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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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43e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 103

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 25 mai 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 150
No 103
2e SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 25 mai 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

La commissaire à l'information

    J'ai le devoir de déposer, conformément au paragraphe 40(1) de la Loi sur l'accès à l'information, le rapport « Question d’accès: remettre en cause le statu quo », de la commissaire à l'information.

[Français]

    Conformément à l'article 108(3)h) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.

[Traduction]

Les délégations interparlementaires

    Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, le rapport de l'Association législative Canada-Chine et du Groupe interparlementaire Canada-Japon concernant leur participation à la 28e réunion annuelle du Forum parlementaire Asie-Pacifique, tenue en Australie, du 13 au 16 janvier 2020, de même que le rapport du Groupe interparlementaire Canada-Japon concernant sa participation à la visite annuelle des coprésidents au Japon, qui a eu lieu à Hiroshima et à Tokyo, au Japon, du 11 au 15 février 2020.

Les comités de la Chambre

Ressources naturelles 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le troisième rapport du Comité permanent des ressources naturelles, intitulé « La relance économique du secteur forestier au Canada: verte et inclusive ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui, à la Chambre, le rapport dissident du Parti conservateur, l'opposition officielle, à propos de l'étude sur le secteur forestier entreprise par le comité des ressources naturelles.
    Il est important pour nous — je suis fier de le dire — de veiller à avoir une stratégie forestière à l'avenir, qui tire parti de la position du Canada dans le monde pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et privilégie la reforestation par la plantation de deux milliards d'arbres. Il est, en effet, grand temps de passer de la parole aux actes.
     Nous voulons aussi nous assurer que ce rapport tient compte de toutes les collectivités et autres parties qui ont des intérêts dans le secteur forestier et met l'accent sur leurs besoins, entre autres la nécessité pour le gouvernement de négocier un accord sur le bois d'œuvre avec notre principal partenaire commercial, les États-Unis, ce qui ne s'est pas produit jusqu'à présent. Nous devons mettre davantage l'accent là-dessus si nous voulons que l'industrie prospère.

Comptes publics  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, les deux rapports suivants du Comité permanent des comptes publics: le 17e rapport, intitulé « la Prestation canadienne d'urgence », et le 18e rapport, intitulé « Préparation en cas de pandémie, surveillance et mesures de contrôle aux frontières ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à chacun de ces deux rapports.

Environnement et développement durable  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le cinquième rapport du Comité permanent de l'environnement et du développement durable, qui porte sur le Budget principal des dépenses 2021-2022.
    Le Comité a examiné le budget renvoyé par la Chambre et en fait rapport sans proposition d'amendement.

Les travaux de la Chambre

    Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose donc:
    Que, pendant les débats du mercredi 26 mai et du lundi 31 mai 2021, relatifs aux travaux des subsides conformément à l'article 81(4) du Règlement, la présidence ne reçoive ni demande de quorum, ni motion dilatoire, ni demande de consentement unanime et que, à l’intérieur de chaque période de 15 minutes, chaque parti puisse allouer du temps à un ou plusieurs de ses députés pour des discours ou des questions et réponses, à condition que, dans le cas des questions et réponses, la réponse du ministre corresponde approximativement au temps pris par la question, et que, dans le cas des discours, les députés du parti auquel la période est consacrée puissent parler les uns après les autres.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose la motion veuillent bien dire non.
     N'entendant aucune opposition, je donne mon accord.

[Français]

    La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.
    Comme je n'entends aucune voix dissidente, la motion est adoptée.

    (La motion est adoptée.)

  (1010)  

[Traduction]

Pétitions

Les opioïdes  

     Monsieur le Président, des drogues illicites sont fabriquées, distribuées et consommées dans le village de Cache Creek. La crise des opioïdes a éclipsé la pandémie de COVID-19 en Colombie-Britannique: plus de 1 500 décès attribuables à une surdose ont été signalés en 2020. Les citoyens qui adressent des messages ou qui demandent de l’aide aux autorités municipales et aux forces de l’ordre locales se heurtent souvent à de l’indifférence ou à des obstacles liés à des questions de compétence.
    Les citoyens craignent les représailles des organisations criminelles. Ils craignent que leurs enfants ou eux-mêmes soient exposés à des drogues ou à d’autres substances toxiques. Ils craignent l’éventuelle désagrégation de leur esprit de communauté. Les citoyens souhaitent se sentir en sécurité chez eux.
    Par conséquent, les habitants de Mission—Matsqui—Fraser Canyon qui ont signé la pétition prient le gouvernement du Canada de collaborer avec les municipalités, les forces de l’ordre locales et la Gendarmerie royale du Canada de façon constructive, concrète et mesurable pour repérer les installations de fabrication de drogues illicites à Cache Creek et mettre un terme à leurs activités.

Le Falun Gong  

    Monsieur le Président, aujourd'hui, j'ai le plaisir de présenter, dans les deux langues officielles, une pétition visant à sanctionner les dirigeants chinois corrompus qui utilisent le Canada comme un refuge.
    La pétition que je présente aujourd'hui à la Chambre a été signée par des habitants de Calgary Midnapore qui demandent au gouvernement d'invoquer la loi de Magnitski contre les membres du Parti communiste chinois qui ont orchestré la torture et l'assassinat d'adeptes du Falun Gong.

Les thérapies de conversion  

    Monsieur le Président, je présente aujourd'hui trois pétitions à la Chambre.
    La première pétition concerne le projet de loi C-6. Les pétitionnaires font remarquer que les thérapies de conversion font généralement référence au processus dégradant du changement de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre d'une personne. Ils soutiennent que de telles pratiques sont mauvaises et qu'elles devraient être interdites.
    De plus, les pétitionnaires soulignent que le projet de loi C-6 définit les thérapies de conversion comme suit:
[...] s’entend d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise à modifier l’orientation sexuelle d’une personne pour la rendre hétérosexuelle, à modifier l’identité de genre ou l’expression de genre d’une personne pour la rendre cisgenre ou à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels ou toute expression de genre non cisgenre.
    Les pétitionnaires font remarquer que cette définition est très vaste, et qu'elle pourrait appliquer l'étiquette de « thérapie de conversion » à toute une gamme de pratiques, notamment du counseling ou des conseils fournis par des parents, des enseignants ou des thérapeutes, qui visent à encourager une personne à modérer son comportement sexuel dans un certain contexte.
    En conséquence, les pétitionnaires demandent au gouvernement de modifier le projet de loi C-6 pour régler ces préoccupations à l'égard de la définition et pour faire en sorte que le projet de loi interdise les thérapies de conversion, mais pas les conversations qui n'ont rien à voir avec les thérapies de conversion.

Le Falun Gong  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition que je présente est semblable à celle de la députée de Calgary Midnapore.
    Cette pétition met en lumière les violations des droits de la personne commises en Chine, particulièrement à l'endroit des adeptes du Falun Gong. Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de réagir avec plus de vigueur à cette situation et aux autres violations des droits de la personne commises en Chine, ce qui suppose notamment d'appliquer la loi Magnitski, c'est-à-dire d'imposer aux auteurs de ces violations les sanctions prévues par la loi, y compris le gel des avoirs et l'interdiction d'entrer au Canada.

Le trafic d'organes humains  

    Monsieur le Président, la troisième et dernière pétition que je présente ce matin vise à appuyer le projet de loi S-204, une mesure qui a été adoptée unanimement par le Sénat et dont la Chambre est maintenant saisie. Ce projet de loi érigerait en infraction criminelle le fait pour une personne de se rendre à l'étranger pour y recevoir un organe prélevé sans consentement. Il prévoit aussi qu'une personne pourrait être interdite de territoire au Canada si elle a été impliquée dans le prélèvement forcé et le trafic d'organes.
    Le projet de loi S-204 est identique à l'ancien projet de loi S-240 qui avait été adopté à l'unanimité par la Chambre des communes pendant la dernière législature. Le projet de loi S-204 a déjà été adopté à l'unanimité au Sénat deux fois, toujours dans une forme identique.
    Il ne manque qu'une seule étape: que la Chambre adopte ce projet de loi pendant la législature actuelle, afin que nous puissions enfin appliquer ces mesures essentielles en vue de contrer le prélèvement forcé et le trafic d'organes, une pratique horrible.

Questions au Feuilleton

[Français]

Recours au Règlement

Une expression utilisée pendant la période des questions orales — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
    Je souhaite faire une déclaration concernant une expression utilisée récemment pendant la période des questions orales qui a fait l'objet de multiples rappels au Règlement.
    Comme les députés le savent, le Règlement ne peut être invoqué pendant les questions orales, il doit plutôt être invoqué à la fin de la période des questions. Bien qu'il puisse être difficile pour la présidence de rendre des décisions sur-le-champ concernant les propos tenus durant les échanges rapides, le Président peut intervenir au besoin, particulièrement en situation de désordre ou lorsqu'un langage non parlementaire est utilisé.
     Après le rappel au Règlement soulevé le 12 mai par le leader à la Chambre de l'opposition officielle, je me suis engagé à examiner la transcription et à faire part de ma décision à la Chambre.

  (1015)  

[Traduction]

     Le leader parlementaire de l'opposition a fait valoir que le premier ministre n’avait pas respecté les usages parlementaires en utilisant l’expression « indui[re] délibérément les Canadiens en erreur » pour décrire la position du caucus de l’opposition officielle. Il a signalé que l’utilisation des expressions de ce genre avait été jugée non parlementaire dans le passé. En effet, des expressions semblables ont déjà fait l’objet d’objections.

[Français]

     À la page 624 de la troisième édition de La procédure et les usages de la Chambre des communes, il est écrit:
    Lorsqu'il doit décider si des propos sont non parlementaires, le Président tient compte du ton, de la manière et de l'intention du député qui les a prononcés, de la personne à qui ils s'adressaient, du degré de provocation et, ce qui est plus important, du désordre éventuel qu'ils ont causés à la Chambre. […] Même si une expression peut être considérée comme acceptable, selon le Président, il faut se garder d'utiliser toute expression qui pourrait semer le désordre à la Chambre.
     Il est aussi écrit, à la même page, un élément d’information particulièrement important en l'espèce:
    Les expressions qui sont considérées comme non parlementaires lorsqu'elles s'appliquent à un député ne sont pas toujours considérées de la sorte lorsqu'elles s'appliquent de manière générale ou à un parti.

[Traduction]

    Cela dit, les propos tenus le 12 mai ne visaient pas un individu en particulier. Toutefois, il n’est pas utile que les députés fassent des accusations en utilisant des termes incendiaires. Cela ne fait que susciter une réponse du même genre et ne sert qu’à abaisser le niveau de nos délibérations. La présidence a souvent rappelé aux députés qu’ils devaient faire preuve de respect dans leurs échanges et maintenir un certain degré de civilité. Il est possible d’être en désaccord, et même d’être fermement en désaccord, sur des questions d’intérêt public sans recourir à des accusations de malhonnêteté ou à des insultes.
    À l’approche de l’ajournement d’été, j’encourage fortement tous les députés à trouver des façons plus judicieuses d’exprimer leurs désaccords et à ne pas recourir [à] la rhétorique.
    Je remercie les députés pour leur collaboration à cet égard.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je vous remercie de votre décision, mais je souligne que lorsque des questions semblables ont été soulevées par le passé, les députés ont parfois choisi de s'excuser afin d'éviter à la présidence d'avoir à rendre une décision.
    De toute évidence, le premier ministre a choisi de ne pas le faire. Allez-vous demander au premier ministre de présenter de telles excuses à la Chambre avant de pouvoir prendre part aux délibérations dans cette enceinte?
    Pas pour le moment.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, vous semblez avoir déjà pris une décision à cet effet.
    Je tiens à rappeler aux députés que lors des débats, les émotions sont parfois à fleur de peau, et les mots fusent. La ligne est extrêmement mince entre respecter les usages parlementaires et viser des groupes ou des personnes. Malgré tout, je pense avoir été clair à ce sujet auparavant: quand les députés lancent quelque chose, ils doivent s'attendre à recevoir une réplique. Ce n'est pas toujours facile de se retenir lors d'une intervention dans cette enceinte; parfois, les mots ont une portée qui dépasse notre pensée. J'exhorte tous les députés à faire preuve de prudence dans le choix de leurs paroles.

  (1020)  

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je tiens à vous remercier d'avoir su maintenir le calme à la Chambre. La session a été très tendue. J'estime que vous avez fait de l'excellent travail jusqu'à maintenant. Je suis certain que vous me laisserez une certaine marge de manœuvre à l'avenir si je m'écarte du sujet, même si j'essaie de m'en tenir à l'essentiel chaque jour.
    Les occupants du fauteuil font appel à leur jugement éclairé quand ils examinent ce qui se passe à la Chambre. J'ai pleinement confiance en leurs capacités et j'espère que les députés ont confiance dans les miennes.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Français]

Loi no 1 d'exécution du budget de 2021

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 11 mai, de la motion portant que le projet de loi C-30, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 19 avril 2021 et mettant en œuvre d'autres mesures, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
     Monsieur le Président, j'ai le plaisir d'intervenir aujourd'hui sur le projet de loi C-30, mettant en œuvre certaines mesures relatives au budget de 2021.
    Comme on le sait, c'est un projet de loi mammouth qui est extrêmement dense et qui comporte une foule de mesures. Nous appuyons sans hésiter certaines de ces mesures, dont nous jugeons favorablement la mise en œuvre même si nous votons contre le budget.
    Cette partie du projet de loi prévoit la prolongation jusqu'en septembre prochain des programmes d'aide visant la COVID-19, qui sont essentiels, bien qu'imparfaits. Je pense notamment à la Subvention salariale d'urgence du Canada et à la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer, sur lesquelles comptent plusieurs entreprises qui ont été grandement éprouvées au cours de la dernière année. Quand on sait à quel point la prévisibilité est importante en affaires, on ne peut que se réjouir que les entrepreneuses et entrepreneurs aient une idée claire des programmes dont elles et ils pourront bénéficier dans les prochains mois, même si la prolongation de ces derniers s'accompagne d'une baisse progressive des montants accordés.
    Il y a cependant une petite particularité: le projet de loi accorde au ministre des Finances le pouvoir de prolonger les programmes jusqu'au 30 novembre 2021 par règlement, sans avoir à passer par le processus législatif. Je ne crois pas errer en pensant et en affirmant — sans trop de risques — que cette mesure est conçue comme une police d'assurance au cas où la Chambre serait dissoute pour des élections à l'automne, l'empêchant d'adopter une loi qui prolongerait la Subvention salariale au-delà du 27 septembre 2021. Je laisse mes collègues en déduire la date à laquelle le gouvernement s'attend que la Chambre reprenne ses travaux.
    Nous saluons notamment le fait que le projet de loi C-30 permette à un ou une contribuable de ne pas payer d'impôt sur l'aide gouvernementale que cette personne a remboursée, plutôt que de payer l'impôt dans l'année où elle reçoit son chèque et d'obtenir un crédit dans l'année où elle rembourse le montant, comme c'est présentement le cas. Ainsi, les personnes qui viennent de remplir leur déclaration de revenus de 2020 risquent de payer de l'impôt sur les montants reçus en vertu de la Prestation canadienne d'urgence. Même si le gouvernement leur a demandé de rembourser ces montants, le projet de loi C-30 prévoit que les remboursements effectués cette année rendent non imposables les chèques reçus l’an dernier.
    Une autre bonne nouvelle est la création d’un programme de subvention à l’embauche, qui sera en vigueur du 6 juin au 20 novembre 2021. Ce programme est destiné aux entreprises qui redémarrent leurs activités et embauchent ou réembauchent des employés. Je salue aussi l’introduction — enfin! — de l’imposition de la taxe sur les produits et services sur les achats effectués sur Internet et les locations d'Airbnb, qui mettra ainsi fin à une concurrence déloyale que nous dénoncions vivement.
    Je souligne également le nouveau programme pancanadien de services de garde, bien qu'il illustre une tendance lourde, celle de l'ingérence et de la centralisation fédérales. Heureusement, il est fait mention de la possibilité d'une entente asymétrique avec le Québec, dont l'énoncé budgétaire fédéral mentionne et vante à de multiples reprises le système de garderies. Il faudra toutefois s'assurer que cette entente se traduira par une compensation complète et sans condition du Québec pour sa part du coût total du programme. Parce que ce gouvernement fédéral aime s'ingérer dans des domaines qui ne le regardent pas, je tiens ici à rappeler que les politiques familiales et tous les programmes qui en découlent relèvent d'une compétence exclusivement québécoise.
    Enfin, le projet de loi C-30 prévoit le versement d'un montant unique d'un peu plus de 130 millions de dollars au gouvernement du Québec afin d'harmoniser le Régime québécois d'assurance parentale avec la Loi sur l'assurance-emploi. Puisque les critères d'accessibilité à l'assurance-emploi et la durée des prestations ont été temporairement bonifiés, le Québec a un droit de retrait avec compensation financière pour ce qui est des prestations de maternité et parentales.
    Toutefois, le projet de loi C-30 jette également les bases d'un régime canadien de réglementation des valeurs mobilières, auquel le Bloc québécois et le Québec s'opposent fermement. Quand on constate l'augmentation considérable du budget accordée au Bureau de transition canadien en valeurs mobilières pour en accélérer les travaux, il n'est pas exagéré d'affirmer qu'Ottawa veut dépouiller le Québec de son secteur financier. Il faut rappeler que le Bureau a été mis sur pied en 2009 et vise à établir à Toronto une autorité unique pancanadienne de réglementation des valeurs mobilières. Le projet de loi C-30 autorise le gouvernement à y verser jusqu'à concurrence de 119,5 millions de dollars, ou même davantage si le Parlement adopte une loi de crédits.

  (1025)  

    Bien que la Cour suprême ait plusieurs fois jugé que les valeurs mobilières ne relevaient pas du fédéral, Ottawa a finalement obtenu le feu vert, en 2018, pour s'ingérer dans le domaine, pourvu qu'il n'agisse pas unilatéralement ou qu'il accepte de coopérer avec les provinces. C'est là où l'histoire nous invite à la prudence.
    Le projet canadien d'établir à Toronto un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières se traduirait inévitablement par un glissement des activités de réglementation à l'extérieur du Québec. Il est notable de constater une unanimité rarement vue contre ce projet au Québec. Tous les partis politiques de l'Assemblée nationale, les milieux d'affaires, le secteur financier et les fonds des travailleurs sont contre ce projet. La liste de ceux qui se sont prononcés farouchement contre cette initiative est impressionnante: la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Finance Montréal, le Centre financier international, le Mouvement Desjardins, le Fonds de solidarité FTQ et la plupart des entreprises québécoises, dont Air Transat, Transcontinental, Québecor, Metro, La Capitale, Molson et j'en passe.
    Ce projet est néfaste et ne doit pas voir le jour. Ce n'est pas qu'un conflit de territoire ou un nouvel épisode de chicanes entre le fédéral et les provinces, contrairement à l'argument des députés de l'autre côté de la Chambre, c'est un combat entre Bay Street et le Québec, tout simplement. C'est une attaque contre le maintien de nos sièges sociaux et la préservation de nos entreprises.
    La préservation au Québec de la réglementation du secteur assure une proximité des décideurs qui permet notamment l'accès au marché des capitaux pour les entreprises. Une autorité des marchés financiers québécoise forte est une condition essentielle au développement et à la vitalité du secteur financier. C'est un secteur qui représente 150 000 emplois, chez nous, au Québec, et une contribution de 20 milliards de dollars au PIB. On parle de 6,3 %. C'est un secteur qui compte sur la 13e place financière de la planète, Montréal.
    Une place financière forte est indispensable au fonctionnement de nos sièges sociaux et à la préservation de nos entreprises. Il est en effet su que les entreprises concentrent leurs activités stratégiques, notamment en recherche-développement, à l'endroit où est situé leur siège social. Ce nouvel assaut contre les compétences du Québec risquerait de nous faire prendre le chemin de l'économie de succursale, au détriment de l'Ontario.
    Ce potentiel exode de sièges sociaux risquerait d'avoir de graves conséquences sur tous les plans de notre économie, puisque les entreprises québécoises tendent à favoriser les fournisseurs québécois, ce qui n'est pas le cas des entreprises étrangères présentes sur le territoire. Ces dernières s'appuient davantage sur les chaînes d'approvisionnement globalisées. L'on peut deviner l'impact sur notre réseau de PME, en particulier en région. Comme on l'a vu avec la pandémie, les chaînes d'approvisionnement globalisées sont fragiles et nous rendent extrêmement dépendants de l'étranger. Nous allons continuer à nous battre sans relâche contre ce projet de centralisation du secteur financier à Toronto.
    Nous continuons également à dénoncer que le gouvernement ignore les demandes de l'Assemblée nationale et des provinces en refusant d'augmenter les transferts en santé de 22 % à 35 %. Ce faisant, comme on le sait, il fait fi de la volonté de la Chambre des communes, puisqu'une motion du Bloc demandant au gouvernement d'augmenter de façon considérable et durable les transferts canadiens aux provinces a été adoptée en décembre dernier.
     Il aurait pourtant été possible de profiter du fait que le déficit annoncé dans le budget de 2021 est moins élevé que prévu, avec 28 milliards de dollars en moins, soit exactement le montant que le Québec et les provinces réclament. Avec la perspective d'un train de dépenses colossales, le gouvernement, par son refus, fait un choix politique au détriment de la santé de tous plutôt qu'un choix budgétaire.
    Il aura fallu attendre longtemps, mais le projet de loi C-30 reprend finalement l'engagement du gouvernement actuel à la campagne électorale de 2019 d'augmenter la pension de la Sécurité de la vieillesse de seulement 766 $ par année ou de 63,8 $ par mois, à partir de 75 ans seulement. Cette augmentation aura lieu en 2022, et elle est insuffisante, tant pour les aînés que pour le Bloc québécois.
    En conclusion, nous allons voter en faveur du projet de loi, parce que nous ne voulons pas priver les aînés de 75 ans et plus de ce chèque. Nous ne voulons pas priver les entreprises et les travailleurs des programmes d'aide qu'ils attendent, mais nous allons continuer à nous battre pour que toutes les couches de la société québécoise puissent avoir leur juste part dans un futur budget plus juste.

  (1030)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, le mois dernier, l'indice des prix à la consommation était de 3,4 %, ce qui dépasse les cibles historiques de 0 à 2 % ainsi que la cible transitoire de 3 %.
     Selon mon collègue, le budget contribue-t-il à alimenter ou à réduire l'inflation? Une hausse de l'inflation — qui se produira, à mon avis — serait-elle bonne pour ses concitoyens?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
    J'avoue ne pas avoir perçu de question précise. De façon générale, il me demandait si les dépenses actuelles allaient contribuer à l'inflation ou à la consommation, bref si c'est un budget de relance. J'en déduis que c'est à peu près le sens de sa question.
    Les dépenses publiques sont généralement ce qui a créé de vraies relances. Bien sûr, il ne faut pas investir partout, mais dans toute l'histoire des crises, de ce type de moment de tourmente, il a fallu des programmes ambitieux de dépenses publiques. Nous n'apprécions pas l'ensemble des dépenses qui s'y trouvent, mais nous n'avons pas d'opposition de principe à l'idée de dépenses publiques.
    On sait aussi que plusieurs de ces programmes d'aide vont disparaître dans les prochains temps, lorsque cette crise sera passée. On n'aura donc pas à se creuser la tête pour savoir où couper, parce que plusieurs programmes disparaîtront automatiquement.

[Traduction]

    Madame la Présidente, avec le projet de loi d'exécution du budget, le gouvernement a reconnu la grande importance d'investir dans les Canadiens dans les périodes très difficiles. Au bout du compte, ce que nous aimerions voir, c'est un cheminement vers une économie plus forte et plus saine parce que nous avons investi dans les Canadiens de l'ensemble du pays au cours de la pandémie.
    Le député peut-il nous dire ce qu'il pense de l'importance pour le gouvernement du Canada de travailler avec les autres ordres de gouvernement afin de réussir le mieux possible la relance de l'économie?

[Français]

    Madame la Présidente, je ne peux très certainement pas être contre le fait que le gouvernement fédéral travaille avec les autres ordres de gouvernement, loin de là.
    Le problème, c'est qu'on se heurte à une pléthore de programmes centralisateurs de structure. On est en train de tisser une véritable toile d'araignée pour préparer une grande invasion des compétences, alors que la non-augmentation des transferts en santé fera que le Québec et d'autres provinces seront tout simplement ingouvernables prochainement.
    Je n'appelle pas cela travailler avec les autres ordres de gouvernement.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Saint-Hyacinthe—Bagot.
    Je veux poser une question plus générale. Il s'agit de la question de la compétence de la province du Québec. Le Québec est en avance par rapport à tout le reste du Canada. Il y a 13 ans, nous avons eu la possibilité d'adopter une loi pour interdire l'utilisation partout au Canada des pesticides qui sont carcinogènes.
    Le Bloc québécois a bloqué ce projet de loi dans un Parlement minoritaire en disant que c'était une intrusion dans les responsabilités provinciales. Or, il existe plusieurs autres questions comme celle-là pour lesquelles les compétences sont mélangées.
    Je veux donc demander ce qui suit à mon collègue: ne serait-il pas mieux d'avoir des projets de loi qui visent une meilleure santé pour la population et la protection de l'environnement?

  (1035)  

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question, à laquelle elle a elle-même répondu, d'une certaine façon.
    Bien que je n'y étais pas il y a 13 ans, elle a rappelé que s'il y a intrusion, il y a intrusion. Il faut la refuser et la rejeter sans équivoque, dans tous les cas.
    À bien des égards, les lois du Québec sont extrêmement avancées, beaucoup plus que celles du reste du Canada. Le Québec est un chef de file en matière environnementale, bien qu'on puisse toujours faire mieux.
    En ce sens, si on met en place de tels programmes et de telles lois, il faut toujours qu'il y ait un droit de retrait. Il faut que le Québec, qui est en avance sur la plupart de ces questions, puisse avoir sa juste part et réutiliser ces sommes pour aller encore plus loin à l'égard d'autres aspects au lieu de payer pour quelque chose qui va en deçà de là où il est lui-même.
    Madame la Présidente, c'est un plaisir d'avoir l'occasion de contribuer au débat sur le projet de loi C-30, Loi no 1 d'exécution du budget de 2021. Le budget reflète la période sans précédent dans laquelle nous nous trouvons.
    Depuis plus d'un an, les membres de la communauté de Vaudreuil—Soulanges, les Canadiens et les Canadiennes de partout au pays et des milliards de personnes dans le monde ont vu leur vie bouleversée par la COVID-19. Plusieurs ont perdu des proches. Des écoles, des garderies et des entreprises ont dû fermer. Des familles ont été touchées par des mises à pied temporaires et à long terme.
    La magnitude de la situation ne peut être sous-estimée. En effet, il s'agit de la pire crise sanitaire et économique que le Canada et l'humanité aient connue depuis des générations. Notre gouvernement libéral avait donc besoin de présenter un budget qui reflète cette réalité, et le budget 2021 remplit ce rôle.
    C'est un budget important qui se concentre sur trois objectifs principaux: terminer la lutte contre la COVID-19 et continuer à soutenir les familles et les entreprises pendant la pandémie, investir dans la reprise et la croissance économiques à court et à long termes et, finalement, se tourner vers l'avenir grâce à des investissements visant à bâtir un Canada plus propre, plus sûr, plus fort et plus prospère, soit le Canada que nous voulons laisser à nos enfants et à nos petits-enfants.
    Concernant nos investissements pour terminer la lutte contre la COVID-19, je vais commencer par parler des investissements dans les vaccins, plus précisément de notre capacité à produire des vaccins au Canada dans le futur.
    La COVID-19 a souligné l'importance que le Canada retrouve sa capacité de production de vaccins perdue au cours des quarante dernières années. Le budget 2021 prévoit un total de 2,2 milliards de dollars sur sept ans pour le rétablissement d'un secteur national dynamique des sciences de la vie. Ce montant inclut un investissement déjà annoncé de 170 millions de dollars pour l'expansion d'un centre de production de vaccins à Montréal. Ces investissements, et d'autres à venir, permettront au Canada de produire les vaccins contre la COVID-19 et d'autres vaccins dont les Canadiens pourraient avoir besoin en raison de futures menaces biologiques.

[Traduction]

    Alors que nous continuons de lutter contre la pandémie, de nombreux secteurs de notre économie restent fermés ou fonctionnent à capacité réduite, à cause des restrictions sanitaires provinciales, si bien qu’un grand nombre des habitants de ma circonscription, Vaudreuil—Soulanges, sont au chômage ou ont vu fondre leurs revenus.
    Pour qu’ils puissent continuer à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, le budget de 2021 propose de prolonger les aides financières accordées aux particuliers pendant la pandémie pendant encore 12 semaines, jusqu’en septembre 2021. Il s’agit de la Prestation canadienne de la relance économique, dont le montant va diminuer progressivement; de la Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants; de la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique; et des prestations d’assurance-emploi qui sont assouplies pendant encore un an, jusqu’à l’automne 2022. Cela va permettre à mes concitoyens de Vaudreuil—Soulanges, qui sont encore durement touchés par la pandémie, y compris les artistes, les propriétaires de restaurants, les exploitants d'entreprises touristiques, les travailleurs du secteur de l'aviation et j’en passe, de recevoir l’aide dont ils ont besoin pour traverser cette période difficile.

  (1040)  

[Français]

    De plus, nous avons prolongé les prestations pour les propriétaires de petites entreprises. Le budget 2021 assure que la Subvention salariale d'urgence du Canada, qui a aidé plus de 5,3 millions de Canadiens, sera prolongée jusqu'au 25 septembre 2021.
    La Subvention d'urgence du Canada pour le loyer, qui a déjà aidé plus de 154 000 organismes, sera prolongée de juin au 25 septembre 2021.
    En ce qui concerne le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, qui a aidé plus de 850 000 petites entreprises canadiennes, le remboursement du prêt est toujours dû le 31 décembre 2022, mais le délai des demandes de prestations sera prolongé jusqu'au 30 juin 2021.
    Pour les aider à rouvrir, nous avons inclus, dans le budget de 2021, plusieurs nouveaux programmes, incluant le programme d'embauche pour la relance économique du Canada, qui vise à subventionner une partie des coûts supplémentaires supportés par les employeurs lors de la réouverture.
    L'objectif est d'aider les employeurs qui continuent à enregistrer des baisses de revenus par rapport à avant la pandémie. Le programme sera disponible pour les employés du 6 juin au 20 novembre 2021.

[Traduction]

    Le budget de 2021 prévoit également de prolonger l’application d’un programme de soutien aux travailleurs qui bénéficiera assurément aux centaines de milliers de Canadiens qui, au cours des prochaines années, risqueront d’être atteints d’une maladie susceptible de les obliger à cesser temporairement de travailler. Je veux parler des prestations de maladie de l’assurance-emploi, qui sont prolongées de 15 à 26 semaines. J’ai moi-même dû affronter un cancer, et je sais combien il est important, pendant et après la chimiothérapie, de pouvoir accorder le temps nécessaire à son bien-être, sa santé mentale et sa convalescence.
    Le budget de 2021 alloue 3 milliards de dollars sur cinq ans pour respecter la promesse que nous avons faite en 2019 de rallonger la durée de ces prestations de près de trois mois. Cela permettra, chaque année, à environ 169 000 Canadiens de disposer de plus de temps et de plus de flexibilité pour se rétablir avant de retourner au travail.

[Français]

    En effet, le prolongement des programmes de soutien pour les familles, les travailleurs et les entrepreneurs jusqu'en septembre 2021 est vital pour la santé et la sécurité de plusieurs familles et entreprises de Vaudreuil—Soulanges.
    Nous avons promis à tous les Canadiens et à toutes les Canadiennes que nous serions là pour eux durant la pandémie, et c'est ce que nous faisons avec notre budget de 2021.
    Nous avons aussi promis à nos aînés que nous serions là pour les aider. Depuis 2016, notre gouvernement a travaillé fort pour le faire. Nous avons déjà augmenté le soutien pour 900 000 aînés les plus vulnérables de partout au Canada, mis de l'avant des investissements historiques dans les logements abordables et investi des milliards de dollars dans les soins de santé mentale.
    Dans le budget de 2021, nous continuons sur la même voie en offrant un paiement unique de 500 $ pour les aînés de 75 ans et plus en août 2021, ainsi qu'une augmentation des paiements de la pension de la Sécurité de la vieillesse de 10 % à partir de juillet 2022 pour les personnes âgées de 75 ans et plus.
    Nous avons aussi investi plus de 3 milliards de dollars pour améliorer les soins de longue durée et 3,8 milliards de dollars pour construire 35 000 logements abordables de plus pour les aînés du Canada.

[Traduction]

    Aux jeunes Canadiens qui s’inquiètent de leurs perspectives professionnelles pendant les mois et les années qui viennent, le budget de 2021 offre des stages et des programmes de perfectionnement des compétences pour faciliter leur entrée sur le marché du travail. Cela comprend un crédit de 721 millions de dollars pour mettre les jeunes en lien avec des employeurs susceptibles de leur offrir plus de 100 000 nouveaux emplois de qualité, ainsi qu’un investissement record de 4 milliards de dollars pour un programme canadien d’adoption du numérique qui permettra d’aider 160 000 entreprises à se lancer dans le commerce électronique et à créer, ce faisant, 28 000 nouveaux emplois pour les jeunes Canadiens.
    Le budget propose également d’investir 708 millions de dollars sur cinq ans dans la création de 85 000 stages d’apprentissage intégré au travail et 470 millions dans la création d’un nouveau service qui aidera plus de 55 000 apprentis de première année dans les métiers de la construction ou de la fabrication désignés Sceau rouge.
    Enfin, le budget prévoit un investissement supplémentaire de 371 millions de dollars dans le programme Emplois d’été Canada en 2022 et en 2023, ce qui permettra de financer environ 75 000 nouveaux stages rien que pendant l’été 2022.
    De plus, pour répondre aux répercussions de la pandémie sur la santé mentale, le budget de 2021 propose, dans le cadre d’un investissement global de 1 milliard de dollars pour la santé mentale des Canadiens, de consacrer 100 millions de dollars sur trois ans à des programmes de santé mentale novateurs à l’intention des populations particulièrement touchées par la COVID-19, notamment les travailleurs de la santé, les travailleurs de première ligne, les jeunes, les personnes âgées, les Autochtones et les Canadiens noirs et racisés.
    Enfin, le budget de 2021 prévoit des sommes sans précédent pour la protection et la préservation de la nature et pour la lutte contre les changements climatiques. Dans le but de permettre au Canada d'atteindre l'objectif ambitieux de protéger 25 % de ses espaces naturels d'ici 2025, le budget de 2021 inclut une somme de 4 milliards de dollars dans des projets de conservation à petite et grande échelle et une somme de 3,16 milliards de dollars pour planter deux milliards d'arbres au Canada d'ici 2030. Afin d'aider le Canada non seulement à atteindre les cibles de l'Accord de Paris, mais aussi à les dépasser, le budget de 2021 prévoit une somme de 8 milliards de dollars dans l'accélérateur net zéro, qui vise à favoriser les technologies vertes et les énergies renouvelables et à créer ainsi des emplois bien rémunérés.
    Le gouvernement consacre également 1,5 milliard de dollars à l'achat de 5 000 autobus électriques pour le transport des écoliers et le transport en commun, ce qui contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à assainir l'air et à réduire la pollution par le bruit dans les collectivités. De plus, pour aider les circonscriptions comme la mienne, Vaudreuil—Soulanges, qui ont déjà commencé à subir les conséquences des changements climatiques et connu deux inondations records au cours des quatre dernières années seulement, le budget de 2021 renforcera la résistance aux changements climatiques en allouant 640 millions de dollars au Fonds d'adaptation et d'atténuation en matière de catastrophes pour des projets à petite échelle dont les coûts d'infrastructure admissibles se situent entre 1 et 20 millions de dollars. Pour les circonscriptions comme la mienne, qui comptent de petites municipalités, ce changement sera très bénéfique.

  (1045)  

[Français]

    Cela dit, j'encourage fortement tous les députés de la Chambre à appuyer les mesures proposées dans le budget de 2021 et dans le projet de loi C-30. Ces mesures nous permettront...
    Le temps de parole de l'honorable député est écoulé.

[Traduction]

    Nous passons aux questions et aux observations. La députée de Cloverdale—Langley City a la parole.
    Madame la Présidente, la semaine dernière, des représentants de Restaurants Canada ont déclaré au Comité permanent des finances que la moitié des restaurants risquent de fermer leurs portes si les subventions sont réduites trop tôt.
    La grande majorité des entreprises de services alimentaires fonctionnent à perte ou arrivent à peine à équilibrer les comptes depuis le début de la pandémie. Près de la moitié perdent constamment de l'argent depuis plus d'un an maintenant. Ces entreprises comptent sur la subvention salariale et la subvention pour le loyer pour les aider à joindre les deux bouts jusqu'à ce que les restrictions visant les restaurants soient levées et qu'elles puissent réellement reprendre leurs activités sans aide d'urgence. Pourquoi ce budget libéral ne contient-il toujours pas de programme ciblé pour ce secteur essentiel qu'est celui de la restauration?
    Madame la Présidente, tous les restaurateurs à qui j'ai parlé m'ont dit être extrêmement reconnaissants pour la subvention salariale et la subvention pour le loyer. Ils m'ont dit que, sans ces mesures de soutien, ils auraient déjà mis la clé sous la porte.
    Je suis très heureux de voir que le budget de 2021 prévoit que ces programmes se poursuivront cet été. La ministre des Finances pourra ainsi réévaluer la situation en septembre et décider de la nécessité de les prolonger plus longtemps, jusqu'en novembre. Ce budget contient des mesures pour les restaurateurs et d'autres petits entrepreneurs de ma circonscription, Vaudreuil—Soulanges, et du reste du pays.

[Français]

    Madame la Présidente, je félicite mon collègue pour son discours.
    Il a parlé des 2 milliards d'arbres que son gouvernement avait promis de planter d'ici 2030, et cela m'a un peu fait sourire. En effet, nous sommes presque deux ans plus tard et, à ma connaissance, pas un seul de ces arbres n'a été planté jusqu'à maintenant par le gouvernement.
    D'une part, j'aurais envie de demander à mon collègue s'il existe des études sur les essences d'arbres qu'ils entendent planter, parce que, pour en planter 2 milliards, il faudrait quand même s'y prendre un peu d'avance.
    D'autre part, j'aimerais savoir si mon collègue est plutôt d'accord pour qu'on mette en valeur l'industrie forestière au sujet de laquelle mes collègues de Jonquière et de Lac-Saint-Jean ont déposé un rapport extrêmement détaillé et intéressant. Il serait peut-être plus rentable et encore meilleur pour l'environnement de le consulter, plutôt que de planter ainsi 2 milliards d'arbres d'ici les huit prochaines années.
    Bref, j'aimerais entendre les commentaires de mon collègue sur cette question nébuleuse de la part de son gouvernement.
    Madame la Présidente, je remercie mon honorable collègue de sa question.
    Je suis 100 % d'accord sur le fait que nous avons besoin d'un plan multidimensionnel pour lutter contre les changements climatiques. C'est ce dont nous nous sommes dotés.
     Notre plan historique de 3,16 milliards de dollars comprend notamment la plantation de 2 milliards d'arbres et nous aidera non seulement à atteindre nos cibles de l'Accord de Paris, mais à les dépasser, tout en laissant à nos enfants un Canada plus sain et un héritage positif pour les générations futures.

  (1050)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, le budget de 2021 ne contient rien au sujet des soins dentaires. Il ne prévoit rien pour s'attaquer à l'usage des paradis fiscaux. Le député a parlé de l'urgence climatique, mais le budget ne contient aucune mesure visant à mettre fin aux subventions pour les combustibles fossiles. C'est inquiétant, car on se demande qui va payer la note. Ce ne sont certainement pas les grandes pétrolières ou les multinationales. Ce sont les contribuables.
    Pourquoi le fardeau de la dette va-t-il incomber aux contribuables plutôt qu'aux grandes pétrolières et aux multinationales?
    Madame la Présidente, j'aimerais apporter quelques précisions. Premièrement, nous sommes toujours déterminés à éliminer progressivement les subventions pour les combustibles fossiles d'ici 2025 et nous avons déjà réussi à en éliminer huit. Le budget prévoit de nombreuses mesures en matière de changements climatiques. En fait, il prévoit les plus grosses sommes jamais affectées à la réduction des émissions de gaz à effet de serre par le gouvernement du Canada, de toute l'histoire du pays.
    Le plan qui a été dévoilé par le ministre de l'Environnement et du Changement climatique en décembre dernier montre très clairement comment les sommes prévues et la collaboration avec les provinces et les territoires vont nous permettre non seulement d'atteindre les cibles de l'Accord de Paris, mais de les dépasser. C'est quelque chose qui me rend très fier pour mes enfants, les enfants de mes enfants et toutes les générations futures de Canadiens.
    Madame la Présidente, au cours du débat sur le projet de loi C-30, toutes sortes de points de vue ont été exprimés. Un grand nombre de mes collègues conservateurs se sont inquiétés, avec raison, de l’ampleur du déficit et de la dette que le gouvernement est en train d’accumuler, et de l’incidence que cette dette aura sur les générations futures. Ils ont judicieusement démontré que, même si la ministre des Finances décrit son budget comme un plan de création d’emplois, de croissance et de résilience, celui-ci est terriblement loin de représenter un réel plan de croissance économique et de création d’emplois pour les Canadiens.
    L’un de mes collègues a tiré la sonnette d’alarme quant aux mesures inflationnistes d’emprunt et de dépenses annoncées par le gouvernement et à leur incidence sur le quotidien des Canadiens, lorsqu’ils paient leur facture d'épicerie ou qu'ils essaient d'acheter une maison. Il est indéniable que le gouvernement actuel s’est révélé particulièrement doué pour convaincre les Canadiens qu’il a tenu ses promesses mirobolantes dans les dossiers prioritaires de l’Internet en milieu rural, des infrastructures et du logement. Toutefois, en l’absence de résultats concrets, force est de constater qu'il s'agit, au pire, d'une trahison des Canadiens qui avaient investi le premier ministre de leur confiance, ou, au mieux, des beaux discours bassement complaisants d’un homme dont l'expérience de vie ne le destinait à rien d'autre qu'à devenir une vedette.
    Même si tous ces dossiers sont importants et méritent que le gouvernement s’y attaque enfin, j’ai l’intention aujourd’hui de me concentrer sur ce qui semble être l'élément phare du budget de la ministre des Finances: un programme national de garderies. Il est indéniable que la création d’un système abordable de garde d'enfants et d’éducation préscolaire est un investissement judicieux dans notre économie qui est susceptible d’aider les Canadiens à réaliser leur plein potentiel sur le marché du travail. Personnellement, je pense qu’un système respectueux des choix des parents quant à l’option qui leur convient le mieux est de loin préférable à un programme gouvernemental massif qui, soit dit en passant, coûtera 30 milliards de dollars sur les cinq prochaines années, et à peu près 9 milliards de dollars par an par la suite. Cette proposition est un autre exemple flagrant de la volonté du gouvernement fédéral de s’immiscer dans une compétence des provinces sans pour autant donner à ces dernières les crédits dont elles ont besoin pour financer un programme qui, pour la plupart d’entre elles, est bien au-dessus de leurs moyens.
    Voici un bref rappel historique de faits qui, j’en suis sûr, nous sont tous familiers. L’une des principales raisons pour lesquelles l’Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick se sont fédérés pour former le Dominion du Canada en 1867, c’était la volonté de financer la voie ferrée transcontinentale et de construire un marché commun qui multiplierait les débouchés économiques des provinces et atténuerait l’impact des politiques économiques délétères des États-Unis. Le nouveau gouvernement fédéral s’est également vu confier la responsabilité de stabiliser les finances publiques. C’était là l’une des premières questions à l’ordre du jour, en 1867, lorsque le nouveau Dominion du Canada a décidé de prendre à son compte 72,1 millions de dollars des 88,6 millions de dollars de dettes accumulées par les provinces.
    L’Acte de l’Amérique du Nord britannique a attribué au gouvernement fédéral les dépenses liées au peuplement, à la construction et à la défense du nouveau pays, tandis que les gouvernements provinciaux se sont vu confier la responsabilité des services moins coûteux comme l’éducation, les hôpitaux et les institutions municipales. Malgré cette hiérarchie des responsabilités, les provinces se sont retrouvées, peu après la création de la Confédération, face à des dépenses plus élevées que leurs recettes. Cela a conduit à la création d’une subvention du gouvernement fédéral aux provinces, qui représentait 80 cents par habitant et qui, avec les autres transferts concernant certaines lois, coûtait au trésor fédéral environ 2,8 millions de dollars, soit plus de 16 % des dépenses fédérales. Le Canada était endetté donc dès sa création, et le gouvernement national a été chargé, en partie, de gérer cette dette.
    Passons rapidement sur les années de la Première Guerre mondiale, de la Grande Dépression et de la Seconde Guerre mondiale, pendant lesquelles le gouvernement fédéral a massivement emprunté pour développer l’économie, gagner une première guerre, relancer l’économie et gagner une autre guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, la croissance économique a été exponentielle, tout comme le niveau d’intervention du gouvernement dans la vie quotidienne des Canadiens. De nouveaux programmes ont été mis en place par le gouvernement fédéral, notamment l’assurance-chômage en 1940, les allocations familiales en 1945, la sécurité de la vieillesse en 1952, le Régime de pensions du Canada en 1965 et le Supplément de revenu garanti en 1967. Pendant cette période, la subvention du gouvernement fédéral aux provinces a évolué, pour aboutir à l’adoption, en 1957, de la Loi sur les arrangements fiscaux entre le gouvernement fédéral et les provinces, le gouvernement fédéral souhaitant mettre en œuvre des programmes sanitaires et sociaux à l’échelle nationale et en partager les coûts avec les provinces à hauteur de 50 %.
    C’est ainsi qu’on s’est retrouvés, dans les années 1970, avec un système extrêmement complexe de partage des coûts entre le gouvernement fédéral et les provinces pour financer l’expansion des programmes de santé, d’éducation et de sécurité du revenu. Tout cela, ainsi qu’un programme de péréquation pour les provinces les plus pauvres, était financé par la dette, qui était elle-même financée par une économie en pleine croissance. Mais en 1973, alors que l’économie donnait déjà des signes de ralentissement et que l’inflation s’aggravait, le quadruplement des prix du pétrole a provoqué un véritable choc. La dette du pays s’est accélérée, sans que cela s’accompagne d’une croissance économique suffisante.

  (1055)  

    Les taux d’intérêt ont grimpé en flèche, le taux de chômage a explosé et le Canada s’est retrouvé dans une situation difficile. Même si la réforme fiscale des années 1980, la signature de l’accord de libre-échange canado-américain et la déréglementation de secteurs importants de l’économie ont contribué à doper la croissance économique, le Canada s’est retrouvé, dans les années 1990, face à une crise budgétaire, le service de la dette coûtant de plus en plus cher et la croissance économique ne suffisant pas à le financer. Entre 1995 et 1997, le gouvernement Chrétien s’est vu obligé de réduire considérablement ses dépenses pour sauver les finances du Canada. À ce moment-là, le gouvernement a réduit de près de 10 % ses dépenses de programmes et de 22 % ses transferts aux provinces.
    Bien que le déséquilibre budgétaire de notre Confédération existe depuis le début, l’expansion du gouvernement fédéral et ses interventions dans les zones de compétence provinciale ont aggravé ce déséquilibre. Comme le gouvernement fédéral n’a jamais vraiment tenu les engagements qu’il avait pris au départ auprès des provinces, la crise de la dette a atteint son point d’orgue dans les années 1990, lorsque le gouvernement fédéral a décidé de résoudre ses problèmes de dette en abandonnant les provinces et les municipalités. En 2007, les finances fédérales étant désormais sous contrôle, on a créé une nouvelle formule pour augmenter les transferts aux provinces, mais pas assez pour répondre aux demandes des services provinciaux que le gouvernement fédéral avait aidé à créer et pour lesquels il s’était engagé à payer la moitié des coûts.
    Dans son plus récent Rapport sur la viabilité financière, le directeur parlementaire du budget affirme que « les administrations infranationales connaîtront une augmentation toujours plus grande de leurs dépenses en santé ». Il ajoute: « Pour l’ensemble des administrations infranationales, la politique budgétaire actuelle n’est pas viable à long terme. Nous estimons qu’il faudrait augmenter les impôts et les taxes ou réduire les dépenses de l’ordre de 0,8 % du PIB [...], et ce de façon permanente, pour stabiliser à long terme le ratio consolidé de la dette au PIB des administrations infranationales à son niveau actuel, soit 25,7 % du PIB. »
    Dans son rapport sur le budget de 2021, le directeur parlementaire du budget craint que les mesures de stimulation de 100 milliards de dollars ne soient mal calibrées, c'est-à-dire qu'elles pourraient bien être superflues étant donné la reprise qu’on connaît en ce moment, et il met en garde le gouvernement de continuer à emprunter au risque d’épuiser sa marge de manœuvre financière à moyen et à long terme.
    Bon nombre de gouvernements provinciaux sont surendettés alors que le gouvernement fédéral continue d’emprunter et de dépenser à tort et à travers, tout en réitérant sa volonté d’assumer sa part du financement des programmes provinciaux, comme les programmes de santé. Maintenant, le gouvernement fédéral propose d’ajouter un nouveau programme de garderies au bilan des provinces, en leur promettant d’en payer la moitié des coûts.
    Comment les premiers ministres provinciaux peuvent-ils faire confiance au gouvernement en ce qui concerne cette dernière promesse, tandis que les promesses non tenues dans le passé représentent une menace pour l’avenir financier de presque toutes les provinces au pays? Il est évident que Georg Hegel, un philosophe allemand, avait raison lorsqu’il a écrit que « ce qu’enseignent l’expérience et l’histoire, c’est que peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire et n’ont jamais agi suivant les maximes qu’on aurait pu en tirer ».
    Ce budget est un buffet de dépenses, payées au prix de dettes massives et conçues pour perpétuer les promesses du gouvernement visant à faire plaisir à tout le monde. Le gouvernement ne fait pas qu’ignorer les difficultés financières des provinces, des difficultés découlant, en partie, de l’ingérence fédérale. Le budget de 2021 cherche à accroître encore plus la dette des provinces.
    Nous avons besoin d’un véritable plan pour gérer la dette publique et faire des investissements stratégiques qui permettront de stimuler une véritable croissance économique créatrice d'emplois. Nous avons besoin d’un plan qui rétablira l’équilibre fiscal de notre Confédération. Le fait de rétablir cet équilibre permettra de mieux préparer le trésor public fédéral à gérer les problèmes financiers à venir, à stimuler l’économie et à bâtir un Canada plus fort et plus prospère.

  (1100)  

    Madame la Présidente, je trouve fascinant que les conservateurs soient prêts à miser sur l’inflation, alors que les économistes semblent être partagés sur la question, même s’il s’agit d’une question dont on devrait se soucier et à laquelle il faudrait porter attention. En effet, la dernière personne nommée à la Banque du Canada par le gouvernement Harper a indiqué que les mesures prises par le présent gouvernement sont importantes et devraient pouvoir être mises en œuvre d’une manière responsable. Si seulement les conservateurs accordaient ce type d’attention aux scientifiques et croyaient 97 % des scientifiques lorsqu’ils parlent de changements climatiques, mais je m’écarte du sujet.
    Je me demande si le député pourrait nous dire pourquoi il est si certain que l’inflation va être un problème important, puisque les économistes semblent, actuellement, être divisés sur la question, et que certaines données probantes indiquent que nous pourrions connaître des difficultés passagères, qui ne dureront pas nécessairement longtemps.
    Madame la Présidente, il semble que le député de Kingston et les Îles s’écarte constamment du sujet.
    Je voudrais souligner que l’inflation augmente déjà. Il s’agit d’une menace dont on nous a déjà avertis. Le gouvernement doit y réfléchir d’une manière prudente. Il y a toutefois des gens comme le député de Kingston et les Îles qui déclarent qu’il ne faut pas s’inquiéter, que tout va bien. Je ne pense pas qu’il s’agit d’un plan judicieux ou stratégique.
    J'invoque le Règlement, madame la Présidente. Le député affirme que j'ai dit « pas de problème, tout va bien », ce que je n'ai jamais dit.
    C'est une question à débattre. Le député pourra la soulever durant la période des questions et des observations s'il le souhaite.

[Français]

    Nous reprenons les questions et les observations.
    L'honorable député de Longueuil—Saint-Hubert a la parole.
    Madame la Présidente, le discours de nos amis conservateurs est souvent axé sur les déficits. Pourtant, il est quand même un peu troublant de constater que de nombreuses questions importantes et dramatiques relativement à la crise ne sont pas soulevées dans ce budget.
    Par exemple, durant la dernière semaine de relâche, j'ai parlé à plusieurs aînés qui sont très fâchés parce que les personnes de moins de 75 ans ont été délaissées par le gouvernement.
    Il y a aussi une crise du logement qui sévit au Québec en ce moment. Selon le budget, un peu d'argent sera saupoudré, mais la Fédération canadienne des municipalités demandait 7 milliards de dollars de réinvestissement dans un programme de logement.
    De plus, alors que nous vivons une crise sanitaire, il n'y a eu aucun transfert en santé. Pourtant, l'Assemblée nationale du Québec l'a demandé unanimement et tous les premiers ministres provinciaux du Canada veulent un investissement massif en santé, mais c'est absent.
    Comment mon collègue ferait-il face à cette crise?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député soulève de très bonnes questions. Je suis particulièrement d'accord avec lui pour affirmer que le gouvernement fédéral se défile lorsqu'il s'agit de résoudre le problème des transferts en santé, problème qui perdure depuis la création de l'assurance-maladie universelle.
    Le meilleur moyen de régler le problème serait d'élire un gouvernement conservateur qui nettoierait le gâchis que les libéraux perpétuent.

  (1105)  

    Madame la Présidente, 58 % des jeunes ressentent les effets néfastes de la pandémie. C'est ce qui explique que le NPD réclame l'élimination de la partie fédérale de la dette des étudiants, jusqu'à concurrence de 20 000 $ par étudiant.
    Le député peut-il nous dire s'il appuie la réduction de la partie fédérale de la dette des étudiants ou s'il préférerait que le gouvernement fédéral fasse des profits sur le dos des jeunes?
    Madame la Présidente, je remercie la députée de cette question piège.
    À vrai dire, il s'agit d'un autre exemple qui montre que le gouvernement fédéral n'a jamais respecté les promesses qu'il a faites aux provinces quant à l'éducation postsecondaire. Il est sage d'investir dans la jeunesse, mais, encore une fois, le véritable problème, c'est que le gouvernement fédéral s'ingère et qu'il ne respecte pas ses engagements envers les provinces.
    La meilleure façon de régler ce problème — qui n'est peut-être pas flamboyante et qui ne permet peut-être pas d'acheter des votes — consiste à corriger les déséquilibres fiscaux et structurels qu'on retrouve dans la Confédération. Voilà comment nous pourrions régler ce problème, de même que tous les autres.
    Madame la Présidente, je suis heureuse de pouvoir me joindre à tous mes collègues de la Chambre, même si c’est en mode virtuel puisque je suis dans ma circonscription, Edmonton Strathcona.
    Nous discutons aujourd’hui du projet de loi C-30 et du budget que le gouvernement libéral a présenté. Je vais commencer par parler de ce qui me plaît dans ce budget.
    Je suis ravie qu’on propose la création d’un programme national de garderies. C'est une mesure que le NPD réclame depuis des décennies, et il est fantastique de voir que les libéraux nous ont enfin écoutés. Ce n’est pas nous seulement qu’ils ont écoutés: ce sont les représentants de la Banque Royale, des chambres de commerce de tout le pays, des associations pour un système de garderies et des gouvernements provinciaux qui réclamaient la mise en œuvre d’un système national de garderies. Ils se rendaient compte que, s'il n'y avait pas un vrai système de garderies, il n'y aurait pas de relance économique pour un grand nombre de familles de travailleurs, et que cette relance économique serait bien timide, surtout pour les femmes, ce qui provoquerait ce qu’on appelle la « récession au féminin ». Je suis donc ravie qu’on propose un programme de garderies.
    Je crains bien sûr que ce ne soit qu’une promesse qui ne se concrétisera jamais, car nous savons que le gouvernement fait souvent des promesses qu’il ne tient pas. Je vais par conséquent veiller, avec mes collègues du NPD, à ce que ce ne soit pas seulement une promesse électorale et que le gouvernement libéral va bien lui donner une suite.
    Je crains également que le gouvernement n’ait pas fait tout ce qu’il faut auprès des gouvernements provinciaux pour s’assurer qu’ils vont prendre cela au sérieux et qu’ils vont mettre en place ce programme. Comme les députés le savent, je viens de l’Alberta, et Jason Kenney a déjà dit qu’il avait des réserves quant à la mise en œuvre d’un programme de garderies. Je sais que les femmes et les familles de travailleurs de ma province ont désespérément besoin de cela. Je vais donc surveiller de près ce dossier.
    Nous nous sommes bien sûr réjouis de l’établissement d’un salaire fédéral minimum de 15 $ l’heure. En 2015, Justin Trudeau avait publiquement critiqué une proposition du NPD à cet effet, et nous nous félicitons que ce soit aujourd’hui prévu dans le budget.
    Je vais maintenant parler des lacunes du projet de loi C-30 et du budget fédéral de 2021, et plus précisément de leur impact sur ma circonscription d’Edmonton Strathcona.
    Les députés savent que ma circonscription d’Edmonton Strathcona est absolument incroyable. C’est le cœur d’Edmonton. Le centre-ville est peut-être le cerveau de la ville, mais Edmonton Strathcona en est le cœur. C’est le cœur de la communauté artistique, et l’on y trouve un grand nombre de petits commerces et de restaurants. Elle accueille également tous les meilleurs festivals: l’Edmonton Folk Music Festival, le Fringe Festival, le Heritage Day, et j’en passe. Ma circonscription abrite également un grand nombre d’établissements d'enseignement postsecondaire de l’Alberta, notamment le Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, l'Université King's et le campus Souch de l'Institut de technologie du Nord de l'Alberta.
    Quand je lis le budget, je pense à l’impact qu’il aura sur les électeurs de ma circonscription, et je vais commencer par les étudiants de niveau postsecondaire.
    Comme je l’ai dit, Edmonton Strathcona abrite un grand nombre d’établissements d'enseignement postsecondaire, et de nombreux étudiants, professeurs et parents habitent dans ma circonscription. Ils redoutent que l’éducation postsecondaire devienne inaccessible, car elle coûte tellement cher qu’elle finit par être réservée aux élites et aux plus fortunés.
    J’ai parlé avec des étudiantes de la faculté de droit de l’Université de l’Alberta, Mia et Suzanne, que la situation inquiète beaucoup. Elles se demandent si les jeunes vont pouvoir se permettre d’aller à l’université et ce qui va arriver lorsque seuls les plus fortunés pourront se le permettre. Elles sont très préoccupées par le niveau d’endettement croissant des étudiants, ce qui entrave leur capacité à acheter un logement, à fonder une famille ou à embrasser une carrière.

  (1110)  

    En novembre 2020, j’ai présenté une motion demandant au gouvernement d’imposer immédiatement un moratoire sur le remboursement des prêts étudiants. La Chambre s’est prononcée à l’unanimité en faveur de cette motion, mais depuis, il ne s’est rien passé. Aucun moratoire n’a été mis en place. Les étudiants sont toujours censés rembourser leur prêt en pleine pandémie, période extrêmement difficile pour les jeunes étudiants et les nouveaux diplômés.
    Nous savons que 58 % des jeunes ont vu leur situation financière durement touchée par la pandémie. Au lieu de laisser les étudiants s’endetter davantage, nous avons demandé au gouvernement de réduire leur dette et même d’éliminer 20 000 $ de dette par étudiant. Le groupe N'oubliez pas les étudiants et la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants ont demandé au gouvernement d’en faire plus. Le budget ne vient pas assez en aide aux étudiants de niveau postsecondaire et aux récents diplômés, et c’est un gros problème pour moi, pour ma circonscription et pour les étudiants de tout le pays.
    Il y a une autre chose que nous voulions vraiment voir dans ce projet de loi, et je suis très déçue que nous ne la voyions pas, d’autant plus que nous sommes en plein milieu d’une pandémie mondiale. Ce projet de loi ne fait rien pour nous procurer le soutien dont nous avons besoin pendant une pandémie mondiale. Il n’est aucunement question d'assurance-médicaments, de soins dentaires, ni d'un soutien supplémentaire pour les soins de santé mentale.
    Les Canadiens attendent l’assurance-médicaments depuis plus de 60 ans. Elle permettrait de faire en sorte que les médicaments dont ils ont besoin soient inclus dans notre système de soins de santé. Il y a 23 ans, les libéraux ont promis pour la première fois aux Canadiens un programme national d’assurance-médicaments. Ils ont répété cette promesse à maintes reprises, mais ne l'ont jamais réalisée. En fait, récemment, le Parti libéral a voté contre un projet de loi proposé par le NPD sur l’assurance-médicaments et, bien sûr, rien dans ce budget ne nous donne l’impression qu’elle se dessine à l’horizon.
    Nous avons eu cinq commissions publiques sur l’assurance-médicaments. Toutes les études, y compris le rapport Hoskins des libéraux en 2019, ont affirmé que les Canadiens avaient besoin d’un régime d’assurance-médicaments, que ce régime permettrait d’économiser de l’argent et que nous avions cette obligation, surtout en cas de pandémie mondiale. Malheureusement, cela ne fait pas partie de ce que nous avons vu dans ce projet de loi.
    Bien que nous ayons été heureux de constater qu’il y avait une légère augmentation du montant de la Sécurité de la vieillesse pour les personnes âgées de plus de 75 ans, il est très inquiétant de constater que cette augmentation n’aidera pas toutes les personnes âgées. Il s’agit d’une somme dérisoire, qui n’est pas suffisante pour permettre aux aînés de sortir de la pauvreté et de survivre à cette pandémie. Nous avons vu des montants massifs d’argent aller au soutien de centres de soins de longue durée à but lucratif. Au lieu de donner l’argent à nos aînés pour les aider, nous voyons cet argent aller chez les riches.
    J’ai dit que je parlerai des répercussions dans ma circonscription d’Edmonton Strathcona, mais je veux parler très rapidement du développement international, de l’aide humanitaire et de la façon dont ce budget s’inscrit dans ce domaine.
    Un rapport produit par Coopération Canada, qui est un chef de file dans le travail de la société civile sur le développement international, a déclaré:
    La COVID-19 n’est pas une crise passagère. Elle exige un leadership politique et des investissements stratégiques pour rattraper les 25 années de progrès réalisés en matière de développement humain, perdues au cours des 25 premières semaines de la pandémie mondiale.
    Il y est dit aussi que ce budget est une occasion ratée de faire preuve d’un tel leadership. Les groupes qui fournissent une aide humanitaire dans le monde entier ont demandé 1 % dans ce budget, et ils n’ont pas obtenu ce soutien.
    Certains députés diront que l'assurance-médicaments, la garde d'enfants ainsi que le soutien aux aînés, au milieu artistique et à la communauté internationale sont toutes des mesures qui coûtent de l'argent. Ils nous demanderont d'où viendra cet argent. Voilà le principal problème dans ce projet de loi selon moi. Nous n'avons pas su saisir cette occasion de faire payer leur juste part aux bien nantis. Nous n'avons pas profité du budget pour veiller à ce que les ultrariches contribuent à la société canadienne et à la réalisation de ses priorités. Dans la circonscription que je représente, Edmonton Strathcona, des PDG ont eu recours au programme de subvention salariale pour mettre leurs employés en lock-out. Les ultrariches ont engrangé 78 milliards de dollars pendant la pandémie, mais il n'y a pas d'impôt sur la fortune. Aucune mesure ne prévoit mettre les riches à contribution afin de nous aider.
    Si je me réjouis de voir le gouvernement libéral se décider enfin à jeter les bases d'un programme national de garde d'enfants et de voir le salaire horaire minimum augmenté à 15 $, je suis par contre une fois de plus déçue de voir que les riches obtiennent un passe-droit, tandis qu'on refile la note aux Canadiens ordinaires.

  (1115)  

    Avant de passer aux questions et observations, je rappelle à la députée que, dans son intervention, elle a désigné le premier ministre par son nom. Je lui demanderais de désigner le premier ministre ou d'autres députés qui siègent à la Chambre des communes par le nom de leur circonscription ou le poste qu'ils occupent dans la hiérarchie parlementaire.
    Nous passons aux questions et observations. Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole.
    Madame la Présidente, quelques députés ont parlé de la bonification dont bénéficient les personnes de 75 ans et plus et de ce que le gouvernement avait promis. Lors de la campagne électorale fédérale de 2019, le chef du Parti libéral, actuellement premier ministre du Canada, s'était engagé à bonifier de 10 % les prestations de la Sécurité de la vieillesse pour les personnes de 75 ans et plus. Le gouvernement respecte maintenant cet engagement. Nous remplissons une promesse faite lors de la dernière campagne électorale.
    Dois-je maintenant en déduire que le NPD souscrit à cet engagement, et souhaiterait même que tous les aînés à compter de 65 ans — voire plus tôt — bénéficient d'une bonification de 10 % de ces prestations? Au Manitoba, pendant de nombreuses années, étaient considérées comme des aînés toutes les personnes de 65 ans et plus. Quelle est la position du NPD à cet égard? Si la députée pouvait donner un chiffre, ce serait utile.
    Madame la Présidente, je dois d'abord vous présenter des excuses. J'ai du mal à me rappeler que je ne dois pas désigner le premier ministre par son nom.
    Selon moi, la question soulevée aujourd'hui par le député est problématique parce qu'elle porte principalement sur les engagements pris par le gouvernement. Qu'en est-il de ceux qu'il n'a pas respectés? Qu'en est-il de l'engagement d'appuyer tous les aînés de 65 ans et plus? Qu'en est-il des étudiants? Qu'en est-il de l'engagement du gouvernement de procéder à une réforme électorale? Qu'en est-il de l'engagement du gouvernement de planter 2 millions d'arbres? Aucun de ces engagements n'a été respecté.
    Il ne semble pas si ambitieux d'atteindre ses objectifs quand on a placé la barre si bas. Pour être parfaitement honnête, je n'ai pas l'impression que le gouvernement a fait preuve d'une grande motivation.
    Madame la Présidente, le programme national de service de garde à 10 $ par jour des libéraux n'est pas fondé sur le revenu, ce qui signifie que nous verserions d'énormes prestations à des parents à revenu élevé au lieu de cibler ceux qui en ont le plus besoin. La députée est-elle déçue que nous ne tenions pas compte des besoins des mères à faible revenu qui travaillent?
    Madame la Présidente, la meilleure stratégie pour un plan national, c'est qu'il soit universel. En Alberta, l'ancienne première ministre Rachel Notley a instauré un plan de garderies à 25 $ par jour. Ce plan a connu un immense succès et il a contribué à réduire de moitié la pauvreté chez les enfants dans la province. Avec des services de garde universels qui sont offerts à toutes les familles de travailleurs, tout le monde en bénéficie. Tout le monde a des chances égales de réussir.
    Nous devons avoir un plan universel. Je ne pense pas que nous devrions cibler uniquement une partie de la population. Nous devrions faire en sorte d'avoir un plan national et que les enfants, qu'ils soient au Québec, en Alberta ou en Colombie-Britannique, aient tous accès à des services de garde de grande qualité.

  (1120)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai bien entendu le discours de ma collègue qui vante le mérite d'un engagement assez soutenu financièrement du gouvernement fédéral pour les services de garde à l'enfance, mais je suis assez étonnée de voir que l'on ne déplore pas plutôt l'idée que le fédéral s'ingère dans le champ de compétence des provinces.
    Au Québec, cela fait longtemps que nous avons un tel programme, et tant mieux si on s'en inspire. Néanmoins, pourquoi cela devrait-il être un programme qui vient d'Ottawa, et pas des provinces?
    J'aimerais vous entendre sur la question des travailleuses et des travailleurs, dont vous n'avez peut-être pas eu le temps de parler. Il n'y a pas d'engagement pour réformer de façon pérenne le régime de l'assurance-emploi, mais seulement des mesures temporaires.
    Qu'en pensez-vous?
     Je rappellerais à la députée d'adresser la parole à la présidence et non directement aux députés.

[Traduction]

    La députée d'Edmonton Strathcona peut donner une brève réponse.
    Madame la Présidente, si je disposais de deux ou trois heures, j'aurais certainement pu aborder plus d'aspects du budget. J'étais limitée dans le temps. Je peux dire aux députés que j'ai encore beaucoup de notes concernant les diverses modifications que nous aimerions apporter au régime d'assurance-emploi et aux congés de maladie.
    Pour répondre à la première question de la députée concernant les services de garde d'enfants et la compétence des provinces, ma collègue n'est peut-être pas sans savoir que, dans ma province, l'Alberta, le premier ministre ne fait pas un très bon travail depuis le début de la pandémie, notamment pour ce qui est de préparer la relance.
    Selon moi, le gouvernement fédéral doit intervenir et aider les provinces qui sont récalcitrantes à l'idée d'instaurer des programmes tels qu'un programme de services de garde, ou qui ont éliminé les programmes de services de garde qui existaient auparavant et refusent d'en mettre de nouveaux en place pour aider les nouvelles familles.
    Madame la Présidente, je suis heureux d’intervenir aujourd’hui pour parler du projet de loi C-30, la Loi d’exécution du budget.
    Le problème que pose le budget de 2021, c’est qu’il s’intéresse plus au sort politique du Parti libéral qu’à la reconstruction de l’économie après la pandémie. Moi, député conservateur de Langley—Aldergrove, je ne suis pas le seul à le dire. Kevin Lynch, l’ancien greffier du Conseil privé, aurait dit que le budget de 2021 constitue un transfert intergénérationnel de la dette et du risque sans précédent.
    Il a ajouté ceci:
    En tant que déclaration politique, il devrait produire des dividendes électoraux. En tant qu’énoncé économique, il favorise la consommation à court terme au détriment de l’investissement dans le secteur privé. Il saupoudre [...] des initiatives dans tous les sens, alourdit considérablement la dette fédérale et rate une occasion urgente de rétablir notre croissance à long terme après la pandémie.
    Le budget ne lui plaît pas, mais il plaît à d'autres. Le Centre canadien de politiques alternatives, un organisme de gauche, est tout sourire. Son économiste principal, David Macdonald, a conseillé à la ministre des Finances de ne pas tenir compte des craintes persistantes et inutiles liées aux paiements des intérêts fédéraux.
    Ces ennuyeux coûts du service de la dette sont les rabat-joie de la fête. Entendons-nous tout simplement sur le fait que le budget s’équilibrera de lui-même. C’est la théorie monétaire moderne à l’œuvre, et nous ne devrions pas nous étonner que cela vienne du Centre canadien de politiques alternatives gauchiste.
    Selon la théorie monétaire moderne, la dette et le déficit n’ont pas d’importance. Pourquoi en faire même le suivi s’ils n’ont aucune importance? La seule chose qui compte, c’est l’inflation, et tant que nous maîtrisons l’inflation, tout va bien aller. Les partisans de la théorie monétaire moderne nous diront que l’inflation est maîtrisée, qu’elle se situe plus ou moins dans la fourchette cible de 2 % de la Banque du Canada. Récemment, elle a augmenté un peu, et je suis heureux d’entendre la députée d’en face reconnaître qu’il y a au moins une divergence d’opinion sur la question de savoir si la hausse n’est que temporaire ou si elle est durable et profondément enracinée.
    Écoutons ce que les simples citoyens disent de l’inflation. En discutant avec de nombreux petits entrepreneurs de ma circonscription, Langley—Aldergrove, j’entends qu’ils doivent rivaliser pour convaincre de bons travailleurs de revenir au travail. Ils rivalisent les uns avec les autres, ce qui est bien sûr une bonne chose, mais ils ont aussi l’impression de rivaliser avec le gouvernement fédéral. On leur dit qu’ils devraient peut-être payer davantage leurs employés s'ils veulent qu’ils reviennent travailler. Pour eux, cela ressemble à de l’inflation salariale.
    J’ai parlé avec de jeunes familles, et elles sont nombreuses dans ma circonscription de Langley-Aldergrove, qui ont du mal à acheter une maison. Il y a en ce moment une crise de l’abordabilité des maisons. Ce n’est pas particulier à ma circonscription, encore que la vallée du bas Fraser, en Colombie-Britannique, semble être l’épicentre de cette crise.
    Que les députés s’imaginent une famille hypothétique qui a déterminé il y a 15 mois, au début de la pandémie, qu’elle devrait économiser une année de plus pour avoir la mise de fonds nécessaire à l'achat d'une première maison. Aujourd’hui, il faudrait à cette famille entre 100 000 $ et 150 000 $ de plus pour cette mise de fonds. Son objectif s'est éloigné. Les familles ont beau faire tous les efforts, se plier à toutes les règles, elles n’arrivent pas à suivre. Elles perdent du terrain. Si nous leur disons qu’il n’y a pas d’inflation, elles ne nous croiront pas.
    J’ai parlé avec des entrepreneurs du secteur de la construction domiciliaire. Si nous leur disons qu’il n’y a pas d’inflation, ils nous répondront que le prix du bois d’œuvre, du contre-plaqué, de l’acier, du béton et de tous les produits liés à la construction a augmenté. Les prix augmentent. Si nous leur disons qu’il n’y a pas d’inflation, ils ne nous croiront pas.
    Il me semble que nous pouvons nous entendre sur une chose avec les libéraux et avec les autres à la Chambre, à savoir que c’est par la croissance économique que nous combattrons l’inflation et qu’il faut veiller à ce que l’économie produise des biens et des services en quantités suffisantes pour répondre à la demande des consommateurs. Voilà la solution. Malheureusement, le budget qui nous est présenté ne va pas dans ce sens. Il rate la cible.

  (1125)  

    Le directeur parlementaire du budget souligne qu’une part importante des dépenses des libéraux dans ce budget ne stimulera pas l’emploi. Elle ne créera pas non plus de croissance économique. Ce budget se concentre sur la redistribution de la richesse, les emprunts et l’assouplissement quantitatif, mais il n’encourage pas l’investissement privé.
    Nous avons à de nombreuses occasions entendu les députés d’en face expliquer que même pendant les années Harper, les gouvernements conservateurs accumulaient les déficits. Évidemment, en période de crise, c’est exactement ce que doit faire un gouvernement central. Il dispose d’outils. Le financement par emprunt, l’assouplissement quantitatif, les incitations fiscales pour encourager plus d’investissements et même la planche à billets sont autant d’outils à la disposition d’un gouvernement central, qui doit les employer en temps de crise économique pour s’assurer qu’il y a des liquidités sur le marché. Nous sommes tous d’accord sur ce point. Là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur le moment où le gouvernement central doit mettre un coup d’accélérateur et sur celui où il doit lever le pied, sur le moment où il faut injecter des liquidités sur le marché et sur celui où il faut laisser l’entreprise privée prendre le relais.
    N’oubliez pas que le gouvernement fédéral n’a pas équilibré le budget même au cours d’une période faste, des quatre premières années de son mandat. Nous avions le plein emploi, de bonnes recettes publiques et une croissance solide de l’économie et pourtant, les budgets déficitaires se sont succédé. Je ne pense pas que les Canadiens ont confiance dans le gouvernement pour nous aider à traverser cette crise. Pour leur part, les conservateurs ont un excellent bilan en matière de gestion de l’économie canadienne en période de crise économique, la plus récente étant la crise financière mondiale de 2008 et 2009 dont le Canada est sorti plus fort que tout autre pays du G7.
    Les conservateurs d’aujourd’hui sont prêts, disposés et aptes à reprendre les rênes pour accomplir la tâche difficile de remettre notre économie sur les rails. Les libéraux se concentrent sur les politiques centrées sur Ottawa; nous nous concentrons sur l’investissement privé.
    Parlant de programmes centrés sur l’État, je vais me pencher brièvement sur la dernière version de la proposition d’un réseau universel de garderies à 10 $ par jour qui a été présentée dans le budget une fois de plus, comme elle l’a été à maintes reprises sur plusieurs années. Je vais citer le rapport d’une étude récente de Cardus, un groupe de réflexion. Voici, dans mes mots, ce qu’il a dit à propos du projet de réseau national de garderies: « Les normes du travail moderne, en particulier celui des mères qui travaillent, seront mal prises en compte par un réseau national de garderies ancré comme il l’est dans des propositions qui ont été faites pour la première fois dans les années 1970 ».
    Si nous avons appris une chose à propos du Canada et des Canadiens pendant cette crise de la COVID, c’est qu’ils sont résilients, créatifs, inventifs et qu’ils ont la fibre entrepreneuriale pour régler des problèmes. De nombreuses familles canadiennes ont saisi l’occasion offerte par cette crise de la COVID pour quitter les centres urbains en faveur de centres plus suburbains pour avoir une plus grande maison pour les enfants, un plus grand bureau à domicile, voire deux bureaux à domicile, un pour maman, un pour papa et peut-être même un troisième pour les enfants s’ils font leurs travaux scolaires à la maison. Nous devrions demander à ces familles ce qu’elles pensent d’une politique nationale d’un réseau centralisé de garderies mis sur pied par Ottawa-qui-sait-tout. Nous devrions leur demander ce qu’elles veulent.
    J’ai quelques suggestions, trois bonnes idées, et j’espère que les libéraux les accepteront. Premièrement, ils devraient prendre les milliards de dollars qu’ils comptent dépenser pour le réseau national de garderies et les donner directement aux familles pour leur permettre de faire ce qu’elles jugent le mieux pour elles. Deuxièmement, créons davantage de logements en encourageant les gouvernements provinciaux et les municipalités à accroître l’offre. Au lieu de jouer avec la demande, augmentons l’offre. Enfin, ils devraient prendre des mesures à propos de la large bande en milieu rural afin que nous puissions tous travailler efficacement de la maison.

  (1130)  

    Madame la Présidente, j'aurais pu deviner que ce raisonnement venait d'un conservateur même sans allumer mon écran.
    Je me demande ce que les conservateurs auraient fait pour les milliers de personnes qui ont perdu leur emploi ou qui sont sans travail à cause de cette pandémie. En ce qui concerne les femmes et les enfants, compte tenu de l'énorme pénurie de main-d'œuvre au Canada, des milliers de femmes aimeraient pouvoir entrer sur le marché du travail, mais elles n'ont pas accès à des services de garde adéquats.
    Qu'est-ce que mon collègue aurait à proposer si les conservateurs étaient au pouvoir pendant cette pandémie?
    Madame la Présidente, dans mes observations, j'ai dit que le Parti conservateur convient que le gouvernement fédéral doit intervenir en période de crise en assumant un déficit, en adoptant des mesures d'assouplissement quantitatif et en injectant des liquidités dans le marché pour stimuler l'économie et aider les familles, les travailleurs et les entreprises. Nous avons voté pour ces programmes lorsque le gouvernement libéral les a proposés. Nous nous sommes efforcés de les améliorer. Ces mesures ont été améliorées grâce à nos efforts.
    Madame la Présidente, la pandémie a mis en relief les lacunes du système de santé canadien, qu'il s'agisse de l'approvisionnement en vaccins, du nombre de ces derniers ou de la qualité des établissements de soins de longue durée. Les travailleurs de la santé et les aînés ont été particulièrement touchés par les conséquences directes du sous-financement chronique du système de santé attribuable aux gouvernements libéraux et conservateurs successifs. Or, le dernier budget ne prévoit aucune augmentation des transferts en santé.
    Le député peut-il parler de l'effet aggravant que le sous-financement du système de santé a eu sur la pandémie?

  (1135)  

    Madame la Présidente, le Parti conservateur considère également que le gouvernement fédéral a un rôle très important à jouer concernant le soutien des Canadiens les plus vulnérables, comme les aînés et les personnes qui ne profitent pas de la richesse de notre pays. Nous reconnaissons ce fait. Je suis d'accord avec la députée pour dire que le gouvernement actuel n'en a pas fait assez en ce qui a trait à la pandémie.
    Madame la Présidente, la semaine dernière, des représentants de Restaurants Canada sont venus témoigner devant le Comité permanent des finances. Ils ont mentionné que la moitié des restaurants risquent de fermer pour de bon si les subventions s'arrêtent trop tôt. Ils demandent au gouvernement de créer immédiatement un plan de sauvetage ciblant le secteur de la restauration et prévoyant notamment un report de l'élimination de la subvention pour le loyer et de la subvention salariale pour ce secteur.
     Pouvez-vous me dire ce que vous pensez de cette demande?
    Je rappelle à la députée qu'elle doit adresser ses questions et observations à la présidence et non à un autre député.
    Le député de Langley—Aldergrove a un peu moins d'une minute pour répondre.
    Madame la Présidente, comme ma collègue, je conviens que, à ce stade de la relance économique, nous devrions nous pencher sur des mesures d'aide ciblant certains secteurs en particulier.
    J'ai parlé des petites entreprises de ma circonscription qui avaient de la difficulté à trouver des employés. Il s'agit généralement d'entreprises dans les secteurs de la construction, de l'aménagement paysager et de l'agriculture qui peuvent se remettre au travail de façon sécuritaire. Elles peinent à embaucher des travailleurs. Je suis conscient que les restaurants dans la circonscription de ma collègue connaissent aussi des difficultés. Ces entreprises ont encore besoin d'aide, et j'appuie de telles mesures.
    Madame la Présidente, je suis heureux de pouvoir prendre la parole à la Chambre aujourd’hui. C’est toujours un honneur de le faire, surtout à une époque où nous fonctionnons virtuellement. C’est beaucoup mieux d’être à la Chambre pour parler.
    J’aimerais remercier mes collègues, le député de Parry Sound-Muskoka et le député de Langley-Aldergrove, pour leurs exposés d’aujourd’hui sur ce que nous estimons être important lorsqu’on parle du projet de loi d’exécution du budget.
    Historiquement, les gouvernements ont toujours eu trois sources de recettes: les impôts, les emprunts ou l’impression de monnaie. Ce processus existe depuis longtemps pour les gouvernements. Il y a 3 000 ans, les Égyptiens procédaient deux fois par an à une vaste collecte de céréales qu’ils pouvaient ensuite distribuer en période moins productive aux fonctionnaires ou aux classes inférieures. Les Incas avaient un système semblable dans les Amériques.
    Au fil du temps, les gouvernements ont imposé à leurs administrés une forme de paiement, qu’il s’agisse de marchandises, de monnaie ou même de servitude. L’autorité dirigeante décidait de l’utilisation de l’impôt recueilli. Dans l’histoire de ma famille, qui remonte à l’Écosse de 1207, il y avait un percepteur d’impôts. Cela fait partie de l’histoire de ma famille. La perception des impôts existe depuis des milliers d’années.
    En ce qui concerne les impôts, les gens peuvent payer, résister ou ne pas se conformer. Les pénalités pour non-conformité ont varié au fil du temps. Beaucoup d’entre nous se souviennent du Boston Tea Party et de la façon dont les colonies américaines ont résisté aux impôts.
    Depuis 1867, au Canada, l’impôt est fondé sur le commerce. C’était un type d’impôt reposant sur le commerce. En 1916, il y a eu un impôt sur les sociétés. En 1917, il y a eu une loi de guerre provisoire sur l’impôt sur le revenu, combinant l’impôt des sociétés et un nouvel impôt des particuliers qui devait être revu après la guerre, après la Première Guerre mondiale.
    Après la Seconde Guerre mondiale, en 1948, la loi provisoire a été remplacée par la Loi de l’impôt sur le revenu, le fondement de ce que nous avons aujourd’hui, qui devrait être entièrement jetée et refaite, car elle n’a été que bricolée au cours des 60 ou 70 dernières années.
    Les différents ordres de gouvernement au Canada ont une fiscalité. Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux peuvent accumuler des dettes, mais pas les municipalités. Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux sont très endettés, mais les municipalités ont trouvé le moyen de survivre sans créer cette dette à long terme.
    Pendant deux années civiles, nous avons eu un aperçu économique, une mise à jour économique d’automne, mais pas de budget. Enfin, les Canadiens pourront peut-être comprendre, d’eux-mêmes, ce que l’argent de leurs impôts va payer.
    Lorsqu'on imprimait encore des annuaires téléphoniques, il y a quelques années, ils étaient parfois utilisés comme sièges d’appoint pour permettre aux enfants d’atteindre le dessus de la table à l’heure du souper. On n'imprime plus beaucoup d'annuaires téléphoniques de nos jours, mais avec ses 724 pages, ce budget pourrait être un substitut approprié. Il comporte 724 pages bourrées de promesses libérales, des promesses qui ajouteront à la dette fédérale de plus de 1 200 milliards de dollars. C’est une excellente tactique pour s’assurer que les Canadiens ne le lisent jamais, tant il est long et compliqué.
    En fait, nous avons déjà entendu dire que le premier ministre actuel a davantage contribué à la dette que tous les autres premiers ministres avant lui réunis. C’est un bien triste exploit. J’ai écouté les libéraux vanter leurs réalisations, et on dirait presque qu’ils font des discours d’acceptation pour un Oscar. Ce n’est peut-être pas le prix que bon nombre de mes électeurs aimeraient leur remettre pour ce budget, un budget où 100 milliards de dollars, pas des millions, mais bien des milliards de dollars, ne sont pas justifiés. Mais qu’importent quelques milliards entre amis.
    C’est l’argent des contribuables. J’entends souvent le premier ministre dire: « Nous prendrons cette dette sur nos épaules. » C’est l’argent des contribuables et la dette des contribuables, et ce sera la dette de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Est-ce de l’argent imprimé par milliards toutes les semaines dont le gouvernement a dépendu? Cette théorie monétaire moderne est intéressante: imprimer tout l’argent qu’on veut et ne pas se soucier de la dette. Cela ne fonctionne pas pour les administrations municipales ni pour les particuliers, alors pourquoi cela devrait-il fonctionner pour le gouvernement fédéral?
    Cette idée n’est pas nouvelle. Les dépenses gouvernementales fondées sur un bien garanti, comme l’or, sont vieilles de plusieurs siècles. Toutefois, ce principe a été perturbé à quelques reprises à l’époque également, lorsqu’il y a parfois eu un excédent d’or.

  (1140)  

    On a commencé à utiliser le papier-monnaie comme titre de valeur permettant aux gouvernements de remplacer la monnaie en métaux précieux, mais elle était garantie par des métaux précieux, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Lorsque les gouvernements produisent des quantités importantes de papier-monnaie sans garantie ni confiance dans la monnaie, que se passe-t-il?
    Bon nombre d’entre nous ont entendu l’histoire de l’Allemagne des années 1920. Il y avait une hyperinflation et des dépenses accélérées à mesure que la valeur baissait. Une brouette d’argent permettait d'acheter une miche de pain un jour, mais pas le lendemain. La Grande Dépression a donné naissance à des titres boursiers sans valeur. Plus récemment, il y a eu la dépression bancaire de 2008. La Grèce, le Venezuela et d’autres pays ont simplement imprimé de plus gros chiffres sur leurs billets de banque, mais ils n’avaient toujours pas de valeur.
    Que fait le gouvernement libéral avec ce budget? S’il poursuit sur cette lancée, d’ici 2026, le Canada aura dépensé 39 milliards de dollars uniquement pour le service de la dette. C’est plus que les 8,3 milliards de dollars pour les services de garde d’enfants, que les 25,6 milliards de dollars pour les prestations d’assurance-emploi, et que les 27 milliards de dollars pour l’Allocation canadienne pour enfants, qui sont tous des programmes prévus dans ce budget.
    Nous devons faire une introspection et nous demander d’où vient cet argent. Il est généré sous forme de chiffres sur un écran, puis imprimé sur du papier coûteux, ou sur des billets en plastique de nos jours, un autre produit du secteur des ressources. Le gouvernement imprimera plus d’argent qu’il n’en recevra des contribuables canadiens. N’est-ce pas une recette pour un désastre? Je sais ce qu'en pensent les habitants de ma circonscription, et ce n’est pas joli.
    Que promet le gouvernement aux Canadiens? J’ai entendu parler de nombreux programmes gouvernementaux, mais qu’est-ce qui fait tourner l’économie malgré ces dépenses incroyables dans les programmes gouvernementaux et l’augmentation du nombre de fonctionnaires? Le secteur privé ne construit-il pas l’économie en produisant des services et des produits de valeur? Il emploie des gens pour ce faire. Les entreprises et les employés paient ensuite des impôts qui soutiennent les besoins de la société.
    Les programmes gouvernementaux construisent-ils l’économie à partir de l’argent imprimé? Cela n’a pas fonctionné dans d’autres pays ni dans l’histoire. Chaque personne au Canada doit maintenant en moyenne 33 000 $ en dette fédérale. Le gouvernement libéral veut-il que les gens en dépendent au lieu d’avoir un emploi rémunéré? J’espère que non, mais ce budget va-t-il dans ce sens?
    Les Canadiens et les générations futures devront supporter le fardeau du gouvernement qui a doublé la dette nationale, et pour quoi? J’ai hâte que les députés m’interrogent sur les programmes gouvernementaux. Qu’en est-il de la rubrique de la relance de 100 milliards de dollars dans le budget? S’agit-il de plus d’emplois gouvernementaux?
    Je parle en pensant aux gens de ma circonscription. Ce sont des gens qui travaillent dur, qui n’ont pas froid aux yeux et qui sont motivés par les résultats. Veulent-ils un budget avec des cadeaux? Non. Il y a des gens incroyablement intelligents, novateurs et travailleurs dans ma circonscription et dans tout ce grand pays qui sont prêts à investir dans des entreprises et à embaucher des gens dynamiques pour produire des services ou des produits qui sont valorisés. Le gouvernement cherche-t-il à faire cela avec ce budget? Les habitants de ma circonscription en doutent. Si le gouvernement se concentrait autant sur le retour au travail des Canadiens que sur le marketing et les slogans, les habitants de ma circonscription s’en porteraient mieux.
    Ici, les parlementaires doivent respecter certaines règles de procédure et de conduite. Il me serait impossible de transmettre fidèlement les sentiments des habitants de ma circonscription en utilisant leurs propres mots. Je me ferais réprimander et je serais certainement obligé de retirer mes propos.
    Tous les partis ont accepté de prendre des mesures temporaires pour remédier aux difficultés de gestion des travaux de la Chambre, mais depuis, même si nous avons adopté de nouvelles méthodes pour représenter les Canadiens à la Chambre, nous sommes plus dysfonctionnels que jamais. Bien que cette nouvelle méthode en ligne ait été simplifiée, il a fallu des mois de bricolage technique fastidieux. Rien ne pourra remplacer la capacité de regarder un collègue dans les yeux et parler de nos électeurs.
    Les promesses de dépenses n’ont jamais été aussi élevées et il n’existe aucun plan pour équilibrer le budget. Des générations de Canadiens vont faire les frais des promesses du gouvernement libéral. L’effet boule de neige de cette pandémie sur chaque secteur de l’économie, sur chaque moment de notre vie ne sera pas facilement oublié. Je me souviens des taux d’intérêt de 20 % sur mon hypothèque, et c’était une réponse à l’inflation des années 1970. Les députés peuvent-ils imaginer ce que cela ferait à l'hypothèque de mes concitoyens aujourd’hui?
    L’avenir du Canada ne repose pas sur un slogan, une campagne ou même un seul parti politique, mais sur la détermination de notre peuple à travailler, à innover et à prospérer.

  (1145)  

[Français]

    L'honorable député de Rosemont—La Petite-Patrie souhaite invoquer le Règlement.
    Madame la Présidente, j'écoutais le discours de mon collègue avec attention. À un moment donné, j'ai remarqué que, contrairement au Règlement qui permet de porter des fleurs ou de petites épinglettes pour souligner des journées spéciales dans notre pays, mon collègue portait un macaron sur lequel se trouve un slogan.
    J'aimerais savoir si le Règlement de la Chambre des communes a changé, parce que j'ai aussi quelques macarons que je pourrais porter à l'occasion.
    Je remercie le député de son rappel au Règlement.

[Traduction]

    Comme le député de Bow River le sait très bien, puisque la question a été soulevée à de nombreuses reprises, il est interdit de porter des macarons à la Chambre des communes. Je lui demande d'enlever le macaron afin que nous puissions passer aux questions et observations.
    Le député souhaite parler du rappel au Règlement.
    Madame la Présidente, s'il y a une question, je vais y répondre.
    Un rappel au Règlement a été fait concernant le macaron que porte le député et sur lequel figure un message. Je demande respectueusement au député de retirer son macaron, car, comme il le sait très bien, cela va à l'encontre des protocoles de la Chambre. Je demande au député d'enlever son macaron, puis nous passerons aux questions et observations.
    Madame la Présidente, cela s'applique-t-il à tout ce que les gens pourraient porter à la Chambre qui n'est pas leur...
    Comme le sait le député, il y a des exceptions qui permettent de souligner des jours ou des événements précis à la Chambre, comme dans le cas des fleurs envoyées par la Société canadienne de la sclérose en plaques, que nous portons tous. Sur le macaron du député, par contre, on peut lire un message bien précis qui ne fait pas l'unanimité.
    Le député sait fort bien que ce point a déjà été soulevé par le passé. Je lui demande donc de bien vouloir enlever son macaron pour que nous puissions passer aux questions et aux observations.
    Madame la Présidente, il s'agit d'un macaron qui affirme une chose à laquelle, personnellement...

  (1150)  

    Le député de Kingston et les Îles invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, le député semble profiter du fait que nous soulevons une question de procédure pour faire valoir encore plus la position politique affichée sur le macaron qu'il porte.
    Soit il se conforme au Règlement de la Chambre que vous êtes en train d'appliquer, soit il quitte cette enceinte. Je vous invite à ne pas le laisser poursuivre ses tentatives de prôner la position qu'il cherche à prôner avec ce macaron.
    Je demande aux autres députés de ne pas intervenir dans la conversation, à moins que la parole ne leur soit accordée. La question a été soulevée à maintes reprises auprès du député et d'autres députés également. Je le prie donc de bien vouloir enlever le macaron afin que nous puissions poursuivre le débat.
    Madame la Présidente, dois-je aussi enlever l'autre épinglette que je porte?
    Non, seulement celle qui porte un message très clair indiquant la position du parti.
    Je remercie le député.
    Passons aux questions et observations. Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, le député a longuement parlé d'inflation. Selon le député conservateur qui est intervenu avant lui, les conservateurs n'accusent un déficit que lorsque le gouvernement a besoin de mesures de relance. Je trouve cela fascinant, car 14 des 16 budgets présentés par Stephen Harper et Brian Mulroney étaient déficitaires. Cela me force à conclure que les temps étaient extrêmement durs et que nous étions constamment en période de récession et de difficultés économiques à l'époque de Stephen Harper et de Brian Mulroney.
    Le député pourrait-il énoncer les raisons pour lesquelles les temps étaient si durs à l'époque de ces deux premiers ministres?
    Madame la Présidente, pour répondre à mon collègue, aux côtés duquel j'ai siégé pendant de nombreuses années au sein du comité de l'environnement de la Chambre, je dirai que l'une de nos difficultés, et il en parle, c'est que nous faisons beaucoup plus de choses quand nous sommes présents en personne. En présentiel, au comité ou ici, nous sommes en mesure de faire beaucoup plus de choses et de travailler sur beaucoup plus de dossiers. Je répondrai donc aux commentaires qu'il vient de faire que nous aurions pu réfléchir à beaucoup plus de choses si nous avions été ici en personne. Cette organisation à distance ne nous permet pas d'avoir beaucoup de bonnes discussions, comme celles que j'ai eues avec le député auparavant.

[Français]

    Madame la Présidente, hier soir, j'ai eu une discussion avec une jeune fille extrêmement brillante, ma fille de 10 ans, Lily Rose. Elle me demandait pourquoi il y avait des pays pauvres et des pays riches. En fait, elle me disait qu'elle nous trouvait bien chanceux, au Québec et au Canada, d'avoir les machines pour imprimer de l'argent quand on en manquait. J'ai trouvé cela très joli, mais, évidemment, cela venait d'une enfant de 10 ans. Des fois, j'ai l'impression que le gouvernement libéral gère un peu comme si nous avions ces fameuses machines à imprimer de l'argent. Or les adultes que nous sommes savons que ce n'est malheureusement pas le cas.
    La question que j'aimerais poser à mon collègue de Bow River est la suivante: nous sommes dans une situation où nous devons regarder vers l'avenir, investir solidement pour assurer notre avenir et faire en sorte que ma fille, dont je viens de parler, n'ait pas à porter le fardeau des dettes et des déficits qu'on accumule présentement à cause de la crise.
    Mon collègue ne serait-il pas d'accord pour dire qu'il serait temps d'investir dans des énergies du futur, les énergies durables, les énergies renouvelables, tel que le propose le Bloc québécois, par une transition vers les énergies renouvelables, et non pas un mouvement spontané?
     J'aimerais connaître l'opinion de mon collègue à ce sujet.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c'est l'une des choses que nous voudrions voir dans ce budget. Nous voudrions y voir des mesures à propos de l'avenir, de l'environnement, de la main-d'œuvre, de l'énergie et de ce que nous pouvons faire. J'ai vu, en Alberta, certains des projets novateurs les plus fantastiques qui soient portant sur différentes formes d'énergie. Le secteur des ressources albertain bouillonne d'idées géniales sur la manière de développer de nouvelles technologies et de concrétiser tout cela, mais il n'y a rien de tout cela dans le budget libéral.

  (1155)  

    Madame la Présidente, j'aimerais complimenter mon collègue pour sa très jolie cravate.
    Son discours portait principalement sur la responsabilité financière, c'est-à-dire sur l'importance de veiller à ce que les deniers publics soient dépensés sagement. Je suis d'accord avec lui à cet égard.
    Ce qui me préoccupe, c'est que certains des programmes pour lesquels nous dépensons comportent d'énormes lacunes. Dans ma circonscription par exemple, un employeur se sert de la subvention salariale pour payer des briseurs de grève plutôt que de négocier de bonne foi avec la section locale 146 du syndicat des chaudronniers.
    Le député trouve-t-il raisonnable que des employeurs qui ne négocient pas de bonne foi avec leurs travailleurs bénéficient de la subvention salariale?
    Madame la Présidente, évidemment, une reddition de comptes s'impose. C'est l'une des choses qui fait défaut dans toutes ces dépenses de deniers publics et tous ces programmes offerts.
    Non moins de 100 milliards de dollars de dépenses ne sont pas justifiées dans le budget. Les libéraux ont toutes sortes d'idées de dépenses. Voilà qui illustre le manque de reddition de comptes du gouvernement actuel.

[Français]

    Madame la Présidente, cela me fait toujours plaisir d'être présente à la Chambre.
    Bien sûr, quand je parle de chez moi, dans ma circonscription, c'est important. Or, quand je suis ici, je trouve que mes mots ont plus d'importance.

[Traduction]

    Je voudrais prendre un instant pour remercier ma concitoyenne, Paddy Bossert, de la très belle épinglette qu’elle m’a offerte. Elle et Dale Bossert soutiennent depuis un moment la circonscription de Calgary Midnapore. L’épinglette représente une plume et de l’encre, et elle dit que c’est parce que j’ai une belle écriture. Je ne crois pas que mes collaborateurs seraient de cet avis, mais je remercie néanmoins Mme Bossert de cette très belle épinglette que je porte à la Chambre aujourd’hui.
    J’étais à l’émission Alberta Primetime avec l’intervenante précédente, la députée d’Edmonton Strathcona, et j’y ai cité deux articles sur le budget que je vais de nouveau mentionner aujourd’hui. Le premier est un article d’Andrew Coyne, qui est évidemment plutôt conservateur, mais qui passe aussi, me semble-t-il, pour quelqu’un de très raisonnable. Il dit dans son éditorial, et je cite, qu’il s’agit d’un budget tous azimuts, mais qui ne dit pas comment nous allons payer tout cela. Ces lignes ont vraiment trouvé écho en moi.
    L’autre article dont je parlais est un article de Rosenberg paru dans le Globe and Mail. Il y dit quelque chose que je trouve très intéressant, à savoir qu’avant, le budget était un document économique. C’était un document sur l’avenir économique du Canada. En fait, c’est ce qu'on m'a inculqué enfant, à savoir qu'une famille gagne une certaine somme par mois, qu'elle en dépense une partie et qu'elle épargne ce qui lui reste. J’ai été très surprise en arrivant dans le monde des politiques publiques de découvrir qu’il s’agit des dépenses prioritaires pour l’exercice, quelles qu’elles soient. Rosenberg souligne par ailleurs dans son article que ce budget n’est même pas un document économique, mais un document de sociologie appliquée destiné à recueillir des voix, ce qui est vraiment triste à dire au sujet du gouvernement et de ce budget.
    Ce qui m’attriste le plus, c’est que je suis convaincue que chaque discours du Trône et chaque budget est une occasion d’aborder l’avenir avec confiance et avec des possibilités, surtout au sortir d’une pandémie. Les Canadiens ont du mal en ce moment à voir l’avenir et à espérer. Ce document ne les y encourage pas.
    Nous constatons à quel point la façon lamentable dont ont été menés l'approvisionnement en vaccins et leur distribution dans l'ensemble du Canada retarde le retour à la vie d’avant. Nous devons redémarrer le Canada. Notre économie s’écroule, sans parler de la dette et du déficit dont mes collègues ont déjà parlé, tout comme de l’inflation et de la masse monétaire. Dans la dernière question, on a dit que la fille de quelqu’un pensait que le Canada pouvait imprimer de l’argent.
    L’offre est limitée en raison des actions du gouvernement et du manque de biens. Le commerce se trouve également dans une mauvaise situation dans la présente économie. Une crise touche actuellement les expéditeurs, les distributeurs et les entreprises qui utilisent des conteneurs. Une personne de ma circonscription m’a affirmé qu'elle payait 2 000 $ pour expédier un conteneur de la Chine avant la pandémie. Aujourd’hui, il en coûte 8 500 $ par conteneur. Ce sont des coûts qui seront refilés aux consommateurs.
    Les intérêts vont commencer à grimper. La hausse touchera tout d’abord les taux variables, qui ne cesseront d’augmenter. En ce qui concerne la dette des ménages, les gens réduisent le solde de leurs cartes de crédit, mais s'endettent davantage en raison du prix des maisons. De plus, les petites et moyennes entreprises éprouvent des difficultés.
    Pendant la pandémie, la situation en santé mentale a été horrible. La semaine dernière, j’ai été très fière d’animer une séance, avec un psychologue de ma circonscription, sur l’éducation des adolescents pendant une pandémie, afin d’aider la prochaine génération de Canadiens qui souhaitent voir une lueur d’espoir pendant cette pandémie, une façon d’en sortir. Il s’agit là d’initiatives que le budget ne prévoit pas. J’ai reçu tellement de messages tristes de personnes âgées, qui me disaient être complètement déprimées et même envisager le suicide. Nous devons redémarrer le Canada.

  (1200)  

    Je défends sans relâche les intérêts du secteur de l'aviation à la Chambre. Voici un extrait d'une déclaration publiée par le Conseil national des lignes aériennes du Canada:
    Alors que les taux de vaccination continuent de grimper dans le monde, les pays annoncent des plans pour le redémarrage en toute sécurité de leurs secteurs du voyage et du tourisme, en s’appuyant sur les analyses fournies par les Centres européens de contrôle et de prévention des maladies ainsi que par les Centres américains de contrôle des maladies. [...] Hier, le Conseil national des lignes aériennes s’est joint à plus de 60 autres organisations de l’industrie pour écrire au premier ministre sur le besoin urgent pour le Canada d’aller de l’avant avec un plan de redémarrage pour l’économie globale et pour le secteur du voyage. Les pays qui réussissent leur plan ne feront pas que relancer en toute sécurité l’aviation et leur économie globale, ils prendront des emplois et des investissements aux pays qui ne le font pas. Nous devons agir maintenant au nom des centaines de milliers de Canadiens de toutes les régions du pays dont le gagne-pain dépend des voyages et du tourisme.
    La situation du Canada n'est pas unique. D'autres pays ont un plan de redémarrage et sont en train de redémarrer. Je mentionnerai quelques exemples qui m'ont été signalés par le Conseil canadien des affaires, qui a dit ceci:
     D’autres pays et gouvernements montrent déjà le chemin que nous devons suivre. En février, le Royaume-Uni a dévoilé une feuille de route, qui comprend quatre étapes et des indications claires pour un retour à une vie normale. Par exemple, à l’étape 3, la plupart des entreprises, sauf celles dans les secteurs les plus risqués, peuvent rouvrir tout en respectant les lignes directrices de la santé publique.
    Nous devons relancer l'économie du Canada.
     Les Centres for Disease Control and Prevention américains ont émis des directives pour les personnes qui ont été entièrement vaccinées et ont défini quelles activités peuvent reprendre en toute sécurité, ce qui comprend les voyages intérieurs sans tests ou période de quarantaine. Ici même, au Canada — chez nous —, la Saskatchewan a récemment annoncé sa feuille de route en trois étapes vers la reprise économique qui établit un lien direct entre la levée des restrictions et les progrès de la vaccination. Par exemple, dès que 70 % des personnes âgées de 30 ans et plus auront reçu une première dose, les rassemblements publics intérieurs pouvant aller jusqu'à 150 personnes seront permis, à condition de respecter la distanciation physique et les directives applicables au port du masque. Nous devons relancer l'économie du Canada.
    Toujours au sujet du plan de déconfinement de la Saskatchewan, la phase 1, du 4 mai au 1er juin, prévoit la réouverture des services médicaux jusque-là restreints; la phase 2, la réouverture des commerces et de certains services à la personne; la phase 3, la réouverture des lieux de culte, des rassemblements publics et privés à l’intérieur d'un maximum de 15 personnes et à l’extérieur, de 30 personnes; et la phase 4, la réouverture des camps de jour pour les enfants et les jeunes, des piscines extérieures et des parcs à jets d’eau ainsi que des bibliothèques, des musées, des galeries d’art, etc. Les Canadiens ont hâte. Il faut réinventer le Canada.
    Mais il faut néanmoins être prudents. Si le gouvernement doit penser à la reprise, les Canadiens aussi doivent y réfléchir. Quand ils cesseront de recevoir des prestations, il faut que les Canadiens, s’ils n’ont pas d’emploi, se demandent pourquoi il en est ainsi. Leur restaurant a-t-il fermé? Leur commerce a-t-il fermé? Pourquoi? Il faut que les propriétaires d'entreprises se demandent si leur affaire repose sur des bases solides.
    Voici la question suivante que les Canadiens devraient se poser. Qu’est-ce qu’ils n’ont pas pu faire pendant l’hiver ou le printemps parce qu’ils n’étaient pas vaccinés, conséquence de l’impéritie d’un gouvernement sans vision et sans plan de relance? L’un de leurs proches est-il mort? L’une de leurs connaissances s’est-elle vu refuser une chirurgie? Quelqu’un a-t-il dû quitter son emploi pour faire l’école à la maison? Quelqu’un a-t-il dû quitter une association quelconque? Par exemple, mon fils a dû cesser le hockey, qui lui faisait faire de l’exercice et lui procurait beaucoup de plaisir.
    Mais surtout, je voudrais que les Canadiens se demandent vraiment ce qu’ils veulent comme avenir. Est-ce qu’ils veulent être propriétaires de leur maison? Un tel projet me semble très compromis, vu la direction que nous fait prendre le gouvernement. Veulent-ils fonder une famille? Ils auront peut-être du mal à la nourrir à cause de l’inflation et du prix des aliments et de l’essence, laquelle est à 127,9 cents le litre chez moi, à Calgary. Veulent-ils acheter une voiture? Pourquoi faudrait-il que ce soit une voiture électrique? Pourquoi pas une voiture diésel? D’ici à ce que le gouvernement ait mis en place les infrastructures nécessaires à la voiture électrique, nous serons déjà passés à l’hydrogène.
    Il faut que le Canada redémarre de façon intelligente. Cependant, les Canadiens n’ont pas à organiser leur vie conformément à ce que le gouvernement a prévu. Ils peuvent l’envisager différemment. Ils ont le choix. Le gouvernement aurait pu bien faire les choses, mais il a failli à la tâche. Il faut faire redémarrer le Canada.

  (1205)  

    Madame la Présidente, je remercie la députée de son discours très enflammé.
    Néanmoins, je trouve assez paradoxal qu'elle ait parlé de la relance du Canada et fait mention de divers plans provinciaux. Ce sont les provinces qui, lorsqu'elles l'ont estimé nécessaire, ont interrompu l'activité économique et imposé diverses mesures de confinement sur leur territoire. Ce sont aujourd'hui les provinces qui lèvent ces mesures. L'Ontario vient d'ailleurs de présenter un plan en trois temps qui comprend certaines étapes, exactement comme la députée a indiqué qu'il fallait le faire.
    Ce sont les provinces qui ont établi ces plans. Elles rouvrent leur économie et font progresser le déconfinement au fur et à mesure que certaines étapes sont franchies. Comment la députée peut-elle s'étonner que les provinces lèvent les mesures de confinement alors que ce sont elles qui les ont imposées?
    Madame la Présidente, les provinces ont constamment dû réagir pour pallier les manquements du gouvernement fédéral depuis le tout début de la pandémie. Depuis le moment où nous avons vu le virus traverser le Pacifique, nous demandons au gouvernement d'agir. Le gouvernement a surtout failli à la tâche au chapitre de l'acquisition et de la distribution des vaccins.
    Les administrations provinciales ont réagi et ont pris les mesures qui s'imposaient. Le gouvernement fédéral peut et doit leur emboîter le pas et proposer un plan de relance national.
    Madame la Présidente, comme notre collègue, nous souhaitons tous que l'économie reprenne bientôt du poil de la bête. Ici, en Colombie-Britannique, nous attendons avec impatience de connaître cet après-midi les détails du plan de relance provincial.
    Beaucoup de travailleurs ont vu une bonne partie de leurs avantages sociaux supprimés soit parce que leur horaire de travail a été grandement réduit, soit parce que leur poste a été tout bonnement éliminé. Dans la majorité des cas, leur plus lourde perte a été celle de l'assurance-médicaments, qui peut peser lourd sur le budget mensuel des familles. Que pense la députée de la création d'un régime national d'assurance-médicaments, fondé sur l'actuelle Loi canadienne sur la santé, afin que nous puissions réellement soulager les familles du poids de ces coûts parfois inattendus?
    Madame la Présidente, je tiens à féliciter le chef de mon parti pour le travail incroyable qu'il fait auprès des travailleurs et des syndicats depuis qu'il occupe son poste. Nous, conservateurs, savons que lorsqu'on leur donne la possibilité de choisir eux-mêmes, les Canadiens prennent toujours la bonne décision, que ce soit en matière de garde d'enfants, de soins dentaires ou de soins de santé. Telle est notre approche, et c'est ce dont le gouvernement prive les Canadiens: la possibilité d’avoir plus de choix.
    Je suis certainement solidaire de mon collègue néo-démocrate pour ce qui est de soutenir les travailleurs, les syndicats et les familles de ce pays, mais nous, conservateurs, souhaitons que les Canadiens puissent avoir la liberté de choisir ce qui leur convient le mieux.
    Madame la Présidente, j'ai parlé à un certain nombre de personnes de ma circonscription au cours de la fin de semaine. L'une d'entre elles m'a dit qu'elle se sentait tout simplement désespérée en ce moment et qu'elle avait même envisagé de se suicider en raison de sa situation. Une autre à qui j'ai parlé s'est vu refuser du financement et a été laissée pour compte à cause des programmes que le gouvernement libéral a mis en place. Une autre encore disait qu'elle n'était pas sûre de pouvoir continuer ainsi.
    Je pense que les conservateurs sont tout à fait réalistes lorsqu'ils demandent un plan pour donner de l'espoir aux Canadiens. Ma collègue l'a très bien exprimé. Concernant plus particulièrement l'industrie du voyage, j'ai parlé à des agents de voyage qui m'ont dit que le plan du gouvernement ne faisait rien pour les aider.
    La députée peut-elle nous en dire plus sur la façon dont certains secteurs, notamment l'industrie du voyage, ont été laissés pour compte en raison de la mauvaise gestion de la pandémie par le gouvernement libéral?

  (1210)  

    Madame la Présidente, je dirai au député de Battle River—Crowfoot que la triste réalité, c'est que le gouvernement ne prendra des mesures que lorsqu'il verra une possibilité de gagner des votes et de faire des gains lors des prochaines élections, ce qui, selon ses calculs, devrait se faire au cours de la pandémie. Malheureusement, le secteur de l'aviation, l'industrie du voyage et les travailleurs de tout le pays...
    Le député de Sturgeon River—Parkland a la parole.
    Madame la Présidente, j’interviens aujourd’hui pour parler d’une mesure vraiment sans précédent, en l'occurrence la Loi d’exécution du budget prévoyant le déficit libéral le plus important et le plus attendu de l’histoire du Canada. Habituellement, parmi ceux qui écrivent une page d’histoire, il y a ceux dont on se souviendra en bien et ceux dont on gardera un mauvais souvenir.
    À en juger par ce budget, il est évident que le gouvernement actuel ne sera pas bien vu par les générations futures, celles qui subiront les conséquences de ce budget libéral massivement déficitaire qui entraînera une augmentation des impôts par rapport à ce que nous payons aujourd’hui, une réduction des services et une hausse de l’inflation et des coûts du service de la dette. Tous ces facteurs varieront en fonction des choix politiques qui seront faits dans les années à venir, mais globalement, il est beaucoup plus probable que la situation des générations futures soit moins reluisante que celle de la génération d’aujourd’hui.
    Je sais combien mes arrière-grands-parents et mes grands-parents ont travaillé dur pour rendre ce pays aussi fort et prospère qu’il l’est aujourd’hui. Ils ont fait des sacrifices pendant deux guerres mondiales et une dépression, élevant leurs familles tout en ayant la maîtrise des finances publiques. Je pense à la génération plus récente de mes parents qui a fait tant de sacrifices à la fin des années 1980 et au début des années 1990 quand le dernier gouvernement libéral a réduit de façon draconienne les dépenses et les services offerts aux Canadiens tout en imposant le fardeau fiscal le plus lourd de l’histoire du pays à ce jour. Tous ces sacrifices risquent d’avoir été vains en raison du manque de reddition de comptes et de responsabilité financière dont le gouvernement libéral a fait preuve au cours des cinq dernières années et demie, notamment dans son nouveau plan pour les années à venir.
    Nous sommes confrontés à des défis exceptionnels et les libéraux ont prouvé dans ce budget qu’ils ne sont pas à la hauteur pour les relever. En fait, nous ne pouvons pas compter sur les facteurs sur lesquels les générations précédentes ont compté pour assurer la prospérité de notre pays et la maintenir. Il n’y a pas de baby-boom d’après-guerre à l’horizon, et le flux constant de migrants qualifiés vers notre pays risque de s’amenuiser dans un proche avenir alors que le reste du monde s’éveille à la crise du vieillissement de la population et aux conséquences du déclin démographique massif. Il y aura de moins en moins de contribuables productifs pour assurer le service toujours croissant des déficits annuels et de la dette.
    De nombreuses denrées et marchandises qui ont fait du Canada une puissance économique risquent d’être éliminées progressivement par les politiques du Forum économique mondial et de notre gouvernement libéral. Des produits tels que le pétrole, les automobiles et les minéraux sont menacés par une réduction draconienne de production en raison des politiques de destruction de la demande mises en œuvre par des gouvernements conscientisés.
    Malgré la popularité grandissante des véhicules électriques, la rareté des matières premières nécessaires comme le cuivre, le cobalt et le lithium, entre autres, rendra ces solutions de transport moins accessibles aux familles de travailleurs. Compte tenu de l'adoption de mesures libérales comme le projet de loi C-69 à la législature précédente, il est peu probable qu'on voie même de nouvelles mines être autorisées à temps pour profiter de l’essor des matières premières vertes, ce qui nous rendra dépendants de concurrents mondiaux étrangers comme la Chine, qui fixeront les prix pour nos consommateurs et exerceront un contrôle sur l’approvisionnement du marché.
    La confluence des facteurs qui ont fait la prospérité de notre pays, comme une population jeune, une immigration dynamique, la responsabilité fiscale et une consommation croissante de ressources naturelles, a été inversée. Nous avons maintenant une population vieillissante, une dette qui échappe à tout contrôle et des perspectives d’immigration bientôt plus limitées, tandis que les ressources qui ont fait la prospérité de notre pays sont en train de disparaître graduellement. Je n’ai vu nulle part dans ce budget libéral un plan concret pour relever ces défis. C’est un échec.
    En ce qui concerne l’environnement, qui constitue une part importante de ce budget libéral, je constate d’autres échecs importants. Le comité des ressources naturelles étudie les carburants à faible teneur en carbone et renouvelables. Je souscris au consensus selon lequel nous devons faire davantage dans ce domaine afin d’être compétitifs sur le plan économique et de réduire les émissions de carbone. Je me suis réjoui d’apprendre que les libéraux ont lancé un nouveau crédit d’impôt pour promouvoir le captage, l’utilisation et la séquestration du carbone. Il y a toutefois une attrape majeure. À la page 190 du budget, les libéraux disent clairement: « Il n’est pas prévu que le crédit d’impôt à l’investissement soit offert aux fins des projets de récupération assistée du pétrole ».
    C’est une gifle pour ma circonscription. Cela signifie essentiellement que l’Alberta et la Saskatchewan ne devraient pas se donner la peine de présenter une demande. Cela nuira considérablement à l’investissement dans le captage du carbone, qui est déjà utilisé efficacement dans ma circonscription à la raffinerie de Sturgeon, qui a capté plus d’une mégatonne de dioxyde de carbone en moins d’un an. On pourrait créer des dizaines de milliers d’emplois et produire les plus faibles émissions de diésel au monde, mais les libéraux ont essentiellement interdit à ces provinces l’accès à ce crédit d’impôt.
    Cette mesure est déphasée par rapport à nos concurrents commerciaux aux États-Unis où, en vertu de la politique 45Q, un crédit d’impôt plus limité est offert aux producteurs qui misent sur la récupération assistée de pétrole. Pourquoi les libéraux tournent-ils le dos, une fois de plus, au secteur de l’énergie de ce pays, surtout au moment où elle prend l’importante mesure de décarboniser ses activités grâce à des investissements coûteux dans le captage du carbone?
    La véritable raison est-elle que les libéraux ne supportent pas de voir une industrie des hydrocarbures prospère et durable dans ce pays? C’est la seule raison que je vois, et c’est honteux. C’est honteux parce que cela montre que les libéraux ne souhaitent pas vraiment trouver les solutions les plus rentables pour réduire les émissions de carbone. Ils s’intéressent seulement aux solutions qui proviennent de groupes qui ne souhaitent pas travailler avec notre secteur pétrolier et gazier.

  (1215)  

    Le gouvernement prétend qu’il ne choisit pas les gagnants et les perdants dans cette industrie, mais ses décisions montrent le contraire. Je suis fier que sous un gouvernement conservateur, nous soutiendrions le captage du carbone dans tous les secteurs, qu’il s'agisse de récupération assistée ou non. Sous la direction des conservateurs, nos émissions seraient considérablement réduites, tandis que le nombre d’emplois dans le secteur pétrolier et gazier augmenterait.
    J’en suis à plus de la moitié de mon intervention et je n’ai même pas mentionné que le gouvernement a failli à la tâche pendant la pandémie de COVID-19. Nous sommes tous conscients que le Canada traverse une période difficile. Il y a plus d’un an maintenant que des mesures de confinement sont imposées puis levées et cette situation pèse lourd sur les familles et les petites entreprises. Voilà pourquoi, au cours de la dernière année, les conservateurs ont appuyé le gouvernement en lui permettant d’adopter rapidement des mesures d’aide au revenu massives.
    Nous espérions que les libéraux profiteraient de cette bonne volonté et feraient le travail correctement, ou du moins que s’ils le faisaient mal la première fois, ils rectifieraient le tir dès que possible. Malheureusement, ils ont fait le contraire. Ils ont profité de la pandémie et de l’impasse politique au Parlement pour gouverner comme s’ils avaient une majorité, menaçant de déclencher une élection surprise en pleine crise sanitaire plutôt que de collaborer avec les partis d’opposition pour faire ce qui est le mieux pour le Canada.
    Nous le voyons chaque jour à la période des questions. Nos questions élémentaires sont traitées avec dédain. Les ministres ne se donnent même pas la peine de les écouter et ils choisissent de tenir des propos non parlementaires, accusant l’opposition de mentir ou d’induire les Canadiens en erreur. Ils n’ont que faire des critiques constructives ou de nos propositions de changements positifs.
    Prenons, par exemple, la Subvention salariale d’urgence du Canada. En théorie, c’est un excellent programme qui vise à protéger les emplois et l’économie. Toutefois, j’ai parcouru les rapports trimestriels des entreprises et j’ai été choqué de voir combien d’entreprises rentables utilisent l’argent des contribuables, servi sur un plateau d’argent par les libéraux, pour accroître leurs profits. Bon nombre de ces entreprises ont touché cette subvention tout en mettant à pied des centaines de travailleurs, mais les libéraux n’avaient imposé aucune condition. Ces entreprises n’ont aucun compte à rendre.
    J’ai lu dans le budget que les libéraux ont une belle solution à cela. Ils récupéreront la subvention salariale auprès des entreprises qui augmentent la rémunération de leurs cadres supérieurs. J’ai cru à une blague. Ces entreprises dépensent des milliards en rachats d’actions et en dividendes, et les libéraux disent que, si elles augmentent la rémunération de leurs cadres supérieurs, ils récupéreront la subvention. C’est risible. Les grandes entreprises et les responsables des relations avec le gouvernement se régalent grâce au premier ministre, mais aux frais des contribuables.
    Nous devons changer de cap afin de maximiser la croissance dans les années à venir tout en revenant à la responsabilité financière, ce qui passe par un plan clairement défini pour que notre pays puisse renouer avec l’équilibre budgétaire et faire face à l’endettement croissant et aux défis de demain. Nous avons déjà affronté ce type de problèmes, par exemple pendant la crise financière de 2008. Sous la direction des conservateurs, le pays s’est redressé comme jamais auparavant, et nous sommes prêts à redoubler d’efforts pour remettre le pays sur les rails et assurer notre avenir.
     Dans ma courte intervention d'aujourd’hui, j’ai parlé des graves problèmes qui découlent de la mauvaise gestion financière des libéraux, qu’il s’agisse de leurs programmes mal conçus ou de leurs programmes conçus pour exclure d’emblée des industries et des régions importantes de ce pays. J’ai souligné quelques tendances très préoccupantes, comme la menace d’un recul démographique, la baisse de l’immigration et le vieillissement de la population. Ce sont des défis déjà difficiles à relever pour des gouvernements dans les meilleures conditions.
    Ce que nous voyons de la part du gouvernement libéral, c’est qu’il est prêt à dépenser sans compter pour être réélu, au lieu de dépenser pour relever aujourd’hui les défis de demain. Il est évident que seul un gouvernement conservateur peut redresser la situation du pays et assurer notre avenir.

  (1220)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai écouté le discours de mon honorable collègue. Il semble dire ce que ferait le gouvernement conservateur s'il était au pouvoir.
    Bien que nous soyons en ce moment dans une crise sanitaire, ce qui pointe à l'horizon, c'est une crise sociale.
    La semaine passée, j'ai rencontré des organismes impliqués auprès des personnes en situation d'itinérance à Montréal et dans ma circonscription, Longueuil—Saint-Hubert, et les gens sont très inquiets. On parle de retombées négatives de la crise, notamment en matière de logement, sur un horizon de cinq à dix ans.
    Sachant que le gouvernement libéral ne fait déjà pas la job maintenant pour faire face à cette grave crise du logement, un gouvernement conservateur éventuellement porté au pouvoir — on peut toujours rêver — s'engagerait-il à y faire face?
    Les taux d'inoccupation sont très bas. On peut voir des campements d'itinérants d'un bout à l'autre du Canada; pas seulement au Québec, mais aussi à Toronto et à Vancouver. Il y en avait récemment à Montréal, et cela va continuer.
    Est-ce que le gouvernement conservateur peut s'engager à faire face à cette grave crise sociale qui se trouve devant nous?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député a tout à fait raison. Il est bien possible que la pandémie prenne fin et que la crise sanitaire prenne fin dans quelques mois — je l'espère de tout mon cœur en tout cas —, mais la crise de santé mentale et les autres effets de cette pandémie de presque 18 mois se feront sentir pendant des années, voire des générations.
    Quand on regarde les projections fédérales en matière de déficits, on doit prendre en compte le fait que, même si nous surmontons cette pandémie, l'économie ne rebondira pas du jour au lendemain. Il faudra un leadership fort qui soutient les secteurs de l'économie qui en ont besoin, et le secteur social en est un qui a besoin de beaucoup d'aide, pour mettre en œuvre des initiatives importantes pour lutter contre l'itinérance par exemple.
    En tant que conservateur, je suis très fier de notre équipe et de son idée de mettre en place une ligne à trois chiffres pour répondre aux problèmes en matière de santé mentale. Nous avons adopté une motion à la Chambre, il y a plusieurs mois. Qu'ont fait les libéraux? Absolument rien. Les conservateurs prendront les mesures qui s'imposent.
    Madame la Présidente, je trouve fascinant que le député ait épilogué sur le fait que le gouvernement dépense trop d'argent et qu'il ne cesse d'alourdir la dette et de creuser le déficit, mais qu'en réponse à la première question, il ait automatiquement affirmé que le gouvernement devait dépenser plus d'argent. D'autres conservateurs prennent la parole pour réclamer que davantage de fonds soient consacrés à la Subvention salariale d'urgence du Canada ou à d'autres mesures. En réponse à la dernière question qui lui a été posée, le député a lui-même indiqué que le gouvernement devait veiller au financement de programmes sociaux.
    Au lieu de nous dire où le gouvernement devrait investir des fonds, le député pourrait-il nous dire quelles dépenses devraient être éliminées du présent budget? Je pense que les conservateurs auraient intérêt à regarder les choses sous cet angle. Quelles dépenses le gouvernement devrait-il dégager de son budget?
    Madame la Présidente, je vais répondre volontiers à cette question. Le gouvernement pourrait, par exemple, arrêter d'accorder des subventions salariales à hauteur de milliards de dollars à des sociétés rentables qui rachètent des actions et qui augmentent les dividendes versés à leurs actionnaires. Ce faisant, le gouvernement pourrait économiser quelques milliards de dollars pour les Canadiens. Qu'en est-il des contrats à fournisseur unique de centaines de millions de dollars accordés à des amis des libéraux pendant la pandémie? Voilà plusieurs centaines de millions de dollars qui auraient pu être épargnés. Les exemples sont nombreux. Je pourrais en citer toute la journée.
    Madame la Présidente, ce matin, j'ai posé une question à un collègue du Bloc au sujet de l'inflation qu'alimentera le projet de loi d'exécution du budget. Quelles sont les inquiétudes de mon collègue face à l'inflation? Je sais que des députés d'en face accusent les conservateurs d'être inquiets. Je le suis, effectivement.

  (1225)  

    Madame la Présidente, je m'inquiète également. Je m'inquiète au sujet de l'inflation. Comme si la menace de l'inflation n'était pas suffisante, il y a aussi le fait que les libéraux ne semblent pas craindre cette menace, ce qui m'inquiète davantage. Les libéraux citent toutes sortes d'économistes pour dire qu'il ne faut pas s'en faire au sujet de l'inflation.
    J'ai 30 ans et je n'ai jamais connu de situation économique inflationniste, mais je sais ce qu'ont vécu mes parents et mes grands-parents. Dans une telle situation, l'argent qui se trouve dans notre compte d'épargne à la banque perd continuellement de la valeur, à mesure que le gouvernement continue de faire tourner la planche à billets et de faire surchauffer l'économie. Pensons à ce que cela signifie pour les aînés qui ont un revenu fixe. La menace pour le pays est bien réelle. Quand le gouvernement prendra-t-il des mesures concrètes?

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai le plaisir de parler ce matin du projet de loi C-30, Loi no 1 d'exécution du budget de 2021.
    On se souvient que le Bloc québécois a voté contre le budget, parce que des conditions importantes que nous avions mises n'étaient pas incluses. Nous allons tout de même voter en faveur de la mise en œuvre du budget. En effet, il comporte un paquet de mesures qui peuvent être intéressantes.
    Toutefois, cela ne veut pas dire que nous lâcherons le combat que nous menons, notamment en ce qui a trait aux transferts en santé. À mon sens, il est inconcevable qu'un gouvernement qui enregistre cette année un déficit de plus de 350 milliards de dollars refuse encore aujourd'hui d'aider les paliers de gouvernement qui ont les responsabilités telles que le stipulait le contrat initial.
    Le fédéral payait 50 % des frais, et non 22 %. À ce rythme, nous serons à 20 % d'ici cinq ans. Ce que demandent les provinces et le Québec, de façon unanime, c'est 35 %. Cela correspond à 28 milliards de dollars et, ô grand hasard, cela correspond aussi à la marge de manœuvre que le gouvernement a décidé de réduire de son déficit. Je pense donc que les libéraux auraient la possibilité de le faire.
    L'autre grande condition que nous avions mise concernait une augmentation décente des pensions pour les aînés. Je ne parle pas ici de l'augmentation d'à peu près 1,75 $ qu'ont reçue ceux ayant bénéficié de la plus forte augmentation et qui permet de prendre un café de plus dans l'année. Je parle d'une augmentation décente de 110 $ par mois, ce qui n'est quand même pas beaucoup.
    J'ai l'impression que nous répétons souvent les mêmes choses. Or quand cela ne rentre pas, il faut le répéter. Dans un contexte où on cherche à lancer un plan de relance, avec des dépenses de plus de 100 milliards de dollars, comment peut-on justifier de ne pas donner de l'oxygène aux personnes âgées avec un montant de 110 $ par mois?
    C'est un petit montant. Ces gens ne vont pas le mettre à la banque pour plus tard, ils vont le dépenser. C'est exactement ce dont nous avons besoin, dans notre économie, cette année. Nous avons besoin d'une relance, de donner de l'oxygène, de soulager ces gens qui ont abondamment souffert de la pandémie.
    Une autre inquiétude que nous avons à l'égard du projet de loi C-30 est qu'on y jette les bases d'un régime canadien de réglementation des valeurs mobilières. Historiquement, le Bloc québécois s'y est toujours opposé, et nous ne sommes pas les seuls: le gouvernement du Québec et le milieu des affaires au Québec sont unanimes. La Fédération des chambres de commerce du Québec, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Finance Montréal, le Centre financier international, le Mouvement Desjardins, le Fonds de solidarité de la FTQ et la plupart des entreprises, notamment Air Transat, Transcontinental, Canam, Québecor, Metro, La Capitale, Cogeco et Molson, sont du même avis.
    Pourquoi tous ces gens de l'économie québécoise se disent-ils que cela n'a pas de bon sens que le Québec perde encore du contrôle au profit de l'Ontario?
    C'est effectivement ce dont il s'agit: déplacer une place financière forte vers Toronto. Je sais que je suis à la Chambre, que je dois rester calme et avoir un bon vocabulaire, mais maudine que ça devient difficile de rester calme devant cette expropriation financière constante. Ce qu'on veut faire, c'est rendre les Québécois dépendants pour qu'ils sentent qu'ils ont besoin du grand Canada et qu'ils veuillent rester dedans. Voilà le plan de fond.
    Pourquoi changer quelque chose qui fonctionne bien?
    La commission des valeurs mobilières du Québec est très efficace, et il est important d'avoir une place forte sur le plan économique. C'est entre autres cette institution qui a exigé, malgré la vente de la Bourse de Montréal à la Bourse de Toronto, le maintien d'une place boursière à Montréal. Je me permets de dire que, si c'est Toronto qui avait décidé, il n'y aurait plus de place boursière à Montréal.
    Plusieurs emplois en découlent. Le secteur financier représente 150 000 emplois et 20 milliards de dollars au PIB. Montréal est la 13e place financière au monde. Les 578 sièges sociaux au Québec nous procurent 50 000 emplois. Comme il s'agit de sièges sociaux, ce ne sont pas seulement des emplois ordinaires, ce sont 50 000 emplois bien rémunérés qui en créent d'autres. Quand un siège social est au Québec, parce que les places financières y sont et parce que c'est là que ça se décide, on a tendance à donner des contrats au Québec et à orienter sa stratégie en conséquence.

  (1230)  

    Voilà ce que le fédéral veut enlever. J'ai une petite nouvelle pour le gouvernement: nous ne le laisserons pas faire. Nous allons travailler là-dessus en proposant des amendements. J'espère que les gens du gouvernement entendront raison et défendront les intérêts du Québec. Je rappelle qu'il y a des élus du Québec dans leur parti.
    Bien sûr, le projet de loi C-30 est énorme et ne couvre pas tout. Nous applaudissons quand même la prolongation des programmes d'aide spéciale jusqu'au 25 septembre, comme la Subvention salariale d'urgence du Canada et l'Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial.
    Par contre, je considère que les pourcentages rapetissent rapidement. Les entreprises ne sont pas si rétablies que cela; il faut faire attention de ne pas retirer ces aides trop rapidement, car les entreprises ont besoin de prévisibilité. La semaine passée, j'ai encore reçu des appels d'entreprises qui ont résisté jusqu'à maintenant, mais elles me disent être sur le bord de ne plus pouvoir résister. Ce n'est pas le temps de les priver d'oxygène.
     La création du programme d'embauche est une bonne idée. L'interdiction d'une prime pour la haute direction des entreprises qui ont reçu la subvention salariale est une excellente idée. J'espère que ce sera respecté à la lettre.
    Tant qu'à parler de subventions salariales, je ne peux m'empêcher de faire une parenthèse. C'est dommage que je ne puisse faire référence à la présence des gens à la Chambre, parce que j'aurais bien nommé quelqu'un. Mon collègue conservateur précédent a fait plusieurs fois référence à la subvention salariale en dénonçant le fait que le gouvernement avait donné des subventions salariales aux entreprises qui donnent des gratifications. Pourtant, les conservateurs, les libéraux et le NPD ont tous pris la subvention salariale. Ils osent lancer des accusations sous le ton de scandale sans aucune gêne. C'est fou.
    Parfois, je crois rêver. J'entends ce que dit un député et je me demande s'il a vraiment osé dire cela encore une fois. Que l'on fasse preuve de décence. Je lance mon appel à ces trois formations politiques qui se sont carrément approprié les fonds publics. Voilà la façon polie de dire ce que j'ai en tête. Je leur demande de rembourser cet argent, car c'est l'argent des contribuables québécois et canadiens. On ne doit pas faire une campagne électorale avec de l'argent public, surtout si l'on refuse de modifier les lois sur le financement public des partis politiques. C'est doublement révoltant.
    On annonce des mesures pour contrer l'évitement fiscal dans le budget. C'est correct, mais elles me semblent mineures. Il y a d'autres choses à faire. Je sais qu'on est tanné de nous entendre parler de cela parce que cela ramène le singe sur leur épaule, mais quand va-t-on bouger sur la question des paradis fiscaux? Pour ce qui est des déficits, on serait en surplus budgétaire si l’on avait le courage et l'audace de bouger sur cette question. Faisons bouger les choses.
    L'argumentaire selon lequel les membres du gouvernement ne peuvent pas voter en faveur du projet de loi C-208, qui vise à favoriser le transfert des PME, entre autres dans le secteur agricole, parce que c'est de l'évitement fiscal fait friser les poils de mon dos; poils que je n'ai pas. C'est hallucinant.
     On annonce quelques petites mesures positives sur les véhicules zéro émission. C'est aussi très bien que l'on prolonge le report d'impôt sur les ristournes pour les coopératives. L'industrie le demande depuis toujours. Or je me demande une chose: pourquoi ne pas rendre cette mesure permanente plutôt que de l'étirer encore pendant cinq ans?
    Veut-on savoir quelle est la vraie réponse? Le gouvernement veut garder ces gens-là dépendants et polis. Dans trois ans et demi ou quatre ans, il va falloir qu'on recommence à quémander au bon gouvernement généreux de prolonger les mesures. Les gens sont plus polis dans ce cas-là. Le gouvernement veut nous garder dépendants et les Autorités canadiennes en valeurs mobilières ont le même objectif.
    Le Bloc québécois sera là pour lutter contre cela.

  (1235)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai écouté mon collègue du Bloc avec beaucoup d'intérêt. En lisant le document budgétaire et la loi d'exécution du budget dont nous sommes saisis aujourd'hui, j'ai constaté une tendance qui se poursuit, soit la mentalité « Ottawa a toujours raison », où le gouvernement fédéral tente de s'ingérer dans les compétences provinciales en établissant des cadres qui sont ou non dans l'intérêt des différentes régions du pays.
    Mon collègue du Bloc peut-il nous dire s'il adhère à l'approche « Ottawa a toujours raison » du gouvernement et à l'ingérence accrue des règlements fédéraux dans les compétences provinciales?

[Français]

    Madame la Présidente, je vais commencer ma réponse en remerciant chaleureusement mon collègue de cette belle question « bonbon ». Effectivement, le Bloc dénonce cela à longueur de semaine. Le gouvernement fédéral ne devrait pas se mêler de plein de dossiers comme il le fait sous prétexte qu'il contrôle le budget.
     Le problème de cette confédération est que la moitié des impôts des Québécois se trouve à Ottawa, mais qu'Ottawa n'assume pas la moitié des responsabilités. Cela crée un effet de dépendance et oblige les gens à rester polis, ce dont je parlais plus tôt dans mon discours. Le fédéral force donc les gens à rester dépendants. Le gouvernement veut imposer des normes pour les CHSLD.
    Je ne sais pas si mon collègue a remarqué que, dans le budget, le Québec est longuement cité en exemple pour ses garderies. Si le Québec peut servir d'exemple, tant mieux. Par contre, il faut respecter cet exemple et il ne faut pas imposer d'autres normes nationales ni de conditions pour avoir l'argent. Le gouvernement lance un programme et c'est bien. Cependant, il faut envoyer sans condition au Québec l'argent qui aurait dû lui être versé en vertu de ce programme.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai écouté le député avec intérêt. Je sais qu'il est conscient que les jeunes ont été touchés par la pandémie, surtout les étudiants qui ont actuellement des dettes d'études.
    Le député appuie-t-il notre proposition d'éliminer jusqu'à 20 000 $ de dettes d'études et d'abolir les intérêts sur les prêts étudiants, ou croit-il que c'est une bonne idée pour le Canada de continuer à percevoir des intérêts et à faire de l'argent à l'aide des frais de scolarité et des créances des étudiants?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie le député de St. John’s-Est de sa question. Sur le fond, nous ne pouvons pas être contre cela. Je suis moi-même un individu qui a remboursé ses prêts étudiants pendant de nombreuses années. En souvenir de cela, j'aimerais faire ce cadeau aux jeunes.
    Je suis donc d'accord pour que cela se fasse, mais, si cela se fait, il ne faut pas oublier que c'est Québec qui gère ce dossier chez nous. J'en reviens toujours au même discours. Faisons-le, mais transférons à Québec les sommes équivalentes, au nom d'une justice fiscale. Rappelons que 50 % de l'argent des Québécois se trouve à Ottawa.
    Madame la Présidente, j'aimerais que mon collègue de Berthier-Maskinongé intervienne sur la question des aînés. Le Bloc revendique une augmentation mensuelle de 110 $ de la pension de la Sécurité de la vieillesse. J'aimerais savoir comment mon collègue s'explique que le gouvernement ne veuille offrir de hausse qu'aux personnes de 75 ans et plus.

  (1240)  

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question.
     Je ne m'explique pas cela. C'est un non-sens total. En repensant au montant forfaitaire de 500 $ promis aux personnes de 75 ans et plus et au fait que le gouvernement crée deux classes d'aînés en n'offrant une augmentation de leur pension qu'aux aînés de cette tranche d'âge et qu'à partir de 2022, la seule explication qui me vienne à l'esprit est qu'une élection doit être proche. Tant qu'à faire des hypothèses, est-ce que, par hasard, le gouvernement veut se garder cela comme promesse électorale? Je ne vois pas d'autre explication, car il est insensible, insensé et irresponsable de ne pas augmenter le niveau de vie de nos aînés.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c’est toujours un immense honneur de prendre la parole au nom des citoyens de Timmins-Baie James.
    Je crois que si quelqu’un avait déclaré à la Chambre en mars dernier que nous serions encore aux prises avec la COVID aujourd’hui, avec des confinements et cette terrible pandémie, il nous aurait été impossible à tous de même imaginer comment trouver une sortie de crise.
    Nous traversons cette pandémie, mais il est vraiment important de souligner qu’il reste de graves lacunes et de sérieux problèmes, et il me semble que bien des enseignements qui auraient dû être tirés ne l’ont pas été.
    Je lisais ce matin un article sur la faute professionnelle politique qui a été commise au Canada au palier provincial comme fédéral, avec des dirigeants qui refusent de regarder en face la crise de la pandémie et de reconnaître ce à quoi nous sommes confrontés. Nous nous rappelons que le premier ministre Kenney a balayé la COVID du revers de la main, la qualifiant de moins dangereuse qu’une grippe, mais nous voyons que les services de soins intensifs sont débordés en Alberta et que le pays compte maintenant plus de 25 000 morts. Le premier ministre Doug Ford a promis d’utiliser un « anneau de fer » pour protéger les aînés dans les établissements de soins de longue durée. Tout ce qu’il a fait, c’est protéger les investisseurs pour qu’ils ne soient pas inculpés après l’horrible négligence qui a causé la mort de nos proches, de nos parents, de nos cousins et de nos grands-parents dans ces établissements. Des comptes devront être rendus dans ces affaires.
    Je parle de cette situation parce que les citoyens de ma région sont épuisés. Ils rêvent de pouvoir boire une bière à une terrasse avec des amis. Ils comptent les jours. Les Canadiens ont fait leur part. Ils ont remarquablement suivi les règles, se sont montrés responsables, ont fait le nécessaire et ils ont sur leurs épaules un incroyable fardeau économique, émotionnel et psychologique. Plus longtemps nous resterons sans pouvoir dire que l’épreuve est bien passée, plus ce sera difficile, et je redoute que nombre d’entreprises ne rouvrent pas leurs portes.
    Le week-end dernier, on a relevé 128 nouveaux cas de COVID dans la région de Timmins. Nous avons des cas dans la prison de Monteith. Nous en avons maintenant dans le centre d’Ontario Power Generation de Cochrane. Nous avons aussi plusieurs cas sur le site minier de Detour Lake où les entrepreneurs vont et viennent. Nous avons 17 nouveaux cas dans la Première Nation de Fort Albany, et je crois savoir qu’il y a maintenant des cas à Attawapiskat. C’est très préoccupant, étant donné que nous avons beaucoup de collectivités le long de la baie James où il arrive que 15 ou 18 personnes vivent sous un même toit et où il est impossible de vraiment s’isoler. Quand je vois 17 nouveaux cas au cours du week-end à Fort Albany, une sonnette d’alarme retentit. Timmins a déclaré l’état d’urgence à cause de la COVID. La collectivité de Moosonee, qui a un tout petit hôpital, compte 38 cas. L’état d’urgence a été déclaré.
    Je demande au gouvernement fédéral d’engager les ressources nécessaires pour aider nos collectivités à s’en sortir. Nous avons besoin de la capacité d’intervention qui a été promise et qui doit être sur le terrain maintenant. Nous devons être en mesure de mettre en place les soutiens nécessaires pour les unités de santé, les hôpitaux, les médecins et les travailleurs de première ligne qui s’occupent de personnes en situation de grande marginalisation et qui n’ont pas d’endroit convenable où rester. Je pense au personnel de Living Space à Timmins qui travaille avec les sans-abri. Ils sont en première ligne de la catastrophe médicale qui se déroule dans nos collectivités et nous devons leur offrir un soutien. C’est ce que je demande au gouvernement fédéral, et je ferai un suivi auprès de la ministre de la Santé, car nous avons besoin de ce soutien maintenant pour garder les gens en vie. Tous ceux d’entre nous qui ont vécu les trois confinements et les quelque 15 mois de cette crise avec de l’espoir à l’horizon conviennent que nous ne pouvons pas perdre d’autres personnes encore à cause de cette situation.
    Je vois le gouvernement se féliciter encore et encore du déploiement des vaccins, mais soyons réalistes. À l’heure actuelle, seulement quelque 2 % de la population a reçu la deuxième dose. Tant qu’une personne n’a pas reçu la deuxième dose, elle n’est pas entièrement protégée contre la COVID, donc cette idée d’un été à une seule dose est ridicule. Il faut qu’il y ait suffisamment de personnes ayant reçu deux doses pour que nous puissions reprendre en toute sécurité la vie qui nous a manqué pendant si longtemps et voir les êtres chers que nous n’avons pas pu voir.

  (1245)  

    Cela soulève des questions sur les décisions qui ont été prises. Je sais que les membres du gouvernement n’aiment pas être accusés d’avoir pris une mauvaise décision en temps de crise, mais nous devons examiner les problèmes fondamentaux qui se sont produits concernant cette pandémie. Nous étions fondamentalement incapables, en tant que nation riche comme nous le sommes, de produire notre propre équipement de protection individuelle. Le gouvernement et le premier ministre, qui est, je crois, le dernier des défenseurs de Davos, ont cru que le marché libre et les grandes entreprises pharmaceutiques s’occuperaient de nous.
    Nous avons vu les États-Unis et le Royaume-Uni investir massivement dans leur production nationale de vaccins. Nous avons des entreprises de vaccins vraiment formidables qui essaient de décoller maintenant. La leçon que nous devons tirer de tout cela est que nous ne devons plus jamais nous retrouver dans une situation où nous sommes tributaires de grandes entreprises pharmaceutiques et d’autres pays pour répondre aux besoins de notre pays.
    Avec les laboratoires Connaught, nous avions une installation de vaccins de calibre mondial qui nous a servi pendant 100 ans. Brian Mulroney s’en est débarrassé. Je n’entends jamais les conservateurs parler de l’idée brillante qu’ils ont eue de vendre un tel trésor national à leurs amis du secteur privé. Si nous avions les laboratoires Connaught en ce moment, je parie que beaucoup plus de gens auraient eu leur deuxième dose. Il y a des leçons à tirer de ces questions.
    Pour ce qui est de Timmins—James Bay, des mesures très constructives ont été prises, ce qu’il est très important de reconnaître.

[Français]

    Je voudrais dire félicitations à la communauté franco-ontarienne à Timmins pour la construction d'un nouveau centre culturel, le Centre culturel La Ronde inc.
    Il s'agit d'un organisme qui joue un rôle essentiel pour le développement de la communauté franco-ontarienne. Je suis très fier que le gouvernement fédéral ait fait un investissement de 2,5 millions de dollars pour la construction de ce nouvel édifice du Centre culturel La Ronde inc.
    En plus, les gouvernements fédéral et provincial ont fait un investissement de 2 millions de dollars pour aider l'équipe de la Fire Keeper Patrol à lutter contre la crise des opioïdes dans notre région, particulièrement dans le centre-ville de Timmins.

[Traduction]

    Il y a eu de nombreux investissements judicieux. À propos de FedNor, le gouvernement libéral a enfin adopté la position que défendent les néo-démocrates depuis des années: FedNor devrait être un organisme indépendant. FedNor a toujours été le parent pauvre des agences de développement économique et un projet du ministère de l'Industrie, alors que nous avons toujours eu besoin d'un organisme indépendant, parce que l'économie du Nord de l'Ontario se distingue autant de l'économie du Sud de l'Ontario que l'économie de l'Alberta se distingue de celle de Toronto. Notre économie est axée sur les ressources et elle a besoin d'attirer de nouveau les investisseurs.
    J'applaudis à cet élément du budget. Les gens pensent que j'interviens à la Chambre seulement pour rabrouer le gouvernement libéral. En général, cela me donne une raison de me lever le matin, mais, lorsque l'on fait de bons investissements, il faut le reconnaître et en parler. Les investissements dans FedNor sont très importants. FedNor a offert un soutien essentiel à bon nombre de nos entreprises et a aidé nos collectivités à traverser une période difficile.
    J'ai fait pression sur le gouvernement et j'ai travaillé avec lui pour mettre en œuvre la proposition de la Fire Keeper Patrol. La région de Timmins ainsi que d'autres régions dans l'ensemble du pays sont frappées de plein fouet par une très grave crise des opioïdes. La Fire Keeper Patrol a présenté un excellent programme dans le cadre duquel des travailleurs autochtones patrouillent dans les rues 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour aider les itinérants et gérer la crise des opioïdes. Ils ont besoin d'un financement immédiat. Les personnes marginalisées, notamment les sans-abri, sont les plus à risque d'attraper et de transmettre la COVID, d'où l'importance du travail de la Fire Keeper Patrol.
    J'aimerais ajouter qu'un financement record de 2 millions de dollars a été accordé au programme Emplois d'été Canada, ce qui permettra d'embaucher plus de 526 étudiants cette année provenant de collectivités allant d'Attawapiskat, dans le Grand Nord, jusqu'à celles dans les secteurs agricoles d'Earlton. Tout cela est important.
    Les libéraux me demandent sans cesse pourquoi la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant, contrat que le gouvernement a conclu avec l'organisme UNIS, a suscité en moi autant de colère. Nous avons collaboré avec le gouvernement fédéral. Chaque député à la Chambre a travaillé avec le gouvernement pour mener à bien un programme visant à embaucher des étudiants. On aurait pu offrir un travail à ces étudiants l'été dernier, mais on a plutôt choisi d'accorder tout l'argent à l'organisme UNIS, et le programme s'est soldé par un grand fiasco.
    Je suis heureux de voir que de l'argent est consacré à l'embauche de jeunes Canadiens. Je suis ravi des travaux réalisés dans le dossier de FedNor et de la lutte contre la crise des opioïdes, mais je supplie le gouvernement de nous aider à gérer la crise de la COVID dont sont victimes nos collectivités, les travailleurs, les jeunes et les Autochtones.

  (1250)  

    Madame la Présidente, je m'attends certainement à ce que les conservateurs vantent les mérites d'une seule dose plutôt que deux. La recommandation voulant qu'on injecte une première dose au plus grand nombre de personnes possible émane des experts médicaux. Dans ma circonscription, le médecin hygiéniste en chef, le Dr Kieran Moore, a supervisé un des meilleurs programmes de vaccination de la pandémie, à mon humble avis, quoique partial, et il convient que c'est la voie à suivre. Nous devons administrer les doses le plus rapidement possible. Nous pourrons ainsi améliorer les choses dans la société, du moins si nous souhaitons le faire et si nous souhaitons traverser la pandémie ensemble.
     Le député conviendrait-il que le fait d'écouter les experts, qui nous recommandent d'administrer le plus de premières doses possible, constitue la meilleure approche?
    Madame la Présidente, je souscris évidemment à l'idée d'écouter les spécialistes canadiens, mais j'ai l'impression que le député, au lieu d'écouter véritablement ce qu'ils disent, les écoute avec un filtre libéral. Je n'ai entendu aucun spécialiste dire qu'une dose suffit. Ils n'ont pas dit cela. Ils ont dit que nous avons besoin de deux doses. Or, le gouvernement n'est pas en mesure d'administrer deux doses. Les spécialistes ont donc dit qu'à défaut de pouvoir le faire, le mieux était de donner une première dose à chaque personne en attendant de pouvoir donner la deuxième. Oui, bien certainement, administrons à chacun une première dose. Cependant, tant que nous n'aurons pas reçu les deux doses, il ne saurait être question de réouverture ou de sécurité.
    Prenons les États-Unis. J'ai parlé à des personnes qui vivent de l'autre côté de la frontière et qui participent maintenant à des activités parce qu'elles ont reçu leurs deux doses. Elles les ont reçues depuis quelques mois.
    Si nous sommes encore aux prises avec des mesures de confinement et que nous traînons de la patte, c'est que le gouvernement, en raison de sa négligence, a été incapable de fournir les deux doses au moment où on en avait besoin.
    Madame la Présidente, j'ai parlé de multiples inquiétudes au sujet de la reddition de comptes. Le budget suscite aussi sa part de questions. La lecture du projet de loi d'exécution du budget a fait naître en moi d'autres inquiétudes au sujet de la transparence, de la reddition de comptes et des marchés, et elle m'a amené à me poser d'autres questions à ce propos.
    Le député a parlé du scandale UNIS et des fonds destinés aux étudiants. A-t-il d'autres choses à dire sur les problèmes que semble poser au gouvernement libéral sa propension à vouloir tirer un gain politique d'une crise mondiale en avantageant les amis des libéraux et leurs entreprises?
    Madame la Présidente, le scandale des frères Kielburger est d'autant plus intolérable que le gouvernement avait demandé à tous les députés de l'aider à créer des emplois pour les étudiants sur le terrain au printemps dernier. Nous avons tous fait le travail demandé. Cela aurait donné des résultats formidables, mais le gouvernement a choisi plutôt de détourner plus d'un demi-milliard de dollars au profit des frères Kielburger, qui n'étaient pas inscrits pour faire du lobbying. Ils pouvaient entrer sans problème dans le bureau du ministre des Finances de l'époque. Selon le rapport du commissaire à l'éthique, ils avaient coutume d'interpeller par des « Hey girl » les membres du personnel du bureau du ministre des Finances de l'époque. Quel genre de groupe obtient ce type d'accès privilégié et reçoit ensuite 500 millions de dollars sans rapport de diligence raisonnable? Il n'y avait aucune preuve que ces deux hommes pouvaient vraiment réaliser le plan.
    Nous avons passé en revue 5 000 pages de documents. Nous n'avons vu aucun rapport de diligence raisonnable. Cela a grandement porté atteinte au premier ministre. Ce programme a nui aux étudiants. Le gouvernement doit rendre des comptes et expliquer comment les choses ont déraillé à ce point.

  (1255)  

    Madame la Présidente, j'aimerais revenir sur certaines observations formulées par mon collègue concernant la mauvaise gestion provinciale et fédérale. J'ai déjà mentionné les années de compressions budgétaires en santé infligées par les gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé. Au Manitoba, nous vivons une crise. En fait, nos unités de soins intensifs sont tellement saturées que l'on envoie maintenant des patients en Ontario: cinq à Thunder Bay, deux à Ottawa, deux à Sault Ste. Marie, deux à North Bay, deux à Windsor et un à London. Le nombre continue d'augmenter.
    La CBC a publié aujourd'hui un article intitulé, et je traduis, « Selon les médecins, des patients souffrent et meurent en attendant des soins tandis que la COVID-19 surcharge les hôpitaux du Manitoba ». Cette situation est attribuable à la mauvaise gestion du premier ministre Brian Pallister.
    En quoi cette incompétence a-t-elle mené à une crise d'une telle ampleur, depuis les ratés en matière de distribution des vaccins au financement inadéquat et à la mauvaise gestion du système de santé?
    Madame la Présidente, la députée a tout à fait raison. À une étape aussi avancée de la pandémie, il est inacceptable que des gens tombent malades et meurent. C'est le résultat de la négligence de premiers ministres tels que Pallister, Jason Kenney et Doug Ford, qui ont complètement fait fi de leurs obligations. Ils ne fonctionnaient pas à l'aveuglette. Ils connaissaient le problème. Il fallait y remédier. Plutôt, ils ont laissé les gens exposés au risque, en particulier dans les collectivités autochtones éloignées, dans le Nord.
    Madame la Présidente, nous sommes saisis de la Loi portant exécution du budget, loi qui va à l’encontre de l’esprit canadien et qui compromet désormais notre mode de vie.
    Pour moi, le Canada est une nation pionnière, caractérisée par un esprit pionnier. Être canadien, c’est oser se lancer dans l’inconnu pour se bâtir une vie meilleure.
    Les peuples autochtones qui ont survécu depuis des temps immémoriaux sur ces territoires vastes, mais inhospitaliers ont eux aussi été des pionniers. Les premiers colons européens qui sont arrivés ici, en quête de ressources, d’espace et de liberté, étaient aussi des pionniers, car ils savaient que leur entreprise était très incertaine. Les loyalistes qui ont quitté leurs communautés pour se diriger vers le nord étaient motivés par des idéaux que la révolution américaine avait trahis. Les anciens esclaves qui se sont enfuis vers le nord, au risque de représailles brutales, espéraient trouver la liberté dans un territoire qu’ils ne connaissaient pas. Les pionniers risquaient de mourir de faim dans leur marche vers l’ouest, en quête de nouveaux territoires. Des générations d’immigrants continuent de se succéder, qui quittent le pays qui leur est familier pour découvrir de nouveaux territoires et de nouvelles opportunités.
    C’est l’histoire du Canada, une histoire de sacrifice et d’audace, de quête d’aventure, d’opportunités, de sécurité et de justice.
    Aujourd’hui, alors que la plupart d’entre nous goûtent le confort d’un logement, nombreux sont ceux qui chérissent encore cet esprit pionnier en allant à la rencontre de la nature sous toutes ses formes, à toutes les époques de l’année, en skiant, en faisant de la randonnée, en couchant sous la tente, en faisant de longues promenades en forêt, sur des terrains accidentés, même lorsque personne ne les poursuit, et en préférant la cuisine au feu de bois plutôt que la cuisinière et le micro-ondes. Nous avons bravé les éléments pour survivre, et nous sommes prêts à nous aventurer dans le froid, la pluie et le pays des ours simplement pour le plaisir. Consciemment ou non, c’est parce que nous sommes fiers de notre identité et de notre patrimoine qui nous relient à une nature pas toujours très hospitalière. Nous restons un peuple de pionniers.
    Tout d'abord, lorsque les gens choisissaient de quitter l’aisance et le confort d’un pays ou d’une région pour venir s’installer dans un endroit qui semblait inhospitalier, il est clair qu’ils n’agissaient pas seulement pour eux-mêmes. Pour bien des gens, les sacrifices du présent sont faits sciemment pour donner quelque chose de meilleur à la génération suivante. Ceux qui s’aventurent pour la première fois sur un nouveau territoire préparent le terrain pour leurs enfants et leurs petits-enfants qui grandiront dans cette région en profitant des avantages qu'offrent de nouvelles terres et ressources tout en bénéficiant de la sécurité créée par le dur labeur de leurs aïeux.
    Cela aussi est essentiel à l’histoire du Canada. Ces vertus nationales sont le travail acharné, le courage et le sacrifice au service de la prochaine génération, dans l’espoir que nous pourrons toujours dire à nos enfants qu’ils auront des joies, des commodités et des possibilités que nous n’avons pas eues.
    Vivre sur un nouveau territoire et avoir l’esprit d'un pionnier, c’est en partie reconnaître que nous devons travailler pour tout ce que nous avons et que nous pourrons garder ce que nous avons bâti. Avec une abondance de ressources naturelles devant nous, nous pouvons combiner notre travail et nos acquis pour créer un avenir pour nous et nos familles grâce à un effort acharné et soutenu. Le caractère des peuples autochtones et de ceux qui ont immigré ici de même que les particularités du pays même ont rendu cela possible et ont créé des communautés relativement égales où les possibilités étaient accessibles à tous.
    C’était très différent de ce qu'il en était dans de nombreux pays du vieux continent où les ressources étaient souvent plus rares et où les aristocraties nationales ou étrangères vivaient souvent dans l’oisiveté, exploitant les autres. Ces types de sociétés, où la plupart des gens n’avaient pas de possibilités, ont été naturellement propices aux doctrines politiques mettant l’accent sur une redistribution par la violence. Une caractéristique intéressante de l’histoire du colonialisme européen en général est que des régions moins naturellement hospitalières, comme le Canada, ont finalement mieux réussi économiquement que de nombreuses régions du monde où il est plus facile de survivre.
    L’histoire démontre que les premiers colonisateurs des régions chaudes étaient plus susceptibles d’être des privilégiés cherchant à s’enrichir par l’exploitation des peuples autochtones et des esclaves et par l’expropriation des richesses nationales. Notre pays, en revanche, a été colonisé par une plus grande proportion de migrants européens moins privilégiés qui étaient prêts à travailler dur pour survivre au lieu d’importer des esclaves. Les conditions d’environnements plus rudes comme celui du Canada ont également contraint à un plus grand degré de coopération initiale les nouveaux arrivants et les peuples autochtones.
    L’histoire de la colonisation européenne est donc celle de régions riches qui s’appauvrissent et de régions pauvres qui s’enrichissent. Ce contraste montre le caractère unique de notre expérience nationale et l’impact particulier de l’esprit pionnier que les nouveaux arrivants au Canada, relativement plus pauvres, ont apporté avec eux.
    Bien sûr, l’inégalité et l’exploitation sont des problèmes qui, à certains égards, subsistent au Canada encore aujourd’hui, notamment chaque fois que les gouvernements cherchent à imposer des fardeaux ingérables aux travailleurs et aux familles. Ceux qui luttent contre l’exploitation le font en s’engageant à cultiver et à maintenir notre esprit national de pionnier qui permet à ceux qui choisissent de se lancer dans de nouvelles aventures de pouvoir en tirer profit. Pour maintenir les abondantes possibilités et les avantages offerts par cet esprit de pionnier, nous devons continuer à être disposés à utiliser nos ressources naturelles et à les mettre à la disposition de ceux qui travaillent dans ces projets et de ceux qui les exploitent.

  (1300)  

    Les possibilités offertes à l’époque des pionniers n’ont pas disparu. Encore aujourd’hui, il est toujours possible d’aller vers l’Ouest ou vers le Nord pour gagner sa vie en travaillant fort. Voilà pourquoi le socialisme n’a jamais pris racine ici, parce que durant la plus grande partie de notre histoire, nous avons réussi à offrir des débouchés et l’accès à nos ressources à ceux qui étaient prêts à se lancer à l’aventure et à saisir ces occasions.
    En plus d’offrir des possibilités à tous ceux qui en cherchent, nos pionniers ont fourni au reste du pays des richesses et des ressources difficiles à imaginer dans d’autres pays. Nous ne sommes pas obligés de vivre comme des pionniers pour profiter de la vie dans une nation pionnière.
    Malheureusement, nous avons des politiciens qui ne croient pas en cet esprit de pionner, qui se méfient de nos secteurs d’exploitation des ressources d’hier et d’aujourd’hui, qui ont préféré le statu quo confortable au défi de la croissance et qui ont essayé de nous convaincre de faire passer le confort du présent devant les possibilités de l’avenir. La menace que représente le gouvernement pour l’esprit pionnier de notre nation ne fait que croître.
    Le gouvernement avait d’abord promis de petits déficits à court terme et des dépenses équilibrées dans le secteur de l’exploitation des ressources. Il a toutefois choisi une approche plus radicale. Ce budget dévoile un plan visant à accumuler des déficits sans précédent et à perpétuité, financé par des emprunts qui sont de beaucoup supérieurs à ceux contractés lors de toute crise nationale précédente. Ce budget cherche à rompre de façon marquée avec notre histoire. Même si certains prétendent que la croissance proviendra de vagues emplois futurs et d’une plus grande participation idéalisée au marché du travail grâce à des services de garde d’enfants financés par l’État, la seule politique bien articulée dans ce budget est une augmentation des dépenses financées par la planche à billets et l’attaque continue et sans précédent contre les secteurs des ressources et de la fabrication, ceux-là mêmes qui ont encouragé notre esprit pionnier et ont été le pilier de notre prospérité.
    Le gouvernement propose simultanément une réduction de la production et une augmentation des dépenses. Le secteur national des ressources est sans cesse menacé, même les projets nécessitant de l’équipement à zéro émission, même les projets qui entraîneront manifestement une réduction des émissions de gaz à effet de serre en remplaçant des sources étrangères plus polluantes. N’est-il pas évident que l’augmentation des places en garderie ne permettra de stimuler la participation au marché du travail que s’il y a des emplois de disponibles?
    Tout étudiant en histoire peut comprendre où cela mène. C’est la voie vers l’inflation galopante et une crise de la dette nationale, ce qui créera des inégalités radicales entre les gens ordinaires et les initiés bien branchés. C’est ainsi que nous minons la confiance dans les institutions publiques et exacerbons les divisions sociales. C’est ainsi que nous appauvrissons une nation autrefois prospère.
    Certains disent que cela ne peut pas arriver au Canada, que notre pays est à l’abri de ces phénomènes, que notre réussite nationale est le produit de caractéristiques, de choix et de circonstances particulières. Il s’agit notamment de notre esprit de pionnier, du fait que nous sommes le genre de personnes qui, devant un tas de bitume naturel, se disent: « Comment puis-je en extraire du pétrole? » Nous sommes le genre de personnes qui comprennent que la prospérité est le fruit d'efforts soutenus, et non de l’impression de billets de banque. C’est cela, le Canada. Toutefois, si nos dirigeants continuent de suivre une voie différente, il n’y a aucune raison de croire que nos réussites historiques se poursuivront.
    Le gouvernement actuel du Canada est le plus à gauche de tous les gouvernements de l’histoire de notre pays. D’autres gouvernements ont cherché à développer nos ressources et à redistribuer les excédents, mais le gouvernement actuel bloque la croissance et le développement à tous les coups, tout en cherchant activement à redistribuer ce qui n’a pas été créé. Il nous dira: « Ne vous inquiétez pas, vos efforts ne sont pas nécessaires, car nous allons nous occuper de tout. Nous allons nous occuper de vous quoi qu’il en coûte ». Cependant, cela ne fonctionnera pas si nous ne remplissons pas le réservoir. Nous ne pouvons fonctionner à vide que pendant un certain temps.
    Le gouvernement dira que ses dépenses créeront de la croissance, mais son approche à l'égard de la croissance met l’accent sur la planification centrale et la prétendue sagesse des prédictions bureaucratiques sur les industries de l’avenir. La planification centrale du développement économique n’a jamais fonctionné par le passé et a toujours augmenté les inégalités et le ressentiment social. Les pays qui ont compté sur la planification gouvernementale plutôt que sur le génie spontané des gens n’ont jamais prospéré, sauf temporairement et par imitation et expropriation.
    Il est temps que les dirigeants du Canada portent leur attention sur la nécessité de protéger notre avenir. Pour protéger notre avenir, il faut une mobilisation générale à l'égard de l'économie, une approche qui tire parti du travail assidu, de l’ingéniosité et des sacrifices de toutes les personnes de tous les milieux, dans tous les secteurs et dans toutes les régions de notre économie nationale. Protéger l’avenir, c’est innover dans la manière dont nous fournissons les services publics au lieu de réitérer les promesses non tenues des années 1960. Protéger notre avenir, c’est rétablir notre engagement à payer les choses que nous achetons aujourd’hui plutôt que de refiler la facture à la génération suivante.
    La source de notre prospérité n’est pas l’impression de billets de banque, la planification centrale, ni la distribution de largesses gouvernementales. C’est l’ingéniosité et le courage du peuple canadien. Pour protéger notre avenir, il faut célébrer notre esprit de pionniers en tant que survivants, immigrants, bâtisseurs et innovateurs. Je suis fier de m’opposer à ce budget.

  (1305)  

    Madame la Présidente, le discours de mon ami et de mon collègue traite de certains problèmes réels et existentiels auxquels le Canada fait face, qui découlent des mauvaises décisions prises par le gouvernement libéral dans la lutte contre la COVID-19.
     Je souhaite donner l’occasion au député de répondre à certaines préoccupations de mes concitoyens au sujet de cette approche selon laquelle le gouvernement fédéral sait ce qui convient le mieux en matière de services de garde et de la stratégie nationale de garde d'enfants décrite dans le budget le plus récent des libéraux, qui va à l'encontre de la lettre de mandat de la ministre. Je me demandais si mon collègue pouvait indiquer ce qu'il pense de la proposition d’Ottawa qui sait tout en matière de services de garde.
    Madame la Présidente, nous avons déjà constaté que des fournisseurs de services de garde sont contre le plan du gouvernement. La Coalition ontarienne pour de meilleurs services éducatifs à l’enfance s’est prononcée contre ce plan, déclarant qu’il ne fournit aucune précision ni certitude, en plus de soulever d’importantes préoccupations au sujet de la manière dont les coopératives, les garderies sans but lucratif et d’autres intervenants seraient exclus d’un plan centralisé contrôlé par le gouvernement qui n’offre pas le degré de souplesse que les parents recherchent.
    La nature du travail évolue. Les gens cherchent une plus grande souplesse. Ils travaillent à des heures différentes. Ils sont plus susceptibles de travailler depuis la maison. Ils sont à la recherche de services de garde flexibles qui correspondent à leur situation particulière.
    Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle version d’une promesse datant d’il y a 50 ans qui n’a pas été tenue et qui ne tient pas compte de la nouvelle réalité. Les fournisseurs de services de garde et les parents souhaitent qu'on offre un plus grand soutien aux familles afin qu'elles puissent faire des choix en matière de services de garde qui correspondent à leurs besoins. Il existe un vaste éventail d’autres mesures qui pourraient également être prises en considération, comme un partenariat avec les employeurs, des ressources pour les organismes à but non lucratif, mais nous devons maintenir...
    Madame la Présidente, j'ai remarqué que la réaction toute prête face à la dernière question était de parler des fournisseurs de services de garde plutôt que des parents qui cherchent une place en garderie.
    Cependant, nous n'avons pas à chercher bien loin pour constater les bienfaits des services de garde à coût raisonnable. Nous avons des exemples ici même au pays. On peut citer la réussite du Québec à cet égard et les retombées pour l'économie de la province. Le fait que son ambitieux système progressiste de garderies vise à faire en sorte que chacun puisse atteindre son plein potentiel économique a permis à davantage de femmes d'intégrer le marché du travail.
    Sachant que le Québec y est arrivé, le député se dit-il contre un régime de garde d'enfants offrant des places à 10 $ la journée? Est-ce que c'est ce qu'il est en train de dire?
    Madame la Présidente, puisque le député n'a pas écouté ma dernière réponse, je crains fort qu'il n'écoute pas celle-ci.
    Les parents s'opposent fermement à la voie que souhaite emprunter le gouvernement quant aux garderies, à l'instar des fournisseurs de services de garde, comme j'en ai déjà parlé de long en large à la Chambre, et comme je viens de le faire maintenant. Les intervenants de ce secteur, de même que les parents, considèrent que l'approche inflexible du gouvernement ne fonctionne tout simplement pas.
    Étant moi-même parent, je sais que les parents canadiens recherchent la souplesse. Le plan du parti du député n'aide en rien la mère seule qui travaille de nuit. Le député prétend-il que ces services de garde gérés par le gouvernement seront offerts 24 heures sur 24? J'en doute. La souplesse qu'il nous faut...

  (1310)  

    La parole est à la députée d'Edmonton Strathcona.
    Madame la Présidente, j'ai rencontré beaucoup de personnes qui réclament des garderies, qu'il s'agisse de parents, de fournisseurs de services de garde, de défenseurs des services de garde ou d'entrepreneurs. Je trouve que certaines des observations du député sont un peu bizarres.
    Aujourd'hui, je veux poser une question à propos de la richesse extrême de certains milliardaires canadiens, qui s'est accentuée durant la pandémie. Pour adopter une approche financièrement responsable permettant d'équilibrer le budget, le député ne convient-il pas qu'un impôt sur la fortune constituerait une façon très sensée de faire en sorte que les plus riches, qui ont beaucoup bénéficié de la pandémie, contribuent à certains programmes comme les garderies, l'assurance-médicaments, les soins dentaires et les soins de santé mentale pour les résidants d'Edmonton et de toute l'Alberta?
    Madame la Présidente, pour ce qui est des services de garde, je souscris à l'idée d'un engagement, mais non d'un programme gouvernemental axé sur une approche condescendante. Les politiques qui appuient directement les parents qui le souhaitent constituent une bien meilleure solution.
    Pour ce qui est d'un impôt sur la fortune...
    Nous reprenons le débat. Le député d'Edmonton-Ouest a la parole.
    Madame la Présidente, je suis ravi d'intervenir aujourd'hui au sujet du projet de loi d'exécution du budget. Pour qualifier ce budget, je m'inspire du film de Rick Moranis intitulé Chérie, j'ai réduit les enfants, mais je modifie le titre comme ceci « Chérie, j'ai coulé les enfants ». J'ai songé à utiliser un autre verbe que « couler », mais il appartient au vocabulaire non parlementaire.
    Pourquoi ce titre? Il est à propos à cause de l'énorme dette que nous laissons aux générations futures sans vraiment penser aux conséquences qu'elles auront pour nos enfants et nos petits-enfants. La situation est-elle si catastrophique? En fait, la dette s'est alourdie de 500 milliards de dollars en à peine 2 ans et s'alourdira de 700 milliards de dollars au cours des 5 prochaines années.
    D'ici la fin de mon intervention de 10 minutes et de la période de questions et réponses de 5 minutes qui s'ensuivra, 7,3 millions de dollars se seront ajoutés à la dette qui pèse sur les Canadiens. Les gens de mon âge se rappelleront Lee Majors qui incarnait le personnage de Steve Austin dans L'Homme de six millions. Au rythme actuel des dépenses du gouvernement, il faudrait environ juste 13 minutes pour le rebâtir en mieux.
    En tant qu'originaire d’Edmonton, en Alberta, ce qui me déplaît le plus dans ce budget, c’est qu’il n’offre presque rien aux Albertains. Dans les plus de 700 pages qu'il contient, on n’y trouve presque rien pour notre province. Chez nous, les gens disent que ce budget est une gifle aux Albertains.
    En parcourant le budget, j’ai vu qu’il y est question de pipelines à plusieurs reprises. Merveilleux! Mais il s’agit d’un pipeline de talents, d’un pipeline de vaccins, et nous savons comment le gouvernement a échoué à cet égard. On y parle d’un pipeline de talents en génomique, d’un pipeline d’innovation et d’un pipeline d’équipement de protection individuelle. Nous verrons demain, dans le rapport du vérificateur général sur l’équipement de protection individuelle, comment le gouvernement a acheminé l’argent des contribuables à des gens liés au Parti libéral et à d’autres proches, mais dans le budget, il parle d’un pipeline d’équipement de protection individuelle. Et un pipeline de pétrole et de gaz? Eh bien non, il n’en est pas question.
     Nous avons vu ce qui se passe actuellement dans le Michigan avec la canalisation 5. Si le Michigan ferme celle-ci, Sarnia, l’Ontario et d’autres régions perdront des dizaines de milliers d’emplois, et le prix de l’essence doublera probablement. Mais il n’y a rien dans le budget pour régler ce problème.
    On ne mentionne pas non plus le fait que l’industrie pétrolière et gazière de l’Alberta est le plus grand employeur des travailleurs autochtones. Au comité des opérations, nous avons mené une étude sur les marchés publics pour les Autochtones, et tous les témoins de la communauté autochtone ont affirmé que l’industrie pétrolière et gazière est la seule qui fasse son travail et non le gouvernement fédéral, qui a échoué. L’industrie pétrolière et gazière amenait la richesse et la prospérité aux collectivités autochtones. Dans ce budget, nous n’avons rien.
    Nous avons entendu dire à maintes reprises dans ma circonscription que les petites entreprises qui ont ouvert leurs portes juste avant ou pendant la pandémie n’ont pas été admissibles aux soutiens, notamment le soutien salarial et le soutien au loyer. Elles n’avaient rien fait pour mériter cela. J’ai travaillé dans le secteur hôtelier, et je sais qu’il faut maintenant un an, deux ans ou même plus pour construire un hôtel, à cause de tous les règlements. Les gens qui ont eu le malheur d’investir avant le début de la COVID ont été privés de l’appui du gouvernement.
    Nous avons demandé à maintes reprises à la Chambre et au comité que le gouvernement se penche sur ce problème. Chaque fois, les libéraux disent, la main sur le cœur, que les petites entreprises sont l’épine dorsale de l’économie, mais ils ne font rien. Il n’y a rien dans le budget pour régler ce problème.
    Un de mes amis dans ma circonscription, Rick Bronson, tient un Comédie Club dans le West Edmonton Mall qui s’appelle The Comic Strip. Il a près de 100 employés. Il en a ouvert un nouveau en Colombie-Britannique juste avant la COVID. Il est exclu du programme gouvernemental, et pourtant il n’a rien fait de mal. Je le répète, nous avons demandé à maintes reprises d’aider les petites entreprises, mais il n’y a rien pour elles.
    En Alberta, nous avions deux demandes principales dans le budget, l’une étant de l’argent pour la recherche sur la séquestration du carbone. Le premier ministre de la province a visé la lune en demandant des milliards de dollars, alors je m’attendais donc à peut-être avoir un milliard de moins. Non, nous nous sommes retrouvés avec un plan proposant des incitatifs pour la séquestration du carbone, mais seulement si l’argent n’est pas utilisé pour la récupération assistée des hydrocarbures. Nous nous sommes entretenus avec tous les acteurs du secteur, grands et petits, et ils ont tous dit la même chose. Il n’existe pas de solution économique pour la séquestration du carbone sans la récupération assistée des hydrocarbures.
    Les libéraux tendent une carotte d’une main, et de l’autre, ils frappent les gens avec un bâton. Le budget prévoit de l’argent pour la recherche sur la séquestration du carbone, soit 20 millions de dollars l’an prochain et jusqu’à 220 millions de dollars au cours des cinq prochaines années.

  (1315)  

    Réfléchissons à cela. Le pétrole et le gaz, même à des prix réduits, demeurent nos principaux produits d’exportation. Ce secteur domine complètement l'industrie automobile et l’industrie aérospatiale, et pourtant nous n’obtenons que des miettes pour la recherche technologique. Pour mettre les choses en contexte, le gouvernement a versé aux riches propriétaires d’automobiles Tesla 100 millions de dollars en subventions pour l’achat d’automobiles Tesla, soit la moitié de ce qu’il a donné à l’ensemble du secteur des hydrocarbures pour la séquestration du carbone. Cela démontre clairement que le gouvernement actuel ne se soucie pas de l’Alberta et que, quand vient le temps d’agir, il ne se soucie pas de l’environnement.
    Les libéraux n’ont pas corrigé le plafond injuste établi pour le Programme de stabilisation fiscale qui pénalise l’Alberta parce que les ressources sont incluses dans le calcul. Ils l’ont modifié au profit du Québec et de l’Ontario, mais ils continuent de traiter l’Alberta de façon discriminatoire en imposant un nouveau plafond si les revenus générés par les ressources pétrolières et gazières y sont intégrés. Depuis 2014, les Albertains ont versé plus de 110 milliards de dollars net au Trésor fédéral. Et tout ce que nous avons en retour, c’est une gifle en plein visage.
    Pour revenir à la séquestration du carbone, le budget prévoit 20 millions de dollars l’an prochain pour la recherche dans ce domaine. Il prévoit également 22 millions de dollars pour un programme de reconnaissance des travailleurs du nucléaire dans les années 1950, à l’époque de la guerre de Corée. C’est merveilleux de reconnaître la contribution faite par ces travailleurs il y a 70 ans, mais le budget prévoit autant d’argent pour le programme de reconnaissance de leur contribution dans les années 1950 qu’il en prévoit pour la recherche essentielle sur la séquestration du carbone. Encore une fois, cela démontre que la priorité de l’actuel gouvernement n'est pas les travailleurs, et certainement pas ceux de l’Alberta.
    Sur les 840 pages de ce budget, les pipelines ne sont mentionnés que cinq fois. On y trouve environ 1 000 occurrences de l'expression « mesures de soutien », et environ 1 300 du mot « prestations ». Par contre, le mot « productivité » n’apparaît que 39 fois, et le mot « compétitivité » seulement 13 fois.
    Qu’obtenons-nous pour cette dette supplémentaire de 700 milliards pour les cinq prochaines années? Le gouvernement prévoit, dans son propre budget, que le taux de croissance ralentira chaque année à compter de 2022 pour atteindre 1,7 % en 2025. Réfléchissons à cela. La dette passera à 700 milliards de dollars et tout ce que nous obtiendrons en retour, c’est un taux de croissance médiocre de 1,7 %.
    Robert Asselin, l’ancien directeur des politiques et du budget de Bill Morneau et conseiller en politiques auprès du premier ministre, a dit au sujet du budget qu'« il est difficile d’y trouver un plan de croissance cohérent [...] après avoir dépensé près de 1 billion de dollars, ne rien faire pour stimuler la croissance à long terme [...] serait le pire héritage possible de ce budget. »
    Dave Dodge, ancien gouverneur de la Banque du Canada, a déclaré que le budget ne met pas l’accent sur la croissance et qu’il ne s’agit pas d’un plan raisonnablement prudent.
    Le titre du budget annonce toutefois qu’il s’agit d’un plan de relance pour la croissance, mais nous savons ce qui est en croissance. Ce n’est pas l’économie, mais bien les impôts. Dans ce budget, les impôts perçus par le gouvernement actuel devraient augmenter de 28 % de 2019-2020 à la fin de 2025.
    Les intérêts que nous payons aux banquiers de Bay Street et de Wall Street pour cette dette que les libéraux accumulent devraient eux aussi connaître une croissance. Nous allons payer 40 milliards de dollars d’intérêts par année pendant cinq ans. Songeons à ce que nous pourrions faire avec ces 40 milliards de dollars. Nous pourrions investir 40 fois le montant du scandale UNIS et garder les amis du premier ministre en affaires pendant un certain temps. Plus important encore, songeons aux soins de santé dans lesquels nous pourrions investir ces 40 milliards de dollars. Tous les premiers ministres provinciaux ont demandé une augmentation des transferts au titre des soins de santé. Ils n’ont rien reçu, mais nous avons 40 milliards de dollars pour les riches banquiers.
    Nous pourrions investir dans la population vieillissante et dans les forces armées. Le budget prévoit 51 millions de dollars pour la participation à l’OTAN. Il y a la montée de la Chine avec son comportement agressif et il y a la Russie, et nous investissons 51 millions de dollars, soit à peine le double de ce que nous prévoyons pour un programme de reconnaissance des travailleurs du secteur de l’énergie atomique d’il y a 70 ans.
    Il est clair que ce budget n’est pas destiné à la croissance de l’économie. Il n’est pas conçu pour les gens d’Edmonton-Ouest, et certainement pas pour les Albertains. Il ne s’adresse pas aux générations futures. Ce budget est un échec et une honte, et c’est pourquoi je ne l’appuierai pas.

  (1320)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours et d'avoir ravivé des souvenirs impérissables de ma jeunesse en parlant de L'homme de six millions, Steve Austin. Je suis de la génération pour qui Steve Austin était L'homme de six millions, et non de l'autre génération pour qui Steve Austin est le vrai nom du lutteur Stone Cold. Personnellement, je dois admettre que c'est plus la contrepartie féminine de L'homme de six millions qui a meublé mes soirées de jeunesse. En effet, Jaime Sommers, la femme bionique, avait, ma foi, tous les charmes.
    Pour en revenir au sujet du jour, ma question porte sur les derniers mots que mon collègue a prononcés dans son discours. Les transferts en santé sont réclamés par tous les premiers ministres des provinces et par le Québec, mais sont encore une fois tout à fait absents des intentions actuelles du gouvernement. Je reviens aussi sur l'amélioration du sort de nos aînés et sur l'absence de traitement qui est réservé aux aînés âgés de 65 à 74 ans.
     On entend beaucoup ces temps-ci les députés conservateurs dire que s'ils prennent le pouvoir à la prochaine élection, ils feront ceci et cela. Mon collègue pourrait-il me dire si un éventuel gouvernement conservateur hausserait les transferts en santé et s'assurerait que les aînés sont traités équitablement et que leur pension est augmentée dès l'âge de 65 ans?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de ses commentaires sur Jaime Sommers. Je l'avais oubliée.
    Le député a présenté quelques bons arguments au sujet des priorités. Pour ce qui est des subventions salariales, le gouvernement semble privilégier les dirigeants milliardaires de fonds spéculatifs et de sociétés dont la croissance est exponentielle. Ils n'ont pas besoin de cet argent. Parallèlement, le gouvernement laisse tomber les provinces. Je suis entièrement d'accord avec le député sur le fait que la priorité devrait être accordée aux soins de santé, et non à l'enrichissement des amis bien branchés du Parti libéral.
    Madame la Présidente, toujours sur le thème des 6 millions de dollars, si je comprends bien, le budget accorde seulement 43 minutes de notre prochain exercice au captage et au stockage du carbone. Si 6 millions de dollars sont dépensés en 13 minutes, cela signifie qu'il faut 43 minutes pour dépenser environ 20 millions de dollars.
    Madame la Présidente, comme je n'ai pas ma calculatrice avec moi, je vais me fier à mon collègue.
    Cela dénote effectivement une certaine hypocrisie, car le gouvernement parle tellement de l'environnement. Le principal créateur d'emplois au Canada, qui nous a permis de sortir de la récession de 2008-2009 et qui ouvrira la voie à notre reprise économique cette fois encore, est l'industrie énergétique. L'Alberta et l'industrie énergétique ont déjà beaucoup fait pour réduire notre empreinte carbone, mais il nous serait possible d'aider encore plus l'environnement en finançant la recherche sur la séquestration du carbone. Toutefois, le gouvernement se préoccupe davantage de verser des millions et des millions de dollars aux riches propriétaires de véhicules Tesla plutôt qu'à l'industrie et à l'environnement. Il est clair que ses priorités sont mal établies. Espérons qu'il verra la lumière et qu'il mettra l'accent sur ce qui est dans l'intérêt supérieur des Canadiens.

  (1325)  

    Madame la Présidente, j'ai beaucoup de difficulté à concilier cette loi d'exécution du budget et le budget avec le bilan désastreux des libéraux en matière de reddition de comptes. Nous avons parlé de cette caisse noire environnementale de 100 millions de dollars. Par ailleurs, rien que depuis le début de la pandémie, il y a eu le scandale de l'organisme UNIS et d'autres scandales liés à des contrats attribués à des proches du Parti libéral.
    Mon collègue a-t-il autre chose à ajouter au sujet du manque de reddition de comptes de ce cadre budgétaire?
    Madame la Présidente, c'est une excellent observation du député de Battle River—Crowfoot. Nous avons parlé de reddition de compte. On en a beaucoup parlé dans les journaux au sujet de la Subvention salariale d'urgence du Canada. Il s'agit du plus important programme de soutien pendant la crise de la COVID-19 et il s'élève à 100 milliards de dollars. Nous avons entendu dire que de l'argent avait été versé à de riches gestionnaires de fonds spéculatifs et à des sociétés multinationales. Nous avons même entendu dire que le gouvernement donnait de l'argent des contribuables à une entreprise d'État chinoise.
    Lorsque nous avons questionné le président du Conseil du Trésor au sujet des mesures de contrôle visant les 100 milliards de dollars et si le processus du Conseil du Trésor avait été suivi comme il se doit, il a répondu qu'il l'ignorait. Son travail consiste à superviser les dépenses et il ne savait même pas si elles avaient été soumises au processus. La réponse est non, et les résultats en témoignent.
    Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole au sujet du budget de 2021, le premier à être présenté par le gouvernement en deux ans.
    Les Canadiens ont fait preuve de patience. On leur a demandé de patienter deux semaines pour aplatir la courbe, ils ont patienté 14 mois. Ce qu’ils attendaient, c’est un plan, un plan pour rouvrir notre économie de manière sécuritaire et pour remettre les Canadiens au travail, un plan pour insuffler aux générations futures l’espoir et la confiance dont elles ont désespérément besoin maintenant pour bâtir leur avenir. Cependant, ce budget est une énorme déception.
    Les Canadiens au chômage qui espéraient y trouver un programme de création de nouveaux emplois et des débouchés économiques pour leurs familles se sentiront abandonnés. Les travailleurs dont les salaires et les heures de travail ont été réduits et qui espéraient y trouver un programme de relance économique se sentiront abandonnés. Les familles qui n’ont pas les moyens de payer plus d’impôts et qui ont du mal à mettre de l’argent de côté pour les études de leurs enfants ou pour acheter une maison se sentiront abandonnées. Les Saskatchewanais qui espéraient y trouver un plan pour soutenir les secteurs importants de notre province vont se sentir abandonnés.
    Tout gouvernement déterminé à relancer l’économie aurait soutenu tous ces secteurs de l’économie, en particulier ceux qui ont été des sources fiables de stabilité économique pour les Canadiens dans le passé. Dans ce budget, les libéraux ont choisi de faire fi de la prudence et d’ignorer ces secteurs. À titre d’exemple, l’industrie pétrolière et gazière du Canada a assuré la croissance économique et la prospérité de milliers de travailleurs canadiens pendant de nombreuses années, grâce à des revenus qui ont été investis dans des programmes sociaux et des infrastructures comme des écoles et des hôpitaux. Malgré cela, au moment où nous souhaitons un retour à la normale, cet important secteur a été laissé pour compte encore une fois. Les travailleurs de ce secteur ont été durement frappés par la pandémie, subissant des pertes d’emplois et de salaires et pourtant, le budget ne prévoit aucune mesure de soutien pour eux.
    L’agriculture est un autre secteur qui a été laissé pour compte, en particulier les agriculteurs, les éleveurs et les producteurs. Ils ont pourtant continué de travailler sans relâche pour soutenir le Canada tout au long de la pandémie; ces deux secteurs immensément importants, qui ont toujours contribué à la croissance économique et à la stabilité, ont pourtant été oubliés dans ce budget. Le gouvernement a oublié ces travailleurs qui jouent un rôle de premier plan pour aider le Canada en cette période de pandémie, tout cela pour faire des dépenses partisanes. C'est inacceptable.
    Ce budget contient une proposition coûteuse, fondée sur une approche paternaliste d'Ottawa, pour un système national de garderie. Cette approche centrée sur Ottawa ne devrait pas surprendre les Canadiens qui connaissent bien le mépris des libéraux pour les champs de compétence provinciaux. Dans l’esprit d’un élu libéral, une politique universelle est logique, mais cela ne fonctionne pas dans le vrai monde. Par exemple, la situation et les besoins des parents vivant en milieu urbain sont très différents de ceux des Canadiens vivant en milieu rural. Les parents ont certes besoin d’aide, mais il leur revient à eux de décider de la manière dont ils veulent s’occuper de leurs enfants, et non aux fonctionnaires d’Ottawa. Les conservateurs ont appuyé les programmes de subventions salariales et d’allégement des loyers, tout en y proposant des changements, mais il ne serait certes pas nécessaire de prolonger ces programmes si le gouvernement avait mieux géré la pandémie et s’il avait trouvé des vaccins pour les Canadiens.
    À l’heure actuelle, nous sommes au beau milieu d’une troisième vague qui déferle sur notre pays, ce qui oblige les gouvernements provinciaux à imposer davantage de restrictions et de confinements à leurs économies respectives. Les conservateurs appuient les mesures qui visent à aider les Canadiens et les entreprises canadiennes. Nous sommes en faveur de dépenses qui apporteront de véritables changements pour les Canadiens qui ont beaucoup souffert de la pandémie, mais ce que nous voyons dans ce budget, c’est une avalanche de dépenses qui augmentent la taille et le rôle du gouvernement dans l’économie canadienne. Nous peinons à sortir d’une pandémie. Les petites et moyennes entreprises, les entrepreneurs et les particuliers ont besoin d’aide financière pour se remettre de la dévastation causée par cette pandémie.
    Alors qu’un si grand nombre d’entre eux ont désespérément besoin d’aide, il est inacceptable que les libéraux réservent 100 milliards de dollars à ce qui constitue en fait des dépenses électorales. Malheureusement, le gouvernement dépense sans compter pour ses projets favoris. Il a toujours enregistré des déficits, et n’a pas une seule fois essayé de contrôler la dette nationale ou de limiter les dépenses. Une planification financière prudente aurait permis au gouvernement fédéral d’accumuler des excédents avant la pandémie, d’économiser pendant les bonnes années en vue de se protéger en prévision de moins bonnes périodes.

  (1330)  

    Au lieu de cela, les échecs du gouvernement avant la pandémie, et maintenant pendant celle-ci, ont fait grimper la dette du Canada à plus de 1 billion de dollars pour la première fois de notre histoire. Cette dette devra être remboursée par les générations futures.
    Ce budget n’assurera pas aux Canadiens une prospérité future, mais il les prépare plutôt à un échec à long terme après la pandémie.
    Les libéraux ont fait de nombreuses erreurs dans leurs dépenses pendant la pandémie, comme la dépense excessive spectaculaire consacrée aux ventilateurs. Ce qui est encore plus grave, c’est l’attribution secrète de contrats de plusieurs milliards de dollars à des entreprises chinoises pour l’achat d’équipement de protection individuelle sans tenir compte de notre capacité nationale d’accroître notre production ici au Canada.
    Enfin, je veux parler du dossier de l’infrastructure, dans lequel le gouvernement a échoué lamentablement.
    La Banque de l’infrastructure du Canada du premier ministre a eu un rendement pitoyable. Au cours des quatre dernières années, elle a dépensé des milliards de dollars et n’a réalisé aucun projet. Un nouveau rapport du directeur parlementaire du budget révèle qu’elle perd de l’argent et qu’elle ratera de plus de 50 % les objectifs fixés par le gouvernement. Au lieu de stimuler l’économie, elle a honteusement gaspillé l’argent des contribuables.
    Dans le numéro du printemps 2021 de We Build, un magazine de construction de la Saskatchewan, on peut lire ce qui suit:
    Le gouvernement fédéral a prévu dépenser 900 millions de dollars en Saskatchewan, mais 64 % de ces fonds [...] ne sont pas encore attribués. Plus de la moitié des 36 % qui ont été « attribués » font encore l'objet d'un « examen », ce qui veut dire que, seulement 152,01 millions de dollars sur les 887,26 millions prévus ont été investis. C'est un scandale presque entièrement attribuable à l'inefficacité de la bureaucratie fédérale.
    Par ailleurs, les investissements prévus dans ce budget ne permettront pas de combler l'écart entre les infrastructures des communautés autochtones et celles du reste du pays. Nombre de communautés autochtones ont déjà dit avoir besoin d'une aide supplémentaire à cet égard, mais le gouvernement les laisse encore tomber en ce qui concerne ce budget et la Banque d'infrastructure du Canada. De nombreuses communautés n'ont toujours pas accès à de l'eau potable. Il est maintenant encore plus évident que le gouvernement les a abandonnées de façon lamentable. La Banque d'infrastructure du Canada, qui a notamment pour mandat d'améliorer les infrastructures des communautés autochtones, est loin d'avoir atteint son objectif, tout comme le gouvernement qui rate constamment sa cible.
    Les Canadiens s'attendent à des dépenses judicieuses, ciblées et efficaces de la part du gouvernement, surtout en période de crise. Les dépenses prévues dans ce budget auraient dû servir à récupérer et à créer des emplois pour les Canadiens, et non à répondre à des priorités partisanes.
    En conclusion, ce budget est terriblement décevant. Il rate vraiment la cible. Il ajoute une nouvelle dette de près d'un demi-billion de dollars. Cette dette créera un énorme fardeau pour les générations futures et il faudra nécessairement, pour la rembourser, que les familles canadiennes travaillantes paient davantage d'impôt.
     Ce budget ne tient absolument pas compte des priorités des Canadiens. Il ne répond pas à leurs besoins et oublie des secteurs cruciaux qui ont besoin de mesures de relance. Le gouvernement doit réévaluer ses priorités à l'approche de la réouverture de l'économie. Les Canadiens ont besoin d'un véritable plan d'avenir. Ils ont besoin d'un budget qui fasse passer leurs intérêts en premier.

  (1335)  

[Français]

    Madame la Présidente, hier, au Québec, c'était la Journée nationale des patriotes. Je salue d'ailleurs tous les Québécois qui se sont levés pour célébrer la mémoire de ces dignes combattants de la liberté.
    Dans le reste du Canada, on célèbre la mémoire de la reine Victoria. C'est intéressant de souligner qu'un des premiers ordres émis par la reine Victoria lorsqu'elle a accédé au trône a été d'ordonner l'exécution des combattants de la liberté, à savoir les patriotes du Bas-Canada. Pendant qu'au Québec on célébrait la digne mémoire des pendus, dans le reste du Canada, on célébrait celle de la « pendeuse ». C'est un autre signe de la société distincte.
    J'en viens maintenant à ma question. Deux des groupes qui ont été les plus touchés par la crise sont les aînés et les jeunes. On parle de beaucoup de problèmes de santé mentale. J'ai une fille de 17 ans, et elle étudie au cégep; j'ai entendu parler des étudiants à l'université, et la santé mentale chez les jeunes est vraiment cruciale. C'est l'un des groupes les plus touchés par la crise avec les aînés. Les deux secteurs où l'on devrait investir sont la santé et les aînés, mais cela n'est pas présent dans le budget actuel.
    Peut-on espérer, dans l'éventualité d'un gouvernement conservateur, que les transferts en santé, vu les problèmes de santé mentale, vont se concrétiser et que l'on va aider les aînés de moins de 75 ans?

[Traduction]

    Madame la Présidente, avant toute chose, je soulignerai que le député devrait adresser ses questions sur les transferts en santé prévus par le budget à des députés du parti au pouvoir.
    Les dépenses excessives des libéraux et leur absence de plan pour la réouverture de l'économie mettent en péril la viabilité à long terme de programmes sociaux importants comme l'éducation et la santé. La dette écrasante qu'ils créent fera grimper les impôts et pénalisera les personnes qui n'ont pas les moyens d'assumer une telle augmentation. Les gouvernements provinciaux n'ont qu'à repenser aux années 1990 et à se rappeler ce que le gouvernement libéral de l'époque avait dû faire pour régler le problème de la dette et des déficits.
    Les conservateurs sont résolus à accroître le bien-être et la sécurité financière des aînés canadiens. Nous nous sommes aussi engagés à prendre des mesures pour soutenir la santé mentale des Canadiens si notre parti forme le gouvernement.
    Madame la Présidente, un Canadien sur cinq ne prend pas les médicaments qui lui ont été prescrits, car il n’a pas les moyens de se les acheter. Pourtant, les votes des conservateurs continuent de protéger les intérêts des grandes sociétés pharmaceutiques.
    Cela fait 23 ans que les libéraux nous promettent la mise en place d’un régime d’assurance-médicaments. La députée de Sentier Carlton—Eagle Creek peut-elle expliquer pourquoi ce projet de loi continue de favoriser les profits de l’industrie pharmaceutique au détriment des besoins des familles canadiennes, et pourquoi son parti continue de rejeter le régime d’assurance-médicaments?
    Madame la Présidente, le député a raison, ce budget ne prend pas en compte ce problème.
    Je pense que nous devrions nous efforcer de trouver des solutions pour aider les Canadiens qui n’ont pas d’assurance-médicaments ou qui ne peuvent pas s’en offrir une, plutôt que de disloquer un système qui fonctionne pour l’immense majorité des Canadiens. Chacun devrait pouvoir accéder aux médicaments dont il a besoin. Pendant la pandémie, nous avons constaté que de nombreux Canadiens ont subi les effets d'une pénurie de médicaments sur ordonnance.
    Les conservateurs sont convaincus qu’il est essentiel que le gouvernement fédéral collabore avec les provinces pour renforcer nos réseaux d’approvisionnement en produits pharmaceutiques à l’échelle nationale.

  (1340)  

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de l'autre côté de la frontière, en Saskatchewan, de son discours.
    L'un des problèmes que nous avons observés au cours des six dernières années de gouvernement libéral est mis en évidence dans le budget, soit l'écart croissant entre les Canadiens des régions urbaines et ceux des régions rurales. Il semble qu'une bonne partie des promesses faites dans le présent budget ne tiennent tout simplement pas compte des régions rurales et éloignées du Canada, qu'il s'agisse de régions rurales comme celles que la députée et moi-même représentons ou de régions plus éloignées comme celles du Nord du Canada.
    Je me demande si la députée pourrait nous dire de quelles façons ce budget néglige de régler les problèmes présents dans les régions rurales et éloignées du Canada.
    Madame la Présidente, je dirais tout simplement à mon collègue que, au cours des six dernières années, nous avons vu un gouvernement qui sème la division, qu'il s'agisse de dresser l'Est contre l'Ouest ou les Canadiens des régions rurales...
    Nous reprenons le débat. Le député de Banff—Airdrie a la parole.
    Madame la Présidente, après avoir attendu deux longues années que les libéraux déposent un budget, les Canadiens se retrouvent avec le nouveau fardeau d’une dette énorme au lieu de recevoir un plan prometteur pour l’après-pandémie. Autrement dit, encore un échec.
    Les chômeurs canadiens voulaient un plan qui crée de nouveaux emplois. Les travailleurs dont le salaire et les heures de travail ont été réduits espéraient un plan de relance de l’économie. Les familles qui n’ont tout simplement pas les moyens de payer plus d’impôts attendaient un allégement fiscal. Au lieu de cela, ce plan coûteux fera augmenter les dépenses de plus de 100 milliards de dollars et portera la dette du Canada à 1,2 billion de dollars. Oui, c’est un billion avec un « b », pour la toute première fois dans l’histoire du Canada.
    C’est un montant ahurissant que la plupart des Canadiens n’arrivent même pas à comprendre: 1,2 billion de dollars. C’est comme si chaque Canadien devait assumer une tranche de 33 000 $ de la dette fédérale. Les Canadiens et leurs enfants, les enfants de leurs enfants et les enfants des enfants de leurs enfants seront forcés de rembourser cette énorme dette gouvernementale.
    Le directeur parlementaire du budget a récemment publié un rapport selon lequel ce budget sous-estime même la taille des déficits fédéraux d’environ 5,6 milliards de dollars par année. Pour citer le directeur parlementaire du budget, cela place Ottawa à long terme sur une trajectoire d’endettement élevé.
    Qu’en est-il des cibles budgétaires? Non, il n’y en a pas. On n’en trouve qu’une vague mention à la page 59: « Le gouvernement est déterminé à combler les déficits liés à la COVID-19 et à réduire la dette fédérale en tant que part de l’économie à moyen terme ». C’est très rassurant, n’est-ce pas?
    Les Canadiens ont raison de s’inquiéter de ces dépenses libérales. Ils paieront 40 milliards de dollars en impôts chaque année seulement pour rembourser les intérêts sur la dette. Tout cela repose sur une hypothèse très risquée selon laquelle les taux d’intérêt et l’inflation demeureront bas.
    Avec toutes ces dépenses et tous ces risques financiers, on s’attendrait à ce qu’il y ait de la substance, mais de nombreux Canadiens sont tout simplement laissés pour compte dans ce budget. Où est le plan visant à stimuler le secteur albertain de l’énergie qui contribue à la prospérité et à la vitalité économique? Non, ce n’est certainement pas ce budget-ci. Le gouvernement a été on ne peut plus clair en parlant de son plan d’enclaver le pétrole canadien lorsqu’il a présenté les projets de loi C-48 et C-69 au cours de la législature précédente. De plus, le premier ministre a dit qu’il fallait éliminer progressivement les sables bitumineux.
    Le gouvernement libéral est déjà resté les bras croisés pendant que le gouvernement des États-Unis annulait le projet Keystone XL, ce qui a évidemment entraîné l’annulation de projets comme Northern Gateway et Énergie Est. Nous savons bien sûr que la canalisation 5 d’Enbridge est menacée alors qu’elle répond à la moitié des besoins pétroliers de l’Ontario et du Québec. La fermeture de cet oléoduc créerait littéralement une crise de l’énergie ici au Canada et, bien sûr, une partie plus grande du pétrole de l’Alberta resterait coincée, alors que l’économie de la province souffre déjà. Au lieu de cela, on favorise le pétrole de pays qui ont des bilans beaucoup moins respectueux de l’environnement ailleurs dans le monde.
    Tout cela est attribuable au fait que les libéraux étranglent le secteur pétrolier de l’Alberta au profit du pétrole moins écologique d’autres pays, qui ne partagent certainement pas notre engagement à l’égard de la protection de l’environnement ou des droits de la personne. Encore une fois, le budget est complètement muet au sujet du secteur albertain de l’énergie.
    Malgré ce silence éloquent des libéraux, les conservateurs continueront toujours de défendre les pipelines et les projets qui mettront fin à notre dépendance au pétrole étranger et qui libéreront notre secteur de l’énergie. Les mesures législatives des libéraux qui nuisent au secteur de l’énergie et à l’emploi n’ont fait que réduire la capacité du Canada de produire et d’échanger des ressources énergétiques durables sur le plan environnemental et de créer plus d’emplois.
    Le secteur de l’énergie de l’Alberta pourrait être la clé de la croissance économique et du succès après la pandémie au Canada, mais les libéraux ont plutôt choisi de le dénigrer et de l’ignorer. Il n'est fait absolument aucune mention de ce secteur dans le budget et les Albertains ne l’oublieront pas. Le budget propose plutôt une économie canadienne repensée dans laquelle s’entremêlent des notions économiques risquées qui la placeront dans une situation très précaire.

  (1345)  

    Bien d'autres choses encore sont passées sous silence dans le budget. On n’y prévoit rien pour les entreprises en démarrage qui sont dans une situation désespérée car elles ne répondent pas aux critères étroits des programmes d’aide du gouvernement. Les programmes fédéraux destinés aux petites entreprises comportent des lacunes et des problèmes importants que les libéraux continuent d’ignorer. Au sujet du budget, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a dit que « le gouvernement n’a pas corrigé les lacunes de plusieurs programmes qui nuisent à des milliers de PME qui font toujours face à des restrictions, des fermetures et une énorme dette due à la COVID-19 ».
    Bon nombre de ces petites entreprises sont des entreprises touristiques, et elles ont désespérément besoin que le gouvernement dépose un plan sûr, assorti de mesures et d’objectifs, pour pouvoir ouvrir leurs portes pour la saison estivale. Je suis désolé de le dire, mais il n’y a rien non plus pour elles dans le budget.
    Dans la magnifique circonscription que je représente, Banff—Airdrie, le tourisme est un moteur économique clé qui a été frappé de plein fouet par la pandémie. Le confinement et les restrictions à la frontière ont étouffé les entreprises. Bon nombre d’entre elles ont été forcées de mettre à pied des employés et, dans certains cas, ont malheureusement carrément fermé leurs portes.
    Cela se produit partout au Canada. L’an dernier, les entreprises touristiques ont perdu environ 19,4 milliards de dollars de revenus en raison de l’absence de visiteurs étrangers. Or, le gouvernement vient de prolonger encore une fois la fermeture de la frontière canado-américaine, bien au-delà de la principale saison touristique estivale, sans avoir ni plan ni données sur la façon dont il pourrait être disposé à la rouvrir en toute sécurité. Maintenant, les entreprises touristiques envisagent de perdre un autre été d'activités, et le budget est complètement muet concernant un plan sûr pour la réouverture et pour l’avenir.
    Le gouvernement a malheureusement choisi des gagnants et des perdants dans ce budget et laissé beaucoup de gens en plan. Le gouvernement libéral adore répéter que nous sommes tous dans le même bateau, mais récemment, j’ai entendu une autre métaphore au sujet de la pandémie, que j’ai trouvée très appropriée pour les gagnants et les perdants choisis dans ce budget libéral qui nous endette lourdement. La voici: Nous sommes tous confrontés à la même tempête, mais certains sont dans des yachts et d’autres dans des chaloupes qui fuient. Le gouvernement libéral ne devrait pas se contenter d’envoyer la main aux Canadiens qui peinent à traverser la tempête de la pandémie dans une chaloupe qui fuit pendant que ses amis libéraux boivent du champagne sur le pont de leur yacht payé par les contribuables. Dépenser sans plan précis mène inévitablement à l’échec.
    Je demande au gouvernement de corriger ce budget et de donner aux Canadiens un plan pour la relance économique après la pandémie qui leur donne espoir plutôt que de leur proposer une vie à payer des impôts et à rembourser la dette. C’est ce que nous voyons dans ce budget. On dépense beaucoup d’argent, mais il y a encore beaucoup de gens qui sont laissés pour compte, et nous constatons aussi qu'il imposera un lourd fardeau aux gens. Les Canadiens, leurs enfants, leurs petits-enfants et leurs arrière-arrière-petits-enfants devront assumer le fardeau de la dette contractée pour payer toutes ces dépenses.
    À mon avis, c’est ce que le premier ministre et le gouvernement libéral ne comprennent pas. L’argent ne pousse pas dans les arbres. Ce n'est pas comme si le gouvernement créait la capacité de dépenser. L'argent dépensé vient des contribuables canadiens qui travaillent fort et qui l’ont gagné à la sueur de leur front, et ces dépenses diminuent leur capacité de répondre aux besoins de leur famille, de subvenir à leurs propres besoins, de faire fonctionner leur entreprise et de garder leurs employés au travail et les en empêcheront aussi dans l’avenir, quand il faudra bien rembourser la dette accumulée par le gouvernement.
    Il est tout simplement ahurissant d’imaginer combien d’argent est dépensé et combien de personnes sont encore laissées pour compte. J’ai parlé de l’industrie pétrolière et gazière de l’Alberta. J’ai parlé de l’importante industrie touristique partout au pays, des propriétaires de petites entreprises, des nombreuses personnes qui ont lancé de nouvelles entreprises et qui sont exclues des différents programmes gouvernementaux. Les libéraux ont été en mesure de dépenser beaucoup d’argent, mais ils n’ont pas été en mesure d’aider un grand nombre de personnes qui en ont vraiment besoin, et ce sont ces mêmes personnes qui devront assumer le fardeau de la dette laissée par le gouvernement en raison de toutes ses dépenses massives.
    Je dis au gouvernement qu’il doit essayer de prendre des mesures pour ne pas laisser des gens en plan et qui créeront un avenir prometteur et optimiste, au lieu d'imposer aux gens des dettes astronomiques qui feront exactement le contraire.

  (1350)  

[Français]

    Madame la Présidente, on parle d'endettement et des inquiétudes que suscite la dette. Cependant, au-delà de la dette et de l'économie, un autre sujet me préoccupe: le social.
    Je pense aux générations futures, aux travailleuses et aux travailleurs, à l'environnement et aux investissements. Comment réagirait mon collègue au fait d'investir dans un environnement plus propice et dans une transition vers d'autres types d'énergie que le pétrole, et de permettre aux travailleurs de réussir et de faire partie de cette transition?

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’estime que nous disposons d’une multitude de ressources énergétiques pour combler les besoins de notre pays et du monde entier. Au Canada, nous avons la chance de pouvoir fournir de l’énergie de différentes façons. En toute franchise, notre plan pour l’environnement est à toute épreuve et nous permettra de nous lancer dans la production d'énergies nouvelles, mais il offre aussi la possibilité de continuer à exploiter notre pétrole et notre gaz dans un respect total de l’environnement, ce qui nous permet de nous affranchir d’autres pays qui ont des méthodes bien moins respectueuses de l’environnement et des êtres humains, tout en favorisant l’économie canadienne. Notre pétrole et notre gaz doivent rester au cœur de nos priorités: c'est bon pour l'environnement et pour notre prospérité future.
    Voilà ma réponse à la députée. Nous pouvons exploiter de nouvelles sources d’énergie, mais le pétrole et le gaz sont incontournables et le resteront pendant de nombreuses années.
    Madame la Présidente, je vais poursuivre sur la lancée de la question posée au dernier intervenant.
    La semaine dernière, nous apprenions que Ford lance son modèle F-150 Lightning. C'est une nouvelle très importante, car la camionnette F-150 est de loin la plus vendue depuis plusieurs décennies. Ford vend 900 000 F-150 chaque année. Cette annonce change la donne.
    Quand Ford fait une si grande percée dans le monde des véhicules électriques et quand, en plus, les pays et les sociétés de ce monde déploient des efforts délibérés pour réduire leur consommation de combustibles fossiles, comment le député peut-il affirmer que la voie à suivre est d'augmenter les investissements pour construire de nouveaux pipelines alors que le reste de la planète tente réellement de s'en aller dans la direction opposée?
    Madame la Présidente, d'abord, je pense que l'idée d'avoir recours à d'autres types d'énergie est géniale. C'est génial, mais nous continuerons d'avoir besoin de pétrole et de gaz pendant encore longtemps, je le dis sans détour. Sachant cela, pourquoi devraient-ils provenir d'endroits comme l'Arabie saoudite ou d'autres pays beaucoup moins respectueux de l'environnement et des droits de la personne? Je préférerais de loin que ce pétrole et ce gaz viennent du Canada, parce que c'est une source d'emplois pour les Canadiens et que nous pouvons nous assurer de respecter les normes environnementales les plus strictes au monde et veiller à ce qu'il n'y ait pas de violations des droits de la personne.
    Les secteurs pétrolier et gazier canadiens n'ont rien à envier aux autres pays en matière de bilan environnemental. Le député devrait plutôt faire la promotion du pétrole et du gaz canadiens en lieu et place de ressources venant de pays beaucoup moins respectueux de l'environnement...

  (1355)  

    La députée de Surrey-Sud—White Rock a la parole.
    Madame la Présidente, j'ai une question pour mon collègue. Vous avez parlé de taux d'intérêt dans votre intervention et on entend beaucoup parler de...
    J'aimerais rappeler à la députée qu'elle doit adresser ses commentaires à la présidence et non à son collègue. Elle a dit « vous » quand elle a posé sa question. Je n'ai rien dit à ce sujet, mais c'est ce que la députée a dit.
    Madame la Présidente, en fait, je me suis adressée à vous, puis j'ai dit que j'avais une question pour mon collègue. Je suis désolée si vous n'avez pas aimé ma formulation. Je vais recommencer.
    Mon collègue a parlé des taux d'intérêt, et nous entendons beaucoup parler de la possibilité que ces taux augmentent, ce qui pose un vrai problème en ce qui a trait au service de la dette. J'aimerais savoir ce que le député aurait à dire sur les conséquences d'une éventuelle hausse du service de la dette sur les services offerts aux Canadiens en général.
    Madame la Présidente, comme je l'ai mentionné dans mon discours, même sans une hausse des taux d'intérêt, d'ici 2025, les contribuables devront payer environ 40 milliards de dollars par année juste pour couvrir les intérêts sur cette nouvelle dette. Imaginons ce qui arriverait si ces taux d'intérêt...
    Nous reprenons le débat. Le député de Kenora aura environ trois minutes pour commencer son discours.
    Madame la Présidente, je suis heureux d'être de retour en personne à la Chambre. C'est merveilleux d'être ici après avoir participé pendant longtemps aux débats à distance. Je crois que tous mes collègues seront d'accord pour dire que nous espérons pouvoir siéger à nouveau en personne dans un avenir pas si lointain.
    Avec le peu de temps dont je dispose avant la période des questions, j'aimerais dire, comme bien des collègues l'ont fait aujourd'hui, que, pour diverses raisons, je ne peux appuyer la mise en œuvre de ce budget. En ce qui me concerne, la principale raison est l'absence de plan de retour à l'équilibre budgétaire. Le gouvernement prévoit simplement dépenser sans compter. Nous savons que cela nuira aux prochaines générations à bien des égards et aura de nombreux effets financiers et sociaux négatifs. J'y reviendrai avec moult détails lorsque je reprendrai mon allocution après les votes.
    Quelque chose d'intéressant a retenu mon attention dans le budget. Il s'agit de la sécurité alimentaire dans le Nord. Si je ne m'abuse, le gouvernement a prévu 163 millions de dollars sur trois ans pour élargir le programme Nutrition Nord Canada. À première vue, c'est une bonne chose. Accroître le financement destiné à lutter contre l'insécurité alimentaire dans le Nord, c'est bien.
    Donc, les libéraux ont augmenté chaque année les fonds octroyés au programme Nutrition Nord Canada, et pourtant les chiffres sur l’insécurité alimentaire n’ont cessé de croître au fil des ans. Le gouvernement continue d'injecter de l'argent dans un programme dont les résultats sont de plus en plus mauvais pour les régions nordiques.
    Le gouvernement aime bien s’autocongratuler. Il aime faire étalage de ses dépenses et dire à quel point il fait du bon travail. De notre côté de la Chambre, les réussites ne s’évaluent pas en fonction des montants dépensés, mais bien des résultats pour les gens du Nord. Il est évident que la méthode du gouvernement pour combattre l’insécurité alimentaire dans le Nord ne donne pas les résultats escomptés.
    J’ai hâte de poursuivre mon intervention après la période des questions.

  (1400)  

    Le député disposera de sept minutes et demie après les questions orales.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Les droits de la personne

    Madame la Présidente, au cours des dernières semaines, le monde a été témoin de la flambée de violence à Jérusalem et dans la bande de Gaza. Des milliers de Canadiens ont écrit à mon bureau pour exprimer leur horreur devant les actes brutaux commis par l'armée israélienne envers des Palestiniens qui fréquentaient la mosquée Al-Aqsa et l'expulsion de Palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah.
    Ces Canadiens sont également préoccupés par un rapport d'Human Rights Watch, selon lequel la violation des droits internationaux de la personne et l'expulsion des Palestiniens par Israël constituent un apartheid. Les Canadiens se sont toujours opposés à l'apartheid. Ils veulent que le Canada fasse preuve de leadership durant le cessez-le-feu, en vue de redonner aux 680 000 Palestiniens déplacés leurs maisons et leurs terres.
    Le Canada accorde une grande valeur aux droits de la personne. Il faut défendre les droits de la personne pour tous, et pas seulement pour quelques-uns.

[Français]

Le jour du Souvenir de Mullivaikkal

    Madame la Présidente, mardi dernier, le 18 mai 2021, a marqué le 12e anniversaire du génocide de Mullivaikkal et la fin du conflit armé au Sri Lanka.
    Plus de 70 000 Tamouls civils innocents ont été tués, 3 millions sont détenus et il y a d’innombrables disparus.

[Traduction]

    Mes pensées et mes prières accompagnent les familles et les amis des victimes du génocide des Tamouls et les survivants de ce traumatisme inimaginable.

[Français]

    J’apprécie la force et la persévérance des communautés tamoules canadiennes de ma circonscription, Laval—Les Îles, et de celles de partout au Canada. Je souhaite à tous les Tamouls un avenir paisible et prospère, un avenir où la paix règne toujours.

[Traduction]

    Le Canada a toujours été et sera toujours un défenseur de la paix et des droits de la personne, et ne ménagera jamais ses efforts pour éviter que ce genre d'atrocités se reproduisent.

Un leader communautaire

    Madame la Présidente, aujourd'hui, je tiens à féliciter et à remercier mon ami et héros communautaire, Will Gault. Will a connu des difficultés dans la vie, mais il n'a jamais abandonné. Il est maintenant propriétaire d'une petite entreprise prospère dans la collectivité, Willy Dogs, et il fait griller les meilleurs hot dogs de Winnipeg.
    La semaine dernière, j'ai eu le plaisir de m'arrêter chez Willy Dogs pour déjeuner et soutenir sa campagne visant à remercier les travailleurs de première ligne dans les hôpitaux de leur incroyable dévouement tout au long de la pandémie.
    Will vend des bons à des prix spéciaux que tout le monde peut acheter pour payer le déjeuner à des travailleurs de première ligne dans les hôpitaux en guise de remerciement pour leur travail formidable. Que ce soit par le biais de cette campagne de soutien aux travailleurs de la santé ou de la collecte de fonds pour le Bruce Oake Recovery Centre afin de soutenir les personnes en voie de désintoxication, Will cherche toujours des moyens de soutenir la collectivité.
    Je le remercie pour tout ce qu'il fait.

La Semaine du tourisme

    Madame la Présidente, de Rose Blanche à L’Anse aux Meadows, de Hampden à Cox’s Cove, de Burgeo à Port aux Choix, ainsi qu'à tant d'autres endroits, ma circonscription de Terre-Neuve-et-Labrador, Long Range Mountains, constitue une incroyable destination touristique.
    C'est la Semaine du tourisme au Canada. C'est l'occasion de célébrer nos fantastiques exploitants d'entreprises touristiques. Malheureusement, comme à bien d'autres endroits au Canada, notre industrie du tourisme est l'une des plus durement touchées par la pandémie de COVID-19.
    Cependant, il y a de l'espoir et certaines entreprises brillent de mille feux. Par exemple, à l'heure actuelle, à Norris Point, au cœur du parc national du Gros-Morne, la 15e édition annuelle du festival Trails Tales Tunes bat son plein et, grâce à l'incroyable travail de l'équipe d'organisateurs, les gens peuvent y assister en personne, en toute sécurité, dans le respect de la réglementation provinciale.
    Tandis que nous rebâtissons en mieux partout au pays, j'espère que tous mes collègues de la Chambre se joindront à moi pour promettre que, dès que nous pourrons le faire en toute sécurité, nous voyagerons, explorerons et ferons du tourisme au Canada et à l'intérieur de notre propre province pour y découvrir toutes les merveilles qui nous font tant aimer ce pays.
    Joyeuse Semaine du tourisme à tous!

[Français]

Le racisme

    Monsieur le Président, il y a un an aujourd'hui, George Floyd était victime d'un meurtre commis par un policier. Nous n'oublierons pas ces images d'un policier blanc gardant son genou enfoncé dans le cou de cet homme noir, même si celui-ci plaidait pour sa vie.
    « I can't breathe », disait-il. Nous n'oublierons pas que, malgré cet appel à l'aide, le policier a maintenu son genou sur la nuque de George Floyd durant 9 minutes 29 secondes, sans jamais hésiter.
    Nous n'oublierons pas que George Floyd a été tué après avoir été interpellé pour un enjeu de 20 dollars. C'est cela, le racisme dans sa plus horrible expression.
    Nous n'oublierons pas la mobilisation sans précédent du mouvement Black Lives Matter pour que justice soit rendue. Un an plus tard, le policier a été condamné.
    Gardons bien vivante la mémoire de George Floyd afin qu'elle serve à toutes les personnes qui sont victimes de profilage, de violence policière et même de meurtre en raison de la couleur de leur peau.

  (1405)  

Les élections au Chili

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je me lève en tant que Québécoise fière de mes origines chiliennes. Les 15 et 16 mai derniers a eu lieu un vote historique. Les Chiliens et les Chiliennes ont élu sur une base paritaire 155 personnes, soit 79 hommes et 77 femmes, dont 17 sont issues des peuples autochtones pour former l'Assemblée constituante qui va rédiger la nouvelle Constitution.
    Le peuple chilien veut se doter d'un mécanisme institutionnel pour en finir avec la Consitution de Pinochet. Cette nouvelle Constitution sera écrite notamment par des professeurs, des journalistes, des travailleurs sociaux, des scientifiques, des femmes à la maison, des infirmières et des jeunes; des gens du peuple, issus des partis politiques traditionnels, mais majoritairement des indépendants et des peuples autochtones.
    Je tiens à souligner la mobilisation extraordinaire des femmes chiliennes. Plusieurs gouverneures, mairesses et conseillères ont été élues lors de ces mêmes élections. Ce mouvement suit les traces indélébiles des Mères de la Plaza de Mayo.
    Je salue ce geste démocratique des Chiliens et des Chiliennes et du peuple autochtone qui est générateur d'un avenir plus juste et plus solidaire.

[Traduction]

Les aînés

    Monsieur le Président, les personnes âgées du Nord de l'Ontario et d'ailleurs au pays peinent à joindre les deux bouts. Bon nombre d'entre elles m'ont indiqué combien il leur est difficile de vivre avec un revenu fixe quand elles développent, avec l'âge, des problèmes de santé et de mobilité, sans recevoir le soutien dont elles ont besoin et qu'elles méritent.
    En plus d'être confrontés à la pandémie, qui menaçait davantage leur santé, au cours de la dernière année, de nombreux aînés n'ont pas pu voir leurs proches et ont eu du mal à obtenir les services sur lesquels ils ont l'habitude de compter.
    Voilà pourquoi les conservateurs ont demandé sans relâche un plan clair pour aider les aînés à traverser cette crise. Nous avons demandé un soutien financier accru pour les aînés à faible revenu et des mesures rapides pour s'attaquer aux graves problèmes dans les unités de soins de longue durée. Les personnes âgées sont les bâtisseurs de notre pays; ils méritent mieux.
    Je prends la parole aujourd'hui pour remercier tous les aînés partout dans ma circonscription de ce qu'ils ont fait pour la société et pour réitérer ma volonté de me battre pour eux.

Le Mois du patrimoine asiatique

    Monsieur le Président, je prends la parole à distance à la Chambre aujourd'hui pour souligner la présence d'une communauté asiatique dynamique dans ma magnifique circonscription de Richmond Hill. Comme nous le savons tous, mai est le Mois du patrimoine asiatique.
    Les députés libéraux de la région d'York organisent un événement local pour rendre hommage aux Canadiens d'origine asiatique de nos collectivités. La diversité est la plus grande force du Canada. Il nous incombe à tous de reconnaître la contribution et les réalisations des Canadiens d'origine asiatique et de faire rayonner les riches trésors de leur culture.
    Il s'agit d'ailleurs d'une période difficile pour la communauté asiatique, puisque la désinformation et les actes haineux visant les Asiatiques ont atteint des niveaux sans précédent depuis le début de la pandémie. La haine, les préjugés et la discrimination sont inadmissibles et n'ont pas leur place au Canada. Nous devons rester solidaires de la communauté asiatique.
    Bon Mois du patrimoine asiatique à tous!

[Français]

Le jour du Souvenir de Mullivaikkal

    Monsieur le Président, la semaine dernière, le 18 mai, je me suis jointe à la communauté tamoule de ma circonscription, Vimy, et de partout au Canada pour commémorer le jour du Souvenir de Mullivaikkal. Chaque année, nous nous remémorons les milliers de vies perdues lors du massacre de Mullivaikkal pendant la guerre civile sri-lankaise, un événement qui demeure profondément troublant à ce jour.

[Traduction]

    Dans nos villes et nos municipalités, nous constatons la présence de membres de la communauté tamoule qui ont survécu aux moments les plus sombres de la guerre civile. Beaucoup d'entre eux sont des amis ou des membres de la famille des survivants et des victimes, et d'autres ont eux-mêmes survécu à cette guerre.
    Alors que nous réfléchissons à la destruction et à la souffrance infligées à ces personnes pendant la guerre, nous nous souvenons de la force et de la résilience de la communauté tamoule au Canada et ailleurs dans le monde. Aujourd'hui comme tous les autres jours, tâchons de nous rappeler les vies perdues et de renouveler notre engagement à lutter contre toutes les formes d'injustice.

Austin Caron

     Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour rendre hommage à Austin Caron, un militant politique de Calgary qui est soudainement décédé dans son sommeil la semaine dernière. Il avait seulement 23 ans.
     Austin avait déjà travaillé ici, sur la Colline du Parlement. Il était un vrai mordu de politique. On pouvait le voir faire du porte à porte lors des campagnes pour les élections municipales, provinciales et fédérales. Austin était reconnu comme un homme plus grand que nature. Il était dévoué au mouvement conservateur et, malgré son jeune âge, il a touché de nombreuses personnes pendant sa participation à de nombreuses campagnes électorales.
     Austin laisse dans le deuil de nombreux amis ainsi que des camarades conservateurs de l'Université de Calgary, qui ont nommé un prix du leadership pour honorer sa mémoire.
    Au nom du caucus des parlementaires conservateurs, je tiens à offrir à sa famille, surtout à ses parents dévastés, Darryl et Tammy, nos plus sincères condoléances, nos prières et toute notre gratitude pour l'apport d'Austin au mouvement conservateur.
    Qu'il repose en paix.

  (1410)  

[Français]

L'allocation canadienne pour enfants

     Monsieur le Président, les familles canadiennes, surtout celles d'Alfred-Pellan, ont été touchées de plein fouet par la pandémie. La COVID-19 a généré des dépenses imprévisibles, ajoutant ainsi un poids financier supplémentaire sur les épaules des familles lavalloises.
    Depuis 2015, notre gouvernement s'est engagé à soutenir les familles canadiennes et c'est encore plus vrai en temps de pandémie. C'est pour cela que nous mettons en place le supplément pour jeunes enfants de l'allocation canadienne pour enfants. Cela permettra aux familles de recevoir jusqu'à 1 200 $ par enfant de moins de six ans, avec un premier versement qui sera émis dès cette semaine. Ce montant offrira aux parents plus d'argent pour mettre de la nourriture sur la table, acheter des vêtements ou encore inscrire leurs enfants à des activités estivales.
    Notre gouvernement fédéral continuera d'être présent pour les familles canadiennes qui en ont...
    L'honorable député de Perth—Wellington a la parole.

[Traduction]

La Semaine du tourisme

    Monsieur le Président, c'est la Semaine du tourisme au Canada. Alors que, habituellement, il y aurait un grand nombre d'activités, cette année, on affiche un optimisme prudent.
     Peu d'endroits ont autant d'attractions touristiques à offrir que Perth—Wellington. En plus d'enrichir nos collectivités, les arts contribuent également à la diversification économique. La compagnie de théâtre Drayton Entertainment, le Festival de musique estival de Stratford, le festival SpringWorks et le festival de Stratford amènent des retombées de millions de dollars pour l'économie locale et soutiennent le secteur de l'hébergement.
    Les musées de la région, dont le musée Stratford Perth, le musée St. Marys, le musée du patrimoine ferroviaire Palmerston, le musée du comté de Wellington et le Temple de la renommée et musée du baseball canadien, contribuent tous à la préservation du riche patrimoine historique canadien.
    D'autres établissements ont une façon bien à eux de préserver ce patrimoine, comme la microbrasserie Broken Rail, qui est l'une des rares microbrasseries à se trouver dans un lieu historique national.
    Trop souvent, nous ignorons les trésors historiques et touristiques qui se trouvent près de chez nous, alors, cet été, lorsqu'il sera sécuritaire de le faire, j'espère que tout le monde fera un peu de tourisme dans sa région.

La Semaine du tourisme

    Monsieur le Président, nous soulignons actuellement la Semaine du tourisme partout au pays. Le tourisme est un moteur économique majeur dans ma magnifique circonscription, Niagara Falls. Avant la pandémie de COVID-19, le secteur du tourisme employait environ 40 000 personnes dans la région de Niagara, et il générait des recettes de plus de 2,4 milliards de dollars par année.
    À l'échelle du pays, l'industrie du voyage et du tourisme est la cinquième industrie en importance, elle contribue au PIB à hauteur de 105 milliards de dollars, et avant la pandémie de COVID-19, elle employait un Canadien sur dix.
    Normalement, nous célébrerions cette semaine le début de la saison touristique estivale. Au lieu de cela, le secteur du tourisme est toujours en difficulté parce que le gouvernement fédéral actuel a mal géré les efforts de lutte contre la pandémie au Canada. Si les libéraux avaient réussi à obtenir des vaccins plus rapidement, à mettre en œuvre le dépistage rapide à grande échelle ainsi qu'un plan fondé sur des données pour relancer l'économie de façon sécuritaire et responsable, nous aurions pu nous en sortir en ce moment.
    En cette Semaine du tourisme, le Parti conservateur du Canada renouvelle son engagement à défendre ceux qui ont été le plus durement touchés au sein de l'industrie du voyage et du tourisme afin que nous puissions reprendre notre vie normale le plus tôt possible.

Les droits de la personne

    Monsieur le Président, nous trouvons tous encourageant de voir que le cessez-le-feu continue d'être respecté à Gaza, mais la crise humanitaire qui sévit dans la région est grave et urgente. Plus de 100 000 Palestiniens ont été forcés de quitter leur domicile, des milliers de personnes ont vu leur demeure détruite, et des centaines de familles pleurent la mort d'un être cher. L'UNICEF et d'autres organisations sont sur place et offrent une aide humanitaire: ils distribuent de la nourriture, du carburant, des médicaments et du matériel pour l'accès à l'eau potable. Dans ce contexte, le Canada doit aider ces équipes à avoir librement accès à Gaza.
     Le Canada doit aussi s'attaquer aux causes du conflit et encourager la réconciliation. Cela suppose de demander la fin des expulsions et des colonies illégales en territoire occupé, de reconnaître l'État de la Palestine, de mettre fin aux ventes d'armes à Israël et d'exhorter Israël à permettre aux Palestiniens de Jérusalem-Est de participer aux élections palestiniennes.
    Le Canada devrait soutenir un seul côté dans ce conflit, le côté de la paix et de la justice.

  (1415)  

[Français]

La situation au Moyen-Orient

    Monsieur le Président, le Bloc québécois salue le cessez-le-feu intervenu entre Israël et le Hamas. Nous réitérons notre appui à la recherche d'une paix durable qui doit impérativement reposer sur une solution à deux États et qui requiert d'Israël qu'il cesse, une fois pour toutes, la colonisation de territoires palestiniens.
    Dans la perspective de la recherche d'une paix durable, le Bloc québécois soutient le dialogue et la discussion, ce qui implique nécessairement la libre expression de points de vue discordants de part et d'autre, et ce, de façon sereine et pacifique.
    Nous condamnons les propos et les violences antisémites qui ont eu lieu ces derniers jours, notamment à Montréal le 16 mai dernier. Ces dérapages visant des personnes de confession juive doivent cesser et nuisent fondamentalement à la cause palestinienne. Le Bloc québécois soutient sans réserve la création d'un État palestinien, mais il ne cautionnera jamais la haine et l'intolérance.
    Nous appelons donc à un retour au calme pour que tout le monde, dans le respect, puisse faire entendre librement sa voix. C'est une condition essentielle au dialogue et, ultimement, à la paix.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, sous le gouvernement libéral, nous avons vu la dette nationale exploser et le taux annuel d'inflation atteindre 3,4 %. L'inflation gruge le pouvoir d'achat des Canadiens ordinaires. Les familles ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Nous avons appuyé diverses mesures visant à protéger les Canadiens durant la pandémie parce que cela s'imposait. Le dernier budget prévoit des programmes à hauteur de milliards de dollars qui vont bien au-delà du soutien lié à la COVID-19, et tout cela est financé à crédit. Il nous faut un plan de relance, mais les libéraux nous proposent un plan d'endettement effréné et risqué, sans réelle relance économique.
    L'équipe conservatrice propose une autre voie, une voie de sûreté et de certitude qui assurera sans risque notre avenir, et qui nous mènera vers un Canada où ceux qui ont le plus souffert durant la pandémie pourront retourner au travail. Nous voulons d'un Canada qui soutient le secteur manufacturier au pays, où les salaires augmentent et où les familles canadiennes peuvent réaliser leurs rêves. Grâce aux conservateurs, le Canada est passé au travers de la dernière récession et, grâce à leur plan de relance pour le pays, les conservateurs sortiront le Canada de l'actuelle récession également.

Une boxeuse olympique

    Monsieur le Président, Mandy Bujold est l'une des meilleures boxeuses au monde: 11 championnats nationaux canadiens, trois championnats continentaux, une médaille d'or aux premiers Jeux panaméricains et une médaille de bronze aux premiers Jeux du Commonwealth qui incluaient la boxe féminine.
    Mme Bujold est une championne canadienne des poids mouches. Elle est aussi une mère et, parce qu'elle a fait le choix d'avoir un enfant, elle est exclue des Jeux olympiques de Tokyo. Aucune femme ne devrait avoir à choisir entre sa carrière et la maternité. Mme Bujold serait la première boxeuse à représenter le Canada à deux Jeux olympiques consécutifs, mais en raison de la pandémie et de sa maternité, elle se voit refuser cette occasion. Des champions comme Lennox Lewis et Billie Jean King ont exprimé leur soutien. Le ministre du Patrimoine canadien a écrit une lettre d'appui.
    J'ajoute ma voix à ceux qui estiment que Mme Bujold mérite la possibilité de combattre et de représenter son pays aux Jeux olympiques.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

L'économie

     Monsieur le Président, tout devient plus cher sous le gouvernement libéral, et nous en avons maintenant la preuve. Le mois dernier, l'inflation a propulsé l'objectif du gouvernement libéral à un sommet en 10 ans. Le bois, les maisons et la nourriture sont de plus en plus chers. Le coût de la vie est plus cher. Combien les familles canadiennes devront-elles encore payer pour les échecs économiques du gouvernement?
    Monsieur le Président, dès le début, nous avons promis aux Canadiens de les appuyer par tous les moyens nécessaires, quelle que soit la durée de la pandémie. C'est exactement ce que nous avons fait. Nous avons apporté un soutien immédiat aux Canadiens qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie avec la Prestation canadienne d'urgence. Nous avons aussi aidé les petites entreprises du pays avec des mesures comme la subvention salariale et le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes. Nous avons été là pour soutenir les Canadiens pendant ces temps difficiles, et notre économie rebondit plus rapidement que celle d'autres pays en raison de ce soutien. Nous continuerons d'être là pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, le gouvernement actuel est le premier de l'histoire du Canada à rendre l'achat d'une maison impossible pour les Canadiens. L'inflation fait augmenter le coût des travaux de construction. Seulement les acheteurs d'une première maison les plus riches sont maintenant admissibles à un prêt hypothécaire, et le gouvernement examine depuis des années l'imposition des gains en capital sur les résidences principales. Pourquoi le gouvernement fait-il en sorte qu'il soit plus difficile pour les familles canadiennes d'améliorer leur sort?

  (1420)  

    Monsieur le Président, en réalité, c'est faux. L'une des premières choses que nous avons faites en arrivant au pouvoir, c'est d'augmenter l'impôt du 1 % le plus riche afin de pouvoir réduire celui de la classe moyenne, mais les conservateurs ont voté contre cette mesure. Ensuite, nous avons instauré l'Allocation canadienne pour enfants, qui met chaque mois plus d'argent dans les poches des Canadiens pour les aider à assumer les dépenses qu'elles engagent afin d'élever leurs enfants. En ne versant pas d'argent aux familles millionnaires, comme les conservateurs l'ont fait, nous avons continué à investir dans le logement abordable et à travailler à la mise en œuvre d'un système pancanadien d'apprentissage et de garderies afin de faire passer le coût des services de garde à 10 $ par jour au cours des prochaines années. Nous avons continué à rendre la vie moins chère.

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, les nouvelles économiques pour les Canadiens sont allées de mal en pis la semaine dernière. Les États-Unis ont annoncé qu'ils voulaient doubler les droits de douane sur le bois d'œuvre. Cela aura des répercussions sur les scieries de la Colombie-Britannique, du Nord de l'Ontario et du Saguenay. Les travailleurs canadiens du secteur des ressources sont une fois de plus menacés par les États-Unis. Quand les Canadiens vont-ils enfin voir le premier ministre défendre les travailleurs canadiens?
    Monsieur le Président, je ne sais pas où se trouvait le chef de l'opposition ces cinq dernières années, mais les Canadiens de tout le pays ont vu le gouvernement prendre systématiquement la défense des métallurgistes, des travailleurs de l'aluminium, des producteurs laitiers et des travailleurs forestiers. Nous avons continué à défendre les Canadiens contre une administration américaine difficile, soit la dernière administration et l'administration actuelle. Nous continuerons à défendre les emplois et les intérêts canadiens et à protéger systématiquement les emplois canadiens.

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, tout devient plus cher sous ce gouvernement libéral. L'inflation a propulsé l'objectif de ce gouvernement au sommet de 10 ans. Maintenant, nous avons la preuve: le bois, les maisons, et même la nourriture sont de plus en plus chers. La vie est plus chère; c'est un fait.
    Combien coûtera aux Canadiens la mauvaise gestion de ce gouvernement?
    Monsieur le Président, depuis les débuts de cette pandémie, nous avons fait la promesse aux Canadiens de les appuyer, quelle que soit la durée de cette pandémie. C'est exactement ce que nous avons fait avec la Prestation canadienne d'urgence, avec l'aide pour les entreprises, avec le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, avec l'aide pour les aînés et pour les jeunes.
    Nous avons été là pour appuyer les Canadiens, comme nous le faisons depuis six ans. La réalité, c'est que les conservateurs continuent à voter contre nos mesures d'aide aux Canadiens, que ce soit la baisse d'impôt pour la classe moyenne avec une augmentation pour les mieux nantis, que nous avons mise en œuvre dès le début de notre gouvernement, ou le travail que nous continuons à faire pour présenter un budget ambitieux pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, les nouvelles sur l'économie du Canada sont pires jour après jour. La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé qu'ils voulaient doubler les tarifs sur le bois d'œuvre. Ce sont les usines de la Colombie-Britannique, du Nord de l'Ontario et du Saguenay qui en subiront les réelles conséquences. Les travailleurs et leurs ressources sont menacés par les États-Unis.
    Quand est-ce que le premier ministre va avoir une approche sérieuse face à l'économie pour aider tous les Canadiens?
    Monsieur le Président, c'est du n'importe quoi. Cela fait cinq ans que le chef de l'opposition nous voit tenir nos engagements pour protéger les emplois en région, notamment contre le gouvernement protectionniste de Donald Trump.
    Nous continuons à être là pour défendre les emplois, la gestion de l'offre et nos travailleurs des industries du bois d'œuvre, de l'acier et de l'aluminium de partout au pays. Nous avons toujours été là pour défendre les Canadiens contre des politiques protectionnistes américaines et nous allons continuer de l'être.

Les langues officielles

    Monsieur le Président, le gouvernement du Québec s'est prévalu de sa prérogative de modifier la Constitution canadienne afin d'y inscrire que le Québec forme une nation, que la seule langue officielle de cette nation est le français et que le français en est aussi la langue commune.
     Le premier ministre a pris acte de ce choix qui sera soumis à l'Assemblée nationale du Québec. Une telle réponse demande toutefois d'être formellement exprimée. Est-ce que le premier ministre confirme à la Chambre qu'il salue la volonté de la nation québécoise?
    Monsieur le Président, comme je le dis depuis longtemps, nous travaillons main dans la main avec le gouvernement du Québec pour nous assurer de protéger la langue française au Québec et partout au Canada, tout en protégeant les minorités linguistiques anglophones au Québec et francophones ailleurs au Canada.
     Nous allons continuer de travailler avec tous les partenaires et les gouvernements qui partagent ce but. J'ai d'ailleurs bien hâte de pouvoir continuer à travailler avec le gouvernement du Québec sur ce dossier.

  (1425)  

    Monsieur le Président, je comprends en toute cohérence qu'il s'agit d'un oui.
    Toutefois, il semble que la volonté de l'État québécois, de même que le choix du premier ministre d'en prendre acte, aient pu être mal reçus ou simplement mal compris dans des provinces canadiennes. Afin d'éviter de déplorables incompréhensions dans l'opinion publique ou dans les médias, est-ce que le premier ministre a pris soin d'expliquer son accueil de la volonté du Québec aux premiers ministres des provinces canadiennes?
    Monsieur le Président, depuis le début de cette pandémie, je rencontre toutes les deux ou trois semaines les premiers ministres de toutes les provinces. J'ai ma prochaine rencontre dans deux jours.
     J'ai bien hâte de leur parler — évidemment — de la pandémie, de l'été qui s'en vient et des mesures qu'on est en train de préparer ensemble pour s'assurer que les Canadiens sont en sécurité. J'ai bien hâte de continuer de parler de dossiers qui importent partout au pays, dont la protection du français et la protection des minorités linguistiques dans tout le pays.

Les institutions financières

    Monsieur le Président, la pandémie a été difficile pour les gens, mais pas pour les banques. Les banques ont fait des milliards de dollars de profits. Malgré cela, elles ont augmenté leurs frais de service. Pire encore, le gouvernement libéral a le pouvoir de les arrêter, mais il continue de les laisser augmenter leurs frais de service. Pourquoi le premier ministre refuse-t-il d'arrêter les banques d'escroquer les gens?
    Monsieur le Président, le NPD aime bien parler des mieux nantis, mais je vais rappeler à cette Chambre qu'en 2015, nous avons augmenté les impôts du 1 % des Canadiens les plus riches pour les baisser pour la classe moyenne. Le NPD a voté contre cette mesure.
     Dans le budget de 2021, nous nous sommes assurés que les fournisseurs de services numériques paient leur juste part d'impôt, nous avons institué une taxe sur les yachts et les véhicules de luxe, nous nous attaquons aux stratagèmes de planification fiscale agressifs et nous renforçons la capacité du gouvernement de sévir contre la fraude et l'évasion fiscales.
     De notre côté, nous défendrons toujours la classe moyenne et ferons en sorte que chacun paie sa juste part d'impôt.

[Traduction]

La défense nationale

    Monsieur le Président, le premier ministre a ignoré ma question concernant la hausse des frais bancaires au même titre qu'il a ignoré le rapport Deschamps.
    Cela dit, la sous-ministre de la Défense nationale a clairement dit ce que nous savions déjà depuis un bon moment: « Je pense que l'on a fait le strict minimum pour donner l'impression que l'on avait donné suite au rapport sans apporter de réels changements. Il n'y a eu aucun changement sur le plan structurel ou législatif, et aucun rapport n'a été fait à l'extérieur du ministère et des Forces armées canadiennes. »
    Pourquoi le premier ministre refuse-t-il de mettre en vigueur les recommandations du rapport Deschamps et pourquoi continue-t-il de manquer à ses engagements envers les femmes au sein des Forces armées canadiennes?
    Monsieur le Président, nous sommes d'accord pour dire que nos institutions ne répondent pas aux besoins des personnes qui sont victimes d'inconduite, et cela vaut pour le système de justice militaire.
    Nous avons pris des mesures concrètes pour résoudre ce problème. Nous avons nommé la lieutenante-générale Jennie Carignan cheffe de la conduite professionnelle et de la culture. Nous avons chargé Morris Fish d'effectuer un troisième examen indépendant de l'ensemble du système de justice militaire. De plus, nous avons récemment confié à Louise Arbour le mandat de procéder à un examen indépendant de la façon dont le système judiciaire traite les agressions sexuelles.
    Ce ne sont là que les premières étapes du processus. Nous savons que toutes les femmes et tous les hommes qui servent dans les Forces armées canadiennes méritent d'être appuyés adéquatement, et nous ferons en sorte que ce soit le cas.

[Français]

Le Patrimoine canadien

    Monsieur le Président, le premier ministre, le ministre de la Justice, la ministre des Langues officielles, le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, et même le ministre du Patrimoine canadien, après avoir changé son fusil d'épaule, ont mentionné à un moment ou à un autre qu'ils étaient en faveur de la neutralité d'Internet.
    Pourtant, voici ce que dit la définition de la neutralité d'Internet: c'est un principe devant « garantir l'égalité de traitement de tous les flux de données sur l'Internet ».
    Le ministre du Patrimoine peut-il nous expliquer en quoi réglementer les réseaux sociaux vont de pair avec ce concept?
    Monsieur le Président, je pense qu'il y a confusion sur la nature de la définition de la neutralité d'Internet, puisque celle-ci concerne l'infrastructure, donc la façon dont les gens peuvent avoir accès à Internet. Le projet de loi C-10 n'influe en rien sur la question de la télécommunication et de l'infrastructure.
    Tout ce que le projet de loi C-10 cherche à faire, c'est que les géants du Web paient leur juste part et que nos artistes canadiens et canadiennes soient de plus en plus facilement accessibles sur ces plateformes.

  (1430)  

    Monsieur le Président, j'invite le ministre du Patrimoine canadien à aller voir dans le dictionnaire, car c'est à l'intérieur que j'y ai pris cette définition. Le ministre essaie de nous faire croire qu'il est pour la neutralité d'Internet ou de faire en sorte que les gens ne comprennent pas ce qui se passe avec le projet de loi C-10.
    Pourtant, dans un mémo interne qui lui a été remis par son sous-ministre, il est indiqué clairement que la nouvelle Loi sur la radiodiffusion pourrait s'appliquer à des applications d'entraînement, à des applications de jeux et même à des livres audio. La réalité est que le ministre du Patrimoine canadien s'apprête à donner encore plus de pouvoirs au CRTC pour réglementer les applications sur Internet.
    Pourquoi?
    Monsieur le Président, je tiens encore une fois à confirmer que ce que nous allons faire avec le projet de loi C-10 est de nous assurer que les géants du Web paient leur juste part. Le projet de loi C-10 ne s'appliquera pas à des applications de santé, par exemple, ou à des vidéos produites par des individus. Nous avons été très clairs.
    Un énoncé du ministère de la Justice présenté au Comité permanent du patrimoine canadien, où le collègue était présent, précise qu'il n'y a aucun enjeu avec le projet de loi C-10...
    Je cède la parole à l'honorable député de Richmond—Arthabaska.
    Monsieur le Président, des mémos des hauts fonctionnaires, des experts, des professeurs, des artistes, des Canadiens et des Canadiennes s'opposent à ce que le ministre du Patrimoine canadien dit et se battent contre sa volonté de s'attaquer à la liberté d'expression.
    Les Canadiens veulent la vérité sur les réelles intentions du gouvernement. Ce dernier tente de donner plus de pouvoirs au CRTC pour réglementer ce qui se passe sur Internet.
    Qu'attend le ministre pour faire ce qu'il doit et annoncer que les réseaux sociaux, les applications Internet et les livres audio seront clairement exclus du projet de loi C-10, sans aucune ambiguïté?
    Monsieur le Président, j'aimerais rappeler à mon honorable collègue qu'une pétition lancée par l'Union des artistes du Québec est signée notamment par des gens tels qu'Yvon Deschamps, Ariane Moffatt et Claude Legault, qui appuient tous et toutes le projet de loi C-10, ainsi que des artistes au Canada anglais. Je pense notamment à Loreena McKennitt, à l'ancienne directrice générale du CRTC Janet Yale, et au professeur de droit de l'Université de Montréal Pierre Trudel.
    Quant à la question des activités individuelles, que ce soit des balados, des vidéos d'entraînement ou personnelles, il n'y aura aucune exigence quant à ces vidéos dans le projet de loi C-10.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la neutralité du Net est le principe selon lequel les utilisateurs d'Internet doivent avoir un accès égal à tous les sites, contenus et applications sans obstruction ou sans qu'une préférence soit accordée à certains sites plutôt qu'à d'autres. En 2017, le premier ministre Justin Trudeau avait affirmé qu'il défendrait la neutralité du Net. L'ancienne ministre du Patrimoine avait fait de la neutralité du Net un pilier de la politique culturelle canadienne.
    Pourquoi l'actuel ministre du Patrimoine contrevient-il à ce principe en présentant une mesure législative qui propose de mettre en valeur certains contenus au détriment d'autres, pour favoriser certains artistes?
    Avant de passer à la réponse, je rappelle aux députés que lorsqu'ils posent une question ou qu'ils interviennent à la Chambre, s'ils font mention d'un autre député, ils doivent le désigner par sa circonscription ou son titre, non par son nom. Pour ce qui est des questions, lorsqu'il est possible de les rédiger à l'avance, cela donne le temps d'y réfléchir. Je tenais à rappeler cette règle qui s'applique à la Chambre.
    Le ministre a la parole.
    Monsieur le Président, j'estime que l’on comprend mal le principe de neutralité du Net qui s'applique au matériel. En fait, ce principe veut que la capacité et les conditions d'accès à Internet soient les mêmes pour l'ensemble des Canadiens.
    Le projet de loi C-10 ne porte ni sur les télécommunications ni sur le matériel informatique. Il s'agit plutôt d'une mesure qui vise à faire en sorte que les géants du Web paient leur juste part et que les Canadiens aient facilement accès aux contenus canadiens.
    Monsieur le Président, le ministre lit très bien ses notes, mais ce qu'il dit est vraiment trompeur et insulte grandement l'intelligence de la population canadienne.
    La neutralité du Net fait en sorte que tous les internautes soient traités équitablement. C'est un principe auquel les libéraux ont déjà attaché de l'importance. Ils affirment maintenant que le projet de loi C-10 concerne les géants du Web, mais ce n'est pas le cas.
    Il s'agit plutôt d'un projet de loi qui cible les Canadiens ordinaires et l'utilisation qu'ils font d'Internet au quotidien. Il s'agit de réglementer Internet, de YouTube à Facebook en passant par TikTok, et plus encore. C'est une mesure injuste, contraire à la démocratie et terriblement régressive.

  (1435)  

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, la députée d'en face a une idée profondément déformée de la situation. Nous ne réglementons pas Internet. Nous réglementons certaines activités faites sur Internet. La différence est énorme.
    Le projet de loi C-10 n'a aucune incidence sur la façon dont les fournisseurs d'Internet gèrent les échanges sur Internet. Il ne modifie pas la disposition pertinente de la Loi sur les télécommunications et maintient donc la neutralité du Net.
    Monsieur le Président, au fond, le ministre dit: « Ne vous en faites pas les amis, la discrimination est acceptable, pourvu qu'elle soit approuvée par le gouvernement. Je vais faire les choses comme il faut. »
    Non. On ne peut pas et on ne doit pas faire confiance au gouvernement pour ce qui est de réglementer le contenu accessible en ligne. Je parle des influenceurs prolifiques sur la chaîne YouTube comme Simply Nailogical, ou Justin Bieber, qui a émergé sur cette chaîne, ou Lilly Singh, une vedette de l'heure. Je parle de personnes qui font preuve d'innovation et de créativité et qui sont une vraie source d'inspiration. Elles utilisent ces plateformes pour avoir un public et influencer la culture.
    Pourquoi les libéraux sont-ils si déterminés à décider qui seront les gagnants et les perdants au lieu de laisser les artistes canadiens continuer...
    Le ministre a la parole.
    Monsieur le Président, encore une fois, on comprend mal notre intention. En fait, le ministère de la Justice a déclaré que le projet de loi C-10 n'entrave pas la liberté d'expression. D'ailleurs, la députée a assisté à la séance du comité où cela a été dit. Elle a même posé des questions au ministre de la Justice sur ce sujet.
    Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi le Parti conservateur du Canada continue de s'opposer au fait que nous voulons exiger que les sociétés les plus riches de ce monde paient leur juste part pour les artistes et les musiciens canadiens. Je ne comprends absolument pas.

[Français]

Les langues officielles

    Monsieur le Président, le projet de loi no 96, qui porte sur la protection du français, la seule langue officielle et commune du Québec, vise notamment à faire respecter la loi 101.
    Son article 65 précise clairement que toute entreprise ou tout employeur qui exerce ses activités au Québec y est soumis, ce qui implique les entreprises de compétence fédérale.
    On sait que la ministre des Langues officielles travaille sur sa propre réforme linguistique. S'engage-t-elle clairement à ne pas entraver de quelque manière que ce soit la volonté du Québec d'appliquer la Charte de la langue française aux entreprises sous juridiction fédérale?
    Monsieur le Président, je remercie ma chère collègue de sa question. Cela me donne l'occasion de rappeler la position du gouvernement en matière de langues officielles, en particulier en ce qui a trait à la protection du fait français au Québec et au pays.
    Je tiens à rappeler à ma collègue que nous allons bien entendu protéger le droit de travailler en français et le droit d'être servi en français, mais également le fait de ne pas être discriminé parce qu'on est francophone dans les entreprises fédérales au Québec et partout au pays, dans les régions à forte présence francophone.
    Cela va me faire plaisir de travailler avec elle pour faire en sorte que l'on puisse mettre en œuvre cette vision.
    Monsieur le Président, tout le monde s'entend pour dire que, au Québec, il faut mieux protéger le français comme langue de travail.
    C'est précisément là-dessus que je veux entendre la ministre. Dans toutes les discussions sur le projet de loi no 96, personne au Québec n'a fait valoir qu'il faudrait exempter le fédéral de l'application de la loi 101. Tout le monde veut que le fédéral respecte la loi, après avoir passé plus de 40 ans à la contourner.
    La ministre s'engage-t-elle clairement à ce que sa réforme de la Loi sur les langues officielles n'entrave d'aucune manière l'application de la loi 101 aux entreprises sous juridiction fédérale?
    Monsieur le Président, j'ai bien entendu le plaisir de confirmer à ma collègue notre objectif commun qui est de faire en sorte qu'une personne qui est francophone puisse travailler en français dans une entreprise fédérale, non seulement au Québec, mais aussi dans des régions à forte présence francophone. En effet, ma collègue sera d'accord avec moi qu'il faut protéger le français au Québec, mais aussi partout au pays. C'est important.
    Je tiens aussi à confirmer le fait que les Québécois et les francophones au pays pourront se faire servir en français dans les entreprises fédérales et j'espère pouvoir déposer un projet de loi sur cette question au cours de l'année 2021.

  (1440)  

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, deux scientifiques canadiens, les Drs Qiu et Cheng, ont été congédiés en janvier du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, qui est administré par le gouvernement. Nous savons que le SCRS a recommandé la révocation de leur habilitation de sécurité en raison des travaux qu'ils ont réalisés à l'Institut de virologie de Wuhan, en Chine.
    Quand le gouvernement dira-t-il la vérité pour que les Canadiens et la Chambre sachent ce qui s'est vraiment passé?
    Monsieur le Président, comme j'en ai informé le député et la Chambre la semaine dernière, ces deux chercheurs ne sont plus à l'emploi de l'Agence de la santé publique du Canada. Je ne peux donc rien dire de plus.
    Monsieur le Président, selon le Globe and Mail, sept scientifiques gouvernementaux du laboratoire de Winnipeg ont collaboré avec des scientifiques militaires chinois pour réaliser des expériences avec des virus mortels. Un de ces scientifiques militaires chinois a même eu accès au laboratoire gouvernemental de Winnipeg.
    Comment diable un scientifique militaire chinois a-t-il eu accès au laboratoire gouvernemental de Winnipeg, un établissement de niveau 4 capable de traiter les virus les plus mortels du monde, et pourquoi des scientifiques gouvernementaux canadiens collaborent-ils avec des scientifiques militaires chinois à propos de virus mortels?
    Monsieur le Président, cette question me donne l'occasion de remercier les incroyables chercheurs et scientifiques du Laboratoire national de microbiologie, qui travaillent d'arrache-pied et qui ont été là pour les Canadiens dès l'apparition de la COVID-19 et même avant. Ces scientifiques, chercheurs et médecins ont été parmi les premiers au monde à créer un test PCR de référence qui a permis aux provinces et aux territoires de procéder à des tests de dépistage de la COVID-19.
    Nous sommes heureux et fiers d'avoir un laboratoire de ce calibre au Canada en mesure de servir les Canadiens d'un bout du pays à l'autre.

[Français]

    Monsieur le Président, deux chercheurs chinois, la Dre Qiu et le Dr Cheng, ne retourneront pas travailler au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg. Cette décision tant attendue arrive deux ans après qu'ils ont tous deux été escortés hors du laboratoire de niveau de sécurité le plus élevé du pays pour violation des politiques.
    Ces deux médecins ont coordonné les expéditions d’échantillons d'Ebola et d'autres virus mortels de l'Agence de la santé publique du Canada vers l'Institut de virologie de Wuhan en Chine. Le premier ministre peut-il expliquer aux Canadiens le but d'envoyer des échantillons de virus mortels au régime chinois?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme le député d'en face le sait, ces deux scientifiques et chercheurs ne sont plus employés par l'Agence de la santé publique du Canada. Je ne peux pas en dire plus.
    Je vais citer le Dr Poliquin, qui est le chef du Laboratoire national de microbiologie. Il a dit que cela n'avait rien à voir avec la COVID-19. J'encourage les députés d'en face à rester concentrés sur la pandémie pour que nous pussions la surmonter ensemble et que, effectivement, les provinces et les territoires aient ce dont ils ont besoin pour soutenir les Canadiens pendant cette période.

[Français]

    Monsieur le Président, je dirais à la ministre que je n'ai pas fait de lien avec la COVID-19. Ce qui est clair, c'est qu'il a été rapporté que les scientifiques collaboraient avec l'Armée populaire de libération de la Chine pour mener des expériences sur des agents pathogènes mortels. Ce n'est pas une idée très brillante.
    De plus, le président de l'Agence de la santé publique du Canada et ce gouvernement refusent de répondre aux questions. Bien qu'aucun de nos alliés ne collabore avec le régime chinois, le Canada y va à fond. Le premier ministre peut-il nous dire pourquoi des échantillons de virus mortels ont été envoyés en Chine et comment ces deux scientifiques ont réussi à obtenir une cote de sécurité de niveau secret?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les scientifiques et les chercheurs collaborent régulièrement, dans le monde entier. En fait, c'est ce qu'ils ont fait dans le cadre de la COVID-19 pour mettre au point des tests, des vaccins et des médicaments. Le député d'en face se trompe s'il croit qu'aucun autre allié ne collabore avec d'autres pays dans le monde. En fait, c'est la norme dans le domaine de la recherche scientifique.
    Le député d'en face le sait: ces chercheurs-là ne travaillent plus pour l'Agence de la santé publique du Canada. Je ne peux pas en dire plus.

La défense nationale

    Monsieur le Président, les libéraux ont le rapport Deschamps en main depuis 2015 et ils n'ont rien fait. Ils n'ont mis en œuvre aucune de ses recommandations. Plutôt, ils ont annoncé un autre rapport sur la culture sexualisée au sein des forces armées. Même la sous-ministre de la Défense nationale a admis que le gouvernement avait manqué à son devoir envers les femmes dans les forces armées, disant que l'on a déployé le moins d'efforts possible, juste assez pour donner l'impression qu'on était intervenu en réponse au rapport, sans opérer de véritable changement.
    Comment les femmes membres des forces armées peuvent-elles faire confiance au gouvernement alors qu'une haute dirigeante du ministère de la Défense nationale convient que les libéraux n'ont fait que poser des gestes symboliques plutôt que d'instaurer un véritable changement?

  (1445)  

    Monsieur le Président, nous sommes conscients que les mesures que nous avons prises ne vont pas assez loin et que nous avons encore beaucoup de travail à faire. Il faut faire plus pour instaurer pleinement les changements structurels, législatifs et culturels énoncés dans les recommandations de la juge Deschamps. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle relève de la sous-ministre et non d'un responsable du milieu militaire.
     Il reste du travail à faire. Voilà pourquoi nous avons nommé la juge Arbour, qui s'appuiera sur le travail de la juge Deschamps pour examiner la culture au sein de la Défense nationale et formuler des recommandations sur la façon d'opérer ce changement de culture.

L'environnement

    Monsieur le Président, la semaine dernière, les principaux experts de l'Agence internationale de l'énergie ont publié un rapport demandant qu'on cesse de créer de nouveaux projets dans le secteur du pétrole et du gaz pour que la communauté internationale arrive à atteindre la cible de la carboneutralité d'ici 2050. Or, le gouvernement fédéral a subventionné le secteur du pétrole et du gaz à hauteur de 18 milliards de dollars en 2020, alors qu'il ne prévoit consacrer que 15 milliards de dollars à la lutte contre les changements climatiques sur 10 ans.
     Comment les libéraux peuvent-ils dire aux Canadiens qu'ils se soucient des changements climatiques alors qu'ils continuent de soutenir le secteur des combustibles fossiles?
    Monsieur le Président, nous sommes bien conscients que, partout dans le monde, les pays, les industries et les entreprises travaillent à l'avènement d'un avenir plus propre, novateur et à faibles émissions de carbone. Comme le mentionnait le rapport en question, pour atteindre la carboneutralité, il faut des solutions plus propres et des politiques ciblées, et c'est exactement ce que nous proposons. Nous avons fait des investissements historiques dans la conservation de la nature et les technologies propres, nous avons instauré la tarification de la pollution, nous avons présenté des mesures de responsabilisation en matière de changements climatiques et nous venons d'établir une nouvelle cible de réduction des émissions. Toutes ces mesures nous aideront à bâtir un avenir plus propre pour nos enfants et nos petits-enfants, ainsi qu'une économie tout aussi propre.

[Français]

La santé

    Monsieur le Président, au cours de la dernière année, les Canadiennes et les Canadiens sont restés à la maison pour freiner la propagation de la COVID-19, mais, pour certaines personnes, la maison n'est pas un endroit sûr.
    En effet, de nombreuses victimes de violence familiale sont devenues encore plus vulnérables pendant la pandémie. Toutes les Canadiennes et tous les Canadiens méritent de se sentir en sécurité chez eux.
    La ministre de la Santé pourrait-elle nous informer de la façon dont le gouvernement travaille pour soutenir les victimes de violence familiale?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de Dorval—Lachine—LaSalle de sa question très importante.
    Le gouvernement fédéral investit 50 millions de dollars dans des programmes de l'Agence de la santé publique du Canada, pour faire la promotion de relations saines et pour prévenir la violence familiale.
    Notre gouvernement continuera à faire tout en son pouvoir pour prévenir les abus entre partenaires, les mauvais traitements faits aux enfants et aux personnes âgées et pour soutenir les survivantes.

[Traduction]

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, le gouvernement libéral a mis un terme à la coopération transfrontalière visant à vacciner davantage de Canadiens. Je pense aux Pieds-Noirs du Montana, qui ont fourni des vaccins aux habitants de ma circonscription. On a justifié cette décision auprès des médias en disant que les vaccins étaient largement disponibles au Canada.
    Si les vaccins étaient largement disponibles au pays, il n'y aurait pas de listes d'attente, il n'y aurait pas de retards et il n'y aurait pas un délai de quatre mois entre les deux doses. Les États-Uniens distribuent des vaccins aux Canadiens en raison de l'échec des libéraux sur ce plan.
     Si le gouvernement cherche à mettre fin aux mesures de confinement par tous les moyens, pourquoi met-il des bâtons dans les roues aux cliniques de vaccination transfrontalières?
    Monsieur le Président, disons que le député fait une utilisation plutôt large du mot « échec ». Je ne crois pas que la distribution de 25 millions de doses dans les provinces et les territoires puisse être qualifiée d'échec, pas plus que le fait d'avoir administré une première dose à 61 % des adultes ou de se classer au troisième rang des pays du G20 pour le nombre de doses administrées. Au contraire, la distribution des vaccins est rapide, et nous poursuivrons nos efforts jusqu'à ce que tous les Canadiens aient accès aux vaccins.

La santé

    Monsieur le Président, c'est un échec quand « des patients souffrent et meurent en attendant des soins tandis que la COVID-19 surcharge les hôpitaux du Manitoba ». À Detroit, de nombreuses doses inutilisées du vaccin de Pfizer pourraient être jetées à la poubelle. Inexplicablement, Drew Dilkens, maire de Windsor, se fait bloquer par les libéraux chaque fois qu'il tente de fournir de façon novatrice ces outils médicaux essentiels aux Canadiens. C'est tout simplement insensé.
    La ministre de la Santé s'engagera-t-elle à appeler le maire Dilkens d'ici la fin de la journée pour trouver une solution concrète afin d'utiliser les doses de vaccins de Detroit pour vacciner des Canadiens d'ici la fin de la semaine?

  (1450)  

    Monsieur le Président, je vais répéter ce que ma collègue vient de souligner. En réalité, 61 % des Canadiens ont reçu leur première dose de vaccin au pays. En fait, le Manitoba a reçu 111 310 doses de vaccin la semaine dernière. En passant, l'Ontario, lui, a reçu 2,193 millions de doses la semaine dernière.
    Les vaccinateurs ont intensifié leurs efforts de façon novatrice dans toutes les régions du pays pour vacciner les gens. Je tiens à féliciter les collectivités des nombreuses solutions novatrices qu'elles ont trouvées pour vacciner leur population.
    Comme la députée d'en face l'a souligné, les États-Unis ont indiqué que traverser la frontière pour se faire vacciner ne constitue pas une raison valable...
    La députée de Lakeland a la parole.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, la semaine dernière, la Cour supérieure de l'Ontario a conclu que l'attaque perpétrée par le Corps des Gardiens de la révolution islamique contre le vol 752, en janvier 2020, était un acte de terrorisme intentionnel. Les 176 personnes à bord ont été tuées, dont 55 citoyens canadiens et 30 résidents permanents.
     En 2019, aux États-Unis, la Maison-Blanche a déclaré que le Corps des Gardiens de la révolution islamique préconise le terrorisme d'État, le finance et y participe activement.
    Quand les libéraux défendront-ils les Canadiens et inscriront-ils le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes?
    Monsieur le Président, nous avons défendu les Canadiens, en particulier les familles des personnes qui ont tragiquement perdu la vie lorsque le vol PS752 a été abattu le 8 janvier 2020. Nous examinons actuellement la décision rendue par la Cour de l'Ontario.
    Cependant, dès le début, nous avons indiqué dans toutes nos communications avec l'Iran qu'il ne faisait pas preuve de transparence, d'ouverture et de responsabilité concernant les actes qu'il avait commis contre le vol PS752. Nous n'arrêterons pas d'exercer des pressions sur l'Iran dans ce dossier tant qu'il n'aura pas fourni toutes les réponses nécessaires au sujet de cette tragédie.
    Monsieur le Président, en 2018, la Chambre a voté en faveur de la condamnation de l'Iran pour son soutien continu au terrorisme et elle a demandé au gouvernement d'inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des entités terroristes. Trois longues années se sont écoulées depuis et le gouvernement refuse toujours de respecter la volonté de la Chambre, même après cette dernière décision qui confirme que l’écrasement du vol 752 était un acte de terrorisme intentionnel.
    Quand le ministre de la Sécurité publique déclarera-t-il enfin que le Corps des Gardiens de la révolution islamique, qui est responsable de la mort de 85 Canadiens, est une entité terroriste?
    Monsieur le Président, nous travaillons avec tous les pays aux vues similaires pour que l'Iran soit tenu de rendre des comptes pour son soutien au terrorisme. Dans le cadre des efforts, le Corps des Gardiens de la révolution islamique demeure sur la liste des entités terroristes.
    En 2019, nous avons ajouté trois autres groupes soutenus par l'Iran à la liste des entités terroristes prévue dans le Code criminel. Nous continuons d'imposer des sanctions à l'Iran et au Corps des Gardiens de la révolution islamique en ciblant ses quatre ramifications ainsi que ses principaux dirigeants.

[Français]

Élections Canada

    Monsieur le Président, la population ne veut pas d'élections durant la pandémie alors qu'il reste plus de 50 000 cas actifs de COVID-19 au Canada.
    Cet après-midi, les députés se prononceront sur une motion du Bloc québécois qui vise à déclarer irresponsable la tenue d'élections en temps de pandémie et qui demande au gouvernement de tout faire pour l'éviter.
    Si la Chambre vote en faveur de la motion, le premier ministre va-t-il respecter cette demande conforme à la volonté de la population et s'engager à ne pas déclencher d'élections tant que va durer la pandémie?
    Monsieur le Président, il ne faut jamais être surpris par le manque de cohérence du Bloc québécois.
    L'été passé, le chef du Bloc québécois voulait à tout prix que des élections soient déclenchées. Le Bloc québécois se lève à la Chambre et vote continuellement contre le gouvernement lors d'un vote de confiance, ce qui veut dire qu'il est en faveur d'élections immédiates.
    Notre priorité a toujours été et demeurera toujours d'assurer le bien-être des Canadiens et de trouver des façons de les protéger tout au long de cette pandémie. Nous allons continuer de nous concentrer là-dessus.
    Monsieur le Président, au-delà des fanfaronnades, est-ce qu'on peut être sérieux?
    Je demande au premier ministre l'engagement qu'il ne tiendra pas d'élections durant la pandémie parce qu'il se défile souvent des votes de la Chambre. Nous avons voté pour augmenter à 50 semaines les prestations de l'assurance-emploi pour les personnes gravement malades; il s'est défilé et les a limitées à 26 semaines. Nous avons voté pour augmenter les transferts en santé; il s'est défilé en ne budgétant aucune hausse sur cinq ans.
    Si la Chambre lui demande de ne pas tenir d'élections avant la fin de la pandémie, va-t-il s'engager à respecter le vote ou va-t-il encore se défiler?

  (1455)  

    Monsieur le Président, il faudrait que mon collègue du Bloc québécois parle à son chef. À l'automne, le Bloc québécois a essayé de déclencher des élections en votant contre le discours du Trône. Il voulait vraiment des élections.
    Le chef du Bloc québécois a même dit, et je le cite:
    Si ce Parlement a du courage, les jours du gouvernement en place sont comptés. Si certains d'entre nous avaient eu du courage, ce sont les heures de ce gouvernement qui seraient comptées.
    Il a même été aussi loin que de traiter de peureux ceux qui ne voulaient pas d'élections. Qui dit vrai: le Bloc québécois à ce moment-là ou le Bloc québécois aujourd'hui?

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, le premier ministre s'est engagé à plusieurs reprises à ne laisser tomber personne. Je le répète: à ne laisser tomber personne.
    À l'heure où on se parle, les jeunes mères de famille qui ont eu leur enfant entre la première et la deuxième vague de la pandémie de la COVID-19 ne sont toujours pas admissibles à la Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants en raison des règles mises en place par ce gouvernement exigeant qu'ils aient déjà une place en garderie. Les libéraux les laissent tomber. Que vont-ils faire pour régler cela une fois pour toutes?
    Monsieur le Président, le gouvernement est déterminé à soutenir les parents qui font face aux défis uniques résultant de la pandémie de la COVID-19. C'est pourquoi nous avons mis en place la PCU, qui a soutenu plus de 8 millions de Canadiens, et instauré trois prestations de relance afin d'aider les travailleurs. Avec le budget de 2021, nous investissons également près de 30 milliards de dollars afin de créer un système pancanadien de garderies qui accroîtra la participation des femmes au marché du travail.

[Traduction]

Le logement

    Monsieur le Président, selon un article publié dans le Hamilton Spectator, Hamilton est maintenant moins abordable que New York. Prenez un instant pour y penser: il est plus facile d'acheter un logis dans la Grosse Pomme qu'à Hamilton.
     Que se passe-t-il donc au Canada? Le programme des libéraux à l'intention des acheteurs d'une première maison a clairement échoué. Une génération de Canadiens est laissée pour compte et perd tout espoir. Comment le gouvernement compte-t-il procéder pour répondre aux besoins futurs en matière d'habitation?
    Monsieur le Président, le gouvernement libéral est absolument convaincu que le logement abordable est d'importance prioritaire pour les Canadiens. C'est aussi une priorité pour le gouvernement. C'est pourquoi nous agissons.
    Voici quelques-unes des mesures que nous avons prises. Nous avons affecté plus de 70 milliards de dollars à la Stratégie nationale sur le logement, ce qui permettra de construire jusqu'à 125 000 logis abordables. Mentionnons aussi l'Initiative pour la création rapide de logements, qui répond aux besoins urgents de Canadiens vulnérables. Il s'agit d'un programme de 1 milliard de dollars auquel le budget récent ajoute encore 1,5 milliard de dollars. Le 1er janvier...
    Le député de Provencher a la parole.

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, avec le projet de loi C-10, les libéraux ouvrent la voie à de graves violations de la liberté d'expression des Canadiens. Le ministre du Patrimoine canadien a nié cela, mais selon une note interne produite par son propre ministère, on pourrait également réglementer certaines choses comme les balados et les sites de nouvelles. Les Canadiens savent reconnaître une menace à la liberté d'expression.
    Le premier ministre va-t-il promettre aux Canadiens de ne pas réglementer leur utilisation des médias sociaux, ou se contentera-t-il de répéter les mêmes vieilles formules éculées?
    Monsieur le Président, je m'inscris tout à fait en faux contre la prémisse de la question du député, tout comme le ministère de la Justice du Canada, dont les analystes ont confirmé que le projet de loi C-10 demeure compatible avec la liberté d'expression garantie par la Charte.
    Le projet de loi C-10 vise à uniformiser les règles du jeu entre les créateurs et les géants du Web. Il obligera les grands et puissants fournisseurs étrangers de services de diffusion en continu à fournir de l'information sur leurs revenus au Canada et à contribuer financièrement à la production d'émissions et de musique canadiennes. Je me demande pourquoi le Parti conservateur continue de s'opposer à cela.

[Français]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, honorer les obligations légales du pays envers les Premières Nations et collaborer avec celles-ci pour renouveler nos relations est essentiel pour réparer les torts historiques et faire avancer la réconciliation avec les Premières Nations au Canada.
    Notre gouvernement et la Première Nation malécite du Madawaska ont récemment conclu un accord négocié qui résout leur revendication particulière. Je crois que cette revendication territoriale avec la Première Nation malécite du Madawaska est la plus importante entente territoriale des Maritimes. Est-ce que la ministre des Relations Couronne-Autochtones peut informer la Chambre du progrès dans la résolution de cette revendication?

  (1500)  

    Monsieur le Président, je remercie le député de sa question et de son bon travail. Cette entente de 145 millions de dollars a été obtenue grâce au dévouement indéfectible, à la détermination et au travail acharné de la cheffe Bernard et de la Première Nation. Comme l’a dit la cheffe Bernard:
    Chaque membre de notre bande sera aidé par ce règlement, qui débouchera sur de grandes possibilités économiques - non seulement à l'échelle individuelle pour chacun de nos membres, mais aussi pour l'ensemble de la communauté de la Première Nation et la région du Madawaska.

[Traduction]

L'industrie du tourisme

    Monsieur le Président, nous savons tous que le gouvernement a interdit aux navires de croisière d'entrer au Canada jusqu'en février 2022, mais les États-Unis ont été plus futés que nous et ils ont adopté des mesures législatives pour permettre aux navires de se rendre jusqu'en Alaska sans escale au Canada. L'industrie des navires de croisière sera complètement dévastée par cette situation.
    Le ministre des Transports collaborera-t-il avec les États-Unis pour mettre en place des escales techniques?
    Monsieur le Président, nous sommes au courant des récentes décisions des États-Unis à l'égard des navires de croisière. Nous avons eu des discussions avec nos partenaires américains ainsi qu'avec mon homologue de la Colombie-Britannique. Nous allons continuer de solliciter la collaboration de tous les intervenants dans ce dossier.
    J'aimerais demander à la députée si les conservateurs souhaitent que nous instaurions des mesures strictes à la frontière ou non. Nous sommes à l'écoute des besoins de nos collectivités, mais nous allons continuer de suivre les directives des autorités de la santé publique et les conseils de nos experts.
    Monsieur le Président, 1 million de dollars est injecté dans l'économie de Victoria ou de Vancouver chaque fois qu'un navire de croisière s'y arrête en route vers l'Alaska. Tout cela prendra fin avec l'interdiction totale du gouvernement. Nos voisins américains, las d'attendre un plan de relance de notre part, ont élaboré leur propre plan, qui consiste à contourner les ports du Canada. La Loi pour la reprise du tourisme en Alaska a été adoptée par les deux Chambres du Congrès et a été signée par le président.
    Le ministre admettra-t-il qu'il a complètement raté le bateau dans ce dossier?
    Monsieur le Président, depuis le début de la pandémie, nous avons dit aux Canadiens que nous ferions tout en notre pouvoir pour protéger leur santé et assurer leur sécurité. Nous avons été solidaires des Canadiens et des entreprises. L'industrie touristique a été très durement frappée, et c'est pourquoi nous avons lancé de nombreux programmes pour la soutenir.
    J'assure au député que nous sommes à travailler avec nos homologues américains. Nous collaborons avec l'industrie pour que la relance du secteur des voyages et des croisières se fasse en toute sécurité et conformément aux conseils de la santé publique.
     Monsieur le Président, le mois dernier, j'ai parlé des navires de croisière de l'Alaska qui contournent la Colombie-Britannique. Le ministre a fait preuve d'une étonnante indifférence par rapport à cette crise. Il n'a pas pris en considération les escales techniques sécuritaires, pendant lesquelles les passagers restent à bord. Cela aurait permis de maintenir notre industrie à flot.
    J'ai rencontré récemment des sénateurs des États-Unis. Ils étaient troublés que le gouvernement libéral ne soit pas prêt à mettre en place des mesures d'accommodement bilatérales. Or, le projet de loi a été adopté, et il a été signé par le président Biden. Par conséquent, ces navires ne feront plus escale en Colombie-Britannique, et une industrie de 2,6 milliards de dollars ainsi que des milliers d'emplois tombent à l'eau.
    Le ministre va-t-il s'excuser de s'être endormi au gouvernail?
    Monsieur le Président, je peux assurer à tous les Canadiens que nous sommes déterminés à assurer la santé et la sécurité des Canadiens, et j'invite mon collègue à appuyer nos efforts. J'ai parlé avec le sénateur des États-Unis concerné, M. Sullivan. J'ai également parlé avec mon homologue de la Colombie-Britannique ainsi qu'avec des experts en santé publique. Nous discutons constamment avec nos homologues des États-Unis. Nous sommes conscients des difficultés auxquelles les collectivités doivent faire face. C'est pourquoi nous allons continuer de les appuyer.
    Nous allons relancer l'industrie du voyage quand nous pourrons le faire de manière sécuritaire. Nous allons continuer de suivre les recommandations des experts en santé publique.

Le commerce international

    Monsieur le Président, nous savons que la longue relation commerciale entre le Canada, les États-Unis et le Mexique dans le cadre de l’ALENA, et maintenant de la nouvelle version de l’ALENA, est une source d’inspiration dans le monde entier. En 2019, le Canada a exporté plus de 440 milliards de dollars de marchandises aux États-Unis et plus de 7 milliards au Mexique.
    Comme il y a eu la semaine dernière une réunion de la Commission du libre-échange dans le cadre de l’Accord Canada—États-Unis—Mexique, la ministre aurait-elle l’obligeance de nous expliquer dans quelle mesure le nouvel ALENA générera de bons emplois pour renforcer la classe moyenne au Canada?

  (1505)  

    Monsieur le Président, la semaine dernière, j’ai rencontré mes homologues américain et mexicain pour discuter concrètement de la mise en place du nouvel ALENA et de nos priorités communes pour relancer l’économie, notamment en ce qui concerne l’environnement, le travail et le commerce inclusif. Le nouvel ALENA est avantageux pour les entreprises et les travailleurs canadiens, car le commerce trilatéral des marchandises a atteint un total de près de 1,3 milliard de dollars en 2020.
    Alors que nous commençons à voir le bout du tunnel, il est plus important que jamais d’unir nos forces pour améliorer la compétitivité de l’Amérique du Nord et de ressortir plus forts de cette crise en créant de bons emplois pour la classe moyenne.

La santé

    Monsieur le Président, lundi dernier, c'était la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. De nombreux Canadiens espéraient des mesures de la part du gouvernement actuel pour marquer cette journée. Favoriser l'inclusion, cela signifie que le gouvernement aurait déjà dû mettre un terme à l'interdiction pour les homosexuels de donner du sang et faire adopter le projet de loi visant à interdire les thérapies de conversion.
    Le ministre de la Justice peut-il expliquer pourquoi, au lieu de prendre les mesures qui s'imposent, tout simplement, et de mettre un terme à l'interdiction de donner du sang, le gouvernement, après maintes promesses d'action, se bat contre ma collectivité devant la Cour fédérale, cette semaine, pour essayer de bloquer une enquête du Tribunal canadien des droits de la personne sur la stigmatisation et la discrimination causées par son interdiction des dons de sang?
    Monsieur le Président, de ce côté-ci de la Chambre, nous convenons que l'interdiction de donner du sang est discriminatoire, et c'est pourquoi nous avons pris des mesures très énergiques pour y mettre un terme. En fait, nous avons ramené le délai de cinq ans à six mois, puis à trois mois.
    Nous savons que le travail n'est pas terminé. C'est pourquoi nous subventionnons la Société canadienne du sang et l'organisation Héma-Québec pour qu'elles terminent leurs recherches. J'ai rencontré des représentants des deux organismes, et je peux rassurer le député en lui disant que je les ai pressés de soumettre leurs demandes à Santé Canada pour qu'elles soient examinées, afin que nous puissions prendre les mesures qui s'imposent.

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, des gens de ma circonscription me disent avoir perdu leur emploi et reçu pendant une courte période des prestations d'assurance-emploi avant de trouver des façons de toucher un revenu à titre de travailleurs autonomes. Une fois de plus, la COVID-19 a fait disparaître leur source de revenus. On leur dit qu'ils ne peuvent pas recevoir de prestations d'assurance-emploi parce qu'ils étaient des travailleurs autonomes et qu'ils ne peuvent demander la Prestation canadienne de relance économique parce qu'ils ont une demande d'assurance-emploi active.
    Parce que ces personnes ont voulu subvenir à leurs besoins, elles sont abandonnées sans revenu et sans soutien pour payer les factures qui s'accumulent. La ministre peut-elle nous dire ce que le gouvernement fait pour régler ce problème?
    Monsieur le Président, lorsqu'une personne perd son emploi, le programme d'assurance-emploi et la Prestation canadienne de relance économique sont là pour les soutenir. Pendant que nous continuons de lutter contre la COVID-19, l'assurance-emploi et les prestations de relance sont des outils importants pour assurer la sécurité des Canadiens et la stabilité de leurs finances.
    Pour être admissible aux prestations d'assurance-emploi, le demandeur doit montrer qu'il est prêt et disposé à travailler et qu'il est capable de le faire tous les jours. Nous savons que les Canadiens veulent travailler et que, en majorité, ils acceptent les emplois qui leur sont offerts. Beaucoup de Canadiens continuent d'éprouver des problèmes dans le contexte actuel, et nous allons continuer d'être là pour les soutenir.

[Français]

La voie de contournement de Lac-Mégantic

    Monsieur le Président, il y a eu discussion entre les partis et, si vous le demandez, vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour l'adoption de la motion suivante:
    Que, attendu que,
(i) la ville de Lac-Mégantic a demandé par résolution de son conseil l'engagement de tous les partis politiques pour que se réalise dans les plus brefs délais la voie de contournement de Lac-Mégantic,
(ii) la ville de Lac-Mégantic a subi la pire tragédie ferroviaire au Canada, le 6 juillet 2013, alors que 47 personnes ont perdu la vie,
(iii) le premier ministre et député de Papineau, accompagné du premier ministre du Québec, ont annoncé le 11 mai 2018 la construction de la voie de contournement ferroviaire,
(iv) Transports Canada est le maître d'œuvre de ce projet,
(v) les travaux n'ont toujours pas débuté et que de nombreuses craintes ont été soulevées par rapport à l'échéancier de livrer la voie de contournement pour l'année 2023,
(vi) le ministre des Transports a réitéré son engagement à livrer aux citoyens de la municipalité régionale de comté du Granit la voie de contournement pour l'année 2023,
(vii) le président-directeur général du Canadien Pacifique estime que cet échéancier est irréaliste, sans d'importants changements législatifs pour accélérer le processus réglementaire;
la Chambre:
a) exige du gouvernement qu'il mette en place tous les éléments nécessaires, au respect de l'échéancier annoncé par le premier ministre le 11 mai 2018, et qu'il fournisse à la Chambre un plan détaillé des phases de construction de la voie de contournement de Lac-Mégantic d'ici le 28 mai 2021;
b) rappelle au gouvernement la volonté de tous les parlementaires de chaque formation politique et indépendants de collaborer pour faciliter l'adoption rapide des changements législatifs nécessaires pour concrétiser le projet au plus tard en 2023.

  (1510)  

    Que tous ceux qui s'opposent à ce que l'honorable député propose la motion veuillent bien dire non.
    La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.
    Comme il n'y a pas de voix dissidentes, je déclare la motion adoptée.

    (La motion est adoptée.)

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, j'aimerais demander le consentement de la Chambre pour déposer un document. Ce document contient des données compilées par Our World in Data, le chef de file en matière de compilation des données du monde entier sur la COVID-19, qui montrent que le Royaume-Uni est le seul pays du G20 qui devance le Canada en ce qui concerne le nombre de premières doses administrées.
    Je demande le consentement unanime pour déposer ce document afin que tous les députés aient l'occasion d'examiner les données.
     Que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose la motion veuillent bien dire non. Je n'entends aucune opposition.
    La Chambre a entendu la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.
    Comme il n'y a pas de voix dissidentes, je déclare la motion adoptée. Le député peut déposer son rapport.

     (La motion est adoptée.)

Recours au Règlement

Les déclarations de députés  

[Recours au Règlement]
     Monsieur le Président, pendant ma déclaration au titre de l'article 31 du Règlement aujourd'hui, pendant que je rendais hommage à un membre de ma communauté, une personne a toussé, sans le vouloir, j'en suis sûr, et elle est apparue à l'écran, ce qui a causé une interruption dans la vidéo.
    J'aimerais avoir la possibilité de refaire ma déclaration.
    Il nous faut demander le consentement unanime.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose la motion veuillent bien dire non.
    La Chambre a entendu la motion. Que tous ceux qui sont contre veuillent bien dire non.
    Comme il n'y a pas de voix dissidentes, je déclare la motion adoptée.
     Monsieur le Président, aujourd'hui, je veux féliciter et remercier mon ami et héros communautaire, Will Gault.
    Will a connu des difficultés dans la vie, mais il n'a jamais abandonné. Il est maintenant propriétaire d'une petite entreprise prospère dans la collectivité, Willy Dogs, et il fait griller les meilleurs hot-dogs de Winnipeg.
     La semaine dernière, j'ai eu le plaisir de m'arrêter chez Willy Dogs pour déjeuner et soutenir sa campagne visant à remercier les travailleurs de première ligne dans les hôpitaux de leur incroyable dévouement tout au long de la pandémie. Will vend des bons à des prix spéciaux que tout le monde peut acheter pour payer le déjeuner à des travailleurs de première ligne dans les hôpitaux en guise de remerciement pour leur travail formidable. Que ce soit par le truchement de cette campagne de soutien aux travailleurs de la santé ou de la collecte de fonds pour le Bruce Oake Recovery Centre afin de soutenir les personnes en voie de désintoxication, Will cherche toujours des moyens de soutenir la collectivité.
    Nous le remercions de tout ce qu'il fait.
    Avant de passer au recours au Règlement suivant, je veux rappeler à tous les députés, surtout à ceux qui participent aux débats à distance, que lorsqu'un député fait une déclaration au titre de l'article 31 du Règlement, celle-ci est généralement très importante pour lui et pour sa circonscription. Il est donc aussi très important que nous puissions l'entendre. Veuillez vous assurer d'éteindre votre microphone pour ne pas perturber la communication du message. Ce sera d'autant plus agréable pour nous tous.
    Il y a un autre recours au Règlement.
    Monsieur le Président, je demande le consentement unanime pour déposer l'article de la CBC intitulé « Selon les médecins, des patients souffrent et meurent en attendant des soins tandis que la COVID-19 surcharge les hôpitaux du Manitoba ». J'y ai fait référence durant la période des questions aujourd'hui et je crois qu'il montre bien que le Canada est très loin d'avoir vacciné assez de personnes.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que la députée propose la motion veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le Président: La parole est au député de Louis-Saint-Laurent.
    Monsieur le Président, je crois que vous avez remarqué que nous accueillons favorablement tous les députés qui souhaitent déposer un document. C'est très important. Je l'ai fait de nombreuses fois, mais le gouvernement refuse malheureusement de le faire lorsque je le propose.

[Français]

    Ce qui est important, c'est que les documents soient rédigés dans les deux langues officielles.
    Malheureusement, le député a déposé un document rédigé uniquement en anglais. Je l'invite à corriger la situation.

[Traduction]

    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, la situation est en voie d'être rectifiée, et l'information sera communiquée très bientôt au bureau.

ORDRES ÉMANANT DU GOUVERNEMENT

[Travaux des subsides]

  (1515)  

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les élections en temps de pandémie  

    La Chambre reprend l’étude, interrompue le 13 mai, de la motion.