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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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43e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 038

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 26 mai 2020




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 149
No 038
1re SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 26 mai 2020

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière


  (1005)  

[Traduction]

Les travaux de la Chambre

Suspension d'articles du Règlement pour la séance actuelle 

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour adopter la motion suivante.
    Je propose:

[Français]

    Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, l'application des articles 15 et 17 du Règlement soit suspendue pour la séance actuelle; et que les dispositions des paragraphes l) et n) de l'ordre adopté le samedi 11 avril 2020 demeurent en vigueur pour les comités ayant prévu des réunions par vidéoconférence plus tard aujourd'hui.

[Traduction]

    Monsieur le Président, pourrais-je demander une précision? L'interprète a parlé des articles 7 et 8, mais je crois qu'il s'agit plutôt des articles 15 et 17. Le leader du gouvernement à la Chambre peut-il préciser?

[Français]

    Monsieur le Président, je crois bien avoir prononcé les chiffres 15 et 17. Si je ne l'ai pas fait, je m'en excuse. Il s'agit bien des articles 15 et 17 du Règlement.

[Traduction]

    Le ministre a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: La Chambre a entendu la motion. Plaît-il à la Chambre de l'adopter?
    Des voix: D'accord.

    (La motion est adoptée.)


AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

[Traduction]

Le directeur parlementaire du budget

    Conformément au paragraphe 79.2(2) de la Loi sur le Parlement du Canada, il est de mon devoir de présenter à la Chambre un rapport du directeur parlementaire du budget intitulé « Déclaration de gains et de pertes dans les résultats financiers du gouvernement du Canada ».

[Français]

    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent des finances.

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à une pétition.
    Pendant que j'ai la parole, je propose:
    Que la Chambre passe maintenant à l'ordre du jour.
    Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le Président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le Président: Convoquez les députés.
    (La motion est mise aux voix.)
 

(Vote no 24)

POUR

Députés

Alghabra
Amos
Anand
Bendayan
Bibeau
Blair
Dhillon
Drouin
Duclos
Garneau
Hardie
Hussen
Iacono
Lalonde
Lamoureux
Lebouthillier
McCrimmon
Miller
Ng
Rodriguez
Romanado
Scarpaleggia
Vandenbeld

Total: -- 23


CONTRE

Députés

Atwin
Barlow
Bergen
Bezan
Blaney (Bellechasse—Les Etchemins—Lévis)
Boulerice
Cumming
DeBellefeuille
Deltell
d'Entremont
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Gray
Green
Harder
Larouche
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
Pauzé
Schmale
Sweet
Therrien
Vecchio
Wagantall
Waugh

Total: -- 23


PAIRÉS

Aucun

  (1010)  

    Et le résultat du vote ayant été annoncé: (23 pour et 23 contre)
    Je déclare la motion rejetée.

[Français]

    Le député de Rosemont—La Petite-Patrie invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, vous constaterez que le vote s'est déroulé de telle manière qu'on a demandé aux députés qui s'opposaient à la motion de se lever très rapidement, ce qui n'a pas donné la possibilité au caucus néo-démocrate de se lever afin de pouvoir faire enregistrer son vote.
    Notre vote n'a pas été enregistré du tout, et je considère que cela fait partie de nos privilèges parlementaires de voir un vote enregistré. La procédure fait en sorte que nous sommes beaucoup moins nombreux à la Chambre aujourd'hui. Cela s'est déroulé un peu plus vite que prévu, et notre vote n'a pas été pris en considération.
    Le caucus du NPD aimerait donc que son vote soit compté.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il semble que, contrairement aux autres députés, les néo-démocrates ont oublié comment voter. Vous avez annoncé le résultat du vote et je propose qu'il soit maintenu.
    Monsieur le Président, dans la confusion, j'aimerais savoir si, lorsque je me suis levé, mon vote a été consigné, et s'il a été consigné comme un oui ou un non. Si vous vérifiez la bande vidéo, vous constaterez que je me suis levé pendant le vote.

  (1015)  

[Français]

    Monsieur le Président, ils avaient amplement le temps de se lever. Je ne sais pas ce qui s'est passé.
    Peut-être étaient-ils en congé de maladie?
    En tous les cas, cela importe peu. Ils ne se sont pas levés, alors je pense que la décision est facile à prendre.

[Traduction]

    Le député d'Hamilton-Centre a voté non, contre la motion.
    Je rappelle aux députés que, selon la procédure habituelle, si un député vote d'une façon et qu'il souhaite ensuite changer son vote, il peut invoquer le Règlement et demander la permission de la Chambre pour que son vote soit consigné différemment. Le député doit toutefois obtenir le consentement unanime de la Chambre pour que son vote soit modifié.
    Monsieur le Président, compte tenu de la confusion et de la nature inhabituelle de la séance d'aujourd'hui, j'aimerais pouvoir changer mon vote.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.

Questions au Feuilleton

    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Les travaux de la Chambre et des comités

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 25 mai, de la motion.
    Il reste 10 minutes au député de Foothills. En fait, il lui reste 16 minutes et demie. L'écran n'indique pas la bonne durée restante.
    Nous reprenons le débat. Le député de Foothills a la parole.
    Monsieur le Président, je vous remercie de m'avoir accordé 6 minutes et demie de plus, car je m'étais préparé mentalement à parler pendant 16 minutes et demie. Je vous remercie d'avoir précisé le temps qu'il me restait.
    Cette semaine, j'ai écouté une conférence en ligne d'Alltech, une grande société agricole. Un des conférenciers a déclaré ceci: « Une crise ne forge pas le caractère; elle révèle votre caractère et celui de votre équipe. » Je pense que ce commentaire est plus pertinent que jamais, puisque, en ce moment, les Canadiens s'attendent non seulement à ce que nous agissions en tant que parlementaires et représentants élus, mais aussi à ce que nous fassions figure de phares de la démocratie et incarnions les valeurs que défend le Canada. Ils s'attendent à ce que nous soyons des sources d'inspiration et des leaders. En temps de crise, nous devrions jouer un rôle de premier plan et être des chefs de file. À mon avis, pour assumer ce rôle, il faut notamment aller au travail.
    J'aimerais récapituler un peu pour la gouverne des députés qui n'étaient pas à la Chambre hier.
    Hier, la députée d'Ottawa-Ouest—Nepean a dit dans son discours que la Chambre ne compte pas et qu'il ne faudrait pas se formaliser d'être absent du Parlement. Je pense qu'elle a tort. Pour notre part, il n'y a pas de plus grand honneur que d'avoir été élus par nos concitoyens et de les représenter ici au Parlement, à la Chambre des communes. Je pense que le Parlement constitue le fondement même de notre démocratie.
    Quelqu'un m'a dit un jour qu'il y a eu plus de joueurs de hockey dans la Ligue nationale de hockey qu'il n'y a eu de députés. Selon moi, la plupart d'entre nous se sont fait dire par leurs parents qu'ils n'avaient aucune chance de devenir joueurs de hockey professionnel, mais je ne sais pas s'ils nous auraient dit que nous ne pourrions pas devenir députés. Me voici au Parlement, et ce, grâce aux habitants de ma circonscription.
    Lorsque les gens de Foothills m'ont élu, pour moi, mon travail consistait à être ici pour les représenter, pour parler en leur nom à la Chambre des communes et travailler au sein du Parlement. J'aimerais penser que mes collègues, indépendamment de leur parti, comprennent que leur présence ici fait partie intégrante du travail de député. S'ils ne veulent pas être ici, je pense qu'ils devraient s'interroger sur ce qu'ils veulent accomplir en tant que politiciens et représentants élus. S'ils ne considèrent pas leur présence ici, à la Chambre des communes, au Parlement, comme un service essentiel ou une priorité, ils devraient vraiment se demander s'ils veulent ce travail, car notre présence ici en est un élément très important. Ce devrait en fait être vu comme un honneur. C'est quelque chose dont nous devrions tous être très fiers, peu importe quel parti nous représentons. Chose certaine, les habitants de nos circonscriptions s'attendent à nous voir ici.
    Hier soir, j'ai lu quelques courriels que m'ont envoyés mes concitoyens. Comme tous mes collègues, j'en ai reçu un bon nombre. Mes concitoyens de Foothills me demandent de retourner au travail, ce qui ne consiste pas seulement à participer à une réunion de comité virtuelle, mais à remettre en marche le Parlement. J'aimerais lire certains des commentaires que j'ai reçus de mes concitoyens.
     Missy, une habitante de Twin Butte, en Alberta, a écrit ceci:
    Continuez à exercer des pressions sur notre gouvernement afin qu'il se remette au travail! N'est-ce pas un service essentiel? Il faut que l'opposition puisse offrir de la rétroaction et poser des questions [au premier ministre]. À l'heure actuelle, il n'y a pas de freins et contrepoids... C'est effrayant!
     Voici ce que Pat, un habitant de High River, a écrit:
    J'aimerais savoir ce que vous faites, le cas échéant, pour ramener les libéraux à la Chambre afin que vous puissiez tous remplir les fonctions que nous vous payons à remplir... Prétendre que le virus vous empêche de travailler est de la pure foutaise. Les employés dans les épiceries et autres magasins travaillent. [Pourquoi pas vous?] Je ne vois aucune raison pour laquelle vous et [les parlementaires] ne devriez pas travailler aussi. Si les libéraux refusent de retourner [au] Parlement, [celui-ci devrait être] dissous et des élections devraient être déclenchées.
     Karen a écrit ceci:
     Je suis extrêmement déçue que le gouvernement fédéral estime que le Parlement n'est pas un élément essentiel de l'administration du Canada. La justification [invoquée] est une gifle pour ceux [d'entre nous] qui travaillent tous les jours [...] [Il est] temps de permettre aux Canadiens de retourner au travail.
     Rick a écrit ceci:
    Le Parlement doit reprendre ses travaux, ne serait-ce que dans un format réduit. J'ai regardé la séance de la semaine dernière, et l'opposition a soulevé quelques excellentes questions et de bonnes idées. Cette [version] inadéquate d'appareil gouvernemental ne peut pas continuer à elle seule.
     Ellen, de High River, a écrit ceci:
    Le Parlement DOIT reprendre ses travaux! C'est le moins qu'on puisse dire. Il doit y avoir un moyen d'obliger le premier ministre à rappeler le Parlement, sans qu'un million de personnes aient à descendre dans les rues d'Ottawa [pour l'exiger].
    Il ne s'agit là que de certaines des observations de mes concitoyens sur ce qui est, selon eux, l'endroit névralgique où les travaux parlementaires ont lieu.
    Hier, le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a déclaré que nous étions dans un Parlement virtuel. Nous ne sommes pas dans un Parlement virtuel: nous tenons des réunions virtuelles de comité, un comité plénier. C'est très différent du Parlement.

  (1020)  

    Le gouvernement induit la population en erreur lorsqu’il prétend que le Parlement siège en séance virtuelle, car l’opposition ne peut pas présenter des motions, nous ne pouvons examiner que des projets de loi portant sur la COVID-19, et nous ne pouvons pas discuter de la possibilité de faire revenir la majorité des comités. Certes, la pandémie de COVID-19 est une priorité, nous en convenons tous. Pour autant, il ne faut pas dire qu’il n’y a pas d’autres questions presque aussi importantes.
    Le chef de l’opposition officielle a parlé hier des projets énergétiques qui s’entassent sur la table du Cabinet, des projets d’une valeur de 85 milliards de dollars. L’un de ces projets concerne la mine de charbon Riversdale, près de Crowsnest Pass, en Alberta, dans ma circonscription. Il s’agit de charbon métallurgique, ce qui montre bien le degré d’ignorance des libéraux, qui piaillent en disant qu’il faut fermer l’industrie du charbon. Je précise donc, pour leur gouverne, puisque manifestement certains ne se sont pas bien renseignés, qu’il s’agit d’une mine de charbon métallurgique dont on exploite le charbon pour fabriquer de l’acier.
    Je constate que la députée s’empresse de réclamer à cor et à cri la fermeture de cette industrie, sans savoir que l’emploi de milliers de personnes de ma collectivité en dépend. L’ouverture de cette mine serait un don du ciel pour cette collectivité qui est en mauvaise posture, car elle permettrait de créer plus de 1 000 emplois pendant sa construction et des centaines pendant son exploitation.
    Le projet est en suspens, on ne sait pas s’il va être approuvé ou non, alors qu’il a déjà franchi toutes les étapes et qu’il ne lui manque plus qu'un permis et l’approbation du Cabinet. Imaginez l’incertitude dans laquelle vit cette collectivité. Imaginez les conséquences de cette incertitude sur la quincaillerie de Blair, sur le restaurant-café-couette de Dawn, sur le journal de Lisa, sur l’organisation d’activités locales et sur les autres entreprises de la collectivité.
    Cette collectivité retient son souffle en attendant la décision qui sera prise au sujet de cette mine, mais le dossier traîne sur la table du Cabinet ou dans un autre bureau du gouvernement à cause de la COVID-19. J’espère que le gouvernement est capable de faire plusieurs choses à la fois, car nous devons non seulement nous occuper de la COVID-19 mais aussi faire revenir le Parlement pour pouvoir examiner d’autres dossiers tout aussi importants.
    Une fois que la crise de la COVID-19 sera passée, nous allons nous retrouver face à un gouffre financier abyssal. Le directeur parlementaire du budget a déjà indiqué que le déficit s’élevait à environ 252 milliards de dollars. Avec la prolongation de la Prestation canadienne d’urgence et de la subvention salariale, ce chiffre risque fort de doubler et de faire grimper la dette du Canada a un billion de dollars. Pour sortir le Canada de ce gouffre financier, il va falloir que nous nous appuyions sur quelques industries.
    Il y a très peu de secteurs d'activité, dans les circonstances actuelles, vers lesquels les Canadiens peuvent se tourner et dont le gouvernement devrait tout faire pour consolider les assises, à part sans doute l'énergie et l'agriculture. Quoi qu'il advienne avec la COVID, les gens auront toujours besoin de chauffer leur maison, de mettre de l'essence dans leur voiture, d'acheter des vivres et de nourrir leurs proches. À ce sujet, certains commencent d'ailleurs à évoquer très sérieusement la crainte d'une pénurie mondiale de nourriture. Le reste du monde risque alors de compter sur le Canada et ses agriculteurs pour fournir une partie de la solution. À ce compte-là, ne devrions-nous pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que ces deux secteurs d'activité se portent le mieux possible une fois la pandémie terminée?
    Or, s'il y a deux secteurs d'activité que le gouvernement libéral néglige, c'est bien ces deux-là, alors qu'il devrait plutôt les considérer comme des piliers de l'économie nationale et de la relance économique. Je ne comprends tout simplement pas qu'il puisse en être autrement. Si le Parlement revenait, nous pourrions en discuter ici même.
    Prenons par exemple le secteur énergétique. Le Comité permanent des ressources naturelles ne siège pas. Pourquoi? Il s'agit pourtant d'un des plus importants secteurs d'activité du pays, dont les redevances, pour le seul gouvernement fédéral, dépassent les 60 milliards de dollars — et c'est sans parler des centaines de millions de dollars en taxes et en impôts que récoltent le fédéral, les provinces et les municipalités. Le Canada aura besoin de cet argent lorsque la COVID-19 sera derrière nous, mais, pour l'heure, impossible d'en discuter, car nous n'avons droit à rien d'autre qu'une grosse séance de comité, ce qui veut dire qu'on ne peut pas parler de quoi que ce soit hormis le sujet à l'ordre du jour.

  (1025)  

    Il y a des projets qui sont essentiels pour les communautés, comme la mine de la société Riversdale l'est pour Crowsnest Pass, dans ma circonscription, par exemple. Il s'agit d'un seul projet parmi les dizaines de projets dans toutes les circonscriptions et toutes les régions à l'échelle de notre pays. Si, de mon côté, j'entends les gens que je représente me parler d'un projet d'une telle envergure et des retombées qu'il pourrait avoir sur leur économie, je suis convaincu que, de leur côté, mes collègues ont les mêmes conversations avec les gens de leur circonscription.
    Au fur et à mesure que nous traversons cette pandémie et que nous progressons vers la relance de notre économie — peu importe la manière dont nous procéderons —, les provinces auront leur mot à dire sur la façon d'y arriver et nous voudrons nous assurer d'agir dans les conditions les plus sûres possible. Par ailleurs, nous ne pouvons qu'imaginer dans quelle situation seraient notre pays et notre économie si nos secteurs de l'énergie et de l'agriculture étaient vigoureux. Nous serions dans une position bien différente, car, au départ de cette pandémie de COVID-19, nos assises financières étaient très faibles en raison des dépenses incontrôlées du gouvernement libéral.
    Je me rappelle qu’aux élections de 2015, l’actuel premier ministre déclarait que le déficit allait être de 10 milliards de dollars pendant quatre ans et qu’en 2019, le budget serait équilibré. Ce n’est manifestement pas ce qui est arrivé. Le déficit a atteint 28 milliards de dollars, et ce, avant la COVID-19. Des projets de loi néfastes ont été adoptés, comme les projets de loi C-69 et C-48, qui ont ravagé le secteur de l’énergie. Des gens ont érigé des barrages illégaux. La taxe sur le carbone nous a été imposée. Les retards dans le transport ferroviaire ont eu des effets catastrophiques sur le secteur agricole. Plus de 5 milliards de dollars se sont envolés sur des marchés étrangers à cause des gaffes politiques du premier ministre.
    Les députés se doutent un peu que nous n'en serions pas là si ces deux industries s’étaient bien portées quand a éclaté la pandémie de COVID. Nous serions assez bien placés pour nous en sortir, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Des gens auraient du travail, au lieu d'être sans emploi. En tout cas, pour nous, en Alberta, qui comptions près de 200 000 travailleurs du secteur de l’énergie au chômage bien avant la COVID-19, la situation ne s’arrange pas du tout avec ce que nous vivons en ce moment.
    Quand je parle à mes concitoyens, ils comprennent la situation dans laquelle se trouve le pays avec la pandémie. Nous voulons tous que nos familles et nos amis soient en sécurité, mais ils veulent aussi retourner travailler. Je trouve cela difficile. Mon épouse et moi quittons de temps en temps la maison pour aller faire des provisions et, le week-end dernier, nous sommes allés dans une jardinerie acheter des arbres et des fleurs pour le jardin. Des adolescents de 15 ans y travaillent. Ils aident leur collectivité à leur façon, et j’ai du mal à admettre que nous ne puissions pas en faire autant en servant notre collectivité ici, à la Chambre des communes.
    Pourquoi les députés libéraux, ceux du Bloc québécois et ceux du NPD essaient-ils de se cacher? Pourquoi ne veulent-ils pas siéger en ces murs? Qu’est-ce qui les retient? Nous sommes 60 députés au Parlement cette semaine, mais nous sommes là seulement pour une réunion de comité. Pourquoi ne pouvons-nous pas faire un petit effort de plus et revenir à la normale? Je pense que c’est ce que les Canadiens nous demandent de faire. Comme je le disais au début de mon intervention, nous sommes censés donner l’exemple. Alors, pourquoi sommes-nous à la traîne derrière tout le monde? Pourquoi demandons-nous aux Canadiens de toutes les catégories sociales de reprendre le chemin du travail, tout en refusant nous-mêmes de le faire? Nous disons que c’est bon pour eux, mais pas vraiment pour nous. C’est regrettable, à mon sens, et cela donne une très mauvaise impression aux Canadiens. Ils se tournent vers nous, leurs représentants élus, chaque jour. Ils nous ont choisis. Ils nous ont élus pour que nous parlions ici en leur nom et il est anormal que les libéraux, les néo-démocrates, les bloquistes et les verts nous en empêchent.
    Je ne sais pas comment ils font pour expliquer aux habitants de leur circonscription, en les regardant dans les yeux, que, contrairement aux députés, eux doivent reprendre leur travail à l'épicerie, à l'hôpital, à la pharmacie ou à la quincaillerie. Si c'est ainsi qu'ils pensent vraiment, ils devraient faire un examen de conscience et se demander pourquoi ils ont voulu devenir députés, à l'origine, puisqu'ils ne veulent pas monter au front, faire preuve de leadership, être une source d'inspiration pour le reste du Canada et être de ceux qui montrent que tout va bien aller. Nous serons ici pour prendre des décisions difficiles dans l'intérêt des habitants de notre circonscription.

  (1030)  

    Il s'agit véritablement de demander des comptes au gouvernement. Le pays ne peut pas être gouverné éternellement au moyen de conférences de presse. Notre démocratie, ce n'est pas cela.
    Je sais que les habitants de ma circonscription en ont assez de voir le premier ministre sortir de sa résidence tous les matins, faire ses annonces, puis regagner ses pénates et c'est tout. Ils veulent qu'on leur rende des comptes. Très souvent, ils approuvent les programmes qui ont été mis en œuvre et ils apprécient vraiment les améliorations que l'opposition officielle a obligé le gouvernement à apporter. Quoi qu'il en soit, ils attendent de nous que nous nous comportions comme des meneurs, et non des suiveurs. Ils attendent de nous que nous retournions travailler, et c'est ce que le gouvernement devrait faire.
    Monsieur le Président, le député passe à côté d'un point très important. Les membres du caucus libéral peuvent lui assurer qu'ils travaillent, peu importe qu'ils se trouvent à Ottawa ou dans leur circonscription. Au bout du compte, le rôle d'un député va bien au-delà de la simple représentation à la Chambre des communes. Il ne fait aucun doute que celle-ci est un élément important de leurs fonctions. C'est un privilège, indéniablement. C'est un honneur de se lever pour intervenir à la Chambre.
    La motion à l'étude aujourd'hui fera en sorte que le gouvernement rende des comptes et que l'institution continue de tourner rondement malgré la pandémie. On a tort de laisser sous-entendre que les députés ne travaillent pas — c'est le cas du moins pour les membres du caucus libéral. Nous travaillons chaque jour, que ce soit à la Chambre des communes ou ailleurs.
    Le député ne réalise-t-il pas que son travail à la Chambre se poursuivra, en mode hybride, même durant les mois de juillet et d'août, ce qui est sans précédent?

  (1035)  

    Monsieur le Président, je peux faire part de mon point de vue sur la situation. Cependant, je veux d'abord saisir l'occasion de remercier du fond du cœur les membres de mon personnel. Ils ont été tout à fait incroyables. Mon bureau de circonscription n'a jamais été plus occupé. Mon personnel et moi avons des discussions très émotives avec les électeurs et les entrepreneurs de notre circonscription, qui souffrent à cause de cette pandémie. Je ne suis pas en train de dire que nous ne travaillons pas dans nos circonscriptions respectives.
     Or, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes vient de dire que le Parlement continuerait à tourner, sauf que ce n'est pas vrai. Il n'est pas question de séances de la Chambre des communes, et le secrétaire parlementaire le sait. Il s'agit plutôt de réunions virtuelles de comité, où de nombreuses activités parlementaires importantes n'ont pas lieu.
    Monsieur le Président, je tiens moi aussi à remercier les employés des bureaux de circonscription et des bureaux d'Ottawa, qui travaillent sans relâche depuis quelques mois.
    Les libéraux ne cessent de répéter que ce qu'ils proposent est excellent et que cela nous permettra de poser toutes sortes de questions. C'est quelque chose que nous pouvons déjà faire, mais il est rare que nous obtenions de véritables réponses. Il n'y aura donc que davantage de questions qui demeureront sans réponse.
    Il est important d'articuler les différences entre des séances de la Chambre des communes et des réunions d'un comité. Les libéraux proposent de fermer le Parlement pendant encore un mois.
    Monsieur le Président, ma collègue a tout à fait raison.
    Je sais qu'une grande partie des Canadiens ne suivent pas les travaux du Parlement au quotidien comme nous le faisons. Ils ne voient pas nécessairement toutes les subtilités et les fins rouages du Parlement. Je pense notamment au rôle que jouent tous les comités permanents, aux motions de l'opposition et aux occasions de débattre pleinement d'enjeux.
    Pour nous et pour le reste des Canadiens, tout cela revient à une question de confiance. Pendant les réunions du comité, les libéraux ont tenté de s'arroger des pouvoirs sans précédent et ont pris un décret d'une portée gigantesque pour modifier le Code criminel. Ils ont fait cela sans examen public ni débat. Comme je le disais, c'est une question de confiance.
    Je regrette, mais les gens de ma circonscription et moi ne faisons pas confiance à ce processus en ce moment.

[Français]

    Monsieur le Président, d’abord je voudrais dire, comme d'autres collègues, que je suis au travail et que l’équipe avec laquelle je travaille à Repentigny et moi sommes s tout à fait fières du travail que nous faisons pour les gens de la circonscription.
    Je vais revenir sur un bout du discours de mon collègue au sujet du secteur de l’énergie. Je ne sais pas s’il lit pendant le confinement que nous subissons, mais certains météorologistes, écologistes et scientifiques, l’Agence internationale de l’énergie, ainsi que Stephen Hammer de la Banque mondiale sont intervenus pour dire qu’il fallait que ce soit une relance verte. Dernièrement, hier et aujourd’hui, 40 millions de professionnels de la santé demandent que ce soit une relance verte.
    Pourquoi est-ce que son parti n’est pas capable d’envisager l’énergie du côté vert, du côté renouvelable et du côté respectueux de l’environnement?

[Traduction]

    Monsieur le Président, cette question est extrêmement frustrante, et je crois qu'elle révèle le manque de connaissances de ma collègue sur le secteur de l'énergie.
    De 75 à 85 % de toute l'énergie renouvelable et verte est produite par des sociétés énergétiques dites traditionnelles. Sans elles, il n'y aurait aucune industrie de l'énergie renouvelable au Canada. Ces sociétés comprennent qu'il y aura une période de transition. Ce sont elles qui investissent dans la technologie et l'innovation dans ce secteur.
    J'aimerais demander à ma collègue quel moyen de transport elle a utilisé pour se rendre ici aujourd'hui. Comment communique-t-elle avec les gens de sa circonscription? Pense-t-elle vraiment que nous assistons à la fin du secteur pétrolier et gazier? À quoi ressemblerait un tel avenir?
    J'encourage la députée à lire sur le sujet pour bien comprendre l'enjeu ici.

  (1040)  

    Monsieur le Président, en ce qui a trait aux données réelles concernant la crise de la COVID-19, je rappelle à la Chambre que, pendant cette pandémie, 81 765 personnes ont été infectées, et 6 180 personnes sont mortes. Le fait de mettre cette pandémie et cette crise mondiales sur un pied d'égalité avec les profits du secteur pétrolier et gazier est une insulte pour les familles qui ont perdu des proches.
    On laisse entendre aux Canadiens que nous n'avons pas travaillé. Or, je sais que, dans ma circonscription, nous avons travaillé encore plus fort pendant cette grave crise. Qu'a fait le Parti conservateur pendant cette crise?
    Monsieur le Président, il est intéressant d'entendre le député parler de cette pandémie et des circonstances tragiques que nous vivons. Je pense que personne ici ne remet cela en question. Cependant, comment croit-il que nous pourrons venir à bout de cette pandémie? L'équipement de protection individuelle, les vaccins et les antiviraux sont tous conçus au moyen de produits issus de l'industrie pétrochimique. Sans cette industrie, je me demande où nous en serions. Comment le député pourrait-il travailler très fort, et comment arriverait-il à communiquer avec les gens de sa circonscription? Est-ce qu'il leur ferait des signaux avec les mains?
    Soyons réalistes. Un parlementaire ne devrait pas poser des questions aussi irréalistes au nom des gens de sa circonscription et s'attaquer davantage à une région du pays en particulier plutôt qu'une autre. Tous les gens et toutes les industries du pays devraient travailler ensemble pour se sortir de la crise au lieu de semer la division.
    Monsieur le Président, les Canadiens de partout au pays méritent toute notre admiration pour la façon dont ils ont réagi au cours des derniers mois.
    Je préfère utiliser l'expression « distanciation physique » plutôt que « distanciation sociale », parce que les gens peuvent encore communiquer entre eux de différentes façons, mais il est important de maintenir les mesures de distanciation physique. Il faut se laver les mains et mettre un masque. Les Canadiens ont vraiment bien répondu à l'appel de multiples façons afin de minimiser les impacts négatifs du coronavirus. Nous devons tous être reconnaissants aux Canadiens en général pour la façon dont ils ont réagi.
    J'aimerais que mon collègue nous dise ce qu'il en pense.
    Monsieur le Président, je suis entièrement d'accord avec mon collègue. Nous devons tous prendre le temps de dire aux Canadiens de partout au pays que nous leur sommes reconnaissants d'avoir tout fait en leur pouvoir pour contrer la pandémie.
    Lorsque nous avons été élus, je pense que personne ici n'avait anticipé que nous aurions à gérer une crise de la sorte, non seulement à la Chambre des communes, mais dans nos bureaux de circonscription également. Encore une fois, je souligne l'excellent travail accompli par notre personnel pour aider les gens de nos circonscriptions respectives à traverser la crise, celui accompli par les travailleurs de première ligne, les professionnels de la santé et des services d'urgence, les jeunes qui travaillent dans les épiceries, tous les gens de notre région et de l'ensemble du Canada qui font de leur mieux pour assurer notre sécurité et notre santé, y compris les producteurs agricoles qui travaillent tous les jours pour que nous ayons de quoi mettre dans notre assiette et que les rayons des épiceries soient bien remplis.
    High River, dans ma circonscription, a connu l'une des plus importantes éclosions au pays en raison de la présence de l'usine de transformation de la viande de Cargill et de plusieurs centres de soins de longue durée.
    J'aimerais saisir l'occasion pour remercier les citoyens de ma circonscription qui travaillent à Cargill Meat Solutions. Ils travaillent dur pour se protéger et protéger leur famille, mais ils continuent d'aller travailler de sorte que nos industries agricoles et de transformation puissent poursuivre leurs activités. Je les remercie sincèrement.

  (1045)  

     J'aimerais remercier tous nos travailleurs de première ligne au service des Canadiens qui risquent leur vie pour que le reste de la société puisse accéder aux services essentiels en toute sécurité. J'aimerais également saluer les fonctionnaires, qui travaillent nuit et jour pour offrir aux Canadiens l'aide dont ils ont besoin en cette période de pandémie.
     Il est important de souligner ce point de départ. Nous traversons une pandémie. Des millions de Canadiens ont perdu leur emploi parce que les experts en santé publique recommandent de rester à la maison de manière à ce que les gens soient séparés, que le virus ne se propage pas davantage et qu'il y ait le moins de pertes de vie possible. En tant que gouvernement, conformément aux conseils des scientifiques et des experts en santé publique, nous avons demandé aux Canadiens de demeurer chez eux. Nous avons demandé aux Canadiens de modifier leur méthode de travail. La même chose vaut pour le Parlement.
    L'une des premières mesures prises par le Parlement — et c'était une décision judicieuse — a été de demander au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre d'étudier comment le Parlement pouvait s'adapter à cette nouvelle réalité. J'ai la chance de siéger à ce comité. Les membres du Comité ont ensuite poursuivi leurs travaux. Nous nous réunissions virtuellement pour entendre les témoignages d'experts du Canada et d'autres parlements dans le monde. Nous avons présenté un rapport établissant un plan d'action en vue de la reprise des travaux du Parlement.
    Nous avons signalé au Parlement qu'il devait créer de nouveaux articles du Règlement relatifs aux circonstances exceptionnelles, et que ces nouveaux articles ne s'appliqueraient pendant une période déterminée que si tous les partis reconnus à la Chambre des communes y consentaient. Si nous souhaitions prolonger cette période déterminée, il nous faudrait toujours obtenir le consentement de tous les partis à la Chambre. Il va sans dire que dans des circonstances exceptionnelles, nous devons tous travailler ensemble. Ces dispositions exceptionnelles permettraient au Parlement de poursuivre ses travaux dans ces circonstances exceptionnelles. Nous reverrions la façon de tenir les journées de l'opposition, de déposer les projets de loi, de débattre de ces projets de loi et de les mettre aux voix.
    Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes a mis au point un plan de reprise des travaux parlementaires. Néanmoins, pour une raison que j'ignore, les députés conservateurs n'étaient pas d'accord et se sont opposés farouchement à ce plan. Ils ont présenté un rapport dissident, et c'est leur droit. Toutefois, je tiens à rappeler que l'objet du présent débat n'est pas de déterminer si le Parlement est un service essentiel; nous sommes tous d'accord sur ce point. Là où nous ne sommes pas d'accord, c'est la raison pour laquelle les conservateurs refusent de penser à d'autres moyens de continuer à faire fonctionner le Parlement.
    Tous les députés devraient bénéficier d'un accès égal au Parlement afin que leurs privilèges soient respectés. Chaque député, quels que soient son lieu de résidence et la circonscription qu'il ou elle représente, doit être en mesure de jouer son rôle parlementaire. Voilà pourquoi le Comité a demandé au Parlement de veiller à ce que les privilèges de chaque député soient respectés. Cependant, l'opposition officielle nous demande de réduire le nombre de députés en cette enceinte. Nous comprenons leur position, mais comment les députés qui ne pourront siéger en personne pourront-ils s'acquitter de leurs fonctions? Comment les privilèges des autres députés seront-ils protégés si les conservateurs ne sont pas disposés à leur permettre ou à leur donner un moyen de participer aux débats?
    Je voudrais en fait poser une question à ce sujet au député conservateur qui vient de s'exprimer. Il a dit que nous étions à la traîne, et je suis bien d'accord. Si les parlements du monde entier trouvent des moyens pour mener leurs travaux de manière hybride ou virtuelle, ils donnent aussi aux parlementaires les moyens de faire leur travail.

  (1050)  

    Or, les conservateurs font de l'obstruction. Ils rejettent nos idées et disent que nous devons travailler exactement de la même façon et revenir « à la normale ». C'est exactement ce qu'a dit l'intervenant précédent. Nous savons que nous ne nous trouvons pas dans des circonstances normales. Nous savons que le Parlement, le gouvernement et les responsables de la santé publique ont demandé aux autres Canadiens de trouver une façon différente d'accomplir leur travail afin de respecter les conseils de santé publique. Pourquoi le Parlement ne le ferait-il pas aussi? Nous avons demandé à des millions de Canadiens de le faire.
    Les députés conservateurs regarderont-ils leurs concitoyens dans les yeux et leur diront-ils que, certes, ils leur ont demandé de rester chez eux, mais qu'eux-mêmes sont incapables de trouver un moyen d'accomplir leur travail différemment et qu'ils obligent les députés à se présenter au Parlement? Les conservateurs disent qu'ils ne demandent pas à l'ensemble des 338 députés d'être présents à la Chambre, mais comment ceux qui ne le sont pas pourront-ils représenter leurs concitoyens? Comment pourront-ils participer aux débats? Comment pourront-ils voter?
    Lorsque j'ai posé la question au chef de l’opposition hier, il a répondu que nous devions nous pencher là-dessus. C'est ce que nous avons fait. Nous avons étudié les questions et le comité a proposé une solution, mais les conservateurs n'étaient pas d'accord. Ils ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils ne peuvent pas dire qu'ils souhaitent que le Parlement travaille, mais s'opposer aux solutions proposées quant à la façon dont le Parlement peut travailler. Où est la logique dans leur raisonnement?
    J'ai entendu mon collègue dire que ce n'est pas ainsi que le Parlement doit travailler. Je suis d'accord. Il a raison. Lorsque nous nous réunissons en comité plénier, le Parlement n'est pas pleinement fonctionnel. Toutefois, lorsque nous avons proposé de rendre le Parlement pleinement fonctionnel, les conservateurs ont dit non. Que veulent-ils enfin?
    Ils sont incohérents. S'ils veulent un Parlement hybride, ils doivent déterminer quels articles du Règlement requièrent une modification. Comment les députés qui sont absents pourront-ils débattre? Comment pourront-ils voter? Les conservateurs ne peuvent pas demander que le Parlement reprenne ses travaux sans d'abord discuter de ces questions. L'un ne va pas sans l'autre.
    D'autres pays et d'autres législateurs, ailleurs dans le monde, ont trouvé une solution. Pourquoi les conservateurs sont-ils incapables de s'entendre sur une formule? Pourquoi ne vivent-ils pas dans le présent et ne reconnaissent-ils pas que nous traversons une pandémie et que le gouvernement a demandé aux Canadiens d'un bout à l'autre du pays de travailler à distance et de respecter les conseils des dirigeants de la santé publique? Les conservateurs disent que les partis pourraient choisir les députés qui seraient présents à la Chambre, ceux qui n'y seraient pas et ceux qui voteraient ou ne voteraient pas. Cette façon de procéder constituerait une violation des privilèges des députés qui représentent les gens de leur circonscription.
    Je conviens avec les conservateurs que le Parlement constitue un service essentiel et j'ajoute que nous souhaitons tous qu'il fonctionne pleinement dans les circonstances actuelles. La question est de savoir comment procéder. Nous convenons tous que les 338 députés ne peuvent être physiquement présents à la Chambre. Bon, il y a du progrès. Nous sommes d'accord sur le fait que le Parlement est essentiel et qu'il n'est pas nécessaire que tous les députés soient présents à la Chambre, mais comment les députés qui ne seront pas ici, lorsque le Parlement fonctionnera pleinement, pourront-ils participer et représenter leurs électeurs? Les conservateurs sont muets comme des carpes. Bref, ils ne proposent aucune solution.
    Toutefois, j'ai de bonnes nouvelles. Le comité a émis des suggestions. Le comité propose une façon pour le Parlement et les députés de représenter les électeurs tout en respectant les directives des autorités de la santé publique, en tenant compte du fait que nous sommes en plein milieu d'une pandémie qui, malheureusement, a fait énormément de victimes.
    C'est le défi que je lance aux députés du Parti conservateur. Trouvons une façon de faire fonctionner le Parlement dans les circonstances actuelles de façon à ce que tous les députés puissent accomplir leur devoir dans le respect de leurs privilèges. Que l'on m'épargne les discours grandiloquents. Nous sommes tous d'accord pour dire que le Parlement est un service essentiel. Attardons-nous à faire notre travail et à bien représenter nos concitoyens. Les partis de l'opposition ont un rôle à jouer et le gouvernement a un rôle à jouer. Ce qui sera avantageux pour les Canadiens, c'est un Parlement pleinement fonctionnel qui respecte les directives des représentants de la santé publique.

  (1055)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté l'allocution de mon collègue avec grand intérêt. Il m'a demandé de regarder les gens de ma circonscription dans les yeux et de leur demander s'ils veulent que le Parlement siège compte tenu de ce que nous recommandent les responsables de la santé publique. Qu'il me dise à qui au juste il aimerait que je pose cette question.
    Aimerait-il que je la pose à l'employé de A&W qui m'a servi mon hamburger l'autre jour? Aux travailleurs de la santé, aux policiers ou aux pompiers qui sont à leur poste jour après jour peut-être? Veut-il que je pose la question au couple qui gère la quincaillerie Home Hardware où j'ai pu me procurer un interrupteur de lampe l'autre jour? Pourquoi pas aux employés de Home Depot ou de Costco et à toutes les autres personnes qui travaillent dans ma circonscription et qui s'attendent à ce que je m'acquitte de mes responsabilités, à ce que je respecte le serment que j'ai prêté devant Sa Majesté la reine et à ce que je les représente ici, à la Chambre des communes?
    Voilà les personnes à qui je poserais la question dans ma circonscription. Qui, selon lui, me dirait de ne pas être présent ici?
    Monsieur le Président, c'est bien dommage, mais certains font de l'écoute sélective. Je dis que les parlementaires doivent retourner au travail, mais aussi qu'il faudrait demander aux travailleurs courageux dont parle mon collègue comment ils ont adapté leur façon de travailler. Ont-ils modifié la façon dont ils accomplissent leurs tâches?
    Il laisse entendre que seul un petit nombre de députés devraient être présents à la Chambre. Qu'en est-il des députés qui ne sont pas ici? Comment vont-ils assumer leurs fonctions? Comment vont-ils voter au nom de leurs concitoyens? Le député ne veut-il pas respecter leur privilège? Ne veut-il pas respecter ses collègues qui ne peuvent pas siéger à la Chambre, mais qui souhaitent se faire entendre et représenter leurs concitoyens?
    Monsieur le Président, je suis venu siéger cette semaine parce qu'il nous reste encore beaucoup de pain sur la planche et qu'il faut s'assurer que le Parlement met l'accent sur la crise en cours. Une semaine après l'interruption des activités en raison de la COVID, des millions de personnes partout au pays ne pouvaient pas payer leur loyer. C'est scandaleux dans un pays comme le nôtre.
    Hier, les conservateurs n'ont posé aucune question sur le fait que certaines personnes ne peuvent plus payer leur loyer. Je les ai entendus divaguer au sujet de Margaret Thatcher, de l'Union soviétique, du péril rouge chinois et de la main mystique du marché. Toutefois, ils n'ont absolument rien dit sur le fait qu'il faut envoyer l'armée dans des établissements de soins de longue durée, où de nombreux aînés sont morts. Rien dans leur comportement ne laisse supposer qu'ils prennent suffisamment au sérieux cette pandémie.
    Lorsque, exceptionnellement, nous avons pris la décision de nous former en comité plénier — et, en temps normal, je me méfie beaucoup des changements apportés au Règlement du Parlement —, c'était pour nous permettre de nous concentrer sur la situation et de poser des questions pour que, une fois de retour dans nos circonscriptions, nous puissions montrer que nous prenons la pandémie au sérieux et que nous obtenons les réponses que les Canadiens méritent d'avoir.
    Monsieur le Président, le Parlement a un rôle important à jouer. Il va sans dire que les circonstances exceptionnelles que nous vivons nous ont tous pris par surprise. Le gouvernement, tout comme les députés, essaie de s'adapter à une situation qui évolue de jour en jour, et personne n'a le monopole de la vérité.
    Voilà pourquoi il est aussi important que les députés puissent se faire entendre, qu'ils puissent participer, qu'ils puissent poser des questions et soulever des enjeux au nom de leurs concitoyens. Les députés ont été d'une grande utilité jusqu'ici. Le Parlement doit absolument trouver un moyen pour qu'ils puissent représenter efficacement les gens qui habitent dans leur circonscription et s'exprimer fièrement.
    Monsieur le Président, à propos de ce que vient de dire le député néo-démocrate, je le mets au défi de redire que je ne travaille pas, parce qu'il lui suffirait de demander à n'importe qui dans ma circonscription pour s'apercevoir qu'il n'a pas la moindre idée de la somme de travail que j'ai abattue.
    J'invoque le Règlement, monsieur le Président.
    Je n'ai jamais dit que la députée se tournait les pouces dans sa circonscription, alors je crois qu'elle devrait remettre les pendules à l'heure et s'en tenir aux faits.
    Je crois que nous nous rapprochons du débat, alors je vais laisser la députée d'Elgin—Middlesex—London terminer sa brève observation, après quoi nous écouterons la réponse.
    Monsieur le Président, concernant les commentaires sur Mme Thatcher et d'autres sujets, le député n'a manifestement pas entendu nos questions sur les Forces armées canadiennes, dont fait justement partie un de mes fils, et dont les membres aident des établissements de soins de longue durée.
    Il devrait peut-être comprendre que nous sommes tous dans la même situation, que nous traversons tous les mêmes épreuves. Cette situation nous concerne tous parce que nous tenons à nos familles et à nos concitoyens.
    Ce qui me préoccupe, c'est de recevoir des lettres d'entrepreneurs qui me disent avoir dû mettre la clé sous la porte et, lorsque j'écris au ministre des Finances à ce sujet, de ne recevoir aucune réponse après deux mois et demi. Voilà ce qui me préoccupe. Pourquoi n'est-il pas important d'avoir des occasions de poser des questions, mais aussi de...

  (1100)  

    Nous allons manquer de temps.
    Le secrétaire parlementaire du premier ministre a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de servir notre pays, tout comme je remercie aussi son fils de servir notre pays. Nous sommes fiers des services rendus par les membres de nos Forces armées canadiennes, en particulier en cette période difficile.
    Je suis d'accord avec elle. Tous les députés, ceux de l'opposition comme les députés ministériels, devraient pouvoir poser des questions et participer au débat. Mais comment?
    Pour conclure, je sais que la députée travaille très fort pour les habitants de sa circonscription, mais est-ce qu'elle les rencontre en personne? J'en doute. Elle leur parle au téléphone ou par Zoom. Si elle les rencontre en personne, elle s'assure de respecter les règles de distanciation physique. Je lui suis reconnaissant de respecter les directives de la santé publique lorsqu'elle s'acquitte de son devoir auprès de ses concitoyens. Nous devrions pouvoir en faire autant ici.
    Monsieur le Président, je remercie le secrétaire parlementaire du premier ministre d’avoir partagé son temps avec moi aujourd’hui.
    C’est un réel plaisir, comme c’est toujours le cas, d’être ici avec vous tous. Je suis ravie de voir certains députés pour la première fois depuis des mois. Tout le monde m'a manqué. Encore une fois, il n’a pas été facile de venir ici. J’ai pris la route avec ma famille pour venir jusqu’ici depuis le Nouveau-Brunswick. Ils resteront avec moi. Nous demeurerons ici le temps qu'il faudra pour les travaux du Parlement qui sont cruciaux à ce moment-ci.
    Je pense à tous les députés qui ne sont pas ici aujourd’hui. S'ils n'y sont pas, ce n’est pas faute de vouloir être là ou parce qu’ils ne travaillent pas. En balayant du regard cette enceinte, je vois que nous sommes une trentaine séparés par plusieurs sièges vides. Je me rappelle que chaque siège vide représente environ 100 000 Canadiens. Leurs voix ne seront pas entendues ici aujourd’hui.
    Certains députés croient qu’une juste représentation des députés par parti est adéquate pour prendre des décisions et poser des questions au gouvernement. Cependant, n’oublions pas que nous travaillons d’abord et avant tout pour nos électeurs et non pour nos partis.
    Je suis ravie de représenter la circonscription de Fredericton et de soulever les questions qui sont importantes pour mes électeurs. Comme le député de Foothills l’a mentionné, c’est une expérience inoubliable d’avoir été élue à la Chambre et de me tenir ici dans cet endroit historique, qui constitue un symbole de notre liberté et de notre démocratie. C’est un endroit où se côtoient la dignité et le respect. Pourtant, il y a eu des commentaires irrespectueux, tels que des insinuations voulant que nos collègues ne se présentent pas au travail parce qu’ils ne peuvent pas être ici en personne.
    Nous avons entendu des anecdotes du temps de la guerre et des citations de Winston Churchill, entre autres, laissant sous-entendre que la COVID-19 en 2020 est en quelque sorte similaire à la Seconde Guerre mondiale et à l’épidémie de grippe. Bien sûr, nous savons que ce n’est pas le cas.
     L’expression « sans précédent » a été utilisée un nombre de fois inégalé pour décrire la situation à laquelle nous faisons face. Nous ne voyons pas les forces mondiales affronter des régimes tyranniques. Il n’y a pas de bombes qui explosent au-dessus de nos têtes. Nous faisons face à un ennemi invisible. C’est un ennemi qui ne fait aucune distinction, qui infecte son hôte à un rythme que vous n’avons jamais vu auparavant et qui a laissé nos communautés vulnérables.
    Nous avons assurément un rôle essentiel à jouer en tant que parlementaires, mais c’est aussi un rôle sans précédent dans toute notre histoire. La motion dont nous sommes saisis nous demande d’être créatifs, coopératifs et respectueux les uns des autres. Elle vise, j’en suis convaincue, à permettre la pleine participation, dans cette Chambre, des représentants de toutes les circonscriptions de notre beau pays.
    Peu de députés du Canada atlantique ont pu être présents aujourd’hui. Cela me préoccupe, car ma région natale fait face à des problèmes urgents et uniques. À l’heure actuelle, nous avons des problèmes concernant la saison du homard, les quotas de pêche et l’incapacité des transformateurs à recruter suffisamment de travailleurs. Les travailleurs saisonniers étrangers n’ont été autorisés à entrer au Nouveau-Brunswick que vendredi dernier, ce qui a retardé le démarrage de la saison et entraîné de graves conséquences pour l’économie et la production agricole.
    Mentionnons aussi le traitement de la tragédie de Portapique à l'égard duquel les gens réclament une enquête publique. Cette tragédie a également suscité un débat au sujet des mesures collectives à prendre en matière de santé mentale et de violence familiale, surtout dans les zones rurales.
    Les villes et les villages du Canada atlantique sont beaucoup plus petits que les grands centres urbains des autres provinces, ce qui signifie qu’une partie des fonds fédéraux alloués au Nouveau-Brunswick, à l’Île du Prince-Édouard et même à la Nouvelle-Écosse ne peuvent pas être utilisés par les municipalités qui en ont le plus besoin.
    Sans compter que le Nouveau-Brunswick, dans sa situation unique de province bilingue, doit aussi s’assurer que la minorité francophone reçoit des informations précises et pertinentes sur le virus. Je signale que cette province jouit d’une position très enviable dans le monde, car elle compte très peu de cas de COVID-19 et aucun décès. Finalement, habiter au Nouveau-Brunswick, c’est un avantage.
    Le Canada devrait surveiller de près ce qui se passe dans ma province au fur et à mesure qu’elle déconfine son économie, car il pourra en tirer des leçons sur la façon dont les entreprises peuvent se relancer après la COVID-19, avec l'aide nécessaire. Il faut pouvoir parler des enjeux propres à certaines régions. Or, la plupart des députés qui représentent les circonscriptions de ces régions ne peuvent pas être ici à cause des restrictions imposées en ce qui concerne les déplacements interprovinciaux, les liaisons aériennes nationales et le nombre de députés présents à la Chambre.
    Je note également que, pour d’autres députés, il n’est pas prudent d’être ici. Je songe notamment à ceux qui viennent de localités isolées ou qui risquent de contaminer leur collectivité en se rendant à Ottawa. Pouvons-nous vraiment demander à ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui de risquer de devenir des vecteurs de transmission? Par ailleurs, comment la Chambre peut-elle prendre des décisions et représenter tout le Canada sans la présence des représentants de ces régions vulnérables?
    Je reste convaincue que, tant que nous ne pouvons pas avoir l’assurance que la participation virtuelle pourra être totalement intégrée à la participation présentielle à des séances de la Chambre ou d’un comité spécial, nous ne servons pas les intérêts des Canadiens des régions rurales, du Nord, de l’Atlantique et de la côte Ouest. Aujourd’hui même, nous ne représentons pas toutes les régions du Canada de façon équitable, ce qui est pourtant l’un des principes fondamentaux de la Chambre. Cela dit, je vois que le gouvernement fait un effort en présentant une motion qui intègre la participation virtuelle et les séances présentielles.

  (1105)  

    Je reconnais également que les séances quotidiennes se dérouleraient au sein du Comité spécial sur la pandémie de la COVID-19, plutôt que dans le cadre de séances plénières à la Chambre des communes, ce qui serait l'idéal.
    Compte tenu de ces éléments, j’appuierai la motion parce que je crois qu'elle sert la démocratie à ce stade.
     Lorsque nous aurons déterminé comment fonctionnera l’intégration virtuelle des députés, la Chambre devra se réunir à nouveau pour déposer des projets de loi urgents, notamment celui qui concerne l’aide médicale à mourir. À ce chapitre, le ministre de la Justice a demandé en février à la Cour suprême de surseoir de quatre mois l'application de son arrêt afin d'éviter qu'il y ait un cadre différent au Québec et dans le reste du Canada. Nous avons déjà bénéficié d’une prolongation. Des questions difficiles restent à régler et les Canadiens qui souhaitent recevoir l'aide médicale à mourir comptent sur nous pour adopter ce projet de loi.
    En mars, le gouvernement a présenté un projet de loi visant à criminaliser la pratique cruelle de la thérapie de conversion. Nous devons nous engager à interdire au plus vite cette dernière. Nous devons également prendre connaissance des détails du projet de loi sur les armes à feu censés découler des changements réglementaires apportés le 1er mai. Les Canadiens doivent en prendre connaissance pour mettre un terme aux suppositions qui polarisent la population.
    En trouvant le moyen d'intégrer en un tout la présence virtuelle et la présence concrète des députés, le Canada ouvre la voie de l'avenir au moment où le monde du travail se transforme radicalement. Certains Canadiens devront continuer à faire du télétravail pendant un certain temps. D'autres souhaiteront le faire. D'autres encore devront répartir leur travail entre leur domicile et leur bureau. Nous savons faire preuve de créativité. Il y aura moins de déplacements par avion et moins de déplacements pour se rendre au travail. Proposons des modèles de lieux de travail en permettant aux députés de prendre les meilleures décisions pour leurs concitoyens et de participer pleinement au débat et au processus décisionnel qui ont lieu à la Chambre.
     J’espère que tous les Canadiens sauront à quel point nous travaillons fort pour eux chaque jour. Que nous soyons dans nos salons en compagnie de nos enfants devant un écran Zoom, ou ici à la Chambre des communes, notre engagement et nos efforts sont indéfectibles.
    Je pense constamment à ceux qui sont laissés pour compte dans la lutte contre la COVID-19, par exemple les organisations à but non lucratif, les organisations caritatives et les groupes religieux qui, pour une raison ou pour une autre, ne sont pas admissibles au programme de subvention salariale en dépit des services essentiels qu’ils fournissent dans la collectivité. Mentionnons aussi les nettoyeurs et les caissiers qui ne bénificient pas du supplément de salaire au Nouveau-Brunswick; les dentistes inquiets de leur avenir et qui ont du mal à se procurer de l'équipement de protection individuelle; les étudiants étrangers qui n'ont toujours pas droit aux prestations pour étudiants et qui n’ont nulle part où aller et aucun soutien; les femmes enceintes qui n’ont pas de réponses précises au sujet de leurs prestations de congé parental pour les semaines à venir, et bien d’autres.
    Mes collègues et moi travaillons pour eux. Je sais que nous pouvons continuer à faire ce travail de façon à protéger la santé et la sécurité de nos communautés.
    Monsieur le Président, j’ai pris plaisir à écouter l’intervention de la députée. J’ai notamment retenu dans son propos le fait que nous sommes ici pour représenter nos concitoyens d’abord et notre parti ensuite. Évidemment, notre système repose sur les allégeances politiques, ce qui est normal et bien.
    Cependant, j’entends beaucoup les députés d’en face dire que nous pourrions régler ce problème en votant par roulement. Je comprends que ce puisse être attrayant, mais en entendant parler la députée, je me suis dit, et si un député ne fait pas partie du groupe qui vote sur un projet de loi qui lui tient particulièrement à cœur, mais pas à son whip? Sans vouloir critiquer notre formidable whip, que se passera-t-il si un député insiste pour être à la Chambre parce qu’il veut prendre position sur une question importante pour les habitants de sa circonscription?
    Comment le roulement préserverait-il notre privilège parlementaire?

  (1110)  

    Monsieur le Président, le député a raison de dire que cette formule ne protégerait pas notre privilège parlementaire. Nous avons le droit d’être ici et d’exprimer notre préoccupation sur tout sujet dont la Chambre est saisie. Comme députée d’un petit parti, je suis chargée de nombreux dossiers en tant que porte-parole et j’ai des intérêts et des responsabilités peut-être plus vastes que d’autres députés. Je tiens donc à participer à tout ce qui se passe.
    Je pense vraiment que cela montre notre capacité de collaborer. Nous nous montrons créatifs et conciliants. Cette motion doit être adoptée et elle devrait nous réjouir. C’est une excellente idée. Les Canadiens seront très heureux de la voir mise en pratique, et elle l’est déjà ailleurs. Il est donc temps de l’essayer en y mettant du nôtre. Nous devons changer d’attitude.
    Monsieur le Président, le Nouveau-Brunswick comme la Saskatchewan ont une bonne longueur d’avance. Nos provinces s’en sortent très bien. L’Ontario et le Québec doivent rattraper leur retard sur nos deux provinces.
    Je dirai une chose à la députée, qui est une nouvelle venue à la Chambre: aucun projet de loi d’initiative parlementaire ne sera adopté. Nous allons perdre près d’une année de projets de loi d’initiative parlementaire à la Chambre des communes. Ces mesures représentent un privilège important des députés, car elles leur permettent de soulever certains enjeux.
    Que pense la députée du fait qu'il est impossible de présenter des projets de loi d’initiative parlementaire avant l’automne, voire plus tard?
    Monsieur le président, le député a raison. Hier, quand il parlait des projets de loi d’initiative parlementaire, je me suis surprise à hocher souvent la tête. Il s’agit d’un élément essentiel dans ce que nous faisons à la Chambre et il est regrettable qu’ils ne soient pas prévus dans cette nouvelle motion. Je n’ai pas eu la chance de gagner à la loterie; mon numéro est beaucoup plus loin sur la liste. C’est peut-être pour cette raison que je suis plus disposée à soutenir cette motion, mais elle n’est pas juste pour les députés qui souhaitent présenter des projets de loi d’initiative parlementaire.
    Le député a raison. Cette motion n’est pas parfaite. La situation n'est pas idéale, mais nous devons agir pour protéger la santé des collectivités et, malheureusement, les projets d’initiative parlementaire n’ont pas leur place dans ce qui est proposé aujourd’hui.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours. Elle a notamment abordé la question des violences familiales.
    Est-ce que, dans certains cas, dans sa province et au Québec, des programmes pourraient permettre à davantage de femmes de se sortir de situations de violence en cette période de crise, mais que les provinces et le Québec sont parfois les mieux placés pour reconnaître leurs compétences.

[Traduction]

    Monsieur le Président, en tant qu’alliés des femmes dans le dossier de la violence conjugale, nous faisons certainement tout ce que nous pouvons. La situation est difficile à la grandeur du pays. Nous devons être très proches de la réalité régionale, car il faut tenir compte de nombreux éléments culturels autour de cette question. C’est l’une des choses importantes dont nous voulons discuter ici, mais nous voulons le faire avec la participation de tous les députés au sein d'un Parlement virtuel. Je suis ouverte à toute idée qui permettrait la participation pleine et entière de toutes les voix pour aborder des questions très graves comme la violence conjugale au Canada.
    Monsieur le Président, j’ai apprécié le discours de ma collègue aujourd’hui. Elle est très réfléchie et c’est toujours un plaisir de l’écouter.
    Nous parlons ici du retour au travail ou de la poursuite du travail et de la façon dont les choses doivent changer. La députée a parlé de sa famille et elle a reconnu que bien des gens éprouvent des problèmes à la maison, où ils doivent concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. Dans notre débat sur ce retour au travail, de toute évidence, les néo-démocrates cherchent les meilleures solutions. Les congés de maladie rémunérés sont extrêmement importants. J’aimerais aussi que la députée nous dise comment nous pouvons offrir plus de soutien en matière de garde d’enfants et en venir à un système universel de garderies financé par le gouvernement fédéral.
    Monsieur le Président, les écoles et les garderies sont fermées. Mes enfants sont avec moi. Cette situation a engendré de nombreux défis en cours de route. Cela a peut-être constitué la plus grande difficulté. Il s’agit de concilier la vie professionnelle et la vie personnelle. Comme je l’ai dit, lors de conférences sur Zoom, on a souvent vu mes enfants à l’écran, mais cela a aussi ajouté un élément d’humanité à notre travail.
    Bien sûr, en rouvrant, les garderies ont dû supporter des coûts accrus. Nous devons tenir compte du caractère abordable des garderies pour les Canadiens à la grandeur du pays. Si nous voulons que notre économie reprenne, les garderies doivent être là pour les travailleurs et elles doivent être abordables.

  (1115)  

[Français]

    Monsieur le Président, le Québec est une société distincte. Même le très fédéraliste Robert Bourassa le mentionnait et le défendait face aux autres Canadiens.
    « Société distincte » veut dire, entre autres, que nous parlons majoritairement le français. C'est la seule langue officielle du Québec. Nous avons une culture qui est différente. Nous ne sommes ni meilleurs ni pires, nous sommes différents.
    Économiquement, nous sommes différents aussi. Nous sommes le royaume de la petite et de la moyenne entreprise. Le dynamisme québécois repose sur le dynamisme des petits entrepreneurs québécois qui, à force de labeur et de travail, ont été capables de créer des entreprises qui étaient petites au départ, certes, mais qui sont devenues moyennes, voire grosses dans certains cas.
    La pandémie est une menace pour ce tissu industriel québécois, pour cet esprit novateur, pour cet entrepreneuriat. Menacées par la faillite à cause de la pandémie, certaines PME vont disparaître. D'autres endroits au Canada peuvent tenir le même discours et c'est correct. Cependant, au Québec, la PME est encore plus importante étant donné la différence de notre tissu industriel.
    Ces entreprises sont menacées par la faillite, certes, mais également par autre chose: elles sont menacées d'être achetées par des étrangers. Ce faisant, tous les efforts et toute la créativité échapperaient aux Québécois, et les décisions seraient prises, à moyen et long termes, dans un autre pays. Cette menace ferait que les entreprises aux prises avec la situation temporaire qu'est la pandémie de la COVID-19 pourraient en subir des effets permanents. Il faut donc se méfier et faire attention à ce que cela ne se produise pas.
    Le Bloc québécois a pour seul objectif de veiller à l'intérêt des Québécois. C'est pour cette raison que les 20 et 29 avril, lors des débats sur des motions qui ont été adoptées à la Chambre, face à un gouvernement qui se montrait ouvert à nos suggestions, nous avons soumis des propositions pour protéger l'entrepreneuriat de la pandémie, où nous savions que nous étions fragiles.
    Le 20 avril, quand nous soulevé l'idée de collaborer au projet de Subvention salariale d'urgence du Canada, nous savions que certaines entreprises étaient très fragilisées par le maintien de leurs coûts fixes en dépit de l'absence de revenus, une situation pouvant leur être fatale. C'est pour cela que nous avions demandé au gouvernement de greffer à l'entente du 20 avril une aide supplémentaire pour faire face aux coûts fixes.
    Nous avions devant nous une proposition de subventions salariales évaluées à 73 milliards de dollars. Nous avons réussi à convaincre le gouvernement d'inclure dans sa motion une subvention partielle des coûts fixes des entreprises, une mesure importante qui permettrait d'éviter la faillite à des vedettes de demain. C'est ce que nous proposions.
    Qu'avons-nous obtenu en retour?
    Nous avons obtenu un programme qui n'apportait à peu près aucune solution pour les entreprises. Ce programme était trop timide, trop léger, voire inaccessible dans certains cas. La plupart des entreprises nous ont dit que ce programme n'était pas bon pour elles et qu'il leur fallait autre chose.
     C'est pour cette raison que nous avons talonné le gouvernement en lui disant qu'il fallait améliorer ce qui avait été proposé dans la motion. Nous lui avons rappelé qu'il s'était engagé et qu'il nous avait donné sa parole. Nous lui avons dit qu'il fallait aider les entreprises, l'heure étant grave.
    Cependant, rien n'a été fait depuis. C'est le silence radio. Quand le gouvernement a déposé sa motion il y a 11 jours, le Bloc a immédiatement dit que, pour protéger les entreprises, il fallait améliorer et accroître l'aide accordée pour faire face aux coûts fixes.
    Hier, le leader du gouvernement à la Chambre a dit que le gouvernement avait fait un premier pas — petit pas, s'il en est. Si le petit pas s'arrête là, c'est insuffisant, alors que nous proposions justement de continuer à aider ces entreprises. Il s'agit donc là d'une promesse non tenue.

  (1120)  

     Monsieur le Président, j'ai oublié de vous indiquer que je vais partager mon temps de parole avec la députée de Saint-Jean. Je suis désolé. Je suis sûr que vous saurez me pardonner. Vous êtes tellement gentil, cela n'a pas de sens. C'est avec vous que je devrais négocier à l'avenir.
    Le deuxième aspect important, c'est que des entreprises veulent engager des gens et que des municipalités ont besoin d'engager des gens. On sent que la reprise économique arrive, on voit de meilleurs jours venir. Pour que les entreprises trouvent des employés et que les gens souhaitent reprendre le collier, il faut les aider. Il faut inciter les gens à travailler. Il faut leur dire de recommencer à travailler et à faire un effort de production. L'économie québécoise et du reste du Canada ne s'en portera que mieux.
    Le 29 avril, le gouvernement a créé la PCUE et nous l'avons félicité puisqu'il est vrai que certains étudiants ne trouveront pas d'emploi et qu'ils ont besoin d'une sécurité financière pour poursuivre leurs études. Nous avons applaudi cette mesure. Lorsque nous avons analysé la proposition du gouvernement, nous avons constaté qu'elle contenait une tare qui ferait que les étudiants seraient peut-être moins portés à travailler.
    Est-ce que je les trouve paresseux? Non, ce n'est pas de la paresse. Toutefois, tel qu'il a été structuré et rédigé, le programme fait que le salaire d'un étudiant qui travaille deux ou sept jours par semaine reste le même. Même un caniche royal avec un képi sur la tête comprend que, si son salaire ne change pas, peu importe qu'il travaille deux ou sept jours, il devrait travailler deux jours. C'est assez clair, mais il semble que le gouvernement n'a pas compris. C'est pourquoi nous avons demandé au gouvernement de s'engager à inciter les étudiants à travailler en s'assurant que, en toutes circonstances, le salaire des étudiants augmente s'ils travaillent plus. Notre soutien était conditionnel à cela.
     C'est une règle fondamentale de l'économie: plus on travaille, plus on gagne. Nul besoin de sortir des marionnettes et des crayons de cire pour comprendre cela. Le gouvernement nous a dit que c'était une bonne idée. La vice-première ministre a dit à la Chambre qu'il s'agissait d'une bonne idée et que le gouvernement travaillerait là-dessus. Trois semaines plus tard, il n'y a rien; il n'a fait aucun pas en avant. C'est pire que pour les coûts fixes, pour lesquels les libéraux ont fait un pas et sont épuisés. Dans le cas de la PCUE, aucun pas n'a été fait.
    Nous sommes devant un gouvernement qui ne respecte pas ses engagements. Ainsi, quand arrive une autre ronde de négociations, nous ne pouvons pas embarquer. Nous ne pouvons pas négocier avec un gouvernement qui nous promet des choses qu'il ne fait pas. Nous avons déjà joué dans ce mauvais film, mais cela ne nous tente plus.
     Nous lui avons même donné une chance. On voit à quel point nous sommes gentils. Nous avons dit au gouvernement de tenir les deux promesses qu'il avait faites. Nous lui avons donné huit jours, mais il n'a pas fait d'effort. Il devait faire d'autres pas pour les coûts fixes afin d'améliorer ce qu'ils ont commencé très timidement, et ensuite faire ce qu'il a promis.
    Nous avons attendu, mais, finalement, nous nous sommes fait dire non et indiquer comment cela fonctionnerait. Alors, aujourd'hui, nous disons comment les choses vont fonctionner pour nous, au Bloc. Nous ne pouvons pas intervenir et nous asseoir à une table avec des gens qui n'ont que peu de respect pour leur parole.
    Nous avons une parole et nous avons des idées très claires. Ce qui est bon pour le Québec est bon pour le Bloc québécois. Ce qui est bon pour la nation québécoise est bon pour le peuple québécois. Il faut aider les petites et les moyennes entreprises à survivre à la pandémie, ces bourgeons qui deviendront des Bombardier éventuellement. Il faut donner la chance à ces entreprises de survivre et c'est ce que nous faisons depuis le début. Nous travaillons fort là-dessus et nous ne lâcherons pas. Notre programme est simple et clair: ce qui est bon pour le Québec est bon pour nous.

  (1125)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député fait allusion à la nécessité d’aider les travailleurs et à celle d’aider les entreprises, mais aussi au fait qu'il y a un lien entre les deux. Que ce soit au Québec ou dans ma province, le Manitoba, tant les petites entreprises que les travailleurs sont en mauvaise posture. C’est l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement a consacré tant d’énergie et de nombreuses ressources pour veiller à ce que cet aspect de notre économie subisse le moins de dommage possible.
    La subvention salariale en est un exemple. En proposant un programme de subvention salariale solide, nous garantissons que les travailleurs et les employeurs sont protégés. En assurant cette protection, nous serons mieux placés pour faire croître notre économie. Nous protégeons des emplois tout en protégeant des entreprises.
    Ce n’est qu’un des nombreux programmes disponibles et cela montre pourquoi il est si important que le gouvernement du Canada travaille avec les gouvernements provinciaux pour veiller à atténuer les répercussions négatives du coronavirus. Le député ne pense-t-il pas que c’est une bonne chose?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    C'est sûr que les subventions salariales sont importantes. Regardons les libéraux: ils ont les deux mains dedans. Pour eux, c’est vraiment très important, sauf que la nature du programme en question a été un peu violée par l’action disgracieuse du gouvernement lorsqu'il s’est mis les mains dans la Subvention salariale d’urgence du Canada. Pourtant, les libéraux ne sont aucunement menacés de faillite. Je suis convaincu qu’ils ne feront pas faillite cette année.
    En économie, il y a deux types de coûts qu'une entreprise doit assumer: les coûts fixes et les coûts variables. Les coûts variables, ce sont généralement les salaires. Ils sont couverts par la Subvention salariale d'urgence du Canada.
    Ce que nous proposons est encore plus important pour le Québec, parce que les PME sont le cœur de notre économie. Oui, il y a des entreprises au Manitoba, et c’est correct. Nous ne disons pas que c’est mauvais pour le reste du Canada.
    Je vais revenir sur les coûts fixes. Les entreprises ont, bien sûr, des coûts variables et des masses salariales à respecter, mais elles ont aussi des coûts fixes, ce qui fait que même quand il n’y a pas de production, il y a des coûts à combler. C’est cela qui est crucial.
    On ne peut pas seulement aider les entreprises à payer leurs coûts variables, on doit aussi les aider à payer leurs coûts fixes. C’est le b-a ba de la microéconomie. J'enseigne cela au cégep et à l’université. Il faut aider les entreprises relativement aux coûts fixes. C’est pour cela que nous avons tendu la main au gouvernement, mais nous n'avons pas obtenu de réponses.
     Est-ce parce qu'il a oublié...
    L'honorable député de Bellechasse—Les Etchemins—Lévis a la parole.
    Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à mon collègue de La Prairie.
    Est-ce que le député appuie la motion du Parti conservateur qui vise justement à améliorer les programmes libéraux?
    Le député a mentionné dans son discours que les mesures libérales étaient trop légères, inaccessibles et mal ciblées. Le Parlement peut aider le gouvernement à faire en sorte que les mesures aident les Québécois et les Canadiens.
    Est-ce qu’il appuie la motion du Parti conservateur pour que nous revenions au Parlement afin d'avoir des meilleures lois pour servir les gens du pays lors de cette pandémie?
    Monsieur le Président, une chose est sûre, je n’appuie pas le fait que les conservateurs vont aussi puiser dans la Subvention salariale d’urgence du Canada pour essayer d’éponger des supposés problèmes financiers alors qu’ils sont riches comme Crésus. Je dirais même que Crésus était pauvre comparativement aux conservateurs. Les deux grands partis payants ont les deux mains dans la Subvention salariale d'urgence du Canada. Cela ferait une méchante photo.
    Oui, le Parlement devrait continuer à siéger de façon normale. Je suis d’accord avec lui. Oui, il y a des questions qui restent en suspens. Quand nous avons négocié les coûts fixes à la table du gouvernement, il y avait deux absents, soit le NPD et les conservateurs. Il y avait juste le Bloc québécois qui poussait pour qu’il y ait une amélioration de l’aide qu’on pourrait verser aux entreprises. C'est par les entreprises qui survivent qu'un tissu économique est plus fort et que les emplois sont durables et de qualité.
    Monsieur le Président, je remercie mon très estimé collègue de La Prairie de m'avoir laissé la parole. Je lui en suis reconnaissante.
    On me demande à l'occasion comment j'entrevois la sortie de crise, ce que j'espère que nous retenions de cette crise. J'y ai réfléchi et je pense que c'est important qu'on y pense tous un petit peu.
    Je vais faire un parallèle en remontant dans mes souvenirs à un moment où j'étais beaucoup plus jeune, en 1998. J'avais 13 ou 14 ans.

  (1130)  

    Ma région a vécu la crise du verglas, qui a marqué l'imaginaire collectif. On avait réalisé à ce moment qu'il s'était créé des mouvements de solidarité, un peu comme c'est le cas maintenant. Il y a eu de l'aide entre les citoyens. Je me souviens de mon père qui se promenait avec sa génératrice pour aller vider les caves de gens qui habitaient sur le rang chez nous et les pompes qui ne fonctionnaient pas parce qu'il n'y avait pas d'électricité. On a aussi réalisé — et ce sont les plus vieux qui nous le font remarquer parce que j'étais moi-même trop jeune pour m'en rendre compte — qu'au moment où on a rallumé les lumières, beaucoup de cette solidarité a été perdue. Malheureusement, je crains que cela arrive aussi au moment où on trouvera un vaccin. Présentement, nous sommes dans une situation où on encourage énormément l'achat local.
    J'ose espérer qu'on pourra garder cette belle solidarité, mais il y a des choses qui devront être mises en place par le gouvernement et par le Parlement pour s'assurer qu'il nous restera quelque chose de cette crise. Ce serait une insulte aux gens qui souffrent présentement et aux gens qui auront péri des suites de la COVID-19 que de ne pas tirer de leçon de cette pandémie et de ne pas saisir l'occasion pour devenir meilleurs.
    Des choses peuvent être faites présentement dans certains dossiers, mais elles auraient aussi pu être faites par le passé, ce qui nous aurait permis de passer un peu mieux à travers la crise. Je vais donner trois exemples particuliers. Il y a la question des aînés, qui a été un des clous sur lesquels le Bloc québécois a énormément tapé. Même avant la crise, même avant qu'on puisse penser qu'il y aurait un jour ce genre de pandémie, le Bloc québécois soulevait le problème. Au moment où on a instauré le système de Sécurité de la vieillesse, cela couvrait l'équivalent de 20 % du revenu industriel moyen. Compte tenu du désinvestissement qu'il y a eu année après année, cela correspond à l'équivalent de 13 % du salaire moyen. Le pouvoir d'achat des aînés a grandement diminué. Nous souhaitons pouvoir dire que les 300 $ qui ont été octroyés, c'est un bon coup, mais cela ne doit pas être ponctuel. Oui, cela aidera en partie pendant la crise, mais les problèmes que les aînés vont subir vont continuer d'exister.
    On peut penser notamment au coût du panier d'épicerie à l'automne, qui risque d'être très élevé, notamment pour les fruits et les légumes frais, surtout ceux qui viendront de nos maraîchers et de nos agriculteurs. Quelque chose aurait dû être fait avant la crise, mais on peut encore le faire dans le cadre de la crise. Il s'agit d'augmenter le pouvoir d'achat de nos aînés et de s'assurer, par la force des choses, qu'ils continuent à contribuer à notre économie, qu'ils continuent à faire leurs achats chez nos producteurs locaux et qu'ils continuent à être actifs, économiquement parlant, dans notre société. Malheureusement, ce sont des choses que nous ne pourrons peut-être pas faire si le Parlement se résume à quatre périodes de questions par semaine.
    Il y a un autre point que nous avons beaucoup soulevé pendant la crise, et c'est la question des transferts en santé. Depuis plusieurs années, il y a un désinvestissement massif des transferts fédéraux en santé vers les provinces et le Québec. Dans certains cas, on peut critiquer certaines réformes que les provinces ont tenté de mettre sur pied. Même certains acteurs de ces réformes admettent que ce qui a été fait était peut-être perfectible, qu'ils auraient pu faire les choses autrement et que cela aurait été mieux. Il reste que, quand on n'a pas l'argent, on part avec une béquille énorme. Le désinvestissement fédéral est la cause principale des problèmes actuels du système de santé. Cela existait avant la crise. Cela aurait dû être réglé avant la crise. La situation que nous vivons présentement devrait à tout le moins nous faire dire que nous ne voulons pas que cela ne se reproduise plus tard.
    Il y a une chose qu'on peut faire présentement, c'est de s'assurer que les entreprises qui bénéficient des paradis fiscaux ne reçoivent pas de subvention salariale. Nous avons fait le calcul. Les grandes banques épargnent en impôt annuellement l'équivalent d'environ 2,5 milliards de dollars; or il en coûterait entre 1,9 et 2 milliards de dollars pour rétablir les transferts en santé. En s'assurant que les vrais fautifs, les gens qui légalement, mais immoralement utilisent les paradis fiscaux, paient leur juste part d'impôt, on pourrait rétablir les transferts en santé.

  (1135)  

    On espère que cela n'arrivera pas, mais il faudra être prêt à réagir si une autre crise survient. Il faut s'assurer de tirer des leçons de la crise que l'on vit présentement.
    Un autre sujet que j'ai beaucoup aimé aborder pendant la crise est toute la question des agriculteurs, plus spécifiquement sous l'angle des travailleurs étrangers temporaires qui sont les piliers de notre production. Ce sont des gens qui sont absolument nécessaires à notre sécurité et à notre souveraineté alimentaires et qui nous permettent de nous approvisionner en produits frais et locaux.
    La problématique des permis de travail fermés existe depuis longtemps. Les producteurs agricoles se plaignent du manque de flexibilité qu'impose un permis de travail fermé. Je vais donner quelques exemples d'avant la crise.
    Pensons d'abord à un agriculteur qui n'aurait besoin de quelqu'un qu'à temps partiel, peut-être une journée par semaine. Cela ne vaut pas la peine de faire venir quelqu'un du Guatemala en lui disant qu'il ne va travailler qu'une journée par semaine. Cependant, un permis de travail fermé ne permet pas d'échanger ou de partager le travail d'un employé entre plusieurs entreprises agricoles.
    Par ailleurs, la charge de travail n'est pas répartie de la même façon d'une entreprise agricole à une autre. Par exemple, la fin de l'hiver représente une charge de travail un peu moins grande pour les producteurs laitiers, puisque ce n'est ni le début ni la fin des récoltes. Par contre, pour les producteurs acéricoles, la fin de l'hiver est une période très occupée de l'année, car c'est à ce moment-là qu'ils commencent à semer. Cette répartition inégale de la charge de travail empêche là aussi de se partager les services des employés. Ce problème existait déjà avant la crise.
    Pendant la crise, alors que l'on subissait une pénurie majeure de travailleurs étrangers temporaires, des producteurs ont été incapables de se partager l'aide de travailleurs dans des moments très critiques. Pensons ici aux pomiculteurs qui avaient besoin de faire tailler leurs pommiers pour lancer leur saison. Au même moment et souvent sur le terrain juste à côté, des producteurs acéricoles dont la saison de cabane à sucre avait été annulée avaient à leur disposition une poignée de gens qu'ils ne pouvaient pas faire travailler et dont ils auraient bien aimé pouvoir partager les services avec les pomiculteurs.
    Pensons aussi aux producteurs maraîchers qui ont souvent deux récoltes par été. Alors qu'un premier lot de travailleurs récolte les produits, un deuxième groupe juste en arrière plante en prévision d'une seconde récolte. Or, la majorité des maraîchers de chez nous ont présentement suffisamment de gens pour récolter, mais pas assez pour planter en arrière. Si toutes les entreprises s'étaient entendues pour mieux utiliser les travailleurs à leur disposition, elles auraient pu avoir deux récoltes, ce qui aurait constitué une meilleure production à la fin de l'année.
    Advenant une autre crise, il serait bien de considérer de nouvelles modalités en lien avec les permis fermés. Si une tempête de grêle détruisait ma récolte, mais pas celle de mon voisin, ce dernier pourrait sauver sa récolte en recourant à davantage de main-d'oeuvre si l'on pouvait se partager les services des travailleurs. Plus près d'ici, lorsqu'il y a eu des inondations, les travailleurs agricoles qui n'étaient pas trop occupés à ce moment-là n'ont pas pu prêter main-forte et installer des sacs de sable pour protéger les gens des inondations.
    Ce problème existe depuis longtemps et pourrait être résolu. Pour notre part, nous faisons des propositions et nous suggérons des pistes, comme la possibilité de permettre à un travailleur titulaire d'un permis fermé d'aller quand même travailler ailleurs pendant un certain nombre de jours.
    Cependant, nous ne pouvons pas présenter toutes ces réflexions à l'heure actuelle, puisque deux partis ont choisi de restreindre la tenue de ces échanges à entre nous. Pourtant, le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre a mené une étude remarquable sur la tenue de séances virtuelles du Parlement.
     Je trouve dommage que l'on reconnaisse d'entrée de jeu que la pandémie de la COVID-19 constitue un immense problème, mais que l'on décide de se lier les mains en s'empêchant de trouver des solutions pour maintenant et pour l'avenir. D'une certaine façon, je trouve que le fait de ne pas travailler dès maintenant à aider les gens qui souffrent et ceux qui meurent de la COVID-19 constitue un manque de respect envers ces personnes. Il est dommage que cette crise ne fasse pas ressortir le meilleur de nous-mêmes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée fait valoir plusieurs points. Je suis d'accord avec certains, mais d'autres sont discutables, selon moi. Par exemple, je suis d'avis que le gouvernement a investi des montants sans précédent dans les soins de santé et je n'ai pas été témoin des compressions qu'elle évoque. Je pose une question à la députée afin de faire un lien entre ses observations et l'importance véritable de la motion à l'étude.
    Assurément, il faut reconnaître que personne n'aurait été en mesure de prédire la situation il y a quelques mois. Si on considère tout ce qui a été fait, qu'il s'agisse des programmes ou de la collaboration du gouvernement avec l'opposition, force est d'admettre que nous avons accompli beaucoup de choses en une période relativement courte. La démocratie est importante. Nous avons discuté de l'intégration virtuelle complète ces derniers mois et nous avons réalisé des progrès considérables à cet égard. C'est là l'objet de la motion: nous faire avancer dans l'atteinte d'une intégration complète, pour que tous les députés puissent apporter leur contribution au Parlement.
    La députée convient-elle que, grâce à la motion, elle aura beaucoup plus de latitude et sera beaucoup plus en mesure d'interroger le gouvernement sur tous les points qu'elle soulève? Elle pourra le faire non seulement durant les mois de mai et juin, mais aussi durant les mois de juillet et août, ce qui est sans précédent, d'après ce que je comprends.

  (1140)  

[Français]

    Monsieur le Président, je ne peux pas m'empêcher de prendre la balle au bond au sujet de la question des transferts en santé et de rappeler que la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec a écrit, en novembre, à la ministre de la Santé pour lui rappeler qu'il y avait un problème en ce qui a trait aux transferts et qu'elle réclamait que ce soit ramené à 25 %. Cela a d’ailleurs été une demande commune et unanime de l'ensemble des premiers ministres des provinces au Conseil de la fédération, en décembre dernier. Je pense qu'il y a d'autres gens qui partagent mon point de vue.
    Pour ce qui est de la question du Parlement, la motion qui est devant nous nous permet de questionner le gouvernement. C'est bien. Je ne dis pas que c'est absolument mauvais, mais ce n'est pas suffisant. Nous n'avons pas de journées de l'opposition. Nous ne pouvons pas déposer des projets de loi. Nous ne pouvons pas débattre de motions. C'est une période de questions beaucoup plus qu'une période de réponses. Malheureusement, ce n'est pas suffisamment pour nous permettre de faire avancer des programmes autant que nous le pourrions. Oui, des choses ont été faites. Je ne le nie pas. Toutefois, la possibilité d'en faire beaucoup plus, c'est ce qui nous est nié aujourd'hui, et c'est ce que nous déplorons.

[Traduction]

    Monsieur le Président, malheureusement, mon français n'est pas encore suffisamment bon pour que je questionne ma collègue dans cette langue, mais j'espère pouvoir le faire sous peu.
    La députée a parlé de ses préoccupations au sujet du secteur agricole. L'autre jour, un citoyen de ma circonscription m'a dit — et j'ai trouvé cela intéressant — qu'il souhaitait pratiquer l'agriculture intelligente, mais que c'est impossible avec un Internet simplet.
    Dans le cadre de nos récentes séances virtuelles, j'ai constaté que beaucoup d'entre nous qui sommes en région rurale ne pouvons pas participer comme nous le souhaiterions. Encore une fois, cela prouve l'importance de convoquer le Parlement, que ce soit dans un format hybride ou autre.
    La députée pourrait-elle parler de l'incidence de la COVID-19 sur les régions rurales et de l'importance que le Parlement reprenne ses travaux selon la méthode traditionnelle?

[Français]

    Monsieur le Président, je comprends le fait qu'Internet n'est pas toujours facilement accessible partout. J'ai moi-même grandi sans le câble et avec un accès limité à Internet, malheureusement. Je ne pense pas que cela doit être un argument pour nous empêcher de fonctionner de façon virtuelle. Le fait de revenir à la Chambre de manière présentielle serait également une façon indirecte de brimer le privilège parlementaire de gens qui sont loin, qui n'ont pas accès à des avions partout au Canada ou qui peuvent être âgés et craindre pour leur santé, ce que l'on comprendrait. Il me semble qu'il y a une belle solution de rechange au Parlement hybride, qui a d'ailleurs été testée ailleurs dans le monde, dans des Parlements similaires de tradition Westminster, avec succès. Je ne pense pas qu'il faille se maintenir dans une politique du tout ou rien. Nous sommes capables de trouver une voie de passage qui est encore meilleure, et c'est ce que je recommande.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée d'Outremont.
    Depuis deux mois et demi, une menace commune pèse sur la santé des Canadiens et l'économie du pays. Dès l'arrivée de la COVID-19 au Canada, le gouvernement a adopté une approche coordonnée qui respecte les valeurs démocratiques que nous partageons tous: elle accorde la priorité aux gens et s'efforce de ne laisser personne en plan. Il nous incombe de lutter contre la propagation de cette pandémie et de préparer le pays en vue de la reprise. Nous ferons tout ce qu'il faudra.
    Nous prenons des mesures pour contrer les vastes répercussions de la COVID-19 sur la santé, la société et l'économie. Nous faisons tout en notre pouvoir pour aider les Canadiens et les entreprises à traverser cette pandémie et pour leur offrir le soutien dont ils ont besoin. Je parle notamment de la prise de mesures décisives et énergiques pour stabiliser l'économie canadienne.
    La Subvention salariale d'urgence du Canada est un élément essentiel du plan d'intervention économique pour répondre à la COVID-19. Pour les employeurs qui ont été touchés durement par la pandémie, le gouvernement a mis en place un programme qui les aidera à garder leurs employés et même à réembaucher ceux qui ont été mis à pied. Ce programme est offert aux entreprises, aux organismes de bienfaisance et aux organismes sans but non lucratif. Il soutient les Canadiens qui travaillent dans des entreprises, petites ou grandes, dans tous les secteurs de l'économie.
    Le gouvernement a créé la Subvention salariale d'urgence du Canada pour prévenir des pertes d'emploi supplémentaires et pour encourager les employeurs à réembaucher les employés qui avaient été auparavant mis à pied à cause de la COVID-19. Le programme vise à faire en sorte que les familles de toutes les régions du Canada n'aient pas à se demander d'où viendra le prochain chèque de paie. En cette période de grande incertitude, il leur permet de savoir qu'elles auront de l'argent pour payer l'épicerie, le loyer et les médicaments sur ordonnance. De plus, au moment de la relance, les entreprises canadiennes pourront ainsi compter sur des employés déjà formés pour se préparer à reprendre progressivement leurs activités.
    Le programme de Subvention salariale d'urgence du Canada offre aux entreprises de toutes les tailles et de tous les secteurs ayant subi une chute de revenus bruts d'au moins 15 % en mars 2020 et 30 % les mois suivants une subvention de 70 % du salaire hebdomadaire d'un employé jusqu'à concurrence de 847 $. Le 15 mai, le gouvernement a annoncé qu'il prolongeait le programme de 12 semaines, soit jusqu'au 29 août 2020. Le programme étant prolongé, les travailleurs auront davantage l'assurance de pouvoir continuer à recevoir l'aide dont ils ont besoin en ces temps difficiles et les employeurs auront plus de temps pour reprendre leurs activités. Nous savons que la reprise doit se faire de façon graduelle et prudente.
    En même temps, nous avons effectué des changements réglementaires afin de bonifier la subvention et d'en accroître la portée pour inclure davantage d'employeurs. Grâce à ces modifications, la subvention atteindra son objectif, qui est de soutenir les employeurs les plus durement touchés par la COVID-19 tout en protégeant les emplois dont dépendent les Canadiens.
     La réglementation permettra dorénavant l'admissibilité des employeurs suivants à la Subvention salariale d'urgence du Canada: les sociétés de personnes détenues à concurrence de 50 % par des membres non admissibles; les sociétés appartenant à un gouvernement autochtone qui exploitent une entreprise, ainsi que les sociétés de personnes dont les associés sont des gouvernements autochtones et des employeurs admissibles; les associations canadiennes enregistrées de sport amateur; les organisations journalistiques enregistrées; les collèges non publics et les écoles non publiques, y compris les établissements qui offrent des services spécialisés, comme les écoles de formation artistique, les écoles de conduite, les écoles de langue et les écoles de pilotage.
    La pandémie de COVID-19 a eu de graves répercussions sur les Canadiens partout au pays. Tous les secteurs de l'économie en ont ressenti les effets implacables et destructeurs. Le gouvernement travaille dur pour protéger les emplois dans tous les secteurs de l'économie. Nous avons été attentifs aux préoccupations soulevées par des employeurs de tout genre, des petites entreprises de quartier à certaines des plus grandes entreprises canadiennes qui emploient des milliers de personnes.
    Nous savons qu'étendre la portée du programme de subvention salariale contribuera à aider plus de travailleurs. Grâce à cette subvention, même si notre économie est à l'arrêt, les entreprises peuvent se permettre de conserver leurs employés et, par conséquent, sont prêtes à reprendre leurs activités dès que cela sera possible de le faire en toute sécurité. Il s'agit de protéger les emplois maintenant et de faire en sorte que la reprise ne soit pas hésitante. Nous devons veiller à ce que le Canada puisse revenir en force.
    De nombreuses mesures prises par le gouvernement à ce jour pour aider les Canadiens et leurs familles complètent ce programme. La Prestation canadienne d'urgence a été versée à plus de sept millions de Canadiens. Ainsi, quiconque ne peut travailler à cause de la COVID-19 a l'argent nécessaire pour couvrir ses besoins de base.

  (1145)  

    Nous avons fourni un soutien aux étudiants, dont un investissement dans plus de 116 000 occasions d'emplois pour l'été afin de les aider à obtenir l'expérience de travail dont ils ont besoin pour pouvoir concrétiser leurs rêves.
    Le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes a permis d'accorder des prêts sans intérêt à plus de 600 petits employeurs.
    Toutes ces mesures, ainsi que d'autres, forment globalement un des ensembles de mesures de soutien économique les plus ambitieux au monde. Nous savons que si nous investissons dans les Canadiens, la reprise sera d'autant plus rapide et vigoureuse.
    La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions incroyables pour les Canadiens et pour le monde entier. Elle a paralysé des entreprises sur toute la planète. Elle a bouleversé le marché international, anéantissant sur son passage les espoirs et les rêves de travailleurs et de propriétaires d'entreprise. Depuis deux mois et demi, un grand nombre de gens d'affaires, au Canada et ailleurs, connaissent des difficultés sans précédent. Bien des entreprises n'ont pas pu résister aux ravages de la COVID-19. Or, pendant toute cette période, le gouvernement est resté prêt à adopter des mesures additionnelles pour stabiliser l'économie et atténuer les effets de cette pandémie.
    Protéger la santé des Canadiens et répondre à leurs besoins immédiats restent la grande priorité du gouvernement. Nous allons continuer de protéger les emplois et l'économie du pays tout au long de cette crise. Quand nous en sortirons, nous serons prêts à travailler avec les Canadiens pour relancer l'économie et continuer de bâtir un Canada plus fort pour demain.

  (1150)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté ma collègue avec beaucoup d'intérêt. Je suis préoccupé du fait qu'elle a parlé d'une reprise rapide et vigoureuse de l'économie. L'arrivée de la COVID a bouleversé en un clin d'œil notre conception de l'économie. Il n'est pas réaliste de penser qu'il suffira de remettre l'économie en marche, comme s'il s'agissait d'un interrupteur, pour que tout redevienne comme avant. On sait avec certitude qu'il y aura une véritable hécatombe dans le secteur de la restauration dans les grands centres urbains. Par ailleurs, on a également vu comment le secteur pétrolier s'est effondré avant la COVID. Aujourd'hui, les investisseurs internationaux se sont carrément retirés.
    Il faudra une vision à long terme. Il faudra entre autres décider du sort des travailleurs qui touchent la Prestation canadienne d'urgence en ce moment? Bon nombre d'entre eux n'ont plus d'emploi. Le gouvernement est-il disposé à faire ce qui s'impose pour rebâtir et relancer l'économie, à poursuivre prudemment ses investissements et à veiller à ce que le mois d'août ou octobre venu, on ne cesse pas simplement de verser la Prestation canadienne d'urgence aux travailleurs qui ont perdu leur emploi?
    Monsieur le Président, il va sans dire que nous n'affirmons pas qu'il est aussi simple de relancer l'économie que d'actionner un interrupteur. Il faudra du temps. C'est pourquoi notre gouvernement a mis en place divers programmes et mesures pour permettre aux Canadiens de retrouver une certaine stabilité et de répondre à leurs besoins immédiats afin d'être prêts lorsque nous relancerons l'économie et la renforcerons.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours.
    Elle a beaucoup parlé d'économie et de l'importance d'aider nos entreprises à passer au travers de la crise. Je rappelle que le Bloc québécois a fait une proposition relative aux frais fixes qui pourraient être étendus pour les entreprises touristiques.
    Je viens de Shefford. Chez moi, dans les Cantons-de-l'Est, le tourisme est une entreprise importante. En ce moment, le programme actuel et les programmes d'aide ne conviennent pas aux entreprises touristiques qui demandent plus de souplesse en ce qui a trait aux frais fixes pour les aider à passer au travers de la crise. Elles ont été parmi les premières à être touchées et seront probablement les dernières à pouvoir redémarrer.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. Le tourisme a bel et bien souffert pendant cette pandémie. Il va continuer à souffrir d'autant plus.
    Je voudrais justement lui répondre que notre ministre responsable du tourisme a discuté à maintes reprises avec les joueurs de l'industrie. Elle a mis en place des mesures pour leur venir en aide, avec les trois R, afin de soulager ces entreprises.
    Nous aussi, au Québec, souffrons de ce phénomène de pertes dans l'industrie du tourisme, mais notre ministre est constamment en train de regarder comment bonifier les mesures pour cette industrie très particulière.

  (1155)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, la députée a abondamment parlé de l'économie. Le gouvernement a proposé de ne pas faire siéger tous les comités. Or, de nombreux comités pourraient vraiment faire du travail très important en ce moment, notamment celui du commerce international et celui des transports, de l'infrastructure et des collectivités. Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de ne pas faire siéger tous les comités alors que nous pourrions y tenir d'importantes discussions?
    Monsieur le Président, cette question devrait être débattue par nos leaders à la Chambre respectifs. Tous les efforts que nous déployons ici et tout le travail que nous accomplissons collectivement et individuellement dans nos circonscriptions, comme répondre à des questions, faire de la recherche sur certains programmes et prendre le pouls des besoins des électeurs des régions que nous représentons, ont des retombées positives. Ensuite, lorsque nous nous réunissons à la Chambre, nous pouvons proposer des mesures qui atténueraient la plupart des problèmes exprimés par nos électeurs.
    Monsieur le Président, c'est pour moi un honneur de prendre la parole à la Chambre des communes au sujet de la question dont nous sommes saisis, à savoir comment nous organiserons les séances du Parlement à venir dans ce contexte de pandémie.
    Je n'ai sûrement pas besoin de rappeler aux députés à la Chambre que nous traversons une période exceptionnelle. Alors que nous nous prononçons sur la manière dont nous nous réunirons à l'avenir, nous devrons être soucieux de l'exemple que nous donnons aux Canadiens et des messages que nous leur véhiculons.
    Avant de rentrer dans le vif du sujet, j'aimerais remercier sincèrement le greffier de la Chambre des communes et toute l'équipe administrative de l'excellent travail qu'ils font pour nous présenter différentes options afin que nous puissions continuer de nous réunir et d'effectuer nos travaux pendant la pandémie de COVID-19.

[Français]

    Nul besoin de rappeler que nous vivons une période extraordinaire. Avant de parler de la substance de mes remarques, j'aimerais tout d'abord adresser mes plus sincères remerciements aux membres de la sécurité, de l'Administration de la Chambre des communes et à tout le personnel de la Chambre. Ceux-ci se joignent aux centaines de milliers de Canadiens qui continuent à travailler dans nos secteurs essentiels. Que ce soit dans nos CHSLD, nos dépanneurs, nos pharmacies ou nos hôpitaux, leur dévouement permet de continuer à faire rouler notre société.

[Traduction]

    Pour en venir maintenant à la discussion sur les prochaines étapes à suivre pour la tenue de nos séances à l’avenir, les arguments que font valoir mes collègues d’en face me laissent un peu perplexe. Je me permets encore une fois de préciser pour les Canadiens que les députés se réunissent, que les ministres rendent des comptes et qu’ils répondent aux questions. De fait, en l'espace de seulement trois jours, les députés ont posé plus de 300 questions, et le gouvernement y a répondu. Par comparaison, en temps normal, lorsque la Chambre siège pendant cinq jours, les députés ont la possibilité de poser, en moyenne, environ 190 questions.
    Pendant le débat d'hier sur la motion dont nous avons été saisis, j’en suis venue à comprendre que la reddition de comptes, qui continuera indéniablement d’exister aux termes de la proposition dont la Chambre a été saisie, n'est pas ce qui pose problème aux conservateurs. Ils font plutôt valoir que les députés doivent être assis dans leur siège, en suivant le règlement habituel, pour avoir l’impression de travailler.
    Je suis une députée de relativement fraîche date. En effet, j’ai été élue il y a un peu plus d'un an seulement, et c’est peut-être pour cette raison que je vois les choses un peu différemment de mes collègues. En ce qui me concerne, il n’y a rien de plus important que le travail que j’accomplis dans ma circonscription, au service de mes concitoyens.
    Pour ma part, et c’est probablement le cas de nombreux autres députés, je travaille 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 — littéralement 7 jours par semaine — de très tôt le matin jusqu’à très tôt le lendemain matin. Je parle avec des aînés dans des établissements de soins de longue durée qui sont préoccupés par leur santé et leur sécurité. Je m’entretiens avec des personnes qui aimeraient bien comprendre comment avoir accès à la prestation d’urgence de 2 000 $ par mois que plus de huit millions de Canadiens ont demandée et reçue. Je parle aussi avec des mères qui demandent de l’aide pour ramener au pays un enfant se trouvant à l’étranger dans le cadre d’un programme d’échange. Je discute avec des étudiants qui prennent contact avec un député pour la toute première fois de leur existence parce qu'ils veulent discuter des mesures que nous avons mises en place pour leur venir en aide et de leurs perspectives d’emploi cet été. Je trouve que c’est un travail important.
    Dans quelle mesure est-ce important que les organismes de bienfaisance ou à but non lucratif qui viennent en aide aux populations vulnérables, en donnant littéralement de quoi manger aux familles qui en ont besoin, reçoivent un financement de l'État? C’est essentiel, et nous sommes ici pour les soutenir.

  (1200)  

[Français]

    Nos organismes locaux travaillent fort. Je pense notamment à la cafétéria communautaire MultiCaf, à Côte-des-Neiges, au Refuge Le Chaînon, qui vient en aide aux femmes vulnérables, à la Mission communautaire Mile-End, qui offre à manger aux résidants dans l'est de ma circonscription, à Jeunesse au soleil , qui fait un travail colossal afin de livrer de la nourriture partout à Montréal, et à bien d'autres. Je travaille sans relâche pour épauler nos organismes de bienfaisance à Outremont, à Côte-des-Neiges et dans le Mile-End.
    On assiste à des choses extraordinaires. Il y a même des nouveaux organismes qui apparaissent en réponse à la crise actuelle. Le travail d'un député est de les appuyer. La Fondation Aide Outremont COVID-19 fait un travail extraordinaire pour soutenir nos résidants âgés et vulnérables. Cette magnifique équipe constituée de bénévoles du quartier a déjà effectué des centaines et des centaines de livraisons d'épiceries et de médicaments.

[Traduction]

    À titre de secrétaire parlementaire de la ministre de la Petite Entreprise, au cours des 10 dernières semaines, j’ai parlé à des milliers d’entrepreneurs de ma circonscription et d'ailleurs au pays. Ils avaient besoin de discuter avec un membre du gouvernement. Ils avaient besoin de réponses, et, pour ma part, je me devais de les écouter jusqu’au bout.
    Le travail que nous accomplissons avec le secteur privé et les propriétaires d’entreprises est justement ce qui a permis d’apporter les ajustements et les modifications nécessaires aux programmes d’aide. Les commentaires que j’ai reçus jusqu’ici à la suite de tous ces appels et de toutes ces réunions virtuelles, ce sont: « Ouah, merci. Merci d’être à notre écoute. Merci d’être là. Merci de travailler pour nous. » C’est la raison d’être d’un gouvernement.
    Le travail que nous accomplissons au service des Canadiens dans notre circonscription respective est absolument nécessaire. C'est insultant pour moi, et aussi pour les Canadiens, de laisser entendre que nous ne travaillons pas lorsque notre derrière n'est pas bien calé dans notre fauteuil. Je trouvais important de mettre les points sur les i pour le compte rendu.
    Je vais maintenant vous donner plus de détails sur ce que nous proposons. Notre proposition nous permettrait de poursuivre ce travail important dans nos circonscriptions. Nous pourrions nous réunir dans cette enceinte tout en respectant la distanciation physique et d’autres consignes de santé et de sécurité, et les députés de toutes les régions du pays pourraient participer virtuellement à ces séances et, surtout, nous pourrions continuer à rendre compte aux députés de l’opposition et à répondre à leurs questions.

[Français]

    Je vais entrer un peu dans les détails de l'approche proposée d'un modèle hybride. Pour les députés qui sont présents physiquement à la Chambre, il n'y aura aucun changement et l'expérience sera la même que lors d'une séance normale. Les députés seront en mesure d'entendre leurs collègues participant de manière virtuelle en utilisant l'oreillette et pourront les voir sur deux écrans installés de chaque côté du fauteuil du Président.
    Pour les députés participant virtuellement, l'accès aux débats de la Chambre se fera au moyen d'une plateforme de vidéoconférence en ligne très facile à utiliser qui est intégrée dans l'infrastructure et dans les systèmes préexistants de la Chambre des communes. Quand les députés participeront par vidéoconférence, ils seront en mesure d'assister aux affaires se déroulant à la Chambre lorsque les autres députés auront la parole. Ils auront aussi accès à une vidéo de leurs collègues participant virtuellement. En tout temps, tous les députés auront accès à l'interprétation simultanée et tous les députés, y compris ceux qui participent par vidéoconférence, pourront s'adresser à la Chambre pendant les débats ou faire un rappel au Règlement.
    Après que le modèle des séances hybrides de la Chambre eut été établi, l'Administration de la Chambre a effectué une simulation du déroulement du débat, et les résultats ont été excellents. En conséquence, le Président de la Chambre a écrit aux leaders de la Chambre pour les aviser que le modèle hybride pouvait être utilisé.

[Traduction]

    En créant un modèle de séances hybrides, l’Administration de la Chambre a pu examiner les différentes solutions que d’autres assemblées législatives au Canada et dans le monde ont adoptées pour relever les défis inhérents à cette pandémie, tout en veillant à ce que les affaires parlementaires urgentes soient traitées. En particulier, l’Administration a consulté 30 parlements et collaboré de près avec plusieurs assemblées législatives dont les besoins étaient similaires. Cette collaboration a consisté entre autres à tester des solutions et à partager quotidiennement des stratégies opérationnelles, des expériences et des résultats.
    En plus de collaborer avec d’autres assemblées législatives, l’Administration a mené une vaste étude de marché indépendante et travaillé avec des chefs de file de l’industrie et des partenaires internationaux de la sécurité nationale. Dans le cadre de la collaboration avec ces partenaires, l’Administration s’est fixé pour objectif de veiller à ce que la diffusion d’une séance se fasse sans accroc et que la couverture publique demeure d’excellente qualité. C’est la proposition que nous présentons.

  (1205)  

    Monsieur le Président, la députée d’en face a parlé du cloisonnement de son travail et du fait que, dans une certaine mesure, son travail dans sa circonscription était plus important que le travail accompli ici, sur la Colline du Parlement, à la Chambre des communes. J’aimerais faire valoir que les deux sont importants. C’est mal comprendre le rôle fondamental de la législature que de négliger cette enceinte ou de lui accorder moins d’importance.
    Nous sommes 338 à la Chambre et nous avons tous été élus par nos concitoyens pour les représenter ici. Quand nous cessons de nous présenter au travail ici, ils cessent de faire entendre leur voix au Parlement du Canada. C’est un problème. Quand leurs voix ne se rendent pas ici, quand nous négligeons de nous présenter pour participer à des discussions importantes et à des débats nécessaires, cela signifie que nous réprimons la voix des Canadiens qui nous ont fait confiance pour les représenter.
    Il est absolument faux de dire que la députée d’en face accomplit un travail plus important dans sa circonscription et que, par conséquent, nous devrions cesser de nous réunir ici, et c’est fondamentalement mal comprendre ce que cette enceinte représente.
    Je ferai remarquer à la députée d'en face que nous allons dans nos circonscriptions pour écouter nos concitoyens, pour comprendre leur histoire et leurs expériences, afin que cela puisse enrichir les débats à la Chambre et éclairer les décisions que celle-ci prend. Ne pas prendre le temps de le faire serait mal représenter nos concitoyens, ce qui serait honteux. Il serait toutefois tout aussi honteux de ne pas prendre le temps de faire entendre leur voix ici.
    Monsieur le Président, je tiens à préciser que je répondais directement aux remarques faites par des conservateurs, qui soutiennent que nous ne travaillons pas quand nous ne sommes pas présents dans cette enceinte. Or, nous travaillons constamment. Même durant l'été et les semaines de relâche, nous travaillons constamment.
    Je souhaite aussi signaler que je suis ici dans cette enceinte pour représenter mes concitoyens. Cet endroit revêt une énorme importance pour moi, et je continuerai d'y siéger tant que nous sommes en mesure de la faire en toute sécurité et efficacité. Le gouvernement propose de continuer de siéger à la Chambre pour y représenter nos concitoyens, mais de le faire sans danger. Sa proposition donne aux Canadiens un exemple de façon dont nous pouvons continuer à faire notre travail.
    Monsieur le Président, je suis présent dans cette enceinte depuis deux jours et je n'ai pas l'impression d'être ailleurs qu'au Parlement.
    J'entends souvent des propos contradictoires venant d'en face et je voudrais que ma collègue aide les Canadiens à bien comprendre. J'ai entendu la députée d'en face nous dire que les 338 députés devaient être présents dans cette enceinte. C'est ce que j'ai entendu, même si elle a par la suite affirmé le contraire. Ma collègue a-t-elle entendu comme moi la députée conservatrice dire il y a quelques minutes à peine que tous devaient faire entendre leur voix ici, dans cette enceinte?
    Des voix: Oh, oh!
    Monsieur le Président, le gouvernement propose à la Chambre de continuer de tenir des séances avec un nombre limité de députés pour respecter le principe de la distanciation sociale et suivre les recommandations en matière de santé et de sécurité...
    Je dois interrompre la secrétaire parlementaire. J'entends des gens qui bavardent. Les députés devraient savoir qu'ils peuvent traverser le parquet pour discuter en faisant beaucoup moins de bruit plutôt que de s'adresser à leurs collègues d'en face en criant tandis que la personne ayant la parole peine à se faire entendre. Je tiens à le leur rappeler.
    La députée d'Elgin—Middlesex—London invoque le Règlement.

  (1210)  

    Monsieur le Président, je respecte pleinement ce que vous dites, mais lorsqu'une question posée induit la Chambre en erreur de manière flagrante, notamment en prétendant que nous voulons voir les 338 députés siéger dans cette enceinte alors que pas un seul député de notre parti n'a dit une telle chose, pourquoi...
    Je crois que la question soulevée par la députée donne matière à débat. Nous n'irons pas plus loin, et je redonne la parole à la secrétaire parlementaire.
    Monsieur le Président, la question de ma collègue nous amène peut-être à nous demander comment les députés d’en face s’attendent à ce que nous votions si nous ne pouvons pas le faire de façon virtuelle. Ma collègue jugera peut-être utile de se prononcer là-dessus et de nous dire exactement en quoi la proposition du gouvernement fait problème.
    Est-ce la seule chose qui les empêche de tenir des journées de l’opposition? À mon sens, notre proposition contient un mécanisme de reddition de comptes et permet aux partis d’interroger le gouvernement.
    Monsieur le Président, c’est pour moi un honneur de prendre la parole dans cette enceinte et d’avoir la possibilité, en qualité de députée de Lethbridge, de me faire l’écho des citoyens de ma circonscription et j’irais même jusqu’à dire de l’ensemble des Canadiens. Je suis heureuse d’avoir ce privilège.
    J’ai été élue la première fois en 2015 et réélue en 2019. En qualité de députée du Parlement, j’ai la possibilité, tout comme les autres députés, de participer au processus législatif de notre pays, que nous appelons une démocratie parlementaire.
    J’accorde au poste que j’occupe tout le sérieux qu’il convient et ne prends aucunement à la légère la responsabilité qui m’échoit. De plus, comme députée de l’opposition, j’ai l’obligation constitutionnelle de m’allier avec mes collègues conservateurs pour demander des comptes au gouvernement libéral au sujet de ses décisions et de veiller à ce que les Canadiens soient bien représentés.
    Or, ces responsabilités m’ont, à toutes fins utiles, été retirées au cours des derniers mois. Oui, j’en conviens, j’ai pu participer à des séances de débat virtuelles improvisées et je me suis servi des médias sociaux pour faire connaître haut et fort mes préoccupations et celles de mes concitoyens, mais je n’ai pas pu prendre la parole à la Chambre et m’adresser publiquement au gouvernement, comme cela est mon droit et mon devoir.
    Lorsque la nouvelle de la pandémie et de ses répercussions possibles a commencé à se répandre, nous sommes très rapidement entrés en confinement. Cela remonte à peu près au 13 mars. La pandémie était mondiale et se répandait à la vitesse de l’éclair, nous le savions, et nous avons accepté de suspendre le Parlement un certain temps. Toutefois, à mesure que les semaines passaient et que les mesures de distanciation physique étaient mises en place, il est devenu de plus en plus incertain que le Parlement reprendrait ses activités et que les députés seraient rappelés à la Chambre.
    Même si nous voulions collaborer avec le gouvernement pour assurer la sécurité de tout le monde, il est rapidement devenu évident que le premier ministre se servait de la pandémie pour éviter de rendre des comptes, et ce, au détriment des Canadiens. Il était parfaitement à l’aise de faire des déclarations aux médias devant chez lui, mais, dans l’ensemble, il refusait de répondre aux questions de l’opposition. Il a fallu négocier pendant des jours pour obtenir une séance par semaine à la Chambre. Et même là, le premier ministre n’a été visible que quelques instants.
     Si nous donnons à entendre que le Parlement joue un rôle facultatif, comme des députés d’en face l’ont fait maintes fois, nous disons effectivement aux Canadiens qu’il n’y a aucune différence entre une démocratie et une autocratie, et cela est une honte.
    Si la voix des Canadiens n’a pas d’importance au beau milieu d’une crise, qu’en est-il quand tout va bien?
    Le travail que nous faisons dans cette enceinte est-il optionnel ou revêt-il de l’importance?
     Pouvons-nous fermer les portes sans qu’il y ait de conséquences pour les Canadiens, ou faut-il garder ces portes ouvertes pour permettre à notre nation de continuer à aller de l’avant?
    En refusant de rappeler le Parlement, le premier ministre fait passer un message fort aux Canadiens selon lequel il est le seul qui compte. Je dirai que c’est absolument faux. Le Parlement est essentiel. Les parlementaires sont des travailleurs essentiels, et ce, tout particulièrement en temps de crise. Le Parlement a la responsabilité de demander des comptes au gouvernement, et c’est ici même, à la Chambre des communes, qu’il peut le mieux faire son travail.
     Il ne faut pas se leurrer. Ce que le gouvernement propose aujourd’hui, ce n’est pas un rappel complet du Parlement. Il aimerait que les Canadiens aient cette impression, mais ce n’est tout simplement pas vrai. Ce que veut le gouvernement aujourd’hui, c’est en fait former un comité spécial, ou un comité plénier. Ce comité serait privé de certains pouvoirs et responsabilités essentiels. Par exemple, le gouvernement refuserait encore de permettre la présentation de motions par l’opposition. Il ne permettrait pas la tenue de débats d’urgence. Il ne permettrait pas la tenue de débats sur des projets de loi d’initiative parlementaire. Il ne serait pas possible d’ordonner la publication de documents du gouvernement ni de débattre des rapports des comités et de tenir un vote par la suite.
    Toutefois, si le premier ministre est disposé à venir maintenant à la Chambre pendant quatre jours pour tenir un comité plénier, il prouve aux Canadiens qu’il est possible de se réunir en toute sécurité. En effet, nous pouvons nous réunir à la Chambre tout en assurant la sécurité de chacun.

  (1215)  

    Si c'est possible, alors pourquoi ne pas reprendre pleinement les travaux parlementaires comme en temps normal afin de nous permettre de débattre des enjeux actuels? Pourquoi ne pas permettre aux parlementaires d'effectuer le travail important pour lequel nos concitoyens nous ont élus?
    Le gouvernement libéral ne manque jamais une occasion de se soustraire à ses responsabilités. Un grand nombre d'habitants de ma circonscription m'ont fait remarquer la chose suivante: si les commis d'épicerie, les employés de restaurants, les coiffeurs, les agriculteurs, les infirmières, les médecins et les travailleurs de première ligne peuvent travailler et servir leurs concitoyens, alors les parlementaires aussi peuvent assurément se réunir à nouveau régulièrement dans cette enceinte en toute sécurité. Les parlementaires peuvent revenir et reprendre pleinement leurs travaux.
    J'ai reçu des centaines d'appels téléphoniques, de courriels et de messages d'électeurs qui nous exhortent à recommencer à siéger tous ensemble au sein d'un Parlement complet. En effet, ils comprennent qu'il y a du travail important à accomplir dans les circonscriptions, mais ils sont également conscients de l'importance des travaux au Parlement canadien. Ils souhaitent avoir l'assurance que les parlementaires débattent des enjeux d'actualité et qu'ils continuent de les représenter dans la capitale nationale.
    Voici un aperçu des messages que j'ai reçus.
     « Si le premier ministre ne peut quitter sa résidence, il ne devrait pas être autorisé à prendre des décisions. »
     « Pourquoi cela fait-il même l'objet d'un débat? »
     « Le Parlement doit immédiatement se réapproprier tous les pouvoirs nécessaires à la gouvernance du pays. »
     « Le Parlement doit siéger dès maintenant. »
    Le Parlement est un service essentiel, et les députés sont des travailleurs essentiels. Lorsque chacun d'entre nous a fait inscrire son nom sur un bulletin de vote, nous aurions dû le faire avec un grand sérieux et avec la conviction profonde que nous sommes là pour servir. Nous servons en temps de prospérité et en temps difficiles. C'est ce que cela signifie de mettre son nom sur un bulletin de vote. Il se trouve que nous traversons une période difficile, mais cela ne nous donne pas le droit de fuir et de nous cacher. Cela ne signifie pas que nous pouvons rester chez nous et profiter de la sécurité de nos maisons. Cela veut dire que nous, les 338 députés privilégiés qui ont été envoyés ici pour représenter les électeurs, devons venir siéger à la Chambre et nous occuper de notre pays.
    Comme l'a dit Marc Bosc, ancien greffier de la Chambre des communes:
     Il faut que la Chambre des communes fonctionne et qu'elle soit perçue comme étant une Chambre des communes qui fonctionne. [Elle] est un service essentiel pour le pays. Les députés sont [...] des travailleurs essentiels.
    La Chambre doit fonctionner et être perçue comme une Chambre qui fonctionne, ce qui signifie que nous devons être ici, dans cette enceinte. C'est à la Chambre des communes que nous pouvons tenir des débats vigoureux. Ce n'est pas sur Facebook. Ce n'est pas sur Twitter. Ce n'est pas dans les grands médias. C'est ici. C'est sur ce principe que repose notre système parlementaire. Il s'agit de la nature historique de cet endroit. C'est de cela que dépendent la santé et la prospérité du Canada.
    Si les députés considèrent que leur travail n'est pas essentiel, j'avancerais donc qu'ils ne comprennent pas leur rôle ni leurs responsabilités et que leur nom ne devrait pas apparaître sur un bulletin de vote aux prochaines élections. Ce n'est pas seulement un lieu où s'accomplit un processus. C'est un espace de réunion où nous utilisons notre intelligence et nos aptitudes pour convaincre nos opposants politiques de la valeur de nos positions. C'est là où nous prononçons des discours enflammés et que nous exprimons de vive voix notre insatisfaction à l'égard de la réponse pour le moins lacunaire du gouvernement. Avec un peu de bonne volonté, les échanges peuvent mener à l'excellence. Un côté met de l'avant une thèse, l'autre côté riposte avec une antithèse, puis la synthèse des idées jaillit. Voilà ce qu'est la démocratie. C'est l'échange d'idées. Quand avons-nous perdu ce concept de vue?
    Comme l'a dit Diefenbaker, « le Parlement est autre chose qu'un code de coutumes; il a la garde la liberté de la nation ». La Chambre des communes n'est pas qu'un endroit quelconque qui sert simplement à appliquer des règles de procédure parlementaire. C'est un lieu crucial où les débats, l'examen minutieux, l'opposition et toutes les questions adressées au gouvernement sur tout ce qui touche la population canadienne sont autant de piliers qui soutiennent la démocratie. Lui donner tout autre qualificatif qu'« essentielle » serait une atteinte à notre Constitution et aux libertés fondamentales pour lesquelles nos ancêtres se sont battus. Au cœur même de la démocratie se trouve la préservation de nos libertés individuelles, et le gardien de ces libertés est le Parlement.
    Donc, nous sommes 338 élus à qui ont été confiés l'immense privilège et l'insigne responsabilité d'être présents ici pour représenter les Canadiens. Si nous ne sommes pas ici à le faire, qui le fera?

  (1220)  

    Il est inadmissible que le gouvernement utilise la pandémie pour éviter de rendre des comptes et pour faire en sorte que nous nous rencontrions seulement virtuellement, puisque lors des séances en ligne, on peut littéralement faire taire la dissension d'un simple clic de souris.
    Il était une fois un homme qui travaillait dans une scierie. Cet homme travaillait assidûment jour après jour et, à la fin de la semaine, le vendredi, quand il sortait de l'usine, il passait devant un gardien de sécurité en poussant une brouette pleine de sciure de bois. Le gardien de sécurité regardait la brouette, demandait à l'homme ce qu'il y avait dans cette dernière, et l'homme lui répondait qu'il ne s'agissait que d'un peu de sciure de bois. Le gardien lui disait alors qu'il pouvait passer.
    La semaine suivante, le même travailleur retournait travailler assidûment le lundi, le mardi, le mercredi et le jeudi. Puis, quand vendredi arrivait, le travailleur remplissait sa brouette de nouveau avec un peu de sciure de bois et passait devant le gardien de sécurité, qui lui demandait ce qu'il y avait dans la brouette. L'employé répondait qu'il ne s'agissait que d'un peu de sciure de bois, puis il poursuivait son chemin.
    Cette situation s'est reproduite pendant plusieurs semaines. Finalement, un vendredi, l'agent de sécurité a intercepté l'homme et lui a demandé s'il voulait bien lui dire ce qu'il faisait de cette sciure. Sans la moindre hésitation, l'employé s'est penché vers lui et lui a demandé en chuchotant s'il pouvait garder un secret. L'agent de sécurité lui a répondu que oui, et le travailleur lui a dit qu'il n'emportait pas la sciure, mais qu'il volait plutôt des brouettes.
    Comme il est facile de se laisser distraire et de ne pas voir ce qui se passe réellement sous notre nez. Il est vrai que le gouvernement doit prendre des mesures à l'égard de la pandémie actuelle et assurer la sécurité des Canadiens. C'est d'ailleurs la plus grande responsabilité de tout gouvernement, mais ce que nous voyons n'est que la pointe de l'iceberg.
    Le premier ministre est prêt à répondre aux questions des médias dans le confort de son foyer, mais il n'est pas prêt à répondre aux questions des Canadiens qui lui sont posées par l'entremise de leurs représentants au Parlement. Le premier ministre est prêt à donner de l'argent à des particuliers, à des entreprises et à des organismes sans but lucratif, mais il exige quelque chose en échange.
    Le gouvernement veut que la population canadienne soit informée, mais qu'elle reçoive seulement l'information qu'il a soigneusement choisie. En mars, les libéraux ont indiqué qu'ils envisageaient de mettre en place une mesure législative pour sévir contre ce qu'ils appelaient la « désinformation », soit le genre d'information que le gouvernement juge inutile.
    De surcroît, la ministre du Patrimoine canadien a récemment confirmé que le gouvernement consacre des millions de dollars à la censure. Or, aucune mesure législative n'a été présentée ni aucun débat n'a eu lieu dans cette enceinte à ce sujet. Les libéraux se croient maintenant habilités à déterminer ce qui est vrai ou faux, ce qui est acceptable ou inacceptable, et ce qui peut être conservé ou doit disparaître.
    Depuis quand le gouvernement a-t-il pour mandat d'être l'arbitre de la vérité? Une telle façon d'agir n'est pas démocratique. Or, voilà le genre de mesures ridicules qui sont prises lorsque la Chambre des communes cesse de se réunir et que l'opposition officielle ne peut pas tenir le gouvernement pleinement responsable de ses actes. Il s'agit d'une atteinte directe à notre liberté.
    Bien sûr, personne n'aime la désinformation, mais depuis quand est-il acceptable que le gouvernement détermine ce qui est faux, ce qui est acceptable ou non, et ce qui peut être inclus ou ce qui doit être exclu? Il s'agit là d'un énorme abus de pouvoir. Je trouve cela particulièrement troublant compte tenu du fait que le gouvernement actuel est responsable de la propagation de certaines des fausses informations les plus dangereuses à avoir été véhiculées. En effet, les Canadiens se rappelleront que c'est lui qui a laissé entendre que la COVID-19 n'était pas transmissible d'humain à humain. C'était faux, comme cela a par la suite été prouvé. De plus, la ministre de la Santé a déclaré qu'il n'était pas nécessaire de fermer les frontières canadiennes pour protéger les Canadiens, car la COVID-19 disparaîtrait rapidement. C'était aussi faux. Enfin, le gouvernement libéral a induit la population en erreur en lui laissant croire que le port d'un masque facial n'était pas nécessaire et serait inutile. Encore une fois, c'était faux.
    S'il ne s'agit pas là d'exemples de désinformation, alors je me demande bien ce que c'est. Si le gouvernement cherche à lutter contre les renseignements inutiles ou trompeurs sur la COVID-19, alors il n'a qu'à se regarder dans le miroir. Il devrait au moins commencer par là. Le gouvernement ne détient pas toutes les réponses. Nous sommes tous dans le même bateau; nous découvrons et nous apprenons en même temps. Les données évoluent.

  (1225)  

    La liberté de parole est partie intégrante d'une société florissante. La liberté de parole nous aide à maintenir les assises de notre nation. Elle nous permet de partager des idées, de faire preuve de créativité, de progresser, d'innover, d'aller de l'avant. À quel moment avons-nous commencé à avoir peur d'une discussion vigoureuse? À quel moment sommes-nous devenus incapables d'être en désaccord sans devenir désagréables? À quel moment ces idéaux ont-ils disparu des valeurs canadiennes, de notre tissu social, de ce pays qui est le nôtre?
     Ayant convaincu le gardien de sécurité qu'il ramenait simplement de la sciure de bois dans sa brouette, l'homme rentrait chez lui en sachant qu'il pourrait réaliser un profit. Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être à première vue. Elles ne sont pas ce qu'elles semblent être à l'œil nu. On nous demande à nous, Canadiens, d'échanger, sciemment ou non, notre liberté contre ce que le gouvernement appelle la « sécurité », mais à quelle fin?
    Lorsque le Parlement ne se réunit pas et que le gouvernement n'a plus à rendre des comptes, on peut dire sans se tromper que la démocratie est menacée. Je déplore que tant de personnes soient prêtes à court-circuiter la démocratie lorsque les temps sont difficiles. J'ai entendu des députés parler du temps de déplacement supplémentaire nécessaire pour venir ici, des précautions de sécurité supplémentaires qu'ils devraient prendre, du stress physique que cela entraînerait, et ainsi de suite. Certains députés ont exprimé leur inquiétude quant à la distanciation sociale. Nous semblons y arriver assez efficacement aujourd'hui et nous pourrions probablement continuer à le faire.
    Nous avons fait le serment de servir notre pays dans les bons comme dans les mauvais moments, lorsque les choses vont bien et lorsqu'elles sont difficiles. Depuis quand les députés mettent-ils leur nom sur un bulletin de vote parce que c'est commode? Il y a beaucoup d'autres carrières qu'ils auraient pu choisir si c'était leur but ultime. Si la vie est censée être simple, si c'est ce que les députés recherchent, alors ils n'ont pas choisi la bonne carrière. La Chambre est un lieu au service de la population. C'est un lieu où 338 personnes de tout le pays se réunissent et discutent sérieusement et efficacement pour le bien des Canadiens. C'est un lieu où on échange des idées et où on prend des décisions législatives. C'est un lieu où la voix des Canadiens est censée être représentée. Lorsque nous décidons de ne pas venir dans cette enceinte parce que c'est compliqué, c'est une honte, et ce ne sont pas les Canadiens qui doivent en avoir honte, mais nous tous à la Chambre.
    Cet endroit est essentiel et nous sommes des travailleurs essentiels, car nous représentons les Canadiens et ils méritent que leur député y parle en leur nom et prenne des décisions dans l'intérêt du pays.

  (1230)  

    Monsieur le Président, ce furent 10 minutes fascinantes.
    Étant donné qu'il y a tant de révisionnisme à la Chambre, j'aimerais parler de l'excellent travail qui a été accompli lorsque la crise économique a frappé. Lorsque le gouvernement a commencé à parler du remaniement de l'assurance-emploi et des prestations fiscales pour enfants, nous savions que cela ne fonctionnerait pas et qu'il faudrait créer un tout nouveau programme, une option à laquelle les conservateurs s'opposaient carrément.
    Les fonctionnaires ont travaillé la nuit, et pendant la fin de semaine de Pâques, pour lancer la PCU. Nous savons que les conservateurs attaquent sans relâche la PCU et parlent de gens qui dorment dans leur hamac et qui ne vont pas travailler. Cependant, il ne faut pas oublier le travail des employés de l'Agence du revenu du Canada à Sudbury et des employés de Service Canada à Timmins et à Thunder Bay, ainsi que le travail incroyable du Réseau de développement des collectivités et de FedNor dans le Nord, qui stabilise notre région, et les nouveaux fonds de 50 millions de dollars qui sont injectés dans le Nord en ce moment. Des fonctionnaires extraordinaires ont répondu à l'appel et il est vraiment important que nous reconnaissions le travail qu'ils ont fait pour lancer ce programme. Ils ont travaillé dans des conditions très difficiles afin que des millions de Canadiens ne perdent pas leur sécurité économique et ne soient pas anéantis en cette période de crise sans précédent.
    Une occasion importante s'offre à nous, puisque nous sommes de retour à la Chambre et que nous entendons toutes sortes de propos révisionnistes. Je tiens à ce que le compte rendu fasse état, d'une part, du travail effectué par les fonctionnaires, qui ont redoublé d'efforts pendant une crise sans précédent, et, d'autre part, de la façon dont nous avons pu travailler au Parlement pour modifier la Prestation canadienne d'urgence de manière à la rendre plus efficace.
    Je le souligne, parce que, aux États-Unis, sous le gouvernement Trump, les Américains ont droit à un paiement unique de 1 250 $. En Angleterre, sous un gouvernement majoritaire, les travailleurs autonomes n'ont eu droit à aucune aide financière. Il faudra attendre à juin. Des gens seront ruinés s'ils doivent attendre aussi longtemps.
    Cependant, parce que le Canada a un gouvernement minoritaire, et parce que les néo-démocrates étaient prêts à négocier pour que des mesures soient prises, nous avons réussi à convenir de quelque chose. Les fonctionnaires ont fait un travail extraordinaire, et je tiens donc à les remercier.
    Monsieur le Président, pendant mon discours, j'ai dit que nous pouvons être en désaccord sans être désagréables. J'ai indiqué que la Chambre est un lieu où les 338 députés peuvent se réunir et avoir une discussion constructive pour échanger des idées et exprimer leur désaccord tout en se respectant mutuellement.
    Je trouve fort dommage que le député d'en face ait jugé bon de commencer son intervention par une attaque personnelle suivie de commentaires désobligeants. Il a fait la même chose hier. J'estime que c'est vraiment inapproprié. Cela montre un manque de maturité et de leadership de sa part. C'est très dommage.
    Monsieur le Président, je serai aussi concis que possible par rapport au sujet à l'étude aujourd'hui et à la raison pour laquelle que recommande fortement à la députée d'en face d'appuyer notre position. Le premier ministre est présent et justifie les décisions du gouvernement, que ce soit ici ou dans le cadre des séances virtuelles du Parlement ou sur Internet.
    Les conservateurs réclament une journée de l'opposition et l'étude d'initiatives parlementaires. Ces rubriques pourraient peut-être venir avec le temps. Toutefois, pour le moment, nous devons poursuivre avec la mise en œuvre d'un Parlement virtuel et l'adoption d'un système hybride qui permettrait à tous les députés de participer.
    Je donne un exemple. Admettons que nous tenions une journée de l'opposition. À la fin de la journée, la motion devra être mise aux voix. Or, en raison de la distanciation physique, nous ne pouvons avoir les 338 députés présents à la Chambre. Même les conservateurs semblent d'accord sur ce point. Nous devons donc prévoir une méthode pour voter, mais les conservateurs s'y opposent. Que nous étudiions une motion de l'opposition ou un projet de loi d'initiative parlementaire, le problème est le même. Il faut trouver une solution. Les leaders parlementaires doivent trouver un terrain d'entente.
    La députée ne convient-elle pas que nous proposons aujourd'hui plus de poser plus de questions que jamais? Nous proposons de siéger pendant l'été, ce qui est sans précédent. Les députés pourront débattre en long et en large d'un grand éventail de questions, tant dans les séances virtuelles qu'au Parlement. D'ailleurs, le premier ministre et le caucus libéral se sont engagés à respecter la procédure parlementaire et à servir les citoyens des circonscriptions qu'ils représentent.

  (1235)  

    Monsieur le Président, le député d'en face a employé une expression importante. Je crois qu'il s'est trompé et qu'il devrait peut-être retirer ses paroles. Il a parlé d'un « Parlement virtuel », alors qu'en réalité, ce n'est vraiment pas ce que propose le gouvernement libéral. Ce n'est pas ce que propose la motion. Le député induit la Chambre en erreur. Je lui donnerai l'occasion de retirer ses paroles s'il souhaite faire ce qui s'impose. Ce qu'on propose, ce n'est pas un Parlement virtuel. Ce n'est pas l'objet du débat d'aujourd'hui.
    Si c'était le cas, si nous débattions vraiment de la reprise des travaux d'un Parlement hybride, avec tous les députés, nous serions prêts à en discuter. Toutefois, ce qu'on nous propose, c'est une formule de comité plénier ou de comité spécial. En tant que parlementaires, cela nous prive de pouvoirs et d'occasions très importants. Je le répète, je pense que c'est absolument aberrant que le député d'en face induise la Chambre en erreur comme il l'a fait et qu'il devrait présenter ses excuses aux Canadiens. Je sais qu'il est capable de plus de discernement; c'est un homme fort intelligent.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de son discours.
    C’était fascinant de l’entendre parler d’idéaux, de choses que nous devrions faire et de la manière dont le gouvernement devrait faire face à la crise.
    Dressons une liste exhaustive des gens qui ont besoin du gouvernement pendant la crise, par l'entremise de différents programmes tels que la PCU ou la Subvention salariale d'urgence, par exemple. Il s'agit des travailleurs, des aînés, des étudiants, des groupes communautaires, des très importantes banques alimentaires, des malades, des pêcheurs dans l'Est du Canada, de l'important secteur du tourisme, des mères monoparentales, des personnes atteintes d'un handicap, des Autochtones, des gens dans les épiceries et les hôpitaux et des artistes — le secteur culturel a été le premier à arrêter et il sera le dernier à repartir. Notre société a besoin des arts vivants et du théâtre.
    Malheureusement, je ne vois ni le Parti libéral ni le Parti conservateur dans la liste des gens qui auront besoin du gouvernement. Pourtant, les deux se sont prévalus de l’aide apportée par la Subvention salariale d’urgence du Canada. Nous apprenons maintenant que les deux aspirants à la chefferie et d'autres députés sont contre cela.
    J’aimerais demander à mon honorable collègue si elle pense que le Parti conservateur, qui a amassé près de 4 millions de dollars au premier trimestre, a besoin de l’aide qui devrait aller à tous ces gens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, bien sûr, le député a raison quand il dit qu'en gros, tout le monde est admissible à une prestation, que ce soient les travailleurs, les étudiants, les Autochtones, les artistes ou les personnes âgées.
    En cette période sans précédent dans l'histoire du Canada, un nombre incroyable d'hommes et de femmes se retrouvent sans travail. Sans aide, ils ne seraient pas en mesure de payer leur loyer, leur hypothèque, leur nourriture, leur carburant et leurs vêtements. Le gouvernement est donc intervenu et a mis en place un certain nombre de prestations qui, en dépit de quelques petits problèmes, visent néanmoins à aider les Canadiens.
    À ce sujet, le Parti conservateur du Canada a des employés. Ce sont des hommes et des femmes qui travaillent d'arrache-pied pour se nourrir, se loger et prendre soin de leur famille. Le Parti a jugé bon de profiter de la prestation proposée pour payer ces employés afin qu'ils puissent continuer à prendre soin de leur famille. N'ayant pas participé à la prise de décision; je ne peux pas en expliquer le fondement. Néanmoins, je sais qu'il y a aujourd'hui 60 familles qui sont efficacement prises en charge.
    Monsieur le Président, il était question d'un comité, et non d'un Parlement, virtuel. C'est ce que dit la motion.
    Je représente une circonscription rurale. J'ai du mal à me brancher à Internet et ma connexion est souvent instable. Ma collègue pourrait-elle nous parler de certaines des failles dans la proposition à l'étude et nous indiquer comment feraient les députés pour participer à distance, car ce ne sera pas possible pour les 338 d'entre nous?
    Monsieur le Président, ma collègue a tout à fait raison de rappeler que nous ne vivons pas tous en ville. J'ai le même problème qu'elle. L'accès à Internet est parfois incertain et pas toujours fiable. Il arrive que l'on soit coupé, ce qui veut dire qu'on doit se rebrancher à Zoom, où sont hébergées les séances virtuelles.
    Les obstacles sont nombreux, monsieur le Président, et vous en savez quelque chose, puisque vous avez vous-même dû les surmonter, ce que vous avez très bien réussi, je dois le dire.
    Nous avons tous dû nous adapter, car le système qu'on nous propose comporte de nombreux problèmes. Cela dit, j'imagine qu'un système hybride, où une partie des députés seraient sur place et l'autre à distance, pourrait en régler une partie. Il faut toutefois qu'on abandonne l'idée d'un comité aux pouvoirs limités pour revenir à un Parlement en bonne et due forme.

  (1240)  

    Monsieur le Président, c’est un immense plaisir d’être à la Chambre aujourd’hui pour débattre du problème important de la pandémie qui touche le pays et des mesures que prend le Parlement pour y faire face, non seulement par des programmes, mais aussi par la façon dont nous nous organisons pour fonctionner en tant que voix de la démocratie, en dépit de ce que j’appellerai le plus grand bouleversement qu’ait connu notre pays depuis la Deuxième Guerre mondiale.
    Avant de commencer, j’aimerais profiter de l’occasion pour remercier mes collaborateurs, qui sont infatigables. J’ai vérifié la définition de ce mot dans le dictionnaire, pas parce que je ne la connais pas, mais parce que je voulais une définition plus précise. Il veut dire « qui ne peut se fatiguer », et cela décrit parfaitement mes collaborateurs, toujours, mais encore plus au cours des deux derniers mois. Je souhaite les nommer individuellement: Maire Whitley, Joanna Markowicz, Alex Slusar, Ashley Sanchez, Lauren Roy, Philippe Guay, Paul Kaiser et Vicki Bas, qui a dû interrompre son travail sur la Colline, mais qui participera pleinement à la remise en route de nos bureaux.
    Ils font un travail remarquable. Ils ont aidé les concitoyens qui appelaient à la recherche de réponses. Ils ont proposé des améliorations à des programmes, que j’ai fait suivre. Je suis heureux de voir que certaines de leurs idées ont été retenues, pas nécessairement à cause de mon intervention, bien entendu, mais parce que les députés de tous les partis communiquent leurs propositions au gouvernement pour rendre ces programmes plus généraux, plus justes et plus efficaces.
    J’ai oublié de préciser que je partagerai mon temps de parole avec le député de Pontiac.
    Comme je le disais quand j’ai pris la parole pour poser une question, je me sens au Parlement. Même s’il s’agit d’un comité plénier, cela ressemble beaucoup au Parlement. Je veux dire de manière générale, depuis quelques jours, même le mercredi quand je suis ici, et ainsi de suite. De plus, les réunions virtuelles du comité plénier ressemblent au Parlement. Les députés de l’opposition peuvent poser des questions précises et ces questions, du moins les bonnes, sont reprises dans les médias. Tout cela fait partie du processus de reddition de comptes auquel nous participons, même si ce n’est pas comme d’habitude.
    J'ai remarqué au cours des délibérations du comité de la COVID qu'à peu près n'importe quel sujet peut être abordé sous l'angle de la COVID. C'est évidemment dû à l'ouverture d'esprit dont vous avez fait preuve, monsieur le Président, et à la latitude que vous accordez aux députés.
    Des députés ont déjà mentionné à la Chambre les travailleurs des commerces de détail des différentes régions du pays et je voudrais aussi tirer mon chapeau à ces derniers. Ce sont des travailleurs essentiels dont la tâche est extrêmement importante. Ils assurent la continuité des chaînes d'approvisionnement au pays. De plus, les commerces de détail prennent des mesures de précaution. Ils adoptent différentes mesures. Je vais parler de certaines de ces mesures que j'ai constatées lors de ma dernière visite dans un supermarché.
    Les gens devaient faire la queue à l'extérieur, à deux mètres d'écart l'un de l'autre. La queue s'étendait le long du supermarché. Une fois à l'intérieur, on devait se laver les mains et parfois répondre à des questions pour indiquer si quelqu'un de notre foyer était malade. Je sais que tout le monde a vécu cette expérience, parce que tout le monde a dû faire la même chose pour se procurer les articles de première nécessité pendant la pandémie. Dans le supermarché, les flèches indiquent la direction à suivre dans les allées. Évidemment, on doit toujours garder deux mètres d'écart avec les autres personnes présentes. Une fois arrivé à la caisse, un employé indique aux clients vers quelle caisse se diriger en fonction du nombre de personnes déjà en file.

  (1245)  

    C'est essentiellement ce que nous avons fait au Parlement. Nous avons instauré des mesures d'éloignement social. Voilà pourquoi il n'y a pas 338 députés présents à la Chambre des communes aujourd'hui.
    Tout comme les commerces de détail, nous nous sommes adaptés en ayant recours à la technologie. Pour être franc, je ne connaissais pas vraiment Zoom avant la pandémie, mais je me suis adapté et je suis désormais capable de tenir une réunion sur Zoom. Le Parlement s'est adapté lui aussi. Grâce à la technologie, nous avons été en mesure de maintenir le fonctionnement du Parlement, de continuer à tenir des débats et de laisser l'opposition poser des questions. En vérité, la seule différence entre les réunions sur Zoom et les séances normales à la Chambre tient au fait qu'il n'y a pas de chahut sur Zoom, de sorte que l'on peut se concentrer sur le contenu de la question posée et sur la réponse. Il importe que les Canadiens sachent que nous nous sommes adaptés, que nous continuons de fonctionner et de débattre, malgré les mesures d'éloignement social appliquées à la Chambre.
    J’ai également entendu certains députés de l’opposition dire que nous ne parlons pratiquement que de la COVID-19. Ça me paraît normal, car nous sommes confrontés à une crise sans précédent. Il est donc normal que le Parlement concentre quasiment toute son attention sur cette question, même si vous nous permettez, monsieur le Président, d’aborder d’autres dossiers. C’est vraiment une crise sans précédent. Certains ont fait des comparaisons avec le Parlement anglais pendant la Seconde Guerre mondiale, mais je crois bien qu’à cette époque, les députés n’y abordaient pratiquement que des questions liées à la Seconde Guerre mondiale. C’est comme ça. Il serait malhonnête de prétendre que nous pouvons fonctionner exactement comme nous le faisions en février dernier et aborder toutes les questions que nous voulons, car nous devons faire face à une grave pandémie qui a bouleversé notre pays et le monde entier. Certes, il y a des questions budgétaires dont nous devons discuter. La députée du Parti vert a soulevé la question de l’aide médicale à mourir. Nous avons déjà demandé une prolongation. Comment allons-nous discuter de cette question? Je suis sûr que nous allons trouver une solution pour débattre des questions prioritaires qui doivent être examinées en parallèle avec la COVID-19.
    L’avantage que nous avons par rapport au Parlement britannique est la technologie des communications. L’autre différence qui nous distingue du Parlement britannique, c’est qu’on peut s’y rendre à partir de n’importe quelle ville d’Angleterre sans devoir prendre l’avion. Ce n’est pas du tout la même chose au Canada, étant donné l’immensité de notre pays.
    J’aimerais conclure en revenant sur ce qu’a dit la députée de Lethbridge, dans son discours un peu philosophique où elle a parlé notamment de synthèse et de concessions propres aux débats. J’estime que l'assemblée virtuelle, la Chambre hybride qui serait créée au terme de ce débat, est une belle illustration de cet esprit de synthèse: des partis qui s’écoutent respectueusement pour essayer de trouver une solution acceptable et réaliste, face à une crise sans précédent.

  (1250)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais formuler une question en deux temps à mon collègue d'en face. Il a parlé de ses employés, au début de son discours. Évidemment, nous reposons tous sur nos employés et nous les trouvons tous très importants.
     Je veux lui demander s'il a fait une demande pour bénéficier du programme de soutien pour ses employés de bureau. Évidemment, la réponse sera non, et c'est parce que le budget du bureau n'a pas été amputé. Le budget du bureau ne souffre pas de la crise de la COVID-19. Le budget qui est mis à la disposition des entreprises, c'est pour sauver les entreprises en difficulté.
    Voici le deuxième volet de ma question. En espérant qu'il répondra non au premier volet, comment explique-t-il que son parti puisse, sans scrupule, aller chercher l'argent public qu'on a libéré pour aider les entreprises en difficulté, alors que ce même parti a refusé de remplir ses engagements à rétablir le financement public des partis politiques?
    Monsieur le Président, mon bureau n'a pas fait de demande de subvention salariale, parce que mon bureau n'est pas un parti politique. Nous ne faisons pas de partisanerie dans mon bureau, ni dans celui de mon collègue, j'imagine.
    Effectivement, la philosophie de tous ces programmes que le gouvernement a mis au point est d'aider les travailleurs et les familles. Il y a des programmes qui visent les entreprises, les organismes à but non lucratif et autres, mais le but commun est d'aider les individus, les familles, à traverser la crise. Je ne veux pas faire de la politique partisane avec cela.

[Traduction]

    Monsieur le Président, quelqu’un a dit tout à l’heure que nous voulions faire venir ici 338 députés. Depuis quelques semaines, je ne cesse de dire que quelqu'un fait des affirmations trompeuses. Et le député a encore fait aujourd’hui ce genre d’affirmation.
    La COVID-19 n’est pas le seul dossier qu’il faut examiner. Bien sûr, nous sommes tous confrontés à cette pandémie. Mais en même temps, il y a le secteur agricole, les entreprises privées, le commerce international, et nous devons examiner tous ces dossiers. Malheureusement je n’ai pas la possibilité de parler des difficultés des agriculteurs de ma circonscription, même si je vais pouvoir le faire aujourd’hui, parce que les dossiers que nous pouvons aborder sont très limités.
    Nous pouvons parler de démocratie, mais le gouvernement a déposé, le 1er mai, un décret au sujet de l’interdiction des armes à feu. Certes, j’ai été très occupée avec la pandémie de la COVID-19, mais si des députés veulent venir dans Elgin—Middlesex—London pour rencontrer plus de 150 propriétaires d’armes à feu qui sont absolument furieux, ils sont les bienvenus.
    Si le gouvernement estime que nous ne devons parler que de la COVID-19, pourquoi diantre a-t-il adopté un décret le 1er mai pour interdire les armes à feu?
    Monsieur le Président, si la motion est adoptée, la députée pourra poser des questions sur les sujets de son choix.
    Au sujet des récentes mesures sur les armes à feu, elles étaient comprises dans la plateforme du gouvernement. Ces mesures ont l'appui de la majorité des partis à la Chambre, et j'irais même jusqu'à dire de la majorité des Canadiens. J'aimerais également rappeler à la députée que bien qu'il existe un processus permettant de prendre des règlements par décret, le pouvoir de le faire découle nécessairement d'une loi habilitante qui a préalablement été adoptée par la Chambre.

[Français]

    Nous avons le temps pour une brève question.
    L'honorable député de Rosemont—La Petite-Patrie a 30 secondes pour poser sa question.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
    Je ne comprends pas très bien pourquoi les conservateurs s'obstinent à refuser une solution qui va bien fonctionner. Un Parlement hybride permettra à tout le monde de participer et de poser des questions au gouvernement, comme on l'a vu en Grande-Bretagne.
    J'aimerais entendre mon collègue au sujet de la formule du comité plénier. Personnellement, je trouve très intéressant d'avoir cette possibilité de discuter pendant cinq minutes avec un ou plusieurs ministres et d'aller un peu plus au fond des choses que ce que nous pouvons normalement faire avec la version traditionnelle, selon laquelle une période de 30 secondes est accordée à la question, suivie d'une minute de réponse seulement.

  (1255)  

    L'honorable député de Lac-Saint-Louis a 30 secondes pour répondre à la question.
    Monsieur le Président, c'est une excellente question parce que dans cette petite période de cinq minutes pour les questions et les réponses, c'est celui qui pose la question qui contrôle le rythme de l'échange.
    Ainsi, si un député veut poser une question de sept minutes, le ou la ministre dispose de sept minutes pour répondre et le gouvernement est alors forcé de suivre le rythme de l'opposition. Je trouve donc que c'est une formule exceptionnelle. J'ai beaucoup de plaisir à suivre cette période des questions virtuelle.
    Peut-être un jour nous rendrons-nous à la même formule à la Chambre des communes. Je ne le sais pas. Ce n'est pas à moi d'en décider, mais c'est un bon point que mon collègue soulève.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je souligne à l'intention de la Chambre que je ne prononcerai pas la totalité de mon allocution. Je vais seulement remercier mon personnel, parce que mon équipe à mon bureau de circonscription a fait un travail remarquable et a été très présente auprès des citoyens de Pontiac. Cela mérite d'être dit au public.

[Français]

    Je suis tellement heureux de pouvoir célébrer leurs efforts. On ne voit pas toujours ces gens qui travaillent dans l'ombre à répondre aux appels téléphoniques ou aux courriels. Durant cette pandémie, ils ont beaucoup travaillé et je sais qu'il en a été de même pour tous mes collègues de tous les partis à la Chambre des communes.

[Traduction]

    Je tiens vraiment à remercier les membres de mon équipe.
     Erin Davis est notre chef d'équipe et elle est avec nous depuis 2015. Elle coordonne les activités de l'équipe de façon exceptionnelle. Jessica Forgues travaille à notre bureau de Campbells' Bay, évidemment de façon virtuelle puisque le bureau est fermé. C'est une employée de première ligne, car elle répond à tous les appels. Stéphanie Lacroix s'occupe de gérer nos tâches administratives et financières. Francis Beausoleil travaille aussi avec Stéphanie à notre bureau de Chelsea. Sans oublier Anick Caron, qui s'est récemment jointe à notre équipe et qui fait de l'excellent travail à notre bureau de Gracefield.

[Français]

    Je remercie Anick de son travail à Gracefield, dans la Vallée-de-la-Gatineau. Dernièrement, j'aimerais remercier Geneviève Lemaire, notre adjointe en communication.

[Traduction]

    Geneviève vient tout juste de se joindre à notre équipe, prenant la relève de Maja Staka, qui a aussi fait un travail remarquable pour nous.
    Pour un politicien, ces gens sont les héros méconnus au cours de cette période marquée par la COVID-19.

[Français]

    Quand nous représentons nos concitoyens, nous avons besoin de nos adjoints et de ces gens qui nous épaulent.

[Traduction]

    Ce n'est que grâce au travail de leur équipe que les députés peuvent servir leurs concitoyens. Je tiens donc à remercier l'équipe de ma circonscription, Pontiac. Sur ce, je mets fin à mon discours.

[Français]

    Monsieur le Président, je profite de l'occasion moi aussi pour remercier mon équipe, à commencer par mon chef de bureau Christian Rivard. Ce dernier n'a pas compté ses heures pendant la pandémie et je peux même relater une anecdote. Nous avons fonctionné presque 24 heures sur 24 pendant les opérations de rapatriement. J'ai dormi au bureau et Christian l'a fait lui aussi à d'autres journées. Nous avions vraiment monté une cellule de crise, même pour tous les programmes d'aide.
     J'aimerais aussi nommer Marie-France Beaudry, qui me donne un coup de main en ce qui a trait aux organismes communautaires. Ces derniers et les organismes culturels ont eu de la difficulté à recevoir l'aide des différents programmes et il a donc fallu être sensible à cette réalité et offrir un accompagnement à ces organismes.
    Je nomme aussi Valérie Lafond, qui me donne un coup de main du côté administratif, et Yves Dumulon, fort de 20 ans d'expérience dans les services aux citoyens. Comme on le sait, le programme Emplois d'été Canada est plutôt complexe et l'on a vu à quel point les attentes face à ce programme étaient beaucoup plus grandes cette année. Je veux aussi souhaiter bon rétablissement à Philippe Guertin, un autre membre de mon équipe, qui a subi une malchance pendant cette crise de la COVID-19.
    Je pose la question suivante au député de Pontiac. Il a mentionné tantôt que ses concitoyens lui posaient beaucoup de questions par courriel. Je sais qu'Internet est une cause qui lui tient particulièrement à cœur. Comment Internet fonctionne-t-il chez lui? De quelle façon pourrait-on améliorer concrètement la desserte Internet, dont la crise de la COVID-19 a confirmé qu'elle était problématique?
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon cher collègue de l'autre côté de la Chambre.
    J'en profite aussi pour remercier Tyler LaSalle, un de mes adjoints, qui a pris un congé pour aller aussi travailler dans un de nos foyers pour aînés en Ontario.
    Pour revenir à la question de mon collègue, Internet est sans aucun doute la principale préoccupation en infrastructure et une question prioritaire pour le Pontiac. Il faut admettre que partout au Canada rural, Internet haute vitesse est une préoccupation frustrante, parce qu'il n'y a pas de réponse rapide.
    Cela étant dit, nous avons pu annoncer des projets totalisant plus de 20 millions de dollars depuis mon élection en 2015, des projets subventionnés par les gouvernements fédéral et provincial. Ces projets ont parfois été présentés par des organismes sans but lucratif, parfois par de grandes compagnies de télécommunications.
    Est-ce que cela résout le problème? La réponse est non, pas du tout. Il faut avancer et je crois que notre gouvernement a un plan pour avancer de façon très positive, avec la collaboration des provinces et un financement de 750 millions de dollars provenant du CRTC.
     J'estime que des projets d'amélioration des services seront soumis du côté du Pontiac, car c'est ce qui est nécessaire. Il faudra aussi de la patience, même si tous mes concitoyens veulent Internet hier, pas aujourd'hui ni demain.

  (1300)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je voudrais remercier mon collègue d'avoir donné le bon ton en soulignant que nous devons être reconnaissants envers les membres de notre personnel. Je tiens à remercier Dan, Patricia, Liz, Simon et Jacob, qui, surtout en ces temps difficiles, non seulement répondent aux préoccupations des électeurs, mais font aussi preuve d'une ardeur sans précédent. Je sais qu'on a souvent recours à l'expression « sans précédent », mais c'est bel et bien le cas.
    J'encourage tous mes collègues à être très attentifs aux problèmes de santé mentale de leurs employés. Il est éprouvant pour eux de recevoir des appels de personnes en larmes, qui ont mis 20 ans à bâtir leur entreprise, ou d'autres gens qui, pour une raison ou une autre, sont incapables de s'inscrire à un programme d'aide.
    Enfin, nous utilisons tous les médias sociaux. J'ai aussi remarqué l'intensité des commentaires publiés. Je demanderais à mes collègues de tenir compte du fait que, en raison de problèmes de santé mentale, certaines personnes peuvent très facilement sombrer dans une anxiété qui les poussera à prendre de mauvaises décisions. Je mets en garde les députés qui pourraient être tentés de profiter de la gravité de la pandémie pour accumuler du capital politique. Je les prierais d'éviter les commentaires prêtant à controverse, car ils pourraient être mal reçus par des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.
    Monsieur le Président, je remercie le député d'en face de ses remarques judicieuses et généreuses. Je pense que tous les Canadiens peuvent s'en inspirer.
    Parmi les messages que notre équipe a publiés sur les médias sociaux, les mieux accueillis par le public sont certainement ceux qui célèbrent nos fournisseurs de services de première ligne et notre personnel infirmier. Pour obtenir un grand nombre de mentions « J'aime » et de partages sur notre page Facebook, nous adoptons une attitude positive envers les personnes qui accomplissent des tâches ardues. Hier, nous avons célébré les hommes et femmes des Forces armées canadiennes qui travaillent si fort dans les établissements de soins de longue durée du Québec et de l'Ontario, et la réponse a été extraordinaire.
    À l'heure actuelle, les Canadiens veulent qu'on leur remonte le moral. Ils désirent se sentir soutenus, et ils méritent qu'on les soutienne. Nous sommes tous stressés, et nous vivons tous des moments difficiles. Nous connaissons tous une personne ou probablement une dizaine de personnes éprouvant des difficultés actuellement.
    Les fournisseurs de services de première ligne méritent d'être célébrés ainsi. Je suis heureux que nous puissions également célébrer le personnel du député, qui fait un excellent travail. Je sais que les équipes de tous les députés ici font, eux aussi, de l'excellent travail. Après tout, nous ne sommes tous que des êtres humains.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Timmins—Baie James. Par ailleurs, monsieur le Président, j'aimerais que vous me fassiez signe lorsqu'il ne me restera que deux minutes, car j'ai tendance à parler longuement.
    Nous avons assisté à des échanges fougueux et entendu plusieurs arguments convaincants au sujet de la crise de la COVID-19. Les députés m'ont entendu plus tôt faire mention des 6 180 décès causés par le virus. Dans le contexte de cette pandémie mondiale, chaque chiffre représente une histoire, une famille éprouvée par la perte d'un être cher. En présence de statistiques aussi impressionnantes— on parle de 80 000 cas —, je ne crois pas que nous soyons en mesure de bien saisir la gravité de la situation. Je ne crois pas que nous ayons pris le temps, en tant que pays, de faire le deuil de toutes ces victimes.
    Hier, nous avons entendu les hommages rendus à une officière et pilote décédée lors d'un tragique accident. Je tiens à exprimer la même empathie pour la perte de milliers de Canadiens partout au pays. Je le fais parce que nous vivons un moment historique. La Chambre a la possibilité de tracer l'avenir du pays. J'admets que nous avons entendu bien des discours enflammés de la part de députés de tous les partis. Quand une personne prétend que le gouvernement ou un parti induit la population en erreur, je crois qu’elle se trompe profondément en laissant entendre que nous ne travaillons pas pour affronter la crise en cours. En faisant croire que nous ne retournons pas au travail, on va à l’encontre même de l’esprit des propos de l’intervenant précédent, qui a souligné à quel point le personnel travaille dur et à quel point les émotions sont à fleur de peau. Les membres du Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, tous partis confondus, travaillent chaque jour avec diligence pour veiller à ce que le gouvernement rende le plus de comptes possible à la population.
    Je suis heureux d'informer la Chambre que j'ai collaboré, en cours de route, avec des collègues du Bloc québécois et du Parti conservateur pour nous assurer d'être suffisamment préparés en vue de la deuxième vague qui a été annoncée. Nous savons que le gouvernement avait la responsabilité de créer une réserve de millions de pièces d'équipement de protection adéquates. Nous savons aussi qu'au début de la pandémie, nous aurions pu observer de meilleures pratiques fondées sur des données probantes, ce qui se serait peut-être traduit par un bilan inférieur à 6 000 morts. Il est trop tard pour la crise actuelle, mais il faut commencer à planifier dès maintenant pour prévenir des morts et des tragédies dans l'avenir.
    Derrière chaque chiffre, il y a une histoire. Chaque mort brise le cœur des Canadiens partout au pays, sans oublier qu'il ne s'agit que des chiffres rapportés. Ces chiffres m'empêchent de dormir. Ce sont ces chiffres qui me réveillent le matin pour que je me mette au travail, que ce soit à distance à partir d'Hamilton-Centre ou ici même aujourd'hui.
    Nous vivons des moments historiques. Les gens de nos circonscriptions nous ont choisis pour représenter non pas leurs intérêts financiers, mais leur vie elle-même, qui est en jeu en ce moment. C'est un honneur et un privilège et c'est la chose la plus importante que je ferai de toute ma carrière. Je ne m'en excuserai pas. Je n'ai pas à m'excuser du travail que les néo-démocrates ont fait à la Chambre pour les Canadiens. Si, parmi les députés ici présents, certains ont l'impression qu'ils ne sont pas en train de travailler ou qu'ils n'arrivent pas à obtenir des résultats, ils en sont les seuls responsables.
    Lorsque nous, les néo-démocrates, avons proposé de créer un système hybride qui permettrait de représenter toutes les voix de partout au pays, nous l'avons fait au moyen d'un petit, mais formidable, caucus de 24 députés des quatre coins du Canada, du Nunavut à St. John's, en passant par Windsor et jusque dans Skeena—Bulkley Valley, dans le nord de la Colombie-Britannique.
    Nous comprenons la complexité de la situation. Nous comprenons la ferveur des propriétaires de petites entreprises qui sont sur le point de tout perdre après avoir travaillé pendant des décennies pour subvenir aux besoins de leur famille. Nous comprenons les travailleurs comme ceux de l'usine de transformation des viandes de Cargill, qui sont obligés de retourner au travail pour assurer notre sécurité alimentaire, sachant les risques que cela comporte pour eux. Nous comprenons les parents seuls qui sont à la maison et qui doivent choisir entre nourrir leur famille ou payer le loyer, une décision déchirante s'il en est. La crise nous a présenté des visions éloquentes de l'avenir.

  (1305)  

    Soyons clairs: ce n'est pas la classe moyenne qui est pressée de retourner au travail, mais bien les capitalistes. Beaucoup d'opinions ont été exprimées sur ce que le socialisme a l'air. On a formulé des commentaires très malveillants sur la manière dont nous nous sommes rendus au travail aujourd'hui et insinué que nous aimons le pétrole et l'essence. Pour ma part, j'aimerais demander aux députés s'ils aiment les soins de santé, l'éducation publique et tous les biens et services chers aux Canadiens. Ceux-ci ont été mis sur pied par un État social démocrate et nous distinguent des autres pays du monde.
    Nous avons l'occasion de répondre aux besoins de tous les Canadiens. Nous avons la possibilité de répondre aux besoins de toutes les personnes qui se trouvent à être au pays durant la pandémie. Nous avons non seulement l'occasion, mais aussi l'obligation morale de le faire, peu importe la citoyenneté de la personne. Qu'il s'agisse de travailleurs étrangers temporaires ou de personnes sans papiers qui se sont rendus ici à la recherche de la liberté dont parlent nos amis conservateurs, tous méritent d'avoir la possibilité de survivre à la pandémie. Or, nous savons que tous ne vivent pas la pandémie avec des moyens égaux.
    Les néo-démocrates sont déterminés à remédier à ce problème coûte que coûte. Nous travaillerions dans un système hybride selon une formule qui permet aux députés de s'exprimer partout au Canada, et ce, pendant tout l'été ou tant et aussi longtemps que nécessaire afin de trouver une solution pour les Canadiens. Nous sommes résolus à le faire.
    Le chef de l’opposition a déclaré clairement que le reste des députés préfèrent voir comment pourrait être le Canada, mais que les conservateurs, eux, préfèrent le voir tel qu'il est. C'est très révélateur. Dans Hamilton-Centre, d'où je viens, je vois des gens qui souffrent.
    Est-ce que la réalité à laquelle nous voulons retourner est celle de la profonde inégalité économique et des disparités raciales qui persistent ici ou celle où les Autochtones sont considérés comme des citoyens de deuxième classe dans tout le pays selon la définition prévue dans la Loi sur les Indiens? Non. Je ne m'excuserai jamais de vouloir que le pays devienne ce qu'il pourrait être et non qu'il redevienne ce qu'il était.
    C'est l'occasion qui s'offre à nous aujourd'hui. Nous pouvons faire quelque chose d'aussi simple que d'ajouter 10 jours de congés de maladie payés à l'assurance-emploi, que de créer un régime d'assurance-médicaments qui couvrirait chacun et chacune d'entre nous ou que de garantir le droit au logement, ce qui se traduirait par la construction de 500 000 logements d'un bout à l'autre du pays. Si nous en parlons, c'est parce que nous voyons la souffrance qui nous entoure — et si jamais certains députés ne la voient pas, c'est qu'ils sont encore plus privilégiés que les autres. S'ils ne voient pas la souffrance autour d'eux, je les invite à venir dans ma circonscription, qui arrive au troisième rang national pour la faiblesse du revenu. Je vais leur montrer ce que cela signifie, moi, 6 000 morts. Le pire, c'est qu'il y en aura encore bien plus quand tout sera fini.
    Nous avons l'obligation morale de faire tout ce qui est en notre pouvoir sur le plan législatif. Qu'on utilise le nom qu'on veut, Parlement ou comité plénier, et que les séances se déroulent en personne ou à distance, nous devons suivre les consignes des scientifiques et des médecins et faire comme le reste du pays afin que chacun comprenne à quel point la situation est critique. Quand tout cela sera derrière nous, peut-être la Chambre pourra-t-elle mettre la politique de côté un instant et pleurer les milliers de vies qui auront été perdues. C'est pour ça que je suis ici. C'est pour ces gens que je suis ici.
    Sur ce, je vais me rasseoir et laisser le reste de mon temps de parole à mon collègue de Timmins—Baie James.

  (1310)  

    Monsieur le Président, j'apprécie à leur juste valeur les commentaires de mon collègue d'en face. Je place toujours les habitants de Winnipeg-Nord, leurs préoccupations et leurs problèmes au haut de ma liste de priorités. Je mesure à leur juste valeur les centaines de millions de dollars dépensés pendant cette pandémie pour aider les gens ordinaires: jeunes, moins jeunes, entrepreneurs et ainsi de suite. C'est essentiel.
    C'est encourageant de voir des députés de tous les partis politiques contribuer aux changements qui sont nécessaires pour maximiser les prestations et minimiser les effets négatifs de la pandémie à laquelle nous faisons face.
    Ma question porte sur l'intégration virtuelle totale que nous voudrions mettre en place. C'est en raison des problèmes éventuels de santé et par respect des avis médicaux qu'on ne peut permettre à 338 députés de se réunir à la Chambre et qu'il faut chercher une solution hybride.
    Mon collègue voudrait-il expliquer pourquoi il est important que nous la trouvions à un moment donné?
    Monsieur le Président, pour reprendre une expression des libéraux, je dirais qu'il reste certainement encore beaucoup à faire. Bien que nous soyons fiers du travail effectué dans nos comités, nous savons que trop de gens sont exclus. Au cours des quatre à six prochains mois, notre priorité doit être les Canadiens qui souffrent profondément. Le Parlement virtuel que nous proposons vise à mettre sur pied un système hybride qui nous permettrait de rester sur la bonne voie et de nous concentrer sur ce qui est le plus important.
    Soyons clairs: le plus important, c'est la vie des Canadiens. Ce ne sont pas les profits des sociétés pétrolières ni les autres sujets abordés dans le but de détourner notre attention. Nous devons nous concentrer sur les vies perdues dans le cadre de cette pandémie. Nous appuyons entièrement la reprise de travaux parlementaires, que les députés y participent par téléconférence ou en étant présents physiquement à la Chambre, selon un système hybride.

  (1315)  

    Monsieur le Président, le député a livré un discours empreint de passion. Il a dit que nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir sur le plan législatif, que nous appelions cela un Parlement ou un Parlement virtuel, peu importe.
    En fait, ce qui est proposé aujourd'hui ne correspond à ni l'un ni l'autre. Il n'est question ni d'un Parlement ni d'un Parlement virtuel. Ce qui est proposé aujourd'hui, c'est un comité. Or, un comité ne nous permet de voter sur aucun projet de loi.
    Que comprend le député de la motion qui sera mise aux voix aujourd'hui? Si un projet de loi intéresse le député, comment pourra-t-il être étudié si le Parlement ne siège pas?
    Monsieur le Président, je peux comprendre que l'on veuille se servir d'un vocabulaire légaliste, mais l'esprit et la lettre de ce que je dis, c'est que nous devons faire fonctionner l'État avec tous les outils nécessaires pour que les Canadiens obtiennent ce qu'ils veulent. Certains de nos collègues viennent de se mettre à chahuter. Les conservateurs nous font sentir leur impatience de reprendre supposément le travail. Je leur dirais que nous n'avons jamais arrêté de travailler. Notre petit caucus a accompli beaucoup de choses. D'ailleurs, s'il y a un parti qui joue activement son rôle d'opposition, c'est bien le nôtre, et ce, jour après jour.
    On voit bien l'attitude réactionnaire des conservateurs. Eux qui disent adhérer au principe de la liberté d'expression aimeraient pouvoir choisir les personnes qui prennent la parole dans cette enceinte. Je constate qu'il ne me reste plus de temps. Je suis persuadé que j'aurai l'occasion de parler de la liberté d'expression en réponse à une autre question.

[Français]

    Monsieur le Président, je sais à quel point le parti de mon collègue est toujours un des premiers à se porter à la défense des plus vulnérables, un peu comme le Bloc québécois le fait pour les Québécois.
    Dans ma circonscription, un ambulancier de 60 ans souffre d'une maladie cardiaque congénitale et a dû arrêter de travailler, parce que son travail le met en contact tous les jours avec des gens du public, ce qui pourrait être dangereux pour sa santé. À cause de cela, il n'est pas admissible à la PCU, malgré les recommandations de son médecin. Il n'est pas admissible à une aide gouvernementale, quelle qu'elle soit. Je trouve cela un peu ironique, parce qu'on met des programmes en place et, souvent, les critères sont trop serrés pour un certain nombre de personnes et trop inclusifs pour un certain nombre d'autres personnes.
    Qu'en pense mon collègue?
    Que pouvons-nous faire pour améliorer cette situation en étant ici, virtuellement ou non, ou de façon hybride, pour proposer des solutions au gouvernement?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la question de la députée est d'une importance capitale. Comme je l'ai dit, pour reprendre l'expression des libéraux, il reste beaucoup de travail à faire.
    Comme les députés s'en souviendront, la première version des mesures d'aide mise en œuvre par les libéraux était une sorte de complément mal défini de l'assurance-emploi et ne subvenait certainement pas aux besoins des plus vulnérables. Nous, les néo-démocrates, nous sommes battus pour que la prestation soit universelle et qu'un montant de 2 000 $ soit versé à chaque personne au pays. Qu'a fait le gouvernement libéral? Il a mis en place des critères relatifs aux moyens financiers qui ont eu pour effet d'exclure des personnes très vulnérables, comme des personnes qui avaient gagné un peu d'argent ou qui étaient les propriétaires uniques de leur entreprise et qui n'avaient pas réalisé des gains suffisants pour être admissibles.
    Pour empirer les choses et ajouter à la confusion, des députés chevronnés du Parti libéral disaient à tout le monde de présenter une demande. Depuis le début, nous soutenons qu'il faut fournir de l'aide à un plus grand nombre de personnes et qu'il faut le faire plus rapidement, au lieu d'être obsédé par l'idée d'accompagner les programmes de critères visant à exclure des gens.
    Monsieur le Président, c'est comme toujours un grand honneur de prendre la parole à la Chambre pour représenter les habitants de Timmins—Baie James et d'être ici en cette période où notre monde entier change fondamentalement et à jamais. Ce que la Chambre doit accepter, c'est que nous sommes en plein milieu d'une crise économique et sanitaire sans précédent et qu'il incombe au Parlement de se réunir pour trouver une façon de répondre à celle-ci.
    Avant que je prenne la parole, nous avons entendu parler d'un rapport de l'armée canadienne dans lequel on a appris que des militaires envoyés en renfort dans des centres de soins de longue durée y ont constaté un mépris flagrant pour la vie des personnes âgées et ont été témoins de cas de mauvais traitements et de négligence au sein du système de soins à but lucratif. Tous les yeux du pays sont tournés vers nous. Les Canadiens nous regardent et ils vont nous demander ce que nous prévoyons faire pour remédier de façon permanente à cette horrible situation. Certains députés diront que c'est une question de compétence provinciale, mais à cela je leur répondrai que c'est sous la surveillance de plusieurs provinces que cette négligence a eu lieu. Les personnes âgées méritaient mieux, et nous allons étudier comment garantir que les soins de santé offerts soient dignes du XXIe siècle.
    La COVID a très clairement mis au jour les mythes et l'arrogance de notre société. Elle a fait ressortir les iniquités et nous a forcés à commencer à y remédier. Le Canada se réveille maintenant dans un nouveau siècle, et celui qui l'a précédé avec toutes ses certitudes arrogantes est disparu pour de bon.
    Hier, le chef de l'opposition a parlé de la main invisible, magique et mystique du marché qui crée tout ce dont on a besoin. Ce sont là des propos vraiment étranges quand on sait que le Canada n'avait pas suffisamment d'équipement de protection individuelle, que notre plus proche voisin, les États-Unis, volait les fournitures médicales qui nous étaient destinées et que les travailleurs de la santé de première ligne ont dû quêter de l'argent parce que le pays n'avait pas la capacité de gérer la pandémie.
    Les Canadiens se tourneront vers le Parlement pour demander ce qu'il compte faire pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise. Nous ne devrions jamais être forcés de faire intervenir l'armée pour que les aînés restent en vie. Le Canada a envoyé des militaires lors des tremblements de terre en Haïti. Voilà une situation qui nécessitait la présence de l'armée, comme les inondations et les incendies catastrophiques. Cette fois-ci, il a fallu faire intervenir l'armée parce qu'on a fait preuve d'une terrible négligence en ce qui concerne les soins de santé aux aînés, et les reportages font état de négligence et d'abus flagrants.
    Il a également fallu adapter le fonctionnement du Parlement. Néanmoins, une chose est certaine: les députés de l'opposition ne renoncent jamais à leur temps de parole. C'est leur outil le plus précieux. Les députés n'écourtent jamais le débat et ne ratent jamais une occasion d'intervenir, parce c'est l'outil dont ils disposent. Dans le contexte de la présente crise, nous avons bien vu que nous devions nous retirer du Parlement et réfléchir à la façon de reprendre les travaux. Nous, les néo-démocrates, nous sommes mis à négocier puisque le gouvernement est minoritaire. C'est ainsi qu'on procède en situation de gouvernement minoritaire.
    La première série de négociations avait comme point de départ le fait que des millions de Canadiens se retrouvaient soudainement dans une situation où ils ne pouvaient plus payer leur loyer. Voilà pour le fameux mythe de la classe moyenne et de ceux qui veulent en faire partie. On a pu voir que des millions de gens qui ont des petits boulots et des millions de travailleurs à contrat ne seraient pas en mesure de payer leur loyer. C'est alors que nous avons commencé à pousser le gouvernement.
    Au départ, le gouvernement voulait apporter de petits changements à l'assurance-emploi et augmenter un peu l'Allocation canadienne pour enfants. Les néo-démocrates estimaient que l'ampleur de la crise était telle qu'il fallait faire quelque chose de tout à fait différent, une chose que l'on aurait crue impossible en février: un montant minimal de 2 000 $ par mois pour aider les gens à tenir le coup. Nous avons travaillé avec le gouvernement sur cette prestation. Nous n'avons jamais eu le moindre soutien des conservateurs. Ils étaient tous là à hurler. Ils parlaient des tire-au-flanc et de gens dormant dans leur hamac. Nous avons collaboré avec le gouvernement, mais lui avons dit que la mesure était trop restrictive. Nous avons soulevé la question des travailleurs autonomes. Il fallait apporter un changement pour eux, et nous avons dû négocier à chaque étape. Voilà ce qu'on peut faire dans une situation de gouvernement minoritaire.
    Les Étatsuniens ont obtenu un paiement unique de 1 250 $. Pas étonnant qu'il y ait tant de troubles sociaux aux États-Unis actuellement: il y a une rupture de la solidarité sociale. Si nous avions versé un paiement unique de 1 250 $ en mars, cela aurait été une catastrophe économique pour le Canada. Nous avons compris que nous avions le pouvoir du gouvernement fédéral, que les provinces n'ont pas. Nous disposons de la Banque du Canada pour soutenir ces mesures. Nous savions que nous pouvions accorder à tout le moins 2 000 $ par mois, alors nous avons inclus les travailleurs autonomes.
    Sous Boris Johnson, l'Angleterre a aussi adopté un revenu de base, mais il n'inclura pas les travailleurs autonomes avant juin. Si nous avions fait la même chose au Canada, des millions de personnes auraient tout perdu.

  (1320)  

    Voici comment nous avons négocié. Nous avons fait des concessions par rapport à notre temps de parole, pour lequel nous avons l'habitude de nous battre pour empêcher le gouvernement de clore le débat et pour que nous puissions intervenir en comité. Nous avons fait des concessions à cet égard au nom d'un principe plus important: aider les Canadiens en temps de crise.
    Nous avons négocié avec le gouvernement au nom des petites entreprises. À l'origine, le gouvernement comptait offrir une subvention salariale de 10 %. Nous avons fait valoir que ce pourcentage était inadéquat et qu'il fallait le faire passer à 75 %. Nous avons négocié ce pourcentage. Nous sommes en mesure de négocier dans un contexte de gouvernement minoritaire.
    Le gouvernement a maintenant présenté une motion afin que la Chambre se réunisse en comité plénier quatre jours par semaine. Les gens de ma circonscription ne m'ont jamais entendu expliquer les tenants et les aboutissants du processus parlementaire parce que je n'en ai pas l'habitude, mais l'idée qu'il s'agisse là de simulacres de séances est une fausseté, une déformation de la réalité. Nous avons pu nous adresser directement aux ministres et leur poser des questions très précises pour exercer plus de pressions.
    Nous avons demandé comment nous allions procéder d'ici la fin de juin. Il ne s'agit pas de fermer le Parlement de façon permanente.
    Comment allons-nous procéder d'ici la fin de juin? Nous avons dit que nous avions deux demandes claires.
    Nous voulions la tenue de certaines séances pendant l'été parce que nous ne savons pas comment la COVID évoluera durant cette saison. Les conservateurs n'ont nullement exprimé le désir de se présenter au travail cet été. Le Parlement ne siège habituellement pas l'été, mais nous avons obtenu gain de cause à cet égard.
    Nous avons aussi dit que nous appuierions cette motion clé du gouvernement si ce dernier se penchait sur la situation des personnes qui retournent à un emploi où elles gagnent 14 $ l'heure et n'ont pas de congé de maladie. Nous ne voyons jamais les conservateurs intervenir pour parler des gens gagnant 14 $ l'heure, à part pour remercier une personne leur ayant servi le hamburger qu'ils ont commandé le matin au service au volant. Il est formidable d'entendre un député remercier un employé d'un service au volant, comme ce fut le cas plus tôt, mais les conservateurs ne disent pas un mot sur le fait que les travailleurs qui tombent malades ne peuvent pas s'absenter.
    Il est extraordinaire que nous ayons réussi à négocier 10 jours de maladie avec le gouvernement. Ce qui est aussi extraordinaire, c'est que nous devrons commencer à discuter à l'échelle fédérale de la façon dont nous pouvons instaurer ces congés de maladie partout au pays en temps de pandémie, ce qui risque de faire perdre la raison à nos collègues bloquistes. Nous devrons négocier une solution ici.
    Nous allons maintenant parler jusqu'à la fin de juin de ce que nous devons faire, mais pour nous sortir de cette situation, nous devons avoir les idées très claires. La reprise économique ne va pas se faire toute seule.
    Nous avons entendu le chef de l'Opposition dire que le gouvernement doit cesser d'intervenir pour que les gens puissent faire leurs propres choix. Parler de faire des choix alors que des millions de Canadiens ne peuvent pas payer leur loyer, c'est vraiment avoir une vision du siècle passé. Empêchons le gouvernement d'intervenir et laissons faire le secteur privé. Quiconque a discuté avec des représentants des différentes industries sait qu'ils ne pensent pas pouvoir sortir de cette crise sans une sorte de vision et de l'aide.
    Nous discutons de ce que sera le rôle du gouvernement. Cela fait deux jours que nous sommes là et les conservateurs nous ont parlé de beaucoup de choses. Ils ont parlé de Margaret Thatcher. Vous vous en souvenez? Elle avait affirmé que la société, cela n'existe pas. Devinez quoi? la COVID nous a montré qu'une telle affirmation était fausse. Bien sûr, les conservateurs ont aussi parlé de Winston Churchill puis on est revenu à Margaret Thatcher et on est passé à l'Union soviétique et sa bonne vieille approche. La seule chose qu'ils ne nous ont pas dite, c'est de tenir le delta du Mékong pour éviter l'effet domino.
    On nous répète sans cesse les mêmes excuses éculées tirées d'une vision désuète du XXe siècle. Ce que nous avons appris en 2020 grâce à la COVID-19, c'est que les vieux mythes ne suffisent plus. Nous aurons besoin d'une nouvelle stratégie pour les investissements publics dans les services de santé. Nous devrons faire appel à un engagement du public et nous soumettre à des normes afin que le retour au travail ne soit plus dangereux. Il ne faut pas simplement demander au gouvernement de rester à l'écart. Nous aurons aussi besoin d'un plan pour rebâtir l'économie.
    Nous, les néo-démocrates, sommes prêts à céder une partie de notre temps de parole afin que nous puissions débattre dans un contexte de gouvernement minoritaire et ainsi accorder la priorité aux besoins des Canadiens. C'est ce que nous continuerons de faire. Nous laisserons les conservateurs s'insurger et gesticuler sur leurs banquettes. Peut-être qu'ils mentionneront Castro dans leur prochaine intervention, ou une autre personne inspirée de leur vision du XXe siècle.

  (1325)  

    Monsieur le Président, le député a soulevé un point important, et je souhaite poursuivre dans la même veine. Dans ma province d'origine, le Québec, nous avons été dévastés par la COVID-19, surtout dans les CHSLD. Il n'est pas normal que des membres des Forces armées canadiennes soient déployés dans des résidences pour personnes âgées. Je tiens à remercier ma collègue d'en face. Son fils, comme le mien, est actuellement déployé dans un CHSLD. Je remercie tous les militaires déployés dans le cadre de l'opération LASER pour le travail qu'ils font, y compris les 36 militaires qui ont contracté la COVID-19 au cours de leur mission.
     Nous avons été témoins d'une situation sans précédent. En effet, les députés se sont tous unis, au-delà des lignes de parti, pour affronter la pandémie. Nous avons uni nos voix pour améliorer les choses, dans le seul et unique but d'aider les Canadiens à surmonter cette épreuve. Je crois que cela nous donne de l'espoir. Je sais que les Canadiens tiennent absolument à ce que nous travaillions ensemble pour le bien du pays.
     Le député pourrait-il nous en dire un peu plus sur la manière dont nous pouvons continuer à travailler ensemble pour aider les Canadiens à traverser cette période difficile?

  (1330)  

    Monsieur le Président, je suis ici depuis de nombreuses années. Personne ne m'accusera jamais d'être impartial. Je suis toujours prêt à me lancer dans la bataille, parce que c'est ainsi qu'a toujours fonctionné le Parlement et c'est le Parlement que j'ai toujours connu. Cependant, nous voyons qu'il y a une cause plus grande que nous, plus grande que tout ce que nous aurions pu imaginer. Timothy Morton parle d'hyperobjet, une chose que notre pensée ne peut complètement appréhender. C'est là l'ampleur de la pandémie.
    J'entends les conservateurs parler de revenir ici comme si c'était un inconvénient, mais je ne vois pas en quoi ce le serait. Ma famille s'inquiète chaque fois que je dois venir ici et me dit que je dois rester à la maison pendant deux semaines. Et mes enfants? Je vois ce que font les gens chez eux. Ils sont inquiets. Comme l'a affirmé mon collègue d'Hamilton, les gens de la classe moyenne ne sont pas pressés de retourner au travail, car ils savent qu'ils seront en première ligne.
    Les Canadiens ont adopté des mesures extraordinaires de solidarité sociale. Je suis vraiment fier du Canada présentement. Nous devons montrer aux Canadiens que, lorsque nous nous réunissons pour discuter de ces enjeux, nous mettons tous nos efforts sur la résolution de la crise en cours afin d'en sortir plus résilients, plus forts et plus justes. C'est la tâche qui nous incombe et nous l'accomplirons.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son exposé.
    Je siège à la Chambre depuis le 21 octobre de façon intermittente. J’ai constaté que nous sommes souvent en accord sur le fond des choses avec les gens du NPD, comme le soutien à la population, des services de santé décents, et ainsi de suite. Cependant, il y a une grosse dichotomie entre nous. On dirait qu’ils n’ont pas lu le contrat qu’ils ont signé dans notre dos en 1982. La santé est une compétence qui relève du Québec et des provinces, point final.
    Non, ce n’est pas normal que l’Armée doive venir en renfort dans les CHSLD au Québec. Non, la situation actuelle n’est pas normale. Comment en sommes-nous arrivés là? Au Parlement, on essaie de faire passer cela sur le dos du Québec, mais cela ne vient pas de là. C'est à cause du déséquilibre fiscal et du sous-financement crasse, épouvantable et scandaleux de notre système de santé depuis de nombreuses années. Le gouvernement fédéral taxe la moitié, garde l'argent et fait ce qu'il veut avec cette somme. Il rationne les provinces et le Québec depuis de longues années. Même M. Chrétien s'en vantait en Europe. C'est facile: on coupe et la population se plaint aux provinces.
    Je vais essayer de me calmer, mais c'est difficile de rester calme parfois.
    Je vais apprendre aux gens du NPD ce qu'est la solution et ce sera l'objet de ma question.
    Mon collègue de Timmins—Baie James ne pense-t-il pas que le fédéral devrait tout simplement augmenter les transferts en santé, tel que nous le demandons et tel que le demandent toutes les provinces et le Québec de façon décente, intelligente et rationnelle?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa bonne question.
    Pour le NPD, il est clair que le gouvernement fédéral doit respecter ses obligations et mettre en place un financement adéquat pour les systèmes provinciaux. C'est la vision du NPD.
    Il est clair aussi que la pandémie ne respecte pas les zones de responsabilité; elle affecte tout le monde et le Canada. Le gouvernement fédéral du Canada doit certainement discuter avec les provinces. Cependant, nous avons aussi l'obligation de mettre en place des mesures pour nous assurer que les droits des personnes âgées dans les CHSLD et dans toutes les maisons pour aînées, partout au Canada, sont respectés.
    Cette crise est un désastre pour notre pays et la négligence a été extraordinaire. Nous avons l'obligation de travailler ensemble pour trouver une solution. Pour ce faire, il est impératif d'augmenter les fonds aux provinces.

  (1335)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée de Battlefords—Lloydminster.
    Je suis heureux d'être de retour à la Chambre. J'adore être ici. Un de mes amis, qui est de la presse écrite, dit de la journée où il fait le montage des articles et des photos de son journal qu'elle est magique. Pour nous, politiciens, c'est ici, à la Chambre, que la magie opère. Je crois que c'est le seul endroit où on peut vraiment ressentir la façon dont le Parlement est censé fonctionner.
    J'apprécie le fait que certains collègues rendent hommage à leur personnel, et j'aimerais en faire autant. Les membres de mon personnel travaillent avec tellement de diligence et d'ardeur au nom de nos concitoyens qui éprouvent des difficultés pendant cette pandémie. Je tiens à remercier chaleureusement Dana, Lisa, Laura, Lindsay, Megan et Gianfranco. Les services qu'ils rendent à nos concitoyens sont sans égal, et je suis fier de chacun d'entre eux. Je suis conscient des efforts et des prouesses dont ils font preuve pour chacun des dossiers qui nous parviennent, que ce soit par courrier, par courriel ou par téléphone. Même si les visiteurs ne sont pas encore admis dans nos locaux, nous travaillons à mettre en place les mesures de sécurité appropriées qui nous permettront de rencontrer à nouveau nos concitoyens lorsqu'un coup de fil ne suffira tout simplement pas.
    Les séances et les discussions à la Chambre sont un élément fondamental de la démocratie. Nous les conservateurs, nous pensons que le Parlement doit siéger, comme nous le faisons aujourd'hui, et ce, de manière constante. Nous ne sommes pas en train de dire que les 338 députés doivent être sur place. Nous pouvons fonctionner selon un modèle hybride, ce que nous allons essayer de faire pour le comité plénier spécial sur la COVID-19. Il y a moyen de fonctionner de cette façon et aussi de pouvoir procéder aux votes. Nous souhaitons arriver à un compromis qui permettrait au Parlement de fonctionner et de poursuivre ses travaux.
    Les gouvernements municipaux se réunissent. Les conseils municipaux tiennent des réunions tous les mois pour régler des dossiers au nom de leurs contribuables. Toutes les assemblées législatives provinciales continuent de se réunir. Elles tiennent compte des règles de distanciation sociale, mais poursuivent leurs travaux pour s'assurer de bien gérer la crise de la COVID-19 tout en s'occupant de tous les dossiers qui relèvent du gouvernement.
    Si nous regardons dans le monde, nous pouvons voir que les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Union européenne, de l'Australie et même de la Chine se réunissent. Compte tenu de l'admiration du premier ministre pour la « dictature » chinoise, je suis convaincu qu'il surveille de près la réunion des membres du Congrès national du peuple de Chine, qui travaillent côte à côte. Les députés qui les ont vus aux nouvelles ont remarqué qu'ils portent tous des masques, mais qu'ils sont assis côte à côte dans leur assemblée législative. Il est important que les députés se réunissent. Nous échangeons des idées et menons des débats rigoureux, ce qui est impossible avec Zoom en raison de problèmes technologiques, de l'incapacité de s'entendre les uns les autres et de mauvaises connexions.
    Je suis convaincu que le député de Timmins—Baie James sera heureux de m'entendre lire la citation suivante de Winston Churchill:
    Il est difficile d’expliquer cela à ceux qui ne connaissent pas notre façon de faire. Il peut être difficile de comprendre pourquoi nous considérons que l’intensité, la passion, l’intimité, le caractère informel et la spontanéité de nos débats représentent la personnalité de la Chambre des communes et lui donnent son but et sa force.
    C'est le meilleur moyen d'expliquer pourquoi nous devons être ici à débattre, et même à chahuter. C'est ici que nous avons l'occasion d'échanger des idées, de voir les réactions et, dans une certaine mesure, de nous nourrir des émotions de nos collègues, à condition de ne pas aller trop loin bien sûr. C'est le rôle des parlementaires qui siègent à la Chambre des communes de tenir de telles discussions. Même si la motion du gouvernement parle d'une période des questions de 95 minutes en comité plénier comprenant des échanges de cinq minutes, cela ne peut remplacer ce que nous faisons ici dans nos échanges et nos discussions sur les différents projets de loi, chose que nous ne faisons pas du tout lorsque nous sommes constitués en comité parlementaire spécial. Nous ne débattons pas d'un budget, par exemple. J'y reviendrai plus tard.

  (1340)  

    Voici ce qu'a déclaré Christian Leuprecht, professeur à l'Université Queen's:
    Au bout du compte, le grand principe constitutionnel sous-jacent en l'espèce est le principe du gouvernement responsable. C'est d'abord et avant tout une question de responsabilité ministérielle en situation de crise et d'urgence. [...]
    Le Parlement a le devoir suprême, surtout en temps de crise, d’obliger l’appareil exécutif à rendre des comptes. Les Canadiens ont besoin d'une surveillance parlementaire continue du pouvoir exécutif et des décisions des instances gouvernementales.
    C'est le rôle des députés de l'opposition et des députés ministériels d'arrière-ban de poser les questions difficiles. Notre Constitution, notre système parlementaire fondé sur le modèle de Westminster, s'appuie sur cette reddition de comptes ministérielle, qui n'a pas lieu lorsque nous travaillons au moyen de Zoom.
    Cela préoccupe les gens dans ma circonscription. Lorsque je suis ici, je peux prononcer mon discours de 10 minutes, participer à la période de questions et disposer d'une certaine période de temps en comité pour parler des préoccupations des habitants de ma circonscription. J'aimerais d'ailleurs parler de certaines de leurs préoccupations maintenant.
    L'une des propriétaires de petites entreprises de ma circonscription possède quelques entreprises. Elle a dit qu'elle avait dû fermer les portes en raison du genre d'entreprise qu'elle exploitait, et qu'elle avait du mal à payer son loyer. Malheureusement, son propriétaire refuse d'adhérer à l'Aide d'urgence du Canada pour le loyer commercial. Elle va donc être obligée de quitter les lieux sans payer et son locateur va devoir lui courir après pour les mois qui lui restent à payer. Cette affaire va se retrouver devant les tribunaux et pourrait même avoir des conséquences sur ses autres entreprises, car la propriétaire en question n'a plus d'argent.
    Si j'ai l'occasion de participer à une réunion du comité spécial et aux 95 minutes pour les questions et réponses, je vais peut-être obtenir des réponses du ministre, mais si nous sommes ici toute la journée, j'aurai plus de chance d'aborder les questions directement avec le ministre.
    Pour leur part, les agriculteurs sont vraiment aux prises avec de grandes difficultés. La région d’Interlake que je représente a connu sécheresse après sécheresse. Il y a eu auparavant la crise de la vache folle ainsi que les inondations le long du lac Manitoba et du lac Winnipeg, qui ont frappé durement beaucoup d’agriculteurs. Ces derniers ont suffisamment de pâturages et ils essaient de cultiver leurs champs et d’obtenir de quoi nourrir leur bétail pendant l’hiver. En outre, comme nous le savons — et je remercie mon collègue de Battle River—Crowfoot pour le magnifique travail qu’il fait en qualité de ministre du cabinet fantôme en matière d’Agriculture —, les prix de la viande sont à la hausse parce qu'il y a moins de viande bovine transformée dans nos usines, les abattoirs étant touchés par la COVID et les travailleurs ne pouvant pas se rendre au travail.
    Le contraire se produit en raison de l’offre excédentaire dans les parcs d’engraissement et chez les éleveurs de veaux de boucherie. Un citoyen de ma circonscription a perdu 600 $ par tête sur les veaux qu'il a gardés pendant l’hiver, comme il le fait toujours. Il a vendu ses bêtes au printemps 600 $ de moins que l'année précédente. La plupart des éleveurs ne pourront pas soutenir une telle baisse. La perte s’élève à plus de 60 000 $ pour ce seul agriculteur.
    Ma circonscription compte également une exploitation de pêche commerciale qui a suscité de nombreuses préoccupations. L'Office de commercialisation du poisson d'eau douce a cessé d'acheter du doré du lac Winnipeg et n’essaiera même pas de le mettre sur le marché parce que les restaurants qu’il approvisionne ont tous fermé et qu'il y a une surabondance de stocks. Les pêcheurs doivent se rendre plus loin sur les lacs et ne peuvent rien attraper d’intéressant, comme du doré ou du poisson blanc qu’ils pourraient vendre.
    Ce qui manque dans tout ce processus, c’est un budget du gouvernement. Nous faisons cette année des dépenses qui pourraient très bien nous amener à avoir un déficit égal au budget de l’an dernier, qui s’élevait à 350 milliards de dollars. Avec la contraction de l'économie et l'augmentation des dépenses gouvernementales en réponse à la COVID-19, nous pourrions avoir un déficit de 350 milliards de dollars. Or, le gouvernement n’a toujours pas présenté de budget ni rendu compte de la façon dont il dépense cet argent sans faire s'effondrer l’économie et sans nous engloutir dans une dette dont nous pourrions ne plus jamais émerger.
    Comme parlementaires, il nous incombe de nous occuper des contribuables, mais nous ne pouvons pas le faire à cause de ce comité spécial.

  (1345)  

    Je pourrais continuer longtemps. Dans ma circonscription, les propriétaires d'armes à feu sont mécontents. Les questions de ce genre doivent faire l'objet de discussions en comité, mais les travaux de certains comités sont suspendus. Le comité de la sécurité publique ne se réunit plus. Le comité de la défense nationale, dont je suis le vice-président, a interrompu ses travaux. En l'absence de ces comités, nous ne pouvons pas étudier en temps opportun les enjeux de l'heure afin de pouvoir répondre aux préoccupations des Canadiens d'un bout à l'autre du pays.
    Monsieur le Président, le député évalue mal la situation. Une fois que la motion aura été adoptée, le député pourra parler de tous les sujets qu'il lui plaira sous forme de questions. Les députés pourront aussi faire des déclarations et présenter des pétitions.
    Il ne sera toutefois pas possible de faire certaines choses, comme tenir des journées de l'opposition. Pour pouvoir organiser une journée de l'opposition ou une période d'une heure réservée aux affaires émanant des députés, il faudra régler certains détails, comme la façon dont les députés pourront voter. Il n'est pas possible de demander aux 338 députés de siéger en même temps à la Chambre. Même les conservateurs semblent l'admettre.
    La situation évolue, comme d'ailleurs bon nombre des programmes mis sur pied. Il y a trois ou quatre mois, personne n'aurait pu prévoir l'ampleur des changements dont nous avons été témoins, comme la création de programmes d'aide totalisant plusieurs milliards de dollars. Si le gouvernement n'avait pas agi, peut-on imaginer ce qu'il serait advenu de l'économie et de la société canadiennes?
    Le gouvernement va de l'avant, l'opposition met l'épaule à la roue, la vie continue et nous cherchons toujours des façons d'améliorer le système.
    Monsieur le Président, voici des propos tenus en décembre 2013. Je cite:
     Nous savons pourquoi le premier ministre a prorogé le Parlement en septembre: il ne voulait pas que la Chambre siège. Il voulait éviter que des comptes soient rendus quotidiennement sur ce qui se passait à la Chambre, parce qu'il n'était pas satisfait de la séquence des événements qui était rapportée et qui faisait état de corruption et de fraude [...]
    Nous avons donc perdu des semaines de débat cet automne parce que le premier ministre ne voulait pas revenir à la Chambre. Pourquoi? Un très grave problème l'accablait, et cette épine au pied n'est pas près de s'en aller.
    Les députés savent-ils qui a tenu ces propos? C'est nul autre que le député de Winnipeg-Nord.
    Évidemment, le député refuse de reconnaître que le processus proposé nuit à la reddition de comptes et à la capacité des simples députés de présenter des projets de loi d'initiative parlementaire. Nous n'examinons ni mesures législatives ni motions de l'opposition comme il l'a déjà prétendu. Or, ces activités s'inscrivent dans le droit fil de la reddition de comptes. Les libéraux essaient de se défiler et gouvernent en tenant des conférences de presse devant Rideau Cottage.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son intervention. Je suis heureux qu'il ait évoqué le sujet de l'agriculture, car la question que je vais poser concerne ce domaine.
    Que pense-t-il du soutien timide, voire ridicule, que le gouvernement fédéral offre au milieu agricole depuis le début de la pandémie?
    Plus précisément, que pense-t-il du fait que la ministre répond souvent que les agriculteurs n'ont qu'à prendre l'argent d'Agri-investissement? C'est l'équivalent de dire à un étudiant qu'on va lui donner une prestation à condition qu'il s’assure de bien vider son compte de banque.
    Quel est son avis à ce sujet?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis agriculteur, et mon gendre achève de semer le soya en ce moment. Étant donné que je sais comment Agri-stabilité et la série de programmes de gestion des risques de l'entreprise fonctionnent, je peux vous dire qu'ils n'ont jamais été conçus pour gérer ce genre de crise.
    Que l'on soit producteur de bœuf, exploitant de ferme de céréales et d'oléagineux ou producteur laitier soumis à la gestion de l'offre, il y a beaucoup de problèmes auxquels le gouvernement ne répond pas. Le gouvernement refuse, primo, de reconnaître le problème, et, secundo, d'intervenir concrètement pour assurer la sécurité alimentaire du Canada et la prospérité des collectivités rurales. Sans une société agricole saine, les collectivités rurales souffrent. Le gouvernement refuse d'injecter les capitaux nécessaires pour couvrir la perte de parts de marché à l'échelle internationale et nationale, et de reconnaître le fait que nous devons contrôler l'approvisionnement.
    Si le gouvernement ne met pas en place ces mesures et ces programmes, comme le programme de retrait pour les animaux de boucherie, nous ne pourrons pas atteindre la viabilité nécessaire aux producteurs agricoles pour traverser la pandémie.

  (1350)  

    Monsieur le Président, en ce qui concerne les enjeux liés à la viande bovine, nous commencions à observer une situation très favorable chez beaucoup de nos agriculteurs, mais depuis lors, nous avons été très, très durement touchés. Certains agriculteurs pourraient ne pas s'en sortir, parce qu'ils ont gardé leur bétail pendant l'hiver, pensant que les prix allaient être avantageux.
    Le député a abordé la question de la gestion de l'offre, mais nous devons aussi réfléchir à nos capacités en matière de production. Nous ne sommes pas plus avancés que nous l'étions durant la crise de l'ESB, avec trois usines couvrant 85 % de la production, et personne ne s'attendait à ce que la pandémie frappe Cargill aussi durement, mais ce fut le cas.
    J'aimerais que le député nous parle de l'importance de disposer d'une certaine capacité provinciale ou régionale pour aider nos agriculteurs, car il y a un besoin de viande bovine qui commence à se faire ressentir dans les épiceries. Nous devons agir. Le programme de retrait ne va tout simplement pas permettre aux gens de passer à travers cette crise, mais le problème structurel plus large de la capacité d'abattage demeure un problème qui a été révélé par la pandémie.
    Monsieur le Président, lorsque le député deTimmins—Baie James et moi-même avons été élus pour la première fois, nous faisions partie du comité de l'agriculture. Le député a raison. La capacité régionale au pays est insuffisante. Avons-nous une capacité excédentaire lorsque tout va bien? Oui, c'est le cas. Lorsque tout le secteur fonctionne à plein régime, nous avons une capacité suffisante au pays.
    Cependant, lorsqu'il commencera à y avoir des réductions de quarts de travail ou des fermetures d'usines en Alberta, en Ontario et au Québec, cela finira par se répercuter dans d'autres régions du pays. Plus les installations sont loin, plus il est difficile de mettre en marché les animaux et plus les prix seront réduits.
    Nous devons examiner la sécurité alimentaire globale et le rôle qu'y jouent la transformation et la production. Nous devons également maintenir la capacité d'exporter nos produits alimentaires de qualité supérieure dans le monde entier.
    Monsieur le Président, c'est un privilège et un honneur pour moi de pouvoir m'adresser à la Chambre des communes et de prendre part au débat d'aujourd'hui. Le simple fait de pouvoir être ici pour débattre, prendre la parole et voter est un privilège en soi, le même qu'ont eu les membres des 42 législatures qui nous ont précédés.
    En cette 43e législature, j'ai du mal à imaginer que certains élus soient disposés à renoncer à ce privilège, mais on dirait que c'est le cas. En pleine pandémie, le gouvernement a présenté une motion limitant les attributions du Parlement. Même si force est d'admettre que le texte à l'étude est mieux que la première version qui nous a été soumise, nous sommes encore loin d'un Parlement en bonne et due forme. Je trouve honteux que l'on puisse utiliser ainsi la crise pour dévaloriser la démocratie.
    Les Canadiens se sont montrés à la hauteur depuis le début de la pandémie. Ils ont respecté les consignes de la santé publique et pris leurs précautions. Les travailleurs de la santé qui sont en première ligne ont risqué leur santé et leur sécurité pour prendre soin de leur prochain. Ceux des services essentiels se sont adaptés afin de pouvoir offrir aux Canadiens les biens et les services dont ils ont absolument besoin. Tous autant que nous sommes, nous avons subi des bouleversements et vécu des difficultés imprévues. Qu'elles soient de nature sociale, économique ou sanitaire, les répercussions de la pandémie de COVID-19 se font sentir partout, et même si chacun peut être touché à un degré différent, personne n'est complètement à l'abri.
    Alors que les Canadiens de partout au pays affrontent ces défis, ils doivent savoir que le gouvernement se montre aussi à la hauteur. Ils doivent être convaincus que le gouvernement est déterminé à obtenir les meilleurs résultats pour eux et qu'il multiplie les efforts pour que personne ne soit laissé pour compte. En ce moment, nous vivons les répercussions immédiates de cette crise sanitaire, mais nous ignorons toujours quels seront les effets à long terme.
    Le leadership dont fera preuve le gouvernement déterminera, dans une large mesure, les effets à long terme de cette crise. Un bon dirigeant rend des comptes. Or, la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui est essentiellement une demande du premier ministre pour avoir moins de comptes à rendre. En limitant le rôle du Parlement, le premier ministre dit aux Canadiens qu'il aimerait avoir un public au lieu d'une opposition. Le gouvernement voudrait que le Parlement gouverne sans examen, sans débat et sans opposition. Ce n'est toutefois pas ainsi que le régime démocratique canadien fonctionne.
    Le Canada est une démocratie représentative. Trois cent trente-huit députés sont élus partout au pays afin de représenter des dizaines de milliers d'habitants. Tous ont été envoyés au Parlement avec un mandat confié par ceux qui les ont élus. Chacun d'entre nous a la responsabilité de représenter tous les électeurs de sa circonscription.
    Si certains députés pensent qu'en temps de crise, leur responsabilité envers les gens de leur circonscription est moindre, je me demande pourquoi ils ont fait inscrire leur nom sur les bulletins de vote. En temps de crise, notre responsabilité envers les habitants de nos circonscriptions est encore plus grande. En tant que députée de la loyale opposition de Sa Majesté, j'ai le devoir de demander des comptes au gouvernement. J'ai le devoir de demander des réponses au nom des habitants de ma circonscription, de défendre leurs intérêts et de les faire connaître.
    En tant que députée de la Saskatchewan, je souligne que l'Ouest du Canada est remarquablement absent du Cabinet et des banquettes du gouvernement en général. L'automne dernier, l'Ouest du Canada a rejeté les politiques inefficaces de l'actuel gouvernement libéral. Il a rejeté les attaques du premier ministre contre son gagne-pain et ses collectivités. Dans notre démocratie, il en a le droit.
     Le premier ministre, toutefois, n'a pas la liberté de faire taire leurs voix en gouvernant sans les partis de l'opposition. En fait, les principaux moteurs économiques de ma circonscription, Battlefords—Lloydminster, ont été totalement exclus de la réponse du gouvernement à la COVID-19. Ils ont été exclus malgré l'importance pour notre pays de ces deux moteurs économiques.
    Premièrement, le premier ministre n'a rien fait pour soutenir le secteur pétrolier et gazier du Canada, un secteur qui sera très important pour favoriser une reprise économique rapide dans l'Ouest canadien et, en toute honnêteté, dans l'ensemble du Canada. À part faire de beaux discours pour la forme, le premier ministre n'a rien fait pour aider concrètement ce secteur. Les heures, les jours et les mois passent, et ses paroles sont vides de sens. Étant donné les attaques passées du premier ministre envers le secteur pétrolier et gazier et son but avoué de le supprimer graduellement, il est difficile de ne pas voir cela comme une tactique dilatoire destinée à faire péricliter le secteur jusqu'à ce qu'il disparaisse.

  (1355)  

    L'agriculture est un autre secteur qui a été laissé pour compte dans le cadre des mesures du gouvernement à l'égard de la COVID-19. Les familles de travailleurs agricoles de tout le pays doivent déjà faire face à une crise qui les touche plus particulièrement. Dans la dernière année, ce secteur a déjà dû composer avec de nombreuses difficultés, et la COVID-19 est un autre coup dévastateur. Les agriculteurs doivent composer avec une hausse des coûts de fonctionnement, la perturbation du secteur des services, des pénuries de main-d'œuvre et des capacités réduites dans les usines de transformation. Les agriculteurs et les producteurs ont déjà sonné l'alarme.
    Pour maintenir un approvisionnement constant en aliments sains et abordables, nous devons renforcer le premier maillon essentiel de la chaîne d'approvisionnement alimentaire. Nous savons que la Fédération canadienne de l'agriculture a demandé au gouvernement de constituer un fonds d'urgence. Or, au lieu de répondre aux difficultés liées à la COVID-19 qui touchent plus particulièrement les agriculteurs, les libéraux ont annoncé de nouveau un financement déjà prévu dans le budget. Pire encore, pendant que les agriculteurs essaient de composer avec les difficultés liées à la COVID-19, le gouvernement a augmenté la taxe sur le carbone, allant ainsi chercher plus d'argent dans leurs poches pendant la période où ils en ont le moins les moyens.
    Une telle incurie à l'égard de ces deux secteurs importants pour le pays vient souligner le rôle absolument crucial du Parlement. Le gouvernement doit rendre des comptes tant sur ce qu'il fait que sur ce qu'il ne fait pas. Il est essentiel que les députés puissent soulever des questions importantes qui touchent les gens qu'ils représentent. Ils sont leur voix dans le processus démocratique.
    À maintes reprises, pendant les séances du comité spécial sur la COVID-19, le gouvernement a esquivé les questions des députés de l'opposition. Il ne veut tout simplement pas y répondre. Il fait la sourde oreille aux questions qu'il ne veut pas qu'on lui pose et se justifie en disant qu'elles débordent du cadre du mandat du comité. Je dirais que les répercussions de la COVID-19 sont tellement vastes qu'il n'y a pas grand-chose qui peut déborder de ce cadre. Devant cette tendance à l'évitement, difficile de se convaincre que les choses changeront tant que la Chambre des communes ne tiendra pas de séances en bonne et due forme.
    Ce n'est pas au gouvernement en place qu'il revient de décider comment il devra rendre des comptes sur sa façon de diriger le pays. Par ailleurs, le premier ministre et le ministre des Finances ne semblent pas vraiment intéressés par la responsabilité financière ni par la reddition de comptes.

  (1400)  

    Nous passons maintenant à la période des questions. La députée aura 2 minutes et 30 secondes pour terminer son intervention quand nous reviendrons sur le sujet.

Le vote sur la motion visant à passer à l'ordre du jour

    Avant de passer aux déclarations de députés, j'informe la Chambre que, plus tôt aujourd'hui, une erreur s'est produite durant le vote par appel nominal sur la motion présentée par le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes, pour passer à l'ordre du jour.

[Français]

    Pour être précis, le nom de la députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia a été appelé alors qu'il s'agissait de la députée de Shefford. Le nom de la députée de Shefford a été appelé par la suite, mais ce vote a été compté deux fois. Cette erreur a créé l'égalité qui a fait en sorte que j'ai dû exercer mon vote prépondérant en votant à la négative, privilégiant la poursuite des délibérations, c'est-à-dire, de continuer les affaires courantes alors en cours.

[Traduction]

    Il n'y a pas eu égalité des voix. La motion aurait dû être adoptée, puisqu'il y avait 24 voix pour et 23 contre, et la Chambre aurait dû alors passer à l'ordre du jour. Je présente mes excuses à la Chambre. J'ai donné ordre aux greffiers de faire les corrections nécessaires dans les Journaux pour qu'ils rendent officiellement compte de la véritable décision de la Chambre.
    Je remercie les députés de leur attention.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement à propos de la décision que vous venez de rendre.
    Nous avions prévu qu'il y aurait 23 députés pour le vote. Je pensais avoir compté 23 personnes. Pendant le vote, j'ai revérifié et je me suis rendu compte que nous étions 24. J'ai quitté l'enceinte. Comme je n'étais plus présent, mon vote n'aurait pas dû être compté. Je pense donc que le compte des voix devrait être maintenu puisque j'avais quitté la salle. Dès que j'ai vu qu'il y avait une personne de trop, j'ai quitté la salle.
    Je demande l'indulgence du Président et de la Chambre. Nous essayons de gérer la situation de manière dynamique. Nous nous étions engagés à être 23. C'est moi qui ai fait l'erreur si nous étions 24 et quand je m'en suis rendu compte, je suis parti.
    Je remercie le député de ce détail. Nous allons prendre la question en délibéré et voir à ce que les chiffres justes paraissent dans les publications.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Les travailleurs de première ligne

    Monsieur le Président, j'aimerais profiter de l'occasion pour remercier tout particulièrement les personnes dont le travail a amélioré la vie de tous les Canadiens.
    Nous remercions souvent les premiers intervenants et les travailleurs de la santé, mais il y a tant d'autres gens à remercier, tels que les agriculteurs qui produisent les aliments, les camionneurs qui les livrent aux supermarchés ou aux centres alimentaires, les caissiers, les personnes qui remplissent les rayons, ainsi que celles qui fournissent des services essentiels.
    L'autre jour, j'ai eu l'occasion de parler à des chauffeurs de taxi et d'autobus. Imaginons devoir conduire un autobus ou un taxi sans savoir qui monte à bord. Beaucoup de personnes aident la société canadienne à surmonter la pandémie bien plus facilement.
    Au nom des habitants de Winnipeg-Nord, et je crois de tous les députés siégeant à la Chambre, je tiens à exprimer notre reconnaissance et gratitude envers ces personnes.

  (1405)  

La sélection en fonction du sexe

    Monsieur le Président, depuis des mois, les Canadiens doivent s'adapter à de nouvelles réalités difficiles. Ils font des sacrifices tous les jours et s'attendent à ce que les représentants élus soient leur porte-voix à Ottawa. Toutefois, le gouvernement empêche le Parlement de faire son travail et continue de priver les Canadiens de cette voix.
    En interdisant à la Chambre de débattre des projets de loi d'initiative parlementaire, le gouvernement m'empêche d'exercer mon privilège et mes responsabilités en tant que députée. En février dernier, j'ai eu l'honneur de présenter le projet de loi C-233, Loi sur l'avortement en fonction du sexe. Cette mesure législative interdirait à un médecin de pratiquer un avortement à cause du sexe de l'enfant à naître.
    Les résidants de ma circonscription et 84 % des Canadiens sont convaincus que les avortements en fonction du sexe doivent être interdits au Canada. Pourtant, on sait que cette pratique a cours au pays parce qu'aucune loi ne l'interdit.
    Il est temps que le Canada et le premier ministre défendent les droits de la personne et qu'ils mettent fin à l'inégalité entre les sexes dès les premiers stades de la vie. Il est temps de reprendre les travaux parlementaires et de poursuivre la discussion sur cet enjeu fondamental.

[Français]

Les services de la communauté

     Monsieur le Président, alors que notre pays traverse l'un des plus grands défis, je suis chaque jour très encouragée de voir la façon dont les Canadiens se mobilisent pour s'entraider et pour apporter de la bonté et de l'espoir.

[Traduction]

    Qu'il s'agisse des membres du personnel médical qui, aux côtés des ambulanciers paramédicaux de l'Hôpital Queensway Carleton, font des quarts de travail supplémentaires dans les foyers de soins de longue durée, des jeunes qui livrent des produits d'épicerie à des aînés, des personnes qui fabriquent des masques artisanaux ou des musiciens qui présentent des concerts virtuels gratuits, cette période de crise fait ressortir ce qu'il y a de meilleur chez les gens.
    Même les enfants sont conscients de la situation. Par exemple, Marcus, un enfant de 4 ans, s'est rendu compte que ses voisins avaient l'air un peu moroses. Il n'était pas content que toutes les pierres soient grises. Il a donc décidé de peindre des pierres de couleurs vives et de les laisser sur le pas de la porte de ses voisins. Voilà le genre de joie et d'esprit communautaire dont nous avons besoin en ce moment.

[Français]

    Pendant cette pandémie, les Canadiens de tout le pays partagent le bonheur avec les autres.

Les petits transporteurs

    Monsieur le Président, en fin de semaine dernière, Air Canada a annoncé l'annulation de ses vols depuis et vers l'Abitibi-Témiscamingue, et ce, au moins jusqu'au 8 septembre. C'est un manque de respect flagrant. Nos leaders régionaux sont en colère, surtout dans un contexte où la reprise des activités économiques est pressante.
     Je rappelle à la Chambre qu'Air Canada, à qui le gouvernement a prêté plus de 780 millions de dollars pour sortir de la crise, revendique le statut d'un transporteur qui inclut un volet régional. Nous aussi, nous voulons sortir de la crise. Sachant que l'aéroport de Rouyn-Noranda est le troisième du Québec sur le plan de l'achalandage, il est inconcevable que notre région subisse ce genre de coupes. Air Canada doit assumer ses obligations, prendre ses responsabilités et faire preuve de considération envers les gens de notre région.
    Je remercie le ministre des Transports de son empathie, mais que pouvons-nous faire maintenant avec cette situation des plus délicates, voire des plus frustrantes?
    Il est plus que jamais temps d'envisager un soutien concret et durable pour les petits transporteurs qui desservent les régions du Québec et du Canada. Eux, ils veulent nous offrir leurs services. La main est donc tendue sincèrement pour trouver une solution durable.

[Traduction]

La communauté asiatique

    Monsieur le Président, je racontais hier comment les habitants dévoués de Fleetwood—Port Kells sont allés aider nos voisins vulnérables à se protéger contre la COVID-19. Toutefois, il y a un autre virus dans l'air: le virus social du racisme envers la communauté asiatique. Des membres de cette communauté ont eu vent d'épisodes de violence physique et verbale qui, bien que peu nombreux, ont amplifié leurs craintes liées au coronavirus lui-même.
    Je sais que les questions concernant les actions ou l'inaction de la Chine, ses attaques contre la démocratie à Hong Kong et sa position de plus en plus belliqueuse sur la scène internationale préoccupent également la communauté chinoise. Cependant, les gens ont peur de s'exprimer s'ils ont encore de la famille en Chine.
    Je le sais parce que je leur parle en tant que député et en tant que voisin. Aujourd'hui, j'invite tous mes autres voisins à faire de même. Nous devons envoyer le signal que, dans notre collectivité, nous défendons tous cette valeur éminemment canadienne qui consiste à travailler ensemble pour le bien commun. C'est le fondement même de la solution à nos problèmes actuels et de la voie à suivre pour l'avenir.

Bob Pitzel et Hugo Alvarado

    Monsieur le Président, la Saskatchewan, ma province, a récemment perdu deux grands artistes: Bob Pitzel, de Humboldt, en mars, et Hugo Alvarado, de Saskatoon, il y a quelques jours.
     Bob Pitzel était un remarquable aquarelliste qui passait de nombreuses heures dans son studio situé juste au sud de Humboldt. Il adorait peindre la campagne saskatchewanaise. Vieilles maisons de ferme, clôtures et camions figuraient souvent dans ses oeuvres. Il aimait aussi peindre des trains, et ses oeuvres lui ont valu de nombreux prix. Il laisse dans le deuil son épouse, Maureen Doetzel.
    Quand Hugo Alvarado, originaire du Chili, est arrivé à Saskatoon, il n'avait que 5 $ en poche. Quelle chance nous avons eue qu'il s'installe chez nous. Hugo était très actif au sein de l'organisme Artists Against Hunger, amassant des fonds pour les personnes dans le besoin. Il peignait des paysages champêtres et urbains et des natures mortes. Il a déjà été nommé citoyen de l'année de Saskatoon. Hugo a toujours encouragé les autres à peindre et à exprimer leurs sentiments.
    Ces deux artistes vont nous manquer. Bob et Hugo ont beaucoup apporté aux arts.

  (1410)  

[Français]

Les producteurs agricoles d'Alfred-Pellan

    Monsieur le Président, plus que jamais, dans la circonscription d'Alfred-Pellan et partout au Canada, nous apprécions le travail exceptionnel que font nos producteurs agricoles pour nourrir notre communauté. Des fermes maraîchères aux fermes horticoles, des fermes laitières aux fermes d'élevage, les Lavallois ont des produits frais dans leur cour.

[Traduction]

    Cet été, faisons-nous un devoir d'encourager les familles qui nous fournissent lait et fromage, viande, fruits, légumes et autres produits. Veillons à ce que les enfants sachent que les tomates et les fraises ne poussent pas sur les tablettes. Il faut se rendre dans les fermes et acheter des produits locaux.

[Français]

    Maintenant que la saison est lancée, au lieu de faire la file à l'épicerie, allons dans une de nos fermes et achetons local. C'est une des façons de remercier nos producteurs qui travaillent sans relâche et de relancer notre activité économique.
    Faisons notre part et encourageons nos entreprises d'Alfred-Pellan qui se réinventent. Nous avons besoin les uns des autres. Restons tissés serré.

[Traduction]

Kanata—Carleton

    Monsieur le Président, je suis honorée de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour remercier les habitants de Kanata—Carleton. Chaque jour, je suis inspirée par la façon dont les gens de ma circonscription se s'unissent pour lutter contre la COVID-19.
    Je suis très fière de tout le monde: les bénévoles, les organismes de services sociaux, les travailleurs de la santé, les travailleurs essentiels, les agriculteurs de Carleton-Ouest qui travaillent pour nourrir nos familles, et les entreprises de haute technologie de calibre mondial à Kanata qui fournissent les outils et les réseaux sur lesquels nous comptons pour accomplir notre travail et rester en contact avec notre famille et nos amis.
     C'est dans des périodes comme celle que nous vivons que nous reconnaissons plus que jamais la chance que nous avons d'être Canadiens. Les contributions des habitants de ma circonscription, Kanata—Carleton, illustrent très bien ce dont les Canadiens sont capables. Je suis très fière que les innovations conçues à Kanata soient utilisées partout au Canada pour nous aider à traverser cette crise ensemble.

Le Mois de sensibilisation à la sclérodermie

    Monsieur le Président, lundi prochain marquera le début du Mois de sensibilisation à la sclérodermie au Canada.
     La sclérodermie est un trouble chronique et progressif du tissu conjonctif qui peut s'attaquer aux organes internes et les empêcher de fonctionner l'un après l'autre. Les personnes atteintes peuvent également souffrir d'ulcères suintants, de détérioration cutanée et de la maladie de Raynaud, notamment. Ces dernières années, on a réalisé des progrès dans les traitements qui peuvent soulager la douleur et ralentir la progression de la maladie, mais les chercheurs n'ont pas encore trouvé la cause de la sclérodermie et ils y cherchent encore un remède.
     Comme beaucoup de députés le savent, j'ai vu ma mère souffrir des effets horribles de la sclérodermie. Au bout du compte, elle a succombé à la maladie. Malheureusement, ma mère n'est que l'une des nombreuses femmes atteintes de sclérodermie. Je précise que près de 80 % des personnes atteintes sont des femmes et que, dans la plupart des cas, le diagnostic est posé avant 50 ans.
    Cette année, à cause de la COVID-19, Sclerodermie Canada a transformé sa marche annuelle en activité virtuelle. J'invite tout le monde à y participer et à se montrer très généreux.
     La recherche sur de nouvelles mesures thérapeutiques est prometteuse, mais nous devons poursuivre nos efforts jusqu'à ce que les chercheurs trouvent un remède à cette terrible maladie.

La science

    Monsieur le Président, depuis le début, la science est au coeur des mesures prises par le gouvernement contre la pandémie de COVID-19. Nous nous appuyons sur les avis scientifiques de l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, de la conseillère scientifique en chef et de nombreux autres intervenants pour nous éclairer dans les décisions et les mesures que nous prenons en matière de santé publique.

[Français]

    En avril, nous avons annoncé 1,1 milliard de dollars pour stimuler la science dans le cadre du Plan canadien de mobilisation des sciences pour lutter contre la COVID-19.
    Ce financement appuiera les scientifiques canadiens dans la course mondiale au développement d'un vaccin et de traitements et renforcera notre capacité à les fabriquer lorsqu'ils seront disponibles.

[Traduction]

    Les investissements massifs dans la science portent déjà leurs fruits. Hier, l'institut VIDO-InterVac de l'Université de la Saskatchewan, l'un des premiers bénéficiaires du financement fédéral, a annoncé que son vaccin avait été testé avec succès sur des modèles animaux, ce qui signifie que l'institut passera bientôt aux essais cliniques sur des humains.
    Certains des meilleurs scientifiques au monde sont au Canada, et les Canadiens leur font confiance. Le gouvernement est donc déterminé à les soutenir alors qu'ils travaillent 24 heures sur 24 pour résoudre l'énigme de la COVID.

  (1415)  

[Français]

Louis-Saint-Laurent

    Monsieur le Président, depuis plus de deux mois, les gens de Louis-Saint-Laurent et tous les Canadiens font preuve de détermination et de résilience face à la crise de la pandémie.
    Partout dans ma circonscription, je vois et je salue les travailleurs en santé de la première ligne: les préposés aux malades, les infirmières, les médecins, ceux qui sauvent des vies et ceux qui mettent leur vie en péril.
    Partout dans ma circonscription, je vois et je salue les travailleurs des services essentiels: ceux qui travaillent dans l'épicerie, à la pharmacie, au dépanneur. D'ailleurs, c'est avec plaisir que, de plus en plus, on voit des jeunes de 16, 18, 20 ans qui travaillent avec honneur et dignité dans ces entreprises.
    Partout dans ma circonscription, je vois et je salue les organismes caritatifs, les banques alimentaires qui aident les plus démunis.
    Enfin, partout dans ma circonscription, je vois et je salue les gens qui, peu à peu, reprennent leurs activités courantes tout en respectant les consignes de santé publique.
    D'ailleurs, nul besoin de dire que j'ai très hâte à lundi matin, à 9 heures, alors que le salon Coiffure au Masculin, situé sur le boulevard Valcartier, à Loretteville, va rouvrir. J'ai très hâte d'y retourner.
    La crise de la COVID-19 a changé et changera à jamais nos façons de vivre, mais, ce qui est sûr, c'est qu'elle ne changera pas du tout la détermination et l'esprit de résilience des gens de Louis-Saint-Laurent et de tous les Canadiens.

[Traduction]

Haliburton—Kawartha Lakes—Brock

    Monsieur le Président, les histoires de citoyens et d'entreprises de ma circonscription qui sont à la hauteur des défis découlant de la COVID-19 sont inspirantes.
    Le Club Rotary d'Haliburton a fait don de 300 sacs de nourriture aux gens dans le besoin. Les pompiers de Kawartha Lakes ont amassé 5 000 $ pour le centre communautaire de distribution de nourriture de Kawartha Lakes. L'entreprise Whitney Plastics de Lindsay a fait don de deux boîtes de masques faciaux au service de police de Kawartha Lakes. Mme Gail Holness recueille des fonds pour le service de santé d'Haliburton Highlands au moyen de classes de yoga virtuelles.
    Philippa Skjaveland, propriétaire de l'entreprise de couture Kawartha Quilting and Sewing de Millbrook, met à contribution son réseau pour confectionner des chapeaux chirurgicaux pour les ambulanciers paramédicaux. Le Collège Fleming a donné de l'équipement de protection individuelle à des organismes de santé et à des fournisseurs de services locaux. Les diverses associations des lacs de toute la circonscription ont versé des milliers de dollars aux banques alimentaires et aux organismes de bienfaisance locaux. Des bénévoles — Mike Bassett de Cannington, Jonathan Koot de Beaverton et Hunter Lovering de Sunderland — utilisent des imprimantes 3D pour fabriquer des protège-oreilles pour les travailleurs de première ligne. Les élèves et le personnel de l'École primaire Archie Stouffer de Minden ont lancé le projet arc-en-ciel pour remercier les travailleurs de première ligne.
    La population d'Haliburton—Kawartha Lakes—Brock, comme de nombreuses communautés partout au Canada, a uni ses forces pour relever les défis en ces temps difficiles.

Leonard Rodriques

    Monsieur le Président, j'aimerais honorer la mémoire de tous les travailleurs de la santé qui ont perdu la vie en servant leur pays sur les premières lignes de la lutte contre la pandémie de COVID-19. Selon la journaliste Nora Loreto, sur les 6 000 décès attribuables à COVID, près de 86 % d'entre eux, c'est-à-dire plus de 5 000 — sont liés d'une façon ou d'une autre à une maison d'hébergement. Grâce aux syndicats qui représentent ces travailleurs, nous savons aussi qu'une portion importante d'entre eux sont issus de l'immigration.
    J'aimerais plus particulièrement rendre hommage à Leonard Rodriques, un préposé aux bénéficiaires qui était membre d'Unifor. Selon sa famille, il est mort parce qu'il n'avait accès à aucun équipement de protection individuelle sur son lieu de travail. Il devait se procurer des masques au magasin à un dollar parce que son employeur ne lui en fournissait pas. Lorsqu'il en a fait la demande et que celle-ci lui a été refusée, il a été renvoyé chez lui. Il a été testé positif, et quand ses symptômes se sont aggravés, il s'est rendu à l'hôpital, d'où il a obtenu son congé quelques heures plus tard. Il est mort le surlendemain. L'histoire de M. Rodriques ne doit pas tomber dans l'oubli. Nous devons commencer à recueillir des données sur la COVID-19 désagrégées en fonction de la race.

[Français]

La Prestation canadienne d'urgence

    Monsieur le Président, le Québec a abordé la deuxième phase de la pandémie: la reprise de ses activités.
    Or, malheureusement, pour certaines industries, ce sera long. Je pense entre autres aux travailleurs de l'industrie touristique dans l'Est-du-Québec qui ignorent toujours s'il y aura un été ou pas. Le retour à la normale n'est pas pour demain pour ces travailleurs qui, en plus, arrivent au bout de leurs 16 semaines de PCU.
    Le gouvernement n'a donc pas le choix. Il faut prolonger la PCU, parce que trop de familles et trop de communautés en ont besoin, mais pas sous la même formule. Le gouvernement a promis au Bloc québécois qu'il modifierait la PCU et sa version pour les étudiants afin que, en tout temps, il soit plus payant de travailler que de ne pas le faire. Or, il n'a pas respecté sa parole.
    Les gens de chez nous ont du cœur au ventre. Ils veulent travailler. Ils veulent contribuer au mieux-être de leur région et à la relance. Quand ils pourront enfin recommencer à travailler, ils ne doivent surtout pas être pénalisés pour leurs efforts, au contraire.
    C'est pourquoi je le lui rappelle: le gouvernement doit tenir sa parole et, avant de prolonger la PCU, il doit la modifier pour qu'elle soutienne effectivement la reprise économique au lieu de la ralentir.
    C'est une question de respect des travailleurs, mais également de pérennité de nos entreprises et de nos communautés.

  (1420)  

[Traduction]

La Nouvelle-Écosse

    Monsieur le Président, cette semaine, c'est la première fois que je reviens à la Chambre des communes depuis mars, et je suis content de voir que nous sommes tous en bonne santé et que nous nous dirigeons tranquillement vers une nouvelle normalité.
    Depuis plusieurs semaines, toute la population canadienne vit une période difficile en raison de la COVID-19. Malheureusement, beaucoup de personnes ont perdu la vie.
    En plus de la crise de santé publique qui sévit partout dans le monde, ma province, la Nouvelle-Écosse, a été frappée par d'autres terribles tragédies. Le 22 avril, 22 victimes innocentes ont perdu la vie dans le pire massacre que le Canada ait jamais connu. Le 30 avril, nous avons perdu six soldats affectés au NCSM Fredericton lorsque leur hélicoptère s'est écrasé au large de la Grèce. Deux d'entre eux étaient néo-écossais. Le dimanche 17 mai, nous avons perdu la capitaine Jennifer Casey dans l'écrasement de l'un des appareils des Snowbirds, en Colombie-Britannique.
    Puisque la crise actuelle nous empêche de nous rassembler, il est très difficile pour toutes les familles des victimes de surmonter seules ces moments tragiques. Je tiens à remercier tous mes collègues, les citoyens de Nova-Ouest et l'ensemble des Canadiens d'avoir communiqué leurs messages d'appui à leurs parents et à leurs amis de la Nouvelle-Écosse en cette période difficile.
    Ma famille, mon personnel et moi-même tenons à offrir nos plus sincères condoléances à toutes les familles, aux proches et aux amis des personnes décédées. Nos pensées et nos prières les accompagnent. La Nouvelle-Écosse demeurera forte.

[Français]

Les services paramédicaux

    Monsieur le Président, bien que nos docteurs, nos infirmières et nos préposés aux services de soutien jouent un rôle essentiel afin de combattre la COVID-19 et font un travail remarquable, aujourd'hui, je tiens à souligner le travail de nos services paramédicaux.

[Traduction]

    Cette semaine est la Semaine des services paramédicaux. Nos ambulanciers paramédicaux jouent un rôle important dans la lutte contre la COVID-19. Je sais qu'il existe de nombreux exemples au Canada d'ambulanciers paramédicaux qui se portent au secours de leurs voisins et des membres de leur collectivité.

[Français]

    À Glengarry—Prescott—Russell, lorsque nos résidents ou résidentes des centres de soins de longue durée ont dû être testés, nos services paramédicaux ont répondu à l'appel. Je tiens à les remercier. Ces hommes et ces femmes répondent toujours à l'appel et sauvent des vies chaque jour. Nous sommes chanceux d'avoir des services paramédicaux hors pair au Canada. Cette semaine, j'encourage les gens à prendre deux minutes pour leur dire merci, à deux mètres de distance, bien sûr.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, on apprenait aujourd'hui que, le 14 mai dernier, des membres des Forces armées canadiennes ont produit un rapport décrivant les conditions effroyables qui prévalent dans les centres de soins de longue durée en Ontario. Les soldats ont rapporté avoir vu des coquerelles, de la nourriture putréfiée et des aînés laissés dans leur couche souillée et avoir entendu des gens appeler à l'aide très longtemps sans que personne n'aille les voir. Je suis convaincu que les Canadiens ont été horrifiés d'apprendre ces faits. Or, les libéraux n'ont transmis ce rapport à la province de l'Ontario que dimanche dernier. Autrement dit, le gouvernement n'a rien fait alors qu'il avait en main ce rapport depuis presque deux semaines.
    Pourquoi a-t-il fallu une fuite pour que ces détails soient rendus publics? Pourquoi le premier ministre n'a-t-il pas été transparent concernant ces informations horribles?
    Monsieur le Président, je l'ai dit à de nombreuses reprises à la Chambre, notamment depuis le début de la pandémie: il faut mieux prendre soin des aînés dans les centres de soins de longue durée partout au pays.
    La situation que décrit le rapport en question est atroce. Le ministre de la Défense nationale a reçu le rapport jeudi soir. Les autres ministres ont été informés vendredi puis le ministre a communiqué le rapport à la province de l'Ontario pendant la fin de semaine. J'ai lu le rapport au complet lundi et aujourd'hui, mardi, le rapport a été rendu public. Les Canadiens doivent savoir ce qui se passe et nous devons travailler ensemble pour corriger la situation.
    Monsieur le Président, il n'en demeure pas moins que le rapport a été rédigé le 14 mai, mais qu'il a fallu presque deux semaines pour qu'il soit rendu public.

[Français]

    Nos aînés méritent mieux que cela. Ils méritent mieux que le gouvernement attende presque deux semaines avant de lire un rapport absolument terrible sur la situation dans les centres pour aînés. Nous apprenons que l'Armée travaille sur un deuxième rapport qui va faire état de la situation dans les centres de soins de longue durée au Québec.
    Est-ce que le premier ministre peut nous assurer qu'il ne va pas attendre deux semaines avant de le lire?
    Monsieur le Président, ce qui s'est passé dans les centres de soins de longue durée en Ontario est absolument inacceptable et ce rapport est extrêmement troublant. Le ministre de la Défense nationale a reçu ce rapport jeudi passé et il l'a partagé avec ses homologues et mon bureau vendredi dernier. Nous l'avons partagé avec le gouvernement de l'Ontario en fin de semaine et aujourd'hui, mardi, nous le partageons publiquement.
    Nous devons agir pour nous assurer qu'on s'occupe de nos aînés qui ont bâti ce pays. C'est notre obligation à nous tous en tant que Canadiens.

  (1425)  

[Traduction]

    C'est le premier ministre qui a fixé de telles échéances, monsieur le Président.
    Ma question est simple: qui était en possession du rapport du 14 mai jusqu'à jeudi dernier?
    Monsieur le Président, jeudi dernier, le chef d'état-major de la Défense l'a transmis au ministre de la Défense nationale. Avant cela, ce sont les Forces armées canadiennes qui étaient en possession du rapport.

L'éthique

    Monsieur le Président, aujourd'hui, les médias nous apprennent également que la ministre du Gouvernement numérique milite en faveur d'une campagne de financement visant à poursuivre Global News pour avoir critiqué le Parti communiste chinois dans un reportage. WeChat est un réseau social sanctionné par l'État chinois et surveillé par les services de sécurité de l'État communiste. Pire encore, la ministre a avoué que son attaché politique, financé à même les deniers publics, est celui qui gère son compte WeChat et qui a permis la promotion de cette campagne de financement. C'est on ne peut plus inapproprié.
    Quelles mesures le premier ministre a-t-il prises à la lumière de ces informations?
    Monsieur le Président, le Parti libéral et le gouvernement du Canada estiment à sa juste mesure l'important travail qu'accomplissent les journalistes partout au Canada. C'est tout à fait inacceptable de s'en prendre à l'intégrité et à la rigueur des journalistes. La personne qui a publié le lien sur le groupe en question n'en fait plus partie et n'appartient pas à l'association de circonscription en cause.
    Monsieur le Président, on reconnaît bien là les libéraux. Pour ce genre de choses, ils ne s'excusent que s'ils se font prendre. Lorsque l'on place cela dans le contexte de l'approche globale du gouvernement envers la Chine, les spécialistes des affaires étrangères disent qu'il s'y prend en parlant doucement, sans brandir de bâton.
    Hier, j'ai donné au premier ministre quatre occasions de condamner les atteintes du gouvernement de la Chine à la liberté du peuple de Hong Kong. Il a refusé de le faire. Nous connaissions sa tendance à la pacification à l'endroit la République populaire de Chine, mais ceci est bien pire. En aidant une aile du gouvernement chinois à museler les médias qui critiquent la République populaire de Chine ici, au Canada, le premier ministre se trouve à exécuter ses basses œuvres.
    Pourquoi les ministres du Cabinet du premier ministre viennent-ils en aide aux dictateurs de la République populaire de Chine?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, la personne en cause n'a aucun lien avec l'association de circonscription ou la députée et ministre en question.
    Naturellement, nous sommes profondément préoccupés par le projet de loi relatif à la sécurité nationale à Hong Kong. Comme des centaines de milliers de Canadiens vivent là-bas, nous avons intérêt à favoriser la stabilité et la prospérité de Hong Kong. Nous demeurons favorables au degré élevé d'indépendance et de liberté dont jouit Hong Kong au titre de la loi fondamentale et du cadre juridique « un pays, deux systèmes », que le projet de loi vient miner. Nous allons toujours appuyer et promouvoir la liberté de parole, la liberté d'expression et la liberté de presse, partout dans le monde.

[Français]

L'emploi

    Monsieur le Président, je ne sais pas combien de réponses creuses et vides le premier ministre a pour les médias, le Parlement et les contribuables québécois, mais il va découvrir que le Bloc québécois va le suivre jusqu'en campagne électorale avec le fait qu'il a la main dans le sac de l'argent public. Il disait ce matin en point de presse que les programmes ne jugent pas, mais que les électeurs jugent. Le programme n'a pas de jugement. Le premier ministre devrait en avoir.
    Est-ce que le premier ministre aura assez de jugement pour renoncer à la subvention salariale à laquelle le Parti libéral ne devrait pas avoir droit et remettre l'argent, le cas échéant?
    Monsieur le Président, partout au pays, des gens qui travaillent pour différentes organisations ou entreprises risquent de perdre leur emploi à cause de la COVID-19. L'aide aux travailleurs que nous avons donnée, c'est justement pour nous assurer que les gens gardent leur emploi pour que l'économie puisse reprendre. Nous avons bougé rapidement pour pouvoir aider les gens de partout au pays.
    Nous nous concentrons toujours sur les travailleurs et c'est eux que nous aidons avec cette subvention aux travailleurs.
    Monsieur le Président, nous aurons l'occasion d'y revenir. Le NPD a dit qu'il avait recours au programme. Jusqu'à ce que le NPD le dise, on ne savait pas que les libéraux et les conservateurs avaient non seulement demandé, mais obtenu de l'argent. C'était tellement discret. En effet, ce programme sert à préserver un lien d'emploi. C'est un programme pour les entreprises et les travailleurs et il fallait protéger les jobs.
    Est-ce que le premier ministre dit aujourd'hui qu'il aurait mis à pied tout le personnel du Parti libéral s'il n'avait pas eu la subvention salariale?

  (1430)  

    Monsieur le Président, des organismes et des entreprises de partout au pays font face à des difficultés à cause de la COVID-19. Ce programme de subvention salariale est là pour les organismes sans but lucratif, les organismes caritatifs et les entreprises qui ont subi une baisse de revenu et qui veulent être là pour assurer la continuité et pour appuyer leurs travailleurs.
    En ce qui concerne la transparence, la liste de toutes les compagnies et organisations qui reçoivent la subvention salariale sera publiée. Il y a toujours un désir de transparence dans tout ce que nous faisons en tant que gouvernement.

[Traduction]

Les aînés

    Monsieur le Président, les Canadiens ont été horrifiés par l'information révélée par le rapport militaire, qui décrit les conditions que les aînés ont dû endurer dans les établissements de soins de longue durée. Les aînés ont besoin de plus que notre compassion. Ils ont désespérément besoin que nous agissions. Nombre de rapports ont révélé clairement que les conditions les plus déplorables avaient été observées dans les établissements privés de soins de longue durée.
    Le premier ministre conviendra-t-il, dès aujourd'hui, qu'il est temps de dissocier profits et soins aux aînés?
    Monsieur le Président, nous sommes tous préoccupés par la situation que vivent les aînés dans les établissements de soins de longue durée, dans l'ensemble du pays. Comme je l'ai dit, le gouvernement fédéral est prêt à aider les provinces à assumer leurs responsabilités, dans le respect de leurs champs de compétence. Nous n'allons pas dire aux provinces ce qu'elles doivent faire en ce qui a trait à leurs champs de compétence, mais nous savons que tous les ordres de gouvernement et l'ensemble des Canadiens doivent avoir de sérieuses discussions pour prendre mieux soin des aînés vulnérables, qui ont bâti ce pays et qui ont besoin qu'on s'occupe d'eux beaucoup mieux qu'on ne l'a fait jusqu'à présent.
    Monsieur le Président, le Canada a besoin de leadership pour rallier le pays entier à l'idée qu'on ne devrait pas faire de profits sur le dos des aînés ni traiter les aînés avec négligence.

[Français]

    Les mêmes conditions horribles prévalaient au CHSLD Herron, au Québec. Ce sont 31 personnes âgées qui sont mortes dans ce centre. C'est inacceptable. Les pires conditions sont dans les CHSLD privés.
    Est-ce que le premier ministre est prêt à dire aujourd'hui qu'il est temps de mettre fin aux profits dans les soins de nos aînés?
    Monsieur le Président, toute question liée à l'administration des CHSLD revient de façon très appropriée et constitutionnelle à la province du Québec, et nous allons respecter le travail que doit faire la province.
    Comme le gouvernement fédéral a été là en offrant l'aide forces armées, comme nous sommes là pour appuyer nos aînés et les travailleurs du pays, nous serons là pour travailler avec le Québec et les autres provinces en tout respect pour réfléchir sur comment nous pouvons tous mieux servir nos aînés qui méritent beaucoup mieux que les services qu'ils ont reçus dans des situations semblables.

[Traduction]

    Monsieur le Président, des militaires qui participent à l'opération Laser ont sonné l'alarme au sujet des traitements horribles et de la négligence dont sont victimes les aînés vulnérables dans les établissements de soins de longue durée. L'armée a fait état de ces mauvais traitements le 14 mai, mais le ministre de la Défense n'y a donné suite que vendredi dernier. L'Ontario n'en a rien su avant dimanche parce que le ministre de la Sécurité publique a laissé traîner les choses jusqu'à ce moment-là.
    Nos troupes mettent leur vie en danger et elles ont constaté un mépris flagrant de la prévention des infections, mais aussi de mauvais traitements à l'endroit de résidants âgés et une qualité de soins « horrible ».
    Pourquoi le ministre de la Défense a-t-il mis près de deux semaines à réagir à ces allégations?
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à saluer l'excellent travail des Forces armées canadiennes, qui ont répondu à l'appel pour venir en aide à l'Ontario et au Québec. Je les remercie sincèrement.
    Le rapport des militaires sur les conditions épouvantables qu'ils ont observées dans les établissements de soins de longue durée en Ontario est extrêmement troublant; il fallait absolument intervenir. C'est pourquoi, lorsque l'information a été portée à mon attention, vendredi dernier, j'ai immédiatement communiqué avec les autorités compétentes, notamment en transmettant ces conclusions au gouvernement de l'Ontario.
    Comme le premier ministre l'a déjà dit, le gouvernement a reçu ce rapport jeudi dernier. Il m'a été transmis vendredi, et nous avons immédiatement envoyé le document entier au gouvernement de l'Ontario. Nous sommes nous aussi préoccupés par le sort des aînés en question.

  (1435)  

    Monsieur le Président, cela ne répond pas à la question. La question porte sur le fait que l'information a été révélée le 14 mai. Le gouvernement a refusé de donner suite aux renseignements et aux allégations de manière à protéger les Canadiens plus vulnérables, à savoir nos proches qui vivent dans des établissements de soins de longue durée.
    La question est très simple: pourquoi les libéraux sont-ils restés les bras croisés pendant deux semaines, sans rien faire pour protéger nos proches dans les établissements de soins de longue durée?
    Monsieur le Président, j'aimerais simplement dissiper le malentendu du député d'en face. Comme on le lui a dit, cette information est parvenue au gouvernement jeudi dernier. Elle m'a été transmise le lendemain, et nous avons entrepris d'informer la province.
    Les renseignements importants qui ont été recueillis par les Forces armées canadiennes ont été communiqués au gouvernement jeudi dernier, et nous avons immédiatement pris les mesures nécessaires pour commencer à remédier aux conditions épouvantables qui ont été signalées.

[Français]

Les finances

    Monsieur le Président, nous sommes tous conscients qu'une crise génère des déficits. Nous sommes aussi conscients qu'un déficit, c'est une facture que nous envoyons à nos enfants.
    Le président du Conseil du Trésor est au coeur de toutes les décisions financières du gouvernement. C'est lui qui voit l'argent qui entre et c'est lui qui voit l'argent qui sort. Il y a un mois, le directeur parlementaire du budget a déterminé que le déficit du Canada était de 252 milliards de dollars.
    Est-ce que le président du Conseil du Trésor peut indiquer aux Canadiens à combien se chiffre le déficit aujourd'hui puisqu'il est au coeur des décisions?
    Monsieur le Président, nous savons qu'il s'agit d'une crise et qu'il est très important de faire des investissements pour les familles canadiennes et les entreprises au Canada afin de nous assurer d'avoir un plan d'ici à la fin de la crise. Nous maintiendrons notre approche qui est de faire des investissements puisque de cette façon nous aurons une économie lorsque la crise sera terminée.
    Monsieur le Président, cela n'a pas de bon sens. Comment se fait-il que le ministre des Finances et le président du Conseil du Trésor sont incapables de connaître le déficit du Canada aujourd'ui, alors que le directeur parlementaire du budget le savait. Si le directeur parlementaire du budget le sait, les gens du gouvernement doivent le savoir.
    Pourquoi cachent-ils la réalité aux Canadiens?
    Par ailleurs, il y a une semaine, le gouvernement a dit qu'il allait alléger les prêts aux entreprises pour les comptes d'urgence. Une semaine plus tard, il n'y a toujours rien. Pourquoi?
    Monsieur le Président, il s'agit de deux questions différentes.
    Nous allons considérer la situation économique lorsque notre situation sera plus stable. Maintenant, l'économie est très fluide. Chaque jour, nous serons transparents quant à nos investissements.
     En ce qui a trait à nos programmes, nous avons considéré comment nous pouvons les améliorer. Le prêt d'urgence est un exemple de l'élargissement de notre approche pour nous assurer que plus d'entreprises ont la possibilité d'obtenir le prêt.

[Traduction]

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, une étudiante parente d'une personne de ma circonscription loue une chambre chez elle à un étudiant étranger. L'étudiant en question l'a informée récemment qu'il avait trouvé un moyen d'obtenir la Prestation canadienne d'urgence et qu'il retournait chez lui, à l'étranger, et qu'il ne lui paierait plus de loyer. Il peut quitter le Canada, il peut toucher la PCU et elle, elle se fait escroquer. Nous entendons de plus en plus d'histoires de ce genre.
    Pourquoi les libéraux font-ils fi des individus qui semblent essayer de frauder délibérément le système?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de soulever cette question.
    Notre plan est très clair depuis le début: il s'agit d'aider rapidement et efficacement les Canadiens et en particulier les étudiants, qui ont beaucoup de difficulté à passer à travers la crise actuelle.
     Nous avons besoin de tous les Canadiens et de tous les étudiants pour que la relance économique puisse débuter prochainement. Nous savons aussi qu'il y a des mécanismes que l'Agence de revenu du Canada peut utiliser pour s'assurer que l'envoi d'aide aux gens se fait avec toute la rigueur nécessaire. Nous comptons sur ses employés pour faire leur travail.

[Traduction]

    Monsieur le Président, d'après une note de service obtenue par le National Post, les ressortissants étrangers ne sont pas tenus de présenter de preuve de leur statut pour recevoir la prestation. Les travailleurs étrangers temporaires n'ont pas besoin de présenter de permis de travail et les étudiants étrangers n'ont pas besoin de présenter de preuve d'inscription ou de visa d'étudiant. Il n'y a pratiquement pas de mesures en place pour éviter la fraude.
    Le ministre ne voit-il pas qu'en ne tentant pas d'empêcher la fraude, il l'encourage en fait?

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai deux messages extraordinairement clairs.
    À cause de la situation très difficile dans laquelle beaucoup de Canadiens se retrouvent, le gouvernement canadien a fait le choix évident d'aider rapidement et de manière efficace.
    Toutefois, dès le départ, nous avons informé tous les Canadiens que cela allait être fait avec rigueur et que les mécanismes de l'Agence du revenu du Canada allaient s'appliquer par la suite pour faire que, non seulement les Canadiens puissent recevoir l'aide dont ils ont besoin, mais que tout cela soit fait avec l'intégrité nécessaire.

  (1440)  

    Monsieur le Président, on le répète, la Subvention salariale d'urgence, c'est pour les commerces et les PME qui ont peur d'avoir à choisir entre faire faillite ou mettre à pied leurs employés. Ce n’est pas pour des partis politiques multimillionnaires.
    Le 15 mai dernier, le ministre des Finances a annoncé que la Subvention salariale d'urgence serait prolongée de trois mois jusqu’à la fin août. Ma question est simple: savait-il à ce moment-là que son propre parti en profiterait?
    Monsieur le Président, nous avons décidé que la Subvention salariale d'urgence est très importante pour chaque secteur et pour chaque situation, partout au pays. Notre approche est de protéger les employés. Si une entreprise subit une diminution de revenus de 30 % ou plus, elle aura accès à la Subvention salariale d'urgence. C'est pour protéger les employés et nous pensons que c'est une bonne approche.

L'immigration

    Monsieur le Président, les personnes migrantes qui s'occupent de nos aînés en CHSLD ont prouvé qu'elles sont exceptionnelles. C'est pourquoi nous demandons un traitement rapide, prioritaire et exceptionnel de leur demande en tenant compte de leur dévouement.
    Nous avons déposé une motion hier pour demander au gouvernement d'agir, mais les conservateurs ont refusé. Nous en déposons une autre aujourd'hui en espérant que tous les partis auront autant de cœur que ces personnes qui risquent leur vie pour sauver celles des bâtisseurs du Québec.
    Est-ce que le gouvernement va prioriser et accélérer le traitement de leur demande?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous sommes toujours très fiers de dire que le Canada est un pays accueillant. Nous continuons d'ouvrir la porte aux nouveaux arrivants. Notre système d'immigration repose encore sur la compassion, l'efficacité et les possibilités économiques, tout en assurant la santé et la sécurité des Canadiens.
    Je tiens à assurer à la députée que tous les demandeurs d'asile admissibles auront droit à une audience complète et équitable pour évaluer le mérite de leur demande. En attendant leur audience, ils sont autorisés à travailler, à étudier et à recevoir une protection médicale de base.
    Nous sommes reconnaissants du travail qu'ils accomplissent pour venir en aide aux Canadiens vulnérables, et nous écouterons attentivement les motions présentées par notre collègue d'en face.

La santé

    Monsieur le Président, les libéraux refusent de nous dire ce qui est arrivé à la réserve nationale stratégique avant cette crise. Vendredi, on a demandé à l'administratrice en chef de la santé publique si elle avait déjà dit aux libéraux que la réserve d'urgence était sous-financée, mais la ministre de la Santé a empêché la Dre Tam de répondre à la question, en prétendant que cela relève du secret du Cabinet.
    Quand les libéraux diront-ils la vérité sur leur décision de diminuer la réserve stratégique du Canada?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier la Dre Tam et, en fait, l'ensemble de l'Agence de la santé publique du Canada de sa transparence envers les Canadiens depuis le début de cette pandémie. Comme le sait le député d'en face, nous avons fait part aux Canadiens des avantages et désavantages de la Réserve nationale stratégique d'urgence. Nous avons beaucoup appris au cours des derniers mois sur la façon de créer un réseau national efficace de réserves, et je suis impatiente de continuer à recevoir des mises à jour régulières de la Dre Tam lors de ses conférences de presse quotidiennes.
    Monsieur le Président, nous n'avons toujours pas de réponse véritable et, bien sûr, la ministre a muselé l'administratrice en chef de la santé publique. Nous savons qu'en février, le gouvernement a expédié 16 tonnes d'équipement de protection individuelle, notamment des écrans faciaux et des masques, en Chine. Nous savons aussi qu'il a fermé des entrepôts et qu'il a envoyé beaucoup d'équipement au dépotoir. Il existe maintenant une course mondiale aux masques faciaux et nous savons également que nombre des masques qui sont expédiés au Canada depuis la Chine pour les travailleurs canadiens de la santé ne sont pas sécuritaires pour eux.
    Il est temps que la ministre de la Santé présente des excuses aux travailleurs de la santé partout au Canada qui doivent faire des pieds et des mains pour se trouver de l'équipement de protection adéquat.
    Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à remercier les travailleurs de la santé partout au pays de l'immense travail qu'ils accomplissent pour nous tous. Comme la députée d'en face le sait, le gouvernement ne ménage aucun effort pour les protéger. Je veux aussi remercier la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et son équipe d'avoir mis au point une approche d'approvisionnement globale qui nous permet de répondre à toutes les demandes provinciales et territoriales faites à la Réserve nationale stratégique d'urgence. Nous collaborons évidemment avec les provinces et les territoires pour nous assurer de disposer de l'équipement approprié à l'avenir.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, hier, le premier ministre a refusé de condamner les ignobles attaques de la Chine contre le peuple libre de Hong Kong. Pire encore, les libéraux ont voté contre la reprise des travaux du comité sur les relations sino-canadiennes pour répondre à la menace que le Parti communiste chinois fait peser sur la démocratie de Hong Kong. Les libéraux prétendent défendre la liberté, mais ils restent les bras croisés pendant qu'un régime communiste traîne des législateurs hors d'un conseil législatif, met en prison ceux qui se battent pour la démocratie et s'applique à imposer un régime autoritaire aux Hongkongais.
    Ça suffit. Quand les libéraux vont-ils enfin défendre les droits de la personne et la démocratie et prendre position contre les dictateurs chinois?

  (1445)  

    Monsieur le Président, nous sommes profondément préoccupés par les propositions visant à mettre en place une loi relative à la sécurité nationale à Hong Kong. Compte tenu du très grand nombre de Canadiens qui vivent à Hong Kong, nous avons tout intérêt à ce que Hong Kong conserve sa stabilité et sa prospérité, lesquelles sont à la base de l'autonomie relative et des libertés fondamentales dont jouit Hong Kong.
    Le Canada continue de soutenir le haut degré d'autonomie dont jouit Hong Kong et le principe « un pays, deux systèmes ». Nous continuons d'encourager toutes les parties à entamer une discussion pacifique et féconde pour répondre aux préoccupations légitimes exprimées par la population de Hong Kong.

[Français]

    Monsieur le Président, si les libéraux sont aussi préoccupés qu'ils le disent, pourquoi s'opposent-ils à ce qu'un groupe de parlementaires canadiens, dans le cadre du travail du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, se penche sur la situation de Hong Kong relativement aux droits démocratiques?
    La liberté d'expression est importante, particulièrement en pandémie. Les libéraux se vantaient, en 2019, qu'ils allaient défendre la liberté d'expression. Ils louvoient pour avoir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Parlement peut se pencher là-dessus afin de défendre la liberté d'expression.
     Pourquoi les libéraux ne défendent-ils pas les droits des Canadiens et la démocratie face à la Chine?
    Monsieur le Président, j'aimerais carrément réfuter ce qu'a dit mon collègue.
     Il y a actuellement huit comités qui se réunissent sur une base régulière. Par exemple, le Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire s'est réuni cinq fois, et il a entendu 32 témoins. Au total, il y a eu 74 réunions de comités et on a entendu 580 témoins. De plus, 23 ministres ont comparu. Tout cela a été fait en période de pandémie, avec les difficultés qu'il peut y avoir. Nous avons tenu le coup, nous nous sommes assuré que les comités peuvent siéger.

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, Danielle, une femme de ma circonscription, subvient à ses besoins avec seulement 1 000 $ par mois. En raison de son état de santé, elle est particulièrement vulnérable à la COVID-19 et a de la difficulté à se protéger. Elle doit payer ses médicaments de sa poche, payer pour se faire livrer des biens à domicile et éviter le transport en commun, le seul moyen qu'elle a pour se déplacer. Danielle nous a dit qu'elle n'a plus les moyens de subvenir à ses besoins essentiels parce qu'elle se heurte constamment à de nouveaux obstacles. Elle n'a que faire des promesses creuses. Elle a besoin que le gouvernement intervienne.
    Quand le gouvernement apportera-t-il aux personnes handicapées l'aide dont elles ont besoin?
    Monsieur le Président, nous avons mis en place des mesures qui viennent en aide aux personnes vulnérables comme la dame de sa circonscription. Nous savons à quel point cette crise est difficile. C'est pourquoi nous n'avons pas attendu et avons agi avec efficacité pour fournir rapidement du soutien à ces personnes, notamment en augmentant le crédit d'impôt au titre de la TPS, en élargissant l'admissibilité à la Prestation canadienne d'urgence et en bonifiant l'aide financière pour les personnes âgées. Nous ferons ce qui s'impose pour continuer à prendre soin des Canadiens.
    Monsieur le Président, des milliers de travailleurs canadiens mis à pied se voient refuser les prestations supplémentaires de chômage qu'ils avaient négociées avec leur employeur, et le gouvernement n'a pas expliqué pourquoi.
     Les familles ont besoin de ces prestations pour payer leurs factures. Il ne s'agit pas de cadeaux. Ce sont des prestations négociées par les travailleurs à titre de police d'assurance au cas où ils seraient mis à pied, et qui sont payées par l'employeur. Maintenant, le gouvernement empêche les travailleurs de toucher cette assurance imposable. Les syndicats et les employeurs demandent au gouvernement de corriger la lacune qui prive les travailleurs de ce revenu indispensable.
     Pourquoi le gouvernement prive-t-il les travailleurs de leurs prestations supplémentaires et quand réglera-t-il ce problème?
    Monsieur le Président, il s'agit une fois de plus d'une excellente occasion de dire à quel point les Canadiens se trouvent dans des circonstances difficiles. Nous en sommes conscients, c'est pourquoi nous avons agi rapidement en instaurant la Prestation canadienne d'urgence, ou PCU. Étant donné que 8,2 millions de Canadiens ont reçu au moins un versement de la PCU, nous savons qu'elle aide de nombreuses personnes. Toutefois, nous savons qu'il reste beaucoup à faire et nous poursuivrons nos efforts pour les Canadiens.

[Français]

Les transports

    Monsieur le Président, chaque jour, des milliers de camionneurs, dont plusieurs viennent de ma circonscription, Orléans, parcourent le Canada pour acheminer à nos communautés des produits essentiels tels que des médicaments, de la nourriture et de l'équipement de protection personnelle. Ils sont véritablement une partie critique de notre chaîne d'approvisionnement qui garde nos villes et nos villages en santé. Dès le début de cette triste pandémie, notre gouvernement a affirmé que ces camionneurs devraient être identifiés comme travailleurs essentiels dans l'ensemble du pays afin qu'ils puissent effectuer leur travail d'un océan à l'autre.
    Est-ce que le ministre des Transports peut nous présenter les mesures qu'il a prises, en collaboration avec ses homologues provinciaux, afin de s'assurer que nos vaillants camionneurs peuvent continuer leur travail si important en toute sécurité?

  (1450)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de souligner l'apport important et essentiel de nos camionneurs, qui nous ravitaillent en produits essentiels. Je tiens à les remercier.
     Je dois dire que j'ai travaillé depuis le début avec mes homologues provinciaux pour les encourager à ouvrir plus de haltes routières pour pourvoir aux besoins des camionneurs, en conformité avec les exigences de santé publique, bien sûr. Nous travaillons également en ce moment pour nous assurer qu'ils ont l'équipement de protection personnelle dont ils ont besoin. Nous n’hésiterons pas à prendre d'autres mesures pour nous assurer que nos camionneurs se sentent en sécurité. Encore une fois, je remercie nos camionneurs.

[Traduction]

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Monsieur le Président, la culture des céréales compte pour 75 000 emplois et environ 18 milliards de dollars en production économique en Ontario. Voici ce que nous révèle un sondage récent effectué par Grain Farmers of Ontario: 86 % des producteurs de grains s'attendent à ce que leur revenu net chute en 2020. Plus de la moitié d'entre eux constatent déjà une baisse des ventes, et 24 % d'entre eux constatent des annulations ou des retards dans les contrats existants. Le tiers des producteurs de grains ont des problèmes de liquidités et un autre tiers d'entre eux s'attendent à en avoir très prochainement. En outre, 55 % d'entre eux craignent de ne pas pouvoir couvrir leurs frais d'exploitation.
    Que fait le gouvernement concrètement pour aider les producteurs, pendant cette pandémie et dans l'avenir?

[Français]

    Monsieur le Président, permettez-moi de rappeler tout ce que nous faisons pour nos producteurs. Nous tenons à eux. Nous savons à quel point ils nous offrent un service essentiel et à quel point ils assurent la sécurité alimentaire au pays.
    Nous avons des programmes de gestion de risques qui offrent en moyenne 1,6 milliard de dollars. Récemment, nous avons annoncé un montant supplémentaire de 100 000 $ pour les producteurs de bœuf et de porc, 77 millions de dollars pour les transformateurs, 20 millions de dollars pour l'Agence canadienne d'inspection des aliments et 50 millions de dollars pour aider la venue des travailleurs temporaires étrangers.
    Nous allons en faire plus. Nous savons à quel point nos fermiers sont importants pour l'économie canadienne.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la ministre de l'Agriculture dit aux agriculteurs qu'ils ne peuvent pas affirmer que les programmes offerts sont tout simplement insuffisants. Par ailleurs, elle affirme ne pas savoir où sont les lacunes et où les fonds devraient être acheminés.
    Eh bien, voici un point de départ. Exempter le secteur de l'agriculture de la taxe sur le carbone. Récupérer les 5 milliards de dollars en marchés perdus que le cafouillage des libéraux a coûtés aux agriculteurs. Améliorer le programme d'assurance du bétail. Au lieu de tout cela, elle conseille aux agriculteurs d'épuiser leurs économies et de s'endetter davantage.
    La ministre peut-elle nous dire à quelles autres industries essentielles canadiennes le gouvernement libéral a demandé d'épuiser toute forme d'économies avant de pouvoir recevoir de l'aide concrète?

[Français]

    Monsieur le Président, plusieurs programmes sont disponibles pour nos producteurs agricoles. Nous savons que nous devons en faire plus et nous travaillons avec eux pour vraiment nous assurer d'identifier quels sont les groupes qui ont des besoins supplémentaires. Nous sommes à leur écoute. Je rappelle que nous avons entendu nos producteurs nous dire que trop peu d'entre eux avaient accès au Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes. Nous avons élargi les critères. Maintenant, cela représente 670 millions de dollars en aide directe à nos producteurs.

[Traduction]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile a statué que les armes à feu figurant sur la liste des armes interdites par décret ne pouvaient être utilisées à des fins récréatives ou pour la chasse, et ce, même si le gouvernement a accordé des permis de transport pendant plus de 30 ans pour le tir sportif avec ces armes à feu.
    Pourquoi le ministre choisit-il de s'en prendre aux propriétaires d'armes à feu respectueux de la loi plutôt qu'aux contrebandiers d'armes et aux criminels qui n'ont aucunement l'intention d'obéir à ses restrictions?
    Monsieur le Président, je serai on ne peut plus clair: les armes que nous avons interdites n'ont été conçues ni pour la chasse ni pour le tir, mais plutôt à des fins militaires, pour que les soldats s'en servent au combat. Ces armes n'ont pas leur place dans la société civile. Elles ont été employées dans de nombreuses fusillades de masse, au Canada et ailleurs dans le monde. C'est tragique. Nous avions promis aux Canadiens que nous allions renforcer le contrôle des armes à feu et nous avons fait un grand pas en avant. Il reste beaucoup de travail à faire, et nous le ferons.
    Monsieur le Président, nous savons que le premier ministre n'aime pas les travailleurs du secteur de l'énergie. Il ne veut pas appuyer les agriculteurs et il s'en prend aux propriétaires d'armes à feu responsables. Le premier ministre devrait cibler les criminels qui font du trafic d'armes prohibées, plutôt que les chasseurs et les athlètes. Le premier ministre semble ne soutenir les Canadiens que lorsqu'il pense pouvoir obtenir leurs votes.
    Ma question est simple. Le premier ministre peut-il nous dire pourquoi il fait de la politique pendant cette période de pandémie?

  (1455)  

    Monsieur le Président, il n'y a pas de plus grande responsabilité pour un gouvernement que celle d'assurer la sécurité de ses citoyens. Nous avons vu, même pendant cette terrible pandémie, que les effets tragiques de la violence liée aux armes à feu continuent de hanter les collectivités canadiennes. Par exemple, nous avons constaté une augmentation des incidents de violence conjugale.
    Nous avons promis aux Canadiens de renforcer le contrôle des armes à feu, ce qui suppose la mise en place de nouveaux règlements en matière d'entreposage, pour empêcher le vol; de nouvelles lois et de nouveaux règlements en ce qui a trait à la frontière, afin d'empêcher la contrebande; et de nouveaux règlements, pour empêcher le détournement de ces armes au profit des criminels. Nous prendrons les mesures rigoureuses qui s'imposent pour assurer la sécurité des Canadiens.

[Français]

Les relations intergouvernementales

    Monsieur le Président, le gouvernement a annoncé qu'il allait offrir 10 jours de congés de maladie payés aux travailleurs.
    Malheureusement, étant donné que 95 % des travailleurs ne sont pas soumis au Code canadien du travail, on s'aperçoit que ce n'est pas ici que cela va se décider.
    J'étais content d'entendre la question du chef du NPD, et surtout la réponse du premier ministre qui disait qu'il n'allait pas empiéter sur les champs de compétence et de responsabilité du Québec et des provinces. C'est de cela qu'on parle, monsieur le président.
    Ma question est simple. Juste avant de faire l'annonce, est-ce qu'il s'est entendu avec le Québec et les autres provinces?
    Monsieur le Président, je suis très heureux de répondre à la question de mon collègue.
    La crise actuelle a commencé par une crise sanitaire, et elle s'est ensuite déroulée sous la forme d'une crise économique. Les deux enjeux sont extraordinairement importants si on veut sortir à la fois de la crise sanitaire et de la crise économique.
    Nous allons évidemment travailler très étroitement avec toutes les provinces. Tous les Canadiens et toutes les provinces sont d'accord sur le fait qu'il faut faire mieux pour protéger à la fois notre économie et la santé des travailleurs.
    Monsieur le Président, décidément, ils n'ont pas d'entente avec les provinces et le Québec.
    Le gouvernement est en train de nous dire que si les provinces décident de donner 10 jours de congés, le fédéral est d'accord. Ce n'est pas une mesure, c'est un souhait.
    Qui va payer pour cela? Est-ce le fédéral? Est-ce le Québec et les provinces? Est-ce que ce sont les employeurs qui sont aux prises avec la COVID-19 et qui se demandent s'ils vont faire faillite? Est-ce la fée des dents?
    Comment le gouvernement peut-il annoncer comme un fait accompli une mesure qui relève à 95 % d'autres personnes, et surtout d'autres Parlements?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de soulever la question des coûts. Il y a des coûts extraordinairement importants à ne pas protéger la santé des travailleurs dans le contexte de la crise actuelle.
    Les employeurs, les travailleurs, les syndicats et les gouvernements sont conscients que pour que l'on puisse émerger de cette crise plus forts et plus unis, il faut protéger la santé des travailleurs, pour qu'ils puissent eux-mêmes protéger la santé de leurs familles, mais aussi la santé de leurs collègues. C'est dans cette optique que nous avons hâte de travailler avec toutes les provinces et tous les territoires.

[Traduction]

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, plus d'un million de travailleurs du secteur du tourisme ont été mis à pied. Partout au pays, on annule les festivals estivaux. Les camps de vacances sont annulés. Une étude récente indique que, dans le secteur de la restauration, ce sera l'hécatombe en raison de la pandémie.
    Dans les collectivités rurales, on exige que les entreprises familiales demeurent fermées, alors que les magasins à grande surface peuvent rester ouverts. On dit aux Canadiens des régions rurales de faire du télétravail, mais la connexion Internet et cellulaire est passable au mieux. Ce sont les collectivités rurales qui, dans bien des cas, seront les plus durement touchées et celles qui prendront le plus de temps à se remettre sur pied.
    Le premier ministre va-t-il enfin penser un peu à l'industrie du tourisme et aux régions rurales du Canada, en particulier lorsqu'il créera les programmes de relance?
    Monsieur le Président, la réponse la plus courte est oui. Nous le faisons depuis le début. Nous savons à quel point la crise est sévère partout au Canada pour l'industrie touristique, le transport et le secteur de la restauration et des services, en particulier dans les régions rurales.
    La situation est très difficile dans toutes les régions et encore plus dans les régions rurales du pays. C'est pourquoi nous avons récemment annoncé un important fonds d'aide aux régions, qui s'ajoute aux subventions salariales, aux prestations d'urgence et aux prêts d'urgence. Toutes ces mesures aideront les régions rurales canadiennes à traverser la crise et à en sortir plus fortes.
    Monsieur le Président, le tourisme est essentiel à l'économie de l'Okanagan. Les entreprises y ont très peu de temps pour générer des revenus qui leur permettront de poursuivre leurs activités jusqu'à la saison prochaine.
    En raison de la COVID-19, les événements, les festivals, les conventions et les voyages en famille ont été annulés. Les entreprises connexes ont aussi été touchées, comme les compagnies de taxi, les fournisseurs et les entreprises de location de bicyclettes.
    Le 5 mai, le premier ministre a déclaré que le gouvernement se penchait sur les mesures visant à appuyer particulièrement le secteur touristique. Trois semaines se sont écoulées depuis et nous n'avons toujours pas de nouvelles. Les libéraux laissent tomber les entreprises touristiques.
    Quand le gouvernement annoncera-t-il son plan pour le secteur touristique?

  (1500)  

[Français]

    Monsieur le Président, cela me donne la chance de continuer un peu plus loin, parce que je n'ai pas mentionné, dans ma première réponse, le Fonds d'aide et de relance régionale de 962 millions de dollars qui est là pour aider d'autres mesures que nous avons mises en place comme les subventions salariales, les prêts d'urgence, la Prestation canadienne d'urgence pour les travailleurs qui ont malheureusement perdu leur emploi. Tout cela, comme on le sait, va aider notre tissu régional et touristique extraordinairement important à passer à travers la crise et à en sortir plus fort.

[Traduction]

Les programmes gouvernementaux

    Monsieur le Président, partout au pays, les entreprises ont du mal à joindre les deux bouts. Le gouvernement dit que, si le prêt d'urgence ne suffit pas, les entrepreneurs doivent présenter une demande dans le cadre du Programme de crédit aux entreprises, qui fournit une garantie de prêt par l'entremise d'Exportation et développement Canada. Le comité des finances a recueilli des témoignages sur les résultats de certains de ces programmes, mais nous n'avons rien entendu au sujet de ces prêts précisément, malgré mes questions répétées.
    J'ai une question bien simple pour la ministre. Combien de garanties de prêt aux entreprises ont été accordées depuis le 13 mars?
    Monsieur le Président, nous avons mis en place de nombreuses mesures pour venir en aide aux petites entreprises canadiennes en difficulté, notamment le Programme de crédit aux entreprises et des mesures supplémentaires pour appuyer les prêts aux entreprises. Je suis impatiente de fournir les renseignements à mon collègue et aux députés.
    Ces mesures de soutien vont réellement aider les petites entreprises à traverser cette période difficile en faisant en sorte qu'elles disposent des fonds d'exploitation dont elles ont besoin pendant cette crise.

[Français]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, le secteur des arts et des spectacles a été gravement secoué par la pandémie. Nous savons que ce secteur emploie un grand nombre de Canadiennes et de Canadiens, dont beaucoup sont des pigistes comme Liz MacRae, une résidente de ma circonscription qui gagne sa vie au moyen de contrats à titre d'artiste de la voix.
    Comment le gouvernement va-t-il appuyer les travailleuses et les travailleurs du secteur des arts et des spectacles, en attendant un vaccin qui nous permettra un jour de reprendre toutes ces activités culturelles que nous aimons tellement?
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier le député de Lac-Saint-Louis de sa question.
    Plus que jamais, nous avons besoin de nos artistes pour nous garder unis, solidaires et forts tout au long de cette période très difficile. Depuis le début de la crise, notre gouvernement a pris des mesures immédiates et solides pour les soutenir. Nous nous sommes par exemple assurés que les artistes qui perçoivent des redevances sont admissibles à la Prestation canadienne d'urgence. Nous avons également annoncé un soutien d'urgence de 500 millions de dollars, afin de répondre aux besoins des secteurs des arts, du patrimoine et des sports.
    Notre gouvernement a toujours été là et continuera d'être là pour nos artistes et nos athlètes, dans le contexte de la situation difficile.

L'accès à l'information

    Monsieur le Président, qui a dit que la COVID-19 ne se transmettait pas d'humain à humain, qu'on n'avait pas besoin de masque ou qu'on n'avait pas besoin de fermer les frontières? C'est le gouvernement. Est-ce que c'était vrai? Malheureusement, non, et on en paie le prix aujourd'hui.
    Voilà qu'on apprend que les libéraux voudraient ériger en infraction le fait de diffuser de la désinformation. Est-ce qu'ils vont s'emprisonner eux-mêmes?
    Que se passe-t-il dans notre démocratie? Est-ce maintenant aux libéraux de dire aux Canadiens ce qu'ils devraient lire et ne pas lire, ce qui est vrai et ce qui est faux? Pourquoi s'attaquer à la liberté d'expression en pleine pandémie?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis extrêmement fière des fonctionnaires et du gouvernement qui ont su s'adapter à l'évolution des données scientifiques. Comme le député le sait, la COVID-19 a été observée pour la première fois chez l'humain il y a à peine quatre mois et demi. Nous avons beaucoup appris sur le virus depuis. À l'arrivée de nouvelles données probantes, nous avons bien sûr ajusté les conseils que nous donnons aux Canadiens afin de les protéger le mieux possible.
    En ce qui concerne la désinformation, il est extrêmement dangereux que des Canadiens reçoivent de l'information qui est fausse, qui est trompeuse et qui peut accroître les risques pour eux et leurs proches. Nous veillerons à ce que les Canadiens aient accès à de l'information crédible sur la façon de se protéger et de protéger leur famille.
    Monsieur le Président, le gouvernement actuel a dit que la maladie ne se transmettait pas d'humain à humain, qu'il n'était pas nécessaire de fermer la frontière et que le port du masque n'était pas utile.
    Aujourd'hui, la ministre d'en face affirme que les libéraux préviendront la propagation de fausse information. Nous dit-on vraiment: « Ne vous en faites pas, chers Canadiens »? C'est à ces gens que nous devons faire confiance pour éviter que de la fausse information soit transmise au Canada? Les libéraux dépensent 3,5 millions de dollars pour faire taire des voix de partout au pays.
    Depuis quand est-ce acceptable?

  (1505)  

    Monsieur le Président, je suis fière de faire partie d'un gouvernement qui pense qu'il est bon d'investir dans les sciences et dans la recherche, et qui croit que les sciences évoluent et que les interventions doivent être fonction de cette évolution.
    Nous faisons partie d'un gouvernement qui a enlevé le bâillon aux scientifiques de l'État et qui a rétabli le financement des agences qui appuient la connaissance non seulement de cette maladie, mais aussi d'autres maladies qui menacent la santé des Canadiens.
    Nous défendrons toujours les renseignements crédibles qui permettent aux Canadiens de faire des choix éclairés concernant la protection de leur santé et de celle de leur famille.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, nous savons bien que l'enquête sur le massacre commis en Nouvelle-Écosse est complexe compte tenu du nombre de vies perdues et des diverses scènes de crime. La seule information que les familles et le public arrivent à obtenir provient des médias et est tirée de documents de la GRC très caviardés qui donnent l'impression qu'on veut cacher certaines choses. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse a même fini par déclarer que c'est au premier ministre et au gouvernement qu'il incombait d'exiger une enquête indépendante.
    Le tueur est mort. Les familles ont droit à des réponses. Le ministre de la Sécurité publique va-t-il demander à ses partenaires de renoncer au secret et de communiquer l'information dès qu'elle est disponible?
    Monsieur le Président, la question du député d'en face est très importante. Je comprends que les gens de la Nouvelle-Écosse et, plus particulièrement, les familles touchées par ce crime épouvantable ont besoin de réponses. Ils ont droit à cette information et nous travaillons en très étroite collaboration avec les responsables de l'application de la loi et la Nouvelle-Écosse. Je communique régulièrement avec le procureur général de la province.
    Nous travaillons ensemble pour instaurer un moyen de veiller à ce que les gens de la Nouvelle-Écosse et les Canadiens en général puissent savoir à quoi s'en tenir sur tous les éléments importants de ce crime épouvantable. S'il y a des enseignements à tirer de cette tragédie, nous allons voir à ce qu'ils soient pris en compte afin d'éviter qu'une telle chose se reproduise.

Les petites entreprises

    Monsieur le Président, nous savons que, partout au pays, les petites entreprises sont durement touchées par la crise. Le gouvernement les appuie en adoptant diverses mesures, dont la subvention salariale, le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes et le soutien au loyer. Nous savons aussi que, en plus d'avoir besoin d'assistance financière, les petites entreprises souhaitent qu'on les aide à s'y retrouver dans les diverses mesures qui leur sont offertes. C'est pourquoi bon nombre d'entre elles se tournent vers leurs conseillers financiers pour obtenir de l'information.
    La ministre de la Petite Entreprise, de la Promotion des exportations et du Commerce international pourrait-elle informer la Chambre de ce que fait le gouvernement pour que les entreprises obtiennent l'aide et l'information dont elles ont besoin?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue du travail qu'elle fait au nom des petites entreprises et des résidants de Longueuil—Charles-LeMoyne.
    Il se peut que les entreprises les plus petites et les plus vulnérables doivent relever un défi supplémentaire lorsqu'elles cherchent à obtenir des conseils en matière de planification financière pour les aider à traverser cette période difficile. C'est pourquoi nous avons lancé le Service de résilience des entreprises. Il s'agit d'un service téléphonique gratuit, qui est géré par les Comptables professionnels agréés du Canada. Il sera offert sept jours sur sept, pendant les quatre prochaines semaines. Destiné aux propriétaires d'entreprises canadiens, y compris ceux qui dirigent des organismes de bienfaisance et des organismes sans but lucratif, ce service leur fournira des conseils financiers personnalisés et les aidera à comprendre la réglementation fiscale, à obtenir du soutien du gouvernement et à planifier la reprise de leurs activités. Le service sera d'une grande utilité aux petites entreprises.

Le développement social

    Monsieur le Président, j'ai raconté dans mon allocution l'histoire tragique de M. Rodriques. L'éminent professeur de droit et de médecine, Amir Attaran, a déclaré publiquement: « Je suis consterné que les libéraux, qui font de beaux discours contre le racisme, ne fassent pas de la collecte de données sur les minorités raciales et de la COVID-19 une exigence de la loi, alors qu'elles sont les plus menacées. “ Fermer les yeux ”, tel est le choix du premier ministre, et c'est raciste. »
    Le gouvernement va-t-il faire de la collecte de données raciales liées à la COVID-19 une exigence de la loi?
    Monsieur le Président, c'est une question qui est vraiment importante pour nous. Ces données agrégées permettront d'améliorer notre processus d'élaboration des politiques. En fait, dans le cadre du fonds d'intervention d'urgence, nous avons demandé aux intermédiaires de fournir ces données agrégées au gouvernement afin qu'il puisse aider plus efficacement les communautés vulnérables, y compris les Canadiens appartenant à une minorité raciale.

L'industrie touristique

    Des montagnes à couper le souffle, des sites du patrimoine mondial, les plus hautes marées du monde: le Canada ne manque pas de destinations de choix, monsieur le Président, surtout si on ajoute à tout cela sa diversité culturelle d'un dynamisme sans pareil. Nous pouvons être fiers de tout ce que notre beau pays a à offrir.
    Le tourisme constitue en effet un pan essentiel de l'économie canadienne. Avant la pandémie, on lui devait plus de 20 milliards de dollars en recettes, des millions d'emplois et 3 % du PIB, mais aujourd'hui, l'industrie touristique et les travailleurs qui y font carrière ont besoin plus que jamais de notre aide.
    Le ministre pourrait-il nous donner les détails du plan visant à soutenir les travailleurs du secteur touristique? Pourront-ils déclarer les heures de l'année dernière lorsqu'ils demanderont des prestations d'assurance-emploi, comme peuvent dorénavant le faire les autres travailleurs saisonniers?

  (1510)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de nous rappeler les importantes difficultés que vivent nos travailleurs, particulièrement en milieu rural et dans le domaine touristique.
    C'est pour cela que nous sommes intervenus rapidement pour mettre en place la Prestation canadienne d'urgence, la Subvention salariale d'urgence et les prêts d'urgence aux petites entreprises, qui sont nombreuses en milieu rural et dans le secteur touristique en particulier.
    C’est aussi pour cela que nous avons annoncé que d'autres choses allaient être faites, en particulier pour le retour à des prestations d'assurance-emploi pour ceux qui n'y auraient pas droit en temps normal.
    Nous allons continuer à travailler avec tous les secteurs et avec les provinces et les territoires pour nous assurer que l'industrie touristique sera présente lors de la relance économique.
    Monsieur le Président, vous constaterez le consentement unanime de la Chambre à l'égard de la motion suivante: Que cette chambre reconnaisse la contribution des centaines de travailleurs essentiels, notamment dans le milieu de la santé au Québec et ailleurs au Canada, qui sont des demandeurs d'asile, et demande au gouvernement de travailler avec le gouvernement du Québec et le reste du Canada afin de prioriser et d'accélérer le traitement de leur dossier ainsi que celui de leurs familles dans un souci de reconnaissance du travail accompli durant la crise sanitaire actuelle.
    L'honorable députée a-t-elle le consentement unanime afin de proposer la motion?
    Des voix: Non.

[Traduction]

    J'invoque le Règlement, monsieur le Président. Il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante: Que la Chambre reconnaisse que les crimes haineux et les actes de racisme liés à la COVID-19, notamment à l'endroit des personnes d'origine asiatique, ont augmenté partout au pays depuis quelques semaines et demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour lutter contre toutes les formes de discrimination et de racisme systémiques, y compris, sans s'y limiter, l'organisation d'une rencontre fédérale-provinciale-territoriale sur la hausse des crimes haineux au Canada; la coordination et la mise en commun des pratiques les plus susceptibles d'inverser la tendance actuelle; la création et le financement d'unités destinées uniquement à lutter contre les crimes haineux dans tous les services de police du Canada; l'établissement de normes nationales permettant de signaler et de recenser tous les incidents haineux et l'application de ces mêmes normes au sein de l'appareil judiciaire; la collaboration avec les organismes à but non lucratif afin de faciliter la dénonciation des crimes haineux.
    Le député a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.

Recours au Règlement

Questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, j'invoque moi aussi le Règlement. Au cours de la période des questions, j'ai posé une question au ministre de la Sécurité publique concernant la situation tragique dans les établissements de soins de longue durée dont nous entendons parler et dont ont été témoins des membres des Forces armées canadiennes qui participent à l'opération LASER. Le ministre a affirmé n'avoir jamais été informé de la situation avant vendredi dernier.
    Selon le chef de bureau de Global News, à Ottawa, le rapport et une lettre ont été envoyés directement au ministre de la Sécurité publique le 14 mai.
    J'aimerais qu'il rectifie les faits.
    Monsieur le Président, je suis très heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole et de rectifier les faits.
    Le reportage de Global News est erroné. En réalité, lorsque les Forces armées canadiennes m'ont envoyé cette information le vendredi 22 mai, nous avons immédiatement pris des mesures et également informé le gouvernement ontarien de la situation au cours de la fin de semaine.

Ordres émanant du gouvernement

[Article 57 du Règlement]

[Français]

Les travaux de la Chambre et des comités

Motion portant que le débat ne soit plus ajourné 

    Monsieur le Président, relativement à l'étude de l'affaire émanant du gouvernement no 7, je propose:
    Que le débat ne soit plus ajourné.
    Conformément à l'article 67.1 du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes.

[Traduction]

     J'invite les honorables députés qui souhaitent poser des questions à se lever pour que la présidence ait une idée du nombre de députés qui désirent participer.
    Nous passons maintenant aux questions et observations. La leader de l'opposition à la Chambre a la parole.

  (1515)  

    Monsieur le Président, je suis vraiment très déçue de constater que le gouvernement met fin au débat sur cette motion très importante. Lorsque le gouvernement a présenté son avis, j'ai d'abord cru qu'il tenterait cette manœuvre plus tôt aujourd'hui, et j'ai été agréablement surprise de constater que le leader du gouvernement à la Chambre n'a pas présenté de motion visant à clore le débat.
    Je ne vois pas ce qui pourrait le pousser à agir ainsi maintenant, outre le fait que je sais pertinemment que le gouvernement ne tient pas à ce que le Parlement siège. Le gouvernement souhaite que ce soit un comité qui siège afin que les libéraux puissent se soustraire à la reddition de comptes et à la rigueur qu'exige le Parlement. Jour après jour, depuis plusieurs mois, nous voyons le premier ministre sortir de son chalet et répondre aux belles questions des médias. Il évite ainsi la période des questions, les motions des journées de l'opposition, les questions au Feuilleton ou encore les projets de loi d'initiative parlementaire.
    Jour après jour, le premier ministre parvient à se soustraire au travail que les parlementaires devraient faire à la Chambre et cette motion lui offre une nouvelle échappatoire.
    Nous savons que le leader du gouvernement à la Chambre des communes étouffe le débat, mais je vais lui poser la question suivante. Le premier ministre et lui croient que nous pouvons nous réunir ici en personne, étant donné que quelque 40 députés sont réunis ici aujourd'hui. Si nous pouvons faire une telle chose chaque jour, quatre jours par semaine, au cours des prochaines semaines, pourquoi ne pouvons-nous pas nous réunir en personne en tant que véritable assemblée parlementaire capable de travailler et de prendre des décisions, au lieu de nous contenter d'un comité pitoyable qui n'est qu'une pâle copie de la Chambre des communes?
    Monsieur le Président, cette motion très importante établit un juste équilibre entre le rôle crucial que le Parlement doit jouer et les conseils de santé publique qu'il faut respecter. Grâce à la motion, nous accordons davantage de temps à l'opposition pour poser des questions. L'opposition pourra poser des questions sur à peu près tout ce qu'elle veut. Il y aura des députés qui seront là en personne, tandis que d'autres participeront virtuellement, ce qui signifie que les députés des quatre coins du pays pourront participer.
    C'est excellent pour la démocratie, et c'est pourquoi nous avons présenté cette motion. Je ne sais pas trop quelle partie de la motion les députés de l'opposition n'aiment pas: le fait que tout le monde participe, qu'ils peuvent poser plus de questions, que les députés pourront faire des déclarations ou que nous nous réunirons cet été. J'ignore quelle partie ils n'aiment pas.

[Français]

    Monsieur le Président, j'abonde dans le sens de la leader à la Chambre de l'opposition officielle. Nous avions entendu cela ce matin et ce n'est pas venu. Je gardais espoir en la vie.
    Malheureusement, on nous propose une motion qui met tout simplement fin aux travaux de la Chambre comme nous les connaissons depuis deux jours. Le gouvernement dit que nous allons continuer à siéger et qu'il va répondre à nos questions. Il ne faut pas être Einstein ou Léonard de Vinci pour comprendre que de siéger quatre fois par semaine avec des périodes des questions orales de 90 minutes par jour n'équivaut pas à cinq jours de Parlement qui ont lieu de 10 heures à 18 h 30. Peu de gens vont avaler cela.
    Nous sommes en pandémie. Par contre, nous sommes en « déconfinement ». L'Assemblée nationale du Québec et les Parlements des autres provinces ont recommencé à siéger. On ouvre les entreprises au Québec alors qu'ailleurs c’est déjà fait depuis un bout de temps. Nous sommes en « déconfinement ». Ce qui était vrai et allait de soi il y a un mois et demi n’a plus sa raison d’être aujourd'hui. Nous sommes capables d’agir de façon intelligente, d’ouvrir le Parlement, de voter des motions, d'étudier des projets de loi et de faire progresser les débats.
    Pourquoi le gouvernement se sauve-t-il comme cela alors que nous sommes dans une situation de pandémie et que le déficit est de 300 milliards de dollars et plus? Le gouvernement refuse une mise à jour économique, et il se cache.
    Le leader fait semblant d'être surpris. Voilà ce que fait le gouvernement. Je suis un observateur objectif devant le gouvernement, qui fait tout pour ne pas répondre aux questions. Je pense que la démocratie est actuellement malade au Canada. Je ne comprends pas et je veux savoir pourquoi le gouvernement se sauve comme cela.

  (1520)  

    Monsieur le Président, mon collègue dit que nous nous cachons. Pourtant, il y aura six heures de questions plutôt que quatre. À mon avis, six est plus grand que quatre.
     L'opposition pourra poser des questions sur n'importe quel sujet et déborder du contexte de la pandémie, même si c'est la priorité actuelle de tous les Canadiens. Conformément à l'article 31, les députés de toutes les régions pourront participer aux travaux grâce à des écrans. Les députés des régions éloignées, que ce soit au Québec ou ailleurs au Canada, pourront participer à tout moment aux débats, ce qui est un fondement de la démocratie.
     Si le Bloc québécois n'était pas content de la motion, il aurait pu venir à la table et négocier avec nous. Le Bloc québécois affirme vouloir faire des gains pour le Québec, mais les gains se font autour de la table et non en boudant. C'est comme au hockey: c'est sur la glace que l'on compte les buts. Des 560 buts de Guy Lafleur, combien en a-t-il compté alors qu'il était sur le banc?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous devons nous occuper d'un certain nombre de questions.
    Il est toujours intéressant d'entendre mes collègues de la scène politique parler de leurs privilèges. S'ils ont des privilèges, c'est pour servir le peuple, et non pour se plaindre de ne pas avoir assez de temps de parole.
    Lorsque nous reprendrons nos travaux sous forme de comité plénier, nous devrons nous pencher sur des lacunes criantes, notamment en ce qui a trait aux personnes âgées. Que fait le gouvernement actuellement? Nous pouvons nous employer à sortir des questions de notre chapeau pour surprendre l'adversaire et le pointer du doigt, ou nous pouvons essayer d'examiner la question en profondeur, car la crise que nous traversons est plus vaste que cela. La question des services de santé et du manque de ressources pour ces services doit retenir notre attention. Nous devons nous assoir et discuter de ces questions.
    Je voudrais certainement savoir si le gouvernement est prêt à continuer de collaborer avec nous pour approfondir la réflexion dans l'intérêt des Canadiens, alors que la crise fait rage. Le privilège que nous avons lorsque nous siégeons aux Communes, c'est celui de servir les gens en cette période de crise sans précédent.

[Français]

    Monsieur le Président, je veux dire à mon collègue que, bien que nous ayons parfois des différends, nous serons toujours sur la même longueur d'onde lorsque viendra le temps de travailler ici pour nos aînés, pour les personnes handicapées et pour les personnes qui ont perdu leur travail. Nous allons toujours collaborer, car c'est non seulement le rôle du gouvernement, mais aussi celui de l'opposition.
     Si bons qu'ils soient au départ, les projets de loi du gouvernement peuvent toujours être améliorés. C'est exactement ce que l'opposition a fait. Je leur en accorde le mérite aujourd'hui. Le NPD, les conservateurs et le Bloc ont apporté des améliorations aux projets de loi. Nous travaillons avec eux main dans la main parce que le gouvernement n'a pas la science infuse et n'a pas toujours raison. Nous pouvons parfois nous tromper et faire des choses imparfaites. Grâce à notre collaboration avec l'opposition, nous avons pu améliorer ces projets de loi.
     Oui, nous allons continuer de travailler pour aider nos aînés et les personnes handicapées, ainsi que pour offrir des congés de maladie aux travailleurs.
    Monsieur le Président, depuis plus d'un mois, les conservateurs réclament une plus grande reddition de comptes de la part du gouvernement.

[Traduction]

    J'aimerais que le leader du gouvernement nous parle des conséquences de la motion no 7, que nous avons présentée, et qu'il nous en dise un peu plus sur le contenu et la durée de la période des questions.
    Monsieur le Président, c'est une excellente question.
    Les séances normales comportent l'équivalent de cinq périodes de questions, soit cinq fois 45 minutes. La motion propose de nous réunir ici, en personne, quatre fois par semaine. Nous aurions le plaisir de nous réunir, et nos collègues d'un peu partout au pays pourraient aussi participer. C'est cela, la démocratie. Ce n'est pas seulement les députés qui habitent près d'Ottawa qui pourront poser une question, mais tous les élus. Voilà ce que nous faisons.
    Je me demande pourquoi les députés de l'opposition ont un problème, puisque nous leur accordons plus de temps qu'auparavant pour poser des questions. Je ne comprends toujours pas.

  (1525)  

    Monsieur le Président, ce n'est pas le format qui pose problème. Les Canadiens commencent à y voir clair. C'est peut-être pourquoi les députés libéraux veulent couper court au débat. Le problème, ce n'est pas le format, mais le fait que nous avons affaire à un comité plutôt qu'à l'ensemble des députés qui siègent à la Chambre des communes, et les Canadiens s'en rendent compte. Ils ne sont pas contents, parce que ce n'est pas ce qu'ils veulent et continuent de réclamer à la Chambre.
    Il n'y a aucune raison qui nous empêche de siéger en tant que Chambre des communes en bonne et due forme, puisque nous nous déplaçons et passons quatre jours ici. L'explication du député n'est pas acceptable.
    Monsieur le Président, ma collègue soutient que les Canadiens sont mécontents. Je dirais que ce sont les conservateurs qui sont mécontents.
    De façon générale, les députés devraient être heureux d'avoir plus de temps pour poser des questions, parce que c'est fondamental. C'est ce que nous voulons. Nous voulons que l'opposition ait plus de temps pour poser des questions importantes.
    J'ai été dans l'opposition pendant nombre d'années. Je sais à quel point le rôle de l'opposition est important, et les députés jouent très bien ce rôle. Nous leur donnons plus de temps pour poser plus de questions. Ils pourront siéger cet été, et ils auront plus d'heures à passer chaque semaine avec leurs collègues, ils pourront utiliser de grands écrans et poser des questions à partir de toutes les régions du pays. C'est une approche juste et équitable.

[Français]

    Monsieur le Président, j'entendais le leader du gouvernement à la Chambre nous dire, il y a quelques instants, à quel point les parlementaires des deux côtés de la Chambre avaient réussi à bien collaborer jusqu'à présent, et ce, au bénéfice des citoyennes et des citoyens du Canada et du Québec. Je pense qu'on peut dire qu'il a raison. Or, ce à quoi on assiste présentement m'apparaît éminemment gênant. Je ne suis pas sûr que le Parlement gagne en dignité et en crédibilité avec ce qui se passe ici depuis deux jours.
    Il me semble qu'il aurait été facile de trouver un terrain d'entente. Les conservateurs veulent maintenir les travaux du Parlement de façon plus régulière. Le gouvernement souhaite en arriver à un Parlement hybride. Qu'est-ce qui empêchait de faire les deux? Non, le gouvernement a décidé qu'il n'avait pas assez d'idées pour présenter des projets de loi.
    On se demande comment il se fait que le gouvernement ne veuille plus légiférer. Normalement, un gouvernement est élu pour légiférer. Ce gouvernement ne veut pas légiférer. Ce gouvernement veut juste se faire poser des questions en catimini, ici, et laisser le premier ministre continuer à faire son numéro tous les jours, devant son cottage à Ottawa. Ce n'est pas particulièrement édifiant, ce à quoi on assiste.
    Ce qui n'est pas particulièrement édifiant, en plus, c'est de voir que, pour parvenir à ses fins, le gouvernement a négocié derrière des portes closes avec le NPD sur des champs de compétence qui ne sont même pas du ressort du gouvernement fédéral. On s'est patenté un petit quelque chose dans les champs de compétence des provinces, sans même leur en parler, tout cela pour réussir à organiser le Parlement comme les libéraux souhaitent l'organiser. C'est tout simplement gênant.
    Je terminerai là-dessus. Le leader nous disait que le Bloc n'a pas participé à la négociation. Comme nous l'avons évoqué, nous avons été collaborateurs depuis le début, mais, quand on donne sa parole autour d'une table, on s'attend à ce que la parole soit respectée. À partir du moment où il y a une partie qui ne respecte pas sa parole, on n'a pas tout à fait confiance pour se rasseoir autour de la table. Ce à quoi on assiste depuis deux jours nous démontre que nous avions raison de ne pas avoir confiance pour nous rasseoir autour de la table avec le gouvernement libéral.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son commentaire.
    Il peut parfois y avoir des différends et on peut être en désaccord, mais on ne va pas bouder dans le coin quand on est en désaccord. On parle, on s'assoit, on discute.
    Le Bloc, encore une fois, nous dit qu'il s'en vient ici pour faire des gains pour le Québec. C'est autour de la table qu'on peut faire des gains sur quoi que ce soit, pas quand on s'éloigne de la table et qu'on refuse de parler.
    Encore une fois, si on revient à cette motion, elle apporte un équilibre important. Il y a plusieurs questions qui demeurent en suspens. Par exemple, comment est-ce qu'on fait pour voter sur l'ensemble des décisions que l'on prend dans un Parlement? Comment va-t-on faire pour que nos collègues qui ne sont pas ici puissent voter? C'est leur droit fondamental de voter.
    Par cette motion, nous demandons justement au Comité de la procédure et des affaires de la Chambre d'analyser comment on peut faire cela, parce que c'est l'une des choses les plus importantes que les députés font à la Chambre. Il nous faut des réponses à cette question et à d'autres également, mais, en attendant, nous accroissons le nombre d'heures de questions. En fait, il peut y avoir des questions sur à peu près n'importe quoi. Ils détermineront les questions qu'ils veulent bien poser.
    Nous allons nous revoir cet été. Les députés peuvent faire des déclarations des députés, parler au nom de leur circonscription et ainsi de suite. Je pense que c'est un bon équilibre, parce qu'on est en période de pandémie et qu'il y a une crise qui est grave. La santé publique nous donne des directives et nous devons les suivre.

  (1530)  

    Monsieur le Président, j'aimerais entendre le leader du gouvernement à la Chambre sur deux choses.
    Premièrement, ce que je trouve gênant, avec les gens qui vivent dans des situations de pauvreté dans Rosemont—La Petite-Patrie, à Montréal et un peu partout, c'est que, lorsque quelqu'un est malade, il doit se forcer pour aller travailler parce qu'il n'a pas accès à des congés de maladie. Socialement, c'est gênant. Cette crise nous a montré toutes les vulnérabilités, tous les gens qui vivent dans la misère, tous les petits travailleurs et travailleuses qui ne sont pas capables.
    Là, on se fixe un objectif qui en est un de progrès. En tant que véritable défenseur des travailleurs et des travailleuses, comme vrai social-démocrate, je trouve que c'est faire avancer les choses. Je trouve intéressant de se fixer cet objectif-là, et je suis convaincu que les travailleurs et les travailleuses du Québec vont en être bien contents.
    Deuxièmement, concernant la formule de Parlement hybride que nous aurons et qui fonctionne bien — on l'a vu à Londres, en Grande-Bretagne —, j'aimerais entendre le leader du gouvernement à la Chambre sur le fait qu'il est beaucoup plus intéressant pour l'opposition d'avoir cinq minutes pour avoir une discussion avec les ministres et leur poser des questions plutôt que d'être limité à 35 secondes. Personnellement, je pense que la capacité et la qualité de reddition de comptes vont être améliorées de beaucoup par cette nouvelle mesure.
     Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Le fait que l'opposition ait des périodes de questions de cinq minutes où il y a un échange est évidemment beaucoup plus difficile pour le gouvernement. C'est dans la nature humaine. Nous serons un peu plus déstabilisés.
     Dans les faits, le NPD a fait des gains pour les autres partis de l'opposition. Il a obtenu qu'il y ait plus de périodes de questions où le gouvernement est questionné sur à peu près n'importe quoi, au choix de l'opposition. C'est une mesure qui assure le bon fonctionnement de notre démocratie puisqu'elle force le gouvernement à rester sur ses gardes et à répondre entièrement à plusieurs questions. Je pense que c'est un très bon élément pour notre démocratie. C'est extrêmement positif. De plus, le fait de se réunir quatre fois cet été est très positif. Effectivement, ce genre de questionnement contribue énormément à notre démocratie, et nous sommes très heureux d'y participer.
    En ce qui a trait aux congés de maladie, mon collègue a absolument raison. Cela n'a aucun sens que les travailleurs doivent choisir entre cacher leur maladie et leurs symptômes ou aller travailler parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour mettre de la nourriture sur la table.
    Je reviens aux propos du Bloc québécois. Il est évident que cela se fait en partenariat avec les provinces. Des discussions ont été initiées et elles se poursuivront parce que nous mettons l'être humain au coeur de tout ce que nous faisons. L'opposition devrait faire la même chose.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je m'attendais à ce que cette motion de clôture arrive plus tôt ce matin, mais nous y voilà. Ma question porte sur les conventions et les précédents à la Chambre. On dirait que, dès que nous procédons d'une certaine façon, cela devient une règle à la Chambre, ce qui veut dire que nous pouvons continuer de procéder ainsi dans l'avenir.
    Lorsque septembre arrivera et que nous retournerons à une certaine normalité, peu importe la forme qu'elle prendra, allons-nous continuer de procéder de la même façon, parce que cela fera partie des conventions? Comme nous le savons tous, et comme on nous l'a indiqué, d'un point de vue politique, il n'y a pas de votes pour nous à Ottawa. Nous devrions rester dans nos circonscriptions et rencontrer les gens que nous représentons.
    Nous devrions pouvoir revenir ici. Cette façon de faire va-t-elle se poursuivre en septembre?
    Monsieur le Président, nous voudrions tous voir cette enceinte remplie de députés. J'aimerais que les 338 hommes et femmes qui ont été élus par les gens de leur circonscription pour les représenter soient présents, mais nous vivons une réalité différente. Mon collègue parle des précédents, mais quel précédent y a-t-il eu à la pandémie actuelle? Comment aurions-nous pu savoir? Nous sommes tous en territoire inconnu. Ce ne sont pas des circonstances normales.
    Évidemment, nous visons une reprise des travaux au Parlement. C'est ce que tout le monde souhaite, mais nous devons trouver le juste équilibre entre, d'une part, permettre à l'opposition de poser des questions importantes et difficiles, comme elle doit le faire et comme elle le fait effectivement, et, d'autre part, respecter les recommandations de Santé Canada. C'est fondamental. Voilà pourquoi la motion est bonne. Elle représente ce juste équilibre.

  (1535)  

[Français]

    Monsieur le Président, on se réclame des autres Parlements qui fonctionnent virtuellement. Le gouvernement nous dit que c'est merveilleux puisque nous pouvons lui poser des questions, tout comme les gens de l'extérieur. Là-dessus, je suis entièrement d'accord.
    Par contre, les autres Parlements hybrides ne se limitent pas nécessairement à la période de questions. D'ailleurs, ils ont testé le vote électronique. Ils vont beaucoup plus loin.
    Pourquoi devrions-nous nous limiter à la période de questions? Pourquoi ne devrions-nous pas poursuivre le programme législatif? Pourquoi ne devrions-nous pas avoir des journées de l'opposition?
    Pourquoi ne devrions-nous pas aller plus loin et jouer le rôle d'un vrai Parlement, ce que nous pouvons faire de façon hybride?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.
    Nous sommes tous d'accord sur l'importance du rôle du Parlement. C'est pour cela que nous avons demandé au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre d'étudier la possibilité de voter à distance, ce qui n'est pas possible actuellement. S'il était possible de voter à distance et que les conservateurs étaient intéressés, nous le ferions. De ce que je comprends, les conservateurs ne souhaitent pas le faire. Éventuellement, nous devrons le faire afin de remplir toutes nos fonctions. Nous ne savons pas combien de temps durera la pandémie. Nous ne savons pas où nous allons.
    Une chose est claire, le gouvernement respectera toujours les principes fondamentaux de notre pays et débattra toujours des enjeux et des décisions. En effet, l'opposition joue un rôle fondamental que nous respectons, et nous voulons qu'elle le maintienne.
    Monsieur le Président, tout à l'heure, on a mentionné l'expérience du Parlement hybride à Londres. Cela a justement été mis de côté, parce que cela ne fonctionnait pas assez bien. Lors d'un débat, on doit débattre des faits.
    Nous, les conservateurs, avons toujours dit que, dans les faits, c'est impossible de réunir à la Chambre 338 parlementaires. On le sait. Lors d'une conférence de presse, le premier ministre a tenu des propos mensongers. Il a dit que c'était ce que l'on faisait. De plus, les députés font parfois des commentaires qui laissent entendre que c'était ce que l'on voulait faire. Cela est faux.
    Depuis deux jours, le Parlement siège. Il y a une période dédiée aux déclarations de députés et aux questions orales. Le gouvernement doit rendre des comptes. Les députés de la Chambre débattent de certaines motions. Le Parlement fait son travail. Nous sommes prêts à revoir ou à ajuster certains éléments, dont la question concernant les comités parlementaires.
    Une tragédie est survenue à Québec, il y a quelques mois. Il s'agit de la tragédie impliquant Mme Levesque. Un rapport a été déposé en fin de semaine. Comme le disait si bien le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles dans les entretiens qu'il a eus avec les médias, le travail du Comité permanent de la sécurité publique et nationale doit se faire. Malheureusement, on ne peut pas le faire actuellement.
    Pourquoi le gouvernement s'entête-t-il à vouloir faire à sa façon, selon sa vision?
    Malgré l'amitié, l'estime et le respect que j'ai envers mon collègue, je lui demande de ne pas nous faire pleurer en disant que c'est dur pour le gouvernement, parce qu'il y a des questions de cinq minutes. Encore faut-il donner de vraies réponses. Quelle est la vraie réponse sur la question du déficit actuel?
    Monsieur le Président, moi aussi, j'ai de l'estime pour mon collègue conservateur. Cela dit, ces questions sont fondamentales, et c'est tout aussi fondamental que le gouvernement y réponde. D'ailleurs, il y répond. On peut ne pas être d'accord sur le contenu des réponses, mais nous y répondons de façon ouverte, sincère et transparente.
    Mon collègue a fait référence au comité. Je lui en suis reconnaissant, car cela me permet de dire que, malgré toutes les complications qu'entraîne la pandémie — des gens meurent, des gens perdent leur travail, certaines personnes sont malades —, nous avons réussi à accomplir plusieurs choses, ici, à la Chambre. Par exemple, huit comités se sont réunis. Au total, il y a eu 74 rencontres. On a entendu 580 témoins, et 23 ministres ont comparu devant les comités.
    La motion fait qu'on ajoute le Comité permanent des pêches et des océans, et je suis sûr que mon collègue s'en réjouit.

[Traduction]

    Monsieur le Président, depuis le 13 mars, la Chambre des communes s'est réunie à de multiples occasions avec un nombre réduit de députés, de manière à respecter les recommandations des responsables de la santé publique. Il suffit de jeter un coup d'oeil au hansard pour s'apercevoir que ce sont souvent les mêmes députés qui prennent part aux travaux de la Chambre.
    Que préconise le gouvernement pour permettre à un plus grand nombre de députés de participer aux travaux parlementaires?

  (1540)  

    Monsieur le Président, je dois dire en toute objectivité que c'est une excellente question, parce que nous souhaitons que les députés, peu importe leur circonscription, puissent participer. Dans un monde idéal, les 338 députés, hommes et femmes, seraient ici pour représenter leur circonscription respective. En raison de la pandémie et des mesures qui ont été mises en place, mesures qui sont respectées des deux côtés de la Chambre, il existe une option. C'est la formule de comité hybride que nous avons présentement, avec des députés des deux côtés, et des députés des quatre coins du pays, afin que des députés élus à Vancouver, à Halifax, sur la Côte-Nord ou ailleurs puissent poser leurs questions à l'écran.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis contente d'entendre les mots Côte-Nord, car la Côte-Nord s'attend justement à ce que j'en fasse plus.
     Le leader du gouvernement à la Chambre dit qu'il y a des gens qui sont malades, qui perdent leur emploi et qui ne savent pas de quoi demain sera fait. Ce que l'on me dit, c'est qu'en tant que députée, je devrai travailler moins et ne pas être présente au Parlement. On nous fait des leçons d'arithmétique en nous disant que six est plus grand que deux ou quatre.
    Convenons que nous passons des trentaines d'heures au Parlement, durant lesquelles nous avons des discussions. Or, on est en train de remplacer cela par des réunions de comité qui fonctionnent plus ou moins bien, parce que nous avons moins de temps pour poser des questions et que nous sommes constamment coupés. Je pense qu'on est en train d'essayer de nous faire croire quelque chose présentement, et que ce n'est pas une leçon de démocratie que l'on est en train de nous servir.
    Nous devrions en faire plus pour les gens de chez nous. Nous sommes considérés comme des travailleurs essentiels. Je considère de mon devoir de conduire 10 ou 12 heures pour venir ici et participer aux réunions de comité. Il est de mon devoir de défendre les miens.
    Je considère inacceptable qu'un gouvernement minoritaire décide de fermer la Chambre. C'est un déni de démocratie, même si l'on essaie de nous faire croire que nous allons poser plus de questions. Je m'attends à plus de ce gouvernement. Je ne m'attends pas à ce qu'il ferme la Chambre. Il est minoritaire et il doit s'en souvenir. Il doit nous rassembler ici pour que nous puissions lui poser les bonnes questions et il doit y répondre. Des questions suggérées, il y en a, mais elles sont absolument inintéressantes et ne répondent pas aux besoins de nos gens. Ceux-ci veulent que nous travaillions. Si nous leur demandons des efforts, nous devons en fournir encore plus.
    Monsieur le Président, je ne suis pas en désaccord sur l'importance du travail qui est réalisé par chacun des députés, en l'occurrence par ma collègue et par tous les autres députés de la Chambre.
     Cela me permet de souligner une autre chose, soit le travail fondamental que réalisent les députés lorsqu'ils sont dans leur propre circonscription. Certains députés nous ont dit qu'il était temps de retourner au travail. J'ai entendu cela à quelques reprises de la part de l'opposition. Or, nous travaillons tous les jours lorsque nous sommes dans nos circonscriptions, lorsque nous donnons un coup de pouce à des organismes communautaires, lorsque nous appelons des aînés qui vivent seuls. Toutes ces activités que font les députés sont fondamentales. Je suis sûr que chacun le fait tout aussi bien et je ne pense pas que ce travail soit mieux fait par un libéral, un conservateur ou un bloquiste.
     Chaque député fait ce travail. Nous devons continuer à valoriser cela, tout comme nous devons continuer à valoriser ce que nous faisons ici.

[Traduction]

    Monsieur le Président, passons rapidement en revue nos tentatives préférées pour bâillonner la démocratie. Est-ce que j'ai dit Stephen Harper? Stephen Harper? Stephen Harper? Je devrais probablement le dire 150 fois, pour chacune des fois où il a bâillonné la démocratie. Puis il y a eu tous les comités où tout se faisait, coûte que coûte, à huis clos de sorte qu'il n'y avait aucune reddition de comptes. Ensuite est arrivée la crise de 2008, la plus grande crise économique qu'on ait connue à ce stade. Stephen Harper est alors venu à la Chambre et, avec ses députés conservateurs tout aussi pleins de suffisance, il a voulu forcer l'adoption rapide de leur budget d'austérité. Le Parti néo-démocrate a dit non. Qu'a fait Stephen Harper alors? Paniqué, il a prorogé le Parlement. Les députés s'en souviennent-ils? Il a prorogé le Parlement.
     C'est quand même incroyable de parler ici d'obliger le Parlement à rendre des comptes jusqu'à la fin juin, d'avoir des séances cet été puis de poursuivre pendant l'automne pour dénoncer les privilèges des plus privilégiés au Canada alors que, si on se rappelle les années Harper, les portes du Parlement du peuple étaient alors fermées à clé, car il avait peur de réunir son gouvernement minoritaire.
    Nous sommes dans une situation de gouvernement minoritaire et nous avons du travail à faire. Je veux m'y mettre demain et je veux que nous puissions commencer à poser des questions sérieuses aux ministres et que nous ayons beaucoup de temps pour aller, en fait, au fond des choses et obtenir des réponses. Allons-y.

  (1545)  

    Je suis d'accord, monsieur le Président.
     Je dois interrompre les délibérations et mettre aux voix sur-le-champ la motion dont la Chambre est saisie.
    Le vote porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le Président: Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le Président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le Président: À mon avis, les oui l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le Président: Convoquez les députés.

  (1555)  

[Français]