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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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42e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 037

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 12 avril 2016




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 148
NUMÉRO 037
1re SESSION
42e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 12 avril 2016

Présidence de l'honorable Geoff Regan

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1000)  

[Français]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, au nom du ministre des Affaires étrangères et en vertu du règlement 32(2), j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le traité intitulé « Déclaration ministérielle sur l'expansion du commerce des produits des technologies de l'information » adopté à Nairobi, le 16 décembre 2015.

[Traduction]

Les comités de la Chambre

Agriculture et agroalimentaire 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le deuxième rapport du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, qui porte sur l'étude du Budget principal des dépenses pour l'exercice 2016-2017.

Les travaux de la Chambre

    Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose:
    Que, nonobstant tout article du Règlement, pour le reste de l'année 2016, lorsqu'un vote par appel nominal doit avoir lieu un mardi, un mercredi ou un jeudi, à l'exception des votes par appel nominal différés à la conclusion des questions orales, la sonnerie d'appel des députés fonctionnera pendant au plus 30 minutes.
    Le secrétaire parlementaire a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour proposer la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

Pétitions

Le VIH-sida  

    Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour présenter deux pétitions.
    La première a été signée par des résidants de ma circonscription, Saanich—Gulf Islands, qui demandent au gouvernement d'adopter une stratégie nationale sur le VIH-sida, qui serait axée sur le principe de la prise en charge comme moyen de prévention.

Les certificats de sécurité  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition porte sur une question très troublante. Il s'agit de la violation des droits de la personne et de la Charte des droits et libertés que constitue le recours aux certificats de sécurité. Les pétitionnaires craignent tout particulièrement que les personnes visées par des certificats de sécurité soient expulsées vers des pays qui pratiquent la torture.

La santé  

    Monsieur le Président, j'ai une pétition signée par des dizaines de personnes de ma circonscription préoccupées par le déséquilibre créé par le gouvernement entre les soins de santé fournis aux citoyens ordinaires et ceux qui sont offerts à l'heure actuelle aux réfugiés.

  (1005)  

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.

[Français]

Demande de débat d'urgence

La crise dans les communautés autochtones  

[Article 52 du Règlement]
    Monsieur le Président, le suicide dans les communautés autochtones est un scandale international. Le monde entier est choqué par l'ampleur de la tragédie dans les communautés du Nord et demande au gouvernement du Canada d'agir. Je demande donc un débat d'urgence en réponse à cette tragédie, parce que cela n'est pas une tragédie seulement à Attawapiskat, mais dans toutes les communautés autochtones du Canada.

[Traduction]

    La crise à Attawapiskat a attiré l'attention du monde entier, et les gens attendent du Parlement qu'il explique le désespoir qui règne non seulement dans cette réserve, mais dans de nombreuses communautés autochtones. On compte sur le nouveau Parlement pour apporter du changement.
    Je demande ce débat d'urgence parce que nous ne pouvons pas, au cours de la présente session parlementaire, soulever cette question dans le cadre d'une motion de l'opposition. Nous avons bien soulevé certaines questions à la Chambre, mais cela ne suffit pas pour nous permettre de nous attaquer à l'absence de services de santé mentale, de services policiers et de programmes de soutien communautaire dans un grand nombre de communautés.
    La période des questions ne suffit pas non plus pour permettre au Parlement de parler de la façon d'élaborer une solution nationale porteuse d'espoir en travaillant avec les jeunes, les familles et les chefs autochtones.
    En terminant, je rappelle que le premier ministre a dit que la situation à Attawapiskat lui brisait le coeur, mais qu'il nous incombe à nous, parlementaires, de transformer celle-ci en suscitant l'espoir. C'est pourquoi je demande la collaboration de mes collègues pour que nous débattions de cette question ce soir et commencions à tracer la voie à suivre afin de donner espoir aux enfants du Nord et à toutes les communautés autochtones.

Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
    Je remercie le député de Timmins—Baie James de sa demande de débat d'urgence. Je conviens que la situation est grave, et j'estime que la demande présentée satisfait aux exigences du Règlement. Par conséquent, j'autorise la tenue d'un débat d'urgence ce soir.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Le budget]

[Traduction]

Le budget

L'exposé financier du ministre des Finances  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 11 avril, de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement, ainsi que de l'amendement et du sous-amendement.
    Monsieur le Président, aujourd'hui, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Burlington.
    Je prends la parole aujourd'hui au sujet du budget qui a été présenté par le ministre des Finances, mais avant de commencer, j'aimerais prendre quelques instants pour remercier sincèrement les électeurs de ma circonscription, Kitchener-Sud—Hespeler, de m'avoir accordé leur confiance. Je suis très choyé et honoré de les représenter ici, à Ottawa.
    J'aimerais aussi remercier tous les bénévoles et donateurs, qui ont joué un rôle essentiel dans la campagne électorale. Je les remercie infiniment de leur travail acharné et de leur dévouement. Je leur suis très reconnaissant d'avoir déployé autant d'efforts et je les remercie du fond du coeur. Sans eux, je ne serais pas ici.
    Étant donné que le temps dont je dispose est limité, je me concentrerai sur cinq aspects principaux du budget de 2016, soit la réduction d'impôt pour la classe moyenne, l'allocation pour enfants, le plan historique pour l'infrastructure, les prestations destinées aux aînés et l'aide destinée aux jeunes. Cela dit, j'aimerais d'abord fournir un peu de contexte en parlant des gens de Kitchener-Sud—Hespeler, la circonscription que je représente ici, à la Chambre.
    La circonscription de Kitchener-Sud—Hespeler est une nouvelle circonscription de la région de Waterloo. Je la connais très bien, car j'y ai grandi et j'y ai aussi habité presque toute ma vie. Je m'en voudrais de ne pas mentionner qu'il s'agit d'un endroit magnifique. Deux rivières la traversent, la Speed et la Grand; les gens y font du canot et y pêchent tout au long de l'été et de l'automne.
    Le village historique de Hespeler a été le cadre d'un grand nombre de films et de séries télévisées. Ses milieux naturels font la grande joie des photographes. On y trouve beaucoup de sentiers de randonnée pédestre et d'espaces verts, ainsi que bon nombre de terrains de soccer et de baseball où jouer.
    En plein coeur de la circonscription, il y a le Chicopee Ski and Summer Resort, qui occupe une superficie de 165 acres et où les familles font de la randonnée pédestre et du vélo en été, et du ski et de la planche à neige en hiver. Kitchener-Sud—Hespeler est un endroit où se côtoient des zones suburbaines; un grand nombre d'entreprises manufacturières et de parcs commerciaux; le Collège Conestoga, premier institut polytechnique au Canada; quelques institutions gouvernementales et établissements de santé régionaux; de même que tous les commerces de détail habituels.
    Les plus récentes données de Statistique Canada révèlent que la circonscription de Kitchener-Sud—Hespeler compte approximativement 98 000 habitants, y compris 23 000 enfants de moins de 18 ans et environ 10 000  aînés, c'est-à-dire 10 % de la population. L'âge moyen des résidants est de 36 ans.
    Cela signifie qu'il y a, dans ma circonscription, de nombreuses jeunes familles qui seront aidées par l'Allocation canadienne pour enfants, dont je parlerai dans un instant.
    En bref, Kitchener-Sud—Hespeler est le foyer de la classe moyenne et de ceux cherchant à y accéder.
    Le budget permettra de favoriser la croissance de la classe moyenne et d'aider les travailleurs canadiens à garder plus d'argent dans leurs poches.
    Pendant près d'une décennie, la classe moyenne a souffert d'une croissance stagnante, de l'absence de possibilités d'emploi et d'une réduction de services. Les salaires réels n'ont pas connu une augmentation importante depuis de nombreuses années, mais le prix des maisons continue d'augmenter. Par conséquent, les Canadiens ordinaires ont plus de difficulté à entrer sur le marché.
    Les familles travaillent de plus longues heures, font des heures supplémentaires et des quarts de nuit, et occupent même deux emplois pour joindre les deux bouts. À quel prix les familles canadiennes doivent-elles occuper deux emplois et travailler de longues heures? Elles perdent du temps de qualité qu'elles auraient pu passer avec leur famille.
    J'aborderai cinq éléments clés du budget de 2016. Le premier engagement est la baisse d'impôt pour la classe moyenne.
    Le gouvernement libéral sait que, lorsque la classe moyenne est saine, vigoureuse et dynamique, nous avons un Canada fort. Je suis convaincu que tous les députés conviendront que nous vivons dans le meilleur pays au monde. Il nous incombe, en tant que représentants élus, de faire en sorte que le Canada demeure un grand pays et un pays prospère. Malheureusement, comme la classe moyenne s'amenuise, certains d'entre nous ont perdu espoir et craignent que, peu importe le travail acharné des familles, les efforts de celles-ci ne donnent pas lieu à une richesse et à une prospérité accrue. Les grandes possibilités dans notre grand pays sont en train d'échapper aux Canadiens ordinaires.
    Cependant, pendant la campagne électorale, nous avons écouté les Canadiens. Nous avons écouté leurs préoccupations et nous leur avons promis d'aider la classe moyenne. Nous appuierons les Canadiens et veillerons à ce que des débouchés et la prospérité se réalisent sous la direction du premier ministre et du gouvernement actuel.
    À partir de 2016, nous réduirons les impôts de la classe moyenne; le taux d'imposition passera de 22 % à 20,5 %. Cette réduction de 7 % est essentielle et elle profitera à neuf millions de Canadiens. Cela signifie que le Canadien moyen économisera jusqu'à 670 $ par année.

  (1010)  

    Le deuxième engagement est le plan de prestations pour enfants.
    Neuf familles sur dix bénéficieront de la nouvelle Allocation canadienne pour enfants. Des centaines de milliers d'enfants sortiront de la pauvreté. Cela représente une valeur essentielle, une valeur qui fait en sorte que tous les enfants au pays ont une juste chance de réussir et de réaliser leurs buts et leurs aspirations.
    L'Allocation canadienne pour enfants m'est très chère. Étant issu d'une famille monoparentale, je sais à quel point ce plan aura une incidence positive importante pour de nombreuses familles.
    L'Allocation canadienne pour enfants est libre d'impôt; elle cible mieux les familles qui en ont le plus besoin et est plus généreuse. En moyenne, les familles toucheront près de 2 300 $ de plus par enfant.
    C'est un excellent plan. Non seulement il aide les parents à assumer les coûts élevés associés au fait d'élever des enfants, mais il apporte également une aide à long terme. Lorsque nous aidons une personne comme une mère seule au moyen d'une généreuse allocation pour enfants, nous offrons, à elle et à ses enfants, l'occasion de connaître la prospérité. Il s'agit d'un plan à long terme qui édifiera notre nation et la fera croître en offrant un soutien plus généreux à ceux qui en ont le plus besoin. Ainsi, nous contribuons à changer la trajectoire de nombreuses familles vers la prospérité et un avenir meilleur.
    Le troisième engagement est un plan d'investissement historique dans les infrastructures.
    Le gouvernement libéral a promis de renforcer la classe moyenne, de créer des emplois et de faire croître l'économie canadienne en faisant des investissements sans précédent dans les projets d'infrastructure dont nos collectivités ont besoin, notamment en ce qui concerne le transport en commun, les logements abordables, l'éducation préscolaire et la garde d'enfants, les centres culturels et récréatifs et l'infrastructure verte qui s'adaptera aux changements climatiques.
    Le quatrième engagement vise les aînés.
    Le gouvernement libéral a fait une série de promesses en vue de protéger le fractionnement du revenu pour les aînés, de rétablir à 65 ans l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti et d'augmenter les prestations du Supplément de revenu garanti pour les aînés vivant seuls. Je suis ravi de prendre la parole ici aujourd'hui en vue d'appuyer la réalisation de ces promesses pour que le gouvernement aide ceux qui ont travaillé fort pour bâtir notre beau pays.
    Le cinquième et dernier engagement vise les jeunes.
    Il est important d'aider les jeunes Canadiens à tirer profit de la prospérité de notre pays. Cela repose sur les épaules de la jeune génération. Voilà pourquoi il est fondamental que les jeunes reçoivent la formation dont ils ont besoin pour se préparer aux emplois d'aujourd'hui et de demain. Voilà pourquoi le budget de 2016 propose de majorer de 50 % le montant des bourses d'études canadiennes.
    De plus, le gouvernement libéral aidera les étudiants à mieux gérer leur dette étudiante. Tant qu'ils ne gagneront pas au moins 25 000 $, ces derniers ne seront pas tenus de rembourser leur prêt étudiant. Je suis content d'appuyer les mesures proposées par le gouvernement pour remplir la promesse qu'il a faite d'aider les jeunes Canadiens à mener à bien leurs études.
    Nous savons que la classe moyenne est en difficulté. Les Canadiens de la classe moyenne n'arrivent pas à améliorer leur sort. Ils n'ont pas les moyens d'aider leurs enfants à faire des études postsecondaires. Ils ne réussissent pas à épargner en prévision d'une retraite qu'ils auront pourtant bien méritée et ils ont de la difficulté à payer la maison. Voilà pourquoi nous cherchons à aider les gens de la classe moyenne. Nous savons que la classe moyenne est un moteur de croissance essentiel. La prospérité du Canada repose sur les gens de la classe moyenne. Or, lorsqu'ils disposent des bons outils et que des possibilités s'offrent à eux, rien ne peut les arrêter. Leur passion et leur dynamisme sont garants de leur succès au Canada et à l'étranger.
    C'est pourquoi notre baisse d'impôt pour les familles de la classe moyenne, notre allocation pour enfants, notre plan d'investissement dans les infrastructures, nos mesures d'aide pour les personnes âgées et pour les jeunes nous permettront d'édifier un Canada encore plus beau, un pays dont nous pourrons être fiers et où tous nos concitoyens, des enfants aux personnes âgées, bénéficieront des mêmes possibilités pour améliorer leurs perspectives d'avenir. Nous vivons dans le meilleur pays du monde, et grâce au budget de 2016, le Canada demeurera un pays merveilleux. C'est ce que nous avons promis et c'est ce que nous donnerons aux Canadiens.

  (1015)  

    Monsieur le Président, selon mes calculs, en vertu de ce nouveau budget pour les familles de la classe moyenne, celles-ci paieraient 600 $ de moins en impôt sur le revenu. Celles qui ont plusieurs enfants toucheraient aussi 2 200 $ au titre de la prestation pour enfants. Toutefois, je constate que les familles qui ont quelques enfants perdraient 3 000 $ au titre du crédit d'impôt pour la condition physique des enfants. Elles perdraient aussi 3 000 $ ou plus si elles recouraient au fractionnement du revenu, puis peut-être 200 $ de plus en raison de la hausse des cotisations au RPC et 100 $ de plus pour l'assurance-emploi. Cela veut dire que tous ces Canadiens de la classe moyenne paieront environ 3 500 $ de plus en impôt, et cela ne compte pas la taxe sur le carbone. Au final, tout le monde paiera plus d'impôts en vertu de ce budget.
    Le député a-t-il fait les calculs?
    Monsieur le Président, j'ai fait les calculs, mais je ne pense pas que la députée a bien regardé notre régime de prestations pour enfants. Il profiterait à neuf familles sur dix et il sortirait plus de 300 000 enfants de la pauvreté. Par exemple, une mère de famille monoparentale qui gagne 45 000 $ par année et qui a un enfant de moins de six ans toucherait en gros 2 300 $ de plus dans le cadre de ce régime. Je pense que la députée n'a pas fait ce calcul.
    Monsieur le Président, quand je regarde le budget, j'ai l'impression qu'on s'est encore servi d'un tour de passe-passe, qu'on a fait des promesses au sujet des enfants autochtones, mais sans nécessairement les tenir. La vérité, c'est qu'environ 30 % de l'argent annoncé l'est pour le mandat du prochain gouvernement. On ne répond pas aux besoins, on ne cherche qu'à publier des communiqués de presse.
    Nous constatons qu'en ce qui concerne l'aide à l'enfance, le gouvernement refuse de respecter les normes. Cindy Blackstock affirme que le gouvernement laisse tomber les enfants autochtones. Ma plus grande préoccupation, c'est le fait qu'il n'y a pas un sou pour remédier aux problèmes en santé, notamment en ce qui concerne la crise en santé mentale qui secoue les collectivités autochtones. Étant donné la vague de suicides qui touche de si nombreuses collectivités, je suis atterré de voir qu'il n'y a pas le moindre argent pour les soins de santé dans le budget. J'aimerais demander à mon collègue pourquoi les libéraux ont cru qu'ils pouvaient lésiner sur cette question.

  (1020)  

    Monsieur le Président, je tiens d'abord à dire à mon collègue que je suis de tout coeur avec ceux qui souffrent à Attawapiskat présentement.
    Notre engagement était d'investir dans les collectivités autochtones, et nous avons prévu des milliards de dollars à cette fin. Nous travaillons avec les provinces et les territoires afin d'améliorer le système de santé, et nous espérons que nos efforts nous permettront de mettre au point un plan de bonne tenue. Nous discutons avec les provinces et les territoires afin d'établir la meilleure façon de procéder à cet égard.
    Monsieur le Président, je félicite le député pour son discours. Il a résumé essentiellement un certain nombre d'éléments positifs qui ressortent de ce budget. L'un des points fondamentaux du budget, c'est qu'on tente de bâtir une classe moyenne plus vigoureuse et plus prospère. Au bout du compte, si nous y parvenons, nous aurons aussi une économie plus vigoureuse.
    Je me demande si le député voudrait nous faire part de ses réflexions sur l'importance de renforcer la classe moyenne. Selon ce qui est au coeur du budget, nous disons que le Canada a besoin d'une classe moyenne plus vigoureuse, et le budget répondrait effectivement à ce besoin. Le député est-il d'accord?
    Monsieur le Président, je suis d'accord. La classe moyenne est d'une importance vitale. Dans mon discours, j'ai dit qu'elle est le moteur économique du pays. Nous devons faire en sorte d'aider les gens de la classe moyenne à atteindre la prospérité de sorte qu'ils puissent assurer un bel avenir à leurs enfants.
    Dans ma région, Waterloo, nous investissons dans la classe moyenne, dans le transport en commun et dans le secteur de la haute technologie. C'est ainsi que nous pouvons favoriser la croissance de la classe moyenne.
    Monsieur le Président, je suis très honorée de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui afin d'appuyer le budget de 2016.
    Au cours des trois dernières semaines, mon bureau à Burlington a accueilli plus de 250 personnes au point de service que nous avons mis en place dans le cadre du Programme communautaire des bénévoles en matière d'impôt. Ce programme aide les Canadiens à faible revenu à produire leur déclaration de revenu. J'ai eu le plaisir de voir dans le budget un montant supplémentaire de 4 millions de dollars destiné à élargir cet excellent programme qui permet à des personnes à faible revenu d'obtenir les prestations auxquelles elles ont droit. Cela peut étonner bien des gens qui voient souvent Burlington comme une ville riche, et nous le sommes à bien des égards.
    Nous avons une collectivité magnifique, dynamique et sécuritaire. Cependant, on y trouve également de nombreuses personnes qui ont du mal à composer avec le coût élevé de la vie. Pendant l'année qui a précédé les élections, mon équipe et moi avons frappé à plus de 44 000 portes. En interrogeant les gens de ma collectivité sur les dossiers qui leur tiennent le plus à coeur, j'ai été frappée d'apprendre que, dans la majorité des cas, les gens parlaient de pouvoir joindre les deux bouts, de questions sociales comme les débouchés pour les jeunes, la sécurité de la retraite et les logements abordables, ainsi que de l'environnement et des changements climatiques. Fait important, la promotion des valeurs canadiennes telles que notre générosité, notre inclusivité et notre sens de la coopération internationale étaient leur plus grande priorité.
    Dans mon discours de nomination, j'ai mentionné un certain nombre de questions qui m'ont poussée à me lancer en politique et à servir ma collectivité et mon pays. Je pense notamment aux services de garde abordables et de qualité, au logement abordable pour les aînés et les nouveaux arrivants, aux réseaux routiers et de transports en commun efficaces et fiables, à la promotion d'une économie novatrice et axée sur les échanges internationaux pour assurer des emplois dans la dignité, aux pratiques agricoles durables et locales, à une approche équilibrée à l'égard des affaires internationales et à l'importance de rétablir le financement et le respect accordés aux établissements de recherche et aux organismes environnementaux à la grandeur du pays, notamment en ce qui touche les Grands Lacs et l'eau douce, ainsi que d'avoir un plan réfléchi et consensuel pour gérer nos ressources naturelles.
    Je suis fière que le budget de 2016 tienne compte de chacune de ces questions et qu'il montre que le gouvernement sera à la fois un partenaire pour les provinces, les territoires et les municipalités, et un véritable chef de file pour les Canadiens.
    J'aimerais m'attarder à bien des aspects de ce budget, mais comme je ne dispose que de 10 minutes, je parlerai de cinq thèmes qui importent particulièrement à ma collectivité de Burlington: les aînés, les jeunes, l'infrastructure, notre programme d'innovation et l'égalité.
    Je parlerai d'abord des mesures prévues qui concernent les aînés.
    Les députés savent peut-être que ma circonscription, Burlington, compte une grande population d'aînés dynamiques. Nous avons un centre pour personnes âgées actives qui compte plus de 3 000 membres et que le premier ministre a eu l'occasion de visiter à la même époque l'an passé. La question qui m'a été le plus mentionnée lorsque je faisais du porte-à-porte, c'est bien celle des aînés.
    Dans la région d'Halton, plus de 4 000 personnes sont en attente d'un logement abordable. Notre engagement à renouveler les subventions pour les logements fédéraux, à construire plus de logements locatifs abordables et à affecter plus de 200 millions de dollars au logement abordable pour les aînés contribuera grandement à aider les personnes âgées de ma collectivité à vivre dans la dignité.
    J'ai rencontré bien des aînés qui dépendent de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément du revenu garanti et qui ont du mal à joindre les deux bouts. Notre augmentation de 10 % du Supplément du revenu garanti aura un effet positif et tangible en rehaussant les bénéfices et la qualité de vie de bien des aînés à faible revenu à Burlington. Je suis fière que notre gouvernement ait tenu la promesse qu'il avait faite d'améliorer un peu leurs vies.
    Le prochain point concerne toutes les générations, et je me réjouis de constater que le budget prévoit une mesure à son sujet. Il s'agit de la bonification du Régime de pensions du Canada. Gens d'affaires, syndicalistes, groupes d'aînés, jeunes: je ne compte plus les conversations où les gens me disaient qu'il fallait absolument améliorer le système de pensions. Bien que j'encourage tous les Canadiens à épargner en prévision de leur retraite et les entreprises à offrir des régimes de retraite à leurs employés, il arrive parfois qu'une personne n'ait tout simplement pas assez d'argent pour en mettre de côté. Le Régime de pensions du Canada est bien géré, et il pourrait aisément aider tous les Canadiens à vivre leur retraite dans la dignité et à l'abri des soucis financiers. J'applaudis le ministre des Finances d'avoir accepté de relever ce défi et de vouloir, en collaboration avec ses collègues des provinces et des territoires, permettre aux futures générations de Canadiens de vivre leur retraite en toute quiétude.
    Le budget fait aussi ressortir à quel point le gouvernement a à coeur le sort des jeunes et combien il tient à ce que l'économie soit assez vigoureuse pour leur offrir des débouchés de qualité. À la fin de leurs études secondaires, de nombreux jeunes de ma circonscription vont étudier dans les nombreux collèges et universités du pays. La Stratégie emploi jeunesse et le programme Emplois d'été Canada contribueront à créer des emplois à Burlington, alors quand les étudiants reviendront chez eux pour l'été, ils pourront dénicher des emplois intéressants et susceptibles de mener à un emploi permanent après leurs études. Comme beaucoup d'autres circonscriptions du pays, celle que je représente, Burlington, a besoin de travailleurs jeunes et dynamiques afin de soutenir une population vieillissante tout en continuant de penser à l'avenir.

  (1025)  

    De nos jours, pour se tailler une place sur le marché du travail, il faut faire de bonnes études. Le programme des bourses d'études canadiennes est là pour les Canadiens qui entreprennent des études postsecondaires. Il était plus que temps que les bourses en question soient revues à la hausse afin qu'elles tiennent compte de l'augmentation du coût de la vie et que les jeunes puissent commencer leur vie adulte du bon pied, c'est-à-dire en n'ayant pas une dette d'études ingérable. Le budget répond concrètement aux préoccupations des très nombreux jeunes de Burlington avec qui j'ai discuté.
    Mais surtout, le budget de 2016 tient compte du fait que le pays a besoin de toute urgence que l'on construise de nouvelles infrastructures physiques ou que l'on améliore celles qui existent déjà.
    À l'été 2014, Burlington a connu des niveaux de précipitations records. Résultat: le réseau d'égouts de la ville a débordé, inondant plus de 4 000 maisons. Les changements climatiques et l'augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes ont littéralement inondé nos maisons. Je me réjouis donc de constater que 2 milliards de dollars serviront à établir un nouveau fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées.
    Comme bien des circonscriptions du Grand Toronto, Burlington doit composer avec les embouteillages. On pourrait envisager d'élargir toutes les routes, mais ce n'est pas la seule solution possible. Il faut investir dans l'expansion des systèmes de transport en commun. Le nouveau fonds pour l’infrastructure de transport en commun permettra de raccourcir les temps de déplacement et de réduire la pollution atmosphérique. Il aura donc des effets bénéfiques pour l'environnement. De plus, quand les déplacements sont plus rapides et plus efficaces, la santé physique et mentale des résidants y gagne, tout comme notre productivité collective. Cela m'amène à vous parler du secteur manufacturier novateur et diversifié de Burlington, un secret bien gardé.
    J'ai eu l'honneur de visiter plusieurs entreprises dynamiques qui ont su se tailler une place dans un marché mondial concurrentiel. Leur croissance et leur prospérité me tiennent à coeur, car elles créent de bons emplois et donnent un certain élan à l'économie locale. Elles pourraient toutefois faire davantage. C'est pourquoi le budget de 2016 vise à soutenir leurs ambitions tout en favorisant la réussite d'autres entreprises.
    Grâce au financement accru dédié au Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches, le gouvernement favorise l'innovation et la croissance des petites et moyennes entreprises de ma circonscription. La nouvelle initiative en faveur des entreprises à impact élevé aidera les entreprises participantes à être plus compétitives sur la scène mondiale. Par ailleurs, notre plan en faveur d'une croissance propre créera des débouchés pour une nouvelle génération d'entrepreneurs. Je me réjouis aussi de l'importance accordée, dans le budget, aux diverses facettes du secteur manufacturier, dont le secteur de l'automobile.
    Enfin, je m'en voudrais de ne pas mentionner deux autres mesures du budget qui sont importantes à mes yeux: le financement accru à l'intention des refuges pour les victimes de violence et les fonds supplémentaires alloués à la condition féminine.
    Le président Obama a déclaré récemment qu'un pays devrait être jugé d'après le traitement qu'il réserve aux femmes. Le Canada a encore du chemin à faire à cet égard, mais il est de bon augure d'avoir un premier ministre féministe à la tête d'un Cabinet paritaire en faveur de l'égalité.
    Notre engagement à verser 500 millions de dollars sur cinq ans pour un cadre national pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants constitue une autre mesure importante pour l'égalité entre les sexes.
    Je suis fière d'appuyer le budget de 2016, car il répond à beaucoup de questions qui ont été portées à mon attention lorsque j'ai fait du porte-à-porte dans ma circonscription. Le budget énonce le plan qui ramènera le Canada sur la voie de la croissance et de l'inclusion sociale, et il réaffirme des valeurs chères à de nombreuses générations de Canadiens et qui constituent le fondement de notre identité nationale.
    Il est clair que ces enjeux sont liés les uns aux autres. Les compétences, la formation et l’expérience enrichissent la jeunesse, à laquelle nous devons aussi donner la possibilité d’exceller. Nous y arriverons grâce un environnement et à une économie solides ainsi qu’à des infrastructures qui, au plan social, écologique et physique, permettront aux Canadiens de prospérer à toutes les étapes de leur vie, dans une société inclusive fondée sur l’égalité pour tous. Voilà à quoi ressemble mon Canada.
    J’ai rencontré des milliers de gens dans ma circonscription et dans le Canada tout entier, et je ne cesse d’être émerveillée par leur ingéniosité, par leur résilience et par toutes les occasions qu’ils saisissent quotidiennement.
    Un autre premier ministre appelé Trudeau a déclaré, et je le cite: « L’idéal canadien avec lequel nous avons tenté de vivre avec plus ou moins de succès depuis 100 ans est un véritable défi lancé à l’histoire de l’humanité. » Au Canada, nous cherchons à surmonter les difficultés de façon pacifique et à créer une société juste. J’espère aujourd’hui que nous continuerons de lancer ce même défi à l’histoire.
    Les mesures que nous proposons dans le budget auront une influence réelle pour les particuliers et familles ainsi que pour les parents et aînés qui se sont présentés à notre point de service du Programme communautaire des bénévoles en matière d'impôt.
    Une société juste est une société forte. Tout le monde y gagne.
    Le budget de 2016 porte sur le présent et sur l’avenir, un avenir où l’on donnera à tous les Canadiens la possibilité d’atteindre leur plein potentiel. J’encourage tous mes collègues de la Chambre à se joindre à moi pour appuyer le budget et les perspectives qu'il ouvre.

  (1030)  

    Tout le monde est fier de son budget, monsieur le Président. Je suppose que c'est ce que fait tout gouvernement: dresser des budgets.
    Je trouve intéressant que les libéraux parlent de la classe moyenne, ou plutôt du groupe à revenu moyen. Sous la direction de notre gouvernement, elle était la plus riche non seulement du monde industrialisé, mais bien du monde entier. Ce que je trouve intéressant, c'est que les libéraux comptent lui soutirer 1,3 milliard de dollars en impôts cette année-ci et 2,4 milliards de plus l'année prochaine. Ils augmenteront l'impôt des agriculteurs et des petits entrepreneurs de Lambton—Kent—Middlesex. Ils augmenteront également les charges sociales et les cotisations à l'assurance-emploi, et ils n'ont pas tenu la promesse qu'ils avaient faite de réduire l'impôt des petites entreprises.
    J'ai toujours trouvé que les gestes sont plus éloquents que les paroles. Les libéraux ont annoncé qu'ils enregistreraient un modeste déficit de 10 milliards de dollars, mais les prévisions dépassent actuellement les 30 milliards. Ils ont affirmé que le transfert d'impôt des plus riches à la classe moyenne n'aurait aucune incidence sur les recettes, mais ce sont les personnes qui gagnent un peu moins de 200 000 $ qui bénéficieront le plus de la mesure — je suppose que ce sont elles qui forment la classe moyenne. Ils se sont cependant fourvoyés d'environ 2 milliards de dollars par année. Puis, ils ont affirmé qu'ils équilibreraient le budget. Ils se sont donc trompés au moins trois fois dans les six premiers mois de leur mandat. Si les libéraux sont incapables de présenter un budget qui confirme leurs prévisions, je me demande pourquoi les Canadiens les croiraient lorsqu'ils affirment leur intention de s'acquitter de leur mandat dans la prochaine année, jusqu'à la présentation du prochain budget.
    Monsieur le Président, il est très clair que certaines promesses seront réalisées sur-le-champ. Le 1er juillet 2017, le Supplément de revenu garanti augmentera de 10 % pour les aînés à faible revenu. L'Allocation canadienne pour enfants et la baisse d'impôt pour la classe moyenne sont des mesures qui ont déjà été mises en oeuvre.
    Le budget vise à investir, à stimuler la classe moyenne et à remettre le Canada sur la voie de la croissance.
    Mes collègues de l'autre côté de la Chambre semblent oublier qu'au cours des 10 dernières années, nous avons connu la plus faible croissance de l'histoire du Canada depuis la Grande Dépression. Nous avons un plan pour remettre le Canada sur la bonne voie, favoriser la croissance de la classe moyenne et élargir les possibilités pour chacun d'entre nous de sorte qu'ensemble, nous soyons plus forts.

  (1035)  

    Monsieur le Président, je tiens à remercier la députée de son discours et d'avoir dressé la liste des priorités. Ces priorités sont les mêmes que celles de ma circonscription. Malheureusement, toutefois, le budget ne les aborde pas.
    Je suis heureuse de constater que les infrastructures vertes comprendront l'expansion de réseaux de train léger. Le maire de ma ville est certainement heureux de savoir qu'il obtiendra plus d'argent, mais, malheureusement, le budget ne consacre aucune somme au prolongement de la ligne ferroviaire en tant que tel. Il a été décidé de rattacher le financement à l'achalandage, sauf qu'il n'y aura pas plus d'achalandage tant que la ligne ferroviaire n'aura pas été prolongée.
    Je me réjouis à l'idée d'une augmentation, tout comme le maire de la ville. Le gouvernement fédéral pourrait offrir un financement de 50 %, mais la ligne ferroviaire coûte 1 milliard de dollars à construire. Il nous faut plus que 130 millions de dollars.
    Voici ma grande préoccupation: la députée dit que les aînés font partie de ses grandes priorités. C'est la même chose pour moi, dans ma circonscription. Le Parti libéral a promis d'affecter 3 milliards de dollars sur trois ans aux soins de santé, mais ce n'est pas dans le budget. Les libéraux ne se sont pas engagés à renégocier les compressions de 36 milliards de dollars sur 10 ans dans les soins de santé, et aucun financement n'est consacré à l'assurance-médicaments.
    La députée peut-elle s'exprimer sur cette question? Les libéraux ont promis des mesures supplémentaires pour offrir des soins de santé aux Canadiens. Où est l'argent?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'Edmonton de sa question, de ses préoccupations ainsi que des enjeux qu'elle soulève et que nous avons en commun. Ce sont des enjeux pertinents non seulement à Burlington, mais aussi partout au Canada.
    Il importe notamment de rappeler qu'il s'agit du premier de quatre budgets. Nous avons un mandat de quatre ans. Même si le précédent gouvernement a essayé de faire tomber Rome en un jour, il faut plus d'une journée pour tout reconstruire.
    Nous collaborons avec les autres intervenants. La ministre de la Santé se concerte avec ses homologues provinciaux pour trouver le moyen de renégocier l'accord canadien sur la santé et discuter, nous l'espérons, des enjeux qui sont importants pour les électeurs de ma circonscription, moi-même et tous les députés, comme l'assurance-médicaments et les soins à domicile.
    Monsieur le Président, étant donné qu'il s'agit de la première occasion que j'ai à la Chambre d'avoir plus de 60 secondes pour poser des questions ou faire une déclaration en vertu de l'article 31 du Règlement, je tiens à prendre le temps de remercier les électeurs de Niagara-Ouest de m'avoir permis de les représenter pour la cinquième fois de suite. Je dois évidemment remercier tous les bénévoles qui ont donné un coup de main et les gens qui ont recueilli des dons parce que nous sommes conscients qu'il n'est pas possible de faire une campagne électorale si nous n'avons pas les fonds pour ce faire.
    Je mentionne également que je partagerai mon temps avec le député de Cariboo—Prince George.
    J'aimerais parler du budget du point de vue des petites entreprises et de la confiance, mais j'aborderai aussi d'autres aspects.
    J'ai quelques réserves en ce qui a trait à la création d'emplois. Je comprends que les gouvernements ne créent pas réellement d'emplois, mais ils mettent en place des conditions qui créent un contexte propre à donner confiance aux entreprises de manière à les inciter à investir au pays.
     Pour vous donner un aperçu en rétrospective de ce que le gouvernement a fait au cours des neuf années où mon parti était au pouvoir, je vais employer l'acronyme SIRE, qui illustre tout ce que nous avons accompli pour essayer de donner confiance aux acteurs économiques et de rehausser la réputation du Canada auprès des investisseurs sur la scène internationale. J'en veux pour preuve les articles qui ont été publiés à ce sujet. En janvier, Forbes a classé le Canada bon premier parmi les pays du G20 les plus favorables au monde des affaires.
    Pensons-y un peu. Après ce qui est arrivé au cours des dernières années, notamment la grande crise économique mondiale de 2008, le magazine Forbes est d'avis en 2016 que le Canada est le meilleur pays du G20 pour faire des affaires. C'est grâce au travail acharné du gouvernement conservateur au cours des 10 dernières années.
    Voici pourquoi j'emploie l'acronyme SIRE.
    Le « S » de SIRE signifie que nous avons allégé le fardeau fiscal des sociétés. J'ai l'intention de parler entre autres de l'abandon de l'idée d'alléger le fardeau fiscal des PME, idée qui me semble importante. Nous avons en outre conclu des accords commerciaux avec plus de 51 pays après en avoir fait la promotion auprès d'eux, y compris le Partenariat transpacifique, qui est l'accord le plus récent. Nous avons réduit le fardeau fiscal des sociétés, ce qui fait maintenant de nous l'un des pays du G7 où la fiscalité est la plus favorable. Lorsque les multinationales doivent décider de l'endroit où elles vont investir leur argent, elles prennent en considération beaucoup de facteurs, et la fiscalité est certainement l'un d'entre eux.
    Le « I » de SIRE symbolise les infrastructures, les investissements et la refonte des règles de l'immigration. Nous avons plusieurs réalisations à notre actif dans le domaine des infrastructures. Le gouvernement actuel est, lui aussi, résolu à agir dans ce domaine, et je pense que c'est très bien parce que les infrastructures sont importantes. Mais le gouvernement précédent, formé par mon parti, a injecté des sommes sans précédent dans les infrastructures de partout au pays, y compris certainement dans ma région, celle de Niagara. Nous avons pu réaliser, sur une brève période, un certain nombre de travaux qui ont beaucoup amélioré la qualité de vie dans la région de Niagara. En plus des projets d'infrastructures, des changements à la frontière ont facilité le transport et apporté diverses autres améliorations.
     Le « R » de SIRE correspond à la recherche-développement, ainsi qu'à la réduction du fardeau administratif. J'ai eu l'occasion de participer à une table ronde sur la réduction de la paperasse. Les intervenants ont notamment parlé du fait que les nombreuses tracasseries administratives continuent de constituer un problème pour les entreprises et qu'elles varient d'un pays à l'autre. Il s'agit d'un problème important. J'espère que le nouveau gouvernement continuera de lutter contre ce problème. On peut bien étudier la question du fardeau administratif et mettre sur pied une commission à cet effet, mais on sait pertinemment que, dans un gouvernement ou une bureaucratie, la paperasse finit toujours par revenir en force. Nous devons faire preuve de diligence à l'égard de cette question, et le gouvernement actuel doit s'engager à y faire face.
    Enfin, le « E » de SIRE renvoie à l'entrepreneuriat et à l'économie. Comme je l'ai dit tout à l'heure, le magazine Forbes a déclaré que le Canada est le meilleur endroit où investir parmi les pays membres du G20, et je pense que nous devons mettre l'accent sur l'entrepreneuriat et les petites entreprises. Une de mes préoccupations rejoint certains des engagements pris antérieurement par le gouvernement actuel. Il s'agit de faire en sorte que les entreprises aient l'assurance que, si elles investissent de l'argent et mettent de l'avant des projets, les règles ne vont pas changer en cours de route. Au pays, nous devons notamment continuer d'appuyer les petites entreprises et les entrepreneurs.
    Parmi les mesures qu'il a prises, le gouvernement précédent a investi 400 millions de dollars dans un fonds de capital de risque, ce qui est un bon début, mais je ne crois pas que ce soit suffisant pour régler l'un des problèmes les plus graves auxquels les petites entreprises canadiennes doivent faire face, soit l'accès au capital.

  (1040)  

    S'il y a des points névralgiques aux États-Unis, que ce soit à Boston ou dans la Silicon Valley, c'est, notamment, parce qu'il y a là beaucoup d'argent. Certes, de nombreux autres facteurs entrent en ligne de compte. Il y a là-bas des gens très intelligents, mais il y en a aussi au Canada. L'accès au capital demeure l'une des choses qu'il faudra changer au pays pour être plus efficaces et pouvoir attirer les entreprises. Celles-ci ont besoin de croître.
    Il arrive parfois que nous ayons une idée géniale et que nous la mettions de l'avant pour ensuite être incapables d'amasser des fonds additionnels, de sorte que les entreprises vont invariablement chez nos voisins, où il y a beaucoup d'argent ainsi qu'un secteur privé et un marché boursier importants. Voilà certaines choses qu'il nous faut faire pour avancer.
    Cela dit, pendant la campagne électorale, les libéraux ont promis qu'ils continueraient d'abaisser le taux d'imposition des petites entreprises. C'est là un des facteurs sous-jacents de la confiance permettant aux petites entreprises, et aux PME en général, de pouvoir décider comment investir et prendre de l'expansion. Si les choses ne se présentent pas de façon à leur faciliter la tâche, elles laisseront dormir leur argent ou auront une foule d'autres possibilités.
    De nombreux fabricants de ma circonscription n'en reviennent pas des invitations qui leur sont faites de s'installer dans le Sud des États-Unis. On ne parle pas seulement du taux d'imposition, mais aussi, par exemple, du coût de l'énergie, qui est incroyable. Je sais que c'est une question provinciale, mais tous les gouvernements doivent s'en préoccuper. Je suis consterné quand des fabricants de ma circonscription affirment que tout ce qui les retient ici, ce sont leurs racines, c'est leur attachement à la collectivité où ils ont grandi. C'est formidable pour les gens qui font cela, mais nous rivalisons dans une économie mondiale pour l'argent, le talent et tout ce qui va avec.
    Les libéraux ont promis de réduire le taux d'imposition des petites entreprises à 9 %, mais maintenant, ils affirment qu'ils ne le feront pas, et cela m'inquiète. Encore une fois, en agissant ainsi, ils minent la confiance des petites entreprises et les empêchent d'avancer.
     Un autre aspect qui posait problème était le dossier de l'assurance-emploi. Oui, c'est une bonne chose que l'on aide les personnes les plus vulnérables, mais il faut aussi être prudents, car ce sont les entreprises qui doivent payer ces cotisations.
    Nous avons parlé de la bonification du Régime de pensions du Canada. À première vue, c'est une excellente idée. Par contre, le problème, c'est qu'il n'y a qu'un seul groupe de contribuables, soit les particuliers et les entreprises. Ce sont eux qui devront assumer ce fardeau.
    Ce qui me pose problème dans tout cela, c'est le fait que l'on continue d'alourdir le fardeau des petites entreprises. Encore une fois, nous ne tenons pas compte de tous les autres facteurs qui ont une incidence sur la situation. Donc, que se passe-t-il? Les gens perdent confiance et les entreprises peuvent décider de ne pas investir plus d'argent au pays. Elles peuvent décider de déménager dans un autre pays, par exemple aux États-Unis. C'est troublant, car le gouvernement précédent a déployé énormément d'efforts au cours des neuf dernières années pour créer un climat de confiance.
    Selon divers articles publiés sur notre pays au cours des dernières années, que ce soit dans Forbes ou Fortune, le Canada était sur la bonne voie.
    J'aimerais également parler un peu des observations du directeur parlementaire du budget lorsqu'est venu le temps d'examiner le budget. Je trouve intéressant que l'opposition nous ait donné du fil à retordre lorsque nous formions le gouvernement. Il était notamment question du fait que nous n'écoutions pas le directeur parlementaire du budget et que nous ne faisions pas preuve d'ouverture ou de transparence. Maintenant, le directeur parlementaire du budget affirme qu'il n'y a ni ouverture ni transparence. Une fois de plus, qu'il s'agisse de modifier des plans de dépenses à long terme ou de minimiser l'importance des prévisions à cet égard, comment la population peut-elle comprendre ce qui se passe réellement? Les libéraux ont fait campagne sur l'ouverture et la transparence.
    Malheureusement, 10 minutes sont loin d'être suffisantes pour discuter de toutes les questions auxquelles le budget a donné lieu. Toutefois, le Canada doit régler de nombreuses questions à l'heure actuelle, qu'il s'agisse des projets de pipelines, du secteur des ressources ou d'autres encore.
    En tant que gouvernement, les libéraux doivent créer un climat de confiance pour les entreprises. Je suis préoccupé parce que des promesses ont déjà été rompues. Personne n'a contraint les libéraux de faire campagne sur ces promesses, et, maintenant, ceux-ci reviennent sur certaines de leurs promesses. Au bout du compte, cela crée une instabilité parmi les PME en général et amène celles-ci à se demander si les libéraux tiendront parole. Les fonds pourraient donc être versés ailleurs. Ce sont les entreprises, comme nous le savons, qui créent des emplois.

  (1045)  

    Monsieur le Président, je ne suis pas d'accord avec la conclusion du député. Peut-être pourrai-je jeter un éclairage différent.
    J'aimerais parler plus précisément de l'allégement fiscal dont bénéficiera la classe moyenne. Des centaines et des millions de dollars iront directement dans les poches de la classe moyenne. Ce revenu disponible supplémentaire favorisera l'investissement dans les petites entreprises. Une augmentation du revenu disponible signifie plus de dépenses de consommation, et lorsqu'il y a plus de dépenses de consommation, les entreprises, espérons-le, embaucheront plus de gens.
    C'est profitable pour l'économie. En investissant dans la classe moyenne, nous investissons dans l'économie canadienne. Une classe moyenne qui se porte mieux signifie une économie plus saine.
    Cela dit, le député n'est-il pas à tout le moins d'accord pour dire que si la classe moyenne dispose de plus d'argent, alors il y a plus d'argent à dépenser et cela aide les petites entreprises, quelle que soit la région?
    Monsieur le Président, une fois de plus, voilà un point sur lequel nous ne nous entendons pas. Le fait que des personnes disposent de plus d'argent y est pour quelque chose.
    Toutefois, il faut comprendre que, pour faire croître le PIB d'un pays de 35 millions d'habitants, nous devons vendre des produits à l'étranger. Je sais que le député d'en face comprend cela.
    Les accords de libre-échange comptent parmi nos plus grands défis. Je n'ai pas mentionné le Partenariat transpacifique, que nous avons négocié, et au sujet duquel nous recevons des messages mixtes concernant la position du gouvernement et la compensation qu'il fournira aux groupes agricoles.
    L'un des moyens les plus importants d'augmenter le PIB de notre pays est de veiller à ce que nos entreprises aient accès à des marchés où vendre leurs produits. Certes, la vente locale des produits présente ses avantages et est essentielle, mais les entreprises ne pourront réellement croître que si elles vendent leurs produits à l'étranger.
    Le Canada a une économie de près de 2 billions de dollars. Nous savons que ce ne sont pas tant les 35 millions d'habitants qui la font rouler que les entreprises et les exportations. Selon moi, c'est là l'une des choses qui contribuera à améliorer la qualité de vie de l'ensemble des Canadiens et à créer de l'emploi à l'avenir.

  (1050)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec intérêt mon collègue. Dans le Nord de l'Ontario, où je vis, nous sommes tributaires des ressources naturelles. Bon nombre de nos localités abritent de petites entreprises, mais ces entreprises ne peuvent survivre sans une économie fondée sur les ressources.
    Je me penche sur le portefeuille FedNor. Je sais que le député n'est pas du Nord, mais c'est dans FedNor que l'argent est réinvesti afin de créer des possibilités de développement économique. En Ontario, toutes les recettes tirées des ressources vont à Queen's Park, et nous recevons très peu en retour de la part du gouvernement Wynne. Aucune augmentation n'est prévue dans le budget de FedNor.
    De plus, aucune mesure n'est prise au sujet du Cercle de feu. Depuis 10 ans, le gouvernement Wynne reste sur la touche. Ce projet apporterait un changement économique générationnel dans toutes les régions et les communautés autochtones du Nord. Or, rien n'est fait à cet égard.
    Ni le gouvernement précédent ni le gouvernement actuel n'y ont donné suite. Mon collègue ne convient-il pas que si nous voulons renforcer l'économie, nous devons maintenir une approche équilibrée et nous assurer que les petites entreprises dans les régions tributaires des ressources disposent des fonds de développement économique dont elles ont besoin pour diversifier l'économie?
    Monsieur le Président, je sais que le député n'avait pas l'intention de discuter de ce que fait Mme Wynne en Ontario. Il faudrait une journée complète pour parler de ce dossier et faire la liste de toutes les mesures catastrophiques de son gouvernement.
    La question du député portait sur le Cercle de feu et l'exploitation des ressources. Comme je l'ai déjà dit, les programmes comme FedNor, FedDev et certains organismes régionaux ont leur raison d'être. Ils sont importants.
    Pour ce qui est du développement du Nord, j'estime qu'il n'y a rien de plus important que de bien faire les choses dans le Cercle de feu. À mon avis, on rate une belle occasion. Nous pourrions beaucoup mieux coordonner les efforts dans cette région. Il y a beaucoup d'actifs et de ressources et, à vrai dire, si nous réussissions à unir nos efforts, nous pourrions non seulement exploiter ces ressources, mais créer des emplois dans le Nord, notamment pour les communautés autochtones.
    C'était une excellente question. Ce qui m'inquiète, c'est qu'il y a encore beaucoup à faire en Ontario. Si nous faisons bien les choses, l'économie du Nord sera florissante.
    Monsieur le Président, je représente les électeurs de Cariboo—Prince George, des familles qui travaillent fort. Pour nous, le budget que le gouvernement a déposé il y a trois semaines est inquiétant.
    Habituellement, les budgets sont présentés une fois l’an. Ils exposent les dépenses et recettes gouvernementales prévues et articulent un plan pour la croissance de l’emploi et le remboursement éventuel des fonds empruntés. Ils servent surtout à entretenir l’espoir.
     Lorsqu’ils publient un budget national, les gouvernements envoient un message aux Canadiens. Ils leur disent qu’ils ont un plan financier valable. Le budget doit donner confiance aux investisseurs, aux entreprises et à nos alliés politiques dans le monde entier, indiquer que le Canada est un pays stable et solide qui continuera de donner l’exemple en matière d’investissement, de croissance et de partenariat.
     Le budget de 2016 contenait un message parfaitement clair. Il a confirmé que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de promesses libérales brisées. Entre autres promesses brisées, je citerai la multiplication par trois du modeste déficit de 10 milliards de dollars qui était prévu, le fait que l’engagement des libéraux à revenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2019 ne pourra pas être respecté, et la promesse de réduire le rapport de la dette au PIB chaque année pendant toute la durée du mandat du gouvernement. Et je ne parle même pas des promesses de dépenses. Il me faudrait certainement plus de 10 minutes pour traiter de celles-là.
     La facture s’élève à 29,4 milliards de dollars uniquement pour 2016. C’est une promesse brisée de l’ordre de près de 300 %. Je ne sais pas ce que font les autres, mais je ne peux pas gérer mes affaires seulement grâce au crédit. Pourtant, c’est exactement ce que fait le gouvernement: il utilise au maximum la carte de crédit du Canada.
    Au fil des ans, j’ai eu la chance de faire partie de quelques équipes incroyablement talentueuses qui étaient chargées d’établir des plans d’affaires à long terme, des budgets à long terme et des prévisions stratégiques qui touchaient notre vulnérabilité comme industrie et comme organisation. Je puis dire en toute sincérité que jamais nous n’aurions accepté un budget qui ne nous aurait pas permis d'atteindre le seuil de rentabilité, et je ne parle même pas de profit. Pourquoi devrions-nous demander aux Canadiens d’approuver un tel plan, en particulier quand ce sont eux qui devront payer la facture pendant des années et des années?
    Le gouvernement ne se contente pas d’imposer aux Canadiens une dette énorme, il renie sa promesse de créer un modèle de gouvernement ouvert et transparent. Même le directeur parlementaire du budget, un agent indépendant, concluait dans un de ses rapports que les libéraux cachaient de l’information aux Canadiens, qu’ils créaient leurs propres projections de croissance économique et qu’ils exagéraient les perspectives de croissance de l’emploi. La dette ne disparaîtra pas comme par magie simplement parce que les libéraux le souhaitent. Il en coûte quelque chose d’emprunter de l’argent.
     Depuis 20 ans, mon épouse et moi sommes propriétaires d’une petite entreprise, et nous savons parfaitement qu’il est difficile d’équilibrer le budget. Plutôt que de tenir leur promesse électorale et de réduire l’impôt des petites entreprises pour le ramener de 10,5 % à 9 %, les libéraux le laissent au niveau actuel. Mais devrions-nous vraiment nous étonner de cela?
    Voici ce que le premier ministre a déclaré à ce sujet pendant la campagne électorale: « Il faut savoir qu'une proportion importante des petites entreprises ne sont, en fait, pour des Canadiens plus riches, qu'un moyen de payer moins d'impôts » — de cacher de l’argent —, « et nous, nous voulons récompenser ceux qui créent vraiment des emplois et qui contribuent de façon concrète. » Nous savons tous que le premier ministre n’a jamais eu de soucis financiers, qu’il n’a jamais eu à choisir entre nourrir sa famille et payer ses employés à la fin du mois, comme ont dû le faire des électeurs de ma circonscription, Cariboo—Prince George.
    Permettez-moi de relater une conversation que j’ai eue récemment avec des familles d’agriculteurs de ma circonscription. Il y a plus de 4 000 éleveurs de bovins de boucherie en Colombie-Britannique, et ils donnent du travail à quelque 8 800 personnes, directement ou indirectement. Les éleveurs de bovins de boucherie injectent environ 25 milliards de dollars dans l’économie du Canada, et la contribution des collectivités de Cariboo—Prince George à ce montant s’élève à elle seule à 35 millions de dollars. Il y a plus de 68 000 éleveurs de bovins de boucherie au Canada, mais le budget ne fait aucunement mention des familles d’agriculteurs qui travaillent fort.
    On m'a demandé de livrer le message suivant. Les familles d'agriculteurs, qui travaillent dur et dont un grand nombre exploitent leur ferme depuis des générations, sont des propriétaires de petite entreprise. Leur entreprise est en activité 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Ces familles ne dépensent pas leurs revenus sur des voitures de luxe, des condominiums ou des vacances. Elles dépensent cet argent directement dans la localité où elles vivent.

  (1055)  

    Dans le discours du Trône, le gouvernement a manqué à ses devoirs envers les familles d'agriculteurs, qui travaillent fort, et il le fait encore dans son premier discours budgétaire. Le gouvernement a manqué à ses devoirs envers les régions rurales du Canada. C'est carrément inacceptable. Nos familles d'agriculteurs traversent des moments difficiles depuis six mois en raison de l'instabilité des marchés découlant du fait que le gouvernement actuel ne reconnaît pas l'importance de ce secteur pourtant vital.
    Maintenant que le premier ministre a approuvé son premier budget, je pense qu'il est en train de se rendre compte que les budgets ne s'équilibrent pas d'eux-mêmes. C'est ce qui explique que le gouvernement libéral a choisi de hausser les impôts des créateurs d'emplois en mettant fin au crédit pour l'embauche visant les petites entreprises. Je ne peux que présumer, à en juger par ses propos, que le premier ministre croit que ce sont eux les Canadiens aisés et qu'ils peuvent en prendre. Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a dit:
[...] le gouvernement avait fait une promesse [de ramener le taux d’imposition des petites entreprises à 9 % d’ici 2019]. Et aujourd’hui, il […] annonce qu’elle ne tient plus! Ainsi, le taux d’imposition des petites entreprises sera […] maintenu à 10,5 % [...] À terme, en 2019, cette décision représentera des coûts [supplémentaires de plus de 900 millions de dollars par année] pour les petites et moyennes entreprises du Canada.
     Pas besoin d'être économiste pour comprendre que ces hausses d'impôts des libéraux rendront la vie plus difficile aux créateurs d'emplois du pays, qu'on parle des entrepreneurs, des agriculteurs ou des propriétaires d'épiceries de quartier.
    Le gouvernement libéral actuel a été élu parce qu'il a promis de remédier à ce qui était perçu comme un déficit en matière d'infrastructures. Pour ce faire, le gouvernement empruntera 12 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Or, la majeure partie de cet argent ne sera pas utilisée pour les routes, les ponts et les transports en commun, elle ne sera pas utilisée  pour réaliser les promesses en matière d'infrastructures qui ont permis au gouvernement actuel de se faire élire. Les libéraux ont eu l'occasion rêvée d'investir dans des projets aptes à produire des avantages concrets et à long terme sous la forme d'emplois et de stimuler l'activité économique.
    L'examen de la Loi sur les transports au Canada, qui a été publié en décembre, souligne la nécessité pour le Canada de se doter d'une stratégie nationale en matière de transport, et précise qu'une telle stratégie est essentielle au développement économique futur du pays. Le Canada est une nation commerçante. Nous avons besoin d'accords commerciaux qui permettent à nos producteurs de se faire valoir sur les marchés internationaux. Les produits doivent circuler librement et de façon sécuritaire; notre pays et nos collectivités doivent être en mesure de faire affaire à l'étranger et les entreprises d'ailleurs doivent pouvoir faire de même chez nous. Cette dynamique est essentielle pour que le Canada reste concurrentiel. Or, cela m'a peut-être échappé, mais je n'ai absolument rien trouvé dans le budget pour nos ports et nos aéroports, ces points d'entrée névralgiques. Les investissements dans les infrastructures vertes sont certes louables et pertinents, mais le gouvernement libéral est tellement obnubilé par ses propres marottes et ses projets fétiches qu'il en oublie d'investir dans les infrastructures essentielles qui sont à la base de notre économie nationale et de celle de nos régions.
    J'ai moi aussi été élu sur la base d'un engagement à me battre pour les gens de ma circonscription, Cariboo—Prince George, à maintenir un faible taux d'imposition, à défendre ici avec vigueur les intérêts des gens qui ont l'impression de ne pas être entendus, et à mettre de l'avant les priorités de Cariboo—Prince George à Ottawa. Je ne vois rien dans le budget de 2016 pour le Canada rural, rien pour les usines, les mines, les agriculteurs ou les petites entreprises. Les investissements dans les réseaux de transport en commun rapide des grands centres ne créeront pas d'emplois ni de débouchés dans les industries qui font tourner l'économie de Cariboo—Prince George, où les gens ont été durement frappés par le ralentissement dans le secteur des ressources. C'est bien beau de leur donner cinq semaines supplémentaires de prestations d'assurance-emploi, mais ils ont besoin d'emplois.
    Nous attendons toujours un accord sur le bois d'oeuvre. Nous attendons toujours que le Partenariat transpacifique soit ratifié. Nous avons toujours des impôts élevés, un déficit national important, pas de ressources additionnelles pour nos forces policières, et des mesures qui font plus de mal que de bien aux petites entreprises qui sont l'épine dorsale de l'économie.
    À l'intention de mes collègues d'en face, je dirai que les Canadiens n'ont pas donné aux libéraux le mandat d'emprunter plus que nos moyens nous le permettent, le mandat de ne pas tenir leurs promesses, et surtout pas le mandat d'alourdir le fardeau fiscal des générations futures.
    Je vais conclure en citant le regretté Jim Flaherty, qui était considéré comme le meilleur ministre des Finances du monde, et qui nous a aidés à traverser la pire récession économique que le monde ait connue depuis la Grande Dépression tout en nous permettant d'avoir la meilleure croissance économique du G7, en maintenant les impôts à un bas niveau et en équilibrant le budget. Je le cite:
[...] quand le Canada a été fondé, il y a près de 150 ans, l’une de ses pierres angulaires était la responsabilité sur le plan budgétaire. Pour les hommes et les femmes qui ont façonné les régions sauvages pour bâtir ce grand pays, il s’agissait simplement de « bonne gouvernance ».
    Voilà ce que le ministre des Finances John Rose avait à l'esprit lorsqu'il a prononcé devant cette assemblée le premier discours du budget du Canada, en 1868. Je le cite: « [...] je dirais que nous devrions dépenser avec la plus grande prudence et soupeser judicieusement chaque shilling dépensé. »
    Les Canadiens méritent un gouvernement responsable qui pense aux intérêts à long terme du pays. Autrement dit, les Canadiens méritent mieux.

  (1100)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
    J'aimerais poser des questions au sujet du budget. Les gens de ma circonscription se posent beaucoup de questions concernant le logement social. À Drummondville, des représentants de l'Office municipal d'habitation m'ont demandé ce qu'attendait le gouvernement pour investir dans le logement social.
    La promesse du gouvernement fédéral était d'investir 520 millions de dollars sur quatre ans pour la construction de nouveaux logements locatifs abordables. Toutefois, le budget ne semble pas indiquer que ces promesses seront tenues.
    Qu'en pense mon honorable collègue? Dans sa circonscription, il y a probablement aussi des besoins liés au logement social. C'est extrêmement important d'investir pour permettre aux citoyens qui en ont le plus besoin de s'épanouir et de redevenir productifs au sein de la communauté.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il va sans dire que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les plus vulnérables. D'ailleurs, dans ma circonscription, Cariboo—Prince George, nous avons besoin de logements sociaux. Cependant, voici les questions qu'on me pose. Comment l'argent sera-t-il distribué, puisqu'il s'agit d'une responsabilité provinciale? À qui le gouvernement s'adresse-t-il? Comment peut-on présenter une demande de financement?
    Aucun plan n'a été établi. Encore une fois, nous continuons de recevoir des réponses vagues, et il y en aura d'autres au cours des semaines et des mois à venir. Les gens sont soucieux de savoir si l'argent qui a été réservé se rendra jusqu'aux régions rurales du pays ou ira seulement aux grandes villes canadiennes.
    Monsieur le Président, je sais que nous aurons des points de vue différents, puisque je représente le Parti vert et mon collègue, le Parti conservateur. Je suis atterrée quand je pense à tout ce qui a été négligé dans les budgets des 10 dernières années. Quand je regarde le budget de 2016, j'ai aussi le coeur brisé car, malgré les belles paroles, le niveau d'engagement qui permettrait de réaliser ces promesses n'est pas au rendez-vous.
    Je conviens qu'il faut investir dans les infrastructures de ces régions étant donné l'immense déficit dans ce domaine. Je me réjouis que le gouvernement libéral conserve le Fonds de la taxe sur l'essence mis en place par l'ancien gouvernement, un fonds de 3 milliards de dollars.
    Mon collègue convient-il qu'il faut investir davantage dans les infrastructures, particulièrement dans le transport en commun, un secteur pour lequel le budget prévoit actuellement 3,4 milliards de dollars sur trois ans, une somme bien insuffisante étant donné les besoins?

  (1105)  

    Monsieur le Président, bien que la députée et moi ayons des points de vue différents dans de nombreux dossiers, nous avons en commun l'amour de nos régions et de notre pays, et nous sommes tous les deux résolus à bien représenter nos régions et nos circonscriptions.
    Je trouve préoccupant que le Canada rural semble être un grand oublié du budget. Le transport en commun et les trains à grande vitesse n'apportent rien à ma circonscription. Si je demande aux municipalités de ma région de choisir entre un programme de transport en commun et un programme d'infrastructures routières, où sera l'équilibre? Quelle sera leur priorité?
    Je le répète: le transport en commun rapide n'apporte rien à ma circonscription. Notre réseau de transport en commun actuel nous convient. L'important pour nous, c'est d'investir dans l'infrastructure et dans l'emploi et de créer un environnement favorable aux investissements dans notre région. Nous avons besoin d'un accord sur le bois d'oeuvre, qui redonnera confiance à ce secteur et à l'industrie forestière. Nous avons besoin d'un partenariat transpacifique, qui donnera un peu plus d'assurance aux producteurs de partout au pays qui souhaitent accéder à de nouveaux marchés et être concurrentiels sur la scène internationale.

[Français]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Toronto—Danforth.
    Il me fait extrêmement plaisir de m'adresser à la Chambre, ce matin, au sujet du budget que mon gouvernement a déposé au cours des dernières semaines. Lorsque nous étions dans nos circonscriptions respectives, j'ai eu la chance de présenter ce budget à des représentants des chambres de commerce de ma région. Ainsi, j'ai rencontré un peu plus de 200 personnes pour leur présenter les grandes lignes du budget.
    Pour répondre à mon collègue de l'autre côté de la Chambre, j'aimerais parler de ce que le budget peut représenter pour nos régions et nos communautés. Ce budget contient des éléments très positifs pour nos communautés rurales et des régions comme la mienne, telles que l'Est du Québec et la Gaspésie. J'aimerais donc en faire part à la Chambre, ce matin.
    D'abord, j'aimerais dresser un portrait socioéconomique de ma région. Je représente une circonscription qui compte environ 16 000 kilomètres carrés, 57 municipalités et un nombre équivalent d'élus. Du côté de la densité de population, si on prend l'un des comtés, il y a environ 6,5 habitants par kilomètre carré. Il s'agit donc d'une vaste étendue. La population est répartie en fonction de l'âge. La population de 0 à 14 ans est de 2 500 habitants, les 15 à 24 ans sont 2 000 et les 25 à 44 ans sont 4 000.
     Par ailleurs, ma région a un solde migratoire négatif, ce qui veut dire qu'elle se vide tranquillement de sa population, et cela m'attriste. C'est la même chose pour trois des quatre municipalités de ma circonscription. De plus, la population est vieillissante et il y a un taux de travailleurs de 69 %.
     Dans ma circonscription, le revenu disponible par habitant est de 23 000 $. C'est l'un des revenus moyens disponibles les plus bas, sinon le plus bas au Canada. C'est une situation économique particulièrement difficile. Lors du dépôt du budget, j'étais donc très fier d'y voir des mesures concrètes que le ministre des Finances et notre gouvernement ont mises en place pour aider la population qui en a grandement besoin et qui a de la difficulté à joindre les deux bouts. Dans ce contexte, des engagements concrets ont été présentés et annoncés dans le budget. Nous avons aussi parlé des baisses d'impôt pour la classe moyenne. C'est une belle réalisation.
    Nous nous sommes également engagés à présenter des mesures concrètes pour les familles, pour les jeunes et pour les aînés. J'aimerais donc les mentionner rapidement. Le premier pilier du budget 2016 est l'Allocation canadienne pour les enfants. De nombreuses familles de notre région en ont besoin. Cette allocation va permettre aux familles qui ont des enfants de moins de six ans de recevoir jusqu'à 6 400 $ par enfant. Quant aux familles qui ont des enfants entre 6 et 17 ans, elles pourront recevoir jusqu'à 5 400 $ par enfant. Ce sont des montants énormes pour les familles de nos régions qui ont besoin d'argent supplémentaire pour arriver à joindre les deux bouts. Dans le budget, nous avons clairement spécifié que ces prestations ne seraient pas imposables, ce qui est très important.
     En ce qui concerne nos jeunes et nos étudiants, nous avons annoncé une majoration de 50 % des bourses d'études. Il s'agit donc de 1 000 $ de plus pour les étudiants issus de familles à faible revenu. Nous sommes aussi très fiers de cette mesure.
    En outre, nous avons annoncé l'exemption du remboursement des prêts étudiants pour les étudiants qui, une fois sur le marché du travail, gagnent moins de 25 000 $. Autrement dit, avant de devoir rembourser leur prêt étudiant, ceux-ci devront gagner un minimum de 25 000 $. C'est une augmentation de 5 000 $. Il est très important pour eux d'avoir un petit coussin financier avant de commencer à rembourser leurs dettes étudiantes.
    Par ailleurs, nous avons annoncé la création de nombreux emplois étudiants, dans le cadre du programme Emplois d'été Canada. Chez nous, nous nous sommes engagés à bonifier le nombre d'emplois. Nous estimons que cela pourrait représenter 350 emplois supplémentaires pour les étudiants de ma circonscription. Nous en sommes très fiers.
    Évidemment, nous n'avons pas laissé nos aînés de côté. Il s'agit d'un groupe d'individus fièrement engagés dans notre communauté et qui font du bénévolat. Nous avons annoncé une bonification du Supplément de revenu garanti de 10 % pour les aînés qui vivent seuls. Cette autre belle approche de notre gouvernement vise à reconnaître les difficultés financières que certains membres de notre population vivent. Ce sont des mesures concrètes chez nous.

  (1110)  

    D'autres éléments ont été mis en place, notamment toutes les améliorations associées à l'assurance-emploi. Chez nous, c'est important. Malheureusement, des gens vont devoir bénéficier de l'assurance-emploi de façon ponctuelle ou périodique. Des améliorations importantes ont été apportées à l'assurance-emploi, entre autres la réduction du délai de carence de deux semaines à une semaine et la diminution du nombre d'heures pour pouvoir se qualifier à l'assurance-emploi. De nouveaux travailleurs, des travailleurs qui reviennent sur le marché du travail devaient faire jusqu'à 910 heures pour se qualifier. Nous avons reconnu le problème et maintenant, dans notre région, ils devront faire 420 heures pour se qualifier. Nous sommes très fiers de cette mesure-là.
    Nous éliminons les exigences relatives à l'acceptation d'un travail à salaire moindre et avec des temps de déplacement plus long. C'était un problème très clair chez nous. Ce type de choses qui avait été amenées par les conservateurs en 2012 est éliminé. C'est un engagement que nous avions pris durant la campagne électorale et je suis très fier de voir cela dans le budget. Donc les gens, chez nous, sont très heureux de ce type de modifications que nous avons apportées.
    Évidemment, nous nous sommes engagés aussi à prolonger jusqu'en août 2018 le projet pilote Travail pendant une période de prestations. C'est très important pour nous. Nous avons aussi décidé de poursuivre et d'augmenter les investissements au niveau de la formation professionnelle. Nous avons augmenté le budget jusqu'à 675 millions de dollars. Un autre élément dont je suis très fier, évidemment, c'est l'annonce du rétablissement à 15 % du crédit d'impôt pour les fonds de travailleurs. C'est un autre élément important de notre programme qui est réalisé dans le contexte du budget.
    Il a été question énormément des infrastructures. Pour nous, ces investissements sont importants parce qu'ils vont pouvoir bénéficier à notre communauté. Par exemple, nous avons prévu 1,5 milliard de dollars sur deux ans pour le logement abordable. C'est très important de pouvoir accéder chez nous à ce type de logement. Un autre exemple est l'investissement de 342 millions de dollars sur deux ans pour les infrastructures culturelles et récréatives. C'est important de pouvoir bénéficier dans nos communautés d'infrastructures culturelles et récréatives.
    Des investissements de 2 milliards de dollars sur quatre ans sont prévus pour améliorer de façon immédiate des infrastructures de distribution et de traitement des eaux. Nous nous engageons même à financer jusqu'à 50 % des coûts admissibles.
    Différentes mesures concernant l'infrastructure sont fort importantes pour nous. Donc, encore une fois, nous sommes très fiers et nous pensons que, pour le Québec, cela pourrait apporter des investissements allant jusqu'à plus de 700 millions de dollars.
    Concernant les arts et de la culture, de belles annonces ont été faites dans le cadre du budget, notamment l'augmentation du financement pour la Société Radio-Canada. C'est la même chose au niveau du Conseil des arts du Canada. Téléfilm Canada voit aussi son budget augmenter, de même que l'Office national du film du Canada et Présenter les industries culturelles du Canada au monde entier. Des organismes culturels dans notre région voient d'un très bon oeil ce type de réinvestissements en matière de culture et des arts. Nous sommes très fiers que ces éléments figurent dans le budget.
    On a beaucoup parlé des PME. Évidemment, nous sommes là pour les appuyer en termes de technologie, d'amélioration et de modernisation de leur organisation et de leur entreprise. Évidemment, ce que souhaitent aussi ces PME, c'est d'avoir des contrats, de pouvoir faire rouler leur entreprise. Nous pensons qu'en investissant en infrastructures, nous serons en mesure de créer des emplois qui généreront des retombées économiques chez nous, dans nos régions, et qui permettront à ces gens-là de pouvoir dépenser et investir. Ils pourront, par exemple, acheter une paire de skis, ou un vélo cet été. Donc cela bénéficiera directement à nos entreprises régionales.
    Nous avons aussi promis d'investir 197 millions de dollars sur cinq ans dans Pêches et Océans Canada pour pouvoir intensifier les activités de surveillance et de recherche. C'est très important pour nous. Nous avons dans notre circonscription l'Institut Maurice-Lamontagne, un des centres de recherche francophones les plus réputés au monde. Nous en sommes très fiers, et nous espérons évidemment que cela pourra bénéficier à l'Institut Maurice-Lamontagne.
    En terminant, je suis très fier du budget qui a été déposé. C'est un budget qui permettra à ma communauté et à nos municipalités de se développer au niveau économique et de créer des emplois. Encore une fois, pour nous, c'est un pas vers l'avant.

  (1115)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député d'en face a récité une longue liste de mesures budgétaires concernant l'assurance-emploi, dont un certain nombre n'entreront pas en vigueur avant 2017. Malgré cela, le budget prévoit continuer à affecter du financement aux prestations d'assurance-emploi en deçà des revenus tirés des cotisations d'assurance-emploi pendant quatre des cinq prochaines années. En conséquence, je demanderais au député s'il y a suffisamment de fonds dans la caisse pour apporter de plus amples améliorations à l'assurance-emploi, comme celle de faire en sorte que les régions productrices de pétrole et de gaz comme Edmonton, Regina et le Sud de la Saskatchewan puissent elles aussi bénéficier de la prolongation temporaire des prestations d'assurance-emploi, qui vise supposément à répondre au ralentissement des secteurs gazier et pétrolier.

[Français]

    Monsieur le Président, ce dont nos travailleurs ont besoin, ce sont des emplois. Ils souhaitent travailler 52 semaines par année. Les gens de ma région ont besoin de cela. Ils ne souhaitent pas recourir à l'assurance-emploi. Cependant, de façon ponctuelle ou périodique, ils en ont besoin, parce qu'ils ont peut-être perdu leur emploi ou que l'industrie dans laquelle ils travaillent est de nature saisonnière. Encore une fois, nous sommes très fiers des améliorations que nous avons annoncées. Il y a eu par exemple des investissements pour accélérer le traitement des demandes d'assurance-emploi.
    Quand je faisais campagne, on m'a mentionné qu'obtenir le premier chèque prenait beaucoup de temps. Je suis très fier que, dans le cadre du budget, notre gouvernement ait décidé d'investir dans l'accélération du traitement des demandes d'assurance-emploi.

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme mon collègue, j'ai eu l'occasion, au cours des dernières semaines, de discuter du budget avec les intervenants dans la région de London et j'ai été ravie de la réponse. Nous avons tenu un certain nombre de tables rondes avec des groupes d'aide à l'emploi, des représentants de sociétés de haute technologie et des citoyens autochtones, qui estiment qui nous sommes sur la bonne voie.
    Le député est-il d'accord pour dire que les mesures ont été aussi bien accueillies dans sa circonscription que je l'ai constaté?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. Je dirais que la réponse a été excessivement positive. J'ai rencontré plusieurs intervenants et plusieurs élus au cours des deux dernières semaines passées dans la circonscription. Encore une fois, la réponse a été très positive. L'ensemble des mesures mises en place a été qualifié d'historique par certains des intervenants que j'ai rencontrés. Nous couvrons toute une série d'éléments importants, notamment, l'assurance-emploi, les infrastructures, l'art et la culture et nos communautés autochtones.
    J'ai trois communautés autochtones dans ma circonscription et elles sont évidemment ravies des investissements que nous faisons en leur faveur. Elles ont été satisfaites de l'approche consultative que nous avons prise, non seulement avant le budget mais également après, pour leur présenter les grandes mesures annoncées. L'accueil a donc été fort positif.

  (1120)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, pendant la campagne électorale, les libéraux ont fait un certain nombre de promesses auxquelles ils ont manqué au cours des six derniers mois. Mon collègue pourrait-il me dire s'ils ont induit les Canadiens en erreur ou s'ils n'ont simplement pas de plan?

[Français]

    Monsieur le Président, je suis toujours étonné d'entendre ce genre de négativisme qui provient de l'autre côté de la Chambre. J'ai dit que les gens que j'ai rencontrés sont excessivement fiers du budget qui leur a été présenté. Ils y voient concrètement des mesures qui vont leur permettre de joindre les deux bouts.
    Nous avons parlé de l'allocation canadienne pour enfants. C'est une promesse que nous avons faite durant la campagne et que nous tenons. C'est une promesse qui va permettre aux familles de chez nous de pouvoir bénéficier d'argent supplémentaire pour pouvoir joindre les deux bouts. C'est le genre de promesses que nous avons fait et c'est le genre d'engagements que nous avons pris. Je suis très fier de cela.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je parlerai aujourd'hui du budget de 2016, qui aidera les Canadiens à affronter l'avenir dans la meilleure posture possible.
    Il est abondamment question de construire de nouvelles infrastructures, mais le budget va plus loin. Il permettra de renforcer notre société et d'assurer l'avenir de notre pays.
    Un certain nombre de députés ici présents ne s'étonneront pas de m'entendre dire que je milite pour l'amélioration des politiques alimentaires. Je parlerai donc de l'incidence qu'aura le budget sur la sécurité alimentaire et les familles du pays.
    Les politiques alimentaires couvrent un vaste éventail de sujets. Elles traitent notamment d'agriculture et de ce que nous pouvons faire pour aider les agriculteurs locaux à survivre et à se développer. Elles tiennent aussi compte des répercussions des changements climatiques sur l'agriculture. Les politiques alimentaires s'intéressent enfin à la manière dont nous transformons nos aliments et aux conséquences des aliments transformés sur la santé.
    Lorsque j'ai pris la parole à la Chambre, j'ai posé des questions sur la réduction du sodium et l'élimination des gras trans des aliments transformés, deux sources importantes de problèmes de santé. Je me suis aussi demandé si nous ne pourrions pas étiqueter les aliments de façon à aider les consommateurs à prendre des décisions éclairées en matière d'alimentation.
    Nous devons aussi — et surtout — considérer que la sécurité alimentaire fait partie intégrante des politiques alimentaires. Les gens doivent avoir accès à des aliments sains parce que nous avons tous besoin d'aliments sains pour vivre en bonne santé.
    Le budget de 2016 renferme de nombreuses mesures se rapportant à tous ces enjeux.

[Français]

    Les enfants ont de meilleurs résultats scolaires lorsqu'ils ont une bonne alimentation, et les gens travaillent plus fort et évitent la maladie lorsqu'ils mangent des aliments frais, nutritifs et non transformés.
    Nos agriculteurs locaux et l'économie dans son ensemble sont gagnants lorsque les Canadiens achètent des aliments produits localement. Ce budget nous aidera à nous rapprocher de ces objectifs.

[Traduction]

    J'aimerais tout d'abord parler de sécurité alimentaire, un sujet qui revient souvent dans les discussions avec les habitants de ma circonscription.
    La pauvreté est l'un des principaux obstacles à l'accès aux aliments sains. Étant donné la pauvreté qui règne dans ma circonscription, les banques alimentaires et les programmes de nutrition y sont nombreux.
    À l'occasion de la Semaine de l'action bénévole, je tiens à saluer les personnes qui se dévouent pour faire fonctionner les banques alimentaires et les programmes de nutrition. Elles font un travail extraordinaire dans notre collectivité et il faut prendre le temps de les remercier.
    Le budget de 2016 prévoit des mesures pour aider les gens de manière à les affranchir de la dépendance aux programmes de nutrition et aux banques alimentaires. Voilà qui est important.
    L'Allocation canadienne pour enfants est la mesure qui touchera le plus les familles avec enfants. Durant la campagne électorale, je me suis entretenue avec des parents de partout dans ma circonscription. Plusieurs d'entre eux m'ont dit combien il coûte cher d'élever des enfants heureux et en santé à Toronto. L'Allocation canadienne pour enfants aidera les familles avec enfants qui en ont le plus besoin.
    L'ancien système traitait toutes les familles sur un même pied, bien que, comme on le sait, les familles sont différentes, de même que leurs besoins. Le gouvernement actuel croit qu'il faut aider les Canadiens les plus défavorisés. Grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, plus de 300 000 enfants sortiront de la pauvreté et neuf familles sur dix toucheront des prestations plus élevées. Ce sera comme si on avait créé un revenu annuel garanti pour enfants. Lorsque l'on sort les enfants de la pauvreté, on accroît leur sécurité alimentaire.

  (1125)  

[Français]

    C'est ce que permettra l'allocation. Son impact sur le budget des familles sera presque immédiat. Elle ne serait pas imposable comme les allocations du système précédent. Les parents canadiens pourront donc planifier leurs finances sans craindre d'avoir à payer de l'impôt sur l'argent qu'ils reçoivent pour leur famille.
    Cette allocation ciblée aidera les moins fortunés à offrir à leurs enfants les mêmes possibilités que les familles mieux nanties. Ce programme aura un impact majeur; non seulement il aidera les enfants et les familles pauvres, mais il contribuera aussi à construire une société prospère et équitable comme nous le voulons tous.

[Traduction]

    Le Supplément de revenu garanti est une autre mesure dans le budget qui aidera les familles et les gens dans le besoin.
    Les aînés vivant seuls sont près de trois fois plus susceptibles d'avoir un revenu plus faible que l'ensemble de la population des aînés. Ils ont tant contribué à notre pays, c'est pourquoi il faut les aider lorsqu'ils en ont besoin.
    Dans le budget de 2016, l'allocation maximale du Supplément de revenu garanti a plus que doublé. On s'attend à ce que cette initiative à elle seule renforce la sécurité financière de près de 1 million d'aînés vivant seuls.
    Comme je l'ai mentionné quand je parlais de l'Allocation canadienne pour enfants, lorsque la sécurité financière est renforcée, la sécurité alimentaire l'est aussi. La mesure aidera les aînés les plus vulnérables à acheter des aliments sains.
    Cette prestation aura un impact direct dans ma circonscription, où de nombreuses personnes âgées doivent composer avec le coût croissant de la vie au centre-ville de Toronto. Ils me font part de leurs problèmes lorsque je les rencontre dans un café ou chez eux pour discuter du travail que nous faisons à Ottawa. Depuis la présentation du budget, ils me disent qu'ils apprécient la bonification du Supplément de revenu garanti. Ils estiment que la mesure les touchera, qu'elle améliorera leur vie.
    Lorsqu'on parle de l'accès aux aliments sains, je pense aux besoins des habitants du Grand Nord.

[Français]

    Le budget propose aussi un autre investissement important: 64,5 millions de dollars sur cinq ans pour renforcer Nutrition Nord Canada, ce programme qui aide les collectivités nordiques et isolées à obtenir des aliments périssables nutritifs à prix réduit.
    C'est un programme que nous devrions bien appuyer. Je n'ai pas besoin de dire à quel point l'expédition d'aliments frais dans ces collectivités est coûteuse.

[Traduction]

    Dans ma circonscription, Toronto—Danforth, il y a un autre problème qui touche la sécurité: celui du logement. Les résidants du centre-ville de Toronto ressentent de façon particulièrement aiguë la hausse des coûts du logement. Trop de gens doivent faire un choix entre avoir un toit et se nourrir.
    Le budget de 2016 prévoit des investissements dans le logement à prix abordable. Le gouvernement élaborera une stratégie nationale du logement. Le budget prévoit des investissements dans la construction de nouvelles unités d'habitation à prix abordable, la rénovation et la réparation des unités existantes, ainsi que d’autres mesures pour faciliter l’accès au logement. On mettra notamment sur pied une initiative de financement en matière de logements locatifs abordables. Je suis particulièrement heureuse de voir que le budget prévoit un financement spécial pour la construction et la rénovation de refuges et de maisons de transition pour les victimes de violence familiale.
    Voilà des mesures importantes qui donneront aux gens dans le besoin les outils nécessaires pour bâtir leur avenir.
    J’ai passé la majorité de mon temps à parler de sécurité alimentaire et de la portée du budget dans ce domaine. Toutefois, au début de mon intervention, j’ai fait allusion à la transformation des aliments et à l’étiquetage. Le gouvernement appuie le renforcement du système de salubrité des aliments. Au cours de l’année à venir, il prendra ainsi des mesures afin d’améliorer l’étiquetage de façon à présenter plus de renseignements sur les sucres ajoutés et les colorants artificiels utilisés dans les aliments transformés.
    À court et à long terme, l’alimentation est un aspect important des résultats en matière de santé. Le débat que l’on a en ce moment au Canada concernant la consommation de sucre, l'obésité et les maladies liées aux régimes alimentaires comme le diabète montre bien les très graves conséquences que peut avoir sur la santé le fait de ne pas pouvoir consommer d'aliments frais et nutritifs.

  (1130)  

[Français]

    Mes concitoyens me parlent souvent de l'insécurité alimentaire et des risques qu'elle présente pour la santé. Ils s'inquiètent, comme beaucoup de Canadiens, des quantités de sucre et de substances artificielles que l'on trouve dans les aliments transformés qui remplissent les étagères et les congélateurs des supermarchés.

[Traduction]

    L'engagement du gouvernement, dans le budget, de prendre des mesures au cours de la prochaine année pour améliorer l'étiquetage des produits alimentaires est très important.
    De plus, ce matin, j'ai déjeuné avec les membres de la Fédération de l'agriculture de l'Ontario. Ils étaient très heureux d'en apprendre sur les investissements que nous ferons dans les sciences pour l'agriculture.
    Tous ces éléments sont abordés dans le budget. Je crois qu'il s'agit d'un grand pas vers de meilleures politiques en matière d'alimentation.
    Monsieur le Président, d'après l'horloge de la dette sur mon bureau, depuis que la députée a pris la parole, les libéraux ont réussi à augmenter la dette d'au moins 500 000 $.
    Elle a parlé de la prestation pour enfants. À la page 276 de l'annexe 1, sous le titre « Perspectives concernant les charges de programmes », on voit que les libéraux dépenseront moins d'argent sur les prestations pour enfants à partir de 2017-2018. En fait, les chiffres baissent. Est-ce que les libéraux prévoient réduire les prestations pour enfants? Dans l'affirmative, pourquoi ne présentent-ils pas plus de renseignements financiers sur la page suivante, qui explique tous les chiffres, sauf ceux associés à l'Allocation canadienne pour enfants, qui ne sont expliqués nulle part? J'aimerais que la députée explique pourquoi le gouvernement a choisi de ne pas présenter ces renseignements dans le document du budget.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de s’intéresser à l’Allocation canadienne pour enfants et de souligner la nécessité d’appuyer les familles dans tout le pays, parce que c’est de cela qu’il est question dans le budget.
     Nous avons clairement indiqué que l’Allocation canadienne pour enfants allait être une source de fonds constante pour les familles qui en ont le plus besoin. Évidemment, certaines personnes recevront moins d’argent, mais ce sont celles qui en ont le moins besoin. Nous avons créé une prestation ciblée qui aidera au mieux les familles qui ont vraiment besoin de cet argent pour se nourrir.

[Français]

    Monsieur le Président, je tiens à dire que le budget présenté par les libéraux est truffé de demi-mesures. Nous sommes déçus, car plusieurs promesses électorales ont été brisées.
    Par exemple, ma collègue d'en face a parlé d'achat local et d'agriculture. Cependant, dans le budget, même le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire a été incapable de répondre aux investissements. Dans le budget, il n'y a aucune mention des compensations pour les agriculteurs qui se voient menacés par les accords commerciaux.
     Les agriculteurs de mon comté sont vraiment fâchés de ne voir aucune mention concernant le lait diafiltré qui passe par les États-Unis avant d'entrer au pays. En ce qui a trait aux emplois qui pourraient être créés et au transport en commun, la moitié des sommes annoncées se retrouve dans le budget.
     Dans Salaberry—Suroît, de petites municipalités attendent de savoir si elles auront un accès garanti à la juste part des infrastructures. Il y a problème de transport en commun. Des gens veulent aller travailler, mais ne savent pas comment s'y prendre pour se rendre en ville et avoir accès à des emplois de qualité et durables. Ils sont un peu coincés parce qu'ils vivent en milieu rural. Ils veulent trouver des emplois pour nourrir leurs familles. Le budget ne comprend que des demi-mesures par rapport au transport en commun.
    Je pourrais continuer à parler des petites entreprises. Les libéraux ont promis de diminuer le taux d'imposition de 11 % à 9 %, mais ce n'est pas ce qu'indique le budget. Pourtant, les petites et moyennes entreprises sont les créateurs d'emplois les plus importants au pays. Les gens vivent beaucoup de déception.
    Qu'est-ce que ma collègue répond à cela?

  (1135)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question fort détaillée.
    Elle me demande ce que nous allons faire pour les agriculteurs. C'est quelque chose dont j'ai déjà un peu parlé. Ce matin, quand j'ai parlé aux agriculteurs de l'Ontario et du Québec, ils étaient très contents de voir que nous avons pris des mesures pour faire des investissements dans la science, afin de leur donner des appuis. Eux aussi voient les changements climatiques qui ont des répercussions sur l'agriculture.
    Nous sommes prêts à les aider à découvrir les réponses à cette situation. Personnellement, ce que je vois, c'est que nous avons des appuis pour les agriculteurs.
    Du côté des infrastructures, nous investissons dans les services Internet à large bande, et ce, partout au pays. Ce sera accessible pour les gens qui vivent en milieu rural.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j’ai l’honneur de partager le temps qui m’est alloué avec la députée d’Haldimand—Norfolk.
     Je suis heureux de débattre du budget de 2016 qu’a présenté le gouvernement libéral. Toutefois, j’aimerais déclarer d’entrée de jeu que je suis opposé à l’orientation de ce budget et en particulier à la direction dans laquelle le premier ministre veut entraîner le pays.
     Je représente les électeurs d’Edmonton Riverbend et je leur dois d’exprimer nos opinions et notre vision de l’avenir. Je me suis engagé à examiner sous cet angle chacune des décisions prises par la Chambre, mais il n’est vraiment pas difficile de conclure que le présent budget laisse franchement tomber les citoyens d’Edmonton et de l’Alberta.
     Le budget enlève tout espoir aux Canadiens en difficulté et il ne respecte en rien les promesses que les libéraux ont faites aux Canadiens pendant la campagne électorale de 2015. Les candidats libéraux d'Edmonton ont parcouru la ville en clamant bien haut qu’il ne fallait pas s’inquiéter, que le déficit s’élèverait seulement à 10 milliards de dollars et qu’ils avaient un plan pour que personne ne perde son emploi. Il se peut que tous les candidats libéraux de ma ville aient cru en ces paroles, et peut-être que certains libéraux ici même à la Chambre y croient encore. Toutefois, le budget devrait être une source d’embarras pour tous les députés libéraux qui retournent dans leur circonscription, en particulier ceux d’Edmonton. Leurs exhortations à ne pas s’inquiéter paraissent chaque jour de plus en plus sinistres aux Albertains.
     La situation de l’emploi dans l’Ouest du Canada est très inquiétante. Les familles ont de la difficulté à payer leurs factures, et certaines doivent même céder leur résidence à la banque. Leurs difficultés sont encore aggravées par la menace des mises à pied. Ceux qui se demandent quand leur tour viendra ne peuvent pas, comme le suggère le premier ministre, attendre que le vent tourne, et ils ne devraient pas avoir à le faire. Ces Canadiens qui travaillent fort méritent un budget qui les aidera à retrouver un emploi.
     Les libéraux ont dit: « Ne vous inquiétez pas, nous construirons des ponts, des routes, des réseaux verts de transport en commun ». Cependant, les annonces budgétaires sur les infrastructures ne feront absolument rien pour aider les gens du secteur énergétique. Le téléphone de mon bureau de circonscription n’arrête pas de sonner; je reçois des appels de résidants de ma circonscription, mais aussi de résidents des circonscriptions d'Edmonton-Centre et d'Edmonton Mill Woods. Ils me demandent de les aider et d’essayer de raisonner le gouvernement libéral, les membres du Parti libéral et le premier ministre. Ils veulent savoir sur quoi se fonde le gouvernement libéral quand il affirme que, grâce à ses dépenses, il pourra créer 143 000 emplois au cours des deux prochaines années et accroître le PIB de 0,5 % en 2016 et de 1 % en 2017. Les économistes du secteur bancaire ont affirmé que le budget déposé surestime monumentalement le nombre d’emplois qu’il permettra de créer et qu’il ne produira qu’une augmentation du PIB de 0,1 % à 0,3 %. C’est ça, le « vrai » changement.
     Je ne peux m’empêcher de parler de ce qui préoccupe profondément les résidents d’Edmonton depuis deux semaines — le fait d’exclure leur ville de la prolongation de la durée du régime d'assurance-emploi. Les résidents d’Edmonton et des régions avoisinantes sont les seuls en Alberta à ne pas avoir profité de cette mesure et à ne bénéficier d’aucune aide financière. Pourtant, la situation de la région d’Edmonton est très particulière.
    Il est facile d’aborder les choses avec une froideur mathématique, comme le préconisait le premier ministre. Edmonton représente un très petit pourcentage, inférieur au chiffre arbitraire que le premier ministre a choisi pour la prolongation des prestations. Mais il le fait sans comprendre Edmonton, sans comprendre l’Alberta et certainement sans comprendre le secteur énergétique.
    Edmonton et la région qui l’entoure ont une influence énorme sur le secteur énergétique de notre province. Par exemple, dans ma circonscription, je compte un bon nombre de travailleurs qui habitent dans Edmonton Riverbend. Comme ils font hebdomadairement la navette entre leur résidence et Fort McMurray, ils sont inclus dans les statistiques de Fort McMurray et non dans celles d’Edmonton.
    Je vais vous citer un autre exemple, celui d’une région que j’ai eu l’honneur de visiter la semaine dernière: Nisku. Pour les députés qui n’y seraient pas allés, sachez que Nisku est un centre industriel exploitant les sables bitumineux qui bourdonne de l’activité de la machinerie lourde. Cette région a beaucoup souffert, tellement que de grandes sociétés comme PCL Industrial ne savent pas si elles auront du travail dans six mois. Cela fait vraiment peur. Pour refuser à ces travailleurs et à ces sociétés l’élargissement des prestations de l’assurance-emploi dont jouit le reste de la province, il faut vraiment ne pas du tout comprendre le fonctionnement de notre province.
    Quand le premier ministre est venu à Edmonton — et j’ajouterai qu’il était accompagné de deux députés très mal à l’aise —, il nous a dit que nous devrions être reconnaissants. J’étais scandalisé. La veille, plusieurs représentants des médias m’avaient demandé ce que je pensais de la visite du premier ministre. Je vous dirai honnêtement que je m’attendais à ce que le premier ministre ait changé d’idée et à ce qu’il arrive à Edmonton en disant que la modification s'appliquait dorénavant Edmonton, qu’il s’agissait d’une omission impardonnable et qu’il s’excusait profondément auprès des résidants de la ville. J’étais prêt à le féliciter et à lui dire qu’il avait bien fait. Mais il n’a pas dit ce que j’espérais entendre et nous continuons à nous battre avec son bureau pour qu’il réexamine la situation très particulière d’Edmonton.

  (1140)  

    L’autre preuve indiquant à quel point le premier ministre est déconnecté de la réalité, c’est que même les néo-démocrates de l’Alberta ont mis de l’eau dans leur vin depuis leur dernière attaque contre les travailleurs et les emplois albertains et qu’ils tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur les conséquences que la décision d’exclure Edmonton de la prolongation de la durée des prestations d’assurance-emploi aura sur l’ensemble de la région. D’accord, ils l’ont fait un jour trop tard, soit après que le premier ministre eut quitté la ville, mais au moins ils ont fait un effort.
    Cela étant dit, je me demande pourquoi on nous présente un plan de prolongation des prestations d’assurance-emploi, mais aucune feuille de route pour aider les chômeurs canadiens à réintégrer le marché du travail. On dirait que le premier ministre préfère cueillir les fruits à portée de main et dépenser de l’argent en accordant quelques semaines supplémentaires de prestations d’assurance-emploi au lieu de présenter un véritable plan de croissance de l’emploi qui permettrait aux travailleurs d’accéder à l’indépendance financière, en plus de générer des recettes pour le gouvernement. L’objectif premier de ce budget aurait dû être de remettre les travailleurs canadiens au travail, pas dans dix ans, mais tout de suite. Ce sont les emplois qui finiront par mettre de l’argent dans les poches des contribuables et qui favoriseront l’atteinte de l’équilibre budgétaire, sans augmentations d’impôt.
     Je suis fier du bilan de l’ancien gouvernement conservateur en matière de création d’emplois. Notre gouvernement a contribué à créer, net, 1,3 million d'emplois, le nombre le plus élevé par habitant parmi les pays du G7. Nous parlons d’emplois de haute qualité, dont 80 % sont à temps plein et dans le secteur privé. Le budget présenté par les libéraux n'est pas un succès. Il laisse tomber les travailleurs canadiens qui se démènent pour payer leurs factures tout en voyant leurs économies fondre comme neige au soleil. Force est de constater que le premier ministre et son ministre des Finances n’ont rien compris à ce qui se passe dans l’Ouest canadien.
    Pour vous dire la vérité, je suis surtout déçu de voir que les députés libéraux de l’Ouest n’ont pas profité de leurs réunions en caucus pour soulever ces questions au nom de leurs électeurs. Ces députés devront s’en expliquer lorsqu’ils retourneront dans leur circonscription. Certains ont peut-être été trop occupés, ces dernières semaines, à assister aux célébrations entourant le gala des prix Juno, à des matchs de hockey, à des fêtes d’adieu dans les arénas ou encore à recevoir le premier ministre dans leur circonscription. Tout ce que je peux dire à leurs électeurs, c’est que, de ce côté-ci de la Chambre, nous sommes à l’écoute de nos électeurs. Nous sommes ici pour eux et jamais nous ne laisserons tomber les travailleurs canadiens.
    Monsieur le Président, je suis quelque peu étonné du discours du député, en ce sens qu’il a oublié que, ce qui compte pour les Prairies et en particulier pour Edmonton, ce sont les pipelines. Pendant plus de 10 ans, le gouvernement conservateur dont il chante les louanges a lamentablement échoué dans la construction d’un seul centimètre de pipeline vers les côtes. L’effet a été dévastateur pour l’Alberta. Les gens d’Edmonton ne sont pas dupes, ils ne vont pas se laisser berner par le député ni par aucun de ses collègues du caucus conservateur affirmant comprendre les problèmes de l’Alberta, alors que le gouvernement précédent a si lamentablement échoué dans ses efforts pour faire avancer les choses.
     Je pourrais parler de pipelines, je pourrais parler de la Commission canadienne du blé et de ce que les conservateurs ont fait. Le gouvernement conservateur qui nous a précédés a déçu les gens de l’Ouest; ce n’est pas pour rien que les libéraux ont remporté autant de sièges. Je pense que, dans l’avenir, les possibilités seront bien meilleures grâce au budget que nous avons présenté. Les Manitobains, les Albertains et les gens des Prairies ont compris que ce budget est progressiste, qu’il va permettre des investissements dans le Canada et en Alberta et qu’il va donner des emplois à plus de Canadiens, notamment dans les Prairies.
     Voici la question que je veux poser au député. Refuse-t-il de reconnaître que le gouvernement conservateur a raté son coup, que pendant plus de 10 ans, il n’a pas réussi à créer les emplois importants que l’industrie des pipelines lui aurait permis de créer?

  (1145)  

    Monsieur le Président, on dirait que mon discours a enflammé le député de Winnipeg Nord, et c’est très bien.
    En toute honnêteté, je pensais qu’il était clair pour la Chambre que quatre pipelines avaient été approuvés sous le gouvernement précédent. Mais le député s’entête à répéter qu’il n’y en a eu aucun. Je suppose que nous allons devoir accepter de ne pas être d’accord sur ce point.
     Cependant, quand il affirme que les libéraux appuient l’Ouest du Canada, je dois dire que je trouve cela risible. Il a dit avoir été étonné de mon discours. Moi, j’ai été stupéfait de voir un libéral après l’autre voter contre la motion sur le projet Énergie Est que les conservateurs ont présentée à la Chambre et qui demandait explicitement aux députés de montrer leur appui à l’Ouest du Canada. Ils ont voté en bloc contre la motion.
     Pour revenir à mon discours, le plus révoltant, c’est de voir les quatre députés libéraux de l’Alberta se lever l'un à la suite de l'autre pour voter contre le projet Énergie Est. Si le fait de gagner quatre sièges en Alberta — un record, il faut le dire — lui fait cet effet-là, je l’encourage à continuer de travailler.
    Monsieur le Président, je suis plutôt déçu que le député d’Edmonton Riverbend se soit servi de son discours pour tirer sur le gouvernement néo-démocrate de l’Alberta parce qu’il aurait mis un jour ou deux avant de critiquer le fait qu’on avait oublié Edmonton dans la prolongation de cinq semaines de la durée des prestations d'assurance-emploi annoncée dans le budget.
    Je trouve cela très intéressant. Dans la période des questions qui a suivi la présentation du budget, pas un seul député conservateur représentant Edmonton, Regina ou le Sud de la Saskatchewan n’a dit un seul mot sur le fait que nos régions ont été exclues de cette prolongation des prestations d’assurance-emploi qui, soi-disant, ciblait les régions touchées par le déclin de la production pétrolière et gazière. En fait, le NPD est le seul à avoir soulevé cette question et demandé l’inclusion d’Edmonton, de Regina et du Sud de la Saskatchewan.
    J’ai une question pour le député: reconnaît-il que les coupes à l’assurance-emploi que le gouvernement conservateur précédent nous a fait subir sont en très grande partie responsables de la situation actuelle, où une majorité des chômeurs canadiens, y compris ceux de l'Alberta et de la Saskatchewan, sont complètement privés de prestations d’assurance-emploi?
    Monsieur le Président, elle est bien bonne celle-là, venant du NPD qui s’échine, en Alberta, à ravager le marché du travail, à terrasser les travailleurs. Les gens perdent leurs emplois en masse, surtout en raison de ce qui se passe non seulement à l’échelon fédéral, mais aussi à l’échelon provincial. Prendre la parole à la Chambre pour défendre le NPD provincial, c’est d’un ridicule fini.
    Toutefois, le député soulève un bon point. Il s’agit de défendre tous ensemble Edmonton, le Sud de la Saskatchewan, parce que, franchement, ce n’est pas ce que fait le gouvernement. Si ce député est prêt à prendre la défense d’Edmonton, je l’appuie entièrement.
    Quand je vais…
    Nous reprenons le débat. La députée d'Haldimand—Norfolk a la parole.
    Monsieur le Président, le 22 mars, le gouvernement libéral a publié son budget de 2016 et je suis aujourd’hui profondément déçue en raison des nombreuses promesses brisées qu'il contient.
    Le premier ministre avait promis de soutenir la classe moyenne tout en limitant le déficit annuel à moins de 10 milliards de dollars pendant trois ans. C’est ce que la population canadienne a été amenée à croire, mais selon les propres prévisions des libéraux, les déficits seront beaucoup plus élevés que prévus et se répéteront sur beaucoup plus d’années. En effet, rien ne permet de croire que l’actuel gouvernement parviendra à juguler le déficit durant son mandat.
     La situation est tellement mauvaise que les libéraux abrogent la Loi fédérale sur l’équilibre budgétaire parce que, comme on peut le lire dans le budget, elle « n’est pas compatible avec le plan du gouvernement ». Autrement dit, la loi dérange. Ce plan est irresponsable. Il est inefficace et il fait peu de cas de la future santé financière des familles, voire du pays.
     Le budget confirme que les libéraux vont augmenter le fardeau fiscal des honnêtes travailleurs et de leurs familles, des jeunes qui étudient avec ardeur et des petites entreprises pleines d’initiative, ce qui aura seulement un effet néfaste sur les membres de ma circonscription, Haldimand—Norfolk.
     Les députés le savent, je le sais et toute personne responsable le sait: l’argent emprunté doit être un jour remboursé. Je suppose que c’est pour cela que les libéraux augmentent déjà les impôts. En fait, l’impôt des particuliers devrait augmenter de 1,3 milliard de dollars cette année et de 2,4 milliards l’an prochain. Malgré sa promesse de soutenir les familles de la classe moyenne, le gouvernement libéral va annuler un grand nombre des programmes fiscaux mis en place par le gouvernement conservateur précédent en vue d’aider en particulier les familles. Je pense par exemple au fractionnement du revenu familial, à la Prestation fiscale canadienne pour enfants et à celle qui me tient particulièrement à cœur, la Prestation universelle pour la garde d’enfants. Plus de 9,4 millions de familles canadiennes seront directement touchées par ces changements; de ce nombre, 32 000 familles habitent dans ma circonscription.
     D’aucuns affirment que la nouvelle Allocation canadienne pour enfants devrait faire monter en flèche les sommes versées aux familles, mais cette allocation est accordée aux dépens des prestations actuelles pour enfants. Au moins 10 % des familles perdront tout soutien et, on peut me croire, ce pourcentage pourrait fortement augmenter.
     Le gouvernement libéral retire aussi les crédits d’impôt pour la condition physique et les activités artistiques des enfants. À Haldimand—Norfolk seulement, les parents de quelque 21 000 enfants de moins de 16 ans étaient jusqu’ici admissibles à ces crédits d’impôt, qui atteignent 1 500 $ par année. Ces familles, malheureusement, n’y auront plus droit.
     Les conservateurs ont toujours compris que les Canadiens travaillent fort et nous appuyons les politiques qui remettent plus d’argent à ceux qui le méritent, soit les Canadiens.
    L'un des éléments que j'étais heureuse de voir dans le budget, c'est l'augmentation des prestations du Supplément de revenu garanti pour les aînés. Cependant, j'étais déçue des changements apportés par les libéraux au Programme canadien de prêts aux étudiants. Malgré ce qu'ils en disent, leurs propres chiffres montrent que seulement un étudiant sur cinq en profitera. Ce n'est évidemment pas ainsi qu'ils en font la promotion. C'est d'autant plus troublant lorsque nous réalisons que les libéraux éliminent également les crédits d'impôt introduits par les conservateurs pour les manuels et les frais de scolarité, alors que tous les étudiants de niveau postsecondaire — pas seulement quelques-uns — y étaient admissibles.
    Le budget frappera aussi durement les petites entreprises canadiennes en augmentant les charges sociales. Le gouvernement ne baissera pas le taux d'imposition des petites entreprises à 9 %, comme il l'avait promis. Il le maintiendra plutôt à 10,5 % et adoptera de nouveaux critères d'admissibilité.
    Bon nombre de petites entreprises sont sidérées que cette promesse ne soit pas respectée. Voici ce qu'avait à dire la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante:
    Dans sa plateforme électorale et dans une lettre écrite à la FCEI, [et lorsqu'il a fait campagne dans l'ensemble du pays], le gouvernement avait fait une promesse [de ramener le taux d’imposition des petites entreprises à 9 % d’ici 2019]. Et aujourd’hui, il […] annonce qu’elle ne tient plus!
    C'était une citation de Dan Kelly, président de la FCEI.
    Cette décision coûtera aux entreprises près de 1 milliard de dollars par année, à partir de 2019.

  (1150)  

    Que cette promesse ne soit pas tenue n’est pas une surprise, car on se souviendra que le premier ministre lui-même avait assimilé les petites entreprises à des paradis fiscaux pour les riches. Les Canadiens savent bien que ce n’est pas vrai. Les propriétaires de petites entreprises consacrent d'innombrables heures à celles-ci, même si seulement 51 % d’entre elles sont encore en activité au bout de cinq ans. Il y a au Canada environ 1,2 million de PME, dont l’employé moyen touche à peine 750 $ par semaine avant impôts, soit 100 $ de moins que le salaire moyen de 850 $.
     Le gouvernement doit aider davantage les petites entreprises, car elles sont l’épine dorsale de l’économie canadienne. Elles sont en effet l’un des moteurs de notre prospérité, car elles représentent 98 % de toutes les entreprises canadiennes et emploient 70 % des travailleurs du secteur privé.
     Le budget libéral ne renouvelle pas le crédit d’impôt accordé aux petites entreprises pour les cotisations à l’assurance-emploi, et prévoit une augmentation de plus de 1 milliard de dollars des dépenses du compte d’assurance-emploi qui aura pour résultat une hausse prochaine des cotisations pour tous les employeurs.
     Il est également décevant que le budget ne prévoie rien de nouveau pour les producteurs agricoles, comme ceux qui habitent dans ma circonscription, Haldimand—Norfolk, ou ailleurs au Canada, alors que le secteur de l’agroalimentaire représente plus de 100 milliards de dollars de l’activité économique et qu’il emploie plus de 2 millions de Canadiens. Le budget ne prévoit donc rien pour ce volet important de notre économie.
     Les députés conservateurs ont toujours encouragé les travaux d’infrastructures. D’ailleurs, notre gouvernement a investi dans ce secteur plus que tout autre dans l'histoire du pays, à tel point que nous nous sommes retrouvés au deuxième rang des pays du G7 en 2014. Les dépenses d’infrastructure doivent toutefois être classées par ordre de priorité, de façon à créer des emplois à court terme et à long terme et à faire du Canada une destination attrayante pour les investisseurs.
     Pour la plupart des gens, investir dans les infrastructures, c’est construire des routes et des ponts. C'est engager les dépenses nécessaires pour réduire les embouteillages, afin de faciliter l'aller-retour au travail et le transport des marchandises.
    Pour les libéraux, les travaux d’infrastructures se divisent en trois grandes catégories : le transport en commun, les initiatives vertes, et ce qu’ils appellent l'infrastructure sociale.
     Le budget prévoit 3,4 milliards de dollars sur trois ans pour les transports en commun, ce qui n'apporte rien à des circonscriptions rurales comme Haldimand—Norfolk. Leur fonds pour l’infrastructure verte représente 5 milliards de dollars sur cinq ans, mais seulement 650 millions de dollars seront débloqués cette année.
     Les libéraux prétendent également qu’ils vont dépenser 3,4 milliards de dollars dans l'infrastructure sociale au cours des cinq prochaines années. Reste à savoir si ces investissements seront aussi reportés jusqu'après les prochaines élections. En outre, seront-ils également limités aux villes?
     Somme toute, les dépenses d’infrastructures sont bien inférieures à ce que les libéraux avaient promis aux Canadiens pour se faire élire. En fait, d’ici à 2019, un cinquième seulement du financement promis aura été débloqué pour créer des emplois.
     Il est vrai que les routes, les autoroutes, les ports et les voies ferrées seront financés à partir des fonds que le gouvernement conservateur précédent avait prévus dans son Nouveau Plan Chantiers Canada.
     Autrement dit, au cours des cinq prochaines années, le gouvernement libéral va emprunter des milliards de dollars pour des résultats bien minces. Le budget de 2016 propose des dépenses incontrôlées et ne prévoit rien pour parvenir à l’équilibre budgétaire. Il ne stimulera pas la croissance économique, et il augmentera les impôts des familles, des particuliers et des petites entreprises, des impôts que ceux-ci n'ont pas les moyens de payer, s'ils veulent non seulement améliorer leur sort, mais prospérer.
     Voilà pourquoi le Parti conservateur du Canada et moi-même, en tant que députée, nous ne pouvons pas appuyer ce budget.

  (1155)  

    Monsieur le Président, je tiens à remercier la députée d'Haldimand—Norfolk d’approuver les augmentations du Supplément de revenu garanti et de la Sécurité de la vieillesse, ainsi que les dépenses proposées en matière d’infrastructure. Pour les habitants de Saint-Jean—Est, ce sont aussi des dépenses importantes.
    Je trouve par contre un peu surprenantes les idées de la députée au sujet de l’équilibre budgétaire, comme si le stratagème budgétaire imaginé par les conservateurs était un modèle que le gouvernement actuel devrait imiter. Il ne faut pas oublier que le gouvernement conservateur précédent a augmenté de 130 milliards de dollars la dette que le Canada va devoir rembourser. Pendant la campagne électorale, le Parti libéral a proposé de financer la croissance par un déficit budgétaire. C’est exactement ce que nous faisons.
     Par conséquent, même si la députée prétend que les conservateurs avaient pour objectif d’équilibrer le budget à tout prix, c’est néanmoins une promesse qu’ils n'auraient pas pu tenir, alors que le plan proposé par le gouvernement libéral, qui consiste à financer la croissance par le déficit budgétaire, a reçu la confiance de la population. Pourquoi la députée refuse-t-elle d’admettre que les Canadiens ont appuyé le principe du déficit budgétaire lors des dernières élections, et que c’est exactement ce que le gouvernement est en train de faire?

  (1200)  

    Monsieur le Président, le député ne siégeait pas alors dans cette enceinte, mais pendant la pire récession que le monde ait connue depuis les années 1930, notre gouvernement a su prendre, quoiqu'à contrecœur, la décision responsable d’investir dans l’économie, dans des programmes susceptibles de créer des emplois immédiatement, comme le crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire.
    C’est la raison pour laquelle notre pays a plongé dans la récession un peu plus tard que les autres, qu’il en a moins souffert, et qu’il en est ressorti plus fort et plus rapidement que presque tous les autres pays. Une telle décision nous avait été dictée par la conjoncture, mais nous avions également fait la promesse d’équilibrer le budget.
    Ce qui distingue notre gouvernement du gouvernement libéral, c’est que nous, nous avons tenu notre promesse. Pendant la campagne électorale, les libéraux avaient promis un déficit, mais ce déficit est aujourd’hui bien supérieur à ce qui était prévu. Les libéraux n’ont aucun plan pour parvenir à l’équilibre budgétaire, et ils ne s’y sont même pas engagés.
     Voilà pourquoi ils ont décidé d'abroger la loi sur l’équilibre budgétaire, car, ce faisant, ils ne sont plus obligés d’avoir un budget équilibré. Ce n’est pas une attitude responsable. Sans budget équilibré, une famille ou une entreprise ne peut pas survivre, et un pays ne peut pas prospérer.
    Monsieur le Président, j’ai été effarée de constater qu’avec le déficit de 113 milliards de dollars que le gouvernement va créer, la Banque du Canada va désormais nous faire payer environ 10 milliards de dollars d’intérêts chaque année. Ce montant s’ajoute aux 2 milliards de dollars ou presque que représente la réduction d’impôt sur le revenu accordée à la classe moyenne, qui devait d’ailleurs être neutre.
    Le gouvernement va avoir de plus en plus de mal à équilibrer le budget et à s’en sortir. Il est question de 12 milliards de dollars avant même d'avoir pris la moindre mesure. Au bout du compte, si j’ai bien compris, cela ne réduira le taux de chômage que de 0,3 %.
    Je suis fort inquiète. Dans ma circonscription, Sarnia—Lambton, nous avons un projet de corridor pour les charges de dimensions exceptionnelles. Avec un investissement de 12 millions de dollars dans les infrastructures, nous pourrions créer 3 000 emplois. Mais de cela, il n’est nullement question dans le budget.
     J’aimerais que la députée nous explique comment le déficit va aider à stimuler la croissance.
    Monsieur le Président, une chose est sûre: ce n'est pas en remboursant des intérêts sur une dette galopante que l'on va créer des emplois. Ce raisonnement vaut autant pour le secteur privé que pour l'économie canadienne en général.
    Voilà pourquoi le budget libéral est un fiasco. Les libéraux croient qu'en empruntant plus d'argent, ils pourront créer des emplois. Or, les investissements qu'ils comptent faire dans les infrastructures seront tous reportés; seule une très petite part de ces investissements se fera cette année, alors que les libéraux affirment eux-mêmes qu'ils sont nécessaires. Les libéraux comptent dépenser ces fonds plus tard. En fait, la plus grande part sera affectée après les prochaines élections. Ce n'est pas ainsi que l'on créera des emplois.
    Entretemps, les libéraux alourdissent la dette des contribuables, ce qui signifie que les taxes et les impôts devront augmenter. La somme de 12 milliards de dollars dont la députée a parlé ne sera pas affectée, comme elle le devrait, à des programmes de création d'emplois, au système de santé, aux paiements de transfert aux provinces ou à des programmes sociaux qui permettraient d'aider les Canadiens.
    Monsieur le Président, je serai bref.
    Les conservateurs ont étendu la TVH à la Colombie-Britannique et à l'Ontario, et ils ont emprunté 2 milliards de dollars pour la Colombie-Britannique et 4 milliards de dollars pour l'Ontario. Selon une étude indépendante, s'ils avaient équilibré le budget dès le départ, les intérêts à payer sur ces emprunts auraient totalisé entre 8 et 10 milliards de dollars.
    Comment la députée justifie-t-elle que les conservateurs aient ainsi emprunté des fonds aux Canadiens afin de leur imposer une nouvelle taxe et que l'État ait perpétuellement à payer des intérêts sur ces emprunts?
    Monsieur le Président, le député devrait savoir que la TVH a été instaurée dans ces provinces à leur demande. Nous ne leur avons pas imposé la TVH; ce n'est pas nous qui avons pris cette décision. Nous avons collaboré avec les provinces pour assurer la mise en oeuvre de cette mesure.
    Je crains fort que, à un moment donné au cours des quatre prochaines années — probablement plus tôt que tard —, les libéraux se sentent obligés de hausser la TPS. Il s'agit d'une taxe imposée à tous les citoyens. Il existe très peu d'autres moyens par lesquels les libéraux pourront recueillir assez d'argent pour payer tous ces programmes et pour assumer simplement les intérêts sur les 12 milliards qui viendront alourdir la dette tous les ans.
    Les Canadiens méritent mieux que cela. Nous savons, nous croyons et nous avons la preuve que, lorsqu'ils ont plus d'argent à leur disposition, les Canadiens font des économies et ils investissent dans l'éducation de leurs enfants et dans des projets qui stimulent l'économie locale et, ce faisant, l'économie nationale, ce qui permet d'améliorer la situation du pays dans son ensemble.

  (1205)  

[Français]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon honorable collègue de York-Sud—Weston.
    Je veux d'abord souligner à quel point je suis honoré de pouvoir parler du budget historique déposé par le gouvernement le 22 mars dernier. Je suis fier que ce budget reflète les espoirs et les attentes non seulement des citoyens de ma circonscription de Vaudreuil—Soulanges, mais également d'un grand nombre de Canadiens de partout au pays.
    Lorsque j'ai été élu en tant que député de Vaudreuil—Soulanges, j'ai fait la promesse d'aider les personnes âgées, car elles ont aidé à bâtir notre grande nation. J'ai fait la promesse d'aider la classe moyenne, car son succès est une histoire typiquement canadienne. Enfin, j'ai fait la promesse d'aider toutes les familles qui travaillent fort pour s'y joindre.
    À titre de secrétaire parlementaire du premier ministre en matière de jeunesse, et surtout comme père, je me suis engagé envers nos jeunes, car ils sont notre avenir et notre héritage. Ils représentent les espoirs que nous avons à l'égard de notre pays.
    Dans Vaudreuil—Soulanges, un trop grand nombre d'aînés ont besoin d'aide. Même s'ils ont travaillé fort toute leur vie à la réussite de notre pays en bâtissant nos villes et nos communautés, brique par brique, commerce par commerce, plusieurs d'entre eux sont incapables de vivre avec dignité et d'être fiers de leur niveau de vie actuel.
    En raison de leur contribution à la prospérité du Canada, nous avons reconnu, dans le budget, que nous devions garantir que les personnes âgées n'aient plus à se coucher le soir en se demandant si leur plan de retraite est viable.

[Traduction]

    Je suis fier de constater que nous répondons aux besoins des aînés de bien des façons. Tout d'abord, comme nous l'avons promis durant la campagne, nous entendons augmenter de 10 % le Supplément du revenu garanti de nos aînés les plus vulnérables, ce qui leur permettra d'arrêter de se faire du mauvais sang au sujet de leur avenir. Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons constaté que le fait d'augmenter le revenu tous les deux, quatre ou six ans n'était pas la meilleure façon de procéder étant donné que les prix des produits de première nécessité pour les aînés — les médicaments, certains aliments et d'autres dépenses comme le transport — augmentent et sont assujettis aux fluctuations des marchés mondiaux, une dynamique qui fait planer un risque indu sur la sécurité des Canadiens âgés.
    Le gouvernement est déterminé à faire en sorte que les prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti suivent l’évolution du coût de la vie réel avec lequel les aînés doivent composer. Le gouvernement se penche donc sur des façons de formuler un nouvel indice des prix s’appliquant aux aînés qui tiendrait compte du coût de la vie auquel les aînés font face. Si l'idée s'avère viable, ces derniers n'auront plus à se demander si les prestations mensuelles qu'ils reçoivent seront suffisantes pour joindre les deux bouts.
    Nous avons aussi tenu notre promesse quant au maintien du fractionnement du revenu pour les personnes âgées. Nous reconnaissons que le fractionnement du revenu est un outil financier très utile pour d'innombrables aînés de partout au pays. Également, dans le cadre de la nouvelle stratégie d'investissement en matière d'infrastructures, le budget prévoit une importante augmentation des investissements dans le logement social et abordable. Ce sont les aînés qui ont bâti notre pays, et je crois que ce budget reconnaît qu'ils ont le droit de vivre dans la dignité, qu'ils ont le droit de vivre la vie qu'ils méritent.
     Tous ces investissements profiteront aux personnes âgées de partout au pays ainsi qu'à celles de ma circonscription. Je suis donc très fier du soutien que leur accorde le budget.

[Français]

    Dans Vaudreuil—Soulanges, de l'Île-Perrot à Rigaud et de Vaudreuil à Saint-Lazare et Hudson, je vois des propriétaires de petites entreprises, des enseignants de nombreuses écoles de la région, des pompiers, des travailleurs de l'aérospatiale, des fonctionnaires et, plus particulièrement, des parents qui travaillent plus fort que jamais afin de bâtir une bonne vie pour eux et leurs enfants.
    Ce sont eux, la classe moyenne de notre pays. Or plusieurs d'entre eux craignent de ne jamais arriver à joindre les deux bouts. Je suis donc fier de dire que nous avons fait les premiers pas afin de changer cela.
    En effet, 35 jours seulement après que nous ayons accédé au pouvoir, 9 millions de Canadiens ont vu leurs impôts être réduits. À cela s'ajoute la nouvelle et plus progressiste Prestation fiscale canadienne pour enfants, qui mettra plus d'argent dans les poches de 9 familles canadiennes sur 10.
    Selon le directeur parlementaire du budget, 300 000 jeunes seront ainsi tirés de la pauvreté. Un enfant canadien sur cinq vit dans la pauvreté. Cela est inacceptable, et je suis fier que nous agissions.
    Dans ma seule circonscription, tous les matins, des centaines de jeunes vont à l'école le ventre vide.

  (1210)  

    Grâce au travail extraordinaire d'organismes communautaires, certains besoins sont comblés, mais ils ne peuvent pas tout faire seuls. Ils ont besoin de voir un allié en leur gouvernement et avec ce budget, ils en ont trouvé un. Nous avons aidé la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour en faire partie. Nous donnons aux Canadiens la sécurité financière dont ils ont besoin pour élever leur famille, faire croître notre économie et bâtir leur vie.
    De nos jours, bien que les parents de notre pays travaillent plus fort que jamais, l'aide du gouvernement ne tient plus compte des besoins de nos jeunes. C'est de plus en plus difficile pour eux de trouver un emploi. Aujourd'hui, je peux finalement et fièrement affirmer que notre gouvernement va aider les jeunes à trouver leur voie.
    Nous augmentons le programme des prêts pour les étudiants à faible revenu. Cet investissement permettra à des milliers d'étudiants d'avoir accès aux salles de classe de nos meilleurs universités et collèges, et ainsi de se bâtir un réel avenir.
    De plus, afin de nous assurer de réduire l'impact de la dette étudiante, les récents diplômés n'auront pas à rembourser leur prêt avant d'avoir un salaire annuel d'au moins 25 000 $. Afin de donner à nos jeunes l'expérience professionnelle nécessaire pour percer le marché de l'emploi, nous investissons plus de 300 millions de dollars de plus dans le programme Emplois d'été Canada. Cela créera 35 000 emplois d'été de plus pour les jeunes, tous les ans, pour les trois prochaines années.
    Bien que les investissements soient un engagement clair envers nos jeunes, ils le sont également pour l'ensemble des Canadiens. En effet, non seulement tous les jeunes auront-ils la chance de réussir, mais leur succès renforcera la nouvelle classe moyenne, aidant aussi nos aînés, et contribuera à créer un Canada plus fort pour nous tous.

[Traduction]

    Le budget tient également compte du pays que nous allons laisser en héritage. Les investissements sans précédent dans les infrastructures et l'environnement prévus dans le budget montrent l'engagement du gouvernement envers les assises mêmes de notre pays et envers notre prospérité à long terme. Notre stratégie d'investissement dans les infrastructures nous servira à travailler avec les provinces et les collectivités locales à la mise en oeuvre de nouveaux projets là où c'est le plus nécessaire.
    Dans ma circonscription, l'une des principales préoccupations qu'on m'a signalées porte sur le fait que l'infrastructure actuelle de transport en commun ne suffit plus, compte tenu du rythme de croissance démographique. On entend la même chose de très nombreux Canadiens, partout au pays. Grâce à la consultation des gens touchés par les décisions prises à Ottawa, le financement fédéral cessera d'être un obstacle à l'action pour accroître nos possibilités collectives de croissance, de développement et de réussite à long terme. Un investissement sans précédent dans les infrastructures, y compris le transport en commun, permettra enfin la réalisation de projets grandement nécessaires et attendus depuis longtemps qui amélioreront la vie de la population.
    Enfin, je tiens à parler de ce que le budget fera pour nous assurer un environnement plus propre et plus sain et protéger l'héritage légitime des générations futures.
    Dans le cadre de notre plan pour moderniser la façon dont nous nous rendons au travail et nous nous déplaçons au sein de nos collectivités tout en réduisant les émissions, nous avons annoncé l'affectation de 3,4 milliards de dollars au transport en commun au cours des trois prochaines années.
    Afin de bâtir des collectivités de demain qui soient plus intelligentes, plus efficientes et plus durables, nous investissons 5 milliards de dollars sur cinq ans dans des projets d'infrastructure verte, notamment des infrastructures d'approvisionnement en eau et de traitement des eaux usées et des postes de recharge de véhicules électriques.
    De plus, les électeurs de ma circonscription s'inquiètent depuis des années des dangers posés par le transport de pétrole dans leur quartier et leur cour sans qu'aucun processus sérieux, transparent et bien financé d'évaluation des impacts environnementaux ait été mis en place. Ils appuient fortement notre intention de moderniser l'Office national de l'énergie et de renforcer et de réformer, comme promis, le processus d'évaluation environnementale grâce à un investissement de 30 millions de dollars.
    Le budget de 2016 prévoit aussi des investissements dans de nouvelles technologies qui seront essentielles si nous voulons que notre pays soit un chef de file de l'innovation efficiente et propre. Grâce à notre investissement de 400 millions de dollars sur deux ans, nous créerons des entreprises de technologies vertes et de bons emplois bien rémunérés pour les Canadiens.

  (1215)  

[Français]

    J'ai saisi cette occasion pour m'adresser à la Chambre afin de répondre à la question du dépôt du budget, au nom des citoyens de Vaudreuil—Soulanges. Pour nos aînés, pour nos jeunes, pour notre classe moyenne et pour ceux qui travaillent fort pour en faire partie, ce budget exprime clairement la conviction de ce gouvernement selon laquelle la plus grande richesse du Canada est sans contredit son peuple. En investissant en eux, dans nos communautés et dans notre avenir, notre pays ne peut que prospérer.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement déclare ici et là qu'il tient ses promesses. Ce que nous voyons, c'est une kyrielle de promesses non tenues. Il a induit les Canadiens en erreur durant la campagne électorale en disant qu'il avait un plan.
    Les libéraux aiment mentionner les promesses qu'ils pensent avoir tenues, mais certaines mesures importantes pour les Canadiens d'un océan à l'autre sont absentes de leur budget. Ils avaient promis, lors de la campagne, d'investir 3 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années pour fournir plus de services de soins à domicile de meilleure qualité à tous les Canadiens ainsi que des soins palliatifs à tous les Canadiens qui ont une maladie en phase terminale et qui éprouvent des difficultés à la fin de leur vie et, en fait, à certaines personnes âgées.
    Est-ce un simple oubli ou est-ce que le gouvernement considère que ce n'est pas important?
    Monsieur le Président, lorsque nous avons élaboré le budget, nous nous sommes demandé comment nous pourrions aider les aînés les plus vulnérables du pays. Il nous paraissait très important de prévoir des investissements dans le logement social dans le budget afin de venir en aide aux aînés les plus démunis.
    Plus d'un quart de million de Canadiens ont participé aux consultations budgétaires que nous avons organisées partout au pays. Ils ont exposé leurs priorités de façon claire, et nous en avons tenu compte dans le budget.
    Nous sommes persuadés qu'il s'agit d'un bon budget et que nous prenons les mesures qui s'imposent pour aider nos aînés.

[Français]

    Monsieur le Président, mon collègue, qui est mon voisin de circonscription et que je rencontre de temps en temps, a mentionné que le budget libéral faisait beaucoup d'investissements auprès des personnes âgées.
    Toutefois, dans le budget qui a été déposé, il n'y a, à peu près, rien pour les soins à domicile. En fait, les libéraux avaient annoncé 3 milliards de dollars pour aider les aînés, mais ces annonces ne sont pas dans le budget. Il n'y a rien non plus de par rapport aux transferts fédéraux, qui aideraient effectivement notre population vieillissante dans Vaudreuil—Soulanges, comme dans Salaberry—Suroît et partout au Canada.
    Pourtant, cela a été évalué à 36 milliards de dollars de moins dans notre système de santé, ce qui va faire en sorte que cela va être plus difficile pour nos personnes âgées, mais aussi pour tout le monde, d'avoir accès au système de santé.
    Par rapport à nos jeunes, tous les groupes de jeunes qui viennent me rencontrer — je suis la porte-parole du NPD pour les jeunes — me parlent de la question des stages non rémunérés. Il y a environ entre 150 000 et 300 000 stages non rémunérés à travers le Canada, ce qui fait en sorte que cela serait la génération la plus touchée par ces stages non rémunérés. Ce sont des emplois de qualité dont les jeunes ne peuvent pas profiter, étant donné qu'ils ne sont pas payés. Les libéraux ne s'attaquent pas non plus à ce problème.
    J'aimerais savoir ce que mon collègue en pense.
    Monsieur le Président, je remercie beaucoup mon honorable collègue de Salaberry—Suroît.
    Pour répondre à sa question à savoir ce que nous faisons, nous sommes en train d'investir dans l'avenir de nos jeunes pour les aider à trouver des emplois. Nous voulons investir pour que les jeunes qui ont de la misère à aller à l'école à cause de leurs besoins financiers ou parce qu'ils n'ont pas d'argent puissent y aller. Nous allons augmenter les bourses disponibles pour les jeunes, afin qu'ils puissent aller au collège et à l'université et trouver un emploi pour réaliser leurs rêves.
    Par ailleurs, nous avons investi 300 millions de dollars de plus pour doubler le nombre de postes disponibles dans le cadre du programme Emplois d'été Canada, afin de s'assurer que les jeunes peuvent trouver des emplois et qu'ils ne sont pas dans une situation où, parce qu'ils n'ont pas d'emploi, ils sont obligés de trouver un poste non rémunéré.
    Nous sommes en train d'investir dans nos jeunes et c'est exactement ce que nous faisons avec ce budget.

  (1220)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, les Canadiens se sont prononcés. Le fait que 70 % d'entre eux perçoivent le budget de manière favorable devrait être révélateur pour les membres du parti d'en face.
    Est-ce que les compressions favorisent la prospérité? Non, pas du tout. Nous avons constaté les conséquences des compressions effectuées au cours des 10 dernières années sur notre pays. Ces compressions ont causé du tort aux familles, aux personnes qui vivent dans la pauvreté, aux Premières Nations et aux anciens combattants.
     Les Canadiens étaient prêts pour un budget qui répond aux besoins de l'ensemble de la population du pays. Je suis particulièrement fier de l'Allocation canadienne pour enfants, une mesure porteuse de changements. Qu'est-ce que mon collègue pense de cette allocation? Croit-il qu'elle sera porteuse de changements dans sa circonscription?
    Monsieur le Président, l'Allocation canadienne pour enfants sera porteuse de changements pour les jeunes et leur avenir dans ce pays.
    Mon collègue m'a demandé ce que cette mesure apporterait aux jeunes. Ma mère nous a élevés seule, mon frère et moi, durant 24 ans en ayant comme seul revenu un salaire de secrétaire. Je suis ici aujourd'hui parce que notre système social — le gouvernement du Canada, les gouvernements de diverses provinces — donne aux jeunes qui ont peu d'espoir ou qui n'ont aucun espoir, ceux qui sont au bas de l'échelle et qui rêvent d'une vie meilleure, la base à partir de laquelle ils pourront améliorer leur vie. Je m'en suis servi pour aller à l'université, faire des études et trouver un bon emploi. Et tout cela m'a permis d'être ici aujourd'hui.
    C'est le genre d'avenir que je souhaite à tous les jeunes Canadiens qui rêvent d'une vie meilleure et à tous les parents qui espèrent améliorer la vie de leurs enfants. Ils bénéficieront de ce programme.
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à remercier les habitants de ma circonscription, York-Sud—Weston, de m'avoir accordé leur confiance et leur appui. J'ai l'intention de leur faire honneur en travaillant sans relâche et en m'engageant à être la voix de la collectivité à Ottawa et le défenseur de tous les enjeux qui leur tiennent à coeur.
    Je tiens également à remercier ma famille, mon équipe de campagne et mes partisans de leur travail acharné, de leur soutien et de leur confiance à l'égard de ma vision, celle de miser sur une nouvelle génération de dirigeants dans York-Sud—Weston. Je leur en suis très reconnaissant.
    Le gouvernement a récemment présenté le budget fédéral de 2016, qui a redonné de l'espoir à la classe moyenne. Le budget accorde la priorité aux gens. Les habitants des collectivités comme celles de York-Sud—Weston bénéficieront des investissements que fait le gouvernement pour stimuler l'économie et créer des emplois. Grâce aux investissements prévus dans le budget, les Canadiens recevront l'aide dont ils ont besoin maintenant. Il s'agit également d'un effort soutenu et stratégique de la part du gouvernement pour raviver l'optimisme et ramener la prospérité au pays. Le gouvernement croit que nous devons faire davantage pour favoriser la prospérité des Canadiens.
    Je suis fier que nous ayons réduit l'impôt de la classe moyenne. Depuis le 1er janvier 2016, environ 9 millions de Canadiens ont plus d'argent dans leurs poches. Le gouvernement libéral instaure également la nouvelle Allocation canadienne pour enfants, une mesure qui soutiendra les familles et sortira des centaines de milliers d'enfants de la pauvreté. Ainsi, une mère à la tête d'une famille monoparentale qui gagne 30 000 $ par année et a un enfant de moins de 6 ans recevra une allocation libre d'impôt de 6 400 $ par année. Si une famille a deux enfants et un revenu de 90 000 $, elle recevra 5 650 $, une augmentation de 2 500 $ par rapport au système actuel. L'Allocation canadienne pour enfants est une mesure plus simple, libre d'impôt et beaucoup plus généreuse. Elle cible les personnes qui en ont le plus besoin.
    Le budget de 2016 accorde aussi une place importante à l'infrastructure. Les investissements destinés à la construction de routes et de ponts accéléreront le transport des biens et des services. Par ailleurs, en investissant dans les usines de traitement des eaux, les égouts et les conduites d'eau, on protège la salubrité et l'intégrité du réseau d'aqueduc. Le budget prévoit également des investissements dans le logement social, afin que les Canadiens aient accès à des logements abordables. Quant aux investissements records dans le transport en commun, ils permettront de désengorger les routes des collectivités comme York-Sud—Weston. Les Canadiens mettront donc moins de temps à se rendre à l'école ou au travail.
    Le budget de 2016 comprend un plan sans précédent pour investir plus de 120 milliards de dollars dans les infrastructures au cours des 10 prochaines années. La première étape du plan prévoit d'investir 3,4 milliards de dollars sur trois ans dans un fonds pour l'infrastructure de transport en commun, et 5 milliards de dollars sur cinq ans dans des projets liés aux systèmes d'aqueduc et d'égout et aux infrastructures vertes qui seront mis en oeuvre dans l'ensemble du pays. La deuxième étape consistera à mettre en oeuvre, pendant les huit années restantes, le plan d'infrastructures à long terme du gouvernement, qui prévoit d'investir plus de 120 milliards de dollars sur 10 ans dans les infrastructures de transport en commun, les infrastructures vertes et les infrastructures sociales.
    Outre ce nouveau financement annoncé en 2016, le gouvernement continuera de réserver environ 3 milliards de dollars par année pour accorder du financement aux administrations municipales et aux projets d'infrastructures au moyen du Fonds de la taxe sur l'essence et du remboursement additionnel de la taxe sur les produits et services aux municipalités.
    Le budget de 2016 vise aussi à améliorer les collectivités. Le gouvernement fera des investissements considérables totalisant 1,5 milliard de dollars sur deux ans afin d'assurer l'accès à des logements sécuritaires, adéquats et abordables, y compris des refuges pour les victimes de violence. De plus, le gouvernement accordera une aide pour construire jusqu’à 4 000 nouveaux logements locatifs abordables grâce à un investissement de 208,3 millions de dollars sur cinq ans. De plus, chaque année, pendant cinq ans, le gouvernement accordera jusqu'à 500 millions de dollars en prêts.
    Enfin, afin d'améliorer les collectivités, le gouvernement, qui reconnaît le lien crucial entre l’accès aux services de garde d’enfants et la sécurité économique des familles, propose un investissement initial de 500 millions de dollars en 2017-2018 pour l'établissement d'un cadre national pour l’apprentissage et la garde des jeunes enfants.

  (1225)  

    Parlons maintenant des jeunes. Dans le cadre de mon travail dans York-Sud—Weston, de nombreux jeunes m'ont approché parce qu'ils sont préoccupés par l'accès à l'emploi et le coût de l'éducation postsecondaire. Je suis fier de dire que le gouvernement a tenu compte de ces préoccupations en bonifiant de 50 % les bourses d'études canadiennes, les faisant passer de 2 000 à 3 000 $ par année pour les étudiants issus d'une famille à faible revenu et de 800 à 1 200 $ par année pour les étudiants issus d'une famille de la classe moyenne. Ces mesures fourniront une aide de 1,53 milliard de dollars sur cinq ans, à compter de cette année. Pour aider ces étudiants à acquérir de l'expérience de travail utile, nous créerons jusqu'à 35 000 nouveaux emplois pour les jeunes Canadiens pour chacune des trois prochaines années dans le cadre du programme Emplois d'été Canada.
    Les jeunes auront accès à un régime élargi d'admissibilité aux bourses d'études canadiennes de sorte qu'ils seront plus nombreux à recevoir une aide non remboursable grâce à un investissement de 790 millions de dollars sur quatre ans à compter de 2017-2018. Nous rehausserons le seul de remboursement des prêts dans le cadre du Programme d’aide au remboursement du Programme canadien de prêts aux étudiants, afin qu’aucun étudiant n’ait à rembourser son prêt d’études canadien avant de gagner au moins 25 000 $ par année. Cette mesure représentera une aide de 131,4 millions de dollars sur cinq ans, à compter de cette année.
    En outre, le budget 2016 vise à créer des emplois pour les jeunes grâce à l'investissement d'une somme supplémentaire de 165,4 millions de dollars cette année dans le cadre de la Stratégie emploi jeunesse. Le budget 2016 vise également à aider les jeunes Canadiens à acquérir une expérience professionnelle et une expérience de vie au moyen d'un investissement de 105 millions de dollars sur une période de cinq ans afin d'appuyer les services à la jeunesse.
    Je suis fier d'affirmer que notre budget prévoit un appui financier pour des emplois dans le cadre d'un programme coopératif et des perspectives d'apprentissage intégré au travail pour les jeunes Canadiens. La somme de 73 millions de dollars sera investie sur une période de quatre ans, à compter de l'exercice 2016-2017, pour l'initiative de partenariats entre l'industrie et les établissements d'enseignement postsecondaires en matière de stages coopératifs.
    Les aînés dans des collectivités comme celle de York-Sud—Weston s'inquiètent de leurs frais de subsistance élevés. Pour résoudre cette question, le gouvernement va bonifier la prestation complémentaire au Supplément de revenu garanti pour les aînés vivant seuls, afin d'aider à sortir de la pauvreté les aînés à faible revenu. Le gouvernement offrira également un soutien aux aînés à faible revenu en apportant des modifications législatives, de sorte que les époux qui reçoivent des allocations et le Supplément de revenu garanti et qui doivent vivre séparés pour des raisons indépendantes de leur volonté puissent recevoir des prestations plus élevées en fonction de leur revenu respectif.
    En conclusion, je sais que les habitants de York-Sud—Weston bénéficieront largement du budget 2016, qui prévoit des investissements pour aider maintenant les Canadiens en stimulant l'économie et en créant des emplois, ainsi que des investissements nécessaires à long terme pour assurer la prospérité de tous les Canadiens. La baisse d'impôt pour la classe moyenne a déjà fait en sorte que neuf millions de personnes ont plus d'argent à leur disposition. Grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, neuf familles sur dix recevront plus d'aide que ce qu'elles reçoivent dans le cadre des programmes existants. Notre plan d'infrastructure prévoit des investissements pour la construction de nouvelles routes et de nouveaux ponts, qui permettront aux Canadiens de faire circuler les biens et les services plus rapidement. Notre investissement record dans le domaine du transport en commun permettra de réduire la congestion dans des collectivités comme York-Sud—Weston. Nous aiderons les étudiants et les aînés et nous veillerons à ce que les Canadiens puissent prospérer aujourd'hui et demain.

  (1230)  

    Monsieur le Président, de nombreux députés se sont déjà exprimés et, de ce côté-là de la Chambre, ils se sont intéressés aux dépenses, aux montants en jeu et à la destination des fonds. C’est facile, parce que le gouvernement dépense tellement qu’il peut choisir avec soin ce dont il veut parler.
     Quant à moi, je veux parler des cibles budgétaires et de leur importance dans le cadre de l’établissement des budgets publics. À la page 58 du budget, on traite de « l’abrogation de la Loi fédérale sur l’équilibre budgétaire ». En fait, le gouvernement ne parle pas de modifier cette loi. Les libéraux vont carrément éliminer toutes les cibles fiscales que nous avions établies.
     Les cibles budgétaires sont la garantie que le gouvernement, à l’étape de l’établissement de ses budgets, cherchera à retourner à une situation d’équilibre en planifiant le remboursement de la dette. Dans le document budgétaire que nous avons devant nous, on ne trouve rien qui aille en ce sens; le gouvernement n’en fait pas mention. Les libéraux ne parlent que des montants qu’ils dépensent.
     Je voudrais que le député réponde à ce propos. Son gouvernement a-t-il établi un plan pour ramener le déficit à zéro et pour commencer à réduire la dette nationale? Dans l’affirmative, dans quel délai?
    Monsieur le Président, je tiens d’abord à souligner que notre gouvernement comprend une chose essentielle: les Canadiens ont besoin d’aide tout de suite. Les Canadiens ont besoin que leur gouvernement prenne les choses en main et les aide, et c’est ce que nous faisons. Nous avons écouté ce que nous disaient les Canadiens, et nous avons établi un plan d’investissements pour ramener la prospérité dès aujourd’hui et pour la maintenir à l’avenir. Nous investissons dans les infrastructures et dans l’innovation afin que les familles aient plus d’argent et que les étudiants aient un meilleur accès aux études postsecondaires. Nous investissons à long terme dans l’environnement et nous nous dirigeons vers les technologies propres. Ces mesures sont nécessaires, et les Canadiens ont demandé à notre gouvernement de les prendre.
    Monsieur le Président, j'ai été carrément choqué de voir que le budget ne faisait à peu près aucun cas des soins de santé, et plus particulièrement des soins palliatifs. Le premier ministre a déjà voté en faveur d'une stratégie nationale sur les soins palliatifs, mais il n'a rien fait pour qu'elle voie le jour.
    Les Canadiens de toutes les provinces et de tous les territoires pourront bientôt mettre fin à leurs jours grâce à la mesure législative sur le droit de mourir que le gouvernement libéral devrait présenter d'un jour à l'autre, mais ils n'auront toujours pas accès à des soins palliatifs de qualité. Cette omission montre que le gouvernement n'a pas l'intention de faire quoi que ce soit pour que les plus vulnérables de notre société reçoivent le soutien dont ils ont besoin.
    J'aimerais que mon collègue nous explique pourquoi le gouvernement n'a pas donné suite à la demande du Parlement d'entreprendre des pourparlers avec les provinces et les territoires sur la création d'une véritable stratégie sur les soins palliatifs et de veiller à ce que les citoyens qui comptent sur le gouvernement fédéral pour recevoir des soins de santé, comme les anciens combattants, les militaires, les détenus et plus particulièrement les Autochtones, aient accès à des soins palliatifs de qualité. Le budget ne consacre pas un sou aux soins palliatifs. Comment les libéraux peuvent-ils justifier une omission aussi grossière auprès des Canadiens?
    Monsieur le Président, je répondrai en rappelant au député que le gouvernement entend prendre les devants dans le domaine des soins de santé et assumer le rôle traditionnel qu'a toujours joué le gouvernement fédéral en la matière. Nous nous sommes engagés à discuter avec les provinces et les territoires de tout ce qui touche les soins de santé, y compris les soins palliatifs. Je suis fier de dire qu'en ce qui concerne les soins de santé et tout ce qui s'y rapporte, le gouvernement va faire bouger les choses, en conjonction et en consultation avec les provinces et les territoires. Nous allons faire preuve du même leadership que celui dont le gouvernement fédéral a toujours fait preuve dans le domaine des soins de santé.

  (1235)  

    Monsieur le Président, j'aimerais entendre les observations du député au sujet de l'Allocation canadienne pour enfants.
    Selon beaucoup de députés, il serait presque possible d'établir un parallèle entre cette mesure et celles que les administrations libérales ont mises en place par le passé dans le domaine des soins de santé. Grâce à ce changement d'orientation, des centaines de milliers d'enfants seront tirés de la pauvreté et auront droit à une meilleure qualité de vie. À long terme, si nous poursuivons dans cette voie, cela deviendra en fait un programme chéri qui aura été lancé dans le budget à l'étude et qui constitue un engagement envers les enfants de toutes les régions au pays.
    Le député pourrait-il livrer ses observations sur ce programme en particulier et sur ce que le premier ministre et le gouvernement ont réussi en si peu de temps à accomplir pour le bien des enfants?
    Monsieur le Président, je suis très fier de l'Allocation canadienne pour enfants lancée par l'actuel gouvernement. Elle simplifiera véritablement la vie des familles.
    Primo, comme il s'agit d'une prestation plutôt que de trois, les familles recevront un seul paiement chaque mois. Secundo, puisque la prestation est libre d'impôt, les familles conserveront plus d'argent dans leurs poches. Tertio, la mesure cible mieux les prestataires qui en ont le plus besoin. Autrement dit, on ne postera pas de chèques aux gens bien nantis pour qui cette allocation n'est pas nécessaire. L'argent ainsi économisé ira à des familles plus défavorisées.
    Enfin, l'Allocation canadienne pour enfants est beaucoup plus généreuse que les programmes existants. Elle tirera des centaines de milliers d'enfants de la pauvreté.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Lac-Saint-Louis.
    Je suis ravie de participer au débat sur le budget de 2016.
    Le gouvernement est convaincu que les connaissances scientifiques sont importantes pour créer une société meilleure. La science joue en effet un rôle central pour assurer une économie propre et prospère et obtenir des éléments probants en vue de prendre des décisions stratégiques judicieuses.

[Français]

    Le soutien à la science est un pilier essentiel dans la stratégie du gouvernement du Canada pour créer une croissance économique durable.

[Traduction]

    La science, tant fondamentale qu’appliquée, offre des avantages économiques, environnementaux, sanitaires et sociaux. Elle crée des emplois et des possibilités et elle est au cœur d’une économie de l’innovation. Nous savons aussi qu’elle est tellement plus que cela.
    Les scientifiques contribuent à un avenir meilleur grâce aux découvertes passionnantes qu’ils font dans tous les domaines, de l’aérospatiale à l’astronomie, en passant par la biotechnologie et les technologies propres. Je dirais même que la science est plus importante que jamais dans le contexte difficile que nous connaissons aujourd’hui, caractérisé par les changements climatiques et la réduction de la biodiversité.
    Le gouvernement est résolu à favoriser la recherche scientifique et ceux qui la dirigent. Il veut s’assurer de fonder ses investissements et ses décisions stratégiques sur des données probantes.
    Le premier ministre m’a demandé de m’occuper en priorité de créer un poste de conseiller scientifique en chef. Les fonctions que cette personne occupera seront essentielles pour s’assurer que les décisions prises par le gouvernement sont fondées sur des analyses scientifiques, que les communications scientifiques sont maintenues de façon efficace dans l’ensemble du gouvernement et que le public a accès aux données scientifiques sur lesquelles les décisions s'appuient.
    Des consultations visant à donner forme à ce nouveau poste viennent d’avoir lieu avec les conseillers scientifiques en chef d’autres pays, la communauté scientifique en général et tous les parlementaires.

  (1240)  

[Français]

    Nous allons prendre le temps nécessaire pour nous assurer que nous mettons en place les mécanismes appropriés pour mieux faire ce travail.

[Traduction]

    En ma qualité de ministre des Sciences, je déploie avec diligence des efforts visant à soutenir les activités de promotion des sciences afin d'inspirer la prochaine génération d'éminents chercheurs canadiens tout en veillant à ce que les jeunes Canadiens aient les compétences nécessaires en sciences, en technologie, en génie et en mathématiques pour se faire une carrière enrichissante dans l'économie canadienne moderne.
    Je passe maintenant au budget de 2016.
    J'aimerais tout d'abord souligner que le présent budget diffère considérablement de ceux de la dernière décennie. Le gouvernement a défini une nouvelle vision en 2016: faire du Canada un centre de l'innovation mondiale reconnu pour ses réalisations scientifiques et technologiques, ses citoyens créatifs et animés d'un esprit d'entreprise et ses sociétés concurrentielles à l'échelle mondiale qui offrent des produits et des services de haute qualité. En 2016 et en 2017, le gouvernement définira un plan audacieux, son programme d'innovation, qui lui permettra de réaliser sa vision d'un Canada en tant que centre de l'innovation mondiale.
    Mais pour devenir les chefs de file de demain en matière d'innovation, les Canadiens ont besoin des compétences nécessaires à la réussite. Les établissements postsecondaires et autres centres de recherche sont les premiers agents de promotion de l'excellence en sciences et en recherche. Pour que ces établissements puissent continuer de produire des travailleurs, des scientifiques et des chercheurs hautement qualifiés qui stimuleront la croissance d'entreprises novatrices, le budget de 2016 investira jusqu'à 2 milliards de dollars sur trois ans dans le nouveau Fonds d'investissement stratégique pour les établissements postsecondaires.
    Nous avons déjà lancé les travaux, de concert avec nos partenaires, afin que les projets puissent commencer rapidement. Non seulement nous devons investir dans les domaines qui accroissent notre potentiel d'innovation, nous devons également investir dans les chercheurs canadiens eux-mêmes, particulièrement ceux qui sont sur le point de faire de nouvelles découvertes.
    Au Canada, le financement est habituellement octroyé par les trois conseils subventionnaires fédéraux. Cette année, nous accorderons 95 millions de dollars de plus à ces conseils à l'appui de la recherche fondamentale; c'est la plus forte augmentation du financement annuel en la matière en plus d'une décennie. De plus, pour veiller à ce que le soutien fédéral pour la recherche, notamment par le truchement des conseils subventionnaires, soit stratégique et efficace, nous effectuerons un examen approfondi de l'aide fédérale à la recherche fondamentale.

[Français]

    Nous voulons aussi être certains que nous profitons de tous les nouveaux domaines de recherche dans lesquels le Canada pourrait exceller.

[Traduction]

    Par exemple, nous allons consacrer 237 millions de dollars à l'appui des activités pancanadiennes de Génome Canada, 50 millions de dollars à l'appui de l'Institut Perimeter, de renommée mondiale, et jusqu'à 12 millions de dollars au réseau de recherche sur les cellules souches.
    Nous allons également appuyer le secteur canadien de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Depuis un siècle, les agriculteurs et les éleveurs aident à nourrir le pays et, aujourd'hui, ils contribuent à nourrir le monde. Mon collègue le ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire respectera cet engagement par l'entremise d'investissements de 30 millions de dollars pour appuyer la recherche de pointe sur la génomique agricole dans les domaines prioritaires, notamment les changements climatiques, de même que l'identification et la prévention des menaces biologiques pour l'agriculture.
    En tant qu'ancienne scientifique, je suis consciente des risques pour la santé et le bien-être des Canadiens et de la population mondiale associés à la transformation rapide du climat. Dans le but de préserver notre environnement naturel, je suis heureuse de travailler avec mes collègues à l'examen et à la réforme du processus d'évaluation environnementale du Canada afin de veiller à ce que les décisions soient fondées sur la science, des faits et des données probantes. Le budget de 2016 prévoit 16,5 millions de dollars sur trois ans pour la mise en oeuvre d'une approche provisoire en vue de l'évaluation environnementale des grands projets jusqu'à ce qu'un examen plus vaste puisse être réalisé.
     Pour donner suite à notre objectif de mieux comprendre les effets des changements climatiques et d’améliorer notre capacité à nous adapter à ces changements, j’ai reçu pour mandat de collaborer avec le ministre des Pêches et des Océans et de la Garde côtière canadienne afin d’examiner les répercussions des changements climatiques sur les écosystèmes marins arctiques. Le budget de 2016 octroie 19 millions de dollars aux activités visant à faire la somme des recherches existantes et des connaissances traditionnelles en matière d’environnement arctique et à entreprendre de nouvelles recherches dans les domaines où nos connaissances sont lacunaires.
     Afin de jeter les bases des nouvelles technologies et méthodes qui permettront au Canada de devenir une économie à faible taux d’émission de carbone, le budget de 2016 alloue 20 millions de dollars à la création de deux chaires d’excellence en recherche dans les domaines liés aux technologies propres et renouvelables.
    Nous visons à encourager l’instauration, au Canada, d’une culture vigoureuse de la science et de l’innovation, une culture qui reconnaisse l’importance fondamentale des apports de la science dans les grandes décisions que notre gouvernement est amené à prendre. Les mesures proposées dans le budget de 2016 permettront au Canada d’asseoir ses forces en sciences et en technologie dans les domaines du génome, des cellules souches, de la recherche sur le cerveau et de la physique afin de promouvoir les découvertes qui contribueront à alimenter la croissance économique du Canada et à paver la voie de la réussite dans une économie mondiale fondée sur le savoir.
     Le financement annoncé sera débloqué dans les meilleurs délais afin d’être mis à la disposition de nos institutions postsecondaires et de nos chercheurs et innovateurs.
     En conclusion, je tiens à dire que nous vivons une époque emballante pour la science et la recherche au Canada. Nous remettons la science à la place qui lui revient de droit, une place où la science et les scientifiques sont respectés et où les conclusions et les avis scientifiques reçoivent la considération qu’ils méritent.

  (1245)  

    Monsieur le Président, je souhaite féliciter la ministre pour son discours et pour la collaboration qui marque jusqu’ici nos travaux dans le dossier scientifique.
     J’applaudis la décision des conseils subventionnaires de maintenir les niveaux de financement en recherche appliquée, que le gouvernement conservateur avait favorisée, ainsi que la conversion du programme d’infrastructure du savoir pour appuyer les institutions postsecondaires en vue d’accroître l’innovation et de créer des emplois. Je conviens que nous, les Canadiens, devons apprendre à mieux commercialiser nos innovations pour créer des emplois, aussi suis-je curieuse de savoir si la ministre peut nous expliquer comment seront employés les 100 millions de dollars alloués à la commercialisation.
    Monsieur le Président, ce fut un plaisir de travailler avec ma collègue.
     Il s’agit en fait de bâtir un programme d’innovation. Il y aura un meilleur soutien pour les incubateurs, les accélérateurs, le réseau national émergent d’innovation en entreprise, les grappes d’innovation et le PARI, c’est-à-dire le Programme d’aide à la recherche industrielle. Ce sera 100 millions de dollars à l’avenir. Le budget de 2016 a annoncé un investissement de 800 millions de dollars.
     Je souhaite maintenir ces relations de travail étroites. Il faut travailler avec tous les partis à la Chambre et bâtir au Canada une culture des sciences et de l’innovation plus vigoureuse.
    Monsieur le Président, je m’interroge sur la valeur du soutien de la recherche, des chaires de recherche et des universités à un moment où le gouvernement annule le programme Auto21, qui travaillait avec l’Université de Windsor pour fournir un excellent apport des contributions à valeur ajoutée qui pouvaient atteindre 1 milliard de dollars dans le secteur de l’automobile, programme qui a fait pendant une décennie des contributions importantes pour l’environnement, l’écosystème et le secteur manufacturier.
     Le programme offre aussi des installations qui, en ce moment, sont structurées de façon à fournir aux étudiants les meilleures occasions possibles dans tous les secteurs, depuis les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à la sécurité des sièges d’auto pour les bébés. Quelques millions ont été affectés à ce programme, qui a apporté des ressources et contributions à valeur ajoutée de plus de 1 milliard de dollars. Pourquoi la ministre veut-elle abolir ce programme?

  (1250)  

    Monsieur le Président, je commencerai par dire que ce fut un plaisir d’enseigner à l’Université de Windsor pendant sept ans. J’ai adoré y enseigner. Mes domaines étaient les changements climatiques, la météorologie et l’environnement. Ce sont là des questions fort importantes à mes yeux.
    Je vais dire un mot de certains investissements que nous avons faits dans les technologies propres.
    Comme je l’ai dit, il y aura deux chaires de recherche dans le secteur des technologies propres et durables. Parmi les investissements prévus dans le budget, notons 379 millions de dollars pour l’Agence spatiale canadienne, 237 millions de dollars pour Génome Canada, 95 millions de dollars pour les conseils subventionnaires et 50 millions de dollars pour l’Institut Périmètre, l’un des trois grands instituts de physique théorique au monde. Nous avons consenti des investissements importants dans les universités, collèges et écoles polytechniques.
     Je rappelle à tous les députés qu’il y a un programme d’infrastructure stratégique et qu’ils doivent faire savoir à leurs établissements que la date limite a été fixée au 9 mai.
    Monsieur le Président, je remercie la ministre de son intervention et de tout ce que fait son ministère pour les sciences au Canada.
    À titre de président du caucus de l’enseignement postsecondaire et de l’innovation, je suis très réconforté par l’importance accrue que le budget accorde aux sciences et à la recherche. La ministre pourrait-elle expliquer comment ces investissements aideront les scientifiques canadiens à assister à des conférences internationales, à publier leurs travaux, à discuter de leurs travaux avec leurs pairs et à redonner au Canada la place qu’il a longtemps occupée, jusqu’à ces dernières années?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue d’avoir accepté de coprésider cet important caucus.
    Ces investissements, et notamment les fonds accordés aux trois conseils subventionnaires fédéraux, ne sont assortis d’aucune condition. Il est arrivé souvent, sous le gouvernement précédent, que cet argent soit lié, mais les fonds que nous proposons permettront aux chercheurs de constituer des équipes plus importantes, de lancer de nouveaux projets et de publier leurs travaux, ce qui est crucial.
     Je vais terminer par un mot sur le Fonds d’infrastructure stratégique. Il est à la disposition des universités, collèges et écoles polytechniques de nos circonscriptions. La date butoir est le 9 mai, et nous espérons que les députés communiqueront cette information encourageante aux établissements de leur circonscription, car un montant de 2 milliards de dollars leur est offert.

[Français]

    Monsieur le Président, le budget est un document à la fois nuancé et d'envergure qui met en oeuvre bon nombre d'engagements électoraux qui, dans leur ensemble, constituent la vision économique que le Parti libéral a mise en avant pendant la dernière campagne électorale et qui a mérité la confiance des Canadiens et des Canadiennes le 19 octobre dernier.
    De fait, le budget joue sur deux tableaux à la fois. Il se penche sur les besoins immédiats de l'économie d'aujourd'hui comme sur les défis que nous nous devons de relever à plus long terme si nous comptons assurer un meilleur avenir à nos enfants et à nos petits-enfants.
    Le budget s'attaque donc à la conjoncture actuelle, c'est-à-dire à cette période économique marquée d'une faible croissance que nous traversons depuis trop longtemps déjà, et il répond au besoin de plus en plus pressant de jeter les assises nécessaires pour augmenter la productivité à plus long terme de nos industries canadiennes. Sans cela, nous ne pourrons forcément soutenir et encourager une forte croissance dans les années à venir qui saura créer les recettes fiscales nécessaires pour financer ces programmes sociaux qui nous sont si chers et qui sont souvent au coeur même de notre identité canadienne.
    À cette dimension dite temporelle du budget s'ajoute une polyvalence née d'une saine et sage reconnaissance que l'économie est une complexe affaire composée d'éléments divers et connexes, et que nous nous devons d'agir sur plusieurs fronts simultanément pour assurer la croissance qui permettra à tous et à chacun de s'épanouir dans la dignité et d'avoir une bonne qualité de vie.
    Autrement dit, le budget fait le constat qu'il faut, par exemple, s'occuper de l'économie et de l'environnement en tandem. Il faut veiller à la santé des entreprises en même temps qu'au bien-être de nos enfants. Il nous faut des infrastructures lourdes, tels des réseaux efficaces de transport collectif, mais également des lieux de rencontres sociales et récréatives où les citoyens peuvent communiquer entre eux, s'épauler et s'entraider.
    Il faut innover sur le plan des nouvelles technologies et des produits mis en marché, mais aussi fournir à nos chercheurs universitaires les moyens de jongler ces concepts parfois toujours au stade exploratoire et dont la portée pratique et la rentabilité économique demeurent encore inconnues.
    Bref, en raison de sa vision globale, c'est un budget que l'on peut véritablement qualifier de libéral.

  (1255)  

[Traduction]

     Il a beaucoup été question du déficit. Personne ne souhaite vraiment, par parti pris idéologique, faire des déficits, en tout cas pas de ce côté-ci de la Chambre. En réalité, par le passé, les libéraux ont été élus pour éliminer les déficits.
     Il arrive cependant que les déficits soient utiles à court terme pour stabiliser l’économie, renforcer la confiance des consommateurs, des entreprises et des investisseurs et réamorcer la croissance, et les Canadiens ont décidé que l’heure était venue de recourir aux déficits dans cette optique.
     Aux dernières élections, les Canadiens ont décidé qu’il fallait investir dans l’avenir du Canada, fût-ce au prix de modestes déficits. Cette idée se propage dans d’autres pays industrialisés, qui commencent à s’apercevoir que le politique monétaire a atteint ses limites et ne peut à elle seule sortir l’économie du marasme actuel.
     Un chef de file canadien qui n’est pas le dernier venu dans le monde des affaires, Michael Sabia, et à qui on ne peut guère reprocher de propager des idées économiques socialistes irréalistes, a dit qu’il était temps de mettre l’accent sur l’économie réelle plutôt que sur la seule économie monétaire.
     Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a déclaré récemment qu’il allait retarder tout nouvel assouplissement monétaire, notamment au moyen de la réduction du taux d’intérêt, jusqu’à ce qu’il puisse évaluer l’ampleur de la stimulation budgétaire proposée par le gouvernement fédéral.
    David Watt, économiste en chef à HSBC Canada, a dit dans un article du 12 mars du Globe and Mail:
    Ce qu'il faut, c'est surtout modifier la perception de la direction dans laquelle nous voulons qu'aille l'économie et mettre en place les conditions pour que non seulement le gouvernement, mais aussi le secteur privé commencent à créer des emplois [...] Le secteur privé n'a pas la confiance nécessaire pour commencer à créer des emplois; or, c'est ce dont nous avons besoin.
    Ce qu'il dit, c'est que, en 10 ans, le précédent gouvernement n'a pas réussi à établir un climat de confiance.
    Le présent budget, à la conception subtile, est progressiste et complet et permettra d'atteindre deux objectifs. Il stimulera l'emploi à court terme en investissant dans des projets pour moderniser les infrastructures sociales, vertes et de transport en commun au Canada et il raffermira également la confiance en l'avenir en prenant des mesures aujourd'hui en vue de créer les conditions nécessaires pour soutenir la croissance au cours des prochaines années.
    Selon l'édition du 20 février du magazine The Economist:
    La bonne nouvelle: [...] il reste une panoplie de politiques qui peuvent toutes avoir un grand effet. La mauvaise nouvelle: les banques centrales devront aider les gouvernements. Jusqu'à présent, les banques centrales ont dû faire le gros du travail parce que les politiciens ont été [...] réticents à partager le fardeau. Certains ne comprennent pas la nécessité d'avoir des politiques budgétaire et monétaire qui fonctionnent de concert. De nombreux gouvernements se sont même activement opposés aux mesures de stimulation économique en se tournant plutôt vers l'austérité.
    J'ajouterais que le gouvernement précédent a été critiqué à répétition précisément parce qu'il poursuivait une politique économique intrinsèquement contradictoire.
    The Economist poursuit en disant:
     Le marché des obligations et les agences de notation seront plus indulgents par rapport à la hausse de la dette publique s'il y a, en contrepartie, de nouveaux avoirs productifs. Par-dessus tout, ces avoirs devront compter des infrastructures [...]
    Dans le même ordre d'idée que cette prédiction de la part de l'une des publications les plus réputées mondialement et lue par les dirigeants et ministres des Finances du monde entier, le Globe and Mail a publié, le 30 mars dernier, le titre suivant: « Le plan de déficit des libéraux est gérable selon les investisseurs et les agences de notation ».
    Les conservateurs croient aux marchés et aux signaux du marché. Ils vont parfois même jusqu'à élever les marchés au rang de religion en leur attribuant le pouvoir magique de résoudre tout un éventail de problèmes qui ne sont pas nécessairement de nature économique.
    Les marchés financiers parlent aux conservateurs en ce moment. Le vice-président de Moody's Investors Service, Steven Hess, a déclaré que le déficit ne représente pas une si grande portion de l'économie et que le rapport dette fédérale-PIB est faible comparativement à ce qui se voit ailleurs dans le monde.
    David Madani, de Capital Economics, a dit: « [...] l'indifférence du marché n'a rien d'étonnant, car le risque que les déficits budgétaires projetés déclenchent une montée des coûts d'emprunt d'Ottawa est pratiquement nul ».
    À ce que je viens de citer je voudrais ajouter une autre manchette du Globe and Mail. Le 3 mars, on pouvait y lire ce qui suit: « Les grandes banques exhortent Ottawa à dépenser 20 milliards de dollars pour stimuler rapidement l'économie ».
    Il s'agit d'un budget conçu soigneusement et qui met l'accent sur des problèmes concrets. C'est ce que les Canadiens souhaitaient et c'est ce à quoi ils s'attendaient.
    L'eau est un de mes principaux sujets d'intérêt en matière de politiques. Je suis fier de dire que, pour la première fois depuis que je siège à la Chambre, un budget accorde la priorité aux questions liées à l'eau, notamment les infrastructures de filtration de l'eau et de traitement des eaux usées. Dans le budget, le gouvernement a annoncé qu'il investirait 5 milliards de dollars dans les infrastructures vertes. Une grande partie de cette somme sera destinée à des projets d'aqueduc et d'égout.
    L'eau est une priorité de plus en plus importante pour les Canadiens, non seulement en raison des répercussions des changements climatiques sur les sources d'approvisionnement en eau, mais aussi parce que les Canadiens sont de plus en plus préoccupés par la qualité de l'eau dans leur écosystème. Nous avons pu constater cette situation à maintes reprises dans différents contextes. Le budget est un pas dans la bonne direction, car il fait de l'eau une priorité en matière de politiques publiques à l'échelle fédérale.
    Le budget est un pas dans la bonne direction. Tout au long de son mandat, le gouvernement libéral poursuivra dans la même veine. Il a agi rapidement afin de remplir bon nombre des promesses qui ont été faites pendant la campagne électorale et que les Canadiens ont appuyées massivement.

  (1300)  

    Monsieur le Président, le député a cité le Globe and Mail. Je suis donc heureux de lui signaler un éditorial du 22 mars. L’équipe de rédaction écrit: « Il ne s’agit pas de construire des routes ou des ponts ou d’améliorer les transports en commun. Ce sont des dépenses de programmes bloquées et permanentes […] Il s’agit essentiellement de faire des chèques aux aînés, aux parents, aux Autochtones, aux chômeurs et aux gouvernements provinciaux » — ce qui finira par alourdir la dette.
     Le gouvernement écrit en fait, à la page 278, à l’annexe 1 du plan budgétaire: « Les frais de la dette publique devraient passer de 25,7 milliards de dollars en 2015-2016 à 35,5 milliards en 2020-2021 […] » Il ajoute que cela reflète une augmentation des besoins en emprunts attribuable à la hausse prévue des taux d’intérêt au cours de l’horizon prévisionnel.
     Le gouvernement admet donc qu’il prévoit une hausse des taux d’intérêt. Il s’attend à une hausse du coût des emprunts. En fait, selon les documents budgétaires, le financement de la dette sera probablement, dans les programmes, le quatrième poste de dépense par ordre d’importance.
    Qu’en pense le député? Son gouvernement projette en somme d’alourdir la dette nationale sans avoir le moindre plan de remboursement.
    Monsieur le Président, quand on fait un déficit, on augmente la dette. C’est un truisme. Cela n’a rien d’étonnant. Il importe de considérer des ratios importants, comme celui du déficit par rapport au PIB. En 2015-2016, nous serons en bas de 1 %. En 2016-2017, nous en serons à moins de 2 %. Puis, en 2019-2920, nous serons de retour à moins de 1 %.
     Que le député considère la période où des gouvernements conservateurs étaient en poste à Ottawa. En 1984-1985, le déficit budgétaire a représenté 8 % du PIB, puis 7 % et enfin 6 %. Sous le gouvernement conservateur le plus récent, le déficit, comme proportion du PIB, a été plus élevé que ce que nous prévoyons au cours des prochaines années.
     Les chiffres sont éloquents. Oui, nous avons un déficit et nous devons emprunter. Toutefois, les taux d’intérêt à long terme sont à la baisse, et cela augure bien pour les paiements d’intérêts à venir.

  (1305)  

    Monsieur le Président, je vais laisser les libéraux et les conservateurs décider lequel des deux partis a dépensé plus que l’autre, a fait le plus de déficits et nous a endettés le plus. Le député a eu des propos intéressants. Il a dit notamment que les banques centrales avaient fait le gros du travail. Ce ne fut certainement pas le cas aux États-Unis. Au Canada, je me souviens de l’époque où John Manley, ministre des Finances, a essayé de nous amener à américaniser le réseau bancaire. Les néo-démocrates ne voulaient pas que les banques canadiennes s’engagent dans cette voie, mais ils ont mené là une lutte bien solitaire.
    Toutefois, je tiens à me focaliser sur les observations du député — que je félicite d'ailleurs à cet égard — concernant les usines de traitement des eaux et l'amélioration de l'approvisionnement en eau potable.
     Hier, j'ai posé une question intimement liée à cet enjeu. J'ai dit que 40 millions de buveurs d'eau et l'écosystème étaient menacés parce que le gouvernement libéral envisageait de permettre l'entreposage de déchets nucléaires à moins d'un kilomètre des Grands Lacs, et ce, pour une période pouvant atteindre 100 000 ans. Il s'agirait d'un geste contraire à la position d'un certain nombre de républicains et de démocrates qui siègent au Congrès et au Sénat, qui prévoit une loi pour empêcher cela. Nous avons aussi une lettre de notre ministre des Affaires étrangères de l'époque, M. Joe Clark, qui était à tous égards un excellent intervenant politique. Il s'est opposé à ce que les États-Unis fassent cela, et ils ont accepté ces conditions.
    Sachant que la chose n'a été testée que trois fois au cours de l'histoire et que le test le plus récent s'est soldé par un incendie et le rejet de radiations dans la nature, le député est-il d'accord avec l'entreposage de déchets nucléaires à moins d'un kilomètre du système hydrographique des Grands Lacs?
    Monsieur le Président, cette question ne concerne pas vraiment le budget, mais j'en remercie quand même mon collègue. Du reste, j'apprécie l'intérêt qu'il porte à la question de l'eau.
    J'ai parlé aux gens de cette collectivité et je me suis renseigné au sujet de ce problème. Je sais qu'il y a eu des études et des évaluations. Je sais aussi que la ministre de l'Environnement et du Changement climatique est en train d'examiner la question. C'est une grosse décision à prendre, et je suis convaincu qu'elle saura faire la part des choses.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée de Beauport—Côte-de-Beaupré—Île d'Orléans—Charlevoix.
    Je prends la parole à la Chambre aujourd'hui à propos du budget proposé par le gouvernement libéral ou, comme je me plais à l'appeler, le plan de marge de crédit du gouvernement, qui vise à retirer rien de moins que 113 milliards de dollars, en hypothéquant l'avenir des travailleurs canadiens.
    Les députés ont probablement compris que ce budget ne me met pas en joie. J'aimerais prendre quelques minutes pour expliquer en détail les différentes lacunes du budget de 2016, faussement intitulé « Assurer la croissance de la classe moyenne ».
    Pour commencer, il est clair que ce budget n'assure pas la croissance de la classe moyenne; il ne fait qu'accroître sa dette. Pourquoi donc? Parce que ce budget est le plan des libéraux pour accumuler un déficit de 29,4 milliards de dollars et ce, cette année seulement. Vous avez bien entendu: près de 30 milliards de dollars. C'est 20 milliards de plus que ce que les libéraux ont promis durant leur campagne, alors qu'ils parlaient, pour citer les sages paroles d'un député, de « modeste, minuscule déficit de 10 milliards de dollars ».
    Le budget prévoit des dépenses effrénées, ne prévoit rien pour équilibrer les futurs budgets, ne stimulera pas la croissance économique et augmentera l'impôt des familles, des particuliers et des entreprises. Le Parti conservateur du Canada n'appuie pas cela, et moi non plus.
    En fin de compte, au cours des cinq prochaines années, le Canada empruntera 113 milliards de dollars sans que cela donne grand-chose, si ce n'est un endettement colossal de 4 300 $ par contribuable dont il sera difficile de se relever. Tout ce qu'il y a de bon dans le fait que les libéraux soient si nombreux de l'autre côté de la Chambre, c'est qu'ils devront assumer une plus grosse part de la facture que ce côté-ci.
    Le gouvernement est rapidement en train d'acquérir la réputation d'avoir trompé les Canadiens à l'égard de nombreuses promesses électorales. Ce sont des promesses qu'il n'avait manifestement pas l'intention de tenir. Les libéraux n'ont pas simplement rompu, avec leur budget, la promesse d'un modeste déficit de 10 milliards de dollars. Ils ont également manqué à leur promesse de revenir à l'équilibre budgétaire et d'abaisser le ratio dette-PIB sous les niveaux actuels avant la fin du présent mandat.
    Le gouvernement libéral présente le nouveau budget comme un plan pour stimuler l'économie. Malheureusement, le budget de 2016 ne renferme aucun plan concret pour appuyer son baratin. Je tiens à souligner l'élément le plus tristement connu de ce budget, que le premier ministre lui-même a essayé de faire avaler au cours de la dernière campagne électorale: les infrastructures.
    Le budget affecte 11,9 milliards de dollars à ce que le gouvernement appelle les infrastructures. Malheureusement, seule une petite part de ces fonds — soit 3,4 milliards de dollars, et trois ans par-dessus le marché — servira à améliorer les réseaux de transport en commun du Canada, alors qu'il devait s'agir du principal investissement en matière d'infrastructures selon ce que le gouvernement avait promis lors de la dernière campagne électorale. C'est donc à peine 3,4 milliards de dollars, sur trois ans, pour construire des métros et des trains légers et pour prolonger et améliorer d'autres réseaux de transport. C'est une honte, surtout lorsqu'on pense que l'ancien gouvernement avait déjà promis une bonne part de ces fonds. Le coût du projet de prolongement du métro de Toronto de 32 kilomètres, par exemple, s'élève à 9 milliards de dollars. Si le gouvernement ne finançait ne serait-ce que le tiers des coûts — et non la moitié comme il l'a promis —, il épuiserait presque entièrement les fonds consacrés au prolongement des infrastructures de transport en commun. Les autres réseaux de transport du Canada n'obtiendraient pratiquement rien.
    Toujours à propos d'équité envers les Canadiens dans le dossier des infrastructures, la façon dont le budget de 2016 répartit les fonds affectés aux infrastructures du Canada me déçoit. Ma province, l'Alberta, ne recevra que 347 millions de dollars sur deux ans pour le prolongement de ses réseaux de transport en commun, c'est-à-dire 10 % des fonds totaux. Or, 12 % de la population canadienne vit en Alberta, ce qui veut dire que, proportionnellement, ma province est sous-financée de 13 %. Je n'ose pas penser à ce qui serait arrivé si le ministre de l'Infrastructure n'était pas lui-même albertain.
    De son côté, l'Ontario recevra 1,5 milliard de dollars pour le prolongement de ses réseaux de transport en commun, soit 44 % du total. Or, cette province compte 38 % de la population canadienne. Le Québec, qui ne compte que 23 % de la population, recevra 27 % des fonds.
    Il faut en conclure que le prolongement du réseau de trains légers d'Edmonton et le prolongement à long terme du CTrain de Calgary seront remis à beaucoup plus tard, puisque le financement fédéral sera insuffisant. De toute évidence, l'équité importe peu au gouvernement libéral. En fait, j'ai déjà soulevé ce point il y a quelques semaines, immédiatement après le dépôt du budget à la Chambre.
    On prétend que le budget prévoit des prestations d'assurance-emploi plus généreuses pour les régions du pays qui éprouvent des difficultés économiques. Cependant, le gouvernement libéral omet d'appliquer cette mesure dans certaines régions où le ralentissement économique se fait particulièrement sentir. Prenons, par exemple, ma ville d'origine, Edmonton. Chacun sait que toute l'Alberta subit actuellement un fort ralentissement économique, qui est aggravé par l'attitude malsaine du gouvernement à l'égard des pipelines.

  (1310)  

    Comme les députés le savent, le secteur de l'énergie est le moteur de l'économie albertaine. Il entraîne dans son sillage beaucoup d'industries de la province. La construction, la machinerie, le tourisme, le logement et les services dépendent tous de la vigueur et de la croissance du secteur de l'énergie. Toutes ces industries sont en difficulté présentement.
    Pourtant, malgré le ralentissement du secteur de l'énergie et les milliers de mises à pied qui en découlent en Alberta, le territoire de la ville d'Edmonton est exclu de la bonification du régime d'assurance-emploi. Pourquoi? C'est que, selon le gouvernement, le taux de chômage dans la région de la capitale, Edmonton, est, selon les statistiques, plus bas que le seuil minimal de bonification retenu par le gouvernement. Mais le gouvernement ne semble pas comprendre que le plus gros employeur de la région d'Edmonton est le secteur public, qui diminue artificiellement le taux de chômage comparativement à d'autres régions. Que le taux de chômage dans la région de la capitale Edmonton soit plus bas que dans le reste de l'Alberta ne fait pas disparaître les milliers d'employés mis à pied dans une région durement frappée par l'effondrement du secteur de l'énergie.
    Les députés libéraux d'Edmonton sont absents lorsque vient le temps de défendre les chômeurs d'Edmonton. Fait révélateur, le député libéral d'Edmonton-Centre a lui-même indiqué qu'Edmonton était exclue parce qu'elle n'a pas subi la même hausse dramatique du taux de chômage que d'autres régions du Canada.
    En avril 2015, le taux de chômage à Edmonton était de 5,8 %. Aujourd'hui, il s'élève à 6,9 %; c'est un bond de 19 % en un an. Malgré cela, le gouvernement libéral attend qu'il y ait une augmentation drastique avant de fournir de l'aide aux gens d'Edmonton qui ont été mis à pied. Le premier ministre parle froidement de l'augmentation de 19 % du taux de chômage en un an, mais il ne semble pas comprendre. En réalité, ce sont de vraies personnes qui souffrent. Nous ne parlons pas de simples statistiques, mais de vraies personnes. Je suppose que le mantra des libéraux qui dit qu'un Canadien est un Canadien ne s'applique pas aux gens d'Edmonton ni à ceux dont le code postal n'est pas le bon.
    J'ai écrit à la ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et du Travail à ce sujet pour lui faire part des préoccupations des citoyens. J'espère qu'elle en tiendra compte et j'espère aussi que le ministre des Finances et le premier ministre prendront en considération les graves conséquences de la dette prévue dans le budget.
    Il n'en demeure pas moins que les libéraux se lancent dans les grandes dépenses en n'ayant absolument aucun plan pour rembourser les dizaines de milliards de dollars qu'ils empruntent. Or, il est clair que la dette d'aujourd'hui devra être remboursée par les contribuables de demain, ce qui veut dire que nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants devront payer les dépenses proposées dans ce budget.
    Comme je suis une personne responsable, en toute conscience, je ne peux pas appuyer un budget qui s'appuie sur ce principe. Je ne peux pas accepter un budget qui endettera nos enfants. C'est injuste et tout simplement contraire aux valeurs canadiennes. Nous devrions ouvrir la voie à la prochaine génération et améliorer ses conditions de vie, et non lui imposer une dette de plusieurs milliards de dollars.
    Pour toutes ces raisons, je n'appuierai pas ce budget.

  (1315)  

    Monsieur le Président, je remercie le député d'en face de son discours enflammé. Cela dit, je tiens à souligner encore une fois que le parti d'en face a une vision tordue des réalités économiques et de ce qui s'est passé pendant les 10 dernières années.
    Ce parti a enregistré sept déficits consécutifs. Il a aussi jeté de la poudre aux yeux des Canadiens en déclarant un excédent au cours de la dernière année de son mandat grâce à l'argent de la caisse d'assurance-emploi, aux sommes qu'il a obtenues de la vente des actions de GM et au fonds de prévoyance. Je serai très clair: les conservateurs auraient pu utiliser le fonds de prévoyance pour aider l'Alberta, mais ce n'est pas ce qu'ils ont fait.
    Les problèmes de l'Alberta n'ont pas commencé il y a cinq ou six mois; c'est une situation qui a évolué au cours des dix dernières années. Par conséquent, le parti d'en face demeure responsable de la situation économique dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui.
     Le député a mentionné que nous hypothéquons l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. L'ancien ministre des Finances conservateur n'a-t-il pas déclaré que les petits-enfants de M. Harper devront assumer les coûts liés au compte d'épargne libre d'impôt?
    Je tiens à rappeler au député que le très honorable député de la circonscription de Calgary Heritage siège encore à la Chambre et que nous ne pouvons nommer les députés par leur nom.
     Le député d'Edmonton-Ouest a la parole.
    Monsieur le Président, il est important de revenir sur les commentaires du député.
    Si vous retournez en arrière, vous vous souviendrez sûrement que c’est votre parti qui a fait équipe avec les séparatistes du Bloc québécois et le NPD, et que la coalition avait demandé un déficit budgétaire immédiat de 50 milliards de dollars. On était alors dans la pire période économique depuis la Grande Crise. Il n’y a pas de profonde récession économique en ce moment. En fait, nous vivons une période de croissance. Il est aberrant d'entendre le député comparer la création irresponsable de déficits budgétaires massifs en pleine période de croissance à ce qui s'est passé en période d’effondrement total.
     En ce qui concerne votre commentaire sur l’Alberta, j’aimerais souligner le soutien apporté par les conservateurs à cette province. Le gouvernement conservateur, au cours de ses 10 ans au pouvoir, a dépensé 3,4 milliards de dollars en infrastructure. Retournons 10 ans en arrière, à l’ère des libéraux. Le montant est tellement minime que je dois mettre mes lunettes pour voir que les libéraux ont dépensé 351 millions pour l’Alberta. Tout ça pour dire que vous n’avez pas de leçon à me donner sur la façon d’aider ma propre province.
    Je rappelle au député qu’il doit adresser ses observations et ses réponses à la présidence.
    Nous revenons aux questions et observations. Le député de Regina—Lewvan a la parole.

  (1320)  

    Monsieur le Président, je remercie le député d'Edmonton-Ouest pour ses remarques. Ce fut un plaisir de siéger avec lui au comité des opérations gouvernementales.
     Il a raison de souligner la situation économique difficile qui sévit à Edmonton et de dire que sa ville mérite d’être incluse dans les régions bénéficiant de la prolongation de la période de versement des prestations d’assurance-emploi prévue dans le budget. La situation est même pire dans ma province, la Saskatchewan, qui n’a pas la chance de bénéficier des politiques progressistes du gouvernement de Rachel Notley. Selon la dernière Enquête sur la population active de Statistique Canada, le niveau d’emploi à temps plein a chuté de 2,4 % en Saskatchewan au cours de la dernière année. C’est la plus importante baisse enregistrée dans toutes les provinces situées à l’ouest de l’Île-du-Prince-Édouard.
    Je me demande si le député d’Edmonton-Ouest serait d’accord pour dire que les régions de Regina et du Sud de la Saskatchewan doivent elles aussi bénéficier de la prolongation des prestations d’assurance-emploi prévue dans le budget.
    Monsieur le Président, je remercie le député de Regina—Lewvan de sa question. J'espère qu'il a passé une très belle semaine à Edmonton, ma ville d'origine.
    Je crois, comme le député, qu'il faudrait aussi revoir la politique de l'assurance-emploi pour Regina. La région comprend de nombreuses zones pétrolières durement touchées par la crise. Il est honteux que le gouvernement libéral ne s'attaque pas à ce problème.
    Je suis offensé par les propos du député au sujet de notre collègue Rachel Notley. Selon moi, elle nuit à l'Alberta au lieu de l'aider. Quoi qu'il en soit, je suis convaincu, comme le député, qu'il faut en faire davantage pour Regina et pour les gens de la région qui ont été durement touchés.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai le privilège de me lever à la Chambre afin de discuter du budget.
    Le 22 mars dernier, j'ai écouté avec attention le ministre des Finances présenter le budget de ce gouvernement. Les libéraux ont ouvert la marge de crédit sans se soucier de la limite. Nous sommes bien loin de leur promesse électorale d'emprunter la modeste somme de 10 milliards de dollars par année, ce qui, à mon sens, était un non-sens tout court. Or celle-ci a été mise de côté et remplacée par un montant de pas moins de 30 milliards de dollars pour cette année seulement.
    Je me demande si les Canadiens pensent qu'un déficit de plus de 100 milliards de dollars dans quatre ans est modeste.
    De plus, quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai constaté qu'il n'y avait aucun plan pour retourner à l'équilibre budgétaire. Ce mot a été rayé du dictionnaire libéral. Les libéraux promettent de nous endetter; toutefois, ils ne présentent aucun plan ni notion sur la façon de mettre fin à cette folie dépensière.
    Dans le cadre du débat sur le budget, je rappelle à la Chambre que les budgets du gouvernement consistent à dépenser l'argent des autres personnes. Il semble très facile au gouvernement, de l'autre côté de la Chambre, d'oublier cela.
    On dirait que le ministre des Finances s'est fermé les yeux et qu'il a tiré dans le vide en espérant atteindre le plus de cibles possible. C'est un budget éparpillé qui n'a aucune orientation claire.
    En effet, le budget n'explique pas comment ni quand on prévoit revenir à l'équilibre budgétaire. On sait toutefois que le gouvernement va augmenter les impôts des familles, ainsi que ceux des jeunes et des entreprises, pour combler l'écart.
    Ce gouvernement devrait passer un peu plus de temps à penser aux familles qui ont du mal à s'en sortir dans les circonscriptions, à rembourser leur hypothèque et à payer leur épicerie ainsi que toutes leurs factures.
    En fait, les familles paient déjà pour les promesses de dépenses des libéraux par des augmentations de coûts associés à l'inscription des enfants à des activités sportives, à des programmes d'art et à des études postsecondaires.
    Les libéraux ont aboli le fractionnement du revenu, le crédit d'impôt pour la condition physique des enfants, le crédit d'impôt pour les activités artistiques des enfants et le crédit d'impôt pour les étudiants de niveau postsecondaire pour leurs manuels. Pendant qu'ils s'occupent à dépenser l'argent des autres, il leur est très facile d'oublier que la réussite qui leur a donné tant d'argent ne découle pas des politiques libérales, mais plutôt de celles de l'ancien gouvernement conservateur.
    En effet, nous avons mis sur pied des programmes de relance ciblés qui ont permis de créer et de maintenir environ 200 000 emplois. Nous avons tenu notre promesse d'équilibrer le budget, et nous avons laissé aux libéraux un surplus de 3,2 milliards de dollars. Nous avons réduit le fardeau fiscal jusqu'à son point le plus faible en 50 ans, et nous avons remis plus d'argent dans les portefeuilles des Canadiens, et ce, tout en respectant un budget équilibré.
    Malheureusement, au lieu de se concentrer sur la réduction du fardeau fiscal des familles canadiennes, ce gouvernement joue à des jeux politiques avec les prestations aux familles, sans compter que le gouvernement libéral obligera les provinces à imposer une taxe nationale sur le carbone qui coûtera environ 1 000 $ par année aux familles canadiennes. Ce gouvernement n'assure pas la croissance de la classe moyenne, et les familles canadiennes vont encore en payer le prix.
    J'ai aussi remarqué que le plan imprudent de ce budget ne sert qu'à augmenter la taille du gouvernement et qu'il ne fera rien pour créer des emplois. Il n'y a aucun plan pour aider les Canadiens sans emploi à retourner au travail.
    Les petites et les moyennes entreprises sont des piliers de notre société et de notre économie, et aucune mesure n'est mise en avant pour les aider à se diversifier ou à s'agrandir. Ce sont ces entreprises qui créent de l'emploi, et c'est ce dont les Canadiens ont grandement besoin en ce moment. Ces mêmes entreprises devront payer la note en raison de cette folie dépensière des libéraux.

  (1325)  

    Pendant leur campagne, les libéraux ont promis de réduire le taux d'imposition des petites entreprises en le faisant passer de 11 % à 9 %. Malheureusement, ils ont éliminé cette baisse d'impôt. La ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme a même déclaré qu'elle travaillerait en étroite collaboration avec le ministre des Finances pour que leur engagement visant à alléger le fardeau fiscal des petites entreprises soit tenu.
    La baisse d'impôt pour les petites entreprises était bel et bien une promesse contenue dans la plateforme électorale libérale de 2015. Cette promesse a été brisée, tout comme celle de maintenir le déficit sous la barre des 10 milliards de dollars.
    La stabilité permet aux entreprises de prospérer. Or, après le budget de 2016, celles-ci ne peuvent compter que sur l'incertitude fiscale. Ce sont ces mêmes entreprises qui sont importantes dans nos régions. Dans le budget qui a été présenté, je constate que le gouvernement les a complètement abandonnées. Il y a très peu de mesures qui vont favoriser le développement et la création d'emplois.
    Bien que le gouvernement ait décidé de renouveler le programme de connexion à large bande afin de poursuivre le travail du gouvernement précédent, soit le nôtre, visant à favoriser l'accès numérique, cela est bien la seule consolation pour nos régions.
    Voici un exemple d'une initiative qui a actuellement cours dans ma région. Il est indispensable pour la survie de nos petites entreprises de sensibiliser les citoyens à propos de l'impact associé à leur choix de faire leurs achats près de chez eux.
    Dans mon comté, dans la région de Charlevoix, il y a actuellement une campagne dédiée à l'achat local, afin de soutenir nos petites et nos grandes entreprises. Je soutiens fortement cette campagne, car elle a comme objectif d'encourager nos entreprises par de petits gestes concrets, afin de conserver nos commerces à proximité. C'est ce type d'initiative qu'on se doit d'encourager, afin de favoriser le développement des régions. Voilà un bon exemple à donner au gouvernement libéral.
    Le gouvernement a balayé l'aide aux régions du Québec et du Canada. Il n'a pas mis l'effort nécessaire pour assurer la vitalité de nos régions, qui sont le coeur économique de notre pays.
    Malheureusement, ce n'est pas le seul secteur que le gouvernement a abandonné. En ce qui a trait aux langues officielles et à la Francophonie, le budget présenté par le gouvernement me déçoit beaucoup. Il n'y a aucune mesure concrète permettant de renforcer les communautés francophones et anglophones en situation minoritaire. La promotion du bilinguisme est importante, dans un pays comme le nôtre. Je suis déçue que le gouvernement ait délaissé bon nombre de ces communautés.
    De plus, en tant que porte-parole de l'opposition officielle en matière de Francophonie, quelle a été ma stupéfaction de constater qu'aucune allusion aux partenaires francophones du Canada n'a été faite dans le budget.
    Lors de la dernière réunion de l'Organisation internationale de la Francophonie, tenue à Dakar, les partenaires ont adopté une résolution soulignant le rôle important que doit jouer le secteur privé dans la mise en oeuvre de la Stratégie économique pour la Francophonie, notamment dans ses aspects de promotion du français comme langue de travail et vecteur de croissance économique.
    Il est aussi important de renforcer la coopération avec les communautés francophones économiques régionales pour contribuer à l'intégration régionale, qui constitue un levier d'élargissement des marchés, de dynamisation de l'économie et de création d'emplois. Le budget du gouvernement est une occasion manquée de poursuivre notre engagement en matière de Francophonie. Je suis d'avis qu'il s'agissait d'une bonne occasion de le faire.
    En conclusion, je dirai que le budget laisse tomber plusieurs secteurs de notre société, notamment les familles, les petites et moyennes entreprises, ainsi que les langues officielles, malgré une belle promesse de déficit de plus de 100 milliards de dollars dans quatre ans.

  (1330)  

    Monsieur le Président, ma collègue peut-elle nous dire où elle prend l'idée que les conservateurs ont été capables de générer un surplus de 3,4 milliards de dollars entre 2015 et 2016? Si on regarde les chiffres mensuels plutôt que les chiffres annuels, il est possible de les interpréter de toutes sortes de manières créatives, mais la réalité est que le budget équilibré du gouvernement conservateur contenait un déficit de plus de 5 milliards de dollars pour l'année financière. En effet, il y a un seul premier ministre conservateur qui a réussi à nous sortir du déficit et à établir un surplus et cela remonte au XIXe siècle.
    Ma collègue peut-elle admettre que, historiquement, les conservateurs sont chroniquement incapables de gérer un budget ?
    Monsieur le Président, je remercie mon confrère de sa question.
    Historiquement, les plus dépensiers ont toujours été les libéraux. Nous avons réussi à équilibrer un budget et, que Dieu ait son âme, sous la gouverne de M. Flaherty, nous avions le meilleur ministre des Finances.
    Monsieur le Président, je voudrais remercier ma collègue de son discours. Nous oeuvrons ensemble au Comité permanent des langues officielles et c'est vraiment décevant que le gouvernement libéral n'ait pas utilisé cette occasion pour réinvestir dans les langues officielles. Comme vous le savez, cela fait plus de douze ans, malheureusement, que le budget de la feuille de route n'a pas été indexé. Les sommes sont gelées et cela aurait été vraiment nécessaire. Les organismes en ont besoin, ils souffrent présentement. C'est dommage.
    J'aimerais parler d'une autre chose qui est très importante dans ma circonscription, et c'est le logement social. Les membres de l'Office municipal d'habitation de Drummondville sont venus me rencontrer pour me dire qu'il y avait des grands besoins, entre autres pour des nouveaux bâtiments en logement social pour les aînés seuls. Nous attendions plus qu'un geste symbolique de la part du gouvernement et des mesures concrètes. Malheureusement, on ne retrouve que très peu d'information sur les 520 millions de dollars sur quatre ans qui avaient été annoncés pour la construction de nouveaux logements locatifs abordables.
    J'aimerais savoir si, dans la circonscription de ma collègue, c'est comme chez moi. Les besoins en logements sociaux ne sont-ils pas énormes et n'est-il pas nécessaire d'investir pour améliorer les conditions de vie des gens qui en ont le plus besoin?

  (1335)  

    Monsieur le Président, je remercie mon confrère de sa question. Évidemment, je suis dans un comté rural, mais la partie urbaine a un grand besoin, c'est vrai, en matière de logement social. Or, comme nous avons pu le constater, malgré le déficit de 30 milliards de dollars promis par les libéraux, il n'a été question de rien par rapport à ce dossier. Les familles sont laissées pour compte. Nos régions sont laissées pour compte. Nous demandons au Parti libéral, au gouvernement, que le budget ne soit pas accepté parce qu'il n'a pas été à la hauteur de ce que les Canadiens attendaient.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier la députée de Beauport—Côte-de-Beaupré—Île d'Orléans—Charlevoix. C'est un long nom de comté.
    J'aimerais qu'elle commente un sujet en particulier. D'après la Fédération canadienne des contribuables, chaque Canadien et Canadienne est maintenant endetté par le gouvernement libéral de 17 222 $. C'est la dette nationale en ce moment, qui augmente d'à peu près 1 million de dollars à chaque 30 minutes ou presque. Le directeur parlementaire du budget a eu des difficultés à obtenir de l'information de la part de ce gouvernement pour être capable de nous dire quelles sont les estimations pour le futur.
    De son côté, que pense ma collègue de la dette nationale que nous allons laisser à nos enfants?
     Que pense-t-elle du fait que le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, a été incapable d'obtenir l'information dès la première journée sur le contenu du budget pour déterminer si ce que les libéraux avaient imprimé dans leur budget était vrai?
    Monsieur le Président, je remercie mon confrère de cette excellente question.
    Évidemment, moi qui suis grand-mère d'un petit-fils, cette dette m'horripile au plus haut point. Ce n'est pas ce Canada que je veux laisser à mes petits-enfants. Avec le budget libéral qui vient d'arriver, toute la transparence qui avait été promise n'est pas au rendez-vous non plus.
    Les libéraux hypothèquent les générations futures sans penser que demain, ce sont elles qui vont devoir éponger les folies dépensières de ce gouvernement. Tout simplement, je voterai contre ce budget, parce que, pour moi qui suis grand-mère, ce n'est pas le Canada que je souhaite pour mon petit-fils.
    Monsieur le Président, j'aimerais partager mon temps de parole avec mon collègue de Brampton-Est.
    Le 22 mars dernier, les Canadiennes et les Canadiens ont été témoins d'un véritable changement lors du dépôt du budget de mon collègue le ministre des Finances. En effet, en tant que députée, femme d'affaires et figure impliquée dans ma communauté, je ne peux que me réjouir devant un budget qui ne laisse personne derrière. Aînés, familles, travailleurs, entrepreneurs et créateurs d'emplois se retrouvent tous devant un budget de possibilités et surtout de compromis et d'ouvertures. Je parle de compromis puisque nous, les libéraux, comprenons une chose. Nous avons deux oreilles et seulement une bouche. En tant que mère de quatre enfants, il s'agit d'un adage que j'ai dit souvent à mes enfants. Ainsi, si nous suivons la logique, il faut écouter deux fois plus que parler. C'est pourquoi nous avons compris qu'il faut engager les citoyens dans la chose publique et écouter d'une oreille leurs préoccupations, mais aussi, de l'autre oreille, leurs ambitions, leurs rêves et leurs objectifs autant personnels que communautaires. C'est pourquoi le ministre des Finances et son secrétaire parlementaire ont fait le tour du Canada, d'un océan à l'autre, pour écouter les Canadiens. Je veux souligner ce leadership et cette ouverture.
    Le choix que notre gouvernement a fait le 22 mars dernier est donc en parfait accord avec les préoccupations des Canadiennes et des Canadiens. Pour ma part, avec mon collègue parlementaire de Thérèse-De Blainville, j'ai tenu une consultation prébudgétaire avec environ 50 acteurs locaux qui nous ont fait part de leurs préoccupations et de leurs ambitions pour Rivière-des-Mille-Îles. Nous avons accueilli favorablement leurs idées et nous reconnaissons que les taux d'intérêt sont vraiment faibles. Le temps est donc venu d'investir dans nos infrastructures, en environnement et surtout dans nos gens.
    Lors de la campagne électorale, nous avons proposé aux Canadiennes et aux Canadiens d'investir en eux. Résultat: nous formons un gouvernement majoritaire qui sait pertinemment comment fonctionne la roue économique canadienne. Cet engrenage tourne grâce à la classe moyenne. C'est pourquoi nous avons mis en vigueur une mesure de réduction des impôts pour la classe moyenne qui bénéficiera à 9 millions de personnes. Voilà comment passer de la parole aux actes. D'ailleurs, il est important de souligner que lorsque la classe moyenne a plus d'argent dans ses poches, ce sont tous les acteurs de notre économie qui en bénéficient, y compris nos petites et moyennes entreprises qui travaillent fort tout au long de l'année.
    Dans mon introduction, j'ai soulevé un concept important pour les Canadiennes et les Canadiens, tout comme pour les citoyens de Rivière-des-Mille-Îles. Il s'agit du concept de l'opportunité.

  (1340)  

[Traduction]

    On peut toujours faire mieux.

[Français]

    C'est pourquoi nous mettons en avant un investissement massif en infrastructures, soit 3,4 milliards de dollars dans le transport en commun et les routes, 5 milliards de dollars dans les infrastructures vertes, 3,4 milliards de dollars dans les infrastructures sociales, entre autres les logements abordables et les logements pour les aînés.
    Je peux confirmer que ces fonds sont très bien reçus des citoyens de ma circonscription, alors que Rivière-des-Mille-Îles possède déjà des logements abordables, surtout à Saint-Eustache et à Deux-Montagnes. Les élus municipaux se sentent maintenant écoutés. Leurs préoccupations ont été entendues, et maintenant des fonds leur seront dédiés pour la rénovation et la construction d'infrastructures sociales et communautaires. Par ailleurs, ce plan en infrastructures me permettra de mener à terme, en collaboration avec mes homologues de l'Assemblée nationale du Québec, le dossier du parachèvement des autoroutes 13 et 19, ainsi que l'élargissement de l'autoroute 15 pour y instaurer une voie réservée au transport collectif de Blainville au métro Montmorency à Laval.

[Traduction]

    En tant que gouvernement, nous sommes convaincus qu'une économie solide et un environnement sain peuvent aller de pair.

[Français]

    Moi-même, mère de quatre enfants, comme je le disais, je souhaite léguer un environnement propre aux futures générations. C'est pourquoi, dès 2016-2017, 62,5 millions de dollars seront engrangés afin de soutenir le déploiement de l'infrastructure destinée aux carburants de remplacement, y compris les infrastructures de recharge des véhicules électriques. Cette mesure concorde parfaitement avec une recommandation de la consultation prébudgétaire menée dans ma circonscription, le 29 janvier dernier, alors que les acteurs économiques locaux nous ont sensibilisés au coût des bornes électriques.
    Il s'agit d'une mesure directe afin de faire un pas en avant en matière d'électrification des transports. En effet, nous sommes en 2016.

[Traduction]

    Oui, le Canada est de retour.

[Français]

    Les gens se souviendront de 2016, année où notre collègue le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social aura proposé une véritable réforme pour les familles de Rivière-des-Mille-Îles et du Canada. Le budget de 2016 permettra de sortir 300 000 enfants de la pauvreté, grâce à une allocation canadienne universelle pour enfants.
    Il est donc tout à fait exact d'affirmer qu'il s'agit non seulement d'une réforme de taille, mais également de la plus grande mesure sociale fédérale d'une génération. Concrètement, cela représentera en moyenne 2 300 $ de plus par famille chaque année. De plus, cette somme sera maintenant non imposable.
    Lorsque les familles canadiennes ont des moyens, c'est tout le Canada qui se porte mieux. Il n'est donc pas anormal de voir dans le budget de 2016 une autre mesure d'envergure à l'intention des aînés. Sachons que ceux-ci étaient inquiets au cours des semaines précédant la présentation du budget.
    J'ai pu saisir le pouls des personnes aînées dans Rivière-des-Mille-Îles, non seulement lors des consultations prébudgétaires, mais aussi lorsque je suis allée à leur rencontre. Cependant, nous prouvons une fois de plus que personne n'est laissé derrière, dans ce budget. Il est de notre responsabilité d'assurer une retraite de qualité à nos aînés, qui ont travaillé fort à bâtir le Canada que nous avons aujourd'hui.
     J'accueille donc très favorablement l'augmentation des prestations du Supplément de revenu garanti pour nos aînés. Ainsi, non seulement nous avons ramené l'âge de la retraite de 67 à 65 ans, mais une personne aînée vivant seule recevra en moyenne 947 $ de plus chaque année. Il s'agit d'une mesure importante pour assurer le confort financier des personnes âgées.
    Je suis fière des mesures incluses dans le budget de 2016. Je suis convaincue de ses avantages pour la région des Basses-Laurentides et de ma circonscription de Rivière-des-Mille-Îles. Les familles, les aînés et les travailleurs de la classe moyenne de mon comté ont été entendus, et les dispositions du budget répondent non seulement à leurs préoccupations, mais leur redonneront aussi confiance en leurs moyens.
     J'ai beaucoup d'espoir et de confiance à l'égard des citoyens de ma région, de leurs ambitions et de leurs rêves. Ensemble, bâtissons le Canada de demain.

  (1345)  

    Monsieur le Président, pendant la campagne électorale, le Parti libéral a dit aux Canadiens qu'un gouvernement libéral accuserait un déficit de 10 milliards de dollars, mais ce n'était pas vrai, puisque le déficit prévu dans ce budget est de presque 30 milliards de dollars.
    Comment le gouvernement explique-t-il ce grand écart au peuple canadien?
    Monsieur le Président, je remercie mon cher collègue.
    En matière de déficit, c'est plutôt ce que nous avons reçu des conservateurs qui nous met dans une mauvaise position par rapport aux dépenses que nous prévoyons.
     Présentement, les taux d'intérêt sont au plus bas. C'est maintenant le temps de remettre l'économie en marche, d'investir dans nos routes, nos infrastructures et les logements sociaux abordables, et d'aider la classe moyenne. Tous en bénéficieront.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis déçue de voir que le budget ne prévoit pas grand-chose pour l'amélioration de l'infrastructure ferroviaire dans le corridor Windsor-Québec, des travaux pourtant nécessaires. De plus, le budget ne prévoit rien pour les corridors commerciaux ni les ports, donc rien pour répondre aux besoins de ma circonscription, Sarnia—Lambton, dans ce domaine.
    Pour ce qui est du financement de l'accès Internet en milieu rural, aucun détail n'a été fourni. Pourquoi ce budget néglige-t-il les petites localités et les collectivités rurales?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue.
    Parmi les investissements que nous allons faire dans les régions, nous allons notamment investir 500 millions de dollars dans la connectivité. Tout le monde va en bénéficier, autant dans certaines parties des régions urbaines, dont je fais partie, que dans les régions rurales. Il n'est pas normal qu'en 2016, certaines régions n'aient pas accès à la téléphonie cellulaire ou à Internet haute vitesse.
     Si l'on veut aider la classe moyenne et les petites et moyennes entreprises, il est important que les ondes et la connectivité couvrent tout le Canada.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la question que je pose à la députée a trait aux infrastructures au Canada.
    Le budget qui a été présenté est un jalon historique, en ce sens que jamais auparavant on a vu un budget comportant un tel engagement à investir dans les infrastructures du Canada. En investissant ainsi, nous ajoutons de la valeur à notre économie, non seulement dans l'immédiat, mais également pour les générations futures.
     La députée pourrait-elle nous dire quelle importance elle accorde à l'investissement de fonds publics dans les infrastructures? C'est ainsi que nous renforçons l'économie canadienne. La députée n'est-elle pas d'accord avec cette affirmation?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Évidemment, cet investissement massif dans les infrastructures est majeur, d'autant plus qu'on sait que les taux d'intérêt sont faibles. Certaines choses ont été laissées pour compte. Tous les paliers de gouvernement ont besoin que le gouvernement fédéral réinvestisse autant dans les infrastructures municipales que provinciales. Je crois que le temps est venu de faire cela. C'est incroyable ce qu'on a à faire en ce qui concerne les infrastructures vertes. Les logements abordables ont été laissés pour compte. C'est vraiment un temps exceptionnel pour faire cela. En même temps, en ce qui concerne toute l'électrification des transports, c'est important de le faire tout de suite, si on veut aller de l'avant avec ces nouvelles énergies.

[Traduction]

    Avant de poursuivre le débat, je tiens à informer le député de Brampton-Est qu'il ne reste qu'environ 8 minutes au temps prévu pour le débat sur le sous-amendement. C'est un peu moins que les 10 minutes qui lui étaient allouées, mais je lui ferai le signe habituel à la fin de son temps de parole, puisque nous devons avoir terminé tout juste avant 14 heures.

  (1350)  

    Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur de dire quelques mots sur le premier budget du gouvernement actuel. Vendredi dernier, j'ai eu l'occasion de prendre la parole à un petit-déjeuner consacré au budget organisé par la chambre de commerce de Brampton. J'ai pu entendre en personne ce qu'employeurs, innovateurs et chefs de file de Brampton avaient à dire sur les dispositions budgétaires qui leur seraient les plus utiles.
    Les résidants de Brampton ne cessent de me dire qu'ils apprécient et appuient les investissements envisagés par le gouvernement pour favoriser la réussite des Canadiens de la classe moyenne. Il s'agit d'investissements qui, non seulement les aideront, eux et leur famille, dès maintenant, mais aussi qui préparent le terrain pour assurer la réussite des Canadiens des générations futures.
     Mes concitoyens m'ont élu pour participer aux efforts d'un gouvernement qui allait aider la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour y accéder. Je considère que c'est un vrai privilège pour moi de faire valoir ces priorités au nom des résidants de Brampton-Est.
    J'ai la chance d'être membre du Comité permanent des finances, qui m'a tenu fort occupé jusqu'à présent. Récemment, soit avant la présentation du budget de 2016, le Comité a mené des consultations prébudgétaires différentes de la plupart des consultations de cette nature, en raison des élections qui ont eu lieu à l'automne. Nous disposions de très peu de temps. Nous avons entendu, pendant quatre longues journées, plus de 92 témoins, y compris des particuliers, des représentants d'entreprises et d'ONG, des défenseurs des droits des Premières Nations et d'autres groupes importants. Nous avons aussi reçu 172 mémoires soumis en ligne par des particuliers et des groupes. Les réponses que nous avons reçues portaient sur une foule de sujets, mais le Comité a conclu ses travaux en publiant un rapport contenant 56 recommandations, qui sont en grande partie prises en compte dans le budget de cette année.
    L'automne dernier, nous avons proposé aux Canadiens un nouveau plan ambitieux pour appuyer la classe moyenne, et nous avons promis que nous allions faire tout en notre pouvoir pour assurer la réussite de tous les Canadiens d'un bout à l'autre du pays. Le budget de 2016 est un outil essentiel pour remplir cette promesse. Il offre une aide immédiate à ceux qui en ont le plus besoin et prépare le terrain pour une croissance économique inclusive et soutenue qui profitera à la classe moyenne et à tous ceux qui travaillent fort pour en faire partie. Le budget touche tout particulièrement les familles canadiennes. Nous avons rencontré des familles et écouté ce qu'elles avaient à raconter, et nous partageons leurs préoccupations. Le budget porte sur ce qui leur tient le plus à coeur. Au bout du compte, même si nous avons connu une croissance économique au cours des trois dernières décennies, ses bienfaits n'ont trop souvent été ressentis que par les Canadiens les plus aisés, tandis que la classe moyenne et ceux qui essaient tant bien que mal d'en faire partie continuent de connaître des difficultés.
    Que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, les énormes bouleversements auxquels nous devons faire face présentent à la fois des difficultés et des occasions à saisir pour l'économie canadienne. Afin de composer avec les changements démographiques qui touchent la société canadienne, nous devons investir davantage dans la jeunesse canadienne, l'enseignement postsecondaire, la formation et l'innovation.
    C'est le moment d'investir. De tous les pays du G7, nous sommes celui qui a le ratio dette-PIB le moins élevé, ce qui nous donne de la marge pour faire aujourd'hui des investissements stratégiques qui favoriseront la croissance économique de demain. Les taux d'intérêt restent au plus bas niveau jamais vu, si bien que le moment est idéal pour investir dans notre main-d'oeuvre hautement instruite. En outre, le faible fardeau fiscal des entreprises fait en sorte que le Canada soit bien placé pour être concurrentiel sur la scène internationale.
    J'aimerais parler des investissements prévus dans le budget de 2016 qui profiteraient à la circonscription de Brampton-Est. Le Canada a le potentiel d'être un chef de file international au plan de l'innovation. Je peux témoigner de l'immense talent et de l'éthique de travail dont font preuve les intervenants du secteur des affaires et de l'innovation à Brampton. Le budget de 2016 appuierait les innovateurs et les entrepreneurs du Canada et leur donnerait l'aide dont ils ont besoin pour trouver l'expertise nécessaire, cerner de nouveaux marchés et se préparer à la croissance future.
    Afin d'accélérer la croissance économique, le budget de 2016 dégagerait jusqu'à 800 millions de dollars sur quatre ans, à compter de 2017-2018, pour appuyer les grappes et les réseaux d'innovation dans le cadre du futur programme d'innovation du gouvernement. Afin d'accroître le nombre de petites et moyennes entreprises innovatrices qui bénéficient de conseils techniques et de financement de produits par le truchement du Programme d’aide à la recherche industrielle, le budget de 2016 propose d'affecter 50 millions de dollars de plus à ce programme en 2016-2017. Ce dernier soutient les petites et moyennes entreprises innovatrices et axées sur la croissance au moyen de services de médiation, de la recherche-développement, du financement de produit et du réseautage.

  (1355)  

    Pour stimuler la croissance économique, il faut absolument que le Canada puisse faire face à la concurrence mondiale. Voilà pourquoi le budget de 2016 propose une nouvelle initiative afin d'aider les entreprises à impact élevé à prendre de l'expansion et à mieux soutenir la concurrence mondiale. Ce sont 1 000 entreprises qui en bénéficieront les premières années, et ce chiffre devrait grossir par la suite.
    Afin d'aider le secteur de l'automobile à innover, le budget de 2016 annonce la prolongation du Fonds d'innovation pour le secteur de l'automobile, qui devait prendre fin en 2017-2018 mais qui se poursuivra plutôt jusqu'en 2020-2021.
    J'ai eu la chance de fréquenter certains des meilleurs établissements d'enseignement postsecondaire du pays. L'éducation revêt une importance capitale, car son pouvoir est sans limites. Elle permet par exemple aux jeunes de Brampton de faire leur chemin jusqu'à la Colline du Parlement. Je crois donc fermement aux vertus de l'éducation et de la formation pour nos jeunes, qui pourront grâce à elle être les leaders de demain, et même d'aujourd'hui. Nous devons investir dans la jeune génération d'aujourd'hui afin de contrer le choc démographique et d'assurer la croissance économique du pays pendant plusieurs générations.
    La série de réformes que contient le budget de 2016 relativement au Programme canadien de prêts aux étudiants rendront les études postsecondaires plus abordables pour un nombre accru d'étudiants issus de familles à faible revenu ou à revenu moyen et contribueront à ce que l'endettement des étudiants demeure facile à gérer. Ces mesures simplifieront le processus de demande d'aide financière et rendront le programme plus transparent et plus prévisible.
    Le budget de 2016 propose d’augmenter le seuil de remboursement des prêts, afin qu’aucun étudiant n’ait à rembourser son prêt d’études canadien avant de gagner au moins 25 000 $ par année. Cette mesure représentera une aide de 131 millions de dollars sur quatre ans à compter de 2016-2017.
    Afin d’élargir les possibilités d’emploi destinées aux jeunes Canadiens, le budget de 2016 propose d’investir en 2016-2017 un montant supplémentaire de 165 millions de dollars au titre de la Stratégie emploi jeunesse. Nous allons également mettre sur pied un groupe d'experts sur l'emploi chez les jeunes qui aidera à orienter les investissements futurs concernant les programmes axés sur le marché du travail.
    Brampton compte parmi les villes les plus dynamiques au pays et connaît l'une des plus fortes croissances enregistrées. Comme elle croît rapidement, les investissements dans les infrastructures prévus durant l'actuel mandat sont essentiels. Les gens comptent sur eux pour l'expansion de leur entreprise. Les systèmes d'infrastructure inadéquats limitent le potentiel économique des villes comme Brampton.
    Je remercie la Chambre du temps qu'elle m'a accordé. Je poursuivrai mon intervention ce soir.

[Français]

    Comme il est 13 h 59, conformément à l'ordre adopté le lundi 11 avril 2016, le sous-amendement est réputé mis aux voix, et le vote par appel nominal est réputé demandé et différé jusqu'à plus tard aujourd'hui à la fin de la période prévue pour les questions orales.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Français]

Bombardier

    Monsieur le Président, comme les libéraux ne défendent pas l'industrie aéronautique québécoise, les politiciens immédiats du Canada anglais ont le champ libre pour déverser leur fiel et dire que Bombardier est un enfant gâté qui vit aux crochets du Canada.
    Ce matin, dans The Globe and Mail, un vice-président de Bombardier a remis les pendules à l'heure: après avoir investi 586 millions de dollars, Ottawa a empoché des redevances de 733 millions de dollars sur la vente des avions de Bombardier. Par comparaison, le fédéral a épongé une perte nette de 3,5 milliards de dollars après avoir investi 10 milliards de dollars pour sauver GM.
    L'aéronautique au Québec, c'est 41 000 emplois de qualité, dont 10 000 directement dans la recherche-développement. C'est le fer de lance de notre industrie de pointe.
    Or voilà qu'avec 40 députés libéraux silencieux, le ministre des Transports oeuvre à démanteler les ateliers d'Air Canada, le ministre de l'Industrie travaille à l'enterrement de Bombardier et le ministre des Finances abandonne le secteur de pointe.
    Le Québec paie le prix fort pour la servilité des députés libéraux québécois.

[Traduction]

Le Mois de la prévention de la fraude

    Monsieur le Président, je félicite le Bureau de la concurrence du Canada pour une 12e édition réussie du Mois de la prévention de la fraude.
    Durant tout le mois de mars, les Canadiens ont été renseignés sur les manières de détecter la fraude et de s'en protéger. Chacun d'entre nous pourrait être victime de fraude. Certains habitants de ma circonscription, Don Valley-Est, ont été la cible de fraudeurs qui prétendaient être des agents de l'Agence du revenu du Canada ou du Service canadien du renseignement de sécurité.
    Les aînés sont souvent visés par ces activités sournoises et criminelles. Trois types de fraudes financières les touchent particulièrement: le vol d'identité, les fraudes par cartes de crédit ou de débit et l'arnaque des grands-parents.
    Il faut renseigner tous les Canadiens à propos de la fraude, pour qu'ils soient en mesure de la reconnaître et d'en faire le signalement aux autorités locales. Je salue le Bureau de la concurrence pour ses efforts en matière de prévention de la fraude et de sensibilisation du public canadien.

  (1400)  

La Semaine nationale de l'action bénévole

    Monsieur le Président, nous soulignons actuellement la Semaine nationale de l'action bénévole, qui est l'occasion pour nous de reconnaître les millions de bénévoles au Canada qui font don de leur temps pour enrichir leur localité. J'aimerais rendre hommage aux milliers de bénévoles de Wellington—Halton Hills qui s'occupent des malades, encouragent les jeunes, tiennent compagnie aux personnes seules, nourrissent ceux qui ont faim, font la promotion des arts, préservent l'environnement et recueillent des fonds pour d'innombrables oeuvres de bienfaisance locales.

[Français]

    Au Canada, les bénévoles contribuent près de 2 milliards d'heures chaque année. Une étude menée par Bénévoles Canada a révélé que la grande majorité des bénévoles préféraient être reconnus par un simple merci.

[Traduction]

    Je tiens à remercier sincèrement les exceptionnels bénévoles de Wellington—Halton Hills et de l'ensemble du Canada de leur grande contribution aux localités canadiennes et au pays entier.

[Français]

Les Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques

    Monsieur le Président, le 23 mars dernier, à Rideau Hall, on a rendu hommage à huit artistes canadiens, récipiendaires des Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques.
    Administrés par le Conseil des arts du Canada, ces prix veulent célébrer la communauté artistique dynamique du Canada et souligner des carrières extraordinaires dans les arts visuels et médiatiques.
    J'offre mes félicitations à Edward Burtynsky, Marnie Fleming, Philip Hoffman, Jane Kidd, Wanda Koop, Suzy Lake, Mark Lewis, et Bill Vazan. Nous vous remercions de votre contribution à un Canada dynamique et créatif.
    J'invite toutes les Canadiennes et tous les Canadiens à découvrir ces artistes extraordinaires en visitant le site Web du Conseil des arts du Canada ou l'exposition qui leur est consacrée au Musée des beaux-arts du Canada.

[Traduction]

La Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet d'un enjeu très important pour tous ceux d'entre nous qui défendent les droits des personnes handicapées. Le Canada a ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées il y a longtemps, à savoir en 2010.
    Toutefois, la convention est assortie d'un protocole facultatif, que le Canada n'a pas encore ratifié. Ce protocole prévoit un mécanisme de plaintes permettant à des groupes ou à des particuliers de soumettre une revendication au Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies. S'ils ne parviennent pas à obtenir justice dans leur pays, c'est vers ce comité qu'ils se tourneraient. Il s'agit là d'un protocole très important qui prévoit un mécanisme visant à garantir la mise en oeuvre adéquate de la convention au sein du pays signataire.
    Si le pays signataire veut sincèrement mettre en oeuvre la convention, il ratifiera le protocole. C'est aussi simple que cela.
    Devant les députés, j'exhorte le Canada à le signer immédiatement et...
    Le député de Sydney—Victoria a la parole.

Les East Coast Music Awards

    Monsieur le Président, c'est avec fierté que je prends la parole pour souligner les célébrations des East Coast Music Awards de 2016, qui se tiendront dans ma circonscription toute la semaine. Créée il y a 28 ans, l'Association de la musique de la côte Est compte plus de 1 000 membres qui se consacrent à l'industrie de la musique au Canada atlantique. Pendant les cinq jours de célébrations continues, la meilleure musique et les plus grands talents de la côte Est seront sous les projecteurs, tout cela au Cap-Breton.
    Les East Coast Music Awards sont reconnus à l'échelle internationale. À cette occasion, des membres de l'industrie de la musique de partout dans le monde se réunissent sur la côte Est pour y découvrir talents et culture. Il est maintenant possible de voter pour le gagnant du prix du public. On peut consulter le site Web ecma.com pour obtenir tous les détails du festival et appuyer la musique locale.
    Je demande à tous les députés de se joindre à moi pour célébrer les East Coast Music Awards et les musiciens, agents et bénévoles talentueux de la côte Est qui travaillent d'arrache-pied pour faire rayonner la musique de l'Atlantique.

  (1405)  

Chase Martens

    Monsieur le Président, le 22 mars, une tragédie a frappé le Sud du Manitoba et a retenu l'attention d'un grand nombre de Canadiens. Cette journée-là, le petit Chase Martens s'est éloigné de sa maison et n'est pas revenu. Comme beaucoup d'autres, j'ai prié pour que Chase revienne sain et sauf chez lui auprès de ses parents, Destiny Turner et Thomas Martens, et de ses soeurs. Malheureusement, ce n'a pas été le cas, et son corps a été retrouvé dans un ruisseau quatre jours après sa disparition.
    Nous sommes de tout coeur avec sa famille, la collectivité d'Austin et les gens des envions. Je sais que nous sommes tous reconnaissants aux policiers et aux pompiers qui ont été les premiers sur place pour leurs efforts. C'était incroyable de voir des centaines de Manitobains de Portage la Prairie et de partout dans la province venir participer aux recherches pour retrouver le petit Chase. Même si bon nombre d'entre eux ne le connaissaient pas, ils avaient l'impression que Chase aurait pu à être leur fils ou leur petit-fils.
    Il n'y a rien de positif à tirer de la perte de Chase Martens, si ce n'est que nous ne devons jamais oublier à quel point il est important de chérir un peu plus nos propres enfants et de profiter du court laps de temps que nous avons ensemble.

[Français]

Les Événements Victoire

    Monsieur le Président, aujourd'hui, j'aimerais souligner un événement qui a eu lieu en fin de semaine dans ma circonscription, La Prairie.
    Il s'agit de la 7e édition de la Soirée Victoire, tenue à Candiac, qui a permis de recueillir la jolie somme de 116 000 $. Cette somme sera remise, comme par les années passées, à la Fondation du cancer du sein du Québec. Elle servira principalement à la recherche et aux différents programmes de soutien aux femmes, de prévention et de sensibilisation.
    Mine de rien, plus de 26 millions de dollars ont été amassés pour la recherche depuis 20 ans, et plus de 10,5 millions de dollars serviront à soutenir les femmes dans leur lutte contre le cancer du sein.
    J'aimerais profiter de cette tribune pour féliciter le comité organisateur et tous les partenaires qui ont participé à l'organisation de cette soirée. Je remercie particulièrement Mme Danielle Simard, présidente des Événements Victoire à Candiac, du merveilleux travail qu'elle a accompli. Son engagement à appuyer la cause des femmes mérite toute notre attention.

La Semaine de l'action bénévole

    Monsieur le Président, hier soir, dans le cadre de la Semaine de l'action bénévole, j'ai eu l'honneur, tout comme mon collègue de Hull—Aylmer, d'assister à la 5e édition de la Soirée hommage aux bénévoles du Buffet des Continents de Gatineau.
    Les bénévoles ont été applaudis pour leurs actions et leur implication dans l'organisation d'activités sociales, culturelles, communautaires et sportives, tant pour les jeunes que pour les adultes, les personnes âgées, les personnes handicapées et les personnes défavorisées.
    Je tiens à féliciter les neuf lauréats de 2016: Mme Diane Dupont-Cyr, M. Dan Mupendwa Shekanena, Mme Yolande Gravel, Mme Marie-Claude Giasson, M. Gabriel Ladouceur, M. Robert Cuillerier, Mme Suzanne Fullwood, Mme France Gaudreau et Mme Jocelyne Barbeau.
    Gatineau progresse au rythme de ses bénévoles. Sans leur dévouement, notre vie communautaire et l'aide aux gens les plus vulnérables seraient en péril. Nous leur devons toute notre gratitude.

[Traduction]

Le Mois de la jonquille

    Monsieur le Président, avril est le Mois de la jonquille. C'est l'occasion de sensibiliser la population à la situation des personnes atteintes du cancer. Les sommes recueillies pendant le Mois de la jonquille viendront en aide aux personnes atteintes du cancer et à leur famille. Les dons servent à financer la réalisation de travaux de recherche, la collecte de renseignements et la prestation de services de soutien qui sauvent des vies.
    Ma femme, Kelly, a survécu à un cancer de la peau avec mélanome à plusieurs reprises. Au cours de la 40e législature canadienne, j'ai présenté un projet de loi d'initiative parlementaire visant à renforcer les étiquettes apposées sur les lits de bronzage pour mettre en garde leurs utilisateurs contre les risques de cancer que représentent les radiations émanant des appareils de bronzage artificiel.
    Je suis fier que le gouvernement conservateur précédent ait resserré les exigences en matière d'étiquetage des lits de bronzage pour que les consommateurs soient mieux informés des risques pour la santé associés à l'utilisation de ces appareils dangereux. J'exhorte mes concitoyens, en particulier les jeunes hommes et les jeunes femmes, à se tenir loin des lits de bronzage. Le bronzage en salon est démodé.
    La jonquille symbolise la force et le courage des personnes qui luttent contre le cancer. J'encourage tous les Canadiens à acheter une épinglette en forme de jonquille et à la porter pendant le mois d'avril en signe de solidarité avec les personnes atteintes du cancer.

Le Vaisakhi

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner la fête du Vaisakhi et la journée du Khalsa, qui seront célébrées le 13 avril. Cette année marque le 317e anniversaire de la naissance du Khalsa, c'est-à-dire la première fois où des sikhs ont été baptisés.
    Le 23 avril, comme chaque année, Surrey—Newton accueillera le plus grand défilé et la plus importante célébration de la journée du Khalsa, qui réuniront des centaines de milliers de Canadiens de tous les horizons. J'invite tout le monde à assister à cet événement.
    Mes collègues de l'Ouest et moi sommes fiers de représenter les communautés sikhes de tout l'Ouest du pays. Nous souhaitons à tous un joyeux Vaisakhi et une belle journée du Khalsa.

  (1410)  

[Français]

La Semaine de l'action bénévole

    Monsieur le Président, j'ai eu l'honneur, ce matin, d'assister à la remise de la Médaille du souverain pour les bénévoles à Mme Monique Venne, citoyenne de Mont-Laurier.
    Dans le cadre de la semaine de l'action bénévole, j'aimerais la remercier sincèrement des 25 années qu'elle a passées à aider les plus démunis à la Société Saint-Vincent de Paul.
    C'est pourquoi je souligne aussi l'attitude inspirante de plusieurs autres bénévoles qui ont récemment reçu la Médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec à Sainte-Agathe-des-Monts, une cérémonie à laquelle j'ai participé ce samedi.
     Je félicite et remercie Mathieu Desmarais, Mélissa Campeau, Vincent Mailloux, Alexandre Milette-Gagnon, Robert Ardoin, Ernest Boyer, Denise Comtois-Lalongé, Francine Doré-Paquette, Micheline Drainville, Jacqueline Dumas, Huguette Dumay, Monique Guénette, Rose-Amande Houle, Claire Lalonde et Yolande Véronneau.
    Nos communautés ne seraient pas les mêmes sans les bénévoles comme Mme Venne et l'engagement de ces autres leaders dans notre région. Ne lâchez pas.

[Traduction]

Le budget

    Monsieur le Président, le premier budget des libéraux ne représente pas une bonne nouvelle pour les Canadiens. Malgré leur promesse électorale, les libéraux ont tout dépensé l'excédent budgétaire que leur avaient laissé les conservateurs et ils ont créé un énorme manque à gagner de 29 milliards de dollars.
    Imaginons que les députés prêtent leur carte de crédit à leurs enfants pour qu'ils aillent faire l'épicerie, en leur précisant qu'ils peuvent dépenser un maximum de 100 $. Lorsque les enfants reviennent à la maison, ils montrent la facture, qui s'élève à 3 000 $. Qu'y a-t-il dans les sacs d'épicerie? Il y a 19 sacs de guimauves, une caisse de tablettes de chocolat, d'innombrables sacs de croustilles, beaucoup de boissons gazeuses, mais pas d'oeufs, de viande ni de lait. Pas même un pain. Où sont passés les vrais aliments? Voilà comment le premier ministre a dépensé notre argent.
    Les Canadiens voulaient un plan concret de retour au travail des chômeurs, de véritables investissements dans les infrastructures et un programme d'allégement fiscal, mais les libéraux ne leur ont rien donné de ce qu'ils voulaient. Le gouvernement nuit plutôt à la création d'emplois dans le secteur privé en bloquant notamment les projets Énergie Est et Northern Gateway. Fidèles à leur tradition, les libéraux augmentent aussi les taxes et les impôts.
    Ce n'est pas le budget que voulaient les Canadiens.

Claire Kirkland-Casgrain

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à une femme qui a fait oeuvre de pionnière à une époque de grand changement. Claire Kirkland-Casgrain a été la première femme à être élue à l'Assemblée nationale du Québec et à devenir ministre dans la province.
    Comme députée du gouvernement de Jean Lesage, celui qui a fait la Révolution tranquille, elle a contribué à modeler un Québec nouveau et progressiste notamment en présentant une mesure législative pour accroître l'égalité homme-femme.

[Français]

    En effet, avant l'adoption du projet de loi 16 — sa plus grande réalisation, selon elle —, une femme ne pouvait pas ouvrir un compte de banque ni signer un bail au Québec sans le consentement de son conjoint.
    Après une carrière politique couronnée de succès, Claire Kirkland-Casgrain a été nommée la première femme juge à la cour provinciale.

[Traduction]

    J'ai eu l'honneur de connaître Claire Kirkland-Casgrain. C'était une personne chaleureuse, sensible aux autres et dotée d'un sens de l'humour désarmant et qui aimait la vie et les gens.
    Nous offrons nos plus sincères condoléances à son époux, Wyndham, et à ses enfants, Lynne, Kirkland et Marc, alors que nous saluons une femme remarquable dont la détermination à faire avancer la société a changé pour le mieux la vie d'un si grand nombre de personnes.

[Français]

Laurie-Ève Rhéaume

    Monsieur le Président, j'aimerais saluer l'engagement de Laurie-Ève Rhéaume, qui a 9 ans.
    Cette jeune fille de mon comté viendra me rencontrer à l'occasion de la journée de la Terre pour me présenter ses préoccupations en matière d'environnement et de réduction de la pauvreté.
    Laurie-Ève a également souhaité que je visite son école primaire. Grâce à la collaboration de son enseignante, Mme Dominique Provost, c'est plus de 125 élèves âgés de 9 à 12 ans qui discuteront avec moi d'environnement, d'implication citoyenne et de lutte contre les inégalités.
    J'aimerais remercier Laurie-Ève de son audace. Malgré son jeune âge, elle est, pour nous tous, un bel exemple d'implication directe dans notre démocratie.

  (1415)  

Wounded Warriors Canada

    Monsieur le Président, j'aimerais parler aujourd'hui d'un groupe d'intervenants exceptionnel qui a aidé de nombreux anciens combattants. Ce groupe s'appelle Wounded Warriors Canada, un chef de file national en matière de financement de programmes novateurs en santé mentale, lesquels viennent en aide à nos militaires et vétérans des Forces armées canadiennes, à leurs familles et aux premiers intervenants du milieu.
    Wounded Warriors Canada peut offrir ses programmes grâce aux soins, à la compassion et à la générosité des Canadiens et des entreprises canadiennes également. Je souhaite donc remercier tous les Canadiens de leur appui envers les femmes et les hommes en uniforme, et ce, quand ils en ont le plus besoin.
    Également, à titre de porte-parole de l'opposition officielle en ce qui a trait aux Anciens Combattants, j'aimerais remercier le groupe Wounded Warrirors Canada du travail considérable qu'il fait dans le but d'aider nos anciens combattants.

[Traduction]

La gendarme Sarah Beckett

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à la gendarme Sarah Beckett du détachement de West Shore de la GRC, qui s'est tuée la semaine dernière à bord de son auto-patrouille, à Langford, en Colombie-Britannique.
    Au nom de tous les députés de la Chambre des communes, j'offre nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses amis, à ses collègues et à sa collectivité, cette collectivité qu'elle chérissait et qu'elle cherchait si fort à protéger.
    Aucun mot ne saurait décrire une telle perte. Jour après jour, dans toutes les collectivités du pays, des agents de police s'exposent au danger pour assurer notre sécurité. Nous devons les en remercier chaque jour. Notre gratitude pour le travail qu'ils font est sans limites.
    Aujourd'hui, une collectivité endeuillée et reconnaissante dit au revoir à l'une de ses héroïnes. Aujourd'hui, nous remercions la gendarme Sarah Beckett de ses années de loyaux services et nous reconnaissons le sacrifice qu'elle a fait pour nous.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

Le budget

    Monsieur le Président, les experts s'entendent sur trois points: les libéraux empruntent plus d'argent qu'ils ne l'avaient promis, ils ont déjà commencé à hausser les impôts et leurs dépenses ne feront rien pour créer des emplois et stimuler la croissance comme promis. En plus, le budget est le moins transparent des 15 dernières années. Et pour couronner le tout, nous savons maintenant que les chiffres contenus dans le budget sont erronés.
    Je le répète: les chiffres du budget fédéral sont erronés.
    Si les chiffres sont erronés, comment les Canadiens pourraient-ils faire confiance au gouvernement pour ce qui est des emplois?
    Monsieur le Président, le budget de 2016 prévoit de l'aide considérable et bien tangible sous forme d'argent dans les poches de la classe moyenne et de mesures stimulant la croissance de l'économie. Franchement, nous n'avions rien vu de tel depuis 10 ans. En injectant de l'argent dans le transport en commun, les infrastructures sociales, les infrastructures vertes, les universités et les infrastructures pour la recherche, nous créons les bons emplois d'aujourd'hui, nous stimulons la croissance de demain et nous favorisons la prospérité à long terme dont les Canadiens de l'ensemble du pays ont besoin.
    Voilà qui résume le budget de 2016. La promesse a été faite, la promesse a été tenue.
    Monsieur le Président, le premier ministre a d'abord refusé de donner au directeur parlementaire du budget l'information dont il a besoin pour faire son travail. Depuis, un ancien sous-ministre des Finances a conclu que le budget manque de transparence. Même CBC/Radio-Canada, c'est incroyable, a déclaré que les chiffres ne font pas le compte et a qualifié le budget de « tour de passe-passe ». Il y a des chiffres inventés, des chiffres cachés et des chiffres arbitraires. Pourquoi les Canadiens devraient-ils faire confiance au premier ministre pour gérer notre économie?
    Monsieur le Président, après 10 années de cachotteries, de manipulation des chiffres et de faux-fuyants auxquels les Canadiens se sont habitués sous l'ancien gouvernement, nous présentons un budget ouvert et transparent qui prévoit enfin des investissements dans la croissance et les débouchés dont les Canadiens ont besoin et pour lesquels ils ont voté.
    Nous réalisons des investissements en infrastructure. Nous mettons en place une stratégie pour l'innovation qui donnera la possibilité aux Canadiens de faire preuve d'innovation et de créativité dans les prochaines années. C'est exactement le genre de budget que les Canadiens ont réclamé par leurs votes l'an dernier.

L'emploi

    Monsieur le Président, si nous ne pouvons pas nous fier aux chiffres, comment pouvons-nous avoir l'assurance que l'économie est entre de bonnes mains?
    En Alberta, le premier ministre a dit aux travailleurs du secteur pétrolier et gazier qu'ils devraient s'estimer heureux de ne pas avoir été touchés plus durement, alors que tout ce qu'ils voulaient entendre, c'était un engagement à construire des pipelines. Est-ce que le premier ministre va finalement dire aujourd'hui aux 100 000 chômeurs du secteur pétrolier et gazier qu'il donnera également son aval au projet de pipeline Trans Mountain et au projet de pipeline Énergie Est s'ils reçoivent l'approbation requise?

  (1420)  

    Monsieur le Président, pendant 10 ans, le gouvernement précédent a tout fait pour imposer la construction de ces pipelines, avec pour résultat qu'il n'y a toujours aucun pipeline pour acheminer nos ressources vers les côtes.
    L'une des principales responsabilités de tout premier ministre est de favoriser la mise en marché de nos ressources. Or, au XXIe siècle, cette mise en marché doit se faire de façon responsable pour les collectivités, les peuples autochtones et l'environnement. Voilà pourquoi nous tenons compte à la fois de l'environnement et de l'économie en nous efforçant de bâtir un avenir meilleur et de fonder nos décisions sur les données probantes.

[Français]

L'infrastructure

    Monsieur le Président, nous savons maintenant que le gouvernement libéral va emprunter 30 milliards de dollars, une somme qui sera payée par des Canadiens qui, eux, ne sont pas encore nés.
    Durant la dernière campagne électorale, au cours d'une séance de photos dans une grue, M. le premier ministre promettait beaucoup d'argent pour les infrastructures. Dans ce budget, très peu d'argent ira aux routes, aux autoroutes ou au transport en commun.
    Comment le premier ministre peut-il dire qu'il fera un déficit de 30 milliards de dollars dans les infrastructures, alors que 2,9 milliards de dollars de ce budget constitueront de nouveaux fonds pour les infrastructures?
    Monsieur le Président, dans cette campagne électorale, nous nous sommes engagés à investir 60 milliards de dollars sur 10 ans en infrastructures, et c'est exactement ce que nous sommes en train de faire.
    La semaine passée, j'étais à Montréal pour annoncer que 775 millions de dollars allaient directement vers le transport collectif, pour pouvoir assurer une meilleure qualité de service aux Montréalais. On est en train de faire cela partout au pays. Les Canadiens veulent un gouvernement qui a confiance en eux et qui est prêt à investir dans leur avenir. Après 10 ans, c'est exactement ce qu'on est en train de faire, parce que l'autre parti a manqué son coup.
    Monsieur le Président, nous avons livré le plus important plan d'infrastructures de l'histoire à deux reprises. Nous l'avons augmenté et doublé et, tout cela, en équilibrant le budget, pas en empruntant pour l'avenir.
    Cette année, l'argent qui sera investi sera de l'argent du programme que nous avons mis en place, parce que nous respectons les compétences des provinces. Pour ce qui est d'annoncer de l'argent pour le transport en commun et pour le logement social, on en parlera plus tard. Toutefois, ce sont à 100 % des compétences des provinces. Le directeur parlementaire du budget, lui, a dit qu'il a manqué d'information pour avoir les bons chiffres sur la situation économique.
    Comment ce premier ministre peut-il prétendre à la transparence, quand il ne donne pas tous les éléments....
    Le très honorable premier ministre a la parole.
    Monsieur le Président, le parti de l'opposition officielle répète les mêmes arguments qui ont carrément échoué à convaincre les Canadiens à l'automne dernier.
    Les conservateurs parlent de leurs investissements dans l'économie canadienne, mais les Canadiens n'en ont rien retiré. Au contraire, les conservateurs continuaient de donner des avantages aux mieux nantis plutôt que de favoriser la classe moyenne et ceux qui travaillent fort pour s'y joindre et d'investir dans les infrastructures qui les aident dans leurs communautés. C'est ce que nous faisons et c'est ce que nous allons continuer de faire.

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, au fil des ans, les conservateurs nous ont montré qu'ils avaient du mal à respecter l'éthique; les libéraux, eux, ont promis d'agir différemment.
    Des voix: Oh, oh!
    Nous avons de la difficulté à entendre la question. Le député d'Outremont a la parole. Je demanderais à tous les députés d'essayer de se calmer. Nous sommes tous fébriles.
    Le député d'Outremont a la parole.
    Monsieur le Président, au fil des ans, les conservateurs nous ont montré qu'ils avaient du mal à respecter l'éthique; les libéraux, eux, ont promis d'agir différemment.
    La ministre de la Justice fait certaines choses de manière différente. Lorsque la ministre conservatrice Shelly Glover s'est fait prendre à organiser une activité de financement douteuse en 2013, elle a rapidement remboursé l'argent, mais la ministre actuelle, elle, refuse de faire la même chose.
    Le premier ministre va-t-il demander à la ministre de la Justice de rembourser l'argent?

  (1425)  

    Monsieur le Président, pendant 10 ans, les manquements à l'éthique du gouvernement précédent ont été nombreux. Le Parti libéral a été élu pour gouverner le pays en promettant de faire preuve d'ouverture et de transparence, et il tient ses promesses.
    Nous avons toujours respecté toutes les règles relatives au financement. Nous avons toujours fait preuve d'ouverture et de transparence et rendu des comptes. Les dons faits par les syndicats et les entreprises sont interdits. Les dons aux partis sont assujettis à des limites très strictes.
    Nous suivons toutes les règles, contrairement au gouvernement précédent.

L'Agence du revenu du Canada

    Monsieur le Président, elle n'aurait jamais dû être là.

[Français]

    Le scandale des Panama Papers suscite le dégoût chez les Canadiens qui, eux, suivent les règles et paient leurs impôts. On a appris cette semaine qu'un ancien haut gradé de Revenu Canada est parti travailler pour KPMG, alors que la firme était sous enquête par Revenu Canada pour utilisation des paradis fiscaux.
    Le premier ministre va-t-il enfin mener une enquête et barrer la porte tournante à Revenu Canada?
    Monsieur le Président, les Canadiens s'attendent à ce que personne ne puisse éviter de payer sa juste part d'impôt en donnant de l'argent ou en accordant des faveurs.
    Notre budget prévoit un investissement de 440 millions de dollars pour que l'Agence du revenu du Canada puisse recouvrer les fonds issus de l'évitement ou de l'évasion fiscale. La réalité est que nous devons soutenir le désir de l'Agence du revenu du Canada de s'assurer que tout le monde paie sa juste part d'impôt.

[Traduction]

    Monsieur le Président, alors que la ministre de la Justice participe à une activité de financement douteuse et que le ministre des Finances a des sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux comme les Bahamas, la ministre du Revenu national défend des ententes de faveur conclues avec des millionnaires fraudeurs de l'impôt. Après avoir juré d'être différents, les libéraux trouvent sans cesse de nouvelles façons de révéler leur vraie nature libérale.
    Le premier ministre demandera-t-il une enquête sur l'entente secrète de KPMG pour montrer sa détermination à lutter contre les paradis fiscaux?
    Après s'être contenté de parler du budget, voyons s'il est prêt à agir.
    Monsieur le Président, nous affectons 440 millions de dollars à l'Agence du revenu du Canada pour lutter contre l'évasion fiscale et l'évitement fiscal. Oui, nous agissons.
    Nous nous sommes engagés à faire le nécessaire pour que personne ne puisse faire un petit paiement en douce pour éviter de payer des impôts. Il faut faire en sorte que le système d'imposition soit ouvert, équitable, fiable et rigoureusement respecté. Les Canadiens n'en attendent pas moins de leur gouvernement. Voilà le genre d'ouverture, de transparence et de rigueur qu'offre le nouveau gouvernement libéral.

L'assurance-emploi

     Un petit paiement en douce, monsieur le Président?

[Français]

    Le gouvernement a utilisé des formules mathématiques savantes pour priver des milliers de gens de leur assurance-emploi. Le taux de chômage en Saskatchewan a augmenté de 40 % au cours de la dernière année, tandis qu'au Saguenay—Lac-Saint-Jean, ce sont 7 000 chômeurs de plus cette année. Même avec le budget, il y a 800 000 chômeurs qui ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi.
    Le premier ministre va-t-il respecter sa promesse et aider tous les chômeurs au Canada?
    Monsieur le Président, pendant la campagne électorale, nous nous sommes engagés à améliorer le système de l'assurance-emploi pour que les gens qui en ont besoin puissent y avoir un meilleur accès, et cela, nous l'avons fait. Nous avons réduit de deux semaines à une semaine le délai de carence. Nous nous sommes assurés qu'il y a de meilleurs programmes pour travailler lorsque l'on reçoit de l'assurance-emploi afin d'encourager les gens à réussir. Nous nous sommes engagés à améliorer le système de l'assurance-emploi et c'est ce que nous faisons partout au pays.

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, un associé de Torys LLP était inscrit comme lobbyiste auprès de la ministre de la Justice. Comme par hasard, le soir précédant l'activité de financement payante organisée par son cabinet d'avocats, l'associé a annulé son inscription en tant que lobbyiste.
    La ministre de la Justice s'est fait dire par le premier ministre de ne pas cibler des intervenants ministériels au moment de solliciter des contributions politiques. La ministre peut-elle expliquer comment le fait d'assister à une activité privée de collecte de fonds avec des avocats grassement payés de Toronto qui sont inscrits pour faire du lobbying auprès de son ministère peut être conforme au code d'éthique de qui que ce soit?
    Monsieur le Président, la ministre de la Justice et tous les ministres respectent en tout temps les obligations prévues dans le code d'éthique et la Loi sur les conflits d'intérêts. Le Parti libéral respecte la Loi électorale du Canada. Tous les fonds ont été recueillis conformément à la loi. Tous les dons ont été effectués de façon transparente et ont été déclarés, conformément à la loi. C'est ce que tous les députés ont fait afin d'obtenir un siège à la Chambre et c'est ce qu'ils continuent de faire.
    Les ministres du gouvernement précédent ont eux aussi recueilli des fonds pour le Parti conservateur et ils s'en vantaient il n'y a pas si longtemps.

  (1430)  

    Monsieur le Président, la ministre de la Justice a affirmé que c'est à titre de simple députée qu'elle avait assisté à la très coûteuse collecte de fonds payante à Toronto. Ensuite, elle a dit qu'elle y était à titre de ministre de la Justice. L'invitation à l'événement soulignait le nouveau rôle et le mandat extraordinaire de la ministre en précisant qu'il s'agissait de sa première activité privée dans cette ville.
    Y était-elle à titre de ministre de la Justice ou de simple députée? Si elle veut être une simple députée, ce n'est pas bien compliqué: elle n'a qu'à démissionner de son poste de ministre de la Justice.
    Monsieur le Président, la seule partie de cette question sur laquelle nous sommes d'accord est celle qui mentionne le mandat remarquable dont le premier ministre a investi la ministre de la Justice: réformer le système de justice et réparer un certain nombre de pots cassés que nous a laissés le gouvernement précédent en ce qui concerne la législation en matière de justice et les politiques connexes.
    Comme je l'ai dit, cette collecte de fonds a été entièrement menée selon les règles. On a respecté toutes les obligations éthiques découlant du Code régissant les conflits d'intérêts et les mesures de la Loi électorale du Canada, comme nous continuerons de le faire.
    Le député cherche à créer un scandale là où il n'y en a pas.
    Monsieur le Président, la ministre de la Justice prétend que c'est à titre de simple députée qu'elle a assisté à l'activité de financement payante que l'on sait, alors que cette activité était au contraire annoncée comme une bonne occasion de discuter avec la ministre de questions directement liées à son portefeuille. Hier, la ministre a finalement admis que c'était bel et bien en sa qualité de ministre de la Justice qu'elle s'était présentée là-bas.
    La ministre mettra-t-elle fin à cette mascarade, prendra-t-elle ses responsabilités et remboursera-t-elle l'argent amassé?
    Monsieur le Président, le député peut bien faire toutes les jolies tournures et les jeux de mots qu'il veut, les faits sont là.
    Tous les députés recueillent de l'argent à l'intérieur des limites permises par la loi. Tous les députés de ce côté-ci de la Chambre respectent la Loi électorale du Canada et les règles applicables à la collecte de fonds, une chose que le parti de mon collègue a toujours eu beaucoup de mal à faire. Son parti a même déjà plaidé coupable à des accusations en ce sens et a dû payer une amende de 250 000 $ pour s'être prêté à une tactique discutable de financement lui permettant de blanchir de l'argent en le faisant transiter par ses associations de circonscription. Personne de ce côté-ci de la Chambre n'a jamais rien fait de tel.
    Je rappelle aux députés que le seul temps où ils peuvent parler, c'est quand la présidence leur accorde la parole. Le seul.
    Nous allons maintenant écouter le député de St. Albert—Edmonton.
    Monsieur le Président, la ministre de la Justice a compromis son indépendance en participant à une activité de financement payante et ses tentatives de justification lui ont fait perdre toute crédibilité.
    Si tout a été fait dans les règles et que la ministre n'a rien à cacher, publiera-t-elle la liste des personnes qui étaient présentes?
    Monsieur le Président, la seule chose qui nuit à la crédibilité des députés, c'est lorsque l'un d'entre eux feint l'indignation et tente de créer un scandale là où il n'y en a pas.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes extrêmement fiers de travailler aux côtés de la ministre de la Justice. Nous sommes fiers de ses états de service, de son sens de l'éthique et de son intégrité. Nous l'appuierons toujours.
    Monsieur le Président, ramenons le débat sur ce que les Canadiens observent et sur ce qu'ils disent. Ils voient un organisme dont la ministre de la Justice a été présidente se faire accorder 20 millions de dollars. Ils voient le mari de la ministre faire du lobbying auprès des libéraux afin d'obtenir des fonds pour cet organisme. Cela n'a rien à voir avec l'Administration financière des Premières Nations ni avec les Premières Nations. Les Canadiens estiment que ce genre de comportement est contraire à l'éthique. Pourtant, la ministre continue de nier tout acte répréhensible.
    Quand le premier ministre fera-t-il assumer aux ministres la responsabilité de leurs comportements contraires à l'éthique?
    Monsieur le Président, comme je l'ai expliqué et comme le savent tous les députés d'en face ayant siégé au comité des affaires autochtones durant la dernière législature, l'Administration financière des Premières Nations est un organisme exemplaire qui a fait ses preuves et qui fait un usage optimal de petits montants d'argent de manière à permettre aux Premières Nations de partout au pays d'avoir accès à des capitaux afin de construire des infrastructures indispensables.
    Pour l'amour du ciel, j'aimerais que les députés d'en face arrêtent d'agir ainsi. Ce genre de comportement est très perturbateur.

  (1435)  

[Français]

    Monsieur le Président, hier, à la Chambre, la ministre de la Justice a confirmé qu'elle s'était rendue à Toronto pour une activité de financement uniquement à titre de députée de Vancouver Granville.
    Elle a également déclaré avoir vérifié auprès de la commissaire à l'éthique pour savoir si elle était conforme aux règles établies.
    La vérification demandée était-elle au nom de la fonction de ministre de la Justice ou de celle de députée de Vancouver Granville? Comment peut-elle se dissocier de ses deux fonctions, à sa guise, lorsqu'elle est dans un bureau d'avocats?
    Monsieur le Président, j'ai une bonne nouvelle pour mon ami d'en face.
    La conseillère en éthique conseille les ministres dans leurs fonctions de ministre et dans leurs fonctions de député. Cela a toujours été le cas. Quand la consultation a été faite, cela concernait les deux fonctions.
    Par ailleurs, toutes les règles appropriées ont été respectées. Mon collègue d'en face veut répéter les mêmes accusations en espérant que cela va créer un scandale, mais aucun scandale n'existe de ce côté-ci de la Chambre.
    Nous allons toujours respecter les lois en ce qui a trait au financement électoral.

[Traduction]

    Je tiens à rappeler de nouveau aux députés, y compris celui de St. Albert—Edmonton, qu'ils doivent seulement parler lorsqu'ils ont la parole.
    Le député d'Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou a la parole.

[Français]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, ce soir, nous allons débattre de la façon dont nous pouvons mettre fin à la crise qui sévit à Attawapiskat.
    Après avoir essayé d'alerter le fédéral pendant des mois, la communauté a enfin reçu des services d'urgence en santé mentale.
    Néanmoins, d'autres communautés font face à des crises similaires comme Cross Lake, au Manitoba, et je pense très fort aux jeunes de Kuujjuaq, au Nunavik, qui vivent des moments aussi difficiles. On conviendra qu'il s'agit d'un fléau national.
    La ministre peut-elle nous dire quel est le plan du gouvernement pour enfin mettre fin à cette tragédie une fois pour toutes?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député d’en face soulève une question importante et je le remercie du vif intérêt qu’il porte à ce dossier crucial.
    La situation dans laquelle se trouvent les communautés des Premières Nations et des Inuits est totalement inacceptable. L'état de santé mentale des jeunes, surtout dans ces communautés, y est particulièrement attristant.
    Le ministère et le gouvernement font en sorte que tous les services et programmes nécessaires soient en place. Nous investissons actuellement plus de 300 millions de dollars par an dans des programmes de santé mentale dans ces communautés. Nous continuerons de travailler avec les dirigeants autochtones. Pour ma part, je continuerai de collaborer avec la ministre des Affaires autochtones et du Nord pour que toutes les ressources nécessaires soient disponibles.
    Monsieur le Président, la crise de suicides chez les jeunes a choqué le monde entier et l’on se demande comment un pays aussi riche que le Canada peut négliger autant d’enfants et de jeunes.
    La population d’Attawapiskat fait face à la même négligence systémique qui brise l’espoir des jeunes dans des communautés comme La Loche, Cross Lake et Neskantaga. Or le budget ne prévoit aucun investissement supplémentaire dans la santé mentale des jeunes Autochtones.
    Nous en avons assez des solutions superficielles et des visites dans l’urgence. Est-ce que le premier ministre va s’engager dans une refonte totale du système pour faire en sorte que tous les enfants du pays disposent de l’appui en santé mentale nécessaire pour retrouver espoir dans un avenir meilleur?
    Monsieur le Président, le député d’en face a travaillé dur pour défendre les besoins en santé mentale de sa communauté. Je suis d’accord avec lui: il est tout à fait inacceptable que dans un pays aussi riche en ressources que le Canada, les jeunes en arrivent au point de trouver leur vie sans valeur et de mettre fin à leurs jours.
    Nous devons réagir. J’ai déjà indiqué les mesures que nous avons prises à ce jour. Je travaillerai avec mes collègues du pays tout entier pour faire en sorte qu’il y ait des services de santé mentale ou que ceux-ci soient améliorés, et qu’ils soient mis à la disposition de ceux et celles qui en ont besoin.

La justice

    Monsieur le Président, l'une des plus importantes responsabilités de la ministre de la Justice consiste à recommander les nominations de juges aux cours supérieures, parce que les Canadiens méritent que les procédures judiciaires se déroulent rapidement.
    Or nous avons entendu des rapports alarmants sur le taux de vacance dans les tribunaux, qui ne cesse d'augmenter. Il ne suffit pas de participer à des activités de financement. Quel est le problème pour ce qui est de la nomination des juges? Nous nous posons tous la question.

  (1440)  

    Monsieur le Président, laissons de côté les activités de financement. La nomination des juges est d'une importance capitale. Nous mettons en avant un processus renouvelé, qui assure que les nominations de candidatures aux cours supérieures du pays sont non seulement fondées sur le mérite, mais qu'elles tiennent aussi compte de la diversité et qu'elles soient issues d'un processus ouvert et transparent. J'ai eu l'occasion de parler avec de nombreux juges de partout au pays et nous allons présenter des candidats très prochainement.
    Monsieur le Président, il semblerait que la ministre n'ait pas encore engagé de conseiller à la magistrature. Elle a toutefois engagé une directrice des opérations politiques.
    Selon les lignes directrices du Conseil du Trésor, avant d'embaucher un directeur des opérations politiques, il faut obtenir l'assentiment écrit du premier ministre et du président du Conseil du Trésor. Le premier ministre a-t-il donné son assentiment écrit à la ministre de la Justice concernant l'embauche d'un directeur des opérations politiques? Je sais que cela facilite les activités de financement, mais pourquoi ne pas embaucher un conseiller à la magistrature?
    Monsieur le Président, nous procédons aux nominations, non seulement des juges des cours supérieures de l'ensemble du pays, mais aussi, en prévision du départ imminent à la retraite d'un éminent juge de la Cour suprême du Canada, d'un nouveau juge le remplaçant.
    Nous examinons le processus et le mettons à jour afin de veiller à son ouverture et à sa transparence. Nous solliciterons le concours des députés pour que les nominations se fassent en fonction du mérite et qu'elles soient diversifiées afin que notre magistrature soit à l'image de notre grand pays diversifié.

La petite entreprise

     Monsieur le Président, dans leur budget qui tue l'emploi, les libéraux augmentent les impôts des petites entreprises et de leurs travailleurs. Ils ont renversé la baisse d'impôt des conservateurs pour les petites entreprises et augmenté les charges sociales, et maintenant la tranche d'imposition la plus élevée dans plus de la moitié des provinces sera supérieure à 50 %.
    Quand les libéraux cesseront-ils d'augmenter les impôts des travailleurs et des créateurs d'emplois?
    Monsieur le Président, j'encourage la députée d'en face à lire notre budget. Si elle remonte au mois de janvier — et je crois qu'elle était à la Chambre à ce moment-là —, elle constatera que nous avons réduit les impôts de neuf millions de Canadiens. Elle constatera que, cette année, l'impôt sur les petites entreprises a en fait diminué. Elle constatera également que neuf familles avec enfants sur dix bénéficieront de l'Allocation canadienne pour enfants et auront droit en moyenne à 2 300 $ de plus. Cela va aider les petites entreprises.
    Le budget aidera les Canadiens et les entreprises à mieux réussir.
    Monsieur le Président, les libéraux prétendent avoir consulté les entreprises et les travailleurs, mais, comme nous l'avons vu dans le budget, ils ont aussi brisé cette promesse. Les libéraux n'ont pas tenu compte de l'avis de leurs propres membres au sein du comité des finances en augmentant l'impôt sur les petites entreprises. Cela n'est pas surprenant, lorsqu'on sait que la ministre du Commerce international a dit « amen aux hausses fiscales ».
    Comment les Canadiens peuvent-ils faire confiance aux libéraux avides d'impôts et de dépenses si ceux-ci ne respectent même pas les promesses qu'ils ont faites à leurs propres membres?
    Monsieur le Président, tout d'abord, il faut comprendre que nous avons tenu le plus grand nombre de consultations prébudgétaires de l'histoire du pays.
    Tâchons d'aller de l'avant et de bien comprendre que nous avons réduit les impôts de neuf millions de Canadiens. Il faut aussi tenir compte du fait que nous avons aidé les petites entreprises de l'ensemble du pays en aidant leurs clients.
    Le budget aidera les Canadiens, les familles et les entreprises. Il favorisera la croissance économique à long terme.

Le commerce international

    Monsieur le Président, le comité du commerce part finalement sur la route la semaine prochaine pour étudier le Partenariat transpacifique, mais il n'a toujours aucune étude d'impact pour guider ses travaux. Les libéraux ont promis une consultation complète du public. Or voilà qu'ils tentent de faire passer les travaux du comité comme les leurs.
    Lorsqu'il est question de ce que Joseph Stiglitz a appelé « le pire accord commercial de l'histoire », cela est tout simplement inacceptable. Pourquoi le gouvernement refuse-t-il d'honorer sa promesse de tenir une consultation publique complète auprès de l'ensemble des Canadiens?
    Monsieur le Président, contrairement au NPD, qui condamne cet accord sans même l'avoir lu, nous honorons notre promesse électorale. Nous avons promis de tenir des consultations, et c'est ce que nous faisons.
    J'aimerais également faire remarquer que nous avons appris une chose intéressante au sujet des néo-démocrates dimanche dernier. En effet, nous avons appris qu'ils souhaitent démanteler notre industrie des ressources naturelles et qu'ils s'opposent à ce que le Canada fasse des échanges commerciaux avec le reste du monde.
    Cela n'est pas bon pour la classe moyenne du Canada, y compris les syndiqués que la députée prétend représenter.

  (1445)  

[Français]

    Monsieur le Président, aujourd'hui, le gouvernement du Québec, les producteurs laitiers et les transformateurs laitiers ont fait front commun dans le dossier du lait diafiltré.
     Depuis des mois, le gouvernement libéral dit travailler sur le dossier, mais il n'a rien fait encore. L'industrie en a assez. Les fermiers perdent des milliers de dollars par semaine. Pourtant, ce n'est pas compliqué: le gouvernement doit simplement appliquer les normes de composition des fromages.
    Qu'attend le premier ministre pour respecter son engagement électoral à régler le problème du lait diafiltré ici, au Canada?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je crois que ma collègue sait très bien que j'ai rencontré de nombreuses parties intéressées du secteur de l'agriculture, y compris des représentants de la gestion de l'offre et de l'industrie laitière en particulier.
    L'ancien gouvernement nous a légué ce dossier et nous collaborons avec l'industrie pour régler le problème.

La stabilisation fiscale

    Monsieur le Président, j'aimerais d'abord signaler aux habitants de Bay de Verde que mes pensées et mes prières les accompagnent tous à la suite de l'incendie survenu hier à l'usine de transformation du poisson des frères Quinlan. Nous sommes de tout coeur avec les travailleurs et la collectivité.
    Le discours du Trône à Terre-Neuve-et-Labrador a confirmé ce que de nombreuses personnes dans notre province craignent. La diminution récente du prix du pétrole a entraîné une baisse des recettes en cette période où le chômage est à la hausse.
    Le ministre des Finances peut-il faire le point sur les mesures prises par le gouvernement pour venir en aide à la population de Terre-Neuve-et-Labrador dans ces moments difficiles?
    Monsieur le Président, je remercie le député d'Avalon, ses collègues du caucus qui représentent Terre-Neuve-et-Labrador et la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement pour leur travail inlassable au nom de Terre-Neuve-et-Labrador.
    Lorsque cette province nous a présenté une demande de stabilisation fiscale, j'ai demandé à des fonctionnaires du ministère des Finances de traiter cette demande dans les plus brefs délais.
    Je suis ravi d'affirmer que nous avons versé à la province de Terre-Neuve-et-Labrador, qui traverse une période difficile, un paiement anticipé de stabilisation fiscale de 32 millions de dollars.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, ce n'est un secret pour personne que le premier ministre s'entoure de militants anti-pétrole, des gens comme Zoe Caron, qui croit que les combustibles fossiles doivent demeurer dans le sol, ou comme son secrétaire principal, qui pense que soutenir le secteur pétrolier est comparable à encourager des enfants à fumer.
    Eh bien, les libéraux ont eu ce qu'ils voulaient. Les investissements en Alberta ont chuté de 62 %. Le pétrole demeure dans le sol, et tout le pays en souffre.
    Le premier ministre est-il prêt à arrêter d'écouter les conseils des gens qui s'opposent à la construction de pipelines et à déclarer publiquement son appui au secteur pétrolier et gazier du Canada?
    Monsieur le Président, hier à la Chambre, le député de Grande Prairie—Mackenzie a exhorté le gouvernement à appuyer un projet de pipeline avant même qu'il ait été inscrit auprès de l'organisme de réglementation. Il a demandé au gouvernement de l'approuver sans avoir consulté une seule collectivité ou avoir appelé un seul dirigeant autochtone.
    Ce n'est pas la façon de faire approuver des projets. C'est pourquoi nous procéderons de manière différente. Nous ne tiendrons pas pour acquis que la population est d'accord avec nous avant même de lui avoir demandé son avis.
    Monsieur le Président, la population de l’Alberta veut un gouvernement qui défend fièrement le secteur pétrolier et gazier canadien au lieu de reculer lorsque ça l’arrange.
    Et comme si ce n’était pas suffisant, la ministre de l’Environnement déclare qu’avec le temps, on envisage de cesser l'exploitation des sables bitumineux. Autrement dit, elle annonce la fin de l’industrie du pétrole et du gaz au Canada. Comment le secteur pétrolier peut-il s’attendre à des investissements quand l’un des ministres les plus en vue du gouvernement libéral laisse entendre que celui-ci compte mettre fin à ses activités?
    Monsieur le Président, le premier ministre a affirmé que la construction d’éoliennes et celle de pipelines ne s’excluaient pas mutuellement. Il a affirmé que la principale responsabilité du gouvernement du Canada est de commercialiser nos ressources naturelles de façon durable. Voilà pourquoi notre méthode consiste à consulter les Canadiens et à leur permettre de comprendre qu’à l’époque où nous vivons, nous développons l’économie de façon durable en nous souciant d’une part de l’environnement et d’autre part de la création d’emplois. C’est de cette façon que nous progresserons de façon durable.

  (1450)  

    Monsieur le Président, les Canadiens méritent d'avoir une réponse franche de la part des libéraux. Le premier ministre crée de l'instabilité et de l'incertitude dans le secteur de l'énergie. Il a nommé la ministre de la Justice, qui s'était opposée à des projets d'oléoducs. Ses conseillers principaux sont contre l'exploitation responsable des sables bitumineux en Alberta. Il fait fi des Albertains qui veulent simplement reprendre le travail.
    La force de l'Alberta fait celle du Canada. Le premier ministre appuiera-t-il enfin le secteur canadien de l'énergie par le truchement de projets d'infrastructure cruciaux comme les oléoducs Trans Mountain et Énergie Est?
    Monsieur le Président, nous comprenons que le secteur des ressources naturelles au Canada représente 20 % du PIB. Nous savons que l'avenir économique du pays dépend de la santé de ce secteur. Nous comprenons aussi que pour veiller à ce que nos ressources naturelles se rendent dans les marchés de façon écoresponsable, nous devons nous doter d'un processus réglementaire en lequel les Canadiens aient confiance. Voilà pourquoi nous avons établi une série de principes dont nous avons la certitude qu'ils sont beaucoup plus susceptibles de nous permettre d'y arriver que sous le gouvernement précédent.

[Français]

    Monsieur le Président, selon des sources anonymes, le premier ministre serait maintenant en faveur de la construction de certains oléoducs. Vraiment? Dans les faits, les libéraux mettent des bâtons dans les roues des promoteurs qui essaient de faire développer l'économie. Ce n'est pas étonnant, puisque l'entourage du premier ministre regorge de militants qui veulent bloquer les projets du secteur énergétique.
    Le premier ministre va-t-il se lever debout à la Chambre pour dire qu'il appuie les travailleurs et les familles qui dépendent du secteur énergétique?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le budget montre en termes concrets comment nous appuyons les travailleurs qui subissent les conséquences du faible prix des matières premières. C'est le cas en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador.
    Nous savons par ailleurs que le Canada est sur le point de devenir un chef de file mondial dans le domaine de la technologie verte, ce qui explique pourquoi le budget investit des millions de dollars dans la prochaine vague de développement énergétique au Canada pendant que nous cherchons le moyen de transporter les combustibles fossiles vers les marchés de façon écoresponsable.

[Français]

L'Agence du revenu du Canada

    Monsieur le Président, aujourd'hui, au Comité permanent des finances, les libéraux ont rejeté la motion du NPD pour faire comparaître la ministre du Revenu dans l'affaire KPMG. Les libéraux ont pourtant promis aux Canadiens un gouvernement responsable, redevable et transparent. Toutefois, aujourd'hui, au comité, on aurait cru y voir les conservateurs.
    Les Canadiens sont choqués par l'affaire KPMG et les Panama Papers, et ils méritent des explications de la part de la ministre du Revenu.
    Pourquoi la ministre refuse-t-elle de prendre ses responsabilités et d'expliquer aux Canadiens et devant le comité la différence entre ses propos devant la Chambre et l'affaire KPMG ainsi que les faits qui ont été révélés?
    Monsieur le Président, j'aimerais rassurer la Chambre.
    Tous les contribuables canadiens sont traités équitablement. Peu importe le revenu, notre annonce de 440 millions de dollars dans le dernier budget témoigne de cet engagement. Qu'on me permette d'être claire concernant KPMG. La réalité est que l'Agence du revenu du Canada a mis à jour le stratagème. L'Agence a vérifié les contribuables et a engagé des actions en justice. L'annonce d'hier réaffirme notre engagement d'empêcher la promotion de tels stratagèmes.
    Monsieur le Président, ce n'est pas ce que nous voulons savoir. Nous voulons savoir si elle va se présenter devant le Comité permanent des finances.

[Traduction]

    Ma question s'adresse au président du comité des finances. Ce matin, les députés libéraux qui sont membres de ce comité ont rejeté ma motion visant à demander à la ministre du Revenu national de comparaître devant celui-ci pour répondre à des questions sur l'amnistie accordée aux fraudeurs du fisc dans l'affaire KPMG. Le 10 mars, elle a déclaré à la Chambre qu'il n'y avait pas d'amnistie; nous croyons qu'elle doit s'expliquer à ce sujet.
    Le président du comité des finances pourrait-il confirmer qu'il n'entend pas demander à la ministre de témoigner sur cette question, qui est pourtant très importante pour les Canadiens?
    Monsieur le Président, il y a eu des discussions au comité ce matin. Le comité a été saisi de deux motions, et la séance a dû être levée avant que les membres aient le temps de discuter en long et en large de la deuxième motion. Je tiens à dire qu'un des membres du comité a souligné que cette affaire s'est déroulée en grande partie sous le mode de fonctionnement du gouvernement précédent. La ministre du Revenu national n'est pas responsable de ces discussions, mais le comité serait prêt à la convoquer une fois qu'il aura tenu ses audiences initiales sur KPMG et l'Agence du revenu du Canada.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, l'industrie a rapporté que les investissements dans les sables bitumineux en Alberta auront diminué de plus de 60 milliards de dollars au cours des deux dernières années, ce qui représente une baisse de 63 % depuis 2014. Des centaines de milliers d'Albertains ont perdu leur emploi et perdent leur maison. Le premier ministre a dit aux Albertains de tenir bon et de se compter chanceux que la situation ne soit pas pire qu'elle l'est.
    Nous ne pouvons pas attendre que la situation empire. Quand le gouvernement libéral se décidera-t-il enfin à investir dans le Programme énergétique national?

  (1455)  

    Monsieur le Président, j'ai eu le plaisir de représenter le Canada lors de nombreuses rencontres internationales et de discuter avec les gens qui cherchent à investir dans le secteur de l'énergie. Ils conviennent tous que le Canada est et continuera d'être un marché international très important dans ce secteur. Le gouvernement a comme objectif d'exploiter ces sources d'énergie, particulièrement en Alberta et en Saskatchewan, et cela permettra au Canada de redevenir, lorsque sera passée la chute des prix des produits de base, un endroit de premier plan et de confiance où investir sur la scène internationale.

[Français]

La petite entreprise

    Monsieur le Président, nous voyons que les spécialistes en communication des libéraux ont pris le contrôle du budget. Quand il n'y a pas de contenu, on met plus de mots et on répète la cassette. La vérité derrière le message vide, c'est qu'on n'avait pas de plan et qu'on n'est pas capable d'en préparer un.
    Les PME ont été trahies par ce gouvernement, qui a brisé sa promesse maintes fois répétée de diminuer le taux d'imposition des entreprises. Chez nous, le président de la chambre de commerce se demande publiquement si le gouvernement réalise que la relance de l'économie passe aussi par les PME.
    Le ministre du Développement économique va-t-il lâcher la cassette et lui donner enfin une vraie réponse?
    Monsieur le Président, je remercie le député de sa question.
    Nous avons un plan qui fonctionnera très bien pour les Canadiens et les petites entreprises.

[Traduction]

    Nous avons un budget et nous encourageons les députés de l'opposition à le lire. Ils peuvent gesticuler autant qu'ils le veulent, mais nous avons un plan. Les Canadiens savent que nous avons un plan, et ils nous ont élus pour le mener à terme. Le gouvernement fait de très importants investissements pour aider directement les petites entreprises.
    Des voix: Oh, oh!
    L'hon. Bardish Chagger: S'ils sont prêts à m'écouter, je peux leur donner certains détails que je les invite également à lire. Cinq cents...
    Le député d'Edmonton Riverbend a la parole.

L'emploi

    Monsieur le Président, les libéraux ont fait campagne à Edmonton en promettant des déficits. Ils nous ont dit de ne pas nous inquiéter parce que le déficit se limiterait à 10 milliards de dollars par année. On nous dit maintenant qu'il sera trois fois plus élevé. Les libéraux ont dit aux Albertains de ne pas s'inquiéter parce qu'ils savent ce qui est le mieux pour leur région. L'économie d'Edmonton a été très durement touchée, et les Albertains ont été complètement exclus de la bonification du régime d'assurance-emploi. On nous dit que nous devrions être reconnaissants au premier ministre et ravi de son travail. À vrai dire, comment les libéraux peuvent-ils être aussi déconnectés de la réalité de l'Ouest du Canada?
    Monsieur le Président, je peux assurer au député que nous nous soucions de ce qui se passe à Edmonton. Moi qui ai déjà travaillé dans le domaine des sciences de la terre, je sais précisément ce que vivent bien des gens. En fait, les gens d'Edmonton bénéficieront des retombées des investissements de plus de 2 milliards de dollars qui serviront à soutenir les travailleurs de toutes les régions, notamment d'Edmonton, du Québec et de Terre-Neuve. De nombreuses mesures aideront les gens d'Edmonton.

[Français]

Les sciences

    Monsieur le Président, la recherche scientifique joue un rôle important en ce qui a trait à la croissance d'une économie propre. J'en suis témoin tous les jours, dans ma circonscription, grâce au travail qu'accomplissent les chercheurs, professeurs et étudiants du Campus de Longueuil de l'Université de Sherbrooke.
    La ministre des Sciences peut-elle informer la Chambre des initiatives proposées dans le budget pour promouvoir la recherche et l'innovation?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. Le gouvernement s'est engagé à soutenir la science axée sur la découverte.

[Traduction]

    Le budget de 2016 accorde 95 millions de dollars par année aux organismes subventionnaires afin de soutenir la recherche fondamentale. Il s'agit du plus important investissement en plus d'une décennie.
    Selon la Fédération des sciences humaines, ces investissements témoignent de la détermination du gouvernement à faire du Canada un chef de file en matière de production de connaissances et d'innovation.

Le commerce international

    Le budget libéral néglige complètement le secteur agricole canadien et constitue une vraie gifle pour les 2,2 millions de Canadiens qui en dépendent. Toutefois, il y a une chose que le gouvernement peut faire pour aider les agriculteurs et les familles d'agriculteurs canadiens et c'est ratifier le Partenariat transpacifique. Les agriculteurs sont en faveur de ce partenariat, les petites entreprises aussi de même que le secteur énergétique. Il n'y a que la position du gouvernement libéral que nous ne connaissons pas.
    Est-ce que la ministre peut prendre la parole aujourd'hui et s'engager à soumettre le Partenariat transpacifique à la Chambre pour ratification?

  (1500)  

    Monsieur le Président, étant fille d'agriculteur, je suis fière du soutien que notre gouvernement apporte aux agriculteurs, comme en témoigne le fait que nous ayons réussi à faire abroger la loi discriminatoire rendant obligatoire la mention du pays d'origine sur les étiquettes, chose que le gouvernement précédent n'avait pas faite.
    Notre intérêt pour le libre-échange se voit à tout le travail que nous avons fait pour l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne, dont nous avons peaufiné le texte juridique. Là encore, c'est une chose que n'a pas faite le parti d'en face.
    Nous menons actuellement des consultations sur le Partenariat transpacifique, et c'est aussi ce qu'il convient de faire.

La recherche et le sauvetage

    Nous avons entendu dire que, dans le cadre de l'examen de la politique de défense, le gouvernement libéral songe à privatiser les opérations de recherche et de sauvetage. L'idée avait été soulevée par les conservateurs il y a cinq ans, puis abandonnée devant le tollé général. À l'époque, l'actuelle ministre des Services publics s'était dite consternée quand le gouvernement avait annoncé aux entreprises qu'il allait envisager la privatisation des opérations de recherche et de sauvetage.
    La privatisation des opérations de recherche et de sauvetage mettrait manifestement en danger la vie des Canadiens. Le gouvernement n'abandonnera-t-il pas ce projet, comme il se doit?
    Monsieur le Président, le gouvernement précédent a peut-être songé à privatiser les opérations de recherche et de sauvetage, mais je puis assurer au député que le gouvernement actuel n'en a pas l'intention, car les forces armées jouent un rôle primordial en cette matière.

Le développement économique

    Monsieur le Président, le mois dernier, j'ai eu le plaisir d'annoncer l'octroi de 4,84 millions de dollars à la société Bioenterprise de Guelph. Le ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique renseignerait-il la Chambre sur ce nouvel investissement fort intéressant?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Guelph de sa question et de ses efforts soutenus pour faire connaître les besoins des entreprises de sa circonscription.
    La région de Guelph est un centre névralgique de l'innovation et de l'entrepreneuriat, et cet investissement de 4,84 millions de dollars dans la société Bioenterprise est un bel exemple de notre engagement à cultiver et à encourager la créativité, l'inventivité et la collaboration.
    Je suis fier de dire que le budget de 2016 met l'accent sur l'expansion des nouvelles entreprises et le renforcement des grappes d'innovation afin de contribuer à la création de possibilités de développement à long terme et de favoriser une croissance économique durable.
    Il s'agit, en fait, de stimuler l'économie et de créer des emplois.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, des nouvelles troublantes en provenance du Royaume-Uni indiquent que l'on tente actuellement d'appréhender un Canadien soupçonné de terrorisme qui pourrait constituer un risque pour le duc et la duchesse de Cambridge, qui voyagent en Inde.
    Je demande au ministre de la Sécurité publique de mettre la Chambre au courant des derniers développements à ce sujet et de confirmer que le SCRS et tous nos organismes du renseignement coopèrent activement à cette enquête internationale.
    Monsieur le Président, de toute évidence, je ne ferai aucun commentaire quant aux opérations particulières à cet égard, mais je peux toutefois confirmer ce que mon collègue a laissé entendre dans son intervention. Oui, lorsqu'une coopération internationale est nécessaire, il est certain que le SCRS, la GRC, l'Agence des services frontaliers du Canada ainsi que tout autre organisme pertinent relevant du gouvernement du Canada coopèrent pleinement avec nos partenaires internationaux.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, la ministre de l'Environnement et du Changement climatique a perdu sa bataille: son collègue des Finances a convaincu le premier ministre de mettre en avant le pipeline Énergie Est. Le premier ministre est sorti de son rôle d'arbitre; il a demandé une stratégie, entendre un plan, j'imagine, pour imposer au Québec le pipeline. Finie l'acceptabilité sociale, finis les engagements de Paris, fini le virage vert.
    Est-ce cela l'influence de 40 députés du Québec au sein de ce gouvernement?
    Monsieur le Président, nous avons une stratégie réglementaire. L'objectif de notre gouvernement est de travailler avec les provinces et les territoires afin de réduire la pollution par le carbone peu importe ce à quoi le système d'énergie ressemble dans les différentes juridictions. Il s'agit de la réduction de la pollution par le carbone, qui alimente les changements climatiques, et non de fermer ou de garder quoi que ce soit dans notre sol, comme d'autres le suggèrent. Nous avons un processus de transition pour tous les projets et nous allons regarder tous les projets un par un pour être certains que c'est quelque chose qui a du sens pour l'environnement et...
    Je donne la parole à l'honorable député de Montcalm.

L'éthique

    Monsieur le Président, le gouvernement veut bien combattre les changements climatiques, mais pas au détriment des pétrolières de l'Ouest. Il veut bien croire à l'État de droit, mais il change la loi quand cela accommode Air Canada. Il veut bien défendre la justice sociale mais il ne prive pas ses amis de Bay Street du paradis fiscal de la Barbade. Il veut bien défendre les droits de la personne tant que cela ne nuit pas à ses affaires en Arabie saoudite.
    Quel est le prix à partir duquel ce gouvernement vend ses principes?

  (1505)  

    Monsieur le Président, notre gouvernement est un gouvernement de principes. Au sujet de tous les enjeux que mon collègue a mentionnés, en particulier la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada, je rappelle à mon collègue que notre amendement stipule la création d'emplois pour l'entretien au Québec, au Manitoba et en Ontario. D'ailleurs, Air Canada va participer à l'implantation de deux centres d'excellence au Québec et au Manitoba. J'ajoute que Bombardier va acheter entre 45 et 75 avions et faire l'entretien de ces avions pendant 20 ans au Québec.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le 22 mars, lorsque le ministre des Finances a déposé les divers documents entourant le budget, il a omis de déposer La revue financière de janvier, qui fait état du surplus que les conservateurs ont laissé aux libéraux. Ils n'ont pas aimé les nouvelles de décembre ni celles de novembre. Peut-être qu'ils aimeront celles de janvier? Puis-je obtenir un consentement unanime pour déposer ce document?
    Le député a-t-il le consentement unanime pour déposer ce document?
    Des voix: D'accord.
     Des voix: Non.

Présence à la tribune

    Je signale aux députés la présence à notre tribune de Son Excellence Sami Al-Araji, président de la commission nationale des investissements de l'Irak, et de Son Excellence Ali Sindi, ministre suppléant de l'Industrie et du Commerce de la région du Kurdistan en Irak.
    Des voix: Bravo!
    Le Président: Je signale aussi aux députés la présence à notre tribune de la très honorable Tricia Marwick, députée et Présidente du Parlement écossais.
    Des voix: Bravo!

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Le budget]

[Traduction]

Le budget

L'exposé financier du ministre des Finances  

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement, ainsi que de l'amendement et du sous-amendement.
    Conformément à l'ordre adopté le lundi 11 avril, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur le sous-amendement de la motion no 2, sous la rubrique Voies et moyens.
    Convoquez les députés.
    Après l'appel de la sonnerie:
    Le vote porte sur la motion suivante. Puis-je être dispensé de la lire?

  (1510)  

    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture du sous-amendement.]

  (1515)  

    (Le sous-amendement, mis aux voix, est rejeté par le vote suivant:)
 

(Vote no 34)

POUR

Députés

Angus
Ashton
Aubin
Barsalou-Duval
Beaulieu
Benson
Blaikie
Boudrias
Boulerice
Boutin-Sweet
Brosseau
Cannings
Caron
Choquette
Christopherson
Cullen
Davies
Donnelly
Dubé
Duncan (Edmonton Strathcona)
Dusseault
Duvall
Fortin
Garrison
Gill
Hardcastle
Johns
Jolibois
Julian
Kwan
Laverdière
MacGregor
Malcolmson
Marcil
Masse (Windsor West)
Mathyssen
May (Saanich—Gulf Islands)
Moore
Mulcair
Nantel
Pauzé
Plamondon
Quach
Ramsey
Rankin
Saganash
Sansoucy
Ste-Marie
Stetski
Stewart
Thériault
Trudel
Weir

Total: -- 53


CONTRE

Députés

Aboultaif
Albas
Albrecht
Aldag
Alghabra
Alleslev
Allison
Ambrose
Amos
Anandasangaree
Anderson
Arnold
Arseneault
Arya
Ayoub
Badawey
Bagnell
Bains
Barlow
Baylis
Beech
Bennett
Bergen
Bernier
Berthold
Bezan
Bibeau
Bittle
Blair
Blaney (Bellechasse—Les Etchemins—Lévis)
Block
Boissonnault
Bossio
Boucher
Brassard
Bratina
Breton
Brison
Caesar-Chavannes
Calkins
Carr
Carrie
Casey (Cumberland—Colchester)
Casey (Charlottetown)
Chagger
Champagne
Chan
Chen
Chong
Clarke
Clement
Cooper
Cormier
Cuzner
Dabrusin
Damoff
DeCourcey
Deltell
Dhaliwal
Dhillon
Di Iorio
Dion
Diotte
Doherty
Dreeshen
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Etobicoke North)
Dzerowicz
Easter
Eglinski
Ehsassi
El-Khoury
Ellis
Erskine-Smith
Eyking
Eyolfson
Falk
Fast
Fergus
Fillmore
Finley
Finnigan
Fisher
Fonseca
Foote
Fragiskatos
Fraser (West Nova)
Fraser (Central Nova)
Freeland
Fry
Fuhr
Gallant
Garneau
Généreux
Genuis
Gerretsen
Gladu
Goldsmith-Jones
Goodale
Gould
Gourde
Graham
Grewal
Hajdu
Harder
Hardie
Harper
Harvey
Hehr
Hoback
Holland
Housefather
Hussen
Hutchings
Jeneroux
Joly
Jones
Jordan
Jowhari
Kang
Kelly
Kenney
Kent
Khalid
Khera
Kitchen
Kmiec
Lake
Lametti
Lamoureux
Lapointe
Lauzon (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Lauzon (Argenteuil—La Petite-Nation)
Lebel
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lemieux
Leslie
Levitt
Liepert
Lightbound
Lobb
Lockhart
Long
Longfield
Ludwig
Lukiwski
MacAulay (Cardigan)
MacKenzie
MacKinnon (Gatineau)
Maguire
Maloney
Massé (Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia)
May (Cambridge)
McCallum
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McCrimmon
McDonald
McGuinty
McKay
McKenna
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
McLeod (Northwest Territories)
Mendès
Mendicino
Mihychuk
Miller (Ville-Marie—Le Sud-Ouest—Île-des-Soeurs)
Monsef
Morneau
Morrissey
Murray
Nassif
Nater
Nault
Nicholson
Nuttall
Obhrai
O'Connell
Oliphant
Oliver
O'Regan
O'Toole
Ouellette
Paradis
Paul-Hus
Peschisolido
Peterson
Petitpas Taylor
Philpott
Picard
Poilievre
Poissant
Qualtrough
Raitt
Ratansi
Rayes
Reid
Rempel
Richards
Rioux
Ritz
Robillard
Rodriguez
Romanado
Rudd
Ruimy
Rusnak
Sahota
Saini
Sajjan
Sangha
Sarai
Saroya
Scarpaleggia
Scheer
Schiefke
Schmale
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Shields
Shipley
Sidhu (Mission—Matsqui—Fraser Canyon)
Sidhu (Brampton South)
Sikand
Sohi
Sopuck
Sorbara
Sorenson
Spengemann
Stanton
Strahl
Stubbs
Sweet
Tabbara
Tan
Tassi
Tilson
Tootoo
Trost
Trudeau
Van Kesteren
Van Loan
Vandal
Vandenbeld
Vaughan
Vecchio
Viersen
Virani
Wagantall
Warawa
Warkentin
Watts
Waugh
Webber
Whalen
Wilkinson
Wilson-Raybould
Wong
Wrzesnewskyj
Young
Yurdiga
Zahid
Zimmer

Total: -- 272


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare le sous-amendement rejeté.
    Je désire informer la Chambre qu'en raison du vote par appel nominal différé, la période consacrée aux initiatives ministérielles sera prolongée de 10 minutes.
    Nous reprenons le débat. Le député d'Outremont a la parole.

  (1520)  

[Français]

    Monsieur le Président, gouverner, c'est avoir des priorités, et il n'y a strictement rien de plus important pour exprimer les vraies priorités d'un gouvernement que ses choix budgétaires.

[Traduction]

     Gouverner, c'est fixer des priorités. D'ailleurs, c'est dans ses choix budgétaires qu'un gouvernement se révèle. Après avoir promis de s'occuper de la classe moyenne, le nouveau gouvernement libéral a présenté comme toute première mesure budgétaire un généreux allégement fiscal aux familles gagnant 200 000 $ par année et exactement zéro dollar et zéro cent aux familles gagnant 45 000 $ par année. Fait intéressant, dans bien des provinces, 45 000 $ par année, c'est le revenu familial moyen. Il est donc difficile pour la plupart des gens de comprendre comment les libéraux prétendent aider la classe moyenne alors que, dans les faits, ils aident les plus riches.
    Les budgets font aussi partie de la vie institutionnelle de la Chambre. Contrairement à nos collègues américains au sud, qui font d'innombrables ajouts au budget après son dépôt, nous avons un système dans lequel le budget du gouvernement est présumé adopté. C'est ce qui explique le secret budgétaire, qui n'est pas très bien respecté par le gouvernement, en passant. Je me rappelle en particulier lorsque la ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme a pris la parole et, tout enthousiaste, a annoncé qu'il y aurait d'excellentes nouvelles pour les petites entreprises dans le budget. Or, nous avons appris que, dans le budget, le gouvernement réduisait l'allégement fiscal qui était prévu pour les petites entreprises, celles-là mêmes qui créent les emplois dans notre pays.
    La tradition parlementaire veut aussi que le budget soit précédé de consultations budgétaires avec tous les partis. J’ai été pendant longtemps porte-parole en matière de finances, lorsque Jack Layton était chef du parti, et ces consultations étaient très importantes. Mes collègues et moi avions alors l’occasion d’écouter les gens et des groupes de différentes régions du Canada nous parler de leurs priorités et de ce qu'ils espéraient voir dans le futur budget. C’était un exercice multipartite, et c’était la preuve que le budget doit se placer au-delà des partisaneries habituelles, car il faut qu’il soit adopté et qu’il reflète les priorités des Canadiens.
    J’ai donc été surpris, pour ne pas dire abasourdi, lorsque j’ai appris en janvier dernier que le nouveau ministre des Finances avait décidé d’organiser ses propres consultations budgétaires. Ce n’est pas mauvais en soi qu’un ministre des Finances procède à des consultations, mais la tradition veut que les autres partis y soient invités. Quand on lui a fait remarquer la chose, il a simplement répondu qu’il n’y avait pas assez de temps. C’était de la foutaise. C'était faux. C’était une pure invention de sa part. De ce fait, il n’a pas respecté la tradition. Et pourtant, le gouvernement nous avait promis des jours meilleurs. Il nous avait promis d’être plus ouvert, d’être plus transparent, et tout d’un coup, nous constatons que, même en nous promettant des jours meilleurs et de nouvelles façons de faire, le gouvernement ne se sent pas obligé d’écouter ce que les gens ont à dire et encore moins ce que les autres partis reconnus au Parlement ont à dire.
    On aurait pu penser que c’était un incident isolé, mais nous n’avons pas tardé à constater qu’une autre tradition parlementaire budgétaire avait elle aussi été bafouée. Normalement, le ministre des Finances adresse une lettre aux chefs des autres partis pour leur demander de lui faire part de leurs priorités, mais cela n’a pas été fait. Comme la date du dépôt du budget approchait, j’ai finalement pris l’initiative, 72 heures avant, d’envoyer moi-même une lettre au ministre des Finances pour lui faire part de nos priorités, puisqu’il n’avait pas daigné respecter cette tradition parlementaire.
    Ces deux exemples m’ont vivement préoccupé: nous avons en face de nous un gouvernement qui déclame de beaux discours, mais en fait, nous devons surveiller ce qu’il fait. Il a promis d’aider la classe moyenne, mais en réalité, il ne fait rien pour la classe moyenne, car il aide les plus fortunés. En plus, il bafoue des traditions parlementaires importantes qui, jusqu’à présent, nous avaient aidés à préparer tous ensemble des budgets pour le pays.
    J’ai pris l’initiative d’organiser mes propres consultations, de Halifax à Victoria, du Sud-Ouest de l’Ontario au Nord de la Saskatchewan. J’ai rencontré des travailleurs du secteur des ressources de l’Ouest du Canada, qui sont particulièrement touchés par la conjoncture actuelle et qui craignent de ne pas recevoir l’assurance-emploi sur laquelle ils comptaient. Les libéraux sont toujours prêts à faire de beaux discours, comme le premier ministre encore aujourd’hui, sur les changements que le budget apporte à l’assurance-emploi, mais le seul changement concerne le nombre de chômeurs qui ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi, nombre qui passe de 850 000 à 800 000. Les députés ont bien entendu. Quelque 800 000 Canadiens qui ont perdu leur emploi ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi, malgré la promesse faite par les libéraux pendant la campagne électorale d’instaurer la règle des 360 heures et d’annuler les changements iniques mis en place par les conservateurs.

  (1525)  

    Il n'y a rien ici pour aider les familles qui croulent sous les dettes. Le Canada a le taux d'endettement des ménages le plus élevé des pays du G20. Il n'y a rien non plus en ce qui concerne les coûts exorbitants des frais de garde. Il en coûte toujours plus de 2 000 $ par mois pour faire garder un enfant dans un service de garde à Toronto. Cela n'a aucun sens, et bien sûr, ce sont les femmes qui en paient le prix.
    J'ai écouté attentivement le premier ministre se qualifier de féministe. Eh bien, un féministe tenterait de mettre en place des programmes pour aider les femmes. Ce sont souvent les femmes qui doivent prendre les décisions difficiles et faire des sacrifices dans leur carrière lorsque des services de garde abordables et de qualité ne sont pas offerts.
    Je n'oublierai jamais que Kathleen Wynne s'est opposée aux services de garde abordables et de qualité durant la dernière campagne électorale. Si jamais elle tente encore de se qualifier de progressiste, je serai le premier à rappeler aux Ontariens qu'elle s'est opposée à des services de garde abordables et de qualité.
    Je parle de la même Kathleen Wynne qui a présenté un gros budget progressiste et qui propose maintenant de privatiser Hydro One, en Ontario. Elle a simplement oublié de le mentionner lorsqu'elle se disait progressiste durant la dernière campagne électorale.
     J’ai également rencontré des employés de centres d’appels et d’aéroports qui travaillent leurs 40 heures par semaine, mais qui vivent encore dans la pauvreté parce que le fédéral n’a toujours pas fixé un salaire minimum suffisant. Nous voulions porter le salaire minimum fédéral à 15 $ l’heure. Je n’oublierai jamais que le premier ministre actuel a déclaré pendant la campagne électorale que cela ne s’appliquait pas aux employés des magasins à grande surface. C’est vrai, les règlements du gouvernement fédéral ne s’appliquent pas aux magasins à grande surface, mais ils s’appliquent aux employés des aéroports et à ceux des centres d’appels, et des centaines de milliers de Canadiens auraient eu droit à des augmentations si le salaire minimum fédéral était de 15 $ l’heure.
     J’ai écouté les habitants des collectivités autochtones qui sont sous le coup d’avis de faire bouillir l’eau, dont les écoles et les services de santé sont systématiquement sous-financés, et chez qui sévit une crise de santé mentale d’une gravité que l’on peut difficilement s’imaginer et qui fera l’objet d’un débat d’urgence ici même à la Chambre ce soir. Je suis fier que mes collègues aient réussi à imposer la tenue de ce débat, pour que nous puissions enfin vraiment discuter de toute cette question.
     De nombreux Canadiens ont le sentiment que les dés sont pipés et ils veulent que leur gouvernement les soutienne et les aide. Nous, au NPD, nous avons toujours considéré qu’en tant que sociodémocrates notre responsabilité principale consistait à réduire les inégalités au sein de la société. Nous avons toujours su que la meilleure façon d’assurer la pérennité des mesures gouvernementales est de créer des programmes sociaux universels, par exemple les soins de santé pour les enfants et l’assurance-médicaments. Nous continuerons de chercher à réduire les inégalités sociales en proposant l’instauration de programmes sociaux universels et équitables dans l’ensemble du pays.
     Je me souviens que les signaux sont apparus très rapidement. Lors d’une entrevue accordée au tout début de son mandat, le nouveau ministre de la Famille nous a prévenus qu’il faudrait attendre. Ce qui n’a pas attendu, par contre, c’est le maintien des échappatoires fiscales pour les options d’achat d’actions des PDG.
     Pendant la campagne électorale, les libéraux se sont souvent inspirés des promesses du NPD, et quand nous avons déclaré qu’il était inacceptable que dans un pays aussi riche que le Canada un million d’enfants arrivent à l’école le ventre vide et que nous allions éliminer le cadeau de 800 millions de dollars fait aux PDG qui ne paient pas leur juste part d’impôt parce qu’ils ont droit à des échappatoires fiscales pour leurs options d’achat d’actions, les libéraux ont repris cette promesse mot pour mot. Ils ont déclaré qu’ils allaient éliminer cela. Puis, environ huit semaines avant le dépôt du budget, ils ont commencé à battre en retraite. C’est leur nouveau leitmotiv, le son du camion qui recule. On peut l'entendre: bip, bip, bip.
     Et voilà que le chat est sorti du sac. Tout à coup, ils ont dit qu’ils réaliseraient peut-être la moitié de leurs promesses dans le cadre de leur premier budget. Et quand ce budget a été déposé, il ne contenait pas un mot sur l’élimination de l’échappatoire fiscale pour option d’achat d’actions pour les PDG.

  (1530)  

[Français]

    L'économie canadienne a réussi à croître de 50 % au cours des 30 dernières années. En une génération, cette augmentation de 50 % s'est effectuée grâce aux travailleurs. Pourtant, ces derniers sont en train de voir leur revenu stagner et, souvent, leur emploi disparaître à l'étranger.
    Au Canada, les inégalités se creusent plus vite que dans tous les pays du G20. Aujourd'hui, les 100 personnes les plus riches au Canada — on prend le haut de l'échelle — ont plus de richesse que les 10 millions de Canadiens en bas de l'échelle. Nous, nous trouvons cela inacceptable.
    Au Canada, le PDG moyen gagne 200 fois plus qu'un travailleur. Alors, les plus riches gagnent toujours plus, tandis que les gens de la classe moyenne voient leurs bons emplois disparaître. Il y a aussi de plus en plus d'emplois précaires, à temps partiel et temporaires.
    Je reviens à ce très progressiste gouvernement de l'Ontario, car ses membres sont capables de fabriquer mes euphémismes préférés.

  (1535)  

[Traduction]

     L’usine à euphémisme qu’est le gouvernement libéral de l’Ontario de Kathleen Wynne vient d’en inventer un nouveau que j’adore. Au lieu de parler d’emplois à temps partiel, précaires, temporaires, Mme Wynne parle des ECM, les emplois contemporains mobiles — ce que les gens normaux appellent des emplois miteux. En fait, la CIBC a récemment publié une étude établissant que ce sont les pires emplois qu’on ait vus dans toute une génération au plan de la qualité.
    Bref, les promesses ont fait suite aux promesses.
    Soixante milliards de dollars en largesses fiscales n’ont rien fait pour stimuler l’économie. L’an dernier, les banques ont empoché 35 milliards de profits et en ont payé 12 à leurs administrateurs sous forme de primes tout en expédiant des milliers d’emplois canadiens bien payés hors du pays.
    Il aurait fallu mettre fin à l’échappatoire fiscale sur les options d'achat d'actions. Il aurait fallu donner un répit aux petites entreprises parce que ce sont elles qui créent la majorité des emplois dans ce pays, mais nous savons que, lorsque les libéraux parlent de venir en aide aux travailleurs, le plus souvent ils viennent en aide aux plus riches.

[Français]

    En ce qui concerne l'assurance-emploi, il faut toujours se rappeler que les libéraux et les conservateurs, tous deux partis confondus, ont réussi à détourner plus de 55 milliards de dollars de la caisse d'assurance-emploi. C'est de l'argent qui a été versé par les travailleurs et leurs employeurs afin qu'il serve d'aide lorsque l'économie s'affaiblit et qu'un plus grand nombre de gens perdent leur emploi, comme c'est le cas présentement.
    Les libéraux ont dénoncé les conservateurs lorsque ces derniers ont fermé la caisse à double tour, mais le fait de piger dans la caisse d'assurance-emploi est une invention des libéraux. Quelle fut donc notre surprise de constater que, dans le budget, on propose de piger encore 7 milliards de dollars dans la caisse. Les Canadiens et les communautés des Premières Nations méritent mieux.
    En fin de semaine, Cindy Blackstock a expliqué que, dans la foulée de la décision du Tribunal des droits de la personne, il manquait 230 millions de dollars dans le budget.

[Traduction]

    Cela mérite une explication.
    Dans une décision, le Tribunal canadien des droits de la personne exige du gouvernement qu’il mette fin à la discrimination raciale contre les jeunes des Premières Nations. Le budget pour la protection de l’enfance est à court de 130 millions de dollars et celui de l’éducation, de 230 millions. Ce n’est pas une question de choix personnel. Ce n’est pas une question d’opinion. Les tribunaux ont déclaré que c’est un cas de discrimination raciale. Lorsqu’on est face à un cas de discrimination raciale, on doit supprimer la discrimination. Les libéraux ne l’ont pas fait. C’est honteux.
     Dans le budget, il n’est pas une seule fois fait mention des 94 recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.
    On aurait pu s'imaginer qu’on allait pouvoir respirer un peu mieux quand les libéraux ont promis de réinvestir 3 milliards de dollars pour les soins à domicile, mais ils n’en ont pas investi un seul. Cela aurait pu alléger un peu la pression qui pèse sur notre système de soins de santé et de services sociaux lourdement taxés, en particulier les hôpitaux partout au pays.
    Les crédits pour les transports urbains sont inférieurs de moitié aux fonds promis. Les péages et les redevances à la charge des usagers vont devenir de plus en plus généralisés.
    Il me faut maintenant consacrer une minute à ma préférée parmi les promesses non tenues des libéraux.
    Les députés se souviennent peut-être que j’avais demandé au premier ministre s’il allait respecter sa promesse solennelle personnelle de rétablir la distribution à domicile du courrier. J’espère qu’ils se souviennent de sa réponse, parce que, pour ma part, je ne l’oublierai jamais. Il a dit aux personnes âgées, aux personnes âgées à mobilité réduite qui vivent dans nos centre-ville et qui l’avaient cru lorsqu’il avait promis de rétablir la distribution à domicile qu’elles auraient dû aller en ligne pour consulter la plateforme du Parti libéral; si elles l'avaient fait, elles auraient constaté que ce n’était pas exactement ce que le premier ministre avait promis lorsque, aux côtés du maire de Montréal, M. Coderre, il cherchait à se faire du capital politique.
     Il faut y voir un message du premier ministre, cet homme qui ne cesse de déplorer le cynisme qui règne aujourd’hui dans le monde politique. Peut-on faire montre de plus de cynisme que lorsqu’on dit à une personne âgée à mobilité réduite: « Désolé, pauvre naïf, mais il fallait lire les petits caractères. Vous n’auriez jamais dû croire un mot de ce que je disais »?

  (1540)  

[Français]

    Si on prend l'argent que coûte un cycle de vie d'un chasseur F-35, on peut payer les frais de scolarité de 100 000 jeunes.

[Traduction]

    C’est vrai, les députés ont bien enten