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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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42e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 313

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 12 juin 2018




Débats de la Chambre des communes

VOLUME 148 
l
NUMÉRO 313 
l
1re SESSION 
l
42e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 12 juin 2018

Présidence de l'honorable Geoff Regan

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1000)  

[Français]

Le commissaire aux langues officielles

    J'ai l'honneur de déposer sur le bureau, conformément à l'article 66 de la Loi sur les langues officielles, le rapport annuel du commissaire aux langues officielles pour la période du 1er avril 2017 au 31 mars 2018.
    Conformément à l'article 108(3)f) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent des langues officielles.

[Traduction]

Le Code régissant les conflits d'intérêts

     Conformément à l'alinéa 90(1)a) de la Loi sur le Parlement du Canada, il est de mon devoir de présenter à la Chambre le rapport annuel du commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique ayant trait au Code régissant les conflits d'intérêts des députés pour l'exercice terminé le 31 mars 2018.
     Conformément à l'article 108(3)a) du Règlement, ce document est renvoyé d'office au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, la réponse du gouvernement à cinq pétitions.

[Français]

Les comités de la Chambre

Sécurité publique et nationale 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 21e rapport du Comité permanent de la sécurité publique et nationale concernant le projet de loi C-71, Loi modifiant certaines lois et un règlement relatifs aux armes à feu.
     Le Comité a étudié le projet de loi et a décidé d'en faire rapport à la Chambre avec des propositions d'amendement.

[Traduction]

La Loi sur la gestion des finances publiques

    — Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur d'intervenir aujourd'hui pour présenter un projet de loi important au Parlement. Ce projet de loi vise à modifier la Loi sur la gestion des finances publiques afin d'exiger la parité hommes-femmes au sein des conseils d'administration des organismes et des sociétés d'État.
    Je tiens à remercier la députée de Nanaimo—Ladysmith d'appuyer le projet de loi et de défendre inlassablement la parité hommes-femmes au Canada.
    Ce projet de loi découle de la vision d'Ana Brinkerhoff et de Nika Asgari, deux brillantes élèves de l'école secondaire Sir Charles Tupper, qui est située dans ma circonscription, Vancouver Kingsway. Ana et Nika sont les gagnantes de cette année de mon concours annuel « Crée ton Canada », qui a lieu dans les écoles secondaires de Vancouver Kingsway.
    Ana et Nika espèrent que ce projet de loi aidera à faire du Canada un chef de file mondial en matière d'égalité des sexes et qu'il signalera que les Canadiens sont très sérieux lorsqu'ils disent que cette question leur tient à coeur. J'espère que tous les parlementaires les aideront à concrétiser leur vision d'un Canada meilleur.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1005)  

[Français]

Travaux des subsides

[Affaires courantes]
    Monsieur le Président, il y a eu des discussions entre les partis et, si vous le demandez, vous constaterez qu'il y a consentement pour l'adoption de la motion suivante:
    Que, à la conclusion du débat d'aujourd'hui sur la motion de l'opposition au nom du député de Rosemont—La Petite-Patrie, toute question nécessaire pour disposer de la motion soit réputée mise aux voix et qu'un vote par appel nominal soit réputé demandé et différé jusqu'au mercredi 13 juin 2018, à la fin de la période prévue pour les questions orales.
    L'honorable députée a-t-elle le consentement unanime de la Chambre afin de proposer la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter cette motion?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

[Traduction]

Pétitions

Les soins palliatifs  

    Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de présenter deux pétitions aujourd'hui.
    La première demande au Parlement d'établir une stratégie nationale de soins palliatifs. Elle souligne que, lors de la dernière législature, la Chambre a adopté à l'unanimité une motion qui demandait au gouvernement de créer une stratégie nationale de soins palliatifs et que, au cours de la présente législature — la 42e —, la Chambre a adopté à l'unanimité le projet de loi C-277, qui dit qu'une personne ne peut pas donner son consentement éclairé au suicide assisté ou à l'euthanasie si elle n'a pas accès à des soins palliatifs. Les pétitionnaires demandent au Parlement d'établir une stratégie nationale de soins palliatifs.

La conduite avec les facultés affaiblies  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition porte sur la conduite avec facultés affaiblies. Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de renforcer le Code criminel concernant la conduite avec facultés affaiblies.
    Ils demandent premièrement que l'infraction de conduite avec facultés affaiblies causant la mort devienne un homicide involontaire commis au volant d'un véhicule automobile; deuxièmement, que toute personne arrêtée et reconnue coupable de conduite avec facultés affaiblies soit automatiquement interdite de conduite pendant au moins un an; troisièmement, que la conduite avec facultés affaiblies causant des lésions corporelles soit passible d'une peine d'au moins deux ans de prison; quatrièmement, que la conduite avec facultés affaiblies causant la mort soit passible d'une peine d'au moins cinq ans de prison; et cinquièmement, que deux ans soient ajoutés à la peine de toute personne avec facultés affaiblies qui fuit la scène d'un accident.

L'assurance-médicaments  

    Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je présente une autre pétition signée par des centaines d'électeurs de Winnipeg-Nord, qui demandent au gouvernement d'envisager de mettre en place en collaboration avec divers intervenants un régime national d'assurance-médicaments qui assura la couverture des médicaments sur ordonnance.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Des voix: D'accord.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Travaux des subsides]

  (1010)  

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Le leadership en matière de changements climatiques et d’énergie propre  

    Que, de l’avis de la Chambre, la notion de chef de file mondial en matière de changements climatiques et la mise en place d’une économie axée sur l’énergie propre signifient: a) qu’on investit dans des sources d’énergie propre et renouvelable, telles que l’énergie solaire, éolienne et géothermique, et dans des technologies écoénergétiques créatrices de bons emplois durables pour les travailleurs d’aujourd’hui et les générations futures; b) qu’on place les travailleurs et la formation professionnelle au coeur de la transition vers une économie axée sur l’énergie propre afin que les travailleurs n’aient pas à choisir entre un bon emploi et un environnement sain pour eux-mêmes et leur famille; c) qu’on s’abstient de dépenser des milliards de dollars en fonds publics dans l’infrastructure et la subvention des combustibles fossiles, qui sont de plus en plus dépassés, qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre et la pollution et qui mettent à risque la santé des Canadiens ainsi que l’environnement, le littoral, les cours d’eau et la faune du Canada, de même que les emplois dans les secteurs maritime et touristique du pays.
     — Monsieur le Président, je tiens d'emblée à vous annoncer que je vais partager mon temps de parole avec mon honorable collègue d'Edmonton Strathcona.Cela me fera énormément plaisir de l'écouter.
     Comme l'ensemble du caucus du NPD, je suis extrêmement fier de consacrer cette journée à un débat fondamental et à un choix de société crucial qui va avoir des répercussions sur des années et sur des générations à venir. Ce n'est pas un débat que nous devons prendre à la légère. Je ne pourrais pas souligner suffisamment la responsabilité que nous avons. C'est vraiment le mot que je veux mettre de l'avant: nous avons une responsabilité vis-à-vis du monde et des hommes concernant les actions que nous prenons en ce qui a trait à la protection de notre environnement, le réchauffement de la planète et les changements climatiques en général.
    Je suis convaincu, comme beaucoup de progressistes et d'environnementalistes, que nous serons jugés par les générations futures sur notre action ou sur notre inaction, en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques, afin d'éviter des catastrophes naturelles, des migrants climatiques, ainsi que la destruction d'une bonne partie de nos écosystèmes et de notre environnement. C'est notre responsabilité, c'est le plus grand geste que nous pouvons faire dans le legs que nous allons faire à nos enfants et à nos petits-enfants.
     C'est pour cela que ce débat doit se faire de manière raisonnée, raisonnable et sereine, tout en assumant et en étant conscients de la portée des gestes et des décisions que nous prenons aujourd'hui, de même que de celles que nous ne prenons peut-être pas ou pas suffisamment.
    Comme pays, nous nous sommes engagés dans un processus vital de contrôle de nos émissions de gaz à effet de serre, afin d'éviter un réchauffement climatique qui, s'il était de plus de deux degrés par rapport à la moyenne de 1990, entraînerait des situations extrêmement néfastes pour un grand nombre de pays et pour l'ensemble de la planète fort probablement et qui, en plus, seraient irréversibles.
    C'est pour cela que cette motion mise en avant par le NPD demande à l'ensemble des parlementaires à la Chambre de poser un geste et de lancer le message qu'il faut commencer dès maintenant à faire ce virage vert et à créer des emplois pour aujourd'hui et pour demain. Il faut tout de suite commencer à investir dans les énergies renouvelables de manière suffisante et massive et à faire la formation de la main-d'oeuvre pour s'assurer que les travailleurs et les travailleuses seront capables d'avoir un bon emploi demain, peut-être pas dans le même secteur énergétique qu'auparavant, mais dans un autre secteur énergétique ou peut-être dans une autre industrie. Il faut faire en sorte qu'ils soient capables de continuer d'avoir de bons revenus, de payer leur loyer, de faire l'épicerie et d'envoyer leurs enfants à l'université. C'est pour cela que cette motion est complète en soi, parce qu'elle parle d'environnement, mais également de bons emplois et des investissements nécessaires.
    Je vais revenir sur les investissements, parce qu'il y en a eus dernièrement. Malheureusement, ils ne vont pas du tout dans la direction que l'ensemble de la planète s'est donnée pour un virage vert, écologique et en accord avec les objectifs des différents sommets qui ont lieu dans le monde, le dernier étant à Paris. Malheureusement, l'ensemble des observateurs indépendants voit bien que le gouvernement libéral s'éloigne en ce moment des objectifs de l'Accord de Paris. Nous ne serons pas capables de faire notre part pour contrôler et limiter les émissions de gaz à effet de serre. C'est notre responsabilité. J'insiste encore là-dessus.
    Je ne comprends pas qu'on ait un gouvernement libéral qui dit une chose et qui fait son contraire, alors que les enjeux sont tellement importants, que ce soit pour les peuples du Pacifique dont le pays entier, les îles, risque d'être englouti sous la mer ou pour nous qui risquons d'avoir des climats extrêmes qui vont nous coûter des milliards de dollars, que ce soit sur le plan des sécheresses, des feux de forêts ou des inondations. Ce sont des phénomènes qui se multiplient déjà, qui vont continuer à se multiplier si nous ne faisons rien et qui vont nous coûter énormément cher.
    Par rapport au processus, je reviens sur l'achat par le gouvernement libéral du vieux pipeline Trans Mountain qui était la propriété de Kinder Morgan il n'y a pas si longtemps. Juste sur la question du processus, il n'y a eu aucun débat public pour savoir si les Canadiens et les Canadiennes étaient d'accord pour investir 4,5 milliards de dollars dans l'achat d'un pipeline vieux de 65 ans et qui coule déjà.

  (1015)  

    Cela, c'est sans compter les coûts de 7,4 milliards de dollars que prévoyait la compagnie Kinder Morgan pour tripler la production et le transport d'un bitume brut, extrêmement dangereux pour l'environnement et dur à ramasser si jamais il y avait un déversement, que ce soit dans des rivières ou dans l'océan. Il n' y a pas eu de débat ni sur la place publique — pas d'engagement, pas de promesses de la part du gouvernement libéral — ni même de débat à la Chambre; les 338 parlementaires que nous sommes n'avons pas été consultés d'aucune manière sur la validité de cet investissement.
    J'ai parlé un peu de notre responsabilité envers notre environnement, la planète et les écosystèmes. Je veux juste revenir sur le business case que représente l'achat une infrastructure du secteur pétrolier alors qu'est parue la fin de semaine dernière une étude très intéressante faite par le Cambridge Center for Climate Change Mitigation Research, qui est un centre de recherche associé à l'Université de Cambridge en Angleterre. L'avertissement qui découle du résultat de cette étude est que nous vivons en ce moment dans une bulle pétrolière. On se rappelle la bulle immobilière des dernières années ou la bulle technologique sur les marchés boursiers. Nous vivons en ce moment dans une bulle pétrolière parce que la diminution de la demande mondiale pour le pétrole est inévitable, cela s'en vient. À partir de ce moment-là, la valeur des infrastructures reliées à l'exploitation pétrolière va s'effondrer, va dégringoler. Cette étude, réalisée par l'Université de Cambridge, prévoit l'explosion probable de cette bulle pétrolière entre 2030 et 2050. On évalue la perte d'investissements à des milliers de milliards de dollars, un chiffre que je ne suis même pas capable d'imaginer et que, je pense, la plupart d'entre nous n'est pas capable d'imaginer non plus.
    Cela est-il raisonnable de fait cet investissement de probablement au moins 12 milliards de dollars d'argent publique, tout en sachant que la valeur de ce que nous achetons va disparaître dans 10, 15 ou 20 ans. Cela n'est rien comparé aux investissements plus productifs et plus créateurs d'emplois qu'on pourrait faire dans les énergies renouvelables, dans une transition juste pour nos travailleurs et nos travailleuses et dans la formation professionnelle qui ferait de notre pays un leader dans le monde, alors qu'en ce moment on est en train de prendre du retard. Quand on regarde les marchés mondiaux de l'énergie et de production d'énergies renouvelables, le Canada traîne de l'arrière par rapport aux autres pays de l'OCDE, et cet écart s'agrandit avec le temps. Cet investissement, qui contrevient totalement à tout le discours du Parti libéral pendant la dernière campagne électorale, va accentuer ce retard par rapport au reste du monde, va augmenter nos émissions de gaz à effet de serre. Cela équivaut à mettre 3 millions de voitures de plus sur la route, alors que cet investissement risque de n'avoir pratiquement plus aucune valeur dans une génération à peine.
    Quand arrivera le point où la demande mondiale de pétrole va chuter de manière importante — c'est annoncé, parce que les investissements partout dans le monde en énergies renouvelables que ce soit en Allemagne, en Espagne ou au Danemark sont en hausse —, il va y avoir d'autres options. Il va y avoir des options plus responsables sur le plan de l'environnement. Quand cette demande va baisser et qu'il va rester encore une faible demande pour le pétrole sur le marché mondial, les gens vont évidemment se tourner vers le pétrole qui coûte le moins cher. Le pétrole qui coûte le moins cher, c'est celui de l'Arabie Saoudite, c'est celui du Venezuela, ce n'est pas le nôtre. Le pétrole canadien est probablement parmi les plus coûteux au monde. Donc cet investissement n'a aucun sens, ni sur le plan de notre responsabilité de protéger l'environnement, ni dans le fait de protéger la côte de l'océan Pacifique en Colombie-Britannique, ni en ce qui concerne une gestion correcte des fonds publics ni en ce qui concerne une vision responsable du futur pour nous assurer d'être parmi les pays au monde capables de produire des énergies renouvelables et de créer de bons emplois avec cela.

  (1020)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député sera ravi d'apprendre que je suis entièrement d'accord avec la partie de son intervention où il a parlé du malheureux investissement effectué par le gouvernement — de 4,5 milliards de dollars de deniers publics — pour acheter un oléoduc de 60 ans, sans prendre le temps de consulter les autres députés.
    Il ne fait aucun doute que c'est scandaleux, mais je crois également comprendre que le député appuie les politiques du gouvernement libéral à l'égard de la taxe sur le carbone. Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas pu vérifier combien coûtera cette taxe à la famille canadienne moyenne ni dans quelle mesure sa mise en oeuvre fera baisser les émissions de gaz à effet de serre.
    Y a-t-il un montant fixe au-delà duquel son parti refuserait d'appuyer la taxe sur le carbone à cause de l'effet néfaste que celle-ci aurait sur l'économie et les familles canadiennes, ou est-il prêt à libeller un chèque en blanc au Parti libéral pour cela?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Je sais que c'est une préoccupation que son parti a à coeur et qu'il soulève régulièrement.
    Pour nous, ce qui est important, c'est d'agir sur le front de l'environnement afin qu'on puisse remplir nos obligations internationales, notamment en ce qui concerne la réduction des gaz à effet de serre. Nous pensons que la pollution doit avoir un prix. Qu'on utilise les instruments du marché pour inciter les entreprises et les consommateurs à faire des choix différents et davantage responsables en vue de devenir des leaders. Incitons les compagnies à innover, à investir dans l'énergie de demain et à créer de bons emplois.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous sommes ici aujourd'hui pour débattre de la transition juste. Le Canada a promis de faire bien des choses dans le cadre de l'Accord de Paris. Or, les libéraux ont complètement oublié une d'elles: ils se sont aussi engagés à investir dans de bons emplois de qualité pendant la transition vers les énergies propres. Tous les syndicats au Canada se sont manifestés pour demander au gouvernement de prendre des mesures pour les aider à fournir une formation aux gens en vue de les aider à obtenir un emploi en prévision de la transition. Le député pourrait-il nous en parler et nous dire qui appuie l'investissement dans cette transition au Canada?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'Edmonton Strathcona de sa question extrêmement pertinente.
    Les débats que nous aurons aujourd'hui à la Chambre seront un test de valeurs pour le gouvernement libéral. On verra s'il est capable d'être cohérent et d'agir en fonction des principes et des valeurs qu'il a présentés aux électeurs et aux électrices lors de la dernière élection. Beaucoup de gens sont en faveur d'une transition énergétique juste.
    Récemment, j'ai assisté à un sommet à Montréal organisé par des gens du mouvement syndical québécois, soit la FTQ et la CSN. Toutefois, il y avait également le Conseil du patronat du Québec, des groupes environnementaux, des firmes d'investissement, la Caisse de dépôt et placement du Québec et le Mouvement des caisses Desjardins. Ils sont tous conscients qu'ils doivent travailler ensemble pour effectuer cette transition énergétique, protéger et créer des bons emplois pour les travailleurs et les travailleuses et investir dans la formation professionnelle pour que ces gens continuent d'avoir un revenu même lorsqu'ils suivent une formation pour apprendre à produire de nouvelles choses, comme des éoliennes et des panneaux solaires.
    Il y a un paquet de choses qu'on pourrait faire avec 12 milliards de dollars. Je laisse mes collègues rêver à ce qu'on pourrait faire avec cela, mais je pense que tous les membres de la société sont conscients que nous avons une responsabilité. Malheureusement, pour l'instant, le gouvernement libéral n'est pas à l'écoute.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté mon collègue néo-démocrate. Il y a beaucoup d'éléments de son discours dont j'aimerais parler. Je serais peut-être en mesure d'aborder certains d'entre eux tout au long de la journée.
    Je demande au député de reconnaître que l'un des plus grands engagements financiers que le gouvernement actuel a pris est à l'égard de l'infrastructure canadienne. En effet, le gouvernement a probablement fait le plus important investissement dans l'infrastructure canadienne de toute l'histoire du pays. Nous cherchons notamment à investir des milliards de dollars dans l'énergie verte. Je me demande si mon collègue pourrait nous dire si, de manière générale, il estime qu'investir dans l'infrastructure canadienne est une façon saine de procéder. Nous mettons beaucoup l'accent sur le volet écologique, par exemple dans le cadre de notre investissement dans le transport en commun. Qu'en pense le député?

  (1025)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie le secrétaire parlementaire de sa question. J'espère obtenir l'appui des députés du Parti libéral concernant cette motion. Je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas d'accord. Le transport en commun est certainement très important. Je demande simplement au gouvernement de rétablir le crédit d'impôt pour les gens qui s'achètent des billets de métro.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est un honneur et un privilège pour moi de prendre la parole à propos de la motion présentée par notre parti.
    Pourquoi réclame-t-on de plus en plus une transition énergétique juste? Quel est l'élément déclencheur? Comme l'a dit clairement mon collègue, cette transition est animée par un changement rapide au chapitre des investissements, changement qui voit les sources non renouvelables d'énergie délaissées au profit des sources renouvelables. Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables — à laquelle le Canada s'est enfin de nouveau joint après trois ans, ce dont je me réjouis —, 60 % de toute la nouvelle capacité de production d'énergie mondiale repose sur des sources d'énergie renouvelables. C'est la voie à suivre.
    Bien que les investissements aient connu une légère baisse dernièrement, ce sont 263 milliards de dollars américains qui ont été investis dans la capacité de production d'énergie renouvelable en 2016, une capacité qui continue de croître. En réalité, comme les coûts diminuent, les investissements nécessaires ne sont plus aussi élevés, ce que favorise d'ailleurs l'adoption de politiques axées sur l'énergie propre. Toujours selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, la région de l'Asie orientale et du Pacifique est le plus grand investisseur dans l'énergie renouvelable, la Chine étant le plus important. Il y a aussi le Japon, la Corée du Sud et Israël.
    Le Canada s'est également engagé à baisser de beaucoup ses émissions de carbone, tout comme d'autres pays, afin de lutter contre les changements climatiques et de réduire la pollution nocive entraînée par la combustion de combustibles fossiles. Comme ses partenaires du G20, il a promis de mettre un terme aux subventions pernicieuses accordées au secteur des combustibles fossiles. Manifestement, il est incapable de tenir cette promesse, ayant récemment investi des milliards dans un pipeline.
    Certaines provinces se sont déjà engagées à produire un pourcentage considérable d'énergies renouvelables. Par exemple, l'Alberta en produira 30 % et la Saskatchewan 50 % d'ici 2030, ce qui signifie qu'on déploiera beaucoup d'énergies renouvelables.
    Des groupes de réflexion étatsuniens ont établi qu'un portefeuille énergétique propre combinant l'efficacité énergétique, la réduction de la demande, le stockage et les énergies renouvelables constitue la façon la moins chère d'éliminer les centrales au charbon et qu'il s'agit d'une bien meilleure solution que le gaz naturel au chapitre des coûts.
    À l'échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables employait 8,1 millions de travailleurs en 2015 seulement, avec 1,3 million de travailleurs de plus pour les grandes centrales hydroélectriques. Le Congrès du travail du Canada a signalé que, déjà en 2013, 37 % plus de Canadiens travaillaient dans le secteur des énergies renouvelables qu'en 2009, ce qui équivaut à plus de 2 000 emplois. L'Allemagne vient tout juste de s'engager à accélérer l'élimination progressive de ses centrales au charbon et à compter davantage sur les énergies renouvelables en parallèle avec une stratégie de transition juste pour les travailleurs de ce secteur. Dans l'Union européenne, les énergies renouvelables sont en voie d'atteindre 50 % de l'approvisionnement énergétique d'ici 2030. Comme je l'ai mentionné, il s'agit de la main-d'oeuvre en pleine croissance du monde.
    Voilà à quoi ressemble la durabilité. Comment y parvenir? Pourquoi est-ce nécessaire d'avoir une mesure fédérale de transition plus juste pour les travailleurs? Si aucune précaution ou mesure n'est prise maintenant, il y a un risque réel que des travailleurs et des collectivités soient abandonnés. Une transition juste ne se fera pas par elle-même. Beaucoup de travailleurs ont déjà été congédiés à la suite de la baisse des prix mondiaux du pétrole et du dessaisissement des principaux intervenants. Les travailleurs, leur famille et leur collectivité sont stressés. Il est essentiel de s'engager à suivre un processus de planification transparent et inclusif qui comprend des mesures visant à prévenir la peur, l'opposition et les conflits intercommunautaires et intergénérationnels. Les gens ont besoin de voir un avenir sûr qui offre de réelles possibilités. Parallèlement aux grands investissements dans les sources d'énergie renouvelable et les mesures d'efficacité énergétique, il faut des investissements dans la formation et le recyclage professionnel.
    Comme l'a indiqué Samantha Smith du Centre pour une transition juste dans un rapport présenté à l'Organisation de coopération et de développement économique:
    Une transition juste contribue à la durabilité environnementale ainsi qu'au travail décent, à l'inclusion sociale et à l'éradication de la pauvreté. C'est effectivement ce dont l'Accord de Paris a besoin: des plans nationaux de lutte contre les changements climatiques qui comprennent des mesures de transition juste axées sur le travail décent et les emplois de qualité.
    Le directeur général de l'Organisation internationale du Travail a déclaré ceci:
    Le développement écologique ne détruit pas l’emploi, comme on le dit souvent. Au contraire, si il est bien géré, il peut déboucher sur de nouveaux emplois, de meilleure qualité, sur la réduction de la pauvreté et l’inclusion sociale.
    Déjà en 2012, l'Agence internationale de l'énergie, dans son document intitulé « World Energy Outlook », déclarait ceci:
     On reconnaît largement que l'efficacité énergétique est l'une des principales options entre les mains des décideurs, mais les efforts actuels sont nettement insuffisants pour en tirer le plein potentiel économique [...] [É]liminer les obstacles aux investissements dans l'efficacité énergétique permettra d'exploiter ce potentiel et de réaliser d'énormes gains en matière de sécurité énergétique, de croissance économique et d'environnement.
    J'ajouterais même de création d'emplois. À l'échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables emploie des millions de travailleurs.
    Qui a pressé le gouvernement fédéral d'agir en matière de transition juste? Lors des deux dernières réunions de la Conférence des parties des dirigeants mondiaux sur le climat, les travailleurs et le public demandaient principalement à ce qu'on investisse dans la transition juste des travailleurs et des collectivités.

  (1030)  

    Dans les derniers moments de la Conférence des Parties de Berlin, la ministre de l'Environnement a finalement cédé aux pressions réclamant que le Canada fasse quelque chose. Elle a donc créé un comité consultatif — à la troisième année du mandat de son gouvernement! Il n'y avait absolument rien dans les trois derniers budgets sur la transition juste et aucune somme n'a été affectée expressément à la formation des travailleurs de la nouvelle économie énergétique.
     Voici ce qu'en pense le Congrès du travail du Canada:
    Les changements climatiques sont bien réels, et leurs répercussions sur les travailleurs et leurs enfants seront immenses. Même si nous y croyons dur comme fer, la pensée magique ne réglera rien et nous finirons par manquer de temps pour nous adapter aux changements et empêcher que les choses ne dégénèrent encore plus [...] Ce n'est pas avec des politiques qui font comme si de rien n'était ou en se fiant aux forces du marché que la transition s'enclenchera et qu'elle atteindra l'envergure et le rythme nécessaires pour éviter la catastrophe. Ce n'est pas non plus ainsi que les travailleurs et la population en général seront traités équitablement.
    Qui sont ces travailleurs et que veulent-ils? Ce sont ceux qui travaillent dans le secteur du pétrole, du gaz et du charbon ou dans les centrales au charbon, et ils aspirent à la sécurité d'emploi dans la nouvelle économie verte.
    Voici quelques témoignages colligés par Energy & Earth.
    D. Lee, qui se décrit comme un travailleur syndiqué, avait ceci à raconter:
    J'ai déjà travaillé dans le secteur de l'extraction pétrolière et des services connexes sur des champs de pétrole et des plateformes de forage. Je suis devenu électricien afin de pouvoir participer à la révolution énergétique mondiale.
     Liam Hildebrand, un chaudronnier, a déclaré:
     Je suis chaudronnier depuis plus de 10 ans et j'ai participé à de nombreux projets d'énergie renouvelable sans avoir eu besoin de recyclage professionnel. Donnez-nous les bleus et l'acier, et nous aiderons le Canada à lutter contre les changements climatiques au moyen de nos compétences industrielles!
    Ces travailleurs demandent au gouvernement fédéral de prendre des mesures, mais ils ne font pas que se croiser les bras en attendant que le gouvernement agisse. Les travailleurs du secteur pétrolier et gazier qui font partie de l'organisation Iron & Earth ont établi un partenariat avec des membres de la tribu Louis Bull, à Maskwacis, en Alberta, afin de former des travailleurs à l'installation de panneaux solaires de toit. Ils ont pour objectif d'améliorer les compétences de plus de 1 000 travailleurs des secteurs du pétrole, du gaz et du charbon, ainsi que des membres de la collectivité autochtone, afin que ceux-ci deviennent des spécialistes de l'énergie solaire.
    Nous avons constaté des succès similaires au sein de la Première Nation de T'Sou-ke et d'autres collectivités autochtones. Iron & Earth, en collaboration avec Energy Futures Lab, l'Institut Pembina, l'Association canadienne de l'énergie géothermique et d'autres, a publié le document intitulé Workers' Climate Plan: Blueprint for Sustainable Jobs and Economy. Il s'agit d'un plan détaillé dans lequel ces organisations demandent au gouvernement fédéral de revoir la stratégie pancanadienne sur les changements climatiques afin de répondre aux besoins des travailleurs et de donner suite à la demande des syndicats, qui réclament une enquête sur l'économie verte et les compétences idoines. ECO Canada existe depuis des dizaines d'années et est subventionnée par le gouvernement fédéral. Elle effectue des analyses de marché sur les emplois dans le secteur de l'environnement. Ce serait parfait si l'on pouvait diriger ce travail.
    Ces organisations demandent aussi que les lacunes en matière de compétences en recherche soient comblées. Elles veulent des programmes à court terme de formation ciblée. Elles veulent un fonds de formation de la main-d'oeuvre. Elles veulent des analyses de marché dans le domaine de la production d'énergie. Elles veulent du soutien pour des programmes d'incubateurs adaptés à la collaboration entre entrepreneurs, concepteurs et syndicats afin de trouver des solutions renouvelables, comme l'Energy Futures Lab, à Calgary.
    Certains s'inquiètent du fait que d'autres pays combleront les lacunes si le Canada ne prend pas ses responsabilités et ne finance pas les cours de recyclage. Tous les syndicats canadiens ont fait preuve d'initiative et se sont dits disposés à déployer des efforts en ce sens.
    Le gouvernement fédéral pourrait-il à tout le moins publier ses règlements afin d'accélérer la fermeture des centrales alimentées au charbon? Le gouvernement fédéral pourrait-il enfin débloquer des fonds pour financer le fonds des travailleurs en vue de leur transition vers une économie axée sur l'énergie propre?
    Monsieur le Président, le gouvernement reconnaît l'importance de la transition vers une économie et une énergie plus vertes. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent les annonces budgétaires du ministre des Ressources naturelles, de la secrétaire parlementaire et d'autres députés. Les multiples mesures du gouvernement dans cette transition ont été soulignées.
    Il est quelque peu étonnant et plutôt décevant que les néo-démocrates — enfin, ceux à Ottawa — aient choisi de s'opposer totalement aux pipelines. En allant de l'avant avec le projet d'expansion, la première ministre de l'Alberta s'efforce de protéger de nombreux emplois, notamment des emplois syndiqués. Le message des néo-démocrates est sans équivoque. Je peux comprendre la position du Parti vert dans ce dossier, mais j'ai du mal à suivre celle du NPD national. Le NPD dit non aux pipelines, prétextant vouloir plus de consultations, entre autres.
    Au fond, le NPD laisse tomber l'Alberta. Le message est très clair. La députée néo-démocrate vient de l'Alberta. Ne se rend-elle pas compte que des intérêts nationaux sont en jeu et que d'appuyer le NPD de l'Alberta est une bonne chose, notamment pour l'environnement et l'emploi au Canada?

  (1035)  

    Monsieur le Président, je suis très fière de ma province. Je suis très fière de ma première ministre, Rachel Notley. Bon sang!, Rachel Notley a déjà présenté un plan de transition en matière d'emploi et elle s'est engagée à y consacrer 50 millions de dollars. Le gouvernement fédéral n'a rien fait, pas un sou n'a été investi dans la stratégie de transition en matière d'emploi. C'est juste une autre étude, juste une autre consultation.
    Bien sûr, nous voulons offrir des emplois pour l'avenir. Je peux lire 100 citations de travailleurs des secteurs pétrolier, gazier et du charbon. Ils souhaitent une nouvelle formation en vue d'être prêts pour la nouvelle économie. Qu'arrivera-t-il après la construction du pipeline? À quoi peuvent-ils s'attendre? Où travailleront-ils? Ils supplient le gouvernement d'investir dans de la nouvelle formation.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'Edmonton Strathcona et le NPD d'avoir présenté cette motion devant la Chambre aujourd'hui.
    Étant donné son long engagement dans le dossier des changements climatiques — et nous étions ensemble lors des négociations de Paris et du désastre à Copenhague —, elle sait que les mesures de lutte contre les changements climatiques doivent permettre de réduire rapidement les émissions provenant des combustibles fossiles, autrement nous ne respecterons pas l'objectif de l'Accord de Paris, soit de ne pas dépasser un réchauffement de 1,52 degré Celcius.
    Ma collègue croit-elle que nous pouvons avoir davantage d'installations qui émettent des gaz à effet de serre —comme, pour l'exploitation des sables bitumineux, de nouveaux pipelines ou de nouveaux puits de pétrole — tout en atteignant l'objectif de l'Accord de Paris?
    Monsieur le Président, nous ne le pouvons certainement pas si le gouvernement fédéral n'investit pas également dans des solutions de rechange. Tout le monde aime blâmer ma province, l'Alberta, mais que fait le gouvernement fédéral?
     Les conservateurs avaient promis de réglementer le pétrole et le gaz naturel, mais, durant les 10 années où ils ont été au pouvoir, ils ne l'ont pas fait. Le gouvernement libéral promet sans cesse que le reste de son plan pancanadien s'en vient, mais il retient l'argent que les provinces, les territoires et les collectivités autochtones attendent pour abandonner le diésel et permettre à leurs travailleurs d'effectuer la transition vers un autre domaine.
    Par conséquent, je doute que nous respections ces objectifs, à moins que le gouvernement fédéral cesse de s'en remettre aux provinces, aux municipalités, aux territoires et aux Autochtones et qu'il prenne des mesures considérables.
    Monsieur le Président, l'une des choses que nous avons entendues plus tôt est l'importance de respecter nos engagements internationaux. Or, ce que nous n'entendons jamais et ce que nous tentons d'obtenir du gouvernement libéral, c'est le coût de la taxe sur le carbone pour les familles et les petites entreprises, ces entreprises qui créent de l'emploi. Les libéraux connaissent le coût, mais ils refusent de le communiquer aux Canadiens. On ne fait que supposer que nous devons nous améliorer, sans savoir le coût, ni la mesure dans laquelle cela améliorera l'environnement.
    Ainsi, sachant que le Canada produit peu d'émissions de gaz à effet de serre, la députée sait-elle combien coûtera la taxe sur le carbone aux Canadiens et quels en seront les avantages en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre?
    Monsieur le Président, je trouve bizarre cette fixation du Parti conservateur sur la taxe sur le carbone. Quelle a été la première province au Canada à tarifer la pollution causée par le carbone? L’Alberta, sous un gouvernement conservateur, et en étroite collaboration avec le secteur pétrolier et gazier.
     Le secteur pétrolier et gazier de l’Alberta est acquis au principe depuis le début. Il impose le coût de la protection et investit dans des technologies propres. Toutefois, il se détourne désormais de sa vocation première. En effet, de grandes sociétés qui investissaient dans les sables bitumineux investissent aujourd'hui dans les énergies renouvelables, mais se tournent vers d’autres pays parce que le gouvernement fédéral ne leur a pas signalé son souhait de les voir investir dans les énergies renouvelables au Canada, pour l’avenir des Canadiens.

  (1040)  

    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de Rosemont—La Petite-Patrie pour sa motion. Il a fait d'excellentes observations préliminaires et, dans sa motion, il résume bien le bilan du gouvernement ainsi que notre vision de l’avenir du Canada en ce siècle de croissance propre.
    Entre autres choses, sa motion reconnaît, à juste titre, l’engagement que nous avons pris de faire du Canada un chef de file mondial en matière de changements climatiques. Après tout, nous ne nous sommes pas contentés de signer l’Accord de Paris sur les changements climatiques, nous avons contribué à son élaboration.
    Nous avons assumé ensuite un rôle de premier plan dans la création de Mission Innovation, un nouveau partenariat mondial qui accélère comme jamais auparavant le mouvement vers des solutions d’énergie propre.
    Nous avons négocié avec les provinces et les territoires. Nous avons associé les peuples autochtones à notre projet. Nous avons consulté les Canadiens sur les meilleurs moyens d’atteindre nos objectifs en matière de changements climatiques. Tout cela a abouti au Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques, qui propose une feuille de route pour la croissance propre et une économie à faibles émissions de carbone, un plan d’action pour réduire les émissions, stimuler l’innovation, s’adapter aux changements climatiques et créer de bons emplois durables à l’échelle du pays, toutes des choses que le député propose dans sa motion. Toutefois, nous ne nous sommes pas arrêtés là.
    Nous continuons de faire des investissements générationnels dans les technologies propres, l'innovation, les sciences fondamentales et la recherche. Nous faisons des investissements records dans les infrastructures qui favorisent la croissance de l'économie verte. Nous instaurons aussi la tarification du carbone et nous accélérons l'élimination progressive de l'utilisation du charbon. Tout cela m'amène à penser que le député d'en face s'est inspiré de notre énoncé de politiques pour rédiger la motion. La suite du débat le prouvera encore mieux.
    Aujourd'hui, plusieurs députés libéraux parleront des différents éléments de la motion, notamment des vastes efforts que nous déployons pour lutter contre les changements climatiques: les investissements records dans l'exploitation de sources d'énergie vertes et renouvelables, les mesures de promotion de l'efficacité énergétique et le plan de protection des océans et des localités côtières du Canada.
    À titre de secrétaire parlementaire du ministre des Ressources naturelles, je tiens d'abord à mettre les choses en contexte, à montrer en quoi les différentes mesures que nous prenons sont complémentaires et à rappeler que les abondantes ressources naturelles du Canada, y compris nos importantes ressources énergétiques, sont au coeur du secteur des technologies propres.
    Le monde a amorcé un virage majeur comme il s'en produit rarement dans l'histoire de l'humanité, un changement fondamental dans les formes d'énergie qu'utilisent nos sociétés. Le stade de transition peut varier d'un pays à l'autre, mais il s'agit de changements irréversibles qui sont déjà commencés.
    Les changements climatiques nous forcent tous à repenser la façon de faire tourner les usines, de chauffer les maisons et de faire le plein des véhicules. Il faut également reconnaître l'importance d'utiliser les sources d'énergie conventionnelles et renouvelables de façon plus efficiente.
    Il ne s'agit pas d'un enjeu comme un autre. Il n'est pas question de modifier une politique gouvernementale en particulier ou de décider s'il faut construire une route quelque part. Il est question de l'avenir de la planète. Nous envisageons une toute nouvelle orientation pour l'économie, nous redéfinissons la connectivité entre pays et nous reconnaissons l'importance d'une action mondiale.
    Voilà pourquoi le gouvernement met en oeuvre des mesures à ces égards. Cette année seulement, nous avons investi dans des réseaux intelligents de distribution d'électricité, dans des bornes de recharge électriques ou à carburant de remplacement, dans des maisons éconergétiques, et nous aidons les collectivités du Nord à délaisser le diésel. Toutes ces mesures nous rapprochent de l'avenir que nous souhaitons: un pays dont l'économie est axée sur la technologie propre et qui se caractérise par sa capacité d'innovation.
    Nous réinventons l'utilisation du carbone en transformant les émissions de dioxyde de carbone nocives en produits intéressants, par exemple en matériaux de construction, en carburants alternatifs et en divers produits de consommation.
    Pas plus tard que la semaine dernière, les médias ont annoncé une nouvelle emballante: une entreprise de la côte Ouest a mis au point une façon de capter le dioxyde de carbone de l'atmosphère pour le transformer en carburant à faible teneur en carbone, pour véhicules, pour moins de 100 $ américains la tonne. Voilà dans quelle direction l'ingéniosité et l'imagination des Canadiens nous amènent. Ce genre d'innovation transformera l'économie canadienne et créera des emplois verts pendant de nombreuses années.
    Parlons également de l'efficacité énergétique, un secteur qu'on oublie trop souvent. Selon l'Agence internationale de l'énergie, l'amélioration de l'efficacité énergétique pourrait permettre au Canada d'atteindre presque la moitié des cibles qu'il s'est fixées dans le cadre de l'Accord de Paris. Songeons-y: la moitié du chemin serait fait. C'est dans cette optique que le gouvernement a proposé de nouveaux codes du bâtiment qui exigeront que les particuliers et les entreprises accomplissent davantage avec moins et transforment la consommation d'énergie au Canada pour de nombreuses générations.

  (1045)  

    Les Canadiens contribuent à montrer l'exemple en adoptant des façons novatrices de réduire leur consommation d'énergie. Le gouvernement investit dans ces projets, mais il reste beaucoup à faire. C'est pourquoi nous continuons d'appuyer le secteur des ressources énergétiques traditionnelles et l'exploitation de nos vastes réserves pétrolières et gazières. Ils serviront de pont vers l'économie future à faibles émissions de carbone.
    Il y a deux raisons qui expliquent l'approche que nous avons adoptée. D'abord, toujours selon l'Agence internationale de l'énergie, la demande mondiale en énergie augmentera de 30 % d'ici 2040. C'est comme si la demande en ressources énergétiques de la Chine doublait. Même si nous retenons le scénario le plus optimiste concernant les énergies renouvelables, et malgré tous nos efforts pour améliorer l'efficacité énergétique, une grande partie de la hausse de la demande prévue par l'Agence sera comblée par les combustibles fossiles. La réalité, c'est que le monde continuera à dépendre du secteur pétrolier et gazier un certain temps. Ainsi, le secteur canadien des ressources énergétiques traditionnelles n'est pas « de plus en plus dépass[é] », contrairement à ce que le député d'en face voudrait nous faire croire.
    Passons à la deuxième raison justifiant l'exploitation des ressources pétrolières et gazières: permettre au Canada de tirer parti des revenus qu'elle génère pour investir dans un avenir faible en émissions de carbone. J'en dirai plus sur le sujet bientôt, mais je tiens d'abord à revenir sur la motion dont nous sommes saisis.
    Lorsque le député d'en face parle d'infrastructure des combustibles fossiles, je suppose qu'il fait subtilement allusion à la décision de gouvernement libéral du mois dernier de faire l'acquisition du pipeline Trans Mountain et d'aller de l'avant avec l'expansion du réseau. Même à cet égard, je dirais que le député a du rattrapage à faire pour se mettre au niveau du gouvernement.
    Comme tous les députés le savent, le gouvernement a approuvé le prolongement du pipeline Trans Mountain et le remplacement de la canalisation 3 à la lumière des meilleures données scientifiques et au terme de vastes consultations. Nous avons agi dans l'intérêt national. Ces décisions ont été prises dans le cadre d'une approche sensée qui comprend la diversification de nos marchés énergétiques, l'amélioration de la sécurité environnementale et la création de milliers de bons emplois pour la classe moyenne, y compris de bons emplois pour les communautés autochtones.
    Cependant, ce que le député d'en face semble avoir oublié, c'est que nous avons également pris deux autres décisions importantes au même moment. Tout d'abord, nous avons rejeté le projet Northern Gateway, car la forêt pluviale de Great Bear n'est pas un endroit convenable pour un pipeline. Ensuite, nous avons imposé un moratoire sur la circulation des pétroliers le long de la côte nord de la Colombie-Britannique, plus précisément aux environs de l’entrée Dixon, du détroit d’Hécate et du bassin de la Reine-Charlotte.
    Toutes ces décisions reposent sur l'équilibre et notre conviction que la prospérité économique et la protection de l'environnement peuvent, et même doivent, aller de pair. Il faut trouver un juste équilibre. L'agrandissement du pipeline Trans Mountain en fait partie. Il fait partie de la vision dont j'ai parlé plus tôt, qui cherche à tirer parti de cette période de transition pour le Canada, en construisant l'infrastructure nécessaire pour acheminer nos ressources vers les marchés mondiaux et en investissant les revenus ainsi générés dans d'autres formes d'énergies plus propres. En acheminant davantage de nos produits énergétiques jusqu'aux côtes, nos producteurs auront un meilleur accès aux marchés mondiaux et obtiendront de meilleurs prix, ce qui, selon des analystes de la Banque Scotia et d'ailleurs, pourrait ajouter 15 milliards de dollars chaque année à la valeur de nos exportations de pétrole.
    De plus, la construction et l'exploitation du pipeline devraient engendrer des revenus de l'ordre de 4,5 milliards de dollars à l'échelle fédérale et provinciale. Ces nouvelles recettes fiscales pourraient servir à financer nos hôpitaux, nos écoles et nos précieux programmes sociaux, à construire des routes et des ponts sûrs dans nos localités et, effectivement, à investir dans les technologies propres et l'énergie renouvelable.
     Les émissions de gaz à effet de serre de l'oléoduc TMX ne dépasseront pas le plafond de 100 mégatonnes de l'Alberta. Le projet est donc conforme au plan de lutte contre les changements climatiques du Canada. Pour toutes ces raisons, il était essentiel que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour mettre le projet à l'abri du climat d'incertitude politique créé par le gouvernement de la Colombie-Britannique. Toutefois, comme l'a dit le ministre des Finances, nous ne prévoyons pas de rester longtemps propriétaires de l'oléoduc TMX. Nous savons qu'il a une valeur économique bien réelle et nous nous attendons à ce que des investisseurs participent à l'avenir du projet. En fait, nous le voyons déjà. Plusieurs investisseurs, dont des groupes autochtones, se sont dit intéressés par une participation au capital.

  (1050)  

    Tout cela fait partie d'un parcours bien entamé vers un avenir où nous utiliserons de l'énergie propre, un parcours qui a commencé dès que nous avons formé le gouvernement et avons entrepris de rétablir la confiance de la population dans la façon dont les grands projets d'exploitation des ressources, comme l'oléoduc TMX, sont évalués.
    Une des premières choses que nous avons faites en ce sens a été d'adopter une approche provisoire pour les grands projets déjà en attente d'approbation. Ces principes comprennent l'évaluation des émissions de gaz à effet de serre directes et en amont associées au projet, l'élargissement des consultations publiques et la consultation des Autochtones de même que la reconnaissance de l'importance du savoir autochtone, tout cela en veillant à ce qu'aucun promoteur ne doive revenir à la case départ.
    Cette nouvelle approche a mené à des progrès appréciables. Par exemple, nous avons mené la plus vaste opération de consultation auprès des Autochtones jamais menée pour un projet canadien d'exploitation des ressources au Canada et nous donnons suite à ce que l'on nous a dit en créant un comité autochtone qui exercera une fonction de consultation et de surveillance pour la durée de vie de l'oléoduc TMX ainsi qu'un partenariat sur les parcours économiques pour permettre aux travailleurs autochtones de profiter des retombées des projets. Ce sont deux premières au Canada. Le gouvernement a aussi nommé un groupe d'experts ministériel spécial pour entendre des Canadiens dont le point de vue pourrait ne pas avoir été pris en considération lorsque l'Office national de l'énergie a évalué le projet TMX.
    Nous avons finalement approuvé le projet ainsi que les 157 conditions contraignantes recommandées par l'Office national de l'énergie dans le cadre de notre plan global pour la croissance propre. C'est un plan qui vise à lutter contre les changements climatiques, à protéger les océans, à investir dans les technologies et les énergies propres, à rétablir la confiance des investisseurs et de la population et à promouvoir la réconciliation avec les Autochtones.
    Nous avons présenté le projet de loi C-69, qui propose une solution permanente pour corriger les processus d'évaluation environnementale et d'examen réglementaire au Canada. Nous avons également lancé un processus sans précédent pour reconnaître et mettre en oeuvre les droits inhérents des Autochtones; c'est une nouvelle approche qui permettra de renouveler les relations entre le Canada et les peuples autochtones, d'aider les nations autochtones à se rétablir et d'ouvrir véritablement la voie à l'autodétermination des peuples autochtones grâce à une relation basée sur le respect mutuel et les partenariats. Nous avons présenté nombre de budgets qui favorisent la croissance propre, améliorent les perspectives des communautés autochtones et appuient la science fondamentale. Le budget de cette année fait fond sur les précédents en encourageant les entreprises à investir dans l'énergie propre et à employer de l'équipement plus éconergétique. Il prévoit également des investissements dans des infrastructures essentielles à la cybersécurité, comme les réseaux énergétiques et d'information.
    Le budget de 2018 reconnaît que le Canada ne pourra pas progresser si la moitié de sa population est retenue et que les investissements qui aident les femmes sont non seulement nécessaires, mais judicieux.
    Le gouvernement a joint le geste à la parole en faisant des investissements pour bâtir l'avenir qui correspond exactement à la vision du député d'en face: un avenir dans lequel la science, la curiosité et l'innovation stimulent la croissance économique. Toutes les mesures dont j'ai parlé aujourd'hui font partie d'un plan rigoureux, équilibré et concret dont les nombreux volets contribuent à atteindre un seul but, celui de faire du Canada un chef de file dans la transition mondiale vers un avenir à faibles émissions de carbone en créant la prospérité que nous voulons tous, et ce, tout en protégeant le monde que nous chérissons tous.
    Je sais que le député d'en face a les mêmes objectifs. Sa motion correspond à notre vision, et j'espère qu'il continuera d'appuyer nos efforts.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue pour ses bons mots et pour les principes qu'elle a évoqués. J'aimerais simplement que les actions de son gouvernement y correspondent. Je veux lui poser une question sur un aspect en particulier.
    Le gouvernement libéral, dans sa plateforme de 2015, s'était clairement engagé à mettre fin aux subventions aux industries pétrolières. Le Canada avait d'ailleurs déjà pris cet engagement dans le cadre du G7, et ensuite dans le cadre du G20. Malheureusement, le gouvernement libéral n'a toujours pas répondu à l'invitation de l'Argentine à participer au processus de supervision par les pairs, c'est-à-dire par d'autres pays, concernant la diminution progressive des subventions à l'industrie pétrolière.
    Nous avons également appris de la part du vérificateur général que le gouvernement de ma collègue n'avait même pas encore défini ce qu'est une subvention à une compagnie pétrolière. Cela fait presque trois ans que les libéraux sont au gouvernement et ils n'ont pas encore défini ce qu'est une subvention. Je me demande bien quand ils vont commencer à diminuer ces subventions.
    Alors, non seulement les libéraux ne remplissent pas leurs promesses, mais ils sont en retard sur leur programme et ils ne respectent pas le processus du G20.
    Comment peut-on dire, d'un côté, qu'on va éliminer les subventions aux compagnies pétrolières et, de l'autre, qu'on va prendre 4,5 milliards de dollars de l'argent public pour donner la plus grosse subvention aux industries pétrolières jamais faite au pays?

  (1055)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député a mentionné le G20, qui se réunit cette semaine en Argentine. La participation du Canada au G20 contribuera grandement, selon nous, à l'avancement de plusieurs éléments que j'ai abordés dans mon discours. L'élimination des combustibles fossiles, qui sont inefficaces, fait partie du mandat du G20 de même que des engagements du gouvernement libéral et de nos partenaires du G20.
    Pour ce qui est de notre engagement sur la scène internationale, j'ai eu le plaisir d'assister, il y a quelques semaines, à la réunion ministérielle de Mission Innovation sur la pureté de l'air. Vingt-quatre autres pays étaient de la partie pour parler d'innovation dans des domaines comme le captage et le stockage du carbone, les travaux consacrés à la biomasse et à la bioénergie, ainsi que les biocarburants d'avion.
    Le Canada est considéré comme un chef de file mondial dans ces sphères. J'espère que le NPD appuiera le travail que nous accomplissons à cet égard.
    Monsieur le Président, la secrétaire parlementaire a fait plusieurs affirmations qui ne correspondent malheureusement pas à la réalité. Ainsi, elle affirme que le gouvernement se préoccupe de l'efficacité énergétique, alors qu'il s'agit d'un domaine où, fait étonnant, le gouvernement a failli à la tâche. L'adoption de nouveaux codes du bâtiment est une bonne nouvelle, certes, mais ils ne s'appliquent qu'aux nouveaux immeubles. Où sont les programmes de rénovation axés sur l'amélioration du rendement énergétique des immeubles existants?
    Pour trouver une excellente source d'inspiration, il suffit d'examiner le bilan du gouvernement dirigé par le très honorable Paul Martin. Je pense notamment au programme écoÉNERGIE. De plus, le budget de 2005 et les mesures relatives aux changements climatiques présentées par le ministre des Finances de l'époque, qui est maintenant ministre de la Sécurité publique, s'attaquaient plus vigoureusement aux changements climatiques que le gouvernement actuel ne l'a fait depuis son arrivée au pouvoir. Celui-ci pourrait lui envoyer un message pour lui demander des détails. Il est illogique d'acheter un pipeline pour transporter du bitume, un carburant fossile polluant, au lieu de raffiner ce produit en Alberta de façon à pouvoir l'utiliser sur place. Cela va à l'encontre de la logique économique en plus de saboter complètement les objectifs du Canada concernant l'Accord de Paris.
    Monsieur le Président, comme je l'ai mentionné dans mes commentaires, selon l'Agence internationale de l'énergie, d'ici 2040, les besoins en énergie croîtront de 30 %. J'ai parlé de la transition et des efforts en cours. L'innovation dans le secteur pétrolier et gazier est vraiment profonde, et j'ai la chance d'en entendre plus souvent parler que les autres députés en général. J'invite la députée à aller en apprendre davantage sur ce qui se passe dans ce secteur.
    Le forum Génération Énergie, comme la députée le sait, a réuni 380 000 Canadiens dans une discussion sur le futur énergétique au Canada et les perspectives dans ce secteur. L'efficacité énergétique était l'un des éléments centraux des discussions. J'espère que la députée d'en face collaborera avec nous à la recherche de moyens d'accroître l'efficacité énergétique, tant dans le secteur résidentiel que dans les secteurs commercial et industriel, entre autres. Comme je l'ai dit, j'espère qu'elle collaborera avec nous.
    Monsieur le Président, je remercie la secrétaire parlementaire du plan équilibré et pragmatique dont elle parle et sur lequel travaille le gouvernement du Canada. Je pense à la vitesse de la transition hors des énergies fossiles. Je sais que le NPD et le Parti vert voudraient qu'on arrête immédiatement de se servir de ces énergies et que les conservateurs, eux, voudraient qu'on laisse le marché décider du moment où la transition se fera.
    Cependant, la réalité est que, pour pouvoir laisser de côté les énergies fossiles, il faut une chaîne d'approvisionnement pour les entreprises technologiques propres. Pensons par exemple au transfert de la production de verre pour les panneaux solaires de la Chine à l'Amérique du Nord. Guelph s'est donné comme objectif de se servir uniquement d'électricité produite à partir de ressources renouvelables d'ici 2050, mais pour que de tels objectifs soient atteignables, il faut des chaînes d'approvisionnement. La secrétaire parlementaire peut-elle parler des efforts pour favoriser l'établissement de chaînes d'approvisionnement au Canada en vue de soutenir les technologies propres?

  (1100)  

    Monsieur le Président, la chaîne d'approvisionnement et les perspectives de développement économique que représentent la transition et l'économie axée sur l'énergie propre dans le monde équivalent à environ 23 billions de dollars. Le Canada est bien placé pour saisir cette occasion.
    Au Canada, les chaînes d'approvisionnement de divers secteurs liés aux ressources naturelles, que ce soit le nucléaire, les hydrocarbures, la foresterie ou les mines, sont à l'avant-scène de l'innovation.
    Une occasion en or s'offre aux populations autochtones qui sont à proximité de certaines de ces ressources. Nous avons prévu, dans le cadre de la réconciliation, aider les populations autochtones à profiter de cette occasion et à participer à la croissance de l'économie verte. Nous voulons qu'elles jouissent de toutes les retombées possibles.
    Monsieur le Président, il est intéressant de se rappeler qu'en 2015, le premier ministre est venu en Colombie-Britannique dire aux Britanno-Colombiens qu'il n'autoriserait pas la réalisation de l'oléoduc de Kinder Morgan tant qu'une évaluation environnementale en bonne et due forme n'aurait pas été faite. Il a expressément précisé qu'il rejetait l'examen fait par l'Office national de l'énergie des conservateurs de Stephen Harper parce que, a-t-il admis, cet examen était grossièrement lacunaire. Après les élections, il a trahi sa promesse.
    Les libéraux ont plutôt eu recours à un groupe d'examen ministériel, qui a admis lui-même n'avoir ni le temps, ni l'expertise, ni les ressources pour combler les lacunes de l'examen effectué par l'Office national de l'énergie. En fin de compte, ce groupe a accouché de très peu de choses, à part des questions sans réponse. Il n'a conservé aucun compte rendu public de ses audiences et il a admis que celles-ci avaient été organisées à la hâte. Il a confirmé avoir pu constater une grande méfiance du public à l'égard de l'Office national de l'énergie et de ses recommandations. Pourtant, il s'agit bien du groupe d'examen que le gouvernement nous présente comme l'antidote au mécanisme inadéquat des conservateurs de Stephen Harper. Les Canadiens ne sont pas dupes. Les Premières Nations ont qualifié le travail du groupe d'examen de paternaliste, d'irréaliste et d'inadéquat.
    La députée voudrait-elle dire un mot aux Britanno-Colombiens, qui espéraient voir le projet d'oléoduc de Kinder Morgan soumis à une nouvelle évaluation environnementale, cette fois en bonne et due forme, au sujet du désir du gouvernement formé par son parti d'acheter l'oléoduc et de tripler les exportations de bitume via le port de Vancouver? Est-ce bien ce que les libéraux avaient selon elle promis aux Britanno-Colombiens lors des dernières élections?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit dans mon discours, dans l'histoire du pays, aucun gouvernement n'a tenu de consultations aussi complètes au sujet d'un projet.
    Il est intéressant de constater que le député ne choisit que certains commentaires d'intervenants. Si je me fie à mes conversations et aux consultations Génération Énergie, de nombreux Canadiens appuient ce projet d'oléoduc, qui, de toute évidence, est dans l'intérêt national. Le gouvernement ne peut pas faire abstraction du fait que le pétrole canadien est destiné à 99 % à un seul client — les États-Unis — et qu'il faut donc saisir l'occasion qui nous est offerte de l'acheminer jusqu'aux marchés internationaux à partir de la côte, ce qui permettra d'injecter 15 milliards de dollars dans l'économie canadienne. Les Canadiens s'attendent à ce que nous prenions les bonnes décisions, et c'est ce que nous faisons.
    Monsieur le Président, je suis content de pouvoir parler de la motion du NPD.
    Les conservateurs du Canada sont d'avis que, pour atténuer les changements climatiques, il faut favoriser les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies propres. Ils estiment que, pour devenir un chef de file mondial en technologies propres et attirer les emplois sur son territoire, le Canada doit faire les bons choix en matière d'investissements. Les conservateurs du Canada ne considèrent pas comme un bon choix de puiser des milliards de dollars dans les coffres de l'État pour acheter le pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan et d'expédier tout cet argent chez nos voisins du Sud, les États-Unis.
    Le régime réglementaire canadien est l'un des meilleurs du monde, et le Canada est reconnu mondialement pour la manière environnementalement et socialement responsable dont il exploite les hydrocarbures, et nous devrions en être fiers. Nous ne devrions pas renoncer au titre de superpuissance énergétique pour favoriser la croissance du secteur des technologies propres. Nous devrions au contraire nous servir de cette position dominante. Le défi, pour les technologies propres, consiste à assurer la transition en produisant davantage d'énergie et en réduisant les émissions de CO2. Cet enjeu touche la planète au grand complet, y compris les consommateurs d'énergie. S'il est vrai que le gouvernement a pour rôle de favoriser les investissements, il ne faut pas oublier que le secteur privé, et plus particulièrement le secteur énergétique, peuvent très bien contribuer eux aussi à stimuler l'innovation et à faire des percées technologiques.
     Le directeur des opérations en amont de Shell Global, Andy Brown, avait ceci à dire au sujet de la transition énergétique et de la manière dont son secteur peut contribuer à atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques:
    Pour être couronnée de succès, la transition énergétique devra allier vision, urgence et réalisme: la vision parce qu'il faudra une approche à long terme dans le domaine des politiques, de la planification opérationnelle et des investissements; et l'urgence et le réalisme en raison de l'envergure des transformations requises et de ce qu'il en coûtera pour qu'elles se fassent sans heurts, pour les fournisseurs énergétiques autant que pour les consommateurs. La société doit faire preuve d'audace si elle veut atteindre les objectifs de développement et de lutte contre les changements climatiques. Les décisions à venir devront tenir compte de l'étendue et de la complexité de la situation. À l'inverse, si on se contente de changements à courte vue mis en oeuvre de manière précipitée, les conséquences pourraient nous prendre par surprise et nous éloigner des résultats attendus.
    M. Brown conclut en disant que le secteur énergétique doit débloquer tout son potentiel technologique en misant sur la collaboration et l'innovation.
    La semaine dernière, les Ontariens de ma circonscription et de toute la province ont déclaré fermement au gouvernement libéral de Kathleen Wynne qu’ils en avaient assez des politiques environnementales peu réalistes et irréfléchies. Voilà bientôt 10 ans que les libéraux de l’Ontario ont adopté la Loi sur l’énergie verte. Un des principaux éléments de ce plan, le Programme de tarifs de rachat garantis et le Programme de tarifs de rachat garantis pour les micro-projets, a mené à l'attribution de plusieurs milliards de dollars de contrats à des entreprises du secteur de l’énergie solaire et éolienne. Les libéraux provinciaux n’ont jamais dit dans leurs promesses publiques combien ce plan coûterait aux Ontariens, tout comme leurs cousins fédéraux ne diront pas aux Canadiens combien leur taxe fédérale sur le carbone coûtera aux familles canadiennes.
    Les experts ont expliqué au gouvernement que des technologies comme celle de l’énergie solaire devaient être développées graduellement pour éviter que les contrats des énergies renouvelables engorgent le réseau électrique de la province et fassent flamber les tarifs. Faisant fi de l’avis des experts, la province s’est lancée dans des politiques peu réalistes et irréfléchies qui allaient se révéler coûteuses et inefficaces; au bout du compte, ces politiques ont coûté aux Ontariens des milliards de dollars et, ultimement, elles ont coûté aux libéraux provinciaux le statut de parti officiel.
    Voilà une leçon dont le gouvernement actuel devrait tenir compte. Tout comme le premier ministre a fermé pipeline après pipeline et fait pendant plus d’un an et demi la sourde oreille face à l’incertitude croissante entourant l'expansion de l’oléoduc Trans Mountain, les contribuables canadiens, acculés par le gouvernement, se retrouvent propriétaires d’un pipeline que Kinder Morgan n’avait pas besoin de vendre. Tout ce qu’il fallait, c’était une certitude réglementaire pour un projet de pipeline qui répondait déjà à tous les critères possibles pour être approuvé et la certitude que le gouvernement qui avait donné ces approbations les respecterait. Les conséquences de politiques irréfléchies, comme la nationalisation de Trans Mountain, l’interdiction des pétroliers, l’échec des projets Énergie Est et Northern Gateway, et la taxe sur le carbone qui tuera l’emploi, sont on ne peut plus claires, puisque les investissements partent aux États-Unis et ailleurs dans le monde.
    Le président et chef de la direction de la Banque Royale, Dave McKay, a déclaré à la Presse canadienne qu’un exode important de capitaux a déjà commencé vers les États-Unis, surtout dans les secteurs de l’énergie et des technologies propres.

  (1105)  

    C’est vrai, nous savons que le climat de l’investissement est mauvais au Canada quand même ceux qui investissent dans les énergies renouvelables, où les subventions abondent et où les concurrents, c’est-à-dire le pétrole et le gaz, font face à des taxes sur le carbone et à une réglementation excessive, partent parce qu’ils préfèrent l’impôt sur les bénéfices plus faible qui est en vigueur aux États-Unis.
    Au début d'avril, NextEra Energy a déclaré que la vente de ses actifs dans l’énergie éolienne et solaire en Ontario pour 582 millions de dollars était directement motivée par la réforme fiscale américaine. Jim Robo, président et chef de la direction, a expliqué que « l’entreprise s’attend à ce que la vente de son portefeuille canadien lui permette de recycler les capitaux dans des actifs aux États-Unis, où elle bénéficiera plus longtemps d’un bouclier fiscal et où le taux réel de l’impôt sur les sociétés est plus faible ».
    Les dernières données de Statistique Canada montrent que l’investissement direct étranger dans le pays a chuté à 31,4 milliards de dollars l’an dernier, alors qu’il était de 49,4 milliards l’année précédente. La détérioration rapide du climat de l’investissement est lourde de conséquences. Si nous voulons faire du Canada un chef de file mondial des technologies propres et si nous voulons garantir que les emplois futurs soient au Canada, l’investissement industriel est essentiel.
    En 2016, des 2 milliards de dollars que le secteur de l'énergie a investis dans la recherche-développement de technologies propres, les entreprises pétrolières et gazières ont dépensé près de 1,5 million de dollars en recherche et en conception. Près de 10 % de tout l'argent dépensé en recherche-développement au Canada l'a été dans le secteur de l'énergie. Enbridge et TransCanada, les plus importantes compagnies de pipeline du pays, ont toutes deux investi massivement dans les énergies renouvelables.
     L'Association canadienne du gaz, ATCO, Enbridge, Énergir, FortisBC, Pacific Northern Gas, SaskEnergy et Union Gas regroupent des investissements de capitaux dans le Fonds Gaz naturel financement innovation afin d'appuyer les jeunes entreprises de technologies propres, qui innovent dans la chaîne d'approvisionnement du gaz naturel.
    À mesure que le potentiel des énergies renouvelables augmente et que le coût des technologies diminue, les experts prévoient que de plus en plus d'entreprises pétrolières et gazières traditionnelles investiront dans le secteur des énergies renouvelables. En mai, Morgan Bazilian, ancien spécialiste en chef de l'énergie à la Banque mondiale, a déclaré à un auditoire de dirigeants du secteur pétrolier de Calgary que l'industrie a déjà vu certaines des plus importantes entreprises du secteur, comme Shell, Total, BP, et d'autres, faire des investissements de milliards de dollars dans les énergies renouvelables. Toutefois, pour que l'industrie investisse dans les technologies propres, il faut déjà qu'il y ait une industrie au Canada.
     Murphy Oil Corporation a affirmé qu'elle réinvestira les bénéfices canadiens non répartis aux États-Unis parce qu'elle estime que le taux d'imposition considérablement plus bas qu'ici représente un grand avantage pour les investissements de capitaux.
    Dans une entrevue accordée au Financial Post, Dan Tsubouchi, stratège en chef du marché chez Stream Asset Financial Management LP à Calgary, a dit que les entreprises du secteur pétrolier et gazier qui avaient des actifs au Canada avaient attendu de voir les mesures adoptées par le gouvernement canadien dans le budget fédéral en réponse aux réformes fiscales américaines, mais que lorsqu'elles avaient constaté que le budget « n'offrait rien du côté de la compétitivité fiscale », elles s'étaient tournées vers le réaménagement de leurs capitaux.
     Dans un rapport paru en 2018, intitulé « Pour une politique climatique concurrentielle: appuyer les investissements et l'innovation », l'Association canadienne des producteurs pétroliers résume la situation de façon concise:
     L'industrie canadienne du pétrole et du gaz naturel appuie les politiques climatiques qui sont efficaces et efficientes et qui tiennent compte des effets cumulatifs de divers éléments, dont le fardeau fiscal, l'accès aux marchés et les processus d'examen réglementaire. Avec les bonnes politiques, l'industrie canadienne peut être concurrentielle, attirer des investisseurs et réduire les émissions de gaz à effet de serre.
    Or, les politiques actuelles, climatiques et autres, sont inefficaces et font double emploi. De plus, ensemble, elles entraînent des conséquences imprévues, comme le déplacement des investissements du Canada vers des pays où les politiques de réduction des émissions sont moins strictes. Ces nouvelles politiques favorisent la fuite de carbone; elles ne contribuent donc en rien à la réduction des émissions mondiales.
    Encore une fois, les conséquences imprévues de politiques mal pensées, qui ont mené à l'effondrement du Parti libéral de l'Ontario, entraînent l'effondrement du secteur de l'énergie canadien et, du même coup, la conséquence imprévue de la fuite de carbone.
    Pour ceux qui ne le savent pas, la fuite de carbone est le phénomène par lequel les émissions de gaz à effet de serre sont déplacées d'une région du monde à une autre, habituellement parce que des gouvernements adoptent des politiques qui ne sont pas compétitives. On en voit un exemple à l'heure actuelle au Canada, alors que les politiques fiscales du gouvernement libéral font augmenter les coûts pour l'industrie, qui, par conséquent, déplace ses investissements ailleurs. La fuite de carbone a des répercussions et sur l'économie et sur les émissions.

  (1110)  

    Sur le plan économique, nous observons une diminution des investissements au Canada et la disparition d’emplois rémunérateurs pour les familles canadiennes. À l'échelle mondiale, alors que les investissements et les emplois vont se déplacer, nous allons enregistrer une augmentation des émissions, parce que la production va se délocaliser dans des pays qui sont loin d’avoir un régime réglementaire aussi rigoureux. Or, il est encore temps de redresser la courbe des investissements dans l’industrie canadienne, de mettre un terme à la fuite de carbone et d’aider l’industrie canadienne des technologies propres, qui est en pleine croissance, mais qui est fragile.
    L’industrie canadienne des énergies propres occupe aujourd’hui le quatrième rang mondial, et le premier parmi les pays du G20. Les entreprises canadiennes des technologies propres sont en plein essor, puisqu’elles représentent 3,1 % de notre PIB, soit 59,3 milliards de dollars. Selon le rapport de 2016 du Comité permanent des ressources naturelles, intitulé « L’atténuation des risques associés à l’adoption des technologies propres dans le secteur canadien des ressources naturelles », ce secteur comptait 800 entreprises qui employaient directement 55 300 personnes, pour un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars. Ces entreprises payaient des salaires supérieurs de 48 % au salaire canadien moyen.
    Onze des 100 plus grandes entreprises de technologies propres se trouvent au Canada. Le marché mondial des technologies propres représente 1 billion de dollars; avec 1,4 % de ce marché, la part canadienne est la 26e au monde.
    Le Canada a à son actif plusieurs grands succès dans ce domaine, comme l’entreprise GHGSat de Montréal, qui peut détecter des gaz à effet de serre dans n’importe quel site industriel au monde, au moyen d’un satellite à haute résolution. Cette technologie, qui est plus précise et moins coûteuse que les autres, permet aux entreprises pétrolières et gazières de mesurer, de contrôler et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
    Il y a aussi l’entreprise HD-Petroleum, du Manitoba, qui a créé des mini-raffineries pour transformer les huiles usées en carburant diésel. Le coût d'implantation de cette technologie est relativement bas, et le procédé de recyclage permet de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, surtout en comparaison avec les méthodes traditionnelles d’élimination des huiles usées.
    Il y a aussi lmaginea, qui utilise un écosystème d’hydrocarbures propre pour produire de l’énergie sans utiliser d’eau douce, sans émissions toxiques et sans pollution de l’air; DarkVision, qui a mis au point un nouveau type d’ultrasons qui permettent aux entreprises de créer des images en 3D des puits de pétrole et, ainsi, de prendre des décisions plus éclairées et plus rentables en matière de production; et Unsist, une entreprise qui utilise l’intelligence artificielle pour aider les sociétés pétrolières et gazières à améliorer leur production et leurs choix opérationnels.
    Ce ne sont là que quelques exemples d’entreprises qui ont réussi dans le secteur canadien des technologies propres. Toutefois, comme je l’ai dit, c’est un secteur qui est fragile et qui a besoin de plus que des subventions pour se développer.
    Si nous voulons vraiment atténuer les changements climatiques, si nous voulons vraiment devenir un chef de file mondial dans le domaine des technologies propres et nous assurer en même temps que les futurs emplois dans ce secteur seront créés au Canada, nous avons besoin d’une bonne politique budgétaire et d’un régime fiscal concurrentiel au Canada. Nous avons besoin d’aider l’industrie qui, à son tour, stimulera la croissance du secteur canadien des technologies propres. Les dirigeants de l’industrie nous ont dit que c’est ce qu’ils vont faire, parce que c’est ce qu’il faut faire, que c’est bon pour le commerce et bon pour l’environnement dans lequel leurs familles et les familles de leurs employés vivent, travaillent et se divertissent.
    Il est difficile de prendre des décisions politiques dans le secteur énergétique parce que nous devons prendre en compte, d’un côté, la protection de l’environnement et, de l’autre, la richesse de notre pays. Les technologies propres ne sont pas censées nous rendre cette tâche plus facile, elles sont censées éliminer la nécessité de prendre ces décisions au départ.

  (1115)  

    Monsieur le Président, j’ai écouté avec beaucoup d’attention l’intervention de mon collègue, surtout quand il a parlé des technologies propres. On a fait beaucoup d’efforts pour éliminer le charbon comme source d'énergie, et nous avons des usines de charbon qui sont parmi les plus propres au monde, sans parler de la technologie qui permet de réduire les gaz à effet de serre qui y sont associés. Toutefois, l’industrie est aujourd'hui sous pression, ceux qui ont innové pour réduire les émissions de gaz à effet de serre vont exporter cette technologie dans d’autres pays. J’aimerais savoir ce que le député en pense.
    Je voudrais également parler des éoliennes qui ont été installées à cinq ou six milles de chez moi. J’aimerais savoir combien de temps il faudra avant d'enregistrer des diminutions des gaz à effet de serre, en comparaison de ce qu’il en a coûté pour les construire.
    Monsieur le Président, c’est une question tout à fait pertinente. Le député a raison de dire que lorsque le gouvernement choisit les gagnants et les perdants, ça ne marche pas. Plus le gouvernement finance un secteur, moins il y a d’innovation dans ce secteur.
    Il y aura toujours de l’innovation. Il y aura toujours quelqu’un qui va inventer quelque chose. Mais il y a plus d’innovation et elle se fait plus rapidement lorsqu’il y a de la concurrence sur le marché. Nous l’avons déjà observé dans l’industrie. La technologie progresse rapidement. Les entreprises l’adoptent parce que c’est la chose à faire et que c'est sensé.
    Mon collègue a parlé de certaines entreprises du secteur des énergies renouvelables. Il y a aussi le revers de la médaille, comme les mines souterraines, où les gaz à effet de serre sont pires à long terme. C’est là que le gouvernement a la responsabilité de laisser le marché décider et de laisser les entreprises investir dans les technologies qui leur paraissent les plus prometteuses, ce qui stimule l'innovation sur le marché. Nous atteindrons nos cibles beaucoup plus vite si le gouvernement reste à l’écart.

  (1120)  

    Monsieur le Président, je sais que le débat ne fait que commencer, mais il est clair que les néo-démocrates ne comprennent rien à l’économie, et que mes collègues conservateurs ne veulent rien entendre quand il s’agit de protéger l’environnement.
    J’aimerais poser à mon collègue une question qui se décline en deux parties. Les gens veulent protéger l’environnement de façon efficace, et permettre aux entreprises de prendre leurs propres décisions en matière de réduction du carbone. Le député a parlé d'experts. Or, ces experts disent que la tarification du carbone permet de donner aux marchés suffisamment de flexibilité pour réduire les gaz à effet de serre. Pourquoi le député n’est-il pas favorable à une solution fondée sur le marché pour réduire le carbone, au lieu de s'entêter à proposer un dispositif réglementaire qui coûte de plus en plus cher et qui n’est pas aussi efficace que la tarification du carbone?
    Monsieur le Président, j’en ai parlé au cours de mon intervention. Partout au Canada, il y a des entreprises qui utilisent des innovations technologiques pour réduire leur empreinte carbone. La plupart des sociétés minières utilisent maintenant des véhicules électriques au lieu de véhicules à essence. Et je pourrais vous donner beaucoup d’autres exemples. Elles ont pris ces décisions parce que c’était la chose à faire. Elles ont décidé de s’adapter parce que c’est ce que le marché demande.
    Une tarification excessive a pour conséquence de délocaliser les emplois et les investissements. C’est ce que nous observons dans un grand nombre de secteurs, surtout dans le secteur pétrolier et gazier. De plus en plus d’entreprises font des investissements de plusieurs millions ou milliards de dollars dans d’autres pays, pas chez nous.
    Nous devrions être fiers de notre secteur énergétique. Nous avons certes les normes les plus rigoureuses au monde en matière d’environnement et de travail, mais nous devrions en être fiers et ne pas chercher à les fuir.
    Il ne faut absolument pas que le gouvernement impose une tarification tellement élevée que les entreprises seront obligées de quitter le marché et d’aller investir ailleurs, alors que les libéraux cherchent à attirer de nouveaux investissements, comme l’a dit mon collègue. C’est la carotte qu’il faut utiliser, et pas le bâton, pour encourager les entreprises à continuer de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et leur empreinte carbone.
    Comme je l’ai dit, c’est ce qui se passe déjà. Les entreprises n’attendent pas d’avoir des impôts plus élevés, des règlements plus nombreux, et des tracasseries bureaucratiques supplémentaires pour aller voir ailleurs. C’est un phénomène qu’on observe déjà. Et pendant que les investissements se délocalisent, les libéraux continuent d’augmenter les impôts et de multiplier les règlements.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue du comité des ressources naturelles pour son intervention. C’était très intéressant de l’entendre parler avec autant d’enthousiasme de l’industrie canadienne des technologies propres, et de la nécessité de la soutenir et de la stimuler.
    J’aimerais remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne la position du NPD sur l’industrie pétrolière et gazière. Nous n’avons jamais dit que nous voulions la fermer. Nous n’avons jamais dit que nous voulions la fermer immédiatement. Nous sommes conscients que nous allons avoir besoin de pétrole et de gaz naturel pendant encore plusieurs années. Toutefois, nous pensons que le gouvernement devrait accorder des incitatifs et des subventions aux industries porteuses d’avenir, à savoir les entreprises de technologies propres dont a parlé le député, ainsi que le secteur de l’efficacité énergétique.
    Au risque de vous imposer toujours la même rengaine, j’aimerais parler du programme écoÉnergie Rénovation, que le gouvernement conservateur avait mis en place en 2007. C’est l’un des programmes les plus efficaces que le Canada ait jamais eu en matière d’efficacité énergétique. En quelques années, il a permis d’investir près de 1 milliard de dollars, et a incité les Canadiens à dépenser 5 milliards de dollars. Il a eu un effet considérable sur notre empreinte carbone et sur le portefeuille des Canadiens.
    Le député pourrait-il me dire pourquoi, à son avis, les conservateurs ont supprimé ce programme, et pourquoi les libéraux ne l’ont pas rétabli et en ont rejeté la responsabilité sur les provinces, qu’aucune ne semble d’ailleurs intéressée à assumer?

  (1125)  

    Monsieur le Président, mon collègue siège au comité des ressources naturelles et participe activement à ses travaux. Dans le temps qui m’est imparti pour répondre à sa question, j’aimerais parler essentiellement de subventions.
    J’ai quelques réserves à l’égard des subventions, surtout quand il n’y a plus d’argent. Prenons l’exemple de la ville du sud-ouest de l’Ontario, Tillsonburg, où Siemens vient de fermer son usine de pales d’éoliennes. Environ 340 employés ont été mis à pied, lorsque le gouvernement libéral provincial de l’Ontario a décidé de supprimer les subventions pour les éoliennes et les équipements d’énergies renouvelables comme les panneaux solaires, ce genre de choses. Quand l’argent a été épuisé, les emplois ont disparu. C’est la raison pour laquelle je me méfie des subventions. Je préfère qu’on verse des crédits d’impôt aux gens qui installent des panneaux solaires sur le toit de leur maison pour ne plus dépendre du réseau électrique, car c’est important qu’ils puissent prendre la décision qui leur convient.
    Comme nous le savons, la majorité des composantes des panneaux solaires utilisés en Ontario ne peuvent pas être recyclées. C’est de la technologie ancienne, et les gens ne sont pas encouragés à utiliser de meilleures technologies, car de toute façon le gouvernement leur donne le taux de base, peu importe le produit, que ce soit le plus performant ou non. Quand le gouvernement choisit les gagnants et les perdants sur le marché, cela anéantit la concurrence, alors que c’est toujours grâce à la concurrence qu’on obtient ce qu’il y a de mieux.
    Monsieur le Président, j’aimerais remercier le député d’avoir parlé du rôle du gouvernement au cours de son intervention. Si l’on prend l’exemple de l’Ontario, il était important que nous fermions l’usine de charbon de Nanticoke. En 2005, on a enregistré 53 jours de smog et, depuis 2014, il n’y a eu pratiquement aucun jour de smog. C’est attribuable à une décision du gouvernement en matière d’approvisionnement énergétique en Ontario.
    Le député reconnaît-il que le débat que nous avons au sujet du pipeline, et au sujet des subventions qui disparaîtront en 2025, se traduira par un sursaut d’innovation au Canada, au fur et à mesure que nous poursuivons notre quête de nouvelles sources d’approvisionnement énergétique et de nouvelles façons de livrer cette énergie aux Canadiens?
    Monsieur le Président, en effet, je souhaite rendre hommage à l'ancien Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, qui a mis en branle l'élimination des centrales au charbon de la province. C'est un changement positif. Cela dit, nous savons tous ce qui est arrivé par la suite, quand la Loi sur l'énergie verte a été adoptée en Ontario. Les tarifs d'électricité de la province figurent parmi les plus élevés en Amérique du Nord, et ils rendent l'Ontario moins concurrentiel. L'Ontario était, à une certaine époque, une province fantastique et le centre manufacturier du Canada, mais ce n'est malheureusement plus le cas. À l'heure actuelle, l'Ontario produit une électricité dont nous n'avons pas besoin, sans oublier tous les contrats excédentaires accordés dans le cadre de la Loi sur l'énergie verte.
    Nous ne devrions pas choisir qui seront les gagnants et les perdants du marché; c'est ce que je tenais à dire. Nous devrions laisser le marché décider par lui-même, car la concurrence a un effet positif. Si nous la laissons agir, nous arriverons à bon port.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec mon collègue le député d’Okanagan-Sud-Kootenay-Ouest.
    J’ai terminé mes études à l’Université Trent en 1989. J’y ai étudié l’enquête sur le pipeline de la vallée du Mackenzie, ainsi que les énergies renouvelables. J’ai étudié pendant des années les politiques en matière de pipeline dans le cadre d’études de l'environnement et des ressources. Je pensais vraiment que nous avions tourné la page et que nous comprenions qu’il n’est pas bon d’imposer à des collectivités des projets dont elles ne veulent pas et de ne pas reconnaître les droits et les titres fonciers des peuples autochtones. Je croyais ce temps révolu.
    L’année 1989 a aussi été marquante sur le plan politique. Il y a eu la chute du mur de Berlin, la révolution de velours et la place Tiananmen, soulèvement démocratique brutalement réprimé par la police. C’est aussi l’année de la marée noire provoquée par l’Exxon Valdez en Alaska qui a eu un retentissement médiatique extraordinaire. C’est une époque où on sentait un grand impératif politique de changement et de militantisme, et une période de réel espoir.
    Cependant, j’ai consacré toute ma vie professionnelle depuis à combattre les mauvais mégaprojets énergétiques: les centrales nucléaires en Ontario, le gazoduc GSX qui devait traverser la partie sud de la mer des Salish, et la centrale électrique de Duke Point, au large de l’île Mudge. Il a fallu quatre ans et demi à notre communauté pour venir à bout de ces projets de gazoduc et de centrale électrique.
    On ne cesse de me répéter chez moi, sur l’île Gabriola, et dans la circonscription de Nanaimo-Ladysmith que je suis fière de représenter, que les gens ont hâte de mettre en place une économie durable, renouvelable, locale et axée sur les travailleurs. Ils en ont assez de combattre des projets dont ils ne veulent pas.
    Je pensais sincèrement qu’être élus au Parlement et battre Stephen Harper et les conservateurs nous suffirait pour arrêter le pipeline de Kinder Morgan. Je suis franchement étonnée que nous en soyons encore, deux ans et demi plus tard, à débattre d’un projet énergétique du siècle dernier qui a été approuvé pour toutes les mauvaises raisons.
    Il est très décevant pour les habitants des côtes de la Colombie-Britannique de voir le gouvernement libéral, avec toute sa bonne volonté, ses bonnes idées et ses promesses d’innovation, investir 4,5 milliards de dollars de fonds publics dans un pipeline vétuste de plus de 60 ans qui fuit, et en plus, d’engager les contribuables et peut-être même des fonds du Régime de pensions du Canada dans son expansion. On multipliera par sept le nombre de pétroliers transportant du bitume qui traverseront les eaux des circonscriptions que nous représentons.
    Je suis surprise que nous en débattions encore, mais je suis ravie que notre chef, Jagmeet Singh, et notre parti aient présenté cette motion et l’aient inscrite à l’ordre du jour pour parler de notre espoir d’une économie renouvelable, durable et axée sur les travailleurs, et de toutes les retombées qu’elle aurait.
    Nous avons dans ma circonscription de merveilleuses histoires de réussite, malgré tous les obstacles créés par le Parti libéral de la Colombie-Britannique les 16 dernières années et le gouvernement conservateur fédéral les 10 dernières années. Malgré ces obstacles, je suis fière de l’innovation locale.
    L’installation de Harmac Pacific à Nanaimo peut produire 55 mégawatts d’électricité à partir de biocarburants et de déchets de bois dans l’installation même. Le centre de lutte contre la pollution du Grand Nanaimo capture du méthane, qui serait une calamité par son exagération des gaz à effet de serre, et le convertit en une électricité qui alimente 300 maisons.
    Nanaimo est le siège de la Canadian Electric Vehicles Ltd. qui, depuis 25 ans, construit des véhicules industriels, y compris les zambonis et les BobCat électriques. C’est ce qui se produit depuis un certain temps déjà dans ma circonscription.
    Des personnes emménagent maintenant dans un immeuble de logements abordables fantastique qui vient tout juste d’être construit. C’est une très belle installation. Elle a été construite par le Nanaimo Aboriginal Centre sur le chemin Bowen. C’est une conception qui repose sur l’énergie passive qui a vu le jour en Saskatchewan. Le gouvernement fédéral n’a pas réussi à conserver le programme axé sur l’énergie passive, et il est passé en Europe où il s’est développé pour devenir encore plus novateur. Le projet de logement abordable du Nanaimo Aboriginal Centre utilise 80 % moins d’énergie qu’un immeuble à logements traditionnel et les habitants ont donc moins de dépenses. Leurs coûts sont plus abordables, mais les maisons sont également propres et bénéficient d’une merveilleuse qualité de l’air. Nous sommes très fiers de ce centre.

  (1130)  

    Ce phénomène s’étend à l’échelle du Canada. Le secteur canadien du bâtiment écologique a 128 milliards de dollars de revenus annuels bruts et il emploie un nombre plus élevé de travailleurs à plein temps que les secteurs des forêts, des mines, du gaz et du pétrole combinés. Ce n’est pas une histoire que nous pouvons conter tous les jours et nous devons la conter de façon répétée. C’est là où se trouvent les emplois de nos jours, et si nous avions les bonnes priorités, le bon soutien et les bonnes tendances et orientations, nous pourrions faire encore mieux que cela.
    La Vancouver Island Economic Alliance a un sommet annuel. Il y a quelques années, j’ai parlé avec des entrepreneurs du secteur énergétique à cette conférence à Nanaimo. Ils ont déclaré que, d’après ce qu’ils ont vu ou vécu, le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial jettent plus d’obstacles devant eux que n’importe où ailleurs dans le monde. Nous avons des entrepreneurs locaux qui tentent de fabriquer et de vendre leurs produits sur l’île de Vancouver et dans tout le Canada, mais ils doivent rediriger à l’échelle internationale leurs activités de fabrication ainsi que leur stratégie de vente parce qu’ils ne peuvent mener leurs affaires chez eux. C’est tellement décourageant. C’est une des nombreuses choses que le Canada devrait pouvoir faire, mais il ne le fait pas.
    Par ailleurs, l’Université de l'île de Vancouver est autre merveilleux exemple dont nous sommes fiers à Nanaimo. Elle construit actuellement un projet géothermique. Elle fait une insertion dans les anciens puits miniers de charbon dans notre circonscription. Nanaimo a été initialement construite sur le charbon, et donc l’histoire du charbon passera maintenant aux procédés géothermiques par lesquels l’Université pourra capter la chaleur naturelle du sol pour chauffer le complexe universitaire entier ainsi que les nouvelles résidences. Ce sera une véritable vitrine et un moyen de démontrer aux jeunes les possibilités qu’ils peuvent créer sur le plan de l’innovation et celui de l’emploi.
    J’ai aussi rencontré des gens un peu partout, mais surtout à Ladysmith, où il y a beaucoup de travailleurs migrants infranationaux: ils vivent sur l’île de Vancouver, mais ils vont travailler en Alberta en avion. C’est un travail très dur et dangereux. C’est éprouvant pour eux d’être loin de leur famille. Bien souvent, ils reviennent chez eux avec des blessures ou des accoutumances.
    Je rencontre maintenant des personnes qui sont revenues, par exemple après avoir appris le forage vertical dans le secteur des hydrocarbures, et qui ont ramené un savoir technologique dans notre région pour l'appliquer au domaine de l’électricité géothermique ou, simplement, à l’installation de dispositifs solaires à domicile. J’entends ces jeunes hommes en particulier conseiller à leurs amis de rentrer chez eux, que c’est plus sûr, que le travail est plus régulier et qu’ils pourront dormir chez eux et garder leur famille unie. C’est là le travail que le gouvernement devrait faire pour encourager une telle transition.
    Tandis que j’ai la parole, j’aimerais dissiper un peu le mythe entourant l’investissement de Kinder Morgan. Je n’arrête pas d’entendre, y compris il y a quelques instants de la part de la secrétaire parlementaire, que nous devons accéder aux marchés asiatiques. Les exportations de brut en Chine via Vancouver ont atteint leur crête en 2011. À cette époque, elles ne représentaient que 28 % des exportations. En 2014, elles étaient descendues à 6 %, et, en 2016, elles ont été presque nulles. À l’heure actuelle, le bitume brut canadien ne tente aucun marché asiatique. Ce n’est simplement pas conforme à la réalité.
    Nous entendons aussi parler de l’impératif des emplois. Or, les experts s’entendent pour dire que chaque fois que le Canada exporte 400 000 barils de bitume brut, il exporte tous les ans quelque 19 000 emplois liés au raffinage et à la valorisation dans d’autres pays.
    La question des 15 milliards de dollars que nous perdons apparemment en n’accédant pas aux marchés étrangers a été réfutée maintes et maintes fois. Robyn Allan l'a fait avec brio. Le ministre des Ressources naturelles répète sans cesse que c’est un écart de 15 milliards de dollars. Or, la source initiale, c'était la Banque Scotia. Elle dit qu’il s’agit de 7 milliards de dollars, et elle est un grand investisseur dans le projet de Kinder Morgan. Par conséquent, nous devons faire preuve d’une extrême circonspection avant de croire n’importe quelle des promesses du premier ministre sur le plan du rendement économique.
    Au grand désarroi des Britanno-Colombiens, cet investissement menacerait les 2,2 milliards de dollars du secteur des pêches et de l’aquaculture. Il menace des dizaines de milliers d’emplois qui existent à l’heure actuelle en Colombie-Britannique, que ce soit dans le domaine du cinéma, du tourisme ou de la pêche, et des milliards de dollars d’activités économiques associées à un littoral propre.
    Je supplie le gouvernement de nous permettre d’innover réellement en misant sur les emplois écologiques en ce nouveau siècle et non pas sur le pipeline de Kinder Morgan.

  (1135)  

    
    Monsieur le Président, la députée a très bien expliqué la situation actuelle, ainsi que la transition qui s'effectue, pas seulement dans notre pays, mais dans le monde entier, vers des sources d'énergie renouvelables et propres ainsi que de nouvelles façons de faire des affaires.
    La députée a soulevé des points intéressants et très sensés au sujet de la Chine. À bien y regarder, la Chine est le chef de file actuel en matière d'énergies renouvelables. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que la Chine investit plus dans l'adoption des énergies renouvelables que les États-Unis. La députée a souligné de nombreuses initiatives qui ont été lancées au Canada au chapitre des énergies renouvelables. Elle a également parlé des mesures qui doivent être prises pour favoriser cette transition. Je pense qu'elle a parlé d'un article du Globe and Mail, que j'ai lu récemment, où l'on affirme que, pour la première fois, le secteur des énergies renouvelables emploie maintenant plus de gens que celui des combustibles fossiles traditionnels.
    Je suis d'accord avec une grande partie de ce qu'a dit la députée, mais je me demande pourquoi la motion est nécessaire. S'il y a déjà toutes ces initiatives en cours et que la transition s'opère non seulement au Canada, mais dans le monde entier, pourquoi le NPD juge-t-il cette motion nécessaire?

  (1140)  

    Monsieur le Président, cette motion est nécessaire parce que les néo-démocrates sont sidérés de voir le gouvernement mettre de l’argent dans un vieux pipeline désuet au lieu de supprimer les obstacles à la réussite des travailleurs et de faire croître le secteur des énergies renouvelables.
    À titre d’exemple, avec le sommet qui vient de se tenir tout juste en fin de semaine, le Canada s’est engagé avec ses partenaires du G7 à éliminer les subventions aux combustibles fossiles. Un rapport paru la semaine dernière dit que le Canada a brisé cette promesse. Il est en queue de peloton, il finance l’industrie des carburants fossiles plus que tout autre pays du G7, et le vérificateur général concluait dans son rapport de l’an dernier que le gouvernement n’avait pas de plans pour éliminer graduellement ces subventions. Tout cela après deux ans et demi de chamaillage pour essayer de forcer le gouvernement à révéler quoi que ce soit à propos de sa promesse électorale et de sa promesse faite au G7 d’éliminer les subventions aux combustibles fossiles.
    Le gouvernement tient un double discours. Il se prétend un leader en matière climatique et, pourtant, il investit 4,5 milliards de dollars dans un vieux pipeline de bitume. Il dit aussi appuyer les travailleurs et l’énergie renouvelable et, pourtant, il finance plus que tout autre le secteur désuet des combustibles fossiles. Il va à contresens des besoins de l’environnement et de l’économie.
    Monsieur le Président, puisque ma collègue a mentionné Kinder Morgan, je me demande ce qu’elle pense de l’idée de puiser dans le Régime de pensions du Canada pour payer les investisseurs de Kinder Morgan, surtout en sachant qu’un des principaux actionnaires, BlackRock, joue un rôle majeur dans le financement de la Banque de l’infrastructure du Canada.
    Monsieur le Président, il y a très longtemps que le pipeline de Kinder Morgan inquiète beaucoup de mes électeurs. Ils ont appuyé les gens du Nord de la Colombie-Britannique pour défaire le projet Northern Gateway, mais Kinder Morgan les touche de très près. Nous sommes en plein dans la trajectoire des pétroliers, alors nous voyons très bien les conséquences du projet.
    Ces dernières semaines dans ma circonscription, des gens m’ont dit que c’était encore pire s’il fallait puiser dans le Régime de pensions du Canada. Il est déplorable que le Parti libéral ait toujours été à l’écoute des grandes sociétés, dont celles des États-Unis, qui font la queue devant le premier ministre et qui ont son attention davantage que les gens de chez nous qui travaillent en ce moment même et qui stimulent notre économie côtière.
    Que le premier ministre envisage seulement de puiser dans le Régime de pensions du Canada pour investir dans son vieux pipeline, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Les gens de ma circonscription sont furieux.
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole sur cette motion du NPD pour dire ce que cela signifie d’être un leader mondial de la lutte aux changements climatiques et de bâtir une économie axée sur l'énergie propre. Les trois points que la motion fait valoir pour répondre à cette question sont: investir dans des sources d’énergie propres et renouvelables; placer les travailleurs au coeur de la transition; et mettre fin aux importantes subventions au secteur des combustibles fossiles.
    Je ne voudrais pas m’attarder trop longtemps au contexte de cette motion; qu’il suffise de dire qu’elle concerne notre réponse à la menace des changements climatiques. Des preuves scientifiques écrasantes montrent que des changements climatiques sont en cours et qu’ils sont imputables à l’activité humaine. Nous devons agir sans tarder et de façon décisive partout dans le monde pour en limiter les conséquences.
    Nous avons des débats semblables à la Chambre chaque fois que les conservateurs utilisent leur journée de l’opposition pour dénoncer la tarification du carbone. Quand j’interviens dans ces débats, les conservateurs me demandent souvent pourquoi il y a encore des feux de forêt et des inondations en Colombie-Britannique, après une décennie de tarification du carbone. Il est évident que cela ne fonctionne pas aussi directement. Nous devons agir à l’échelle mondiale, avec audace. Ici, au Canada, nous devons faire notre part pour continuer d’inciter les pays du monde entier à faire de même.
    Le Canada est le pays qui gaspille le plus par habitant pour ce qui est de l’énergie, de l’eau et d’autres indicateurs environnementaux. Nous pouvons et nous devons faire mieux. Si nous n’agissons pas tout de suite de façon décisive, nous léguerons à nos enfants une civilisation souffrant de l’élévation du niveau des mers, de sécheresses, de tempêtes, de feux de forêt et d’autres pressions très perturbatrices. Ces phénomènes provoquent déjà des migrations de masse et des troubles civils, qui ne feront que s’amplifier dans les décennies à venir.
    Heureusement, tout n’est pas noir. Il y a du positif dans ce défi: une occasion claire que le Canada doit saisir aujourd’hui si nous ne voulons pas être laissés pour compte. Le secteur des technologies propres présente une occasion de plusieurs milliards de dollars pour le Canada. Nous avons certaines des entreprises des plus innovatrices au monde, et nous devons les aider par nos marchés publics, nos programmes de mentorat et des investissements directs. C’est là que nous devrions cibler nos programmes de subventions. Nous pouvons penser à ce qu’un investissement de 4,5 milliards de dollars en panneaux solaires installés sur les toits partout au Canada pourrait accomplir au niveau de notre empreinte carbone, et c’est un investissement qui créerait de bons emplois bien rémunérés.
    Récemment, j’ai rencontré un électricien de ma circonscription qui avait décidé de quitter les champs de pétrole de l’Alberta pour revenir travailler dans sa ville natale. Ayant décidé que l’avenir était dans l’énergie propre, et pas dans le pétrole, il a lancé une entreprise d’installation de panneaux solaires. Il se tirait très bien d’affaire grâce à la popularité croissante des installations solaires domestiques. Cependant, m’a-t-il fait remarquer, le Canada est loin derrière les États-Unis dans ce domaine parce qu’il y a peu, voire pas du tout, de programmes pour inciter les propriétaires de maisons et d’entreprises de tout le pays à faire le changement. L’installation de 20 panneaux solaires sur un toit coûte cher. Il m’a prié instamment de plaider à Ottawa la cause de mesures incitatives importantes pour que l’industrie prenne toute sa place dans tout le pays. Il m’a fait valoir que le secteur pétrolier compte des centaines d’électriciens et d’autres gens de métier comme lui qui ne demanderaient pas mieux que de revenir travailler chez eux, pour peu qu’ils y trouvent de l’emploi, et qu’ils ne tarderaient pas à le faire si nous nous investissions à fond dans ces technologies renouvelables.
    Bien des gens ne voient pas à quel point les technologies renouvelables sont aujourd’hui peu coûteuses. L’énergie solaire et l’énergie éolienne sont aujourd’hui en concurrence directe avec les autres sources d’énergie, et sont, bien souvent, les sources d’énergie les moins chères. L’Arabie saoudite, le pays où le pétrole est le moins cher au monde, a déplacé toute sa nouvelle production d’énergie vers le solaire. Les pays qui adopteront ces technologies tôt seront les grands gagnants économiques dans le futur monde de l’énergie.
    Il y a quelques années, j'ai assisté à des réunions ministérielles sur l'énergie propre à San Francisco, et le ministre allemand y a prononcé un discours enflammé sur l’adoption des énergies propres. Il a précisé que cette transition coûtait cher à l'Allemagne, puisque les Allemands avaient adopté ces nouvelles technologies au moment où elles coûtaient cher, mais grâce à leurs investissements dans des sociétés d'énergie renouvelable, ils occupent maintenant une place de choix sur l’échiquier mondial à cet égard, et ils en récoltent maintenant des bénéfices économiques bien supérieurs à leurs investissements, puisqu'ils vendent leurs produits et leur expertise partout dans le monde.
    La Chine fait la même chose. Les conservateurs poussent souvent les hauts cris et disent que le Canada devrait abandonner les mesures de lutte contre les changements climatiques puisque la Chine produit plus de pollution que nous. Pendant ce temps, la Chine se tourne résolument vers les énergies renouvelables, et tourne le dos au charbon. C'est clairement l'un des leaders mondiaux dans le domaine des technologies solaires, et les Chinois ont ouvertement annoncé qu’ils mèneront le secteur des véhicules électriques avant longtemps. Le Canada pourrait et devrait faire tout ce qu'il peut pour se tailler une place sur le marché mondial des technologies propres et de l'énergie renouvelable. Je sais que le gouvernement a pris des mesures provisoires à cet égard, mais nous avons besoin d'investissements importants. Encore une fois, on ne peut qu’imaginer les bienfaits qu’aurait un investissement de 4,5 milliards de dollars dans l'infrastructure des véhicules électriques partout au Canada.

  (1145)  

    J'ai déjà entendu un expert en énergie dire que c'est l'efficacité énergétique qui constitue le meilleur nouveau combustible, et qui permettrait de sauver la planète. L'efficacité est le meilleur nouveau combustible. Comme je l'ai dit plus tôt, le Canada est l'un des pays qui gaspille le plus au monde par habitant. Nous pourrions réaliser la plupart de nos objectifs climatiques et créer des milliers d'emplois grâce à l'efficacité énergétique.
    Je vais parler encore une fois du programme écoÉNERGIE Rénovation. Ce programme a été offert entre 2007 et 2012. Comme il a d’abord été imaginé par un gouvernement libéral antérieur, mais qu’il a ensuite été offert par le gouvernement conservateur tout au long de cette période, je reconnais aux deux partis le mérite d’une si bonne idée. Ce programme a permis d’offrir des incitatifs importants aux propriétaires de partout au pays pour qu'ils rénovent et améliorent leur maison de manière à la rendre plus éconergétique. Ce fut un succès retentissant.
    Pendant la durée du programme, le gouvernement fédéral a octroyé des subventions de 934 millions de dollars à 640 000 ménages. C'est presque un milliard de dollars, un véritable investissement. Qu'a obtenu le Canada en retour? Les participants au programme ont dépensé quatre milliards de dollars en plus de la remise, de sorte que l'investissement a presque permis de quintupler ce montant. Les participants ont économisé en moyenne 20 % sur leurs factures de services publics après leurs rénovations, ce qui représente une réduction de trois tonnes d'émissions de carbone par ménage par année. Il s'agit d'une réduction de 340 millions de dollars en factures de services publics pour ceux qui y ont participé, et le programme a aussi permis de créer des milliers de bons emplois.
    Quand je demande aux gens de l’Association canadienne des constructeurs d'habitations de ma circonscription ou ici à Ottawa ce que nous pouvons faire pour aider leur secteur, ils me disent qu’il faut rétablir le programme écoÉNERGIE Rénovation. J’ai déposé un projet de loi d’initiative parlementaire dans ce but, dans l’espoir que le gouvernement libéral allait remettre le programme sur pied, mais il a refilé cette responsabilité aux provinces dans le cadre pancanadien, et rares sont celles qui l’ont rétabli. Nous avons laissé une occasion extraordinaire nous échapper. Nous devons remettre ce programme sur les rails dans le cadre d’une toute nouvelle vision en matière d’énergie propre pour notre pays.
    Nous sommes à un moment charnière en ce qui concerne la production d’énergie propre. Selon les organisations Ceres et Bloomberg New Energy Finance, les États-Unis dépenseront 12 milliards de milliards de dollars en énergie renouvelable au cours des 25 prochaines années, une occasion à saisir. Les pays qui prendront la tête seront ceux qui auront été les premiers à développer les technologies, à réfléchir et à acquérir l’expérience et qui utiliseront leurs connaissances pour se tailler une place sur le marché mondial des solutions énergétiques propres.
    Je pars pour l’Argentine cet après midi en compagnie du ministre des Ressources naturelles pour la réunion du G20 sur l’énergie. Cette année, les transitions énergétiques seront au coeur des discussions. J’ai très hâte d’entendre ce que les experts et les dirigeants de partout dans le monde ont à dire sur la transition vers l’énergie propre et je suis impatient de savoir ce qu’ils pensent de la direction que suit actuellement le Canada à cet égard et comment ils voient l’avenir.
    La transition est à nos portes, que nous le voulions ou pas. Elle arrive à la vitesse d’un train de marchandises. Saisissons l’occasion et emboîtons le pas. Assurons-nous que nos travailleurs ont de bons emplois spécialisés partout au pays. Les emplois dans l’infrastructure d’énergie renouvelable dans les domaines de la soudure, de l’électricité, de la menuiserie et de la métallurgie sont les mêmes que ceux qui existent déjà dans le secteur pétrolier. Ce sont de bons emplois qui permettent de subvenir aux besoins d’une famille. Nous devons nous assurer que ces emplois seront créés afin que notre économie continue de prospérer durant cette transition.
    L’avenir du secteur énergétique du Canada pourrait être radieux, mais nous devons agir maintenant si nous ne voulons pas rester sur les lignes de côté.

  (1150)  

    Monsieur le Président, c’est toujours agréable d’écouter le député, un cycliste passionné comme moi, parler à la Chambre de durabilité et d’énergie. J’ai toutefois été étonné de l’entendre dire que la transition arrivait à la vitesse d’un train de marchandises, qui est justement le moyen de transport que nous utilisons pour acheminer le pétrole actuellement. Nous souhaiterions toutefois acheminer le pétrole d’un bout à l’autre du pays par pipeline, un moyen plus écologique, tout en respectant les plafonds établis par le gouvernement albertain.
    J’aimerais que le député nous parle du pipeline au regard de la motion. Nous pensons que le pipeline sera un élément important de la transition, puisque le tiers des réserves pétrolières mondiales se trouvent au Canada, et qu’il nous procurera des retombées économiques qui nous permettront d’exploiter des sources énergétiques de remplacement grâce aux recettes générées par le pipeline provenant de l’Alberta.
    Monsieur le Président, il faut bien comprendre avant tout que ce pipeline est un projet d’expansion. Il vise à accroître la production de pétrole de l’Alberta. Cette production pourrait plus ou moins se poursuivre avec les infrastructures actuelles. Ce projet vise à étendre ces infrastructures. Oui, l’Alberta a une limite de 100 mégatonnes. Elle a maintenant atteint 70 mégatonnes. Nous nous attendons par conséquent à ce que les émissions de carbone en Alberta augmentent de 30 mégatonnes. Ce projet va dans la mauvaise direction, puisque nous nous efforçons désespérément de baisser les émissions à 100 mégatonnes.
    Si nous pouvons dépenser 4,5 milliards de dollars pour acheter un vieux pipeline, puis entre 10 et 15 milliards de dollars pour en construire un nouveau, pourquoi ne pas utiliser cet argent pour préparer le Canada à traverser plus rapidement cette transition énergétique? La revue scientifique Nature, l’une des plus prestigieuses et respectées dans le monde entier, a publié une étude il y a quelques jours. Nous ne parlons pas ici de l’Institut Fraser. Dans cette étude, un groupe de scientifiques parmi les plus éminents au monde affirment que le Canada est le pays qui risque le plus de se retrouver avec des actifs délaissés dans le secteur des combustibles fossiles.
    Il est urgent que nous nous écartions des carburants fossiles et que nous les remplacions par des énergies renouvelables.

  (1155)  

    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue pour cette superbe allocution riche en faits, en logique et en économie intelligente.
    Jour après jour, la ministre de l’Environnement se lève à la Chambre pour nous dire que le secteur des énergies renouvelables constitue une industrie de 23 trillions de dollars. Je parle ici du marché des énergies renouvelables éolienne, solaire, géothermique, marémotrice et de toutes les autres formes d’énergie durable écologiques. Pourtant, le gouvernement libéral vient d’annoncer un investissement qui s’élèvera à environ 15 milliards de dollars une fois ce projet terminé, pour étendre cette technologie du XXe siècle qu'est l'infrastructure d'exploitation des combustibles fossiles.
    Le Canada a signé l’Accord de Paris, qui nous engage à réduire les émissions de carbone et de gaz à effets de serre au-dessous de certains niveaux. Pourtant, je n’ai jamais entendu le gouvernement nous expliquer ses calculs. En triplant les exportations de bitume et en étendant les infrastructures pour les combustibles fossiles, ce qui accroîtra sans aucun doute nos émissions de carbone, comment effectuerons-nous les réductions concomitantes dans d’autres secteurs de l’économie canadienne pour non seulement équilibrer le taux d’émissions, mais le réduire? Mon collègue pourrait-il nous dire si le Canada sera en mesure de remplir son obligation envers la planète de réduire ses émissions de carbone, tout en étendant ses infrastructures de combustibles fossiles?
    Monsieur le Président, il y a toujours un ministre pour dire à la Chambre que l'oléoduc sera construit, puis un autre ministre pour affirmer que l'économie et l'environnement vont de pair. Si c'est le cas, j'aimerais bien qu'un ministre confirme à la Chambre que nous allons atteindre les cibles de l'Accord de Paris d'ici 2030. Aucun ministre ne l'a fait jusqu'ici. Je n'ai rien entendu en ce sens. Je n'ai pas vu de plan vers la réalisation de cet objectif.
    Le gouvernement parle de mesures qu'il prend pour réduire notre empreinte carbone, mais il investit 4,5 milliards dans un oléoduc. C'est illogique. Il s'engage dans la mauvaise direction. Ce sera un projet énorme, une tâche colossale. Nous devons donc investir ailleurs ces montants importants que nous sommes apparemment prêts à utiliser pour acheter et construire des pipelines. Il faut plutôt appuyer des mesures nécessaires pour développer un secteur des énergies renouvelables, pour accroître l'efficacité énergétique des maisons et des entreprises canadiennes et pour réaliser toutes ces choses que nous devons faire pour aller dans la direction opposée.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue d’Edmonton Mill Woods.
    Je suis très heureux de débattre aujourd’hui à la Chambre de la motion de mon collègue de Rosemont—La Petite-Patrie.
    Je suis heureux que l’on considère le Canada comme étant un chef de file mondial en matière de changements climatiques. Je suis d’accord, il l’est vraiment. Cependant, la motion néglige plusieurs points. Tout d’abord, on n’y reconnaît pas les mesures que le gouvernement a prises pour protéger autant l’économie que l’environnement en développant une économie axée sur l’énergie propre. Notre gouvernement est profondément convaincu qu’une économie forte et un environnement sain vont de pair. La motion du NPD ignore totalement les investissements historiques que le gouvernement a faits dans ses budgets successifs pour protéger tout particulièrement l’environnement, les côtes, les cours d’eau et la faune du Canada. Elle ne mentionne pas non plus le dépôt de mesures législatives gouvernementales comme les projets de loi C-69, C-68, C-57 et C-74, qui renforceraient notre capacité de protéger l’environnement et de faire croître l’économie de façon durable.

[Français]

    Aujourd'hui, je voudrais souligner le marché global pour les technologies propres ainsi que les énormes opportunités qui bénéficient déjà aux Canadiens. Le marché est évalué dans les billions de dollars avec une demande qui augmente rapidement.

[Traduction]

    Je connais ce domaine à fond, car j’ai occupé pendant presque 20 ans les fonctions de président-directeur général et de cadre supérieur dans le secteur des technologies propres et des énergies renouvelables. L’industrie des technologies propres ouvre d’importants débouchés aux entreprises canadiennes de tous les secteurs de l’économie. Le gouvernement a donc choisi d'investir tout particulièrement dans les technologies propres afin de promouvoir une croissance économique durable et de relever les principaux défis environnementaux.
    Le gouvernement reconnaît également que les technologies propres produiront d’excellents emplois bien rémunérés pour les Canadiens. Voilà pourquoi le Canada a la possibilité d'être un véritable chef de file mondial dans ce domaine, de manière à créer de bons emplois bien rémunérés pour les Canadiens tout en atteignant nos objectifs de lutte contre les changements climatiques et de protection de l’environnement.

  (1200)  

[Français]

    Les technologies propres sont centrales à une économie durable, une économie à faible émission de carbone et compétitive sur le plan mondial du futur, qui fournira des emplois et des opportunités de qualité supérieure pour notre classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

[Traduction]

    Par définition, les technologies propres sont novatrices. Le gouvernement comprend que l’innovation est au cœur même de la prospérité économique. Il a donc élaboré un plan pour l'innovation et les compétences qui fera du Canada un chef de file mondial de l’innovation.
    À l’heure actuelle, le domaine des technologies propres emploie plus de 170 000 Canadiens. En outre, nous vendons pour plus de 26 milliards de dollars en biens et services. De ces 26 milliards de dollars, nous exportons environ pour 8 milliards de dollars en biens et services.
    De toute évidence, il y a un fort appétit pour l’innovation canadienne, mais nous n’avons fait qu’effleurer la surface et il y a beaucoup plus de place pour la croissance. C’est pourquoi le gouvernement a prévu plus de 2,3 milliards de dollars pour les technologies propres dans le budget de 2017. Précisons qu'il s’agit du plus important investissement public jamais fait par le Canada dans ce domaine. Avant d’effectuer cet investissement historique, nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’industrie pour élaborer une stratégie globale qui permettra d’accélérer le développement de ce secteur.

[Français]

    Cet investissement de 2,3 milliards de dollars va soutenir les étapes clés, la recherche, le développement, la démonstration et l'adoption de technologies propres ainsi que l'intensification de nos entreprises.

[Traduction]

    Nous savons que l’accès au financement stimule la croissance des entreprises et leur procure les capitaux dont elles ont besoin pour embaucher de nouveaux employés, développer des produits et promouvoir leurs ventes au pays et à l’étranger; c’est pourquoi que nous avons mis de côté 1,4 milliard de dollars de fonds neufs à l’intention des fournisseurs de technologies propres. Cela s’ajoute à l’investissement de 21,9 milliards de dollars dans l’infrastructure verte, qui favorisera la création d’emplois et positionnera le Canada au sein de l’économie à faibles émissions de carbone du futur.
    Nous avons également alloué 400 millions de dollars pour recapitaliser Technologies du développement durable Canada. Ce fonds aide les entreprises canadiennes à acquérir une expertise de calibre mondial dans des domaines du génie, de la conception, de la commercialisation et de la gestion des technologies propres. À ce jour, le fonds a investi 989 millions de dollars dans 381 entreprises canadiennes et financé des projets aux quatre coins du pays. Ce financement a permis à ces entreprises de mettre au point et faire la démonstration de nouvelles technologies propres qui favorisent le développement durable, notamment celles qui s’intéressent aux enjeux environnementaux, comme les changements climatiques, la qualité de l’air, la salubrité de l’eau et des sols.
    Il y a également la Banque de développement du Canada, qui s’est engagée à investir 700 millions de dollars pour aider les producteurs de technologie propre à prendre de l’expansion et à se tailler une place sur les marchés mondiaux. Je suis heureux d’annoncer que depuis la mi-janvier, quatre investissements d’une valeur de 40 millions de dollars ont été débloqués. Dans le cadre de notre participation à Mission Innovation, le gouvernement du Canada, en collaboration avec la communauté internationale, doublera l’investissement fédéral dans la recherche et le développement dans le domaine de l’énergie propre sur une période de cinq ans.

[Français]

    Ce sont des investissements significatifs et substantiels, et nous allons pousser pour obtenir des résultats forts. Le gouvernement va surveiller attentivement les résultats de ces investissements en ce qui concerne la croissance économique, les emplois et l'environnement.

[Traduction]

    Le nouveau carrefour de croissance propre créé au sein d’Innovation Canada permettra au gouvernement du Canada de rationaliser les services à la clientèle, d’améliorer la coordination des programmes fédéraux, de rendre possibles le suivi et l’établissement de rapports sur les résultats en matière de technologies propres dans l’ensemble du gouvernement et de jumeler les intervenants aux marchés internationaux. Le carrefour de croissance propre est le point de convergence du gouvernement pour tous les projets gouvernementaux soutenant les technologies propres. Depuis sa création à la mi-janvier, le carrefour a fourni des services à plus de 450 entreprises. Ce centre à guichet unique est une grande innovation pour le gouvernement et l’industrie est d’avis qu’il s’agit d’un grand pas en avant.
    L’indice mondial Cleantech Innovation de 2017, qui répertorie les endroits où les entreprises ont le plus de chance de se développer au cours des 10 prochaines années, a classé le Canada au quatrième rang, comparativement au septième en 2014. De plus, en janvier dernier, le groupe Cleantech a publié une liste Global Cleantech des 100 entreprises de technologie propre les plus susceptibles d’avoir un impact important sur le marché au cours des cinq à dix prochaines années.
    Sous le gouvernement Harper, la part du Canada du marché mondial des technologies propres a diminué de moitié. En partenariat avec l’industrie des technologies propres, nous avons réussi à renverser la vapeur. Cette année, 13 entreprises canadiennes se classaient parmi les 100 entreprises de la liste, du jamais vu. Toutes les compagnies gagnantes sont des clientes du Service des délégués commerciaux du Canada et sept parmi les 13 sont des clientes d’Exportation et développement Canada.

[Français]

    Nous savons que cela n'est qu'un exemple des entreprises innovantes de technologies propres qui font un travail incroyable chaque jour partout au pays afin de créer de la croissance économique et de résoudre nos défis environnementaux les plus urgents.

  (1205)  

[Traduction]

    À Montréal, par exemple, GHGSat a mis au point une technologie pour surveiller les émissions de gaz effet de serre à l’aide de satellites. L’entreprise a lancé son premier satellite en 2016. Dans ma province, la Colombie-Britannique, Carbon Engineering est en train de développer un procédé pour convertir le dioxyde de carbone de l’atmosphère en un combustible propre. Je pourrais donner d’autres exemples, parler des fantastiques entreprises novatrices du secteur des technologies propres qui œuvrent à la grandeur du pays dans un grand nombre de secteurs et d’industries de l’économie canadienne.

[Français]

    Afin d'assurer leur succès constant, nous allons continuer à collaborer avec toutes les parties intéressées et administrations partout au Canada pour remplir nos engagements climatiques et pour amener les technologies propres innovantes et compétitives sur le marché.

[Traduction]

    Nous avons tissé de solides liens internationaux qui permettent de promouvoir la technologie canadienne comme solution aux enjeux mondiaux et d’attirer des investissements du secteur privé. Le gouvernement se concentre sur la mise à l’échelle de nos grandes réussites canadiennes en matière de technologies propres et, ce faisant, aide à résoudre les défis environnementaux les plus pressants du monde.
    Le gouvernement du Canada demeurera un important partenaire des producteurs de technologies propres. Il tire une grande fierté de l’innovation dont font preuve les entrepreneurs et les entrepreneuses œuvrant dans cette sphère d’activité et en est fortement impressionné; nous continuerons de les appuyer, eux et leur travail, et grâce à leur réussite, d’assurer la richesse économique future des Canadiens tout en protégeant l’environnement pour les générations à venir.
    Madame la Présidente, après l’énergie hydroélectrique, l’énergie nucléaire est la forme la plus économique de production d’électricité sans émissions de gaz à effet de serre.
    Étant donné que de nos jours la Commission canadienne de sûreté nucléaire a la réputation mondiale de meilleure agence nucléaire pour stimuler la production de petits réacteurs modulaires, et avec le talent et les compétences des personnes qui travaillent aux Laboratoires de Chalk River, quel est le montant que le gouvernement canadien investira pour produire le premier petit réacteur modulaire d’essai au Canada?
    Madame la Présidente, la discussion porte, de toute évidence et dans une très large mesure, sur le passage à des technologies de production d’énergie qui ne génèrent pas de gaz à effet de serre polluants.
    Il est surtout question des énergies renouvelables, notamment de l’énergie solaire, éolienne et géothermique et de la biomasse. Il va sans dire que dans bien des pays, les options nucléaires font partie de la conversation. De nombreux pays, dont la France, luttent activement contre les changements climatiques et utilisent l’énergie nucléaire comme source importante de leur énergie de base.
    Le gouvernement continue d’appuyer la mise au point de petits réacteurs nucléaires, leur potentiel de commercialisation et leur utilisation dans le contexte de la lutte contre les changements climatiques.

[Français]

    Madame la Présidente, plusieurs personnes en ont parlé, il y avait autrefois le programme écoÉNERGIE, qui était là pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments. C'était pour la rénovation. Cela n'existe plus maintenant. J'ai deux questions pour le député.
    La première, c'est: pourquoi le gouvernement libéral n'a-t-il pas relancé ce programme, qui était très populaire et qui améliorait la situation?
    La deuxième, c'est: pourquoi n'y a-t-il pas un programme semblable pour la construction de nouveaux bâtiments? Non seulement cela créerait des emplois et serait bénéfique sur le plan de l'environnement, mais cela aiderait aussi à garder les coûts d'entretien des bâtiments plus bas. Il n'y aurait donc que des avantages à cela.

[Traduction]

    Madame la Présidente, la question concernant les édifices est importante. Il est reconnu, dans le contexte du cadre pancanadien, que les édifices sont actuellement responsables d’entre 10 % et 11 % des émissions de gaz à effet de serre.
    Dans le contexte du cadre pancanadien, nous nous sommes engagés à adopter un nouveau code du bâtiment pour les nouveaux édifices qui seront à consommation énergétique nette zéro d’ici 2030. Nous travaillons activement avec les provinces et les territoires à cet égard, ainsi que pour améliorer le code du bâtiment en vue de rehausser l’efficacité énergétique en général.
    Nous effectuons des investissements sans précédent dans l’infrastructure verte, qui touche toutes sortes de domaines, y compris celle du bâtiment. Dans le contexte du Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone, aux termes duquel nous travaillons en partenariat avec les provinces, elles sont certainement nombreuses à avoir choisi d’utiliser ce fonds pour financer des programmes d’efficacité énergétique dans les édifices.

  (1210)  

    Madame la Présidente, il est toujours difficile de discuter de la question du climat avec le gouvernement libéral et ses représentants, comme le secrétaire parlementaire. Je ne doute pas de leurs bonnes intentions, mais je ne vois aucun leadership.
    La question n’est pas de savoir si les libéraux font plus que le gouvernement précédent, sous Stephen Harper, parce que c’est le cas, évidemment. Le problème, et ils n’en sont pas responsables, vient de ce que l’atmosphère, la chimie de l’atmosphère et la physique de ce que nous vivons maintenant signifient que des changements progressifs, comme ceux qui sont acceptables pour une classe politique qui pense uniquement à être réélue aux prochaines élections, ne sont pas suffisants pour éviter des niveaux catastrophiques de changements climatiques. Le Canada ne fait pas sa juste part pour atteindre un objectif climatique qui est maintenu à 1,5 degré Celsius.
    Quand le Canada augmentera-t-il sa cible et quand montrera-t-il que nous sommes réellement des chefs de file?
    Madame la Présidente, le Canada s’efforce de respecter ses obligations aux termes de l’Accord de Paris, soit une réduction de 30 % d'ici 2030 par rapport au niveau de 2005. Le gouvernement tient à se doter d'un plan pour respecter les engagements qu’il a pris à l’égard des changements climatiques. Par le passé, trop de gouvernements se sont engagés à atteindre des objectifs sans rien faire pour y arriver. Notre objectif est d’atteindre cette cible et de rehausser le niveau d’ambition au fil du temps, comme la députée l’a mentionné.
    Madame la Présidente, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a clairement indiqué que l’économie et l’environnement peuvent et doivent aller de pair. Il s’agit d’un point de vue que ni le NPD fédéral ni le Parti conservateur ne comprennent. L’inaction du Parti conservateur dans le dossier des changements climatiques et son incapacité à construire ne serait-ce qu’un mètre de pipeline pour acheminer les ressources du Canada vers de nouveaux marchés le montrent bien. Je dois préciser que je parle du NPD fédéral, et non pas du NPD de l’Alberta.
    Le NPD fédéral continue de ne pas reconnaître que la mise en valeur des ressources a été et sera toujours un élément important de l'économie canadienne dans un avenir prévisible. Le NPD fédéral ne comprend pas que l’exploitation des ressources peut et doit aller de pair avec notre plan en vue d’atteindre les cibles de Paris et de mettre en œuvre le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques.
    Il ne s’agit pas d’un exercice abstrait. Le gouvernement va de l’avant avec la politique environnementale la plus complète que notre pays ait jamais vue, tout en appuyant des projets de développement des ressources qui contribueront à l’édification du pays et qui profiteront à l’ensemble du Canada.
    Les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont adopté le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques et ils s'emploient à le mettre en oeuvre. Ce cadre comprend plus de 50 initiatives qui, toutes ensemble, vont nous aider à atteindre, voire à dépasser, d’ici 2030, notre cible de réduction de 30 % de nos émissions de gaz à effet de serre par rapport à celles de 2005. Nous faisons des investissements dans des entreprises porteuses d’avenir, en appuyant l’innovation, les technologies propres et les infrastructures durables.
    Comme le prévoit le plan d’infrastructures dont j’ai la responsabilité, nous allons investir plus de 26 milliards de dollars dans les infrastructures vertes au cours des 10 prochaines années. De plus, nous allons investir 29 milliards de dollars dans les systèmes de transport public pour rendre nos collectivités plus vertes et plus durables. Sur les 26 milliards de dollars d’infrastructures vertes, 8 milliards serviront à financer les énergies renouvelables. Ce niveau d’investissement dans les infrastructures vertes et dans les mesures d'atténuation et d’adaptation en matière de changements climatiques est inégalé dans toute l’histoire de notre pays.
    Si l’on ajoute à cela les investissements dans l’innovation et les technologies propres, on voit bien que le Canada est en train de se positionner pour devenir un chef de file mondial dans le secteur des technologies propres. Parallèlement à ces investissements, nous continuons d’apporter une aide substantielle au secteur des ressources, qui reste un moteur important de la prospérité de notre pays.
    Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons dit que l’approche adoptée par le gouvernement précédent en matière de développement des ressources ne donnait pas de bons résultats. La confiance du public avait été largement entamée, les obligations constitutionnelles de consulter les peuples autochtones avaient été ignorées, et il n'y avait toujours pas de plan concret et complet de protection de l’environnement.
    Le gouvernement actuel est en train de faire la preuve que le développement des ressources et la protection de l’environnement peuvent se faire en parallèle, afin d’accroître la confiance des investisseurs, de renforcer notre économie et de créer de bons emplois pour la classe moyenne, tout en protégeant l’environnement. Parce que je suis Albertain, c’est encore plus important pour moi et cela me touche encore plus. Je sais que beaucoup de travailleurs ont été touchés par la baisse du cours du pétrole. Beaucoup de mes amis et de mes proches dépendent du secteur canadien des ressources pour survivre. Chaque fois que je me rends à Fort McMurray et dans d’autres villes de la province, je me rends compte de l’importance cruciale que revêt l’acheminement de nos ressources non seulement vers les marchés traditionnels, mais aussi vers de nouveaux marchés, afin que nous dépendions moins de nos voisins du Sud pour vendre notre pétrole.
    La décision que nous avons prise permettra d’assurer la construction du pipeline TMX. Entendons-nous bien: cette décision a été prise dans des circonstances tout à fait exceptionnelles.

  (1215)  

    La planification du projet se déroulait comme prévu, et nous avions fait ce qu’il fallait pour que cela continue. C’est à cause de la farouche opposition du premier ministre Horgan de la Colombie-Britannique que le gouvernement fédéral a dû prendre les mesures qu’il a prises. Les projets comme TMX permettent de créer des milliers d’emplois, pas seulement en Alberta, mais dans tout le pays.
    Il est dans l’intérêt du Canada de trouver des façons plus efficaces et plus sûres d’acheminer les ressources naturelles vers les marchés. Il est dans l’intérêt du Canada d’obtenir un juste prix pour ces ressources, ce qui n’est pas toujours possible lorsqu’on n’a pour ainsi dire qu’un seul client. Il est dans l’intérêt du Canada de nouer des partenariats avec des communautés autochtones, de respecter et de reconnaître leurs droits, et de s’assurer que leurs savoirs traditionnels sont intégrés à nos décisions. Il est dans l’intérêt du Canada d’exploiter ses ressources de façon à ne pas nuire à l’environnement.
    Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement est guidé par une conviction simple, mais profonde, à savoir que l’économie et l’environnement doivent aller de pair. Nous savons aussi que les bons projets, comme Trans Mountain, ne se réaliseront pas sans la confiance des Canadiens. C’est pourquoi le gouvernement a lancé le Plan de protection des océans, doté d'une enveloppe de 1,5 milliard de dollars. Ce plan, qui vise à préserver la santé et la sécurité des régions côtières et des zones marines vulnérables, est le plus important investissement que le Canada ait jamais fait pour protéger ses océans. C’est aussi pour cette raison que les Canadiens peuvent avoir l'assurance que l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain ne mettra pas en péril le magnifique littoral de la Colombie-Britannique.
    Le gouvernement montre de façon tangible que la croissance de l’économie et la protection de l’environnement peuvent aller de pair. Nous appuyons les travailleurs canadiens à toutes les étapes pour que les grands projets de valorisation des ressources aillent de l’avant, tout en faisant les investissements nécessaires pour que la main-d’œuvre canadienne soit bien positionnée relativement aux technologies de l’avenir.
    En résumé, nous avons fait une promesse aux Canadiens et nous la respectons.
    Madame la Présidente, nous avons entendu au moins trois fois dans l’intervention de mon collègue, et plus souvent de la part des autres membres de son caucus, que l’environnement et l’économie vont de pair. Il s’agit d’une phrase usée qu’on nous répète depuis la campagne de 2015.
    Toutefois, le problème avec cet énoncé, c’est que le gouvernement n’est pas franc envers les Canadiens sur la concrétisation de cette notion. Nous avons demandé quelles seront les réductions des émissions de gaz à effet de serre par suite de l’imposition de la taxe sur le carbone. Nous n’avons pas eu de réponse. Nous avons demandé combien cette nouvelle taxe sur le carbone coûtera à la famille canadienne moyenne. Nous savons que les libéraux le savent, mais ils refusent de nous le dire.
    Si l’économie et l’environnement vont de pair, mon collègue prendra-t-il la parole aujourd’hui à la Chambre pour dire aux Canadiens ce que la taxe sur le carbone coûtera à la famille canadienne moyenne et de combien la taxe sur le carbone permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre?

  (1220)  

    Madame la Présidente, partout au Canada, les Canadiens comprennent que, pour acheminer les ressources vers les marchés internationaux, nous devons prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques. C’est ce que nous faisons, et la tarification de la pollution en fait partie.
    J’invite mes collègues du Parti conservateur, ainsi que tous les députés de l’Alberta, à mettre de côté leur partisanerie et à s'interroger sincèrement sur ce qui est le mieux pour les travailleurs de l’Alberta. Ils nous ont demandé d’agir dans le dossier Trans Mountain. Nous avons fait preuve de leadership en reprenant ce projet pour qu’il se réalise. Il s’agit de l’économie de l’Alberta, de même que de celle du Canada. Il s’agit de créer des emplois pour la classe moyenne, des emplois dont le secteur de l’énergie a besoin.
    J’espère que les députés mettront de côté leur partisanerie et qu'ils appuieront le gouvernement pour que le projet Trans Mountain aboutisse.
    Madame la Présidente, sauf votre respect, je ne suis pas d’accord avec mon collègue d’en face. L'idée qu'il faille construire un pipeline pour contrer les changements climatiques ne fait pas consensus parmi les Canadiens. Il s’agit d’une logique orwellienne qui n’a aucun sens.
    J’aimerais que mon collègue d’en face parle de l'engagement du gouvernement à éliminer les subventions aux combustibles fossiles. Il s’agit d’une promesse que le Canada avait faite au G7, en reconnaissant que les subventions aux combustibles fossiles sapent les efforts déployés pour contrer les changements climatiques, qu’elles encouragent le gaspillage d’énergie, qu’elles réduisent la sécurité énergétique et qu’elles entravent les investissements dans les sources d’énergie propre.
    Puisque nous débattons aujourd’hui de la nécessité pour le gouvernement de transférer son investissement de 4,5 milliards de dollars dans un vieil oléoduc défraîchi vers des emplois dans le secteur de l’énergie propre, quand le gouvernement donnera-t-il suite à sa promesse d’éliminer les subventions aux combustibles fossiles?
    Madame la Présidente, nous prenons des mesures en investissant dans les nouvelles technologies, en l’occurrence 8 milliards de dollars dans les nouvelles technologies pour les énergies renouvelables.
    Il serait souhaitable que la députée du NPD fédéral salue les mesures prises par le NPD de l’Alberta en matière de changements climatiques. Ce dernier a fixé des plafonds aux émissions des sables bitumineux. Il procède à l'élimination graduelle de l'industrie du charbon. Il a fixé un prix très efficace à la pollution. J’espère que le NPD fédéral appuiera le NPD provincial dans les mesures qu’il a prises et dans l’acheminement des ressources vers le marché, afin qu’il soit en mesure de financer toutes les décisions qu’il doit prendre pour protéger notre environnement.
    C’est vraiment décevant et déprimant de voir le NPD fédéral se désintéresser complètement aussi bien des besoins des travailleurs de l’Alberta que de toute la panoplie de mesures prises par le NPD provincial.

[Français]

    Madame la Présidente, cela me fait plaisir de me lever aujourd'hui pour parler d'environnement et de l'économie de l'avenir dans le cadre du débat sur notre motion d'aujourd'hui. Je vous signale que je vais partager mon temps de parole avec l'excellent député de Cowichan—Malahat—Langford, qui fait un excellent travail comme porte-parole en matière d'agriculture. Il a bien mentionné les risques potentiels et l'absurdité que représente l'achat par le gouvernement libéral du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan au coût de 4,3 milliards de dollars de l'argent des Canadiens et des Canadiennes et des gens de Drummond.
    Depuis plusieurs jours, les gens de Drummond sont outrés de savoir que leur argent va servir à acheter une compagnie privée à des fins qui ne sont pas claires et à investir dans une énergie du passé plutôt que dans l'avenir. Investir dans l'avenir, c'est ce que mon collègue de Rosemont—La Petite-Patrie propose dans la motion de l'opposition d'aujourd'hui. Il affirme qu'un chef de file mondial en environnement n'investit pas dans un pipeline; il investit dans les énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien, l'hydroélectricité propre ou des projets plus petits.
     Des études démontrent qu'en investissant 1 million de dollars dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, on crée 10 fois plus d'emplois qu'en les investissant dans l'énergie fossile. Alors, quand on veut une économie solide et compétitive et une société tournée vers l'avenir, il ne faut pas prendre 4,3 milliards de dollars d'argent public et les investir dans une ressource du passé. Il faut investir dans l'avenir. C'est un échec lamentable du gouvernement libéral. C'est extrêmement grave.
    Notre motion mentionne qu'il faut faire une transition vers l'énergie et l'économie de demain. Partout dans le monde, les pays et les sociétés investissent de plus en plus dans les énergies renouvelables. Au Canada, malheureusement, le gouvernement libéral traîne la patte par rapport à ces investissements. Cette motion exige donc que l'on change de cap de manière urgente. Quand le NPD va prendre le pouvoir en 2019, c'est ce que nous allons faire. Nous allons changer de cap afin de nous assurer que cet argent mal dépensé sera investi plutôt dans l'économie de l'avenir.
    J'aimerais profiter de l'occasion pour parler de deux jeunes dames que j'ai eu la chance de rencontrer en fin de semaine, lors d'une assemblée publique que j'ai organisée. Il s'agit de Rébecca Joyal et Méganne Joyal, deux soeurs très impliquées dans leur communauté scolaire. Elles se sont d'abord impliquées dans le programme de l'UNESCO de leur école, puis auprès d'Amnistie internationale. Elles travaillent notamment à ce qu'il y ait du compostage à leur école. Elles ont à peine 17 ans et elles ont déjà la volonté d'améliorer l'environnement qui les entoure.
    Récemment, Rébecca a été élue ministre de l'Environnement du Parlement jeunesse du Québec. Cela démontre l'implication et la volonté de ces jeunes. Elles m'ont dit qu'il fallait lutter contre les changements climatiques et que c'était le défi de demain. Or le défi de demain est aussi le défi d'aujourd'hui.
    D'ailleurs, je n'ai pas besoin de faire un dessin pour dire que ceux qui pensent que les changements climatiques ne sont qu'une hallucination oublient tous les phénomènes météorologiques extrêmes et accentués qui ont eu lieu au cours des dernières années.

  (1225)  

    Non seulement il y a plus de phénomènes météorologiques extrêmes, mais ils sont aussi plus graves. Auparavant, à Drummondville, on voyait des pluies torrentielles peut-être une fois aux 100 ans. Maintenant, il y en a tous les trois ou quatre ans. Cela a de graves implications pour nos infrastructures. Les sous-sols sont inondés, par exemple.
    Il y a quelques années à peine, j'ai dû prêter main-forte à un centre communautaire alors que son sous-sol a été inondé en raison de pluies torrentielles. J'ai reçu des courriels de partout. Les gens venaient me dire que leur sous-sol avait été inondé et ils me demandaient de faire quelque chose. Il faut que quelque chose se passe. Effectivement, le gouvernement libéral traîne la patte dans la lutte contre les changements climatiques et ne met pas tout l'argent et tous ses efforts au bon endroit.
    Encore récemment, en 2018, au printemps, des inondations dévastatrices ont eu lieu au Nouveau-Brunswick et en Colombie-Britannique, sans parler des feux de forêt au Manitoba. On se rend compte que les changements climatiques nous frappent et ont de graves conséquences.
    Il faut faire un virage, mais il faut le faire d'une manière intelligente en appuyant notre économie et nos travailleurs et nos travailleuses qui oeuvrent dans des industries du passé. On ne doit pas les laisser tomber. Il faut les appuyer dans cette transition.
    Les municipalités canadiennes sont très vulnérables aux risques associés aux changements climatiques, surtout aux phénomènes météorologiques extrêmes. Les inondations sont le danger naturel le plus coûteux pour ce qui est des dommages causés aux propriétés et aux infrastructures urbaines. On pourrait dire que c'est nouveau, mais ce ne l'est pas. Cela fait longtemps, malheureusement, que le gouvernement le sait.
    Par ailleurs, il y a déjà eu une Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie, qui visait à lier l'environnement et l'économie. Étrange, n'est-ce pas? On entend souvent les libéraux ou les conservateurs dire que cela nuit à l'économie, et ainsi de suite, mais c'est faux. La Table nationale sur l'environnement et l'économie avait expliqué que, si on n'investissait pas dans la lutte contre les changements climatiques, il y aurait de graves conséquences qui coûteraient beaucoup plus cher dans l'avenir. On parle de milliards de dollars de plus.
    On accorde actuellement 1,3 milliard de dollars par année en subventions aux énergies fossiles, malheureusement. Le gouvernement libéral avait dit qu'il les abolirait, mais il ne l'a pas encore fait. Cependant, nous allons le faire en 2019. Le gouvernement est toujours en retard par rapport à cela. Les 4,3 milliards de dollars qu'il a investis dans un pipeline, nous allons les investir dans l'économie de l'avenir et dans l'efficacité énergétique.
    Je n'ai pas parlé d'efficacité énergétique, mais nous avons beaucoup d'entreprises dans Drummond qui font un excellent travail dans ce domaine. Venmar, Annexair et Aéronergie, pour ne nommer que celles-là, sont des spécialistes en efficacité énergétique qui créent des emplois locaux. Elles font aussi rouler l'économie locale et permettent aux gens de faire des économies, puisque cela leur coûte moins cher de chauffer leur maison. De plus, cela permet de lutter contre les changements climatiques.
    Quel est le programme d'efficacité énergétique des libéraux pour aider les familles canadiennes? Il n'y a rien. C'est pourquoi il faut absolument adopter la motion d'aujourd'hui. Les libéraux doivent comprendre cela. Sinon, ce n'est pas grave, le NPD va prendre le pouvoir en 2019 et va faire ce qu'il faut.

  (1230)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, ce qu’a dit le député n’est pas exact. Le gouvernement du Canada investira des centaines de millions de dollars, au cours des prochaines années, dans une politique favorable à l’environnement et aux technologies vertes, sans parler du reste. Le ministre lui-même vient de parler des infrastructures.
    J’aimerais dire clairement à mes collègues néo-démocrates, et j’insiste là-dessus, qu’à mon avis, le Nouveau Parti démocratique a laissé tomber la province de l’Alberta en affichant clairement son opposition à l’expansion du pipeline. J'ai l'impression que l’intérêt national est secondaire pour le NPD puisqu'il dit non aux Albertains pour cet important projet. Je déplore que le NPD ne reconnaisse pas que la réalisation du projet TMX est dans l’intérêt national.
    Selon le député, pourquoi le NPD accorde-t-il aussi peu d’importance à l’intérêt national, quand on pense aux transferts en matière de santé, d’éducation et même d'énergies propres qui pourront être financés à même les recettes de ce projet, sans parler des emplois qui pourront être sauvegardés?

  (1235)  

[Français]

    Madame la Présidente, je vais vous raconter une histoire très courte mais très pertinente.
    Drummondville était une ville totalement dépendante du textile. Notre économie était pratiquement reliée juste au textile. Quand l'économie du textile s'est effondrée, Drummondville s'est complètement écroulée. On a alors diversifié l'économie.
    L'Alberta dépend présentement de l'économie du pétrole. Le gouvernement NPD de Rachel Notley le sait et le gouvernement NPD de Rachel Notley a dit qu'il fallait diversifier l'économie. Où est le gouvernement libéral du Canada présentement pour aider Rachel Notley et le NPD à diversifier son économie, ainsi qu'à créer des emplois diversifiés ailleurs que dans le secteur du pétrole? C'est là que le gouvernement libéral échoue.
    Si le NPD formait le gouvernement fédéral, il appuierait le gouvernement de l'Alberta et donnerait de l'argent pour soutenir les travailleurs, pour la formation et pour diversifier l'économie de l'Alberta, parce que c'est dans l'intérêt global de tout le Canada.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’ai eu l’honneur de siéger avec mon collègue au comité de l’environnement, il y a quelques années. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à travailler avec lui.
    Je suis tout à fait d’accord avec mes collègues néo-démocrates quand ils posent des questions au sujet de l'oléoduc Trans Mountain. Il en coûte 4,5 milliards de dollars aux contribuables pour investir dans un pipeline construit il y a 60 ans, sans compter qu'on ignore le coût des travaux d'expansion. La facture pourrait s'élever à 10 milliards de dollars. Sur ce plan-là, nous sommes d’accord.
    J’observe également que le député de Drummond et son parti sont tout à fait favorables au principe d’une taxe sur le carbone, même si nous n’avons aucune idée de combien cela réduira les émissions de gaz à effet de serre ou de ce que cette taxe coûtera à la famille canadienne moyenne.
    La question que je vais poser à mon collègue ressemble à la question qui a été posée à l’un de ses anciens collègues. Le NPD est-il prêt à appuyer la taxe sur le carbone quel qu’en soit le coût pour les familles canadiennes? Le coût n’a-t-il pas d’importance? Le NPD va-t-il donner carte blanche au gouvernement libéral pour faire payer ce qu’il veut à la famille canadienne moyenne?

[Français]

    L'honorable député a une minute pour répondre.
    Madame la Présidente, en une minute, ce sera difficile de répondre à tous les commentaires de mon collègue. J'ai eu beaucoup de plaisir à lui lancer quelques défis, alors qu'il était président du Comité permanent de l'environnement et du développement durable. Nous avons effectivement eu beaucoup de plaisir.
    Nous n'étions pas toujours d'accord, mais il y a une chose sur laquelle nous nous entendons très bien, et c'est que l'idée d'acheter un pipeline de 4,3 milliards de dollars avec l'argent des Canadiens et des Canadiennes n'a pas de bon sens. C'est jeter l'argent des contribuables complètement à l'eau. Ces 4,3 milliards de dollars servent seulement à acheter ce pipeline. Il faudra ensuite doubler cette somme, encore une fois avec l'argent des Canadiens et des Canadiennes, dont les gens de Drummond. Je peux dire que les gens de Drummond sont tous contrariés et outrés face à cette action. Une autre chose est aberrante — et c'est de l'argent qu'on ne donne pas à nos citoyens pour les aider —, c'est le 1,3 milliard de dollars en subventions octroyées aux combustibles fossiles. Cela n'a pas de sens et il faut régler cela aussi.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c'est vraiment un grand honneur de pouvoir prendre part à ce débat au nom des résidants de Cowichan—Malahat—Langford, car le sujet dont nous débattons aujourd'hui fait partie des principales raisons qui m'ont amené en politique.
    À mes yeux — et je crois que nombre de députés en conviendront —, les changements climatiques représentent l'enjeu le plus déterminant du XXIe siècle, étant donné les conséquences que pourront avoir non seulement les changements climatiques pour le Canada et pour le monde entier, mais aussi la façon dont l'humanité répondra à ce problème. Notre façon d'aborder cet enjeu déterminera véritablement l'avenir de la vie sur terre. Adopterons-nous un mode de vie durable? Allons-nous nous adapter en fonction des ressources dont nous disposons? Notre environnement va-t-il changer de façon considérable, au point où nous serons obligés de réduire notre train de vie de façon draconienne?
    Je crois que les gestes que nous posons dès aujourd'hui et que nous poserons au cours des prochaines années et des prochaines décennies seront très révélateurs pour les générations à venir.
    Je prends aussi la parole en qualité de père de trois enfants. J'ai des jumeaux qui ont près de six ans et un jeune de 18 mois. Je pense constamment au monde dont ils vont hériter. Je me rends compte que, comme député, j'occupe une position privilégiée dans la société canadienne parce que j'ai une voix en cette assemblée. Je peux parler au nom de près de 100 000 Canadiens qui vivent dans ma circonscription. C'est une position très privilégiée.
    Cela me rappelle constamment la grande responsabilité que cela suppose et du temps que j'ai à la Chambre pour contribuer d'une certaine manière à placer le pays sur la voie d'un avenir viable.
    Nous savons tous qu'aucune espèce sur Terre n'a eu autant d'impact sur la planète que les humains. Concrètement, nous en sommes venus à envahir la planète. Aucune partie n'est restée vierge. Pour la première fois de l'histoire de la planète, nous nous trouvons dans une position unique où nous jouons un rôle déterminant pour son avenir. Cela n'est jamais arrivé depuis que la Terre existe.
    Avec un tel pouvoir vient une grande responsabilité. La situation évoque pour moi l'image d'une grenouille placée dans une marmite d'eau que l'on porte lentement à ébullition. La grenouille ne comprend pas tout à fait ce qui est en train de lui arriver. J'estime que c'est quelque peu semblable à ce que les êtres humains sont en train de vivre. Nous ne sommes peut-être pas conscients, en tout temps, des effets réels des changements climatiques. Cependant, si nous examinons ce qui s'est passé au fil des ans et des décennies, nous commencerons à voir que ces changements s'additionnent.
    Il nous incombe de nous servir des pouvoirs dont nous disposons dans cette enceinte et de la capacité du gouvernement d'influencer la politique pour agir et adopter un plan d'action. Si nous ne le faisons pas, cela nous coûtera cher.
    Je vais lire une citation qui renvoie à ce qu'a dit sir Nicholas Stern, un économiste:
    L'incapacité de réduire les conséquences des changements climatiques pourrait nuire à l'économie mondiale autant que la Grande Dépression ou les guerres mondiales en entraînant une dévastation environnementale pouvant coûter entre 5 et 20 % du produit intérieur brut mondial annuel […]
    Le gouvernement libéral aime dire que l'économie et l'environnement vont de pair. La citation que je viens de lire explique clairement l'enjeu de l'inaction. J'ai l'impression que l'économie est le partenaire subalterne dans ce scénario. Des possibilités économiques s'offrent à nous si nous empruntons la bonne voie. Toutefois, si nous ne le faisons pas, c'est l'économie qui en souffrira le plus, car elle dépend fortement de l'existence d'un environnement propre et de notre capacité à y survivre.
    Ceci m'amène à mon prochain point, l'évidence dont personne ne parle, la raison de notre présence ici aujourd'hui. J'ai entendu des députés libéraux demander pourquoi nous sentions le besoin de présenter cette motion aujourd'hui. La réponse tient en deux mots: Kinder Morgan.
    Malgré toutes les promesses des libéraux et toutes leurs platitudes au sujet de l'environnement, nul n'a vu dans leur plateforme électorale de 2015 la promesse de faire l'acquisition d'un pipeline de 60 ans au passé en dents de scie. On parle de 4,5 milliards de dollars, et ce n'est qu'un début. Cette somme permettra d'acquérir les infrastructures existantes, mais ne tient pas compte des milliards de dollars qui devront être dépensés pour en faire l'expansion.

  (1240)  

    Les Canadiens ont toujours des questions légitimes à savoir d'où proviendra réellement cet argent, si les fonds des régimes de pension en feront partie, et quelle société d'État sera responsable de ces infrastructures. Cette transaction tourne en dérision nos engagements en matière de lutte contre les changements climatiques, si tant est que nous avons un gouvernement résolu à respecter les objectifs de Paris.
     L'examen initial du projet Trans Mountain effectué par l'Office national de l'énergie ne tenait compte des émissions de gaz à effet de serre ni en aval, ni en amont, ce qui est curieux pour un pipeline qui, selon les prévisions, devrait ajouter au moins 13 à 15 mégatonnes d'émissions par année en raison d'une exploitation accrue des sables bitumineux. On estime à 71,1 mégatonnes par année les émissions en aval du pipeline une fois que le projet d'expansion aura été réalisé.
    Dans une perspective de stabilisation des températures mondiales, on peut faire une modélisation analytique de la quantité de dioxyde de carbone que l'on peut rejeter dans l’atmosphère pour atteindre l'objectif et donner à chaque pays du monde un budget carbone.
    À une époque où il est largement reconnu que les changements climatiques sont bien réels et que nous en sommes la source, l’expansion d’un pipeline et de la production des sables bitumineux va à l'encontre de nos engagements. En l'occurrence, on ne peut pas marcher et mâcher de la gomme en même temps. Cela ne fonctionne pas. Par contre, je reconnais que nous allons continuer d’utiliser le pétrole aujourd’hui, demain et dans un avenir prévisible, mais j’aimerais bien qu'il y ait un plan de transition vers un plafonnement et le début d’une diminution de l’utilisation.
    Les travailleurs de l'industrie des sables bitumineux de l’Alberta ont fait une très précieuse contribution à l’économie canadienne et ils continueront de la faire dans les années à venir. Cependant, dans ce dossier, il faut nouer un dialogue avec les travailleurs de l’Alberta. Je rejette les déclarations mal inspirées du Parti libéral selon lesquelles nous ne tenons pas compte des travailleurs. C’est tout le contraire. La députée d’Edmonton Strathcona, une fière Albertaine, est intervenue maintes fois à la Chambre pour parler des travailleurs de l’Alberta, des électriciens, des soudeurs et des gens qui ont d’importantes compétences transférables qu'ils pourraient mettre à profit dans d’autres domaines, si seulement nous avions un gouvernement national pour nous mettre sur la bonne voie.
    Si on considère les émissions nationales du Canada, on constate qu’au moins 50 % viennent des hydrocarbures et des transports. Ce sont deux éléments évidents à cibler pour agir efficacement contre les changements climatiques.
    Si on considère la population active, le Congrès du travail du Canada, Unifor et des organismes comme Blue Green Canada tiennent tous le même discours que le NPD à la Chambre: il y a des gens qui ont les compétences, mais il faut une stratégie nationale. Cela devient d’autant plus indispensable qu’il y a au bas mot des billions de dollars à ramasser en se positionnement maintenant. Quand on considère la tendance mondiale au XXIe siècle et le fait que tout cet argent est là, on comprend qu'il vaut se mettre sur la bonne voie. Il ne s’agit pas d’investir dans un vieux pipeline. Il ne s’agit pas d’investir dans un nouveau pipeline. Il s’agit de s'occuper des travailleurs du secteur de l’énergie, de les recycler et de repositionner le pays.
    On peut examiner toutes les sources d’énergie renouvelable et les possibilités que réservent les énergies marémotrice, géothermique, solaire et éolienne. Aucune de ces énergies ne peut à elle seule répondre à nos besoins. Il faut envisager un réseau électrique décentralisé, où les énergies fonctionnent toutes ensemble. On peut penser à l’avènement des voitures électriques. Elles coûteront moins cher à acheter, moins cher à entretenir et moins cher à utiliser. Les forces du marché agiront, et les gens commenceront à se déplacer en masse.
    Je conclurai en répétant ce dont nous débattons aujourd'hui grâce à notre motion. Nous voulons que le Canada soit un chef de file mondial en matière de changements climatiques. Nous voulons bâtir une économie axée sur l'énergie propre. Pour y arriver, nous devons faire les investissements proposés. Nous devons placer les travailleurs et la formation professionnelle au cœur de la transition. Fondamentalement, il ne faut pas dépenser des milliards de dollars pour un pipeline et son expansion. Cet argent aurait pu être mieux utilisé ailleurs. Je sais que beaucoup de Canadiens aujourd'hui s'attendaient à ce que les libéraux fassent les choses différemment, et je m'y attendais aussi.

  (1245)  

    Madame la Présidente, la première ministre néo-démocrate de l'Alberta et les travailleurs de l'Alberta ont à coeur l'intérêt national, les emplois et les débouchés. Si le gouvernement du Canada n'avait pas été prêt à investir dans le pipeline, l'expansion du pipeline n'aurait probablement pas pu se concrétiser. Ce serait peut-être conforme au programme national du NPD et au discours que ce parti tient, mais il faut aussi tenir compte de l'intérêt national. Il faudrait demander aux députés ce qui, selon eux, permet de financer en partie des choses comme les soins de santé et l'éducation au Manitoba, ou même des emplois dans les technologies propres?
    Mon collègue ne reconnaît-il pas que le NPD de l'Alberta a raison de se battre pour l'expansion, que la population de l'Alberta bénéficiera de cet investissement de l'État et que tous les Canadiens en tireront de nombreux avantages à l'avenir, y compris en ce qui concerne l'environnement? Grâce aux mesures prises par le gouvernement, il y aura davantage d'emplois dans le secteur des technologies propres.

  (1250)  

    Madame la Présidente, si le secrétaire parlementaire avait écouté mon discours, il saurait que j'ai consacré de deux à trois minutes à parler des travailleurs de l'Alberta et à faire allusion au fait que l'économie du pétrole a été extrêmement profitable au Canada au fil des ans. Je reconnais que nous ne renoncerons pas à cela, ni aujourd'hui, ni demain, ni au cours des prochaines années. Toutefois, ce que je dis au député, c'est que nous avons besoin d'un plan. Si nous en arrivons à un point où le monde va de l'avant alors que le Canada traîne de la patte, cela ne rendra pas service aux travailleurs canadiens, tout cela parce que nous n'aurons pas fait le travail aujourd'hui.
    C'est là mon principal point de désaccord avec le gouvernement libéral actuel. Il n'en fait pas assez pour prévoir dans quelle direction nous allons réellement et pour enclencher une transition juste. Il peut répéter sans cesse que ce projet est dans l'intérêt national. Cela semble être sa stratégie. Cependant, ce n'est pas exact pour autant. Le gouvernement ne gagnera jamais la bataille des arguments en se contentant de répéter sans cesse la même phrase.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Cowichan-Malahat-Langford d'avoir soulevé à nouveau la question de l'étude de M. Stern. Il y a longtemps que nous ne nous sommes pas rappelé dans cette enceinte le coût de l'inaction. Pour donner quelques détails, sir Nicholas Stern n'est pas seulement un économiste britannique, il était l'économiste en chef de la Banque mondiale et il a été chargé par le chancelier de l'Échiquier du Royaume-Uni d'estimer le coût de l'inaction face aux changements climatiques. Il a estimé qu'il s'agissait d'un impact économique mondial qui serait l'équivalent de la Grande Dépression et des guerres mondiales réunies. C'était en 2006. En 2016, il a dit: « J'aurais dû être beaucoup plus sévère, j'ai sous-estimé les dangers. »
    Nous sommes à la croisée des chemins. Nous devons faire ce qu'il faut pour le climat avant 2020. Nous ne pouvons pas attendre jusqu'en 2030. Notre cible actuelle est la cible restante de Stephen Harper. Nous devons en fait accélérer les choses et faire beaucoup plus.
    Je suis tout à fait d'accord avec mon collègue: le simple fait de répéter que l'oléoduc de Kinder Morgan est dans notre intérêt national n'en fait pas une vérité. La question que je lui pose est la suivante: a-t-il vu quoi que ce soit du gouvernement libéral qui constitue un rapport indépendant sur les coûts et les avantages du pipeline de Kinder Morgan et qui démontrerait que c'est dans notre intérêt national?
    Madame la Présidente, en bref, la réponse est non, je n’ai rien vu de tel.
    Je remercie ma collègue de Saanich-Gulf Islands d'avoir soulevé quelques points. Ce qu'elle a mentionné, c'est que les gouvernements fédéraux successifs n'ont pas respecté leurs engagements en matière de changements climatiques. Ils ne cessent de fixer de nouveaux objectifs quant à l'année de référence à laquelle ils vont réduire leurs émissions.
    L'autre chose importante dont elle a parlé, c'est que plus nous attendons, plus cette transition sera coûteuse. Il est dans notre intérêt économique de commencer dès maintenant. Si nous la reportons dans quelques décennies ou la refilons aux générations futures, les coûts seront multipliés par plusieurs facteurs. C'est tout simplement rendre un mauvais service à mes enfants et à tous les enfants de notre pays. Nous devons jouer un rôle de chef de file et commencer à travailler fort dès maintenant, car le problème ne fera qu'empirer, et les coûts ne feront qu'augmenter.

[Français]

    Madame la Présidente, avant de commencer, j'aimerais vous indiquer que je vais partager mon temps de parole avec le député de St. John's-Est.
    Aujourd'hui, je me propose de parler du patrimoine naturel du Canada et de son importance, ainsi que des actions de notre gouvernement qui visent à protéger ce patrimoine naturel. De par l'étendue et la beauté du territoire qui nous entoure, je pense que les Canadiennes et les Canadiens sont intuitivement attachés à la nature et à sa protection, ainsi qu'à la protection de l'environnement. C'est un principe qui est dans l'ADN des Canadiennes et des Canadiens. Alors que l'été est à nos portes, ils s'apprêtent à profiter encore davantage des splendeurs de notre pays et de notre territoire.
     Immanquablement, quand on observe la beauté des étendues qui s'offrent à nous d'un océan à l'autre et qu'on passe du temps dans la nature, on se dit qu'il faut toujours en faire plus pour protéger notre environnement, afin de laisser un héritage digne de ce nom aux prochaines générations.
    Les Canadiens comprennent qu'un environnement propre et qu'une économie forte vont de pair, et que leur qualité de vie d'aujourd'hui et leur prospérité de demain dépendent des engagements à protéger notre patrimoine naturel et à conserver l'environnement pour les générations futures. C'est pour cette raison que le gouvernement a fait d'importants investissements pour protéger la qualité de l'air, de l'eau et des aires naturelles du Canada au profit de nos enfants et de nos petits-enfants, et pour nous assurer une économie propre parmi les meilleures au monde.

  (1255)  

[Traduction]

    Pour lutter contre les changements climatiques, le gouvernement a déjà alloué 5,7 milliards de dollars sur 12 ans pour appuyer la mise en œuvre du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Le plan, élaboré en collaboration avec les provinces et les territoires et en consultation avec les peuples autochtones, permettra de créer un environnement sain pour les générations futures tout en appuyant une économie forte et propre, en favorisant l'innovation et en créant de bons emplois bien rémunérés pour la classe moyenne.
    Le cadre appuie l'objectif du Canada de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % par rapport au niveau de 2005 d'ici 2030, tout en tenant compte de la nécessité de s'adapter et d'accroître la résilience aux changements climatiques. Il s'appuie sur les mesures provinciales et territoriales visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et détermine comment les gouvernements, les entreprises et la société civile peuvent saisir les nombreuses possibilités économiques offertes par l'économie mondiale axée sur la croissance propre.
    Comme première étape du cadre, le budget de 2016 prévoyait près de 2,9 milliards de dollars sur cinq ans pour contrer les effets des changements climatiques et réduire la pollution atmosphérique. En novembre 2016, le gouvernement a également lancé le Plan national de protection des océans de 1,5 milliard de dollars pour améliorer la sécurité maritime et la navigation responsable, protéger les milieux marins du Canada et offrir de nouveaux débouchés aux communautés autochtones et aux collectivités côtières.

[Français]

    Dans le budget de 2017, le gouvernement a créé un fonds sur ses investissements d'envergure historique dans l'infrastructure verte et le transport en commun, et proposé de nouvelles mesures à l'appui du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. Ces mesures comprennent l'engagement de stimuler la croissance du secteur canadien des technologies propres grâce aux mesures suivantes: offrir le financement dont les entreprises novatrices ont besoin pour prendre de l'expansion; appuyer la recherche, le développement, la démonstration et l'adoption de technologies propres; et renforcer la collaboration et établir de nouvelles façons de mesurer le succès.
    Ce nouveau financement alimente la croissance des entreprises. Il procure le capital nécessaire pour embaucher de nouveaux employés, développer des produits et soutenir les ventes au pays et sur la scène internationale.
    Le budget de 2017 a accru le soutien financier accordé au secteur canadien des technologies propres en mettant à la disposition des entreprises prometteuses un financement accru sous forme de participation aux entreprises, de fonds de roulement et de fonds destinés aux projets.
    Un nouveau financement de 1,4 milliard de dollars est offert par l'intermédiaire de la Banque de développement du Canada, la BDC, et d'Exportation et développement Canada, afin d'appuyer la croissance et l'expansion des entreprises canadiennes de technologies propres.

[Traduction]

     Le budget de 2018 a proposé de plus amples investissements pour favoriser la croissance d'une économie saine et durable. Pour faire en sorte que nos enfants et petits-enfants puissent continuer à parcourir nos majestueuses forêts et à se baigner dans nos magnifiques lacs, rivières et ruisseaux, le Canada s'est engagé à conserver au moins 17 % de ses terres et de ses eaux intérieures d'ici 2020 par le truchement de réseaux de zones protégées et d'autres mesures de conservation. Tant les aires protégées que les zones conservées permettront d'assurer des habitats plus sains pour les espèces à risque et d'améliorer la biodiversité.
    À cette fin, le budget de 2018 a proposé un investissement historique de plus de 1,3 milliard de dollars sur cinq ans, un des investissements les plus importants dans la conservation de la nature dans l'histoire du Canada. Cet investissement permettrait au gouvernement fédéral de faire une contribution de 500 millions de dollars pour créer un nouveau fonds pour la nature de 1 milliard de dollars en partenariat avec les sociétés, les organisations sans but lucratif, les provinces, les territoires et d'autres partenaires.
    Grâce à cette collaboration, le fonds pour la nature permettrait de préserver des terres privées, de soutenir les efforts de protection des espèces des provinces et des territoires, et de renforcer la capacité des peuples autochtones de conserver les terres et les espèces pour nous et les générations futures. Le gouvernement investit aussi 1 milliard de dollars sur cinq ans pour établir de meilleures règles pour l'examen de projets majeurs qui protégeront notre environnement, nos poissons et nos cours d'eau et qui favoriseront la création d'emplois et de débouchés économiques, en plus de contribuer à rétablir la confiance de la population. C'est un exemple de cas où nous avons honoré la promesse que nous avions faite de protéger l'environnement, de rétablir la confiance du public dans l'évaluation environnementale et les processus réglementaires et d'assurer la prévisibilité des processus pour les entreprises.

[Français]

    Le budget de 2018 a proposé encore plus de nouveaux investissements afin de stimuler la croissance d'une économie propre et durable. Nous faisons avancer les efforts visant à mieux protéger, conserver et rétablir les espèces marines menacées au Canada au moyen d'un financement de 167,4 millions de dollars sur cinq ans. Ce montant comprend le financement de travaux de recherche qui vont nous aider à mieux comprendre les facteurs qui touchent la santé des espèces de baleines menacées, par exemple, de même que les mesures que nous pouvons prendre maintenant pour réagir aux menaces causées par les activités humaines.
    Ces investissements sont bons pour l'environnement et bons pour l'économie. Les baleines sont essentielles à la santé des écosystèmes marins et constituent un volet important de l'écotourisme dans les régions côtières du Pacifique, de l'Atlantique et, évidemment, dans l'estuaire du Saint-Laurent.
    En vue de protéger la population et les communautés, nous devons également améliorer les réseaux de collecte de données et de surveillance des changements dans les conditions météorologiques, climatiques, atmosphériques et de l'eau et de la glace.

  (1300)  

[Traduction]

    Le budget de 2018 propose d'améliorer les services météorologiques et les services relatifs à l'eau du Canada grâce à un investissement de 120 millions de dollars sur cinq ans pour aider à protéger les gens et les collectivités contre les effets dévastateurs des phénomènes météorologiques extrêmes. Ces phénomènes, comme les feux de forêt et les inondations dont nous avons malheureusement été témoins ces derniers temps, peuvent avoir et ont déjà un effet dévastateur sur les gens, les collectivités et l'économie.
    Le gouvernement est fier de proposer comme autre mesure de prolonger la déduction accélérée existante pour la production des énergies propres et l'utilisation d'équipement éconergétique pour les biens acquis avant 2025. Cette proposition représente une prolongation de cinq ans, puisque la déduction accélérée existante devait prendre fin en 2020. Le report de l'impôt associé à cette mesure devrait procurer aux entreprises un avantage d'environ 123 millions de dollars sur cinq ans. Le renouvellement de ce soutien augmentera le revenu après impôt d'environ 900 entreprises et pourra nous aider à atteindre l'objectif commun de favoriser l'investissement dans la production d'énergie propre et de promouvoir l'utilisation de matériel éconergétique.

[Français]

    Contrairement à ce que pourraient croire le parti de l'opposition, le gouvernement fait des investissements qui sont importants, comme ceux que je viens de mentionner, afin d'assurer une économie saine, durable et à faibles émissions de carbone — une économie qui génère de la croissance et des emplois au profit de tous, tout en conservant notre patrimoine naturel pour les générations futures.
    Il est question d'offrir un avenir meilleur aux générations futures et, pour cela, il a toujours été clair et de l'avis de notre gouvernement qu'il faut protéger l'environnement et faire croître l'économie en même temps et de façon responsable.
    Madame la Présidente, je posais la question à un de ses collègues tout à l'heure, mais je vais la reposer. Les anciens gouvernements avaient un programme qui s'appelait écoÉNERGIE qui était très pratique pour les propriétaires de maison à rénover. C'était un programme pour la rénovation écoénergétique des maisons et il était très populaire. Ce programme a été abandonné, il n'existe plus maintenant, mais il serait encore très utile s'il était relancé.
    Ma première question est: pourquoi le gouvernement libéral ne l'a-t-il pas relancé? Ma deuxième question est: pourquoi ne pas établir un programme semblable pour la construction de nouvelles maisons qui pourrait aussi être très intéressant pour les propriétaires, pour l'environnement et pour les travailleurs?
    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question. Je pense que l'optique de notre gouvernement était de voir quelles seraient les mesures les plus efficaces, au-delà des crédits d'impôt qui sont très ciblés, pour nous assurer d'atteindre nos objectifs en matière de réduction de gaz à effet de serre et de réduction de consommation énergétique. C'est pourquoi nous avons investi dans les infrastructure, entre autres, dans les transports en commun pour en faciliter l'accès. Il s'agit d'un investissement de180 milliards de dollars sur 12 ans dans les infrastructures avec un volet pour le transport collectif, très important. Cela nous aidera à atteindre nos objectifs et également encourager les citoyens à faire des choix plus judicieux pour l'environnement, en offrant des services de plus grande qualité.
    Je viens de la région de Québec et je peux dire que le projet de tramway soumis par l'administration du maire Labeaume porte en lui une ambition qui n'aurait pas été possible sans l'appui financier du gouvernement fédéral et sans les investissements massifs que nous faisons dans les infrastructures, notamment dans les transports collectifs. C'est le genre d'avenue que nous avons favorisée, mais évidemment, l'objectif de notre gouvernement est de toujours regarder comment bien faire les choses pour assurer une transition vers les énergies propres à court et à moyen terme.

[Traduction]

    Madame la Présidente, Jim MacNeil, qui était l'un des diplomates environnementalistes les plus réputés du Canada sur la scène internationale et l'auteur du rapport Brundtland intitulé « Notre avenir à tous », avait l'habitude de dire que le budget fédéral est la déclaration environnementale la plus importante qu'un gouvernement puisse faire. Il y a tellement de choses qui manquent à ce budget pour lutter contre les changements climatiques.
    Je vais me concentrer sur un seul aspect, qui est l'appui pour l'énergie solaire, une forme d'énergie qui est à la hausse. Grâce aux panneaux solaires, le soleil est maintenant une source d'énergie moins dispendieuse que le charbon. Or, en réalité, le ministère des Finances du Canada prend des mesures actives pour augmenter le coût de l'énergie solaire pour les Canadiens. Non seulement il n'aide pas, mais il y applique des droits de douane considérables. J'ai soulevé cette question pour la première fois auprès de l'ancien ministre des Finances Joe Oliver. Pourquoi appliquons-nous des droits de douane sur les panneaux solaires? Cela les rend moins abordables pour les Canadiens.
    J'entends, de la part de petites entreprises, qu'elles installent des panneaux solaires sur le toit des gens, sans aucun soutien fédéral. Nous devrions faire tout notre possible pour permettre aux collectivités, aux entreprises et aux propriétaires locaux d'installer leur propre énergie renouvelable. Or, nous rendons cela plus difficile pour eux. Pourquoi appliquons-nous des droits de douane sur les panneaux solaires en provenance de la Chine?

  (1305)  

[Français]

    Madame la Présidente, je veux remercier ma collègue deSaanich—Gulf Islands et chef du Parti vert de sa question.
    Je pense que c'est important d'examiner toutes les possibilités qui s'offrent à nous pour encourager la transition vers une énergie et une économie plus vertes, plus responsables et plus propres. Par rapport au budget de 2018, je dirais, à notre corps défendant, que dans le projet de loi sur la mise en oeuvre du budget, par exemple, nous mettons un prix sur la pollution par le carbone, qui va s'appliquer d'un océan à l'autre.
    C'est une première, parce que contrairement au gouvernement précédent, qui avait peut-être des objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre, mais qui n'avait jamais de plan, cela s'inscrit pour nous dans un plan pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. C'est ce qui nous distingue du gouvernement précédent.
    Je pense que l'instauration d'un prix sur la pollution par le carbone est une partie importante du projet de loi sur la mise en oeuvre du budget. Nous savons que cela fonctionne, et que c'est bon pour l'économie et pour l'environnement.

[Traduction]

    Madame la Présidente, les néo-démocrates partagent les préoccupations de la vérificatrice générale et des pays du G7, à savoir que le Canada n'a pas tenu sa promesse d'éliminer progressivement les subventions aux combustibles fossiles. Est-il possible que le gouvernement paie ce pipeline de Kinder Morgan, vieux de 60 ans, avec l'argent du Régime de pensions du Canada? J'espère que ce n'est pas le cas.

[Français]

    Madame la Présidente, par rapport à la fin des crédits d'impôt pour les combustibles fossiles, des subventions que nous jugeons inefficaces, nous nous sommes engagés à les réduire d'ici 2025. Des mesures étaient déjà annoncées dans les budgets de 2016 et de 2017. Comme le temps me manque, j'inviterais ma collègue à réviser les mesures qui sont en place, entre autres pour le gaz naturel liquéfié et l'exploration, dans les budgets de 2016 et de 2017.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie le député de Rosemont—La Petite-Patrie pour sa motion importante et opportune d'aujourd'hui et pour son engagement continu à protéger l'environnement et à faire avancer le Canada vers un avenir énergétique propre. C'est un engagement que le gouvernement partage.
    Il n'est donc pas surprenant que j'aie le sentiment d'être d'accord avec une grande partie de la motion. Je conviens qu'être un chef de file mondial en matière de climat et créer une économie de l'énergie propre signifie investir dans des sources d'énergie renouvelable propre. Je suis d'accord pour dire que nous devons placer les travailleurs au coeur de cette équation et qu'ils ne devraient pas avoir à choisir entre un bon emploi et un environnement sain.
    C'est exactement ce que notre gouvernement dit et fait depuis son arrivée au pouvoir. En fait, nous sommes partis d'une prémisse très claire, à savoir que ce siècle serait celui de la croissance propre et que le Canada doit être parmi les chefs de file. Nous avons dit dès le départ que l'environnement et l'économie doivent aller de pair. Ce n'est pas un slogan vide de sens. Il part d'une vérité fondamentale, soit que nous ne pouvons plus parler d'une économie prospère sans tenir compte de l'environnement.
    Il est tout aussi évident que la protection de l'environnement grâce aux nouvelles sources d'énergie, aux technologies propres et à l'innovation est le moteur de l'économie pour les décennies à venir. Les deux sont symbiotiques et se renforcent mutuellement, et ne sont pas en contradiction.
    C'est pourquoi notre gouvernement s'est résolument engagé dans la voie de l'économie de croissance propre en ratifiant l'Accord de Paris; en fixant un prix pour le carbone; en faisant des investissements générationnels dans les technologies propres et l'infrastructure verte, y compris un réseau national de stations de recharge et de ravitaillement; en accélérant l'élimination progressive du charbon; en créant une norme de carburant propre; en réglementant les émissions de méthane; en faisant des investissements sans précédent dans les sciences fondamentales; en ouvrant, pour la première fois, les zones extracôtières du Canada aux énergies renouvelables marines, comme l'énergie des vagues et l'énergie éolienne marine; en élaborant un plan de protection des océans de 1,5 milliard de dollars; et, de concert avec nos collègues provinciaux et territoriaux, en élaborant un plan national de lutte contre les changements climatiques et d'investissement dans la croissance propre. Tout compte fait, notre gouvernement investit 8 milliards de dollars dans des projets d'énergie propre et des technologies renouvelables.
    Nous faisons tout cela non seulement parce que c'est la bonne chose à faire, mais aussi parce que c'est la chose intelligente à faire. Nous savons que des possibilités incroyables s'offrent aux pays qui mettent au point les technologies et favorisent l'innovation en vue d'un avenir plus durable.
    Bloomberg New Energy Finance s'attend à ce que plus de 5 billions de dollars soient investis dans de nouvelles capacités d'énergie renouvelable d'ici 2030. Le gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mark Carney, un fier Canadien, qualifie la croissance propre de possibilité économique de 30 billions de dollars. C'est là que réside l'avenir économique du Canada. C'est ce que l'avenir de la planète exige.
    Notre gouvernement est déterminé à saisir ces occasions en investissant aujourd'hui dans les domaines de l'invention et de la créativité.
    Nous savons aussi que, puisque les changements climatiques constituent un problème planétaire, il faut agir à l'échelle mondiale. C'est pourquoi nous sommes fiers d'avoir rejoint Mission Innovation comme l'un de ses membres fondateurs. Comme les députés le savent, Mission Innovation est une initiative mondiale, composée de 22 pays et de l'Union européenne, qui vise à accélérer la révolution de l'énergie propre. Le Canada s'est engagé à doubler le financement de la recherche et du développement dans le domaine de l'énergie propre, qui passera de 387 à 775 millions de dollars d'ici 2020.
    L'un des aspects les plus intéressants de Mission Innovation est l'implication du secteur privé. La Breakthrough Energy Coalition, dirigée par Bill Gates, Richard Branson et d'autres entrepreneurs de premier plan, investit dans des entreprises en démarrage afin de promouvoir une énergie plus propre, d'améliorer l'environnement et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. En engageant le dynamisme et en mobilisant l'énergie du secteur privé, Mission Innovation rendra possible l'utilisation de technologies de pointe à grande échelle, révolutionnera nos systèmes énergétiques, créera des emplois hautement spécialisés et bien rémunérés et entraînera des changements dans tous les secteurs de notre économie.
    C'est ce que les Canadiens attendent de leur gouvernement. Ils veulent que nous nous concentrions sur l'énergie propre et les technologies propres. Nous le savons parce que nous leur avons posé la question dans le cadre de la plus grande consultation sur l'avenir énergétique de l'histoire de notre pays.
    Sous la direction du ministre des Ressources naturelles, Génération Énergie a invité les Canadiens à imaginer leur avenir énergétique ainsi que celui de leurs enfants et petits-enfants, et les mesures qui devraient être prises dès maintenant. Les Canadiens ont réagi d'une façon sans précédent, et les chiffres sont révélateurs: plus de 380 000 participants, 31 000 visites sur les médias sociaux et 63 séances de consultation dans toutes les régions du pays. Plus de 650 personnes ont aussi participé à un forum Génération Énergie de deux jours à Winnipeg l'automne dernier. Ce forum a réuni, souvent pour la première fois, des producteurs et fournisseurs d'énergie, des experts internationaux, des dirigeants autochtones, des organisations environnementales, des consommateurs et tous les ordres de gouvernement.
    Il en est ressorti une vision inspirante de la façon dont les Canadiens voient leur avenir énergétique. Ils nous ont dit qu'ils voulaient une économie prospère et à faibles émissions de carbone.

  (1310)  

    Ils veulent que nous soyons un chef de file dans le domaine des technologies propres. Ils veulent un système énergétique abordable et fiable, un système qui offre des chances égales aux Canadiens sans nuire à l'environnement. Ils veulent que les peuples autochtones soient au coeur de la prise de décision et bénéficient de ces merveilleux débouchés.
    Les Canadiens recherchent des villes intelligentes, dotées de systèmes énergétiques intégrés, d'une efficacité énergétique accrue et de moyens de transport à faibles émissions de carbone. Ils veulent que les collectivités rurales et éloignées aient de meilleures options que le diésel pour produire de l'électricité et chauffer leurs maisons.
    En fait, IceGrid, un organisme de ma circonscription, St. John's-Est, a récemment participé à un événement d'Infrastructure Canada à Toronto et a gagné un prix pour sa proposition de projets appuyés par des énergies renouvelables dans des collectivités isolées. Je suis vraiment intéressé de voir comment ce projet avance.
    D'après Génération Énergie, il est également clair que les Canadiens comprennent que même si l'objectif est une économie à faibles émissions de carbone, et qu'il nous reste du travail à faire à ce chapitre, nous devons nous préparer pour l'avenir tout en vivant dans le présent en fournissant une énergie sur laquelle les gens peuvent compter, une énergie qui peut allumer les lumières lorsqu'ils actionnent l'interrupteur. Cela signifie qu'il faut continuer d'appuyer nos ressources pétrolières et gazières alors même que nous développons des solutions de rechange, y compris les énergies solaire, éolienne et marémotrice.
    C'est ici que je diverge de la motion dont nous sommes saisis. Elle ne reconnaît pas le lien entre le fait de fournir au monde le pétrole et le gaz dont il a besoin et l'utilisation des revenus tirés de ces ressources pour investir dans l'énergie propre et les technologies propres. Pour parvenir à un avenir à faibles émissions de carbone, nous devons investir et, pour investir, nous avons besoin de ressources et de revenus, des revenus qui peuvent provenir de nos ressources énergétiques traditionnelles.
    Par conséquent, même si le gouvernement partage les objectifs du député, nous ne sommes pas d'accord sur la voie à suivre. Nous continuerons d'investir dans les technologies propres, l'efficacité énergétique, l'énergie renouvelable et l'infrastructure verte, les secteurs de croissance d'aujourd'hui et de demain, et nous tirerons parti des sources d'énergie classiques du Canada. Nous améliorerons leur rendement environnemental et nous réduirons leur empreinte écologique en continuant d'investir dans des énergies plus propres. C'est la voie responsable de l'avenir. C'est la voie que nous suivons. C'est la voie qui nous mènera à un avenir énergétique propre, ce que je sais que le député souhaite.
    Il est important de se rendre compte que l'économie mondiale actuelle utilise près de 100 millions de barils de pétrole par jour, et que le pétrole doit provenir de régions du monde où les normes environnementales sont élevées et où l'empreinte carbone du développement global du pétrole et du gaz est faible. Un exemple serait l'industrie du forage en mer de Terre-Neuve-et-Labrador, qui est l'une des plus faibles productrices de dioxyde de carbone par baril dans le monde. Il est important de reconnaître qu'en plus des dommages causés par le carbone du pétrole et du gaz, il y a aussi les droits de la personne et d'autres répercussions de l'exploitation pétrolière et gazière sur l'économie mondiale.
    Le Canada est un chef de file dans ce domaine. Nous nous assurons d'avoir une croissance qui fonctionne pour tout le monde et qui aide à financer les hôpitaux, les écoles et les programmes sociaux dont jouissent les Canadiens. Le niveau de vie élevé dont nous jouissons est financé en grande partie par nos ressources traditionnelles. La part de marché du Canada dans ce secteur en déclin devrait être maintenue.
    Comme le ministre aime le dire, nous voulons que le dernier baril de pétrole qui sort du sol et qui est vendu sur le marché mondial soit un baril canadien qui coûte le moins cher à l'environnement et le moins cher sur le plan social pour notre planète. Je sais que c'est un sujet de préoccupation. Tous les partis à la Chambre ne s'entendent pas sur ce point.
    C'est une motion intéressante en ce sens que les trois domaines mettent vraiment en évidence les différences entre les trois partis.
    Dans la première partie de la motion, il est question d'investir dans les « sources d’énergie propre et renouvelable ». Selon moi, les députés seront généralement d'accord; c'est ce que nous pourrons constater pendant le débat. De plus, les députés s'entendront généralement pour dire qu'ils sont favorables à ce « qu'on place les travailleurs et la formation professionnelle au cœur de la transition vers une économie axée sur l'énergie propre ».
    Là où les députés ne s'entendront sans doute pas, c'est sur l'idée qu'il faille peut-être cesser de défendre et de promouvoir l'utilisation de certaines ressources importantes du Canada, notamment celles du secteur pétrolier et gazier.
    En ce qui concerne les infrastructures du secteur des combustibles fossiles, la partie c) de la motion n'empêche pas nécessairement les députés d'être favorables au projet Trans Mountain.
    En effet, ce projet nous permet de réduire les conséquences négatives sur l'environnement en transportant le pétrole par oléoducs plutôt que par trains ou par camions, comme c'est le cas présentement. Nous veillerons à ce que les normes de protection les plus strictes s'appliquent au nouveau pipeline; par contre, il se peut très bien que l'ancien pipeline soit désuet et qu'il faille l'améliorer. Quoi qu'il en soit, nous préparons un avenir meilleur.

  (1315)  

    
    Madame la Présidente, une bonne partie du raisonnement qui sous-tend l'expansion du pipeline Kinder Morgan a trait aux promoteurs. Ils disent qu'ils essaient d'atteindre de nouveaux marchés. Le pipeline actuel de Kinder Morgan exporte environ 99 % de ses produits vers des raffineries en Californie parce qu'elles sont déjà équipées pour traiter le bitume dilué. Où sont les preuves de tous les acheteurs qui font la queue à la porte pour acheter le produit qui sera acheminé par le pipeline élargi?
    Étant donné les engagements du gouvernement en matière de changements climatiques, j'aimerais aussi savoir comment cette expansion et les augmentations des émissions de gaz à effet de serre qu'elle représente permettront de respecter ces engagements? Le député ne convient-il pas qu'il y a un véritable fossé? Au lieu d'investir 4,5 milliards de dollars dans un vieux pipeline, plus les milliards de dollars qui devront être dépensés pour construire l'expansion, ne convient-il pas que l'argent aurait pu être mieux dépensé, ici et maintenant, pour investir dans l'économie de demain?
    Madame la Présidente, nous pouvons examiner l'ensemble des investissements que fait le gouvernement, et j'en ai énuméré de nombreux autres qui ont trait à l'énergie propre et à l'environnement, à l'innovation et à l'infrastructure, ainsi qu'à notre appui aux sciences fondamentales. Nous avons tellement d'initiatives liées à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Notre cadre comprend plus de 50 initiatives qui nous mettent sur la bonne voie pour respecter nos engagements de Paris, soit 30 % de moins qu'en 2005, d'ici 2030.
    Toutefois, il ne s'agit pas seulement d'un accord ponctuel. Ce problème ne sera pas résolu uniquement par la tarification du carbone ou des mesures d'efficacité énergétique, et nous n'y parviendrons pas si nous abandonnons notre base économique existante. Les Canadiens devraient être fiers du travail accompli et des revenus générés par notre industrie pétrolière et gazière de classe mondiale, et devraient en être fiers. Le fait de leur permettre de répondre à la nouvelle demande du marché chinois grâce au bitume illustre bien cette réalité. Si nous le vendons au prix fort à la Californie, ce n'est pas mal non plus. Toutefois, dans la situation actuelle, l'Alberta vend la grande majorité de son bitume aux États-Unis en passant par l'Oklahoma, à un coût réduit. Il faut que cela cesse. C'est un gaspillage de nos ressources naturelles.

  (1320)  

    Madame la Présidente, je sais que mon collègue de St. John's-Est est de l'autre côté du pays, de sorte qu'on peut lui pardonner de ne rien savoir sur le bitume dilué. Le bitume est un solide. Même s'il vient de dire à la Chambre que la façon la plus sûre et la plus écologique de l'expédier est par pipeline, il a tout compris à l'envers.
    Le bitume est un solide expédié par train en toute sécurité. Il ne devient dangereux que lorsque les gens le mélangent à du diluant pour le faire couler dans un pipeline, créant ainsi du bitume dilué qui est à la fois nocif pour la santé humaine et qui ne peut pas être nettoyé.
    Ma question porte sur la grande dépendance économique de notre pays à l'égard du pétrole et du gaz. Savait-il qu'au plus fort de la production des sables bitumineux, elle représentait 2 % du PIB, donc 2 % de nos écoles, hôpitaux et services sociaux; peut-on vraiment parler de dépendance?
    Madame la Présidente, je suis heureux d'aborder le dernier élément. Je ne suis pas convaincu par les chiffres, car une industrie aussi forte présente des interrelations et des avantages collatéraux, et je suis certain que cela représente plus de 2 % de l'économie albertaine. Les députés de l'Alberta seraient probablement un peu inquiets de ce dernier commentaire.
    À Terre-Neuve-et-Labrador, en fonction du prix du pétrole, l'industrie du pétrole et du gaz représente entre 14 et 30 % du PIB de la province. C'est tout un pan de l'économie sur la côte Est, comme c'est probablement aussi le cas en Alberta. Même si on ne prend que les pertes de 50 millions de dollars par jour engendrées par le fait que la vente des ressources pétrolières et gazières de l'Alberta soit limitée aux États-Unis au lieu de se faire sur différents marchés, cela représente la construction de nombreux hôpitaux et écoles et la possibilité de développer davantage l'économie des énergies propres. Il serait naïf de penser autrement.
    Madame la Présidente, tout d'abord, je souhaite remercier les députés de Rosemont—La Petite-Patrie et d'Edmonton Strathcona, qui travaillent tant au sein du parti sur les questions environnementales.
    Je partagerai mon temps de parole avec le député d'Esquimalt—Saanich—Sooke.
    Pour les gens que je représente, je tiens à préciser que la motion dont nous discuterons aujourd'hui est la suivante:
    Que, de l’avis de la Chambre, la notion de chef de file mondial en matière de changements climatiques et la mise en place d’une économie axée sur l’énergie propre signifient: a) qu’on investit dans des sources d’énergie propre et renouvelable, telles que l’énergie solaire, éolienne et géothermique, et dans des technologies écoénergétiques créatrices de bons emplois durables pour les travailleurs d’aujourd’hui et les générations futures; b) qu’on place les travailleurs et la formation professionnelle au cœur de la transition vers une économie axée sur l’énergie propre afin que les travailleurs n’aient pas à choisir entre un bon emploi et un environnement sain pour eux-mêmes et leur famille; c) qu’on s’abstient de dépenser des milliards de dollars en fonds publics dans l’infrastructure et la subvention des combustibles fossiles, qui sont de plus en plus dépassés, qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre et la pollution et qui mettent à risque la santé des Canadiens ainsi que l’environnement, le littoral, les cours d’eau et la faune du Canada, de même que les emplois dans les secteurs maritime et touristique du pays.
    C’est de cela que nous parlons aujourd’hui. Certains des commentaires entendus en Chambre sont démoralisants. Il y a des gens qui ne croient pas à la réalité des changements climatiques. Ils ne pensent pas que nous pouvons intervenir. Je ne suis pas du tout d’accord. On me dit que les émissions générées par le Canada sont faibles par rapport à d’autres pays. Nous ne pouvons nier notre responsabilité si nous prétendons ne pas être pires qu’un autre pays. Voilà les réalités auxquelles notre pays et notre monde sont confrontés.
    Aujourd’hui, nous demandons à la Chambre que le Canada soit un chef de file en matière de climat. C’est l’occasion pour nous de montrer la voie et d’investir dans la technologie et l’industrie dont d’autres profiteront, une autre façon pour le Canada de bâtir son économie. D'ailleurs, nous savons que Ceres et Bloomberg New Energy Finance estiment que les dépenses en énergie renouvelable au cours des 25 prochaines années se chiffreront à 12 billions de dollars américains. Les pays qui prendront la tête seront ceux qui auront été les premiers à mettre au point les technologies, à réfléchir et à acquérir l’expérience et qui utiliseront leurs connaissances pour soutenir la concurrence et croître sur le marché mondial des solutions énergétiques propres.
    C’est un plan pour le Canada qui m’enthousiasme beaucoup. Or, nous avons actuellement un gouvernement qui a acheté un pipeline de 65 ans, projet qui permettra de créer moins de 3 000 emplois. Il s’agira d’emplois directs à court terme qui seront créés pour la construction de ce pipeline et qui ne dureront que pendant sa construction, et moins de 100 emplois seront maintenus une fois qu’il sera construit.
    Le gouvernement s’était engagé à ne plus subventionner les combustibles fossiles; c'est une autre promesse rompue. Cela aurait permis de mettre les énergies renouvelables sur un pied d’égalité avec le secteur pétrolier et gazier. Dans son rapport du printemps 2017, le vérificateur général a conclu que le gouvernement n’avait pas l’intention de mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles.
    Le 1er juin 2017, le Centre for Civic Governance du Columbia Institute a publié un bulletin selon lequel le gouvernement libéral n’a pas tenu 50 % de ses promesses en matière de changements climatiques. Toujours d’après ce bulletin, le Canada n’a pas établi de cibles scientifiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre conformes à l’Accord de Paris, n’a pas garanti de nouveaux fonds d’infrastructure n'entraînant pas les Canadiens dans un système à teneur élevée en carbone, a retardé l’élimination des subventions aux combustibles fossiles, n’a pas accordé la priorité aux projets d’énergie renouvelable communautaires et autochtones et n’a pas préparé une stratégie nationale en matière d’énergie thermique.
    C’est très préoccupant pour les gens de ma circonscription, North Island—Powell River, qui sont nombreux à souhaiter une économie en pleine évolution et à nous voir progresser vers une économie respectueuse de l’environnement. Ils veulent faire partie de la stratégie. Ils savent où nous en sommes aujourd’hui. Ils savent que le pétrole et le gaz sont un volet important de l'économie du pays, mais nous devons nous pencher sur la question, adopter une approche plus équilibrée et nous diriger vers un changement plus significatif à l’avenir.
    Quand je songe à certains problèmes particuliers qui se sont posés dans ma circonscription, je pense aux Dzawada'enuxw, la nation autochtone de Kingcome Inlet. Il y a plus d’un an, malheureusement, une ferme piscicole a laissé fonctionner un moteur diésel toute la nuit. Il y a eu un énorme déversement de diésel dans leur territoire. Ils m’ont raconté être allés sur place et avoir aperçu des tampons absorbants au-dessus des enclos de la ferme, sauf que rien n’était fait pour stopper l’écoulement de diésel dans les cours d’eau.

  (1325)  

    Ils ont offert de prêter main-forte. Ils étaient prêts à suivre une formation et à se faire aider pour commencer à mettre en marche certaines des choses qui étaient nécessaires. Ils ont attendu pendant des heures qu’il se passe quelque chose. Ils attendent maintenant davantage de consultation et de discussion. Voilà quelques-unes des choses importantes qui se produisent.
    Dernièrement, à l’île Read et à Campbell River, il y a eu des feux de forêt, en mai. C’est dans ma circonscription et c’est quelque chose que nous voyons rarement.
    Cependant, il y a beaucoup de bonnes choses qui arrivent aussi. Récemment, j’ai participé à une « fête de la fierté forestière » à Port McNeill. On y montrait le nouveau visage de la foresterie et on y racontait l’histoire de la foresterie dans la circonscription. Nous avons eu aussi un aperçu des technologies vertes et des nouvelles façons de récolter les arbres en faisant beaucoup moins de dommages et tout en préservant certains des emplois bien rémunérés qu'il y a chez nous.
    Je pense au travail que fait le Collège de North Island. Présentement, il collabore avec plusieurs entreprises qui produisent de l'énergie renouvelable de la mer pour exploiter les courants de marée à Campbell River, qui comptent parmi les meilleurs du monde entier, et il étudie le potentiel énergétique des vagues dans le sud de l’île de Vancouver. Le collège travaille très fort, et son équipe aimerait bien que des investissements permettent de pousser les initiatives comme celles-là, qui soutiendront de petites localités et qui auront une incidence plus marquée sur l’environnement.
    Je pense à Jack Springer et à son entreprise d’observation des baleines, Campbell River Whale Watching, qui collabore avec Green Tourism Canada à un programme de certification environnementale dans le domaine du tourisme et de l'hébergement. Jack ne pouvait pas mieux dire quand il a dit: « Nous avons décidé de faire le ménage chez nous d’abord. » À l’heure actuelle, il a versé environ 5 000 $ à la fiducie foncière de Greenways pour l’entretien de sentiers et de l’écosystème environnant. Greenways fait tellement du bon travail dans notre région, et je suis très fière de l’investissement qui se fait là-bas.
    Je pense aussi à une autre petite entreprise, Small Planet Energy, qui travaille à la grandeur et à l’extérieur de la circonscription pour aider les petites entreprises et les propriétaires fonciers à se tourner davantage vers les énergies de remplacement afin de contribuer au changement que tant de Canadiens désirent. C’est une entreprise en pleine croissance parce qu'il y a énormément de gens désireux d'investir. Tellement de gens veulent voir ce genre de leadership et s’y associer au nom d’une économie plus verte. Ils veulent avoir l'assurance qu’ils investissent dans des choses qui ne nuiront pas à la Terre, pour le bien futur de leurs enfants.
    Nous sommes ici aujourd’hui, à la Chambre, pour demander au gouvernement de suivre l’exemple d'innombrables citoyens dans tout le pays qui réclament l'écologisation de l'économie. Ils investissent eux-mêmes dans cette cause et ils veulent que le gouvernement en fasse autant.
    Je viens d'une région qui a connu bien des hauts et des bas. Dans ma circonscription, l’économie est solidement axée sur les ressources dans les secteurs des pêches, de la foresterie et de l'exploitation minière. L'une des difficultés consiste à savoir reconnaître ces hauts et ces bas. Nous savons que les petites collectivités ont payé beaucoup d'impôts, mais lorsque ces cycles de prospérité et de récession surviennent, elles sont souvent laissées pour compte.
    S'attaquer aux changements climatiques peut permettre de faire des investissements intelligents, de développer les petites localités et d'examiner la manière de bien les soutenir. Nous constatons des gains d'efficacité énergétique. On peut lutter contre la pollution toute en favorisant l'entrepreneuriat canadien et l'acquisition de compétences dans l'économie mondiale de l'énergie propre, dont la valeur s’exprime en billions de dollars.
    Il est très important que le gouvernement adopte des mesures en ce sens, mais nous les attendons encore. On continue d'investir massivement dans les subventions au secteur pétrolier et gazier. Où sont les subventions pour les petites entreprises comme celle dont j'ai parlé plus tôt, qui prennent toutes les mesures possibles afin de sensibiliser les gens, de travailler avec les gens et de trouver la façon la plus abordable pour les gens d'envisager de recourir aux énergies de remplacement et de prendre part à ce cycle?
    Nous demandons au gouvernement de jouer un rôle structurant dès maintenant pour que l'on prenne des mesures qui améliorent à la fois l'économie et les résultats environnementaux dans l'ensemble du pays. Il faut placer les travailleurs au cœur de cette stratégie. Il ne faut surtout pas oublier qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre un bon emploi et un environnement sain pour les travailleurs, leurs proches et leurs concitoyens.
    J'aime le bon travail que font certains. Je pense notamment à Iron & Earth. Il s'agit d'un organisme sans but lucratif dirigé par des travailleurs. Ce sont des travailleurs de l'énergie qui cherchent à réaliser des projets d'énergie renouvelable. Ils sont en train de mettre au point une stratégie pour montrer à quoi ressemblerait une transition juste et ils ne ménagent aucun effort en vue de fournir cette information. Il s'agit de jumeler les compétences requises et les possibilités qui se présentent, de façon que les gens puissent avancer dans ce domaine.
    Il est temps que le Canada devienne un exemple à suivre dans ce dossier. J'espère que le gouvernement appuiera la motion. Cela ne s’annonce pas très bien, mais il est temps que le Canada fasse un pas en avant et que nous commencions à travailler tous ensemble pour en faire un chef de file à l'échelle mondiale et saisir cette occasion en or, cette merveilleuse occasion de jouer un rôle structurant au Canada et dans le monde entier. Il est temps que nous apportions un changement, et j'espère que nous le ferons très bientôt.

  (1330)  

    Madame la Présidente, il y avait une information intéressante dans le rapport « Perspectives économiques et financières - avril 2018 » du directeur parlementaire du budget. Ce rapport analysait l’impact de la redevance sur le carbone quand elle atteindra 50 $ la tonne, en 2022, et faisait une projection selon laquelle le PIB diminuerait d’environ 0,5 % en 2022, comparativement à un scénario sans taxe sur le carbone. La raison pour laquelle je mentionne cela, c’est qu’il y avait aussi une analyse du coût d’une taxe sur le carbone sur l’agriculture. Si on considère une exploitation agricole moyenne de l’Alberta, soit 855 acres de terres cultivées ensemencées, le coût moyen par ferme, si la taxe était de 25 $, s’élèverait à 6 631 $ par année. En comparaison, pour une ferme de l’Île-du-Prince-Édouard, le coût serait de 5 400 $ par année. Voilà ce qui arrive aux agriculteurs qui, eux, ne peuvent pas refiler ce coût aux consommateurs. Si nous faisons le calcul, en se basant sur le montant total de la redevance de 50 $, les coûts sont multipliés par deux. C’est très préoccupant.
    Nous avons entendu la ministre libérale dire que les agriculteurs ne sont pas touchés par la taxe sur le carbone. J’aimerais savoir ce que la députée pense du coût réel que devront payer nos agriculteurs.
    Madame la Présidente, je sais pertinemment que nous devons travailler fort avec toutes les parties prenantes pour nous assurer qu’à l’aube de ce nouveau monde, nous relevons ces défis d’une manière très efficace.
    J’y ai déjà fait allusion dans mon allocution, mais je pense qu’il est très important d’y revenir. J’ai un grand jardin de roses chez moi. C’est l’activité familiale qui se rapproche le plus de l’agriculture. Mes roses étaient en pleine floraison à la mi-mai et, au même moment, des incendies de forêt faisaient rage sur une petite île près de chez nous. C’est terriblement préoccupant. Il se passe des choses dans notre environnement que nous n’avions jamais vues auparavant. Nous devons nous mobiliser et agir. Nous devons nous assurer d’avoir les ressources nécessaires pour faire face aux répercussions climatiques. Nous devons nous préoccuper des gens et nous assurer qu’il y aura des emplois pour eux dans le futur.
    Je ne peux m’empêcher de dire que si la pluie ne vient pas et que si le soleil ne brille pas, les agriculteurs seront aux prises avec de gros problèmes. Nous devons faire notre possible pour stabiliser l’environnement, et être des chefs de file en la matière, afin que les autres pays du monde utilisent notre technologie et que nous puissions assurer la protection à long terme de nos exploitations agricoles. Ces collectivités et leurs familles méritent d’avoir des fermes qui fonctionnent; si les changements climatiques s’accentuent, elles auront beaucoup trop de défis à relever.

  (1335)  

[Français]

    Madame la Présidente, je prends bonne note de la motion du NPD aujourd'hui. Le gouvernement néo-démocrate de l'Alberta doit aussi en prendre bonne note. Il devrait être consterné du contenu de cette motion.
    La députée siège avec certains députés des régions du Québec, comme l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord du Québec, qui ont pu profiter d'investissements en infrastructure, le plan Nord notamment, pour le développement du secteur minier dans le Nord du Québec. Ce secteur emploie bien des personnes autochtones et bien des Québécois. Je me demande donc si la députée veut également se prononcer sur l'aide gouvernementale apportée au développement du secteur minier et des ressources au Québec.

[Traduction]

    Madame la Présidente, quelle question intéressante de la part du député d'en face.
    Je tiens d'abord à souligner que le gouvernement néo-démocrate de l'Alberta accomplit l’un des boulots les plus remarquables au pays en matière de lutte contre les changements climatiques. Je ne suis peut-être pas toujours d'accord avec ce qu’il défend, mais le travail qu'il fait pour régler ce problème est important et nous devrions tous en tirer des leçons. Nous espérons que les provinces et les territoires appuieront ces démarches et suivront cette voie.
    L'autre réalité, c'est que nous parlons d’une transition juste. C'est peut être un objectif que le gouvernement libéral ne comprend pas aussi bien qu'il le devrait. Une transition juste tient compte d’où en sont les industries, où elles se dirigent et comment s'assurer que nous soutenons les gens dans cette transition afin de ne pas les abandonner. Représentant moi-même une circonscription dont l’économie est très axée sur les ressources, je peux dire que nous avons été trop souvent laissés pour compte. Il est important que nous fassions preuve de leadership non seulement au Canada, mais partout dans le monde, car ces investissements créeront des emplois pour les Canadiens à l'avenir. Il s'agit aussi de veiller à ce qu'il y ait une transition juste à l'avenir pour les travailleurs.
    Madame la Présidente, je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui pour appuyer la motion de l'opposition du NPD inscrite au nom des députés de Rosemont—La Petite-Patrie et d'Edmonton Strathcona.
    Il s'agit d'une motion qui établit clairement la voie à suivre pour que le Canada devienne un véritable chef de file en matière de climat. Depuis plus d'une décennie, je plaide pour une transition rapide des combustibles fossiles aux énergies renouvelables. J'ai toujours été contre l'idée d'investir davantage dans les combustibles fossiles, surtout pour des investissements qui entraîneraient une augmentation du trafic de pétroliers le long de la côte de la Colombie-Britannique.
    Mon opposition à l'augmentation du trafic de pétroliers, comme beaucoup le savent, remonte à l'époque où j'ai été élu pour la première fois au conseil d'Esquimalt en 2008. J'ai assisté à ma première réunion sur la protection civile à titre de conseiller municipal, et j'ai constaté que nous n'avions aucun plan ni aucune ressource en cas de déversement d'hydrocarbures sur nos plages. J'ai présenté une motion en conseil pour m'opposer à une augmentation de la circulation des pétroliers, et cette motion a été adoptée à l'unanimité par mon conseil. Elle a plus tard été adoptée par l'union des municipalités de la Colombie-Britannique, parce que les municipalités ont compris que l'absence de plan pour faire face aux risques associés à la circulation actuelle des pétroliers signifiait que nous ne pouvions pas courir le risque de multiplier cette circulation par sept avec le pipeline Kinder Morgan.
    Cette augmentation de la circulation des pétroliers constitue une menace pour l’environnement de nos côtes vierges et nos écosystèmes déjà perturbés. La menace est cependant toute particulière pour les 76 épaulards résidents du Sud. Même l’Office national de l’énergie avait admis que ces épaulards disparaîtraient probablement si le projet de Kinder Morgan allait de l’avant, quoiqu'il ait bien sûr indiqué que l’étude de cette question ne relevait pas de sa compétence.
    L’augmentation de la circulation des pétroliers menace l’économie actuelle au sein de ma circonscription, qui est fondée, du côté du secteur privé, sur la pêche, tant récréative que sportive, et sur le tourisme. Personne ne vient sur l’île de Vancouver pour voir des déversements d’hydrocarbures. On y vient pour les plages vierges, le littoral, le poisson et les célèbres épaulards résidents du Sud.
    Une augmentation de 700 % de la circulation des pétroliers signifie une augmentation de 700 % de la probabilité d’un déversement. Par conséquent, même si le risque actuel est assez faible, nous savons qu’un déversement se produira éventuellement. Même Kinder Morgan l’a admis dans son mémoire à l’Office national de l’énergie.
    Lorsque le gouvernement dit que l'on a mis en place des mesures de calibre mondial, il est important de préciser ce qu’il entend par mesures de calibre mondial pour contrer les déversements. En 2011, en qualité de député nouvellement élu, j’ai parlé au chef de l’exploitation de la Western Canada Marine Response Corporation, qui est l’organisation à but non lucratif mise sur pied par l’industrie du pétrole et des oléoducs afin de contrer les déversements. On constate bien sûr une certaine ironie, ici, lorsque les pétrolières et les propriétaires des oléoducs sont propriétaires de l’entreprise chargée de nettoyer les déversements, mais je m’égare. Je lui ai demandé quelles étaient les normes permettant de mesurer la réussite du nettoyage d’un déversement. Il m’a répondu qu’il s’agissait du nettoyage de 10 à 15 % des hydrocarbures déversés et un délai d’intervention de six à six heures et demie au sein de ma circonscription. Je lui ai demandé si c’était parce que les données scientifiques indiquaient que c’était tout ce qui était nécessaire, ou si c’était parce qu’un nettoyage de 15 % et un délai d’intervention de six heures permettraient d’atténuer au maximum l’impact au sein de ma circonscription. Non, m’a-t-il répondu, c’était simplement le mieux qu’on pouvait faire et on en avait par conséquent fait la norme. C’est la norme pour le nettoyage des déversements de pétrole brut et non pas pour le bitume, qui coule sans flotter.
    Pour ce qui est du Plan de protection des océans de 1,5 milliard de dollars vanté par les libéraux, faisons quelques calculs. Ce montant de 1,5 milliard de dollars sur 10 ans revient à 150 millions de dollars par année, que nous répartissons entre les trois océans. Disons que le Nord se fait négliger, comme d’habitude, et n’obtient qu’une part de 30 millions de dollars de ce montant. Cela laisse environ 60 millions de dollars pour chaque côte. Vraiment, 60 millions de dollars par année pour chaque côte afin d’améliorer notre capacité d’intervention en cas de déversement, alors que la circulation des pétroliers sera multipliée par sept? Bien sûr, le Plan de protection des océans n’est pas vraiment un plan. C’est davantage une liste de souhaits, dont la plupart concernent des consultations supplémentaires et le remplacement d’un équipement très désuet qui est déjà nécessaire sur les côtes.
    Avant que les députés d'en face ne commencent à m’accuser d’hypocrisie ou de dureté à l’endroit des travailleurs de l’industrie pétrolière, ou encore d’être dépensier pour vouloir ces mesures, je leur dirai trois choses.
    En premier lieu, des actions de chacun d’entre nous sont nécessaires afin de relever les défis des changements climatiques. Je fais moi-même tous les efforts en mon pouvoir, comme peuvent le faire tous ceux qui sont privilégiés. Je conduis une voiture électrique depuis plus de cinq ans et nous avons installé à la maison une thermopompe ainsi que des appareils à haut rendement énergétique. J’achète aussi des compensations en fixation de carbone pour les vols que j’effectue en qualité de député. L’action individuelle, bien que nécessaire, ne sera cependant jamais suffisante pour relever les défis des changements climatiques et la plupart des Canadiens manquent de ressources pour apporter des changements à leur mode de vie. Même s’ils pouvaient apporter ces changements, ceux-ci ne seraient pas suffisants sans l’action collective.
    En second lieu, je n’ai jamais indiqué que cesser immédiatement l’exploitation des sables bitumineux était la solution, mais j’ai demandé un moratoire sur l’expansion de ce secteur parce que nous devons arrêter de nous précipiter dans la mauvaise direction.

  (1340)  

    En troisième lieu, la question des emplois ici ne vise pas à priver des gens de leur emploi. C’est plutôt de veiller à ce qu’ils disposent à long terme d’emplois durables et de qualité supérieure pour nourrir leur famille.
    Des technologies renouvelables existent déjà. Ces technologies sont éprouvées et rentables. D’ailleurs, depuis cette année, il y a au Canada plus d’emplois au sein de l’industrie existante de l’énergie renouvelable qu’il y en a dans toute l’industrie pétrolière et gazière.
    Les investissements dans l’énergie renouvelable créent des emplois dans toutes les collectivités, pas seulement dans des camps éloignés. Ce sont des emplois spécialisés, des emplois à long terme, pas des emplois en voie de disparition.
    Si nous étudions le coût de ces emplois, tout devient très clair. Le secteur gazier et pétrolier crée environ un emploi à temps plein par million de dollars investi. Le secteur de l’énergie renouvelable fait beaucoup mieux. Les projets d’énergie solaire, pour ne donner que cet exemple, créent plus de six emplois par million investi. Si nous devons faire une proposition économique simple du meilleur endroit où investir pour obtenir des emplois spécialisés qui feront vivre des familles dans l’avenir, c’est dans l’énergie renouvelable qu’il faut le faire, pas dans le pétrole et le gaz.
    On peut transférer dans certains secteurs de l’énergie renouvelable les compétences mêmes qui ont été utilisées pour le pétrole et le gaz. Le meilleur exemple en est la géothermie, qui sert surtout à chauffer des espaces et qui a été totalement sous-utilisée au Canada. Il s’agit du meilleur exemple, car les projets géothermiques font appel à des ingénieurs civils et à des ingénieurs en géologie. Ils ont besoin de foreurs, de tuyauteurs et de soudeurs. Ce sont exactement des compétences qui sont directement transférables à partir de l’industrie gazière et pétrolière. Ce qu’il nous faut, c’est un appui du gouvernement afin d’amorcer la transition de ces travailleurs.
    Enfin, on me met souvent au défi d’indiquer comment nous paierons en réalité le coût de cette nécessaire transition. Soyons clairs. Il nous faut payer pour agir rapidement ou nous subirons des conséquences et des coûts catastrophiques en tentant de nous adapter aux changements climatiques et nous mettrons peut-être même en péril notre avenir sur cette planète.
    Comment paierons-nous tout cela? Nous pourrions commencer par mettre fin aux subventions fédérales sur les combustibles fossiles, estimées à près de 3,3 milliards de dollars par an. C’est quelque chose que tant les libéraux que le NPD ont promis de faire au cours de la dernière élection, avec juste une différence de moment: ce serait immédiatement pour nous et d’ici 2025 pour les libéraux.
    Il est aussi intéressant de souligner qu’un récent rapport du vérificateur général a constaté que, malgré cette promesse, celui-ci ne pouvait trouver aucun plan visant l’arrêt progressif de ces subventions, ni même de preuve que le gouvernement avait commencé à le faire.
    C’est un montant de 3,3 milliards de dollars par année que nous mettons dans une vieille technologie, dans la technologie du pétrole et du gaz qui menace le climat.
    En outre, j’affirme, comme je l’ai toujours fait, que nous devrions renoncer à des décisions malavisées comme le rachat de Kinder Morgan. L’achat du vieil oléoduc pour 4,5 milliards de dollars et des dépenses supplémentaires de 7 à 10 milliards pour son remplacement gaspillent jusqu’à 15 milliards de dollars lorsque nous les combinons à des subventions que nous pourrions éliminer. Cela nous doterait d’un fonds d’investissement dans l’énergie renouvelable de plus de 10 milliards de dollars au cours de la première année et d’un autre montant de 3,3 milliards de dollars au moment de la fin de ces subventions. C’est beaucoup d’argent à mettre dans un avenir d’énergie renouvelable solide et dans des emplois au sein de chaque collectivité du pays.
    Le gouvernement nous dit maintenant que l’investissement dans Kinder Morgan n’est que temporaire et que l’oléoduc sera vendu une fois qu’il ne présentera plus de risques. Il n’y avait cependant pas d’acheteur du secteur privé pour l’oléoduc alors que cette garantie gouvernementale contre les retards existait déjà; il est donc difficile de savoir qui serait ce futur acheteur, à moins que les libéraux ne prévoient subir une lourde perte au nom du public. Le gouvernement ne nous a pas encore dit de façon claire comment il entend payer le gros investissement constitué tant par l’achat de Kinder Morgan que par la construction du nouvel oléoduc. On n’avait évidemment rien prévu de ce genre dans le dernier budget, alors où le gouvernement trouvera-t-il cet argent? C’est très difficile de la savoir.
    Il est très facile pour certains de tenter de jeter le blâme sur le gouvernement de M. Horgan pour les retards; c’est facile en théorie, mais plus difficile dans la pratique. Aucun permis demandé en Colombie-Britannique n’a été refusé et il est raisonnable de se présenter devant les tribunaux afin de protéger la compétence provinciale, puisque la Cour suprême de la Colombie-Britannique a jugé dans l’affaire Northern Gateway que la province devait faire elle-même sa propre évaluation environnementale de cet oléoduc. Comment aurait-ce pu être le cas s’il n’y avait pas de compétence provinciale?
    Nous aurons de durs choix à faire. Nous pouvons continuer à investir dans les combustibles fossiles et continuer à subir les effets de plus en plus nocifs des changements climatiques qui menacent tous nos emplois et nos familles, ou nous pouvons choisir la voie d’une économie à faibles émissions de carbone, une économie qui crée de bons emplois durables soutenant les familles dans toutes les provinces et les collectivités, une économie qui permet d’éviter la catastrophe imminente qui arrivera si l'on manque les cibles de réduction des gaz à effet de serre que nous avons établies dans l'Accord de Paris et si la température augmente de plus de deux degrés.
    Je lance un appel pour que nous choisissions la voie la plus progressiste.

  (1345)  

    Madame la Présidente, il est très évident que le NPD, tout au moins sur la scène nationale, n’appuie pas les pipelines. Rachel Notley, première ministre néo-démocrate, en reconnaît la valeur et l’importance pour l’intérêt national, car ils créent de l’emploi. Nous avons choisi cette voie, car nous sommes convaincus qu’ils produiront des résultats très positifs pour les entreprises de technologie propre. Ces pipelines généreront des fonds avec lesquels nous pourrons subventionner ces entreprises.
    S’il n’en tenait qu’aux députés néo-démocrates, qui parlent de cet investissement de 4,5 milliards de dollars, nous savons très bien que, sans cet investissement, le pipeline disparaîtrait. Ne se soucient-ils pas de ce qui se passe dans la province de l’Alberta au point de l’ignorer complètement?
    Quand l’Alberta va bien, le Canada va bien. Il est dans l’intérêt national que ce pipeline aille de l'avant, et les membres du NPD fédéral disent non au NPD de l’Alberta. Pourquoi disent-ils non et sont-ils en désaccord avec le NPD de l’Alberta?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue pour sa question quelque peu hostile. Il est très clair que le gouvernement de l’Alberta est un chef de file en matière de changements climatiques au Canada et qu’il y a une chose sur laquelle je ne suis pas d’accord avec lui, c’est la nécessité du pipeline de Kinder Morgan.
    Il y a vraiment lieu de se poser des questions, et je pense que c’est la véritable raison pour laquelle il n’y avait pas d’acheteur du secteur privé pour ce projet. Une fois que le pipeline Keystone sera construit, qu’il sera approuvé et qu’il fonctionnera, et une fois que le mégaport de la Louisiane sera construit pour les pétroliers, il n’y aura plus assez de pétrole pour deux oléoducs, et l’écart des prix qui aurait permis au pipeline de Kinder Morgan de devenir rentable disparaîtra.
    Nous avons fait un mauvais choix. La société Kinder Morgan a abandonné ce projet parce qu’il ne sera pas rentable à l’avenir et qu’elle a trouvé un acheteur naïf, le public canadien.
    Madame la Présidente, je félicite mon collègue d’Esquimalt—Saanich—Sooke d’avoir si bien répondu à cette question. Nos circonscriptions se touchent. Nos électeurs partagent l’opinion de mon cher ami, le regretté Arthur Black, qui répondaient aux gens qui parlaient d’acheminer le bitume jusqu’à la côte, « La côte? Mais c’est ma cour avant! » Voilà ce que nous pensons de la mer des Salish.
    Mon collègue a mentionné la difficulté de nettoyer un déversement de bitume dilué. Nous avons récemment assisté à un cours de l’Université de Victoria où nous avons appris qu’il est fort probable qu’une fois en pleine mer, le bitume et le diluant se sépareront. De plus, le bitume commencera à couler, à s’émulsifier et à former une substance semblable au saindoux, qui risquera de se répandre sur nos plages et qu’il faudra chauffer pour la nettoyer. J’aimerais que mon collègue nous parle de la possibilité d’un déversement de bitume dilué.

  (1350)  

    Madame la Présidente, je remercie la députée de la circonscription voisine de son opposition inlassable à cet oléoduc. Nous savons très bien qu'il n'y a aucune preuve que le bitume dilué puisse se nettoyer facilement, mais nous savons aussi que cet oléoduc et un déversement de cet ordre menaceraient les milliers d’emplois dans le sud de l’île de Vancouver qui dépendent de la pêche sportive, de la pêche récréative et du tourisme. L’épine dorsale de l’économie de notre secteur privé est mise en danger par une augmentation de 700 % de la circulation des pétroliers sans qu’on puisse être vraiment sûrs de pouvoir nettoyer un déversement.
    Madame la Présidente, j’ai appris au cours de mes 14 années dans cette Chambre que les conservateurs sont au moins honnêtes. Ils savent que le secteur pétrolier et gazier est un des principaux moteurs de notre économie et ils le défendent. Les libéraux affirment que ce secteur représente effectivement un moteur économique important et qu’en le laissant tourner encore et encore, nous arriverons à bâtir une nouvelle économie qui le remplacera. Nous avons entendu aujourd’hui qu’il faut en poursuivre l’expansion pour créer une nouvelle économie de l’énergie.
    J’aimerais que mon collègue nous dise ce qu’il pense du manque de sincérité et de l’hypocrisie de la position libérale prétendant créer une nouvelle économie sans investir en Alberta et sans investir dans la création d’énergies de remplacement. Les libéraux nous demandent simplement de les laisser continuer à accroître la production actuelle car c’est un très bon pour stimuler l’économie, mais cela montre qu’ils n’ont aucun plan pour mener le Canada à la nouvelle économie dont ils nous parlent sans cesse.
    Madame la Présidente, la question du député souligne une évidence que le NPD a abordée aujourd’hui: si nous prenions l’argent utilisé pour acheter cet oléoduc et pour subventionner l’industrie pétrolière et gazière et que nous l’investissions dans des projets d’énergie renouvelable en Alberta, cela créerait les emplois dont l’Alberta a besoin aujourd’hui et dans l’avenir. Le NPD est en désaccord avec l’Alberta au sujet de cet oléoduc, mais il convient à l'instar du gouvernement albertain de la nécessité de faire la transition vers une économie axée sur l’énergie renouvelable dans l’avenir. Le gouvernement en fait très peu, s’il fait quoi que ce soit, pour assurer cette transition.
    Avant de reprendre le débat, je tiens à rappeler à la prochaine intervenante que je devrai malheureusement l’interrompre afin de passer au reste des articles inscrits à l’ordre du jour. Le débat se poursuivra cependant après, et la députée pourra terminer son allocution.
    Nous reprenons le débat. La députée de King—Vaughan a la parole.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Winnipeg-Centre, ce qui se produira évidemment après la période des questions.
    Ce n'est pas tous les jours que nous avons le privilège de voir notre politique si bien résumée et défendue dans une motion présentée par un député de l'opposition. J'aimerais remercier le député pour sa motion et aussi pour sa participation au comité de l'environnement et du développement durable. C'est un nouveau membre. Nous apprécions beaucoup sa contribution au comité.
    Nous agissons déjà. Nous faisons des investissements qui donnent aux Canadiens les compétences et les technologies nécessaires pour transformer leur vie et leur économie en vue d'un avenir plus vert, plus propre et plus prospère qui profite à tous.
    Nous soutenons la transition vers une économie plus propre en fixant un prix sur la pollution par le carbone et en mettant fin aux subventions contre-productives et obsolètes sur les combustibles fossiles. C'est ce dont j'aimerais parler plus particulièrement dans mon discours d'aujourd'hui. Cette initiative est déjà bien engagée.
     En juin 2016, le gouvernement, de concert avec les États-Unis et le Mexique, s'est engagé à éliminer progressivement les subventions inefficaces pour les combustibles fossiles d'ici 2025 et a demandé aux autres membres du G20 de faire de même. Nous faisons preuve de leadership pour faire de cet objectif une réalité pour le Canada et nos partenaires.
    Au cours des dernières années, le Canada a fait d'importants progrès en introduisant des mesures visant à éliminer progressivement un certain nombre de préférences fiscales qui soutiennent la production de combustibles fossiles par l'extraction de pétrole, de gaz et de charbon. Cela comprend l'élimination progressive de la déduction pour amortissement accéléré pour les biens corporels dans les projets d'exploitation des sables bitumineux. C'était dans le budget de 2007, et la mise en œuvre a été achevée en 2015.
    Cela comprend aussi la réduction des taux de déduction des dépenses en immobilisations incorporelles dans les projets d'exploitation des sables bitumineux afin de les aligner sur les taux du pétrole et du gaz classiques. C'était dans le budget de 2011, et la mise en œuvre a été achevée en 2016.
    Cela comprend l'élimination progressive du crédit d'impôt à l'investissement de la région de l'Atlantique pour les investissements dans les secteurs pétrolier, gazier et minier. C'était dans le budget de 2012 et cela a été mis en oeuvre et terminé l'an dernier, en 2017.
    Cela comprend l'élimination progressive de la déduction pour amortissement accéléré pour les biens corporels dans les mines, y compris les mines de charbon. C'était dans le budget de 2013, et la mise en œuvre doit être achevée d'ici 2021.
    Cela comprend l'abaissement du taux de déduction pour les frais d'aménagement minier incorporels de préproduction, y compris pour les mines de charbon, afin de l'aligner sur les taux du secteur pétrolier et gazier. C'était dans le budget de 2013, et la mise en œuvre doit être achevée en 2018.
    Cela comprend les mesures prises par le gouvernement actuel pour permettre que la déduction temporaire pour amortissement accéléré pour le gaz naturel liquéfié dans les installations de GNL expire, comme prévu, à la fin de 2024.
    Cela comprend la décision prise dans le cadre du budget de 2017 de rationaliser le traitement fiscal des dépenses afférentes aux activités de forage d'exploration pétrolière et gazière couronnées de succès. La décision devrait être mise en oeuvre d'ici 2021.
    Cela comprend la mesure prévue dans le budget de 2017 pour éliminer progressivement les avantages fiscaux qui permettent aux petites sociétés pétrolières et gazières de reclassifier certaines dépenses de développement comme des frais d'exploration qui reçoivent un meilleur traitement. La mesure devrait être mise en oeuvre d'ici 2020.
    Il est important de ne pas oublier que ces mesures entreront en vigueur progressivement afin d'éviter de perturber l'industrie des combustibles fossiles tout en appuyant les objectifs environnementaux généraux du Canada. Parallèlement, le gouvernement évalue des mesures non fiscales afin de déterminer si certaines pourraient être considérées comme des subventions inefficaces aux combustibles fossiles dans le contexte du respect de ses engagements envers le G20. Bien qu'il n'existe aucune définition largement acceptée, l'idée générale est que les subventions aux combustibles fossiles peuvent aller au-delà des dispositions fiscales directes et englober des choses comme le contrôle des prix, les subventions en espèces et les avantages fiscaux.
    Des fonctionnaires d'Environnement et Changement climatique Canada dirigent un examen interministériel des mesures fédérales non fiscales. Le gouvernement donnera suite à toutes les conclusions afin de remplir son engagement auprès du G20 à éliminer graduellement les subventions inefficaces aux combustibles fossiles d'ici 2025.
    À l'instar des Canadiens, nous savons que la pollution n'est pas gratuite. Ses coûts se traduisent par les sécheresses, les inondations, le smog et les feux de forêt, ainsi que par ses effets sur l'eau, la nourriture et l'air que nous respirons. C'est notre santé et notre avenir qui paient le prix de la pollution. Les coûts financiers sont également très réels. Il est prévu que les changements climatiques, à eux seuls, coûteront 5 milliards de dollars à l'économie d'ici 2020.

  (1355)  

    La députée disposera de cinq minutes après la période des questions pour poursuivre son discours.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Le Nunavut Arctic College

    Madame la Présidente, qujannamiik uqaqti.
     L’éducation et les soins de santé sont deux grandes priorités dans ma circonscription, Nunavut. Pour ce qui est de la première, le Nunavut a le taux de diplomation le plus bas du pays, fâcheuse réalité causée par bien des facteurs dont une profonde méfiance du système que nous ont laissé les pensionnats. Pour ce qui est de la seconde, les Nunavummiuts ont besoin d’avoir accès à des soins de santé de qualité. Ils veulent être soignés au Nunavut par des gens sensibles à leur culture.
    Je suis heureux de dire que les jeunes du Nunavut font leur part pour s’occuper de ces priorités. Demain, je me rendrai dans ma circonscription pour féliciter les derniers diplômés des programmes d'enseignement et de soins infirmiers au Nunavut Arctic College. Ces programmes fournissent aux étudiants une éducation culturellement pertinente qui leur permettra de façonner les politiques d’enseignement et de soins de santé pendant des générations. Ce sera pour moi un grand honneur que de prendre la parole à la cérémonie et je suis très fier de ces diplômés et de leurs réalisations.

[Français]

L'Association des jeunes bègues du Québec

    Monsieur le Président, j'ai récemment eu la chance de m'entretenir avec Mmes Chantale Baillargeon et Mélanie Paiement, qui oeuvrent au sein de l'Association des jeunes bègues du Québec.
    L'AJBQ est un organisme communautaire à but non lucratif oeuvrant dans le domaine de la santé depuis plus de 25 ans. Ses membres, composés de parents, de professionnels et de chercheurs, se sont donné la mission d'offrir aux jeunes qui bégaient l'espoir, les connaissances et la confiance pour se réaliser pleinement.
    Le 14 juin prochain se tiendra à Laval un cocktail dînatoire pour célébrer l'ouverture de la première clinique communautaire francophone spécialisée en bégaiement.
    Je tiens finalement à féliciter l'AJBQ pour sa contribution à la création d'un monde où le bégaiement n'est pas un obstacle au développement du plein potentiel de chacun.

  (1400)  

Lévis—Lotbinière

    Monsieur le Président, à l'aube des festivités qui auront lieu tout au long de l'été dans Lévis—Lotbinière, j'aimerais vous faire part de ce qui me rend si fier de ma région.
     Tout d'abord, j'ai la chance de vivre avec des gens chaleureux et dynamiques. Je souligne aussi la grande solidarité de ma région pour venir en aide aux plus démunis. Je constate que, pour avoir un endroit où il fait bon vivre, au-delà des infrastructures matérielles, c'est la qualité des valeurs d'une population qui compte vraiment.
     Je félicite celles et ceux qui s'impliqueront tout au long de l'été dans les nombreux festivals de ma région, tant sportifs que culturels, à la saveur locale. Je suis impatient de rencontrer tous mes concitoyens lors des nombreuses activités estivales entourant la fête du Canada, ainsi que lors de mon implication dans la pièce de théâtre Comme dans le temps, puis enfin à mon souper du député, le 10 août.
    Au plaisir de tous vous voir!

[Traduction]

Le repêchage 2018 de la Ligue canadienne de football

    Monsieur le Président, j’interviens aujourd’hui pour saluer Jacob Firlotte, membre de la bande Sts’ailes, dans ma circonscription. Jacob a été choisi au 58e  rang lors du repêchage 2018 de la Ligue canadienne de football. C’est l’un des rares Autochtones de la Colombie-Britannique à avoir été repêchés dans la Ligue.
    Jacob a commencé à jouer au football dans sa communauté, en compagnie de son frère aîné, avant de se joindre aux équipes de son école intermédiaire et secondaire. Il a ensuite joué dans l’équipe de l’Université Queen's où il étudiait la philosophie.
    Jacob s’est fixé pour but d’être un modèle pour les enfants de sa communauté. Il veut qu’ils sachent qu’ils peuvent eux aussi réussir et il encourage tous les jeunes Autochtones à réaliser leurs rêves. Toute la circonscription de Mission—Matsqui-—Fraser Canyon se réjouit pour Jacob.

Le festival Supercrawl d'Hamilton

    Monsieur le Président, en 2004, un groupe local d'artistes et de galeristes a lancé une activité mensuelle pour célébrer la scène artistique en ébullition le long de la rue James Nord, dans ma circonscription, Hamilton-Centre. L'activité Art Crawl, comme on l'appelle, a rapidement pris de l'ampleur. En 2009, Supercrawl voyait le jour.
    Ce festival annuel met en vedette d'excellents artistes des domaines des arts, de la musique, de la mode et de la scène. Il invite autant des talents locaux que des artistes de partout au Canada et des quatre coins du monde. Plus de 200 000 personnes se déplacent pour participer aux trois jours de festivités.
    Je tiens à féliciter Tim Potocic, Dane Pedersen, Mark Furukawa, Mike Renaud, David Kuruc, Graham Crawford, Kieran Dickson, Gary Buttrum et tous ceux qui ont contribué au Supercrawl. Véritable fête des arts, de la musique et de la culture, le festival célèbre aussi la force, la diversité et le dynamisme de notre collectivité. Le Supercrawl soulignera son 10e anniversaire du 14 au 16 septembre prochain, et tous auront beaucoup de plaisir.

Le centre des sciences de la santé Sunnybrook

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner le 70e anniversaire du centre des sciences de la santé Sunnybrook de Toronto.
    Fondé à Don Valley-Ouest en 1948 en tant qu'hôpital pour les anciens combattants, Sunnybrook a une fière histoire et une remarquable tradition de soins donnés aux héros de guerre du Canada. Affilié à l'Université de Toronto, il demeure un symbole de la gratitude du pays envers les forces armées. Au cours des 70 dernières années, Sunnybrook est devenu l'un des établissements de santé les plus grands et les plus dynamiques du Canada, en plus de s'imposer comme chef de file dans les domaines des soins aux patients, de la sensibilisation et de la recherche.
    Le centre pour vétérans de Sunnybrook, en étroite collaboration avec le ministère des Anciens Combattants, demeure le plus grand centre pour anciens combattants au pays. Aujourd'hui, il accueille quelque 475 vétérans de la Deuxième Guerre mondiale, de la guerre de Corée et de conflits modernes, qui reçoivent des soins spécialisés de première qualité.
    Nous nous réjouissons à l'idée des 70 prochaines années de Sunnybrook et des effets durables que l'hôpital continuera d'avoir sur les anciens combattants canadiens, leur famille et la collectivité.

[Français]

La jeunesse

    Monsieur le Président, à chaque mois de juin, notre jeunesse franchit une étape importante. Après une année scolaire qui s'achève, les élèves du primaire vont célébrer leurs réussites, les jeunes adultes élèves des écoles secondaires de Dollard-des-Ormeaux, de Donnacona, de Saint-Marc-des-Carrières, de l'École secondaire Louis-Jobin, de l'École secondaire Mont-Saint-Sacrement, de l'École des Pionniers et du Séminaire Saint-François vont quitter cet univers plus encadré pour amorcer leur vie d'adulte.
    Aux jeunes: je vous invite à être fiers de vous. Vous avez garni votre coffre à outils pour vous offrir un bel avenir et construire une société encore meilleure. Bonnes vacances.
    Par ailleurs, comme j'ai à coeur la cause des enfants, j'ai relevé le Défi têtes rasées, une activité de financement de Leucan. Je l'ai fait pour aider notre jeunesse. Je crois en notre relève.
    Je tiens à remercier ma famille, mon personnel, mes amis et plusieurs collègues de la Chambre des communes. J'ai eu des contributions des députés du NPD, de Québec debout, du Parti libéral et évidemment du Parti conservateur. Au-delà de nos convictions politiques, nous sommes capables de travailler ensemble pour notre jeunesse. Je remercie sincèrement ceux et celles qui appuient les enfants.

  (1405)  

[Traduction]

L'École primaire de Nackawic

    Monsieur le Président, je prends aujourd'hui la parole pour féliciter les élèves de l'École primaire de Nackawic. Cette école vient d'être officiellement reconnue comme une école de la Terre parce qu'elle a réalisé 1 000 projets dans le domaine de l'environnement. La volonté des élèves, tant à l'école qu'à la maison, est admirable. Au moyen d'expériences axées sur la nature, les élèves ont réalisé des projets dans leur jardin et leur classe en plein air qui leur ont permis de faire du recyclage, de résoudre des problèmes, d'échanger des pratiques, de développer une conscience sociale et d'adopter de bonnes habitudes de vie. Il leur a fallu des années d'efforts pour réussir cet exploit.
     Cette semaine, l'École primaire de Nackawic se joint à des centaines d'autres écoles au Canada qui montrent l'exemple. Les élèves de l'École de Nackawic serviront de modèle pour les nouveaux élèves, qui pourront poursuivre l'excellent travail de leurs prédécesseurs. Ces jeunes leaders et gardiens de l'environnement serviront peut-être même de modèle pour les élèves plus âgés.
    Je suis très fier des élèves de l'École primaire de Nackawic et je les remercie des efforts qu'ils ont déployés afin d'adopter des comportements responsables en matière d'environnement en renouant avec la nature et en s'amusant avec leurs camarades de classe. Je félicite les élèves de l'École primaire de Nackawic, ainsi que les mentors et les enseignants enthousiastes qui les ont guidés dans cette aventure.

L'industrie minière

    Monsieur le Président, hier, une page d'histoire a été écrite dans ma circonscription lorsque Vale, un producteur de nickel, a annoncé la construction de la première mine souterraine au Labrador. L'entreprise a lancé le projet de mine à ciel ouvert il y a 16 ans et a conclu deux ententes sur les répercussions et les avantages avec la nation innue et le gouvernement du Nunatsiavut qui ont été couronnées de succès. La société emploie plus de 60 % d'Autochtones, et, grâce aux ententes sur les répercussions et les avantages, de nombreux contrats d'approvisionnement sont conclus avec des entreprises de Terre-Neuve-et-Labrador.
    La construction débutera cet été, et 4 800 emplois seront créés d'ici 2020. L'entreprise investit plus de 2 milliards de dollars dans une mine souterraine et des emplois directs, notamment à l'usine de traitement de Long Harbour, à Terre-Neuve, où 1 700 emplois seront créés à Terre-Neuve-et-Labrador. C'est une journée historique pour nous, et cette réussite est attribuable aux ententes sur les répercussions et les avantages conclues avec les groupes autochtones et à la bonne relation de travail entre l'entreprise et les résidants de Terre-Neuve-et-Labrador. C'est un exemple de réconciliation et d'exploitation des ressources qui va de pair avec la protection de l'environnement et la conservation. Ce...
     La députée de Lethbridge a la parole.

Le travail des enfants

    Monsieur le Président, le 12 juin est la Journée mondiale contre le travail des enfants. Nous avons parfois du mal à comprendre ce que signifie l'expression « travail des enfants », car, au Canada, nous sommes extrêmement chanceux. Cependant, plus de 168 millions d'enfants dans le monde ne bénéficient pas de la même protection que les enfants canadiens. Je pense à l'esclavage des enfants. Je pense aux enfants qui sont vendus pour rembourser des dettes, aux enfants que l'on oblige à faire le trafic de la drogue, aux enfants que l'on oblige à participer à des conflits armés et aux enfants qui doivent se prostituer.
    En Corée du Nord, des enfants du primaire sont obligés de travailler à la ferme. S'ils refusent, ils sont battus, et on les prive de nourriture. En Irak et en Syrie, des enfants capturés par le groupe État islamique sont obligés de travailler dans des ateliers clandestins. Quand les fillettes vieillissent un peu, elles sont vendues comme esclaves sexuelles. Au Congo, de jeunes enfants sont obligés de creuser dans la boue pour trouver des diamants et d'autres minéraux précieux. Il ne s'agit là que de quelques exemples de cette pratique odieuse qui a cours partout dans le monde.
    Aujourd'hui, je suis solidaire des personnes qui travaillent sur les premières lignes pour mettre fin à l'esclavage des enfants et j'exhorte le gouvernement du Canada à dénoncer cette situation et à en faire beaucoup plus pour l'enrayer.

La communauté canado-tibétaine

    Monsieur le Président, tashi delek. Pour les Tibétains de partout dans le monde, 2018 est l'année de la gratitude.
    Lobsang Sangay, sikyong, ou chef, de l'Administration centrale tibétaine, ainsi que plusieurs membres de la communauté tibétaine de diverses localités canadiennes sont ici parmi nous aujourd'hui pour remercier le Canada. Nos invités remercient le gouvernement d'avoir accueilli, en 1971, les Tibétains comme premier groupe de réfugiés non européens parrainés par le gouvernement, d'avoir soutenu de façon indéfectible le peuple tibétain et d'avoir décerné le titre de citoyen d'honneur à Sa Sainteté le dalaï-lama en 2006. Aujourd'hui, je porte avec fierté dans cette enceinte la khatak, ou écharpe, dont Sa Sainteté m'a fait cadeau.
    En qualité de député de Parkdale—High Park, la circonscription où réside la plus grande communauté tibétaine en Amérique du Nord, j'offre nos remerciements les plus sincères aux Canadiens d'origine tibétaine. Je leur dis thuk-je-che. Je les remercie de nous avoir fait connaître la voie du milieu, d'avoir amélioré notre compréhension du bouddhisme tibétain et, surtout, d'avoir contribué dans une large mesure à enrichir la mosaïque multiculturelle canadienne.

  (1410)  

Les jeunes entrepreneurs

    Monsieur le Président, en qualité de secrétaire parlementaire pour la Petite Entreprise et le Tourisme, j'ai eu l'occasion de rencontrer des entrepreneurs canadiens d'un océan à l'autre.
    Les entrepreneurs se lancent en affaires convaincus qu'une simple idée novatrice peut résoudre un problème, ouvrir de nouveaux marchés ou insuffler un nouvel élan à une collectivité. Au cours des deux derniers jours, j'ai eu la chance de passer du temps avec 25 jeunes dynamiques et enthousiastes de partout au Canada qui rêvent de devenir entrepreneurs.

[Français]

    L'activité L'avenir est à toi!, qui se termine aujourd'hui, les a amenés ici, à Ottawa, pour en apprendre des chefs d'entreprise canadiens. Leurs idées, leurs compétences, leur dévouement et leur enthousiasme sont inspirants.

[Traduction]

    J'invite l'ensemble des députés ici présents à se joindre à moi pour saluer ces jeunes entrepreneurs qui prennent part à l'activité L'avenir est à toi!, notamment ceux qui sont ici aujourd'hui sur la Colline du Parlement.

[Français]

La définition de la démocratie

    Monsieur le Président, quelle est la définition de la démocratie pour le premier ministre du Canada? Pour un libéral, la démocratie est un système qui vise à faire élire des libéraux, à prendre le pouvoir et à se servir de ce pouvoir pour changer les règles pour rester encore plus au pouvoir, en restreignant la capacité de ceux qui veulent le pouvoir de le reprendre.
    En cas d'incapacité de changer les règles ou si les changements proposés ne sont finalement pas à l'avantage du pouvoir, qu'est-ce qu'on fait? On recommence, encore et encore, jusqu'à ce que le pouvoir lui permette de réduire au silence tous ceux et toutes celles qui ne pensent pas que le pouvoir lui appartient pour toujours.
    Les libéraux tentent d'appliquer leur propre définition de la démocratie en proposant de nouveaux changements aux règles. Encore une fois, ils ont utilisé leur pouvoir en adoptant une motion pour empêcher les parlementaires de s'exprimer.
     Finie l'identification des électeurs avec une pièce d'identité, ils vont limiter la capacité des autres partis d'investir dans leur campagne, parce que les Canadiens ne veulent pas financer leur premier ministre, et ils vont permettre à des étrangers de s'immiscer dans nos élections.
     Nous sommes contre la démocratie à la mode libérale. Les conservateurs vont se tenir debout pour des règles équitables pour tous les Canadiens.

La Journée de l'indépendance des Philippines

    Monsieur le Président, le mois de juin est un mois très important dans l'histoire des Philippines. Aujourd'hui, le 12 juin, marque la Journée de l'indépendance des Philippines de l'Espagne.
    Au Canada, la communauté philippine fait partie intégrante de notre société multiculturelle.

[Traduction]

    L'Ouest-de-l'Île de Montréal a le bonheur de compter deux formidables regroupements: l'association philippino-canadienne de l'Ouest-de-l'Île et les aînés de l'Ouest-de-l'Île et des environs.
    Je salue l'association philippino-canadienne de l'Ouest-de-l'Île, son président, Ador Bolusan, et son comité de direction, pour les activités très réussies qu'ils organisent pour la communauté, comme des tournois de basketball et des soirées dansantes. Je félicite également Roger Ajero ainsi que les agents et les conseillers des aînés de l'Ouest-de-l'Île et des environs de leur engagement social auprès des aînés de notre collectivité. Je remercie ces deux organismes parce qu'ils sont inclusifs et accueillent volontiers tous ceux qui veulent s'y joindre.
    Je souhaite à tous les organismes et communautés canado-philippines une bonne journée nationale de l'indépendance.

[Français]

Berthier—Maskinongé

    Monsieur le Président, le 2 juin dernier, j'ai eu la chance de participer au Forum citoyen de la MRC de Maskinongé, organisé par la SADC, à l'auberge Le Baluchon, à Saint-Paulin.
    Le Forum et son projet, En route vers la carboneutralité, représentent une initiative historique qui vise à impliquer les différents acteurs de la région, afin de réfléchir aux changements climatiques et de s'engager dans un mouvement collectif de développement durable. À cet effet, quatre comités ont été mis en place pour entreprendre des actions, afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre, soit les comités des secteurs citoyen, entreprise, agricole et municipal.
    Par ailleurs, nous devons tous travailler ensemble pour protéger notre environnement, que ce soit par la réduction du plastique dans nos cours d'eau, la diminution du gaspillage alimentaire, la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre, et j'en passe.
    Je suis fière de pouvoir collaborer avec la MRC et les municipalités de ma circonscription de Berthier—Maskinongé, afin de réduire l'empreinte environnementale de notre belle région.
    En terminant, j'aimerais remercier toute l'équipe de la SADC et de la MRC de Maskinongé pour la mise en place de ce beau projet.

[Traduction]

Le bien-être des animaux

    Monsieur le Président, la semaine prochaine aura lieu le festival de la viande de chien de Yulin, où entre 10 000 et 15 000 chiens, et même des chats, seront tués à coups de bâton et mangés. Les conditions auxquelles on soumet ces animaux sont carrément tragiques: entassés dans des cages exiguës, ils attendent, terrifiés, d'être cruellement abattus. Bon nombre d'entre nous réagissent avec horreur à cet événement, avec raison, de même que les défenseurs des droits des animaux. Partout dans le monde, des groupes de la société civile condamnent ces soi-disant festivités.
    Selon moi, le monde est prêt à entamer une vaste discussion sur le bien-être des animaux et les normes établies. Cette question comporte de multiples facettes et touche les pratiques agricoles, les habitudes alimentaires, la recherche médicale et j'en passe. Il s'agit donc d'un sujet très délicat à aborder, mais notre réaction au festival de Yulin témoigne du bien-fondé de ce débat. Nous devons nous pencher collectivement sur le sujet et agir.
    Le traitement que nous réservons aux animaux en dit long sur notre capacité à faire preuve de compassion. Ce qui est sur le point de se produire à Yulin est condamnable.

  (1415)  

La Saint-Jean-Baptiste

    Monsieur le Président, nos deux langues officielles nous unissent comme Canadiens et ont façonné notre identité nationale.

[Français]

    Le 24 juin, nous célébrons la Saint-Jean-Baptiste d'un bout à l'autre du pays et nous soulignons les contributions importantes des francophones dans l'histoire. Je suis particulièrement fière de l'Association des francophones de la région de York, qui veille à ce que les 16 000 francophones de cette région aient accès à des services de qualité en français.
    J'invite donc les gens de la région de York à venir célébrer la Saint-Jean Baptiste avec l'Association des francophones à la ferme Willowgrove, à 16 heures, le 23 juin.

[Traduction]

    Nous remercions l'Association des francophones de la région de York d'occuper le devant de la scène tandis que nous célébrons la riche mosaïque canadienne et que nous songeons au fait que les cultures française et anglaise sont des éléments fondamentaux de notre histoire.

[Français]

    Bonne Saint-Jean-Baptiste à tous!

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

Le commerce international

    Monsieur le Président, il semblerait que le président Trump ait décidé de renoncer à la disposition d'extinction après cinq ans qu'il réclamait dans le cadre des pourparlers sur l'ALENA. Le premier ministre peut-il dire si c'est vrai?
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier les députés de l'opposition et, à vrai dire, tous les Canadiens, qui montrent que, quand il le faut, nous sommes solidaires dans tout le pays, au-delà des frontières provinciales et peu importe nos allégeances politiques. Nous avons envoyé un message clair qui atteste de ce que nous sommes en tant que Canadiens.
    Sur cette question précise, je peux dire que nous continuons à discuter de la modernisation et de l'amélioration de l'ALENA. Nous maintenons qu'il est inacceptable de l'assujettir à une disposition d'extinction, que nous ne pouvons pas signer un accord commercial qui vient automatiquement à échéance tous les cinq ans. Toutefois, nous continuons de chercher des façons d'aller de l'avant, de moderniser et d'améliorer l'ALENA, dans l'intérêt des populations des deux côtés de la frontière.
    Monsieur le Président, nous comprenons la position du Canada. Il est très difficile de signer un accord qui prend fin après cinq ans, mais ce que je cherche vraiment à obtenir, c'est la réponse à la question suivante: le président des États-Unis a-t-il retiré cette demande dans le cadre des négociations, oui ou non?
    Monsieur le Président, j'ai eu une réunion avec le président vendredi après-midi, et nous avons eu une discussion très constructive sur une vaste gamme de sujets.
    Nous continuons de nous efforcer de le convaincre qu'il est important de moderniser et d'améliorer l'ALENA. Nous poursuivrons les discussions sur une vaste gamme de questions où le Canada a l'intention de se tenir debout et où les États-Unis cherchent à obtenir des concessions. Nous continuons d'oeuvrer dans cette optique et d'exprimer notre refus d'intégrer une disposition de caducité à l'ALENA.
    Monsieur le Président, je vais considérer que la réponse à ma question est oui. Malheureusement, tant que le premier ministre n'indique pas au peuple canadien que cette question est encore à l'ordre du jour des négociations, nous devons tenir pour acquis que la réponse est oui.
    La longue guerre commerciale qui s'annonce a des conséquences importantes pour les familles canadiennes. Whirlpool, une entreprise de ma circonscription, Milton, en Ontario, nous dit que les barrières tarifaires vont faire augmenter ses coûts et qu'elles auront un effet non seulement sur le prix des appareils électroménagers, mais également sur ses bénéfices, ce qui met des emplois en danger dans ma circonscription.
    Il y a un moyen facile de régler ce problème. Le gouvernement doit admettre que les prix doivent rester abordables. Il doit abandonner son projet de taxe sur le carbone et réduire les impôts sur la masse salariale. Est-ce bien ce que le fera le gouvernement?

  (1420)  

    Monsieur le Président, permettez-moi de répondre avec limpidité à la question précédente. Pour autant que nous sachions, les États-Unis n'ont pas retiré leur demande d'intégrer à l'ALENA une disposition de caducité sous une forme ou une autre.
    Comme nous l'avons dit à maintes reprises aux États-Unis, s'ils persistent à appliquer des droits punitifs sur l'aluminium et l'acier, ils ne feront pas uniquement du tort aux travailleurs canadiens et à l'industrie canadienne, mais aussi aux travailleurs et aux consommateurs étatsuniens. Ces mesures ne sont pas dans l'intérêt de deux pays, qui ont su tisser des relations commerciales et une alliance plus étroites et plus fructueuses que jamais dans l'histoire du monde. Nous continuerons de défendre cette idée.

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, premièrement, nous avons un gouvernement libéral qui a augmenté la dette de 71 milliards de dollars pendant que l'économie roulait à plein régime.
    Deuxièmement, le président de la Banque Royale du Canada se dit inquiet, car depuis l'élection des libéraux, il y a un exode massif des capitaux canadiens vers l'étranger.
    Troisièmement, nous avons une baisse de plus du tiers des investissements étrangers depuis l'élection de ce premier ministre libéral. Et je ne parle même pas de l'impact de la taxe du carbone.
     Avec de telles données, comment le premier ministre peut-il dire qu'il soutient notre secteur économique?
    Monsieur le Président, lors des dernières élections, les Canadiens ont eu à choisir entre un gouvernement conservateur qui proposait l'austérité et des coupes et un gouvernement libéral qui demandait d'investir dans les Canadiens, de donner plus d'argent à la classe moyenne et de taxer plus les mieux nantis.
     Les Canadiens ont fait le bon choix. Nous sommes en train de créer de la croissance économique. D'ailleurs, nous avions la plus haute croissance économique des pays du G7 en 2017. Nous continuons de créer des centaines de milliers d'emplois partout au pays et nous sommes en train de bâtir une économie forte qui travaille pour tout le monde.
    Monsieur le Président, voici les vraies données: un déficit de 71 milliards de dollars que devront payer nos enfants et nos petits-enfants; une taxe sur le carbone qui fait augmenter le coût de la vie des Canadiens et des Canadiennes; et une fuite massive des capitaux et des investissements qui nuit à notre économie. De plus, depuis l'élection de ce gouvernement libéral et de ce premier ministre, 81 % des familles, d'après l'Institut Fraser, paient plus de taxes et d'impôt qu'elles n'en payaient sous d'anciens gouvernements.
    Comment le premier ministre peut-il nous dire de telles données, et que va-t-il faire pour soutenir les travailleurs et les travailleuses?
    Monsieur le Président, les conservateurs, tout comme l'Institut Fraser, ne veulent pas parler de l'Allocation canadienne pour enfants. Je pense que c'est un élément important. Ce que nous avons fait, c'est donner plus d'argent à neuf familles sur dix dans tout le pays. Nous l'avons fait en arrêtant d'envoyer des avantages et des allocations aux familles les mieux nanties. Nous avons donc retiré des centaines de milliers d'enfants de la pauvreté partout au pays. C'est l'approche que nous avons prise avec l'Allocation canadienne pour enfants. C'est une approche dont non seulement les conservateurs ne voulaient pas, mais contre laquelle ils ont voté.

[Traduction]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, la bande d'Upper Nicola va réaliser le plus important projet d'énergie solaire en Colombie-Britannique. Or, ayant la construction du pipeline de Kinder Morgan dans sa cour, elle va se retrouver incessamment avec deux visions contraires sur ses terres. D'un côté, il y aura un symbole de l'avenir, choisi par ses membres; de l'autre, le pipeline, imposé par le gouvernement fédéral. Les chefs de file mondiaux en matière de lutte contre les changements climatiques ne consacrent pas des milliards à des pipelines financés par l'État. Le gouvernement va-t-il avouer son manque de leadership?
    Monsieur le Président, la Cour d'appel fédérale a dit très clairement que le gouvernement Harper n'avait pas consulté suffisamment les peuples autochtones relativement aux projets énergétiques. Le gouvernement libéral a mené les consultations les plus poussées jamais tenues auprès des détenteurs de droits à propos d'un grand projet du pays. Il a aussi mis sur pied un comité de surveillance avec les communautés autochtones. Quarante-trois communautés autochtones ont signé des ententes sur les retombées.
    Nous avons écouté et nous allons continuer de le faire. Pour la première fois de l'histoire du pays, de nombreux peuples autochtones ont participé au processus et vont profiter de retombées grâce au partage de la prospérité du secteur canadien de l'énergie.
    Monsieur le Président, le premier ministre ne semble pas se rendre compte que l'achat du pipeline n'est pas un choix axé sur l'avenir.

[Français]

    Ce ne sont pas les projets de transition énergétique qui manquent, mais les travailleurs et les travailleuses doivent être au coeur de cette transition qui verra la création de milliers d'emplois de qualité et à long terme, ce qu'on appelle les emplois de l'avenir. En revanche, dépenser des milliards de dollars pour s'acheter un oléoduc de 65 ans qui fuit, sans le consentement des communautés autochtones touchées, ce n'est pas une vision d'avenir pour nous.
    Comment le premier ministre pense-t-il pouvoir aider le Canada à respecter ses engagements en matière de changements climatiques, tout en s'achetant un pipeline?

  (1425)  

    Monsieur le Président, les néo-démocrates ont appuyé le plan environnemental de Rachel Notley mais ont oublié ce que ce plan contenait: un plafond sur les émissions liées à l'exploitation des sables bitumineux, un prix sur la pollution et un oléoduc pour acheminer les ressources vers des marchés autres que les États-Unis. Voilà du leadership au chapitre des changements climatiques. Nous imposons un prix sur la pollution, nous éliminons progressivement le charbon et nous investissons dans les technologies propres. C'est ce que les dirigeants progressistes comme Rachel Notley comprennent et c'est malheureux de voir le NPD s'y opposer.
    Monsieur le Président, dire que l'environnement et l'économie vont de pair pendant qu'on est en train de s'acheter un pipeline, c'est comme dire que l'exercice et la bonne nutrition, c'est important, pendant qu'on s'empiffre de beignes et de gâteaux.
    Pourquoi les libéraux refusent-ils d'investir dans une transition énergétique juste? Les entrepreneurs sont prêts, les travailleurs et les travailleuses sont prêts. Il faut les former pour créer les emplois de demain.
    Comment les libéraux peuvent-ils justifier de garrocher 4,5 milliards de dollars de notre argent dans un vieux tuyau qui coule au lieu d'investir dans les énergies propres?
    Monsieur le Président, le NPD fédéral, tout comme les conservateurs, pensent encore qu'il faut choisir entre l'environnement et l'économie. Ce n'est simplement plus le cas, et les dirigeants progressistes comme Rachel Notley l'ont compris. C'est pourquoi, en plus d'un plafond sur les émissions des sables bitumineux et d'un prix sur la pollution, son plan prévoyait un oléoduc vers des marchés autres que les États-Unis, quelque chose dont les Canadiens, aujourd'hui, peuvent très bien comprendre la nécessité. En plus, pour ce qui est d'investir dans l'énergie renouvelable et une économie plus verte, nous investissons 8 milliards de dollars justement là-dedans, parce que nous savons que c'est important pour les Canadiens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je me trompe ou le premier ministre ne veut tout simplement rien comprendre? Les champions du climat ne dépensent pas des milliards de dollars pour acheter des pipelines et ils ne puisent certainement pas dans leur régime national de retraite pour ce faire. Les dernières rumeurs veulent en effet que le Régime de pensions du Canada investisse dans le projet insensé des libéraux. Le régime n'avait encore jamais servi à financer les projets politiques du gouvernement de l'heure. Comme le disait une grande personnalité des médias: c'est terrible, terrible, terrible.
    Pourquoi les libéraux risquent-ils l'argent et le régime de retraite des Canadiens au lieu d'investir dans les énergies propres?
    Monsieur le Président, les députés néo-démocrates ont applaudi le plan de protection de l'environnement de la première ministre Rachel Notley quand elle a été élue, mais ils semblent avoir oublié ce qu'il contient. Je me permets donc de le leur rappeler: il prévoit un plafond aux émissions produites par les sables bitumineux. Il met un prix sur la pollution. Il prévoit aussi la construction d'un pipeline pour acheminer les ressources jusqu'aux autres marchés que les États-Unis — ce que la plupart des députés verront sans doute comme une bonne idée cette semaine. Voilà à quoi ressemble le vrai leadership dans le domaine des changements climatiques.
    Pour ce qui est de l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada, je rappelle qu'il s'agit d'un organisme indépendant ayant comme mandat de faire les investissements les plus avantageux pour ses membres, et nous respectons ses décisions.

L'économie

    Monsieur le Président, les intentions de Donald Trump sont claires. Il veut s'approprier notre argent et nos emplois. Le problème, c'est que les fardeaux fiscal et administratif imposés par le gouvernement canadien l'aide à atteindre ses fins. Pour construire une usine au Canada, il faut payer une taxe sur le carbone qui n'existe pas aux États-Unis et des charges sociales plus élevées qu'au sud de la frontière. Quiconque essaie d'aménager un pipeline au Canada se fera mettre des bâtons dans les roues, exactement comme ce fut le cas pour les projets Northern Gateway et Énergie Est. Voilà un autre problème inexistant aux États-Unis.
    Nous savons pourquoi Donald Trump veut nous enlever nos emplois. Par contre, pourquoi le gouvernement l'aide-t-il à y parvenir?
    Monsieur le Président, je serai clair. Nous défendrons toujours les intérêts des Canadiens en ce qui a trait à l'emploi. À notre arrivée au pouvoir, nous avons hérité d'un taux de chômage de 7,1 % de la part du gouvernement précédent. Où en sommes-nous maintenant? Nous avons créé quelque 600 000 emplois depuis deux ans et demi et, à 5,8 %, notre taux de chômage est parmi les plus faibles jamais observés depuis 40 ans.
    Par conséquent, nous n'avons pas de leçons à recevoir des conservateurs en matière d'emploi. Nous écoutons plutôt les Canadiens, et ce que nous entendons, c'est qu'ils ont de bons emplois. Ils sont plus optimistes, parce que les perspectives économiques et les perspectives d'avenir sont prometteuses.

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, en réalité, cette année, le Canada a perdu des emplois. Depuis que le présent gouvernement est en place, les investissements canadiens aux États-Unis ont augmenté de deux tiers. Les investissements américains au Canada ont diminué de moitié. Quand l'argent s'en va, les emplois suivent. Les hausses fiscales du gouvernement font fuir les deux.
    Est-ce que le ministre des Finances va accepter de suspendre sa nouvelle taxe sur le carbone, au moins jusqu'à ce que la présente crise soit derrière nous?

  (1430)  

    Monsieur le Président, pour commencer, j'aimerais saluer Paul Dewar. Nous avons tous entendu la très triste nouvelle à son sujet et nous pensons à lui et à sa famille. Bien que nous soyons d'allégeances politiques différentes, nous sommes tous des collègues ici. J'invite tous les députés à appuyer sa nouvelle initiative, Youth Action Now.
    Les jeunes se soucient de l'environnement. Ils se soucient également de l'emploi. Tout comme nous. Nous continuerons à lutter contre les changements climatiques, à protéger l'environnement et à créer des emplois.
    Monsieur le Président, au nom de tous les membres du caucus conservateur et de mes concitoyens dans la ville natale de Paul Dewar, je lui offre mes prières et toute mon affection en cette période.
    Les faits sont les suivants: le fardeau fiscal a augmenté sous le gouvernement actuel et 80 % des contribuables de la classe moyenne paient plus d'impôt maintenant qu'avant l'arrivée au pouvoir du premier ministre. Étant donné cette réalité, les libéraux indiqueront-ils combien la nouvelle taxe sur le carbone coûtera à la famille canadienne moyenne?
    Monsieur le Président, il faut reprocher au député de Carleton son utilisation de faits inexacts. Son analyse est erronée. Le rapport dont il parle comporte deux problèmes fondamentaux. Premièrement, il ne tient pas compte de l'Allocation canadienne pour enfants, qui aide 9 familles sur 10. Deuxièmement, il considère que les cotisations des Canadiens au Régime de pensions du Canada sont une taxe.
     Par conséquent, nous pouvons affirmer que nous avons réduit l'impôt des Canadiens de la classe moyenne. C'est très clair. De notre point de vue, nous avons aidé l'économie en mettant plus d'argent dans les poches des gens. Neuf familles sur dix se portent mieux, ce qui a donné un coup de pouce à l'économie.
    Monsieur le Président, en fait, le ministre des Finances a commis deux erreurs factuelles. La première concerne les prestations qu'il prétend verser. Les libéraux n'avaient pas promis d'augmenter le fardeau fiscal des familles de la classe moyenne et de leur redonner une petite partie de leur argent grâce aux dépenses du gouvernement. Ils avaient promis que l'impôt des Canadiens de la classe moyenne diminuerait, mais c'est plutôt le contraire qui s'est produit.
    Ensuite, le rapport auquel j'ai fait référence n'avait rien à voir avec les charges sociales au titre du RPC. Selon ce rapport, 80 % des contribuables de la classe moyenne paient plus d'impôt sur le revenu depuis que le gouvernement libéral est arrivé au pouvoir.
    Combien la taxe sur le carbone proposée coûtera-t-elle à ces mêmes familles?
    Monsieur le Président, nous pourrions peut-être examiner la situation dans chacune des circonscriptions. Par exemple, en ce qui concerne le député de Carleton, ses concitoyens ont bénéficié de 48 millions de dollars par l'entremise de l'Allocation canadienne pour enfants. Qu'est-ce que cela signifie concrètement? Que 18 000 enfants se portent mieux. Plus de 10 000 familles ont reçu en moyenne la somme de 4 000 $ après impôt. Le député pourrait peut-être s'entretenir avec les gens de sa circonscription pour voir comment ils se portent. Je suis convaincu qu'ils s'en tirent beaucoup mieux maintenant que nous les avons aidés à élever leur famille et à préparer l'avenir.

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, c'est tellement beau d'entendre les libéraux parler de l'argent qu'ils donnent aux enfants. Cependant, c'est de l'argent qu'on n'a pas, qu'on emprunte et que ces enfants vont devoir rembourser plus tard. C'est cela, la réalité du gouvernement libéral.
    Depuis que ces gens-là sont au pouvoir, soit depuis deux ans et demi, le moins qu'on puisse dire, c'est que les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis sont vraiment du côté des Américains et non du côté des Canadiens. Depuis deux ans et demi, les investissements américains au Canada ont diminué de 50 %, tandis que les investissements canadiens aux États-Unis ont augmenté de 66 %.
    Comment le gouvernement libéral peut être fier avec...
    À l'ordre. L'honorable ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, les conservateurs choisissent des chiffres très spécifiques. Cependant, les chiffres importants sont ceux qui concernent les Canadiens.
    Chaque famille est dans une meilleure situation et notre niveau de croissance économique est le plus haut du G7. Il est aussi très important de souligner que l'année passée, les investissements dans les affaires au Canada ont augmenté de 8 %. Voilà les vrais chiffres.
    Nous sommes dans une meilleure position grâce à nos politiques et à l'économie mondiale.

  (1435)  

    Monsieur le Président, voici les vrais chiffres.
    Ces gens-là se sont fait élire en promettant de tout petits déficits qui sont aujourd'hui trois fois plus élevés que prévu. Ces gens-là se sont fait élire en promettant le déficit zéro en 2019, et on n'a aucune idée du retour à l'équilibre budgétaire. Ce sont les faits; ce sont les chiffres. Pire encore, aujourd'hui, 80 % des Canadiens paient plus de taxes et d'impôt qu'ils n'en payaient sous notre gouvernement.
    Comment le gouvernement libéral peut-il prétendre réussir là où il échoue?
    Monsieur le Président, malheureusement, ce n'est vraiment pas la situation actuelle. Les chiffres sont clairs: avec l'Allocation canadienne pour enfants, 9 familles sur 10 sont dans une meilleure situation. De plus, nous avons réduit les impôts pour la classe moyenne. Ce sont les vrais chiffres.
    Grâce à nos politiques, nous sommes dans une meilleure situation économique. Cela veut dire que le niveau de croissance économique est meilleur, ce qui est très bon pour les familles d'aujourd'hui et de demain.

[Traduction]

L'environnement

    Monsieur le Président, en signant l'Accord de Paris, le gouvernement s'est engagé à mettre en oeuvre un plan national de lutte contre les changements climatiques comprenant des mesures de création d'emplois de qualité dans une économie axée sur l'énergie propre. Or, sa stratégie pancanadienne ne comprend que la vague promesse de favoriser le développement des compétences dans le cadre de cette transition. La pression exercée par les travailleurs et les environnementalistes a seulement mené à la création d'un comité consultatif, au cours du printemps, mais il se limite aux travailleurs de l'industrie du charbon.
    Quand le gouvernement fera-t-il de véritables investissements dans le cadre d'une stratégie de transition juste qui s'applique à tous les travailleurs canadiens du secteur de l'énergie?
    Monsieur le Président, nous convenons qu'il faut faire croître l'économie canadienne. Nous devons aussi créer de bons emplois tout en luttant contre les changements climatiques. Or, c'est précisément ce que nous faisons.
    Nous faisons des investissements sans précédent dans les technologies propres. Je salue d'ailleurs tous les Canadiens qui travaillent dans les entreprises du secteur des énergies propres, car depuis 2014, nous sommes passés du septième au quatrième rang mondial en matière d'innovation dans les technologies propres.
     Nous collaborons aussi avec les travailleurs et les syndicats. Nous mettons sur pied une main-d'oeuvre spécialisée dans la transition afin d'aider les travailleurs de l'industrie du charbon à se recycler. Nous continuerons de faire ce qui s'impose, c'est-à-dire...
    À l'ordre. Le député de Drummond a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, le NPD se bat pour créer de bons emplois et protéger l'environnement.
    Le gouvernement libéral, lui, va enrichir une entreprise du Texas en achetant avec notre argent un vieux pipeline pour 4,5 milliards de dollars. Selon Équiterre, chaque dollar investi dans les énergies renouvelables va créer six à huit fois plus d'emplois — je dis bien six à huit fois plus d'emplois — que ceux investis dans les énergies fossiles.
    Quand le gouvernement va-t-il arrêter d'investir dans les énergies du passé et va-t-il enfin investir dans les énergies du futur?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je rappelle aux députés que nous avons affecté 2 milliards de dollars au Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone, 200 millions de dollars aux technologies propres des secteurs des ressources naturelles, 220 millions de dollars à l'élimination de l'emploi du diésel dans les localités rurales et éloignées, 20 milliards de dollars aux transports en commun et 21,9 milliards aux infrastructures vertes visant à améliorer l'efficacité énergétique des logements et à permettre ainsi aux Canadiens d'économiser de l'argent.

[Français]

Le commerce international

    Monsieur le Président, les producteurs d'oeufs, de lait et de volaille sont sur la Colline aujourd'hui. Avouons-le, cela a fait de bien belles photos pour tous les partis. Maintenant, il faut se mettre au travail. Les libéraux répètent les mêmes lignes de presse depuis deux semaines. Ils prétendent soutenir la gestion de l'offre. Le problème, c'est que le premier ministre a deux discours: l'un quand il est à Chicoutimi et l'autre quand il est aux États-Unis.
    Quelle version du premier ministre les producteurs vont-ils rencontrer cet après-midi? Peut-il nous dire maintenant quelles sont les concessions faites aux Américains? Quel est son plan pour les producteurs qui se sentent malheureusement trahis par ce double discours?
    Monsieur le Président, malgré tous les efforts déployés par le chef de l'opposition pour essayer de le cacher, il est clair que les conservateurs n'appuient pas les producteurs laitiers canadiens et notre système de la gestion de l'offre.
    Notre gouvernement est fièrement uni pour protéger et défendre nos producteurs laitiers, contrairement au député de Beauce. Ce dernier a réitéré son appel, afin de mettre fin à la gestion de l'offre, en décrivant nos vaillants producteurs de lait comme des millionnaires malhonnêtes.
    Contrairement aux conservateurs, notre gouvernement soutient pleinement les producteurs laitiers canadiens et notre système de la gestion de l'offre.

  (1440)  

    Monsieur le Président, on fait de la petite politique partisane, quand il y a des producteurs ici qui attendent de vraies réponses et les fermiers américains reçoivent des milliards de dollars en subvention de leur gouvernement. Le Canada ne subventionne pas d'une cenne les producteurs de lait, d'oeufs et de volaille. Pourtant le secrétaire américain de l'Agriculture a confirmé que le premier ministre avait fait des concessions sur la gestion de l'offre.
    Est-ce que le premier ministre, qui a reçu le soutien de tous les députés de la Chambre face aux menaces du président américain, peut maintenant jouer franc jeu avec les députés et les Canadiens? A-t-il fait, oui ou non, des concessions? Combien de parts de marché a-t-il cédées? Quel est son plan de compensation pour les producteurs?
    Monsieur le Président, c'est le gouvernement libéral qui a créé la gestion de l'offre, contrairement aux députés d'en face qui veulent l'abolition de la gestion de l'offre. Nous continuerons de la défendre, ainsi que les intérêts des familles agricoles canadiennes, ainsi que tous nos producteurs laitiers.
    Le premier ministre, le ministre de l'Agriculture, le caucus, le caucus du Québec, tout le monde est derrière la gestion de l'offre. Nous avons mis le système en place et nous allons le défendre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, lorsqu'il s'agit des exigences des États-Unis relativement au système de gestion de l'offre du Canada, quand le premier ministre est aux États-Unis, il dit qu'il est flexible, et quand il est de retour au Canada, il dit qu'il appuie le système.
    Nous savons qu'on a fait une offre aux Étatsuniens dans le cadre des négociations de l'ALENA. Ma question est la suivante: quelle version du premier ministre rencontrera les producteurs laitiers canadiens cet après-midi? Est-ce le premier ministre qui utilise le gagne-pain des agriculteurs comme monnaie d'échange ou celui qui ne fait que remâcher les mêmes vieux discours libéraux?
    Monsieur le Président, le gouvernement appuie fièrement les producteurs laitiers et le système de gestion de l'offre.
    Malheureusement, le porte-parole conservateur, c'est-à-dire le porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement économique, a indiqué très clairement qu'il réclame l'élimination de la gestion de l'offre. Il a qualifié les producteurs laitiers d'affreux millionnaires sur papier. Les conservateurs ne peuvent pas jouer sur les deux tableaux. Soit ils appuient les producteurs laitiers, soit ils ne les appuient pas. Il est évident que les conservateurs n'appuient pas la gestion de l'offre.
    Monsieur le Président, les agriculteurs du Canada produisent du lait, des oeufs et des volailles de la plus haute qualité.
     Il est essentiel de maintenir le système de gestion de l'offre du Canada pour les familles d'agriculteurs qui forment l'épine dorsale de ma collectivité. Ces familles ont trouvé inquiétant que le premier ministre déclare, pendant une émission télévisuelle américaine, qu'il était prêt à faire preuve de souplesse dans le dossier de la gestion de l'offre pendant les négociations avec les États-Unis.
    Quel accès au marché canadien le premier ministre était-il prêt à céder dans le but d'arriver à une entente avec Donald Trump?
    Monsieur le Président, je peux garantir au député que le gouvernement libéral comprend toute l'importance de la gestion de l'offre. Comme je l'ai dit clairement, notre parti s'est battu pour instaurer la gestion de l'offre et le gouvernement entend la défendre.
     Par contre, quand le porte-parole conservateur en matière de développement économique affirme plutôt vigoureusement que la gestion de l'offre est néfaste et que les producteurs laitiers sont d'affreux millionnaires sur papier, ses propos sont inappropriés.
    Le gouvernement libéral appuie pleinement la gestion de l'offre. Il a besoin de l'appui de l'opposition.

[Français]

    Monsieur le Président, le bois d'oeuvre, l'aérospatiale, le papier, l'acier et l'aluminium: la liste risque de s'allonger.
    L'administration Trump poursuit nos industries l'une après l'autre sous prétexte que nous taxons inutilement et injustement les agriculteurs américains. Or un système de gestion de l'offre intégral est crucial pour nos producteurs, mais surtout pour tous ceux et celles qui travaillent chaque jour au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
    Le gouvernement peut-il nous confirmer une fois pour toutes qu'il protégera la gestion de l'offre dans son intégralité, sans compromis?
    Monsieur le Président, nous avons été clairs: nous défendrons la gestion de l'offre. En fait, à l'exception de certains députés de l'opposition officielle, dont celui de Beauce, tout le monde à la Chambre croit en la gestion de l'offre. Notre position sur cette question est sans équivoque: nous avons toujours défendu ce système et nous le faisons à chaque occasion, y compris dans le cadre des négociations de l'ALENA.

  (1445)  

[Traduction]

L'industrie automobile

    Monsieur le président, c’est à l’occasion des derniers pourparlers sur l'ALENA que le gouvernement libéral a vendu notre industrie de l’automobile. Il n’y a donc pas lieu d’avoir confiance. En fait, cela fait plus de deux décennies que l’industrie et les travailleurs demandent une stratégie nationale de l’automobile, mais autant les conservateurs que les libéraux ont fait la sourde oreille.
    Ce qui est clair au sujet de la situation actuelle, c'est que le premier ministre a consacré énormément de temps et d'énergie, ainsi que des milliards de dollars, à une idée que personne n’envisageait, un pipeline de 65 ans qui fuie.
    L’administration Trump menace maintenant d’imposer des tarifs au secteur de l’automobile et à ses fabricants. Que va faire précisément le premier ministre pour le secteur de l’automobile et ses travailleurs?
    Ne vous y trompez pas, monsieur le Président, nous serons à 100 % derrière les travailleurs de l’automobile. Nous les avons toujours appuyés.
     Depuis notre arrivée au pouvoir, nous avons investi la somme totale de 5,6 milliards de dollars pour apporter un formidable appui au secteur de l’automobile et à ses travailleurs. Nous avons un plan et ce plan fonctionne.
    Nous défendrons toujours les travailleurs de l’automobile.

Le logement

    Monsieur le Président, le gouvernement a annoncé plus tôt aujourd'hui sa grande vision relativement à la nouvelle Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance, une stratégie fondée sur des consultations auprès d'un comité consultatif, d'experts et d'intervenants locaux d'un bout à l'autre du pays. Le gouvernement s'est engagé à investir 2 milliards de dollars dans cette stratégie de lutte contre l'itinérance.
    Le ministre responsable du logement pourrait-il dire à la Chambre comment la nouvelle Stratégie des partenariats de lutte contre l'itinérance nous permettra de nous attaquer à l'itinérance au Canada?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Brampton-Centre de son soutien dans la lutte contre l'itinérance.
    Je tiens également à remercier et à féliciter le député de Spadina—Fort York et tous les autres membres du Comité consultatif sur l'itinérance de leur bon travail et de leur excellent rapport.
    Hier, nous avons annoncé l'élaboration de la stratégie fédérale remaniée Vers un chez-soi, qui vise à doubler les investissements pour lutter contre l'itinérance et réduire d'au moins 50 % l'itinérance chronique. Voilà qui montre une fois de plus que nous faisons de nouveau preuve de leadership fédéral et que nous établissons des partenariats fédéraux afin de fournir des logements sûrs et abordables à tous les Canadiens.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, les médias rapportent que l'équipe de vente de pipelines du ministre des Finances, établie à New York, essaie de vendre l'oléoduc Trans Mountain au Régime de pensions du Canada. Les reportages sont-ils exacts?
    Monsieur le Président, l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada est une entité indépendante du gouvernement. S'il envisage d'acquérir des droits de participation, le gouvernement n'aurait rien à voir avec cela.
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Les députés peuvent répondre seulement lorsqu'ils ont la parole et non lorsqu'ils n'ont pas la parole.
    La députée de Lakeland a la parole.
    Monsieur le Président, selon Kinder Morgan, l'oléoduc actuel vaut 2,5 milliards de dollars, mais le premier ministre offre 4,5 milliards de dollars en fonds publics pour que la société se retire.
    Nous apprenons maintenant que le ministre des Finances paierait une société d'investissement américaine pour faire du lobbying auprès de l'Office d'investissement du Régime de pensions du Canada afin qu'il achète l'oléoduc Trans Mountain avec l'argent des contribuables canadiens. Le ministre des Finances a évoqué la possibilité que l'administrateur du régime de pensions achète l'oléoduc, et c'est le ministre qui nomme les membres du conseil.
    Sachant qu'il paie trop cher pour cet oléoduc, le ministre s'attend-il maintenant à ce que les pensionnés canadiens l'aident ainsi que les libéraux à se remettre de leurs échecs?
    Monsieur le Président, nous croyons qu'il est important que le Canada soit en mesure d'acheminer ses ressources vers les marchés internationaux. C'est pourquoi nous avons décidé d'assurer la réalisation du projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Nous savons que ce projet est dans l'intérêt supérieur des Canadiens. Il stimulera l'économie et il créera des milliers d'emplois dans toutes les régions du pays.
    Nous aurions certainement espéré que les députés d'en face voient les avantages que ce projet offre aux travailleurs de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et de l'ensemble du pays.

[Français]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, le problème à la frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle n'a jamais été relié à la Gendarmerie royale du Canada ou à l'Agence des services frontaliers du Canada. Nos agents ont toujours fait un travail impeccable.
    Le problème est celui du premier ministre et de ses mauvaises priorités. Il refuse d'informer la Chambre de son plan pour résoudre cette crise et se contente d'envoyer son ministre se promener dans d'autres pays.
    Son gouvernement doit négocier certains dossiers avec l'administration américaine, dont celui sur l'Entente sur les tiers pays sûrs.
    Quand le ministre va-t-il commencer les négociations?

  (1450)  

    Monsieur le Président, je suis content que mon collègue reconnaisse l'excellent travail de la GRC et de l'Agence des services frontaliers du Canada. Je suis très content que son chef se soit rendu à Lacolle pour la première fois la semaine dernière, et qu'il ait reconnu l'excellent travail de ces deux organisations qui travaillent depuis plus d'un an pour qu'on puisse traiter les demandes d'asile.
    En ce qui concerne nos relations avec les États-Unis, nous sommes continuellement en contact avec nos voisins du Sud.
    Monsieur le Président, avec notre chef, j'ai effectivement vu le camp installé à Saint-Bernard-de-Lacolle. Il y a beaucoup de confort pour les illégaux qui arrivent chez nous.
    Le problème, c'est qu'il faut régler le problème.
    Est-ce que le ministre a commencé les négociations pour modifier l'Entente sur les tiers pays sûrs, oui ou non?
    Monsieur le Président, nous continuons à discuter avec les États-Unis de cet enjeu important. Nous avons entamé certaines discussions, mais il n'y a rien d'officiel. Par contre, nous travaillons de très près avec eux, ainsi qu'avec le Québec et l'Ontario. Une fois que les demandeurs d'asile sont au pays, ils doivent être intégrés à la société.

[Traduction]

Le logement

    Monsieur le Président, aujourd'hui, à Toronto, se déroule une enquête sur le décès de Grant Faulkner, un sans-abri, après que son refuge ait pris feu en janvier 2015.
    Pour trop de Canadiens, la pénurie de logement est une question de vie ou de mort. Malgré l'annonce faite hier, la Stratégie nationale sur le logement n'investit pas précisément dans les Canadiens sans abri.
    Il nous faut des logements supervisés permanents, des logements à loyer proportionné au revenu, et une prestation relative au logement afin d'aider les plus vulnérables. Le gouvernement s'engagera-t-il aujourd'hui à adopter une stratégie nationale sur le logement qui garantit des logements pour les Canadiens sans abri?
    Monsieur le Président, je souhaite féliciter la députée de son intérêt dans la lutte contre l'itinérance et de s'assurer que chaque Canadien a un logement sécuritaire et abordable. Cependant, je l'invite à regarder attentivement la Stratégie nationale sur le logement et à considérer l'annonce importante que nous avons faite hier, qui aura une incidence énorme sur la lutte contre l'itinérance au cours des 10 prochaines années.
    Nous travaillerons respectueusement et efficacement avec un grand nombre d'intervenants qui ont travaillé très fort avec nous au cours des derniers mois pour nous assurer non seulement que nous avons la toute première Stratégie nationale sur le logement, mais que nous investissons les ressources les plus importantes de l'histoire du pays.

[Français]

    Monsieur le Président, en comité, plus d'une centaine d'organisations sont venues nous dire qu'il faut une stratégie de réduction de la pauvreté concertée. Même le ministre a écrit, dans son document intitulé « Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté -- Ce que nous avons entendu jusqu’à maintenant », qu'il faut:
[...] une Stratégie canadienne de réduction de la pauvreté axée sur l’obtention de résultats tangibles pouvant être mesurés [...]
    Le plan pour lutter contre l'itinérance annoncé hier n'est pas assez. Il faut une vraie stratégie, comme le gouvernement l'a promise, pas une série de pseudo-stratégies ou de plans en silo.
    Ma question est simple: elle est où cette stratégie?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son intérêt pour cette question.
    Je l'inviterais toutefois à regarder attentivement le contenu de la stratégie annoncée hier. J'aimerais l'inviter à consulter les intervenants de partout au Canada, particulièrement ceux du Québec, qui se sont réjouis non seulement du résultat significatif que nous avons annoncé hier, mais aussi du processus incroyablement inclusif que nous avons pu suivre au cours des derniers mois. La raison pour laquelle tant de Canadiens vont pouvoir sortir de l'itinérance au cours des prochaines années, c'est parce que nous avons un plan solide et un plan de collaboration avec un grand nombre d'intervenants partout au pays.

L'emploi

    Monsieur le Président, la fin de semaine dernière, à Toronto, le cheik Shafiq Hudda, prédicateur du service humanitaire islamique, a proféré des horreurs et des insanités. Il a dit qu'il voulait voir des Israéliens dans des sacs mortuaires et qu'il souhaitait qu'un jour, Israël soit anéanti. Ces déclarations haineuses sont totalement inacceptables et illégales.
     Pourquoi la leader du gouvernement à la Chambre des communes approuve-t-elle le financement de cette organisation?
    Qu'attend le premier ministre pour dénoncer sans réserve ces propos qui n'ont pas leur place ni au Canada ni ailleurs dans le monde?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, le gouvernement est incroyablement fier de soutenir l'initiative Emplois d'été Canada. En fait, nous avons doublé ce qui était investi sous le gouvernement conservateur. Nous croyons que les jeunes méritent cette première expérience de travail très importante.
    Comme je l'ai dit, tous les programmes qui reçoivent l'approbation dans le cadre de l'Initiative Emplois d'été Canada doivent respecter les conditions de l'initiative. Si le député a des inquiétudes, il peut venir à mon bureau plus tard.

  (1455)  

    Monsieur le Président, des centaines de bons employeurs voulant participer au programme Emplois d'été Canada se sont vu refuser un financement pour embaucher des milliers de jeunes cette année parce qu'ils n'ont pas voulu accepter les valeurs imposées par les libéraux. Le service humanitaire islamique, lui, l'a fait, et sa demande de financement a été personnellement approuvée par la leader parlementaire du Parti libéral. Eh bien, le cheik Shafiq Hudda, qui est membre de cette organisation, appelle maintenant au génocide et à l'éradication des Israéliens. Il a dit qu'ils quitteraient ce monde dans des sacs mortuaires.
    La ministre n'est-elle pas d'avis que ces paroles violent manifestement l'attestation sur les valeurs des libéraux?
    Monsieur le Président, comme je l'ai répété clairement à la Chambre maintes et maintes fois, tous les bénéficiaires du financement d'Emplois d'été Canada doivent respecter les conditions du programme. Cela signifie notamment qu'ils ne peuvent pas porter atteinte aux droits d'autres Canadiens et qu'ils doivent s'assurer que les jeunes ont des emplois de qualité qui les aideront à se tourner vers l'avenir.
    Si le député s'inquiète au sujet de cette organisation, il peut me faire part de ses préoccupations.
    Monsieur le Président, l'idéologie rigide du premier ministre cause du tort aux Néo-Écossais.
    En effet, la semaine dernière, le Bangor Sawmill Museum, un musée historique, a annoncé qu'il fermait ses portes parce qu'il s'est vu refuser du financement au titre de l'initiative Emplois d'été Canada. La collectivité perd une attraction touristique et des possibilités d'emploi pour ses jeunes habitants uniquement parce que ce musée non religieux a refusé de signer l'attestation du premier ministre.
    Le premier ministre ne voit-il pas qu'en imposant sa politique de la pensée aux Néo-Écossais, il cause du tort aux collectivités de la province?
    Monsieur le Président, je tiens à rassurer la députée. En réalité, le gouvernement libéral a doublé le nombre d'emplois d'été offerts dans le cadre du programme Emplois d'été Canada. Cela signifie que plus de 3 000 emplois ont été offerts en Nouvelle-Écosse cette année par rapport à 1 800 sous les conservateurs de Harper.
    Il est clair que les jeunes Néo-Écossais auront plus d'occasions que jamais de bénéficier d'excellentes expériences de travail cet été.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, le gouvernement a la responsabilité de protéger les renseignements personnels des Canadiens et l'intégrité des infrastructures essentielles. Dans le budget de 2018, le gouvernement a consacré 155 millions de dollars à la création d'un nouveau centre canadien pour la cybersécurité, afin de disposer d'une source unifiée d'expertise ciblée et de soutien.
    Le ministre de la Défense nationale pourrait-il faire le point sur les prochaines mesures que prendra le Canada pour faire en sorte de pouvoir répondre aux menaces actuelles et futures à la cybersécurité?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon collègue d'Etobicoke-Centre pour son soutien indéfectible à l'Ukraine.
     Il est essentiel de renforcer la cybersécurité du Canada pour assurer la compétitivité du pays, sa stabilité économique et sa prospérité à long terme. Aujourd'hui, de concert avec le ministre de la Sécurité publique , j'ai annoncé notre nouvelle stratégie nationale de cybersécurité, dont la création du Centre canadien pour la cybersécurité constitue un élément clé. Le nouveau centre agira comme source claire et fiable d’information en matière de cybersécurité pour les citoyens et les entreprises du Canada et il tablera sur l’expertise de classe mondiale que le Canada a déjà acquise dans le domaine de la cybersécurité.

Le transport aérien

    Monsieur le Président, l'Organisation de l’aviation civile internationale est une institution spécialisée des Nations unies qui favorise la collaboration internationale dans le transport aérien. Il y a des décennies, l'Organisation a établi les codes d’aéroports pour chaque pays. Malheureusement, en raison des pressions exercées par la Chine, certaines compagnies aériennes, dont Air Canada, ont cessé d'utiliser les codes établis par l'Organisation et considèrent maintenant Taïwan comme la Chine.
    Les libéraux vont-ils respecter l'intégrité de l'Organisation de l'aviation civile internationale et miser là-dessus pour d'obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'ONU?
    Monsieur le Président, nous sommes très fiers que l'Organisation de l'aviation civile internationale soit établie au Canada, et ce, depuis 1949. Nous avons participé activement aux nombreux efforts de l'Organisation visant à adopter des normes internationales relatives à l'aviation.
     Nous continuerons de collaborer avec l'Organisation de l'aviation civile internationale à l'avenir. En fait, nous avons joué un rôle de premier plan dans le dossier des émissions de carbone provenant des vols internationaux et nous continuerons de montrer l'exemple.

  (1500)  

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, en ce 10e anniversaire des excuses présentées au sujet des pensionnats autochtones, la ministre des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord continue de se battre contre les survivants du pensionnat St. Anne. Elle a demandé aux fonctionnaires de s'attaquer à Fay Brunning, l'avocate qui défend ces survivants et qui a révélé que des fonctionnaires du ministère de la Justice avaient dissimulé des preuves, faisant en sorte que des causes de viol d'enfants et de torture soient rejetées.
    Or, j'étais là lorsque la ministre a promis en personne aux survivants qu'elle allait mettre fin à ce genre de tactiques d'intimidation. Elle leur a donné sa parole. Ma question est la suivante: peut-elle expliquer à la Chambre pourquoi elle a dit à Angela Shisheesh qu'elle mettrait fin à ce genre de tactiques, alors qu'elle continue de s'en prendre aux avocats et aux représentants des survivants?
    Monsieur le Président, le gouvernement s'est engagé à ce que les victimes de cette période sombre de notre histoire obtiennent justice. Le Canada n'a jamais exigé des frais des demandeurs et il ne le fera jamais. Cependant, dans des circonstances exceptionnelles, des frais pourront être exigés des avocats qui semblent agir de façon irresponsable.
    Dans une directive rendue récemment, le juge Perell a affirmé que les attaques répétées et délibérées de l'avocate quant à l'intégrité de la cour risquaient de venir entraver l'administration de la justice et qu'il tiendrait les avocats responsables des sommes accordées. Il a ajouté que les sommes seraient versées dans un fond venant en aide aux anciens élèves des pensionnats.

[Français]

Les anciens combattants

    Monsieur le Président, nous estimons qu'il y a près de 2 200 anciens combattants sans-abri dans tout le pays. Les conversations avec les vétérans et leurs familles nous apprennent que plusieurs facteurs peuvent faire en sorte qu'un vétéran se retrouve dans la rue, dont une transition infructueuse et des changements soudains à la santé physique et mentale.
     Des organisation comme la Mission Old Brewery de Montréal, la campagne RESPECT et VETS Canada travaillent à réduire ces chiffres dans nos communautés.
    Que fait notre gouvernement pour diminuer ces chiffres et pour empêcher les anciens combattants de se retrouver sans logis à l'avenir?
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier ma collègue l'honorable députée de Saint-Laurent pour son appui aux vétérans et à leurs familles.
    L'itinérance chez les vétérans est inacceptable. Un vétéran sans-abri en est un de trop. La semaine dernière, j'ai rencontré des organisations qui travaillent à réduire l'itinérance chez les vétérans. Ce partenariat améliorera notre capacité de fournir des services aux vétérans sans-abri et d'informer les gens au sujet de nos services et de nos programmes.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, hier, le militant hongkongais pour la démocratie Edward Leung a été condamné à six années de prison. Il s'agit essentiellement d'une dictature à l'oeuvre, au mépris du cadre « un pays, deux systèmes » que la Chine a accepté.
    Le gouvernement libéral prétend se soucier des droits de la personne dans le monde. Ainsi, condamnera-t-il clairement l'emprisonnement des principaux porte-parole hongkongais de la démocratie? Se joindra-t-il à nos alliés pour exiger que le statut juridique de Hong Kong soit respecté?
    Monsieur le Président, la promotion et la protection des droits de la personne sont des priorités fondamentales du gouvernement dans nos discussions avec la Chine, y compris bien sûr Hong Kong, qui a d'étroits liens humains avec le Canada. Nous soulevons la question des droits de la personne en Chine auprès des représentants chinois à chaque occasion qui se présente. Dans le cadre d'un dialogue franc, nous continuerons à encourager la Chine à respecter ses engagements internationaux.

[Français]

Le commerce international

    Monsieur le Président, l'économie québécoise est attaquée de toutes parts par Donald Trump, qui tire sur tout ce qui bouge. Il a voulu tuer notre industrie aéronautique, il menace notre agriculture et il impose des tarifs sur notre bois d'oeuvre, notre papier, notre acier et notre aluminium, qui, rappelons-le, est le plus propre au monde.
    Bref, c'est tout le Québec qui passe au cash. Le premier ministre a beau dire qu'il tient tête à Trump, et nous allons le soutenir tant qu'il va le faire, il reste que nos entreprises et nos travailleurs sont laissés à eux-mêmes.
    Qu'attend le gouvernement pour annoncer du soutien aux PME dans l'aluminium?
    Monsieur le Président, notre gouvernement est déterminé à moderniser l'ALENA d'une manière bénéfique pour toutes les parties.
    En ce qui concerne l'aluminium et l'acier, je veux encore une fois souligner que le Canada comprend que ces surtaxes sont illégales et injustifiées. Notre gouvernement va défendre nos travailleurs et notre industrie.

Le transport maritime

    Monsieur le Président, les populations de La Romaine et d'Unamen Shipu, en Basse-Côte-Nord, sont séquestrées, parce que le quai fédéral ne répond plus aux normes minimales de sécurité. Après le ravitailleur, maintenant c'est le pétrolier qui ne pourra plus accoster. Dans un mois, la centrale thermique ne pourra même plus fournir d'électricité.
    En raison de la négligence du fédéral, les liens fragiles de ces communautés avec le continent menacent en tout temps d'être coupés.
    Le ministre témoignera-t-il enfin d'un minimum de considération envers les élus et les populations locales inquiètes pour leur survie, en acceptant de les tenir minimalement informés? Quand entend-il déployer un plan d'urgence?

  (1505)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.
     Les citoyens de La Romaine demeurent notre priorité, et nous suivons de très près les développements récents. J'ai demandé à mon ministère d'agir rapidement dans ce dossier, tout en assurant la sécurité du public et des travailleurs maritimes, en collaboration avec la communauté et avec Relais Nordik, qui dessert la communauté.
    Nous avons appris que la communauté a reçu l'approvisionnement complet la fin de semaine dernière, mais nous travaillons activement sur une solution permanente afin de remédier à la situation.

[Traduction]

Le commerce international

    Monsieur le Président, tous les députés approuvent le fait que le premier ministre tient tête au président Trump. Le gouvernement a annoncé des représailles tarifaires pour cibler les districts électoraux névralgiques des États-Unis. Contrairement aux présidents américains précédents, Donald Trump s'est rendu vulnérable en ne se départissant pas de ses intérêts commerciaux personnels. Afin d'exercer d'autres pressions à l'avenir, le gouvernement a-t-il songé à des représailles qui ciblent l'organisation de Trump plutôt que le peuple américain?
    Monsieur le Président, les tarifs imposés par les États-Unis sur l'acier et l'aluminium sont illégaux et injustifiés. Le prétexte de menace à la sécurité nationale est absurde et, bien franchement, c'est une insulte aux Canadiens. En élaborant la liste de représailles, nous avons évalué soigneusement les cibles pour créer une liste tout à fait réciproque à celle des États-Unis. Nous entamons maintenant une période de consultation, et nous accueillons les idées de tous les Canadiens sur ce qui devrait ou ne devrait pas figurer sur la liste de représailles.

[Français]

    L'honorable députée de Laurier—Sainte-Marie invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mes collègues, tant libéraux que conservateurs, de leurs témoignages de sympathie à la suite des tristes nouvelles que nous avons apprises ce matin à propos de Paul Dewar. Toute la famille du NPD est atterrée, tout comme ceux qui ont eu le plaisir de le croiser au fil des années.

[Traduction]

    Paul était un collègue exceptionnel. Il défend toujours avec beaucoup d'ardeur divers dossiers. C'est un homme entièrement dévoué à sa famille. C'est un être humain exceptionnel. Nos pensées accompagnent Paul et sa famille. Je le remercie d'être qui il est.

[Français]

    Je remercie l'honorable députée de Laurier—Sainte-Marie. Nous sommes évidemment tous ensemble pour offrir nos condoléances à la famille de Paul. Il est un bon ami de nous tous.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — L'Iran  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 11 juin, de la motion.
    Comme il est 15 h 9, conformément à l'ordre adopté le lundi 11 juin, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion concernant les crédits.
    Convoquez les députés.
    Après l'appel de la sonnerie:

  (1515)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 754)

POUR

Députés

Aboultaif
Albas
Albrecht
Aldag
Alghabra
Alleslev
Allison
Amos
Anandasangaree
Anderson
Ayoub
Badawey
Bagnell
Bains
Barlow
Baylis
Beech
Bennett
Benzen
Bergen
Bernier
Berthold
Bezan
Bittle
Blair
Blaney (Bellechasse—Les Etchemins—Lévis)
Block
Boissonnault
Bossio
Boucher
Brassard
Bratina
Breton
Brison
Caesar-Chavannes
Carr
Carrie
Casey (Cumberland—Colchester)
Casey (Charlottetown)
Chagger
Champagne
Chen
Chong
Clarke
Clement
Cooper
Cormier
Cuzner
Dabrusin
Damoff
DeCourcey
Dhaliwal
Dhillon
Di Iorio
Diotte
Doherty
Dreeshen
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Easter
Eglinski
El-Khoury
Ellis
Erskine-Smith
Eyking
Eyolfson
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Fergus
Fillmore
Finley
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser (West Nova)
Fraser (Central Nova)
Freeland
Fuhr
Gallant
Garneau
Généreux
Genuis
Gerretsen
Gladu
Godin
Goodale
Gould
Gourde
Graham
Grewal
Hajdu
Harder
Hardie
Harvey
Hébert
Hehr
Hoback
Hogg
Holland
Housefather
Hussen
Hutchings
Iacono
Jeneroux
Joly
Jones
Kang
Kelly
Kent
Khera
Kmiec
Kusie
Lake
Lambropoulos
Lametti
Lamoureux
Lapointe
Lauzon (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Lauzon (Argenteuil—La Petite-Nation)
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Leslie
Levitt
Liepert
Lightbound
Lloyd
Lobb
Lockhart
Long
Longfield
Ludwig
Lukiwski
MacAulay (Cardigan)
MacKenzie
MacKinnon (Gatineau)
Maguire
Maloney
Massé (Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia)
May (Cambridge)
McCauley (Edmonton West)
McCrimmon
McGuinty
McKenna
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
McLeod (Northwest Territories)
Mendicino
Mihychuk
Miller (Ville-Marie—Le Sud-Ouest—Île-des-Soeurs)
Monsef
Morneau
Motz
Murray
Nassif
Nater
Nault
Ng
Nicholson
Obhrai
O'Connell
Oliver
O'Regan
O'Toole
Ouellette
Paradis
Paul-Hus
Peschisolido
Peterson
Petitpas Taylor
Philpott
Picard
Poilievre
Poissant
Qualtrough
Raitt
Rayes
Reid
Rempel
Richards
Rioux
Robillard
Rodriguez
Rogers
Romanado
Rota
Rudd
Ruimy
Rusnak
Sahota
Saini
Sajjan
Samson
Sangha
Sarai
Saroya
Scarpaleggia
Schiefke
Schmale
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Shields
Shipley
Sidhu (Mission—Matsqui—Fraser Canyon)
Sidhu (Brampton South)
Sikand
Simms
Sohi
Sopuck
Sorbara
Sorenson
Spengemann
Strahl
Stubbs
Sweet
Tassi
Tilson
Tootoo
Trost
Trudeau
Van Kesteren
Van Loan
Vandal
Vandenbeld
Vaughan
Vecchio
Viersen
Virani
Wagantall
Warawa
Warkentin
Waugh
Webber
Whalen
Wilson-Raybould
Wong
Wrzesnewskyj
Yip
Young
Yurdiga

Total: -- 248

CONTRE

Députés

Angus
Ashton
Barsalou-Duval
Beaulieu
Benson
Blaikie
Blaney (North Island—Powell River)
Boudrias
Boulerice
Boutin-Sweet
Brosseau
Caron
Choquette
Christopherson
Davies
Dubé
Duncan (Edmonton Strathcona)
Dusseault
Duvall
Fortin
Garrison
Gill
Hughes
Johns
Kwan
Laverdière
MacGregor
Malcolmson
Marcil
Masse (Windsor West)
Mathyssen
May (Saanich—Gulf Islands)
Moore
Nantel
Pauzé
Plamondon
Quach
Ramsey
Rankin
Sansoucy
Ste-Marie
Stetski
Stewart
Trudel
Weir

Total: -- 45

PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.
    Le député de Mégantic—L'Érable invoque le Règlement.

[Français]

     Monsieur le Président, durant la période des questions, la ministre du Revenu national a affirmé quelque chose et a induit la Chambre en erreur en disant que le Parti conservateur était contre la gestion de l'offre. C'est totalement faux.
    Cela me semble être une question de débat, mais je remercie l'honorable député.
    L'honorable député de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, au cours de la période des questions, la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et du Travail, m'a invité à lui fournir les données concernant des irrégularités dans le programme Emplois d'été Canada. J'ai ici les documents qui permettent de démontrer que plusieurs organisations associées à l'antisémitisme, à l'homophobie et au terrorisme ont reçu du financement dans le cadre du programme Emplois d'été Canada. Je demande le consentement unanime pour déposer ces documents qui ont été demandés par la ministre.

  (1520)  

    L'honorable député a-t-il le consentement unanime de la Chambre afin de déposer ces documents?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.

Le député de Saint-Léonard—Saint-Michel

    Monsieur le Président, à chaque occasion où j'entre ou je quitte cette vénérable Chambre, je vous salue avec révérence. Ce salut, je le fais à vous qui êtes mon collègue, et qui êtes aussi devenu un ami. Surtout, vous ne m'en voudrez pas, ce salut, je le fais à mon pays, à ses citoyens, à mes électeurs et à cette institution.
    Le pays, mon pays, c'est le Canada. Mis en corrélation avec l'histoire de l'humanité, le Canada est un projet tout récent, auquel nous participons tous au quotidien. En ce sens, nous sommes guidés par le passé pour agir au présent, afin de contribuer à l'édification du futur. Le Canada, mon pays, est aussi la motivation qui m'a amené à prendre l'une des décisions les plus douloureuses de ma vie, celle de sacrifier tout ce qui m'est cher pour le servir. Quand on m'a sollicité pour être candidat, je croyais que c'était l'idée la plus folle qui soit.

[Traduction]

    J'avais tout. J'étais vraiment chanceux. Qu'aurais-je pu demander de plus?
    Mes proches, ma famille, mon épouse, mes amis et mes concitoyens m'ont fourni la réponse. Ils m'ont dit que je ne trouverais pas la réponse en me demandant ce que la vie pouvait m'apporter de plus, mais plutôt en me demandant ce que moi, je pouvais lui apporter. Si l'amour de mon pays est la principale raison pour laquelle j'ai fait le saut en politique, mes proches ont constitué pour moi la source d'inspiration nécessaire.
    L'ironie, aujourd'hui, c'est que ceux qui m'ont incité à servir dans cette enceinte me réclament maintenant auprès d'eux. Lorsqu'on se joint à cette institution, l'ironie ultime, c'est que si on n'avait pas de vie avant de venir ici, on va rapidement en avoir une. Cependant, si on avait une vie, on va rapidement la perdre.

[Français]

    J'observe une autre ironie. Aujourd'hui, deux chefs d'État, l'un élu, l'autre dictateur, se sont rencontrés pour éviter la guerre. Ce choc entre deux visions de gouvernance est à l'origine non seulement de ma venue ici mais de mon existence même. Mon père, Giovanni Di Iorio, est né à Casacalenda, tout comme mes deux grands-pères et tous mes autres ancêtres. Tous les trois ont été conscrits dans l'armée italienne et ont subi les affres d'abominables conflits: la Première Guerre mondiale pour mes grands-pères et la Seconde Guerre mondiale pour mon père.
    Mon père, ma mère, mes grands-pères et mes grands-mères ont été traumatisés par ces terribles événements. Pourtant, ils n'en laissaient rien paraître. Leur vie en a été une empreinte de sacrifices et de dévouement.
    Quelle meilleure inspiration aurais-je pu avoir pour me guider à la suite de ma décision de servir mon pays? Je vais partager un exemple récent. Il y a deux semaines de cela, ma mère, Giuseppina Ranellucci, préparait un repas pour 300 convives, afin de recueillir des fonds pour les hôpitaux pour enfants. Elle a travaillé quatre jours de 7 heures à minuit pour organiser le tout. Le cinquième jour, elle se sentait mal et a décidé de se rendre à l'urgence.
    Avant de partir, au cas où elle ne reviendrait pas, elle a fait le ménage de sa maison et a réparé certains vêtements de ses petits-enfants. Après cela, elle était trop fatiguée pour aller à l'hôpital et elle est restée chez elle. Le lendemain, elle se sentait mieux. Elle a fait tout cela à l'âge de 86 ans!

[Traduction]

     Monsieur le Président, dans ce contexte, mes collègues comprendront que je ne pourrai jamais dire que j'abandonne. En temps et lieu, je remettrai ma démission, mais jamais je n'abandonnera