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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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42e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 436

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 18 juin 2019




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

VOLUME 148
NUMÉRO 436
1re SESSION
42e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 18 juin 2019

Présidence de l'honorable Geoff Regan

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

La commissaire à l'information

    Conformément à l'article 38 de la Loi sur l'accès à l'information, j'ai l'honneur de déposer le rapport de la commissaire à l'information pour l'exercice se terminant le 31 mars 2019.
    Conformément à l'article 108(3)h) du Règlement, ce document est renvoyé d'office au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.

[Français]

Le directeur parlementaire du budget

     Conformément au paragraphe 79.2(2) de la Loi sur le Parlement du Canada, il est de mon devoir de présenter à la Chambre un rapport du directeur parlementaire du budget intitulé « Dépenses fédérales de programmes consacrées à l'abordabilité du logement ».

[Traduction]

La commissaire au lobbying

     Conformément à l'article 11 de la Loi sur le lobbying, j'ai l'honneur de déposer le rapport de la commissaire au lobbying pour l'exercice se terminant le 31 mars 2019.

[Français]

    J'ai également l'honneur de déposer sur le bureau les rapports annuels de 2018-2019 concernant la Loi sur l'accès à l'information et la Loi sur la protection des renseignements personnels de la commissaire au lobbying.

[Traduction]

    Conformément à l'article 108(3)h) du Règlement, ces rapports sont renvoyés d'office au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, la réponse du gouvernement à 123 pétitions.

Les délégations parlementaires

     Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, trois rapports de la section canadienne de l'Association parlementaire du Commonwealth.
     Le premier concerne la visite bilatérale en Nouvelle-Zélande et au Samoa, qui a eu lieu à Auckland et à Wellington, en Nouvelle-Zélande, et à Apia, au Samoa, du 1er au 10 mars 2019.
     Le deuxième concerne la réunion du Groupe de travail sur les programmes du Comité exécutif international, qui s'est tenue à Londres, au Royaume-Uni, les 24 et 25 janvier 2019.
     Le troisième concerne la réunion du Comité exécutif international, qui s'est tenue à Londres, au Royaume-Uni, du 5 au 9 novembre 2018.

Les comités de la Chambre

Opérations gouvernementales et prévisions budgétaires 

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le 19e rapport du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, intitulé « Les anciens combattants: une ressource précieuse pour la fonction publique fédérale ».
    De plus, conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    Enfin, étant donné que c'est la dernière fois que j'ai de l'occasion de parler des travaux du Comité avant la dissolution du Parlement, je tiens à remercier une fois de plus toutes les personnes importantes qui ont aidé le Comité au cours des quatre dernières années. Je tiens à souligner une analyste en particulier, à savoir Raphaëlle, qui, comme on le dit à Ottawa, est parmi nous aujourd'hui et qui a travaillé au sein du Comité pendant quatre ans, où elle a accompli un travail exemplaire. Bien franchement, sans son aide et ses conseils, le Comité aurait parfois été incapable de s'acquitter de ses tâches comme il l'a fait.
    Je remercie une fois de plus non seulement Raphaëlle, mais aussi tous les fonctionnaires, les traducteurs, les interprètes, les greffiers et les autres personnes qui ont permis au Comité d'être aussi efficace qu'il l'a été.
    Je suis persuadé que les membres de tous les comités voudraient transmettre le même genre de remerciements aux personnes qui contribuent à leurs travaux, les greffiers, les interprètes, les analystes et autres.

Environnement et développement durable   

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 21e rapport du Comité permanent de l'environnement et du développement durable, intitulé « La goutte qui fait déborder le verre: Réduire la pollution par le plastique au Canada ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    J'aimerais remercier tous les membres de notre personnel de soutien de leur excellent travail pendant cette législature.

Procédure et affaires de la Chambre  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 98e rapport du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, intitulé « Une chambre de débat parallèle pour la Chambre des communes du Canada ».
    Il pourrait bien s'agir d'un rapport historique, car il pourrait susciter une discussion sur la possibilité de créer une deuxième Chambre des communes, une chambre parallèle semblable à celles qui ont été créées en Grande-Bretagne et en Australie.
    Comme vous l'avez mentionné, monsieur le Président, et comme l'a fait un député conservateur qui a pris la parole plus tôt, nous aimerions remercier de leur excellent travail tous les greffiers et les recherchistes de notre comité, plus particulièrement le greffier et le recherchiste qui sont avec nous depuis le début. À mon avis, tous les députés conviendraient, peut-être avec dissidence, qu'il s'agit du meilleur greffier et du meilleur recherchiste à la Chambre: Andrew Lauzon, notre greffier, et Andre Barnes, notre recherchiste parlementaire.

Accès à l'information, protection des renseignements personnels et éthique  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 20e rapport du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, intitulé « Grand comité international sur les mégadonnées, la protection des renseignements personnels et la démocratie ». Ce fut un honneur d'accueillir ici, à Ottawa, 10 pays représentant plus de 400 millions de personnes. La première réunion, organisée de concert avec mon collègue londonien à la coprésidence, Damian Collins, a eu lieu à Londres. Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont permis la tenue de cet événement exceptionnel et qui ont contribué à son succès. Je félicite également tous les témoins qui ont parcouru de longues distances pour concrétiser ce grand comité international.
     J'ai également l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 19e rapport du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, intitulé « Protection des données personnelles dans les services gouvernementaux numériques ».
     Monsieur le Président, je vous remercie des services que vous avez rendus au cours des quatre dernières années et je vous souhaite un bel été.

  (1010)  

    J'offre les mêmes vœux à tous les députés.
    Le député de Scarborough—Guildwood a la parole.

Sécurité publique et nationale  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter le 37e rapport du Comité permanent de la sécurité publique et nationale, concernant le projet de loi C-98, Loi modifiant la Loi sur la Gendarmerie royale du Canada et la Loi sur l'Agence des services frontaliers du Canada et apportant des modifications corrélatives à d'autres lois.
    Je tiens d'ailleurs à faire miens les commentaires de ceux qui louent le travail des greffiers et des analystes. Leur soutien nous est indispensable. Je salue également l'esprit de collaboration de nos deux vice-présidents, les députés de Beloeil—Chambly et de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles, ainsi que de tous les membres du Comité. Je remercie enfin les leaders parlementaires des différents partis d'avoir fait progresser très rapidement ce projet de loi d'une importance capitale pour l'Agence des services frontaliers du Canada.
    Je terminerai avec des félicitations pour le travail du Comité en général. Nous avons réussi à étudier 13 projets de loi d'envergure, dans ces eaux-là, plus de nombreux rapports et projets de loi d'initiative parlementaire, et l'ambiance a toujours été à la collaboration, ce qui nous a bien servis. Je suis reconnaissant de pouvoir présenter le projet de loi et le rapport que voici.

Justice et droits de la personne  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 30e rapport du Comité permanent de la justice et des droits de la personne, concernant le projet de loi C-266, Loi modifiant le Code criminel en ce qui a trait à la prolongation du délai préalable à la libération conditionnelle. Le Comité a étudié le projet de loi et a convenu d'en faire rapport sans proposition d'amendement.
    Je tiens moi aussi à remercier le personnel de soutien du Comité.

[Français]

    J'aimerais particulièrement remercier notre greffier, Marc-Olivier Girard, et nos analystes, Chloé Forget et Lyne Casavant, qui ont fait un travail remarquable pour notre comité.

[Traduction]

    En terminant, j'aimerais saluer les trois membres du Comité qui ne se représenteront pas: le député de Niagara Falls, le député deVictoria et le député de Nova-Ouest, qui ont siégé au Comité pendant une bonne partie des trois dernières années. Ces trois parlementaires d'exception manqueront certainement à la Chambre.

[Français]

La Loi sur le ministère de l’Environnement

     — Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Kootenay—Columbia de son appui pour le dépôt de cet important projet de loi.
     L'environnement et la lutte contre les changements climatiques sont au cœur de l'actualité et des défis auxquels on doit faire face. Malheureusement, ce processus est devenu, soit une guerre de mots avec beaucoup de slogans mais peu d'action, soit un enjeu extrêmement partisan.
    Ce projet de loi va dépolitiser cette question et forcer le gouvernement à atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre en légiférant sur les cibles de réduction de gaz à effet de serre. Le gouvernement serait obligé de présenter un rapport annuel indépendant à la Chambre des communes, rapport qui serait débattu par les parlementaires.
    Ce projet de loi s'inspire du regretté Jack Layton, et j'espère qu'une majorité à la Chambre l'adoptera.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1015)  

[Traduction]

Travaux des subsides

     Monsieur le Président, il y a eu des discussions entre les partis et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose:
    Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel, le mardi 18 juin 2019, la question sur la motion de l'opposition soit mise aux voix à 17 h 30 après quoi, toute question nécessaire à l'expédition des travaux des subsides soit mise aux voix sur le champ et successivement sans débat ni amendement.
    Le secrétaire parlementaire a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

Déclarations de députés

     Monsieur le Président, il y a eu des discussions entre les partis et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose:
     Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, le premier ministre soit autorisé à faire une déclaration conformément à l'article 31 du Règlement le mercredi 19 juin 2019.
    Le secrétaire parlementaire a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)

Pétitions

Les armes à feu  

    Monsieur le Président, je suis heureuse de présenter une pétition qui a été signée par des Canadiens des circonscriptions de Kanata—Carleton, d'Ottawa-Vanier, de Nepean, d'Elgin—Middlesex—London et de London—Fanshawe. Les pétitionnaires demandent à la Chambre des communes de respecter les droits des propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi et de rejeter le plan du premier ministre de gaspiller davantage l'argent des contribuables en étudiant la possibilité d'interdire des armes à feu qui sont déjà interdites.

Les soins de santé  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition signée par des centaines de Canadiens, qui signalent que plus de 30 000 Canadiens meurent tous les ans à la suite d'erreurs médicales. C'est la troisième cause de décès au Canada. La seule façon d'obtenir une indemnisation est par l'entremise du droit de la responsabilité délictuelle, qui encombre les tribunaux, ce qui est ruineux et très éprouvant sur le plan émotif.
    Tous les gouvernements provinciaux transfèrent des millions de dollars en fonds publics à l'Association canadienne de protection médicale afin de financer les avocats qui contesteront les poursuites intentées par des patients. À cause de cet avantage injuste, seulement 2 % des patients obtiennent gain de cause. Par ailleurs, sept pays ont mis en place un régime d'indemnisation sans égard à la faute pour les erreurs médicales.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement de mettre en place un système de déclaration obligatoire des erreurs afin de permettre aux professionnels de la santé d'apprendre plus facilement de leurs erreurs, d'obliger ces derniers à suivre des cours sur l'empathie et la compassion, et de tenir une enquête publique afin de déterminer des méthodes équitables d’indemnisation à la suite d’erreurs médicales, comme l’arbitrage, la médiation et un régime d’indemnisation sans égard à la faute, en utilisant les sommes versées actuellement à l'Association canadienne de protection médicale.

Les armes à feu  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter une pétition lancée par Joan Howard, une résidante de ma circonscription qui a perdu son fils, Kempton Howard, il y a plus de 15 ans, en raison de la violence liée aux armes à feu.
    Elle souhaite que le gouvernement crée et soutienne un programme national d'aide aux proches des victimes de meurtre, qu'il finance et promeuve des programmes qui tiennent les jeunes à l'écart des gangs et de la criminalité, qu'il prenne des mesures pour promouvoir l'égalité des chances pour les jeunes de l'ensemble du pays et qu'il renforce la capacité de l'Agence des services frontaliers du Canada de freiner la contrebande d'armes à feu.
    Je me joins à mes concitoyens pour lutter contre la violence liée aux armes à feu et faire de notre collectivité un endroit sûr.

L'environnement  

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je présente une pétition qui tombe à point, vu la résolution d'hier soir, selon laquelle le Canada est dans une situation d'urgence climatique. Les jeunes pétitionnaires et ceux qui se décrivent comme des gens qui ont vraiment à cœur l'intérêt de la jeunesse exhortent le gouvernement du Canada à prendre des mesures concrètes pour respecter ses obligations au titre de l'Accord de Paris, qui ne correspondent pas à la cible actuelle, c'est-à-dire réduire les émissions de 30 % sous les niveaux de 2005 d'ici 2030, mais plutôt à une cible qui est destinée à plafonner l'augmentation de la température moyenne mondiale à 1,5 degré Celsius, bien en dessous de 2 degrés Celsius.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'éliminer les subventions aux combustibles fossiles, de mettre en place un prix national sur le carbone qui augmente de façon constante et d'augmenter les investissements dans les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, le transport à faibles émissions de carbone et la formation professionnelle.

Le trafic d'organes humain  

    Monsieur le Président, je suis heureux de présenter une pétition à l'appui du projet de loi S-240, sur le prélèvement d'organes.

  (1020)  

Minorités en Afghanistan  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition vise à appuyer les minorités vulnérables en Afghanistan. On demande au gouvernement de leur offrir du soutien.

Les droits de la personne  

    La troisième pétition, monsieur le Président, porte sur le triste sort des chrétiens pakistanais, qui, pour beaucoup, sont coincés en Thaïlande. Les pétitionnaires demandent au gouvernement de permettre le parrainage privé afin de les aider à réagir à la situation.

Le Falun Gong  

    Monsieur le Président, la quatrième pétition traite de la persécution à l'endroit des adeptes du Falun Gong en Chine.

[Français]

Lac-Mégantic  

    Monsieur le Président, j'ajoute une cinquantaine de signatures aux 3 792 signatures d'une pétition présentée la semaine dernière. Celle-ci vise à demander une commission d'enquête publique sur le drame de Lac-Mégantic.
    La pétition ne concerne pas seulement la tragédie du Lac-Mégantic, elle concerne tout ce qui entoure la sécurité ferroviaire. La déréglementation et la privatisation du secteur depuis des dizaines d'années mettent en jeu la sécurité ferroviaire du pays dans son ensemble.
    Les pétitions sont un moyen des citoyens de se faire entendre. Il y en a d'autres. Il y aura une série documentaire sur la tragédie de Lac-Mégantic. Nous ne lâcherons pas.
    Je vois que beaucoup de députés veulent présenter des pétitions. Je demande donc aux députés de les présenter le plus brièvement possible.
    L'honorable député de Kootenay—Columbia a la parole.

[Traduction]

La garde d'enfants  

    Monsieur le Président, je suis ravi de présenter la pétition e-2176, qui a recueilli 706 signatures. Elle traite d'une question qui se fait sentir partout et depuis longtemps, tant dans la circonscription de Kootenay—Columbia qu'ailleurs au Canada. Je parle du manque de services de garde à prix abordable. On le sait, le manque de places en garderie empêche beaucoup de gens, surtout des femmes, d'intégrer le marché du travail. Il faut aussi faire en sorte que les travailleurs en garderie reçoivent un salaire adéquat.
    Les pétitionnaires prient le gouvernement du Canada d’établir un cadre financé adéquatement afin que des services de garderie abordables, réglementés et universels soient offerts à la grandeur du Canada — pas seulement en Colombie-Britannique, où ils font l'objet d'un projet pilote, et au Québec — et qu'ils soient fournis par des travailleurs en garderie rémunérés correctement.

La santé  

    Monsieur le Président, le moment est peut-être bien choisi pour rappeler à mes collègues que le fait de présenter des pétitions à la Couronne est un droit séculaire des citoyens, peu importe ce qu'en pense le député.
     Les pétitionnaires s'inquiètent au sujet de dispositifs qui ont été implantés dans leur cerveau à leur insu et sans leur consentement, ce qui engendre divers problèmes de santé. La pétition est signée par des centaines de personnes de partout au Canada.

Les avis d'ébullition de l'eau  

    Monsieur le Président, j'ai deux pétitions à présenter.
    La première porte sur le fait que la Première Nation de Shoal Lake no 40 fait depuis 20 ans l'objet d'un avis d'ébullition de l'eau. C'est cette même communauté qui alimente Winnipeg en eau. Les pétitionnaires signalent des avis d'ébullition de l'eau dans 100 autres collectivités de la région.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement fédéral de poser un geste dans le sens de la réconciliation avec les peuples autochtones, en collaboration avec les gouvernements locaux et provincial, en entreprenant la construction de l'usine de traitement de l'eau requise dans la Première Nation de Shoal Lake no 40. Ils réclament une transparence totale envers les gens de la Première Nation de Shoal Lake no 40 dans le processus de planification, y compris en ce qui concerne les échéanciers. Maintenant que la construction de route Freedom est commencée, ils estiment que le moment est venu de mettre en œuvre les plans de construction de l'usine de traitement de l'eau.

La condition féminine  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition demande à la Chambre des communes de reconnaître que la violence contre les femmes demeure un grave problème au Canada qui, comme en témoigne la crise des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées, touche de manière disproportionnée les femmes autochtones. Les pétitionnaires demandent à tous les députés de faire une priorité de l'équité salariale et de la participation égale des femmes dans des rôles de direction. Ils demandent enfin à la Chambre de reconnaître que la transformation des attitudes culturelles à l'égard des femmes et des membres des minorités de genre au sein de notre société requiert des changements structurels en matière d'éducation et de socialisation.
    Je rappelle aux députés d'être aussi brefs que possible. Je remarque qu'il reste encore un nombre considérable de pétitions.
    La députée de Portage—Lisgar a la parole.

L'aide médicale à mourir  

    Monsieur le Président, je suis très heureuse de présenter une pétition venant de gens de ma circonscription, Portage—Lisgar. Les pétitionnaires demandent que la liberté de conscience des praticiens, des infirmiers praticiens, des pharmaciens et des autres professionnels de la santé soit protégée lorsque ceux-ci assurent la prestation de services de santé.

  (1025)  

[Français]

Les droits de l'enfant  

    Monsieur le Président, les enfants de parents en situation irrégulière n’ont pas droit aux mêmes bénéfices que tous les autres enfants. C’est une injustice.
    Cela inclut les enfants de parents qui sont sans-abri à cause de l’application, entre autres, de la politique Logement d’abord. Les gens de la Société Elizabeth Fry aimeraient corriger cette injustice et c’est exactement ce que les signataires demandent.

[Traduction]

La péréquation  

    Monsieur le Président, je prends la parole au nom des centaines de personnes qui ont signé cette pétition et qui sont frustrés par la politique du gouvernement visant à détruire le secteur canadien de l'énergie au moyen de projets de loi tels que le C-69 et le C-48. Les pétitionnaires demandent au gouvernement de réviser la formule de péréquation en raison des politiques punitives adoptées contre le secteur énergétique de l'Alberta. J'appuie la pétition. Les pétitionnaires demandent également au gouvernement d'abandonner le projet de loi C-69. C'est de la folie.

[Français]

Les droits de l'enfant  

    Monsieur le Président, j’ai le plaisir de déposer à la Chambre une pétition de la Société Elizabeth Fry concernant les enfants en situation irrégulière de parents emprisonnés ou de mères monoparentales.
    Au nom de tous les citoyens et les citoyennes du Canada, j’ai le plaisir de déposer cette pétition pour demander beaucoup plus de flexibilité pour les enfants en situation de vulnérabilité.

[Traduction]

Le saumon sauvage  

    Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur de présenter deux pétitions signées par des habitants d'Union Bay, de Royston, de Cumberland et de Courtenay.
    La première pétition s'intitule « Sauver le saumon sauvage ». Elle dit que les scientifiques canadiens ont prouvé que les saumons de l'Atlantique malades, qui sont élevés dans des cages en filet dans l'océan Pacifique, menacent la santé du saumon sauvage. La Colombie-Britannique, en particulier, est bien placée pour devenir un chef de file mondial dans la salmoniculture en parc clos. Les pétitionnaires demandent au Canada d'investir dans une industrie sûre et durable qui protège le saumon sauvage du Pacifique, préserve les emplois existants en plus d'en créer, développe de nouvelles technologies et accroît les marchés d'exportation.

Le pipeline Trans Mountain  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition s'intitule « Sauvons notre littoral... encore une fois ». Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'abandonner le projet d'expansion du pipeline Trans Mountain parce qu'il augmentera les risques de déversements de bitume, ce qui mettra en péril l'environnement et la faune du Canada ainsi que des milliers d'emplois dans les secteurs maritime et touristique. De plus, le projet ne tient pas compte du droit des peuples autochtones de dire non aux projets qui ont un impact sur leurs territoires et leurs ressources. Les pétitionnaires affirment que le pipeline Trans Mountain accroîtra les émissions de gaz à effet de serre et empêchera le Canada d'atteindre ses objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques.

Les droits de l'enfant  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de déposer une pétition lancée par la Société Elizabeth Fry. Elle porte sur les enfants en situation irrégulière.
    Monsieur le Président, des milliers de personnes continuent de signer une pétition lancée par la Société Elizabeth Fry, qui souligne le fait que certains des enfants canadiens parmi les plus vulnérables n'ont pas accès au financement prévu par plusieurs programmes fédéraux, dont l'Allocation canadienne pour enfants et les allocations spéciales pour enfants, en raison de failles dans la conception des politiques et des programmes. Les pétitionnaires demandent au gouvernement de se pencher sur ces problèmes et de les régler afin que les enfants les plus vulnérables aient accès au soutien dont ils ont désespérément besoin.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de me lever à la Chambre pour déposer une pétition lancée par la Société Elizabeth Fry, qui est vraiment préoccupée par la situation de plusieurs enfants au Canada dont les parents sont en situation de vulnérabilité, qu'ils soient incarcérés ou en situation d’itinérance.
    En vertu de la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant, ces enfants ont droit aux bénéfices sociaux auxquels tous les autres enfants ont droit dans notre société.

  (1030)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis heureux d'ajouter des centaines de noms aux dizaines de milliers de Canadiens qui ont signé, au cours des derniers mois, cette pétition adressée au gouvernement. Il s'agit d'une pétition parrainée par des militants de la Société Elizabeth Fry, que nous remercions de leur travail.
    La demande des pétitionnaires est très simple. À l'heure actuelle, de nombreux enfants n'ont pas accès aux programmes et services offerts aux autres enfants du Canada parce qu'ils sont en situation irrégulière. En vertu de la Convention relative aux droits de l'enfant des Nations unies, le gouvernement du Canada a la responsabilité de mettre fin à cette discrimination.
    Le gouvernement n'a pas encore répondu de manière adéquate à la pétition ni aux demandes des militants de partout au pays, qui demandent que tous les enfants du Canada soient traités de manière égale et aient droit aux mêmes avantages.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Le vice-président adjoint (M. Anthony Rota): D'accord?
    Des voix: D'accord.

ORDRES ÉMANANT DU GOUVERNEMENT

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — L'environnement  

    Aujourd'hui étant le dernier jour désigné de la période des subsides se terminant le 23 juin, la Chambre procédera comme d'habitude à l'étude et à l'adoption du projet de loi portant affectation de crédits. Vu les récentes pratiques, les honorables députés sont-ils d'accord pour qu'on distribue maintenant le projet de loi?
    Des voix: D'accord.

[Traduction]

    Que, étant donné que, à son taux actuel, la taxe sur le carbone ne réduira pas les émissions et qu’elle fait déjà augmenter le coût de la vie pour les Canadiens, la Chambre demande au gouvernement d’abroger la taxe sur le carbone et de la remplacer par un véritable plan pour l’environnement.
    — Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Central Okanagan—Similkameen—Nicola, une magnifique circonscription en Colombie-Britannique.
    La motion à l'étude dit que le plan de lutte contre les changements climatiques des libéraux, qui est en fait un plan fiscal, devrait être remplacé par un véritable plan qui permettra au Canada de relever ses défis en matière d'émissions, de remédier au problème mondial des changements climatiques et des émissions de gaz à effet de serre et d'y parvenir d'une manière qui respecte les contribuables canadiens.
    Voici ce qu'il en est. À l'heure actuelle, les libéraux ont présenté ce qu'ils appellent un plan de lutte contre les changements climatiques. Cependant, ce n'est pas un plan de lutte contre les changements climatiques, c'est un plan fiscal. Comment le savons-nous? Les députés se souviendront qu'au moment où les libéraux ont mis ce plan en œuvre, des fonctionnaires d'Environnement Canada ont tenu un point de presse. Les fonctionnaires de la ministre ont dit que l'élément fondamental du soi-disant plan de lutte contre les changements climatiques du gouvernement était la taxe sur le carbone. Ils ont donc admis d'entrée de jeu qu'il s'agissait d'un plan fiscal. Aujourd'hui, les libéraux le nient, évidemment. Je pense que les Canadiens comprennent que c'est uniquement une question fiscale.
    Les Canadiens ont une autre bonne raison de croire qu'il ne s'agit de rien de plus qu'un plan fiscal méprisable visant à accroître les recettes du gouvernement. La ministre prend souvent la parole à la Chambre pour parler des 50 outils dans sa trousse dont le gouvernement se sert pour lutter contre les changements climatiques au Canada. Le gouvernement laissera les provinces libres de choisir parmi ces 50 outils ceux qu'elles veulent utiliser pour atteindre leurs propres objectifs, sauf dans un cas. Quelle est cette exception? Il s'agit de la taxe sur le carbone. Sur les 50 outils, seule la taxe sur le carbone sera imposée de force par les libéraux aux provinces, aux territoires, aux consommateurs et aux contribuables d'un bout à l'autre du Canada.
    Il y a lieu de se demander pourquoi les libéraux n'ont rendu que cet outil obligatoire partout au pays. La seule conclusion à laquelle les Canadiens peuvent parvenir, c'est que cette taxe est un élément essentiel du plan du gouvernement libéral visant à générer plus de recettes fiscales à l'avenir, des recettes qu'il pourra consacrer à ses propres priorités politiques plutôt qu'aux priorités des Canadiens. Voilà où nous en sommes. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons présenté notre motion, qui précise aux Canadiens que le plan libéral sur les changements climatiques n'est rien d'autre qu'un plan fiscal méprisable. À l'heure actuelle, les Canadiens paient déjà le prix de ce plan.
    C'est une ponction fiscale faite auprès des Canadiens, et ceux-ci sont bien conscients qu'elle s'ajoute à toutes les autres augmentations d'impôt qui leur sont imposées par le gouvernement libéral.
    Les députés s'en souviendront peut-être: c'est sous le gouvernement conservateur précédent que les impôts payés par les Canadiens ont atteint leur niveau le plus bas. C'était le fardeau fiscal le plus faible imposé aux Canadiens depuis 50 ans. Aujourd'hui, les Canadiens paient, en moyenne, 800 $ de plus en impôts qu'en 2015, et la taxe sur le carbone s'ajoute au fardeau fiscal des familles. Quelque 55 % de ces mêmes familles sont à 200 $ de l'insolvabilité. En plus des difficultés auxquelles les Canadiens font face pour rembourser leur hypothèque, payer les études de leurs enfants, faire les courses et faire le plein de leur voiture, ils se font imposer une taxe sur le carbone par les libéraux.
    Pire encore, et ce que les libéraux on tu, c'est que la TPS s'ajoute à la taxe sur le carbone. Par conséquent, les Canadiens paient une taxe sur une taxe. Je pense que beaucoup de Canadiens qui nous regardent en ce moment se demandent si je parle sérieusement.

  (1035)  

    Il y a déjà eu une augmentation marquée du prix à la pompe, et le gouvernement applique la TPS sur le total. Les libéraux prétendent que cet argent sera remis aux contribuables, ce qui n'est pas vrai, bien sûr. Ils imposent une taxe sur tout avec leur taxe sur le carbone. Les Canadiens devront dépenser encore plus d'argent lorsqu'ils feront le plein d'essence, chaufferont leur maison et achèteront leurs aliments.
    Ce qui est prévu à l'heure actuelle, c'est que la taxe passe de 20 $ à 50 $ la tonne d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2022. La semaine dernière, le directeur parlementaire du budget a publié un rapport qui montre que, pour atteindre les objectifs que les libéraux se sont fixés dans l'Accord de Paris, il faudra que la taxe sur le carbone s'élève à plus de 100 $ la tonne, soit plus du double de ce qu'elle serait en 2022 et plus de cinq fois ce qu'elle coûte aujourd'hui. Il s'agit d'un plan fiscal méprisable.
    En ce qui concerne la hausse du prix de l'essence, le premier ministre a affirmé que c'est exactement ce qu'il veut. Ce sont les paroles du premier ministre lui-même. Il a dit que ce fardeau fiscal supplémentaire, qu'on ajoute sur le dos des Canadiens déjà surtaxés, est exactement ce qu'il veut.
    Parlons un peu des cibles de Paris.
     N'oublions pas que la taxe sur le carbone est un élément fondamental d'un plan destiné à atteindre les cibles fixées à Paris dans un accord signé par le Canada. En réalité, est-ce que le gouvernement atteint ainsi les cibles fixées pour le Canada à Paris? La réponse est non. Il est d'ailleurs loin de les atteindre.
    Selon des rapports internes du ministère de l'Environnement, en 2016, il manquait déjà 44 mégatonnes pour atteindre les cibles prévues dans l'Accord de Paris. En 2017, le manque à gagner était passé à 66 mégatonnes et, en 2018, à 79 mégatonnes. La situation empire.
    L'an dernier, en établissant le manque à gagner à 79 mégatonnes, le gouvernement avait déjà créé de toutes pièces un principe qu'il appelle « affectation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie », qui donne le sigle ATCATF. Cela signifie essentiellement que le Canada séquestre le carbone dans ses paysages naturels, forêts, prairies, terres humides et terres agricoles. Nous séquestrons le carbone. En fait, le gouvernement n'a pas prouvé de façon scientifique qu'il se produit une séquestration nette.
    Selon les données scientifiques, qui sont au mieux fragmentaires, depuis environ 2000-2001, le Canada est un contributeur net aux émissions provenant des paysages naturels. Le gouvernement a affirmé que ce n'est peut-être pas prouvé scientifiquement, que l'Accord de Paris ne permet pas au Canada de tenir compte de ces 24 mégatonnes supplémentaires de réduction des émissions, mais il retiendra quand même ce chiffre. Il affirme que le manque à gagner du Canada n'est que de 79 mégatonnes. Toutefois, si nous rejetons cette hypothèse non fondée selon laquelle le gouvernement réduira les émissions grâce aux paysages naturels, le manque à gagner est en réalité de 103 mégatonnes.
    Le gouvernement atteint-il les cibles fixées à Paris, qui justifiaient la taxe sur le carbone, l'élément fondamental du plan libéral relatif aux changements climatiques? Les libéraux n'atteignent même pas ces cibles et leur retard en la matière se creuse année après année.
    Le plan des libéraux est-il un échec? Absolument, et les députés doivent en convenir avec moi. Si l'on examine ce qui fait l'objet de mesures et les résultats qui découlent de ce plan, les libéraux sont très loin du compte.

  (1040)  

    Je signale très brièvement que, demain, nous présenterons notre plan environnemental qui donnera au Canada une meilleure chance, la meilleure chance, de respecter les cibles fixées au titre de l'Accord de Paris.
    Par conséquent, j'appuie fermement la motion dont nous sommes saisis, qui propose de remplacer la taxe sur le carbone des libéraux par un véritable plan pour s'attaquer au changement climatique.
    Monsieur le Président, j'ai un grand respect pour le député. Nous avons siégé au comité de l'environnement ensemble et je sais que ce dossier lui tient à coeur. Cependant, je trouve le contenu de la motion dont nous sommes saisis et les déclarations du député extrêmement troublants car ils mettent en péril la vie des générations à venir. Je songe particulièrement au fait que le député a affirmé à la Chambre que la tarification de la pollution sera inefficace.
    Un économiste lauréat d'un prix Nobel soutient pour sa part que c'est le moyen tout indiqué pour lutter contre le changement climatique. En 2008, Stephen Harper, l'ancien premier ministre du Canada, avait déclaré que la tarification de la pollution constituait un moyen de s'attaquer au changement climatique. Qui plus est, la fin de semaine dernière, le pape lui-même a souscrit à cette approche.
     Maintenant, les conservateurs chahutent parce que j'ai fait mention du pape. Quelle ironie!
    Selon un principe économique de base, lorsqu'on veut réduire quelque chose, il faut y attribuer un prix. Comment le député peut-il aujourd'hui contredire une approche qu'un économiste lauréat du prix Nobel et Stephen Harper, son ancien chef et ancien premier ministre du Canada, ont mise de l'avant et appuyée?

  (1045)  

    En fait, monsieur le Président, M. Harper n'est pas en faveur d'une taxe sur le carbone, et je peux expliquer pourquoi au député.
    M. Mark Gerretsen: Je vais vous envoyer le lien. Il y a une vidéo.
    L'hon. Ed Fast: Monsieur le Président, nous avons un exemple parfait de fiasco en la matière, ici même au pays, dans ma province. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a fait trois promesses en instaurant sa taxe sur le carbone en 2008.
    M. Mark Gerretsen: Tout comme vous.
    L'hon. Ed Fast: Monsieur le Président, le député cherche à m'interrompre.
    Des voix: Oh, oh!
    Il y a eu du chahut de part et d'autre de la Chambre. Je vous saurais gré de respecter la personne qui a la parole, que ce soit pour poser une question ou y répondre.
    La parole est au député d'Abbotsford.
    Monsieur le Président, je vous remercie pour cette réprimande.
    En 2008, le gouvernement de la Colombie-Britannique, qui était libéral soit dit en passant, a fait trois promesses en instaurant sa taxe sur le carbone.
    Premièrement, la taxe devait n'avoir aucune incidence sur les recettes. Autrement dit, on allait prendre un dollar au contribuable d'une main, puis lui remettre un dollar de l'autre. Alors, quel est aujourd'hui l'effet de la loi? La taxe est-elle vraiment sans incidence sur les recettes? Non, cette idée a été abandonnée, et la taxe est maintenant une véritable vache à lait pour le gouvernement.
    Deuxièmement, on avait fixé la limite à 30 $ la tonne d'émissions. Là encore, une promesse non tenue. Aujourd'hui, la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique s'élève à 40 $ la tonne et elle augmente chaque année.
    Troisièmement, on avait promis que cette mesure allait réduire les émissions de gaz à effet de serre en Colombie-Britannique. Pourtant, les émissions ne cessent d'augmenter.
    Ces trois promesses brisées confirment que la taxe sur le carbone est un échec.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
    Une chose est sûre et certaine: quand les conservateurs trouvent un clou, ils continuent à taper dessus et ils ne lâchent pas. Malheureusement, ils n'ont pas de plan de rechange.
    Le gouvernement libéral est hypocrite. Il dit une chose et, ensuite, il achète un oléoduc. Les conservateurs, quant à eux, critiquent le prix sur la pollution comme si on pouvait polluer sans qu'il y ait de conséquence pour les générations futures, mais ils n'ont aucun plan.
    J'aimerais que mon collègue me dise ce qu'il fera pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il ne reste qu'un dodo avant que le député puisse voir notre plan sur les changements climatiques et notre stratégie environnementale en général. Nous croyons que ce sera la meilleure chance pour le Canada d'atteindre ses cibles au titre de l'Accord de Paris. Vais-je le dévoiler avant le chef de notre parti? Bien sûr que non.
    Cependant, je crois que le député veut vraiment que nous fassions des progrès au chapitre de la réduction des émissions. Je souligne au passage que tous les pays en produisent. C'est donc un problème mondial qui commande des solutions mondiales. Le Canada est très bien placé pour prendre les mesures qui s'imposent.
    Monsieur le Président, je remercie le député d'Abbotsford de la contribution qu'il apporte à notre société et au débat d'aujourd'hui en présentant cette motion. Je suis heureux d'en parler et de l'appuyer. C'est pour moi un sujet important, et je vais expliquer pourquoi.
    Les changements climatiques ont eu de graves conséquences dans ma circonscription et partout en Colombie-Britannique. D'après les données scientifiques, nos hivers ne sont plus aussi froids qu'auparavant. Par conséquent, le dendroctone du pin a réussi à survivre aux mois d'hiver. Cet insecte s'est donc propagé davantage et a dévasté nos forêts. Cela a entraîné deux problèmes. Le premier est d'ordre économique. Dans l'ensemble de la Colombie-Britannique, y compris dans ma circonscription, nombre de scieries ont fermé leurs portes. Cela peut avoir des conséquences terribles pour les petites collectivités rurales. C'est tout simplement désastreux. Ces fermetures sont partiellement attribuables à un approvisionnement insuffisant en matière première. L'industrie du bois d'œuvre manque de matière première parce que le dendroctone du pin a tué trop d'arbres dans nos forêts. C'est un grave problème.
    La combinaison de tout ce bois mort et de nos étés chauds constitue un baril de poudre alimentant les feux de forêt, ce qui pose un deuxième problème majeur. Il ne faut pas se leurrer. Que le feu de forêt soit provoqué par la foudre ou par l’activité humaine, ce bois mort produit des feux de forêt d’une ampleur encore jamais vue en Colombie-Britannique. Cela nuit non seulement au tourisme, mais aussi à la santé de la population. Les personnes souffrant de problèmes respiratoires éprouvent beaucoup de difficultés à cause de la fumée et des cendres. Il faut également tenir compte de la perte de maisons et de petites entreprises ainsi que du coût énorme de la lutte contre ces incendies. Tous ces éléments font partie d’un grave problème.
    Mais le hic, c’est que la taxe sur le carbone est loin de régler le problème. Elle ne contribue en rien à améliorer la situation. Les libéraux aiment prétendre le contraire, mais après dix ans d’imposition de la taxe sur le carbone en Colombie-Britannique, la situation des feux de forêt ne fait que s’aggraver.
    Oublions cette réalité un instant et voyons si la taxe sur le carbone a une autre utilité en Colombie-Britannique. Entre 2004 et 2008, les émissions totales de gaz à effet de serre dans cette province ont diminué. Il s'est produit parallèlement à peu près la même diminution à l'échelle nationale, et c'est principalement attribuable à l’effondrement de l’économie mondiale survenu vers la fin de cette période.
    À l'été 2008, l'ancien premier ministre Gordon Campbell a mis en place la toute première taxe sur le carbone au Canada à l'approche de l'élection générale de 2009 en Colombie-Britannique. À l'époque, le NPD de la Colombie-Britannique s'opposait à la taxe sur le carbone.
    Qu'est-il arrivé en Colombie-Britannique depuis l'introduction de la taxe sur le carbone à la fin de 2008? C'est une bonne question. Je suis désolé de l'apprendre aux libéraux, mais les émissions totales de gaz à effet de serre dans la province ont augmenté. Oui, elles ont augmenté. D'ailleurs, seulement depuis 2015, les émissions ont augmenté de 1,5 % en Colombie-Britannique. Je vais le répéter pour la ministre de l'Environnement. Depuis 2015, les émissions en Colombie-Britannique ont augmenté de 1,5 %, malgré l'existence d'une taxe sur le carbone. Autrement dit, la taxe sur le carbone ne fonctionne pas.
    Nous avons également découvert autre chose, ce qu'on appelle la fuite de carbone. Qu'est-ce que la fuite de carbone? Je vais donner un exemple aux députés. En 2008, lorsque la taxe sur le carbone a été instaurée en Colombie-Britannique, pratiquement tout le ciment utilisé dans la province y était aussi produit. Eh bien, c'est normal. Le béton n'est pas ce qu'on pourrait appeler une marchandise légère et peu coûteuse à importer et à transporter d'un endroit à l'autre. Qu'est-il arrivé une fois que la taxe sur le carbone a été imposée au béton produit en Colombie-Britannique en 2008? Évidemment, il est devenu plus cher. En 2014, le béton produit en Colombie-Britannique représentait environ 65 % de tout le béton utilisé dans la province, parce qu'il était plus économique d'importer du béton d'autres endroits où il n'y a pas de taxe sur le carbone. C'est une perte de 35 % de la part du marché intérieur de la Colombie-Britannique.
    Bien sûr, le gouvernement fédéral libéral est bien au courant de la situation. C'est pourquoi, en douce l'été dernier, les libéraux ont commencé à accorder des exemptions de la taxe sur le carbone à certains des plus importants pollueurs au pays. Par contre, le plan des libéraux ne comprend aucune exemption pour les petites entreprises ou, dans ma province, pour la famille type de la classe moyenne. D'ailleurs, en Colombie-Britannique, le NPD a fait de la taxe sur le carbone une ponction fiscale d'un milliard de dollars qui touche durement les familles et les petits entrepreneurs.

  (1050)  

    Paradoxalement, le gouvernement de la Colombie-Britannique intervient dans le litige concernant la taxe sur le carbone en faisant valoir que, si les autres provinces n’ont pas de taxe sur le carbone, la compétitivité de la Colombie-Britannique en souffrira. Évidemment, le même principe s’applique aussi au Canada: à l’international, nous essayons de concurrencer certains de nos principaux partenaires commerciaux qui n’ont pas de taxe sur le carbone.
    Voici comment sont définies les fuites de carbone en Colombie-Britannique:
    [...] des industries qui entrent en concurrence avec une industrie dans des pays où la tarification du carbone est faible ou inexistante. Si l’industrie perd sa part du marché au profit de concurrents qui créent plus de pollution, cela a une incidence sur notre économie et ne réduit pas les émissions mondiales de gaz à effet de serre.
    En somme, l’exemple de la Colombie-Britannique montre que, après 10 ans d’imposition, la taxe sur le carbone n’a rien fait pour prévenir les graves problèmes liés aux changements climatiques auxquels nous devons faire face en Colombie-Britannique. Pire encore, les faits montrent aussi qu’elle n’a rien fait pour réduire les émissions totales de gaz à effet de serre. En fait, les émissions ont même augmenté depuis l’établissement de la taxe sur le carbone en Colombie-Britannique. Cela rend la Colombie-Britannique moins concurrentielle, tout en laissant les grands pollueurs s’en tirer à bon compte. Essentiellement, le seul rôle que la taxe sur le carbone a joué en Colombie-Britannique, c’est de servir d’énorme ponction fiscale pour le gouvernement néo-démocrate.
    J'aimerais présenter un autre fait sur le même sujet. Le projet de gaz naturel liquéfié de la Colombie-Britannique tant vanté par le gouvernement libéral — et qui, soit dit en passant, avait d'abord été approuvé par le gouvernement précédent —, bénéficie d'une exemption complète d'augmentation de la taxe sur le carbone. C'est d'ailleurs ce qui va permettre sa réalisation. Ce projet va faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre en Colombie-Britannique. Franchement, les faits démontrent clairement que ce projet de gaz naturel liquéfié ne cadre pas du tout avec les objectifs environnementaux du gouvernement.
    Si certains députés ne sont pas convaincus par les faits et les données probantes concernant la Colombie-Britannique, ils n'ont qu'à consulter le rapport publié la semaine dernière par le directeur parlementaire du budget. En effet, ce rapport indique très clairement que si le gouvernement libéral persiste dans la voie actuelle, il risque de rater complètement les cibles qu'il s'est lui-même fixées, à moins, évidemment, que son véritable objectif soit d'augmenter massivement le fardeau que représente la taxe sur le carbone pour les citoyens ordinaires. Je ne vois pas comment les choses pourraient être plus claires.
    Le gouvernement libéral envoie des messages contradictoires à ce sujet. Les libéraux hausseront-ils considérablement — ou non — la taxe sur le carbone s'ils sont réélus? Leurs réponses ne sont pas claires.
    Où cela nous mène-t-il? Nous nous retrouvons avec la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui, qui ne fait qu'énoncer une évidence. La taxe sur le carbone est inefficace. Elle n'a toujours pas d'effet. Débarrassons-nous-en, alors, pour que nous puissions trouver d'autres façons de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons collectivement le devoir de réduire notre empreinte carbone. Nous ne pouvons pas rester là, les bras croisés, devant cette taxe inefficace et prétendre que nous agissons concrètement pour réduire les émissions. En réalité, nous ne faisons rien. Tout au plus, nous ne faisons qu'accorder encore plus d'exemptions aux grands pollueurs et aux grands projets, comme le projet de gaz naturel liquéfié de la Colombie-Britannique.
    On peut prétendre que j'invente, mais c'est bel et bien la réalité. Pourquoi le gouvernement libéral a-t-il accordé un allégement de la taxe sur le carbone de 95,5 % aux centrales au charbon polluantes du Nouveau-Brunswick pour la production d'électricité? Y a-t-il quelqu'un qui pense vraiment qu'on peut réduire les émissions de gaz à effet de serre en subventionnant l'électricité produite à partir du charbon? C'est une vraie farce, mais nous nous sacrifierons nous-mêmes et nous hypothéquerons notre avenir si nous continuons de jouer la comédie.
    Je me soucie des prochaines générations autant que les députés d'en face, alors finissons-en avec cette mascarade. Reconnaissons que la taxe sur le carbone est inefficace. Elle l'a été et elle continuera de l'être. Oui, elle fonctionne peut-être en théorie si tout le monde est sur la même longueur d'onde, mais les fuites de carbone prouvent que ce n'est pas le cas. Débarrassons-nous de cette taxe et unissons plutôt nos efforts en mettant en œuvre des moyens concrets de réduire nos émissions et notre empreinte carbone.
    C'est pour tout cela que je vais voter en faveur de la motion, aujourd'hui. Je remercie encore une fois le député d'Abbotsford de tout ce qu'il fait dans ce dossier.

  (1055)  

    Monsieur le Président, je remercie le député d’en face de participer à ce débat stimulant. Je pensais à ma fille cadette pendant qu’il parlait. Lorsqu’elle était petite et que nous habitions Winnipeg, elle n’aimait pas mettre un manteau l’hiver. Quand on la forçait à en mettre un, elle se débattait. Elle ne voulait surtout pas porter un manteau en plein hiver.
    C’est un peu la même chose avec les députés conservateurs. Ce qu’ils ne veulent surtout pas, c’est lutter contre le changement climatique. Chaque fois que nous en parlons, ils se débattent, ils crient et ils s’indignent. Notre plan est un programme en 50 points, et la tarification de la pollution est l’un de ces points. Les autres concernent par exemple l’octroi d’incitatifs aux entreprises, aux municipalités, aux hôpitaux et aux universités pour qu’ils diminuent leur consommation énergétique.
    Le député a-t-il quelque chose à dire sur ces autres points? Nous avons un plan complet, nous. Eux ne nous ont toujours rien soumis. Il pourrait peut-être nous donner une petite idée de ce que leur plan va proposer pour lutter contre le changement climatique.
    Monsieur le Président, un grand nombre d’entre nous ici savent ce que c’est que d’élever des enfants. Ce n’est pas toujours facile. Mais il vaut mieux en laisser le soin aux parents, car, pour les conservateurs, les parents sont les mieux placés pour élever leurs enfants.
    Cela dit, lorsque nous participons à un débat dans cette Chambre, nous devrions pouvoir parler de ce qui fonctionne et de ce qui ne fonctionne pas. Le directeur parlementaire du budget nous a dit qu’avec les outils que le gouvernement nous a présentés jusqu’à présent, notamment ce que les libéraux appellent la taxe sur le carbone, nous n’atteindrons pas les cibles fixées à Paris, et que l’écart sera de 79 millions de mégatonnes. Cela représente un échec de la part du gouvernement.
    Nous allons présenter notre plan intégral. J’observe que dans la plateforme libérale « Changer ensemble », il n’y avait qu’un paragraphe sur la nécessité de collaborer avec les provinces pour régler un problème international. Aujourd’hui, certaines d’entre elles se rebiffent et contestent le plan du gouvernement devant les tribunaux. Le gouvernement actuel n’a jamais collaboré avec les provinces. On ne peut pas se contenter d’afficher une attitude paternaliste et d’imposer sa volonté aux provinces, sans avoir essayé de trouver un terrain d’entente. En matière d’énergie, de transport et de logement, les provinces détiennent la majorité des leviers stratégiques. Le député devrait le savoir.

  (1100)  

    Monsieur le Président, je conteste ce que mon collègue de la Colombie-Britannique a dit au sujet de l’efficacité de la taxe sur le carbone.
    Pour me préparer à ce débat très important, j’ai demandé à la Bibliothèque du Parlement de me faire parvenir un rapport sur l’impact de la taxe sur les émissions de carbone en Colombie-Britannique. Depuis que cette taxe a été mise en place, en 2008, le volume des émissions de gaz à effet de serre a diminué de 2,2 % dans la province. En 2008, ce chiffre était de 63 737 kilotonnes, et en 2016, la dernière année pour laquelle nous avons des chiffres, il s’élevait à 62 264 kilotonnes. Je crois que c’est la kilotonne qu’on utilise pour mesurer ce volume. La province a donc enregistré une réduction de 2,2 %.
    Le député a dit que la taxe sur le carbone n’avait pas eu d’impact. C’est manifestement faux. Il y en a eu un. D'ailleurs, comme les émissions de carbone auraient probablement augmenté sensiblement pendant cette période, on peut affirmer que la réduction enregistrée démontre bien l’efficacité de la taxe sur le carbone.
    Je crois toutefois, comme le député, qu’à elle seule, la taxe sur le carbone ne sera pas suffisante. Je suis convaincu que nous sommes confrontés à une crise climatique et que nous devons utiliser tous les outils possibles pour y faire face. Il y a la séquestration du carbone, la taxe sur le carbone, le système de plafonnement et d’échange, et la rénovation des logements. Nous devons faire des efforts de conservation. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a lancé des signaux alarmistes qui devraient interpeller les législateurs de tous les pays, car nous avons 11 ans pour réduire nos émissions de 45 % par rapport à leur niveau de 2010. Le député a raison. Nous n’atteignons pas nos cibles. Le gouvernement libéral actuel ne les atteint pas, tout comme le gouvernement conservateur qui l’a précédé.
    Le plan du député va-t-il permettre d’atteindre les cibles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat et de réduire les émissions de gaz à effet de serre au Canada de 45 % par rapport à leur niveau de 2010, oui ou non?
    Monsieur le Président, lorsqu’un député néo-démocrate a pris la parole sur cette question il y a quelques semaines, j’ai cité un rapport du ministère de l’Environnement et du Changement climatique de la Colombie-Britannique où on disait que, pendant la dernière année pour laquelle on a des chiffres, on a enregistré une augmentation de 1,5 % des émissions. J’ai vu cela sur le site Web du gouvernement de la Colombie-Britannique. J’invite le député à aller voir lui-même. Il ne faut pas oublier que, pendant la récession économique qui a suivi la crise de 2008, il y a eu un déclin de l’activité industrielle. J’invite donc le député à mieux se renseigner sur ces années-là.
    En ce qui concerne le plan du gouvernement actuel, le directeur parlementaire du budget en a fait une évaluation et y a constaté des lacunes. C’est par là que nous devons commencer. Nous allons présenter notre propre plan, et le député pourra choisir celui qui lui semble être le meilleur.
    Monsieur le Président, je me réjouis toujours de prendre la parole dans cette enceinte sur la question des changements climatiques, car c’est un sujet qui me tient beaucoup à cœur et dont me parlent beaucoup les électeurs de ma circonscription.
    Je suis tout particulièrement sensible au message des jeunes Canadiens que je représente dans Nova-Centre, qui ont réussi à attirer l’attention sur cette question et à convaincre les législateurs municipaux, provinciaux et fédéraux à prendre ensemble des mesures pour lutter contre cette menace existentielle que les changements climatiques représentent.
    À mon avis, il faut admettre d’emblée que les changements climatique sont bien réels et qu’ils sont essentiellement causés par l’activité industrielle humaine. Quand on parle des changements climatiques, on se laisse parfois aller à des déclarations apocalyptiques, si bien que les gens ont l’impression qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose pour les combattre. Parfois aussi on se lance dans des détails techniques sur la concentration du CO2 à 415 parties par million, et là, on perd complètement l’attention des gens.
    Ce sont bien sûr des choses qu’il faut dire, mais il est important d’expliquer aux Canadiens que les conséquences des changements climatiques sont très réelles. Nous les ressentons déjà aujourd’hui, et nous avons la possibilité, à vrai dire l’obligation, de faire quelque chose. Nous devons mettre en œuvre les solutions qui existent déjà et qui nous permettront de réduire nos émissions et d’empêcher que nos milieux de vie ne soient victimes de conséquences encore plus catastrophiques.
    Nous avons tous une bonne idée des conséquences des changements climatiques. Nous les observons dans nos propres régions. Sur la côte Est, nous avons enregistré un plus grand nombre d’ouragans et de vagues de tempête. Récemment, mes collègues du Nouveau-Brunswick m’ont montré des photos de leurs localités qui étaient pratiquement dans l’eau. Dans l’Ouest du Canada, des incendies de forêt ont ravagé des collectivités, des périodes de canicule ont coûté la vie à des habitants du Québec et de l’Ontario, et les couches de glace du Nord canadien sont en train de fondre. Il n’y a pas un seul coin du pays qui n’ait été touché par les effets environnementaux des changements climatiques.
    Je l’ai déjà dit pendant le débat hier, mais les conséquences des changements climatiques ne sont pas uniquement environnementales. Elles sont aussi sociales et économiques. Des quartiers entiers ont été déplacés parce que nous continuons d’en construire dans des zones inondables. Des inondations qui avaient lieu tous les deux ou trois siècles se produisent maintenant tous les deux ou trois ans.
    Cela a aussi un impact sur les communautés autochtones qui chassaient traditionnellement le caribou, par exemple. Elles ne pourront peut-être plus le faire, à cause des effets combinés de l’activité humaine et des changements climatiques sur les espèces qu’elles avaient coutume de chasser.
    Je n’ai pas besoin de faire le tour du pays. Je vois bien l’incidence économique des changements climatiques dans ma propre circonscription. En Nouvelle-Écosse, nous sommes tributaires de la pêche au homard. Je représente la région de la rive est et du détroit de Northumberland, où la pêche au homard est particulièrement dynamique puisqu’elle représente, pour l'économie de la province, près de 2 milliards de dollars en exportations.
    Si l’on va un peu plus au sud, dans l’État du Maine, on constate que le volume des prises a diminué de 22 millions de livres au cours des dernières années, à cause de plusieurs facteurs, notamment la hausse de la température des océans et la désoxygénation de la région du golfe, qui ont un effet très réel.
    Nous observons également une chute de la production et de la fabrication industrielles dans les régions qui ont été touchées par des incendies de forêt, et nous savons que de longues périodes de sécheresse mettent à mal le secteur agricole. Par conséquent, si on ne fait rien pour lutter contre les changements climatiques, c’est notre activité économique qui en pâtira. Nous savons qu’il y a des solutions. Il est de notre devoir de mettre en œuvre les plus efficaces qui existent.
    Cela m’amène à la motion dont nous sommes saisis, qui dénonce le coût et l’inefficacité de notre plan de tarification de la pollution. J’ai de bonnes nouvelles pour les députés d’en face. Nous savons que la tarification de la pollution est l’outil le plus efficace pour réduire nos émissions. Nous proposons un plan fondé sur des données probantes et des avis scientifiques, notamment de spécialistes mondiaux, dans le but de réduire nos émissions et de faire en sorte que, pour les familles canadiennes, la vie ne coûte pas plus cher et qu’elle coûte même moins cher.
    Je compte, pendant mon intervention, parler de l’efficacité de la tarification du carbone, de ses avantages et de son coût modique, ainsi que d’autres mesures que nous allons mettre en œuvre. Nous savons qu’à elle seule, la tarification du carbone ne nous permettra pas d’atteindre les cibles que nous nous sommes fixées, mais en accusant le gouvernement de ne pas avoir de véritable plan, cette motion n’est vraiment pas crédible, d’autant qu’elle provient d’un parti qui n’a toujours pas présenté son plan en la matière.

  (1105)  

    Je vais remonter un peu dans le temps pour expliquer, en quelques mots, ce que signifie vraiment la tarification du carbone. Il y a grosso modo deux façons différentes de tarifer la pollution. La première est le système de plafonnement et d’échange, selon lequel on fixe un plafond général et les industriels qui dépassent leurs crédits peuvent en acheter à ceux qui ont réduit leurs émissions, de sorte qu’on en arrive, après un certain temps, à une diminution générale des émissions. L’autre solution, qui est sans doute plus simple, est de tarifer ce qu’on ne veut pas, c’est-à-dire la pollution, afin que les gens achètent moins de produits et de services qui en causent. Si on fixe un prix à la pollution et que les gens achètent moins de produits et de services polluants, les recettes engrangées peuvent être retournées aux ménages canadiens, ce qui augmente leur revenu disponible. En quelques mots, c’est de cette façon que le système fonctionne.
    Nous savons que c’est efficace. D’autres pays ont mis en œuvre ces solutions avec énormément de succès. Au Royaume-Uni, qui utilise la tarification de la pollution en plus du système de plafonnement et d’échange de l’Union européenne, les centrales au charbon ont rapidement été remplacées par d’autres types d’installations qui émettent moins de gaz à effet de serre. Depuis quelques années, le Royaume-Uni enregistre des réductions considérables de ses émissions, et c’est en partie dû au fait qu’il utilise un mécanisme de tarification de la pollution basé sur le marché.
    L’exemple de la Colombie-Britannique a été cité tout à l’heure par un député qui a mentionné que les émissions y avaient augmenté de 1,5 % et que, par conséquent, ce système ne fonctionnait pas. Je félicite mon collègue du NPD qui s’est insurgé contre la façon dont ce député choisissait ses statistiques. En fait, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 2,2 % depuis que la province a mis un prix sur la pollution. Mais ce qui est encore plus important, c’est que malgré sa croissance démographique et son essor économique, la Colombie-Britannique a réussi à faire baisser sensiblement le taux d’émissions de gaz à effet de serre par habitant.
    Selon le rapport de la Commission de l’écofiscalité, qui a étudié cette question en profondeur, les émissions de gaz à effet de serre en Colombie-Britannique sont de 5 à 15 % inférieures à ce qu’elles auraient été si la pollution n’avait pas été tarifée au départ. Une réduction de 5 à 15 %, c’est énorme pour un seul outil stratégique, et nous pouvons certainement faire plus.
    Il n’y a toutefois pas que les exemples concrets dont nous avons des résultats empiriques qui montrent que cette solution donne des résultats. Nous avons l’appui de spécialistes qui savent vraiment de quoi ils parlent. L’an dernier, le prix Nobel de l’économie a été décerné au professeur William Nordhaus. C’est lui qui a conçu l’approche que nous voulons mettre en œuvre au Canada. En fait, il a dit précisément que l’exemple de la Colombie-Britannique était le genre de modèle qui fonctionnait le mieux.
    Le professeur Nordhaus a conçu un système de tarification de la pollution, pour que ce que nous ne voulons pas coûte plus cher et que les gens en achètent moins, sans que pour autant le coût de la vie augmente car les recettes engrangées sont redistribuées aux ménages. En fait, c’est du simple bon sens. Ce n’est pas compliqué et ça fonctionne.
    Mark Cameron, l’ancien directeur stratégique de Stephen Harper, a lui-même reconnu que c’était ce qu’il fallait faire. Le conseiller fiscal de Doug Ford a même déclaré devant le Sénat, en 2016 je crois, que le moyen le plus efficace d’assurer notre transition vers une économie sobre en carbone était de fixer un prix à la pollution. Preston Manning, lui, préconise ce genre d’approche depuis des années.
    Quand les débats ne sont plus partisans, on voit des gens de toutes les allégeances politiques, associés soit aux libéraux, soit aux conservateurs ou encore au NPD, accorder leur appui à cette approche car ils savent que c’est la plus efficace. J’aimerais ici mentionner une décision récente de la Cour d’appel de la Saskatchewan, qui a confirmé le pouvoir constitutionnel du gouvernement fédéral de tarifer la pollution dans toutes les provinces canadiennes qui ne proposent pas de mettre en œuvre un plan sérieux. La Cour a statué qu’il était indéniable, d’après les dossiers qui lui avaient été soumis, que la tarification des gaz à effet de serre ne fait pas seulement partie intégrante d’un plan efficace de lutte contre les changements climatiques, mais que c’est aussi un élément essentiel du combat qui est mené au niveau mondial pour réduire ces émissions.
    C’est la raison pour laquelle la Cour a statué que la décision de certaines provinces de ne pas tarifer la pollution représentait un risque pour le pays, et que par conséquent, le gouvernement fédéral avait le pouvoir de déployer son plan. C’est un élément essentiel du combat qui est mené au niveau mondial pour réduire les émissions. Ce passage était même écrit en italique, pour en souligner l’importance auprès des législateurs. Si nous voulons prendre nos responsabilités au sérieux, nous devons absolument intervenir.
    Cependant, ce ne sont pas les seuls avis qui ont été exprimés; il y en a beaucoup d’autres. Le directeur parlementaire du budget, que les députés de l’opposition ont cité ad nauseam à la Chambre, a dit que la tarification de la pollution était le moyen le plus efficace de réduire nos émissions. Il a aussi fait remarquer une chose sur laquelle, je l’espère, nous reviendrons pendant les questions et les observations, à savoir que huit familles sur dix verront leur situation s’améliorer dans les provinces et les territoires où le filet de sécurité fédéral s’appliquera. C’est parce que les recettes seront redistribuées directement aux ménages. Les seules familles qui paieront plus qu’elles ne seront remboursées sous la forme d’un rabais seront les 20 % qui ont le revenu le plus élevé. Je crois que, pour les familles les plus nanties de la Saskatchewan, le maximum sera de 50 $ par an.

  (1110)  

    Dans certaines provinces, les rabais se situeront entre 250 $ et 609 $, selon les quantités de pollution qui y sont générées. Cependant, le principal, c’est que, dans les provinces où le système fédéral s’appliquera, huit familles sur dix recevront un rabais supérieur à l’augmentation du coût de la vie. Par conséquent, il est faux de dire que ce système coûtera cher aux Canadiens.
    J’aimerais rappeler ce qu’a dit le pape François, le week-end dernier, lui qui n’a aucune arrière-pensée politique. Il n’est nullement associé aux libéraux ou aux conservateurs de la scène politique canadienne, mais il a expliqué que la tarification du carbone est un élément essentiel de la lutte contre les changements climatiques. Il a fait remarquer que ce sont surtout les pauvres du monde entier et les prochaines générations qui seront les plus touchés. Il est injuste de rejeter ce fardeau sur les générations à venir, sur les pauvres de la planète et sur les pays en développement; c’est mal. Le Canada a l’obligation de montrer l'exemple et de faire ce qu’il faut sur son propre territoire tout en aidant le monde entier à opérer sa transition vers une économie sobre en carbone.
    La tarification de la pollution a aussi des avantages économiques. Pour reprendre l’exemple de la Colombie-Britannique, je ferai remarquer que son plan ambitieux de lutte contre les changements climatiques s’est traduit par une création nette d’emplois. Le rapport que le gouvernement de la Saskatchewan avait commandé dans le but de rallier des appuis dans sa lutte contre le plan fédéral a démontré que l’impact économique serait très limité. Le gouvernement a donc essayé de l'enterrer, car il ne voulait pas que son contenu circule étant donné qu'il allait à l'encontre de l’idéologie qu’il défend, à savoir que la tarification du carbone nuit d'une manière ou d'une autre à l’économie. C’est plutôt l’inverse qui est vrai. La tarification du carbone permet de stimuler l’innovation et de tirer parti de la nouvelle économie verte, qui, d’après Mark Carney, représente à l’échelle de la planète des débouchés économiques de 26 billions de dollars. Si le Canada réussit à se placer en première ligne, davantage d’emplois seront créés ici au fur et à mesure que la planète opérera sa transition vers une économie sobre en carbone.
    Je tiens à parler de l’abordabilité en particulier parce que c’est une priorité pour moi. À mon bureau de circonscription, j'ai inscrit le numéro de la compagnie d'électricité dans la mémoire de mon téléphone tellement il y a de gens qui viennent me voir, ne sachant plus vers qui se tourner. Nous savons que le coût de la vie a augmenté au fil du temps. C’est pourquoi nous essayons de cibler ces mesures. La pauvreté a reculé de 20 %. Autrement dit, 825 000 Canadiens qui vivaient dans la pauvreté à notre arrivée au pouvoir en 2015 en sont sortis aujourd’hui. L’allégation selon laquelle nous cherchons à rendre la vie plus chère est fausse.
    Nous comprenons les difficultés des familles canadiennes qui vivent dans le comté de Pictou, à Antigonish ou dans la région d’Eastern Shore, des endroits que je représente. Ce sont des questions importantes auxquelles nous devons nous attaquer. C’est pourquoi nous allons de l’avant, pas seulement avec un plan pour lutter contre les changements climatiques qui peut rendre le coût de la vie plus abordable, mais aussi en prenant des mesures comme l'Allocation canadienne pour enfants, qui permet à 9 familles canadiennes sur 10 de garder plus d'argent dans leurs poches et qui a mis fin à l’envoi de chèques de garde d’enfants à des familles millionnaires qui, en vérité, n’en ont pas besoin.
    Nous avons bonifié le Supplément de revenu garanti, ce qui a permis d'augmenter le revenu disponible des aînés à faible revenu vivant seuls, qui comptent parmi les personnes les plus vulnérables dans les collectivités que je représente et qui reçoivent maintenant jusqu’à 947 $ de plus par an. C’est pourquoi nous avons réduit l'impôt de neuf millions de Canadiens de la classe moyenne et augmenté celui du 1 % le plus riche.
    L’opposition officielle s’est opposée à chacune de ces mesures. L’entendre maintenant critiquer un plan en disant qu’il rendra la vie plus chère crée une sérieuse dissonance cognitive, étant donné que ses députés ont voté contre toutes les mesures qui rendaient le coût de la vie plus abordable.
    Comme je l’ai expliqué plusieurs fois dans mon intervention, ce plan permettra à 8 familles sur 10 d'avoir plus d'argent dans leurs poches dans les provinces et territoires où il est en vigueur. Nous avons travaillé en collaboration avec les provinces dans les années précédant la mise en œuvre de ce système. Dans les provinces comme la mienne, la Nouvelle-Écosse, il n’y a en fait pas de tarification fédérale du carbone. On a mis en place un système de plafonnement et d'échange qui vise une vingtaine de gros pollueurs industriels et comprend une légère surtaxe sur le carburant. Le plan de la Nouvelle-Écosse a été accepté parce que la province a montré qu’elle prend au sérieux la menace que représentent les changements climatiques.
    Notre plan ne concerne que les provinces qui n’ont pas présenté de plan sérieux. Nous ne pensons pas qu'il devrait être permis de polluer librement dans notre pays. L’atmosphère nous appartient à tous. Les pollueurs industriels doivent être tenus responsables des dommages qu'ils causent. C’est pourquoi ils paient un prix sur la pollution et c’est pourquoi une partie des recettes sera remise aux Canadiens afin de les dédommager.
    Le gouvernement fédéral ne garde rien de cet argent, contrairement à ce que certains députés conservateurs laissent entendre. S’ils sont contre le fait que des gouvernements perçoivent une taxe sur l'essence, je leur suggère de parler avec les premiers ministres conservateurs de certaines provinces qui protestent actuellement contre notre plan de tarification de la pollution. Ces premiers ministres ont la possibilité d’éliminer la taxe sur l’essence et de permettre aux familles de garder l’argent qu'elles ont durement gagné. Nous faisons payer les pollueurs et nous remettons cet argent directement aux familles.

  (1115)  

    Ce qui est formidable, c’est que nous pouvons voir une croissance de l’emploi si nous appliquons un plan ambitieux pour lutter contre les changements climatiques. Dans mon coin de pays, il y a des exemples comme le groupe d’entreprises Trinity, qui fait un travail incroyable en matière d’efficacité énergétique. Tout a commencé avec deux très bons entrepreneurs. Ils se sont aperçus que différents gouvernements avaient mis en place des mesures incitatives, que nous avons renforcées au niveau fédéral au cours des dernières années, pour aider les propriétaires à réduire le coût de produits écoénergétiques, qu’il s’agisse de thermostats intelligents, de meilleures portes et fenêtres ou de systèmes de chauffage plus efficaces. Ils utilisent des produits dont le prix baisse grâce aux rabais subventionnés, ce qui aide à faire baisser la facture d’électricité mensuelle des propriétaires et, donc, à réduire le coût de la vie. Ces entrepreneurs ont depuis embauché des dizaines d'employés.
    À Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, des entreprises comme CarbonCure ont mis au point des technologies de piégeage du carbone qui retire le carbone de l’atmosphère pour l’injecter, afin de les renforcer, dans des produits en béton destinés à la construction.
    Parlant de construction, le Syndicat des métiers de la construction du Canada a souligné que la rénovation des bâtiments et des infrastructures pourrait créer quatre millions d’emplois écologiques si on opère un virage vers l’économie verte et qu'on lutte contre les changements climatiques. Ce sont des chiffres à ne pas prendre à la légère, car tous ces emplois auront une incidence réelle sur le PIB du Canada. Surtout, pour les familles, il s’agit d’emplois qui n’existaient peut-être pas dans leur ville ou leur village d’origine. La création de tels emplois peut leur éviter de devoir déménager.
    Ce sont des exemples humains concrets et significatifs qui changent les choses non seulement pour l'économie, mais aussi pour les familles.
    La motion dont nous sommes saisis propose de supprimer la tarification de la pollution et de mettre en œuvre un véritable plan. J’aimerais attirer l’attention de la Chambre sur le fait qu’il y a bien plus dans notre plan que cette politique particulière sur laquelle s’acharnent les conservateurs. En fait, il comprend plus de 50 mesures. Je me ferai un plaisir d’en exposer quelques-unes à la Chambre.
    Peu de Canadiens en sont conscients, mais nous sommes en bonne voie de produire 90 % de notre électricité à partir de ressources n'émettant pas de gaz à effet de serre, d'ici 2030. C’est remarquable. Nous avons fait le plus gros investissement jamais fait au Canada dans le transport collectif. Cela encouragera plus de Canadiens à prendre les transports en commun plutôt que leur voiture, le but étant de gagner en efficacité et de nous faciliter la vie. Nous abandonnons progressivement le charbon. Nous investissons dans l’efficacité énergétique. Nous investissons dans les technologies vertes.
    À l'Université St. Francis Xavier, où j’ai étudié et j’en suis fier, le laboratoire Flux Lab met au point, sous la direction de David Risk, des instruments qui mettent les chercheurs au travail. Ces instruments sont commercialisés parce que le secteur pétrolier et gazier a compris qu’en les utilisant, il peut détecter des fuites de gaz à distance et augmenter sa production sans augmenter ses émissions. Ils lui permettent de capturer le gaz qui s’échappe de son infrastructure.
    Nous allons de l’avant avec ces mesures sérieuses.
    De plus, nous mettons en œuvre une nouvelle réglementation sur le méthane pour en réduire les émissions, qui sont celles qui augmentent le plus dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre.
    Sur le même sujet, conformément au Protocole de Montréal, à Kigali, nous avons adopté une nouvelle mesure qui entraînera une réduction des émissions de méthane qui sera équivalente à elle seule à une réduction des émissions de 0,5 degrés Celsius. Nous adoptons aussi une norme sur les carburants propres et des normes relatives aux émissions des véhicules.
    Nous allons de l’avant avec le plan le plus ambitieux de l’histoire du Canada pour protéger notre nature. C’est sérieux. Nous devons saisir l’occasion qui nous est offerte de faire quelque chose pour protéger nos écosystèmes menacés. Avec plus de 1,3 milliard de dollars investis dans la protection de la nature, nous ferons plus que doubler les espaces protégés dans notre pays.
    Bien entendu, nous avons annoncé récemment que nous irions de l’avant avec l’interdiction des plastiques à usage unique, qui sont nocifs. Parallèlement, nous rendons les fabricants responsables de la gestion du cycle de vie de ces produits.
    La plupart de ces politiques ont un point commun. Elles aideront à réduire nos émissions et à protéger notre environnement, mais les conservateurs s’y opposent depuis le début. Pendant la période des questions, j’ai répondu à des centaines de questions sur notre plan pour l’environnement. Pas une seule fois les conservateurs ne m’ont demandé ce que nous pourrions faire de plus pour l’environnement. Le but est toujours de faire moins.
    Le fait est que nous ne pouvons pas revenir en arrière. Je suis impatient de voir le plan des conservateurs demain. Je suis très inquiet quand j’entends le genre de commentaires que font les députés d’en face au Parlement. Je doute même que nous puissions entamer le débat sur les solutions les plus appropriées quand je les entends nier que les changements climatiques résultent principalement de l’activité humaine. L’heure n’est pas à débattre de la réalité des changements climatiques, mais des solutions et, surtout, elle est à les mettre en œuvre.
    J’aimerais encourager tous nos concitoyens à commencer à tous tendre vers le même objectif. S’ils ont des enfants, ils devraient leur parler à table, pendant les repas. C’est la meilleure chose qu’ils puissent faire pour changer d’attitude par rapport à l’importance des changements climatiques. Les enfants ont tout à fait raison. Ils savent ce qui se passe et veulent que nous agissions.

  (1120)  

    Si les citoyens ont la possibilité de participer à une opération de nettoyage communautaire, individuelle ou coopérative, de participer à ce qui se fait dans leur collectivité, je les invite instamment à le faire. Le temps presse. Nous voulons mettre en œuvre une solution pour éviter les pires conséquences des changements climatiques. J’espère seulement que les conservateurs nous emboîteront le pas.
    Monsieur le Président, au cours des deux années qui ont précédé l'imposition d'une soi-disant tarification du carbone, le gouvernement a accordé à des provinces comme la Nouvelle-Écosse de grandes exemptions applicables à leurs centrales au charbon afin qu'elles puissent rester ouvertes beaucoup plus longtemps que ce qu'avait prévu le gouvernement précédent.
    Deuxièmement, le gouvernement a aussi soustrait de sa soi-disant tarification du carbone 95,5 % de la production des centrales au charbon — le charbon sale — situées au Nouveau-Brunswick.
    Le député dit que, en quelque sorte, les libéraux sont les preux chevaliers qui vont s'attaquer à ces problèmes. En fait, le gouvernement libéral accorde d'énormes exemptions aux grands émetteurs. Pourrait-il expliquer cette contradiction?

  (1125)  

    Monsieur le Président, c'est une question très importante. Les conservateurs et les néo-démocrates perpétuent un mythe selon lequel notre régime prévoit des exemptions pour les grands émetteurs. Soyons très clairs. Notre régime ne prévoit aucune exemption pour les grands émetteurs. Ces derniers sont assujettis au système de tarification fondé sur le rendement, qui exige qu'ils paient un prix...
    Une voix: Vous jouez sur les mots.
    Tout allait si bien. Je rappelle aux députés qu'une question a été posée. Quand le député a prononcé son discours, tout s'est passé à merveille. Personne n'a dit un mot, sauf quelques piaillements ici et là. Le chahut a repris de plus belle.
    Je rappelle aux députés que, lorsqu'un de leurs collègues a la parole, qu'il siège du côté de l'opposition ou du gouvernement, ils doivent lui accorder le respect qu'il mérite. Tous les députés ont droit au respect.
    Monsieur le Président, j’aime beaucoup avoir une bonne conversation avec mes amis et collègues.
    Soyons parfaitement clairs. Dans notre système, il n’y a pas d’exemption pour les grands émetteurs. Ils paient exactement le même signal de prix que tout le monde dans le cadre du système de tarification fondé sur le rendement. Nous avons établi un système qui nous permet d’avoir pour les grands émetteurs un prix qui ne met pas en danger leur compétitivité.
    Une des différences entre notre plan et celui du NPD, c’est que sans ce genre de système, comme l’a signalé la Commission de l’écofiscalité, le NPD nuira à l’économie canadienne en causant des fuites de carbone et en faisant augmenter les émissions mondiales parce que les grands pollueurs seront encouragés à quitter le Canada.
    Quant à l’exemple du Nouveau-Brunswick, c’est parce que l'industrie dans cette province a un meilleur fonctionnement que la norme. Le député a raison de dire qu'en Nouvelle-Écosse nous avons un accord d’équivalence avec la province pour l’aider à abandonner le charbon, tout de même 28 ans plus vite que les conservateurs l’auraient fait. C’est parce que nous tentons de tenir compte des réalités après discussions avec les différents gouvernements provinciaux.
    J’ai une réunion plus tard aujourd’hui. Nous allons parler de la façon dont nous pouvons accélérer l’élimination progressive du charbon en Nouvelle-Écosse, parce que c’est la bonne chose à faire.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec intérêt le discours du secrétaire parlementaire et ses interminables litanies concernant des demi-mesures inefficaces, et je ne suis pas impressionné.
    Après quatre années au pouvoir, le bilan des libéraux en matière d'environnement est absolument désastreux, notamment sur le plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Je vais donner des chiffres du ministère de l'Environnement. En décembre 2017, on prévoyait que les libéraux allaient rater les cibles des conservateurs de 66 mégatonnes. Un an plus tard, aucun progrès n’avait été réalisé. En fait, on estimait alors qu'ils allaient rater les cibles de 79 mégatonnes.
    Alors, les libéraux peuvent bien se péter les bretelles et faire adopter des motions d'urgence à la Chambre des communes, toujours est-il qu'ils vont rater les cibles des conservateurs de Stephen Harper. De plus, ils veulent procéder à l'expansion de l'oléoduc de Trans Mountain, qu'ils ont acheté avec notre argent. Sur le plan de la pollution, c'est l'équivalent d'ajouter 3 millions de voitures sur nos routes par année. C'est cela, le bilan des libéraux.
    Je pense que les électeurs ne seront pas dupes aux prochaines élections.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il y avait plusieurs points dans cette question. Je vais les traiter de mon mieux.
    Pour commencer, partir de 2017 est un bon exemple de l’utilisation de certaines données qui nous conviennent pour déformer les faits. En raison de feux de forêt dans l’Ouest du Canada en 2016, une suppression artificielle des émissions au Canada a mené à un faible taux qui ne représentait pas forcément la tendance. Si l’on prend une période plus longue, on peut voir que la tendance va dans le bon sens.
    Quant à la cible dont mon collègue a parlé, nous allons l’atteindre, et c’est important. S’il y a un écart, c'est que les prévisions ne tiennent pas compte de certaines mesures qui n’ont pas été incluses dans les modélisations, des mesures comme le plus important investissement de l’histoire du transport en commun au Canada, des mesures comme l’adoption des véhicules sans émission grâce aux subventions que nous avons créées pour en baisser le coût, et des mesures comme des investissements dans les technologies de stockage du carbone qui continueront d'avoir des effets au cours des mois à venir.
    Cela présume aussi que nous ne prendrons absolument aucune autre mesure au cours des 11 prochaines années, ce qui est carrément faux.
    Le député dit aussi que nos mesures seraient inefficaces — j’oublie le mot précis qu'il a employé —, mais je suis curieux. Le NPD fait campagne maintenant sur des idées que nous avons commencé à mettre en œuvre il y a plusieurs années.
    Je ne sais pas comment il explique ce paradoxe. D’une part, il dit qu’elles sont inefficaces. D’autre part, il dit que le NPD en mettrait en œuvre près de la moitié s’il accédait au pouvoir.

  (1130)  

    Monsieur le Président, je me demande si le secrétaire parlementaire pourrait expliquer comment le Parti conservateur du Canada pourrait produire demain un véritable plan pour relever les défis environnementaux. Hier, les conservateurs ont voté contre une déclaration d’urgence climatique.
    Il y a à peine deux ou trois semaines, la députée de Milton, la chef adjointe du Parti conservateur, a déclaré que, en fin de compte, il n’y a aucun lien entre les changements climatiques et les principaux indicateurs de phénomènes météorologiques extrêmes, que continuer à affirmer l’existence d’un tel lien relève de la désinformation à des fins politiques ou rhétoriques.
    Comment pourrons-nous prendre au sérieux un plan des conservateurs quand des remarques comme celle-ci sortent de la bouche de la chef adjointe du Parti conservateur du Canada?
    Monsieur le Président, je suis de nature optimiste et plein d’espoir, mais j’ai peu d’espoir en ce qui concerne le plan que nous verrons plus tard cette semaine. Je remarque que les conservateurs le présentent à la toute dernière semaine de la session parlementaire, quand il ne pourra pas être examiné en Chambre par les autres partis durant la période des questions.
    En ce qui concerne le récent gazouillis de la chef adjointe de l’opposition, je trouve cela malheureux. Je sais que c’est une personne raisonnable. Je suis convaincu qu’elle pense que nous devons prendre des mesures concernant les changements climatiques. Cependant, publier de tels messages nocifs pour faire des gains politiques alors que cela nuit au débat et au discours sur les changements climatiques au Canada est décourageant. Je précise que le chef des conservateurs a récemment été interrogé sur son désir d’éviter de se prononcer sur le lien entre les changements climatiques et les phénomènes météorologiques violents. Cela semble devenir la norme.
    Je regarde des remarques de différents députés conservateurs au cours des dernières années. Un d’entre eux a visité une école en Alberta et a dit aux enfants que le CO2 était simplement de la nourriture pour les plantes et non de la pollution, affirmant qu’il n’y avait aucun consensus à cet égard. Certains députés veulent qu’on se retire de l’Accord de Paris. J’ai participé à un débat dans les médias sociaux avec un député conservateur qui a donné l’exemple d’un banc de neige en Saskatchewan en février comme étant une preuve qu’il n’y a pas de changement climatique.
    C’est malheureux, mais c’est la teneur du débat. Des députés de la Colombie-Britannique ont insinué que les changements climatiques et la hausse des températures sont comme de nombreuses personnes dans une pièce, qui produisent une chaleur corporelle. S’ils ne peuvent reconnaître que la cause première des changements climatiques est l’activité industrielle humaine, ils ne participent pas du tout au débat. Je prévois que le plan conservateur ne vaudra pas plus que le papier sur lequel il est écrit.
    Monsieur le Président, un des principaux soucis que les conservateurs ont soulevés porte sur le fait que, si nous avons un prix sur le carbone, celui-ci pourrait pousser une industrie qui produit beaucoup de carbone à déménager dans une administration dont les normes environnementales sont moins rigides, éliminant ainsi des emplois canadiens et augmentant potentiellement les émissions mondiales. Le gouvernement tente de s’attaquer au problème des fuites de carbone en offrant des remises fondées sur la production aux industries pour les garder ici. Une autre approche à ce problème serait le rajustement de la tarification du carbone à la frontière, c’est-à-dire appliquer la tarification du carbone aux importations et la rembourser sur les exportations de produits fabriqués au Canada.
    J’aimerais inviter le secrétaire parlementaire à parler un peu plus de l’importance de maintenir des règles du jeu équitables entre le Canada et les pays qui ne tarifient pas leurs émissions.
    Monsieur le Président, comme toujours, je remercie le député de son approche réfléchie en politique. Peut-être que la FCC n’est pas affligée du même défaut de partisanerie que montre parfois le reste d’entre nous à la Chambre.
    Il a tout à fait raison. Le phénomène des fuites de carbone est réel. Si l’on crée un système qui ne veille pas à ce que les industries tributaires du commerce ne quittent pas le Canada, nous aurons le genre de conséquences annoncées par la Commission de l’écofiscalité advenant la mise en œuvre de l’approche du NPD, qui ne tient pas suffisamment compte de ce facteur. J’ai lu avec grand intérêt l’éditorial qu’a écrit le député la semaine dernière à ce sujet.
    Nous avons établi un prix sur la pollution pour les grands émetteurs, et ceux-ci devront le payer. Ensuite, nous avons établi, industrie par industrie, le seuil de réception de la remise pour les entreprises ayant un meilleur rendement que la moyenne sur le plan de la réduction des émissions. Si une entité peut effectivement battre de loin la moyenne de l’industrie, elle peut recevoir un crédit. Si elle continue simplement ses affaires comme à l’accoutumée, elle paiera un prix considérable. Nous avons utilisé le marché pour créer un incitatif qui encouragera les grands émetteurs à réduire leurs émissions graduellement, sans qu’ils soient obligés de faire sortir des emplois du pays.
    Je serais heureux de poursuivre plus tard la conversation avec le député.

  (1135)  

[Français]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec mon fantastique collègue de Courtenay—Alberni. Je profite de l'occasion pour le féliciter pour tout le travail qu'il fait en ce qui a trait au cyclisme au pays et à la réduction de la pollution par le plastique. Mon collègue de la Colombie-Britannique fait un travail formidable.
    J'ai écouté avec attention le discours du secrétaire parlementaire, et je voudrais revenir sur le dernier point qu'il a soulevé en répondant à la question de notre collègue conservateur. Effectivement, contrairement à ce que le secrétaire parlementaire a affirmé, certains secteurs industriels du Canada ont des passe-droits et des cadeaux en ce qui concerne le prix qu'ils doivent payer pour leur large contribution aux émissions de gaz à effet de serre. Tout cela leur est accordé parce qu'on craint que certaines compagnies de secteurs industriels qui sont soumis à une compétition internationale trop élevée soient tentées de déménager ou de mettre fin à leurs activités au Canada.
    Évidemment, dans son argumentaire, le secrétaire parlementaire a utilisé le motif du marché pour justifier ces passe-droits qui augmentent de 10 % la quantité de gaz à effet de serre que ces compagnies ont le droit d'émettre sans avoir à payer. Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il n'existe absolument aucun critère objectif vérifiable qui justifie cette exemption, ce cadeau donné à certains secteurs industriels. En théorie, la logique sous-jacente à cette exemption pourrait être justifiée, mais il est impossible de savoir sur quels critères objectifs, rationnels et indépendants le gouvernement libéral se base. Plusieurs militants environnementalistes l'ont déjà demandé. C'est donc une démarche qui n'a aucune crédibilité. Encore une fois, cela ressemble à des cadeaux offerts par les libéraux à leurs amies les grandes compagnies des secteurs industriels.
    Je trouve cela intéressant d'avoir cette discussion sur le prix sur la pollution. S'il y a une chose que nous ne pouvons pas reprocher aux conservateurs, c'est de manquer de cohérence. Quand ils mordent quelque chose, ils ne lâchent pas prise. Ils n'aiment pas l'idée de mettre un prix sur la pollution, et ils déposent la même motion de l'opposition qu'ils ont proposée il y a un mois ou deux, comme s'il ne s'était rien passé d'autre dans notre société ou dans notre pays. Cela semble être la seule chose dont ils veulent parler jusqu'à la prochaine élection. Tant mieux, parlons-en!
    Je suis le porte-parole du NPD en matière d'environnement. Cela va me faire plaisir de parler de notre plateforme extraordinaire qui s'appelle « Le courage d'agir », que le leader du NPD a présentée à Montréal dernièrement. Il s'agit d'un document extraordinaire et exhaustif qui comprend une panoplie de mesures nous permettant de relever les défis de la lutte contre les changements climatiques. J'aurai le plaisir d'y revenir dans quelques minutes.
    Par contre, s'il y a une chose qu'on peut reprocher aux libéraux, c'est leur manque de cohérence. Le gouvernement verse des larmes de crocodile et joue du violon en nous parlant des générations futures, de l'importance de la planète, de la nature, des grenouilles et des petits oiseaux, mais il ne fait rien. Il traîne les pieds depuis des années. Le bilan environnemental des libéraux n'est vraiment pas à la hauteur de ce qu'ils nous avaient promis en 2015 ou des discours qu'ils tiennent encore aujourd'hui. J'en veux pour preuve ce qui s'est produit hier soir. Le gouvernement libéral nous a fait voter sur une motion déclarant l'urgence climatique. C'est quand même important. Le Canada est un pays du G7. Le gouvernement a pris l'initiative de déclarer l'urgence climatique et de dire qu'il faut se retrousser les manches et agir. Or les libéraux nous ont fait voter sur cette motion la veille de l'annonce de l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Il faut avoir du front tout le tour de la tête! C'est insensé.
     L'expansion du projet Trans Mountain va tripler la production de pétrole des sables bitumineux, la faisant passer de 300 000 à 900 000 barils par jour. C'est un projet qui est extrêmement dangereux pour la côte de la Colombie-Britannique et qui ne bénéficie d'aucune acceptabilité sociale. Plusieurs communautés autochtones s'y opposent, tout comme le gouvernement de la Colombie-Britannique. Il est complètement incompatible avec l'ambition du gouvernement libéral de réduire nos émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Passer de 300 000 à 900 000 barils par jour, c'est l'équivalent de mettre 3 millions de voitures de plus sur nos routes.

  (1140)  

    Trois millions de véhicules à essence de plus sur nos routes, c'est cela le projet du gouvernement libéral relativement à la lutte contre les changements climatiques. Que quelqu’un me pince, car je crois rêver. Cela est complètement incohérent, et cela va tout à fait dans la mauvaise direction.
    Ce n’est pas pour rien que des groupes comme ENvironnement JEUnesse poursuivent actuellement le gouvernement libéral pour non-responsabilité envers les générations futures. Ce sont des jeunes inquiets qui manifestent, qui s’organisent et qui traînent le gouvernement en cour parce qu’il ne fait pas ses devoirs et qu’il ne prend pas les décisions courageuses qu’il faudrait prendre pour faire notre part dans le défi de notre génération, qui est la lutte contre les changements climatiques. Si on ne contrôle pas les émissions de gaz à effet de serre et qu’on n’empêche pas le réchauffement planétaire de 1,5 à 2 degrés Celsius, il va y avoir des conséquences extrêmement coûteuses. Il y aura des conséquences sociales, humaines, financières et économiques. Nous n'avons pas le droit de nous en laver les mains. Nous n'avons pas droit à l’inaction. Malheureusement, nous avons un gouvernement libéral qui tient de très beaux discours, mais qui n’agit pas.
    Au NPD, par contre, avec notre leader, le député de Burnaby-Sud, nous avons mis en avant un plan extrêmement ambitieux et complet. Je suis heureux d’avoir l’occasion d’en parler aujourd’hui, parce que nous nous attaquons à tous les grands secteurs qui contribuent aux émissions de gaz à effet de serre.
    L’erreur du gouvernement, c’est justement de penser que la taxe sur le carbone ou le prix sur la pollution est une baguette magique qui va régler tous les problèmes. Ce n’est pas le cas. C’est un outil nécessaire, mais, à lui seul, il est insuffisant. Je pense que c’est très important de le dire. C’est pour cela que, nous, au NPD, nous mettons en avant d’autres mesures, qui vont faire que nous serons sérieux et responsables. Dans notre engagement de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous visons 450 mégatonnes pour 2030. C’est réalisable et c’est également conséquent avec la science et le rapport du GIEC.
    Premièrement, nous voulons agir sur le logement. Nous voulons faire des rénovations écoénergétiques dans l’ensemble des bâtiments et des maisons au Canada d’ici 2050. Cela va faire économiser de l’argent aux gens et va réduire également notre empreinte carbone. Nous voulons changer le code du bâtiment pour que tous les nouveaux bâtiments soient éconeutres en 2030, c’est-à-dire capables de n’émettre aucun gaz à effet de serre. Ce sera réglementaire et s’appliquera partout. Le gouvernement n’a pas eu le courage de le faire et il ne semble pas vouloir emprunter cette direction non plus.
    Deuxièmement, il y a le transport. Le transport est un secteur majeur d’émission de gaz à effet de serre. Il faut pouvoir faire deux choses: l’électrification des transports individuels et des transports de marchandises — nous visons les deux et pas juste le transport des individus — et l’électrification des transports en commun.
    L’électrification des transports est extrêmement importante. Nous allons beaucoup plus loin que le gouvernement libéral actuel. Nous nous engageons à enlever la TPS sur tous les modèles de voitures électriques ou à zéro émission fabriquées au Canada. Non seulement cela va aider les consommateurs à se procurer des véhicules électriques ou à hydrogène à zéro émission, mais ce sera également un stimulus important pour que le secteur automobile puisse faire ce virage.
    Dans le transport en commun, il y a des investissements majeurs. Nous prévoyons 6,5 milliards de dollars dans un premier mandat néo-démocrate, et nous nous engageons à travailler avec les municipalités pour réduire le coût pour les usagers du transport en commun, et même pour en arriver à avoir un transport en commun gratuit, comme cela se fait ailleurs dans le monde, afin d’encourager les gens à utiliser davantage le transport en commun ou le transport actif, c’est-à-dire aller au travail ou se promener à vélo ou à pied.
    Troisièmement, il y a les énergies renouvelables. Il faut arrêter de subventionner les compagnies gazières et pétrolières, comme le gouvernement s’entête à le faire à coup de milliards de dollars par année. Il faut prendre cet argent et le réinvestir dans le secteur des énergies renouvelables, qui crée déjà le plus d’emplois au Canada, beaucoup plus que le secteur pétrolier.
    Nous nous engageons à le faire, avec l’appui d’une banque climatique, qui pourra accorder des prêts, donner des garanties de prêts à des entrepreneurs, à des investisseurs et à des gens qui vont se mobiliser pour avoir des projets écoénergétiques ou de développement d’énergie renouvelable.
    Voilà, le plan de match du NPD. Je pense que c’est beaucoup plus ambitieux que celui de n’importe quelle formation politique de la Chambre.
    Les Canadiens et les Québécois vont l’apprécier à sa juste valeur, le 21 octobre prochain.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j’ai été fasciné par le discours jusqu’au moment où le député a mentionné l’élimination progressive des combustibles fossiles. Le programme d’élimination progressive des combustibles fossiles prévoit des subventions au combustible fossile pour les collectivités éloignées qui ont besoin d’utiliser le diesel jusqu’à ce que nous puissions leur trouver d’autres combustibles pour produire de l’électricité.
    Cinq des sept subventions en vigueur actuellement ont été négociées, mais quelques-unes restent encore à faire, comme celle que je viens de mentionner. Le député pourrait-il parler des nuances entre l’élimination progressive des combustibles fossiles et l'attribution de subventions aux combustibles fossiles, et du fait qu'il est crucial d'éliminer les combustibles d’une façon qui ne met pas en danger les personnes des collectivités éloignées?

  (1145)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de cette question. Cela me permet d'en parler.
    Malheureusement, les libéraux utilisent souvent cet argument pour attaquer le plan du NPD. Ce n'est pas tout à fait juste, et je tiens à mettre les points sur les i et les barres sur les t. Je tiens à rétablir les faits.
     Évidemment, ce que nous visons, ce sont les subventions aux grandes industries et aux grandes compagnies pétrolières et gazières. Nous parlons également de changer le mandat d'Exportation et développement Canada, pour envoyer cet argent vers les énergies renouvelables comme investissement public. Évidemment, les communautés autochtones du Nord qui doivent avoir recours au diesel pour produire de l'électricité ne seront jamais affectées par le plan du NPD.
     Je remercie le député d'avoir posé cette question.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Rosemont—La Petite-Patrie de son propos.
    Évidemment, nous sommes en désaccord sur environ 95 % de ce qui a été dit, mais, comme il l'a si bien dit, si nous sommes d'accord sur les 5 % restants, c'est que nous sommes conséquents et cohérents et qu'ils le sont également.
    La question que je veux poser à mon collègue est fort simple. Nous estimons que mettre un prix sur la pollution ne fait pas baisser les émissions de gaz à effet de serre. C'est pour cela que nous nous opposons à la taxe libérale sur le carbone, qui est imposée d'un océan à l'autre, peu importe la volonté des provinces. En soi, c'est une hérésie en matière de respect des champs de compétence.
    Le 29 novembre dernier, à l'Assemblée nationale, le premier ministre du Québec a déposé le document suivant, qui a été produit par le ministère de l'Environnement du Québec et qui évalue les émissions de gaz à effet de serre de 1990 à 2016. Ce document conclut qu'en 2014, en 2015 et en 2016, alors que la bourse sur le carbone s'appliquait au Québec — je sais de quoi je parle, j'ai voté là-dessus quand je siégeais à l'Assemblée nationale —, les émissions de gaz à effet de serre n'ont pas baissé, elles ont même augmenté.
    J'aimerais que le député nous explique comment il se fait, selon lui, que la taxe sur le carbone, la taxation sur la pollution, ne fasse pas baisser les émissions de gaz à effet de serre, ainsi que le prouvent la science et l'expérience concrète et réelle du Québec.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Louis-Saint-Laurent de sa question, qui est extrêmement pertinente. Ce n'est pas la première fois qu'il la pose, d'ailleurs, et j'ai l'impression que je vais en entendre parler au cours des prochains mois.
    Ce que le député de Louis-Saint-Laurent a démontré, c'est que, comme le dit le NPD, la taxe sur le carbone n'est pas un outil qui à lui seul peut avoir un effet probant. Un ensemble de facteurs doivent être pris en compte et un ensemble d'efforts doivent être faits pour qu'on puisse le faire. Je pense qu'on ne peut pas passer à côté de cela. Je trouve dommage que les conservateurs pensent qu'on ne doit pas mettre de prix sur la pollution. Je trouve aussi étrange que les conservateurs soient contre l'utilisation des mécanismes du marché pour mettre de la pression sur les entreprises ou sur les consommateurs pour changer leurs habitudes.
    Comme le député est conservateur, j'imagine qu'il veut conserver des choses. Au moyen de notre plan, nous voulons protéger 30 % de tout le territoire terrestre et maritime du Canada et en faire des parcs et des réserves. C'est la demande qui est faite par les groupes environnementalistes.
    J'espère que, dans leur annonce de demain, on trouvera l'ambition de protéger la nature, ici, au Canada.
    Monsieur le Président, je suis très fière du plan du NPD, qui est extrêmement complet.
    Il y a une partie dont le député n'a pas encore parlé. Il s'agit de la partie liée à l'assurance-emploi et à la formation. J'aimerais qu'il nous en parle un peu, car je suis fière de cette partie aussi.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'Hochelaga. C'était sur ma feuille et je n'ai pas eu le temps d'en parler.
    Effectivement, nous sommes le seul parti qui respecte les travailleurs et les travailleuses dans cette transition énergétique, qui est nécessaire. Nous avons un plan en ce qui a trait à l'assurance-emploi. Ce plan vise à offrir de la formation à la main-d'œuvre, pour que les gens puissent se qualifier aux emplois de demain avant que les changements ne soient faits.
    Ainsi, pendant qu'ils sont encore au travail, ils pourront se former pour obtenir un nouvel emploi dans les énergies renouvelables, entre autres. Nous en sommes très fiers.

  (1150)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole aujourd'hui, alors que nous discutons du problème le plus important auquel doivent faire face notre planète et l'humanité. La motion des conservateurs aujourd'hui dit:
Que, étant donné que, à son taux actuel, la taxe sur le carbone ne réduira pas les émissions et qu’elle fait déjà augmenter le coût de la vie pour les Canadiens, la Chambre demande au gouvernement d’abroger la taxe sur le carbone et de la remplacer par un véritable plan pour l’environnement.
    Je vais parler d'un plan pour l'environnement et de la façon dont nous pouvons parvenir à ce dialogue. Toutefois, je tiens d'abord à lire une importante citation de Greta Thunberg qui, comme nous le savons tous, est une militante écologiste de premier plan à l'échelle mondiale. Elle dit: « Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout, et pourtant vous volez leur avenir sous leurs yeux. »
    Je vais axer mon discours sur la motion et sur les responsabilités financières relativement à ce qui se produit à l'heure actuelle. Nous savons que, dans un rapport de 2014, le directeur parlementaire du budget estimait que le coût des urgences climatiques serait d'environ 900 millions de dollars par année pour l'économie canadienne. Or, en réalité, ce coût s'est révélé être de 1,8 milliard de dollars. Le directeur parlementaire du budget avait donc, à l'époque, beaucoup sous-estimé le véritable coût des urgences climatiques et la vitesse à laquelle les changements climatiques se manifesteraient. Il avait également prédit que, d'ici 2050, le coût s'élèverait à 40 milliards ou 50 milliards de dollars par année. Quand je songe à Greta Thunberg, je pense à mes enfants et aux enfants de notre pays. Je pense à faire en sorte que nous ne leur léguions pas un énorme déficit et que nous payions pour la pollution maintenant plutôt que de nous attendre à ce que Greta Thunberg et les autres enfants du monde héritent de cet énorme déficit économique.
    Dans notre pays, les températures montent en flèche comme jamais auparavant. Le Canada est le pays qui connaît le réchauffement le plus rapide au monde; la température a augmenté de 1,7 degré depuis 1948, ce qui est notre référence. Il fait 2,3 degrés Celcius de plus dans le Grand Nord, où le réchauffement est le plus rapide au monde. Comme je l'ai dit ici, à la Chambre, nous observons des tendances météorologiques. Par exemple, l'île de Vancouver, en décembre, a connu la plus grosse tempête de vent de son histoire. En février, nous avons eu la plus grosse tempête de neige. En mars, nous avons eu la pire sécheresse. Des incendies de forêt ont commencé en mai et, à l'heure actuelle, la plupart des habitants de la côte de la Colombie-Britannique et certainement de toute l'île de Vancouver ont reçu des ordonnances de conservation de l'eau. Cela affecte notre saumon, notre économie, notre sécurité alimentaire et notre mode de vie.
    Je vais parler de la motion. Les conservateurs s'opposent à la taxe sur le carbone. Ils ont soulevé la question de la taxe sur le carbone. J'ai fait une recherche à la Bibliothèque du Parlement. Il y a environ deux mois, les conservateurs avaient posé 762 questions pendant la période des questions pour s'opposer à la taxe sur le carbone. Ce sont des occasions manquées de proposer des solutions au gouvernement et de l'exhorter à prendre des mesures à l'égard d'une liste d'éléments que les conservateurs auraient pu présenter. Ils en parleront peut-être demain. Je suis extrêmement déçu que le Parti conservateur du Canada n'ait pas présenté son programme hier pour que nous puissions débattre aujourd'hui de sa proposition. Cela aurait permis un débat sain. Nous devons mettre de côté la politique partisane et tenir un débat sain sur cette crise, qui est la plus importante de l'histoire de notre planète.
    Je suis extrêmement déçu. Les conservateurs font des reproches au gouvernement, disant que les libéraux n'ont pas de plan véritable, mais nous n'avons toujours pas entendu le plan des conservateurs. Cela nuit grandement à la crédibilité de la motion d'aujourd'hui, qui n'est présentée que pour faire opposition.
    L’ancien Parti progressiste-conservateur était prêt à faire preuve de leadership en matière de climat, par exemple en prenant des mesures contre les pluies acides, et il s’assurait de faire payer les pollueurs. Les conservateurs d’aujourd’hui, quant à eux, n’écoutent pas certains de leurs propres dirigeants. Preston Manning est très favorable à une taxe sur le carbone ainsi qu’à une tarification de la pollution et au fait de veiller à ce que celle-ci n’ait aucune incidence sur les recettes. Au vu de l’évolution du Parti conservateur, je trouve inquiétant que celui-ci nous soumette cette motion sans nous présenter son plan.
    Le Parti libéral affirme qu’il est important de concilier l’économie et l’environnement. Nous sommes entièrement d’accord.

  (1155)  

    Cependant, le gouvernement a acheté un pipeline pour 4,5 milliards de dollars et, aujourd’hui, les libéraux vont envisager de prendre une décision. Cette décision, si elle n’a pas encore été annoncée, est celle de jumeler le pipeline Trans Mountain et d’investir 15 milliards de dollars, ce qui pourrait être le plus gros achat public de l’histoire canadienne dans l’infrastructure des combustibles fossiles, et ce, à un moment où nous devons plutôt aller dans l’autre direction et investir dans l’énergie propre et le renouvellement. Je suis donc très déçu d’entendre le gouvernement dire qu’il reconnaît l’importance de concilier l’environnement et l’économie quand il pourrait plutôt investir dès maintenant 15 milliards de dollars dans l’énergie propre et l’électrification du pays. Le gouvernement a tant de possibilités et d’outils à sa disposition pour réduire les émissions et prendre de vraies mesures pour lutter contre les changements climatiques.
    Quand je regarde d’autres pays dans le monde, ils ne pensent certainement pas comme le député de Central Okanagan-Similkameen-Nicola, qui est convaincu que la taxe sur le carbone ne porte pas ses fruits en Colombie-Britannique et au Québec, alors qu’en fait, ces deux provinces ont les économies qui connaissent la plus forte croissance au Canada. En Colombie-Britannique, c’est un énorme succès. Quand le député attaque l’ancien gouvernement libéral de cette province qui a mis en place cette taxe et le gouvernement néo-démocrate qui continue d’appliquer cette politique importante que soutient le Parti vert de la Colombie-Britannique, il s’en prend à tous les partis politiques de la province qui sont unis sur une chose: le besoin de tarifer la pollution et de faire en sorte que les pollueurs paient leur juste part. Ce sont les faits.
    Nous ne pouvons pas laisser le soin d’agir qu’à Greta et aux autres jeunes de nos collectivités. Comme on a pu le voir, les jeunes agissent pour le climat. Ils font l’école buissonnière le vendredi et joignent leur voix à celle d’autres enfants du monde entier pour exiger que nous prenions des mesures; et par « nous », on veut dire dire ici même, à la Chambre de communes, où les dirigeants de tous les partis politiques doivent s’unir et agir. Voilà ce qu’ils demandent. Dans ma circonscription, des élèves des écoles secondaires G.P. Vanier et Mark R. Isfeld, à Courtenay, ont fait la grève pour que l’on diffuse leur important message à Ottawa, à la Chambre, et c’est ce que je fais aujourd’hui. Les enfants de l’école primaire Wood de Port Alberni font l’école buissonnière pour nous demander d’agir.
    J’ai le privilège de siéger au caucus sur le climat ici, à Ottawa, qui est un caucus multipartite, avec le député néo-démocrate de Drummond, la députée de Saanich—Gulf Islands, du Parti vert, la députée de Repentigny, du Bloc québécois, et le député conservateur de Wellington—Halton Hills. C’est une occasion où nous mettons de côté la politique partisane pour travailler ensemble sur une question importante. Malheureusement, seuls 10 ou 12 d’entre nous assistent régulièrement aux réunions, et nous devons être plus nombreux. Nous devons faire en sorte que les réunions du caucus sur le climat aient lieu ici, à la Chambre des communes, afin d’avoir un vrai débat sur les mesures à prendre pour avancer au lieu de reculer.
    Regardons les modèles ailleurs dans le monde. La Californie est un excellent modèle, car elle agit réellement, par exemple pour réduire les émissions des véhicules. Les Californiens ont adopté une approche à plusieurs facettes pour travailelr avec des personnes qui vivent de réels problèmes dans les collectivités et qui connaissent d’énormes difficultés économiques, et ils sont passés à un système de plafonnement et d’échange. Leur PIB a augmenté de 37 % depuis 2000 et ils ont réduit leurs émissions de 35 % par habitant. Ce n’est qu’un autre exemple d’État qui a pris les choses en mains. La Norvège a investi 1 billion de dollars dans le pétrole et gaz, alors que notre pays met 11 milliards de dollars de côté. La Norvège engrange 50 milliards de dollars rien qu’en intérêts et investit dans l’énergie propre et dans des stratégies qui réduiront les émissions. En fait, 53 % des véhicules sont électriques en Norvège. C’est donc possible. Quarante-cinq pays dans le monde ont opté pour la tarification de la pollution et une taxe sur le carbone, plus 25 autres États ou provinces de différents pays.
    Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, nous dit que nous devons réduire les émissions de 45 % par rapport aux niveaux de 2005, et notre engagement à Paris, d’ici 2030. Nous devons prendre des mesures radicales.
    Je pourrais parler toute la journée de solutions et de création d’emplois, d’énergie propre, d’investissement dans l’électrification et de la suppression des subventions aux grandes sociétés pétrolières et gazières. L'argent obtenu grâce à cette dernière mesure pourrait servir à financer tellement de possibilités et de solutions, comme l'amélioration éconergétique des immeubles. Le nombre de choses que nous pourrions faire est infini. Nous pourrions avoir tout un débat sur le sujet, et j’aimerais que nous en ayons un.
    Nous vivons une crise climatique. Je terminerai en citant Greta Thunberg, qui a dit: « Je ne veux pas de votre espoir. Je ne veux pas que vous espériez. Je veux que vous paniquiez [et] que vous agissiez comme si la maison brûlait. »
    Agissons donc comme si la Chambre était en train de brûler.

  (1200)  

    Monsieur le Président, j'aimerais revenir sur un point que le député a soulevé il y a quelques instants. Il a tout à fait raison de dire qu'il faut éviter de faire de la question un enjeu politique et partisan. Les changements climatiques ne sont pas un problème libéral, néo-démocrate ou conservateur. Il s'agit d'un enjeu auquel nous devons faire face aujourd'hui. L'histoire ne nous jugera pas en fonction du parti auquel nous appartenions lorsqu'il fallait prendre des décisions. Nous serons plutôt jugés en fonction des mesures que nous aurons prises collectivement.
    J'aimerais entendre les observations du député sur ce qu'il faut faire pour l'avenir, notamment les générations futures. Celles-ci nous jugeront-elles collectivement ou selon le parti dont nous faisons partie?
    Monsieur le Président, c’est une excellente question qui me ramène au caucus multipartite sur le climat. Malgré le fait que ce n’était qu’une poignée de personnes qui participaient aux réunions, je sais que la plupart des députés ont à cœur cette question très importante. J’aurais tant aimé que nous parlions et débattions de motions sur des propositions, et de la façon dont nous allons avancer et nous concentrer sur cette question précise. Je suis très déçu que ce ne soit pas à cela que nous consacrions notre temps et notre énergie.
    Au lieu de nous adonner à une partisanerie politique pour chercher à savoir si nous appuyons nos motions les uns des autres, nous devons trouver un moyen de travailler ensemble et d’appuyer mutuellement les propositions qui nous permettront d’avancer. C’est ce que nos enfants regarderont plus tard. Ils regarderont ce que nous avons fait et si nous avons procédé au changement de paradigme quand celui-ci était nécessaire, après que 97 % des scientifiques dans le monde nous l’ont affirmé. Ils chercheront à savoir si nous avons agi comme il le fallait. Ils nous jugeront, nous le savons, et ils nous tiendront responsables. Espérons que nous ferons ce qu’il faut faire pour avancer rapidement dans cette question si importante.
    Monsieur le Président, j’ai beaucoup aimé travailler avec mon ami à des questions de réserve de la biosphère, mais je suis contre presque tout ce qu’il dit. Je trouve le NPD étonnamment hilarant. D’une part, il tente de défendre l’industrie sidérurgique à Hamilton et parle de l’importance de ces emplois, et d’autre part, il s’acharne à empêcher la construction de pipelines qui sont faits d’acier.
    J’aimais beaucoup l’ancien NPD et des députés comme Ed Schreyer, le parti des travailleurs, etc. Ce nouveau NPD est fini quand il s’agit de travailler pour les travailleurs. Le seul parti qui se soucie des travailleurs dans ce pays est le Parti conservateur.
    Le sondage d’aujourd’hui montre ce que les travailleurs ont à dire. Ils ne veulent pas payer une taxe sur le carbone. Le plan environnemental des conservateurs qui sera publié demain sera un plan sans précédent.
    Le député a parlé de l’électrification du pays. Le pays sera électrifié quand cet homme dans cette chaise sera le premier ministre du pays.
    J’ai deux questions pour mon ami. Premièrement, jusqu’où veut-il que la taxe sur le carbone augmente? J’ai remarqué qu’il n’a pas cité de chiffre. Deuxièmement, étant donné que le NPD critique tout le temps les industries pétrolière et gazière, joindra-t-il le geste à la parole en recommandant que tous les fonds de pension des syndicats et le Régime de pensions du Canada se débarrassent entièrement de tous leurs investissements dans le pétrole et le gaz?
    Monsieur le Président, la réponse à cette très longue question pourrait être tout aussi exhaustive. Tout d'abord, je vais décrire à la Chambre à quoi cela ressemble dans ma circonscription de défendre les travailleurs canadiens. Sous la gouverne des libéraux de la Colombie-Britannique, les exportations de grumes ont décuplé en 10 ans, entraînant par le fait même un exode des emplois. Maintenant, ils veulent exporter le pétrole brut et le bitume brut au lieu de raffiner ces hydrocarbures au pays et d'améliorer la sécurité énergétique du Canada. Ils veulent envoyer ces ressources à l'étranger.
    Qui défend les emplois dans cette province? Les néo-démocrates sont les seuls à avoir défendu les emplois en Colombie-Britannique. Ils ont toujours eu à coeur les questions de l'emploi et s'affairent continuellement à favoriser la sécurité d'emploi au Canada.
    Encore une fois, en ce qui concerne la taxe sur le carbone, la politique partisane l'emporte sur le bon sens. Personne n'écoute les experts ou les bureaucrates, qui savent quelles mesures nous devons prendre. Nous devons tenir compte de leurs observations et faire ce qui s'impose pour nous assurer que la facture n'est pas refilée à nos enfants. Cette initiative n'est certes pas conservatrice sur le plan financier.
    Monsieur le Président, puisque le NPD prétend se placer du côté des travailleurs canadiens, il y a de nombreux habitants de Skeena—Bulkley Valley qui aimeraient connaître sa position à l'égard du projet de gaz naturel liquéfié de la Colombie-Britannique, qui n'aurait jamais été possible si le gouvernement néo-démocrate de la province n'avait pas réduit les impôts établis par le gouvernement libéral précédent, ce gouvernement qu'il prétend détester si passionnément.
    Deuxièmement, les néo-démocrates ont mis en place cet allègement fiscal, mais ils refusent de dire s'ils appuient le projet ou non. Je peux regarder Greta droit dans les yeux et lui dire que nous réduisons les émissions à l'échelle mondiale en remplaçant les énergies polluantes comme le charbon par des énergies propres comme le gaz naturel liquéfié. J'ose espérer qu'elle appuierait cette décision sur le plan scientifique.

  (1205)  

    Monsieur le Président, tout cela fait encore une fois beaucoup de questions. Les néo-démocrates sont contre les subventions accordées aux compagnies pétrolières et gazières, point final. C'est clair. Je n'ai aucun problème à l'affirmer à l'heure où l'on se parle. Le NPD fédéral a été très clair.
    Quant à la question qui a été posée au sujet du Régime de pensions du Canada, je dirais non, nous ne devrions pas investir les fonds de ce régime dans les infrastructures pétrolières et gazières. Mon collègue de Cowichan—Malahat—Langford a présenté un projet de loi dont nous serons saisis cette semaine, j'espère, et le député aura l'occasion d'en parler.
    Je pourrais parler en long et en large du fait que nous devrions avoir un débat plus approfondi sur cette très importante question. Le présent débat ne suffit pas. Les conservateurs ne nous disent pas quel est leur plan et ils refusent d'en discuter maintenant: ils ont vraiment perdu toute crédibilité.
    Monsieur le Président, aujourd'hui, nous débattons de la motion suivante présentée par les conservateurs:
    Que, étant donné que, à son taux actuel, la taxe sur le carbone ne réduira pas les émissions et qu’elle fait déjà augmenter le coût de la vie pour les Canadiens, la Chambre demande au gouvernement d’abroger la taxe sur le carbone et de la remplacer par un véritable plan pour l’environnement.
    Dans le cadre du débat sur cette motion aujourd'hui, j'aimerais expliquer en quoi consistent les changements climatiques, quelles en sont les causes et pourquoi la taxe libérale sur le carbone, actuellement à 40 $ la tonne, ne réduira pas les émissions au Canada, pourquoi elle contribue à aggraver les changements climatiques mondiaux et pourquoi elle nuit à notre économie, mais je vais le faire de la manière suivante.
    Un peu plus tôt aujourd'hui, le député de Kingston et les Îles a dit qu'en présentant cette motion, les conservateurs « mettent en péril la vie des générations à venir ». Récemment, il m'est arrivé quelque chose d'incroyable: je suis devenue une belle-mère et la grand-mère d'un tout petit être humain très collant pour qui je suis connue sous le nom de mamie. Mon beau-fils Kepi suit le débat aujourd'hui et ma belle-fille Tori s'intéresse vraiment à la question parce qu'elle a un fils. Celle-là, elle est pour eux, et non pour le député de Kingston et les Îles.
    Qu’est-ce que les changements climatiques et qu’est-ce qui les cause? On peut les décrire de façon générale comme des tendances mondiales ou régionales qui sont particulièrement apparentes depuis le milieu ou la fin du XXe siècle et qui sont attribuées largement à l’augmentation du taux de dioxyde de carbone atmosphérique produite par l’utilisation de combustibles fossiles. Les changements climatiques sont causés par des changements dans la concentration des gaz à effet de serre issus, par exemple, des émissions industrielles, des voitures, des volcans, des feux de forêt, du déboisement et des changements dans l'utilisation des terres, des aérosols de sulfate ainsi que des particules de suie ou du carbone noir. Si c'est bel et bien ce qui cause les changements climatiques, comment est-il possible de les réduire?
    Commençons par le plan des libéraux qui est le sujet de la motion aujourd’hui. Je tiens à dire ceci au député de Kingston et les Îles et à tous ceux qui invoquent les enfants comme motif pour débattre des changements climatiques: les libéraux hypothèquent l’avenir de leurs enfants en tarifant le carbone de 40 $ la tonne. Si les changements climatiques sont causés par les facteurs que je viens de citer, l’objectif stratégique devrait être de mettre en oeuvre une politique qui réduirait les émissions de gaz à effet de serre. C’est ce que nous devons faire pour sauver la planète pour nos enfants. Par conséquent, compte tenu de la gravité de la question, il nous incombe, en notre qualité de législateurs, de nous demander si le plan proposé par les libéraux pourrait fonctionner.
    Ceux qui ont étudié les sciences économiques connaissent le principe de l’élasticité-prix. Disons pour simplifier grandement que, selon ce principe, si le prix d’une marchandise change, les gens en achèteront plus ou moins. Les marchandises que les gens peuvent se permettre d'acheter en plus ou moins grande quantité, selon les variations de prix, ont une élasticité-prix élevée. À l'inverse, les marchandises dont les gens doivent continuer d'acheter la même quantité, quelles que soient les variations de prix, sont inélastiques quant au prix.
    Je soulève ce point parce qu'il s'agit d'un concept d'une très grande importance quand on se demande si une taxe sur le carbone pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre. Lorsqu'on espère réduire les émissions de gaz à effet de serre en tarifant le carbone comme le gouvernement le fait, ce qui signifie qu'on augmente le prix l’essence que nous mettons dans nos voitures ainsi que du combustible que nous utilisons pour chauffer nos maisons ou produire de l’électricité, c’est qu'on espère et on prie, à l'instar des libéraux, pour que la théorie se confirme dans la pratique et que les gens produisent moins de carbone parce que le prix a augmenté.
    Le gouvernement a refusé de déposer ou de publier les données qu'il a pu générer à l'aide d'un modèle intégrant l’élasticité-prix du carbone. C’est vraiment malheureux parce qu'en l'absence de cette information, les législateurs soucieux de l'importance capitale de l'enjeu pour les enfants du pays que nous sommes ne sont pas en mesure de déterminer si la tarification du carbone est susceptible d'avoir l'effet escompté.

  (1210)  

    Le fait est qu’au Canada, où il fait très froid et où nous devons utiliser des combustibles fossiles pour chauffer nos maisons et nous déplacer, puisque nous n’avons pas le genre d’infrastructures de transport en commun qu’un petit pays européen peut avoir, il n’y a pas vraiment de bonne solution de remplacement au carbone. Au Canada, le carbone n’est pas tributaire du prix, ce qui signifie que la tarification du carbone à 40 $ la tonne, que les libéraux ont instaurée, ne réduira pas les émissions de gaz à effet de serre.
    Si cette motion est présentée à la Chambre aujourd’hui, c’est parce qu’il s’agit d’un enjeu important, mais si nous voulons sauver la planète pour nos enfants et nous savons que la mesure ne fonctionnera pas, nous devons alors parler d’autres solutions au lieu de nous contenter de nous y accrocher par opportunisme politique.
    Les députés n’ont pas à me croire sur parole. Cette année, le directeur parlementaire du budget, un haut fonctionnaire non partisan du Parlement dont le travail consiste à faire ce genre de modélisation, a dit qu’il faudrait que la taxe sur le carbone des libéraux atteigne 102 $ la tonne dans chaque province et territoire afin d’atteindre les cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixées par le gouvernement, ce que la tarification est censée faire.
    Lorsque nous lui avons demandé si elle allait augmenter la taxe à ce niveau, la ministre de l’Environnement a dit non. Que Dieu soit loué, la réponse était non. Essentiellement, les libéraux ont dit qu’ils établissent un prix du carbone à 40 $ la tonne. Ils savent que cela ne réduira pas les émissions de gaz à effet de serre et ils ne hausseront pas davantage la taxe.
    Qu’avons-nous fait en quatre ans? Le rapport que les libéraux ont publié cette année montre que le Canada est en réalité plus loin de la cible de Paris que l’an dernier. Les nouveaux chiffres publiés par Environnement Canada montrent que le Canada est en voie de rater par 79 mégatonnes sa cible d’émissions de gaz à effet de serre de 2030, en hausse par rapport à 66 mégatonnes l’an dernier.
    Ces types sont là à faire ce que je me plais à appeler de la pornographie apocalyptique. C’est quand des gens parlent de toutes les choses terribles qui arrivent et qu’ils mettent l’accent là-dessus pour détourner toute enquête législative sur l’efficacité de leurs politiques. Nous savons que la mesure ne fonctionnera pas. C’est pourquoi la motion est présentée aujourd’hui. Les libéraux mettent fin au débat chaque fois que l’un de leurs plans sur le climat est mis en doute. S’ils savent que leur plan ne réduira pas les émissions de gaz à effet de serre et qu’ils n’augmenteront pas la taxe, pourquoi ont-ils proposé cette mesure?
    J'ai quelques hypothèses à ce sujet. J'y vois une razzia pour financer les dépenses effrénées des libéraux. De plus, certains des principaux ministres auront l'occasion de faire des tournées de conférences et, peut-être, de se tailler une place parmi les consultants qui n'ont aucun plan précis pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mais qui sont grassement payés à titre de consultants en environnement.
    C'est ce qu'ils tentent de faire, je crois. Je trouve cela malheureux quand je pense que le député de Kingston et les Îles s'efforce de convaincre les enfants. Je ne veux pas que mes enfants soient aux prises avec un plan libéral sur le carbone que les libéraux utiliseraient non pas pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais pour se trouver des emplois après leur vie politique, ce qui semble le cas puisqu'ils font de beaux discours mais n'agissent pas.
    Je tiens à réfuter certains des arguments que les libéraux avancent aujourd'hui pour s'opposer à la motion. Tout d'abord, ils répètent que selon un prix Nobel d'économie, le professeur Nordhaus, c'est la meilleure façon de lutter contre les changements climatiques. Regardons de plus près le travail du professeur Nordhaus. Il reconnaît lui-même que la tarification du carbone comporte de nombreux enjeux pratiques, notamment en matière de mise en oeuvre. La question des taxes transfrontalières sur les émissions de carbone pose problème, tout comme les inefficacités administratives.
    En fait, selon le directeur parlementaire du budget, le coût de l'administration de la taxe sur le carbone au Canada, qui, comme je l'ai expliqué, est inefficace et ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre, s'élève à 174 millions de dollars, sans compter le coût direct pour les Canadiens. Les libéraux n'ont pas de données sur l'élasticité du prix démontrant que le prix de 40 $ la tonne réduirait, dans les faits, les émissions de gaz à effet de serre.
    Par comparaison, selon le rapport des Nations unies que les libéraux citent souvent, le gouvernement devrait imposer des prix de 135 $ à 5 500 $ la tonne de dioxyde de carbone d'ici 2030. Cela ne tient pas compte d'un quelconque modèle de croissance économique ou de ce qu'il adviendrait de la croissance de l'économie canadienne ou de l'économie mondiale à ce moment-ci.
    Ce professeur a autre chose à dire au sujet des éléments déficients et incertains du plan inefficace des libéraux.

  (1215)  

    Dans un de ses ouvrages, il a écrit, « Il est très difficile de prédire avec exactitude quels seront le rythme et l'ampleur du réchauffement entraîné par les émissions de CO2, surtout au-delà des quelques prochaines décennies. » Oui, il y a peut-être un point de vue qui fait consensus, mais souligne-t-il, « la science n'est pas une affaire de vote majoritaire. »
    Selon lui, les coûts représentent un élément clé:
    Les gens veulent être certains [...] que les cibles [en matière d'émissions de carbone] ne sont pas simplement établies pour apaiser des environnementalistes excessivement inquiets qui veulent sauver leurs écosystèmes à tout prix au détriment des êtres humains [...]. Les gens veulent pouvoir peser les coûts et les avantages [...]. Il ne suffira pas de dire que « les écosystèmes sont précieux » ou que « nous devons être prêts à payer n'importe quel prix pour sauver les ours polaires ».
    Il souligne également qu'il est difficile d'établir des modèles. D'après ce qu'on pouvait lire dans le Financial Post:
    À propos de ses propres analyses informatisées sur les répercussions des seuils de basculement de la température, il souligne que ses hypothèses « constituent la limite extrême de ce qui paraît vraisemblable et ne trouvent aucun fondement solide dans les estimations empiriques des dommages ».
    Il s'agit d'une question complexe qui exige des modèles économiques complexes que les libéraux n'ont pas expliqués aux Canadiens. Ils n'ont pas parlé du fait qu'un prix du carbone à 40 $ la tonne ne va pas réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais ils demandent aux Canadiens de payer un prix très élevé pour cela. C'est immoral et inacceptable.
    Le professeur Nordhaus souligne aussi que tous les pays, y compris les plus pauvres, doivent faire partie des régimes d’émissions contraignants à l'échelle mondiale pour qu’ils aient un effet. Cependant, les libéraux ne prennent aucune des mesures que cet économiste recommande, absolument aucune.
    Quelques autres points ont été soulevés au cours du débat aujourd’hui. Le député de Vancouver Kingsway a parlé de la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique. Il a parlé de cette réduction de 2,2 % des émissions comme s’il s’agissait d’une victoire. Cependant, il prend en compte les données dans le contexte de la vallée du bas Fraser en Colombie-Britannique. Il y fait plus chaud et le transport en commun y est plus développé. L’élasticité du prix du carbone peut y être différente que dans les régions rurales de la Saskatchewan. Si nous cherchons une solution pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au Canada, elle doit s’appliquer à l’ensemble du pays, sans nuire à notre économie.
    Les députés d’en face ont évoqué Preston Manning. À mon avis, l’approche de Preston Manning à cet égard est absolument mauvaise. Je me demande pourquoi Preston Manning fait cela. J’irais même jusqu’à dire qu’il a pour objectif d’amasser des fonds pour son groupe de réflexion, et non de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Je serais heureuse de débattre avec Preston Manning, à n’importe quelle tribune, sur les données mêmes que j’ai présentées, car ce n’est pas juste et cela ne réduira pas les émissions de gaz à effet de serre au Canada.
    Les députés d’en face ont aussi cité le pape. Ils affirment à la Chambre des communes qu'il nous faut une réponse aux changements climatiques fondée sur la science et des données empiriques, sont incapables de produire leurs propres données, et finissent par se rabattre sur la religion en citant un homme qui ne remplirait même pas le critère décisif pour se présenter comme candidat libéral.
    Les députés d’en face ont parlé de la neutralité fiscale. J’expliquerai ce concept pour ceux qui m’écoutent et pour mon beau-fils, Kepi. Selon le gouvernement, et seul un libéral le dirait, la neutralité fiscale, c’est payer une taxe et obtenir un montant d’argent égal en retour. C’est de la folie, parce que comme les députés le savent, il y a un coût pour percevoir de l’argent. Les gens sont payés en fonction des coûts administratifs de 174 millions de dollars. Ils ne recevront pas le même montant d’argent dans une taxe en cascade qui touche tous les niveaux de production. Des données rapportées en Colombie-Britannique l’ont confirmé. Elles ont montré que la taxe est devenue régressive. Il n’est plus question de neutralité fiscale.
    De plus, en ce qui concerne le prétendu remboursement envoyé aux Canadiens qui, selon le gouvernement, était exact sur le plan des faits, le directeur parlementaire du budget a montré dans une annonce que le remboursement moyen de la taxe sur le carbone que les Canadiens ont reçu en 2018 était nettement inférieur au montant que les libéraux avaient promis de leur verser.
    Si la mesure ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre, si les gens paient plus et si la neutralité fiscale n’existe plus, pourquoi accepterions-nous ce statu quo en parlant de ce que nous faisons pour nos enfants? C’est de la pure folie.
    De plus, les libéraux, le NPD et le Parti vert disent tous qu’il n’y aura pas d’incidence sur l’économie. C’est de la foutaise. Je l’associe à l’idée que la taxe sur le carbone libérale exacerbe en réalité les changements climatiques à l’échelle mondiale, car lorsque nous taxons des biens produits selon des normes environnementales élevées, comme c’est le cas au Canada, nous les remplaçons par des biens provenant de pays à plus forte teneur en carbone. La production d’acier au Canada en est un parfait exemple.

  (1220)  

    Lorsque les producteurs d’acier de l’Ontario étaient assujettis à une taxe sur le carbone et que les producteurs chinois ne l’étaient pas, le gouvernement de la Chine était en mesure d’écouler de l’acier au Canada à bas prix, ce qui a eu pour effet de remplacer au Canada des biens par d’autres biens produits selon des normes d’émissions moins élevées.
    En tant que pays, nous pouvons imposer une taxe sur le carbone visant les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à ce que les poules aient de dents, mais tant que nous achèterons des produits de la Chine, de l’Inde, du Brésil et des États-Unis, nous ne nous attaquerons pas au problème des émissions de gaz à effet de serre. Pour ce faire, il faut un régime contraignant à l’échelle mondiale qui réduit les émissions de gaz à effet de serre, avec des cibles contraignantes.
    Que devrions-nous faire? Demain, mon chef va annoncer un plan très complet qui s’attaque à bon nombre de ces problèmes. Je ne veux pas lui couper l’herbe sous le pied. Nous avons besoin d’une solution proprement canadienne, qui tient compte du fait que notre économie est régionalisée. Il fait froid ici. Il n’y a pas beaucoup de substituts à nos produits. Nous avons une abondance de technologies dont l’adoption repose sur la mise en œuvre des bonnes mesures incitatives. Nous avons besoin de normes d’efficacité énergétique. C’est juste moi qui réfléchis tout haut.
    Nos mesures de lutte contre les changements climatiques sur la scène mondiale ne peuvent se résumer à la participation de la ministre de l’Environnement à une séance de photos où ce qu’elle a fait de plus écologique a été de s’asseoir à une table couverte de gazon et de boire des cocktails. On ne voyait pas là le Canada user de son influence sur la scène mondiale pour inciter à l'action contre les changements climatiques.
    Je tiens à parler du bilan des conservateurs. Les libéraux peuvent dire que les conservateurs n’ont pas de plan jusqu’à ce que les poules aient des dents, mais il y a une vérité qui dérange: il n’y a qu’une fois dans l’histoire du Canada où nous avons vu une réduction des émissions de gaz à effet de serre alors que l’économie était en croissance. C’était sous le gouvernement de Stephen Harper, quand nous avons réglementé les véhicules de tourisme. Je prendrais aussi à partie le député de Vancouver Kingsway à propos des réductions qu’il a constatées en Colombie-Britannique. Qu’en est-il des réductions que nous avons mises en œuvre pour les véhicules de tourisme?
    La réglementation du secteur canadien de la production d’électricité à partir du charbon est entrée en vigueur sous un gouvernement conservateur parce que nous croyons, et c’est le point central, que nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre sans miner l’économie canadienne. Je prends la parole en tant que députée de l’Alberta, parce que ces gens ont fait jouer leur pornographie apocalyptique pour mettre ma circonscription au chômage. Les libéraux n’ont rien fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils se sont levés ici pour s’insurger: « Que fait-on des enfants? » Les libéraux n’ont rien fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ils ont mis ma circonscription au chômage. C’est une faillite morale. C’est de la basse politique.
    Les députés devraient se soucier du parti politique qu’ils défendront après ce débat. C’est un débat partisan. La pornographie apocalyptique et tout le reste à l’appui, les libéraux défendent ici des outils d’intervention qui ne fonctionnent pas, puis ils veulent que je dise à mes enfants et à mes petits-enfants: « Oui, c’était fantastique. C’était non partisan. Nous n’avons rien fait ». C’est inacceptable.
    J’ai participé à un événement avec Al Gore, et j’ai débattu avec lui. J’aurais aimé que l’événement soit public, parce que c’était très amusant. Il y a beaucoup de vérités qui dérangent par rapport aux mots à la mode qui sortent de ces communautés qui ne font rien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
    Nous avons la responsabilité d’agir au Canada. C’est ce que les conservateurs ont fait. En réalité, le dernier gouvernement libéral a vu les émissions de gaz à effet de serre augmenter de 30 % lorsqu’il était au pouvoir. Les libéraux sont probablement en voie de faire de même.
    Le débat devrait être partisan, parce que ces gens en ont fait un tissu de mensonges, une affaire de politique, mais ils n’ont rien fait de concret pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
    Le secrétaire parlementaire de la ministre de l’Environnement et du Changement climatique a dit qu’il est temps de débattre de solutions et de les mettre en œuvre. Les enfants se portent bien. Ils veulent que nous agissions. C’est un fait. Cependant, la tarification du carbone ne fait rien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle met des gens au chômage dans notre pays et permet à des pays qui ont une importante empreinte carbone, comme la Chine, de produire impunément des biens que nous achetons. Ce n’est pas agir. C’est de la politique. C’est immoral.
    Comme c’est peut-être l’une des dernières fois que je prendrai la parole à la Chambre au cours de cette législature, je tiens à remercier tous mes électeurs de Calgary Nose Hill de me donner l’occasion de me battre pour eux. C’est important. Je leur dirai simplement que nous avons mené une chaude lutte. Nous avons combattu le gouvernement libéral à toutes les occasions et nous avons largement réussi à lui demander des comptes et à le faire reculer sur certaines de ses politiques.
    C'est au tour des électeurs de ma circonscription de se battre. Je leur demande donc de se joindre à nous.

  (1225)  

    Monsieur le Président, je tiens à féliciter la députée de Calgary Nose Hill pour son récent mariage et l’arrivée d’enfants dans sa famille. Le premier enfant dont je suis devenu parent était aussi un beau-fils. Je crois qu’il n’y a rien de plus gratifiant dans la vie que de découvrir ce nouvel amour pour un autre être humain, surtout quand nous sommes responsables de celui-ci.
    Je la remercie aussi d’avoir parlé de sa formation en économie. J’ai moi-même une formation en économie. Le problème avec ces propos sur l’élasticité, c’est qu’elle suppose que l’élasticité ne changera pas au fil du temps. L’élasticité d’un bien peut changer, en particulier lorsque des produits de remplacement deviennent disponibles. Avant la révolution industrielle, l’élasticité de l’huile de baleine était extrêmement faible, parce que c’était la seule huile utilisée pour s’éclairer. Si les gens voulaient de la lumière, ils devaient acheter ce type d’huile. Toutefois, quand des produits de remplacement et de nouvelles technologies sont apparus, l’élasticité a changé, et plus personne n’avait besoin d’huile de baleine. Par conséquent, ses propos sont plutôt lacunaires puisqu'elle n'a présenté qu’un aspect du modèle économique. Nous devons respecter le fait que des changements surviendront à mesure que de nouveaux produits de remplacement arriveront sur le marché. Lorsque nous attribuons un prix à quelque chose, nous avons la capacité d’influer sur ce bien dans le marché et, par conséquent, nous verrons son élasticité changer.
    Monsieur le Président, la tarification du carbone à 40 $ la tonne ne change pas par magie le fait que le moyen le plus efficace d’obtenir de l’énergie est d’utiliser une molécule de carbone. Le député essaie de nous faire croire qu’il existe, au Canada, un produit de remplacement pour l’essence dans une moissonneuse-batteuse ou pour se rendre au travail dans une ville non dotée d’un réseau de transport en commun.
    Parlons de ce que la tarification du carbone fera pour favoriser des produits de remplacement et l’adoption de technologies propres. Un prix de 40 $ la tonne chasserait du Canada les capitaux d’investissement dans des secteurs où nous pourrions développer une capacité réceptrice pour ces types d’initiatives. Par exemple, dans le secteur de l’énergie, nous voyons des capitaux quitter le pays, alors que nous devrions mettre en place une réglementation pour garantir l’adoption de cette technologie sans imposer un prix qui ne nous permet pas de concurrencer les États-Unis.
    Le député parle de cette structure magique, que sa propre politique compromet et déracine et rend impossible à réaliser. Voilà pourquoi c’est si dommageable. Ces 40 $ la tonne mettent le Canada hors jeu en ce qui concerne l’adoption de technologies propres et le développement et l’adoption de produits de remplacement.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue de défendre si vigoureusement les intérêts des gens de sa circonscription. Manifestement, ses concitoyens sont importants pour elle, comme c’est le cas pour nous tous à la Chambre.
    J’ai d’énormes préoccupations. Je vois les libéraux de la Colombie-Britannique d’un côté des Rocheuses, des libéraux surtout conservateurs, se féliciter de l’excellent travail qu’ils ont accompli en instaurant une taxe sur le carbone dans l’économie dont l’essor est le plus rapide au pays. Ils se félicitent de la réduction des émissions de carbone. Ils ont même organisé des élections durant lesquelles ils se tapaient dans le dos. Puis, ils viennent à Ottawa, comme notre ancienne collègue, Dianne Watts, qui a siégé à la Chambre comme conservatrice et qui a brigué la chefferie du Parti libéral provincial de la Colombie-Britannique, et ils se félicitent de l’important travail que représente l’imposition d’une taxe de 40 $ la tonne de carbone en Colombie-Britannique, qui a reçu l’appui des trois partis provinciaux.
    Je m’inquiète quand j’entends parler de cette « taxe sur le carbone néfaste pour l'emploi », le message que les conservateurs véhiculent, alors que nous savons qu’elle a fonctionné en Colombie-Britannique.
    La députée a parlé de la Scandinavie, mais elle ne présente aucune solution ni aucune proposition dans son discours. J’aimerais entendre des idées sur la façon dont nous allons collaborer dans ce dossier.

  (1230)  

    Monsieur le Président, le député vient de prendre la parole pour dire qu’il s’agit d’une question non partisane, et tente maintenant d’en faire un enjeu partisan.
    J’ai consacré une section entière de mon allocution au fait que la taxe sur le carbone de la Colombie-Britannique s’est avérée régressive. Elle a un effet certain sur les recettes. Le propre collègue du député a affirmé que cette taxe n’avait eu qu’une incidence de 2,2 %.
    J’ai aussi souligné le fait qu’il ne fait pas aussi froid à Vancouver que dans le reste du pays. On y trouve des trains qui amènent les gens où ils veulent. La vie n’est pas la même dans les campagnes de la Saskatchewan. Voilà pourquoi il nous faut une politique nationale qui reconnaisse que nous vivons dans un très grand pays froid qui dépend de ses ressources naturelles et agricoles.
    Quant aux solutions, j’y ai consacré la dernière moitié de mon allocution en grand détail. Si mon collègue désire enrichir ses connaissances en faisant un peu de lecture, j’ai publié en 2016, dans le National Post, un article qui décrit ces faits en détail, que les lecteurs se sont échangé et qu’ils ont commenté maintes fois dans des gazouillis.
    Monsieur le Président, je suis quelque peu intrigué d’entendre dire que le Parti conservateur s’oppose à la tarification de la pollution. Je me joins aux millions de Canadiens qui attendent avec impatience l’annonce que fera demain Doug Ford sur le plan environnemental que les conservateurs proposent pour le pays.
    Les provinces de différentes allégeances politiques ont adopté une tarification de la pollution. Le plan national vient en aide aux provinces qui n’ont pas de plan et aux personnes comme Doug Ford qui se sont retirées d’un plan existant. Ce plan établira une norme nationale qu’il faudra respecter dans tout le pays.
    Ma collègue ne pense-t-elle pas qu’il serait bon d’établir un plan national en matière d’environnement? C’est essentiellement ainsi que la situation évolue: la tarification de la pollution s’établit partout au pays.
    Monsieur le Président, ce type traite de cet enjeu en plaisantant, mais ce n’est pas drôle du tout. Son argument repose sur une prémisse que j’ai entièrement réfutée pendant plus de 20 minutes. Une tarification de 40 $ la tonne sur le carbone ne contribuera aucunement à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
    En 2016, M. Clark, l’ancien premier ministre, a affirmé que le système que propose le gouvernement libéral obligerait la Colombie-Britannique à payer deux fois la taxe sur le carbone. Ce n’est pas juste. Le fait qu’un si grand nombre de premiers ministres provinciaux aient reçu le mandat d’éliminer les taxes sur le carbone indique clairement que cette taxe punitive aurait des répercussions disproportionnées dans différentes régions du pays. Les économies régionales ont des besoins différents en matière d’utilisation et de profil énergétiques. Voilà pourquoi nous devons nous écarter d’une taxe unilatérale qui nuirait à notre économie et qui ne réduirait pas les émissions de gaz à effet de serre.
    Cet homme mentionne très souvent les noms de différents premiers ministres. S’il le fait, c’est parce que nous nous apprêtons à déclencher des élections fédérales et que les libéraux essaient désespérément d’éviter que les Canadiens soulignent tous les mensonges qu’ils ont proférés sur cet enjeu.
    Les Canadiens sont préoccupés par les changements climatiques. Nous en avons assez. Les Canadiens en ont assez. Je suis plus que fière de dénoncer une politique qui est un échec, qui ne donne rien, qui a l'air vertueuse mais qui est vide de sens, comme une bouteille d'eau en papier, et qui ne fera rien pour réduire les changements climatiques au pays.
    Monsieur le Président, j’ai bien aimé entendre le point de vue de ma collègue sur la réponse que la ministre m’a donnée à une question que j’ai posée au nom d’un constructeur de maisons éconergétiques de ma circonscription qui s’inquiète de l’augmentation du coût de ses produits à la suite de l'imposition de la taxe sur le carbone.
    Elle m’a alors parlé d’une entreprise du nom de VeriForm qui fait des choses remarquables. VeriForm a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 80 % et augmenté ses bénéfices d’un million de dollars. Mais elle a oublié de dire que cela s’est passé en 2014 sous le gouvernement Harper.

  (1235)  

    Monsieur le Président, je suis très heureuse que ma collègue ait soulevé cette question. Nous avons besoin d’un environnement économique qui encourage l’adoption et l’élaboration de solutions de rechange propres. Si les prix sont élevés, si le capital intellectuel et le capital financier réel s’en vont ailleurs pour échapper aux politiques punitives qui ne réduisent pas les émissions de gaz à effet de serre, nous ne verrons pas ce genre de choses. La députée a tout à fait raison.
    Je veux simplement revenir sur cette image vertueuse que se donne le gouvernement libéral, mais qui est vide de sens. Le gouvernement a déversé des millions de litres d’eaux usées brutes dans le fleuve Saint-Laurent. Il a réduit les fonds destinés au nettoyage des lacs.
    Mon amie Sarah Fischer a réalisé une vidéo de neuf secondes la semaine dernière pour se moquer de la bouteille d’eau en papier du premier ministre, qui n’a même pas pu dire ce qu’il faisait pour réduire les déchets de plastique au pays. Je me demande quelle est la dernière fois qu’il a fait un plein d’essence ou est allé faire l’épicerie. Il est tellement déconnecté. Sa vidéo se termine par « ne fonctionne pas ». Pour moi, il n’aurait pas pu y avoir un résumé plus succinct et plus juste de la poudre aux yeux, de l’inaction, de l’écopollution, de l’autoglorification et de l’autopromotion que nous avons vues de la part du gouvernement libéral en ce qui concerne l’environnement et l’économie.
    Je suis tellement fière de me battre contre cela et de lutter pour le mieux.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Winnipeg-Nord. J’ai hâte d’entendre ce qu’il aura à dire après mon intervention.
    Notre gouvernement prend les changements climatiques au sérieux. Les changements climatiques sont réels et nous avons un plan pour nous y attaquer. Après les négociations de l’Accord de Paris en 2015, le Canada s’est donné un plan pour s’attaquer aux émissions afin de faire sa part pour limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 degré Celsius. Nous avons passé un an à travailler avec les provinces et les territoires, à consulter les peuples autochtones et à écouter les Canadiens de tous les coins du pays. Il y a deux ans et demi, nous avons publié notre plan national de lutte contre les changements climatiques, le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques. J’ai examiné ce plan la semaine dernière. C’est un document de 90 pages, qui explique ce que nous allons faire et comment nous allons le faire.
    Ce plan vise à réduire, d’ici 2030, nos émissions de gaz à effet de serre de 30 % par rapport aux niveaux de 2005. Il va nous aider à nous adapter aux changements climatiques et à stimuler l’innovation et le développement de technologies propres. Il prévoit de tarifer la pollution par le carbone dans tout le pays, ce dont nous parlons aujourd’hui, parce que nous savons que c’est efficace et que cela remet de l’argent dans les poches des Canadiens. Dans le cadre d’un plan global, 90 % des recettes perçues retournent directement aux familles par le biais de leurs déclarations de revenus dans les provinces où la tarification de la pollution n’existe pas, comme en Ontario.
    Les 10 % restants retournent aux entreprises, qui s’en servent pour réduire leur empreinte carbone grâce au fonds de l’Incitatif à agir pour le climat, qui appuie justement les initiatives que prennent à cette fin les PME, les municipalités, les universités, les écoles et les hôpitaux, ainsi que les organismes à but non lucratif. Les bénéficiaires pourront ainsi réduire leur consommation d’énergie, économiser de l’argent et réduire la pollution par le carbone. C’est donc aussi un plan économique pour ce genre d’organismes.
    La tarification du carbone permettra de réduire les émissions de 50 à 60 millions de tonnes d’ici 2022. Elle favorisera aussi l’innovation, parce qu’elle incitera à réduire la consommation d’énergie grâce à des mesures de conservation et d’efficacité.
    Toutefois, nous faisons bien plus que simplement mettre un prix sur la pollution par le carbone. Plus d’une cinquantaine de mesures concrètes, sous forme de politiques, de règlements, de normes et d'investissement permettront de réduire les émissions du Canada, favoriseront une croissance propre et aideront les Canadiens à s’adapter aux répercussions des changements climatiques.
    Le gouvernement du Canada a aussi prévu 28,7 milliards de dollars pour l'amélioration des transports en commun. Il sera ainsi plus facile pour les Canadiens de choisir des options de transport à plus faibles émissions. Le gouvernement de l’Ontario a gelé certains de ces projets, mais nous espérons voir d’autres investissements à Guelph, dont des autobus municipaux fonctionnant aux carburants de remplacement, un parc de véhicules plus vert, sans oublier les incitatifs mis en place par la Fédération canadienne des municipalités pour installer des bornes de recharge. Nous avons investi dans 26 autobus neufs il y a quelques années, achetés justement pour encourager la collectivité à prendre l’autobus en plus grand nombre.
    En dehors de notre collectivité, nous suivons de près le projet du GO Train qui assurerait en permanence la liaison aller-retour avec la région du Grand Toronto. Nous avons beaucoup de gens qui se rendent au travail dans la circulation dense de l’autoroute 401, puis qui mettent beaucoup de temps à rentrer chez eux. Or, le projet de plusieurs milliards de dollars visant à étendre le réseau GO Transit de l’Ontario a franchi deux étapes importantes, le 30 mai dernier, avec l’annonce par la Banque de l’infrastructure du Canada d’un investissement pouvant atteindre deux milliards de dollars, puis avec l’annonce par la province de la présélection de quatre consortiums pour passer à l’étape suivante des appels d’offres. Ce projet attire des investissements étrangers. Il n’est pas entièrement financé par les Canadiens par l’entremise de la Banque de l’infrastructure, qui est une des mesures proposées par le gouvernement.
    Le projet d’expansion ferroviaire dont nous parlons est officiellement connu sous le nom de Service régional express GO. Il suppose d’importants travaux de construction le long du corridor ferroviaire du Grand Toronto et de la région de Hamilton, de nouveaux ateliers d’entretien des trains, ainsi que des rénovations à la gare Union de Toronto. Ce projet de grande envergure comprend aussi l’électrification de lignes de chemin de fer, la remise à neuf et l’entretien des trains, la surveillance des opérations de contrôle et de répartition des trains, entre autres choses, ainsi que l’application de données pour nous aider à déplacer les trains du point A au point B.

  (1240)  

    Nous adoptons une approche stratégique globale, qui se situe un peu dans l’esprit de l'initiative communautaire en matière d’énergie mise au point à Guelph. Nous examinons maintenant des principes similaires à l’échelle nationale afin de déterminer quels sont les principaux facteurs qui contribuent aux changements climatiques. Les industries, y compris celles du pétrole et du gaz, sont le plus important, mais il s’agit en fait de l’ensemble des industries, qui sont à l’origine de 37 % des émissions de gaz à effet de serre au Canada, soit 269 mégatonnes.
    Nous nous penchons sur la modernisation des petites entreprises à tous les niveaux. À Guelph, nous pouvons compter sur Canadian Solar, qui fait de l’excellent travail dans le domaine des panneaux solaires partout au Canada. Toujours à Guelph, Linamar est en train de mettre au point la voiture de l’avenir.
    Notre industrie manufacturière examine de nouveaux procédés. Une députée d’en face a mentionné VeriForm, qui se trouve à Cambridge, au sud-ouest de Guelph, et qui cherche des moyens de réduire les répercussions des changements climatiques sur les entreprises.
    Nous avons instauré une déduction pour amortissement accéléré des coûts la première année. Au lieu de payer des impôts, les gens débourseront de l’argent pour rendre leurs entreprises plus vertes afin de réduire leurs coûts de fonctionnement.
    Nous nous sommes également penchés sur le transport. Vingt-trois pour cent des gaz à effet de serre, soit 171 mégatonnes, sont émis par les transports. Nous cherchons des moyens de les réduire grâce aux incitatifs que nous avons mis en place pour l’achat de véhicules électriques. Nous faisons également la promotion des véhicules électriques au sein de nos collectivités, par l’entremise d’un organisme sans but lucratif appelé eMERGE, qui a organisé quelques salons de l’automobile pour montrer comment faire la transition vers ce type de véhicules. En fait, de nombreux propriétaires ont présenté leur véhicule et ont expliqué les difficultés auxquelles ils ont fait face et la façon dont ils les ont surmontées, afin de démontrer qu’il n’est pas si difficile d’utiliser un véhicule électrique.
    Nous étudions le transport actif, l’augmentation du nombre de voies cyclables et, comme je l’ai mentionné, l’expansion de notre parc d’autobus, l’installation de boîtes de perception aux arrêts d’autobus et la mise en service de quatre véhicules pour le transport adapté, toutes ces mesures étant financées par le gouvernement fédéral.
    Nous examinons notre environnement bâti, les immeubles, et les 12 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 87 mégatonnes, que représentent leur chauffage et leur climatisation. La Fédération canadienne des municipalités a maintenant un fonds vert, dont nous avons doublé le financement, afin de pouvoir mettre en place des mesures incitatives en matière de lutte contre les changements climatiques pour aider les gens à économiser de l’argent sur l’entretien de leur immeuble tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre.
    De plus, 11 % des émissions sont attribuables à la production d'électricité. Comment pouvons-nous trouver une meilleure façon de produire de l’électricité qu’en utilisant des combustibles fossiles? Nous envisageons de faire de la recherche sur le développement des aquifères d’eau froide afin que nous puissions tirer profit de l’énergie géothermique pour chauffer et climatiser les édifices en milieu urbain.
    La foresterie, l’agriculture et la gestion des déchets attirent beaucoup l’attention, car ces secteurs génèrent 17 % des émissions de gaz à effet de serre, soit 127 mégatonnes. Je suis fier de dire que Guelph et le comté de Wellington ont reçu une somme de 10 millions de dollars dans le cadre du Défi des villes intelligentes pour réduire le gaspillage alimentaire et promouvoir les entreprises de technologies propres qui visent à fournir des aliments durables et à réduire les déchets alimentaires. C’est ce que nous envisageons pour l’avenir.
    Par ailleurs, en ce qui concerne les diverses possibilités de réduction des émissions de gaz à effet de serre, nous nous penchons également sur l’adaptation et la résilience climatique. Nous examinons les inondations et les feux de forêt qui se produisent et la façon dont nous pouvons réduire les émissions de gaz à effet de serre grâce à des programmes d’adaptation.
    J’ai été membre du club Rotary de Guelph qui avait instauré un programme visant à planter en 10 ans 60 000 arbres dans notre région, programme qui vient de prendre fin. Les membres de ce club cherchent des moyens de séquestrer le carbone et de libérer une plus grande quantité d’oxygène dans l’atmosphère. Même si le gouvernement de l’Ontario sabre dans les programmes de plantation d’arbres, Guelph cherche des moyens d’augmenter son couvert forestier pour le faire passer à 40 % dans la municipalité.
    La résilience aux inondations est un autre domaine. Nous sommes tous victimes d’inondations. Même si Guelph n’est pas située aux abords d’une grande rivière comme celle des Outaouais, il y a quand même des inondations. Le gouvernement fédéral a fourni de l’aide pour améliorer le réseau d’égout et les sites d’entreposage de la neige et mettre au point des programmes de résilience aux inondations, tout cela grâce à des fonds fédéraux.
    Les technologies propres, l’innovation et les emplois, voilà la voie de l'avenir. Nous bâtissons une nouvelle économie. Nous étudions les possibilités que les changements climatiques nous offrent pour développer la technologie de l’avenir. J’ai cofondé un organisme dont je suis si fier, l’Innovation Guelph, qui travaille avec Bioenterprise à Guelph. Il a obtenu des fonds de 5,6 millions de dollars et aide 135 entreprises en démarrage à mettre au point des solutions en matière de technologies propres.

  (1245)  

    À l’échelle nationale, Technologies du développement durable Canada offre un soutien financier à des entreprises partout au Canada pour qu’elles trouvent des solutions du genre. L’organisme a également lancé des possibilités de financement conjoint en collaboration avec les organismes Emissions Reduction Alberta et Alberta Innovates, que j’ai également visités pendant mon mandat ici. Il s’est associé aux Centres d’excellence de l’Ontario pour améliorer l’initiative ontarienne d’innovation en matière de gaz à effet de serre. TDDC estime que ses projets ont permis de réduire les émissions annuelles de 6,3 mégatonnes d’équivalent CO2, de générer des revenus annuels de 1,4 milliard de dollars et de soutenir la création de plus de 9 200 emplois directs et indirects depuis 2015.
    Nous avons également financé la mise à niveau de l’initiative communautaire en matière d’énergie de Guelph grâce à un investissement de 175 000 $, somme qui sera affectée à la réalisation de projets pour aider Guelph à progresser vers l’avenir.
    Toutefois, notre travail n’est pas terminé. La transition vers une économie à faibles émissions de carbone ne se fait pas du jour au lendemain. Nous reconnaissons que les politiques fondées sur des données probantes nécessitent un soutien continu. C’est pourquoi nous avons créé un nouvel institut indépendant sur les changements climatiques et la croissance propre dans le but de fournir des renseignements et des conseils fiables pour les années à venir. Nous allons examiner les constatations qui nous seront présentées dans le but de nous aider à prendre des mesures énergiques pour lutter contre les changements climatiques, ce qui comprend la tarification du carbone, mais qui n’exclut pas toutes les autres mesures que nous prenons.
    Je suis content d’avoir pu m’exprimer sur les changements climatiques dans le contexte de Guelph.
    Monsieur le Président, Guelph est une collectivité très verte, comme peut en témoigner son député provincial Mike Schreiner, chef du Parti vert de l’Ontario. Les initiatives locales y sont remarquables, comme elles le sont partout au Canada.
    Le problème, c’est qu’hier soir, nous avons déclaré une urgence climatique mais qu’aujourd’hui, nous allons selon toute vraisemblance acheter un pipeline avec des fonds publics. Cela va tout à fait à l’encontre de l’objectif de l’Accord de Paris, qui n’est pas celui dont mon collègue de Guelph a parlé. La cible de 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 est celle qui a été présentée aux Nations unies par l’ex-ministre de l’Environnement, Leona Aglukkaq, en mai 2015, bien avant la négociation de l’Accord de Paris.
    Il est inexplicable pour moi que le gouvernement libéral ait maintenu cet objectif, mais c’est surtout un choix inadmissible puisque le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, dans son rapport du 8 octobre dernier, nous a clairement dit que nous n’aurons qu’une seule occasion de préserver la civilisation humaine, que cette période prendra fin bientôt et qu’un objectif de 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030 mène tout droit à la catastrophe.
    Reconnaissant que nous vivons une urgence climatique, quand le gouvernement, si le député de Guelph est en mesure de nous le dire, haussera-t-il l’objectif du Canada et l’engagement du Canada envers les Nations unies pour qu’il soient conformes à l’objectif d’une limite de réchauffement de 1,5 degré Celsius?
    Monsieur le Président, j’aime bien travailler en collaboration avec Mike Schreiner, le député provincial de notre région. Cela montre que tous les ordres de gouvernement doivent travailler ensemble, y compris le municipal, en vue d’atteindre un objectif qui transcende les frontières partisanes. Nous ne devrions pas nous battre les uns contre les autres, mais bien lutter tous ensemble contre les changements climatiques.
    Les objectifs que nous nous sommes engagés à atteindre, dans le cadre de l’Accord de Paris, seront revus à mesure que nous progresserons. Toutefois, ce sont des objectifs qui s’harmonisent avec les objectifs internationaux auxquels 192 pays ont souscrit ensemble. Nous avons collaboré avec toutes les provinces et tous les territoires. Nous connaissons la cible. Nous allons dépasser nos objectifs grâce aux programmes dynamiques que nous avons lancés et auxquels nous allons donner suite, en collaboration avec nos homologues provinciaux et municipaux.

  (1250)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec attention le discours de mon collègue.
    J'ai l'impression que les libéraux se réveillent à la dernière minute. Hier soir, ils nous ont fait voter une motion d'urgence climatique reconnaissant cette crise, mais ils n'ont pratiquement rien fait pendant les quatre dernières années où ils étaient au gouvernement.
    Cette motion a d'ailleurs été votée la veille où on risque de décider de mettre en avant l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, qu'ils ont acheté avec notre argent.
    Or l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain va augmenter la pollution et la production de sables bitumineux. Ce sera l'équivalent de mettre sur la route trois millions de voitures de plus.
    Comment mon collègue libéral peut-il dire qu'il est cohérent quand il vote pour une motion d'urgence climatique et que, le lendemain, ils autorisent l'augmentation de la production du pétrole le plus polluant au monde?

[Traduction]

    Monsieur le Président, cela faisait également partie de la question de la députée d’en face, du Parti vert. Elle voulait savoir comment le développement durable pouvait se faire en harmonie avec les pipelines et l’acheminement du pétrole vers les marchés d’exportation. C’est vraiment l’objectif des projets de loi C-69 et C-48. Comment mesurons-nous les émissions de gaz à effet de serre en amont et en aval, tout en travaillant avec les peuples autochtones pour nous assurer que nous avons aussi l’approbation sociale pour accomplir ce que nous devons faire?
    Le pipeline dont nous allons parler plus tard cette semaine est assorti de 200 conditions. Il ne s’agit pas de créer un corridor et d'aller de l'avant sans examen environnemental ou social. Nous suivons les nouveaux processus d’examen, qui tiennent compte des changements climatiques et de notre impact sur le monde, en espérant que notre pétrole sera acheminé vers les marchés pour éliminer le charbon sale ou d’autres sources d'émission pires que les produits que nous fournirons grâce aux ressources dont nous disposons ici, au Canada.
    Monsieur le Président, je ne comprends pas très bien comment nous en sommes arrivés là. Nous en sommes au point où la majorité du monde, la grande majorité des scientifiques, d’anciens politiciens conservateurs, des chefs religieux disent que la voie à suivre passe par la tarification de la pollution.
    Cependant, il y a seulement deux semaines de cela, la chef adjointe du Parti conservateur a dit: « Au bout du compte, il n'y a aucun lien avéré entre les changements climatiques et les indicateurs relatifs aux événements météorologiques extrêmes. Constamment soutenir le contraire constitue de la désinformation mise au service d'intérêts politiques et idéologiques ».
    Comment sommes-nous arrivés à un point où le Parti conservateur est tout simplement farouchement opposé à l’idée de reconnaître les changements climatiques et à agir pour y remédier?
    Monsieur le Président, la citation renvoie en réalité à une citation d’un économiste de Guelph, Ross McKitrick, qui examinait le lien entre les changements climatiques et l’économie.
    C’est de la rhétorique enflammée de la part des députés d’en face. Nous avons entendu la députée de Calgary Nose Hill. Certains des mots qu’elle a utilisés avaient pour but d’enflammer la discussion et de diviser, au lieu de travailler ensemble, de transcender les lignes de partis, de collaborer avec les provinces, les territoires et les municipalités.
    Nous ne devrions pas lutter les uns contre les autres. Nous devrions lutter contre les changements climatiques.
    Monsieur le Président, au chapitre de l'environnement, pratiquement dès le premier jour, le gouvernement a dressé un plan d’action pour le climat qui bénéficie à la fois à l’environnement et à l’économie. Nous parlons souvent de la classe moyenne du Canada, de ceux qui aspirent à en faire partie, et de les aider au moyen de différentes mesures. Nous reconnaissons qu'il est possible de s'attaquer à ces deux objectifs en même temps. Nous pouvons continuer à faire croître l’économie et faire en sorte de laisser aux générations futures une planète en meilleure santé.
    J’aimerais vous faire part de quelques réflexions, puis fournir plus de détails sur certains aspects de la politique.
    Un examen des budgets et des mesures législatives a de quoi impressionner. Ces dernières années, nous avons engagé des centaines de millions de dollars au moyen de mesures budgétaires, notamment plus de 2,3 milliards de dollars pour financer les technologies propres sous une forme ou une autre; 21,9 milliards de dollars pour l’infrastructure verte, une enveloppe qui appuiera notamment les réseaux de distribution d’électricité, les énergies renouvelables et ainsi de suite; et 2 milliards de dollars pour l’atténuation de catastrophes et l’adaptation.
    En plus de ces mesures budgétaires, nous avons présenté des mesures législatives, comme le projet de loi C-48 sur l’interdiction de pétroliers; le projet de loi C-69, la loi sur l’évaluation environnementale; et le projet de loi C-68 sur les pêches.
    Dès le premier jour, le gouvernement s’est employé à présenter des mesures législatives et budgétaires constructives. Cela montre très clairement que nous comprenons à quel point l’environnement est important non seulement pour les Canadiens, mais pour le monde entier. Grâce à des mesures de cette nature, le Canada fait bonne figure pour ce qui est d'exercer un leadership international fort dans ce dossier très important. Je crois que les Canadiens souhaitent que le gouvernement aille dans ce sens.
    En examinant certaines initiatives que le gouvernement peut lancer, nous entendons beaucoup parler du prix de la pollution. Depuis des années, le Parti conservateur soutient à la Chambre un argumentaire auquel il est le seul à croire. Les néo-démocrates, les verts et, si je ne m’abuse, les bloquistes comprennent que la meilleure solution consiste à tarifer la pollution. Les partis représentés à la Chambre ne sont pas seuls à souscrire à cette mesure, qui jouit d'un excellent appui dans plusieurs provinces et territoires. En fait, la majorité de ces gouvernements ont déjà établi une forme de tarification de la pollution.
    Quant à la tarification nationale de la pollution, elle ne s’applique qu’aux régions qui n’ont pas défini de plan, qui ne mettent aucun prix sur la pollution; conséquemment, le gouvernement fédéral leur impose le sien. Réjouissons-nous cependant, car plus de 80 % des électeurs de Winnipeg-Nord sortiront financièrement gagnants de la tarification de la pollution. Malgré cela, les conservateurs, dans la propagande et la désinformation qu’ils diffusent presque quotidiennement à partir de leur quartier général, essaient de convaincre les Canadiens de faits très éloignés de la réalité et de la vérité. Cette tarification n’est pas une ponction fiscale.

  (1255)  

    Les conservateurs posent des questions sur la TPS facturée à la pompe. Je leur rappelle que ce sont eux qui ont imposé la taxe en cascade sur le prix à la pompe. Je rappelle aux conservateurs que leur parti a ignoré l’environnement au point où nous sommes maintenant obligés de nous y concentrer comme nous le faisons depuis quelques années. Hier soir, nous avons voté sur l'urgence environnementale. Je le répète: les libéraux, les verts, les bloquistes et la Fédération du Commonwealth coopératif ont tous voté oui à la nécessité de prendre l’environnement beaucoup plus au sérieux. Ils ont reconnu qu'il s'agit d'une situation d'urgence. Seul le Parti conservateur a voté contre la motion.
    Les conservateurs affirment qu’ils ont un plan. Ils nous le disent depuis bien longtemps. Depuis plus de 400 jours, ils se contentent de critiquer la tarification de la pollution, alors même qu'il est généralement reconnu qu'il s'agit de la meilleure façon de réduire les émissions.
    Il semblerait cependant que Doug Ford ait rencontré le chef du Parti conservateur fédéral pour mettre un plan au point. Demain, M. Ford dévoilera son plan au reste du Canada. Il a retiré l’Ontario de l’ancien plan. Il va maintenant présenter un plan national, qu’il a élaboré avec le Parti conservateur fédéral. Je suis impatient de voir en quoi consiste ce plan. Il est grand temps que le Parti conservateur du Canada fasse preuve d’un peu plus de transparence au chapitre de l'environnement.
    Ce serait bien de comparer notre plan à celui des conservateurs. Le nôtre prévoit l'injection de centaines de millions de dollars dans l’énergie propre ainsi qu'une collaboration avec les divers intervenants. Je vais vous en donner quelques exemples concrets. Le dernier budget comprenait une mesure visant à encourager les gens à acheter des véhicules électriques. Parmi d'autres provinces, la belle province du Québec offre un programme complémentaire au nôtre pour que ses résidants profitent d’un rabais encore plus considérable. Tesla a ramené le prix d’un de ses véhicules en dessous du seuil maximal. Les plus grands gagnants sont les consommateurs, puis l’environnement.
    Les gouvernements ont le pouvoir de changer les choses. Pour bien le comprendre, il suffit de regarder ce qui s'est passé dans l'industrie du taxi au Manitoba avec les voitures Prius. C'est arrivé grâce au gouvernement. Les mesures gouvernementales peuvent changer les choses. Nous avons conçu un plan après avoir travaillé avec les communautés autochtones, les gouvernements provinciaux, les municipalités, les conseils scolaires et le secteur privé pour développer des solutions permettant de réduire les émissions dans toutes les régions du pays.
     Dans tout ce débat, j'ai appris que le Parti conservateur s'opposait à ce que l'on finance les initiatives du secteur privé avec l'argent des contribuables. Cela est devenu très évident dans les dernières semaines. J'ai hâte de voir comment les conservateurs feront pour effectuer un virage à 180 degrés et tenter de convaincre les Canadiens qu'ils se soucient de l'environnement. Rien ne nous indique qu'ils s'en soucient réellement.

  (1300)  

    Monsieur le Président, j'ai bien l'impression que le député d'en face suit le conseil de la ministre de l'Environnement et du Changement climatique: « lorsqu'on parle plus fort, [...] les gens finissent par croire ce qui est dit sans poser de question. »
    Le député devrait savoir que, depuis un an et demi, tous les gouvernements provinciaux qui ont foncé tête baissée pour imposer cette taxe sur le carbone ciblant les consommateurs n'ont pas été réélus. Les Canadiens le répètent encore et encore: assez, c'est assez. Ils n'en peuvent plus d'être pressés comme des citrons.
    Le secrétaire parlementaire sait que le gouvernement de l'Alberta s'est débarrassé de la taxe sur le carbone, mais qu'il a mis en place une tarification pour les plus grands émetteurs de la province. Le député vient de dire que le filet de sécurité fédéral vise seulement à imposer une taxe sur le carbone aux endroits où il n'y a pas de tarification. L'Alberta, comme l'a confirmé la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, payera deux taxes à compter du 1er janvier: une pour les grands émetteurs provenant de l'Alberta, notre province, et une taxe sur le carbone pour générer des revenus, même si les Albertains ont dit qu'ils n'en voulaient pas.
    Qu'est-ce que le secrétaire parlementaire a à dire sur le sujet?
    Il est aussi temps de dire au revoir au député d'Edmonton-Centre.

  (1305)  

    Monsieur le Président, le Parti conservateur est passé maître dans l'art d'induire les Canadiens en erreur. Au bout du compte, la tarification de la pollution améliorera la situation financière de la grande majorité des résidants d’Edmonton et de Calgary, étant donné la façon dont le gouvernement libéral l’administre.
    À écouter un conservateur, les Canadiens ne penseraient jamais une telle chose. Les Canadiens penseraient qu’il s’agit d’une ponction fiscale de la part d'Ottawa, ce qui n'est que pure foutaise. Ce n’est pas le cas. Les députés d’en face le savent, mais changeront-ils leur propagande en conséquence? Absolument pas.
    Le Parti conservateur n’est pas honnête avec les Albertains. Il essaie de donner une fausse impression. La majorité des habitants de l’Alberta se porteront mieux financièrement grâce à la tarification de la pollution que le gouvernement fédéral instaurera le 1er janvier.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec le secrétaire parlementaire lorsqu'il dit que la tarification du carbone améliore la compétitivité économique. Ce sont les chercheurs de l'OCDE qui le disent. C'est un message à l'intention de mes collègues conservateurs.
    Par contre, là où je ne suis pas d'accord avec les libéraux, c'est qu'ils rappellent toujours que l'économie et l'environnement vont de pair. Or cela n'ira pas de pair avec Trans Mountain.
    Plus il y a de développement des sables bitumineux, plus il y a d'émissions de gaz à effet de serre. Voici quelques chiffres. La croissance des sables bitumineux a été de 158 % depuis 2005, et l'Alberta est la plus importante émettrice de GES, avec une augmentation de 28,7 % entre 2009 et 2016.
    Économie et environnement ne vont pas toujours de pair quand il est question du développement du pétrole sale des sables bitumineux.

[Traduction]

    Monsieur le Président, sur ce point particulier, nous devons accepter de ne pas être d'accord. Je crois qu’on peut effectivement gérer une économie dans le respect de l’environnement. Nous le constatons depuis trois ans et demi.
    Nous avons mis en œuvre des politiques très progressistes dans le domaine de l’environnement, tout en créant, en collaboration avec les Canadiens, plus d’un million d’emplois au Canada. L’économie est importante.
    Le gouvernement et le secteur privé ont investi comme jamais auparavant au Canada dans le gaz naturel liquéfié pour produire de l’énergie plus propre. Les parties se positionneront comme ils le voudront. Je sais que le NPD a beaucoup de difficulté avec ce dossier. Le chef actuel l’a déjà appuyé, mais nous ne savons pas exactement quelle position le NPD finira par adopter.
    Si on y regarde de plus près, en se contentant de tendre l'oreille, les conservateurs diront que nous ne construisons pas les pipelines assez rapidement. À en croire le Parti vert, nous ne devrions pas construire le moindre pipeline. Quant au NPD, tout dépend de la journée et de l'ampleur de la menace que les verts représentent pour lui. C’est ce qui détermine sa stratégie. En ce qui concerne les libéraux, je peux dire que nous sommes heureux de pouvoir intervenir d'une façon qui demeure avantageuse aussi bien pour l’environnement que pour l’économie du Canada.
    Voilà pourquoi nous estimons qu’il est parfois nécessaire de reconnaître que l’économie et l’environnement peuvent bel et bien aller de pair, à condition de bien les administrer. C’est ce que nous faisons depuis trois ans et demi. Espérons que notre mandat sera renouvelé un peu plus tard cette année.
    Monsieur le Président, j’ai toujours cru que le député de Winnipeg-Nord aimait débattre seulement pour pouvoir s’entendre parler, mais je m’écarte du sujet.
    Je suis heureux de prendre la parole aujourd’hui au sujet de la motion de l’opposition du Parti conservateur du Canada sur les changements climatiques et l’environnement. Je partagerai mon temps de parole avec le député de Perth—Wellington.
    Je tiens à dire que seul le gouvernement libéral pouvait parler d’environnement pendant quatre ans, rompre sa promesse de respecter l’Accord de Paris sur les changements climatiques et finir par imposer une taxe aux Canadiens afin de camoufler son incompétence, ses dépenses excessives et sa gestion du dossier de l’environnement.
    Pour ceux qui me connaissent et qui savent d’où je viens, je dirai que j’ai toujours cherché à présenter des idées et des solutions aux nombreux problèmes auxquels ma circonscription et notre pays sont confrontés. Bien que je ne sois pas aussi bon pour donner aux médias des petites phrases percutantes ou pour faire les commentaires cinglants qui semblent attirer le plus l’attention dans les médias sociaux, j’ai essayé, à ma façon, de tendre la main aux gens et de dégager des consensus pour faire avancer les choses.
    Aujourd’hui, je veux adopter la même attitude concernant la grande question de l’environnement, de la conservation des ressources et des changements climatiques. Comme beaucoup de députés, je représente une vaste circonscription en superficie. Dans tout l’Ouest du Manitoba, des fermes et des collectivités parsèment le paysage des Prairies, et ce, depuis de nombreuses générations. Près de la moitié des gens que je représente vivent à l’extérieur de la ville de Brandon, dans la vingtaine de municipalités que compte la circonscription.
    Ces personnes sont parmi les plus travaillantes, les plus terre-à-terre et les plus déterminées que vous ne pourrez jamais rencontrer dans notre grand pays. Vivre dans une région rurale du Canada présente des défis uniques. Ces défis s’accompagnent également d’un mode de vie comme nul autre. Notre lien avec la terre, l’air et l’eau est solide, parce que notre gagne-pain en dépend littéralement.
    Ayant été agriculteur la plus grande partie de ma vie, j’ai acquis l’intime conviction que si nous prenons soin de la terre, elle prendra soin de nous. Mon père nous a élevés, mon frère et moi, en nous répétant ces mots, et je l’ai vécu selon ce principe. Je tiens à dissiper immédiatement le mythe selon lequel les agriculteurs ou les gens des régions rurales qui s’opposent à la taxe sur le carbone ne se soucient pas de l’environnement. Ils s’en soucient énormément. Ils sont tout simplement très réfractaires à payer une nouvelle taxe imposée aux provinces qui aura des répercussions disproportionnées sur les habitants des régions rurales.
    Mettons-nous un instant à leur place. De nombreuses familles doivent parcourir de longues distances pour se rendre au travail. De nombreux aînés doivent se rendre à Brandon en voiture pour consulter un médecin ou un opticien. Les parents doivent conduire leurs enfants dans diverses villes pour qu’ils puissent faire du sport ou répéter avec leur chorale.
    N'oublions pas non plus les étudiants de l’Université de Brandon et du Collège communautaire Assiniboine qui vivent encore à la ferme de leurs parents ou dans leur collectivité rurale et qui doivent se rendre chaque jour en ville pour suivre leurs cours. On ne parle pas d’activités facultatives que les gens peuvent simplement décider de ne pas faire ou de faire moins souvent. Il n’y a pas de métros ni de trajets d’autobus à leur disposition. Croyez-moi, si les gens n’étaient pas obligés de conduire dans nos intempéries hivernales, ils ne le feraient pas.
    Depuis le tout début, je crois que le gouvernement a mal géré la mise en œuvre de la taxe sur le carbone.
    D’abord et avant tout, le moins qu’on puisse dire, c’est que de nombreux Canadiens, surtout ceux que je représente, ont des craintes au sujet des priorités du gouvernement fédéral. Annoncer que le gouvernement fédéral est sur le point d’imposer une nouvelle taxe, en disant que les gens n’ont pas à s’inquiéter parce qu’ils n’en ressentiront pas les effets, tout en prétendant que cela permettra de lutter contre les changements climatiques, n’est pas la meilleure façon d’obtenir l’adhésion de ceux qui sont sceptiques.
    Deuxièmement, lorsque nous avons tenté en vain d’obtenir des données chiffrées du ministre des Finances, elles étaient tellement caviardées qu’elles n’avaient plus aucun sens.
    Troisièmement, lorsque la province du Manitoba a présenté un plan visant à réduire les émissions de carbone, le gouvernement fédéral l’a rejeté en disant que, peu importe le nombre de tonnes de CO2 que ce plan allait réduire, il devait inclure une taxe sur le carbone de 50 $ la tonne.
    Ma province a essayé de travailler de bonne foi avec le gouvernement fédéral, mais elle s’est fait rabrouer. Pas étonnant qu’elle ait décidé d’intenter une poursuite. Si c’est ainsi que le fédéralisme fonctionne actuellement dans ce pays, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi les premiers ministres des provinces s’inquiètent des autres initiatives du gouvernement libéral, comme les projets de loi C-48 et C-69.
    Je suis également troublé par le fait qu’en politique canadienne, le critère décisif de l’engagement envers l’environnement soit maintenant centré sur le soutien d’une taxe sur le carbone de 50 $ la tonne. C’est peut être le cas dans certains milieux, mais je peux assurer aux députés que les Canadiens ordinaires n’ont pas cette optique lorsqu’ils parlent de cela avec leur famille et leurs amis. Ce n’est pas que mes collègues conservateurs ou les gens qui s’opposent à la taxe sur le carbone ne se soucient pas des changements climatiques; nous ne croyons tout simplement pas que la taxe sur le carbone soit la meilleure façon de régler le problème.

  (1310)  

    Demain, notre chef exposera sa vision et présentera une solution de rechange à ce que le gouvernement fédéral actuel impose. En raison du discours politique déjà difficile sur cette question, je peux à peine imaginer les termes exagérés qui seront utilisés pour y répondre. J’exhorte les libéraux à ne pas rendre publique leur réponse toute faite avant même que le discours ait été prononcé. Les libéraux ont attendu si patiemment que j’espère qu’ils seront très attentifs. Je veux que le gouvernement reconnaisse qu’il existe d’autres façons de lutter contre les changements climatiques que d’imposer une taxe sur le carburant que les familles mettent dans leurs fourgonnettes.
    Je souhaite que les libéraux reconnaissent que l’imposition d’une taxe sur le carbone à l’énergie qu’utilisent les agriculteurs pour faire transporter leurs céréales ne fait qu’alourdir les coûts de l’industrie, qui est déjà confrontée à des prix et des marchés difficiles. Je veux qu’ils commencent à écouter les agriculteurs qui ont des idées pour réduire et séquestrer le carbone sans imposer de nouvelle taxe. L’industrie agricole a réalisé de grands progrès dans la gestion de l’environnement, qui profitent à la société, et cela presque uniquement grâce aux innovations qu’elle a faites à ses propres frais. Il existe des modèles éprouvés qui ont donné des résultats tangibles et significatifs.
    J’ai toujours préconisé un de ces exemples de mise en œuvre d’un programme de diversification de l’utilisation des terres et d’expansion des programmes de restauration des terres humides. Pour ceux qui n’ont pas écouté le député de Dauphin—Swan River—Neepawa, je peux leur assurer que son message au sujet de la consommation accrue de bœuf et de ses bienfaits pour l’environnement repose sur des données scientifiques empiriques.
    Au fil des ans, à titre de chef de file dans le domaine agricole, de député provincial et aujourd’hui de député fédéral, j’ai été confronté à de nombreuses questions qui ont une incidence sur notre environnement. Chez nous, on n’a pas besoin de test décisif pour déterminer l'engagement à l’égard d’un enjeu. Nous nous efforçons de rassembler les gens pour trouver des solutions. Un jour peut être, ces valeurs déteindront sur nous tous en cette enceinte lorsque nous devrons surmonter nos différences.
    Je vais vous donner un seul exemple dont on peut s'inspirer. Le Manitoba est sujet aux inondations depuis aussi longtemps que l’on recueille des données à ce sujet. Comme nous sommes au fond du bassin, nous avons dû faire face depuis des générations au ruissellement printanier et aux inondations localisées qui créent des maux de tête dans nos collectivités. C’est un premier ministre progressiste-conservateur, Duff Roblin, qui a mis en œuvre une série de projets de travaux publics visant à protéger les collectivités des bassins de l’Assiniboine et de la rivière Rouge, projets qui ont particulièrement atténué les inondations qui auraient frappé Winnipeg en 1997. Depuis lors, on a apporté d’importantes améliorations à la protection contre les inondations dans les rivières Souris, Rouge et Assiniboine. J’ajouterai que cette question n’est pas teintée de partisanerie au Manitoba.
    Les précédents gouvernements conservateur fédéral et néo-démocrate provincial ont tous deux investi dans des ouvrages de protection de Brandon, de Melita, de Reston, de Souris, de Deloraine, d’Elkhorn et de Wawanesa. Le canal d’évacuation des crues de la rivière Rouge a aussi été agrandi pour moins cher que prévu au budget.
    C’est après la dernière inondation que de nombreuses personnes du bassin de la rivière Assiniboine ont décidé qu'il fallait travailler ensemble. Allan Preston et Wanda McFadyen ont piloté une initiative qui a regroupé les gouvernements de la Saskatchewan, du Manitoba et du Dakota du Nord sous une seule organisation, aux côtés des municipalités, des agriculteurs et des districts de conservation. Nous vivons tous dans le même bassin hydrographique et nous avons dû cesser de travailler en vase clos.
    Une approche universelle pour la gestion de l’eau ne convient pas et ne fonctionnera pas non plus pour la taxe sur le carbone. C’est pourquoi il a été si décevant de voir comment le gouvernement fédéral a mis au rancart le plan sur les changements climatiques présenté par le Manitoba. À moins d’un changement d’attitude, de plus en plus de Canadiens verront la position rigide adoptée par certains membres du gouvernement et décrocheront. Nous savons aussi que les changements climatiques sont un problème mondial qui appelle des solutions mondiales. L’approche actuelle ne reflète pas cette réalité.
    Je crois fermement que le Canada est bien placé pour offrir ces solutions. Demain, nous commencerons à présenter notre solution de rechange à la taxe sur le carbone et à discuter de ce qui la remplacera. J’invite mes collègues libéraux, surtout ceux qui représentent des régions rurales, à se joindre à moi pour appuyer cette motion. Je leur demande de bien vouloir défendre les intérêts de leurs électeurs, d’abroger la taxe sur le carbone et de la remplacer par un véritable plan environnemental.

  (1315)  

    Avant de passer aux questions et aux observations, je tiens à remercier le député de Burnaby-Nord—Seymour d'avoir coupé le son émis par inadvertance par un appareil qui se trouve près de lui. Ce n'était pas le sien, mais je le remercie tout de même à cet égard.
    Nous passons aux questions et aux observations. La députée de Toronto—Danforth a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai écouté avec intérêt la présentation de mon collègue, mais il y a certains points qu'il n'a pas abordés, et j'aimerais savoir ce qu'il pense de ces derniers.
    Primo, le député a parlé de l'Incitatif à agir pour le climat, qui permet, si je comprends bien, à une famille moyenne de quatre personnes au Manitoba de recevoir 339 $. Un supplément est aussi offert aux familles des régions rurales, où les gens, se trouvant loin des villes, doivent souvent parcourir de longues distances en voiture. Selon une étude du directeur parlementaire du budget, dans le cadre de ce plan, 8 familles sur 10 recevront plus d'argent que ce qu'elles paieront. Puis-je obtenir les observations du député à ce sujet?
    Secundo, la tarification de la pollution ne constitue pas l'ensemble du plan de lutte contre les changements climatiques. Nous en faisons beaucoup plus. Nous réalisons de nombreux investissements, et je suis certaine que le député les connaît. Il pourrait donc peut-être nous parler de l'excellent travail que l'on accomplit dans le cadre de ces programmes et, par exemple, des efforts qui sont déployés pour éliminer progressivement le charbon tout en créant de l'emploi.

  (1320)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question très pertinente. Toutefois, le gouvernement a raté la cible prévue dans l’Accord de Paris de 79 mégatonnes, alors ce n'est pas ce que j'appelle une saine gestion.
    Nous savons aussi que les mesures fiscales proposées par le gouvernement libéral sont loin d’être à la hauteur. Le directeur parlementaire du budget a été très clair au sujet de la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui serait nécessaire pour que le Canada puisse atteindre la cible fixée dans l'Accord de Paris. Il a également dit qu’il nous faudrait une taxe d’environ 102 $ la tonne pour atteindre cet objectif, comparativement aux 50 $ la tonne dont parle le gouvernement aujourd’hui.
    Par conséquent, le gouvernement actuel n’a pas de véritable plan de gestion environnementale; il a plutôt un plan fiscal qui a échoué, et je remercie ma collègue de l’avoir souligné. Il a échoué dans toutes les provinces où le gouvernement a dit qu’il serait plus avantageux pour les gens d’avoir cette taxe que le contraire. La meilleure chose à faire, c’est de laisser l’argent dans les poches des gens, afin qu’ils puissent faire des changements de gestion environnementale dans leurs propres opérations, comme l’a fait l’industrie agricole au cours des 50 ou 100 dernières années.
    Monsieur le Président, j’ai aussi essayé de parler à un autre député du Manitoba, le député libéral de Winnipeg-Nord.
    Je suis d’accord avec les deux députés qui affirment que le Canada est bien placé pour exercer un leadership mondial. Le Canada a toujours joué dans la cour des grands. Toutefois, à l’heure actuelle, l’horrible réalité est que nous sommes le pire pollueur parmi les pays du G20. Nous produisons 22 tonnes de carbone par personne, comparativement à environ quatre tonnes en Suède et à environ six tonnes en Norvège. Ce sont aussi des pays nordiques froids. Ce n’est pas une question de température, comme d’autres députés l’ont affirmé; il s’agit plutôt d’avoir des cibles ambitieuses.
    Les deux députés qui ont pris la parole récemment ont parlé de la cible fixée dans l'Accord de Paris comme si elle était la même que celle établie par le gouvernement précédent, soit une réduction de 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030. Cette cible n'est pas conforme aux objectifs de l'Accord de Paris. Nous devons redoubler nos efforts si nous voulons limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré Celsius.
    Nous avons un cadre mondial, soit l’Accord de Paris. Les pays du monde entier s’en tirent mieux que nous. Je me demande si le député de Brandon—Souris sait si le plan qui sera dévoilé demain par le chef du Parti conservateur reposera sur une cible inadéquate ou s’il adoptera une cible conforme à l’Accord de Paris.
    Monsieur le Président, je reconnais que le Canada peut être un chef de file mondial en matière de gestion du climat. À titre de député conservateur siégeant au comité qui étudie les changements climatiques dans l’Arctique, je suis très conscient des changements qui se produisent dans cette partie du monde, ainsi que partout sur la planète. La députée a mentionné la Suède et la Norvège. Or, d'après mon expérience dans ces deux pays, je sais que, puisque le Gulf Stream longe les côtes norvégiennes, la température moyenne en Norvège durant l'hiver varie entre 0 et -6 degrés Celsius. En revanche, au Manitoba, la température a atteint -50 degrés Celsius à six reprises cet hiver. Les conditions climatiques et météorologiques au Canada ne sont pas les mêmes que celles dans ces deux pays.
    C'est le gouvernement actuel qui a signé l'Accord de Paris, mais nous avons voté en faveur de celui-ci. Les cibles qu'il s'est fixées sont les mêmes que le gouvernement conservateur avait établies. Lorsque nous les avons adoptées, ces cibles étaient certes atteignables. Cependant, le gouvernement libéral fait complètement fausse route, et il impose maintenant à la population une taxe qui ne va pas l'avantager.
    Monsieur le Président, c’est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd’hui au sujet de cette motion. Les Canadiens se soucient de l’environnement. Les Canadiens se soucient de l’environnement et des changements climatiques. Les électeurs de ma circonscription, Perth—Wellington, se préoccupent de l’environnement et des changements climatiques. Ils me le disent. Les petites entreprises, les familles et la communauté agricole se préoccupent de l’environnement. Après tout, les agriculteurs sont les premiers défenseurs de l’environnement. Comme ils sont plus près du sol, plus près des ressources naturelles et plus près de l’environnement naturel dont ils dépendent pour leur subsistance et leur mode de vie, ils ont toutes les raisons de s’en préoccuper. Ils s’intéressent à ce que nous, comme pays et à titre de Parlement, faisons pour l’environnement et pour lutter contre les changements climatiques.
    Mes électeurs me parlent aussi des répercussions négatives des politiques du gouvernement libéral sur leurs familles, leurs collectivités et les petites entreprises de Perth—Wellington. Ils me le disent quand je cogne à leur porte, quand ils écrivent à mon bureau ou m’envoient des courriels, et je le vois sur les médias sociaux. Ils s’inquiètent de l’augmentation du coût de la vie. Ils s’inquiètent de l’impact et de l’effet de la taxe sur le carbone sur le coût de l’utilisation d’un véhicule pour conduire leurs enfants au soccer ou se rendre à un emploi à temps partiel ainsi que sur le coût de l’exploitation de leur entreprise et des soins à dispenser à leur famille. Cela les inquiète. Ils craignent d’être encore une fois taxés et de n’en tirer aucun avantage concret.
    La motion d’aujourd’hui est très simple. Il s’agit de demander à la Chambre d’exprimer son opinion selon laquelle nous devrions abroger la taxe sur le carbone qui, comme on l’a démontré, ne permettra pas d’atteindre les objectifs de Paris. En fait, elle est loin de permettre d’atteindre ces objectifs. La motion demande à la Chambre d’appuyer un véritable plan environnemental. Je suis fier de dire que demain, les Canadiens verront à quoi ressemble un véritable plan environnemental.
    Le gouvernement ne comprend pas que les gens de ma circonscription et les Canadiens d’un bout à l’autre du pays n’aiment pas gaspiller leur argent. Ils se soucient de l’environnement et de leurs collectivités. Ils ne gaspillent pas. Ils apportent déjà des changements là où ils le peuvent. Ils ont fait de leur mieux et continuent de faire de leur mieux, parce qu’ils ont cette cause à cœur.
    J’ai récemment pris connaissance d’un commentaire d’une propriétaire de petite entreprise tout près de St. Marys, en Ontario. Elle a écrit qu’en entendant le premier ministre bafouiller pour expliquer comment sa famille modifiait son mode de vie pour protéger l’environnement, elle a pensé à son mari, qu’elle a qualifié d’environnementaliste involontaire. Il a pris l’avion une fois dans sa vie, en 1991, pour assister au mariage d’un ami en Colombie-Britannique. Son idée des vacances est un voyage d’une journée dans un musée local ou un village de pionniers, ou un trajet en train vers Toronto pour aller voir une partie de baseball. Un samedi soir amusant pour lui consiste à rester à la maison pour regarder le match à la télévision. Il n’a jamais utilisé le service à l’auto dans les établissements de restauration rapide. Il ne boit même pas de café.
    Dans les rares occasions où il sort pour manger, il entre toujours dans le restaurant pour le faire. Lorsqu’il se rend au travail, il met un repas dans un contenant réutilisable et remplit sa bouteille d’eau au robinet. Le lait est sa boisson préférée, et il l’achète au magasin du coin dans des contenants recyclables. Il magasine dans les établissements locaux, et le peu de vêtements qu’il possède provient du travail, du canton ou d’équipes sportives. Sa petite Honda ne quitte jamais l’entrée inutilement, et il aime regrouper les courses qu’il doit faire dans la mesure du possible. Les cadeaux de Noël et d’anniversaire sont des livres, qu’il donne ou qu’il reçoit, et non des babioles de l’étranger. Comme on peut le constater, son empreinte environnementale est assez modeste.
    Cela ressemble à tellement d’électeurs de ma circonscription et tellement de Canadiens aux quatre coins du pays qui font un effort. Ils voient le gouvernement libéral les taxer davantage et le premier ministre qui, lorsqu’on lui demande tout simplement ce que sa famille et lui font pour l’environnement, ne trouve pas mieux que de bafouiller quelque chose à propos d’une espèce de « boîte à boire de l’eau ». Ce n’est pas suffisant pour les Canadiens. Ce n’est pas suffisant pour les Canadiens qui font de vrais efforts pour réduire leur empreinte carbone. Ce n’est pas suffisant pour les Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts en raison de ce que leur coûte la présence des libéraux au pouvoir.
    Les gens des collectivités rurales comme la mienne en arrachent à cause de cela. Ils n’ont pas de système de transport en commun comme leurs concitoyens des villes. Un résidant de Listowel qui travaille à Atwood ne peut pas y aller en autobus; une personne qui vit à Stratford ne peut pas prendre le métro jusqu’à St. Marys pour rendre visite à sa famille; une personne qui vit à Arthur ne peut pas prendre l’autobus pour se rendre à Mount Forest. Ça leur est impossible, et pourtant on leur impose un fardeau supplémentaire avec cette taxe sur le carbone.

  (1325)  

    J’entends souvent parler du coût du chauffage domestique, qui augmente bien sûr avec la taxe sur le carbone. Heureusement, le Parti conservateur propose de réduire le coût du chauffage domestique en supprimant la portion TPS de la TVH sur le chauffage pour donner un coup de pouce aux familles.
    Le problème, c’est que les libéraux ne parlent pas d’un plan environnemental. C’est un plan fiscal, par lequel ils prétendent prendre d’une main et redonner de l’autre, mais on voit bien qu’ils pigent dans les deux poches. De toute évidence, leur plan de remboursement ne correspond pas à ce qu’ils avaient annoncé: les Ontariens se sont fait dire qu’ils recevraient 307 $ en remboursement, mais la grande majorité d’entre eux ont reçu beaucoup moins que promis.
    Les libéraux sautent sur toutes les occasions de semer l’inquiétude. Ils disent que quiconque s’oppose à la taxe sur le carbone nie en quelque sorte les changements climatiques. Ils ne mâchent pas leurs mots pour dépeindre des Canadiens qui travaillent fort et l’opposition comme des négationnistes des changements climatiques. Pourtant, au bout du compte, nous savons que les libéraux ne font que poser des gestes symboliques, vides de sens, au lieu de poser des gestes concrets. Ce sont les conservateurs qui posent des gestes concrets.
    Les conservateurs prendront encore une fois des mesures concrètes en octobre, lorsque nous aurons l’honneur, espérons-le, de servir notre grand pays. C’est un gouvernement conservateur, sous Brian Mulroney, qui a présenté, signé et ratifié le traité sur les pluies acides. Comparons cela avec le gouvernement libéral, qui a signé le Protocole de Kyoto et qui n’a rien fait. Je suis fier d’avoir été membre du gouvernement conservateur qui, pendant son mandat, a vu les émissions diminuer.
    On parle souvent des centrales au charbon. En fait, c’est un gouvernement conservateur de l’Ontario qui, en 2001, a amorcé le processus d’élimination progressive du charbon en Ontario, ce qui a eu des répercussions réelles et importantes sur les émissions dans Perth—Wellington et partout au Canada. Dans ma circonscription, beaucoup de gens chauffent leur maison au gaz naturel. Il est fascinant de voir que la taxe libérale sur le carbone accorde un taux plus favorable au charbon qu’au gaz naturel, qui est une utilisation beaucoup plus propre de l’électricité et de l’énergie. Encore une fois, les libéraux ne s’en soucient pas. Ils se soucient des recettes et de l’argent, et c’est exactement ce qu’est le plan libéral: un plan fiscal.
    Hier, les libéraux ont voté pour la déclaration d’une urgence climatique, un geste symbolique sans aucun impact significatif ou tangible. Le député néo-démocrate de New Westminster—Burnaby a dit: « Je dois parler de ce qui vient de se produire. Les libéraux se pètent les bretelles parce qu'ils ont adopté une motion vide de sens. »
    C’est exactement ce que nous voyons avec les libéraux: des gestes vides de sens plutôt que des gestes concrets. Demain, lorsque les conservateurs dévoileront leur plan, nous verrons des mesures concrètes.
    Je sais qu’il me reste peu de temps, mais j’aimerais faire quelques dernières observations. La taxe sur le carbone n’est pas avantageuse pour l’environnement. En fait, en 2016, le Canada a dépassé de 44 mégatonnes l’objectif de Paris. En 2017, ce chiffre est passé à 66 mégatonnes. L’an dernier, il dépassait de 103 mégatonnes l’engagement pris à Paris.
    Puis, le directeur parlementaire du budget nous apprend que la seule façon pour les libéraux d’atteindre leurs objectifs de Paris est de quintupler le coût de la taxe sur le carbone, qui passerait ainsi de 20 $ à 102 $. Cela signifie que les gens des circonscriptions de l’Ontario et du Canada pourraient payer jusqu’à 23 ¢ de plus le litre d’essence, somme qui se retrouverait dans les coffres du gouvernement libéral.
    Grâce au plan conservateur, nous aurons une meilleure chance d’atteindre nos objectifs de Paris. Dans le cadre du plan conservateur, nous aurons un engagement concret à l’égard de l’environnement, un plan concret de lutte contre les changements climatiques et un plan concret qui profitera à tous les Canadiens, plutôt que le plan fiscal que proposent les libéraux.

  (1330)  

    Monsieur le Président, je vais me pencher tout particulièrement sur la tarification nationale de la pollution. Cette mesure est entrée en vigueur le 1er avril. Je suis heureux que le Parti conservateur ait attendu 78 jours entiers pour recueillir les preuves qui lui permettront de nous dire si cette tarification est efficace ou non.
    Je renvoie le député au cas de la Colombie-Britannique, où la tarification est en vigueur depuis 11 ans. Les données affichent bien sûr une réduction par personne des émissions ainsi que la croissance économique la plus rapide de tout le pays.
    Dans son allocution, notre collègue a affirmé que lorsque les conservateurs étaient au pouvoir, les émissions ont baissé. Je précise que ce ne fut le cas que pendant des récessions et que le plan climatique des conservateurs était si formidable que c'est arrivé à deux reprises la dernière fois qu’ils étaient au pouvoir. Ce n’est pas une manière efficace de protéger l’environnement. Notre collègue va peut-être citer le plan que Doug Ford a imposé à l’Ontario, qui est deux fois plus cher et qui n’est pas efficace du tout.
    Voilà pourquoi les conservateurs ont voté contre l’urgence climatique. Ils nous promettent avant tout d’éliminer la tarification nationale du carbone. Les conservateurs disent ni plus ni moins aux gens de la Colombie-Britannique, où on tarifie le carbone depuis 11 ans: « Vous imposez une tarification depuis 11 ans, et le reste du pays a enfin commencé à faire de même le 1er avril dernier, mais nous allons éliminer tout cela. Vous, de la Colombie-Britannique, vous pourrez continuer à payer ce tarif si vous le désirez, mais nous ne paierons plus. » Mon collègue trouve-t-il cette façon d’agir équitable?

  (1335)  

    Monsieur le Président, tout d’abord hier, les libéraux ont voté pour une motion sur une urgence climatique. Cependant, la vraie urgence était politique. Les libéraux ont vu leurs votes glisser vers d’autres partis. Ils les ont vus glisser vers le Parti vert et vers le NPD, alors ils ont lancé un débat politique. Après avoir déposé cette motion, ils ont attendu près d’un mois avant de demander le vote.
    Parlons donc de la Colombie-Britannique. Notre collègue mentionne une réduction par personne des émissions, mais en réalité, les émissions ont grimpé régulièrement dans les provinces qui imposent une taxe sur le carbone. Cette taxe n’a pas réduit les émissions.
    Aujourd’hui, le directeur parlementaire du budget affirme que, pour que le Canada atteigne ses objectifs de Paris, il devra multiplier cette taxe par cinq.
    Parlons maintenant des provinces. Le gouvernement fédéral a déclaré que son jugement est meilleur que celui de la plupart des provinces canadiennes. Les plans provinciaux ne suffisent pas, selon lui. Même si ces plans réduisent les émissions, ils ne sont pas assez efficaces aux yeux du gouvernement fédéral. Le gouvernement n’acceptera que l’imposition d’une taxe.
    Monsieur le Président, j’aimerais d’abord mentionner que ce qui me préoccupe aujourd’hui, ce sont les propos des conservateurs, qui s’en prennent à toutes les administrations qui ont réussi à instaurer une taxe sur le carbone.
    Les conservateurs disent qu’il fait trop chaud en Colombie-Britannique. C’est ce qu’a dit ma collègue de Calgary Nose Hill. La députée a parlé de la Scandinavie et du fait qu’il fait trop froid là-bas, de sorte qu’il serait trop difficile de nous inspirer de son exemple. Cela dit, 83 % des Canadiens vivent en milieu urbain. Entre Stockholm et Toronto, la différence de température médiane est de 1 degré Celsius.
    Les Canadiens ont besoin de mesures audacieuses et courageuses, et d’un engagement à mettre en œuvre un plan précis assorti d’objectifs clairs. Les conservateurs débattent de cette motion la veille du jour où ils vont mettre leur plan sur la table. On se serait attendu à ce qu’ils présentent leur plan hier et à ce qu'ils tiennent ce débat aujourd’hui. Au lieu, les conservateurs ont décidé de s’abstenir parce qu’ils ne veulent pas en parler. Ils ne veulent pas que nous ayons une vraie discussion et que nous parlions de la façon dont nous allons aller de l’avant.
    Les conservateurs parlent d’agir de façon responsable sur le plan financier. Ils savent que le directeur parlementaire du budget dit que les urgences climatiques coûteront entre 40 et 50 milliards de dollars d’ici 2050. Le député croit-il qu’il est correct de refiler des déficits économiques aux générations futures ou estime-t-il que nous devrions payer le prix de la pollution dès maintenant? À l’heure actuelle, la dernière option représente le choix financièrement responsable envers les générations futures.
    Monsieur le Président, la bonne chose à faire, c'est de prendre des mesures concrètes pour protéger l'environnement au lieu d'alourdir le fardeau fiscal des Canadiens, qui peinent déjà à joindre les deux bouts.
    Le député a parlé des centres urbains. Parlons plutôt des régions rurales, comme celle que je suis fier de représenter. Ce sont elles qui seront le plus durement touchées par la taxe sur le carbone et qui en profiteront le moins. Les entreprises et les familles feront les frais de cette mesure, sans en tirer d'avantage sur le plan environnemental.
    Le député a parlé du plan environnemental des conservateurs, qui sera dévoilé demain. C'est un plan qui tiendra compte du fait qu'il s'agit d'un problème mondial auquel il faut trouver des solutions mondiales afin de remédier aux effets des changements climatiques, au Canada et dans le monde entier. Le Canada doit intervenir, mais il doit aussi être un chef de file mondial dans ce dossier. C'est pourquoi je suis fier de notre plan. J'en serai fier lorsqu'il sera dévoilé demain.
    Monsieur le Président, aujourd’hui, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Rivière-des-Mille-Îles.
    J’aimerais revenir sur un point que le député de Perth—Wellington a abordé dans son discours il y a quelques instants. Il a parlé d’un électeur, un environnementaliste involontaire qui n’a pris l’avion qu’une seule fois et qui continue de prendre certaines mesures écologiques pour protéger notre monde.
    Ce qui est paradoxal, c’est que le député n’a pas pris la peine de raconter toute l’histoire à cette personne. La pollution fait l'objet d'une tarification, mais il y a également l’Incitatif à agir pour le climat. Le fait est que, puisque cette personne vit dans une circonscription rurale, elle obtiendra même un supplément sur le remboursement normal. Étant donné sa grande conscience de l’environnement, l’électeur du député aura une longueur d'avance sur la vaste majorité des Canadiens. Bien sûr, le député ne s’est pas donné la peine de lui communiquer cette information très importante.
    Les conservateurs accusent les députés de ce côté-ci de la Chambre de faire de la petite politique. Je trouve cela fascinant, car depuis trois ans et demi, j’écoute les conservateurs dire que le CO2 est un aliment pour les végétaux. J’ai entendu les conservateurs dire que nous diabolisons le CO2. Je ne les ai jamais entendus parler de changements climatiques, mais voilà que, tout à coup, depuis un mois, nous commençons à entendre des conservateurs prononcer les mots « changements climatiques ».
    J’aimerais beaucoup demander à la Bibliothèque du Parlement de vérifier le nombre de fois que les conservateurs ont prononcé les mots « changements climatiques » depuis un mois par rapport aux trois ans et demi précédents. Je parierais qu’ils l’ont dit plus souvent en un mois qu'en trois ans et demi. Les députés savent-ils pourquoi? C’est parce qu’ils ont commencé à faire des sondages et qu’ils commencent à voir qu’ils se sont peut-être trompés dans ce cas-ci et qu’ils feraient mieux de commencer à parler des changements climatiques dès maintenant.
    Sur quoi s’appuient-ils? Je vais dire à la Chambre ce qu’ils font. Demain, ils feront leur grande annonce. Ils savent qu’ils doivent être très rigoureux, car ils savent aussi qu’ils représentent des Canadiens qui ne croient pas aux changements climatiques. Ils doivent faire attention. Ils doivent présenter un plan qui n’offense pas ces gens-là non plus.
    Ce qu'on entendra demain, c'est l'argumentaire idéologique des conservateurs voulant qu'il faille en faire plus pour l'environnement et que le plan des libéraux soit terriblement mauvais, mais, en même temps, nous espérons qu'ils présenteront quelque chose de sérieux afin que nous puissions tenir un débat porteur et franc.
    Par contre, ils ont commencé à changer de message, mais quelqu'un a oublié d'en informer la députée de Milton, la chef adjointe du Parti conservateur. Dans un message sur Twitter, elle a dit ceci:
    Au bout du compte, il n'y a aucun lien avéré entre les changements climatiques et les indicateurs relatifs aux événements météorologiques extrêmes. Constamment soutenir le contraire constitue de la désinformation mise au service d'intérêts politiques et idéologiques.
    Elle a probablement reçu le mémo après avoir publié son message parce qu'il ne s'est pas écoulé beaucoup de temps avant qu'elle ne le supprime, étant donné qu'il ne cadrait plus avec la nouvelle position que les conservateurs viennent subitement d'adopter.
    Demain, nous prendrons connaissance de ce « plan » qui visera en quelque sorte à apaiser ceux qui ne croient pas aux changements climatiques, parce que c’est leur base électorale. Nous allons aussi voir les conservateurs essayer de placer ce plan juste un peu au-dessus des attentes afin de convaincre aussi certains de ceux qui ne savent pas trop à quelle enseigne loger. Je m’en tire bien? C’est à peu près ainsi que cela se passe dans la cellule de crise? Je suis à peu près certain que c’est exactement ce que les conservateurs essaieront de faire.
    Bien sûr, ils feront peur aux gens en prétendant qu’il s’agit d’une taxe, et ils ne leur diront pas tout, c’est-à-dire qu’ils ne parleront pas du remboursement rétroactif. Tout l’argent recueilli grâce à la tarification de la pollution retourne directement dans les poches des Canadiens. Les conservateurs ne veulent pas dire cela aux Canadiens.
    Ce n’est pas une taxe. Il s’agit d’un incitatif, un outil utilisé pour modifier le comportement du marché. C’est ce qui est ressorti de l’échange que j’ai eu plus tôt avec la députée de Calgary Nose Hill et de ce que je lui ai répondu lorsqu’elle a entrepris de nous renseigner sur les modèles économiques et l’élasticité des prix. Elle a dit que la demande de carburant est inélastique et qu’il est donc impossible d’en modifier l’élasticité ou l’intensité. La réalité, c’est qu’après un certain temps, l’élasticité des prix changera à mesure que de nouvelles options se présenteront sur le marché.

  (1340)  

    C’est pourquoi, tout en imposant un prix sur la pollution, le gouvernement a également pris un certain nombre de mesures pour aider à modifier l’élasticité des prix, comme l’instauration d’un rabais pour les véhicules électriques, l’investissement dans les technologies vertes pour changer la façon dont les entreprises voient les choses et la décision de faire payer davantage les grands émetteurs.
    Les députés savent-ils qu’à l’échelle mondiale, il y a de l’argent qui afflue dans n’importe quel fonds auquel sont rattachés une infrastructure verte ou un actif vert? Il y a actuellement 31 billions de dollars disponibles pour investir dans tout ce qui est étiqueté vert, parce que même le marché le sait. Même les économistes le savent. Des économistes de renommée mondiale, des lauréats du prix Nobel, disent que c’est la solution. Même des chefs religieux disent que c’est la solution. L’ex-premier ministre conservateur Stephen Harper a dit, en 2008, que la tarification de la pollution constituait la solution. C’est ce qui permettra de faire des changements et nous amènera à faire des choix différents sur le marché. Preston Manning, un autre conservateur célèbre, a dit la même chose.
    En fin de compte, même si nous continuons d’écouter les discours creux de l’autre côté de la Chambre, nous savons que la bonne façon de procéder consiste à établir un plan qui incite notre marché à faire des choix différents. C’est un principe fondamental de tout modèle économique. Le Parti conservateur du Canada, qui dit qu’il est le sauveur et le seul parti qui comprend le fonctionnement de l’économie, est en quelque sorte le seul parti à la Chambre qui lutte contre la tarification de la pollution. Tous les autres partis reconnaissent et savent que la tarification de la pollution constitue la solution.
    Je continue de défendre cette décision et cette politique. Je sais que c’est la seule et la bonne façon de procéder. Je sais que le Canada et le monde ne s’en porteront que mieux si nous écoutons ces personnes de renom, plutôt que le Parti conservateur du Canada.

  (1345)  

    Monsieur le Président, j’aimerais tout d’abord mentionner que le bombardier Patrick Labrie, du 2e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery, a perdu la vie lors d’un exercice en Bulgarie. En tant qu’ancien combattant et député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes, et en tant que Canadien, mes pensées et mes prières accompagnent la famille du bombardier Patrick Labrie, ses frères et sœurs d’armes et sa grande famille des Forces armées canadiennes.
    J’aimerais demander à mon collègue d’en face s’il peut nous dire combien le litre, selon lui, le marché est prêt à supporter. Quelle augmentation du prix à la pompe les Canadiens peuvent-ils se permettre en raison de la taxe sur le carbone?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes de sa question. Je le remercie également d’avoir mentionné la douleur qui est infligée à nos compatriotes militaires aujourd’hui. Comme je viens d’une circonscription où il y a une communauté militaire, je sais que ce sont des événements qui touchent toute la communauté et pas seulement les membres de la famille. Nous sommes de tout cœur avec eux.
    Je crois que la tarification de la pollution qui a été mise en œuvre par le gouvernement est la bonne façon de procéder. Nous ne voulons pas créer un scénario où les gens devront assumer le coût de la pollution en une seule fois. Il faut une augmentation graduelle. Il faut prendre des mesures qui nous permettront d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Je crois que le calendrier qui a été établi est le bon.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue de son discours passionné, dont j'approuve la majeure partie.
    Je le répète, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a publié des chiffres consternants qui devraient effrayer tous les législateurs du monde. Si nous n’atteignons pas la cible de réduction de 45 % par rapport à 2010 d’ici 2030, nous risquons de faire augmenter la température mondiale de plus de 2 degrés par rapport à la période préindustrielle, ce qui fera fondre les deux calottes polaires. Nous pourrions faire face à la perte de 99 % des récifs coralliens de la planète et à l’extinction d’un million d’espèces. Ce qui m’inquiète, c’est que même si nous, et moi en particulier, appuyons l’idée d’une taxe sur le carbone, nous devons atteindre des cibles de réduction importantes rapidement. Nous avons 11 ans.
    Premièrement, le plafonnement par son gouvernement de la taxe sur le carbone à 50 $ est-il suffisant, selon lui, pour commencer à influencer le marché afin de réduire nos émissions suffisamment rapidement?
    Deuxièmement, je trouve paradoxal que nous entendions ce discours passionné de la part du député le jour où son gouvernement va approuver, selon toute vraisemblance, le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Le député peut-il mentionner un seul économiste ou chef de file en matière de changements climatiques qui affirme que le fait de tripler les exportations de bitume du Canada aura un effet positif sur les changements climatiques dans le monde?
    Monsieur le Président, le député et moi nous entendons probablement plus là-dessus que nous ne le pensons. En fait, j'ai voté en faveur de la motion que son parti a présentée l'an dernier pour définir les changements climatiques. Le député soulève la question du montant, mais à mon avis, si l'on ne parle que du coût de la pollution, on perd de vue certaines autres choses qui doivent être faites en même temps, comme investir dans de nouvelles technologies et prendre des mesures pour encourager l'utilisation de véhicules électriques. C'est une approche holistique.
    Je ne crois pas que la tarification de la pollution soit une panacée. Nous devons aller de l'avant d'une manière qui contribue aussi à faire avancer beaucoup de variables et de facteurs différents qui font tous partie de l'équation.

  (1350)  

    Monsieur le Président, le député a dit qu'il ne voulait pas appeler cela une taxe. Cependant, nous savons que le gouvernement impose la TPS sur la taxe sur le carbone.
    En 2017, au Canada, 43,6 milliards de litres de carburant ont été utilisés et 2,6 milliards de dollars ont été perçus en TPS. Les libéraux ont déclaré qu'ils rembourseraient 100 % des recettes de la taxe sur le carbone. Surprise: la TPS ne sera pas remboursée. Nous avons donc découvert, après coup, qu'en réalité, seulement 90 % des coûts seront remboursés. On a beau examiner la chose sous tous les angles, il s'agit d'une taxe.
    Monsieur le Président, quel argument fallacieux. Le député parle d'une infime fraction de cette taxe. En fait, nous sommes devant un parti qui ne veut même pas admettre l'existence du changement climatique, ou du moins ne le voulait pas jusqu'à il y a quelques semaines. Le fait de répéter cette même rengaine n'aidera pas à atteindre l'objectif qui consiste à avoir un véritable impact sur l'environnement.
    Nous avons déclaré — ce qui est confirmé par le fait que tout l'argent est retourné aux contribuables — qu'il s'agit d'un incitatif pour stimuler le marché afin que les gens prennent des décisions différentes et plus judicieuses qu'à l'heure actuelle en ce qui concerne l'utilisation des combustibles fossiles.

[Français]

    L'honorable députée de Rivière-des-Mille-Îles a environ huit minutes de temps de parole avant que nous ne commencions les déclarations des députés. Je lui indiquerai quand son temps de parole sera écoulé.
    Monsieur le Président, c'est avec grand intérêt que j'ai écouté mon collègue de Kingston et les Îles.

[Traduction]

    Cette intervention était très intéressante.

[Français]

    Pour ma part, je vais plutôt parler du Rapport sur le climat changeant du Canada.
    Les sciences constituent le fondement des mesures prises par le gouvernement du Canada en lien avec les changements climatiques et fournissent de l’information essentielle à l’appui de la prise de décision stratégique.
    Le Rapport sur le climat changeant du Canada, préparé par des scientifiques mondialement reconnus d’Environnement et Changement climatique Canada, de Pêches et Océans Canada, de Ressources naturelles Canada et d’experts des universités canadiennes, est l’une des contributions scientifiques qui apportent les données probantes dont nous avons besoin pour prendre de saines décisions en matière de politique et pour protéger notre environnement, nos collectivités et notre économie.
    Lancé en 2014, le rapport est la première évaluation approfondie et autonome qui porte sur les raisons et la façon dont le climat canadien évolue et les changements projetés pour l’avenir. Menée par certains des meilleurs scientifiques du Canada, cette évaluation scientifique, évaluée par les pairs et fondée sur les recherches déjà publiées, représente les travaux menés par la communauté mondiale des climatologues. Il contribuera à éclairer la prise de décision concernant l’adaptation et à mieux faire connaître et comprendre au grand public l’évolution du Canada.
    C’est grâce aux scientifiques que nous allons avoir les données probantes. Pendant les 10 ans du gouvernement Harper, les scientifiques ont été muselés.
    De notre côté, nous trouvons que les données probantes sont nécessaires pour que l'on s’assure de prendre les décisions relativement à ce que les scientifiques ont tous dit. Les données scientifiques sont sans équivoque: le climat du Canada se réchauffe à un rythme plus élevé que la moyenne mondiale.
    Ce phénomène se poursuivra, et les émissions mondiales de dioxyde de carbone engendrées par l’activité humaine détermineront en grande partie l’ampleur du réchauffement que connaîtront le Canada et le reste du monde.
    La réduction des émissions de dioxyde de carbone d’origine humaine permettra de réduire l’ampleur du réchauffement additionnel dans le futur. Le réchauffement déjà enregistré, peu importe l’ampleur du réchauffement qui se produira, est là pour rester et il persistera pendant des centaines d’années, voire des milliers d'années.
    Le Rapport sur le climat changeant du Canada est une évaluation scientifique exhaustive qui permettra d’orienter l’élaboration de bonnes politiques visant à protéger notre environnement, nos communautés et l’économie.
    Pour les gens de la circonscription de Rivière-des-Mille-Îles, située à côté de la rivière des Mille Îles dans la région de Montréal, c’est important d’avoir des données probantes. Malheureusement, nous avons eu des inondations centenaires en 2017 et en 2019. Il est clair que les changements climatiques existent. Les gens que je représente sont très sensibles à l’environnement.
    De plus, le rapport contribuera à la sensibilisation et à la compréhension du public à l’égard du climat changeant et favorisera une bonne adaptation de façon à réduire notre vulnérabilité et à améliorer notre résilience aux changements climatiques. Le rapport nous indique que des mesures d’atténuation robustes sont requises pour limiter le réchauffement.
    Lors de l’élaboration du rapport, les intervenants clés devaient s’assurer que les renseignements présentés pouvaient être utilisés par les divers décideurs des secteurs public et privé sur l’adaptation.
    Ce document de référence clé est pertinent pour de nombreux secteurs. Il permet d’orienter les décisions au Canada en matière de planification et d’investissement des retombées durant des décennies.
    Quand le temps est venu, pour les provinces et les territoires, de faire des plans d’aménagement, il faut avoir des données qui permettent de savoir si c’est une zone inondable ou non, si les changements climatiques seront là et où on s’en va.
    L’évaluation confirme que le climat du Canada s’est réchauffé principalement à cause des émissions de dioxyde de carbone engendrées par l’activité humaine. Les effets du réchauffement généralisé sont déjà manifestes dans de nombreuses régions du Canada. Il est prévu que cinq ans suffiront dans un avenir rapproché. Le rapport couvre les changements survenus dans l’ensemble du Canada en ce qui a trait à la température et aux précipitations, y compris les conditions extrêmes, la neige, la glace, le pergélisol, la disponibilité de l’eau douce et les changements dans les océans qui bordent le Canada.

  (1355)  

    Le rapport présente un récit captivant sur les changements climatiques au Canada. Le climat du Canada s'est réchauffé et se réchauffera davantage à l'avenir à cause de l'influence humaine, et ce phénomène est irréversible. Au Canada, le réchauffement passé et futur est en moyenne deux fois plus important que le réchauffement mondial. Le climat se réchauffe deux fois plus vite au Canada que dans le reste du monde. La température annuelle moyenne au Canada a augmenté de 1,7 degré Celsius au cours des quelque 70 dernières années. La température hivernale a connu une hausse de 3,3 degrés Celsius au cours de la même période. La hausse de la température annuelle moyenne est encore plus marquée dans l'Arctique canadien, où elle s'élève à 2,3 degrés Celsius. Pour me résumer, le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, et l'Arctique se réchauffe trois fois plus vite. C'est très inquiétant. Il faut prendre des mesures.
    Par ailleurs, les océans qui bordent le Canada se sont réchauffés et acidifiés. Ils sont maintenant moins oxygénés, ce qui correspond à la tendance observée dans les océans du monde entier au cours du dernier siècle.
     Les effets du réchauffement généralisé sont évidents dans de nombreuses régions du Canada, et il est prévu qu'ils s'intensifieront dans l'avenir. Ces effets, notamment le dégel du pergélisol, le raccourcissement des saisons où le sol est couvert de neige et de glace, le prolongement des saisons de croissance, l'augmentation de la chaleur extrême et le devancement des débits de pointe printaniers, se poursuivront, car un réchauffement croissant est inévitable. Une augmentation des précipitations est prévue pour la majeure partie du Canada, bien que les précipitations estivales puissent diminuer dans certaines régions. Ces changements aux températures et aux précipitations, ainsi que ceux qui touchent la neige et la glace, ont une incidence importante sur l'approvisionnement en eau douce. La disponibilité saisonnière de l'eau douce est en train de changer et s'accompagne d'un risque accru de pénurie d'eau en été.
    Dans l'avenir, le climat plus chaud intensifiera certains phénomènes météorologiques extrêmes. Les épisodes de chaleur extrême deviendront plus fréquents et plus intenses. Ce phénomène entraînera une augmentation de la gravité des vagues de chaleur. C'est pourquoi un rapport rédigé par des scientifiques est si important, que ce soit pour les entreprises privées ou pour le secteur public. Cela nous permettra de prendre les bonnes décisions en vue de contrer les changements climatiques.
    Puisque je suis à court de temps, je continuerai d'expliquer pourquoi ce rapport est si important après la période des questions.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Français]

La fiscalité

    Monsieur le Président, 26 milliards de dollars, c'est le prix de l'évasion fiscale, selon l'Agence du revenu du Canada, et les plus grands profiteurs sont les banques et le pétrole.
    Vingt-six milliards de dollars sont cachés à l'impôt et ne servent pas à payer nos infirmières ou à rénover nos écoles, mais cela n'est que la pointe de l'iceberg.
    L'Agence du revenu du Canada calcule l'argent que les gens lui cachent, mais pas l'argent que les entreprises mettent dans les paradis fiscaux avec sa permission. L'évitement fiscal, pour les grandes entreprises et les banques, c'est permis. C'est ce que les libéraux cachent quand ils parlent de justice fiscale.
    Si un citoyen doit 100 $ à l'Agence, elle va le poursuivre jusqu'en enfer pour les récupérer. Or les banques cachent des milliards de dollars à la Barbade, et cela est autorisé par Ottawa.
    Les libéraux ont même légalisé trois nouveaux paradis fiscaux au cours de leur mandat. Ils disent que la trappe se referme sur les tricheurs, mais en vérité, c'est plutôt une fenêtre qui s'ouvre.

[Traduction]

Le Soudan

    Monsieur le Président, la semaine dernière, les membres de la communauté soudanaise de Niagara ont marché jusqu'à l'hôtel de ville de St. Catharines pour rendre hommage aux personnes tuées durant des affrontements et des manifestations qui ne cessent d'augmenter au Soudan. De nombreux Soudanais résidant au Canada ont encore des amis, des parents et des êtres chers qui sont témoins de la répression brutale dont sont victimes les manifestants politiques qui réclament courageusement des changements après des décennies d'oppression de la part de leur gouvernement. Ces gens souhaitent avoir ce que nous avons au Canada: un gouvernement dirigé par des civils et une voix au chapitre en ce qui concerne leur avenir. Ils souhaitent également qu'on respecte leurs droits fondamentaux en tant que personnes, ce que les Canadiens tiennent pour acquis. Leur gouvernement a réagi avec une violence horrible, notamment par des tueries et des agressions sexuelles. Voilà ce qu'ils ont obtenu pour avoir fait entendre leur voix, comme nous le faisons maintenant.
    Mes pensées vont aux êtres chers de ces Soudanais du Canada et au peuple du Soudan. Les responsables de ces atrocités doivent être tenus de rendre des comptes. Le gouvernement du Canada appuie le peuple soudanais. Il est disposé à faire tout en son pouvoir pour appuyer une transition dirigée par des civils en vue de la mise en place d'un gouvernement démocratiquement élu au Soudan.
    Nous entendons les demandes de la communauté soudanaise de Niagara et nous les soutenons. Nous appuyons également la population du Soudan.

L'Alberta

    Monsieur le Président, il y a deux ans, le premier ministre a oublié de mentionner l'Alberta dans son discours sur le 150e anniversaire du Canada. Cela nous a évidemment offensés, mais nous pensions qu'il s'agissait d'une omission involontaire. Les gestes posés subséquemment par le premier ministre nous ont toutefois montré le contraire, car on dirait qu'il aimerait pouvoir oublier complètement l'Alberta.
    Ses politiques, comme le projet de loi C-69 et le projet de loi C-48, représentent des tentatives délibérées de détruire le secteur de l'énergie. Le projet de loi C-69 imposerait une nouvelle réglementation onéreuse pour la construction de pipelines. Le projet de loi C-48 interdirait l'accès des pétroliers à certaines parties de la côte de la Colombie-Britannique. Les pertes d'emploi affectant des milliers de vaillants travailleurs canadiens en Alberta vont se poursuivre à cause de ces projets de loi. Pour ajouter l'insulte à l'injure, le gouvernement veut aussi imposer une nouvelle taxe sur le carbone dans la province le 1er janvier.
    Il ne suffit pas d'approuver le projet d'expansion du réseau Trans Mountain. Les libéraux doivent présenter un plan concret de réalisation du projet et indiquer aux Canadiens quand les travaux de construction débuteront à Burnaby.
    Lorsque le gouvernement sera formé par le Parti conservateur, il défendra l'Alberta, car la force de l'Alberta fait celle du Canada.

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, j'aimerais parler de ce que nous avons accompli au cours des quatre dernières années: le plus bas taux de chômage en 40 ans, la création d'un million d'emplois par les Canadiens et les 300 000 enfants qui ont été sortis de la pauvreté.
    Je suis fière du travail que j'ai fait au sein du comité de la condition féminine sur l'élaboration d'une stratégie nationale de lutte contre la violence fondée sur le sexe et de celui que j'ai fait au sein du comité de la sécurité publique sur des projets de loi qui transformeront le secteur de la sécurité nationale, qui élimineront l'isolement préventif dans les prisons et qui mettront en œuvre une approche fondée sur le bon sens en matière d'armes à feu.
    Grâce à son programme de leadership pour les jeunes femmes, mon bureau a permis à plus de 150 jeunes femmes de bénéficier des conseils d'un mentor relativement à leur carrière. Le gouvernement a appuyé l'Institut de recherche Terry Fox en s'engageant à lui fournir150 millions de dollars pour la recherche sur le cancer. À titre de secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé, je constate que nous faisons des progrès dans le dossier de l'assurance-médicaments et celui de la promotion d'un mode vie sain et actif.
    J'ai l'immense privilège de représenter Oakville-Nord—Burlington. Au nom de tous les Canadiens, je souhaite aux députés quatre autres années d'excellent travail.

[Français]

L'Abitibi-Témiscamingue

    Monsieur le Président,

Née du sein de La Reine
Je suis Témis, je suis Abitibi
Du bout du monde l'oxygène
Héritage millénaire Abitibiwinni

Mon cœur bat au son du tambour
Au rythme des rames sur l'eau
Mon âme bercée par l'Okiko
Mon corps enveloppé de ton velours

Ta nuit m'est étincelante
Je suis Témis, Je suis Abitibi
Née en automne, couleurs luxuriantes
Qui auront imprégné ma vie

Croissant en ton doux printemps
Frissonnant de tes purs hivers
Grandir en ton précieux temps
Me blottir dans ta mémoire centenaire

Extirpant de ton ventre en or
La richesse en guise de maternité
J'y ai vu naître mes trésors
Toutes deux mères dans l'éternité

De ta terre nourricière
Je me suis régalée, exaltée
De tes forêts centenaires
Je me suis reposée, enchantée

Mes pieds te parcourent
Mes mains te labourent
Dans toute ta superficie
Je suis Témis, Je suis Abitibi

  (1405)  

[Traduction]

Les anciens combattants

    Monsieur le Président, ce mois-ci marque le 75e anniversaire du jour J, et nous avons en commun la responsabilité sacrée de faire connaître l'histoire des anciens combattants. C'est dans cet esprit que je tiens à souligner la contribution des vétérans juifs canadiens qui ont servi dans toutes les guerres auxquelles le Canada a participé.
    Au cours de la Seconde Guerre mondiale, par exemple, les Juifs canadiens ont servi dans les Forces armées canadiennes à un taux supérieur de 10 % à la moyenne nationale. Nathan Dlusy était l'un d'entre eux. Nathan a fui l'Allemagne en 1938 pour aller s'établir à Montréal. En 1942, alors qu'il n'avait pas encore la citoyenneté canadienne, Nathan s'est enrôlé dans l'Aviation royale du Canada pour lutter contre la tyrannie et l'oppression outre-mer. En 1944, il a donné sa vie pour notre pays. Il n'avait que 23 ans. Aujourd'hui, son frère John Dlusy garde son histoire vivante.
    Je tiens à remercier John d'avoir fait connaître l'histoire de son frère courageux, ainsi que tous les anciens combattants qui ont servi leur pays et qui ont consenti des sacrifices pour que nous puissions vivre libres.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, l'été dernier, les libéraux ont invoqué la liberté d'expression pour défendre leur décision de financer des groupes anti-pétrole et anti-gaz naturel, mais cela ne les a pas empêchés de fermer des camps d'été confessionnels au motif que leurs valeurs n'étaient pas les mêmes que les leurs. Les libéraux nous ont montré leurs vraies couleurs cette année, car ils ont encore une fois utilisé l'argent des contribuables pour financer des groupes souhaitant bloquer l'expansion du projet Trans Mountain et mettre fin aux activités du secteur pétrolier et gazier.
    La liste est longue: Tides Canada, qui mène depuis une dizaine d'années une campagne de salissage contre les sables bitumineux avec de l'argent provenant de l'étranger; l'Institut Pembina, qui s'est associé à divers groupes américains pour paralyser le pétrole canadien; l'initiative Dogwood, qui fait mauvaise presse aux politiciens canadiens qui soutiennent le secteur canadien du pétrole et du gaz et plus particulièrement l'expansion du pipeline Trans Mountain; le Sierra Club, qui fait actuellement campagne contre les amendements apportés par le Sénat au projet de loi C-69, même s'ils ont été bien accueillis par les peuples autochtones, neuf provinces et les trois territoires; et la West Coast Environmental Law Association, qui a utilisé de l'argent provenant de l'étranger pour faire la promotion, en 2015, du moratoire sur l'expédition de pétrole ayant donné lieu au projet de loi C-48 et qui a déjà promis de s'adresser aux tribunaux pour contester l'expansion du projet Trans Mountain.
    Les députés doivent approuver les demandes de financement. Or, tous ces groupes sont situés dans des circonscriptions libérales et néo-démocrates. Le premier ministre n'est pas celui qu'il prétendait être, parce qu'il avait promis que les libéraux défendraient les intérêts des travailleurs du secteur pétrolier et gazier.

Le Centre de bien-être de l'Ouest-de-l'Île pour personnes atteintes de cancer

    Monsieur le Président, grâce à sa fondatrice, Debbie Magwood, et au soutien inconditionnel de son personnel dévoué, de ses bénévoles et de ses donateurs, le Centre de bien-être de l'Ouest-de-l'Île pour personnes atteintes de cancer est devenu un modèle nouveau genre pour les personnes qui souffrent de cette maladie. Favorisant une approche holistique du bien-être qui va au-delà des traitements médicaux traditionnels et qui se concentre plutôt sur les besoins psychosociaux des personnes atteintes du cancer, le centre est un véritable pionnier.

[Français]

    Le Centre accompagne les participants en leur proposant une variété de programmes comprenant la mise en forme physique, la méditation, la réflexologie et le yoga, entre autres.

[Traduction]

    Debbie et son équipe dévouée ne demandent pas mieux que de faire connaître leur vision. Voilà pourquoi, avec l'aide de Santé Canada, ils ont créé la Journée nationale de sensibilisation au bien-être pour personnes atteintes de cancer, dont la première édition aura lieu le 26 juin prochain.

[Français]

    Je félicite Debbie, son équipe et la communauté incroyable qui appuie le Centre et sa mission de faire du Canada une société encore plus compatissante.

[Traduction]

Long Range Mountains

    Monsieur le Président, ce fut pour moi un honneur de représenter ma circonscription, Long Range Mountains, en cette 42e législature. Le gouvernement a accompli beaucoup de choses, et je sais qu'en collaborant, nous pourrons réaliser un grand nombre de nouveaux projets au cours de notre prochain mandat.
    Comme l'été approche, je profite de l'occasion pour parler de l'industrie touristique, qui connaît un essor économique fulgurant, notamment au sein des régions rurales. J'invite tous les députés qui se demandent quoi faire cet été à venir faire un tour dans ma circonscription. Nous avons d'incroyables terrains de camping, des gîtes chaleureux, de même que des hôtels et des auberges sans pareils. Dans cette région surplombée par des paysages majestueux, les activités ne manquent pas: randonnées, croisières, observation d'icebergs et de baleines, kayak, chasse et pêche, terrains de golf exaltants, théâtres extraordinaires, musées, expériences gastronomiques savoureuses, et autant de boutiques locales à découvrir.
    Les visiteurs peuvent venir dans nos parcs nationaux et nos sites historiques admirer de magnifiques couchers de soleil, et, s'ils sont chanceux, des aurores boréales. Ils constateront que les habitants de la région sont toujours prêts à partager leurs histoires dans notre patois si unique. Je promets qu'on entend de la musique un peu partout.
    Je compte voyager dans ma circonscription pendant tout l'été. Au plaisir d'y retrouver tout le monde.

Les relations canado-américaines

    Monsieur le Président, il est maintenant manifeste que le premier ministre n'est pas pris au sérieux sur la scène internationale. Alors que les libéraux tentent de légitimer sa diplomatie étrangère désastreuse, le premier ministre ne peut s'empêcher de faire un autre faux pas qui mine davantage la réputation du Canada. Par conséquent, le Canada n'a jamais été aussi seul.
    L'économie et la prospérité du Canada dépendent du commerce et le commerce est une question de relations. Un échec diplomatique est un échec commercial. Voilà pourquoi la rencontre avec le président américain cette semaine est importante. C'est l'occasion pour le premier ministre de décrisper une relation tendue et de promouvoir les intérêts du Canada.
    Les Canadiens emprisonnés en Chine, le bois d'œuvre, la garantie qu'il n'y aura pas de nouveaux droits de douane américains, une défense et une sécurité améliorée et la souveraineté du Canada dans l'Arctique sont tous des sujets qui doivent être abordés. Le Canada et les États-Unis doivent régler leurs différends et s'unir pour contrer les menaces communes à la liberté et à la démocratie.
    Le Canada a besoin d'un premier ministre qui sera à la hauteur de la situation à Washington. Les enjeux sont grands.

  (1410)  

La députée de Brampton-Nord

    Monsieur le Président, c'est ma dernière déclaration de députée en cette 42e législature. Je souhaite prendre un instant pour repenser à la formidable aventure que cela a été, pour féliciter tous les députés et pour les remercier de leur amitié, de leurs conseils et des leçons qu'ils m'ont apprises.
    Cependant, rien de tout cela n'aurait été possible sans le soutien de personnes très importantes. Je tiens à remercier mon mari, Tejinder Sahota, et notre fils, Nihal. Je souhaite aussi remercier mes parents, Harbans Singh, Surinder Kaur, Kuldip Sahota et Pam Sahota, ainsi que mes frères et sœur Simmi, Raj, Shub et Mandeep. Je ne peux évidemment pas oublier mon assistante, Karen Gill, qui est devenue l'une de mes amies de confiance. Nous avons vécu cette aventure ensemble,et ce fut une aventure incroyable.
    Enfin, je tiens à remercier les bonnes gens de Brampton-Nord. Ils m'ont encouragée et m'ont poussée à me surpasser tout au long de mon mandat. Au cours des dernières années, j'ai fait de mon mieux pour les servir avec passion et intégrité. Je les remercie de m'avoir donné la chance d'une vie, je n'ai que de l'amour et de la gratitude pour eux.

Le Parti libéral du Canada

    Monsieur le Président, la classe moyenne canadienne a été notre priorité numéro un tous les jours. Que ce soit le ministre des Finances, le premier ministre ou le caucus libéral dans son entier, nous estimions important d'accorder à la classe moyenne un allégement fiscal représentant des centaines de millions de dollars pour les Canadiens partout au pays.
    Nous estimions important de réduire les impôts des petites entreprises et d'augmenter les impôts du 1 % des Canadiens les mieux nantis. En ce qui concerne la bonification de l'Allocation canadienne pour enfants, ce sont ainsi 9 millions de dollars qui sont versés dans la seule circonscription de Winnipeg-Nord tous les mois. Nous estimions important d'aider nos aînés et d'en sortir des centaines de la pauvreté à Winnipeg-Nord seulement, mais aussi partout au pays. Nous estimions important d'investir dans les infrastructures au Canada.
    Nous savons, nous comprenons, nous réalisons que la manière de faire rouler notre économie est d'investir dans le Canada.

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, alors que le premier ministre mène la vie du 1 % le plus riche des Canadiens et utilise les avions à réaction du gouvernement, financés par les contribuables et gros émetteurs de gaz carbonique, la plupart des Canadiens doivent budgéter pour s'en sortir. Ce n'est donc pas étonnant qu'il y ait un décalage entre les politiques du premier ministre actuel et leurs répercussions sur les Canadiens de la classe moyenne.
    Cette taxe sur le carbone contribue à faire augmenter le coût de la vie en général: ainsi, la nourriture, les billets d'avion, l'essence et tous les articles ménagers coûtent plus cher. Cette semaine, nous avons appris que cette taxe libérale ne remplira pas son objectif présumé qui était d'aider le Canada à respecter les cibles qu'il s'était fixées dans le cadre de l'Accord de Paris. C'est une preuve de plus que cette taxe est un plan fiscal et non un plan environnemental. Les Canadiens n'ont pas les moyens de payer cette taxe.
    Quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut le remplacer par quelque chose d'autre qui fonctionne. Le 21 octobre, les Canadiens auront la possibilité d'échanger leur gouvernement libéral déficient actuel contre un gouvernement conservateur qui travaillera pour eux.

  (1415)  

Le député de Nova-Ouest

    Monsieur le Président, c'est un immense honneur d'être élu député. Étant donné que je ne me présenterai pas aux prochaines élections, c'est la dernière fois que je prendrai la parole à la Chambre.
    Je dois remercier beaucoup de gens qui m'ont permis de saisir cette chance incroyable de servir le Canada. Je suis extrêmement reconnaissant envers mon équipe formidable sur la Colline et dans ma circonscription. Je remercie Melanie, Sjanna, Norma et Jason de leur excellent travail.
    Je remercie les nombreux bénévoles et partisans du Parti libéral dans Nova-Ouest. Les mots me manquent pour exprimer à quel point leur dévouement m'a touché.
    Comme nous le savons tous, il serait impossible de faire ce travail sans le soutien de nos proches et amis. Je tiens à exprimer mon amour pour les miens et j'ai hâte de les voir plus souvent. Avec un peu de chance, le sentiment est réciproque.
    Enfin, je remercie les gens bons et honnêtes de l'Ouest de la Nouvelle-Écosse. J'espère que ma contribution en leur nom est digne d'eux. C'est un privilège d'être leur représentant, et je chérirai cette chance pour le reste de mes jours.
    Le Canada est bon et juste. Alors que nous poursuivons notre aventure, ayons toujours la sagesse de chercher à construire un pays encore meilleur.

Le moratoire relatif aux pétroliers

    Monsieur le Président, il y a 15 ans, j'ai pris la parole à la Chambre pour rendre hommage à Alice Coppard, une militante dans les domaines de l'environnement et de la paix qui venait de mourir. En 1971, elle avait traversé le Canada en autostop pour recueillir des signatures en faveur d'un moratoire sur la circulation des pétroliers dans les eaux de la côte nord de la Colombie-Britannique. En 1972, un an plus tard, Frank Howard, député de Skeena, a présenté à la Chambre une motion qui allait dans le même sens et avait été adoptée à l'unanimité.
    Quand les gens constatent les effets destructeurs des changements climatiques dans nos collectivités et voient que les gouvernements ne veulent pas agir ou sont incapables de le faire, ils peuvent être portés à perdre espoir. Mais il y a toujours de l'espoir et ce soir, après une campagne de près de 50 ans visant à unir Autochtones et non-Autochtones, environnementalistes et conservationnistes, résidants ruraux et citadins, nous aurons enfin un vote pour que le moratoire sur la circulation de pétroliers sur la côte nord de la Colombie-Britannique devienne une loi.
    Je profite de cette dernière déclaration que je fais à la Chambre pour remercier tous ceux qui ont milité pour protéger le Nord-Ouest et qui demeurent fermement convaincus, tant intellectuellement qu'émotivement, qu'il n'est jamais trop tard pour bâtir un monde meilleur.

Les politiques gouvernementales

    Monsieur le Président, remontons à 2015 pour rappeler certaines des promesses faites à cette époque par le premier ministre.
    Il avait promis des déficits modestes et un retour à l'équilibre budgétaire en 2019, mais il n'a pas tenu cette promesse. Le déficit s'élève à 22 milliards de dollars cette année, et il continue de croître. Le premier ministre avait aussi promis de rétablir les pensions à vie pour les anciens combattants, mais c'est une autre promesse qu'il n'a pas respectée. Il y a eu également de multiples scandales en matière d'éthique, le voyage désastreux en Inde, le paiement versé à Omar Khadr, le scandale SNC-Lavalin, l'affaire Mark Norman, ainsi que des menaces à notre sécurité et à notre souveraineté. En outre, les élections de 2015 étaient censées être les dernières à se dérouler selon le système majoritaire uninominal à un tour.
    Puis-je me dispenser d'énumérer toutes les promesses non tenues par le premier ministre et tous ses fiascos? De toute évidence, les députés sont d'accord avec moi.
    Le premier ministre a dit que le Canada était de retour, mais il ne l'est pas. Les libéraux, eux, sont de retour à leurs vieilles histoires de scandale. Ils ont recommencé à conclure des ententes secrètes, à faire appel à des agents en coulisses, à s'occuper de leurs amis bien placés et bien nantis, et à adopter deux séries de règles, une pour les libéraux et l'autre pour le reste d'entre nous.
    Parlons maintenant des députés libéraux qui ne se présenteront pas aux élections d'octobre à la fin de leur premier mandat. Il faut remonter à 1997 pour trouver un nombre aussi élevé de députés quittant la scène fédérale après un seul mandat. Pour toutes les raisons que j'ai indiquées, ainsi que pour bien d'autres, ces députés se sont rendu compte, comme beaucoup de gens ayant voté pour les libéraux en 2015, que l'actuel premier ministre n'est pas celui qu'il prétendait être.

Les politiques gouvernementales

    Monsieur le Président, le gouvernement croit qu'investir dans les Canadiens, c'est non seulement ce qu'il convient de faire, mais aussi ce qu'il est judicieux de faire. Plus d'un million d'emplois ont été créés depuis notre arrivée au pouvoir. Les taux de chômage sont les plus bas jamais enregistrés. Plus de 825 000 Canadiens ont été sortis de la pauvreté grâce à des mesures telles que l'augmentation du Supplément de revenu garanti, qui fournit 1,7 million de dollars par an aux aînés à faible revenu vivant seuls de ma circonscription.
    Les familles à revenus faibles et moyens, comme celles de Lacy, à Tweed, et de Krysta-Lee, à Tamworth, profitent de l'Allocation canadienne pour enfants qui, pour le seul mois d'avril, a aidé plus de 16 000 enfants dans ma circonscription, pour un total de 5,5 millions de dollars. C'est 66 millions de dollars par an pour les familles de Hastings—Lennox and Addington.
    Nous avons fait campagne en proposant un plan axé sur les investissements, et le résultat est le meilleur bilan et l'un des taux de croissance les plus élevés parmi les pays du G7. Non seulement notre plan fonctionne, mais il fonctionne encore mieux que ce que nous avions annoncé.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, nous savons que le premier ministre et son Cabinet vont approuver aujourd'hui le projet du pipeline Trans Mountain. Ce n'est guère surprenant. Ce dont on n'est pas du tout certain, toutefois, c'est de savoir s'il sera construit un jour.
    J'ai une question très simple à poser au premier ministre. Quand la construction du pipeline Trans Mountain à Burnaby va-t-elle commencer, cet été?
    Monsieur le Président, nous demeurons résolus à faire les choses comme il faut en suivant les avis de la Cour d'appel fédérale. Au cours des derniers mois, le ministre des Ressources naturelles a rencontré les représentants des collectivités des quatre régions concernées par le projet, et nos équipes de consultations se sont rendues sur place pour établir un véritable dialogue. Nous nous sommes engagés à mettre en oeuvre le processus de la manière appropriée au profit de tous les Canadiens et nous vous fournirons plus de détails prochainement.

  (1420)  

    Monsieur le Président, ce n'est pas rassurant. J'ai passé la fin de semaine à Milton à parler à des citoyens sur la rue principale. J'ai passé les deux derniers jours à Toronto à parler à des banquiers et à des gens d'affaires. La seule chose que ces personnes ont toutes en commun, c'est qu'aucune d'elles ne croit que le premier ministre aménagera réellement cet oléoduc. Nous ne le croirons pas tant que les travaux ne seront pas commencés.
    Je pose la question de nouveau. À quelle date commencera l'aménagement de cet oléoduc à Burnaby, en Colombie-Britannique?
    Monsieur le Président, pendant 10 ans, le gouvernement précédent a fait preuve de négligence en manifestant un mépris flagrant envers les instances judiciaires, en ne présentant aucun plan pour protéger l'environnement et les collectivités côtières, et en ne respectant pas les droits des collectivités autochtones. Ce faisant, tout ce que les conservateurs ont réussi à faire, c'est diviser les Canadiens. Nous n'avons aucune leçon à recevoir des conservateurs. Nous nous sommes engagés à bien faire les choses dans ce dossier pour l'ensemble des Canadiens, et nous en dirons plus long sous peu.
    Monsieur le Président, on pourrait croire qu'un gouvernement qui cherche à se faire réélire par la population canadienne soit sensible au fait que personne ne croit qu'il a l'intention de faire construire l'oléoduc. Les libéraux ont beau déterrer les vieilles histoires qu'ils nous ont déjà servies, il n'en demeure pas moins qu'ils doivent maintenant assumer les conséquences de leurs actes. Personne ne croit qu'ils ont l'intention de mener à bien ce projet.
    Or, ils peuvent nous dire dès maintenant quand, précisément, commencera la construction de l'oléoduc. Quand le chantier de construction s'ouvrira-t-il à Burnaby, cet été?
    Monsieur le Président, il est manifeste que les conservateurs en remettent avec leur approche inefficace: mépris des tribunaux, aucun programme de protection de l'environnement, aucune intention de protéger les localités côtières et aucun respect des consultations auprès des communautés autochtones. La seule chose qu'ils ont réussi à faire pendant la dizaine d'années qu'ils ont été au pouvoir, c'est de diviser les Canadiens. Ils ont même voté pour qu'on sabre le financement du processus de réévaluation du projet Trans Mountain. Nous nous sommes engagés à mener à bien ce processus, et c'est précisément ce que nous ferons.
    À l'ordre, s'il vous plaît. Je rappelle au député d'Abbotsford et à tous les députés qu'ils doivent attendre leur tour avant de parler.
    Le député de Louis-Saint-Laurent a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, les libéraux osent parler de manque de respect. Le Parti libéral et le chef libéral manquent de respect envers l'énergie canadienne, et particulièrement envers les travailleurs du monde pétrolier.
    Le premier ministre manque de respect envers ceux qui travaillent sur les pipelines. Il souhaite l'extermination du pétrole et il veut également que le prix soit élevé. C'est la réalité libérale. On sait que dans quelques heures le gouvernement va annoncer la mise en marche de Trans Mountain.
    La question est de savoir à quel moment le premier coup de pelle sera donné.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il est ironique que le parti d’en face parle de respect envers les travailleurs. Leur processus n’a pas abouti à la construction d’un seul oléoduc pendant plus d’une décennie. Justement, nous respectons les travailleurs. Nous les avons respectés en présentant un projet de loi visant à renforcer et à protéger les droits des travailleurs au Canada ainsi qu’à créer de bons emplois. En fait, depuis que nous formons le gouvernement, nous avons favorisé la création de plus d’un million d’emplois au pays. Voilà ce que c’est que de défendre les travailleurs. Le gouvernement se battra toujours pour les travailleurs et pour les emplois, et c’est exactement ce que nous faisons aujourd’hui.
    Monsieur le Président, j’invite la députée à faire preuve de patience: ce sera terminé dans quatre mois.

[Français]

    Comme on le sait, le gouvernement n'a strictement rien fait depuis qu'il a annoncé Trans Mountain. Pas un coup de pelle n'a été donné, pas un pouce n'a été construit. Par contre, même si on n'a pas construit un pouce, on s'est éloigné de 2 500 kilomètres parce qu'on a pris l'argent des Canadiens pour l'envoyer à Houston, à 2 500 kilomètres d'ici. C'est uniquement cela que les libéraux ont fait.
    D'ici deux heures, ils vont annoncer qu'ils mettent Trans Mountain en avant. Quand va se donner le premier coup de pelle?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je le répète, les conservateurs ont eu une décennie pour construire des oléoducs, mais rien n'a bougé. Pourquoi? Parce qu’ils ont carrément fait fi des tribunaux. Ils ont carrément fait fi des droits des Canadiens. Ils ont carrément fait fi du droit des collectivités d’avoir leur mot à dire et d’être consultées sur ces projets qui nous concernaient tous.
    Nous continuons de favoriser la consultation. Le ministre a tenu de nombreuses consultations auprès des communautés autochtones et côtières. Nous demeurons à l’écoute. Nous en aurons davantage à dire sous peu.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, le premier ministre présente une motion symbolique sur l'environnement un jour et approuve l'expansion d'un pipeline le lendemain. Ce pipeline ne fera qu'empirer les répercussions du changement climatique. Cette décision démontre que les libéraux ne prennent pas la crise au sérieux et ne respectent pas les droits des Autochtones.
    Que dira le premier ministre aux jeunes qui veulent défendre l'environnement et qui veulent un emploi durable dans l'avenir?

  (1425)  

    Monsieur le Président, je suis toujours heureuse de me tenir debout et de dire combien on travaille fort pour protéger l'environnement et pour s'attaquer aux changements climatiques.
    Oui, hier, nous avons eu un vote sur la motion sur l'urgence climatique. Les conservateurs ont voté contre. J'étais heureuse que le NPD ait voté en sa faveur, mais pourquoi ne sont-ils pas pour le projet qui est soutenu par le NPD de la Colombie-Britannique? C'est le projet LNG, qui crée des milliers d'emplois et fait croître notre économie. Nous sommes...
    L'honorable député de Burnaby-Sud a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les Canadiens sont aux prises avec des températures à la hausse, des incendies de forêt et des inondations. Le Canada devrait être un chef de file en matière d'innovation climatique. Le Canada devrait mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles. Au lieu de cela, les libéraux achètent des pipelines. Ils maintiennent les objectifs de Harper. Ils continuent de subventionner les secteurs des combustibles fossiles.
    Nous croyons qu'il existe une meilleure façon de procéder. Les libéraux croient qu'il y a un meilleur symbolisme. Quand le premier ministre va-t-il enfin défendre notre environnement et respecter les communautés autochtones et les régions côtières?
    Monsieur le Président, nous ne croyons pas au symbolisme, nous croyons aux actions concrètes.
    C'est pourquoi nous éliminons progressivement le charbon et nous assurons une transition juste pour les collectivités. C'est pourquoi nous faisons des investissements sans précédent dans les transports en commun pour que les gens puissent se déplacer plus rapidement, plus écologiquement et à moindre coût. C'est pourquoi nous investissons dans l'innovation et dans les entreprises de tout le pays qui fournissent les solutions dont nous avons besoin et dont le monde a désespérément besoin. C'est pourquoi nous avons présenté le projet de loi C-69, qui propose de meilleures règles pour protéger l'environnement.
    Malheureusement, le Parti conservateur croit que la protection de l'environnement n'est pas importante, il croit que...
    À l'ordre, s'il vous plaît. J'encourage vivement les députés à faire montre du respect qu'ils voudraient qu'on leur manifeste.

Le logement

    Monsieur le Président, pour reprendre le thème du symbolisme, le premier ministre est excellent pour les grands gestes symboliques, mais il échoue immanquablement lorsqu'il s'agit d'aider les gens dans les moments critiques.
    Des millions de Canadiens n'ont pas de logement abordable où vivre. Ils doivent constamment choisir entre payer l'épicerie ou le loyer, ce qui est difficile. Voilà que le directeur parlementaire du budget confirme ce que les Canadiens ont toujours su, c'est-à-dire que les libéraux n'ont pas augmenté le financement pour le logement, mais l'ont plutôt réduit d'un cinquième.
    Quand le premier ministre cessera-t-il de trouver des excuses et permettra-t-il la construction d'un demi-million de logements abordables pour les Canadiens, comme le veut notre plan?
    Monsieur le Président, l'actuel gouvernement a fièrement présenté la toute première Stratégie nationale sur le logement du Canada. Nous reconnaissons que chaque Canadien mérite un endroit sûr et abordable où vivre.
    Le nouveau rapport du directeur parlementaire du budget sur le logement souligne que, sans la Stratégie nationale sur le logement, les investissements dans le logement au pays seraient réduits de plus de 75 % au cours de la prochaine décennie. Nous maintenons l'élan et la croissance pour que les Canadiens aient accès aux logements dont ils ont besoin, qu'ils méritent et qu'ils ont les moyens de payer.
    Il n'en est rien, monsieur le Président. Le directeur parlementaire du budget indique que les libéraux réduisent le financement pour le logement. N'inventez pas d'histoires.

[Français]

    Les rapports du directeur parlementaire du budget sont clairs...

[Traduction]

    Je rappelle au député de Burnaby-Sud qu'il doit s'adresser à la présidence.

[Français]

    Monsieur le Président, les rapports du DPB sont clairs et prouvent ce que nous disons depuis des mois: les libéraux ne produisent pas les résultats en logement dont les gens ont besoin. Ce premier ministre est très doué pour poser des gestes symboliques, mais il n'est pas là pour les gens quand cela compte. Le Canada est en pleine crise de logement, qui touche toutes les régions du pays.
    Quand les libéraux vont-ils devenir sérieux et aider les gens à obtenir le logement abordable dont ils ont besoin?

[Traduction]

    Monsieur le Président, grâce aux investissements sans précédent que nous avons faits dans le logement depuis notre arrivée au pouvoir, en 2015, nous avons aidé plus d'un million de Canadiens à se trouver un chez-soi. La Stratégie nationale sur le logement garantit que nous resterons un partenaire actif et à part entière dans le secteur du logement du Canada pendant la prochaine décennie.
    J'ai eu l'honneur, dans ma circonscription, d'aider à creuser les fondations de nouveaux immeubles et de les inaugurer, pour le plus grand bien des nouveaux arrivants dans ma circonscription.

  (1430)  

[Français]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, le directeur parlementaire du budget a été clair, la semaine passée.
    La taxe sur le carbone de ce gouvernement libéral va prendre encore plus d'argent dans les poches des Canadiens et des Canadiennes. Ce que le premier ministre ne veut pas dire, cependant, c'est qu'en plus d'être deux fois plus élevée que ce qui avait été annoncé, elle va augmenter. Le premier ministre va augmenter le prix de l'essence de 0,23 $ le litre.
    La question que je pose au premier ministre est simple: pourquoi veut-il encore augmenter le prix de l'essence de 0,23 $? Cela va avoir un impact sur l'épicerie des gens, sur le chauffage et sur tout ce qu'ils consomment.

[Traduction]

    Si le député de New Westminster—Burnaby et le secrétaire parlementaire du ministre du Développement social souhaitent converser, ils devraient le faire à l'extérieur.
    La ministre de l'Environnement a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, comme le parti de l'opposition le sait, nous avons mis un prix sur la pollution, parce que polluer ne peut plus être gratuit. Or nous redonnons l'argent aux familles. Quatre-vingts pour cent des familles, soit ceux qui ont moins d'argent et la classe moyenne, vont avoir plus d'argent dans leurs poches.
    Je ne sais pas si le député de l'opposition a vu, la semaine passée, que le pape était avec des compagnies pétrolières. Ils étaient d'accord sur le fait qu'on a besoin d'un prix sur la pollution.
    Pourquoi a-t-on besoin d'un prix sur la pollution? C'est parce que cela fonctionne.
    Monsieur le Président, le bilan des libéraux est catastrophique, sur le plan environnemental comme dans leurs quatre budgets. Ils ont mis en place une gestion irresponsable et inefficace des finances des Canadiens et des Canadiennes et quatre années de déficit.
    Qui va payer cela? Ce sont nos enfants, nos petits-enfants et les travailleurs canadiens qui gagnent durement leur argent.
    Ce gouvernement, que tente-t-il de faire? C'est d'augmenter encore le coût de la vie des citoyens et des citoyennes.
    Pourquoi ce gouvernement et ce premier ministre veulent-ils encore augmenter le prix de l'essence...
    L'honorable ministre de l'Environnement et du Changement climatique a la parole.
    Monsieur le Président, moi, je suis très heureuse de ce que nous faisons en tant que gouvernement. Nous avons créé un million d'emplois pour les Canadiens. Nous avons sorti 875 000 personnes de la pauvreté. Nous avons réduit l'impôt des petites entreprises.
    Que faisons-nous aussi? Nous nous attaquons aux changements climatiques.
    Or, hier, j'ai eu honte, parce que le Parti conservateur a dit qu'il n'y avait pas d'urgence climatique, qu'il n'était pas nécessaire d'atteindre nos cibles et de travailler avec le monde.
    Qu'est-ce qu'on va laisser à nos enfants et à nos petits-enfants? Une urgence climatique...
    Des voix: Oh! oh!
    L'honorable député de Portneuf—Jacques-Cartier devrait rester à l'ordre.
    L'honorable député de Carleton a la parole.

[Traduction]

La petite entreprise

    Monsieur le Président, il y a deux ans, presque jour pour jour, le ministre des Finances a lancé une attaque contre les petites entreprises. Il a tenté de hausser les impôts sur leurs investissements pour les porter à 73 % et de doubler l'impôt que doivent payer les parents qui vendent leur entreprise à leurs enfants. Il a fait marche arrière, partiellement et temporairement, vu l'immense vague d'indignation qu'il avait soulevée.
    J'ai deux questions. Premièrement, admettra-t-il que cette attaque contre les petites entreprises était malavisée? Deuxièmement, promettra-t-il de ne jamais plus réessayer?
    Monsieur le Président, nous savons que les résultats comptent. À l'heure actuelle, nos résultats économiques surpassent toutes les attentes. Le taux de chômage actuel est le plus bas en 40 ans. La proportion de la population active qui travaille n'a jamais été aussi élevée dans toute l'histoire du pays.
    C'est principalement parce que les PME se portent bien. Nous avons baissé leur taux d'imposition. C'est ici qu'elles jouissent du taux d'imposition le plus bas de tous les pays du G7.
    Nous continuons de soutenir les entreprises du pays et ce qu'elles font. Elles ont créé des emplois, ce qui a donné du travail aux Canadiens. Il n'y a que de bonnes nouvelles.

  (1435)  

    Monsieur le Président, nous venons tout juste de l'entendre. Les petites entreprises dans l'ensemble du Canada remarqueront que le ministre avait la possibilité de renoncer à ramener sur le tapis les augmentations d'impôt qu'il avait proposées à l'été 2017, sauf qu'il a refusé d'y renoncer.
    En plus de la taxe sur le carbone, nous savons ce qui nous attend près les prochaines élections. Le directeur parlementaire du budget nous a appris que le gouvernement fera grimper le prix de l'essence de 23 ¢ le litre.
    Pourquoi le gouvernement ne met-il pas cartes sur table maintenant, avant les élections?
    Monsieur le Président, nous avons effectivement assumé les 150 milliards de dollars de dette additionnelle que le gouvernement Harper nous avait laissée. En conséquence, nous avons décidé de mettre l'accent sur la classe moyenne. Nous savions qu'elle serait le moteur de la croissance économique du Canada. Nous avons misé sur elle et nous avons augmenté les montants destinés aux personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts. Surprise: l'économie du Canada a redémarré. Surprise: le taux de chômage est à son niveau le plus bas en quatre ans.
    Même s'il s'agit de bonnes nouvelles, nous continuerons de travailler pour la classe moyenne. Nous continuerons de veiller à la réussite des petites entreprises. Notre approche est efficace.
    Monsieur le Président, je viens de donner au ministre deux occasions d'admettre que son attaque initiale contre les petits entrepreneurs, à l'été 2017, était inacceptable et de dire qu'il ne tenterait plus jamais une telle chose. Nous savons qu'il commence à épuiser l'argent des autres et qu'il cherchera à en obtenir davantage s'il est réélu.
    Nous découvrons maintenant qu'il est ouvert à l'idée de relancer son plan qui vise à imposer les revenus de placement des propriétaires de petite entreprise à hauteur de 73 % et qu'il est ouvert à l'idée de doubler l'impôt des parents qui vendent une entreprise familiale à leurs enfants.
    Pourquoi n'admet-il pas tout simplement que c'est exactement ce qu'il fera s'il est réélu?
    Monsieur le Président, nous savons que la confiance des propriétaires de petite, de moyenne et de grande entreprise est extrêmement importante. Voilà pourquoi nous n'avons jamais recours à des tactiques alarmistes de ce genre.
     Nous nous efforçons de trouver des façons d'améliorer les choses. La bonne nouvelle, c'est que les mesures que nous avons prises ont vraiment amélioré les choses. Les Canadiens ont davantage d'argent dans leurs poches, alors ils le réinjectent dans l'économie et ils achètent des biens auprès des PME. La bonne nouvelle, c'est que c'est efficace. Les Canadiens se portent bien, et nous poursuivrons sur notre lancée.
    Monsieur le Président, on veut parler de tactiques alarmistes? Le premier ministre a déclaré que les propriétaires de petites entreprises ne sont que des fraudeurs de l'impôt. Pour sa part, le ministre des Finances a tenté d'imposer les revenus de placement des propriétaires de petites entreprises à hauteur de 73 %. Ce même gouvernement a aussi voulu doubler l'impôt des parents qui vendent leur entreprise à leurs enfants pour qu'il y ait un avantage fiscal à vendre à des multinationales étrangères. On veut parler de tactiques alarmistes? Le gouvernement a bel et bien alarmé, pour ne pas dire effrayé, les petites entreprises d'un bout à l'autre du Canada.
    Les libéraux pourraient apaiser certaines de ces peurs s'ils promettaient maintenant de ne plus jamais recommencer ce genre d'exercice.
    Monsieur le Président, il est très important d'écouter le milieu des affaires pour savoir ce qu'il faut faire afin d'assurer la vitalité de l'économie.
    D'abord et avant tout, les gens d'affaires nous ont dit que les compétences sont importantes. Comment avons-nous réagi? Nous avons réduit le coût des études universitaires pour les Canadiens à faible et à moyen revenu afin de faciliter l'accès aux études postsecondaires. Nous avons mis en œuvre une approche qui permet aux gens d'obtenir la formation dont ils ont besoin à long terme. Les gens d'affaires nous ont également affirmé que les impôts importent. Nous avons donc allégé le fardeau fiscal des petites et moyennes entreprises.
    Nous savons que notre approche fonctionne. Nous continuerons de nous concentrer sur ce qui importe vraiment aux entreprises afin d'assurer que l'économie...
    Le député de Rosemont—La Petite-Patrie a la parole.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, on sait déjà que dire une chose et faire son contraire, c'est la marque de commerce du Parti libéral. Cependant, déclarer l'urgence climatique et, le lendemain, autoriser l'expansion d'un pipeline qui sera aussi polluant que 3 millions de voitures, ce n'est pas juste de l'hypocrisie, c'est carrément se foutre de la gueule du monde.
    Comment ce gouvernement peut-il prétendre être écologique, alors qu'il trahit les générations futures avec ses fausses politiques environnementales?
    Monsieur le Président, nous travaillons très fort pour nous attaquer aux changements climatiques. Nous avons mis un prix sur la pollution partout au pays, nous éliminons le charbon et nous investissons dans une transition juste. Nous investissons dans des technologies propres afin de créer des emplois partout au pays. Nous investissons dans les transports en commun et dans les infrastructures vertes. Nous nous attaquons à la pollution par le plastique.
    Je pourrais en dire plus, mais ce qui me déçoit beaucoup, tout comme les Canadiens, c'est le Parti conservateur. Les conservateurs ne veulent pas se joindre à tous les députés de la Chambre pour déclarer l'urgence climatique et dire que nous devons agir.

[Traduction]

    Monsieur le Président, les Canadiens sont déçus des libéraux. En entérinant d'office ce projet, un geste irresponsable, les libéraux mettent l'Accord de Paris au rencart pour de bon et ils vandalisent l'environnement et la vie marine de la côte.
    Les champions de la lutte contre les changements climatiques n'essaient pas d'imposer à toute vitesse des projets de pipeline pour le transport de bitume brut et ils ne passent pas les droits des Autochtones au rouleau compresseur. Un seul déversement fera disparaître des milliers d'emplois dans les pêches et le tourisme, et ce, pour toute une génération.
    Les libéraux gaspillent 17 milliards de dollars en fonds publics pour menacer les emplois liés à l'environnement en Colombie-Britannique. Pourquoi n'ont-ils pas dit non aux lobbyistes de l'industrie pétrolière? Pourquoi n'ont-ils pas dit oui aux générations futures?

  (1440)  

    Monsieur le Président, nous avions un plan pour faire prospérer l'économie et protéger l'environnement. C'est pour cette raison que les Canadiens nous ont portés au pouvoir. Nous mettons ce plan en œuvre, tout simplement.
    Nous avons investi plus de 1,5 milliard de dollars dans le Plan de protection des océans. Nous avons un plan climatique national qui comprend plus de 50 mesures et nous investissons plus de 50 milliards de dollars dans l'économie verte. Nous sommes en outre en train d'instaurer un processus pour veiller à ce que les projets du secteur des ressources aillent de l'avant de la bonne façon.
    S'il n'en tenait qu'au NPD, les nouveaux investissements dans le secteur des ressources naturelles cesseraient. Pensons au projet de LNG Canada. Nous ne savons pas au juste quelle est la position du NPD.
    Nous nous efforçons de faire en sorte que le processus qui s'applique au secteur de l'énergie fonctionne de la bonne façon.

[Français]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, le projet de loi C-69 est un frein au développement de toutes les ressources naturelles du pays. Même au Québec, on s'y oppose. Le ministre québécois de l'Environnement a dit: « [Cela] perpétue le double emploi des procédures environnementales [...] élargit l'emprise du gouvernement fédéral [...] »
    Le projet de loi C-69  freinera l'exportation d'électricité qui est une occasion essentielle pour l'économie du Québec.
    Pourquoi nuire au développement économique du Québec?
    Monsieur le Président, quand nous avons été élus, nous avons dit que nous aurions de meilleures règles pour le processus d'évaluation de grands projets.
    Le plan des conservateurs sous Stephen Harper a été un désastre. Les conservateurs n'écoutaient pas les peuples autochtones et ne voulaient pas de protection pour l'environnement. Ils ne voulaient même pas écouter les gens qui dénonçaient les problèmes du projet.
    Ce n'est pas comme cela que les bons projets vont de l'avant. On doit protéger l'environnement et on doit écouter les peuples...
    L'honorable député de Haliburton—Kawartha Lakes—Brock a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, neuf provinces s'opposent à l'attaque que le premier ministre mène contre l'exploitation des ressources au Canada. Les libéraux ont étouffé les débats et ils cherchent à faire adopter à toute vapeur des projets de loi qui bloqueraient les exportations de pétrole et qui torpilleraient les projets énergétiques. Vingt-et-un chefs de file de l'industrie ont annoncé que nous assistons à la fin de toute croissance future, et ces investisseurs ont abandonné ce secteur crucial.
    Quand le premier ministre admettra-t-il enfin que son projet de loi « à bas les pipelines » et son projet de loi sur l'interdiction d'exporter du pétrole font partie de son plan pour éliminer progressivement le secteur canadien de l'énergie?
    Monsieur le Président, les Canadiens s'attendent à une évaluation des grands projets transparente et digne de confiance, et les entreprises ont besoin que les évaluations soient effectuées rapidement et efficacement. Les conservateurs de Stephen Harper ont vidé ce processus de sa substance. Ils ont fait en sorte que les Canadiens perdent confiance dans le processus et ils ont en même temps nui à l'économie et au secteur de l'énergie.
    Les meilleures règles que nous établissons garantiront que l'exploitation des ressources sera faite d'une façon qui protège l'environnement, stimule l'économie, inclut des consultations en bonne et due forme avec les peuples autochtones et crée de bons emplois pour la classe moyenne. C'est ce à quoi les Canadiens s'attendent. C'est ce que nous continuerons à leur offrir.
    Monsieur le Président, le premier ministre a dit des six premiers ministres provinciaux qui demandaient des changements au projet de loi C-69 qu'ils agissaient pour des raisons partisanes, mais il a aussi ignoré les demandes des premiers ministres libéraux de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador concernant l'exploitation pétrolière et gazière extracôtière. Les libéraux ont déjà provoqué l'arrêt de projets majeurs représentant 100 milliards de dollars, et la Banque du Canada prévoit qu'il n'y aura plus aucun investissement dans le secteur de l'énergie après 2019.
    Le moratoire sur les pétroliers des libéraux, le projet de loi C-48, enclave la côte Ouest. Les dispositions empoisonnées contenues dans le projet de loi C-86 permettront d'imposer une telle interdiction sur l'ensemble du littoral canadien. Quant au projet de loi C-69, il nuira à l'ensemble du pays.
    Les libéraux vont-ils renoncer à ces projets de loi anti-énergie avant qu'il ne soit trop tard?
    Monsieur le Président, le système défaillant de Stephen Harper avait éliminé les évaluations environnementales. L'ex-premier ministre avait forcé l'adoption d'un nouveau processus sans consulter personne au moyen d'un projet de loi omnibus d'exécution du budget.
    Qu'est-ce que cela a donné? Plus de polarisation. Des querelles surgissent partout au pays. Qu'est-ce que cela n'a pas donné? Les bons projets n'ont pas pu être lancés en temps opportun.
    Nous avons conçu de meilleures règles, qui garantiront que nous tiendrons compte de l'avis des peuples autochtones, que nous protégerons l'environnement et que nous prêterons attention aux préoccupations des Canadiens. Grâce à ces règles, les bons projets pourront aller de l'avant en temps opportun, parce qu'il y a une occasion économique de 500 milliards de dollars...
    La députée de Lakeland a la parole.
    Monsieur le Président, les entreprises, les municipalités et les collectivités autochtones disent que le projet de loi anti-pipeline, anti-chemin de fer, anti-hydroélectricité et anti-entreprises des libéraux, c'est-à-dire le projet de loi C-69, nuirait à l'ensemble du Canada.
    Selon Manufacturiers et Exportateurs du Canada, le projet de loi fera en sorte qu'il sera impossible, dans certains cas, d'exécuter des projets d'exploitation des ressources naturelles d'envergure nationale. Selon la Chambre de commerce du Canada, le projet de loi aura des répercussions graves partout au Canada. Neuf provinces et tous les territoires réclament des amendements majeurs au projet de loi C-69. Le Québec considère qu'il s'agit d'un « droit de veto » à l'égard du développement économique.
    Les libéraux abandonneront-ils le projet de loi C-69?

  (1445)  

    Monsieur le Président, nous mettons en place de meilleures règles pour protéger l'environnement, respecter les droits des Autochtones, attirer l'investissement et créer de bons emplois pour la classe moyenne. Des centaines de grands projets d'exploitation des ressources représentant des investissements de plus de 500 milliards de dollars sont prévus au Canada au cours des 10 prochaines années. Une liste robuste de projets fera en sorte que les bons projets pourront aller de l'avant en temps opportun, de manière transparente et dans le respect de l'environnement, ce qui rétablira la confiance du public et renforcera l'économie.

Le logement

    Monsieur le Président, le Canada est aux prises avec une crise du logement, mais les libéraux ne font rien pour la régler. Le rapport du directeur parlementaire du budget montre que les libéraux gonflent leurs propres chiffres, alors que des familles doivent composer avec le stress constant que leur cause la recherche d'un logement. Le rapport indique que les libéraux en font encore moins pour aider les gens qui ont des besoins pressants en matière de logement que le gouvernement Harper. C'est honteux. Nous en avons assez des promesses creuses. Le gouvernement va-t-il agir maintenant pour mettre fin à l'itinérance et pour veiller à ce que toutes les familles canadiennes aient un logement?
    Monsieur le Président, je suis très fier de la Stratégie nationale sur le logement. Comme le rapport du directeur parlementaire du budget le souligne à juste titre, l'augmentation de 62 % des services de première ligne nous aidera à réduire l'itinérance chronique de 50 %. En outre, nous visons à trouver un logement à 500 000 Canadiens ayant des besoins impérieux en matière de logement.
    Le rapport du directeur parlementaire du budget ne tient pas compte de l'Allocation canadienne d'aide au logement, un programme assorti d'une enveloppe de 8,4 milliards de dollars. Il ne tient pas compte non plus des accords fédéraux-provinciaux-territoriaux qui garantissent une augmentation de 15 % de l'offre de logements. De plus, il ne présente pas la véritable valeur des prêts et du financement qui servent à la construction de milliers de logements au pays.
    La Stratégie nationale sur le logement est efficace: elle permet de construire de véritables logements pour de vraies personnes.

Les pêches et les océans

    Monsieur le Président, une juge de Powell River a récemment condamné un braconnier qui pêchait illégalement le crabe. Dans sa décision, elle fait remarquer que Pêches et Océans Canada manque cruellement de personnel. Les pêcheurs respectueux des lois ont du mal à joindre les deux bouts à cause des changements climatiques, de la destruction de l'habitat et des restrictions plus sévères. Ils assistent impuissants à la destruction des écosystèmes locaux engendrée par le braconnage et la surexploitation.
    Le ministre écoutera-t-il cette juge et les habitants de ma circonscription et verra-t-il à ce que le ministère des Pêches et Océans dispose d'un effectif plus nombreux en mer pour faire le travail qui lui incombe?
    Monsieur le Président, le gouvernement actuel n'a ménagé aucun effort pour rétablir la capacité du ministère des Pêches et des Océans après que le gouvernement Harper l'a sérieusement amputé. Ce dernier a réduit le budget des dépenses de fonctionnement de 100 millions de dollars et, en 2012, il a vidé la Loi sur les pêches de sa substance.
    Nous venons de rétablir les protections qui se trouvaient dans la Loi sur les pêches. Nous avons consacré des sommes importantes aux travaux scientifiques, à l'application de la réglementation et à la protection. C'est ce que nous continuerons de faire, à l'avenir, pour que les pêches soient gérées de façon durable.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, je porte cette veste perlée à l’effigie des femmes autochtones nous invitant à ne jamais oublier que nous avons tous un rôle à jouer pour faire entendre les voix qui ont été ignorées pendant beaucoup trop longtemps.
    En 2017, le projet de loi S-3 a finalement été adopté, mais il prévoyait un délai avant l'entrée en vigueur des dispositions relatives au critère d’exclusion de 1951. La représentante spéciale de la ministre a terminé ses consultations, et son rapport vient d’être déposé au Parlement. Les femmes autochtones et leurs descendants veulent savoir: quand verront-ils enfin leurs droits fondamentaux rétablis?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Winnipeg-Centre d’avoir défendu ce dossier. L’égalité entre les femmes et les hommes est un droit de la personne fondamental, et le projet de loi S-3 élimine la discrimination fondée sur le sexe de la Loi sur les Indiens.
    Maintenant que les consultations de la représentante spéciale de la ministre ont pris fin et que son rapport a été déposé, nous savons ce dont nos partenaires ont besoin pour que le plan de mise en œuvre soit fructueux. La planification de la mise en œuvre est bien avancée, et je peux confirmer que les dispositions entreront en vigueur au cours du mandat du gouvernement actuel. Nous sommes déterminés à collaborer avec nos partenaires pour régler tous les problèmes d’inscription qui subsistent, mais aussi pour accélérer la progression vers l’autodétermination, dont les nations...
    Le député de Portneuf—Jacques-Cartier a la parole.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, ce gouvernement n’a aucune crédibilité en matière d’environnement. Il affirme que son plan va permettre au Canada d’atteindre son engagement pour les cibles de l'Accord de Paris.
    Tous les experts, les scientifiques, les organismes environnementaux, les instances gouvernementales confirment que le Canada n’atteindra pas ses cibles. Seuls les libéraux pensent avoir la science infuse. Hypocritement, ils ne disent pas la vérité aux Canadiens et aux Canadiennes. Les libéraux doivent dire la vérité, juste la vérité et rien que la vérité.
    Pourquoi ce gouvernement libéral ne dit-il pas la vérité?

  (1450)  

    Monsieur le Président, pourquoi les conservateurs ont-ils voté contre la motion sur l’urgence climatique? Est-ce que c’est parce qu’ils ne reconnaissent pas la science des changements climatiques? Est-ce qu’ils ne reconnaissent pas qu’on en paie les coûts maintenant? Est-ce qu’ils ne reconnaissent pas que même le Québec, que le député représente, a une bourse du carbone et que cela fonctionne?
    Le Québec réduit ses émissions, il a un secteur de technologies propres et les gens en sont heureux. Peut-être qu’il devrait parler aux Québécois et aux Québécoises.

[Traduction]

    À l'ordre. C'est loin d'être la première fois aujourd'hui que j'entends le député de Prince George—Peace River—Northern Rockies. C'est généralement un plaisir, mais je lui rappelle qu'il n'avait pas la parole. Je lui demande donc d'éviter de s'exclamer de la sorte si ce n'est pas à lui de parler.
    Monsieur le Président, cela ne devrait surprendre personne, mais les libéraux ne passeront même pas près d'atteindre les cibles de l'Accord de Paris. Ce n'est pas un plan climatique qu'ils ont présenté, mais un plan fiscal. Que ce soit en prétendant qu'ils ne feront pas augmenter le prix du carbone au-delà de 50 $ la tonne ou en envoyant leurs ministres se donner en spectacle en critiquant un plan climatique qu'ils n'ont pas encore vu, les libéraux cherchent par tous les moyens à détourner l'attention générale de leurs multiples échecs dans le dossier climatique.
    Quand la ministre jouera-t-elle franc jeu et admettra-t-elle que les libéraux n'atteindront pas les cibles établies à Paris?
    Revenons en 2015, monsieur le Président. Le député d'en face est venu à Paris avec nous. Il était là quand nous avons négocié l'Accord de Paris. Il était là aussi quand nous avons annoncé que le Canada était de retour, qu'il prenait les changements climatiques au sérieux et qu'il entendait s'y attaquer. Nous avons mis un an à négocier un plan climatique comptant plus d'une cinquantaine de mesures.
    Hier, l'hypocrisie des conservateurs est sortie au grand jour. Ils ont en effet voté contre une motion déclarant l'urgence climatique. Ils ont voté contre les mesures qui nous permettraient d'atteindre les cibles de l'Accord de Paris et de laisser un environnement sain et sans danger à nos enfants. Ils ont voté contre les 26 billions de dollars qui auraient...
    À l'ordre. Si c'est ce que souhaitent les députés, nous pouvons très certainement abréger la période des questions. S'ils sont incapables d'écouter les questions et les réponses de leurs collègues, nous n'aurons peut-être pas le choix d'en venir là.

[Français]

Le commerce international

    Monsieur le Président, la crise avec la Chine va de mal en pis. La réputation internationale du Canada est en ruine à cause de ce premier ministre. La Chine refuse même de répondre à ses appels.
     Comme la Chine, il est temps pour le chef libéral d'arrêter d'inventer des excuses. Après le canola et le soja, le secteur porcin est maintenant la cible de la Chine. Pourtant, la Chine a désespérément besoin du porc canadien. Se tenir debout, ce n'est pas juste pour prendre des photos, c'est pour défendre les producteurs.
    Pourquoi le premier ministre est-il incapable de se tenir debout devant la Chine?
    Monsieur le Président, c'est tout le contraire. Je peux assurer à la Chambre que nous nous tenons debout, et ce, chaque jour depuis le début. Nos producteurs de porc canadiens offrent des produits de très grande qualité.
    C'est vrai que nous avons été informés par la Chine qu'elle a suspendu un producteur de porc après avoir décelé la présence d'un supplément alimentaire qui est autorisé selon les normes internationales, mais interdit en Chine. Je peux assurer à la Chambre que l'Agence canadienne d'inspection des aliments suit le dossier de près. Nous prenons cela très au sérieux.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, pendant des mois, le gouvernement a défendu l'absence de progrès dans sa relation avec la Chine en affirmant avoir formé une coalition de pays qui appuient la libération de deux Canadiens détenus dans une prison chinoise. Bien qu'un consensus entre amis soit utile, le premier ministre n'a pas encore traduit ce soutien mondial en action. C'est à lui qu'il incombe d'intervenir et de démontrer que nous sommes sérieux dans nos rapports avec la Chine.
    Quand le premier ministre prendra-t-il des mesures pour sortir de cette impasse avec la Chine et libérer les Canadiens emprisonnés à tort?
    Monsieur le Président, comme dans tous les dossiers, ce sont les intérêts supérieurs du Canada et des Canadiens qui constituent notre priorité. La Chine a été clairement informée de toutes nos positions. Nous avons effectivement rallié un nombre sans précédent de pays à notre cause et ils se portent à la défense des Canadiens.
    La situation ne se prête ni à la démagogie ni aux joutes politiques. Il faut faire preuve de persévérance, de prudence et de détermination pour ramener de courageux Canadiens chez eux et redonner aux agriculteurs l'accès aux marchés.

  (1455)  

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, les Canadiens ont besoin de services de santé, d'éducation et de soutien pour les enfants autistes. Au lieu de financer ces services adéquatement, les gouvernements libéraux et conservateurs partout au pays disent aux Canadiens de s'attendre à moins de services tout en sabrant les services existants. Pendant ce temps, les entreprises riches sont parvenues à éviter de payer 26 milliards d'impôts. Pourquoi s'en tirent-elles impunément? Il n'est pas difficile d'imaginer tous les services que les Canadiens pourraient recevoir avec cet argent.
    Les libéraux auront-ils un jour le courage de tenir tête aux riches entreprises, ou continueront-ils de rester les bas croisés pendant que les Canadiens se débattent avec leurs problèmes?
    Monsieur le Président, le gouvernement reconnaît les difficultés uniques que connaissent les Canadiens confrontés à l'autisme. C'est pourquoi nous prenons des mesures pour leur apporter de l'aide sous la forme de projets communautaires et d'un réseau national de recherche et d'échanges pour les aider à trouver du travail et de nouveaux travaux de recherche révolutionnaires.
    Nous continuerons à travailler avec les groupes communautaires, les aidants et d'autres intervenants pour que tous les Canadiens autistes obtiennent le soutien et l'aide dont ils ont besoin.

[Français]

La fiscalité

    Monsieur le Président, à cause de l'inaction des gouvernements libéraux et conservateurs successifs, ce sont 26 milliards de dollars en taxes et en impôt que nous perdons chaque année et que la ministre refuse d'aller chercher.
     Pour bien illustrer l'ampleur de cette somme, c'est l'équivalent de huit superhôpitaux comme le CHUM, à Montréal, de six ponts Champlain ou encore de 650 000 logements abordables.
    Quand le gouvernement et la ministre du Revenu national trouveront-ils une once de courage pour enfin réformer nos lois fiscales désuètes qui profitent aux plus fortunés?
    Monsieur le Président, manifestement, mon collègue n'a pas lu les cinq rapports de l'Agence du revenu sur le sujet. Il parle des estimations de l'écart fiscal de 2014. C'était avant que notre gouvernement s'attaque au problème après 10 ans d'inaction des conservateurs.
     Ces estimations confirment que l'évasion fiscale est un problème. Nous sommes sur la bonne voie, avec nos investissements historiques de plus de 1 milliard de dollars dans l'Agence du revenu. Contrairement aux conservateurs et au NPD, nous croyons à la prise de décision basée sur les faits.

Le programme Emplois d'été Canada

    Monsieur le Président, le programme Emplois d'été Canada est censé faire travailler des jeunes au pays, mais on apprend que les libéraux s'en servent pour financer des organisations associées à des entités terroristes.
     L'Islamic Society of North America, dans la circonscription de Mississauga—Lakeshore, est bannie par l'Agence du revenu du Canada à cause de ses liens avec certaines organisations. On ne peut même pas faire un chèque. Pourtant, les libéraux, eux, lui donnent de l'argent.
    Prennent-ils la menace terroriste au sérieux? Si oui, qu'attend la ministre pour révoquer la subvention?

[Traduction]

    Monsieur le Président, il va de soi que le gouvernement s'oppose au terrorisme. Je comprends bien les préoccupations du député. Les fonctionnaires de mon ministère se penchent sur la question.
    Comme je l'ai dit, nous nous attendons à ce que toutes les organisations qui reçoivent du financement dans le cadre du programme Emplois d'été Canada respectent les conditions du programme. J'ai demandé au ministère d'examiner le cas de l'organisation dont il est question. Si cette organisation utilise l'argent d'une manière qui viole les droits garantis par la Charte de qui que ce soit, ou si elle place un étudiant dans un poste dangereux, elle ne sera pas admissible pour recevoir le remboursement relatif au poste en question.
    Monsieur le Président, le problème est que les droits garantis par la Charte sont accordés à ceux qui considèrent le Canada comme leur pays. Nous parlons d'activités terroristes qui ont lieu au Pakistan.
    La question est simple. La responsabilité principale de tout gouvernement est de respecter la primauté du droit. Donc, dans ce cas, l'endroit où l'argent a abouti est tout particulièrement problématique.
    Voici le problème. Pour recevoir un financement dans le cadre du programme Emplois d'été Canada, les organisations doivent réussir le test autocratique de valeurs libérales. Cette organisation a-t-elle vraiment réussi l'examen des libéraux à cet égard?
    Monsieur le Président, la députée d'en face devrait se calmer. Il est décevant — mais non surprenant — que la députée propage de telles idées malhonnêtes. À quoi d'autre peut-on s'attendre du parti qui a consigné au compte-rendu d'un comité les paroles d'un terroriste islamophobe, ou qui s'associe à Faith Goldy ou Rebel Media, ainsi qu'à leurs théories haineuses du complot? Bien sûr, il s'agit du parti qui a partagé une tribune avec ceux qui ont été bloqués de Facebook en raison de leurs opinions de nationalistes blancs. Nous n'avons pas de leçon à recevoir de ce parti.
    À l'ordre, s'il vous plaît. Il est normal que des députés entendent des choses qu'ils n'aiment pas durant la période des questions et peut-être à d'autres moments également. Je ne comprends pas pourquoi les députés ne se rendent pas compte qu'il est important d'écouter, que l'on soit d'accord ou pas avec ce qui est dit.
    J'exhorte les députés à faire preuve de prudence dans leurs commentaires. Je demande également au député de Wellington—Halton Hills de ne pas crier quand quelqu'un d'autre a la parole.
    Le député de Chilliwack—Hope a la parole.

  (1500)  

    Monsieur le Président, il est clair que la ministre est terrifiée par la question.
    Les libéraux ont donné 26 000 $, au titre du financement d'Emplois d'été Canada, à un groupe lié au terrorisme. Les activités de ce groupe, qui est la section canadienne de l'Islamic Society of North America, sont connues du gouvernement puisque l'Agence du revenu du Canada lui a déjà retiré son statut d'organisme de bienfaisance à cause de ses liens avec des militants extrémistes, ce qui n'a pas empêché le député libéral de Mississauga—Lakeshore d'autoriser le financement.
    La ministre est saisie du dossier depuis une semaine, alors qu'y donner suite aurait dû lui prendre cinq minutes. Pourquoi n'annule-t-elle pas ce financement dès aujourd'hui?
    Monsieur le Président, cela fait chaud au cœur d'entendre le député d'en face se soucier autant des emplois pour les jeunes. En fait, si les conservateurs s'intéressent vraiment aux emplois pour les jeunes Canadiens, pourquoi se sont-ils opposés au financement d'initiatives essentielles telles que la Stratégie emploi et compétences jeunesse ou le programme d'apprentissage intégré de la petite enfance, ou encore aux subventions aux apprentis? Pourquoi, sous leur gouverne, ont-ils laissé le taux de chômage des jeunes grimper à son plus haut niveau depuis les années 1990?
    Le gouvernement a doublé le financement du programme. En fait, depuis notre élection, plus de 70 000 étudiants ont profité chaque été d'emplois de qualité, ce qui a entraîné le plus bas niveau de chômage chez les jeunes…
    À l'ordre, s'il vous plaît. Nous pourrions tous nous passer de ce vacarme constant lorsqu'une personne a la parole.
    Le député de Charleswood—St. James—Assiniboia—Headingley a la parole.

La santé