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Publications de la Chambre

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41e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 204

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 5 février 2013




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 146
NUMÉRO 204
1re SESSION
41e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 5 février 2013

Présidence de l'honorable Andrew Scheer

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Le commissaire à l'intégrité du secteur public

     J'ai l'honneur de déposer, conformément à l'article 38 de la Loi sur la protection des fonctionnaires divulgateurs d'actes répréhensibles, le rapport spécial du commissaire à l'intégrité du secteur public concernant une enquête sur une divulgation d'actes répréhensibles.

[Français]

    Ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires.

[Traduction]

L'environnement et le développement durable

     J'ai l'honneur de déposer, conformément au paragraphe 23(5) de la Loi sur le vérificateur général, le rapport du commissaire à l'environnement et au développement durable à la Chambre des communes pour l'année 2012, accompagné d'une annexe sur les pétitions concernant l'environnement pour la période du 1er janvier au 30 juin 2012.

[Français]

    Ce rapport est renvoyé en permanence au Comité permanent de l'environnement et du développement durable.

[Traduction]

Pétitions

L'Afghanistan 

    Monsieur le Président, j'ai ici une pétition signée par près de 1 000 Canadiens d'origine afghane, dont certains viennent de ma circonscription, Pickering—Scarborough-Est, qui réclament l'établissement d'un bureau consulaire et d'immigration à Kaboul, en Afghanistan. Les pétitionnaires font notamment remarquer la détérioration des conditions au bureau d'Islamabad, au Pakistan, qui s'occupe en ce moment d'un grand nombre de demandes de services consulaires et d'immigration provenant de l'Afghanistan.

Le mercure dentaire  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter 10 pétitions concernant le mercure, une substance particulièrement toxique. Le mercure utilisé en dentisterie peut contaminer l'environnement parce qu'il pollue l'air des cliniques dentaires et se trouve dans les déchets solides que celles-ci produisent. Il existe maintenant sur le marché de nombreux produits abordables qui remplacent efficacement l'amalgame au mercure et rendent ce dernier inutile.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement de reconnaître que l'Organisation mondiale de la santé recommande l'élimination progressive de l'amalgame dentaire et de reconnaître le travail du comité intergouvernemental de négociation. Ils demandent au gouvernement de donner l'exemple au monde entier en recommandant l'abandon progressif du mercure en dentisterie et l'adoption progressive de solutions de rechange sans mercure au Canada.

La maladie de Lyme  

    Monsieur le Président, je suis très heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour présenter une pétition signée par plus de 500 personnes en faveur de mon projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi C-442, visant à élaborer une stratégie nationale sur la maladie de Lyme.
    La pétition que je présente aujourd'hui a été signée par des habitants de la Nouvelle-Écosse, de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et d'ailleurs au Canada. Les signataires demandent que ce projet de loi soit adopté.

Les investissements étrangers  

    Monsieur le Président, je serai brève. La deuxième pétition compte 100 signatures d'habitants de Victoria qui demande à la Chambre de faire tout en son pouvoir pour bloquer, retarder et empêcher la ratification du traité sur les investissements entre le Canada et la Chine, qui n'a, heureusement, pas encore été ratifié.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Le Président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

Initiatives ministérielles

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — L’assurance-emploi  

    Que cette Chambre demande au gouvernement d’annuler les changements dévastateurs qu’il a apportés au programme d'assurance-emploi qui ont pour effet de réduire l’accès aux prestations, de faire baisser les salaires, de pousser les Canadiens vulnérables vers la pauvreté et de transférer aux provinces des coûts supplémentaires; et qu'elle lui demande de rétablir le projet pilote des cinq semaines supplémentaires pour éviter le « trou noir » de l’insécurité financière auquel font face les travailleurs des industries saisonnières et les économies régionales qui dépendent d'eux.
    — Monsieur le Président, d'entrée de jeu, je dirai que je partagerai mon temps de parole avec la députée d'Hamilton Mountain.
    Je prends la parole aujourd'hui pour déposer une motion au nom de l'opposition officielle concernant la réforme de l'assurance-emploi annoncée dans le dernier budget des conservateurs.
    Avant de commencer, j'aimerais souligner un point qui m'apparaît très important. Dans son projet de loi mammouth du budget, le gouvernement a tenté de dissimuler les changements à l'assurance-emploi en espérant que la population n'y voit que du feu et en limitant les débats. Il aura ensuite fallu attendre jusqu'en mai dernier pour en apprendre davantage sur les intentions du gouvernement, et c'est de façon très discrète, en décembre dernier, que la ministre a annoncé la mise en vigueur des nouvelles règles à suivre pour les travailleurs qui cherchent un emploi.
    Je considère que cette façon de faire est plus que cavalière et absolument inacceptable, ce qui semble malheureusement devenir le modus operandi quotidien des conservateurs. Combien de fois devrons-nous rappeler que la caisse de l'assurance-emploi est financée par les cotisations des employés et des employeurs seulement? Le gouvernement ne contribue pas à cette caisse depuis plus de 20 ans, combien de fois devrons-nous le marteler?
     Le gouvernement, avant même d'entreprendre ses attaques envers les chômeurs, devrait d'abord expliquer aux Canadiens quelle est sa légitimité pour s'immiscer dans la gestion d'une caisse dont les fonds ne lui appartiennent même pas. Ensuite, il devrait, tout au long d'un processus ouvert et clairement défini, consulter et dialoguer avec les acteurs impliqués, soit les employés et les employeurs, ce qui n'a jamais été fait. Cette méthode antidémocratique nuit non seulement aux employés, aux employeurs et aux économies, mais aussi à la crédibilité que les Canadiens doivent nous accorder en tant que politiciens.
    Le régime d'assurance-emploi devrait être disponible quand les Canadiens en ont besoin. Ce sont eux qui y cotisent, c'est donc normal que cette assurance leur soit accessible dans les moments les plus difficiles. Or, si nous regardons de plus près les chiffres du mois de juillet dernier, il y avait 1 377 000 Canadiens sans travail. Le même mois, seulement 508 000 Canadiens recevaient des prestations d'assurance-emploi, ce qui veut dire que 869 000 Canadiens n'avaient pas de prestations. Cela signifie que moins de 40 % des Canadiens au chômage reçoivent des prestations d'assurance-emploi. C'est honteux.
    Historiquement, les taux de couverture de l'assurance-emploi étaient beaucoup plus élevés que 40 %. Avant les réformes des libéraux dans les années 1990, les taux d'accès se situaient entre 70 % et 90 %. Après les compressions des années 1990, les taux d'accès ont chuté, avant de se stabiliser autour de 40 %, taux dont on parle aujourd'hui. Actuellement, les chiffres les plus récents montrent qu'il y a toujours moins de 40 % de chômeurs qui ont accès à leurs prestations, alors que tout le monde qui y cotise.
    En plus de réduire volontairement l'accès à l'assurance-emploi, les conservateurs obligent maintenant les chômeurs à accepter du travail moins bien rémunéré que leur emploi précédent dans un rayon de 100 km de leur domicile. Ces nouvelles définitions d'« emploi convenable » et de « recherche d'emploi raisonnable », en vigueur depuis un mois, auront des conséquences néfastes sur notre économie et sur les conditions de vie des citoyens.
    Déjà, des histoires sordides sont de notoriété publique. Pour certains, faire un trajet de 100 km n'est pas un problème. Les grandes villes sont généralement bien desservies par des réseaux de transport développés. Ce qui est troublant, c'est qu'il faille appliquer les mêmes règles lors de situations complètement différentes. Dans les régions, les villages sont éloignés les uns des autres et les emplois sont plus rares. Le gouvernement ne propose rien pour soutenir la diversification de notre économie régionale, particulièrement dans ces endroits où les économies ont un indice de saisonnalité très élevé.
    De plus, l'obligation d'accepter une rémunération allant jusqu'à 70 % du salaire précédent ne fera qu'entraîner une spirale de salaires vers le bas, au détriment des conditions de vie des travailleurs.

  (1010)  

    Cette perspective économique plutôt simpliste, mise en avant par les conservateurs ne fait que mettre en lumière leur incompétence flagrante dans la gestion du portefeuille collectif, puisqu'elle affaiblira nos régions et des secteurs entiers de notre économie qui sont pourtant vitaux.
    L'économie canadienne ne peut reposer que sur quelques secteurs clés, mais doit plutôt prospérer à travers une diversification de ces derniers, comme la pêche, le tourisme, la construction, l'enseignement, le commerce au détail, etc. Tous ces secteurs économiques seront durement touchés par cette réforme. Encore hier, des chiffres accablants ont été publiés venant prouver, une fois pour toutes, que la performance économique du pays est bien plus ternie que les conservateurs ne le laissent croire.
    Une étude du Conference Board du Canada affirme que la progression des inégalités sociales et économiques au Canada détériore le tissu social au pays et que l'écart entre les riches et les pauvres s'accroît toujours, tout comme la pauvreté chez les enfants. Le Canada fait bien piètre figure comparativement à ses compères de l'OCDE. Si l'économie du Canada va si bien, comme les conservateurs aiment le crier sur les toits, ne devrions-nous pas être justement en meilleure posture pour offrir des conditions de vie et de répartition du revenu justes et équitables, en plus de voir notre taux de pauvreté réduit?
    La réforme de l'assurance-emploi ne fera qu'aggraver cette situation. Les travailleurs contractuels à temps partiel ou saisonniers veulent être reconnus et respectés pour leur travail, puisqu'ils sont une partie intégrante de notre économie et de notre prospérité. Ils ne sont que le reflet de la saisonnalité du travail au Canada et de l'environnement économique que le gouvernement met en place pour eux.
    Les Canadiens veulent des emplois, de la croissance et de la prospérité, pas une chasse aux chômeurs qui videra les régions et qui appauvrira tous les travailleurs précaires, y compris ceux situés dans les villes.
    Au bout du compte, ce sont les provinces qui écoperont des coûts supplémentaires reliés au manque d'accès à l'assurance-emploi. Les gens mis au pied du mur se tourneront vers une option de dernier recours: l'assistance sociale. Qui paie l'assistance sociale? Ce sont les contribuables, évidemment. Bref, encore une fois, ce sont tous les contribuables qui écoperont de la facture que cause la mauvaise gestion des conservateurs.
    Enfin, nous avons les deux pieds dans le mois de février. Les chômeurs qui ont un travail saisonnier écoulent actuellement leurs dernières prestations. Le fameux trou noir du printemps, c'est maintenant. Il faut agir, car il est à notre porte.
    Le gouvernement n'a qu'à regarder les taux de chômage régionaux pour comprendre que sa supposée reprise économique ne justifie pas l'arrêt du projet de loi qui allongeait la période de prestations de cinq semaines. Les régions à fort taux de chômage en ont besoin, pas pour dépenser de façon frivole, mais pour mettre de la nourriture sur la table, chauffer le logement et mettre de l'essence dans la voiture.
    Le gouvernement conservateur peut-il agir rapidement et rétablir le projet-pilote le temps que l'on étudie les répercussions du retrait de cette mesure, ou est-il clairement en train de dire qu'il laisse tomber nos régions?
    Des milliers de personnes manifestent depuis des mois. Des voix s'élèvent, autant du côté des travailleurs, des employeurs, des chambres de commerce, des élus municipaux que des provinces. Avant que cette crise ne s'enlise dans une crise sociale, et avant que nous nous retrouvions face à des cas graves ou des incidents malheureux, ce gouvernement doit reculer sur cette mesure immédiatement.
    Je terminerai en disant que personne ne nie que le régime d'assurance-emploi doit être revu, mais l'approche unilatérale des conservateurs est malheureusement bornée. Elle évite tout dialogue, même avec les experts. Elle ne sert qu'à plaire à la base électorale idéologique et met carrément en péril notre filet social.
    Cette approche n'est pas dans l'intérêt de tous les Canadiens et ces derniers voient clair dans le jeu dangereux des conservateurs. Le gouvernement doit retourner sur la planche à dessin et amorcer un véritable dialogue pour définir avec les Canadiens ce que ceux-ci veulent dans les programmes d'assurance-emploi.
    Je serai ravie de débattre du sujet avec mes collègues afin de faire avancer le dialogue et proposer des solutions concrètes à nos citoyens, en espérant qu'une réelle consultation se fasse dans ce pays.

  (1015)  

    Monsieur le Président, je poserai une question simple à ma collègue, qui siège au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, et qui est porte-parole en matière d'assurance-emploi.
    Le gouvernement a mis en place le projet de loi C-38, un projet de loi omnibus, mais il n'y a pas eu de discussion à son sujet. Dans une démocratie, si le gouvernement veut faire une réforme de l'assurance-emploi, il devrait normalement consulter les gens, envoyer le projet de loi pour étude au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, convoquer au comité les acteurs concernés, surtout ceux qui cotisent à la caisse d'assurance-emploi, soit les travailleurs et les employeurs, afin de s'asseoir ensemble pour essayer de trouver des solutions au problème. Il faudrait favoriser la participation des travailleurs et des employeurs à ce processus, parce que ce système d'assurance-emploi n'appartient pas au gouvernement.
    On ne doit pas se contenter d'adopter entre nous un projet de loi à notre manière, my way or the highway. On constate que c'est de cette manière que le gouvernement a procédé.
    La vraie manière démocratique de procéder n'aurait-elle pas été d'envoyer ce projet de loi en comité et de proposer qu'une étude se fasse à l'échelle nationale?
    Monsieur le Président, c'est indispensable. Voilà ma réponse.
    Il est inconcevable et honteux qu'on ne reçoive pas les gens touchés par cette réforme. Cette dernière touche les chômeurs, les groupes engagés dans la défense des chômeurs, les syndicats, les populations et les travailleurs. La réforme ne touche surtout pas le gouvernement canadien qui n'y verse pas un sou.
    Les travailleurs et les employeurs payent pour cette réforme. Il serait donc indispensable que ce dossier soit renvoyé au comité. Ce sont 58 milliards de dollars qui ont été volés aux chômeurs. Alors, rappelons-nous le un peu.

  (1020)  

    Monsieur le Président, nous ne sommes certainement pas d'accord, parce que notre honorable collègue utilise des mots comme « vol ». C'est absolument affreux qu'une réforme soit aussi mal comprise.
    L'honorable députée convient-elle que ce programme a toujours exigé d'un prestataire d'assurance-emploi qu'il cherche un emploi? Comment pourrait-elle expliquer qu'une clarification de ce qui représente une offre d'emploi raisonnable n'est pas une bonne chose à faire?
    L'hon. Denis Coderre: Question!
    M. Chris Alexander: On exige que les gens qui reçoivent des prestations d'assurance-emploi cherchent un emploi. On veut clarifier ce que représente une offre d'emploi raisonnable.
    Pourquoi l'honorable députée est-elle contre une telle réforme raisonnable, intelligente et moderne?

[Traduction]

    Avant de redonner la parole à la députée de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, je rappelle au député de Bourassa qu'après un discours, il y a une période appelée période de questions et d'observations. Il n'a pas besoin de crier « Question, question, question! » pendant que le secrétaire parlementaire pose une question à la députée. Je l'invite à ne pas l'oublier pendant le reste du débat d'aujourd'hui.
    La députée de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais répondre aux deux questions de l'honorable député.
    D'abord, je maintiens le mot « vol ». On continue à voler parce qu'on a augmenté de 5 ¢ la cotisation que doivent verser les travailleurs et on a augmenté le plafond. On continue donc à aller chercher plus de 1 milliard de dollars dans la poche des travailleurs. Le gouvernement n'injecte pas un sou dans cette réforme.
    En deuxième lieu, en ce qui a trait à la profession de couvreur, c'est le travail qui est saisonnier et non les travailleurs. Ainsi, les couvreurs et les déneigeurs travaillent lorsqu'il y a de l'emploi, tout comme les professeurs à temps partiel. Ils voudraient bien travailler à temps plein, main on ne fait pas le recouvrement des toitures en plein hiver et on ne déneige pas l'été. Ils vont donc d'un travail saisonnier à un autre, mais ça ne couvre pas toute la période.
    Mes collègues savent très bien que dans certaines régions du Canada, il n'y a pas de travail saisonnier, l'hiver ou l'été, qui couvre cette période.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour appuyer la motion du NPD ayant pour objet d'améliorer le régime d'assurance-emploi du Canada et de venir en aide aux Canadiens qui ont perdu leur emploi pour des raisons indépendantes de leur volonté.
    La Chambre ne siège que depuis une semaine, mais j'ai pris la parole tous les jours pendant la période des questions pour demander des comptes au gouvernement au sujet des conséquences des changements draconiens qu'il a apportés au régime d'assurance-emploi. Nous parlons de ces problèmes pour montrer l'incapacité du gouvernement à répondre aux besoins des Canadiens, mais, bien franchement, nous le faisons aussi dans l'espoir que les exemples que nous présentons amèneront le gouvernement à revoir son orientation.
    Nos efforts ont porté fruits par le passé, même avec le gouvernement conservateur. Après des mois de questions à la Chambre, le gouvernement a finalement fait marche arrière au sujet des F-35 et il est revenu sur sa décision concernant l'exportation de l'amiante. Enfin, n'oublions surtout pas que nous sommes même parvenus à faire reconnaître aux conservateurs l'existence d'une récession en 2009 et la nécessité d'investir dans le renouvellement des infrastructures. Même dans le dossier de l'assurance-emploi, nous avons vu que la ministre a un peu reculé, car elle a reconnu que nous avions raison au sujet des effets punitifs des changements qu'elle a apportés au programme Travail pendant une période de prestations. Honnêtement, je suis moins optimiste cette fois-ci. Pourquoi? Parce que le fossé entre la situation à laquelle sont confrontés les chômeurs canadiens et l'image que la ministre s'en fait s'élargit de jour en jour. Or, je ne suis pas convaincue que c'est le fruit du hasard.
    Permettez-moi de citer rapidement deux exemples pour illustrer cela. Afin de justifier les changements du gouvernement en ce qui a trait à l'assurance-emploi, les conservateurs insistent sur le fait qu'il y a des milliers de postes vacants au Canada parce que les chômeurs ne veulent pas travailler. Ce n'est pas du tout le cas, et le gouvernement sait fort bien que c'est de la foutaise. Selon Statistique Canada, il y a cinq chômeurs pour chaque poste déclaré vacant au Canada. Dans les provinces de l'Atlantique, il y a jusqu'à dix chômeurs pour chaque poste vacant. De toute évidence, le vrai problème, c'est que le gouvernement a un bilan lamentable en matière de création d'emplois, non pas que les Canadiens ne veulent pas travailler. Voilà une vérité qui dérange. Il n'est pas étonnant que les conservateurs pipent toujours les dés de manière à empêcher Statistique Canada de faire son travail efficacement.
    Après vous avoir fait part de ce mythe général, je voudrais vous donner un autre exemple de double langage digne d'Orwell de la part du gouvernement. Vendredi dernier, j'ai demandé au gouvernement de dire ce qui en est des nouveaux quotas que la ministre a établis pour inciter son personnel à réduire l'argent touché par les prestataires. La ministre leur demande d'économiser 150 millions de dollars par année. Celle-ci a nié avec véhémence que de tels quotas existent, mais plus tard, à l'extérieur de la Chambre, elle a admis que des objectifs dans ce sens ont été énoncés. Comment les députés de l'opposition et, surtout, les Canadiens peuvent-ils mener des discussions fructueuses avec le gouvernement au sujet de l'impact dévastateur des changements qu'il a mis en place quand celui-ci refuse constamment d'être honnête? Je comprends la pratique qui consiste à dorer l'image du parti, mais le gouvernement l'utilise de façon complètement inacceptable.
    Les députés se souviendront peut-être du terme « fausse vérité », inventé par Stephen Colbert. Eh bien, nous avons des fausses vérités à profusion à la Chambre. C'est ce qu'on souhaiterait que la vérité soit par opposition à ce qu'elle est vraiment; c'est ce qui sonne bien par opposition à ce qui est fondé sur des faits réels. Les fausses vérités de ce genre constituent une énorme menace pour notre démocratie parce que la gouvernance démocratique n'est légitime que dans la mesure où la population est bien informée.
    Essayons de renverser la vapeur et de considérer de façon réaliste les difficultés auxquelles les prestataires d'assurance-emploi doivent faire face. Penchons-nous sur les modifications que le gouvernement a apportées depuis la présentation de son budget, au printemps dernier, et voyons si nous pouvons nous entendre sur ce qu'il faut faire pour atténuer les dommages. Je ne suis pas très optimiste, mais les Canadiens s'attendent à ce que nous fassions de notre mieux.
    Tout au long de la récession, les conservateurs ont, dans une large mesure, laissé intact le régime d'assurance-emploi, et comme je nourris de nouveau l'espoir d'une collaboration possible, j'irai jusqu'à les féliciter d'avoir ajouté plusieurs mesures de relance liées à l'assurance-emploi dans leurs plans d'action de 2008 et de 2009. Toutefois, cette époque est révolue.
    Malgré que la reprise économique soit loin d'être achevée, les conservateurs exercent maintenant des pressions en resserrant les critères d'admissibilité afin de limiter davantage l'accès à l'assurance-emploi et à son processus d'appel. Ces réformes punitives nourrissent les préjugés négatifs à l'endroit des prestataires d'assurance-emploi et ne tiennent pas compte des réalités associées aux marchés du travail régionaux et aux industries saisonnières. Elles nuiront autant aux travailleurs qu'aux collectivités.
    Examinons les faits. Nous savons que moins de chômeurs canadiens recevront des prestations d'assurance-emploi en raison de ces nouvelles règles. Le gouvernement estime que les modifications entraîneront le rejet de 8 000 demandes de prestations, ce qui représente 30 millions de dollars par année. Nous savons que les chômeurs canadiens seront désormais forcés d'accepter un emploi moins payant où la réduction de salaire peut aller jusqu'à 30 % par rapport à leur emploi précédent. Cela entraînera une réduction des salaires pour tous les Canadiens. Nous savons que certaines compétences précieuses ne seront désormais plus mises à contribution. Un travailleur de métier ou un professeur qualifié qui touche des prestations d'assurance-emploi sera maintenant forcé d'accepter un autre emploi qui demande souvent moins de compétences. Nous savons que les travailleurs des industries saisonnières seront les plus durement touchés, puisque les réformes des conservateurs ciblent surtout les prestataires fréquents.

  (1025)  

    Il s'agit manifestement d'une attaque idéologique contre les travailleurs. Si le gouvernement voulait vraiment jumeler les Canadiens aux emplois disponibles, il ne s'efforcerait pas de resserrer les critères d'admissibilité à l'assurance-emploi, mais plutôt de combler cet urgent besoin de création d'emplois.
    Le véritable problème, au Canada, c'est qu'il n'y a pas assez d'emplois, et punir les innocentes victimes des problèmes économiques de notre pays n'arrange rien. Au contraire, cela contribue au déclin des familles et collectivités prospères dont le pouvoir d'achat fait tourner les économies locales. Si le gouvernement voulait aider les travailleurs, il investirait dans des programmes de formation et d'apprentissage qui permettraient de former les chômeurs et les jeunes travailleurs en vue des emplois disponibles. Il aurait pu adopter mon projet de loi C-201, qui aurait aidé les gens de métier et les apprentis à déduire des frais de déplacement et de logement de leur revenu imposable afin de pouvoir décrocher et garder des emplois sur des chantiers de construction situés à plus de 80 kilomètres de leur domicile.
    Il s'agirait là de mesures concrètes dans la bonne direction qui permettraient de jumeler les gens aux emplois disponibles. Toutefois, en ne cherchant qu'à sabrer dans l'assurance-emploi, le gouvernement ne fait que préparer le terrain aux employeurs, qui finiront par embaucher des travailleurs migrants et à les payer moins cher que les salaires en vigueur. Est-ce que cela me surprend? Bien sûr que non.
    Les députés se souviendront que le premier ministre avait déclaré ce qui suit devant l'American Council for National Policy en 1997: « En ce qui concerne les chômeurs, qui sont au nombre d'un million et demi, ne vous sentez pas trop mal pour eux. » Pour ne pas être en reste, son collègue conservateur de South Shore—St. Margaret's avait plus tard traité les chômeurs canadiens de « bâtards bons à rien ». Même la ministre a déclaré qu'elle ne souhaitait pas « qu'il soit lucratif pour eux de rester à la maison ».
    De toute évidence, les Canadiens ne peuvent faire confiance aux conservateurs dans ce dossier. Les libéraux ont été les premiers à s'attaquer aux chômeurs en resserrant les critères d'admissibilité à l'assurance-emploi et en prélevant 54 milliards de dollars dans la caisse d'assurance-emploi. Seuls les néo-démocrates ont lutté pour les travailleurs. Nous savons et nous croyons que l'assurance-emploi ne constitue pas une prestation du gouvernement. Ce programme est payé par les travailleurs et les employeurs. Les Canadiens paient de bonne foi leurs cotisations d'assurance-emploi en pensant qu'ils pourront compter sur ce programme s'ils perdent leur emploi.
    Mes collègues et moi avons présenté cette motion aujourd'hui dans le but de protéger ce principe sacré des attaques répétées du gouvernement. Nous allons annuler les cruelles compressions des conservateurs et continuer de travailler avec les syndicats, les entreprises, les provinces et les territoires afin de trouver des solutions à plus long terme destinées à aider les Canadiens à trouver des emplois, sans considérer que les chômeurs constituent le problème.
    J'invite les conservateurs à revoir leur approche et à appuyer notre motion. Il n'y a aucune honte à commettre une erreur. Ce qui est honteux, c'est refuser de l'admettre et de la corriger.

  (1030)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté les observations de la députée de l'opposition et j'ai quelques questions à lui poser.
    J'aimerais que la députée nous dise si elle tient compte de certains aspects, comme la situation personnelle, les conditions de travail et les heures de travail, qui sont énoncés dans la définition de ce qui constitue un emploi convenable dans le cadre de démarches raisonnables de recherche d'emploi, mais plus particulièrement de la situation personnelle, sur laquelle nous avons mis l'accent. Je me demande si elle pourrait nous fournir des précisions à cet égard.
    J'aimerais également que la députée d'en face prenne la peine de préciser qu'elle comprend qu'il ne s'agit pas de changements en profondeur. En fait, il s'agit de précisions relatives aux attentes à l'égard des prestataires de l'assurance-emploi, attentes qui existent depuis un bon moment déjà et qui existaient bien avant que ces aspects soient présentés.
    Je représente une circonscription où il y a beaucoup de travailleurs saisonniers. En fait, l'industrie touristique y est très importante. Mes électeurs sont très heureux de ces changements parce qu'ils ont accès à des perspectives d'emploi chez eux, dans leur communauté. J'aimerais que la députée d'en face explique ce qu'elle dirait à mes électeurs, qui sont heureux des décisions prises par le gouvernement.
    Monsieur le Président, je suis très heureuse que la députée me pose ces questions. Lorsque le gouvernement doit fournir des précisions au sujet d'un système déficient, comme l'est le régime d'assurance-emploi, qu'il le fait en laissant entendre que les prestataires ont de mauvaises intentions, et qu'il se dit ensuite surpris que nous nous opposions aux changements qu'il propose, j'avoue que je ne sais pas trop quoi répondre à de telles questions.
    La députée affirme que tous les habitants de sa circonscription apprécient énormément ces changements. J'aimerais lui faire une proposition. J'adorerais avoir la possibilité, avec mes collègues, de m'adresser aux conseils du travail de sa circonscription. J'aimerais beaucoup m'entretenir avec ces gens. Nous pourrions leur demander ce qu'ils pensent vraiment des changements apportés à l'assurance-emploi. En effet, toute personne qui reçoit en ce moment des prestations d'assurance-emploi, qui a cotisé au régime tout au long de sa vie active et qui perd son emploi sans en être responsable a désespérément besoin de l'aide du gouvernement.
    Or, au lieu d'aider ces gens, le gouvernement modifie certains critères, embrouille les règles et traite maintenant les prestataires comme s'ils étaient des fraudeurs. C'est tout à fait inacceptable, et je serais enchantée de discuter de cette situation avec les habitants de la circonscription de la députée.
    Monsieur le Président, deux secrétaires parlementaires ont pris la parole pour essayer de faire passer ces changements pour de simples éclaircissements, ce qui a bien fait rire tous les députés de ce côté-ci.
    En fait, ces changements obligent des travailleurs à accepter un emploi dont le salaire correspond à 75 % de ce qu'ils gagnaient. Pendant une période de chômage, la personne qui faisait 20 $ l'heure est, par exemple, obligée d'accepter un emploi à 15 $ l'heure jusqu'à ce qu'elle trouve son nouvel emploi. Si les gens qui se retrouvent dans cette situation doivent accepter une réduction de salaire, en quoi s'agit-il d'un éclaircissement? Rien n'a été écrit à ce sujet. En quoi s'agit-il d'un éclaircissement?
    En quoi les pressions à la baisse exercées sur le salaire des employés saisonniers, dans les régions rurales, sont-elles des éclaircissements?
    La députée pourrait-elle me donner quelques éclaircissements à cet égard?
    Monsieur le Président, je suis toujours contente que les libéraux me demandent de comprendre ce qui se passe dans la tête des conservateurs, mais je dois dire que c'est un exercice effrayant auquel je ne veux pas me livrer.
    En toute franchise, j'estime que le député a tout à fait raison. Il ne s'agit pas d'éclaircissements. C'est une attaque en règle contre les travailleurs canadiens. Ces mesures touchent les travailleurs des secteurs saisonniers. C'est la raison pour laquelle les députés de ce côté-ci de la Chambre parlent de renverser la tendance. Ces mesures ont aussi une incidence sur des collectivités entières. C'est ce qui fait que des maires, des conseillers municipaux et des collectivités d'un peu partout au Canada s'opposent aux prétendus éclaircissements. Ces mesures sont bien plus que cela. En fait, elles affaiblissent le régime d'assurance-emploi. C'est une attaque en règle contre les travailleurs, les collectivités et les PME qui comptent sur le soutien de ces travailleurs pour survivre.
    J'espère sincèrement que le gouvernement surprendra les Canadiens en faisant marche arrière. Il précisera peut-être sa position en votant en faveur de la motion que nous avons présentée aujourd'hui.

  (1035)  

    Monsieur le Président, je remercie la députée d'avoir parlé des travailleurs, des collectivités et des petites entreprises. Cette question constitue une grande source de préoccupation dans ma province, Terre-Neuve-et-Labrador, qui compte un très grand nombre de petites localités.
    La députée pense-t-elle qu'il existe un lien entre ce programme gouvernemental, qui a pour effet de dissuader les travailleurs saisonniers au Canada, et le programme des travailleurs étrangers temporaires dont le gouvernement fait la promotion avec assiduité?
    Monsieur le Président, c'est tout à fait le cas. Le gouvernement s'applique d'abord et avant tout à faire baisser les salaires et à rendre la vie difficile aux travailleurs, tout en essayant de donner un coup de pouce aux employeurs. Ces efforts entraînent un déséquilibre total dans les relations de travail au Canada.
    Le député a parfaitement raison. Les députés doivent faire cesser la pression à la baisse insensée sur les salaires. Nous devons appuyer la création d'emplois bien rémunérés, qui permettent de subvenir aux besoins des familles. Le programme du gouvernement devrait être axé sur cet objectif, et non sur l'application de changements draconiens au régime d'assurance-emploi.
    Je suis heureuse d'intervenir aujourd'hui pour répondre aux propos trompeurs et alarmistes que l'opposition tient depuis un certain temps au sujet des changements raisonnables et sensés que le gouvernement propose d'apporter au régime d'assurance-emploi. Le gouvernement est toujours résolu à favoriser la création d'emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme pour l'ensemble des Canadiens. C'est pourquoi le gouvernement investit de l'argent afin de diriger plus efficacement les Canadiens vers les emplois disponibles dans leur région.

[Français]

    Nous savons que les personnes qui demeurent actives sur le marché du travail sont plus susceptibles de trouver plus rapidement un emploi permanent.

[Traduction]

    Contrairement aux députés néo-démocrates, qui prennent la parole à la Chambre pour défendre les fraudeurs de l'assurance-emploi, le gouvernement veille à ce que les Canadiens qui perdent leur emploi sans en être responsables puissent toucher des prestations d'assurance-emploi et leur offre tout le soutien nécessaire pour qu'ils puissent réintégrer le marché du travail. Les mesures d'éclaircissement sensées que nous mettons en oeuvre font en sorte qu'il soit plus facile pour les chômeurs canadiens de se trouver du travail. Par exemple, nous envoyons plus d'alertes-emploi aux Canadiens et nous les mettons en contact avec le programme des travailleurs étrangers temporaires afin qu'ils soient les premiers à se voir offrir les emplois disponibles dans leur région. Nous veillons à ce que le programme d'assurance-emploi soit plus efficace pour tous les Canadiens.

[Français]

    Les changements que nous avons apportés au régime de l'assurance-emploi sont nécessaires pour s'assurer que ce dernier demeure juste et efficient. Ces changements ont notamment pour but d'aider les Canadiens à trouver du travail plus rapidement et à le garder.

[Traduction]

    Les députés connaissent les bienfaits considérables qui découlent d'un emploi satisfaisant. Nous voulons qu'il soit plus avantageux pour les Canadiens de travailler que d'être au chômage, et qu'ils jouissent de la dignité que confère un emploi. C'est pourquoi nous avons précisé les définitions des notions d'emploi convenable et de recherche d'emploi raisonnable. Nous veillons ainsi à ce que les prestataires d'assurance-emploi comprennent bien quelles sont leurs responsabilités.
    Je tiens à être claire. Ces précisions ne visent pas à obliger les gens à quitter leur foyer ou le marché du travail local. Le gouvernement a clairement dit que ces mesures aideront les Canadiens à trouver les emplois disponibles chez eux. Cependant, le temps de déplacement et les problèmes de transport seront toujours pris en considération. Les Canadiens qui sont incapables de trouver du travail chez eux pourront continuer de compter sur l'assurance-emploi, comme toujours.

[Français]

    Nous estimons que ces clarifications renforcent les responsabilités des prestataires réguliers de l'assurance-emploi et vont les aider dans leur recherche active d'emploi, afin d'accepter un emploi convenable.
    Il ne s'agit pas de forcer les gens à accepter des emplois pour lesquels ils n'ont pas les compétences ou de leur demander de déménager dans une autre région, ou encore d'accepter des emplois sous-payés, comme certains l'ont prétendu à tort.

[Traduction]

    Je suis désolée, monsieur le Président, mon français n'est pas très bon.
    S'il n'en tenait qu'à l'opposition, elle établirait une année de travail de 45 jours qui coûterait des milliards de dollars. De fait, le NPD a présenté des plans prévoyant des dépenses annuelles de 3,8 milliards de dollars au titre de l'assurance-emploi. Ce sont les travailleurs et les employeurs qui devraient payer ces 3,8 milliards de dollars pendant la période de fragilité économique que nous traversons. Il faudrait augmenter les cotisations de 15 % pour couvrir ces dépenses.
    À l'automne 2011, j'ai participé aux consultations sur l'établissement des taux de cotisation à l'assurance-emploi. Après avoir parcouru tout le pays, je peux garantir que ni les employeurs ni les employés ne souhaitent une augmentation des cotisations d'assurance-emploi pour financer cette dépense proposée par le NPD.
    Le régime d'assurance-emploi continuera d'assurer une aide financière temporaire aux Canadiens qui ont perdu leur emploi, pour des raisons indépendantes de leur volonté, pendant qu'ils cherchent du travail ou perfectionnent leurs compétences. Il assistera les Canadiens qui sont malades, qui prennent soin d'un nouveau-né ou d'un enfant adopté ou qui s'occupent d'un membre de leur famille gravement malade. C'est pour cela que nous demeurons concentrés sur le renforcement du régime d'assurance-emploi, afin de veiller à ce qu'il soit juste et souple et qu'il aide les Canadiens à trouver du travail, de même qu'à concilier leurs responsabilités professionnelles et familiales.
    À ce sujet, nous avons récemment proposé plusieurs autres mesures qui répondent aux besoins des Canadiens et les aident à retourner plus rapidement au travail. En août dernier, nous avons justement annoncé un nouveau projet-pilote national, le projet Travail pendant une période de prestations. Ce projet-pilote permettra aux personnes qui travaillent à temps partiel de toucher des prestations d'assurance-emploi et de conserver une plus grande partie de leurs revenus et ainsi d'accepter plus de travail. Une personne qui reçoit des prestations d'assurance-emploi pourra garder 50 ¢ sur chaque dollar gagné plutôt que de voir le revenu gagné en sus de son seuil de rémunération déduit en totalité, comme dans l'ancien programme.
    Nous savons combien il est important de rester sur le marché du travail et d'y maintenir des liens. Nous savons que les chômeurs qui acceptent un emploi à temps partiel tout en touchant des prestations d'assurance-emploi ont beaucoup plus de chance de se trouver un emploi permanent de longue durée ou d'en trouver un plus rapidement que les autres.
    Les nouvelles règles de ces projets-pilotes ont soulevé des questionnements. La ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences les a écoutés et des ajustements ont été apportés à ce projet-pilote.
    Si des gens ne peuvent pas trouver ou accepter plus de travail et qu'ils ont travaillé pendant qu'ils recevaient des prestations l'année dernière, ils pourront maintenant revenir aux anciennes règles du programme et auront ainsi plus de temps pour faire la transition vers le nouveau programme. Qu'on permette aux Canadiens de gagner plus d'argent en travaillant que s'ils ne dépendaient que de l'assurance-emploi relève simplement de la logique.
    Le travail occupe une place importante dans notre vie. Le travail donne le sentiment de s'accomplir, nous fait sentir utiles et nous permet de subvenir à nos besoins et à ceux de notre famille. En apportant des changements à l'assurance-emploi, nous continuons de veiller à ce qu'il soit avantageux de travailler et à ce que les gens s'en tirent mieux lorsqu'ils travaillent.
    En matière de création d'emplois, nous continuons sur notre lancée, forts du meilleur bilan du G7 avec la création nette de 920 000 emplois depuis la fin de la récession. Heureusement, le Canada a affiché une croissance parmi les plus fortes du G7. C'est la raison pour laquelle nous avons laissé expirer le projet-pilote visant à accorder cinq semaines supplémentaires. Ce projet-pilote d'assurance-emploi était une mesure temporaire qui avait été mise en place, dans le cadre du Plan d'action économique du Canada, en 2008 et prolongée jusqu'en 2010 pour aider les prestataires d'assurance-emploi durant la récession.
    On savait dès le début que ce projet serait temporaire. En fait, quelques-unes des régions visées ont pu mettre fin au projet-pilote plus tôt que prévu, parce que leur taux de chômage était inférieur à 8 %. D'ailleurs, une des régions affichait, depuis un bon bout de temps, un taux de chômage de presque 5 %.
    Le gouvernement continuera d'aller de l'avant en adoptant des politiques qui comptent pour les Canadiens et qui tiennent compte de leurs priorités: l'emploi, la croissance et la prospérité à long terme.

  (1040)  

[Français]

    Notre gouvernement s'est engagé à apporter des changements ciblés au régime de l'assurance-emploi au bénéfice des Canadiens et du pays tout entier, et c'est ce qu'il fait.

[Traduction]

    Malgré les propos exagérés des députés de l'opposition, les prestataires de l'assurance-emploi ont toujours été tenus de chercher activement du travail pendant leur période de prestations. Ces changements n'ont fait que préciser en quoi consistent une recherche d'emploi raisonnable et une offre d'emploi convenable. Comme le premier ministre et le ministre l'ont dit à maintes reprises à la Chambre, les gens qui n'arrivent pas à trouver du travail auront toujours accès à l'assurance-emploi quand ils en auront besoin.
    Le gouvernement ne peut tout simplement pas appuyer une motion qui est remplie de phrases creuses et de faussetés et qui n'est pas dans l'intérêt des Canadiens et de leur famille. Je demande donc à tous les députés à la Chambre de se joindre à moi pour voter contre cette motion boiteuse. J'encourage les députés à accepter les dispositions en matière d'assurance-emploi que nous avons proposées pour faire en sorte que les Canadiens soient mieux jumelés aux emplois dans leur région et qu'ils puissent parvenir à la prospérité dont ils ont besoin pour leur famille.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais avoir des précisions de la part de la députée.
     Je ne comprends pas qu'elle ose tenir de tels propos et parler de désinformation. On sait très bien que le gouvernement est revenu sur sa décision pendant le projet-pilote. Les gens touchés entre le mois d'août 2011 et le mois d'août 2012 peuvent choisir entre l'ancienne et la nouvelle méthode, parce que le NPD a démontré que les gens étaient perdants avec la nouvelle façon de faire le calcul. J'ai des chiffres à l'appui et je peux les montrer.
    Comment ose-t-elle dire qu'on fait de la désinformation, alors que celle-ci vient de l'autre côté?

  (1045)  

[Traduction]

    Parlons franchement, monsieur le Président: je crois avoir clairement abordé dans mon intervention le point que soulève la députée. Comme je l'ai dit précédemment à la porte-parole en matière de ressources humaines, la situation personnelle, le temps de déplacement et d'autres facteurs du même ordre sont pris en considération. Pourtant, les députés de l'opposition continuent à tenir des propos alarmistes et à diffuser de l'information qui induit la population en erreur.
    Nous tenons à ce que les Canadiens occupent un emploi. Notre Plan d'action économique fonctionne puisqu'il nous a permis de créer, net, 920 000 emplois depuis la récession. J'invite les députés de l'opposition à se rallier à nous afin de stimuler l'emploi et d'ainsi améliorer la qualité de vie des Canadiens.
    Monsieur le Président, j'ai une question toute simple, concise et sérieuse. La secrétaire parlementaire peut-elle y répondre?
    Lorsqu'un projet de loi est adopté, il arrive qu'il ait des conséquences imprévues. La fonction publique fédérale elle-même recourt beaucoup au personnel occasionnel. Ainsi, l'Agence du revenu du Canada le fait pendant la saison des impôts parce qu'elle doit rouler à pleine vapeur, tout comme d'autres ministères à divers moments de l'année. Or, nous savons qu'il en coûte de 12 000 $ à 15 000 $ annuellement pour former un employé, quelqu'un qui occupe un poste occasionnel à Citoyenneté et Immigration Canada, par exemple.
    Je suis convaincu que la députée pourra me dire quelles seront les répercussions de ces mesures sur la fonction publique fédérale, le nombre de ses employés occasionnels et les coûts qu'engendrerait la perte de certains d'entre eux. Après tout, la fonction publique ne pourra que perdre beaucoup de ces employés.
    Monsieur le Président, je pense que la question du député porte sur l'érosion de l'effectif.
    Je réponds que le gouvernement du Canada et les employeurs canadiens ont créé, net, 920 000 emplois depuis la récession. Notre gouvernement s'est doté d'un Plan d'action économique qui met fermement le cap sur la création d'emplois et la prospérité à long terme.
    Je serai ravie de répondre plus tard à toute question particulière du député d'en face. Si je peux obtenir de l'information pour lui, je me ferai un plaisir de le faire.
    Monsieur le Président, j'ai écouté la députée décrire les nombreuses répercussions positives qu'entraînent les modifications apportées au régime d'assurance-emploi. Un des aspects positifs de la réforme que j'ai moi-même remarqué a été relevé par certains de mes électeurs qui souhaitent vivement voir cesser l'utilisation abusive du système. Je crois que la députée a abordé cette question.
    La députée aurait-elle l'obligeance de nous décrire comment le régime d'assurance-emploi aide les gens qui cherchent un emploi, en particulier dans leur région, mais aussi ailleurs? Comment le système les aide-t-il à personnaliser leur recherche?
    Monsieur le Président, le programme d'assurance-emploi prévoit plusieurs mesures pour aider à mieux jumeler les Canadiens aux emplois disponibles. Parmi ces mesures, notons l'augmentation du nombre d'alertes-emploi. Les personnes pourront recevoir des alertes plus fréquemment; en effet, les alertes seront envoyées au rythme de deux ou trois par jour, plutôt qu'une toutes les deux ou trois semaines, ce qui favorisera le jumelage chômeurs-emplois.
    J'invite aussi les Canadiens à visiter notre site Web, www.travailleraucanada.gc.ca. Il s'agit d'une ressource extraordinaire qui offre de nouveaux outils. Les Canadiens peuvent y trouver des possibilités d'emplois dans leur secteur de même que partout ailleurs au pays. J'encourage les Canadiens à visiter ce site ou à se rendre au bureau de Service Canada de leur région pour trouver un emploi qui permettra à leur famille de rester là où elle habite et de jouir d'une grande qualité de vie.
    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de prendre la parole aujourd'hui dans cette enceinte, au sujet de cette importante mesure législative. Je partagerai le temps qui m'est accordé avec ma collègue la députée de Simcoe—Grey et vaillante secrétaire parlementaire de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences et de la ministre du Travail. Elle est aussi pédiatre et constitue un véritable atout pour notre société. Nous la remercions d'avoir sacrifié sa profession, quoiqu'elle pratique toujours sur appel, ce qui lui fait deux postes à combler. Elle prend constamment le pouls du pays, dans le but d'aider les Canadiens. Elle se passionne pour ce volet de l'assurance-emploi et veut s'assurer que les Canadiens traversant une période difficile, entre deux emplois, trouvent l'aide dont ils ont provisoirement besoin.
    Je voudrais donner davantage de détails sur les moyens pris par le gouvernement pour aider les Canadiens à trouver les emplois disponibles. Il est très important de préciser que les changements que nous apportons ont pour effet de faire connaître aux Canadiens les emplois qui sont disponibles localement sur le marché du travail et qui exigent des compétences correspondant aux leurs. Et si aucun emploi faisant appel à leurs compétences n'est disponible, l'assurance-emploi sera là pour les aider, comme auparavant.
    Le gouvernement a défini clairement ce qui constitue un emploi convenable et une recherche d'emploi raisonnable. Les nouvelles définitions permettent aux Canadiens de voir clairement ce dont il s'agit. La Chambre est priée de noter que les présentes améliorations s'appliquent seulement aux Canadiens recevant des prestations régulières d'assurance-emploi ou des prestations de pêcheur, en particulier les gens de nos régions côtières. Les améliorations ne s'appliquent pas aux Canadiens recevant des prestations spéciales, comme les prestations de maternité, de paternité, de compassion et de maladie.
    Permettez-moi de m'attarder un instant sur la question des emplois convenables. Plusieurs facteurs ont une incidence sur la définition d'un emploi convenable, y compris au premier chef la situation personnelle du prestataire. Il me semble que l'opposition a évité de parler de ce point. Elle aime parfois susciter la peur en répandant des inexactitudes sur les répercussions des changements.
    Je suis un député de l'Ouest canadien. Je suis né et j'ai grandi en Alberta et j'ai passé les 23 dernières années en Colombie-Britannique. J'ai été propriétaire d'une entreprise et j'ai travaillé pour diverses sociétés. J'ai été travailleur syndiqué et cadre dans une multinationale. Je sais que les gens détestent autant faire une demande de prestations d'assurance-emploi que de subir un traitement de canal chez le dentiste.
    D'après mon expérience, la vaste majorité des employés de Service Canada sont dévoués, travaillants et professionnels et se soucient du bien-être des Canadiens, qu'ils vivent dans ma circonscription, Kelowna—Lake Country, ou dans n'importe quelle des 308 circonscriptions du pays. Ils examinent la situation personnelle de chaque prestataire avant de déterminer ce qui pourrait constituer un emploi convenable. Les prestataires d'assurance-emploi n'ont pas à accepter les emplois que leur état de santé ne leur permet pas d'occuper.
    Je crois qu'il est donc important de rétablir les faits, car l'information qui circule actuellement ne repose sur rien de concret et ne fait que susciter la crainte parmi la population. Les Canadiens doivent savoir que nous souhaitons nous en tenir aux faits et à la vérité.
    Si les prestataires ont des obligations familiales qui les empêchent de travailler pendant telle ou telle période de la journée ou s'ils n'ont pas les moyens de transport nécessaires pour se rendre au travail, ces facteurs seront aussi pris en considération. Il va sans dire que les gens qui sont physiquement incapables d'effectuer certaines tâches ne seront pas tenues d'accepter un emploi dans le cadre duquel ces tâches doivent être accomplies.
    Comme la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences l'a souvent dit à la Chambre, la mise en oeuvre de ces changements se fera de manière juste et raisonnable. Je crois qu'il faut absolument que les Canadiens retiennent que ce processus est juste et raisonnable.
    Or, les sujets abordés par les députés de l'opposition sont loin d'être raisonnables. Ils effraient les gens en leur parlant du temps requis pour se rendre au travail et en leur disant qu'ils devront accepter tout emploi qui se trouve à moins d'une journée de voiture de chez eux. En fait, les gens doivent accepter les emplois qui sont situés à moins d'une heure de route de leur domicile, à moins qu'ils aient déjà travaillé à un endroit situé plus loin que ça ou que les temps moyens de déplacement dans leur localité soient supérieurs à une heure. Ce n'est qu'une question de gros bon sens.
    Si une personne déclare qu'elle ne peut pas sortir de la ville où elle habite parce qu'elle n'a pas de voiture, ce facteur sera pris en considération. Le Canada, qui arrive au 34e rang mondial pour la population, mais au 2e pour la superficie, est un pays extrêmement diversifié. Il faut donc tenir compte de la réalité propre à chaque région.
    J'aimerais maintenant revenir sur les deux critères faisant qu'un emploi sera considéré comme convenable qui ont le plus retenu l'attention des gens. Il s'agit du type de travail et du salaire. Les prestataires fréquents sont ceux qui, au cours des cinq dernières années, ont présenté au moins trois demandes de prestations régulières ou de pêcheurs et ont touché plus de 60 semaines de prestations. C'est important que l'on sache de quoi on parle quand on parle des prestataires fréquents.
    Les prestataires fréquents doivent inclure dans leurs recherches les emplois dont les tâches sont comparables à celles qu'ils effectuaient avant le début de leur période de prestations. Ils devront aussi inclure les emplois dont le salaire correspond à 80 % de leur ancien salaire horaire. Les personnes qui ont au moins trois demandes à leur dossier devront postuler des emplois dont le salaire correspond à 80 % de leur ancien salaire horaire.

  (1050)  

     Pour déterminer quels critères s'appliquent, on répartira les demandeurs d'assurance-emploi en trois groupes: les travailleurs de longue date, les demandeurs fréquents et les demandeurs occasionnels. Prenons le temps de définir chacune de ces catégories.
    Tout d'abord, les travailleurs de longue date sont ceux qui ont cotisé au régime d'assurance-emploi pendant sept des dix dernières années et qui, au cours des cinq dernières années, ont touché des prestations d'assurance-emploi ou des prestations de pêcheur pendant 35 semaines ou moins. Ces travailleurs seront obligés, au départ, de chercher un emploi similaire leur donnant un salaire représentant 90 % de leur salaire antérieur. Après avoir reçu des prestations d'assurance-emploi pendant 18 semaines, les travailleurs de longue date devront élargir leur recherche à des emplois d'un domaine dans lequel ils ont déjà travaillé et postuler des emplois dont le salaire représente 80 % de leur salaire antérieur. Par conséquent, après avoir tout d'abord essayé pendant 18 semaines de trouver un emploi dont le salaire équivaut à 90 % de leur salaire antérieur, les prestataires seraient tenus de chercher un emploi dont le salaire représente 80 % de leur salaire antérieur. Après avoir reçu des prestations pendant six autres semaines, ils devront élargir leur recherche à tout emploi pour lequel ils sont qualifiés, du moment que le salaire représente au moins 70 % de leur salaire antérieur.
     Les demandeurs occasionnels sont ceux qui n'entrent pas dans les catégories de travailleurs de longue date et de demandeurs fréquents. Ils seront autorisés à limiter leur recherche au type d'emploi qu'ils occupaient avant, pour un salaire représentant au moins 90 % de leur salaire horaire antérieur. Après avoir touché des prestations pendant six semaines, ils devront élargir leur recherche à des emplois semblables à celui qu'ils occupaient auparavant, avec un salaire représentant environ 80 % de leur salaire antérieur. Après avoir reçu des prestations pendant 18 semaines, ils devront élargir leur recherche à tout emploi pour lequel ils sont qualifiés, du moment que le salaire représente au moins 70 % de leur salaire antérieur. Il s'agit d'un processus par étape qui prévoit différent pourcentage à chaque étape.
    Étant donné les propos alarmistes que se plaisent à colporter les députés de l'opposition, je me vois obligé d'énoncer une évidence, à savoir que personne ne sera obligé d'accepter un emploi dont le salaire est inférieur au salaire minimum au Canada. Aucun Canadien n'y sera tenu. En fait...
    Des voix: Oh, oh!

  (1055)  

    À l’ordre, s’il vous plaît. Il y aura une période réservée aux questions et observations. J’invite donc les députés qui désirent participer au débat à faire preuve de patience, et à laisser le député de Kelowna terminer son intervention.
    Merci, monsieur le Président. Nous avons tous la responsabilité d’assurer un certain décorum dans cette Chambre, et je vous remercie de nous aider à le faire.
     Il faut bien reconnaître qu’avec ces modifications, les gens gagneront toujours plus en travaillant qu’en touchant des prestations d’assurance-emploi. Comme chacun sait, l’assurance-emploi verse 55 % du salaire hebdomadaire moyen. Par conséquent, même si une personne est un prestataire fréquent, un emploi convenable lui fera toucher au moins 70 % de son salaire antérieur, ce qui est nettement plus que les 55 % que lui offre l’assurance-emploi.
     C’est la raison pour laquelle j’estime que la motion présentée aujourd’hui à la Chambre par l’opposition repose sur des faits inexacts. Les Canadiens qui touchent l’assurance-emploi seront seulement tenus de chercher un emploi leur offrant un salaire nettement supérieur à leurs prestations. Cela ne les plongera pas dans la misère, bien au contraire.
     Et permettez-moi de rappeler ce que le prermier ministre a déjà dit plusieurs fois dans cette Chambre, à savoir que, s’il n’y a pas d’emplois disponibles, le gouvernement continuera de verser des prestations d’assurance-emploi aux Canadiens, comme il l’a toujours fait. C’est clair.
     J’aimerais maintenant parler brièvement des démarches raisonnables de recherche d’emploi. Les Canadiens qui toucheront des prestations d’assurance-emploi devront faire des démarches raisonnables pour trouver un emploi; cela signifie notamment qu’ils devront prospecter le marché de l’emploi, préparer un curriculum vitae, se renseigner sur les offres d’emplois disponibles, présenter leur candidature à des postes, se présenter à des entretiens d’embauche, et essayer d’accroître leur employabilité en participant à des ateliers sur la recherche d’emploi, en s’adressant à des agences de l’emploi et en se rendant à des salons de l’emploi. Je suis convaincu que tous les Canadiens veulent travailler, et nous nous efforçons, par l’entremise des fonctionnaires de Service Canada, de les aider à accroître leur employabilité.
     De plus, les prestataires de l’assurance-emploi seront tenus de faire de la recherche d’emploi chaque jour, et de tenir un registre de leurs démarches. Ces efforts devront être adaptés aux possibilités d’emploi existantes, c’est-à-dire que dans une collectivité où il y a peu d’emplois disponibles, par exemple, le prestataire devra s’intéresser principalement aux nouveaux débouchés plutôt que de postuler chaque jour pour le même emploi ou auprès de la même entreprise. En revanche, dans une collectivité où il y a beaucoup d’emplois disponibles, le prestataire devra à la fois consulter les offres d’emploi et postuler aux emplois convenables.
     Nous avons prévu les fonds nécessaires pour que, dans le cadre de cette initiative, les prestataires d’assurance-emploi soient informés des emplois disponibles dans leur région.
     Grâce à cette réforme de l’assurance-emploi, un plus grand nombre de Canadiens pourront revenir sur le marché du travail et être ainsi mieux en mesure de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Malheureusement, les députés de l’opposition s’emploient à alarmer les Canadiens inutilement et à leur faire croire des choses qui sont tout simplement fausses.
     Personnellement, j’évite tout alarmisme car cela n’est d’aucune utilité pour les Canadiens, mes électeurs et tous les autres électeurs. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que des députés de l’opposition préfèrent fermer les yeux sur la réalité de l’économie canadienne afin de mieux défendre leurs propres intérêts politiques.
     J’invite tous les députés à appuyer le plan établi par notre gouvernement pour favoriser la création d’emplois, la croissance et la prospérité économique. Voilà pourquoi le Canada se classe en tête des pays du G8 pour ce qui est de la croissance de l’emploi, avec 920 000 emplois créés, net, depuis le creux de la récession. Environ 90 % d’entre eux sont des emplois à plein temps, et 75 % ont été créés par le secteur privé.
     Par conséquent, j’invite tous les députés à voter, comme moi, contre cette motion qui est fondée sur des faits inexacts. Il faut que, tous ensemble, nous travaillions main dans la main pour faire du Canada un pays plus fort, plus sûr et plus accueillant.
    Monsieur le Président, il n'y a pas de salaire minimum fédéral. Le député d'en face dit que les gens ne seront pas rémunérés en deçà du salaire minimum, mais le salaire minimum n'existe pas au Canada.
    Les temps de déplacement à Toronto sont supérieurs à ceux de tout autre endroit en Amérique du Nord. Ainsi, lorsque le député dit que les gens devront s'en tenir au temps de déplacement moyen de leur collectivité, cela met en lumière la négligence des conservateurs à fournir aux villes comme Toronto des fonds publics pour le transport en commun.
    Ma question concerne l'effet de cercle vicieux qu'auront les nouvelles règles du régime d'assurance-emploi sur le salaire de ceux qui sont contraints d'accepter un emploi moins bien rémunéré que leur emploi précédent. Je crois que le député d'en face reconnaît que pour une personne qui accepte un emploi assorti d'un salaire équivalant à 70 % de son ancien salaire et qui perd subséquemment cet emploi, le prochain salaire équivalant à 70 % du salaire précédent ne représente en réalité que 49 % de son salaire initial. Cela entraîne un mouvement vers la baisse dans le système de rémunération, car le gouvernement refuse de permettre aux prestataires de viser une rémunération calculée en fonction de leur ancien salaire.
    Le député d'en face voudrait-il parler de cet aspect?

  (1100)  

    Monsieur le Président, je n'ai jamais dit que le gouvernement fédéral détermine le salaire minimum. Cela relève des provinces. Le Canada est une fédération composée de 10 provinces et de trois territoires. Nous en sommes tout à fait conscients. Nous collaborons avec le secteur privé pour créer de l'emploi. Comme je l'ai mentionné, nous tenons compte des particularités géographiques de chacune des régions du Canada, tout comme Service Canada.
    J'aimerais remettre les pendules à l'heure parce qu'une grande quantité de renseignements erronés circulent au sujet du régime d'assurance-emploi au Canada. Vendredi dernier, The Globe and Mail, l'un des plus importants quotidiens au Canada, a publié un article pour lequel il a ensuite publié, à la page deux de l'édition du samedi, en police de caractères d'environ six points, la rectification suivante:
    Dans un article publié vendredi sur les modifications apportées au régime fédéral d'assurance-emploi, on pouvait lire que de nombreuses personnes risquent de perdre leurs prestations si elles ne réussissent pas à trouver un emploi à rémunération inférieure pendant la saison morte. L'article aurait du préciser que si aucun emploi n'est disponible dans la région, les prestations d'assurance-emploi seront maintenues.
     C'est une précision importante; l'omettre revient à donner de l'information erronée. Je sais que les journalistes doivent composer avec beaucoup de pression dans le cycle de l'actualité 24 heures sur 24, mais du journalisme sommaire comme celui-ci n'aide pas les Canadiens.
    En réalité, tout Canadien qui se retrouve sans emploi aimerait trouver du travail. L'emploi importe partout au Canada. Nous voulons que tous les Canadiens aient un emploi. Travaillons ensemble à concrétiser cet idéal.
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de respect pour le député de Kelowna—Lakeshore, mais il a entièrement tort sur deux points. C'est d'ailleurs ce qui arrive dans bien des cas avec la propagande de la ministre.
    Le député a mentionné que le premier ministre a déclaré que, en dépit des modifications, le gouvernement continuera de verser des prestations d’assurance-emploi aux Canadiens, comme il l’a toujours fait. Or, rien n'est plus faux.
    Certaines prestataires en congé maternité font des quarts de travail de quatre ou de huit heures afin de conserver leur permis ou de maintenir leurs compétences. Or, avec le nouveau système, si elles travaillent, elles perdent la moitié de leurs prestations. Par conséquent, elles démissionnent parce que cela ne vaut plus la peine de faire le trajet et de payer une gardienne. C'est une question grave. Ces modifications ont des répercussions sur les travailleuses, sur le système de soins de santé et sur l'économie.
    N'ai-je pas raison?
    Monsieur le Président, je représente la circonscription de Kelowna—Lake Country et non celle de Kelowna—Lakeshore. Cela dit, la rive du lac est néanmoins magnifique dans ma circonscription. J'invite tous les Canadiens à venir visiter le lac Okanagan et la vallée de l'Okanagan.
    J'aime travailler avec le député de Malpeque à la Chambre et au Comité du commerce.
    La question de l'assurance-emploi est importante pour l'ensemble des Canadiens, quel que soit leur âge. Ma circonscription, Kelowna—Lake Country, a l'avantage d'être très multiculturelle. La Colombie-Britannique a réussi à créer des emplois. Je travaille sur plusieurs programmes, notamment la Stratégie emploi jeunesse. Dans le dernier budget, on y a alloué 50 millions de dollars sur deux ans. Nous soutenons tous le programme Emplois d'été Canada qui aide les jeunes adultes à faire leurs études universitaires et à obtenir un diplôme. Nous voulons nous assurer qu'il y a des emplois. Nous apportons des modifications sensées et pratiques. À l'Université de la Colombie-Britannique et au Collège Okanagan, tous les secteurs d'activité collaborent pour former une main d'oeuvre canadienne plus forte et concurrentielle.

  (1105)  

    Monsieur le Président, je vous informe que je vais partager mon temps de parole avec le député de Bourassa.
    Je me réjouis que le NPD ait présenté aujourd’hui cette motion sur un sujet très important, car nous n’avons jamais vraiment eu l’occasion d’en discuter. Je siège au Comité permanent des ressources humaines et, comme tous les députés le savent, cette réforme a été proposée dans le projet de loi omnibus, de sorte que les impacts réels de tous ces changements n’ont pas fait l’objet d’un vrai débat. Or, il est évident que certaines de ces mesures auront des conséquences très négatives pour un grand nombre de collectivités du pays.
    Je sais que les conservateurs essaient de nous faire passer pour des alarmistes. Mais notre objectif, ici, est d’essayer de leur faire comprendre que ces mesures auront des conséquences très négatives pour beaucoup de collectivités et pour beaucoup de Canadiens. Bref, que ces mesures sont lourdes de conséquences.
    Si les conservateurs ne veulent pas écouter les députés de l’opposition, qu’ils écoutent les premiers ministres provinciaux.
    Pauline Marois a eu une rencontre en tête-à-tête avec le premier ministre. Elle s’est dit satisfaite de la rencontre. Elle a aussi précisé qu'ils avaient discuté des promesses faites par le premier ministre de modifier l’assurance-emploi, suite aux inquiétudes qu’elle lui avait exprimées.
    Et ce n’est pas seulement le premier ministre Robert Ghiz mais tous les chefs de partis de l’Île-du-Prince-Édouard qui ont consulté la population de la province. Ils ont tous dit que ces mesures allaient nuire aux habitants de la province.
    En Nouvelle-Écosse, le premier ministre Darrel Dexter et le chef libéral Stephen McNeil ont tous les deux exprimé leurs inquiétudes. Jamie Baillie, qui a un peu peur de son chef, n’a pas osé monter au front pour défendre les Néo-Écossais, mais je suis content que les deux autres l’aient fait.
    Ils l’ont fait parce qu’ils savent que ces changements auront une incidence considérable sur leur province, du fait que les gens qui ne pourront plus toucher ou qui cesseront de toucher des prestations d’assurance-emploi à cause de ces changements se retrouveront sur les listes des assistés sociaux de la province. C’est ce qui les attend.
    Le gouvernement conservateur n’arrive pas à comprendre qu’un grand nombre de Canadiens vivent dans la précarité. C’est pourtant la réalité, et il devrait prêter attention aux inquiétudes exprimées par les premiers ministres provinciaux, mais ça, je doute qu’il le fasse.
    Dans toutes les régions, surtout dans les zones rurales, les élus municipaux ont sonné l’alarme. Dans ma circonscription, Lloyd Hines, le président de conseil de comté de Guysborough, et Duart MacAulay, le président de conseil de comté d’Inverness, ont tous les deux parlé des impacts de ces changements.
    Au niveau provincial, on va assister à la migration des travailleurs, qui vont quitter les collectivités rurales pour aller travailler en Saskatchewan et en Alberta. La population active va se déplacer vers ces deux provinces. Je vous dis ça même si j’ai moi-même passé neuf ans à Fort McMurray et que je m’y suis beaucoup plu. Mais il n’empêche qu’on ne devrait pas forcer les gens à prendre ce genre de décision. Les premiers ministres provinciaux disent que c’est là que les gens vont aller. Les élus municipaux disent que les changements vont forcer les gens à quitter les collectivités rurales pour aller travailler dans les villes. Il va y avoir des migrations importantes.
    Et ça ne concerne pas seulement les travailleurs saisonniers. Les élus municipaux le savent bien, car ils sont beaucoup plus proches de la réalité quotidienne. C’est eux qui font face à ces problèmes, tous les jours. Ils savent que si un groupe de travailleurs saisonniers doit quitter la ville, il emmènera dans son sillage les commerçants, les enseignants et les infirmières. Et quand cette masse critique ne sera plus là, les services disparaîtront, car ils ne seront plus justifiés. Donc, il ne s’agit pas seulement des travailleurs saisonniers, mais bien de l’impact que cela aura sur les industries saisonnières et sur leur capacité à embaucher des travailleurs qualifiés. C’est ça le vrai problème.

  (1110)  

     C’est curieux. Certaines personnes auraient vraiment besoin de sortir un peu de l’enceinte parlementaire et d’aller voir ce qui se passe dans les régions. Je représente une circonscription rurale d’une de ces régions, et je dois toujours faire des efforts pour faire comprendre la réalité de ma région à ceux qui se cantonnent dans notre bulle parlementaire.
    La secrétaire parlementaire a dit que les nouvelles mesures étaient bénéfiques pour sa circonscription. Que ses électeurs les appuyaient. Que le revenu annuel moyen des ménages, dans sa circonscription, était de 90 000 $, et que le taux de chômage y dépassait à peine 6 %.
    Comparons cela à Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, où le taux de chômage est de 17 % et le revenu annuel moyen des ménages, de 40 000 $ et moins. La réalité est bien différente.
    Est-il besoin d’ajouter que les revenus annuels moyens de 40 000 $ et moins proviennent quasi exclusivement d’industries saisonnières? Je sais qu’en Nouvelle-Écosse, plus de la moitié du PIB provient des industries saisonnières.
     J’ai eu l’occasion de discuter de tout ça avec des représentants de différentes industries et de diverses organisations. J’ai été contacté par la Nova Scotia Federation of Agriculture, qui m’a dit redouter les conséquences des mesures prises par le gouvernement.
     L’association des paysagistes de la Nouvelle-Écosse m’a elle aussi fait part de ses inquiétudes. À une époque, il suffisait d’avoir une camionnette et une brouette pour se dire paysagiste. Mais depuis 10 ou 15 ans, on a beaucoup investi dans la formation professionnelle des paysagistes professionnels.
     Il est difficile de poser du gazon en février. Bon nombre de paysagistes essaient de combiner le jardinage en été et le déneigement en hiver. Mais il arrive qu’il y ait des périodes inoccupées pour leurs employés. Avec les nouvelles mesures, ils craignent de perdre leurs employés qualifiés. Ce serait naïf de leur part d’embaucher des employés non qualifiés, de leur confier une chargeuse frontale qui vaut 200 000 $ et de s’attendre à ce qu’ils soient productifs et utilisent correctement la machine. Ils ont besoin de travailleurs qualifiés eux aussi.
    Dans le secteur du tourisme et de la pêche, les employeurs ont aussi besoin d’embaucher, d’une année sur l’autre, des travailleurs qualifiés. Ils sont inquiets, et ils me disent aussi que, parce que les employés doivent passer de 15 $ à 10 $ l’heure, ils vont accepter l’emploi jusqu’à ce que l’emploi à 15 $ l’heure soit disponible à nouveau. De cette façon, l’employeur qui offre l’emploi à 10 $ l’heure sera obligé de chercher un autre employé. Ça va être les chaises musicales entre tous ces emplois à bas salaires. Mais ce que redoutent le plus ceux qui travaillent dans ces secteurs, c’est les pressions à la baisse sur les salaires horaires. Sans parler des avantages sociaux.
     Mon collègue a dit tout à l’heure, et j’ai beaucoup de respect pour lui, que les travailleurs ne seront jamais payés moins que le salaire minimum. Mais c’est précisément pour ça qu’on l’appelle le salaire minimum. On ne peut pas aller en dessous.
     Le pire dans tout ça, c’est le mépris qu’affichent les députés du gouvernement à l’égard des travailleurs saisonniers de notre pays. Nous avons appris la semaine dernière qu’une prime est versée aux fonctionnaires qui détectent des fraudes de l’assurance-emploi. Le gouvernement fait donc la chasse aux travailleurs saisonniers. Le fonctionnaire qui réussit à extirper un travailleur saisonnier du système reçoit une prime.
     Il faut avoir un minimum de respect, c’est la moindre des choses. Avec ces mesures, le gouvernement montre à l’évidence qu’il n’a aucun respect pour les travailleurs saisonniers, pour les collectivités rurales et pour ceux qui travaillent dans les secteurs touchés. C’est pour cette raison que j’ai l’intention d’appuyer cette motion aujourd’hui et que j’invite les députés de mon parti à en faire autant.

  (1115)  

[Français]

    Monsieur le Président, le député est à la Chambre des communes depuis longtemps et il connaît bien sa région.
    La ministre et la secrétaire parlementaire nous disent que le gouvernement n'a pas procédé à une réforme de l'assurance-emploi, mais seulement à des clarifications. Or le premier ministre, lui, dit qu'il y a eu une réforme de l'assurance-emploi.
    Depuis 1988, je m'occupe du dossier de l'assurance-emploi et j'ai été élu à la Chambre en 1997. Jamais les gens n'ont eu à aller travailler à 70 % de leur salaire ni à voyager jusqu'à une heure de chez eux. De plus, le conseil arbitral va être aboli et les juges arbitres seront remplacés par 38 personnes.
    Selon le député, s'agit-il d'une réforme ou seulement d'explications?

[Traduction]

    Monsieur le Président, il est très rusé de la part des conservateurs de prétendre qu'ils veulent seulement apporter des clarifications. Ils sont très forts pour dire une chose et.... Nous n'avons qu'à songer au programme Travail pendant une période de prestations. Nous avons exercé de vives pressions sur le gouvernement à ce sujet. Je sais que ma collègue de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a affirmé que ce sont les députés de son parti qui l'ont poussé à corriger le problème. Quand ils sont intervenus, cela faisait déjà une semaine et demie que nous posions des questions à ce sujet.Toutefois, ce n'est pas important. La députée est sur le dossier maintenant, et elle fait du bon travail.
    Nous avons harcelé la ministre pendant approximativement un mois avant qu'elle se réveille et reconnaisse qu'effectivement il fallait que le gouvernement fasse quelque chose.
    Cependant, il s'est contenté de trafiquer un peu le programme. Il a dit qu'il allait faire quelque chose et qu'il respecterait l'ancien programme, qui était avantageux pour les personnes qui travaillaient seulement un, deux ou trois jours par semaine si c'était tout ce qu'elles pouvaient trouver. Les facteurs de désincitation au travail qui existaient dans l'ancien programme ont été éliminés. Le gouvernement a affirmé qu'il allait corriger le problème.
    Nous savons ce qui s'est passé. Le problème n'a pas été corrigé. Les gens qui essayaient de s'inscrire à l'ancien programme se faisaient poser la question suivante par les employés de Service Canada: « Êtes-vous sûr que c'est ça que vous voulez faire? Nous préférions que vous vous inscriviez au nouveau programme. » Une personne qui est venue à notre bureau nous a dit qu'on lui avait posé cette question à six ou à huit reprises.
    Ce n'est que de la poudre aux yeux. Je dirai aux députés qui sont les victimes de ce stratagème. Ce sont les travailleurs saisonniers.
    Monsieur le Président, encore une prestation incroyable de la part du député de Cape Breton—Canso. C'est un signe de la position actuelle du Parti libéral: il dénigre l'économie; dénigre la capacité des localités canadiennes de créer des emplois et des débouchés; ne tient pas compte du fait que des dizaines de milliers d'emplois au Canada, y compris dans les provinces atlantiques, restent vacants. L'argument du député semble être que, puisque le taux de chômage est un peu plus élevé dans certaines circonscriptions, dont les habitants seront légèrement plus nombreux à faire appel à l'assurance-emploi — qui sera là pour les Canadiens — nous ne devrions rien changer au régime, nous ne devrions pas le réformer ni en améliorer le fonctionnement, nous ne devrions pas y apporter les modifications qui s'imposent au XXIe siècle.
    Il ne veut pas qu'on clarifie les règles. Il préfère qu'elles restent vagues. Il ne veut pas que les personnes au chômage reçoivent de l'information sur les emplois disponibles.
    Ne convient-il pas que, si on ne réforme pas le régime d'assurance-emploi, comme il le propose, le chômage grimpera et les Canadiens n'auront pas accès aux emplois qui sont disponibles?
    Monsieur le Président, comme c'est décevant. C'est incroyable. La dernière fois que ce type-là s'est levé, il a dit qu'il s'agissait de clarifier les règles. Le voilà maintenant qui clame haut et fort que c'est une réforme. Pas étonnant. Ces gars-là sont tous des réformistes. C'est ce qu'ils ont démontré ici.
    On ne règle pas un problème au détriment des plus vulnérables. On ne règle pas un problème en créant toutes sortes d'autres problèmes.
    Je suis tout à fait favorable à ce que les programmes soient réévalués. Je suis tout à fait favorable à ce qu'ils soient actualisés. Je refuse, cependant, qu'on nuise à un groupe pour en avantager un autre. Voilà ce qu'accomplissent ces changements, ces clarifications, ces réformes, quel que soit le nom qu'il donnera à ces mesures dans son prochain discours. Peu importe le nom qu'il leur donne, elles nuisent aux Canadiens.

  (1120)  

[Français]

    Monsieur le Président, dans un premier temps, je voudrais saluer et féliciter mon collègue de Cape Breton—Canso de son travail sur la question de l'assurance-emploi.
    C'est assez épouvantable d'entendre le gouvernement, aujourd'hui, non seulement jouer avec les mots, mais commencer à nous emplir comme si on était des valises.
    Je salue ma collègue de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles pour sa motion. Évidemment, on ne fera pas un concours pour savoir qui a parlé le premier. En tant que parlementaires, l'important est de s'assurer qu'on travaille ensemble pour le bien-être de notre population.
    Ce qui m'écoeure dans tout cela, c'est qu'on est en train de créer des classes de citoyens. Cela veut dire qu'on s'adresse à une personne qui a choisi de demeurer dans un coin éloigné, qui a le droit d'avoir sa place au soleil. Bien souvent, c'est une tradition, comme pour une famille de pêcheurs qui vit là depuis le XVIIe siècle. Là on leur dit que s'il y a de l'ouvrage en Alberta, ils doivent y déménager.
    Définit-on le Canada de cette façon? C'est totalement inacceptable. Ce qui l'est encore plus, c'est la façon dont on essaie de nous le faire accepter. Non seulement, on embarque avec une loi mammouth, mais ensuite, on nous parle de clarification. Cela traîne pendant des mois et un certain vendredi soir, vers 17 heures, alors que Noël s'en vient, on nous enfonce cela dans la gueule.
    Pendant ce temps, bien des gens ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Ils se font dire d'aller travailler à une heure de leur domicile, s'ils veulent travailler. À mon avis, les gens vont voir du bois, car il n'y a pas grand-chose là. On leur propose aussi de diminuer leur salaire de 30 % tout en leur faisant assumer quand même leurs dépenses en essence et les dépenses supplémentaires pour la garderie. Pour ce qui est des familles monoparentales, elles se font dire de s'arranger avec leurs troubles, sinon on annulera leurs prestations et on les oubliera. Par la suite, elles vivront de l'assistance sociale et ce ne sera plus le problème du fédéral, mais celui des provinces, et aucune négociation ne sera faite.
    Je suis député depuis 16 ans et je n'ai jamais vu cela. On peut nous faire des reproches. Quand on était au gouvernement, on a fait des changements. En revanche, quand le ministre avait un accrochage avec mon collègue d'Acadie—Bathurst, il avait le courage d'aller voir les travailleurs et de leur parler. On pouvait être en accord ou en désaccord, mais il avait le courage d'aller les voir. Maintenant, les ministres se cachent. Des députés viennent ici dans leur bulle pour essayer de nous parler de clarification, mais ils se cachent.
    Jamais, au grand jamais, nous n'avons jamais laissé tomber les travailleurs saisonniers. Pourquoi? C'est parce que non seulement nous faisions des projets-pilotes, mais aussi parce que nous essayions de trouver des solutions de compensation. Nous avons toujours essayer de trouver des solutions pour que les gens des régions puissent avoir leur place au soleil.
    Ce qui me fatigue, c'est que non seulement on a un gouvernement qui divise pour gouverner, mais on monte les régions les unes contre les autres. Le message de ce gouvernement est de dire aux gens des régions de s'en aller, car il y a d'autres emplois ailleurs. Je suis content qu'il y ait des emplois dans certaines régions, notamment pour les ressources naturelles. Cependant, la beauté de ce pays tient dans sa diversité. C'est normal que des gens décident de rester dans leur région et de vivre de ce qu'ils faisaient le mieux, que ce soit de la pêche, de l'agriculture, de la foresterie ou du tourisme.
    En plus, on a une secrétaire parlementaire qui essaie de nous garder dans sa grandiloquence et sa condescendance, en nous disant que dans son comté, tout le monde est content. Son revenu moyen est de 90 000 $ par année. Dans d'autres régions, les gens y arrivent, ils sont heureux, mais ils n'ont qu'un revenu de 40 000 $. Qu'on ne vienne pas comparer des pommes avec des oranges.
    Cette motion est importante. Encore une fois, elle nous permet de discuter du type de société dans lequel on veut vivre. Pour moi, cette question n'est pas partisane. En tant que parlementaire, j'ai deux jobs à faire. Premièrement, je dois m'assurer de protéger la qualité de vie de mes concitoyens et, deuxièmement, je dois m'assurer que les projets de loi ou les motions dont on va débattre ensemble amélioreront cette qualité de vie. Nous devons également nous assurer — du moins du côté de l'opposition — d'être un chien de garde et d'être vigilants par rapport à ce qui arrive.

  (1125)  

    Ce que j'ai aimé du discours de ma collègue de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, ainsi que de celui de mes autres collègues de ce côté-ci de la Chambre, c'est qu'on peut faire des erreurs. Ça serait merveilleux d'être un antidote au cynisme en reconnaissant ses erreurs.
    On les a poussés relativement à certains dossiers en matière d'assurance-emploi et ils ont reculé. Ils sont revenus par la suite pour essayer de nous embobiner. C'est bien de réaliser qu'on peut parfois faire des erreurs et d'être capable de se grandir et de démontrer à quel point on a à coeur l'intérêt de ses concitoyens.
    Cette motion est bien écrite. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement ne veut pas l'appuyer. Ce n'est pas une guerre de sémantique. La question est simple. Qu'il se mette donc à la place des habitants des Îles de la Madeleine et qu'il réalise que ça veut dire quelque chose lorsque 4 000 personnes sortent manifester. De temps à autre, on peut voir deux ou trois pancartes, mais quand 4 000 personnes manifestent dans un aussi petit endroit, c'est une forte proportion de la population. En quelque sorte, cela signifie qu'il y a un problème. Ce ne sont pas tous des bandits. Je me retiens de dire des choses que je ne peux pas dire ici.
    Quand j'étais ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, je me souviens que les députés du Parti réformiste — parce que ce sont des réformistes — me parlaient toujours des immigrants comme si c'était des terroristes. Ils ont maintenant changé et c'est autre chose, car ce sont désormais les travailleurs saisonniers des régions éloignées qui sont des bandits. Je ne pense pas que les 4 000 habitants des Îles de la Madeleine et les gens qui ont manifesté dans Charlevoix ou en Gaspésie soient des bandits. Ce sont des gens qui reçoivent des factures chaque mois et qui ont des frais. On leur dit que c'est fini, et on leur coupe leurs prestations d'assurance-emploi. Ça tombe dans les trous.
    Ce qui est encore pire, c'est l'application même de cette réforme. On sait pertinemment que les chèques mettent du temps à arriver. Il a fallu réengager des employés temporaires. Or le temps qu'il faut pour recevoir un chèque crée d'autres problèmes. Non seulement les gens peuvent ne pas être payés, mais quand ils le sont, ça prend du temps. Or on ne remplit pas le frigidaire avec des prières.

[Traduction]

    Je ne comprends vraiment pas. Pourquoi s'en prend-on à nos concitoyens? Pourquoi les traite-t-on comme des citoyens de deuxième classe? Certaines personnes préfèrent habiter dans une région particulière, où elles réussissent à joindre les deux bouts en occupant un emploi saisonnier. Je ne comprends pas pourquoi on les traite comme des escrocs.
    Tout est une question de respect, et c'est pourquoi nous allons appuyer cette motion. Cependant, lorsque nous sommes saisis d'une motion de ce genre, il convient que le gouvernement avoue qu'il a commis une erreur. Cela peut arriver. Dans le cadre du débat, il peut admettre qu'il s'est trompé. Il devrait éviter de traiter les gens comme des moins que rien.
    Je ne parle pas de sémantique, de libellé, d'éclaircissements ou de réforme. Ce qui me préoccupe, c'est de faire en sorte que les personnes qui travaillent d'arrache-pied aient assez d'argent pour se nourrir, qu'elles soient traitées comme des citoyens de première classe et qu'elles puissent aider leurs enfants à devenir d'excellents citoyens.
    À défaut d'agir ainsi, nous allons créer un grave problème d'ordre social dans toutes les régions. Il est temps que le gouvernement se réveille.
    Monsieur le Président, permettez-moi de raconter une brève anecdote qui illustre bien les changements en cours dans ma circonscription, Sudbury, et leurs effets sur les personnes touchées.
    Dans le froid matinal, un jeune homme de 28 ans attendait devant la porte de mon bureau depuis 7 heures. Il fait froid à Sudbury, mais ce n'est pas toujours le cas. L'été, la température est agréable. De novembre, lorsqu'il a perdu l'emploi qu'il occupait depuis 10 ans, à janvier, il a tenté d'obtenir des prestations d'assurance-emploi, mais personne ne l'a rappelé. Il n'a même pas reçu de lettre ni d'avis. Il s'est présenté à mon bureau à 7 heures, parce qu'il souhaitait être le premier à être admis dans mon bureau. Il ne savait même pas s'il serait en mesure de nourrir sa famille cette semaine-là. Il m'a dit qu'il avait cotisé à l'assurance-emploi pendant 10 ans et que, maintenant qu'il en avait besoin, il ne savait pas s'il pourrait toucher des prestations. Il m'a demandé ce qu'il devrait faire.
    Les changements que les conservateurs ont apportés au régime d'assurance-emploi ont des répercussions de ce genre sur les Canadiens. Pourtant, les conservateurs s'en fichent éperdument.
    Le député aurait-il l'obligeance de me dire ce qu'il en pense?

  (1130)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai perdu une amie qui m'était chère et qui était aussi une ancienne collègue, soit l'ancienne ministre Diane Marleau. Je remercie le député de Sudburyde lui avoir rendu hommage la semaine dernière. Elle va tous nous manquer. Quand je pense à Sudbury, je pense à Diane, parce qu'elle était proche de ses concitoyens.
    La première chose que les parlementaires doivent faire, et surtout que le gouvernement doit faire, c'est de s'assurer de pouvoir répondre aux questions des gens. Notre rôle, c'est de donner un service.
    Le problème est non seulement dû au fait que la réforme aura des répercussions socio-économiques épouvantables, mais aussi au fait que même lorsqu'un individu a le droit d'obtenir une réponse, il ne sait pas s'il a droit à l'assurance-emploi ou non. Je trouve cela inacceptable. Cela veut dire qu'il faut non seulement travailler à contrer cette réforme, mais aussi qu'il faut veiller à ce que Service Canada puisse répondre aux questions et donner ce genre de service.
    Je terminerai en parlant d'un autre problème, qui est également un problème au niveau régional. On supprime les services et les bureaux, parce qu'on est en train de centraliser. Cela aura aussi un impact sur la définition même d'un citoyen du Canada. On est tous des citoyens de première classe.
    Monsieur le Président, j'aimerais avoir un commentaire de la part de mon ami de Bourassa sur les classes sociales.
     Depuis que je suis adulte, je contribue, par exemple, par mes taxes et par mes impôts, à l'assurance-maladie. Dieu merci, j'ai été chanceux et je n'ai pas eu recours au système.
    J'imagine mal qu'il puisse y avoir, en ce qui a trait à l'assurance-maladie, des malades fréquents, des malades occasionnels et des malades rarissimes. Cela ne me traverse même pas l'esprit.
     Qu'est-on est en train de créer avec ces travailleurs fréquents et occasionnels, sinon des classes sociales à l'intérieur du Canada?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue de Trois-Rivières. Il faut trouver des solutions. Quand on édicte des lois, on définit dans quel type de société on veut vivre.
    On pourrait faire des erreurs, mais ce que je trouve inacceptable, c'est lorsque, sciemment, on définit des gens, qu'on les traite de cette façon et qu'on met en place des politiques qui vont créer des iniquités.
    Notre rôle n'est pas de créer des citoyens de seconde classe mais plutôt de veiller à ce qu'on puisse trouver des solutions aux injustices et aux iniquités. Cette réforme crée des iniquités. Elle aura un impact sur le plan des luttes sociales. La classe moyenne n'existe pas, et, là, on est en train de dire que ceux qui demeurent en région sont des bandits potentiels et n'ont pas accès à l'assurance-emploi. Ce n'est pas le type de Canada que je chéris.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue d'Acadie—Bathurst.
    Tout comme mes collègues du NPD, je me lève pour dénoncer la réforme de l'assurance-emploi.
    Pour un gouvernement qui se dit être fort en économie, je ne crois pas qu'il ait compris comment fonctionne une économie forte et dynamique. Pour avoir une économie solide et stable, il faut encourager la création de bons emplois, diversifier nos domaines d'expertise et encourager l'innovation.
    En ce moment, au lieu de se concentrer sur des moyens efficaces pour stimuler l'économie, on dirait que les conservateurs prennent les travailleurs à la gorge pour les forcer à accepter des emplois mal rémunérés et indésirables, plutôt que de contribuer à rendre ces emplois plus désirables. C'est déplorable.
    En outre, plutôt que de favoriser l'amélioration du niveau de vie des gens, ils mettent la barre encore plus bas, à des niveaux encore jamais vus. Le régime de l'assurance-emploi fait partie de notre économie. C'est ce qui nous permet d'avoir une économie solide et diversifiée. C'est grâce à ce régime qu'on peut se permettre d'avoir une industrie touristique chez nous et des pêcheurs, des professeurs suppléants et des travailleurs forestiers, sylvicoles et agricoles.
    Ces emplois contribuent formidablement à notre vie économique et, en général, à notre qualité de vie à tous et à toutes, même à ceux qui ne toucheront aucune prestation de leur vie.
    Pour un gouvernement qui dit avoir un mandat fort de la population, il ne l'écoute pas du tout.
    Il faut le dire et le dénoncer: jamais en campagne électorale les conservateurs n'ont annoncé qu'ils sabreraient dans l'assurance-emploi. Ils ont parlé d'abolir le Sénat et ils nomment des sénateurs à qui mieux mieux. Ils ont parlé de gestion responsable et ils font des voyages en limousine au coût de 1 million de dollars, avec les jus d'orange qui viennent avec ça. On comprend où je veux en venir. Ce n'est pas ce à quoi la population est en droit de s'attendre.
     Cela m'amène à parler de la réforme. Que dire de cette réforme? Est-ce un bon travail de gestionnaire, lucide et intelligent? Même pas. C'est un gâchis pour tout le monde. Même le gouvernement se retrouvera perdant au bout du compte.
    Historiquement, le plus grave problème de l'assurance-emploi, c'est le taux d'accessibilité de 42 %. Chez nous, les travailleurs qui cotiseront à une assurance dont ils ne pourront pas bénéficier si une malchance se produit seront encore plus nombreux. C'est un scandale. Au lieu d'essayer de corriger la situation, le gouvernement saccage purement et simplement ce qui reste du régime de l'assurance-emploi.
    Malheureusement, nous allons rapidement constater que le gouvernement a très mal évalué les répercussions sur l'économie de cette mauvaise réforme inspirée par une idéologie dépassée et pilotée de manière rigide et irréfléchie.
    Ce n'est pas drôle, juste l'an passé, même l'automatisation du système d'appel a créé une crise qui a nécessité des mesures d'urgence. Peut-on imaginer ce dont ça aura l'air d'ici un an si cette réforme n'est pas abolie? Ce sera l'enfer.
    Pour un gouvernement qui n'a jamais été capable de boucler un budget sans accuser de déficit, il prend des risques extrêmement exagérés. C'est une très mauvaise idée de faire des expérimentations économiques dangereuses basées sur l'idéologie corporatiste. Ces expériences improvisées auront des conséquences désastreuses sur la vie de nombreux Canadiens, si rien n'est fait immédiatement.
    Je me dois maintenant de parler de ma région, le royaume du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Selon une étude d'un organisme local, LASTUSE, et du Mouvement Action Chômage Saguenay—Lac-St-Jean, qui oeuvrent auprès des chômeurs, 45 % des emplois sont de statut précaire ou saisonnier. C'est près de la moitié de tous les emplois du Saguenay—Lac-Saint-Jean. C'est 45 % des travailleuses et travailleurs de la région qui peuvent en tout temps avoir besoin de réclamer une aide pour laquelle ils paient une assurance essentielle à notre économie.
    Les conservateurs ont échoué lamentablement dans le domaine de la création d'emplois chez nous, tout comme dans les nombreuses régions qu'ils ont laissées-pour-compte.
    Plutôt que de soutenir les travailleurs qui gagnent souvent leur vie en ne sachant pas ce que demain leur réserve, plutôt que de donner espoir, les conservateurs rendent encore plus misérables ceux à qui on demande de faire le plus d'effort.
     Que peut-on faire pour nos travailleurs au statut précaire? Comment les employeurs feront-ils pour garder l'expertise de leurs travailleurs spécialisés saisonniers? Que feront les travailleurs touchés par la réforme quand le projet pilote de bonification des semaines de prestation d'assurance-emploi dans les régions où s'affiche un taux de chômage plus élevé ne sera plus reconduit à la fin d'avril?
    J'aimerais vraiment une réponse. Le trou noir s'en vient et les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean veulent des réponses du gouvernement. Ils veulent des solutions.
    En février, le taux de chômage a atteint 9,3 % dans ma région. Au mois de novembre, il s'établissait à 7,3 %. De toute évidence, on va frapper un mur très bientôt.
     Le gouvernement doit se ressaisir, avouer son erreur, retourner faire ses devoirs et annuler cette réforme injuste et dangereuse pour la stabilité économique du Canada.

  (1135)  

    C'est un désastre pour de trop nombreuses familles canadiennes.
    Je veux parler de mon collègue le ministre des Transports et l'inviter à la réflexion. En tant que ministre régional, le ministre représente-t-il encore fidèlement les gens de sa circonscription?
    Parfois, j'ai l'impression qu'il se comporte plutôt comme le porte-parole impuissant d'un gouvernement aux orientations politiques mal avisées qui désavantagent le Saguenay—Lac-Saint-Jean. Ou peut-être s'agit-il d'un aveuglement?
    Le ministre des Transports, en tant que député conservateur, agirait-il de la même manière s'il était encore maire de Roberval?
    J'ai vu des études inquiétantes concernant les travailleurs saisonniers chez nous. Beaucoup de gens sont débroussailleurs. C'est un travail extrêmement dur; on travaille l'été, mais pas l'hiver. Ces gens se retrouvent donc au chômage. Il serait préférable de trouver quelque chose pour ces gens-là. On pourrait même les envoyer étudier la sécurité en forêt ou la réparation de leurs machines, cela améliorerait leurs conditions de vie. Or ce n'est pas ce qu'on fait.
    Beaucoup de travailleurs sont analphabètes, ce qui est aussi inquiétant. Au Québec, bien des gens ont encore du mal à lire. Au lieu de leur mettre le couteau sur la gorge, ce serait bien mieux de les former et de les aider à apprendre un autre métier qui leur permettrait de travailler à l'année.
    Bientôt, si tout le monde travaille à l'année, les travailleurs saisonniers n'existeront plus. Les travailleurs veulent travailler à l'année, mais ils n'ont que des emplois saisonniers. Pour un travailleur des pêches en Gaspésie, quand la pêche est finie et que l'usine de poissons est fermée, c'est fini.
    Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, le tourisme et le travail agricole sont touchés. Voici un exemple. Selon une évaluation dont j'ai pris connaissance hier, un travailleur sur cinq qui ne revient pas dans le milieu agricole représente une perte de 27 millions de dollars pour la population. On sait tout ce qui peut s'ensuivre. Ce que fait le gouvernement est irréfléchi. Il devrait se rasseoir et travailler avec les autres.
     Tout à l'heure, mon collègue de Bourassa a soulevé l'idée de travailler pour l'ensemble de la communauté. Ce n'est pas ce que je constate ici à la Chambre. On ne travaille pas pour la communauté. Chacun tire les ficelles de son côté. Je pense que les conservateurs, les libéraux et le NPD auraient intérêt à s'asseoir pour essayer de trouver des solutions pour nos concitoyens. Il ne faut pas les appauvrir davantage. C'est inadmissible.
    Aujourd'hui, en 2013, frapper sur des gens qui gagnent 12 $ et 14 $ de l'heure et qui ont un petit montant de 300 $ par semaine n'a aucun sens. Ce ne sont pas eux qui abusent du système. Si la caisse n'avait pas été dilapidée par le passé, on aurait de l'argent pour former nos gens et améliorer leur situation.
    Quand le gouvernement veut créer de l'emploi, il doit investir de l'argent. À l'heure actuelle, chez nous, la création d'emploi est à zéro. Il n'y en a pas. Chez nous, on ne constate que des pertes dans l'industrie du papier et dans tous les emplois de la foresterie. C'est inadmissible.
    Comme je le disais tout à l'heure, le taux de chômage me fait vraiment mal au coeur. Je consulte mes feuilles: aux mois d'octobre et de novembre 2012, il était à 7,3 %; au mois de décembre, il était à 8 %; et présentement, il est à 9,3 %. Il est inadmissible qu'un pays riche comme le nôtre connaisse la pauvreté et qu'on frappe encore davantage sur les gens qui gagnent un petit salaire pour les mettre dans la pauvreté et refiler la facture aux provinces. C'est inadmissible. Je ne peux pas accepter ça en tant qu'individu.
    Je veux aussi parler du processus d'appel. Les gens aimaient cela. Ils pouvaient au moins se faire entendre. Maintenant, c'est devenu impossible. Ou bien on fait un plaidoyer écrit ou on n'en fait pas du tout. Avant, les gens pouvaient se faire représenter et ils pouvaient s'exprimer. Désormais, ils ne le pourront plus.
    On a parlé du service plus tôt. Les employés de Service Canada sont débordés à cause des compressions. Appuyez sur le 1, appuyez sur le 2 ou appuyez sur le 3, votre appel est important, monsieur le Président. Asseyez-vous sur le bord d'une table avec un bon café parce que vous allez voir comme c'est long.

  (1140)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous devons reconnaître l'importance du programme d'assurance-emploi et son incidence positive. Bien sûr, le programme procure de l'argent à ceux qui en ont besoin, mais il contribue également à la vitalité des collectivités en préservant des emplois très importants.
    Il existe dans tous les coins du pays des localités qui offrent des emplois saisonniers. Ces emplois ont des retombées économiques extraordinaires dans les collectivités concernées. À strictement parler, l'assurance-emploi joue un rôle crucial pour les travailleurs saisonniers parce qu'elle soutient un grand nombre des emplois qui leur sont offerts. Sans les prestations d'assurance-emploi, ces emplois pourraient fort bien disparaître, ce qui serait fort préjudiciable pour les collectivités en cause. Le député nous dirait-il ce qu'il en pense?

[Français]

    Monsieur le Président, dans ma région, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est important. Je parlais tout à l'heure des travailleurs agricoles. On sait que les semences se font au printemps et que les récoltes se font en automne. Ça prend ces fermiers.
    Il y a aussi les gens qui travaillent au déboisement, les travailleurs forestiers. Ils sont importants. Si on perd ces gens avec leur qualité et leur expertise, cela fera mal. Le gars qui trouvera une job ne reviendra peut-être pas au travail. Ce sera peut-être une job à moindre salaire, mais il ne retournera pas dans le bois.
    Le chômage est une assurance, mais ça aide à développer les communautés. Si on n'avait pas de travailleurs saisonniers pour faire ces jobs, qui ferait ce travail? Qui ferait le ramassage des fruits et légumes? Qui ferait le travail agricole? Qui ferait le débroussaillage? Est-ce qu'on va faire venir des étrangers? Je n'ai rien contre les étrangers, je ne suis pas raciste, mais il faut faire vivre nos communautés et c'est avec ça qu'on vit chez nous. Quarante-deux pour cent des gens vivent avec des emplois précaires et saisonniers.
    Ce sont des emplois importants et il faut les revaloriser. Il faut aider à améliorer notre expertise pour que nous soyons meilleurs, année après année. C'est comme ça que nous allons devenir compétitif, avec des bons travailleurs.

  (1145)  

    Monsieur le Président, je ne sais pas si mon honorable collègue est comme moi, mais quand j'entends les députés libéraux parler d'assurance-emploi, les oreilles me frétillent. Je ne tiens plus en place. C'est incroyable que ces gens se permettent présentement de jouer aux bons gars.
    Tout à l'heure, j'écoutais le député de Bourassa jouer au bon gars. Le gouvernement libéral a volé les travailleurs et les employeurs en détournant 57 milliards de dollars. Comment les libéraux peuvent-ils se permettre aujourd'hui de parler de l'assurance-emploi?
    Mon collègue peut-il commenter cela?
    Monsieur le Président, c'est un très vieux dossier. Effectivement, les libéraux ont dilapidé la caisse d'assurance-emploi et ils ont été aidés par les conservateurs, il ne faut pas l'oublier. Eux, ils sont en train de la mettre dehors, ils sont en train de la saccagée, c'est encore pire. C'est un crime qui n'a jamais été puni. C'est un crime d'avoir pris cet argent qui appartenait aux travailleurs et aux employeurs. Au lieu de s'en servir pour les former et donner le meilleur service à nos gens, on a dilapidé cet argent pour le mettre ailleurs.
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup apprécié le discours du député de Jonquière—Alma. Il est très passionné et il défend très fortement les intérêts des Saguenéens et des Saguenéennes, des Jeannois et des Jeannoises, des gens de la région que je connais bien et que j'adore. C'est vraiment un député excellent et passionné.
    Il a parlé justement de l'impact de tous ces changements des conservateurs. Qu'est-ce que cela fait pour les gens? On a là 300 000 chômeurs de plus que depuis le début de la récession; on le sait bien. On a un gouvernement qui procède à des coupes et des milliers de familles perdent leurs prestations d'assurance-emploi.
    Quel l'impact cela pourra-t-il avoir aussi pour les petits commerçants qui dépendent de ces consommateurs, dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean?
    Monsieur le Président, bien sûr, il y aura un impact monétaire. Si les gens ne retournent pas à leur travail, ces employeurs n'auront peut-être pas de lendemain. Certains disent que s'ils n'ont pas leurs gens au printemps, ils ne pourront pas repartir.
    Effectivement, selon une étude qui a été faite, un travailleur agricole sur cinq ne se représentera plus à l'ouvrage. Quand on fait le calcul, à partir du PIB du Canada, cela entraînera une perte de 27 millions de dollars. Pour une région comme la nôtre, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 27 millions de dollars, c'est de l'argent. Cela a un gros impact négatif.
    Je demande aux conservateurs de s'asseoir avec nous et de trouver une solution. On est capables de travailler ensemble et de travailler pour nos gens. Arrêtons de tirer d'un bord et de l'autre et travaillons pour les Canadiens et les Canadiennes.
    Monsieur le Président, aujourd'hui, la motion du NPD demande très clairement aux conservateurs de mettre leur réforme à la poubelle. C'est ce que les gens demandent. On demande à ramener de nouveau le projet pilote des cinq semaines, qu'on appelle le « trou noir ». Ce sont les deux choses que contient la motion du NPD.
    Quand on dit de jeter le projet de loi à la poubelle, c'est de ne pas en revenir avec quelque chose. Et si on revient sur le sujet — ça fait longtemps que je suis ici et que je discute de l'assurance-emploi —, j'aimerais qu'on veille au programme de l'assurance-emploi, aux emplois saisonniers et à nos régions, qu'on arrête de sabrer à la pièce dans l'assurance-emploi et qu'on trouve plutôt une façon de faire fonctionner ce programme pour les travailleurs et les travailleuses. C'est une assurance.
    En toute honnêteté, on dit que c'est une assurance à laquelle les travailleurs et les employeurs cotisent, mais s'il y avait un vote aujourd'hui à savoir si les employeurs veulent cotiser à la caisse d'assurance-emploi, la réponse serait négative.
     Les employeurs veulent bien profiter des travailleurs, mais quand ils en ont fini avec eux, ils veulent s'en débarrasser. Je le dis de façon respectueuse, même si je sais que certains seront fâchés contre moi. Le gouvernement, dans sa réforme de l'assurance-emploi, offre aux compagnies de ne pas cotiser jusqu'à 1 000 $ à l'assurance-emploi pour chaque nouvel employé. Même le gouvernement aide les compagnies à aller chercher 1 000 $ si elles engagent une nouvelle personne, alors que l'assurance-emploi est là pour aider les travailleurs.
    En ce qui concerne le projet de loi C-38, ce que le NPD dit, c'est que si le gouvernement voulait apporter des changements à l'assurance-emploi et que c'était seulement des clarifications, pourquoi ne les a-t-il pas soulevés au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées? Pourquoi n'a-t-il pas invité l'industrie et les travailleurs? Pourquoi ne s'est-il pas assis avec ces gens-là pour aborder le problème?
     Quand les libéraux ont apporté leurs changements, ça a commencé avec les conservateurs, en 1988. Dans ce temps-là, les libéraux disaient que s'il y avait des changements à l'assurance-emploi, ce serait un désastre pour le Nouveau-Brunswick. Je me rappelle que l'ancien ministre des Ressources humaines — il n'était pas ministre dans le temps — , Doug Young, qui a remplacé le ministre en 1993, qui est aujourd'hui encore à la Chambre en tant que ministre responsable de l'APECA, disait que c'était insultant.
    Le gouvernement a dit que le NPD fait peur aux gens, mais la première chose que le ministre de l'APECA du Nouveau-Brunswick a dite, c'est que les gens aiment encore bénéficier de l'assurance-emploi pour aller à la chasse et à la pêche. Ça, c'est insultant. C'est la pire insulte que l'on peut faire aux travailleurs. Ça veut dire que ce n'est pas assez d'avoir un travail saisonnier et de sabrer dans l'assurance-emploi, il nous critique même si on va à la pêche et à la chasse. Il insulte des gens qui veulent bénéficier de l'assurance-emploi.
    On vit dans des régions où le travail est saisonnier. On n'a pas choisi l'endroit où l'on est venus au monde. Ce n'est pas un choix. Monsieur le Président, vous n'avez certainement pas choisi l'endroit où vous êtes venu au monde. Les gens de chez nous, que ce soit dans la péninsule acadienne, dans la région d'Acadie—Bathurst, en Gaspésie, en Nouvelle-Écosse ou à l'Île-du-Prince-Édouard, en bordure de la mer, n'ont pas choisi de venir au monde à cet endroit, mais ils le sont. Et ça fait partie de notre pays. Alors, le pays est-il uni ou divisé?
    À une certaine époque, ça n'allait pas si bien que ça en Alberta. Fut un temps où les gens étaient pauvres, mais je suis content pour eux si ça va bien aujourd'hui. Quand j'ai demandé au ministre responsable de l'APECA de l'aide pour l'aéroport de Bathurst, pour des rénovations, un allongement de la piste et pour nos travailleurs qui s'en vont travailler dans l'Ouest, la première chose qu'il a dite, c'est que plutôt que de travailler en faveur du développement économique de notre région, j'aime mieux avoir un aéroport pour que le monde aille travailler ailleurs.
    D'une part, le gouvernement dit qu'il y a des emplois partout au Canada et que les gens devraient être mobiles et aller travailler ailleurs. D'autre part, on veut aider les gens à aller travailler ailleurs, mais le gouvernement nous en empêche. Il n'est même pas capable de donner un aéroport au Nord-Est du Nouveau-Brunswick.

  (1150)  

    Je ne souhaite pas que les gens aillent ailleurs, mais au moins ce serait un outil pour ceux qui y vont, pour les Canadiens et les gens de chez nous qui veulent y aller.
    Vendredi dernier, j'ai écouté Le Téléjournal national avec Céline Galipeau. J'aimerais revenir sur les propos tenus par la journaliste Tasha Kheiriddin, de Toronto. J'inviterais cette journaliste à venir chez nous. Les gens de chez nous ne l'aiment pas trop à l'heure actuelle.
    Que disait Tasha à la télévision? Elle disait que les gens de l'Atlantique, qui occupent des emplois saisonniers, devraient savoir que le Canada est un pays d'immigrants et, puisque les immigrants se rendent travailler partout, ils devraient s'en aller travailler dans l'Ouest.
    À mon avis, cette journaliste ne comprenait pas ce qu'elle était en train de dire aux femmes de chez nous, aux mères de famille qui travaillent dans les poissonneries, car ce n'est pas seulement des hommes. En fait, ce sont majoritairement des femmes qui y travaillent. Vont-elles toutes prendre l'avion, s'en aller travailler dans l'Ouest parce que c'est là qu'il y a des emplois et laisser leurs enfants à la maison? On appelle ça des 20/10. Le travailleur s'en va pendant 20 jours et il revient pour 10 jours à la maison. Ce sont les emplois de chez nous.
    Dans la motion du NPD, on parle du trou noir de cinq semaines. Que fera le gouvernement en mars et avril quand se termineront le versement de prestations d'assurance-emploi?
    La journaliste a dit que les conservateurs ont créé environ 900 000 emplois. Ils n'en ont pas créé chez nous. Il n'y en a pas, d'emploi. Se trouver un emploi est difficile. C'est pour ça qu'il existe un projet pilote depuis 2004 dans les régions où les gens occupent des emplois saisonniers, comme la Gaspésie, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard ou chez nous. Les cinq semaines de prestations amenaient le travailleur jusqu'à la prochaine saison.
    Paul Robichaud, vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, a lui-même dit que ça ferait mal à la province et aux employés. Il a demandé au gouvernement de faire marche arrière sans quoi ces gens-là se retrouveraient à l'aide sociale. Toutefois, il y a pire que ça. En effet, si deux personnes vivant ensemble travaillent dans une usine de poissons et que l'un bénéficie de prestations d'assurance-emploi ou qu'il retourne travailler, et que l'autre perd son assurance-emploi, il n'aura pas droit à l'aide sociale. Ce sera la pauvreté totale.
    C'est pour ça qu'on demande à la ministre de réfléchir au mal que les conservateurs sont en train de faire aux travailleurs et aux travailleuses. On demande au premier ministre de réfléchir à ce qu'il est en train de faire à notre pays.
     Je l'ai déjà demandé à la Chambre: qu'ont fait les travailleurs à notre premier ministre? Qu'ont donc fait au premier ministre les hommes et femmes qui ont bâti notre pays pour qu'il les haïssent tant que ça?
    Qu'on fait ces gens? Ces gens cotisent à une caisse d'assurance-emploi qui leur appartient.
    Je me rappelle d'un discours de la ministre. Elle disait vouloir que les Canadiens travaillent 12 mois par année. Seigneur de la vie, s'ils veulent que les travailleurs travaillent 12 mois par année, qu'ils viennent investir chez nous dans des usines de deuxième et de troisième transformation. Le gouvernement doit aider les gens à travailler. Les gens de chez nous ne sont ni des lâches ni des paresseux. Que les conservateurs arrêtent d'investir leur argent seulement dans l'Ouest. Qu'ils viennent chez nous.
    Quand on demande une réparation d'aéroport, on ne peut pas l'avoir. Ils sont en train de fermer la ligne de chemin de fer entre Moncton et Bathurst. Toutes les infrastructures pour le développement économique en Atlantique sont en train de fermer. C'est le même premier ministre qui dit que le monde ne veut pas travailler.
    En matière d'investissements, 78 millions de dollars ont été éliminés à l'APECA, une somme qui aurait pu aider les petites et moyennes entreprises à fonctionner. C'est plutôt le contraire.
    Même Benoît Bouchard, l'ancien ministre fédéral des Transports sous les conservateurs de Brian Mulroney, disait la semaine dernière à la télévision nationale qu'ils avaient essayé d'effectuer un changement à l'assurance-emploi mais que ça n'avait pas fonctionné. Les libéraux l'ont essayé et ont sabré dans les prestations, mais ça n'a pas fonctionné. Les conservateurs sont en train de faire la même chose. Ils vont s'apercevoir que ça ne fonctionne pas.
    Hier, des gens ont peut-être été frustrés de m'entendre dire à la Chambre qu'il n'y aurait pas une autre déportation des Acadiens. C'est cependant ainsi que les gens se sentent. Ils se sentent obligés de partir de chez eux. Ce n'est pas drôle que les gens de chez nous y soient forcés, alors qu'on a des industries dans les secteurs de la forêt, de la pêche et du tourisme.

  (1155)  

    Je terminerai sur ce point. Encore une fois, nous demandons au gouvernement d'être à l'écoute des gens. Qu'il vienne voir ce qui se passe, qu'il mette cette réforme à la poubelle et recommençons à neuf.
    Monsieur le Président, je vais m'adresser au député d'Acadie—Bathurst. En effet, au printemps, il était là lorsque les représentants de l'Île-du-Prince-Édouard sont venus dans nos bureaux et ont demandé à rencontrer le premier ministre au sujet de cette fameuse loi mammouth, le projet de loi C-38 présenté au printemps dernier. Ces personnes avaient la vision de ce qui allait se passer. Donc elles voulaient proposer des modifications à ce projet de loi pour éviter de se retrouver dans les sables mouvants dans lesquels nous sommes aujourd'hui, pour ne pas utiliser un terme qui ne serait pas parlementaire.
    J'aimerais que le député témoigne et qu'il dise aux gens pourquoi il est important de revenir sur ce fameux trou noir de cinq semaines.

  (1200)  

    Monsieur le Président, les conservateurs disent qu'on proclame toutes sortes de faussetés. On demande à la ministre de venir sur le terrain et aux députés conservateurs de venir expliquer en quoi on dit des faussetés. La ministre dit qu'il n'y a pas de réforme.
    Or selon ses explications, il y aura une baisse de salaire de 30 %, les gens devront accepter un travail à une heure de leur domicile et le conseil arbitral et les juges-arbitres seront retirés; mais il n'y a pas de réforme.
    Les gens de chez nous savent que cela leur fera mal. Les employeurs comprennent qu'ils perdront de bons employés formés dans l'industrie. Or ils ne peuvent pas se permettre cela. Cela va même plus loin. Ces employés seront remplacés par des travailleurs étrangers temporaires.
    Il semble que la formule sera de faire travailler notre monde 12 mois par année, que les travailleurs étrangers temporaires occuperont les emplois des travailleurs saisonniers. Ils payeront de l'impôt et de l'assurance-emploi et ensuite, ils repartiront chez eux par le prochain avion. Voilà ce que les conservateurs sont en train d'organiser. Ils sont en train de remplacer les employés saisonniers par des travailleurs temporaires. Ce n'est pas ce qu'on veut. Ce sont nos communautés et elles sont importantes.
     C'est regrettable que la ministre refuse de rencontrer les travailleurs sur le sujet. Si elle était responsable, elle acquiescerait à la rencontre du 27 février.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement essaie effectivement de convaincre les chômeurs de s'établir ailleurs, là où il y a de l'emploi.
    Or, comme l'a mentionné le député d'Acadie—Bathurst, il faut absolument prendre en considération la situation des gens. Certains chômeurs ont des enfants, certaines personnes sans emploi à cause du travail saisonnier ou pour une autre raison ont un conjoint qui travaille dans la localité où ils vivent. Obliger quelqu'un à quitter sa région, quand ce n'est pas sa province, pourrait avoir des répercussions très graves sur la cellule familiale, voire sur la collectivité, qui perdrait cette personne.
    Le député pourrait-il nous en dire plus sur cette question? Il ne s'agit pas simplement de dire aux gens d'aller chercher du travail ailleurs, même s'il leur faut pour cela quitter la région ou la province, car leur départ aurait de lourdes conséquences non seulement pour leur famille, mais aussi pour toute la collectivité dont ils font partie.

[Français]

    Monsieur le Président, cela a un effet sur la famille. Personne ne peut dire le contraire.
    C'est bien facile et c'est bien correct lorsque des gens veulent s'en aller volontairement. Cependant, la ministre dit aux gens qu'ils peuvent aller travailler ailleurs. Tasha Kheiriddin disait à la télévision, jeudi soir, qu'on était un pays d'immigrants et que les gens devraient aller partout. On entend de tels propos.
    Des femmes, qui sont obligées d'aller travailler à Fort McMurray, doivent se séparer de leur famille et de leurs enfants. Ce qui se passe est inhumain, de même que ce qui se dit.
    La ministre se tourne de bord et dit aux gens d'aller trouver du travail à une heure de leur maison. Or on vit dans un pays qui a une saison hivernale. De Caraquet à Bathurst, ou de Bathurst à Shippagan, dans ces régions, il n'est pas nécessaire d'avoir une tempête de neige pour avoir de la tempête. Juste le vent est en soi une tempête.
    On veut que de ces 2 000 à 3 000 femmes, qui perdent leur emploi dans les usines de poissons, soient obligées de voyager. D'autres personnes, âgées d'une soixante d'années, n'ont pas l'éducation nécessaire pour occuper un autre emploi. Les gens sont nerveux. C'est du mépris et un manque de respect envers les travailleurs. Cela affecte les familles. On voit des gens qui s'en vont dans l'Ouest et qui reviennent continuellement. C'est incroyable le nombre de divorces et de séparations. Cela s'en vient à la tonne.
    Il y a des suicides chez nous. Si on regarde l'Acadie Nouvelle et qu'on voit qu'une personne est décédée chez elle à l'âge de 40 ans, ce n'est pas parce qu'elle a fait une crise cardiaque. Le taux de suicide est élevé dans ma région. C'est pour cette raison que je m'emporte parfois à la Chambre. Je connais les effets néfastes de tout cela sur notre population, sur les travailleurs et les travailleuses de partout en Gaspésie et en Atlantique.
    Le gouvernement ne démontre aucun respect, et les libéraux n'en ont pas eu davantage car ils ont volé 57 milliards de dollars dans la caisse d'assurance-emploi.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec l'excellent député d'Elmwood—Transcona.
    J'interviens aujourd'hui pour mettre en contexte, à l'intention des députés d'en face, les mesures que le gouvernement a intégrées au régime d'assurance-emploi
    Le but des modifications est de veiller à ce que le régime d'assurance-emploi fonctionne pour les Canadiens. Le régime est conçu pour aider les gens à se trouver un emploi et à réintégrer le marché du travail. Le gouvernement est déterminé à soutenir les travailleurs et à faire en sorte que l'assurance-emploi contribue à bâtir une main-d'oeuvre forte et concurrentielle. Cela correspond à l'approche du gouvernement, qui consiste à mettre l'accent sur l'emploi, la croissance et la prospérité à long terme. Nombre de précisions apportées au régime d'assurance-emploi sont conçues pour simplifier ce dernier et pour aider les Canadiens au chômage à trouver les emplois disponibles sur le marché du travail local.
    Le gouvernement a annoncé plusieurs éclaircissements ciblés et judicieux pour encourager les Canadiens à demeurer sur le marché du travail et pour éliminer les facteurs qui dissuadaient les gens de travailler. Parmi les changements apportés, notons un meilleur jumelage des Canadiens aux emplois disponibles dans leur région, la précision des responsabilités des prestataires d'assurance-emploi et l'établissement d'une nouvelle approche nationale pour calculer les prestations. Les prestataires qui vivent dans des régions où les conditions du marché du travail sont semblables devraient recevoir des prestations équivalentes.
    Il se peut que les Canadiens ne soient pas au courant des emplois correspondant à leurs compétences qui sont disponibles dans leur région. C'est pourquoi le gouvernement améliorera les alertes-emploi. Celles-ci permettent de renseigner les Canadiens sur les emplois locaux disponibles. Par conséquent, grâce au programme Alerte-Emploi amélioré, les abonnés peuvent recevoir deux courriels par jour, et ce, depuis janvier 2013. Il s'agit d'une grande amélioration par rapport au programme précédent, qui envoyait des alertes une ou deux fois par semaine seulement.
    Cependant, l'opposition continue de soutenir que ces changements limiteront l'accès à l'assurance-emploi. Il faut donc établir clairement ce qu'est l'assurance-emploi. Les prestataires ont la responsabilité de chercher activement un emploi. Les changements apportés ne font que préciser davantage à quoi devrait correspondre la recherche d'emploi; ils n'ont aucune incidence sur l'accès au régime d'assurance-emploi.
    Dans la nouvelle définition de la notion de « recherche d'emploi raisonnable », il est question d'un salaire nettement plus élevé que les prestations d'assurance-emploi. On ne peut donc pas dire que ces changements poussent les Canadiens vers la pauvreté. En fait, c'est plutôt le contraire. Le maintien des travailleurs dans la population active profite toujours aux familles canadiennes.
    En matière d'assurance-emploi, le gouvernement a présenté de nombreuses autres mesures conçues pour soutenir les familles canadiennes, qui sont l'élément fondamental de la société et la base de tout pays prospère.
    Par exemple, lorsque les parents de la famille d'accueil d'un enfant décident de l'adopter, ils ont droit plus tôt aux prestations parentales. De plus, les critères d'admissibilité aux prestations de compassion ont été élargis pour inclure d'autres membres de la famille ainsi que les personnes pouvant être considérées comme des membres de la famille de la personne qui est gravement malade. Les travailleurs indépendants, comme je l'ai été toute ma vie, ont désormais le droit de participer au programme d'assurance-emploi, ce qui n'a jamais été le cas auparavant, pour recevoir des prestations de maternité, des prestations parentales, des prestations de maladie ou des prestations de compassion. Quant aux familles des militaires, elles ont un meilleur accès aux prestations parentales.
    Notre gouvernement est conscient en outre qu'il peut être difficile pour les gens ayant des emplois à temps plein de s'occuper d'un membre de leur famille qui est gravement malade ou blessé. C'est pourquoi nous voulons aider les familles à trouver le juste équilibre entre leur travail et leurs responsabilités familiales, compte tenu des difficultés financières propres à de telles épreuves. Ainsi, la Loi visant à aider les familles dans le besoin, qui a été adoptée à l'automne, a pour but d'aider les vaillantes familles canadiennes au moment où c'est le plus nécessaire. Cette mesure repose sur une valeur importante et fondamentale que nous, les Canadiens, partageons tous.
    Les députés de notre parti savent qu'élever un enfant est la tâche ou la responsabilité la plus importante à nous être confiée au cours de notre vie. J'ai trois enfants d'âge adulte et neuf petits-enfants, et je peux en témoigner.

  (1205)  

    Par conséquent, lorsqu'un parent est aux prises avec une maladie et doit en même temps s'acquitter de ses responsabilités au travail, chez lui ou les deux, la famille entière en souffre. En vertu de la Loi visant à aider les familles dans le besoin, les parents peuvent désormais obtenir des prestations de maladie s'ils tombent gravement malades pendant qu'ils reçoivent des prestations parentales. De plus, nous avons inclus dans cette loi d'autres mesures de soutien du revenu pour aider les familles au moment où elles en ont le plus besoin.
    Nous offrons maintenant des prestations d'assurance-emploi aux parents d'enfants gravement malades ou blessés.
    Ces prestations visent à atténuer les pressions financières subies par les parents. Je pense que nos expériences familiales ou personnelles nous permettent tous de comprendre quelle dure épreuve ces gens vivent.
    L'année dernière, nous avons par ailleurs annoncé une nouvelle indemnité pour aider les parents éprouvés par la disparition ou le décès d'un enfant victime d'un acte que l'on soupçonne d'être une infraction criminelle. Nous entendons parler tous les jours, aux nouvelles, d'un trop grand nombre de cas de ce genre.
    Notre gouvernement oeuvre en même temps sur deux plans. D'une part, nous continuons d'adapter le programme d'assurance-emploi pour favoriser la croissance économique, conformément à notre bilan convaincant en la matière. D'autre part, nous allégeons le fardeau financier des parents victimes d'une situation difficile.
    Nous voulons améliorer le régime d'assurance-emploi et le rendre plus souple pour les Canadiens en ajoutant des prestations pour les parents qui doivent passer moins de temps au travail afin de prendre soin d'un enfant gravement malade ou blessé. Ainsi, nous voulons aider les parents et les grands-parents à se concentrer sur ce qui compte le plus pour eux.
    Nous voulons aider les familles. C'est cette volonté qui a amené le gouvernement à renouveler le projet-pilote visant à accorder cinq semaines supplémentaires de prestations pendant la pire récession depuis les années 1930. Nous comprenons qu'il y a moins de travail dans de nombreuses industries, et nous voulons aider les Canadiens à surmonter cette épreuve pénible et difficile.
    Bien que nous soyons tous conscients que la situation économique est fragile dans le monde entier, l'économie et le marché du travail ont connu une forte croissance au Canada, puisqu'on y a observé une création nette de plus de 920 000 emplois depuis juillet 2009. Il n'y a jamais eu autant d'emplois au Canada.
    Bon nombre des régions visées par ce projet-pilote ont également connu une relance exceptionnelle ou considérable. D'ailleurs, quelques régions se sont retirées de ce projet-pilote plus tôt que prévu en raison d'une très forte réduction du taux de chômage.
    Le gouvernement demeure déterminé à créer des emplois et à favoriser la croissance et la prospérité à long terme pour tous les Canadiens. Je crois que tous les députés, y compris ceux de ce côté-ci de la Chambre, sont fiers de leur pays, des emplois qui y sont créés, et de la situation économique qui a fait sa réputation partout dans le monde. Par conséquent, nous devrions tous continuer de miser sur la création d'emplois et la prospérité à long terme pour tous les Canadiens.

  (1210)  

[Français]

    Monsieur le Président, je ne suis pas contre le fait que le gouvernement donne de l'information aux gens pour savoir où trouver un emploi. Il serait terrible de dire qu'on ne veut pas que les gens le sachent. On sait pourquoi l'assurance-emploi est là, c'est en cas de perte d'emploi.
    Or on est rendu à un point où dans des régions qui vivent du travail saisonnier, au-dessus de 2 000 personnes sont mises à la porte en même temps, à l'automne. Que fait-on avec ces gens-là? On est rendu là et c'est pourquoi il y a eu le projet pilote. C'est là où ça fait mal.
    Je viens de recevoir un courriel et je vais en parler rapidement. Une fonctionnaire du gouvernement a été dans une maison, à Tracadie-Sheila, pour apporter des formulaires à remplir afin de prouver que la personne a fait une recherche d'emploi. L'employé doit se présenter pour une rencontre demain, avec les formulaires remplis, au bureau de Tracadie-Sheila, sinon son chômage sera coupé. Et vous dites vouloir aider les travailleurs alors qu'on est rendu au point où vos fonctionnaires se rendent dans les maisons.
    J'aimerais avoir la réponse de notre député qui s'est levé tout à l'heure pour dire que le gouvernement essaie d'aider les travailleurs. On en est rendu à envoyer des sortes de policiers dans les maisons. Cela ne s'est jamais vu dans l'histoire du Canada d'envoyer des fonctionnaires chez les gens. Cela vient de commencer. Où allez-vous arrêter avec tout ça?
    Vous dites qu'on a un bon pays et qu'on doit être un pays uni. Ce n'est pas avec cette façon de traiter les travailleurs que votre gouvernement conservateur va faire un pays uni.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je ne sais pas comment ça se passe dans la circonscription du député, mais dans la mienne, Lambton—Kent—Middlesex, où il s'agit essentiellement de petites collectivités, souvent rurales, on dépend de l'industrie agricole. Nous avons donc besoin de beaucoup de main-d'oeuvre. Selon certains, le problème avec les exploitations agricoles, c'est qu'elles créent des emplois dont personne ne veut. Pourtant, ceux-ci sont très respectables. Je n'ai jamais considéré qu'il était indigne de travailler sur une ferme, comme camionneur, dans l'industrie agricole ou dans n'importe quel autre secteur des services. Voilà justement les emplois que nous devrions encourager les Canadiens à accepter afin d'aider ces exploitations qui constituent l'épine dorsale de notre pays. Celles-ci représentent 90 % de toutes les petites entreprises au Canada, et ce sont les PME qui génèrent la croissance économique dans la majeure partie du Canada.
    Dans ma circonscription, nous encourageons les Canadiens à la recherche d'un emploi à faire ce genre de travail parce qu'il n'y a pas de honte à cela. Nous aimerions qu'une démarche de ce genre fasse partie des initiatives de création d'emplois au pays.

  (1215)  

    Monsieur le Président, le député pourrait-il parler du rôle important que joue le gouvernement pour veiller à ce que des collectivités puissent compter sur des emplois saisonniers à long terme et à court terme? Prenons un secteur comme le tourisme ou l'agriculture. Sans emplois saisonniers, il risque de s'effondrer. Voilà un rôle que le gouvernement est appelé à jouer.
    D'après le député, le gouvernement a-t-il un rôle à jouer en ce sens, et dans quelle mesure pense-t-il que l'assurance-emploi fait partie des outils à la disposition du gouvernement pour atteindre cet objectif?
    Absolument, monsieur le Président. Notre gouvernement a joué un rôle important et continue de le faire. Une des façons dont nous aidons les gens à la recherche d'un emploi saisonnier, à temps partiel ou à temps plein, consiste à leur faire connaître deux fois par jour les possibilités d'emplois disponibles.
    Il arrive parfois qu'il manque de main-d'oeuvre dans une région; il faut alors recourir à des travailleurs étrangers temporaires. Ces gens jouent un rôle important pour notre économie, particulièrement dans les secteurs agricole et touristique. Un certain équilibre doit être établi. Par ailleurs, on sait très bien que les prestataires d'assurance-emploi ont la responsabilité de se chercher un emploi. C'est ce que nous tentons d'encourager. L'emploi constitue l'un des meilleurs programmes sociaux dans ce pays.
    Monsieur le Président, je suis heureux de participer au débat sur la motion d'opposition.
    Comme bon nombre de mes collègues l'ont déjà signalé, notre parti ne peut appuyer la motion de l'opposition, qui décrit les répercussions des changements au régime d'assurance-emploi de façon exagérée et fondamentalement erronée. Essentiellement, toutes ces modifications font en sorte qu'il est toujours préférable pour les Canadiens de travailler que d'être au chômage. Nous avons apporté des changements qui s'imposaient pour que le régime d'assurance-emploi serve efficacement les Canadiens.
    Dans sa motion, le NPD demande notamment le rétablisement du projet pilote des cinq semaines supplémentaires. Ce projet pilote était une solution temporaire, qui consistait à fournir cinq semaines supplémentaires de prestations d'assurance-emploi aux Canadiens les plus durement touchés durant les pires années de la récession. Il n'a jamais été envisagé que cette mesure devienne permanente. Notre gouvernement l'a introduite en 2008, puis renouvelée en 2010 dans le cadre de son plan d'action économique.
    Depuis juillet 2009, il s'est créé, net, plus de 920 000 emplois. Le Canada est en pleine période de reprise économique. C'est en raison des améliorations observées au plan économique que nous avons pu mettre fin aux mesures de soutien temporaires telles que le projet pilote des cinq semaines supplémentaires. En fait, certaines régions ont connu une telle croissance soutenue de l'emploi qu'elles ont mis fin prématurément au projet pilote. Le NPD semble croire que ces mesures de soutien temporaires devraient être pérennisées, peu importe le nombre d'emplois créés ou la vigueur de la reprise économique.
     Au premier rang des priorités du gouvernement se trouvent la création d’emploi et une prospérité durable. Un outil essentiel à la réalisation de cet objectif est un régime d’assurance-emploi qui ménage l’équilibre entre les prestations aux travailleurs dans le besoin et le soutien à ceux qui retournent au travail. En avril, nous instaurerons une nouvelle approche nationale permanente pour mieux faire correspondre le calcul des prestations d’assurance-emploi et la situation du marché du travail dans les diverses régions. Cette approche remplacera un programme pilote, le projet pilote sur les 14 meilleures semaines de rémunération.
     À compter d’avril, le montant hebdomadaire que le prestataire touchera sera calculé d’après la moyenne de ses gains au cours de ses meilleures semaines de rémunération. Dans les régions où le taux de chômage est élevé, le calcul sera établi sur un plus petit nombre de semaines. Ainsi, la moyenne sera beaucoup plus élevée si plusieurs semaines bien rémunérées sont utilisées, plutôt que la totalité des semaines, dont certaines ont pu être mal rémunérées, voire pas du tout. Cette modification garantira que les travailleurs des secteurs saisonniers ne refuseront pas de travail pendant la saison morte par crainte de faire baisser la moyenne utilisée dans le calcul de leurs prestations. En somme, ce nouveau programme prévoyant un nombre de semaines variable rendra plus avantageuse l’acceptation du travail disponible en saison morte.
     Voilà un autre exemple des mesures par lesquelles le gouvernement cherche à équilibrer le régime. Il s’agit de faire en sorte que les Canadiens aient toujours plus à gagner en travaillant qu’en restant inactifs. Les projets pilotes antérieurs ne s’appliquaient que dans certaines régions. L’approche proposée maintenant s’étend à l’ensemble du Canada. Ainsi, les prestations des travailleurs de toutes les régions où la situation du marché du travail est semblable seront calculées de la même manière, où qu’ils habitent.
     Le gouvernement cherche à améliorer les programmes comme l’assurance-emploi, alors que le NPD préférerait conserver les dispositions qui découragent le travail et imposer aux Canadiens une taxe de 21 milliards de dollars sur le carbone.
     Le budget de 2012 a annoncé une autre amélioration: le projet pilote Travail pendant une période de prestations. Auparavant, seule une partie des gains pouvait échapper à une mesure récupération. Une fois franchi le seuil de l’exemption, chaque dollar de gain donnait lieu à une réduction équivalente sur les prestations d’assurance-emploi. La conséquence de cette politique, c’est que les prestataires réduisaient leur participation au marché du travail en refusant le travail qui leur aurait fait franchir le seuil d’exemption. Le travail était donc découragé.
     Dans le cadre du nouveau projet pilote, la récupération sera de 50 %, mais elle s’appliquera à l’intégralité des gains. Pour les prestataires qui cherchent un emploi permanent, le nouveau projet pilote rendra plus avantageuse l’acceptation de tout travail disponible, puisqu’ils pourront garder une plus grande partie de leurs gains tout en continuant de toucher leurs prestations. Quant à ceux qui pensent que l’ancienne méthode de calcul était plus avantageuse, ils pourront garder cet ancien régime. Ces deux mesures servent l’objectif du gouvernement: faire en sorte que les Canadiens aient plus à gagner en travaillant qu’en restant inactifs. C’est ainsi qu’on favorise la croissance économique, pas en imposant de nouvelles taxes sur le carbone ni en conservant des mesures qui découragent le travail.

  (1220)  

     En matière d’emploi, le Canada devance les autres pays du G8. Sous l’intendance du gouvernement, la création nette d’emplois a été de 920 000 depuis juillet 2009. Nous émergeons de la récession bien avant d’autres pays industrialisés. Les nouveaux emplois offrent des occasions renouvelées. Selon Statistique Canada, il y avait à l’automne 268 000 postes à combler chez nous. Nous devons veiller à ce que les Canadiens soient au courant de ces débouchés, afin que se poursuive une reprise économique soutenue.
     Bien sûr, il y a des Canadiens qui ont du mal à trouver du travail, notamment à la saison morte, dans les régions où une partie importante de l’économie repose sur des industries saisonnières. Le gouvernement s’efforce de les aider à trouver des emplois chez eux, des emplois pour lesquels ils ont les compétences voulues. Quant à ceux qui ne peuvent rien trouver, le régime d’assurance-emploi leur viendra en aide, comme il l’a toujours fait.
     La situation personnelle de chacun, les conditions de travail et les heures de travail seront toujours évaluées au cas par cas. Nous apportons au régime d’assurance-emploi des modifications qui ont du bon sens pour que les Canadiens aient les outils et les ressources nécessaires pour trouver du travail chez eux, sur le marché du travail de leur ville ou de leur localité, du travail pour lequel ils ont les compétences voulues.
     Il vaut la peine de répéter que la motion de l’opposition qui est à l’étude aujourd’hui fausse complètement les faits et obéit à la politique de la peur que, malheureusement, l’opposition a adoptée. C’est la politique du désespoir politique. Voilà pourquoi j’exhorte tous les députés à se joindre au gouvernement pour rejeter la motion.

  (1225)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais dire à mon collègue d'en face que, de toute évidence, il ne lit pas les mêmes journaux que moi et il ne regarde pas la même télévision que moi. Dans mon coin, je vois des gens insatisfaits et inquiets.
     Je me demande si, aujourd'hui — c'est probablement la question que je lui poserai —, il n'est pas clair à ses yeux qu'ils ont fait un mauvais calcul au niveau des communications. Aujourd'hui, le problème est qu'ils ont essayé d'insérer, dans un foutoir de 700 pages, une réforme gigantesque, alors qu'ils auraient dû consulter les gens. C'est un enjeu énorme qui mériterait, au niveau sociétal, d'être abordé avec tout le monde, d'être abordé en groupe. Ils ont voulu insérer cela et, aujourd'hui, ils se retrouvent avec un backlash monstrueux.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons apporté des changements fondamentaux, mais nécessaires. Ce sont des changements qui aident les gens à trouver du travail, et je crois que c'est cet aspect du processus qui n'a pas du tout été compris.
    Comme je l'ai mentionné, il y avait à l’automne 268 000 postes à combler au Canada. Nous travaillons fort pour doter ces postes. Les gens cherchent des possibilités d'emploi. Nous tentons de les aider à en trouver. Nous voulons rendre le processus plus facile pour eux.
    Nous mettons en place un système d'alerte-emploi qui les aidera à trouver des emplois dans leur région. Comme nous l'avons toujours dit, nous voulons les aider à trouver un emploi pour lequel ils ont les compétences voulues. Nous ne demandons pas aux gens d'accepter des emplois pour lesquels ils n'ont pas les compétences ou les capacités requises. Nous ne leur demandons pas de parcourir des distances qu'ils ne peuvent pas parcourir. Nous procédons au cas par cas et selon les besoins.
    Notre objectif ultime est d'aider les Canadiens à trouver les emplois disponibles. Je crois que c'est un objectif que nous voudrions tous voir se réaliser. Les chômeurs aimeraient travailler. Tous les chômeurs auxquels j'ai parlé dans ma circonscription m'ont dit qu'ils préféraient trouver un emploi que de recevoir des prestations d'assurance-emploi. Nous les aidons à trouver un emploi. Je ne vois pas comment un tel objectif ne bénéficierait pas de l'appui de tous.
    Monsieur le Président, j'ai remarqué que le député d'en face a été assez courageux pour aborder la promesse faite par le gouvernement en 2008 de mettre en place un système de plafonnement et d'échange. Est-ce que le gouvernement conservateur utilisera de l'argent du régime d'assurance-emploi pour respecter cette promesse qu'il a faite lors de la campagne électorale de 2008?
    Monsieur le Président, j'évoquais plutôt la politique que les néo-démocrates ont clairement énoncée dans leurs propositions budgétaires au cours de la dernière campagne électorale. Je trouve curieux que le député cherche à nous imputer une mesure qui émane manifestement de son parti.
    Nous voulons établir un climat qui soit propice à la création d'emplois et qui ouvre des perspectives aux employeurs et aux entrepreneurs désireux de faire croître leur entreprise. C'est ainsi qu'on favorisera la prospérité au pays. C'est ainsi qu'on atteindra le plein-emploi. Nous cherchons à rapprocher les chômeurs des postes que les entrepreneurs cherchent à pourvoir. Nous ne voulons pas adopter de mesures qui empêcheraient nos entrepreneurs et nos propriétaires de PME de poursuivre leur expansion et d'ainsi créer des emplois pour les Canadiens, à l'instar des 920 000 qui ont déjà été créés, net, depuis 2009.
    Monsieur le Président, notre gouvernement garde le cap sur ce qui importe le plus aux yeux des Canadiens: l'emploi, la croissance et la prospérité à long terme. Dans l'optique des 920 000 emplois créés, net, depuis juillet 2009, mon collègue et ami peut-il simplement me dire si les mesures telles que le projet-pilote des cinq semaines additionnelles ont toujours leur raison d'être?

  (1230)  

    Étant donné la récession qui nous a frappés, monsieur le Président, les Canadiens devraient être ravis que la vigueur de la reprise économique nous permette déjà de mettre un terme aux mesures temporaires qu'il a fallu instaurer en 2008 et reconduire en 2010. Nous sommes sur la bonne voie. Les Canadiens peuvent être très fiers que la situation se soit améliorée au point où ces mesures temporaires ne sont plus nécessaires.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais d'abord vous indiquer que je vais partager le temps dont je dispose avec le député de Sudbury.
    J'ai le plaisir de prendre la parole aujourd'hui à l'occasion de la journée de l'opposition du NPD sur le programme d'assurance-emploi.
    Je tiens à relire le libellé de cette motion, qui se lit comme suit:
    Que cette Chambre demande au gouvernement d’annuler les changements dévastateurs qu’il a apportés au programme d'assurance-emploi qui ont pour effet de réduire l’accès aux prestations, de faire baisser les salaires, de pousser les Canadiens vulnérables vers la pauvreté et de transférer aux provinces des coûts supplémentaires; et qu'elle lui demande de rétablir le projet pilote des cinq semaines supplémentaires pour éviter le « trou noir » de l’insécurité financière auquel font face les travailleurs des industries saisonnières et les économies régionales qui dépendent d'eux.
    Ce débat tombe à point puisque, cette semaine encore, le Conference Board du Canada nous rappelait que la progression des inégalités sociales et économiques au Canada détériorent le tissu social au pays. Il a en effet comparé les données socioéconomiques de 17 pays industrialisés pour conclure que le Canada se classe au 7e rang quant aux conditions de vie et au bien-être de sa population.
    Le Canada des conservateurs obtient une très mauvaise note en matière d'inégalités sociales et de pauvreté infantile. Pourtant, le régime d'assurance-emploi, tel que conçu à l'origine, devrait justement être un levier permettant à l'État canadien de contrer les inégalités et la pauvreté. Or, depuis le gouvernement Mulroney, les gouvernements conservateurs et libéraux n'ont cessé de l'atrophier.
    Les réformes des années 1990 ont complètement changé la donne sur le plan de l'assurance-emploi. Depuis, l'État s'est retiré et ne participe plus au financement du régime. On a changé les règles de l'admissibilité, on a baissé les niveaux de prestations et on a multiplié les exclusions qui ont fait chuter le taux de couverture de l'assurance-emploi à 40 %.
     On peut s'en douter, la situation est encore plus précaire pour les femmes. Comme elles occupent souvent les emplois à temps partiel, temporaire ou occasionnels, elles n'accumulent tout simplement pas assez d'heures pour être admissibles à l'assurance-emploi. Les chiffres sont éloquents. Seulement quatre chômeurs sur dix ont accès à l'assurance-emploi, mais chez les femmes, c'est trois chômeuses sur dix.
    Depuis le milieu des années 1990, le gouvernement a pigé dans la caisse d'assurance-emploi pour financer ses dépenses courantes, soutirant ainsi plus 55 milliards de dollars aux travailleurs et aux entreprises qui paient des cotisations.
    Depuis que les conservateurs sont majoritaires, ils ont entrepris de déployer leur programme idéologique, afin de restreindre la portée du régime d'assurance-emploi. Depuis le 15 septembre, par exemple, ils ont aboli le projet pilote visant six régions au Québec et portant sur la prolongation de cinq semaines de prestations régulières. La fin de ce projet pilote provoquera le retour du trou noir pour bien de chômeurs.
    De même, le 6 avril prochain, le projet pilote portant sur le calcul du taux de prestations basé sur les 14 meilleures semaines sera aboli, ce qui occasionnera une importante perte de revenu pour plusieurs personnes de l'industrie saisonnière, entre autres.
    Par ailleurs, dès avril 2013, le Conseil arbitral sera remplacé par le Tribunal de la sécurité sociale. Le conseil, ce tribunal de première instance qui a fait ses preuves au fil du temps, sera remplacé par un tribunal auquel ne siégera qu'un seul commissaire nommé par le gouvernement.
    Cela dit, la mesure la plus déplorable demeure l'abrogation de l'article 27 de la Loi sur l'assurance-emploi ayant trait à la définition de l'emploi non convenable jumelée à une série de contraintes déraisonnables pour les travailleurs des industries saisonnières. Ces dispositions feront en sorte que les prestataires dits « fréquents » qui ont fait trois demandes au plus et qui ont reçu plus de 60 semaines de prestations au cours des cinq dernières années devront, après un certain temps, accepter des emplois à 70 % de leur rémunération précédente dans un rayon d'une heure de leur demeure.
    De ce côté-ci de la Chambre, on a l'impression que cette chasse aux travailleurs saisonniers est motivée par un préjugé persistant à l'endroit des chômeurs. Rappelons que la ministre qui dirige la réforme est reconnue pour ses propos disgracieux à l'égard des chômeurs. En janvier 2009, elle déclarait, par exemple, que son gouvernement ne voulait pas qu'il soit lucratif pour eux de rester à la maison à ne rien faire, comme si les chômeurs étaient tous des paresseux.

  (1235)  

    Encore vendredi dernier, elle déclarait que « le NPD appuie encore une fois ce qu'on appelle en anglais les bad guys ». Les chômeurs: des bad guys! Ces propos sont indignes d'une ministre responsable de l'assurance-emploi.
    La semaine dernière, nous avons d'ailleurs appris que les fonctionnaires de Service Canada avaient le mandat de traquer les chômeurs et de récupérer 40 000 $ par mois. Au lieu de former ses fonctionnaires à mieux aider les chômeurs et à faciliter leur réinsertion au travail, la ministre lâche ses enquêteurs à leurs trousses en espérant leur soutirer le plus d'argent possible.
    Traiter les honnêtes chômeurs canadiens comme des criminels, ce n'est pas une bonne façon de mettre le grappin sur les véritables criminels. De plus en plus déconnectée de la réalité quotidienne des Canadiens, la ministre prouve que ce gouvernement fatigué, constamment sur la défensive et irrespectueux de l'éthique, est un gouvernement fatigué qu'il faut remplacer.
    J'ai beaucoup parlé de la réforme des conservateurs concernant les travailleurs saisonniers, mais il faut voir que ce sont des communautés entières qui seront décimées. En effet, contrairement aux actionnaires et aux administrateurs des grandes entreprises à qui l'on a consenti des baisses d'impôt pour qu'ils réinvestissent dans l'économie, les chômeurs n'empilent pas leurs prestations. Ils les dépensent immédiatement dans leur communauté pour leurs besoins de base.
    En 2003, le CTC avait produit une étude intéressante concernant les retombées économiques de l'assurance-emploi. Le syndicat avait évalué la perte annuelle des prestations par circonscription suite aux différentes réformes des années 1990. L'étude montrait, par exemple, que l'économie d'une circonscription comme Rivière-des-Mille-Îles était privée de 44 millions de dollars annuellement en raison des coupes opérées dans les prestations versées aux chômeurs.
    Il faut être lucide. Cette réforme rétrograde touche tous les travailleurs, pas seulement les travailleurs susceptibles de toucher des prestations d'assurance-emploi. Alors que l'économie tourne au ralenti et que le marché de l'emploi est moribond, tous les travailleurs sont susceptibles de subir les contrecoups de la diminution des prestations.
    Au cours des dernières semaines, j'ai eu l'occasion de rencontrer les citoyens de Rivière-des-Mille-Îles à ce sujet. Le chef du NPD est d'ailleurs venu en novembre dans la couronne Nord de Montréal afin de rencontrer nos concitoyens et réitérer les engagements du NPD quant à la bonification du régime d'assurance-emploi.
    J'ai notamment eu l'occasion de rencontrer les représentants des 1 000 travailleurs mis à pied chaque été par la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles. Ils m'ont fait part de leurs inquiétudes. Je notais d'ailleurs que les 650 brigadiers scolaires de la Ville de Montréal ont émis un communiqué de presse, hier, afin de dénoncer des restrictions à l'assurance-emploi imposées par ce gouvernement conservateur. Laissez-moi vous citer un extrait qui résume leur situation:
[...] les brigadiers scolaires touchent des salaires très modestes pour quatre heures de travail par jour segmentées en trois blocs. Ils se déplacent donc six fois par jour pour le travail. Là, la réforme de l’assurance-emploi va réduire leurs revenus et obliger certains d’entre eux à accepter des emplois au salaire minimum. Il est profondément injuste que ces hommes et ces femmes qui veillent sur la sécurité des enfants soient ainsi pénalisés.
    Un sondage réalisé l'an dernier auprès de 1 000 résidents de Rivière-des-Mille-Îles m'a aussi permis de mesurer le large appui que recueille la position du NPD quant à la bonification du régime d'assurance-emploi. Cinquante pour cent des sondés estiment que le régime actuel ne répond pas aux besoins des chômeurs qui ont perdu leur emploi et qu'il est nécessaire d'y apporter des réformes afin de mieux appuyer nos travailleurs.
    Au lieu de n'écouter que les idéologues de son parti, le premier ministre devrait écouter la population qui réclame une approche plus humaine et plus rationnelle du point de vue économique.
    En terminant, permettez-moi de présenter le plan du NPD à l'égard de l'assurance-emploi. Il s'agit d'un élément important permettant d'illustrer la différence entre nous et le gouvernement.
    D'abord, le NPD a déjà annoncé qu'il éliminerait les nouvelles mesures concernant les travailleurs saisonniers. Rappelons aussi que lors de la dernière campagne électorale, le NPD s'est formellement engagé à restaurer l'intégrité du programme d'assurance-emploi, dans la mesure où les finances publiques le permettent. Nous proposons d'éliminer les délais de carence de deux semaines et de ramener la période d'admissibilité à un minimum de 360 heures de travail pour toutes les régions.
    Depuis des semaines, nous avons vu des manifestations importantes partout au Québec et au Canada. J'espère que le gouvernement a été attentif à ce cri du coeur et qu'il annulera les changements dévastateurs apportés au programme de l'assurance-emploi.

  (1240)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, il est important que nous voyions ce débat comme une occasion de montrer que l'assurance-emploi, autrefois appelée « assurance-chômage », a toujours évolué, ayant notamment changé de nom dans les années 1990.
    À vrai dire, c'est l'administration libérale qui a créé les prestations d'assurance-emploi, consciente de la nécessité d'aider les personnes qui se retrouvent sans emploi et ont besoin d'un revenu. C'est Pierre Elliott Trudeau qui a bonifié le programme en y ajoutant des prestations de maternité et des prestations de maladie. Même qu'aux dernières élections, l'ancien chef libéral Michael Ignatieff a parlé de verser des prestations aux personnes qui prodiguent des soins à un membre de leur famille.
    Beaucoup d'idées circulent et l'histoire montrera que le Parti libéral est très progressiste. Nous devons considérer l'assurance-emploi comme un programme social essentiel qui doit être maintenu et être modifié pour qu'il puisse répondre aux besoins des Canadiens et s'adapter à la situation économique du Canada.
    Je me demande si le député a quelque chose à ajouter.

[Français]

    Monsieur le Président, mon honorable collègue libéral peut bien se vanter du record de son gouvernement, mais, en fait, c'est un record atroce. Il a parlé des modifications qui ont été faites en 1996. Nous savons que ces modifications ont brutalement réduit l'accès aux prestations d'assurance-emploi. Depuis 1996, entre 40 % et 50 % des demandeurs sont admissibles à l'assurance-emploi, alors que le taux d'admissibilité se situait entre 70 % et 90 % dans les années 1970 et 1980.
    Sous la gouverne des libéraux, les chômeurs ont aussi vu leur accès à ce programme réduit de façon énorme. Nous savons aussi que les libéraux ont pillé les caisses de l'assurance-emploi. Plutôt que de réduire les cotisations ou d'augmenter les prestations, les libéraux ont volé 54 milliards de dollars de cette caisse qui appartient aux chômeurs et aux entreprises qui y contribuent.
    Monsieur le Président, j'aimerais entendre les commentaires de la députée sur le fait suivant.
    On sait que les salaires vont être réduits de 30 %, parce que les gens devront accepter un emploi à 70 % de ce qu'ils gagnaient auparavant. Selon moi et selon bien des gens du NPD, cela entraînera une baisse des salaires. On pense que les entreprises vont offrir un salaire moindre à des employés qui iraient occuper ces emplois, en temps régulier, à un salaire 30 % plus élevé.
    Alors, j'aimerais entendre les commentaires de la députée à ce sujet. Ne craint-elle pas qu'il y ait une crise, une déflation économique, au pays?
    Monsieur le Président, c'est effectivement le cas. D'ailleurs, quand j'ai fait du porte-à-porte dans mon comté, j'ai réalisé que tout le monde se sentait concerné par ces changements. Les gens savent que cela entraînera une baisse de salaire pour tout le monde.
     Toutefois, il faut que je mette l'accent sur un autre point important, parce que j'ai entendu mes collègues du côté du gouvernement se vanter de leur record en matière de création d'emplois. Nous savons que, en ce moment, il y a cinq chômeurs pour chaque emploi disponible au Canada. Donc, on ne peut pas dire que c'est la faute des chômeurs s'ils ne trouvent pas d'emploi. En fait, c'est la faute du gouvernement conservateur, qui n'arrive pas à créer assez d'emplois pour les Canadiens. Comme je l'ai mentionné dans mon discours, seulement quatre chômeurs sur dix reçoivent des prestations d'assurance-emploi. Donc, déjà, nous savons qu'il s'agit d'un programme très réduit, qui n'est pas accessible à tous les chômeurs.

  (1245)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement a fait savoir clairement aux travailleurs canadiens qu'ils ne peuvent s'attendre à ce que le programme d'assurance-emploi auquel ils ont cotisé toute leur vie soit disponible lorsqu'ils en ont besoin.
    Les compressions imposées à Service Canada ont provoqué d'importants retards dans le traitement des demandes d'assurance-emploi. Résultat: les gens ne reçoivent pas leurs prestations quand ils en ont désespérément besoin.
    Si les députés ne me croient pas, ils devraient examiner les statistiques concernant les délais de traitement des demandes d'assurance-emploi sous le régime conservateur. Selon les propres paramètres de Service Canada, 80 % de toutes les demandes d'assurance-emploi devraient donner lieu à un paiement ou à un avis de non-paiement dans les 28 jours.
    Depuis deux ans, plus d'un demandeur sur quatre n'a reçu aucune réponse. Dans l'Ouest du Canada, ce ratio grimpe à un sur trois. En février 2012, plus de la moitié de tous les demandeurs n'avaient toujours pas reçu de réponse de Service Canada dans les délais normaux.
    Et qu'en est-il des centres d'appels de l'assurance-emploi? En 2007, selon les normes de Service Canada, 95 % de tous les appels devaient recevoir une réponse en 180 secondes. Les conservateurs ont réduit cela à 80 % en 2008. Et pourtant, en 2011-2012, moins du quart de tous les appels recevaient une réponse en 180 secondes.
    Les conservateurs ont aussi abaissé sensiblement les normes de service pour les rappels, les faisant passer de deux à cinq jours. Pourtant, seulement la moitié des rappels se fait dans les cinq jours. Malheureusement, ces baisses du niveau de service ne sont pas inattendues.
    N'oublions pas que nous avons affaire à un gouvernement dont la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences est plus encline à dénigrer les prestataires d'assurance-emploi qu'à résoudre les problèmes du système. Elle suit en cela l'exemple du premier ministre, qui a déclaré ce qui suit devant l'American Council for National Policy: « En ce qui concerne les chômeurs, qui sont au nombre de plus d'un million et demi, ne vous sentez pas trop mal pour eux. Ils ne se sentent pas mal eux-mêmes, tant qu'ils reçoivent de généreuses prestations d'aide sociale ou d'assurance-emploi. »
    Essentiellement, le message du gouvernement, c'est que les chômeurs qu'ont qu'eux-mêmes à blâmer s'ils sont au chômage.
    Permettez-moi de donner un exemple, puisé dans ma propre collectivité, qui montre à quel point cette attitude témoigne d'un manque de vision. Chez moi, à Sudbury, une fluctuation du prix du nickel sur les marchés internationaux, même relativement modeste, peut avoir un effet dramatique sur le marché de l'emploi. Si le prix monte, les entreprises cherchent évidemment à prendre de l'expansion, et la demande de travailleurs dépasse l'offre. Toutefois, si le prix baisse, l'expansion, la recherche et le développement peuvent être mis en veilleuse et, soudainement, des travailleurs très qualifiés se retrouvent sans emploi pour des raisons indépendantes de leur volonté.
    C'est précisément à cause de ce genre de fluctuations dans le cycle de l'emploi que l'assurance-emploi est importante, non seulement pour les prestataires, mais pour des collectivités entières.
    Chose plus importante, l'assurance-emploi est un régime d'assurance. C'est un fonds distinct des autres recettes gouvernementales, et il est conçu pour fournir une aide financière temporaire aux Canadiens dans des circonstances précises: chômeurs qui ont perdu leur emploi sans qu'ils y soient pour quelque chose, travailleurs malades, femmes enceintes ou encore aidants naturels qui doivent prendre soin d'un membre de leur famille gravement malade qui risque de mourir.
    La nature même de ces situations signifie que les retards dans la réception de ces fonds, auxquels les Canadiens ont légitimement le droit d'avoir accès, peuvent causer de très grandes épreuves.
    J'ai relaté tout à l'heure à certains de mes collègues qu'un citoyen de la circonscription de l'un deux avait dû attendre plus d'un an et demi, ce qui l'a amené à perdre sa maison et à être réduit à coucher sur un divan ailleurs, chez un membre de sa famille. Je pourrais vous donner des exemples provenant de ma propre circonscription, Sudbury .
    J'ai évoqué tout à l'heure le cas d'un jeune homme à la fin de la vingtaine qui attendait à la porte de mon bureau à 7 heures du matin pour être sûr de me parler, à moi ou à l'un de mes collaborateurs, parce qu'il attendait depuis le mois de novembre -- et c'était en janvier -- , pour savoir s'il était admissible ou non à l'assurance-emploi. Tout ce qu'il voulait, c'était recevoir un coup de téléphone. Il s'inquiétait de savoir comment il allait pouvoir nourrir sa famille cette semaine-là.
    C'est atroce. Nous devons nous assurer que les Canadiens qui comptent sur ce régime puissent avoir accès à ces fonds, de façon à pouvoir conserver leur maison et nourrir leur famille. Malheureusement, les changements apportés par le gouvernement conservateur occultent complètement tout cela.

  (1250)  

    Je me suis aussi entretenu avec des ouvriers de la société ferroviaire CP. Ceux-ci travaillent dur tout l'été et l'automne, et ils comptent sur le régime d'assurance-emploi pour subsister pendant l'hiver. Tout cela est en train de changer.
    L'un de ces ouvriers m'a mentionné que tous les ans, à cette époque, il interrompt son service Internet pour s'assurer de pouvoir joindre les deux bouts. Toutefois, étant donné qu'il interrompt son service, il craint maintenant de ne plus être admissible aux prestations. En effet, les nouvelles règles imposées par les conservateurs exigent qu'il soit en mesure de recevoir deux courriels par jour concernant les offres d'emploi. Il m'a dit: « Si je ne peux pas me permettre l'Internet, que suis-je censé faire? On coupe dans l'assurance-emploi, et voilà qu'on me punit parce que j'essaie d'économiser pour mettre du pain sur la table. »
    L'ensemble du régime concocté par les conservateurs devient ridicule. Il ne soutient aucunement les travailleurs canadiens qui ont perdu leur emploi involontairement; c'est uniquement le fruit d'une idéologie.
     Que veulent exactement les néo-démocrates en présentant cette motion? Nous demandons cinq changements simples qui rendraient les choses bien plus équitables pour les Canadiens. Premièrement, rétablir le projet-pilote des cinq semaines supplémentaires. Deuxièmement, éliminer les nouvelles définitions de démarches raisonnables de recherche et d’emploi convenable pour les demandeurs de l’assurance-emploi. Troisièmement, supprimer les changements apportés au projet-pilote du travail pendant une période de prestations. Quatrièmement, rétablir le processus d’appel auprès d’un tribunal de l’assurance-emploi. Cinquièmement, annuler les compressions faites à Service Canada, qui sont en train de prolonger les délais de traitement.
     J’aimerais dire quelques mots au sujet de chacun de ces changements.
     Le projet-pilote des cinq semaines supplémentaires assurait le maintien des prestations d’assurance-emploi pendant cinq semaines de plus pour les Canadiens vivant dans des régions à chômage élevé, ce qui comprend malheureusement la région de Sudbury. Les cinq semaines supplémentaires permettaient aux travailleurs admissibles de recevoir des prestations pendant une période maximale de 50 semaines.
     Je ne sais pas si vous connaissez des gens qui reçoivent des prestations d’assurance-emploi, mais, contrairement à ce qu’a dit la ministre, ce n’est pas une situation très lucrative. Lorsque les travailleurs sans emploi reçoivent cinq semaines supplémentaires de prestations, ils s’en servent pour acheter à manger et payer leurs factures. Ils ne mènent pas la grande vie. En mettant fin à ce projet, les conservateurs punissent une fois de plus les Canadiens des régions où le taux de chômage est élevé.
     Comme je l’ai dit, le programme des cinq semaines supplémentaires a aidé 313 000 travailleurs saisonniers en 2010-2011 en maintenant leur revenu entre la fin des prestations et le commencement de la saison d’emploi. Ce programme remplaçait un autre projet-pilote établi en 2004. Sa suppression signifie que 2013 sera la première année depuis ce moment où les travailleurs sans emploi des régions à fort taux de chômage ne bénéficieront pas de semaines supplémentaires. Ce changement provoquera une crise financière dans beaucoup de familles. Les entreprises craignent que la suppression du programme n’oblige les travailleurs saisonniers à déménager, ce qui priverait certaines régions de travailleurs hautement qualifiés et accentuerait les disparités régionales au Canada.
     Cela est tellement vrai dans le Nord de l’Ontario et à Sudbury. Je sais que mon collègue de Nickel Belt en sait quelque chose. Nous avons constamment besoin de travailleurs qualifiés à Sudbury. Nous les faisons venir, puis nous adoptons des programmes comme celui-ci qui les oblige à aller ailleurs. Nous avons vraiment besoin d’un programme d’assurance-emploi stable. Cela fait partie des choses que nous mentionnons dans nos cinq recommandations.
     La définition de démarches raisonnables de recherche et d’emploi convenable signifie que les Canadiens sans travail seront forcés d’accepter des emplois dont le salaire est inférieur de 30 % à leur rémunération précédente, ce qui fera baisser les salaires de tous les Canadiens. Nous ne parlons même pas d’égalité de revenu. Nous avons besoin d’un tout autre débat pour aborder ce sujet, mais cette mesure nuit à tous les travailleurs.
     Service Canada pourrait également obliger les demandeurs à aller chercher du travail à une heure de voiture de leur lieu de résidence. Dans le Nord de l’Ontario, entre Sudbury et Espanola ou Sturgeon Falls, il n’y a absolument pas de transports publics, mais ces deux villes se situent à une heure de route. Par conséquent, si un travailleur de Sudbury peut avoir un emploi dans l’une de ces deux villes, ou vice-versa, comment fera-t-il pour s’y rendre, particulièrement en hiver? À Sudbury, nous n’avons que des routes à deux voies qui peuvent être dangereuses en hiver. Nous voulons assurer la sécurité de tous les Canadiens, pas les obliger à prendre la route pour faire un travail qui paie moins et qui n’aide même pas leur famille.
     Les changements que les conservateurs proposent sont en fait préjudiciables aux Canadiens. Je suis donc fier de prendre la parole aujourd’hui dans le cadre du débat sur cette motion.

  (1255)  

    Monsieur le Président, j'aimerais revenir sur l'argument que le député a fait valoir au sujet des compressions imposées à Service Canada. Ces compressions ont eu de profondes répercussions sur toutes sortes de services, c'est indéniable. Or, les retards dans le traitement des demandes d'assurance-emploi revêtent une importance capitale, car, au bout du compte, les Canadiens doivent continuer de payer leurs factures. Ces factures ne cessent pas d'arriver lorsque la période de traitement des demandes s'allonge.
    Il faut que le gouvernement comprenne que ces fâcheux retards ne sont pas acceptables et qu'ils ont de profondes répercussions, entre autres, sur la capacité de payer les factures et de subvenir aux besoins de la famille, ce dont le député a parlé. Le gouvernement devrait d'abord faire en sorte que les bureaux d'assurance-emploi comptent suffisamment d'employés et que les chèques soient émis plus rapidement, pour qu'il n'y ait pas de retard et que les gens n'aient pas l'impression d'attendre indéfiniment, parfois. Le temps est long lorsqu'on attend de l'argent.
    Monsieur le Président, l'analogie du député est tout à fait juste. C'est ce qui arrive lorsque le gouvernement continue de faire adopter des projets de loi omnibus d'exécution du budget qui réduisent les services dont les Canadiens ont besoin. C'est ce qui arrive lorsque les ministres prétendent imposer de simples compressions administratives qui, en réalité, font disparaître des services et perdre des emplois au personnel de première ligne. Les changements apportés frappent durement les Canadiens. Ils font attendre les gens pendant des mois, voire des années, pour les cas les plus graves.
    C'est tout à fait inacceptable parce que les Canadiens cotisent à l'assurance-emploi afin d'être protégés en cas de malheur. Ils s'assurent de pouvoir subvenir aux besoins de leur famille, mais lorsqu'ils ont recours à l'assurance-emploi après avoir perdu leur emploi, ils constatent que le régime décline à vue d'oeil depuis que les conservateurs sont au pouvoir.
    Monsieur le Président, l'analyse que fait mon collègue de Sudbury de la main-d'oeuvre qualifiée dans le Nord de l'Ontario est tout à fait juste. J'aimerais cependant lui poser une question sur le tourisme.
    Comme la mienne, sa circonscription compte un secteur touristique. Il y a un centre de villégiature dans la région de la rivière des Français. L'été dernier, le propriétaire du centre a eu beaucoup de mal à embaucher des travailleurs saisonniers. Il est de plus en plus difficile d'en trouver. Killarney vit du tourisme; c'est le seul secteur d'activité de la localité.
    J'aimerais que mon collègue de Sudbury explique aux députés d'en face l'impact de ces changements pour des endroits comme Killarney et la région de la rivière des Français, qui vivent du tourisme.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue, dont la circonscription avoisine la mienne. Sa circonscription entoure Sudbury, un peu comme un beigne. Mais nos deux circonscriptions ont beaucoup en commun, surtout en matière de tourisme. Nous travaillons d'arrache-pied pour faire du Nord de l'Ontario, notamment de Sudbury et de Nickel Belt, une destination touristique comptant des attractions comme Science Nord et le grand lac Ramsey, situé en plein coeur de la ville, sans parler de Killarney et de la rivière des Français.
    Tous les ans, nous cherchons des moyens d'attirer les touristes dans le Nord de l'Ontario, notamment à Sudbury. Nos efforts portent fruit. Nous avons de nouvelles entreprises florissantes dans la région. Cependant, malheureusement, les travailleurs saisonniers que nous avons réussi à faire venir ne peuvent rester dans la région à cause de toutes les nouvelles politiques du gouvernement qui changent la façon dont ces gens peuvent survivre durant la basse saison. Nous avons réussi à attirer d'excellentes personnes et avons commencé à les faire participer à des entreprises fructueuses, mais elles finissent toujours par quitter la région parce que le gouvernement ne reconnaît pas combien les travailleurs saisonniers sont importants, qu'ils soient travailleurs touristiques ou forestiers, chauffeurs d'autobus scolaires ou brigadiers.
    Le système que nous avons établi peut être avantageux, mais malheureusement, les conservateurs le chamboulent complètement.

  (1300)  

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le ministre des Anciens Combattants. Je suis heureux de parler de cette motion de l'opposition concernant l'assurance-emploi. Par-dessus tout, je suis ravi de me pencher sur certains messages erronés, mal renseignés et politiquement motivés que des députés de l'opposition et des grands syndicats véhiculent pour tenter d'induire les Canadiens en erreur quant à l'effet qu'auront les modifications à l'assurance-emploi.
    En tant que député de Cumberland—Colchester—Musquodoboit Valley, je sais à quel point la question des modifications à l'assurance-emploi est délicate. Il est dommage que certains partis de l'opposition aient tenté d'en exagérer la portée et qu'ils essaient d'obtenir par la peur ce qu'ils n'ont pas réussi à obtenir par la raison aux dernières élections, c'est-à-dire plus de votes.
    Les modifications que notre gouvernement a apportées à l'assurance-emploi visent à faire en sorte qu'il soit toujours plus avantageux pour les Canadiens de travailler que d'être au chômage. Bref, en acceptant un emploi raisonnable aux termes de la nouvelle définition, les Canadiens auront un revenu supérieur à celui qu'ils auraient s'ils recevaient des prestations d'assurance-emploi.
    Le projet-pilote que les députés du NPD mentionnent dans la motion qu'ils proposent aujourd'hui était une mesure temporaire visant à fournir cinq semaines de prestations d'assurance-emploi supplémentaires aux Canadiens les plus durement touchés pendant la période la plus sombre de la récession. Le projet pilote devait toujours être temporaire.
    Depuis cette sombre période, plus de 920 000 nouveaux emplois ont été créés, net, au Canada. Notre pays est sur la voie d'une reprise économique soutenue. Quatre-vingt-dix % de ces emplois sont à temps plein; 75 % sont dans le secteur privé. Il s'agit-là de bons emplois bien rémunérés pour les Canadiens. En fait, d'autres emplois seront créés. Statistique Canada rapporte qu'à l'automne, il y avait 268 000 emplois vacants au pays. Comme nous le savons, en Nouvelle-Écosse et au Canada atlantique, grâce au nouveau contrat de construction navale, il y aura des débouchés économiques pour toutes les régions des Maritimes et du Canada atlantique, pas seulement Halifax.
    Les employeurs de partout au Canada ont clairement fait savoir qu'il y avait une pénurie importante de main-d'oeuvre et notamment de main-d'oeuvre qualifiée; voilà pourquoi il est si important que nous aidions les Canadiens à entrer en contact avec ces employeurs. Voilà pourquoi notre gouvernement investit pour jumeler les Canadiens et les emplois disponibles dans leurs marchés locaux. Nous voulons veiller à ce que les Canadiens puissent toujours en priorité accéder aux emplois vacants au Canada avant que ceux-ci ne soient offerts à des travailleurs étrangers.
     Ces mesures nous aideront à atténuer la pénurie croissante de compétences et de main-d'oeuvre au pays en aidant les Canadiens qui souhaitent trouver un emploi à retourner sur le marché du travail. Parallèlement, nous reconnaissons que certains Canadiens ont de la difficulté à trouver du travail, plus particulièrement dans les régions où l'économie repose sur des industries saisonnières. C'est aussi pour cette raison que nous avons effectué des investissements considérables dans le développement des compétences et dans la formation afin que les Canadiens possèdent les compétences et la formation dont ils ont besoin pour trouver un emploi sur le marché du travail.
    Pour les gens qui vivent dans des régions où le taux de chômage est élevé et qui n'arrivent pas à trouver un emploi, le régime d'assurance-emploi sera là, comme il l'a toujours été.
    Ces améliorations sont les dernières d'une série de mesures prévues dans le Plan d'action économique, que nous avons présenté pour soutenir la création d'emplois, la croissance et la prospérité à long terme. Le Programme de travail partagé est l'un des programmes qui ont contribué à notre réussite sur le plan économique. Ce programme a aidé tant les employés que les employeurs et leur a permis de maintenir le cap en dépit des hauts et des bas de la reprise économique.
    Grâce au Plan d'action économique, le gouvernement conservateur a facilité le recours au Programme de travail partagé et il en a prolongé la durée afin de minimiser les effets du ralentissement économique sur les entreprises canadiennes et leurs employés. Ainsi, des entreprises comme Stanfield's, qui est située dans ma ville natale, Truro, ont eu recours au Programme de travail partagé pour garder de nombreux employés au travail et voir à ce que l'usine demeure ouverte au plus creux de la récession.
    Ce programme aide les entreprises à éviter les mises à pied temporaires lorsque survient une baisse des activités hors de leur contrôle. Si les travailleurs sont prêts à réduire leur semaine de travail pendant que leur employeur se remet sur pied, ils ont droit à des prestations d'assurance-emploi. Ainsi, deux ou trois travailleurs peuvent partager un poste. De cette façon, les employeurs retiennent leurs travailleurs qualifiés et évitent les coûteux processus de recrutement et de formation lorsque les affaires reviennent à un niveau normal.
    C'est un programme avantageux pour tous. Ainsi, les employeurs peuvent continuer de compter sur leurs employés d'expérience, tandis que les employés, eux, peuvent garder leur emploi de même que conserver leurs compétences et leur formation.
    Nous voulons également mieux harmoniser le calcul des prestations avec les conditions du marché du travail régional. À partir d'avril prochain, la somme qu'un prestataire recevra chaque semaine sera calculée en fonction de ses meilleures semaines d'emploi. Dans les régions où le chômage est élevé, ce calcul reposera sur un nombre inférieur de meilleures semaines. Ainsi, le revenu moyen sera beaucoup plus élevé si le calcul est fondé sur un plus grand nombre de semaines où le salaire est élevé, et non sur toutes les semaines, puisqu'il peut y avoir des semaines où le revenu est peu élevé ou même des semaines sans revenu.

  (1305)  

    Grâce à ce changement, les travailleurs saisonniers ne craindront plus d'accepter un autre emploi durant la saison morte de peur de faire baisser la moyenne servant au calcul de leurs prestations. Le système n'incitera plus les gens à refuser un emploi.
    En résumé, le nouveau volet sur les semaines variables incitera les travailleurs à accepter tous les emplois qui leur sont offerts pendant les périodes de l'année où il y a moins de boulot. Voilà qui illustre encore une fois les efforts que fait le gouvernement pour équilibrer le régime d'assurance-emploi. Nous voulons qu'il soit toujours plus intéressant pour les Canadiens de travailler que de rester au chômage. Contrairement au NPD, dont les politiques sèmeraient la discorde et monteraient les régions du pays les unes contre les autres, le gouvernement privilégie les programmes, comme le programme Travail partagé, qui sont offerts également à tous les Canadiens.
    Nous ne doutons pas un seul instant que les Canadiens n'attendent que l'occasion de tirer parti de leurs compétences et de profiter des 920 000 emplois qui ont été créés, net, depuis juillet 2009. Nous savons aussi qu'ils ne veulent pas de la taxe sur le carbone de 21 milliards de dollars que leur imposerait le NPD, d'autant plus qu'elle s'ajouterait aux 3,8 milliards supplémentaires que le NPD consacrerait chaque année au régime d'assurance-emploi. Or, ces milliards, ce sont les travailleurs et les petites entreprises du Canada qui les fourniraient, puisque leurs cotisations devraient augmenter de 15 % par année; mais en ont-ils seulement les moyens, en cette période de fragilité économique?
    Le Plan d'action économique du gouvernement donne des résultats. Les mesures que nous avons prises pour favoriser l'emploi, la croissance et la prospérité à long terme ont permis au Canada d'afficher le meilleur bilan du G7. Voilà pourquoi le gouvernement élimine les contraintes qui incitaient jusqu'ici les gens à ne pas travailler, car nous voulons que les Canadiens prennent connaissance des emplois qui correspondent à leurs compétences et qui s'offrent à eux dans leur localité. Je répète d'ailleurs que les personnes qui ne trouveront pas d'emploi convenable dans leur région pourront toujours compter sur l'assurance-emploi. Rien n'a changé sur ce plan-là.
    Moi dont la circonscription est située dans la région de l'Atlantique, je tiens à assurer à mes électeurs que la situation personnelle des prestataires sera prise en considération lorsque l'on déterminera ce qui constitue — ou non — un emploi convenable dans leur cas. Je représente moi-même une circonscription néo-écossaise; je crois donc qu'au lieu de tenir des propos alarmistes, mes collègues députés de l'Atlantique devraient adhérer au Plan d'action économique, qui profite aux Canadiens des quatre coins du pays, y compris de l'Atlantique, et voter contre la motion présentée aujourd'hui par l'opposition.

[Français]

    Monsieur le Président, ma question s'adresse au député de la Nouvelle-Écosse.
    L'assurance-emploi est de plus en plus une taxe dont se sert le gouvernement pour payer certaines choses qui n'ont rien à voir avec ce programme. Et là, je m'explique de façon directe.
    À quoi cela sert-il? Les gens prennent une assurance pour leur maison. Parce que l'hiver il fait froid et que les tuyaux gèlent, on viendrait leur dire qu'en décembre, janvier et février, l'assurance ne serait plus en vigueur. Toutefois, pour tout le reste de l'année, l'assurance serait en vigueur. C'est ce qu'on fait avec l'assurance-emploi. On exclut des gens qui en ont besoin et qui se retrouvent dans le fameux trou noir. On leur dit qu'il n'auront plus de prestations. On exclut les gens qui en ont besoin au moment où la crise est présente.
    Le député pourrait-il nous expliquer cela parce que ses concitoyens ne sont pas de très bonne humeur.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement appuie les travailleurs du pays. Nous appuyons les travailleurs du Canada atlantique. Outre les changements que nous avons apportés au régime d'assurance-emploi afin d'inciter les gens à travailler, nous transférons des milliards de dollars aux provinces pour des programmes de développement des compétences et de formation. En résumé, nous aidons les travailleurs à se trouver un emploi et nous aidons ceux qui n'y arrivent pas à obtenir la formation nécessaire à l'obtention de cet emploi.
    Le gouvernement appuie les travailleurs et l'assurance-emploi est toujours là pour les gens, en particulier dans les régions rurales qui dépendent grandement d'industries saisonnières comme celle du tourisme. Le seul emploi que les gens devront accepter est un emploi qui est offert dans leur localité et qui correspond à leurs compétences et à leur échelle salariale. Nous allons les jumeler à ces emplois. Cette politique est bonne pour le Canada atlantique comme pour le reste du pays.
    Monsieur le Président, j'aime bien la déclaration du député, qui prétend que cette politique est bonne pour le Canada atlantique. Je suis persuadé que les électeurs de sa circonscription seront très impressionnés par sa défense passionnée de la réforme de l'assurance-emploi. À l'Île-du-Prince-Édouard, par contre, les gens ne se réjouissent pas de cette réforme. Les utilisateurs fréquents du programme y sont plus nombreux que dans les autres provinces, car nous dépendons principalement du tourisme, de l'agriculture et de la pêche.
    Ma question porte sur le transfert des coûts de la pauvreté qui résultera de ces changements. Les gens vont passer du statut de prestataires de l'assurance-emploi à celui de prestataires de l'aide sociale. J'aimerais que le député énumère les diverses mesures qui ont été prises pour consulter les gouvernements provinciaux. Je peux affirmer au député qu'à l'Île-du-Prince-Édouard, le gouvernement libéral et les progressistes-conservateurs s'opposent vigoureusement aux politiques du gouvernement fédéral dans ce dossier. C'est pourquoi j'aimerais savoir quelles consultations le fédéral a menées auprès des gouvernements des provinces de l'Atlantique avant de mettre ces changements en oeuvre.

  (1310)  

    Monsieur le Président, ce qui nous distingue de certains partis de l'opposition, en ce qui a trait à l'économie des provinces de l'Atlantique, c'est que nous voulons que cette économie repose sur l'emploi et la croissance. C'est la raison pour laquelle nous investissons dans la construction navale. C'est la raison pour laquelle nous avons accordé une garantie d'emprunt pour le projet de Muskrat Falls, dans la région du Bas-Churchill. Nous allons créer des emplois dans la région de l'Atlantique. Nous ne voulons pas que l'économie dans le Canada atlantique repose sur le régime d'assurance-emploi, mais qu'elle repose sur l'emploi et la croissance, qu'il y ait de vrais emplois pour que les gens puissent travailler et subvenir aux besoins de leur famille.
    Quiconque encourage les employés saisonniers à ne pas accepter un emploi qui est offert dans leur région et qui convient à leur situation personnelle ne leur rend pas service, car, pendant que les travailleurs saisonniers touchent de l'assurance-emploi, ils ne cotisent pas au Régime de pensions du Canada, ni leur employeur d'ailleurs.
    Je veux savoir ce que ce parti fera pour remédier à la pauvreté chez les personnes âgées. Bien des gens qui n'ont pas pu travailler pendant la saison morte toucheront des prestations du Régime de pensions du Canada moins généreuses. Il est toujours mieux de travailler, de toucher une paye, car cela non seulement procure un revenu personnel, mais permet aussi de se constituer des prestations du Régime de pensions du Canada plus généreuses. C'est une chose dont peu de députés de l'opposition ont parlé, il me semble.

[Français]

    Monsieur le Président, je voudrais d'abord féliciter mon collègue de la Nouvelle-Écosse le député de Cumberland—Colchester—Musquodoboit Valley de créer de la richesse et des emplois en Nouvelle-Écosse et dans les provinces atlantiques.
    J'aimerais à mon tour me prononcer sur la motion présentée à la Chambre par la députée de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles au sujet des mesures de l'assurance-emploi et exprimer clairement mon désaccord sur la position des néo-démocrates quant à cet enjeu.
    Le régime d'assurance emploi est le plus important programme canadien consacré au marché du travail, et les Canadiens comptent sur lui pour les aider financièrement lorsqu'ils se retrouvent sans emploi de façon temporaire et qu'ils sont à la recherche d'un nouveau travail. J'ai moi-même bénéficié de l'assurance-emploi. C'est un programme utile et nécessaire pour tous les travailleurs.
    Nous savons que les personnes qui demeurent actives sur le marché du travail sont plus susceptibles de trouver plus rapidement un emploi permanent. Un emploi permanent, c'est ce qui assure la stabilité et permet d'améliorer les conditions de vie de nos familles et de nos régions. Il n'y a aucun doute que la majorité des Canadiennes et des Canadiens veulent travailler et cherchent activement un emploi lorsqu'ils reçoivent des prestations d'assurance-emploi. C'est un des principes du système.
    Les changements que nous apportons au régime d'assurance-emploi sont nécessaires pour s'assurer que ce programme demeure juste et efficient. Ils ont notamment pour but d'aider les travailleurs à trouver du travail plus rapidement, à conserver ces emplois et à faire en sorte que nos travailleurs aient plus d'argent dans leurs poches.
    Les mesures que nous avons annoncées dans le cadre du Plan d'action économique de 2012 font en sorte que le régime d'assurance-emploi est désormais mieux adapté aux besoins des Canadiens, plus souple et plus équitable. Ces mesures font aussi en sorte que le régime aide les Canadiens à rester actifs sur le marché du travail et à trouver plus vite un emploi. Comment? On sera d'accord avec moi pour dire qu'il est complètement insensé que des prestataires d'assurance-emploi, d'un côté, cherchent du travail, qu'on ait des emplois disponibles et que ces gens-là ne se parlent pas. C'est ce que mettent en place les nouvelles mesures que notre ministre a instaurées, et ce, dans tous les coins du pays.
    Nous proposons et mettons en place un meilleur moyen de jumeler les Canadiens aux emplois offerts dans leur région. Nous avons aussi clarifié les responsabilités des prestataires pendant qu'ils reçoivent des prestations régulières d'assurance-emploi. Par exemple, nous nous sommes rendus compte que certains ont de la difficulté à trouver un emploi ou à voir les emplois disponibles dans leur région. Parfois, ils ne savent pas que leurs compétences, en particulier celles des travailleurs saisonniers qui sont remarquables, pourraient répondre aux besoins d'autres industries pendant la saison morte.
    C'est pourquoi nous nous sommes engagés à ce que les Canadiens qui touchent des prestations régulières d'assurance-emploi puissent recevoir sur une base quotidienne des avis d'offres d'emploi de diverses sources dans leur région, afin de les aider dans leur recherche d'emploi.
    En outre, nous avons défini plus clairement, dans les règlements, ce qui constitue un emploi convenable et ce qu'est une recherche d'emploi adéquate. Nous estimons que ces clarifications renforcent les responsabilités des prestataires réguliers d'assurance-emploi et vont les aider dans leur recherche active d'emploi, afin d'accepter un emploi convenable.
    Contrairement aux prétentions de l'opposition, loin de nous l'idée de forcer des gens à accepter des emplois pour lesquels ils n'ont pas de compétence — on est dans le domaine des légendes urbaines que véhicule l'opposition — ou de leur demander de déménager dans une autre région, ou encore d'accepter des emplois sous-payés, comme certains l'ont prétendu à tort.
    Il s'agit de clarifier la responsabilité que nous avons lorsque nous bénéficions de l'assurance-emploi et de s'en tenir à des paramètres clairs. Le nouveau système amélioré Alerte-emplois est mis en oeuvre, afin de fournir aux Canadiens des renseignements améliorés et pertinents sur l'emploi.
    Le régime d'assurance emploi auquel les travailleurs et les employeurs cotisent, est conçu pour offrir un soutien de revenu temporaire et ne vise pas à constituer un supplément de revenu si les gens choisissent de ne pas travailler. Cela va de soi, et c'est bien connu.
    C'est important de noter que ceux qui ne réussissent pas à trouver un emploi pourront, comme toujours, compter sur le programme d'assurance-emploi. Je répète: ceux qui ne réussissent pas à trouver un emploi peuvent toujours compter sur le régime d'assurance-emploi.
    Dans notre volonté de mieux jumeler les Canadiens aux emplois disponibles, nous avons aussi amélioré la coordination entre le régime d'assurance-emploi et le Programme des travailleurs étrangers temporaires.

  (1315)  

    En fait, c'est très simple et l'objectif est clair. Nous voulons simplement que les employeurs considèrent d'abord l'embauche de Canadiens avant l'embauche de travailleurs étrangers pour combler leurs postes et que les travailleurs étrangers temporaires soient embauchés là où nous en avons le plus besoin. Comblons d'abord nos besoins avec la main-d'oeuvre d'ici. Ensuite, allons chercher de l'aide supplémentaire à l'étranger, s'il y a lieu. Il s'agit du gros bon sens. C'est une mesure sensée et raisonnable. Offrons d'abord des emplois canadiens aux gens de chez nous, et nous pourrons ensuite, au besoin, les offrir aux travailleurs étrangers.
    De plus, nous avons adopté une nouvelle méthode pancanadienne pour calculer les prestations d'assurance-emploi afin que les personnes habitant dans des régions ayant des conditions du marché du travail semblables puissent avoir droit aux mêmes prestations. Nous parlons d'équité pour toutes les régions du pays et d'un régime flexible qui tient compte justement du taux d'assurance-emploi.
    C'est pourquoi nous sommes persuadés que ces nouvelles mesures, qui se mettent en place présentement, aideront plus de Canadiens à trouver du travail et aideront les travailleurs à avoir plus d'argent dans leurs poches. Elles les appuieront davantage dans leur recherche d'emploi grâce à une annonce quotidienne qui les informera des emplois qui s'offrent à eux, dans leur région. C'est sans compter que ces mesures leur permettront, comme je l'ai mentionné, de disposer de plus d'argent en travaillant qu'en retirant uniquement des prestations d'assurance-emploi.
    Notre gouvernement s'est engagé à apporter des changements ciblés et sensés au régime d'assurance-emploi, au bénéfice des Canadiens et du pays tout entier. J'espère que nous aurons l'appui des députés de l'opposition pour faire en sorte que nous jumelions les emplois disponibles et les travailleurs qui cherchent des emplois afin de créer de la richesse et de la prospérité dans toutes nos régions, en particulier dans les coins de pays que nous chérissons, comme Lévis—Bellechasse et les Etchemins.
    Monsieur le Président, j'écoutais très attentivement le député de Lévis—Bellechasse. Que dit-il aux gens de chez nous, aux femmes qui veulent aller travailler à Fort McMurray pour faire le ménage, là où les gars demeurent? On leur dit qu'il n'y a pas d'ouvrage, mais ils amènent des travailleurs étrangers temporaires comme des Philippins, des Chinois ou des gens d'autres pays? Les gens de chez nous veulent aller travailler là, mais on leur dit qu'il n'y a pas de place et qu'ils ne peuvent pas y aller. Que dit-il à ces gens-là?
    Que dit-il à l'échafaudeur qui m'a téléphoné, hier? Il voulait aller travailler en Alberta, mais il ne le pouvait pas parce que ce sont des Américains qui travaillent pour des compagnies en Alberta? Nos gens ne peuvent même pas aller travailler là-bas. Que dit-il à ces personnes?
    Que dit-il à la dame de chez nous, alors qu'un employé de Ressources humaines et Développement des compétences Canada a été chez elle, ce matin, pour lui amener des formulaires en lui disant que si elle n'allait pas chercher un emploi d'ici à 13 heures, le lendemain après-midi, il allait la voir dans son bureau et qu'il allait lui supprimer l'assurance-emploi? Que dit-il à ces personnes-là?
    J'aimerais entendre le député de Lévis—Bellechasse qui dit que le gouvernement ne fait que des belles choses et que les conservateurs sont là pour aider le monde à trouver des emplois. Ils sont plutôt là pour couper l'assurance-emploi des gens. C'est ce qu'ils sont en train de faire.

  (1320)  

    Monsieur le Président, je remercie le député d'Acadie—Bathurst de sa question. Cela me donne l'occasion de clarifier un point extrêmement important, celui auquel je faisais référence, soit celui des légendes urbaines véhiculées par l'opposition.
    Il faut comprendre que, dans l'analyse de chaque cas, cela doit toujours être plus avantageux pour le travailleur. Prenons un travailleur saisonnier pendant la saison morte. Il doit toujours être plus avantageux pour le travailleur d'aller travailler que de recevoir des prestations. Cela veut donc dire que nous tenons compte, par exemple, des coûts de déplacement, de l'essence du véhicule utilisé. Nous regardons aussi si la personne a un véhicule ou pas.
     Il faut faire preuve de discernement. Malheureusement, l'opposition voudrait prendre des gens des Îles-de-la-Madeleine, les envoyer en Gaspésie et ainsi de suite. Cela n'a pas d'allure. Il est temps que nous ayons un débat raisonnable et sensé pour faire en sorte de jumeler les emplois qui existent dans nos régions.
    Présentement, dans Lévis—Bellechasse et les Etchemins, nous avons un taux de chômage qui est parmi les plus bas au Québec et qui se compare avec celui de Calgary ou d'Edmonton. Toutefois, il faut faire en sorte que nos travailleurs saisonniers puissent bénéficier de ces possibilités afin qu'ils aient plus d'argent dans leurs poches.

[Traduction]

    Monsieur le Président, dans mon intervention précédente, j'ai mentionné que l'économie de l'Île-du-Prince-Édouard est principalement saisonnière. Il y a quelques personnes qui ont la chance d'occuper des emplois permanents, bien rémunérés. Certaines d'entre elles travaillent à l'administration centrale du ministère des Anciens Combattants. Pardonnez-moi, mais je ne peux m'empêcher de trouver paradoxal le fait de parler d'assurance-emploi au ministre des Anciens Combattants, car de nombreux employés de ce ministère risquent d'avoir à utiliser ce programme en raison de la réduction des effectifs. Comme la Chambre le sait, les compressions dans la fonction publique sont deux fois plus élevées dans ma circonscription et dans ma province que partout ailleurs au pays.
    Ma question concerne les prestataires actuels d'assurance-emploi qui doivent se présenter aux bureaux de Service Canada. Le ministre ferme des bureaux régionaux, réduit les effectifs du ministère des Anciens Combattants et dit aux anciens combattants de se présenter aux bureaux de Service Canada. Nous sabrons le régime d'assurance-emploi, mais nous demandons aux prestataires d'assurance-emploi de se présenter aux bureaux de Service Canada.
    À l'Île-du-Prince-Édouard, le nombre d'employés de première ligne de Service Canada passera de 113 à 61. Comment ces derniers parviendront-ils à répondre aux besoins accrus des anciens combattants et au plus grand nombre de personnes à la recherche d'emploi si leur nombre diminue de 46 % dans ma province?

[Français]

    Monsieur le Président, qu'il s'agisse d'assurance-emploi ou de réduction des dépenses afin d'avoir un service efficace, l'opposition tombe toujours dans les légendes urbaines.
    On me permettra de revenir sur un point. Une des grandes richesses que nous avons dans notre pays, c'est justement d'avoir une fonction publique efficace et efficiente. Je suis fier de diriger un ministère au sein duquel la grande partie des fonctionnaires se retrouvent à Charlottetown. C'est un modèle de gestion décentralisée qui a fait ses preuves. Je peux assurer à mes collègues que nous veillons à ce que nos fonctionnaires soient bien traités. D'ailleurs, au cours des prochaines années, par un processus naturel qu'on appelle l'attrition, plusieurs d'entre eux prendront leur retraite. C'est prévu dans nos mesures de réduction des dépenses.
    Pour ce qui est de l'assurance-emploi et de Service Canada, plusieurs bureaux de Service Canada sont disponibles à l'Île-du-Prince-Édouard et les vétérans peuvent également avoir accès à ces services. Nous croyons que les différents ministères de notre gouvernement ne doivent pas travailler en cloison mais qu'ils doivent travailler ensemble. C'est la raison pour laquelle Service Canada est en mesure d'offrir des services de première ligne aux vétérans dans plus de 600 endroits partout au pays.
    Monsieur le Président, j'aimerais d'abord indiquer que je vais partager le temps dont je dispose avec le député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques.
    La réforme à laquelle on fait face commence très mal. En effet, elle commence par la négation des réalités géographique, démographique et sociale du pays. Si on avait un pays uniforme, comme une espèce de grande prairie avec les mêmes ressources distribuées de façon uniforme, cette réforme fonctionnerait peut-être très bien, mais le Canada comprend plus de variétés.
    De plus, il y a l'aspect historique. Au moment où le Canada a été créé, l'Ouest canadien était un grand espace vide où il y avait un tas de squelettes de bison et de l'agriculture de survie. Ce qui a financé la construction du chemin de fer transcanadien et le développement de l'Ouest, c'est l'économie et les banques d'Halifax et de Montréal. Celles-ci ont monopolisé tout ce qu'il y avait d'économies et de capitaux pendant une cinquantaine d'années pour permettre le développement du reste du Canada, l'Ontario et l'Ouest.
    Maintenant que la balle rebondit sur le mur, ça ne fonctionne plus. Il me semblait qu'une entente existait, voulant qu'on partage la richesse d'un bout à l'autre du pays et qu'on fasse preuve d'une certaine solidarité. On dirait que cette phase est terminée.
    Par ailleurs, la réforme ne fait pas l'unanimité dans la société, du moins si je me fie à ce que j'entends des citoyens de mon comté. D'ailleurs, je ne peux pas vraiment le répéter ici, car il faudrait que je mette de côté le langage parlementaire. Personne n'est content de cette réforme, car elle ne tient pas la route une seconde. Elle est absurde et incohérente.
    La meilleure comparaison que je puisse faire en regardant la ministre à qui cette réforme a été confiée est celle-ci: c'est comme si quelqu'un voulait envoyer un cheval de laitier avec des oeillères faire la course de barils au Stampede de Calgary. C'est totalement incohérent. Il faudrait que le gouvernement commence à se rendre compte à quel point il commet une erreur.
    Depuis des mois, absolument personne n'est venu me dire que le gouvernement faisait bien de proposer cette réforme et qu'il fallait mettre de l'ordre dans ce système car certains en abusaient. Je n'ai jamais entendu qui que ce soit dire cela. Les gens commencent à se mobiliser sérieusement. J'ai reçu des lettres et des résolutions de municipalités de mon comté me demandant d'intervenir et de protester contre cette réforme. Il n'y a pas que les chômeurs qui soient touchés directement, les employeurs, les municipalités et des régions au complet le sont aussi. Il s'agit d'une perte d'expertise.
    Par exemple, une personne travaillant à l'entretien des pistes à Mont-Tremblant doit s'arrêter quand la neige commence à fondre. J'ai un autre exemple: un jeune père de famille m'a écrit. Il est un technicien affecté aux bateaux et aux motomarines. Quand la saison finit, il travaille pendant quelques semaines à l'entretien et au storage des bateaux pour l'hiver. Au printemps, ça recommence. Il travaille à la préparation pour la saison qui s'en vient. Entre-temps, il faudrait qu'il prenne une scie à chaîne pour aller ouvrir le lac. La réalité est parfois plate, mais il faut la regarder.

  (1325)  

    Il faudrait que les gens, de l'autre côté, prennent l'habitude de le faire.
    Le ministre nous parlait tantôt des informations sur des emplois qui se trouvent sur Internet. C'est merveilleux, mais dans certaines localités dans mon comté, il n'y a pas d'accès à Internet haute vitesse. Le peu de services Internet qu'il y a est fonctionnel très tôt le matin et vers l'heure du souper. À l'extérieur de ces périodes, c'est impossible de recevoir ou d'envoyer un courriel. Avant de tout réformer et d'informatiser les services, ils devraient au minimum s'assurer que les gens ont accès à Internet.
     Il y a aussi la question de la distance acceptable pour occuper un autre emploi. Quand quelqu'un habite à 80 km de la route la plus importante, qu'il lui faut voyager sur des chemins précaires et partager la route avec des convois de camions forestiers, ce n'est pas évident. Quand il fait -30 ou -35 oC, il faut un bon véhicule avec de bons pneus. Généralement, ce n'est pas le genre de véhicule que conduisent les gens qui se retrouvent sans emploi .
    L'argent de la caisse d'assurance-emploi n'est pas celui du gouvernement. C'est l'argent des travailleurs et des employeurs. C'est un fonds auquel contribuent les patrons et les employés. C'est censé servir à soulager les gens pour qu'ils puissent passer à travers les moments les plus désagréables de leur vie. Le gouvernement rend maintenant ces moments encore plus désagréables en mettant de plus en plus de contraintes.
    À long terme, quand un individu va arriver au bout d'un cycle, qu'il va être obligé d'accepter un emploi qui sera 30 % moins bien rémunéré et qu'il va arriver à l'emploi suivant et verra que son salaire va baisser d'un autre 30 %, quelle sera la limite? Les conservateurs pensent-ils à enlever le salaire minimum?
    Plus tôt, la ministre parlait de la disponibilité des travailleurs pour les emplois agricoles. C'est certain que les emplois devraient être offerts aux Canadiens avant de faire venir des travailleurs étrangers, mais qu'est-ce qui va arriver si un employeur fait venir chaque année des travailleurs d'Amérique centrale pour cueillir ses fraises et qu'il y a un certain taux de chômage dans son comté? Est-ce qu'il va quand même pouvoir les faire venir? C'est plein de sous-entendus. On se pose des questions quand on entend des choses de cette nature. Cela contribue à créer de l'insécurité et des questionnements.
     Les conservateurs seraient-ils en mesure de dévoiler leurs intentions clairement et de montrer s'ils ont un plan?

  (1330)  

    Monsieur le Président, on a entendu bien des choses aujourd'hui. Les conservateurs ont dit entre autres que notre perception était une légende urbaine.
    Je m'excuse, mais quand une ministre déclare que les chômeurs sont des bad guys, ce n'est pas une légende urbaine. C'est une réalité. Quand un ministre des provinces maritimes déclare que les chômeurs sont des gens qui profitent de leur période de chômage pour aller à la chasse et à la pêche, ce n'est pas une légende urbaine. C'est une insulte.
    Quand un autre ministre vient nous dire en pleine face que les gens sont essentiellement des fraudeurs, qu'il faut engager des inspecteurs et leur demander de couper de 40 000 $ par mois ces prestations d'assurance-emploi, je m'excuse, mais on n'est plus dans la légende urbaine. On est dans la vérité. Ce n'est pas nous qui divisons les travailleurs. Ce sont eux qui décident que les chômeurs ne sont plus des travailleurs, mais des fraudeurs. Ce sont eux qui décident que les provinces maritimes sont des provinces qui ne regroupent que des gens qui ne veulent pas travailler. La réalité est qu'on est passé d'un million de chômeurs à 1,4 million de chômeurs. Ça, c'est une réalité de leur économie.
    J'aimerais que mon confrère député nous dise de façon claire la vérité et pourquoi les gens ne travaillent pas. C'est tout simplement parce qu'il n'y a pas d'emplois.

  (1335)  

    Monsieur le Président, il y a une réalité que les gens de l'autre côté ne veulent pas voir. Des gens sont installés dans certaines régions et parties du pays depuis des centaines d'années. Ils ont développé un mode de vie qui leur a permis de créer des communautés, de construire des villes et d'organiser toute une vie sociale.
     Pendant des années, le pays a profité de l'effort de ces gens. C'était plaisant dans le temps où la morue se vendait à gros prix en Angleterre, et que Terre-Neuve exportait des tonnes de ce poisson en Europe. Cela faisait des revenus pour le Canada.
    Toutefois, la destruction de l'industrie par le gouvernement fédéral a créé des milliers de chômeurs. Maintenant que le marché rétrécit, ça devient de plus en plus difficile pour les régions. Il ne faut pas abandonner certaines régions, mais plutôt continuer de les appuyer, pour qu'elles développent des alternatives économiques.
    Monsieur le Président, avant le temps des Fêtes, le journal Le Devoir a publié un article qui démontrait, preuve à l'appui, que le gouvernement s'attendait à couper les vivres à 8 000 prestataires qui bénéficient présentement de l'assurance-emploi, dans le cadre de la réforme de cette assurance. Le gouvernement prévoyait, également, faire des économies de 30 à 35 millions de dollars par année.
    Les objectifs gouvernementaux sont clairs par rapport à cette réforme, même si les conservateurs prétendent qu'elle vise à jumeler les employeurs et les employés.
    Au bout du compte, l'un des objectifs principaux de la réforme est de faire en sorte que des prestataires qui ont payé leurs cotisations et qui auraient dû, selon l'ancien régime, avoir droit aux prestations, n'y auront plus droit.
    Je voudrais avoir les commentaires de mon collègue de Laurentides—Labelle sur cet article qui mettait au jour cet objectif du gouvernement conservateur.
    Monsieur le Président, c'est facile à croire quand on voit un article comme ça. Tout revient toujours à l'économie et à la « création d'emplois ». Je mets de très gros guillemets, parce que les 15 % de jeunes au chômage n'ont pas le goût de se péter les bretelles et de se vanter.
    De toute évidence, il y a derrière ça une attaque vicieuse vis-à-vis de certaines régions du pays où ils n'ont peut-être pas eu un aussi bon appui politique.
    Monsieur le Président, « Notre région au pouvoir », ça vous rappelle quelque chose? C'était le slogan du Parti conservateur lors des élections de 2011 au Québec. Quand on regarde la réforme de l'assurance-emploi, qui a été imposée, ce sont les régions au Québec — en particulier celle que j'ai l'honneur et le privilège de représenter — qui sont directement attaquées et qui en vont payer le gros prix.
    Dans ma région, on assiste présentement à une grande mobilisation. Les gens connaissent les conséquences, ils voient les répercutions négatives de la réforme de l'assurance-emploi. On a vu des manifestations aux Îles de la Madeleine, en Gaspésie, dans le Bas-Saint-Laurent, en Haute-Côte-Nord, en Basse-Côte-Nord, dans Charlevoix et dans les Maritimes. Des gens se lèvent parce qu'ils savent ce que représentera cette réforme pour leurs communautés, pour leur économie et pour l'avenir de leur région.
    Malgré tout le bruit que le gouvernement tente de faire et malgré toute la confusion qu'il tente de semer vis-à-vis de la réforme, deux raisons principales expliquent pourquoi les conservateurs ont imposé cette réforme de l'assurance-emploi.
    Tout d'abord, c'est vrai qu'une pénurie de main-d'oeuvre existe dans certaines régions du pays, dans certaines communautés et dans certains milieux, en particulier en Alberta. Nous le reconnaissons. Cependant, effectuer une réforme de l'assurance-emploi pour tenter d'améliorer l'appariement des emplois entre les gens qui en recherchent et les employeurs, et ce, par l'intermédiaire d'une réforme de l'assurance-emploi qui s'appliquera d'un océan à l'autre, coast to coast to coast, c'est à peu près la pire mesure qu'on puisse imaginer pour atteindre cet objectif. À mon avis, c'est la méthode la moins efficace, la moins efficiente.
    Un deuxième objectif était visé par les conservateurs — et c'était clairement écrit dans l'article dont je faisais mention juste avant —, soit celui d'éliminer des prestataires des rangs de l'assurance-emploi. Pourtant ceux-ci ont cotisé pendant des années, mais on a tenté d'éliminer l'admissibilité de ces gens à l'assurance-emploi. Le gouvernement était même franc au point de dire qu'il espérait économiser 35 millions de dollars par année. Sont-ce des économies? Non, car ce sont des cotisations qui ont été payées par les employeurs et par les employés et dont on privera les prestataires qui en ont besoin en période de chômage.
    Cette question de réduire l'admissibilité à l'assurance-emploi est au coeur de la question qui a encore une fois été dévoilée vendredi dernier dans Le Devoir. Dans cet article, il était question des quotas imposés aux fonctionnaires de Service Canada. On leur demande de trouver des « économies » de 40 000 $ par année. Évidemment, une bonne partie de ce travail a été fait pour éliminer des fraudeurs qui se retrouvent effectivement dans notre société. C'est tout à fait exact.
    Or lorsqu'on impose des quotas, qu'on demande à chaque employé de trouver des économies de 40 000 $ et qu'on leur impose de nouveaux règlements en matière d'admissibilité à l'assurance-emploi, on ne lutte plus contre les fraudeurs qui ne devraient pas recevoir des prestations d'assurance-emploi. On cherche plutôt la petite bête afin d'éliminer des prestataires tout à fait admissibles et légitimes, en fonction de critères purement techniques ou même d'erreurs.
    À cela, on me répondra que ces gens ont recours à un processus d'appel s'ils se font refuser l'assurance-emploi sur de fausses bases. Parlons-en du système d'appel. Auparavant, on avait les conseils arbitraux au sein desquels 800 employés travaillaient, souvent à temps partiel. Ces conseils arbitraux étaient situés dans les régions où l'on connaissait bien les réalités des économies régionales. Or, à partir d'avril, les conseils arbitraux n'existeront plus. Le gouvernement les a remplacés par un Tribunal de la sécurité sociale, qui s'occupera non seulement de l'assurance-emploi, mais aussi des pensions et d'autres prestations relevant du gouvernement fédéral.
    Avec le système des conseils arbitraux — un système qui fonctionnait relativement bien —, on pouvait obtenir un appel et une décision pouvait être rendue en l'espace d'un mois. Un prestataire légitime pouvait donc recevoir sa prestation dans un délai d'un mois, après avoir interjeté appel.
    Dans le cas du Tribunal de la sécurité sociale, qui n'emploiera que 70 personnes à la grandeur du pays, un prestataire légitime pourrait devoir attendre jusqu'à huit mois, d'appel en appel, avant de recevoir son dû. Croyez-vous qu'un prestataire de l'assurance-emploi peut se permettre d'attendre huit mois avant de recevoir sa prestation? Ça nous donne une idée à quel point l'approche conservatrice en matière d'assurance-emploi est tout à fait déconnectée de la réalité, en particulier de la réalité de nos régions, parce qu'on parle bien de nos régions ici.

  (1340)  

    Malgré les efforts qui ont été faits, entre autres dans l'Est du Québec, que j'ai l'honneur de représenter et qui a eu l'occasion de procéder à une plus grande diversification de son économie par rapport à ce que nous pouvions voir il y a peut-être 10 ou 15 ans, une bonne portion de l'économie dépend encore de l'emploi saisonnier. Je choisis mes mots de façon prudente. Nous ne parlons pas de travailleurs saisonniers, mais bien de travail saisonnier. Puisque nous sommes appelées des régions-ressources, il s'agit d'un travail qui concerne en grande partie le tourisme, l'agriculture, les pêches et la forêt. Il s'agit d'une réalité de nos régions.
    Présentement, le gouvernement conservateur, pour arriver à ses fins, vient complètement chambouler et renverser la manière dont notre économie fonctionne. Il le fait à travers une réforme de l'assurance-emploi. S'il veut ouvrir un débat sur la diversification des économies régionales, nous sommes partants. Nous devrions tenir un tel débat à la Chambre, tout comme l'Assemblée nationale du Québec pourrait en tenir un. Toutefois, il ne parle pas de diversification de l'économie régionale, il utilise une approche au niveau d'un régime d'assurance-emploi, qui devrait fournir de l'assurance-emploi aux prestataires et tenir compte des réalités de nos régions.
    Ce ne sont pas que les régions qui sont touchées. Les milieux urbains devraient aussi se sentir concernés par cette réforme. Autant les régions-ressources peuvent dépendre du tourisme, de l'agriculture, des pêches et de la forêt, autant d'autres domaines sont touchés de façon très négative par cette réforme. On n'a qu'à penser, par exemple, aux travailleurs du domaine de la construction, qui travaillent bien souvent selon des contrats pouvant durer de trois à huit mois. Par la suite, pour des raisons de faiblesse du marché immobilier ou du démarrage au niveau des domiciles, par exemple, ils peuvent se retrouver sans emploi pendant quelques mois en attendant leur prochain contrat.
     Pendant les deux à quatre mois où ils n'auront pas d'emploi, ils devront faire une recherche d'emploi, peut-être à l'extérieur du secteur de la construction, dépendamment de leurs qualifications, même s'ils cherchent présentement un emploi dans le domaine de la construction. S'ils vivent en milieu urbain, ils auront à faire cinq recherches d'emploi par semaine afin de continuer à être admissibles aux prestations. Même s'ils recherchent activement un emploi dans le domaine de la construction, cet emploi n'existe pas.
    Nous pouvons penser à d'autres domaines, comme l'enseignement, où les enseignants suppléants peuvent avoir des contrats pendant trois ou cinq mois et attendre un ou deux mois avant d'obtenir le contrat suivant. On demandera à ces derniers de postuler de trois à cinq emplois par semaine dans des domaines qui ne seront peut-être pas le leur. On pourrait leur offrir un emploi pour lequel ils pourraient être qualifiés, mais qui offrirait 70 % du salaire de leur emploi précédent — et cela peut très bien être un emploi dans le domaine des ventes, du fast-food ou du commerce au détail. Ils peuvent se faire offrir un emploi qui ne les intéressent pas et pour lequel ils n'ont pas reçu de formation particulière, mais pour lequel ils seraient adaptés parce qu'il s'agit d'un emploi qui requiert des habilités moindres qu'un baccalauréat ou une maîtrise en éducation. Ces gens cherchent encore un emploi en éducation, mais il n'y en a pas. Ils pourraient avoir à accepter un emploi dans un domaine complètement différent, sous peine de perdre leurs prestations.
    Je peux nommer d'autres domaines qui touchent le milieu urbain, comme les arts et le cinéma, où les gens travaillent souvent à contrat et peuvent se retrouver sans emploi pendant quelques semaines ou quelques mois, et ce n'est pas faute de chercher un nouveau contrat. Ils pourraient se voir imposer un emploi qui n'est pas dans ce domaine, mais pour lequel ils pourraient être qualifiés et qu'ils devront accepter.
    La réforme n'a ni queue ni tête. Ce que j'ai pu voir également, et ce que les gens réalisent lorsque je dis que cette réforme n'a ni queue ni tête, c'est la composition des manifestations ou des mobilisations que nous pouvons voir dans l'Est du Québec. Ce ne sont pas seulement les prestataires, les travailleurs ou les travailleuses qui se révoltent, mais aussi les employeurs, qui risquent de voir leur main-d'oeuvre formée, souvent à grand prix, quitter la région parce que l'insécurité économique sévira.
    Il y a également une perte de productivité pour les employeurs. Si on impose aux prestataires d'avoir à faire trois à cinq recherches d'emploi par semaine, imaginons le nombre de demandes d'emploi non sollicitées que les employeurs recevront et au travers desquelles ils devront tout de même passer. Ces ressources seraient beaucoup mieux placées à aider l'expansion de ces entreprises.
    Selon moi, il est clair que la ministre n'a aucune idée de la réalité de nos régions. Elle n'a aucune idée des bouleversements que cette réforme créera dans les régions comme l'Est du Québec, et elle n'a aucune espèce d'idée des répercussions négatives que cela engendrera sur les économies régionales.
    Sur ce, j'attends les questions, auxquelles je répondrai avec plaisir.

  (1345)  

    Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord féliciter mon collègue et les députés des régions qui l'entourent pour l'excellent travail qu'ils ont fait pour aider les gens à se mobiliser et pour défendre leurs intérêts, autant sur le terrain qu'ici à la Chambre.
    À la fin de son discours, il a parlé de la composition des manifestations. C'est un point intéressant qu'il devrait développer. En effet, hier, pendant la période des questions orales, j'ai entendu un ministre conservateur demander de qui le député de Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine parlait quand il faisait référence aux manifestations. C'est comme s'il les conservateurs n'avaient pas réalisé à quel point les gens sont mobilisés et fâchés.
    Quand il parle du fait que la ministre en question n'a aucune idée de ce qui se passe, c'est par ce genre de commentaire qu'on réalise à quel point tout le gouvernement ne réalise pas ce qui se passe chez nous, notamment au Québec, mais aussi ailleurs, comme au Nouveau-Brunswick, par exemple.
    J'aimerais donc lui permettre de parler davantage de ces gens, qui sont craintifs, mais aussi mobilisés. Il pourrait parler aussi du fait que ce ne sont pas des fraudeurs, comme on essaie de le sous-entendre. On parle vraiment de communautés, de gens de toutes sortes de milieux.
    S'il voulait développer là-dessus, ce serait bien apprécié.
    Monsieur le Président, je vais le faire avec plaisir.
    Effectivement, la mobilisation est très diversifiée. Les gens savent de quoi il s'agit quand on parle de la réforme. Oui, des prestataires, des travailleurs et des travailleuses, qui ont même un emploi présentement, participent aux mobilisations. Les employeurs le font également car il y a un danger de perdre de la main-d'oeuvre formée — souvent formée à grand prix. Or en raison de l'insécurité économique et des obligations imposées par le gouvernement en ce qui a trait à la réforme de l'assurance-emploi, qui n'ont aucun lien avec la réalité de la région, ces employés vont certainement penser à quitter la région.
    Il y a également la question de la perte de productivité que j'ai mentionnée par rapport à toutes les demandes d'emploi non sollicitées qui seront reçues.
     Toutefois, il n'y a pas que des employeurs; des élus municipaux et régionaux sont également là. Et pourquoi font-ils partie des mobilisations? C'est parce qu'ils comprennent l'impact que cela a sur l'économie régionale et même sur le fonctionnement de leur municipalité. Effectivement, beaucoup d'employés, particulièrement dans les plus petites municipalités, sont à contrat ou à temps partiel et ils ont besoin d'utiliser l'assurance-emploi.
     Il est question d'exode rurale également, alors qu'on demande à quelqu'un d'une municipalité plus éloignée d'aller dans un plus grand centre, comme Rimouski, Rivière-du-Loup ou Matane, dans notre région. Il y a un danger de voir ces gens-là s'expatrier et aller directement travailler là. C'est une dévitalisation croissante de notre ruralité.

  (1350)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, à titre de porte-parole néo-démocrate pour les personnes handicapées, j'adopte le point de vue d'une personne handicapée quand j'examine ces questions. On m'a signalé que les personnes handicapées qui sont mises à pied ont besoin de beaucoup plus de temps que les autres pour trouver un nouvel emploi. C'est donc dire que les nouvelles règles, qui prévoient un maximum de six semaines suivi d'un maximum de dix-huit semaines, désavantageraient les personnes handicapées plus que tout autre Canadien. Elles seront donc victimes de discrimination parce qu'il leur faut naturellement plus de temps pour trouver un emploi. Elles seront les premières à voir leur rémunération et leurs avantages réduits parce qu'elles auront dépassé la limite de six, puis de dix-huit semaines.
    Le député aurait-il des commentaires à ce sujet?

[Français]

    Monsieur le Président, ce que mon ami vient de mentionner touche un autre problème majeur de la réforme de l'assurance-emploi.
    Cette réforme est tellement complexe et contient tellement de conditions, qu'on pourrait qualifier de techniques, que ça va nous prendre beaucoup de temps avant de pouvoir comprendre toutes les ramifications, toutes les conséquences qu'elle va entraîner sur la vie des communautés — comme que je l'ai mentionné durant mon discours —, mais également sur la vie, sur la réalité de certains groupes qu'on avait qualifiés, de par leur statut, de groupes particuliers. Ce n'est qu'un exemple de ces discriminations, de ces conséquences et de ces répercussions qu'on découvre de façon régulière. La réforme a été mise en oeuvre le 6 janvier et on va continuer à voir de telles conséquences pendant fort longtemps.
    Durant mon discours, j'ai eu l'occasion de parler de conséquences générales. Je me suis empêché de parler de toutes les questions techniques. On parle de l'obligation pour les prestataires d'accepter un emploi jusqu'à une heure de route. Cela veut dire que quelqu'un de ma circonscription qui demeure à Squatec doit accepter un emploi à Rivière-du-Loup ou encore à Rimouski, qui se trouve à moins d'une heure de route. Il ne pourra pas refuser cet emploi, sous peine de voir ses prestations réduites ou éliminées. C'est une réalité pour les gens du milieu rural.
     Si on parle de conséquences négatives qui entraîneront des problèmes majeurs pour nos régions, pour leur vitalité et pour l'économie, on n'a pas besoin d'aller plus loin que l'exemple que je viens de mentionner et l'exemple qu'a cité mon collègue.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d'Ajax—Pickering.
    Comme plusieurs députés du gouvernement l'ont déjà expliqué, nous ne pouvons pas appuyer la motion, car elle déforme les faits.
    Les changements que nous avons apportés à l'assurance-emploi visent à ce qu'il soit toujours plus avantageux pour les Canadiens de travailler que d'être en chômage. C'est pourquoi il est important d'investir pour jumeler les Canadiens aux emplois offerts dans leur région. Le projet-pilote accordant cinq semaines supplémentaires n'était qu'une mesure temporaire, qui a été mise en place en 2008 puis à nouveau en 2010 dans le cadre du Plan d'action économique du Canada, pour venir en aide aux prestataires de l'assurance-emploi pendant la récession. L'opposition continue de semer la peur, mais les faits parlent d'eux-mêmes: grâce aux mesures prévues dans le Plan d'action économique du Canada, il s'est créé, net, plus de 920 000 nouveaux emplois depuis juillet 2009.
    Nous traversons une période de reprise économique, et nous devons aider les Canadiens qui souhaitent travailler à trouver les emplois offerts dans leur région. Nous faisons des investissements en ce sens, parce que nous voulons que les travailleurs canadiens soient mieux informés des possibilités qui existent dans leur milieu, et qu'ils puissent décrocher les emplois offerts dans leur région avant que les travailleurs étrangers temporaires en aient la chance.
    Notre gouvernement est résolu à donner du travail aux Canadiens. Il est déterminé à créer de l'emploi. Et il fait des progrès, malgré un contexte économique fragile.
    Alors même que le gouvernement ne cesse d'instaurer des mesures opportunes et que des milliers d'emplois sont créés, net, chaque mois, que fait l'opposition? Elle colporte des propos alarmistes et des faussetés, et elle veut imposer de nouvelles taxes très élevées aux Canadiens. Le gouvernement estime que ce n'est pas ainsi que nous favoriserons la poursuite de la reprise économique.
    À ce jour, le NPD a proposé des dépenses annuelles de plus de 3,8 milliards de dollars en ce qui concerne l'assurance-emploi. Ce montant proviendrait des Canadiens et des petites entreprises, qui travaillent fort et qui seraient obligés de verser des cotisations plus élevées. Cela n'a aucun sens dans le contexte économique actuel.
    Notre prospérité économique dépend de notre capacité à relever les défis émergents et croissants du marché du travail. Elle dépend aussi de notre compétitivité et de notre détermination. Voici le défi le plus important: la pénurie de compétence et de main-d'oeuvre. Selon Statistique Canada, on comptait 268 000 postes vacants l'automne dernier. Le gouvernement est prêt à relever ce défi. Nous avons effectué des investissements considérables dans le développement des compétences et dans la formation afin que les Canadiens possèdent les compétences et la formation dont ils ont besoin pour trouver un emploi sur le marché du travail.
    Nous savons que les Canadiens veulent travailler, mais qu'ils ont souvent de la difficulté à se trouver un emploi. Quelles mesures avons-nous prises pour aider les chômeurs à se trouver un emploi? Comme il l'avait annoncé dans le Plan d'action économique de 2012, le gouvernement investit des sommes afin de jumeler les chômeurs canadiens aux emplois vacants dans leurs régions en fonction de leurs compétences. Dans le cadre de cette initiative, Service Canada envoie, deux fois par jour, des alertes-emplois aux prestataires de l'assurance-emploi. Ces alertes-emploi proviennent de différentes sources, notamment du Guichet emplois et de fournisseurs du secteur privé. Les employeurs doivent, comme d'habitude, prouver qu'ils ont fait tous les efforts possibles pour recruter des Canadiens avant d'avoir recours à des travailleurs étrangers temporaires.
    Grâce à ces améliorations, nous souhaitons qu'il soit toujours plus avantageux financièrement pour les Canadiens d'accepter un emploi que d'être prestataire de l'assurance-emploi. Il s'agit de changements judicieux qui visent aussi à préciser, et non à modifier, les responsabilités des Canadiens qui reçoivent des prestations d'assurance-emploi. Ces changements ont pour objet de donner plus de moyens aux chômeurs, de les aider à réintégrer le marché du travail et de diriger les ressources là où on en a le plus besoin.
    Nous aidons les Canadiens qui veulent travailler à trouver un emploi. Nous apportons des modifications logiques et justes. Il vaut la peine de répéter que, comme toujours, l'assurance-emploi continuera d'assister les Canadiens qui font un effort raisonnable pour trouver de l'emploi mais qui n'en trouvent pas. Nous reconnaissons tout à fait que certains Canadiens ont de la difficulté à trouver du travail, particulièrement pendant la saison morte dans les régions du pays où l'économie repose en grande partie sur des industries saisonnières.
    L'un des mythes propagés par l'opposition est l'idée que les améliorations que nous apportons au régime d'assurance-emploi refileront des coûts aux provinces. Rien ne saurait être plus faux. En investissant dans le jumelage des Canadiens avec les emplois, nous aiderons plutôt les provinces, puisque les personnes salariées paient de l'impôt, lequel contribue à financer les programmes provinciaux.
    En outre, nous verserons des fonds considérables aux provinces pour investir dans la formation professionnelle des Canadiens, qu'ils soient prestataires d'assurance-emploi ou non, afin de les aider à décrocher des emplois plus stables et mieux rémunérés.

  (1355)  

    Comme l'ont dit plusieurs députés, les modifications à l'égard de la recherche d'emploi raisonnable ne font que clarifier l'obligation de chercher activement du travail qui est déjà prévue dans la Loi sur l'assurance-emploi.
    Les circonstances personnelles telles que la capacité physique, les engagements familiaux, les options de transport et la question de savoir s'il est plus avantageux pour une personne de travailler que de demeurer sans emploi seront toujours prises en considération.
    L'assurance-emploi est un programme important pour le Canada et il continuera de l'être. Ces améliorations sont une démarche logique dont on avait grandement besoin pour aider les Canadiens à trouver du travail rapidement. C'est une bonne chose pour les Canadiens, les communautés et, surtout, les familles. Pour toutes ces raisons, je demande aux députés de la Chambre de voter contre la motion et d'appuyer nos efforts en vue de créer de l'emploi et de faire travailler les Canadiens.
    À l'ordre, s'il vous plaît. La période réservée aux initiatives ministérielles est terminée. Par conséquent, la période des questions et observations du député de Chilliwack—Fraser Canyon commencera après la période des questions.
    La députée d'Ahuntsic a la parole.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Français]

Aveos

    Monsieur le Président, j'interpelle aujourd'hui le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités afin qu'il agisse dans le dossier d'Aveos. La Cour supérieure du Québec a tranché: Air Canada ne respecte pas la loi et doit maintenir un centre d'entretien à Montréal.
    Le Bloc québécois a appuyé les 1 800 employés de Montréal qui ont perdu leur emploi. Il est clair que, puisque Air Canada contrevenait à ses obligations, le gouvernement fédéral devait appliquer sa loi. Le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités a plutôt abandonné cette industrie majeure pour le Québec et pour Montréal. Il a préféré ignorer sa loi, et prétendre ne rien pouvoir faire. C'est le gouvernement du Québec qui a entamé des procédures judiciaires et qui a maintenant gain de cause.
    Après avoir fait perdre plus d'un an aux travailleurs par son inaction, le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités doit exiger qu'Air Canada se conforme au jugement et respecte la loi par laquelle elle a pu se privatiser.

[Traduction]

La Ville de Saskatoon

    Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord souhaiter une nouvelle année prospère à tous mes collègues.
    Le mois dernier, le gouvernement a annoncé qu'il investirait dans un partenariat public-privé avec la Ville de Saskatoon afin d'appuyer la construction d'une installation pour le service de transport en commun et d'une installation permanente d'entreposage et de décontamination de la neige dans ma circonscription, Saskatoon—Rosetown—Biggar. Cet investissement aidera la Ville de Saskatoon à atteindre un objectif à long terme en remplaçant une installation vieillissante par une installation à la fine pointe de la technologie. Cette dernière sera construite à l'extérieur du centre-ville, à proximité du nouveau pont de la promenade Circle.
    Je tiens à féliciter la Ville de Saskatoon de cette initiative qui améliorera la qualité de vie des gens qui habitent le centre-ville ou à proximité, et qui lui permettra de déployer plus facilement ses véhicules dans tous les quartiers. Je suis fière de faire partie d'un gouvernement conservateur qui construit l'infrastructure nécessaire pour rendre Saskatoon, la Saskatchewan et le Canada plus forts et plus prospères.

[Français]

La Semaine du développement international

    Monsieur le Président, j'ai l'immense honneur aujourd'hui de souligner la Semaine du développement international. Le Canada avait encore, il y a quelques années, une excellente réputation en tant que pays généreux qui savait faire preuve d'efficacité sur le terrain.
    Mais rien ne va plus. Depuis que ce gouvernement est au pouvoir, nous avons été témoins de coupes partisanes imposées à des ONG efficaces, comme KAIROS. Nous avons été témoins d'un changement d'orientation qui privilégie les partenariats avec des sociétés minières plutôt que l'aide aux plus pauvres. Nous avons été témoins, l'an dernier, des frasques d'une ministre qui abusait des fonds publics. Nous sommes témoins, cette année, des frasques d'un ministre dont les états d'âme partisans aboutissent sur le site Web du ministère et qui avoue ignorer les principes mêmes d'une coopération efficace.
    Cette semaine est l'occasion de célébrer les organisations de la société civile canadienne. Nous leur promettons, ainsi qu'à tous les Canadiens, qu'en 2015, le gouvernement formé par le NPD saura faire beaucoup mieux.

[Traduction]

Le commerce international

    Monsieur le Président, je suis fier que Bombardier Aéronautique — une entreprise qui a propulsé le Canada sur la scène internationale, a créé des emplois et a stimulé la croissance économique dans notre grand pays — soit installée à York Centre.

[Français]

    La semaine dernière, la Chambre de commerce Canada-Espagne a nommé Bombardier l'entreprise canadienne de l'année en Espagne. Seul constructeur spécialisé dans les aéronefs et les trains au monde, la société Bombardier est présente dans plus de 60 pays.

[Traduction]

    Le commerce international fait partie intégrante de notre économie. Un emploi canadien sur cinq est lié aux exportations et les échanges commerciaux représentent plus de 35 % de notre PIB. Depuis 2006, le gouvernement a mené à bien plus de négociations de libre-échange que n'importe quel gouvernement de l'histoire du Canada. C'est une honte que le NPD se soit opposé à tous les accords de libre-échange présentés à la Chambre.
    Je suis fier que le gouvernement continue de multiplier les efforts pour promouvoir le commerce, car qui dit échanges commerciaux dit emplois, croissance et prospérité à long terme pour notre grand pays, le Canada.

Scott MacArthur

    Monsieur le Président, je tiens à rendre hommage à Scott MacArthur, qui vient de décéder. Il a servi, à divers titres, aussi bien son milieu que le Canada.
    À l'instar de sa femme, Kay, il comptait parmi les membres fondateurs de la section locale 104 du Syndicat national des cultivateurs. Il a également été trésorier du district 1 de la région 1 pendant plus d'une quarantaine d'années. En tant qu'exploitant d'une ferme laitière, il était par ailleurs un membre très apprécié du club Holstein et, pendant des décennies, il a été trésorier de l'association Holstein de l'Île-du-Prince-Édouard. De toute évidence, cette double charge de trésorier ne lui suffisait pas puisqu'il a également occupé la même fonction pendant 50 ans auprès de l'Église presbytérienne St. Columba, où il a aussi été membre du conseil presbytéral pendant 20 ans, de la chorale et du conseil d'administration.
    Sous son air tranquille, il était farouchement dévoué au mouvement agricole. Il a participé à de nombreuses conventions nationales et régionales et prenait plaisir à assister à la Foire royale d'hiver de l'agriculture.
    Scott MacArthur était un homme digne de confiance, loyal et vaillant qui se donnait corps et âme au service de son milieu et de son Église. Au nom de la Chambre, je le remercie de tout ce qu'il a accompli et j'offre mes condoléances à sa femme, Kay.

  (1405)  

Le développement durable

    Monsieur le Président, Logan Lake est une merveilleuse collectivité rurale dont l'économie repose sur les ressources naturelles. Elle se trouve dans ma circonscription, Okanagan—Coquihalla. Les gens de cette région sont chaleureux travaillants, et ils adorent les activités de plein air.
    Logan Lake organise chaque année un excellent tournoi de hockey extérieur. On peut aussi regarder les parties à l'intérieur grâce à un service de câble unique et novateur géré entièrement par des bénévoles. Mais le véritable moteur économique de la collectivité, c'est la mine de cuivre de Highland Valley, l'une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert au Canada, qui fait vivre plus de 900 familles.
    Dernièrement, Teck Resources, qui exploite la mine, a été nommée meilleure entreprise canadienne en matière de développement durable. C'est vraiment une excellente nouvelle, tant pour les gens de Logan Lake que pour Teck Resources, et c'est encourageant en ce qui concerne le développement responsable des ressources. J'invite mes collègues à se joindre à moi pour féliciter Teck Resources et souligner la contribution du secteur minier, qui offre des emplois bien rémunérés dans des collectivités rurales dont l'économie est axée sur les ressources naturelles, telles que Logan Lake, en Colombie-Britannique.

[Français]

Les chemins de fer

    Monsieur le Président, mes concitoyens avertissent ce gouvernement qu'ils s'attendent à une surveillance appropriée de nos chemins de fer. Certains de mes concitoyens vivent aux alentours de chemins de fer bruyants. De plus, ce n'est qu'une question de temps avant que n'arrive un désastre.
    En effet, le 24 septembre 2011, le déraillement d'un train de marchandises est survenu à Pointe Saint-Charles, un quartier densément peuplé de mon comté. Nous avons été très chanceux que personne ne soit blessé lors de cet accident et qu'il n'y ait pas eu de déversement de marchandises dangereuses.
    Le rapport du Bureau de la sécurité des transports conclut que l'accident est attribuable à un excès de vitesse et à l'ambiguïté des signaux de vitesse dans ce secteur résidentiel.
    De la part de mes concitoyens, j'exhorte le gouvernement à réfléchir à une réglementation plus stricte sur le plan ferroviaire dans les secteurs résidentiels.

[Traduction]

Le cancer de la peau

    Monsieur le Président, hier, c'était la Journée mondiale contre le cancer, qui a pour but de sensibiliser la population à cette maladie et d'approfondir nos connaissances.
    Ma famille a été touchée par une forme de cancer: les mélanomes. Or il est possible de les prévenir. Chaque année, 5 500 Canadiens apprennent qu'ils ont un mélanome et plus de 950 Canadiens en meurent. J'invite instamment les milliers de Canadiens qui vont dans le Sud l'hiver à prévenir cette maladie en protégeant leur peau. Lorsqu'on va à l'extérieur, il faut rester à l'ombre, se couvrir et mettre de la crème solaire. Les personnes qui ont eu au moins cinq coups de soleil avant l'âge de 30 ans courent deux fois plus de risques de développer un mélanome.
    Bon nombre de Canadiens utilisent des lits de bronzage. Il faut savoir que l'Organisation mondiale de la santé a classé les lits de bronzage dans la catégorie de risque de cancer la plus élevée. Selon elle, les appareils de bronzage sont cancérigènes pour les êtres humains. De plus, les études concluent que l'utilisation de lits de bronzage à un jeune âge augmente le risque de cancer de la peau de 75 %.
    J'invite toute la population à prévenir cette maladie, à appuyer la coalition Bronzer, c'est démodé et à soutenir la campagne Diplômés sans bronzage. En sensibilisant la population, nous pourrons protéger notre plus grand organe contre les mélanomes.

La Fiesta Chili de Barrie

    Monsieur le Président, la fin de semaine dernière, j'ai été l'hôte de la septième Fiesta Chili annuelle de Barrie. De nombreux bénévoles d'une grande générosité m'ont prêté main forte. Chaque année, grâce à Lawrence Vindum ainsi qu'aux employés de la Butcher Shop et à leurs talents culinaires, des résidants se joignent à moi à la salle de la Légion royale canadienne pour déguster un réconfortant chili maison et appuyer deux organismes de bienfaisance de la localité.
    Cette année, c'est l'INCA et le programme de bourses d'études Bill Wilkins qui ont été appuyés. L'INCA vient en aide à des milliers de Canadiens totalement ou partiellement aveugles. Quant au programme de bourses, il a été créé en 2003 à la mémoire de Bill Wilkins, qui a perdu la vie dans l'exercice de ses fonctions au sein du service des incendies de Barrie. Chaque année, ces bourses permettent à deux étudiants d'exception de s'inscrire à un programme de formation de base en lutte contre les incendies, au Collège Georgian, à Barrie.
    Je remercie tout particulièrement Leila Verheyen, de l'INCA, Kirk Mason, qui a préparé le chili, et les étudiants inscrits au programme de formation de base en lutte contre les incendies du Collège Georgian, qui ont tous travaillé très fort pour assurer le succès de cette activité.

  (1410)  

[Français]

La Semaine de la canne blanche

    Monsieur le Président, cette semaine est la Semaine de la canne blanche. C'est l'occasion de sensibiliser la population à la réalité et à la contribution des personnes vivant avec une déficience visuelle.
     La perte de vision représente un coût énorme pour la société. Il se chiffre dans les milliards de dollars par année. Si rien n'est fait, ces coûts augmenteront considérablement au cours des prochaines années avec le vieillissement de la population.
    Malheureusement, l'accès aux documents et aux produits spécialisés pour les personnes malvoyantes fait encore défaut au Canada. Je tiens à rappeler que le Canada n'est toujours pas doté d'un réseau national de bibliothèques publiques ayant des formats accessibles aux personnes malvoyantes.
     Il est inacceptable que des personnes vivant avec une déficience visuelle soient contraintes de payer des taxes fédérales et provinciales sur les aides spécialisées à leur intention, qui coûtent déjà trop cher, sans compter que bon nombre de ces personnes vivent sous le seuil de la pauvreté.
    J'exhorte le gouvernement à prendre les mesures concrètes nécessaires afin de respecter ses engagements internationaux en la matière.

[Traduction]

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, après une rude récession, le gouvernement a pris des mesures sans précédent pour favoriser le renouvellement du secteur forestier dans les régions rurales du Canada. Nous avons investi dans tous les aspects du secteur, de l'efficacité énergétique des scieries aux nouvelles technologies de rénovation, en passant par la diversification des marchés.
    Le budget de 2012 consacre 105 millions de dollars de plus à la transformation du secteur forestier et nous obtenons des résultats. L'Association des produits forestiers du Canada a créé un nouveau site Web à la recherche de candidats. Pourquoi? Parce qu'elle estime que 60 000 emplois seront créés au cours des sept prochaines années. Ce sont d'excellentes nouvelles pour les localités rurales de tout le Canada qui ont été durement touchées par la récession.
    Bien que la reprise demeure fragile, le secteur forestier montre des signes encourageants. Grâce au soutien ferme du gouvernement en matière de diversification des marchés, les exportations vers la Chine ont augmenté de 1 000 %. Tandis que nous concentrons nos efforts sur la diversification, notre débouché traditionnel, les États-Unis, reprend du poil de la bête. Ce sont de bonnes nouvelles pour les Canadiens des régions rurales, et nous sommes fiers de nos efforts pour soutenir les emplois canadiens.

[Français]

Rivière-du-Nord

    Monsieur le Président, j'aimerais souligner la générosité et la compassion dont font preuve les citoyens de ma circonscription. Deux spectacles-bénéfice distincts sont organisés pour venir en aide à deux enfants dont la vie a été complètement chamboulée par la maladie.
     William Boucher, un garçonnet de 3 ans de Saint-Jérôme est atteint d'une grave leucémie pour laquelle il doit recevoir des injections quotidiennes et un traitement de chimiothérapie par semaine. À l'initiative de l'École de danse orientale Samaya, une soirée-bénéfice avec spectacle et souper-spaghetti est organisée pour le 10 février.
    Julymaude Boulet, quant à elle, une petite fille de 5 ans de Saint-Colomban a dû être opérée d'urgence à cause d'une tumeur cancéreuse qui lui a grugé une vertèbre et pour laquelle elle doit subir de fréquents traitements. Organisés par la communauté, une cueillette de fonds et un spectacle-bénéfice auront lieu le 16 février prochain.
    Au nom de mes collègues du Nouveau Parti démocratique, je tiens à féliciter la communauté pour sa solidarité, et je tiens à offrir tout notre soutien à William et Julymaude, ainsi qu'à leurs parents respectifs, afin de faire reculer la maladie. Il faut garder espoir.

[Traduction]

Le Mois de l'histoire des Noirs

    Monsieur le Président, je suis heureux de souligner aujourd'hui le Mois de l'histoire des Noirs, une occasion pour tous les Canadiens d'en apprendre davantage sur les nombreuses contributions des Noirs canadiens au développement de notre grand pays. Ils font partie de l'histoire du Canada depuis le tout début. Pendant la guerre de 1812, ils ont aidé le Canada à remporter la victoire.
    Cette année, le gouvernement souligne la contribution des Noirs canadiens dans les services de police d'hier et d'aujourd'hui. Je parle de Canadiens comme Devon Clunis, récemment nommé chef de police à Winnipeg, qui est le premier Noir à accéder à ce poste. Il y a également le sergent-chef Jeff Haskins, qui est chef adjoint de la division du service de police régional de Durham dans ma circonscription, Ajax—Pickering. Il y a aussi Mohamed Dualeh, un agent de surveillance du stationnement qui, l'an dernier, a sauvé la vie de trois personnes, ici-même, à Ottawa. Ce soir, il recevra une médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II dans le cadre d'un événement organisé au Musée canadien de la guerre pour souligner le Mois de l'histoire des Noirs.
    J'encourage tous les Canadiens à visiter le site Web à l'adresse cic.gc.ca/multiculturalism ou à se rendre, samedi prochain, à l'école secondaire J. Clarke Richardson, à Ajax, où nous soulignerons les contributions exceptionnelles des Noirs canadiens de descendance africaine ou caribéenne au sein du pays.

Cairine Wilson

    Monsieur le Président, il y a 83 ans aujourd'hui, le premier ministre libéral sir William Lyon Mackenzie King a ouvert les portes à l'égalité des hommes et des femmes au Parlement en nommant la première sénatrice au Canada, Cairine Wilson.
    Madame Wilson a été une véritable pionnière pour les femmes, qui s'est efforcée de bâtir un Canada et un monde meilleur pour tous. Au pays, elle a été présidente du comité national canadien pour les réfugiés. Elle a rempli ce rôle de façon si admirable que la France lui a décerné la Légion d'honneur. Elle a été la première femme à présider un comité permanent du Sénat. En 1955, elle perce un autre plafond de verre en devenant la première vice-présidente du Sénat. Sur le plan international, Cairine Wilson a été la première déléguée du Canada aux Nations Unies, où elle a contribué à l'avancement de principes fondamentaux de justice sociale et de respect pour tous.
    Manifestement, nous devons énormément à cette pionnière de l'égalité, une femme qui a non seulement abattu des obstacles, mais qui les a aussi surmontés pour atteindre les plus hauts sommets.

  (1415)  

Le Nouveau Parti démocratique du Canada

    Monsieur le Président, c'est écrit noir sur blanc à la page 4 du document sur les coûts de la plateforme du NPD. On a aussi entendu très clairement le même message durant la course à la direction du NPD. Les innombrables députés néo-démocrates partout au pays ne s'en cachent pas, eux non plus. Quel est donc ce message qui ressort si clairement? Le NPD prévoit recueillir plus de 20 milliards de dollars par l'entremise d'une taxe sur le carbone qui, non seulement nuirait à l'emploi, mais ferait aussi augmenter le prix du carburant, des aliments et de l'électricité. Je sais que les électeurs de ma circonscription, Etobicoke-Centre, seraient tout à fait contre.
    Les députés néo-démocrates ont beau courir, ils ne pourront pas nous échapper. À chaque tournant, le gouvernement conservateur sera là pour mettre les Canadiens en garde contre la taxe sur le carbone de 20 milliards de dollars, une mesure si néfaste à l'emploi. Les Canadiens savent déjà qui est de leur côté: le gouvernement conservateur.

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, quand les Canadiens perdent leur emploi, ils comptent sur le gouvernement pour leur venir en aide, à eux ainsi qu'à leur secteur d'emploi et à leur collectivité. Au lieu de cela, le gouvernement envoie aux employés de Service Canada des directives, élaborées dans des bureaux cossus à Ottawa, leur demandant de respecter des quotas de prestations à couper et de traiter les prestataires d'assurance-emploi comme des criminels.
    Quand nous avons demandé à la ministre pourquoi les conservateurs réduisent les prestations d'assurance-emploi, elle a répondu ceci: « Encore une fois, le NPD protège les fraudeurs. »
    Le NPD est fier de protéger les chômeurs. Les conservateurs considèrent que les prestations d'assurance-emploi sont du gaspillage, mais ils sont prêts à défendre leur sénateur dans l'eau chaude en raison du nombre de maisons qu'il possède et de l'argent qu'il vole aux contribuables canadiens. Ils disent que le régime d'assurance-emploi est trop lucratif, mais défendent bec et ongles les droits inaliénables des sénateurs conservateurs.
    Voici une suggestion sensée pour aider le premier ministre à rectifier le tir. Il devrait arrêter de défendre ses copains sénateurs, qui ne sont pas tenus de rendre des comptes, et commencer à aider les Canadiens qui ont du mal à trouver un emploi.

L'économie

    Monsieur le Président, notre gouvernement sait ce qui importe aux Canadiens: les emplois et la croissance économique. Nous avons été heureux de constater, en novembre dernier, que l'économie canadienne avait connu une croissance de 0,3 %, ce qui dépassait les prévisions des économistes.
    Depuis le congé de Noël, les députés et ministres conservateurs ont tenu plus de 200 rencontres avec des travailleurs canadiens pour s'assurer que l'économie canadienne favorise la création d'emplois et la prospérité à long terme. Il n'est pas étonnant que le Canada soit le pays du G7 où le fardeau de la dette est, et de loin, le plus faible et que son bilan en matière de création d'emplois, avec plus de 900 000 emplois créés, net, depuis 2009, soit le meilleur.
    Alors que nous axons nos efforts sur ce qui compte pour les Canadiens, le NPD se livre bien sûr à diverses manigances pour imposer aux Canadiens une taxe sur le carbone de 21 milliards de dollars qui nuirait à l'emploi. Une telle taxe détruirait notre économie et serait particulièrement néfaste pour les Canadiens à faible revenu. Notre gouvernement va continuer à lutter contre les politiques économiques irresponsables du NPD et continuer à concentrer ses efforts sur les priorités des Canadiens: les emplois, la prospérité et la croissance économique.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Français]

Air Canada

    Monsieur le Président, l'an dernier, quand Air Canada a mis fin à ses opérations d'entretien à Winnipeg, à Mississauga et à Montréal, les conservateurs ont refusé de faire appliquer la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada.
    L'incurie des conservateurs a fait perdre 2 600 bons emplois. La décision des tribunaux est catégorique: Air Canada n'a pas le droit d'octroyer ses contrats d'entretien à Singapour et au Brésil.
    Est-ce que notre soi-disant gouvernement « loi et ordre » va enfin appliquer la loi, afin de garder ces emplois au Canada?
    Monsieur le Président, c'est bien évident que le gouvernement s'attend à ce qu'Air Canada respecte ses engagements légaux, qui sont clairs.
    Comme le chef du NPD le reconnaît, la réalité est que cette affaire demeure devant les tribunaux, et nous attendons ces décisions.

  (1420)  

[Traduction]

L'environnement

    Monsieur le Président, le gouvernement doit faire respecter la loi et veiller à ce que ces emplois demeurent au Canada.
    Après avoir été ignoré et rejeté par le gouvernement conservateur pendant des années, le commissaire à l'environnement a remis aujourd'hui son dernier rapport au Parlement. Les néo-démocrates voudraient remercier le commissaire pour son travail.
    Le rapport du commissaire est sévère. Avec les conservateurs au pouvoir, la protection de l'environnement est négligée au profit de l'exploitation des ressources. Au Canada, les pollueurs n'ont plus besoin de payer pour la pollution qu'ils créent.
    Pourquoi les conservateurs épargnent-ils les grands pollueurs tandis qu'ils refilent aux contribuables la facture de l'assainissement de l'environnement?
    Monsieur le Président, le principe du pollueur-payeur est au coeur de la philosophie environnementale du gouvernement. Nous favorisons une politique d'exploitation responsable des ressources. Comme nous l'avons déjà dit, « responsable » signifie que l'exploitation s'accompagne d'une protection accrue de l'environnement. Le gouvernement a déjà annoncé des mesures particulières à cet égard.
    Pour ce qui est du rapport du commissaire à l'environnement, il contient des suggestions utiles concernant les prochaines mesures que nous annoncerons.
    Monsieur le Président, parlons donc de l'exploitation responsable des ressources.
    Le commissaire à l'environnement prévoit que le nombre de puits de fracturation hydraulique doublera au cours des 20 prochaines années au Canada, pour atteindre 400 000. Or certains produits chimiques employés pour la fracturation sont cancérigènes, tandis que les sociétés qui utilisent cette technique ne sont pas obligées d'indiquer la totalité des produits qu'elles emploient. L'Association canadienne des producteurs pétroliers a une politique relative à la communication de l'information par ses membres, mais elle est évidemment incapable de faire appliquer cette politique.
    Le gouvernement obligera-t-il, oui ou non, les sociétés à indiquer aux gens quels produits chimiques dangereux elles emploient dans la fracturation?
    Monsieur le Président, le chef de l'opposition devrait savoir que c'est un domaine de compétence provinciale. Les approches varient d'une province à l'autre quant à la réglementation de ce secteur.
    Néanmoins, le gouvernement fédéral a établi un plan de gestion des produits chimiques figurant parmi les meilleurs au monde et il évaluera les substances employées dans chaque cas conformément à ce plan.
    Monsieur le Président, les eaux fédérales et les pêches relèvent du gouvernement fédéral.

[Français]

    La protection environnementale ne suit pas le rythme du développement, et ce sont les Canadiens qui en paient le prix.
     C'est exactement ce qui se passe dans les zones de protection marines. Vingt ans après avoir signé la Convention sur la diversité biologique, seulement 1 % de l'environnement marin du Canada est protégé.
    Alors que les océans sont menacés par la pollution et la surpêche, pourquoi le ministre précipite-t-il le développement extracôtier sans protection adéquate?

[Traduction]

    Monsieur le Président, quand on parle des zones de protection marine, il faut noter que notre gouvernement a augmenté de plus de 50 % les zones protégées consacrées aux parcs.
    Nous avons établi 12 zones de protection marine, et nous savons qu'il faut poursuivre ces efforts. C'est pourquoi nous menons des consultations sérieuses avec divers intervenants, de façon à prendre les décisions appropriées.
    Quand il s'agit de protéger les parcs et les eaux du Canada, le gouvernement conservateur a un très bon bilan.
    Monsieur le Président, contrairement aux conservateurs, les néo-démocrates remercient le commissaire à l'environnement pour le travail qu'il accomplit.
    Dans le rapport déposé aujourd'hui, le commissaire souligne que, malgré les affirmations répétées des conservateurs, les offices des hydrocarbures extracôtiers de l'Atlantique ne sont pas prêts à intervenir adéquatement en cas de déversement de pétrole.
    Le ministre prend-il des mesures pour que les plans d'intervention soient efficaces et que l'intervention gouvernementale soit bien coordonnée s'il se produit un déversement important au large de la côte atlantique? Le ministre croit-il, comme la députée de Calgary-Centre, que les déversements de pétrole disparaîtront tout simplement au bout de trois ans grâce à la biodégradation?
    Monsieur le Président, je suis heureuse de répéter l'annonce faite hier par le ministre des Transports: nous avons commandé une étude d'évaluation du risque qui portera sur la capacité d'intervention en cas de déversement dans les eaux canadiennes.
    J'aimerais rappeler aux députés d'en face que de nombreuses mesures de protection environnementale sont entrées en vigueur récemment dans le cadre de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale de 2012. Cela comprend de nouveaux règlements qui amélioreront le régime actuel d'inspection des pétroliers en resserrant les exigences en matière d'inspection des navires, ainsi que des produits de navigation améliorés, dont des cartes des routes de navigation à jour.
    Monsieur le Président, ma question s'adresse au premier ministre.
    Selon le rapport du commissaire à l'environnement, il existe un écart important entre le rythme de l'exploitation des ressources naturelles et la capacité du gouvernement à passer en revue ces activités de mise en valeur et à assurer la protection de l'environnement. C'est une conclusion qui ressort clairement du rapport du commissaire à l'environnement.
    Le premier ministre est-il d'accord avec cette grande conclusion?

  (1425)  

    Monsieur le Président, le gouvernement a déjà établi clairement que, pour qu'il y ait exploitation responsable des ressources, la croissance des activités de mise en valeur dans les prochaines décennies devra s'accompagner de meilleures mesures de protection environnementales.
    Le gouvernement a déjà pris certaines mesures au cours de la dernière année et a indiqué qu'il en prendrait d'autres dans différents domaines. Nous remercions le commissaire à l'environnement de son rapport. Il nous sera utile lorsque nous irons de l'avant avec ces mesures additionnelles.

[Français]

    Monsieur le Président, contrairement à ce que vient de dire le premier ministre, le gouvernement a réduit la capacité du gouvernement fédéral d'assurer au public que les gens sont vraiment protégés dans des cas d'accidents, qu'ils soient nucléaires, qu'ils se produisent lors de développements marins ou qu'ils aient lieu dans le Nord.
    Nous voyons une conclusion très claire dans le rapport du commissaire: il existe une différence entre le problème et la capacité du gouvernement de le régler et de protéger les Canadiens.
    Monsieur le Président, c'est tout à fait le contraire. Quand le gouvernement dit qu'il favorise le développement des ressources responsables, il dit qu'il doit augmenter son appui à la protection environnementale.
    Nous avons annoncé certaines mesures l'année passée, et nous avons déjà indiqué notre intention de continuer à travailler sur certains dossiers. Le commissaire nous a donné des idées très utiles à cet égard et nous le remercions de cette contribution.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, nous continuons de recevoir des rapports sur le problème de la dette à la consommation et de la dette des ménages partout au pays.
    Ce problème de dette cache le fait que, lorsque les temps sont durs, les Canadiens se voient forcés d'emprunter le 20 du mois parce qu'ils doivent joindre les deux bouts avant la fin du mois. Cette tendance se manifeste partout au pays. Les Canadiens ordinaires font augmenter leur marge de crédit ou la limite de leur carte de crédit, ou encore se tournent vers des usuriers ou des sociétés de prêt. Ce problème est endémique.
    Le premier ministre conviendra-t-il qu'il ne s'agit pas simplement de gens qui dépensent trop pour acheter un téléviseur à grand écran, comme on l'a laissé entendre, mais de la situation bien réelle de Canadiens qui ont de la difficulté à boucler leur budget?
    Bien au contraire, monsieur le Président, la hausse de la dette des ménages canadiens, ces dernières années, concerne surtout les prêts hypothécaires. Comme les Canadiens avaient confiance dans la situation de leur propre ménage et dans leur capacité à absorber une dette hypothécaire plus élevée, ils ont acheté une nouvelle maison ou une maison plus grande.
    Parallèlement, tout comme le gouverneur de la Banque du Canada et d'autres parties prenantes, nous avons exprimé des inquiétudes au sujet de cette augmentation de la dette, car les taux d'intérêt vont finir par augmenter, et avons prôné la modération. Je suis heureux de constater que certaines des récentes mesures prises par le gouvernement ont incité les ménages à modérer l'augmentation de leur dette.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, les conservateurs mettent les Canadiens à risque. Le plafond de la responsabilité absolue des exploitants des centrales nucléaires n'a pas été mis à jour depuis 35 ans. Cela veut dire que si un accident se produit, les contribuables canadiens devront se débrouiller tout seuls. La catastrophe de Fukushima a coûté près de 200 milliards de dollars.
    Pourquoi les conservateurs refilent-ils la patate chaude aux Canadiens relativement au paiement des dégâts d'un désastre nucléaire? Pourquoi sont-ils aussi irresponsables?

[Traduction]

    Je ne peux m'empêcher de remarquer à quel point la situation est ironique, monsieur le Président, sachant que la loi serait aujourd'hui en vigueur si le NPD ne s'y était pas opposé la dernière fois. Les députés néo-démocrates ont fait de l'obstruction à toutes les étapes du processus.
    Nous avons l'intention de décupler la limite actuelle. Le leader de l'opposition à la Chambre était porte-parole officiel à l'époque, et il a fait tout ce qu'il a pu pour bloquer l'adoption de la loi.
    C'était un bel essai de la part du député, monsieur le Président, mais les Canadiens feront toujours davantage confiance au commissaire à l'environnement qu'aux réponses préparées d'avance par le Cabinet du premier ministre.
    Le commissaire a été clair: les conservateurs jouent à la roulette russe avec le nettoyage des déversements d'hydrocarbures. La responsabilité est limitée à 30 millions de dollars. Or, quand le contenu d'un superpétrolier se retrouve dans la nature, les coûts se chiffrent en milliards de dollars. À cause de cette négligence, les activités touristiques, halieutiques et économiques de nos régions côtières sont menacées. Il suffirait d'un seul pétrolier pour que les familles canadiennes se retrouvent avec une facture de nettoyage de plusieurs milliards de dollars.
    Pourquoi les conservateurs ont-ils exposé ainsi les Canadiens aux dangers d'une poursuite en responsabilité? Pourquoi sont-ils aussi irresponsables?

  (1430)  

    Monsieur le Président, comme je l'ai déjà dit, le gouvernement s'est engagé à procéder périodiquement à une évaluation en matière de responsabilité financière afin que le système canadien de pollueurs-payeurs demeure le meilleur du monde.
    En ce qui concerne le plan Développement responsable des ressources, nous avons pris de nombreuses mesures afin qu'il y ait plus d'inspections de sécurité visant les pipelines et que la sécurité touchant le transport par pétroliers soit accrue, autant de mesures qui figuraient dans notre plan Développement responsable des ressources, contre lequel le NPD a voté.

[Français]

    Monsieur le Président, malheureusement, le commissaire ne mâche pas ses mots pour dénoncer l'inaction conservatrice quant aux risques liés à la fracturation hydraulique, et ce, alors même que le développement s'accentue sans cesse.
    Le commissaire est catégorique: les Canadiens ne disposent pas de l'information nécessaire pour juger des conséquences des actions de cette industrie sur leur milieu de vie, sur leur santé et sur les réserves d'eau potable.
     Pourquoi les conservateurs laissent-ils aller le développement au détriment de la protection? Pourquoi refusent-ils de légiférer sur les substances toxiques utilisées pour la fracturation?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le premier ministre a déjà dit aujourd'hui qu'en ce qui concerne la fracturation hydraulique, la réglementation relevait exclusivement des provinces et que cette technique exigeait des exploitants qu'ils utilisent de l'équipement approuvé et qu'ils suivent des procédures strictes. Je profite cependant de l'occasion pour parler de nouveau de notre Plan de gestion des produits chimiques, qui a été salué de par le monde et qui s'est traduit par des investissements de plus de 500 millions de dollars destinés à l'évaluation des substances toxiques présentes d'un bout à l'autre du pays.
    Monsieur le Président, jusqu'à ce que les conservateurs la vident de sa substance et imposent leurs changements sans consulter qui que ce soit, la Loi sur les pêches protégeait le poisson et son habitat. Même le ministère est incapable de prévoir les conséquences que ces changements auront. Or, selon le commissaire à l'environnement, le ministère ne sait même pas si sa propre politique, celle dite « du principe d'aucune perte nette », est encore en vigueur ni si les coûts des plans de compensation pour le poisson et son habitat seront couverts.
    Comment le ministère peut-il permettre que nos pêches soient aussi mal gérées?
    Monsieur le Président, rien n'a changé, et la Loi sur les pêches prévoit encore des mesures strictes de protection contre la pollution des eaux canadiennes. Les mesures de protection fédérales contre la pollution n'ont absolument pas changé.

[Français]

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, aujourd'hui, on apprend que les conservateurs demandent aux Canadiens qui cherchent un emploi de leur dire combien de curriculum vitæ ils ont envoyés par semaine. Ceux que la ministre qualifie de méchants chercheurs d'emplois en apprennent un peu plus chaque jour, par l'entremise des journaux, à propos des mesures restrictives pour la soi-disant « recherche raisonnable » qui s'ajoute aux quotas imposés par la ministre.
    Pourquoi les conservateurs ne dévoilent-ils pas toute la liste des critères qu'ils vont utiliser pour couper les prestations d'assurance-emploi de ceux qu'ils traitent de bad guys?
    Monsieur le Président, elle a tort. Nous voulons que les chômeurs essaient de trouver un nouvel emploi, car ils se portent mieux lorsqu'ils travaillent que lorsqu'ils ne travaillent pas. Nous leur fournissons de l'aide et des informations quant aux postes disponibles dans leur domaine de compétence et dans leur région. Nous voulons les aider à trouver du travail.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les secrets s'ébruitent peu à peu. D'abord, nous avons appris que le personnel de Service Canada doit couper les prestations d'assurance-emploi à un certain quota de travailleurs chaque mois. Nous apprenons aujourd'hui que les conservateurs essaient de modifier en douce la définition de ce qui constitue une recherche d'emploi.
    La ministre n'arrête pas de diaboliser les travailleurs canadiens et de modifier les règles sans même les en informer. Quand la ministre admettra-t-elle que toutes ces modifications ne sont pas motivées par la fraude et qu'elle est simplement déterminée à réduire les prestations d'assurance-emploi au moment même où les familles en ont le plus besoin?
    Monsieur le Président, en fait, c'est l'inverse que nous essayons de faire. Notre but est d'aider les Canadiens qui ont perdu leur emploi pour des raisons indépendantes de leur volonté à retrouver un travail, afin qu'eux et leur famille s'en sortent mieux. C'est pourquoi nous avons amélioré le fonctionnement du Guichet emplois et l'affichage des emplois disponibles. C'est aussi pourquoi nous informons les prestataires d'assurance-emploi des emplois correspondant à leurs compétences disponibles dans leur région afin qu'ils puissent postuler et améliorer leur sort et celui de leur famille.
    Si seulement le NPD nous aidait à améliorer le sort des Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, si on résume le problème, la ministre n'a pas consulté les gens des régions ressources dont l'économie dépend des emplois saisonniers. Elle n'a pas non plus consulté les gens des milieux urbains. Ça va bien, sa réforme! Finalement, c'est une attaque directe envers tous les travailleurs.
    Par ailleurs, la grande majorité des travailleurs dans les industries culturelles, par exemple la télévision, le cinéma ou la musique, sont tous des pigistes qui doivent sporadiquement faire appel à l'assurance-emploi. C'est ce qu'elle appelle des demandeurs fréquents ou, dans son jargon, des bad guys.
    Pourquoi la ministre a-t-elle choisi d'ignorer la réalité des travailleurs des entreprises culturelles?

  (1435)  

    Monsieur le Président, c'est notre gouvernement qui a rendu possible l'accès aux prestations spéciales de l'assurance-emploi pour les travailleurs autonomes.
     Pour la première fois dans l'histoire de ce pays, notre gouvernement a volontairement donné accès aux prestations parentales et de maladie aux travailleurs autonomes, mais l'opposition a voté contre l'aide apportée à ces gens.

Communications gouvernementales

    Monsieur le Président, les conservateurs n'ont pas d'argent pour les chômeurs, mais ils en ont en masse pour leur propagande. Les dépenses de publicité conservatrice ont explosé: elles augmenté de 72 % depuis la récession.
    Au lieu de dépenser des millions de dollars des fonds publics pour vendre des oléoducs, ils auraient pu utiliser cet argent pour les infrastructures, la formation des chômeurs ou des programmes pour les jeunes sans emploi, par exemple. Gros plan de communication, mais pas d'action.
    Au lieu de faire croire au monde qu'ils agissent, pourquoi les conservateurs ne mettent-ils pas l'argent dans les programmes?
    Monsieur le Président, le gouvernement a la responsabilité de renseigner la population canadienne sur les programmes et les services importants qui leur sont offerts.
    Le gouvernement a cette responsabilité, et la publicité représente pour ce dernier un moyen essentiel d'informer les Canadiens au sujet de questions importantes telles que les mesures de relance provisoire, les crédits d'impôt et les problèmes de santé publique.

[Traduction]

    Le problème, monsieur le Président, c'est que, en matière de propagande, le gouvernement est aussi discipliné qu'un adolescent qui utilise la carte de crédit de ses parents.
    Cette frénésie de dépenses a atteint son apogée dimanche dernier lorsque le gouvernement a bombardé les Canadiens de publicités lors de la retransmission du Super Bowl. Au lieu d'investir l'argent des contribuables dans la création d'emplois, le gouvernement conservateur l'utilise pour « flatter son ego ».
    Le ministre peut-il dire aux Canadiens combien de deniers publics le gouvernement a dépensés en publicités durant le Super Bowl, ou a-t-il mis la reddition de comptes en veilleuse?
    Monsieur le Président, selon le dernier rapport que nous avons présenté au Parlement, nous avons dépensé 83,3 millions de dollars en publicités essentielles. C'est nettement moins que les 111 millions de dollars dépensés par le précédent gouvernement libéral durant sa dernière année au pouvoir.
    Le député parle de cartes de crédit et de reddition de comptes, mais je lui rappelle que le plan de son parti d'imposer une taxe sur le carbone de 21 milliards de dollars risque de mettre tout le monde en veilleuse.

L'économie

    Monsieur le Président, dans le budget de 2006, le ministre des Finances citait la bulle immobilière aux États-Unis comme exemple à suivre au Canada:
    La volonté et la capacité des ménages de dépenser leur richesse immobilière  — grâce à la liquidation de capitaux ou au refinancement de leur emprunt hypothécaire — a nettement contribué à la hausse [...]
    À la page 92 de ce même budget, le ministre présentait des changements permettant la mise en place, ici, au Canada, d'hypothèques de 40 ans à l'américaine sans mise de fonds.
    Le ministre ne comprend-il pas que les politiques laxistes en matière de crédit qu'il a présentées au Canada, les politiques à l'américaine régissant les hypothèques, ont contribué à la création de la bulle de l'immobilier et de la dette personnelle qui existe aujourd'hui au Canada?
    Monsieur le Président, le député d'en face a sûrement remarqué que, depuis quelques années, le marché immobilier canadien se porte beaucoup mieux que le marché américain des hypothèques résidentielles, notamment parce qu'il est bien géré.
    À quatre reprises au cours des dernières années, nous avons resserré l'accès aux prêts hypothécaires assurés, ce qui a eu pour effet de calmer le marché. Le surintendant des institutions financières a également encouragé la modération, modération dont les Canadiens ont eux-mêmes fait preuve, particulièrement dans la dernière année.
    Monsieur le Président, avant de resserrer les règles régissant les hypothèques, le ministre les a relâchées. En rendant le crédit si facile d'accès, il a fait grimper la dette à la consommation et le prix des logements à un niveau inégalé.
    Des voix: Oh, oh!

  (1440)  

    À l'ordre. Le député de Kings—Hants à la parole.
    Monsieur le Président, selon la revue The Economist, le marché immobilier canadien est incroyablement surévalué.
    On apprend aujourd'hui que la dette à la consommation du Canadien moyen, excluant la dette hypothécaire, s'élève à 27 000 $, chiffre record. Pourtant, à Davos, le ministre a nié que l'augmentation de la dette hypothécaire et de la dette personnelle constitue un véritable problème au Canada.
    Quand donc le ministre admettra-t-il qu'il y a un véritable problème? Quand est-ce qu'il admettra qu'il a créé...
    Le ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, nous suivons de très près le marché de l'habitation, c'est pourquoi nous sommes intervenus à quatre reprises au cours des quatre dernières années.
    Les Canadiens ont fait preuve de modération, surtout dans les marchés les plus volatils comme à Vancouver et dans le marché des condominiums à Toronto, ce que l'on souhaitait. C'est une bonne chose. Voilà le résultat qu'on espérait des mesures prises non seulement par le gouvernement du Canada mais aussi par le surintendant des institutions financières.

Les pensions

    Monsieur le Président, l'endettement moyen des Canadiens a atteint 27 485 $ en 2012, soit une hausse de 6 %. La réaction du ministre a été de réprimander les Canadiens et de les sermonner au sujet des mérites de la réduction de l'endettement et de l'investissement réfléchi. S'il est vrai qu'il est prudent d'investir en vue de la retraite, le ministre oublie que bien des gens ont aujourd'hui de la difficulté à subvenir aux besoins de leur famille et à mettre de la nourriture sur la table. Les régimes de pension agréés collectifs et les comptes d'épargne libres d'impôt sont inutiles pour bien des familles canadiennes.
    Quand le ministre cessera-t-il de réprimander les Canadiens et travaillera-t-il à améliorer la sécurité de la retraite à l'intention des familles de travailleurs qui ont du mal à joindre les deux bouts?
    Monsieur le Président, voilà une belle occasion de parler des avantages des régimes de pension agréés collectifs.
    Nous travaillons de concert avec les provinces, nos partenaires dans ce dossier, et cela fonctionne bien. Les provinces prévoient présenter leur propre loi pour s'aligner sur la nôtre. Ainsi, 9 millions de Canadiens qui n'ont pas de régime de pension d'entreprise seront en mesure d'économiser en vue de leur retraite. Voilà qui est très important.

[Français]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, quand j'ai parlé de l'ami des conservateurs, Arthur Porter, le 5 décembre dernier, ils ont esquivé pour éviter d'avoir à rendre des comptes.
    Mais le scandale entourant la gestion des fonds publics dans la construction du CUSM ne cesse de croître, et là, le public veut des réponses.
    Des millions de dollars sont partis en fumée, des millions qui devaient servir à soigner des patients. Bizarrement, c'est le même Porter que les conservateurs avaient nommé pour diriger le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité.
    Quelles qualités uniques cet individu possède-t-il donc pour être capable de se faire confier un poste aussi crucial par les conservateurs?

[Traduction]

    Monsieur le Président, Arthur Porter a remis sa démission à titre de président du Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité. Nous avons accepté sa démission. Les allégations auxquelles M. Porter doit faire face n'ont rien à voir avec ses anciennes fonctions.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est bien d'accepter sa démission, ça aurait été bien aussi de ne pas le nommer.
    Soit les conservateurs ont échoué dans le processus de vérification, soit ils ont délibérément ignoré son passé douteux. Ils peuvent essayer de s'en laver les mains aujourd'hui, mais M. Porter, pendant des années, a été leur ami, lui qui contribuait à leur trésor électoral.
    Pendant des années, le premier ministre ou le président du Conseil du Trésor se pavanaient tout sourire avec M. Porter. Bref, les conservateurs l'ont récompensé à la moindre occasion.
    Alors, soit ils ont fait une erreur, soit c'est une récompense pour services rendus. Lequel des deux est-ce?

[Traduction]

    Monsieur le Président, M. Porter a démissionné. Nous avons accepté sa démission. Les allégations auxquelles il doit faire face n'ont rien à voir avec ses anciennes fonctions.

L'éthique

    Monsieur le Président, si une personne tentait de toucher des prestations d'assurance-emploi auxquelles elle n'a pas droit, le gouvernement lui tomberait dessus à bras raccourcis. Toutefois, lorsque le sénateur conservateur Mike Duffy a tenté d'obtenir une carte d'assurance-maladie dans une province où il ne réside pas afin de forcer les contribuables à lui verser une allocation de logement de 30 000 $ à laquelle il n'a pas droit, le gouvernement l'a qualifié de fidèle conservateur. Les Canadiens ordinaires estimeraient sans doute qu'il s'agit là d'une fraude, mais, pour le gouvernement conservateur, ses petits copains ne peuvent rien faire de mal.
    Pourquoi deux poids, deux mesures? Pourquoi les conservateurs refusent-ils d'exiger des comptes de leurs petits amis au Sénat qui escroquent les contribuables?
    Monsieur le Président, depuis quelques semaines à la Chambre, le député préconise pour lui-même un système de deux poids, deux mesures. Nous n'adhérons certainement pas à un tel système. En fait, nous disposons de règles très précises à cet égard. Les députés des deux côtés de la Chambre reconnaissent que tous les parlementaires peuvent avoir une résidence dans la région qu'ils représentent et une autre dans la région de la capitale nationale. Nous savons que le Sénat est en train de revoir ces règles afin de veiller à ce qu'elles soient justes et appliquées convenablement.

  (1445)  

    Monsieur le Président, qu'est-il advenu des fanatiques du Parti réformiste qui avaient promis de faire le ménage à Ottawa? Ils sont assis sagement derrière le leader parlementaire du Parti conservateur, qui se fend en quatre pour tenter de faire oublier que le ministre des Finances a enfreint la loi et de faire passer Mike Duffy pour un représentant de circonscription. C'est absurde. Voilà un type qui s'est fait prendre en train de falsifier les faits et d'aller chercher de l'argent dans la poche des contribuables.
    Croit-on vraiment que les petits copains des conservateurs au Sénat vont le forcer à rembourser cet argent? Non, personne ne le croit. Le gouvernement conservateur va-t-il assumer ses responsabilités et forcer ce type à rembourser ces 30 000 $ et plus? Oui ou non?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, le Sénat est responsable de ces règles. Un de ses comités est en train de passer en revue les règles en question, et tous les sénateurs y sont assujettis. Le comité veillera à ce que les règles soient appliquées convenablement, comme nous nous y attendons tous.

L'économie

    Monsieur le Président, alors que le NPD réclame qu'on impose aux entreprises des impôts néfastes aux emplois, notre gouvernement obtient des résultats concrets sur le plan économique, puisqu'il a créé, net, plus de 900 000 emplois — dont 90 % sont à temps plein — depuis le creux de la récession. Notre Plan d'action économique laisse plus d'argent aux entrepreneurs, pour qu'ils puissent embaucher plus de Canadiens et faire croître leur entreprise, plutôt que de les imposer au point de les acculer à la faillite comme le propose le NPD.
    Au cours des dernières semaines, de nombreux détaillants canadiens ont annoncé leurs projets d'expansion, chose que le NPD n'a pas cru bon de mentionner. Notre ministre des Finances, qui est le meilleur au monde, aurait-il l'obligeance de partager ces bonnes nouvelles avec la Chambre?
    Monsieur le Président, je remercie le député de sa question et de son évaluation.
    Au cours des dernières semaines, le détaillant en rénovation Lowe's a annoncé qu'il créerait 1 000 emplois. La chaîne de magasins de produits électroniques La Source planifie pour sa part l'ouverture de 20 magasins au Canada. De son côté, Walmart a annoncé l'ouverture de 37 centres de vente au détail, ce qui devrait générer plus de 7 000 emplois dans les secteurs de la vente au détail, du commerce et de la construction partout au pays.
    Le NPD a beau dénigrer notre économie, les entreprises canadiennes embauchent de plus en plus de Canadiens.

Air Canada

    Monsieur le Président, puisqu'il est question d'emploi, soulignons que, lorsque Air Canada a forcé Aveos à fermer boutique, nous avons demandé à maintes reprises au ministre de faire respecter la loi et d'ordonner à Air Canada de garder ici, au Canada, les postes d'entretien, des emplois d'excellente qualité. On aurait ainsi pu sauver 2 000 emplois, mais les conservateurs sont restés les bras croisés.
    Maintenant qu'un juge s'est prononcé, quand les conservateurs assureront-ils l'application de la loi, quand empêcheront-ils Air Canada de violer la loi et quand feront-ils en sorte que des milliers de bons emplois soient rapatriés au Canada?
    Monsieur le Président, nous savons que la perte de ces emplois a eu un effet dévastateur sur les travailleurs et leurs régions. Les tribunaux sont actuellement saisis de l'affaire. Nous suivrons le dossier.

[Français]

    Monsieur le Président, voilà la stratégie des conservateurs dans sa plus grande splendeur. Lorsqu'un problème surgit, personne ne se lève de ce côté pour prendre la défense des travailleurs. Pendant les procédures, ils se taisent, et je parie qu'après, ils garderont le silence parce qu'il sera trop tard encore une fois.
    Si le ministre avait été cohérent avec ses politiques, il aurait assujetti Air Canada à la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada. On l'aurait obligée à maintenir l'entretien des appareils ici au pays.
    Le ministre est-il conscient que son inaction, depuis un an, se solde aujourd'hui par l'exportation de nombreux emplois de qualité à l'étranger?
    Monsieur le Président, si on se fiait au NPD, il y aurait une nouvelle taxe sur le carbone de 21 milliards de dollars, on augmenterait les taxes et les impôts de 56 milliards de dollars, on tuerait davantage d'emplois...
    À l'ordre. L'honorable ministre des Transports a la parole.
    Monsieur le Président, nous respectons la décision des entreprises. Dans ce dossier, le processus légal suit son cours.
    Exactement, monsieur le Président: quand il faut intervenir pour faire respecter la loi, les conservateurs s'en lavent les mains, mais quand les gens exercent leurs droits en matière de travail, là, il faut intervenir. N'y a-t-il un peu de contradiction là-dedans? Pourtant, il y a un point commun entre les deux: les conservateurs se moquent des travailleurs.
    Le fédéral avait la responsabilité d'intervenir pour forcer Air Canada à respecter la loi. Au lieu de ça, c'est 1 800 bons emplois qui ont été perdus à Montréal.
    Est-ce que c'est le ministre qui va payer pour ces salaires? Est-ce qu'il va avoir au moins la décence de se lever et de s'excuser?

  (1450)  

    Monsieur le Président, on doit respecter un processus légal dans notre pays, ce que ne semble pas vouloir comprendre le NPD. Actuellement, un processus légal suit son cours et, bien sûr, nous allons respecter ce qui est en place dans notre pays.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le PDG d'Air Canada semble avoir la même opinion des Canadiens que P.T. Barnum avait des amateurs de cirque. Il se moque de la loi qui régit sa compagnie aérienne. Il se fiche éperdument du ministre des Transports.
    Si le gouvernement tient à se faire le chantre de l'application de la loi et le défenseur des victimes, pourquoi n'aide-t-il pas les 400 victimes de Calin Rovinescu qui vivent dans la circonscription de Winnipeg-Centre ou qui habitent à Montréal, à Mississauga et ailleurs au pays? Il pourrait tenir tête à Air Canada et l'obliger à respecter nos lois.
    Monsieur le Président, nous défendons les intérêts de tous les Canadiens et nous soutenons l'économie du pays. Plus de 900 000 emplois, net, ont été créés depuis juillet 2009. Nous avons travaillé très fort pour y parvenir.
    En ce qui concerne le présent dossier, toutefois, l'affaire est devant les tribunaux, et nous suivrons sa progression.

[Français]

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, les changements injustes des conservateurs à l'assurance-emploi ne punissent pas seulement les travailleurs, mais aussi les employeurs.
    Que ce soit en agriculture dans les Prairies, en tourisme dans la région de Niagara, au sein du système d'éducation au Québec ou dans l'industrie pétrolière de l'Atlantique, les employeurs ont besoin d'une main-d'oeuvre locale et formée pour des périodes de l'année où ils offrent un travail irrégulier. S'ils n'ont pas accès à cette main-d'oeuvre, ils seront obligés de fermer leurs portes.
    Pourquoi les conservateurs insistent-ils pour faire des changements à l'assurance-emploi qui supprimeront des emplois et puniront des employeurs dans tout le Canada?
    Monsieur le Président, c'est vrai qu'il y a une pénurie de travailleurs et de compétences partout au pays. Toutefois, ce que nous voulons, c'est aider tous les Canadiens à trouver un emploi. Grâce à cet emploi, ils se porteront mieux que s'ils ne travaillent pas. Si un travailleur saisonnier peut occuper un emploi à plein temps qui paie mieux, il devrait l'accepter. Ce serait mieux pour lui, pour sa famille et pour sa communauté.
    Voilà pourquoi nous aidons les gens à chercher la formation qui leur permettra d'acquérir des compétences. Nous voulons aider les Canadiens à travailler.

[Traduction]

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, ce qui contrarie et fâche vraiment les Canadiens, c'est que le gouvernement conservateur continue d'accumuler des déficits records, alors qu'il sabre dans les programmes et apporte des changements qui nuisent aux Canadiens les plus vulnérables. Il a augmenté son budget de publicité de 72 % dans le seul but de se péter les bretelles. C'est comme si des pompiers arrivaient devant une maison en flammes et se mettaient à crier « Au feu, au feu! » au lieu de se servir des boyaux pour éteindre l'incendie.
    Les conservateurs ont sabré dans les programmes et ont réduit les services. N'ont-ils pas honte? Sont-ils dépourvus de scrupules?
    Monsieur le Président, le budget de publicité de cette année est inférieur de 46 p. 100 à celui de 2009-2010. Comme je l'ai mentionné plus tôt, nous avons consacré beaucoup moins d'argent à la publicité que les libéraux l'ont fait au cours de leur dernière année complète au pouvoir, quand ils ont dépensé 111 millions de dollars.
    Je me contenterai de dire au député que nous sommes ici pour renseigner les Canadiens au sujet de questions importantes pour eux, telles que la santé publique, les enjeux économiques et la fiscalité, et c'est ce que nous continuerons de faire.

La santé

    Monsieur le Président, au cours du dernier mois, Santé Canada a délivré des permis de vente pour plus d'une douzaine de boissons énergisantes à forte teneur en caféine au Canada. Ces boissons ont été liées à des douleurs à l'estomac, à de l'arythmie cardiaque et, dans certains cas, à des décès.
    Aux États-Unis, la Food and Drug Administration fait enquête sur les effets secondaires et les décès liés à ces boissons. Ne serait-il pas temps que les conservateurs en fassent autant et cessent de faciliter la vente de boissons énergisantes à forte teneur en caféine?

  (1455)  

    Monsieur le Président, Santé Canada a dit très clairement que les boissons énergisantes contenant de la caféine ne sont pas recommandées pour les enfants.
    L'an dernier, le gouvernement a annoncé une nouvelle approche en matière de réglementation des boissons énergisantes visant à limiter la quantité de caféine dans ces produits. De plus, un meilleur étiquetage permet aux consommateurs et aux parents de prendre des décisions éclairées. Les nouvelles mesures aideront donc aussi les Canadiens à prendre des décisions éclairées quant à la quantité de caféine qu'ils consomment.

[Français]

    Monsieur le Président, la ministre semble prendre à la légère le dossier des boissons énergisantes. Pourtant, les risques sont bien réels.
    Des enquêtes ont présentement lieu aux États-Unis à la suite de décès possiblement liés à de tels concentrés. Plutôt que d'autoriser temporairement ces produits en attendant les résultats des tests, Santé Canada devrait s'assurer que les boissons répondent aux critères de santé publique avant de les mettre sur le marché.
    Est-ce que la ministre s'engage à informer correctement les Canadiens des risques liés à la consommation de boissons énergisantes?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit tout à l'heure, l'an dernier, le gouvernement a annoncé une nouvelle approche en matière de réglementation des boissons énergisantes visant à limiter la quantité de caféine dans ces produits. De plus, un meilleur étiquetage permet aux Canadiens et aux consommateurs de prendre des décisions éclairées quant à la quantité de caféine qu'ils consomment. Nous avons agi dans ce dossier.

La coopération internationale

    Monsieur le Président, nous soulignons cette semaine la Semaine du développement international.
    Les programmes d'aide internationale du Canada visent à obtenir des résultats concrets grâce aux investissements des contribuables. Il peut s'agir par exemple d'aider les personnes touchées par le typhon aux Philippines ou d'expédier de la nourriture et d'offrir des services de nutrition à 1,3 million de personnes au Mali.
    La secrétaire parlementaire du ministre de la Coopération internationale peut-elle expliquer à la Chambre ce qu'il en est de l'engagement du Canada à l'égard de la sécurité alimentaire?
    Monsieur le Président, le Canada est un chef de file mondial pour ce qui est d'envoyer de la nourriture dans des pays en développement qui ont désespérément besoin d'aide. Nous sommes déterminés à obtenir des résultats à long terme afin d'améliorer la vie de femmes, d'hommes et d'enfants qui vivent dans la pauvreté. C'est pour cette raison que le ministre de la Coopération internationale a annoncé aujourd'hui que le Canada offrirait plus d'aide à ceux qui souffrent de la faim partout dans le monde dans le cadre de la nouvelle Convention relative à l'aide alimentaire.
    Que ce soit en offrant une aide alimentaire non liée ou en veillant à ce que le Canada soit le premier pays du G8 à respecter l'engagement pris à L'Aquila à l'égard de la sécurité alimentaire, le gouvernement est venu en aide aux plus démunis.

[Français]

Les coopératives

    Monsieur le Président, hier, j'ai demandé au gouvernement si on pouvait s'attendre à ce qu'une partie des nouveaux 400 millions de dollars pour le capital de risque soit dirigée vers les coopératives. Dans la réponse, on a ignoré la question et on a plutôt pointé le doigt vers un fonds. Mais le fonds auquel on a fait allusion est exclusivement accessible par les coopératives du Québec.
    Si telle est la solution pour la capitalisation des coopératives, un problème reconnu par le gouvernement, quand peut-on s'attendre à un fonds qui soit accessible et disponible pour toutes les coopératives de toutes les provinces et des territoires, et non seulement par celles du Québec?
    Monsieur le Président, on est bien conscients que les coopératives constituent un moteur économique important du pays. C'est pourquoi on a accepté les recommandations du rapport sur le comité qui avait été formé, notamment celle de réintégrer la branche des coopératives au sein d'Industrie Canada.
    Je rappellerai à mon collègue que, comme il le sait, la Banque de développement du Canada a aussi annoncé un fonds de capitalisation pour les coopératives.

Le transport

    Monsieur le Président, après le NPD et les villes de la Rive-Sud, voilà que Montréal demande que le transport en commun occupe une place prépondérante sur le nouveau pont Champlain. L'idéal serait un système de train léger sur rail.
    Puisqu'il y a consensus, est-ce que le ministre des Transports, de l'Infrastructure et des Collectivités peut nous assurer que la prise de décision inclura un système léger sur rail lors des négociations avec le gouvernement du Québec?
    Monsieur le Président, dès la journée de l'annonce d'un nouveau pont sur le Saint-Laurent, nous avons annoncé qu'il y aura un système de transport en commun sur le nouveau pont. Ce n'est pas nouveau.
    Depuis la première journée, nous avons dit que c'était assujetti aux compétences provinciales et qu'on respecterait cela. Il revient au Québec de choisir le système de transport en commun qu'il veut utiliser.
    En passant, je tiens à dire que, dans la dernière année, les représentants de Transport Canada et ceux du gouvernement du Québec ont eu 35 rencontres au sujet du nouveau pont sur le Saint-Laurent. En outre, on a mis en place un comité en juillet 2012 pour coordonner le tout, à ma demande. C'est donc bien drôle d'entendre ce qui se dit actuellement.

  (1500)  

[Traduction]

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, l'industrie forestière est une importante source d'emplois dans les régions rurales du pays, et le gouvernement conservateur a pris des mesures sans précédent afin qu'elle puisse se remettre des ravages de la récession. Grâce à notre Plan d'action économique, nous poursuivons nos efforts en ce sens en investissant 105 millions de dollars de plus afin de la redynamiser et de la stabiliser.
    Le secrétaire parlementaire aurait-il l'obligeance de faire part à la Chambre d'autres bonnes nouvelles qui touchent l'industrie forestière?
    Une fois de plus, monsieur le Président, le député de Cariboo—Prince George défend les intérêts de ses électeurs.
     L'Association des produits forestiers du Canada vient de créer un site Web pour les chercheurs d'emploi. Elle estime à 60 000 le nombre de postes que ses membres devront pourvoir d'ici sept ans. Voilà une excellente nouvelle pour les Canadiens des régions rurales durement frappées par la récession.
    Notre gouvernement est fier d'avoir contribué, par son aide, à faire bondir de 1 000 % nos exportations de bois d'oeuvre vers la Chine et il entend continuer à coopérer avec les centaines de collectivités au pays qui dépendent de l'industrie forestière.

Les anciens combattants

    Monsieur le Président, après une longue bataille contre le ministère des Anciens Combattants, le colonel Neil Russell, un ancien combattant de la période postérieure à la guerre de Corée, a obtenu une place dans l'aile consacrée aux anciens combattants de l'hôpital Parkwood, à London, en Ontario. Accorder un lit de soins de longue durée dans une aile réservée aux anciens combattants constitue un important précédent.
    En fait, le gouvernement n'offre pas de soins de longue durée aux anciens combattants d'aujourd'hui, même lorsque des places sont disponibles. C'est une honte!
    Les conservateurs garantiront-ils des places à tous les anciens combattants sans les obliger à se battre contre le gouvernement?
    Monsieur le Président, au-delà de 9 000 anciens combattants reçoivent actuellement des soins dans plus de 1 700 établissements provinciaux de soins de longue durée.
    Nous sommes là pour les anciens combattants, en particulier ceux de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Quand il n'existait pas de système de soins de santé au pays, nous étions là pour aider les anciens combattants, et nous sommes encore prêts à le faire aujourd'hui, en partenariat avec les provinces.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, le rapport d'aujourd'hui du commissaire à l'environnement est accablant: Ottawa et l'Office Canada-Terre-Neuve font fi des exigences sécuritaires et environnementales élémentaires et ne sont pas prêts à intervenir en cas de marée noire.
     Or, depuis deux ans, le gouvernement demeure sourd face aux inquiétudes des Québécois concernant l'exploitation du gisement pétrolier Old Harry et ferme les yeux sur la résolution unanime de l'Assemblée nationale du Québec demandant un moratoire sur ce projet situé à seulement 80 km des Îles-de-la-Madeleine.
    Est-ce que le gouvernement va cesser d'ignorer les risques de l'exploitation du gisement Old Harry sur les communautés côtières québécoises et suspendre toutes les autorisations en cours?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme l'indique le rapport, nous avons pris en considération toutes les conclusions du commissaire à l'environnement.
    Comme je l'ai signalé plusieurs fois aujourd'hui, nous avons pris plusieurs dispositions pour assurer la sécurité du transport du pétrole, y compris les mesures qui sont exposées dans notre plan de développement responsable des ressources. De plus, comme nous l'avons annoncé hier, nous avons également commandé une étude d'évaluation des risques qui vise à déterminer si nous sommes prêts à intervenir en cas de déversement dans les eaux canadiennes.

Recours au Règlement

Questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, je viens de relire le hansard de mardi dernier.
    Lors d'un échange entre le député de Winnipeg-Nord, mon collègue, et le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, le ministre a mentionné Barbara Jackman, qui a eu l'honneur de recevoir un doctorat ainsi que la médaille du Barreau du Haut-Canada. Le ministre a dit de Mme Jackman, qui n'avait aucun moyen de se défendre dans cette enceinte ou ailleurs, qu'elle était « à la solde des gauchistes. »
    J'aimerais donner au ministre la possibilité de se rétracter.
    Monsieur le Président, je me ferai un plaisir de retirer mes propos. Je ne voulais pas insinuer que Mme Jackman a enfreint le code d'éthique de quelque façon que ce soit. J'aurais dû dire « une activiste de gauche ». Il n'y a rien de honteux à cela.

[Français]

Les travaux de la Chambre

    Monsieur le Président, il y a eu des consultations entre les partis, et j'aimerais obtenir le consentement unanime de la Chambre quant à la motion suivante:
    Que, nonobstant tout article du Règlement ou usage habituel de la Chambre, pendant le débat aujourd'hui conformément à l'article 53.1 du Règlement, le Président ne reçoive ni demande de quorum, ni demande de consentement unanime, ni motion dilatoire, et que tout député qui se lèvera pour prendre la parole pendant le débat puisse indiquer au Président qu'il partagera son temps avec un autre député.

  (1505)  

[Traduction]

    Le leader du gouvernement à la Chambre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour proposer la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)


INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition -- L'assurance-emploi  

    À l'ordre. Je demanderais à tous ceux qui ont besoin de discuter avec leurs collègues de le faire à l'extérieur de la Chambre.
    Avant la période de questions, le député de Chilliwack—Fraser Canyon venait de terminer son exposé et s'apprêtait à répondre aux questions. Nous passerons maintenant à la période des questions et observations.
    Nous reprenons le débat, et l'honorable secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale a la parole.
    Monsieur le Président, je suis ravi de réagir à la motion de la députée de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles. D'entrée de jeu, j'insisterai, comme le feront mes collègues, sur le fait que nous n'appuierons pas cette motion.
    Il est regrettable que, au lieu de débattre d'un important programme gouvernemental, d'un programme gouvernemental essentiel qui doit être mis à jour et modifié, l'opposition tente, une fois de plus, d'induire les Canadiens en erreur.
    De notre côté, nous nous demandons si cela est délibéré ou si c'est simplement que l'opposition comprend mal. Après le débat de cet avant-midi, nous craignons que cela soit délibéré. Nous en profiterons pour préciser les modifications apportées afin de rappeler aux Canadiens qu'elles sont nécessaires. Nous nous attacherons aux mesures qui sont réellement mises en oeuvre pour que les Canadiens qui ont un emploi et qui craignent de le perdre un jour, comme cela nous arrive tous de temps en temps au cours de notre carrière, et ceux qui n'en ont pas, comprennent ces modifications et la façon dont elles pourraient les aider à reprendre le travail plus rapidement lorsqu'ils ont besoin de toucher des prestations d'assurance-emploi.
    Examinons d'abord le climat économique dans son ensemble.

[Français]

    La performance économique de notre pays a continué d'être bonne en 2012. En effet, près de 900 000 nouveaux emplois ont été créés de juillet 2009 à mars 2012. On en parle souvent.
    Toutefois, ce qui n'est pas reconnu partout au pays, c'est que ça représente de loin la plus forte croissance de l'emploi parmi les pays du G-7. Le Canada est devenu, sous le gouvernement de ce Parti conservateur, un moteur de création d'emplois parmi les économies avancées des pays industrialisés.
    Ce qui est récent et qui a été ajouté au bilan économique de notre pays, c'est que l'OCDE et le FMI ont récemment donné des volets et des analyses qui présentent des perspectives à plus long terme de l'économie canadienne très encourageantes. Elles veulent dire que, pendant des décennies à venir, si on continue les politiques actuelles et qu'on continue à les mettre à jour, on a toutes les chances — peut-être les meilleurs chances au monde — de créer des centaines de milliers, sinon des millions, de nouveaux emplois pour les générations à venir.
    Lorsqu'on entend l'opposition, on est souvent en train de perdre de vue les secteurs qui créent les emplois les plus nombreux depuis les trois dernières années. Seulement au cours des 18 derniers mois, le secteur manufacturier, le secteur des finances et le secteur de la fabrication de métaux ont été parmi les secteurs les plus créateurs d'emplois et les plus forts au Canada. Malgré tous leurs efforts, nos partenaires et nos concurrents d'autres pays présentent des bilans beaucoup moins positifs de leurs propres économies.
    Notre prospérité économique dépend donc de notre capacité à relever les défis émergents et croissants du marché du travail.

  (1510)  

[Traduction]

    Voilà pourquoi le Plan d'action économique de cette année continue de privilégier un plan à long terme pour favoriser l'emploi, la croissance économique et la prospérité à long terme, ce qui n'est pas facile. Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie qu'il faut faire en sorte que nos marchés financiers fonctionnent bien, qu'ils soient concurrentiels et qu'ils attirent des capitaux du monde entier. Cependant, nous devons aussi veiller à ce que notre marché du travail fonctionne bien, que les gens soient en mesure de changer de secteurs lorsqu'ils doivent le faire et qu'ils se recyclent pour occuper de nouveaux emplois lorsqu'ils perdent le leur ou que les entreprises font faillite, comme c'est parfois le cas. Continuons de trouver les bonnes personnes avec la bonne expérience de travail pour combler les lacunes de compétences et contrer les pénuries de main-d'oeuvre auxquelles le Canada est aujourd'hui confronté.
    Il ne s'agit pas d'enjeux pour les décennies à venir, mais bien d'enjeux actuels. Si ces questions ne sont pas réglées, elles nuiront à la prospérité future du Canada. Le premier enjeu est celui de la pénurie grandissante de main-d'oeuvre. C'est un paradoxe qui préoccupe beaucoup notre gouvernement. Il y a trop de chômeurs au Canada, mais des dizaines de milliers d'emplois à pourvoir, des centaines de milliers selon certaines estimations.

[Français]

    Il est primordial de faire connaître aux Canadiens les emplois disponibles dans leur communauté et dans leur région, afin de soutenir la croissance et la productivité ainsi que la qualité de vie des Canadiens.

[Traduction]

    C'est ce qu'on a toujours fait dans notre pays. Les emplois d'aujourd'hui ne sont pas ceux qu'occupaient nos parents et nos grands-parents il y a 50 ou 80 ans. Nous nous sommes toujours adaptés. Nous avons toujours évolué. Nous sommes passés de la scierie à l'usine puis à l'entreprise de logiciels. C'est ainsi que l'économie canadienne conserve sa vigueur. C'est pourquoi les précisions conformes au bon sens que nous apportons à l'assurance-emploi font que ce programme conserve sa souplesse et son équité, et qu'il aide les Canadiens à trouver des emplois sur le marché du travail de leur localité.
    Ce que nous voulons, c'est faire en sorte que le marché du travail fonctionne mieux. Nous savons que les Canadiens veulent travailler. Nous savons aussi que certains Canadiens ont du mal à trouver du travail, particulièrement pendant la saison creuse, dans les régions qui dépendent des industries saisonnières. Pour ceux qui ne peuvent pas travailler, nous avons de bonnes nouvelles. L'assurance-emploi sera toujours là pour les aider, comme elle l'a toujours été, malgré ce que prétend l'opposition. Nous le répéterons aussi souvent qu'il le faudra, à la Chambre comme à l'extérieur. Les propos alarmistes ne tromperont pas les Canadiens.
    Dans bien des cas, les Canadiens ignorent que des emplois sont disponibles dans leur région et ne connaissent pas les emplois qui correspondent à leurs compétences. Voilà l'élément essentiel de cette réforme: il s'agit de mieux informer les Canadiens. Comment l'opposition peut-elle ne pas être d'accord? Nous allons contribuer à jumeler les travailleurs disponibles et les emplois qui leur conviennent dans leur propre région.
    À partir de janvier, donc le mois dernier, nous avons commencé à envoyer deux fois par jour des alertes-emploi aux Canadiens qui touchent de l'assurance-emploi. Et ça marche.
    L'autre jour, j'ai pris un taxi dont le chauffeur était un jeune Canadien qui vient d'obtenir son baccalauréat en arts et qui ne travaille pas dans le domaine où il aimerait travailler. Je lui ai signalé le site Web www.travailleraucanada.gc.ca. Les gens d'en face devraient en prendre note. Voilà un site qui méritera d'être consulté, particulièrement après 2015. Mon chauffeur l'a consulté en ma présence, et il y a trouvé trois ou quatre emplois dans son domaine et dans sa région. Je ne sais pas s'il en a accepté un. Il est chauffeur de taxi. À lui de choisir.
    Le régime fonctionne bien. L'information est disponible en ligne. Nous l'avons centralisée. Les chômeurs qui touchent l'assurance-emploi reçoivent cette information. Ils sont tenus d'en prendre connaissance et de faire les démarches nécessaires. C'est une bonne chose. Le marché du travail n'en fonctionnera que mieux.
    Nous avons également établi un lien entre le programme d'assurance-emploi et le Programme des travailleurs étrangers temporaires afin que les Canadiens aient la priorité pour accéder aux emplois disponibles dans leur région. Nous sommes tous reconnaissants envers le ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme des efforts qu'il a déployés dans ce domaine.
    Néanmoins, nous savons aussi que de nombreuses régions font face à de véritables pénuries de main-d'oeuvre qui menacent la relance économique. Par expérience personnelle, je peux dire à mes collègues que de nombreuses régions connaissent des pénuries chroniques de main-d'oeuvre dans des métiers spécialisés ou de spécialisation réduite. C'est pourquoi, en plus de l'information supplémentaire concernant les emplois locaux, nous avons précisé ce que signifie un emploi convenable et une recherche raisonnable d'emploi. On va ainsi aider les Canadiens actuellement prestataires de l'assurance-emploi à comprendre leurs responsabilités en période de prestations.

[Français]

    Une meilleure utilisation de la main-d'oeuvre du Canada et un marché du travail plus souple, voilà ce qui nous aidera à assurer notre croissance économique à long terme.

[Traduction]

    Soyons clairs, le programme d’assurance-emploi a toujours exigé que les prestataires canadiens se cherchent un emploi. Nous comprenons que chaque région du pays est différente avec divers niveaux de possibilités économiques selon les saisons et le cycle économique. D’une décennie à l’autre, d’un siècle à l’autre, cela a toujours varié au Canada. Nous savons aussi que chaque personne vit une situation unique, et nous en tiendrons également compte. Nous ne demandons pas aux prestataires d’assurance-emploi de déraciner leur famille pour accepter un emploi ailleurs au pays ou même dans leur province. Nous ne leur demandons pas d’occuper des emplois bien en deçà de leur niveau de compétence. Nous ne forçons pas les gens à accepter une rémunération inférieure ou de mauvaises conditions de travail.
    Si on examine le PIB par habitant au Canada au cours des six ou sept dernières années, depuis que notre gouvernement est au pouvoir, on se rend compte qu’il a augmenté. Les inégalités du revenu selon le coefficient de Gini ne s’accroissent pas, comme c’est le cas ailleurs dans le monde. Elles se maintiennent et s’améliorent même à certains égards. Nous créons des possibilités. Nous offrons aux gens de meilleures possibilités et une meilleure qualité de vie. Nous ne forçons pas les gens à accepter de bas salaires. S’ils ne peuvent pas trouver de travail, le régime d’assurance-emploi sera là pour eux, comme il l’a toujours été. Grâce aux modifications, nous veillons à ce qu'il soit préférable pour les Canadiens de travailler plutôt que d'être au chômage. Le fait demeure que les prestataires d’assurance-emploi doivent se chercher un emploi.
    Le programme pilote de cinq semaines supplémentaires a été créé en 2008, puis prolongé en 2010. L’intention a toujours été que ce programme soit une mesure temporaire en vue de soutenir les Canadiens pendant le creux de la récession. Dès que les conditions économiques ont commencé à revenir à la normale, nous avons laissé ce programme expiré. En fait, dans deux ou trois régions bénéficiant du programme pilote, nous y avons mis un terme plus tôt, parce qu’elles avaient connu 12 mois consécutifs avec un taux de chômage inférieur à 8 %. D'ailleurs, dans l’une de ces régions, le taux de chômage s'est maintenu à presque 5 % pendant une longue période. Nous en avons donc tenu compte.

  (1515)  

    Nous continuerons d’aller de l’avant avec des politiques qui comptent aux yeux des Canadiens en mettant l’accent sur leurs priorités, c'est-à-dire les emplois, la croissance, la prospérité à long terme et, comme il en mentionné dans la motion d’aujourd’hui, un marché du travail plus efficace et mieux adapté.

[Français]

    Monsieur le Président, je voudrais poser une question à mon honorable collègue concernant un cas particulier, soit celui des travailleurs sur appel, notamment les préposés aux bénéficiaires dans les hôpitaux.
     Ces travailleurs remplacent souvent des employés en vacances durant l'été. Pour finir par travailler, ils prennent un peu ce qui passe. Durant l'hiver, les gens ayant des postes réguliers sont au travail. Il y a donc un manque de travail. Toutefois, les travailleurs sur appel continuent d'avoir un lien d'emploi avec leur employeur tout en touchant des prestations d'assurance-emploi.
     La logique du marché du travail ferait en sorte que ces personnes toucheraient des prestations d'assurance-emploi pendant trois ou quatre ans. Elles auraient accumulé par la suite assez d'ancienneté pour ne plus jamais en avoir besoin. Si on oblige ces gens à accepter un autre emploi, aucun préposé aux bénéficiaires n'aura jamais suffisamment d'ancienneté pour obtenir un poste à temps plein.
    Va-t-on obliger les personnes qui sont sur appel dans les hôpitaux à accepter un emploi ailleurs?
    Monsieur le Président, on n'obligera jamais qui que ce soit qui a déjà un emploi à en accepter un autre. Si une personne reçoit de l'assurance-emploi, elle est obligée de se chercher de l'emploi.
    S'il n'y a pas d'autres possibilités que celles d'un emploi saisonnier, la personne sera obligée d'accepter cet emploi.
    Tout dépendra des conditions économiques de chaque région et de l'expertise de la personne en question. On ne forcera pas une infirmière à travailler comme machiniste. Il faudra établir les conditions par secteur et par région.
    Les changements qu'on apporte ne sont pas révolutionnaires. Ce sont des améliorations. On est en train de fournir plus d'informations. On veut que les gens soient conscients des possibilités dans leur région.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté l'intervention du député d'Ajax—Pickering, et elle ressemblait beaucoup à celle faite la semaine dernière par la secrétaire parlementaire de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences. Ont-ils utilisé le même système de traitement de texte?
    Le député a affirmé qu'il est préférable pour les gens de travailler que d'être au chômage. C'est absolument vrai. Je suis complètement d'accord avec lui.
    Toutefois, les changements apportés par le gouvernement à l'assurance-emploi pénalisent les habitants des régions où il n'y a pas d'emplois à temps plein ou à trois quarts de temps. Ces personnes sont pénalisées si elles acceptent de travailler pendant une journée parce qu'elles perdent la moitié de leurs prestations. C'est pour cette raison que les agriculteurs ont de la difficulté à trouver des personnes qui sont prêtes à travailler pendant une seule journée.
    Je vois que la secrétaire parlementaire se dirige vers le député pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Veut-elle répondre à la question à sa place ou est-ce que le député d'Ajax—Pickering répondra à la question lui-même?
    Le régime pénalise les gens qui acceptent du travail, et il nuit aux industries saisonnières.

  (1520)  

    Monsieur le Président, j'ai vérifié auprès de plusieurs de mes collègues puisque le député de Malpeque a posé la même question à maintes reprises. Chaque fois, je lui ai donné exactement la même réponse que celle que je m'apprête encore à lui donner parce que c'est la vérité.
    Voici la réponse: la personne peut s'en tenir au régime actuel ou opter pour le régime révisé qui, à notre avis, présente des avantages pour de nombreux chômeurs canadiens et qui les aidera à trouver un nouvel emploi.
    La vraie question est la suivante. Comment le député de Malpeque et tous les députés de son parti et du NPD peuvent-ils affirmer que les changements que nous apportons constituent une attaque contre les chômeurs et les travailleurs canadiens, alors que dans les faits, c'est exactement le contraire? Ces changements visent à fournir aux chômeurs des renseignements sur les emplois qui sont disponibles dans leur région, à les aider à cerner les compétences qu'ils devraient acquérir pour obtenir un meilleur emploi et à décrocher un deuxième emploi s'ils veulent occuper deux postes à temps partiel, ce qui est tout à fait possible. Le but est d'aider les gens à retourner sur le marché du travail.
    Le député d'en face voudrait que nous nous contentions du régime actuel, sans rien y changer, même s'il ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui. Ce n'est jamais la voie qu'a adoptée le Canada, et le député le sait.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, mon voisin.
    Je me lève à la Chambre aujourd'hui pour prendre la parole en faveur de la motion déposée par ma collègue de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, porte-parole de l'opposition officielle néo-démocrate en matière d'assurance-emploi.
    Plusieurs de mes collègues issus de différentes régions du Québec et du Canada prendront aujourd'hui la parole sur le sujet de cette motion. Je me joins à eux aujourd'hui pour souligner que les effets néfastes de la réforme conservatrice de l'assurance-emploi se font aussi sentir à Montréal.
    Depuis les compressions annoncées par les conservateurs et leur entrée en vigueur le mois dernier, j'ai reçu des centaines de commentaires des résidants de ma circonscription, Hochelaga. Chez nous, on trouve inacceptable cette réforme qui compromet le bien-être de la communauté déjà fortement affectée par le chômage et les annonces de fermetures d'usine.
    Au cours des deux prochaines années, plusieurs autres centaines d'emplois bien rémunérés seront perdus, notamment lors de la fermeture de l'usine Mabe.
    Que dira la ministre à ces travailleurs et travailleuses spécialisés et bien payés de l'Est de Montréal? De partir de Montréal pour aller chercher un emploi à Fort McMurray? D'accepter un emploi chez Tim Hortons?
    Les changements apportés à la Loi sur l'assurance-emploi ne tiennent pas compte des réalités des marchés de l'emploi régionaux et des industries saisonnières et nuisent aux travailleurs et aux communautés.
    Bien que ce ne soit pas à la même hauteur que les citoyens des circonscriptions de l'Est ou du Nord du Québec, Hochelaga a aussi ses chauffeurs d'autobus, ses enseignants occasionnels, ses travailleurs de la construction, ses travailleurs de services de garde ou ses employés du jardin botanique qui travaillent de façon saisonnière et qui seront visés par la réforme conservatrice en tant que prestataires fréquents.
    Montréal regorge aussi de travailleurs de l'industrie touristique et de musées, j'en sais quelque chose, qui seront considérés comme des prestataires fréquents, avec les conséquences qui s'y rapportent.
    En effet, ces travailleurs, qui ont la plupart du temps demandé plus de trois fois des prestations d'assurance-emploi et qui en ont touché pendant plus de 60 semaines au cours des cinq dernières années, auront à chercher un emploi similaire dont le salaire correspond à 80 % de leur salaire antérieur. Au bout de six semaines de prestations, ils devront accepter tout travail pour lequel ils sont qualifiés et dont le salaire correspond à 70 % de leur salaire antérieur.
    Toutefois, même si la réforme s'attaque plus durement aux prestataires fréquents, tous les travailleurs sont visés.
    En effet, en imposant à tous les chômeurs l'obligation d'accepter un emploi moins bien rémunéré que leur emploi précédent, le gouvernement exerce une pression à la baisse sur les salaires, ce qui aura un effet néfaste sur toute l'économie du pays. En exigeant des chômeurs qu'ils acceptent un emploi loin de leur domicile, les conservateurs leur demandent de faire un choix entre faire de longues distances pour aller au travail ou perdre leurs prestations.
    Il y a quelque chose d'illogique dans le fait de demander à un chômeur qui n'a pas les moyens de se payer une voiture de s'en acheter une pour aller travailler loin de chez lui, alors qu'on lui impose aussi une réduction de salaire.
    Le véritable problème, c'est qu'il n'y a pas assez d'emplois.
    Pas plus tard qu'hier, en réponse à la question de ma collègue de Parkdale—High Park sur l'augmentation des inégalités sociales au Canada et sur notre mauvais rendement en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences a dit:
[...] le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté est de créer des emplois et que des gens compétents les occupent.
    C'est le genre de chose que les ministres du gouvernement devraient vraiment éviter de dire pour cacher leur propre incompétence. En effet, il y a au Canada 300 000 chômeurs de plus que lors de la récession de 2008.
    Les conservateurs essaient de nous faire croire qu'ils ont créé un nombre incalculable de nouveaux emplois, mais les faits parlent d'eux-mêmes. Il y a aujourd'hui plus de 1,4 million de Canadiens sans emploi pour environ 270 000 emplois disponibles, ce qui fait cinq chômeurs pour chaque emploi.
    On constate que 14,1 % des Canadiens âgés de 15 ans à 25 ans sont au chômage. On observe aussi qu'à l'heure actuelle, seulement quatre chômeurs sur dix reçoivent des prestations d'assurance-emploi, ce qui constitue un creux historique. C'est pire que ce qu'ont fait les gouvernements Mulroney, Chrétien et Martin, pourtant champions incontestés du saccage du régime d'assurance-chômage, de son détournement et du vol de la caisse. C'est vraiment inacceptable.
    Quoi que la ministre essaie de nous faire croire sur les modifications apportées par les conservateurs dans leurs projets de loi mammouth, qu'on se comprenne bien: quand on resserre les règles d'admissibilité aux prestations d'assurance-emploi en forçant les chômeurs à accepter n'importe quel emploi, qu'il soit éloigné de leur domicile ou moins bien rémunéré que leur emploi précédent, on appelle ça une réforme.

  (1525)  

    Comme si tout cela n'était pas assez, on apprenait, pas plus tard que vendredi dernier, le 1er février, que les enquêteurs de Service Canada se voyaient imposer des quotas pour couper des prestations d'assurance-emploi.
    Cette journée-là, j'ai questionné la ministre des Ressources humaines à la Chambre en lui rappelant que les fonctionnaires de Service Canada étaient là pour venir en aide aux demandeurs et non pour les traquer comme des criminels. Tout ce que la ministre a trouvé à me répondre, c'est:
[...] en ce qui a trait au système d'assurance-emploi, il est très important de noter que le NPD appuie encore une fois ce qu'on appelle en anglais les bad guys.
    Alors, si j'ai bien compris la ministre, quand on lui demande d'arrêter de traiter les chômeurs comme des criminels et de présumer qu'ils sont des fraudeurs afin de faire de la récupération sur leur dos et sur celui de leur famille en imposant des quotas aux enquêteurs de Service Canada, tout ce qu'elle trouve à nous répondre, c'est que le NPD défend les bad guys.
    Je vais donc profiter de l'occasion pour rappeler à la ministre ce qui suit: le NPD sera toujours là pour défendre les familles canadiennes et pour s'opposer aux politiques conservatrices qui créent plus de personnes dans le besoin qu'elles n'en aident en détruisant le filet social que nous nous sommes donné.
    La réponse de la ministre démontre toute l'arrogance des conservateurs et le manque de respect du gouvernement pour les chômeurs et les travailleurs. Leurs réformes punitives démontrent clairement la perception négative et stéréotypée qu'ont les conservateurs des bénéficiaires de l'assurance-emploi.
    Ce n'est pas tout. Questionnée par la suite par des journalistes au sujet des quotas de coupes de prestations donnés aux enquêteurs, la ministre a rétorqué qu'il n'existait pas de quota, mais qu'il s'agissait plutôt d'objectifs. Est-ce que quelqu'un à la Chambre voit vraiment la différence entre un quota et un objectif de coupe? Pour ma part, j'y ai passé toute la fin de semaine et je n'en vois vraiment pas. On joue avec les mots.
     Une autre chose inquiétante, mais qui devient de plus en plus une habitude pour ce gouvernement, consiste à refiler la facture aux provinces. En effet, même si l'assurance-emploi est une compétence du Parlement fédéral, les régimes d'indemnisation de dernier recours, eux, sont sous la responsabilité des provinces.
    Or qu'arrive-t-il lorsque le gouvernement fédéral restreint l'admissibilité à l'assurance-emploi en imposant aux chômeurs des conditions démesurées pour maintenir leurs prestations et en imposant des quotas de coupes aux enquêteurs de Service Canada? Eh bien, ce sont les provinces qui se retrouvent à payer la note.
    Après sa loi omnibus de réforme du Code criminel et son refus de s'engager à renouveler les ententes à long terme pour le logement social, c'est maintenant par son refus d'indemniser le chômage qu'il a lui-même créé que le gouvernement refile la facture aux provinces.
    Je ne le répéterai jamais assez souvent: l'assurance-emploi est une assurance de laquelle les travailleurs et les travailleuses doivent pouvoir se prévaloir en cas de perte d'emploi. C'est un filet social que les travailleurs et les entreprises ont payé. L'argent de la caisse d'assurance-emploi, ce n'est pas l'argent du gouvernement.
    J'invite les députés de la Chambre à voter en faveur de la motion de ma collègue de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, en espérant que le gouvernement entendra finalement raison quant à sa gestion de ce dossier. Dans le cas contraire, c'est le NPD qui annulera ces réformes insensibles de l'assurance-emploi imposées par le gouvernement conservateur en 2015, lorsqu'il aura mis les conservateurs au chômage.

  (1530)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée d'en face sait fort bien que, si les Canadiens ne sont pas en mesure de trouver du travail dans leur région, le régime d'assurance-emploi demeurera à leur disposition, comme toujours. Pourquoi la députée d'en face continue-t-elle à semer la peur, alors qu'elle sait pertinemment que, si les gens ne parviennent pas à trouver du travail, ils continueront de toucher des prestations d'assurance-emploi?

[Français]

    Monsieur le Président, il y a un principe de base que les conservateurs ne semblent pas comprendre.
     Premièrement, ce n'est pas tout le monde qui peut trouver un emploi à temps plein. Deuxièmement, lorsqu'on cherche un emploi à temps partiel, c'est parfois difficile de se trouver autre chose que cet emploi à temps partiel.
    Prenons l'exemple du musée où j'ai travaillé longtemps. Sur une vingtaine de guides, 17 étaient à temps partiel. Ce n'était pas parce qu'ils ne voulaient pas trouver de travail à temps plein, mais parce que ce travail ne pouvait pas se faire à temps plein pour les 20 guides, puisque cela dépendait des visites des jeunes. Ils travaillaient donc sur appel.
     Ces guides ont une formation qui dure 35 heures. Lorsqu'on engage un nouveau guide, on doit le former pendant 35 heures. Cela coûte cher à l'employeur. Lorsque ce guide n'a pas de travail — quand les jeunes ne sortent pas, par exemple —, il est obligé de recourir à l'assurance-emploi s'il veut survivre. Il va donc devenir un demandeur répétitif, et il va être pénalisé en étant obligé d'accepter un autre emploi à 70 %...
    Je dois interrompre l'honorable députée parce que d'autres députés veulent poser des questions.
    L'honorable député de Winnipeg-Nord a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, partout au pays, il y a littéralement des centaines de milliers de Canadiens en chômage qui veulent travailler. On accorde beaucoup d'attention au taux de chômage élevé chez les jeunes. Cependant, je crois qu'on sous-estime bien souvent les difficultés auxquelles se heurte un groupe en particulier, en l'occurrence les chômeurs âgés de 50 à 60 ans, qui s'efforcent de trouver un emploi comparable à celui qu'ils ont perdu.
     La députée ne convient-elle pas que ces gens, ne serait-ce que parce que leurs besoins financiers sont beaucoup plus grands, sont ceux qui écopent le plus, que ce soit parce qu'ils ne peuvent pas obtenir leurs chèques rapidement en raison des délais de traitement ou parce qu'on les encourage à quitter leur collectivité, où il n'y a pas d'emplois correspondant à leurs compétences, car le gouvernement insiste pour qu'ils se rendent à un endroit X pour obtenir un emploi?

[Français]

    Monsieur le Président, il s'agit d'une question qui me préoccupe particulièrement parce que je serais moi-même dans cette catégorie et même un peu plus.
    Autrefois, dans le cadre de l'assurance-emploi, il existait entre autres des programmes pour former les travailleurs d'un certain âge et former les travailleurs en général. Il y a de moins en moins de ces programmes.
    En plus de faire des modifications qui viennent nuire à l'assurance-emploi, le gouvernement donne moins d'argent pour les programmes de formation. À mon avis, on va vraiment dans la mauvaise direction. Une des raisons pour lesquelles on ne peut plus offrir autant de formation, c'est peut-être parce qu'on a trop pigé dans la caisse d'assurance-emploi. Maintenant, l'argent des travailleurs et des entrepreneurs n'y est plus.
    Monsieur le Président, il est clair qu'il s'agit d'un débat très important. Je remercie ma collègue de l'importante contribution qu'elle apporte à ce débat.
    Les conservateurs ne semblent pas comprendre l'impact concret de cette réforme sur les familles, particulièrement dans les régions rurales. Que ce soit dans l'industrie forestière ou touristique, il y a un impact réel. De plus, les employeurs devront évidemment faire face à une pénurie de travailleurs qualifiés.
     Dans sa circonscription, ma collègue voit-elle la préoccupation que ce phénomène et ces changements créent chez les gens?

  (1535)  

    Monsieur le Président, comme je le disais tout à l'heure, dans ma circonscription, il y a des chauffeurs d'autobus et des gens qui travaillent dans l'industrie du tourisme. Il y a le Stade olympique et le Jardin botanique. Il y a beaucoup d'écoles et de personnes qui travaillent dans les cafétérias de ces écoles. Ces gens ont besoin de leur salaire. Évidemment, on ne peut pas avoir une cafétéria à l'école pendant l'été puisque l'école est fermée. Les gens seront donc obligés de refaire chaque année une demande d'assurance-emploi.
    Ce ne sont pas des gens riches qui vivent dans Hochelaga. Leurs salaires diminueront et les gens n'auront pas assez d'argent pour survivre.
    Monsieur le Président, l'année 2012 a été dramatique quant à l'économie des régions ressources au Canada. Mon comté, Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, est un bel exemple démontrant jusqu'à quel point les réformes de l'assurance-emploi auront un effet néfaste, même destructeur pour les régions ressources.
    Je veux souligner que beaucoup de changements ont eu lieu à l'assurance-emploi. L'un d'eux concerne la question du travail convenable. Un autre vise à demander aux gens de se déplacer à une distance de leur domicile pouvant représenter une heure de trajet pour trouver un emploi qui pourrait même ne pas être convenable, selon leur historique d'emploi.
    Je veux souligner que, en région, le fait de faire un trajet d'une heure, l'hiver, n'est pas évident. On pourrait même mettre en danger la vie des prestataires. J'espère que ce n'était pas l'intention des conservateurs, mais on peut en douter. Les gens sont mal pris dans les régions ressources. Il n'y a tout simplement pas suffisamment d'emplois pour combler la demande de tous les chômeurs, l'hiver. On ne peut pas faire abstraction du fait que, quand on essaie d'aller chercher de l'emploi et qu'il n'y en a pas, cela crée de la misère.
    Le fait qu'on veuille supprimer le projet-pilote concernant le trou noir va vouloir dire que les gens en région ressource, en grande partie, vont se retrouver sans aucun revenu, pendant cinq semaines. Si on ajoute le fait qu'il y a une suspension automatique de deux semaines au début d'une période de prestations, on parle d'une absence de revenu totale de sept semaines par année. On ajoute à cela le fait que les conservateurs ont décidé de couper le nombre de semaines que les prestataires peuvent aller chercher. On voit maintenant que le trou noir va s'allonger. Au lieu de reconduire un projet-pilote sur le trou noir qui va répondre aux besoins, on l'enlève complètement. On est en train d'aller carrément à reculons.
    Je veux souligner que ce ne sont pas seulement les gens qui ont de la difficulté à trouver de l'emploi qui seront touchés. Les employeurs le seront aussi, au printemps. Si la main d'oeuvre fait comme ce que les conservateurs n'arrêtent pas de dire — ils essaient de faire en sorte que les chômeurs puissent aller chercher des emplois —, c'est certain que les gens ne vont pas trouver ces emplois en Gaspésie; ils vont peut-être les trouver en Alberta.
     Si c'est vraiment ce que les conservateurs veulent, je veux leur poser une question. Que va-t-il arriver au printemps, quand il y aura une pénurie de main-d'oeuvre dans mon comté, que l'industrie touristique se retrouvera avec un nombre insuffisant d'employés et que les capitaines pêcheurs se retrouveront sans aides-pêcheurs? Aux gens qui aiment les cocktails aux crevettes, je peux leur dire qu'ils auront de la difficulté à en trouver, parce qu'il n'y aura pas de pêcheurs qui pourront aller chercher les crevettes.
     Je veux que vous compreniez qu'il y a une raison pour laquelle, dans les régions avec du travail saisonnier, les gens restent sur place. C'est justement pour que les industries touristique, de la pêche et forestière puissent rouler pendant les saisons qui s'imposent et qui sont les saisons autres qu'hivernales.
    Notre économie va perdre de la main d'oeuvre, des familles et une richesse, ce qui sera irrécupérable. Même les conservateurs peuvent comprendre que si on chasse les gens de nos comtés, c'est une perte grave. Il faut vraiment penser à la misère qu'ils vont créer dans des comtés de régions éloignées, ou dans toutes les industries de travail saisonnier qui se trouvent aussi dans les régions urbaines. C'est un aspect qu'ils ne se sont pas attardés à étudier.
    S'il y a quelque chose que je reproche vraiment à ce gouvernement conservateur, c'est son absence presque totale de consultation. Les conservateurs rédigent des projets de loi sans consulter et ils ne sont pas prêts à les modifier. Ils ne veulent pas le faire, ni en comités parlementaires ni en allant dans les régions pour parler aux gens, justement, de leurs projets de loi. Ils ne le font tout simplement pas.
    On a des changements très importants à l'assurance-emploi, mais je me fais dire par des fonctionnaires que Service Canada ne les a pas expliqués. Or les gens sont censés connaître la loi. Alors ça fait vraiment dur. Les prestataires ont le droit d'être renseignés. Jusqu'à présent, Service Canada a fait un très mauvais travail pour ce qui est d'expliquer les changements. Finalement, il revient à mon bureau de député de renseigner les gens de mon comté concernant les changements à l'assurance-emploi. Le gouvernement n'a même pas le gros bon sens d'expliquer les changements qu'il amène aux gens. Je voulais dire le culot, mais j'ai préféré utiliser le terme gros bon sens. Donc, au lieu de cela, il nous donne des extraits sonores pour nous faire croire que tout est beau. Tout n'est pas beau.

  (1540)  

    Par contre, on peut voir qu'une mobilisation très importante commence à se former dans les régions. Des milliers de gens ont manifesté au cours des dernières semaines. Des gens ont manifesté hier et d'autres manifestent aujourd'hui. Ils manifesteront aussi dans les journées et les semaines à venir. Les gens sont très préoccupés par les modifications apportées à l'assurance-emploi et n'ont d'autre choix que de manifester dans les rues, car malheureusement, les conservateurs ne prennent pas le temps de consulter les gens.
    Je pourrais parler du député de Madawaska—Restigouche, qui pense réellement que les gens sont contre la réforme de l'assurance-emploi parce qu'ils sont très pressés d'aller à la chasse. Franchement, c'est une façon de traiter les gens de niaiseux. Je pense que les gens ont droit à un peu plus de respect que ce que les conservateurs leur ont démontré jusqu'à maintenant.
    Dans l'Est du Québec, les nombreuses mobilisations ont engendré des répercussions. La ministre a dû — malheureusement pour elle, peut-être — reculer sur un des aspects de la réforme de l'assurance-emploi, soit le projet-pilote pour les gens travaillant en période de prestations.
    Dans le passé, on avait le droit d'aller chercher jusqu'à 40 % de plus pendant une période de prestation. Avec la réforme de 2012, on a décidé qu'on éliminait ce projet-pilote pour le remplacer par un autre, qui faisaient perdre aux gens 50 % de leur revenu à la minute même où ils allaient travailler.
    La principale conséquence de ce nouveau projet-pilote, c'est que les gens refusent de travailler quand un emploi se présente. C'est tout à fait le contraire de ce que les conservateurs essaient de nous faire croire. Au lieu d'amener les gens sur le marché du travail, ils empoisonnent le travail au point que les gens refusent de travailler. Ce n'est pas une façon de monter un projet-pilote.
    Si le gouvernement avait pris la peine de consulter les gens, il aurait peut-être vu que cela ne fonctionnait pas. Heureusement, la ministre a décidé d'annoncer un recul après que d'importantes mobilisations aient eu lieu dans l'Est du Canada. Elle a annoncé un recul qui permet aux gens qui le veulent de retourner à l'ancien régime et d'aller chercher 40 % de leur revenu.
    Dans mon comté, les employeurs sont très contents, car les gens commencent à retourner au travail. C'est cela qu'on veut, on veut que les gens travaillent. Cependant, la réforme annoncée par les conservateurs aura l'effet contraire. Elle empêche les gens d'aller chercher du travail. C'est vraiment impressionnant de voir à quel point les conservateurs ont bâclé leur réforme de l'assurance-emploi.
    Néanmoins, le fait qu'on ait maintenant un choix est intéressant. Les gens peuvent aller chercher le 40 % de leur revenu, s'ils le veulent. Le problème, c'est que les conservateurs ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour rendre le nouveau projet-pilote de travail en période de prestations le plus néfaste et le plus difficile possible.
    Au lieu de remplir les fameuses cartes de l'assurance-emploi par le biais du système téléphonique ou informatique, il faut retourner à l'ancien système de cartes manuelles, ce qui va évidemment occasionner des délais importants.
    De plus, il faut communiquer avec Service Canada pour faire un choix sciemment. En d'autres mots, on prend le téléphone, on compose le numéro de Service Canada et on reste au téléphone pendant des heures. Personne ne répondra à l'appel, car le gouvernement a tellement sabré dans les services offerts par Service Canada que la main-d'oeuvre n'est pas suffisante pour répondre aux besoins de l'assurance-emploi. Cela ne fonctionne tout simplement pas.
    Les conservateurs essaient de faire des économies sur le dos des travailleurs en supprimant les postes des gens qui traitent les dossiers liés à l'assurance-emploi. Malheureusement, cela crée une situation où le service n'y est pas et les gens ne peuvent pas voir s'ils devraient choisir l'ancien régime ou non, car les agents n'ont pas le temps d'évaluer leur dossier.