langues officielles, le 10e rapport du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire sur la revue des programmes.

Affaires étrangères et développement international  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le neuvième rapport du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international sur la situation des personnes atteintes d'albinisme en Tanzanie.

La Loi électorale du Canada

    — Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour présenter, dans les deux langues officielles, un projet de loi visant à modifier la Loi électorale du Canada afin de permettre le versement au cours d’une année civile de contributions au candidat qui n’est pas le candidat d’un parti enregistré.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Pétitions

L'insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique  

    Monsieur le Président, je prends la parole de nouveau pour présenter neuf pétitions concernant l'insuffisance veineuse céphalorachidienne chronique, l'IVCC. Il faut que les médecins du Canada puissent s'appuyer sur des données tangibles. C'est pourquoi nous devons recueillir des preuves scientifiques. Les personnes qui souffrent de sclérose en plaques réclament la tenue d'essais cliniques. Après 50 autres pays et 12 500 interventions, et alors qu'un nombre croissant de pays d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud et d'Europe indique que jusqu'à 86 p. 100 des patients atteints de sclérose en plaques présentent des symptômes d'IVCC, les pétitionnaires demandent la tenue d'essais cliniques et un suivi au Canada.

  (1010)  

[Français]

Le Supplément de revenu garanti  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter une pétition au nom de 462 signataires qui demandent l'amélioration du Supplément de revenu garanti.
    Cette pétition est d'autant plus pertinente puisque le gouvernement a décidé, dans son budget, de n'allouer que des grenailles aux personnes âgées, en ce qui a trait au Supplément de revenu garanti.
    Cette pétition vise plus particulièrement l'obtention de 110 $ par mois pour les personnes vivant seules et de 199 $ par mois pour les conjoints survivants. Elle vise aussi à faire en sorte qu'il y ait une rétroactivité pour les sommes dues aux personnes admissibles au Supplément de revenu garanti et vise à prolonger de six mois l'allocation au conjoint en cas de décès.
    Cette pétition est parrainée particulièrement par la Fédération de l'âge d'or du Québec, la FADOQ, à qui je veux rendre hommage aujourd'hui pour le travail qu'elle fait pour défendre ses membres.

Le logement social  

    Monsieur le Président, j'ai aussi deux autres pétitions à présenter.
    Elles portent sur le logement à prix modique, plus particulièrement sur les offices locaux d'habitation, les HLM, au Québec. Il y a 65 000 ménages qui habitent présentement dans des logements qui méritent d'être rénovés. Cette année — on le sait —, le gouvernement a encore coupé dans ces programmes.
     J'ai donc ici deux pétitions signées par des centaines de citoyens du Québec qui demandent au gouvernement de revenir sur sa décision. Ils lui demandent non seulement de ne pas couper ces programmes, mais plutôt de réinvestir dans la restauration et l'amélioration des logements à prix modique, dont le parc immobilier est constamment en décrépitude.
    Voilà les deux pétitions que je veux déposer et qui concernent le logement à prix modique.

[Traduction]

Air Canada  

    Monsieur le Président, j'aimerais présenter une pétition signée par des machinistes de la base de révision d'Air Canada située à Winnipeg. Plus de 500 employés à temps plein pourraient voir leur emploi délocalisé au Salvador. Air Canada a manqué à son obligation de respecter la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada lors de la vente à la société Aveos de ses bases de révision de Winnipeg, de Mississauga et de Montréal.
     Le 14 décembre 2010, l'avocat d'Air Canada a soutenu devant le Comité des transports qu'Aeroman, la filiale d'Aveos au Salvador, ne pouvait pas effectuer l'entretien des appareils d'Air Canada au Salvador. C'est totalement faux, puisque Aeroman s'occupe de l'entretien d'aéronefs identiques à ceux dont la révision est effectuée à Winnipeg, à savoir ceux de la série A320 et les Embraer.
    Les ateliers situés au Salvador peuvent assurer l'entretien de 87 p. 100 de la flotte d'Air Canada. En fait les installations du Salvador seront agrandies, ce qui fera passer de quatre à seize le nombre de séries d'aéronefs dont elle assurera l'entretien. Je signale aux députés qu'Aveos s'occupe de l'entretien de seulement quatre séries à Vancouver, quatre à Montréal, une à Toronto et cinq à Winnipeg, pour un total de 14. Au Salvador, l'entreprise s'occupera de 16 séries, soit plus que le nombre total de séries au Canada.
    Les travailleurs qui ont signé la pétition veulent qu'Air Canada respecte la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada en redevenant propriétaire de ses centres de révision.

La pauvreté  

    Monsieur le Président, j'aimerais présenter une pétition de la congrégation de l'Église anglicane de St. Luke, à Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse, en ce qui concerne l'élimination de la pauvreté au Canada.

Les radiations électromagnétiques  

    Monsieur le Président, je dépose aujourd'hui deux pétitions. La première est présentée au nom des électeurs de ma circonscription, Beaches—East York, et de près de 3 000 Canadiens partout au pays.
    La pétition exhorte le gouvernement du Canada à réviser immédiatement le Code de sécurité 6 de Santé Canada pour tenir compte des graves problèmes de santé causés par les radiations électromagnétiques liées aux tours de téléphonie cellulaire. Les pétitionnaires soulignent le nombre accru de tours de téléphonie cellulaire construites dans ma circonscription et dans diverses collectivités partout au Canada.
    Mes électeurs ont joué un rôle très actif pour attirer l'attention sur ce problème. Je tiens à remercier tous les pétitionnaires qui ont embrassé cette cause.

  (1015)  

La pauvreté  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition concerne le projet de loi C-545, Loi visant à éliminer la pauvreté au Canada.
    Comme disent les pétitionnaires, la pauvreté touche plus de 10 p. 100 des Canadiens et elle frappe d'une manière disproportionnée les Premières nations, les nouveaux immigrants, les personnes handicapées et les enfants. La pauvreté engendre une dégradation de l'état de santé, au point où les personnes vivant en situation de pauvreté souffrent davantage de problèmes de santé et ont une espérance de vie plus courte que les autres.
    Il est possible de réduire la pauvreté, comme en témoignent les stratégies de réduction de la pauvreté mises en oeuvre dans plusieurs provinces canadiennes et dans d'autres pays. Le projet de loi C-545 obligerait le gouvernement fédéral à établir et à mettre en oeuvre une stratégie de réduction de la pauvreté en consultation avec les gouvernements provinciaux, territoriaux et autochtones ainsi qu'avec les administrations municipales et les organisations de la société civile.

[Français]

Le Supplément de revenu garanti  

    Monsieur le Président, je dépose aujourd'hui des pétitions signées par plus de 2 000 citoyens du Québec, à l'initiative du Réseau FADOQ. Ils réclament une augmentation des prestations mensuelles du Supplément de revenu garanti, ce que le budget n'a pas respecté. Ce qu'on nous a offert, ce sont des miettes.
    Je dépose cette pétition, car pour le Bloc québécois qui réclame ces mesures depuis presque 10 ans, c'est le seul moyen de permettre à des gens parmi les plus démunis de vivre dans la dignité. C'est une question de dignité et de justice sociale.

[Traduction]

La traite des personnes  

    Monsieur le Président, j'ai deux séries de pétitions.
    La première pétition est présentée au nom de 1 564 Canadiens partout au pays qui exigent un plan d'action national pour lutter contre la traite des personnes au Canada. Les pétitionnaires demandent également qu'on appuie des organisations non gouvernementales, pour que les victimes de ce crime odieux aient accès à des services de consultation, pour qu'elles aient les moyens de se loger, se nourrir et se vêtir et pour qu'elles puissent se reprendre en main après avoir subi une telle épreuve.

Le Code criminel  

    Monsieur le Président, la seconde pétition est signée par 409 Canadiens d'un peu partout au pays qui veulent que le Parlement modifie le Code criminel afin de décriminaliser la vente de services sexuels, de criminaliser l'achat de services sexuels et d'offrir du soutien aux personnes qui souhaitent quitter la prostitution.
    Voilà de très importantes pétitions. Je félicite les personnes qui ont épousé cette cause pour mettre un frein à ces épouvantables crimes et protéger ces innocentes victimes.

[Français]

Le logement social  

    Monsieur le Président, je dépose une pétition provenant des gens de Saint-Léonard-d'Aston, dans mon comté, Sainte-Perpétue, Saint-Célestin, Grand-Saint-Esprit, Sainte-Eulalie, Saint-Wenceslas, Bécancour, Sorel-Tracy et Saint-Pierre-les-Becquets.
    Cette pétition demande au gouvernement du Canada, qu'on appelle maintenant le gouvernement du premier ministre, de verser les fonds publics nécessaires pour permettre à la Société d'habitation du Québec de compléter son plan de rénovation des HLM, incluant le déficit d'entretien accumulé.

[Traduction]

Les pompiers volontaires  

    Monsieur le Président, je suis heureuse de présenter aujourd'hui à la Chambre une pétition en faveur des pompiers volontaires qui, nous le savons tous, jouent un rôle essentiel dans la protection de nos vies et la protection contre les incendies dans des petites collectivités situées, d'un bout à l'autre du pays, dans des circonscriptions comme celle de Simcoe—Grey, que je représente.
    En moyenne, chaque volontaire donne plus de 443 heures de service, soit l'équivalent de 60 jours par année. Les petites collectivités sont aux prises avec de gros problèmes financiers, et l'embauche de pompiers rémunérés n'est pas une option.
    J'ai été heureuse de voir que le budget en tient compte. Malheureusement, les partis de l'opposition ne l'appuient pas, et nous serons appelés aux urnes. Je sais que le Canadien moyen aimerait qu'on appuie les pompiers volontaires.

[Français]

Le Supplément de revenu garanti  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer aujourd'hui une pétition signée par 640 citoyens qui, dans le souci et le respect des personnes âgées, déclarent appuyer le Réseau FADOQ dans ses requêtes auprès du gouvernement fédéral, et demandent aux élus une bonification et une simplification du programme de Supplément de revenu garanti. Voici ce que dit cette pétition:
    Je réclame l’inscription automatique pour tous les Canadiens, une augmentation significative des prestations pour personnes seules, une rétroaction pleine et sans condition ainsi qu’une prolongation de prestation dans le cas du décès d’une personne en couple pour une durée de six mois.

Le logement social  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer une pétition signée par quelques centaines de pétitionnaires concernant les habitations à loyer modique. Environ 544 offices d'habitation au Québec logent presque 65 000 ménages. Ce parc immobilier est évalué à 7 milliards de dollars. Compte tenu du fait que le parc se dégrade continuellement, il est important que le gouvernement fédéral apporte son soutien et fasse en sorte qu'il y ait non seulement des économies d'énergie, ce qui serait excellent pour l'environnement, mais que ce soit aussi créateur de beaucoup d'emplois dans beaucoup de régions du Québec. J'invite donc le gouvernement à porter une attention spéciale à la pétition.

  (1020)  

    Monsieur le Président, cette pétition s'ajoute à toutes celles que vous entendez depuis plusieurs jours sur le logement social. Celles-ci viennent des circonscriptions de Laurier—Sainte-Marie, de Montcalm, de Rivière-des-Milles-Îles, de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, de Brome—Missisquoi et d'Abitibi-Témiscamingue. Ce sont 700 personnes qui sont contre les coupes de 30 p. 100 du gouvernement fédéral dans le coût des rénovations. Il s'était déjà engagé à entretenir les logements construits dans les années 1970. Maintenant, il coupe de 30 p. 100, ce qui est énorme pour le Québec.

Les postes frontaliers  

     Mon autre pétition demande qu'on maintienne ouverts les postes frontaliers dans Brome—Missisquoi. Il y a 900 personnes vivant le long de la frontière qui ont signé une pétition pour qu'il y ait au moins des auditions publiques.
    Ces pétitions sont dans les deux langues officielles du Canada, car nous avons deux langues officielles. Il y a même plusieurs Américains qui parlent français lorsqu'ils viennent à nos réunions. Il est très important que ces postes soient conservés. C'est la vie avec nos amis américains qui est en cause.

[Traduction]

Les soins de santé  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter aujourd'hui une pétition.
    Les pétitionnaires indiquent qu'ils aimeraient que l'on fasse en sorte que la Loi canadienne sur la santé prévoie davantage de responsabilisation dans la prestation des soins de santé, ce qui suppose du financement stable, des normes nationales et beaucoup plus encore. Il faut reconnaître que le gouvernement national a un rôle à jouer dans le domaine des soins de santé.
    De fait, afin que la Chambre soit au courant, j'ai demandé à mes électeurs quel ordre de gouvernement avait, selon eux, la responsabilité première de protéger et de garantir les services de soins de santé. Pas plus tard que cette semaine, sur les 55 questionnaires qui m'ont été retournés, 37 indiquaient que le gouvernement national devrait jouer un rôle de chef de file en la matière. Voilà qui renforce l'importance de cette pétition.

[Français]

La pornographie infantile  

    Monsieur le Président, au nom des citoyens canadiens, je dépose une pétition demandant au Parlement de prendre toutes les mesures nécessaires pour enrayer la distribution de pornographie infantile sur Internet et pour empêcher l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet.

Les anciens combattants  

    Monsieur le Président, je dépose aujourd'hui une pétition que plusieurs bénévoles qui oeuvrent à l'Hôpital Sainte-Anne auprès des anciens combattants et de leurs familles ont fait circuler. Il y a environ 500 pétitionnaires qui veulent s'assurer que les militaires qui reviennent blessés reçoivent une indemnisation plus adéquate.

Le Supplément de revenu garanti  

    Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je dépose aujourd'hui une pétition signée par 586 personnes, qui demandent la bonification du Supplément de revenu garanti pour les personnes âgées. On a vu ce que les libéraux ont fait de ce programme et les miettes que les conservateurs y ont allouées dans le dernier budget. Les gens de Berthier—Maskinongé désirent une réelle bonification du Supplément de revenu garanti.

Le droit d'auteur  

    Monsieur le Président, je voudrais déposer une pétition de la part de citoyens de la Rive-Sud et de Baie-Comeau. C'est une autre pétition contre le projet de loi C-32, qui est inspirée de la pétition de Culture équitable, demandant à la Chambre de revoir ce projet de loi, qui modifie la Loi sur le droit d'auteur. Il faut revenir à l'esprit de la Loi sur le droit d'auteur, le copyright, et non au droit de copier, et rétablir les créateurs et les créatrices dans leur droit légitime et, bien sûr, leur rémunération. J'ai l'extrême plaisir d'ajouter cette pétition à toutes les autres que nous avons déjà déposées à la Chambre.

[Traduction]

Questions au Feuilleton

     Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Le Président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

Initiatives ministérielles

[Le budget]

  (1025)  

[Traduction]

Le budget

L'exposé financier du ministre des Finances   

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 22 mars, de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement.
    Monsieur le Président, lorsque je rencontre des Canadiens et que je leur demande ce qu'ils attendent de nous à Ottawa, leur réponse est claire. Ils veulent un gouvernement auquel ils peuvent faire confiance. Les Canadiens travaillent fort et ils respectent la loi. Ils veulent un gouvernement qui en fait autant. Ils veulent un gouvernement qui ne gaspille pas les impôts qu'ils versent après avoir travaillé fort pour gagner cet argent.
    L'autre jour, Marie m'a dit qu'elle voulait un gouvernement qui « travaille fort pour moi et qui n'essaie pas de me convaincre de son bilan avec mes propres impôts ».

[Français]

    Les Canadiens me disent qu'ils veulent un gouvernement qui mettra de l'ordre dans les finances et qui élaborera un plan crédible pour sortir le Canada du déficit, un gouvernement qui investira vraiment dans la protection des programmes qui ont fait la force de notre pays: des programmes comme notre système national de soins de santé.

[Traduction]

    Les Canadiens veulent un gouvernement qui va investir dans les familles et dans les emplois de l'avenir. Ils veulent un gouvernement qui les aide lorsqu'ils sont en difficulté, que ce soit pour subvenir aux besoins de leurs enfants, s'occuper d'un proche parent qui est malade à la maison, ou pour joindre les deux bouts avec un revenu fixe. Toutefois, au lieu d'écouter les Canadiens, le régime conservateur a présenté un budget qui prévoit encore plus de dépenses débridées qui n'ont rien à voir avec les priorités des familles canadiennes. Il continue de faire preuve de mépris à l'endroit des contribuables canadiens en cachant les vrais coûts de son programme.
    Les conservateurs ont gaspillé des centaines de millions de dollars en publicités partisanes. Ils se servent de l'argent des contribuables comme si c'était leur propre argent. Ils ont gaspillé 1,3 milliard de dollars des contribuables à une séance de photos de 72 heures lors du sommet du G20. Nous nous souvenons tous du faux lac, des kiosques, du chasse-moustique et de la crème solaire, du mobilier de luxe, des bâtons lumineux et des 70 000 $ dépensés en articles de mini-bars.
    Les conservateurs empruntent 6 milliards de dollars et ils endettent encore davantage les Canadiens afin d'accorder des réductions d'impôt aux sociétés qui forment le 5 p. 100 des plus riches entreprises au Canada. Ils font cela même si l'analyste économique en chef de Statistique Canada a récemment déclaré que les réductions de l'impôt des sociétés avaient une incidence « négligeable » sur la création d'emplois.

[Français]

    Entretemps, en janvier, en augmentant les primes d'assurance-emploi, les conservateurs ont majoré dans toutes les entreprises canadiennes les cotisations sociales qui provoquent le chômage. Cette mesure frappe notamment les petites entreprises, celles mêmes qui créaient le plus d'emplois au Canada.

[Traduction]

    Les conservateurs se vantent d'une reprise technique, mais ils sont déconnectés de la réalité d'un grand nombre de familles canadiennes aux prises avec une grave récession sur le plan humain. À l'heure actuelle, le Canada compte au moins 100 000 emplois à temps plein de moins qu'à l'automne 2008. La majorité des emplois qui ont été créés sont des emplois à temps partiel, mais les conservateurs se gardent bien de le mentionner lorsqu'ils parlent de leur budget.
    Dans ma propre circonscription, Kings—Hants, des emplois ont été perdus chez Fundy Gypsum, Eastern Protein, Canard Poultry, ainsi qu'à l'usine Larsen's. Un grand nombre de travailleurs perdent de bons emplois à temps plein, qui sont remplacés par des emplois à temps partiel. Les conservateurs se vantent du nombre d'emplois, mais ils ne se préoccupent pas de la situation à laquelle les familles sont confrontées. Lorsque de bons emplois à temps plein sont remplacés par des emplois à temps partiel, les familles canadiennes éprouvent encore plus de difficulté à joindre les deux bouts.
    J'aimerais dire un mot sur l'agriculture. Ma circonscription, Kings—Hants, est un important centre agricole et les producteurs de mon comté, et en fait de tout le Canada, doivent faire face à de grands défis. Un bon nombre de secteurs agricoles vivent une période difficile. Les producteurs canadiens de denrées alimentaires sont un pilier de l'économie canadienne. Les agriculteurs du secteur agroalimentaire créent un emploi sur huit au Canada et ils génèrent une activité économique qui se chiffre à 42 milliards de dollars annuellement. L'alimentation est un lien essentiel entre les Canadiens qui vivent en milieu rural et ceux qui vivent dans les villes. Or, les conservateurs de Harper ont trahi les agriculteurs en coupant...

  (1030)  

    À l'ordre, s'il vous plaît. Je tiens à rappeler à tous les députés qu'ils ne sont pas censés mentionner le nom d'un autre député.
    Monsieur le Président, j'ai pris connaissance de la note du Bureau du premier ministre, et je pensais que le changement était entré en vigueur. Je vous prie de m'en excuser. Vous avez tout à fait raison. Ce n'est pas le gouvernement de la personne que j'ai mentionnée, c'est le gouvernement canadien, même si le parti d'en face a tendance à l'oublier un peu trop souvent.
    Les conservateurs ont trahi les agriculteurs en faisant une ponction de 418 millions de dollars dans le budget d'Agriculture Canada, et le budget qui vient d'être présenté ne prévoit aucune compensation. Cela signifie que les conservateurs essayent d'équilibrer leur budget aux dépens des agriculteurs canadiens.
    Le Parti libéral s'est engagé à élaborer une politique nationale sur l'alimentation et à dynamiser AgriFlex, comme le demandent les agriculteurs. Ces crédits fédéraux pourront servir à financer des programmes concrets, comme le PGR en Ontario et l'ASRA au Québec, à bonifier l'assurance-récolte ou le programme d'assurance des prix du bétail, dans l'Ouest, ou encore à encourager les achats, dans la région de l'Atlantique. Nous investirons dans la recherche agricole. Nous encouragerons financièrement des manifestations agricoles importantes, comme, bien sûr, la foire agricole du comté de Hants, l'une des plus anciennes du Canada. Je m'en voudrais de ne pas la mentionner. Le Parti libéral encouragera la production d'aliments sains, de bonne qualité et produits localement, au Canada.
    Les familles canadiennes ont de plus en plus de difficultés à joindre les deux bouts. Frappés par un taux de chômage record de 15 p. 100, les jeunes Canadiens sont de plus en plus nombreux à perdre espoir en l'avenir. L'endettement des familles canadiennes atteint aujourd'hui des niveaux record et représente, pour une famille typique, une fois et demie son revenu annuel. Et en plus d'atteindre un record au Canada, l'endettement des familles canadiennes est plus élevé que celui des familles américaines. Les familles canadiennes doivent faire face à l'augmentation des prix des aliments, des frais médicaux et des frais de scolarité.

[Français]

    Ayant du mal à joindre les deux bouts, elles se demandent comment elles vont survivre à la prochaine hausse des taux d'intérêt.

[Traduction]

    Et pourtant, on a vraiment l'impression que les Canadiens à faibles revenus, qui jonglent souvent avec plusieurs emplois à temps partiel simplement pour payer leurs factures, sont complètement absents de la vision que les conservateurs se font du Canada. En effet, Les conservateurs ont délibérément exclu les Canadiens à faible revenu des crédits d'impôt proposés dans le budget, notamment le crédit d'impôt pour aidants familiaux et le crédit d'impôt pour pompiers bénévoles.
    Les conservateurs ont exclu les Canadiens à faible revenu de ces mesures parce que ces crédits d'impôt ne sont pas remboursables. Par conséquent, ils ne profiteront qu'aux Canadiens qui ont gagné suffisamment d'argent pendant l'année pour payer de l'impôt sur le revenu.
     Le Parti libéral souhaite reconnaître la contribution de tous les pompiers bénévoles et de tous les aidants familiaux, quels que soient leurs revenus, et faire en sorte que ce crédit d'impôt soit accessible, entre autres, aux Canadiens qui ont quitté leur emploi et qui ont pris un congé sans solde pour s'occuper de parents malades, qui sont les gens qui ont le plus besoin d'aide. Or, avec le budget des conservateurs, ces gens-là n'auraient pas droit au crédit d'impôt pour aidants familiaux.
     On a vraiment l'impression que les gagne-petit n'existent tout simplement pas dans le Canada des conservateurs. Le Parti libéral, lui, voit les choses tout à fait différemment, et il prendra les mesures nécessaires pour que les Canadiens à faible revenu ne soient pas laissés pour compte.

[Français]

    Nous croyons que les programmes de l'État devraient être accessibles à tous les Canadiens, particulièrement aux gagne-petit qui, souvent, ont le plus besoin d'aide.

  (1035)  

[Traduction]

     L'automne dernier, les libéraux ont annoncé un vrai plan pour les aidants familiaux, avec un crédit d'impôt remboursable pouvant atteindre 1 350 $ par an, afin d'aider tous les Canadiens à faibles revenus et à revenus moyens. Nous avons également proposé de verser des prestations d'assurance-chômage pendant six mois aux Canadiens qui prennent un congé sans solde pour s'occuper de parents âgés ou malades.
     Dans leur budget, les conservateurs ont délibérément exclu les aidants familiaux les plus pauvres de ce crédit d'impôt dérisoire de 300 $ qui, parce qu'il n'est pas remboursable, n'est même pas accessible aux Canadiens à faibles revenus. Avec le budget des conservateurs, un contribuable canadien qui a un revenu de 20 000 $ et qui a une personne à charge n'aura pas droit au crédit d'impôt pour aidants familiaux. C'est de la discrimination à l'égard des Canadiens à faibles revenus: c'est ignoble, c'est injuste et cela ne reflète pas les valeurs canadiennes.
     Le Parti libéral a, lui, une vision radicalement différente du Canada.
     Les conservateurs divisent les Canadiens en catégories. Ils façonnent leurs politiques de façon à gagner des partisans mais ils délaissent complètement les autres. Celui ou celle qui n'appuie pas le programme des conservateurs ne fait tout simplement pas partie de leur Canada à eux.
     Les libéraux, au contraire, sont des rassembleurs. Nous rejetons la politique du clivage, si chère aux conservateurs. Notre objectif est, au contraire, de gouverner au nom de tous les Canadiens, de défendre les intérêts de tous les Canadiens, y compris les gagne-petit.
     On a beaucoup parlé des conséquences de ce budget pour les personnes âgées. Il faut bien comprendre que le budget va en fait réduire les sommes que va leur verser le gouvernement fédéral pendant les cinq prochaines années. Vous m'avez bien entendu. Les sommes qui seront transférées aux personnes âgées au cours des cinq prochaines années représentent 500 millions de dollars de moins que ce qui était prévu dans l'énoncé économique de l'automne dernier, et près de 3 milliards de dollars de moins que dans le budget de 2010, même en tenant compte de l'augmentation dérisoire du SRG pour les personnes âgées. Il faut dire que cette augmentation du SRG représente à peu près 50 $ par mois pour les personnes âgées qui sont admissibles, soit même pas une tasse de café quotidienne chez Tim Horton.
     Il faut dire aussi que la récupération fiscale de cette prestation est injuste et punitive. Sous les conservateurs, une personne âgée qui touche une pension de 170 $ par mois est réputée trop riche, si bien que cette augmentation de 50 $ par mois du SRG lui sera reprise par le fisc. Et si elle touche une pension de 366 $ par mois, elle est jugée trop riche, par les conservateurs, pour avoir droit à un sou d'augmentation du SRG.
     Cette augmentation du SRG, ce ne sont que des miettes pour les conservateurs qui dépensent 20 fois plus en réductions d'impôts pour les sociétés les plus riches. Il est absolument renversant, absolument incroyable que les conservateurs proposent de donner aux sociétés les plus riches du Canada 20 fois plus d'argent qu'ils n'en donnent aux personnes âgées les plus pauvres du pays.
     Il est manifeste que les personnes âgées dans le besoin ne sont pas les seules qui soient laissées pour compte dans ce budget conservateur.
     En effet, les sommes que le budget prévoit de transférer pour les prestations pour enfants diminuent également de près de 1 milliard de dollars au cours des cinq prochaines années. Autrement dit, au cours des cinq prochaines années, les conservateurs prévoient dépenser moins pour les personnes âgées et les enfants qui vivent en dessous du seuil de la pauvreté.
     Le budget ne propose aucun plan pour les garderies et pour le logement abordable. Pas un mot sur les grands défis auxquels nous sommes confrontés, notamment l'augmentation des coûts de la santé. Et pourtant, tout le monde sait que la demande va augmenter. Au fur et à mesure que les baby-boomers vont prendre leur retraite, ils vont avoir de plus en plus besoin des services du gouvernement alors que celui-ci va disposer, avec la diminution du nombre de travailleurs, d'une assiette fiscale de plus en plus réduite pour financer ces services.
     Notre société évolue rapidement, et cela signifie qu'il y aura de plus en plus de Canadiens sans emploi et de plus en plus d'emplois sans Canadiens. Il faut donc investir davantage dans l'éducation et la formation.
     Le budget ne propose aucun plan crédible pour faire face à l'augmentation des coûts de la santé au Canada ou pour investir sérieusement dans la formation, le recyclage et l'éducation permanente. C'est pourtant extrêmement important étant donné que nous sommes à la veille de négociations cruciales avec les provinces sur le dossier de la santé.
     Quel plan a-t-on prévu pour faire face à l'augmentation des coûts de la santé, lorsque l'entente conclue dans ce domaine par le gouvernement libéral prendra fin en 2014?

  (1040)  

     Nous faisions partie du Cabinet à l'époque, en 2004. Le gouvernement libéral de M. Martin avait investi 41 milliards de dollars dans le secteur de la santé, soit l'investissement le plus important, dans ce secteur, de toute l'histoire du Canada. À l'époque, le gouvernement fédéral affichait un surplus, comme beaucoup de provinces.
     Aujourd'hui, le gouvernement fédéral accuse un déficit record. Certaines provinces sont également dans cette situation. Les coûts de la santé augmentent, et nous savons que ces négociations doivent commencer à temps pour pouvoir être terminées en 2014. Or, le budget ne contient pas la moindre mention de ces négociations. Nulle part on ne prévoit le financement nécessaire pour planifier un investissement d'envergure dans le système public de soins de santé au Canada. Pas la moindre mention de ces négociations. Pour les conservateurs, le système public de soins de santé au Canada n'est manifestement pas une priorité.
     Le budget ne propose pas un plan crédible de résorption du déficit. En fait, au lieu de planifier le retour à des budgets équilibrés et l'investissement des sommes qui seront nécessaires dans le secteur de la santé, les conservateurs sont en train d'hypothéquer dangereusement notre capacité à investir dans la santé et l'éducation en gaspillant l'argent des Canadiens en réductions d'impôt pour les sociétés, en budgets d'acquisition de chasseurs à réaction et en nouveaux pénitenciers gigantesques, à la mode américaine. Le gouvernement conservateur dépense sans mesure et sans discernement.
     Le budget prévoit, pour l'acquisition des chasseurs à réaction, 1 000 fois plus d'argent que pour les étudiants du postsecondaire. Le gouvernement conservateur dépense 1 000 fois plus d'argent pour les prisons que pour la prévention de la criminalité chez les jeunes. Le gouvernement conservateur a dépensé, en une seule journée du G20, plus d'argent qu'il n'en verse aux personnes âgées du Canada pendant toute une année. Les conservateurs ont dépensé trois fois plus d'argent pour faire la publicité de leur propre gouvernement que ce budget n'en prévoit pour les aidants familiaux au cours des 12 prochains mois.
     Il est évident que, pour les conservateurs, ce budget n'est qu'un outil de marketing. Ce n'est que du boniment. Il distribue quelques petits cadeaux de ci de là, mais il ne fait rien pour répondre aux priorités des Canadiens.
     L'autre jour, le député de Cape Breton—Canso a dit que ce budget lui rappelait un vendeur qui avait essayé un jour de lui vendre une voiture, mais qu'à bien y regarder, il s'était rendu compte qu'il y avait un cliquetis dans le moteur, de la fumée qui sortait du pot d'échappement, des ratés dans la transmission et une fuite d'huile. Quand mon ami, le député de Cape Breton—Canso, a fait remarquer tous ces problèmes au vendeur, celui-ci lui a répondu : « Peut-être, mais faut écouter le système audio, il est super. »
     Et justement, c'est en faisant du bruit que les conservateurs essayent de détourner l'attention des Canadiens du gaspillage, de la pourriture et de la corruption de leur gouvernement. Le budget conservateur fait certainement beaucoup de bruit, mais il creuse aussi un trou de 43 milliards de dollars.
     Le budget ne fait aucune mention de l’intention des conservateurs de gaspiller des milliards de dollars en consacrant l’argent durement gagné par les Canadiens à des dépenses qui n’ont rien à voir avec les priorités des familles canadiennes. Il n’y a rien au sujet de leur intention de dépenser la somme exorbitante de 30 milliards de dollars pour acheter des chasseurs à réaction, sans appel d’offres. Cela dépasse ce que le gouvernement consacre aux soins de santé pendant toute une année. Il ne le dit pas aux Canadiens dans ce budget, mais le gouvernement conservateur compte envoyer une facture de 1 000 $ à chaque homme, femme et enfant du Canada pour payer ces chasseurs à réaction.
     Le budget ne contient aucune précision au sujet de l’intention des conservateurs de dépenser 13 milliards de dollars pour des prisons à l’Américaine. C’est ce que coûtera seulement une de ses mesures législatives concernant le système carcéral. Dieu merci, le directeur parlementaire du budget continue de fournir au Parlement certains renseignements au sujet du coût du programme conservateur. Nous savons que le gouvernement refuse de communiquer son coût réel au Parlement.
     Le régime conservateur refuse toujours de fournir aux Canadiens des renseignements détaillés sur le coût de 18 de ses projets de loi contre la criminalité. Les conservateurs veulent que les députés adoptent des lois sans savoir combien cela coûtera aux contribuables canadiens.
     C’est tout à fait antidémocratique. Tous les députés, ceux de l’opposition comme les ministériels, ont la même responsabilité de fiduciaire et la même obligation constitutionnelle de connaître le coût des lois sur lesquelles on leur demande de voter. Les Canadiens se demandent pourquoi les conservateurs s’entourent d’un tel mystère.

  (1045)  

     C’est pourquoi le gouvernement conservateur a été trouvé coupable d’outrage au Parlement par un comité parlementaire, au début de la semaine. C’est une première dans l’histoire du Canada. En fait, c’est la première fois qu’au sein du système parlementaire du Commonwealth britannique, un gouvernement est déclaré coupable d’outrage au Parlement. Ce n’est pas une bonne chose. Aucun de nous ne peut en être fier. En réalité, nous sommes embarrassés de voir la façon dont le gouvernement traite le Parlement. Au moment où la communauté internationale a besoin que le Canada aide à construire un monde démocratique plus paisible et plus stable, nous ne donnons pas un très bon exemple lorsque notre gouvernement s’attaque aux institutions démocratiques grâce auxquelles nous vivons en liberté ici, au Canada.
     Les conservateurs ne se contentent pas de se moquer du Parlement. Ils se moquent des citoyens qui ont élu le Parlement. Ils se moquent des contribuables qui paient la facture.
     Les conservateurs continuent de cacher le coût réel de leur programme. Compte tenu de tout ce qui est absent de ce budget, nous devons nous demander si nous pouvons croire que le gouvernement nous dit la vérité. Pouvons-nous croire qu’il nous donne les vrais chiffres?
     Le budget m’a rappelé l’énoncé économique tristement célèbre de l’automne 2008. Tout le monde savait alors que le gouvernement conservateur avait plongé le Canada dans un déficit avant même le début de la récession. Les gens reconnaissaient que les conservateurs avaient augmenté les dépenses de 18 p. 100, trois fois le taux d’inflation, dans leurs trois premiers énoncés économiques. Les conservateurs le savaient aussi et c’est pourquoi ils voulaient le cacher au Parlement et aux Canadiens. Le ministre des Finances a donc trafiqué les livres et annoncé que le gouvernement vendrait pour plus de 10 milliards de dollars d’actifs pour arriver à afficher un minuscule excédent de 100 millions de dollars. Les Ontariens reconnaîtront cette manoeuvre, car c’est celle dont ces même conservateurs ont usé en Ontario où le même ministre s’est servi de la même supercherie, les mêmes fausses ventes d’actifs, pour tenter de cacher que les conservateurs avaient plongé l’Ontario dans un déficit.
    En réalité, à l'automne 2008, le gouvernement n'avait pas de plan concret pour vendre des actifs. En fait, jour après jour, nous avons réclamé la liste des actifs qui seraient vendus. En tant qu'ancien ministre des Travaux publics, je puis dire qu'il faut au moins une année entre le moment où l'on doit déterminer ce que l'on veut vendre et le processus de vente lui-même. Le gouvernement a admis qu'il n'avait pas de liste ou, plutôt, il a refusé de nous la fournir à ce moment-là. Il n'y avait pas de liste. Les conservateurs n'avaient aucune information à nous donner au sujet des actifs qu'ils prévoyaient vendre parce qu'il s'agissait d'un plan bidon. Un an plus tard, ils ont discrètement annulé leur plan avant d'avoir vendu quoi que ce soit. Puis, ils ont présenté aux Canadiens un déficit record de 56 milliards de dollars.
    Dans le budget d'hier, les conservateurs ont annoncé ce qu'ils ont appelé un Examen stratégique et fonctionnel, une de leurs tentatives en vue de faire croire qu'ils se serreront la ceinture et équilibreront le budget, mais, encore une fois, le budget ne présente aucun détail que ce soit au sujet des compressions budgétaires et des contraintes que celles-ci imposent. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le directeur parlementaire du budget et le Fonds monétaire international balaient du revers de la main les chiffres que présentent le gouvernement. Tant le directeur parlementaire du budget que le FMI ont fait la preuve que la promesse des conservateurs d'atteindre l'équilibre budgétaire n'est tout simplement pas crédible.
    Les conservateurs ont rajouté 100 milliards de dollars à la dette depuis 2008. Ils ont réduit à néant tous les sacrifices que les Canadiens ont fait pour rembourser celle-ci. En fait, sous les conservateurs, le rapport au PIB de la dette du pays et des provinces a atteint 82 p. 100. Ce pourcentage est plus élevé que celui du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne et presque aussi pire que celui des États-Unis.
    Souvenons-nous que c'est l'ancien gouvernement libéral qui s'est attaqué au déficit dans les années 1990 et qui a équilibré le budget pour la première fois depuis 1969. Sous Jean Chrétien et Paul Martin, les libéraux ont déposé neuf budgets équilibrés consécutifs, par contre, selon le directeur parlementaire du budget, les conservateurs ne sont pas à la veille d'y arriver.
    Le ministre des Finances se plaît à dire que le gouvernement est sur la bonne voie. Soyons clairs. Le gouvernement est en bonne voie d'ajouter 200 milliards de dollars à la dette fédérale d'ici 2015-2016. Les conservateurs hypothèquent l'avenir de nos enfants afin de financer leurs programmes à portée idéologique, leurs priorités mal placées et leurs dépenses irresponsables. Ils cachent les véritables coûts de leur programme et demandent aux députés de voter des lois sans leur dire combien celles-ci coûteront aux contribuables canadiens.

  (1050)  

    Les conservateurs font ainsi preuve de mépris non seulement envers le Parlement, mais aussi envers les Canadiens. Ils enfreignent les règles pour masquer les faits, ainsi que leurs dépenses excessives et effrénées, qui sont déconnectées des priorités.
    Le budget montre bien que les dépenses des conservateurs sont effrénées et déconnectées des priorités des familles canadiennes. Ce budget nous montre un gouvernement auquel on ne peut pas faire confiance pour dire la vérité et respecter le Parlement. Le temps est venu de faire cesser les combines au profit des conservateurs et de respecter les contribuables.
    Voilà pourquoi je propose l'amendement suivant, appuyé par la députée de Beaches—East York. Je propose que la motion soit modifiée par substitution, aux mots suivant le mot « Que », de ce qui suit:
la Chambre n’approuve pas la politique budgétaire générale du gouvernement parce que le gouvernement et ses politiques ne sont pas conformes avec les priorités et les besoins économiques des familles canadiennes.
    Le député de Kings—Hants a proposé un amendement.
    Questions et observations. Le député de Peterborough a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai écouté l'intervention du député, et comme il ne semble pas avoir une très bonne mémoire, je vais lui rappeler certaines choses.
    Le ministre de la Justice de l'époque, Allan Rock, avait affirmé que le registre des armes à feu allait coûter deux millions de dollars, mais c'est plutôt deux milliards de dollars que les libéraux y ont englouti. Seulement, ils ne l'ont jamais dit aux Canadiens et ils ont dissimulé ces renseignements. C'est un montant 1 000 fois plus élevé que le budget initial, et non 1 000 p. 100 au-delà de celui-ci. C'est également sous les libéraux qu'une somme d'un milliard de dollars s'est envolée en fumée dans le cafouillage à DRHC. Enfin, 363 millions de dollars ont été volés dans le cadre du scandale des commandites. Voilà la feuille de route du gouvernement libéral.
    Le député a défendu les agissements de son parti lors du scandale des commandites. Je ne crois pas que ses réponses étaient très complètes, car il n'a pas dit à quelles circonscriptions l'argent était allé. S'il tient à parler d'éthique, qu'il dise dès maintenant la vérité aux Canadiens en dévoilant le nom des circonscriptions qui ont obtenu l'argent volé.
    Plus de 40 millions de dollars manquent encore. Où sont-ils passés? Si les libéraux veulent se montrer blancs comme neige, ils devraient commencer par faire preuve d'un peu d'honnêteté dès aujourd'hui à la Chambre.
    Monsieur le Président, j'étais, en fait, fier de faire partie d'un gouvernement qui a eu le courage de nommer le juge Gomery et d'appuyer son travail qui consistait à faire la lumière sur cette affaire et à mener une enquête judiciaire. Le gouvernement libéral n'a pas eu peur d'aller au fond des choses, d'obtenir justice au nom des Canadiens et de faire ce qui était bon pour les contribuables.
    Cela diffère beaucoup du comportement actuel du gouvernement conservateur. Il n'a pas écouté lorsqu'Élections Canada l'a informé que son parti enfreignait la loi. Le gouvernement conservateur multiplie les appels. Il refuse d'accepter le jugement d'Élections Canada ou de prendre au sérieux les tribunaux qui affirment que les conservateurs sont coupables d'avoir enfreint la Loi électorale du Canada.
    En outre, deux sénateurs conservateurs sont passibles de peines d'emprisonnement. Le gouvernement continue de défendre l'indéfendable par rapport au scandale des transferts. Le premier ministre ne respecte pas la loi, les tribunaux ou le Parlement, et il ne comprend pas le rôle important que ces institutions démocratiques jouent dans le maintien de notre liberté ou il n'y croit pas.
    Qu'il soit question des événements récents concernant Bruce Carson et les 80 millions de dollars du gouvernement du Canada que sa fiancée aurait pu toucher et qui auraient dû servir à la purification de l'eau, du scandale révélé par Élections Canada et des peines d'emprisonnement dont sont passibles des sénateurs conservateurs, le gouvernement nage dans la corruption et la pourriture. Il ne fera pas ce que les gouvernements libéraux ont fait, c'est-à-dire rechercher la vérité pour les Canadiens et prendre les mesures qui s'imposent.

  (1055)  

[Français]

    Monsieur le Président, dans ma circonscription, Papineau, les besoins sont criants. Les aînés, les mères monoparentales, les jeunes et les familles immigrantes ont beaucoup de difficulté à trouver un peu de stabilité. Ils ont été époustouflés de voir qu'il n'y a pas une cenne dans ce budget pour le logement abordable: rien pour les HLM, rien pour établir une stabilité de résidence pour les gens qui vivent en difficulté. Je demanderais à mon collègue s'il peut réagir à cette lacune irresponsable quant au logement abordable.
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue. Ce devrait être une priorité pour le gouvernement d'investir dans le logement abordable. Mais il n'y a rien dans ce budget pour cette priorité, parce que ce n'en est pas une pour les conservateurs. Pour les personnes âgées, la proposition des conservateurs d'augmenter leur pension de 50 $ par mois est une insulte. C'est de la foutaise, de la part des conservateurs, d'affirmer qu'augmenter leur pension est une grande chose. C'est une insulte. Ce n'est pas de l'aide pour les moins nantis, c'est une insulte.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'aimerais que mon collègue nous parle des dispositions sur les soins de santé qui sont très maigres dans le budget du gouvernement.
    Un des éléments que les néo-démocrates tenaient à voir dans le budget était un engagement en faveur de nouveaux professionnels de la santé, de nouveaux médecins et de nouvelles infirmières, qui aurait permis de mieux aider les familles canadiennes. Cinq millions de familles sont sans médecin de famille, et pourtant, le budget ne prévoit rien pour augmenter le nombre de médecins et d'infirmières au pays.
    Les conservateurs proposent une drôle d'idée pour remédier au problème: encourager les médecins à aller s'installer en milieu rural plutôt qu'urbain en annulant leurs prêts étudiants. Les familles canadiennes n'auront pas plus de médecins de famille à leur disposition. De plus, cela ne permet pas vraiment d'alléger la dette imposante des étudiants qui terminent leurs études postsecondaires. Cette mesure ne remédie en rien à ces deux graves problèmes.
    J'aimerais savoir ce que le député a à dire au sujet de l'inertie des conservateurs dans ces deux domaines.
    Pourriez-vous arrêter le chronomètre? Je crois comprendre qu'il n'y a pas eu d'interprétation pour la question du député de Burnaby—Douglas. S'il pouvait la résumer rapidement, ce serait apprécié.
    Monsieur le Président, je voulais savoir pourquoi les conservateurs n'ont pas prévu de mesures pour la santé dans le budget afin que les 5 millions de Canadiens qui sont sans médecin de famille puissent en avoir un. Le projet des conservateurs d'annuler les dettes d'études des professionnels de la santé qui sont prêts à aller travailler dans les régions rurales ne règle pas le problème du manque de médecins dans les régions urbaines. De plus, cela n'aide en rien à alléger l'endettement croissant des étudiants qui veulent poursuivre des études postsecondaires.
    Monsieur le Président, je veux remercier le député pour sa question et pour les années qu'il a passées au service des Canadiens. J'ai cru comprendre qu'il avait décidé de ne pas être candidat aux prochaines élections. Je peux lui dire que le courage dont il a fait preuve pour défendre les droits des Canadiens et la façon exemplaire dont il vit et travaille ont été une inspiration pour moi et pour la Chambre. Nous le remercions pour ses années de service.
    Quant à la proposition visant à attirer et à garder des professionnels de la santé dans les collectivités rurales et mal desservies du Canada, je crois qu'elle a du sens. J'ai quelques réserves à propos de la façon dont la proposition des conservateurs a été conçue. Cependant, au printemps dernier, le Parti libéral a rendu public un plan visant à alléger la dette d'étude du personnel infirmier, des médecins et du personnel infirmier praticien qui choisissent d'exercer leur profession dans des collectivités mal desservies.
    Le plan ne se limite pas exclusivement aux collectivités rurales parce qu'il y a aussi des collectivités mal desservies dans les villes canadiennes, mais la situation est particulièrement alarmante en milieu rural, dans les petites collectivités du Canada et de ma circonscription, Kings—Hants.
    Pour ce qui est de l'enseignement postsecondaire, il est intéressant de noter que le gouvernement conservateur a prévu dans son budget mille fois plus d'argent pour les chasseurs à réaction que pour les études postsecondaires.
    Mon collègue de Dartmouth—Cole Harbour, un grand défenseur des études postsecondaires et des étudiants, m'a signalé que, selon les sommes prévues, chaque étudiant canadien allant à l'université ou au collège recevrait 34 $  par année. Cette somme ne permet même pas d'acheter un manuel, pour l'amour du ciel. C'est une somme dérisoire qui vise à acheter quelques votes, mais qui ne fait vraiment rien pour aider les Canadiens qui en ont le plus besoin.

  (1100)  

    La présidence souhaite également la meilleure des chances au député de Burnaby—Douglas, qui quitte volontairement ses fonctions.
    La secrétaire parlementaire du ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai ici une citation qui risque d'intéresser le député:
    Nous ne pouvons pas accroître les impôts des sociétés sans perdre des investissements commerciaux, ce qui rendrait notre économie moins productive et les emplois [...] moins nombreux. Cela aurait pour effet d'accroître la pauvreté.
    Qui a dit ça? Le député qui vient de prendre la parole.
    Parlant de plans, ce que le député ne dit pas aux Canadiens, c'est que le plan des libéraux pour aider les aînés et les plus démunis à se sortir de la pauvreté équivaut à déshabiller Pierre pour habiller Paul, car il oublie de préciser que, pour ce faire, les libéraux entendent augmenter les impôts et les taxes. Ils entendent faire remonter l'impôt des sociétés de 16,5 p. 100 à 18 p. 100. Ils entendent augmenter la TPS. Ils entendent instaurer une taxe sur les iPod. Ils entendent en instaurer une autre sur le carbone.
    D'après le député, si le Parti libéral pouvait rendre les 40 millions de dollars qu'il a volés, est-ce qu'il s'engagerait dès aujourd'hui à consacrer la totalité de cette somme à la pauvreté?
    Monsieur le Président, les règles parlementaires m'interdisent de dire qu'un autre député ment, alors je vais m'abstenir. Je vais respecter les règles parlementaires et m'abstenir de dire que la députée a menti. Les Canadiens pourront tirer leurs propres conclusions à la lumière des faits.
    Je crois que c'est une bonne idée de réduire l'impôt des sociétés, mais seulement quand le pays peut se le permettre. Le gouvernement dont j'ai fait partie a lui aussi réduit l'impôt des sociétés, mais c'est parce qu'il avait dégagé des excédents. En fait, c'est parce que nous avions réussi à équilibrer le budget, bref parce que nous pouvions nous le permettre, que nous avons pu faire passer l'impôt des sociétés de 29 p. 100 à 19 p. 100. Alors que l'impôt des sociétés était plus élevé ici que dans les pays comparables, nous l'avons ramené à un niveau inférieur à celui que paient les sociétés dans ces mêmes pays. Aujourd'hui, au Canada, l'impôt des sociétés est 25 p. 100 moins élevé qu'aux États-Unis.
    Je crois au principe selon lequel on doit maintenir le taux d'imposition des sociétés à un niveau concurrentiel et réduire l'impôt qu'elles doivent payer, mais seulement en situation excédentaire. Or, nous ne sommes pas en situation excédentaire; nous enregistrons au contraire des déficits record. Si on accroît la dette pour n'aider qu'une poignée de sociétés parmi les plus riches —  5 p. 100 d'entre elles pour être exact —, ce sont les familles canadiennes qui, au final, en feront les frais, parce que moins d'argent sera consacré aux soins de santé et à l'éducation et qu'elles devront payer plus d'impôt.
    Non seulement c'est insensé sur le plan économique et sur le plan des politiques sociales, mais c'est immoral.

[Français]

    Monsieur le Président, avant-hier, j'ai eu l'occasion de vous faire part de mes premières réactions par rapport au budget. Je vous disais que pour le Québec, dans ce budget, il n'y a rien, rien et rien. Le Québec n'est nulle part et je le redis aujourd'hui.
    L'an dernier, le Québec a passé son tour. Il n'y en avait que pour le pétrole, les banques et le secteur automobile. Cette année, même si c'était au tour du Québec, on ne se retrouve encore nulle part. Le gouvernement conservateur se contrefout du Québec. Il a barré le Québec de sa liste de priorités et, bientôt, c'est le peuple du Québec qui va barrer les conservateurs.
    Le premier ministre a mis une croix sur le Québec; le Québec, lui, ne mettra sûrement pas de croix à côté de son nom ou à côté de ceux de ses marionnettes, je vous le garantis.
    Nous avons essentiellement demandé trois choses dans le budget: l'équité pour le Québec, la prise en compte des besoins économiques du Québec et le soutien aux gens qui en ont besoin. Pour financer tout cela, on proposait des mesures qui relèvent de la simple justice: la fin des cadeaux fiscaux à ceux qui n'en ont pas besoin; demander plus à ceux qui en ont plus. C'est simple. Qu'a fait le gouvernement? Rien. Les temps durs viendront après les élections, et ce sont les petits qui vont continuer à payer.
    Premièrement, nous demandions l'équité pour le Québec. Il y a une série de contentieux entre Québec et Ottawa qui perdure encore et encore, parfois depuis 20 ans. L'Ontario a harmonisé sa taxe de vente avec la TPS et a reçu 4,3 milliards de dollars en compensation. Même chose pour la Colombie-Britannique, qui a reçu 1,6 milliard de dollars en compensation; et les Maritimes ont reçu 1 milliard de dollars en compensation. Au Québec, on attend depuis bientôt 20 ans la somme qui nous est due, soit 2,2 milliards de dollars.
    À l'intention de mes amis conservateurs, faisons un simple exercice de calcul. Puisque le Québec assume le quart des dépenses du gouvernement fédéral, on peut aisément dire que les Québécois ont payé le quart des trois compensations dont je viens de parler, soit un total, de 1,75 milliard de dollars. On peut aussi assumer que les Québécois paieront aussi le quart de la compensation de 2,2 milliards de dollars qu'Ottawa doit à Québec, soit environ 550 millions de dollars. Ainsi, la part canadienne ne sera pas de 2,2 milliards de dollars, mais bien de 1,65 milliard de dollars.
    Ce qu'il faut comprendre, c'est que les Québécois ont déjà payé leur part de compensation aux autres provinces, c'est-à-dire 1,75 milliard de dollars. Les Québécois ont assumé leur dette envers les autres provinces. Il serait temps que les autres provinces assument aussi leur part. Il serait temps que le Québec reçoive enfin son dû.
    Dans ce dossier, le gouvernement du Québec estime que tous les points importants sont réglés. Il a même envoyé à Ottawa un projet d'entente. Tout ce qu'il manque, c'est que le ministre des Finances du Canada signe au bas de la feuille. Mais, voilà, il ne signe pas. Comme ce n'est pas prévu dans le budget — c'est nulle part —, on peut comprendre qu'il n'a pas l'intention de signer au cours de la prochaine année. Rien que pour ça, seulement pour ça, nous ne pouvons pas appuyer le budget, et le gouvernement le sait très bien depuis belle lurette. Il voulait des élections, il va en avoir, parce qu'il a mis une croix sur le Québec.
    Il y a d'autres contentieux qui ne se règlent toujours pas. Par exemple, le gouvernement a lui-même changé la manière de calculer les revenus provenant des ressources naturelles. Pour le Québec, le coût est de 250 millions de dollars.

  (1105)  

    Voici un autre exemple: il refuse de verser des paiements de protection qui auraient permis au Québec d'éviter, comme les autres provinces, des baisses importantes de la péréquation. Pour les autres provinces, c'est correct, mais pour le Québec, c'est non. C'est un autre montant de 250 millions de dollars qui s'ajoute au premier, qui lui, s'ajoute aux 2,2 milliards de dollars. Toujours au sujet de la même péréquation, les tribunaux ont donné raison au Québec et ont condamné Ottawa à verser 137 millions de dollars pour compenser les pertes subies dans les années 1990. Encore là, c'est non. Malgré les ordres de cour, il ne paie pas.
    La crise du verglas a eu lieu il y a 13 ans. Eh oui! Ce n'est pas parce que cela fait longtemps qu'il ne faut pas payer. Quatre cent vingt-et-un millions de dollars sont dus au Québec et sont gelés depuis 13 ans. Les inondations au Manitoba, cela fait des années que c'est réglé. Au Québec, cela fait des années et ce n'est pas réglé. Je ne parle pas des coupes aux transferts pour l'éducation supérieure, qui ne sont toujours pas annulées. Il était plus que temps qu'Ottawa commence à payer ses dettes au Québec. Il ne l'a pas fait. Il refuse même de faire des ententes avec ses créanciers. Comment régler cela? Faut-il mettre le gouvernement du Canada en défaut de paiement? Non, on va « tirer la plogue », un point c'est tout.
    Par ailleurs, nous demandions qu'on tienne compte des besoins du Québec. Notre économie ne repose pas sur le pétrole ni sur l'automobile. Notre économie doit fabriquer des biens pour prospérer, entre autres. Notre secteur manufacturier doit se moderniser, être plus productif, innover et investir. Notre économie a besoin qu'on bonifie les crédits d'impôt à la recherche. Où est-ce dans le budget? Nulle part! Notre économie a besoin d'un programme d'investissement dans le développement de nouveaux produits. Où est-ce dans le budget? Nulle part! Il fallait soutenir le démarrage de nouvelles entreprises, des PME, fer de lance de la création d'emplois. Il n'y a rien de ce côté-là. Où est-ce dans le budget? Nulle part!
    Nos secteurs de pointe doivent compter sur un support comparable à ce que leurs concurrents reçoivent. Je pense ici au secteur de l'aéronautique, victime de l'absence d'une véritable politique sur l'aéronautique. Pendant ce temps, le gouvernement veut faire des achats militaires énormes sans aucune garantie de retombées économiques dans notre secteur de l'aéronautique. Combien l'industrie aérospatiale reçoit-elle dans le budget? Zéro, pas un sou, seulement une vague promesse d'y penser, peut-être, un de ces jours. Quand ils reviendront de la planète Mars, qu'ils nous avertissent.
    Un autre secteur se fait couillonner, et c'est la place financière de Montréal. La place financière montréalaise ne veut pas, ne doit pas et ne déménagera pas à Toronto parce que, avec cela, ce serait les sièges sociaux et les leviers de décision qui partiraient. Il n'en est pas question. Que trouve-t-on dans le budget pour rassurer Montréal? Rien. Pire encore, on ramène encore ce sombre projet de commission canadienne de valeurs mobilières dont personne ne veut, personne sauf Ottawa qui veut évincer le Québec du monde de la finance à son profit et, bien sûr, Toronto qui veut dépouiller Montréal de sa place financière et de ses sièges sociaux. Qui est le ministre des Finances? C'est un député de l'Ontario, ancien ministre des Finances de cette province, dans la région de Toronto.
    Québec, notre capitale nationale, a besoin d'infrastructures dignes d'une capitale. On n'a pas besoin d'un aréna pee-wee ou d'un pont en décrépitude.

  (1110)  

    Là encore, la capitale nationale reçoit des miettes. L'Institut national d'optique, je reconnais que c'est bien, mais Québec voulait plus. Québec méritait beaucoup plus et surtout, il voulait le respect, pas des clowns qui se déguisent en Badaboum — cela dit en tout respect pour Badaboum. Les conservateurs ont fait une croix sur Québec.
    D'autre part, nos régions ont des besoins particuliers. Le secteur forestier est en crise. Les revenus agricoles sont instables. Les pêcheurs en arrachent. Les jeunes s'en vont. Les entreprises qui innovent ont de la difficulté à trouver du personnel qualifié pour revenir en région. Qu'y a-t-il dans les secteurs qui font vivre nos régions? Des miettes. Soixante millions de dollars pour l'industrie forestière, ce qui représente une réduction de 40 p. 100 de ce qui avait été annoncé l'an dernier. Quand on sait que l'industrie automobile de l'Ontario, qui représente environ le même nombre d'emplois, faut-il le noter, a reçu 10 milliards de dollars, il y a de quoi être en..., disons, fâché, sinon le mot ne serait pas parlementaire.
    Nos entreprises forestières ont besoin de mesures pour avoir accès au capital. Nos régions forestières avaient besoin d'un coup de pouce pour diversifier leur économie; elles n'ont rien reçu. Les régions forestières ne sont nulle part dans le budget.
    L'environnement, les énergies propres, la voiture électrique, c'est là que réside l'avenir. Où est-ce, dans le budget? Nulle part. Encore là, Ottawa nous tire par en arrière. Il n'y a rien pour accélérer l'arrivée des voitures électriques, rien pour l'éthanol de deuxième génération. Il n'y a toujours pas de plan de réduction des gaz à effet de serre pour permettre au Québec de jouir de ses extraordinaires avantages. Quelles sont les seules mesures précises au chapitre des énergies propres dans le plan budgétaire? Des mesures pour les pipelines. Le Québec voit l'avenir en vert, mais ce budget est bitumineux.
    Comme le gouvernement est décroché du Québec, nous lui avons fait savoir quels sont nos besoins économiques et quels secteurs d'activité sont importants chez nous. Au Bloc québécois, nos politiques ne sont pas dictées par Toronto. Au Bloc québécois, nos politiques ne sont pas dictées par Calgary. Comme d'habitude, le gouvernement n'a pas écouté; il a fait une croix sur l'économie du Québec.
    Troisièmement, on demandait qu'on se préoccupe des gens. Cela fait des années que l'assurance-emploi n'est plus une assurance. La majorité de celles et ceux qui perdent leur emploi n'y ont pas accès. Nous demandions une réforme majeure pour que l'assurance-emploi soit de nouveau accessible à ceux qui en ont besoin. Le budget de mardi nous confirme plutôt que ce gouvernement, tout comme l'autre, va puiser 17 milliards de dollars dans la caisse au cours des prochaines années. Il n'y a rien pour les chômeurs dans cette espèce de budget cynique.
    On demandait 110 $ par mois de plus pour celles et ceux qui reçoivent le Supplément de revenu garanti. Pourquoi 110 $? Parce que cela amènerait nos personnes âgées les plus vulnérables juste au seuil de la pauvreté, rien que cela. Eh bien, pour les plus mal pris des mal pris, ceux qui ne reçoivent pas le Supplément de revenu garanti parce qu'ils ne savent pas qu'il existe et qu'ils y ont droit, qu'y a-t-il? Rien. Ils sont où? Nulle part. Ce gouvernement est insensible et sans coeur, et le budget de mardi dernier en est encore le reflet.
    Le premier ministre demeure inflexible face au Québec. Le chef conservateur prétend faussement que l'économie est sa priorité, alors que le budget conservateur fait une croix sur les besoins économiques du Québec et de ses régions.

  (1115)  

    Le Québec est privé de son dû pour ce qui est de l'harmonisation des taxes, comme pour ce qui est des autres contentieux. L'industrie forestière ne reçoit toujours que des miettes, que des copeaux. Le gouvernement continue de puiser dans la caisse de l'assurance-emploi et laisse les travailleurs en plan. Devant cette indifférence, compte tenu des intérêts et des valeurs des Québécoises et des Québécois, le Bloc québécois n'a pas le choix et va voter contre ce gouvernement conservateur à la première occasion.
    En terminant, avec l'appui de la très honorable députée de Québec, je propose:
    Que la motion qui vient d'être déposée soit modifiée, par adjonction, après le mot « canadiennes », de ce qui suit:
et parce que le budget ne répond pas aux attentes des Québécoises et des Québécois, notamment parce qu'il ne prévoit pas de versement d'une compensation de 2,2 milliards de dollars au Québec pour l'harmonisation de la TVQ et de la TPS, effectuée il y a maintenant 19 ans.

  (1120)  

    Le député d'Hochelaga vient de présenter un sous-amendement.
    Questions et commentaires? La députée de Notre-Dame-de-Grâce—Lachine a la parole.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue du Bloc de son discours sur le budget du gouvernement et du sous-amendement qu'il vient de présenter. Il fait valoir un point très important: le fait qu'il n'y a rien dans le budget en ce qui concerne l'harmonisation de la TPS et de la TVQ, la taxe de vente du Québec, bien que ce gouvernement ait déjà signé des ententes avec d'autres provinces et qu'il leur ait transféré l'argent de la compensation.
    J'aimerais connaître son opinion et savoir si son parti politique est d'accord à propos de ceci. Au Québec, nous avons un pourcentage d'aînés très élevé, et dans le budget du Parti conservateur, on ne voit pas suffisamment d'aide pour nos aînés. En fait, le gouvernement a dépensé plus en une seule journée de réunion du G20 qu'il n'accorde d'argent dans son budget aux aînés les plus vulnérables.
    Qu'est-ce qu'il pense de ça? Qu'est-ce que le Bloc pense de ça: un régime conservateur qui veut dépenser plus en une journée de réunion que ce qu'il veut dépenser pour aider nos aînés vulnérables?
    Monsieur le Président, la question de ma collègue est chargée. Je veux juste lui rappeler un certain nombre de choses.
    L'Ontario a eu sa compensation après des discussions avec le fédéral, qui ont duré 244 jours. La Colombie-Britannique a eu sa compensation après des discussions avec le fédéral, qui ont duré 131 jours. Savez-vous depuis combien de temps le Québec a harmonisé sa TPS et la TVQ? Ça fait 6 841 jours. C'est assez long!
    C'est une belle image que donne l'honorable députée: ils ont dépensé 1 milliard de dollars en trois jours pour se faire un party. Est-ce que ça veut dire qu'en moins d'une semaine, ils auraient pu accorder une compensation au Québec en ce qui a trait à l'harmonisation de la TPS et de la TVQ?

  (1125)  

    Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à mon collègue du Québec au sujet de ce qu'ont dit plusieurs organismes du Québec qui ont appuyé le budget présenté récemment par notre gouvernement.
    Premièrement, la Fédération des chambres de commerce du Québec a dit, et je cite:
    À ce titre, la FCCQ salue notamment, un crédit temporaire pour l'embauche aux petites entreprises, l'initiative ciblée pour les travailleurs âgés, un soutien au secteur de la fabrication et de la transformation, ainsi que le prolongement du crédit d'impôt temporaire de 15 % pour l'exploration minière. Il en va de même pour le programme d'aide à la recherche industrielle, le soutien aux jeunes entrepreneurs et la volonté de donner suite aux recommandations du Groupe de travail sur la littératie financière.
    Que répondrait mon collègue à tout ce qu'ont dit les organismes québécois qui croient fermement au budget du gouvernement conservateur? Il dit qu'il n'y a rien dans le budget pour le Québec, mais ce qui a été dit par ces organismes démontre qu'il y en a beaucoup.
    Monsieur le Président, prenons l'exemple de la petite entreprise. On dit qu'on va accorder aux PME un crédit de souscription à la caisse de l'assurance-emploi. Autrement dit, le gouvernement n'est pas capable d'aider directement les PME.
    En janvier, j'avais proposé au ministre des Finances — sa secrétaire parlementaire était présente — un programme de démarrage d'entreprise calqué sur un des programmes qui a été mis sur pied au Québec, en 1994 et 1995. Qu'a plutôt fait le gouvernement? Il a permis et il va permettre encore à des entrepreneurs, à des PME, de piger dans la caisse de l'assurance-emploi qui ne leur appartient pas. Autrement dit, en plus de voler la caisse de l'assurance-emploi, il permet à d'autres de la voler encore plus. C'est une gang de voleurs!

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon collègue a parfaitement raison. Le budget ne contient pas grand-chose, et les fonds qu'il prévoit ne sont pas sérieux.
    Prenons l'exemple du secteur forestier. J'aimerais entendre le député là-dessus. Au cours des prochaines années, les États-Unis verseront des milliards de dollars sous forme de subventions à leur secteur forestier. Pourtant, le budget ne contient pas de fonds destinés à protéger le secteur forestier canadien, on n'y prévoit pas accorder de subventions équivalentes et il n'y est pas question de discuter avec les Américains pour arrêter ces subventions.
    Mon collègue voudrait-il dire quelque chose au sujet du secteur forestier par rapport au budget? Il peut faire un lien avec sa province, s'il le veut.

[Français]

    Monsieur le Président, pour qu'on puisse poser d'autres questions, je lui dirai simplement ceci: 10 milliards de dollars pour le secteur automobile et 60 millions de dollars pour la foresterie. Cela représente 167 fois moins. Cet écart est assez grand qu'il parle de lui-même.
    Monsieur le Président, je suis un peu confuse. Hier, alors que mon collègue participait à une émission télévisée avec le député de Lévis—Bellechasse, j'ai cru entendre qu'un crédit d'impôt remboursable serait remis aux aidants naturels.
    Tout comme mon collègue de Kings—Hants, je sais que ce n'est pas parlementaire de dire à la Chambre qu'un député a menti. Je ne dirai donc pas que le député de Lévis—Bellechasse a sciemment menti aux citoyens lors de son passage à la télévision, mais je demande à mon collègue de m'expliquer la différence entre les prétentions du député de Lévis—Bellechasse et la réalité des aidants naturels, qui sont démunis et qui n'ont pas de revenus.
    Monsieur le Président, effectivement, il y a matière à confusion. Si l'incompétence devait avoir un nom, ce serait celui du député de Lévis—Bellechasse.
    Je ne blâme pas le député de Lévis—Bellechasse de ne pas avoir de compétences en matière financière, car il doit en avoir d'autres. Cependant, il n'est pas capable de lire lui-même les « cassettes de Dimitri » et de les rapporter comme il faut. À moins que les « cassettes de Dimitri » ne soient fausses, dans le budget, à la page 126, il est très clair que le crédit est non remboursable.
    Qu'est-ce que ça veut dire, un crédit non remboursable? Ça veut dire que les personnes les plus démunies n'ont pas d'impôt à payer parce qu'elles n'ont pas assez de revenus. Là, le député de Lévis—Bellechasse dit à ces gens qu'ils recevront une subvention, un crédit remboursable. C'est faux. Le député de Lévis—Bellechasse est un menteur.

  (1130)  

[Traduction]

    La présidence rappelle à tous les députés qu'il faut suivre des règles de bienséance à la Chambre et que certaines expressions ne doivent pas être employées. Le député d'Hochelaga voudrait-il dire quelque chose par rapport à cela?

[Français]

    Monsieur le Président, dans un élan, j'ai dit que le député de Lévis—Bellechasse était un menteur. C'est vrai, et je m'en excuse.
    Monsieur le Président, il est complètement inacceptable qu'un député ne respecte pas les règles de la Chambre. Vous lui avez demandé de corriger son erreur. J'espère que c'en était une, mais comme il vient de le dire deux fois, ce n'était pas une erreur. Si on ne respecte pas les règles de la Chambre, je vous encourage à faire sortir ce député jusqu'à ce qu'il qu'il soit prêt à réagir avec honneur ici, à la Chambre.

[Traduction]

    Le député de Mississauga-Sud souhaite intervenir au sujet du même recours au Règlement.
    Monsieur le Président, la députée qui vient de prendre la parole a tout à fait raison. On ne peut pas traiter un député de « menteur »; c'est un terme non parlementaire. L'usage veut que le député retire le mot incriminé; s'il refuse, la présidence devra intervenir.
    J'encourage le député à retirer simplement le mot, et nous pourrons poursuivre.
    Avant de donner la parole au député d'Hochelaga, j'aimerais dire que ma première remarque n'était peut-être pas claire. La présidence demande au député d'Hochelaga de retirer ce qu'il a dit.

[Français]

    Monsieur le Président, je n'ai peut-être pas été assez clair. Je retire deux fois plutôt qu'une les paroles que j'ai dites.

[Traduction]

    Je juge la question réglée.
    Nous reprenons le débat. Le chef du NPD a la parole.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d’Outremont.
    Cette semaine, le premier ministre avait un choix à faire. Il était parfaitement au courant de la position des néo-démocrates.
     Les Canadiens savent qu’il est un peu contre nature pour nous de travailler avec les conservateurs. Il est difficile de collaborer avec un gouvernement qui fait constamment passer les intérêts des grandes sociétés, des banques et des multinationales pétrolières avant ceux des Canadiens de la classe moyenne. Nous étions néanmoins disposés à essayer de collaborer parce qu’un budget constitue une occasion d’obtenir tout de suite des avantages pour les Canadiens.

[Français]

    Le premier ministre aurait pu adopter des mesures pratiques et abordables pour aider les familles à joindre les deux bouts chaque mois. Il aurait pu répondre au manque criant de médecins de famille et d'infirmières.

[Traduction]

     Le premier ministre aurait pu améliorer les conditions de retraite des Canadiens qui travaillent fort d’un bout à l’autre du pays. Malheureusement, il s’est montré incapable de collaborer avec d’autres pour le bien de la population. Il s’est montré incapable de faire passer les besoins actuels de nos familles avant ceux de ses amis conservateurs.

[Français]

    Au cours de la récession, les Canadiens cherchaient du leadership au Parlement. Ils voulaient des solutions pratiques pour répondre aux enjeux qui les préoccupaient, le même genre de solutions mises de l'avant par le NPD. Toutefois, ce qu'ils ont eu, c'est la preuve qu'Ottawa ne fonctionne plus.

[Traduction]

     Les Canadiens n’ont eu qu’une preuve supplémentaire de la faillite du gouvernement et du triste fait qu’ils ne peuvent faire confiance au premier ministre.
     J’avais proposé un plan destiné à renforcer le Régime de pensions du Canada et le Régime des rentes du Québec afin d’assurer aux Canadiens une retraite sûre et digne. Ce sont eux qui ont bâti notre pays. Ils ont le droit de vivre dans la sécurité et la dignité.
     J’ai présenté une proposition pratique qui aurait fait de ce budget une occasion de sortir tous les aînés du Canada de la pauvreté. Aujourd’hui, un quart de million de Canadiens âgés ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Cela est inacceptable. Les aînés attendent une aide d’Ottawa.
     Cliff Stafford est un Canadien âgé d’Oshawa qui, après 50 ans de dur labeur comme mécanicien, doit maintenant s’adresser aux banques alimentaires pour avoir suffisamment à manger. C’est injuste. Il a perdu sa femme il y a neuf ans. Il a encore des versements hypothécaires à effectuer et il est malade. Il compte chaque cent qu’il dépense, mais le chèque qu’il reçoit du RPC ne va vraiment pas loin. Ce budget ne l’aidera en rien.

  (1135)  

[Français]

    J'ai demandé au gouvernement de former plus de médecins et d'infirmières pour aider les millions de Canadiens qui n'ont pas de médecin de famille. Ces millions de Canadiens n'ont personne vers qui se tourner quand ils tombent malades. Les parents et les aînés doivent prendre une décision difficile, conduire pendant des heures pour trouver un médecin ou attendre dans une salle d'attente qui déborde. Ce budget ne les aide pas.

[Traduction]

     Nous avons proposé une mesure pratique pour remédier à la crise d’abordabilité à laquelle les gens sont confrontés aujourd’hui afin d’atténuer le fardeau des familles qui se débattent pour joindre les deux bouts. Le budget était une occasion d’aider les familles grâce à la suppression de la taxe fédérale sur le chauffage domestique. Nous avons un climat froid et sommes dans l’obligation de chauffer nos maisons.
     Le gouvernement aurait pu supprimer cette taxe imposée sur un produit de première nécessité. C’était un moyen pratique pour le Parlement de contribuer à rendre la vie un peu plus abordable en ces temps difficiles. Malheureusement, le budget n'aidera pas non plus les familles qui doivent faire face à des coûts de chauffage galopants.
     Le premier ministre a eu cinq ans pour redresser ce qui allait mal à Ottawa. Il a eu cinq ans pour tenir la promesse faite de rendre la vie plus abordable. Il a eu cinq ans pour mettre fin une fois pour toutes aux scandales à Ottawa. Il a eu cinq ans pour atténuer le problème des soins de santé, mais il n’a rien fait. En fait, il a délibérément aggravé la situation.
     Les néo-démocrates savent qu’il est possible de faire mieux.

[Français]

    Nous pouvons faire mieux. Les Canadiens méritent mieux. Les Canadiens méritent un premier ministre digne de confiance qui défendra les intérêts des familles.

[Traduction]

     Je crois que les Canadiens méritent d’avoir un premier ministre auquel ils peuvent se fier, un premier ministre qui se soucie jour après jour des priorités des familles d’aujourd’hui et qui soit disposé à se retrousser les manches et à se départir de son esprit partisan pour collaborer avec d’autres dans l’intérêt des Canadiens. Voilà ce que les Canadiens attendent de leurs dirigeants. C’est de cela que nous avons besoin.
    Monsieur le Président, l’intervention du député m’a plu. Je saisis l’occasion de signaler certains éléments qui, à mon avis, sont absents du budget. Que mon collègue se sente libre de donner son avis sur l’un ou sur l’autre.
    Nous voudrions que l'accord vital sur la santé dans le Nord soit reconduit pour cinq ans. L’an dernier, il ne l’a été que pour deux ans. Cette année, rien de neuf.
    L’un de nos besoins les plus importants concerne le logement et les refuges. Comme le député l’a dit, il n’y a à peu près rien d’important pour les aînés et les étudiants dans le budget. Et il s’y trouve tellement peu de choses pour les Autochtones que c’est embarrassant. Le programme PAM n’a pas été rétabli, et l’argent qui a été retiré aux musées ne leur a pas été rendu. Les 15 programmes pour les arts qui ont été sabrés n’ont pas été rétablis, notamment l’aide pour les expositions itinérantes, tellement importantes pour le Nord.
     L’école de thérapie dentaire, si importante pour le Nord, a été fermée. Le Réseau canadien de l'environnement n’est plus financé. Il fait pourtant de l’excellent travail pour le Canada. Les centres d’amitié n’ont pas eu droit à une augmentation pour tenir compte de la hausse du coût de la vie. On ne trouve pas trace non plus de l’excellent projet CAIRS, au Yukon, pour la guérison des survivants des pensionnats. Rien non plus pour la recherche et le sauvetage dans le Nord, que je réclame depuis cinq ans. Apparemment, le Sénat vient de confirmer qu’il m’appuyait à cet égard. La Commission canadienne du tourisme est également victime de coupes. Bien entendu, il n’y a rien pour les garderies.
    Monsieur le Président, je remercie le député du Yukon de signaler ce qui manque dans le budget.
     Il est certain que, pour ce qui est du logement, par exemple, notre pays devrait pouvoir offrir un logement abordable à tous les Canadiens, comme le prévoit le projet de loi proposé par ma collègue de Vancouver-Est, qui réclame un programme national du logement. Il n’y a rien dans le budget pour commencer à dissiper la crise du logement.
     Quant à la situation des Autochtones, il est scandaleux de constater que des milliers d’enfants dans les collectivités autochtones n’ont pas accès à de l’eau potable ni même à de l’eau pour se laver sans se brûler avec le chlore, à supposer qu’il y ait une usine capable de produire de l’eau potable chlorée. Ce que nous voyons, c’est un effort scandaleux pour priver ces collectivités des fonds auxquels elles ont droit pour satisfaire ce besoin élémentaire. L’APN a eu raison de condamner le budget parce qu’il laisse à désirer.
     Les observations sur les garderies, l’environnement et bien d’autres questions sont toutes parfaitement justifiées.

  (1140)  

    Monsieur le Président, voici ce que le NPD a réclamé pendant les consultations prébudgétaires: bonifier le SRG pour les aînés à faible revenu et l’assurance-emploi; prolonger des projets pilotes; prolonger les améliorations apportées aux dispositions sur le partage du travail; prolonger pour un an le programme écoÉNERGIE Rénovation; renouveler le Programme sur la qualité de l’air; appuyer des secteurs clés comme l’agriculture, l’exploitation forestière et l’exploitation minière; demeurer ouvert à une expansion du RPC; offrir un programme de transition entre les forces militaires et le monde de la construction; remettre les prêts des professionnels de la santé qui vont travailler dans les zones rurales ou éloignées; éliminer plusieurs échappatoires fiscales dont profitent les sociétés. Nous avons répondu à toutes ces attentes.
    Il a beaucoup été question de coalition. Le chef du quatrième parti formera-t-il une coalition si les élections nous donnaient un gouvernement minoritaire?
    Monsieur le Président, je me souviens qu'on m'a proposé un jour de faire partie d'une coalition. Le chef du deuxième parti à l'époque, qui est maintenant le premier ministre, m'a invité à le rencontrer dans son bureau après les élections de 2004. Il voulait me présenter au député de Laurier—Sainte-Marie, le chef du Bloc québécois. Il m'a expliqué qu'ils avaient un plan: selon eux, M. Martin n'avait en effet pas nécessairement le droit de prendre le contrôle du Parlement, même si c'est son parti qui comptait le plus de députés.
    J'entends le chahut que fait le député qui m'a posé la question. Il prétend vouloir une réponse. Peut-être qu'il est capable de hurler et d'écouter en même temps. C'est le mode multitâche bruyant des conservateurs dans toute sa splendeur.
    C'est moi qui ai dit qu'en aucune façon, je n'aiderais Stephen Harper à devenir premier ministre. En fait, j'ai dit que je ferais en sorte qu'il ne le devienne pas...
    À l'ordre, s'il vous plaît. Je demanderais à tous les députés d'éviter d'appeler leurs collègues par leurs noms.
    Reprise du débat. Le député d'Outremont a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais procéder en allant du spécifique au général.
    Mon but est de décrire les deux items du budget sur la table aujourd'hui qui, pour nous, créent le plus de problèmes, afin de démontrer, dans un premier temps, quelles carences de ce budget font qu'on ne peut absolument pas l'appuyer, et de démasquer, dans un deuxième temps, l'intention réelle du gouvernement qui était de voir son budget défait et d'avoir une élection. Ensuite, je vais analyser cela dans le contexte plus large des politiques budgétaires depuis les cinq dernières années et expliquer pourquoi, lors de cette élection, voulue par le gouvernement, deux visions de l'avenir vont s'affronter. La nôtre est une vision de développement durable.
    Prenons les deux cas dont je parlais. Lors de ma rencontre avec le ministre des Finances et lors de la rencontre de notre chef avec le premier ministre, nous avons mis au haut de nos priorités le fait qu'il fallait s'occuper des personnes âgées qui vivent dans la pauvreté. Pour nous, il est absolument inadmissible que dans un pays du G7, un des pays les plus riches du monde, le Canada, on puisse avoir encore des centaines de milliers de personnes âgées vivant dans la pauvreté. Ce n'est pas une définition abstraite, c'est une définition formelle aux termes de la législation canadienne. Il existe un seuil de pauvreté en-dessous duquel l'État lui-même reconnaît que les gens n'y arrivent pas. On connaît cette année une flambée du prix de l'essence, par exemple, et les personnes qui sont dans cette situation-là vont subir une augmentation importante du coût de l'huile de chauffage, et elles n'y arriveront tout simplement plus. C'est pour cela qu'on a de plus en plus de cas de personnes âgées qui sont obligées d'éteindre le chauffage parce qu'elles n'y arrivent pas. Encore aujourd'hui, il fait -15 oC.
    Nous avons donc mis cela sur la table. Cela représentait un coût de 790 millions de dollars. Le premier ministre essaie de berner le monde en disant qu'il a fait un geste dans la voie de ce que nous avons demandé et qu'il a mis 300 millions de dollars dans le budget. Cela laissait encore des centaines de milliers de personnes âgées dans la pauvreté, et c'est honteux.
    Comparons cela avec l'argent prévu pour la prochaine diminution d'impôt pour les sociétés les plus riches. En effet, il y en a eu plusieurs au cours des dernières années qui, une fois reconstituées, totaliseront à terme, 60 milliards de dollars. Seulement cette année, on a une nouvelle réduction d'impôt de l'ordre de 3 milliards de dollars. Prenons le cas des banques. Il y a d'autres secteurs, mais ce sont surtout les banques et le secteur pétrolier qui en profitent.
    Les six plus grandes banques à charte au Canada ont fait des profits records l'année dernière de 22 milliards de dollars. Elles ont donné la moitié de ces profits, soit 11 milliards de dollars, en bonis pour leurs cadres. On octroie 300 millions de dollars aux personnes âgées pauvres, laissant encore des centaines de milliers d'entre elles dans la pauvreté, mais on accorde 3 milliards de dollars de nouvelles réductions pour ces mêmes banques et pétrolières. Pour chaque dollar que le gouvernement était capable de trouver pour les personnes âgées pauvres, il a trouvé 10 $ pour de nouveaux cadeaux, à même l'assiette fiscale publique, pour les banques et les pétrolières. C'est inadmissible. Les conservateurs savaient parfaitement ce qu'ils faisaient en mettant cette somme-là: ils provoquaient une élection.
    La somme du coût de l'élection ajoutée à ce qui était proposé arriverait presque à sortir de leur situation l'ensemble des personnes âgées qui vivent en-dessous du seuil de la pauvreté. Mais cela importe peu. Ils voulaient cette élection et savaient que ce serait le résultat.
    C'est la même chose pour les 2,2 milliards de dollars qui font l'objet de mon deuxième exemple, car c'est de cela qu'il s'agit dans le sous-amendement du Bloc québécois. Il suffisait de voir le premier ministre du Québec, hier soir, pour comprendre que nous avions raison lorsque nous avons affirmé que tout était réglé; c'est très clair. Ils savaient très bien que s'ils mettaient cet argent-là dans le budget, le Bloc allait voter pour le budget. Or c'était la dernière chose qu'ils voulaient. Ils n'auraient pas eu ces élections. Profitant de la faiblesse de l'opposition officielle et de son chef, toujours aussi stratège et calculateur, le premier ministre s'est dit qu'il y allait maintenant, pendant qu'il était là.

  (1145)  

    Qu'est-ce qu'on va voir en ce qui concerne les 2,2 milliards de dollars? Je vous le dis tout de suite, ça va être annoncé — et cela était aussi très clair compte tenu des interventions d'hier soir — au cours de la campagne électorale. Je pense qu'ils font un faux calcul et ça risque de faire boomerang. Le monde n'est pas dupe. Les gens sont capables de voir que c'est du cynisme pur et ils ne se laisseront pas acheter avec leur propre argent. Tant mieux, si le dossier est réglé. Car c'est de l'argent que l'on doit au Québec depuis longtemps. Mais ça fait deux ans et demi qu'on pose des questions là-dessus ici, en cette Chambre, et deux ans et demi qu'on se fait dire n'importe quoi. Les conservateurs gardaient cela pour faire une annonce électorale, c'est de plus en plus clair.
     À partir de ces deux exemples précis, pour expliquer pourquoi les conservateurs voulaient en fait l'élection qu'ils disent avoir voulu éviter, on peut regarder l'ensemble des politiques gouvernementales en ce qui concerne le budget. Ces réductions d'impôt, quand je disais que ça favorisait les sociétés les plus riches, la réponse des conservateurs était souvent que ça s'appliquait à toutes les corporations. Or, dans les faits, une société manufacturière qui n'y arrive plus, qui n'a pas fait de profits, n'a évidemment pas payé d'impôt. Alors une réduction d'impôt lui donnait zéro. Qui recevait tout cet argent? Les sociétés les plus riches. En clair, la politique des conservateurs était de subventionner les sociétés les plus riches qui n'avaient pas besoin d'aide, laissant mourir sur la vigne les sociétés qui en avaient le plus besoin. Aucune vision stratégique! Ils ont complètement déstabilisé l'économie équilibrée que l'on avait bâtie au Canada depuis la Seconde Guerre mondiale, vidant notamment le secteur manufacturier à cause du huard élevé. Cette hausse du dollar, à son tour, était dû au fait qu'on importait un nombre artificiellement élevé de dollars américains, parce qu'on n'a jamais internalisé les coûts environnementaux des sables bitumineux.
     Personne ne dit qu'il ne faut pas exploiter les sables bitumineux. Par contre, on dit qu'il ne faut pas les exploiter de cette façon. Au moment où l'on se parle, à cause des choix des conservateurs, nous sommes en train de léguer aux générations futures la plus importante dette écologique, économique et sociale de notre histoire. Écologique, parce qu'on est en train de dire que nous, nous allons nous occuper d'aujourd'hui et que vous, vous allez vous occuper de notre dégât demain. Derrière les plus longs barrages du monde, il y a des mers intérieures de toxines qui sont en train de suinter inexorablement vers la nappe phréatique et dans les autres surfaces, avec des effets dévastateurs pour les générations à venir sur les êtres humains et leur santé, et aussi sur les écosystèmes.
    Sur le plan économique, les deux dernières années ont donné les plus importants déficits de notre histoire — une autre dette qui devra être épongée par les générations futures. Sur le plan social, on est en train de souffrir de ce que les livres d'économie appellent la « maladie hollandaise », c'est-à-dire un afflux de devises étrangères pour acheter une matière première qu'on n'a même pas l'intelligence de traiter ou à laquelle on n'a même pas l'intelligence d'ajouter de la valeur ici. On exporte des dizaines de milliers d'emplois en même temps. On est en train de vider le secteur manufacturier. On a perdu, depuis 2000, plus de 600 000 emplois. Depuis que les conservateurs sont au pouvoir, ce sont près de 400 000 emplois manufacturiers suffisamment bien payés pour permettre que l'on s'occupe d'une famille, et ces emplois sont souvent associés à une pension de retraite. Ils sont en train d'être remplacés par des emplois à temps partiel, la plupart du temps, surtout dans le secteur des services, soit un salaire non suffisant pour faire vivre une famille et aucune pension de retraite. Cela aussi, c'est une dette — une dette sociale, cette fois —, qu'on est en train de pelleter sur le dos des générations futures, qui vont être obligées de trouver les moyens de s'occuper de tous ces gens qui vont arriver à la retraite sans les moyens suffisants pour pourvoir à leurs propres besoins.
    Pour toutes ces raisons, tantôt dans le budget actuel, tantôt en ce qui a trait à la politique générale de ce gouvernement depuis les cinq dernières années, l'occasion est maintenant venue de confronter une vision éculée qui ne respecte pas les générations futures et une vision social-démocrate résolument tournée vers l'avenir qui va assumer nos obligations de mettre en place un système réel de développement durable qui est équitable, qui va enlever les inégalités sociales et qui est la voie de l'avenir qu'a toujours tracée le NPD depuis sa fondation, il y a 50 ans.

  (1150)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, hier, le chef du NPD a dit à l'animateur d'une émission-débat bien connue en Alberta qu'il n'était pas contre une coalition gouvernementale avec les libéraux et les bloquistes.
    Vu que le député d'Outremont convoite la direction du quatrième parti d'une manière assez peu subtile, je suis curieux de savoir s'il appuie en ce moment l'idée de son chef de faire partie d'une coalition gouvernementale.
    Monsieur le Président, si le député venait dans ma circonscription aujourd'hui, il verrait un grand nombre d'affiches où l'on peut lire, « Travaillons ensemble ». Comme je sais qu'il écoute l'interprétation, il sait que ce slogan signifie « Let us work together ».
    C'est la première fois dans l'histoire du Canada que nous avons trois gouvernements minoritaires qui se sont succédé, alors certains d'entre nous croient que nous devons nous adapter à cette réalité. Nous nous y sommes familiarisés et nous nous en sommes accommodés. C'est la raison pour laquelle nous avons toujours été le parti qui offre de collaborer avec les autres. C'est la raison pour laquelle nous sommes le parti qui a déclaré qu'il allait prendre le temps de lire le budget, contrairement au Bloc et aux libéraux, qui ont annoncé à l'avance qu'ils allaient voter contre. Et c'est exactement ce que nous avons fait.
    Par contre, il faut être deux pour danser le tango. Si le gouvernement prétend avoir réellement écouté et s'il dit qu'il est disposé à collaborer, il ne faudrait pas commettre l'erreur de le croire. En fait, les 300 millions de dollars prévus auraient laissé des centaines de milliers d'aînés vivre dans la pauvreté, et dans l'un des pays les plus riches du monde, c'est tout simplement inacceptable.

  (1155)  

    Monsieur le Président, c'est avec passion que je m'intéresse au système de soins de santé du Canada, et après avoir pris connaissance du budget, j'aimerais poser la question suivante à mon collègue néo-démocrate.
    Pensons à notre système de soins de santé national et au rôle que le gouvernement fédéral devrait jouer. J'aimerais me reporter à un questionnaire que j'ai envoyé à mes électeurs et auquel nous recevons des réponses depuis peu. On y pose la question suivante: « D'après vous, à quel palier de gouvernement incombe-t-il principalement de protéger et de garantir les services de soins de santé? » On demande aux répondants d'encercler une réponse entre le gouvernement national et le gouvernement provincial.
    Jusqu'à maintenant, presque deux fois plus de répondants estiment que le gouvernement national devrait jouer un rôle de premier plan dans ce secteur.
    Le député est-il d'avis ou conviendrait-il avec moi que le budget offre bien peu d'espoir pour que des normes nationales quelconques soient établies ou qu'un engagement quelconque soit pris en vue d'avoir un système de soins de santé national ou de l'améliorer? D'après lui, ce budget offre-t-il la moindre lueur d'espoir à cet égard?
    Monsieur le Président, pour les Manitobains et le système de santé canadien, il faut espérer par-dessus tout que Rebecca Blaikie soit élue le 2 mai. Ce serait l’idéal, car c’est en effet le NPD qui, le premier, a introduit la notion de soins de santé publics et gratuits. Mme Blaikie est prête à lutter pour défendre cet enjeu, mais elle comprend également que, dans notre régime fédéral, nous devons aussi travailler ensemble. En 2014, le prochain gouvernement aura la responsabilité de renégocier l’entente qui lie le gouvernement fédéral aux provinces.
    L’année dernière, le gouvernement du Québec a laissé circuler l’idée des frais d’utilisation. Quelle honte! La première personne à appuyer cette notion a été le chef du Parti libéral lui-même. Il a cependant dû reculer, car son propre caucus lui a signifié son désaccord. Ce que je dis aujourd’hui, c’est que la meilleure chose qui pourrait arriver en matière de soins de santé au Manitoba et dans le reste du Canada serait qu'on puisse compter sur une femme comme Rebecca Blaikie. Elle se tiendrait debout et lutterait pour protéger le régime public et universel de soins de santé au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai une question à poser au député d'Outremont, qui fut lui aussi membre de l'Assemblée nationale, tout comme mon collègue de Marc-Aurèle-Fortin et du ministre député de Pontiac. Ce dernier a dit hier que, par rapport à l'harmonisation et à la compensation que le Québec réclame, ni lui, qui était membre d'un gouvernement libéral, ni moi, qui étais membre d'un gouvernement péquiste, n'avions demandé la compensation de l'harmonisation de la TPS.
    Comment qualifierait-il le propos du député de Pontiac et ministre des Affaires étrangères?
    Monsieur le Président, on connaît tous les deux le député de Pontiac depuis longtemps. C'est la première fois que je l'entends dire quelque chose qui est si carrément le contraire de la vérité. Ça j'ai le droit de le dire.
    J'étais là, à l'Assemblée nationale. J'ai vu Bernard Landry, alors ministre des Finances, grimper dans les rideaux. Ça lui arrivait de temps en temps, mais cette fois-là, c'était bien justifié. À l'aube d'une élection générale fédérale, on avait inventé de nouvelles règles du jeu pour acheter des votes dans les provinces Maritimes. On avait accordé près de 1 milliard de dollars pour l'harmonisation de la TPS. Depuis, le Québec a demandé l'harmonisation de la TPS. J'étais là à l'époque, et c'est faux de dire qu'on ne l'a pas demandée.
    J'étais derrière la porte ici, hier, quand j'ai entendu le premier ministre dire qu'on n'avait pas regardé le budget. Il y un bel article aujourd'hui dans le Toronto Star, qui explique que cela aussi était complètement faux. On a pris le temps de l'analyser. Ce n'est pas parce qu'on est contre qu'on ne l'a pas lu. C'est parce qu'on l'a lu qu'on est contre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Burlington.
    C’est avec fierté que je prends aujourd’hui la parole pour appuyer la prochaine phase du Plan d’action économique du Canada et toutes les mesures positives qu’il contient en faveur de la création d’emplois, des familles, des aînés et beaucoup plus encore. Cependant, je suis également très déçue.
     Je suis déçue du fait que, pendant que le gouvernement conservateur présentait un plan équilibré, qu’il était à l’écoute des vrais besoins des Canadiens et qu’il incluait dans ce plan des éléments que les députés de l’opposition considéraient importants, ces derniers avaient autre chose en tête. Ils ne voulaient pas que le Parlement fonctionne. Ils ne voulaient pas se concentrer sur les vraies priorités des Canadiens. Ils ne voulaient pas collaborer pour soutenir l’économie, quoi qu’ils puissent dire à ce sujet aujourd’hui. Ils ont refusé de collaborer pour soutenir la croissance de l’emploi pour les Canadiens.
     Nous avons réalisé ce que les députés de l’opposition souhaitaient vraiment il y a deux jours, au moment où le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois ont reformé une coalition. Juste après la publication du budget, ils ont annoncé qu’ils entraîneraient de force le Canada dans des élections inutiles, les quatrièmes élections générales en sept ans au Canada. Pensant seulement à leurs propres intérêts politiques, les membres de cette coalition ont pris ce jour-là une décision égoïste, celle de placer leurs propres ambitions au-dessus de l’économie canadienne et de la sécurité financière des Canadiens.
    Je serai claire: le gouvernement conservateur, comme la grande majorité des Canadiens, ne veut pas d'élections. Nous devons mettre l'accent sur l'économie, particulièrement en raison de la fragilité de la reprise et de l'incertitude causée par les récents événements mondiaux. Nous devons mettre l'accent sur la protection des emplois existants et la création de nouveaux emplois ainsi que sur l'aide aux familles et aux aînés. Voilà ce que les Canadiens veulent.
    C'est ce que les Canadiens nous ont dit pendant nos vastes consultations prébudgétaires. En dépit de ce que les membres de la coalition ont déclaré, il est encore temps pour eux d'assumer leurs responsabilités et de faire passer l'intérêt des Canadiens avant leurs propres ambitions politiques et leur opportunisme. Aujourd'hui, je vais encourager fortement les députés libéraux, néo-démocrates et bloquistes, qui font tous partie de la coalition, à faire cela.
    Je les invite à collaborer avec le gouvernement conservateur pour mettre en oeuvre des mesures positives au cours de la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada afin de soutenir les Canadiens qui travaillent fort. Travaillons tous ensemble pour offrir des initiatives solides propices à la création d'emplois et à la croissance économique continue? Travaillons ensemble pour offrir de nouveaux programmes de soutien aux familles et aux personnes âgées de tout le Canada. Travaillons ensemble pour mettre en oeuvre notre plan de réduction des impôts et ainsi favoriser l'emploi et la croissance.
    J'utiliserai le temps qui me reste aujourd'hui pour souligner les éléments clés de notre plan qui soutiendraient la création d'emplois et qui aideraient les familles, les personnes âgées et nos collectivités. Je voudrais également souligner ce que les Canadiens en disent. Premièrement, j'énumérerai quelques moyens que nous proposons pour soutenir la création d'emplois. Nous accordons un crédit temporaire au secteur important que forment les PME afin qu'elles puissent embaucher davantage.
    La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante applaudit ce nouveau crédit et notre plan, en déclarant que: « le budget de 2011 reconnaît le rôle primordial que les PME jouent en matière de création d'emplois et de croissance de l'économie [...] et [présente] des mesures importantes et à moindre coût qui permettent aux PME de contribuer à l'essor de l'économie. »
    Nous soutenons le secteur important de la fabrication et de la transformation en prolongeant de deux ans l’application de la déduction pour amortissement accéléré à l’égard des investissements dans les machines et le matériel de fabrication et de transformation admissibles. L'association Manufacturiers et Exportateurs du Canada s'est réjouie de cette mesure, parce qu'elle:
donne aux manufacturiers la confiance d’investir dans leur avenir en stimulant les achats de technologies qui améliorent la productivité [...] Nous avons besoin de ces investissements pour soutenir la concurrence mondiale, stimuler l’innovation, améliorer la productivité, et offrir les emplois rémunérateurs qui soutiennent les services publics et le niveau de vie dont jouissent les Canadiens.
    Par ailleurs, nous rendons permanent l'investissement annuel de 2 milliards de dollars destiné au Fonds de la taxe sur l'essence en l'inscrivant dans la loi, afin d'assurer aux municipalités des fonds prévisibles à long terme pour l'infrastructure. La Fédération canadienne des municipalités applaudit cet engagement, jugeant qu'il est « essentiel [...] pour réduire le déficit des infrastructures du Canada et maintenir la qualité de vie élevée des Canadiens ».
    Deuxièmement, je veux souligner quelques mesures qui assureraient plus de soutien aux familles, aux aînés et aux collectivités. Nous faisons un changement majeur pour aider les aînés à faible revenu du Canada en bonifiant le Supplément de revenu garanti, le SRG, pour les aînés qui en ont le plus besoin. Cette mesure importante prévoit une nouvelle prestation complémentaire pouvant atteindre 600 $ par année pour les aînés vivant seuls et 840 $ pour les couples. Cette mesure vitale, qui représente un investissement de plus de 300 millions de dollars par année, permettra d'améliorer la sécurité financière de plus de 680 000 aînés au Canada.
    Même le Congrès du travail du Canada, qui n'est généralement pas un grand partisan de notre gouvernement, a commenté cette proposition. Je demande aux députés néo-démocrates d'écouter attentivement le commentaire suivant qui vient de l'un des plus importants syndicats du Canada. Le CTC a qualifié cette mesure pour les aînés de « gain pour chaque personne âgée qui vit dans la pauvreté au Canada ».

  (1200)  

    Un représentant du CTC a ajouté:
    Je dirais au [chef du NPD] qu'il y a suffisamment de mesures intéressantes dans ce budget pour que le mouvement syndical veuille l'examiner sérieusement. Nous croyons que, si cela nous était offert à une table de négociation, nous accepterions cette offre.

  (1205)  

[Français]

    Selon la Fédération de l'âge d'or du Québec, avec ce budget, le gouvernement fait un pas dans la bonne direction, notamment concernant la bonification du Supplément de revenu garanti.

[Traduction]

    Nous contribuons aussi à attirer un plus grand nombre de travailleurs de la santé dans les collectivités rurales et éloignées mal desservies en dispensant les intéressés du remboursement de leur prêt obtenu en vertu de la composante fédérale du Programme canadien de prêts aux étudiants, jusqu'à concurrence de 40 000 $ pour les nouveaux médecins de famille et de 20 000 $ pour le personnel infirmier praticien et le personnel infirmier.
    Nous avons déjà eu des éloges de tout le Canada concernant cette mesure. Voici ce qu'en a dit le premier ministre de la Saskatchewan, M. Brad Wall: « L'aide au remboursement de la composante fédérale des prêts est une très bonne mesure. Il est difficile de trouver des médecins pour les régions rurales de la Saskatchewan [...] L'aide du fédéral est appréciée. »
    Nous avons aussi instauré un nouveau crédit d'impôt de 2 000 $ pour aidants familiaux, qui offrira un allègement fiscal aux aidants naturels qui prennent soin de personnes à charge ayant une déficience, incluant, pour la première fois, l'époux ou le conjoint de fait et les enfants mineurs. La Coalition canadienne des aidantes et des aidants naturels a applaudi cette mesure en ces termes:
    Au nom des millions d’aidantes et d’aidants familiaux de tout le pays, la Coalition canadienne des aidantes et des aidants naturels accueille favorablement le budget fédéral. Les mesures annoncées dans le budget constituent une importante marque de reconnaissance du rôle vital des aidantes et des aidants familiaux.
    Nous instaurons aussi un nouveau crédit d'impôt de 3 000 $ pour les pompiers volontaires lorsque ceux-ci effectuent au moins 200 heures de service dans leur collectivité. L'Association canadienne des chefs de pompiers a accordé une bonne note au gouvernement pour ce crédit d'impôt, affirmant:
    Il s'agit là d'une mesure cruciale pour le recrutement et la rétention des pompiers volontaires, et qui aidera à assurer la sécurité des communautés canadiennes.
    De plus, nous prolongeons le programme écoÉNERGIE Rénovation-Maisons, lequel aide les familles à rénover leurs maisons pour les rendre plus éconergétiques et ainsi alléger le fardeau des coûts d'énergie. L'Association canadienne des constructeurs d'habitations a applaudi cette décision. Elle a déclaré que le plan:
[...] permet de maintenir la volonté actuelle des propriétaires d'améliorer le rendement énergétique de leur maison. Cette initiative [...] réduit les factures d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre.
    Il ne s'agit là que de quelques mesures, parmi tant d'autres, qui stimuleraient la création d'emploi et aideraient les familles, les aînés et nos collectivités. Voilà les mesures auxquelles les libéraux, les bloquistes et les néo-démocrates tournent le dos s'ils votent contre le budget et la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada.
    La coalition de l'opposition a le choix entre l'opportunisme ou la collaboration en vue d'assurer la relance économique et de renforcer la sécurité financière des Canadiens.
    Nous invitons l'opposition à venir en aide aux Canadiens et à l'économie du Canada, en appuyant notre plan de réduction des impôts visant à stimuler l'emploi et la croissance, plutôt qu'en déclenchant des élections inutiles,
    J'implore les députés des trois autres partis à en tenir compte. Ce n'est pas le moment de déclencher des élections, mais bien d'examiner notre situation financière et de tenir compte des besoins que les Canadiens ont exprimé haut et fort lors des consultations pré-budgétaires des derniers mois. Le moment est mal choisi pour des élections.
    J'implore tous les députés à bien réfléchir aux conséquences qu'auraient des élections de 300 ou 400 millions de dollars sur la reprise économique du Canada. C'est un bon budget. En fait, les Canadiens l'ont applaudi.
    Je demande, encore une fois, aux députés des partis de l'opposition de mettre de côté leurs aspirations de former une coalition pour gouverner et de prendre à coeur l'intérêt des Canadiens et de voter en faveur de ce très bon budget.
     Madame la Présidente, une partie du discours de la députée est juste, celle qui dit que les partis devraient travailler ensemble.
     Toutefois, le gouvernement conservateur a été reconnu coupable d’outrage au Parlement pour avoir refusé de fournir au Comité des finances, où nous siégeons tous deux, l’information dont nous avions besoin pour faire notre travail et, en fait, pour avoir camouflé cette information, si bien que les Canadiens ne pouvaient pas évaluer les diverses mesures législatives qui ont été proposées dans certains domaines. La députée le sait très bien.
     C’est une question de confiance; c’est une question d’intégrité. Le gouvernement a été reconnu coupable d’outrage au Parlement et il y aura certainement un vote à ce sujet, et ce, avant que le budget soit mis aux voix.
     C'est une question de confiance. On ne peut pas se fier au gouvernement pour fournir de l’information ou de l’information exacte, lorsqu’il en fournit, comme en a témoigné le directeur parlementaire du budget devant plusieurs comités.

  (1210)  

    Madame la Présidente, mon collègue et moi travaillons effectivement ensemble au Comité des finances, mais les Canadiens doivent savoir comment ces comités fonctionnent. Six députés de l’opposition et cinq députés ministériels siègent à un comité. Les députés de l’opposition ont voté ensemble sur plusieurs initiatives. Ils pourraient demander à une bonne fée de produire des rapports de vérification et, parce qu’ils forment une coalition, leurs six votes contre nos cinq votes pourraient faire en sorte que la fée soit accusée d’outrage, s’ils le voulaient.
    Il n’en demeure pas moins que les documents ont été fournis. Les députés de l’opposition avaient une intention différente. Ils avaient l’intention de mettre le gouvernement dans l’embarras, mais nous ne le sommes pas. Nous défendrons les Canadiens. Nous appuierons les gens qui nous ont portés au pouvoir et nous le ferons avec une immense fierté.
    Madame la Présidente, j'ai écouté attentivement l'intervention de ma collègue et j'ai deux questions à lui poser. Elle a parlé du programme écoÉNERGIE Rénovation. Or, les gens me disent que la mesure prévue dans le budget ne leur donne pas suffisamment de temps pour rassembler ce dont ils ont besoin pour rénover leur maison. Un an n'est tout simplement pas suffisant.
    Le problème c'est que des organismes tels que CanSpec disent ne pas même être en mesure d'effectuer les inspections relatives au programme écoÉNERGIE Rénovation qui est sur le point d'arriver à échéance en mars. Les gens sont laissés à eux-mêmes et n'obtiennent même pas de réponse à savoir si le gouvernement retardera la date d'échéance du 31 mars pour leur permettre de faire inspecter leurs travaux, car ils n'arrivent pas à les faire inspecter.

[Français]

    D'autre part, étant donné que le secteur forestier est la plus grande industrie au Canada et qu'il y a eu des milliers de pertes d'emplois dans ce secteur, il est incroyable que le gouvernement lui ait tourné le dos et ait ignoré la demande de l'industrie forestière de 1 milliard de dollars. Une somme de 60 millions de dollars, ce n'est pas suffisant. Il y a de nombreuses pertes d'emplois. En Ontario, elles s'élèvent à 1 000 par mois.

[Traduction]

    Madame la Présidente, permettez-moi de citer une déclaration de l'Association des produits forestiers du Canada qui contredit tout ce que vient de dire la députée du NPD:
     L’Association des produits forestiers du Canada (APFC) voit d’un bon œil les mesures annoncées aujourd’hui dans le budget fédéral pour le secteur forestier, qui offrent un appui à l’industrie et aux 240 000 Canadiens qu’elle emploie directement. Les mesures présentées aujourd’hui reconnaissent les possibilités considérables qui s’offrent à l’industrie pour ce qui est de développer ses marchés et ses produits au-delà du bois d’œuvre, de la pâte et du papier. Ces mesures favoriseront les investissements stratégiques qui aideront l’industrie au sortir de la récente récession.
    Voilà qui prouve que la députée a tort.
    En ce qui a trait à toutes les mesures que nous avons mises en place pour le programme écoÉNERGIE Rénovation -- Maisons, si les députés d'en face n'adoptent pas le budget, la députée a raison, il y aura des retards. Il s'agit d'une mesure importante que nous devons concrétiser. Nous avons fourni de nombreuses mesures pour aider les gens à améliorer l'efficacité énergétique de leur maison. Pourtant, le NPD a voté contre chacune d'entre elles, y compris la réduction de la TPS.
    Madame la Présidente, je remercie la secrétaire parlementaire de partager son temps avec moi. Elle est depuis peu secrétaire parlementaire du ministre des Finances et elle fait un excellent travail à la tête de notre comité. Je la remercie de ses efforts.
    Aujourd'hui, j'ai 10 minutes pour parler de tout ce que contient notre plan des impôts bas, le budget présenté par le ministre des Finances. Je vais cibler quelques points qui touchent directement Burlington. Si je devais parler de toutes les bonnes choses que contient ce budget pour les Canadiens, il me faudrait environ deux heures plutôt que 10 minutes.
    Je vais me concentrer sur ce qui concerne Burlington. J'espère que mes amis du NPD m'écoutent car ce sont des choses qu'ils ont demandées et maintenant nous allons avoir des élections. Je pense qu'ils ont berné les libéraux en leur faisant croire qu'ils allaient appuyer le budget pour qu'ils puissent dire tout ce qu'ils voulaient. Mais tout d'un coup ce n'est plus le cas. Et voilà les libéraux dans le pétrin, maintenant que nous allons être en campagne électorale.
    Revenons à ce qui est important pour Burlington dans ce budget. Avant tout, la grande majorité des appels téléphoniques, des courriels et des visites que je reçois à mon bureau proviennent d'aînés et concernent les questions qui les préoccupent dans ma circonscription de Burlington.
    Au cours des années que j'ai passées auprès du ministre des Finances et d'autres ministères, j'ai recommandé diverses choses pour les aînés. Je suis heureux de voir ce que nous faisons pour les aînés les plus pauvres de notre pays. Dans le passé, nous avons examiné leurs problèmes, et avec le fractionnement du revenu, nous avons pu en régler quelques-uns. C'est un gros avantage pour les aînés de Burlington.
    Dans ce budget, nous augmentons les fonds consacrés au SRG. Pour ceux qui ne le savent pas, il s'agit du Supplément de revenu garanti. Il s'adresse à ceux qui ont les revenus les plus modestes au Canada. Le changement que nous apportons aujourd'hui va toucher 680 000 aînés dans notre pays, dont beaucoup dans ma circonscription. Il représente 600 $ par an pour une personne seule ou 840 $ pour un couple, et il constituera une différence importante de revenu pour ces aînés.
    Quand je suis entré en fonction il y a cinq ans, j'ai fait une étude sur le revenu réel des aînés. À l'époque, il dépassait à peine les 18 000 $ par an pour Burlington. Il a augmenté. Notre parti a accompli des choses pour les aînés, qu'il s'agisse de déductions ou d'autres choses. Nous avons réagi au problème.
    C'est un important changement que nous apportons, et qui vise...
    Des voix: Oh, oh!

  (1215)  

    Je vous en prie. Je demanderais à tous les députés d'attendre leur tour avant de parler. Pour les questions et les observations, je n'ai pas l'intention de donner la parole à ceux qui continuent de chahuter.
    Madame la Présidente, nous avons réalisé des améliorations importantes à cet égard.
    J'aimerais attirer l'attention de la Chambre sur une autre dépense prévue dans le budget, dont on n'a pas beaucoup parlé jusqu'ici, mais qui sera probablement à l'ordre du jour au cours des 36 à 45 prochains jours, selon la durée de la campagne électorale. Il s'agit de l'investissement de 10 millions de dollars dans le programme Nouveaux Horizons. À titre d'exemple, permettez-moi de vous parler des effets de ce programme dans la circonscription de Burlington.
    Dans la circonscription se trouve un centre récréatif pour personnes âgées offrant des déjeuners une fois par mois à des personnes âgées confinées à domicile. Grâce au programme Nouveaux Horizons, ce centre a pu se doter d'une nouvelle cuisine. Le programme vient en aide aux groupes oeuvrant quotidiennement en faveur des personnes âgées de notre milieu. Je suis honoré que le ministre des Finances ait pu constater les bons résultats du programme Nouveaux Horizons et qu'il ait décidé d'y consacrer, dans le budget, une somme additionnelle de 10 millions de dollars sur une période de deux ans.
    J'avais préconisé deux ou trois mesures budgétaires à l'intention des familles, et les mesures qui sont proposées sont un peu différentes de celles que je réclamais, mais elles seront utiles pour résoudre les problèmes qui m'intéressent.
    Ma femme travaille pour la Société du timbre de Pâques de l'Ontario, qui recueille de l'argent pour les enfants handicapés. J'y ai travaillé moi-même il y a quelques dizaines d'années. Le budget éliminerait le plafond de 10 000 $ pour les frais médicaux admissibles à un crédit d'impôt. Il n'y a pas de limite à la somme admissible dans le cas du crédit d'impôt réclamé par les personnes handicapées. Cependant, la limite relative au crédit d'impôt est de 10 000 $ par année lorsqu'il s'agit de dépenses pour s'occuper d'une autre personne, comme un enfant. Le budget éliminerait ce plafond de 10 000 $.
    Selon l'expérience que ma femme et moi en avons, les coûts et les difficultés que doivent affronter quotidiennement les parents ayant un enfant handicapé constituent un fardeau énorme. Malgré cela, les parents que je connais acceptent de bon coeur de porter ce fardeau. Ils sont prêts à faire toutes les dépenses qui leur sont possibles pour assurer le confort de leur enfant, pour en faire une personne productive et pour qu'il profite de la vie autant que possible. Cependant, cela coûte cher. Nous faisons disparaître le plafond sur les dépenses en immobilisations donnant droit au crédit d'impôt pour frais médicaux. Je suis fier de cette mesure.
    J'avais aussi préconisé la création d'un nouveau crédit d'impôt pour aidants naturels. Comme on le sait, la population du Canada vieillit. Mes deux grands-mères de 93 ans sont toujours en vie et j'ai connu quatre de mes arrière-grands-parents. L'une de mes grands-mères vit avec mes parents et l'autre vit avec mon oncle et ma tante. Mes parents, mon oncle et ma tante sont donc leurs aidants naturels. On trouve des aidants naturels dans toutes les collectivités. Nous offrons aux 500 000 aidants naturels du Canada un crédit d'impôt afin de les remercier des soins qu'ils apportent à leur conjoint, leurs grands-parents, leurs parents, leurs enfants ou leur conjoint de fait. Nous sommes conscients de la valeur des efforts qu'ils déploient pour que les gens qui ont besoin de soins à la maison aient une bonne qualité de vie.
    Je tiens à aborder un autre élément dont nous n'avons pas encore discuté en détail. Nous offrons des remises de dettes aux nouveaux médecins et aux nouvelles infirmières qui choisissent de pratiquer la médecine dans une région rurale ou éloignée.
    Certains se demandent peut-être comment cette mesure pourrait être utile aux habitants de Burlington, un milieu urbain. J'ai moi-même grandi dans une petite ville d'environ 5 000 personnes en Ontario. Je sais que les membres de ma famille ont eu du mal, ces dernières années, à trouver un nouveau médecin lorsque leur ancien médecin a pris sa retraite. Il a été très difficile d'attirer des médecins et des infirmières dans la localité. Ces remises de dettes, qui allégeront le fardeau financier des nouveaux médecins et des nouvelles infirmières, leur permettront de s'installer dans les collectivités comme celle où vivent mes parents et ma famille.

  (1220)  

    Je me suis entretenu avec des étudiants en médecine qui seront aux prises avec des dettes d'une centaine de milliers de dollars, ce qui est beaucoup. Nous voulons encourager les jeunes qui choisissent la médecine à travailler dans les régions rurales pour y offrir les services que nous recevons en milieu urbain.
    L'intervenant précédant a mentionné le programme écoÉNERGIE Rénovation. Je suis fier de voir que nous reprenons des mesures pour faire en sorte que les gens puissent améliorer l'efficacité énergétique de leur maison. Nous les aiderons à réduire leurs coûts et leur consommation d'énergie, ce qui est très important dans cette province et partout ailleurs au pays.
    J'ai entendu dire que nous n'appuyons pas la recherche et le développement. J'aimerais vous lire une citation que très peu de personnes ont lue, je crois. Ce sont les paroles de Patrick Dean, président de l'Université McMaster, dont un des campus se trouve dans ma circonscription. Voici ce qu'il dit:
    Le budget fédéral annoncé mardi prévoit de nouveaux fonds pour appuyer une variété d'importantes initiatives universitaires. « Le gouvernement a reconnu, une fois de plus, le rôle essentiel que jouent les universités dans l'édification du Canada de demain, comme en témoignent ses engagements budgétaires à l'égard de la recherche universitaire et de l'appui aux étudiants ».
    Nous investissons dans l'innovation, les étudiants et la recherche comme aucun autre gouvernement ne l'a fait dans l'histoire du pays. Je suis très fier d'être un conservateur, je suis fier de faire partie de ce gouvernement et je serai fier de faire partie de notre gouvernement futur au terme de ces élections inutiles.
    Madame la Présidente, le député a parlé d'investissements dans les personnes âgées. Sait-il que, dans le budget fédéral, les transferts aux personnes âgées sur les cinq prochaines années diminueront de 3 milliards de dollars comparativement aux projections dans le budget de 2010?
    Le député trouve-t-il juste que les familles canadiennes à faible revenu soient inadmissibles au piètre crédit d'impôt non remboursable de 300 $ offert dans le cadre de son programme pour les aidants? Un contribuable canadien qui gagne 20 000 $ et qui a une personne à charge serait considéré trop riche par les conservateurs, apparemment — quoiqu'il en soit, il sera inadmissible à la prestation. Les plans des conservateurs pour les aidants et les pompiers volontaires sont discriminatoires à l'égard des aidants et des pompiers à faible revenu.
    Pourquoi les conservateurs font-ils preuve de discrimination à l'égard des Canadiens les plus vulnérables en privant les Canadiens à faible revenu de ces prestations?

  (1225)  

    Madame la Présidente, j'ignore comment le député expliquera à ses électeurs le fait qu'il a préféré précipiter des élections au lieu de prendre des mesures concrètes dans l'intérêt des Canadiens.
    Il est tout à l'honneur du ministre des Finances d'avoir publié un dépliant résumant les points saillants du budget; il savait bien que les libéraux ne liraient pas le budget et que c'était la seule façon de le leur faire comprendre. Si le député l'avait lu, il aurait vu que, sous le paragraphe intitulé « Venir en aide aux familles et aux collectivités, » nous avons bonifié le SRG, amélioré le programme Nouveaux Horizons pour les aînés, aboli l'âge de retraite obligatoire aux termes des règles fédérales, aidé les familles en instaurant le nouveau crédit d'impôt pour aidants familiaux, modifié le crédit pour frais médicaux et assoupli les régimes enregistrés d'épargne-invalidité.
    Il y a des pages et des pages de mesures dont les Canadiens ne bénéficieront pas parce que les libéraux, convaincus que le NPD appuierait le budget, se sont fait prendre les culottes baissées. Ils doivent maintenant partir en élections et n'ont aucune idée quoi faire. Nous allons les battre à leur jeu.
    Madame la Présidente, le député a parlé des nombreuses initiatives visant les personnes âgées que nous entreprenons actuellement et des nombreux investissements que nous effectuons dans les domaines de l'innovation et de la recherche.
    Toutefois, il n'a pas fait mention, entre autres choses, de la mesure que le gouvernement a proposée sur le crédit d'impôt pour les activités artistiques. Le député pourrait-il nous dire un mot ou deux à ce sujet? Comme j'ai pratiqué la musique toute ma vie et que j'en ai vu les bienfaits au sein de ma propre famille, je me demande si le député pourrait nous dire ce que cela signifie pour les familles de Burlington.
    Monsieur le Président, c'est une très bonne question qu'on me pose. Je suis un ami des arts. Depuis 1999, je tente d'implanter une salle de spectacles dans la ville de Burlington. À l'heure actuelle, le centre est en construction grâce à une subvention du gouvernement fédéral.
    Comme j'ai des filles, je bénéficie du crédit d'impôt pour les activités sportives. Mes enfants sont très actifs et pratiquent plusieurs sports.
    Par ailleurs, la vie artistique pour les jeunes qui font de la danse et de la musique est très riche à Burlington. Nous avons la Teen Tour Band, une fanfare reconnue mondialement qui compte 200 jeunes qui donnent des concerts partout dans le monde parés de leurs manteaux rouges. Ces jeunes participeront à la commémoration de Pearl Harbour, où ils seront les seuls représentants canadiens.
    Ce crédit d'impôt aidera grandement les familles de Burlington à faire en sorte que leurs enfants puissent s'adonner à des activités artistiques. Il fait de la culture, non seulement à Burlington, mais partout au pays, un aspect important de la vie quotidienne.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec ma collègue, la députée de St. John's South—Mount Pearl.
     Je donnerai trois raisons pour lesquelles le budget conservateur mérite tant d’être mis au rancart et les Canadiens méritent bien mieux.
     La première raison réside dans les mauvais choix faits dans le budget. Parce qu’ils tenaient tant à accorder aux grandes sociétés 6 milliards de dollars de réductions d’impôt, les conservateurs ne disposaient plus que de miettes pour aider les familles canadiennes qui ont peine à joindre les deux bouts. Les Canadiens méritent mieux.
     Deuxièmement, le budget témoigne d’un manque de responsabilité financière, comme je l’expliquerai dans un instant. Lorsque les libéraux faisaient des coupures, ils donnaient le détail de chaque poste budgétaire devant être réduit. Les conservateurs ne présentent aucun renseignement et n’ont donc aucune crédibilité quand ils affirment qu’ils réaliseront des économies. Une fois de plus, les Canadiens méritent mieux au chapitre de la responsabilité financière.
     Troisièmement, le gouvernement tente d’équilibrer le budget sur le dos des plus vulnérables. Les Canadiens sont des gens bienveillants et généreux qui ne peuvent accepter une telle chose. Encore une fois, les Canadiens méritent mieux.
     Pour revenir à mon premier point, c’est-à-dire le fait que les conservateurs ne disposent plus que de miettes pour aider les familles en difficulté à cause des engagements qu’ils ont pris au sujet de la réduction de l’impôt des sociétés, j’aimerais donner deux exemples.
     Le premier consiste à comparer le programme libéral de soins à domicile à celui des conservateurs. Le programme conservateur n’est qu’une pâle imitation, totalement insuffisante, du nôtre, et ce, pour trois raisons.
     Premièrement, le montant maximal offert aux aidants naturels dans le cadre du programme conservateur est de 300 $, par rapport à 1 350 $ dans notre programme.
     Toutefois, il y a pire. Notre crédit de 1 350 $ est remboursable, ce qui signifie que les gens assez pauvres pour ne pas avoir à payer d’impôts reçoivent quand même l’argent. Dans le programme conservateur, ceux qui ne paient pas d’impôts ne reçoivent rien, même pas ce montant dérisoire de 300 $.
     Enfin, en sus de ce crédit, notre programme prévoit six mois supplémentaires d’assurance-emploi pour les aidants naturels.
     Le programme conservateur est vraiment pitoyable parce que le gouvernement s’est imposé ce fardeau de 6 milliards de dollars de réductions d’impôt, de sorte qu’il ne lui restait plus d’argent pour aider vraiment les familles.
     Le second exemple concerne l’éducation postsecondaire. Les conservateurs prévoient une aide supplémentaire de 34 millions de dollars pour les étudiants. On pourrait croire que c’est une somme respectable, mais elle ne représente en réalité qu’environ 1 $ par Canadien ou 34 $ par étudiant. Aujourd’hui, les étudiants ont désespérément besoin de l’aide du gouvernement. Le taux de chômage parmi les jeunes étant très élevé, les étudiants ont beaucoup plus de difficulté à trouver un emploi. De plus, comme les familles sont souvent très serrées, elles sont moins capables de financer les études de leurs enfants.
     Les conservateurs offrent cette aide dérisoire de 34 $ par étudiant. Notre programme libéral n’est pas encore public, mais notre chef croit très fort à la nécessité d’appuyer l’apprentissage et les études postsecondaires. Contrairement au programme des conservateurs, notre programme sera sensé et plus à la mesure des besoins que le leur. C’est parce que nous sommes persuadés que l’éducation postsecondaire est essentielle, non seulement pour assurer l’égalité des chances, mais aussi pour former des Canadiens instruits pouvant favoriser une économie forte et une productivité élevée.
     Grâce à ces deux exemples — et je pourrais en citer bien d’autres si mon temps de parole n’était pas limité —, je veux démontrer que les conservateurs font seulement semblant d’aider les familles canadiennes car les montants en cause sont tellement petits qu’ils n’ont pratiquement aucun effet. Les Canadiens se rendront compte, une fois la campagne électorale en marche, que l’appui libéral aux familles canadiennes est très réel, contrairement à l’appui dérisoire sinon inexistant des conservateurs.
     Voilà l’une des raisons pour lesquelles je dis que les Canadiens méritent mieux.

  (1230)  

[Français]

    Ce gouvernement fait de mauvais choix. Ce gouvernement, parce qu'il insiste pour réduire les impôts pour les grandes entreprises, n'a pas d'argent pour appuyer les familles de façon sérieuse. Les Canadiens méritent plus. Les Canadiens verront, au cours de la campagne électorale, qu'ils recevront plus de la plateforme libérale.

[Traduction]

    Parlons maintenant de la responsabilité financière.
    En 2005, à l’époque où nous formions le gouvernement, nous avons épargné 11 milliards de dollars en cinq ans. Dans le budget de 2005, on pouvait lire en détail, et on peut toujours aller le vérifier, quels programmes verraient leur financement réduit, de combien et pendant combien d’années.
    Les conservateurs prétendent aussi parvenir à épargner 11 milliards de dollars en sept ans, mais ils ne nous disent absolument pas d’où viendra cet argent.
    Je peux en donner un exemple. À la page 229 du budget, on nous présente d’éventuelles économies de l’ordre de 500 millions de dollars dans un seul ministère, Ressources humaines et Développement des compétences. D’où viendraient ces économies? Voici:
    Harmoniser davantage le financement des programmes avec les besoins réels
    Cerner des gains d’efficience en améliorant la gestion des programmes et en recourant à la technologie
    Améliorer l’utilisation des ressources internes et obtenir des gains d’efficience au plan administratif
    Harmoniser les activités de programmes avec le mandat de base
    Réorienter les programmes dans l’intérêt de tous les Canadiens
    C’est tout ce que les conservateurs nous disent. C'est de la langue de bois, des expressions vides de sens. Cela ne veut strictement rien dire. Il n’y a pas de reddition de comptes ni de transparence, et ces économies projetées par les conservateurs ne sont donc pas crédibles.
    J’en arrive à mon dernier point, soit le fait d’équilibrer le budget au détriment des plus vulnérables.

  (1235)  

[Français]

    Comme je l'ai dit au début, les Canadiens sont généreux. Oui, ils veulent équilibrer le budget, mais ils ne veulent pas le faire sur le dos des plus vulnérables.

[Traduction]

     Ce que je veux dire, c’est que les conservateurs équilibrent le budget sur le dos des plus vulnérables, au Canada et sur le plan international.
     L’année dernière, sur le plan international, un quart des économies a été réalisé en sabrant l’aide étrangère grâce au gel du budget de l’ACDI. Par conséquent, un quart des ressources nécessaires à la réduction du déficit a été retiré aux plus pauvres de ce monde. La Grande-Bretagne a fait exactement le contraire en favorisant l’aide étrangère. En dépit des coupes draconiennes appliquées dans tous les domaines, l’aide étrangère a été épargnée, en raison de l’engagement de la Grande-Bretagne envers les pays pauvres. C’est tout le contraire pour le Canada. L’année dernière, le gouvernement conservateur a réalisé le quart de ses économies sur le dos des plus démunis du monde, même si, au départ, la proportion de l’aide étrangère par rapport au PIB est minime, au point où c’en est embarrassant.
     Qui plus est, le ministre des Finances m’avait assuré personnellement que le budget prévoirait des ressources au titre du microcrédit. À cet égard, la détermination était unanime. En effet, le ministre lui-même était d’avis que le microcrédit est important pour les plus pauvres de la planète. Pourtant, le budget ne prévoit absolument rien à ce titre.
     Cette façon d’équilibrer le budget sur le dos des plus pauvres n’est pas limitée au plan international. C’est la même chose au Canada.
     Pensons notamment aux crédits d’impôt non remboursables pour les pompiers. Un pompier pauvre n’obtient absolument rien. Un pompier aisé obtient quelque chose, mais pas grand-chose. Un aidant naturel pauvre dont le revenu n’est pas assez élevé pour être imposable n’obtient absolument pas un sou pour prendre soin d’un parent âgé. Un aidant naturel mieux nanti obtient quelque chose, mais, encore une fois, pas grand-chose.
     Ce sont donc toujours les plus pauvres et les plus vulnérables qui paient la note. En effet, lorsqu’une personne est un pompier pauvre ou un aidant naturel pauvre, elle n’obtient pas un rond.
     Enfin, prenons l’exemple du logement. Qui est plus vulnérable que les Autochtones des réserves qui vivent dans des logements de mauvaise qualité ou les autres Canadiens dont les logements ne sont pas mieux?
     Les conservateurs ont décidé de ne pas prolonger les programmes de logement, alors qu’ils ont prolongé tous les autres programmes d’infrastructure. Des centaines de millions de dollars au titre du logement abordable dans les réserves et des travaux de rénovation des logements sociaux sont disparus du budget. Pourtant, aucun Canadien n’est plus vulnérable que ces gens.
     Ce sont donc les pompiers pauvres, les aidants naturels pauvres et les pauvres vivant dans des logements de mauvaise qualité qui doivent porter le fardeau des mesures prises par les conservateurs pour équilibrer le budget.
     Les Canadiens sont des gens généreux. Ils tiennent à ce que le budget soit équilibré, mais pas sur le dos des personnes les plus vulnérables au Canada et à l’étranger.
    Madame la Présidente, je trouve intéressant que mon collègue d'en face parle de ce que feraient les libéraux s'ils étaient au pouvoir. Il faut lui rappeler ce qu'ils ont réellement fait lorsqu'ils l'étaient.
    En 1995, le gouvernement libéral a réduit de 25 milliards de dollars le financement accordé aux personnes les plus vulnérables du Canada: celles qui étaient à l'hôpital, celles qui avaient recours aux services sociaux et celles qui poursuivaient des études postsecondaires. Ils ont coutume de faire ce genre de chose. Ainsi, pas la peine de suggérer que les libéraux feront les choses différemment. Nous savons ce qu'ils feront.
    J'étais député provincial lorsque les réductions ont été faites, et tout le monde dans la province en a souffert. Les secteurs des soins de santé et de l'enseignement postsecondaire en ont souffert.
    Le député dit qu'il faut les reconstruire et les restructurer. Qui les a privés d'argent lorsqu'ils en avaient besoin? Le gouvernement libéral. Il a eu 13 ans pour agir. Le député parle des conditions difficiles dans les réserves indiennes. Pendant 13 ans, le gouvernement libéral s'est ligué contre elles. Aujourd'hui, mon collègue prétend avoir la solution à tout.
    Le plan des libéraux est-il de retourner à l'époque des années 1990 et de sabrer les soins de santé, l'éducation, l'enseignement postsecondaire et les services sociaux? Est-ce ainsi qu'ils prévoient équilibrer le budget?

  (1240)  

    Madame la Présidente, nous parlons principalement d'aujourd'hui et de demain. Nous parlons du budget du gouvernement. C'est écrit noir sur blanc dans le budget que nous avons en main que les pompiers pauvres et les aidants naturels pauvres n'auront droit à aucuns fonds. De plus, on y réduit le financement affecté aux pauvres d'Afrique et on sabre l'aide au logement pour les plus démunis. Notre programme ne contiendrait rien de tel.
    En outre, en 1993, lorsque le nouveau gouvernement libéral a hérité d'un déficit conservateur de 42 milliards de dollars, on nous a dit que nous étions sur le point de recevoir le titre honorifique de pays du tiers monde à cause des mesures prises par le gouvernement conservateur précédent. Je rappelle au député d'en face que lorsque nous avons fait les réductions nécessaires pour sauver le pays au milieu des années 1990, les conservateurs, les membres du Parti réformiste nous ont reproché de ne pas sabrer assez. C'était leur position.
    Madame la Présidente, le député sait sans doute que le budget est rempli d'occasions ratées. Comme il était à Winnipeg récemment, il sait que nous sommes sur le point d'ouvrir une nouvelle installation aéroportuaire là-bas. Mais malheureusement, l'année dernière seulement, plus de 50 000 Manitobains se sont rendus aux États-Unis pour prendre des vols à partir de Grand Forks à cause des taxes canadiennes élevées. C'est la même situation en Colombie-Britannique et dans certaines régions en Ontario, où les gens traversent la frontière pour prendre des vols à partir des États-Unis. En fait, depuis le dernier budget, nos taxes aéroportuaires sont les plus élevées du monde.
    Pourquoi le gouvernement a-t-il raté l'occasion de régler un problème grandissant pour encourager les Canadiens à prendre des vols à partir des aéroports canadiens plutôt qu'américains?
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec mon collègue pour dire que les taxes aéroportuaires élevées posent un problème important. Par exemple, les Torontois se rendent à Buffalo et des Canadiens d'autres régions traversent aussi la frontière.
    Plusieurs raisons expliquent cette situation, mais il y a en une qui est importante et récente: les nouveaux droits imposés par le gouvernement pour la sécurité. Aucun de nous ne s'opposera à la sécurité. Nous somme tous d'avis que c'est essentiel. Toutefois, les droits pour la sécurité aux États-Unis sont nettement inférieurs à ceux du Canada. Selon nous, le gouvernement a prélevé plus de frais aux transporteurs aériens et aux passagers qu'il n'a engagé de dépenses pour assurer la sécurité. Il s'agit d'une ponction fiscale.
    Il est maintenant trop tard, puisque que nous nous apprêtons à déclencher des élections. Mais quand le gouvernement en avait le pouvoir, il aurait dû imposer des droits de sécurité plus modérés pour venir à bout du problème dont le député vient de parler.
    Monsieur le Président, j'aimerais vous faire part d'une anecdote à laquelle j'ai beaucoup réfléchi cette semaine en prenant connaissance de ce budget fédéral très décevant.
    Il y a quelques années, après avoir vendu mon entreprise et être partie étudier à l'étranger, j'ai rencontré un homme de Namibie qui m'a demandé: « Qu'est-il advenu de mon Canada? » Fort perplexe, je lui ai demandé ce que sa question voulait dire. Il m'a répondu ceci: « Autrefois, nous admirions le Canada plus que n'importe quel autre pays du monde. C'était un modèle de bonne gouvernance, de réussite économique et d'engagement à l'échelle mondiale. » Puis, il m'a répété sa question: « Qu'est-il advenu de mon Canada? » Il a ajouté que le Canada avait perdu ses repères et qu'il espérait qu'il les retrouve un jour.
    J'ai réfléchi à cela cette semaine. Je pense vraiment que les Canadiens se demandent ce qu'il est advenu de leur pays. Qu'est-il advenu du Canada compatissant, progressiste et financièrement responsable, de ce pays que nous connaissons et aimons tant? Qu'est-il advenu de mon Canada?
    Ce matin, nous débattons du budget ainsi que de ce que devraient être l'orientation et la vision de notre pays au cours des prochaines années. De nouveau, je songe à ce que mon ami m'a demandé: « Qu'est-il advenu de mon Canada? »
    Les dépenses illimitées du gouvernement ont produit le plus grand déficit de l'histoire canadienne. Sous les conservateurs, la taille du gouvernement s'est accrue de 40 p. 100 en quatre ans et on a assisté à une très forte croissance du gaspillage. Permettez-moi de parler un peu du gaspillage, car, dans le cadre de mes responsabilités auprès du Conseil du Trésor, j'ai eu l'occasion d'approfondir cette question.
    Au cours de la dernière année, les conservateurs ont dépensé plus d'argent en publicité que tous les fabricants de bière réunis. Chaque année, leurs dépenses dans ce qu'on appelle les services professionnels et spéciaux ont augmenté de 9,35 p. 100, du jamais vu. Un des exemples les plus frappants, c'est le cabinet du premier ministre, dont les dépenses se sont accrues de 9,9 millions de dollars. Il s'agit d'une augmentation de 30 p. 100. C'est le genre de leadership que nous avons à la tête de notre pays. Les dépenses affectées au cabinet ont augmenté de 16 p. 100, soit 9 millions de dollars supplémentaires empruntés, puis gaspillés.
    Un grand nombre de Canadiens ont besoin d'aide pour se trouver du travail et pour subvenir aux besoins de leurs familles qui en arrachent. C'est cela le meilleur budget des conservateurs?
    Mais ce qui est plus irresponsable encore que tout ce gaspillage, c'est le fait que le gouvernement n'ait toujours pas dit comment il entend sortir le pays du déficit record de 56 milliards qu'il a contracté l'an dernier. Les conservateurs continuent de dire aux Canadiens qu'ils vont rétablir l'équilibre dans cinq ans. Les libéraux savent que c'est faux. Le directeur parlementaire du budget a prévu qu'en 2015-2016 le déficit s'élèverait à 11 milliards de dollars. Nous connaissons tous les sentiments du gouvernement à l'égard du directeur parlementaire du budget, mais éprouve-t-il la même antipathie pour le Fonds monétaire international, qui affirme lui aussi que le pays sera encore en déficit dans cinq ans?
    Comment le gouvernement peut-il s'entêter à contredire ces deux analystes financiers indépendants, selon qui il ne sera pas encore question d'excédents dans cinq ans, mais bien de déficits? Comment les conservateurs peuvent-ils faire la sourde oreille et dire aux Canadiens qu'ils n'ont rien à craindre, car le pays aura renoué avec les excédents d'ici-là, surtout quand le budget qu'ils ont présenté ne dit absolument rien des coûts de leurs mégaprisons ni des avions de chasse achetés sans appel d'offres et n'en dit pas davantage sur les répercussions des allègements fiscaux qu'ils ont accordés aux entreprises?
    Tant que ces dépenses effrénées et ce gaspillage éhonté se poursuivront, la dette nationale continuera de croître. Grâce aux libéraux, la dette nationale a diminué entre 1997 et 2007, ce qui a permis aux contribuables d'économiser des millions en intérêts. Or, en à peine trois ans de règne conservateur, tous les efforts et les sacrifices consentis par les Canadiens au cours de la décennie précédente ont été réduits à néant. Alors que 13,5 p. 100 de tous les dollars puisés dans les poches des contribuables servent déjà à payer des intérêts, les choses ne pourront qu'empirer, puisque la dette continuera de croître.

  (1245)  

    De toute évidence, les priorités du gouvernement conservateur ne sont pas les mêmes que les priorités des Canadiens. J'ai passé beaucoup de temps à participer à toutes sortes de tables rondes, de rencontres informelles et de séances de discussion avec les électeurs de ma circonscription. Le message que j'en retiens, c'est que les familles ont besoin d'aide: elles ont besoin de faire garder leurs enfants et elles ont besoin de soins de santé de meilleure qualité, tandis que les aînés ont besoin de soutien pour vivre dans la dignité, comme ils le méritent.
    Dernièrement, une dame de 93 ans de ma circonscription était sur le point d'être évincée de son appartement. Or, les conservateurs n'ont pas consacré un sou dans leur budget au logement abordable. Comment est-ce possible?
    Le budget conservateur ne consacre rien à la garde des enfants, rien de plus aux soins de santé et rien au logement abordable. Pour les aînés les plus démunis, les conservateurs vont augmenter le montant maximal des prestations du Supplément de revenu garanti de seulement 1,64 $ par jour. Ce n'est même pas assez pour s'acheter un café. Que peut-on en penser, quand on compare cela au gaspillage dont je parlais tout à l'heure, aux coûts des mégaprisons et aux coûts des réductions d'impôt des entreprises?
    Ce budget est truffé de mauvais choix. J'y vois les 30 milliards de dollars pour l'achat sans appel d'offres d'avions de chasse. C'est mille fois plus que ce que les conservateurs consacrent à l'éducation postsecondaire. Il y a des milliards pour les mégaprisons à l'américaine. C'est mille fois plus que ce qu'ils consacrent à la prévention de la criminalité chez les jeunes. Il y a 6 milliards de dollars d'allégements fiscaux pour les grandes sociétés, alors qu'on réduit de 1,3 milliard de dollars le budget de la SCHL et du logement abordable. Ils consacrent trois fois plus à des campagnes d'auto-promotion qu'à leur prétendu plan pour les aidants naturels. C'est tout simplement atroce. Les Canadiens demandent quand cela va finir. Nous espérons faire en sorte que ce soit le plus vite possible.
    Ce budget pose de nombreux problèmes, même dans ma province de Terre-Neuve-et-Labrador, et je n'en mentionnerai que trois. Il y a par exemple les compressions de plus de 3,9 millions sur trois ans à l'Agence de promotion économique du Canada atlantique. L'APECA est cruciale pour le Canada atlantique. Elle est importante pour notre essor économique. Elle est importante pour le développement communautaire. Il faut rétablir le financement de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique.
    Le budget annonce des compressions ahurissantes de 84,8 millions de dollars sur trois ans au ministère des Pêches et Océans. Il faudrait plus d'argent pour la recherche. On ne peut pas supprimer 84,8 millions de dollars et s'attendre à avoir les données scientifiques nécessaires pour garantir nos stocks au Canada.
    Il y a des compressions de 6,6 millions de dollars sur trois ans à Marine Atlantique. Or, c'est un lien vital pour ma province, Terre-Neuve-et-Labrador. C'est notre autoroute nationale. C'est ce qui relie Terre-Neuve au reste du pays. C'est une entreprise aussi importante pour les biens et services dans tout le pays que pour les biens et services à Terre-Neuve et au Labrador. Nous avons besoin de cette liaison solide entre notre île et le reste du pays, et pourtant on ampute le budget de Marine Atlantique.
    Je pourrais continuer, mais le temps est compté. Les conservateurs consacrent des milliards et des milliards à des prisons, à des avions de chasse, à des allégements fiscaux pour les sociétés, mais pas aux priorités des Canadiens. Ils dilapident l'argent en publicité et dans les cabinets ministériels. J'ai déjà parlé des augmentations. Quel paradoxe, quand on y pense. Ils consacrent plus d'argent à eux-mêmes, à leur propre promotion, en prenant cet argent aux Canadiens.
    Il ne s'agit pas simplement du gaspillage, ou du déficit, ou de la dette, ou de toutes les priorités erronées. Il s'agit du discernement du gouvernement, du discernement de ces conservateurs confrontés aux priorités de notre pays.
    J'ai commencé en demandant: « Qu'est-il advenu de mon Canada? » Je crois que tous les Canadiens se posent la même question.

  (1250)  

    Madame la Présidente, je suis heureux de prendre la parole pour poser deux questions à la députée, une concitoyenne du Canada atlantique. Nous avons assurément des préoccupations en commun.
    J'ai pourtant été surpris qu'elle fasse allusion à la publicité sur la bière, car je pense que son chef est celui qui a établi un parallèle entre comparé ce genre de publicité et le drapeau canadien. Cela vous donne probablement une idée des priorités qu'ont parfois les libéraux.
    J'ai aussi été surpris des propos qu'elle a tenus sur les traversiers. J'aurais pensé qu'elle aurait crié sur les toits que le gouvernement conservateur fournira à Marine Atlantic des traversiers tout neufs pour desservir Terre-Neuve, reconnaissant ainsi la très importante obligation constitutionnelle de veiller aux liens de transport partout au pays. Cette obligation, il est certain qu'elle a été respectée. Je crois comprendre que la plupart des Terre-Neuviens ont été ravis de voir le gouvernement conservateur fournir ces nouveaux traversiers. La députée peut-elle nous éclairer? Je me trompe peut-être; on aurait peut-être dû laisser les vieux traversiers assurer la navette. J'avais peut-être mal compris le besoin.
    J'aimerais également que la députée nous dise ce qu'elle pense de la croissance du déficit. Je me souviens des échos qu'on a eus de Terre-Neuve. Même si les libéraux ont appuyé les dépenses de stimulation, ils ont donné à penser que nous gaspillions beaucoup d'argent pour financer cette mesure et beaucoup trop d'argent dans les affiches publicitaires s'y rapportant. Si j'ai bien compris, ces affiches ne faisaient qu'indiquer le nombre de projets mis en oeuvre.
    La députée pourrait-elle nous dire si, à son avis, ces projets de stimulation économique ont profité à Terre-Neuve?
    Madame la Présidente, je trouve encourageant que le député ait des préoccupations similaires.
    Je le répète, Marine Atlantique est essentielle non seulement pour assurer le lien entre Terre-Neuve et le pays, mais aussi pour les biens et les services destinés à Terre-Neuve. Je crois que c'est d'une importance cruciale. Cette société sert non seulement Terre-Neuve, mais aussi le reste du pays.
    Il ne fait nul doute que nous avions besoin d'un plan rigoureux. Il s'agit d'une dépense en immobilisations visant à avoir les traversiers voulus pour respecter les obligations constitutionnelles.
    Toutefois, sous le gouvernement libéral, il y avait un projet d'achat de traversiers. Il était différent de celui que les conservateurs ont choisi en fin de compte, et nous savons tous quel est le résultat de celui-ci à Terre-Neuve-et-Labrador. Nous connaissons les préoccupations et avons constaté certaines choses.
    Oui, il est crucial d'investir dans Marine Atlantique. Dans le budget actuel, les conservateurs s'apprêtent à réduire non pas les dépenses en immobilisations, mais bien celles des opérations.

  (1255)  

    Madame la Présidente, la députée sait certainement que la dette totale est, à l'heure actuelle, d'environ 543 milliards de dollars et que le gouvernement vient tout juste d'ajouter un autre 56 milliards de dollars à cette somme. Cette année, le déficit sera de 43 milliards de dollars et l'an prochain, il devrait être de 34 milliards de dollars. En ce moment, les taux d'intérêt sont faibles. Que fera le gouvernement lorsque ceux-ci commenceront à grimper, ce qui se produira inévitablement au cours des deux prochaines années, et que le remboursement des intérêts augmentera en flèche?
    Le gouvernement pose ces gestes au moment où les sociétés obtiennent des baisses d'impôt et où certaines, comme la Banque Royale du Canada, versent un salaire annuel de 44 millions de dollars à leur président.
    La députée trouve-t-elle que cela a du sens?
    Madame la Présidente, j’ai signalé dans mon discours que je m’inquiète beaucoup de cette dette qui s’accumule.
    J’ai mentionné qu’entre 1997 et 2007, les Canadiens se sont serré la ceinture. Nous avons fait beaucoup d’efforts pour rembourser notre dette. Nous ne voulions pas imposer ce fardeau aux générations futures. Nous ne voulions pas emprunter à nos enfants.
     Maintenant, trois ans plus tard, les conservateurs ont alourdi la dette et nous ont ramenés là où nous en étions il y a 10 ans. Je suis très inquiète de voir que nous continuons à augmenter la dette.
     Si les conservateurs ont besoin d’un peu d’aide pour mettre en lumière certains gaspillages au sein du gouvernement et savoir comment récupérer cet argent pour que nous n’ayons pas de déficit, je me ferais un plaisir de les aider. J’ai signalé les dépenses inutiles tout au long de l’automne.
     Nous avons des choix à faire. C’est, je pense, ce que soulignait mon collègue. Nous entendons dire que les taux d’intérêt augmenteront et que cela va limiter la capacité financière de notre pays. Si le gouvernement choisit d’acheter des chasseurs à réaction sans appel d’offres et de réduire l’impôt des sociétés, cela ne laissera pas d’argent pour faire face aux autres priorités du pays.
     Madame la Présidente, c’est avec plaisir que je participe à ce débat sur le budget 2011. Je vais partager mon temps avec la ministre du Travail.
     Je voudrais inviter tous les parlementaires à appuyer cet excellent budget. En fait, je désire inviter tous les Canadiens à lire ce budget en détail, car il comprend un certain nombre de mesures qui méritent certainement d’être appuyées.
     De façon générale, ce budget soutient la création d’emplois en aidant les entreprises et les entrepreneurs à réussir.
     Ce budget maintient les impôts à un bas niveau, investit dans des projets d’importance nationale et continue de faire du Canada l’un des meilleurs pays où investir. Il soutient les familles et les collectivités afin que tous les Canadiens puissent bénéficier d’un haut niveau de vie et que nos collectivités puissent rester dynamiques et sûres.
     Il investit dans l’innovation, l’éducation et la formation pour promouvoir la recherche et les technologies de pointe et pour donner aux Canadiens la possibilité et l’envie d’acquérir les compétences nécessaires pour exercer un emploi dans le marché du travail d’aujourd’hui.
     Il préserve également notre avantage financier pour nous permettre d’investir dans les priorités des Canadiens, pour maintenir la forte croissance de l’économie canadienne et pour préserver nos bas taux d’intérêt.
     Je voudrais parler plus particulièrement des avantages que ce budget apporte à ma propre province, celle de l’Alberta.
     Grâce au gouvernement conservateur, en 2011-2012, l’Alberta obtiendra des transferts fédéraux d’un montant record de près de 3,4 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 1,1 milliard de dollars par rapport à ce que lui accordait l’ancien gouvernement libéral.
     L’Alberta obtiendra des transferts plus importants pour les soins de santé, soit 29 p. 100 de plus que du temps du gouvernement libéral ou 2,1 milliards de dollars; pour les services sociaux, c’est près de 1,3 milliard de dollars ou 114 p. 100 de plus.
     Ce soutien plus important aidera les hôpitaux, les médecins, les infirmières, les écoles, les enseignants et les autres services essentiels de ma province.
     Un investissement annuel permanent de 2 milliards de dollars dans le Fonds de la taxe sur l’essence sera inscrit dans la loi, ce qui était la première priorité dont m’ont parlé les maires d’Edmonton, de Leduc et de Devon qui souhaitaient que ce fonds devienne une source de financement prévisible, stable et à long terme sur laquelle les municipalités pourront compter à l’avenir.
     Le budget accorde aux petites entreprises un crédit ponctuel de 1 000 $ au titre de la hausse des cotisations d’assurance-emploi versées par une entreprise en 2011 par rapport à celles versées en 2010, comme l’avaient demandé les petites entreprises de tout le pays et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante. Je tiens à les féliciter d’avoir émis cette idée.
     Le budget aide également le secteur de la fabrication et de la transformation. Je tiens à louer le travail accompli par des gens comme Larry Kaumeyer, d’Almita Piling Inc., et Lori Schmidt, de Productivity Alberta; c’est là un autre investissement que nous avons fait dans le cadre de la diversification économique de l’Ouest, pour que ces fabricants et transformateurs deviennent encore plus efficients.
     Je tiens à féliciter le ministre des Finances d’avoir prolongé l’application de la déduction pour amortissement accéléré pour le secteur de la fabrication et de la transformation, mesure qui a été appuyée à l’unanimité dans le rapport du Comité de l’industrie, en 2007.
     Il y a aussi de l’aide pour les agriculteurs, surtout en zone rurale, sous la forme d’une initiative de 50 millions de dollars pour l’innovation en agriculture.
     Il y a également 10 millions de dollars de plus pour le partage du travail. Des entreprises comme Argus Manufacturing et Nisku ont soulevé la question. Cela permettrait à ces entreprises de garder des employés à leur service parce que le gouvernement assumerait une partie des coûts à engager pour le faire. Pour les industries dont l’activité fluctue considérablement, cette mesure permettrait de garder les employés au travail pendant les périodes de ralentissement pour qu’ils soient là au moment de la reprise.
     Je voudrais souligner le travail du ministre actuel et de ses prédécesseurs en ce qui concerne la Commission sur la réduction de la paperasse. Le service PerLE est également prolongé dans l’ensemble du Canada.
     Je tiens à rappeler également que le programme écoÉNERGIE Rénovation est prolongé.
     Dans ma circonscription, dans la région de Devon, où nous avons un centre de recherche qui s’occupe de la technologie de traitement des rejets des sables bitumineux, Technologies du développement durable du Canada appuie vigoureusement des entreprises comme Titanium qui développent des technologies tout à fait nouvelles. Le budget prévoit 40 millions de dollars sur deux ans pour TDDC, et c’est pourquoi elle appuie très fermement le budget.
     Je tiens à dire un mot de l’innovation et des montants injectés dans la R et D. Le budget prévoit 80 millions de dollars sur trois ans pour le PARI, c’est-à-dire le Programme d'aide à la recherche industrielle. Les PME de tout le Canada diront que le PARI est un programme efficace, qui donne des résultats, et le gouvernement le finance à hauteur de 80 millions de dollars sur trois ans.
     Il y a aussi 37 millions de dollars de plus par année pour appuyer trois conseils subventionnaires fédéraux, les IRSC, le CRSNG et le CRSH, qui ont demandé des fonds additionnels. Puisque nous devons renouer avec l’équilibre budgétaire d’ici 2015-2016, il faut établir des priorités.

  (1300)  

     Nous investissons dans des domaines clés comme l’innovation et la recherche dans les universités et collèges. Et voilà pourquoi les universités et les collèges ont appuyé le budget à fond.
     Juste avant Noël, le Parlement a adopté une motion que j’ai proposée au sujet de la maladie d’Alzheimer. C’est avec fierté que je signale que le budget prévoit 100 millions de dollars pour un fonds canadien de recherche sur le cerveau. Il soutiendra ce qui se fait de mieux au Canada en neurosciences et accélérera les découvertes afin d’améliorer la santé et la qualité de vie des Canadiens affectés par des troubles cérébraux.
     La Chambre des communes a adopté la motion à l’unanimité. Des députés des quatre partis sont intervenus pour l’appuyer, et le budget fédéral donne suite à cette motion. Ce que le premier ministre dit cette semaine aux autres partis et à l’ensemble des Canadiens, c’est qu’il y a dans le budget une foule d’initiatives qui ont été proposées par les quatre partis et par des Canadiens de toutes les sphères d’activité. La motion a donc influencé le contenu du budget, qui mérite notre appui.
     Il y a d’autres fonds qui sont investis, notamment en recherche-développement. Plus de 50 millions de dollars sur cinq ans sont prévus pour appuyer la création de 10 nouvelles chaires d’excellence en recherche.
     Il y a encore 65 millions de dollars qui permettront à Génome Canada de poursuivre ses travaux. Voilà une mesure qui a été réclamée par les quatre partis.
    Une somme de 50 millions de dollars répartie sur cinq ans est allouée à l'Institut Perimeter pour la physique théorique, qui effectue des travaux exceptionnels dans ce secteur.
    En outre, le budget prévoit une affectation de 60 millions de dollars sur trois ans pour favoriser l'accroissement de nombre d'inscriptions dans les principaux domaines d'études liés à l'économie numérique.
    Je tiens à parler de la question des aînés, qui sont nombreux à faire connaître leurs besoins dans ma circonscription et, en particulier, en Alberta, où le taux d'inflation est plus élevé que la moyenne nationale. De toute évidence, le fait d'avoir une croissance économique habituellement supérieure à la moyenne de l'ensemble du pays est positif, mais l'augmentation des coûts entraîne effectivement certaines contraintes pour les personnes âgées, car beaucoup dépendent d'un revenu fixe. Le budget augmente le Supplément de revenu garanti pour les aînés qui dépendent presque exclusivement de ces prestations et de celles de la Sécurité de la vieillesse. Il injecte 300 millions de dollars supplémentaires dans ce programme, ce qui représente 600 $ pour les aînés vivant seuls, et 840 $ pour les ménages composés de deux aînés. Cet investissement aidera 680 000 personnes âgées du Canada.
    Comme le sait la Chambre, cette mesure a été réclamée par d'autres partis. Elle a certes été fermement appuyée par les députés du caucus conservateur. Voilà une mesure qui mérite d'être appuyée et je demande donc à tous les partis de l'appuyer.
    Pour ce qui est de l'âge obligatoire de la retraite des employés réglementés par le gouvernement fédéral, nous modifions les règles. Le budget contient aussi une mesure concernant l'initiative ciblée pour les travailleurs âgés, ce qui était une autre demande formulée par les partis de l'opposition.
    Je veux passer en revue quelques initiatives que le gouvernement a déjà prises en faveur des personnes âgées.
    Depuis 2006, le gouvernement a accru la déduction en raison de l'âge de 1 000 $ en 2006 et encore de 1 000 $ en 2009. Nous avons doublé le maximum du revenu admissible au crédit pour revenu de pension, qui est passé à 2 000 $. Nous avons introduit le partage des revenus de pension. Nous avons accru l'âge limite pour cotiser à un régime de pension et à un REER, le faisant passer de 69 à 71 ans. Le gouvernement précédent avait abaissé cet âge à 69 ans et nous avons renversé sa politique. Cela signifie qu'en 2011, une personne âgée seule peut gagner au moins 19 000 $ et un couple âgé 38 000 $ avant d'avoir à payer de l'impôt sur le revenu fédéral.
    J'utiliserai le temps qui me reste pour citer quelques organisations qui ont exprimé un soutien enthousiaste à ce budget. Des chambres de commerce de tout le Canada l'ont applaudi. La Chambre de commerce du Canada applaudit un budget qui prévoit des impôts bas.
    La Chambre de commerce du Canada et son réseau ont été très actifs dans le débat sur l'impôt sur le revenu des entreprises ces derniers mois et notre message a été entendu:
    En raison du faible taux d’imposition des sociétés, le Canada jouit d’un climat économique propice aux investissements privés ainsi qu’aux investissements étrangers, nous félicitons le gouvernement d’avoir su garder le rythme de croisière.
    Le plan n'est pas appuyé uniquement par des organisations qui représentent toutes les entreprises. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a aussi appuyé le budget. Elle a appuyé le crédit d'impôt au titre de l'embauche:
    La FCEI est très heureuse de constater que sa priorité budgétaire, soit la création d'un crédit à l'embauche pour les petites entreprises, se retrouve dans le budget de 2011. Étant donné que ce budget prévoit une augmentation des primes à l'AE au cours de chacune des trois prochaines années, ce crédit aidera les PME à accroître leurs effectifs.
    Pour ce qui est des tracasseries administratives, la FCEI félicite le gouvernement pour les mesures qu'il a prises afin d'améliorer l'équité envers les contribuables devant l'Agence du revenu du Canada. Mon collègue en reparlera cet après-midi.
    Pour ce qui est du revenu de retraite, la FCEI appuie fermement les mesures du gouvernement concernant l'introduction de régimes de pension agréés collectifs afin d'aider les Canadiens qui n'ont pas de régime de pension public ni de régime de pension privé.
    Je constate que le temps dont je dispose est écoulé...

  (1305)  

    Questions et observations. Le député de Pickering—Scarborough-Est a la parole.
     Madame la Présidente, je souris, et le député d'Edmonton—Leduc fera probablement de même.
    Nous avons très bien travaillé par le passé. Je tiens aussi à complimenter le député pour l'excellent travail qu'il a accompli non seulement dans le dossier de l'industrie, mais aussi au sein du Comité permanent des finances. C'est encourageant de voir que des députés arrivent à unir leurs forces et à bien faire travailler les parlementaires. Nous serons heureux de voir ce qu'il accomplira après les prochaines élections.
    Ma question ne surprendra pas le député puisqu'elle concerne quelque chose que je m'attendais manifestement à voir dans ce qui semble être le dernier budget de la législature actuelle. Il s'agit de la promesse faite par son parti d'alléger le fardeau du prix de l'essence porté par les camionneurs et le secteur industriel.
    Lors de la dernière campagne électorale, les conservateurs ont promis de réduire la taxe sur le carburant diesel de 2 ¢ le litre. Cette campagne est presque finie et la prochaine arrive à grands pas. Le mandat du gouvernement tire à sa fin. Le député se rappelle-t-il cette promesse faite par son gouvernement? Le prix de l'essence et des aliments est élevé à l'heure actuelle. C'est donc maintenant qu'il faudrait agir. Pourquoi la mesure ne se trouve-t-elle pas dans le budget?

  (1310)  

    Madame la Présidente, je veux revenir aux observations formulées par le député. J'ai siégé avec lui au Comité permanent de l'industrie, des sciences et de la technologie. Il a été un vice-président remarquable. Il a certainement fait en sorte que les travaux du comité donnent des résultats et je le félicite pour ce qu'il a fait, entre autres le rapport que nous avons produit en 2007 qui reconnaissait que nous devions intervenir pour aider le secteur manufacturier et donc apporter des changements en ce qui a trait à la déduction pour amortissement accéléré. Je le félicite donc pour le travail qu'il a accompli à cet égard.
    Je me rappelle la promesse qu'on a faite à la dernière campagne électorale. De toute évidence, elle a été faite pour le mandat complet d'un gouvernement, ce que nous aimerions atteindre.
    Pour ce qui est de réduire le prix du carburant, le gouvernement l'a réduit pour les consommateurs, c'est-à-dire en diminuant la taxe sur les biens et les services, la faisant passer de 7 à 6, puis à 5 p. 100. C'est la plus importante mesure qui pouvait être prise, que ce soit pour une personne qui met de l'essence dans sa voiture, ou une autre qui achète une maison. Le plus gros changement que nous pouvions apporter pour les consommateurs était de réduire la TPS, ce que nous avons fait.
    Pour ce qui est de la taxe d'accise sur le carburant, nous verrons bien ce qui se produira à la prochaine campagne, qui devrait débuter dans les prochains jours. Cependant, je remercie le député de sa question, de son travail et de ses commentaires.

[Français]

    Madame la Présidente, je voudrais en profiter pour féliciter mon collègue d'Edmonton—Leduc pour le bon travail qu'il fait à la présidence du Comité permanent des finances.
    Je voudrais lui demander ce qu'il pense d'abord du fait que, dans le budget, on ne parle pas du tout de la compensation au Québec pour l'harmonisation des deux taxes, la TPS et la TVQ, qui a été négociée avec les différentes provinces, dont l'Ontario, la Colombie-Britannique et les provinces Maritimes, ensuite du fait que, depuis 1997 — cela a été confirmé hier  —, le gouvernement du Québec demandait une telle compensation pour l'harmonisation des taxes, et enfin du fait que le Québec paie sa part, soit 25 p. 100 de la compensation pour l'harmonisation accordée aux autres provinces.
    Pourquoi ne fait-on même pas mention d'un règlement dans le budget actuel?
    Madame la Présidente, je remercie d'abord mon collègue de cette question et de son travail au Comité permanent des finances.

[Traduction]

    Sa question est légitime car si les taxes de vente de la province du Québec et du gouvernement fédéral étaient harmonisées, je m'attendrais à ce qu'une entente quelconque soit établie à partir des ententes conclues entre le gouvernement fédéral et les provinces de l'Atlantique, la Colombie-Britannique et l'Ontario.
    Toutefois, la taxe de vente n'est pas harmonisée actuellement. C'est la raison pour laquelle notre ministre des Finances et le ministre des Finances du Québec travaillent très fort pour parvenir à une entente visant l'harmonisation des taxes. Une fois cette entente conclue, je m'attends à ce qu'on applique un modèle semblable à celui utilisé avec les provinces de l'Atlantique, la Colombie-Britannique et l'Ontario.
    Madame la Présidente, je tiens à dire que mon collègue d'Edmonton est un député trop compétent pour vraiment croire en ce qui figure dans les notes d'allocution qu'on l'a chargé de lire ici aujourd'hui.
    Dans ce budget, le gouvernement a fait un choix discutable qui, à lui seul, justifie pourquoi tous les autres partis à la Chambre rejettent le budget de 2011. Il a alloué 5 millions de dollars au Stampede de Calgary pour souligner son centième anniversaire, et 5 millions de dollars à la Coupe Grey, aussi pour souligner son centième anniversaire. En tout, c'est 10 millions de dollars, alors que le montant total consacré à la prévention de la criminalité chez les jeunes est de 7 millions de dollars par année. Comment pouvons-nous appuyer...
    J'accorde au député d'Edmonton—Leduc 35 secondes pour répondre.
    Madame la Présidente, je tiens à rassurer mon collègue: j'ai écrit moi-même ce discours. Je peux même lui remettre mes notes pour qu'il le constate. Il s'agit de mes propres notes d'allocution.
    En ce qui concerne les fonds alloués, je crois que les activités qui touchent la Coupe Grey sont d'envergure nationale, et les activités de ce type doivent bénéficier de l'appui du gouvernement. À mon avis, le Stampede de Calgary entre aussi dans cette catégorie. C'est ce que nous avons fait pour des programmes comme le Programme des manifestations touristiques de renom. Nous essayons d'accorder notre soutien à des événements d'envergure nationale partout au pays.
    Pour répondre à la question du député, s'il ne veut pas écouter ce que j'ai à dire ou ce que mon parti a à dire, il peut alors écouter ce qu'ont à dire les représentants des universités et des collèges de sa région, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et même du Congrès du travail du Canada, qui enjoignent le NPD à étudier attentivement le budget, à examiner le soutien accordé à...

  (1315)  

    Reprise du débat. La ministre du Travail a la parole.
    Madame la Présidente, je suis très honorée de pouvoir participer aujourd'hui au débat sur le budget. Je crois qu'il est extrêmement important d'avoir une discussion approfondie sur les graves problèmes auxquels nous sommes confrontés actuellement et d'examiner les solutions que nous avons proposées à la population afin de passer à la prochaine étape de la reprise économique.
    Je suis très fière de représenter la circonscription d'Halton. Je suis la mère de deux garçons, qui ont neuf et six ans. Quand je suis dans ma circonscription, mes principales préoccupations sont de nature économique. Je veux que ma famille, mes amis et mes voisins aient des emplois. Je me préoccupe de l'augmentation des dépenses dans mon ménage. Je me demande si mes amis, ma famille et moi arriverons à joindre les deux bouts. Je m'inquiète pour la santé et la sécurité de mes enfants. Quand j'examine le budget à la Chambre, je le fais principalement du point de vue d'un membre d'une famille normale et d'une personne qui se préoccupe des choses que je viens de mentionner.
    Qu'est ce que je vois dans le budget? Je vois des mesures qui favorisent la création d'emplois, les familles et les collectivités. Je vois des investissements dans l'innovation, l'éducation et la formation, des choses qui vont aider mes enfants et ma collectivité à mieux se débrouiller à l'avenir. Je vois aussi quelque chose que j'apprécie beaucoup, à savoir un plan visant à s'assurer que nous nous occupons des dépenses gouvernementales et que nous veillons sur l'argent des contribuables. Ces mesures me permettront de gérer ma vie quotidienne.
    Le crédit d’impôt pour les activités artistiques des enfants serait extrêmement avantageux pour un grand nombre des habitants d'Halton. Nous avons déjà prouvé que le sort des familles nous tient à coeur. En effet, les mesures que nous avons mises en place ont déjà permis aux familles moyennes d'économiser 3 000 $. Je suis très fière de cela. Je sais que le budget proposé améliorerait la vie des habitants d'Halton, parce que c'est ce qu'il ferait pour la mienne.
    Il est important de comprendre que nous avons élaboré le budget en partant des suggestions des gens sur le terrain. Il a fait l'objet d'une mûre réflexion, et nous avons suivi des démarches précises.
    En tant que députée locale, j'ai consulté les conseillers municipaux, les entreprises, les personnes âgées et les familles locales. Toutefois, en tant que ministre du Travail, ma tâche consiste également à veiller à ce que le milieu de travail dans lequel les gens évoluent soit le plus sain, le plus productif, le plus novateur et le plus positif qui soit, car c'est à cet endroit que la croissance économique a lieu. C'est là que nous accomplissons les exploits nécessaires à la prospérité continue de notre pays.
    J'ai eu la chance d'assister aux consultations qui ont eu lieu à Sydney, en Nouvelle-Écosse, l'endroit où j'ai grandi. Je suis allée à Thunder Bay, à Winnipeg, à Toronto, à Vancouver et à Iqaluit. Dans chaque cas, je me suis assurée que le mouvement syndical avait voix au chapitre. Je suis la fille d'un propagandiste syndical du cap Breton, et j'en suis fière. Je respecte l'opinion des syndicalistes, et je tiens à la connaître.
    Des experts dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail et des relations de travail ont également participé aux consultations. Nous les avons écoutés, nous avons répondu à leurs questions, et nous avons compris leurs préoccupations.
    Alors, qu'avons-nous fait sur le plan syndical?
    Tout d'abord, une grève ou un arrêt de travail serait absolument catastrophique pour l'économie. Si une grève du secteur ferroviaire devait avoir lieu au Canada, cela imposerait à l'économie un coût de 125 millions de dollars par semaine. Qui plus est, cela nuirait aux tierces parties, ces parties innocentes qui ne participent pas au processus de négociation collective, qui doivent s'accommoder de ce qui se passe à la table des négociations et qui subiront les conséquences d'un arrêt de travail.
    Notre rôle à Travail Canada consiste à nous assurer que les parties parviennent à s'entendre. C'est la raison pour laquelle nous subventionnons des services de médiation préventive et de conciliation. Nous ne souhaitons pas que des arrêts de travail surviennent au Canada. Il vaut mieux prévenir que guérir. Jamais cet adage n'a été aussi approprié que dans le cas présent.
    Au cours des consultations, nous avons écouté les employés, et nous les avons entendus parler de l'importance de pouvoir travailler après avoir atteint l'âge de 65 ans et de la dignité qu'ils en retiraient. Les gens veulent travailler après 65 ans. Cela ne fait pas de doute. D'ailleurs, mardi soir, au cours de ma séance de discussion ouverte par vidéoconférence avec les membres de ma collectivité, c'est ce que m'ont confirmé plusieurs résidents. Ils ont pris leur retraite, mais ils veulent se servir de leurs compétences et être productifs. De toute manière, 65 est un chiffre arbitraire, complètement dénudé de sens et hérité du passé.
    Nous avons aussi écouté les employeurs et c'est important de le faire, car certaines exigences professionnelles sont vraiment nécessaires pour s'assurer d'avoir un milieu de travail sain et sécuritaire.
    Enfin, nous avons mis en place en 2008 le Programme de protection des salariés qui, en cas de faillite, donne l'assurance aux salariés de deux choses: ils recevront leur argent rapidement puisque le gouvernement assumera leurs créances, et ils recevront aussi le paiement de leur salaire ainsi que de leur indemnité de départ et de cessation d'emploi.

  (1320)  

    Avant la mise en place de ce programme, la seule assurance qu'ils avaient était celle de devoir se battre en mettant la main à leur portefeuille pour livrer une longue bataille juridique afin de pouvoir récupérer l'argent de leur salaire. Notre gouvernement a décidé de le faire à leur place. Notre gouvernement a reconnu l'importance de le faire. Ce programme est léger et efficace et produit des résultats concrets lorsque les travailleurs et leurs familles sont les plus vulnérables.
    Les syndicats et les syndiqués m'ont souvent remercié pour ce programme lors des consultations. Lorsque j'étais à Thunder Bay, deux de nos candidats, Richard Harvey et Maureen Comuzzi-Stehmann, m'ont toutefois parlé d'une situation concernant les travailleurs de l'ancienne compagnie Atikokan Forest Products qui, en raison des effets de la restructuration, n'ont pas été en mesure de bénéficier du programme. Nous avons pris bonne note de leurs plaintes, formulées également par d'autres syndicats et syndiqués, et nous avons apporté le correctif dans le présent budget.
    Le député de Thunder Bay—Rainy River parlait également de ce problème dans la presse locale hier et offrait son aide à ses électeurs. Ses plaintes au sujet de cette situation et ses gestes de sympathie à l'égard des travailleurs ne sont que des larmes de crocodile, car il a aujourd'hui la possibilité de poser un geste concret pour aider ces gens. Il peut le faire maintenant, aujourd'hui même. Il préfère toutefois parler de ce qui se produira après les élections. Ce n'est pas suffisant. La solution est là. C'est trop peu, trop tard.
    Je suis absolument ravie d'avoir pu occuper les fonctions de ministre du Travail au cours des 14 derniers mois. J'ai rencontré des gens bien et j'ai pu observer leur travail formidable, au pays et à l'étranger, dans le monde syndical. Je remercie sincèrement le premier ministre de m'avoir donné cette occasion au cours des derniers mois.
    Nous savons tous, comme je l'ai dit tout à l'heure, que ce sont les milieux de travail qui constituent le moteur de l'économie. Le monde syndical en est conscient. Il est convaincu de l'importance de pouvoir travailler dans la dignité et me l'a bien fait sentir. C'est une question que je prends très au sérieux. En toute sincérité, je comprends que ces questions soient très importantes à leurs yeux.
    Notre gouvernement a tendu l'oreille au monde syndical. Nous avons tenu compte de ses préoccupations et les avons traduites en mesures concrètes que nous proposons dans le budget. C'est exactement ce qui explique que Ken Georgetti, du Congrès du travail du Canada, parle de l'importance des dispositions budgétaires concernant les personnes âgées et concernant l'assurance-emploi et le travail partagé. Il est heureux des annonces faites dans le budget sur la prolongation des accords de travail partagé, sur les projets pilotes d'assurance-emploi, sur l'aide pour les travailleurs mis à pied et sur l'amélioration de la protection pour les salariés qui perdent leur emploi. La liste des mesures que nous avons prises est très longue.
    Il a dit très clairement que ce budget-ci aussi était favorable aux personnes âgées. Nous nous sommes aussi occupés de cette question. Nous avons été attentifs au point de vue des syndicats et nous l'avons respecté, et je suis très fière que nous ayons pu faire cela dans ce budget.
    Cependant, il est vraiment désolant de voir que les opinions divergent à la Chambre quant à savoir s'il faut prendre en compte le point de vue des syndicats dans ce budget.
    En conclusion, je dirais que le domaine des relations de travail est très stimulant. Il est très gratifiant d'arriver à un accord à la table des négociations quand on sait qu'on a fait le maximum, qu'on a suivi tout le processus et obtenu un accord qui est bon pour l'entreprise et les gens que nous représentons.
    Ken Georgetti du Congrès du travail du Canada compte plus de 30 ans d'expérience à titre de négociateur principal. J'ai un grand respect pour son talent de négociateur et pour son sens inné de la négociation qui lui permet de décider quand conclure un accord. Il sait comment conclure un accord. Il sait quand des négociations arrivent à leur terme. C'est donc pour cette raison que, quand il a dit ce qui suit, au nom des 3,2 millions de membres du mouvement syndical, cela valait son pesant d'or. Voici donc ce qu'il a dit:
    Je dirais au [chef du NPD] qu'il y a suffisamment de mesures intéressantes dans ce budget pour que le mouvement syndical veuille l'examiner sérieusement. Nous croyons que, si cela nous était offert à une table de négociation, nous accepterions cette offre.
    C'est aussi simple que cela.

  (1325)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai écouté le discours de la ministre du Travail. Je pense qu'elle n'a pas parlé beaucoup de la subvention allouée pour toute l'industrie forestière canadienne, soit un maigre montant de 60 millions de dollars attribué pour l'ensemble du pays.
    Étant donné que l'industrie forestière représente plus d'emplois que l'industrie automobile, pour laquelle un effort de 10 milliards de dollars a été consenti par le gouvernement, je lui demande comment elle peut passer sous silence le fait que si peu d'importance soit accordée à l'industrie forestière dans nos régions?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je remercie le député de sa question concernant l'industrie forestière. Lorsque j'étais ministre des Ressources naturelles, durant la récession, j'ai joué un rôle important pour trouver des solutions pour cette industrie.
    De la même façon, nous avons élaboré le budget et les propositions en partant des suggestions des gens sur le terrain. Nous avons parlé à l'Association des produits forestiers du Canada, aux travailleurs de l'industrie et aux collectivités touchées. C'est pourquoi les programmes que nous avons mis sur pied étaient très importants.
    Le Fonds pour l'infrastructure verte a alloué 1 milliard de dollars aux usines de pâtes et papiers, afin qu'elles puissent moderniser leurs installations, réduire leur empreinte écologique et accroître leur efficacité. C'était extrêmement important. Le Fonds d'adaptation des collectivités a aidé les collectivités à diversifier leurs activités, afin qu'à l'avenir leur économie ne dépende plus exclusivement de l'industrie forestière.
    En outre, nous avons consacré des ressources à la commercialisation. En fait, nos entreprises forestières ont accompli un travail remarquable pour percer sur les marchés dans des régions inattendues. Par exemple, nous avons percé le marché chinois et nous vendons du bois sur le marché japonais. Je sais que les entreprises font du bon travail et continueront dans cette voie. Le rôle du gouvernement est d'appuyer les démarches des entreprises et de venir en aide aux travailleurs et aux collectivités.
    Madame la Présidente, je profite de cette occasion pour remercier la ministre du Travail de son excellent travail au sein du gouvernement conservateur. Le gouvernement a pu compter sur son talent, ses compétences et son dévouement extraordinaires qui, honnêtement, faisaient défaut dans les gouvernements précédents.
    Elle a énuméré plusieurs éléments du budget qui aideraient les travailleurs. J'aimerais qu'elle nous dise en quoi le contenu de ce budget répond aux besoins des gens de sa collectivité et de sa province.
    Madame la Présidente, je remercie la députée de son amitié et de ses gentilles paroles. Nous avons fait de l'excellent travail cette année.
    J'ai lu dans le magazine Maclean's de cette semaine une déclaration qu'a faite un des conseillers principaux des libéraux. Selon lui, il faut que les libéraux récupèrent de nombreux votes chez les femmes, les personnes de moins de 50 ans, les habitants des banlieues et les électeurs qui ne sont pas anglo-saxons.
    En fait, pour répondre à la question de la députée, je dirais que tout cela correspond bien aux électeurs de ma circonscription et à ce que je suis, sauf pour ce qui est de l'origine ethnique. Or, la position du parti de l'opposition nous montre bien que les libéraux ont renoncé aux votes de ces groupes démographiques. Ils ont abandonné les personnes âgées, les jeunes familles, les ouvriers, les bénévoles, les entrepreneurs et les étudiants. Par contre, ce ne devrait pas être une grande surprise. Comme je l'ai dit au début, j'ai été élue pour défendre les intérêts de mes électeurs. Chaque jour, je réfléchis à ce qui est le mieux pour eux.
    Il est évident que la coalition sera dirigée par le chef de l'opposition, qui ne cherche pas avant tout à défendre les intérêts des Canadiens, comme nous le faisons, mais les siens. En fait, si l'opposition pensait aux Canadiens, elle ne rejetterait pas un budget qui profiterait grandement aux électeurs de ma circonscription et aux citoyens qui, d'un bout à l'autre du pays, sont durement touchés par la situation actuelle. Le chef de l'opposition n'est pas revenu au pays pour défendre les intérêts des Canadiens. Ce qu'on voit aujourd'hui le prouve clairement.

[Français]

    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec ma collègue députée de Québec.
    Je prends la parole aujourd'hui pour exprimer, comme on peut s'en douter, ma grande déception face au budget du gouvernement actuel, qui fait complètement abstraction des demandes du Québec.
    En dévoilant nos attentes budgétaires en janvier, nous avions pourtant clairement fait savoir que certains dossiers étaient essentiels pour que le gouvernement obtienne notre appui.
    Par exemple, le versement au Québec des 2,2 milliards de dollars pour l'harmonisation des taxes était une condition sine qua non à notre appui. Malheureusement, contrairement à l'Ontario, à la Colombie-Britannique et aux provinces Atlantiques, le Québec, qui est pourtant un précurseur en matière d'harmonisation — on rappelle que cela fait 19 ans que le Québec a harmonisé ses deux taxes —, n'a toujours pas reçu son dû. Ainsi en ont décidé les conservateurs. Pour mettre fin à cette iniquité historique, le Bloc québécois proposera d'ailleurs d'amender le budget conservateur.
    Sur le plan social, les conservateurs démontrent qu'ils n'ont que faire des plus démunis. Leur budget ignore la nécessité maintes fois démontrée de procéder à une véritable réforme de l'assurance-emploi qui corresponde à la réalité des travailleuses et des travailleurs.
    Au lieu d'offrir des solutions à long terme, le gouvernement conservateur préfère continuer de puiser 17 milliards de dollars sur cinq ans dans la caisse de l'assurance-emploi et se contenter de projets-pilotes. À ce chapitre, le gouvernement actuel continue ce qui a toujours été fait dans le passé. Finalement, la caisse de l'assurance-emploi est une vache à lait pour le budget du gouvernement, au détriment des travailleurs.
    Le Québec, en particulier, et ses régions avaient aussi besoin d'un vrai programme d'aide pour les travailleuses et les travailleurs âgés qui ont perdu leur emploi, afin de les soutenir jusqu'à leur retraite. Manifestement, il existe un fossé énorme entre le discours des conservateurs sur les régions et leurs actions à titre de gouvernement.
    De plus, le secteur manufacturier québécois ne pourra pas compter sur une politique fédérale étoffée pour l'aider à se développer. Nous avons pourtant soumis des propositions concrètes, comme un soutien à la recherche et au développement pour toutes les entreprises innovantes. Par exemple, au lieu de présenter une politique sur l'aéronautique qui, comme par hasard, est concentrée au Québec, le budget propose simplement d'y réfléchir.
    Les conservateurs continuent de plus de privilégier les plus nantis. Pour financer les demandes que l'on avait exprimées, le Bloc québécois avait soumis un plan permettant à Ottawa d'accroître les revenus de 16 milliards de dollars sans pour autant puiser dans les poches des travailleuses et des travailleurs de la classe moyenne.
    Nous avions notamment proposé une surtaxe pour les contribuables les plus riches, qui seraient bien capables de faire un effort supplémentaire, l'élimination des paradis fiscaux, qui sont permis à profusion au Canada et en vertu desquels on perd des milliards de dollars d'impôt, et aussi la fin des cadeaux aux pétrolières, qui profitent toujours de réductions d'impôt. Ce plan était plus que suffisant pour rembourser les montants dus au Québec et répondre à ses demandes les plus pressantes.
    De plus, le gouvernement conserve encore ses visées centralisatrices qui vont affecter économiquement le Québec. Il doit abandonner son projet de mise sur pied d'une commission unique des valeurs mobilières, une mesure qui va à l'encontre des intérêts du Québec et qui constitue un empiètement dans ses champs de compétence. On peut ajouter, justement, que c'est contraire à un vote unanime de l'Assemblée nationale du Québec, pourtant le gouvernement fédéral persiste dans cette voie, faisant fi à toute demande de la part du Québec et de la nation québécoise qu'il a pourtant reconnue.
    Le Bloc québécois demande au gouvernement conservateur de se rétracter au plus tôt et de mettre un terme une fois pour toutes à ce projet de commission pancanadienne, qui vise à dépouiller Montréal au profit de Toronto et qui empiète dans les champs de compétence du Québec.

  (1330)  

    Je voudrais maintenant aborder un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Depuis presque sept ans que je suis député, je suis confronté au manque de logements sociaux à Laval. Plus de 16 000 ménages lavallois sont en situation de crise. Ils consacrent plus de 30 p. 100 de leur revenu pour se loger. Ils représentent 36,6 p. 100 de l'ensemble des ménages locataires à Laval. Ce qui est le plus grave, c'est que 7 400 d'entre eux paient plus de 50 p. 100 de leur revenu pour se loger.
     Le gouvernement fédéral est propriétaire d'un pénitencier dans le quartier Saint-Vincent-de-Paul de ma circonscription, qui est fermé depuis 1989, donc depuis 21 ans. Il étudie depuis ce temps des solutions pour reconvertir l'ensemble des installations à la fois du pénitencier et de l'enceinte du vieux bâtiment. Je lui demande formellement, depuis 2006, d'inclure dans son projet des logements abordables ou sociaux. Des centaines de coupons-réponses de citoyens appuyant cette demande ont même été transmis au ministre responsable en 2007. Ça ne date pas d'aujourd'hui.
     Devant l'absence de réponse positive du gouvernement, en 2009, j'ai fait circuler une pétition demandant formellement au gouvernement de procéder à la reconversion du vieux pénitencier et d'y inclure des logements abordables ou sociaux en coordination avec le gouvernement du Québec. Cette pétition comportant 2 813 noms a été déposée ici même, le 15 juin 2010. Je fus très surpris, quand j'ai pris connaissance de la réponse du ministre de la Sécurité publique, lors de la rentrée parlementaire de l'automne dernier. Il y déclarait ceci sans aucune gêne: « Le SCC [dont il est le responsable] sera ouvert à considérer de vendre la propriété à un tiers [...] le développement des logements abordables ou sociaux est en dehors du mandat du SCC. »
    Je comprends bien que c'est en dehors de son mandat, mais la pétition s'adressait quand même au gouvernement qui en est responsable.
     Voilà où nous en sommes avec ce gouvernement. Il ne répond pas aux besoins exprimés par la population. Les gens de Laval s'en souviendront, par contre. Pendant qu'il affiche ce désintéressement à l'égard des besoins de la population, ce même gouvernement est venu annoncer récemment une dépense de 40 millions de dollars pour emprisonner 96 détenus additionnels, conséquence de son idéologie répressive, dans le Centre fédéral de formation de Laval, qui est situé tout près du vieux pénitencier. Pour loger des détenus, il y a des millions de dollars, mais pour loger des ménages qui sont dans le besoin, il est bien difficile de trouver de l'argent, pour ce gouvernement.
     En harmonie avec les besoins exprimés par la population, le Bloc québécois réclamait, dans ses attentes budgétaires, les mesures suivantes. Dans un premier temps, qu'un réinvestissement progressif soit effectué par le gouvernement fédéral jusqu'à l'atteinte de près de 2 milliards de dollars supplémentaires par année dans le logement social ou abordable. Il doit aussi s'engager à verser, à terme, 1 p. 100 de ses revenus pour le logement social, soit 2,6 milliards pour 2011-2012, tout en maintenant les acquis actuels.
    Dans un deuxième temps, qu'un mécanisme de gestion de surplus soit mis en place pour éviter la capitalisation systématique des surplus de la SCHL, qui atteindront plus de 10 milliards de dollars en 2011. Ces surplus devraient en partie servir à financer le réinvestissement progressif que le Bloc québécois propose.
     Puisque l'itinérance est souvent une conséquence du manque de logements sociaux, le Bloc québécois exige aussi la bonification de la Stratégie de partenariats de lutte contre l'itinérance. C'est déplorable de constater ce que propose le budget 2011 en ces matières. Aucune nouvelle somme n'est annoncée pour la construction, la transformation et la rénovation de logements sociaux. Le gouvernement conservateur se vante d'avoir investi dans la construction, mais il est le premier gouvernement à ne réinvestir aucun montant dans le logement social. Le Front d'action populaire en réaménagement urbain dénonce la situation. Il donne comme exemple qu'un seul avion de chasse F-35 représente l'équivalent de 6 400 logements subventionnés. La proportion est assez évidente.

  (1335)  

    En conclusion, les conservateurs ont choisi de faire la sourde oreille aux demandes du Québec et devront en rendre compte aux électrices et aux électeurs.

  (1340)  

    Madame la Présidente, j'ai écouté mon confrère du Bloc québécois, et je comprends très mal pourquoi le Bloc chiâle toujours quand le fédéral et le provincial s'assoient ensemble pour discuter.
    Comme on l'a dit et comme le gouvernement du Québec l'a répété à maintes reprises, en ce qui concerne l'harmonisation des taxes, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec sont sur la bonne voie.
    Le Bloc a toujours quelque chose à dire. Pourtant, jamais le Bloc ne sera au pouvoir, jamais il ne pourra s'asseoir avec le gouvernement du Québec et jamais il ne pourra signer un chèque à la Chambre.
    J'aimerais savoir combien d'argent le Bloc québécois a injecté dans l'économie du Québec depuis 1993.
    Madame la Présidente, je suis estomaqué du genre de commentaire que j'entends.
    Certains affirment que le Bloc québécois n'a jamais rien investi au gouvernement. À ma connaissance, les députés conservateurs n'ont jamais rien investi non plus.
    À mon avis, c'est le gouvernement qui investit de l'argent. C'est le gouvernement du peuple, que tous ceux qui sont ici représentent, qui décide des priorités et qui dépense l'argent des contribuables. Ce n'est pas l'argent du Bloc ou de tel ou tel parti, mais plutôt l'argent des contribuables qu'on décide d'affecter aux bons endroits.
    Ce gouvernement veut dépenser 20 ou 30 milliards de dollars pour des avions de chasse alors que d'autres besoins ne sont pas comblés. Je pense que les priorités du gouvernement ne sont pas à la bonne place.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’aimerais que le député commente, s’il le veut bien, n’importe laquelle de ces choses. Il a soulevé un bon point au sujet du logement, ainsi que des refuges, qui jouent un rôle très importants dans ma circonscription.
    J’ai demandé au ministre des Finances d’augmenter le crédit d’impôt pour l’exploration minière, c’est-à-dire de le prolonger et de le rendre plus permanent. Bonne nouvelle, il l’a reconduit pour un an, et j’en suis heureux, mais les associations minières voulaient qu’il soit prolongé plus longtemps pour apporter une plus grande certitude à l’industrie. Le député est-il d’accord avec moi à ce sujet?
    Aussi, il y avait si peu pour les Canadiens autochtones que c’en est embarrassant. Les programmes pour les musées ont été réduits, y compris le programme PAM pour les petits musées. Le budget de 15 programmes consacrés aux arts a été amputé, y compris celui des expositions itinérantes, d’une grande importance pour le Yukon. Les conservateurs ont également fermé l'école de soins dentaires, la seule au Canada.
    Le Réseau canadien de l'environnement, qui fait un excellent travail partout au Canada, va devoir cesser ses activités. Les centres d’amitié n’ont bénéficié d'aucune indexation de leurs subventions durant tout le mandat du gouvernement. Il n’y avait rien pour l’excellent projet CAIRS au Yukon ou pour les opérations de recherche et de sauvetage dans le Nord, que le Sénat vient de qualifier d'essentielles, comme je le dis depuis maintenant cinq ans.
     La Commission canadienne du tourisme a été la cible de compressions. Il n’y a rien pour les garderies, la toxicomanie, la santé mentale et, comme le député l’a dit, il y a très peu pour les étudiants et les personnes âgées.

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai écouté les différentes récriminations exprimées par mon collègue. Les coupes effectuées par le gouvernement actuel ajoutent à ma conviction que celui-ci ne choisit pas ses priorités en fonction des besoins de la population générale, que ce soit dans la culture, dans la recherche ou dans l'éducation.
    Selon moi, le gouvernement est obnubilé par son idéologie qui vise à consacrer des milliards de dollars à la répression et au militarisme plutôt qu'à l'aide directe apportée à la population qui en a tant besoin. C'est ce que le Bloc déplore du budget, et c'est la raison pour laquelle il va voter contre.
    Madame la Présidente, je remercie mes collègues du Bloc de m'appuyer dans l'allocution que je vais présenter sur le budget.
    Si je prends la parole aujourd'hui, c'est que le budget m'interpelle particulièrement. Étant la députée de la circonscription de Québec et présidente du caucus de la région de Québec, je vois qu'on a oublié la région de Québec dans le budget qui a été présenté. On pourrait aussi parler d'un énoncé électoral, car les mesures qu'on retrouve dans l'ensemble du budget constituent du saupoudrage à l'intention des clientèles vulnérables.
    Pendant la campagne électorale, les conservateurs nous diront que les aînés n'auront pas leurs 50 $ par mois. On nous a dit qu'on n'avait pas lu le budget, mais avec l'expérience qu'on a ici, à la Chambre des communes, on a un service de recherche et des députés qui connaissent bien leurs dossiers. Or en regardant attentivement le budget, on a pu voir rapidement la portée minimale faite à l'endroit du Québec.
    On avait fait des demandes chiffrées très ciblées. D'ailleurs, le ministre des Finances de ce gouvernement a dit que le Bloc avait fait du bon travail. Pourquoi, dans l'ensemble, ne votons-nous pas d'emblée pour ce budget? On avait demandé 2,2 milliards de dollars pour l'harmonisation de la TPS et de la TVQ. Six provinces ont été indemnisées, dont la Colombie-Britannique, l'Ontario et les provinces Maritimes. Or le Québec, lui, est laissé pour compte. Ces provinces ont été compensées à hauteur de plusieurs milliards de dollars: 1,6 milliard de dollars pour la Colombie-Britannique, 4,3 milliards de dollars pour l'Ontario et 1 milliard de dollars pour les Maritimes. Cela fait donc environ 7 milliards de dollars. De ce montant, le Québec a payé 1,75 milliard de dollars pour les indemniser. Nous, nous demandons 2,2 milliards de dollars.
    Ce qui est choquant aussi, c'est de voir que les conservateurs ont accepté cela d'emblée, après 244 jours pour l'Ontario et 131 jours pour la Colombie-Britannique. Or depuis combien de temps, depuis combien de jours le Québec attend-il sans que ce ne soit encore signé? Cela fait 6 841 jours. C'est vraiment choquant de voir comme on se traîne les pieds dans le dossier.
    Tout à l'heure, la députée conservatrice de Beauport—Limoilou disait qu'on était toujours en train de chialer. On lit les journaux comme tout le monde, tout comme les citoyens de la région de Québec. On sait très bien que le ministre Bachand se démène, tout en essayant de ne pas trop froisser les conservateurs car ils peuvent être très réactifs, claquer la porte et dire qu'ils n'indemniseront pas le Québec. Toutefois, cet argent est attendu au Québec. Si le Québec avait 2,2 milliards de dollars dans ses coffres, le gouvernement du Québec verrait 60 p. 100 du déficit réglé, ce qui lui donnerait une marge de manoeuvre pour répondre aux besoins de la population.
    Dans ce budget, qu'on peut qualifier d'énoncé électoral, il aurait fallu du leadership de la part de la députation conservatrice de la région de Québec. L'épicentre des députés qui ont été élus ici, à la Chambre, se trouve dans la région de Québec, avec six représentants. Je peux affirmer que s'il y a élections — bien entendu, nous attendons de voir s'il y en aura —, on va talonner les députés de la région de Québec. Ils auront à répondre à des questions. Quand on débattra ou quand on les interpellera par l'entremise de nos journaux locaux et régionaux, ils auront à répondre intelligemment à certaines questions qu'on a à leur poser.
    Dans la région de Québec, par exemple, ils ont enfilé un chandail pour avoir le retour des Nordiques à Québec. On ne sait pas pourquoi ils ont fait cette mascarade mais, finalement, cela n'a rapporté aucune somme pour l'amphithéâtre de Québec. Ils avaient dit qu'il fallait un financement privé. Il y a eu du financement privé, et après cela, ça a été autre chose. La vraie raison était écrite. Il y avait une directive du Bureau du premier ministre disant que nulle part au Canada, il n'y aurait de l'argent pour un amphithéâtre. En plus, on a voulu faire croire que c'était un amphithéâtre réservé uniquement au sport. Or c'est faux. Il s'agit d'un amphithéâtre multifonctionnel. Il y aura des événements culturels et sportifs, ainsi que la tenue de certaines compétitions des Jeux olympiques. On voit bien qu'on a leurré les gens de la région de Québec.
    Deuxièmement, plusieurs dossiers traînent, comme celui du pont de Québec.

  (1345)  

    Mon collègue de Louis-Hébert a mis beaucoup d'ardeur à défendre ce dossier dans la région de Québec. Il a aussi déposé une motion à la Chambre, afin que le gouvernement en reprenne possession d'ici à ce qu'on trouve une solution de concert avec les propriétaires du CN. Encore là, on a vu la mauvaise foi des conservateurs dans ce dossier. Ils ont fait comme les libéraux et ont laissé traîner le dossier en disant que c'était les tribunaux qui devaient régler ça. Pendant ce temps, comme à Montréal, le pont rouille et ça peut coûter plus cher que ce que l'on pense. Ce dossier était important pour la région de Québec.
    Le dossier de Shannon en est un que j'ai suivi de près et pour lequel j'ai talonné le gouvernement. À Shannon, l'eau de la nappe phréatique est contaminée. On ne se chicanera pas sur le taux de contamination, mais ce qui est choquant, c'est que, dans ce budget, le gouvernement n'a pas prévu d'argent pour la décontamination.
    Il en coûterait environ 20 millions de dollars par année pour une technique qui serait peut-être plus efficace que la précédente. Cette technique nous permettrait d'aller de l'avant et de nettoyer la nappe phréatique afin que les gens de la municipalité de Shannon puissent vivre en sécurité. Je sais que la cause est présentement devant les tribunaux, mais qu'on arrête de chercher des faux-fuyants.
    Avant la précédente élection, bien des choses avaient été promises. Par exemple, on avait promis de régler le cas du centre de tri postal et on avait promis de faire quelque chose pour le zoo. Une fois l'élection passée, on n'a plus entendu parler de ces projets et on est passé à autre chose. Dans le moment, on devrait s'occuper de plusieurs dossiers, et il y aura plusieurs autres défis d'envergure pour le développement de la région de Québec.
    Le premier ministre a dit, dans son allocution, le lendemain de la divulgation de ce budget électoral, qu'il était soucieux de la création d'emplois. Si un dossier de la région de Québec devait interpeller tous les députés élus de la région de Québec, c'est bien celui du chantier naval Davie.
    On a changé les règles du jeu quant à l'appel d'offres et on a fait perdre des semaines pour empêcher que cette compagnie puisse se restructurer et qu'elle ait sa solvabilité. Peu importe ce que nous voulions faire dans ce dossier, on nous a mis des bâtons dans les roues pour nous empêcher d'être proactifs.
    Dans Le Soleil ou le Journal de Québec, un quotidien de notre région, le vis-à-vis du député de Lévis—Bellechasse dit qu'il trouve que le gouvernement fédéral devrait être beaucoup plus large dans son appel d'offres et permettre à la compagnie de montrer patte blanche et de démontrer qu'elle est solvable.
    Ce qui est choquant, c'est d'entendre la cheftaine des députés de la région de Québec et députée de Louis-Saint-Laurent dire que la région de Québec ne doit pas s'attendre à ce que le chantier naval Davie soit priorisé. Je pense qu'on voit son poids plume à l'intérieur du conseil des ministres quand vient le temps d'aborder la question du chantier naval Davie. Elle dit elle-même qu'il ne faut pas avoir d'attente, même si le chantier naval Davie était solvable. Elle devrait parler pour sa région et être proactive. Elle devrait tout faire pour que le chantier naval Davie ait sa part. La contribution de l'ensemble des contrats serait de 35 milliards de dollars. La région de Québec ne pourrait-elle pas avoir sa part? On parle de 2 700 emplois et de retombées économiques de 2,1 milliards de dollars, mais les conservateurs sont absents.
    Tout à l'heure, j'ai parlé du pont de Québec. Or on est allé chercher de l'argent dans le fonds dédié à la stratégie de la Porte continentale pour restaurer le pont Champlain. Ce fonds est dédié à certaines transformations ou à certains apports économiques en lien avec le fleuve Saint-Laurent et à la stratégie de la Porte continentale. L'argent qu'on va chercher là n'est pas de l'argent neuf, et c'est ce que je déplore de la façon d'agir de ce gouvernement. C'est du saupoudrage « clientéliste ». Je pense qu'on prend en otage des clientèles fragiles. On sait ce qu'ils sont capables de faire. Lors de l'élection précédente, on a vu comment ils pouvaient faire miroiter 50 $ de plus, mais on aussi sait à quelle condition ils le font.

  (1350)  

     Donc, ce n'est pas pour tout le monde. Les gens doivent examiner cette mesure attentivement.
    C'est dommage, j'aurais aimé parler plus longtemps. La région de Québec ainsi que beaucoup de leaders ont été déçus par la motivation des conservateurs dans la région...

  (1355)  

    Madame la Présidente, depuis que je suis arrivé à la Chambre des communes, je suis taquiné par nos amis du Bloc, qui disent qu'il y a un bon et un mauvais Bernard Généreux, le bon étant le président de la Fédération québécoise des municipalités. Après le dépôt du budget de mardi, on a dit ceci:
    M. Généreux accueille aussi positivement la mesure qui pérennise l'investissement annuel de 2 milliards $ destiné au Fonds de la taxe sur l'essence. Les municipalités souhaitaient, grâce à une telle annonce, un financement plus stable.
    S'il était bon hier, il est encore bon aujourd'hui. Ils viennent de dire qu'il est le bon Bernard Généreux et moi, le mauvais. Dans le budget, on dit que les municipalités — j'ai été maire moi-même — ont le droit de recevoir du financement. C'est ce qu'on a fait.
    Je demande à ma collègue de répondre à cela.
    Madame la Présidente, il dit qu'il est peut-être le bon Généreux, mais je peux distinguer entre le bon et le mauvais. Je lui souhaite bonne chance, parce que c'est peut-être la dernière ou l'avant-dernière journée qu'il siège à la Chambre. On a un bon candidat du Bloc québécois qui sera capable de relever les défis que lui-même n'a pas été capable de relever pour la région de Québec. On aura des gens qui seront capables de parler. Parler, c'est aussi le pouvoir. Durant la campagne électorale, on va parler des bons coups et, surtout, des mauvais coups des conservateurs.
    Monsieur le Président, après avoir entendu la liste des projets qui n'aboutissent pas dans la région de Québec avec le gouvernement conservateur, je voudrais demander à ma collègue ce qu'elle pense des députés qui mentionnent que c'est important d'être au pouvoir, au gouvernement.
    Cela signifie-t-il qu'il y a des députés de seconde zone et des députés de première zone par rapport à l'ensemble du pays?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question. Cela démontre la grande démocratie qui a cours au sein de la députation du Parti conservateur. Il faut être élu au Parlement, il faut faire partie du gouvernement. Les conservateurs n'ont pas compris que l'opposition est là pour surveiller les agissements d'un gouvernement. Ils aimeraient bien qu'il y ait 308 députés conservateurs à la Chambre, prendre les décisions et ne jamais recevoir de critiques.
    Ils n'ont pas compris ce qu'était une vraie démocratie. Ça me fait toujours sourire de voir le premier ministre aller dans un autre pays et dire qu'il va l'aider. Je ne nommerai aucun pays en particulier. Le gouvernement veut instaurer la démocratie dans d'autres pays, mais qu'il commence par le Canada. C'est ce qu'on demande. C'est un peu choquant. Le ton monte souvent parce qu'ils n'ont aucun respect pour le travail de l'ensemble de la députation de l'opposition, que ce soit le Parti libéral, le NPD ou le Bloc québécois.
    Au lieu de dire qu'un député chiale, les conservateurs devraient plutôt se dire qu'un député analyse un dossier et va voir certaines parties de la population qu'eux ne consultent pas, et leur renvoie la balle. Une démocratie, c'est quand on laisse les gens parler. Hier, on nous a dit qu'on n'était pas capables de lire un budget. C'est vraiment mépriser le travail et le sérieux de l'ensemble des députés ici.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le gouvernement a aboli et démantelé la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère, d'une grande importance pour plusieurs scientifiques qui étudient les changements climatiques au Québec et dans le Nord. Le député pense-t-il que c’est une perte terrible pour le Canada?

[Français]

    Madame la Présidente, c'est un dossier très important, auquel le Bloc québécois est très sensible. Nous espérons que le Parti conservateur va mettre son coeur à la bonne place, au lieu de toujours farder la situation. Les mesures qu'il a prises pour aider les gens les plus démunis représentent des miettes. On n'a offert que des miettes à la population. J'espère que pendant la campagne électorale, la population va comprendre les enjeux qui sont sur la table, dont le manque de démocratie. En même temps, ils veulent s'attacher les clientèles les plus fragilisées, ce qui est dangereux.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

La reconnaissance d'un acte de bravoure

    Monsieur le Président, c'est un plaisir pour moi d'intervenir aujourd'hui pour rendre hommage à un courageux jeune homme de ma circonscription, Kildonan—St. Paul.
    Le 4 décembre dernier, Kole Devisscher conduisait seul le long de la rivière Rouge lorsqu'il a remarqué un jeune garçon qui cherchait désespérément à se sortir des eaux glaciales. Kole s'est immédiatement lancé à la rescousse du garçon de 10 ans, nommé Ralph Chartrand. Muni d'un simple câble de remorque, Kole s'est aventuré, au péril de sa vie, sur la glace précaire. Il a ensuite eu l'idée astucieuse d'attacher la corde en boucle et de demander au jeune garçon de l'attacher au-dessus de ses épaules avant de le hisser hors de l'eau.
    Kole Devisscher, qui a risqué sa propre sécurité pour sauver la vie de son prochain, incarne les valeurs qui caractérisent le Canada. Il est un véritable héros, une source d'inspiration pour tous.
    En reconnaissance de ses gestes courageux, j'ai l'honneur de soumettre son nom pour la Médaille de la bravoure du Gouverneur général.
    J'invite tous les députés à se joindre à moi pour féliciter Kole de son courage.

Susan Audrey Van Bibber

    Le Yukon a perdu, le 28 février dernier, une de ses grandes matriarches, Susan Audrey Van Bibber (Chambers), née Dickson, qui était âgée de 99 ans.
    On ne saurait écrire l'histoire du Yukon en passant sous silence sa contribution légendaire ainsi que celle de ses 154 descendants et des nombreuses autres personnes qu'elle a prises sous son aile.
    Sue était une femme travaillante, forte et courageuse qui, même dans la quatre-vingtaine avancée, pratiquait encore le piégeage d'animaux, la garde et la poursuite de chevaux.
    Elle était une merveilleuse cuisinière et préparait un incroyable ragoût d'orignal. Ses brioches à la cannelle disparaissaient aussitôt sorties du four.
    Sue était une excellente conteuse. Sa famille et ses amis pouvaient voir le monde à travers ses yeux lorsqu'elle racontait avec humour ses histoires, sans fin et couvrant un siècle, à propos de lieux et de gens.
    La famille était la fierté de Sue. Son époux, Alex Van Bibber, avec qui elle a été mariée durant 67 ans, ses enfants encore vivants parmi les neuf qu'elle a mis au monde, ses 46 petits-enfants, ses 73 arrière-petits-enfants et ses 26 arrière-arrière-petits-enfants l'aimaient. Elle leur manquera beaucoup.
    Sue nous manque à tous. Que Dieu la bénisse. Massi.

[Français]

La citoyenneté et l'immigration

    Madame la Présidente, incapables de répondre aux aspirations des Québécois, les partis fédéralistes ne cessent de minimiser les réalisations du Bloc québécois. Pourtant les exemples sont nombreux où le Bloc québécois a obtenu des résultats concrets pour le Québec.
    Pas plus tard qu'hier, le projet de loi C-35 concernant les consultants en immigration a obtenu la sanction royale. Or c'est grâce au travail des députés du Bloc québécois que cette loi contient une « clause Québec », qui fait que tous les consultants en immigration du Québec devront être soumis aux exigences québécoises, qui incluent la maîtrise du français.
    Sans le travail rigoureux du Bloc, il y aurait aujourd'hui deux catégories de consultants en immigration au Québec: ceux accrédités par le gouvernement fédéral, qui ne seraient pas tenus de maîtriser le français, et ceux reconnus par le gouvernement du Québec. Heureusement que le Bloc était là pour obtenir des résultats concrets pour le Québec et pour le français!

[Traduction]

Le budget

     Madame la Présidente, les néo-démocrates veulent que le Parlement fonctionne. C’est pour cela que nous avons proposé un plan pratique et réalisable pour sortir les aînés de la pauvreté, assurer la sécurité des pensions et faire en sorte que les Canadiens aient accès à des médecins et à des infirmières.
    Le problème, c’est que le gouvernement conservateur ne cherche qu’à jouer un jeu et à miner nos institutions démocratiques.
    Mes électeurs ne veulent pas d’une élection; ils veulent que l’on rende le coût de la vie plus abordable.
    Les néo-démocrates ont écouté. Pas les conservateurs. Ils sont trop occupés à se comporter comme s’ils étaient au-dessus des lois. Faut-il s’étonner d’un autre cas d’abus de pouvoir, cette fois par l'ancien conseiller principal du premier ministre, Bruce Carson?
    Hier encore, j’ai rappelé une de mes électrices à Capreol. Mme Greaves voulait me dire qu’elle était absolument « dégoûtée et insultée » par le budget, et que les 600 $ annoncés suffiraient à peine à combler ses besoins. Mme Greaves est âgée de 72 ans, mais elle travaille toujours comme infirmière parce qu’elle n’a pas le choix. Ce n’est pas une façon de traiter nos aînés.
    Monsieur le Président, il n’est pas trop tard. Le gouvernement peut encore revenir en arrière et adopter le plan pratique et réalisable du NPD...
    À l'ordre, s'il vous plaît. Le député d'Abbotsford a la parole.

La Journée lavande

    Madame la Présidente, l'épilepsie est un trouble qui touche plus de 300 000 personnes au Canada et 50 millions de personnes dans le monde. C'est l'un des troubles neurologiques les plus répandus, mais malheureusement, il est mal compris par de nombreuses personnes. Voilà pourquoi je prends la parole au sujet de la Journée lavande, qui sert à sensibiliser les gens à ce trouble qui perturbe la vie des personnes qui en sont atteintes.
    Cassidy Megan est âgée de neuf ans et elle est épileptique. Elle a instauré la Journée lavande en 2008 afin d'aider les personnes atteintes de ce trouble. La Journée lavande vise à informer les gens des symptômes et des causes de l'épilepsie, à leur apprendre comment réagir à une crise épileptique, à amasser des fonds pour la recherche et à montrer aux personnes atteintes d'épilepsie qu'elles ne sont pas seules.
    Les députés seront peut-être surpris d'apprendre qu'un membre de ma famille immédiate est atteint de ce trouble.
     Bien que de nombreuses personnes atteintes d'épilepsie bénéficient des avancées récentes de la recherche, il reste beaucoup à faire. Je suis certain qu'un jour nous trouverons un remède à l'épilepsie.
    J'invite tous les députés à se joindre à moi pour souligner la Journée lavande le 26 mars.

  (1405)  

L'activité de financement Dining Out for Life

    Madame la Présidente, aujourd'hui a lieu l'activité Dining Out for Life au profit des personnes atteintes du VIH/sida en Colombie-Britannique. Il s'agit de la plus importante activité de financement organisée par les restaurants de la Colombie-Britannique. Au total, 3 millions de dollars ont été recueillis au cours des 16 dernières années.
    Aujourd'hui, plus de 250 restaurants de Whistler à White Rock et de la vallée du Fraser verseront 25 p. 100 de leurs recettes aux personnes atteintes du VIH/sida. Cette activité témoigne de la générosité des Vancouvérois, des restaurants de la Colombie-Britannique et des organismes qui la parrainent, comme le vignoble Sumac Ridge, qui unissent leurs forces pour cette cause louable.
    Les quartiers Gastown et Downtown Eastside de Vancouver sont ceux où le taux d'infection par le VIH est le plus élevé en Amérique du Nord, puisque 30 p. 100 de la population est touchée. En ce moment, plus 6 000 habitants de Vancouver sont atteints du VIH/sida.
    Les sommes recueillies lors de l'activité Dining Out for Life permettront d'appuyer A Loving Spoonful et Friends for Life, deux organismes qui viennent en aide aux personnes atteintes du VIH/sida. A Loving Spoonful a servi plus de 100 000 repas aux personnes dans le besoin, tandis que Friends for Life est un centre de mieux-être où les gens se réunissent pour obtenir de la compassion et du soutien. Cette année...
    À l'ordre, s'il vous plaît. Le député de Simcoe-Nord a la parole.

Le budget

    Monsieur le Président, en janvier, j'ai organisé plusieurs réunions avec des électeurs de ma circonscription pour avoir leur point de vue sur le budget. Mes électeurs ont été clairs.
    Ils ont demandé de l'aide pour les personnes âgées à faible revenu. Nous en avons tenu compte dans notre budget puisqu'il est prévu que le Supplément de revenu garanti soit bonifié: nous y ajoutons en effet une somme pouvant atteindre 600 $ pour les personnes âgées vivant seules et 840 $ pour les couples.
    Ils ont demandé à ce que le programme écoÉNERGIE Rénovation -- Maisons soit prolongé. Encore une fois, c'est une mesure qui est prévue dans notre budget puisque nous allons y investir 400 millions de dollars.
    Ils ont demandé des crédits d'impôt pour les petites entreprises afin de créer des emplois et diminuer la paperasse. Notre budget prévoit donc un crédit d'impôt à l'embauche de 1 000  $ pour les petites entreprises et la mise sur pied de la Commission sur la réduction de la paperasse.
    Mes électeurs se sont rarement montrés intéressés par les jeux politiques partisans. Par contre, ils sont inquiets pour leurs emplois, leurs familles et leur avenir.
    Je demanderais aux députés d'en face d'être attentifs aux priorités des Canadiens, de mettre leurs ambitions politiques de côté et d'appuyer ce budget.

[Français]

Le sans-abrisme

    Monsieur le Président, récemment, un groupe d'étudiants de l'Université de Sherbrooke a participé à l'événement « 5 jours pour l'itinérance ». Ils ont recueilli plusieurs milliers de dollars pour soutenir les services offerts aux itinérants.
    Pendant cinq jours, neuf étudiants et étudiantes ont dormi à l'extérieur et n'ont compté que sur la générosité de la population afin de subvenir à leurs besoins. Grâce à cette initiative, ces jeunes ont pu conscientiser les gens de leur milieu en les sensibilisant à l'itinérance et à la pauvreté.
    Les intervenants du milieu de l'itinérance ont profité de l'occasion pour me rappeler leurs craintes face à l'avenir du programme SPLI. Malheureusement, leur appréhension a été confirmée par le budget 2011, les conservateurs refusant toujours d'indexer et de bonifier les programmes de lutte contre l'itinérance ainsi que les programmes de logement social.
    Les conservateurs devraient dormir quelques jours à la belle étoile afin de s'apercevoir que, compte tenu des miracles que font les intervenants avec ces fonds, le minimum que nous leur devons est bien l'indexation et la bonification du financement.

[Traduction]

La violence faite aux femmes

    Monsieur le Président, il y a des choses qui sont absolument inacceptables. Par exemple, une coalition de l’opposition qui place ses intérêts politiques au-dessus des besoins des Canadiens est absolument inacceptable.
    Un scandale des commandites qui a permis à des agents de financement du Parti libéral d’empocher des millions de dollars à même l’argent des contribuables canadiens, c'est aussi absolument inacceptable.
    Il y a des choses qui dépassent l’inacceptable, et qui méritent qu’on les appelle des pratiques barbares. Tuer une femme pour une question d’honneur, cela va bien au-delà de la définition de ce qui est inacceptable. La pratique des crimes d’honneur mérite d’être condamnée pour ce qu’elle est, une représentation du mal et de la barbarie.
    J’espère que les réactions dégoûtées qui ont été exprimées dans tout le Canada, face à la tentative malavisée du député de Papineau de faire preuve de rectitude politique, lui auront appris qu’il y a une différence entre les pratiques inacceptables et les pratiques barbares. Ce député semble suivre les traces de son père, Pierre Trudeau, dont l’héritage politique a été qualifié, hier, dans le National Post, de désastreux et destructeur pour l’économie, l’unité et la réputation internationale du Canada.

  (1410)  

La santé

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au nom des électeurs de ma circonscription, Brampton—Springdale, qui réclament que des mesures soient prises en matière de soins de santé. Les familles sont frustrées de devoir attendre des heures et des heures à l'hôpital municipal de Brampton, situé dans ma circonscription. Les aînés souffrent parce qu'ils doivent attendre des mois pour voir un spécialiste et recevoir les soins médicaux dont ils ont besoin.
    Le temps d'attente moyen à l'hôpital est de 17,5 heures. Les médecins et le personnel infirmier travaillent inlassablement, mais la demande continue de croître. Les Bramptoniens méritent mieux que cela. Ils méritent un gouvernement qui investira en vue d'accroître le nombre de médecins et d'infirmières et qui collaborera avec la collectivité de Brampton pour bâtir un deuxième hôpital qui permettra de répondre aux besoins croissants.
    Il nous faut un gouvernement qui fait des soins de santé sa priorité, car c'est ce que méritent les Canadiens et les Bramptoniens. Les familles et les aînés de Brampton réclament un gouvernement qui fera les investissements nécessaires pour accroître le nombre de médecins et d'infirmières et pour réduire le temps d'attente pour l'obtention de soins de santé.

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, une fois de plus, dans un autre chapitre de politique partisane, les libéraux prouvent à la population qu'ils se préoccupent non pas de la politique ou des gens, mais seulement d'eux-mêmes.
    À la suite de la présentation, cette semaine, dans le budget, de l'exonération fiscale pour les pompiers volontaires, le député de Malpeque a faussement prétendu que l'idée provenait des libéraux.
    Voilà qui est fort intéressant, car, le 8 octobre 2003, il a voté contre ce crédit d'impôt proposé dans mon projet de loi d'initiative parlementaire, le C-325. Le projet de loi, que j'avais à l'origine présenté en décembre 2002, a été rejeté par un vote serré de 96 voix pour et de 99 voix contre. Des 99 députés qui s'y sont opposés, 97 étaient des libéraux.
    Est-il important de savoir qui a eu l'idée? Ne sommes-nous pas ici pour accomplir de bonnes choses pour la population du Canada? Comment les Canadiens peuvent-ils faire confiance aux députés libéraux qui votent contre une mesure un jour, puis changent de position dès qu'ils y voient un avantage politique?
    N'est-ce pas là simplement un autre effort délibéré du Parti libéral en vue d'induire la population en erreur? Voilà une question que les électeurs devront prendre en considération lorsqu'ils choisiront leur prochain député.

Les priorités gouvernementales

    Monsieur le Président, Vera Cudjoe, une femme de 85 ans, est très inquiète parce qu'elle n'a pas les moyens de payer sa facture d'électricité qui s'élève à 260 $. Elle a essayé de fermer le chauffage pour économiser de l'argent, mais elle est tombée gravement malade.
    Infirmière à la retraite, Vera a aussi fièrement dirigé le premier théâtre national faisant la promotion de la culture noire. Elle a travaillé fort toute sa vie, mais ses prestations actuelles de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti ne lui suffisent tout simplement pas pour vivre.
    Au lieu d'aider des personnes âgées comme Vera en éliminant la taxe sur le chauffage résidentiel, le premier ministre préfère s'occuper de ses amis, comme Bruce Carson. Grâce à l'argent des contribuables, Carson est propriétaire de deux maisons, d'un condo et d'une Mercedes-Benz offerte à sa fiancée, une escorte, alors que Vera n'a même pas les moyens de payer le chauffage.
    Ce n'est là qu'un exemple des priorités tordues du gouvernement conservateur. Pas étonnant que les Canadiens jugent que rien ne va plus à Ottawa. Pas étonnant que le gouvernement conservateur ait perdu la confiance des Canadiens ordinaires.

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, notre gouvernement conservateur a déposé mardi dernier un budget responsable qui vient en aide aux aînés et aux familles, qui renforce nos communautés et qui amènerait davantage de médecins dans les régions du Québec. Nous avons introduit un budget qui correspond aux priorités des gens de toutes les régions du Québec: bonifier le Supplément de revenu garanti; investir dans l'innovation, l'éducation et la formation; instaurer un nouveau crédit d'impôt pour aidants familiaux. Voilà quelques exemples concrets pour aider les gens de nos régions.
    Malheureusement, la coalition dirigée par le chef libéral menace de renverser le gouvernement et de voter contre un budget qu'ils n'ont jamais pris le temps de lire. Ils priveront ainsi des milliers de Québécois d'allégements fiscaux auxquels ils ont droit.

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, en 2000, à la suite du redécoupage inadéquat des régions économiques de l'assurance-emploi, des mesures transitoires avaient été instaurées. Certaines régions, dont celle du Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord, bénéficient depuis plus de 10 ans d'un taux mixte de chômage afin de corriger, tant bien que mal, cette erreur jusqu'au prochain redécoupage. L'élimination graduelle des mesures transitoires est commencée depuis le 12 mars dernier.
     Or plusieurs chômeurs et travailleurs saisonniers ne pourront se qualifier sans la reconduction des mesures transitoires. Plutôt que d'effectuer une réforme en profondeur de ce régime désuet et mal adapté à la réalité actuelle des travailleurs, les conservateurs gardent dans l'incertitude et la pauvreté des milliers de citoyens. Dans le budget de 2011, les mesures transitoires n'ont pas été reconduites, ce qui aurait été souhaitable, tout comme une réforme équitable de l'assurance-emploi. Encore une fois, les conservateurs démontrent leur mépris envers les régions du Québec et les...

  (1415)  

    À l'ordre. L'honorable député d'Honoré-Mercier a la parole.

La reddition de comptes

    Monsieur le Président, les Canadiens en ont assez, ils en ont ras le bol. Ils ne sont plus capables d'endurer un gouvernement conservateur aussi déconnecté des priorités des familles canadiennes. Les Canadiens en ont ras le bol de voir les conservateurs mépriser et déshonorer les institutions démocratiques comme cette Chambre, comme Élections Canada, comme le directeur parlementaire du budget.
     Les Canadiens en ont assez que les conservateurs les prennent pour des valises, qu'ils essaient de leur enfoncer dans la gorge des avions qui sont trop chers, des mégaprisons à l'américaine, puis des cadeaux aux plus riches compagnies. Ça suffit, c'est assez! Les conservateurs ont fait trop d'outrages à la démocratie et à notre Parlement, et ça ne peut plus continuer. C'est l'heure de rendre des comptes. C'est maintenant aux Canadiens de les juger sur leurs mauvais choix, sur leur mauvaise foi et sur leurs attaques envers notre démocratie. On n'a plus confiance en eux, et cette Chambre non plus. Le Canada mérite mieux!

[Traduction]

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, hier, des journalistes ont demandé au chef du Parti libéral s'il formerait une coalition avec le Nouveau Parti démocratique socialiste et le Bloc québécois séparatiste. Bien sûr, il a esquivé la question.
    Le chef libéral a déjà accepté de se joindre à une coalition et il le fera à nouveau. Ses ambitions personnelles passent avant la stabilité du Canada.
    Le chef libéral et ses partenaires de la coalition veulent revenir à des politiques irresponsables qui ont fait mal au Canada pendant des décennies: ils veulent hausser les impôts pour compenser des dépenses que nous n'avons tout simplement pas les moyens de faire. L'approche irresponsable qui consiste à imposer pour dépenser ferait disparaître des emplois, freinerait la reprise économique et constituerait un recul pour les familles canadiennes.
    La coalition peut encore choisir entre son ambition irresponsable qui l'amènerait à provoquer des élections inutiles et les importantes mesures contenues dans la prochaine phase du Plan d'action économique du Canada, des impôts bas pour stimuler la croissance et l'emploi. Elle peut choisir d'appuyer les familles canadiennes et de consolider la reprise économique.
    Nous encourageons la coalition à se joindre à nous, à faire passer les intérêts des Canadiens en premier et à nous aider à mener à bonne fin la reprise économique.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, en plus des études secondaires, l'acquisition de compétences et les études avancées sont des nécessités pour les jeunes canadiens dans un monde très concurrentiel, mais elles sont chères. Deux tiers des familles canadiennes ne pensent pas avoir les moyens d'envoyer leurs enfants à l'université, au collège, dans une école technique ou en apprentissage. Leur avenir est compromis.
    Pourquoi les priorités tordues du régime conservateur l'amènent-elles à dépenser mille fois plus pour acheter des avions de guerre furtifs que pour permettre aux jeunes de faire des études?
    Monsieur le Président, nous voulons que les jeunes hommes et les jeunes femmes qui servent dans notre force aérienne soient protégés et aient le meilleur matériel pour assurer notre sécurité. Ces hommes et ces femmes mettent leur vie en jeu pour servir le Canada. Le mieux qu'ils peuvent espérer, c'est que le gouvernement du Canada les soutiendra autant qu'ils soutiennent notre magnifique pays.
    Monsieur le Président, le Pentagone et le directeur parlementaire du budget ont tous deux démoli le projet d'acquisition d'avions de chasse des conservateurs. Ces appareils coûteront 30 milliards de dollars, ce qui est mille fois plus que l'aide aux étudiants.
    Les conservateurs offrent aux personnes âgées à faible revenu un dérisoire dollar quinze par jour. Le ministre des Finances de second rang compare cela à l'aide accordée pendant la dépression des années 1930. C'est une écoeurante insulte.
    Pourquoi le régime conservateur a-t-il gaspillé plus d'argent en une seule journée lors de l'extravagant sommet du G20 l'an dernier qu'il n'en accorde pendant toute une année aux personnes âgées à faible revenu?

  (1420)  

    Monsieur le Président, le Parti libéral du Canada veut gaspiller 400 millions de dollars pour la tenue d'élections inutiles et irresponsables.
    Le véritable scandale, c'est que la coalition dirigée par les libéraux, et formée avec le NPD et le Bloc québécois, n'acceptera même pas la volonté exprimée démocratiquement par les Canadiens. Pire encore, ils ne sont même pas ouverts et transparents à ce sujet.
    Contrairement à la coalition irresponsable dirigée par les libéraux, le gouvernement veut mettre des centaines de millions de dollars dans les poches des gens qui travaillent fort, qui ont édifié le Canada, et des personnes âgées qui n'ont qu'un revenu modeste, plutôt que de l'engloutir dans des élections inutiles.
    Monsieur le Président, personne ne prendra de leçons de démocratie de ces gens-là.
    Les conservateurs font preuve de mépris envers les étudiants, les personnes âgées et les jeunes parents qui ont besoin de garderies. Les conservateurs font preuve de mépris envers les familles qui s'occupent à la maison d'un des leurs qui est malade ou âgé. Les conservateurs font preuve d'outrage au Parlement et aux contribuables en cachant 70 milliards de dollars et en falsifiant des documents. Des conservateurs sont traînés devant des tribunaux pour fraude électorale et d'autres font l'objet d'enquêtes de la GRC pour trafic d'influence.
    Est-ce que c'est l'application des normes conservatrices qui permet à un avocat rayé du Barreau qui a fait deux fois faillite et a été condamné pour acte criminel de devenir chef de cabinet du premier ministre?
    Monsieur le Président, une des traditions les plus fondamentales au Canada et un des éléments les plus fondamentaux de notre démocratie libérale veulent que la personne qui remporte le plus de voix l'emporte. Le Parti libéral fait montre d'un mépris scandaleux envers les électeurs canadiens en affirmant qu'il importe peu quel gouvernement ils vont élire parce qu'eux, les libéraux, formeront une coalition avec le NPD et le Bloc québécois et que ce gouvernement instable prendra des décisions irresponsables.
    Plutôt que de dépenser 400 millions de dollars dans des élections hâtives, mettons l'argent dans les poches des personnes âgées à faible revenu, des personnes vulnérables qui ont besoin de notre aide et des hommes et des femmes qui ont édifié notre grand pays.

La défense nationale

    Monsieur le Président, les 400 millions de dollars dont parle le député me rappellent le fiasco de la base aérienne de Camp Mirage, fiasco dont le gouvernement est responsable.

[Français]

    Il est déplorable de voir comment ce gouvernement dépense si mal l'argent des Canadiens. Mettons ça en perspective. Le directeur parlementaire du budget et le Pentagone peuvent confirmer nos chiffres: mille fois plus d'argent pour des avions de chasse que pour les études de nos enfants, et mille fois plus d'argent pour des prisons que pour la prévention du crime. Ça n'a absolument aucun sens.
    Comment peuvent-ils se regarder dans le miroir?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la réalité est que les fonctionnaires professionnels et non partisans qui travaillent au ministère de la Défense nationale ne sont pas d'accord avec le directeur parlementaire du budget. Ils ont d'ailleurs affirmé que la méthodologie n'était pas appropriée. Ils ont dit que le coût d'un avion ne se calcule pas en fonction de son poids ou d'une analyse historique datant de 50 ans et qu'il ne faut pas retarder de 30 ans cet achat.
    Les responsables du ministère de la Défense nationale seraient heureux de rencontrer le directeur parlementaire du budget pour discuter de sa méthodologie et corriger certaines de ses conclusions erronées.
    Pourquoi le député montréalais souhaite-il porter atteinte et nuire à la force aérienne et à l'industrie aérospatiale?

L'éthique

    Monsieur le Président, j'ai l'impression que le ministre jette le blâme sur la fonction publique.

[Français]

    Il est déplorable de voir à quel point le gouvernement conservateur impose l'idéologie du premier ministre aux Canadiens par un abus de pouvoir inimaginable, mais cela ne fonctionnera pas. Ils vont être reconnus coupables d'outrage au Parlement pour leurs cachettes et leurs manigances. C'est une grande première dans l'histoire mondiale des Parlements.
    Comment explique-t-il cet acte d'outrage aux Canadiens?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Parti libéral fait preuve d'un mépris incroyable envers les électeurs canadiens. Les libéraux veulent simplement rejeter les résultats de la prochaine campagne électorale et former une coalition irresponsable et instable avec leurs collègues du Bloc québécois et du NPD. Pire encore, ils refusent d'être honnêtes et transparents à ce sujet.
    Au lieu de gaspiller 400 millions de dollars pour tenir des élections inutiles, employons-nous à améliorer la qualité de vie de nos aînés en haussant le Supplément de revenu garanti que touchent les hommes et les femmes qui ont bâti notre pays et qui ont besoin de notre aide.

[Français]

L'électricité

    Monsieur le Président, dans le dossier du financement du câble sous-marin reliant Terre-Neuve-et-Labrador à la Nouvelle-Écosse, le ministre de la Défense nationale a déclaré que les intérêts de l'Atlantique et du Canada allaient passer avant les intérêts du Québec.
    Bref, ce que le premier ministre nous dit, par l'entremise de son ministre de la Défense nationale, c'est que les intérêts du Québec dans le dossier du câble sous-marin, il s'en balance, et que finalement, sa priorité, c'est le Canada, même si c'est au détriment du Québec.
    N'est-ce pas cela?

  (1425)  

    Monsieur le Président, je croyais que le chef du Bloc québécois profiterait de l'occasion pour féliciter le gouvernement d'avoir conclu une entente avec le gouvernement du Québec, notamment sur les redevances des gisements d'hydrocarbure dans les années à venir qui vont créer des milliers d'emplois au Québec. J'attends évidemment ses félicitations
    Monsieur le Président, le ministre aurait pu répondre à la question. Ce qu'Ottawa vient de faire, il l'a fait depuis plusieurs années pour les provinces de l'Atlantique.
    Pendant que le ministre de la Défense nationale se promène en vantant le projet de câble sous-marin électrique, qui serait financé à même l'argent des contribuables québécois, les députés conservateurs du Québec, eux, ne disent pas un mot. Pourtant, le Québec n'a pas reçu un sou du fédéral pour mettre en place son réseau hydroélectrique.
    Le premier ministre réalise-t-il qu'en finançant ce câble sous-marin, il financerait les concurrents d'Hydro-Québec? Cela serait injuste et inéquitable pour le Québec.
    Monsieur le Président, je peux dire à mon honorable collègue du Bloc québécois que les députés du Parti conservateur sont debout. Ils vont s'assurer, contrairement aux affirmations du Bloc, qu'il n'y aura pas d'iniquité entre les contribuables du Québec et les contribuables de l'Ouest du pays, de l'Est du pays ou de l'ensemble du pays. Nous allons appuyer les revendications du Québec.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, afin de s'approprier une plus grande part du gisement Old Harry, Terre-Neuve-et-Labrador refuse de reconnaître la validité d'une entente conclue entre le Québec et les provinces Atlantiques sur le partage des frontières du golfe Saint-Laurent. Terre-Neuve-et-Labrador prétend que, puisque l'entente n'a pas été entérinée par le gouvernement fédéral, elle n'est pas valide.
    Étant donné que le gouvernement dit être en mode règlement, va-t-il ratifier dès maintenant l'entente de 1964 pour que le Québec ait pleine juridiction sur son territoire, plutôt que favoriser, encore une fois, Terre-Neuve-et-Labrador?
    Monsieur le Président, c'est encore une démonstration de l'incapacité du Bloc de faire quoi que ce soit. Évidemment, en forçant une élection inutile, le Bloc québécois s'assure de retarder plusieurs projets et plusieurs ententes importantes pour le Québec. On a encore la question du gisement Old Harry aujourd'hui. Cela a été réglé par mon collègue le ministre des Ressources naturelles, de même que le gouvernement du Québec. Voilà une preuve tangible des réalisations que nous, nous pouvons faire pour les Québécois.
    Monsieur le Président, le Québec a imposé un moratoire jusqu'en 2012 sur l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures dans le Saint-Laurent, le temps que l'on connaisse les résultats des évaluations environnementales.
    Au nom du principe de précaution, le gouvernement conservateur va-t-il demander à Terre-Neuve-et-Labrador un moratoire sur l'exploration et l'exploitation pétrolières et gazières dans le Saint-Laurent, le temps que des études environnementales sérieuses soient effectuées?
    Monsieur le Président, c'est le gouvernement du Québec qui a décidé de mettre en place, au cours des deux prochaines années, un moratoire quant à l'exploitation des gisements d'hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent.
    Je pensais que le Bloc québécois était bien aligné et appuyé par le gouvernement du Québec, mais ça ne semble pas être le cas. Encore une fois, il est à l'écart des décisions prises entre le fédéral et le Québec.

[Traduction]

Le budget

    Monsieur le Président, les néo-démocrates ont présenté des solutions abordables, pratiques et raisonnables pour aider les familles à joindre les deux bouts. Ce sont des solutions pratiques qui auraient soulagé les familles de la classe moyenne qui luttent encore pour surmonter la récession. Par exemple, nous proposions une amélioration du RPC, la suppression des taxes fédérales sur le chauffage résidentiel et des mesures pour assurer l’embauche de plus de médecins et d’infirmières.
    Pourquoi le premier ministre a-t-il refusé de faire preuve d’un certain leadership en travaillant avec nous? Pourquoi refuse-t-il de prendre les moyens pour arriver à des résultats et choisit-il plutôt de provoquer le déclenchement d’élections?

  (1430)  

    Monsieur le Président, les propos du député sont absolument scandaleux.
    Nous avons présenté un budget conçu pour assurer des taux d’imposition bas et favoriser la création d’emplois et les débouchés économiques. Le budget offre du soutien aux aînés les plus vulnérables en augmentant le financement du Supplément de revenu garanti pour les hommes et les femmes qui ont contribué à bâtir notre pays et qui ont besoin d’un peu d’aide supplémentaire. Nous avons augmenté de 6 p. 100 les transferts au titre de la santé.
    Pourquoi les députés néo-démocrates n’appuient-ils jamais les bonnes mesures qui améliorent les soins de santé et aident les aînés canadiens qui sont vulnérables? Pourquoi ne prennent-ils pas la bonne décision en appuyant un budget formidable venant d’un ministre des Finances non moins formidable?

[Français]

    Monsieur le Président, le NPD est toujours prêt à travailler avec les autres partis pour obtenir des résultats, et le premier ministre le sait. J'ai travaillé avec lui alors qu'on faisait tous les deux partie de l'opposition. On a signé plusieurs lettres ensemble. Depuis qu'il est premier ministre, c'est plus difficile, mais on a réussi à obtenir un milliard de dollars pour les chômeurs il y a plus d'un an ainsi que des excuses aux écoles résidentielles. On a démontré qu'on est capables de travailler ensemble.
    Pourquoi le premier ministre refuse-t-il maintenant de travailler avec les autres?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons réalisé un grand nombre de consultations auprès des Canadiens d’un océan à l’autre. Le ministre des Finances et les ministres et députés d’un bout à l’autre du pays ont écouté attentivement. Nous avons réagi en offrant un ensemble de mesures équilibrées destinées à favoriser les emplois et les débouchés et à aider les aînés les plus vulnérables, grâce à l’augmentation du financement du Supplément de revenu garanti.
    Le NPD veut faire partie d’une coalition avec les libéraux, ce qui est absolument scandaleux. La véritable préoccupation des Canadiens a trait au fait que le NPD pourrait obtenir plus de sièges que les libéraux et que le chef du NPD pourrait devenir premier ministre et être à la tête d’un gouvernement minoritaire instable et dangereux.
    Monsieur le Président, j'ai l'impression que les gens d'en face sont un peu froids à mon endroit.
    Les néo-démocrates comprennent que notre fonction première est d’obtenir des résultats pour la population, et c'est pourquoi de plus en plus de gens font maintenant confiance au NPD.
    Rappelons-nous que même Paul Martin, le grand spécialiste de la réduction des impôts des sociétés chez les libéraux, était disposé à collaborer avec d’autres même pendant que des scandales lui faisaient ombrage. Les néo-démocrates ont alors négocié des modifications au budget ayant permis l’ajout de 4,6 milliards de dollars qui ont été consacrés à des éléments prioritaires pour les Canadiens comme les transports en commun, le logement et l’éducation.
    Cela peut se faire, mais les conservateurs refusent de collaborer. Pourquoi refusent-ils de modifier leur budget?
    Monsieur le Président, si nous avions besoin de conseils sur la manière de gérer l’économie et le gouvernement fédéral, nous n’en demanderions certainement pas à Paul Martin.
    Moins de quatre mois après sa rencontre avec Paul Martin dans une chambre d’hôtel de Toronto, au terme de laquelle il est parti avec 5 milliards de dollars dans les poches, le chef du NPD a voté pour flanquer à la porte le gouvernement libéral qui était secoué par les scandales.
    Le véritable scandale, c'est que les libéraux sont disposés à collaborer avec le Bloc québécois et le NPD pour imposer aux Canadiens un gouvernement de coalition qu'ils n'auront pas élu, car les gens de la coalition ne seront pas honnêtes et transparents à cet égard envers les Canadiens. Ce n'est pas dans l'intérêt des Canadiens et ce n'est pas acceptable pour le Canada.

L'éthique

    Monsieur le Président, le projet de loi S-11 est le plan des conservateurs pour accorder au ministre des Affaires indiennes le pouvoir d'imposer des systèmes d'alimentation en eau potable aux bandes indiennes. Bruce Carson était responsable de la politique sur les Autochtones au cabinet du premier ministre et, en tant que directeur législatif, a participé à la préparation du projet de loi S-11.
    Le gouvernement pourrait-il nous confirmer que ce projet de loi est un élément central du plan visant à retirer sa contribution de 80 millions de dollars dans la somme totale de 1,6 milliard de dollars destinée à aider les populations autochtones qui sont au désespoir?
    Monsieur le Président, c'est absolument scandaleux.
    Les libéraux n'ont que du mépris pour les électeurs canadiens. Normalement, au Canada, le gagnant des élections forme le gouvernement, mais les libéraux ne voient pas les choses ainsi. Leur mépris pour l'électorat canadien est tel qu'ils veulent se risquer à former un gouvernement instable avec le Bloc québécois et le NPD. Ils n'ont même pas le courage d'agir dans l'ouverture et la transparence devant les Canadiens.
    Plutôt que de dépenser 400 millions de dollars pour des élections inutiles, sachons faire bon usage de cet argent et mettons-le au service des personnes âgées qui, au Canada, ont désespérément besoin de notre aide avec le Supplément de revenu garanti.

  (1435)  

    Monsieur le Président, nous nous interrogeons sur le jugement du premier ministre.
    Comment un tel individu peut-il avoir été chargé de rédiger des projets de loi pour le gouvernement? Comment peut-on accorder la plus haute cote de sécurité à un avocat radié du Barreau, qui a fait de la prison et qui est pourchassé par Revenu Canada? Pourquoi tous ces ministres et leur personnel l'ont-ils rencontré même s'ils savaient qu'on lui avait interdit de faire du lobbying?
    Nous apprenons maintenant que son fils, Craig Carson, a été conseiller principal du ministre Jim Prentice et même du leader actuel du gouvernement à la Chambre des communes. A-t-il joué un rôle dans l'organisation de ces...
    À l'ordre, s'il vous plaît. Le leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole.
    Monsieur le Président, le Parti libéral s'enlise de plus en plus dans les calomnies et la diffamation.
    Les libéraux sont à court d'idées. Ils n'ont rien à proposer aux Canadiens au sujet des emplois, de l'économie et de la croissance.
    Nous avons un plan d'allègement fiscal qui favorisera la création d'emplois. Nous avons soumis à la Chambre un budget contenant des mesures pour aider les personnes âgées les plus démunies en augmentant à leur intention le Supplément de revenu garanti.
    Le Parti libéral est méprisant envers l'électorat canadien. Il veut nous obliger à tenir des élections inutiles plutôt que de faire le bon choix et d'aider les personnes âgées du Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, le projet de loi S-11 donnerait aux conservateurs le pouvoir d'imposer leur solution au problème d'eau potable des Premières nations. Qu'on dise aux Premières nations qu'elles ne sont pas assez compétentes pour décider d'elles-mêmes, c'est déjà insultant. Grâce à ce stratagème, la fiancée de M. Carson aurait empoché 80 millions de dollars avec ses commissions sur la vente de systèmes de filtration d'eau.
    N'ont-ils pas honte de profiter ainsi de la fortune des Premières nations?

[Traduction]

    Monsieur le Président, cette entreprise n'a pas reçu un seul dollar. Si le Parti libéral a des preuves, je l'encourage à les déposer à la Chambre.
     De toute évidence, le Parti libéral invente au fur et à mesure. Il n'est pas honnête et transparent envers les Canadiens au sujet de son plan visant à former un gouvernement de coalition avec le Bloc québécois et le NPD. Un tel gouvernement serait instable et nuirait à notre pays.
    C'est la personne qui obtient le plus de votes qui remporte les élections. C'est une tradition ancrée au Canada. Ce principe devrait s'appliquer à la démocratie canadienne. Les libéraux devraient arrêter de mépriser l'électorat canadien.
    Monsieur le Président, nous n'avons pas besoin d'inventer. Les faits sont déjà assez éloquents, pas besoin d'en rajouter.

[Français]

    Monsieur le Président, chef de cabinet du premier ministre, conseiller spécial du ministre de l'Environnement Jim Prentice, conseiller spécial des deux derniers ministres des Ressources naturelles, dont l'actuel lieutenant du premier ministre au Québec, c'est un véritable homme orchestre que ce Bruce Carson. Il a même rédigé un projet de loi qui lui aurait permis de mettre la main sur une partie d'un montant de 1,6 milliard de dollars alloué aux Premières nations.
     Et le premier ministre ne savait pas ce qui se passait? Comment les Canadiens peuvent-ils le croire?

[Traduction]

    Monsieur le Président, voici ce qu'a dit un ancien premier ministre britannique:
    Les attaques particulièrement blessantes m'encouragent toujours, car je pense que s'ils en sont réduits à lancer des attaques personnelles, c'est qu'il ne leur reste plus aucun argument politique.
    C'est là qu'en est rendu le Parti libéral. Que ce soit pour les emplois, l'économie et la croissance économique, les libéraux n'ont aucune solution à offrir aux Canadiens. Par contre, le gouvernement actuel se concentre sur la création d'emplois et vient en aide aux aînés les plus vulnérables du Canada.

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, l'hypocrisie des conservateurs est vraiment sans limite. Le premier ministre et le ministre des Finances savaient très bien qu'en refusant de répondre aux demandes légitimes du Québec, notamment la compensation de 2,2 milliards de dollars, ils risquaient de provoquer une élection. C'est le premier ministre qui tenait la main du ministre des Finances lorsqu'il a délibérément fait un budget qui ne répond pas aux demandes du Québec.
    Le ministre des Finances va-t-il admettre que c'est son intransigeance et son entêtement qui sont responsables d'une possible élection?
    Monsieur le Président, non. Nous avons eu de bonnes discussions avec le gouvernement du Québec. Cela va bon train et nous avons accompli des progrès. Malheureusement, la coalition veut avoir une élection, alors il y aura des délais.

  (1440)  

    Monsieur le Président, pour faire dérailler un train, il n'y a rien de mieux que lui. S'ils n'avaient pas voulu d'élections, les conservateurs n'auraient pas organisé une campagne préélectorale de 26 millions de dollars aux frais des contribuables, comme celle de la semaine dernière. S'il n'avait pas voulu d'élections, le ministre des Finances aurait abandonné dans son budget son infâme projet prédateur de commission des valeurs mobilières.
    Le ministre des Finances admettra-t-il que le déclenchement d'une élection sera sa responsabilité et celle de son gouvernement?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons présenté le bon budget pour tous les Canadiens. C'est un plan applaudi partout au Canada, que les principaux économistes jugent crédible et qui maintient un faible taux d'imposition. C'est un plan de réduction des impôts qui aide les aînés à faible revenu, les familles, les petites entreprises, les aidants, les fabricants et les travailleurs, entre autres.
    C'est ça que veulent les Canadiens, pas des élections inutiles déclenchées par une coalition assoiffée de pouvoir.

[Français]

La condition féminine

    Monsieur le Président, le budget du gouvernement prouve que les conservateurs nient l'existence et les défis auxquels fait face plus de la moitié de la population. Le budget ne contient aucune mesure pour améliorer les conditions de vie des femmes. En plus, au cours des dernières années, les conservateurs ont réduit le budget de Condition féminine Canada, coupé le financement de plusieurs groupes de défense des droits des femmes et permis que l'équité salariale, un droit fondamental, puisse être négocié.
    Est-ce que le premier ministre réalise que c'est l'indifférence de son gouvernement à l'égard des besoins des femmes du Québec qui risque de provoquer des élections?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée sait pertinemment que c'est tout à fait faux. En fait, c'est notre gouvernement qui a augmenté le budget de Condition féminine Canada et qui l'a porté à un sommet historique.
    Nous fournissons un financement dans toutes les provinces et territoires, y compris au Québec. J'invite la députée à collaborer avec nous afin d'améliorer la qualité de vie des femmes de toutes les régions du pays.

[Français]

Le logement

    Monsieur le Président, le gouvernement fédéral continue de refuser de prendre ses responsabilités en matière de droit au logement. Le budget conservateur ne contient aucun argent neuf pour le logement social et abordable. Selon les chiffres du FRAPRU, le Québec se voit privé de 57 millions de dollars par année pour la construction de logements sociaux et de 78 millions de dollars pour la rénovation des HLM existants.
    Le premier ministre réalise-t-il que c'est l'indifférence de son gouvernement à l'égard des besoins des mal-logés du Québec qui risque de provoquer des élections?
    Monsieur le Président, c'est notre gouvernement qui a investi presque 2 milliards de dollars dans le logement abordable et beaucoup plus, avec notre Plan d'action économique, dans la rénovation et la construction de près de 12 000 projets partout au Canada. Laissé au Bloc, personne n'aurait vu aucune amélioration à son logement parce que les députés du Bloc auraient voté contre, comme ils voteront contre le budget déposé cette semaine, qui veut aider les Canadiens. Eux, ils préfèrent une coalition qui ne respecte pas les voeux des Canadiens.

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, Bruce Carson s'est vu accorder un accès privilégié par le premier ministre à des renseignements privilégiés sur la politique énergétique et environnementale du Canada. Il n'est pas le seul.
    Les conservateurs ont donné 15 millions de dollars pour un nouveau programme, à l'époque où M. Carson conseillait le premier ministre en matière d'énergie et d'environnement. Celui-ci a ensuite été nommé directeur exécutif dudit programme. Or, il se trouve que le directeur adjoint, M. Adamson, est un ancien conseiller en politiques du ministre de l’Industrie. En fait, c'est lui qui, le premier, a décidé de financer le programme. Qui plus est, l'actuel président du programme, M. Heidecker, est l'ancien vice-président du Parti conservateur de l'Alberta.
    La question n'est plus celle de savoir si le premier ministre donne...
    À l'ordre. Le leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Monsieur le Président, je n'ai pas entendu de question. Le député a été interrompu.
    Monsieur le Président, nous savons pourquoi le député d'en face élude la question. Le premier ministre a organisé un versement de 15 millions de dollars, avec l'argent des contribuables, pour donner un emploi à son ancien employé. Qu'est-ce que les Canadiens ont obtenu en échange de ces 15 millions de dollars?
    Le site Web de l'École de l'énergie et de l'environnement du Canada renferme un discours prononcé en 2010 lors de la conférence Manning et traitant de la gestion du programme politique conservateur en situation de gouvernement minoritaire. Cet exposé renferme toutes sortes de conseils sur la façon de manipuler les médias, la période des questions et les députés fédéraux.
    Le premier ministre va-t-il maintenant admettre qu'il n'est qu'un télévangéliste défroqué de la responsabilité...

  (1445)  

    Le leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Monsieur le Président, je ne pense pas avoir saisi la question du député. Le député de Parkdale—High Park pourrait peut-être s'essayer encore une fois.
    Je me souviens lorsque Peggy Nash était ici. Elle luttait toujours pour les droits des aînés. Si Peggy Nash était à la Chambre aujourd'hui, elle appuierait l'augmentation du Supplément de revenu garanti, parce que cette mesure est dans les meilleurs intérêts des Canadiens, et que ceux-ci la méritent.

[Français]

    Monsieur le Président, Bruce Carson fait maintenant l'objet d'une enquête de la GRC pour trafic d'influence.
    Dans sa biographie officielle, Carson dit que le ministre des Ressources naturelles lui a confié des mandats.
    Quels mandats Bruce Carson a-t-il remplis pour le lieutenant du Québec dans ses fonctions?

[Traduction]

    Monsieur le Président, encore des propos scandaleux de la part du Parti libéral. Le vrai scandale aux yeux des Canadiens, c'est la coalition menée par les libéraux, qui veulent faire fi des résultats de la prochaine campagne électorale et assumer le pouvoir en formant un gouvernement de coalition risqué avec le Bloc québécois et le NPD. Un tel projet est tout à fait contraire aux intérêts des contribuables canadiens.
    Ce qui est encore pire, c'est que les libéraux ne vont pas faire preuve d'ouverture et de transparence quant à leurs tentatives visant à faire fi des résultats de la prochaine campagne électorale. Les Canadiens méritent mieux, et nos aînés ont besoin de l'aide accordée par le truchement du Supplément de revenu garanti. Ils ont besoin de ce soutien.
    Au lieu de dépenser 400 millions de dollars à la tenue d'élections, utilisons cet argent pour aider les aînés au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, s'il continue à faire le bouffon, le député pourra travailler pour le Cirque du Soleil.
    Bruce Carson a été nommé à la tête de l'École de l'énergie et de l'environnement du Canada. Le budget de 15 millions de dollars est financé à 100 p. 100 par Ottawa. On confie ce budget à un homme qui a été radié du Barreau et qui a été emprisonné pour avoir fraudé des clients. C'est ce qu'on appelle un bandit à cravate.
    Ce même Carson escorte ses amis ministres, les remplace avec les pleins pouvoirs et affirme qu'il a reçu et reçoit directement des mandats. Cette école commence à sentir le front et la couverture conservatrice pour Carson.
    Pourquoi tant de privilèges sont-ils accordés à cet individu?

[Traduction]

    Monsieur le Président, ces propos sont tenus par quelqu'un qui faisait partie du Cabinet lorsque Alfonso Gagliano a été nommé ambassadeur au Danemark. Il faut le faire.

Le budget

    Monsieur le Président, le gouvernement met l'accent sur les priorités des Canadiens. Cette semaine, la prochaine phase du Plan d’action économique du Canada a été présentée à la Chambre.
    Malheureusement, la coalition irresponsable, dirigée par le chef libéral, a affirmé qu'elle forcerait le déclenchement d'élections opportunistes et inutiles.
    En tant que députée du Nord, la ministre de la Santé pourrait-elle informer la Chambre des nouvelles mesures qui ont été prévues dans le budget pour améliorer le bien-être des Canadiens?
    Monsieur le Président, je suis fière du fait que le gouvernement a prévu dans le budget de nouvelles mesures visant à libérer partiellement les médecins ainsi que les élèves-infirmières travaillant dans les collectivités rurales et éloignées d'une partie de leurs prêts d'études.
    En fait, notre budget comprend un nouveau crédit d’impôt pour les aidants familiaux qui prennent soin de proches malades. Par surcroît, le plan comprend également des transferts aux provinces et aux territoires en matière de santé.
    Malheureusement, la coalition irresponsable a affirmé qu'elle forcerait le déclenchement d'élections inutiles et coûteuses qui empêcheront la mise en oeuvre de mesures visant à aider les Canadiens.

L’éthique

    Monsieur le Président, il ne se passe pas un jour sans qu’une enquête sur des actes de corruption des conservateurs soit lancée.
    Des militants conservateurs proches du ministre de la Défense se sont vu attribuer des postes supérieurs au sein de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique. Il y en a même un qui va suivre un cours de français qui pourrait durer deux ans tout en recevant son plein salaire, avant de commencer à travailler à l’Île-du-Prince-Édouard. L’APECA est une agence du gouvernement du Canada, non du Parti conservateur.
    Les conservateurs ont nommé des collecteurs de fonds du parti au Sénat et ils ont gardé un fraudeur notoire dans leurs rangs. Aujourd'hui, nous avons encore plus de preuves de favoritisme à outrance.
     Qu’en est-il de la promesse des conservateurs d'éradiquer la corruption telle que nous l’avons connue sous les libéraux?
    Monsieur le Président, notre gouvernement respecte les principes de responsabilité et de transparence. Le cabinet du ministre n’intervient pas dans les pratiques de recrutement de l’agence.
    Notre gouvernement a fait adopter la Loi fédérale sur la responsabilité, qui a resserré les règles. Les lignes directrices et pratiques du gouvernement du Canada sont toujours respectées à la lettre.
    Le vrai problème, c’est que nous savons que les députés d'en face qui sont membres de la coalition augmenteraient les dépenses et les impôts de manière irresponsable et feraient disparaître des emplois non seulement dans les provinces de l’Atlantique, mais également d’un bout à l’autre de notre magnifique pays.

  (1450)  

    Monsieur le Président, toute prétention de réforme en vertu de la Loi fédérale sur la responsabilité a été remplacée par le bon vieux favoritisme débridé et la politique de la bouteille de rhum des années Mulroney, avec une nouvelle brochette de voyous qui se remplissent les poches en s’adonnant au trafic d’influence.
    Je sais qu’ils pensent que leurs copains doivent bien gagner leur vie, mais il est contraire à l’éthique de tenter de tirer profit des piètres conditions de vie des Premières nations, qui sont dignes du tiers monde. C’est une pratique détestable et répréhensible.
    En poussant son dernier râle, j’aimerais que le gouvernement conservateur nous dise une chose. Quel rôle Bruce Carson a-t-il joué dans la rédaction de la Loi fédérale sur la responsabilité?

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, le budget conservateur ne répond pas aux besoins du Québec en matière de développement culturel. Le budget ne contient aucune aide directe pour améliorer les revenus des artistes, ni d'argent neuf pour le cinéma québécois. Il n'y a aucune volonté de rétablir les programmes d'aide aux tournées internationales. En plus, rappelons que pour l'année qui vient de se terminer, les dépenses de programmes en arts et culture ont été amputées de 7 p. 100.
    Le ministre du Patrimoine canadien réalise-t-il que c'est l'indifférence de son gouvernement à l'égard du Québec et de sa culture qui risque de provoquer des élections?
    Monsieur le Président, comme d'habitude, c'est entièrement faux. On a déposé à la Chambre notre sixième budget. Dans tous ces six budgets, on a augmenté le financement des arts et de la culture dans chaque coin du pays. Voici ce que la Conférence canadienne des arts a dit, en appuyant notre budget: « [le] budget 2011 présente comment le gouvernement entend appuyer la culture et les communautés et investir dans l’innovation, l’éducation et la formation. »
    De plus, Étienne Alary, président de l'Association de la presse francophone, en appuyant notre budget, dit qu'ils sont heureux de « constater que la voix des publications de langues officielles en situation minoritaire ait été entendue. » Comme d'habitude, on a « livré la marchandise » en matière de culture.

L'éducation postsecondaire

    Monsieur le Président, ça fait des années que tout le monde au Québec demande une augmentation des transferts pour l'éducation postsecondaire de plus de 800 millions de dollars pour revenir au niveau indexé de 1994-1995. Au lieu de poursuivre son empiètement dans les champs de compétence du Québec avec de nouvelles chaires de recherche annoncées dans son budget, le gouvernement devrait verser les 800 millions de dollars tant attendus.
    Le ministre des Finances réalise-t-il que c'est l'indifférence de son gouvernement à l'égard du Québec et de son système d'éducation postsecondaire qui risque de provoquer des élections?
    Monsieur le Président, l'honorable député ignore les faits. Nous avons mis sur pied le Programme canadien de bourses aux étudiants, afin d'aider ces derniers à défrayer leurs frais de scolarité et leur permettre de fréquenter un établissement postsecondaire, ainsi que de diminuer leur endettement. Nous voulons les aider à bénéficier des avantages de la formation et à avoir accès à l'éducation. Malheureusement, le Bloc a voté contre tous nos efforts, comme ils vont voter contre...
    L'honorable député de Cape Breton—Canso a la parole.

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, la liste de nominations conservatrices à motivation politique est longue, comme on l'a affirmé plus tôt à la Chambre, mais c'est à l'APECA que ces nominations sont les plus inquiétantes et les plus scandaleuses. Le bureau de l'APECA à l'Île-du-Prince-Édouard s'est transformé en maison de retraite pour les vieux copains des conservateurs.
    Le ministre pourrait-il informer la Chambre du nombre de personnes nommées par les conservateurs qui font actuellement l'objet d'une enquête par la Commission de la fonction publique? C'est une question simple. Combien font l'objet d'une enquête?
    Monsieur le Président, je vais devoir une fois de plus répéter ce que j'ai dit au député d'en face. Nous ne nous ingérons pas dans les pratiques d'embauche de l'agence. Notre gouvernement a fait adopter la Loi fédérale sur la responsabilité, qui a resserré les règles. Nous respectons en tout temps les lignes directrices strictes du gouvernement du Canada.
    Il n'a qu'à le dire au juge, monsieur le Président.
    Si le ministre passait moins de temps à s'occuper de ses copains conservateurs et plus de temps à s'occuper des Canadiens des provinces Atlantiques, peut-être qu'on ne se serait pas fait berner dans le budget présenté cette semaine. Le budget prévoit 85 milliards de dollars pour Pêches et Océans; 35 millions de dollars pour l'APECA et 7 millions de dollars pour Marine Atlantique. On est vraiment en train de dépouiller Peter pour payer Paul. En l'occurrence, ils ont dépouillé Peter, ils ont dépouillé Keith, ils ont dépouillé Gail. Où étaient donc les ministres des provinces Atlantiques lorsqu'on a procédé à ces dépouillements? Où étaient-ils lorsqu'on a privé les Canadiens de l'Atlantique de leur argent?
    Des voix: Oh, oh!

  (1455)  

    À l'ordre, s'il vous plaît. Le député de Cape Breton—Canso a prononcé quelques noms qui ressemblaient beaucoup à des noms de ministres et il sait qu'il est interdit d'employer le nom des députés à la Chambre.
    Je n'ai aucun doute que le ministre du Revenu national, lui, évitera une telle pratique.
    Monsieur le Président, par votre entremise, et avec le plus grand respect, je demanderais au député de réfléchir un peu.
    Lorsque le gouvernement dresse le budget, il a la responsabilité d'examiner les programmes et pratiques en vue d'obtenir les meilleurs résultats possibles pour les Canadiens. Toute organisation responsable le sait bien. Il faut trouver un moyen d'effectuer des économies tout en maintenant le niveau de service offert aux clients et la prestation de programmes.
    Notre seul souci, c'est que les membres de la coalition en face sont disposés à augmenter les dépenses de façon inconsidérée et à augmenter les impôts, ce qui aurait une incidence négative sur les provinces de l'Atlantique et sur le reste du Canada.

Le budget

    Monsieur le Président, les familles du Nord peinent à trouver des médecins et des infirmières. Pourtant, ce budget ne contient aucune mesure pour régler le problème.
    Selon le Dr Roger Strasser, doyen de la Faculté de médecine du Nord de l’Ontario:
    Les incitatifs financiers ne sont pas suffisants pour mettre fin à la pénurie de médecins et d’infirmières dans les régions rurales et éloignées
     Pourquoi les conservateurs refusent-ils d’écouter les spécialistes de la santé et les familles du Nord?
     Pourquoi les conservateurs rejettent-ils le plan concret du NPD qui préconise l’accroissement du nombre de médecins et d’infirmières dans le Canada rural?
    Monsieur le Président, encore une fois, quelle ironie! Le député prétend se préoccuper des soins de santé auxquels ont accès les Canadiens, de même que de la santé des Canadiens, mais il votera tout de même contre un budget qui permettrait de résoudre les problèmes qu’il vient de mentionner.
    Voter contre le budget équivaut à rejeter les fonds destinés à la recherche que nous proposons. Voter contre le budget, c’est voter contre l’apport de médecins et d’infirmières dans les collectivités rurales et éloignées. Voter contre le budget, c’est encore une fois voter contre l’augmentation des transferts aux provinces et aux territoires. Voter contre le budget, c’est voter contre les Canadiens.
    Monsieur le Président, la TVH impopulaire imposée par le gouvernement aux citoyens de la Colombie-Britannique coûte en moyenne 2 $ par jour à l’aîné moyen de cette province. Pourtant, les conservateurs prétendent qu’une maigre prestation supplémentaire de 1,15 $ par jour pour les aînés suffirait à compenser pour des niveaux de pauvreté aussi tragiques.
    Les conservateurs dépensent sans compter chaque fois qu’un PDG de société tend la main. Ils ont ainsi consenti quelque 60 milliards de dollars sous forme de baisses d’impôt aux entreprises. Cependant, que fait le gouvernement pour les aînés qui ont construit ce pays? Il leur offre un maigre huard par jour? C’est une véritable honte. Les aînés canadiens méritent mieux que cela.
    Pourquoi le gouvernement n’accorde-t-il pas aux Canadiens âgés la sécurité pour leur retraite, la retraite dans la dignité, comme ils le méritent? Il en prend beaucoup trop. Il n’en donne…
    À l'ordre, s'il vous plaît. Le président du Conseil du Trésor a la parole.
    Monsieur le Président, en ce qui concerne les commentaires du député au sujet des Britanno-Colombiens, il est bien connu que c’est le gouvernement de cette province qui est en faveur de la TVH.
     J’ajouterai que ce sont les députés du NPD, à l’échelle nationale, qui se sont opposés systématiquement à toutes les réductions d’impôt proposées par notre excellent ministre des Finances.
     Pour les Britanno-Colombiens comme pour tous les Canadiens, nous avons en effet suffisamment augmenté les prestations des aînés à faible revenu pour répondre à leurs besoins.

[Français]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, il y a quelques instants, mon collègue le ministre des Ressources naturelles est arrivé à la Chambre et, habituellement, il est vraiment très ponctuel. Il a effectivement eu un petit retard, et celui-ci est dû à une excellente raison. J'aimerais qu'il informe la Chambre de cette excellente raison pour tout le Québec.
    Monsieur le Président, j'ai le plaisir d'annoncer à la Chambre que ma collègue la vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, et moi avons annoncé un accord historique entre nos deux gouvernements sur l'exploitation d'hydrocarbures extracôtiers au Québec.
    Cela fait plus de 12 ans que le gouvernement du Québec demandait cela, et cela a pris notre gouvernement pour répondre à l'appel. Si on y est arrivé, c'est en dépit des députés du Bloc qui attaquent constamment cette industrie, en dépit des députés du Bloc du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de la Gaspésie qui ne veulent pas créer d'emplois dans leur région relativement à cette industrie.
    Le choix est maintenant clair. Ils ont le choix entre les chiâleux du Bloc ou les conservateurs qui veulent...

  (1500)  

    L'honorable député de Madawaska—Restigouche a la parole.

Les nominations gouvernementales

    Monsieur le Président, c'est assez scandaleux que les conservateurs donnent des jobs à leurs petits amis au Canada atlantique, mais la goutte qui fait déborder le vase, c'est quand ils nomment des incompétents qui ne sont même pas bilingues. Pour tenter de réparer leurs pots cassés, ils vont payer jusqu'à deux ans de salaire — un quart de million de dollars —, pour qu'ils puissent apprendre le français.
    Les conservateurs prennent-ils les gens de l'Atlantique pour des cruches?

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est une bien malheureuse question, quand on évoque la moralité de ces grands Canadiens de l'Atlantique, et en particulier de ceux qui ont consacré leur vie en tant que fonctionnaires à servir le Canada atlantique et l'Île-du-Prince-Édouard.
    Si le député a une question à ce sujet, peut-être pourrait-il demander à son collègue de l'île du Prince-Édouard ce qu'il pense de la moralité de la personne dont nous parlons.

[Français]

L'industrie de la construction navale

    Monsieur le Président, il est bien normal que les fournisseurs du gouvernement soient solvables. Cependant, en exigeant que les soumissionnaires remplissent cette condition 50 jours avant la fin du dépôt des propositions, une exigence qui n'apparaissait pas dans les documents préliminaires, les conservateurs enlèvent plusieurs semaines à la Davie pour se restructurer. Le député de Lévis—Bellechasse devrait faire comme son homologue à l'Assemblée nationale et réclamer que le gouvernement fédéral donne une chance honnête à la Davie de présenter une offre.
    Vont-ils cesser de torpiller la relance de la Davie?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis contente de constater que la députée sait enfin qu'il est important pour une entreprise d'être solvable si elle veut se voir octroyer un contrat par le gouvernement du Canada.
    Qui plus est, il y a eu des consultations exhaustives auprès des responsables de tous les chantiers navals du pays, dont Chantiers Davie, dans le cadre de la Stratégie nationale d'approvisionnement en matière de construction navale. Fait important, la demande de propositions a été supervisée par KPMG en ce qui concerne les conditions financières requises. Et une personne chargée de veiller de manière indépendante à ce que tout se passe de façon équitable a dit que ces décisions avaient été prises en toute objectivité, en l'absence de tout favoritisme et de pressions politiques et qu'elles prenaient en compte des éléments comme l'ouverture et la concurrence. C'est ce qui est important.

La santé

    Monsieur le Président, les députés élus du Parlement, dont 26 conservateurs, ont voté pour sauver des vies en adoptant le projet de loi C-393, afin de fournir des médicaments à tous.
    Nous avons toutefois obtenu un courriel rédigé par le ministre de l'Industrie dans lequel il enjoint les sénateurs conservateurs de torpiller le projet de loi. Les conservateurs utilisent encore une fois le Sénat, une relique du XIXe siècle aux dires même du premier ministre, pour torpiller un projet de loi adopté par la Chambre. Les conservateurs préfèrent protéger les profits des grosses compagnies pharmaceutiques plutôt que de protéger des vies.
    Les conservateurs comprennent-ils bien ce qu'est la démocratie ou n'aiment-ils simplement pas ce mot?
    Monsieur le Président, le problème avec ce projet de loi, dans sa forme actuelle, c'est qu'il n'aidera pas les gens que le député prétend vouloir aider, et c'est ce que l'honorable député sait mais qu'il ne veut pas dire.
    S'il tient vraiment à ce que ce projet de loi soit adopté au Séant, il devrait voter pour le budget. Il devrait voter pour que le gouvernement puisse poursuivre ses activités. Son projet de loi fera ensuite l'objet d'un débat au Sénat. Il a toutefois trop peur pour le faire.
    Il écoute trop ses collègues et leurs arguments ridicules pour dissoudre le Parlement et nous plonger dans des élections inutiles afin de pouvoir former une coalition.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, il y a quelques semaines, le gouvernement conservateur a une fois de plus montré qu'il avait à coeur le sort des victimes.
    La Chambre a adopté le projet de loi C-59, qui mettrait fin à la déplorable pratique voulant que les criminels soient remis en liberté après avoir purgé à peine le sixième de leur peine.
    C'est triste à dire, mais le député d'Ajax—Pickering a affirmé que le moral des détenus serait meilleur si les criminels étaient relâchés après avoir purgé seulement une fraction de leur peine.
    Le ministre pourrait-il dire à la Chambre où en est ce projet de loi?
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier la députée de sa question et à la féliciter pour l'excellent travail qu'elle a fait dans ce dossier.
    J'ai l'immense plaisir d'annoncer à la Chambre qu'hier, le projet de loi C-59, qui abolit les remises en liberté conditionnelles avant terme, a reçu la sanction royale.
    Malheureusement, toutes les nouvelles ne sont pas aussi bonnes. Les députés seront en effet choqués d'apprendre que tous les sénateurs libéraux sans exception ont voté afin que les voleurs de voitures, les trafiquants de drogue et les fraudeurs à cravate comme Earl Jones soient remis en liberté avant leur temps. Je ne m'attends certainement pas à ce que le député libéral de Lac-Saint-Louis nous soit d'un grand secours, mais je suis convaincu que nous pourrons compter sur le sénateur Larry Smith.

  (1505)  

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, j'ai une question à poser au leader du gouvernement à la Chambre.
    J'aimerais savoir ce que le gouvernement propose pour demain et le reste de la semaine, ce que les conservateurs envisagent de soumettre à la Chambre la semaine prochaine et comment ils voteront sur la motion de censure qui sera présentée demain en prélude à la chute du gouvernement.
    Quelle suffisance de la part de l'opposition officielle, monsieur le Président.
    Des voix: Bravo!
    L'hon. John Baird: On les traite de suffisants et ils applaudissent tous.
    Pour ce qui est des travaux de la Chambre, je crois que la ministre de la Condition féminine a une motion à présenter quand j'aurai terminé ma réponse à la question du jeudi. Ensuite, sans préjuger du résultat des votes de la Chambre, il me semble qu'on souhaite donner aux députés qui ne se présenteront pas aux prochaines élections deux minutes chacun pour faire une déclaration. Après, nous poursuivrons la première journée de débat sur le budget.
    Demain, nous avons le dernier jour désigné de cette période de crédits. Je ne comprends pas pourquoi la coalition de l'opposition parle de mettre fin à cette législature très productive en déclenchant des élections inutiles et que les gens ne souhaitent pas. Ces dernières semaines, j'en suis venu à la conclusion que c'était le Parlement le plus dysfonctionnel de toute notre histoire.
    Hier, notre gouvernement conservateur a obtenu la sanction royale pour les projets de loi suivants: le projet de loi S-6 supprimant la disposition de la dernière chance; le projet de loi C-14 qui apporte aux Canadiens qui travaillent fort une équité à la pompe, le projet de loi C-21 pour réprimer les crimes en col blanc; le projet de loi C-22 pour sévir contre les individus qui veulent exploiter nos enfants sur Internet; le projet de loi C-30, R. c. Shoker; le projet de loi C-35 qui s'attaque aux consultants en immigration véreux; le projet de loi C-42, qui vise la sûreté aérienne; le projet de loi C-48 qui supprime les réductions de peine pour les auteurs de meurtres multiples; le projet de loi C-59 qui abolit la libération anticipée des fraudeurs en col blanc, un projet de loi auquel le gouvernement libéral s'est opposé mais qui a été appuyé par le Bloc; le projet de loi C-61, sur le blocage des biens de dirigeants étrangers corrompus; et le projet de loi S-5 sur la sécurité des véhicules importés du Mexique. Quel bilan pour le ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités.
    Mais le Parlement n'a pas fini son travail. Il y a encore de nombreux projets de loi d'initiative ministérielle essentiels et populaires que souhaitent les Canadiens. La semaine prochaine, à partir de lundi, nous aborderons le projet de loi C-8, sur l'Accord de libre-échange entre le Canada et la Jordanie; le projet de loi C-46, sur l'Accord de libre-échange entre le Canada et le Panama, le projet de loi C-51, sur les pouvoirs d'enquête au XXIe siècle; et le projet de loi C-52, sur l'accès légal.
    Le ministre de la Justice relâche-t-il son action contre la criminalité? Non, il en fait de plus en plus. À bien des égards, en tant que leader à la Chambre, j'ai l'impression d'être le secrétaire parlementaire du ministre de la Justice.
    Naturellement, il faut finir le débat sur le budget pour entamer la phase suivante du Plan d'action économique du Canada, des impôts bas pour stimuler la croissance et l'emploi. Par conséquent, mardi, nous aurons le deuxième jour de débat sur le budget, mercredi le troisième, et jeudi le quatrième. Nous aurons du pain sur la planche et j'invite les députés d'en face à recommencer à s'occuper des intérêts du public au lieu d'autre chose.
    À propos de ces intérêts, puisque j'ai la parole, j'aimerais demander le consentement unanime pour la motion suivante. Je propose que, nonobstant tout article du Règlement ou usage habituel de la Chambre, le projet de loi C-49, Loi modifiant la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, la Loi sur des mesures de réforme équitables concernant les réfugiés et la Loi sur la sûreté du transport maritime, soit réputé avoir été lu pour la deuxième fois, renvoyé à un comité plénier, avoir fait l'objet d'un rapport sans propositions d'amendement, avoir été agréé à l'étape du rapport, lu pour la troisième fois et adopté.

  (1510)  

    Le leader du gouvernement à la Chambre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Monsieur le Président, je demande de nouveau le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion suivante. Je propose: Que, nonobstant tout article du Règlement ou usage habituel de la Chambre, le projet de loi S-10, Loi modifiant la Loi réglementant certaines drogues et autres substances et apportant des modifications connexes et corrélatives à d’autres lois, soit réputé avoir été lu pour la deuxième fois, renvoyé à un comité plénier, avoir fait l’objet d’un rapport sans propositions d’amendement, avoir été agréé à l’étape du rapport, lu pour la troisième fois et adopté pour le ministre de la Justice.
    Le leader du gouvernement à la Chambre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Monsieur le Président, je propose: Que le projet de loi C-60, Loi modifiant le Code criminel, soit réputé avoir été lu pour la deuxième fois, renvoyé à un comité plénier, avoir fait l’objet d’un rapport sans propositions d’amendement, avoir été agréé à l’étape du rapport, lu pour la troisième fois et adopté.
    Le leader du gouvernement à la Chambre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Monsieur le Président, c'est la dernière. Je demande le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion suivante. Je propose: Que le projet de loi C-12, Loi modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 (représentation démocratique), soit réputé avoir été lu pour la deuxième fois, renvoyé à un comité plénier, avoir fait l’objet d’un rapport sans propositions d’amendement, avoir été agréé à l’étape du rapport, lu pour la troisième fois et adopté.
    Le leader du gouvernement à la Chambre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le Président: Le whip du Nouveau Parti démocratique invoque le Règlement?

[Français]

    Monsieur le Président, on pourrait peut-être demander le consentement unanime de la Chambre des communes afin que le Parlement envoie un message au Sénat lui demandant d'adopter immédiatement le projet de loi C-232 demandant le bilinguisme des juges à la Cour suprême. En effet, ce projet de loi a été le premier à se rendre au Sénat et il a été refusé par les conservateurs.
    L'honorable député a-t-il le consentement unanime de la Chambre?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le Président: Il n'y a pas de consentement.

[Traduction]

La Journée internationale de la femme

    Monsieur le Président, il y a eu des consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante:
    Que la Chambre:
reconnaissant le centième anniversaire de la Journée internationale de la femme qui a été instaurée en 1911 afin d'honorer et de commémorer les accomplissements sociaux, politiques et économiques des femmes;
évoque la décision des Nations Unies, en 1975, de choisir le 8 mars comme la Journée internationale de la femme, le jour où nous célébrons la contribution des femmes à travers le monde;
apprécie la décision du gouvernement du Canada d'utiliser cette année le thème « Les droits des filles comptent » pour la Journée internationale de la femme et de mettre l'accent sur l'importance de l'égalité et de l'accès aux opportunités pour toutes les filles et les femmes tout au long de leur vie;
accepte que, à la suite de l'annonce faite par la ministre de la Condition féminine, le 8 mars 2011, le Canada prendra l'initiative dans l'effort de proposer une résolution aux Nations Unies qui verrait la proclamation du 22 septembre comme étant la Journée internationale des filles.

  (1515)  

    La ministre a-t-elle le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je demande le consentement unanime de la Chambre pour que le projet de loi C-624, le projet de loi sur Nortel, soit réputé lu, débattu et adopté à toutes les étapes.
    Le député de Cape Breton—Canso a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter cette motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Je crois comprendre qu'on s'est entendu pour accorder deux minutes à tous les députés qui ont signalé qu'ils ne se présenteraient pas aux prochaines élections.

[Français]

    Je donnerai la parole aux députés selon leur ordre d'ancienneté.
    L'honorable députée de Mississauga-Est—Cooksville a la parole.

[Traduction]

Démission de députés

    Monsieur le Président, merci de m'avoir accordé quelques instants pour remercier tous les députés que j'ai côtoyés ces 22 dernières années et qui m'ont toujours prêté leur précieux concours.
    À mon arrivée en 1988, j'ai trouvé ici un endroit inspirant où la rancoeur partisane pouvait déborder à la Chambre, mais où la collégialité régnait dans les corridors.
    Je me souviens d'avoir posé des questions pointues à un ministre, Perrin Beatty, et ensuite, nous nous sommes rendus ensemble à nos bureaux de l'édifice de l'Ouest en parlant des questions de l'heure, de la famille et de la vie. C'était un peu comme dans les vieilles bandes dessinées de Warner Bros. mettant en vedette le loup et le chien de berger, mais je ne sais trop qui de nous deux était le chien de berger.
    Je me suis toujours employée à garder cette vision de cet endroit, et j'ai trouvé de nombreux amis au sein des différents partis.
    Selon moi, nous venons ici pour la plupart avec la volonté de faire en sorte que le Parlement puisse changer la vie des gens. Je regarde mes années passées ici et je constate que presque tous mes souvenirs agréables sont liés aux nombreuses occasions où les députés de tous les partis se sont unis pour appuyer une cause ou un projet de loi. Le bruit et à la colère viennent souvent enterrer le ton beaucoup plus amical du consensus que j'ai eu le privilège d'observer au fil des ans.
    Je me souviens d'être allée en Hollande et d'avoir vu le respect que les quatre chefs de parti vouaient à nos anciens combattants et leur détermination à améliorer leur sort.
    Avant de tirer ma révérence, je tiens à remercier trois premiers ministres: Paul Martin, d'avoir fait un grand acte de foi en m'invitant à faire partie de son Cabinet; Jean Chrétien, de m'avoir fait vivre l'expérience du comité constitutionnel de 1992 et de ne pas m'avoir expulsée malgré le fait que je n'ai pas toujours suivi la ligne de parti et, enfin, notre premier ministre actuel, d'avoir rendu justice aux familles des victimes de meurtre et de leur avoir donné un certain repos d'esprit grâce aux peines consécutives.
     Je remercie à l'avance tous les députés de regarder directement la caméra, à partir de maintenant, pour que je puisse vous observer attentivement, regretter votre absence avec le coeur gros et être reconnaissante pour tous les bons souvenirs que je conserverai des décennies que j'ai passées à la Chambre.
    Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour parler du meilleur emploi, des meilleures personnes et du meilleur pays du monde. En tant que députés, nous avons accès à des processus décisionnels et à des décideurs, tant à l'échelle nationale qu'internationale. L'expérience de député, c'est gros comme le monde.
    Je sais gré au premier ministre de m'avoir nommé au Conseil privé et de la confiance qu'il m'a témoignée dans l'exercice des fonctions qu'il m'a assignées.
    Je suis reconnaissant à mes électeurs de l'appui et de la confiance qu'ils m'accordent depuis 1993.
    Je remercie de leur soutien mes adjointes ici présentes, Krissy et Chelsea Côté. Croyez-le ou non, Krissy travaille pour moi depuis le début de ma carrière politique, il y a 17 ans et demi. Je remercie également Wendy Kemble, mon adjointe à mon bureau de Cranbrook. J'adresse des remerciements tout particuliers à Ken Millier, qui m'a fait entrer en politique en 1991 et qui me suit encore avec moi aujourd'hui en tant que président de ma circonscription électorale.
    Je remercie de leur soutien mes amis au sein du parti ainsi que les militants qui plantent les affiches dans les bancs de neige et qui font les appels téléphoniques. Je ne pousserai pas la vanité jusqu'à penser que c'est moi seul qu'ils appuient. C'est le principe, le principe politique, qu'ils appuient, et je les en remercie.
    Par-dessus tout, je remercie ma famille, mon épouse Jeannette, mes trois enfants et leurs conjoints et mes sept petits-enfants.
    Surtout, je rends grâce à Dieu de m'avoir soutenu tous les jours et de toutes les manières possibles pendant cette période. Ma foi dans le Christ est le pilier immuable sur lequel je m'appuie.

  (1520)  

    Monsieur le Président, ce fut un honneur et un privilège pour moi de siéger à la Chambre. On ne vient pas ici sans l'appui d'autrui. Si c'était le cas, je ne serais pas ici. Nous sommes envoyés ici parce que des gens sont convaincus que nous représenterons leurs intérêts.
    J'aimerais donc les remercier.
    Tout d'abord, je tiens à remercier Preston Manning, qui a été pour moi une source d'inspiration, ce qui m'a incité à me présenter aux élections de 1988 sous la bannière réformiste; le Dr Pat Pettman et les autres personnes qui m'ont encouragé à le faire de nouveau en 1993; Alex Soroka qui a géré bon nombre de mes campagnes, ainsi qu'Eric Sykes et Jim Northey qui ont assumé la même fonction; les braves gens de Delta et de Richmond qui m'ont appuyé pendant toutes ces années; mais surtout, mon épouse Sue, qui a fait preuve d'un appui indéfectible, ma fille Carolyn qui n'avait que deux ans lorsque j'ai été élu pour la première fois, mes filles aînées Erin et Kristy, mon fils Martin et mes petits-enfants.
    Pour réussir ici, il faut être entouré d'un bon personnel, et j'ai été chanceux à cet égard. Brian Derrah, un avocat et un chercheur extraordinaire, mais aussi un ami, me fut d'une aide précieuse sur la Colline pendant plus de 17 ans, de même que Michelle Cormier, Gail Galloway et Kelly Williams. Je ne saurais passer sous silence l'aide particulièrement importante de Karen Siefken et de Karen Wilson qui ont servi mes électeurs avec dévouement dans le bureau de Ladner. Elles ont été indispensables et je les remercie, ainsi que mes collaborateurs Phil Eidsvik et Dennis Brown.
    Je tiens aussi à adresser mes remerciements au personnel de la Colline du Parlement pour sa générosité, son attention et son sens du devoir, surtout les employés de la Bibliothèque du Parlement qui mettent à notre disposition des recherches solides pour que nous fassions bonne figure.
    Je remercie les braves gens d'Air Canada qui ont fait de leur mieux pour satisfaire un horaire très chargé et le personnel du Marriott d'Ottawa, où je vis depuis près de 15 ans. Enfin, et par-dessus tout, je remercie mes collègues ainsi que le premier ministre pour son leadership exceptionnel.
    Peu de temps après mon élection, j'ai eu une grande décision à prendre et j'ai demandé conseil à Ron Huntington, un ancien député. Il m'a recommandé d'opter non pas pour le choix qui serait dans mon intérêt ce jour-là, mais pour celui que je ne regretterais pas au moment de quitter cet endroit. J'ai suivi son conseil.
    Lorsque j'ai été élu la première fois, mon souhait était que, lorsque je quitterais la politique, les gens de ma circonscription disent: « Il a tenu parole: il nous a bien représentés. » Cela reste toujours mon souhait le plus cher.
    Monsieur le Président, 17 ans et demi peuvent certainement passer en un clin d'oeil. Moins d'un Canadien sur 100 000 a le privilège et l'honneur de représenter à la Chambre les espoirs, les désirs et les aspirations des Canadiens. Nous sommes tous chanceux d'avoir la possibilité de le faire.
    J'ai vécu beaucoup de choses depuis 17 ans et demi, et la Chambre me manquera beaucoup.
    Je tiens d'abord à remercier tous les députés. J'ai eu le privilège d'appartenir à deux partis politiques. J'ai donc compté des députés des deux côtés de la Chambre parmi mes collègues. On dit parfois du mal de notre profession, mais, comme nous le savons tous, chacun d'entre nous s'escrime à défendre les intérêts des Canadiens et du Canada. Nous avons peut-être des divergences d'opinons, et elles sont parfois fondamentales, mais chacun et chacune d'entre nous, sans exception, donne son coeur et son âme à la Chambre et à notre pays et s'y investit pleinement pour l'avenir du Canada.
    J'espère qu'en fin de compte, nous pouvons travailler ensemble. Nous n'avons pas tous les mêmes opinions, et il est essentiel que nous menions des batailles longues et épuisantes. Ces batailles sont importantes, mais j'espère que nous arriverons à régler les questions graves et vitales auxquelles le Canada doit faire face, et ce, par rapport non seulement aux Canadiens, mais aussi aux événements qui se produisent à l'autre bout du monde. Nous savons que, comme l'onde provoquée par un caillou lancé dans un étang, ce qui se produit chez nous a des répercussions qui transcendent nos frontières. Nos frontières sont poreuses. Ce qui se passe à l'étranger a aussi des effets ici. L'un de nos plus grands privilèges est d'avoir l'occasion d'aider les citoyens de notre pays et du monde entier.
    Je remercie tous les députés d'avoir été mes collègues.
    Enfin, je tiens à remercier mes parents, Colleen et Cyril; mes quatre frères, Neil, Andrew, Paul et Darryll ainsi que leurs familles; et ma conjointe Gina, qui est ici aujourd'hui. Sans l'appui et l'amour de nos proches, nous serions incapables de faire tout ce que nous faisons.
    Je souhaite à tous mes collègues la meilleure des chances pour l'avenir. Je sais qu'ils accompliront tous de grandes choses. Je les remercie de leur amitié. Carpe diem.

  (1525)  

    Monsieur le Président, il est écrit qu’il y a un temps pour toute chose. Au cours de ma carrière politique, tout s’est mis en place il y a 17 ans, quand j’ai été élu pour la première fois à la Chambre des communes. Je peux assurer aux députés que je suis en bonne santé. Néanmoins, même si c’est toujours pour moi un honneur et un privilège d’être député, j’ai décidé de ne pas présenter de nouveau ma candidature aux prochaines élections.
    J’avais 36 ans quand cette aventure a commencé et nos quatre enfants vivaient encore à la maison. Maintenant, ils sont tous adultes et mariés et nous avons, Deb et moi, 10 petits-enfants. Je me suis juré que le jour où je quitterais la politique, j’aurais su préserver ce qui était le plus important à mes yeux lorsque j’y suis entré: l’amour et le respect de mes proches. C’est surtout grâce à ma femme, Deb, qui est mon port d’attache et l’amour de ma vie que cela arrivera. C’est la plus grande réalisation de ma vie.
    J’ai d’abord été élu en tant que réformiste et j’ai vite appris qu’il valait la peine d’écouter et de servir le public. Mes électeurs se passionnent pour les questions et les enjeux politiques qui les intéressent et j’ai toujours trouvé très inspirant et très motivant de travailler avec eux. Ce sont des gens merveilleux et pleins de bon sens et je leur serai éternellement reconnaissant de leurs encouragements et de leur appui.
     Une des meilleures choses qu’apporte la vie politique, ce sont les amis que nous nous faisons en cours de route. Nous nous sommes liés d’amitié avec tout plein de gens que nous n’aurions jamais rencontrés autrement. Ce ne sont pas seulement des partisans politiques, mais des gens aux idées différentes venant d’autres milieux, d’autres religions et d’autres régions. Comme les amis fidèles que nous avons toujours eus chez nous, ces nouveaux amis font maintenant partie intégrante de nos vies. Leur compagnie loyale a enrichi notre vie.
     Bien entendu, le fait de siéger au Cabinet a été pour moi une expérience exceptionnelle. Je serai toujours reconnaissant envers le premier ministre qui s’est donné la peine de me dire que non seulement il voulait que je sois ministre, mais qu’il était certain que je pourrais remplir cette fonction. Il m’a nommé alors que je venais d’être éprouvé par le cancer et il m’a encouragé en disant: « Ne laissez pas les gens vous dire que vous ne pouvez plus apporter votre contribution -- ne les laissez pas vous mettre de côté. » Ceux qui survivent au cancer ont besoin d’entendre ce genre de paroles et ils ont besoin d’y croire. Je remercie le premier ministre de ces paroles. Ma santé est bonne depuis.
     Pendant tout ce temps, mon personnel a fait un travail exceptionnel. Ces personnes sont aux prises avec une charge de travail, des attentes et des pressions du public considérables, mais elles ont toujours été à la hauteur et ont toutes servi le Canada avec compétence. Si j’ai acquis une bonne réputation au cours des années, c’est en grande partie grâce à leurs efforts. Je peux en dire autant des nombreux fonctionnaires professionnels avec qui j’ai travaillé dans trois ministères différents ainsi que de la greffière et de son personnel. Notre pays a de la chance d’avoir ces personnes à son service.
     À tous égards, mon expérience de ces 17 dernières années a renforcé ma conviction que le Canada est l’un des pays les plus favorisés au monde. Nous avons la chance d’avoir une terre où abondent les ressources naturelles et un peuple stoïque et généreux, pacifique et généralement prospère. Quel grand pays!
     Un jour, et peut-être bientôt, je quitterai cet endroit et je laisserai derrière moi le rôle que j’y ai joué. Je partirai avec des sentiments partagés parce que j’aime servir notre pays et sa population. Mais il y a un temps pour toute chose et je suis convaincu que le moment est venu pour Deb et moi de vivre la prochaine aventure merveilleuse que Dieu nous réserve.
     Je remercie tous les députés pour l’honneur et le privilège d’avoir été ensemble au service de nos électeurs et de notre pays.

[Français]

    Monsieur le Président, je vous remercie de vos services et de votre patience envers nous, et surtout, parfois, envers moi.

[Traduction]

    Je remercie nos collègues également de nous avoir accordé ce temps. Je remercie les collègues de tous les partis qui m'ont témoigné à maintes reprises, même parfois lorsque je ne le méritais pas, des marques de respect que je chérirai toujours. Souvent, nous n'obtenons pas un certain degré de respect à l'extérieur de la Chambre, peut-être pour de bonnes raisons, mais je peux dire de mes collègues, tous ceux que j'ai rencontrés et avec qui j'ai travaillé, que la fameuse devise latine s'applique certainement: Desiderantes Meliorem Patriam, « Ils veulent une patrie meilleure ». Je peux dire cela des gens avec qui j'ai servi.
    Je dois également dire, du fond de mon coeur, que je remercie Dieu. Je remercie Dieu de pouvoir être ici en train de remercier Dieu et de ne pas avoir peur de connaître le sort qu'a subi un de nos collègues très chers il y a quelques semaines seulement, Shahbaz Bhatti, qui a payé le prix ultime pour ce crime. Je remercie Dieu que nous soyons dans une assemblée où les gens peuvent affirmer qu'ils ne croient pas en Dieu, qu'ils peuvent être sur un pied d'égalité dans cet endroit et que d'autres, au-delà des murs de cet endroit, qui écrivent et commentent, puissent même ridiculiser l'une ou l'autre de ces deux positions sans craindre, eux non plus, de subir le même sort. Nos ancêtres ont payé un prix très élevé pour cette liberté.
    Moi aussi, je remercie mes électeurs. La responsabilité face à ses électeurs et la représentation de ces derniers constituent certainement le niveau le plus élevé de la démocratie. Reconnaître cela et reconnaître le vote comme un lien sacré sont des choses qui nous guident tous et doivent continuer à nous guider. Quand je pense à la façon dont nous nous conduisons parfois ici, moi y compris, je me demande si c'est pour cela que mes électeurs m'ont envoyé ici. Un jour, un vieil homme qui faisait la file devant un bureau de scrutin m'a dit: « C'est la seule occasion où j'ai vraiment voix au chapitre ». Je remercie ces électeurs pour les fois où nous avons été en mesure de faire cela et de les représenter.
    Je remercie les gens qui ont travaillé pour moi, notamment à titre de bénévoles, ainsi que les différents membres de mon personnel au cours des ans, pour la façon dont ils ont pu m'endurer, pour la façon dont ils m'ont aidé dans mes moments de faiblesse. Dans les rares occasions où j'ai eu du succès, ce sont eux qui m'ont littéralement passé la rondelle, alors, à l'occasion, j'ai été en mesure de la mettre dans le filet. Je les remercie.
    Je remercie les gens qui servent dans cet endroit, qui nettoient ce grand édifice, qui veillent à notre sécurité, qui font toutes ces choses que nous n'avons pas le temps de faire pour rendre cet endroit présentable et faire en sorte qu'il représente la démocratie dont il est le symbole.
    Je remercie le premier ministre pour son respect de la démocratie. Il est plutôt dommage que les gens ne puissent assister à nos discussions pour voir comment nous, les députés, sommes capables de faire valoir les points de vue de nos électeurs en sa présence et même de le faire changer d'idée dans certains dossiers, où les enjeux intéressent particulièrement nos électeurs.
    Enfin, monsieur le Président, je vois que vous vous penchez vers l'avant et je sais que ce n'est pas pour applaudir, mais je voudrais remercier ma famille. Mes fils étaient jeunes lorsque ma femme et moi avons décidé d'entrer dans l'arène de la politique provinciale. Nous ne voulions pas faire de la politique fédérale pour ne pas avoir à les laisser pendant de longues périodes. La situation aurait été désastreuse chez nous si nous n'avions pas été présents. Mais, même si nous avons évité l'éloignement géographique pendant toutes ces années, nous avons dû nous excuser à quelques reprises. Nous avons maintenant le bonheur d'avoir de nombreux petits-enfants, et je ne voudrais pas recommencer un autre cycle d'excuses. C'est un facteur que je prends en considération.

  (1530)  

    Ma femme est présente aujourd'hui, alors je dois adopter un comportement impeccable, comme j'ai essayé de le faire pendant la période des questions. J'ai dit à de nombreuses reprises que mon mariage n'était peut-être pas parfait, mais que ma femme l'était. S'il y a des faiblesses dans notre relation, j'en suis la cause. Ce qui est parfait lui appartient. Elle est présidente de l'Association des conjoints de parlementaires. Elle a un titre de président, comme moi. En toute honnêteté, je dois admettre qu'elle est plus populaire que moi parmi les députés. Un ancien chef d'État d'Israël a dit un jour, à propos d'une femme comme elle: « Ses enfants la bénissent et son mari fait son éloge. » Alors, cet après-midi, je n'ai que des éloges pour elle.
    Je termine en pensant aux paroles de mon père, qui est décédé il y a peu de temps. Lorsque j'étais enfant et que nous étions en camping, le temps venait de démonter la tente, de plier bagages et de ramasser toutes nos affaires. Il nous disait parfois qu'il restait un bout de papier ou une cannette vide dans les broussailles ou près d'un arbre. Nous lui répondions que ce n'était pas notre faute. Alors, il nous rappelait qu'il fallait toujours laisser le terrain de camping dans un meilleur état que nous l'avions trouvé. J'espère avoir réussi à appliquer ce principe en tant que député.

  (1535)