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42e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 109

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 17 novembre 2016




Débats de la Chambre des communes

VOLUME 148 
l
NUMÉRO 109 
l
1re SESSION 
l
42e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 17 novembre 2016

Présidence de l'honorable Geoff Regan

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 36(8) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, la réponse du gouvernement à 10 pétitions.
    J'aimerais profiter du fait que j'ai la parole pour proposer une motion.
    Je propose:
    Que la Chambre passe maintenant à l'ordre du jour.
    Le vote porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le Président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le Président: À mon avis, les non l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le Président: Convoquez les députés.

  (1040)  

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 152)

POUR

Députés

Aldag
Alghabra
Alleslev
Amos
Anandasangaree
Arseneault
Arya
Ayoub
Badawey
Bagnell
Bains
Baylis
Beech
Bennett
Bittle
Blair
Boissonnault
Bossio
Bratina
Breton
Brison
Caesar-Chavannes
Carr
Casey (Cumberland—Colchester)
Casey (Charlottetown)
Chagger
Champagne
Chen
Cuzner
Dabrusin
Damoff
DeCourcey
Dhaliwal
Dhillon
Di Iorio
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Etobicoke North)
Dzerowicz
Easter
Ehsassi
El-Khoury
Ellis
Erskine-Smith
Eyking
Eyolfson
Fergus
Fillmore
Finnigan
Fisher
Fonseca
Foote
Fragiskatos
Fraser (West Nova)
Fraser (Central Nova)
Fry
Fuhr
Garneau
Gerretsen
Goldsmith-Jones
Goodale
Gould
Graham
Grewal
Hajdu
Hardie
Harvey
Hehr
Holland
Housefather
Hussen
Hutchings
Iacono
Joly
Jones
Jordan
Jowhari
Kang
Khalid
Khera
Lametti
Lamoureux
Lapointe
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lemieux
Leslie
Levitt
Lightbound
Lockhart
Long
Longfield
Ludwig
MacAulay (Cardigan)
Massé (Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia)
May (Cambridge)
McCallum
McCrimmon
McDonald
McKay
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Northwest Territories)
Mendès
Mendicino
Mihychuk
Miller (Ville-Marie—Le Sud-Ouest—Île-des-Soeurs)
Monsef
Morrissey
Murray
Nassif
Nault
O'Connell
Oliphant
Oliver
O'Regan
Ouellette
Paradis
Peschisolido
Peterson
Petitpas Taylor
Philpott
Picard
Poissant
Qualtrough
Ratansi
Robillard
Romanado
Rota
Rudd
Ruimy
Rusnak
Sahota
Saini
Sajjan
Samson
Sangha
Sarai
Scarpaleggia
Schiefke
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Sidhu (Mission—Matsqui—Fraser Canyon)
Sidhu (Brampton South)
Sikand
Simms
Sohi
Sorbara
Spengemann
Tabbara
Tan
Tassi
Tootoo
Vandenbeld
Vaughan
Virani
Whalen
Wilkinson
Wilson-Raybould
Wrzesnewskyj
Young
Zahid

Total: -- 167

CONTRE

Députés

Aboultaif
Albas
Albrecht
Allison
Anderson
Angus
Arnold
Ashton
Aubin
Barlow
Beaulieu
Benson
Bergen
Berthold
Bezan
Blaney (North Island—Powell River)
Block
Boucher
Boulerice
Boutin-Sweet
Brassard
Brosseau
Brown
Calkins
Cannings
Caron
Carrie
Choquette
Clement
Cooper
Deltell
Diotte
Doherty
Donnelly
Dreeshen
Dubé
Dusseault
Eglinski
Falk
Garrison
Généreux
Genuis
Gill
Gladu
Gourde
Hardcastle
Harder
Hoback
Kelly
Kent
Kitchen
Kmiec
Kwan
Lauzon (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Laverdière
Lebel
Liepert
Lobb
Lukiwski
MacGregor
MacKenzie
Maguire
Malcolmson
Masse (Windsor West)
Mathyssen
May (Saanich—Gulf Islands)
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
Miller (Bruce—Grey—Owen Sound)
Moore
Motz
Nantel
Nater
Nicholson
Poilievre
Quach
Ramsey
Rankin
Rayes
Reid
Rempel
Richards
Saganash
Sansoucy
Saroya
Schmale
Shields
Shipley
Sopuck
Sorenson
Stanton
Ste-Marie
Stetski
Strahl
Stubbs
Sweet
Tilson
Trost
Trudel
Van Kesteren
Van Loan
Vecchio
Viersen
Wagantall
Warawa
Warkentin
Watts
Waugh
Webber
Weir
Wong
Zimmer

Total: -- 113

PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. J'aimerais simplement obtenir des précisions. Le matin, les députés ont normalement l'occasion de soulever des questions, par exemple en présentant des pétitions signées par des résidants de Sault Ste. Marie qui ont l'impression que le Parlement ne les écoute pas.
    S'agit-il d'un jeu de procédure de la part des libéraux pour nous priver de notre droit en tant que parlementaires d'intervenir au nom des gens qui nous ont envoyés ici?
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre, s'il vous plaît. Je pense que le député connaît bien la situation. Je pense qu'il s'agit d'une question de débat plutôt que d'un recours au Règlement. Je crois que le député a réussi à faire passer son message.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

[Traduction]

Le Régime de pensions du Canada

Projet de loi C-26 — Motion d'attribution de temps 

    Que, relativement au projet de loi  C-26, Loi modifiant le Régime de pensions du Canada, la Loi sur l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada et la Loi de l'impôt sur le revenu , au plus un jour de séance supplémentaire soit accordé aux délibérations à l’étape de la deuxième lecture de ce projet de loi;
    Que, 15 minutes avant l’expiration du temps prévu pour les Ordres émanant du gouvernement au cours du jour de séance attribué pour l’étude à l’étape de la deuxième lecture de ce projet de loi, toute délibération devant la Chambre soit interrompue, s’il y a lieu aux fins de cet ordre, et, par la suite, toute question nécessaire pour disposer de cette étape soit mise aux voix immédiatement et successivement, sans plus ample débat ni amendement.

  (1045)  

[Français]

    Conformément à l'article 67.1 du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes.
    J'invite les honorables députés qui souhaitent poser des questions à se lever pour que la présidence ait une idée du nombre de députés qui désirent participer à la période destinée aux questions.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je regrette de devoir intervenir aujourd'hui pour critiquer la situation. De toute évidence, le ministre des Finances s'est soustrait à sa responsabilité d'être présent à la Chambre pour faire valoir et défendre ce projet de loi qu'il a lui-même présenté. Ce n'est pas la première fois que les libéraux déposent une motion d'attribution de temps sans raison valable. Or, je ne vois aucun motif qui justifie l'accélération de l'étude de cette mesure législative. Je ne veux pas non plus que le gouvernement invoque des lieux communs pour se justifier. Je veux savoir en quoi le fait d'accélérer l'adoption de cette mesure aidera qui que ce soit mis à part le gouvernement, qui pourra ainsi mettre son programme en application.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon honorable collègue de me donner la possibilité de commencer par transmettre deux fois des félicitations.
    Premièrement, je désire féliciter mon collègue le ministre des Finances, qui a travaillé très fort avec les provinces et les territoires, au cours des derniers mois, pour mener à terme une longue et sérieuse discussion autour des enjeux liés à la Sécurité du revenu pour les aînés.
    La discussion a été tenue de manière tellement sérieuse que, après quelques semaines de travail, en juin dernier, toutes les provinces concernées par la bonification du Régime de pensions du Canada sont arrivés à une entente avec le gouvernement canadien pour bonifier ce régime. Comme on le sait, celui-ci aura des répercussions majeures sur la Sécurité du revenu de nos aînés et sur la possibilité, pour tous les travailleurs des générations présente et future, de s'inclure totalement dans le marché du travail.
    Deuxièmement, je désire féliciter les nombreux députés de la Chambre qui ont saisi l'occasion de s'exprimer sur cette question. En effet, 60 de nos collègues ont travaillé très fort pour s'exprimer sur cette question à l'étape de la deuxième lecture.
    Monsieur le Président, hier, nous avons entendu l'indignation du secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes. Comme il l'a dit, il voulait travailler. L'un des aspects les plus importants du travail que nous faisons a trait aux comités parlementaires.
    L'attribution de temps est un geste qui, en soi, est antidémocratique. Aujourd'hui, on empêche les comités parlementaires de faire leur travail. Cela ne concerne pas que les parlementaires, il faut aussi penser aux témoins invités.

  (1050)  

[Traduction]

    Je vais donner quelques exemples de témoins qui sont venus à Ottawa, qui sont venus pour témoigner devant des comités et qui, maintenant, ne pourront plus témoigner ou devront écourter leur témoignage en raison de telles mesures. Au comité de l'agriculture, il y a l'Alliance canadienne du commerce agroalimentaire, Soy Canada, Food and Beverage Ontario et la Canadian Cattlemen's Association. Au comité de la santé, nous avons Alzheimer's Disease International, la Société canadienne des médecins de soins palliatifs et le Council of Senior Citizens' Organizations of British Columbia.
    Si les libéraux n'ont pas l'intention de respecter le Parlement, pourraient-ils au moins montrer du respect pour les témoins?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue d'avoir mentionné à quel point il est important, effectivement, d'entendre non seulement les députés de la Chambre, mais aussi tous ceux et celles qui voudront s'exprimer, en comité parlementaire, sur cet important projet de loi.
    Non seulement le projet de loi apporte des changements majeurs par rapport à la réduction de l'insécurité du revenu pour nos aînés, mais il amène aussi nos travailleurs, particulièrement les plus vulnérables, à avoir des possibilités d'inclusion plus importantes dans le marché du travail, entre autres en ayant accès plus facilement et en des termes plus favorables à un régime de pensions public qui est solide, et qui l'est aussi à long terme.

[Traduction]

    Puis-je aussi mentionner que nous avons eu, à la Chambre, six jours de débat à l'étape de la deuxième lecture pour ce projet de loi et six jours de plus pour le projet de loi C-29? Cela veut dire que nous avons consacré 27 % du temps disponible pour les initiatives ministérielles entre septembre et décembre à ces deux projets de loi à l'étape de la deuxième lecture.
    Monsieur le Président, loin de moi l'idée de dire que le gouvernement induit les Canadiens en erreur en disant que nous débattons cette mesure depuis six jours, mais la vérité est la vérité. Le gouvernement a induit les Canadiens en erreur à propos du déficit de 10 milliards de dollars qu'il est prêt à proposer. Là encore, nous constatons que quand le gouvernement n'aime pas ce qu'il entend des autres partis, ou des Canadiens, il expédie l'étude du projet de loi.
    Il y a, au Parlement, 338 députés élus pour parler au nom des Canadiens. Or, le gouvernement muselle ces députés. Nous n'avons pas eu la possibilité de présenter le point de vue de nos circonscriptions dans une allocution ni d'exposer la façon dont le gouvernement néglige les régions rurales du Canada. C'est honteux. En quoi cela est-il ouvert et transparent?
    Monsieur le Président, je me permets également de signaler que nos collègues conservateurs sont intervenus très souvent au sujet de ce projet de loi. Je les en félicite et je me réjouis de leur contribution. En tout, 35 députés de leur parti, soit plus du tiers de leur caucus, ont participé activement à ce débat crucial. Nous comptons évidemment entendre encore leur point de vue au comité, puis à l'étape de la troisième lecture du projet de loi.
    Monsieur le Président, ma question s'adresse en fait à la leader du gouvernement à la Chambre.
    Depuis ma nomination au poste de leader de mon parti à la Chambre en septembre, je travaille de bonne foi avec elle, qui fait, elle aussi, ses premières armes dans ces fonctions. Il y a eu de nombreux projets de loi au sujet desquels nos députés n'ont pas voulu prendre la parole, déclarant qu'ils n'avaient pas grand-chose à dire à leur sujet, de sorte que ces projets de loi ont pu se faire adopter et le gouvernement a pu accomplir des choses. Nous avons négocié ces choses de bonne foi. Nous avons cependant demandé que nos députés puissent s'exprimer sur le projet de loi d'exécution du budget et le projet de loi sur le Régime de pensions du Canada, deux mesures législatives sur la gestion financière qui sont d'une importance capitale.
    À peine plus du tiers de nos députés ont pu intervenir au sujet du projet de loi dont nous sommes saisis. Le gouvernement n'a pas dit qu'il allait nous donner quatre ou cinq jours. Il nous a tout simplement pris au dépourvu, deux fois en une semaine. Il a miné toute la bonne volonté dont nous étions disposés à faire preuve. Il a changé de ton, et ce n'est pas pour le mieux.
    Monsieur le Président, je remercie la députée de me donner l'occasion de préciser la grande responsabilité que les parlementaires ont, non seulement envers les députés, mais aussi envers les Canadiens.
    Nous voulons tenir un débat ouvert et constructif sur les questions importantes que la députée soulève, certes, mais nous souhaitons également remplir nos responsabilités et répondre aux attentes des Canadiens. Aussi, lorsqu'il est temps d'attribuer des jours aux délibérations de la Chambre, il faut le faire de manière raisonnée.
    Comme je l'ai mentionné plus tôt, de septembre à décembre, nous aurons consacré à la deuxième lecture de deux projets de loi majeurs plus de 25 % du temps prévu pour les affaires émanant du gouvernement.

  (1055)  

    C'est reparti, monsieur le Président. Voilà que le gouvernement libéral invoque l'attribution de temps pour la deuxième fois cette semaine. Je reconnais que la situation n'est pas aussi terrible que du temps du gouvernement Harper, qui y a eu recours plus de 100 fois. Toutefois, il y a lieu de souligner qu'il existe d'autres outils outre l'attribution de temps, laquelle est une mesure plutôt draconienne. Qu'est-il advenu de l'approche de collaboration et de coopération qu'avait promise le premier ministre?
    Voici ce qu'a affirmé le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes, il n'y a pas si longtemps:
    En présentant une fois de plus une motion d'attribution de temps pour faire adopter son programme législatif, le gouvernement montre son incompétence. Il montre aussi un véritable manque de respect à l'égard de la procédure parlementaire et, au bout du compte, des Canadiens.
    Malgré l'excellent travail effectué par le député d'Hamilton Mountain, le projet de loi C-26 dont nous sommes saisis demeure très imparfait, car il est discriminatoire envers les femmes et les personnes handicapées.
    Pourquoi précipiter l'adoption d'un projet de loi bancal en imposant l'attribution de temps?

[Français]

    Monsieur le Président, je reconnais que quelques-uns à la Chambre n'ont pas eu la malchance ou la chance, selon le point de vue, de vivre des périodes où les attributions de temps, sous l'ancien gouvernement, étaient un peu plus compliquées. Je suis un nouveau député à la Chambre, donc je comprends un peu moins le point de vue de mon collègue sur la façon dont les choses se faisaient avant, sous l'ancien gouvernement.
     Ce que ce nouveau gouvernement essaie de faire, c'est être à la fois respectueux des nombreux points de vue que nous avons à la Chambre, mais respectueux aussi des objectifs de développement social et économique importants que les Canadiens veulent que nous remplissions. Cela veut dire, dans le cas précis du projet de loi, réduire l'insécurité financière de 300 000 aînés au Canada, à terme; c'est sortir, à partir de 2019, 6 000 travailleurs de leur faible revenu; et c'est faire passer de 24 % à 18 % le taux de vulnérabilité économique de nos aînés. Ce sont des objectifs ambitieux et cela demande que nous allions de l'avant pour les atteindre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je veux revenir sur le point soulevé par la leader parlementaire de l'opposition. Quand il y a des débats sur l'attribution de temps, les questions et les réponses portent sur le fond du projet de loi, en l'occurrence le projet de loi C-26. Toutefois, le véritable problème se cache sous la surface. Il s'agit de la détérioration de la relation entre les grands partis à la Chambre, qui malheureusement s'immisce, entre autres, dans d'importants travaux des comités et les contamine.
    J'ai constaté que les problèmes d'attitude et le refus de collaborer sont rarement le fait d'un seul parti. Ils reflètent généralement un manque de collaboration de la part de tous les partis. Par conséquent, ma question ne s'adresse pas vraiment au gouvernement. C'est plutôt un appel à tous les leaders de la Chambre, soit au député de Victoria, à la leader parlementaire de l'opposition et à la leader du gouvernement à la Chambre. En tout respect, je les prie de revenir à la case départ.
    Ils devraient se rendre à un bar ensemble, commander un scotch, discuter de la raison pour laquelle leur relation s'est détériorée et la réparer.
    Monsieur le Président, nous prenons bonne note des propos de notre collègue respectée et chevronnée. Nous sommes tous conscients de la grande responsabilité que les Canadiens nous ont confiée il y a à peine un an. Nous savons qu'ils s'attendent à ce que nous travaillions ensemble ouvertement, en adoptant une attitude critique, mais toujours respectueuse. Notre collègue nous montre bien l'importance de faire ce travail tant individuellement que collectivement.
    Monsieur le Président, il est particulièrement troublant de nous retrouver avec cette motion d'attribution de temps à ce moment-ci. Moins de la moitié des députés de notre parti ont eu l'occasion de s'exprimer et, qui plus est, les choses ont passablement changé au Canada depuis la dernière fois que nous avons pu débattre de ce projet de loi. Il y a eu des élections au sud de la frontière, et nous savons qu'il y aura un nouveau plan qui aura des répercussions sur les entreprises, le commerce et nombre de petites entreprises canadiennes. Ce qui me préoccupe le plus, toutefois, est le fait que nous n'avons pas eu l'occasion d'expliquer à quel point, en ce moment, ce plan est particulièrement imprudent à la lumière de ce qui s'est produit au sud de la frontière.
    Les libéraux ont notamment rompu la promesse qu'ils avaient faite à nos petites entreprises au sujet de leur taux d'imposition. Voilà maintenant que le gouvernement nous met dans une situation terriblement difficile par rapport à nos voisins du Sud, et nous n'avons pas eu l'occasion d'en débattre.

  (1100)  

[Français]

    Monsieur le Président, je pense que nous apprécions tous le point de vue de notre collègue.
    Nous lui sommes d'ailleurs reconnaissants d'insister sur l'importance de continuer à débattre cette question. Ce débat va se poursuivre, comme nous le savons tous, en comité parlementaire, lors duquel nous aurons aussi l'occasion d'entendre les points de vue de gens qui n'ont pas la chance comme nous d'être ici à la Chambre des communes.
    Nous avons hâte d'entendre leurs points de vue et nous avons aussi hâte à l'étape de la troisième lecture pour pouvoir prendre connaissance du rapport du comité parlementaire et des points de vue qui sont exprimés lors des travaux du comité de manière très importante et inclusive,.
    Monsieur le Président, je siège au Comité permanent des finances et nous avons eu l'occasion d'étudier ce dossier, du 14 au 16 novembre 2016. De plus, le 1er novembre, nous avons parlé avec l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada, et nous avons parlé avec des fonctionnaires du ministère des Finances.

[Traduction]

    Il est temps que ce projet de loi passe à l'étape suivante et soit renvoyé au comité afin que nous puissions enfin prendre le temps de l'étudier plus à fond, article par article. J'espère sincèrement que la Chambre pourra s'atteler de façon plus appropriée à la tâche que nous aimerions accomplir au comité des finances.
    Monsieur le Président, notre collègue sait plus que bon nombre d'entre nous combien le travail de ce comité est important, et combien il sera important pour guider la prochaine étape de cette importante mesure législative. Nous avons de très importantes responsabilités. Il s'agit de la participation de la présente génération de travailleurs et de la prochaine au marché du travail. Il s'agit aussi de lutter contre la vulnérabilité et l'insécurité économiques de bon nombre de nos aînés, qui sont nombreux à attendre un peu plus d'aide afin de pouvoir vivre leur retraite dans la dignité et la sécurité.

[Français]

    Monsieur le Président, lorsqu'on utilise des motions d'attribution de temps hors de circonstances urgentes, comme une guerre, par exemple, cela démontre une incapacité à collaborer avec les autres partis pour arriver à une entente.
     Puisque le gouvernement avait promis de travailler avec les autres partis, pourquoi est-il incapable d'agir de la sorte, et pourquoi doit-il recourir à des outils parlementaires qu'il a lui-même décriés de nombreuses fois?
    Monsieur le Président, cela me permet d'insister sur une chose que nous venons juste d'entendre, c'est-à-dire l'importance de travailler ensemble à la Chambre dans le respect des divers points de vue exprimés, mais aussi dans le respect de nos obligations envers les Canadiens qui consistent à faire avancer les programmes d'intérêt public et social qui, comme les Canadiens le savent, vont contribuer à une société plus prospère et plus inclusive qui ne laisse personne de côté, une société qui est aussi tournée vers le développement durable.
    Nous savons très bien que notre société fait face à des enjeux et des défis très importants. J'invite donc tous les députés de la Chambre, d'un côté ou de l'autre, à prendre parfaitement conscience de l'importance de travailler ensemble pour le bien-être de tous les Canadiens.
    Monsieur le Président, je remercie de ses propos mon voisin de circonscription, le ministre et député de Québec. Ce projet de loi est essentiel au débat public, puisqu'il touche directement le portefeuille du contribuable.

[Traduction]

    Le gouvernement aimerait, par l'entremise du présent projet de loi, prendre plus d'argent dans les poches des Canadiens, soit environ 1 000 $ par travailleur. Pour les entrepreneurs, qui sont l'épine dorsale de notre économie, qui créent des emplois et de la richesse, ce projet de loi coûtera 1 000 $ par employé. On parle d'un véritable problème.

[Français]

    Un peu plus tôt, mon collègue du Manitoba faisait allusion au comité parlementaire. Oui, en effet, le comité parlementaire s'est réuni lundi. Il y avait un spécialiste du ministère des Finances qui a confirmé que ce projet de loi allait avoir plusieurs conséquences, notamment une réduction de l'emploi, du produit intérieur brut, des investissements des entreprises, du revenu disponible et de l'épargne privée.
    Avec un tel bilan négatif, pourquoi le gouvernement veut-il absolument aller de l'avant et restreindre le droit de parole des parlementaires?

  (1105)  

    Monsieur le Président, c'est une excellente question et la réponse est très simple. C'est parce que les Canadiens le veulent et parce qu'ils savent que c'est bien pour leur génération actuelle et pour les générations futures.
    Toutes les provinces concernées par la bonification du Régime de pensions du Canada sont totalement d'accord avec le gouvernement canadien pour qu'il aille de l'avant. Selon les sondages, 75 % des Canadiens vivant dans les neuf provinces concernées par la bonification du Régime de pensions du Canada appuient celle-ci. C'est extrêmement important, et les Canadiens l'attendent depuis des années.
    Au Canada, les taux d'insécurité financière chez les aînés sont très préoccupants. Il y a des travailleurs qui cherchent une façon d'épargner sûre, fiable, à faible coût et facile. Ces Canadiens attendent cette bonification depuis des années. À la Chambre, nous avons la chance de participer à une occasion incroyable dont tous les Canadiens voudront se souvenir et célébrer au cours des années à venir.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les néo-démocrates veulent poursuivre l'étude du projet de loi. Nous ne voulons pas d'un autre débat écourté. Nous voulons débattre en profondeur du projet de loi sur le Régime de pensions du Canada. Le débat a déjà permis de relever de graves lacunes qui entraveraient l'accès au Régime de pensions du Canada pour les personnes ayant un handicap et les femmes qui choisissent de demeurer à la maison et de faire un travail non rémunéré. Le débat a déjà permis de soulever d'importants problèmes dont nous devons discuter plus en profondeur, et nous voulons entendre que le gouvernement souhaite y remédier. Nous nous opposons à la motion d'attribution de temps.
    Je vais reprendre les paroles du secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes, le député de Winnipeg-Nord, qui a dit l'an dernier, en avril, alors que les conservateurs proposaient des motions d'attribution de temps: « J'aimerais que le leader du gouvernement à la Chambre réponde à ceci: comment peut-il prétendre agir démocratiquement et respecter la Chambre en recourant continuellement à l'attribution de temps pour aucune raison si ce n'est de forcer l'adoption du programme législatif de son parti? En agissant de la sorte, il empêche les Canadiens de se faire entendre [...] »
    Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de rappeler à tous les députés que nous avons une double responsabilité. Nous devons écouter avec respect et un esprit critique les divers points de vue exprimés à la Chambre. Nous avons également une importante responsabilité à l'égard des Canadiens, c'est-à-dire que nous devons faire progresser le programme du gouvernement, qui est axé sur le développement durable ainsi que sur le développement économique, afin de favoriser la croissance de la classe moyenne, et le développement inclusif, afin de ne laisser personne pour compte.
    Compte tenu de nos objectifs en matière de développement, ce projet de loi constitue une excellente solution, puisqu'il favoriserait la croissance économique, une meilleure intégration des travailleurs au marché du travail et une meilleure relation à long terme entre les travailleurs et les employeurs, mais protégerait également l'inclusivité et la sécurité de nos aînés.
    Monsieur le Président, le ministre a mentionné que nous avons une double responsabilité. Manifestement, pour les libéraux, il y a deux poids deux mesures lorsqu'il est question d'avoir recours à l'attribution de temps. Lorsqu'ils formaient l'opposition, ils hurlaient que l'attribution de temps était antidémocratique et que c'était un terrible outrage. Le député de Winnipeg-Nord en a fait en quelque sorte une spécialisation. Il est possiblement celui qui s'y connaît le mieux dans ce domaine, et c'est peut-être la raison pour laquelle il propose l'attribution de temps en ce moment.
    Je suis l'une des personnes chanceuses de ce côté-ci de la Chambre puisque j'ai eu l'occasion de parler du fait que ce projet de loi ne ferait rien pour les aînés d'aujourd'hui. Il ne ferait rien non plus pour la prochaine génération d'aînés et il nuirait aux familles qui subsistent d'un chèque de paie à l'autre, puisqu'il leur enlèverait près de 100 $ chaque mois.
    Pourquoi les libéraux tentent-ils d'empêcher près de 60 de mes collègues de représenter leurs électeurs et de dire à quel point le projet de loi, outre le fait qu'il n'aiderait pas les aînés, serait mauvais pour l'économie?
    Monsieur le Président, je répondrai brièvement deux choses.
    Primo, comme je le disais plus tôt et comme le disait quelqu'un d'autre il y a un instant, certains d'entre nous n'étaient pas ici à la dernière législature et n'ont pas pu constater la fréquence à laquelle la clôture était invoquée à l'époque. Je ne peux donc pas pas parler de cette époque.
    Secundo, je m'étonne toujours d'entendre qu'un projet de loi qui sortira 300 000 aînés de la précarité financière ne fera rien pour les aînés.

  (1110)  

    Monsieur le Président, je crois que nous pouvons tous convenir de l'importance du projet de loi C-26. Nous pouvons tous convenir aussi, je crois, que 9 gouvernement provinciaux sur 10 y ont donné leur appui. J'aurais aimé que le leader de l'opposition à la Chambre soit ici pour l'entendre...
    Je vois le député de Battle River—Crowfoot se lever pour invoquer le Règlement, mais je crois deviner ce qu'il veut. Je demanderais au secrétaire parlementaire de ne pas signaler la présence ou l'absence de ses collègues à la Chambre.
    Le député de Battle River—Crowfoot a-t-il quelque chose à ajouter?
    C'était effectivement la raison pour laquelle je souhaitais invoquer le Règlement, monsieur le Président. Je sais que le député est nouveau et qu'il ne connaît pas encore très bien les rouages de la Chambre, mais les libéraux semblent savoir tout ce qu'il y a à savoir quand il s'agit de proposer l'attribution afin de nous empêcher de débattre d'un projet de loi aussi important.
    Je vous remercie, monsieur le Président, et je remercie aussi mon collègue de m'avoir signalé mon erreur. Je tâcherai de ne pas recommencer.
    Monsieur le Président, nous sommes très reconnaissants aux gouvernements du Manitoba et des autres provinces pour le leadership dont ils font preuve.
    Le ministre du Développement social estime-il que la bonification du RPC fait consensus à l'échelle nationale, pas seulement parmi les gouvernements, mais aussi au sein de la population? Croit-il que le Parlement devrait respecter la volonté des Canadiens et renvoyer sans plus tarder cette mesure législative à un comité permanent?
    Monsieur le Président, permettez-moi de dire à quel point je suis fier et je me sens privilégié de pouvoir collaborer chaque jour avec mon secrétaire parlementaire, en particulier pour répondre aux besoins des personnes âgées.
    Je voudrais dire, dans le cadre du présent débat, que le gouvernement est à l'écoute, depuis un peu plus d'un an, des points de vue de la vaste majorité des Canadiens sur cette question importante et qu'il cherche à protéger leurs intérêts. En l'espace de quelques mois, mon collègue le ministre des Finances a fait progresser la discussion dans le dossier des personnes âgées et est parvenu à obtenir largement l'accord des provinces qui participent au Régime de pensions du Canada. Il s'agit d'une réussite remarquable dans un laps de temps aussi court et, surtout, c'est une réussite très importante pour la génération actuelle de travailleurs et les générations futures, ainsi que pour les personnes âgées du pays.
    Monsieur le Président, s'il y a une chose que je trouve très dure à avaler, tout comme les 33 nouveaux députés qui siègent de ce côté-ci de la Chambre, j'en suis certain, c'est que j'ai été élu pour faire entendre ma voix dans cette enceinte, au nom des gens que je représente, mais qu'on m'interdit de le faire. Il est très décevant de constater l'hypocrisie du gouvernement dans ce dossier.
    Il y a un an, dans le discours du Trône, les libéraux ont donné un ton nouveau aux débats. Je leur rappelle encore une fois ce qu'ils ont dit: « Et pour que les Canadiens et Canadiennes se fassent mieux entendre à la Chambre des communes, il favorisera la tenue de débats ouverts [...] »
    En tant que nouveau député, j'ai pu m'apercevoir que, dans cette enceinte, la parole des élus fait foi de tout. Alors pourquoi la parole des gens d'en face n'a-t-elle aucune importance? Pourquoi, dans ce cas précis, le contenu du discours du Trône n'est-il pas pris au sérieux? Pourquoi le premier ministre ne veut-il pas suivre l'orientation définie dans l'annexe sur les conflits d'intérêts applicable à ses ministres? Pourquoi certaines paroles ne veulent-elles rien dire?

[Français]

    Monsieur le Président, toutes les opinions exprimées à la Chambre sont importantes, incluant celles de l'opposition, que j'ai personnellement le privilège et le plaisir d'écouter tous les jours. Les députés de la Chambre ont eu la chance d'entendre 35 députés du Parti conservateur s'exprimer sur cette question, soit un peu plus que le tiers du caucus du Parti conservateur.
    Nous avons hâte de continuer d'entendre leurs points de vue, ainsi que ceux de tous les députés de la Chambre, lors des débats au sein du comité parlementaire. Nous avons aussi très hâte de voir le rapport de ce comité, qui mènera à la troisième lecture du projet de loi.

[Traduction]

    Monsieur le Président, mes collègues ont débattu avec éloquence des nombreuses questions entourant l’attribution de temps. J’aimerais poser une question concernant précisément le projet de loi C-26.
    Beaucoup de gens mettent de l’argent de côté pas seulement pour leur retraite, mais pour d’autres priorités provisoires, par exemple pour l’éducation à laquelle ils attachent de la valeur, puis pour s’acheter une maison, en se rendant compte que cet investissement les aidera pour leur retraite. Or, en limitant les montants que les gens peuvent investir dans les comptes d’épargne libre d’impôt et en leur prenant davantage d’argent qu’il épargne en leur nom, le gouvernement les empêche d’utiliser leurs épargnes pour investir, par exemple, dans l’éducation, dans l’achat d’une maison ou dans une entreprise.
    N’est-ce pas là une autre raison pour laquelle il est beaucoup plus avantageux de laisser les gens épargner pour leur avenir et les projets à long terme qui leur tiennent à cœur? N’est-ce pas mieux d’agir ainsi plutôt que d’adopter l’approche selon laquelle le gouvernement a toujours raison?

  (1115)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de me donner la possibilité de parler d'enjeux très importants concernant les aînés de notre société.
    Au cours des derniers mois, nous avons annoncé deux mesures importantes qui auront un effet significatif sur le bien-être de nos aînés. Premièrement, il s'agit du report à 65 ans de l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse. Cela va éviter à 100 000 aînés de sombrer dans la pauvreté extrême, empêcher que le taux de pauvreté des aînés de 65 et 66 ans passe de 6 % à 17 %, et cela va éviter d'imposer un fardeau de 40 % sur les 20 % les plus vulnérables de nos aînés.
    Deuxièmement, il est question de l'augmentation du Supplément de revenu garanti, qui va profiter à 900 000 aînés à l'échelle du pays, en leur donnant jusqu'à 950 $ de plus par année, sortant ainsi 13 000 de ces aînés de la pauvreté.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c’est une autre façon de clore le débat. Au Parlement, on appelle cela l’attribution de temps. Dans d’autres circonstances, cela s’est appelé la « guillotine » qui coupait littéralement court à tout débat.
    Comme bien d’autres, je suis une nouvelle députée qui était heureuse et se sentait honorée et privilégiée d’assumer ses nouvelles fonctions. Une partie du privilège qui est le nôtre consiste à s’assurer que chaque collectivité peut faire entendre sa voix à la Chambre des communes, mais à cause de la clôture du débat, je n’aurai pas l’occasion de présenter le point de vue de mes concitoyens sur ce projet de loi important, qui a des conséquences pour les aînés et les familles dans toutes les collectivités.
    Les libéraux ont dit qu’ils allaient agir différemment. J’avais espéré qu’ils le fassent, mais je constate aujourd’hui de leur part un comportement et une orientation qui ne sont pas très différents de ceux du précédent gouvernement Harper.
    Pourquoi le gouvernement agit-il ainsi? Le ministre ne peut-il pas envisager de retirer cette motion pour que nous puissions faire notre travail et apporter…
    Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a la parole.
    Monsieur le Président, je souhaite d'abord féliciter ma collègue non seulement de son élection, mais aussi de son enthousiasme et de la fierté qu'elle ressent en tant que députée, sentiment que les autres députés et moi partageons. Cette fierté repose, d'une part, sur la possibilité de vivre une expérience productive et essentielle avec nos distingués collègues et, d'autre part, sur la responsabilité de défendre les intérêts de tous les Canadiens.
    Cela dit, je tiens à répéter que nous affectons 27 % de tout le temps consacré aux affaires émanant du gouvernement, entre septembre et décembre, uniquement à la deuxième lecture de deux projets de loi. Cela témoigne de l'importance que nous accordons à ce projet de loi en particulier. Il nous tarde d'en discuter davantage à l'étape de l'étude en comité.

[Français]

    Il est de mon devoir d'interrompre maintenant les délibérations et de mettre aux voix la motion dont la Chambre est maintenant saisie.
     Le vote porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
     Le vice-président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le vice-président: À mon avis, les oui l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
     Le vice-président: Convoquez les députés.

  (1155)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 153)

POUR

Députés

Aldag
Alghabra
Alleslev
Amos
Anandasangaree
Arseneault
Arya
Ayoub
Badawey
Bagnell
Bains
Baylis
Beech
Bennett
Bittle
Blair
Boissonnault
Bossio
Bratina
Breton
Brison
Caesar-Chavannes
Carr
Casey (Cumberland—Colchester)
Casey (Charlottetown)
Chagger
Champagne
Chen
Cuzner
Dabrusin
Damoff
DeCourcey
Dhaliwal
Dhillon
Di Iorio
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Etobicoke North)
Dzerowicz
Easter
Ehsassi
El-Khoury
Ellis
Erskine-Smith
Eyking
Eyolfson
Fergus
Fillmore
Finnigan
Fisher
Fonseca
Foote
Fragiskatos
Fraser (West Nova)
Fraser (Central Nova)
Fry
Fuhr
Garneau
Gerretsen
Goldsmith-Jones
Goodale
Gould
Graham
Grewal
Hajdu
Hardie
Harvey
Hehr
Holland
Housefather
Hussen
Hutchings
Iacono
Joly
Jones
Jordan
Jowhari
Kang
Khalid
Khera
Lametti
Lamoureux
Lapointe
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lemieux
Leslie
Levitt
Lightbound
Lockhart
Long
Longfield
Ludwig
MacAulay (Cardigan)
Massé (Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia)
May (Cambridge)
McCallum
McCrimmon
McDonald
McKay
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Northwest Territories)
Mendès
Mendicino
Mihychuk
Miller (Ville-Marie—Le Sud-Ouest—Île-des-Soeurs)
Monsef
Morrissey
Murray
Nassif
Nault
O'Connell
Oliphant
Oliver
O'Regan
Ouellette
Paradis
Peschisolido
Peterson
Petitpas Taylor
Philpott
Picard
Poissant
Qualtrough
Ratansi
Robillard
Romanado
Rota
Rudd
Ruimy
Rusnak
Sahota
Saini
Sajjan
Samson
Sangha
Sarai
Scarpaleggia
Schiefke
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Sidhu (Mission—Matsqui—Fraser Canyon)
Sidhu (Brampton South)
Sikand
Simms
Sohi
Sorbara
Spengemann
Tabbara
Tan
Tassi
Tootoo
Vandenbeld
Vaughan
Virani
Whalen
Wilkinson
Wilson-Raybould
Wrzesnewskyj
Young
Zahid

Total: -- 167

CONTRE

Députés

Aboultaif
Albas
Albrecht
Allison
Anderson
Angus
Arnold
Ashton
Aubin
Barlow
Beaulieu
Benson
Bergen
Berthold
Bezan
Blaikie
Blaney (North Island—Powell River)
Block
Boucher
Boulerice
Boutin-Sweet
Brassard
Brosseau
Brown
Calkins
Cannings
Caron
Carrie
Choquette
Clement
Cooper
Deltell
Diotte
Doherty
Donnelly
Dreeshen
Dubé
Dusseault
Duvall
Eglinski
Falk
Fast
Garrison
Généreux
Genuis
Gladu
Godin
Gourde
Hardcastle
Harder
Hoback
Johns
Julian
Kelly
Kent
Kitchen
Kwan
Lauzon (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Laverdière
Lebel
Liepert
Lobb
Lukiwski
MacGregor
MacKenzie
Maguire
Malcolmson
Masse (Windsor West)
Mathyssen
May (Saanich—Gulf Islands)
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
Miller (Bruce—Grey—Owen Sound)
Moore
Motz
Nantel
Nater
Nicholson
Poilievre
Quach
Ramsey
Rankin
Rayes
Reid
Rempel
Richards
Saganash
Sansoucy
Saroya
Schmale
Shields
Shipley
Sopuck
Sorenson
Stanton
Ste-Marie
Stetski
Strahl
Stubbs
Sweet
Thériault
Tilson
Trost
Trudel
Van Kesteren
Van Loan
Vecchio
Viersen
Wagantall
Warawa
Warkentin
Watts
Waugh
Webber
Weir
Wong
Zimmer

Total: -- 118

PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.
    Je désire informer la Chambre que, en raison des délibérations sur la motion d'attribution de temps, les ordres émanant du gouvernement seront prolongées de 30 minutes.

  (1200)  

[Traduction]

Deuxième lecture  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 15 novembre, de la motion portant que le projet de loi C-26, Loi modifiant le Régime de pensions du Canada, la Loi sur l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada et la Loi de l’impôt sur le revenu, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, je suis ravi aujourd'hui de commencer le débat sur le présent projet de loi, qui est crucial. Il transformera notre pays, et je suis fier de le dire de la part du gouvernement. Le projet de loi améliorera la vie des générations futures. Grâce au gouvernement actuel, les gens pourront prendre leur retraite dans la dignité.
    L'essence même de ce qu'on fait est simple. On fait passer les gains admissibles d'un quart à un tiers pour les prochaines générations. Je suis persuadé que, un jour, quand les députés de la Chambre prendront leur retraite, ils se remémoreront avec fierté le grand jour où la bonification du Régime de pensions du Canada aura été adoptée parce que les générations futures sauront que nous aurons pris la bonne décision.
    C'est un privilège que de prendre la parole aujourd'hui pour montrer que le gouvernement tient les promesses qu'il fait aux Canadiens et qu'il contribue à renforcer la classe moyenne tout en aidant toutes les personnes qui travaillent fort, jour après jour, pour en faire partie. Grâce à la collaboration, aux partenariats ainsi qu'à notre ferme détermination à faire ce qu'il faut, nous nous apprêtons à réaliser une avancée dans un programme capital au pays. La promesse d'une retraite dans la dignité est au coeur du rêve canadien. Le Canada est depuis longtemps un havre pour les familles de la classe moyenne, qui ont contribué à bâtir le pays moderne, ouvert et uni que nous chérissons tous.
    Pendant des décennies, les Canadiens étaient convaincus de pouvoir s'assurer une retraite confortable s'ils étaient prêts à travailler fort. C'est l'une des raisons qui ont fait la réussite de notre pays. Or, dernièrement, une menace plane sur la sécurité de la retraite. Le monde a changé, et bon nombre de citoyens n'ont pas bénéficié de l'énorme croissance économique que nous avons connue au cours des dernières décennies. Nous avons découvert les failles de l'économie mondiale de diverses façons plus ou moins inattendues. Le travail acharné n'est plus un moyen sûr d'améliorer son sort. Une promesse fondamentale a été brisée pour bien des gens.
    Soulignons quelques faits. Nous savons que, de nos jours, une famille sur quatre approchant de la retraite, soit 1,1 million de familles au pays, risque de ne pas avoir suffisamment d'épargnes pour la retraite. Plus particulièrement, les familles de la classe moyenne sans régime de retraite offert par l'employeur risquent davantage de ne pas épargner suffisamment pour la retraite. Le tiers de ces familles sont vulnérables. Nous savons aussi qu'il est particulièrement difficile pour les jeunes Canadiens d'épargner suffisamment en vue de la retraite, puisqu'ils ont moins de chances de travailler pour un employeur qui offre un régime de retraite.
    Nous savions qu'il fallait agir, mais nous ne pouvions pas agir seuls. C'est pourquoi, dès que l'occasion s'est présentée, le gouvernement a invité les provinces à une première discussion sur la bonification du Régime de pensions du Canada. Cela remonte à décembre 2015, quelques semaines à peine après notre arrivée au pouvoir. Cette première rencontre s'est révélée très fructueuse, à tel point que le gouvernement fédéral et les provinces sont arrivés à un consensus en juin.
    Le gouvernement fédéral et les provinces participantes ont conclu une entente d'importance historique selon laquelle le RPC sera modifié de façon significative pour permettre aux Canadiens de prendre leur retraite avec plus d'argent dans leurs poches et avec dignité. Ces travaux mettent en lumière le rôle clé des partenariats et notre détermination à renouveler les relations avec les autres administrations, afin que nous puissions relever ensemble nos défis communs.
    Nous avons besoin d'une fédération solide. C'est la clé du succès. Voyons un peu ce que nous avons accompli jusqu'à maintenant. Les travailleurs du début de la vingtaine, à l'aube de leur carrière, profiteront grandement de ces prestations au moment de leur retraite. En effet, ce sont les prestations de retraite des jeunes travailleurs qui augmenteront le plus.

  (1205)  

    Il ne fait aucun doute pour moi que les députés de la Chambre ne se préoccupent pas seulement de l'immédiat, mais aussi du long terme, que soit pour leurs enfants ou petits-enfants. Au fil de mes déplacements partout au pays, dans le cadre des consultations sur le budget de 2016, ce que je fais encore pour celui de 2017, j'ai constaté que les gens voulaient que nous prenions des mesures applicables immédiatement, mais aussi que nous nous occupions du long terme.
    Voilà pourquoi le ministre des Finances est surnommé l'homme du long terme. Il a une vision à long terme afin de veiller à ce que notre pays soit prospère pour les générations à venir.
    Grâce à un Régime de pensions du Canada amélioré, les travailleurs recevront des prestations plus généreuses, qui passeront du quart au tiers des revenus admissibles. Voilà une réalisation importante. C'est une entente historique et transformatrice pour le pays et les générations futures.
    J'aimerais donner un exemple. Les personnes qui gagnent 50 000 $ par année pendant leur vie professionnelle recevront environ 16 000 $ par année à la retraite plutôt qu'environ 12 000 $ aujourd'hui. Elles disposeront donc de 4 000 $ de plus chaque année pouvant servir à économiser et à investir. Les familles canadiennes et les travailleurs s'attendent à avoir cet argent à la retraite pour contribuer à la société.
    Qu'en est-il des Canadiens qui sont inquiets que ce ne soit qu'une nouvelle somme retenue sur leurs salaires? C'est la question qu'ont posée certains députés. Je me permets de leur donner une réponse claire. D'abord, nous avons veillé à ce que l'augmentation des cotisations se fasse graduellement pour que les gens puissent en être au courant. Nous devons avertir les gens quand des changements aux politiques sont prévus. C'est exactement ce que nous avons fait.
    En 2019, un salarié qui gagne 50 000 $ par année devra cotiser 70 $ de plus par année ou 6 $ de plus par mois. Pour en revenir à l'exemple, cette personne recevra 4 000 $ de plus en prestations et cotisera 6 $ de plus par mois en 2019.
    Je peux garantir aux députés que s'ils parcourent notre pays, ils verront que les Canadiens comprennent que nous agissons dans leur intérêt.
    En ce qui concerne la portion cotisation de l'employé du RPC bonifié, nous allons également offrir une déduction d'impôt au lieu d'un crédit d'impôt afin d'éviter que les nouvelles cotisations au RPC nuisent aux épargnes.
    Comment les employeurs seront-ils touchés? Nous avons entendu les députés d'en face parler de l'incidence de cette mesure sur les employeurs. La réponse que je leur donnerai est très simple : les employeurs bénéficieront également d'une mise en oeuvre graduelle à long terme commençant en 2019. Il s'agit là de la façon responsable de donner aux entreprises et aux travailleurs le temps de s’adapter à la hausse des cotisations qui accompagne la bonification de ce programme.
    Qu'adviendra-t-il des travailleurs à faible revenu qui s'inquiètent de l'effet qu'aura l'augmentation des cotisations au RPC sur leur chèque de paye? En quoi la bonification du RPC les aidera-t-elle? Je le dirai à la Chambre sans détour. Je garantis à mes collègues et aux travailleurs à faible revenu que le RPC bonifié sera avantageux pour tous les travailleurs, y compris ceux à faible revenu.
    Pour éviter que la hausse des cotisations ne soit un fardeau pour les travailleurs à faible revenu admissibles, le gouvernement augmentera parallèlement la prestation fiscale pour le revenu de travail. La hausse proposée de cette prestation fiscale vise à compenser, pour à peu près le même montant, l'augmentation des cotisations au RPC pour les travailleurs à faible revenu admissibles.
    Grâce à cette amélioration, il n'y aura pas de répercussions sur le revenu disponible de ces personnes et, au moment de la retraite, elles toucheront des prestations de retraite plus généreuses. En somme, les gens qui travaillent au Canada, qui cotisent au RPC et qui prévoient prendre leur retraite après 2019 obtiendront plus d'argent du RPC.
    Le temps est venu de rétablir la confiance des Canadiens dans leur gouvernement et de récompenser ceux qui ont travaillé fort toute leur vie et qui osent espérer pouvoir compter sur une retraite garantie, comme leurs parents et leurs grands-parents ont pu le faire avant eux. Après tout, c’est l’entente qu’ils avaient contractée au départ. Avec les modifications que nous proposons, les Canadiens auront moins à s’inquiéter d’avoir assez d’argent pour leurs vieux jours et pourront jouir un peu plus du temps présent, s’occuper de l’éducation de leurs enfants et contribuer à leur milieu.
    Tout le monde y gagne. J’invite mes collègues à appuyer ce nouveau RPC bonifié, car c’est la chose à faire, non seulement pour la génération actuelle mais aussi pour les générations futures. Lorsque les députés prendront leur retraite, ils pourront être fiers d’avoir été présents à la Chambre lorsqu’il fallait décider de faire ce qui s'imposait pour nos enfants et nos petits-enfants.

  (1210)  

[Français]

    Monsieur le Président, nous aurons l'occasion tout à l'heure d'aller plus en détail sur le fond des choses.
    Le député a quand même oublié de mentionner un chiffre, et c'est le chiffre 40. Il faudra 40 ans pour que les effets de cette loi entrent en vigueur, parce que le tour de roue nécessaire à cet égard est long. Par contre, les entrepreneurs vont être tenus de payer en moyenne 1 000 $ de plus pour chacun de leurs employés, et chaque travailleur va devoir payer 1 000 $ de plus.
    Pourquoi le gouvernement se targue-t-il de créer la justice dans le monde, alors qu'en réalité, il oublie de dire qu'il va aller chercher 1 000 $ de plus dans le porte-monnaie des travailleurs?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Louis-Saint-Laurent, tout d'abord de sa question, mais aussi de sa contribution vraiment importante au Comité permanent des finances.
    Le député a mentionné un chiffre; je vais lui en mentionner quatre. Pour une personne qui fait 50 000 $, durant sa vie active dans notre société, cette personne recevra 16 000 $ en prestations du Régime de pensions du Canada, comparativement à 12 000 $ aujourd'hui. On parle de 4 000 $ de plus pour des contributions qui seront faites maintenant.
    Je connais mon collègue de Louis-Saint-Laurent et je sais qu'il est préoccupé non seulement par cette génération-là, mais qu'il comprend bien aussi que lorsqu'on investit aujourd'hui, on en retirera les avantages dans l'avenir. Je peux assurer que les gens, dans sa circonscription comme dans la mienne, se rappelleront de ce moment historique dans l'histoire du pays.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le dernier gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau avait proposé des mesures importantes pour protéger les prestations de retraite des parents qui restaient à la maison pour élever leurs enfants. J’ai l’impression que le gouvernement actuel a oublié de les intégrer au projet de loi C-26.
    Les femmes sont déjà défavorisées parce que leurs prestations du Régime de pensions du Canada sont en moyenne inférieures à celles des hommes. Si on ne règle pas ce problème, l’inégalité entre les sexes ne fera que s’aggraver. Le projet de loi C-26 souffre d’un grave défaut qui pénalise les femmes et les personnes handicapées, en ce sens qu’il ne reconduit pas la clause d’exclusion pour élever des enfants qui existe dans le RPC actuel. Cette clause fait en sorte que les parents qui prennent un congé pour élever leurs enfants ne sont pas pénalisés. C’est la même chose pour les personnes handicapées.
     Le gouvernement est-il disposé à examiner des amendements pour remédier à ce grave défaut ?
    Monsieur le Président, le député a soulevé une question très importante. Je vais m’efforcer d’être très clair, à l’intention des Canadiens qui nous regardent de chez eux et des députés qui sont ici aujourd’hui. La bonification du RPC que nous proposons va améliorer la situation de tous les travailleurs canadiens. Les statistiques montrent qu’au moment de prendre leur retraite, les femmes ont généralement des revenus inférieurs à ceux des hommes. Les améliorations apportées au RPC vont être bénéfiques pour les femmes. Nous sommes très fiers de pouvoir augmenter les revenus de retraite de tous les Canadiens, surtout des femmes, qui se retrouvent souvent avec des revenus inférieurs à ceux des hommes.
    Monsieur le Président, je suis heureux de siéger au comité des finances avec mon collègue. Il est vrai que, par rapport à des gains de 50 000 $, une augmentation des prestations de 4 000 $ semble assez substantielle. Quand on y regarde de près, toutefois, et qu’on tient compte de l’inflation, on constate que passer de 12 000 à 16 000 $ en quatre ans, c’est loin d’être suffisant. C’est donc un avantage très limité. Le supplément sera financé par les employés. À ce propos, le député n’a pas parlé de la contribution des employeurs, qui est pourtant conséquente. Il serait plus crédible s’il disait franchement aux Canadiens que les employeurs vont écoper d’un impôt supplémentaire.
    Le député devrait refaire ses calculs et dire franchement aux Canadiens ce qu’il en est, car ils ne vont en recevoir aucun effet bénéfique d’ici quatre ans, et je me demande comment ils vont pouvoir en conclure que c’est un bon investissement. Personnellement, je n'arrive pas à cette conclusion. Rien n'indique que...

  (1215)  

    Le secrétaire parlementaire du ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, le député apporte au comité des finances une contribution tout à fait appréciable, car c’est un homme qui sait manier les chiffres. Je vais quand même lui en rappeler quelques-uns. Les personnes qui gagnent 50 000 $ par an pendant leur vie active recevront à leur retraite 16 000 $ par an au lieu de 12 000 $ cette année. Cela représente 4 000 $ de plus par an, quand ils prendront leur retraite. Combien devront-ils cotiser pour toucher cette prestation bonifiée? Si, pendant leur vie active, leurs gains ouvrant droit à pension s’élèvent à 50 000 $, ils devront cotiser 6 $par mois à partir de 2019 pour toucher une prestation complémentaire de 4 000 $. Les Canadiens le comprennent parfaitement, et c’est ce qu’ils veulent.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis bien heureux de prendre la parole dans ce débat, même si malheureusement nous constatons, avec les votes qui ont eu lieu précédemment, que le droit de parole des parlementaires risque d'être étouffé par ce gouvernement.
     En effet, ce gouvernement n'accepte pas que plus du tiers des députés de l'opposition officielle puisse s'exprimer sur ce projet de loi qui, à court terme et à long terme, aura des répercussions directes sur les contribuables, et dont les mesures dites positives prendront 40 ans avant d'entrer en vigueur. D'ici ce temps-là, je ne veux vieillir personne, mais il y a beaucoup de gens ici qui ne pourront pas bénéficier de ces avancées que l'on prétend être dans ce projet de loi.
    En fait, deux visions s'affrontent. D'un côté, on a la vision du Parti conservateur qui préfère donner aux citoyens des outils pour l'épargne. N'oublions pas que nous avons inventé le fameux programme du CELI qui est très populaire et qui mérite d'être maintenu, mais surtout d'être encore plus accessible aux gens. Nous, nous donnons des outils aux gens pour qu'ils puissent faire le meilleur choix concernant l'épargne.
    De l'autre côté, le gouvernement libéral dit savoir ce qui est bon pour les gens, qu'il va aller chercher plus d'argent dans la poche des travailleurs, et qu'il va obliger les employeurs à verser encore plus de cotisations au Régime de pensions du Canada.
    Ce sont deux visions qui s'affrontent. Chacun peut trouver un avantage à l'un et à l'autre, mais pour nous c'est clair: c'est le travailleur, le citoyen ou l'entrepreneur qui doit faire les choix qui lui semblent pertinents, plutôt que de laisser cela dans les mains du gouvernement.
    Qu'est-ce que l'application de ce projet de loi va-t-elle faire? Cela va faire que les travailleurs devront dorénavant verser 1 000 $ de plus en moyenne au Régime de pensions du Canada. Du côté des entrepreneurs, c'est 1 000 $ de plus en moyenne par employé, dans chacune des entreprises. C'est extrêmement lourd à porter.
    Regardons d'abord la question du 1 000 $ par travailleur. Nous, nous croyons que c'est toujours mieux de laisser de l'argent dans les poches des gens que de le voir dans les mains du gouvernement. Une ponction qui va atteindre 1 000 $ par travailleur n'est pas la bonne marche à suivre.
    En ce qui concerne l'entreprise et l'employeur, nous croyons que les emplois ne sont pas créés par le gouvernement, mais par l'entreprise privée. Le gouvernement doit tout faire pour épauler, accompagner et ouvrir le chemin aux entreprises. Ce n'est pas au gouvernement de faire le travail des entrepreneurs. Les entrepreneurs sont les vrais créateurs d'emplois et de richesse. Ils sont l'épine dorsale de l'économie canadienne. Nous devons tout faire pour les aider à créer de l'emploi et de la richesse et surtout ne pas leur imposer de nouveaux frais. Or ce que le gouvernement fait, c'est justement leur imposer de nouveaux frais, soit 1 000 $ de plus par travailleur.
    Quand on sait que ce gouvernement va imposer encore d'autres frais à nos entreprises, ce n'est vraiment de bon augure pour la suite des choses. Rappelons-nous que ce gouvernement veut imposer la taxe libérale sur le carbone, qui aura des répercussions directes sur chacune de nos entreprises. Rappelons-nous que ce gouvernement s'était engagé à réduire le taux d'imposition des entreprises de 10,5 % à 9 %, alors qu'il n'y a pas l'ombre d'une information concernant la réalisation de cet engagement. Rappelons-nous aussi que ce gouvernement s'est fait élire avec une promesse d'un déficit modeste de 10 milliards de dollars, mais que la réalité est trois fois pire et qu'on ne sait même pas aujourd'hui quand aura lieu le retour à l'équilibre budgétaire. N'oublions pas qu'un déficit, c'est une taxe que l'on envoie à nos enfants et à nos petits-enfants qui vont payer pour la mauvaise gestion d'aujourd'hui.
    Notre point de vue, c'est que le chemin emprunté par le gouvernement par l'entremise de ce projet de loi n'est pas le bon.
    Regardons quand même la réalité des faits: bien entendu, nous souhaitons tous avoir une retraite qui soit la plus agréable et la plus douce. Tout le monde le pense, le souhaite et veut travailler en conséquence. Reconnaissons la réalité des faits: la situation s'est grandement améliorée au cours des dernières décennies, grâce entre autres à la bonne mesure qui avait été prise par d'anciens gouvernements, notamment par celui du très honorable Brian Mulroney.
    Rappelons qu'au cours des dernières années, on a mis en place des mesures pour aider les gens à faire de l'épargne, ce qui fait en sorte que, selon Statistique Canada, la proportion des personnes âgées vivant avec un faible revenu est passée de 29 % en 1970 à 3,7 % aujourd'hui, ce qui est un des plus bas taux des pays du monde. C'est intéressant. Oui, bien entendu, il faut toujours être soucieux des plus humbles d'entre nous, mais on constate que des plus humbles d'entre nous, il y en a moins qu'avant, et particulièrement chez les personnes âgées.

  (1220)  

    Ce chemin est bien fait, parce qu'on a justement donné les outils nécessaires aux citoyens pour faire les choix qu'ils estiment être légitimes. Le taux d'épargne du Canada a augmenté de 7,7 % du salaire, en 1990, à 14,1 %, aujourd'hui. On réussit à faire cela parce qu'on a sensibilisé les gens à épargner et à faire des placements judicieux.
    Que va concrètement apporter ce projet de loi si, par malheur, il est adopté et mis en oeuvre? Selon une analyse faite par le ministère des Finances du Canada, cela amènera une réduction de l'emploi, une réduction du produit intérieur brut, une réduction des investissements des entreprises, une réduction du revenu disponible et une réduction de l'épargne privée. Cela donne une, deux, trois, quatre et cinq réductions. Au baseball, nous serions retirés depuis au moins deux coups déjà. Ce sont cinq échecs, cinq réductions et cinq facteurs de diminution de la croissance de l'économie. Or on sait qu'on a besoin de cette croissance, particulièrement quand ces gens, en face, dépensent sans compter, n'ont pas de contrôle sur les dépenses publiques et ne savent même pas quand reviendra l'équilibre budgétaire. Cette approche est donc inquiétante.
    Par ailleurs, un document de l'Institut C.D. Howe indique que le plan du Parti libéral ne bénéficiera pas aux travailleurs à faible revenu, car leurs cotisations vont augmenter, mais l'augmentation nette de leurs prestations de retraite sera faible, car les paiements plus élevés au titre du régime de retraite seront compensés par une récupération des prestations du Supplément de revenu garanti.
    C'est bien beau, se gargariser de grands principes et dire qu'on va permettre aux plus humbles d'entre nous d'en avoir davantage. C'est bien, mais ce que le gouvernement donne d'un côté, il le reprend de l'autre. Ce n'est pas nous, les conservateurs, qui disons cela, c'est l'Institut C.D. Howe.
    Soit dit en passant, C. D. Howe a été un des grands ministres de l'histoire du Canada, celui-là même qui, de mon point de vue, a été l'un de ceux qui ont bâti le Canada du XXe siècle, et particulièrement l'épine dorsale industrielle de notre pays, au moment où nous faisions face à la guerre. J'aime bien faire une petite parenthèse sur l'histoire de temps en temps. Tant qu'à parler, autant se faire plaisir quelquefois.
    Le Supplément de revenu garanti était justement une mesure qui se voulait attentive aux plus humbles d'entre nous au cas où, par malheur, des gens n'arriveraient pas à joindre les deux bouts en raison de leur fonds de pension personnel. Parce qu'on est plus attentif à cela aujourd'hui, alors qu'en d'autres temps on ne l'était pas — comme les salaires étaient plus bas, les gens avaient peut-être moins la tête à l'épargne — nous avions créé le Supplément de revenu garanti pour permettre d'éponger la différence et de remettre cela à niveau.
    Cependant, compte tenu de cette approche libérale, l'objectif ne sera malheureusement plus atteint, comme il devrait l'être, et ce qui n'est pas de bon augure.

[Traduction]

     Le projet de loi fait apparaître clairement ce qui distingue le gouvernement de notre parti. Ce que nous voulons, nous, c’est donner aux gens les outils dont ils ont besoin pour choisir un bon régime de retraite, en phase avec leurs priorités personnelles. Nous ne voulons abolir aucune prestation fédérale. Bien sûr que non. Cependant, quand il s’agit de mettre en place quelque chose de nouveau, nous voulons que ce soit les gens qui décident pour eux et non pas le gouvernement. Si nous adoptons ce projet de loi, il est évident que les gens vont se retrouver avec moins d’argent dans leurs poches. En effet, il va permettre au gouvernement de prélever 1 000 $ par an sur le salaire de chaque travailleur. Pis encore, il va augmenter les coûts des entrepreneurs, qui sont ceux qui créent la richesse et les emplois et qui sont le véritable moteur de notre économie. Ce sont 1 000 $ supplémentaires qui vont être prélevés pour chaque employé de leur entreprise. Ce n’est pas bon du tout pour l’économie canadienne, et ce n’est pas bon du tout pour ceux qui travaillent, car il va falloir attendre pas moins de 40 ans avant de ressentir les effets positifs des modifications proposées.

  (1225)  

[Français]

    J'invite tous les députés de la Chambre à voter contre ce projet de loi.
    Monsieur le Président, mon collègue de Louis-Saint-Laurent sait que j'ai énormément de respect pour lui. Toutefois, je reprendrai sa phrase.
     Rappelons ce que nous avions dit aux Canadiens et ce contre quoi ils ont voté.
    Rappelons que nous avions promis d'aider la classe moyenne. La première mesure que ce gouvernement a introduite était la réduction d'impôt pour la classe moyenne, dont 9 millions de Canadiens et de Canadiennes profitent aujourd'hui.
    Rappelons que nous avions promis d'aider les familles canadiennes. Nous l'avons fait, grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, qui aidera 9 familles sur 10 et qui sortira 300 000 enfants de la pauvreté. Notre collègue conservateur a voté contre cette mesure.
    Rappelons que nous avions proposé la bonification du régime de prêts et bourses pour les étudiants du Canada. Le Parti conservateur a voté contre cette mesure.
     Rappelons que nous avons fait des investissements historiques de 8,4 milliards de dollars pour les Premières Nations, et ce, afin d'offrir des services dans les communautés autochtones comme il se doit. Le Parti conservateur a voté contre cette mesure.
     Rappelons ce que nous avons fait pour nos aînés. Nous proposons aujourd'hui de bonifier le Régime de pensions du Canada. Nous avons aussi proposé de bonifier le Supplément de revenu garanti, ce qui aiderait 900 000 aînés au pays, surtout des femmes, puisque la plupart des aînés vivant seuls sont des femmes.
    Rappelons également que nous avons ramené l'âge de la retraite de 67 à 65 ans.
    La question que j'aimerais poser à mon collègue de Louis-Saint-Laurent est simple: pourquoi s'apprête-t-il à voter contre des mesures qui profitent à nos aînés, à nos jeunes, à la classe moyenne et à l'ensemble des citoyens de son comté?
    Monsieur le Président, cela va chercher encore plus d'argent dans les poches des gens et dans celles des entrepreneurs qui, eux, en ont besoin pour créer des emplois et de la richesse, afin que les gens puissent faire les choix nécessaires.
    Puisqu'on parle à nouveau du programme électoral et du projet de loi d'exécution du budget, c'est avec plaisir que je rappellerai que 65 % des Canadiens ne sont pas touchés par les soi-disant mesures de baisse d'impôt. Les plus grands bénéficiaires des nouvelles mesures de réduction d'impôt du gouvernement sont ceux qui gagnent entre 140 000 $ et 200 000 $ par année.
    À ce sujet, je confesse mon conflit d'intérêts: je fais partie de cette tranche d'imposition. Toutefois, j'ai voté contre cette mesure, parce que l'on faisait croire aux gens que tout le monde aurait plus d'argent, alors que ce n'est pas vrai. En effet, 65 % des Canadiens ne sont pas touchés par cette mesure.
    Rappelons que l'Allocation canadienne pour enfants, qui devait se faire à coût nul, coûtera finalement 3,4 milliards de dollars de plus que les programmes que nous avions. D'ailleurs, dois-je rappeler à mes collègues que les libéraux ont oublié d'indexer cette mesure? Ce petit oubli ajoutera des milliards de dollars à notre dette.
    Mon collègue a parlé des Premières Nations. Dois-je lui rappeler que le 11 juin 2008, ici, le très honorable Stephen Harper a présenté des excuses formelles aux Premières Nations? C'est la seule fois dans l'histoire canadienne qu'un premier ministre l'a fait. La seule fois que le grand chef s'est adressé aux parlementaires dans l'histoire canadienne, c'est sous l'égide de notre gouvernement, et nous en sommes très fiers.
    Dois-je aussi rappeler que ce gouvernement s'est fait élire sur la base d'un programme dans lequel on peut lire, à la page 85, qu'il y aurait des modestes déficits de 10 milliards de dollars et que le retour à l'équilibre budgétaire se ferait dans trois ans? C'est trois fois pire, et on ne sait pas quand on sera de retour à l'équilibre budgétaire. Honte à eux!

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de s’exprimer avec autant de passion, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui.
     J’aimerais savoir ce que pense le député du problème des retraites tel qu’il se pose actuellement au Canada. Je dirais même que c’est une crise. Les Canadiens mettent de moins en moins d’argent de côté pour leur retraite. Malheureusement, pour beaucoup de ceux qui en mettent de côté, ce problème n’a fait que s’aggraver avec le gouvernement de Stephen Harper.
     J’aimerais savoir ce que le parti de mon collègue a à dire de tout cela. Le député peut-il nous dire quelles leçons les députés conservateurs ont tirées du régime de retraite qu’ils avaient élaboré pour les Canadiens et qui n’a manifestement pas fonctionné puisque de nombreux retraités vivent aujourd’hui dans la pauvreté?

  (1230)  

[Français]

    Monsieur le Président, il n'y a certainement pas de mesure parfaite. L'enfer est pavé de bonnes intentions.
     Nous avions des objectifs précis et nous ne les avons pas nécessairement tous atteints. Toutefois, regardons le portrait global du Canada d'aujourd'hui. En 1970, les gens vivaient dans une situation de pauvreté très grave. Aujourd'hui, ces gens sont beaucoup moins nombreux. Selon Statistique Canada, 29 % des personnes âgées avaient un faible revenu en 1970, par rapport à 3,7 % aujourd'hui. À mon avis, nos réalisations parlent d'elles-mêmes.
    Aurions-nous pu en faire plus et obtenir de meilleurs résultats? C'est fort probablement le cas. Toutefois, nous avons suivi le bon chemin.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je vais répondre très brièvement à mon collègue et ami d’en face qui s’est demandé si le gouvernement conservateur précédent aurait pu en faire plus. Je dirai que le Parti conservateur n’a pratiquement rien fait pour aider les personnes âgées, et qu’il aurait pu en faire beaucoup plus. En fait, pendant toutes les années où j’ai siégé dans l’opposition, les provinces n’ont cessé de réclamer un solide leadership national à l'égard du Régime de pension du Canada. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait la sourde oreille aux demandes des provinces, qui voulaient que le gouvernement fédéral intervienne. Il me paraît évident que le dossier des revenus admissibles était très secondaire pour le gouvernement de Stephen Harper.
     C’est peu dire que les conservateurs n’ont jamais apprécié à sa juste mesure l’importance du Régime de pension du Canada pour la population canadienne et pour les nombreux gouvernements canadiens qui voulaient que le fédéral fasse preuve de leadership dans ce dossier. Il a fallu attendre que notre premier ministre soit élu et qu’il prenne la décision, avec son gouvernement, de donner aux Canadiens ce à quoi ils aspiraient.
    Avant de commencer mon intervention, je voudrais remettre certaines pendules à l’heure. Il m’arrive d’être blessé quand j’entends les députés poser certaines questions ou citer certains propos, notamment ce que j’ai dit au sujet de l’attribution du temps. Voici ce que j’ai à dire. Les conservateurs ont peut-être embobiné les néo-démocrates sur toute la ligne, mais ils n’ont pas réussi à embobiner les députés ministériels. Ce que les conservateurs veulent, personne ne s'en surprendra, c’est torpiller le projet de loi C-26. Ils sont peut-être les seuls à s’opposer au projet de loi C-26 au Canada, mais il me paraît évident qu’ils veulent le torpiller. Ils seraient ravis que ce projet de loi ne voie jamais le jour. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas été surpris de les voir se livrer à leurs petits jeux, hier, pour essayer d’empêcher un dernier vote sur le projet de loi C-26. S’il n’en tenait qu’au Parti conservateur, le projet de loi C-26 ne serait jamais mis aux voix. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont proposé des amendements.
     Ils ont réussi à embobiner le NPD, le troisième parti, et c’est tout à leur honneur, car ce n’est pas toujours le parti le plus facile à embobiner. Il faut reconnaître que l’attribution du temps est un outil qui permet de débattre des affaires émanant du gouvernement. C’est ce que veulent les Canadiens. Une vaste majorité d’entre eux appuient le projet de loi C-26. Je le sais. Si nous ne sommes pas prêts à utiliser les outils qui sont à notre disposition, alors nous ne réussirons pas à faire adopter les projets de loi importants que les Canadiens attendent.
     Je reconnais que les conservateurs ont mis le doigt sur les lacunes du projet de loi, mais depuis ils se sont braqués et ils ne veulent pas que le projet de loi entre en vigueur. Ils ont pris la parole à 30 occasions, sans compter toutes les autres occasions qu’ils ont eues pendant les questions et réponses. Cela signifie que plus de la moitié des députés conservateurs auraient pu très facilement prendre la parole, s’ils l’avaient voulu, pendant le débat sur ce projet de loi.
    Je vais plus loin en disant qu'il n'en faut pas beaucoup. Il suffit de 10 ou 12 députés pour qu'un parti soit reconnu officiellement. N'importe quel parti peut nuire passablement au déroulement des travaux de la Chambre car celle-ci ne dispose que d'un temps limité pour étudier les projets de loi. Si un parti de l'opposition décide de se livrer à des manoeuvres dilatoires parce qu'il ne reconnaît pas ce que le gouvernement cherche à accomplir, il y a fort à parier que le gouvernement sera forcé d'imposer l'attribution de temps. Lorsque je siégeais dans l'opposition, le gouvernement a imposé l'attribution de temps au moins 100 fois. Un député de l'opposition n'a pas à poser un geste d'éclat pour susciter de la frustration dans les banquettes ministérielles et pour inciter le gouvernement à recourir à ce mécanisme. Voyons plutôt combien de temps a été alloué à l'étude du projet de loi C-26.

  (1235)  

    L'idéal serait toujours que le gouvernement et l'opposition en arrivent à un consensus. Dans le présent cas, la leader du gouvernement à la Chambre a tendu la main à l'opposition de façon sincère et tangible. Tant mieux si l'opposition souhaite être conciliante, à l'instar du gouvernement, mais ne tournons pas autour du pot. Il arrive parfois que les députés de l'opposition refusent de collaborer parce qu'ils souhaitent faire avorter une mesure législative. Cependant, ce n'est pas cela qui empêchera l'adoption du projet de loi parce que le gouvernement entend d'abord et avant tout continuer de prendre des mesures qui, selon lui, servent l'intérêt des Canadiens.
    Si on jette un coup d'oeil au projet de loi C-26, force est de constater que son contenu et ses objectifs sont passablement clairs. Le gouvernement fédéral fait preuve de leadership — du Cabinet du premier ministre en passant par les ministères et jusqu'aux membres du caucus — en présentant une mesure législative qui fait suite à une entente historique. Tous les membres du caucus libéral ont eu la possibilité de participer au grand débat concernant les pensions pour les aînés, et le RPC est l'un des piliers du système de retraite dans lequel les Canadiens ont vraiment confiance et à l'égard duquel ils souhaitent des améliorations.
    Nous sommes allés un peu plus loin en disant que nous allions faire preuve du leadership nécessaire. Pendant la première année suivant notre arrivée au pouvoir, nous avons conclu une entente avec les provinces dans toutes les régions du pays et avec les différents partis politiques qui les dirigent. Même des gouvernements dirigés par le Parti progressiste-conservateur ont adhéré à l'accord dont il est question aujourd'hui. En outre, de nombreux groupes de revendication ont indiqué qu'ils étaient satisfaits du contenu du projet de loi.
    Le projet de loi ne porte pas sur les aînés d'aujourd'hui, mais le gouvernement ne les a pas oubliés. Le meilleur exemple de cela, c'est la bonification considérable du Supplément de revenu garanti prévue dans le budget. Cette initiative va extraire de la pauvreté des dizaines de milliers d'aînés qui sont parmi les plus vulnérables et les plus pauvres du pays, et je parle des aînés d'aujourd'hui.
    Il ne faut toutefois pas penser que le projet de loi à l'étude est inutile parce qu'il n'aidera pas concrètement les aînés d'aujourd'hui. Les aînés nous disent qu'ils se soucient du sort de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Ils souhaitent que leurs enfants et leurs petits-enfants aient une retraite digne. Ce projet de loi est tourné entièrement vers l'avenir; il traduit donc une vision. Le gouvernement fait preuve de leadership et il comprend la situation.
    Parmi tous les projets présentés jusqu'à maintenant, celui à l'étude est celui que je choisirais pour démontrer pourquoi les conservateurs ne sont plus au pouvoir, c'est-à-dire parce qu'ils ont perdu contact avec les Canadiens. Voilà la vérité. Ils n'ont pas compris ce que les Canadiens souhaitent véritablement, car ils sont coupés de leur réalité.
    Comparons cela avec l'attitude du premier ministre et de son gouvernement. Le premier ministre a fermement exigé que les membres de son caucus aillent à la rencontre des Canadiens afin de mieux comprendre leurs volontés et d'en faire rapport à Ottawa, en vue d'instaurer des mesures qui y répondent véritablement. C'est ce dont il est question dans le projet de loi C-26.
    Je ne comprends pas pourquoi le Parti conservateur persiste à s'opposer au projet de loi. Manifestement, ils n'ont pas tiré de leçon des dernières élections. Ils ignorent ce que la vaste majorité des Canadiens veulent véritablement, ce qu'illustre leur opposition au projet de loi.
    Peu m'importe que les conservateurs souhaitent demeurer déconnectés des Canadiens, car, pour notre part, nous allons de l'avant. Nous verrons ce que l'avenir nous réserve. Nous comprenons ce que comporte le projet de loi C-26. Pensons-y: des premiers ministres provinciaux de différentes allégeances politiques et le gouvernement fédéral sont arrivés à se concerter et à conclure un accord.

  (1240)  

    C'est un accord qui, à notre avis, est dans l'intérêt des travailleurs, non seulement à court terme, mais aussi à long terme. Les principaux intéressés, même les entreprises, conviennent pour la plupart que c'est une mesure législative que tous les députés devraient appuyer.
    Monsieur le Président, j'ai récemment observé une tendance dans les discours du député. Il semble être beaucoup plus sévère. Il semble un peu plus négatif, et je ne suis pas certain que les voies sont toutes ensoleillées de ce côté-là.
    Toutefois, le député semble dire qu'il sait exactement ce que veulent les Canadiens et ce qu'il leur faut. Je représente une circonscription semblable à la sienne, et on y trouve beaucoup de gens qui sont en désaccord avec le gouvernement et beaucoup qui sont d'accord. Pourquoi tente-t-il de dire que le Parti conservateur n'a pas appris sa leçon? Je laisse aux gens le soin d'en juger. Ne convient-il pas que de telles généralisations montrent au fond que, si l'on n'est pas prêt à écouter d'autres points de vue à la Chambre, la Chambre n'a pas sa raison d'être?
    Monsieur le Président, le député parle des voies ensoleillées. Je suis un optimiste. Les conservateurs changeront peut-être d'opinion dans ce dossier et appuieront peut-être le projet de loi. Ce serait merveilleux.
    Je n'ai pas dit que tous les Canadiens appuient le projet de loi. J'ai dit qu'une grande majorité de Canadiens l'appuient. Si le député en doute, je l'invite à venir dans ma circonscription, Winnipeg-Nord, et si l'occasion se présente, je pourrais tenter de me rendre dans la sienne. Toutefois, je l'invite à venir à Winnipeg-Nord et à y consulter un groupe d'aînés. Il peut choisir l'emplacement. Nous lancerons une invitation ouverte. Je mettrai à l'ordre du jour ce que nous faisons pour les aînés d'aujourd'hui et de demain. Je peux parler du fait que nous avons ramené de 67 à 65 ans l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse. Je peux parler de la bonification du Supplément de revenu garanti. Je peux expliquer comment le projet de loi C-26 contribuera à enrichir les futurs retraités.
    J'estime qu'une vaste majorité de gens lui confirmeraient qu'ils sont très satisfaits des mesures prises par le gouvernement. Il semble que seul le Parti conservateur ne l'est pas. Les autres partis et les administrations publiques reconnaissent que c'est la bonne chose à faire. Nous appuyons tous collectivement ce que réclament une vaste majorité de Canadiens. Seuls les conservateurs semblent déconnectés.
    Cela dit, je suis un optimiste. Je crois aux voies ensoleillées. Peut-être que les conservateurs vont changer leur fusil d'épaule et appuyer le renvoi du projet de loi au comité.
    Monsieur le Président, j'aimerais poursuivre sur le même point. Il s'agit d'un débat incroyablement important. Nous avons eu plusieurs jours pour en discuter, et pourtant il s'agit d'un sujet très ciblé. Dans les faits, la Chambre a eu le temps de débattre en profondeur de ce sujet.
    Le député soulève un point valable. Le gouvernement se préoccupe du sort des Canadiens qui n'auraient pas les moyens voulus pour vivre leur retraite dans la dignité. Il s'agit ici d'une partie d'un plan visant à faire en sorte que les Canadiens puissent prendre leur retraite sereinement, dans la sécurité. Le député avait commencé à en parler. C'est un point tellement important. Pourrait-il nous dire comment cela s'articule dans ce plan global visant à permettre aux Canadiens de vivre la retraite qu'ils méritent?

  (1245)  

    Monsieur le Président, il est primordial que nous reconnaissions ce point. Quand nous réfléchissons à toute la question des pensions et au fait que les Canadiens se dirigent vers la retraite — qu’ils soient retraités aujourd’hui ou qu’ils prennent leur retraite demain ou dans 10 ou 15 ans —, il y a une préoccupation réelle au sujet de l’existence des ces régimes de pension sociaux. Pour moi, les trois grands programes, soit le RPC, la SV et le SRG, sont indissociables. Sur ces trois fronts, nous avons vu le premier ministre et l’actuel gouvernement prendre des mesures substantielles. Par exemple, nous avons ramené l’âge d’admissibilité à la SV à 65 ans. Le Canada peut se le permettre. Certaines personnes ont hâte de prendre leur retraite à 65 ans, donc nous avons réduit l’âge d’admissibilité de 67 à 65 ans. C’est un gros progrès.
     En voici un autre. Pensons un peu aux aînés les plus pauvres et les plus vulnérables du Canada. Grâce à ce budget, nous assisterions à une hausse considérable de leur revenu, soit plus de 900 $ par année pour certains des plus démunis. Cette mesure permettrait littéralement de sortir des dizaines de milliers de nos aînés de la pauvreté. Nous pensons aux aînés d’aujourd’hui, mais aussi à ceux de demain. Voilà en quoi consiste réellement le projet de loi C-26.
     Notre gouvernement actuel ne se concentre pas seulement sur le présent; il est aussi tourné vers l’avenir. Si nous le comparons à l’ancien gouvernement Harper, c’est le jour et la nuit. Avec un peu de chance, les voies ensoleillées commenceront à briller quand le vote sur ce projet de loi aura lieu aujourd’hui.
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet de ce projet de loi que je crois absolument crucial pour l’avenir de tous les Canadiens.
     La réalité est que les Canadiens n’ont pas épargné suffisamment pour leur retraite. Cette situation est le résultat d’un changement dans le mode de travail des contribuables, où les pensions sont moins courantes et où les fonds de retraite des employeurs sont de plus en plus maigres. Beaucoup de Canadiens occupent des postes contractuels ou gagnent leur vie comme travailleurs autonomes, ce qui ne leur donne pas accès aux fonds nécessaires pour les aider à réaliser leurs rêves de retraite.
     Je peux affirmer, pour avoir traversé ma vingtaine — peut-être depuis un peu plus longtemps que je ne souhaiterais l’admettre — et pour en avoir discuté avec des amis dans cette période de leur vie, qu’on ne pense pas à la retraite à cet âge et qu’on ne met pas assez d’argent de côté pour s’y préparer. Malheureusement, à mesure qu’on fonde une famille et qu'on est de plus en plus occupé, cette tendance se maintient et, bien souvent, on ne commence à épargner adéquatement que lorsqu’il est trop tard. Les économies accumulées pour la retraite ne suffisent donc pas à répondre aux besoins.
     La réalité, c'est que les aînés se retrouvent maintenant avec un faible revenu et dans des situations où ils ont peu de possibilités d’augmenter leur revenu ou de combler leurs besoins de base. Nous ne souhaitons ce genre de retraite à personne, et il nous incombe, en tant que législateurs, d’examiner quels mécanismes nous pouvons instaurer pour que cela ne soit pas l’avenir réservé aux Canadiens qui ont travaillé fort toute leur vie et qui décident qu’il est temps de prendre leur retraite ou qui se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent plus travailler.
     Pour être honnête, rester inactif dans ce dossier est irresponsable et démontre un mépris flagrant pour l’avenir des Canadiens. Il est totalement inacceptable de dire que nous ne devrions pas proposer de politiques pour essayer d’améliorer la situation.
     Ce qui me préoccupe particulièrement, dans la position des conservateurs, c’est qu’ils ne proposent aucune solution de rechange. Leur attitude revient à dire: « Débrouillez-vous seuls. Bonne chance. Nous espérons que vous trouverez une solution. » Ce n’est pas suffisant. Pendant notre campagne électorale, nous avons promis d’améliorer le Régime des pensions du Canada et de veiller à ce que les Canadiens disposent d’un solide filet de sécurité.
     En vertu de ce régime, entre un quart et un tiers des revenus de retraite des Canadiens proviendront de leur pension. C’est un changement très important qui vient s’ajouter à toutes les autres mesures que nous prenons; ce n’est pas la seule chose que nous faisons, mais c’est un élément clé de la solution que nous proposons. Si nous ne le faisons pas, nous serons dans un sérieux pétrin.
     Les conservateurs essaient de faire croire que c’est une question d’impôt, mais comme je l’ai constaté quand je dirigeais des équipes dans diverses organisations, la réalité est qu’un employeur a une certaine responsabilité en ce qui a trait à la retraite de ses employés, et qu’il incombe à chaque personne de planifier et de payer sa propre retraite. Cette mesure permet à ces deux choses de se produire. Les économies ne sont pas un impôt, mais un plan prudent et intelligent pour notre avenir, et le fait de les définir comme étant autre chose est malhonnête et est une preuve de mauvaise foi.
     Le projet de loi est très clair et jouit de l’appui de plusieurs provinces et de beaucoup de gens de diverses allégeances politiques, mais après six jours de débats et plus de 36 interventions de députés conservateurs, nous avons amplement fait le tour de la question, et le temps est venu pour nous d’aller de l’avant.
     Pour placer un peu les choses en contexte, il y a 55 jours de séance dans le calendrier parlementaire entre septembre et décembre. Seulement 55 jours. Sept d’entre eux sont des jours désignés, que l’opposition peut utiliser à sa guise. Nous avons eu trois jours de débats sur l’Accord de Paris, une journée était réservée au débat sur le Règlement, et une autre journée a été perdue en raison des tactiques procédurales du Parti conservateur. Cela ne laisse que 43 jours pour les autres initiatives ministérielles. Nous avons consacré six jours à ce projet de loi, y compris la journée d’aujourd’hui, et le Parti conservateur, au lieu d’utiliser la journée entière pour en débattre puisque, selon lui, d’autres députés conservateurs voulaient prendre la parole, nous a entraînés dans toutes sortes de tactiques procédurales et a même voulu paralyser la Chambre hier.

  (1250)  

     C’est un manque de respect pour la Chambre.
     Se plaindre que ses droits ont été enfreints d’une quelconque manière est révoltant de la part du Parti conservateur, qui a imposé l’attribution de temps plus de 100 fois, ce qui a complètement entravé le débat et privé la Chambre de l’occasion de discuter des questions du jour, alors que ce temps lui a été alloué pour se pencher sur une question qui est claire, précise et simple.
     La réalité est que le gouvernement a de nombreuses mesures importantes à adopter et à mettre en oeuvre au nom des Canadiens. Le Parlement a l’obligation d’assurer la bonne marche des affaires de l'État.
     Ces tactiques et manoeuvres procédurales ne contribuent pas à l’atteinte de cet objectif, en particulier lorsque la question dont nous sommes saisis est aussi importante que celle-ci.
     Le débat que nous devrions avoir, et que je voudrais que nous ayons, consiste à se demander comment nous pouvons faire plus. Comment pouvons-nous nous assurer de pouvoir travailler collectivement avec tous le partis pour régler cette question en suspens, ce grave problème des Canadiens qui ne mettent pas assez d’argent de côté et qui n’ont pas les fonds dont ils ont besoin pour prendre une retraite sûre et sécuritaire?
     Je trouve encourageant que, dans tout le pays, la question du RPC a, dans une large mesure, transcendé les lignes de parti. Nous avons entendu les conservateurs, les néo-démocrates, les verts et des personnes de toutes les allégeances dire que nous pouvons trouver un terrain d'entente.
     J’aurais voulu que le débat aille plus loin et porte sur ce que nous pouvons faire d’autre. Quel autre mécanisme stratégique pouvons-nous utiliser? Nous ne pouvons nous permettre de laisser notre population atteindre un point où la retraite ne pourra plus répondre à ses besoins.
     Le projet de loi que nous examinons aujourd’hui est une étape importante de notre cheminement, mais ce n’est pas le bout du chemin. Par conséquent, nous étudions d’autres mesures dont il a été question il y a quelques instants et qui consistent, par exemple, à abaisser l’âge de la retraite de 67 à 65 ans et à déterminer dans quelle mesure le supplément de la Sécurité de la vieillesse peut répondre aux besoins des personnes qui sont dans une situation où leur revenu n’est pas assuré. Nous devons examiner d'autres éléments du réseau de la sécurité sociale.
     Comme tous ceux qui s’intéressent à la prudence financière, nous sommes conscients que, si nous ne faisons pas les investissements nécessaires du côté des pensions pour faire en sorte que les gens aient un revenu adéquat, les forces qui agiront sur les coûts de ces programmes sociaux parce que les Canadiens n’ont pas un revenu adéquat seront absolument écrasantes.
     Si les Canadiens n’ont pas les fonds nécessaires à leur retraite, nous n’allons pas dire aux personnes âgées: « Allez mendier sur le coin de la rue. » Nous n’allons pas leur dire: « Désolé, vous ne mangerez pas ce soir » ou « Désolé, vous n'aurez pas de chauffage aujourd'hui. » Ce problème va retomber sur le gouvernement. Il va nous retomber dessus d’une manière ou d’une autre.
     Nous pouvons soit nous couvrir les yeux, faire fi du problème et ne rien y faire aujourd’hui, soit transmettre une dette à la prochaine génération, soit devoir faire le choix terrible de payer ou de voir des personnes se trouver dans des situations affreuses.
     Ce que nous disons est qu’il est essentiel d’agir maintenant.
     Dans le but d’essayer de faire avancer les choses, j'aimerais que nous prenions le temps qu’il nous reste pour parler de ce que nous pouvons faire de plus, que nous mettions de côté les faux arguments et la fausse indignation concernant l’attribution de temps et que nous reconnaissions que nous avons eu amplement de temps pour débattre de cette question. Ce que nous devons faire, c’est voir ce que nous pouvons faire de plus, c’est passer au reste des questions importantes dont la Chambre doit s’occuper et reconnaître que nous n’avons pas tellement de temps pour le faire.
     J’ai hâte de passer au vote. J’ai hâte de voir ces mesures mises en oeuvre pour faire en sorte que les Canadiens soient en mesure de prendre la retraite qu’ils méritent après une vie entière passée à travailler.

  (1255)  

    Monsieur le Président, je crois qu’il serait important, à ce moment-ci, de préciser pour la population canadienne comment le gouvernement vend ce qu’il appelle l’expansion du RPC, qui est un stratagème fiscal, à tout point de vue. Les Canadiens doivent savoir que cette mesure ne résoudra aucun problème immédiat. Les effets ne se feront sentir que dans 40 ans, lorsqu’aucun d’entre nous ne sera là pour assister au désastre que ce stratagème fiscal créera pour les industries canadiennes.
     Je mets au défi le député d’en face de dire aux Canadiens quelles seront les répercussions de ce régime sur les entreprises canadiennes maintenant et dans 40 ans.
    Monsieur le Président, je puis dire que toutes les entreprises du Canada ont l’obligation de s’assurer que leurs employés peuvent prendre une retraite équitable. Les entreprises paient leur part afin que les travailleurs, à la fin d’une vie passée à travailler, puissent prendre la retraite qu’ils méritent. C’est une obligation.
    Loin d’être un stratagème fiscal, c’est une occasion d’investir dans l’avenir des Canadiens, de leur fournir une base solide et de leur donner les moyens de prendre leur retraite dans la dignité. La plupart des Canadiens le comprennent. Les sondages le montrent. C’est pourquoi cette mesure est largement soutenue. Qualifier cette épargne de taxe, alors que nous savons que ces prestations prendront de la valeur, que cet argent sera rendu aux Canadiens et qu’il leur permettra de prendre la retraite qu’ils méritent, c’est déformer complètement la nature du projet de loi dont nous sommes saisis.
     Si les députés d’en face ont un autre plan pour remédier à l’incroyable manque de revenus dont les gens souffriront à leur retraite compte tenu de leurs économies actuelles, je voudrais qu’ils le présentent. Ils en ont eu la possibilité pendant la campagne électorale. Ils en ont eu la possibilité au cours des six jours de débat. Au lieu de cela, ils n'ont fait que critiquer ce projet de loi et déformer la réalité, ce qui est malheureux. J’espère qu’ils redonneront un ton positif au débat en expliquant ce qu’ils ont à offrir pour contribuer à améliorer la situation.
    Monsieur le Président, les néo-démocrates appuient l’orientation générale de ce projet de loi. Nous convenons que nous devons faire plus pour améliorer la sécurité de la retraite pour les jeunes Canadiens et nous félicitons le gouvernement, et en particulier le mouvement syndical, d’avoir milité longtemps et avec force en faveur de ce changement.
     Cependant, pendant le cours de ce débat abrégé — et il est regrettable que le gouvernement ait imposé la clôture du débat sur ce projet de loi —, mon collègue le député d'Hamilton Mountain a repéré un défaut dans le projet de loi des libéraux.
     Il y avait autrefois une disposition d’exclusion générale pour l'éducation des enfants dans la loi sur le RPC. C’était la même chose pour les personnes handicapées. Les personnes qui recevaient des prestations d’invalidité du RPC étaient protégées pour que leurs paiements ne puissent pas être récupérés.
     Il y a deux défauts dans ce projet de loi. Je veux entendre le gouvernement dire ce qu’il va faire. Si les néo-démocrates votent en faveur du renvoi du projet de loi à un comité, est-ce que le gouvernement corrigera ces deux graves erreurs, qui auraient un effet négatif sur les prestations de retraite des femmes et les personnes handicapées?

  (1300)  

    Monsieur le Président, je félicite les néo-démocrates de leur soutien à l'égard de l’esprit général du projet de loi. Ils ont quelques questions. Je dirais qu'elles mettent autre chose en lumière, soit qu’il y a encore beaucoup de temps à consacrer à ce projet de loi. Il sera renvoyé à un comité. Il sera possible d’en débattre à ce moment. Puis, il y aura encore du temps pour le débat à l'étape de la troisième lecture.
     Le député a posé des questions très valables. Nous aurons tout le loisir de les examiner en comité et de voir s’il y a un moyen de corriger ces problèmes ou d’obtenir des réponses à ces questions. L’important est que nous soyons d’accord en principe avec l’orientation de ce projet de loi. S’il reste des questions sur les aspects pratiques et la façon dont il aidera les Canadiens à prendre la retraite qu’ils méritent, c’est précisément à cela que sert l'étude en comité. Le projet de loi reviendra ensuite à la Chambre pour la troisième lecture.
     Je voudrais souligner de nouveau qu’il nous reste environ 44 jours pour terminer toutes les affaires du gouvernement, y compris ce projet de loi-ci, d'ailleurs. La perturbation qui a été causée par ce qui est arrivé a été incroyablement problématique.
    Monsieur le Président, c'est un honneur de me joindre au débat sur la présente mesure législative. J'aimerais non seulement passer en revue quelques-uns des problèmes passés et actuels, mais aussi présenter certaines possibilités. J'espère que mes arguments seront entendus et qu'il en découlera un bon débat sur tout ce qui concerne le Régime de pensions du Canada.
    Parlons d'abord du gouvernement précédent. Je sais qu'il y a des admirateurs du gouvernement précédent dans la Chambre et je sais qu'il y a des personnes qui n'ont pas aimé son approche. Or, quand un gouvernement choisit une approche, c'est pour une raison précise. Parfois, l'approche découle de l'idéologie du parti. Parfois, elle dépend de la conjoncture. Parfois, elle vise l'intérêt à long terme du pays.
    Le Canada est merveilleux, non seulement en raison de son système politique, mais parce que souvent, en tant que Canadiens, on arrive à mettre de côté certains différends pour faire ce qui s'impose. J'espère qu'au cours de la présente législature — peut-être pas dans ce dossier-ci, mais dans d'autres — il sera possible de trouver des terrains d'entente.
    Le gouvernement précédent a axé ses efforts sur le régime de pension agréé collectif, un mécanisme qui aurait permis aux gens d'économiser et qui aurait été entièrement transférable partout au pays. Par surcroît, compte tenu de la mise en commun des économies des Canadiens, les coûts du régime auraient été faibles. Les avantages de cette approche sont simples. Les gens ayant de l'argent supplémentaire à placer auraient pu le mettre de côté pour la retraite au lieu de s'en servir pour rembourser une partie de leur hypothèque ou de leurs dettes ou pour l'achat d'une nouvelle maison. En raison de la nature collective du régime, les coûts d'administration auraient été bas. De plus, sa gestion aurait relevé du secteur privé. En cas de décès, le régime aurait également comporté l'avantage évident d'un transfert instantané des prestations d'une personne à son conjoint ou à un membre de sa famille.
    L'impossibilité de transférer entièrement le Régime de pensions du Canada représente l'une de ses plus grandes lacunes. Je dirai quelques mots à ce sujet un peu plus avant. Le gouvernement affirme que le régime constitue un investissement et non une taxe, mais je ne partage pas son opinion. Si je place de l'argent dans un compte d'épargne libre d'impôt et que je suis frappé par un autobus demain, mon épouse aura pleinement accès à ces fonds. Contrairement à un régime enregistré d'épargne, le Régime de pensions du Canada n'offre pas cette possibilité.
    Revenons au régime de pension agréé collectif. Les provinces de notre magnifique pays ne l'ont pas toutes adopté, même si elles ont toutes reconnu que nous allions donner plus de choix et permettre aux personnes qui le voulaient d'épargner davantage, que les frais seraient moindres et que le régime serait entièrement transférable. Je suis heureux de signaler que la Colombie-Britannique l'a adopté, et je l'en félicite. De nombreuses provinces, notamment l'Ontario, ont cependant choisi une autre voie.
    Même si, à la réunion des ministres des Finances, le gouvernement de l'Ontario a souscrit au régime de pension agréé collectif, il a décidé de faire cavalier seul et de créer, uniquement pour la province, un régime de pension entièrement distinct.
    Nous avons entendu parler de toutes les difficultés liées aux frais d'administration de ce régime. Nous avons appris que la province avait dépensé des millions de dollars pour essayer de définir le régime, en faire la publicité et quoi encore. Tout cela a été fait en pure perte, parce que nous savons tous ce qui s'est passé. Un régime de pension agréé collectif aurait obtenu une adhésion immédiate, parce que le concept jouissait d'un appui solide de la part du milieu des affaires et de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, qui y était très favorable du fait qu'il permettait à un employeur de contribuer au fonds d'un employé sur une base facultative, contrairement au Régime de pensions du Canada. Or, au lieu de mettre en place un tel régime, l'Ontario a convaincu le nouveau gouvernement libéral, qui l'a écouté, de venir à sa rescousse en préconisant plutôt la bonification du Régime de pensions du Canada.
     Je ne m’oppose pas aux pensions, et quiconque prétend le contraire est de mauvaise foi. Il est à l'avantage de tous de faire preuve de la même justesse dans les faits. Selon moi, dire qu’un conservateur s’oppose aux pensions, parce qu’il soulève des préoccupations légitimes quant au processus suivi par le gouvernement, n'apporte rien à la Chambre.
     Revenons à l’Ontario. Une entente a été conclue. Le gouvernement en a fait la promotion et les provinces y ont adhéré, pour une foule de raisons. Je n’adresserai aucun reproche à qui que ce soit à ce sujet. Cependant, je crois que lorsqu'un député, quel que soit son parti, rapporte les inquiétudes de ses concitoyens, il est important que nous reconnaissions qu'il a peut-être raison. Nous avons entendu des députés dire que nous voulions torpiller le projet de loi. Nous tenons simplement à être entendus.

  (1305)  

    En fait, j’aimerais souligner que plusieurs députés libéraux ont pris la parole aujourd’hui pour demander que ce projet de loi soit renvoyé au comité. Il a déjà été renvoyé au comité des finances depuis quelques jours. Nous en avons commencé l’étude préalable. Elle est en cours depuis quelques jours.
     Pourquoi retirer le droit de parole aux députés qui ne siègent pas à ce comité? Plus tôt, le député d’en face a mentionné que nous ne disposons que d’un temps limité. Je suis d’accord, mais il s’agit d’un projet de loi imposant et j’espère être en mesure de souligner quelques améliorations que nous pourrions y apporter.
     Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd’hui. Je répète que nous sommes saisis d’un projet de loi qui présente plusieurs lacunes. Commençons par les prestations du survivant. Malheureusement, le gouvernement a choisi de ne rien changer aux prestations de survivant. Dans ma circonscription, de nombreux époux — les membres d'une équipe, en somme — ont eu la chance d’épargner, chacun, une bonne somme d’argent et de toujours cotiser au maximum alloué.
     Malheureusement, la vie leur réservait autre chose. Au lieu d’écouler leurs vieux jours sous le soleil de l’Okanagan, l’un des deux est mort d’une maladie ou d’une autre cause. Le conjoint survivant — étrangement, dans ma circonscription, j’ai surtout discuté avec des hommes — ne recevra aucune prestation de survivant, car il recevait déjà la prestation maximale du Régime des pensions du Canada, puisqu’il avait versé le maximum de ses contributions.
    Qu’est-ce que cela signifie? Tout l’argent qui est mis de côté, en vue d’être versé à leur famille, ne leur reviendra pas si le conjoint a aussi atteint le maximum de prestations. Tous les gens ne se retrouvent pas dans la même situation. Je connais quelqu’un qui a dû vendre la maison où le couple avait prévu de vivre ensemble. Ils avaient les moyens de garder leur maison et de payer l'impôt foncier parce qu'ils avaient, chacun, un bon revenu, en plus des prestations du Régime des pensions du Canada.
    Le nouveau projet de loi du gouvernement ne propose pas de solution à ce problème. J’espère vraiment que nous serons en mesure de trouver une manière de l’évaluer à la Chambre. Je crois que cela conviendrait. L’étude en comité serait peut-être la solution optimale. Il faut le faire, selon moi.
     Deuxièmement, la professeure Tammy Schirle, de l’Université Wilfrid Laurier, nous a aussi dit que la prestation fiscale pour le revenu de travail présentait un problème de transparence et de reddition de compte.
    Cette mesure législative sur le RPC renferme une disposition qui permet à une personne à faible revenu d'utiliser la prestation fiscale pour revenu de travail afin de contrebalancer ses cotisations. Elle a dit que cette formule pourrait peut-être se faire autrement. En fait, cela crée une certaine inégalité entre les sexes dans la façon dont on peut faire la demande, car un seul conjoint d'un ménage à deux revenus peut en bénéficier.
     Il y aura donc des négociations. Au lieu de traiter les gens sur une base individuelle, comme tous ceux qui cotisent au RPC — je verse mes propres cotisations et, quand elle travaillait, ma femme versait les siennes — il les traite ensemble, et on doit négocier, ce qui crée une inégalité entre les sexes.
     Il n’y a pas non plus de reddition de comptes, comme lorsque la personne peut voir clairement combien elle cotise et combien elle reçoit. Comme le remboursement de la TPS pour les travailleurs à faible revenu, qui est versé régulièrement, il serait préférable de pouvoir redonner aux gens leurs cotisations plus régulièrement, plutôt qu'une fois l'an comme maintenant.
     Enfin, personne ici — à moins que quelqu'un puisse le démontrer — ne s’attendait à ce qu’en 2008 il y ait une crise financière qui conduirait à une forte récession. Les économistes, y compris les économistes de notre propre gouvernement, n'étaient pas préparés et ont dû prendre beaucoup de décisions au fur et à mesure. Heureusement, nous avions à notre tête de vrais dirigeants qui ont compris comment affronter la tempête. Notre pays a pu sortir rapidement de cette récession.
     Cependant, le passé n'est pas nécessairement garant de l'avenir. Si nous ne pouvons pas prédire ce genre de choses, il faudrait peut-être que le ministre des Finances envisage une méthode dans le cadre du projet de loi qui permettrait, si suffisamment de provinces le demandaient — six provinces et territoires sur les dix qui contribuent et représentant les deux tiers de la population —, de reporter ou même de faire une pause.

  (1310)  

    Lorsqu’on rencontre des difficultés dans le feu de l’action, il vaut mieux savoir que nous avons des choix et une souplesse d’action.
     J'espère avoir pu présenter non seulement certains des problèmes, mais aussi certaines des possibilités que les députés des deux côtés peuvent étudier, et j'espère que cela permettra un meilleur débat.
    Monsieur le Président, le député d’en face a mentionné différentes méthodes, différentes façons de parvenir à plus de souplesse et d’autres options que nous pourrons peut-être envisager pour le projet de loi. Je respecte ce qu’il a dit à propos de ses communications avec ses électeurs. J’irais même plus loin. Si ces électeurs ont des questions sur les raisons pour lesquelles nous allons de l’avant avec ce projet de loi, et si mon collègue veut bien me donner leur nom, je serais extrêmement heureux de les appeler moi-même pour leur faire comprendre toute la valeur que nous essayons d’accorder aux aînés, non seulement aujourd’hui, mais à long terme.
     En ce qui a trait aux méthodes, j’apprécierais beaucoup sa contribution, à savoir quelles méthodes ou options différentes nous pourrions envisager pendant l’étude du projet de loi.
    Monsieur le Président, je vais revenir sur certains points que j’ai déjà soulignés.
    Premièrement, en ce qui a trait à la prestation fiscale pour le revenu de travail, la méthode pourrait être améliorée de façon à permettre à la population de mieux comprendre comment cette prestation est utilisée, par la production de rapports distincts pour chaque personne. En ce moment, le fait que tout soit amalgamé dans une seule prestation fiscale particulière ne permet pas aux décideurs, à la population ou même aux bénéficiaires de la prestation d’en avoir une idée claire. Nous pourrions éventuellement envisager quelque chose comme le remboursement de la TPS, ce qui permettrait de remettre aux cotisants leurs contributions au RPC sur une base régulière, et d’expliquer à quoi elle sert. Malheureusement, en vertu de la prestation fiscale pour le revenu de travail et du code fiscal actuel, ce n’est pas aussi clair.
     Deuxièmement, il y a la prestation de survivant. Ce gouvernement s’entête à ne pas appeler les choses par leur nom. Par exemple, il appelle cette charge sociale un investissement, mais un investissement sert à mettre de l’argent quelque part pour le retirer ensuite. Il est transférable à un conjoint ou à la famille. Cependant, il y a des règles et des conditions qui ne le permettent pas. C’est à ce sujet que j’aimerais faire une simple suggestion.
     Enfin, le député d’en face a dit que je pourrais simplement lui envoyer les noms de mes concitoyens. Nous savons tous où se trouve l’information. Il y a une différence entre les gens qui entretiennent des préoccupations légitimes quant à la façon dont ils vont payer pour quelque chose et ceux qui veulent quelque chose. Ils ne s’entendent pas toujours. Bien que je comprenne que mon collègue soit prêt à leur raconter une histoire sur la gloire et la grandeur de ce projet de loi, il ne reconnaît pas que, même si certaines personnes croient que c’est une bonne idée, ces gens-là se questionnent aussi sur l’opportunité de la mesure et sur la façon dont nous allons la financer. Ce sont là les principales préoccupations de mes concitoyens.

  (1315)  

    Monsieur le Président, je veux vraiment articuler mes commentaires sur les petites entreprises qui se verraient imposer une hausse des charges sociales. Je signale aussi que cela s’ajouterait à l’augmentation de leur taux d’imposition en général. Nous ajouterions des niveaux de compétitivité accrue à nos petites entreprises.
     Un des points que j’ai fait ressortir plus tôt au sujet de la limitation du débat était qu’il y a une administration bien différente au sud de notre frontière, une administration qui n’aura pas la même approche. Mon collègue pourrait peut être nous dire quels défis attendent nos petites entreprises relativement à notre très important partenaire commercial.
    Monsieur le Président, il en a été question au comité des finances. Ainsi, nombreux sont ceux qui ignorent peut-être que, puisque les employés du gouvernement fédéral devraient accroître leurs cotisations, le total atteindrait 900 millions de dollars pour l’exercice 2021-2022, et c’est pour un seul ordre de gouvernement.
     Il ne fait pas oublier qu'il y a aussi le palier provincial.
     Un grand nombre d’entre nous comptons différentes municipalités dans notre circonscription. Les autorités locales de la plupart des provinces ne peuvent pas avoir de déficits. Le coût pour la GRC, les autres corps de police, le personnel de protection-incendie et même le personnel local augmenterait aussi. Qui verra augmenter son taux d'imposition? Ce sont ces mêmes petites entreprises. Dans la plupart des municipalités de la Colombie-Britannique, le taux d'imposition d'une petite entreprise serait deux fois celui du propriétaire d’une résidence. Dans certains endroits de la Colombie-Britannique, ce serait sept fois plus.
     Les petites entreprises feraient les frais de l’augmentation du RPC au niveau provincial, au niveau fédéral et au niveau local — et au niveau local, elles paieraient deux fois plus. C’est un problème. Si nous ajoutons une taxe sur le carbone et toutes les autres choses que le gouvernement libéral veut faire, le nombre de petites entreprises pourrait diminuer, ce qui n’est pas bon pour nos jeunes.
    Monsieur le Président, je remercie mes collègues de me donner cette occasion de prendre la parole. Bien honnêtement, depuis mon entrée en fonction il y a une douzaine d’années, je dois dire que c'est un des principaux sujets, sinon le principal, dont il est question dans mes bureaux de circonscription. J’en ai deux dans ma circonscription de Terre-Neuve-et-Labrador: un à Gander et l’autre à Grand Falls-Windsor. Auparavant, j’en avais un à Bonavista, qui faisait partie de mon ancienne circonscription. Sans aucun doute, la pauvreté des aînés est l’un des plus grands problèmes que j’aie connus. Chaque année, des aînés m’appellent pour savoir quelle sera l’augmentation pour l’année, comment s’applique la formule, quel sera le montant de leur Supplément de revenu garanti, et quel effet cela aura sur leur droit de recevoir la carte de médicaments de la province, parce que les médicaments représentent l’une des principales dépenses des aînés, peu importe où ils vivent, comme les députés le savent.
     Nous avons ce débat, où nous parlons de notre espoir d’accroître la sécurité du revenu des aînés. À cette fin, nous avons parlé aux provinces, comme il faut le faire dans un secteur de compétence partagée. Le 20 juin dernier, nous en sommes arrivés à un compromis pour l’ensemble du pays, un compromis qui nous permet de majorer ce niveau d’aide pour nos aînés. Les Canadiens ont trois principales façons d’épargner au moyen de mesures fiscales et d'autres mesures du genre. La première est le RPC, dont nous débattons aujourd’hui. Nous avons aussi plusieurs outils qui nous permettent de réduire l'impôt que nous payons, par exemple, des allégements fiscaux pour l’achat d’une maison, de même que les régimes enregistrés d’épargne-retraite et les régimes de pension agréés, qui nous donnent droit à des réductions d'impôt lorsque nous y plaçons volontairement notre argent. Enfin, il y a les autres outils pour épargner pour la retraite, comme la valeur du logement, la valeur des biens mobiliers, ainsi de suite.
     Revenons maintenant à ce dont nous parlons aujourd’hui, c'est-à-dire le Régime de pensions du Canada et l’augmentation des cotisations, que de nombreux intervenants ont mentionnée à la Chambre. C’est vrai que les cotisations augmenteront, mais il faut aussi penser à tous les bienfaits qui en découleront. Les données relatives à différents scénarios ont été analysées, et ce qu'il ressort de cette analyse, c'est que, idéalement, tout aîné à la retraite devrait pouvoir compter sur un revenu correspondant à 60 % de ce qu'il gagnait avant de prendre sa retraite. Même si le projet de loi ne permettrait pas à tous les aînés d'atteindre cet objectif à lui seul, il contribuerait certainement pour beaucoup à atténuer les difficultés que vivent un grand nombre d’entre eux.
     Ces difficultés sont la raison d'une bonne part des nombreux appels que je reçois à mon bureau. Un grand nombre d'entre eux concernent la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti qui en découle. Nous pourrons y revenir un autre jour, dans le cadre d'un autre projet de loi, mais entretemps, ce qui me réjouit, c’est qu'une fois la période de transition de sept ans passée, le projet de loi donnerait lieu à une augmentation qui m’apparaît considérable pour le Canadien moyen, le Canadien moyen pauvre, qui gagne moins de 30 000 $ par an, voire pas même 20 000 $ si nous tenons compte des autres aspects de cette mesure législative. J’y reviendrai dans un instant.
     Le projet de loi profiterait également à une foule de jeunes, qui n'en sont même encore rendus à penser à la retraite. De nombreux milléniaux ne pensent pas à la retraite, mais ils sauraient dorénavant qu’ils auront droit à une prestation de retraite bonifiée, après la période de mise en oeuvre progressive sur sept ans. J’ai mentionné qu'au cours des cinq premières années, l'accent serait mis sur le revenu de remplacement, par une hausse du taux de cotisation. Cette hausse est importante, parce que c'est ce qui permettrait de faire en sorte que les prestations puissent remplacer un tiers du revenu d'avant la retraite plutôt qu’un quart, comme c'est la cas à l’heure actuelle. C’est un investissement important pour nous tous, employeurs, employés et gouvernement.
     Dans les deux dernières années de cette période de sept ans, soit en 2023-2025, le maximum des gains ouvrant droit à pension augmenterait d’environ 14 %, ce qui est aussi considérable, surtout pour la classe moyenne. Les gains admissibles atteindraient alors environ 83 000 $; c’est très élevé, compte tenu du fait qu’ils se chiffrent actuellement à un peu plus de 50 000 $.

  (1320)  

     Essentiellement, au cours des 10 dernières années, les prix ont augmenté considérablement dans de nombreux secteurs. Je pense aux nombreux secteurs, à Terre-Neuve-et-Labrador, où les aînés sont le plus durement touchés, comme les prix de l’énergie, ainsi que les médicaments, dont j’ai parlé précédemment. Les frais de déplacement dans les régions rurales sont aussi substantiels. De nombreux aînés vivent dans leur maison, et les factures d’énergie qu’ils ont à payer sont très élevées. Malgré la faible baisse des prix de l’énergie ces derniers temps, les dépenses à ce chapitre représentent encore une partie considérable de leur budget. Nombre d’entre eux sont forcés d’abandonner leur maison, non pas parce qu’ils sont incapables de s’occuper d’eux-mêmes, mais parce qu’ils ne peuvent plus se permettre d’y habiter.
    Ces personnes sont nombreuses à ne pas pouvoir compter sur un régime de pension de l'employeur. Beaucoup de gens de 60 à 65 ans toucheront des prestations de retraite qu’ils ont accumulées dans le cadre de régimes à prestations déterminées, qui contribuent dans une large mesure à remplacer le revenu, même au-delà de 60 %. Toutefois, dans ce cas-ci, je me permettrai de parler de ma famille.
     Mon père a travaillé pendant plus de 40 ans dans une usine de papier. Grâce au bon travail de son syndicat, il a été en mesure de contribuer à un régime à prestations déterminées. Il a donc commencé à toucher des prestations de la Sécurité de la vieillesse du gouvernement à l’âge de 65 ans, et il a également pu bénéficier du généreux régime de prestations déterminées de l’entreprise pour laquelle il avait travaillé. Il s’agissait d’Abitibi-Consolidated, une usine de papier du centre de Terre-Neuve, qui n’existe malheureusement plus. Grâce au travail du syndicat, la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, les employés ont pu négocier un régime de retraite généreux.
     Jetons maintenant un coup d’œil sur la main-d’œuvre d’aujourd’hui. Il n’y a pas beaucoup de jeunes qui sont en mesure de travailler au même endroit pendant plus de 40 ans. On parle d’un bassin de personnes très restreint. Ce qui importe, dans ce cas, c’est qu’ils ne peuvent pas profiter d’un régime à prestations déterminées parce qu’ils passent d’un endroit à un autre et d’un emploi à un autre. Autrement dit, le régime de retraite de mon père était généreux uniquement parce qu’il y a contribué pendant 40 ans. S’il avait changé constamment d’emploi, il aurait perdu cela, simplement parce que ce régime n’était pas transférable. La transférabilité va poser un problème majeur au cours des 20 à 30 prochaines années.
     L’élément clé est que le RPC est transférable à 100 %, peu importe où on se trouve au Canada. C’est pourquoi nous devons augmenter les prestations pour ceux qui en ont besoin, ne serait-ce que pour leur permettre de s’approcher de leur rêve de remplacer 60 % du revenu qu’ils avaient avant la retraite. Nous souhaitons nous rapprocher de cet objectif au cours de cette période de sept ans. Oui, les cotisations vont augmenter pour les employés et les employeurs, et nous avons tous accepté cela. C’est certainement mon cas. Toutefois, lorsqu’il s’agit des prestations dont nous parlons ici, nous tentons de faire en sorte qu’elles soient suffisantes pour ceux qui en auront besoin au moment de prendre leur retraite.
    Pour en revenir à l’exemple, beaucoup de personnes passeront d’un emploi à l’autre. Certaines d’entre elles ont des épargnes transférables: une myriade de REER ou de RPA ou d’autres choses du genre, des FERR par exemple. Toutefois, de nombreuses personnes n’en ont pas. C’est une façon pour nous de fixer un seuil de revenu pour les Canadiens au moment de la retraite, non pas à 67 ans, mais à 65 ans.
    J’ai bien hâte que ce projet de loi soit renvoyé au comité, puis d’étudier les amendements au fur et à mesure qu'il avancera dans le processus. Je tiens à féliciter les provinces du rôle qu'elles ont joué dans tout cela. Elles ont fait beaucoup de chemin pour nous aider à créer un projet de loi qui, selon nous, contribuera à réduire la pauvreté parmi les aînés. Encore une fois, c’est le principal problème dans ma circonscription et je ne suis pas le seul dans cette situation. Il y a de nombreuses personnes, surtout dans des circonscriptions rurales, pour qui le prix des biens essentiels est maintenant bien trop élevé.

  (1325)  

    Monsieur le Président, je trouve cela particulièrement intéressant que la famille de mon collègue ait profité d'un régime de pension plus progressiste. Si seulement tous les Canadiens avaient accès à cela.
    Ma question porte sur le fait que la proposition actuelle ne se réaliserait pleinement que dans 49 ans. Autrement dit, ce sont les jeunes d'aujourd'hui, âgés de 16 ans, qui en profiteront.
    Or, un nombre croissant d'aînés vivent dans la pauvreté. En attendant que ces prestations et bonifications entrent en vigueur, que propose de faire le gouvernement pour aider les aînés démunis qui souffrent? A-t-il songé à veiller à ce que le Supplément de revenu garanti ne soit pas récupéré afin que les aînés, même s'ils reçoivent davantage d'aide du gouvernement fédéral, ne soient pas encore défavorisés?
    Monsieur le Président, la députée a tout à fait raison. Les jeunes d'aujourd'hui, surtout ceux de moins de 25 ans, seront les principaux bénéficiaires de cette mesure législative. Pour remédier un peu à la situation, j'ai souligné dans mon discours plusieurs aspects qui visent les aînés. Cela dit, la députée a raison. J'espère qu'il y aura d'autres projets de loi, y compris certains d'initiative parlementaire, à propos du Supplément de revenu garanti et d'autres outils qui contribueront à sortir les aînés de la pauvreté.
    C'est sur quoi je me concentre en ce moment. Je constate que notre approche envers le Régime de pensions du Canada devient beaucoup plus progressiste. Mon père était le bénéficiaire principal d'un régime de retraite progressiste et bien réfléchi, conclu entre son syndicat et son employeur. Mais ce n'était pas transférable. Ce régime s'appliquait à lui dans un milieu de travail précis. J'aimerais qu'un régime plus généreux soit offert à tous, ce qui contribuerait de façon importante à améliorer la situation.
    Monsieur le Président, j'ai posé la question plus tôt au ministre, mais je n'ai pas reçu de réponse. Je reviens donc à la charge.
    Nous avons le choix entre l'épargne privée et les instruments d'épargne privés renforcés par le gouvernement conservateur précédent et la proposition du gouvernement actuel qui vient prendre l'argent dans les poches des contribuables pour gérer leur épargne.
    Nous croyons en l'importance de l'épargne, mais voyons plusieurs avantages à l'épargne privée. Les gens peuvent épargner pour des projets intérimaires, pour autre chose que la retraite, pour acheter une maison et réaliser la valeur de cet investissement à la retraite. Ils peuvent épargner en prévision de leurs études, ce qui augmentera leur potentiel de revenu plus tard.
    Notre approche axée sur l'épargne privée permet aux gens de retirer des sommes pour faire des investissements intérimaires, lesquels produiront des dividendes à long terme. Le gouvernement leur enlève ces choix. Il les force à épargner pour la retraite et les empêche d'utiliser ces autres instruments d'épargne pour d'importants projets intérimaires.
     En reconnaissant les avantages que comportent l’épargne privée et les incitatifs à l’épargne privée par rapport à ce modèle, le député ne conviendrait-il pas qu'une meilleure approche serait de rétablir les changements que nous avions apportés et que les libéraux ont renversés, notamment ceux concernant les comptes d’épargne libres d’impôt, et peut-être d'adopter d’autres réformes relatives aux REER pour que les options offertes aux acheteurs de maisons soient plus souples? Ne serait-ce pas là une meilleure façon de procéder que d’adopter l’orientation prise par le gouvernement?

  (1330)  

    Monsieur le Président, cette solution n’est certainement pas meilleure. Elle est bonne, mais elle n’est pas meilleure.
     Je comprends ce que le député veut dire quand il parle des outils qu’il préconise, comme les REER et les investissements. Je réitère qu’il s’agit de bonnes mesures, mais je ne crois pas qu’elles soient meilleures, et voici pourquoi.
     Dans nombre de cas, on doit assumer un élément important de risque en tant qu’investisseur, et les choses ne vont pas toujours comme on le voudrait. Même s’il s’agit d’un faible risque, on parle toujours de risque dans ce contexte. Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est fournir aux aînés une base sur laquelle ils peuvent compter à 100 %. C’est ce que je veux souligner à cet égard. Cette base ne se compose pas uniquement du Régime de pensions du Canada; comme l’a mentionné mon autre collègue, il y a également la Sécurité de la vieillesse et, par extension, le Supplément de revenu garanti.
     Encore une fois, les outils décrits par le député sont bons. J’en profite moi-même. Je ne prends pas beaucoup de risques comme investisseur, mais il existe quand même un risque. Ces outils sont bons, mais ils ne sont tout simplement pas meilleurs.
    Monsieur le Président, c’est un privilège pour moi aujourd’hui de prendre la parole au sujet d’une mesure législative très importante, le projet de loi C-26, et de la sécurité des gens au Canada lorsqu’ils prennent leur retraite.
     J’aimerais faire quelques observations préliminaires. Je fais écho aux propos de ma collègue de Vancouver—Est, qui, à son arrivée à la Chambre en tant que députée nouvellement élue, espérait y trouver un nouvel esprit de collaboration et de coopération. Nous souhaitions beaucoup que les choses changent. Je veux donc signaler ma déception concernant le choix du gouvernement d’aller de l’avant avec l’attribution de temps. Je partage cette déception avec les collègues de ce côté-ci de la Chambre qui, contrairement à moi, ne pourront pas faire valoir leurs points de vue et présenter leurs observations aujourd’hui.
     Comme je l’ai mentionné, je suis honorée de pouvoir parler du projet de loi C-26, qui modifiera le Régime de pensions du Canada, en vue d’intégrer les ententes récentes que le gouvernement a pu conclure avec les provinces pour le bonifier.
    Même si l'effet des changements ne se fera pas sentir avant de nombreuses années, soit 49 ans, cette bonification est une première étape très importante pour améliorer la retraite des jeunes Canadiens. Je tiens à saluer et à féliciter les nombreux groupes de citoyens, en particulier les syndicats, qui ont travaillé longtemps et avec acharnement afin de jeter les bases essentielles d'une entente sur cette bonification.
    Grâce à cette mesure, qui demeure importante, même si elle ne sera pleinement mise en oeuvre que dans bien des années, le pourcentage du revenu avant la retraite remplacé par le RPC sera haussé, passant de 25 %, soit le taux actuel, à 33 %. Les néo-démocrates ont longtemps travaillé fort pour que des améliorations soient apportées aux nombreux éléments de notre filet de sécurité sociale, y compris le Régime de pensions du Canada et les suppléments de revenus offerts par la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti.
    Comme je l'ai souligné dans certaines de mes questions, pour un grand nombre de Canadiens, la crise de la sécurité de la retraite a atteint un niveau sans précédent. Cette crise, aggravée par certaines politiques du gouvernement précédent, a atteint un seuil critique, puisque de nombreuses personnes ne peuvent plus espérer prendre leur retraite. Ce qu'on appelait autrefois une retraite dorée n'est plus à portée de main.
    Le problème vient en grande partie du fait que 6 travailleurs canadiens sur 10 n'ont plus de régime de retraite auprès de leur employeur. Je vais vous révéler quelque chose qu'on tient généralement secret: mon âge. J'ai 53 ans. Mon père faisait partie de l'un des premiers groupes d'employés embauchés par une très grande entreprise internationale qui offrait un régime de retraite. Alors que la carrière de mon père tirait à sa fin, l'entreprise où il travaillait a été rachetée par une autre, et il a perdu son régime de retraite à prestations déterminées. Mes parents ont attendu la retraite avec impatience, comme beaucoup d'autres. Mais comme l'a dit le député d'en face, ils ont dû prendre, en matière de rentes de retraite, beaucoup plus de risques que ses parents et plusieurs de ses prédécesseurs. Les jeunes générations connaissent une situation encore plus précaire au chapitre du travail et de la retraite, ce qui pourrait les empêcher d'obtenir ce dont ils ont besoin pour une retraite saine et sûre.
    Pendant la campagne, les libéraux ont promis de bonifier le RPC. Nous sommes heureux qu'ils tiennent promesse. J'aurais quelques observations à ajouter.

  (1335)  

    J’aimerais saluer mon collègue de Hamilton Mountain. Il a fait ce que tout bon député aurait fait, il a fait ses recherches et étudié le projet de loi pour que nous puissions en discuter avant de l’envoyer au comité. Il y a trouvé des lacunes. Je pensais que le gouvernement serait très impatient d’en entendre parler et qu’il voudrait y remédier illico presto. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous insistons pour continuer à débattre de cette mesure. Nous aimerions entendre le gouvernement dire qu’il a l’intention de remédier aux lacunes. D'entendre dire que le renvoi du projet de loi au comité permettra de régler tous les problèmes ne me rassure pas du tout, pas plus que cela ne permet à mes électeurs — les femmes et les personnes handicapées en particulier — d’avoir la tranquillité d’esprit qu’ils pensaient avoir à la retraite.
    Ce que je veux dire, en fait, c’est que les changements proposés pour améliorer le Régime de pensions du Canada ne prévoient pas les mêmes augmentations pour les femmes et les personnes handicapées. Même si on sait qu'une mesure législative pour corriger cette injustice avait été présentée du temps du premier ministre Pierre Elliot Trudeau, elle n’a pas été incluse dans cette modification du Régime de pensions du Canada. Les députés de ce côté-ci de la Chambre et mes collègues n’ont jamais cessé de revenir à la charge, tant à la période des questions que dans le cadre du débat, pour demander au gouvernement de dire s’il s’agissait d’une omission à laquelle il avait l’intention de remédier, ou, si ce n’en était pas une, pourquoi cette rectification n’était pas incluse.
     Évidemment, si ce n’était pas une omission, je m’interroge sur la sincérité du gouvernement quand il déclarait vouloir corriger certaines injustices et certains problèmes, surtout en ce qui concerne la pension des deux groupes les plus vulnérables, c’est à-dire les personnes qui vivent avec des prestations d’invalidité et les femmes qui, parce qu’elles sont le principal parent à s’occuper des enfants, ont dû quitter le marché du travail et n’ont pas contribué au Régime de pensions du Canada. D’après ce que nous pouvons voir et ce que nous savons, et aussi d’après les recherches de mon collègue, ces personnes ne bénéficieront pas de la même augmentation que les autres. Voilà une raison de poursuivre le débat.
     Je crois comprendre que récemment, en l'espace d’un mois, le gouvernement a fait un travail remarquable en réunissant les provinces et en obtenant un accord. Cependant, quand on fait les choses à la hâte, il arrive parfois qu'on néglige certains éléments. J’espère donc que dans leur empressement, les libéraux ont tout simplement négligé cet aspect et qu’ils vont s'employer à remédier à cette injustice, parce que c’est extrêmement important pour moi.
     Lorsque je faisais campagne pour devenir député de Saskatoon-Ouest, une des grandes questions qui revenaient sans cesse était celle du revenu et de l’abordabilité du logement. Pour les personnes âgées, la plus grande préoccupation était d’avoir les moyens de se payer un logement, et si elles avaient la chance d’y arriver, elles n’avaient plus d’argent pour acheter des médicaments.
     Le revenu à la retraite, et tout particulièrement celui des femmes et des personnes qui ont vécu avec un revenu limité en raison d’une incapacité, est extrêmement important pour moi. Je tiens à en parler aujourd’hui et à porter encore la question à l’attention du gouvernement. Ce serait bien d’entendre, pour de bon, le gouvernement affirmer qu’il a un plan pour mettre fin à cette injustice, au lieu de seulement nous dire que tout ira bien et que nous en parlerons en comité; ce serait bien de l’entendre dire qu’il s’occupera du problème, qu’il continuera à en parler — ou qu’il arrêtera d'en parler, j’imagine — pour que nous puissions le régler.
     C’est donc pour moi un honneur de parler de cette question. Je veux féliciter mon collègue qui a porté à notre attention ces deux points qui créent une injustice dans le projet de loi.

  (1340)  

    Monsieur le Président, le projet de loi dont nous débattons aujourd’hui a déjà fait l’objet de nombreuses discussions avec les provinces et les territoires. Je n’ai pas participé aux discussions et je ne sais donc pas si les points soulevés par les néo-démocrates ont réellement été traités lors de ces échanges. Je sais toutefois que les gouvernements néo-démocrates, conservateurs et libéraux ont tous participé aux discussions. Il est à espérer que le projet de loi sera bientôt renvoyé à un comité et le NPD pourra alors soulever ces points de nouveau.
     Au début de son allocution, la députée a parlé des raisons pour lesquelles nous avons dû présenter une motion d’attribution de temps. Étant donné que le gouvernement aimerait faire adopter le projet de loi mais que l’opposition conservatrice voudrait l’en empêcher, le NPD aura-t-il comme stratégie de le faire mourir au Feuilleton? Naturellement, les conservateurs seraient ravis.
     Les conservateurs pourraient continuer de présenter des amendements et choisir de débattre du projet de loi à l’infini, pendant des centaines d’heures littéralement, comme peut le faire un parti de l’opposition si le gouvernement n’utilise pas de mécanisme pour l’en empêcher. Le NPD n’est-il pas d’avis que le gouvernement est fondé d’accorder la priorité à ce que les Canadiens souhaitent et d’aller de l’avant et que c’est le bon moment pour agir?
    Monsieur le Président, mon collègue a parlé de deux questions que j’ai soulevées dans mes commentaires, l’une a trait à l’attribution de temps pour le débat sur le projet de loi et l’autre, la plus importante à mon avis, concerne le fait qu’avec les mesures injustes prévues pour améliorer le RPC, les femmes qui ont dû quitter le marché du travail pour élever leurs enfants ou pour s’occuper de personnes aux prises avec des incapacités ne pourraient pas profiter des mêmes avantages que les autres.
     J’aimerais savoir si le gouvernement entend vraiment corriger le problème. J’aimerais obtenir une réponse. Je ne crois pas qu’il suffit de laisse entendre que le problème n’a peut-être pas été soulevé pendant les conversations de haut niveau qui ont eu lieu entre des gens très intelligents. C’est en définitive le gouvernement fédéral qui a proposé les améliorations au RPC qu’il demande aux provinces d’accepter et c’est donc à nous et aux responsables du gouvernement fédéral qui ont mené ces discussions qu’il appartient de prendre conscience du problème et de le corriger.
     Je vais m’arrêter ici, espérant que le gouvernement donnera une réponse définitive au sujet de cette question, qu’elle soit positive ou négative.

  (1345)  

    Monsieur le Président, il est très clair que mon parti a un point de vue bien différent concernant le niveau de contrôle que les gens devraient avoir sur leur propre vie. Le gouvernement et le NPD sont, à l’évidence, très opposés à l’idée de laisser les gens faire eux-mêmes leurs choix financiers. Ils semblent croire que, pour veiller au bien-être des gens, il faut les contrôler. Si nous voulons leur assurer une bonne retraite, nous devons en prendre le contrôle.
     Je pose la question suivante au député. Y a-t-il un moyen par lequel nous pouvons veiller avec soin à ce que les gens aient une bonne retraite tout en leur permettant d'en garder le contrôle? Nous pouvons améliorer les instruments d’épargne comme les comptes d’épargne libre d’impôt ou les RÉER, ou apporter les changements aux FERR que mon collègue a proposés, pour donner aux gens davantage de contrôle sur leur propre retraite tout en veillant à ce qu’ils aient les ressources requises pour bien vivre lorsqu'ils seront arrivés à cette étape de leur vie.
    Monsieur le Président, je crois que le député est sincèrement convaincu que les mesures prises par le gouvernement précédent, comme les comptes d’épargne libre d’impôt et les régimes de pension agréés collectifs, étaient destinées à aider les gens à préparer leur retraite. Malheureusement, ces mesures n’ont pas fonctionné. C’est pourquoi nous vivons cette crise et c’est pourquoi nous devons mettre en oeuvre des mesures plus ambitieuses pour que les gens puissent espérer conserver leur qualité de vie à la retraite.
    Monsieur le Président, tout d’abord, je désire remercier le gouvernement du Canada de prendre l’initiative d’élargir le RPC. Ce n’est pas une mince tâche d’amener les provinces qui comptent pour les deux tiers de la population canadienne à accepter des améliorations au RPC. Les gouvernements provinciaux en cause représentent tous les partis, le Parti libéral, le NPD et le Parti conservateur; l’élargissement du Régime de pension du Canada constitue donc une solution très canadienne qui est non seulement importante, mais aussi très nécessaire.
     Nous savons qu’aujourd’hui une famille sur quatre, ou 1,1 million de personnes, qui approche de la retraite risque de ne pas avoir assez d’économies pour la retraite. Les familles de la classe moyenne qui n’ont pas de régimes de pension d’un employeur risquent tout particulièrement de ne pas économiser assez pour la retraite, et le tiers de ces familles risquent de manquer de ressources à ce moment-là.
     Pour corriger le problème, une entente sans précédent a été conclue avec les provinces en juin afin d’apporter des changements importants au RPC. Ces changements entreraient en vigueur graduellement sur une période de sept ans, à partir de 2019. Une fois pleinement en vigueur, les améliorations apportées au RPC augmenteraient la prestation maximale de retraite d’environ 50 %. Les prestations améliorées s’accumuleraient graduellement à mesure que les travailleurs cotiseraient à un RPC amélioré; cette augmentation des prestations serait financée par une augmentation modeste des cotisations annuelles faites au RPC au cours d’une période de sept ans commençant en 2019.
     J’aimerais rappeler à la Chambre que nos taux de cotisation sont beaucoup plus faibles que ceux d’autres pays qui ont des régimes de pension publics. En fait, le taux de cotisation au RPC est d’environ la moitié du taux moyen en vigueur dans les 25 pays de l’OCDE qui ont des régimes de pension publics. Cette situation ne changera pas une fois que le RPC aura été bonifié.
     Qu’est-ce que cela signifie pour les Canadiens en définitive?
     Les jeunes travailleurs qui ont dans la vingtaine ou les travailleurs qui approchent de la retraite profiteraient tous d’un RPC amélioré. Pour les jeunes qui sont au début de la vingtaine et qui commencent à travailler, les nouvelles mesures seraient très bénéfiques au moment de la retraite. En payant leur part des cotisations au RPC, auquel leur employeur verse une somme équivalente, ils se prépareraient une retraite sûre.
     Les augmentations modestes des cotisations seraient étalées sur une période de sept ans. Ainsi, le travailleur qui tire un revenu constant de 50 000 $ contribuerait 70 $ de plus par année, ou 6 $ par mois, en 2019. À la fin de la période, ce travailleur versera 475 $ par année, soit 40 $ par mois. Avec un Régime de pension du Canada renforcé, les travailleurs recevraient de meilleures prestations de retraite, entre un quart et un tiers de plus des gains admissibles. Par exemple, les gens qui font 50 000 $ par année pendant leur vie active recevraient environ 16 000 $ par année de pension au lieu de 12 000 $ comme c'est le cas aujourd’hui. C’est donc 4 000 $ de plus par année dans leurs poches.
     De plus, l'amélioration du régime comprendrait une hausse de 14 % du revenu admissible maximal en 2025.
     Je sais que certains sont préoccupés par l’augmentation des cotisations et les répercussions sur leur chèque de paye. Nous y avons réfléchi et nous avons conçu un programme de mise en œuvre graduelle. Ainsi, les cotisations augmenteraient modestement au cours de la période de mise en œuvre de sept ans. Nous avons également pensé aux employeurs. Nous avons expressément conçu un processus très graduel dans le but de réduire au minimum les répercussions et de permettre aux employés et aux employeurs de s’adapter aux changements.
     La bonne nouvelle, c’est que nos jeunes travailleurs profiteraient de la plus grande augmentation des prestations à leur retraite. En fait, nous savons que les jeunes en général ont de la difficulté à épargner. Beaucoup occupent des emplois n'offrant aucun régime de retraite, ce qui les oblige à épargner eux-mêmes pour leur retraite.
     De plus, c'est une déduction d’impôt, et non un crédit d’impôt, qui serait accordée à la portion cotisation de l’employé du RPC bonifié. Ainsi, les nouvelles cotisations au RPC n’augmenteront pas le coût de l'épargne.
     Les travailleurs qui sont au milieu de leur carrière ou qui approchent de l'âge de la retraite bénéficieront eux aussi du RPC bonifié, car les cotisations supplémentaires effectuées à partir de 2019 contribueront à augmenter leurs prestations de retraite.

  (1350)  

     S’agissant du travailleur à faible revenu qui s’inquiète de l’effet sur son chèque de paie de l’augmentation des cotisations au RPC, voici comment le RPC bonifié va lui être bénéfique. D’emblée, je tiens à assurer à mes collègues et aux travailleurs à faible revenu de tout le Canada que le RPC bonifié va être bénéfique à tous les travailleurs, y compris les gagne-petit.
     Afin que les cotisations complémentaires ne représentent pas un fardeau excessif pour les travailleurs à faible revenu qui sont admissibles, le gouvernement va également bonifier la prestation fiscale pour le revenu de travail, ce qui permettra de compenser à peu près l’augmentation des cotisations au RPC pour les travailleurs à faible revenu qui sont admissibles.
    Grâce à cette bonification, l’augmentation des cotisations n’aura aucun impact sur le revenu disponible. Lorsque la personne prendra sa retraite, elle touchera également une prestation plus importante. Au final, les gens qui travaillent au Canada, qui cotisent au RPC et qui ont l’intention de prendre leur retraite après 2019 toucheront, au moment de leur retraite, des prestations plus importantes du RPC.
    Dans ma circonscription, Brampton-Est, les électeurs m’appellent constamment pour me parler des difficultés auxquelles ils doivent faire face. Souvent, ce sont des jeunes Canadiens qui ont du mal à trouver un emploi stable et permanent, avec un bon régime de pensions. C’est de plus en plus rare. Il y a aussi des jeunes couples et des familles qui pensent à leur retraite et qui craignent de ne pas pouvoir mettre suffisamment d’argent de côté. Cela me préoccupe et cela devrait préoccuper tous les députés.
    L’Association canadienne des individus retraités estime qu’environ 600 000 personnes âgées vivent dans la pauvreté au Canada. C’est plus que la population de Brampton. Franchement, c’est inacceptable.
     Notre gouvernement est en train de prendre des mesures pour qu’à l’avenir, aucune personne âgée ne vive dans la pauvreté. Nous avons commencé par ramener à 65 ans l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et par augmenter le Supplément de revenu garanti de 10 %, soit près de 1 000 $ par an par bénéficiaire du SRG, mesure qui s’adresse tout particulièrement aux personnes âgées à faible revenu qui vivent seules.
    Ce n’est toutefois pas suffisant. Des associations comme CARP réclament une bonification du RPC depuis des années, et il est temps que le gouvernement agisse. Nous sommes convaincus que c’est une solution gagnant-gagnant. J’invite mes collègues à appuyer ce projet de loi sur un RPC bonifié, qui permettra d’offrir aux Canadiens une retraite sûre.

  (1355)  

    Monsieur le Président, je sais que le député se préoccupe beaucoup de la situation des petites entreprises de ma circonscription, que ce soit des importateurs d’olives ou d’autres entrepreneurs.
     J’aimerais lui demander précisément quel sera l’impact de ce projet de loi sur les petites entreprises. Nous savons que la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a fait des analyses et exprimé certaines réserves. Nous savons qu’un sondage a été fait en Ontario sur le RRPO et sur l’impact négatif qu’il a sur les petites entreprises.
    Ce projet de loi va entraîner des disparitions d’emplois, va freiner la création d’emplois et donner lieu à des baisses de salaires. Ne vaudrait-il pas mieux recourir à un régime d’épargne privé qui permettrait aux travailleurs de gagner autant tout en épargnant davantage ? Ne pense-t-il pas que ce serait préférable pour les petites entreprises de ma circonscription et de la sienne ?
    Avant de céder la parole au député de Brampton-Est, je rappelle qu’il y a actuellement un débat en cours. Les échanges amicaux sont bienvenus, mais dans la mesure où les interlocuteurs s’en tiennent aux chuchotements. Je vous demande de parler à voix basse, pour permettre à vos collègues de suivre ce très sérieux débat.
    Le député de Brampton Est a la parole.
    Monsieur le Président, mon collègue d’en face, avec qui je suis en total désaccord sur à peu près tous les sujets, est une personne formidable. Malgré nos différends, il demeure un ami personnel, ce qui montre toute la valeur de la démocratie.
     La précarité des régimes privés de pensions demeure la principale raison qui motive la bonification du Régime de pensions du Canada. Les statistiques sont éloquentes à ce sujet. Le député d'en face a mentionné une étude réalisée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui compte 109 000 adhérents et qui est venue témoigner devant le comité des finances.
     Dans cette étude, il faut s'attarder aux détails. Elle est fondée sur les réponses de 651 membres de la Fédération seulement alors que le questionnaire a été envoyé à 10 000 membres. Cette étude conclut que les membres de la Fédération s’opposent à notre proposition alors que seulement 651 de ses 109 000 membres déclarent qu’il n’est pas opportun de bonifier le Régime de pensions du Canada.
     J’invite instamment mon collègue à discuter avec les petits entrepreneurs de sa circonscription, parce que les petits entrepreneurs de l’ensemble du Canada savent pertinemment que leur marge de manœuvre s’améliorera à court terme comme à long terme si leurs employés savent que des mesures sont prises pour eux, s’ils sont assurés de pouvoir profiter d’une retraite tranquille.
     J’invite également mon collègue d’en face, qui est une personne formidable et intelligente, à soutenir la bonification du Régime de pensions du Canada.
    Monsieur le Président, j’approuve l’intervention du député de Brampton-Est. Nous sommes totalement d’accord avec lui sur la nécessité de bonifier le régime de pensions du Canada. La bonification proposée est toutefois muette sur un élément très important, à savoir les périodes de retrait du marché du travail pour des raisons familiales ou pour cause de maladie. Le régime actuel tient compte de ces possibilités, mais pour une raison ou une autre, le régime bonifié proposé par le gouvernement ne prévoit rien pour ces cas. Le député et moi avons entendu de nombreux intervenants et représentants d'organismes souligner que c'est là un aspect essentiel. Il nous faut une réponse. Le gouvernement s’est-il trompé? Va-t-il corriger son erreur en rétablissant les dispositions relatives aux périodes d'absence du marché du travail dans le projet de bonification? Appuiera-t-il ce rétablissement?
    Monsieur le Président, mon collègue effectue depuis peu un remplacement au comité des finances. Je lui souhaite la bienvenue. Il effectue un excellent travail au sein de ce comité.
     Le fait est que les personnes qui prendront leur retraite au Canada après 2019 auront plus d’argent dans leurs poches. Tous les Canadiens devraient en être fiers. D’entrée de jeu, nous avons dit que la seule raison motivant la bonification du régime de pensions du Canada était le fait qu’en 1971, 48 % des Canadiens participaient à un régime de prestations de retraite financé par leur employeur, mais qu’en 2011, cette proportion était tombée à 25 % et que celle-ci ne cesse de diminuer. Les employeurs n’offrent plus de régimes à prestations définies à leurs employés. Les Canadiens peinent à mettre de l’argent de côté en prévision de leur retraite. Il est donc crucial de bonifier le régime de pensions du Canada.
     Il est révélateur que cette mesure fasse consensus parmi les gouvernements de toutes les provinces, qu’ils soient libéraux, conservateurs ou néo-démocrates. C’est un sujet sur lequel tous les députés devraient s’entendre parce que les Canadiens ont droit à une retraite tranquille. J’invite le député et son parti à appuyer le projet de loi.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Français]

Gisèle Chrétien

    Monsieur le Président, connaissez-vous une de ces perles rares qui transforme son milieu grâce à son leadership communautaire? Chez nous, à Sudbury, l'engagement de Gisèle Chrétien fait en sorte que notre communauté est un endroit où il fait bon vivre.
    Bénévole omniprésente, Gisèle appuie des causes dans les domaines de la santé, de l'éducation, du développement économique et des services en français. Elle a mené la charge pour la création du Collège Boréal et elle en a été la présidente pendant près d'une décennie. Elle a aussi présidé le conseil d'administration de TFO et celui de Horizon Santé-Nord. Elle a fondé des groupes d'entraide pour les enfants aux prises avec le diabète, siégé au conseil de la Société d'aide à l'enfance et de la Chambre de commerce, et elle a même publié un livre sur le leadership.
    Tout dernièrement, on reconnaissait son travail en lui remettant le Prix 2016 de la francophonie de l'ACFO du grand Sudbury. Gisèle est la preuve vivante que l'implication d'une seule personne peut enrichir toute une communauté.
    Félicitations et merci, Gisèle!

  (1400)  

[Traduction]

La justice

    Monsieur le Président, le mois dernier, le Sénat a adopté le projet de loi S-217 par une forte majorité comprise de sénateurs libéraux et conservateurs.
    Les antécédents criminels d'un accusé qui demande une libération sous caution constituent des données dont le juge a besoin, lors de l'audience, pour pouvoir déterminer s'il est sage d'accorder la libération. Pourtant, selon le Code criminel, le poursuivant est libre de se servir ou non de ces antécédents dans son argumentaire. Cette lacune s'est révélée fatale pour l'agent David Wynn, qui a été tué par balle dans l'exercice de ses fonctions. Le meurtrier est un individu qui avait été libéré sous caution malgré ses lourds antécédents criminels. Aucune information n'avait été portée à l'attention du juge.
    Le projet de loi S-217 repose sur le bon sens et vise à améliorer la sécurité publique en faisant en sorte que ce qui est arrivé au constable Wynn ne se reproduise plus jamais. J'exhorte le gouvernement à suivre l'exemple de ses collègues libéraux du Sénat et à appuyer le projet de loi S-217.

Le concours Breakthrough Junior Challenge 2016

    Monsieur le Président, je prends la parole pour féliciter Davina Potkidis, une élève de 12e année de l'académie catholique Holy Cross, à Woodridge, pour avoir réussi à se hisser parmi les 15 finalistes de l'édition 2016 du concours international annuel Breakthrough Junior Challenge. Ce concours, qui a vu le jour à l'initiative des créateurs de Facebook, Mark Zuckerberg et Sergey Brin, vise à souligner l'excellence dans le domaine scientifique.
    La réussite de Davina est particulièrement impressionnante lorsqu'on sait qu'en 2016, le concours a attiré 6 000 participants en provenance de plus de 100 pays. Élève exceptionnelle, professeure de piano, athlète et membre du conseil étudiant de son école, Davina a tout de même trouvé le temps de produire une vidéo où elle explique ce que sont les ondes gravitationnelles et ce qui se produit lorsque celles-ci touchent la terre.
    Le gagnant du concours sera choisi le 4 décembre et recevra une bourse de 250 000 $.
    Nos meilleurs voeux de succès accompagnent Davina, digne représentante du Canada sur la scène internationale. Nous sommes fiers de cette jeune femme remarquable.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, il y a maintenant près d'un an, juste en face, de l'autre côté de la rivière, le premier ministre a déclaré ceci devant les chefs de l'Assemblée des Premières Nations:
    Nous appuierons le travail de réconciliation et poursuivrons le processus nécessaire de recherche de la vérité et de guérison. Nous collaborerons avec [vous] pour mettre en œuvre les recommandations de la Commission [de] vérité et réconciliation, à commencer par l’application des dispositions de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones des Nations Unies.
    Le premier ministre a promis du vrai changement. Hélas, le vrai changement se fait toujours attendre dans ce dossier particulier.
    Alors que nous nous apprêtons à célébrer le 150e anniversaire de ce que nous appelons maintenant le Canada, les premiers peuples du pays ne devraient pas avoir à attendre encore 150 ans avant que leurs droits fondamentaux soient protégés, respectés et légitimés.
    J'invite le premier ministre à respecter cette promesse de réconciliation avec les premiers peuples du pays.

Le succès d'un vinificateur

    Monsieur le Président, c'est rempli de fierté que je souligne une autre réussite remarquable d'une personne de ma circonscription.
     Norman Hardie, vinificateur du comté de Prince Edward, a obtenu un prix international pour l'un de ses chardonnays. Ces récompenses mettent en lumière l'expertise vinicole de Norman, son talent, et le riche terroir de la nouvelle région vinicole de l'Ontario.
     Son « county chardonnay 2013 » figure dans la liste des vins les plus fascinants du XXIe siècle, jusqu'à maintenant, établie par Matt Kramer. Il a aussi obtenu une médaille platine au Concours des meilleurs vins canadiens WinAlign 2016. Cette année, son « county chardonnay » a pris la tête du classement parmi les chardonnays.
     Je félicite sincèrement Norman Hardie pour la passion et le dévouement dont il fait preuve. Les prix qu'il reçoit à l'échelle internationale rehaussent la réputation du comté et inspirent les nouveaux vinificateurs de la région.
    J'encourage tous les députés qui souhaitent vivre une expérience mémorable à déguster ce vin primé ou à explorer les nombreux vignobles du comté de Prince Edward.

La SHARE Agriculture Foundation

    Monsieur le Président, je suis très fier de rendre hommage à la SHARE Agriculture Foundation, une organisation créée par des agriculteurs de la région de Peel, qui a eu des répercussions importantes sur l'amélioration de la qualité de vie de collectivités agricoles pauvres dans des pays en développement. Cette organisation a touché la vie de milliers de personnes dans des pays comme le Honduras, le Salvador, le Brésil, le Belize, le Guatemala, le Nicaragua, Haïti, la Bolivie et le Cambodge. La réussite de la fondation SHARE repose sur le principe qu'il faut offrir aux collectivités les outils nécessaires pour améliorer leur vie par leurs propres efforts.
    La fondation SHARE a été créée en 1976, et j'ai eu l'honneur plus tôt au cours du mois de la féliciter à l'occasion de son 40e anniversaire.
    Au nom des résidants de Dufferin—Caledon, je remercie les bénévoles et les donateurs de la fondation SHARE et je souhaite à cette organisation phénoménale 40 autres années de succès et d'excellence pour ce qui est d'aider à créer des collectivités vigoureuses dans des pays en développement.

  (1405)  

[Français]

La Journée nationale de l'enfant

    Monsieur le Président, la Journée nationale de l'enfant sera célébrée au Canada le 20 novembre prochain.
     J'ai eu le bonheur de souligner cette journée en échangeant avec les jeunes du conseil parlementaire étudiant de l'Académie Ste-Thérèse, dans le cadre de l'invitation lancée par UNICEF Canada. J'ai été impressionné de découvrir des jeunes impliqués, informés et critiques relativement aux enjeux qui leur tiennent à coeur à l'école et dans leur communauté.
    Je tiens d'ailleurs à féliciter Julien Lavergne Roberge dans son rôle de premier ministre, Philippe Tremblay, en tant que vice-premier ministre, Anthony Nasrallah, en tant que modérateur, les 33 jeunes impliqués avec eux dans ce conseil, ainsi que leur professeur, Tollof Nelson, pour son travail. Ils sont un exemple à suivre.
     J'invite mes collègues à célébrer la Journée nationale de l'enfant et à continuer d'être à l'écoute de leurs préoccupations et de leurs intérêts. Nos enfants sont l'avenir de notre société. Ce sont les leaders de demain.

Leonard Cohen et Bob Walsh

    Monsieur le Président, au cours des dernières semaines, nous avons perdu deux grands artistes de la musique canadienne.
     Mon adolescence fut bercée par la musique de ces deux icones: Leonard Cohen et Bob Walsh. Ces artistes ont su combler mon âme et me saisir aux tripes.
     Leonard Cohen nous a brillamment offert plus d'une vingtaine d'albums, dont plusieurs chansons sont devenues des classiques intemporels et resteront gravées à jamais dans nos coeurs et nos mémoires. Récipiendaire de nombreuses récompenses, M. Cohen a fait rayonner notre pays partout dans le monde.
    Avec une fougue bien à lui, Bob Walsh, le roi du blues québécois, nous a fait vibrer au cours de sa fabuleuse et colorée carrière et a aussi reçu plusieurs distinctions. Il a marqué à jamais notre univers musical.
    Je voudrais aujourd'hui offrir aux familles de M. Cohen et de M. Walsh mes plus sincères condoléances.

[Traduction]

Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest

    Monsieur le Président, comme c'est la semaine de l'entrepreneuriat, je suis ravie d'intervenir à la Chambre et de parler de quelques-uns des nombreux attraits de la région de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest — la porte d'entrée de la région de l'Atlantique. Au parc international Roosevelt de Campobello, l'un des rares parcs internationaux du Canada, on peut se promener sur la propriété où se trouve la maison d'été de l'ancien président Theodore Roosevelt. À l'île Ministers, on peut rouler en voiture sur le fond marin, mais, si l'on ne planifie pas bien, on risque de se retrouver 15 pieds sous l'eau à la marée haute. À Toronto, il y a des écureuils; chez nous, il y a des baleines. L'île Grand Manan est la capitale canadienne de la main-de-mer palmée; ceux qui ne savent pas ce que c'est peuvent faire une recherche sur Google. Pour les gens qui aiment le golf, il y a St. Andrews by-the-Sea. Il ne faut pas prendre un trop grand élan au 12e trou, qui est une normale 3, sinon la balle se retrouvera dans l'océan Atlantique, et son prochain arrêt sera l'Irlande.
    Il y a des centaines d'endroits merveilleux à voir dans la circonscription de Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, mais il faut y aller pour en faire l'expérience.

La Semaine de la sensibilisation aux transgenres

     Monsieur le Président, nous soulignons cette semaine la Semaine de la sensibilisation aux transgenres. Des particuliers et des organismes de différentes régions du Canada amélioreront la visibilité des transgenres et des non-conformistes sexuels ainsi que de leurs problèmes de tous les jours.

[Français]

    Les jeunes trans sont victimes d'intimidation extrême et de violence à l'école. Ils ont des taux de décrochage élevés, des problèmes de santé mentale et, de plus en plus souvent, des idées suicidaires. Selon une étude réalisée en Ontario, 77 % d'entre eux ont des idées suicidaires.

  (1410)  

[Traduction]

    Le service de police de Vancouver, en réaction à la haine et à la violence contre les transgenres, a pavé la voie en matière d'intervention de la police en réalisant une vidéo, qu'il a intitulée Walk With Me, et créé, en collaboration avec Starbucks et des entreprises de la Colombie-Britannique, un autocollant répertoriant les endroits sûrs où les transgenres qui sont menacés peuvent trouver un refuge.

[Français]

    Le 20 novembre aura lieu la Journée du souvenir trans pour commémorer les personnes qui ont perdu la vie à cause de l'hypocrisie, d'actes violents ou d'un suicide. Ce jour-là...
    Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a maintenant la parole.

[Traduction]

La fiscalité

    Monsieur le Président, le premier ministre a refusé de répondre à une question pourtant très simple: les services des bonnes d'enfants qu'il a engagées aux frais du contribuable sont-ils considérés comme un avantage imposable? Le gouvernement nous a promis la transparence, mais c'est tout le contraire qui se produit. Les Canadiens ont le droit de connaître les avantages dont jouissent leurs élus. La question de savoir si ces avantages sont imposables ou non n'a rien à voir avec la vie privée; c'est la loi, et le premier ministre doit obéir à la loi, comme tout le monde. S'il reçoit un avantage imposable de son employeur — dans ce cas-ci les contribuables du pays —, il doit payer de l'impôt en conséquence.
    Quand on les interroge sur ces bonnes d'enfants, les libéraux répètent invariablement que, le premier ministre ayant une jeune famille, ses besoins ne sont pas les mêmes. Eh bien j'aimerais lui signaler qu'il n'est pas le seul ici présent ou au Canada à avoir une jeune famille. Quand la plupart des gens ont besoin d'engager quelqu'un pour garder leurs enfants, ils paient de leur poche.
    Le premier ministre devrait accepter de répondre aux questions les plus élémentaires quant aux avantages dont il jouit. Rien ne justifie que ses enfants se fassent garder exclusivement aux frais du contribuable. Le premier ministre doit obéir à la loi; le premier ministre doit payer ses impôts.

La citoyenneté, les réfugiés et l'immigration

    Monsieur le Président, l'une des questions les plus importantes dont j'ai dû m'occuper au cours des dernières années est celle de la réunification des familles au Canada, et plus particulièrement dans Winnipeg-Nord.
    C'est avec plaisir que je prends la parole pour féliciter le ministre de l'Immigration du travail fantastique qu'il fait pour accélérer le traitement des demandes d'un nombre croissant de familles. C'est là l'objectif que nous visons lorsque des personnes immigrent au Canada dans le cadre du programme de parrainage des familles. La réunification des familles est une mesure positive, et le gouvernement actuel la juge hautement prioritaire. Je remercie le ministre de l'Immigration de tous les efforts qu'il déploie pour réunir des personnes avec les membres de leur famille ayant immigré au Canada.

Michael O'Neill

    Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour rendre hommage à mon ami Michael O'Neill, un employé de longue date de la Colline, qui est décédé récemment.
    Mike a commencé sa carrière en 1981. Il a d'abord travaillé pour le député Dave Rooney, puis pour le bureau de recherche du NPD. Finalement, comme le hasard fait bien les choses, il a travaillé à mon bureau pendant les 23 dernières années.
    Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mike était unique. Sa mémoire institutionnelle, ses recherches et ses analyses, ainsi que sa passion pour les enjeux politiques n'avaient pas leur pareil. Il ne cherchait pas les honneurs et il n'aimait pas être le centre d'attention. Il agissait comme conseiller. Il avait un esprit vif et perspicace. Il y avait tellement de connaissances stockées dans son brillant cerveau, et il était toujours prêt à apporter son aide. Même lorsqu'il était malade, il fournissait de sages conseils. Mike était probablement le plus heureux lorsqu'il procédait à une analyse critique du gouvernement, et cela, même lorsque nous formions le gouvernement.
    Nous offrons nos plus sincères condoléances à son épouse Anne et à sa fille Eryn. Grâce à Michael O'Neill, le Parlement est devenu un meilleur endroit. Ses efforts ont permis d'améliorer les décisions prises au nom du Canada, et sa loyauté était absolue. Nous remercions Mike et sa famille.

[Français]

L'Opération Nez rouge

    Monsieur le Président, je suis fier de me lever à la Chambre aujourd'hui pour souligner que la fin de semaine des 25 et 26 novembre marquera le début des activités de la 33e campagne de raccompagnement de l'Opération Nez rouge sur le grand territoire de Drummond.
    J'aimerais féliciter l'implication citoyenne de M. Éric Stejskal, directeur général de l'entreprise Boire et frères, qui assure la présidence d'honneur de cette édition 2016.
    De plus, je félicite au passage Mme Julie Dubois, coordonnatrice de l'Opération Nez rouge Drummondville, et M. Dominic Villeneuve, responsable de la Fondation du Cégep de Drummondville.
    Tous les profits seront versés à la Fondation du Cégep de Drummondville, afin de soutenir les étudiants-athlètes des équipes intercollégiales du Cégep de Drummondville, Les Voltigeurs.
    J'invite les citoyens du Grand Drummond à s'impliquer activement dans cette 33e campagne de l'Opération Nez Rouge. Les gens ne doivent pas hésiter à faire appel à Nez Rouge s'ils ont pris un verre de trop.

[Traduction]

Medicine Hat—Cardston—Warner

    Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur d'intervenir à la Chambre afin de remercier les gens de Medicine Hat—Cardston—Warner de leur appui, de leur confiance et de leur travail acharné qui nous ont menés jusqu'à ce point.
    Je tiens à remercier mon incroyable équipe de campagne, et les centaines de bénévoles, de leur engagement et de leurs efforts inlassables.
    Je tiens à remercier ma femme, Sue, et notre famille pour les sacrifices qu'ils ont faits et ceux qu'ils continueront à faire.
    À titre de représentant de leur circonscription, j'ai hâte d'obliger le gouvernement libéral à rendre des comptes sur les enjeux qui leur importent, dont l'économie, la création d'emploi, les pipelines et le maintien d'un faible taux d'imposition pour aider les familles.
    Les habitants de ma circonscription s'attendent aussi à ce que le gouvernement veille à ce que le secteur agricole reste solide et concurrentiel.
    Le 24 octobre, les habitants de Medicine Hat—Cardston—Warner ont envoyé un message fort au gouvernement libéral: ses politiques sont un échec pour l'Alberta et le Canada. Je suis là pour livrer ce message.

  (1415)  

L'antisémitisme

    Monsieur le Président, nous sommes encore bouleversés d’apprendre que des incidents antisémites surviennent dans l’ensemble du pays. Cela nous rappelle que nous devons rester vigilants, que nous devons les dénoncer et que nous devons travailler ensemble pour faire cesser l’antisémitisme au Canada. Ce genre de discrimination est absolument inacceptable, et on ne peut laisser passer ces incidents sans rien dire.
    Tous les députés sont fiers de représenter l’ensemble des Canadiens, quelle que soit leur race, leur religion ou leur communauté d’origine. Nos différences doivent nous unir au lieu de nous diviser.
    Tous les députés de la Chambre et, en fait, tous les Canadiens doivent indiquer clairement que les attaques perpétrées pour des motifs religieux sont contraires aux valeurs et aux principes canadiens. Je demande à tous les députés d’intervenir et de condamner ces incidents honteux.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Français]

Le commerce international

    Monsieur le Président, aucun emploi à temps plein n'a été créé dans une année, la première année du mandat du gouvernement. Le premier ministre peut faire encore pire en livrant publiquement son attitude et sa façon de négocier avec les Américains sur l'ALENA avant même qu'on le lui demande.
    Puisque le premier ministre a naïvement montré son jeu aux Américains, comment peut-il rassurer les Canadiens qu'il sera en mesure de protéger les emplois ici, au Canada?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le premier ministre a annoncé d’emblée et très clairement qu’il servira l’intérêt national. L’Accord de libre-échange nord-américain est important pour le Canada, mais il l'est aussi pour les États-Unis. Comme je l’ai mentionné hier, aux États-Unis, neuf millions d’emplois sont directement liés à l’économie canadienne, et 35 États américains dépendent du Canada, puisque notre pays est leur principal client.
    Nous reconnaissons l’importance de l’ALENA. Nous mettrons l’accent sur les emplois canadiens de bonne qualité. Nous entretiendrons avec les États-Unis des rapports qui serviront nos intérêts nationaux.
    Monsieur le Président, comme si ce n'était pas assez que le premier ministre n'ait pas créé un seul emploi à temps plein durant la première année de son mandat, il a maintenant offert de sa propre initiative de renégocier l'ALENA avec le nouveau président élu des États-Unis, ce qui mettra en péril des milliers d'emplois au Canada.
    Maintenant que le premier ministre a naïvement dévoilé ses cartes aux Américains, que compte-t-il faire pour sauver et protéger les emplois canadiens, non les neuf millions d'emplois américains?
    Monsieur le Président, sous le leadership du premier ministre, GM Canada a créé 1 000 emplois en génie au Canada, et ces emplois en créeront d'autres.
    En ce qui concerne l'ALENA, le député d'en face devrait savoir que lorsque cet accord est entré en vigueur, la valeur combinée de nos économies se chiffrait à environ 8 billions de dollars. Aujourd'hui, elle se chiffre à 20,6 billions.
    Nous sommes conscients de l'importance du commerce. Nous dialoguerons et nous collaborerons avec les États-Unis pour promouvoir les intérêts du Canada, créer des emplois de qualité pour les Canadiens et faire croître l'économie.
    En effet, monsieur le Président; et le Parti conservateur a signé cet accord parce qu'il savait qu'il serait bon pour le pays. Voilà ce qui s'est produit.

[Français]

    Cette transition que les Américains amènent vers l'ALENA provoque évidemment beaucoup d'inquiétudes, encore aujourd'hui, quant à l'accord sur le bois d'oeuvre. Un élan de protectionnisme américain amènerait encore davantage d'incertitudes et de risques pour les emplois forestiers du Canada.
    Comment vont-ils faire face à ce mouvement protectionniste? Nous espérons qu'on sera capable de faire valoir pleinement les droits des travailleurs canadiens?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement a ouvert le dialogue et collabore étroitement avec les États-Unis en ce qui concerne l'accord sur le bois d'oeuvre, qui a expiré sous l'ancien gouvernement. Nous travaillons concrètement avec l'administration américaine actuelle et nous collaborerons avec le nouveau président élu et le Congrès pour faire avancer le dossier.
    Le gouvernement comprend l’importance de pouvoir compter sur des emplois de qualité dans le secteur forestier et s'engage à faire avancer ce dossier ainsi que dans celui du boeuf et d'autres dossiers contentieux.
    Le premier ministre a été clair. Nous sommes à l'écoute des idées et des gens, et nous sommes ouverts au commerce. Voilà comment nous ferons croître l'économie.

  (1420)  

    Monsieur le Président, le Canada a besoin de l'ALENA. Cet accord a créé des millions d'emplois et attiré des milliards de dollars d'investissements. Même si le président désigné Trump a promis de déchirer cet accord important, tout le monde sait qu'il en a contre le Mexique, et non contre le Canada.
    Pourquoi le premier ministre a-t-il bêtement brandi le drapeau blanc et déclaré qu'il rouvrirait cet accord, ce qui mettra de nombreux emplois en péril? Pourquoi a-t-il agi aussi bêtement?
    Monsieur le Président, le premier ministre défend toujours les intérêts du Canada. Il sait que, dans ce contexte, nous devons faire preuve d'ouverture et de franchise envers nos alliés, y compris notre ami, notre partenaire et notre allié le plus important. C'est pourquoi nous avons dit que nous sommes conscients de l'importance du commerce, non seulement pour le Canada, mais aussi pour les États-Unis. Aux États-Unis, neuf millions d'emplois dépendent du Canada. Trente-cinq États américains dépendent du Canada, puisqu'il s'agit pour eux de leur principal client.
    Il est important de souligner les avantages mutuels qui découlent du commerce. C'est pourquoi nous avons eu une conversation ouverte, franche et honnête. C'est ce que les Canadiens attendent de nous, et c'est exactement ce que nous ferons.
    Monsieur le Président, il s'agissait d'un geste incroyablement irréfléchi et naïf de la part du premier ministre.
    Le Partenariat transpacifique, ou PTP, est lui aussi menacé, mais les Canadiens ont besoin de cet accord. La nouvelle administration américaine a indiqué qu'elle n'irait pas de l'avant avec cet accord, mais cela ne signifie pas que le Canada doive en faire autant.
    Le premier ministre s'engagera-t-il à défendre les intérêts économiques du Canada, ainsi qu'à promouvoir vigoureusement et systématiquement l'avancement du PTP, à l'occasion du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique qui se tiendra cette fin de semaine, ou posera-t-il un autre geste irréfléchi?
    Monsieur le Président, le gouvernement précédent a négocié le PTP en secret alors que le gouvernement actuel est très ouvert et transparent avec les Canadiens, tel qu'en fait foi le dialogue amorcé avec tous les secteurs de l'économie et tous les Canadiens sur cette question primordiale.
     Il est important que nous invitions les gens à participer. À défaut de ce faire, les problèmes posés par le protectionnisme continueront d'augmenter. Lorsque les gouvernements agissent en secret, ils minent la confiance des Canadiens. Nous avons été très clairs. Nous établirons un dialogue avec les Canadiens afin de gagner leur confiance et de promouvoir le commerce et nos intérêts nationaux. En ce qui concerne le PTP et l'ALENA, nous accorderons toujours la priorité aux intérêts du Canada.

La réforme démocratique

    Monsieur le Président, dans leur plateforme électorale et le discours du Trône, mais aussi des dizaines de fois à la Chambre des communes, les libéraux ont répété qu'il était temps de se débarrasser de l'injuste et désuet système électoral majoritaire uninominal à un tour. Or, sous prétexte de consultations, les libéraux misent aujourd'hui sur des données probantes fondées sur des décisions afin, de toute évidence, de justifier le maintien le statu quo.
    J'ai ici de vraies données probantes, de vrais chiffres pour le gouvernement: près de 90 % des personnes qui ont témoigné devant le comité multipartite sur la réforme électorale ont dit qu'il est temps d'adopter la représentation proportionnelle. Les Canadiens veulent être entendus. Ils veulent que leur vote compte.
    Le gouvernement entend-il respecter la promesse qu'il a faite aux Canadiens? L'élection générale de 2015 sera-t-elle la dernière à s'être déroulée sous le système majoritaire uninominal à un tour?

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai le grand privilège de me tenir ici, sur ce territoire traditionnel algonquin.

[Traduction]

    Je tiens à remercier les membres du comité d'avoir travaillé si fort et si assidûment pour entendre ce que les Canadiens avaient à dire. Ils ont uni leurs efforts en vue de soumettre un rapport à la Chambre. J'ai hâte de recevoir le rapport le 1er décembre prochain et de revenir à la Chambre pour présenter un plan réfléchi.
    Monsieur le Président, les néo-démocrates font tout en leur pouvoir pour réaliser une des choses les plus difficiles en politique canadienne: amener les libéraux à tenir leurs promesses.
    Près de 70 % des rapports issus des assemblées publiques tenues par les députés, 88 % des témoins experts et 87 % des Canadiens qui ont témoigné devant le comité réclament un système de scrutin proportionnel juste. Apparemment, ce n'est pas assez pour le gouvernement. On a appris aujourd'hui que les libéraux consacrent 2 millions de dollars à un sondage bidon pour plaider contre la réforme électorale.
    La ministre va-t-elle au moins convenir que l'opinion publique penche, dans une écrasante majorité, en faveur d'un système de scrutin proportionnel, oui ou non?
    Monsieur le Président, je remercie le député d'en face de l'intérêt qu'il porte à ce dossier et je le remercie de parler d'une chose à laquelle nous travaillons depuis des mois.
    Nous voulons utiliser le maximum d'outils pour entendre le plus grand nombre possible de Canadiens au sujet de la réforme électorale. Nous voulons qu'ils nous indiquent quelles valeurs leur sont le plus chères. À cette fin, nous travaillons à une nouvelle initiative avec Vox Pop Labs. Le député d'en face sait très bien que ce genre d'outil requiert normalement que l'on fasse des tests et des prétests. Nous en saurons plus sur cette initiative dans les prochains jours.

  (1425)  

[Français]

    Monsieur le Président, cela nous est arrivé à tous d'entendre des gens dire qu'ils n'iront pas voter parce qu'ils pensent que cela ne changera rien. Or ils n'ont pas tout à fait tort.
    Lors de la dernière élection, 9 millions de votes n'ont servi à rien, à rien de rien, à cause de notre vieux mode de scrutin complètement injuste. Partout, les citoyens, la société civile et les experts en appellent à un mode de scrutin proportionnel.
    Le gouvernement va-t-il entendre cela et faire en sorte que chaque vote compte pour avoir un mode de scrutin qui respecte réellement la volonté populaire?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons écouté les Canadiens quand nous avons proposé au comité spécial d'aller les rencontrer et les entendre. Nous avons écouté les Canadiens et les députés quand nous avons revu la composition du comité de manière à ce qu'il soit formé en majorité de députés de l'opposition. Nous allons trouver des façons novatrices d'écouter la population.
    J'attends avec impatience les recommandations du comité sur la meilleure façon de faire avancer ce dossier. Quand nous aurons reçu le rapport du comité, nous présenterons un plan réfléchi à la Chambre.

[Français]

    Monsieur le Président, ils vont écouter jusqu'à ce qu'ils entendent ce qu'ils veulent.
    Lors de la campagne, le chef libéral a promis, la main sur le coeur, que celle de 2015 serait la dernière élection avec le mode de scrutin actuel. Il l'a promis et juré en disant qu'il allait le faire et qu'il ne niaisait pas. Confiance, intégrité et respect, tout y était.
    Toutefois, depuis que les libéraux sont au pouvoir, c'est moins clair. On nuance, on cherche la porte de sortie et on sort des sondages bidon. Les gens veulent du changement, tout comme les partis de l'opposition.
    Entre nous, était-ce une véritable promesse ou une blague?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député d'en face sait pertinemment que nous nous occupons sérieusement de ce dossier depuis le début de notre mandat. Le député d'en face sait pertinemment qu'il existe un comité qui discute en ce moment des conclusions qu'il aimerait présenter à la Chambre. Le député d'en face sait pertinemment que, dès le début, nous avons clairement indiqué que nous n'irions pas de l'avant sans le soutien général de la population. J'ai hâte de recevoir le rapport du comité le 1er décembre prochain.

Le commerce international

    Monsieur le Président, le gouvernement libéral envoie des messages contradictoires aux gens d'affaires du Canada. Hier, l'ambassadeur du Canada aux États-Unis a affirmé que le Canada doit en faire davantage pour sensibiliser les Américains aux bienfaits de l'ALENA. Je suis on ne peut plus d'accord. Hélas, le premier ministre a servi l'ALENA sur un plateau d'argent au futur président Trump.
    Pourquoi le premier ministre et son ambassadeur ne sont-ils pas sur la même longueur d'onde à propos du principal accord commercial du Canada?
    Monsieur le Président, je remercie le député de son travail dans le dossier du commerce.
    Les bienfaits de l'ALENA sont évidents, tant pour le Canada que pour les États-Unis. En 2015, la valeur du commerce trilatéral de marchandises a atteint plus de 1 billion de dollars, soit 3,6 fois la valeur observée en 1993. Les États-Unis sont notre principal partenaire commercial, le plus important. Nous chercherons toujours des façons de resserrer cette relation.
    Les accords commerciaux sont importants, et nous chercherons toujours à les améliorer, en toute bonne foi. Nous sommes prêts à considérer de possibles améliorations, et c'est ce que nous allons faire.
    Monsieur le Président, depuis plus d'un an, les libéraux prétendent que le premier ministre et le président des États-Unis entretiennent une relation sans précédent. La ministre du Commerce international a même affirmé devant la Chambre que le président des États-Unis en était transporté de joie.
    Malheureusement, cette nouvelle relation sans précédent n'a strictement rien donné au Canada, qui n'a pas pu conclure un nouvel accord sur le bois d'oeuvre. Dans les heures qui ont suivi l'annonce du résultat de l'élection aux États-Unis, le premier ministre était déjà à genoux en train d'offrir à nos voisins de renégocier l'ALENA. Il pourrait en résulter des conséquences très néfastes pour les 400 000 Canadiens qui dépendent de l'industrie forestière.
    Pourquoi le gouvernement s'acharne-t-il tant à nuire à l'emploi au Canada?
    Monsieur le Président, nous nous occupons du dossier du bois d'oeuvre depuis le premier jour de notre mandat, alors que le gouvernement précédent n'avait rien fait du tout. Il n'avait pas entrepris de renégocier l'accord, contrairement à ce que nous avons fait. Nous avons procédé à des consultations dans l'ensemble du pays. Nous avons négocié à divers échelons avec nos partenaires des États-Unis.
    En ce qui concerne l'ALENA, nous savons que nous avons une relation importante avec les États-Unis. Nous mesurons l'importance de l'ALENA. Nous prévoyons continuer notre collaboration avec nos partenaires pour améliorer ce traité et notre relation avec eux au fil du temps.

  (1430)  

[Français]

Les finances

    Monsieur le Président, dans son rapport publié aujourd'hui, le directeur parlementaire du budget écrit, à la page 4, « le cadre de mesure du rendement pour certains aspects des dépenses fédérales a été inégal. »
    En d'autres mots, on ne sait pas du tout où on s'en va, et surtout, cela manque de transparence.
    Pour la huitième fois, je tends la main à notre ministre des Finances. A-t-il une idée de la date à laquelle le Canada reviendra à l'équilibre budgétaire?
    Monsieur le Président, nous savons qu'il est très important de faire des investissements pour l'avenir des Canadiens et de la classe moyenne. Il est certain que les investissements vont améliorer notre situation à l'avenir, avec un meilleur niveau de croissance pour la classe moyenne et pour les gens qui veulent un bon emploi à l'avenir.
    C'est notre programme pour notre pays. C'est un bon programme pour un avenir meilleur que la situation des 10 dernières années.

[Traduction]

    Monsieur le Président, pour la huitième fois d'affilée, le ministre est incapable de nous dire quand le gouvernement éliminera le déficit. Je peux lui donner la réponse, en fait: on reviendra à un déficit zéro quand les conservateurs seront de nouveau au pouvoir.

[Français]

    Avant cela, nous allons devoir subir ce gouvernement pendant trois ans.
    Qu'est-ce que le gouvernement va faire pour aider les Canadiens et les entrepreneurs? Est-ce avec la taxe libérale sur le carbone, en augmentant les charges du régime de pensions et en ne baissant pas les taxes pour les entreprises qu'on va créer de la richesse au Canada? Non.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous agissons dès maintenant parce que les Canadiens ne peuvent pas attendre. Nous devons créer des emplois dès aujourd'hui, tout en pensant à demain.
    Il est particulièrement paradoxal d'entendre le parti d'en face parler de façons d'aider la classe moyenne alors qu'il se concentre sur les Canadiens les mieux nantis, qu'il se livre à des jeux politiques à propos du Régime de pensions du Canada, dont la bonification aiderait la classe moyenne, et qu'il a voté contre l'allégement fiscal destiné à la classe moyenne et contre l'Allocation canadienne pour enfants, qui viendra en aide à 9 familles sur 10. Pour notre part, nous nous efforçons d'améliorer la situation des Canadiens dès maintenant et pour l'avenir.
    J'ai entendu clairement la question, mais j'ai eu un peu de mal à entendre la réponse. Soyons tous attentifs, je vous en prie.
    La députée de South Surrey—White Rock a la parole.

L'infrastructure

    Monsieur le Président, les collectivités canadiennes ont perdu 15 milliards de dollars qui étaient destinés aux travaux d'infrastructure et qui serviront maintenant à financer la nouvelle banque de l'infrastructure des libéraux. Moins de 1 % des projets d'infrastructure promis sont en chantier, et aucun emploi à temps plein n'a été créé depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux.
    Le ministre a affirmé qu'il a encore beaucoup de questions au sujet de la conception de la banque. Pourquoi les libéraux concentrent-ils leurs efforts sur la vente des infrastructures à des intérêts étrangers plutôt que sur la création d'emplois pour les chômeurs canadiens ici, au pays?
    Monsieur le Président, nous sommes déterminés à investir encore plus dans l'infrastructure que ce qui était prévu dans le budget de 2016. Nous avons ajouté des milliards supplémentaires à notre engagement initial. En outre, nous avons approuvé à ce jour, dans l'ensemble des provinces et des territoires, plus de 983 projets, dont la valeur combinée s'élève à près de 12 milliards de dollars.

[Français]

    Monsieur le Président, alors que 15 milliards de dollars dédiés aux villes seront investis dans cette nouvelle banque de l'infrastructure, on a appris, lors d'une séance du Comité permanent des finances, que ceux qui tirent les ficelles dans ce projet considèrent que des projets de plus de 100 millions de dollars ne sont pas assez payants pour eux et qu'ils souhaiteraient avoir des projets de 500 millions de dollars. C'est encore pire.
    En allant dans cette direction, toutes les municipalités en région, petites et moyennes, ne verront jamais leurs projets se réaliser chez elles.
    J'invite les députés de l'autre côté de la Chambre, et particulièrement les 40 députés du Québec, à se lever, à être courageux, à parler au ministre et lui faire comprendre qu'on s'en va dans la mauvaise direction.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député aurait intérêt à discuter avec des maires et des préfets de partout au Canada.
    Voici ce qu'a dit la mairesse de Surrey au sujet de notre programme:
    La Ville de Surrey applaudit à l'engagement du gouvernement fédéral à procurer un financement stable et se réjouit des possibilités supplémentaires qu'offrira la nouvelle banque de l'infrastructure.
    Voici ce qu'a déclaré le maire de Vancouver au sujet de notre programme:
    La nouvelle banque de développement de l'infrastructure de 35 milliards de dollars, ainsi qu'un financement accru destiné à l'infrastructure dans les secteurs du commerce et du transport pour aider les villes à maximiser leur capacité d'emprunt est une bonne nouvelle...

  (1435)  

    La députée de North Island—Powell River a la parole.
    Monsieur le Président, s'il faut en croire le député de Spadina—Fort York, qui prétend être l'architecte derrière la banque de privatisation des infrastructures, quiconque ose critiquer la banque est « stupide ». Les Canadiens qui redoutent les péages et les droits d'utilisation dans leur collectivité? Stupides, selon lui. Les Canadiens qui ont compris que les investisseurs privés investiront uniquement si on leur garantit un rendement? Stupides eux aussi, selon le député.
    Le gouvernement libéral dénoncera-t-il ces propos irrespectueux ou est-ce stupide de ma part de poser la question?
    Monsieur le Président, nous investirons des sommes sans précédent dans les infrastructures — plus de 180 millions de dollars sur 12 ans — en partenariat avec les provinces, les municipalités et les territoires. Nous solliciterons en outre le secteur privé afin de construire encore plus d'infrastructures pour répondre aux besoins de la population dans divers domaines, comme le transport en commun, le logement abordable et les usines de traitement et d'épuration des eaux, afin que les Canadiens de partout au pays aient accès à de l'eau potable. C'est notre but. C'est l'engagement que nous avons pris, et nous le tiendrons.

[Français]

    Monsieur le Président, le ministre fait vraiment semblant de ne rien comprendre.
     Voici ce que disait la plateforme libérale: « Nous mettrons en place la Banque de l'infrastructure du Canada qui fournira du financement à faible taux aux projets de construction de nouvelles infrastructures. »
    Toutefois, au lieu de penser à emprunter à 1,3 %, comme ils peuvent le faire maintenant, les libéraux préfèrent remplir les poches de leurs amis de Bay Street en leur assurant un rendement de 7 % à 9 %.
    Est-ce cela, la priorité libérale, faire payer les Canadiens cinq fois plus qu'ils ne le devraient et céder en plus le contrôle à leurs amis de BlackRock?

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'espère que le député écoute ce que les maires et les préfets du pays ont à dire au sujet des investissements sans précédent que nous faisons dans les infrastructures et de la Banque de l'infrastructure que nous créerons afin de construire encore plus d'infrastructures parce qu'ils sont enthousiastes. Nous aussi d'ailleurs parce que nous avons compris que les infrastructures sont le ciment de nos régions; ce sont elles qui font croître l'économie, qui créent des emplois pour la classe moyenne et qui ouvrent toutes sortes de débouchés pour les Canadiens des quatre coins du pays.

Les transports

    Monsieur le Président, hier, le ministre des Transports a fait étalage de son ignorance par rapport à l'approbation des permis d'exportation nécessaires au projet de gaz naturel liquéfié de Woodfibre LNG. Il est donc resté assis sur son siège plutôt que de répondre à ma question.
    En fait, c'est le ministère des Transports et non Environnement Canada qui fait entrave au projet et aux emplois qui en découleront. Les libéraux répondent systématiquement « peut-être » aux projets d'exploitation des ressources en espérant qu'on cessera de les interroger.
    Quand le ministre des Transports se résoudra-t-il à faire son travail et à approuver l'octroi de permis d'exportation à Woodfibre LNG?
    Monsieur le Président, j'ai voulu éviter d'humilier ma collègue en répondant à sa question hier.
    Il faut qu'elle sache que, selon le processus en place, Woodfibre LNG doit soumettre une demande à l'État pour que l'on procède à une analyse et que l'on prenne une décision quant à l'octroi d'un permis.
    Or, aucune demande n'a été soumise.
    Monsieur le Président, le fait est que le gaz naturel liquéfié constitue un moteur économique en Colombie-Britannique et il profitera à tout le pays. Si Woodfibre LNG n'obtient pas de permis d'exportation de Transports Canada, il ne peut pas aller de l'avant avec son projet, même si la ministre de l'Environnement y donne son approbation. Il ne lui sert à rien de construire les installations s'il n'est pas autorisé à exporter son produit.
    Nous connaissons déjà les réponses toutes faites des libéraux sur la croissance économique et la création d'emplois. Quand le ministre des Transports cessera-t-il de mettre des bâtons dans les roues à ce projet porteur d'emplois en signant les permis d'exportation?
    Monsieur le Président, la députée se montre pour le moins insistante. Ma réponse reste inchangée. Je pense que la députée devrait faire ses devoirs avant de poser une question qui montre à quel point elle est mal informée.
    Lorsque Woodfibre LNG soumettra sa demande, nous l'étudierons conformément à la Loi sur la protection de la navigation et nous prendrons une décision. C'est ainsi que le processus fonctionne.

  (1440)  

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, le ministre des Ressources naturelles a affirmé que le pipeline Keystone XL n'est pas si important et que les libéraux se concentraient sur l'acheminement du pétrole vers les marchés asiatiques. Les collègues de son parti n'ont apparemment pas été informés. Deux députés libéraux de la Colombie-Britannique ont dit que le gouvernement ne devrait absolument pas appuyer le projet d'oléoduc de Kinder Morgan.
    Le comité consultatif du ministre a retardé la prise de décision sur l'oléoduc de sept mois, supposément pour favoriser l'acceptabilité sociale.
    Si le comité du ministre n'a même pas réussi à convaincre les députés libéraux de reconnaître la véracité des données scientifiques, était-ce autre chose qu'un gaspillage total d'argent et de temps?
    Monsieur le Président, en fait, nous avons répété toute la semaine que nous appuyons le projet de pipeline Keystone XL.
    Nous avons également donné aux Canadiens l'occasion de s'exprimer sur le prolongement de l'oléoduc Trans Mountain; nous avons reçu 35 000 réponses sur le site Web. Ces opinions ont été formulées par des Canadiens de tout le pays, qui manifestent un intérêt réel envers ce projet national.
    Contrairement aux gouvernements qui nous ont précédés, nous prendrons ces commentaires au sérieux.
    Monsieur le Président, le comité du ministre n'avait pas de véritables pouvoirs et il a retardé de plusieurs mois la prise d'une décision sur ce projet créateur d'emplois. Au bout du compte, il n'a formulé aucune recommandation. Le ministre refuse de réagir et, ô surprise, le comité a conclu que certaines personnes appuient le projet et que d'autres s'y opposent. Je suis heureux d'avoir attendu pour obtenir cette réponse.
    Si même le processus d'examen nouveau et amélioré du ministre ne réussit pas à convaincre les députés libéraux d'appuyer une étude sur les pipelines indépendante, scientifique et fondée sur des données probantes, peut-on dire que cet exercice de relations publiques n'a été qu'une énorme perte de temps et d'argent?
    Monsieur le Président, la raison pour laquelle plus de 35 000 Canadiens ont donné leur opinion quand nous les avons invités à le faire, c'est que, pendant 10 ans, personne ne la leur avait demandée.
    Maintenant, le gouvernement du Canada doit se pencher sur tous les commentaires qu'il a reçus d'un bout à l'autre du pays, examiner le travail du comité ministériel et prendre très au sérieux les mesures d'accommodement prises à l'égard des groupes autochtones et le fruit des discussions avec eux. Les discussions avaient été si insuffisantes sous le règne du gouvernement précédent que les cours d'appel ont dû rejeter les appels de ce dernier. Nous pensons que nous tirerons des leçons des erreurs des autres et que nous ferons un meilleur travail.

La condition féminine

    Monsieur le Président, mardi dernier, nous avons demandé aux libéraux de prendre des mesures concrètes pour prévenir la violence faite aux femmes et aux jeunes filles autochtones. À l'heure actuelle, 70 % des communautés inuites n'ont pas accès à un refuge pour victimes de violence conjugale.
    Amnistie internationale a déclaré que l'ampleur et la gravité de la violence envers les femmes et les jeunes filles autochtones au Canada donnent lieu à une crise nationale en matière de droits de la personne. Hier, l'Association des femmes autochtones a qualifié l'inaction du gouvernement à cet égard de « violation flagrante des droits de la personne ».
    Le gouvernement agira-t-il comme il se doit pour s'assurer qu'aucune femme ne se voit refuser l'accès à un refuge pour victimes de violence conjugale?
    Monsieur le Président, comme la députée le sait, nous avons consulté la population à ce sujet l'été dernier et nous avons entendu ces mêmes préoccupations. Les femmes qui fuient la violence n'ont nulle part où aller.
    C'est pourquoi je suis vraiment fière de travailler à l'élaboration d'une stratégie fédérale de lutte contre la violence fondée sur le sexe qui tiendra compte des besoins nombreux et variés des collectivités de tout le pays, y compris pour la création de places additionnelles dans les refuges.

[Français]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, leurs propres ministres s'entendent pour dire que les investissements de ce gouvernement ne sont pas suffisants pour aider les jeunes Autochtones.
    Hier, en comité, la ministre de la Santé a affirmé que les investissements fédéraux en matière d'infrastructure de santé ne sont qu'« une goutte d'eau » comparativement aux besoins criants.
    Ma question est très simple: qu'attend la ministre pour financer adéquatement les infrastructures et les services dont les communautés ont besoin?

[Traduction]

    Monsieur le Président, en tant que Canadienne, je suis attristée de voir l'état de santé des peuples autochtones du Canada. L'espérance de vie des autochtones est d'environ dix ans inférieure à celle du reste de la population et leurs communautés affichent des taux de diabète, de tuberculose et de suicide démesurés.
    Nous sommes déterminés à travailler avec les dirigeants autochtones du Canada ainsi qu'avec les gens des communautés afin de trouver des solutions pour les aider. Nous nous assurerons de tisser de nouveaux liens pour faire en sorte que tous les Canadiens du pays aient un accès adéquat aux...

  (1445)  

    Le député d'Oakville a la parole.

La santé

    Monsieur le Président, il y a une crise sanitaire au Canada. Le nombre de décès liés à la consommation d'opioïdes augmente partout au pays à un rythme alarmant.
    Il ne s'agit pas d'un problème lié uniquement à la santé mentale et à la toxicomanie. Tous les Canadiens sont à risque, tant l'enfant qui essaye une drogue à une fête que la personne qui a une dépendance aux opioïdes sur ordonnance pour soulager la douleur. Dans ma province, l'Ontario, 663 personnes sont mortes de surdoses d'opioïdes en 2014 et on estime que plus de 800 personnes mourront de surdoses en Colombie-Britannique cette année.
    Il s'agit bel et bien d'un enjeu national. Nous devons agir dès maintenant. Que fera le gouvernement pour résoudre cette crise?
    Monsieur le Président, le Canada est aux prises avec une crise de santé publique. C'est une crise de surdoses d'opioïdes et de décès en raison de laquelle des personnes meurent tous les jours.
    C’est l’une des raisons pour lesquelles je coanimerai demain et après-demain une conférence qui rassemblera des intervenants de partout au pays — des gens qui ont de l’expérience vécue, des spécialistes de la santé, des représentants des gouvernements, des organismes de réglementation et des éducateurs. Ensemble, nous allons élaborer un plan exhaustif qui nous permettra de faire avancer les choses. J’ai hâte de prendre d’autres mesures dans ce dossier.

Le développement international

    Monsieur le Président, le Canada ne doit pas oublier les réfugiés palestiniens. Il ne doit pas oublier non plus que ce sont les dirigeants palestiniens qui les maintiennent dans leur état de réfugiés et qui les tiennent en otage en refusant la coexistence pacifique avec Israël.
    On a de nombreuses preuves que le problème est causé en partie par le détournement de l’aide de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l’UNRWA. Le gouvernement conservateur avait réussi à faire parvenir, par d’autres instances que l’UNRWA, une aide d’une valeur de plus de 70 millions de dollars aux Palestiniens.
    Pourquoi les libéraux ne garantissent-ils pas que toute l’aide parvient bel et bien aux réfugiés?
    Monsieur le Président, les réfugiés palestiniens, particulièrement les femmes et les enfants, font partie des populations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde.
    Après avoir mené une étude approfondie du dossier, la ministre du Développement international et de la Francophonie a annoncé un financement de 25 millions de dollars pour l'UNRWA. Ce faisant, le Canada s’aligne sur l’approche adoptée par tous ses partenaires du G7. Le financement est assorti de solides dispositions et mécanismes de surveillance. Non seulement le financement permettra à 5,5 millions de réfugiés palestiniens d'accéder à des services de base, mais il est aussi crucial pour la paix et la sécurité de la région.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, les Canadiens se demandent comment il se fait que le ministre ne fasse pas mention des initiatives de politique étrangère du Canada concernant la Russie et qu'il faille naviguer sur le site Web des affaires étrangères de la Fédération de Russie pour être mis au courant. En effet, il a fallu un journaliste zélé pour découvrir, en naviguant dans ce site Web, qu'un sous-ministre adjoint du Canada vient tout juste de se rendre à Moscou pour discuter de la situation en Ukraine.
    Le ministre peut-ils assurer aux Canadiens et aux Ukrainiens qui chérissent la liberté que le Canada n'annulera pas les sanctions imposées à la Russie pour l'invasion et l'occupation de la Crimée et la commandite continue d'activités terroristes dans l'Est de l'Ukraine?
    Monsieur le Président, je peux assurer au député d'en face que le gouvernement appuie sans réserve l'Ukraine et condamne vigoureusement les attaques menées par la Russie.
    L'actuel gouvernement a resserré les sanctions que le gouvernement précédent avait imposées à la Russie. Cela signifie qu'il y a davantage de sanctions maintenant, sous le gouvernement actuel.
    Le gouvernement appuie davantage l'Ukraine que le gouvernement précédent. Tout récemment, le ministre a annoncé l'octroi de 8,1 millions de dollars en nouveaux fonds pour appuyer la police nationale de l'Ukraine.
    Le Canada défend et défendra toujours l'Ukraine, et il continuera de tenir la Russie responsable de ses actes.

La défense nationale

    Monsieur le Président, puisque les libéraux ne veulent pas le faire, nous remercions les militaires canadiens d'avoir combattu et neutralisé des terroristes du groupe État islamique.
    En février, le premier ministre a dit à la Chambre que nous n'avions pas de soldats au front. Or, hier, nous avons appris qu'il y a des échanges de tirs quotidiens entre les militaires canadiens et le groupe État islamique.
    Pourquoi les libéraux essaient-ils de cacher le fait que nos soldats sont au front et qu'ils emploient une force mortelle pour éliminer des terroristes du groupe État islamique?
    Monsieur le Président, nous sommes tous extrêmement fiers des efforts déployés par les soldats canadiens afin d'éliminer la menace que Daech représente dans cette région.
    Les soldats canadiens sont encadrés par des règles d'engagement claires qui leur permettent de se protéger et de protéger les partenaires du Canada et les populations civiles dès que survient une nouvelle menace.
    Je ne saurais mieux dire que le général Rouleau, qui a déclaré ceci: « Les forces que je dirige continuent de conseiller les forces de sécurité irakiennes et de les aider dans leur combat en leur offrant de l'entraînement, des conseils et du soutien en planification. Ces activités sont menées conformément à notre mandat, aux ordres du chef d'état-major et aux règles d'engagement. »

  (1450)  

    Monsieur le Président, les libéraux ont promis de mettre fin à la mission de combat du Canada en Irak. Rappelons que le ministre des Transports a déjà défini les missions de combat comme suit:
    Le terme « mission de combat » est défini ainsi:
    Opération militaire dans laquelle l’emploi effectif ou éventuel de la force, y compris la force mortelle, est essentiel pour imposer sa volonté à un adversaire armé ou pour accomplir une mission. Le niveau de la force employée se conforme à des règles d’engagement préétablies.
    Cette définition correspond parfaitement aux activités que nos militaires mènent actuellement et qu'ils pourraient mener demain au Mali.
    Quand le premier ministre admettra-t-il, en toute honnêteté, qu'il n'a pas respecté sa promesse et que les militaires canadiens participent à des combats directs contre le groupe État islamique?
    Monsieur le Président, le député et moi avons tous les deux assisté, mardi matin, à une réunion de comité où nous avons entendu le témoignage du chef d'état-major de la défense.
     Celui-ci a établi une distinction entre une mission de formation, de prestation de conseils et d'assistance, d'une part, et une mission de formation, de prestation de conseils, d'assistance et d'accompagnement, d'autre part. Il a été très clair. Il a déclaré clairement qu'il s'agit d'une mission de formation, de prestation de conseils et d'assistance.
    Comme l'a souvent répété le général Rouleau, il s'agit d'« aider les forces de sécurité de l'État souverain d'Irak ». Le chef d'état-major de la Défense a aussi été catégorique sur ce point.

Les anciens combattants

    Monsieur le Président, les familles des anciens combattants mènent une lutte quotidienne. Le soutien qu'elles reçoivent du ministère des Anciens Combattants est loin d'être suffisant, et, comme chacun sait, quand une personne s'enrôle, c'est toute sa famille qui s'enrôle aussi.
    Natasha vit en Nouvelle-Écosse et elle a perdu son mari. Elle m'a expliqué qu'elle doit se battre pour obtenir les prestations que son mari, qui a été 22 ans dans l'armée, aurait dû commencer à toucher longtemps avant sa mort.
    Le ministre va-t-il commencer à écouter ces familles, corriger les lacunes du système et honorer l'obligation sacrée qu'a le gouvernement envers les anciens combattants et leurs proches?
    Monsieur le Président, je ne pourrais être plus d'accord: quand un homme ou une femme sert son pays, c'est toute sa famille qui le sert aussi.
    Voilà pourquoi il est si important que toutes les personnes qui ont besoin d'aide et de soutien s'adressent à notre ministère et suivent le processus en place. Nous ne ménagerons aucun effort pour traiter leurs demandes rapidement.
    Si le ministère lui-même est en cause, nous disposons aussi d'un excellent processus d'appel indépendant permettant aux gens de faire corriger leur dossier.
    J'invite ces gens à continuer de s'adresser au ministère des Anciens Combattants pour obtenir l'aide dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin. Nous sommes là pour les écouter.

[Français]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, on n'a que très peu d'information de la part du gouvernement sur les critères de sélection pour les prochaines missions de paix du Canada. Jusqu'à maintenant, le gouvernement refuse d'inclure les partis de l'opposition dans cette discussion.
    Le ministre peut-il nous dire quand cet enjeu sera débattu au Parlement, et peut-il confirmer que la République centrafricaine est l'un des choix potentiels pour le déploiement d'une mission de maintien de la paix?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous collaborons de près aux efforts que déploient nos alliés et les organismes multilatéraux pour lutter contre le terrorisme et relever les défis sécuritaires d'aujourd'hui.
    Le ministre, comme la députée le sait assurément, s'est rendu deux fois en Afrique. Il a demandé à deux spécialistes des conflits, le général Dallaire et la juge Louise, de l'accompagner. C'est fort de leurs conseils et les yeux grand ouverts qu'il s'embarque dans ces missions...
    La députée de Kamloops—Thompson—Cariboo a la parole.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, quand on examine les antécédents du Parti libéral, on se rend compte qu'il a toujours accordé peu d'attention aux membres ordinaires des communautés autochtones. Les libéraux n'ont pas appuyé la protection que confèrent aux femmes et aux enfants les droits en matière de biens immobiliers matrimoniaux, et ils ont refusé que les renseignements financiers de base puissent être consultés facilement. Voilà le bilan d'un parti paternaliste. Des membres de bande sont maintenant obligés d'avoir recours aux tribunaux.
    Pourquoi la ministre refuse-t-elle que les membres des communautés autochtones disposent des moyens nécessaires pour simplement savoir comment leur argent est dépensé?
    Monsieur le Président, je pense qu'il convient de rappeler à la députée — car elle semble l'avoir oublié — que l'accord de Kelowna a été élaboré dans le cadre d'un partenariat véritable avec les peuples autochtones. L'accord proposait de créer un poste de vérificateur général des Premières Nations.
    La députée oublie aussi que c'est le gouvernement dont elle faisait partie qui a déchiré l'accord à son arrivée au pouvoir. Puis, après des années d'inaction, les conservateurs ont fait adopter un projet de loi autoritaire et mal conçu, par des fonctionnaires à Ottawa je le précise.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes résolus à travailler en partenariat avec les parties intéressées en vue d'adopter des mesures concrètes, qui permettront d'améliorer la transparence et la reddition de comptes. C'est ce que nous ferons.

  (1455)  

    Monsieur le Président, la ministre soutient que les membres de la bande n'ont qu'à aller dans les archives du ministère ou sur un site Web à accès restreint pour obtenir des renseignements.
    Loretta Burnstick a décrit cette réalité de la façon suivante:
    Lorsque les gens veulent porter ce genre de problème à la connaissance du ministère des Affaires autochtones, celui-ci leur répond de retourner voir le chef et le conseil de bande.
    Le chef et le conseil de bande, eux, mettent l'affaire sous le boisseau. Quant à la GRC, elle répond qu'il faut avoir des preuves. Alors, les autorités font tourner les gens en bourrique.
    Comment la ministre peut-elle justifier qu'on impose ces démarches inutiles aux membres de la collectivité?
    Monsieur le Président, je rappelle à la députée que le chef et le conseil de bande sont dûment élus pour un mandat de deux ans. Pour l'ensemble des élus qui siègent dans cette enceinte, cette formule assure une reddition de comptes optimale.
    Nous exigeons que le chef et le conseil de bande rendent compte à leurs membres et à mon ministère. C'est ce qui est prévu et nous étudierons tous les ajouts et les examens avec les Premières Nations à l'avenir.
    Monsieur le Président, le précédent gouvernement conservateur avait présenté une mesure législative qui conférait aux collectivités autochtones le pouvoir et les outils nécessaires pour exiger une reddition de comptes de la part de leurs dirigeants.
     Dans ma circonscription, en raison du mépris flagrant de la ministre à l'égard de la Loi sur la transparence financière des Premières Nations, il est devenu pratiquement impossible pour les membres de la Tribu des Blood d'obtenir des renseignements élémentaires. Les membres de la collectivité sont dans le noir et ne savent pas si les fonds destinés aux soins de santé, au logement et à d'autres besoins essentiels sont attribués comme il se doit.
    Quand la ministre cessera-t-elle d'encourager ce manque de transparence et commencera-t-elle à faire respecter la loi?
    Monsieur le Président, toute allégation de fraude est prise très au sérieux.
    Sous le précédent gouvernement, les travaux de vérification sur la réserve des Kainai ont été stoppés en juillet 2015, en attendant que le ministère obtienne un avis juridique concernant les compétences à ce sujet, plus particulièrement en ce qui concerne les revenus autonomes de cette réserve. Il a été déterminé que le ministère n'a pas la compétence pour enquêter sur les revenus autonomes. Par conséquent, les vérifications n'ont jamais été complétées, et il n'y a aucun rapport.
    Conformément aux pratiques habituelles du ministère...
    Le député de Tobique—Mactaquac a la parole.

Le développement économique régional

    Monsieur le Président, en août dernier, j'ai tenu une table ronde sur le développement économique rural dans ma circonscription, Tobique—Mactaquac, avec des chefs d'entreprise de la région appartenant à divers secteurs et je viens de présenter le rapport au ministre.
    Je suis l'un de ces 32 députés de l'Atlantique qui croient fermement à l'approche du gouvernement en matière de développement économique rural et à la stratégie de priorité à l'Atlantique et j'aimerais que le ministre fasse le point sur l'excellent travail qu'accomplit le gouvernement afin de faire avancer le programme de développement économique rural.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de Tobique—Mactaquac de sa question et de son rapport soulignant les problèmes qui touchent les petites et moyennes entreprises de sa circonscription. Bien entendu, nous prenons acte des éléments que soulève le rapport dans les dossiers de l'immigration, du développement des compétences et de la technicisation. Le tout cadre parfaitement avec ce que nous accomplissons dans le contexte de la Stratégie de croissance pour l'Atlantique. Le ministre de l'Immigration a mis de l'avant un projet pilote pour améliorer la situation de l'immigration dans la région.
    J'ai hâte de travailler avec le député et les 32 députés du Canada atlantique à l'avancement de la Stratégie de croissance pour l'Atlantique.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, la façon dont les libéraux traitent les régions rurales du Canada est insultante. Le décret du ministre de l'Immigration concernant le centre de Vegreville pourrait n'être qu'un début. Si une telle mesure est prise en Alberta, qu'est-ce qui nous dit qu'on ne fera pas la même chose à Sydney, en Nouvelle-Écosse, ou au Centre des services de paye à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, où des villes et des centaines de travailleurs dépendent de ces emplois?
    C'est le genre d'emplois dans la fonction publique fédérale qui soutiennent les villes rurales. Supprimer les 280 emplois à Vegreville, c'est comme supprimer 55 000 emplois à Edmonton.
    Qu'est-ce que le ministre a contre les Canadiens des régions rurales et les emplois en régions rurales?
    Je comprends que les gens de Vegreville soient mécontents, mais je tiens à dire que les arguments en faveur d'un déménagement étaient très forts, que nous voulons surtout améliorer le service et les délais de traitement des demandes d'immigration, que toutes les personnes qui travaillent pour mon ministère à Vegreville, que ce soit à temps partiel ou à temps plein, auront un travail à Edmonton et qu'il y aura même une augmentation nette du nombre d'emplois en Alberta.

  (1500)  

La santé

    Monsieur le Président, des milliers de Canadiens reçoivent chaque année un diagnostic de cancer dû à l’exposition à l’amiante. Chaque jour qui passe sans que des mesures soient prises, d’autres vies sont à risque.
    J’ai présenté hier un projet de loi visant l’interdiction complète de l’amiante. La Société canadienne du cancer, les syndicats et des millions de Canadiens réclament que cette interdiction entre en vigueur immédiatement. La ministre a déclaré que les données scientifiques sont concluantes, alors qu’est-ce qu’on attend?
    Monsieur le Président, la santé et la sécurité des Canadiens sont la priorité absolue du gouvernement. Pour ce qui est de l’amiante, les données scientifiques sont concluantes. Voilà pourquoi le gouvernement s’est engagé à l’interdire. Je compte annoncer d’ici la fin de l’année de plus amples précisions sur les modalités d’action et, notamment, un échéancier. Le gouvernement a déjà pris des mesures concrètes pour atteindre cet objectif essentiel, notamment l’interdiction de l’amiante dans les nouvelles constructions de l'État et un inventaire national de l’amiante.

[Français]

Les pensions

    Monsieur le Président, les Canadiens de la classe moyenne travaillent plus fort que jamais, mais beaucoup craignent de ne pas avoir suffisamment d'argent rendus à l'âge de la retraite.
    Le ministre responsable peut-il expliquer ce qu'il compte faire pour faire face à la situation? Que s'engage-t-il à faire relativement au Régime de pensions du Canada afin d'aider nos concitoyens et concitoyennes à atteindre leur objectif de bénéficier d'une bonne retraite?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Madawaska—Restigouche de sa question.
    Au Canada, une famille sur quatre n'économise pas suffisamment pour la retraite. Cette situation est inacceptable et nous sommes déterminés à agir. L'entente de principe historique sur le Régime de pensions du Canada aidera les Canadiens et Canadiennes en augmentant jusqu'à 50 % les sommes qu'ils recevront à la retraite. Nous sommes fiers d'aider les Canadiens et Canadiennes à améliorer leur sort, et nous continuerons d'en faire une priorité.

[Traduction]

Les services publics et l'approvisionnement.

    Monsieur le Président, voilà près d’un mois que la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement a indiqué aux Canadiens qu’on ne voit pas la fin du fiasco libéral lié au système de paie Phénix. Après avoir raté le délai qu'elle s'était fixé, la ministre a induit les Canadiens en erreur quant à l’ampleur et à la gravité de l’arriéré. Hier, les fonctionnaires de son ministère refusaient même de préciser une échéance pour le règlement des 18 000 cas encore en suspens. Plus de 200 000 transactions doivent encore être traitées. La ministre refuse de fixer une date butoir et elle refuse de nous fournir le nombre exact des dossiers en souffrance. Que la ministre cache-t-elle d'autre au sujet du fiasco lié au système de paie Phénix?
    Monsieur le Président, nous prenons très au sérieux les problèmes de rémunération dans la fonction publique. Voilà pourquoi nous avons pris de très nombreuses mesures supplémentaires pour régler les problèmes qui perdurent. Ces mesures nous ont d'ailleurs permis de traiter 100 000 cas de plus par mois. Nous avons accompli cela tout en garantissant que 300 000 fonctionnaires sont rémunérés toutes les deux semaines.

[Français]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, alors que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador est trop fauché pour rembourser les 266 millions de dollars qu'il doit au gouvernement fédéral, celui-ci augmente sa capacité d'endettement en lui disant que, puisqu'il est fauché, il lui permettra de l'être encore plus. On va lui permettre, avec l'argent de tous les contribuables, incluant celui des Québécois, de s'endetter encore plus pour entrer en compétition avec Hydro-Québec. S'il est incapable de payer, Ottawa paiera à sa place, il n'y a pas de problème!
    Ce gouvernement va-t-il permettre aux parlementaires de débattre la garantie de prêt pour Muskrat Falls avant de signer le contrat avec Terre-Neuve-et-Labrador?
    Monsieur le Président, la collaboration avec les provinces et les territoires est au coeur de l'approche de notre gouvernement.
    Il est très positif que Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec entretiennent un dialogue constructif sur la question énergétique. Valoriser les sources d'électricité propres et renouvelables nous aidera à respecter notre engagement visant à réduire les émissions de gaz.
    Monsieur le Président, garantir un prêt de 9,3 milliards de dollars à une population de 500 000 habitants, c'est comme si Ottawa garantissait un prêt de 144 milliards de dollars au Québec. C'est trop d'argent, et Terre-Neuve-et-Labrador ne pourra pas payer cela. C'est nous qui allons nous ramasser avec la dette.
    Une voix: Ouch!
    Mme Marilène Gill: Exactement, monsieur le Président, ouch!
    De plus, cet argent, celui des Québécois, vise à développer une concurrence déloyale à Hydro-Québec.
    Est-ce que ce gouvernement s'engage à permettre un débat à la Chambre sur l'augmentation de la garantie de prêt à Terre-Neuve-et-Labrador pour le projet de Muskrat Falls, oui ou non?

  (1505)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous nous réjouissons vivement d'apprendre que le gouvernement du Québec a jugé bon d'établir un dialogue avec celui de Terre-Neuve-et-Labrador. C'est un excellent exemple de collaboration entre deux provinces pour une cause commune. Quand les provinces travaillent ensemble avec le soutien du gouvernement national, il ne peut se produire que de bonnes choses.

Recours au Règlement

Questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Dans ma réponse à la question de la députée de Laurier—Sainte-Marie, j'ai mal nommé la juge Arbour et je tiens à corriger mon erreur.
    Monsieur le Président, je suis ici depuis 12 ans, et vous savez que j'ai toujours eu énormément de respect pour vous. Je viens à la Chambre pour participer à des débats enflammés et je suis très content que le Président ait signalé que ma discussion animée avec le député de Spadina—Fort York empêchait d'autres débats enflammés dans cette enceinte.
    Dans le feu de nos échanges, j'ai oublié que nous étions à la période des questions. J'en suis absolument désolé. Je vous suis très reconnaissant, monsieur le Président, et je vous remercie beaucoup de bien vous acquitter de votre tâche.
    Je remercie le député de ses excuses aimables.

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, j'aimerais savoir quels sont les plans du gouvernement pour les travaux de la semaine prochaine.

[Français]

    Monsieur le Président, cet après-midi, nous allons continuer le débat à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi C-26 sur le Régime de pensions du Canada.
    Demain, nous reprendrons le débat sur le projet de loi C-16 concernant l'identité de genre. Si le temps nous le permet, nous passerons aussi à l'étude du projet de loi C-25, qui porte sur les lois-cadres des entreprises.

[Traduction]

    Lundi, je vais mettre à l'étude le projet de loi C-30, qui met en oeuvre l'Accord économique et commercial global, à l'étape de la deuxième lecture. Le débat se poursuivra mardi et mercredi. J'espère que le projet de loi pourra être renvoyé à un comité mercredi soir.
    Jeudi, nous passerons au débat, à l'étape de la deuxième lecture, du projet de loi C-23, concernant le précontrôle.
    Vendredi, le projet de loi C-18, qui vise à modifier la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, sera débattu à l'étape de la deuxième lecture.

Initiatives ministérielles

[Initiatives ministérielles]

[Français]

Le Régime de pensions du Canada

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi C-26, Loi modifiant le Régime de pensions du Canada, la Loi sur l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada et la Loi de l'Impôt sur le revenu, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, quand j'étais maire de Thetford Mines, j'employais souvent une tactique lors des assemblées du conseil. Un petit chut est très efficace, particulièrement quand c'est le député qui le dit plutôt que le Président. On dirait que l'attention est encore plus présente.
    Je suis content d'avoir l'attention de mes collègues pour parler du projet de loi C-26. J'avais prévu en parler, mais ce matin, on a déposé une motion d'attribution de temps concernant ce projet de loi. Cela privera plusieurs de mes collègues de l'occasion de parler de ce projet de loi qui, effectivement, comme l'a dit le ministre des Finances, est très important pour les Canadiens et les Canadiennes.
    Au début de la période des questions orales, j'ai été surpris d'entendre le ministre des Finances répondre à une question de mon collègue de Louis-Saint-Laurent et parler de l'opposition officielle en disant ce qui suit. Je vais le dire en anglais.

  (1510)  

[Traduction]

    Nous serions prétendument le parti qui « se livre à des jeux politiques à propos du Régime de pensions du Canada ».

[Français]

    Je pense que celui qui joue à un jeu présentement avec le projet de loi C-26, c'est le gouvernement. Celui qui est présentement en train de jouer à un jeu avec les Canadiens avec le projet de loi C-26, c'est le gouvernement.
     Lors de la dernière campagne électorale, je me rappelle que plusieurs candidats du gouvernement, qui se présentaient et cognaient aux portes, affirmaient aux gens de leur circonscription qu'ils souhaitaient représenter que leur parti allait améliorer le Régime de pensions du Canada. Quand on dit aux personnes aînées qu'on va améliorer le Régime de pensions du Canada, ces gens ne s'attendent pas à ce que cela prenne 40 ans pour voir l'amélioration du Régime. C'est pourtant ce qui va arriver avec le projet de loi C-26 .
    Je considère que le projet de loi C-26 induit les Canadiens en erreur. Encore une fois, la stratégie de ce gouvernement est de continuellement prendre des engagements et d'attendre que ce soit les autres qui soient obligés de les réaliser. En effet, les engagements relatifs au Régime de pensions du Canada se concrétiseraient dans 40 ans, alors que les investissements en infrastructure se feront dans 10 ans. Bref, il n'y a rien pour les trois prochaines années.
    C'est tellement urgent d'adopter un projet de loi qui va avoir un effet seulement dans 40 ans, qu'on a eu une motion d'attribution de temps aujourd'hui. Ma question porte sur le sujet que je soulève sans cesse, c'est-à-dire le recours à l'attribution de temps. Cette pratique illustre le mépris du gouvernement à l'égard du processus démocratique.
     La phrase qui suit n'est pas de moi. Elle est du député de Winnipeg-Nord. Il a dit cela le 30 avril 2015, quand il parlait des motions d'attribution de temps:
    Pourquoi le leader du gouvernement à la Chambre pense-t-il que la seule façon [...] de faire adopter leurs mesures à la Chambre est d'imposer l'attribution de temps? Cela revient à dire qu'ils sont incapables de négocier de bonne foi avec les partis de l'opposition, ce qui mine vraiment la démocratie à la Chambre. Le leader du gouvernement à la Chambre n'est-il pas d'accord?
    Le gouvernement se dit être ouvert et transparent, il s'est fait élire en disant vouloir faire les choses autrement. Toutefois, avec des projets comme le projet de loi C-26 pour les aînés, nous nous retrouvons aujourd'hui dans une situation où il adopte une huitième motion d'attribution de temps, en moins d'un an. Cela ne fait même pas un an que nous siégeons ici, et il y a déjà eu huit motions d'attribution de temps.

[Traduction]

    Une voix: Huit motions.
    M. Luc Berthold: Il y a eu huit motions, monsieur le Président.
    J'ai commencé à parler anglais. Tout le monde m'entendra bientôt parler de plus en plus en anglais, mais pas maintenant. Je continue en français parce que mon discours est en français.

[Français]

    Le 27 octobre 2011, le député de Winnipeg-Nord a dit:
    Compte tenu de l'importance de la Chambre — où nous voulons tous représenter nos électeurs — et du respect qui lui est dû, le fait de ne pas donner amplement l'occasion aux députés de l'opposition, et même aux députés ministériels d'arrière-ban, d'exprimer leurs points de vue sur les projets de loi est malsain. Le leader du gouvernement à la Chambre a la responsabilité de collaborer et de négocier avec les leaders parlementaires. L'attribution de temps ne devrait être imposée que lorsque le gouvernement n'est pas parvenu à s'entendre avec les chefs de l'opposition à la Chambre des communes.
    Faut-il croire que le leader du gouvernement à la Chambre a renoncé à négocier de bonne foi avec les leaders parlementaires tant et si bien que le gouvernement se sent maintenant obligé d'imposer l'attribution de temps et que cela sera désormais la façon normale de procéder à la Chambre?
    Est-ce une façon différente de faire les choses? Les députés d'en face déchiraient leur chemise pour s'opposer aux motions d'attribution de temps. On a répété sans cesse aux Canadiens qu'on allait faire les choses différemment.
     En présentant une fois de plus une motion d'attribution de temps pour faire adopter son programme législatif, le gouvernement montre son incompétence. Il fait aussi preuve d'un véritable manque de respect à l'égard de la procédure parlementaire et, au bout du compte, à l'égard des Canadiens.
    Le gouvernement continue d'essayer d'empêcher les députés de participer aux travaux de la Chambre des communes et d'y représenter leurs concitoyens. Encore une fois, j'utilise les propos qu'a tenus le député de Winnipeg-Nord le 3 juin 2015. Je suis tout à fait en droit de le faire, puisque le gouvernement s'est fait élire sous de faux prétextes. Il a prétendu vouloir faire les choses différemment.
    Toutefois, au rythme où va le gouvernement, les Canadiens et les Canadiennes se rendront compte très bientôt qu'il aura eu recours à plus de motions d'attribution de temps que le précédent gouvernement. Cela ne fait pas un an que le Parti libéral est au pouvoir, la session n'est pas encore terminée et il a déjà eu recours à huit motions d'attribution de temps, et ce, alors qu'une quinzaine de projets de loi ont été adoptés seulement. C'est donc près de la moitié des projets de loi qui ont été soumis à une motion d'attribution de temps. C'est incroyable.
    Revenons au Régime de pensions du Canada. La première fois que j'en ai parlé, j'ai dit à quel point le gouvernement avait induit les Canadiens et les Canadiennes en erreur lors de la dernière campagne électorale. À la suite du dépôt du projet de loi C-26, j'ai eu l'occasion de jaser avec des gens de mon comté. Je leur ai demandé ce que cela voulait dire pour eux, lorsqu'on leur disait, dans un programme électoral, qu'on allait améliorer le Régime de pensions du Canada et faire en sorte qu'ils aient plus de sous dans leurs poches. Ils m'ont répondu qu'ils s'attendaient à avoir cela sous peu, dans six mois, dans un an ou dans deux ans. Ils comprennent que les choses ne vont pas toujours aussi vite qu'on le voudrait, au Parlement. Toutefois, cela prendra 40 ans!
    Les gens âgés de 75 ans pourront donc bénéficier de ces mesures dans 40 ans. Faisons une addition très simple: 75 + 40. Quarante, c'est 4 x 10. Alors, 75 + 10 = 85; 85 + 10 = 95; 95 + 10 = 105; 105 + 10 = 115. Les citoyens de mon comté qui ont aujourd'hui 75 ans auront donc 115 ans quand les bonifications au régime entreront en vigueur. Pourtant, les PME, elles, devront rapidement affronter les augmentations des cotisations associées à la bonification du Régime de pensions du Canada. Cela est dommageable pour l'entreprise.
    La semaine dernière, il s'est produit quelque chose en Amérique du Nord, chez nos voisins américains, et plusieurs d'entre nous ne s'y attendaient pas. Il s'est produit...
    Une voix: Something huge.
    M. Luc Berthold: Monsieur le Président, il s'est produit something huge, comme le dit si bien mon collègue. J'adore lorsque mes collègues m'aident à parler anglais. D'ici la fin de la session, je devrais être parfaitement bilingue grâce à la collaboration de mes excellents collègues. Je tenterai de les aider également lorsqu'ils s'exprimeront en français.
    Aujourd'hui, le gouvernement devrait saisir l'occasion pour prendre du recul afin d'analyser ce qui vient de se passer en Amérique du Nord et les effets négatifs qu'auront ces nouvelles taxes sur nos petites et moyennes entreprises et sur les emplois chez nous. Depuis un an, ce gouvernement n'a pas eu beaucoup de succès en ce qui a trait à la création d'emplois. Toutefois, il n'est pas trop tard pour agir.
    Je crois que le gouvernement ne voulait pas entendre les députés de mon parti lui répéter ceci constamment, mais je me ferai un plaisir de le répéter: il doit prendre son temps et faire attention. On ne peut pas imposer de nouvelles taxes à nos entreprises, car on n'en a pas les moyens.

  (1515)  

    Monsieur le Président, je peux dire à mon collègue de Mégantic—L'Érable que, depuis 10 ans, la classe moyenne se sent oubliée par le gouvernement du Canada, et que ce changement fera en sorte qu'on arrêtera d'oublier les gens, qu'on les aidera et qu'on planifiera l'avenir.
    J'ai une question très particulière pour le député de Mégantic—L'Érable. S'il est si inquiet que ses collègues n'aient pas la chance de parler du projet de loi C-26, pourquoi en parle-t-il lui-même pour la deuxième fois? Il en a déjà parlé le 21 octobre. Pourquoi en parle-t-il deux fois s'il est inquiet que les autres n'aient pas l'occasion de parler?

  (1520)  

    Monsieur le Président, je suis vraiment étonné que mes collègues se questionnent sur la raison de ma volonté de parler. Je crois avoir été élu par les gens de Mégantic—L'Érable pour prendre la parole aussi souvent que cela sera nécessaire pour les défendre. C'est ce que je fais, et je vais le faire chaque fois que cela sera nécessaire.
    Monsieur le Président, je pense que je vais peut-être songer à déménager dans la circonscription de mon collègue si vraiment on y vit jusqu'à 115 ans. Tout cela pour dire qu'on se rejoint sur un élément, et c'est le fait qu'attendre 40 ans pour avoir une amélioration au régime, c'est vraiment pour le moins désastreux, et cela ne permet pas de répondre aux besoins immédiats.
    Cependant, quand j'examine la proposition conservatrice dans l'ancien Parlement, je constate que c'étaient les régimes de pensions agréés collectifs. Force m'est de reconnaître que cette approche favorise des gens qui ont des revenus supérieurs ou même encore plus élevés.
    Quelle solution mon collègue propose-t-il donc pour les gens qui sont à faible revenu et qui ont besoin d'améliorer leur revenu de retraite à très court terme?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son excellente question.
    Je viens d'une région où, pendant des années, on a vécu de l'industrie de l'amiante. Je me plais à dire que je suis la preuve vivante que l'amiante tue. Oui, effectivement, chez nous, les gens vivent vieux, parce qu'on a appris à vivre en utilisant l'amiante d'une manière sécuritaire, et je pense que mes collègues du NPD devraient comprendre et défendre cette approche, tout en travaillant à protéger la santé et la sécurité des Canadiens et Canadiennes qui oeuvrent dans le domaine de l'amiante.
    Pour conclure sur cette question, je comprends aussi que mon cher collègue s'ennuie du temps où le gouvernement conservateur était au pouvoir et qu'il prenait de bonnes décisions pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, je félicite mon collègue de son anglais. J'ai vu une nette amélioration depuis son élection. Félicitations!
    Ma question porte sur le fait qu'il a parlé d'un homme de 75 ans, retraité, qui ne va pas avoir une augmentation de ses prestations du Régime de pensions du Canada; il me semble que cela veut dire qu'on devrait faire quelque chose plus vite en ce qui concerne le Régime de pensions du Canada. Toutefois, cela va coûter de l'argent.
    S'il n'est pas content qu'on augmente graduellement le montant, comment pense-t-il que nous allons avoir de l'argent immédiatement pour aider la personne de 75 ans?

[Traduction]

    Monsieur le Président, on ne fait pas de promesse qu'on ne pourra pas réaliser, faute d'argent.

[Français]

    Il ne faut pas donner de faux espoirs aux gens à qui on fait ces promesses. C'est la réponse que je peux donner à mon collègue. C'est la bonne réponse. Si on n'a pas les moyens, on ne donne pas de faux espoirs aux gens.
    Monsieur le Président, mon collègue a conclu en saluant ce que les conservateurs avaient fait. Pourtant, la création des régimes de pensions agréés collectifs n'a pas donné lieu à une augmentation prévue de l'épargne des Canadiens en vue de la retraite.
    Je suis particulièrement préoccupée. Quand le député est dans sa circonscription, je suis sûre qu'il rencontre, comme moi, des aînés qui vivent dans la pauvreté. Les chiffres les plus récents montrent que 30 % des femmes aînées vivant seules sont dans la pauvreté, et que cela a triplé au cours des 20 dernières années.
    Comment le député voit-il cela? À son avis, comment pouvons-nous sortir ces femmes de la pauvreté?
    Monsieur le Président, je salue toujours l'implication de ma collègue quand vient le temps de parler de la pauvreté. Elle a été elle-même impliquée vraiment très longtemps dans les organismes communautaires. Elle a vu la pauvreté de près. Elle a eu l'occasion d'aider les femmes vivant dans la pauvreté.
    Je pense que ce sujet demande une attention beaucoup plus importante qu'une simple bonification du système de régime de retraite. Sincèrement, tous les Canadiens devraient être préoccupés par l'état de pauvreté des femmes et des Canadiens en général.
    Une des solutions proposées par les conservateurs consisterait à faire en sorte que ces personnes aient accès à des emplois, d'abord et avant tout, qu'il s'agisse de jeunes, d'aînés, de femmes ou de gens dans le besoin. La première chose à faire est de permettre à ces personnes de gagner leur vie. Il y a des situations dans lesquelles ce n'est pas possible, et si la députée veut collaborer avec moi pour trouver des solutions, je suis toujours disponible.

  (1525)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à propos du projet de loi C-26. Toutefois, je voudrais auparavant dire quelques mots concernant la procédure et ce qui se passe aujourd'hui.
    Mon ami d'en face n'est pas content, mais prenons le temps de bien regarder les faits. Nous allions débattre pour une sixième journée, aujourd'hui, du projet de loi C-26, qui vise à aider les Canadiens à prendre leur retraite dans la dignité et en toute sécurité.
    Le Parti conservateur voulait que le débat sur ce projet de loi se poursuive encore plus longtemps. Ses députés savaient qu'ils allaient pouvoir débattre du projet de loi aujourd'hui, mais au lieu de prendre part au débat comme prévu, ils ont eu recours à diverses tactiques procédurières d'obstruction et ont tenté de mettre fin prématurément aux travaux de la Chambre.
    Malheureusement, il est on ne peut plus clair que les conservateurs préfèrent se concentrer sur les tactiques de ce genre plutôt que sur la substance de cette question importante à débattre. C'est exactement le genre de comportement que les Canadiens ont rejeté lorsqu'ils ont voté pour le vrai changement il y a un an. Par conséquent, les conservateurs ne nous laissent pas beaucoup le choix quant à l'étude de ce projet de loi. Nous avons l'obligation de voir à ce que le projet de loi soit renvoyé au comité pour une étude plus approfondie, et nous ferons le nécessaire pour que ce soit le cas.
    C’est donc avec grand plaisir que je prends la parole aujourd’hui pour parler des améliorations que le projet de loi C-26 propose d’apporter au RPC. Aujourd’hui, les Canadiens de la classe moyenne travaillent plus que jamais, et ils sont nombreux à s’inquiéter de ne pas avoir assez d’argent pour leur retraite.

[Français]

    Chaque année, de moins en moins de Canadiens peuvent se fier à des régimes de retraite privés.

[Traduction]

    Pour répondre à ce problème, nous nous sommes engagés auprès des Canadiens à bonifier le Régime de pensions du Canada afin de leur permettre de jouir d’une retraite confortable, en toute sécurité. Cette année, les ministres des Finances du Canada ont conclu un accord historique, qui est un fleuron du fédéralisme, pour apporter des changements importants au RPC. Grâce aux mesures que nous proposons, plus du quart des familles canadiennes qui sont sur le point de prendre leur retraite, soit 1,1 million de familles, vont pouvoir la prendre dans la dignité. Sans ces mesures, elles feraient face à une nette diminution de leur niveau de vie. Les mesures proposées permettront d’augmenter les prestations de retraite des Canadiens, et ces prestations représenteront non plus le quart, mais le tiers de leurs revenus actuels. Pour nous assurer que ces changements seront abordables, nous les étalerons sur sept ans, entre 2019 et 2025, afin d’en limiter l’impact.
     Après une vie de dur labeur, tous les Canadiens doivent pouvoir jouir de leur retraite dans la dignité et la sécurité. C’est ce que nous leur offrons grâce à ces mesures.
     Je crois utile de rappeler brièvement l’historique du RPC. Ce régime a été créé par le gouvernement libéral de Lester B. Pearson en 1965, lequel était alors minoritaire. À l’époque, il y avait 6,5 travailleurs en activité pour chaque retraité. Dans les années 1990, on prévoyait qu’il n’y aurait bientôt plus que deux travailleurs en activité pour chaque retraité. En 1996, pour les mêmes raisons démographiques, les prestations versées par le RPC ont commencé à être supérieures aux cotisations. Le modèle n’était manifestement pas durable, et il fallait lui apporter des changements. En 1997, le gouvernement canadien a décidé de prendre les mesures qu’imposait une telle évolution de la démographie et a créé l’Office d’investissement du RPC.
    Un gouvernement responsable prend des mesures lorsque l’évolution de la situation l’exige. Cette année, le gouvernement fédéral et huit gouvernements provinciaux se sont entendus pour bonifier le Régime de pensions du Canada, et le projet de loi C-26 en est le résultat.
     L’évolution démographique n’est toutefois pas le seul facteur qui a nécessité de tels changements. Le plus important a été la disparition des régimes de pension privés. Autrefois, près de la moitié des Canadiens pouvaient compter sur un revenu de pension mensuel régulier, d’un montant défini, offert par leur employeur.

  (1530)  

     Malheureusement, ces régimes de retraite à prestations déterminées appartiendront bientôt au passé. Selon Statistique Canada, en 1971, quelque 48 % de la population était couverte par un régime à prestations déterminées. En 2011, ce chiffre avait diminué de moitié ou presque.
    Les améliorations sont conçues pour remédier à la disparition des pensions des entreprises. La conjonction du vieillissement de la population et de l’évanouissement des pensions des entreprises fait que des améliorations sont maintenant cruciales. Franchement, le Canada et l’économie du Canada ne peuvent pas se permettre de ne pas procéder à ces changements. Il faut préciser que ces changements se feraient progressivement, à un rythme raisonnable, à compter de 2019, et qu’ils s’étaleraient sur sept ans. De plus, des allègements d’impôt aideraient les employés à absorber les nouveaux taux de cotisation de retraite.
     Tous les Canadiens méritent une retraite solide, sûre et stable. Je pense que tous les députés peuvent en convenir. Il importe de souligner que les nouvelles mesures aideraient les jeunes Canadiens. Comme tous les Canadiens, les jeunes Canadiens d’aujourd’hui espèrent vivre dans la dignité à leur retraite. Ils espèrent prendre leur retraite en ayant de quoi vivre et dans un environnement économique stable. Ce sont ces jeunes Canadiens que nous ne devons pas perdre de vue quand nous examinons et débattons ce projet de loi.
     Le projet de loi aurait des effets d’une portée considérable à moyen et à long terme. Il est important — à n’en pas douter — non seulement dans une perspective sociale, pour veiller à ce que les Canadiens aient une retraite digne, sûre et stable, mais aussi d’un point de vue économique. Les Canadiens vivent plus longtemps. Cela ne fait aucun doute. Les Canadiens vont avoir une retraite plus longue. Cette tendance se poursuivra.
     Pour que l’économie du Canada reste saine, viable et robuste, nous avons besoin de gens qui ont de l’argent leur permettant de prendre leur retraite. Les gens qui ont de l’argent, bien entendu, font des achats. Cette consommation est le moteur de la croissance économique. Si le vieillissement de notre population s'accompagnait d'une baisse correspondante du revenu entraînant une baisse correspondante du revenu disponible, notre économie arrêterait de tourner.
     Nous ne pouvons pas le permettre. Des gouvernements responsables ne doivent pas le permettre. Nous devons faire en sorte que notre économie reste viable à long terme. Bien sûr, le RPC a un office d’investissement bien géré et géré professionnellement. Tout versement doit être compensé par des contributions. C’est un montant raisonnable de contribution qui se traduira par des versements aux Canadiens.
     Le RPC continuera d’exister pendant des générations. Si nous n’agissons pas maintenant, cette réalité sera compromise. Les gens auront de moins en moins d’argent pour vivre à leur retraite. Nous devons augmenter le revenu de retraite des Canadiens pour faire en sorte que ceux-ci puissent avoir une retraite sûre, qu’ils puissent payer leurs factures, mais aussi qu’ils puissent profiter de la retraite qu’ils ont méritée après une vie de labeur, de contribution à la formidable économie canadienne, après une vie passée à élever des enfants, à travailler dur, peut-être à financer les études des enfants, à leur payer une formation dans un métier spécialisé, après une vie passée à faire prospérer notre merveilleux pays.
     Nous regardons le RPC et nous songeons aux retraités, bien sûr, mais je veux que nous prenions du recul et que nous songions aussi aux jeunes à qui ces mesures profiteraient certainement dans un avenir lointain, peut-être à certains d’entre nous dans cette assemblée, peut-être à nos enfants. Nous devons faire en sorte que les Canadiens puissent avoir une retraite digne, non seulement aujourd’hui, non seulement demain, mais dans une perspective à long terme.
     Je ne vois pas de meilleur moyen de le garantir que les améliorations qui se trouvent dans le projet de loi C-26. J’exhorte tous mes collègues, pour ces raisons sociales et pour des raisons économiques, à soutenir les changements au RPC.

  (1535)  

    Monsieur le Président, j’ai deux questions pour le député.
     Premièrement, j’aimerais savoir pourquoi il ne pense pas que nous devrions plutôt donner aux gens la possibilité d’épargner pour leur propre retraite en améliorant les instruments d’épargne, des mécanismes auxquels le gouvernement a renoncé.
     Deuxièmement, cela peut sembler pointilleux, mais l’argumentaire du gouvernement fait sans cesse référence à la dignité. Nous parlons ici d’un passage du quart au tiers. Je me demande simplement ce que le terme « dignité » signifie dans ce contexte. Peut-être pourrions-nous penser à une retraite tranquille ou stable sur le plan financier. Nous aurions alors des avis différents sur les moyens d’atteindre cet objectif. Cependant, l’emploi de ce terme me préoccupe, parce que je considère que la dignité humaine est immuable, qu’elle ne découle pas de la différence entre 25 % et 33 %. J’aimerais savoir ce qu’entend le député quand il emploie ce mot dans ce contexte.
    Monsieur le Président, les questions de mon ami de Sherwood Park—Fort Saskatchewan sont en général des questions éclairées et celle-ci ne fait pas exception. Il veut vraiment une réponse à ses questions. J’en ai conscience.
     La première partie portait sur les moyens de donner aux Canadiens la possibilité d’investir peut-être à titre privé dans leur retraite. Rien dans ce projet de loi ne réduirait la capacité des Canadiens à investir dans d’autres instruments et dans d’autres régimes de retraite. J’encourage tous les Canadiens qui en ont les moyens à diversifier leur portefeuille et à veiller à ce que celui-ci ait un niveau de risque qu’ils peuvent tolérer.
     Voici pourquoi j’estime que le RPC est différent de certaines stratégies d’investissement du secteur privé: c’est parce qu'il ne présente aucun risque. Le RPC, bien sûr, est entièrement financé et totalement garanti par le gouvernement canadien. Les Canadiens qui investissent dans le RPC ne s’exposent à aucun risque. En revanche, même un certificat de placement garanti comporte un certain risque. C’est pourquoi je pense que le RPC est si important. Par ailleurs, il y a des Canadiens qui ne peuvent pas se permettre des choses comme un CELI ou un REER. Le RPC est un moyen de s’assurer qu’ils épargnent pour leur retraite.
    Monsieur le Président, je partage certainement l’avis de mon collègue quand il dit qu’il faut changer le RPC. On a trop attendu. Nous nous heurtons à ce petit problème des retraites parce que des changements n’ont pas été apportés dans le passé. Ces changements sont donc une bonne nouvelle. Toutefois, ils ne sont pas suffisants. Ils n’apporteraient rien aux gens maintenant; ils amélioreraient la situation des gens à l’avenir. Ils pourraient être utiles à mes filles ou à mes petits-enfants, c’est vrai.
     Le problème, c’est la période d'absence du marché du travail pour élever des enfants et pour invalidité, des dispositions présentes dans le RPC existant. Elles sont toujours là. Cependant, les améliorations dont les libéraux sont si fiers de dire qu’elles vont aider les gens ne figureraient pas dans la partie des améliorations. Ce serait pénalisant pour les femmes et les personnes frappées d'invalidité.
    Je pose cette question tous les jours et personne ne me répond. J’ai besoin d’une réponse, et les Canadiens aussi. Considérant cette erreur, les libéraux vont-ils remettre ces dispositions dans le régime et s’assurer que personne ne sera pénalisé? Nous pourrons ainsi tous aller de l’avant, nous unir, filer le parfait bonheur et dire que nous avons obtenu un bon accord sur le RPC.
    Monsieur le Président, le député pose une excellente question. Je tiens toutefois à lui rappeler que, comme il le sait, je ne peux me prononcer au nom du gouvernement, pas plus que je ne peux l’assurer qu'il filera le parfait bonheur si les modifications sont apportées au RPC.
     Je tiens à ce que le RPC soit équitable, qu'il soit là pour tous et que toutes les personnes ayant droit aux prestations puissent les recevoir. J’espère que toutes les erreurs, le cas échéant, seront corrigées. Je le répète, je ne peux pas parler au nom du gouvernement, mais je peux dire que l’équité du RPC est notre priorité, comme pour toutes les lois que nous proposons, et que nous voulons faire en sorte que toutes les modifications que nous apportons soient équitables pour tous les Canadiens. Je partage la préoccupation de mon collègue à ce sujet.

  (1540)  

    Monsieur le Président, je suis heureux de faire part à la Chambre de mon enthousiasme à l'égard du projet de loi C-26 et des modifications proposées au Régime de pensions du Canada. La perspective de profiter d'une retraite tranquille et sûre est de la plus grande importance, non seulement pour l’ensemble des Canadiens, mais aussi pour les gens de ma circonscription, Pitt Meadows—Maple Ridge, et pour moi-même. À bon droit, les Canadiens s’inquiètent du genre de pension de retraite à laquelle auront droit les jeunes de nos collectivités. Les électeurs se posent des questions, et il y a un large consensus selon lequel il s’agit d’un véritable problème pour des millions de Canadiens. En agissant aujourd’hui, nous assurons l’avenir des Canadiens.
    Lorsqu'il a instauré le Régime de pensions du Canada, en 1965, le premier ministre Pearson a dû faire preuve de beaucoup de courage et de volonté pour proposer un programme issu d’une vision à long terme pour les travailleurs du pays. Des millions de Canadiens profitent aujourd’hui des mesures audacieuses mises en œuvre par le gouvernement libéral à l'époque. Aujourd’hui, nous assistons aux mêmes démonstrations de courage et d’engagement envers la prospérité économique à long terme des Canadiens de la part du ministre des Finances, du premier ministre et de tous les députés qui réfléchissent au sort des Canadiens, non pas dans trois ou quatre ans, mais dans 50 ans. Je sais que les prochaines générations seront reconnaissantes au Parlement de sa volonté de faire ce qui s'impose et de sa détermination.
     Les familles et les travailleurs du pays souhaitent ardemment voir le gouvernement fédéral faire preuve de leadership sur cet enjeu. Ce leadership faisait défaut depuis trop longtemps, mais je suis fier de me lever et d’affirmer que notre gouvernement comprend les besoins à long terme des Canadiens et y donne suite, pour le plus grand bien de notre pays.
     Aujourd’hui, les Canadiens travaillent plus fort que jamais pour joindre les deux bouts et pour épargner pour plus tard. La bonification du RPC fait partie de l'approche globale et multidimensionnelle qu'adopte le gouvernement pour investir dans les Canadiens aujourd'hui et pour l'avenir. Les améliorations au RPC prévues dans le projet de loi C-26 constituent un bon investissement sur le plan économique. Elles permettront surtout aux Canadiens de prendre leur retraite dans la dignité.
     J’ai souvent entendu dire, ces derniers jours, que 85 % des Canadiens sont soi-disant prêts à la retraite. Ce n’est pas ce que je vois dans ma collectivité. Quand je parle aux aînés de ma collectivité, ils me disent qu’ils ont du mal à joindre les deux bouts. Même avec le RPC, la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti, ils ont de la difficulté. Ce n’est pas suffisant pour eux aujourd’hui.
     Aujourd’hui, nous regardons vers l’avenir. Nous voulons veiller à ce que nos jeunes soient dans une bonne position. Quand je frappe aux portes et que je rencontre les gens de ma circonscription, ils me disent sans détour que les travailleurs craignent qu'eux et leurs enfants n’aient pas suffisamment d'économies pour leur retraite. J’ai eu d’innombrables conversations avec un large éventail de gens de ma circonscription, et il est clair que cette inquiétude est présente dans tous les segments démographiques.
     Les jeunes de ma collectivité ont beaucoup de mal à économiser assez d’argent pour la retraite. Les jeunes comprennent la réalité à laquelle ils sont et seront confrontés. Ils savent que moins d’entre eux occuperont des emplois qui offrent une pension de retraite comme celle qu’avaient peut-être leurs parents. Il y a de nombreux facteurs qui entrent en ligne de compte, dont une conjoncture économique et une culture changeantes, et une recrudescence de l’esprit d’entreprise.
     La réalité est que de moins en moins de jeunes Canadiens, de nos jours, peuvent espérer avoir un seul employeur pendant toute leur carrière, comme c’était le cas il y a des décennies. Qui plus est, de moins en moins d’employeurs offrent des occasions d’épargner. Des études ont révélé qu’en 2011 seulement 11,1 % de la population active cotisait à un régime de retraite en milieu de travail, comparativement à 28,6 % en 1982. À l’époque, seulement un quart des Canadiens qui gagnaient entre 40 000 $ et 60 000 $ cotisaient à un REER.
     Le RPC a été établi en 1965. Je sais que les députés d’en face aiment faire des blagues sur l’année en cours, mais nous sommes en 2016, et le marché du travail n’est tout simplement plus ce qu’il était.

  (1545)  

     Le RPC a besoin d’être bonifié afin de refléter les réalités d’aujourd’hui et les changements prévus pour l'avenir. C’est la chose responsable à faire pour relever l’énorme défi auquel les Canadiens font face aujourd’hui. Les améliorations au RPC sont judicieuses et responsables. Les cotisations à ce régime n’augmenteront que modestement au cours des sept prochaines années, à partir de 2019, et une fois pleinement mises en oeuvre, elles réduiront considérablement le nombre de familles qui risquent de ne pas avoir suffisamment d’économies pour la retraite.
     Quand je parle aux électeurs de ma circonscription, je leur demande s’ils mettent de l’argent de côté. Les 20 à 50 ans et plus ont tous de la difficulté à économiser de l’argent. Sans le RPC que nous avons aujourd’hui, où seraient nos aînés? Ils ont déjà beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Les améliorations feront augmenter les montants que les Canadiens obtiennent du RPC en élargissant la fourchette de gains couverte par le régime, ce qui se traduira par une augmentation des prestations pouvant aller jusqu’à 50 %. Ces améliorations augmenteront donc d'environ 50 % la prestation maximale du RPC, qui s’élève actuellement à 13 110 $. En dollars de 2016, le RPC amélioré représente une augmentation de près de 7 000 $, jusqu’à un maximum de près de 20 000 $. Lorsqu'on pense aux enfants qui seront touchés par cette mesure, on se demande s'ils pourront réellement survivre avec 13 000 $. Est-ce l’avenir que nous voulons pour nos enfants? Un avenir où ils doivent lutter constamment? Nous devons agir aujourd’hui pour l’avenir.
     Oublions les chiffres pour ne retenir que la raison qui fait que les deux côtés de la Chambre, comme l’ensemble du pays, soient en faveur de cette bonification. Toutes les provinces y souscrivent parce qu’elle répond aux attentes exprimées par les Canadiens. Les Canadiens savent qu’une bonne pension de retraite se traduira par un accès assuré à une nourriture saine, à un logement décent et abordable et à la possibilité de rendre visite à leurs enfants et leurs petits enfants au besoin.
    Je souhaite également souligner qu’à titre de propriétaire d’une petite entreprise, abstraction faite de toute considération politique, je souscris à la bonification du régime de pensions du Canada tel que le prévoit le projet de loi C-26 parce que c’est la chose à faire. Dans le futur, le projet de loi C-26 assurera la sécurité financière d’un grand nombre d’employés. Il contribuera au mieux-être de tous ceux qui, jour après jour, travaillent fort pour assurer la réussite de mon entreprise et de toutes les autres entreprises. Les améliorations apportées au Régime de pensions du Canada seront mises graduellement en œuvre sur une période de sept ans pour atténuer les répercussions sur les petites entreprises.
     Il s’agit d’une politique réfléchie, qui s’est acquise à bon droit l’appui de très nombreux propriétaires de petites entreprises comme moi. Lorsque les retraités et les familles de la classe moyenne ont de l’argent dans leurs poches, ils le dépensent dans leurs collectivités. À titre de chef d’une petite entreprise, de député et de membre de ma collectivité, je ne souhaite pas voir nos aînés vivre dans la gêne, privés de la dignité à laquelle ils ont droit. Le vote en faveur des améliorations absolument nécessaires qu’apporterait le projet de loi C-26 au régime de pensions du Canada est un vote dont je serai fier, un vote qui permettra à des millions de Canadiens de jouir de la retraite qu’ils méritent.
     En conclusion, je tiens à féliciter notre gouvernement pour sa détermination à prendre des difficiles décisions qui profiteront non seulement aux générations actuelles, mais aussi aux générations à venir. Je crois que cette détermination témoigne d’une sincère volonté de se projeter au-delà des prochaines élections, contrairement au gouvernement conservateur précédent, pour qui les résultats électoraux primaient sur les intérêts des Canadiens. Les Canadiens demandent que le régime de pensions du Canada soit bonifié depuis des années, tout comme les provinces et les territoires, ainsi que les représentants de nombreux organismes, de groupes de réflexion et de travailleurs.
     Le temps est venu d’agir et j’invite tous les députés à imaginer comment ils se sentiraient si, après avoir travaillé toute une vie et consacré chaque dollar à nourrir leur famille, ils étaient obligés, à l’aube de leur retraite, de revenir sur le marché du travail pour pouvoir se nourrir.

  (1550)  

    Monsieur le Président, nous voyons bien aujourd’hui que, pour le gouvernement, la seule façon de s’occuper des gens, c’est de les contrôler. Et que la seule façon de s’occuper de la retraite des gens, c’est de leur prendre de l'argent pour l'économiser à leur place, au lieu de leur donner les moyens de le faire eux-mêmes.
    En réponse à ma question de tout à l’heure, un député a fait remarquer que rien n’empêchait les gens de mettre eux-mêmes de l’argent de côté, mais cela signifie qu’il leur restera encore moins d’argent sur leur chèque de paie. Pour les employeurs, le coût de cette mesure va leur rendre la tâche encore plus difficile pour embaucher des gens et augmenter les salaires. Le gouvernement a également diminué le plafond des comptes d’épargne libres d’impôt qui, nous le savons, sont utilisés de façon disproportionnée par des gens qui ont des revenus relativement modestes, simplement parce que ce sont de bons instruments d’épargne, en comparaison des régimes enregistrés d'épargne-retraite.
     Pourquoi le gouvernement a-t-il restreint les possibilités d’épargne des Canadiens qui ont des revenus relativement modestes? Pourquoi leur prend-t-il de l’argent? Pourquoi pense-t-il que le seul moyen d’aider les Canadiens à mettre de l’argent de côté pour la retraite est de diminuer leur capacité à mettre de l’argent de côté en vue de la retraite?
    Monsieur le Président, il est intéressant d'entendre l’opposition nous reprocher de procéder de cette façon. S’il y en avait une meilleure, les personnes âgées ne seraient pas dans la situation dans laquelle elles se trouvent aujourd’hui. Quand nous constatons que des personnes âgées qui touchent le RPC, la sécurité de la vieillesse et le SRG ont toujours du mal à joindre les deux bouts, qu’est-ce que le député voudrait qu’on fasse? La situation actuelle n’est pas acceptable. Si nous ne prenons pas des mesures dès maintenant, que vont penser nos jeunes ? Cela n’empêche pas les gens qui sont mieux nantis de mettre de l’argent de côté. Cette mesure s'adresse plus particulièrement aux moins nantis; c'est à eux que nous essayons de venir en aide.
    Monsieur le Président, je suis favorable aux changements que le gouvernement propose d’apporter au RPC, car je pense que c’est la bonne chose à faire. Je suis d’accord avec mon collègue.
    Toutefois, dans le plan actuel, il y a ce qu’on appelle la clause d’exclusion pour les parents qui restent à la maison pour élever des enfants et pour les personnes handicapées. Selon cette clause, les gens ne sont pas pénalisés lorsqu’ils reçoivent leur prestation d’invalidité et, au moment du calcul de leur pension de retraite, ils ne sont pas pénalisés pour cette période-là. C’est une protection. Mais dans le projet de loi sur la bonification du RPC, il n’en est pas fait mention, et cette omission va pénaliser encore davantage les femmes et les personnes handicapées.
     Certains députés ne vont pas prendre la parole pour appuyer le gouvernement. Ils préfèrent ne rien dire. J’aimerais que le député me confirme que la clause d’exclusion fera bien partie du RPC bonifié, parce que c’est vraiment la chose à faire.
    Monsieur le Président, je serai de ceux qui disent qu’ils ne peuvent parler pour le gouvernement. Je peux néanmoins affirmer qu’il faut du courage pour en arriver là où nous en sommes. Si, en 1965, le gouvernement n’avait pas instauré le RPC, où en seraient nos aînés aujourd’hui? Dans quel type d’économie et dans quelle sorte d’environnement vivraient-ils? Ils tirent actuellement le diable par la queue. Le gouvernement doit trouver comment continuer de les aider dès maintenant. L'une des choses que nous pouvons faire, c'est d’aller de l’avant et de voir à ce qu’on prenne soin de nos enfants, plus tard. Voilà une excellente façon d’y parvenir.
     Je dois dire que le projet de loi suggère des mesures radicales comme l’augmentation des charges sociales pour tous les travailleurs canadiens. On ne refilera pas seulement la facture aux travailleurs canadiens; les employeurs canadiens devront également augmenter leurs cotisations au RPC pour chacun de leurs employés.
     Dans un contexte où l’incertitude plane déjà sur l'économie et où de trop nombreux Canadiens sont dans une situation d’emploi précaire, le gouvernement libéral propose de prendre encore plus d’argent dans les poches des travailleurs et dans les livres des employeurs au Canada.
     Pourquoi?
     Des économistes canadiens, des entrepreneurs canadiens et même le ministère des Finances ont dit au gouvernement libéral que la hausse d’impôt proposée ferait mal aux Canadiens. Selon les analyses du ministère des Finances, la hausse d’impôt proposée réduira l’emploi. Il s’agit là d’un euphémisme pour dire qu’elle tuera des emplois, réduira le PIB, diminuera les investissements des entreprises, abaissera le revenu disponible des Canadiens et affaiblira leurs épargnes privées.
    Le ministère des Finances du gouvernement libéral l'a lui-même averti des torts que causerait ce projet de loi aux travailleurs canadiens, aux employeurs canadiens et à l’économie canadienne. Malgré tout, les libéraux veulent faire adopter le projet de loi à toute vapeur.
     Encore là, je me demande pourquoi. Qu'est-ce qui les pousse à cette hausse d’impôt? Qu’est-ce qui urge?
     Le ministère des Finances a indiqué que le revenu médian d’un aîné canadien correspond à 91 % du revenu médian d’un Canadien, ce qui est bien au-dessus de la moyenne de 84 % de l’OCDE. Selon une étude de l’entreprise McKinsey & Company, 83 % des Canadiens devraient pouvoir maintenir leur niveau de vie au moment de la retraite. Il semble donc que les Canadiens épargnent déjà en prévision de leurs vieux jours. Le gouvernement libéral pourrait tirer un enseignement des Canadiens qui épargnent 14,1 % de leur salaire, une nette hausse par rapport à 1990, lorsque ce taux n'était que de 7,7 %.
     Les Canadiens comprennent bien qu’ils sont personnellement responsables, qu’il leur faut vivre selon leurs moyens et qu’ils doivent faire preuve de prudence financière. C’est dommage que le gouvernement libéral ne comprenne pas les choses de la même façon.
     Je crois que c'est lorsque les politiques de l'État favorisent et encouragent une prise de décision judicieuse, comme celle d’épargner pour l’avenir, qu'elles servent le mieux les gens.
    C'est pourquoi les conservateurs ont créé les comptes d’épargne libre d’impôt, les CELI: pour inciter et aider les Canadiens à épargner pour l’avenir. Malheureusement, le gouvernement libéral a choisi d’abaisser le montant que les Canadiens peuvent y placer.
    C'est également pourquoi les conservateurs ont augmenté le Supplément de revenu garanti: pour réduire le taux de pauvreté chez les aînés, ceux qui en ont le plus besoin. Cette politique logique a donné des résultats.
    Je félicite d'ailleurs le gouvernement libéral d'avoir suivi notre exemple en augmentant le Supplément de revenu garanti de 10 % de plus dans le budget de 2016. J'espère que je pourrai également un jour les féliciter à la Chambre d'avoir rétabli les limites de cotisation aux comptes d'épargne libre d'impôt.
    Aujourd'hui, on dit que le taux de pauvreté chez les aînés est de 3,7 %, ce qui est considérablement inférieur au taux de 29 % de 1970.
    Comme Charles Lammam et Hugh MacIntyre, de l'Institut Fraser, l'ont écrit dans l'édition du 22 juin du Financial Post:
Au lieu de perdre du temps à débattre de la bonification du Régime de pensions du Canada en s'imaginant à tort que de nombreux Canadiens à revenu moyen ou supérieur n'épargnent pas assez pour leur retraite, on ferait mieux de se pencher sur les moyens d'aider financièrement les aînés vulnérables.

  (1555)  

    Personnellement, je dis faisons-le aujourd'hui. Alors que l'épargne est à la hausse et que le taux de pauvreté chez les aînés est à la baisse, il me semble que le gouvernement doit se préoccuper de soutenir, comme il en a le devoir, les aînés qui ont besoin d'aide aujourd'hui, en particulier les 3,7 % qui vivent toujours dans la pauvreté. Malheureusement, le projet de loi ferait peu pour aider ces aînés cette année, l'année prochaine ou celle d'après.
    Le projet de loi propose d'augmenter les prestations du Régime de pensions du Canada et de faire attendre les Canadiens un peu plus longtemps, puis un peu plus longtemps encore, pour les 40 prochaines années. Si, selon la tendance dominante, les Canadiens épargnent davantage, font davantage de placements et planifient davantage leur avenir, pourquoi le gouvernement n'appuie-t-il pas ces décisions judicieuses? Lorsqu'il s'agit de planifier leur retraite, les Canadiens parlent par leurs actes, et le projet de loi à l'étude aujourd'hui minerait leur capacité de préparer leur avenir en épargnant. L'analyse du ministère de Finances lui-même prévoit une réduction de 7 % des épargnes privées à long terme si des cotisations plus élevées au Régime de pensions du Canada sont imposées aux Canadiens.
    En 1964, la ministre libérale chargée d'établir le Régime de pensions du Canada, Judy LaMarsh, a déclaré qu'il « n'est pas censé verser aux retraités tout le revenu dont ils aimeraient disposer. Le montant de ce revenu relève d'une décision personnelle et, de l'avis du gouvernement, il faudrait, pour l'obtenir, se tourner vers l'épargne personnelle et les régimes de retraite privés ». Qui, en cet endroit, peut réfuter cette logique?
     Laisser les Canadiens libres de choisir semble une conclusion naturelle, mais pas pour l’actuel gouvernement libéral. Le gouvernement libéral s’entête à vouloir faire adopter ce projet de loi coûte que coûte, sans aucune considération pour les répercussions qu'il aura sur tous les chèques de paie, sur tous les travailleurs canadiens et, ultimement, sur tous les employeurs canadiens. Les Canadiens ne se sentent pas à l’aise avec les propositions contenues dans ce projet de loi. Soixante-dix pour cent des travailleurs s’opposent à la bonification du RPC si cela veut dire que leur salaire sera gelé. Il convient donc de se demander si cette hausse d'impôt risque d’entraîner un gel des salaires. Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, les deux tiers des PME disent qu’elles devront geler ou réduire les salaires, et plus du tiers affirment qu’elles devront réduire les heures de travail ou leur nombre d'employés pour faire face à l’augmentation des cotisations au RPC ou au RRQ. La Fédération ajoute que 70 % des propriétaires de PME sont en désaccord avec l’affirmation selon laquelle la hausse des cotisations proposée est modérée et aura un impact limité sur leur entreprise. Elle constate également que 90 % des propriétaires de PME croient qu’il est important de tenir des consultations publiques avant que toute entente soit conclue.
     L’Institut C.D. Howe a lui aussi publié un rapport démontrant que la proposition des libéraux de bonifier le RPC ne profiterait pas aux travailleurs à faible revenu. Ces derniers verraient leurs cotisations augmenter, tandis que la hausse nette de leurs prestations de retraite demeurerait faible. Cela est dû au fait que la hausse des prestations du RPC serait annulée par une réduction des prestations du Supplément de revenu garanti.
     Des sondages ont révélé que plus du tiers des travailleurs canadiens estiment qu'ils n'auront pas les moyens d'assumer la hausse des cotisations prévue. Les Canadiens savent pertinemment que les augmentations proposées par les libéraux leur feront mal. Selon un autre sondage, plus de 80 % des Canadiens souhaitent que le gouvernement tienne d’autres consultations avant de prendre sa décision.
     Les Canadiens méritent qu’on leur fasse confiance. Ils méritent d’être libres de choisir eux-mêmes où et comment ils épargneront leur argent durement gagné en prévision de leur retraite. Ils méritent également d’être entendus sur cette question. L’actuel gouvernement libéral semble enclin à lancer des consultations sur tous les sujets possibles. Pourquoi ne consulte-t-il pas les Canadiens au sujet de cette hausse d’impôt?

  (1600)  

    Monsieur le Président, en écoutant mon collègue, je me suis rappelé tout le travail que nous avons dû faire au cours de la dernière année pour corriger et améliorer le système de retraite pour les Canadiens, qui ont été abandonnés par les conservateurs durant la dernière décennie. Au cours des premiers mois, nous avons dû ramener l’âge de la retraite de 67 à 65 ans, là où il doit être; nous avons dû augmenter le Supplément de revenu garanti de 10 % pour les personnes les plus démunies; et voilà que nous essayons de bonifier le RPC, un régime à long terme. Cela s'impose.
     Les conservateurs se sont opposés plus vigoureusement à cette mesure qu’à toutes les autres que nous avons proposées. Que peuvent-ils bien avoir contre les retraités?

  (1605)  

    Monsieur le Président, le gouvernement conservateur a pris de nombreuses mesures pour aider les personnes âgées. La plus importante a été de créer des emplois pour que les gens continuent à occuper des emplois bien rémunérés afin d’avoir les moyens de prendre leur retraite.
    En un an, le gouvernement libéral n’a rien fait pour créer un seul bon emploi.

[Français]

    Monsieur le Président, lorsque je parcours ma circonscription et que je rencontre de mes concitoyens, ils sont légion à être incapables de déposer le maximum dans leur REER chaque année. Alors, comme on l'on imagine, déposer de l'argent en plus dans un CELI, cela devient une mission totalement impossible.
    Alors comment fait-on pour protéger le revenu de pension de ces gens? La solution des conservateurs était le Régime de pension agréé collectif. Si je ne peux pas contribuer à mon REER ni à mon CELI, je suis à des années-lumière de ce régime.
    Le député ne croit-il pas que, pour les personnes qui ont des revenus modestes, la bonification du Régime de pensions du Canada est incontournable?

[Traduction]

    Monsieur le Président, ce que l'on déplore au sujet de projet de loi dont nous sommes saisis aujourd’hui, c'est que les générations actuelles n’en tireront aucun profit. Comme je l’ai dit dans mon intervention, les avantages prévus ne se feront sentir que dans 40 ans, soit longtemps après la disparition de nos contemporains qui ont besoin de travailler, qui ont besoin d’un emploi ou qui ont besoin d’aide à la retraite.
    Monsieur le Président, quand j’écoute le débat, je ne peux m'empêcher de rire. Les députés d’en face demandent ce que nous avons contre les personnes âgées.
     Le gouvernement conservateur a procédé à l’augmentation du Supplément de revenu garanti la plus forte en 25 ans. Il a également introduit le fractionnement du revenu pour les aînés. Il a introduit le compte d’épargne libre d’impôt, auquel ont cotisé, je tiens à le préciser, 11 millions de Canadiens, essentiellement des personnes à revenu faible à moyen.
     Nous avions un ministre responsable des Aînés, un domaine auquel le gouvernement n’a encore accordé aucune attention. Nous avons rayé, complètement, 380 000 personnes âgées du rôle d'imposition.
     Les propositions du gouvernement relatives au RPC et à la taxe sur le carbone vont causer du tort aux créateurs d’emplois, alors qu'il y a déjà une pénurie d’emplois au pays. Des centaines de milliers de Canadiens sont sans travail.
     Mon collègue a-t-il la même impression que nous, à savoir que le gouvernement est manifestement coupé de la réalité, qu’il n’a aucune idée de ce qu’il fait et qu’il va en improvisant?
    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord pour dire que le gouvernement est coupé de la réalité des petites entreprises.
     Avant d’être ici, j’avais une petite entreprise. Je savais ce qu’il fallait pour être en mesure de verser des salaires toutes les deux semaines, tous les mois, et je comprends ce que c'est que de s'inquiéter en se demandant s’il y aura du travail pour ses employés dans les mois suivants, six mois plus tard et ainsi de suite.
     La dernière chose dont j’avais besoin en tant que propriétaire d’une entreprise, c’était des impôts plus lourds, des charges sociales plus lourdes et des coûts plus élevés à assumer. Toutes les promesses du gouvernement en faveur des petites entreprises se sont évaporées et toutes les mesures qu’il prend maintenant sont des attaques contre ces entreprises.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis ravie de prendre la parole aujourd'hui sur le projet de loi C-26 qui vise à bonifier notre Régime de pensions du Canada. Ce régime est une composante réputée et efficace du système public canadien de revenu de retraite. Depuis sa conception et sa mise en place en 1965, sous le gouvernement libéral de Lester B. Pearson, il offre aux cotisants qui atteignent l'âge d'admissibilité des versements périodiques de prestations de retraite, afin de les aider à assumer le coût de la vie à leur retraite, et de garantir la sécurité financière des vaillants travailleurs canadiens.
    En coordination avec la Sécurité de la vieillesse, nous avons là le fondement de notre système de financement public pour les retraités canadiens qui permet aux citoyens et à leur famille de préserver leurs économies, tout en vivant confortablement sans l'insécurité qui accompagne l'instabilité financière.
    Comme les députés le savent probablement tous, le gouvernement du Québec gèrent son propre régime de retraite, à savoir le Régime de rentes du Québec qui est analogue au Régime de pensions du Canada. Les bonifications du Régime de pensions du Canada qu'apporte le projet de loi C-26 sont un investissement dans l'avenir.
    Le projet de loi présente un régime complet qui offrira une hausse convenable et réaliste des montants versés aux cotisants au moment de leur admissibilité, ce qui aura une incidence positive et durable sur la sécurité financière des retraités canadiens pour les prochaines décennies.
    La bonification proposée, qui sera déployée graduellement et qui passera par la création d'un nouveau compte distinct pour gérer les fonds supplémentaires dédiés aux retraités, garantira une transition stable et en douceur, sans imposer un fardeau financier découlant d'attentes financières ingérables.
    Comme il est indiqué dans le projet de loi, les changements seront administrés par l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada qui sera habilité à préparer des états financiers relativement aux montants gérés, montants qui représentent les cotisations supplémentaires et les prestations accrues.
    L'an dernier, Statistique Canada a annoncé que le nombre de personnes âgées au Canada, soit celles de 65 ans et plus, a dépassé le nombre d'enfants âgés de 0 à 14 ans. En effet, au 1er juillet 2015, les personnes âgées comptaient pour 16,1 % de la population canadienne, contre 16 % pour les jeunes enfants. À l'heure où l'on se parle, il y a presque 6 millions d'aînés au Canada, et ce nombre devrait croître de 50 %, dans les 21 prochaines années.
    Dans ma circonscription, Vimy, située au coeur de Laval au Québec, la population de personnes âgées est déjà imposante. Puisque la population vieillit, il est d'une importance capitale de bonifier les mécanismes actuels qui, à notre connaissance, offrent efficacement l'aide financière nécessaire à la retraite.
    Nous avons les données devant nous et nous savons dans quel sens le vent souffle. Le projet de loi C-26 bonifiera graduellement le système actuel, pour aider à répondre aux besoins de la population d'aînés que nous voyons poindre à l'horizon.
    Certains députés de l'opposition croient qu'il s'agit simplement d'une autre augmentation de taxes et qu'il y a de meilleurs moyens d'épargne-retraite qui s'offrent aux particuliers. Pour ce qui est de l'augmentation de taxes, c'est totalement absurde. Pour ce qui est de meilleurs moyens d'épargne, ce n'est pas faux, mais dans la limite du raisonnable et dans un cadre contextuel bien précis.
    Les députés de l'opposition officielle prêchent en faveur du compte d'épargne libre d'impôt, en disant qu'il pourrait et devrait être le principal moyen d'épargne pour les travailleurs canadiens à faible revenu et ceux de la classe moyenne. Selon eux, plus le plafond des cotisations annuelles est élevé, plus les citoyens des classes pauvre et moyenne en bénéficieront.
    Soyons réalistes. Le gouvernement précédent a porté le plafond du CELI à 10 000 $. Quelqu'un croit-il vraiment que les Canadiens à faible revenu et que bon nombre des Canadiens de la classe moyenne parviennent à verser le montant maximal de ces cotisations?
    Il s'agit d'un mécanisme pouvant être employé efficacement, selon les seuils de revenu, pour investir et économiser, mais il ne faut pas se leurrer, le plafond de 10 000 $ n'a profité qu'aux Canadiens ayant des revenus très élevés, et qui ont pu se servir du CELI pour bénéficier d'une franchise d'impôt. C'est le revenu national qui en a chèrement payé le prix.

  (1610)  

    Les gens que le CELI était destiné à aider sont précisément ceux qui ont été oubliés lorsque cette hausse irréfléchie a été mise en place. Il aurait mieux valu régler adéquatement la question de l'inégalité des revenus en optimisant et en utilisant d'autres mécanismes permettant aux Canadiens à revenus faibles et moyens d'en avoir davantage dans leurs poches et de jouir d'une retraite confortable.
    Nous avons entendu des personnes dire que les contribuables à faible revenu pouvaient verser le montant maximal permis dans un CELI. Quelqu'un croit-il sérieusement que les travailleurs à faible revenu et certains travailleurs de la classe moyenne qui vivent de leurs propres moyens peuvent payer toutes leurs factures, manger convenablement, rembourser leurs dettes et se gâter de temps en temps et tout de même parvenir à laisser 10 000 $ par année dans un compte d'épargne? Il faudrait vraiment être de mauvaise foi, et ce faisant, nous rendrions un bien mauvais service aux personnes mêmes que nous tentons d'aider.

[Traduction]

     Selon certaines critiques, le projet de loi ne contribuerait aucunement à améliorer dès maintenant la situation des aînés. En invoquant cet argument, non seulement on passe à côté de la raison d'être du projet de loi, mais on omet de reconnaître ce que le gouvernement a déjà fait pour les personnes âgées, soit améliorer les programmes existants et corriger les erreurs du précédent gouvernement. Le premier budget a prévu de rétablir l’âge de l’admissibilité aux prestations de la Sécurité de la vieillesse et d’améliorer le Supplément de revenu garanti pour les aînés ayant un faible revenu en remettant encore une fois de l’argent directement dans les poches de ceux qui en ont le plus besoin.
    Le projet de loi n’a pas d’effet immédiat, parce que là n’est pas le but. Nous avons déjà apporté des modifications durant la période de mise en oeuvre pour aider les personnes âgées les plus démunies à compenser l’augmentation du coût de la vie. Par conséquent, dire que le projet de loi C-26 n’apportera rien aux personnes âgées maintenant a bien peu à voir avec le sujet du débat. On parle ici d'un projet à long terme qui vise à assurer la sécurité financière de nos aînés pendant des décennies et qui n’a rien à voir avec les autres ajustements du régime de sécurité sociale que nous avons déjà faits. En réalité, il y a une diminution importante du pourcentage d’employés canadiens ayant accès à un régime de retraite enregistré offert par leur employeur. La disparition des régimes de retraite dans les entreprises a mené à un manque de planification de la retraite chez la classe moyenne.
     La réforme du RPC est conçue pour corriger ces lacunes. Le revenu maximal actuel couvert par le RPC est de 54 900 $. Dans un RPC amélioré, ce montant passerait à 82 700 $ en 2025. La cible des versements annuels passerait également de 25 % à 33 % du revenu avant la retraite. Pour les Canadiens retraités, cela pourrait représenter des milliers de dollars de bonification de leur revenu de retraite net.

  (1615)  

[Français]

    Avec le projet de loi C-26, nous préparons l'avenir, nous veillons au mieux-être de nos retraités dont les autres moyens d'économiser ont été restreints par l'élimination des options de régimes de retraite privés offerts par leurs employeurs. Nous remédions à la hausse du coût de la vie en augmentant les versements des pensions que les Canadiens reçoivent, qui se situent actuellement au quart de leurs gains, pour les faire passer au tiers de leurs gains.
    Nous préservons un certain niveau de vie pour toutes les familles, de sorte que tout le monde puisse prendre sa retraite dans la dignité. Plus que tout, nous procédons d'une manière abordable et viable qui permettra à la prospérité actuelle de se perpétuer.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous sommes certainement d’accord pour dire qu’il faut modifier le Régime de pensions du Canada. Je suis certainement en faveur de cela. Toutefois, en réponse aux dernières questions que j’ai posées, les députés d’en face semblent dire qu’ils ne peuvent pas parler au nom du gouvernement. J'ai des petites nouvelles pour eux: ils forment le gouvernement.
    Ce qui me dérange le plus, c’est que nous sommes d’accord avec eux sur la nécessité d’apporter des améliorations pour assurer notre avenir et celui de nos enfants. Toutefois, il y a une disposition d’exclusion dans le RPC actuel touchant les femmes qui élèvent des enfants handicapés et qui fait en sorte qu’elles ne sont pas pénalisées. Nous appelons cela un taux d’exclusion. Cette disposition ne fait pas partie des améliorations proposées, ce qui entraînerait une pénalité pour quelque chose que nous avons toujours pris en charge. Il s’agit soit d’une erreur commise de bonne foi, soit d’une omission délibérée.
     Par conséquent, est-ce que la députée appuiera notre amendement qui sera présenté au comité et qui visera à ajouter ces périodes d’exclusion aux éléments d’améliorations? J'aimerais qu'elle me réponde par un simple oui ou non. Je ne veux pas entendre qu’elle ne peut pas parler au nom du gouvernement. J'en serais très heureux.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de l'autre côté de la Chambre.
    À titre d'exemple, dans ma circonscription, Vimy, plus de 21 % de la population est vieillissante et la majorité vit dans la pauvreté. Ce que nous avons fait, c'est ce qui n'a pas été fait par l'autre gouvernement pendant 10 ans de règne, lequel n'a jamais consulté le ministre des Finances de l'époque ni pensé à bonifier le Régime de pensions du Canada, qui date de 1965.
    Ce que nous faisons maintenant est vraiment très avant-gardiste. Nous pensons à nos aînés et à nos jeunes et à la façon dont ils vont passer leur retraite dignement.
    J'invite les députés de l'autre côté de la Chambre à appuyer ce projet de loi et à proposer des changements en comité.

  (1620)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je sens que la députée est passionnée par cette question très importante et par la défense des gens de sa circonscription. Je salue les efforts déployés par ma collègue.
     Est-ce que la députée pourrait en dire davantage sur l'importance de cette entente, qui est ni plus ni moins qu'historique? Le premier ministre et le gouvernement fédéral ont conclu une entente formidable avec les gouvernements provinciaux et territoriaux de toutes les allégeances politiques. Ils ont été en mesure d’offrir aux Canadiens ce qu’ils souhaitent vraiment. Je me demande si elle ne pourrait pas nous en dire plus sur le formidable leadership national qui a été démontré dans ce travail de collaboration avec les provinces.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question, de sa réflexion et de son grand enthousiasme pendant les débats à la Chambre.
    Notre approche concernant cette bonification du Régime de pensions du Canada est vraiment historique. C'est sur la base de ces consultations que les Canadiens nous ont élus, et ce programme a pour but de consulter et d'écouter les Canadiens, de toujours penser que nous sommes vraiment fiers et de toujours faire mieux, comme nous le dit le premier ministre.
    Il y a toujours moyen de s'améliorer. Il est certain que ce projet de loi n'est pas parfait à 100 %. Toutefois, nous avons consulté toutes les provinces, ce que les autres gouvernements n'ont jamais essayé ni réussi à faire pendant 10 ans.
    Monsieur le Président, je suis particulièrement heureux de prendre à nouveau la parole sur un enjeu si important pour l'avenir de nos aînés, de notre pays et des retraités.
    Il s'agit du projet de loi C-26, Loi modifiant le Régime de pensions du Canada, la Loi sur l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada et la Loi de l'impôt sur le revenu. Il y a plusieurs raisons à cela. Ce projet de loi est la promesse d'un avenir meilleur. Il répond à un engagement du gouvernement, celui d'aider les Canadiens à réaliser leur rêve d'une retraite plus sûre.
    Il s'agit d'un projet pour l'avenir et les jeunes qui s'apprêtent à débuter leur vie professionnelle. Cette prochaine génération aura elle aussi l'assurance de pouvoir prendre une retraite dans la dignité. Nous agissons ici au-delà de tout cycle électoral de manière à aider ceux qui viendront après nous.
    Nous nous inscrivons dans la lignée des décideurs des années 1960 qui ont instauré le Régime de pensions du Canada, bonifié la Sécurité de la vieillesse en instaurant le Supplément de revenu garanti et pris des mesures qui, à long terme, allaient avoir une incidence substantielle pour réduire la pauvreté chez les aînés. De plus, nous sommes ici dans un véritable fédéralisme, car l'accord de bonification du Régime de pensions du Canada, le RPC, émane d'un véritable esprit de collaboration avec les provinces qui l'ont approuvé.
    La bonification du RPC est-elle nécessaire? Absolument, elle est indispensable. Je vais expliquer pourquoi. Les Canadiens et les Canadiennes de la classe moyenne travaillent fort, mais ils n'ont pas toujours le sentiment qu'ils réalisent des progrès. Une famille sur quatre qui approche l'âge de la retraite, c'est-à-dire environ 1,1 million de familles, risque de ne pas épargner suffisamment en prévision de la retraite pour pouvoir maintenir son train de vie. Cette situation commande que nous agissions.
    Il faut également admettre que de moins en moins d'entreprises offrent des régimes de pension à prestations déterminées et que de moins en moins de Canadiens participent à ces régimes. C'est donc un réel défi pour les familles canadiennes, et il est temps d'y faire face. L'accord auquel nous sommes parvenus avec les provinces augmentera les revenus de retraite des Canadiens qui vivent cette situation difficile, tout en favorisant la croissance économique et la création d'emplois.
    Dans les faits, comment fonctionnera la bonification du RPC? Il y a deux éléments principaux à retenir. Premièrement, le RPC actuel remplace un quart des gains annuels moyens admissibles. Le nouveau RPC en remplacera le tiers. C'est donc plus d'argent dans les poches des futurs retraités. Si je prends l'exemple de Mila, une mère de famille qui a gagné en moyenne 50 000 $ par année dans sa vie professionnelle, elle obtiendra 12 000 $ au moment de sa retraite, selon le régime actuel. En vertu du nouveau régime, Mila pourra obtenir un peu plus de 16 000 $.
    Deuxièmement, il y a un plafond aux gains admissibles. Ce plafond augmentera de 14 % d'ici 2025. Cela signifie que la prestation annuelle maximale du RPC, qui est actuellement de 13 110 $, passera à 20 000 $ en dollars actuels. Le RPC bonifié représente donc une augmentation de près de 50 % de la prestation maximale. Il est très clair que les modifications apportées au RPC vont améliorer le sort des travailleurs canadiens à leur retraite et les aideront à atteindre leur objectif d'une retraite solide, sûre et stable.
    On se demande sans doute combien cela va coûter. Pour la plupart des Canadiens, le taux de cotisation augmentera de seulement 1 %. Prenons l'exemple d'un homme appelé Kevin qui gagne près de 55 000 $ par année. Ses cotisations augmenteront de 6 $ par mois en 2019. À la fin de la période de mise en oeuvre progressive, en 2025, les cotisations additionnelles de Kevin seront d'environ 43 $ par mois.
    C'est une légère hausse qui sera largement compensée par l'augmentation de son revenu de retraite. Grâce à la bonification, Kevin recevra approximativement 17 500 $ par année en prestations de retraite au titre du RPC en dollars actuels, soit environ 4 400 $ de plus que dans l'état actuel des choses.
     Il faut aussi savoir que les cotisations des salariés, comme Kevin, à la partie bonifiée du RPC seront déductibles d'impôt et qu'un crédit d'impôt continuera de s'appliquer aux cotisations des employés au RPC actuel.
    Nous pouvons donc dire fièrement que les Canadiens auront plus d'argent à la retraite grâce à la mise en oeuvre du nouveau RPC. De plus, le budget des travailleurs à faible revenu ne sera pas affecté, car la Prestation fiscale pour le revenu de travail sera augmentée pour compenser les hausses des cotisations.

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    J'ajoute que le gouvernement a décidé de donner à tous le temps de se préparer aux nouvelles dispositions. Le régime sera mis en oeuvre progressivement, sur une période de sept ans, soit de 2019 à 2025. Il s'agit d'une façon de faire responsable pour s'assurer que les entreprises et les travailleurs s'y adaptent. Nous tenons compte des difficultés qui se posent à l'échelle provinciale et à l'échelle nationale. Nous avons discuté avec les provinces des situations particulières de chacune, et nous continuons de le faire.
    Nous nous sommes assurés que nous pourrons mettre en oeuvre les mesures de manière à ne pas nuire aux entreprises. Nous voulons que les propriétaires d'entreprise de toute taille aient confiance que le gouvernement mettra en oeuvre les changements au Régime de pensions du Canada sans nuire au bon fonctionnement de l'économie canadienne.
    Comme je le disais dans mon introduction, le gouvernement dessine un avenir meilleur pour les Canadiens, particulièrement pour ceux de la classe moyenne, et cela aura des répercussions bien plus grandes sur toute la population. Il faut voir à long terme. Les prestations plus élevées du RPC mèneront à une hausse de la demande domestique, ce qui stimulera l'économie canadienne.
    Comme l'épargne sera plus importante, toujours grâce au nouveau RPC, les fonds disponibles pour l'investissement seront plus élevés. Par conséquent, on s'attend à ce qu'à long terme, le produit intérieur brut augmente de 0,05 % à 0,09 %, ce qui représente la création de 6 000 à 11 000 emplois. C'est cela, la bonification du Régime de pensions du Canada: plus d'épargne et une meilleure retraite.
    Les Canadiens de la classe moyenne pourront mettre l'accent sur ce qui compte vraiment, comme passer du temps de qualité avec leurs proches, plutôt que de s'inquiéter de ne pas pouvoir joindre les deux bouts.
    Dans ma circonscription, Laurentides—Labelle, le taux d'aînés est plus élevé que dans presque toutes les autres circonscription du pays. En 2011, l'âge moyen était de 49,5 ans. C'est donc un comté dans lequel les enjeux liés aux aînés sont extrêmement importants. Je suis très conscient des besoins des retraités. Même si le Mont-Tremblant donne une apparence de richesse, ma circonscription n'est pas riche. Les travailleurs de ma région n'ont pas beaucoup d'argent. On a besoin de tous les outils disponibles pour nous permettre d'aider les aînés et les générations futures et de faire une planification à long terme, plutôt que seulement jusqu'aux prochaines élections.
    Personnellement, je suis agacé que le gouvernement fasse toute la planification des générations futures pendant seulement quatre ans. La vie ne finira pas dans quatre ans. La vie continue. Le pays et la société continuent d'avancer. Si on pense toujours seulement aux quatre prochaines années, on ne réglera jamais les problèmes. Il faut planifier 40 ans à l'avance. Comme le disent les Autochtones, il faut penser aux sept générations futures. Si on ne le fait pas de cette manière, on n'arrivera jamais à améliorer la société.
    J'appuie fortement le projet de loi C-26, car il s'agit d'un pas important dans la bonne direction. Ce n'est pas la solution à tous les problèmes, car beaucoup de travail reste à faire. Cependant, il s'agit d'un