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43e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 112

TABLE DES MATIÈRES

Le lundi 7 juin 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 150
No 112
2e SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le lundi 7 juin 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 11 heures.

Prière



AFFAIRES ÉMANANT DES DÉPUTÉS

[Affaires émanant des députés]

  (1105)  

[Traduction]

La Loi sur le multiculturalisme canadien

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 9 décembre 2020, de la motion portant que le projet de loi C-226, Loi modifiant la Loi sur le multiculturalisme canadien (non-application au Québec), soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet du projet de loi d'initiative parlementaire C-226, présenté par le député de Montcalm, que j'ai toujours considéré comme état un débatteur intelligent et respectueux, même si nous ne partageons pas la même vision du fédéralisme canadien. Il axe toujours ses interventions sur des idées, ce qui est fondamental pour une démocratie saine.
    Le projet de loi C-226 demande à la Chambre d'appuyer la modification de la Loi sur le multiculturalisme canadien afin que celle-ci ne s'applique pas au Québec. Il est important de mentionner que le caractère officiel du bilinguisme et du multiculturalisme en ce pays a, dans les deux cas, la même origine, soit la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et de biculturalisme, dont les travaux se sont déroulés de 1963 à 1969 et à l'issue de laquelle les commissaires ont estimé que, en les rendant officiels, le bilinguisme et le multiculturalisme pourraient se renforcer mutuellement. Ils avaient tout à fait raison.
    Avec la politique sur le multiculturalisme adoptée en 1971, le gouvernement fédéral a reconnu que la diversité était une caractéristique fondamentale de la société canadienne ainsi qu'un pilier de notre système de valeurs. Toutefois, il a aussi été bien établi que la promotion du multiculturalisme au pays devait se faire en harmonie avec les engagements nationaux pris à l'égard des deux langues officielles du Canada. Le tissu social du pays est le résultat des contributions non seulement des Autochtones et des deux communautés linguistiques officielles, les francophones et les anglophones, mais aussi des nombreuses communautés ethnoculturelles et des nombreux nouveaux immigrants qui sont venus faire leur vie au Canada au fil des décennies.
    À titre d'information, la politique canadienne sur le multiculturalisme a été inscrite dans la Loi sur le multiculturalisme canadien en 1988, et tous les gouvernements provinciaux et territoriaux y sont assujettis, y compris celui du Québec. La Loi, qui a maintenant 33 ans, établit un cadre qui régit les responsabilités et les activités du gouvernement fédéral visant à rapprocher les Canadiens et à promouvoir le respect et l'estime mutuels entre les Canadiens de différentes origines. La Loi a été essentielle pour promouvoir des relations harmonieuses entre les Canadiens de différentes origines et elle a permis de renforcer le tissu social du Canada.
    Le Québec est la seule province canadienne à promouvoir une vision interculturelle comme approche d'intégration et de compréhension entre les cultures. De façon générale, la vision et la politique interculturelle du Québec assurent la continuité de l'identité et de la culture francophones, tout en respectant les cultures minoritaires, c'est-à-dire la diversité, et les contributions qu'elles apportent à la société québécoise moderne.
    En 1990, un énoncé de politique en matière d'immigration et d'intégration intitulé « Au Québec pour bâtir ensemble » a fixé les paramètres de la politique québécoise concernant la vision interculturelle du Québec. Élaboré par le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion du Québec, ce document affirme une nouvelle fois que la vision interculturelle et l'adaptation des institutions aux valeurs de la diversité et de l'accommodement raisonnable sont des éléments clés de l'approche québécoise en matière d'intégration.
    Comme le premier ministre le dit souvent, « nous sommes forts non pas en dépit de nos différences, mais bien grâce à elles ». Bon nombre de chercheurs et universitaires l'ont fait observer, la dualité linguistique est au cœur de nos valeurs canadiennes d'inclusion et de diversité. La prise en compte des deux langues a fait que la société canadienne est plus ouverte aux autres cultures. La Loi sur les langues officielles et la Loi sur le multiculturalisme canadien vont de pair pour définir les valeurs que le Canada représente sur la scène mondiale.

[Français]

    En 2021, nous célébrerons le 50e anniversaire de la politique canadienne du multiculturalisme qui fut présentée à la Chambre des communes par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Ce sera donc l'occasion de se rappeler qui nous sommes et ce qui nous unit.
    Un élément important, voire crucial à noter est que le multiculturalisme et l'interculturalisme ne s'opposent pas. Ce ne sont pas vraiment des contraires. L'un n'exclut pas l'autre. Les deux accordent une grande importance à l'intégration et au respect des valeurs civiques et démocratiques communes et ont été précieux pour le tissu social du Canada depuis les années 1970.

  (1110)  

    J'ajouterais que la politique fédérale du multiculturalisme canadien est suffisamment souple pour permettre la coexistence de ces deux concepts, soit le multiculturalisme et l'interculturalisme. Le gouvernement du Canada accorde une grande importance au fait que les Canadiens de toutes les provinces et territoires adhèrent aux valeurs fondamentales du pays, comme l'ouverture à la diversité, l'inclusion et le respect des autres. À cet égard, le multiculturalisme, comme les langues officielles, est souvent perçu comme un pilier sociétal fondamental que le gouvernement fédéral tient à défendre et à promouvoir.
    Le projet de loi C-226 rappelle que les Québécois forment une nation et que, de ce fait, ils ont en main tous les outils et tous les leviers nécessaires à la définition de leur identité et à la protection de trois valeurs communes et essentielles, soit la protection de la langue française, la séparation de l'État et de la religion ainsi que l'égalité des genres. Pour ces raisons, le député de Montcalm suggère que la Loi sur le multiculturalisme ne devrait pas s'appliquer au Québec. Or si l'on analyse attentivement la loi fédérale, on constate que ces trois principes y occupent une place importante, voire fondamentale.
    D'abord, l'application de la Loi n'exclut pas la protection de la langue française. La valorisation des langues patrimoniales issues de l'immigration, telle que suggérée dans la Loi sur le multiculturalisme, ne peut se faire sans l'affirmation des deux langues officielles et l'élargissement de leur usage. De plus, la Charte canadienne des droits et libertés, tout comme la Loi sur le multiculturalisme, garantit la liberté de conscience et la liberté de religion, tout en s'assurant qu'il n'y a aucun préjudice à ces libertés.
    Ensuite, grâce à cet aménagement du pluralisme, qui repose sur l'accommodement raisonnable, le gouvernement fédéral a la capacité de préserver la neutralité de l'État, puisqu'il ne défavorise pas une croyance religieuse minoritaire au profit de la majorité.
    Enfin, l'égalité des genres est soulignée à maintes reprises dans la Loi sur le multiculturalisme comme principe fondamental de la société canadienne. Soustraire la Loi sur le multiculturalisme canadien de son application au Québec, comme prescrit dans le projet de loi C-226, pourrait entraîner des conséquences importantes.
    Cela conduirait à diminuer l'accès au programme de financement du multiculturalisme par les communautés ethnoculturelles et religieuses du Québec. Exempter le Québec de l'application de la Loi sur le multiculturalisme limiterait aussi la capacité du gouvernement fédéral de proposer, à l'échelle du pays et de manière uniforme, les valeurs communes et de soutenir les objectifs globaux de cette loi. L'adoption du projet de loi entraînerait à coup sûr des discussions, partout au pays, sur des idéologies concurrentes s'opposant au multiculturalisme. Cela n'est guère souhaitable.
    On doit aussi voir dans ce projet de loi une tentative de limiter l'application de la Charte canadienne des droits et libertés au Québec, étant donné que l'article 27 de la Charte fait officiellement référence au multiculturalisme comme une valeur canadienne. De fait, le projet de loi cherche à faire ceci sans invoquer la disposition de dérogation de l'article 33 de la Charte, qui exigerait une demande officielle de la province. Il faut noter que le gouvernement du Québec n'a pas fait une telle demande.
    J'aimerais terminer mon allocution en rappelant que la position véhiculée par le projet de loi C-226 n'est pas celle de tous les Québécois et de tous les gouvernements du Québec. Publiée en 2017, la Politique d'affirmation du Québec et de relations canadiennes trace les contours de la vision du gouvernement du Québec au sein du Canada. Il s'agit d'un document officiel toujours actuel et entériné par deux gouvernements successifs. Il précise notamment que « [...] dans le cadre fédéral canadien, le Québec a pu faire croître et développer son identité nationale ». Cela implique clairement que la Loi sur le multiculturalisme n'est pas du tout une entrave au Québec et à son épanouissement.

  (1115)  

    La Loi sur le multiculturalisme canadien fait du Canada un pays plus fort, plus uni et plus inclusif. Il doit être défendu.

[Traduction]

    Quoi qu'il en soit, notre pays est fait de minorités. Cette réalité et le fait que nous en soyons conscients, c'est ce qui nous donne, en tant que Canadiens, notre point de vue pondéré, qui est, à mon avis, la clé du succès dans le monde postmoderne. C'est ce qui nous empêche de...
    Nous devons en rester là. Le député a dépassé son temps de parole un tout petit peu.
    Nous reprenons le débat. Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord exprimer mon appréciation pour le Québec, sa culture et son peuple.
    Le Québec contribue énormément à la culture canadienne. Je comprends que certains bloquistes n'aiment pas beaucoup le multiculturalisme, mais je pense personnellement que c'est grâce à notre multiculturalisme canadien que les Québécois peuvent maintenir et partager leur culture avec le reste du pays.
     C'est grâce à l'ouverture du Canada aux différentes cultures, y compris la culture francophone, que nous avons des écoles de langue française partout au pays, y compris dans ma circonscription albertaine de Sherwood Park—Fort Saskatchewan.
    Ma circonscription compte également des écoles de langue anglaise, chrétiennes et d'autres établissements d'enseignement, qui offrent aux étudiants un choix diversifié pour leur éducation. Pourtant, le fait d'avoir d'autres écoles n'a pas de répercussions négatives sur notre école locale de langue française, car toutes ces écoles coexistent.
     La même chose peut être dite à propos de la culture globale de Sherwood Park—Fort Saskatchewan. Ma circonscription possède une population diverse avec des personnes de différents horizons, mais nous nous unissons derrière notre identité albertaine et canadienne tout en maintenant des traditions culturelles personnelles. C'est cela, le multiculturalisme.
    Le multiculturalisme au Canada ne date pas d'hier. Il y a des centaines de nations autochtones au Canada. Les Français et les Anglais sont ensuite venus dans ce pays, suivis par d'autres Européens. Avant la Confédération, nous étions déjà un peuple multiculturel et, lorsque le Canada a été fondé, les gens ont commencé à partager leur nationalité avec d'autres personnes de cultures et de religions différentes. Il va sans dire que cela ne s'est pas fait sans heurt, mais nous devons accepter le fait qu'une société multiculturelle n'est pas une utopie.
    Il n'y a rien de parfait dans ce monde, mais je suis convaincu que les avantages d'une société multiculturelle l'emportent sur les inconvénients. Quant à moi, je suis un partisan du pluralisme: une philosophie politique selon laquelle des personnes ayant des croyances, des origines et des modes de vie différents peuvent coexister dans la même société et participer de façon égale au processus politique. Je crois que le Canada est l'exemple d'un pluralisme réussi, où des gens de toutes les cultures, croyances, confessions, races et orientations sexuelles sont fiers de se dire Canadiens.
    Comme on le sait peut-être, le multiculturalisme est un aspect qui me passionne et, très souvent, il me semble que nous le sous-estimons, tant sur le plan de ce qu'il exige de nous que sur le plan des possibilités qu'il représente. Vivre le multiculturalisme peut être un défi lorsqu'il nous oblige à vivre et comprendre des choses qui ne nous sont pas familières, mais cela nous offre également l'enrichissante possibilité d'avoir une compréhension approfondie et intime d'une somme beaucoup plus vaste d'expériences humaines qui nous parviennent à travers différentes cultures et traditions.
    Dans une société à la diversité limitée, nous serions plutôt ignorants, mais sans le savoir. Dans une société plus diversifiée, l'ignorance peut conduire à des moments d'inconfort, mais ces moments d'inconfort peuvent nous donner l'occasion d'apprendre et de grandir s'ils sont associés à la grâce et à l'humilité.
    Le résultat d'une société dans laquelle la diversité conduit à l'apprentissage et à la croissance est une société dans laquelle nous en savons tous beaucoup plus sur le monde qui nous entoure et dans laquelle nous pouvons non seulement savourer toutes sortes d'éléments différents, mais où nos réflexions et nos conversations peuvent être imprégnées de la sagesse d'enseignants et d'hommes d'État du monde entier.
    La création de ce type de société multiculturelle qui fonctionne vaut bien d'être entreprise et présente d'énormes avantages.
    Le multiculturalisme et l'apprentissage qui y est associé peuvent faire de nous de meilleurs artistes et philosophes plus aptes à la recherche du bonheur individuel et collectif grâce à notre capacité à accéder à davantage de données par le biais de relations et de conversations personnelles. Le multiculturalisme peut nous permettre de résoudre davantage de problèmes en appliquant diverses technologies de résolution de problèmes et d'être des chefs de file uniques sur la scène internationale en utilisant notre compréhension culturelle pour négocier des accords de paix jusqu'alors inimaginables. Le multiculturalisme peut enfin nous permettre de devenir riches grâce à notre capacité à nous engager dans un commerce respectueux dans toutes les parties du monde sans être intimidés ou manipulés.

  (1120)  

    Pour bien pratiquer le multiculturalisme, nous devons savoir beaucoup plus de choses, mais les connaissances que nous acquerrons sur les autres cultures en cours de route nous permettront de faire bien plus que de simplement éviter de nous offenser. Lorsque nous ne comprenons pas une culture, il est facile de porter des jugements rapides et erronés et de faire preuve de xénophobie. Comprendre les gens avec un esprit ouvert est important. Sans cela, nous n'aurons jamais une société diversifiée réussie. C'est pourquoi la diversité d'opinions est si cruciale. C'est elle qui nous permet de coexister et de nous comprendre dans une société ethnique diversifiée.
    J'aimerais prendre un peu de temps pour parler de la Loi sur le multiculturalisme canadien et expliquer pourquoi il est important qu'elle s'applique à l'ensemble du Canada, y compris au Québec.
    La Loi a pour objet de préserver et de mettre en valeur la diversité culturelle du Canada. Elle a été introduite en 1971 avec l'espoir qu'elle garantisse les libertés culturelles de tous les Canadiens et toutes les Canadiennes.
    La liberté est une valeur canadienne. Je suis quelqu'un qui valorise la liberté, et c'est l'une des raisons pour lesquelles je m'oppose aujourd'hui à ce projet de loi du Bloc québécois.
    Je m'oppose toujours aux atteintes à la liberté. C'est pourquoi je suis également contre le projet de loi C-10. Le gouvernement dit que le projet de loi C-10 est pour l'avancement de la diversité, mais, à mon avis, la liberté d'expression est essentielle pour l'avancement de la diversité.
    Pour être tout à fait franc, je m'inquiète des conséquences que pourrait avoir sur les minorités religieuses le fait que la Loi sur le multiculturalisme canadien ne s'applique pas au Québec.
    Le problème de discrimination contre les minorités religieuses et ethniques existe dans toutes les régions du Canada. Les conservateurs comprennent les différentes compétences que la Constitution procure aux différents paliers de gouvernement, mais nous allons toujours agir selon la compétence fédérale de protéger les droits des minorités.
    Maintenant, je pense qu'il est important de reconnaître que le discours sur la question du multiculturalisme est un peu différent au Québec que dans les autres provinces. Étant minoritaires au Canada, il est compréhensible que les Québécois francophones veuillent protéger leur culture et surtout leur langue.
    Contrairement à certains députés, mes collègues du Parti conservateur et moi-même reconnaissons que la langue française au Québec est en déclin et qu'il faut s'en occuper. Cependant, contrairement à certains autres députés, je ne crois pas que l'assimilation des communautés minoritaires ou l'opposition à du multiculturalisme soient des réponses efficaces à ce problème.
    En fait, de nombreux immigrants qui s'installent au Québec parlent français, notamment ceux d'Haïti, d'Afrique, du Maroc et de l'Algérie, ainsi que ceux des pays du Moyen-Orient, comme le Liban. Toutes ces cultures sont fières de leur français, tout en maintenant des traditions culturelles et religieuses.
    Le multiculturalisme peut être un grand avantage pour le Québec afin d'attirer de nouveaux arrivants francophones et, ainsi, d'augmenter la présence francophone en Amérique du Nord.
    Je voudrais maintenant aborder brièvement la question de la religion dans ce débat, car cette question est dans le préambule du projet de loi. Je comprends la douleur qui est causée lorsqu'un individu ou une communauté a une expérience négative avec une organisation religieuse et qu'il souhaite marcher aussi loin que possible dans la direction opposée. Toutefois, hypothétiquement, une situation répressive au nom de la laïcité est tout aussi possible et aussi nuisible qu'une situation répressive au nom d'une religion particulière.
    À mon avis, la communauté politique devrait mettre l'accent sur la liberté, le pluralisme et le choix en matière de religion, et non sur l'imposition par l'État d'un point de vue particulier sur les questions religieuses ou l'approche des pratiques religieuses. C'est ce qui est vraiment exprimé dans le concept de séparation de l'Église et de l'État, non pas que l'État cherche activement à marginaliser les pratiques de la foi, mais que les gens sont capables de choisir eux-mêmes ce qu'ils croient et comment répondre à ces croyances.
    Le multiculturalisme et le pluralisme expriment le désir humain universel d'avoir la liberté de faire ses propres choix et de rechercher la vérité sur les questions fondamentales sans être contrôlé dans ce processus par l'État. Le multiculturalisme est important et ne doit pas se faire au détriment de la riche culture du Québec. Je crois qu'il peut même l'améliorer, surtout en ce qui concerne la langue française et qu'évidemment plus d'immigrants parlent français.

  (1125)  

    Bien que je sois en faveur de la préservation de la riche culture québécoise, je ne suis pas en mesure d'appuyer un projet de loi qui pourrait mener à l'assimilation culturelle. Il faut travailler à améliorer le multiculturalisme...
    L'honorable député de Jonquière a la parole.
    Monsieur le Président, je comprends de l'intervention de mes collègues qu'ils n'appuieront pas le projet de loi. Pourtant, ils sont nombreux à se gargariser du fait qu'ils reconnaissent que le Québec forme une nation. Cependant, quand vient le temps d'agir, c'est malheureusement silence radio.
    Avant de commencer, j'aimerais revenir sur le contexte qui met en place le multiculturalisme. Nous sommes dans les années 1960 au Québec. À l'arrivée de Jean Lesage et de la Révolution tranquille, ce dernier va faire une déclaration assez importante: l'État québécois sera le moteur de notre émancipation. En disant cela, Jean Lesage crée un contexte politique particulier, où le Québec aura désormais non seulement une identité culturelle particulière, mais aussi un projet politique.
     Cela va faire peur aux gens d'Ottawa, poussant Lester B. Pearson à se demander en 1963 comment rallier les Québécois et à proposer la notion des deux peuples fondateurs. Le mandat de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, la Commission Laurendeau-Dunton, est de recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d'après le principe de l'égalité entre les deux peuples qui l'ont fondée.
    Que va-t-il advenir du biculturalisme et du bilinguisme? Le biculturalisme finira à la poubelle et le Canada deviendra un pays bilingue et multiculturel. Le biculturalisme a disparu parce qu'il offrait une reconnaissance au Québec et lui donnait un levier, lui permettant ainsi de véritablement devenir une société distincte, ce qui a toujours fait peur aux fédéralistes. En effet, il n'y a qu'une seule identité qui existe dans la tête d'un fédéraliste: l'identité collective canadienne.
    Pour nous, cela ne marche pas. Ce n'est pas parce que nous rejetons la diversité ethnoculturelle, c'est parce que nous avons une identité qui est différente. Cela a été démontré de long en large au fil des ans, lors de deux négociations constitutionnelles infructueuses, ainsi que dans le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, la Commission Bouchard-Taylor.
     Je ne sais pas ce qui se passe du côté du camp fédéraliste, mais il ne semble pas écouter lorsque l'on parle de ces questions. Le contexte a fait que la Commission Laurendeau-Dunton sera une des premières rebuffades pour le Québec, avant celles des négociations constitutionnelles. C'est la première fois que le Québec se fait dire non et qu'il n'obtient pas de statut particulier. Je voudrais que l'on garde cela en tête et j'y reviendrai tout à l'heure.
    Il est également essentiel de saisir que le multiculturalisme est constitué de deux choses: une politique institutionnelle, c'est-à-dire le multiculturalisme que l'on voit ici, mais aussi une théorie libérale. Je me rappelle que le premier ministre avait déjà évoqué la notion que le Canada est un État postnational, qu'il avait empruntée à certains théoriciens comme Will Kymlicka et James Tully. Je ne sais pas s'il comprenait ce qu'ils disaient, mais, pour ces derniers, le multiculturalisme est non seulement la reconnaissance de la diversité ethnoculturelle, mais aussi celle des minorités nationales.
     Jamais le multiculturalisme à la canadienne, comme il est inscrit dans nos lois, n’a offert la moindre reconnaissance que ce soit aux minorités nationales, qu'il s'agisse de la minorité nationale québécoise ou des minorités nationales autochtones. Chemin faisant, il s'est donc développé un système d'intégration revenant à dire que, si toutes les cultures finissent par être reconnues, aucune ne le sera.
    Le multiculturalisme reconnaît les cultures différentes, mais pas au point de leur accorder un réel pouvoir politique. Will Kymlicka, le plus grand théoricien de ce qu'est le multiculturalisme, établit une distinction entre deux types de minorités. Une minorité culturelle demande à être reconnue, ce qui va de soi et doit arriver, comme cela se fait au Québec. Pour sa part, une minorité nationale demande une autonomie politique.
    Or, jamais le gouvernement fédéral ne sera-t-il prêt à se poser la question, préférant constamment la balayer du revers de la main, car elle supposerait que le Québec ait un statut distinct et que les nations autochtones aient un ordre de gouvernement différent. Le gouvernement fédéral n'a jamais voulu prendre cette direction.

  (1130)  

     Pour moi, c'est assez simple: le multiculturalisme est rejeté par les Québécois. C'est ce que nous a prouvé la Commission Bouchard-Taylor. Ce n'est pas parce que nous sommes fermés à la diversité, c'est parce que le multiculturalisme représente le rejet de notre nation. Il ne nous offre aucune reconnaissance ni aucune garantie.
    Ce qui m'embête fermement, c'est que les fédéralistes ne comprennent pas le principe de dualité. Nous, les Québécois et les francophones, sommes une minorité dans une mer anglophone. Nous avons donc besoin de certaines politiques qui viennent protéger ce fait particulier. Le système d'intégration des minorités ethnoculturelles qu'on nous propose ne fait pas cela.
     Pour comble d'insulte, on nous dit aujourd'hui que, parce que les Québécois rejettent le multiculturalisme, ils sont foncièrement contre les minorités ethnoculturelles. C'est complètement faux.
    Tout à l'heure, j'ai parlé de la commission Laurendeau-Dunton. On s'était lancé dans la reconnaissance de la diversité en 1963. Moi, je suggère aux députés de la Chambre de lire un court bouquin d'Hubert Aquin publié en 1962 et intitulé La fatigue culturelle du Canada français, dans lequel l'auteur disait déjà que le Québec était une société polyethnique, mais avec une culture différente. C'était la base de ce qu'on voit encore apparaître aujourd'hui: dans l'intégration, au Québec, il y a un socle, et ce socle suppose que, chez nous, cela se fait en français.
    Tantôt, mon collègue a présenté la laïcité de l'État comme étant l'une des pires atteintes aux libertés individuelles. La laïcité de l'État, c'est important. Je ne pense pas que les Français soient réfractaires aux minorités ethnoculturelles et que la politique française soit liberticide. Pourtant, la laïcité de l'État est fortement affirmée en France. Cette laïcité est un autre socle assez important de l'identité québécoise.
    J'allais oublier la langue, qui est essentielle. L'intégration au Québec doit se faire en français. On retrouve ces trois socles dans la politique qui est mise en place au Québec et qui est celle de l'interculturalisme. La Chambre pourrait poser un geste audacieux et intéressant en reconnaissant que le Québec est effectivement une nation minoritaire au Canada, une nation qui a besoin de mesures de sauvegarde et de protection, et qui devrait peut-être avoir son modèle d'intégration.
    Selon Gérard Bouchard, de la Commission Bouchard-Taylor, professeur émérite de mon université, l'Université du Québec à Chicoutimi, le modèle d'intégration que l'on propose dans l'interculturalisme est probablement le système le mieux approprié à ce qu'est la réalité québécoise. Pourquoi? C'est parce que ce système reconnaît la dualité et le fait que des minorités ethnoculturelles arrivent, mais il reconnaît aussi qu'il y a une minorité nationale, et que, si cette minorité nationale veut perdurer dans le temps et avoir un avenir avec ses propres projets politiques, elle doit avoir une forme d'intégration qui sied à ce qu'elle est.
    Malheureusement, le multiculturalisme ne fait pas cela aujourd'hui. Non seulement il ne le fait pas, mais il nous rappelle constamment que, au moment où le Canada pouvait nous reconnaître, il nous a rejetés. Le Canada a préféré prendre l'idée, la notion selon laquelle il y a deux peuples fondateurs, celle du biculturalisme. Il a préféré adopter cette notion, pour finalement la laisser de côté et se replier sur le multiculturalisme. Cette politique d'intégration nous remémore constamment que nous sommes un peu des citoyens de seconde zone dans la fédération canadienne.
    J'ai l'impression que, la meilleure chose que mes collègues puissent faire, c'est de corriger un tort historique qui nous a été fait, de reconnaître que le multiculturalisme ne devrait pas s'appliquer au Québec et d'accepter que l'interculturalisme soit la politique qui convient pour les Québécois.

  (1135)  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour discuter du projet de loi C-226 déposé par le député de Montcalm.
    Il a pour but d'obtenir l'appui de la Chambre en vue d'apporter à la Loi sur le multiculturalisme canadien une modification qui la rendrait inapplicable au Québec. Le projet de loi C-226 insiste sur le fait que les Québécois forment une nation à part entière et que, de ce fait, ils sont capables de définir eux-mêmes leur identité et de protéger leurs valeurs communes, à savoir la protection de la langue française, la séparation de l'État et de la religion et l'égalité des genres. Le projet de loi sous-entend aussi que l'observance d'un multiculturalisme canadien ne permettrait pas de faire respecter ces trois principes fondamentaux, d'où la nécessité de se retirer de l'application de la loi fédérale.
    Depuis l'introduction de la politique canadienne du multiculturalisme en 1971, bon nombre de politicologues québécois et à leur suite les premiers ministres du Québec ont affirmé que la politique fédérale du multiculturalisme ne pouvait convenir à la province majoritairement francophone et qu'une dissociation entre culture et langue ne pouvait pas être opérante au Québec. L'adoption de la Charte de la langue française en 1977, plus communément appelée la loi 101, a en quelque sorte cristallisé cette inadéquation entre les modèles canadien et québécois. Selon certains, le projet de citoyenneté canadienne multiculturelle, bilingue et ouverte aux autres langues patrimoniales issues de l'immigration s'opposerait en quelque sorte à la protection de la langue française au Québec et à l'interculturalisme.
    Il faut bien admettre que le projet de société québécoise s'inscrit dans une logique de protection de la langue et de la culture française. Plus que cela, c'est aussi la reconnaissance que la société québécoise forme une minorité culturelle et linguistique singulière souvent décrite comme étant en péril en Amérique du Nord. Pour un grand nombre de francophones du Québec, la loi 101 répondait à la crainte que l'absence de la loi linguistique forte, affirmant la primauté du français, inciterait les nouveaux arrivants à choisir inévitablement de s'intégrer à la communauté anglophone plus attrayante en raison de son poids démographique et de conserver leur identité. Le nationalisme québécois doit beaucoup à cette appréhension du déclin. Pour un grand nombre de Québécois francophones, la promotion de l'égalité culturelle suggérée par le multiculturalisme diminuerait l'importance des contributions françaises et anglaises à la Confédération canadienne et fragiliserait le développement de la francophonie au Québec et ailleurs au Canada.
    Il faut bien le dire: le nationalisme québécois s'est grandement nourri de la déclaration devant la Chambre des communes du premier ministre Pierre Elliott Trudeau lorsqu'il présenta en 1971 la politique du multiculturalisme, car elle précisait de laisser au choix des immigrants d'apprendre l'une ou l'autre des deux langues officielles et de s'intégrer entièrement dans la société canadienne. Pour une majorité des Québécois, ce libre choix était incompatible avec la spécificité culturelle et linguistique du Québec.
    Cette situation a été corrigée en 1978 en vertu de l'entente Cullen-Couture lorsque le gouvernement du Canada confère au Québec la responsabilité de choisir ses immigrants économiques, accordant à la province un levier additionnel pour l'intégration des nouveaux arrivants et la protection de la culture francophone. Devant l'arrivée massive d'immigrants, le gouvernement du Québec suggère en 1981 une politique de convergence culturelle intitulée « Autant de façons d'être Québécois ». Cette nouvelle politique a alors comme objectif principal d'« assurer le maintien et le développement des communautés culturelles et de leurs spécificités; [de] sensibiliser les Québécois francophones à l'apport des communautés culturelles à notre patrimoine commun, et enfin [de] favoriser l'intégration des communautés culturelles dans la société québécoise et spécialement dans les secteurs où elles ont été sous-représentées [...] »
    Plusieurs chercheurs et analystes ont souligné que les politiques de programmes du gouvernement du Québec qui ont été développées à partir des années 1980 au Québec favorisant le développement des communautés ethnoculturelles de la province se rapprochent étrangement d'un multiculturalisme en contexte francophone et s'apparentent donc à ce que le gouvernement fédéral a lui-même proposé 10 ans plus tôt, soit en 1971.

  (1140)  

    En 1988, le préambule de la Loi sur le multiculturalisme rappelait la primauté des droits de la personne, l'égalité des genres et l'importance de lutter contre toutes les formes de discrimination raciale.
    La Loi réaffirme le bilinguisme officiel du pays, qui est régi par la Loi sur les langues officielles depuis 1969, en soulignant l'importance d'élargir l'usage des langues officielles pour en assurer leur développement.
    La Loi sur le multiculturalisme canadien réaffirme aussi la liberté de conscience et la liberté de religion, libertés qui ne peuvent être brimées. Cet aménagement du pluralisme religieux a mené plusieurs spécialistes à conclure que ce régime entérinait de facto la séparation de l'Église et de l'État.
    À plusieurs égards, le projet de loi C-226 et la Loi sur le multiculturalisme canadien reposent sur des paramètres similaires, et ceux-ci doivent être valorisés et mis en avant. C'est aussi ce que rappellent les auteurs du rapport final de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables au Québec 2007-2008. Ils précisent que cette vision tronquée et caricaturale du multiculturalisme a pu mener ses détracteurs du Québec à conclure que le modèle multiculturel canadien n'avait pas évolué au Canada depuis son adoption et qu'il était incompatible avec la société québécoise.
    Dans le rapport, ils précisent que le multiculturalisme est présenté au Québec comme s'il tenait seulement compte de la reconnaissance et de l'affirmation de la différence, sans se soucier d'éléments intégrateurs comme l'enseignement des langues nationales et les programmes d'échange interculturels.

[Traduction]

    Évidemment, le multiculturalisme canadien n'est pas un modèle immuable ou figé dans le temps. Sa souplesse permet non seulement l'intégration et l'enrichissement des valeurs communes et des principes fondamentaux de la société canadienne, comme le bilinguisme officiel, les droits de la personne et le concept de l'accommodement raisonnable, mais aussi l'élaboration de programmes et d'outils adaptés aux nouvelles réalités de la société canadienne.
    Dans le plus récent discours du Trône, le gouvernement a défini le Canada d'aujourd’hui et de demain, où s'articulent les principales valeurs canadiennes que sont la réconciliation, la lutte contre le racisme systémique, la protection des langues officielles, l'accueil des immigrants et le positionnement stratégique du Canada dans le monde. Dans ce texte, le gouvernement a aussi reconnu la situation particulière du français au pays et son intention de le protéger et de le promouvoir, non seulement à l'extérieur du Québec, mais aussi au Québec.
    Il s'agit d'un engagement ferme de la part du gouvernement fédéral. Ces valeurs et objectifs généraux occupent une place importante dans la Loi sur le multiculturalisme canadien. Un Canada multiculturel n'est pas incompatible avec l'avenir d'un Québec francophone. La souplesse des lois qui gouvernent notre pays permet également au Québec de s'épanouir.

[Français]

    Nous reprenons le débat.
    Puisqu'il n'y a pas d'intervenants, j'invite le député de Montcalm à exercer son droit de réplique. Il dispose de cinq minutes.
    Le député de Montcalm a la parole.

  (1145)  

    Monsieur le Président, quand j'ai déposé ce projet de loi dans la précédente législature, il a été accueilli avec mépris. Nous étions 10 députés du Bloc. Aujourd'hui, nous sommes 32. Le mépris s'est changé en une question:
    Pourquoi donc rendre inapplicable le multiculturalisme au Québec?
    C'est parce que le Québec forme une nation; une nation encore francophone en terre d'Amérique; une nation que j'aime profondément pour ses talents, sa créativité, ses patenteries; une nation fière, accueillante, travaillante, attachante; une nation tissée et métissée serrée. C'est une nation ouverte à la différence parce qu'elle est elle-même en quête de la reconnaissance et du respect de sa propre différence. C'est une nation qui a le droit de dire qu'elle veut que son vivre-ensemble et l'harmonisation des diversités se fondent sur trois principes incontournables: l'égalité des sexes, la séparation de l'État et de la religion, et le français comme langue commune de l'espace public.
    Les partis fédéralistes aiment confondre la diversité culturelle avec le multiculturalisme. La diversité est un fait des sociétés modernes; le multiculturalisme canadien est une idéologie politique qui conduit lentement mais sûrement à l'assimilation des francophones. Même si plusieurs parlementaires fédéralistes considèrent le multiculturalisme comme une vertu incontestable, il est plutôt un dogme d'État, une idéologie politique imposée au Québec depuis les années 1970 et qui trouve sa consécration politique en 1982 avec la Charte canadienne des droits et libertés et la Constitution que nous n'avons jamais signée. Ce dogme de l'État fédéral n'a réussi qu'à juxtaposer une multitude de solitudes culturelles et à ghettoïser la différence. À cet égard, Boucar Diouf écrivait:
    Aucun vivre-ensemble n’est possible si le mot ensemble n’est pas véritablement incarné. Et force est de constater que le multiculturalisme est beaucoup plus un vivre-côte à côte qui nourrit des frustrations croisées et donne des résultats qui sont bien loin de l’idéal que nous présentent et racontent les politiciens.
     Ce sont les politiciens que je viens d'entendre.
    Pour les Canadiens, c'est un modèle qui peut fonctionner. Dans un pays anglophone sur un continent anglophone, il est normal que les nouveaux arrivants veuillent s'intégrer en anglais. Comme le soulignait d'ailleurs mon collègue de Joliette dans un précédent débat à ce sujet, même les grands penseurs canadiens-anglais comme Kymlicka et Kallen s'accordent à dire que le multiculturalisme, s'il peut être une bonne politique pour le Canada anglais, ne peut être transposé au Québec, parce que l'intégration naturelle se fait par la société majoritaire dite dominante et non pas par une nation minoritaire. Or, les francophones sont minoritaires au Canada et ne sont que 2 % sur un continent majoritairement anglais. Pourquoi alors les nouveaux arrivants s'intègreraient-ils à une minorité continentale?
     La vérité, c'est que le multiculturalisme rejette l'idée d'une culture commune en encourageant la coexistence parallèle de multiples cultures. Il préconise plutôt une cohabitation animée par l'indifférence plutôt que par la reconnaissance et le respect de la différence, ce qui, invariablement, mène à ghettoïsation des cultures. C'est pourquoi il importe pour le Québec de disposer de la plus grande marge de manœuvre possible pour appliquer sa propre politique d'intégration et de citoyenneté.
    Évidemment, seule l'indépendance nous donnera entièrement les coudées franches et mettra fin à la confusion du message. Ainsi, un immigrant qui choisirait le Québec ne viendra plus dans une province du Canada, mais bien dans un pays francophone. D'ici là, cependant, il faut que le Québec soit soustrait de la portée de la Loi sur le multiculturalisme canadien. Le Québec doit avoir tous les outils nécessaires pour intégrer les nouveaux arrivants et leur permettre de s'intégrer au Québec.
    J'invite tous ceux et celles qui reconnaissent plus que symboliquement la nation québécoise, chérissent la culture québécoise et l'identité québécoise à appuyer ce projet de loi qui permettra au Québec de décider seul de son modèle d'intégration. Lorsqu'il est question d'interculturalisme, de convergence culturelle ou d'un tronc commun, c'est au Québec de décider.
    En conséqunce, le vote porte sur la motion.
    Si un député d'un parti reconnu présent à la Chambre désire demander un vote par appel nominal ou que la motion soit adoptée avec dissidence, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    La parole est à l'honorable députée de Beauport—Limoilou.

  (1150)  

    Monsieur le Président, nous demandons un vote par appel nominal.
    Conformément à l'ordre adopté le lundi 25 janvier, le vote par appel nominal est différé jusqu'au mercredi 9 juin, à la fin de la période prévue pour les questions orales.

Suspension de la séance 

    Comme il est 11 h 50, la Chambre est suspendue jusqu'à midi.

    (La séance est suspendue à 11 h 50.)

Reprise de la séance.  

    (La séance reprend à midi.)

  (1200)  

[Traduction]

Recours au Règlement

Recours au Règlement soulevés le 4 juin concernant la motion d'attribution de temps à propos du projet de loi C-10 — Décision de la présidence  

[Recours au Règlement]
     Je suis maintenant prêt à rendre ma décision sur les multiples rappels au Règlement soulevés vendredi concernant la motion d’attribution de temps pour l’étude en comité du projet de loi C-10, Loi modifiant la Loi sur la radiodiffusion et apportant des modifications connexes et corrélatives à d'autres lois.
     Dès que la motion a été proposée, la députée de Saanich—Gulf Islands a demandé si une motion d’instruction ne conviendrait pas davantage pour diriger les travaux du comité.
    La vice-présidente adjointe a indiqué que la motion d’attribution de temps était recevable.
    La députée de Lethbridge a ensuite fait valoir que le temps alloué par la motion était insuffisant, car dans tous les autres exemples d’attribution de temps en vertu de l’article 78(3) du Règlement à l’étape de l’étude en comité jusqu’à 10 autres heures ont été attribuées, alors que la motion actuelle n’en prévoit que cinq. Étant donné que le Règlement prévoit que le temps attribué ne peut être moindre qu’un jour de séance et que les comités n’ont pas des jours de séance réguliers comme la Chambre, la députée a soutenu que la Chambre devrait s’appuyer sur ce qu’elle a fait dans le passé et allouer au moins 10 autres heures.
     La vice-présidente adjointe a répété que la motion était conforme et qu’elle rendrait une décision plus détaillée après la période de questions et d’observations de 30 minutes.
     D'autres députés ont alors soulevé de multiples rappels au Règlement et ont continué de contester la recevabilité de la motion et l'approche de la présidence. Cela s'est poursuivi jusqu'aux déclarations de députés et a repris après la période des questions jusqu'à ce que la Chambre passe aux affaires émanant des députés.

[Français]

     J'aborderai quatre points concernant cette affaire. Le premier point portera sur la recevabilité de cette motion d'attribution de temps. Le second traitera de la façon dont la présidence examine les rappels au Règlement avant de rendre une décision. Le troisième point concernera le respect de l'autorité de la présidence. Enfin, je parlerai du statut de la motion d'attribution de temps étant donné que les délibérations à cet égard ne sont pas terminées.
    Premièrement, il ne fait aucun doute pour la présidence qu'il est possible d'adopter une motion d'attribution de temps pour un projet de loi à l'étape de l'étude en comité. Comme la députée de Lethbridge l'a signalé, il existe trois exemples de telles motions adoptées en vertu de l'article 78(3) du Règlement pour des projets de loi dont des comités permanents ou législatifs avaient été saisis et, dans tous les cas, 10 autres heures ont été allouées aux comités pour l'étude des projets de loi visés. L'attribution de temps a été invoquée en vertu des dispositions de l'article 78(3)a) dans le but de fixer un délai
relativement aux délibérations à l'étape de l'étude d'un projet de loi d'intérêt public dont la Chambre ou un comité est saisi, [...] aux fins d'attribuer un nombre spécifié de jours ou d'heures aux délibérations à cette étape et aux décisions requises pour disposer de cette étape; cependant, le temps attribué à une étape quelconque ne doit pas être moindre qu'un jour de séance.

[Traduction]

    L'article du Règlement ne fait aucune distinction entre les étapes d'un projet de loi, si ce n'est la possibilité de proposer une motion pour les délibérations tant à l'étape du rapport qu'à celle de la troisième lecture. Par ailleurs, même s'il est possible d'allouer un nombre précis d'heures ou de jours pour l'étude à une étape donnée, la durée minimale s'exprime en jours de séance.
    Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a fait valoir que la présidence devrait regarder quand les réunions de comités se tiennent dans le cadre d'une journée, laissant ainsi entendre que cela pouvait s'étendre sur plus de 12 heures. On pourrait aussi faire valoir que la plupart des réunions de comités durent habituellement deux heures. En vérité, la Chambre se réunit et ajourne ses travaux à des heures fixes, ce qui n'est pas le cas des comités. Par conséquent, la présidence ne peut que conclure que l'intention était effectivement de faire référence à la durée d'une séance de la Chambre.

  (1205)  

     Mais quel est l’équivalent d’un jour de séance lorsqu’une motion parle d’un nombre d’heures?
    Dans une décision rendue le 18 juin 2012, un ancien Président, le député de Regina—Qu'Appelle, a présenté un historique de l’application de l’article 78 du Règlement. Dans sa conclusion, il a déclaré que dans une semaine typique, en moyenne 4,7 heures par jour sont consacrées à l’étude des ordres du gouvernement et que, par conséquent, en arrondissant ce nombre à l’heure la plus près, soit cinq heures, on obtient l’équivalent d’un jour de séance aux fins d’une motion. Il existe de multiples exemples de motions d’attribution de temps adoptées en vertu de l’article 78(3) du Règlement qui allouent cinq heures pour l’étape de la deuxième lecture, l’étape du rapport et l’étape de la troisième lecture.
    Pour toutes ces raisons, la présidence ne voit pas pourquoi il en serait autrement pour l’étape de l’étude en comité. Je conclus donc que la motion respecte les exigences de l’article 78(3) du Règlement.

[Français]

    Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan s’est dit préoccupé du fait que la motion l’empêcherait de proposer en comité des amendements qu’il estime importants. Il est vrai qu’une motion d’attribution de temps peut faire en sorte que des amendements et des arguments ne seront pas présentés à l’étape de l’étude d’un projet de loi en comité. En fait, le Règlement prévoit de telles situations. Il n’appartient pas à la présidence d’examiner les conséquences d’une motion dont la Chambre a été saisie de façon appropriée. Cette décision appartient à la Chambre. Le rôle de la présidence se limite à déterminer si la motion est recevable.

[Traduction]

    Le deuxième point que j’aborderai est le pouvoir de la présidence concernant les rappels au Règlement.
    Certains députés ont prétendu vendredi que la présidence était tenue d’entendre autant de rappels au Règlement que les députés en soulevaient, et ont comparé tout manquement à cet égard à de la censure ou à une suspension de l’application du Règlement. Des députés ont aussi affirmé que la présidence devait expliquer ses décisions, à défaut de quoi les députés se trouvaient immédiatement habilités à continuer de remettre en question la décision de la présidence. Ce n’est pas le cas.

[Français]

    Dans une décision rendue le 4 juin 2018, à la page 20170 des Débats, mon prédécesseur, le député de Halifax-Ouest, a déclaré:
    Il est bien établi qu'on s'attend à ce que les députés, dans leurs interventions sur des questions de privilège ou des rappels au Règlement, présentent leurs observations de façon succincte. Une fois que la présidence est convaincue qu'elle dispose des renseignements nécessaires, elle peut en informer le député. [...]
    Le Président suppléant Devolin l'a bien expliqué le 13 juin 2012, à la page 9374 des Débats: « [...] un député ne peut pas parler aussi longtemps qu'il le désire. La présidence a le droit de mettre fin à la discussion [...] C'est au Président d'en décider, selon son bon jugement. » Autrement dit, les députés n'ont pas un temps de parole illimité.
    De plus, il n'est pas conforme à nos usages que, une fois que la présidence a décidé ou a conclu qu'elle disposait de suffisamment d'information, les députés invoquent à nouveau le Règlement, car ils peuvent ainsi donner l'impression de miner ou de mettre en doute l'autorité de la présidence.
    Il ressort clairement de cette décision que le Président a le pouvoir de décider pendant combien de temps il doit écouter une intervention pour comprendre l’argument présenté. Le Président peut aussi décider combien de rappels au Règlement il entendra sur une question avant de clore la discussion. Les députés n’ont pas le droit absolu d’invoquer le Règlement autant de fois qu’ils le souhaitent pendant aussi longtemps qu’ils le souhaitent.

  (1210)  

[Traduction]

     Je tiens à insister sur ce point dans le contexte de nos séances hybrides. En activant leurs propres microphones, les députés peuvent interrompre les délibérations, désactiver la fonction audio du député qui a la parole et empêcher les interprètes de faire leur travail. Lorsque la présidence déclare que la décision a été prise et que la discussion est terminée, les députés doivent respecter cette déclaration et ne pas persister à invoquer le Règlement.
    Lorsqu’elle examine un rappel au Règlement, la présidence peut rendre une décision sur-le-champ ou prendre l’affaire en délibéré et rendre une décision plus tard. Toutefois, il est aussi possible que la présidence rende immédiatement une décision et qu’elle fournisse des explications plus détaillées à la Chambre par la suite.
    Par exemple, le 21 mars 2007, le Président Milliken a statué qu’une motion de l’opposition inscrite au Feuilleton des avis était irrecevable, et il a fourni des explications plus détaillées à la Chambre le 29 mars 2007. Un exemple encore plus semblable au cas qui nous intéresse est survenu le 12 juin 2012 lorsque la vice-présidente a entendu plusieurs rappels au Règlement au milieu de la période de questions et d’observations concernant une motion d’attribution de temps. Elle a rendu une brève décision à la fin de la période, permettant ainsi la tenue du vote sur la motion, et le Président a rendu une décision plus détaillée le 18 juin 2012. Il s’agit de la décision dont j’ai parlé plus tôt concernant la durée des jours de séance. Par conséquent, il était parfaitement acceptable que la vice-présidente adjointe procède comme elle l’a fait vendredi.

[Français]

     Cela m'amène à mon troisième point, à savoir la nécessité de respecter l'autorité de la présidence. Le Président est élu par les députés pour appliquer et faire respecter les règles que les députés ont adoptées eux-mêmes pour régir les travaux de la Chambre. Dans ce rôle, je peux compter sur l'aide des trois autres occupants du fauteuil. Toutefois, pour mener à bien nos travaux, nous comptons sur l'appui, la collaboration et la bonne volonté de tous les députés.
    La procédure et les usages de la Chambre des communes, troisième édition, nous rappelle, à la page 641, que lorsque le Président rend sa décision, « [c]ette décision est sans appel et clôt la discussion. » Cet ouvrage prévoit aussi, à la page 620, qu'« [i]l est interdit à quiconque, au cours d'un débat, de critiquer la conduite du Président ou d'autres présidents de séance. Il est inacceptable que l'intégrité et l'impartialité d'un président de séance soient mises en doute [...] »

[Traduction]

     Dernièrement, le ton des débats s’est détérioré. La semaine dernière, les deux côtés de la Chambre ont ouvertement contesté des décisions de la présidence. Vendredi, des remarques désobligeantes ont été faites à l’endroit de la présidence. Je comprends que la tension est forte par moment et que les désaccords sont profonds. Toutefois, le mépris de nos règles et des pratiques établies constitue un manque de respect non seulement à l’endroit de ceux qui se sont vu confier la responsabilité de maintenir l’ordre et le décorum et de décider des questions procédurales, mais également à l’endroit de la Chambre dans son ensemble.
    Le 14 mars 2008, dans un contexte semblable, le Président Milliken a déclaré, à la page 4183 des Débats de la Chambre des communes:
    Comme tous les Canadiens et Canadiennes — et certes les députés —, je comprends et j'accepte que les exigences politiques dictent souvent le choix des stratégies adoptées par les partis à la Chambre. Toutefois, en ma qualité de Président, je fais appel à ceux et celles à qui a été confiée la gestion des affaires de ce Parlement — les leaders parlementaires et les whips de tous les partis — pour leur demander de faire preuve de leadership en la matière. […] Je leur demande de travailler en collaboration afin de trouver un équilibre qui permettra aux partis de poursuivre leurs objectifs politiques et aux députés de continuer leur travail. J'ai bon espoir que, en travaillant ensemble dans un esprit de bonne foi, ils pourront parvenir à une entente qui rétablira l'équilibre que nos procédures et usages visent à protéger.

  (1215)  

[Français]

    J’arrive maintenant à mon dernier point, soit le statut de la motion d’attribution de temps proposée vendredi. Pendant les deux premières décennies de leur existence, les motions d’attribution de temps ont fait l’objet d’un débat de deux heures. Cependant, depuis 1991, ces motions ne sont plus sujettes à débat. En 2001, à la suite de la recommandation du Comité spécial sur la modernisation et l'amélioration de la procédure à la Chambre des communes, la Chambre a institué une période de questions et d’observations de 30 minutes lorsqu’une motion d’attribution de temps est proposée en vertu de l’article 78(3) du Règlement. Ce changement visait à favoriser la reddition de comptes et à exiger du gouvernement qu’il justifie sa décision. Ce changement n’a cependant pas fait en sorte qu’une motion d’attribution de temps soit assujettie à un débat, inscrite au Feuilleton des avis et reportée d’une séance à l’autre. La décision doit être prise sur-le-champ, c’est donc dire immédiatement, à savoir au cours de la séance où la motion est proposée.
    Les motions d’attribution de temps et les motions de clôture sont des motions qui ne peuvent pas faire l’objet d’un débat, bien qu’elles ne soient pas mises aux voix immédiatement en raison de la période de questions et d’observations de 30 minutes qui s’applique. Qu’arrive-t-il donc quand la Chambre ne peut terminer cette période?

[Traduction]

     La présidence a examiné différents précédents. Le 7 mars 2012, une période de questions et observations a commencé à la Chambre vers 17 h 10. Les délibérations n'ont pas été interrompues à 17 h 30; elles se sont poursuivies jusqu'à ce que les 30 minutes soient écoulées. Le 30 avril 2015, la période de questions et observations a été interrompue pour la première fois afin de passer aux déclarations des députés. Ce faisant, le président suppléant a déclaré qu'il procédait ainsi seulement parce qu'il serait possible de terminer les délibérations après la période des questions. Le 6 juin 2017, le Président a interrompu les délibérations à 17 h 30 pour que la Chambre passe aux affaires émanant des députés, mais les heures de séance avaient été prolongées et il était possible de retourner à la motion plus tard ce jour-là.
    Dans ces cas, la Chambre a repris la période de questions et observations là où elle s'était arrêtée, puis elle a terminé cette période et procédé au vote. Les délibérations ont été interrompues pour la première fois vendredi pour passer aux affaires émanant des députés, et la Chambre n'a pas eu l'occasion de reprendre la période de questions et observations avant d'ajourner. À l'avenir, la période de questions et observations concernant une motion d'attribution de temps ou une motion de clôture sera interrompue seulement si la Chambre peut conclure les délibérations le même jour de séance. Si cela n'est pas possible, la Chambre poursuivra les délibérations jusqu'à ce qu'une décision soit prise sur la motion.
     Le rôle de la présidence, comme je l’ai dit plus tôt, consiste à appliquer les règles que la Chambre a elle-même adoptées. La Chambre a prévu que des motions d’attribution de temps peuvent s’appliquer à des projets de loi, y compris à l’étape de l’étude en comité, et elle a prévu que ces motions doivent être mises aux voix après une période de questions et d’observations de 30 minutes. En l’espèce, l’avis approprié a été donné, le libellé de la motion est conforme au Règlement, la motion a été dûment proposée et appuyée, et la période de questions et d’observations est commencée. Jusqu’à présent, six minutes et demie de cette période ont été utilisées. Il convient maintenant de conclure les 23 minutes et demie qui restent et de procéder au vote.
    Je remercie les députés de leur attention.
    Questions et observations.

  (1220)  

    J'invoque le Règlement, monsieur le Président. Je vous remercie d'avoir apporté des éclaircissements au sujet des événements en question. J'ai été la première à invoquer le Règlement parce que, lorsque la motion a été lue à haute voix et selon la brève recherche que j'ai été en mesure de faire avant le début de la séance, il m'a semblé que la motion n'était pas conforme aux dispositions du Règlement concernant les motions d'instruction. Toutefois, j'ai immédiatement accepté la décision de la présidence.
    Le problème, monsieur le Président, c'est que, si vous vérifiez le compte-rendu, je ne crois pas que vous constaterez que six minutes et demie se sont écoulées, car je n'ai entendu aucune question ni aucune observation adressée au ministre. Je propose respectueusement que nous fassions repartir le chronomètre à zéro pour que nous ayons une période entière de 30 minutes, car il s'agit d'une affaire importante. Le député de Nanaimo—Ladysmith a présenté d'importantes motions au comité dans le cadre de l'étude article par article.
     Adopter cette motion d'attribution de temps sur le projet de loi C-10 pourrait avoir comme conséquence que nous ne puissions pas examiner d'importants amendements susceptibles d'améliorer le projet de loi. Je crois sincèrement qu'il serait nécessaire de tenir un débat exhaustif. Je ne veux pas remettre en question ce que vous venez de dire, mais, à mon avis, si vous consultez le compte-rendu, vous constaterez que nous n'avons pas bénéficié de six minutes et demie pour poser des questions utiles et compréhensibles et obtenir des réponses pertinentes.
    Je me fie à l'information qui m'est donnée par le Bureau, qui s'occupe de surveiller le temps. Si la députée n'y voit pas d'inconvénient, je vais consulter le Bureau à l'instant avant de prendre ma décision.
    J'aimerais remercier la députée de Saanich—Gulf Islands, mais une décision a été prise, et ce, en toute équité, avec l'information à notre disposition. Cette décision est définitive et nous allons poursuivre nos travaux.

Affaires émanant du gouvernement

[Affaires émanant du gouvernement]

[Français]

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 4 juin, de la motion.
    Monsieur le Président, depuis qu'il est en poste, le gouvernement ne cesse de répéter que les comités sont indépendants et que jamais le gouvernement ne peut intervenir dans un comité. Or, cette motion du gouvernement fait qu'il reconnaît justement l'existence du Règlement qui a été utilisé à trois reprises. Le gouvernement utilise son pouvoir pour intervenir directement dans le travail des comités, alors qu'il dit toujours le contraire. C'est curieux de voir que des partis de l'opposition sont d'accord avec le gouvernement sur une question de bâillon, puisque c'est ce dont il est question actuellement. On veut museler le temps de parole des parlementaires. Or, que des partis de l'opposition soient d'accord là-dessus dépasse l'entendement.
     Je me rappelle que, quand j'étais à l'Assemblée nationale, j'étais en faveur des mesures plus strictes concernant les carrés rouges, mais je dénonçais le fait qu'on ait eu affaire à un bâillon. C'est pour cela que j'avais même suggéré qu'on interrompe la période des questions pour que le premier ministre puisse aller parler avec les leaders étudiants qui étaient justement à l'Assemblée nationale.
    Ma question au gouvernement est fort simple. Pourquoi utiliser un bâillon sur un projet de loi qui, à sa face même, attaque la liberté d'expression?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question. Je lui rappellerai que cette motion est devant la Chambre et que c'est la Chambre des communes, et non le gouvernement, qui en décidera.
    Pourquoi avoir fait cela? J'ai bien tenté de m'exprimer la semaine dernière sur cette question, mais je vais me permettre de réitérer ce que j'essayais de dire la semaine dernière. Pendant les quatre premières rencontres du Comité permanent du patrimoine canadien où on a commencé l'étude du projet de loi C-10, le Comité a été capable de passer à travers 79 amendements. Durant les 11 rencontres suivantes où le Parti conservateur a commencé à faire systématiquement de l'obstruction, seulement sept amendements ont été étudiés et votés. Si le Comité reprend le rythme qu'il avait au début, il reste amplement de temps pour passer à travers tous les amendements qui sont encore devant le Comité.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je me souviens que les libéraux ont dit en 2015 qu'ils changeraient les pratiques, qu'ils seraient plus ouverts au Parlement et qu'ils permettraient à la Chambre de tenir les débats approfondis qui étaient refusés sous l'ancien gouvernement Harper. Il est important de noter que même le gouvernement Harper n'a pas tenté la manœuvre que le gouvernement a utilisée. C'est du jamais vu pour ce qui est d'interdire des débats extrêmement importants.
    Je voterai contre la motion de clôture, car elle ne permettrait pas d'apporter les corrections appropriées au projet de loi. En réalité, quand on examine la situation de plus près, on voit qu'il s'agit d'un désastre en matière de communications. Le ministre n'a pas communiqué clairement, il s'est contredit et a mal expliqué certaines parties du projet de loi.
    N'est-ce pas la véritable raison pour laquelle les libéraux invoquent cette motion de clôture sans précédent? N'est-ce pas parce que les communications liées au projet de loi C-10 ont été un désastre?

  (1225)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. J'ai beaucoup de respect pour lui, mais, en toute honnêteté, je suis un peu sidéré par la position du NPD dans ce dossier.
    Plusieurs milliers d'artistes d'un bout à l'autre du pays ont signé une pétition: francophones, anglophones, autochtones ou issus de communautés racialisées, sans oublier les organisations culturelles. Je pense notamment à la Canadian Independant Music Association, venue témoigner au Comité permanent du patrimoine canadien. Comme beaucoup d'autres organisations, cette association, pilotée par un ancien membre du NPD, demande l'adoption du projet de loi C-10 le plus rapidement possible.
    Or, le NPD est en train de s'associer aux conservateurs pour priver les artistes de 70 millions de dollars par mois, ce que je n'aurais jamais cru voir. Je suis sans mot.
    Monsieur le Président, une motion d'attribution du temps pour accélérer des travaux n'est pas quelque chose d'anodin et il faut que cela reste rarissime.
    Dans le cas du projet de loi C-10, cependant, il fallait procéder ainsi. Plusieurs dizaines d'amendements ont été adoptés. Le porte-parole du Bloc québécois a été extrêmement efficace et a fait adopter plusieurs amendements qui ont amélioré grandement ce projet de loi.
    On ne peut pas laisser les conservateurs bloquer ce projet de loi et mettre en péril l'avenir de notre milieu culturel. C'est important, car chaque semaine passée à discuter signifie la perte de millions de dollars. Le milieu culturel québécois le demande, tout comme les Québécois: ce projet de loi doit être adopté avant la fin de la session. C'est pour cela que nous avons accepté de procéder ainsi.
    J'ai une question simple qui s'adresse au leader du gouvernement à la Chambre des communes. Les motions d'attribution du temps ne doivent-elles pas toujours demeurer une mesure exceptionnelle?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question. Je suis tout à fait d'accord avec lui sur l'appui important que ce projet de loi a reçu au Québec notamment, mais aussi partout au pays. Au Québec, l'Assemblée nationale a demandé d'une voix unanime l'adoption du projet de loi C-10, jugé être une avancée importante pour le secteur artistique et culturel.
    Pour répondre rapidement à la question de mon honorable collègue, je pense effectivement que le recours à une motion d'attribution du temps demeure une mesure exceptionnelle que nous utilisons dans des circonstances exceptionnelles.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je tiens à souligner au ministre qu'il est choquant d'intervenir dans les travaux des comités. Nous avons l'illusion dans cette enceinte que les comités sont maîtres de leur destin et de leurs travaux, ce qui était déjà farfelu depuis la demande de Stephen Harper, sous le gouvernement précédent, à tous les comités d'adopter la même motion touchant entre autres les députés des partis non reconnus, comme tous les verts et les indépendants, et les obligeant à se présenter au comité 48 heures avant le début de l'étude article par article. Ce processus a tourné en dérision le principe de la pleine autonomie des comités, et cette intervention est un nouvel outrage à ce principe. C'est la première fois en plus de 20 ans que cet article du Règlement est utilisé pour obliger un comité à présenter son rapport plus rapidement qu'il ne serait normalement en mesure de le faire.
    J'estime que ces principes sont importants. Il est pour le moins ironique que le député de Nanaimo—Ladysmith, qui, au sein des verts, est chargé du projet de loi C-10 et a effectué un travail colossal, soit actuellement retenu au comité du patrimoine par l'étude article par article du projet de loi C-10 et ne puisse pas être là pour défendre son droit de proposer les amendements sur lesquels nous avons travaillé si assidûment.
    Je suis désolée, mais il y a une légère interférence...

  (1230)  

    Le micro d'un député est ouvert, j'aimerais que la situation soit corrigée.
    La députée de Saanich—Gulf Islands a toujours la parole pour terminer sa question.
    Monsieur le Président, je sympathise énormément avec le ministre en raison de la situation qu'il vit. La façon dont il a été traité il y a quelques instants au comité de l'éthique était inappropriée et m'a rendue mal à l'aise. Cependant, nos travaux doivent se dérouler selon un certain décorum et dans le respect de chacun. Or ce genre de motion d'attribution de temps cause du tort à la Chambre à court, moyen et long termes, parce qu'on verra qu'elle sera de plus en plus utilisée dans les années à venir pour faire rentrer dans le rang les comités. Je demande au ministre d'y penser et de faire marche arrière.
    Monsieur le Président, la députée sait toute l'amitié et l'admiration que j'ai pour elle. En tout respect, je ne suis pas d'accord avec elle.
    Honnêtement, la question n'est pas de savoir comment je me sens ni de dénoncer l'impolitesse de certains conservateurs membres du comité, que ce soit à la Chambre ou au comité; ce qui compte, ce sont les artistes. Chaque mois qui passe, nous privons les artistes, les musiciens et les techniciens de partout au pays de 70 millions de dollars. Pourquoi? Parce qu'il faut que des entreprises qui sont parmi les plus riches de la planète versent une part équitable. Je ne comprends pas. Oui, il s'agit d'une mesure extraordinaire, mais nous vivons des circonstances extraordinaires.
    Monsieur le Président, il est tout à fait absurde que le ministre laisse entendre que la seule façon dont il peut aider les artistes, c'est en s'attaquant à la liberté d'expression. L'un des problèmes du débat consacré à cette mesure législative, au comité et ailleurs, c'est que le ministre n'a tout bonnement pas été en mesure de répondre à certaines questions cruciales sur la nature du projet de loi. Nous comprenons pourquoi les Canadiens se posent encore des questions; c'est parce que le ministre ne leur donne pas de réponses.
    Je voudrais relancer une question qu'un de mes collègues a déjà posée au ministre. Le gouvernement donne-t-il au CRTC le pouvoir de réglementer les algorithmes des médias sociaux par l'entremise du projet de loi? De nombreux experts ont répondu par l'affirmative. Lorsque je lui ai posé cette question devant le comité, le ministre a répondu que ce n'était ni un « oui » ni un « non ». Qu'est-ce que c'est, alors?
    Je vais donc poser de nouveau la question au ministre, car c'est très important pour les Canadiens qui examinent le projet de loi afin de leur permettre d'en tirer des conclusions. Le gouvernement donne-t-il au CRTC le pouvoir de réglementer les algorithmes des médias sociaux par l'entremise du projet de loi?
    Monsieur le Président, je vais utiliser une analogie que mon collègue comprendra peut-être. Ce qui nous intéresse, c'est la voiture — de préférence, une voiture électrique — et la vitesse à laquelle elle peut rouler, et non pas tellement ce qui se passe sous le capot.

[Français]

    Monsieur le Président, honnêtement, c'est très malheureux que nous en arrivions là. Cela fait des mois que nous travaillons sur le projet de loi C-10 en comité. Cela fait des mois que cela va bien. En fait, je devrais dire que cela allait bien pendant des mois.
    Il y avait une bonne volonté de la part de tous les partis de faire avancer le projet de loi. Tout le monde convient qu'il était imparfait au départ, mais une fois que l'on s'engage à travailler sur un projet de loi en comité, on accepte de le faire progresser et de l'améliorer. Or ce n'est plus le cas depuis plusieurs semaines. En comité, nos amis du Parti conservateur ont fait de l'obstruction, sur la base un peu faussement énoncée d'une atteinte possible à la liberté d'expression.
    Récemment, à Tout le monde en parle, la grande messe du dimanche au Québec, le ministre du Patrimoine a dit que le milieu culturel perdait environ 70 millions de dollars par mois en l'absence de cette loi. Je ne sais pas si le milieu culturel perd 30 millions, 50 millions, 70 millions ou 100 millions de dollars par moi en l'absence de cette loi, mais il perd depuis des années, à cause de l'arrivée sur le marché des géants du numérique.
    Il faut revisiter, revoir et rénover cette loi, qui date de plus de 30 ans. On doit adopter le projet de loi C-10. L'Assemblée nationale du Québec est unanime à cet égard. Les jeux sont terminés: on doit aller de l'avant et l’on doit travailler sur ce projet de loi avec toute la bonne volonté possible.
    Selon le ministre, combien de temps peut-on encore attendre avant d'adopter un projet de loi comme le projet de loi C-10 pour le milieu culturel?

  (1235)  

    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question.
    Il a fait référence à une estimation que Patrimoine canadien a présentée, notamment en comité, sur les résultats escomptés relativement au financement du secteur culturel et artistique par les géants du Web. Cela tournerait autour de 830 millions de dollars par année. Si l'on fait le calcul, on voit que les 70 millions de dollars perdus par le secteur par mois proviennent de là.
    Je suis tout à fait d'accord avec lui: il faut que le projet de loi C-10 soit adopté le plus rapidement possible. C'est ce que nous demande le milieu culturel au Québec et partout ailleurs au pays. C'est ce que nous demande l'Assemblée nationale. C'est aussi ce que demande la majorité des Canadiens et des Canadiennes.
    Monsieur le Président, je trouve dommage que nous en soyons arrivés là.
    Tout a commencé avec un projet de loi bâclé, avec du travail fait à moitié. On dirait que le gouvernement libéral veut que l'on continue à faire le travail à moitié alors qu'il reste 34 amendements importants à étudier.
    Le ministre du Patrimoine canadien parle de l'importance d'amener les géants du Web à contribuer. Nous sommes d'accord sur le principe. Nous avons d'ailleurs voté en faveur du projet de loi en deuxième lecture. La question n'est pas là.
    Le débat, en ce moment, porte sur l'utilisation d'un bâillon pour mettre fin au droit des parlementaires de poursuivre le travail en comité. C'est de cela que nous parlons en ce moment; pas du principe du projet de loi et de la contribution des géants du Web pour les artistes. Comment se fait-il que cette technique n'ait été utilisée que trois fois dans toute l'histoire du pays?
    Même les conservateurs de Stephen Harper n'ont jamais osé bâillonner les parlementaires de cette façon. Pourquoi le gouvernement a-t-il refusé la proposition du NPD de poursuivre les travaux en comité afin d'être capable de corriger et de réparer ce projet de loi?
    Monsieur le Président, ce que nous entendons de la part du NPD est quand même incroyable alors que l'ADISQ, la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, l'Union des artistes et plusieurs autres demandent l'adoption rapide du projet de loi en disant que c'est un bon projet de loi. L'Assemblée nationale du Québec dit qu'il faut adopter le projet de loi C-10, car c'est un bon projet de loi.
    Le NPD nous dit qu'il connait le sujet mieux que tout le monde et que ce projet de loi C-10 n'est pas bon. C'est quand même incroyable. J'aurais compris que les conservateurs fassent cela, mais je n'en reviens simplement pas que le NPD le fasse.
    En reprenant le rythme qu'il avait au début, il reste au comité amplement de temps pour lui permettre d'adopter tous les amendements présentés, s'il le veut bien.

[Traduction]

    Monsieur le Président, hier, c'était l'anniversaire du jour J. Des Canadiennes et des Canadiens se sont battus et sont morts pour défendre les droits et libertés dont nous parlons aujourd'hui, y compris la liberté d'expression. Le ministre veut non seulement priver les Canadiens des libertés individuelles qui leur permettent de publier tout ce qu'ils veulent, mais aussi couper court au débat au Parlement, et maintenant, il veut empiéter sur les droits des comités.
    N'est-il pas conscient que des gens ont payé de leur vie pour que nous puissions jouir de ces libertés? Pourquoi cherche-t-il à éroder les droits et libertés des parlementaires et des comités?
    Monsieur le Président, la députée d'en face et le Parti conservateur savent parfaitement que le projet de loi C-10 n'a rien à voir avec la modération du contenu ni avec ce que les gens peuvent ou ne peuvent pas publier en ligne. C'est d'ailleurs ce qui ressort des témoignages des fonctionnaires professionnels et indépendants du ministère de la Justice qui ont comparu devant le comité, y compris la sous-ministre.
    Il me semble que le Parti conservateur continue d'induire les Canadiens en erreur, que ce soit de manière délibérée ou non. Je ne comprends pas pourquoi. Ce qu'il affirme est tout simplement faux. Je ne comprends pas pourquoi le Parti conservateur ne voudrait pas obliger Google, l'une des entreprises les plus riches du monde, à payer sa juste part pour les artistes canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, je veux affirmer d'ores et déjà que je suis très fière de mon chef, de mon collègue de Drummond et de leur position en ce qui a trait au projet de loi C-10.
    Ce qui m'a menée en politique, ce n'est pas la partisanerie, mais le désir de servir le peuple québécois et mon amour pour la culture et la langue française. Je n'aime pas les joutes partisanes. Cela ne m'intéresse pas. Ce que je veux, c'est le meilleur pour les gens que je sers.
    Ce qu'ont fait mon collègue et mon chef, c'est faire passer les intérêts de la culture québécoise avant la partisanerie. Je trouve cela d'une noblesse incroyable et je leur dis bravo.
    Je sais que le bâillon n'est jamais une bonne chose. Toutefois, dans la mesure où les gens dans le domaine des arts et de la culture qui souffrent et qui réclament cette loi depuis tant d'années sont mes amis, je ne peux faire autrement que saluer la position du Bloc québécois.
    Le gouvernement reconnaît-il l'excellence du travail du Bloc québécois en comité pour la bonification du projet de loi sur la radiodiffusion et pour son éventuelle adoption?

  (1240)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. Je me suis presque pris à espérer qu'elle félicite le ministre du Patrimoine canadien pour son excellent travail, mais ce sera peut-être pour une autre fois.
    Je pense qu'elle connait bien la réalité des artistes, étant elle-même du milieu culturel et artistique. Qui ne se souvient pas au Québec de la déclaration de Pierre Lapointe, faite avec force il y a quelques années et rappelant à quel point les plateformes comme Spotify et YouTube ne paient que des miettes à nos artistes?
    C'est exactement ce à quoi nous voulons nous attaquer avec le projet de loi C-10. Nous voulons que ces grandes entreprises multinationales contribuent à leur juste part. Nous ne leur demandons pas d'en faire plus que les autres, mais seulement de faire leur juste part d'efforts, comme le font déjà les radiodiffuseurs canadiens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'aimerais féliciter le ministre du Patrimoine car, à titre d'ancienne artiste ayant consacré 33 ans de ma vie au domaine artistique, je dis que le travail qu'il réalise dans ce dossier est tout à son honneur et je l'en remercie énormément. Ce projet de loi est exactement ce dont ont besoin les artistes canadiens. Pas plus tard qu'hier soir, les prix Juno ont été décernés, et nous avons pu constater tout le talent dont regorge ce beau pays. En tant qu'ancienne actrice, je peux dire que le syndicat des artistes professionnels appuie le projet de loi. Nous l'appuyons tous. Nous encourageons le ministre et réclamons l'adoption du projet de loi dans les plus brefs délais.
    Le ministre pourrait-il expliquer pourquoi il est si important de prendre ces mesures maintenant?
    Monsieur le Président, depuis la dernière réforme de la Loi sur la radiodiffusion, nous voyons le rôle important et toujours croissant que jouent les plateformes dans le domaine de la télévision, du cinéma et, certainement, de la musique. Nos lois et nos règlements ne se sont tout simplement pas adaptés à ce nouvel environnement, ce qui coûte à nos artistes, à nos musiciens et à nos techniciens des dizaines de millions de dollars chaque année. Le projet de loi C-10 vise précisément à corriger cela pour que nous puissions continuer d'avoir un écosystème artistique et culturel florissant au Canada.
    Monsieur le Président, je voudrais revenir sur ma question précédente, qui est restée étrangement sans réponse, ce qui est une fois de plus un indicateur du problème que nous rencontrons. Le gouvernement est impatient de couper court au débat et ne peut pas répondre à des questions basiques sur les conséquences du projet de loi.
    Par l’entremise du projet de loi C-10, le gouvernement donne-t-il au CRTC le pouvoir de réglementer les algorithmes des réseaux sociaux, oui ou non?
    Monsieur le Président, j’ai déjà essayé de répondre à mon collègue à plusieurs reprises. Je lui donne probablement une réponse qu'il ne veut pas entendre, mais j’ai essayé à maintes reprises de lui expliquer. Nous voulons une obligation de résultats. C’est ce que nous cherchons, le but vers lequel nous tendons.
    Monsieur le Président, le NPD demande depuis longtemps d'imposer les géants du Web, mais museler un comité n'est pas la bonne façon d'y arriver.
    Le ministre ne cesse de parler du sentiment d'urgence qui l'anime, mais le gouvernement a eu six ans pour déposer un projet de loi, le faire étudier par le comité et faire le travail nécessaire. Qu'y a-t-il de si urgent qui empêcherait de faire les choses dans les règles de l'art et de laisser le comité faire son travail, alors qu'il reste plus de deux ans au mandat du gouvernement? Est-ce à dire qu'il souhaite en fait déclencher des élections et rompre les promesses qu'il a faites dans le budget, comme celles sur les services de garde et l'augmentation du salaire minimum? Le gouvernement ne prend peut-être pas toutes ces questions au sérieux.
    Le ministre pourrait peut-être nous dire si le gouvernement a l'intention de déclencher des élections hâtives et de laisser tomber toutes ces promesses, sur lesquelles les gens comptent. Je pense en particulier aux petits entrepreneurs qui disent ne pas vouloir d'élections hâtives. Ils veulent retourner au travail et ils ont besoin que nous unissions nos efforts. J'espère que le ministre peut nous éclairer à ce sujet.

  (1245)  

    Monsieur le Président, je ne m'explique pas pourquoi, durant sa question et son préambule, le député n'a pas du tout fait mention des artistes. Pas une fois.
    Oui, il y a effectivement un sentiment d'urgence à l'égard de l'adoption du projet de loi C-10, je partage ce sentiment et le gouvernement aussi d'ailleurs. Toutefois, ce sentiment d'urgence émane des artistes. D'un bout à l'autre du pays, les artistes demandent à ce que le projet de loi C-10 soit adopté. Voilà que le NPD et le Parti conservateur prétendent qu'ils connaissent mieux les enjeux que les artistes, les techniciens et les musiciens. Je suis renversé par la position du NPD.

[Français]

    Il est de mon devoir d'interrompre les délibérations et de mettre maintenant aux voix la motion dont la Chambre est saisie.

[Traduction]

    Le vote porte sur la motion.
    Comme à l'habitude, si un député d'un parti reconnu présent à la Chambre désire demander un vote par appel nominal ou que la motion soit adoptée avec dissidence, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.

[Français]

    En conséquence, convoquez les députés.

  (1330)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 130)

POUR

Députés

Alghabra
Anand
Anandasangaree
Arseneault
Arya
Badawey
Bagnell
Bains
Baker
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Bendayan
Bennett
Bergeron
Bérubé
Bessette
Bibeau
Bittle
Blair
Blanchet
Blanchette-Joncas
Blois
Boudrias
Bratina
Brière
Brunelle-Duceppe
Carr
Casey
Chabot
Chagger
Champoux
Charbonneau
Chen
Cormier
Dabrusin
Damoff
DeBellefeuille
Desbiens
Desilets
Dhaliwal
Dhillon
Dong
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Etobicoke North)
Dzerowicz
Easter
El-Khoury
Ellis
Fergus
Fillmore
Finnigan
Fisher
Fonseca
Fortier
Fortin
Fragiskatos
Fraser
Freeland
Fry
Garneau
Gaudreau
Gerretsen
Gill
Gould
Guilbeault
Hajdu
Hardie
Holland
Housefather
Hussen
Hutchings
Iacono
Ien
Jaczek
Joly
Jones
Jordan
Jowhari
Kelloway
Khalid
Khera
Koutrakis
Kusmierczyk
Lalonde
Lambropoulos
Lametti
Lamoureux
Larouche
Lattanzio
Lauzon
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lemire
Lightbound
Long
Longfield
Louis (Kitchener—Conestoga)
MacAulay (Cardigan)
MacKinnon (Gatineau)
Maloney
Marcil
Martinez Ferrada
May (Cambridge)
McCrimmon
McDonald
McGuinty
McKay
McKenna
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Northwest Territories)
Mendès
Mendicino
Michaud
Miller
Monsef
Morrissey
Murray
Ng
Normandin
O'Connell
Oliphant
O'Regan
Pauzé
Perron
Petitpas Taylor
Plamondon
Powlowski
Qualtrough
Ratansi
Regan
Robillard
Rodriguez
Rogers
Romanado
Sahota (Brampton North)
Saini
Sajjan
Saks
Samson
Sarai
Savard-Tremblay
Scarpaleggia
Schiefke
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Simard
Sorbara
Spengemann
Ste-Marie
Tabbara
Tassi
Thériault
Therrien
Trudeau
Trudel
Turnbull
Van Bynen
van Koeverden
Vandal
Vandenbeld
Vaughan
Vignola
Virani
Weiler
Wilkinson
Yip
Young
Zahid
Zann
Zuberi

Total: -- 181


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Alleslev
Allison
Angus
Arnold
Ashton
Atwin
Bachrach
Baldinelli
Barlow
Barrett
Benzen
Bergen
Berthold
Bezan
Blaikie
Blaney (North Island—Powell River)
Blaney (Bellechasse—Les Etchemins—Lévis)
Block
Boulerice
Bragdon
Brassard
Calkins
Cannings
Carrie
Chiu
Chong
Cooper
Cumming
Dalton
Dancho
Davidson
Davies
Deltell
d'Entremont
Diotte
Doherty
Dowdall
Dreeshen
Duncan (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Duvall
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Findlay
Gallant
Garrison
Gazan
Généreux
Genuis
Gladu
Godin
Gourde
Gray
Green
Hallan
Harder
Harris
Hoback
Hughes
Jansen
Jeneroux
Johns
Julian
Kelly
Kent
Kitchen
Kmiec
Kram
Kurek
Kusie
Kwan
Lake
Lawrence
Lehoux
Lewis (Essex)
Liepert
Lloyd
Lobb
Lukiwski
MacGregor
MacKenzie
Maguire
Manly
Martel
Masse
Mathyssen
May (Saanich—Gulf Islands)
Mazier
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McLean
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
McPherson
Melillo
Moore
Morantz
Morrison
Motz
Nater
O'Toole
Patzer
Paul-Hus
Poilievre
Qaqqaq
Rayes
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Rood
Ruff
Sahota (Calgary Skyview)
Saroya
Scheer
Schmale
Seeback
Shields
Shin
Shipley
Singh
Sloan
Soroka
Stanton
Steinley
Strahl
Stubbs
Sweet
Tochor
Uppal
Van Popta
Vecchio
Vidal
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Webber
Williamson
Wilson-Raybould
Wong
Yurdiga
Zimmer

Total: -- 147


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

[Traduction]

Recours au Règlement

Les documents relatifs au transfert des virus de l'Ebola et de l'Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je reviens sur un ordre adopté par la Chambre mercredi dernier à la suite de la motion de l'opposition présentée par le député de Wellington—Halton Hills. Permettez-moi de lire les parties pertinentes de la motion:
    Qu'un ordre de la Chambre soit donné en vue de l'obtention de la version non caviardée de tous les documents produits par l'Agence de la santé publique du Canada en réponse aux ordres du 31 mars 2021 et du 10 mai 2021 du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes en ce qui concerne le transfert des virus de l'Ebola et de l'Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan en mars 2019, ainsi que la révocation subséquente des habilitations de sécurité des docteurs Xiangguo Qiu et Keding Cheng, et leur licenciement, pourvu que :
a) ces documents soient déposés auprès du légiste et conseiller parlementaire, dans les deux langues officielles, dans un délai de 48 heures suivant l'adoption du présent ordre;
b) le légiste et conseiller parlementaire en informe ensuite immédiatement le Président, qui devra informer immédiatement la Chambre s'il est convaincu que les documents ont été produits comme il a été ordonné [...]
     La motion se poursuit, mais je veux attirer l'attention sur ces deux éléments en particulier. La partie a) mentionne que les documents doivent être déposés auprès du légiste dans un délai de 48 heures. L'ordre ayant été adopté le mercredi 2 juin 2021 vers 16 h 25, les documents devaient donc avoir été déposés avant le vendredi 4 juin à 16 h 25, après l'ajournement de la Chambre pour la semaine. La partie b) mentionne que le légiste doit en informer le Président, « qui devra informer immédiatement la Chambre s’il est convaincu que les documents ont été produits comme il a été ordonné ».
    Ma question est simple: quand prévoyez-vous informer la Chambre si le légiste et conseiller parlementaire est convaincu que le gouvernement a déposé les documents, suivant l'ordre adopté par la Chambre?
    Je remercie le député de son intervention.
    Je ne dispose pas de cette information à ce moment-ci, mais je vais me renseigner et j'informerai la Chambre dès que possible.

Le Code criminel

[Affaires émanant du gouvernement]
    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 31 mai, de la motion portant que le projet de loi C-6, Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion), soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Cowichan—Malahat—Langford.
    C'est toujours un honneur d'intervenir à la Chambre au nom des gens de Skeena—Bulkley Valley, même à distance. En fait, à certains égards, il est même plus significatif de le faire de cette façon parce que lorsque je tourne la tête à droite, je peux voir les gens de cette formidable circonscription qui marchent à l'extérieur de mon bureau et cela me rappelle la noble responsabilité qui m'incombe de bien les représenter devant la Chambre des communes.
    Je me suis entretenu avec des jeunes de la communauté LGBTQ pour savoir comment ils avaient vécu le fait de grandir dans une petite localité rurale du Nord de la Colombie–Britannique. La plupart des jeunes qui ont grandi dans les années 1980 et 1990 dans une localité comme Smithers, où j'habite, ont affirmé que la population n'y était pas des plus tolérantes. Bon nombre de ces jeunes sont partis dès qu'ils l'ont pu pour des endroits où ils pouvaient vivre plus librement leur réalité. Aujourd'hui, les choses changent, ce qui est fort bien.
     Mon bureau se trouve à moins d'un coin de rue du passage piétonnier qui a été peint aux couleurs de la fierté pour la première fois en 2016. À l'époque, à titre de maire de Smithers, j'étais fier de consacrer officiellement ce passage à la communauté LGBTQ, mais, à vrai dire, ce projet s'est réalisé grâce à Anna Ziegler, qui avait pris l'initiative d'écrire au conseil municipal et de faire bouger les choses.
    Dans les années suivantes, le passage a été repeint car, bien sûr, dans le Nord de la Colombie–Britannique, après le rude hiver et l'épandage de sable et de sel chaque année, il faut de l'entretien. Le passage a entre autres été repeint par les formidables cheftaines de la patrouille locale des guides qui ont dû enfiler des combinaisons Tyvek et porter des respirateurs pour se protéger de la peinture industrielle utilisée pour les routes. C'était tout un spectacle.
    Quelques années plus tard, en 2018, le groupe Smithers Pride a été formé et a organisé la première célébration de la fierté dans la collectivité. Safeway et le syndicat des fonctionnaires provinciaux de la Colombie-Britannique ont collaboré pour organiser un barbecue. Nous avons fermé la rue et ce fut un événement mémorable. J'ai cru qu'il s'agissait du premier événement de la fierté du Nord de la Colombie-Britannique, mais j'ai appris par la suite que le petit village de Masset, dans l'archipel Haida Gwaii, avait déjà non seulement une activité de la fierté, mais aussi quatre passages piétonniers aux couleurs de l'arc-en-ciel.
    Si je raconte tout cela, c'est parce que ma collectivité, et toute la région en fait, est devenue un endroit où tous, peu importe leur orientation sexuelle ou leur identité ou expression de genre, peuvent vivre dans le respect et la sécurité, éprouver un sentiment d'appartenance et bénéficier des mêmes droits. Voilà qui mérite d'être célébré.
    Le mois de juin est le Mois de la fierté, et c'est le mois approprié pour tenir le débat final sur cet important projet de loi dont nous sommes saisis. Avant de parler du projet de loi proprement dit, je tiens à souligner les efforts de certaines personnes qui ont permis de faire de ma collectivité un endroit plus inclusif, en particulier Perry Rath, qui enseigne à l'école secondaire de Smithers, ainsi que Brianna van Donselaar, Sophie Perodeau et Sarah Payne. Je les remercie de l'important travail qu'elles ont accompli et qu'elles poursuivent au quotidien.
    Le projet de loi C-6 vise à protéger les gens d'une pratique qui n'a pas sa place dans notre société. Précisons ce qu'on entend par thérapie de conversion. Selon la définition qu'en donne le projet de loi, il s'agit « d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise à modifier l’orientation sexuelle d’une personne pour la rendre hétérosexuelle, à modifier l’identité de genre ou l’expression de genre d’une personne pour la rendre cisgenre ou à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels ou toute expression de genre non cisgenre ».
    J'ai lu l'énoncé concernant la Charte publié par le ministère de la Justice relativement au projet de loi C-6, et il vaut la peine de répéter à la Chambre la description qui y est donnée des préjudices causés par les thérapies de conversion, car, à mon sens, cela souligne l'importance du projet de loi:
    Les médecins et les professionnels de la santé mentale ont dénoncé la thérapie de conversion, estimant qu’elle est inefficace et une source de préjudices réels et potentiels. Les pratiques de conversion ont causé, ou risquent de causer, des préjudices comme la détresse, l’anxiété, la dépression, la stigmatisation, la honte, la mauvaise estime de soi, le sentiment d’échec personnel, la difficulté de maintenir des relations, la dysfonction sexuelle, le fait de penser sérieusement au suicide, de le planifier ou de tenter de se suicider. L’existence même des pratiques de conversion porte atteinte à la dignité des personnes LGBTQ2 en ce qu’elle contribue à perpétuer les mythes et les stéréotypes entourant l’orientation sexuelle ou l’identité de genre — notamment le fait de considérer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre des personnes LGBTQ2 comme étant indésirable et comme pouvant et devant être changée.

  (1335)  

    Les préjudices causés par les thérapies de conversion sont clairs et bien établis. Cette pratique n'a pas sa place dans une société libre et tolérante comme celle du Canada, et il nous incombe à tous, à titre de représentants élus, de protéger les personnes ayant des orientations sexuelles et des identités sexuelles différentes. Tous les Canadiens devraient être libres d'aimer qui ils veulent et d'être comme ils sont, sans avoir à subir la stigmatisation, l'intolérance et la coercition.
    Le projet de loi C-6 interdirait ce qui suit: faire suivre une thérapie de conversion à une personne contre son gré; faire suivre une thérapie de conversion à un enfant; agir en vue de faire passer un enfant à l'étranger pour qu'il y suive une thérapie de conversion; bénéficier d'un avantage matériel, notamment pécuniaire, provenant de la prestation de thérapies de conversion; et, enfin, faire de la promotion ou de la publicité en vue d'offrir de la thérapie de conversion.
    De toute évidence, certains députés conservateurs qui s'opposent au projet de loi voteront contre et, pour tout dire, j'ai rencontré des gens de ma circonscription qui ont de sérieuses réserves. La plupart de ces réticences semblent découler de l'hypothèse selon laquelle les conversations ou les consultations entre les parents et les enfants, ou entre les pasteurs et ceux qui les consultent, pourraient tomber, à tort, sous le coup des dispositions du projet de loi. Ce sont des considérations légitimes dont nous devons discuter dans le cadre du débat sur cette mesure législative.
    Soulignons toutefois que, pour éviter toute confusion, le comité de la justice a ajouté une disposition qui précise ce que la définition de la thérapie de conversion ne comprend pas, c'est-à-dire « les pratiques, les traitements ou les services qui se rapportent à l’exploration et au développement d’une identité personnelle intégrée sans privilégier une quelconque orientation sexuelle, identité de genre ou expression de genre ». Je crois que cela devrait apaiser certaines craintes.
    Je souhaite aussi souligner deux autres amendements importants. En remplaçant « contre son gré » par « sans son consentement », on emploie une tournure beaucoup plus répandue et mieux comprise. Autre point important, comme on a élargi la définition du terme « thérapie de conversion » de manière à inclure l'identité de genre et l'expression de genre, cette nouvelle version s'harmonise mieux aux formulations utilisées dans d'autres protection juridiques; elle est aussi mieux adaptée aux nouveaux forums liés aux thérapies de conversion.
    Pour conclure, je tiens à souligner l'excellent travail du député d'Esquimalt—Saanich—Sooke, dont le travail exemplaire dans ce dossier lui a malheureusement valu d'être la cible de harcèlement et de messages haineux en ligne. Il défend les droits des personnes ayant des orientations sexuelles et des identités sexuelles différentes. Les efforts qu'il déploie à la Chambre contribuent à la sécurité et à l'inclusion des gens, ainsi qu'à la protection des droits fondamentaux. J'en remercie le député.
    Le projet de loi à l'étude est une bonne mesure législative, qui fait avancer le Canada et procure une protection juridique à des personnes qui méritent cette protection. L'amour, c'est l'amour. Toute personne mérite d'être simplement la personne qu'elle est. J'ajouterai, en terminant, que j'ai parlé de ce projet de loi avec ma fille de 16 ans. Je lui ai dit que le Parlement faisait des démarches pour rendre les thérapies de conversion illégales. Sa réaction: « Tu veux dire qu'elles sont légales maintenant? » Je suis exactement du même avis.
    Je souhaite aux députés un bon Mois de la fierté. Et maintenant, faisons de ce projet de loi une réalité.

  (1340)  

    Monsieur le Président, c'est le Mois de la fierté et je suis convaincu que le député célèbre la fierté dans sa circonscription, comme nous essayons de le faire dans la mienne.
    Nous avons notamment envoyé des affiches de fierté à quelque 1 500 personnes dans la circonscription qui souhaitaient les placer dans leur fenêtre. Je vais lire un courriel que j'ai reçu ce matin. On y lit ceci:
    Monsieur le député [de Kingston et les Îles],
    Je vous remercie ÉNORMÉMENT de l'affiche sur la fierté! Un de mes adolescents est membre de la communauté LGBTQ+. J'ai commandé une de vos affiches sur la fierté sans trop y penser. Je n'avais pas réalisé que ce geste toucherait autant ma fille. Ce n'est pas seulement parce que sa famille a accroché une affiche sur la fierté, mais aussi parce que son propre député l'a fournie et qu'il fait la promotion de la fierté dans notre collectivité. Elle s'est sentie vue et valorisée par sa famille et par son gouvernement. Il s'en est suivi une très belle conversation et nous avons fini par commander quelques drapeaux liés à la fierté. Ma fille m'a serrée dans ses bras, les larmes aux yeux, et m'a remerciée pour mon soutien.
    Le projet de loi est loin de viser seulement à interdire une pratique néfaste. Il vise à changer l'attitude et les interactions des Canadiens, surtout envers la communauté LGBTQ.
    Le député peut-il expliquer pourquoi il juge si important d'avoir ces conversations pour changer les affreux stéréotypes qui étaient malheureusement plus prédominants il y a quelques décennies?

  (1345)  

     Monsieur le Président, je remercie le député pour son intervention et je partage ses sentiments.
    À mon bureau de circonscription, ici, à Smithers, nous sommes fiers d'avoir un autocollant « allié.e » sur notre porte d'entrée pour afficher notre soutien aux personnes LGBTQ de notre collectivité et notre appui de leurs droits fondamentaux.
    Ce projet de loi a engendré une conversation très importante dans nos collectivités sur le sens réel de l'inclusion, de l'acceptation et des droits des personnes. Je crois que c'est quelque chose de très positif et j'ai hâte de poursuivre notre cheminement collectif grâce à celle-ci.
    Monsieur le Président, je crois que les députés partagent bon nombre des sentiments exprimés par mon collègue. Je suis heureux qu'il reconnaisse les préoccupations soulevées par certains de ses concitoyens au sujet de la définition, ces derniers souhaitant qu'elle soit plus précise.
     Le député a indiqué qu'un amendement du NPD proposé au comité prévoit une disposition interprétative visant à rassurer. Selon moi, cette disposition n'est pas rassurante. Elle indique que les opinions sont acceptables tant qu'elles respectent une certaine structure ou certains paramètres bien définis. Il ne s'agit pas d'une exception générale permettant d'exprimer des opinions en dehors d'un contexte quasi thérapeutique. Il s'agit d'une exception selon laquelle les thérapies de conversion n'incluent pas les opinions tant que celles-ci respectent ces paramètres précis. Au cours de ces conversations privées, il peut y avoir au sujet de ces questions de nombreuses opinions auxquelles le député et moi n'adhérons pas.
    Les gens ne demandent-ils pas une disposition qui précise que les opinions exprimées au cours de conversations privées sur un sujet donné ne donneront pas lieu à des poursuites criminelles?
    Monsieur le Président, tout d’abord, je ne pense pas que les conversations privées relèvent d’une pratique, mais il y a un point mentionné par le député sur lequel nous ne sommes pas d’accord. Une des choses que j’ai apprises pendant ce débat — et j’admets que je ne savais pas grand-chose du sujet au début —, c’est que ces thérapies de conversion ne se font pas au grand jour. Je pense qu’il faut que nous nous demandions où fixer les limites de ce qu’on entend par thérapies de conversion, même dans le cadre de conversations entre des pasteurs et leurs fidèles, ou entre des parents et leurs enfants. Il est possible que, tôt ou tard, des tribunaux aient à trancher sur la question, et je crois que l’important avec ce projet de loi, c’est qu’il vise clairement à protéger les personnes et leurs droits, car personne n’a le droit de convaincre quelqu’un qu’il est autre chose que ce qu’il est.
    Monsieur le Président, je souhaite remercier mon collègue de se porter à la défense des Canadiens vulnérables et de s'opposer aux thérapies coercitives et abusives.
    Étant donné que 72 % des Canadiens interrogés sont favorables à une approche attentiste en matière de counseling auprès des jeunes, cela signifie qu'ils soutiennent le droit des parents à retarder les traitements médicaux en vue d'une transition de genre jusqu'à ce que l'enfant soit suffisamment mûr pour en comprendre les répercussions.
    Le député croit-il que les parents devraient conserver ce droit ou que des enfants âgés de sept ou huit ans ont la capacité cognitive de comprendre les répercussions que les inhibiteurs de puberté auront sur leur santé?
    Monsieur le Président, le débat d'aujourd'hui porte sur les thérapies de conversion et les pratiques qui cherchent à modifier l'identité, ainsi que l'expression et l'orientation sexuelle des gens. Je comprends le sens de la question de la députée, mais je pense qu'elle s'écarte considérablement du sujet qui nous occupe.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue, le député de Skeena—Bulkley Valley, de partager son temps de parole avec moi.
    Pour commencer, j'aimerais saluer la communauté LGBTQ de ma circonscription, Cowichan—Malahat—Langford. J'aimerais replacer ces salutations dans un contexte particulier, à savoir le fait que je représente en tant que député cette magnifique partie de l'île de Vancouver — et c'est un privilège —, et qu'à ce titre, j'ai une immense responsabilité à assumer. En tant que députés, nous avons le pouvoir et la responsabilité de défendre les gens dans nos circonscriptions, nos collectivités et partout au pays qui ont toujours vécu en marge de la société, qui n'ont pas été reconnus comme des égaux par de grands pans de la société canadienne et qui ont été victimes de discrimination par nos lois et nos politiques.
    C'est l'une des choses que nous, députés, devons faire. Nous devons intervenir, sur cette formidable scène qu'est la Chambre des communes, et faire tout ce que nous pouvons pour changer ce pays afin que tous les Canadiens soient traités de la même manière, quels que soient les personnes qu'ils aiment, leur milieu social, leur race ou leur origine. Nous devons nous faire les champions de tous les membres de nos collectivités. Je prends très au sérieux cette responsabilité et ce privilège qui sont les miens depuis presque six ans maintenant.
    Nous parlons aujourd'hui du projet de loi C-6du gouvernement. Je voudrais rendre hommage au ministre de la Justice de l'avoir proposé et l'en remercier. Il a beaucoup consulté, je le sais. Mon collègue néo-démocrate, le député d'Esquimalt—Saanich—Sooke, a participé à ces consultations, et j'aimerais le remercier de défendre ce dossier à la Chambre.
    Le projet de loi que nous étudions, soit le projet de loi C-6, modifierait le Code criminel, ce qui m'a fait réfléchir au pouvoir fédéral en matière de droit criminel en général, car c'est un outil puissant. Nous savons que, dans des décisions antérieures, la Cour suprême du Canada a maintenu qu’une loi, pour relever validement du droit criminel, devait comporter premièrement, une interdiction, deuxièmement, une sanction et troisièmement, un objet valide de droit criminel que sont traditionnellement la paix, l'ordre, la sécurité, la moralité et la santé. Ce sont les domaines généraux où s'applique le pouvoir fédéral en matière de droit criminel.
    Le projet de loi C-6 et la pratique qu'il vise à interdire correspondent de toute évidence aux domaines de la sécurité et de la moralité, car il est tout à fait immoral de forcer quelqu'un à changer la personne qu'il est. Il s'applique aussi à l'article 7 de la Charte, soit la sécurité de la personne. En forçant une personne à suivre une thérapie de conversion, on la prive de sa sécurité. Nous savons qu'il s'agit d'une pratique extrêmement néfaste. Nous avons entendu des témoignages sur l'effet dévastateur qu'elle a eu sur des personnes. Comme beaucoup de députés l'ont dit avant moi à propos du projet de loi C-6, quand je parle aux habitants de ma circonscription, ils sont toujours surpris d'apprendre qu'une telle pratique a toujours cours au Canada.
    Les thérapies de conversion ou dites « réparatrices » sont très dangereuses, car elles ciblent les jeunes de la communauté LGBTQ dans le but de changer leur orientation et leur identité sexuelles. Parfois, les gens parlent de « thérapies réparatrices », mais je déteste que l'on utilise à tort le mot « thérapie » dans ce contexte. Selon moi — et je crois que la majorité des Canadiens partagent mon opinion —, une thérapie est une pratique ou une forme de counseling qui aide une personne à se sentir mieux. Ce n'est pas du tout le cas pour les thérapies de conversion. Il s'agit d'un éventail de pratiques dangereuses et discréditées qui, prétend-on à tort, changerait l'orientation, l'identité ou l'expression sexuelles d'une personne. Tous les experts s'entendent pour dire que ce type de thérapie est frauduleux et dommageable. En fait, c'est une pratique qui est rejetée depuis des décennies par toutes les grandes organisations vouées à la médecine ou à la santé mentale. Cependant, comme la discrimination et les préjugés persistent dans la société à l'égard des membres de la communauté LGBTQ, certains praticiens persistent à procéder à des thérapies de conversion.

  (1350)  

    Nous savons que les mineurs sont particulièrement vulnérables, et que devoir subir une thérapie de conversion peut les faire sombrer dans la dépression, l'anxiété, la toxicomanie et l'itinérance. Dans les pires des cas, cela peut mener au suicide. Même avant que l'on commence officiellement à débattre du projet de loi, le comité de la justice a entendu des témoignages convaincants de la part de survivants des thérapies de conversion qui documentent les répercussions de cette pratique sur leur vie. Il est renversant que cette pratique existe encore au Canada.
    Pour indiquer à quel point le monde a changé en peu de temps, mais aussi quels changements sont encore nécessaires, soulignons que, jusqu'en 1990, l'Organisation mondiale de la santé considérait l'homosexualité comme un trouble mental. Malheureusement, les relations homosexuelles sont encore illégales dans 68 pays. Les personnes homosexuelles y sont passibles de peines très sévères pouvant aller jusqu'à la peine de mort et sont complètement ostracisées par la société en général.
    Sur la scène internationale, le Canada doit jouer un rôle important en montrant qu'il accepte les gens tels qu'ils sont sans les juger, et il doit faire preuve de probité morale en dénonçant ces pratiques nuisibles. C'est ce qu'il fait déjà dans une certaine mesure.
    La pratique consistant à forcer les personnes homosexuelles et trans à devenir hétérosexuelles ou à se conformer aux normes de la société a des conséquences extrêmement néfastes. De nombreuses thérapies de conversions sont fondées sur la religion et prévoient notamment de la thérapie par la parole, de l'hypnose et, dans certains cas, des électrochocs et le jeûne.
    Il incombe donc à tous les députés, en tant que représentants élus, de reconnaître à quel point cette pratique est néfaste et de réclamer haut et fort qu'elle soit éliminée à tout jamais. Nous allons recourir au plein pouvoir que nous confère le droit pénal pour dénoncer fermement les effets pervers de cette pratique et prendre les mesures nécessaires pour l'interdire.
    Dans certains articles du projet de loi, il y a des dispositions interdisant de faire suivre à une personne une thérapie de conversion forcée, de faire suivre une thérapie de conversion à un enfant, de faire de la publicité en vue d'offrir de la thérapie de conversion et de bénéficier d'un avantage matériel lié à la thérapie de conversion.
    J'aimerais prendre un moment pour répondre aux préoccupations qui ont été soulevées par certains députés. Dans chacune de ces interdictions, on retrouve l'expression « thérapie de conversion ». Dans le cadre de l'élaboration du projet de loi, on a pris le temps de fournir une définition de la thérapie de conversion. D'ailleurs, la disposition précisant la définition de cette pratique a été modifiée en réponse à quelques préoccupations soulevées récemment. Maintenant, on peut y lire qu'elle ne vise pas:
     L’exploration et le développement d’une identité personnelle intégrée sans privilégier une quelconque orientation sexuelle, identité de genre ou expression de genre.
    La définition ne comprend donc pas les pratiques, les traitements ou les services qui se rapportent à ces éléments en particulier. Cela permet de clarifier les choses pour ce qui est des conversations entre des parents et leurs enfants, entre des pasteurs et leurs paroissiens, ou simplement entre des personnes souhaitant que la conversation se déroule dans un cadre semi-officiel. En aucun cas cela n’empêche des conversations d’avoir lieu.
    À mon humble avis, je pense que nous avons pris en compte les préoccupations et que les préjudices découlant de ces pratiques justifient que nous adoptions ce projet de loi.
    Pour conclure, je souhaite déclarer de façon claire et sans équivoque que je soutiendrai le projet de loi C-6, et j’espère que mes collègues se rallieront à moi pour que nous puissions le renvoyer à l’autre endroit pour qu’il reçoive rapidement la sanction royale.

  (1355)  

    Le député de Cowichan—Malahat—Langford disposera de cinq minutes pour les questions et observations lorsque la Chambre reprendra le débat sur la motion.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Woolwich Healthy Communities

    Monsieur le Président, j'ai été fier de rencontrer des représentants de Woolwich Healthy Communities, organisme de Kitchener—Conestoga qui accomplit un travail remarquable pour la défense de l'environnement. Ses groupes de travail s'efforcent de changer les choses dans la circonscription.
    En fin de semaine à Elmira, j'ai passé une belle journée ensoleillée à planter plus de 300 arbres avec ma fille Brooklyn et d'autres bénévoles du groupe Trees for Woolwich. Je remercie tous les bénévoles qui ont célébré la Journée mondiale de l'environnement en contribuant à créer un habitat, en appuyant les espèces en péril et la biodiversité, en enrichissant le sol et en stockant le dioxyde de carbone.
    Des milliers d'arbres seront plantés dans cette réserve naturelle et offriront des bénéfices et des récompenses dans plusieurs décennies. Les bénévoles qui ont planté ces arbres ne pourront pas profiter de l'ombre qu'ils jettent, mais les générations futures le pourront.
    L'altruisme et l'engagement d'améliorer notre communauté font de Kitchener—Conestoga un endroit idéal où vivre.

  (1400)  

La santé mentale

    Heureusement, monsieur le Président, les préjugés entourant la santé mentale ont beaucoup diminué au cours de la dernière décennie. C'est en partie ce qui rend les circonstances actuelles si frustrantes. Les mesures de confinement malavisées ont eu un effet dévastateur sur la santé mentale des Canadiens. Même l'incohérente Organisation mondiale de la santé a déclaré que les périodes prolongées de confinement font plus de tort que de bien.
    Malheureusement, les pires victimes des mesures de confinement sont les personnes qui étaient déjà aux prises avec la maladie mentale et qui se trouvent maintenant au bord du précipice. Ce qui est tragique, c'est que des enfants et des jeunes font partie de ce groupe.
    L'isolement, l'interdiction prolongée d'utiliser ne serait-ce que le matériel des parcs et la fermeture des écoles ont fait apparaître chez des jeunes jusque-là en santé des troubles alimentaires, des comportements autodestructeurs et des idées suicidaires. Même les tentatives de suicide ont augmenté. Il y a un mois, Hamilton Health Sciences a rapporté que le nombre de tentatives de suicide chez les jeunes avait triplé.
    Malgré les effets dévastateurs de ces mesures, le gouvernement libéral a opposé un non catégorique aux provinces qui demandaient une augmentation des transferts en santé. À un moment où les problèmes de santé mentale sont si graves, les Canadiens sont abandonnés à leur sort par le gouvernement. Ils méritent mieux.

[Français]

Stéphanie Bellavance

    Monsieur le Président, la pandémie qui perdure a su mettre au grand jour la débrouillardise, la créativité et la détermination de nos entrepreneurs. Je partage avec la Chambre l'histoire de Stéphanie Bellavance de Saint-Quentin.

[Traduction]

    Elle a dû fermer son salon de coiffure à deux reprises lorsque les cas de COVID-19 ont augmenté dans sa région. Coiffeuse depuis 16 ans, elle n'a pas abandonné et elle a réussi à diversifier son entreprise et à lui faire prendre de l'expansion.

[Français]

    Stéphanie tenait à bonifier ses services par la vente d'un nouveau produit: des rallonges de cheveux modifiées, spécifiques à son salon. En plus, elle a développé des cliniques en ligne portant sur les saines habitudes de vie, l'une de ses passions.

[Traduction]

    Elle s'est relevé les manches et elle a suivi des cours en ligne pour pouvoir accroître sa clientèle. Par conséquent, si son entreprise devait de nouveau être fermée à cause de la COVID-19, elle pourrait vendre ses produits et offrir des conseils en ligne.

[Français]

    Je dis bravo à toutes les Stéphanie Bellavance du Canada. Je les félicite de leur persévérance et de leurs contributions à notre économie.

Jocelyne Bates

    Monsieur le Président, elle s'appelle Jocelyne Bates, mais je suis incapable de l'appeler autrement que « madame ». Cette femme d'exception au sourire marquant souligne cette année 30 ans en politique municipale. Ce n'est pas rien, 30 ans dans un palier de gouvernement impliquant une telle proximité avec ses concitoyens.
    C'est une passionnée. Elle voue à sa ville de Sainte-Catherine un amour comparable à l'amour d'une mère pour sa progéniture. Elle connaît tout sur sa municipalité. Elle la défend, elle prend les armes et va au front, elle tient son bout, elle est tout simplement extraordinaire.
    Ce sera peut-être une première à la Chambre, mais ma collègue libérale de Brossard—Saint-Lambert et moi nous sommes mis d'accord pour nous succéder afin d'applaudir cette grande dame. C'est aussi cela, faire de la politique: savoir s'unir pour souligner les bons coups, peu importe l'uniforme qu'on endosse, tant que nous le faisons pour le bien commun. Je dirais que cette façon de faire représente très bien Mme Bates: oublier les couleurs pour le bien commun.
    Je laisserai donc ma collègue intervenir et je souhaite saluer à nouveau le dévouement exceptionnel de Mme Bates, mairesse de Sainte-Catherine. Je souhaite à Mme Bates un bon 30e anniversaire.

Jocelyne Bates

    Monsieur le Président, mon collègue l’honorable député de La Prairie vient de rendre un vibrant hommage à la carrière politique d’une femme que nous admirons profondément.
    La longévité de la carrière politique de Jocelyne Bates est en grande partie due à ses indéniables talents de rassembleuse. Dans cet esprit, je joins ma voix à celle de mon collègue pour féliciter Mme Bates pour une carrière politique au cours de laquelle elle a toujours cherché à réunir son monde autour de projets porteurs pour l’ensemble de la communauté. Je salue tout particulièrement son acharnement à rehausser le caractère riverain de la ville de Sainte-Catherine. Le Saint-Laurent et sa Voie maritime sont des pôles de développement cruciaux et Mme Bates ne nous laisse jamais l’oublier.
    J’ai été une de ses concitoyennes pendant sept ans et nous sommes amies depuis plus de vingt ans. Je sais à quel point Jocelyne Bates est une femme à qui les multiples rôles avec lesquels elle est appelée à jongler depuis 30 ans ont toujours permis de garder un juste équilibre entre le rêve visionnaire et le plancher des vaches.
    Bravo, Jocelyne!

  (1405)  

[Traduction]

Hut 8 Mining

    Monsieur le Président, je souhaite exprimer ma fierté pour Hut 8 Mining, une des meilleures entreprises de minage de bitcoins, et pour la ville de Medecine Hat, où se trouve l'entreprise.
    L'histoire de Hut 8 est fantastique. Elle est entrée en bourse et son action ne valait que quelques sous et son équipe de direction est entièrement composée de femmes, ce qui est très rare dans l'industrie de la technologie. La renommée entrepreneuriale de Medicine Hat n'est plus à faire et les gens d'affaires de la région ont toujours su saisir les nouvelles occasions.
    Pour le minage des bitcoins, la question de l'approvisionnement en électricité est cruciale et c'est l'une des raisons pour lesquelles l'entreprise a choisi Medecine Hat, puisque la Ville est propriétaire de ce service public, de la production jusqu'à la distribution. Hut 8 peut donc profiter d'une électricité bon marché produite de façon écologique grâce à des turbines au gaz naturel.
    La présence de Hut 8 à Medicine Hat génère des emplois hautement qualifiés, 80 % du personnel habitant dans la région. En tant que leader du minage durable de bitcoins, Hut 8 représente une excellente valeur pour la collectivité et l'économie locales.
    Il est important que le Canada tire profit de l'innovation et de la valeur apportées par des technologies émergentes comme les chaînes de blocs et qu'il crée un environnement réglementaire et commercial favorable aux entreprises du Canada, comme Hut 8, et aux entreprises étrangères qu'on veut attirer au pays.

[Français]

La Semaine nationale des couvreurs

    Monsieur le Président, cette semaine, l'Association canadienne des entrepreneurs en couverture et ses 400 membres corporatifs célèbrent la Semaine nationale des couvreurs. Cette semaine nationale a pour but de faire connaître dans tout le Canada l'importance des toits pour les commerces et les foyers.

[Traduction]

    Rappelons-nous que le toit est l'une des composantes les plus importantes de toute structure et qu'il est aussi la première ligne de défense contre les éléments naturels.

[Français]

    Je profite donc de cette occasion pour reconnaître l'un de leurs membres et entrepreneurs de l'Outaouais, M. Alain Raymond, président et fondateur du Groupe Raymond. M. Raymond est un homme d'affaires accompli qui a même été nommé personnalité de l'année par la Chambre des commerces de Gatineau en 2018. Son entreprise compte maintenant plus de 300 employés partout au Québec.
    À titre de secrétaire parlementaire de Services publics et Approvisonnement Canada, je suis fier de mon implication auprès de l'industrie pancanadienne de la construction. C'est donc avec grand plaisir que je souhaite à tous les couvreurs de l'Outaouais et du Canada une bonne Semaine nationale des couvreurs.

La Fondation Émergence

    Monsieur le Président, à l'occasion du mois international de la fierté, je salue le travail exceptionnel de plusieurs organismes LGBTQ2S+ qui se trouvent dans ma circonscription, particulièrement la Fondation Émergence.
    La Fondation Émergence a lancé en 2003 la première journée contre l'homophobie et lutte chaque jour pour l'éducation et la sensibilisation des Québécois et des Québécoises aux réalités des communautés LGBTQ2S+.
    En tant que gouvernement et citoyens, nous avons la responsabilité que chacun puisse vivre comme il le souhaite sans discrimination, peu importe qui il est et qui il aime. C'est pourquoi notre gouvernement a déposé le projet de loi C-6 qui vise à protéger la dignité et l'égalité des personnes LGBTQ2S+, en criminalisant les thérapies de conversion. C'est l'une des réponses législatives les plus progressistes et les plus complètes dans le monde, parce que personne ne devrait tenter de changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre de quiconque.
    J'aimerais encore une fois remercier le travail important que la Fondation Émergence fait dans notre circonscription contre la discrimination des communautés LGBTQ2S+ dans Hochelaga, au Québec et partout dans le monde.

[Traduction]

Des vœux d'anniversaire

    Monsieur le Président, je prends la parole pour souligner le 80e anniversaire à venir de James Ross Hurley, qui est le directeur fondateur du Programme de stage parlementaire.
    En 1969, M. Hurley, alors jeune universitaire d'Ottawa, a travaillé avec l'Association canadienne de science politique et le regretté Alfred Hales, député de Wellington, pour créer un programme qui permettait à de récents diplômés universitaires de seconder des députés et d'étudier le Parlement pendant un stage de 10 mois.
    Grâce au dévouement de M. Hurley, plus de 500 Canadiens ont tiré parti de cet unique programme non partisan, qui existe encore aujourd'hui. Les stages actuels prendront fin ce mois-ci. Je suis fier de dire que j'ai été moi-même stagiaire en 2010-2011.
    M. Hurley a ensuite mené une brillante carrière au Bureau du Conseil privé, mais il a continué à promouvoir son programme. Ainsi, il a contribué dernièrement à l'établissement de la Fondation parlementaire Hales et Hurley, qui vise à recueillir des fonds pour ce programme.
    Nous le saluons à l'occasion de cet anniversaire très important et le remercions pour sa contribution au Canada et au Parlement.

  (1410)  

[Français]

S. Exc. Mgr Ibrahim Ibrahim

    Monsieur le Président, c'est un privilège de me lever à la Chambre pour souligner le rôle indispensable de S. Exc. Mgr Ibrahim Ibrahim, l'évêque éparque de l'Église melkite catholique du Canada nommé par le pape Jean-Paul II afin de servir les membres de sa communauté sur tout le territoire canadien.
    Durant 18 ans, en étant le leader de son diocèse, il a travaillé sans relâche pour construire des ponts entre tous les hommes et les femmes de bonne volonté et entre les religions, dans un esprit d'ouverture respectueuse. Déployant ses talents de communicateur et agissant pour le bien commun, bâtisseur, il a été le promoteur d'une magnifique cathédrale byzantine à Montréal. Un rêve s'est enfin réalisé grâce à sa vision et à son leadership.
    Solidaire, évêque oriental au Canada, il n'oublie pas ses racines ancrées dans sa terre natale, le Liban, et les pays du Moyen-Orient qui souffrent.

[Traduction]

Les enseignants de la région de la rivière de la Paix

    Monsieur le Président, aujourd'hui, j'aimerais rendre hommage aux enseignants de la région de la rivière de la Paix, qui ont dû relever des défis sans précédent cette dernière année. Ils méritent notre gratitude. Les derniers mois ont été difficiles pour nous tous, mais les enseignants ont dû relever des défis vraiment particuliers. L'arrêt imprévu de l'enseignement en classe les a obligés à innover et à assimiler de nouvelles connaissances technologiques afin de pouvoir continuer d'enseigner à leurs élèves restés à la maison, et à trouver des moyens pour que les élèves gardent contact entre eux.
    Les familles de la région de la rivière de la Paix doivent composer avec les difficultés financières, la perte d'emploi et l'isolement, et je sais que les enseignants et le personnel des écoles ont aidé les élèves alors que nombre d'entre eux vivaient les mêmes difficultés dans leur propre foyer. Les derniers mois ont constitué une période sans précédent dans nos vies, mais les enseignants, le personnel et les membres de la direction des écoles ont su relever le défi.
    Tandis que la fin de l'année scolaire approche, en mon nom et en celui de ma famille et des résidants de la région de la rivière de la Paix, je les remercie pour leur dévouement au service de nos enfants alors que nous attendons le retour d'une vie plus normale.

[Français]

Les Tigres de Victoriaville

    Monsieur le Président, la prestigieuse Coupe du Président de la Ligue de hockey junior majeur du Québec est de retour dans ma région.
    Dix-neuf ans après leur dernière conquête, les Tigres de Victoriaville ont remporté les grands honneurs, samedi, grâce à une victoire spectaculaire contre les Foreurs de Val-d'Or. Je tiens à les féliciter sincèrement.
    Je dis bravo aux joueurs, qui nous ont fait vivre des sensations fortes au cours des derniers mois, malgré la COVID-19. Je tiens aussi à saluer le travail de Carl Mallette. Il y a 19 ans, il avait marqué le but gagnant, en finale, comme capitaine des Tigres. Ce weekend, c'est comme entraîneur-chef qu'il a soulevé la Coupe. Bravo, Carl.
    Félicitations à ses adjoints, Maxime Desruisseaux et Sébastien Charpentier, au directeur général Kevin Cloutier, au président Charles Pellerin et à tous ceux et celles qui s'impliquent auprès de l'équipe.
    En mon nom et en celui de tous les partisans, je dis: Go, Tigres, go.
    Vous êtes des champions et nous sommes fiers de vous.

[Traduction]

L'initiative communautaire d'une élève de niveau intermédiaire

    Monsieur le Président, alors que nous commençons lentement et prudemment à sortir de la pandémie, je saisis l'occasion pour saluer une jeune femme remarquable de ma circonscription: Kylee Booth, élève à l'école intermédiaire Spencer.
     Les 15 derniers mois ont été incroyablement difficiles pour les jeunes. Alors que, à leur âge, ils sont censés apprendre et vivre de nouvelles expériences, leur environnement scolaire est complètement bouleversé. Ils sont coupés ou séparés de leurs cercles sociaux et beaucoup ont du mal à composer avec cette réalité. Toutefois, certains choisissent de se mettre au service de la collectivité.
    Avec l'aide de sa mère, Collette, Kylee a appris à se servir de la machine à coudre de sa famille et a entrepris de concevoir et de créer des masques dont elle fait don aux membres de sa communauté. Elle déclare: « La communauté fait beaucoup pour moi alors j'ai pensé que ce serait le moment de lui redonner quelque chose en retour. »
    Je remercie et félicite Kylee de son dévouement pour faire de sa collectivité un lieu plus sûr.

[Français]

L'école alternative La Traversée

     Monsieur le Président, je m'adresse aujourd'hui à mes homologues les députés du Parlement des élèves de l'école alternative La Traversée.
    Estimés collègues et représentants de la communauté, en vous visitant, j'ai pu découvrir un modèle inspirant d'implication citoyenne. Votre Parlement paritaire est un modèle à suivre, alors qu'il reste du chemin à faire, ici, à la Chambre des communes. Un jour, peut-être qu'Évelyne Rochefort, Ellie Landry et Korali Lebœuf viendront me rejoindre sur les banquettes vertes du Parlement.
    Je suis également certaine que Julien Funk, Zac Bérubé et Hugo Morin feraient aussi d'excellents élus, alors qu'ils ont contribué à mobiliser l'école à soutenir la mission de Pacte de rue, à Salaberry-de-Valleyfield. C'est donc sans grande surprise que Vox Populi a récompensé l'engagement démocratique bien vivant de votre école. Je tenais à vous féliciter officiellement.
    Je vous prie également, mesdames et messieurs les députés, de transmettre mes mots chaleureux à Sabrina Dubé, à Suzanne Blouin et à la directrice de votre école Isabelle Perron.
    Cela me fera toujours plaisir de collaborer avec vous, mesdames et messieurs les députés.

  (1415)  

[Traduction]

Les pensionnats autochtones

    Monsieur le Président, six ans avant que le gouvernement conservateur ne s'excuse pour les pensionnats indiens et ne mette sur pied la Commission de vérité et réconciliation en 2008, j'ai rédigé ma thèse de premier cycle sur les torts causés par les pensionnats indiens et la responsabilité du gouvernement.
    La semaine dernière, 215 enfants perdus ont été retrouvés. Il y en a d'autres. Le fait que tant de Canadiens aient été choqués montre qu'un long et douloureux chemin a été parcouru et qu'on est loin d'être au bout. Tant de cœurs et d'esprits ouverts donnent de l'espoir. L'importance de l'histoire est poignante et claire.
    Dans la circonscription de Lakeland, le pensionnat indien Blue Quills a autrefois contribué à briser les esprits, les langues, les croyances, les traditions et les familles. Aujourd'hui, il s'agit de la première école appartenant à des Autochtones au Canada depuis 50 ans, et elle offre des diplômes en langues autochtones, des compétences professionnelles et une guérison intergénérationnelle.
    Après la visite, un Albertain a déclaré: « Mon oncle [...] était élève dans un pensionnat, alors je pensais que je comprenais. On n'a jamais parlé de son expérience [...], je pensais que je comprenais. [L'oncle de ma femme] a enseigné à Blue Quills [...],alors je pensais que je comprenais. Jusqu'à ce que j'entende les mots et les histoires, je n'en avais aucune idée. »
    Les Autochtones méritent la paix, la sécurité, la liberté et des emplois. Les députés doivent sensibiliser la population et apporter de véritables changements pour le bien-être des Autochtones et leur réussite dans la vie.

Michael O'Reilly

    Monsieur le Président, Ottawa vient de perdre une véritable légende. Michael O'Reilly, le remarquable artiste, musicien et humoriste, est décédé. Né en Angleterre d'un militaire canadien de la Seconde Guerre mondiale et d'une citoyenne du Devonshire, Mike a grandi à Ottawa. Il a étudié au Glebe Collegiate Institute et à l'Université d'Ottawa, puis il a obtenu un diplôme en enseignement de l'Université Queen's.
    Mike O'Reilly était un interprète de musique bluegrass de renommée mondiale et un véritable chouchou des festivals. Au fil des ans, il a composé plus de 200 chansons et formé de nombreux groupes musicaux. Il était le chanteur des groupes Cody, The Radio Kings et Bolt Upright. Mike O'Reilly faisait aussi partie du duo comique Delmer and Cecil, connu pour des petits bijoux comme « Meadow Muffin Blues ».
    Pour son épouse, Rosemary, ses enfants, Rylan et Devon, sa mère, Mary, et ses nombreux amis et admirateurs, la mémoire de Mike survivra dans les innombrables souvenirs joyeux de cet incroyable artiste rempli de talent.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, la ministre des Finances a promis un million d'emplois d'ici la fin juin. Or, la fin de juin approche, et les statistiques traduisent une tout autre réalité: 300 000 emplois ont été perdus au cours des deux derniers mois à cause du fiasco libéral dans le dossier de la vaccination. Ailleurs, notamment aux États–Unis et en Grande–Bretagne, l'économie redémarre, alors qu'au Canada, les gens sont encore confinés à la maison sans rémunération et voient leurs économies se réduire à une peau de chagrin.
    Quand les libéraux présenteront-ils enfin un plan détaillé pour la relance de l'économie et le retour des Canadiens au travail?
    Monsieur le Président, si les conservateurs souhaitent discuter d'économie, discutons-en, alors. En mai 2021, plus de 2,4 millions des 3 millions d'emplois perdus au plus fort de la pandémie, soit une proportion de 8 sur 10, avaient déjà été récupérés. Le 26 avril, Standard & Poor's maintenait la cote AAA du Canada. Pas plus tard que la semaine dernière, Moody's confirmait elle aussi notre cote AAA. Le plan du gouvernement est durable, responsable et efficace.
    Monsieur le Président, la députée ne voit-elle pas les entreprises qui ferment leurs portes partout au pays? La troisième vague provoquée par les libéraux a complètement paralysé notre économie. Pendant que le Canada se vide de ses emplois, le nombre d'emplois aux États-Unis continue de grimper. Au cours du dernier mois seulement, les États-Unis ont créé 500 000 emplois, ce qui représente presque le double de ce que nous avons perdu.
    Le fait est que les Canadiens ne devraient pas prendre le gouvernement libéral au sérieux. Après tout, comme nous pouvons le constater, le premier ministre et la ministre des Finances sont plus occupés à planifier leurs itinéraires de voyage qu'à redonner aux Canadiens leurs libertés et à les remettre au travail. N'est-ce pas la vérité?

  (1420)  

    Monsieur le Président, je remercie la députée d'en face de me donner à nouveau l'occasion de parler du plan de croissance du gouvernement et de ses résultats pour les Canadiens.
    Comme la députée d'en face a sûrement pu le constater vendredi dernier, Statistique Canada a publié le PIB du premier trimestre, et nous avons eu une bonne nouvelle. L'économie a connu une croissance annuelle de 5,6 % au cours du premier trimestre de l'année, ce qui est beaucoup mieux que le taux de croissance de 3,6 % prévu dans le budget pour la même période. Le budget de 2021 est axé sur la croissance, dans l'intérêt des Canadiens.
    Monsieur le Président, c'est très triste de constater à quel point les libéraux sont déconnectés de la souffrance que vivent les Canadiens. Les Canadiens sont en train de perdre espoir et de manquer d'argent. Les libéraux ont eu des mois pour élaborer une feuille de route afin de relancer l'économie, mais ils n'ont rien fait. Le taux de vaccination de l'ensemble de la population des États-Unis est de 42 %, alors que celui du Canada est de 7,6 %. Soyons réalistes: les libéraux ont échoué à tous les égards, et ce sont les Canadiens qui en paient le prix.
    Pourquoi les libéraux ne peuvent-ils pas donner aux familles et aux entreprises canadiennes certaines certitudes et présenter un plan clair pour mettre fin aux confinements, afin que les Canadiens puissent retourner au travail?
    Monsieur le Président, je serai parfaitement claire: le gouvernement défendra toujours les intérêts des familles et des travailleurs canadiens. Nous avons appuyé et contribué à maintenir plus de 5,3 millions d'emplois canadiens grâce à la subvention salariale, et le gouvernement entend prolonger ce programme essentiel jusqu'à l'été prochain.
    Dans le budget de 2021, nous avons annoncé l'instauration du programme d’embauche pour la relance économique du Canada afin de soutenir les employeurs admissibles en leur fournissant des subventions pour compenser une partie des coûts qu'ils engagent pour rouvrir leurs portes et embaucher d'autres employés. Nous savons qu'il reste beaucoup de travail à faire, et le gouvernement continuera à appuyer les familles et les travailleurs canadiens.

[Français]

L'emploi

    Monsieur le Président, la meilleure façon de relancer l'économie, c'est de remettre les Canadiens au travail. Malheureusement, ce n'est pas ce qui se passe.
    Vendredi dernier, on apprenait que 68 000 personnes n'avaient pas l'emploi qu'elles souhaitaient occuper. C'était 68 000 pertes d'emploi. C'est trois fois plus élevé que ce qui était prévu. Quel est le plan du gouvernement pour ramener les Canadiens à l'ouvrage?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député d'en face de m'avoir donné une autre occasion de parler du plan de croissance de notre gouvernement et de la façon dont il fonctionne pour les Canadiennes et les Canadiens.
    Comme le député d'en face l'a certainement vu, Statistique Canada a publié vendredi dernier les chiffres du PIB pour le premier trimestre, et ce sont de bonnes nouvelles. L'économie a progressé à un taux annuel de 5,6 % au cours du premier trimestre de l'année, ce qui est beaucoup mieux que la croissance de 3,6 % prévue dans le budget pour le premier trimestre.
    Le budget de 2021 est un budget de croissance qui profitera aux Canadiennes et aux Canadiens.
    Monsieur le Président, on parle de travail et de retourner au travail. Les Canadiens veulent gagner un chèque de paie, mais ce n'est pas cela qui se passe.
     Aux États-Unis, 500 000 nouveaux emplois ont été créés, mais près de 300 000 emplois ont été perdus au Canada pendant à peu près la même période. Le niveau d'emploi est plus bas de 3 % qu'avant la pandémie en raison des mesures gouvernementales qui font que des milliers de Canadiens doivent rester à la maison plutôt que d'aller travailler. Encore une fois, quel est le plan du gouvernement pour ramener les Canadiens à l'ouvrage?
    Monsieur le Président, je me permets d'être parfaitement claire: notre gouvernement défend et défendra toujours les travailleurs canadiens. Nous avons pris des mesures visant à protéger 5,3 millions d'emplois par l'entremise de la Subvention salariale d'urgence du Canada, que notre gouvernement compte prolonger.
    De plus, dans le budget de 2021, nous avons annoncé l'introduction du Programme d'embauche pour la relance économique du Canada, pour soutenir les employeurs admissibles en fournissant des subventions pour compenser une partie des coûts pendant la réouverture et l'embauche de nouveau personnel.
    Nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire et c'est pourquoi notre gouvernement continuera d'appuyer les travailleurs et les familles canadiennes.

Les langues officielles

    Monsieur le Président, le Québec veut imposer la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale parce qu'il veut protéger le français comme langue de travail. La ministre des Langues officielles, elle, répète plutôt qu'elle va étendre l'application de la Loi sur les langues officielles, sauf que celle-ci protège le bilinguisme.
    Je l'annonce en primeur: le Québec n'est pas bilingue, il est français et le français est en déclin. Le gouvernement lui-même l'a dit et il le sait. Que va faire la ministre: utiliser la loi 101 pour protéger le français ou utiliser la Loi sur les langues officielles pour protéger le bilinguisme?

  (1425)  

    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue qu'il y a un recul du français au Québec et au pays. Bien entendu, il faut en faire plus pour protéger notre belle langue française.
    Dans les circonstances, nous voulons nous aussi reconnaître que les Québécois et les francophones vivant dans des régions à forte présence francophone au pays ont le droit de travailler en français, d'être servis en français et de ne pas subir de discrimination parce qu'ils sont francophones. C'est pourquoi nous allons aller de l'avant avec la modernisation de la Loi sur les langues officielles.
    Monsieur le Président, les Québécois ne veulent pas avoir le droit de travailler en français, ils veulent que le français soit la langue de travail. Il y a une nuance ici. Le Québec n'est pas bilingue, il est français.
     Le gouvernement fédéral, lui, est bilingue. Au fédéral, les fonctionnaires francophones disent qu'ils sont mal à l'aise de travailler dans leur langue. Au fédéral, le commissaire aux langues officielles dit que « ce n'est pas une culture qui est inclusive ». Très souvent, le français devient une langue de traduction.
     En plus, le gouvernement fédéral est le champion annuel des plaintes pour le non-respect de la Loi sur les langues officielles. Qui voudrait étendre l'application de ce modèle-là au Québec plutôt que d'appliquer la Charte de la langue française? Si l'on doit choisir, ce sera la Charte de la langue française. Pourquoi la ministre n'est-elle pas d'accord avec cela?
    Monsieur le Président, il va de soi que l'on doit en faire plus pour protéger la langue française et le bilinguisme institutionnel au sein de notre gouvernement. C'est pourquoi, dans notre document de réforme, nous avons dit que le commissaire aux langues officielles devait avoir plus de pouvoirs. Nous devons aussi nous assurer qu'une agence centrale au sein de notre fonction publique veille à ce que la Loi sur les langues officielles soit respectée.
    Au final, nous devons aussi être en mesure d'étendre l'application de la Loi sur les langues officielles aux entreprises privées de compétence fédérale. Ce sera la première fois que la Loi sur les langues officielles s'attardera au domaine privé. En ce sens, je pense que c'est une grande avancée pour les francophones et francophiles du pays. Bien entendu, le gouvernement voudra aussi travailler avec le gouvernement du Québec pour s'assurer que les droits...
    L'honorable député de Rosemont—La Petite-Patrie a la parole.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, 215, c'est le nombre de voix qui ont été forcées de se taire à jamais. Ce nombre, 215, incarne maintenant l'innocence disparue sous les coups de la barbarie et du racisme. Ces 215 victimes ne sont hélas que le début. On ne fait que commencer à comprendre l'étendue des plaies béantes causées par les actes génocidaires au Canada.
     Le premier ministre ne peut plus se cacher derrière ses belles paroles. S'il dit comprendre la souffrance des peuples autochtones, qu'il cesse alors de traîner en justice les survivants des pensionnats. Aujourd'hui, votera-t-il oui ou non en faveur de notre motion?
    Monsieur le Président, nous appuyons de nombreux aspects de la motion, mais les mesures relatives aux questions juridiques sont complexes concernant la compétence et les droits à la vie privée qui nécessitent une collaboration étendue avec les Premières Nations. Ces questions ne peuvent pas être résolues unilatéralement.
    Comme l'a déclaré notre gouvernement, les personnes touchées par les iniquités historiques de la protection de l'enfance des Premières Nations recevront une compensation juste et équitable.

[Traduction]

    Monsieur le Président, parlons du bilan du premier ministre en ce qui concerne les enfants des Premières Nations.
    Il a été reconnu coupable d'avoir fait preuve de discrimination de façon « délibérée ou inconsidérée » envers les enfants autochtones. Il a ignoré 19 ordonnances de non-conformité et a dépensé plus de 9 millions de dollars en frais d'avocat. Pourtant, la fin de semaine dernière, il a affirmé ne mener aucune bataille juridique contre des enfants autochtones. En réalité, ses avocats font valoir que les enfants qui ont subi une discrimination inconsidérée ne sont admissibles à aucune forme d'indemnisation. C'est ce qu'ils avancent. Des enfants sont morts alors que le gouvernement actuel était au pouvoir.
    Quand le premier ministre mettra-t-il fin à la guerre juridique toxique qu'il mène contre les enfants autochtones?
    Monsieur le Président, je veux être bien clair. Tous les enfants qui ont été victimes de discrimination de la part du système de protection de l'enfance des Premières Nations recevront une indemnisation juste et équitable.
    Une voix: C'est de la pure invention.
    Je tiens à rappeler aux députés que faire du chahut n'est pas parlementaire, en particulier dans le cadre des séances hybrides.
    Je vais demander au ministre de reprendre sa réponse, qu'il n'a pas pu donner au complet avant d'être interrompu.
    Monsieur le Président, comme le premier ministre et le gouvernement l'ont dit à maintes reprises, nous voulons être bien clairs.
    Tous les enfants des Premières Nations qui ont été victimes de discrimination de la part du système défaillant de protection de l'enfance recevront une indemnisation juste et équitable.

  (1430)  

La fiscalité

    Monsieur le Président, nous avons appris en fin de semaine que la ministre des Finances avait cédé la capacité du Canada de fixer lui-même ses taux d'imposition. Nous appuyons fermement les efforts visant à faire payer leur juste part aux multinationales, mais cela ne devrait jamais signifier l'abandon de notre souveraineté sur notre régime fiscal. L'impôt minimum à l'échelle mondiale...
    Je dois interrompre le député, car nous éprouvons des difficultés.

[Français]

    J'aimerais rappeler à tous les députés de mettre leur microphone en sourdine.

[Traduction]

    Le député d'Abbotsford peut reprendre du début.
    Monsieur le Président, nous avons appris en fin de semaine que la ministre des Finances avait cédé la capacité du Canada de fixer lui-même ses taux d'imposition. Nous appuyons fermement les efforts visant à faire payer leur juste part aux multinationales, mais cela ne devrait jamais signifier l'abandon de notre souveraineté sur notre régime fiscal. L'impôt minimum à l'échelle mondiale peut s'avérer une bonne politique pour les grandes économies, mais elle est mauvaise pour une économie comme la nôtre, qui peine à concurrencer des pays comme les États-Unis.
    La ministre ne se rend-elle pas compte que cet impôt minimum à l'échelle mondiale nuit à notre compétitivité sur la scène internationale?
    Monsieur le Président, nous sommes déterminés à protéger les entreprises et les travailleurs du Canada qui perdent aux mains de multinationales qui ne paient pas d'impôt. Si les conservateurs croient que l'on devrait continuer à exempter d'impôt les grandes sociétés multinationales, qu'ils le disent franchement aux Canadiens. En 2019, nous avons fait campagne en promettant l'imposition des grandes entreprises numériques, et, comme nous l'avons indiqué dans le budget, c'est précisément ce que nous allons faire. Grâce aux progrès réalisés à la réunion des ministres des Finances du G7 tenue la semaine dernière, les Canadiens ne seront plus désavantagés par rapport aux grandes sociétés qui transfèrent leurs profits à l'étranger afin d'échapper au fisc.
    Monsieur le Président, ce sont les Canadiens, et non le G7, qui devraient déterminer la politique fiscale nationale.
     Le taux d'imposition global minimum fait miroiter des promesses, mais manque de détails. Avec l'actuel gouvernement libéral, ce sont toujours les détails qui posent problème. Comment le gouvernement compte-t-il appuyer les entreprises en démarrage et d'autres petites entreprises avec des taux d'imposition plus faibles? Comment le gouvernement concrétisera-t-il sa promesse de réduire l'impôt des entreprises vertes et de technologies propres?
    Le gouvernement demandera-t-il l'autorisation du Parlement avant d'imposer un taux d'imposition global minimum aux Canadiens?
    Monsieur le Président, le gouvernement a toujours défendu les intérêts des entreprises et des travailleurs canadiens de tous les secteurs, et il continuera de le faire. Soyons clairs: cet accord aidera les Canadiens, qui se trouvent actuellement pénalisés lorsque de grandes multinationales transfèrent leurs bénéfices à l'étranger pour éviter de payer de l'impôt. Notre objectif est de protéger les entreprises et les travailleurs du Canada en leur évitant d'être désavantagés par rapport aux multinationales qui se soustraient à leur devoir fiscal. Encore une fois, si les conservateurs estiment que les grandes multinationales devraient continuer d'être exonérées d'impôt, ils devraient le dire franchement aux Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, la réponse de la ministre nous montre qu'elle ne connaît absolument rien à l'économie.
    Sous ce gouvernement libéral, le Canada a perdu toute crédibilité sur la scène internationale. On a appris que le premier ministre avait accepté de laisser les autres pays du G7 déterminer la politique fiscale canadienne. Non seulement le Canada a plié l'échine devant la Chine, mais voilà qu'il met un genou à terre devant le reste du monde.
    Pourquoi ce premier ministre accepte-t-il des accords qui vont désavantager le Canada au profit des grandes puissances mondiales?
    Monsieur le Président, nous nous concentrons sur la protection des entreprises canadiennes et des travailleurs canadiens qui sont perdants face aux entreprises multinationales qui ne paient pas d'impôt.
    Si les conservateurs croient que les grandes entreprises multinationales devraient continuer d'être exonérées d'impôt, ils devraient le dire et être honnêtes avec les Canadiens.
    En 2019, nous avons fait campagne sur la taxation des grandes entreprises numériques, et c'est précisément ce que nous allons faire, comme nous l'avons détaillé dans le budget. Les développements survenus lors des rencontres des ministres des Finances du G7, la semaine dernière, permettront aux Canadiens de ne plus être désavantagés par les grandes sociétés qui transfèrent leurs profits à l'étranger afin d'échapper à l'impôt.

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, je l'ai dit: la crédibilité de ce gouvernement a disparu. Il est incapable de défendre les intérêts économiques du Canada.
     Un exemple clair et précis de cette incompétence est le bois d'œuvre canadien. Le département américain du Commerce a annoncé son intention de doubler les droits sur le bois d'œuvre canadien. Ce sont 76 000 travailleurs au Québec qui risquent de perdre encore plus.
    Plus de 2 000 jours se sont écoulés depuis que le premier ministre s'est engagé à négocier un nouvel accord. Il n'y a toujours rien six ans plus tard. Quand le premier ministre va-t-il prendre enfin son rôle au sérieux et défendre les travailleurs forestiers du Canada?

  (1435)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je tiens à dire au député et aux intervenants de l'industrie forestière canadienne que nous serons toujours là pour défendre leurs intérêts ainsi que ceux des centaines de milliers de travailleurs de cette industrie d'un bout à l'autre du pays.
    Sans hésiter, je déclare que les droits sur les exportations de bois d'œuvre canadien imposés par les États-Unis sont injustifiés et qu'ils nuisent aux travailleurs des deux côtés de la frontière. J'ai soulevé cet enjeu à chacune de mes interactions avec le président, le Bureau du représentant américain au Commerce et la secrétaire au Commerce. Le gouvernement continuera de s'occuper de ce dossier. Le gouvernement défend vigoureusement les intérêts de l'industrie forestière canadienne et de ses travailleurs.
    Monsieur le Président, le département du Commerce des États-Unis a annoncé son intention de doubler les droits de douane sur le bois d'œuvre canadien, ce qui aura des effets désastreux sur le secteur forestier canadien et fera augmenter encore davantage les coûts pour les Canadiens en raison de l'intégration des marchés. Le dernier accord, qui avait été négocié par les conservateurs, est arrivé à échéance en 2015.
    Le premier ministre a promis à l'époque de conclure un nouvel accord sur le bois d'œuvre dans les 100 premiers jours de son mandat. Or, plus de 2 000 jours et trois présidents des États-Unis se sont succédé depuis. Le gouvernement va-t-il bientôt prendre ce dossier au sérieux, ou s'agit-il d'une autre promesse brisée de la part des libéraux?
    Monsieur le Président, encore une fois, je tiens à dire sans équivoque que les droits de douane imposés par les États-Unis sur le bois d'œuvre canadien sont injustes et injustifiés.
    Nous allons toujours défendre vigoureusement l'industrie canadienne du bois d'œuvre et ses travailleurs, notamment en employant des recours comme ceux prévus au chapitre 19 de l'ALENA ou au chapitre 10 de l'ACEUM, et je soulève cette question à toutes les occasions. Nous avons notamment soulevé cet enjeu auprès de l'Organisation mondiale du commerce. Nous allons continuer de travailler avec les États-Unis dans ce dossier. Nous avons constamment dit et redit qu'il est dans l'intérêt supérieur des deux pays de conclure une entente négociée.
    Monsieur le Président, j’avais envie de dire que les libéraux sont de grands parleurs et de petits faiseurs, mais il semble qu’ils n’arrivent même plus à dire de belles paroles.
    Vendredi, j’ai posé une question à la ministre du Commerce international, et elle a été incapable d’évoquer ne serait-ce qu’une seule mesure qu’elle aurait prise pour soulever cette question auprès de ses homologues américains. Elle n’a pas pu confirmer s’il y avait eu une seule réunion ou un seul appel depuis l’annonce de la hausse des tarifs le 21 mai, alors qu’elle affirme que ce dossier est sa priorité absolue.
     Quand la ministre du Commerce international commencera-t-elle à défendre les Canadiens et à faire son travail?
    Monsieur le Président, il s’agit d’une priorité absolue pour le gouvernement. J’en ai parlé avec le président, avec le représentant américain au Commerce et avec la secrétaire au Commerce.
    Nous avons collaboré avec le secteur, les syndicats et les collectivités qui sont touchés par cette mesure au Canada. Je peux garantir aux députés que je continuerai à défendre farouchement l’industrie canadienne du bois d’œuvre et le secteur de la foresterie, et que nous poursuivrons notre important travail dans ce dossier.

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, le 22 avril dernier, Ottawa a annoncé de nouvelles cibles de réduction de gaz à effet de serre d'au moins 40 % d'ici 2030. Le même jour, le Bloc québécois a demandé au gouvernement s'il allait insérer cette cible dans son projet de loi C-12.
     Le ministre du Patrimoine canadien l'a promis et je le cite: « [...] effectivement, nous inscrirons dans le projet de loi C-12 la cible du Canada pour 2030 en matière de lutte contre les changements climatiques. » Or, non seulement son gouvernement ne l'a pas fait, non seulement n'a-t-il pas dit la vérité, mais il empêche le Bloc québécois de l'inscrire à sa place. Pourquoi?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les meilleures données scientifiques disponibles nous indiquent que nous devons atteindre la carboneutralité d'ici 2050, et nous nous sommes engagés à atteindre cette cible. Au moyen de cette mesure législative, nous inscrivons cet engagement dans la loi. Nous allons renforcer ce projet de loi en y ajoutant un examen en 2025 de notre cible pour 2030 ainsi qu'un objectif provisoire de réduction des émissions pour 2026. Nous y inscrirons aussi le principe de la progression pour les cibles futures.
    Ce projet de loi est à l'avantage des Canadiens, qui s'attendent à ce que leurs parlementaires aient un plan concret pour lutter contre les changements climatiques et renforcer l'économie. Nous espérons pouvoir compter sur l'appui du Bloc.

  (1440)  

[Français]

    Monsieur le Président, si le ministre est si convaincu de son plan, pourquoi ne pas inscrire les cibles dans la loi? Le gouvernement refuse catégoriquement de s'engager à respecter ses propres engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.
    Cela veut dire que, encore aujourd'hui, ces cibles sont aussi contraignantes qu'une résolution du jour de l'An. Or, à ce jour, le fédéral n'a jamais tenu ses résolutions. Il a échoué à remplir ses promesses du Protocole de Kyoto en 2012, il a échoué à tenir celles de l'Accord de Copenhague en 2015, et il a échoué à respecter celles de l'Accord de Paris en 2020.
    Comment peut-on se fier à sa parole s'il refuse d'inscrire ces cibles dans la loi?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons aplati la courbe de la pollution. La Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité contient de solides mécanismes de reddition de comptes et de transparence. Le projet de loi que nous étudions prévoit des mesures semblables à celles proposées dans le projet de loi C-215 du Bloc, et le comité a déjà adopté plusieurs amendements qui répondent à bon nombre des préoccupations soulevées par ce parti.
    Nous attendons avec impatience les résultats du travail en comité alors que nous continuons de faire progresser ce projet de loi essentiel pour les Canadiens et les générations futures.

[Français]

    Monsieur le Président, au stade de l'étude où nous sommes rendus, il n'y a pas de cible chiffrée dans la loi. Le ministre du Patrimoine canadien a fait cette promesse le 22 avril, que je répète: « [...] effectivement, nous inscrirons dans le projet de loi C-12 la cible du Canada pour 2030 en matière de lutte contre les changements climatiques. »
    Il a donc fait au nom du gouvernement une promesse à la Chambre qui s'avère en contradiction directe avec l'action du gouvernement, lequel refuse d'inscrire sa cible dans le projet de loi C-12. Le ministre a donc fait à la population que nous représentons une promesse que son gouvernement enfreint. Le ministre du Patrimoine va-t-il s'excuser à la Chambre et à la population du Québec?

[Traduction]

    Monsieur le Président, la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité contient des mesures efficaces de reddition de comptes et de transparence. Elle prévoit un processus juridiquement contraignant pour que le gouvernement fédéral fixe des cibles climatiques et présente des plans destinés à les atteindre, des rapports rigoureux sur le processus en cours, des rapports annuels de l'organisme consultatif indépendant et des vérifications à intervalles réguliers par le Bureau du vérificateur général du Canada, pour ne citer que celles-là.
    Comme nous l'avons déjà mentionné, nous sommes ouverts aux amendements. Nous sommes ravis de pouvoir compter sur les députés du Bloc et du NPD pour renvoyer le projet de loi C-12 au comité.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, quand on a demandé à la ministre des Relations Couronne-Autochtones pourquoi il avait fallu deux ans pour débloquer les 27 millions de dollars annoncés précédemment et destinés à la recherche de ce qu'on croit être les sépultures anonymes de milliers d'enfants autochtones éparpillées sur les sites des pensionnats partout au pays, la ministre a répondu que les communautés n'étaient pas prêtes. Le président de la Commission de vérité et réconciliation, Murray Sinclair, a fait remarquer que ses équipes avaient découvert quelques lieux de sépultures, en dépit de recherches limitées, et pourtant, « le gouvernement n'a rien fait pour poursuivre les recherches ».
    Pourquoi l'argent n'a-t-il pas été mis à la disposition des communautés autochtones jusqu'à maintenant?
    Monsieur le Président, en mémoire des enfants disparus et pour aider les familles et leurs communautés en deuil, nous avons prévu 33,8 millions de dollars dans le budget de 2019 pour mettre en œuvre les appels à l'action nos 72 à 76. La mise en œuvre des appels à l'action nos 72 et 73 se fera par l'intermédiaire du Centre national pour la vérité et la réconciliation et visera à mettre en place des registres de décès indiquant l'emplacement où reposent les enfants décédés dans les cimetières. Pour la mise en œuvre des appels à l'action nos 74 à 76, nous travaillons de concert avec les communautés pour déterminer la meilleure manière de les aider à retrouver leurs enfants perdus et sur la façon d'accéder aux 27 millions de dollars.
    Monsieur le Président, en comité, nous avons entendu Mme Wesley-Esquimaux du Centre national pour la vérité et la réconciliation, qui a dénoncé les commentaires de la ministre selon lesquels les peuples autochtones n'étaient pas prêts à recevoir cet argent. Elle a déclaré que ce que la ministre affirmait était tout simplement faux, qu'ils travaillaient sur le dossier depuis de nombreuses années et qu'il avait informé le gouvernement à maintes reprises du besoin urgent d'agir.
    Pour faire écho aux commentaires que Marie Wilson, commissaire de la Commission de vérité et réconciliation, a faits la semaine dernière, la ministre pourrait-elle expliquer pourquoi il a fallu la découverte de 215 enfants pour que le gouvernement agisse avec urgence?
    Monsieur le Président, je remercie le député de me donner l'occasion de parler du processus qui s'est déroulé depuis le versement de 10 millions de dollars que nous avons fait au Centre national pour la vérité et la réconciliation en 2016. À la suite de ce versement, nous avons dû aller de l'avant avec le Centre pour déterminer le montant approprié à inclure dans le budget de 2019, après quoi on nous a clairement fait comprendre qu'il importait de consulter les communautés relativement à la conception du programme. Celles-ci voulaient un programme communautaire et souple dirigé par des Autochtones, adapté à la culture et axé sur les survivants. C'est exactement ce que nous sommes maintenant en mesure de fournir et c'est ce à quoi elles auront accès.

  (1445)  

    Monsieur le Président, quelques heures après la publication du rapport de la Commission de vérité et réconciliation en décembre 2015, le premier ministre s'est engagé à mettre en œuvre les appels à l'action figurant dans le rapport. Six ans plus tard, sur le site Web du gouvernement, qui n'a pas été mis à jour depuis septembre 2019, on reconnaît l'échec de la mise en œuvre. Seule une dizaine des quelque 90 appels à l'action se sont concrétisés. Lorsqu'on lui a demandé quand ils seraient mis en œuvre, le premier ministre n'a pas voulu fournir un calendrier précis.
    Le premier ministre promettra-t-il ici même de présenter un plan complet pour donner suite aux appels à l'action nos 71 à 76 d'ici le 1er juillet?
    Monsieur le Président, tout d'abord, je tiens à rappeler au député que plus de 80 % des 76 appels à l'action dont le gouvernement fédéral est responsable, à lui seul ou en partie, ont été mis en œuvre ou sont en bonne voie de l'être. L'adoption récente des projets de loi C-5, C-8 et C-15 en sont la preuve. Cette démarche se traduira par la prise de mesures soutenues et cohérentes qui nous permettront de poursuivre ensemble notre cheminement vers la guérison et la réconciliation.
    Monsieur le Président, le premier ministre, dirigeant du Canada, aime utiliser les mots à la mode comme « réconciliation » pour faire bonne figure sur la scène internationale sans vraiment veiller au respect des droits fondamentaux de la personne en terre canadienne. Le gouvernement fédéral a détruit des dossiers sur les pensionnats autochtones, éliminant du coup des renseignements cruciaux. L'Église catholique détient le reste des dossiers sur ces établissements.
    Si les vies autochtones sont aussi importantes qu'aime le dire le premier ministre, pourquoi ne fait-il pas tout en son pouvoir pour elles plutôt que de simplement s'agenouiller et présenter des excuses? Pourquoi le gouvernement ne force-t-il pas l'Église à fournir des renseignements qui nous reviennent de droit?
    Monsieur le Président, je suis entièrement d'accord avec la députée, sauf pour ce qui est de la destruction de documents par le gouvernement canadien, documents qui ont tous été remis au Centre national pour la vérité et la réconciliation.
    Les survivants des pensionnats autochtones et ceux qui doivent gérer les conséquences de cette tragédie doivent entendre le pape s'excuser explicitement pour le rôle qu'a joué l'Église catholique dans celle-ci afin qu'il y ait possibilité de guérison et de résolution. Le premier ministre a officiellement exigé des excuses quand il a rencontré le pape François au Vatican, et le gouvernement continue de demander des excuses du pape de même que la remise de tout document pertinent. La déclaration du pape dimanche dernier ne va pas assez loin. Le...
    La députée de Winnipeg-Centre a la parole.
    Monsieur le Président, il a fallu deux ans après l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées pour que le gouvernement présente un plan d'action national ne contenant pas de calendrier de mise en œuvre, ce qui signifie pour la professeure Pam Palmater qu'il n'y a pas de plan. La cheffe Judy Wilson, de l'Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique, a indiqué qu'il s'agissait d'un autre beau discours de réconciliation qui n'est pas suivi d'actions concrètes et elle a qualifié le plan de tactique dilatoire du gouvernement.
    À quel moment le gouvernement présentera-t-il un plan de mise en œuvre et agira-t-il enfin pour mettre un terme au génocide contre les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de ses efforts soutenus. Nous sommes de tout cœur avec les survivantes et les familles des femmes, des filles et des personnes bispirituelles et LGBTQQIA+ autochtones assassinées ou portées disparues.
    Le 3 juin dernier, nous étions aux côtés de tous les contributeurs au Canada lorsqu'ils ont présenté le plan d'action national et la Voie fédérale pour mettre enfin un terme à la tragédie qui perdure. Le plan est appuyé par le budget de 2021, qui prévoit 2,2 milliards de dollars sur cinq ans pour la mise en œuvre des mesures concrètes qui assureront vraiment la sécurité des femmes, des filles et des personnes bispirituelles et LGBTQQIA+ autochtones.

La petite entreprise

    Monsieur le Président, les mesures de confinement liées à la pandémie ont asséné un coup dur au secteur du tourisme et de l'hôtellerie, l'épine dorsale de l'économie de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country. Partout dans ma circonscription, les petites entreprises soutiennent sans équivoque que la Subvention salariale d'urgence du Canada leur est indispensable; sans elle, elles auraient été forcées de fermer leurs portes définitivement.
     Alors qu'on lève tranquillement la restriction des rassemblements et que l'activité économique peut reprendre en toute sécurité, les entreprises prévoient d'embaucher du personnel supplémentaire et de faire leur part pour créer des emplois bien rémunérés pour la classe moyenne. La ministre pourrait-elle informer la Chambre de ce que fait le gouvernement pour les soutenir?

  (1450)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country de défendre fermement les intérêts des petites entreprises.
    Nous sommes là pour les entreprises, et ce, depuis le début de la pandémie. En prévision de la relance, nous investissons 600 millions de dollars dans le cadre du programme d'embauche pour la relance économique du Canada, lequel aidera les entreprises à embaucher de nouveaux travailleurs, à réembaucher des travailleurs mis à pied ou à accroître les heures de travail et le salaire de leurs employés actuels, de manière à favoriser une relance rapide.
     Nous continuerons d'être là pour les entreprises et les travailleurs canadiens.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, je vais de nouveau poser la question. Le président Biden a demandé aux services de renseignement américains de faire enquête concernant deux pistes possibles quant à l'origine du coronavirus: la première veut que le virus ait été transmis aux humains après des contacts avec un animal infecté et la deuxième veut que le virus se soit propagé après un accident à l'Institut de virologie de Wuhan.
     Le gouvernement affirme qu'il appuie l'enquête américaine. Puisque des scientifiques du gouvernement au laboratoire de Winnipeg ont travaillé en étroite collaboration avec le laboratoire de Wuhan, est-ce que les enquêteurs américains pourront rencontrer les scientifiques du gouvernement en question et avoir accès aux documents pertinents, notamment aux notes de laboratoire?
    Monsieur le Président, comme l'a souligné mon collègue, nous appuyons la demande du président Biden pour qu'une enquête soit menée afin de connaître l'origine du virus de la COVID en se fondant sur les meilleures données scientifiques et les meilleurs renseignements disponibles. Le Canada fera tout en son pouvoir pour soutenir ces efforts.
    Monsieur le Président, peut-être que le gouvernement pourrait commencer par répondre aux questions que nous avons posées au sujet des atteintes à la sécurité nationale survenues au laboratoire de Winnipeg. À l'évidence, ces atteintes sont bel et bien survenues et il faut obtenir des réponses.
     Quand le gouvernement répondra-t-il enfin aux questions suivantes: pourquoi deux scientifiques du gouvernement ont-ils été renvoyés du laboratoire de Winnipeg? Où sont ces deux scientifiques du gouvernement? Pourquoi un scientifique de l'armée chinoise a-t-il obtenu l'accès au laboratoire hautement sécurisé de Winnipeg? Y a-t-il eu des transferts non autorisés de matières de Winnipeg à Wuhan?
    Monsieur le Président, j'ai écrit au président du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, qui est l'endroit approprié pour examiner les dossiers de sécurité nationale. Par ailleurs, l'agence a remis au greffier de la Chambre les documents non caviardés afin que le comité puisse les consulter.

[Français]

    Monsieur le Président, le Canada a un accord avec la Chine qui permettait à la Dre Qiu de transmettre des informations et des échantillons de virus à l'Institut de virologie de Wuhan.
    Moins de deux mois après que la Dre Qiu a coordonné un envoi, en 2019, de plusieurs virus vers la Chine, dont celui de l'Ebola, elle a été expulsée du Laboratoire national de microbiologie et la GRC a commencé son enquête. C'est évident que le congédiement de la docteure était pour une raison beaucoup plus grave que d'envoyer des échantillons de virus conformes aux protocoles établis.
    Les Canadiens ont des préoccupations et veulent savoir pourquoi le premier ministre leur cache la vérité.

[Traduction]

    Ce n'est pas le cas, monsieur le Président. Comme le député d'en face vient probablement de l'entendre, j'ai écrit au président du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, qui est l'endroit approprié pour examiner les dossiers de sécurité nationale. J'ai transféré ce dossier au président du comité. Par ailleurs, l'agence a remis au greffier de la Chambre les documents non caviardés afin que le comité puisse les consulter.

[Français]

     Monsieur le Président, je vois que la ministre essaie de renvoyer la question au Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, mais ce n'est pas un comité parlementaire normal.
     Nous savons maintenant que la Chine a volé la propriété intellectuelle canadienne par l'intermédiaire de CanSino concernant le développement des vaccins et elle s'attaque maintenant à nos laboratoires top secret.
    Quand les destinataires à Pékin ont reçu l'envoi de la Dre Qiu, le 1er avril 2019, ils nous ont envoyé un courriel dans lequel on mentionnait: « dans l'attente de notre coopération future à l'avenir ».
    Si l'on avait déjà une coopération, que voulait dire la Dre Qiu ? Est-ce que le premier ministre essaie de cacher l'information aux Canadiens?

[Traduction]

    Monsieur le Président, des chercheurs collaborent partout au pays et avec leurs collègues à l'étranger pour comprendre la COVID-19, élaborer des vaccins, procéder à des essais, créer du matériel de dépistage et décoder l'évolution du virus.
    Comme le député le sait, dans le cas qui nous occupe, ces chercheurs ne travaillent plus au laboratoire, et son directeur a clairement fait comprendre qu'il n'existe aucun lien entre leur départ et la COVID-19.
    Le député fait preuve d'irresponsabilité en tentant d'établir un tel lien. J'ai renvoyé le dossier au comité approprié, qui dispose de l'habilitation de sécurité adéquate pour examiner les documents pertinents.

  (1455)  

[Français]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, 30 années se sont écoulées depuis la dernière mise à jour de la Loi sur la radiodiffusion, qui a eu lieu avant les réseaux sociaux.
    Quand on pensait aux géants du Web, en 1991, on pensait plus à une araignée géante dans un film d'horreur. Internet était d'une lenteur épouvantable et les gens avaient plus des téléavertisseurs que des téléphones cellulaires. Il y a 30 ans, le Parti conservateur avait encore le mot « progressiste » dans son nom.
    Ma question s'adresse au ministre du Patrimoine. Croit-il qu'on puisse encore perdre du temps avec l'adoption du projet de loi C-10 pour enfin moderniser la Loi sur la radiodiffusion?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question.
    La réponse à sa question est très simple: non, nous n'avons plus de temps à perdre avec l'adoption du projet de loi C-10. Chaque mois qui passe prive nos artistes, nos musiciens et nos musiciennes et nos techniciens et nos techniciennes de 70 millions de dollars. C'est 70 millions de dollars que nous perdons chaque mois. Il faut adopter le projet de loi C-10 le plus rapidement possible.
    Monsieur le Président, la députée de Lethbridge a dit à un journal de l'Alberta que les artistes du Québec appuient le projet de loi C-10 parce qu'ils sont dépassés et qu'ils exigent des subventions du gouvernement parce qu'ils sont incapables de vivre de leur art, de ce qu'ils produisent, et que leurs chansons, leurs films et leurs productions n'intéressent pas les Canadiens.
    Présenter des excuses timides sur Twitter quand on a insulté des milliers d'artistes au Québec et partout au Canada, cela ne suffit pas.
    Est-ce que le ministre va joindre sa voix à la nôtre pour condamner ces propos ignorants, qui démontrent une absolue méconnaissance de la culture québécoise et un mépris innommable des créateurs du Québec, et pour demander au chef de l'opposition officielle de s'excuser pour l'égarement de sa députée?
    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec mon honorable collègue: les commentaires de la députée de Lethbridge sont inacceptables. Elle doit s'excuser devant la Chambre.
    Le chef de l'opposition officielle doit également s'excuser devant la Chambre. Je suis curieux de savoir si, selon les critères de la députée de Lethbridge, l'artiste québécois Michel Charette, une vedette de District 31, une émission qui bat des records de cote d'écoute avec 1,8 million de téléspectateurs tous les jours, fait partie de ces artistes dépassés.
    Selon elle, est-ce du matériel dont les Canadiens ne veulent tout simplement pas? C'est inacceptable.
    La députée de Lethbridge et le chef de l'opposition doivent s'excuser.

[Traduction]

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Monsieur le Président, la période de consultation du gouvernement pour la Loi sur les grains au Canada prenait fin le 30 avril. De nombreux intervenants qui avaient participé à ces consultations nous ont fait connaître leurs sentiments, à mes collègues et à moi-même. Le 13 mai, j'ai envoyé une lettre à la ministre de l'Agriculture lui expliquant que de nombreux intervenants se disaient frustrés par le manque d'informations fournies par le gouvernement concernant ses intentions subséquentes.
    Quand le gouvernement expliquera-t-il son plan aux intervenants et leur donnera-t-il une date pour la publication des résultats de la consultation?

[Français]

    Monsieur le Président, je tiens à rassurer ma collègue: nous avons mené une consultation très approfondie avec les parties prenantes de partout au pays et nous avons eu une excellente réponse.
     Les gens du ministère travaillent actuellement à rédiger le rapport qui fera le sommaire de toutes ces consultations. Ensuite, nous devrons approfondir les études, puisque nous voulons faire des recommandations qui vont évidemment être basées sur des données probantes. C'est une priorité pour nous de revoir la Loi sur les grains du Canada.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, voilà maintenant plus d'un mois que j'ai envoyé une lettre ouverte cosignée par 14 entreprises de ma région au ministre de l'Immigration dénonçant les délais interminables et la paperasserie inutile dans le traitement des dossiers des travailleurs étrangers. Ces entreprises sont en attente de paysagistes, de soudeurs, de mécaniciens et de machinistes, et elles ne savent plus vers qui se tourner pour faire avancer leurs dossiers.
    Leur dernière chance est quasiment le père Noël. Au moins, lui, il répond à toutes les lettres qu'il reçoit.
    Le ministre va-t-il enfin agir pour le bien de ces entreprises?
    Monsieur le Président, nous sommes sur la bonne voie pour atteindre le seuil établi par Québec en 2021, et cela inclut les classes familiales et les travailleurs étrangers temporaires. Nous avons aussi ajouté des ressources. Nous avons instauré des politiques de réunification, preuve de notre progrès et de notre travail.
     Je vais continuer de travailler avec mon collègue pour m'assurer que ces entreprises vont recevoir tous les immigrants dont elles ont besoin.
    Monsieur le Président, la fin de la pandémie est à l'horizon et des milliers d'entreprises veulent participer à la relance économique. Malheureusement, le gouvernement libéral n'est pas capable de trouver des solutions pour aider ces femmes et ces hommes qui veulent sauver leur entreprise en embauchant des travailleurs étrangers.
    Au-delà des statistiques et des nombreux mois d'attente, le gouvernement peut-il prendre les moyens pour donner accès à de la main-d'oeuvre rapidement et ainsi soutenir nos valeureux travailleurs et entrepreneurs canadiens?

  (1500)  

    Monsieur le Président, j'aimerais remercier le député d'en face de son importante question.
    Cette année, nous avons déjà admis environ 8 500 travailleurs qualifiés au Québec et des milliers de travailleurs étrangers. Non seulement nous allons rencontrer les seuils d'immigration établis par le gouvernement du Québec en 2021, mais nous allons nous remettre de la pandémie.
    Nous allons toujours travailler dans un esprit collaboratif avec le gouvernement du Québec afin d'appuyer la relance économique.

L'environnement

     Monsieur le Président, que ce soit pour une promenade dans un parc ou pour une randonnée en forêt, les espaces verts améliorent notre bien-être et notre santé mentale et nous permettent de nous évader du quotidien. Nos forêts offrent également de nombreux avantages environnementaux, comme l'amélioration de la biodiversité et la capture du carbone.
    Le ministre des Ressources naturelles peut-il informer la Chambre des progrès accomplis par notre gouvernement dans la réalisation de notre engagement ambitieux de planter 2 milliards d'arbres au cours des dix prochaines années?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Il n'y a pas de voie vers la carboneutralité sans nos forêts. Vendredi dernier, j'ai annoncé que plus de 30 millions d'arbres seront plantés d'ici la fin de l'année. Des arbres sont déjà dans le sol. Nous construisons des forêts nouvelles et permanentes, assez pour couvrir une superficie de deux fois l'Île-du-Prince-Édouard, absorbant et stockant le carbone et créant des milliers d'emplois.
    Nous semons aujourd'hui pour un avenir meilleur.

[Traduction]

Les télécommunications

    Monsieur le Président, les prix pour les services Internet au Canada sont parmi les plus élevés au monde, et c'est l'un des rares pays où ils continuent d'augmenter. Le 27 mai, le CRTC est revenu sur sa propre décision de réduire les coûts de l'accès à la large bande vendu par les grandes entreprises de télécommunications aux petits fournisseurs de services Internet, comme TekSavvy, dont le siège social est à Chatham. Comme le chemin de fer a assuré l'avenir du Canada il y a 136 ans, nous avons besoin d'un accès fiable à un prix raisonnable à la large bande pour assurer l'avenir du Canada aujourd'hui.
    Le gouvernement revient-il sur sa promesse de réduire les prix, ou c'était ce qu'il prévoyait faire dès le début?
    Monsieur le Président, je dirai au député que nous avons les mêmes buts: favoriser les prix abordables, la concurrence et l'innovation en ce qui concerne les télécommunications. C'est pourquoi nous n'avons eu de cesse de promouvoir la concurrence pour faire baisser les prix tout en nous efforçant d'améliorer la qualité et la couverture des services de télécommunications au Canada.
    Le député le sait, nous veillons à ce que les Canadiens aient des tarifs abordables pour des services Internet fiables, quel que soit le coin de pays où ils vivent. Chaque fois que je parle au téléphone avec un dirigeant d'une entreprise de télécommunications ou un fournisseur de services Internet, je lui mets la pression pour obtenir de meilleurs résultats pour les consommateurs, à des prix inférieurs. Je continuerai à le faire.

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, le gouvernement libéral a fait preuve de lâcheté en formant une coalition avec le Bloc pour couper court au débat sur le projet de loi de censure sur Internet. Il agit ainsi parce qu'il craint de voir le public réagir négativement et de passer à l'histoire comme le gouvernement ayant bafoué la Charte des droits et libertés de Pierre Trudeau.
    Chez nous, dans Saskatoon-Ouest, les habitants ont clairement fait savoir qu'ils ne veulent pas que le premier ministre censure leurs interventions dans les médias sociaux. Le projet de loi C-10 censurera les publications des Canadiens sur Facebook et TikTok.
    Le gouvernement aura-t-il le courage de faire ce qui s'impose en renversant la vapeur et en annulant le projet de loi C-10?
    Monsieur le Président, selon la députée de Lethbridge, « les fonds pour les arts vont à un groupe restreint d'artistes coincés au début des années 1990 parce qu'ils n'arrivent pas à affronter la concurrence dans les médias sociaux. » Elle ajoute: « comme ces artistes sont incapables de gagner leur vie avec ce qu'ils produisent, ils ont besoin de subventions versées par le gouvernement. »
    J'aimerais savoir si Heartland, une série filmée en Alberta qui en est à sa 15e saison, est une série dépassée. La députée accepterait-elle de nous livrer ses observations au sujet de Schitt's Creek, qui a remporté neuf prix Emmy et qui est l'une de ces séries coincées au début des années 1990, puisqu'elle n'est pas arrivée à se tailler une place sur les nouvelles plates-formes?

  (1505)  

L'éducation postsecondaire

    Monsieur le Président, il semblerait que plus de la moitié du budget de 2,9 milliards de dollars de la Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants a été distribuée dans des ménages dont le revenu annuel dépasse 100 000 $. Il est essentiel d'aider les jeunes Canadiens, qui ont été touchés très durement par la pandémie. De plus, cette jeune génération aura le fardeau de rembourser la dette record du gouvernement pendant des décennies.
    Pourquoi ne pas canaliser l'aide vers les étudiants qui en ont le plus besoin?
    Monsieur le Président, plus de 700 000 étudiants ont obtenu l'aide de la Prestation canadienne d'urgence pour les étudiants l'année dernière. La semaine dernière, Statistique Canada a publié un rapport indiquant que les travailleurs à faible revenu, les femmes et les Canadiens racialisés avaient tous reçu plus d'aide que les autres Canadiens. L'été dernier, nous avons mis de l'avant une série de mesures évaluées à 7,2 milliards de dollars pour les étudiants. Nous avons ajouté des mesures d'aide équivalant à 4,7 milliards de dollars dans l'énoncé économique de l'automne dernier, et nous avons ajouté encore d'autres mesures d'aide dans le budget de 2021. Nous serons là pour aider les étudiants.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, même si les femmes et les filles autochtones ne représentent que 4 % de la population, elles ont été victimes de 28 % des homicides perpétrés contre des femmes en 2019. Il y a deux ans, l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a publié son rapport final et ses appels à la justice, qui demandaient l'élaboration d'un plan d'action national pour mettre fin à la violence. La semaine dernière, des partenaires de partout au Canada se sont unis pour lancer le plan d'action national demandé.
    La ministre pourrait-elle informer la Chambre du volet fédéral de ce plan d'action?
    Monsieur le Président, je remercie le député de son leadership exemplaire. Nous honorons la force et la résilience des familles et des survivants, qui militent depuis des décennies pour la justice, la guérison et la prévention.
     La Voie fédérale est un aspect essentiel du plan d'action national, qui mènera à des changements durables et transformateurs. Elle décrit les mesures concrètes pour mettre fin au racisme systémique, au sexisme, au capacitisme et aux inégalités économiques, c'est-à-dire aux causes profondes de la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes 2ELGBTQQIA+ autochtones, qui méritent de se sentir en sécurité, où qu'elles vivent.

La défense nationale

    Monsieur le Président, les membres des Forces armées canadiennes s’efforcent jour après jour d’observer les normes les plus élevées en matière de conduite militaire, et les Canadiens sont sûrs qu’ils le feront toujours. Pourtant, de hauts responsables ont failli à plusieurs reprises, que cela concerne des inconduites sexuelles, la torture des détenus transférés dans des établissements gérés par la police locale en Afghanistan, et maintenant le non-signalement de possibles crimes de guerre perpétrés par les troupes irakiennes que les Forces armées canadiennes étaient sensées entraîner.
    Le ministre de la Défense nationale va-t-il arrêter de faire l’autruche lorsqu’il y a des violations des droits de la personne? Va-t-il ordonner la tenue d’une enquête indépendante concernant le non-signalement de possibles crimes de guerre en Irak et en Afghanistan?
    Monsieur le Président, nous sommes absolument déterminés à respecter les droits de la personne et les lois internationales dans le cadre de nos opérations. Nos membres sont rigoureusement entraînés, et toute unité formée par nos membres suit un entraînement exigeant. Chaque situation de ce type fait l’objet d’un examen rigoureux, et les allégations actuelles sont en cours d’examen par la police militaire.

L'environnement

    Monsieur le Président, les jeunes d'aujourd'hui ont grandi en étant parfaitement conscients de l'urgence de lutter contre les changements climatiques et de la multitude de défis auxquels est confronté notre planète, allant de la déforestation au racisme environnemental, en passant par la pollution par les déchets plastiques.
    Les jeunes du monde entier travaillent à l'unisson. Ils manifestent pour nous sensibiliser, mais, surtout, pour demander la prise de mesures concrètes. Ils s'attendent à ce qu'on leur rende des comptes. Ils cherchent une lueur d'espoir, et le plus haut tribunal de l'Allemagne leur a concédé une victoire: il a ordonné au gouvernement d'élaborer un plan visant à atteindre la carboneutralité d'ici 2050 et a obligé les législateurs à prendre des engagements à long terme relatifs aux changements climatiques.
    Le gouvernement va-t-il montrer que le Canada tire des leçons de ce précédent jurisprudentiel et s'engagera-t-il à atteindre les objectifs climatiques qu'il s'est fixés pour 2030? Reconnaîtra-t-il officiellement les droits de la génération actuelle et future...
    Le ministre a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie la députée de ses appels à l'action vibrants et répétés dans le dossier des changements climatiques. Le gouvernement a un plan audacieux et ambitieux pour protéger l'environnement, réduire les émissions et créer une économie durable pour nos enfants et petits-enfants.
    D'ailleurs, selon l'ancien chef du Parti vert de la Colombie-Britannique et éminent climatologue, Andrew Weaver, notre plan de tarification de la pollution est un modèle d'excellence et prévoit une approche innovatrice et inspirante en matière de climat. Nous sommes du même avis.

  (1510)  

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, en 2020, le secrétaire général des Nations unies a souligné que la façon de traiter les fosses communes était trop rarement respectueuse ou conforme au droit. Le Canada n'a aucun cadre juridique concernant la façon de traiter le site de Tk'emlúps et les autres sites qui seront découverts. Le cadre juridique en place, c'est-à-dire la Loi sur les Indiens, a mené à la mort de ces enfants. Ce cadre est toujours en place.
    Le premier ministre fera-t-il le nécessaire? Établira-t-il, à propos des fosses communes et des tombes anonymes, un cadre juridique conforme aux normes en matière de droits de la personne, ce qui suppose notamment de voir à ce que tous les dossiers soient conservés et communiqués, que les sites soient protégés, et qu'il y ait des enquêtes au criminel afin que les familles puissent guérir et soient indemnisées adéquatement?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de me donner la chance d'apporter des précisions.
    Kukpi7 Casimir a indiqué très clairement qu'il ne s'agissait pas d'une fosse commune, bien qu'il ait été déchirant d'apprendre l'existence de cette possibilité lors de la découverte des restes d'enfants sur le site de l'ancien pensionnat autochtone de Kamloops.
    Nous sommes en communication avec les communautés autochtones pour nous assurer qu'elles pourront toutes, avec le soutien du Centre national pour la vérité et la réconciliation, retrouver leurs enfants disparus. Nous verrons à ce que tout se déroule d'une manière appropriée et légale.

[Français]

Recours au Règlement

Les questions orales  

[Recours au Règlement]
    Le député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, pendant la période des questions orales, lors d'une des réponses du ministre de l'Heritage, le son était tellement mauvais que j'ai dû moi-même enlever mon écouteur de mon oreille.
    De plus, à deux reprises, deux députés du Bloc québécois ont laissé leur microphone allumé à certains moments, de façon continue pour l'un d'entre eux, ce qui est à mon avis totalement inacceptable après 14 mois d'utilisation de ces technologies.
    La semaine dernière, j'étais à Ottawa et j'ai eu l'occasion d'observer les espaces restreints dans lesquels les interprètes travaillent, serrés comme des sardines, ainsi que les conditions dans lesquelles on les fait travailler avec ces technologies qui, en plus, leur blessent les oreilles.
    Monsieur le Président, je vous invite à prendre les mesures qui s'imposent pour vous assurer que les technologies permettant de prendre la parole à la Chambre des communes sont utilisées de façon appropriée et que le son, quand on parle, est correct. C'est très dérangeant.
    J'aimerais remercier l'honorable député d'avoir porté ce sujet à notre attention. Il a raison, c'est très dérangeant. Chaque député a la responsabilité de s'assurer que son microphone n'est pas en fonction quand il ne parle pas et j'aimerais encore une fois rappeler à tous les députés qu'il est important de ne pas parler quand notre microphone est allumé, mais que ce n'est pas notre tour.
    L'honorable député a également raison pour ce qui est de la qualité du son. Nous avions des problèmes, mais ils se sont réglés. J'étais prêt à arrêter le ministre, mais il a corrigé la situation et le son était bon. Si quelqu'un sait qu'il est possible qu'il y ait un problème, il vaudrait peut-être la peine qu'il vérifie que son microphone fonctionne.

[Traduction]

Les documents relatifs au transfert des virus de l'Ebola et de l'Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan  

    Monsieur le Président, j'aurais un bref rappel au Règlement. La Chambre avait ordonné à l'Agence de la santé publique du Canada de lui soumettre des documents non censurés avant la fin de la journée, vendredi dernier.
    Pendant la période des questions, la ministre de la Santé a dit deux fois que l'Agence de la santé publique avait fait parvenir ces documents non censurés au greffier de la Chambre. Pourriez-vous nous dire si c'est bien le cas, monsieur le Président?
    Je peux le confirmer, en effet. Je déposerai les documents, la lettre, quand nous serons rendus à la rubrique « Dépôt de documents » cet après-midi.

  (1515)  

[Français]

    Monsieur le Président, je veux simplement rappeler que le nom du ministère en français est le ministère du Patrimoine et non Heritage.
    De façon plus particulière, je veux reconnaître que j'ai eu des problèmes techniques que j'ai tenté pendant plusieurs minutes de résoudre, sans succès, avec les techniciens de la Chambre. Du nouveau matériel doit m'être envoyé sous peu.
    Je voudrais remercier le ministre et je veux rappeler à tous les députés que nous avons une équipe fantastique de soutien informatique.
    Des voix: Bravo!
    Le Président: Ces gens méritent nos applaudissements.
    J'encourage donc tout le monde à les appeler, si petit soit leur problème, puisqu'ils sont là pour nous aider.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les mesures pour favoriser la réconciliation avec les peuples autochtones  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 3 juin, de la motion.
    Conformément à l'ordre adopté le lundi 25 janvier, la Chambre procédera maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion de l'honorable député de Burnaby-Sud relative aux travaux des subsides.

[Traduction]

    Convoquez les députés.

[Français]

    La question porte sur la motion.

[Traduction]

    Puis-je me dispenser de lire la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    [La présidence donne lecture de la motion.]

  (1530)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 131)

POUR

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Alleslev
Allison
Angus
Arnold
Arya
Ashton
Atwin
Bachrach
Badawey
Bagnell
Baker
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Bendayan
Benzen
Bergen
Bergeron
Berthold
Bérubé
Bezan
Bittle
Blaikie
Blanchet
Blanchette-Joncas
Blaney (North Island—Powell River)
Blaney (Bellechasse—Les Etchemins—Lévis)
Block
Boudrias
Boulerice
Bragdon
Brassard
Bratina
Brunelle-Duceppe
Calkins
Cannings
Carrie
Casey
Chabot
Champoux
Charbonneau
Chen
Chiu
Chong
Cooper
Cumming
Dabrusin
Dalton
Dancho
Davidson
Davies
DeBellefeuille
Deltell
d'Entremont
Desbiens
Desilets
Dhaliwal
Dhillon
Diotte
Doherty
Dong
Dowdall
Dreeshen
Drouin
Duguid
Duncan (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Duncan (Etobicoke North)
Duvall
Dzerowicz
Easter
Ehsassi
Ellis
Epp
Erskine-Smith
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Fergus
Fillmore
Findlay
Finnigan
Fisher
Fonseca
Fortin
Fragiskatos
Gallant
Garrison
Gaudreau
Gazan
Généreux
Genuis
Gerretsen
Gill
Gladu
Godin
Gourde
Gray
Green
Hallan
Harder
Hardie
Harris
Hoback
Housefather
Hughes
Hutchings
Ien
Jansen
Jeneroux
Johns
Jones
Jowhari
Julian
Kelloway
Kelly
Kent
Khalid
Khera
Kitchen
Kmiec
Koutrakis
Kram
Kurek
Kusie
Kusmierczyk
Kwan
Lake
Lalonde
Lambropoulos
Lamoureux
Larouche
Lattanzio
Lawrence
Lefebvre
Lehoux
Lemire
Lewis (Essex)
Liepert
Lightbound
Lloyd
Lobb
Long
Louis (Kitchener—Conestoga)
Lukiwski
MacGregor
MacKenzie
Maguire
Maloney
Manly
Marcil
Martel
Martinez Ferrada
Masse
Mathyssen
May (Cambridge)
May (Saanich—Gulf Islands)
Mazier
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McDonald
McGuinty
McKay
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLean
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
McLeod (Northwest Territories)
McPherson
Melillo
Mendès
Michaud
Moore
Morantz
Morrison
Morrissey
Motz
Nater
Normandin
O'Connell
Oliphant
O'Toole
Patzer
Paul-Hus
Pauzé
Perron
Petitpas Taylor
Plamondon
Poilievre
Powlowski
Qaqqaq
Ratansi
Rayes
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Robillard
Rogers
Romanado
Rood
Ruff
Sahota (Calgary Skyview)
Sahota (Brampton North)
Saini
Samson
Sangha
Saroya
Savard-Tremblay
Scarpaleggia
Scheer
Schiefke
Schmale
Seeback
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Shields
Shin
Shipley
Sidhu (Brampton South)
Simard
Simms
Singh
Sloan
Sorbara
Soroka
Spengemann
Stanton
Steinley
Ste-Marie
Strahl
Stubbs
Sweet
Tabbara
Thériault
Therrien
Tochor
Trudel
Turnbull
Uppal
Van Bynen
van Koeverden
Van Popta
Vaughan
Vecchio
Vidal
Viersen
Vignola
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Webber
Weiler
Williamson
Wilson-Raybould
Wong
Yip
Young
Yurdiga
Zahid
Zann
Zimmer
Zuberi

Total: -- 271


CONTRE

Aucun

PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

    (La motion est adoptée.)

Recours au Règlement

Questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. J'aimerais apporter une précision à une réponse que j'ai donnée à la Chambre un peu plus tôt.
    On m'a posé une question à laquelle je n'ai pas donné une réponse suffisamment claire. J'aimerais donc préciser que nous avons transmis les documents non caviardés concernant le Laboratoire national de microbiologie au Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement.
    Je remercie la députée de cette précision.

Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1535)  

[Traduction]

Les documents relatifs au transfert des virus de l'Ebola et de l'Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan

     Conformément à l'ordre adopté le mercredi 2 juin 2021, je voudrais déposer, dans les deux langues officielles, une lettre que j'ai reçue de la part du légiste et conseiller parlementaire concernant les documents relatifs au transfert des virus de l'Ebola et de l'Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan.

Réponse du gouvernement à des pétitions

     Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à 19 pétitions.

Les comités de la Chambre

Finances  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le cinquième rapport du Comité permanent des finances, qui porte sur le projet de loi C-30, Loi portant exécution de certaines dispositions du budget déposé au Parlement le 19 avril 2021 et mettant en œuvre d'autres mesures. Le comité a étudié le projet de loi et convenu d'en faire rapport à la Chambre avec des propositions d'amendement.
    Au nom du comité, je remercie tous les intervenants, plus particulièrement les analystes de la Bibliothèque du Parlement, qui n'ont pas ménagé les efforts afin de fournir des renseignements généraux, des documents d'information et des analyses à tous les députés. Je remercie également les responsables de la recherche de tous les partis, qui ont préparé les députés en leur fournissant des renseignements généraux et des questions qui, dans bien des cas, reflétaient une foule de points de vue fort différents. Enfin, je remercie les membres du personnel ministériel, qui ont offert des conseils fondés sur leurs propres points de vue. Tout cela a contribué à améliorer le processus en ce qui a trait à l'information disponible, aux mesures législatives qui sont maintenant à l'étude et aux idées qui seront explorées.

Pétitions

L'industrie forestière  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui deux pétitions identiques, qui ont été lancées par des résidants de Nanaimo—Ladysmith. Les pétitionnaires ont vraiment à cœur de protéger les écosystèmes anciens de la Colombie-Britannique contre les coupes à blanc. Ils soulignent que ces forêts anciennes offrent des avantages inestimables, y compris en ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques, la biodiversité, la culture, les loisirs et l'éducation. Plus de 160 personnes ont été arrêtées parce qu'elles tentaient de protéger ces forêts.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement de travailler de concert avec la province de la Colombie-Britannique et les Premières Nations pour faire cesser immédiatement l’exploitation forestière dans les écosystèmes anciens et en péril; de financer la protection à long terme des écosystèmes anciens à titre de priorité du plan d’action climatique du Canada et de la réconciliation avec les peuples autochtones; d’appuyer des initiatives forestières à valeur ajoutée en partenariat avec les Premières Nations afin d’assurer la pérennité de l’industrie forestière du Canada et de veiller à ce qu’elle soit axée sur l’exploitation des forêts secondaires et tertiaires; et d’interdire l’exportation de grumes et d’optimiser l’utilisation des ressources pour les emplois locaux.
    Les pétitionnaires demandent aussi au gouvernement d'interdire l’utilisation d’arbres entiers dans la production de biocarburant à partir de granule de bois, une pratique vraiment horrible qui va à l'encontre des mesures de lutte contre les changements climatiques.

Les opioïdes  

    Monsieur le Président, je présente aujourd’hui une pétition au nom des habitants de la circonscription de Mission—Matsqui—Fraser Canyon. Les signataires indiquent que toutes les deux heures, une personne meurt au Canada à cause des opioïdes. La crise des opioïdes est hors de contrôle.
    Les signataires demandent au gouvernement du Canada de prendre des mesures pour que cessent les morts et les blessures causées par des surdoses, pour que le gouvernement mette en œuvre des solutions axées sur la guérison et qu’il les finance davantage.

Les défibrillateurs  

    Monsieur le Président, j’ai l’honneur de prendre la parole aujourd’hui pour présenter ma toute première pétition, la pétition e-2317, qui a été lancée par Mackenzie Campbell, une habitante de ma circonscription, Winnipeg-Centre. Afin de sauver des vies au Canada, les signataires demandent au gouvernement d’ordonner aux ministères, organismes et sociétés d’État d’installer et d’entretenir des défibrillateurs externes automatisés dans l’ensemble de leurs locaux fréquentés par des employés ou par des citoyens, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Canada.

  (1540)  

Le Falun Gong  

    Monsieur le Président, c'est avec plaisir que je présente trois pétitions à la Chambre.
    Les signataires de la première pétition sont répartis d'un bout à l'autre du Canada et ils sont très préoccupés par le traitement réservé aux adeptes du Falun Gong. On a rapporté des cas de mauvais traitements et de prélèvements d'organes par la Chine communiste. Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'appliquer la Loi de Magnitski pour imposer des sanctions aux responsables de ces actes.

L'Éthiopie  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition porte sur le conflit qui perdure dans la région du Tigré, en Éthiopie. Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de nouer immédiatement un dialogue avec les gouvernements de l’Éthiopie et de l’Érythrée pour trouver une solution pacifique. Comme des milliers de personnes ont perdu la vie et que la situation humanitaire s'aggrave rapidement, il est très important pour les pétitionnaires que le Canada joue un rôle dans le règlement de ce conflit.

La péréquation  

    Monsieur le Président, la troisième et dernière pétition est signée par mes concitoyens de l'Alberta. Ces derniers sont très inquiets de la formule de péréquation et du programme de stabilisation fiscale actuels, car ils n'ont pas été modifiés depuis des années. En effet, le plafond est fixé à 170 $ par personne. Les signataires sont très préoccupés parce que la formule économique ne tient pas compte du choc financier causé par la chute des prix du pétrole en 2014 et que cette péréquation désavantage injustement les Albertains.

Les agents de voyage  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter deux pétitions au nom des agents de voyage indépendants de ma circonscription.
    Les pétitionnaires souhaitent souligner à la Chambre que 12 000 agents de voyage indépendants à l'échelle du pays sont pratiquement privés de revenus depuis plus d'un an à cause des restrictions de voyage imposées par la pandémie de COVID. De nombreux programmes d'aide fédéraux, comme le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer, la Subvention salariale d'urgence du Canada et le Fonds d'aide et de relance régionale, excluent la majorité de ces propriétaires de petite entreprise, qui passent ainsi à travers les mailles du filet.
    La première de ces deux pétitions demande au gouvernement du Canada de fournir du financement sectoriel aux agents de voyage indépendants, et d'élargir l'admissibilité au Fonds d'aide et de relance régionale dans les zones urbaines, afin d'y inclure les propriétaires uniques.
    La deuxième pétition que je présente à la Chambre est très simple. Les agents de voyage indépendants demandent que la Prestation canadienne de la relance économique soit prolongée de six mois après la levée de tous les avis aux voyageurs, au profit des agents de voyage, étant donné que leurs revenus sont entièrement tributaires de commissions, et que l'attente correspond à peu près à cette période avant de commencer à recevoir ces commissions.

L'Éthiopie  

    Monsieur le Président, aujourd'hui, j'ai le privilège de présenter trois pétitions à la Chambre.
    La première pétition presse le gouvernement du Canada d'intervenir pour faire cesser la violence dans la région du Tigré, en Éthiopie. Les pétitionnaires demandent au gouvernement de réclamer la fin de la violence dans la région et de veiller à ce que les innocentes victimes de ce conflit obtiennent de l'aide humanitaire. Le Canada s'est taillé une solide réputation en matière de soutien à la démocratie dans le monde et, en plus d'exiger que cesse la violence, il doit faire sa part pour assurer l'équité et la légitimité du processus démocratique en Éthiopie.

  (1545)  

Le Falun Gong  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition presse le gouvernement de recourir à loi de Magnitski pour imposer des sanctions aux responsables de la persécution du Falun Gong en Chine et des violences dont ce groupe est l'objet. Des rapports crédibles font état d'effroyables violations des droits de la personne contre les adeptes du Falun Gong, y compris le prélèvement forcé d'organes.
    Les pétitionnaires attirent l'attention sur le fait que l'ancien dirigeant du Parti communiste chinois, Jiang Zemin, et ses partisans ont lancé une campagne d'éradication contre le Falun Gong dans le cadre de laquelle on a eu recours à la torture extrajudiciaire et on a tué un grand nombre d'adeptes. Or, cette campagne se poursuit impunément depuis 19 ans. Le gouvernement du Canada doit reconnaître la situation et prendre des mesures pour geler les avoirs des responsables de ces exactions et les interdire de territoire au Canada.

Les téhrapies de conversion  

    Monsieur le Président, la dernière pétition que je présente aujourd'hui porte sur le projet de loi C-6. Comme tous les députés à la Chambre, les pétitionnaires souhaitent qu'on interdise les thérapies de conversion. Aucun Canadien ne devrait être soumis à une pratique nuisible et dégradante qui vise à modifier sa sexualité contre son gré.
    Ils soulignent toutefois que la définition de thérapie de conversion utilisée dans le projet de loi C-6 a été mal rédigée. Cette définition n'est utilisée par aucun corps médical au monde et elle aura pour effet que cette mesure législative interdira non seulement les pratiques nuisibles que l'on souhaite tous voir éliminées, mais aussi des mesures de soutien qui aident certains Canadiens de la communauté LGBTQ. Alors que nous débattons tous de ce projet de loi aujourd'hui, n'oublions pas les innombrables personnes qui ont bénéficié des types de soutien que cette mesure interdira. Les pétitionnaires nous demandent de ne pas oublier ces personnes tandis que nous rédigeons cette mesure législative.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Quelques députés semblent présenter leur opinion personnelle. Pendant qu'elle présentait sa pétition, cette députée en particulier est allée jusqu'à dire que lorsque nous débattrons de ce projet de loi, nous devrions songer à ceci et à cela. Nous ne sommes pas censés parler de nos opinions. Nous sommes censés nous en tenir à la présentation de la pétition et à son contenu.
    Monsieur le Président, pourriez-vous nous donner votre avis à ce sujet et rappeler aux députés la règle concernant la présentation de pétitions?
    Je crois que le député a fait un excellent travail en ce sens.
    Je rappelle aussi à tous les députés qu'ils doivent être aussi concis que possible et ne donner que les grandes lignes de la pétition, et non en débattre.
    Le député de Peace River—Westlock a la parole.

L'aide médicale à mourir  

    Monsieur le Président, j'ai quelques pétitions à présenter.
    La première pétition que je porte à l'attention de la Chambre est signée par des Canadiens de partout au pays. Ces derniers sont préoccupés par la modification au projet de loi C-7 proposée par le Sénat, qui permettrait aux Canadiens dont la seule condition médicale invoquée est la maladie mentale d’avoir accès à l’euthanasie.
    Les pétitionnaires reconnaissent que le suicide est la principale cause de décès chez les Canadiens âgés de 10 à 19 ans. Par conséquent, ils exhortent le gouvernement à rejeter la modification proposée par le Sénat qui offre aux personnes atteintes de troubles mentaux la possibilité de demander l’aide médicale à mourir et à protéger les Canadiens aux prises avec des troubles mentaux en facilitant leur accès à des traitements et leur rétablissement, plutôt qu’en les aidant à mourir.

  (1550)  

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, la pétition suivante que je dois présenter a été signée par des Canadiens de partout au pays qui sont préoccupés par le traitement des Ouïghours en Chine. Le Parti communiste chinois se sert de méthodes comme la stérilisation et l’avortement forcés et la suppression des naissances. Par ailleurs, de plus en plus de preuves font état des mauvais traitements auxquels les Ouïghours sont soumis: endoctrinement antireligieux, détention arbitraire, séparation des enfants de leur famille, surveillance invasive et destruction de sites culturels.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d'utiliser la loi de Magnitski pour rendre justice aux personnes qui souffrent en Chine et de reconnaître officiellement que le traitement des Ouïghours en Chine constitue un génocide.

Le trafic d'organes humains  

    Monsieur le Président, cette pétition-ci provient de Canadiens de partout au pays qui sont préoccupés par le prélèvement forcé d'organes partout dans le monde. Les pétitionnaires pressent le gouvernement du Canada d'adopter deux mesures législatives, soit les projets de loi C-350 et S-240. Ces mesures législatives interdiraient aux Canadiens de se rendre à l'étranger pour recevoir un organe prélevé illégalement.

La police communautaire en Alberta  

    Monsieur le Président, la pétition suivante que je présente est signée par des Canadiens de partout au pays, surtout de l'Alberta, qui s'inquiètent de la relation entre la GRC et le Canada. Les pétitionnaires invitent le gouvernement du Canada à collaborer avec l'Alberta pour aider la province à mettre sur pied sa propre force policière.
    Ils demandent au gouvernement du Canada de faire une déclaration publique qui encouragerait le gouvernement de l'Alberta à mettre fin à l'accord conclu avec la GRC en ce qui concerne les services de police communautaires, conformément à la recommandation du comité sur une entente équitable, et ce, sans qu'aucune pénalité ne soit imposée à la province de l'Alberta par le gouvernement du Canada. Les pétitionnaires réclament également que le gouvernement du Canada soutienne la transition vers une force de police communautaire à l'échelle de la province, puisqu'il s'agit d'un droit constitutionnel de l'Alberta.

L'Éthiopie  

    Monsieur le Président, la pétition suivante provient de Canadiens de tout le pays préoccupés par la situation en Éthiopie, particulièrement dans la région du Tigré. Les pétitionnaires demandent au Canada de prendre les mesures suivantes: demander immédiatement à toutes les parties du conflit au Tigré de cesser la violence et de faire preuve de retenue; demander immédiatement la tenue d’une enquête internationale sur les rapports crédibles qui font état de crimes de guerre et de violations flagrantes des droits de la personne; nouer un dialogue direct et soutenu avec les gouvernements de l’Éthiopie et de l’Érythrée à propos du conflit.

Le Falun Gong  

     Monsieur le Président, la pétition suivante provient de Canadiens de partout au pays qui demandent au gouvernement du Canada d'assujettir les dirigeants du Parti communiste chinois à des sanctions légales en vertu de la loi de Magnitski. Les pétitionnaires demandent que soit reconnu le traitement dont sont victimes les adeptes du Falun Gong, de la part de l’appareil d’État, y compris la torture et l’assassinat extrajudiciaires de nombre d'entre eux au cours des 19 dernières années.
    Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d’appliquer toutes les sanctions légales, y compris la loi de Magnitski et l'interdiction d'entrée au Canada à l'encontre des auteurs de la persécution des adeptes du Falun Gong.

La péréquation  

    Enfin, monsieur le Président, j'ai une pétition signée par des Albertains de partout dans la province qui demandent au gouvernement du Canada de supprimer le plafond par habitant fixé pour les paiements de stabilisation fiscale. Dans l’Énoncé économique de l’automne, ce plafond est passé de 60 $ à 170 $, montant qui n’avait pas été modifié depuis 1987. Les signataires demandent au gouvernement du Canada de supprimer ce plafond complètement, puisqu’aucune bonne raison ne le justifie. Ils demandent au gouvernement de veiller à ce que la péréquation soit équitable et stable partout au pays.
    Nous en sommes à la présentation de pétitions. Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a deux minutes et sept secondes pour soumettre tout ce qu'il pourra avant de reprendre la prochaine fois que nous présenterons des pétitions.
    Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.

Le trafic d'organes humains  

    Monsieur le Président, il semble que ma réputation ne soit plus à faire. J'ai de nombreuses pétitions à présenter aujourd'hui, et même si j'ai l'intention de le faire rapidement, je ne crois pas que je pourrai toutes les présenter dans ce délai, mais advienne que pourra.
    La première pétition appuie le projet de loi S-204, une mesure législative qui érigerait en infraction criminelle le fait de se rendre à l'étranger pour recevoir un organe pour lequel aucun consentement n'été obtenu. Elle créerait aussi un mécanisme en vertu duquel une personne pourrait être déclarée interdite de territoire au Canada en raison de sa participation au prélèvement et au trafic d'organes. Les signataires appuient le projet de loi S-204 et souhaitent son adoption le plus rapidement possible.

L'Éthiopie  

     Monsieur le Président, la deuxième pétition traite de la situation dans la région éthiopienne du Tigré et d'autres députés ont présenté des pétitions sur ce sujet. Les pétitionnaires, des Canadiens inquiets, attirent notre attention sur les circonstances en Éthiopie, dans la région du Tigré et en général. Ils réclament la fin du conflit, de la retenue de la part des parties, l'accès à la région par des organisations humanitaires et des organismes de surveillance indépendants, et la tenue d'enquêtes internationales sur les rapports crédibles qui font état de crimes de guerre et de violations flagrantes des droits de la personne. Ils demandent au gouvernement du Canada de nouer un dialogue direct et soutenu avec les gouvernements de l'Éthiopie et de l'Érythrée à propos du conflit et de promouvoir une surveillance des élections en Éthiopie, tant à court terme, qu'à moyen et à long terme.

Les droits de la personne  

     Monsieur le Président, la troisième pétition souligne une triste réalité que l'actuel gouvernement ne reconnaît toujours pas: celle des Ouïghours et des musulmans d'origine turque en Chine, qui sont victimes d'un génocide. Les pétitionnaires veulent que ce génocide soit reconnu par la Chambre des communes, ce qui a eu lieu, et par le gouvernement, ce qui n'a pas eu lieu. Ils veulent que l'on impose des sanctions prévues dans la loi de Magnitski dans cette affaire et que l'on réforme la loi sur les chaînes d'approvisionnement afin de prévenir l'importation de produits issus de l'esclavage.

La péréquation  

     Monsieur le Président, la quatrième pétition porte sur un enjeu crucial pour ma province: le fonds de stabilisation fiscale. Ce mécanisme permet aux provinces de recevoir du soutien lors d'une situation financière inhabituelle.
    Les pétitionnaires font remarquer que le gouvernement a indiqué son intention d'augmenter le plafond, mais qu'une telle mesure n'est pas suffisante du point de vue de l'équité fiscale. Ils demandent au gouvernement de supprimer le plafond des paiements par habitant prévu par le Programme de stabilisation fiscale, de verser à la province de l'Alberta les 4,6 milliards de dollars qu'elle aurait reçus sans ce plafond et de rendre équitables les paiements de stabilisation fiscale.
    La prochaine pétition...
    Je crains de devoir interrompre le député. Le temps est maintenant écoulé. Je lui ai permis de terminer la présentation de la quatrième pétition.
    J'en profite pour féliciter le député: il a fait preuve d'une grande précision et d'une grande concision. Je me réjouis à l'idée d'entendre la suite demain.

Questions au Feuilleton

[Texte]

Question no 629 --
M. Gord Johns:
    En ce qui concerne les investissements fédéraux et les collectivités qui composent la circonscription électorale fédérale de Courtenay—Alberni, entre 2018-2019 et l'exercice en cours: a) quels sont les investissements fédéraux dans les infrastructures, y compris les transferts directs aux municipalités et aux Premières Nations, pour les collectivités de (i) Tofino, (ii) Ucluelet, (iii) Port Alberni, (iv) Parksville, (v) Qualicum Beach, (vi) Cumberland, (vii) Courtenay, (viii) Deep Bay, (ix) Dashwood, (x) Royston, (xi) French Creek, (xii) Errington, (xiii) Coombs, (xiv) Nanoose Bay, (xv) Cherry Creek, (xvi) China Creek, (xvii) Bamfield, (xviii) Beaver Creek, (xix) Beaufort Range, (xx) Millstream, (xxi) le Centre de ski du mont Washington, ventilés par (A) exercice, (B) dépenses totales, (C) projet, (D) dépenses totales par exercice; b) quels sont les investissements fédéraux dans les infrastructures transférés au (i) district régional de Comox Valley, (ii) district régional de Nanaimo, (iii) district régional d’Alberni-Clayoquot, (iv) district régional de Powell River, ventilés par (A) exercice, (B) dépenses totales, (C) projet, (D) dépenses totales par exercice; c) quels sont les investissements fédéraux dans les infrastructures transférés aux fonds fiduciaires de (i) l'île Hornby, (ii) l'île Denman, (iii) l'ile Lasqueti, ventilés par (A) exercice, (B) dépenses totales, (C) projet, (D) dépenses totales par exercice; d) quels sont les investissements fédéraux dans les infrastructures transférés (i) à la Première Nation Ahousaht, (ii) à la Première Nation Hesquiaht, (iii) aux Premières Nations Huu-ay-aht, (iv) à la Première Nation Hupacasath, (v) à la Première Nation Tla-o-qui-aht, (vi) à la Première Nation Toquaht, (vii) à la Première Nation Tseshaht, (viii) à la Première Nation Uchucklesaht, (ix) à la Première Nation Ucluelet, (x) à la Première Nation K'omoks, ventilés par (A) exercice, (B) dépenses totales, (C) projets, (D) dépenses totales par exercice; e) quels sont les investissements fédéraux dans les infrastructures destinés au Parc national Pacific Rim, ventilés par (i) exercice, (ii) dépenses totales, (iii) projet, (iv) dépenses totales par exercice; f) quelles sont les contributions fédérales en infrastructure routière, y compris (i) l’autoroute 4, (ii) l’autoroute 19, (iii) l’autoroute 19a, (iv) le chemin Bamfield, ventilées par (A) exercice, (B) dépenses totales, (C) dépenses totales par exercice?
M. Andy Fillmore (secrétaire parlementaire de la ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, Lib.):
    Monsieur le Président, en ce qui concerne les investissements fédéraux et les collectivités qui composent la circonscription électorale fédérale de Courtenay—Alberni, Infrastructure Canada ne fait pas le suivi de l'information par circonscription électorale fédérale.
    Pour obtenir des renseignements sur les projets financés dans le cadre des programmes de contribution d'Infrastructure Canada, on peut consulter le site www.infrastructure.gc.ca/investments-2002-investissements/index-fra.html.
Question no 630 --
M. Xavier Barsalou-Duval:
    En ce qui concerne le régime constitutionnel du Canada: le gouvernement a-t-il produit, depuis le 1er janvier 2015, des documents, études, enquêtes d’opinion, mémos ou scénarios visant à explorer la possibilité d’une modification fondamentale du régime constitutionnel canadien, y compris celle d’abolir la monarchie, et, le cas échéant, quelle est (i) la nature des changements constitutionnels envisagés, (ii) l’échéancier prévu pour qu’un tel changement survienne, (iii) les démarches qui pourraient être entreprises pour qu’un tel changement ait lieu, (iv) les préoccupations du gouvernement quant aux revendications constitutionnelles des provinces?
M. Kevin Lamoureux (secrétaire parlementaire du président du Conseil privé de la Reine pour le Canada et ministre des Affaires intergouvernementales et du leader du gouvernement à la Chambre des communes, Lib.):
    Monsieur le Président, le gouvernement n’a pas produit de documents qui explorent en détails la possibilité d’une modification fondamentale du régime constitutionnel canadien depuis 1er janvier 2015.
Question no 631 --
M. Philip Lawrence:
    En ce qui concerne les accords d’achat anticipé pour les vaccins contre la COVID-19 conclus avec les fabricants de ces vaccins, ventilés par accord: a) à quelle date ont été signés les accords avec (i) Pfizer Biotech, (ii) AstraZeneca, (iii) Sanofi et GlaxoSmithKline, (iv) Covavax, (v) Medicago, (vi) Verity Pharmaceuticals Inc. et le Serum Institute of India, (vii) Moderna, (viii) Johnson et Johnson; b) le gouvernement a-t-il obtenu (i) une garantie préalable quant au prix, (ii) la distribution en fonction du financement, (iii) des contrats d’achat; c) quelle était la date d’entrée en vigueur; d) quelle est la date de fin de l’accord?
M. Steven MacKinnon (secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Lib.):
    Monsieur le Président, en réponse à la partie a) de la question, jusqu’à présent, le gouvernement du Canada a signé neuf ententes avec des fournisseurs de vaccins qui incluent: i un accord de paiements anticipés, ou APA, avec Pfizer-BioNTech, qui fournira jusqu’à 76 millions de doses du candidat-vaccin à ARN, BNT162. L’accord de principe a été signé le 1er août 2020; ii) un APA avec AstraZeneca, qui fournira jusqu’à 20 millions de doses du candidat-vaccin à vecteurs viraux, ADZ1222. L’accord de principe a été signé le 24 septembre 2020; iii) un APA avec Sanofi et GlaxoSmithKline, qui fourniront jusqu’à 72 millions de doses du candidat-vaccin à sous-unités protéiques et adjuvant AS03. Les accords de principe ont été signés le 11 septembre 2020 et le 18 septembre 2020, respectivement; iv) Un APA avec AstraZeneca pour l’approvisionnement de l’allocation canadienne COVAX du vaccin AstraZeneca. L’accord de principe a été signé le 2 mars 2021; v) un APA avec Medicago qui fournira jusqu’à 76 millions de doses de son vaccin à particules pseudo-virales. L’accord de principe a été signé le 22 octobre 2020; vi) un contrat avec Verity Pharmaceuticals Inc. & Serum Institute of India qui fournira jusqu’à 2 millions de doses de son candidat-vaccins à base de vecteurs viraux, COVISHIELD. Le contrat a été signé le 24 février 2021; vii) un APA avec Moderna, qui fournira jusqu’à 56 millions de doses du candidat-vaccin à ARN, mRNA 1273. L’accord de principe a été signé le 24 juillet 2020; viii) un APA avec Johnson & Johnson, qui fournira jusqu’à 38 millions de doses du candidat-vaccin à vecteurs viraux, Ad26.COV2.S. L’accord de principe a été signé le 21 août 2020; ix) un APA avec Novavax, qui fournira jusqu’à 76 millions de doses du candidat-vaccin à sous-unités protéiques, NVX-CoV2373. L’accord de principe a été signé le 27 août 2020.
    En réponse aux parties b), c) et d), SPAC ne peut pas divulguer unilatéralement les détails d'accords spécifiques sur les vaccins afin de respecter les accords de confidentialité avec les fournisseurs et de protéger notre position de négociation. Nous continuons à discuter avec les fournisseurs des possibilités de partager les informations publiquement.
Question no 633 --
M. Philip Lawrence:
    En ce qui concerne la location par le gouvernement d’entrepôts à Shanghai, Chine, ou à proximité de cette ville, depuis le 1er janvier 2020: quels sont les détails de chaque contrat, y compris (i) la date de signature, (ii) le fournisseur ou l’entreprise, (iii) la valeur du contrat, (iv) le but du contrat ou la nature du besoin d’un entrepôt?
M. Robert Oliphant (secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, Lib.):
    Monsieur le Président, ce qui suit reflète la réponse consolidée approuvée au nom des ministres d’Affaires mondiales Canada.
    Affaires mondiales Canada a émis deux contrats pour des services de déménagement et d’entreposage à Shanghai ou à proximité de Shanghai depuis le 1er janvier 2020. Les contrats d’Affaires mondiales Canada de plus de 10 000 $ sont divulgués de façon proactive. Ces deux contrats ont donc été divulgués et peuvent être consultés aux adresses suivantes:
    https://rechercher.ouvert.canada.ca/fr/ct/id/dfatd-maecd,C-2020-2021-Q1-00195 et https://rechercher.ouvert.canada.ca/fr/ct/id/dfatd-maecd,C-2020-2021-Q1-00198
Question no 636 --
M. Arnold Viersen:
    En ce qui concerne le Décret sur les passeports canadiens, depuis le 4 novembre 2015, afin de prévenir la commission des actes ou des omissions visés au paragraphe 7(4.1) du Code criminel: combien de passeports le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a-t-il (i) refusés, (ii) révoqués, (iii) annulés, ventilés par mois?
L’hon. Marco Mendicino (ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lib.):
    Monsieur le Président, depuis l’année 2015, afin de prévenir la commission des actes ou omissions visés au paragraphe 7(4.1) du Code criminel: 8 cas de refus de délivrance d’un passeport conformément au paragraphe 9(2) du Décret sur les passeports canadiens ont eu lieu; ainsi que 13 révocations ou annulations conformément aux paragraphes 9(2) et 10(1) et à l’alinéa 11.1(1)a) du Décret sur les passeports canadiens.
Question no 638 --
Mme Cathay Wagantall:
    En ce qui concerne les cas de fraude ou de soupçons de fraude liés aux programmes d’aide pour la COVID-19 découverts par l’Agence du revenu du Canada (ARC), et les préoccupations concernant le fait que ces cas ne sont pas transmis à la GRC: a) à l’exclusion des cas où les conjoints partagent des comptes bancaires, dans combien de cas, à la connaissance de l’ARC, le même numéro de compte bancaire a-t-il été utilisé dans des demandes provenant de plusieurs personnes ou de fraudeurs prétendant être plusieurs personnes; b) dans combien de cas en a) l’ARC a-t-elle (i) cessé le versement des prestations, (ii) versé les prestations sans vérifier l’authenticité de la demande, sachant qu’elle était suspecte, (iii) vérifié l’authenticité de la demande; c) combien y a-t-il de cas, à la connaissance de l’ARC, où le même compte bancaire a été utilisé pour plus de (i) cinq, (ii) 10, (iii) 25, (iv) 50, (v) 100 demandes; d) qui, à l’ARC, est chargé de veiller à ce que ce type de fraudes présumée soient signalées à la GRC pour enquête; e) combien de cas de fraude ou de soupçons de fraude liés aux programmes d’aide pour la COVID-19 l’ARC a-t-elle transmis à la GRC depuis le 1er mars 2020, ventilés par mois et par programme?
L’hon. Diane Lebouthillier (ministre du Revenu national, Lib.):
    Monsieur le Président, avant de répondre à cette question, il est important de noter qu’il peut y avoir des raisons légitimes pour lesquelles plusieurs personnes peuvent avoir donné les renseignements d’un même compte bancaire lorsqu’ils ont soumis leurs demandes de prestations d’urgence. Ce critère en soi ne démontre pas qu’il est question d’une activité suspecte ou frauduleuse. Bien que l’ARC ne puisse pas divulguer les procédures spécifiques à la vérification des comptes bancaires, il faut savoir qu’un compte bancaire peut recevoir des paiements uniquement s’il répond à des critères de validation précis.
    L’ARC surveille régulièrement les comptes pour détecter les activités suspectes. Elle traite ainsi les cas potentiels de fraude et prévient l’utilisation non autorisée d’ID utilisateur et de mots de passe de l’ARC volés, ainsi que l’accès non autorisé aux comptes des contribuables. L’ARC combine à cette fin l’analyse avancée des données, des renseignements d’entreprise et des indices qu’elle a acquis auprès de nombreuses sources, y compris des organismes d’application de la loi et des institutions financières.
    Dès que l’ARC prend connaissance d’un incident présumé de fraude d’identité ou soupçonne que le compte d’un client pourrait être la cible d’un fraudeur, elle prend immédiatement des mesures de précaution à l’égard de ce compte, par exemple, en le verrouillant afin d’empêcher que des transactions soient effectuées, en réalisant des examens approfondis et en communiquant avec les victimes potentielles.
    S’il y a lieu, l’ARC collabore avec la Gendarmerie royale du Canada, ou GRC, le Centre antifraude du Canada, ou CAFC, des institutions financières et des services de police locaux pour enquêter sur ces incidents. Dans certains cas, l’ARC fournit également aux contribuables des services de protection et de surveillance du crédit.
    L’ARC a mis en place des systèmes et des outils pour surveiller et détecter les menaces, ainsi qu’éventuellement enquêter sur celles-ci, afin de les neutraliser. Pendant toute la durée des programmes d’allègement liés à la COVID-19, l’ARC s’est adaptée et a mis en place de nouvelles mesures et de nouveaux contrôles afin de traiter les activités suspectes. L’ARC a intégré aux processus de demande des mesures de protection pour vérifier l’admissibilité des demandeurs, et elle a mis en place des contrôles supplémentaires qui exigent un examen plus approfondi de certaines demandes avant qu’elles soient traitées.
    En réponse à la partie a) de la question, compte tenu de l’étendue des données à analyser pour répondre à cette question et de la nature évolutive des comptes bancaires de dépôt direct des contribuables, il aurait fallu procéder à une analyse approfondie. Toutefois, il n’était pas possible de le faire dans les délais prescrits à l’alinéa 39(5)a) du Règlement et celle-ci aurait pu donner des résultats inexacts. L’ARC n’est donc pas en mesure de répondre de la manière qui lui a été demandée. Lorsque l’ARC est en mesure de confirmer qu’un compte bancaire précis est utilisé pour des activités suspectes ou frauduleuses, un mécanisme est déclenché pour empêcher que des paiements futurs soient versés dans ce compte.
    Concernant la partie b)(i) de la question, l'établissement de la fraude est le résultat d'un travail d'enquête et d'analyse. Chaque cas doit être examiné et le travail d'enquête se conclut par une confirmation de l’utilisation non autorisée des informations du contribuable (c’est-à-dire une fraude) ou le cas est jugé non fondé. Comme les travaux d'enquête de l’ARC sont toujours en cours, il serait prématuré de confirmer ou de commenter le nombre de cas de fraude liés aux mesures d'aide économique pour la COVID-19 ou tout montant qui leur est associé à l'heure actuelle.
    Au sujet des parties b)(ii) et (iii), l’ARC a des systèmes de contrôles en place pour empêcher le traitement des demandes suspectes qui représentent un risque élevé selon ses indicateurs. Des mesures de protection ont été intégrées aux processus de demande de prestations liées à la COVID-19 pour arrêter le traitement des demandes douteuses ou suspectes jusqu’à ce que les demandeurs fournissent des pièces justificatives qui prouvent leur identité et leur admissibilité. Ces mesures de protection empêchent que des paiements injustifiés soient versés et permettent de valider les demandes à haut risque.
    L’ARC ne divulgue pas d’informations spécifiques liées aux examens qu’elle effectue, car la divulgation de celles-ci pourrait compromettre ses activités d’observation et l’intégrité du régime fiscal canadien.
    Concernant la partie c), compte tenu de l’étendue des données à analyser pour répondre à cette question et de la nature évolutive des comptes bancaires de dépôt direct des contribuables, il aurait fallu procéder à une analyse approfondie. Toutefois, il n’était pas possible de le faire dans les délais prescrits à l’alinéa 39(5)a) du Règlement et celle-ci aurait pu donner des résultats inexacts. L’ARC n’est donc pas en mesure de répondre de la manière qui lui a été demandée.
    En ce qui a trait à la partie d), le Programme des enquêtes criminelles de l’ARC se doit de signaler les cas de fraude présumée associés aux programmes d’aide liés à la COVID-19 à la GRC pour fins d’enquête.
    Relativement à la partie e), Afin d’assurer l’intégrité des enquêtes en cours, l’ARC ne commente ni ne fournit de détails sur les enquêtes en cours ou les renvois liés aux enquêtes.

[Traduction]

Questions transformées en ordres de dépôt de documents

    Monsieur le Président, si les réponses du gouvernement aux questions nos 632, 634, 635, 637, 639 et 640 pouvaient être transformées en ordres de dépôt de documents, les documents seraient déposés immédiatement.
    D’accord?
    Des voix: D’accord.

[Texte]

Question no 632 --
M. Philip Lawrence:
    En ce qui concerne les contrats que le gouvernement a conclus avec l’entreprise Bolloré Logistics pour des services de transport aérien entre le Canada et la Chine entre le 1er mars 2020 et le 31 décembre 2020: a) combien de vols étaient prévus par ces contrats; b) quelles sont les modalités de chacun des vols, y compris (i) la date, (ii) la provenance, (iii) la destination, (iv) les produits transportés ou l’objet du vol; c) quelle est la valeur totale de l’ensemble des contrats relatifs à ces vols?
    (Le document est déposé.)
Question no 634 --
M. Philip Lawrence:
    En ce qui concerne les contrats du gouvernement pour de l’équipement de protection individuelle (EPI) signés par Services publics et Approvisionnement Canada depuis le 1er janvier 2020: a) combien de contrats le gouvernement a-t-il signés pour l’achat d’EPI produits au Canada, ventilés par mois; b) combien de contrats ont reçu une exemption pour une raison liée à la sécurité nationale; c) quel était le nombre total ou la quantité de (i) désinfectant pour les mains, (ii) désinfectant, (iii) lingettes désinfectantes, (iv) masques non médicaux, (v) gants non médicaux, (vi) gants en nitrile, (vii) masques chirurgicaux, (viii) écrans faciaux, (ix) lunettes de protection, (x) thermomètres, (xi) respirateurs, (xii) blouses réutilisables, (xiii) blouses jetables, (xiv) couvre-chaussures ou bottes, achetés par le gouvernement, ventilés par mois; d) pour chaque alinéa en c), quelle quantité de chaque produit a été fabriquée (i) au Canada, (ii) en Chine?
    (Le document est déposé.)
Question no 635 --
M. Arnold Viersen:
    En ce qui concerne la Loi concernant la déclaration obligatoire de la pornographie juvénile sur Internet par les personnes qui fournissent des services Internet, ventilé par année depuis 2011: a) combien de cas ont été signalés à la GRC, en vertu de l’article 3 de la loi, par un fournisseur de services ou une entité au Canada; b) combien de cas ont été signalés à la GRC, en vertu de l’article 3 de la loi, par un fournisseur de services ou une entité à l’extérieur du Canada; c) combien d’enquêtes liées aux infractions prévues à l’article 10 de la loi ont été ouvertes ou sont en cours, ventilées par type d’infraction précisé; d) combien de ces enquêtes ont été lancées par la GRC; e) quels ont été les résultats des enquêtes mentionnées en d); f) dans combien de cas des accusations ont-elles été portées en vertu de l’article 10 de la loi; g) parmi les accusations portées en f), combien ont abouti à des condamnations?
    (Le document est déposé.)
Question no 637 --
M. Arnold Viersen:
    En ce qui concerne les documents produits par les ministères ou les organismes gouvernementaux sur la cybertraite de personnes, le cyberproxénitisme, le trafic d’organes, la traite de personnes, l’esclavage, l’esclavage moderne, le travail forcé, la traite de personnes à des fins sexuelles ou la prostitution, depuis le 4 novembre 2015: pour chaque document, quelle est (i) la date, (ii) le titre ou l’objet, (iii) le type de document (correspondance courante, directive, options à prendre en considération, etc.), (iv) le numéro de suivi interne du ministère, (v) l’expéditeur et le destinataire, le cas échéant, (vi) le résumé du contenu?
    (Le document est déposé.)
Question no 639 --
Mme Leah Gazan:
    En ce qui concerne les honoraires juridiques versés et prévus au budget par le ministère des Relations Couronne–Autochtones et des Affaires du Nord: a) quelle est la ventilation détaillée de tous les honoraires juridiques prévus au budget et versés au cours des cinq dernières années; b) quelle est la ventilation détaillée de tous les honoraires juridiques prévus au budget pour l’année à venir?
    (Le document est déposé.)
Question no 640 --
M. Michael Barrett:
    En ce qui concerne le Monument aux victimes du communisme et les 4 millions de dollars additionnels annoncés dans le budget de 2021 pour ce projet: a) quel était le budget original total du projet, ventilé par poste; b) quel est le budget actuel du projet, ventilé par poste; c) quels sont les retards spécifiques qui ont empêché l’achèvement du monument en 2018, conformément au calendrier dont faisait encore état le gouvernement en 2017; d) quelle est la date d’achèvement prévue à l’heure actuelle; e) quels sont les détails de tous les contrats et de toutes les dépenses de plus de 10 000 $ liés au projet, y compris (i) la date, (ii) le fournisseur, (iii) la description des produits ou services, y compris la quantité, (iv) la valeur ou le montant original du contrat, (v) la valeur ou le montant modifié du contrat, le cas échéant, (vi) si le contrat a été attribué à un fournisseur unique ou par un processus d’appel d’offres concurrentiel; f) est-ce qu’un fournisseur quelconque, y compris parmi ceux participant à la construction du projet, s’est vu infliger une pénalité par le gouvernement en raison du retard de plus de trois ans et, le cas échéant, quels sont les détails de la pénalité?
    (Le document est déposé.)

[Traduction]

    Monsieur le Président, je demande que les autres questions restent au Feuilleton.

  (1555)  

    D’accord?
    Des voix: D’accord.

Demande de débat d'urgence

  

[ Article 52 du Règlement]
    Monsieur le Président, je prends la parole pour attirer l'attention de la Chambre sur une situation d'urgence, qui n'a malheureusement pas reçu l'attention qu'elle mérite.
    Le Parlement du Canada doit jouer un rôle actif dans les crises politiques à l'étranger, et cela inclut les crises émergentes en Afrique. La République démocratique du Congo, ou RDC, est le plus grand pays d'Afrique subsaharienne. Elle est actuellement aux prises avec une insurrection alors qu'elle souffre encore des suites d'une éruption volcanique et d'une montée de violence de la part de milices locales.
     Le 31 mai, des combattants des Forces démocratiques alliées ont tué 57 civils, dont sept enfants, dans des camps de déplacés de l'Est de la RDC. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, les Forces démocratiques alliées sont à l'origine du déplacement de plus de 5 800 personnes dans la province de l'Ituri. En réaction, les politiciens de la RDC ont voté la prolongation de la loi martiale de 15 jours dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri.
    Cette récente attaque des Forces démocratiques alliées survient alors que le pays essaie toujours de se remettre de l'éruption volcanique du mont Nyiragongo, qui est la plus grande catastrophe naturelle que le Congo ait connue depuis près de deux décennies. L'éruption a fait 31 morts et plus de 20 000 sans-abri sans compter qu'elle a provoqué la fuite de la population de la ville congolaise de Goma. La RDC est également confrontée à l'instabilité et à la violence de petits groupes rebelles locaux qui se battent pour le contrôle du territoire.
    Des problèmes d'équité judiciaire ont également été mis en lumière à la suite de la condamnation à la peine de mort, le 15 mai dernier, de 29 personnes accusées de violence dans le cadre d'un affrontement entre deux groupes rivaux après seulement un jour de séance devant le tribunal.
    Tandis que les organismes d'aide internationale et le gouvernement tentent tant bien que mal de gérer les différentes menaces dans l'Est du Congo, nous attendons également le verdict à l'égard d'accusations d'abus et d'exploitation sexuels impliquant des travailleurs humanitaires au Congo pendant l'épidémie d'Ebola. Plus de 40 femmes ont dénoncé des employés de l'Organisation mondiale de la santé, ce qui montre qu'il est urgent d'obliger les organismes internationaux à rendre des comptes pour les agissements qu'ils pourraient avoir commis au Congo.
    La multiplication des graves difficultés requiert une attention et une intervention accrues du reste du monde. La République démocratique du Congo est aux prises avec de multiples problèmes profondément enracinés. Nous devons reconnaître ces problèmes et appuyer ce pays en offrant aide humanitaire et soutien à la population, qui en a désespérément besoin.
    Si la situation se produisait plus près de chez nous, elle ferait les manchettes. Nous devrions continuer d'en parler. Elle revêt toujours de l'importance. Des vies humaines sont en jeu. La déstabilisation de la République démocratique du Congo a une incidence sur la vie et le gagne-pain de personnes. Elle entraîne également des répercussions dans l'ensemble de l'Afrique et a des conséquences sur le bien-être et la sécurité de nombreuses communautés dans le monde.
    Monsieur le Président, je vous demande d'accorder à la Chambre la possibilité d'étudier cette question plus en détail dans le contexte d'un débat d'urgence. Selon moi, il s'agit d'une urgence qui justifie la tenue d'un tel débat.

Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
    Je remercie le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan de son intervention. Cependant, je ne crois pas que sa demande satisfasse aux exigences du Règlement.
    Je profite de l'occasion pour rappeler aux députés que, lorsqu'ils souhaitent la tenue d'un débat d'urgence, ils doivent inclure des précisions afin que le bureau et moi-même puissions être prêts lorsque la demande est faite. Cela facilite la prise d'une décision et nous donne une idée de ce à quoi nous attendre.

Privilège

La conduite du député de Pontiac — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
     Je suis maintenant prêt à me prononcer sur la question de privilège soulevée le 28 mai 2021 par la députée Elgin—Middlesex—London concernant la conduite du député de Pontiac.
    Lors de son intervention, la députée a rapporté que le député de Pontiac avait admis, via les médias sociaux, avoir commis un écart de conduite devant la caméra lors des délibérations virtuelles de la Chambre en comité plénier, le 26 mai dernier. En citant les autorités en la matière, elle a fait valoir que cet événement constitue un outrage sans précédent qui porte atteinte à la dignité du Parlement. De plus, elle a affirmé que le comportement des députés qui participent aux travaux par vidéoconférence doit être traité de la même façon que celui des députés qui sont présents sur le parquet de la Chambre, qu’ils soient devant la caméra ou non.
    En réponse, le député de Kingston et les Îles a convenu qu’il s’agissait d’un incident déplorable et inacceptable, tout en soulignant que le député de Pontiac en assumait l’entière responsabilité, qu’il s’était excusé et qu’il se retirait de ses fonctions de secrétaire parlementaire et de membre d’un comité, afin d’obtenir le soutien approprié. Pour cette raison, il a transmis de nouveau les excuses en son nom. Il a conclu en indiquant que cet incident ne constitue pas une question de privilège puisqu’il y a une longue tradition à la Chambre d’accepter les excuses des députés.

[Français]

    La présidence a souvent rappelé aux députés que les séances virtuelles sont une extension des délibérations de la Chambre et que leur conduite doit respecter nos règles et pratiques, même s’ils participent à distance. Je tiens à réitérer, une fois de plus, l’importance pour tous de s’ajuster aux mesures temporaires qui ont été mises en œuvre pour faire face à la pandémie et de faire preuve d’une vigilance continue afin d’éviter que de tels incidents ne se répètent. Dès qu’un député se connecte à une séance virtuelle et ouvre sa caméra, celui-ci est considéré comme étant, en pratique, à la Chambre.

  (1600)  

[Traduction]

     Les faits rapportés ne sont pas contestés et constituent un manquement grave aux règles de décorum et un affront à la dignité de la Chambre. La procédure et les usages de la Chambre des communes, troisième édition, précise que, à la page 60, et je cite, « […] toute conduite qui cause préjudice à l'autorité ou à la dignité de la Chambre est considérée comme un outrage au Parlement. »

[Français]

    Je prends évidemment acte des excuses du député de Pontiac. Ce dernier reconnaît qu’il s’agit d’un geste tout à fait inapproprié et confirme son engagement à obtenir un soutien approprié. La présidence doit cependant s’en tenir à déterminer si les faits reprochés sont contraires à nos règles en matière d’outrage et s’ils méritent d’être examinés en priorité.

[Traduction]

    C'est le cas en l'occurrence. J'ajouterais que la nouvelle réalité des députés qui participent à distance aux délibérations, ainsi que les règles qui s'y rattachent, est certes exceptionnelle dans l'histoire de cette Chambre, mais qu'elle n'est pas sans défi. À cet égard, il y aurait tout lieu d'être particulièrement attentif à cette question d'ordre général et fondamental, peut-être plus encore qu'à celle d'une portée limitée qui m'amène à rendre une décision aujourd'hui.
    Pour ces raisons, la présidence juge qu'il y a de prime abord matière à question de privilège. J'invite donc la députée à proposer la motion appropriée.

Renvoi au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre  

    Monsieur le Président, je propose:
     Que l'outrage fondé de prime abord concernant l'inconduite du député de Pontiac commis en présence de la Chambre soit renvoyé au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.
    Je partagerai mon temps de parole avec le député de Banff—Airdrie.
    Monsieur le Président, je vous félicite de la décision que vous avez rendue. Il est important d'examiner cette affaire. De toute évidence, lorsqu'une personne se met littéralement à nu devant la Chambre à deux occasions distinctes, l'affaire est plutôt grave et doit être soumise au comité de la procédure et des affaires de la Chambre.
    Je note également que ce que nous avons vu est peut-être une manifestation d'une baisse généralisée de la qualité des débats et du décorum à la Chambre, attribuable aux séances hybrides. Personne ne nie le fait que cette formule s'imposait à cause de la pandémie. Néanmoins, force est de reconnaître que nous avons vu de tout, des problèmes de connexion et de qualité du son, jusqu'aux images que nous a fait voir le député de Pontiac à deux occasions.
    Ces incidents découlent, en grande partie, du fait que les députés sont un peu plus décontractés et à l'aise parce qu'ils sont chez eux ou dans leur bureau. Parfois, certains d'entre eux oublient qu'ils participent toujours aux délibérations de la Chambre des communes. Il est très difficile, voire impossible, d'adopter de tels comportements lorsque nous sommes ici, dans la salle. Nous comprenons le sérieux et le respect dont il faut faire preuve à l'égard de cette institution lorsque nous participons en personne aux délibérations, que ce soit au moment de prendre la parole, de suivre le débat ou de nous apprêter à intervenir. À mon avis, si ce genre d'incidents se sont produits, c'est en raison du contexte plus décontracté.
    J'attends avec impatience le jour où nous en aurons fini avec les séances hybrides, le jour où nous verrons les taux de vaccination augmenter au Canada, entre autres, et le jour où tous les députés auront l'occasion de revenir à la Chambre des communes. C'est là notre place, et c'est là que nous voulons tous être. Espérons que cela contribuera à prévenir des cas comme celui-ci et à rétablir la qualité des débats et le décorum dans cette enceinte.
    Encore une fois, j'espère que nous aurons très bientôt l'occasion de revenir en personne à la Chambre et que nous pourrons éviter ce genre d'incidents à l'avenir.

  (1605)  

     La Chambre est-elle prête à se prononcer?
    Des voix: Le vote!
    Le président: Le vote porte sur la motion. Si un député d'un parti reconnu présent à la Chambre désire demander un vote par appel nominal ou que la motion soit adoptée avec dissidence, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.
    Monsieur le Président, je demande que la motion soit adoptée avec dissidence.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.
    Le Président: Je déclare la motion adoptée avec dissidence.

    (La motion est adoptée.)


Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Le Code criminel

     La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi C-6, Loi modifiant le Code criminel (thérapie de conversion), soit lu pour la troisième fois et adopté.
     Je désire informer la Chambre qu'en raison des votes par appel nominal différés, les ordres émanant du gouvernement seront prolongés de 16 minutes.
    Nous reprenons le débat. Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.
    Monsieur le Président, si le Parlement veut interdire quelque chose, il est très important qu'il sache et qu'il comprenne très bien ce qu'il interdit. Le Parlement devrait prendre soin d'établir avec précision ce qu'il souhaite interdire pour ne pas interdire accidentellement quelque chose qu'il n'entend pas officiellement interdire parce qu'il a mal rédigé une mesure législative ou à cause des mauvaises intentions des uns ou des craintes des autres.
    On dira ce qu'on voudra des intentions du gouvernement quand il veut interdire quelque chose, les bonnes intentions ne suffisent clairement pas. Si le gouvernement interdit quelque chose, il doit déterminer exactement ce qu'il souhaite interdire et rien d'autre.
    Par exemple, un législateur pourrait vouloir interdire la violence, mais, ce faisant, il pourrait aussi interdire accidentellement les actes de légitime défense. Un législateur pourrait vouloir interdire à juste titre certaines substances toxiques, mais il devrait tout de même prendre soin d'envisager le bien-fondé d'exceptions en examinant toutes les situations où ces substances sont utilisées, comme la recherche ou les applications technologiques sécuritaires.
    Si le gouvernement dit qu’il va prendre des mesures rigoureuses pour lutter contre les drogues dures, j’appuierai fort probablement ces mesures. En revanche, s’il propose une définition incorrecte des drogues dures en incluant toutes les substances susceptibles de créer une dépendance, y compris la caféine et l’alcool, dans ce cas-là, je suis contre. Ce n’est pas parce que je ne veux pas interdire les drogues dures, mais c’est parce que je ne veux pas que la définition englobe des choses qui ne sont pas des drogues dures.
    Il ne devrait pourtant pas être compliqué de reconnaître que, de façon générale, lorsqu’on étudie un projet de loi, les détails sont importants. Trop souvent, le discours du parti d’en face est plein de bonnes intentions, mais on sait bien que lorsque des gens puissants, en l’occurrence des parlementaires, ne font pas bien leur travail, les résultats peuvent être désastreux.
    Le gouvernement affirme que ce projet de loi vise à interdire les thérapies de conversion, mais qu’est-ce qu’une thérapie de conversion ? Comme je l’ai dit, si nous voulons l’interdire, nous devons commencer par savoir ce que c’est et le définir correctement dans la loi. La discussion a été entravée par le fait que le gouvernement ne cesse de tergiverser entre deux définitions très différentes. La première correspond à ce que la thérapie de conversion a toujours signifié jusqu’à la présentation du projet de loi. La deuxième est la définition proposée dans le projet de loi. Ce sont deux définitions très différentes. Et à cause d’une mauvaise définition, nous sommes sur le point d’interdire ce qu’il ne faut pas interdire.
    Revenons un peu sur la définition historique ou traditionnelle de ce qui constitue une thérapie de conversion. Il y a une centaine d’années, nous avons vu apparaître des pratiques pseudoscientifiques visant à modifier l’orientation sexuelle. Ces pratiques comprenaient la coercition, l’humiliation, la violence, les mauvais traitements physiques et psychologiques, les électrochocs, les bains glacés, les expériences hétérosexuelles hypersexualisées, etc.
    Lorsque la question a été soulevée pour la première fois à la Chambre des communes, j’ai pris le temps de lire, de regarder et d’écouter des témoignages de victimes de thérapies de conversion, et j’ai été absolument horrifié par certains récits. Les thérapies de conversion sont répréhensibles, elles devraient être interdites, et nous devrions dire clairement pourquoi.
    Il n'est pas illégal d'avoir des opinions sur les modalités d'exercice de la sexualité (quand, où et comment). Au contraire, il est tout à fait normal que les gens fassent des choix au sujet de leurs comportements sexuels et que certains décident, par exemple, de les restreindre pour tenir compte de facteurs importants pour eux. Il est aussi normal qu'ils en parlent à leur entourage. S'il était répréhensible de donner des conseils sur le moment d'avoir ou de ne pas avoir des relations sexuelles, l'industrie des thérapeutes et des chroniqueurs spécialisés dans les relations interpersonnelles disparaîtrait complètement.
    Cela dit, les thérapies de conversion sont tout autre chose. Nous convenons tous, je l'espère, qu'il n'est jamais acceptable d'humilier des gens et de leur donner l'impression qu'ils sont moins importants ou moins humains du fait de leurs sentiments ou de leurs comportements sexuels ou romantiques. Notre mode de vie repose sur la conviction qu'il existe une dignité humaine immuable. L'orientation ou le comportement sexuels d'une personne ne peuvent jamais justifier qu'elle soit la cible de violence, d'intimidation ou d'humiliation.
    Si nous cherchions vraiment à atteindre un consensus à la Chambre, ces éléments pourraient en fournir la base. Les thérapies de conversion, telles qu'elles ont longtemps été définies et comprises, sont nuisibles. Elles portent atteinte à la dignité humaine et doivent être interdites. Nous sommes tous d'accord sur ce point, je crois.
     Je signale que, depuis quelques années, les thérapies de conversion sont interdites dans la municipalité où je vis. Voici comment l'expression « thérapie de conversion » est définie dans le règlement du comté de Strathcona qui interdit cette pratique:
    [L'expression « thérapie de conversion »] s'entend: d'une tentative de changer l'orientation sexuelle, l'identité de genre, les préférences sexuelles ou l'expression de genre d'une personne; d'une tentative de faire passer une personne d'une orientation sexuelle, d'une identité de genre, d'une préférence sexuelle ou d'une expression de genre à une autre. Les thérapies de conversion comprennent les divers traitements physiques, traitements chimiques ou hormonaux, traitements pharmacologiques, les services de consultation ou les tentatives de modifier le comportement en ayant recours à l'humiliation, à la contrainte psychologique ou à des stimuli traumatiques. Les thérapies de conversion n'incluent pas les évaluations et les traitements cliniques effectués par un professionnel de la santé qui visent à explorer tous les aspects de l'orientation sexuelle, de l'identité de genre, des préférences sexuelles ou de l'expression de genre d'une personne, ou à explorer les options appropriées en fonction de l'âge et du niveau de développement de la personne pour effectuer une transition de genre de manière à ce que les caractéristiques anatomiques d'une personne correspondent à son identité de genre.
    C'est une assez bonne définition. Chaque fois qu'on cherche à inscrire de telles dispositions dans le droit pénal, il faut probablement se montrer encore plus rigoureux qu'à l'échelle municipale. Cependant, de façon générale, je dirais que nos dirigeants municipaux ont réussi à proposer une bonne définition. Ils ont su rédiger une définition indiquant que les thérapies de conversion sont des pratiques quasi thérapeutiques qui visent à changer l'orientation sexuelle ou d'autres caractéristiques d'une personne en ayant recours à l'humiliation, à la contrainte psychologique ou à des stimuli traumatiques.
    Le travail effectué par ce conseil municipal composé de neuf membres nous indique qu'il est possible de proposer une bonne définition. C'est le genre de définition que nous devrions être en mesure d'établir lorsqu'il s'agit d'interdire les thérapies de conversion.

  (1610)  

    Cependant, le projet de loi C-6 donne une définition erronée de la notion de thérapie de conversion. À la suite de l'adoption, lors de l'étude en comité, d'un amendement appuyé par les libéraux et les néo-démocrates seulement, voici la définition qu'on trouve maintenant dans le projet de loi:
[...] s’entend d’une pratique, d’un traitement ou d’un service qui vise à modifier l’orientation sexuelle d’une personne pour la rendre hétérosexuelle, à modifier l’identité de genre ou l’expression de genre d’une personne pour la rendre cisgenre ou à réprimer ou à réduire toute attirance ou tout comportement sexuel non hétérosexuels ou toute expression de genre non cisgenre. Il est entendu que la présente définition ne vise pas les pratiques, les traitements ou les services qui se rapportent à l’exploration et au développement d’une identité personnelle intégrée sans privilégier une quelconque orientation sexuelle, identité de genre ou expression de genre.
    Il y a trois distinctions importantes à faire entre cette définition et celle utilisée par le conseil municipal de ma ville, dont le maire est un ancien candidat libéral. Contrairement à la définition incluse dans le projet de loi C-6, celle du conseil municipal correspond mieux à la définition historique, plus juste, des thérapies de conversion.
    Premièrement, la définition du projet de loi C-6 ne mentionne aucun contexte pseudo-thérapeutique. Elle n’indique pas clairement ce qui constitue ou non une pratique, un traitement ou un service. Comme nous l’avons rappelé en comité, un principe fondamental du droit veut qu’un texte de loi ne doit pas parler pour ne rien dire, ce qui signifie que chacun de ces trois mots doit avoir un sens différent. Un service est plus qu’un simple traitement, et une pratique est différente d’un traitement ou d’un service. Un acte pourrait correspondre à l’une de ces trois choses et être considéré comme une thérapie de conversion au titre du projet de loi C-6, mais ne pas être considéré comme tel par mon règlement municipal.
    Deuxièmement, on ne dit pas que la coercition, des traitements dégradants, des stimuli traumatisants, etc. font partie de la thérapie de conversion. Par conséquent, la thérapie de conversion pourrait encore une fois être simplement un mot, un terme ou un élément de langage dans le projet de loi C-6, mais ne pas avoir la même signification dans mon règlement municipal.
    Enfin et surtout, la définition du projet de loi C-6 fait allusion à des conseils ou à des thérapies qui visent à modifier le comportement sexuel par opposition à l’orientation sexuelle, ce qui est un changement radical. Pour la première fois, cette définition reconnaît que des conseils ou des déclarations ne visant pas à modifier l’orientation ou l’identité, mais simplement à donner des conseils sur le comportement sexuel pourraient être considérés eux aussi comme une thérapie de conversion.
    Sans limiter la définition de la thérapie de conversion à un contexte pseudo thérapeutique, une simple conversation informelle entre deux personnes pourrait, en fonction de son contenu, être considérée comme une thérapie de conversion. Selon la définition du projet de loi, pour qu’une conversation puisse être considérée comme une thérapie de conversion, il ne serait pas nécessaire que cette conversation porte sur un changement d’orientation, mais simplement qu’elle fasse allusion à une modification du comportement sexuel. C’est ce qu’on entend désormais par thérapie de conversion dans la nouvelle définition qui a été concoctée dans le projet de loi C-6.
    Je vais prendre un exemple concret. Supposons qu’un ami très proche vienne me demander conseil et qu’il me révèle qu’il a de sérieux doutes sur sa relation et que ses doutes l’ont amené à être infidèle. Supposons que j’encourage mon ami à rester fidèle et à cesser ses relations extraconjugales, ou au contraire que je lui conseille de briser son couple pour s’occuper de son bien-être à lui. Dans cette situation hypothétique, si cet ami est hétérosexuel, je n’ai violé aucune loi. Par contre, si cet ami est homosexuel, mon conseil va à l’encontre de la loi parce que je l’ai encouragé à soit réduire le nombre de ses partenaires sexuels, soit ne pas avoir de relations du tout pendant un certain temps, autrement dit, je l’ai encouragé dans une pratique qui vise à réduire un comportement sexuel non hétérosexuel. La définition de la thérapie de conversion, dans le projet de loi C-6, est tellement vaste qu’elle s’appliquerait à ce genre de conversation.
    J’espère que nous ne serons jamais poursuivis pour avoir donné un simple conseil de ce genre à un ami homosexuel, mais supposons que ce même conseil ait été donné par un mentor ou un conseiller à une jeune personne. Il n’est pas rare, je pense, que des parents ou des mentors donnent des conseils à des jeunes au sujet de la nécessité d’être fidèle, de ne pas avoir trop de partenaires sexuels, d’attendre avant d’avoir une vie sexuelle, etc. Quand j’étais jeune, il m’est arrivé de recevoir ce genre de conseil. Mais aujourd’hui, si ce conseil était donné à un homosexuel, il constituerait une pratique visant à modifier le comportement sexuel d’un non-hétérosexuel, ce qui serait contraire à la loi.
    Pour résumer, nous avons deux définitions différentes de la thérapie de conversion: la définition traditionnelle, qui est la bonne définition; et la définition inexacte du projet de loi C-6, qui élargit les « thérapies de conversion » aux conversations ordinaires qui, comme celle que je viens de décrire, ne sont pas toujours des choses qu’une personne raisonnable voudrait voir interdire.
    Face à ce problème auquel il est facile de remédier, les Canadiens ont commencé à réagir, et mon bureau a lancé une pétition afin de modifier la définition. Modifiez la définition et nous pourrons tous appuyer le projet de loi.
    Récemment, des députés d’autres partis ont essayé de faire des procès d’intention à ceux qui contestent la définition. Ils prétendent que nous cherchons simplement des excuses pour voter contre le projet de loi. À ceux qui nous attaquent de cette façon je dis: « Prenez-nous au mot! » S’ils pensent que nous cherchons des excuses pour voter contre le projet de loi, pourquoi n’acceptent-ils pas les amendements raisonnables que nous avons proposés, et ils verront bien ce qui arrivera?
    Je n’aime pas donner des conseils politiques au gouvernement, mais si les libéraux pensent que des députés veulent vraiment s’opposer à une interdiction des thérapies de conversion, ils devraient s’efforcer de résoudre les problèmes que pose la définition, car, de cette façon, ceux qu’ils accusent de s’opposer au projet de loi n’auraient plus d’excuses. Si le gouvernement acceptait nos amendements raisonnables, ceux qu’ils accusent de s’opposer au projet de loi n’auraient plus d’excuses.

  (1615)  

    Si les libéraux acceptaient nos amendements, le projet de loi serait adopté à l’unanimité. Je pense qu’ils en sont parfaitement conscients, mais qu’ils préfèrent conserver les problèmes que pose la définition pour en faire un levier politique. Malheureusement, cela risque de nuire gravement aux droits et libertés des Canadiens, et plus précisément à leur liberté d’échanger des opinions sur le sexe et les relations sexuelles, même en privé.
    Quand ce projet de loi a été mis aux voix en seconde lecture, j’ai pris la décision de m’abstenir. C’était une décision difficile, car, de façon générale, je n’aime pas m’abstenir. J’ai travaillé fort pour être élu, et personne ne peut voter à ma place au nom des Canadiens de ma circonscription.
    Cependant, il arrive qu'il soit particulièrement difficile de voter à l'étape de la deuxième lecture étant donné que ce vote porte généralement sur le principe ou les objectifs d'un projet de loi alors qu'à l'étape de la troisième lecture, le vote porte sur la version définitive. Pour ceux qui nous regardent et ne connaissent pas bien le processus législatif, je précise que chaque projet de loi fait l'objet d'un débat à l'étape de la deuxième lecture, puis d'un vote qui porte sur le principe général du projet de loi. Ensuite, le projet de loi est retravaillé en comité, puis il revient à la Chambre des communes pour faire l'objet d'un débat et d'un vote à l'étape de la troisième et dernière lecture. Les députés doivent alors se prononcer non seulement sur l'intention du projet de loi, mais aussi sur sa substance et son libellé.
    Il est assez simple de porter un jugement à l'étape de la troisième lecture, parce qu'il s'agit de tenir compte du projet de loi dans sa version définitive. Cependant, pour porter un jugement sur l'objectif d'un projet de loi à l'étape de la deuxième lecture, il faut évaluer l'intention non dite du gouvernement. Suis-je d'accord avec le but que semble viser le gouvernement, en dépit des lacunes techniques de la mesure législative, de telle sorte que je l'appuierai dorénavant, ou dois-je déduire que les lacunes du projet de loi sont intentionnelles et témoignent de la volonté du gouvernement de rédiger le projet de loi de manière vague?
     Il est parfois impossible de savoir quelles sont les véritables visées d'un projet de loi sans pouvoir lire dans les pensées. Ainsi, puisque je ne connaissais pas la véritable intention du gouvernement, sachant l'importance d'interdire les thérapies de conversion, mais n'étant pas convaincu que la définition imparfaite n'était qu'une simple erreur de rédaction, j'ai décidé de m'abstenir de participer au vote, en espérant avoir l'occasion de voter à l'étape de la troisième lecture, après l'étude en comité.
    J'espérais que les choses s'arrangeraient. J'espérais que les déclarations faites à l'étape de la deuxième lecture, selon lesquelles on voulait faire les choses correctement et dissiper les ambiguïtés, étaient sincères. Lors du renvoi au comité, le projet de loi a considérablement soulevé l'attention et l'intérêt du public, si bien que le comité a reçu près de 300 mémoires de divers intervenants et de citoyens inquiets. Hélas, les libéraux qui siègent au comité de la justice ont bafoué le processus en refusant d'accorder au comité suffisamment de temps pour lire ces mémoires et tenir compte de préoccupations raisonnables, et en présentant à la dernière minute des amendements qui rendent la définition encore plus problématique.
    À cette étape, alors que divers amendements étaient envisagés, les députés conservateurs ont présenté des amendements raisonnables visant à rectifier la définition. Ces amendements ont été rejetés par les libéraux et les néo-démocrates qui, durant le processus, ont dévoilé leurs véritables intentions. En particulier, j'ai retenu les observations du député d'Etobicoke—Lakeshore en réponse aux amendements réfléchis présentés par les conservateurs.
    Les conservateurs ont proposé un amendement qui tire son libellé directement du site Web du ministère de la Justice et qui précise que la définition des thérapies de conversion ne s'appliquerait pas « à l'expression d'opinions sur l’orientation sexuelle, les sentiments sexuels ou l’identité de genre, comme lorsque des enseignants, des conseillers scolaires, des conseillers pastoraux, des chefs religieux, des médecins, des professionnels de la santé mentale, des amis ou des membres de la famille fournissent du soutien aux personnes qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle, leurs sentiments sexuels ou leur identité de genre ». Cet amendement aurait permis de régler une grande partie des problèmes liés à la définition. Cependant, lorsqu'il a été proposé, le député d'Etobicoke—Lakeshore a dit ceci: « Je crains que l'amendement n'aille à l'encontre de l'objet du projet de loi ».
    Je répète: lorsque les conservateurs ont proposé un amendement à l'étape finale de l'étude en comité qui visait simplement à préciser dans la définition que les thérapies de conversion ne s'appliqueraient pas « à l'expression d'opinions sur l'orientation sexuelle, les sentiments sexuels ou l'identité de genre », un député libéral a admis que l'adoption de cet amendement irait à l'encontre de l'objet du projet de loi.
    Je pensais que l'objet du projet de loi était d'interdire les thérapies de conversion, et non de restreindre l'expression d'opinions personnelles sur des questions liées à la sexualité. Le gouvernement a toutefois clairement admis que la restriction de l'expression des opinions constitue au moins une partie de l'objet de ce projet de loi.
    Je tiens à saluer l'excellent travail des députés conservateurs du comité de la justice, mais aussi celui du député de Rivière-du-Nord, le député bloquiste du comité. Je me doute qu'il y a de nombreuses questions sur lesquelles nous sommes en désaccord, mais je sais qu'il a pris très au sérieux son rôle au sein du comité pour étudier et améliorer le projet de loi.
    C'est le député de Rivière-du-Nord qui a fait remarquer, au début de l'étude article par article, que le comité avait reçu des centaines de mémoires de la part de membres du public qui n'avaient été traduits et distribués que la veille. Il a souligné qu'il aurait fallu faire preuve de respect envers les citoyens qui avaient présenté ces mémoires en repoussant l'étude article par article d'une réunion, ce qui aurait permis aux membres du comité d'examiner les mémoires et d'intégrer les idées qu'ils contenaient. Les conservateurs ont appuyé la motion du député bloquiste visant à donner aux membres le temps d'examiner les mémoires qui avaient été présentés. La motion a été rejetée par les libéraux et le NPD, qui ont insisté pour procéder à l'étude article par article sans examiner les mémoires.
    Je souligne que bien que le comité de la justice ait étudié le projet de loi puis l'ait renvoyé à la Chambre ce jour-là, le gouvernement a attendu jusqu'à la semaine dernière, soit plus de cinq mois après l'adoption du projet de loi par le comité, avant de prévoir une journée complète de débat sur celui-ci. Repousser l'étude article par article pour permettre à tous les députés de tenir compte de ce que la population avait à dire, comme le député de Rivière-du-Nord avait proposé que l'on fasse, n'aurait donc pas créé le moindre retard.
    En fait, le gouvernement a voté contre cela parce qu'il ne voulait pas prendre connaissance des suggestions constructives mises de l'avant par les centaines de Canadiens et d'organisations canadiennes qui avaient pris le temps de soumettre des mémoires et des renseignements au comité. Après le rejet de la motion du Bloc, le gouvernement a collaboré avec le NPD, puis présenté un amendement qui a grandement embrouillé la définition et qui l'a rendue moins claire.

  (1620)  

    L'amendement proposé sans préavis par les libéraux a ajouté l'idée que la thérapie de conversion comprenait les efforts pour réduire toute expression de genre non cisgenre. Que constitue l'expression de genre non cisgenre? Je me permets de citer directement l'intervention du député de Rivière-du-Nord au comité. Il a dit...
    Un instant. Quelqu'un invoque le Règlement.

[Français]

    L'honorable député de Drummond a la parole.
    Madame la Présidente, je souhaite intervenir parce que nous parlons souvent de la valeur que nous accordons au travail des interprètes.
    Si mon collègue ralentissait légèrement son débit, cela donnerait aux interprètes la chance de pouvoir faire leur travail plus aisément et avec, peut-être, davantage de précision. Cela nous permettrait de mieux suivre le discours de notre collègue.

  (1625)  

    Il est très important que nous puissions avoir l'interprétation. Je dois donc appuyer la demande qui vient d'être faite et demander à l'honorable député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan de ralentir le débit de son discours, puisque cela est très important pour les interprètes.
    J'en profite pour rappeler à tous les députés qui ont un discours écrit d'en envoyer une copie aux interprètes. Cela les aide à suivre plus attentivement ce qui est dit.
    L'honorable député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'interviens au sujet du même rappel au Règlement. Je comprends la situation. Par ailleurs, serait-il possible de m'indiquer combien de temps il me reste car cela me permettrait d'ajuster mon débit en conséquence? Quoi qu'il en soit, je conviens qu'il est judicieux de fournir le texte aux interprètes et c'est précisément ce que j'ai fait dans le présent cas.
    Le député dispose de quatre minutes et demie. Le recours au règlement n'a pas empiété sur son temps de parole. Je souligne au député qu'il ne faut pas ralentir le débit uniquement pour l'interprétation. Il peut être très difficile pour les téléspectateurs de suivre si le député parle trop vite. Il est important de parler à un rythme soutenu mais pas rapide au point d'être impossible à suivre. Je suis convaincue que le député souhaite que tout le monde puisse entendre et comprendre ce qu'il dit.
    Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.
    Madame la Présidente, j'apprécie la remarque et je vais maintenant poursuivre mon discours.
    Je citais les propos du député de Rivière-du-Nord au sujet de l'ajout de la référence à l'expression de genre non cisgenre. Voici ce qu'il a dit:
     Sur le site du ministère de la Justice, on dit que « l'expression de genre est la manière dont une personne exprime ouvertement son genre. Cela peut inclure ses comportements et son apparence, comme ses choix vestimentaires, sa coiffure [...] » J'en comprends que, si je reprends le texte de la définition d'une thérapie de conversion, le projet de loi aurait pour effet d'interdire une pratique, un traitement ou un service visant à réprimer cela.
    Voici l'exemple qui me vient en tête. Disons qu'un petit garçon de 8 ans, le matin avant d'aller à l'école, décide de porter une robe. Peut-être que sa mère dira oui, peut-être qu'elle dira non. Quoi qu'il en soit, si nous retenons cette définition, la mère qui dirait à son fils qu'elle ne veut pas qu'il porte une robe et qui l'obligerait à porter un pantalon commettrait un acte criminel. C'est la définition que nous nous apprêtons à adopter, et j'y vois un problème.
    Le même député ajoutait plus tard:
    Je m'en confesse, comme parent, il m'est déjà arrivé de dire à ma fille qu'elle ne devrait pas se maquiller autant. Selon ce que je comprends, en faisant cette pratique — je pense effectivement qu'on peut considérer cela comme une pratique —, j'aurais commis un acte criminel. Je suis certain que personne ne veut cela.
    Malgré les graves préoccupations soulevées au sujet du nouvel élargissement et du manque de précision de la définition, l'amendement sur l'expression du genre a été adopté par le comité par un vote de six contre cinq.
    Le comité a renvoyé à la Chambre un projet de loi qui est bien pire que celui qui lui avait été envoyé. En effet, le projet de loi indique plus clairement que tout traitement, pratique ou service, donc tout effort visant à réduire tout comportement sexuel non hétérosexuel ou toute expression de genre non cisgenre — donc, tout ce qui correspond à des conseils sur les activités sexuelles et romantiques et à des conversations sur la tenue vestimentaire et le maquillage — pourrait maintenant très facilement constituer une violation du droit pénal.
    La définition aurait pu facilement être corrigée, mais je pense que c'est pour des raisons politiques que le gouvernement a choisi de ne pas le faire, car s'il l'avait corrigée, le projet de loi aurait obtenu l'appui unanime de la Chambre, ce qui aurait privé le gouvernement de l'occasion d'utiliser la question pour semer la discorde sur le plan politique.
    Au bout du compte, sans égard à l’évaluation faite de l’intention du gouvernement ou de sa stratégie politique dans ce cas-ci, nous en sommes maintenant à la troisième lecture du projet de loi et nous votons sur son texte définitif. Nous ne votons pas sur les aspirations ni les intentions, ou sur une réponse à la thérapie de conversion, comme le terme a été défini traditionnellement. Nous votons sur une mesure législative qui ferait en sorte que de nombreux types de conversations privées, de counseling, de conseils sur le sexe, les relations ou tout autre sujet touchant l’expression de genre seraient visés par le Code criminel. C’est foncièrement inacceptable dans une société libre.
    Dans sa forme définitive, le projet de loi C-6 est mauvais. Je vais voter contre lui, et j’incite mes collègues à faire de même. Les Canadiens sont, à juste titre, déçus par le jeu politique des libéraux, qui refusent de travailler de manière constructive avec les autres partis pour combler les lacunes du projet de loi. Il est évident que les libéraux tentent de marquer les divisions politiques, au lieu de présenter un bon projet de loi. Ce choix aura pour conséquence, si le projet de loi est adopté, d'entraver la liberté de tous les Canadiens au moment d’avoir des conversations sur le sexe et les relations. Ces conversations diffèrent grandement de la thérapie de conversion. Or, elles sont incluses dans la définition actuelle de thérapie de conversion.
    Des députés ministériels se sont efforcés à maintes reprises d'imposer un faux dilemme dans le cadre du débat. En effet, selon eux, il faut adopter le projet de loi dans sa forme actuelle et criminaliser la thérapie de conversion, certes, mais aussi plusieurs autres choses qui n’ont aucun lien avec la thérapie de conversion. Sinon, nous ne l’adoptons pas et nous n’interdisons pas la thérapie de conversion.
    C’est un faux dilemme. C’est un faux dilemme que le gouvernement a lui-même créé. Il existe une solution de rechange, que les conservateurs et d’autres députés demandent depuis le début de cette conversation, soit une interdiction claire de la thérapie de conversion et une définition définitive qui exclut clairement les conversations privées, c'est-à-dire les conversations au cours desquelles les gens expriment leurs opinions au sujet du comportement sexuel.
    Nous pouvons prévoir des exclusions précises qui sont conformes aux modifications raisonnables proposées en comité. Nous pourrons ainsi terminer le travail, adopter le projet de loi et aller de l’avant rapidement. C'est ce que tout le monde devrait souhaiter. Or, le gouvernement offre un faux dilemme pour des raisons politiques. Il nous faut rejeter ce faux dilemme. Nous devons améliorer la définition. À mon avis, il est encore temps. Il est encore temps pour les partis, dans le cadre de la présente législature, de collaborer afin de revoir la définition et adopter une interdiction claire et exhaustive de la thérapie de conversion qui ne restreint pas les droits et libertés des personnes à avoir des conversations au sujet du comportement sexuel.

  (1630)  

    Madame la Présidente, selon moi du moins, la majorité des personnes qui refusent d’interdire la thérapie de conversion sont les plus susceptibles de penser que l’identité sexuelle de chacun fait l’objet d’un choix. Je me demande si le député peut indiquer ce qu’il pense de la situation. Croit-il qu’une personne naît avec une certaine identité? Croit-il plutôt que l'identité sexuelle d'une personne est un choix qu’elle fait pendant sa vie?
    Madame la Présidente, j’affirme sans hésiter que l’identité n’est pas un choix. Je ne l’ai pas appris par expérience personnelle, mais c’est ce que des amis m’ont dit, et je les crois tout à fait.
    C'est toutefois avec réticence que je réponds au député de Kingston et les Îles, qui ne cesse de poser des questions pièges aux députés concernant leurs vues personnelles de ce genre de choses. J’ai répondu à la question. J’étais d’accord pour le faire, mais j’invite le député à cesser de poser des questions pièges et à se concentrer plutôt sur le texte du projet de loi. Il ne peut pas se contenter de répéter comme un perroquet les rengaines du gouvernement. Il a la responsabilité d'examiner sérieusement la substance et les conséquences du texte de loi sur lequel il va être appelé à voter. Je l’encourage à assumer pleinement son rôle, à prendre le temps d’approfondir le projet de loi et à se demander sérieusement s'il est prêt à appuyer quelques-uns des amendements raisonnables proposés par les conservateurs et d’autres partis pour améliorer la définition, dégager un consensus et faire avancer le projet de loi.

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai une question toute simple.
    D'abord, cela me dérange qu'on parle encore de certaines spécificités alors que tout est tellement clair. Nous en avons parlé pendant des heures et avons démontré le bien fondé de ce projet de loi. Les détails que j'entends sont beaucoup tirés par les cheveux. Les consultations ont eu lieu. Nous sommes rendus à cette étape et une majorité est d'accord. Cela presse, parce que nos concitoyens se demandent comment il se fait que ce projet de loi n'a pas encore été adopté.
     J'aimerais savoir si mon collègue a vu le film Boy Erased qui est sorti en 2018 et qui porte sur les thérapies de conversion dont il est question dans le projet de loi. S'il ne l'a pas vu, pense-t-il le regarder?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je n’ai pas vu le film dont la députée vient de parler. Je la remercie de sa recommandation, et je vais essayer de le voir dès que possible. Je suppose qu’il s’agit de l’histoire d’une personne qui a vécu une thérapie de conversion.
    J’aimerais dire à la députée, comme je l’ai déjà dit auparavant, que lorsque ce sujet a été soumis à la discussion, j’ai commencé par lire les témoignages de personnes qui avaient fait l’objet de thérapies de conversion. Je me souviens de l’histoire d’une jeune femme qu’on avait obligée de marcher avec un sac à dos rempli de pierres. Il y avait d’autres aspects de cette histoire que j’avais trouvé particulièrement émouvants, et c’est ce qui m’a convaincu qu’il fallait interdire les thérapies de conversion. Je crois sincèrement et je l’ai dit à de nombreuses reprises. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé au gouvernement de nous présenter un projet de loi qui règle tous ces détails afin que nous puissions l’appuyer.
    La députée a soulevé plusieurs questions au sujet de ces détails. Je lui signale que son collègue bloquiste qui siège au comité a soulevé les mêmes questions. J’ai déjà parlé abondamment du travail excellent qui a été accompli par ce député bloquiste. Je comprends très bien les répercussions politiques que peut avoir, pour le Bloc, le faux dilemme devant lequel le gouvernement essaie de nous placer, mais il ne faut pas se laisser prendre au piège. Travaillons ensemble pour régler les problèmes que pose le projet de loi. Penchons-nous sur des amendements constructifs dans le but d’interdire les thérapies de conversion tout en réglant les problèmes que pose la définition.

  (1635)  

    Madame la Présidente, mon collègue a dit que, en raison de la discussion sur le projet de loi C-6, on lui a demandé de corriger la définition, et une page Web a été créée.
    Pourrait-il indiquer comment d'autres Canadiens ont réagi?
    Madame la Présidente, il est très intéressant de discuter de cette question avec des gens qui peuvent parfois avoir des allégeances politiques différentes. Je me souviens d'une conversation que j'ai eue avec une résidante de ma circonscription qui m'a téléphoné lorsqu'elle a appris que j'avais des inquiétudes au sujet du projet de loi C-6. Au départ, elle était très inquiète. Nous avons discuté pendant près d'une demi-heure. Par la suite, elle a dit: « Ce que vous dites est parfaitement raisonnable. Pourquoi le gouvernement ne corrige-t-il pas simplement la définition? » J'ai répondu: « J'espère qu'il le fera. »
    La question n'était pas et n'est toujours pas de savoir si on est d'accord ou non. Des gens de toutes les allégeances politiques ont différents avis sur la question, mais nous pouvons tous nous entendre et interdire les thérapies de conversion si nous corrigeons la définition et si nous réglons certains détails techniques importants sur lesquels nous devons nous pencher. Ensuite, nous pourrons tous aller de l'avant.
    Madame la Présidente, je ne peux pas laisser passer un autre discours qui déforme grossièrement les faits du projet de loi C-6 sans faire de commentaires.
    Le discours du député le fait de deux façons. Premièrement, il associe les conversations à une pratique, un traitement ou un service. Or, il n'y a aucune raison pour faire une telle association. Il ne peut citer aucun cas de jurisprudence où une conversation est traitée comme une pratique, un traitement ou un service.
    Deuxièmement, il déforme la définition incluse dans le projet de loi en tentant de créer une division entre l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne et la façon dont elle vit sa vie, c'est-à-dire la façon dont elle se comporte. Si le député souhaite parler à des cliniciens, ils peuvent lui expliquer comment la répression de l'orientation sexuelle et la répression de l'identité de genre sont devenues des aspects fondamentaux des thérapies de conversion au fil du temps.
    Il s'agit vraiment d'une déformation du projet de loi. Je ne vais pas avancer d'hypothèses sur les motifs du député.
    Madame la Présidente, il est évident que nous ne nous entendrons pas sur cette question, mais je suis heureux d'avoir l'occasion de travailler avec le député sur d'autres dossiers, comme la situation au Tibet.
    Je n'adhère pas à son interprétation de la mesure législative. Le député souligne avec raison que, dans la mesure législative, il est question de traitement, de pratique ou de service. Ce qui est particulièrement préoccupant, c'est le mot « pratique », qui n'a pas encore été défini dans le Code criminel. Comme l'a souligné le député du Bloc lors des travaux du comité, un principe de droit veut que le législateur ne parle pas pour ne rien dire. Quand on parle de traitement, de pratique ou de service, on peut supposer qu'une pratique n'est ni un traitement ni un service. Or, le mot « pratique » n'est pas défini.
    Pour répondre aux observations du député au sujet de la distinction entre l'identité et le comportement, je dirais simplement qu'il y a des cas où une personne peut recevoir des conseils, comme un adolescent qui est conseillé par ses parents à propos de certains aspects de son comportement sexuel qu'il devrait modérer, sans toutefois nier son identité ou essayer de la changer. À mon avis, donner des conseils à un jeune au sujet de certains aspects de son comportement sexuel n'est pas du tout la même chose que de dire à quelqu'un que son identité est fondamentalement inacceptable. Ce sont deux choses très différentes, et il faut faire la distinction.
    Madame la Présidente, j'ai une autre question pour le député au sujet de la définition. Je me rappelle que durant une séance du comité, des experts ont dit qu'ils s'inquiètent que le projet de loi favorise une approche uniquement fondée sur l'affirmation à l'égard des jeunes transgenres. Après avoir fait une brève recherche, j'ai appris que de plus en plus de personnes s'identifient comme transgenres. Certains pays, comme le Royaume-Uni, s'inquiètent de cette situation. Par exemple, sur une période de sept ans, le nombre de personnes qui se disent transgenres a augmenté de 4 000 % au Royaume-Uni. La ministre des Femmes et de l'Égalité du Royaume-Uni a demandé une étude pour connaître les causes de cette augmentation rapide. Elle soupçonne que les médias sociaux et l'enseignement de la philosophie transgenre dans le système d'éducation pourraient avoir eu une influence.
    Pourquoi la définition incluse dans le projet de loi ne tient-elle pas compte de cette augmentation? Cette définition pourrait même entraîner un effet dissuasif pour les professionnels du counseling qui cherchent des mesures d'aide adéquates.

  (1640)  

    Madame la Présidente, j'hésite à me prononcer sur certains détails présentés par le député, car je ne peux pas les confirmer. Je ne doute pas de sa sincérité. Certains des chiffres et des exemples qu'il a fournis par rapport à d'autres pays ne sont sincèrement pas des données sur lesquelles je suis prêt à me prononcer, surtout en ce qui a trait à leur substance.
    Je dirai toutefois qu'il y a une différence entre être en désaccord avec le point de vue de quelqu'un ou encore le trouver répréhensible, puis affirmer qu'une personne devrait faire l'objet de poursuites criminelles en raison de son point de vue. Vu le libellé actuel de la définition, son manque de clarté par rapport à ce qui peut constituer une pratique, toute discussion relative au comportement sexuel — un sujet qui fait bel et bien l'objet de conservations — pourrait devenir source de poursuites criminelles. Nous devrions interdire les thérapies de conversion, mais en les définissant adéquatement, et nous pouvons le faire en corrigeant le libellé de la définition.

[Français]

    L'honorable leader à la Chambre de l'opposition officielle invoque le Règlement.

Privilège

La non-conformité alléguée du gouvernement à un ordre de la Chambre  

[Privilège]
    Madame la Présidente, c'est une question de privilège.

[Traduction]

    Dans la foulée de mon préavis d'une heure d'après l'article 48 du Règlement sur le rapport fait à la Chambre plus tôt aujourd'hui, le gouvernement ne s'est pas conformé à l'ordre de la Chambre adopté mercredi dernier, le 2 juin. Cette situation est aussi décevante que troublante et mine les fondements du Parlement, l'une des plus anciennes assemblées démocratiques toujours en fonction dans le monde.

[Français]

    Comme le Président Milliken l'a si clairement exprimé en 2010, vous êtes dans une sérieuse impasse. Comme votre estimé prédécesseur l'a dit le 27 avril 2010, à la page 2042 des débats, lors des décisions largement saluées, « Les questions dont nous sommes saisis remettent en question le fondement même de notre régime parlementaire. Dans un régime de gouvernement responsable, le droit fondamental de la Chambre des communes d'obliger le gouvernement à rendre compte de ses actes est un privilège incontestable et, en fait, une obligation. »
    L'obligation actuelle provient de la motion de l'opposition adoptée mercredi après-midi. Elle est enregistrée aux pages 1023 et 1024 des Journaux, et les principaux éléments de cette motion relative à cette question de privilège indiquent:
    Qu'un ordre de la Chambre soit donné en vue de l'obtention de la version non caviardée de tous les documents produits par l'Agence de la santé publique du Canada en réponse aux ordres du 31 mars 2021 et du 10 mai 2021 du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes en ce qui concerne le transfert des virus de l'Ebola et de l'Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan en mars 2019, ainsi que la révocation subséquente des habilitations de sécurité des docteurs Xiangguo Qiu et Keding Cheng, et leur licenciement, pourvu que:
a) ces documents soient déposés auprès du légiste et conseiller parlementaire, dans les deux langues officielles, dans un délai de 48 heures suivant l'adoption du présent ordre;
b) le légiste et conseiller parlementaire en informe ensuite immédiatement le Président, qui devra informer immédiatement la Chambre s'il est convaincu que les documents...
    L'honorable député de Kingston et les Îles souhaite invoquer le Règlement à propos de la question de privilège.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je sais qu'il n'est pas très orthodoxe d'invoquer le Règlement pendant qu'une question de privilège est soulevée, mais l'interprète nous fait savoir que le député va trop vite, ce qui l'empêche d'interpréter correctement ses propos. C'est la preuve que j'écoute très attentivement.

[Français]

    Je demanderai à l'honorable député de parler plus lentement. Nous avons eu un rappel au Règlement à ce sujet, plus tôt. Si le document envoyé aux interprètes n'est pas bilingue, les interprètes ont besoin d'un peu plus de temps pour faire leur travail.
    Je demande donc aux députés d'adopter un rythme raisonnable pour permettre la meilleure interprétation possible et afin que tout le monde puisse participer, entendre et comprendre.
    L'honorable leader à la Chambre de l'opposition officielle a la parole.
    Madame la Présidente, vous avez tout à fait raison.
    Je remercie mon vaillant collègue de Kingston et les Îles et je tiens à saluer sa participation tout à fait exemplaire au cours des derniers mois.
    Je profite de l'occasion pour rendre hommage à tous les interprètes, qui travaillent dans des conditions très difficiles. Tout à l'heure, mon collègue de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup a rappelé que les interprètes ont une fonction extrêmement délicate, et ce, dans des circonstances difficiles. Nous le reconnaissons, et je salue leur contribution et leur concours à nos travaux parlementaires.

  (1645)  

[Traduction]

    Je reviens à mon texte. J'ai quelques phrases à citer aujourd'hui. Je vais reprendre la lecture de l'ordre qui a été adopté par la Chambre il y a quelques jours.

[Français]

    Je reprends la lecture.
b) le légiste et conseiller parlementaire en informe ensuite immédiatement le Président, qui devra informer immédiatement la Chambre s’il est convaincu que les documents ont été produits comme il a été ordonné;
    Madame la Présidente, vous avez bien entendu informé la Chambre, comme le prévoit le paragraphe b) de cet ordre, que les documents n'avaient pas été fournis tel qu'il avait été qu'ordonné.
    Pour que l'ensemble de la Chambre ait le contexte complet des documents requis, qu'on me permette de préciser le cadre de cet ordre.
    Quand le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes a été formé le 10 décembre 2019, à la suite de la motion présentée par le chef de l'opposition officielle, il a été établi comme l'indique la page 28 des Jounaux, « que le Comité dispose de tous les pouvoirs que le Règlement confère aux comités permanents ».
    Plus précisément, l'article 108(1)a) du Règlement confère aux comités permanents entre autres choses le pouvoir de « convoquer des personnes et [d']exiger la production de documents et dossiers ».
    Ce pouvoir a été renouvelé quand le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes a été rétabli par le paragraphe q) de l'ordre spécial adopté le 23 septembre 2020, comme l'indique la page 4 des Journaux.
     Le 22 mars de cette année, Iain Stewart, le président de l'Agence de la santé publique du Canada, a témoigné devant le comité spécial. Sous les questions soutenues des honorables députés de Wellington—Halton Hills, Montarville, St. John’s-Est, Sherwood Park—Fort Saskatchewan et Nouveau-Brunswick-Sud-Ouest, M. Stewart a refusé de fournir des réponses concrètes ou significatives sur la teneur de l'ultime ordre de la Chambre, et ses réponses étaient des variantes d'une déclaration selon laquelle il ne pouvait pas fournir de détails.
    En réponse, le comité spécial a adopté l'ordre suivant lors de cette réunion:
    Que le président de l'Agence de la santé publique du Canada fournisse une réponse écrite pour toutes les questions soulevées dans le cadre de la réunion de ce soir concernant le congédiement de deux scientifiques du Laboratoire national de microbiologie du Canada et que la réponse soit envoyée à la greffière du Comité, au plus tard à 14 h 00 (HAE) le vendredi 26 mars 2021.
     M. Stewart a répondu par une lettre insatisfaisante. Plus précisément, il a dit que la Loi sur la protection des renseignements personnels l'empêchait de divulguer à un comité parlementaire l'information qu'il demandait.
    Par la suite, le comité spécial a consulté le légiste et conseiller parlementaire sur ses pouvoirs et les implications de la Loi sur la protection des renseignements personnels. Sur son conseil, le 31 mars, le comité spécial a adopté la motion suivante, dont il est question dans l'ordre de la Chambre de la semaine dernière:
    Que le Comité exige la production de renseignements et documents que possède l'Agence de la santé publique du Canada ou toute organisation subsidiaire concernant le transfert des virus Ebola et Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan en mars 2019 ainsi que la révocation subséquente des cotes de sécurité et le congédiement de la Dre Xiangguo Qiu et de Keding Cheng, à condition que:
(a) ces documents soient déposés auprès du légiste et conseiller parlementaire, sous une forme non expurgée, dans les 10 jours suivant l'adoption du présent ordre;
    
b) Le légiste et conseiller parlementaire discute avec le Comité, lors d'une réunion à huis clos, de tous les renseignements obtenus qui pourraient, selon lui, compromettre la sécurité nationale ou divulguer des détails d'une enquête criminelle en cours, mise à part l'existence d'une enquête, afin que le Comité puisse déterminer quels renseignements peuvent être dévoilés lors d'une réunion publique;
    
c) dans l'éventualité où l'Agence de la santé publique du Canada ne fournit pas les documents non expurgés dans le délai prévu de 20 jours, le président de l'Agence de la santé publique du Canada et le directeur général scientifique par intérim du Laboratoire national de microbiologie comparaissent pendant trois heures devant le comité, dans les 27 jours suivants l'adoption de la présente motion, afin d'expliquer pourquoi les documents n'ont pas été fournis.
    Le 20 avril, le légiste a reçu environ 267 pages de l'Agence de la santé publique du Canada avec divers caviardages qui n'étaient pas autorisés par le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes. De plus, 279 pages supplémentaires avaient été complètement caviardées. À sa réunion du 26 avril, le Comité spécial a adopté la motion suivante en réponse aux documents fournis par l'Agence, soutenant qu'il n'était pas satisfait de la réponse de cette dernière:
    — Que, conformément à la motion adoptée par ce Comité le mercredi 31 mars 2021: « [...] c) dans l'éventualité où l'Agence de la santé publique du Canada ne fournit pas les documents non expurgés dans le délai prévu de 20 jours, le président de l'Agence de la santé publique du Canada et le directeur général scientifique par intérim du Laboratoire national de microbiologie comparaissent pendant trois heures devant le comité, dans les 27 jours suivants l'adoption de la présente motion, afin d'expliquer pourquoi les documents n'ont pas été fournis », le Comité invite donc le président de l'Agence de la santé publique du Canada et le directeur général scientifique à comparaître le plus tôt possible.
    Le 10 mai, M. Stewart a de nouveau comparu devant le Comité spécial. Il a continué à refuser de fournir l'information demandée et, en raison du refus continu de coopérer de l'Agence, le Comité spécial a adopté cette motion, proposée à l'origine par la députée libérale de Cumberland—Colchester, dont il a aussi été question dans l'ordre de la Chambre du 2 juin, et je cite:
    Que les documents non-expurgés de l’Agence de santé publique du Canada soient remis au légiste et conseiller parlementaire dans les 10 jours qui suivent pour qu’il en évalue la teneur et, si les documents ne sont pas fournis, que le comité fasse rapport à la Chambre de ce qui suit: Votre Comité recommande qu'un ordre de la Chambre soit émis pour tous les renseignements et tous les documents, sous le soin, la garde ou le contrôle de l'Agence de la santé publique du Canada et organisations subsidiaires, concernant le transfert des virus Ebola et Henipah à l'Institut de virologie de Wuhan en mars 2019, la révocation subséquentes des cotes de sécurité et le congédiement de la Dre Xiangguo Qiu et Keding Cheng, prévoyant que : (a) ces les documents soient déposés, dans les deux langues officielles, auprès du légiste et conseiller parlementaire au plus tard deux semaines après l'approbation de cette recommandation par la Chambre; (b) le légiste et conseiller parlementaire discute avec le Comité, lors d’une réunion à huis clos, de tous les renseignements obtenus qui pourraient, selon lui, compromettre la sécurité nationale ou divulguer des détails d’une enquête criminelle en cours, mise à part l’existence d’une enquête, afin que le Comité puisse déterminer quels renseignements peuvent être dévoilés lors d’une réunion publique.
    Le deuxième ordre du Comité n'a pas été respecté de façon satisfaisante, comme on peut le conclure par le fait que la recommandation comprise dans cette motion a été ultérieurement présentée à la Chambre dans le troisième rapport du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, le 26 mai.
    Nous avons maintenant un troisième ordre et, cette fois, il s'agit d'un ordre de la Chambre des communes du Canada, lequel n'a pas été respecté par l'Agence de la santé publique du Canada.

  (1650)  

[Traduction]

    Au baseball, on dit qu'après trois prises, le frappeur est retiré au bâton. Or, il ne s'agit pas d'un jeu, mais des pouvoirs fondamentaux dont la Chambre des communes est investie depuis longtemps et qui lui permettent de jouer le rôle de grand enquêteur de la nation. Le gouvernement libéral défie ce pouvoir, le balaie du revers de la main et s'en moque ouvertement. En un mot, il traite la Chambre avec mépris.
    À la page 137 de La procédure et les usages de la Chambre des communes, troisième édition se trouve l'explication suivante:
    Selon le préambule et l'article 18 de la Loi constitutionnelle de 1867, le Parlement jouit du droit de procéder à des enquêtes, d'exiger la comparution de témoins et d'ordonner la production de documents, des droits essentiels à son bon fonctionnement. Ces droits sont d'ailleurs aussi anciens que le Parlement lui-même.
    Pour montrer à la Chambre que ce pouvoir remonte loin, je lui rappelle qu'Erskine May avait considéré le sujet clos dès la première édition de son traité éponyme sur la procédure parlementaire, publié en 1847. À la page 309 se trouve le passage suivant: « Le Parlement, dans l'exercice de ses diverses fonctions, est investi du pouvoir d'ordonner le dépôt de tous les documents nécessaires à son information. »

  (1655)  

[Français]

    Quant à la portée de ce pouvoir, Bosc et Gagnon citent favorablement la page 190 de l'ouvrage de Joseph Maingot intitulé Le privilège parlementaire au Canada, deuxième édition:
    La seule limitation que la Chambre pourrait elle-même s'imposer serait que l'enquête doive se rapporter à un sujet relevant de la compétence législative du Parlement, en particulier lorsque des témoins doivent être entendus et qu'on envisage de recourir à la compétence pénale du Parlement. Cette restriction est conforme au droit des Chambres du Parlement de convoquer une personne et de l'obliger à témoigner sur un sujet relevant de leur compétence respective.
    Bosc et Gagnon vont d'ailleurs plus loin, aux pages 984 et 985, sur la portée du pouvoir de la Chambre de demander des documents.
    Le libellé du Règlement ne circonscrit pas les contours du pouvoir d'exiger la production de documents et de dossiers. Il en résulte un pouvoir général et absolu qui ne comporte a priori aucune limitation. La nature des documents qui sont susceptibles d'être exigés est indéfinie, les seuls préalables étant qu'ils soient existants, peu importe qu'ils soient en format papier ou électronique, et qu'ils soient au Canada [ou ailleurs]. Il peut s'agir de documents et de dossiers qui émanent ou qu'ont en leur possession des gouvernements, mais aussi des documents dont les auteurs ou les propriétaires sont issus du secteur privé ou de la société civile (particuliers, associations, organismes, etc.)
    Il peut arriver que les auteurs ou les responsables de documents refusent de les fournir aux comités permanents ou qu'ils acceptent de le faire uniquement après en avoir expurgé certaines parties. Il arrive aussi que des fonctionnaires ou des ministres invoquent les obligations que leur impose la loi pour justifier leur refus. Les entreprises peuvent hésiter à divulguer des documents mettant en jeu leur sécurité commerciale ou dont la communication pourrait contrevenir à leurs obligations légales, notamment en matière de protection de renseignements personnels. D'autres ont invoqué le secret professionnel liant les avocats à leurs clients pour refuser l'accès à des documents légaux ou à des avis juridiques.
    À l'ordre. Je m'excuse d'interrompre le député, mais il y a une chose que je dois faire immédiatement.
    Je sais que ce n'est habituellement pas la norme d'interrompre un député pendant une question de privilège, mais le cas d'aujourd'hui est assez particulier, puisque nous manquons de temps.
    Mon intervention sera brève, ce qui permettra à l'honorable député de reprendre son souffle.
    Conformément à l'article 38 du Règlement, je dois faire connaître à la Chambre les question