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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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43e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 034

TABLE DES MATIÈRES

Le lundi 20 avril 2020




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 149
No 034
1re SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le lundi 20 avril 2020

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 11 heures.

Prière


  (1105)  

[Traduction]

Privilège

Les séances de la Chambre pendant la pandémie de COVID-19 

[Privilège]
    Monsieur le Président, je soulève une question de privilège. C'est la première occasion que j'ai de le faire.
    D'entrée de jeu, je dois parler de l'énorme tragédie survenue au cours du week-end en Nouvelle-Écosse. Je suis convaincu que nous sommes tous touchés par cet horrible événement. Cette tragédie ne fait que rendre encore plus pressante ma demande.
    Monsieur le Président, votre rôle consiste à protéger les droits et les privilèges de tous les députés. Traditionnellement, le Président est aussi responsable de la sécurité physique des députés, ainsi que de toutes les personnes qui travaillent au Parlement. Il est évident que nous faisons actuellement face à une pandémie mondiale attribuable au virus de la COVID-19. C'est en raison des conséquences de cette pandémie que, le 13 mars 2020, la Chambre a convenu à l'unanimité d'ajourner ses travaux jusqu'à aujourd'hui.
    C'est cependant pour la forme que la Chambre s'est alors entendue pour fixer au 20 avril la date de la reprise de ses travaux. Le 13 mars, personne ne savait ce que signifiait en réalité la vie en période de pandémie. Personne ne connaissait l'expression « aplatir la courbe ». Nous le savons maintenant. À mon avis, lorsque nous avons convenu de l'ajournement le 13 mars, nous avons placé dans la motion un simple expédient pour poursuivre l'ajournement conformément aux conseils en matière de santé publique. Jusqu'à hier, il aurait suffi que les leaders à la Chambre des quatre principaux partis signent une lettre vous demandant, monsieur le Président, de prolonger l'ajournement. Or, si cette lettre n'a pas été envoyée, c'est à cause d'un seul parti représenté à la Chambre. C'est pour cela que nous sommes ici aujourd'hui.
    Les droits et les privilèges de nombreux députés sont enfreints d'emblée par toute motion portant poursuite des travaux réguliers de la Chambre, travaux auxquels ils ne peuvent participer. Tous les députés de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l'Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador ne peuvent se présenter à la Chambre à cause des règles de quarantaine en vigueur dans ces provinces, qui les obligent à rester confinés pendant 14 jours lorsqu'ils rentrent chez eux. Ils doivent même s'isoler de leur propre famille.
    La situation est particulièrement difficile pour eux aujourd'hui dans la foulée de ces terribles meurtres, car ils ne peuvent se rassembler. Ils ne peuvent réconforter leurs concitoyens affligés par le deuil. Aucun d'entre nous, du premier ministre à la gouverneure générale, ne peut aller en Nouvelle-Écosse pour les réconforter. Nous sommes de tout cœur avec tous les Néo-Écossais et les Canadiens touchés par cette tragédie. Ma collègue de Saanich—Gulf Islands, ancienne résidante de la Nouvelle-Écosse et fière Cap-Bretonnaise, connaît un membre de la famille d'une des victimes. Le temps est vraiment mal choisi pour débattre de règles de procédure à la Chambre.
    On porte également atteinte aux droits et aux privilèges de ma collègue de Fredericton. Si elle voulait représenter en personne à la Chambre les habitants de sa circonscription, ce qui est son devoir et son droit, elle devrait s'isoler de son mari et de ses enfants pendant 14 jours à son retour chez elle.
    Le gouvernement québécois a également demandé aux députés du Québec de ne pas voyager. L'idée que quelques-uns d'entre eux se rendent à Ottawa porte atteinte à leurs privilèges et aux directives du gouvernement du Québec.

[Français]

    Les droits des députés du Québec sont violés.

[Traduction]

    Le Parlement n'est pas un club de débats réservé à d'importants groupes ou partis politiques organisés. Les partis politiques ne sont pas mentionnés dans notre Constitution. Le Parlement est une assemblée de représentants dûment élus. Tous les députés sont égaux, tout comme le sont chacun des électeurs et chacune des circonscriptions.
    Nous sommes aujourd'hui en territoire inconnu. Les députés du Parti vert se fondent sur les règles et les procédures qui protègent depuis des siècles les démocraties parlementaires fondées sur le modèle de Westminster. Ces règles évoluent, mais le rôle du Président consiste d'abord et avant tout à protéger les droits de chacun des députés.
    En situation de pandémie, le Président devrait sûrement considérer qu'il y a matière à question de privilège. De plus, étant donné que le débat se poursuit, ce qui constitue un affront au Parlement, je vous demande, monsieur le Président, de conclure qu'il y a, de prime abord, matière à question de privilège et de renvoyer sans délai la question au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, qui tient actuellement une réunion virtuelle. Je vous demande aussi de prendre en main la protection de la Chambre, d'ajourner immédiatement et indéfiniment les travaux et de nous informer du moment où nous pourrons les reprendre selon l'avis des autorités de la santé publique quant au moment où il sera possible pour tous les députés d'exercer leurs droits et leurs privilèges à la Chambre. Je vous demande aussi de continuer de faire respecter la volonté que les députés ont exprimée le 11 avril en adoptant à l'unanimité un ordre toujours en vigueur actuellement, qui veut que l'on organise sans délai la tenue de périodes des questions virtuelles et que l'on convoque de nouveau les députés seulement lorsqu'il sera absolument nécessaire de légiférer.

  (1110)  

    Monsieur le Président, j'ai deux points à soulever relativement à la question de privilège du député.
    Primo, je rappelle à la Chambre que le comité de la procédure et des affaires de la Chambre doit s'occuper, en très peu de temps, du dossier du Parlement virtuel.
    Secundo, nous nous réservons le droit de répondre à la question de privilège du député.
    Je vais prendre cela en considération et je vous reviendrai avec une décision dès que possible.

Les travaux de la Chambre

Suspension d'articles du Règlement pour la séance actuelle  

[Travaux de la Chambre]
     Monsieur le Président, il y a eu des discussions entre les partis, et je pense que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante.
    Je propose:
     Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, l'application des articles 15, 17 et 56.1 du Règlement soit suspendue pour la séance actuelle.
     Le ministre a-t-il le consentement unanime de la Chambre afin de proposer la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter cette motion?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)


Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Délibérations de la Chambre et des comités

    Monsieur le Président, il y a eu des discussions entre les partis, et je pense que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour que je dépose une motion.
    Le Président: Le ministre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter une motion?
    Des voix: D'accord.
    Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, au cours de la séance d’aujourd’hui, un ministre de la Couronne soit autorisé à proposer, sans avis, une motion relative aux travaux de la Chambre et de ses comités.
    Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre:
a) aujourd’hui ne soit pas considéré comme un jour de séance aux fins des articles 34(1), 37(3), 51(1) et 110 du Règlement et de l’article 28(12) du Code régissant les conflits d’intérêts des députés;
b) les réponses du gouvernement à la pétition 431-00125, 431-00129, 431-00134, 431-00136 et 431-00139 soient déposées immédiatement et que les réponses du gouvernement aux questions inscrites au Feuilleton numéros Q-369 à Q-379 et une réponse supplémentaire à Q-330 soient transformées en ordres de dépôt de documents et que les documents soient déposés immédiatement;
c) les déclarations de ministres aient lieu immédiatement après l’adoption de cet ordre, qu'un député du Parti vert puisse également commenter la déclaration et que le temps alloué aux commentaires soit au minimum 10 minutes par parti;
d) après les déclarations de ministres, la Chambre se forme en comité plénier pour examiner des questions reliées à la pandémie de la COVID-19 pourvu que, durant les délibérations du comité,
(i) le Président puisse présider,
(ii) la présidence puisse présider du fauteuil du Président de la Chambre,
(iii) la présidence reconnaisse les députés de tous les partis reconnus et un député qui n’est pas membre d’un parti reconnu, guidée par les proportions suivies pendant les questions orales,
(iv) aucun député n’ait la parole pendant plus de cinq minutes à la fois pour poser des questions à un ministre de la Couronne ou à un secrétaire parlementaire agissant au nom du ministre,
(v) les députés puissent partager leur temps de parole avec un ou plusieurs députés en indiquant à la présidence qu’ils ont l’intention de procéder ainsi;
après 27 interventions de cinq minutes ou lorsque plus aucun député ne prendra la parole, selon la première éventualité, le comité lève la séance;
e) lorsque le comité plénier lève sa séance, la motion « Que la Chambre prenne note de la pandémie en cours de la COVID-19 » soit réputée proposée et un député de chaque parti reconnu et un député du Parti vert puissent prendre la parole sur ladite motion pendant au plus 10 minutes, suivies de cinq minutes pour les questions et observations, pourvu que les députés puissent partager leur temps de parole avec un autre député; à la fin de la période prévue pour ce débat ou lorsque plus aucun député ne prendra la parole, selon la première éventualité, la Chambre s’ajourne jusqu’au lundi 25 mai 2020 sous réserve que, pour l’application du Règlement, elle soit réputée ajournée conformément à l’article 28 du Règlement et si le Président reçoit avis des leaders à la Chambre des quatre partis reconnus qu’il est dans l’intérêt public que la Chambre demeure ajournée jusqu’à une date ultérieure ou jusqu’à ce qu’un nouvel avis soit donné au Président, la Chambre demeure ajournée en conséquence;
f) pour plus de certitude, les dispositions suivantes demeurent en vigueur:
(i) les paragraphes m) à p) de l’ordre adopté le vendredi 13 mars 2020,
(ii) les paragraphes i) à m) de l’ordre adopté le mardi 24 mars 2020, pourvu que
(A) au paragraphe i), les mots « paragraphe f) » soient réputés faire référence au paragraphe e) de cet ordre,
(B) au paragraphe l), les mots « paragraphes e ou f) de cet ordre » soient réputés faire référence au paragraphe e) de cet ordre,
(iii) les paragraphes k) à n) et p) à t) de l’ordre adopté le samedi 11 avril 2020, pourvu que le Comité permanent des affaires autochtones et du Nord soit ajouté à la liste des comités visés au paragraphe l) de l’ordre en question;
g) pendant la période où la Chambre est ajournée conformément à cet ordre, toute pétition certifiée par le greffier des pétitions puisse être déposée chaque mercredi auprès du greffier de la Chambre sous forme électronique et soit réputée, à toutes fins, avoir été présentée à la Chambre à cette date;
h) un comité spécial sur la pandémie de la COVID-19 soit créé, composé de tous les députés, et se réunisse afin
(i) d’entendre des annonces ministérielles,
(ii) de permettre aux députés de présenter des pétitions,
(iii) de questionner des ministres de la Couronne, incluant le premier ministre par rapport à la pandémie de la COVID-19, pourvu que
(iv) pendant la période où la Chambre est ajournée conformément à cet ordre et à partir du mardi 28 avril 2020, le Comité se réunisse à midi tous les mardis et mercredis et, à partir du jeudi 7 mai 2020, le Comité se réunisse également à midi à tous les jeudis, pourvu que le Comité ne se réunisse pas lors d’une journée mentionnée à l’article 28(1) du Règlement,
(v) les mardis et les jeudis, le Comité se réunisse par vidéoconférence et les députés doivent participer aux réunions par vidéoconférence et, les mercredis, le Comité se réunisse dans l’enceinte de la Chambre et les députés doivent participer en personne, pourvu que les réunions par vidéoconférence soient assujetties aux limites que l’administration de la Chambre estime nécessaires,
(vi) le Président soit la présidence du Comité,
(vii) ssept députés constituent un quorum,
(viii) les annonces ministérielles, s'il y en a, soient étudiées à l’ouverture de la réunion et les délibérations soient menées de la même manière que les déclarations de ministres en vertu de l’article 33(1) du Règlement, pourvu qu’un député du Parti vert puisse également commenter la déclaration,
(ix) après toute annonce ministérielle, tout député souhaitant présenter une pétition puisse le faire pendant une période d’une durée maximale de 15 minutes, pourvu que les dispositions de l’article 36 du Règlement s’appliquent, sauf pour l’article 36(5) du Règlement, et que toute pétition présentée soit réputée à toutes fins avoir été présentée à la Chambre,
(x) après toute annonce ministérielle et la présentation de pétitions, des questions soient posées aux ministres, pendant au plus 90 minutes le mardi et le jeudi et au plus deux heures et 15 minutes le mercredi, de la manière prévue en d), pourvu que les ministres répondent aux questions,
(xi) à la conclusion du temps pour questionner les ministres les mardis et les jeudis, le Comité soit ajourné jusqu’au prochain jour visé en (iv),
(xii) à la conclusion du temps pour questionner les ministres les mercredis, le Comité étudie la motion « Que le Comité prenne note de la pandémie en cours de la COVID-19 » pendant au plus deux heures et 10 minutes, pourvu que 30 minutes soient allouées à chaque parti reconnu pour participer au débat et puissent être partagées entre les députés de ce parti et un total de 10 minutes soit alloué aux députés de partis non-reconnus, et à la conclusion du temps alloué ou lorsque plus aucun député ne prendra la parole, selon la première éventualité, le Comité soit ajourné jusqu’au prochain jour visé en (iv), pourvu que, si la Chambre siège un mercredi conformément au paragraphe i) de cet ordre, le Comité s’ajourne à la conclusion du temps pour questionner les ministres,
(xiii) si le Président reçoit avis des leaders à la Chambre des quatre partis reconnus qu’il est dans l’intérêt public que le Comité demeure ajourné jusqu’à une date ultérieure ou jusqu’à ce qu’un nouvel avis soit donné au Président, le Comité demeure ajourné en conséquence,
(xiv) les réunions du Comité soient télévisées, selon la pratique habituelle pour les séances de la Chambre,
(xv) tout document puisse être présenté par un ministre de la Couronne, ou un secrétaire parlementaire agissant au nom d’un ministre pendant la réunion du comité et soit réputé à toutes fins avoir été présenté ou déposé à la Chambre,
(xvi) le Comité ait le pouvoir de siéger pendant que la Chambre est ajournée et d’imprimer, chaque jour, les documents et témoignages demandés,
(xvii) à la reprise des séances régulières de la Chambre, le Comité cesse d’exister,
(xviii) à la suite de la présentation du rapport du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre conformément à l’ordre de renvoi du samedi 11 avril 2020, les leaders à la Chambre des quatre partis reconnus puissent donner avis au Président qu’il y a accord entre les partis pour mettre en œuvre une ou plusieurs des recommandations du Comité, le Président doive donner suite à cet accord;
i) si, pendant la période où la Chambre est ajournée conformément à cet ordre, et sans limiter l’application de l’article 28(3) du Règlement, le Président, après consultation avec le gouvernement, est convaincu que, dans l’intérêt public, la Chambre doive se réunir pour l’étude de mesures pour adresser les impacts de la COVID-19 sur la vie des Canadiennes et des Canadiens, le Président puisse faire connaître, par avis, qu’il a acquis cette conviction et la Chambre se réunisse au temps fixé dans un tel avis et poursuive ses travaux comme si elle avait été dûment ajournée à ce moment, pourvu que, par rapport à une séance tenue en vertu de ce paragraphe,
(i) la Chambre se réunisse un mercredi au plus tôt à 14 h 30 ou à la conclusion des travaux du Comité spécial sur la pandémie de la COVID-19,
(ii) l’avis de convocation soit donné au plus tard à 18 heures le lundi précédent,
(iii) les avis puissent être déposés auprès du greffier au plus tard à 18 heures le lundi précédent et soient imprimés au Feuilleton des avis devant être publié pour la séance,
(iv) l’application des articles 15, 17, 36(8)b) et 39(5)b) soit suspendue,
(v) l’ordre des travaux soit la rubrique Dépôt de projets de loi émanant du gouvernement, suivie des ordres émanant du gouvernement,
(vi) le seul ordre du jour qui puisse être étudié sous les ordres émanant du gouvernement soit relié à la pandémie de la COVID-19 et aux mesures nécessaires pour y répondre,
(vii) une version sous embargo de toute mesure devant être étudiée soit donnée aux leaders à la Chambre des partis reconnus au plus tard à 18 heures le samedi précédent,
(viii) avant que toute mesure ne soit étudiée, un ministre de la Couronne déclare qu’il existe un accord entre les représentants de tous les partis reconnus afin de régir les délibérations de ladite mesure et puisse proposer, sans avis, une motion énonçant les modalités de cet accord et qu’une telle motion soit décidée immédiatement,
(ix) aucune motion proposée en vertu de l’article 26, 38, 52, 53, 56.1, 57, 78(2) ou (3), 81 ou 84 du Règlement ne puisse être reçue ni étudiée,
(x) toute journée où la Chambre siège conformément à ce paragraphe ne soit pas réputée comme un jour de séance aux fins des articles 34(1), 37(3), 51(1) et 110 du Règlement et de l’article 28(12) du Code régissant les conflits d’intérêts des députés,
(xi) lorsque les délibérations régies par la motion visée à l’alinéa (vii) sont terminées, ou si cette motion est rejetée ou si un ministre ne déclare pas qu’il y a accord, le Président ajourne la Chambre jusqu’au jour visé en e) et la Chambre soit réputée ajournée, à toute fins, conformément à cet ordre;
j) aux fins des réunions de comité convoquées en vertu du paragraphe h) de cet ordre et des paragraphes l) et m) de l’ordre adopté le samedi 11 avril 2020, la priorité d’utilisation des ressources de la Chambre soit accordée, dans l’ordre suivant,
(i) aux réunions du Comité spécial sur la pandémie de la COVID-19,
(ii) aux réunions du Comité permanent de la santé,
(iii) aux réunions du Comité permanent des finances,
(iv) aux réunions spécifiées par l'accord des whips de tous les partis reconnus,
(v) à toutes les autres réunions, dans l'ordre où elles ont été convoquées;
k) la Chambre, rappelant le décès prématuré de Michael Ferguson le 2 février 2019, demande au gouvernement de proposer la nomination d’un vérificateur général du Canada permanent, conformément au paragraphe 3(1) de la Loi sur le vérificateur général et de l’article 111.1 du Règlement, pourvu que
(i) le gouvernement consulte les partis d'opposition dans les 30 jours suivant l'adoption de cet ordre,
(ii) le certificat de nomination puisse être déposée conformément au paragraphe k) de l'ordre adopté le samedi 11 avril 2020, renouvelé par l'alinéa e)(iii) de cet ordre,
(iii) le Comité permanent des comptes publics se réunisse dans les sept jours suivant le dépôt du certificat de nomination et, si la Chambre est ajournée conformément à cet ordre, les dispositions relatives aux comités énumérées aux paragraphes l) et n) de l’ordre adopté le samedi 11 avril 2020, renouvelées par l’alinéa e)(iii) de cet ordre, s’appliquent au Comité aux fins de cette étude, cependant le Comité peut étudier des motions relatives à l’adoption d’une ébauche de rapport en lien avec cette étude,
(iv) le Comité soit chargé de présenter un rapport dans les sept jours suivant sa première réunion sur cet ordre de renvoi,
(v) la question sur la motion ratifiant la nomination soit mise aux voix, sans débat ni amendement, après la présentation d’un rapport présenté à la Chambre en vertu de l’alinéa (iv), à la prochaine séance régulière de la Chambre, pendant les affaires courantes, ou à la prochaine séance de la Chambre convoquée en vertu du paragraphe i) de cet ordre, à l’ouverture de la séance, selon la première éventualité;
l) l’article 81 du Règlement soit réputé modifié pour l’année civile 2020, comme suit:
(i) au paragraphe (4), par substitution
(A) à chaque occurrence des mots « 31 mai », des mots « 27 novembre »,
(B) aux mots « 1er mai », des mots « 30 octobre »,
(ii) au paragraphe (8), par substitution au mot « juin », du mot « décembre »,
(iii) à l’alinéa (10)a), par substitution de tous les mots avant les mots « ; le nombre de jours », des mots « Dans l’année civile 2020, huit jours de séance seront réservés aux travaux des subsides au cours de la période se terminant au plus tard le 13 mars, cinq autres jours seront réservés aux travaux des subsides au cours de la période se terminant au plus tard le 23 juin et neuf autres jours seront réservés aux travaux des subsides au cours de la période se terminant au plus tard le 10 décembre »,
(iv) à l’alinéa (10)b), par adjonction de ce qui suit: « et, en faisant ce calcul, le Président inclura, dans la période se terminant au plus tard le 10 décembre, les deux jours désignés qui n’avaient pas encore été désignés conformément à l’ordre adopté le lundi 9 mars 2020 »,
(v) au paragraphe (12), par substitution aux mots « 23 juin », des mots « 10 décembre »,
(vi) à l’alinéa (14)a), par substitution aux mots « 23 juin », des mots « 10 décembre »,
(vii) au paragraphe (17), par substitution
(A) aux mots « des périodes de subsides se terminant le 10 décembre et le 26 mars », des mots « de la période de subsides se terminant le 23 juin »,
(B) aux mots « desdites périodes », des mots « de ladite période »,
(viii) au paragraphe (18), par substitution aux mots « 23 juin », des mots « 10 décembre »;
pourvu que, pour plus de certitude, une motion portant adoption de crédits provisoires additionnels pour l’exercice se terminant le 31 mars 2021 puisse être étudiée le dernier jour désigné de la période de subsides se terminant le 23 juin 2020;
m) dans l’éventualité où le Président est dans l’incapacité d’agir à toute fin requise par cet ordre pour raison de maladie ou toute autre cause, le vice-président ou l’une ou l’autre des vice-présidentes adjointes soit chargé d’agir en son nom.

  (1130)  

[Français]

    L'honorable ministre a-t-il le consentement unanime de la Chambre afin de proposer la motion?
    Des voix: D'accord.

  (1135)  

    Monsieur le Président, je tiens à saluer tous les députés ici présents.

[Traduction]

    Avant de commencer, je tiens à offrir mes condoléances aux familles des nombreuses personnes qui ont été tuées cette fin de semaine en Nouvelle-Écosse. Cette violence insensée nous a tous choqués, et elle nous a affligés. Nos pensées accompagnent les familles et les amis des personnes qui ont été assassinées. Nous sommes de tout cœur avec les Néo-Écossais et tous les Canadiens éplorés en cette horrible journée.

[Français]

    J’offre mes plus sincères condoléances aux familles et aux amis des victimes de cet acte absolument insensé qui s’est déroulé en Nouvelle-Écosse. Nous sommes de tout cœur avec eux.
    L’horrible et incompréhensible tragédie survenue en Nouvelle-Écosse s’ajoute à la tragédie du coronavirus, vécue par l’ensemble des citoyens canadiens et de la planète. La pandémie est une situation unique qui touche toutes les populations, les gens de tous les pays et, plus particulièrement, les gens plus âgés, soit nos aînés. Ces derniers ont tout donné au cours de leur vie pour bâtir la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui; nous leur devons tant. C’est une situation difficile pour eux, pour leurs amis et pour leurs familles.
    C’est aussi une situation très difficile pour une personne qui vient de perdre un être cher. Je peux en témoigner, car j’ai perdu un ami très proche il y a deux jours. Ce qui est difficile, c’est de ne jamais pouvoir dire adieu à cette personne, de ne pas pouvoir la serrer dans nos bras avant son départ et de ne pas pouvoir être présent auprès des proches, des amis et de la famille. Tout cela s’ajoute à l’aspect horrible et difficile de la crise que nous traversons.
    J’ai parlé assez longtemps de la motion. J’aimerais maintenant entendre ce que mes collègues ont à dire à ce sujet. À mon avis, au moyen de la motion, nous avons trouvé un équilibre entre le fait de permettre au Parlement de jouer le rôle fondamental que tous les députés de la Chambre chérissent et le respect des consignes de santé publique, tout en respectant ce que nous disons nous-mêmes à la population de faire, soit s’isoler autant que possible et limiter les déplacements.
    Je tiens à remercier les députés du Bloc québécois et du NPD de leur appui à la motion. Je tiens aussi à souligner l’appui du Parti vert au concept de séance virtuelle. Nous avons une entente qui regroupe le gouvernement, le Bloc québécois et le NPD. Le Parti conservateur aura toujours la main tendue, pour que nous puissions nous unir et travailler ensemble.
    Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il n’y a pas une seule seconde à perdre en partisanerie, particulièrement aujourd’hui, à cause de cette double crise que traverse notre nation, soit ce qui s’est passé en Nouvelle-Écosse et ce qui continue de se passer tous les jours.
    Encore une fois, je tends la main à mes collègues conservateurs pour qu’ils se joignent au consensus entre le gouvernement, le Bloc québécois et le NPD. Ensemble, nous pouvons continuer à permettre au Parlement de jouer son rôle absolument fondamental dans le respect des consignes de Santé Canada, en tenant compte de la santé et de la sécurité des gens qui sont à l’intérieur de la Chambre et de tous ceux qui sont là pour nous, à l’extérieur de la Chambre.

  (1140)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre s'est notamment penché sur la possibilité d'un Parlement virtuel. L'autre jour, nous avons eu notre première rencontre préliminaire. Nous n'avons pas encore dressé une liste des témoins. Je m'attends à ce que nous le fassions demain.
    Certaines suggestions ont été faites au Comité. Toutefois, tous les membres du comité de la procédure et des affaires de la Chambre ont soulevé plusieurs enjeux qui pourraient être problématiques dans un cadre virtuel. Par exemple, demain, le Président témoignera sur diverses questions devant le Comité.
    Pourquoi ferions-nous fi du travail effectué par le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre en autorisant la tenue de séances virtuelles, compte tenu des problèmes potentiels que cela pourrait provoquer d'après les députés de tous les partis représentés au Comité, y compris les ministériels?
    Monsieur le Président, le travail effectué par le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre est évidemment extrêmement important et je remercie ses membres de leur travail. Je sais que l'équipe du député y travaille également. Bien sûr, nous prendrons en considération les recommandations des membres du comité de la procédure et des affaires de la Chambre, mais en attendant, nous voulons nous assurer que le gouvernement rend des comptes et peut répondre de manière très responsable. La façon responsable de procéder consiste à limiter notre temps de présence ici et à faire en sorte que l'opposition ait d'autres occasions virtuelles de poser des questions. C'est exactement ce que nous faisons.

[Français]

    L'honorable député de Beloeil... Pardon, le député de Rosemont—La Petite-Patrie a la parole. Je suis désolé.
    Monsieur le Président, vous m'avez presque fait déménager dans la circonscription du chef du Bloc québécois. Je ne suis pas le député de Beloeil—Chambly, je représente encore la circonscription de Rosemont—La Petite-Patrie.
    Je voudrais poser une question au leader du gouvernement à la Chambre. Notre système parlementaire est basé sur la responsabilité ministérielle. C'est le rôle du Parlement de demander des comptes au gouvernement. Les circonstances actuelles sont tellement inédites que nous pouvons faire preuve d'invention, être créatifs et être novateurs. Nous pouvons faire les choses différemment.
    Au NPD, nous considérons qu'une séance physique, en personne au Parlement par semaine suffirait. Nous ne devons pas nécessairement aller plus loin que cela. Nous ne donnerions pas l'exemple à nos concitoyens en étant rassemblés plus souvent et en demandant à tout le personnel du Parlement de se mettre à risque également.
    Le NPD a mis sur la table une proposition, soit de tenir deux périodes des questions virtuelles de 90 minutes chacune. Cela permettrait aux députés qui ne peuvent pas se déplacer à Ottawa — donc de toutes les provinces et des régions plus éloignées — de représenter leurs citoyens et de poser des questions aux ministres ou au premier ministre.
    J'aimerais que le député s'exprime sur les vertus possibles de ces séances virtuelles ou en ligne. Nous pourrions, en 2020, ne pas rester accrochés aux vieilles pratiques. La situation est exceptionnelle et nous avons l'occasion de faire les choses différemment et d'innover.
    Monsieur le Président, je remercie le député de Rosemont—La Petite-Patrie, avec qui je suis tout à fait d'accord. Nous vivons une période exceptionnelle.
    C'est une période extrêmement difficile pour l'ensemble des Canadiens et pour l'ensemble de la planète. Qui dit « période exceptionnelle » dit « mesures exceptionnelles ». Dans un monde idéal, nous serions tous ici, tous les jours de la semaine, à débattre comme nous le faisions, mais ce n'est pas le cas. Ce n'est pas la réalité. La réalité est tout autre.
    Je suis aussi d'accord avec le député sur le fait qu'une journée par semaine est suffisante dans la mesure où nous ajoutons des séances virtuelles. C'est la raison pour laquelle la motion stipule que, cette semaine, nous nous réunissons physiquement une fois. La semaine prochaine, à cette présence physique s'ajoutera une première réunion virtuelle. À partir de la semaine suivante, selon la recommandation du NPD, nous ajouterons une autre séance virtuelle. Ainsi, à l'avenir, il y aura une séance physique et deux séances virtuelles par semaine.
    C'est un apport du NPD, je dois le reconnaître, et je veux le remercier. La motion est issue du gouvernement, mais elle résulte des modifications apportées par le NPD, le Bloc québécois, ainsi que le Parti conservateur.
    Cela démontre que, en cette période exceptionnelle, cette collaboration exceptionnelle est extrêmement importante.

  (1145)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, en ces temps extraordinaires, il est très important pour nous de sauvegarder la démocratie. Il est important de demander des comptes au gouvernement et de poser des questions. Ce qui m'inquiète, c'est que les députés viennent d'un océan à l'autre de ce pays et qu'il n'est pas possible pour l'instant de les faire venir à Ottawa pour représenter le pays de façon équitable.
    Comment allons-nous sortir d'Ottawa pour faire en sorte que ces voix soient entendues et que ce Parlement virtuel soit opérationnel le plus rapidement possible afin que nous puissions entendre ces questions? Lorsque je pose des questions à la Chambre des communes, je ne suis pas toujours satisfait des réponses. Cependant, j'ai écrit à des ministres et j'ai obtenu des réponses concernant les problèmes avec lesquels mes électeurs sont aux prises et j'ai reçu des commentaires positifs sur la façon dont nous pouvons les aider.
    Y a-t-il une raison pour laquelle nous ne pouvons pas avoir de distanciation physique pour la période des questions? Un Parlement virtuel nous éviterait de devoir voyager et d'avoir du personnel dans cette enceinte. Avons-nous besoin de nous rencontrer en personne? Avons-nous besoin de le faire dans cette enceinte et à ce moment précis?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue: nous vivons effectivement une situation exceptionnelle qui nécessite des mesures exceptionnelles.
    Je suis aussi d'avis que les séances virtuelles prennent de plus en plus d'importance. C'est pourquoi votre équipe et vous, monsieur le Président, travaillez sur cette question et c'est pourquoi le comité de la procédure l'étudie. Nous sommes en train de créer un cadre qui permettra aux députés de toutes les régions du pays, à tous ces députés qui jouent un rôle fondamental pour les gens de leur circonscription, de poser des questions.
    Dans un monde idéal, nous serions de retour à la Chambre tous les jours de la semaine pour permettre de poser des questions et d'obtenir des réponses. Or, nous ne vivons pas dans un monde idéal. Nous traversons une période difficile, un moment historique. Nous devons donc trouver des solutions inédites, et c'est ce que nous faisons. C'est pourquoi nous sommes ici aujourd'hui. C'est pourquoi nous nous rencontrerons en personne une fois par semaine. C'est pourquoi nous organiserons des séances virtuelles. Nous prenons toutes ces mesures pour que le Parlement puisse jouer son rôle tout en protégeant la santé et la sécurité de toutes les personnes qui travaillent ici.
    Monsieur le Président, j'aimerais que le leader du gouvernement à la Chambre explique aux Canadiens pourquoi le Parlement ne peut pas siéger, avec le même nombre réduit de députés qu'aujourd'hui, trois fois par semaine en cette période exceptionnelle, comme l'opposition officielle le propose.
    Compte tenu de tous les problèmes qui ont nui au déroulement des réunions virtuelles de comité, il est difficile de s'imaginer que les 338 députés arriveraient à faire mieux. De plus, un grand nombre des députés qui vivent en région rurale n'ont pas accès à un bon service Internet à large bande. Ils ne pourraient donc pas participer à ces séances. L'imposition d'un Parlement virtuel ne serait-elle pas une atteinte à leur privilège?

  (1150)  

    Monsieur le Président, chaque fois que nous nous présentons à la Chambre, au moins 50 personnes qui travaillent pour la Chambre doivent venir sur place. Si on ajoute les 30 ou 40 députés présents et les personnes qui travaillent en coulisses, il y a plus de 100 personnes. Je ne compte pas le personnel de la sécurité, car nous ne savons pas combien ils sont et nous ne sommes pas censés le savoir non plus. Cela fait des dizaines et des dizaines de personnes qui doivent se présenter ici tous les jours. S'il y a une séance par semaine, cela comporte des risques. Si on ajoute une deuxième journée, le risque est doublé. C'est pour cette raison que la chose responsable à faire est d'étudier la question du Parlement virtuel et de mettre en œuvre une solution le plus rapidement possible.
    Monsieur le Président, je voudrais d'abord commencer par exprimer mes sincères condoléances au nom de tout mon caucus à la famille et aux amis de l'agente Heidi Stevenson et de tous ceux qui ont perdu la vie lors de l'attaque gratuite survenue pendant la fin de semaine en Nouvelle-Écosse. À mesure que les détails filtrent quant à l'ampleur de la tragédie, je sais que l'inquiétude pèse lourd pour tous les Canadiens, y compris l'ensemble des députés. Je veux souligner à tous les habitants de la Nouvelle-Écosse, par l'entremise de leurs députés, que nous sommes solidaires avec eux. Je sais que tout le pays est en deuil avec eux. Nous prions aussi pour le prompt rétablissement de l'agent de la GRC blessé dans l'exercice de ses fonctions. Chacune des victimes laisse derrière elle une famille, des amis et une collectivité ébranlés par cet acte insensé.

[Français]

    Je voudrais exprimer mes sincères condoléances à la famille et aux amis de l'agente Heidi Stevenson et de tous ceux qui ont perdu la vie lors d'une attaque insensée en Nouvelle-Écosse le week-end dernier. Je souhaite également un prompt rétablissement à l'agent de la GRC qui a été blessé dans l'exercice de ses fonctions. Chaque victime laisse derrière elle une famille, des amis et une communauté déchirée par un acte aussi important.

[Traduction]

    Ce qui complique encore plus les choses, c'est que, à ce moment-ci, le réconfort devra être apporté à distance. Le pays tout entier partage la peine des personnes endeuillées, et j'espère que les familles et les collectivités touchées savent que, partout au pays, les Canadiens sont de tout cœur avec elles.
    Les temps sont difficiles. Depuis un mois, le pays vit plus que sa part de chagrin et de tristesse. Plus de 1 600 Canadiens ont maintenant perdu la vie à cause de la COVID-19, et plus de 36 000 Canadiens sont tombés malades. La vie et le gagne-pain des Canadiens dépendent littéralement des mesures prises par le gouvernement en réaction à la pandémie. Compte tenu de ce qui est en jeu, les conservateurs souhaitent la tenue de plus d'une séance de responsabilisation par semaine, ce qui semble être la solution préconisée par les autres partis.

[Français]

    Nous croyons aussi que les séances de responsabilisation virtuelles devraient fonctionner selon le forum de tous les partis qui travaillent déjà sur cet enjeu.
     Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a tenu sa première séance la semaine dernière et devrait pouvoir faire le travail qui lui a été confié. Si le NPD et le Bloc québécois s'unissent aux libéraux pour limiter la responsabilisation, ils vont devoir donner des explications aux Canadiens et aux Canadiennes au cours des prochaines semaines.

[Traduction]

    Les conservateurs croient à l'efficacité des mécanismes de surveillance et de reddition de comptes. Des millions de Canadiens vont travailler tous les jours pour aider leurs voisins à traverser la pandémie. Les parlementaires devraient faire de même. Ici, sur la Colline du Parlement, des travailleurs de la construction poursuivent les travaux de rénovation de l'édifice du Centre, un projet qui devrait durer au moins 10 ans. Si ces ouvriers peuvent en toute sécurité rénover l'édifice qui abrite les deux Chambres du Parlement, alors nous pouvons certainement assumer notre responsabilité, qui consiste à préserver le fondement de notre démocratie.

  (1155)  

[Français]

    La question est là. La démocratie, c'est le droit des Canadiens et des Canadiennes d'être représentés par leur gouvernement. Leurs préoccupations doivent être entendues et ils doivent obtenir des réponses à leurs questions.

[Traduction]

    Cette pandémie suscite un grand nombre de questions depuis le début, et les conservateurs soulèvent ces questions. Nous n'obtenons pas toujours de réponses, mais nous allons continuer de les exiger. Le besoin de tenir des séances de responsabilisation est évident, chaque jour.
     Pourquoi le premier ministre ne peut-il pas dire aux Canadiens quand les nouveaux respirateurs seront livrés? C'était ici même, le 12 mars dernier, que j'ai demandé à la vice-première ministre quelles mesures le gouvernement avait entreprises afin de se procurer de nouveaux respirateurs. À ce moment, elle a déclaré que le gouvernement avait lancé une stratégie nationale d'approvisionnement. Trente jours plus tard, le premier ministre, devant la Chambre, déclarait que les premiers respirateurs seraient prêts dans quelques semaines. C'est inacceptable.
     Pourquoi des millions de masques et de pièces d'équipement de protection ont-ils été détruits sans être remplacés? Pourquoi les programmes du gouvernement changent-ils d'un jour à l'autre? Ce sont là des questions que les Canadiens se posent et ils méritent d'obtenir des réponses de la part de leur gouvernement, parce que les Canadiens vulnérables ne peuvent pas attendre un mois de plus avant de recevoir de l'aide.

[Français]

    La vie et le gagne-pain des Canadiens et des Canadiennes dépendent littéralement d'une réponse adéquate du gouvernement à la pandémie.

[Traduction]

    Le premier ministre ne cesse de dire que ce processus sera long et difficile, mais il n'est pas uniquement question de réagir à la pandémie; il faut aussi prendre des décisions. Nous devons aux Canadiens de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour bien faire les choses.
    Depuis le début de la présente crise, c'est souvent l'opposition qui a été l'instigatrice de mesures utiles et pratiques visant à protéger les Canadiens. Nous avons réclamé des mesures plus sévères concernant les déplacements et les frontières. Nous avons demandé que la subvention salariale passe de 10 % à 75 %. Nous avons réclamé que les travailleurs saisonniers et à revenu limité soient admissibles à la Prestation canadienne d'urgence. Le premier ministre a dit vouloir une approche de type « Équipe Canada », ce que nous avons fait en présentant chaque jour des solutions constructives afin d'aider les Canadiens touchés par cette crise.
    Pendant ce temps, le premier ministre et ses ministres ont choisi d'essayer de faire cavalier seul, avec pour résultat que presque pas un jour ne passe sans qu'ils doivent modifier leurs politiques. Si nous élaborions ces politiques ensemble, chaque partie misant sur ses forces et chaque région du pays étant représentée comme il se doit, le gouvernement ferait les choses correctement du premier coup plus souvent.
    Les députés du caucus conservateur sont déterminés à faire ce pour quoi ils ont été élus, c'est-à-dire être les porte-parole des Canadiens d'un océan à l'autre et assurer leur santé et leur sécurité dans la mesure du possible. Nous sommes ici parce que nous savons que les Canadiens comptent sur nous, et c'est pourquoi nous, les députés conservateurs, ne baisserons pas les bras.

[Français]

    Le leader du gouvernement à la Chambre des communes a dit que la main du gouvernement était toujours tendue. Je tiens à dire que la nôtre l’est également.

[Traduction]

     Le leader du gouvernement à la Chambre a dit qu'il ne s'agit pas d'une question partisane. Je lui rappelle que c'est son chef, le premier ministre, qui a dit quelque chose aux Canadiens hier qu'il savait fausse. Il a déclaré qu'il y aurait 338 députés à la Chambre aujourd'hui. J'invite les députés à regarder autour d'eux. Nous avons fait exactement ce que nous avons dit aux Canadiens que nous ferions, soit représenter les Canadiens à la Chambre de façon responsable en respectant les lignes directrices de santé publique.
    Le fait que le premier ministre ait tenté d'attiser la peur alors qu'il savait qu'une telle chose ne se produirait jamais était non seulement malhonnête, mais a aussi miné sa crédibilité. À un moment où les Canadiens s'attendent à ce qu'il soit ouvert et franc, le fait qu'il agisse de la sorte ébranle la confiance des Canadiens, qui doutent qu'il ait dit la vérité dans d'autres dossiers. Hier, nous avons été témoins d'un exemple scandaleux de partisanerie.
    J'ai entendu beaucoup d'observations de la part de députés qui montrent, à mon avis, que ces derniers laissent le mieux être l'ennemi du bien. Il est évident que les séances en personne seront problématiques. Nous aurions pu passer les deux dernières semaines à discuter de la meilleure façon de régler ces problèmes, de limiter les répercussions sur la Chambre des communes et de permettre à des députés de tous les caucus de participer aux débats.
    Par défaut, le Parlement doit siéger, et c'est au gouvernement d'expliquer pourquoi il devrait s'abstenir en temps de crise. Le gouvernement s'est déjà servi de la crise à son avantage. Les députés se rappellent-ils la première fois qu'ils ont été convoqués? Je sais que le leader parlementaire s'en souvient, lui, parce que nous sommes restés tous les deux ici jusqu'à très tôt le lendemain matin. Quand on nous a demandé de venir à Ottawa pour adopter une loi afin que les Canadiens aient plus aisément accès aux prestations d'urgence, le gouvernement libéral s'est attribué des pouvoirs inédits d'une ampleur incroyable, sans égard pour les pouvoirs du Parlement en matière de taxation et de dépenses. C'est parce que les conservateurs ont refusé de jouer le jeu que nous avons pu protéger nos institutions démocratiques.
    La deuxième fois que nous avons été convoqués, un samedi, on nous a prévenus que le projet de loi à l'étude devait être adopté d'ici la fin de la journée. Nous nous sommes retroussé les manches.

  (1200)  

[Français]

    D’autres partis, comme le Bloc québécois, ont donné carte blanche au gouvernement, en disant être d’accord avec lui sur le projet de loi. Par contre, notre équipe a fait son travail, la semaine passée. Nous avons trouvé des faiblesses dans le projet de loi du gouvernement, mais le travail que nous avons accompli a permis de l’améliorer. Si les autres partis ne veulent pas faire leur travail, nous sommes prêts à faire le travail que les Canadiens nous ont confié.

[Traduction]

    Au nom des millions de Canadiens que nous représentons ici, je propose:
     Que la motion soit modifiée, au paragraphe (h),
a) par substitution des alinéas (iv) et (v) de ce qui suit: « (iv) pendant la période où la Chambre est ajournée conformément à cet ordre, le Comité se réunisse à midi en Chambre tous les mardis et mercredis, pourvu que le Comité ne se réunisse pas lors d’une journée mentionnée à l’article 28(1) du Règlement, »;
b) par suppression, à l’alinéa (x), des mots « et le jeudi »;
c) par suppression, à l’alinéa (xi), des mots « et les jeudis »;
d) par substitution de l’alinéa (xviii) de ce qui suit: « (xviii) à la suite de la présentation du rapport du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre conformément à l’ordre de renvoi du samedi 11 avril 2020, si ce Comité recommande la tenue de séances virtuelles, et si le greffier de la Chambre indique que celles-ci sont réalisables sur le plan technologique, les leaders à la Chambre des quatre partis reconnus puissent donner avis au Président qu’il y a accord entre les partis visant la tenue d’une réunion de plus du Comité chaque semaine, par vidéoconférence, nonobstant l’alinéa (iv), avec la participation des membres par vidéoconférence, et le Président doive donner suite à cet accord; »
    L'amendement est recevable.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Barrie—Innisfil a la parole.
    Madame la Présidente, le député et chef de l'opposition officielle de Sa Majesté a tout à fait raison de dire qu'au cours des négociations visant à rappeler la Chambre, les conservateurs ont été très respectueux, ayant compris les lignes directrices en matière de santé publique et le fait que nous avions fait cela deux fois auparavant. Non seulement nous l'avions fait, mais les assemblées législatives de tout le pays se réunissent régulièrement. Par exemple, l'Assemblée législative de l'Alberta se réunit trois fois par semaine, et celle de l'Ontario s'est réunie également.
    Dans son discours, le chef de l'opposition de Sa Majesté a déclaré que le premier ministre avait été malhonnête en déclarant hier que les conservateurs retardaient le processus parce que nous voulions un Parlement complet. Je me demande s'il pourrait donner suite à ce que le premier ministre a dit hier.

  (1205)  

    Madame la Présidente, c'est plus que malhonnête, mais, le Règlement de la Chambre m'empêche heureusement d'utiliser les mots qui me permettraient de décrire véritablement les actions du premier ministre.
    Les députés ministériels, le Parti vert et les autres partis agissent comme si la séance d'aujourd'hui était une sorte de séance extraordinaire. Il a toujours été prévu que nous reviendrions le 20 avril. Cela a toujours été la date convenue par la Chambre au cours de séances précédentes. La Chambre allait aussi devoir siéger pour adopter tout plan de travail approuvé par tous les partis. Il est complètement erroné et trompeur de laisser entendre que la séance d'aujourd'hui n'aurait pas eu lieu si tous les partis étaient parvenus à une sorte d'accord.
    Mon collègue a mis le doigt sur quelque chose. Hier, lors de sa conférence de presse, le premier ministre a brandi le spectre de 338 députés se déplaçant de partout au Canada pour siéger dans cette enceinte en même temps. Regardons autour de nous. Cela n'a jamais été le scénario prévu.
    C'est de bonne foi que notre leader parlementaire, le leader du gouvernement à la Chambre et les leaders parlementaires des autres partis ont été en constante communication tout au long de la semaine. Nous avons clairement fait savoir que nous n'allions pas demander à nos députés de venir siéger en cette enceinte. Nous avons proposé au gouvernement de multiples solutions pour réduire considérablement le nombre de députés à la Chambre, ce qui permettrait d'alléger la charge de travail du personnel de soutien qui s'occupe de l'administration. Les types d'arguments que nous avons entendus sont complètement bidon.
    La vraie question est de savoir pourquoi le premier ministre ne veut pas venir dans cette enceinte. C'est tout simple, à mon avis: c'est parce qu'il préfère l'environnement contrôlé devant Rideau Cottage où, tous les jours, il peut décider du nombre de questions posées et du moment où la conférence de presse se termine. Il ne nous est pas possible de formuler les questions ou les inquiétudes que soulèvent quotidiennement les habitants de nos circonscriptions. Il évite cela. C'est pourquoi nous n'avons pas d'entente sur notre manière de travailler à l'avenir.

[Français]

    Madame la Présidente, hier, au Québec, la COVID-19 a causé 72 nouveaux décès, pour un total actuel de 877 morts. Le Québec vit présentement le pic de la crise. À Montréal, personne ne sort dans la rue et tout le monde ou presque est en confinement, sauf les travailleurs affectés aux services essentiels. Les gens se sacrifient pour limiter la propagation de cette pandémie et les régions sont fermées.
     Au début, le chef de l'opposition officielle proposait que la Chambre siège quatre fois par semaine. Il a réfléchi un peu avant de proposer que ce soit trois fois par semaine. Ce matin, il en est rendu à deux fois par semaine. Peut-être va-t-il suggérer une fois par semaine au début de l'après-midi?
    Ma question est simple. Quand j'entends les conservateurs parler, j'ai l'impression qu'ils sont déconnectés de ce qui se passe au Québec. Le chef de l'opposition officielle comprend-il que le Québec est en pleine pandémie?
    Madame la Présidente, il est vrai que nous avions proposé qu'il y ait quatre séances. Puis, de bonne foi et dans le but de conclure une entente entre tous les partis, nous avons accepté l'idée de tenir trois séances par semaine. En ce moment, nous jugeons que deux séances hebdomadaires valent mieux qu'une seule. C'est un signe de la bonne foi dont nous avons fait preuve durant les négociations.
    Oui, il est vrai que nous traversons une crise. Or, c'est précisément à cause de cette crise et parce que des Québécois et des Québécoises, des Canadiens et des Canadiennes ont peur pour leur santé, leur gagne-pain et leur emploi que nous devons être ici pour leur assurer que les projets de loi, les programmes et les services créés par ce gouvernement répondent à leurs besoins.
    Je sais que les députés du Bloc québécois n'ont pas voulu être ici lors des deux dernières séances et qu'ils n'ont pas voulu être la voix de leurs électeurs. De notre côté, nos députés du Québec et de toutes les provinces de ce pays sont prêts à faire leur travail pour assurer aux Canadiens et aux Canadiennes que l'on répond à leurs besoins pendant cette crise.
    Madame la Présidente, je dois avouer très franchement que je commence à en avoir plein le dos de l'obstruction et des enfantillages du Parti conservateur, l'opposition officielle ici à la Chambre, alors que, dehors, il y a des gens qui meurent et il y a des gens qui risquent leur vie pour soigner les malades, dont nos personnes âgées dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée.
    Les conservateurs — l'opposition officielle — disent qu'ils veulent avoir trois séances par semaine durant lesquelles poser des questions au gouvernement parce que le gouvernement doit rendre des comptes. Bien sûr que le gouvernement doit rendre des comptes et j'ai moi aussi plein de questions à lui poser. Cependant, nous devons montrer l'exemple. Une séance physique par semaine est suffisante. Le fait d'y ajouter deux séances virtuelles en ligne, avec une nouvelle façon de procéder, nous permettrait de faire notre travail de représentants de nos concitoyennes et de nos concitoyens et de demander des comptes au gouvernement.
    Pourquoi le Parti conservateur refuse-t-il la modernité? Pourquoi s'accroche-t-il aux vieilles manières?

  (1210)  

    Madame la Présidente, il est vrai que beaucoup de Canadiens prennent de grands risques afin de faire leur travail et de jouer leur rôle.
    Or, le rôle du Parlement est de s'assurer que les réponses du gouvernement correspondent aux besoins des Canadiens. Si les membres des autres partis ne sont pas prêts à faire leur travail, nous le sommes de ce côté-ci. Nous avons déjà constaté que lorsque les partis de l'opposition font leur travail, ils obtiennent de meilleurs résultats pour les Canadiens. Cela n'a rien de théorique, puisque nous l'avons déjà vu à deux reprises.
    Il est évident que, pendant une crise, nous ne pouvons pas laisser le gouvernement faire n'importe quoi. Nous ne pouvons pas abandonner notre rôle ni nous soustraire à nos responsabilités. Nous pouvons prouver aux Canadiens que, pendant une crise, leurs institutions démocratiques continuent de fonctionner et qu'elles continuent de s'assurer que le gouvernement met en place les programmes dont ont besoin les Canadiens.
    C'est là le rôle de l'opposition et de tous les députés et c'est le rôle que les conservateurs vont continuer de jouer.

[Traduction]

    Madame la Présidente, il est certain que nous devons donner l'exemple, nous montrer responsables et écouter les autorités sanitaires et ce qu'elles nous ont demandé de faire. Elles nous ont demandé de rester chez nous.
    Initialement, lorsque la frontière a été fermée, on nous a dit qu'elle rouvrirait demain, mais le gouvernement veut maintenant prolonger sa fermeture de 30 jours. L'opposition a fait son travail en ce qui concerne le projet de loi C-13. Comme nous n'étions pas d'accord avec le contenu de la mesure législative, nous avons travaillé tous ensemble et celui-ci a été changé.
    Le député n'a-t-il pas vu le député de Carleton questionner le ministre des Finances au comité des Finances? C'était télévisé. On rend des comptes, dans les comités.
    Si les enseignants peuvent faire la classe en utilisant Zoom et diriger une réunion où des enfants posent des questions, je ne vois pas pourquoi le Président ne pourrait pas diriger virtuellement une période des questions. Je suis très déçu que nous ne nous comportions pas devant les Canadiens comme nous le devrions. Nous devrions rester chez nous, faire ce que les autorités sanitaires nous ont demandé de faire et utiliser les outils virtuels dont nous disposons pour demander des comptes au gouvernement.
    Madame la Présidente, deux raisons toutes simples justifient notre position.
    Nous ne pouvons pas attendre des semaines pour que la Chambre ait les moyens, notamment sur le plan technologique, de permettre à tous les députés de participer à une période de questions virtuelle. Nous voulons demander davantage de comptes au gouvernement, pas moins. Nous devrions tous réclamer la même chose haut et fort. Tous les députés de l'opposition devraient s'employer à trouver d'autres moyens de demander des comptes au gouvernement, parce que celui-ci a commis erreur par-dessus erreur dès le début.
    Rappelons-nous que c'est le gouvernement libéral qui, au début mars, soutenait encore qu'il ne servait à rien de limiter les déplacements et qu'il n'était pas question de fermer les frontières. Le gouvernement a conseillé à la population de ne pas porter de masques, jusqu'au jour où il a fait volte-face et s'est mis à dire que c'était une bonne idée. La subvention salariale de 10 % qu'il avait d'abord annoncée est passée à 75 %.
    La pandémie et la crise qui l'accompagnent commandent que nous demandions davantage de comptes au gouvernement, pas moins, et il me semble que cela devrait aller de soi.

[Français]

    Madame la Présidente, je voudrais d'abord signifier que je vais partager mon temps avec la très honorable députée de Shefford.
    Il est absolument nécessaire de prendre la mesure du drame qui s'ajoute, celui que vivent les gens de la Nouvelle-Écosse aujourd'hui. J'ai peine à fermer les yeux et à imaginer ce que doit être cette traînée de violence insensée sur quelque 120 km. Cette violence, quelle qu'en soit la raison, ne peut pas se justifier et nous devons faire appel à toute notre intelligence pour comprendre comment de telles choses peuvent se produire et comment les prévenir. Nos pensées et notre cœur sont avec les gens de la Nouvelle-Écosse.
    Nous avons passé les derniers jours et les dernières heures et sacrifié beaucoup d'espace média à une discussion — qui, à bien des égards, fait figure de tergiversations — sur la manière dont nous allions nous réunir ici aujourd'hui. Je doute sincèrement que les citoyens et les citoyennes du Canada et du Québec s'intéressent beaucoup à des parlementaires qui se parlent en parlementaires de questions de parlementaires pour voir comment ils vont les résoudre comme parlementaires. Même moi, cela m'intéressait assez peu. Cependant, une fois rendus ici, nous avons un travail à faire et nous devons régler un certain nombre de choses.
    Même si elles ne se veulent pas partisanes, des questions comme qui va parler le plus ou le moins, qui va poser trois questions de plus le mercredi ou le mardi après-midi, ou s'il faut siéger deux jours et demi au lieu de deux jours, en ont Dieu sait toutes les apparences.
     J'aurais pu dire que je n'ai pas grande envie de cela ni beaucoup de respect pour quelqu'un qui prétend que le Bloc ne parle pas au nom de ses électeurs. C'est presque de l'humour et je me familiarise avec celui de la Saskatchewan. Les gens se sont déjà exprimés et, à un moment donné, ils vont avoir l'occasion de s'exprimer de nouveau pour désigner la personne qui parlera le mieux en leur nom. Ce jour-là, on prendra la mesure de ce genre de propos passablement stériles.
    Je me suis permis devant les médias de parler de « tataouinage ». Au Canada anglais, il y a eu tout un débat pour savoir ce que voulait dire « tataouinage ». Les gens au nom desquels nous parlons savent tous ce que c'est du « tataouinage ». Les dictionnaires s'en enrichiront peut-être un jour: il s'agit de maudites niaiseries.
    À un moment donné, on en arrive à la troisième période de ce genre d'activité. On veut négocier et on veut passer à la télévision. Je comprends qu'il faut nourrir sa base électorale, mais pas au détriment des intérêts de ceux qui souffrent. On dit que le Parlement est un service essentiel. Pourtant, j'aimerais que l'on me nomme quelque chose de plus essentiel que la santé et les banques pour bien des gens. J'imagine qu'un conservateur normalement constitué trouve que les banques sont essentielles, et j'aimerais que l'on m'en trouve une qui ne soit pas virtuelle.
    Nous sommes capables de travailler de façon virtuelle et de siéger à distance, même si nous comprenons que le Règlement exige que nous soyons physiquement présents lors des votes. Nous allons vivre avec cette exigence. Nous aurions pu dire que nous ne viendrions que lorsqu’il y aurait des votes, mais cela aurait été chaque fois un « ReFeLeMeLe », pour reprendre une autre expression difficile à traduire, celle-là du groupe Rock et Belles Oreilles. Chaque fois, nous nous serions interrogés sur la nature des négociations, le besoin de notre vote, le fait que nous ne sommes pas d'accord ou que nous allons faire semblant de ne pas être d'accord, et le fait que nous allons voter quand même. J'aimerais mieux que l'on s'attarde à mettre en place les règles d'un Parlement virtuel, une transition par quelle il va falloir passer.
     Je veux surtout que l'on s'attarde à nos aînés. Cela fait deux semaines que j'ai formulé des demandes. Je ne m'attends évidemment pas à ce que le gouvernement se dise que le député de Beloeil—Chambly a formulé des demandes et qu'il faut donc toutes les satisfaire.

  (1215)  

    À ce jour, les exemples démontrent que cela s'est assez bien passé. Le gouvernement a discuté avec à peu près tout le monde, et tout le monde a un sentiment d'urgence et un sentiment de nécessité.
    Je ne veux pas dire que lorsque l'été va arriver, ce sera grâce à moi, mais le Bloc québécois a contribué à la subvention salariale, à l'ajout des frais fixes, à la reconnaissance des entreprises de l'économie sociale et aux changements apportés aux entreprises en forte émergence.
    Malheureusement, lorsqu'il est question des aînés, il n'y a pas de son, pas d'image, c'est-à-dire que nous n'avons pas de réponses à nos questions. Pourtant, lors d'une pandémie, il n'y a pas plus fragiles que les aînés, surtout sur le plan de la santé, évidemment. Lorsqu'il s'agit des aînés, on peut dire que les chiffres ne parlent pas, mais qu'ils crient, qu'ils hurlent.
    De plus, les aînés sont également très fragiles sur le plan économique. Ainsi, nous avons fait un certain nombre de demandes. Ces dernières ne sont pas parfaites, mais nous pouvons en discuter. Nous pouvons les étudier, les moduler et les étaler. Nous pouvons faire beaucoup de choses. La seule chose que nous ne pouvons pas faire, c'est ne rien faire. Il faut faire quelque chose pour les aînés.
     Je me permets de profiter de notre présence à la Chambre pour insister fortement sur les enjeux avec lesquels les aînés sont aux prises.
    Nos demandes concernent la pension de la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti, le prix des médicaments et l'accès à Internet. Tout cela est expliqué clairement, et je suis convaincu que le gouvernement en a pris connaissance.
    Je me permets de donner quelques chiffres. Le total des liquidités déployées par le gouvernement dans le cadre de la crise atteint 250 milliards de dollars. Les dépenses directes sont d'environ 107 milliards de dollars. Augmenter la pension de la Sécurité de la vieillesse de 110 $ par mois pour les aînés du Canada et du Québec, pour une période de 3 mois, coûterait 1 milliard de dollars. C'est une proportion de 1/250 de ce qui a déjà été engagé pour des gens qui sont très nombreux, en plus d'être les plus vulnérables de la population. Comment peut-on ne pas l'avoir fait?
    On aurait pu retourner le coup de fil et proposer d'en parler. Cependant, la dernière fois que nous avons fait cela, nous avons eu droit à un breffage. Lors d'un breffage, quelqu'un nous parle de ce qui a déjà été décidé, sans que nous ayons notre mot à dire. Nous aimerions être davantage impliqués lorsque cela concerne les aînés.
    La semaine dernière, j'ai fait, de façon très amicale, une comparaison avec l'industrie pétrolière. À mon avis, les travailleurs de l'industrie pétrolière de l'Alberta n'ont pas à souffrir davantage que ceux de n'importe quelle autre industrie. Ce sont des employés, et ils travaillent pour une entreprise.
    Selon moi, le statu quo ante voulant que les employés retrouvent leur travail est correct. Je ne suis pas en train de dire que je ne suis pas méfiant, mais je suis certain que mon collègue de Laurier—Sainte-Marie veille au grain.
    À priori, investir dans la restauration de sites orphelins n'est pas une mauvaise idée. Allons-nous soutenir des entreprises qui auraient dû assumer leur part des responsabilités? Peut-être, mais, au moins, il y a quelque chose là.
    Je me méfie de la suite des choses. Il ne faudrait pas que cela devienne le cheval de Troie qui va servir à lancer de l'argent à l'industrie pétrolière. Les aînés ne devraient-ils pas passer au moins en même temps que le pétrole? C'est une question qui m'est venue à l'esprit, mais la réponse me paraît évidente.
    Je veux soulever deux autres cas, et j'aimerais qu'on en discute.
     La plupart des étudiants n'ont pas accès à la Prestation canadienne d'urgence. Il y a probablement plusieurs personnes parmi nous qui ont étudié assez longtemps. Rappelons-nous que l'anxiété économique pendant les études, ce n'est pas drôle.
    Ces jeunes vivent de l'anxiété économique, et il n'y a rien de précis pour eux. À mon avis, il ne s'agit pas de faire intervenir le gouvernement fédéral dans les champs de compétence des provinces, mais plutôt de retourner aux étudiants du Québec et d'ailleurs l'argent payé par leurs parents. Cela pourrait être fait au moyen d'une mesure. La Prestation canadienne d'urgence devrait faire cela. J'y reviendrai.
    Comme je l'ai déjà mentionné, ce sont les connaissances et la science qui nous permettront de sortir de la crise que nous vivons actuellement. Il faut reconnaître les apports de la recherche. Il faut aussi offrir de l'aide supplémentaire en matière de recherche.
    Je terminerai mon discours en paraphrasant Jean Gabin. On pense tout savoir, mais le lendemain, ce que l'on disait, on ne le sait plus. En effet, chaque fois que l'on pense savoir une chose et que l'on pense avoir trouvé une solution à quelque chose, ce n'est pas nécessairement le cas.
    Nous ne sommes pas sortis de la crise, et j'espère que nous travaillerons en collaboration et, surtout, de bonne foi.

  (1220)  

    Madame la Présidente, je crois que le chef du Bloc québécois a mal compris ce qu'est le rôle d'un député de l'opposition. Le rôle d'un chef d'un parti de l'opposition n'est pas de dire « oui » au gouvernement le plus vite possible. La première fois que nous avons tenu une séance spéciale, le gouvernement a essayé de s'arroger beaucoup de pouvoirs et le chef du Bloc a quitté les négociations pour aller souper. Nous sommes restés pour protéger notre démocratie.
    Lors de la deuxième séance spéciale, le gouvernement a proposé un projet de loi et le chef du Bloc québécois a dit qu'il fallait l'adopter le plus vite possible. Le mardi matin, il a dit que le Bloc appuierait le projet de loi. Nos députés, incluant ceux du Québec, ont travaillé toute la semaine pour améliorer le projet de loi. Nous n'avons pas dit « oui » à la première occasion sur Twitter et nous avons pris notre temps pour faire notre travail. Ainsi, les Canadiens, les Canadiennes, les Québécois et les Québécoises ont eu un meilleur programme.
    J'espère que, pour le reste de cette législature, le chef du Bloc aura une meilleure compréhension du rôle de chef de parti de l'opposition.

  (1225)  

    Madame la Présidente, j'attendais un point d'interrogation. J'imagine que cela ne fait pas partie de la grammaire anglaise.
    L'hon. Andrew Scheer: Ce sont des questions et des commentaires.
    M. Yves-François Blanchet: Cependant, le rôle d'un député, qu'il soit dans l'opposition ou au gouvernement, c'est d'abord d'être la voix des gens. De plus, que nous soyons un député de l'opposition ou pas, notre rôle n'est pas de dire toujours « non » à tout, comme si tout ce qui vient de quelqu'un d'autre ou d'ailleurs est systématiquement mauvais, que cela vienne d'un libéral, d'un bloquiste, ou, pire, d'un Chinois. Je ne pense pas ainsi.
    Nous n'essayons pas de voler le job de l'autre. Nous ne sommes pas là-dedans. Nous parlons pour le Québec, juste pour le Québec. Le Bloc québécois ne dira jamais « non » à quelque chose qui, à l'évidence, peut être bon pour le Québec. Il y a là-dedans un exercice partisan ou un exercice de jalousie du travail de l'autre dans lequel nous ne nous inscrirons pas. Si c'est cela être un député selon les conservateurs, je suis encore plus heureux d'affirmer que je ne serai jamais conservateur.
    Madame la Présidente, je remercie le chef du Bloc québécois de son discours.
    Je vais changer de sujet. Parlons de services essentiels. Nous connaissons les professionnels de la santé et tous ceux, dans la société civile, qui se lèvent chaque jour pour aller travailler. Je représente bon nombre de fonctionnaires fédéraux, notamment des gens du ministère des Services publics et de l'Approvisionnement, dont je suis le secrétaire parlementaire. L'approvisionnement se fait forcément grâce au travail qu'ils accomplissent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ma collègue d'Orléans et moi représentons des gens qui travaillent jour et nuit pour assurer le soutien au revenu pour les Canadiennes et les Canadiens.
    Je veux offrir la possibilité à mon collègue de saluer à son tour le travail essentiel fait par les fonctionnaires du gouvernement du Canada pendant cette crise, et ce, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
    Madame la Présidente, on ne se fera pas mal avec cela. Les gens qui sont appelés à continuer à travailler au quotidien le font certainement souvent dans des conditions difficiles. On voit de plus plus émerger des portraits de l'extrême anxiété que vivent les gens dans le milieu de la santé, en particulier dans les CHSLD au Québec. Cela demande un courage et une abnégation qui commandent tout notre respect. Les gens qui sont au travail et qui font un petit extra pour essayer d'aider le plus de gens possible commandent tout notre respect. Les gens qui le font sans que cela serve leurs propres intérêts commandent davantage tout notre respect.
    Je me permettrai de revenir pendant 10 secondes sur le fait qu'il y a, dans les fameuses « craques » dont on parle tout le temps, le secteur de la recherche. Les gens qui y travaillent seront essentiels à l'avenir et lors de la sortie de crise. Les chercheurs, les centres de recherche et la science doivent être l'objet de certaines mesures à assez court terme. Nous aurons d'ailleurs des propositions à cet égard.
    Merci, madame la Présidente. Je remercie le chef du Bloc québécois de partager son temps de parole avec moi. Avant d'aller plus loin, j'aimerais aussi offrir mes condoléances aux gens de la Nouvelle-Écosse.
    En tant que porte-parole du Bloc québécois en matière d'aînés, je tiens à dire que c'est un privilège d'être ici, à la Chambre, aujourd'hui. Nous nous réunissons dans des circonstances exceptionnelles et dramatiques. La pandémie de la COVID-19 submerge le Québec et sévit sinistrement dans les centres d'hébergement et de soins de longue durée, les CHSLD. On a appris que 99 % des gens décédés au Québec avaient plus de 60 ans et que la moitié d'entre eux provenaient des CHSLD.
    La maladie est particulièrement dévastatrice chez les personnes qui ont déjà une santé fragile, mais cette réalité vient révéler un problème qui devrait nous affliger depuis longtemps, celui de la précarité des conditions de vie de nos aînés. Plusieurs aînés ont dû mourir seuls, sans même que leurs proches en soient avisés.
     Les enfants et les petits-enfants, pour qui les liens sont encore importants, vont voir leur papa, leur maman, leur papi ou leur mamie au travers des fenêtres de leur chambre de résidence. Ils doivent se contenter de crier des « je t'aime » ou des « prenez soin de vous » du bas des balcons, pour ceux qui ont cette chance.
    Il y a des histoires d'horreur, et même si c'est difficile, il ne faut pas généraliser et blâmer le personnel exténué et dépassé par la situation. Je salue et remercie du fond du cœur tout le personnel de la santé et le personnel de soutien qui viennent en aide à nos aînés malgré la souffrance et la peur, que les gens qu'ils accompagnent ressentent également. S'il y a vraiment eu des cas de négligence, je souhaite que des sanctions exemplaires soient infligées.
    Ces gens sont ceux et celles qui ont façonné la société prospère qui nous permettra de traverser la crise. Pourtant, plusieurs d'entre eux ne s'en sortiront probablement pas. Ce serait indigne de notre part de les laisser tomber, en tant que parlementaires et législateurs, mais aussi en tant que citoyens et êtres humains.
    L'amélioration des conditions de vie de nos aînés aurait dû être une priorité bien avant cette crise. Personnellement, c'est un combat que je mène depuis longtemps. Avant d'être élue, j'étais chargée de projet pour la sensibilisation à la maltraitance et à l'intimidation envers les aînés. Je travaillais avec des gens qui offraient du soutien à domicile et des organismes communautaires dévoués à nos aînés. Malgré tout cela, des histoires d'horreur, j'en ai entendu.
     À cet égard, comme le répète notre chef depuis plusieurs jours déjà, le Bloc québécois a toujours fait du droit des aînés son cheval de bataille. Lorsque j'étais adjointe, il y a longtemps de cela, soit de 2007 à 2011, le Bloc québécois avait déjà la réputation d'être le défenseur des aînés. Récemment, nous avons fait plusieurs propositions qui auraient probablement changé considérablement les choses si elles avaient été appliquées à temps. Nous en avons parlé pendant les élections, d'ailleurs.
     Dès le début, lorsque je suis arrivée à la Chambre, j'ai eu l'occasion de poser une question à la ministre des Aînés au sujet de la bonification de la pension de vieillesse à 65 ans plutôt qu'à 75 ans, pour éviter de créer deux classes d'aînés. Elle m'a même dit que c'était une bonne question. Prévoir et prévenir, plutôt que de réagir une fois que le mal est fait, c'est une attitude essentielle qu'un gouvernement devrait avoir. Voilà pourquoi il ne faut pas diviser les aînés en deux catégories.
    Notre gouvernement devrait en appeler à cette force du Bloc québécois, mais la situation est maintenant trop urgente pour parler de ce qu'on aurait dû faire. Il faut agir immédiatement. Afin que la santé de nos aînés ne soit jamais compromise pour des raisons financières, nous suggérons une augmentation de la pension de vieillesse de 110 $ par mois et une bonification du Supplément de revenu garanti, le fameux SRG. Comme le chef du Bloc québécois l'a si bien démontré, c'est minime par rapport à tous les investissements. Cela représente 1 milliard de dollars. Cependant, il est encore difficile de comprendre pourquoi le gouvernement voudrait limiter cette augmentation aux aînés de 75 ans et plus. J'en ai parlé et je le répète: les aînés ont besoin de cette aide, et ce, à partir de 65 ans.

  (1230)  

    Les aînés s'endettent. En 20 ans, leur endettement a presque doublé: la proportion d'aînés qui ont des dettes importantes au Canada est passée de 27 à 42 % . Plusieurs d'entre eux ont besoin de travailler pour boucler leur fin de mois. Le pourcentage des personnes âgées ayant déclaré avoir travaillé a presque doublé entre 1995 et 2015. La majeure partie de l'augmentation est le résultat du travail pendant une partie de l'année ou du travail à temps partiel.
    En 2015, un Canadien sur cinq âgés de 65 ans et plus, soit près de 1,1 million de personnes âgées, a déclaré avoir travaillé pendant l'année. Il s'agit de la plus forte proportion enregistrée depuis le Recensement de 1981. Le revenu d'emploi était la principale source de revenus pour 43,8 % des personnes âgées qui ont travaillé en 2015, ce qui représente une hausse par rapport aux proportions de 40,4 % enregistrées en 2005 et de 38,8 % enregistrées en 1995. Deuils, séparations, maladies, régimes de retraite privés insuffisants, hausse du coût de la vie, de nombreux facteurs expliquent la détresse financière des aînés. Ce sont plus de 200 000 aînés qui vivent dans la pauvreté au Canada et qui, chaque mois, doivent se demander s'ils vont avoir à faire un choix entre le loyer, l'épicerie ou les médicaments. Cela ne devrait pas arriver.
    Les propositions du Bloc québécois permettraient aux personnes âgées de conserver un certain pouvoir d'achat et de continuer de faire rouler l'économie, une économie que ces générations ont contribué à bâtir. Il s'agit de mesures stabilisatrices parce qu'il faut voir les aînés non pas comme un poids, mais comme une force grise.
    Les inquiétudes ont donc été vives lorsqu'on les a exclut de la Prestation canadienne d'urgence, ou PCU. Cependant, nous saluons l'humilité du gouvernement d'avoir modifié les critères pour leur venir en aide en excluant les prestations de vieillesse de leur revenu et en permettant aux personnes travaillant à temps partiel d'avoir accès à l'aide d'urgence.
    Il faut également mentionner qu'il y a un fossé entre les aînés qui habitent en milieu urbain et ceux qui résident en milieu rural. En effet, ces derniers sont plus enclins à travailler. Grâce aux régimes publics de pension, le taux de faible revenu passe de 14 % chez les 55-64 ans et à 6,7 % chez les plus de 65 ans.
    La crise actuelle révèle aussi que le fait de considérer Internet comme un service essentiel aurait pu briser l'isolement dont souffrent les aînés, particulièrement ces temps-ci. Pour certains aînés, l'appel vidéo était la seule manière de dire adieu à leurs proches. Il faut aussi augmenter les soins de santé encore une fois, et après on continuera de parler du transfert canadien en matière de santé. Il faut aussi augmenter la période des prestations de l'assurance-emploi pour les proches aidants et offrir un crédit d'impôt pour l'aménagement de résidences intergénérationnelles. Nous aurons d'autres occasions pour apporter de nouvelles idées dans le but de toujours améliorer la situation de nos aînés. La pertinence de ces mesures apparaît évidente aujourd'hui et montre bien que le Bloc voyait juste.
    Concernant les fonds de retraite, la situation financière de nos aînés est aggravée par la chute de la valeur des placements de retraite. Ce sont les épargnes d'une vie qui ont fondu en un mois. Espérons que cette situation soit temporaire et que la valeur de ces placements remontera. À cet égard, nous proposons de suspendre l'obligation de retirer une portion des placements dans les régimes de retraite dont les rendements sont présentement négatifs. La bonification du Supplément de revenu garanti les aidera en attendant la reprise.
    Une autre proposition sur laquelle nous planchons — et sur laquelle nous planchions avant le début de cette crise — et qui s'avère très pertinente aujourd'hui est la désignation des régimes privés de pension à titre de créanciers privilégiés en cas de faillite. Depuis le début de cette législature, le Bloc a toujours été constructif et collaboratif et souhaite continuer à l'être. Nos aînés ont besoin de solutions à la mesure de leurs problèmes. C'est notre devoir de les apporter et le Bloc québécois est disposé à le faire immédiatement.
     En terminant, j'ai reçu des témoignages, notamment celui de la FADOQ qui disait que nous étions un parti qui, enfin, ne voyait pas les aînés comme étant déjà morts, mais plutôt comme des personnes bien vivantes qui peuvent encore contribuer à la société. On dit qu'un aîné, c'est une bibliothèque. Il faut se rappeler aussi qu'ils ne font pas seulement partie du passé, mais qu'ils feront partie du futur après la crise, et nous aurons besoin de leur présence.

  (1235)  

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son discours.
    Moi aussi, pendant cette crise, j'entends parler des nombreux problèmes avec lesquels les personnes âgées sont aux prises. C'est dans ce lieu, dans ce Parlement, qu'on peut débattre de questions comme celles-là.

[Traduction]

    Je voudrais remercier la députée d'avoir soulevé cette question, car ce n'est pas le genre de choses que nous pouvons aborder sur Twitter. Ce n'est pas le genre de questions sur lesquelles nous pouvons interpeller le gouvernement dans un cadre virtuel, du moins pas encore.
    Selon la députée, quelle importance a eu le Parlement fédéral, au cours l'histoire du pays, pour soulever les enjeux qui concernent les personnes âgées et pour en débattre? Quelle importance cela revêt-il pour elle?

  (1240)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son excellente question.
    Je pense que nous avons démontré, tous les partis ensemble, qu'il y a tout à fait moyen de faire avancer des dossiers comme celui des aînés en étant ici, à la Chambre. La proposition actuelle est d'une fois par semaine, suivie de deux séances virtuelles. Il semble y avoir eu discussions et entente entre le Parti vert, le NPD, les libéraux et nous. Je pense que c'est de cette manière que nous pourrons faire avancer la cause des aînés, et non en faisant d'obstruction.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai été quelque peu offensé par les propos du chef de l’opposition, à savoir que les députés du Bloc québécois ne se préoccupent pas de leurs concitoyens. Ils sont aux prises avec une pandémie au Québec. Des gens meurent. Les résidences pour personnes âgées font face à un problème sérieux. Ma circonscription compte beaucoup de personnes âgées, et il est donc important de suivre les règles sanitaires et les instructions qui nous ont été données. En pleine période de pandémie, il ne faudrait surtout pas sacrifier nos aînés.
    La députée de Shefford est-elle d'accord avec ma question de privilège proposant l'ajournement de la Chambre?

[Français]

    Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue de sa question.
    Je suis bien d'accord avec lui sur la question de privilège. J'aimerais le remercier, parce qu'il soulève un problème. C'est vrai qu'en étant présente ici, aujourd'hui, je représente les citoyens et les électeurs de ma circonscription, mais aussi ceux du Québec.
    Comme mon collègue le souligne également, il y a des différences entre chacune des régions du Canada. Il est vrai que chez nous, en ce moment, le problème des CHSLD est crucial, et nous sommes là pour le rapporter.
    Madame la Présidente, je veux remercier ma collègue de son discours et dire que nous partageons les mêmes préoccupations sur la situation des aînés, particulièrement ceux qui sont dans les CHSLD.
    Cette situation traîne depuis des années, accompagnée de sous-financement, de pénurie de main-d'œuvre et de conditions de travail extrêmement difficiles.
    J'aimerais que ma collègue nous parle, si c'est possible, de la responsabilité du gouvernement fédéral pour ce qui est des coupes dans les transferts aux provinces en matière de santé et sur la nécessité d'augmenter ces transferts.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
    Effectivement, le Bloc a soulevé ce problème à de nombreuses reprises.
    On parle de la crise actuelle dans les CHSLD, mais finalement, tant qu'on n'augmentera pas les transferts, on obtiendra le même résultat au Québec. Depuis des années et des années, on n'investit pas et on ne transfère pas aux provinces l'argent qui dort à Ottawa pour qu'elles puissent s'occuper de leur système de santé et de leurs citoyens.
    On parle des aînés en CHSLD, mais j'aimerais aussi — j'en ai parlé dans mon discours — revenir sur la question de l'aide à domicile, car, pendant qu'on parle de nos aînés en CHSLD, il y a aussi des aînés qui restent et qui demeurent chez eux, et qui, en ce moment, voient leur pouvoir d'achat diminuer parce que le prix du panier d'épicerie augmente. Ils se retrouvent finalement isolés, et on sait que l'isolement est également un déterminant de la santé. Il faut continuer à chercher à briser leur isolement.
    Madame la Présidente, je dois d'abord saluer les propos assez convaincants de ma collègue de Shefford.
    On sait tous que, durant la pandémie, il y a eu de l'aide des différents gouvernements pour l'ensemble des acteurs économiques de nos milieux. Ce qui me surprend, c'est qu'alors que les aînés sont probablement les plus frappés par cette pandémie, l'aide se fait toujours attendre.
    Je pose donc la question suivante à ma collègue: est-elle surprise de voir que, justement, les aînés ont été les grands oubliés dans la crise provoquée par cette pandémie?
    Madame la Présidente, c'est malheureusement le cas, mais je ne suis pas surprise. Nous en avions parlé, nous en avions fait une priorité pour ce qui est du budget, et, jusqu'à maintenant, c'est le silence radio. Nous n'avons eu aucune nouvelle.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je tiens d'abord à exprimer toute la tristesse des néo-démocrates et de la population canadienne en général. Aujourd'hui, c'est toute la nation qui pleure la terrible perte subie par les Néo-Écossais. Cet acte de violence est insensé. Ces pertes de vie seront d'autant plus douloureuses que toutes les précautions et les mesures de sécurité qui doivent être prises à cause de la COVID-19 vont empêcher les gens de pleurer leur perte avec leurs proches comme ils auraient pu le faire normalement.
    Je tiens à souligner le courage de l'agente de la GRC Heidi Stevenson, qui a perdu la vie en tentant d'aider et de sauver d'autres personnes. Encore une fois, je veux transmettre un message aux gens de la Nouvelle-Écosse, leur dire qu'ils ne sont pas seuls. C'est toute une nation qui pleure avec eux. Nous partageons leur douleur.

  (1245)  

    Aujourd'hui, nous débattons d'une motion qui porte sur les travaux du Parlement. Alors qu'une pandémie sévit et qu'elle a de graves répercussions sur de nombreux Canadiens, sur les emplois et sur les entreprises, nous devons d'abord et avant tout faire tout ce qui est possible pour aider les Canadiens.
    J'aimerais mentionner que je vais partager mon temps de parole avec le député de Rosemont—La Petite-Patrie.
    Nos travaux doivent avoir pour objectif premier d'assurer la sécurité des familles, des travailleurs et des petites entreprises et de sauver des vies. Il y a encore des gens qui ont désespérément besoin d'aide. Il y a encore beaucoup trop de gens qui passent entre les mailles du filet.
    Notre position demeure très claire. D'abord, à notre avis, au lieu d'imposer des critères compliqués à respecter, nous devrions envoyer une aide financière directe à tous les Canadiens, immédiatement et tout au long de la crise. Ensuite, la Prestation canadienne d'urgence devrait être universelle. Le premier ministre devrait prendre la parole à la Chambre et dire très clairement que toute personne au pays qui a besoin d'aide peut demander cette prestation.
    De plus, nous nous devons de reconnaître la valeur du dévouement des personnes dont la sécurité est en jeu, ces travailleurs de première ligne qui assurent les services essentiels à leurs risques et périls — et qui mettent potentiellement leur famille à risque —, en leur donnant accès non seulement à de l'équipement adéquat pour préserver leur sécurité, mais aussi à une prime de courage pour refléter le danger auquel ils s'exposent. Les Canadiens qui occupent un emploi faiblement rémunéré ont besoin d'un supplément de revenu. Ils ont besoin d'une aide financière additionnelle pour compenser les risques qu'ils courent dans l'intérêt de toute la population.
    Nous savons qu'il y a encore des citoyens qui sont laissés pour compte. Même si nous sommes fiers du travail remarquable qui a été accompli lors de la plus récente séance d'urgence, où nous avons obtenu des engagements pour combler les lacunes qui affectaient un si grand nombre de Canadiens non admissibles à la Prestation canadienne d'urgence, nous savons qu'il y a encore trop de citoyens qui sont laissés à eux-mêmes. Une catégorie de Canadiens est particulièrement exclue des programmes mis en place, et le gouvernement ne fait rien pour lui venir en aide. Ce sont les étudiants.
    Dans les faits, les initiatives proposées par le gouvernement à propos des emplois d'été au Canada, y compris le financement additionnel pour les emplois d'été, sont insuffisantes. Les étudiants n'ont plus la possibilité de travailler. Les emplois qu'ils espéraient occuper l'été prochain n'existent plus. Au cours de la prochaine saison estivale, ces emplois ne seront pas offerts.
    Pour résoudre ce problème et nous assurer que les étudiants ne soient pas ignorés et laissés pour compte, nous pouvons apporter quelques changements simples. Nous pourrions par exemple modifier le libellé de la législation actuelle de façon à ce qu'elle englobe non seulement les personnes qui ont cessé de travailler en raison de la COVID-19, mais également les personnes qui sont incapables de travailler en raison de la COVID-19. Cela permettrait d'aider les étudiants qui sont laissés pour compte. De nombreux étudiants espéraient travailler cet été, mais ils ne trouveront tout simplement pas d'emploi. C'est pourquoi nous devons veiller à ce qu'ils ne soient pas oubliés.
    J'ai écrit une lettre au premier ministre pour lui présenter l'amendement et lui demander de veiller à ce que les étudiants ne soient pas oubliés et laissés pour compte. Bien que nous n'ayons pas reçu de réponse adéquate, nous n'abandonnerons pas les étudiants. Nous continuerons à nous battre pour qu'ils reçoivent le soutien dont ils ont besoin.
    Les gens se disent également inquiets de ne pas pouvoir payer leur loyer. Ils sont toujours tenus de le payer même s'ils ont perdu leurs revenus, et beaucoup craignent de se retrouver sans logement. De nombreuses familles s'inquiètent aussi de ne pas pouvoir payer leur hypothèque. Il en va de même pour les petites entreprises, qui doivent payer leur loyer commercial ou leur hypothèque. Nous soutenons que la solution la plus simple est d'utiliser les pouvoirs dont nous disposons à l'échelon fédéral pour suspendre les paiements hypothécaires, puis de collaborer avec les gouvernements provinciaux afin de suspendre le paiement des loyers.
    Même si nous sommes ravis que le gouvernement ait déclaré qu'il prendrait certaines mesures pour aider les personnes et les entreprises à payer leurs loyers, ces mesures ne sont pas suffisantes. Le gouvernement fédéral dispose de pouvoirs importants. Nous devons les utiliser.

  (1250)  

[Français]

    Nous devons également nous engager à aider les personnes qui sont locataires. La crise du logement rendait déjà difficile pour les gens de trouver un endroit sûr où ils se sentaient chez soi. C'est encore plus difficile lorsqu'on risque de perdre son logement parce qu'on ne peut pas payer le loyer.

[Traduction]

    Nous devons offrir plus d'aide à davantage de gens, et ce, plus rapidement. C'est exactement ce que permet d'accomplir notre proposition. Nous proposons de nous réunir ici, au Parlement, de manière régulière et planifiée, afin de nous donner la possibilité de voter sur la mesure législative que nous devons modifier pour aider davantage de gens.
    Deux jours de séances virtuelles permettraient aux gens des régions de l'ensemble du pays d'être représentés, et leurs députés pourraient poser des questions en leur nom. Au Parlement, nous sommes limités à un petit nombre, et c'est souvent les députés près d'Ottawa qui participent. En tenant une séance virtuelle, nous pouvons nous assurer que les députés qui représentent des collectivités situées loin d'Ottawa peuvent continuer d'être entendus, d'exprimer l'opinion de leurs concitoyens et de faire part à la Chambre de ce que vivent les électeurs de leur circonscription, notamment les travailleurs de la santé qui ne disposent pas d'équipement de protection individuelle adéquat pour assurer leur sécurité.
    Ceux qui sont exposés au danger, qui mettent leur vie en péril pour nous, n'ont pas l'équipement nécessaire pour rester en bonne santé. Par ailleurs, nous entendons des histoires de travailleurs de la santé qui sont obligés de dormir dans leur voiture parce qu'ils ne veulent pas rentrer chez eux et mettre leur famille en danger. Ce n'est pas la façon dont les travailleurs de la santé devraient être traités dans notre pays. Nous ne devons pas nous contenter de les remercier. Nous devons veiller à ce qu'ils disposent de l'équipement approprié et qu'ils travaillent dans des conditions sécuritaires.
    Les petites entreprises se disent préoccupées du fait qu'elles doivent attendre plusieurs semaines pour recevoir du soutien et qu'elles ne savent pas si elles seront en mesure de continuer à assurer leur subsistance et à payer leurs employés et si elles resteront ouvertes. Elles attendent de l'aide.
    Nous avons entendu parler de gens qui s'inquiètent pour leurs parents, qui sont dans des foyers de soins de longue durée. Dans certains cas, ces gens vivent dans des conditions déplorables. Cela brise le cœur de penser aux aînés qui ont travaillé toute leur vie et qui ont tant sacrifié, mais qui se retrouvent dans des foyers de soins de longue durée où les conditions sont médiocres. Voilà le résultat de plusieurs années de négligence de la part des gouvernements libéraux et conservateurs, fédéraux et provinciaux. Dans les foyers de soins de longue durée, nous constatons les conséquences horribles de cette négligence.
    Nous avons écouté des dirigeants autochtones nous faire part de leurs craintes et de leurs inquiétudes concernant la sécurité de leurs collectivités. Ils craignent de ne pas pouvoir garder leurs collectivités en sécurité dans un contexte où elles n'ont pas accès à des choses qui relèvent des droits fondamentaux, comme de l'eau potable et des logements convenables.
    Au cours des dernières semaines, les Canadiens ont relevé un défi que personne parmi nous n'aurait pu imaginer il y a quelques mois. Ils ont montré, à maintes reprises, qu'ils veulent prendre soin les uns des autres et qu'ils tiennent à ce que le gouvernement accorde une priorité à cette valeur que nous partageons tous. Voilà qui devrait permettre de juger de notre travail comme parlementaires. Le gouvernement doit prendre des décisions en fonction de la mesure dans laquelle elles permettent de mieux répondre aux besoins des gens.
    N'espérons pas que les choses reviennent à la normale. Définissons plutôt une nouvelle normalité, où nous évaluons les décisions prises et la richesse de notre pays en fonction de notre capacité à prendre soin les uns des autres.

  (1255)  

    Madame la Présidente, je sais que l'idée de tenir des séances virtuelles a été fortement appuyée par le député et, de toute évidence, par trois autres partis. Pour le moment, le comité de la procédure et des affaires de la Chambre a été chargé d'étudier cette possibilité, et le Président a dit qu'il faudra encore attendre au moins quatre semaines. Il l'a dit la semaine dernière.
    L'autre jour, dans le cadre de notre première réunion, la députée de North Island—Powell River, qui est membre du comité de la procédure et des affaires de la Chambre, a soulevé des préoccupations concernant la sécurité et les infrastructures de connectivité et à large bande dans les collectivités rurales. Il faut se pencher notamment sur des questions constitutionnelles, des questions de procédure, de privilège et de connectivité, ainsi que sur une foule d'autres questions. Je ne comprends pas comment le député peut appuyer la tenue de séances virtuelles alors que nombre de ces questions n'ont pas encore été résolues. À l'heure actuelle, selon nos procédures, nos règles, le Règlement de la Chambre et même notre cadre constitutionnel, je dirais qu'il n'y a qu'une seule tribune qui nous permet de nous réunir efficacement sans que l'on puisse porter atteinte à nos privilèges, et c'est la Chambre des communes.
    Comment le député peut-il, avant même le début de l'étude au comité de la procédure et des affaires de la Chambre, déterminer ou convenir que la tenue de séances virtuelles est la bonne solution, alors qu'aucun rapport recommandant cette option n'a encore été rédigé, qu'aucun témoin n'a été entendu, et que des préoccupations ont été soulevées, y compris par son parti, au sujet des problèmes auxquels nous devrons faire face?
    Madame la Présidente, j'aurais espéré que, en période de pandémie, nous consacrions notre temps au Parlement à discuter de ce que nous pouvons faire pour mieux aider les gens et aider les fournisseurs de soins de santé de première ligne et les personnes dans les établissements de soins de longue durée. Voilà ce à quoi nous devrions consacrer notre temps au Parlement. Or, les conservateurs préfèrent parler de procédure et des détails du fonctionnement de la Chambre.
    Je tiens à mettre une chose au clair. Nous voulons entendre ce que vivent les gens partout au pays. Toutefois, en limitant le nombre de parlementaires à Ottawa, nous exclurons leurs voix. Des gens de ma province, la Colombie-Britannique, ne seront pas entendus.
    J'estime qu'il faut avoir recours aux solutions technologiques. D'autres organismes le font et réussissent très bien. Le Parlement du Canada peut certainement veiller à ce que la population soit entendue au moyen de séances virtuelles. Nous devons réduire autant que possible l'exposition au risque de maladie. Nous devrions siéger une journée pour modifier les mesures législatives et deux jours pour poser des questions et entendre ce que vivent et ce que pensent les Canadiens.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aimerais remercier mon collègue de son discours.
    J'ai une question relative à l'aide aux gens qui en ont le plus besoin. Comment voit-il l'aide aux aînés? Devrait-on pouvoir la recevoir à partir de 65 ou de 75 ans?
    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question.
    C'est exactement ce pour quoi nous avons proposé l'aide universelle et un financement direct aux gens. Trop de gens passent entre les mailles du filet. Afin de résoudre ce problème, nous proposons l'universalité de l'aide comme solution. Si nous offrons l'aide universelle, nous pourrons aider les aînés, les étudiants et tous ceux qui passent entre les mailles du filet.
     La situation est complètement inacceptable. Les aînés n'ont pas accès à des ressources suffisantes pour vivre dans de bonnes conditions. C'est exactement ce pour quoi nous nous battons pour tous ceux qui ont besoin d'aide maintenant, y compris les aînés et les étudiants.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Burnaby-Sud de son excellent discours.
    J'aimerais qu'il nous explique en quoi la situation actuelle nous offre une occasion, malgré tous les drames et le fait qu'on vive une crise sans précédent. C'est souvent lors des crises qu'on se permet de faire des changements fondamentaux. Dans ces situations, le retour à la normale n'est pas envisageable parce que la normalité fait partie du problème.
    Comment devrions-nous saisir cette occasion collectivement, en tant que société, pour changer la manière de faire les choses?

  (1300)  

    Madame la Présidente, je remercie mon chef adjoint de sa question.
    C'est exactement cela. Dans cette crise, depuis des semaines, on assiste à des actes de courage et de compassion de la part des Canadiens et des Canadiennes. On a vu que les gens voulaient s'occuper des autres. C'est très important qu'on prenne cette énergie, ce mouvement, pour amorcer des changements positifs. On peut créer une nouvelle normalité, où on prend mieux soin les uns des autres. On peut améliorer les programmes sociaux et les services qui existent. On peut créer....
    Nous reprenons le débat. L'honorable député de Rosemont—La Petite-Patrie a la parole.
    Madame la Présidente, comme l'ensemble des parlementaires l'ont fait ici à la Chambre, j'adresserai mes premières paroles iront évidemment vers les victimes de cette épouvantable fusillade qui a eu lieu en Nouvelle-Écosse et leurs familles. Nous vivions déjà des moments difficiles comme communauté et comme société. J'ose à peine imaginer à quel point cela peut être pénible en ce moment pour les gens de cette communauté de la Nouvelle-Écosse. Je pense particulièrement à l'agente de la GRC Heidi Stevenson, qui a malheureusement trouvé la mort dans cette fusillade, cette tuerie qu'on peine à s'expliquer. Je pense que nous devrons réfléchir collectivement à plusieurs problèmes, qu'il s'agisse de santé mentale ou d'accès aux armes à feu.
    Dans la même veine, par rapport aux condoléances à offrir, je tiens à souligner ici le travail d'une préposée aux bénéficiaires, la première préposée aux bénéficiaires à mourir de la COVID-19 au Québec. Il s'agit de Mme Victoria Salvan, qui travaillait au CHSLD Grace Dart, à Montréal. Après 25 années de loyaux services et beaucoup de dévouement envers ses patients et beaucoup de temps passé avec eux, elle a malheureusement trouvé la mort, en fin de semaine, dans cette épouvantable pandémie.
    Je tiens à souligner l'énorme travail qu'ont effectué certains de ses collègues. Ces derniers sont aujourd'hui anxieux, et ils ont peur. On les comprend. En fin de semaine, j'entendais une de ses collègues dire qu'elle avait pris la décision de se séparer de ses enfants et de ne plus les voir pendant qu'elle continuait de travailler auprès des aînés de ce CHSLD. Elle n'est pas la seule à faire ce sacrifice. Je pense que c'est un sacrifice important et qu'il faut le souligner.
    Je presse encore une fois le gouvernement de prendre toutes les mesures disponibles pour leur fournir le meilleur équipement médical de protection et assurer leur santé et leur sécurité. Je tiens également à souligner le travail récent des représentants syndicaux, le président du syndicat local, Jonathan Deschamps, et le conseiller syndical Alexandre Prégent.
    Cela étant dit, je veux dire quelques mots sur la motion qui nous est présentée ici, au Parlement. C'est une motion intéressante. Comme je l'ai dit précédemment, elle vient nous rappeler comment fonctionne notre démocratie, quel est le rôle d'un Parlement et quel est le rôle des députés et des parlementaires en général. Évidemment, notre rôle est de trouver des solutions et de faire des propositions, mais il est également de forcer le gouvernement à rendre des comptes. En effet, parfois, il prend de mauvaises décisions, parfois, les décisions à prendre ne sont pas prises et, parfois, les décisions prises ont besoin d'être modifiées et améliorées. C'est le rôle des 338 personnes de cette salle — aujourd'hui, nous ne sommes pas 338 — de pousser le gouvernement à prendre les meilleures décisions possible pour notre société et pour notre communauté.
    Nous vivons des temps exceptionnels. Je trouve que la proposition qui est sur la table est tout à fait raisonnable et s'inscrit dans les consignes que la Santé publique nous demande tous de respecter. Je pense que, comme parlementaires et comme élus, nous devons montrer l'exemple et dire à nos concitoyens et concitoyennes que la situation est sérieuse et que nous devons tout faire pour essayer d'en minimiser les répercussions, alors que des dizaines de milliers de personnes sont déjà infectées et que de centaines de personnes sont malheureusement décédées de ce virus.
    L'idée de nous réunir plusieurs fois par semaine, même en nombre limité, n'est pas nécessairement la meilleure chose. On représente les gens de 10 provinces, de certains territoires et des régions éloignées. L'idée de venir ici et de forcer ainsi les employés de la Chambre des communes à se mettre à risque, parce qu'ils doivent offrir des services pendant que nos sommes là, fait en sorte qu’on multiplie les possibilités de contagion et d'infection dans nos maisons, dans nos circonscriptions et dans nos communautés lorsqu'on y retourne. Il faut trouver un équilibre entre le respect les consignes de santé publique et la possibilité pour les parlementaires de représenter leurs concitoyens et de poser des questions, parce que certaines choses doivent être améliorées rapidement.

  (1305)  

    Le gouvernement libéral nous avait proposé qu'il y ait une séance en personne et une séance virtuelle chaque semaine. Le NPD trouvait qu'une seule séance virtuelle de 90 minutes était insuffisante, car cela ne permettrait qu'à 18 députés, sans compter ceux qui sont à Ottawa, de poser des questions au gouvernement chaque semaine. Nous trouvions que c'était bien peu. Nous avons alors proposé qu'il y ait une deuxième séance virtuelle de 90 minutes, ce qui porterait à 36 le nombre de députés qui auraient la possibilité de poser des questions aux ministres et au premier ministre chaque semaine sans être présents à Ottawa. Notre proposition a été acceptée par le Parti libéral, et je pense que le Bloc québécois et le Parti vert sont également d'accord.
    Quant au Parti conservateur, il affirme que sa première préoccupation est que les parlementaires puissent faire leur travail et poser des questions au moins trois fois par semaine. Or la motion qui est devant nous permet de faire exactement cela. Elle nous permet de tenir une rencontre en personne et deux rencontres virtuelles pour poser des questions. Nous savons que quatre comités parlementaires fonctionnent en ce moment. La technologie leur permet de poser des questions à des témoins par vidéoconférence. Je pense que nous pourrions tout simplement aller de l'avant et trouver cet équilibre entre la nécessité de nous protéger nous-mêmes et nos concitoyens et celle de demander des comptes au gouvernement.
    Puisqu'on parle de reddition de comptes, je vais parler de certaines choses qui se passent en ce moment et dont nous avons parlé, tout comme le chef du NPD. Tout d'abord, les étudiants et les étudiantes font partie du groupe des grands oubliés, puisque ceux qui n'ont pas gagné 5 000 $ au cours des 12 derniers mois ne peuvent pas bénéficier de la Prestation canadienne d'urgence. Ce sont des milliers de personnes qui vivent beaucoup d'anxiété et qui ne reçoivent aucune aide. Nous faisons pression sur le gouvernement pour qu'il trouve une solution.
    Évidemment, si le gouvernement avait accepté dès le départ la proposition du NPD visant à ce que la prestation soit universelle, les étudiants auraient été couverts, tout comme les personnes âgées. En ce moment, ce n'est pas le cas. Nous devons donc collectivement poser des questions au gouvernement et faire pression sur lui pour trouver une solution.
    Les gens écrivent à nos bureaux parce qu'ils sont impatients, anxieux et stressés. Ils ne savent pas comment ils arriveront à payer leur loyer et leurs factures. Je vais citer deux témoignages. Le premier est celui d'un couple d'étudiants de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Ils m'ont dit qu'ils avaient des contrats de recherche à l'université qui leur permettaient de payer leur loyer, mais que ces contrats ont été suspendus. Comme ils ne gagnent pas 5 000 $ par année, ils m'ont dit qu'ils n'étaient pas admissibles à l'aide d'urgence. Ils m'ont demandé s'il y avait quelque chose de prévu dans un futur proche pour eux.
    J'espère qu'à force de poser des questions au gouvernement, je pourrai leur répondre que quelque chose s'en vient. C'est notre travail en tant que parlementaires. Je pense que nous sommes tous capables de le faire de manière virtuelle, par vidéoconférence ou en ligne.
    L'autre témoignage est celui de Camille, une étudiante en psychoéducation à l'Université de Montréal. Elle reçoit des prêts et bourses pour la période scolaire, mais elle n'a pas accumulé assez d'heures de travail pour accéder à l'assurance-emploi. Elle avait des contrats d'animatrice dans le cadre d'activités parascolaires, mais celles-ci ont toutes été annulées à cause de la pandémie. Comme son revenu était inférieur à 5 000 $ par année, à cause de ses prêts et bourses, elle ne reçoit rien. Cet été, elle comptait travailler comme animatrice dans un camp de jour, et elle ne sait toujours pas si ce travail aura lieu. Elle ne peut pas non plus toucher de l'aide sociale, à cause de ses prêts et bourses. Dans son message, elle disait qu'elle avait peur de se faire dire de ne pas s'inquiéter et qu'on ne l'a pas oubliée, alors qu'on l'a oubliée. Elle disait vouloir du concret, qu'elle avait peur et qu'elle était triste et déçue. Elle a toujours tout fait pour s'en sortir et s'assurer le meilleur des avenirs, disait-elle.
    Il y a des centaines, voire des milliers de personnes comme Camille qui frappent à notre porte. Ils nous demandent d'agir et de trouver des solutions concrètes. Oui, nous devons faire pression sur le gouvernement pour qu'il aide ces gens. C'est notre travail en tant que parlementaires. Cependant, nous devons également donner l'exemple en évitant de nous rendre à la Chambre en personne plusieurs fois par semaine.
    J'aimerais maintenant parler d'un autre problème. La plus grande banque alimentaire de Rosemont—La Petite-Patrie n'a pas accès au programme fédéral d'aide aux banques alimentaires, parce qu'elle aurait reçu un tout petit montant d'argent de la part de Centraide. Il y a donc des incohérences et des améliorations à apporter aux programmes qui sont mis sur pied.

  (1310)  

    Je comprends qu'il y ait des erreurs, parce que tout le monde essaie de travailler rapidement. C'est le genre d'exemple où, comme député de l'opposition, je veux pouvoir poser des questions, mais je ne veux pas le faire en compromettant la sécurité de mes concitoyens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partage l'opinion du député d'en face, surtout en ce qui concerne les groupes de gens et les entreprises laissés pour compte. Nous en avons tous des exemples dans notre circonscription. C'est l'une des raisons qui justifient notre présence au Parlement. Comme nous siégeons aujourd'hui, le NPD semble avoir accepté la tenue d'un jour de séance par semaine. Cela dit, les néo-démocrates se disent également ouverts à la tenue de deux séances virtuelles.
    Compte tenu des problèmes que nous avons exposés de ce côté-ci de la Chambre concernant la tenue de séances virtuelles, dont l'accès aux services Internet à large bande dans les collectivités rurales et les questions de sécurité, et que le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre n'a pas vraiment amorcé son étude à ce sujet, les néo-démocrates peuvent-ils expliquer au Parlement à quelle date ils s'attendent à ce que ces séances virtuelles débutent?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Il avait été envisagé, dans nos discussions avec le gouvernement, de tenir une première séance virtuelle la semaine prochaine avant de passer à deux séances virtuelles par semaine, dès la semaine suivante. Cela, j'imagine, pour des raisons techniques, pour permettre aux employés de la Chambre des communes de mettre en place les dispositifs. Il s'agit probablement aussi de donner l'occasion à nos employés dans nos bureaux de circonscriptions d'installer le matériel nécessaire — des micros, de caméras, des logiciels ou de je ne sais quoi — pour que nous puissions tenir ces séances virtuelles qui sont très importantes.
    J'ai un paquet de questions à poser au ministre du Patrimoine canadien, et cela ne me dérange pas du tout de le faire par vidéoconférence.
    Monsieur le Président, j'ai une question pour mon collègue.
    J'ai entendu beaucoup d'inquiétudes concernant la question des loyers.
    L'honorable député a-t-il entendu des questions sur les loyers des PME?
    Monsieur le Président, je remercie le chef du NPD de sa question.
    Dans Rosemont—La Petite-Patrie, et dans plusieurs autres circonscriptions, l'essentiel des créateurs d'emplois, c'est des petites et moyennes entreprises. En ce moment, elles vivent énormément de stress et d'anxiété. Le 1er mai arrive, et elles ne savent pas si elles pourront payer le loyer. On parle de 50 à 60 % de nos petites entreprises qui risquent de faire faillite parce qu'elles n'ont pas le soutien nécessaire juste pour payer le loyer.
    La subvention salariale est une bonne chose, mais ce n'est pas suffisant pour payer des dizaines de milliers de dollars de loyer pendant quelques mois. Il faut que le gouvernement fédéral intervienne auprès des banques, comme nous l'avons demandé, afin de suspendre les loyers commerciaux pour aider nos entreprises. Il faut également faire pression pour aider les locataires qui ne pourront peut-être pas payer leur loyer tout court.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il y a beaucoup de gens dans ma circonscription qui soulèvent les mêmes préoccupations. Il s'agit de propriétaires de petites entreprises qui ne correspondent pas aux critères définis pour les programmes, mais aussi d'étudiants, de personnes âgées et de travailleurs. Des employeurs de ma circonscription me disent que certaines personnes qui reçoivent la Prestation canadienne d'urgence ne veulent pas retourner travailler, car, en gagnant plus de 1 000 $, ils perdront leur prestation de 2 000 $. Ainsi, le programme, qui est censé servir de bouée de sauvetage, est non pas un seau, mais plutôt une passoire, et il faut rectifier considérablement le tir.
    Le député ne convient-il pas qu'il vaudrait mieux que tous les Canadiens aient droit à un revenu minimum garanti qui fixerait un seuil de revenu en dessous duquel ils ne pourraient pas tomber, qui stabiliserait leur niveau de vie et qui couvrirait le loyer, la note d'épicerie et les dépenses urgentes, de sorte que personne ne soit laissé pour compte?

  (1315)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue du Parti vert de sa question.
    Je pense que la crise actuelle nous permet une réflexion. Il faut aider les gens le plus rapidement possible. Également, il y a des questions sur le type de société que nous voulons, par exemple où personne n'est laissé-pour-compte, ou dans laquelle on n'abandonne personne.
    On pensait que notre filet de sécurité sociale était assez robuste, mais on se rend compte qu'il y a un paquet de trous et que l'assurance-emploi ne comble pas tous les besoins.
    Je pense que cela ramène en avant l'idée et la notion d'un revenu minimum garanti. Si on avait un système fiscal efficace, ceux qui n'en auraient pas besoin pourraient le rembourser tout simplement à la fin de l'année, lorsqu'ils paient leurs impôts.

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme d'autres députés, je ferai écho aux observations du député de Regina—Qu'Appelle, le chef de l'opposition officielle de Sa Majesté, en disant que nos pensées et nos prières accompagnent les victimes de la fusillade de cette fin de semaine. Cette tragédie rappelle aux députés à quel point la vie sur Terre est précieuse et brève.
    Les membres de mon caucus m'ont chargé de parler en leur nom durant cette période de questions, de faire part de leurs réflexions et de rapporter ce que nos concitoyens nous disent sur les divers programmes de subventions visant à compenser une partie des coûts liés aux fermetures et les politiques à l'intention des Canadiens qui souffrent parce qu'ils ne peuvent pas travailler ou être avec leur famille parce qu'on leur a demandé de s'isoler.
    Depuis des semaines, je me penche sur le cas d'électeurs cherchant à être rapatriés, plus particulièrement du Pérou. Je veux m'assurer de remercier le ministre des Affaires étrangères de son travail dans ce dossier, qui a permis le rapatriement de ces nombreux Canadiens. Ce n'était pas une tâche facile.
    Avant de parler de certaines des remarques que j'ai entendues au sein de mon caucus dernièrement, je mentionnerai les Parlements virtuels. En tant que président d'un des plus grands caucus de cette enceinte, caucus qui inclut les sénateurs conservateurs, c'est une question que je dois aborder. Je peux dire à la Chambre la forme que prendra un Parlement virtuel et les problèmes et les difficultés qui découleront de la tenue d'une séance comptant plus de 150 participants, y compris les très rares membres du personnel qui seront autorisés par notre caucus à y participer.
    Dans ma circonscription, il y a un foyer pour personnes âgées qui a été touché par la propagation de la COVID-19: le McKenzie Towne Continuing Care Centre. Je souhaite remercier le personnel et dire aux aînés vivant dans cet établissement que nos pensées les accompagnent pendant cette période.
    De nombreux aînés de cette résidence sont décédés. Je voudrais toutefois prendre quelques minutes pour parler de Keith Earl van Vliet, qui est âgé de 93 ans. Après avoir reçu un résultat positif au test de la COVID-19, il a recouvré la santé aujourd'hui même. Je tenais donc à le saluer. J'en parle aussi parce qu'il vient d'une longue lignée de loyalistes qui ont traversé la frontière vers le Canada il y a des siècles. Même si le nom van Vliet n'est pas typiquement québécois, les membres de sa famille ont été des loyalistes du Québec pendant plusieurs générations avant de déménager dans l'Ouest. Ils sont très fiers de leurs origines. Ces loyalistes anglophones ont décidé de s'exprimer en français. Keith Earl van Vliet est le descendant de cette longue lignée. Je tenais à parler de cette famille et à souligner que son patriarche est maintenant guéri.
    Tous les jours, à 15 heures, des gens de ma circonscription se rendent devant la résidence. Tout en respectant l'éloignement physique, ils encouragent les résidants pour leur remonter le moral. Vendredi, ils ont organisé un spectacle de camions monstres. Samedi, quelques gentils dinosaures ont défilé à l'extérieur. C'est important de parler de ces initiatives. Elles font plaisir aux aînés et au dirigeant de la résidence, tout comme aux membres du personnel touchés.

  (1320)  

    On dit que le fait de présider le caucus conservateur à la Chambre équivaut à porter une couronne d'épines. Je confirme que c'est bel et bien le cas. Ce n'est pas une sinécure. Le pays vit actuellement une situation sans précédent — une pandémie virale. Par le passé, le Parlement a continué de siéger au cours de nombreuses périodes difficiles, dont des guerres mondiales, de grandes dépressions, des récessions très graves, ainsi que des pandémies.
    Les députés ont un devoir à remplir. Nous nous sommes tous portés candidats à une charge publique en sachant que, à l'occasion, nous devrions prendre la décision difficile d'être séparés de notre famille et de demander aux membres de notre personnel d'en faire parfois plus que ce à quoi ils s'attendaient au départ. Je sais que je dépends du travail des employés de mon bureau pour que le caucus conservateur puisse continuer de se réunir virtuellement. Ce n'est toutefois pas la même chose que de se réunir en personne. C'est totalement différent.
    Tous les programmes annoncés jusqu'ici par le gouvernement ont été modifiés à un moment ou à un autre, que ce soit à l'occasion de la conférence de presse que le premier ministre tient le matin ou au cours de séances d'information techniques. Nous sommes toujours informés après coup, qu'il s'agisse du Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, de la Subvention salariale d'urgence du Canada ou de la Prestation canadienne d'urgence, programmes dont profitent bon nombre de nos concitoyens.
    Ces changements ont souvent été proposés par les partis de l'opposition, autant par notre caucus que par les autres, et l'objectif n'était pas de critiquer les différentes mesures, mais bien d'y apporter des améliorations afin qu'elles soient réellement adaptées aux personnes qui communiquent avec nous. Au quotidien, le volume d'appels à mon bureau a doublé, et je reçois environ trois fois plus de courriels que d'habitude. Dans la plupart des cas, s'il s'agissait de problèmes faciles à régler, les gens communiqueraient avec Service Canada, à condition d'arriver à obtenir la ligne. S'il s'agissait de problèmes faciles à régler, les gens iraient en ligne se connecter à leur compte MonARC. Or, il s'agit chaque fois de cas particuliers, de personnes qui passent entre les mailles du filet ou de problèmes inhabituels. Il s'agit du genre de problèmes que les députés doivent régler pour les Canadiens et qu'ils doivent présenter à la Chambre, celle que de nombreux députés, actuels et passés, ont appelée la « cathédrale de la démocratie ». Dans la période actuelle, peut-être que cette description semble immatérielle et que certains pourraient penser qu'il ne s'agit que de belles paroles, mais la démocratie est un service essentiel et c'est ici qu'elle se déroule.
    J'ai regardé ce que d'autres pays font. Les Parlements du Japon, de l'Italie, de la France, de l'Allemagne, de la Grèce, de la Suède, de la Finlande et de l'Union européenne se réunissent tous de façon limitée. On nous a accusés de vouloir réunir les 338 députés du Parlement. On voit bien que ce n'est absolument pas le cas. Nous siégeons à une distance respectable les uns des autres. Nous suivons les directives des organismes de santé publique.
    J'ai discuté avec le Président de l'Assemblée législative de l'Alberta, qui se réunit trois fois par semaine. Évidemment, un nombre restreint de députés sont présents, mais il y a tout de même une période des questions, des discours et des périodes pour les commentaires et observations. D'ailleurs, le premier ministre de l'Alberta et le chef de l'opposition de Sa Majesté ont débattu pendant une heure de la situation en Alberta et des mesures mises en place par la province. Plusieurs Parlements au pays continuent de se réunir; nous pouvons aussi le faire.
    Nos propositions ont été faites de bonne foi. La date de retour a toujours été aujourd'hui; c'est ce que nous avions convenu dès le départ. Ce n'est pas la première fois. Le 13 mars, la Chambre a convenu de se réunir de nouveau le 20 avril. Nous sommes revenus deux fois déjà pour voter des lois importantes que le gouvernement souhaitait faire adopter. Maintenant, j'espère que les députés nous pardonneront si nous ne faisons pas entièrement confiance au gouvernement, car il a tendance, quand il rédige ses projets de loi, à aller beaucoup plus loin que ce qui a été convenu entre les leaders parlementaires puis communiqué aux caucus. Nous nous attendons à ce que l'on poursuive les négociations de bonne foi, comme nous l'avons fait jusqu'ici. Notre intention a toujours été de faire valoir les droits des habitants de nos circonscriptions et les enjeux dont ils nous parlent.
    Je viens de l'Ouest, mais il est question de nombreuses autres régions du pays dans les conférences téléphoniques organisées par notre caucus. Nous parlons aussi des agriculteurs, des éleveurs, des chefs de petite entreprise et des propriétaires de clubs de golf. Les temps sont durs pour tous ces entrepreneurs, et il est temps que le gouvernement découvre tout ce qu'ils font pour gagner leur vie.
    Je me suis entretenu avec un propriétaire de petite entreprise de ma circonscription, un franchisé de la chaîne de restaurants OPA! of Greece. Il y a justement une fête orthodoxe. Ce monsieur, Raj Chahal, qui n'est de toute évidence pas grec, possède des restaurants. Il a perdu 60 % de son personnel, et ce, pas seulement à cause de la COVID-19, mais aussi parce que le programme de la Prestation canadienne d'urgence du gouvernement est tellement généreux que les employés choisissent de rester à la maison. Il a réussi à s'entendre avec certains d'entre eux qui sont prêts à venir travailler pour qu'il puisse continuer de servir des clients. Il y a d'autres gens qui livrent des repas à nos portes avec les services Uber Eats et DoorDash, par exemple. Je pense que tout le monde utilise ces services à l'heure actuelle. Ces services sont essentiels, tout comme la démocratie.
    Avant d'aller plus loin, j'aimerais remercier nos interprètes, qui font, à n'en pas douter, un excellent travail. Je veux remercier les greffiers, les agents de sécurité et les responsables de la sécurité de la TI. Certaines de ces personnes seraient dans cet édifice, que la Chambre siège ou non.
    En ce qui concerne les Parlements virtuels, nous tenons des réunions de caucus virtuelles tous les mercredis, comme d'habitude, et plus souvent au besoin. C'est l'usage. Nous avons des services d'interprétation pour ces réunions.

  (1325)  

[Français]

    Nous avons des services d'interprétation lors de nos rencontres de caucus. Les députés de mon caucus ont voulu que je sois leur président. Nous sommes un pays bilingue et je veux m'assurer que nous pouvons faire notre travail à la Chambre des communes dans les deux langues officielles de notre pays.
    Cependant, je ne peux pas y parvenir tout seul et je dépends des interprètes à la Chambre. Chaque mercredi, je leur demande de venir à la Colline du Parlement. En effet, je viens de comprendre de leur directeur que les interprètes sont obligés de se présenter sur place, à la Chambre ou en comité, pour faire leur travail. Chaque mercredi, notre caucus se réunit et nous bénéficions donc de services d'interprétation. Je demande à mon personnel et aux membres des Services informatiques de se présenter à la Colline pour nous aider à faire notre travail. Nous respectons bien sûr les consignes de distanciation sociale et physique, mais il faudra que des membres du personnel de la Chambre soient ici, et ce, que nous siégions en personne ou virtuellement.
    Je préside un caucus conservateur de 150 personnes, qui regroupe 121 députés, plus de 20 sénateurs et certains membres de notre personnel politique que notre caucus a autorisé à assister à nos appels. Il n'est pas facile de tenir de telles rencontres et il n'y a qu'à voir comment se déroulent jusqu'ici les réunions virtuelles du Comité permanent de la santé et du Comité permanent des finances pour constater les grandes difficultés que soulèvent ces rencontres.
     Il n'est pas évident de faire un rappel au Règlement lors d'une réunion virtuelle de comité. Au-delà de la question de l'interprétation vers l'anglais ou le français, il y a plusieurs boutons à manipuler afin d'être compris par les autres députés. Je ne pense pas ici seulement aux députés unilingues francophones, mais aussi aux députés unilingues anglophones. Parfois, je dois servir d'interprète pour mes députés, ce qui ralentit nos rencontres: une rencontre qui devrait durer de une à deux heures peut durer entre quatre et cinq heures. Personne ne veut participer à un appel pendant quatre ou cinq heures, et je constate que le président du Conseil du Trésor hoche la tête pour signifier qu'il est d'accord avec moi.
    Dans le cas d'un Parlement virtuel regroupant 338 députés de partout au pays, dans leur maison ou leur bureau de circonscription, nous aurons des problèmes de décalage et nous perdrons des appels. Certains députés ne pourront pas se connecter, alors que d'autres ne comprendront pas ce qui se dira. Ces problèmes surviennent déjà lors de nos propres réunions de caucus, durant lesquelles même certains députés de grandes villes au Canada ont de la difficulté à entendre ce que leurs collègues disent. Il y a tellement de choses qui peuvent aller mal durant une rencontre virtuelle et qui feront que cela ne fonctionnera pas. Cependant, j'entends le leader du gouvernement à la Chambre des communes dire que nous allons en pratique ignorer le travail réalisé par le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre et passer directement à un Parlement virtuel.
    Parfois, un député veut poser une question au greffier. Dans un Parlement virtuel, comment pourrons-nous le faire sans interrompre les discussions de la Chambre? Il m'a fallu près de quatre ans pour apprendre toutes les procédures de la Chambre suffisamment bien pour pouvoir défendre mes droits de député et les privilèges de mes concitoyens. Comment les députés sont-ils censés y parvenir dans le cadre d'un Parlement virtuel?

  (1330)  

[Traduction]

    Dans une Chambre virtuelle, rien n'empêche les ministres ou les députés de se faire donner des réponses ou des informations par des personnes qui seraient à côté d'eux. Nous nous attendons à ce qu'absolument tous les ministres se soient un tant soit peu préparés à répondre à nos questions. Nous n'essayons pas de satisfaire notre curiosité personnelle. Nous tentons d'obtenir des réponses au nom de nos concitoyens, qui veulent savoir pourquoi leur entreprise est oubliée par certains programmes gouvernementaux. Ils nous demandent pourquoi, à titre de propriétaires uniques, ils tombent entre les mailles du programme.
    J'ai reçu un appel, auquel je compte bien répondre, au sujet du régime enregistré d'épargne-invalidité. Personne ne répond aux appels à ce sujet en ce moment. Les bureaux sont fermés, mais le régime fonctionne toujours. Les gens doivent appeler pour confirmer que toutes les transactions ont bien été effectuées, mais il n'y a personne pour leur répondre en ce moment.
    Nous ne demandons pas l'impossible. Je remercie les membres du personnel qui sont ici pour veiller au bon fonctionnement de notre démocratie et permettre aux députés d'être présents. Nous nous acquittons de nos tâches et nous réagissons aux enjeux de santé publique de façon responsable. Nous aurions peut-être pu négocier un séjour d'un mois pour les députés, afin que ceux qui viennent à Ottawa puissent y rester et ne pas avoir à retourner dans leur circonscription.
    Le Parlement, c'est le lieu important où nous obtenons des réponses du gouvernement, où nous effectuons des travaux qui ne peuvent pas être faits sur Twitter ou Facebook, et où différentes personnes échangent des idées. Une bonne partie de nos débats politiques prennent maintenant place dans les médias sociaux, mais il y a des travaux qui ne peuvent être menés que dans cette enceinte, et au nom des habitants de nos circonscriptions.
    C'est un honneur et un privilège pour nous d'avoir été choisis par les habitants de nos circonscriptions pour venir ici effectuer ces travaux en leur nom. C'est ce qu'ils attendent de nous. D'ailleurs, depuis le début de la séance d'aujourd'hui, j'ai reçu plusieurs messages textes et courriels d'habitants de ma circonscription qui m'ont dit qu'ils voulaient que je sois présent dans cette enceinte. J'entends un député d'en face dire que non, mais je suis bel et bien en possession de ces messages, de ces courriels. Mes concitoyens s'attendaient à ce que je vienne ici et que je m'exprime en leur nom. Je suis également conscient que je dois parler au nom des autres députés de mon caucus qui ne sont pas présents pour représenter leurs électeurs et soulever les problèmes concernant de nombreux programmes gouvernementaux.
    Nous sommes nombreux à cultiver nos relations avec les ministres et à faire tout notre possible pour attirer leur attention sur un dossier en particulier, lorsqu'un citoyen est passé entre toutes les mailles du filet. Nous avons voté pour les projets de loi contenant les vastes mesures proposées par le gouvernement. Nous les avons adoptés rapidement. En fait, si le débat actuel peut se tenir aujourd'hui, c'est que nous avons accepté le dépôt immédiat de la motion. Nous avons dit au gouvernement qu'il n'avait pas besoin de nous donner un préavis et que nous étions prêts à débattre immédiatement de la motion et des mesures qu'elle contient. Nous convenons que nous nous trouvons dans une situation inhabituelle, mais les leaders parlementaires n'ont pas pu parvenir à un consensus au préalable.
    Notre caucus est très actif et tient à être entendu. Nous souhaitons avoir l'occasion de vérifier si les ministres sont bien renseignés. Par nos questions, nous voulons nous assurer qu'ils réfléchissent et qu'ils ne sombrent pas dans le panurgisme.
    Au Royaume-Uni, le leader parlementaire du gouvernement conservateur, Jacob Rees-Mogg, a déclaré qu'il appréciait le fait que la Chambre continuait de siéger. Maintenant, la Chambre siégera de manière virtuelle, une option que nous devrions envisager. Des écrans seront installés. Le premier ministre et le conseil des ministres devront être à la Chambre.
    Je ne sais pas comment nous pourrions appliquer cette option ici, et si cela serait possible du point de vue des TI, ni combien de personnes seraient nécessaires pour y parvenir, mais Jacob Rees-Mogg a indiqué qu'il voulait éviter la pensée unique de la part de ses ministres ou de son parti. C'est le but que nous visons. Nous essayons d'améliorer le processus décisionnel et les mécanismes stratégiques utilisés par le gouvernement à l'heure actuelle et qui ont une incidence sur certains secteurs industriels et toutes les pertes d'emploi. Cela concerne les habitants de nos circonscriptions qui se retrouvent au chômage tout en tombant entre les mailles du filet des divers programmes du gouvernement. Cela concerne les propriétaires, dans le secteur autant résidentiel que commercial, qui tombent entre les mailles du filet.

  (1335)  

[Français]

    Je vais passer au français pour m'assurer que tout le monde comprend. Nous sommes un pays bilingue. Nous sommes censés travailler dans les deux langues officielles à la Chambre et dans le cadre de tous les travaux parlementaires et des comités.
    Je veux que le gouvernement, comme vous, monsieur le Président, défende nos droits et nos privilèges, pas seulement pour nous, mais aussi pour les futurs députés, afin que nous puissions travailler dans les deux langues officielles, proposer des motions et des amendements et faire tous les travaux parlementaires que nos concitoyens veulent que nous fassions. C'est d'une grande importance.
    Comme je l'ai dit, je préside un caucus de près de 150 personnes lors de rencontres virtuelles chaque semaine. Ce n'est pas facile de faire en sorte que 150 personnes puissent suivre l'ordre du jour, poser des questions et faire des commentaires pour contribuer aux travaux parlementaires. Je pense donc que ce sera un énorme défi. Le gouvernement dit qu'on va immédiatement passer à un Parlement virtuel, sans laisser la chance au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre de décider comment cela devrait fonctionner et si cela devrait fonctionner de cette façon.
    En conclusion, il est important de souligner que nous sommes ici pour travailler pour nos concitoyens. Ce n'est pas du tout pour faire avancer nos carrières politiques ni pour faire des sondages. Nous sommes ici pour nous assurer que toutes les politiques et tous les programmes du gouvernement aident vraiment les gens qui en ont besoin durant cette pandémie, alors que le gouvernement a forcé la majorité des entreprises du secteur privé à fermer leurs portes.
    Je vous remercie, monsieur le Présdient, de cette occasion de m'adresser à la Chambre.
    Monsieur le Président, je suis une députée du Québec et j'aimerais simplement informer mon collègue que l'Assemblée nationale du Québec a suspendu ses travaux jusqu'au 5 mai.
    Je suis grand-mère d'un petit-fils de 3 mois que je n'ai pas vu depuis un mois parce que, au Québec, les Québécois ont ceci de remarquable qu'ils écoutent les directives du gouvernement du Québec afin d'éviter des drames et des décès et pour ne pas contaminer nos personnes âgées.
    Aujourd'hui, quand j'écoute mon collègue, je n'entends pas du tout le même son de cloche que celui que je reçois de mes électeurs. Mes concitoyens se demandent pourquoi certains députés insistent pour venir siéger plus d'une journée pendant cette crise. Puisque mon collègue est président du caucus de son parti, je voudrais donc le sensibiliser et lui demander d'être à l'écoute des Québécois et des Ontariens, qui comptent beaucoup plus de personnes atteintes du coronavirus que les autres provinces. Est-il conscient qu'en nous demandant de traverser des régions dont l'accès est interdit, nous mettons en péril la santé des aînés québécois et canadiens?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de Salaberry—Suroît de sa question.
    Tous les membres de notre caucus conservateur, en particulier ceux du Québec comme le député de Portneuf—Jacques-Cartier, défendent les droits et la santé des Québécois et des Québécoises. J'assure à la députée que les députés québécois de notre caucus me rappellent chaque jour les défis et les préoccupations du Québec, et le besoin que nos rencontres se déroulent de façon efficace dans les deux langues officielles, en respectant la langue de Molière.
    Nous avons à la Chambre des procédures pour éviter que tous les 338 députés soient obligés d'être ici en même temps. Nous avons été accusés de vouloir cela, mais on peut voir que ce n'est pas le cas. Nous pouvons notamment recourir au pairage de députés par l'intermédiaire des whips à l'occasion de votes. Nous pouvons ainsi réduire le nombre de députés requis pour qu'ait lieu une séance du Parlement du Canada.
    Je sais que le plus grand rêve du Bloc est de voir le Parlement canadien fermé pour les prochains mois, mais nous ne pensons pas que c'est une bonne idée. Ce n'est pas une bonne idée pour les Québécois est les Québécoises ni pour tous les électeurs de nos circonscriptions qui nous demandent de faire notre travail.

  (1340)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours et d'avoir soulevé ces préoccupations.
    Je suis porte-parole en matière de patrimoine. À Montréal, il y a énormément d'artistes. Le milieu culturel y est vraiment florissant. Or, ce milieu subit de plein fouet les conséquences de la crise que nous vivons tous aujourd'hui. Des annonces ont été faites, mais sans fournir de détails. Plusieurs personnes me disent qu'elles avaient prévu organiser un festival cet été et qu'elles ont déjà investi des sommes d'argent. Elles me demandent si elles seront remboursées si le festival n'a pas lieu. De plus, beaucoup d'artistes ne sont pas admissibles à la Prestation canadienne d'urgence.
    J'ai donc beaucoup de questions à poser au ministre du Patrimoine canadien. Toutefois, je ne veux pas mettre en danger mes concitoyens ou ma famille en me déplaçant de manière inappropriée vers un lieu donné pour siéger. Pourquoi ne pourrais-je pas poser ces questions au ministre par visioconférence? Il pourrait simplement me répondre dans le temps qui lui est normalement accordé.
    Monsieur le Président, je remercie le député de Rosemont—La Petite-Patrie de sa question.
    Pour ce qui est des questions qu'il attend comme porte-parole du NPD de poser au ministre du Patrimoine, je suis sûr qu'il a une expérience comparable à la mienne, à savoir que les ministres de l'autre côté ne répondent pas à nos questions, mais qu'ils ne font que parler. Beaucoup de mots sont échangés de part et d'autre, mais nous n'obtenons généralement que peu de réponses à nos questions. Il est toujours possible d'envoyer un courriel à un ministre, mais c'est une démarche qui est secrète et qui manque de transparence. Le gouvernement ne rend pas de comptes en public devant tous les gens du pays et c'est là la grande différence.
    Nous pourrions faire cela par l'entremise d'un Parlement virtuel et nous ne disons pas non. Cependant, nous voulons voir le Comité des procédures et des affaires de la Chambre faire son travail et nous expliquer comment cela fonctionnerait et s'il s'agit de la meilleure option. De plus, je rappelle à mon collègue qu'il y a 121 députés conservateurs à la Chambre et que nos rencontres virtuelles de caucus fonctionnent plus ou moins bien jusqu'à maintenant. Le Canada est un grand pays et plusieurs de nos collègues sont dans des régions éloignées, où ils ne disposent pas d'une connexion Internet leur permettant de travailler de manière efficace et de participer aux réunions de leur caucus parlementaire.
    Je pense que plusieurs députés, ainsi que le leader du gouvernement à la Chambre des communes et le chef du NPD, n'ont pas assez réfléchi à comment fonctionnerait un Parlement virtuel dans la pratique. C'est pour cela qu'existe le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, qui peut entendre des témoins. Je pense d'ailleurs que le Comité n'a pas encore décidé quels témoins il inviterait pour étudier comment tout cela fonctionnerait pour la Chambre des communes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis d'accord qu'il est très important de demander des comptes au gouvernement et de pouvoir lui poser des questions. Souvent, pendant la période des questions, les députés de l'opposition posent des questions auxquelles ils ne reçoivent pas une réponse complète. Je crois que, très souvent, les députés de l'opposition ne reçoivent pas une réponse qui les satisfait.
    Les gens qui vivent dans les régions rurales ont de sérieux problèmes à se connecter à Internet. C'est un problème que nous dévoile la crise de la COVID-19. De nombreux Canadiens sont comme des citoyens de deuxième classe parce qu'ils n'ont pas accès à Internet dans leur collectivité. J'ai été installateur d'antennes satellitaires. Nous pourrions permettre aux députés de se connecter par satellite afin qu'ils puissent participer à un Parlement virtuel et nous pourrions nous assurer que les connexions sont fiables.
     Le député ne convient-il pas que c'est essentiel que tous les députés, de toutes les régions, d'un bout à l'autre du pays, aient l'occasion de participer aux débats à la Chambre et de poser des questions, au lieu que ce soit l'affaire de quelques députés privilégiés?
    Madame la Présidente, je suis heureux de vous voir occuper le fauteuil.
    Je répondrai au député que c'est exactement ce que j'essaie de dire. Je veux que chaque député se fasse entendre et soit en mesure de participer au sein d'un Parlement virtuel. Les députés croient-ils toutefois que le dispositif permettant les connexions par satellite pourra être installé en un clin d'oeil ou que plus personne n'aura besoin de se déplacer grâce à ces connexions? Je me souviens d'une réunion de notre caucus, tenue il y a longtemps, où je me suis plaint avec véhémence auprès de la Présidence des défaillances de la cabine d'interprétation. L'équipement installé dans la pièce ne fonctionnait pas.
    Combien d'employés responsables des technologies de l'information devront se présenter dans cet édifice et d'autres immeubles de la Cité parlementaire pour que nous soyons en mesure de tenir des réunions virtuelles où chaque député pourra participer? Participer, ce n'est pas seulement écouter. Il faut aussi avoir la possibilité de prendre part pleinement à la réunion dans la langue de son choix. Il ne faut pas l'oublier.
    Le député était prêt à laisser les leaders à la Chambre des partis reconnus décider quand la Chambre devrait se réunir de nouveau. Nous avons convenu que nous étudierions aujourd'hui des motions et un amendement pour déterminer comment le Parlement fonctionnera au cours des prochaines semaines. C'est exactement ce que les Canadiens attendent de nous. C'est exactement ce qu'ils veulent que nous fassions. Nous sommes réunis aujourd'hui. Nous allons régler les questions sans tarder et faire en sorte que le gouvernement rende des comptes.

  (1345)  

    Madame la Présidente, à l'instar de mon collègue de Nanaimo—Ladysmith, j'ai aussi travaillé dans l'industrie des télécommunications. D'après mon expérience, la technologie des satellites est vouée à un échec sans équivoque et elle ne fonctionnera pas pour nos concitoyens.
    Le député peut-il affirmer catégoriquement que les réunions hebdomadaires virtuelles de notre caucus se sont déroulées sans difficulté ni anicroche?
    Madame la Présidente, je confirme qu'elles ne se sont pas déroulées sans difficulté, mais j'aime bien être capable de mettre en sourdine le microphone quand je le désire, ce qui est impossible en personne. Je suis certain que vous trouvez cela malheureux vous aussi, madame la Présidente, et le Parlement virtuel offre la possibilité de faire une telle chose.
    Les Canadiens s'attendent à ce que nous puissions tenir une rencontre de 20 personnes sur Zoom, Skype ou un autre logiciel quelconque, et cela fonctionne assez bien. Toutefois, lorsqu'il est question de tenir une vidéoconférence avec 338 personnes, il faut confirmer l'identité des gens et fournir des services d'interprétation. Il faut que les députés soient capables d'échanger pour apporter des changements à l'ordre du jour et, à la Chambre, dans ce cas-ci, pour invoquer le Règlement ou proposer des changements. Nous constatons les difficultés que connaissent les comités parlementaires, et il ne s'agit que de deux comités par semaine, où il faut, selon ce qu'on m'a dit, de 45 minutes à une heure de préparation avant la réunion. La Chambre compte 30 comités, sans compter les comités mixtes avec le Sénat.
     Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a encore beaucoup de travail à faire pour déterminer comment procéder pour 338 députés.

[Français]

    Madame la Présidente, je suis très heureux de me retrouver aujourd'hui à la Chambre des communes dans un Parlement restreint, considérant le fait que nous vivons une période de crise où nous faisons face à la COVID-19. Nous sommes en train de définir les procédures. Nous sommes conscients que c'est la première fois que le gouvernement canadien est confronté à ce genre de situation. Nous, les conservateurs, comprenons la situation et collaborons avec le gouvernement afin que les Canadiens et les Canadiennes, ainsi que les entreprises, puissent avoir les outils nécessaires pour traverser cette situation.
    Ce matin j'ai assisté au dépôt de la motion du leader du gouvernement à la Chambre des communes, qui voulait tout simplement museler les parlementaires. Cette motion demande que nous soyons ici une fois par semaine. Poser la question, c'est y répondre.
    Le premier ministre décide de limiter les périodes de questions. Tous les jours, ce premier ministre est devant les journalistes pour répondre à des questions. Le travail des journalistes est de rapporter les nouvelles. Le travail des parlementaires est de poser des questions afin d'améliorer les choses. Je ne dis pas que le gouvernement n'a fait que de mauvaises choses dans cette situation exceptionnelle. Je suis capable de reconnaître qu'il n'avait pas de référence. Le gouvernement a dû intervenir, réajuster le tir et je dirais même improviser. Ce que je dis n'est pas négatif.
    Il faut comprendre que la Prestation canadienne d'urgence amalgame deux programmes: le programme de soutien aux personnes victimes de la COVID-19 et le programme d'aide. Il y a le soutien et l'aide. En résumé, ils ont mis les deux programmes ensemble et ils ont créé la Prestation canadienne d'urgence. C'est correct, car il y a eu des modifications. Nous avons fait des suggestions dans ce cas et dans bien d'autres cas.
    J'ai une liste, qui n'est pas exhaustive, de certaines choses que notre parti a suggérées. Le Parti conservateur, l'opposition officielle à la Chambre des communes, a fait progresser les mesures et les programmes que le gouvernement a mis en place. On nous accuse d'être méchants, et on nous accuse de ne pas collaborer.
    Voyons les faits. Nos suggestions ont permis aux pompiers volontaires de répondre aux besoins de leur municipalité dans ce contexte de crise sans que ne soit réduite leur PCU. C'est une question de sécurité publique. Le gouvernement nous a entendus et il a ajusté le tir. C'est notre travail d'opposition.
    Ce matin, le leader du gouvernement à la Chambre, appuyé par ses amis du Bloc, a dit que ce n'était pas responsable d'être ici à la Chambre des communes pour faire notre travail et trouver ensemble les outils qui permettront aux Canadiens et aux Canadiennes ainsi qu'aux entreprises d'être soutenus dans cette situation exceptionnelle.
    Regardons du côté de notre parti et de celui de l'autre côté également. Nous respectons la distanciation sociale. Si nous n'avions pas voulu collaborer, les banquettes de l'opposition seraient remplies. Ce n'est pas ce que nous avons fait. Nous avons collaboré. Notre chef est en négociation. Au début, il proposait quatre séances par semaine. Les deux autres partis de l'opposition, les indépendants et le gouvernement n'ont pas accepté cette proposition. Nous avons donc proposé trois jours et on nous accuse encore d'être méchants.
    Le Parti conservateur est responsable et les parlementaires sont importants. Défendre la démocratie est une notion de base pour les parlementaires. Bien sûr, le Bloc québécois décrit les procédures parlementaires du Canada par un seul mot: le « tataouinage ». C'est ce que le chef du Bloc a dit ce matin en faisant son spectacle. L'on connaît ses antécédents et on sait d'où il vient. Cela a probablement transpiré ce matin lorsqu'il a parlé de « tataouinage ». Cela dit, le Bloc, c’est un autre problème.

  (1350)  

     Pour notre part, nous sommes là pour construire ensemble. Nous voulons aider, mais nous voulons poser des questions. Quel intérêt ce gouvernement minoritaire — j'insiste sur « gouvernement minoritaire » — a-t-il de ne pas venir à la Chambre afin de limiter le plus possible les occasions durant lesquelles l'opposition va le contester? Serait-ce qu'il ne se sent pas à l'aise?
    C'est un gouvernement minoritaire qui a été élu. Comme parlementaire, comme député élu, ma lecture du mot « minoritaire » est que l'efficacité du gouvernement et la confiance que l'on a envers lui suscitent des interrogations. On a accepté qu'il prenne le pouvoir, mais en l'assortissant d'une opposition forte qui veillera à protéger les deniers publics et à rappeler de la façon la plus exacte possible ce à quoi nos citoyens s'attendent. Dans mon cas, il s'agit des citoyens de Portneuf—Jacques-Cartier, mais je parle pour tous les députés, ceux de ce côté-ci comme ceux d'en face, c'est-à-dire du gouvernement.
    Notre travail est de rapporter les préoccupations de nos citoyens et nous devons pouvoir le faire ici, au Parlement canadien, où se décide l'avenir et où nous mettons en place des programmes qui vont améliorer le sort des Canadiens.
     Cela m'agace lorsqu'une nouvelle est rapportée et que l'on fait porter l'odieux aux conservateurs en les accusant d'être les méchants. C'est totalement faux, et j'aimerais que cela soit corrigé. Ce sont des faits. Personne ne peut contredire ce que je viens de dire. Nous faisons preuve d'un esprit de collaboration, mais cela ne veut pas dire que nous marchons main dans la main avec le Parti libéral. Nous ne sommes pas le Bloc québécois; nous sommes le Parti conservateur du Canada. Nous souhaitons, nous, protéger la fédération canadienne. Je suis heureux, comme Québécois, de faire partie du Canada, puisque le Canada aide aujourd'hui le Québec. Je remercie le gouvernement de sa collaboration.
     C'est à cela que sert la fédération canadienne. Son principe est que, parfois, on a besoin de quelque chose et que, parfois, on donne quelque chose. Je suis fier de me lever aujourd'hui à la Chambre des communes à titre de député québécois pour dire « merci » à notre Canada d'être là pour nous aider. Maintenant, cependant, nous voulons qu'il nous aide encore mieux et ce que nous voulons faire, c'est de permettre au gouvernement de nous entendre. Par contre, il est sûr que de ne nous entendre qu'une fois par semaine a moins de portée.
    Nous sommes fiers, car les bureaux de circonscription des 338 députés sont comme des bureaux de Service Canada. Les gens sont inquiets, les gens sont mêlés. Comme je le disais tout à l'heure, c'est parce que la situation est nouvelle. Nous faisons la guerre contre un microbe, un virus. Les gens sont donc un peu perdus et même le gouvernement est perdu.
     Je souligne le fait que si le gouvernement réagit, c'est parce que l'opposition l'amène à réfléchir. Cependant, tout le crédit ne nous en revient pas, car le gouvernement travaille probablement, lui aussi, pour améliorer les choses. J'ai d'ailleurs une pensée pour les fonctionnaires, dont nous avons conscience qu'ils sont bousculés, et je les remercie de faire ce qu'ils font dans ces circonstances particulières.
    Ce matin, j'entendais le Parti vert, le NPD et le Bloc québécois dire qu'il est dramatique que les Québécois viennent ici, à la Chambre des communes, siéger en nombre restreint au Parlement. Je voudrais cependant rappeler que les chantiers de construction reprennent aujourd'hui, que les garagistes sont retournés dans leurs ateliers depuis mercredi dernier pour changer les pneus d'hiver et, mieux encore, que les centres de jardin ont rouvert. La population adapte ses pratiques et fait de la distanciation sociale, elle se conforme et elle est résiliente.

  (1355)  

     Je suis très fier de représenter les citoyens de Portneuf—Jacques-Cartier. Ce sont des gens résilients, fiers, solidaires et respectueux des instructions de la santé publique.
    Je suis allé voir des organisations qui viennent en aide à des gens qui ne peuvent pas aller chercher leur épicerie. En tant que député, je suis personnellement allé livrer des paniers. Je suis allé chercher des commandes à l'épicerie et je suis allé les livrer à la porte de citoyens de Portneuf—Jacques-Cartier. Nous sommes solidaires et nous pouvons en être fiers. Maintenant, j'invite le gouvernement à nous permettre de travailler avec lui pour renforcer ses programmes afin qu'ils répondent aux besoins des Canadiens et des Canadiennes et des entrepreneurs.
    Par ailleurs, on parle d'un Parlement virtuel. Nous sommes dans un nouvel édifice. J'ai eu la chance de voyager à l'étranger, et dans plusieurs parlements, il y a des écrans intégrés aux pupitres et les députés votent de façon électronique. Or nous n'en sommes pas là.
    Monsieur le Président, notre chef vous a demandé clairement si nous avions la technologie nécessaire pour tenir un Parlement virtuel tout en respectant les droits de tous les parlementaires. Quelle a été votre réponse? À ma connaissance, c'est que nous ne sommes pas prêts.
    Comme notre chef l'a dit, quand nous aurons la confirmation que c'est possible de le faire de façon efficace tout en respectant les droits des parlementaires, nous rouvrirons la discussion. Aujourd'hui, jusqu'à nouvel ordre, nous demandons au gouvernement de nous permettre de tenir une séance tous les jours. Il était d'abord question de quatre séances, puis de trois séances. Peut-être pourrions-nous nous entendre sur deux séances et demie.
    Nous sommes de bonne foi et nous travaillons dans l'intérêt des Canadiens et des Canadiennes. Nous voulons aussi redémarrer nos entreprises et leur donner les moyens, lorsque ce sera possible, de relancer l'économie et de recréer de la prospérité au Canada.

  (1400)  

    Nous allons maintenant prendre une pause pour passer aux déclarations de députés et à la période des questions.
    J'aimerais rappeler au député de Portneuf—Jacques-Cartier qu'il lui restera sept minutes et quinze secondes lorsque nous reprendrons le débat.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Les travailleurs de première ligne

    Monsieur le Président, j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier tous les travailleurs de première ligne de ma collectivité, du Canada et du monde entier. Il est particulièrement triste de constater, aujourd'hui, qu'un certain nombre de travailleurs de première ligne figurent parmi les personnes qui ont été tuées en Nouvelle-Écosse: des aides-soignants, des agents correctionnels, un membre de la GRC et un pompier.
    Les travailleurs de première ligne vivent séparés de leurs proches, pendant cette pandémie. Une amie infirmière de ma collectivité n'a pas embrassé ses deux jeunes garçons ni passé du temps avec eux depuis des semaines. C'est une situation que l'on retrouve dans des milliers de foyers partout au pays.
    Les travailleurs de première ligne font d'énormes sacrifices pour protéger nos collectivités et assurer les services essentiels. C'est pourquoi il est impératif que le reste d'entre nous, y compris les députés à la Chambre, respectent leurs sacrifices en continuant à suivre les directives des autorités sanitaires, comme je l'ai demandé dans ma question de privilège ce matin.

Le service communautaire

    Monsieur le Président, nous nous joignons à notre collègue la députée de Cumberland—Colchester pour offrir nos plus sincères condoléances à tous ceux qui sont touchés par cet acte de violence insensée en Nouvelle-Écosse.
    Je prends la parole au nom du député de Dartmouth—Cole Harbour pour féliciter les Néo-Écossais qui contribuent à répondre aux besoins alimentaires dans la communauté, comme le fait le restaurant The Canteen, à Dartmouth. Lorsque les propriétaires ont été obligés de fermer leur salle à manger à cause de la COVID-19, ils ont transformé le restaurant en cuisine communautaire pour permettre à des gens de se nourrir pendant la pandémie. Les propriétaires, Renée et Doug, travaillent avec des organismes extraordinaires comme le Centre communautaire d'alimentation Dartmouth North et Margaret's House, qui est administré par Feeding Others of Dartmouth, pour offrir des centaines de repas par semaine aux personnes dans le besoin.
    J'invite tous les députés à remercier les entreprises et les organismes de partout au Canada qui, comme The Canteen, s'impliquent dans leur collectivité. J'encourage tous ceux qui peuvent le faire à venir en aide aux personnes dans le besoin, à une distance de deux mètres, évidemment.

L'industrie vinicole

    Monsieur le Président, la réponse du gouvernement à la COVID-19 a grandement retenu l'attention du Parlement — et avec raison —, mais nous devons nous rappeler qu'il y a d'autres questions importantes qui ont été reléguées à l'arrière-plan et qui méritent également l'attention du Parlement.
    L'une des questions qui préoccupent ma circonscription est la contestation déposée par l'Australie devant l'Organisation mondiale du commerce au sujet de l'exemption de la taxe d'accise fédérale sur les vins entièrement canadiens. Cette contestation représentait une importante menace pour l'industrie vinicole canadienne avant la COVID-19, et maintenant, cette menace est encore plus grande, car les répercussions sur notre industrie pourraient s'aggraver si une décision était rendue cet été en faveur de l'Australie. Cela aurait un effet dévastateur sur l'industrie vinicole canadienne. Plus de 700 établissements vinicoles et 9 000 emplois canadiens sont en jeu.
    Tandis que nous nous efforçons de faire face à la crise de la COVID-19 et d'aplatir la courbe, le compte à rebours avant la décision de l'OMC sur cette affaire se poursuit et requiert l'attention du Parlement. Si l'OMC rend une décision défavorable au Canada, j'espère sincèrement que le gouvernement interviendra rapidement pour établir un programme juridique pour les échanges commerciaux de valeur égale ou supérieure à l'exemption actuelle de la taxe d'accise. Les établissements vinicoles canadiens ont besoin d'un tel soutien. Je suis fier de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour mettre en lumière cette question des plus importantes.

Les travailleurs de première ligne

    Monsieur le Président, un certain nombre d'entre nous prendront la parole au nom de quelques-uns de nos collègues qui ne peuvent pas être présents aujourd'hui. La déclaration suivante est faite au nom de ma collègue la députée de Brampton-Ouest:
    Je prends la parole à la Chambre aujourd'hui pour exprimer notre gratitude et notre reconnaissance à tous nos héros de première ligne. Des millions de Canadiens risquent leur santé et leur sécurité pour lutter contre la pandémie et servir leur communauté en continuant à fournir des services essentiels. Les héros de première ligne sont les mères qui dispensent des soins essentiels à titre de médecin dans les unités de soins intensifs et les infirmiers qui travaillent des quarts de nuit de 12 heures pour faire passer des tests aux personnes âgées et les soigner. Les héros, ce sont les employés de soutien et les préposés à l'entretien. Ce sont les chauffeurs de camion et les employés d'épicerie. La pandémie a révélé à quel point leur travail est essentiel et nous leur devons une énorme dette de gratitude.
    Ayant moi-même contracté la COVID-19, je peux sincèrement affirmer que nous disposons des meilleurs soins de santé au monde et de travailleurs de la santé exceptionnels. J'aimerais profiter de l'occasion pour remercier les médecins et les infirmières du système de santé publique, surtout ceux de Peel, pour les soins et le soutien qu'ils m'ont apporté en ces temps difficiles.
    Alors que nos héros de première ligne continuent de risquer leur vie pour nous, faisons tous notre part et remercions-les en continuant de rester chez nous.

  (1405)  

[Français]

La Semaine de l'action bénévole

    Monsieur le Président, je tiens à souligner, dans ces circonstances exceptionnelles, la Semaine de l'action bénévole.
    Au nom du Bloc québécois, je remercie tous les bénévoles du Québec, ces travailleurs de l'ombre. Ils étaient essentiels hier, avant que la COVID-19 n'ébranle la société québécoise, ils le sont encore davantage aujourd'hui alors qu'ils se rendent sur la première ligne pour aider leur communauté.
    Je remercie ceux et celles qui portent à bout de bras des organismes essentiels dans toutes nos régions. Partout, ils s'assurent que les personnes en situation précaire ont accès à de l'aide alimentaire, à un toit sous lequel dormir, à des services d'écoute et à tant d'autres formes de soutien. Surtout, ils s'assurent que, partout, des personnes isolées ont accès à une oreille empathique.
    En cette période de crise, je tiens à remercier les quelque 26 000 nouvelles personnes qui ont répondu à l'appel du gouvernement du Québec en offrant de leur temps.
    Nous allons passer au travers, notamment grâce à eux, et, lorsque nous serons passés au travers, leur aide demeurera tout aussi précieuse.

La communauté des gens d'affaires d'Orléans

    Monsieur le Président, depuis le début de la pandémie, je suis à l'écoute de la communauté des gens d'affaires d'Orléans, et je suis fière des mesures prises à ce jour par le gouvernement.
    Grâce au fonds d'urgence pour les entreprises et, surtout, à son expansion, une compagnie d'audiologistes qui avait une masse salariale de 46 000 $ ou une compagnie de ventilation qui avait une masse salariale de 1,3 million de dollars devient admissible au prêt d'urgence sans intérêt.
    Je salue aussi l'initiative de la Subvention salariale d'urgence du Canada, qui permettra à plusieurs employeurs de maintenir ou de réembaucher leurs employés. La subvention couvre 75 % du salaire d'un employé.
    Je sais que plusieurs gens d'affaires d'Orléans ont bien hâte d'entendre parler de la prochaine mesure qui sera mise en place pour les aider, soit de l'aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial des petites entreprises.
    Je tiens à dire aux entreprises qui sont toujours inquiètes que je vais continuer à travailler avec le gouvernement et à lui faire part de leurs inquiétudes.
    Enfin, j'aimerais saluer tous les gens d'Orléans qui travaillent dans les services essentiels. Nous les saluons et nous leur disons merci.

[Traduction]

Le soutien aux petites entreprises

    Monsieur le Président, une propriétaire de petite entreprise de ma circonscription avait sept employés à plein temps et à temps partiel, qu'elle espère tous réembaucher une fois que la pandémie sera terminée, si tant est que son entreprise réussisse à survivre. Pour l'instant, elle a pu conserver deux employés et maintient un faible degré d'activité grâce aux ventes en ligne. Tout son revenu sert à payer les factures et ses deux employés. La Subvention salariale d'urgence du Canada finira par aider les deux employés dont elle a retenu les services. Toutefois, en raison de cela, selon son comptable, la propriétaire ne peut accéder à une aide financière pour elle-même et sa famille. Bref, il vaudrait mieux qu'elle ferme les portes de son entreprise, au risque de tout perdre.
     Les petites entreprises et les créateurs d'emploi sont l'épine dorsale de notre économie. Il faut donc se demander pourquoi le plan du gouvernement laisse une mère de trois enfants dans une situation où elle se démène plus que jamais pour maintenir son entreprise à flot sans recevoir l'aide dont elle a besoin pour sa famille et pour elle-même.

[Français]

Les travailleurs de première ligne

    Monsieur le Président, au nom de mon honorable collègue le député d'Alfred-Pellan, je tiens à témoigner de la reconnaissance et de la gratitude de tous les Canadiens à l'égard de nos travailleurs de première ligne et de tous ceux qui assurent nos services essentiels.
    Les médecins, les infirmiers et les infirmières, les pharmaciennes et les pharmaciens, le personnel soignant, les ambulanciers, les pompiers, les policiers, les camionneurs, les chauffeurs, les producteurs agricoles, les commis qui travaillent à l'épicerie, à la pharmacie ou dans les restaurants, les éducateurs en service de garde, les bénévoles et tant d'autres travailleurs essentiels sont nos soldats d'infanterie pendant le combat contre la COVID-19.
    Ces gens vont au front tous les jours, et ils s'exposent à plusieurs risques pour servir leur communauté. Ils sont des anges gardiens, et nous sommes choyés de les avoir. Leur dévotion et leur dévouement sont remarquables, et leur courage est inspirant. Je leur dis mille fois merci.

  (1410)  

[Traduction]

Le soutien aux petites entreprises

    Monsieur le Président, au nom de mon collègue le député de Vaughan—Woodbridge, j'offre nos plus sincères condoléances aux 14 familles de la ville de Vaughan qui ont perdu des êtres chers à cause de la COVID-19. Nos pensées et nos prières les accompagnent.
    La COVID-19 a posé de grands défis, mais le gouvernement a réagi, et nous sommes ici pour soutenir les travailleurs et les entreprises de l'ensemble du pays. À ce jour, le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes a aidé plus de 200 000 entreprises au pays, comme l'entreprise familiale Menchie's dans Vaughan—Woodbridge qui, grâce à un prêt sans intérêt de 40 000 $, pourra rouvrir pour l'été.
    Grâce à des programmes tels que la Prestation canadienne d'urgence, le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes et, maintenant, la Subvention salariale d'urgence du Canada, le gouvernement veillera à ce que les familles et les entreprises canadiennes puissent surmonter les difficultés liées à la COVID-19. Ensemble, nous en sortirons plus forts.

Les affaires internationales

    Monsieur le Président, la semaine dernière, le gouvernement a signé une déclaration dans laquelle il exprime pleinement son soutien et sa confiance à l'Organisation mondiale de la santé. Face à la COVID-19, les Canadiens devraient se poser des questions. Après tout, c'est la même Organisation mondiale de la santé qui a ignoré les premiers avertissements de Taïwan concernant la transmission entre humains. C'est la même Organisation mondiale de la santé qui a fait l'éloge de la Chine à plusieurs reprises. C'est la même Organisation mondiale de la santé qui a critiqué les restrictions précoces visant les voyageurs en provenance des points chauds de la COVID — restrictions qui ont permis de sauver d'innombrables vies, et c'est la même Organisation mondiale de la santé qui a attendu jusqu'au 11 mars pour déclarer une pandémie mondiale après que la COVID se soit répandue dans 114 pays.
    Plutôt que de faire l'éloge de l'Organisation mondiale de la santé, le gouvernement devrait exiger des réponses.

La région des Tri-Cities

    Monsieur le Président, mon ami et collègue le député de Coquitlam—Port Coquitlam m'a demandé de communiquer un message à ses concitoyens en son nom.
    La COVID-19 constitue un défi pour le monde, pour les entreprises, pour nos familles et nos voisins. Cependant, elle a fait ressortir très nettement la résilience essentielle des habitants de la région des Tri-Cities qui jouent tous un rôle, majeur ou mineur, dans l'aplatissement de la courbe. En tant que député de Coquitlam—Port Coquitlam, il est là pour appuyer ses concitoyens et défendre leurs intérêts. Il entend leurs préoccupations et il continue de travailler fort pour eux chaque jour, alors que la région cherche à s'adapter et à faire face aux problèmes qu'elle connait. Qu'il s'agisse de travailleurs de première ligne ou de travailleurs essentiels, d'entrepreneurs restructurant leur entreprise ou simplement de personnes restant chez elles, mon collègue salue toutes les personnes ayant répondu à l'appel, est reconnaissant de tous les efforts déployés et admire le fait qu'un si grand nombre de gens se sont adaptés en vue d'aborder les problèmes de front. Il tient à leur dire que nous sommes tous dans le même bateau et que nous aurons le dessus sur cette crise en restant en sécurité et en demeurant en bonne santé.

La fusillade en Nouvelle-Écosse

    Monsieur le Président, c'est avec le cœur lourd et une profonde tristesse que je prends la parole au nom de mes collègues de la Chambre qui pleurent la mort tragique de l'agente de la GRC Heidi Stevenson et des nombreuses autres victimes que nous avons perdues le week-end dernier, en Nouvelle-Écosse. Nous parlons d'une seule voix pour condamner cet acte de violence et offrir notre soutien. Nous étions déjà accablés par les difficultés que nous devions surmonter pendant la crise de la COVID-19, et nous devons maintenant faire face à cette épreuve des plus consternantes.
    L'agente Stevenson a donné sa vie pour protéger ses concitoyens canadiens, et nous n'oublierons jamais ce sacrifice. Je remercie tous les intervenants de première ligne qui risquent leur vie au quotidien pour nous servir et nous protéger. Nos pensées et nos prières accompagnent les familles, les amis et les collègues des disparus, qui seront le plus durement accablés par cette perte. Nous leur offrons nos plus sincères condoléances. J'espère que les proches et les collectivités de ces victimes trouveront du réconfort en sachant que le pays tout entier porte le deuil avec eux.
    Que Dieu leur donne, ainsi qu'à nous tous, la force nécessaire pour traverser cette période difficile.

[Français]

Les fusillades en Nouvelle-Écosse

    Monsieur le Président, à titre de Canadien, je suis fier de la solidarité qui se manifeste en période de crise et lorsque l'on vit des épreuves comme celle d'hier.
    Au lendemain de cette tuerie sans précédent en Nouvelle-Écosse et où plusieurs personnes ont perdu des êtres chers de la manière la plus injuste, j'aimerais prendre le temps pour présenter mes condoléances aux proches et amis touchés par cette tragédie, ainsi qu'à nos compatriotes néo-écossais. Je veux saluer le travail des forces de l'ordre et le courage de ces gens qui, au quotidien, risquent leur vie pour nous protéger.
    Du nombre des victimes, il y a la policière Heidi Stevenson qui comptait 23 ans de service au sein de la GRC. Elle est morte en répondant à l'appel du devoir. Heidi était la mère d'un garçon de 13 ans et d'une fille de 11 ans. Aujourd'hui, ce drame change la vie de plusieurs enfants, parents, conjoints ou amis qui subissent un drame inimaginable.
    En terminant, je reprendrai les paroles de Darcy Dobson, qui a perdu sa mère tragiquement dans ces événements: laissons les souvenirs définir toutes les victimes et non pas la façon horrible dont ils l'ont perdue.

  (1415)  

[Traduction]

Le système de soins de longue durée

    Monsieur le Président, la crise de la COVID-19 frappe durement les aînés, en particulier ceux qui vivent dans un établissement de soins de longue durée. Nous savons que les aînés sont plus vulnérables, et nous sommes nombreux à faire tout ce que nous pouvons pour protéger nos parents et nos grands-parents. Nous avons tous été bouleversés en voyant des gens qui attendent à l'extérieur des centres de soins de longue durée et qui essaient de faire savoir à leurs proches âgés qu'ils ne sont pas seuls. Nous avons tous vu des employés dévoués qui sont également débordés par la situation. Pendant de nombreuses années, les gouvernements fédéral et provinciaux ont causé des failles dans notre système de soins de longue durée, à tel point que celui-ci ne parvient pas à offrir tous les services nécessaires pour que les bénéficiaires vivent en sécurité et dans la dignité.
    Cette crise nous montre ce que nous devons finalement faire pour bien soutenir notre système de soins de longue durée. Il faut mettre en place des normes nationales et prévoir les fonds nécessaires pour les appliquer. Les aînés vulnérables et leurs proches ne méritent rien de moins.

[Français]

La COVID-19

    Monsieur le Président, au nom du Bloc québécois, j'ai plusieurs remerciements à faire aujourd'hui.
    D'abord et avant tout, je remercie du fond du cœur les professionnels de la santé, le personnel soignant dans nos hôpitaux et nos CHSLD, ainsi que tous ceux et celles qui sont en première ligne pour aider nos aînés et nos malades.
    Je veux remercier les travailleurs des services essentiels: les camionneurs, les agriculteurs, les travailleurs et les travailleuses des épiceries, des pharmacies et des services publics, et j'en passe.
    Je veux remercier nos artistes, qui s'illustrent par leur créativité afin de rendre notre situation un peu plus tolérable.
    Je veux remercier l'ensemble des Québécoises et des Québécois de leur sacrifice quotidien, que ce soit ceux qui mettent de côté un emploi ou une entreprise, les parents qui essaient de concilier le télétravail avec leurs petits monstres, les enfants qui s'ennuient de leurs amis et de leurs activités, les grands-parents qui, dans certains cas, n'ont pas encore pu rencontrer leur nouveau venu, ou les familles en deuil qui n'ont pas pu dire adieu dignement à quelqu'un qu'elles aiment.
    Merci, tout le monde. On ne lâche pas.

[Traduction]

La fusillade en Nouvelle-Écosse

     Monsieur le Président, la province du Bluenose, tout comme la province voisine, le Nouveau-Brunswick, dont je suis originaire, est un endroit où les petites collectivités rurales sont unies par un lien particulier. Nos collectivités sont le prolongement de nos familles, et lorsqu'une tragédie frappe l'une d'entre elles, nous sommes tous atteints.
    Les mots me manquent pour décrire à quel point la fusillade de Portapique et de ses environs a ébranlé notre nation, tout comme la mort de l'agente Heidi Stevenson, une vétérane de la GRC de 23 ans, mère de deux enfants.
    C'est avec une profonde gratitude que je rends hommage à ceux et celles qui ont répondu à l'appel pour protéger nos communautés.
    Quant aux familles et aux collègues qui ont perdu des êtres chers, nous partageons leur détresse. Nous travaillerons ensemble pour surmonter cette épreuve. Ils ne sont pas seuls. Notre nation, notre pays est à leurs côtés.

La fusillade en Nouvelle-Écosse

    Monsieur le Président, il est difficile, pour l'enfant des Maritimes que je suis, d'imaginer l'horreur indescriptible qui a saisi aujourd'hui les petites communautés de la Nouvelle-Écosse.
    Je terminerai en lisant la déclaration suivante au nom de ma collègue, la députée de Cumberland—Colchester.
    « Aux petites heures du 19 avril 2020, Cumberland-Colchester s'est réveillée en découvrant qu'une tragédie effroyable s'était déroulée dans ce petit coin paisible du monde, dans le nord de la Nouvelle-Écosse. Les mots ne peuvent exprimer le chagrin que j'éprouve pour les familles, les amis, les collègues de travail et les communautés qui ont soudainement perdu un être cher. Je suis de tout cœur avec ceux et celles qui ont été touchés par cet acte de violence aveugle, bref, nous tous. »
    « Malgré tout, nous, les Néo-Écossais du nord, sommes forts et surmonterons cette épreuve. »

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, je sais que je parle au nom de tous les députés en disant que nous sommes tous bouleversés par les nouvelles choquantes qui nous parviennent de la Nouvelle-Écosse. Un tueur a fauché la vie d'au moins 19 personnes, dont chacune représente une perte tragique pour sa famille et ses amis. Alors que la GRC découvre les détails de ces pertes insensées, nos pensées, nos prières et notre soutien vont aux collectivités qui subissent les conséquences de ces événements tragiques.
    Nous remercions les premiers intervenants et les professionnels de la santé qui ont pris soin des victimes, ainsi que la GRC, qui a perdu la gendarme Heidi Stevenson. Je ne peux imaginer le chagrin et la douleur qui affligent les familles touchées.
    Le premier ministre peut-il informer la Chambre de la situation actuelle en Nouvelle-Écosse?
    Monsieur le Président, hier, nous avons tous été ébranlés par la violence et le drame insensés qui ont frappé la Nouvelle-Écosse. Alors que nous en apprenons davantage sur ce qui s'est passé, nous devons absolument nous serrer les coudes et nous entraider.
    J'ai parlé avec le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, le ministre de la Sécurité publique et de nombreux Néo-Écossais, dont les membres du caucus libéral de la Nouvelle-Écosse. Je sais que les gens se posent beaucoup de questions. Une enquête est en cours, mais je peux assurer à la population que la GRC nous tiendra informés de la situation malgré cette période difficile où ses membres pleurent la perte de leur collègue Heidi Stevenson.
    Aujourd'hui, tous les Canadiens sont des Néo-Écossais.

  (1420)  

La santé

    Monsieur le Président, je remercie le premier ministre de sa réponse et je partage assurément ses sentiments.
    Le 12 mars, à la Chambre, j'ai demandé au gouvernement combien de respirateurs il avait achetés pour se préparer à la vague imminente de cas de COVID-19. La vice-première ministre a répondu ceci: « Nous procédons déjà à des achats en masse afin que les Canadiens disposent du matériel médical nécessaire. » Un mois plus tard, j'ai demandé combien de nouveaux respirateurs le gouvernement avait obtenus dans le cadre de cette stratégie. Le premier ministre a répondu ceci: « Cependant, nous devons attendre encore quelques semaines avant qu'ils soient prêts. »
    Nous sommes aujourd'hui le 20 avril, et je tiens à poser de nouveau la question: combien de nouveaux respirateurs le gouvernement a-t-il réussi à obtenir dans le cadre de la stratégie nationale d'approvisionnement?
    Monsieur le Président, nous avons envoyé 400 respirateurs aux provinces et aux territoires et nous avons conclu des contrats avec trois entreprises canadiennes qui fourniront 30 000 respirateurs à partir de mai.
    Monsieur le Président, nos partenaires des services de renseignement continuent de soulever de sérieuses questions quant à l'exactitude des informations provenant de la Chine. Les conseils et les directives de l'OMS dépendent de l'honnêteté et de la transparence de ses pays membres.
    Le gouvernement a ignoré les experts canadiens qui demandaient des mesures fermes et rapides beaucoup plus tôt. Le gouvernement a décidé de maintenir les voyages aériens entre la Chine et le Canada, et a attendu des semaines avant d'imposer des restrictions de voyage. Pourtant, le premier ministre et sa ministre de la Santé continuent de se porter garants du gouvernement chinois.
    Le gouvernement continuera-t-il à se fier aux renseignements provenant du gouvernement communiste de la Chine?
    Monsieur le Président, dès le début, nous avons suivi les meilleurs conseils en matière de santé publique. Nous avons pris des mesures très tôt pour assurer la sécurité des Canadiens et prévenir la propagation du virus.
    Le 2 janvier, l'Agence de la santé publique du Canada a alerté toutes les autorités sanitaires provinciales. Le 14 janvier, la Dre Theresa Tam et l'Agence de la santé publique du Canada ont convoqué une réunion du Conseil des médecins hygiénistes en chef. En janvier, nous avons convoqué le Groupe d'intervention en cas d'incident. Nous avons également renforcé les mesures de dépistage dans les aéroports en janvier et les avons augmentées au fur et à mesure de l'évolution de la situation.
    Nous continuerons à réagir à la situation à mesure qu'elle évoluera, et nous continuerons à fonder nos décisions sur les faits et les données probantes les plus pertinents dont nous disposons.
    Monsieur le Président, il semblerait que trois avions canadiens partis pour la Chine afin d'y récupérer du matériel médical sont revenus vides au Canada. Les avions étaient censés revenir hier soir.
    Le gouvernement peut-il confirmer si ces vols étaient effectivement prévus, si les avions sont arrivés à destination et si l'on a pu récupérer le matériel médical pour lequel ils ont été envoyés?
    Monsieur le Président, au cours des dernières semaines, nous avons déployé des efforts sans précédent, collaborant avec des partenaires et des amis du monde entier pour nous assurer de pouvoir obtenir l'équipement de protection individuelle et le matériel médical dont les travailleurs canadiens de première ligne ont tant besoin dans les hôpitaux du pays. C'est ce que nous continuons à faire.
    Nous avons des équipes sur le terrain en Chine et ailleurs pour coordonner le départ et l'arrivée des cargaisons. Nous avons eu des problèmes à cet égard, car la concurrence mondiale pour ces articles est féroce.
    Nous continuerons à travailler du mieux que nous le pouvons pour continuer à fournir tout le matériel nécessaire aux héros qui travaillent en première ligne.
    Monsieur le Président, en ce qui concerne ce matériel, le gouvernement a décidé de sabrer dans le financement de la capacité d'intervention en cas de pandémie après les élections de 2015. En 2014, l'enveloppe destinée aux mesures de sécurité sanitaire s'élevait à 73 millions de dollars. Cette année, elle n'était plus que de 51 millions de dollars. Le gouvernement a aussi décidé de jeter des millions de masques et de gants et de fermer les entrepôts où était stocké ce matériel supplémentaire en cas de pandémie. Ce n'est que grâce au propriétaire d'une société de camions-bennes qui a présenté une soumission pour le contrat d'élimination de ce matériel que nous sommes au courant de la situation.
    J'ai une question toute simple à l'intention du premier ministre: quand a-t-il autorisé le plan d'élimination de cet équipement de protection individuelle?
    Monsieur le Président, nous sommes très préoccupés par les informations concernant la destruction de fournitures médicales précieuses provenant de notre réserve nationale. Après vérification, nous avons découvert que ces fournitures étaient périmées depuis cinq ans et qu'après tout ce temps elles ne pouvaient évidemment plus être utilisées où que ce soit.
    C'est pourquoi nous devons nous demander s'il y aurait moyen d'expédier le matériel qui approche de la fin de sa vie utile là où il pourra être utilisé immédiatement, plutôt que de le garder dans des réserves. Nous pourrions ensuite le remplacer. Ce n'est manifestement pas ce qui s'est passé, et nous devons veiller à améliorer nos protocoles afin qu'une pareille situation ne se reproduise plus.

  (1425)  

[Français]

Les aînés

    Monsieur le Président, on aura certainement l'occasion de revenir sur certains aspects de cette question plus tard. Pour le moment, je préfère m'attarder sur les idées et les solutions plutôt que sur les coupables et les bibittes. Je prie la Chambre de croire l'extrême sincérité de la préoccupation que je porte à l'égard des aînés de notre société.
    Le premier ministre peut-il résumer à la Chambre ce qui a été fait jusqu'à maintenant, durant cette crise, au bénéfice des aînés du Canada et du Québec?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Beloeil—Chambly qui, depuis très longtemps, porte aux aînés une attention particulière. Nous le remercions de son leadership et de ses suggestions.
    Les aînés ont effectivement grandement besoin de services et de soutien en raison de la COVID-19. Nous contribuons à protéger leur sécurité financière par l'entremise d'un versement supplémentaire du crédit pour la TPS et la TVH pour les personnes à revenu faible ou modeste. Nous avons réduit de 25 % le montant minimal qui doit être retiré des fonds enregistrés de revenu de retraite. Nous faisons aussi une contribution de 9 millions de dollars par l'entremise de Centraide Canada pour aider les aînés à se procurer de la nourriture, des médicaments et d'autres biens essentiels.
    Nous allons continuer de travailler avec les provinces pour assurer la protection des aînés dans les centres de soins de longue durée.
    Monsieur le Président, sans vouloir faire preuve d'ingratitude, je considère, tout comme les aînés, que c'est peu de choses.
    Le premier ministre peut-il nous donner une réaction claire et écrite, puisque les recommandations et les suggestions du Bloc québécois ont été formulées très clairement et très publiquement depuis environ deux semaines? Peut-on avoir une réponse avant de quitter la Chambre?
    Nous pourrions peut-être même avoir une discussion concernant des pistes de solutions qui, dans l'ensemble, apparaîtront très peu coûteuses par rapport à tout ce qui a été mis en oeuvre jusqu'à maintenant dans cette crise.
    Monsieur le Président, nous continuons de travailler sur des mesures, y compris des mesures recommandées par des députés de l'opposition, pour mieux aider nos aînés pendant cette crise. Ils font face à un défi qui les cible en particulier, soit la COVID-19. Ils se retrouvent souvent isolés et ils sont inquiets de l'impact des employés qui travaillent autour d'eux dans leur résidence. Il y a énormément de préoccupations concernant les aînés, et nous allons continuer de travailler ensemble pour relever ces défis.

L'emploi

    Monsieur le Président, Camille, une étudiante de l'Université de Montréal, n'a pas accumulé assez d'heures pour avoir accès à l'assurance-emploi, et elle n'est pas admissible à la Prestation canadienne d'urgence, ou PCU. Elle nous dit qu'elle a peur et qu'elle est triste et déçue.
    Le premier ministre est-il prêt à dire aujourd'hui que, si quelqu'un a besoin d'aide, il peut avoir accès à la PCU?
    Monsieur le Président, nous comprenons que c'est une situation extrêmement stressante pour les Canadiens, particulièrement pour les étudiants du niveau postsecondaire.
    Bon nombre d'entre eux commenceraient habituellement un emploi d'été, mais ils se retrouvent seuls, sans savoir ce qui va se passer dans les mois à venir. Nous avons apporté des changements au programme d'Emplois d'été Canada, qui va créer jusqu'à 70 000 possibilités pour les jeunes. Cela va les aider à conserver un lien avec le marché du travail et à économiser pour leur avenir.
    La subvention salariale aidera également plus d'employeurs à embaucher des jeunes. Les étudiants qui avaient un emploi l'été dernier ou qui ont travaillé durant l'année scolaire sont admissibles à la PCU s'ils ont gagné plus de 5 000 $. Un grand nombre d'étudiants y sont admissibles. Cependant, nous reconnaissons qu'il y en a plus à faire pour aider les étudiants comme Camille, et nous allons le faire.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le fait est que beaucoup trop de Canadiens sont laissés pour compte, surtout les étudiants. Les emplois d'été ont disparu, ainsi que les emplois sur les campus universitaires, et les étudiants n'ont pas droit à la Prestation canadienne d'urgence; ils ne sont qu'un exemple parmi tant d'autres de personnes qui passent entre les mailles du filet à cause des critères d'admissibilité. Le premier ministre annoncera-t-il aujourd'hui que la Prestation canadienne d'urgence est universelle? Annoncera-t-il que tous ceux qui ont besoin d'aide pourront en obtenir?

  (1430)  

    Monsieur le Président, nous comprenons le stress particulier que peuvent vivre les étudiants qui, normalement, commenceraient leurs emplois d'été à ce temps-ci de l'année, mais qui n'ont actuellement pas d'argent pour payer le loyer ni de perspectives d'emploi d'été pour acquérir l'expérience dont ils ont besoin. Nombre d'entre eux ne savent même pas s'ils pourront payer les frais de scolarité en septembre. Nous comprenons ces facteurs de stress et nous cherchons des moyens de soutenir les étudiants. Beaucoup d'étudiants sont admissibles à la Prestation canadienne d'urgence parce qu'ils ont travaillé l'année dernière, à temps plein ou à temps partiel, ce qui leur permet de faire une demande de PCU s'ils ont gagné plus de 5 000 $ au cours des douze derniers mois. Cependant, beaucoup d'entre eux ne répondent pas à ces critères. C'est pour cette raison que nous avons bonifié le programme Emplois d'été Canada. C'est également pour cela que nous mettrons en œuvre d'autres mesures pour aider les étudiants en particulier.

La santé

    Monsieur le Président, nous savons que la cellule de renseignement médical du ministère de la Défense nationale a signalé le risque relatif à la COVID-19 au début de janvier. La question aurait été soulevée à Affaires mondiales à peu près à la même époque. Il est très probable que les ministres de la Défense nationale et des Affaires mondiales, au moins, auraient été informés des analyses et des avertissements détaillés montrant le potentiel mortel du coronavirus à Wuhan, en Chine. Il est plus probable encore que le Bureau du Conseil privé aurait informé le premier ministre de cette menace naissante.
    À quelle date le Bureau du Conseil privé a-t-il préparé une note d'information à l'intention du premier ministre?
    Monsieur le Président, la pandémie de coronavirus est mondiale; par conséquent, elle constitue une grave menace pour la sécurité du Canada. Le milieu canadien du renseignement joue donc un rôle important dans les décisions du gouvernement. C'est pourquoi le premier ministre a convoqué le groupe d'intervention en cas d'incidents en janvier; des notes d'information ont alors été présentées et fait l'objet de discussions.
    Monsieur le Président, au début du mois de janvier, le MEDINT, une cellule de la direction du renseignement militaire de notre pays, a commencé à produire ces avertissements détaillés. Le 30 janvier, l'OMS a qualifié l'épidémie d'« urgence sanitaire de portée internationale ». En dépit de ces deux avertissements, le gouvernement a expédié 16 tonnes d'équipement de protection individuelle en Chine, en février, laissant le Canada se débrouiller pour trouver le nécessaire pour protéger les travailleurs de la santé de première ligne.
    La ministre de la Santé était-elle au courant de l'existence du rapport de la Défense nationale et a-t-elle reçu une note d'information du Bureau du Conseil privé à ce sujet?
    Monsieur le Président, pendant une pandémie mondiale, tous les pays travaillent ensemble pour vaincre le virus là où il est le plus présent. En janvier, l'épidémie à Wuhan, en Chine, constituait une menace majeure pour la santé publique dans le monde entier. À ce titre, et en tant que pays partenaire de l'OMS, le Canada a fourni à la Chine de l'équipement de protection individuelle qui était en train de devenir rapidement obsolète pour le Canada et qui pouvait certainement servir à lutter contre le virus à Wuhan.

[Français]

    Monsieur le Président, en raison de son hésitation à fermer les frontières du pays, ce gouvernement a permis à des milliers de personnes provenant de zones à risque d'entrer au pays et de mettre les Canadiens à risque.
    Après de nombreux appels de notre parti, le chemin Roxham a été finalement fermé, mais, encore une fois, de nombreuses traversées illégales de la frontière ont eu lieu et aucune mesure de sécurité n'a été prise.
    Ma question est simple. J'aimerais savoir combien de migrants illégaux sont entrés au Canada depuis le début de la pandémie.

[Traduction]

    Monsieur le Président, au début du mois de mars, nous avons entamé des discussions avec les alliés et partenaires avec qui nous partageons la frontière canado-américaine sur la manière de limiter les déplacements non essentiels. Les discussions ont débouché sur un accord entre nos deux pays pour limiter les déplacements non essentiels tout en laissant les mouvements de travailleurs et de marchandises essentiels se poursuivre. Dans le cadre de cet accord, nous avons mis en place de nouvelles restrictions importantes pour les personnes qui franchissent irrégulièrement la frontière lors de déplacements considérés comme non essentiels. C'est une mesure qui s'est avérée très efficace. Depuis l'entrée en vigueur de cet accord, il y a maintenant 30 jours, moins de 10 personnes ont franchi la frontière et ont été ensuite renvoyées aux États-Unis.

[Français]

La petite et la moyenne entreprise

    Monsieur le Président, nos entrepreneurs sont anxieux; plusieurs ne sont pas certains de pouvoir rouvrir leur entreprise. Les comptes s'accumulent et les revenus ne sont évidemment pas au rendez-vous. L'aide semble longue à venir, entre autres pour le programme d'aide pour la location des locaux commerciaux. Les PME ont dû payer leur loyer du mois du mars.
    Quand nos PME, piliers de notre économie, auront-elles les détails de ce programme d'aide pour les aider à payer leurs loyers commerciaux et à rouvrir lorsque cela sera permis? La question est simple.

  (1435)  

    Monsieur le Président, alors que les Canadiens prennent des mesures pour lutter contre la COVID-19, nous savons que de nombreuses entreprises craignent de ne pas pouvoir payer leur loyer. Les propriétaires de tout le pays se sont montrés à la hauteur en offrant un répit à leurs locataires et en les aidant à traverser cette période difficile. Notre gouvernement salue leur leadership.
    En reconnaissant ces défis auxquels sont confrontés les entreprises et les propriétaires canadiens, notre gouvernement a l'intention de mettre en place l'Aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial des petites entreprises. Pour ce faire, nous avons besoin d'un partenariat avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, et nous y travaillons présentement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, Tony Gareau, Marlee Gagnon, Carolyn Turner et Paul Ledaire sont tous des professionnels de la santé qui exploitent une petite entreprise dans ma circonscription, mais à cause des trous dans la grille d'admissibilité, aucun d'eux n'a pu bénéficier du Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes et ne pourra toucher la subvention salariale. Des dizaines de milliers de petites entreprises sont encore exclues de ces programmes parce que le gouvernement refuse de reconnaître les dividendes comme un revenu d'emploi. Les conservateurs n'ont pas cessé de demander au gouvernement de corriger le problème.
    Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de considérer les dividendes comme une forme de salaire que se versent les entrepreneurs? Ils pourraient ainsi avoir droit aux programmes d'urgence dont ils ont si désespérément besoin.
    Monsieur le Président, les petites entreprises canadiennes dont parle le député sont extrêmement importantes pour le milieu des affaires du pays au grand complet. Voilà pourquoi nous avons créé des mécanismes de soutien expressément pour elles, comme le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes et la Subvention salariale d'urgence du Canada. Les entreprises des quatre coins du Canada peuvent ainsi obtenir les fonds nécessaires pour absorber une partie de leurs coûts d'ici la fin de la crise et pour garder leurs employés.
    Notre but, c'est de sauver des entreprises et des emplois partout au Canada.
    Monsieur le Président, selon les données de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, le tiers des petites entreprises canadiennes fermeront définitivement leurs portes si le gouvernement tarde plus longtemps à leur verser une aide financière. Des programmes de prêts à la petite entreprise, établis par l'intermédiaire de la Banque de développement du Canada et d'Exportation et développement Canada sont absolument nécessaires, mais beaucoup de propriétaires de petites entreprises craignent qu'ils ne suffisent pas à les sauver.
    Le ministre des Finances, ou n'importe quel autre ministre, peut-il indiquer combien de petites entreprises ont reçu du financement de la Banque de développement du Canada et d'Exportation et développement Canada, au-delà du nombre de prêts habituellement accordés aux entreprises? Comment le gouvernement s'y prend-il pour accélérer le déploiement du programme?
    Monsieur le Président, nous sommes à l'écoute des petites entreprises. En date de vendredi — et aujourd'hui, le nombre est sans doute encore plus élevé —, presque un quart de million d'entreprises de partout au pays ont vu leur demande de prêt approuvée. Il s'agit là d'une aide concrète qui soulagera toutes les entreprises du pays.
    Notre aide ne s'arrêtera pas là, car nous avons élargi les critères de sorte qu'un plus grand nombre d'entreprises dont la masse salariale se situe entre 20 000 $ et 1,5 million de dollars peuvent avoir accès à un prêt de 40 000 $ sans intérêt.
    Nous allons venir en aide à un nombre encore plus élevé d'entreprises au pays. Rien n'importe plus que d'aider les entreprises canadiennes en ce moment.

[Français]

Les aînés

    Monsieur le Président, permettez-moi d'abord d'offrir mes sincères condoléances aux victimes de la COVID-19 qui ont perdu un être cher sans pouvoir dire adieu convenablement.
    Les aînés sont les personnes les plus touchées par la COVID-19. Ce sont aussi les personnes les moins soutenues. Ils subissent de plein fouet la hausse du panier d'épicerie. Ils subissent la chute boursière des régimes de retraite. Leur pouvoir d'achat fond à vue d'œil. Je vais donc rappeler l'une des propositions du Bloc pour les aînés.
    Le gouvernement va-t-il entendre leur appel à l'aide et hausser leur pension de vieillesse de 110 $ par mois?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question.
    Nous sommes évidemment préoccupés par tout ce que les Canadiens et les Canadiennes vivent présentement, et surtout les personnes âgées. À l'heure actuelle, nous offrons aux aînés à faible et modeste revenu un paiement supplémentaire dans le cadre du crédit pour la TPS pouvant atteindre jusqu'à 400 $ par adulte et 600 $ par couple.
     Nous avons aussi offert aux aînés une certaine souplesse en ce qui concerne les retraits obligatoires des fonds enregistrés de revenu de retraite. Nous réduisons les retraits minimaux des FERR de 25 % et nous allons continuer à appuyer les aînés pendant cette terrible pandémie.
    Monsieur le Président, il semble que la hausse de la TPS ne soit pas suffisante.
    Nos aînés ont besoin de soutien à leur pouvoir d'achat pour passer à travers la crise. Une fois la crise passée, on va avoir besoin d'eux pour relancer l'économie, particulièrement en région. Pourtant, actuellement, les aînés s'appauvrissent à cause de la hausse des prix. Il faut absolument bonifier la Sécurité de la vieillesse de 110 $ par mois. C'est le minimum, c'est le gros bon sens. En plus, le régime de retraite est en perte de rendement.
    Premièrement, est-ce que le gouvernement va bonifier les prestations de la Sécurité de la vieillesse? Deuxièmement, va-t-il éliminer l'obligation de retirer un montant du FERR?

  (1440)  

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit précédemment, nous allons continuer d'appuyer les aînés et d'offrir une certaine souplesse relativement au retrait obligatoire des fonds enregistrés de revenu de retraite.
    Nous réduisons les retraits minimums des FERR de 25 % pour 2020. Cela va permettre de conserver les actifs des FERR en période de volatilité des marchés. De plus, les aînés qui ont cessé de travailler en raison de la COVID-19 sont admissibles à la Prestation canadienne d'urgence, qui est versée à raison de 2 000 $ par mois.
    Nous allons continuer d'appuyer les aînés pendant cette période très difficile.
    Monsieur le Président, puisque nous parlons de l'aide offerte aux aînés, je dirai ceci: partout au Québec, nos bureaux de circonscription sont submergés d'appels provenant d'aînés qui ont besoin de l'aide du gouvernement. Or les bureaux de Service Canada sont fermés. Il n'y a pas moyen d'entrer en communication avec un humain, tant à Service Canada qu'à l'Agence du revenu du Canada. Le gouvernement laisse les aînés se débrouiller seuls avec Internet et l'aide ne se rend pas jusqu'à eux.
    Qu'est-ce que le gouvernement va faire pour faciliter l'accès aux services? Va-t-il mettre en place une ligne directe pour que nous, les députés, puissions aider les aînés?
    Monsieur le Président, notre gouvernement s'est engagé à s'assurer que les Canadiens ont accès aux prestations dont ils ont besoin et qui sont fournies par Service Canada.

[Traduction]

    Nous travaillerons à affecter les agents de liaison de Service Canada aux collectivités vulnérables et à collaborer avec les organismes intermédiaires de confiance afin de faire connaître à la population les différentes façons d'accéder aux services en ligne, ainsi que les différents numéros de téléphone. Nous avons également accru la capacité des services téléphoniques et d'autres mesures de soutien afin que les gens puissent obtenir l'aide dont ils ont besoin.
    Nous allons nous assurer que, même dans les cas où il n'y a pas d'obstacle à l'obtention des services, il sera possible de faire des exceptions et d'organiser un rendez-vous pour aider les gens.

La santé

    Monsieur le Président, les mesures de santé publique pour contrer la propagation de la COVID-19 portent leurs fruits et le nombre de nouveaux cas commence à se stabiliser. Il est maintenant temps de commencer les préparatifs afin d'être prêts le plus tôt possible à relancer l'économie canadienne.
    Quelle est la stratégie nationale de mise en place des tests de détection du virus et de détection des anticorps? Quand le suivi généralisé des contacts sera-t-il mis en place? Qu'entend faire le gouvernement en réponse aux pénuries d'équipement médical? Les Canadiens veulent connaître le plan. Quand les libéraux nous donneront-ils un plan national de retour au travail?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec la députée: il faut un plan national coordonné et c'est pourquoi nous travaillons avec les provinces et les territoires afin de répondre à chacun des éléments dont elle a parlé. Qu'il s'agisse de la recherche, des mesures de soutien de la santé publique ou de l'amélioration du système de santé partout au pays, ce sont des mesures qui doivent être prises de façon concertée et coordonnée. Nous allons continuer de travailler sans relâche et nous présenterons aux Canadiens un plan qui assurera d'abord et avant tout leur sécurité et qui permettra aux gens de retourner travailler.

[Français]

    Monsieur le Président, les provinces, les professionnels de la santé et les travailleurs de première ligne font un travail incroyable pour combattre le virus et nous garder en sécurité.
    Maintenant, le gouvernement fédéral doit collaborer pour que le Canada revienne à la normale. Avant de lever les restrictions, certaines conditions doivent être mises en place. Par exemple, le gouvernement doit régler le problème du manque d'équipements et de médicaments. Quand le gouvernement va-t-il nous fournir un plan national pour rouvrir le Canada?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis d'accord avec la députée d'en face. Nous devons absolument collaborer avec les provinces et les territoires pour assurer la cohésion qui sera nécessaire pour protéger la santé et assurer la sécurité des Canadiens au moment où nous entreprendrons les mesures ardues visant la relance de l'économie et le retour au travail des Canadiens. Cela demandera des recherches et des données probantes. Il faudra également investir dans la santé publique et aider les gouvernements locaux et provinciaux, qui auront la lourde tâche de retracer les contacts et d'isoler les contacts étroits. C'est avec plaisir que je ferai ce travail avec mes collègues. Nous continuerons à informer la Chambre à mesure que nous le ferons.
    Monsieur le Président, lorsque le Canada sortira de l'isolement et que les villes et les entreprises commenceront progressivement à rouvrir, il faudra effectuer beaucoup de tests de dépistage de la COVID-19, surtout dans les régions qui connaîtront une deuxième vague. Cependant, on craint de plus en plus que le gouvernement fédéral ne se soit pas assuré de la disponibilité de tests de dépistage en quantité suffisante, ce que Taïwan et la Corée du Sud ont réussi à faire.
    Comment le gouvernement fédéral prévoit-il faire coïncider le début du dépistage à grande échelle avec la levée de l'isolement, et de combien de trousses de dépistage aurons-nous besoin pour commencer?

  (1445)  

    Monsieur le Président, le Canada est l'un des pays qui effectuent le plus de tests de dépistage.
    Nous sommes très fiers du travail de tous les ordres de gouvernement au pays, ainsi que du travail qu'effectue le secteur privé, qui se bat pour que nous disposions de nouveaux outils et de nouvelles méthodes de dépistage à mesure que la science évolue. Par exemple, nous tentons constamment d'augmenter la capacité des laboratoires et d'approuver les trousses de dépistage. Nous avons d'ailleurs approuvé l'utilisation de 10 nouvelles trousses de dépistage dans tout le pays, ce qui contribuera à augmenter la quantité de tests administrés et à raccourcir le délai d'obtention des résultats. La situation est en constante évolution, mais nous sommes convaincus d'être sur la bonne voie.

[Français]

    Monsieur le Président, un article publié sur le site Ricochet nous révèle des informations troublantes sur les manquements et l'absence de préparation à une pandémie.
    En 2003, nous avons subi le SRAS, mais le gouvernement ne semble pas en avoir tiré des leçons. À l'autre bout du globe, la Corée du Sud avait ce qu'il fallait. Ils ont réussi à tester tout leur monde. Ils avaient des masques pour tout le monde. Ici, on court encore pour trouver de l'équipement. Par conséquent, le taux de mortalité au Québec est 23 fois plus élevé qu'en Corée du Sud.
    Quelles mesures le gouvernement va-t-il prendre pour fournir de l'équipement de protection aux travailleurs et aux travailleuses de la santé?

[Traduction]

    Monsieur le Président, tout le monde est à pied d'œuvre pour essayer d'obtenir de l'équipement de protection individuelle pour les travailleurs de la santé dans toutes les provinces et tous les territoires.
    Le gouvernement fédéral travaille en étroite collaboration avec ses homologues pour trouver des fournitures, passer des commandes ensemble et se les faire livrer de l'étranger. De plus, nous avons renforcé notre capacité à produire de l'équipement de protection individuelle et d'autres fournitures médicales au Canada, ce qui nous rendra considérablement mieux à même de garantir un approvisionnement permanent à l'avenir.
    Il est tragique que tant de personnes aient perdu la vie au Canada, en particulier dans les foyers de soins de longue durée. Je sais que le Québec est aux prises avec cette situation. Nous continuons de travailler avec nos homologues pour protéger ces vies.

[Français]

La fiscalité

    Monsieur le Président, parfois, les meilleures solutions sont les idées les plus simples. On est tous en train de faire un effort collectif incroyable pour passer au travers de cette crise-là. On investit des milliards de dollars pour soutenir les gens et les entreprises.
    La Pologne et le Danemark viennent d'avoir une idée brillante. Les compagnies qui sont enregistrées dans des paradis fiscaux n'auront pas accès à l'aide publique. En effet, les compagnies qui trichent et qui ne paient pas leur juste part ne devraient pas recevoir de notre aide.
    Est-ce que le gouvernement est prêt à suivre leur exemple?
    Monsieur le Président, en ces temps extraordinaires, aucun Canadien ne devrait avoir à se soucier de payer ses factures, son loyer ou de pouvoir nourrir sa famille.
    Notre gouvernement s'est engagé à soutenir les Canadiens, notre système de santé et notre économie. Dans le cadre de la première phase du Plan d'intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19, nous apportons une aide immédiate aux Canadiens et aux entreprises, et nous allons continuer de le faire au cours des prochaines semaines.

La petite et la moyenne entreprise

    Monsieur le Président, dans un temps d'incertitude comme celui-ci, nous dépendons du talent et de l'ingéniosité des Canadiens d'un océan à l'autre.
    Les Canadiens comprennent que nous devons nous concentrer sur la production domestique des produits essentiels.

[Traduction]

    En intensifiant la production au Canada, non seulement nous appuyons les travailleurs de la santé et les travailleurs de première ligne, mais nous permettons aussi à de petites et moyennes entreprises partout au pays de rester ouvertes.
    La ministre pourrait-elle dire comment les entreprises canadiennes ont réagi à l'appel à l'action du gouvernement?

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais remercier la députée d'Orléans de sa question. Au cours des dernières semaines, elle s'est démenée afin de défendre les intérêts des entreprises de sa circonscription.

[Traduction]

    En ces temps difficiles, nous avons vu les propriétaires de petites entreprises lever la main pour nous demander ce qu'ils peuvent faire pour aider le Canada. Grâce à eux, le gouvernement investit 2 milliards de dollars dans l'achat d'équipement de protection individuelle, notamment plus de masques, d'écrans faciaux, de blouses, de ventilateurs, de trousses de dépistage, d'écouvillons et de désinfectant pour les mains.
    Nous avons lancé les plans du Canada visant à mobiliser l'industrie pour lutter contre la COVID-19 afin qu'il soit possible de rapidement produire au Canada même ce dont nous avons besoin pour prévenir la propagation du virus. Nous admirons l'innovation des propriétaires de petites entreprises. C'est ce qui les caractérise et c'est pourquoi notre plan repose sur eux. Les entreprises constituent l'épine dorsale de notre économie. Ils nous aident à...
    Le député d'Haliburton—Kawartha Lakes—Brock a la parole.

  (1450)  

Le secteur forestier

    Monsieur le Président, le secteur forestier traversait une crise avant la pandémie. Des usines fermaient leurs portes et des milliers de travailleurs perdaient leur emploi. Si notre industrie forestière est en péril, la production de fournitures médicales, de papier hygiénique et de divers autres produits essentiels est aussi en péril.
    Le gouvernement a-t-il examiné les répercussions des fermetures d'usines sur la production en aval, par exemple le papier hygiénique et l'équipement de protection personnelle? Quelles mesures le gouvernement prendra-t-il pour assurer la pérennité du secteur forestier?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec le député d'en face sur l'importance de notre secteur forestier. La crise que nous vivons à l'heure actuelle nous rappelle à quel point les produits de ce secteur sont essentiels.
    La pulpe qui est produite par l'entreprise Harmac, située sur l'île de Vancouver, est une composante essentielle de nombreuses pièces d'équipement médical qui sauvent des vies ces temps-ci. Au cours de la dernière semaine, j'ai eu de nombreuses discussions avec des dirigeants de notre secteur forestier ainsi qu'avec les représentants des provinces au sujet de ce que nous pouvons faire pour soutenir cette industrie dès maintenant.

Le développement économique régional

     Monsieur le Président, l'industrie du tourisme a été dévastée, et la relance après la crise de la COVID-19 demeure incertaine. Les réservations ont été annulées jusqu'en 2021. Dans ma circonscription, les petites entreprises souffrent des lacunes de la Banque de développement du Canada. Les petites et moyennes entreprises qui, juste avant l'interruption des services, avaient obtenu des prêts et n'avaient pas encore ouvert leurs portes sont censées payer les intérêts sur du capital qu'ils n'ont pas encore à rembourser.
    J'ai deux questions. Premièrement, le gouvernement envisagera-t-il d'étendre la portée du programme de subvention salariale pour inclure les petites entreprises touristiques? Deuxièmement, le gouvernement envisagera-t-il d'accorder une suspension des paiements d'intérêts aux petites et moyennes entreprises qui sont déjà accablées par la crise de la COVID-19?
    Monsieur le Président, nous reconnaissons que, dans certains secteurs comme le tourisme et les industries saisonnières, les entreprises doivent composer avec des réalités et des difficultés particulières à cause de la COVID-19. C'est pourquoi le premier ministre et la ministre du Développement économique ont annoncé un investissement de 675 millions de dollars dans les six agences de développement régional et un investissement de 287 millions de dollars dans le Réseau de développement des collectivités du Canada. Ces mesures d'aide et ces investissements permettront de soutenir ce secteur essentiel et ces petites et moyennes entreprises dans l'ensemble du pays.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, il y a trois semaines, le ministre des Finances a déclaré que l'aide arriverait dans les prochaines heures pour le secteur de l'énergie, puis plus rien. Silence radio. Plus tard, le gouvernement a finalement fait une annonce sur les puits orphelins. C'est cependant nettement insuffisant pour le secteur de l'énergie et une économie que le gouvernement libéral a déjà dévastés.
    Que compte faire le premier ministre lorsque 7 % du PIB canadien, des centaines de milliers d'emplois et des centaines de milliards de dollars de recettes fiscales, tant au fédéral qu'au provincial, auront disparu à jamais à cause de son indifférence et de son hostilité soutenues envers le secteur canadien de l'énergie?
    Monsieur le Président, le gouvernement est loin d'être indifférent à la situation du secteur pétrolier et gazier du Canada. Nous sommes bien conscients du rôle névralgique du secteur de l'énergie dans notre pays et du fait qu'il fournit des centaines de milliers d'emplois bien rémunérés pour la classe moyenne.
    C'est pourquoi le gouvernement a annoncé la semaine dernière un soutien sans précédent aux travailleurs du secteur de l'énergie sous la forme d'un investissement pour nettoyer les puits orphelins. Ce travail est attendu depuis longtemps. Je souligne aussi au député d'en face que cette annonce a été bien accueillie par le premier ministre de l'Alberta.

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Monsieur le Président, alors qu'ils se préparent pour les semailles du printemps, les producteurs de céréales et d'oléagineux sont aux prises avec un grave manque de liquidités. Ils tentent d'acheter des semences, du carburant et de l'engrais. La plupart d'entre eux ne sont pas admissibles au Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, et les fonds accordés à Financement agricole Canada aident seulement les clients de cet organisme. D'après la Fédération canadienne de l'agriculture, seuls 25 % des agriculteurs canadiens bénéficieront du crédit supplémentaire octroyé à Financement agricole Canada.
    Puisque le gouvernement n'a pas tenu compte des besoins particuliers des agriculteurs, quand annoncera-t-il un véritable plan qui permettra de nourrir les gens qui nourrissent notre pays?
    Monsieur le Président, je peux assurer aux députés que nous soutenons les agriculteurs. Je parle tous les jours aux agriculteurs, aux transformateurs d'aliments et aux détaillants.
    Oui, nous avons mis en place des mesures supplémentaires par l'entremise de Financement agricole Canada, et nous avons consenti des prêts de plus de 2 milliards de dollars pour aider ces personnes à régler leurs problèmes de liquidités. Nous avons aussi annoncé un sursis à la mise en défaut dans le cadre du Programme de paiements anticipés. En outre, nous avons accordé 20 millions de dollars à l'Agence canadienne d'inspection des aliments pour assurer la salubrité des aliments au Canada et appuyer nos usines de transformation des aliments.

[Français]

Les finances

    Monsieur le Président, les travailleurs, les travailleuses et les retraités sont inquiets. Ils ont besoin d'être rassurés. Après la pandémie de la COVID-19, on risque de se retrouver avec une pandémie de faillites.
    Alors que la bourse est au plus bas, à peu près tous les régimes de retraite sont en déficit. Présentement, en cas de faillites, les retraités passent après tout le monde.
    Qu'est-ce que le gouvernement compte faire pour mieux protéger les régimes de retraite?

  (1455)  

    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question sur les régimes de retraite.
    Nous avons mis en œuvre des mesures d'urgence et un plan économique pour aider les Canadiens et les Canadiennes dans la pandémie actuelle. Nous allons regarder en avant pour voir comment nous pouvons continuer à appuyer les Canadiens et les Canadiennes et les retraités au cours des prochaines semaines.
    Monsieur le Président, s'il y a une chose que la pandémie nous rappelle, c'est qu'en matière économique, il n'y a rien de plus important que de protéger notre monde. Or les travailleurs et les retraités sont mal protégés actuellement. En cas de faillite d'une entreprise, les banques passent avant eux. Même le gouvernement passe avant eux. Ils risquent de se retrouver avec des retraites de misère même s'ils ont passé leur vie à cotiser. Lorsque les faillites vont se multiplier, il va être trop tard pour agir.
    Est-ce que le gouvernement va faire des régimes de retraite des créanciers prioritaires?
    Monsieur le Président, je remercie de nouveau mon honorable collègue de sa question.
    Nous travaillons depuis plusieurs semaines à mettre en œuvre un programme d'urgence, un plan économique qui va aider les Canadiens, les Canadiennes et les entreprises à traverser cette crise. Nous allons continuer d'appuyer les Canadiens, les Canadiennes et les retraités.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, à répétition, le régime communiste chinois a détruit et maquillé l'information concernant la propagation de la COVID-19, emprisonnant pendant tout ce temps les dénonciateurs. Résultat: un problème de santé régional est devenu une catastrophe mondiale.
    Quelles mesures le gouvernement est-il prêt à prendre pour tenir le régime communiste chinois responsable de ses actes?
    Monsieur le Président, nous connaissons une pandémie mondiale, ce qui rend la coopération internationale et la communication de renseignements d'autant plus essentiels. Nous pouvons tous nous entraider et sauver des vies en recueillant et en communiquant des renseignements aussi exacts que possible. Cela dit, les décisions qui concernent le Canada sont prises par les Canadiens et sont fondées sur les conseils d'experts canadiens de renommée mondiale.
    Enfin, je crois que tous les députés comprennent que les régimes autoritaires ne pourront jamais faire preuve de la même transparence que les démocraties.

Les comités de la Chambre

    Monsieur le Président, en temps normal, les comités de la Chambre des communes ont le pouvoir de convoquer des témoins ou d'exiger la production de documents. Or, selon le président libéral du comité de la santé, l'ordre spécial adopté par la Chambre le 11 avril a retiré ce pouvoir au comité, à l'heure où celui-ci en a le plus besoin.
    Compte tenu de cette interprétation, le gouvernement modifiera-t-il l'ordre spécial qu'il impose aujourd'hui afin de permettre à tous les comités qui siègent en ce moment, dont le comité de la santé, d'exercer pleinement les pouvoirs dont ils jouissent normalement?

[Français]

    Monsieur le Président, dans un monde idéal, la Chambre serait remplie de députés. Nous fonctionnerions normalement et tous les comités pourraient fonctionner normalement. Ce n'est pas le cas. Nous ne sommes pas dans une situation normale, et c'est pourquoi nous avons pris des mesures très responsables pour que nous puissions siéger ici à l'occasion, pour que nous puissions continuer à siéger de façon virtuelle, pour que les comités de la Chambre puissent continuer à fonctionner de manière à ce que les députés, mes collègues, puissent poser des questions à la ministre de la Santé, au ministre des Finances et à plusieurs autres ministres et pour que chaque député puisse continuer à faire son travail.

[Traduction]

La frontière canado-américaine

    Monsieur le Président, nous sommes tous fiers du personnel des services essentiels qui traverse notre frontière terrestre pour livrer les produits dont nous avons besoin et assurer des soins de santé fort nécessaires dans des zones durement touchées comme Detroit, au Michigan. Toutefois, selon Global News, aucun agent de santé publique ne surveille la frontière. Cela a été confirmé par le syndicat de l'Agence des services frontaliers du Canada.
    Il faut effectuer des tests pour s'assurer que les personnes les plus exposées à la COVID-19 n'ont pas contracté la maladie. Quand les libéraux vont-ils envoyer des agents de santé publique à la frontière pour stopper la propagation et protéger l'ensemble des Canadiens?
    Monsieur le Président, cette question est très importante, car la santé et la sécurité des Canadiens, ainsi que celle des hommes et des femmes qui protègent nos frontières, nous tiennent vraiment à cœur.
    Je tiens à assurer au député d'en face que nous prenons toutes les mesures nécessaires pour veiller à la protection de nos agents des services frontaliers et faire en sorte qu'ils disposent de l'équipement de protection individuelle dont ils ont besoin pour faire leur travail en toute sécurité. Par ailleurs, en ce qui concerne les travailleurs essentiels qui traversent la frontière quotidiennement, je peux lui assurer que nous veillons à ce qu'ils subissent les tests appropriés et à ce qu'ils aient l'équipement de protection individuelle nécessaire pour pouvoir faire leur travail en toute sécurité. Je profite de l'occasion pour les remercier du dévouement dont ils font preuve pour le bien commun.

  (1500)  

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, l'urgence sanitaire actuelle touche profondément le monde entier depuis plus d'un mois. Le gouvernement libéral a joué un rôle véritablement structurant en mettant en place des mesures sanitaires pour protéger les Canadiens. Toutefois, nous savons que ces mesures sont difficiles pour les travailleurs et qu'elles plongent des familles dans l'incertitude économique partout au pays.
    Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social peut-il informer la Chambre du nombre de Canadiens qui se sont prévalus de la Prestation canadienne d'urgence depuis sa mise en place, il y a deux semaines?
    Monsieur le Président, je suis heureux de souligner le travail réalisé par le député de Fleetwood—Port Kells. Comme il l'a dit, des millions de familles et de travailleurs subissent les conséquences douloureuses de cette crise partout au pays. C'est pour cette raison que nous avons adopté des mesures d'urgence, dont la Prestation canadienne d'urgence.
    Je me réjouis de signaler que, jusqu'ici, 6,7 millions de Canadiens ont demandé la Prestation canadienne d'urgence, pour un total de 8,7 millions de demandes. De ce nombre, 8,4 millions ont déjà été traitées.

Le développement économique régional

    Monsieur le Président, les entreprises du Nord ont des besoins très différents des entreprises du reste du Canada. Étant donné que leur période annuelle d'activité est plus courte et qu'on trouve parmi elles, par exemple, de petites entreprises minières, il est évident que l'approche uniforme du gouvernement pour fournir de l'aide d'urgence aux entreprises est malheureusement très peu utile pour soutenir l'économie du Nord. L'association minière du Yukon, celle des Territoires-du-Nord-Ouest et du Nunavut ainsi que d'autres entreprises du Nord ont dit que les programmes comme la Subvention salariale d'urgence du Canada ne fonctionneront pas dans le Nord.
    Le gouvernement écoutera-t-il ces dirigeants? Apportera-t-il des changements à son approche pour que les entreprises du Nord aient une chance de survivre à cette situation?
    Monsieur le Président, il s'agit véritablement d'entreprises très importantes pour les collectivités du Nord et pour l'économie canadienne. Voilà pourquoi nous avons mis en place un certain nombre de mesures, dont une que nous avons annoncée il y a quelques jours, pour appuyer les entreprises du Nord en cette période difficile, par l'entremise des organismes de développement régional. Nous voulons permettre à ces entreprises de se rétablir lorsque ce sera sécuritaire de le faire.

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, le premier ministre a indiqué plus tôt que les étudiants qui ont gagné un revenu de 5 000 $ l'an dernier seraient admissibles à la Prestation canadienne d'urgence. Toutefois, pour être admissible, il faut aussi avoir perdu un emploi en raison de la COVID. Or, la vaste majorité des étudiants n'avaient pas commencé leur emploi d'été lorsque la crise a éclaté et, partant, ne sont pas admissibles.
    Pourquoi le premier ministre a-t-il déclaré que les étudiants seraient désormais admissibles? Le gouvernement peut-il confirmer que l'admissibilité à la Prestation canadienne d'urgence sera élargie pour inclure tous les étudiants?
    Monsieur le Président, je remercie le député de souligner que les Canadiens, et les étudiants en particulier, traversent une période difficile. C'est pourquoi nous avons réagi rapidement, par exemple, en différant pour au moins six mois le paiement du principal et des intérêts pour les prêts consentis à un étudiant. Nous avons aussi instauré la subvention salariale, pour que de nombreux employeurs soient en mesure d'embaucher ou de réembaucher des étudiants. De plus, nous avons créé la Prestation canadienne d'urgence, qui vient en aide à beaucoup d'étudiants en cette période particulièrement difficile. Nous allons continuer à travailler d'arrache-pied pour soutenir les étudiants.
    Monsieur le Président, pendant cette période difficile, les Canadiens cherchent des réponses, des précisions et du réconfort. Chaque jour, mon bureau reçoit des centaines d'appels et de courriels concernant les programmes du gouvernement. Les Canadiens sont très frustrés de ne pouvoir joindre personne par téléphone et, quand ils réussissent, on les met en attente parfois pendant des heures. Les épiceries, les pharmacies et les banques, elles, ont pu rester ouvertes pour servir les Canadiens en prenant des mesures de protection accrues.
    Pourquoi, au moment où on en a le plus besoin, les bureaux de Service Canada demeurent-ils fermés?
    Monsieur le Président, nous avons pris la décision de fermer les centres de Service Canada qui offrent des services en personne pour la sécurité du public et du personnel dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Toutefois, nous avons augmenté le nombre d'employés et réaffecté du personnel pour que les services puissent être fournis de plusieurs autres façons, notamment en ligne et par téléphone; nous avons dépêché des agents de liaison dans les collectivités les plus vulnérables au Canada pour leur assurer que les services leur sont offerts par d'autres moyens de communication et par l'entremise d'organismes intermédiaires dignes de confiance; enfin, pour les personnes qui sont incapables de remplir les formulaires même avec de l'aide téléphonique, nous tenterons de façon extraordinaire de fixer des rendez-vous en personne.

  (1505)  

[Français]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, plus que jamais, les Canadiens et les gens d'Orléans réalisent à quel point l'art et la culture sont une partie inhérente de leur vie. Ce sont dans des moments comme ceux-ci que les Canadiens ont le plus besoin des arts et de la culture pour animer leur isolement.
    Est-ce que le ministre du Patrimoine canadien peut informer la Chambre des mesures mises en place par le gouvernement pour s'assurer que nos artistes, nos créateurs et nos athlètes peuvent continuer de nous inspirer et de nous rassembler même à distance dans ces moments difficiles?
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier la députée d'Orléans de sa question.
    Au moment où nous devons garder nos distances les uns des autres, je sais que tous les Canadiens et les Canadiennes reconnaissent que nos créateurs et nos athlètes nous gardent unis et solidaires à la maison.
    Vendredi dernier, j'ai annoncé un investissement de 500 millions de dollars pour répondre aux besoins financiers plus spécifiques des organisations du secteur des arts, de la culture et du sport afin de les appuyer en ces temps difficiles. Notre gouvernement s'assure notamment que plus d'emplois sont protégés, que moins de personnes sont laissées derrière et que les organisations peuvent continuer à contribuer à leur secteur après la pandémie. Notre objectif est que ces fonds soient disponibles le plus rapidement possible.
    Je souhaite pouvoir donner plus de détails sous peu.

[Traduction]

Les mesures d’urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, Corey Palmer est propriétaire de Crane Wise Inc., une petite entreprise qui vient de voir le jour à London, en Ontario. Corey emploie cinq personnes, qu'il a décidé de garder pendant la pandémie. Cependant, à cause des règles trop restrictives de la subvention salariale mise en place par les libéraux, Corey et ses employés sont laissés pour compte. Une prestation universelle pourrait aider Corey, son personnel, et tant d'autres personnes. Pourquoi les libéraux ne permettent-ils pas à tout le monde au Canada de toucher la Prestation canadienne d'urgence et ne mettent-ils pas en place une subvention salariale pour aider les propriétaires de petites entreprises et leurs employés à traverser cette pandémie?
    Monsieur le Président, il s'agit d'une question très importante. Toutefois, nous avons pris la décision de mettre sur pied la Prestation canadienne d'urgence pour deux raisons. La première était de faire parvenir rapidement de l'argent aux travailleurs et aux familles du Canada, car ils en ont besoin immédiatement. La seconde était de mettre plus d'argent entre les mains de ceux qui en ont besoin, au lieu d'envoyer une petite somme d'argent à tout le monde.
    Monsieur le Président, le gouvernement créera-t-il un revenu de subsistance garanti d'urgence afin qu'aucun Canadien ne se retrouve sans le sou en raison de la COVID-19?
    Ma boîte de courrier électronique est remplie de messages de gens — des étudiants, des aînés, des personnes handicapées — qui n'ont pas droit aux programmes annoncés et qui voient leurs dépenses augmenter soudainement. Les petites entreprises en démarrage n'ont droit à aucun des programmes gouvernementaux. Les agriculteurs non plus. Certains restaurants qui viennent tout juste d'ouvrir leurs portes se retrouvent eux aussi les mains vides. J'ai eu des messages de Canadiens qui étaient en congé de maladie l'année dernière et qui n'auront droit à rien cette année parce qu'ils n'ont pas gagné 5 000 $, puisqu'ils n'ont pas travaillé.
    Beaucoup de gens ont besoin d'aide, et je me demande quand le gouvernement entend venir en aide à tous les Canadiens qui sont touchés par la crise actuelle en créant un revenu de subsistance garanti.
    Monsieur le Président, c'est vrai, beaucoup d'étudiants, de travailleurs et de familles du Canada vivent des moments difficiles à cause de la COVID-19, mais le gouvernement est déterminé à tout faire pour venir en aide à tous ceux et celles qui en auront besoin, que ce soit grâce à la Prestation canadienne d'urgence, qui permettra à de nombreux travailleurs qui ont perdu leur emploi ou qui ont été mis à pied à cause de la COVID-19 d'obtenir l'aide dont ils ont besoin, ou à la subvention salariale, qui aidera de nombreuses entreprises à garder leurs employés et à réembaucher ceux qu'elles ont dû mettre à pied. C'est sans parler de l'aide que nous avons déjà offerte aux étudiants ou des mesures que nous prendrons en temps et lieu pour combler les lacunes qui pourraient être mises au jour.

La fusillade en Nouvelle-Écosse

    Nous partageons aujourd'hui la peine des gens de Portapique en Nouvelle-Écosse et des familles qui ont tragiquement perdu un être cher à cause d'un acte de violence insensée.

[Français]

    Nous vivons tous des temps difficiles, mais, aujourd'hui, nos pensées vont aux familles qui ont souffert la plus cruelle des pertes. Puissent-elles trouver du réconfort dans la tristesse partagée de tous les Canadiens.

[Traduction]

    J'invite les députés à se lever pour observer un moment de silence.
    [La Chambre observe un moment de silence.]

Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1510)  

[Traduction]

La fusillade en Nouvelle-Écosse

    Monsieur le Président, je prends la parole à la Chambre alors que les Canadiens ont tous le cœur brisé, y compris tous les députés ici. Nous sommes chamboulés par les 18 décès confirmés à la suite d'un acte de violence insensée en Nouvelle-Écosse et par le vide que les vies ainsi fauchées laissent derrière elles.
    L'agente Heidi Stevenson fait partie des victimes. Elle est morte dans l'exercice de ses fonctions. C'était une femme bienveillante et talentueuse, une excellente policière et une mère merveilleuse. Elle incarnait les valeurs qui ont servi de bases à l'édification de notre pays, des valeurs comme l'intégrité, l'honnêteté et la compassion. Pour sa collectivité, elle a payé le prix ultime. Ses années de service ne seront jamais oubliées.
    Tout comme l'agente Stevenson, une grande partie des autres victimes servaient leur collectivité au meilleur de leurs capacités, qu'il s'agisse d'une enseignante, d'une infirmière, d'un grand-parent ou d'un parent. Quels mots peuvent jeter un baume sur une telle tristesse? La douleur que les familles et les proches ressentent aujourd'hui est indescriptible. Je tiens à leur dire que tous les Canadiens sont avec eux, que cet acte ignoble et insensé ne définira pas la Nouvelle-Écosse et que tous les Canadiens sont aujourd'hui des Néo-Écossais. Nous partageons leur douleur et nous pleurons leurs disparus. Nous serons là pour eux dans les jours, les semaines et les mois difficiles à venir.
    La Chambre compte 11 députés qui représentent les habitants de la Nouvelle-Écosse. Aujourd'hui, ils se trouvent là où ils doivent être, avec les gens d'un peu partout dans la province, pour les aider à traverser le deuil et leur offrir un soutien. Nous les appuyons aujourd'hui et tous les jours.

[Français]

    Les gens ont du mal à croire qu'une telle tragédie ait pu se produire dans des communautés comme Portapique, Truro ou Enfield, dans des endroits où les gens se connaissent et se font confiance, le genre d'endroit où les gens ne verrouillent pas les portes. Comme l'a dit ce matin le sénateur Kutcher, en Nouvelle-Écosse, les gens ne sont pas à 6 degrés de séparation les uns des autres, mais bien à 2 degrés de séparation. Tout le monde se connaît. Tout le monde est sous le choc. Alors que ce choc laisse place au deuil, plusieurs seront aussi en colère que les familles et les amis qui pleurent la perte de leurs proches, en colère puisqu'ils ne pourront pas se recueillir ensemble pour célébrer la vie de ceux qui nous ont été arrachés.

[Traduction]

    Cette année a été particulièrement éprouvante pour les Canadiens. Dès janvier, on avait l'impression que les seules nouvelles diffusées portaient sur des actes de violence irrépressibles ou des vies perdues. Cette horrible tragédie survient au moment où, d'un océan à l'autre, les Canadiens font des sacrifices pour se protéger mutuellement et font chaque jour des choix judicieux pour éviter d'autres bouleversements et d'autres tragédies. Ainsi, lorsque nous avons appris hier, au réveil, les terribles nouvelles de la Nouvelle-Écosse, beaucoup d'entre nous se sont probablement demandé: « Que pouvons-nous supporter de plus? »

  (1515)  

[Français]

    Dans les moments les plus sombres, ce qui nous motive à avancer, c'est la poursuite commune d'un avenir meilleur. L'histoire même récente de notre pays n'est pas dépourvue d'obstacles ou de tristesses. Il y a trois ans, nous avons pleuré la perte de six innocents qui ont été assassinés alors qu'ils priaient, à Sainte-Foy. Nous n'avons pas laissé ce geste de haine empêcher la poursuite d'un avenir meilleur.

[Traduction]

    Il y a deux ans, nous avons pleuré la mort d'une jeune femme et d'une petite fille et déploré les blessures subies par de nombreuses personnes sur l'avenue Danforth de Toronto, alors qu'elles profitaient simplement d'une soirée d'été dans le quartier. Cela ne nous a pas empêchés de chercher ensemble un avenir meilleur. Au cours de cette dernière année, nous avons vu beaucoup trop de communautés brisées, de familles déchirées par la violence et par des actes de haine. Nous ne laisserons pas ces événements nous empêcher de rechercher ensemble un avenir meilleur.
    Dans les heures les plus sombres, nous avons toujours répondu à la haine par l'espoir. Nous avons choisi l'unité plutôt que la division, parce que les actions d'un seul homme, aussi cruelles, destructrices ou malfaisantes soient-elles, ne peuvent pas ériger un mur de désespoir entre nous et de meilleurs lendemains.
    Aujourd'hui est un jour douloureux pour tous les Canadiens, mais si nous sommes unis dans notre douleur, nous devons aussi être unis dans notre détermination de préserver nos valeurs, de vivre en suivant l'exemple de ceux qui nous ont quittés trop tôt, de laisser l'espoir, l'amour et la compassion nous guider dans les jours, les semaines et les mois difficiles à venir, parce qu'un avenir meilleur nous attend. Ce ne sera peut-être pas cette semaine ni même ce mois-ci, mais il viendra.
    Monsieur le Président, au nom du Parti conservateur du Canada, je voudrais exprimer nos plus sincères condoléances aux familles et aux amis de tous ceux qui ont perdu la vie lors de l'attaque insensée de la fin de semaine dernière en Nouvelle-Écosse.

[Français]

    Mes pensées et mes prières et celles de toute l'opposition officielle accompagnent leurs familles et leurs proches.

[Traduction]

    Voici quelques-uns des Canadiens tués au cours de la fusillade la plus atroce de l'histoire du Canada: l'agente Heidi Stevenson, une vétérane de 23 ans de la Gendarmerie royale du Canada, mère de deux enfants et épouse aimante, tuée dans l'exercice de ses fonctions; Aaron Tuck, Jolene Oliver et Emily Tuck, une famille de trois personnes; Heather O'Brien, une infirmière auxiliaire autorisée; Kristen Beaton, une préposée aux bénéficiaires; Lisa McCully, enseignante à l'école primaire Debert; Sean McLeod, agent correctionnel à l'établissement de Springhill; Alanna Jenkins, agente correctionnelle à l'établissement Nova pour femmes; Tom Bagley, un voisin qui serait mort en essayant d'apporter son aide.

[Français]

    Mes pensées, mon cœur et mes prières accompagnent les proches de ceux qui ont perdu la vie lors de cette attaque innommable.

[Traduction]

    Je voudrais également souhaiter un prompt rétablissement à l'agent Chad Morrison, qui a été blessé.
    Ce qui s'est passé est incompréhensible. Les Néo-Écossais et tous les Canadiens ont perdu non seulement des membres incroyables de leur collectivité, mais aussi un sentiment de sécurité.

[Français]

    Face au crime immoral et vicieux, nous nous demandons notamment pourquoi. Comment cela a-t-il pu se produire? Pourquoi est-ce arrivé?

[Traduction]

    Ce drame est un douloureux rappel des risques que prennent tous les premiers intervenants pour assurer la sécurité des Canadiens. Parce qu'ils revêtent leur uniforme et bravent l'inconnu, la population canadienne peut avoir l'esprit tranquille sachant qu'elle est protégée dans sa collectivité.

[Français]

    Tous les jours, nos courageux agents d'application de la loi mettent leur vie en danger et leurs familles en portent le fardeau. J'aimerais prendre un moment pour remercier tous les premiers intervenants qui traitent cette situation difficile avec professionnalisme et je pense à ceux qui ont perdu des collègues.

  (1520)  

[Traduction]

    Je les remercie de risquer leur vie pour le reste d'entre nous.
    Je signale aux Néo-Écossais ébranlés par cette tuerie que le pays leur est solidaire en cette sombre période. Nous sommes de tout coeur avec eux et nous les appuierons au cours des jours, des semaines et des mois pénibles qui s'en viennent. Même si nous ne pouvons nous réunir en personne durant ces moments difficiles, ils doivent savoir qu'ils ne sont jamais seuls.
    Une des caractéristiques formidables des Néo-Écossais est qu'ils sont d'excellents raconteurs. Je sais que ce qu'ils raconteront sera non seulement l'histoire d'une grande perte, mais aussi une histoire d'amour et de courage. Les Canadiens sont reconnus pour leur résilience et pour leur attachement envers leur pays, leur famille et leur collectivité.
    Dès maintenant et dans les semaines à venir, tournons-nous vers la collectivité afin de célébrer les vies merveilleuses qui ont été perdues et de nous donner mutuellement la force dont nous avons tant besoin pour continuer. Honorons la mémoire de ceux que nous avons perdus en racontant leurs histoires et en nous souvenant de leurs noms.

[Français]

    Monsieur le Président, nous vivons une période marquée à bien des égards par la tristesse, mais le drame qui se vit présentement en Nouvelle-Écosse suscite la colère et la stupéfaction.
    Nous avons connu cela avec la fusillade au Collègue Dawson, la tuerie à l'École polytechnique et l'attentat à la grande mosquée de Québec, plusieurs gestes qu'on associe à une période où il y avait une crainte accrue de comportements à caractère terroriste. Nous avons aussi connu cela ici même, sur la Colline du Parlement, et à plusieurs endroits au Canada. Au quotidien, il y a 1 000 violences; une personne plus violente en agresse une autre et, trop souvent, l'assassine.
    Il faut sortir de la rhétorique de l'exception, du geste isolé et de la folie. Évidemment, quel que soit le motif que quelqu'un se donne pour assassiner plusieurs autres personnes, il s'agit forcément d'un geste fou. Chaque personne, chaque fois, est de trop. Je crois qu'il faut changer notre relation à la violence. Nous y reviendrons certainement. Il faut changer notre relation aux instruments de la violence.
    Dans l'intervalle, tout cela ne change pas le malheur que vit l'entièreté de la population de la Nouvelle-Écosse et n'importe qui capable de compassion. Je ne peux qu'adresser à tous ces gens et à tous ceux à qui cela fait un peu plus peur chaque fois tous nos vœux du plus grand et du plus noble des courages.
    Monsieur le Président, je veux exprimer la tristesse que nous ressentons tous face à la violence insensée qui a eu lieu hier en Nouvelle-Écosse. Chacune des victimes représente une perte énorme pour sa famille et sa communauté.
    Nous nous souvenons de l'agente de la GRC Heidi Stevenson qui a perdu la vie en essayant de protéger les autres. Beaucoup sont également blessés, dont un membre de la GRC. Leurs familles traversent une période inquiétante qui est encore plus difficile étant donné qu'elles ne pourront peut-être pas rendre visite à leurs proches à l'hôpital en raison de la COVID-19.

  (1525)  

[Traduction]

    Au cours des dernières semaines, nous avons vu combien les premiers intervenants, qui s'exposent à des dangers pour nous protéger, étaient courageux face à la COVID-19. Nous avons maintenant l'exemple d'un membre de la GRC qui a fait exactement cela: elle a fait face au danger pour sauver la vie d'autres Canadiens, et ce faisant, elle a perdu la sienne.
    Mère de deux enfants, elle avait 23 ans de carrière à la GRC. En pensant à son sacrifice, à cet acte de violence insensé et à la manière dont ce drame a ébranlé toute une province, je me dis qu'au nom des députés et des néo-démocrates, je dois et faire savoir aux Néo-Écossais qu'ils ne sont pas seuls dans leur deuil: le pays entier est avec eux.
    Nous pensons souvent que les massacres de masse sont une réalité chez nos voisins du Sud, les Américains, mais que ce n'est pas quelque chose qui se produit ici aussi, au Canada. Nous devons reconnaître cependant que cela arrive ici aussi. La tragédie de l'École Polytechnique est un exemple de massacre de masse qui visait les femmes. C'était de la violence contre les femmes. Certes, dans ce cas-ci, nous ne connaissons pas les détails, mais il y a manifestement un problème de violence et il faut que nous fassions quelque chose à ce sujet.
    Je suis d'accord avec ce que mon collègue a dit, à savoir qu'il ne suffit plus de tenir de beaux discours sur la violence gratuite. Nous devons faire quelque chose à propos de la violence. Nous devons trouver les causes profondes du problème. Nous devons comprendre comment cela a pu se produire et ce que nous pouvons faire pour empêcher que cela se reproduise dans notre pays.
    Aujourd'hui, le pays uni pleure avec les Canadiens et les Canadiennes de la Nouvelle-Écosse, mais demain, nous devrons aussi parler de la manière dont nous pouvons aller de l'avant pour empêcher qu'une telle tragédie se reproduise. Le seul moyen de ne pas oublier et d'honorer véritablement les vies qui ont été perdues est de s'engager à préparer l'avenir pour que cela ne se reproduise jamais.
    Monsieur le Président, j'offre mes plus sincères condoléances au nom du Parti vert du Canada. Nos pensées accompagnent tous les Néo-Écossais et tous les Canadiens qui sont affectés par cette horrible tragédie.
    Le premier ministre Stephen McNeil a dit: « Ce qui nous définira, ce n'est pas cette tragédie, mais la façon dont nous allons y répondre. » La chef par intérim du Parti vert de la province, Jo-Ann Roberts, a ajouté ceci: « En tant que Néo-Écossais et Canadiens, nous allons faire preuve de solidarité, nous allons appuyer les familles des disparus. Nous allons faire des muffins, chanter et réciter des prières. Nous allons offrir du soutien psychologique et de l'amour, et nous allons honorer la mémoire des victimes. »
    La Nouvelle-Écosse est une province tissée serrée. Tout le monde sera affecté. Ma collègue la députée de Saanich—Gulf Islands, ancienne Néo-Écossaise et fière Cap-Bretonnaise, connaît un proche de l'une des victimes. Le sentiment de sécurité a été ébranlé dans la province, mais les Néo-Écossais sont forts et résilients, et ils sauront s'entraider pour traverser cette épreuve.
    Nous portons tous le deuil. Notre espoir d'un avenir meilleur se fonde sur la certitude que nous sommes plus forts que cette tragédie. Notre amour et nos prières accompagnent les proches des 18 Néo-Écossais qui ont péri.
    Je suis impressionné par la réaction des Néo-Écossais à cette tragédie, par l'amour et le soutien dont ils font preuve même en cette période de distanciation physique causée par la COVID-19. Étant moi-même musicien, je tire un grand réconfort de la musique diffusée dans le cadre de la « fête de cuisine » virtuelle de la Nouvelle-Écosse. Des citoyens, en maintenant une distance de deux mètres, longent la route qui mène au poste local de la GRC. Une vigile virtuelle est prévue pour vendredi, des personnes partagent leur art, et amis et êtres chers s'appellent et s'entraident d'une multitude de façons.
    Les victimes identifiées jusqu'à présent sont Lisa McCully, enseignante; Heather O'Brien, infirmière; Kristen Beaton, infirmière; Sean McLeod et Alanna Jenkins, tous deux agents correctionnels; Tom Bagley, pompier volontaire; Heidi Stevenson, gendarme de la GRC; Emily Tuck et ses parents, Jolene Oliver et Aaron Tuck; ainsi que Greg et Jamie Blair.
    Voici un poème rédigé par Sheree Fitch, qui vit dans la région où s'est déroulée la tragédie:
    

Nous pleurons parce que nous aimons
Il y a des moments, mon enfant, où les choses arrivent sans raison
Où on se demande pourquoi, sans trouver réponse à la question
Où, sans que l'on puisse y comprendre quoi que ce soit
Des gens passent de vie à trépas
Lorsque tu as mal à ce point, mon enfant
Lorsque tu te sens effrayé, perdu, souffrant
Même lorsque nous sommes loin l'un de l'autre
Pleurons ensemble, côte à côte
N'oublie pas qu'il y a beaucoup d'amour
Que nous pleurons parce que nous aimons
Il y a des moments où la tristesse devient étouffante
Où la douleur semble te plonger dans un gouffre d'une profondeur infinie
Où tu ne vois plus les rayons du soleil
Où tu voudrais sombrer dans un profond sommeil
Lorsque tu as mal à ce point, mon enfant
Lorsque tu te sens effrayé, perdu, souffrant
Même lorsque nous sommes loin l'un de l'autre
Pleurons ensemble, côte à côte
N'oublie pas qu'il y a beaucoup d'amour encore
Que nous pleurons parce que nous aimons
J'aimerais avoir des réponses à te donner, mon enfant
J'aimerais que rien de tout cela ne puisse arriver
Il y a des souhaits impossibles à réaliser, mon enfant
L'idée que tu le saches m'est insupportable
Lorsque tu as mal à ce point, mon enfant
Lorsque tu te sens effrayé, perdu, souffrant
Même lorsque nous sommes loin l'un de l'autre
Pleurons ensemble, côte à côte
Oui, il y a beaucoup d'amour, énormément d'amour encore
Nous pleurons parce que nous aimons

    Pour bien des gens, ce jour sera l'un des plus difficiles. Je pense aux enfants, mais nous sommes tous des enfants. Je songe au traumatisme et au choc que nous subissons tous. Je pense à West Grey et à Fredericton. Aujourd'hui, à mesure que nous découvrirons les détails et que nous saurons qui, parmi nos proches et nos connaissances, sont touchés, restons bienveillants et soyons solidaires.

  (1530)  

[Français]

La Loi sur l’assurance-emploi

     — Monsieur le Président, je suis très fière de déposer le projet de loi modifiant la Loi sur l'assurance-emploi en matière de maladie, blessure ou mise en quarantaine.
    La Chambre des communes s'est prononcée par un vote majoritaire, le 19 février, en faveur d'une motion demandant au gouvernement de faire passer les prestations spéciales de maladie de l'assurance-emploi de 15 à 50 semaines afin de soutenir les personnes atteintes de maladies graves, notamment le cancer.
    Considérant la crise que nous vivons, j'espère de tout cœur que le gouvernement va se rallier à la modification proposée par le Bloc québécois et la députée de Salaberry—Suroît au profit des travailleurs malades et atteints de graves maladies.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.

[Traduction]

    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

  (1535)  

[Traduction]

Les travaux de la Chambre et des comités

    La Chambre reprend l'étude de la motion, ainsi que de l'amendement.
    Je crois comprendre qu'il y a eu des changements. Je signale à la Chambre qu'en raison des déclarations ministérielles, les ordres émanant du gouvernement seront prolongés de 22 minutes.
    Le vote porte sur l'amendement. Plaît-il à la Chambre d'adopter l'amendement?
    Des voix: Oui.
    Des voix: Non.
    Le Président: Que tous ceux qui appuient l'amendement veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le Président: Convoquez les députés.
    (L'amendement, mis aux voix, est rejeté par le vote suivant:)
 

(Vote no 21)

POUR

Députés

Alleslev
Baldinelli
Brassard
Cooper
Godin
Kmiec
Lewis (Essex)
Motz
Patzer
Reid
Scheer
Schmale
Shipley
Williamson
Zimmer

Total: -- 15


CONTRE

Députés

Bibeau
Blanchet
Boulerice
Duclos
Fortier
Freeland
Guilbeault
Hajdu
Holland
Hussen
Lalonde
Larouche
MacKinnon (Gatineau)
Manly
Mathyssen
McKenna
Miller
Ng
Rodriguez
Singh
Ste-Marie
Trudeau

Total: -- 22


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare l'amendement rejeté.

  (1540)  

    Le vote porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le Président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le Président: À mon avis, les non l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le Président: Convoquez les députés.
    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 22)

POUR

Députés

Bibeau
Blanchet
Boulerice
Duclos
Fortier
Freeland
Guilbeault
Hajdu
Holland
Hussen
Lalonde
Larouche
MacKinnon (Gatineau)
Manly
Mathyssen
McKenna
Miller
Ng
Rodriguez
Singh
Ste-Marie
Trudeau

Total: -- 22


CONTRE

Députés

Alleslev
Baldinelli
Brassard
Cooper
Godin
Kmiec
Lewis (Essex)
Motz
Patzer
Reid
Scheer
Schmale
Shipley
Williamson
Zimmer

Total: -- 15


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.
    Conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, la Chambre passe aux déclarations de ministres.
    La ministre de la Santé a la parole.

Affaires courantes

[Affaires courantes]

[Traduction]

La pandémie de COVID-19

    Monsieur le Président, j'aimerais d'abord me joindre au premier ministre pour offrir mes sincères condoléances aux habitants de la Nouvelle-Écosse, dans la foulée des tragiques événements survenus ce week-end. Je suis de tout cœur avec les familles, les amis et les collègues des victimes. Je ne peux m'imaginer à quel point il doit être difficile pour les Néo-Écossais de vivre le traumatisme de cette fusillade et les deuils qui y sont associés, en plus de surmonter la pandémie de COVID-19.
    Cette pandémie a changé notre façon de vivre, de travailler et d'interagir les uns avec les autres. Elle cause une profonde incertitude et de grandes difficultés à nombre de Canadiens, et à l'ensemble de la population mondiale.
    Au cours des derniers mois, nous avons constaté une augmentation constante du nombre de Canadiens atteints de la COVID-19, particulièrement parmi les personnes vulnérables, notamment nos chers aînés qui vivent dans des foyers de soins de longue durée et les travailleurs qui s'en occupent. Comme l'a mentionné plus tôt aujourd'hui la Dre Tam, notre administratrice en chef de la santé publique, le Canada compte maintenant 36 216 cas confirmés et 1 611 décès. Ce sont des chiffres, mais chaque unité représente une vie humaine, une famille affectée et un parcours interrompu.
    Pour répondre à une crise de cette ampleur, le gouvernement du Canada a adopté une approche pangouvernementale qui nous permet d'agir rapidement et de manière décisive, tout en demeurant flexibles afin de pouvoir nous adapter aux nouvelles données scientifiques et aux circonstances changeantes. À titre de ministre de la Santé, je parlerai de certaines mesures que le gouvernement fédéral a prises en matière de santé.
    Depuis le début de la pandémie, l'Agence de la santé publique du Canada fournit aux Canadiens des renseignements clairs, concis et opportuns sur la façon dont ils peuvent protéger leur santé et le système de santé en général. L'Agence se fonde sur les plus récentes données scientifiques, et les conseils qu'elle donne évoluent à mesure que nous en apprenons davantage sur ce nouveau coronavirus.
    Notre site Web spécialisé, Canada.ca/coronavirus, a été visité plus de 100 millions de fois depuis son lancement, et plus de 100 000 appels ont été faits à la ligne d’information sans frais sur la COVID-19. Nous avons lancé l'application Canada COVID-19, qui a été téléchargée plus de 430 000 fois. Cette application inclut un lien vers le nouveau portail Espace mieux-être Canada. Ce portail de soutien en matière de santé mentale et de consommation de substances donne aux Canadiens un accès à des outils pour favoriser leur santé mentale et leur bien-être, leur permet d'obtenir des renseignements crédibles et fiables sur la santé mentale et la consommation de substances et constitue même une façon de fournir des services confidentiels de soutien en matière de santé mentale et de consommation de substances.
    Dès le début, le Canada a reconnu la nécessité de travailler en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux et de soutenir les organisations internationales telles que l'Organisation mondiale de la santé, entre autres. La Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, est conseillère-experte pour le comité de l'Organisation mondiale de la santé et elle discute presque chaque jour avec ses homologues étrangers. Je suis très reconnaissante du leadership exercé par la Dre Tam et par le Dr Njoo, l'administrateur en chef adjoint de la santé publique. En plus des administrateurs en chef, les fonctionnaires chargés de la santé publique travaillent jour et nuit, sept jours sur sept et il y a de quoi être fier de la fonction publique canadienne, car elle ne s'est jamais autant dévouée à servir et à soutenir les Canadiens.
    Le portefeuille fédéral de la santé collabore étroitement avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour coordonner les mesures prises concernant différents enjeux, notamment l'achat d'équipement de protection individuelle, de médicaments essentiels, d'appareils médicaux et de respirateurs. Afin de veiller à ce que nous ayons les bons outils pour lutter contre la COVID-19, Santé Canada a simplifié le processus réglementaire en vue d'accélérer l'examen et l'approbation des médicaments et des appareils médicaux dont nous avons besoin au Canada. Si une pénurie devait survenir, ces modifications nous donneront la souplesse voulue pour faciliter l'accès rapide aux stocks internationaux de produits médicaux dans des circonstances exceptionnelles.
    J'ai également mis en place une approche provisoire qui permet à Santé Canada de faciliter l'accès aux désinfectants pour les mains, aux désinfectants et à d'autres types d'équipement de protection individuelle afin de répondre à la demande sans précédent pour ces produits. En outre, j'ai signé un arrêté d'urgence qui a permis d'autoriser la distribution de nouvelles trousses de diagnostic. Cette mesure a grandement accéléré l'accès aux trousses d'analyse de la COVID-19, permettant ainsi aux provinces et aux territoires d'identifier les nouveaux cas d'infection au virus. En date d'aujourd'hui, 20 avril, le Canada teste en moyenne 20 000 patients de plus par jour dans tout le pays, pour un nombre total de plus de 550 000 personnes testées à ce jour.
    Il est important de signaler que le nombre total de cas au Canada a augmenté plus lentement que dans de nombreux autres pays. Le Canada a eu la possibilité d'observer les mesures mises en place dans d'autres pays, d'apprendre de leur expérience et de prendre connaissance des leçons qu'ils en ont tirées. Le Canada a ainsi pu agir tôt et de manière rigoureuse, au fur et à mesure que la situation a évolué, tant au pays qu'à l'échelle internationale.

  (1545)  

    Le monde entier s'efforce de comprendre et de contrôler la COVID-19, mais il doit aussi en apprendre beaucoup plus au sujet de l'immunité, de la mutation et de nombreux autres aspects scientifiques. À cet égard, le gouvernement investit massivement dans la recherche. Plus de 52 millions de dollars étaient destinés aux Instituts de recherche en santé du Canada, qui financent 96 projets visant à trouver des moyens de contrer la COVID-19. Cette somme fait partie d'une enveloppe de 275 millions de dollars destinée à accroître la capacité à faire avancer les travaux sur les antiviraux et les vaccins plus rapidement et à appuyer les essais cliniques ainsi que la production au Canada.
    Ce n'est qu'un aperçu des mesures prises pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens contre la COVID-19. Comme les députés peuvent l'imaginer, un travail incroyable est effectué en coulisses avec nos nombreux partenaires de tous les ordres de gouvernement. Tout ce travail permettra d'accroître notre compréhension de la maladie et nous fournira les données scientifiques nécessaires pour guider nos interventions, nos décisions et notre planification en matière de santé publique aux niveaux local, national et international.
    Je peux assurer aux députés que le gouvernement du Canada continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir et de son ressort pour réagir à la pandémie de COVID-19; protéger la santé, la sécurité et le bien-être des Canadiens; et les aider à traverser cette période incertaine et difficile.
    Il nous revient à tous de veiller à ce que les Canadiens ressortent de cette crise en santé et forts.

  (1550)  

[Français]

    Monsieur le Président, encore une fois aujourd'hui, les députés de partout au pays ont démontré l'importance de continuer à tenir des séances en personne.
    Nous avons posé des questions au premier ministre et à ses ministres. Même si nous n'avons pas eu toutes les réponses souhaitées, nous avons exercé notre droit de parlementaires et nous avons pu jouer notre rôle auprès des Canadiennes et des Canadiens. Nous, les députés de l'opposition, n'avons pas été élus pour soutenir aveuglément le gouvernement. Nous jouons un rôle crucial, soit celui d'assurer une surveillance et une responsabilisation et d'obtenir de meilleurs résultats pour les Canadiennes et les Canadiens.

[Traduction]

    Les Canadiens se posent de sérieuses questions sur la réponse du gouvernement à la pandémie jusqu'à présent. Les habitants de ma circonscription ont été choqués d'apprendre que le gouvernement avait détruit des réserves de fournitures médicales sans les remplacer. Après tout, le premier ministre a mis en garde les Canadiens contre une deuxième et une troisième vague de pandémie. Serons-nous prêts pour ces vagues? Le gouvernement a-t-il tiré des leçons de ses erreurs? A-t-il mis en place un plan pour aider les Canadiens à traverser la crise?
    Les Canadiens d'un bout à l'autre du pays suivent la consigne sur la distanciation physique et essaient de se conformer aux recommandations en constante évolution du gouvernement, car on leur a dit qu'il fallait aplatir la courbe afin de donner du temps au gouvernement. Cependant, bien que le gouvernement continue de faire des annonces, il n'a pas été en mesure de fournir des délais clairs. Les provinces ont reçu des masques défectueux et des trousses de dépistage contaminées. De nouvelles prestations sont annoncées, mais les critères d'admissibilité ne cessent de changer. Le gouvernement semble tellement occupé à corriger ses propres erreurs qu'il ne semble pas avoir de plan pour relancer l'économie une fois la crise sanitaire passée.

[Français]

    Les États-Unis ont déjà annoncé un plan pour redémarrer leur économie. D'autres pays font la même chose. Oui, nous devons répondre au danger bien réel et immédiat de la COVID-19, mais nous ne devons pas ignorer les autres conséquences de la fermeture.

[Traduction]

    Pour ce faire, nous devons reconnaître les répercussions que la pandémie a eues sur les Canadiens qui ont d'autres problèmes de santé graves et dont les opérations et les traitements ont été reportés, reconnaître les conséquences de la situation sur la santé mentale des Canadiens dans tout le pays et reconnaître les effets à long terme d'une récession économique sans précédent.
    Quel est le plan du gouvernement pour aider les Canadiens acculés à la faillite? Aucun montant d'aide gouvernementale ne peut remplacer entièrement la puissance de l'économie canadienne. Par exemple, la Connexus Credit Union a déjà reçu 700 demandes et a traité 28 millions de dollars de prêts aux entreprises. Seul un quart de ce montant est admissible à une exonération complète. Ces entreprises devront réaliser collectivement des profits d'environ 21 millions de dollars d'ici la fin de l'année pour éviter de payer des intérêts sur leurs prêts. Nous sommes presque en mai. Comment devraient-elles s'y prendre avec un gouvernement qui a ordonné que l'économie reste fermée?
    Le gouvernement acceptera-t-il enfin notre proposition de rembourser la TPS qu'il a perçue l'année dernière aux petites entreprises afin qu'elles disposent immédiatement des liquidités nécessaires pour payer leurs travailleurs?

[Français]

    Les Canadiennes et les Canadiens méritent de savoir quel est le plan pour que ce pays recommence à travailler. Est-ce que le gouvernement va continuer d'écouter exclusivement les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé ou est-ce qu'il va commencer à regarder les pays qui écoutent leurs propres experts et qui présentent des solutions créatives pour minimiser les infections et permettre à la société de fonctionner beaucoup plus librement?

  (1555)  

[Traduction]

    Depuis le début de cette crise, les libéraux ont tardé à agir; à fermer nos frontières; à renforcer les mesures de contrôle dans les aéroports; à admettre que les masques pouvaient empêcher la propagation de cette maladie; à travailler avec les entreprises canadiennes afin qu'elles réorientent leurs activités vers la fabrication de fournitures médicales indispensables; à augmenter la subvention salariale; et enfin, ils ont lamentablement tardé à offrir une aide au secteur de l'énergie. Durant les premiers jours de la crise, le gouvernement a tardé à intervenir, et les Canadiens en ont fait les frais. Les conséquences seront désastreuses si le gouvernement tarde à mettre en place un plan pour que l'on puisse se sortir de cette crise.

[Français]

    Je tiens à être clair: les conservateurs ne veulent pas un retour à la normale dès aujourd'hui. Nous ne voyons les signes d'espoir que dans quelques régions du pays. Nous devons continuer à aider les Canadiennes et les Canadiens à surmonter les répercussions sanitaires de cette crise, mais cela ne veut pas dire que le gouvernement ne devrait pas préparer un plan pour remettre le pays sur pied le moment venu.

[Traduction]

    Le gouvernement ne peut pas relancer l'économie à lui seul. Les Canadiens auront un rôle à jouer: les propriétaires qui tentent de garder leur entreprise à flot jusqu'à la réouverture, et les employés qui s'accrochent jusqu'à ce qu'ils puissent retourner au travail. Ce sont les Canadiens qui travaillent dur et qui innovent qui remettront notre pays et notre économie sur les rails, et le travail du gouvernement consiste à leur donner toutes les chances possibles d'y arriver.
    Il faut écouter les Canadiens, travailler avec les partis de l'opposition, mettre en œuvre nos solutions constructives et adopter véritablement une approche de type « Équipe Canada ». Les hommes et les femmes qui travaillent dans notre système de soins de santé, comme les infirmières, les médecins, les fournisseurs et tous les employés des services essentiels, comme les camionneurs, les pharmaciens et les employés d'épicerie, ont tous fait preuve d'un dévouement exceptionnel pour nous permettre de demeurer en santé et en sécurité. Ils nous ont fait gagner du temps, et j'espère que le gouvernement l'utilisera à bon escient.
    Aujourd'hui est une autre journée difficile pour les Canadiens, et nous nous devons de leur offrir un plan pour un avenir meilleur.

[Français]

    Monsieur le Président, 19 % des Québécois et des Québécoises sont âgés de 65 ans ou plus. Je m'en tiendrai à ceux qui sont âgés de 65 ans ou plus. Je ne veux pas créer une distinction qui me paraît arbitraire entre les aînés qui ont 65 ans ou plus, c'est-à-dire faire une catégorie pour ceux qui ont 65 à 75 ans et une autre pour ceux qui ont plus de 75 ans, ce qui semblait être l'approche du gouvernement lors de la campagne électorale, et même subséquemment.
    Ces 19 % de la population n'ont pas été l'objet d'énormément d'attention depuis le début de la crise, mais on a vu, aujourd'hui, parfois avec un enthousiasme incertain, que des compromis honorables sont possibles. Essayons d'en faire usage et travaillons à développer un compromis, une position, une idée, un ensemble de suggestions qui seront de nature propre à venir en aide aux aînés.
    Je rappelais au premier ministre, un peu plus tôt, que nous avions publié un ensemble de mesures, il y a environ deux semaines. Je lui ai d'ailleurs écrit directement, afin de soutenir les aînés du Canada et du Québec. Ces mesures étaient essentiellement de six natures différentes.
    Dans un premier temps, il s'agissait d'augmenter la Pension de la sécurité de la vieillesse de 110 $ par mois. C'était notre position en campagne électorale, mais maintenant on est prêt à dire que ce serait une mesure temporaire.
     La deuxième mesure est une amélioration au Supplément de revenu garanti. La troisième mesure — mon collègue de Joliette en parlait un peu plus tôt — vise à protéger les régimes de retraite privés. Certaines entreprises qui ont des régimes de retraite présentent une vulnérabilité particulière. Il y a des entreprises qui ne traverseront pas la crise. On espère que ce ne sera pas le cas, mais on va être lucide. Il y a un risque significatif de concentration dans la propriété des entreprises, bref il y aura des acquisitions qui ne seront pas nécessairement hostiles, mais qui seront facilitées par la vulnérabilité financière d'entreprises. Dans ces acquisitions, lorsqu'on mettra les entreprises carrément en faillite, on tentera de faire en sorte que les régimes de retraite gérés par l'entreprise ne soient pas traités comme des créanciers privilégiés et qu’essentiellement les gens qui ont contribué pendant des années à ces régimes perdent l'entièreté ou une grande partie de ce qui leur reviendrait. Il faut protéger cela.
    Lorsqu'on a un régime, on est obligé d'en sortir un certain montant annuellement. Compte tenu des rendements actuels de la plupart des régimes qui sont franchement négatifs, il apparait assez odieux de dire aux gens de réduire encore davantage le capital sur lequel ils sont censés bâtir leur propre avenir.
    Il y a le problème du prix des médicaments et il y a aussi le problème de l'isolement.
    De nos jours, on reconnaît tous qu'Internet qui n'est pas à haute vitesse, c'est un peu comme une bicyclette à pédale sur une autoroute. On reconnaît tous qu'Internet haute vitesse est devenu un service essentiel. Auparavant, lorsqu'on parlait d'un service essentiel, on se disait que, s'il est essentiel, c'est parce qu'il faut que tout le monde l'ait. Si les gens n'ont pas l'électricité, personne ne dirait que ce n'est pas grave. Personne ne dira que, bien que ce soit essentiel, il n'y en aura pas dans une communauté. L'eau courante est un service essentiel et on n'arrête pas d'insister et de dire au gouvernement qu'il doit s'assurer que toutes les communautés autochtones y ont accès. Pour ce qui est du téléphone, il n'y a plus grand monde qui se pose la question là-dessus. L'Internet haute vitesse aujourd'hui est dans cette catégorie. Les aînés, qui sont souvent isolés, en ont besoin au moins autant que quiconque. Dans nos mesures, nous demandons qu'on fasse qu'Internet haute vitesse soit un service essentiel et qu'on brise l'isolement des aînés.
    En parlant d'isolement, je reviens sur la principale mesure, qui est celle qui est relative à la pension de vieillesse. Cent dix dollars par mois, ce n'est pas énorme, mais, pour chacune des personnes qui en est le ou la récipiendaire, notamment dans les régions du Québec, c'est le soutien d'un pouvoir d'achat utilisé immédiatement et dépensé dans la communauté. Dieu sait que les aînés ne font pas d'économies avec ce qu'ils reçoivent du gouvernement.

  (1600)  

     C'est un soutien à l'économie des régions. C'est une façon de briser non seulement l'isolement chez les aînés, mais aussi un isolement qui a lieu dans toutes les régions actuellement, pour des raisons que nous connaissons.
    Bien sûr, on pourrait se demander si ces mesures, ou cette mesure en particulier, ne sont pas trop coûteuses. Je vais donc donner quelques chiffres. L'ensemble des mesures prises par le gouvernement pour débloquer des liquidités totalisent environ 270 milliards de dollars. Les dépenses directes du gouvernement pour soutenir l'économie sont de l'ordre de 107 milliards de dollars. Sur une base annuelle, l'augmentation de la pension de vieillesse pour tous les aînés de plus de 65 ans au Canada coûterait 4 milliards de dollars. Si on en fait une mesure temporaire, comme les autres mesures, on parle d'environ 1 milliard de dollars.
    Ce n'est pas rien, 1 milliard de dollars. Personne ne va prétendre que ce n'est pas beaucoup d'argent, mais il faut comparer cela aux 250 milliards de dollars en liquidités débloquées à ce jour. Ces 250 milliards de dollars sont allés partout, sauf chez les aînés.
    Le gouvernement ne peut même pas nous dire ce qu'auront coûté les mesures qu'il a annoncées. Dire que les mesures qu'il a mises en place sont négligeables aurait l'air ingrat, mais c'est extrêmement peu de choses. Vingt-cinq dollars par mois pour un aîné en couple, franchement, je ne suis pas sûr que cela couvre la variation du prix des légumes. Il va falloir faire mieux et en faire plus.
    J'invite le gouvernement à financer cette mesure d'une manière qui a été d'ailleurs mentionnée par nos collègues du NPD. Si le gouvernement bouchait le fond du lavabo de l'évitement fiscal auquel s'adonnent les grandes entreprises et en particulier les banques, ma foi, il pourrait financer plusieurs fois cette mesure. Il pourrait peut-être financer l'ensemble des mesures.
    On dit que l'évitement fiscal n'est pas illégal, mais cela ne veut pas dire que ce n'est pas immoral. L'évitement fiscal coûte des milliards de dollars à l'État canadien, et cet argent pourrait servir à faire cet effort crucial pour les aînés.
    Ce matin, j'ai voulu parler un peu de science et de recherche — cela ne m'arrive pas deux fois —, mais le temps m'a manqué. Au cours des derniers jours, on a porté à mon attention qu'il existait au mois de mars de chaque année une date de dépôt de ce qu'on appelle les concours. Ce n'est pas un tirage au sort, cela ressemble plus à des soumissions. Des centres de recherche soumettent des projets, certains sont sélectionnés et l'argent est réparti parmi les récipiendaires de toutes les régions du Canada et du Québec.
    Le mois dernier, cela a simplement été reporté ou annulé, et cela fait extrêmement mal au milieu de la recherche. De plus, les centres de recherche ne sont admissibles ni à la Prestation canadienne d'urgence, à laquelle les gens n'ont pas accès, ni à la subvention salariale, parce que ce sont, dans certains cas, des organismes considérés comme publics. Ainsi, la recherche et la science dont on aura tant besoin sont un peu négligées. Enfin, il faut donner un soutien particulier aux entreprises innovantes.
    Je reviendrai encore et toujours sur ces thèmes, parce que je ne comprends pas, compte tenu des mesures mises en œuvre pour soutenir l'économie et le pouvoir d'achat des Canadiennes et des Canadiens et des Québécoises et des Québécois, pourquoi on n'est pas allé aider spécifiquement les gens les plus fragiles et les plus vulnérables sur le plan de la santé et sur le plan économique, c'est-à-dire nos aînés.
    J'invite donc le gouvernement et le Parlement à faire preuve d'une sensibilité toute particulière, parce que de notre côté, sur une question comme celle-là, nous serons extrêmement persistants et insistants.

  (1605)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'aimerais commencer en parlant de la manière dont la crise liée à la COVID-19 s'est installée dans tout le pays. Nous sommes aux prises avec ses conséquences d'un océan à l'autre. Face à ce défi vraiment gigantesque, j'ai été inspiré par le courage, la compassion et la gentillesse des Canadiens. Il y a un secteur en particulier pour lequel nous devons faire plus que dire merci. Nous avons entendu des gouvernements remercier les travailleurs de la santé de première ligne, mais ces travailleurs ont besoin de bien plus que de nos simples remerciements.
    Être reconnaissant envers les travailleurs de première ligne et les travailleurs essentiels est certes important, mais vraiment pas suffisant. Ce dont ces travailleurs ont besoin, c'est de savoir qu'ils auront l'équipement nécessaire pour se protéger pendant cette pandémie.
    Je parle des gens qui nous livrent notre épicerie, de ceux qui travaillent dans les supermarchés ou dans le secteur des transports, et de ceux qui nous livrent nos repas. Je parle du personnel d'entretien ménager et des concierges, de tous ces gens qui font en sorte que nos lieux de travail et les endroits où nous faisons nos courses sont propres, contribuant ainsi à stopper la propagation de la maladie. Il y a les travailleurs de la santé dans les foyers de soins personnels, et ceux qui aident les personnes handicapées. Tous ces travailleurs de tous ces secteurs, notamment les travailleurs de la santé, des transports, de l'alimentation et des services de conciergerie, ont besoin de plus que de simples remerciements. Ils ont besoin d'équipement qui les protégera pendant leur quart de travail. Ils doivent pouvoir avoir accès à de l'équipement de protection individuelle de la plus haute qualité qui soit afin de pouvoir garantir leur sécurité.
    Il faut aussi que le gouvernement fédéral agisse maintenant pour les travailleurs essentiels qui sont aux premières lignes, qu'ils fournissent des services alimentaires ou des services financiers dans des coopératives de crédit. Nous devons donner aux travailleurs de première ligne une prime de courage, un supplément pour souligner l'excellent travail qu'ils accomplissent au cours de cette crise, ainsi que les risques et les dangers auxquels ils doivent faire face. Nous l'avons déjà demandé auparavant et nous le demandons de nouveau. Nous devons nous assurer que ces travailleurs reçoivent un soutien supplémentaire dans le contexte actuel. Il est essentiel que ceux qui ne travaillent pas aient accès à une aide financière comme la Prestation canadienne d'urgence, mais nous devons aussi soutenir les gens qui travaillent encore et qui aident grandement les collectivités.
    Il est aussi important de souligner que ce n'est pas par choix que certains de ces travailleurs travaillent, étant donné qu'ils n'ont pas le choix. Ils doivent travailler pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Voilà pourquoi il est crucial qu'ils reçoivent un soutien financier supplémentaire.

  (1610)  

[Français]

    Il existe de nombreuses histoires de travailleurs essentiels qui n'ont pas accès aux équipements de protection individuelle ou qui ne sont pas protégés par des mesures de santé et de sécurité. Certains de ces travailleurs ont déjà perdu la vie à cause de la COVID-19. Ils sont morts parce qu'ils sont allés travailler.
    Cette crise démontre à quel point le système actuel est défectueux. Le travail le plus important de notre société, soit celui de prendre soin de tout un chacun, est parmi les moins bien payés.

[Traduction]

    C'est une réalité bouleversante qu'il faut reconnaître. Les personnes qui offrent certains des services les plus essentiels comptent parmi les travailleurs les moins bien payés.
    Je tiens à souligner un groupe de travailleurs particulier, qui travaille très fort en ce moment sans mesures de protection suffisantes et, dans certains cas, dans de très mauvaises conditions.
     Jeff Bezos, propriétaire d'Amazon, engrange 250 millions de dollars de bénéfices par jour. Personne ne fait autant d'argent. Il prend cet argent aux personnes qui travaillent pour lui. C'est l'homme le plus riche de la planète, mais ses employés n'ont même pas droit à des congés de maladie payés. Il a demandé des dons à la population. Madame la Présidente, c'est incroyable: il a eu l'audace de demander des dons à la population pour aider les travailleurs qui doivent s'isoler, alors que c'est l'homme le plus riche au monde.
    Les travailleurs d'Amazon disent qu'ils n'ont pas d'équipement de protection et certains d'entre eux ont été congédiés pour en avoir parlé. Malgré cela, le gouvernement libéral donne de l'argent des contribuables canadiens à cette entreprise. Au lieu de faire appel à notre fonction publique, à notre service postal, le gouvernement se tourne vers cette entreprise privée qui n'a pas du tout la réputation de traiter ses employés de manière équitable.
    J'aimerais aborder la question des soins de longue durée. Les établissements de soins de longue durée sont au cœur de cette crise de la COVID-19, des ravages de cette maladie. C'est là que cette maladie frappe le plus fort, qu'elle entraîne de terribles pertes de vies. Nos aînés, des gens qui ont contribué à la société et fait des sacrifices toute leur vie, vivent dans des établissements de soins de longue durée dans lesquels les conditions sont déplorables. Ces aînés méritent respect et dignité, mais leur réalité est tout autre. C'est dans ces établissements que la situation est la plus désespérée.

[Français]

    Les gouvernements fédéral et provinciaux savent depuis des années que nos systèmes de soins de longue durée et de soins à domicile ne sont pas en mesure de fournir des soins sûrs et dignes à nos aînés. Certains de nos citoyens les plus vulnérables, qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes, vivent dans des établissements de soins de longue durée. Même avec un personnel dévoué et compatissant, de nombreux membres du système de soins de longue durée n'ont tout simplement pas le temps ou les ressources nécessaires pour faire le travail qu'ils savent nécessaire.

[Traduction]

    Des gouvernements provinciaux et fédéraux de tout le pays, surtout des gouvernements libéraux et conservateurs, ont permis à des entités à but lucratif d'exploiter ces foyers. Ces exploitants rognent sur les coûts et mettent les familles en danger, car ils ont pour objectif de faire des profits. Ils ne se soucient donc pas d'offrir des soins d'excellente qualité. Ils cherchent à maximiser le rendement sur leurs investissements. Résultat: des gens souffrent; nous sommes témoins de cette souffrance partout au Canada.
    Les néo-démocrates ont parlé de l'importance d'assurer les Canadiens de la tête aux pieds. Rien n'illustre autant combien c'est important que le traitement réservé aux aînés. C'est pourquoi nous avons réclamé l'établissement de normes nationales partout au pays. Une fois celles-ci établies, nous devons intégrer les foyers de soins de longue durée dans la Loi canadienne sur la santé pour que le gouvernement fédéral soit responsable du traitement des aînés qui y habitent.
    Je tiens à souligner que la crise de la pandémie de COVID-19 a mis au grand jour les inégalités de la société canadienne et a permis de révéler les lacunes des programmes sociaux. Il est devenu clair que les Canadiens veulent prendre mieux soin les uns des autres, mais les programmes et le système de santé actuels sont lacunaires. Ils ne suffisent pas, et ce n'est pas l'effet du hasard. La situation découle d'une décision prise par les gouvernements de priver le système de santé publique de fonds cruciaux dont il a besoin.
    Pour conclure, quel type de Canada souhaitons-nous bâtir? Ne revenons pas à l'ancienne normalité. Ne revenons pas à la normale. Instaurons une nouvelle normale, et demandons-nous à quoi ressemble cette nouvelle normale. Je pense par exemple à un système de soins de santé financé adéquatement, qui couvre tous les citoyens, de la tête aux pieds. Je pense à des programmes sociaux solidaires des gens. Je pense aussi qu'il faut prendre mieux soin les uns des autres en élargissant l'assurance-emploi de manière à la rendre plus universelle. Il faut également faire en sorte que les congés de maladie payés ne soient pas un luxe, mais un droit dont jouissent tous les travailleurs. Enfin, il faut de meilleurs salaires pour les employés des services essentiels et pour ceux qui travaillent en première ligne, afin qu'ils puissent dignement gagner leur vie.
    Je crois que nous pouvons sortir de cette crise plus forts. Nous devons prendre soin les uns des autres. C'est ce que les Canadiens nous ont dit. C'est notre travail. Si nous effectuons les bons choix, nous pouvons bâtir un avenir meilleur, un avenir plus juste et plus égalitaire pour l'ensemble des Canadiens.

  (1615)  

    Madame la Présidente, c'est un peu irréel de voir seulement quelques députés à la Chambre. Mon voyage à travers le pays pour me rendre ici a été très étrange. J'avais le choix entre faire un vol de nuit de 16 heures, sans escale, ou d'échelonner mon déplacement sur deux jours, avec escales dans des aéroports vides.
    Le Parti vert représente 1,1 million d'électeurs. Il est donc important que je les représente ici aujourd'hui. C'est une moyenne de 387 000 électeurs par député. En comparaison avec les autres partis, les libéraux représentent 38 000 électeurs par député, et les conservateurs, 50 000 électeurs par député, en moyenne. Je parle donc au nom d'un grand nombre de personnes, celles qui ont voté pour les verts.
    Nous devons respecter les directives des autorités de la santé publique et faire preuve de respect à l'égard des travailleurs de la santé et les travailleurs de première ligne qui risquent leur vie en combattant cette pandémie. Nous avons collaboré avec le gouvernement libéral dans les coulisses, non pas pour faire de la partisanerie sur le dos de la pandémie, mais pour communiquer avec les ministres et les secrétaires parlementaires et mettre de l'avant les préoccupations.
    Nous avons examiné certains des programmes qui ont été présentés, et nous avons proposé des idées sur les changements qui doivent y être apportés pour corriger leurs lacunes. Une partie des changements que nous réclamions ont été apportés, même si cela ne s'est pas toujours fait aussi rapidement que nous le souhaitions. Cependant, nous travaillons ensemble pour passer à travers cette crise qui nous touche tous.
    Les employés d'épicerie, les travailleurs de la santé de première ligne et les employés des maisons de soins infirmiers font tous du travail essentiel qui ne peut pas être accompli à distance. De plus, aucun de ces travailleurs ne doit passer par deux ou trois aéroports pour se rendre au travail comme je l'ai fait. Le personnel des entreprises partout dans le monde, y compris les plus grandes, travaille à distance. Des classes virtuelles sont organisées sur Zoom, et les enseignants peuvent donner à leurs étudiants l'occasion de parler et d'interagir. Nous devrions nous aussi pouvoir travailler à distance.
    Les députés ayant un accès limité à Internet pourraient travailler à distance à partir d'un hôtel ou d'un motel situé à proximité de l'endroit où ils vivent et réduire ainsi leurs déplacements à travers le pays. Cela nous permettrait également d'économiser de l'argent. Jusqu'à maintenant, les députés ont exercé efficacement leur rôle de surveillance. Or, certains députés tentent de semer la peur et de créer un problème qui n'existe pas.
    Nous avons un moyen de demander des comptes au gouvernement. Il suffit de regarder les vidéos des séances du comité des finances pour le constater.
    Cette pandémie a mis en évidence nombre des problèmes que nous connaissons dans ce pays. J'ai parlé des conditions de vie dans une résidence pour personnes âgées de ma propre communauté, le Nanaimo Seniors Village. Heureusement, cet établissement a été pris en charge par l'autorité sanitaire de l'île de Vancouver, qui a pu régler le problème avant que la pandémie ne se déclare.
    Cette résidence pour aînés a été revendue plusieurs fois à des exploitants privés. Chaque fois, les travailleurs ont été licenciés, l'accréditation du syndicat a été révoquée, puis les travailleurs ont été réembauchés à un salaire inférieur pour des emplois à temps partiel sans avantages sociaux. Ces travailleurs ont donc dû aller travailler dans plus d'une résidence pour aînés. Cette situation se produit à différents endroits au pays, et on constate aujourd'hui que ces travailleurs répandent la COVID-19 d'une résidence pour aînés à l'autre, créant ainsi une tragédie qui aurait pu être évitée.
    Les étudiants qui espéraient trouver du travail cet été sont laissés pour compte. Les étudiants qui obtiennent leur diplôme et qui avaient des emplois en vue ne peuvent bénéficier d'aucun programme. Les personnes âgées et les personnes handicapées font face à des coûts plus élevés en raison de la COVID-19 et ne reçoivent pas l'aide dont elles ont besoin.
    Les microentreprises et les nouvelles entreprises sont laissées pour compte. Une microbrasserie de ma communauté a démarré en novembre. Elle ne répond pas au critère des 20 000 $ de masse salariale pour l'année dernière, mais elle a versé 13 000 $ en décembre, 13 000 $ en janvier et 13 000 $ en février. Faute de pouvoir bénéficier d'une aide, les personnes qui les dirigent vont perdre toutes leurs économies, et leur dur labeur et tout leur engagement n'auront servi à rien.

  (1620)  

    Dans ma circonscription, il y a une aînée qui a travaillé toute sa vie. L'année dernière, elle n'a pas travaillé pendant huit mois à cause d'une opération. Elle a recommencé à travailler en janvier, mais elle n'est pas admissible à la Prestation canadienne d'urgence parce qu'elle n'a pas gagné 5 000 $ l'année dernière, même si elle a gagné plus de 5 000 $ toutes les autres années et qu'elle a payé des impôts. Maintenant, elle a besoin d'aide, mais elle n'a droit à rien.
    Nous avons une solution à ce problème. Nous constatons actuellement les inégalités flagrantes qui existent dans les collectivités canadiennes. Dans ma circonscription et ailleurs au pays, il y a une crise de l'itinérance. Avec un revenu minimum garanti, aucun Canadien ne verrait son niveau de vie se dégrader au point de ne plus pouvoir pour s'offrir un logement, une alimentation saine et nutritive et une bonne qualité de vie.
    Nous pourrions fournir un revenu de subsistance garanti d'urgence en envoyant un chèque à tous les Canadiens et en ayant recours à la facturation inversée, où ceux qui n'ont pas besoin du chèque le retournent. Ultimement, l'an prochain, ceux qui n'avaient pas besoin du chèque et qui ne l'ont pas retourné seraient imposés en fonction du montant de ce dernier. Ainsi, nous n'oublierions personne. Je pourrais dresser une longue liste de personnes qui n'ont pas droit à ces programmes. Nous devons relancer l'économie, et ce, de façon sécuritaire.
    Nous devrions nous inspirer de Taïwan. Mon frère y vit et y travaille. Cet État faisait partie des 10 pays les plus touchés par la COVID-19 en février. Il a eu son premier cas présumé le même jour de janvier que le Canada. Au moment où le monde a constaté la propagation du virus à Wuhan, Taïwan a accru la production de ses usines; elle a eu recours à l'armée pour aider à accélérer la production d'équipement de protection individuelle sur son territoire. Elle ainsi fait des réserves.
    Mon frère n'a pas pu enseigner pendant deux semaines. Sa conjointe n'a pas manqué un jour de travail. Deux semaines après le congé d'hiver, les étudiants sont retournés à l'école, munis d'un masque. Mon frère enseigne en portant un masque. Chaque semaine, il achète trois masques à la pharmacie. C'est le nombre auquel il a droit. Taïwan a interdit la constitution de réserves. De plus, les gens qui fixent des prix abusifs s'exposent à sept ans de prison ou à une amende de 700 000 $. La situation a été prise au sérieux. Taïwan occupe maintenant le 106e rang de la liste des pays touchés par la COVID-19. Elle compte 422 cas et 6 décès. Le Canada, lui, est treizième. Nous avons 36 000 cas et 1 600 décès.
    Il sera certainement possible, après la crise, de faire des analyses et de tirer des leçons. Le gouvernement a eu l'humilité d'admettre que sa réponse initiale n'était pas parfaite et il a demandé conseil aux députés de l'opposition afin d'améliorer les mesures présentées. Encore aujourd'hui, de nombreuses entreprises et de nombreuses personnes passent entre les mailles du filet.
    L'heure n'est pas à la recherche de coupables ni aux querelles partisanes. Nous devons continuer de cerner les groupes et les entreprises qui ne sont pas couverts par les programmes d'aide en réponse à la COVID-19 et voir à ce qu'ils reçoivent de l'aide.
    Nous devons faire face à une crise encore plus grave: l'urgence climatique. Nous l'avons tous reconnu. Les scientifiques et les épidémiologistes nous avertissent depuis des années que les changements climatiques favoriseront l'éclosion de pandémies. La saison des incendies de forêt est déjà commencée en Colombie-Britannique. Les préparatifs relatifs aux inondations sont en cours partout au pays. Il faut aussi écouter les scientifiques sur ce front et agir pour éviter les catastrophes.
    La crise de la COVID-19 nous a montré que nous pouvons y arriver. Nous pouvons travailler tous ensemble. Nous pouvons agir; c'est l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants qui en dépend.
    Nous avons aussi constaté toute l'importance de financer le système de santé. Nous devons assurer la robustesse du réseau de la santé canadien, ainsi que celle de l'infrastructure connexe. C'est important.
    Nous pouvons tirer de nombreuses leçons de cette situation difficile. Présentement, ce sont des leçons que nous ne devons pas ignorer à mesure que nous traversons la crise et que nous gardons espoir en notre capacité d'en sortir tous en meilleure posture. Ensemble, nous pouvons y arriver.

  (1625)  

[Français]

    Conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, la Chambre se forme maintenant en comité plénier pour examiner des questions liées à la pandémie de la COVID-19.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

La pandémie de COVID-19

    (La Chambre se constitue en comité plénier pour examiner des questions liées à la pandémie de COVID-19, sous la présidence de Mme Alexandra Mendès)

    Avant d'entamer le débat, je rappelle aux députés le déroulement des délibérations. Conformément à l'ordre adopté plus tôt aujourd'hui, aucun député n'aura la parole pendant plus de cinq minutes à la fois durant les délibérations du comité, temps de parole qui pourra être consacré à poser des questions à un ministre ou à un secrétaire parlementaire agissant au nom d'un ministre.

[Français]

    Les députés peuvent partager leur temps de parole avec un ou plusieurs députés en indiquant à la présidence qu'ils ont l'intention de procéder ainsi. De plus, compte tenu des échanges rapides en comité plénier, nous suspendrons les délibérations toutes les 45 minutes afin de permettre aux employés qui fournissent un appui aux travaux de la séance de se substituer en toute sécurité.

[Traduction]

     Le débat prendra fin après 27 interventions ou lorsque plus aucun député ne demandera la parole. Nous commençons le débat.
    J'invite le chef de l’opposition à prendre la parole.
    Madame la présidente, j'aimerais souligner plusieurs lacunes dans le programme de subvention salariale mis en place par le gouvernement. Aux quatre coins du pays, de nombreuses petites entreprises nous font part de leur situation: des entreprises familiales qui touchent des dividendes, des travailleurs autonomes qui sont propriétaires-exploitants d'entreprises, des entreprises saisonnières et des sociétés de projets qui reçoivent des paiements forfaitaires.
    Le premier ministre va-t-il continuer à élargir les critères d'admissibilité afin d'envisager d'autres mesures qui permettront à ces entreprises en difficulté d'éviter de mettre à pied des travailleurs canadiens?
    J'aimerais citer un exemple très précis. Dans ma circonscription, Brandt Tractor est une entreprise canadienne qui connaît un succès retentissant. Comme elle a fait l'acquisition d'une autre société en octobre 2019, elle ne peut montrer qu'elle a subi une baisse de 30 % de ses revenus, parce que ses livres comptables tiennent compte des activités de l'entreprise qu'elle a achetée. Cependant, si on additionne les activités des deux entreprises, on constate que la baisse excède largement les 30 %. Pourtant, en raison des critères d'admissibilité, Brandt Tractor ne pourra garder des centaines d'employés.
    Le premier ministre va-t-il continuer à examiner les cas de ce genre pour s'assurer que le plus de personnes possible peuvent bénéficier du programme?

  (1630)  

    Madame la présidente, quand la pandémie a éclaté, nous avons compris que nous devions agir extrêmement vite pour aider les Canadiens afin qu'ils puissent prendre les mesures nécessaires pour s'isoler, rester chez eux et éviter la propagation de ce virus. Pour ce faire, nous devions aider les Canadiens pour qu'ils puissent respecter ces mesures et n'aient pas à se mettre en danger en allant travailler s'ils n'étaient pas absolument obligés d'y aller afin d'avoir de quoi manger et de quoi payer le loyer.
    Nous avons, néanmoins, aussi compris que ce ralentissement, voire cette quasi-paralysie de l'économie canadienne devrait s'arrêter et que nous devrions revenir à la normale le plus vite possible. C'est pour cela que nous avons décidé de garder les Canadiens dans leurs emplois autant que possible grâce à la subvention salariale. Elle permet aux employeurs de garder leurs salariés de sorte que, quand les affaires reprendront, ceux-ci pourront se remettre au travail presque tout de suite.
    Nous avons agi très rapidement et pris des mesures très générales. Nous reconnaissons toutefois qu'il faut améliorer et perfectionner tant la PCU que la subvention salariale et combler leurs lacunes. Bien que nous ayons aidé immédiatement la grande majorité des entreprises et des particuliers, nous savons que nous devons continuer à perfectionner et à améliorer ces programmes de façon à ce que tous ceux qui en ont besoin puissent en bénéficier. C'est pourquoi je remercie tous les députés de nous faire part de leurs suggestions pour améliorer les programmes.
    Madame la présidente, j'espère que le premier ministre examinera la situation que j'ai soulevée et qu'il corrigera le tir, car des centaines d'employés partout au Canada pourront continuer à travailler si Brandt Tracteur, en particulier, est en mesure de s'inscrire au programme.
    Étant donné que le gouvernement parle d'apporter des changements à des programmes qui ont déjà été annoncés, j'aimerais attirer l'attention du premier ministre sur l'effet dissuasif de la Prestation canadienne d'urgence. Il existe de nombreux exemples où le plafond de 10 heures par semaine empêche des gens d'accepter un emploi disponible. Nous croyons que la PCU devrait être conçue de manière à être progressivement supprimée à mesure que les gens travaillent de plus en plus afin qu'il soit toujours préférable pour les Canadiens d'accepter les emplois disponibles.
    Maintenant que le programme a été conçu et que les Canadiens ont commencé à recevoir de l'aide, le premier ministre envisagera-t-il de rendre le programme plus souple afin que les Canadiens puissent travailler plus d'heures pendant qu'ils reçoivent cette prestation?
    Madame la présidente, oui, nous le ferons. En effet, le salaire qu'une personne qui travaille peut toucher tout en recevant la Prestation canadienne d'urgence est déjà passé d'environ 500 $ par mois, ce qui correspond à 10 heures par semaine, à 1 000 $ par mois. Nous avons apporté cette modification parce que nous avons constaté que beaucoup d'emplois sont en situation d'heures réduites. De nombreuses personnes font partie de l'économie à la demande et veulent pouvoir continuer à travailler un peu, mais ils ont besoin de la fiabilité de la Prestation canadienne d'urgence parce que bien d'autres secteurs de l'économie sont paralysés.
    Voilà un exemple de cas où nous avons écouté les préoccupations des gens. Maintenant, ils peuvent gagner jusqu'à 1 000 $ par mois et continuer à recevoir la Prestation canadienne d'urgence parce que je suis tout à fait d'accord pour dire que, plus les gens maintiennent des liens avec le marché du travail et leurs obligations et leurs responsabilités professionnelles, plus nous sortirons rapidement et facilement de cette crise.
    Madame la présidente, cet après-midi, j'ai demandé au premier ministre s'il pouvait confirmer que trois avions envoyés en Chine pour récupérer du matériel médical ont dû revenir vides hier soir. Il a semblé dire que c'est effectivement le cas.
    J'aimerais qu'il le confirme explicitement et qu'il dise à la Chambre si c'est en raison du gouvernement de la Chine que ces avions sont revenus vides au Canada ou qu'il explique pourquoi le Canada n'a pas été en mesure d'obtenir le matériel pour lequel ces avions ont été envoyés.
    Madame la présidente, la perturbation des chaînes d'approvisionnement cause beaucoup de difficulté dans le monde, et ce, depuis plusieurs semaines. Nous nous souvenons du problème concernant la société 3M aux États-Unis. Nous avons connu d'autres embûches pour ce qui est de l'obtention du matériel nécessaire en provenance de la Chine, dont des cargaisons en retard ou forcées de faire un détour. Nous savons que les difficultés se poursuivront. Cela dit, nous avons été en mesure d'obtenir suffisamment d'équipement de protection individuelle pour alimenter les provinces jusqu'à maintenant, et des entreprises canadiennes offrent à présent leurs produits en ligne.
    Oui, la chaîne d'approvisionnement a été perturbée par la concurrence mondiale, par les actions de certaines personnes et de certains pays. Nous pouvons néanmoins assurer aux Canadiens que nous faisons tout en notre pouvoir pour obtenir le matériel dont nos travailleurs de première ligne ont besoin et que, jusqu'à présent, nous y parvenons.

  (1635)  

[Français]

    Madame la présidente, on a tous déjà entendu cet adage, cette habitude qu'ont certains leaders de certains milieux de dire à leurs gens de ne pas arriver avec un problème, mais bien d'arriver avec une solution au problème. Je vais tenter de faire cela.
    J'ai soulevé à de nombreuses reprises le problème des aînés qui, à ce jour, ont été l'objet disproportionnellement de peu d'attention de la part du gouvernement. Nous estimons notre demande à environ 1 milliard de dollars, alors que le gouvernement a engagé au-delà de 250 milliards de dollars d'une façon qui, dans l'ensemble, nous semble acceptable. Nous avons contribué à cette réflexion.
    Il y a un nouvel intérêt aujourd'hui pour une initiative du Danemark qui aurait été adoptée en Pologne et au Royaume-Uni, chacun selon son régime fiscal et légal. Il s'agit de rendre inadmissibles aux différentes formes d'aide offertes sur le territoire les entreprises qui sont enregistrées à l'étranger. Déjà, il y a quelque chose qui permettrait d'économiser en masse d'argent pour financer l'aide que nous souhaitons accorder aux aînés. Cela me semble une piste à envisager.
    Le nombre est tellement gros qu'il y a des débats sur le nombre. Il s'agit de milliards de dollars, de l'argent qui légalement ne vient pas au Canada. Le fait que cet évitement fiscal soit légal ne le rend pas moral.
    Au moment d'engager des dizaines de milliards de dollars de l'argent des Canadiennes, des Canadiens et des Québécois, le premier ministre a-t-il considéré agir dans le même sens?
    Va-t-il dire que toutes nos mesures ne sont pas accessibles aux entreprises enregistrées à l'étranger et qui, conséquemment, font de l'évitement fiscal?
    Madame la présidente, à chaque étape de notre réflexion, nous avons mis l'accent sur les citoyens, les travailleurs et les familles qui pourraient être affectés par une perte de revenus à cause de la COVID-19.
    Nous n'avons pas vérifié si les gens travaillaient pour des petites entreprises ou de grandes entreprises, pour des entreprises locales ou des entreprises multinationales. Nous n'avons pas jugé les Canadiens s'ils travaillaient pour une firme moralement bonne ou pour une firme qui vend du tabac ou des cigarettes. Nous ne jugeons pas moralement les travailleurs. Nous disons tout simplement que, s'ils ont perdu leur emploi à cause de la COVID-19, nous allons les aider.
    C'est par cette approche que nous avons pu mettre en place la Prestation canadienne d'urgence et la subvention salariale dans tout le pays pour permettre aux Canadiens d'avoir la confiance de pouvoir rester chez eux, faire leurs emplettes et appuyer leur famille. C'était notre priorité dès le début.
    Effectivement, l'évitement fiscal est un grand problème. C'est la raison pour laquelle nous avons investi des milliards de dollars dans l'Agence du revenu du Canada. Nous cherchons à instaurer de meilleures mesures contre ces enjeux.
    À chaque étape de la lutte contre la COVID-19, nous avons voulu privilégier l'aide aux travailleurs, quel que soit l'emploi qu'ils occupaient.
    Madame la présidente, j'ai tendu une très grande perche au premier ministre. Il y avait même du velcro au bout de la perche. Il n'avait qu'à l'attraper; la solution était là. Or c'est avec une certaine stupéfaction que j'ai entendu qu'on ne se demandera pas si le comportement des entreprises que l'on va aider est éthique ou moral.
    À bien des égards, nous sommes tous d'accord pour dire qu'une partie de l'aide doit aller aux entreprises. Maintenant, il y a « entreprise » et « entreprise ». Il y a des entreprises, des PME locales, qui se battent quotidiennement pour exister et qui ont beaucoup de difficultés. Il y a d'autres entreprises qui n'ont pas du tout de difficultés et qui versent peu ou pas d'impôt au Canada, mais qui en versent à l'étranger, parce que c'est moins cher. Peut-on simplement exclure ces entreprises, puisqu'elles n'ont pas besoin d'aide?
    Il va falloir sortir de là un moment donné, mais il ne faut pas demander aux citoyens qui paient des taxes et de l'impôt d'en payer davantage sous prétexte que certaines entreprises n'en paient pas. Il me semble que c'est une question éthique élémentaire. Le scandale, c'est que ce soit légal. Selon notre régime fiscal, c'est légal de faire de l'évitement fiscal. Pourtant, pendant ce temps de crise, il manquera des milliards de dollars, et on les verra aller dans des paradis fiscaux.
    Le premier ministre ne trouve-t-il pas irresponsable de ne pas aller chercher l'argent légitime là où il est?

  (1640)  

    Madame la présidente, la réalité, c'est que nous avons choisi de nous occuper d'abord et avant tout des travailleurs qui ont perdu leur emploi, quelle que soit l'entreprise pour laquelle ils ont travaillé. J'ai été très clair: si les gens abusent du système, s'ils magouillent pour obtenir de l'argent que nous offrons alors qu'ils ne le méritent pas, il y aura des conséquences extrêmement sévères.
    Je ne crois pas que l'honorable député de Beloeil—Chambly suggère de ne pas aider des travailleurs s'ils ont la malchance de travailler pour une entreprise qui n'est pas tout à fait morale tout en étant légale. Nous ne voulons pas punir les travailleurs selon l'entreprise pour laquelle ils travaillent. Ils ont une famille et une communauté qui dépendent d'eux. Nous allons remplacer leur travail. Nous nous concentrons sur les travailleurs eux-mêmes, et non pas sur l'entreprise.
    Bien sûr, il y a plusieurs réflexions par rapport aux entreprises qui ne font pas les bonnes choses et nous avons des mesures permettant de contrer cela. Toutefois, dans un tel moment d'urgence, notre priorité a été d'aider tous les Canadiens qui auraient perdu un chèque de paie à cause de la COVID-19, quelle que soit la nature de l'entreprise pour laquelle ils travaillaient. C'est notre priorité.

[Traduction]

    Madame la présidente, les néo-démocrates demandent au gouvernement libéral d'aider les familles et les petites entreprises qui ont du mal à payer leur loyer. Il est encourageant d'entendre que le gouvernement collabore avec les provinces pour offrir une aide concernant les loyers commerciaux. Nous attendrons de connaître les détails.
    Toutefois, le premier ministre s'engagera-t-il aujourd'hui à inclure les loyers résidentiels, car tant de personnes ont du mal à joindre les deux bouts et à payer le loyer, que ce soit pour leur entreprise ou pour leur famille?
    Madame la présidente, nous reconnaissons les défis que beaucoup trop de Canadiens doivent relever en ce moment. C'est pourquoi nous avons mis en place des mesures inédites, notamment la subvention salariale et la Prestation canadienne d'urgence qui donne 2 000 $ par mois aux personnes qui ont perdu leur emploi à cause de la COVID-19. Nous reconnaissons qu'il y a encore beaucoup à faire. Nous reconnaissons qu'il y a des défis à relever.
    Le gouvernement respecte également les compétences des provinces. Nous constatons que dans certains domaines, notamment les relations entre locataires et propriétaires, la province dispose de beaucoup plus d'outils et a beaucoup plus de responsabilités directes que nous. Nous avons proposé aux provinces de collaborer avec elles pour aider en ce qui concerne les loyers commerciaux, comme nous reconnaissons qu'il s'agit d'un enjeu qui a de profondes répercussions sur l'économie et qui constitue une lourde responsabilité dont l'ampleur peut varier d'une province à l'autre. De nombreuses provinces augmentent directement l'aide aux locataires en fonction de leur situation. Le gouvernement fédéral est là pour apporter son soutien de diverses manières, mais je peux également souligner avec une grande fierté que les gouvernements provinciaux participent à l'action collective.
    Alors que nous cherchons à combler les lacunes et à relever les défis auxquels les Canadiens sont confrontés dans cette crise sans précédent, nous nous réjouissons de collaborer comme nous ne l'avons jamais fait auparavant avec les gouvernements provinciaux et territoriaux de tout le pays, dans un esprit de coopération et de collégialité. Nous continuerons à travailler avec les provinces et les territoires afin de sortir renforcés de cette crise.
    Madame la présidente, je serai bref, et je demande donc respectueusement au premier ministre de faire de même pour ce qui est de sa réponse.
    Parce qu'ils sont en difficulté à cause de la COVID-19, 81 % des Canadiens estiment que les banques devraient être obligées de baisser leurs taux d'intérêt. Nous disposons de certains pouvoirs à l'égard des banques, qui sont sous compétence fédérale. Le premier ministre est-il prêt à utiliser ces pouvoirs pour annuler les taux d'intérêt sur les cartes de crédit et les prêts personnels, mettre en suspens les paiements hypothécaires et négocier une interruption des frais de loyer?

  (1645)  

    Madame la présidente, nous avons été en contact étroit avec les banques pour coordonner une réponse à la COVID-19. Elles se sont engagées à travailler avec les Canadiens pour trouver des solutions, y compris un report des paiements hypothécaires pouvant aller jusqu'à six mois et une réduction des taux des cartes de crédit pour les clients touchés.
    Le ministre des Finances continuera à travailler avec les banques. L'objectif est que les banques et les Canadiens aient la latitude nécessaire pour traverser cette période. Nous avons constaté que les banques ont fait preuve de leadership. Nous nous attendons à davantage, mais nous travaillons avec elles pour y parvenir.
    Madame la présidente, n'en déplaise à d'aucuns, nous avons des pouvoirs fédéraux importants, et nous voyons que la politesse ne fonctionne tout simplement pas. Le premier ministre s'engagera-t-il à utiliser les pouvoirs dont nous disposons pour obliger les banques à cesser de prélever des taux d'intérêt exorbitants sur les cartes de crédit et les prêts personnels? Le premier ministre veillera-t-il à ce que nous utilisions nos pouvoirs au niveau fédéral pour obtenir une suspension des paiements hypothécaires et des loyers afin d'aider les familles?
    Madame la présidente, les six grandes banques ont annoncé qu'elles allaient temporairement réduire les taux des cartes de crédit pour les Canadiens dans le besoin. L'Association des banquiers canadiens a fait la déclaration suivante: « Le sursis de paiement des prêts hypothécaires en lien avec la COVID-19 est offert pendant une période indéterminée et il n’y a aucune date limite pour faire une demande dans ce sens. »

[Français]

    Madame la présidente, il n'y a pas un jour où je n'entends pas parler d'une histoire tragique concernant un Canadien ou une Canadienne qui n'est pas capable de payer son loyer ou son hypothèque. Bien qu'une certaine aide soit disponible, pour de nombreux Canadiens, elle ne suffit pas. Au Comité permanent des finances, la semaine dernière, les experts ont été clairs: il faut que le gouvernement en fasse plus pour aider les gens à payer leur loyer.
    Est-ce que le premier ministre s'engage à étendre son programme d'aide au loyer à tous les Canadiens et toutes les Canadiennes qui en ont besoin?
    Madame la présidente, nous avons pris des mesures pour aider les Canadiens qui ont perdu leur emploi, notamment par l'entremise de la Prestation canadienne d'urgence. Nous aidons les travailleurs avec la subvention salariale, qui leur permet de garder 75 % de leur salaire, jusqu'à concurrence de 847 $ par mois, et de garder leur emploi. Ces deux mesures ont un impact énorme sur notre économie pendant cette crise.
    Cependant, nous reconnaissons qu'il y a d'autres défis auxquels les Canadiens font face, y compris celui de payer leur loyer. Dans notre parti, nous respectons les champs de compétence des provinces. Nous reconnaissons que le logement relève de leur compétence, et elles sont en train de prendre les mesures nécessaires. Nous serons là pour les aider et les encourager, mais nous respectons leurs champs de compétence.

[Traduction]

    Madame la présidente, j'aimerais tout d'abord remercier le ministre des Affaires étrangères de tous les efforts qu'il a déployés pour rapatrier les Canadiens qui sont restés coincés à l'étranger en raison de cette crise.
    À cet effet, nous savons qu'il existe des obstacles de taille au rapatriement de nos concitoyens actuellement en Inde. La violence augmente et les gens se retrouvent dans des situations dangereuses, à la campagne comme dans les grandes villes. Il a été difficile de rapatrier ces gens. Les députés d'en face pourraient-ils nous renseigner sur les vols supplémentaires prévus et les mesures que nous pourrons prendre pour rapatrier aussitôt que possible les Canadiens qui sont toujours en Inde?
    Madame la présidente, comme le sait la députée, il s'agit de l'opération de rapatriement la plus vaste et la plus complexe que le Canada ait entreprise dans l'histoire récente. À ce jour, en collaborant avec tous les députés à la Chambre — puisque nous avons tous des électeurs touchés — nous avons facilité le rapatriement de plus de 19 000 Canadiens, sur 144 vols, depuis 72 pays. Nous continuons de travailler avec nos partenaires internationaux pour rapatrier le plus grand nombre de Canadiens possible.
    Je tiens à souligner une chose à tous les Canadiens qui sont rapatriés : en rentrant au pays, ils sont tous sujets à une période d'isolement obligatoire de 14 jours. Nous voulons que ces Canadiens rentrent au Canada. En tant que Canadiens, ils ont le droit de revenir au pays, mais ils doivent veiller à ne pas compromettre la santé des autres Canadiens.
    Madame la présidente, je me demande si la vice-première ministre pourrait parler de la hausse du nombre de vols prioritaires en provenance de l'Inde et du nombre de personnes qui, selon elle, pourront revenir de l'Inde à court terme.

  (1650)  

    Madame la présidente, je ne vais pas m'avancer sur le nombre exact de personnes qui seront rapatriées de l'Inde. Comme la députée d'en face le sait, la situation est très grave dans ce pays. Elle est grave pour les Canadiens, et elle l'est tout autant pour les Indiens. Nous sommes tout à fait conscients de la situation des Canadiens qui se trouvent là-bas et nous nous efforçons d'en rapatrier le plus possible de façon sécuritaire. Je tiens à souligner à quel point il est important que tous ceux qui reviennent au Canada obéissent aux directives en matière de quarantaine.
    Madame la présidente, comme le nombre de nouveaux cas de coronavirus se stabilise, les Canadiens commencent à songer à la prochaine étape. Le gouvernement a indiqué qu'il lui faut un plan national pour déterminer les prochaines étapes de déconfinement. Le gouvernement est-il en mesure de dire quand sera présenté ce plan national?
    Madame la présidente, tout comme la députée d'en face, nous souhaitons le retour au travail des Canadiens, qui doit toutefois s'effectuer en priorisant la santé et la sécurité de l'ensemble de la population. Ce n'est manifestement pas une décision que le gouvernement fédéral peut prendre seul. Certains éléments de ce plan sont de notre ressort, mais il est important de travailler en collaboration avec nos homologues provinciaux et territoriaux afin que, peu importe le plan, il nous permette vraiment de surmonter avec succès cette première vague de COVID-19 et de nous préparer à gérer les futures vagues ou éclosions de cette maladie de façon sécuritaire.
    Madame la présidente, nous sommes conscients que nous devons mettre en place de nombreuses choses, mais nous devons savoir quand il y aura un plan et quels sont les critères de ce plan. Plus vite nous comprendrons la teneur de ce plan et de ses critères, meilleur sera notre taux de réussite.
     À quand un plan?
    Madame la présidente, « Quand tout cela va-t-il finir? » est une question que j'entends presque chaque jour de la part de multiples partenaires, d'habitants de ma circonscription, d'amis et de proches. Il est certain que nous travaillons très assidûment avec nos homologues provinciaux et territoriaux pour nous assurer que, quel que soit le plan que nous mettrons en place, il sera réaliste, et qu'il aura pour fondement la santé et la sécurité de tous les Canadiens. Seulement alors pourrons-nous garantir que notre économie est forte et qu'elle pourra survivre à d'autres éclosions potentielles de COVID-19.
    Madame la présidente, j'ai demandé à quand la mise en place d'un plan de déconfinement. De nombreux autres pays ont un plan, et ils sont plus en retard que nous par rapport à leur courbe. Nous sommes en retard sur la nécessité d'avoir un plan. Ce plan inclura-t-il des tests de dépistage? Comme on dit, nous avons besoin de plus de tests, alors comment le gouvernement compte-t-il en administrer davantage?
     Absolument, madame la présidente, le plan comprendra l'augmentation des tests de dépistage. Comme les députés le savent, le Canada est l'un des pays les plus avancés en termes de nombre de tests par habitant, mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Nous avons autorisé de nouvelles options de dépistage pour les provinces, les territoires et les autorités locales, mais cela comprendra également des recherches futures en matière de sérologie afin que nous comprenions ce virus et les enjeux d'immunité qu'il pose.

[Français]

    Madame la présidente, cet après-midi, lors de la période des questions, le premier ministre a parlé du programme Emploi d'été Canada dans lequel il y aurait 70 000 nouveaux emplois.
     Comment le gouvernement explique-t-il que plus d'emplois soient créés dans le programme Emploi d'été Canada, alors que, selon la documentation de Service Canada où il y a eu une ventilation des dépenses, 50 emplois ont été perdus?
    Je vais donner une piste de réponse au gouvernement. Ce qui est important de comprendre, c'est qu'ils sont passés de 50 à 100 % des emplois payés dans les municipalités, alors qu'ils ont le même budget. On saupoudre supposément du nouvel argent. On dit qu'il y a plusieurs nouveaux emplois, mais ce n'est pas le cas. J'aimerais qu'on m'explique cela.

[Traduction]

    Madame la présidente, nous avons apporté un certain nombre de modifications au programme Emplois d'été Canada pour soutenir les étudiants en cette période. Nous sommes conscients des difficultés financières qu'ils éprouvent à cause de la COVID-19 et nous tenons à leur offrir un soutien adéquat. C'est pourquoi nous avons augmenté la subvention salariale dans le cadre du programme Emplois d'été Canada: les étudiants ont accès à une subvention salariale de 100 % alors qu'ils travaillent pour une entreprise privée. Grâce à cette mesure, plus d'employeurs devraient participer au programme Emplois d'été Canada, ce qui lui permettra de respecter ses engagements à accroître l'aide aux étudiants en cette période.

  (1655)  

[Français]

    Madame la présidente, j'apprécie la réponse de mon collègue, mais cela ne répond pas à ma question. Il n'y a pas plus d'emplois, il y en a moins. C'est la même enveloppe, à moins que nous ayons l'information de l'année passée parce que nous sommes dans l'opposition.
    Mon collègue peut-il donc nous dire s'il y a plus d'argent et plus d'emplois dans le programme Emplois d'été Canada?

[Traduction]

    Madame la présidente, je remercie le député de son intérêt pour ce dossier et je salue l'importance qu'il accorde aux étudiants. Je tiens à assurer au député que faire passer la subvention salariale de 50 à 100 % permettra certainement à plus d'employeurs de tirer parti de cette occasion d'embaucher plus d'étudiants pendant l'été et d'offrir plus facilement des postes comme nous subventionnons ces salaires. En augmentant la subvention salariale, nous nous attendons à ce que de plus en plus d'employeurs voient le programme comme une option viable et embauchent plus d'étudiants.

[Français]

    Madame la présidente, j'ai d'autres questions à poser, alors je vais conclure qu'il n'y a pas plus d'emplois et pas plus d'argent.
    Je voudrais poser une question sur la Prestation canadienne d'urgence. Je sais qu'en raison des circonstances on a dû mettre ce programme sur pied rapidement, mais cela pose un problème qui touche notamment les garages, qui ont rouvert leurs portes au Québec mercredi dernier pour faire les changements de pneus. On a également rouvert les centres de jardinage. De plus, ce matin, la construction a repris. Le problème, c'est que la Prestation canadienne d'urgence fait que beaucoup de travailleurs ne veulent pas aller travailler.
     Le gouvernement a-t-il une solution pour aider nos entreprises, qui sont des pourvoyeuses d'emplois? Malheureusement, ce programme fait que les travailleurs à bas salaire ne sont pas motivés à aller travailler et à apporter leur contribution.

[Traduction]

    Madame la présidente, c'est une autre importante question que pose le député. Je peux lui assurer que la Prestation canadienne d'urgence, la PCU, avait expressément pour but d'aider les travailleurs mis à pied et les travailleurs qui ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi et qui ont vu leur emploi carrément disparaître afin de leur donner le soutien dont ils ont besoin en ces temps difficiles.
    De plus, des Canadiens nous ont dit ne pas être admissibles à la PCU parce que leurs prestations d'assurance-emploi se sont terminées en janvier et d'autres nous ont dit qu'ils travaillent, mais qu'ils gagnent moins que s'ils pouvaient recevoir la PCU et nous avons trouvé une solution. Nous avons dit qu'il fallait en faire plus afin que ces gens soient admissibles et c'est ce que nous avons fait. Nous avons pris toutes ces mesures et nous allons continuer d'écouter les Canadiens et de tenir compte de leurs commentaires.
    Madame la présidente, des 305 millions de dollars qui ont été annoncés pour le Fonds de soutien aux communautés autochtones, 15 millions de dollars, soit moins de 5 %, ont été consacrés aux organismes autochtones urbains. Alors que 60 % des Autochtones au Canada vivent en milieu urbain, comment le gouvernement peut-il expliquer cette répartition de l'argent?
    Madame la présidente, effectivement, 15 millions de dollars de l'enveloppe du Fonds de soutien aux communautés autochtones étaient réservés pour les projets autochtones en milieu urbain. L'objectif était de faire en sorte que la première tranche de financement soit versée aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis le plus rapidement possible par Services aux Autochtones Canada. Nous avons donc demandé, dans une demande de propositions, que les montants soient présentés au ministère afin que nous puissions faire un tri immédiat et tenter d'acheminer autant d'argent que possible aux projets en milieu urbain. Ces 15 millions de dollars ne suffiront pas et nous procéderons à un tri encore plus rapide des autres projets afin qu'un financement additionnel puisse être attribué rapidement aux projets qui ont été présentés au ministère.

  (1700)  

    Madame la présidente, nous croyons comprendre que Services aux Autochtones Canada n'a pas encore approuvé le versement des fonds destinés aux groupes autochtones hors réserve ou non inscrits. Quand cet argent sera-t-il débloqué?
    Madame la présidente, il s'agit de projets qui relèvent de plusieurs ministères. Nous travaillons, dans le cadre de l'appel de propositions pour les groupes autochtones en milieu urbain et hors réserve, pour faire avancer ces propositions. Nous travaillons avec eux au cas par cas et nous allons faire progresser les choses rapidement. Nous allons nous concentrer expressément sur la préparation et la réponse à la COVID-19 dans les milieux urbains en particulier, mais aussi dans les communautés hors réserve.
    Encore une fois, ces projets ne cadrent pas naturellement avec les modèles de financement de Services aux Autochtones Canada. J'ai demandé à mon équipe de faire preuve de souplesse puisqu'il s'agit de faire face à une épidémie qui ne fait pas de distinction entre les groupes autochtones qui vivent dans une réserve et ceux qui habitent hors réserve.
    Madame la présidente, quels groupes autochtones hors réserve ou non inscrits ont participé aux décisions sur la façon la plus efficace d'affecter ces 15 millions de dollars?
    Madame la présidente, ce n'est pas une question de participer à la prise de décision sur l'affectation des fonds. Les communautés qui ont besoin d'aide communiquent avec mon ministère et font part de leurs besoins à notre équipe.
    Encore une fois, il s'agit de fonds d'urgence, de ressources d'urgence que nous fournissons. Il y a également des ressources qui ne sont pas nécessairement financières, comme un déploiement ou une capacité d'intervention d'urgence, un certain nombre d'éléments multidimensionnels qui entrent en jeu selon la courbe de l'épidémie, si celle-ci frappe une communauté autochtone. Cela fonctionne vraiment au cas par cas. Lorsqu'une communauté exprime un besoin, nous y répondrons le plus rapidement possible.
    Madame la présidente, par souci de clarté, le ministre peut-il nous dire si le gouvernement a consulté les trois institutions énoncées dans la Loi sur la gestion financière des premières nations avant de créer le fonds d'aide aux entreprises autochtones pouvant atteindre 336 millions de dollars?
    Madame la présidente, les communautés autochtones et leur économie reposent sur les entreprises autochtones. En fait, ces dernières jouent un rôle important dans l'économie canadienne.
    Au cours du week-end, le premier ministre a annoncé un appui financier de 306 millions de dollars aux entreprises autochtones, qui sera versé sous forme de prêts, de prêts remboursables et d'aide financière d'urgence. Ces mesures viennent combler des vides qui n'étaient pas pris en compte dans les autres formes d'aide annoncées précédemment.
    Je tiens à souligner qu'un grand nombre d'entreprises autochtones sont dirigées par des femmes. Ce sont de plus petites entreprises qui ont besoin du soutien du gouvernement du Canada. Nous ne les laisserons pas tomber entre les mailles du filet.
    J'aimerais remercier l'Association nationale des sociétés autochtones de financement pour son appui. Ce sont les 59 institutions financières autochtones qui seront principalement responsables d'administrer les fonds attribués.
    Si le député d'en face souhaite identifier un groupe à qui il voudrait que des fonds soient versés ou un groupe en situation précaire, je lui demanderais de communiquer avec mon bureau ou, mieux encore, avec les institutions financières autochtones qui servent ces entreprises de manière remarquable.
    Madame la présidente, le ministre des Services aux Autochtones a déclaré que son ministère avait fait parvenir des boîtes d'équipement de protection personnelle aux Premières Nations dans l'ensemble du pays. Cependant, il y a encore des communautés autochtones qui déplorent avoir très difficilement accès à ce type d'équipement essentiel à la survie.
    Le ministre peut-il rendre compte du nombre de communautés des Premières Nations qui n'ont toujours pas reçu leur équipement de protection personnelle?
    Madame la présidente, il s'agit d'une question très importante dont il faut situer la prémisse. Services aux Autochtones Canada s'est engagé à ne laisser aucune communauté de côté. Jusqu'à présent, nous avons effectué 550 livraisons d'équipement de protection individuelle dans des communautés, en général à la demande de celles-ci. Ces livraisons s'ajoutent à l'équipement de protection individuelle fourni par les provinces et les territoires, et par la Northern Health Authority dans le cas de la Colombie-Britannique. Même s'il ne s'agit pas d'un nombre absolu, cela donne une bonne indication des quantités d'articles que nous avons livrés dans les communautés.
    Comme nous savons peu de choses sur le rythme auquel l'équipement de protection individuelle doit être remplacé, les communautés sont en communication avec mon personnel, et mes employés travaillent sans relâche pour leur faire parvenir l'équipement aussi rapidement que possible. Encore une fois, les communautés qui ont besoin d'équipement de protection individuelle devraient entrer en contact avec moi directement si elles n'arrivent pas à en obtenir auprès d'autres sources.
    Madame la présidente, hier, le gouvernement de l'Australie s'est joint aux États-Unis pour réclamer une enquête internationale indépendante sur la manière dont la Chine a géré l'épidémie de COVID-19.
    Le gouvernement est-il en faveur d'une telle enquête? Dans la négative, pourquoi?
    Madame la présidente, permettez-moi de commencer en soulignant que le coronavirus a causé une pandémie mondiale qui frappe sans égard aux idéologies et que, pour lutter le plus efficacement possible contre cette pandémie et protéger au mieux les Canadiens, il est essentiel de travailler avec tous les pays touchés et de leur transmettre les informations que nous avons recueillies. Cela dit, il est également très important pour nous tous, en tant que membres de la communauté internationale, de partager le plus d'informations exactes possible afin de protéger nos concitoyens et le reste du monde.
    J'espère que tous les députés sont d'accord avec moi et qu'ils croient eux aussi très fermement que la nature même d'une démocratie est d'être beaucoup plus transparente qu'un régime autoritaire. C'est l'une des raisons pour lesquelles je crois profond