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43e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 027

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 5 novembre 2020




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 150
No 027
2e SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 5 novembre 2020

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

La Semaine des vétérans

    Monsieur le Président, le 18 février 1943, le commandant d'aviation Alfred Brenner de Toronto volait au large des côtes des Pays-Bas lorsque son équipage et lui ont aperçu un convoi ennemi de cinq destroyers. Plutôt que de rebrousser chemin et d'appeler des renforts, le commandant d'aviation Brenner a attaqué en rase-mottes au-dessus des flots et largué une torpille qui a atteint un navire ennemi de 5 000 tonnes. Essuyant des tirs ennemis soutenus, son avion a été abattu, mais l'équipage avait tout de même eu le temps d'envoyer un signal de détresse. Seuls en eaux dangereuses à bord d'un radeau de sauvetage et ne disposant que de quelques ressources, Alfred et son équipage ont de nouveau appelé à l'aide en envoyant un pigeon voyageur qu'ils avaient emporté à bord de leur avion. Ils ont passé deux longues journées en mer avant que les forces alliées ne viennent les chercher dans le cadre d'une mission de secours audacieuse. Pour sa bravoure, le commandant d'aviation Brenner a reçu la Croix du service distingué dans l'Aviation britannique.
    Devant le danger, Alfred et son équipage ont choisi la bravoure. Ils ont volontairement mis leur vie en jeu pour l'intérêt supérieur de leur patrie. Il n'est pas étonnant que, dans sa citation, on puisse lire: « Cet officier a fait preuve de la plus grande détermination et d'un sens du devoir peu commun. »

[Français]

    En ce début de la Semaine des vétérans, nous nous souvenons des héros comme le commandant d'aviation Brenner dont les actions reflètent le courage de tant de femmes et d'hommes en uniforme. Nous rendons hommage à tous ceux et celles qui ont risqué leur vie pour notre liberté, y compris les huit courageux membres des Forces armées canadiennes qui ont perdu la vie dans l'exercice de leur fonction cette année. Nous honorons leur mémoire et jamais nous ne les oublierons.
    À l'occasion du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous reconnaissons la chance que nous avons de vivre dans un pays comme le nôtre grâce au sacrifice, au service et à la ténacité des gens qui ont vécu cette terrible guerre. Ils ont enduré la perte de frères, de sœurs et d'amis, mais, malgré tout, ils ont trouvé de l'espoir et de la compassion les uns envers les autres.
    Au cours des décennies, ils ont continué de préparer le chemin pour bâtir un monde meilleur et pour servir le bien commun. C'est ce même sens du devoir et du sacrifice qui a aussi conduit nos Forces armées à participer à de multiples missions de maintien de la paix, notamment en Corée et en Afghanistan.
    Quand nous avons besoin d'eux, nos femmes et nos hommes en uniforme sont toujours prêts à se porter au secours des autres. Récemment, ils ont fait preuve d'altruisme en protégeant et en aidant nos citoyens les plus vulnérables: nos personnes âgées dans les établissements de soins de longue durée.
    Leur geste et leur dévouement à l'égard des valeurs canadiennes sont le reflet de ce que nous avons de meilleur à offrir.

[Traduction]

    Les anciens combattants ont servi le Canada avec honneur et bravoure dans l'ensemble du pays et partout dans le monde. Ils sont montés au créneau pour nous, et maintenant c'est à notre tour de leur rendre la pareille.
    Nul besoin de se demander comment nous allons y parvenir. Il suffit de regarder un peu partout au Canada pour voir la réponse: des jeunes font des emplettes pour les anciens combattants plus âgés afin qu'ils soient en sécurité; des travailleurs de première ligne passent des journées entières debout à travailler, mais la fatigue ne les empêche jamais de prendre soin de nos parents et de nos grands-parents, derniers représentants de la plus grande génération; les femmes et les hommes courageux de l'équipage du NCSM Fredericton ou ceux qui pilotent les Snowbirds continuent, même après une tragédie, de servir leur pays et d'incarner l'esprit de sacrifice.

[Français]

    En cette Semaine des vétérans, pensons à ceux qui ont servi avec honneur et courage. Laissons-nous inspirer par les idéaux qu'ils avaient à cœur et contribuons tous ensemble à bâtir avec eux un monde meilleur.

[Traduction]

    Monsieur le Président, en tant qu'ancien combattant des Forces armées canadiennes et en tant que parlementaire, c'est pour moi un honneur d'intervenir au sujet de la Semaine des anciens combattants et de notre devoir collectif de nous souvenir des services qu'ils ont rendus et des sacrifices qu'ils ont consentis. C'est un honneur, car le Parlement canadien repose, au sens propre et au sens figuré, sur les sacrifices des générations précédentes.
    De nombreux Canadiens connaissent la tour emblématique du Parlement sous le nom de tour de la paix, mais son nom complet est tour de la Paix et de la Victoire. Elle a été reconstruite après un incendie survenu pendant la Première Guerre mondiale et a été érigée pour honorer les soldats canadiens tombés au combat. Avec le temps, fidèles à nous-mêmes, nous, Canadiens, avons en toute modestie omis la portion « victoire » de son nom. Néanmoins, n'oublions pas que la paix symbolisée par ce bâtiment est le résultat d'un énorme sacrifice canadien et de victoires remportées très loin de notre territoire.
    La tour de la Paix et de la Victoire est le corps de notre démocratie parlementaire, mais l'âme du Canada se trouve à l'intérieur de la tour, dans la Chapelle du Souvenir.
    La Chapelle du Souvenir contient des pierres de chacun des principaux champs de bataille d'Europe. Des inscriptions y sont gravées sur une mosaïque de plaques de laiton fabriquées avec des douilles vides trouvées sur un champ de bataille. La chapelle abrite également notre bibliothèque la plus sacrée: les Livres du Souvenir. Chaque jour, on tourne délicatement et respectueusement une page des Livres du Souvenir dans le cadre d'une cérémonie qui honore nos soldats tombés au combat. Sur ces pages sont inscrits les noms de milliers de Canadiens que la plupart d'entre nous n'avons jamais rencontrés, mais envers qui nous avons tous une dette énorme.
    Si je donne l'impression d'animer une visite guidée virtuelle de la Colline du Parlement décrivant ce que fait le Parlement pour commémorer le service et le sacrifice des anciens combattants du Canada, c'est parce que c'est bel et bien ce que je suis en train de faire, en cette année que nous sommes en train de vivre par vidéoconférence.

  (1010)  

[Français]

    Cette année, nos commémorations vont être différentes. Elles vont être plus solidaires et plus personnelles. Nos lieux de recueillement seront fermés et nous serons loin de nos frères d'armes ou de leur famille militaire. Nous allons nous souvenir du courage de ces hommes et de ces femmes qui ont tant sacrifié pour que nous puissions vivre dans un pays en paix.

[Traduction]

    Dans l'ensemble du pays, pour la première fois depuis un siècle, il n'y aura pas de défilés du jour du Souvenir. Beaucoup de cérémonies n'auront pas lieu près des cénotaphes; d'autres ne compteront que 10 participants au lieu des foules habituelles de centaines ou de milliers de personnes. Du Monument commémoratif de guerre du Canada à Ottawa aux plus petits cénotaphes des villes et villages du pays, les cérémonies du souvenir seront bien différentes cette année.
    Par conséquent, j'incite les Canadiens à manifester de nouvelles façons l'importance qu'ils attachent au souvenir des vétérans et des militaires: devoir de mémoire, de souvenir et de respect. Ce ne sont pas des actes physiques, mais plutôt des actes qui viennent du cœur. Engageons-nous à les appliquer en cette année où les Canadiens se sont évertués à s'adapter et à persévérer pour traverser cette période très difficile.
    Les Canadiens peuvent inclure un proche tombé au combat ou un héros canadien dans leurs prières ou leurs pensées, ou encore en parler sur les médias sociaux. Ils peuvent exprimer leur respect pour le sacrifice de ceux qui nous ont précédés en portant un coquelicot, même si personne n'en sera témoin. Ils peuvent en apprendre davantage sur notre histoire, notre patrimoine militaire et les actes incroyables de bravoure des soldats canadiens. Ils devraient penser aux milliers de Canadiens qui portent l'uniforme aujourd'hui, au pays comme à l'étranger. Ils servent dans les forces armées pour les mêmes raisons que leurs prédécesseurs depuis un siècle: ils ont foi en notre pays et en ce qu'il représente.
    Je vais utiliser le temps qu'il me reste pour évoquer le souvenir d'une personne dont le nom est inscrit dans la chapelle du Souvenir et à laquelle je pense chaque 11 novembre, de même qu'à d'autres Canadiens dont le nom sera bientôt gravé dans la mémoire collective du pays, dans les Livres du Souvenir, quand la chapelle rouvrira après la pandémie.
     À la page 214 du Livre Au Service du Canada, on retrouve le nom d'une femme de Weyburn, en Saskatchewan, que j'ai rencontrée lors de ma première journée complète dans l'armée, durant un camp d'entraînement à Chilliwack en 1991. Juli-Ann MacKenzie était une Canadienne exceptionnelle, aimée de tous ceux qu'elle rencontrait. Elle était cornemuseuse et patriote. Quand elle était enfant, Juli-Ann rêvait de devenir pilote et c'est exactement ce qu'elle a fait. Elle est devenue une excellente pilote. Elle a piloté des hélicoptères Sea King, avant d'être affectée aux modèles Griffon à Goose Bay, au Labrador.
    Le 18 juillet 2002, alors qu'elle participait à une mission de recherche et sauvetage, l'hélicoptère Griffon qu'elle pilotait s'est écrasé. L'équipage à l'arrière a survécu à cet écrasement, grâce aux efforts héroïques de la pilote, Juli-Ann. Je ne pourrai pas aller voir son nom qui est inscrit dans les Livres du Souvenir cette semaine, à cause de la pandémie, mais je peux raconter son histoire pour faire en sorte qu'un nombre accru de Canadiens connaissent les services et les sacrifices attribuables à mon amie, Juli-Ann MacKenzie. La mémoire est un sentiment davantage qu'une action.
    Des Canadiens sont morts en service durant la pandémie. Bien que leur nom ne soit pas encore inscrit dans la chapelle du Souvenir, je peux leur rendre hommage dans cette enceinte.
    Les Canadiens se souviennent, comme le premier ministre l'a dit, des victimes de l'accident catastrophique de l'hélicoptère Cyclone dans la Méditerranée: le capitaine Maxime Miron-Morin, de Trois-Rivières, au Québec; le capitaine Kevin Hagen, de Nanaimo, en Colombie-Britannique; le capitaine Brenden Ian MacDonald, de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse; l'enseigne de vaisseau de 1re classe Abbigail Cowbrough, de Toronto, en Ontario; le caporal-chef Matthew Cousins, de Guelph, en Ontario; et l'enseigne de vaisseau de 1re classe Matthew Pyke, de Truro, en Nouvelle-Écosse.
    La tragédie a frappé au cours de la tournée pancanadienne Opération Inspiration effectuée par les célèbres Snowbirds du Canada pour nous remonter le moral. Un accident a causé la mort de la capitaine Jennifer Casey, d'Halifax, en Nouvelle-Écosse.
    Pas plus tard que la semaine dernière, les Canadiens ont pleuré le décès du caporal James Choi, de Vancouver, en Colombie-Britannique.
    

Ils ne vieilliront pas comme nous, qui leur avons survécu.
Ils ne connaitront jamais l’outrage ni le poids des années.
Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore,
Nous nous souviendrons d’eux.

    En tant qu'ancien combattant, j'ai toujours senti que la strophe suivante de ce poème donnait un caractère beaucoup plus personnel à la perte des disparus. Ils sont les fils et les filles du Canada, et, pour les militaires, ils sont les amis à qui on confie sa vie, les camarades avec qui on rit le plus fort, les frères et les sœurs que l'on aime et avec qui on espère de tout cœur revenir sain et sauf à la maison. La prochaine strophe évoque ces sentiments:
    

Ils ne seront plus avec les camarades joyeux;
Ils ne seront plus assis aux tables familières chez eux.
Ils n'ont aucun lot dans notre besogne journalière.
Ils dorment au-delà de l'écume d'Angleterre.

    Je sais qu'en cette singulière semaine du Souvenir, d'anciens combattants d'un peu partout au Canada sont aux prises avec les blessures invisibles du service. Je sais qu'ils peuvent se sentir seuls lorsqu'ils songent à leurs camarades joyeux. La pandémie a suspendu les traditions qui nous unissent. Elle nous empêche de voir nos amis qui souffrent de blessures de stress opérationnel. Je sais que les familles ressentent un vide à la vue des sièges libres à la table à dîner.

  (1015)  

[Français]

    Je sais qu'il y a des vétérans, partout au Canada, qui souffrent des blessures invisibles attribuables au service.
    Je sais que plusieurs d'entre vous peuvent se sentir seuls, mais vous n'êtes jamais seuls. Nous sommes avec vous. Votre pays est avec vous.

[Traduction]

    Je veux que les anciens combattants sachent qu'ils ne sont pas seuls: ils ont un pays reconnaissant à leurs côtés. Ils ont des amis et des camarades qui attendent d'eux qu'ils aillent à leur rencontre. Ils ont des appuis. Ils sont aimés, et nous sommes tous là pour eux. Ils vont passer à travers cette semaine, tout comme notre pays va passer à travers cette pandémie.
    Ils doivent savoir que, le jour du Souvenir et tous les autres jours, le pays n'oubliera jamais les services qu'ils ont rendus ni le sacrifice qu'ils ont consenti. N'oublions jamais.

[Français]

    Monsieur le Président, mes premières pensées vont aux gens qui, dans ma circonscription, Beloeil—Chambly, ou dans ma région de résidence, la Mauricie, et dans tout le Québec et le Canada, vont vivre des commémorations et des moments de mémoire dans un contexte bien particulier. L'absence des présences physiques que certains vont devoir subir ne veut pas dire que les pensées des gens ne seront pas avec eux ou avec elles.
    Ce matin, j'étais en entrevue en Mauricie. À Shawinigan et à Trois-Rivières, où il y a des monuments dédiés à des héros de guerre qui ne sont pas revenus. Leurs épouses, leurs enfants ou leurs fiancées, avec tous les espoirs que cela porte, ne les ont jamais revus. Sans trop réfléchir à cela, je disais que je m'ennuyais de mon épouse. Peu de temps après, je me suis dit que c'était si peu de chose contrairement à tous ces gens qui sont partis et qui ne sont pas revenus. Ces gens ont vécu la guerre, et dans bien des cas les tranchées, dans un désespoir qui ne contenait même pas la perspective sérieuse de revoir celles et ceux qu'ils aimaient plus que tout au monde.
    L'histoire a réservé de grands espaces à des gens dont les décisions ont peut-être sauvé des valeurs et une certaine vision du monde. J'ai, près de mon bureau à Gatineau, une citation de Churchill: «  Le succès n'est pas final, l'échec n'est pas fatal: ce qui compte, c'est le courage de continuer. » Cependant, ils sont si peu à avoir cette extraordinaire reconnaissance de l'histoire et cette glorification à côté de tous ces autres hommes et de plusieurs femmes qui sont allés à la guerre et n'en sont jamais revenus. Alors, ce jour du Souvenir est nécessaire et essentiel. Encore aujourd'hui, des gens sont en première ligne et de différentes façons, mais souvent, l'arme à la main, ils se battent et parfois y laissent leur vie.
    Dans les nouvelles formes d'agression qui caractérisent notre monde, c'est aussi le cas de civils. Ce sont des gens qui n'ont rien fait d'autre qu'exprimer leurs valeurs, partager la connaissance et qui le paient de leur vie. Ces gens aussi devront avoir droit à notre souvenir. Les hommes et les femmes qui sont partis à la guerre ne l'ont pas nécessairement fait pour de grandes valeurs que nous exaltons ici au Parlement. Souvent, ils l'ont fait pour la seule valeur de protéger leur famille et celles et ceux qu'ils aiment. Aujourd'hui, il y a des batailles qui sont menées pour nos libertés, sous toutes les formes.
    Je voudrais dire à tous ces gens, de toutes les époques, ainsi qu'à la présidence et à mes chers amis: « Je me souviens. »

  (1020)  

    Monsieur le Président, cette année a été incroyablement difficile pour tant de gens. La COVID-19 a dévasté de nombreuses communautés partout au pays. Dans de nombreuses régions, les Canadiennes et les Canadiens vont passer ce qui sera probablement leur tout premier jour du Souvenir chez eux plutôt qu'avec leurs voisins, lors de cérémonies au cénotaphe local.

[Traduction]

    Ces cérémonies constituent une partie importante de la vie. Elles représentent un élément important de la vie civique de notre collectivité. Elles nous rassemblent et nous rappellent qu'en fin de compte, ce qui unit les Canadiens est bien plus fort que ce qui nous divise.
     Cette année, nous observerons une minute de silence chez nous. Ce sera particulièrement difficile, non seulement parce que nous sommes impatients de retrouver nos amis, les membres de notre famille et nos voisins, mais aussi parce qu'en cette journée, nous nous réunissons pour nous souvenir de certaines personnes et qu'il est difficile de le faire seul.

[Français]

    Cette année sera particulièrement difficile, car nous serons chez nous pour observer ces moments de silence importants.

[Traduction]

    Cette année, les Canadiens franchissent une étape significative: nous célébrons le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. D'un océan à l'autre, les Canadiens ont fait leur devoir en combattant le fascisme en Europe et ont contribué à la victoire en 1945. Nous avons tous une incroyable dette de gratitude envers nos anciens combattants pour ce qu'ils ont fait et continuent de faire pour le Canada, pour la paix et la stabilité dans le monde entier.
    Ils ont laissé leur marque dans le monde. La relation du Canada avec les Pays-Bas, qui ont été libérés par les troupes canadiennes il y a de cela 75 ans, est toujours définie par la poussée, alors, de ces courageux Canadiens contre les nazis, qui a contribué à la libération de ce pays.

  (1025)  

[Français]

    Nous avons tous une incroyable dette de gratitude envers nos anciens combattants pour ce qu'ils ont fait et continuent de faire pour le Canada ainsi que pour la paix et la stabilité dans le monde entier.

[Traduction]

    Plus près de nous, les Canadiens peuvent jouir de leurs libertés civiles et démocratiques grâce aux anciens combattants qui se sont battus pour défendre leur pays. Cette année, des soldats ont protégé les aînés et nos proches. Dans le cadre de l'opération LASER, ils ont offert un soutien essentiel au personnel débordé des centres de soins de longue durée de l'Ontario et du Québec. Ils ont dû composer avec une situation extrêmement difficile que personne ne pouvait prévoir. Ils ont sauvé des vies, et nous leur devons toute notre gratitude.
    Ils ont aidé les Canadiens lorsqu'ils en avaient besoin. Par ailleurs, de jeunes femmes et hommes courageux ont disparu tragiquement en tentant de maintenir une paix fragile dans la région de la Méditerranée. Nous honorons leur mémoire également.

[Français]

    Cette année, les soldats ont assuré la sécurité de nos aînés et donné un coup de main bien nécessaire aux travailleurs et aux travailleuses débordés des foyers de soins de longue durée en Ontario et au Québec.
     Cette année n'est pas comme les autres. C'est à nous, Canadiennes et Canadiens, de célébrer le jour du Souvenir en pensée, chez nous, comme nous le faisons toujours, en ayant une énorme reconnaissance pour tout ce que nos militaires et nos anciens combattants font et ont fait pour nous.

[Traduction]

    Je tiens également à mentionner que nous avons souligné la Journée des vétérans autochtones, il y a trois jours seulement. De 7 000 à 12 000 Autochtones ont combattu pour le Canada pendant les guerres mondiales et la guerre de Corée. Le Canada n'a pas toujours rendu justice aux anciens combattants autochtones. Ils ont combattu avec courage pour le Canada, et à leur retour au pays, ils ont dû faire face à la discrimination, au racisme et à l'indifférence malgré leur service. C'était inacceptable. Ils ont pourtant fait le même sacrifice que les autres anciens combattants qui, à leur retour, ont été accueillis comme des héros, comme ils le méritaient. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour rendre justice aux Autochtones. Je leur offre mes remerciements. Sur leurs terres traditionnelles, je leur dis meegwetch pour leurs sacrifices et leur service. Le Canada peut et devra faire mieux pour leurs enfants et leurs petits-enfants.
    Le jour du Souvenir sert à commémorer les sacrifices consentis par les vétérans qui sont allés faire la guerre pour défendre leur pays. Cette année, nous avons l'occasion de les remercier pour les services qu'ils rendent aussi à la collectivité en temps de paix. Je tiens à souligner l'importance de notre rôle, à nous parlementaires. C'est à nous d'évaluer si c'est pour une juste cause que les soldats canadiens doivent être envoyés en mission de guerre et si cela permettra de mieux protéger la vie et la liberté de nos concitoyens et d'intervenir, autant que possible, pour favoriser le règlement pacifique d'un conflit à l'étranger avant de les envoyer risquer leur vie. C'est l'obligation sacrée que nous avons envers les hommes et les femmes qui se battent pour le Canada. Nous leur devons au moins ça.

[Français]

    Trop souvent, le Canada ne fait pas ce qu'il faut pour les anciens combattants. Que ce soit au pays ou à l'étranger, les Forces armées canadiennes nous défendent. En tant que parlementaires, nous devons aussi les défendre.

[Traduction]

    Il arrive trop souvent que le Canada néglige ses anciens combattants. Listes d'attente interminables, refus: les obstacles qui se dressent entre eux et les services et programmes de soutien dont ils ont besoin se multiplient. Le bien-être des vétérans n'est pas un enjeu partisan — en tout cas, il ne devrait pas l'être. Nous pouvons toujours nous améliorer, et c'est ce que nous allons continuer de faire. Les vétérans doivent pouvoir compter sur les Canadiens. Que ce soit ici ou à l'étranger, les membres des Forces canadiennes sont là pour nous défendre, alors les parlementaires doivent leur rendre la pareille et les défendre eux aussi.
    N'oublions jamais.

  (1030)  

    J'invoque le Règlement, monsieur le Président. Je demande le consentement unanime de la Chambre afin que je puisse dire quelques mots au nom du Parti vert du Canada.
     Puisqu'il s'agit d'une séance hybride de la Chambre, par souci de clarté, je demanderais seulement à ceux qui s'opposent à la demande de consentement unanime d'exprimer leur désaccord.
    Comme il n'y a aucune voix dissidente, la députée de Saanich—Gulf Islands a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie tous mes collègues.
    J'ai le grand honneur de prendre la parole pour dire quelques mots en hommage à nos anciens combattants.

[Traduction]

    Comme l'ont dit d'autres députés, le jour du Souvenir sera différent cette année. Les personnes auxquelles nous souhaitons particulièrement rendre hommage comptent parmi les plus vulnérables.
     Si ce n'était de la COVID, je me serais rendue au monument commémoratif de Sidney, dans ma collectivité, aux côtés de Canadiens extraordinaires comme Peter Chance, un commandant à la retraite qui aura 100 ans dans quelques jours ou quelques semaines. Nous avions prévu une grande célébration. Peter Chance est un héros de guerre de la marine canadienne. Il a servi le Canada avec distinction pendant la bataille de l'Atlantique. Il a toujours l'oeil pétillant et une grande vivacité quand il nous parle du courage et de l'énorme bravoure des gens qui ont combattu à ses côtés.
    Un autre de mes amis de Sidney, Charles « Chic » Goodman, a participé à la libération de camps de prisonniers de guerre aux Pays-Bas. Il était aussi du débarquement de Normandie. Depuis son retour au Canada, il mène une vie bien remplie.
    Par ailleurs, il ne faudrait pas oublier les militaires qui ont participé à des conflits dans d'autres pays, que ce soit pendant la Deuxième Guerre mondiale ou, plus récemment, en Corée et en Afghanistan. Je repense, particulièrement aujourd'hui, à la bravoure extraordinaire du lieutenant Trevor Greene. Les députés se souviendront probablement de l'agression perpétrée contre ce jeune soldat à Kandahar. Alors qu'il avait enlevé son casque en signe de respect pour les chefs d'un village, un jeune homme l'a attaqué par derrière avec une hache. Trevor Greene a miraculeusement survécu, ce qui est extraordinaire. Il fait de la physiothérapie chaque jour pour réapprendre à marcher. Il emploie maintenant son génie et ses multiples talents pour militer en faveur de mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques.
    Les vétérans sont tous différents, et tous méritent notre reconnaissance au quotidien. Le jour du Souvenir nous donne l'occasion de rendre hommage aux anciens combattants du Canada et de nous souvenir de leur sacrifice et des raisons de ce sacrifice. Le chef de l’opposition nous a superbement parlé du Livre du Souvenir et de la tour de la Paix, dont le nom complet est en fait, comme il nous le rappelle à juste titre, la Tour de la Paix et de la Victoire.
    À l'époque où l'on achevait la construction de la tour, certains pensaient qu'il convenait de l'appeler la « tour de la Guerre », une idée à laquelle les Canadiens n'ont pas souscrit à l'époque, dans un refus qui en dit long. La tour symbolisait tellement la démocratie parlementaire qu'elle devait s'appeler la tour de la Paix, elle qui faisait partie de l'édifice du Centre du Parlement et qui était dotée de carillons extraordinaires que l'on entend encore de nos jours. Les carillons ont sonné 75 fois le jour du 75e anniversaire des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki. La tour ne pouvait s'appeler autrement que la tour de la Paix.
    Les anciens combattants dont j'ai mentionné le nom ce matin lancent tous un appel à la paix. Nous devons tous nous y consacrer en mémoire de ceux que nous avons perdus et de ceux dont la présence nous réjouit aujourd'hui: pour ma part, ce sont mon père et mon oncle qui ont survécu. Toute une génération de militaires a servi en temps de guerre et beaucoup de gens y sont restés, d'abord dans la Première Guerre mondiale, ensuite, dans la Deuxième Guerre mondiale et dans les conflits subséquents. Nous nous engageons aujourd'hui non pas dans la guerre, mais dans la paix.
    Au coucher du soleil et à l'aube, nous nous souviendrons d'eux.

  (1035)  

    Pour marquer le début de la Semaine des anciens combattants, j'invite la Chambre à se lever pour observer un moment de silence.
     [La Chambre observe un moment de silence.]

Les comités de la Chambre

Commerce international 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le premier rapport du Comité permanent du commerce international intitulé « Budget principal des dépenses 2020-2021: crédit 1 sous la rubrique Investir au Canada » du Budget principal des dépenses pour l'exercice se terminant le 31 mars 2021, et en fait rapport.

Justice et droits de la personne  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le deuxième rapport du Comité permanent de la justice et des droits de la personne sur le Budget principal des dépenses 2020-2021, et le troisième rapport sur le Budget supplémentaire des dépenses (B) 2020-2021.
     Votre Comité a examiné les budgets renvoyés par la Chambre, et en fait rapport.

Loi sur VIA Rail Canada

    — Monsieur le Président, ce n'est pas la première fois que je prends la parole pour présenter ce projet de loi d'initiative parlementaire à l'étape de la première lecture, et je continuerai d'essayer. Je serais très reconnaissante si les députés ministériels jugeaient bon de faire de ce dernier un projet de loi du gouvernement.
    Contrairement au réseau ferroviaire des États-Unis, le réseau ferroviaire public du Canada ne repose sur aucun fondement législatif. Pour expliquer à quel point cette situation est préoccupante, aux États-Unis, la société Amtrak est tenue par la loi d'offrir un service ferroviaire voyageurs. VIA Rail est une société d'État, mais elle n'a aucun mandat conféré par la loi qui l'oblige à offrir des services de transport par train, soit des services ferroviaires voyageurs, aux Canadiens.
     Il est particulièrement important de remédier à la situation à un moment où de nombreuses compagnies d'autobus privées interrompent leur service dans des régions éloignées du Canada. La mesure législative énumère, dans une annexe, tous les parcours actuels de VIA Rail et elle garantit qu'ils ne seront pas interrompus ni abandonnés.
    Nous avons besoin d'un service ferroviaire voyageurs. Nous avons besoin de savoir qu'il s'étend d'un océan à l'autre. Idéalement, nous devons investir afin que ce service soit maintenu pour tous les Canadiens, maintenant et dans l'avenir.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1040)  

Pétitions

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, je présente aujourd'hui une seule pétition. Elle porte sur la situation des Ouïghours et des autres musulmans d'origine turque qui vivent en Chine. Les pétitionnaires font état d'un rapport de l'Associated Press, publié en juillet, qui fournit entre autres des preuves d'un effort systémique pour empêcher les naissances au sein de la communauté ouïghoure. Par surcroît, des faits récents révèlent également l'existence de violence sexuelle systémique dont l'objectif consiste effectivement à éliminer la communauté ouïghoure en empêchant les naissances.
    Réagissant à cette situation et à d'autres violations horribles des droits de la personne, les pétitionnaires pressent le gouvernement de recourir à la loi de Magnitski pour imposer des sanctions aux responsables de ces graves violations.
    Monsieur le Président, j'interviens moi aussi pour présenter une pétition signée par des gens de partout au Canada qui sont préoccupés par les violations des droits de la personne dont sont victimes les musulmans ouïghours de la Chine. Les pétitionnaires pressent le gouvernement d'invoquer les dispositions de la loi de Magnitski pour sévir contre les responsables de ces violations systémiques des droits de la personne.
    Madame la Présidente, je présente deux pétitions aujourd'hui.
    La première attire l'attention sur la façon dont le gouvernement communiste chinois traite la population ouïghoure. La Presse canadienne a rapporté de nombreux cas de violations des droits de la personne commises par le gouvernement communiste chinois. On ne peut fermer les yeux sur cet état de fait. La loi de Magnitski constitue un moyen d'exiger que les responsables rendent des comptes. Il faut saisir le gouvernement de la situation pour que le Canada réagisse à ces violations.

Le trafic d'organes humains  

    Madame la Présidente, la deuxième pétition concerne le trafic d'organes humains prélevés sur des personnes n'ayant pas donné leur consentement. Ce type de trafic, qui est pratiqué à l'échelle mondiale, doit cesser. Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement de sévir contre le transport et le don d'organes faits de manière illégale.

La lutte contre les changements climatiques  

    Madame la Présidente, je présente la pétition e-2712, signée par 2 500 résidents du Canada et membres des communautés religieuses canadiennes réunies sous le slogan « Pour l’amour de la Création ».
     Les pétitionnaires prient le gouvernement du Canada de s’engager à: réduire les émissions canadiennes de GES de 60 % en dessous des niveaux de 2005 d’ici 2030; honorer les droits des peuples autochtones en appliquant le principe du consentement préalable, libre et éclairé; soutenir de la même manière les mesures d'adaptation au changement climatique en augmentant la contribution de la part équitable à hauteur d'au moins 4 milliards de dollars par an; et, enfin, répondre à la pandémie dans les pays du Sud par l'annulation de la dette multilatérale et un soutien accru aux ONG internationales canadiennes sous forme de subventions.

Les droits de la personne  

    Madame la Présidente, je présente aujourd'hui une pétition concernant les violations incessantes des droits de la personne à l'endroit des Ouïghours musulmans en Chine. Les pétitionnaires demandent au gouvernement de recourir aux dispositions de la loi de Magnitski pour faire cesser ces violations.

Les affaires étrangères  

    Madame la Présidente, je suis fier de présenter une pétition au nom de centaines d'habitants de Don Valley-Nord et de la région de Toronto.
    Les pétitionnaires s'inquiètent des modifications que le gouvernement de l'Inde a apportées à sa loi sur la citoyenneté, qui font de la religion un critère pour l'obtention de la citoyenneté, faisant ainsi preuve de discrimination à l'égard de certaines minorités religieuses, comme les musulmans. Les pétitionnaires sont aussi préoccupés par le fait que les critères du registre national de la citoyenneté font que certaines minorités marginalisées pourraient devenir apatrides, car elles sont plus susceptibles d'être incapables de prouver leur identité et leur statut.
    Les pétitionnaires demandent à la Chambre de condamner ces mesures, d'exiger leur retrait et de dénoncer le recours excessif à la force qu'exerce la police à l'endroit des citoyens pacifiques de l'Inde.

  (1045)  

L'Éthiopie  

    Madame la Présidente, je suis heureux de présenter une pétition provenant de citoyens d'ascendance oromo de ma circonscription. Ils préviennent la Chambre des communes qu'une guerre civile pourrait survenir en Éthiopie et ils attirent son attention sur les violences politiques dont sont actuellement victimes les Oromos en Éthiopie.
    Les pétitionnaires demandent plus précisément au gouvernement canadien de défendre les droits de la personne et de presser l'Éthiopie de cesser ces crimes brutaux contre l'humanité; d'examiner l'aide étrangère à l'Éthiopie; d'exhorter le gouvernement éthiopien à tenir les élections qu'il a reportées; et de faire pression sur l'Éthiopie afin qu'elle mette fin à la torture, qu'elle libère les prisonniers politiques et qu'elle traduise les responsables en justice.

Questions au Feuilleton

    Des voix: D'accord.

[Français]

    Je désire informer la Chambre que, en raison de la déclaration ministérielle, les ordres émanant du gouvernement seront prolongés de 31 minutes.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les mesures fiscales pour soutenir les Canadiens  

    Que, étant donné que depuis le début de la pandémie de COVID-19, les milliardaires canadiens se sont enrichis de 37 milliards de dollars, tandis que les plus vulnérables en arrachent, la Chambre demande au gouvernement de mettre en place une nouvelle taxe de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars et une taxe sur les bénéfices exceptionnels des grandes sociétés qui engrangent des profits exorbitants pendant la pandémie, ainsi que de réinvestir les milliards de dollars tirés de ces mesures afin : a) d’élargir les programmes de sécurité du revenu pour que toutes les personnes vivant au Canada disposent d’un revenu de subsistance garanti; b) d’élargir le régime de soins de santé en mettant sur pied un régime national de soins dentaires et un régime d’assurance-médicaments public, universel et à payeur unique; c) de mettre en œuvre concrètement le droit au logement suivant le plan intégral énoncé dans la campagne Recovery for All et financer immédiatement une stratégie pour et par les Autochtones en milieu urbain, rural et nordique, exécutée par des fournisseurs de logement autochtones.
     — Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le très éloquent député de Burnaby-Sud.
    C'est un grand honneur à ce moment de l'histoire de notre pays d'être le premier à prendre la parole à propos du plan d'action proposé par le NPD pour s'assurer que personne n'est laissé pour compte au Canada. Le contexte rattaché à ce moment-ci de l'année est tellement important. Nous venons de souligner le jour du Souvenir à la Chambre des communes. Dans quelques jours, le 11 novembre, dans les villes et villages du pays, nous nous souviendrons.
    Bien entendu, les cérémonies seront différentes cette année. Normalement, à New Westminster, plus de 5 000 personnes se rassemblent devant le cénotaphe, à quelques rues de chez moi, et des milliers d'autres regardent la cérémonie à la télévision, sur une chaîne locale. Nous nous souvenons, nous rendons hommage.
    Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il existait un sentiment de sacrifice commun, de solidarité. Comme tant d'autres, ma famille a fait le sacrifice ultime. Le nom de mon oncle et le nom de mon grand-père sont inscrits sur le cénotaphe qui se trouve devant l'hôtel de ville.
    Mes parents âgés ne vivent qu'à quelques maisons de la mienne, d'où je parle. Ils ont maintenant 97 et 98 ans. Ils nous parlent de cette période de la Seconde Guerre mondiale et de la notion de sacrifice commun. Ils nous disent que nous sommes tous dans le même bateau. Les députés savent qu'un rationnement était pratiqué à l'époque pour garantir que tout le monde reçoive l'essentiel. Il y avait des lois strictes contre les profits excessifs et le mercantilisme afin que les ressources du Canada soient mobilisées pour lutter contre la menace et que personne ne soit laissé pour compte au cours de cette période.
    Je soulève tous ces points parce que nous pouvons tirer des leçons de notre réaction en tant que nation à cette crise et du fait que, grâce aux ressources mises en commun et aux mesures prises pour ne laisser personne en plan, nous avons pu mettre en place les célèbres dividendes de la paix après la Seconde Guerre mondiale.
    C'est ainsi que nous avons pu construire 300 000 maisons dans l'ensemble du Canada pour les hommes et les femmes qui rentraient au pays, afin de garantir leur droit au logement. La maison d'où je parle, qui est située au 109, avenue Glover, à New Westminster, est l'une de ces 300 000 maisons construites par le gouvernement fédéral après la Seconde Guerre mondiale.
    Avec les dividendes de la paix, nous avons été en mesure de construire des écoles et d'élargir le système de soins de santé. C'est pendant cette période de l'après-guerre que Tommy Douglas, considéré par les Canadiens d'un océan à l'autre comme le plus grand Canadien de l'histoire, a pu entreprendre la lutte pour avoir un régime d'assurance-maladie universel au pays.
    Pendant la même période, nous avons commencé à mettre en place du soutien au revenu. Les mesures étaient loin d'être parfaites, mais on avait le sentiment que nous étions tous dans le même bateau et que, dans l'après-guerre, nous pouvions faire de tels investissements pour être sûrs que personne ne soit laissé pour compte. Je soulève ce point parce qu'il illustre parfaitement la voie que nous devons prendre en tant que pays. Je sais que le chef du NPD, qui prendra la parole après moi, soulignera l'importance d'organiser une société où véritablement personne n'est laissé pour compte et où tout le monde est solidaire.
    Voilà pourquoi le NPD présente ce plan d'action: pour être sûr que personne n'est laissé pour compte aujourd'hui. Depuis le début de la pandémie, nous n'avons vu ni mesure contre les profits excessifs ni aucune forme de dissuasion contre le mercantilisme outrancier. En fait, c'est tout le contraire. Nous avons observé une concentration incroyable de la richesse, les milliardaires du Canada ayant fait 37 milliards de dollars de profit, et grâce aux grandes largesses du gouvernement fédéral, le secteur bancaire a également pu faire des profits. Contrairement à d'autres pays, des pays prospères comme la Norvège et la Suisse, nous n'avons pas mis en place un simple impôt sur la fortune qui permettrait de mobiliser les ressources de la nation pour s'assurer que personne n'est laissé pour compte.

  (1050)  

    Les récits que nous avons entendus pendant la pandémie sont très captivants. Nous rendons hommage à nos travailleurs de première ligne et aux premiers intervenants. Il est extrêmement important de leur rendre hommage en faisant des investissements pour que personne ne soit laissé pour compte.
    J'ai parlé plus tôt du secteur banquier. Il est important de souligner que, dans un délai d'à peine quelques jours, le gouvernement fédéral est passé à l'action pour qu'une quantité incroyable de liquidités — 750 milliards de dollars — soit rendue disponible. En l'espace de quelques jours, trois quarts de billion de dollars de liquidités ont été mis à la disposition du secteur banquier pour veiller à ce que ses profits soient maintenus et augmentés. Parallèlement, on constate que les personnes handicapées du pays ont eu du mal à joindre les deux bouts pendant sept mois et qu'au bout de cette période, seulement une partie d'entre elles ont reçu une aide modeste du gouvernement fédéral.
    Pensons-y un instant: des personnes vivant avec un handicap, qui ont souvent à peine les moyens de se nourrir et de se loger en raison de l’aide au revenu insuffisante, ont maintenant du mal à couvrir les dépenses additionnelles entraînées par l’achat des fournitures — masques, gants, produits désinfectants — nécessaires pour traverser la pandémie et pour rester en santé et en sécurité. Pourtant, le gouvernement fédéral a attendu plus de sept mois — et il aura fallu que le caucus du NPD le talonne — pour mettre en place une aide d’urgence de base offrant un paiement forfaitaire à toutes les personnes handicapées. C’est pour cette raison que nous devons instaurer un revenu de subsistance garanti et ainsi veiller à ce que les Canadiens plus démunis n’aient plus constamment du mal à joindre les deux bouts.
    S’il y a quelque chose que cette pandémie a démontré, c’est l’importance d’avoir un solide système de santé. J’ai parlé tout à l’heure de Tommy Douglas et du combat qu’il a mené, dans la période d’après-guerre, pour que les dividendes de la paix servent à établir un système d’assurance-maladie universel. Tommy Douglas a toujours cru que les soins de santé ne se résumaient pas uniquement à des séjours à l’hôpital et à des visites chez le médecin, mais incluaient aussi les médicaments prescrits, un régime d’assurance-médicaments universel et les soins dentaires.
    Enfin, nous constatons pendant la pandémie que des Canadiens peinent souvent à trouver un logement abordable. Ce droit au logement qui s’est établi après la Deuxième Guerre mondiale avec les dividendes de la paix doit maintenant être offert à tous les Canadiens. Les communautés autochtones en particulier subissent la crise associée à la pénurie de logements abordables. Les fournisseurs de logements autochtones doivent obtenir ce soutien afin de pouvoir commencer à construire les logements qui changeront les choses dans les communautés autochtones. En construisant des logements à l’échelle de la nation, nous devons veiller à ce que le droit au logement soit garanti dans ce pays.
    Ce que nous devons retenir de la pandémie, c’est que nous sommes tous concernés et que nous devons travailler de concert. Le plan consistant à ne laisser personne de côté nous permettra d’assurer une approche efficace, tant pendant qu’après la pandémie. Nous pouvons rebâtir en améliorant les choses et veiller à ce que les failles béantes dans notre filet de sécurité, mises en évidence par la pandémie, soient prises en compte et entièrement comblées.

  (1055)  

[Français]

     Lors de la Seconde Guerre mondiale, nous avons vu l'importance de mettre en place un système où personne n'est laissé pour compte. Durant la semaine du jour du Souvenir, il faut se rappeler les leçons tirées des crises précédentes vécues par les Canadiennes et les Canadiens. Il faut en profiter pour mettre en place un revenu national garanti, assurer un droit au logement et élargir notre système de santé.
    Tout ceci est possible si l'on instaure une taxe sur la richesse et sur les profits excessifs.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je trouve la motion très intéressante à un certain nombre d’égards. Je crois que nous devons nous attaquer aux inégalités en matière de richesse. Évidemment, j’aimerais que l’on établisse un filet de sécurité sociale analogue à un revenu de base ne laissant personne de côté. Le calcul ne fonctionne pas directement; les recettes tirées d'un impôt sur les profits excessifs et d’un impôt sur la fortune ne permettraient même pas de régler la première question du revenu minimum, sans parler des autres nobles objectifs.
    Je souhaite insister particulièrement sur l'impôt sur les profits excessifs. L'impôt sur la fortune me semble être une chose précise. Je ne vois pas le même degré de précision en ce qui concerne l'impôt sur les bénéfices excessifs. Je me demande quels sont les seuils précis et quels montants une telle taxe pourrait générer selon le député.
    Madame la Présidente, je ne suis pas d’accord avec le député. Les calculs sont bons. Le directeur parlementaire du budget nous dit que les Canadiens économiseraient 4 milliards de dollars si on instaurait un régime universel d’assurance-médicaments. Le problème de l’itinérance qui s’est intensifié avec le gouvernement actuel, tout comme avec le gouvernement précédent, peut être réglé grâce à ces investissements. Nous devons nous rappeler que l’itinérance coûte 50 000 $ par année en services d’urgence et autres. Il coûte beaucoup plus cher à la société de laisser les gens vivre dans la rue que de leur assurer un droit au logement.
    Comme le directeur parlementaire du budget l’a indiqué, le coût associé aux régimes disparates de soutien au revenu et à l’armée de fonctionnaires ayant pour mandat d’empêcher les gens de recevoir ce revenu de base universel est beaucoup plus élevé que la mise en place d’un programme universel. C’est la réalité. Comme le directeur parlementaire du budget l’a fait remarquer, la prestation d’urgence pour tous que le député de Burnaby-Sud a évoquée serait plus rentable et aiderait plus de gens que les mesures que le premier ministre a fini par instaurer.

  (1100)  

    Madame la Présidente, j'estime moi aussi que la solidarité et le sacrifice doivent être élevés au rang de principe. Or, les gens veulent que les politiciens et les têtes dirigeantes de l'État se montrent eux aussi solidaires et fassent eux aussi des sacrifices. C'est une parenthèse que je faisais en passant.
    La question à laquelle j'aimerais que le député réponde porte sur les changements technologiques qui surviennent en pleine pandémie, et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Les entreprises essaient de s'adapter et de se réinventer. Les personnes à l'origine de ces changements technologiques y trouveront certainement leur profit. L'utilisation de plus en plus répandue de Zoom, par exemple, doit très certainement plaire à tous ceux qui détenaient des actions avant le début de la pandémie.
    La solidarité collective est un objectif auquel nous souscrivons tous, il va sans dire, mais nous devons aussi faire tout ce qui est possible pour faciliter la conception et la commercialisation de nouvelles technologies. Le député ne croit-il pas qu'un impôt punitif sur les profits pourrait compromettre les innovations dont nous avons particulièrement besoin ces temps-ci, vu la rapidité à laquelle évolue la situation dans laquelle la pandémie nous a plongés?
    Madame la Présidente, si vous me le permettez, je vais examiner chacun de ces éléments. Certains des pays les plus novateurs ont instauré un impôt sur la fortune. Si nous prenons l'exemple de la Norvège et de la Suisse, tout le monde dirait que ces pays sont parmi les plus novateurs, et, pourtant, ils ont mis en place un impôt sur la fortune.
    Concernant les profits excessifs, la leçon a été retenue après la Deuxième Guerre mondiale. Des lois strictes contre le mercantilisme sauvage et les profits excessifs étaient en vigueur. Au lieu de cela, le gouvernement a mis en place des politiques qui favorisent les profits excessifs, ce qui fait que les milliardaires canadiens ont vu leur richesse croître de 37 milliards de dollars tandis que les personnes handicapées avaient de la difficulté à obtenir de l'aide pour se nourrir.
    Je suis convaincu que les Canadiens pensent qu'il est temps de reconnaître que pour vraiment rebâtir la société après la pandémie, les choses doivent être améliorées et, au minimum, il faudra veiller à ce qu'aucun Canadien ne soit laissé pour compte.
    Madame la Présidente, je suis honoré d'intervenir à la suite du député de New Westminster—Burnaby, qui a livré un discours éloquent.
    Nous pouvons toujours faire des choix, et ceux-ci en disent long sur nos priorités. En ce moment, nous devons affronter une pandémie, et la situation est incroyablement difficile. Cette pandémie a causé beaucoup de souffrances. Des gens ont perdu leur emploi. Des petites entreprises, des commerces familiaux et des magasins situés sur le long des artères principales partout au Canada craignent de devoir fermer leurs portes pour toujours.
    Les gens ont beaucoup souffert durant cette crise. Des parents ont eu du mal à trouver des places en garderie pour leurs enfants. D'autres s'inquiètent pour la sécurité de leurs enfants qui vont à l'école. Les personnes âgées ont subi les répercussions de la COVID-19 à cause des foyers d'éclosion qui se sont multipliés dans les établissements de soins de longue durée et qui auraient pu être évités.
    Alors que tous ces gens ont souffert tout au long de la pandémie, les Canadiens les mieux nantis ont continué de s'enrichir et n'ont pas souffert. Depuis mars dernier, les milliardaires canadiens, pris dans leur ensemble, se sont enrichis à hauteur de 37 milliards de dollars.
    Il est question aujourd’hui des choix que nous faisons. Le gouvernement libéral et les conservateurs vont parler aux Canadiens de dette et de déficit. Ce sont effectivement des enjeux importants, mais c'est l'étape suivante qui est vraiment problématique. Ils vont se servir des inquiétudes à propos de la dette et du déficit pour demander aux citoyens ordinaires, qui ont déjà fait beaucoup de sacrifices, d’en faire encore plus.
    Le 28 octobre, la ministre des Finances a dit ceci sur Twitter: « La vaste approche que nous adoptons sur le plan budgétaire pour lutter contre le coronavirus ne s’étendra pas à l’infini. Elle a ses limites et elle sera mise en place temporairement. » Ce que veut dire la ministre des Finances, c’est que des coupes sont imminentes. Elle a aussi cité Paul Martin, qui est l'auteur de compressions dans les services de santé et dans les programmes sociaux parmi les plus dévastatrices de l'histoire du Canada. Elle a fait son éloge.
    Ce que je voudrais dire à tous les députés et à tous les Canadiens, c’est que, lorsque les temps sont durs, que les gens connaissent des difficultés et que l’économie tourne au ralenti, on a l’impression que les libéraux et les conservateurs n’ont qu’une idée en tête: diminuer l’aide qui est accordée aux citoyens, faire des compressions dans la santé et diminuer les prestations à la population. En revanche, ils ne proposent jamais de faire contribuer davantage les plus fortunés.
    Comment se fait-il que, lorsque les temps sont difficiles, la première chose qui vienne à l’esprit des libéraux et des conservateurs est de réduire l'aide donnée à ceux qui en ont le plus besoin, de leur rendre la vie plus difficile, de faire des compressions dans la santé et de réduire les prestations dont les gens ont besoin? Pourquoi est-ce là le premier réflexe des libéraux et des conservateurs? Pourquoi n’arrivent-ils pas à imaginer autre chose?
    Il va falloir que quelqu’un paie, c’est sûr. Les temps sont durs, nous dépensons beaucoup d’argent pour aider les gens pendant la pandémie, et quelqu’un va devoir payer. Cela ne fait aucun doute. Cela dit, si quelqu’un doit payer, pourquoi ne pas demander à ceux qui en ont les moyens, qui sont les plus fortunés et qui ont engrangé des profits considérables?
    Je ne parle pas seulement des profits normaux. Il y a des entreprises qui font des milliards de dollars de profits année après année. Par contre, il y a de grandes sociétés comme Amazon, Walmart, Netflix et Facebook qui ont affiché des profits records pendant la pandémie, grâce à la pandémie et sur le dos de ceux qui font des sacrifices et qui ont du mal à joindre les deux bouts.
    Si nous devons faire un choix, ne devons-nous pas opter pour aider ceux qui en ont besoin et demander à ceux qui en ont les moyens de contribuer davantage? C’est ce que nous demandons.
    Il faut toujours faire des choix, et certains sont difficiles, mais celui-ci ne l’est pas. Il est très simple, très facile. Comment les libéraux et conservateurs vont-ils pouvoir regarder en face des gens qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts et à qui ils vont supprimer les mesures d'aide dont ils ont besoin? Comment vont-ils pouvoir se justifier?

  (1105)  

    Imaginez comme ce serait mieux si nous disions, comme pendant les deux guerres mondiales, que lorsque des entreprises dégagent des bénéfices massifs et record parce qu’elles se trouvent au bon endroit, au bon moment, elles sont en mesure de contribuer davantage à l’effort. Tel est, au fond, le choix que nous proposons.

[Français]

    Nous proposons un choix. À mon avis, c'est un choix facile, mais les libéraux et les conservateurs ont toujours de la difficulté à le comprendre. Lors d'une période difficile, comme celle que nous vivons actuellement avec la COVID-19, beaucoup de gens font des sacrifices énormes. Nous avons observé les effets négatifs que cela a eu sur les travailleurs et les travailleuses qui ont perdu leur emploi et sur les petites entreprises qui ont dû fermer leur porte.
     C'est effectivement une période difficile, mais devons-nous dire aux gens qui ont déjà fait des sacrifices qu'ils doivent en faire plus?
    Nous pourrions plutôt dire aux gens qui ont fait d'énormes profits, des profits records et excessifs, qu'ils doivent payer leur juste part. Selon moi, et selon les néo-démocrates, nous devons nous assurer que les plus riches paient leur juste part. C'est aux plus riches de payer la facture de la relance économique. Cela ne devrait pas être la responsabilité de M. et Mme Tout-le-Monde. C'est le choix que nous proposons aujourd'hui.

[Traduction]

    Nous disons, investissons dans ce dont les citoyens ont besoin. Les Canadiens ont besoin de soins de santé. Ils doivent savoir que si eux-mêmes ou leurs proches sont malades, ils trouveront l’aide dont ils ont besoin. Ils doivent savoir qu’ils peuvent se procurer les médicaments dont ils ont besoin. Ils doivent savoir qu’ils peuvent recevoir les soins dentaires dont ils ont besoin afin de pouvoir prendre soin de leur dentition.
    Nous devons faire en sorte que les citoyens, lorsqu’ils ont du mal à joindre les deux bouts et qu’ils ne peuvent pas travailler, peuvent compter sur une aide au revenu et qu’il existe un revenu minimum garanti décent, comme la PCU pour laquelle nous nous sommes battus. Encore une fois, pour souligner les différences, on dirait que tous les deux ou trois mois durant la pandémie, le gouvernement libéral a menacé de réduire l’aide apportée aux Canadiens. Nous avons dû nous battre et demander pourquoi ils voulaient la réduire.
    Il semble un peu étrange que le gouvernement propose cette mesure, mais chaque fois qu’il a fallu choisir de se ranger du côté des citoyens ou des plus nantis, il a continué de dire de réduire l’aide aux citoyens, de réduire la PCU et les aides au revenu, tout en laissant les plus riches exploiter des échappatoires fiscales, dégager des bénéfices record et ne rien payer au Canada.
    Il y a énormément d’entreprises qui s’enrichissent au détriment des Canadiens ici, au Canada, qui vont placer leurs bénéfices dans une banque à l’étranger et qui ne paient aucun impôt dans notre pays. Elles s’enrichissent au détriment des Canadiens, mais ne paient pas d’impôts ici. Les libéraux et les conservateurs ont laissé faire. Ils dirigent ce pays et laissent faire cela.
    L’ARC a même traîné des entreprises devant les tribunaux. Les juges ont conclu que les bénéfices étaient entièrement d’origine canadienne et engrangés au détriment des Canadiens, mais ces bénéfices ont été transférés dans une autre banque à l’étranger. Cependant, c’est légal. Elles en ont le droit, et l’ARC n’a pas pu recouvrer les impôts que ces entreprises devaient à ce pays.
    Il y a toutefois un prix à payer. C’est un choix que fait le gouvernement, et qu’ont fait les conservateurs, de laisser les plus nantis continuer d’exploiter notre système. Les Canadiens en souffrent. Chaque jour, ils paient leur juste part. Nous demandons aux plus riches de payer leur juste part aussi pour financer les programmes dont nous avons besoin.

  (1110)  

[Français]

    Nous proposons que les plus riches paient leur juste part, afin qu'on puisse investir dans les programmes sociaux dont les gens ont besoin. On pourrait aussi mieux financer les soins de santé. On pourrait mettre en place une aide destinée aux gens qui ne peuvent pas travailler. Ainsi, on pourrait créer une société plus juste. C'est exactement cela que nous proposons.

[Traduction]

    Je tiens à souligner le choix en l’occurrence et à rappeler que nous aurons des choix difficiles à faire. Avant de conclure, je tiens à dire aux Canadiens que le gouvernement libéral va annoncer qu’il doit réduire l’aide dont ils ont besoin et que les conservateurs vont essayer de leur dire qu’ils sont de leur côté. Il n’en est rien, sauf s’ils sont prêts à faire en sorte que les plus riches dans ce pays, qui bénéficient d’échappatoires énormes, paient leur juste part afin que nous puissions financer les programmes dont nous avons besoin.
    Nous le ferons. Nous avons toujours appuyé les Canadiens pendant la pandémie. Nous continuerons de nous battre pour eux et ils peuvent être sûrs que nous veillerons à bâtir un Canada où personne n’est laissé pour compte, où les plus riches paient leur part et où les gens peuvent vivre une vie des plus heureuse.
    Madame la Présidente, depuis le premier jour, en 2015, nous nous sommes attachés, en tant que gouvernement, à examiner les écarts et à prendre des mesures contre les inégalités en matière de revenu. J’aborderai la question lorsque le moment sera venu pour moi de formuler des commentaires.
    Depuis le tout début de la pandémie, le gouvernement a mis en œuvre toute une série de programmes pour veiller à ce que, peu importe la région, le gouvernement soit présent, en collaborant avec d’autres, afin d’appuyer les Canadiens. Le premier ministre et le gouvernement ont aussi clairement indiqué que, dans ce processus, nous croyons vraiment que nous pouvons rebâtir en améliorant les choses.
    L’une des questions est le programme national d’assurance-médicaments, auquel se rapporte ma question. Le chef du Nouveau Parti démocratique a été législateur provincial. Il comprend l’importance du rôle des soins de santé dans les provinces. N’est-il pas d’accord pour dire que, pour offrir aux Canadiens le meilleur programme d’assurance-médicaments possible, nous devons obtenir le soutien des provinces et collaborer avec elles?
    Madame la Présidente, évidemment, il faut collaborer avec les provinces, mais parlons de rebâtir en mieux. Présentement, si nous ne faisons rien, c'est la reprise en « K » qui se poursuivra, ce qui signifie que, pour beaucoup de gens, la situation continuera de se dégrader. On parle de ceux qui peinent à trouver du travail. Ils ont perdu leur emploi et le nombre de petites entreprises qui mettent la clé sous la porte continue de croître. Pour bien des gens, la situation ne fait que s'empirer.
    À l'opposé, un petit groupe de privilégiés a commencé à voir les choses s'améliorer. Ils font plus d'argent. Ils deviennent de plus en plus riches, ce qui fait que l'écart avec le reste de la population continue de se creuser. La seule façon d'arrêter cette tendance, c'est de mettre en place une mesure fiscale concrète ciblant les fortunes et les profits exceptionnels et d'exiger de ceux qui en ont les moyens qu'ils paient leur juste part.
    C'est ce que nous demandons, alors que les libéraux et les conservateurs hésitent à faire ce genre de propositions ou à appuyer celles qui sont faites.

  (1115)  

    Madame la Présidente, j'habite près de la circonscription du député, Burnaby-Sud. Un des problèmes majeurs vécus par les gens de Burnaby concerne le rôle des acheteurs étrangers dans le marché immobilier. Dans son discours, le député a surtout parlé d'alourdir le fardeau fiscal des Canadiens, mais qu'en est-il d'imposer des taxes aux étrangers qui font des achats immobiliers au pays et qui tirent profit des lois canadiennes? Nous sommes désormais dans la situation où le marché du travail n'est plus arrimé au marché immobilier, et où les travailleurs canadiens n'ont plus les moyens de s'acheter une maison.
    Le député de Burnaby-Sud appuierait-il l'imposition de taxes aux étrangers qui font des achats immobiliers au pays?
    Madame la Présidente, c'est une mesure que nous avons proposée pendant notre dernière campagne. Nous sommes absolument convaincus qu'une taxe, du genre de celle que le Parti néo-démocrate de Colombie-Britannique a imposée aux propriétaires étrangers de biens immobiliers, est une mesure cruciale pour contrôler le prix de l'immobilier.
    Pour dire les choses clairement, je ne demande pas aux Canadiens ordinaires de payer plus cher. En fait, je dis qu'ils ne devraient pas avoir à payer plus. Les gens s'inquiètent du déficit parce qu'ils pensent que les gouvernements vont leur demander de cracher encore plus au bassinet. Je dis que les plus riches, ceux qui sont au sommet de la pyramide, ceux qui ont engrangé des profits records, ceux qui ont des fortunes dont le montant est supérieur à 20 millions de dollars devraient payer leur juste part.
    Madame la Présidente, le gouvernement ne cesse de parler des mesures qu'il veut prendre pour aider la classe moyenne et ceux qui travaillent dur pour rejoindre ses rangs. On connaît la rengaine. Pourtant, le Canada a l'un des taux de chômage les plus élevés au sein du G7. L'inquiétude s'intensifie. Les gens continuent à avoir du mal à s'en sortir.
    De quelle manière ce projet de loi contribuerait-il à aider les gens à rejoindre les rangs de la classe moyenne et à être plus à l'aise financièrement? J'aimerais savoir ce que le député pense de cela.
    Madame la Présidente, il faut aider les gens qui en ont besoin à assumer certains des coûts les plus importants dans leur vie. Il y a des gens qui ne vont pas chez le dentiste parce que les soins dentaires coûtent trop cher. D'autres n'ont pas les moyens de se payer les soins de santé qu'il leur faut. Cela a un coût.
    Nous savons que si nous n'investissons pas dans les programmes dont les gens ont besoin, ces derniers ne pourront pas vivre une vie optimale. Des gens sont coincés dans un emploi sans possibilité d'avancement parce qu'ils ne peuvent pas se passer des avantages sociaux qui accompagnent cet emploi.
    Nul ne devrait être lié à son emploi en raison des avantages sociaux qui s'y rattachent. Chacun devrait pouvoir accéder aux soins de santé dont il a besoin dans le cadre de notre système de santé universel. Ainsi, chacun serait libre de poursuivre ses ambitions tout en jouissant des soutiens dont il a besoin, ce qui lui permettra de vivre une vie optimale. Voilà le fondement de notre proposition. En faisant payer leur juste part aux riches, nous pourrons investir dans les gens.
    Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir de prendre la parole à la Chambre. Aujourd'hui est un jour bien spécial. J'ai bien aimé les déclarations du premier ministre, du chef de l'opposition officielle, du chef du NPD et de la chef du Parti vert pour souligner l'importance de nos anciens combattants.
    Ayant moi-même été membre des Forces armées canadiennes, je songe à l'honneur et au privilège qui m'est donné de pouvoir marcher aux côtés d'anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale dans les défilés ainsi que d'avoir l'occasion de m'entretenir avec eux. C'est un énorme privilège.
    Quelques années après avoir quitté les forces armées, j'ai siégé à l’Assemblée législative du Manitoba, et l’un des moments les plus touchants dont je me souvienne de cette période est lorsque des anciens combattants ont été invités à s’asseoir derrière les députés. Je me trouvais dans la dernière rangée, et je pouvais littéralement tourner mon fauteuil et discuter face à face avec l’un de ces anciens combattants. Je le mentionne en raison des importantes contributions de ces hommes et ces femmes à nos forces, tant dans le passé qu’aujourd’hui. Pour reprendre nombre de commentaires formulés plus tôt par les chefs de partis, au nom de la circonscription de Winnipeg-Nord, je souhaite rendre hommage à ceux qui servent notre pays à l'heure actuelle et leur souhaiter la meilleure des chances.
    Cela dit, je souhaite revenir directement à la discussion que nous avons aujourd’hui au sujet de la motion du NPD. Certains faits me reviennent à l’esprit, et j’aimerais communiquer aux autres députés certaines de ces réflexions.
    Nous nous penchons sur ce qui s’est produit au cours des huit derniers mois. J’ai indiqué dans le préambule de ma question au chef du Nouveau Parti démocratique que, pratiquement depuis le premier jour de son arrivée au pouvoir, le gouvernement du Canada, sous la direction du premier ministre, a adopté une approche très proactive pour veiller à venir en aide aux Canadiens dans tous les secteurs de notre merveilleux pays.
    Nous avons mis en œuvre une approche du style « Équipe Canada », à laquelle se sont joints les autres ordres de gouvernement de diverses allégeances politiques, tant à l'échelon provincial qu'à l'échelon municipal. Nous avons vu des particuliers, des entreprises, des organismes à but non lucratif et tous les membres de la société s’associer et reconnaître à quel point il était important de s’unir et de travailler en collaboration pour affronter la pandémie.
    Il y a eu certaines réussites notables. Ce que nous avons appris au cours des trois ou quatre premiers mois de la pandémie nous a permis d’atténuer les effets négatifs de la deuxième vague. C’est grâce à l'expérience que nous avons acquise que nous avons pu prévenir des décès. Des milliers de vies ont pu être sauvées parce que nous avons travaillé la main dans la main aux quatre coins du pays afin de mieux lutter contre la pandémie.
    En ce qui a trait au gouvernement fédéral, ce que nous sommes parvenus à accomplir ici même à Ottawa est très important. Je vais y revenir, mais je veux reprendre quelque chose qui a été mentionné auparavant dans le cadre de certaines des discussions. Je sais qu’il y a 156 députés libéraux qui croient sincèrement qu'il était non seulement important que nous soyons présents de manière réelle et tangible pour les Canadiens pendant toute cette pandémie, mais qu'il est aussi possible de reconstruire en mieux. Si nous voulons en avoir un aperçu, il suffit de jeter un coup d’œil au document qui a été présenté sous la forme du discours du Trône, il n’y a pas si longtemps, en septembre.

  (1120)  

    Il donne aux Canadiens une vision très claire de la manière dont nous, en tant que gouvernement, entendons reconstruire en mieux. C’est un message que nous devons continuer de répéter, à l’avenir. Bien entendu, nous connaîtrons d’autres moments difficiles. Les gens de ma province, le Manitoba, éprouvent de très sérieuses difficultés au cours de la deuxième vague qui sévit actuellement, mais nous la surmonterons.
    En tant que représentant élu, je suis convaincu que nous allons reconstruire en mieux et je vais travailler en ce sens. C’est la raison pour laquelle j’ai posé ma question au chef du Nouveau Parti démocratique. Dans le cadre de cette motion, les néo-démocrates mentionnent le programme d’assurance-médicaments. Je travaille avec ma fille, Cindy, depuis quelques années, à faire valoir l’importance des médicaments et d’un régime d’assurance-médicaments, et je le faisais aussi avant. Je travaillais sur la question avant même que le Comité permanent de la Chambre des communes ne se penche sur celle-ci il y a quatre ou cinq ans, et même avant qu'il y ait une commission chargée de déterminer comment nous pourrions mettre en œuvre un tel régime. Le gouvernement a investi des ressources considérables pour examiner divers moyens de mettre en place un programme d’assurance-médicaments. C’est la raison pour laquelle j’ai été encouragé lorsque le chef du Nouveau Parti démocratique a déclaré que nous devions travailler de concert avec les gouvernements provinciaux.
    Le discours du Trône fait état d’un engagement selon lequel nous devons collaborer avec les gouvernements des provinces afin de progresser dans le dossier de l’assurance-médicaments. Je crois qu’une grande majorité des Canadiens aimeraient que nous allions de l’avant sur cette question. Il s’agit d’un excellent exemple de notre engagement à reconstruire en mieux. Depuis quelques années, le présent gouvernement, et plus particulièrement les ministres de la Santé, travaillent avec d’autres administrations et parties prenantes afin de réduire radicalement le coût des médicaments. Ces efforts ont permis aux consommateurs d’épargner littéralement des centaines de millions de dollars au fil des années. Toutefois, nous pouvons faire encore mieux.
    Lorsqu’il est question de la pandémie, il m’arrive souvent de rappeler les raisons pour lesquelles le gouvernement doit intervenir activement. J’ai répété en maintes occasions que près de neuf millions de personnes ont reçu de l’aide grâce au programme de la PCU. Ce programme est sorti de nulle part. Il n’existait pas avant la pandémie, et pourtant il est venu en aide à des millions de Canadiens de manière très réelle et tangible en leur fournissant le revenu disponible qui est essentiel pour assurer un niveau de vie de base, pour acheter l’épicerie et pour faire d’autres choses nécessaires.
    Nous avons aidé les Canadiens par l’intermédiaire d’un programme de subvention salariale. On estime qu’au moins trois millions et demi d’emplois ont été sauvés grâce au programme de subvention salariale. Ces emplois auraient pu être perdus si le gouvernement ne s’était pas engagé et n’avait pas offert ce programme.
    Mais cela va encore plus loin. Nous avons repéré d’autres secteurs ou domaines dans nos collectivités et dans notre société qui avaient besoin de ressources financières supplémentaires.

  (1125)  

    C’est la raison pour laquelle je me suis réjoui de voir le gouvernement accorder une aide aux personnes âgées sous la forme d’un paiement unique. Dans le cadre du Supplément de revenu garanti et des prestations de la Sécurité de la vieillesse, plus de 6 millions de personnes âgées ont reçu un paiement direct et les plus démunies ont reçu davantage.
    Récemment, une aide a été versée aux personnes en situation de handicap. Je m’en réjouis, surtout avec l’arrivée de la seconde vague qui, dans ma province, est beaucoup plus forte que la première. D’aucuns se sont demandé pourquoi il a fallu attendre si longtemps, mais nous devions définir le périmètre de notre action avant de pouvoir distribuer l’argent. Ce n’est pas comme si le gouvernement fédéral pouvait interroger une banque de données pour savoir à qui envoyer de l’argent. Ce n’est pas comme pour le Supplément de revenu garanti et la Sécurité de la vieillesse. Nous avons dû voir avec les fonctionnaires et différents intervenants quel mécanisme il fallait mettre en place pour aider financièrement les personnes handicapées qui en avaient besoin.
    À la lecture de la résolution, nous constatons que le gouvernement a pris des mesures importantes, et pas seulement pendant la pandémie. En 2015, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, le premier ministre a adopté rapidement un train de mesures pour réduire les inégalités de revenus. Il a notamment mis en place un allègement fiscal pour la classe moyenne, de sorte que les Canadiens de toutes les régions se sont retrouvés avec des centaines de millions de dollars de plus dans leurs poches.
    La résolution propose de taxer davantage les plus fortunés. C’est curieux que le NPD propose ce genre de choses, car lorsqu’il a eu l’occasion d’appuyer l’initiative du gouvernement libéral de taxer davantage le 1 % des Canadiens les plus fortunés, il a voté contre. Quand il a eu l’occasion d’appuyer un allègement d’impôt pour la classe moyenne et une augmentation de l’impôt du 1 % des Canadiens les plus fortunés, il a choisi de voter contre.
    On a dit, et je le répète, que notre gouvernement, depuis 2015, s’est donné pour priorité de bâtir la classe moyenne du Canada, de faire d'elle une priorité et d’aider les Canadiens, par tous les moyens possibles, à y accéder. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place l’Allocation canadienne pour enfants. Des changements importants ont été apportés à ce programme, qui ont été accompagnés d’une injection, et j’ai déjà employé ce terme plusieurs fois, de centaines de millions de dollars dans ce programme. Nous avons également pris les mesures nécessaires pour que cette allocation ne soit pas envoyée aux millionnaires. Voilà le genre d’initiatives qui ont eu un impact très positif sur l’ensemble des Canadiens.
    La résolution propose que nous en fassions davantage dans les domaines du logement et de la santé, et que nous taxions davantage les plus fortunés.

  (1130)  

    Je me suis toujours demandé pourquoi le NPD adopte un point de vue différent lorsqu’il est dans une position différente. Je vais vous donner un exemple. Pendant toutes les années où j’ai siégé à l’Assemblée législative du Manitoba, le NPD a souvent été au pouvoir. Or, et je vais sans doute surprendre mes collègues ici présents, entre 2003 et 2009, le gouvernement néo-démocrate de la province a réduit l’impôt des sociétés à sept reprises. Je me souviens encore quand je dénonçais cela au sein de cette assemblée.
    Passons maintenant à quelque chose qui concerne davantage la Chambre des communes. Combien d’entre nous se souviennent de Thomas Mulcair? C’était il n’y a pas si longtemps. Quand il était chef du Nouveau parti démocratique, le NPD était l’opposition officielle, et à ce moment-là il pensait avoir toutes les chances d’être porté au pouvoir, en remplacement de Stephen Harper. Or, l’une de ses grandes promesses électorales, et certains de mes collègues devinent sans doute ce que je vais dire, c’était d’avoir un budget équilibré.
    Mon collègue de Spadina—Fort York est l’une des personnes les plus compétentes de notre pays en matière de logement. Il en est un défenseur très efficace et très éloquent.
    Le NPD, dans sa résolution, nous demande d’en faire davantage. Quand nous avons mis en place en 2015 une stratégie sur le logement, assortie d’un budget de plusieurs milliards de dollars, qui a eu un effet bénéfique sur des centaines de milliers de Canadiens de toutes les régions du pays, qu’a fait le NPD? Il nous a reproché de ne pas en faire assez.
    J’ai beaucoup appris de mon collègue. Thomas Mulcair s’était engagé pour une fraction de ce que nous nous sommes engagés à faire avec cette stratégie nationale sur le logement. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, il est tout simplement impossible de satisfaire les néo-démocrates. Par exemple, si notre gouvernement proposait de construire 1 000 logements au Manitoba, le NPD dirait qu’il faut en construire 10 000. Si nous proposions d’en construire 10 000, il dirait qu’il faut en donner un à chaque Manitobain.
    Quand je lis la résolution présentée aujourd'hui par mes collègues néo-démocrates, je vois qu’il est question de redistribution des richesses. Mais où étaient-ils quand est venu le moment de se prononcer là-dessus? Ils étaient dans le camp opposé de ce qu’ils nous demandent de faire aujourd’hui.
    J'aime à penser que nous pouvons faire mieux dans l'avenir. Le gouvernement a beaucoup à perdre s'il ne reconnaît pas toute l'importance de non seulement collaborer avec les fonctionnaires fédéraux et d'autres intervenants pour mettre au point les programmes, mais aussi de toujours rester à l'affût et de les consulter sur les façons de les améliorer.
    Nous avons apporté des modifications aux programmes. J'ai parlé du programme de subventions salariales. Il a connu un énorme succès en sauvant de nombreux emplois dans toutes les régions du pays. Ce programme est maintenant prolongé jusqu'en 2021.
    Mon temps de parole est écoulé, mais j'espère pouvoir en dire un peu plus sur le sujet en répondant à des questions.

  (1135)  

    Madame la Présidente, les observations de mon collègue sont très choquantes. On aurait pu penser que mon collègue militerait pour ces programmes étant donné qu'il représente une circonscription qui a l'un des taux de prise en charge d'enfants les plus élevés du pays. Il a parlé d'une baisse d'impôt pour la classe moyenne qui bénéficie aux gens gagnant plus de 100 000 $ par année, mais qui n'aide en rien les personnes dont le salaire est inférieur à 47 000 $, ce qui devrait certainement lui dire quelque chose compte tenu du taux de pauvreté dans sa circonscription.
    Mon collègue est-il prêt à respecter ses obligations de député en ce qui concerne la défense de la Charte et de la Constitution? Est-il prêt à faire en sorte que tous puissent vivre dans la dignité et le respect des droits de la personne, comme le prévoit notre motion, ou continuera-t-il à s'y opposer?
    Madame la Présidente, la députée est complètement dans l'erreur. J'ai parlé de l'Allocation canadienne pour enfants, qui a permis de sortir des centaines de milliers d'enfants de la pauvreté. Près de 10 millions de dollars sont envoyés chaque mois dans ma circonscription, Winnipeg-Nord, pour aider les gens. L'augmentation du Supplément de revenu garanti a permis de tirer des centaines de milliers d'aînés de la pauvreté, certains des aînés les plus pauvres du pays.
    Les néo-démocrates diront ce qu'ils voudront. Le gouvernement a agi. Il a mis en œuvre un plan qui améliore la situation des Canadiens. C'est la réalité sur le terrain.

  (1140)  

    Madame la Présidente, j'aimerais poser une question au député relativement au volet fiscal de la motion, qui cherche à mettre en place non seulement une taxe sur les fortunes, mais aussi une taxe sur les bénéfices exceptionnels des grandes sociétés. Selon le système d'imposition progressif actuel, plus on gagne d'argent, plus on paie d'impôts. Or, à un certain moment, l'inverse se produit. Si les gens sont surimposés, les recettes du gouvernement diminuent. C'est probablement ce que pensaient les députés néo-démocrates de l'Assemblée législative du Manitoba. J'aimerais que le député nous dise ce qu'il en pense.
    Madame la Présidente, il est important d'examiner les motifs que le NPD a invoqués lorsqu'il a réduit l'impôt des sociétés. Diverses préoccupations ont fait en sorte qu'il a cru que cette réduction constituait le meilleur moyen de s'assurer que les entreprises poursuivent leurs investissements et qu'elles continuent à créer des emplois. J'en ai parlé tout à l'heure uniquement pour faire ressortir que le NPD, lorsqu'il se trouve dans une position différente, semble adopter un point de vue différent.
    C'est facile de dire qu'on va taxer davantage les mieux nantis, qu'on va faire ceci et cela, pour redonner tout cet argent aux pauvres. Au bout du compte, il faut se concentrer sur la classe moyenne du Canada et sur ceux qui y aspirent. Il faut trouver des moyens d'établir une politique fiscale à leur avantage.
    Madame la Présidente, je ne suis pas certaine que le député a lu la motion. Son emploi du temps à la Chambre est très chargé et il n'a peut-être pas eu le temps de lire cette motion.
    Le gouvernement a eu cinq ans pour s'occuper de l'évasion fiscale et des paradis fiscaux, mais il n'a pratiquement rien fait. Le député finira-t-il par appuyer notre plan concret visant à faire en sorte que les riches paient leur juste part, non pas les Canadiens de la classe moyenne, mais bien les Canadiens ultra-riches?
    Madame la Présidente, pendant ces années, nous avons offert un financement à hauteur de près de 1 milliard de dollars afin que l'Agence du revenu du Canada soit davantage en mesure de sévir contre les gens qui tentent de faire de l'évitement fiscal, et le NPD a voté contre cette mesure.
    J'ai effectivement lu toute la résolution. Elle a comme avantage de mentionner les soins dentaires comme élément des soins de santé. J'ai été ravi d'apprendre que le Comité permanent de la santé allait mener une étude sur cet aspect en particulier.
    Madame la Présidente, la motion propose notamment d'examiner la possibilité d'imposer une taxe sur les actifs des super riches. Si on faisait cela, quel serait l'effet sur les capitaux qui sont investis au Canada et, plus important encore, ceux qui pourraient quitter le Canada? Selon lui, est-ce qu'il faudrait des mesures législatives pour combattre ce problème?
    Madame la Présidente, comme je ne suis pas spécialiste des finances, il est difficile pour moi de dire exactement quelles seraient les conséquences.
    La ministre des Finances a toute ma confiance, et je suis très rassuré de savoir que les politiques fiscales qui sont proposées par le gouvernement sont bien conçues. Si le passé est garant de l'avenir, je suis sûr que les mesures très concrètes qu'a prises le gouvernement pour soutenir les Canadiens peuvent...
    Nous reprenons les questions et observations. Le député de Don Valley-Nord a la parole.
    Madame la Présidente, j’écoutais les questions et les réponses. Mes collègues du NPD ont beaucoup parlé de leurs plans ambitieux pour changer le monde et de leurs solutions à tous les problèmes, mais sans fournir de détails concrets. S’ils représentent le parti de la lutte, nous représentons le parti des résultats et des solutions tangibles.
    Le député de Winnipeg-Nord peut-il nous parler en détail de certaines de nos réalisations des cinq dernières années?

  (1145)  

    Madame la Présidente, l’ennui, c’est que vous ne me donnerez pas beaucoup de temps pour répondre à la question. Je vais donc souligner quelques points qui ont eu des effets profondément positifs.
    Je pense notamment, comme je l’ai mentionné, à l’Allocation canadienne pour enfants, qui a sorti des centaines de milliers d’enfants de la pauvreté. Je peux parler de la bonification de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti. Il y a un point que je n’ai pas mentionné, mais qui est vraiment important, et c'est l’investissement dans l’infrastructure canadienne. On y a investi des montants sans précédent qui nous permettront de faire de grandes avancées. Je pourrais aussi parler de l’investissement dans les programmes pour étudiants, en particulier pendant la pandémie.
    Au fil des ans, le gouvernement a annoncé un certain nombre de politiques qui ont réellement contribué à la création de nombreux emplois. Au cours de la pandémie, un certain nombre de personnes ont pu retourner au travail, soit environ 75 % des effectifs préalables à la pandémie. En travaillant avec les intervenants, le gouvernement a su prendre les bonnes décisions.
    Madame la Présidente, le salaire des gens qui gagnent plus de 450 000 $ est maintenant dix fois plus élevé que celui des Canadiens ordinaires. Le député ne convient-il pas que de toute évidence les taux d'imposition pour les super riches ne sont pas adéquats? Ces hauts salariés ont vu leur fortune croître à une vitesse vertigineuse. Les Canadiens dont la richesse s'élève à plus de 20 millions de dollars ou à plus de 30 millions de dollars ont sûrement les moyens de payer 100 000 $ d'impôts pour aider leurs concitoyens les plus vulnérables, contribuer à la construction de logements abordables, appuyer les centres de soins et renforcer la santé des Canadiens alors que nous regardons vers l'avant pour rebâtir un Canada meilleur.
    Madame la Présidente, quand le NPD a eu la possibilité de voter en faveur d'une augmentation des taux d'imposition pour le 1 % le plus riche, et les faits sont éloquents, ils ont voté non.

[Français]

    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Kootenay—Columbia.
    Avant de commencer, permettez-moi tout d'abord de reconnaître le grand changement survenu dans votre vie personnelle. Depuis la dernière fois que j'ai eu l'occasion de m'adresser à vous, vous avez hérité d'une dette personnelle de 10 000 $. C'est votre part de la dette nationale que le gouvernement a ajoutée depuis le mois de mars. Chaque Canadien a cette dette supplémentaire de 10 000 $, y compris vous, madame la Présidente.
     C’est parce que le déficit pour cette année sera de 380 milliards de dollars. Comme nous sommes à peu près 38 millions de Canadiens, cela correspond à un nouveau montant de 10 000 $ pour chaque personne, ou de 40 000 $ pour une famille de quatre personnes. Il est vrai que le gouvernement a envoyé beaucoup de chèques à beaucoup de familles et à beaucoup d'entreprises, mais je dois avouer que je n'ai pas encore rencontré de famille ayant reçu 40 000 $ en prestations de la part du gouvernement.
    Nous appuyons certainement les prestations pour les gens qui ont perdu leur emploi, les subventions salariales et les prêts pour les petites et moyennes entreprises. Le total de ces programmes de soutien direct aux familles et aux entreprises est à peu près de 180 milliards de dollars. Cependant, le déficit est de 380 milliards de dollars. Il nous manque donc 200 milliards de dollars. Comment est-il possible de perdre 200 milliards de dollars? On le saura peut-être plus tard dans le débat.
    Chaque famille de quatre a donc cette nouvelle dette de 40 000 $. Si ces familles écoutent mon discours, elles peuvent regarder les prestations qu'elles ont reçues du gouvernement pour savoir si, oui ou non, elles s'élèvent à 40 000 $. En fait, la majorité des dépenses sont perdues dans la bureaucratie et dans les montants versés aux groupes d'intérêts liés au gouvernement, les gens bien nantis étant capables d'engager des lobbyistes pour profiter de ces dépenses énormes.
    Qu'est-ce que cela nous laisse comme pays? Nous avons maintenant un pays beaucoup plus endetté, où les gens ordinaires n'ont pas pu profiter de la majorité des programmes offerts.
    Regardons les chiffres. À l'heure actuelle, notre dette nationale équivaut à 50 % de la valeur de notre économie. Au mois de mars, elle en valait 30 %. En 1996, nous avons connu une crise d'endettement pendant laquelle le Canada a presque failli ne pas pouvoir emprunter de l'argent sur les marchés. Cela a forcé le gouvernement fédéral à réduire de dizaines de millions de dollars ses dépenses en santé et dans d'autres programmes.
     En 1996, pendant cette crise, nous avions une dette qui représentait 66,6 % de notre PIB. Au mois de mars 2020, ce pourcentage était de 30 %. Six mois plus tard, nous avons perdu la moitié de notre marge de manœuvre, puisque notre dette représente maintenant 50 % de notre PIB. En six mois, nous avons donc effacé plus de la moitié de notre marge de sécurité par rapport à notre situation lors de la crise historique que nous avions vécue. C’est un des sujets que le député de Kootenay—Columbia va aborder dans son discours.

  (1150)  

    Il est vrai la crise n'est pas du même niveau que celle vécue dans les années 1970, mais nous nous dirigeons directement vers cela. Il s'agit uniquement des dettes gouvernementales. Le Canada a d'autres dettes dans le secteur privé auxquelles s'ajoute la dette des familles qui sont désormais supérieures au total de notre PIB, sans oublier la dette des entreprises. Si l'on combine ces trois sources, notre dette s'élève à 384 % du PIB. Pour le Canada, c'est de loin un record.
    Parmi les pays du G7, c'est de loin le pourcentage le plus haut, hormis celui du Japon. Avec une dette qui équivaut à presque 400 % de notre économie, cela signifie qu'une augmentation des taux d'intérêt effectifs sur notre économie de 1 % équivaudrait à 4 % de notre économie en matière de coûts.
     Considérons la chose suivante. On parle de 80 milliards de dollars. Chaque année, en coûts additionnels, pour chaque augmentation de taux d'intérêt de 1 %, le coût reviendrait à 2 000 $ par année pour chaque personne vivant au Canada — homme, femme ou enfant — ou à 4 000 $ pour une famille de quatre personnes.
    Je connais beaucoup de familles de la fameuse classe moyenne et je ne connais pas grand-monde, parmi ce groupe, qui serait capable de payer 8 000 $ de plus en intérêt sur la dette de leur famille ou du gouvernement, si les taux d'intérêt augmentaient de 1 %. C'est cette vulnérabilité qui menace nos familles et notre économie.
    Le gouvernement prétend que l'on peut continuer à emprunter à l'échelle personnelle et gouvernementale parce que les taux d'intérêt sont bas. Toutes ces dettes seront-elles remboursées avant que les taux d'intérêt remontent? J'imagine que non.
    Maintenant, on nous présente un plan pour la reprise. Selon la ministre des Finances et le gouverneur de la Banque du Canada, c'est la stratégie de la carte de crédit. L'idée est que les individus et les contribuables s'endettent pour financer la reprise. Ce n'est pas réaliste de rebâtir une économie sur des dettes, surtout lorsque le niveau d'endettement est déjà le plus élevé de toute notre histoire. La seule façon de redémarrer notre économie est par la production de la richesse, et le seul secteur capable de produire cette richesse est celui de nos travailleurs.
    Il nous faut un plan qui permette à nos travailleurs de produire des revenus pour financer leurs besoins personnels et familiaux, mais aussi pour fournir des revenus au gouvernement, qui protégera nos programmes sociaux. Cela signifie que les gouvernements doivent approuver des projets du secteur privé pour bâtir des oléoducs, des centres pour le gaz naturel, des mines et d'autres projets qui produiraient des milliards de dollars en revenus personnels et gouvernementaux. Il faut aussi éliminer les pénalités sur les bénéfices les taxes liées au travail pour permettre aux gens d'avancer avec leur propre travail. C'est avec la production issue du travail que nous pourrons payer nos factures et faire avancer notre pays, et non pas avec la dette. Il nous faut commencer maintenant. On a du travail à faire.

  (1155)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai écouté l'intervention de mon collègue avec un vif intérêt. Il a mentionné qu'il n'avait jamais rencontré un résidant de sa circonscription, Carleton, qui a reçu 40 000 $ en prestations du gouvernement. Mon cousin vit en Californie et ne bénéficie pas d'un régime universel de soins de santé comme celui que Tommy Douglas a instauré au Canada. Mon cousin a dû payer 100 000 $ pour une semaine à l'hôpital, ce qui l'a presque ruiné.
    Le député de Carleton affirme-t-il n'avoir jamais rencontré personne à Carleton qui a passé une semaine à l'hôpital et qui n'a pas eu à payer 100 000 $ comme cela aurait été le cas si nous n'avions pas au Canada un régime universel de soins de santé?
    Ma deuxième question est également très pointue et j'aimerais que le député y réponde clairement. Lors des Première et Seconde Guerres mondiales, les conservateurs ont pris une position très claire contre le mercantilisme et les profits excessifs. Je n'ai pas entendu le député réagir à la mise en place de mesures pour lutter contre les profits excessifs et le mercantilisme qu'on voit depuis le début de la pandémie.
    Le député laisse-t-il entendre que les conservateurs ont changé d'orientation depuis les Première et Seconde Guerres mondiales, alors qu'ils s'étaient clairement opposés au mercantilisme et aux profits excessifs?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie l'honorable député de sa question.
    Je répondrai premièrement à sa question concernant la santé.
    L'augmentation des dépenses que le gouvernement a faites au cours de l'année — des dizaines et des dizaines de milliards de dollars, soit une augmentation des dépenses de 70 % — fait qu'il n'y a pas eu un seul sou d'augmentation pour notre système de santé. Toutes les dépenses ont été faites pour d'autres choses. Le député a donc tort de suggérer que les nouvelles dépenses ont fait avancer notre système de santé. En fait, le pourcentage du budget fédéral consacré à la santé est en déclin depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement.
    Ensuite, l'autre chose que mon collègue devrait savoir, c'est que nous sommes maintenant en train d'ajouter tellement de dettes que nous dépenserons ultimement davantage pour l'intérêt sur notre dette que pour les transferts en santé. S'il est vraiment en faveur de la santé publique, il devrait être en faveur de finances bien protégées et intègres.
    En ce qui a trait à son autre question, nous sommes effectivement contre les profits excessifs liés aux achats gouvernementaux. C'est pour cette raison que les achats gouvernementaux devraient être concurrentiels. Cela permettrait à tous les participants du marché de réduire leurs prix pour obtenir des contrats, au lieu que ces derniers soient donnés directement aux amis des libéraux.

  (1200)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je dois dire que le député est très doué pour manipuler les statistiques et les chiffres. En réalité, depuis 2015, le gouvernement a entre autres mené à bien la négociation avec les provinces et les territoires concernant les ententes sur les soins de santé, ce que Stephen Harper n’avait pas su faire. Depuis, nous assistons à une augmentation annuelle proportionnelle dans les soins de santé, conformément aux ententes. De plus, au cours de la pandémie, une aide supplémentaire considérable a été versée afin de répondre à la hausse des besoins, que ce soit pour des articles de protection individuelle, pour la santé mentale ou pour les soins à domicile.

[Français]

    Monsieur le Président, pendant les années Harper, les dépenses en santé ont augmenté de 6 % par année. Maintenant, elles augmentent à peu près de 3 ou 4 %. L'augmentation des dépenses, sous le gouvernement libéral, n'est pas liée à la santé, mais à autre chose.
    À l'avenir, dans trois, quatre ou cinq ans, quand les taux d'intérêt reviendront à la normale, les plus grandes augmentations de dépenses serviront à payer les intérêts sur la dette que le gouvernement a ajoutés. En fait, la plus grande menace à notre santé, ce sont les dépenses et l'endettement hors contrôle du gouvernement.
    On sait ce que les libéraux font quand ils n'ont pas assez d'argent. Ils l'ont fait pendant les années 1990. Ils ont fait des compressions budgétaires en santé, parce qu'ils avaient une situation financière insoutenable. C'est pour cela que les conservateurs veulent protéger les livres financiers. Nous voulons que les finances soient en ordre pour protéger notre santé. Notre parti est le seul qui est capable de le faire.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis ravi de prendre la parole à distance, comme on dit.
    D'entrée de jeu, j’aimerais remercier mon collègue de Carleton, au nom des résidents de Kootenay—Columbia, pour son travail constant afin que le gouvernement rende des comptes. Je suis heureux d’avoir l’occasion de parler du projet d'impôt sur la fortune, mais je crois qu’une telle mesure finira par nuire aux travailleurs canadiens de la classe moyenne.
    Le premier ministre considère les propriétaires d’entreprises prospères de la classe moyenne comme des fraudeurs fiscaux. Les conservateurs comprennent que l’économie canadienne repose sur les entreprises et les laborieux travailleurs de la classe moyenne. C’est vraiment aussi simple que cela. En fait, 45,1 % du PIB correspond à la contribution annuelle de ces entreprises de la classe moyenne à l’économie.
    Sous la direction du chef de l’opposition officielle, nous continuerons à défendre ces entrepreneurs et les travailleurs qu’ils emploient, partout au Canada, afin de veiller à ce qu’ils obtiennent le soutien dont ils ont besoin pour surmonter la présente crise sanitaire.
    Comme condition du maintien de leur appui aux libéraux, les néo-démocrates réclament maintenant un impôt sur la fortune des très riches, de 1 % par an sur la valeur nette des Canadiens dont les actifs valent plus de 20 millions de dollars. Pourquoi est ce que je parle de la classe moyenne? Revenons sur l’histoire récente.
    Dans les années 1990, par exemple, 12 des 14 membres de l’Union européenne avaient des impôts sur la fortune. Aujourd’hui, tous sauf trois ont abandonné cette idée. Pourquoi? Parce que les impôts sur la fortune sont presque toujours un échec, et quand cela s’avère, les gouvernements se tournent vers la classe moyenne pour régler leurs problèmes fiscaux. Il est établi qu’en plus d’être inefficaces, les impôts sur la fortune freinent l’épargne et les investissements, ce qui ralentit la relance économique et la croissance à long terme. La classe moyenne en subit directement les conséquences. C’est le mauvais choix à un moment où le Canada est en difficulté à cause de la crise sanitaire.
    Les impôts sur la fortune se révèlent inefficaces pour augmenter les recettes fiscales pour plusieurs raisons. Un tel impôt est difficile à définir et à mesurer, ce qui le rend difficile et coûteux à administrer. De fait, d’autres pays ont constaté qu’au moins la moitié des sommes perçues servent à administrer le programme. C’est 50 %, soit jusqu’à 3 milliards de dollars par an, selon le bureau du directeur parlementaire du budget, des sommes qui servira non pas à aider les Canadiens qui en ont besoin, mais permettre au premier ministre de payer un appareil d’État plus gros. Les impôts sur la fortune ne permettent presque jamais de collecter les sommes qu’ils sont censés collecter, et nous savons qu’ils sont coûteux à gérer. Donc, je pose la question: qu’est-ce qui a le plus de valeur pour les organismes de bienfaisance canadiens, le dollar versé par le philanthrope ou les 50 ¢ provenant du premier ministre?
    Un impôt sur la fortune aurait un effet punitif pour les Canadiens qui ont réussi, et ne servirait qu’à restreindre le flot des sommes versées aux organismes de bienfaisance, ceux-là mêmes qui ont besoin d’aide. Le fait est que les personnes dans le besoin, qui reçoivent des services des organismes de bienfaisance, ne bénéficient déjà plus du même niveau de service à cause de la crise sanitaire. Cet impôt ne ferait qu’aggraver le problème.
    Les organismes de bienfaisance de tout le pays souffrent, et c’est certainement le cas dans ma circonscription. Les dons sont en baisse et de nombreux organismes ne savent pas où ils trouveront les fonds nécessaires pour poursuivre leurs activités. Ces organismes et ces entreprises se passionnent pour les oeuvres de charité qu’ils soutiennent, en particulier dans leurs collectivités.
    Le gouvernement fait valoir que, d’une quelconque façon, il sait mieux que les philanthropes comment redistribuer la richesse. Je soutiens respectueusement que ce n’est pas le cas. Les exemples où le gouvernement gère mieux une entreprise que l’entreprise elle-même ne sont pas légion.
    À première vue, un impôt sur la fortune semble idéal et fait presque penser à Robin des bois. Malheureusement, les exemples que l’histoire nous offre montrent le contraire et produisent des conséquences involontaires. Au lieu d’investir l’argent dans la création d’emplois ici au Canada et de s’exposer ainsi à une augmentation des impôts canadiens, les gens qui sont touchés par un impôt sur la fortune pourraient choisir de déplacer leurs actifs à l’étranger. L’idée qu’un simple impôt sur la fortune offrira au gouvernement une solution miracle pour assurer la croissance et payer ses dépenses est irrationnelle.
    Un impôt sur la fortune est semblable à un impôt foncier, mais au lieu de taxer l’immobilier, il vise la richesse sous toutes ses formes: actions, bijoux, œuvres d’art, voitures, maisons, bateaux, épargne-retraite, vieux fusils de collection, chevaux et cartes de hockey, et j’en passe. Tout bien ayant une valeur monétaire qu’on peut évaluer est visé, ce qui en soi soulève des questions.
    En vérité, un impôt sur la fortune fera fuir les investisseurs. Comment peut-on s’attendre à attirer l’investissement au Canada si le gouvernement cherche à instaurer un impôt sur la fortune qui fera fuir les investisseurs que nous avons déjà?

  (1205)  

    Voyons les chiffres. Le directeur parlementaire du budget estime que l’impôt sur la fortune du NPD permettrait de percevoir 5,6 milliards de dollars par an. Les libéraux ont promis de creuser encore le déficit de 150 milliards en plus des 350 milliards déjà affectés. Même si l’impôt sur la fortune rapportait 5,6 milliards de dollars par an, ce que d’autres exemples montrent qu’il ne fera pas, il reste à trouver 490 milliards ailleurs. Où ira-t-on les chercher? Je suis certain que les Canadiens de tout le pays aimeraient savoir comment le gouvernement compte combler la différence de 490 milliards de dollars. En réalité, d’une manière ou d’une autre, ce sont tous ceux qui, dans la classe moyenne, gagnent leur vie à la sueur de leur front qui paieront la facture.
    Les Canadiens de la classe moyenne ne peuvent pas se permettre les dépenses du gouvernement actuel. Ils ne peuvent pas se permettre les décisions financières d’un premier ministre qui n’a jamais eu à se demander comment payer une facture d’électricité de 300 $ alors qu’on n'a que 20 $ en banque. Les Canadiens ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Nous devons commencer à mettre en place de vraies solutions qui feront avancer notre pays, et les conservateurs sont là pour aider dans cette entreprise.
    Le gouvernement actuel et son approche de la transparence fiscale avec les Canadiens me rappellent cette histoire du contribuable échaudé par la fiscalité libérale. Le gouvernement a augmenté peu à peu les impôts, en commençant par les plus riches pour ne pas alarmer la population. Pour finir, il se retrouve avec des déficits qui ne cessent de se creuser, de mauvaises politiques fiscales et pas d’autre choix que d’augmenter les impôts de la classe moyenne.
    Il y a des moments où nous devons affronter la situation et prendre les mesures appropriées lorsque nous en avons la possibilité avant qu’il soit trop tard. Il existe une différence d’opinion fondamentale à la Chambre. Les libéraux et le NPD veulent nous sortir de la crise économique à coup de mesures fiscales, alors que les conservateurs veulent miser sur l’outil économique le plus puissant du Canada: le travailleur canadien. Winston Churchill, homme d’État britannique, a déclaré: « Ceux qui ne tirent pas leçon des erreurs du passé sont condamnés à les répéter. » Eh bien, nous y revoilà. Nous savons que l’impôt sur la fortune n’a pas marché outre-Atlantique et malgré tout ce que l’histoire recèle d’enseignements, le gouvernement actuel, avec le soutien du NPD, cherche à faire en sorte que l’histoire se répète.
    Mes collègues conservateurs et moi-même avons proposé des solutions au gouvernement depuis le début de cette crise. Cette semaine, avec l’adoption de notre motion à la Chambre des communes, les conservateurs ont obtenu plus d’aide pour les Canadiens touchés par une crise sanitaire. Grâce à nos efforts, les libéraux devront interrompre leurs vérifications punitives visant les petites et moyennes entreprises jusqu’en juin 2021 et accorder une plus grande souplesse à l’égard de la subvention d’urgence du Canada pour le loyer, de la Subvention salariale d’urgence du Canada et d’autres programmes qui aident les familles et les travailleurs canadiens.
    Cette mesure s’inscrit dans la tradition des conservateurs de défendre la classe ouvrière et d’améliorer les programmes d’urgence du gouvernement pour tous les Canadiens. Cela comprend l’augmentation de la subvention salariale de 10 % à 75 %, la promotion de modifications du programme raté de subvention au loyer des libéraux et maintenant, le report des vérifications libérales visant les petites et moyennes entreprises.
    Il est honteux que les libéraux n’aient pas appuyé notre motion et aient plutôt voté pour les vérifications punitives visant des Canadiens qui travaillent fort. Les libéraux pensent que les propriétaires de petites entreprises sont des fraudeurs fiscaux, mais les conservateurs savent qu’ils sont l’épine dorsale de notre économie. Les conservateurs comprennent qu’il n’y a pas d’économie canadienne sans notre classe moyenne, dont de nombreux membres sont des propriétaires d’entreprise et des employeurs. C’est aussi simple que cela. Punir la réussite n’encourage pas l’investissement.
    Nous sommes à la croisée des chemins. Nous pouvons choisir de taxer davantage et de punir les entreprises prospères ou nous pouvons favoriser des investissements qui favoriseraient une reprise économique solide. Le leadership conservateur défendra les travailleurs et la classe moyenne à la grandeur du Canada et veillera à ce qu’ils obtiennent l’aide dont ils ont besoin pour traverser cette crise sanitaire. Je serai parfaitement clair: les conservateurs continueront de prendre position à la Chambre pour la famille ouvrière qui a besoin d’aide. Nous avons été là pour eux depuis le début de cette crise sanitaire et économique. Nous continuerons à travailler pour eux afin d’améliorer les programmes du gouvernement actuel.

  (1210)  

    Madame la Présidente, nous savons que les conservateurs ont de tout temps pris position pour protéger les échappatoires inhérentes aux options d’achat d’actions pour les PDG et qu’ils ont contribué à multiplier les paradis fiscaux pour aider les riches à ne pas payer leur juste part d’impôt dans ce pays. Nous avons vu le revenu médian passer à 2,7 millions de dollars pour les 0,01 % les mieux nantis, selon Statistique Canada. C’est une augmentation de 27 %. Par comparaison, le revenu du Canadien moyen a augmenté de 2,5 %. Le député parle de la classe moyenne, mais qui est vraiment favorisé, selon lui, par ce régime fiscal?
    Nous savons qu’au cours de leurs dix ans au pouvoir, les conservateurs ont réduit de 6 % les impôts des plus grandes sociétés canadiennes, de même que les impôts des très fortunés. Les propriétaires de petites entreprises n’ont bénéficié que d’un allègement fiscal de 1 %. Si le régime fiscal fonctionne et que ces réductions d’impôt fonctionnent, pourquoi ne fonctionnent-elles pas pour la classe moyenne? Le député ne pense-t-il pas qu’une personne qui fait partie des 0,01 % et qui touche 10 fois l’augmentation salariale du Canadien moyen ne peut pas se permettre de payer plus, surtout dans une période comme celle que nous vivons?
    Madame la Présidente, nous sommes actuellement à la croisée des chemins. Nous devons songer aux façons de relancer l'économie. Je ne pense pas que le fait d'imposer une taxe pour les super riches du 1 % va stimuler notre économie. Je crois que nous devrions plutôt examiner comment rembourser la dette actuelle.
    Madame la Présidente, que pense le député de l'importance, pour une économie moderne, d'avoir des entreprises rentables, un marché boursier florissant et des fonds de pension, comme le Régime de pensions du Canada, qui peuvent investir dans des entreprises florissantes?
    Madame la Présidente, nous devons commencer à encourager la croissance économique, et pour cela, il faut faire des profits. La croissance économique permettra de créer des emplois pour la classe moyenne, de redonner du travail aux gens et de rembourser la dette. Elle assurera aussi des revenus sûrs à ceux qui investissent dans des programmes, les fonds de pension par exemple.

  (1215)  

    Madame la Présidente, je suis estomaquée d'entendre le député prétendre que le fait de demander aux ultra-riches de payer un peu plus va nuire aux organismes de bienfaisance. J'ai travaillé dans le secteur caritatif pendant plus de 20 ans et je trouve une telle déclaration absurde.
    Depuis le début de la pandémie, Jeff Bezos est devenu le premier homme à amasser plus de 200 milliards de dollars. Les chaînes d'épiceries de Jim Pattison ont supprimé les primes de risque liées à la pandémie pour leurs employés tandis que sa fortune s'est accrue de 1,7 milliard de dollars. La fortune de Galen Weston a augmenté de 1,6 milliard de dollars. On parle ici des ultra-riches, pas de la classe moyenne. Nous devrions aider nos organismes de bienfaisance et notre classe moyenne afin qu'elle n'ait pas, justement, à dépendre de ces organismes de bienfaisance qui, contrairement à la déclaration absurde du député, ne souffriraient pas de cette mesure.
    Madame la Présidente, avec tout le respect que je dois à la députée, je ne suis pas du tout d'accord avec elle à ce sujet. J'ai parlé à beaucoup de gens qui font actuellement des dons à des organismes de bienfaisance, et ils quitteraient le Canada. Nous en sommes au point où des organismes de bienfaisance soutiennent nos différents programmes, comme les soins de santé et les hôpitaux. Par exemple, à Vancouver, un don de charité de 27 millions de dollars a été fait. Je pourrais donner d'autres exemples d'entreprises qui ont fait des dons. Actuellement, nous avons besoin de ces dons et nous avons aussi besoin de croissance économique. Nous ne pouvons pas y arriver sans croissance économique.

[Français]

    Madame la Présidente, votre présence m'apporte un petit baume parce que je me sentais bien seul dans mon coin et sachez que vous êtes ma présidente préférée.
    En lisant la motion de mes collègues, je me suis demandé hier quelle était l'intention derrière cette motion. Quand on y prête attention, on y retrouve des mesures tape-à-l'œil, mais que veut-on démontrer et qu'essaie-t-on de faire par ces mesures?
    Dans le contexte de la pandémie, comme le gouvernement est intervenu abondamment en offrant la Prestation canadienne d'urgence ou la PCU, la Subvention salariale d'urgence du Canada, ou la SSUC, j'ai l'impression que cela entre en contraction avec la trame narrative que le NPD veut développer comme parti progressiste dans cette assemblée. Pour renforcer cette image de parti progressiste, le NPD a déposé une motion à la va-vite, une motion tape-à-l'œil.
     D'ailleurs, je ne sais pas si mes collègues du NPD sont habités par la motion qu'ils ont déposée, mais devant leur forte participation je me dis que leur conviction ne doit pas être aussi élevée que ce qu'elle devrait être. Je le dis tout bonnement.
    La motion contient des éléments comme « le 1 % le plus riche » et des mesures sociales. Quand on parle de cela, généralement, on parle de progressisme.
    Puisque je parle de progressisme, j'aimerais essayer de définir ce qu'est « être progressiste ». On entend souvent ces mots. Pour moi, un cas de figure le plus patent de progressisme est assurément le féminisme, la lutte des femmes pour définir par elles-mêmes et pour elles-mêmes ce que sera leur avenir. Les femmes ont réussi à le faire. Ce n'est pas aux hommes de définir l'identité féminine. C'est un exemple patent de ce qu'est le progressisme dans le cours de l'histoire.
    Un autre exemple essentiel est la lutte des mouvements ouvriers. Les ouvriers ont réussi à changer les orientations de la société pour que l'on prenne en considération leur statut particulier. C'est un peu la même chose. Un progressiste, pour moi, est quelqu'un qui dit qu'on ne doit pas être figé par avance dans position sociale. On ne doit pas avoir une position qui nous est assignée et dont on ne peut pas sortir. C'est le fait pour des gens issus de milieux modestes. Si l'éducation et les soins de santé n'étaient pas accessibles à tous, ces gens pourraient être figés par avance dans une position.
    Pour moi, un progressiste est quelqu'un conscient de cette situation. Si on n'a pas un capital fort, généralement, il est plus difficile de s'épanouir dans la vie.
    Tout à l'heure, j'écoutais mon collègue de Carleton, qui est un fervent défenseur de la création de richesse. Or, cette richesse doit être distribuée. Personnellement, je ne crois pas en cette théorie du ruissellement selon laquelle, lorsque l'on crée plus de richesse, elle rejaillit sur les autres. De la même façon, je ne crois pas au principe de méritocratie. Si l'on est progressiste, on ne croit pas au principe de méritocratie qui nous dit qu'en mettant les efforts, on arrive à s'épanouir, à réussir dans le milieu des affaires. On sait très bien que, pour le fils de Bill Gates, la vie est probablement beaucoup plus facile que pour le fils d'une mère de famille monoparentale. Le progressiste sait très bien qu'être « le fils de », cela aide beaucoup. Je le dis sans sourire: je ne parle pas du premier ministre. Je ne suis pas taquin à ce point-là.
    Un autre exemple essentiel pour définir ce qu'est être progressiste est la Révolution tranquille. C'est le moment au Québec où l'on a pris conscience que la religion occupait une trop grande place, que celle-ci limitait nos horizons et définissait à notre place ce que nous devions être. Il y a eu un vaste mouvement de sécularisation qui a donné lieu à une nouvelle société. En résumé, un progressiste, c'est quelqu'un qui lutte pour définir par lui-même ce que sera son avenir, quelqu'un qui essaie de faire en sorte que pour chaque individu, en fonction de ses particularités, peut décider de son avenir.
    Je me rappelle que la semaine dernière, on discutait sur la Loi des mesures de guerre. Il y a un fabuleux poème de Miron, La route que nous suivons. Dans ce poème, Miron écrit: « [...] à force d'avoir pris en haine toutes les servitudes, nous serons devenus des bêtes féroces de l'espoir. » Pour moi, un progressiste est une bête féroce de l'espoir.

  (1220)  

    Je pense que mon ami de Timmins—Baie James n'a pas tout à fait compris puisqu'il s'est abstenu de voter sur notre motion relative à la Loi sur les mesures de guerre, mais ce n'est pas grave.
    Selon moi, un progressiste, c'est quelqu'un qui comprend qu'il y a des catégories d'individus qui peuvent avoir des difficultés au sein de la société, et qu'il faut leur ouvrir des horizons qui les aideront à pallier ces difficultés.
    À mon avis, il y a une catégorie qu'oublie souvent le NPD, celle des minorités nationales. Il y en a plusieurs au Canada, dont les Autochtones, mais il y en a une qui passe constamment à la trappe du NPD dans ses propositions: la minorité nationale québécoise.
    D'après moi, il est clair que la minorité nationale québécoise cherche constamment à établir plus d'autonomie politique. Le mot « nationalisme » semble être un gros mot aux oreilles du NPD. Toutefois, le nationalisme québécois n'est pas belliqueux, il ne vise qu'à permettre à la société québécoise de s'épanouir.
    J'aimerais revenir sur une notion essentielle du fédéralisme, c'est-à-dire le respect des champs de compétence. Selon les principes de la fédération canadienne, si une question touche directement les gens et leur façon de s'organiser en société, elle relève des provinces. On connaît bien cette découpe et l'on pense ici immédiatement aux programmes sociaux, aux soins de santé, à l'organisation de la société en général ou aux questions culturelles.
    Inversement, si une question ne touche pas directement les gens, mais l'organisation interne de la société, elle peut relever du gouvernement fédéral. Songeons ici notamment aux politiques monétaires, au commerce international ou à la réglementation de l’industrie en général. Cette découpe se fait par l'entremise de la Constitution.
    J'aimerais revenir sur la Déclaration de Sherbrooke que mes collègues du NPD ont adoptée en 2005. Ils se présentaient alors comme des gens voulant respecter à la lettre les champs de compétence du Québec. Je ne sais pas ce qui s'est passé depuis, mais la motion que dépose le NPD aujourd'hui est très loin de respecter à la lettre ce que sont les champs de compétence du Québec. Est-ce parce que le NPD n'a désormais plus qu'un seul député au Québec?
    Cette motion représente une intervention dans des champs de compétence qui ne relèvent pas du gouvernement fédéral. Par exemple, la mise en place d'un système de soins dentaires ne relève absolument pas du gouvernement fédéral. Aucune des mesures que l'on voit dans la motion qui a été déposée aujourd'hui ne relève principalement du gouvernement fédéral.
    Qu'est-ce que cela signifie pour moi, qui me qualifie personnellement de progressiste? Cela vient me dire qu'il existe des préoccupations valables si l'on est de gauche. Je suis entièrement d'accord qu'il faut défendre les moins bien nantis. Cependant, il y a d'autres sujets sur lesquels mes amis du NPD ne se prononceront pas qui, étonnamment, touchent toujours la minorité nationale québécoise.
    On sait très bien pourquoi l'on a fait cette séparation au sein de la Constitution. C'était pour s'assurer que la majorité anglophone ne vienne pas engloutir la minorité francophone, car nous sommes une minorité francophone dans une mer anglophone. Il faut ce type de mesures de sauvegarde. Si une société ne se définit pas par ses programmes sociaux, je ne sais pas par quoi elle se définit.
    D'ailleurs, quand j'étais enseignant, une vaste étude avait été menée qui demandait à des Canadiens quelles différences ils percevaient entre leur identité et celle des Américains. Les francophones répondaient d'emblée la culture et la langue — cela va de soi —, privilégiant le multiculturalisme, mais pas un melting-pot à l'américaine. Par contre, la réponse des Canadiens anglais était fort différente, la majorité d'entre eux répondant le système public canadien de soins de santé.
    Qu'est-ce que cela nous révèle? Il est vrai qu'une mesure sociale façonne l'identité des individus. Cependant, en proposant des mesures sociales qui viennent du gouvernement fédéral et ne respectent pas les champs de compétence, le NPD me donne parfois l'impression qu'il s'inscrit en faux contre l'identité québécoise.
    Pourtant, le Québec est une société progressiste et en a fait la démonstration à de nombreuses reprises. Quel est le premier ordre de gouvernement à avoir mis en place un service de garde d'enfants? C'est le gouvernement du Québec. C'est aussi le gouvernement du Québec qui accorde des congés parentaux beaucoup plus généreux que ce qu'offre le régime d'assurance-emploi.

  (1225)  

    Qui a mis en place l'assurance-médicaments dont nous parlent nos collègues du NPD? Je le donne en mille, c'est le gouvernement du Québec.
    Au fil du temps, le Québec a démontré qu'il était une société progressiste. Nous avons fait la démonstration que nous étions une société progressiste. Je vais donner l'exemple type qui démontre comment l'action du gouvernement fédéral peut créer des distorsions en matière de politiques sociales et comment il l'a fait par le passé. Certains progressistes, même au Québec, ont rapidement condamné Lucien Bouchard. Pourquoi l'ont-ils condamné? C'est parce que, selon eux, la naissance du néolibéralisme au Québec a eu lieu au moment où Lucien Bouchard a procédé au virage ambulatoire.
    Il faut mettre les choses en perspective. Pourquoi Lucien Bouchard a-t-il mis en place le virage ambulatoire? C'est parce que, à la Chambre, au même moment, en 1996-1997 et en 1997-1998, Paul Martin coupait de façon récurrente 2,5 milliards de dollars dans les transferts relatifs au financement en santé. Le gouvernement du Québec n'avait donc pas le choix de resserrer la vis lui aussi. Qu'a fait Lucien Bouchard au cours de ces mêmes années? Il a mis en place le service de garde d'enfants à 7 $.
    Il y a donc une distorsion de la part du gouvernement fédéral. Nous n'avons pas un financement acceptable en matière de soins de santé, mais nous gardons l'identité propre au Québec. Nous sommes capables de définir par nous-mêmes et pour nous-mêmes des programmes nous permettant de nous émanciper. Tout à l'heure, j'ai mentionné ce qu'était, selon moi, un progressiste. Ce qui m’embête un peu, c'est que nos collègues du NPD n'ont pas l'air de le comprendre.
    Je reviens maintenant à la motion. On y parle d'un revenu de subsistance garanti. En introduction, je disais qu'il s'agit d'une mesure tape-à-l'œil. Le revenu de subsistance garanti est effectivement une chose à laquelle il faut réfléchir, mais la question est de savoir comment on fait pour le mettre en application.
    Comme chacun le sait, le diable est dans les détails. De quelle manière cela sera-t-il mis en application? Qu'est-ce que cela suppose? Au Québec, il y a déjà des revenus de subsistance. L'aide sociale, par exemple, est un revenu de subsistance. Ce que fournit la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, c'est un revenu de subsistance. Le Régime de rentes du Québec, c'est un revenu de subsistance. D'autres types de revenus de subsistance sont offerts aux parents qui ont des enfants handicapés. Que fait-on avec cela? Est-ce qu'on les jette à la poubelle? De quelle manière, est-ce que cela se fait?
    Je ne veux pas être mesquin, mais, à mon avis, la motion a été faite parce que les néo-démocrates se sont dit que les libéraux prenaient de l'avance sur le champ gauche et qu'ils avaient l'air un peu plus progressistes qu'eux. Chez nous, nous appelons cela un show de boucane. Ils se sont dit qu'il fallait faire un show de boucane et présenter une motion. Ainsi, ils peuvent dire que les libéraux et les bloquistes ont voté contre et qu'il n'y a qu'eux qui sont à gauche.
    Ils disent qu'il n'y a qu'eux qui sont à gauche en proposant des choses irréalisables. Ce sont non seulement des choses irréalisables, mais ce sont des choses qui ne respectent pas les droits constitutionnels de l'une des minorités fondamentales au Québec, soit la minorité québécoise. Il s'agit d'un champ de compétence qui relève du gouvernement du Québec.
    Selon moi, il va de soi que, sur la question du revenu de subsistance garanti, la motion est un peu irresponsable. Comment peut-on déposer cela en pleine pandémie? Pense-t-on que, en pleine pandémie, tout le monde va voter en faveur de cela, alors qu'il y a encore une tonne de questions à régler? On veut rebrasser les cartes et changer complètement le système de soutien social, sans avoir fait une étude exhaustive et sans avoir demandé aux Québécois ce qu'ils en pensent. Souvent, j'entends mes amis du NPD vouloir être les champions de la minorité nationale autochtone, mais on n'a pas demandé aux nations autochtones ce qu'elles en pensent. Cela démontre que c'est un show de boucane.
    Il faut être franc: il faudra des années avant que la mise en place du revenu de subsistance ne soit fonctionnelle. On ne peut pas déposer cela comme une simple motion. C'est du tape-à-l'œil.
    L'autre élément, c'est les régimes nationaux d'assurance dentaire et d'assurance-médicaments. C'est la quintessence d'une vision centralisatrice. C'est la quintessence de la vision centralisatrice du NPD. C'est le gouvernement du Québec qui doit décider s'il mettra en place le régime d'assurance dentaire, et non pas le gouvernement fédéral. Quand on est progressiste, quand on est à gauche — et je me définis comme cela — on aime la logique selon laquelle cela doit provenir du haut vers le bas, du bas vers le haut.

  (1230)  

    Cela doit venir du bas, des mouvements sociaux et de la population. De la même façon, une mesure comme celle d'un régime national d'assurance dentaire doit partir du Québec. S'il décide d'en avoir un, il le fera. Cela doit partir d'en bas et pas d'en haut. Ce n'est ni le centralisme, « le Ottawa sait tout » qui va définir de quelle manière, sur le plan social, les services seront offerts par le gouvernement de Québec. C'est la même chose pour l'assurance-médicaments. Le gouvernement du Québec a déjà son système.
    Tout à l'heure, ce n'est pas innocemment que je disais qu'il fallait voir comment les gens s'identifient. Certains Canadiens s'identifient en disant que leur système de soins de santé est public. On sait très bien que c'est une chose puissante et on détient quelque chose de puissant lorsque l'on parle de cela. Lorsque l'on parle d'une chose qui touche les individus politiquement , on arrive à leur parler et à définir ce qu'est leur identité.
    À mon avis, cette pratique n'est pas étrangère au fait que NPD essaie de se rapprocher de la question des soins de santé; il essaie peut-être de faire des gains au sein de l'électorat. S'ils veulent le faire, que ses membres se présentent dans une assemblée provinciale, car, ici, ce n'est pas la bonne tribune. Si les soins de santé les préoccupent vraiment, qu'ils s'attaquent à la question fondamentale du financement des soins de santé. Le financement est une catastrophe. En 2018-2019, si je me rappelle bien, 44 % du budget du gouvernement du Québec allaient au financement des soins en santé. La part du gouvernement fédéral était d'à peine 20 %. Il faut donc s'attaquer à cela, demander le transfert d'argent aux provinces et il y aura des résultats. L'indexation est de 3 % alors que l'on sait que la hausse des services offerts en frais de santé est de 5 %. C'est encore une fois une mesure qui ne cadre pas avec les intérêts du Québec et qui est un peu tape-à-l'œil.
    Au chapitre du logement, la motion prévoit de « financer immédiatement une stratégie pour et par les Autochtones en milieu urbain, rural et nordique, exécutée par des fournisseurs de logement autochtones ».
    C'est une proposition, mais encore faut-il élaborer de quelle manière cela se fera? Si l'on veut élaborer et financer une stratégie du logement autochtone, il faudrait peut-être les consulter avant. D'où vient cette consultation? On ne l'a jamais vue. En ont-ils parlé avant? Souhaitent-ils mettre ce chantier en œuvre? Cela contribue encore à la rhétorique dont je parlais plus tôt concernant certaines mesures tape-à-l'œil. Selon moi, on ne peut pas proposer une mesure nationale qui implique les nations autochtones sans leur en avoir parlé au préalable.
    Il y a un autre élément qui est celui de taxer les plus riches. Je suis plutôt d'accord. Lorsque l'on ajoute « 1 % » à quelque chose, généralement cela fait un peu tape-à-l'œil. Le 1 % le plus riche est une figure de style qui s'explique bien. C'est un bon pitch de communication. J'en suis peut-être. Il faudrait regarder de ce côté, mais n'y aurait-il pas un travail à faire avant sur l'évitement fiscal et les paradis fiscaux?
    Par cette mesure, le NPD pense à aller chercher autour de 5 milliards de dollars alors que l'on sait que, au Canada, l'évitement fiscal et les paradis fiscaux nous privent collectivement de sommes qui varient entre 9 milliards de dollars et 48 milliards de dollars. Si on veut relancer l'économie canadienne après la crise, ajuster les finances publiques et financer les soins de santé d'une façon intéressante, ce serait peut-être de ce côté qu'il faudrait creuser.
    Finalement, dans cette motion, une chose m'a fortement embêté et montre clairement que le NPD ne s'adresse au Québec. On fait référence à la campagne Recovery for all, qui est uniquement en anglais. Il est clair que l'on ne s'adresse pas au Québec lorsque l'on fait cela. Je me demandais même si cela était recevable ici, mais, comme je ne suis pas un être mesquin, je n'en ai pas parlé.
    Pour conclure, je suis un grand admirateur d'Albert Camus. Le NPD va dire que le Bloc québécois n'est pas un parti progressiste. Cela me fait donc penser à la chicane qu'il y avait eu dans les années 1950 entre Camus et Sartre. Camus avait répondu magnifiquement dans un livre qui s'intitule La chute avec le personnage du « juge-pénitent ». C'est celui qui, quelquefois, accable les autres par son manque de capacité à intervenir.

  (1235)  

    Dans le cas présent, le « juge-pénitent » est celui au NPD qui dira que le Bloc québécois n'est pas un parti progressiste parce qu'il ne vote pas en faveur de la motion.
    Madame la Présidente, j'ai beaucoup de sympathie à l'égard de mon collègue. Il est évident qu'il n'a pas lu la motion et qu'il n'a pas eu le temps de préparer son discours.
    Selon lui, le NPD dira que le Bloc n'est pas un parti progressiste. Je dirais plutôt que le Bloc n'est pas un parti préparé au débat d'aujourd'hui, ce qui est malheureux.
    Je ne défendrai pas l'histoire du NPD ou nos positions relatives au bilinguisme canadien, au droit à l'autodétermination du Québec et à la Loi sur les mesures de guerre. Dans chaque province où le NPD a été élu, nous avons fait avancer le droit des francophones. Ce sont des principes bien connus.
    Ce qui m'inquiète, c'est que le Bloc attaque toutes les possibilités de progrès pour les Québécois et les Québécoises. Il dit qu'il y a un sous-financement dans le secteur de la santé, un champ de compétence provinciale, et il a raison. Cependant, il attaque la possibilité d'avoir accès à des soins dentaires et à un programme d'assurance-médicaments qui ne soit pas plein de failles comme c'est le cas à l'heure actuelle au Québec.
     Je vais partout au Québec et je parle avec les Québécois et les Québécoises. Le besoin de soins dentaires et d'un programme universel d'assurance-médicaments revient constamment. Pourquoi mon collègue veut-il s'attaquer à des programmes financés par le gouvernement fédéral, mais administrés par les provinces, qui pourraient bénéficier aux Québécois qui en arrachent quand cela en vient aux soins dentaires...
    La parole est à l'honorable député de Jonquière.
    Madame la Présidente, je viens du milieu universitaire et c'est une posture commode que de dire qu'une personne n'a pas lu ce qu'on a écrit quand elle n'est pas d'accord avec nos propos. C'est la posture la plus commode que je connaisse.
    Si je n'ai pas lu la motion du NPD et que je ne suis pas préparé, je m'en excuse. Par contre, si je ne suis pas préparé, mon collègue, lui, ne m'a manifestement pas écouté. J'ai indiqué que la majorité des propositions du NPD ne relevait pas des compétences de la Chambre, mais bien de celles des provinces. Ce n'est pas à la Chambre des communes de dicter à l'Assemblée nationale du Québec comment mettre en place le filet social qui relève de ses compétences. C'est tout ce que je lui ai dit.

  (1240)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je présume que le député est préoccupé par certains des secteurs de dépense prioritaires mentionnés dans la motion, mais je crois que la motion vise principalement à créer un moyen de générer des recettes fiscales, un nouvel impôt sur la fortune. Le député a proposé d'examiner d'abord d'autres secteurs et a indiqué que la motion était symbolique, mais, si nous examinons le travail du directeur parlementaire du budget, on constate qu'elle est plus que symbolique. La motion se traduirait par un apport de milliards de dollars d'argent frais. Le travail du directeur parlementaire du budget a changé, et, dans certains cas, les estimations ont changé considérablement au fil du temps, mais même les estimations les plus modestes que j'ai vues se chiffrent à plus de 5 milliards de dollars par année.
     Compte tenu du problème des inégalités sur le plan de la richesse qui existe, je me demande ce que le député pense de l'instauration d'un impôt sur la fortune.

[Français]

    Madame la Présidente, comme je l'ai dit plus tôt, c'est effectivement quelque chose qu'il vaudrait la peine d'étudier. J'ai aussi spécifié que l'évitement fiscal était un sacré problème. Je conçois tout à fait que la fiscalité relève également de la Chambre, ce qui ne me cause aucun souci.
    Par contre, je ne suis pas fiscaliste. Je reproche souvent à certains de mes collègues à la Chambre de se présenter comme des spécialistes de tout. Je ne suis pas un spécialiste de la fiscalité, mais, en tant que politicien qui se dit progressiste, je pense effectivement que les gens plus fortunés pourraient jouer un rôle plus important. Je pourrais être d'accord sur cette proposition.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le discours du député, qui décrit ce que c'est que d'être progressiste.
    Je trouve, toutefois, que la société québécoise qu'il décrit est très conservatrice. À mes yeux, la société québécoise représente un genre de nationalisme conservateur, un désir de préserver la langue, l'identité et la culture. Il s'agit d'une vision de la société fidèle à l'esprit de Burke qui suscite un grand enthousiasme chez les conservateurs, c'est-à-dire le désir de préserver le meilleur de l'histoire et de le transmettre intact à la génération suivante. Je soumets cette idée au député pour qu'il la prenne en considération: les principes conservateurs cadrent très bien avec l'accent que met le Québec sur la culture et la tradition.
    J'aimerais entendre le député au sujet de la subsidiarité, à laquelle il fait allusion dans son intervention, c'est-à-dire l'importance de partir de la base plutôt que d'en haut lorsqu'il s'agit de changement social, de programmes et de ce genre de choses. L'une des réserves que j'ai à l'égard du Bloc Québécois, c'est qu'il insiste, avec raison, sur la subsidiarité en ce qui concerne le respect des compétences provinciales, mais il n'accorde pas le même respect aux minorités à l'intérieur des minorités, c'est-à-dire qu'il ne reconnaît pas que, s'il est vrai que le gouvernement fédéral doit laisser aux provinces une marge de manoeuvre suffisante, les provinces doivent aussi laisser les minorités dans les provinces pratiquer leurs propres traditions, entre autres. J'aimerais entendre les observations du député là-dessus.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aime la fin de l'intervention de mon collègue, qui porte sur les minorités. S'il veut parler de conservatisme, je serai heureux d'échanger avec lui par la suite.
    L'une des minorités les mieux traitées au monde, c'est la minorité anglophone au Québec. Alors que les anglophones représentent 8 % de la population du Québec, 30 % du budget du système d'éducation est accordé à la minorité anglophone. Le jour où les francophones auront le même sort dans d'autres provinces, nous pourrons en reparler. D'ici là, je ne m'avancerai pas là-dessus.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours.
    J'ai beaucoup aimé qu'il mentionne les mouvements sociaux, le mouvement des femmes et le mouvement ouvrier. J'apprécie particulièrement sa capacité à faire un lien avec Camus, Sartre, Miron, peu importe le sujet dont il parle.
    Ce que j'ai préféré de son argumentaire, c'est la façon dont la minorité nationale québécoise est oubliée dans la motion du NPD. De plus, la motion ne respecte pas les champs de compétence du Québec.
    J'aimerais savoir pourquoi, selon lui, le NPD, qui se positionne comme grand défenseur des minorités, est incapable de reconnaître la minorité nationale québécoise dans sa motion.
    Madame la Présidente, le fameux problème qui persiste dans la fédération canadienne, c'est qu'on voit souvent en contradiction la minorité nationale québécoise avec les minorités ethniques et les minorités nationales autochtones. Pourtant, elles partagent toutes la même chose, c'est-à-dire une identité minoritaire. J'ai l'impression que cela fait plaisir au NPD de gommer, à l'occasion, l'identité minoritaire québécoise.
    Il faudrait sensibiliser les députés du NPD à ce que suppose l'identité québécoise, car je pense qu'il y a de nombreuses mécompréhensions.

  (1245)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai écouté avec intérêt les propos du député. Il dit que la campagne « Recovery for All » n'est pas bilingue. J'ai, moi, une pétition à la Chambre des communes qui est bilingue, s'il veut y jeter un coup d'oeil.
    Le député a aussi parlé de la question du logement chez les Autochtones. La stratégie nationale en matière de logement « pour et par les Autochtones » est en réalité quelque chose que la communauté autochtone demande.
    Je me demande si le député sait que les Autochtones sont 11 fois plus susceptibles que les non-Autochtones d'être sans abri. Dans la Stratégie nationale sur le logement présentée en 2017, le gouvernement libéral n'a proposé aucune mesure visant à régler la crise du logement que connaissent les Autochtones. Il n'y a rien à cet égard dans le discours du Trône non plus d'ailleurs. N'est-il pas temps d'agir concrètement dans le cadre de cette nouvelle relation de nation à nation?

[Français]

    Madame la Présidente, en ce qui a trait à la stratégie Recovery for All, je ne sais pas s'il y a une pétition qui existe en français. Si oui, grand bien nous fasse. Ce que j'ai vu était uniquement en anglais. Quand on rédige un document uniquement en anglais, on ne s'adresse pas aux Québécois, à mon avis. Cela va de soi.
    En ce qui concerne les nations autochtones, il est évident qu'elles ont des défis à affronter. Il faut être ouverts, et c'est vrai que le logement est un problème criant chez les nations autochtones. Or cela va passer par elles. Cela ne passera pas uniquement par le gouvernement fédéral. Cela ne passera surtout pas par une motion qui est déposée sur un coin de table et qui veut que nous nous prononcions là-dessus aujourd'hui, parce qu'on veut avoir l'air d'être un peu plus à gauche que ne l'est le Parti libéral présentement.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de St. John's-Est.
    J’ai l’honneur de participer au débat aujourd’hui pour appuyer la motion du NPD qui demande aux libéraux de mettre en place un nouvel impôt de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars et une taxe sur les bénéfices exceptionnels des grandes sociétés qui engrangent des profits exorbitants pendant la pandémie, afin que nous puissions réinvestir des milliards de dollars pour aider les Canadiens.
    La pandémie a fait ressortir de profondes inégalités et des lacunes massives dans notre système économique, laissant 1,8 million de personnes sans emploi. Les personnes les plus touchées sont les travailleurs à faible revenu dans le secteur des services, les travailleurs agricoles et les travailleurs migrants. Trop souvent, ce sont des femmes, des jeunes et des membres des minorités visibles. Même avant la pandémie, plus de la moitié des Canadiens vivaient d’un chèque de paie à l’autre et 10 millions de travailleurs n’avaient pas de régime de pension de leur employeur.
    L’épargne-retraite médiane des ménages proches de la retraite qui n’ont pas de pension est de 3 000 $, et près de 4 Canadiens sur 10 n’ont aucune épargne-retraite. Parallèlement, plus de 10 000 familles ont une valeur nette de plus de 30 millions de dollars, pour un patrimoine total évalué à plus de 1 billion de dollars. Pire encore, l’écart de revenu continue de croître de façon exponentielle.
    Les gouvernements successifs ont toujours su que le système est truqué pour favoriser les ultra-riches et ils n’ont rien fait à ce sujet. Le budget de 2019 maintient un allégement fiscal général pour les entreprises les plus riches. Les paradis fiscaux sont toujours en place et continueront de priver des programmes indispensables pour tous les Canadiens de plus de 16 milliards de dollars chaque année. Tandis que les travailleurs se battent pour survivre, les 20 personnes les plus riches du Canada ont profité de la pandémie à hauteur de 40 milliards de dollars. Pourtant, malgré des bénéfices records, certaines de ces familles qui possèdent les plus grandes chaînes d’épicerie au Canada ont décidé de mettre fin à leurs programmes de « rémunération des héros » pour leurs travailleurs. C’est comme si elles ne voyaient pas du tout la deuxième vague et que la vie de leurs travailleurs n’était pas continuellement en danger. C’est tout simplement obscène.
    Le moment est venu de prendre des mesures solides pour rétablir un certain équilibre dans ces inégalités. Lors des dernières élections, le NPD a fait campagne sur le sujet d’une taxe sur la fortune. Dans cette situation de gouvernement minoritaire, le NPD demande aux libéraux de mettre en place une nouvelle taxe de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars et une taxe sur les bénéfices exceptionnels des grandes sociétés qui engrangent des profits exorbitants pendant la pandémie. Nous demandons cela afin que l’on puisse réinvestir des milliards de dollars dans un revenu de subsistance garanti, un régime universel d’assurance-médicaments à payeur unique et un régime national de soins dentaires, et que l'on traite véritablement le logement adéquat comme un droit fondamental.
    Selon le directeur parlementaire du budget, la mise en œuvre d'une taxe de 1 % par année sur les fortunes familiales de plus de 20 millions de dollars générerait 5,6 milliards de dollars en 2020-2021. Sur une période de 10 ans, cela représenterait des recettes de l’ordre de 70 milliards de dollars. Cette taxe sur la fortune ne s’appliquerait qu’à 13 800 Canadiens. Il n’y a aucune raison pour que les géants du Web comme Amazon, Google et Facebook ne paient pas leur juste part de taxes et d’impôt, comme cela a été fait dans d’autres pays.
    Il ne fait aucun doute que nous devrions également sévir contre les paradis fiscaux et éliminer les échappatoires fiscales. Nous devons associer à ces programmes une application stricte de la loi contre l'évasion fiscale et des sanctions pour les millionnaires et les grandes entreprises qui tentent d’éviter de payer leur juste part.
    En mettant en place une taxe COVID-19 sur les bénéfices exceptionnels, nous pourrions au moins doubler le taux de taxation des bénéfices exceptionnels. Nous devons mettre au point ces programmes afin de nous veiller à ce que les gens fassent ce qui est juste pour les Canadiens. Il est temps que nous donnions la priorité aux besoins des Canadiens ordinaires plutôt qu’à ceux des milliardaires. En instaurant un revenu de subsistance garanti, nous pouvons éradiquer la pauvreté et garantir le respect, la dignité et la sécurité de toutes les personnes au Canada, aujourd’hui et pour les générations à venir.

  (1250)  

    Au Canada, près de 5 millions de personnes, soit une sur sept, vivent dans la pauvreté. Dans la plupart des villes, une famille de quatre personnes devrait avoir un revenu total supérieur à 60 000 $ pour échapper à la pauvreté. Dans ma propre circonscription de Vancouver-Est, le Downtown Eastside est l’un des quartiers les plus pauvres du pays. Le revenu moyen y est inférieur à 18 000 $, tandis que dans l’ensemble du pays, les 90 % les plus pauvres ont un revenu moyen de 28 000 $. Vancouver a le taux de pauvreté le plus élevé, soit 20,4 %, suivi de Toronto, avec 20 %.
    Quels sont les visages de la pauvreté? Ce ne sont pas que des chiffres. Ceux-ci représentent des personnes réelles. Ce sont des personnes qui vivent avec un handicap. Ce sont des enfants. Ce sont des mères célibataires. Ce sont des Autochtones, qui sont surreprésentés chez les sans-abri dans pratiquement tous les centres urbains du Canada. Ce sont des gens racialisés. Ce sont des personnes âgées. Ce sont des vétérans. Ce sont nos amis et nos voisins.
    Je suis une mère et j’adore mes enfants. Il n’y a rien que je ne ferais pas pour eux. Cependant, au Canada, un enfant sur cinq vit dans la pauvreté. Cela représente 1,3 million d’enfants. Dans la collectivité autochtone, un enfant sur deux vit dans la pauvreté. Les peuples autochtones ont 11 fois plus de chance d’être sans-abri. Réfléchissez un peu à cela.
    Que signifient ces chiffres? Ils signifient que les gens n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments qui leur sont prescrits. Cela signifie que leurs garde-manger sont vides. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas mettre un toit au-dessus de leur tête. Cela signifie que des enfants sont arrachés à leur famille et plongés dans le système de protection de l’enfance. Cela signifie que les gens sont obligés de contrevenir à la loi pour essayer de survivre. Cela signifie que leur espérance de vie est beaucoup plus courte que celle des personnes qui ne vivent pas dans la pauvreté. Le coût de la pauvreté pour l’ensemble de notre économie est stupéfiant et pour notre humanité, il est incommensurable.
    Il n’est pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Nous pouvons faire de meilleurs choix. Nous pouvons nous permettre de bâtir un meilleur Canada: un Canada où les enfants ne souffrent pas de la faim; un Canada où les personnes âgées et les personnes handicapées vivent dans la dignité; un Canada où les vétérans sont traités avec le respect qui leur est dû; un Canada où les gens n’ont pas à se soucier de savoir comment ils vont payer leurs médicaments; un Canada où un logement adéquat n’est pas seulement un rêve, mais une réalité; un Canada sans campements de sans-abri comme celui que nous avons actuellement dans ma collectivité.
    Un revenu de base garanti peut aider à édifier un Canada meilleur. Un régime universel d'assurance-médicaments à payeur unique et un régime national de soins dentaires peuvent contribuer à bâtir un Canada meilleur. Une véritable stratégie nationale du logement, comme celle présentée dans le plan en six points du programme de relance pour tous, est un bon point de départ pour mettre un terme à l'itinérance.
    L'itinérance est une vision politique renforcée à la fois par les libéraux et les conservateurs. S'engager à construire immédiatement 300 000 nouveaux logements permanents, abordables et supervisés est un bon point de départ. Nous pouvons limiter la capacité d'importants fonds d'investissement à acheter des logements locatifs dans un état de grande précarité. Nous pouvons mettre sur pied un centre national du logement selon le principe du « pour les Autochtones, par les Autochtones » et construire immédiatement 73 000 unités de logement abordables, sous la direction de fournisseurs de logements aux Autochtones, dans les communautés urbaines, rurales et nordiques.
     C'est le genre d'initiatives qui créeront des emplois et aideront les personnes qui en ont le plus besoin. Un Canada meilleur est possible, comme l'a dit un grand Canadien, Tommy Douglas, « Courage, mes amis, il n'est pas trop tard pour bâtir un monde meilleur. »
    Mettons-y nous. J'invite tous les députés de cette Chambre à appuyer cette motion. C'est la voie de l'avenir, c'est la voie de la relance et c'est la manière de montrer au monde que le Canada ne laisse tomber personne. Nous montrons que nous aidons les gens de manière concrète et pas par des mots creux. C'est un test pour nous tous, ainsi que pour les positions et les valeurs que nous défendons à la Chambre.
    J'espère que tous les députés appuieront cette motion.

  (1255)  

    Madame la Présidente, beaucoup de gens le savent, j'ai été journaliste à Queen's Park en même temps que mon père. Un jour, il m'a dit: « Veux-tu savoir comment on fait pour mettre un néo-démocrate hors de lui? Il suffit de lui dire qu'on est d'accord avec lui. » Je dois avouer à la Chambre que, après m'être frotté aux néo-démocrates entre trois et six fois — je crois —, c'est absolument faux. Sur le fond, il n'y a rien qu'on puisse désapprouver dans la motion. Le problème, c'est la façon de la mettre en pratique, dans quel ordre et selon quel mode de financement.
    La députée d'en face avait déjà parlé de l'assurance-médicaments et, maintenant, elle ajoute les soins dentaires, ce qui n'était pas dans la plateforme du NPD ni dans l'estimation des coûts de sa mise en œuvre. Elle est passée sans explication du revenu universel au revenu de base garanti. Elle a parlé d'une stratégie du logement pour les Autochtones en milieu urbain et nordique. Elle sait que nous y travaillons et qu'elle sera bientôt prête. Nous lui avons fait une place au sein de la nouvelle Stratégie nationale sur le logement. Voilà que la députée ajoute différents éléments dont je ne dresserai pas la liste maintenant.
    Le NPD propose l'ajout d'une taxe pour régler ce problème. Les montants qui seraient perçus au moyen de cette taxe couvriraient une partie de la liste des nouveaux éléments en question, mais pas tous. D'où viendraient les fonds publics supplémentaires requis et quelle structure devrait avoir le programme pour mettre en œuvre tous ces éléments? Pourquoi le NPD n'en parle-t-il pas dans sa proposition? Pourquoi ne nous sert-on que des slogans et une solution simpliste sans proposer de moyens concrets pour régler les problèmes soulevés?
    Madame la Présidente, ma question pour les libéraux et le secrétaire parlementaire est la suivante: pourquoi ce sont toujours les libéraux qui font des promesses sans jamais les tenir?
     Le député se rend-il compte que, bien que la promesse d’un régime universel d’assurance-médicaments figure dans le livre rouge des libéraux depuis plusieurs décennies déjà, il n'est toujours pas là? L’excuse invoquée a toujours été que le gouvernement n’en avait pas les moyens. Nous avons présenté quelques mesures à prendre pour financer ce régime. Si le député consultait les rapports du directeur parlementaire du budget, il constaterait qu’un régime universel d’assurance-médicaments, tout comme une stratégie nationale sur le logement, permettrait aux Canadiens d’économiser de l’argent.
    Madame la Présidente, je salue et partage la passion sincère de ma collègue pour la justice sociale et l’aide aux personnes vulnérables. Cela dit, de ce côté-ci de la Chambre, nous aimerions insister sur le fait qu’il faut d’abord créer de la richesse avant de pouvoir la distribuer. Si nous voulons aider les gens en situation précaire, nous devons accorder une attention particulière au développement économique et aux possibilités de croissance, pour créer une richesse qui nous permettra d’aider les personnes vulnérables.
    À l’heure actuelle, de nombreuses entreprises n’arrivent pas à fonctionner comme à l’habitude. Les dépenses gouvernementales, qui sont considérables, dépassent de loin les impôts que nous percevons et le NPD n’a aucun plan pour remédier à cet énorme déficit.
    La députée convient-elle, du moins en principe, que si nous voulons aider les personnes vulnérables, nous devons d’abord faire en sorte que les gens puissent retourner au travail, réunir des conditions propices à la création d’emplois et de débouchés, et mettre l’accent sur l’innovation et les nouvelles industries, ce qui est essentiel pour atteindre les objectifs mentionnés par la députée?

  (1300)  

    Madame la Présidente, la pandémie a révélé les énormes inégalités dans notre système économique. Dans cette situation, des gens sont dans les faits laissés pour compte. Nous en parlons tous. Nous affirmons qu'il faut rebâtir en mieux pour créer une meilleure société au sortir de la pandémie. Pourquoi ne pas commencer par imposer une taxe sur la fortune? Une taxe de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars n'est pas une idée inouïe. Pourquoi ne pas demander aux gens qui engrangent des profits pendant la pandémie de payer un peu plus pour aider les Canadiens à traverser cette période difficile?
    Pour les libéraux et les conservateurs, ce n'est jamais le bon moment pour faire ce qui est juste, ce n'est jamais le bon moment pour soutenir les gens qui sont les plus vulnérables.
    Madame la Présidente, comme c'est la première fois que j'interviens dans le débat sur la motion de l'opposition, je tiens à souligner que je suis tout à fait d'accord avec l'imposition d'une taxe de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars. En fait, c'était dans la plateforme de mon parti en 2019.
     Dans le rapport du directeur parlementaire du budget, j'ai trouvé ses observations sur le fonctionnement de cette taxe particulièrement intéressantes. Il a parlé d'une marge d'incertitude. Certains ont alors cru que les députés du Parti vert ou du NPD ne savaient pas calculer parce que le directeur parlementaire du budget parlait d'incertitude. Cependant, cette observation voulait plutôt dire que en dépit des efforts pour imposer les plus riches du pays, ceux-ci trouveront une façon de ne pas payer la taxe. Voilà ce qu'on entend par marge d'incertitude. L'argent est bel et bien là. Si la taxe est appliquée, nous devrions percevoir le montant estimé par le directeur parlementaire du budget.
    Je me demande si le NPD a changé d'avis, ou plutôt si la députée de Vancouver-Est l'a fait, en ce qui concerne la façon de calculer la taxe...
     La députée de Vancouver-Est a la parole pour une réponse très courte.
     Madame la Présidente, on peut commencer par mettre fin aux échappatoires fiscales et aux paradis fiscaux, et cesser de subventionner les grandes pétrolières.
    Madame la Présidente, j'ai le plaisir de me joindre au débat sur la motion présentée par le député de New Westminster—Burnaby, portant sur les mesures fiscales pour soutenir les Canadiens vulnérables.
    Notre pays traverse une crise de santé horrible depuis huit ou neuf mois. La pandémie a malheureusement coûté la vie à plus de 10 000 Canadiens, et les régions les plus populeuses subissent encore les conséquences de la deuxième vague. Nous savons que le fardeau a été lourd à porter pour beaucoup de personnes, dont la vulnérabilité a été clairement exposée après qu'elles aient perdu leur salaire, leur emploi et diverses occasions, étant donné les mesures de confinement que la pandémie a imposées.
    La pandémie a mis au chômage plus d'un million de Canadiens supplémentaires. Nous nous préoccupons des conséquences de l'inégalité que cette situation a mise en lumière. Nous le savions déjà. Les néo-démocrates en parlent depuis des années, mais il est temps que le reste du pays se rende compte qu'il faut agir à propos de l'inégalité fondamentale qu'on retrouve dans notre pays. Les conséquences de notre inaction seraient trop grandes.
    C’est l'occasion de se rendre compte qu’il est possible de remédier en partie à ces inégalités en cherchant où se trouvent les quantités importantes d'argent qui ne sont pas partagées équitablement. Nous ne voulons pas que les grandes sociétés profitent d'une pandémie pour s'enrichir. Dans le passé, ce genre de choses n'a pas été toléré.
    Comme le député de New Westminster-Burnaby l’a rappelé dans son excellente intervention, une taxe sur les bénéfices exceptionnels a été imposée pendant la Deuxième Guerre mondiale. Tous les partis étaient alors d’avis qu’il fallait taxer les bénéfices exceptionnels dégagés par les entreprises pendant la guerre. Les bénéfices ordinaires n’étaient pas imposés. C’est ce que nous demandons aujourd’hui. Les grandes sociétés devraient payer un impôt sur les bénéfices exceptionnels qu’elles engrangent pendant la pandémie.
    La deuxième chose dont nous parlions dans notre programme électoral, et dont le coût était chiffré, c’était un impôt sur la fortune pour les plus riches, pas un impôt sur le revenu. Cela a donné à réfléchir à beaucoup de personnes. Je sais, à voir ses réponses à certaines questions, que c’est le cas du premier ministre. Cet impôt viserait les fortunes de plus de 20 millions de dollars. Il serait de 1 %, pas sur les 20 premiers millions, mais sur toute somme au-delà.
    Ces énormes fortunes continuent d’augmenter de plus de 1 % par an et elles ne sont pas convenablement imposées. Ces personnes n’apportent pas leur juste contribution au reste de la société. Nous voulons utiliser cet impôt pour remédier à certaines inégalités parmi les plus criantes en ce qui concerne les revenus, les soins de santé et le logement. Ce sont les trois principaux problèmes que permettrait de régler notre proposition d’élargir les programmes de sécurité du revenu afin que toute personne résidant au Canada dispose d’un revenu minimum garanti décent.
    Nous voulons que l'assurance-maladie comprenne un programme national de soins dentaires et un régime universel d'assurance-médicaments, que les libéraux promettent depuis plus de 27 ans. Ils n’ont toujours pas tenu cette promesse. Nous voulons que le droit au logement soit effectivement respecté et que, pour ce faire, un plan important appelé « la relance pour tous » soit mis en œuvre. Nous voulons qu’une stratégie spéciale pour les communautés autochtones des régions urbaines, rurales et nordiques soit mise en œuvre par les Autochtones.
    Ces éléments sont l’essence même de la motion. Nous cherchons à obtenir l’appui des autres partis à cet égard.
    Je vais traiter plus particulièrement d’un aspect de notre programme, à savoir le régime de soins dentaires. Le secrétaire parlementaire du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, le député de Spadina—Fort York, a dit qu’au NPD, nous n’en parlions pas dans notre plateforme ou que nous n’en avions pas établi le coût. Il se trompe dans les deux cas. Cela faisait partie de notre plateforme l’an dernier et le directeur parlementaire du budget en a calculé le coût. Il s’agissait d’une mesure très réalisable et importante qui aurait nettement changé la vie de millions de Canadiens.

  (1305)  

    En réalité, nous l’avons aussi fait calculer de nouveau cette année, en février, et nous avons offert aux députés la chance de le mettre en œuvre en modifiant la soi-disant réduction d’impôt pour la classe moyenne, en prélevant les premiers 300 $ environ d’avantages fiscaux des personnes qui gagnent plus de 90 000 $ et en affectant cet argent à un régime national de soins dentaires pour les familles dont le revenu annuel est inférieur à 70 000 $.
    Ce régime est très important. Quiconque réfléchit à la situation des personnes qui, au Canada, n’ont pas accès à des soins dentaires sait qu’il s’agit d’un domaine majeur d’inégalité en matière de soins de santé, de mode de vie et d’obtention d’un emploi. Cela s’accompagne de stigmatisation et nuit à leur santé globale. C’est une lacune choquante dans le régime de soins de santé.
    Lorsqu'une personne se fracture un os, fait une chute ou tombe malade, elle se rend à l’hôpital ou chez un médecin et tout est couvert par l’assurance maladie. Cependant, si la même personne a un problème bucco-dentaire, un mal de dents, une carie ou qu'elle perd une dent, dans la plupart des cas ce n’est pas couvert par notre régime de soins de santé.
    Des gens passent toute leur vie, dans bien des cas, de la naissance à la mort, sans soins de santé convenables ou avec une mosaïque de programmes gouvernementaux ici et là pour les aider en cours de route. Le manque d’accès à des soins de santé est une inégalité considérable pour les collectivités rurales et autochtones de tout le pays. C’est une source de problèmes importants.
    Nous parlons d’un programme qui coûterait 1,4 milliard de dollars par an. Le coût a été établi par le directeur parlementaire du budget. Plus de six millions de Canadiens en profiteraient. Le coût est plus élevé en réalité par rapport à l’analyse de l’an dernier à cause de l’augmentation du nombre de personnes qui n’ont pas accès à des régimes de soins de santé et de soins dentaires parce qu’elles ne travaillent plus pour un employeur qui offre un programme à ses employés.
    La situation touche les Canadiens les plus vulnérables. Elle touche les travailleurs à temps partiel qui n’ont pas accès à des programmes. Elle touche des jeunes qui ne sont plus admissibles aux régimes en vigueur lorsqu’ils atteignent 21 ans ou, pour les étudiants, lorsqu’ils atteignent 25 ans. C’est une situation qui nécessite une intervention de la part du gouvernement. Des correctifs s’imposent.
    J'ai parlé de l'occasion que nous avons donnée à tous les députés le 25 février dernier de voter en faveur d'une motion de l'opposition visant à modifier le régime fiscal et ainsi donner à chaque personne au Canada qui n'a pas d'assurance dentaire la possibilité d'en avoir une de base. Les conservateurs et les libéraux ont tous voté contre cette proposition. Bien sûr, ils ont tous la même assurance que moi, une assurance dentaire dans le cadre du régime d'avantages sociaux des députés.
    Le régime d'assurance dentaire proposé aurait garanti une assurance dentaire à tous les Canadiens. C'est possible à réaliser, et ce, en respectant le montant établi par le directeur parlementaire du budget. Nous devons nous doter d'un tel régime dans l'intérêt de tous les Canadiens et dans le but de favoriser l'égalité.

  (1310)  

    Madame la Présidente, l'avantage d'avoir un iPad sur mon bureau, c'est que je peux lire la dernière plateforme électorale du NPD. Je viens de parcourir les trois chapitres qui couvrent les soins de santé et il n'y a aucune mention des soins dentaires. Nous savons que le coût du programme n'a pas été établi et que les soins dentaires n'ont jamais été mentionnés. Ce n'est pas que nous ne devrions pas les fournir ou chercher des moyens de les fournir, mais les députés ne devraient pas inventer des faits à la Chambre des communes, même s'ils le font à distance.
    Je veux parler du droit au logement. Une candidate du NPD s'est présentée sur le perron de ma sœur, à Victoria, et a affirmé que les libéraux n'avaient pas légiféré à cet égard et que nous n'avions également jamais fait d'investissements à Victoria. Ma sœur a répondu: « Oui, ils en ont fait. Mon frère est le secrétaire parlementaire et il loge chez moi chaque fois qu'il vient à Victoria. »
    Nous avons fait ces investissements. Nous avons inscrit le droit au logement dans la loi. Nous sommes en train de mettre sur pied le conseil consultatif. Le NPD veut-il que nous agissions plus rapidement ou ne comprend-il pas ce que nous avons fait?
    Madame la Présidente, le secrétaire parlementaire répète une fausseté. Cela a été mentionné et dûment publié dans notre programme, et son coût a été évalué par le directeur parlementaire du budget. Ces chiffres ont été publiés par le NPD le 18 septembre pendant la campagne électorale. Le député ne peut donc pas inventer des faits. Il peut répéter quelque chose d’incorrect aussi longtemps qu’il le souhaite, mais cela ne change rien au fait que le coût a été calculé par le directeur parlementaire du budget et que cela faisait partie de notre campagne. Les gens que j'ai rencontrés dans la rue pendant la campagne m'ont parlé de notre programme et m'ont dit que les soins dentaires étaient importants pour eux...
    Nous poursuivons les questions et observations. Le député de Haliburton—Kawartha Lakes—Brock a la parole.
    Madame la Présidente, je suis heureux de pouvoir poser quelques questions à mon ami du NPD au sujet de son discours.
    Ma première question porte sur quelque chose qu'il a évoqué à maintes reprises, à savoir l’imposition des riches et la nécessité de nous assurer qu’ils paieront encore plus pendant cette pandémie, ainsi que l’imposition des sociétés.
    Je vais d'abord formuler quelques observations. Je crois que ce n’est pas une bonne politique, car tôt ou tard, elle pousse les gens à bout, qu’il s’agisse des particuliers ou des sociétés. Les gens ne resteront pas aux alentours pour se faire saigner à blanc. Je ne suis pas un défenseur des riches — ils sont parfois leur pire ennemi —, mais nous, en tant que Canadiens, nous voulons qu’ils gardent leur argent ici. Nous voulons qu’ils le placent dans les banques afin que ces banques puissent accorder des prêts, ce qui permettra aux gens d'obtenir un prêt étudiant, d'acheter une maison ou une voiture, ou de continuer à gravir les échelons économiques. Bref, nous voulons que ces possibilités soient offertes, mais nous voulons également que les entreprises restent ici, elles aussi.
     Voici ma question. Si le gouvernement continue à augmenter les impôts, les entreprises cesseront d'offrir des produits et des services parce qu'elles auront atteint un certain plafond et auront décidé qu'il ne vaut plus la peine de fabriquer ou de vendre ici. Lorsque les fabricants, les compagnies pétrolières et gazières et les producteurs d'énergie seront à bout de souffle et que l'attraction gravitationnelle de l'économie les enverra ailleurs, qui paiera pour tous les programmes qui ont été promis?

  (1315)  

    Madame la Présidente, comme l'un de mes collègues l'a fait remarquer plus tôt, il fut un temps où le Parti conservateur était très préoccupé par l'opportunisme mercantile en temps de crise, notamment pendant et après la Seconde Guerre mondiale. Les conservateurs figuraient parmi les plus ardents défenseurs de l'idée d'imposer une taxe supplémentaire à ceux qui tiraient des profits excessifs de la guerre. Nous ne parlons pas ici de profits ordinaires. Dans le cas des bien nantis, nous ne parlons pas de tous ceux qui ont de l'argent, nous parlons de ceux qui ont probablement bénéficié de toutes sortes d'échappatoires fiscales au fil du temps. Quoi qu'il en soit, quelqu'un dont la fortune s'élève à plus de 20 millions de dollars devrait être imposé à hauteur de 1 % sur tout ce qui dépasse ce montant. Cela correspond à plus de 13 000 personnes. Cette mesure permettrait d'engranger des recettes substantielles qui aideraient à éliminer certaines inégalités qui préoccupent énormément les Canadiens.
    Madame la Présidente, j'aimerais partager mon temps de parole avec le député de Spadina—Fort York.
    La motion du Nouveau Parti démocratique, qui demande de créer une nouvelle taxe de 1 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars, est une idée tellement mauvaise que j'ai du mal à trouver les mots pour la décrire. Les néo-démocrates ne comprennent absolument rien au concept de richesse.
    Le Nouveau Parti démocratique pense qu'une fortune de 20 millions de dollars est de l'argent comptant caché dans une armoire, qu'ils peuvent imposer chaque année. Ils oublient que cet argent est en fait employé pour stimuler l'activité économique. Il est utilisé pour créer des emplois qui, à leur tour, génèrent des impôts. Il est utilisé par des entreprises qui paient la taxe de vente et l'impôt sur les sociétés. La fortune que les néo-démocrates essaient d'imposer est en fait utilisée pour stimuler l'activité économique qui continue de générer des revenus, de telle sorte que tous les Canadiens puissent recevoir de l'aide répondant à leurs besoins.
    Je suis un nouveau venu en politique. Je ne suis entré en politique qu'en 2014. Je me suis présenté aux élections de 2015 et je suis maintenant un député en cette auguste Chambre. J'y suis arrivé avec trois objectifs.
    Le premier objectif, c’est que nous avons besoin de logements abordables pour tous. Il ne s’agit pas d’un objectif progressiste de gauche. Il ne s’agit pas non plus d’un objectif conservateur de droite. Il s’agit d’un objectif partagé par presque tous les Canadiens. En tant que société, nous devrions offrir des logements abordables pour tous. Je suis fier de dire que nous avons investi des sommes considérables en vue d’atteindre cet objectif.
    Mon deuxième objectif était de veiller à ce que les 11 millions de travailleurs canadiens qui ne possèdent pas de régime de retraite offert par l’employeur disposent d’un revenu de retraite adéquat. En effet, 11 millions de travailleurs canadiens n’ont aucun régime de retraite d’employeur, et lorsqu’ils prendront leur retraite, il est possible que la majorité d’entre eux se retrouvent dans la pauvreté. Il faut faire quelque chose à ce sujet, et je suis fier que nous ayons effectivement pris des mesures pour corriger la situation. Nous avons réformé le régime de pensions du Canada. Il nous reste encore beaucoup à accomplir pour que les personnes âgées qui prennent leur retraite disposent d’un revenu adéquat pour vivre décemment après leurs années de travail.
    Le troisième objectif consistait à faire en sorte que la société et l’économie canadiennes continuent d’être robustes et prospères dans la nouvelle économie fondée sur le savoir afin que la prospérité puisse continuer d’être à la portée de nos enfants et petits-enfants. Pour atteindre cet objectif, il faut que des entrepreneurs qui ont réussi investissent dans l’économie du savoir. Un gouvernement ne peut que faciliter les choses. Nous pouvons prendre des mesures législatives et promouvoir des politiques qui favorisent l’économie du savoir, mais en fin de compte, l’économie du savoir ne peut voir le jour que si des entrepreneurs acceptent de prendre le risque d’investir dans de nouvelles entreprises de capitaux dans cette économie axée sur le savoir. Cette nouvelle économie dont nous parlons est celle de l’intelligence artificielle, de la robotique, de l’automatisation, de la génomique et des nouvelles technologies 5G. Dans tous ces domaines, le gouvernement ne peut pas créer d’emplois de lui-même. Par conséquent, il nous faut des entrepreneurs prospères prêts à le faire, autrement dit, prêts à investir leur richesse. Le NPD propose de taxer cette richesse. Nous avons besoin de ces investissements.
    Je suis une personne qui ne sera jamais visée par cette motion, jamais de toute mon existence. Oubliez les 20 millions de dollars, madame la Présidente. Je ne pense pas jamais atteindre une fortune dans les six ou les sept chiffres. Cependant, il se trouve que je connais des gens visés par le NPD avec cette taxe sur la fortune.

  (1320)  

    Je vais donner l’exemple d’un couple qui, il y a très longtemps, a obtenu son diplôme de l’Université Carleton à Ottawa et a créé ses propres entreprises. La première entreprise a échoué. La deuxième entreprise a également échoué, tout comme la troisième. À l’époque, le couple investissait le peu d’argent qu’il pouvait trouver. Au moment où il investissait et développait ses entreprises, le couple en question se nourrissait de sandwiches aux tomates. Ils ont travaillé fort, mois après mois, année après année. Pendant 15, 20 et même 25 ans, ils ont travaillé et créé une entreprise. Enfin, ils ont réussi à la vendre à une grosse multinationale pour près de 50 millions de dollars. C’est sur ce montant que le NPD souhaite imposer une taxe.
    Qu’a fait le couple avec les 50 millions de dollars gagnés? Il a pris un risque et réinvesti dans de nouvelles technologies et créé des emplois très rémunérateurs. Il savait très bien qu’il risquait de perdre tout l’argent réinvesti dans ces nouvelles entreprises de capitaux, mais il a pris le risque. Il a réinvesti sa richesse dans une entreprise de technologie et créé des emplois bien rémunérés, lesquels ont permis au gouvernement de percevoir de l’impôt sur le revenu, qui a ensuite servi à venir en aide à tous les Canadiens. Ils ont créé une entreprise qui paie de l’impôt. Ils ont créé une entreprise qui paie des taxes de vente. Ils ont loué des locaux, et le gouvernement a touché la taxe de vente sur le loyer versé. Ils ont réinvesti. S’ils avaient perdu l’argent de leur investissement, personne ne les aurait dédommagés.
    L’idée même de cette taxe sur la fortune va dissuader les entrepreneurs de réinvestir. C’est une très mauvaise idée.
    Voici un autre grand Canadien: Elon Musk, de nationalité sud-africaine, est aussi citoyen du Canada et, maintenant, des États-Unis. À lui seul, il a fait davantage pour lutter contre les changements climatiques que nous tous à la Chambre. C'est un grand entrepreneur qui a investi sa fortune dans les véhicules électriques et la technologie des batteries dans le but d'assurer la viabilité de la planète et de lutter contre les changements climatiques. Il concrétise ces objectifs tout en générant de la richesse.
    Il y a 10 ans, il était à quelques semaines de faire faillite. Il n'avait pas d'argent pour payer le loyer. L'entreprise qu'il avait fondée était à deux doigts de fermer, mais il a persévéré. Il a continué de travailler avec ardeur, et il a finalement généré de la richesse non seulement pour lui-même, mais aussi pour des dizaines de milliers d'employés du monde entier. Voilà le genre de fortune que le NPD propose de taxer.
    Il est facile pour nous de rester assis et d'affirmer que les riches devraient payer des taxes et nous laisser décider à quelles nobles causes consacrer cet argent. Je crois toutefois que nous perdons de vue l'essentiel.
    Nous devrions nous concentrer sur des choses qui peuvent stimuler l'activité économique, le développement économique et l'emploi, et faire augmenter les revenus avec lesquels les gens paient de l'impôt sur le revenu. Nous pouvons nous concentrer sur le développement économique afin de recueillir plus de taxes de vente et plus d'impôt de la part des sociétés, au lieu de penser avant tout à taxer les gens fortunés.
    Je sais que le temps est compté. Je répondrai avec plaisir aux questions.

  (1325)  

    Madame la Présidente, 87 familles canadiennes possèdent autant de richesse que 12 millions de Canadiens. Leur richesse s'élève en moyenne à 3 milliards de dollars. Par ailleurs, parmi les 20 personnes les plus riches, neuf sont des PDG. Quelque 4,8 millions de Canadiens vivent dans la pauvreté absolue, et 25 % d'entre eux sont des enfants.
    Pourquoi les libéraux continuent-ils de protéger les échappatoires liées aux options d'achat d'actions pour les PDG ainsi que les paradis fiscaux pour les plus riches? Voici l'occasion d'offrir à tous un revenu de subsistance garanti afin de pouvoir mettre du pain sur la table, bénéficier de services de garde pour les enfants et avoir un toit au-dessus de la tête.
    Pourquoi les libéraux sont-ils contre le gros bon sens, c'est-à-dire imposer ceux qui ont les moyens de payer et qui ont le plus profité pendant la pandémie? Le député a des explications à fournir.
    Madame la Présidente, le député a oublié de parler de la portion des recettes fiscales provenant de ces plus riches. Il n'a rien dit à ce sujet.
    Il a parlé d'aider les Canadiens. Nous avons pris des mesures afin de nous attaquer aux paradis fiscaux dont le député a parlé. Nous avons créé des cellules spéciales à l'Agence du revenu du Canada et nous avons investi davantage. Nous savons que lorsque nous nous attaquons aux paradis fiscaux, les résultats sont beaucoup plus substantiels que dans le cadre d'audits normaux.
    Madame la Présidente, si je me fie à ce que j'ai lu sur Open Parliament, il s'agit du premier discours du député au cours de la présente législature, et je l'en félicite. J'ai beaucoup aimé l'entendre nous donner des exemples concrets d'entrepreneurs qui génèrent de la richesse et qui créent des emplois au Canada. J'espère qu'il prendra la parole plus souvent à l'avenir et qu'il nous racontera davantage d'histoires de la sorte, pour faire changement des nombreuses interventions du député de Winnipeg-Nord.
    Qu'est-ce qui peut être fait au Canada pour accroître la compétitivité du secteur des technologies, si je peux me permettre de continuer dans le même ordre d'idées que le député, et pour créer des emplois et stimuler l'essor des petites entreprises?
    Madame la Présidente, vous avez sans doute remarqué que je ne prends pas souvent la parole. D'ailleurs, comme le député l'a souligné, c'est ma toute première intervention. Habituellement, je laisse la parole à ceux qui ont plus de connaissances et d'expérience et de meilleures aptitudes en communication que moi. Je me contente d'écouter les échanges et d'essayer de comprendre ce qui se dit.
    J'aimerais revenir à la question des investissements dans la nouvelle économie et dans les nouvelles technologies ainsi qu'à celle des investissements pour améliorer la compétitivité des petites entreprises. L'une des principales choses que j'entends de la part des entrepreneurs d'Ottawa, où le secteur de l'économie du savoir comprend 1 700 entreprises, c'est qu'il y a un manque de ressources humaines compétentes. J'ai pu le constater aussi dans le cadre de mon ancien rôle au sein du conseil d'administration d'Investir Ottawa. Nous devons accueillir davantage d'entrepreneurs étrangers de partout dans le monde ayant les compétences et les connaissances nécessaires pour œuvrer au sein de la nouvelle économie du Canada.
    Madame la Présidente, le député essaie de dire que nous pouvons tous convenir qu'il est bon d'essayer d'aider la population en prenant des mesures pour redistribuer la richesse des plus fortunés, mais en lisant la motion, je constate qu'elle est très ambiguë. J'aimerais souligner certains aspects et lui demander ce qu'il en pense.
    Comment définit-on une grande société? Est-ce que cela inclut des entreprises de ma circonscription, Kings—Hants, comme l'entreprise Apple Valley Foods, qui emploie environ 500 personnes? Est-ce qu'elle correspondrait à la définition d'une grande société, ou est-ce que le terme s'applique à de plus grandes entreprises? Selon le directeur parlementaire du budget, ce qui est proposé dans la motion rapporterait 5,6 milliards de dollars par année. Or, l'ensemble des mesures proposées coûtent beaucoup plus cher.
    Le député peut-il me dire si, selon lui, la motion est raisonnable? La mesure proposée est certainement bonne en principe, mais comment peut-on l'appliquer concrètement?

  (1330)  

    Madame la Présidente, comme le député l'a indiqué, la motion est très ambiguë. Elle porte sur des mesures nationales pour le logement, l'assurance-médicaments et l'aide aux Autochtones. Ces objectifs sont nobles et louables, et nous y sommes tous favorables, mais la proposition du NPD n'est pas acceptable.
    Madame la Présidente, c’est toujours un honneur pour moi d’intervenir à la Chambre, particulièrement lorsque la motion à l’étude concerne le logement, et plus précisément la proposition visant à nous amener à faire le travail qui est nécessaire et que le gouvernement libéral a déjà entrepris.
    J’ai parlé de mon père plus tôt. Je vais maintenant parler de ma mère, qui m’a dit un jour que les gens qui veulent faire valoir leur point de vue votent pour le NPD, que ceux qui veulent vraiment faire changer les choses votent pour les libéraux et que ceux qui veulent faire une erreur votent pour les conservateurs. Je mentionne cela parce que, même si la théorie qui sous-tend ce que le NPD propose est bonne, car elle reflète notre discours du Trône, nos engagements électoraux et le bilan du gouvernement libéral, c’est son aspect pratique que je ne comprends pas.
    J’ai posé une question tout à l’heure. Au cours d’un débat électoral avec mon adversaire, je lui ai dit qu’il avait été question d’une même taxe appliquée de sept façons différentes, dont toutes les recettes devaient aller à l’assurance-médicaments, mais qu’il y avait aussi la promesse de s’occuper de différents programmes de logement. Puis, les soins dentaires sont venus s’ajouter, entre autres, mais c’est le même argent qui était dépensé encore et encore. Les conservateurs se plaisent à dire qu’il n’y a qu’un seul contribuable. Je pense qu’il faut rappeler au NPD que l’augmentation d’impôt qu’il préconise n’est qu’une seule augmentation d’impôt. Plusieurs programmes différents sont venus se greffer à cela, sous prétexte que ces investissements allaient entraîner des économies. Je rappelle au NPD que ces économies se font en aval. Il y a des coûts initiaux associés à toutes les propositions du NPD, que le directeur parlementaire du budget a cernés. Ce que proposent les néo-démocrates comporte aussi des risques imprévus, et s’il n’y a pas de plan pour mettre en œuvre leur théorie, ce ne sont que des mots.
    Le NPD aime beaucoup les slogans. Tous ces slogans sont accrocheurs. Toutes ces idées ont de la valeur, mais il n’y a pas de plan pratique pour les réaliser, et sans plan pratique, ce ne sont que des paroles en l’air. Je vais vous donner quelques exemples. Le NPD a fini par parler de la question du logement dans les régions urbaines, rurales et du Nord. Les néo-démocrates commencent finalement à traiter de l’un des problèmes de logement les plus graves au pays, et ils disent que nous n’avons rien fait pour y remédier.
    Ce n’est tout simplement pas vrai. Il s’agit du chapitre sur lequel nous travaillons actuellement dans la Stratégie nationale sur le logement, et nous sommes sur le point d’aboutir. Le discours du Trône contient cet engagement, et le travail est déjà en cours, mais entretemps nous avons créé un volet pour les Autochtones et nous avons augmenté le financement de ce volet dans le cadre de Vers un chez-soi. Nous avons rendu tous les programmes admissibles aux organismes dirigés par des Autochtones qui fournissent des logements aux collectivités nordiques, rurales et urbaines. De plus, nous avons prévu des exclusions dans la Stratégie sur le logement dans le Nord, pour tenir compte plus particulièrement des réalisations en matière de logement dans cette région, parce que nous savions que les programmes précédents comportaient des lacunes. De plus, nous avons veillé à ce que nos investissements dans des initiatives comme l’Initiative pour la création rapide de logements soient axés sur les fournisseurs de logements autochtones et qu’ils leur soient accessibles.
    Entretemps, nous avons investi dans ces programmes, tout en travaillant en collaboration avec les dirigeants autochtones des régions urbaines, rurales et nordiques au déploiement d’un programme de logement géré par des Autochtones pour des Autochtones. Ce travail est en cours. Les investissements seront bientôt là. Quand je demande à la députée de Vancouver-Est de me donner un montant en dollars, une cible ou une stratégie de logement, ou de me dire avec qui elle travaille, et nous n’avons cessé de poser ces questions, le NPD répond simplement « Agissez maintenant et faites en plus. »
    Je suis d’accord qu’il faut en faire plus. C’est un excellent slogan politique. Je n’ai aucun problème à essayer d’en faire plus, à faire plus de progrès et à obtenir de meilleurs résultats. C’est justement ce que le gouvernement a fait. Pour gouverner, toutefois, il ne suffit pas de scander haut et fort « Faites-en plus! » C’est ce qu’on entend dans les protestations. Comme le disait ma mère, pour protester, on se rallie à un parti. Pour faire avancer les choses, on compte sur le gouvernement.
    Concernant la campagne Recovery for all, j’invite les députés néo-démocrates à jeter un coup d’œil à cette campagne pour voir quel député y participe. Ils devraient regarder la vidéo. Ils me diront s’ils y aperçoivent mon visage ou celui de leur chef. Je leur conseille de regarder la vidéo, parce que cette campagne est organisée par l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, une organisation avec laquelle nous travaillons quotidiennement à la mise en place de stratégies plus efficaces pour venir en aide aux itinérants. Nous avons entamé ce travail bien avant la pandémie de COVID. Nous y travaillons depuis notre arrivée au pouvoir.
    L’initiative pour la création rapide de logements, le remaniement du programme Vers un chez soi et l’avancement de la loi pour reconnaître le droit au logement sont autant de projets réalisés en collaboration avec l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance. S’ils prennent connaissance des six points du programme Recovery for all, les députés verront que le gouvernement a déjà commencé à répondre aux six appels à l’action, notamment en investissant un milliard de dollars dans l’initiative de création rapide de logements et près d’un demi-milliard de dollars dans la stratégie Vers un chez soi visant à protéger les gens durant la pandémie de COVID et à créer un réseau plus solide d’organisations de lutte contre l’itinérance à la grandeur du pays.
    Pour en savoir plus sur la stratégie de logement en milieux urbains, ruraux et nordiques, les députés peuvent aller parler à leur collègue de Winnipeg-Centre. Nous avons travaillé en étroite collaboration pour obtenir qu’une étude soit menée au Parlement et nous avons également collaboré avec des fournisseurs de logements autochtones et leurs alliés des communautés rurales et nordiques dans le but de déterminer quelle forme prendra le volet bénéficiaire de ce programme et comment nous travaillerons avec les fournisseurs de logements de l’ensemble du pays pour atteindre nos objectifs. Nous travaillons sur tous ces fronts.
    Quant au droit au logement, je me souviens d’une anecdote que m’a racontée ma sœur qui vit à Victoria. La candidate néo-démocrate s’est présentée à sa porte et lui a dit que le gouvernement n’avait rien fait pour promouvoir le droit au logement. Ils ont fait comme si la Stratégie nationale sur le logement n’existait pas et ont prétendu que nous n’avions pas investi un sou à Victoria. C’est complètement faux.

  (1335)  

    La mairesse Helps et moi-même nous sommes rencontrés des dizaines de fois, officiellement et officieusement, pour parler des progrès réalisés par Victoria pour atteindre l’objectif zéro. Sans la COVID, nous sommes à peu près certains que nous y serions arrivés cette année. Pourquoi? Parce que nous avons dirigé une initiative de financement global de 3 millions de dollars dans la grande région de Victoria, de concert avec le gouvernement provincial et la régie régionale du logement. Lorsqu’ils se sont heurtés à un mur, nous avons ajouté 10 millions de dollars.
    J’ai inauguré des programmes et des immeubles à Victoria, mais la candidate qui s’est rendue chez ma sœur lui a pourtant dit que le gouvernement n’avait assuré aucune présence dans la circonscription. Ma sœur lui a répondu que chaque fois que je venais à Victoria, je restais chez elle, et qu’elle savait donc que j’étais venu à Victoria pour faire ces annonces.
    Pouvons-nous en faire plus? Absolument. Nous y travaillons d’ailleurs d’arrache-pied. Offrons-nous concrètement une plus grande aide financière en temps réel? Bien sûr que oui.
    J’invite le NPD à cesser de crier sur tous les toits que nous devons en faire davantage et à commencer à parler plutôt de la façon de faire pour aider les Canadiens, parce que c’est ainsi que nous en arriverons à des résultats concrets dans la vie des gens. Ce n’est pas en manifestant devant la Colline du Parlement, mais plutôt en y travaillant au Parlement que nous réussirons. Ce n’est pas en parlant de consacrer plus d’argent au logement que nous avancerons, mais plutôt en les construisant, en les subventionnant et en les rénovant en plus grand nombre.
    Je rappelle au leader du NPD à la Chambre qu’il a dit au cours de la dernière session que la rénovation des logements ne fait pas partie d’une stratégie nationale du logement, et c’est là une prétention bien ridicule à mon avis. La semaine suivante, j’étais à Burnaby pour annoncer l’octroi de fonds à une coopérative pour la rénovation des logements afin que les locataires n’aient pas à déménager. Une bonne stratégie du logement englobe la rénovation, la subvention et la construction des logements. C’est dans cet esprit que nous concevons une stratégie nationale du logement. Nous ne nous contentons pas de hurler qu’il faut en faire davantage; nous le faisons, tout simplement.
    Je n’ai aucune réticence à appuyer le concept qui sous tend la motion dont nous sommes saisis. Dans notre discours du Trône, nous avons parlé de trouver des façons de rendre le régime fiscal plus équitable en faisant payer une plus grande part aux Canadiens mieux nantis, parce que le régime a changé au fil du temps et n’est plus aussi équitable qu’il pourrait l’être. Aux pages 21 et 22, nous précisons que nous allons mettre fin à l’itinérance chronique, qu’il y aura une stratégie de logement pour le Nord et les Autochtones et que nous allons investir dans le logement social et coopératif. Ces programmes sont en cours d’élaboration et seront bientôt présentés à la Chambre.
    Pour ce qui est du droit au logement, nous sommes à mi-chemin du processus de nomination. Nous avons fait adopter le projet de loi à la Chambre et nous sommes sur le point d’approuver le conseil consultatif. Le bureau du défenseur du logement sera mis sur pied en collaboration avec le conseil consultatif sur le logement, qui sera composé de personnes ayant une expérience concrète. Toutes ces démarches font partie de ce que le rapporteur des Nations unies pour le logement, qui nous a aidés à rédiger le projet de loi, nous a dit que nous devions entreprendre pour ces dossiers.
    Je ne vais pas me faire dire par le NPD de retourner au travail alors que j’accomplis le travail. Je vais dire aux néo-démocrates de cesser d’en demander toujours plus et de commencer à nous montrer comment faire, parce que le manque d’application pratique de leurs idées est la raison pour laquelle ils sont en quatrième place. Voilà pourquoi ils n'accèdent jamais au pouvoir. Les mélopées, protestations et slogans me rappellent quelqu’un d’autre: le premier ministre de l’Ontario. Ils peuvent gouverner avec des slogans s’ils le veulent, mais ils ne produisent pas de résultats. Nous devons agir de manière pratique, nous devons nous ancrer dans le monde réel, nous devons atteindre des objectifs budgétaires concrets, puis nous devons collaborer avec des partenaires pour atteindre ces objectifs.
    Pour ce qui est du logement, les choses s’améliorent toujours plus. Avons-nous encore du pain sur la planche? Oui. Est-ce que je pousse le gouvernement à faire mieux? Absolument. Mes concitoyens exigent-ils cela de moi? Oui, tous les jours où je suis dans ma circonscription.
    Je ne peux pas ignorer cette habitude qu’ont les gens de chanter des mélopées pour en demander toujours plus. Selon moi, cette motion est une occasion pour les néo-démocrates de rappeler que le gouvernement avait promis d’accomplir cinq choses et d’exiger qu’il les accomplisse immédiatement. Puis, lorsqu'il l'aura fait, ils tenteront de s’en attribuer le mérite.
    Il est assez intéressant de voir le nombre de fois que les députés néo-démocrates ont fait référence à Tommy Douglas, et je tiens à dire qu'il y a une chose que je respecte beaucoup au sujet de Tommy Douglas. Il a bâti le système de soins de santé avant de venir à Ottawa et il l’a mis sur pied dans tout le pays. Il n’est pas arrivé à Ottawa avec un projet en se contentant de crier: « Faites-le, faites-le, faites-le! » Il a d'abord fait le travail, puis il l’a partagé avec le reste du Canada.
    C’est l’aspect pratique que je recherche chez les néo-démocrates, mais je ne le vois plus dans ce parti. J’en suis profondément déçu, et c’est pourquoi je me suis présenté pour les libéraux. Voilà pourquoi j’ai battu le candidat du NPD dans ma circonscription. Voilà pourquoi nous continuerons à faire du bon travail. Nous agissons, nous ne nous contentons pas de parler.

  (1340)  

    Madame la Présidente, je veux répondre à quelques points que le député a soulevés.
    Il a mentionné une conversation que j’ai eue avec sa sœur sur le pas de sa porte. À cette occasion, je lui avais mentionné que, dans son rapport, le directeur parlementaire du budget affirmait que la Stratégie nationale sur le logement des libéraux empirait la situation des personnes qui éprouvaient des besoins impérieux en matière de logement. C’est l’effet qu’ont eu, à maintes reprises, les décisions du gouvernement libéral. Certes, le gouvernement a fait de grandes promesses dans le discours du Trône, mais lorsqu’il est question de les honorer et de les concrétiser, c’est une autre histoire. Les gens de ma circonscription éprouvent toujours des difficultés.
    Il y a une crise du logement. Les gens ont du mal à joindre les deux bouts et à payer leurs factures. C’est l’occasion pour nous d’investir dans un revenu minimum garanti qui améliorerait grandement la vie de millions de personnes dans tout le pays.
    Le député ne pense-t-il pas qu’au lieu de demander aux familles, aux travailleurs et aux propriétaires de petites entreprises qui sont en difficulté d’assumer le coût de ces investissements, nous devrions plutôt demander aux personnes à qui cette pandémie a été plus que profitable? Ce devrait être les ultras riches, qui peuvent...
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, je ne suis pas en désaccord sur le principe. C'est plutôt la mise en œuvre qui m'inquiète.
    La députée a fait allusion au bureau du directeur parlementaire du budget. Ce dernier n'a analysé qu'un aspect très très limité de la Stratégie nationale sur le logement. Il ne s'est pas attardé aux transferts aux provinces, que nous avons doublés. Il ne s'est pas attardé à l'Allocation canadienne pour le logement, un programme de 4 milliards de dollars. Il ne s'est pas attardé non plus aux fonds que nous avons avancés à des entités sans but lucratif pour la construction de logements, indiquant ne pas comprendre cette mesure.
    En ne tenant pas compte des quelque 15 milliards de dollars de dépenses, le directeur parlementaire du budget estime que nous ne dépensons pas assez d'argent. Or, si on ajoute les 15 milliards de dollars, de vraies dépenses pour de vrais logements pour de vraies personnes, là, on commence à voir des résultats. Si on ne pose pas la bonne question ou on n'étudie pas le bon élément de la Stratégie nationale sur le logement, on obtient une réponse incomplète.
    Dans les faits, la Stratégie nationale sur le logement contribue à l'augmentation du stock de logements un peu plus chaque jour. Elle permet de réparer des logements, d'en subventionner et d'appuyer des organismes qui luttent contre l'itinérance partout au pays.
    Madame la Présidente, le secrétaire parlementaire a quelque peu critiqué le fait de scander des slogans, mais je crois que cela fait 10 minutes que les libéraux scandent des slogans et prononcent d'autres paroles creuses.
    Il a parlé de l'Initiative pour la création rapide de logements. Selon nous, Saskatoon est une grande ville, mais, selon cette initiative, il semble qu'elle ne fasse pas partie de cette catégorie. J'étais avec des dirigeants communautaires le jour où l'initiative a été annoncée, et ils étaient très enthousiastes, mais j'ai dû leur dire que, malheureusement, Saskatoon n'était pas visée par cette annonce. La ville a dû attendre le deuxième volet et se battre pour ce qu'il restait d'argent comme tout le monde.
    Le secrétaire parlementaire croit-il que Saskatoon est un marché important pour cette initiative? Pourquoi n'avons-nous pas reçu d'argent dans le cadre de l'Initiative pour la création rapide de logements?
    Madame la Présidente, Charlie Clark, le maire de Saskatoon, a été un grand allié dans l'élaboration de ce programme. J'ai aussi parlé à Robert Byers de la Namerind Housing Corporation, l'un des organismes qui, nous l'espérons, toucheront ces fonds dans le cadre de l'un des autres volets.
     L'initiative comprend deux volets. Elle prévoit un financement global pour les 15 villes qui ont la capacité fiscale, la capacité structurale, la population et les données nécessaires pour appuyer un tel financement. Ces villes peuvent agir de différentes façons très rapidement et simultanément sans avoir à procéder un projet à la fois. Puis, il y a le deuxième volet, qui est ouvert à toutes les collectivités du pays. Ce volet vise les petits projets dans les petites collectivités, qui peuvent en bénéficier plus d'une fois pour plus d'un projet.
    Comme je l'ai mentionné, la société Namerind, notamment, a un très bon projet dans ses cartons, et, si le député connaît un projet qu'il souhaite voir se réaliser, je serais très heureux de le rencontrer pour l'étudier. Je serais également heureux de parler avec le maire Charlie Clark.
    Pour régler partout le problème de l'itinérance, il faut investir partout. On s'y prendra différemment dans des villes de taille différente, en raison de leur capacité fiscale, mais aucune ville, aucune collectivité et aucun projet n'échappera à l'examen du gouvernement. Le délai est de 30 jours. Je travaillerai volontiers avec le député d'en face pour y arriver. Il ne s'agit pas d'un slogan, mais d'une politique véritable, assortie d'un financement véritable, destinée à de vraies personnes et visant à mettre fin à la crise du logement.
    Madame la Présidente, le secrétaire parlementaire, dans son réquisitoire sur les slogans et le NPD, a affirmé que nous ne parlons jamais du « comment ». De toute évidence, il n'a pas lu la page 58 de notre plateforme. Apparemment, il n'a pas vu non plus les coûts établis par le directeur parlementaire du budget en septembre dernier et en février, lorsqu'il a eu la possibilité de voter en faveur de la mise en oeuvre d'un régime national de soins dentaires pour les gens qui n'en ont pas.
    Pourquoi le ministre n'a-t-il pas appuyé ce plan concret pour un régime national de soins dentaires? Pourquoi n'a-t-il pas appuyé cette manière concrète de verser de l'argent...

  (1345)  

    Le secrétaire parlementaire a 10 secondes pour répondre.
    Madame la Présidente, je reconnais qu'il y a eu un communiqué sur la plateforme du NPD. La plateforme diffusée en ligne ne le comprend pas. C'est mon erreur, et non la leur. J'en prends la responsabilité.
    Nous avons voté contre parce que nous ne pouvons tout simplement pas empiéter sur les compétences des provinces sans qu'il y ait de conséquences. Nous n'improvisons pas ainsi à la Chambre. Il faut négocier et s'y prendre avec prudence. Voilà pourquoi l'assurance-maladie a pris tant de temps en 1965, avec Tommy Douglas.
    Je reconnais mon erreur avec...
    Nous reprenons le débat. La députée de Winnipeg-Centre a la parole.
    Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole à l’appui de notre motion.
    Aujourd’hui, nous avons entendu dire que nous sommes tous dans le même bateau. Cependant, même avant la pandémie, de nombreux groupes étaient déjà laissés pour compte, et leur situation a été exacerbée par la crise. Nous savons que nos programmes actuels de sécurité sociale sont disparates et insuffisants. Des gens passent encore entre les mailles du filet. Il s’agit de personnes handicapées, de personnes aux prises avec des problèmes complexes de santé mentale et des traumatismes, d'itinérants, de travailleurs non rémunérés, d'aide-soignants, d'aînés, d'anciens combattants et d'étudiants.
    Aujourd’hui, nous avons beaucoup parlé des impôts et de la possibilité de permettre aux Canadiens de réaliser des économies. Certains ont dit que nous n’en avions pas les moyens. Précisons toutefois que cela coûte cher de maintenir les gens dans la pauvreté, et il faut en parler.
    L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que la pauvreté était le plus important déterminant de la santé, et il y a un lien direct à faire entre la pauvreté et les taux élevés d’incarcération. En fait, la Société John Howard a fait remarquer que, selon les données fédérales, chaque détenu coûte 115 000 $ par année aux contribuables. Il est là le coût élevé de la pauvreté. Le directeur parlementaire du budget a mené entre 2011 et 2012 une étude qui a révélé que chaque Canadien paie 550 $ en impôts par année en dépenses liées à la justice pénale. Voilà ce que coûte la pauvreté.
    Je trouve donc étrange que nous parlions du coût élevé de la protection des droits de la personne et de la dignité des gens, qui est l’une de nos obligations en vertu de nos serments d’office et de la Charte, plutôt que de parler du coût élevé de la pauvreté. Nous devons concevoir des plans durables et significatifs de lutte contre la pauvreté sous l’angle des droits de la personne. Cela nous coûterait moins cher qu’à l’heure actuelle. La pauvreté a un prix élevé.
    Nous sommes ici pour parler de la façon dont nous choisissons de dépenser au moment où nous traversons la pire pandémie mondiale depuis la grippe espagnole. Nous vivons une crise à la fois économique, humanitaire et sanitaire. Selon un rapport du Fonds monétaire international...
    Le député de Timmins—Baie James invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, j'ai écouté attentivement ma collègue et je ne suis pas certain, mais je crois l'avoir entendue dire, au début de son discours, qu'elle allait partager son temps de parole avec le député d'Elmwood—Transcona. Pourrait-elle le confirmer?
    Madame la Présidente, en effet, je vais partager mon temps de parole. Je remercie mon collègue de son intervention.
    Je poursuis au sujet de la manière dont nous choisissons de dépenser notre argent. Selon le Fonds monétaire international, en 2015, le Canada a subventionné l'industrie des combustibles fossiles à la hauteur de près de 60 milliards de dollars, ce qui représente environ 1 650 $ par Canadien. Mes collègues libéraux et conservateurs tiennent de bien beaux discours où ils promettent aux Canadiens d'économiser de l'argent. Je suis convaincue que la plupart des Canadiens préféreraient voir ces 1 650 $ investis dans un revenu de subsistance garanti, un régime de soins dentaires, une stratégie de logement audacieuse, une stratégie de logement pour et par les Autochtones ou un régime d'assurance-médicaments. C'est inacceptable.
    Nous savons qu'en laissant les femmes vivre dans la pauvreté, nous les laissons dans une situation où elles sont plus vulnérables à la violence. Il n'est pas surprenant que l'appel à la justice 4.5 de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées demande l'établissement d'un programme de revenu annuel garanti pour tous les Canadiens, y compris les Autochtones, afin de protéger les femmes de la violence. Les femmes comptent parmi les personnes les plus durement touchées par les effets de la pandémie. Dans certaines régions, le taux de violence familiale a grimpé de 400 %.
    Il est également inacceptable que les personnes très fortunées au pays aient réalisé des profits de 37 milliards de dollars depuis le début de la crise de la COVID-19, alors que des familles et des particuliers s’appauvrissent. Il y a plus de gens que jamais qui se retrouvent pour la première fois sans abri, et pourtant, nous ne cessons de voir les conservateurs et les libéraux essayer de protéger leurs riches amis et leurs intérêts dans les grandes sociétés.
    Nous devons jeter les bases législatives d’un plan permanent à long terme qui accorde la priorité aux gens plutôt qu’aux sociétés. Il est temps que les ultra-riches paient leur juste part et que tous les Canadiens aient accès à un logement, à des soins de santé et à un revenu de base garanti. En tant que députés, nous avons l’obligation de veiller à garantir les droits et la dignité de tous. Cela comprend le droit à un logement et le droit à la sécurité. Pourtant, je vois les libéraux et les conservateurs lutter énergiquement contre cela.
    Le concept de revenu de base garanti n’est pas nouveau, et il existe en fait des programmes de revenu garanti au Canada. La Sécurité de la vieillesse en est un exemple, tout comme l’Allocation canadienne pour enfants. Toutefois, ils ne sont pas soutenables et ils doivent être élargis. Des gens sont laissés pour compte: des personnes handicapées, des étudiants, des anciens combattants et des aînés qui vivent dans la pauvreté. Certaines personnes vivent avec de graves problèmes de santé mentale et de traumatisme. Beaucoup de recherches ont été faites et ont démontré que certains programmes ont connu du succès.
    En 1970, un gouvernement néo-démocrate a mené l’étude Mincome dans la ville de Dauphin. Ce fut l’une des expériences en sciences sociales les plus ambitieuses jamais menées au Canada, qui a permis de déterminer que les hospitalisations pouvaient diminuer et que des économies pouvaient être réalisées dans le domaine des soins de santé. Si nous voulons payer moins d'impôts, il faut des améliorations au chapitre de la santé mentale.
    Si nous voulons payer moins d’impôts, nous devons nous occuper des gens et faire en sorte que davantage d’enfants terminent leurs études secondaires. Nous savons qu’il y a une corrélation directe entre le taux d’achèvement des études secondaires et le niveau de revenu. Si nous voulons payer moins d’impôts, nous devons nous occuper des gens. Les participants au projet pilote sur le revenu de base en Ontario étaient plus heureux, en meilleure santé et ont même continué de travailler.
    Pour ce qui est de l’idée selon laquelle les gens qui sont soutenus par l'État cessent de travailler, je dois me fier aux recherches qui montrent que cette affirmation est erronée. Les mesures de soutien à la population entraînent une réduction des coûts et des impôts, et constituent une solution extrêmement populaire qui a l’appui de tous les partis. J’ai présenté une pétition qui a été signée par plus de 43 000 personnes. De plus, un sondage Angus Reid a révélé cet été que la majorité des Canadiens, soit 59 %, appuient la notion de revenu de base garanti, cette proportion étant de 60 % parmi les Albertains.

  (1350)  

    Nous devons nous occuper des personnes qui ont été les plus touchées. Grâce à la recherche, nous savons que ce sont les femmes, les personnes handicapées, les Noirs, les Autochtones et les personnes de couleur. Nous devons respecter notre serment d’office, ce qui signifie respecter la Charte et la Constitution canadienne et veiller à ce que tous puissent vivre dans la dignité et le respect des droits de la personne.
    Madame la Présidente, comme je l'ai mentionné, je ne suis pas en désaccord avec le principe qui sous-tend la motion et les idées qui y sont mises de l'avant. Ce sont plutôt les aspects pratiques et les détails qui me préoccupent, car je veux que le système atteigne les objectifs dont a parlé la députée de Winnipeg-Centre.
    Nous sommes confrontés à un dilemme en ce qui concerne les programmes de logement autochtones, dans la mesure où les représentants des trois organisations autochtones nationales nous ont fait part de leurs préoccupations concernant la création d'un quatrième volet dont la gestion leur échappe. Je me demande si la députée d'en face serait favorable à ce que, par exemple, la gestion du programme à Winnipeg soit confiée à l'Assemblée des Premières Nations, ou si les dirigeants autochtones de Winnipeg devraient gérer le programme eux-mêmes.

  (1355)  

    Madame la Présidente, comme nous le savons, le taux d'itinérance chez les Autochtones est l'un des plus élevés au pays. Les initiatives en matière de logement doivent être menées par des Autochtones, comme le propose la motion que nous avons présentée. En effet, les peuples autochtones doivent décider de la manière dont ils veulent faciliter la mise en place de ce programme. Comme les députés le savent, nous avons signé des traités de nation à nation. Le lancement de ce programme doit lui aussi se faire de nation à nation.
    Madame la Présidente, en lien avec des commentaires formulés plus tôt, le député de Spadina—Fort York a affirmé ce que j’estime être une évidence. Le gouvernement ne peut dépenser de sept façons différentes un dollar supplémentaire de revenu fiscal. J’irais plus loin, comme l’ont fait les néo-démocrates dans cette motion.
    La motion est rédigée comme s’il s’agissait d’une taxe ponctuelle qui vise les gens qui ont fait de gros profits pendant la pandémie de COVID. S’agit-il d’une nouvelle taxe permanente ou d’une taxe liée à la COVID?
    Madame la Présidente, il est temps de revoir le régime fiscal pour que tout le monde paie sa juste part. Nous devons tenir compte du fait que les ultrariches continuent de s’enrichir et que les gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé ont délibérément choisi de ne pas s’en prendre aux paradis fiscaux à l’étranger. Il faut que les choses changent pour de bon.
    Au Canada, on voit le fossé se creuser entre les pauvres et les ultrariches. Nous observons un énorme investissement dans ce que j’appelle les « entreprises parasites ». Il faut faire changer les choses. Nous devons nous assurer que les gens les plus fortunés paient plus d’impôts et que ce ne soit pas les gens qui luttent pour leur survie même pendant la pandémie de COVID-19 qui écopent.
    Madame la Présidente, je suis d’accord avec le secrétaire parlementaire. Il n'y a rien qui cloche avec les principes et la théorie qui sous-tendent la motion. Le problème, c’est le côté pratique. Je vais poser rapidement deux ou trois questions à la députée au sujet de la motion, et elle pourra peut-être décider à quelles questions elle veut répondre.
    Quelle est la définition d’une grande entreprise? Cela inclut-il des entreprises comme Apple Valley Foods, qui se trouve dans ma circonscription, Kings—Hants?
    La définition de « mercantilisme » que j’ai devant moi indique qu'il s'agit de la pratique consistant à réaliser ou à rechercher un profit excessif ou injustifié, en particulier de manière illégale ou sur le marché noir. La députée peut-elle donner des exemples d’entreprises qui ont fait cela pendant la pandémie?
    En ce qui concerne les dépenses sociales dont parle la députée, le directeur parlementaire du budget a indiqué qu'elles coûteraient 5,6 milliards de dollars. Comment allons-nous payer pour toutes les dépenses dont elle parle?
    Madame la Présidente, je trouve assez curieux que les libéraux soulignent à quel point il est difficile de faire respecter les droits de la personne dans ce pays, ce que prévoit cette motion, alors qu’il n’était pas compliqué de sortir 14 millions de dollars d’un chapeau pour subventionner les sociétés de pipelines. Il n’a pas été compliqué de trouver 50 millions de dollars à donner aux compagnies de cartes de crédit ou 12 millions de dollars pour Loblaws. Et lorsque la COVID a frappé, il n’a pas été compliqué de faire en sorte que les premiers à recevoir de l'aide soient les grandes compagnies pétrolières et non les particuliers.
    Si nous voulons parler de ce qui est compliqué, je vais demander pourquoi nous trouvons si compliqué de faire respecter la Charte et de garantir que chacun puisse vivre dans le respect des droits de la personne et dans la dignité.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

Le tourisme dans Kootenay—Columbia

    Madame la Présidente, les régions de Kootenay et de la vallée du fleuve Columbia couvrent 64 000 kilomètres carrés et comptent quatre parcs nationaux, quatre chaînes de montagnes et deux fuseaux horaires. Le golf, la randonnée pédestre et la descente en eau vive sont les moteurs du tourisme estival et un réseau poudreux qui compte des pistes de ski, des activités de ski héliporté et des tours en motoneige soutient le secteur touristique en hiver.
    Malheureusement, la crise sanitaire continue d'avoir un impact négatif sur nos travailleurs puisque ces entreprises touristiques dépendent des revenus générés par des visiteurs internationaux. De plus, sans ces visiteurs, les magasins hors taxes comme Kingsgate, Osoyoos et Tobacco Plains ne font pratiquement aucune vente.
    Il y a toutefois de bonnes nouvelles. Les pays du monde entier ont commencé à utiliser des tests rapides pour permettre aux touristes en bonne santé de voyager en toute sécurité. Les technologies de dépistage rapide approuvées par Santé Canada représentent un moyen sécuritaire d'aller de l'avant. Il y a des visiteurs en bonne santé qui cherchent à soutenir nos entreprises touristiques et les travailleurs qu'elles emploient. Il est temps d'amorcer une reprise économique sécuritaire.

[Français]

Les langues officielles

    Madame la Présidente, les études rigoureuses se multiplient au Québec et démontrent que le français recule de plus en plus dans la grande région de Montréal alors que l'anglais progresse, et que ce déclin va s'accélérer et avoir des conséquences pour l'ensemble du Québec.
    Jusqu'à maintenant, la politique linguistique fédérale pour le Québec visait uniquement à renforcer l'usage de l'anglais, à financer les organismes et les groupes de pression anglophones et à affaiblir la Loi 101. Cependant, pour la première fois depuis l'adoption de la Loi sur les langues officielles fédérale il y a 51 ans, le gouvernement canadien a admis dans son discours du Trône qu'il avait aussi la responsabilité de protéger et de promouvoir le français au Québec.
    Les prochains mois vont nous montrer si ce gouvernement, qui représente la majorité canadienne anglophone, veut réellement avancer vers une...

[Traduction]

L'Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier

    Madame la Présidente, le métier d'infirmière praticienne a vu le jour dans le Nord du Canada il y a plus d'un siècle, alors que des infirmières avaient été envoyées dans les avant-postes. En 1967, les programmes d'éducation au Canada ont commencé à former des sages-femmes et du personnel infirmier pour les avant-postes à l'Université Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
    Aujourd'hui, des programmes d'infirmières praticiennes existent dans tout le Canada, et plus de 7 100 infirmières praticiennes fournissent des soins exceptionnels à la population. De plus, des infirmières en pratique avancée sont à même d'intégrer des compétences cliniques associées aux soins infirmiers et à la médecine afin d'évaluer les patients, de poser un diagnostic et de prodiguer les soins adéquats.
    Les députés valorisent notre système public de soins de santé et soutiennent l'engagement permanent du gouvernement à maintenir ce système. En cette période hors du commun, dans un contexte de pandémie mondiale, nous devons être conscients du rôle important joué par ces membres du personnel médical, et prendre acte de la désignation par l'OMS de l'année 2020 comme l'Année internationale des sages-femmes et du personnel infirmier.

La Campagne du coquelicot

    Madame la Présidente, à l'approche du jour du Souvenir, des membres de ma circonscription, Vaudreuil—Soulanges, se joignent aux Canadiens d'un océan à l'autre pour porter fièrement un coquelicot en reconnaissance des millions de personnes qui ont servi et qui continuent de servir le pays.
    Ce faisant, non seulement nous reconnaissons leurs sacrifices, mais nous soutenons également le travail inestimable effectué par les filiales locales de la Légion, pour lesquelles la Campagne du coquelicot constitue la principale source de financement.
    C'est le cas de ma filiale locale, la filiale no 115, à Hudson, qui travaille sans relâche pour fournir un soutien et un lieu de rassemblement aux militaires de ma ville. Cette année, à cause de la pandémie de COVID-19, nous ne verrons pas les vétérans vendre des coquelicots et nous n'aurons pas le privilège de les voir nous l'apposer.
    Cependant, ils ont besoin de notre soutien maintenant plus que jamais. J'invite tous mes concitoyens de Vaudreuil—Soulanges à acheter un coquelicot dans l'un des nombreux magasins de détail et épiceries de la région jusqu'au jour du Souvenir.

[Français]

    Au nom de la communauté de Vaudreuil—Soulanges, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à ceux qui ont servi et qui continuent de servir notre pays. N'oublions jamais.

[Traduction]

Le Diwali et le Bandi Chhor Divas

    Monsieur le Président, je souhaite un très joyeux Diwali et Bandi Chhor Divas à tous les résidants d'Etobicoke-Nord et à tous les Canadiens qui célèbrent ces fêtes.
    À l'occasion du Diwali, qu'on appelle la fête des lumières, les familles célèbrent le triomphe de la lumière sur les ténèbres, le triomphe du bien sur le mal, et le pouvoir de l'espoir et du savoir. Les proches se rassemblent habituellement pour partager un repas, pour échanger des cadeaux, pour allumer des bougies et pour prier. Le mandir BAPS Shri Swaminarayan, la fondation Sringeri, le centre spirituel sikh de Toronto et le Nanaksar Gurdwara reçoivent aussi des visiteurs.
    Ces célébrations nous rappellent la diversité et l'inclusion grâce auxquelles il fait bon vivre dans la circonscription d'Etobicoke-Nord. Elles nous donnent aussi l'occasion de reconnaître la contribution importante des communautés hindoue, sikhe, jaïne et bouddhiste au Canada.
    Je souhaite à ces familles merveilleuses de célébrer le Diwali et Bandi Chhor Divas dans la joie et en toute sécurité.

  (1405)  

Anita Stewart

    Monsieur le Président, le Canada a perdu une de ses figures de proue: Anita Stewart. Cette membre de l'Ordre du Canada et lauréate du prix d'alimentation de l'Université de Guelph s'est avérée une ardente défenseure de l'alimentation et de l'agriculture canadiennes.
    Carrie et moi avons rencontré Anita pour la première fois il y a 18 ans à Elora. Lors de la planification de notre repas de noces, Carrie a été inspirée par un livre de recettes qui se trouvait sur la table basse chez sa grand-mère: Great Canadian Cuisine par Anita Stewart. De fil en aiguille, le fils d'Anita, Paul Stewart, nous a préparé le plus succulent des repas de noces.
    Anita a rédigé plus d'une dizaine de livres de recettes canadiennes, en plus de s'avérer une championne infatigable de l'alimentation et de l'agriculture canadiennes. Elle était constamment en quête de nouvelles recettes et n'hésitait pas à mettre en valeur les agriculteurs qui les avaient inspirées.
    À ses fils Jeff, Brad, Mark et Paul, je dis que leur mère nous a quittés beaucoup trop tôt, mais que sa contribution à la cuisine canadienne et à l'agriculture canadienne demeurera. Repose en paix, Anita Stewart.

Les finissants de 2020

    Monsieur le Président, la semaine dernière, j'ai été fier d'assister, à distance, à la cérémonie de remise des diplômes à la St. Mother Teresa Catholic Academy, dans ma circonscription, Scarborough—Rouge Park.
    En dépit de tous les obstacles auxquels ils ont été confrontés, de la plus grande pandémie de notre génération au racisme systémique envers les Noirs et les Autochtones en passant par les effets grandissants des changements climatiques, les diplômés se sont entêtés et ont fini par achever leur année scolaire. Même si le monde dans lequel elle évolue n'est pas parfait, cette cohorte spéciale a toutes les cartes en main pour façonner notre monde pour le mieux. Je suis certain que cette classe de finissants sera à la hauteur de la situation.
     Je voudrais prendre un instant pour remercier tous ceux qui ont soutenu ces diplômés: leurs fiers parents et leurs frères et sœurs, les enseignants, le personnel de soutien, et le directeur, Jose Flores, pour son leadership. Je tiens à complimenter tout particulièrement le principal orateur à la cérémonie, Jason Bogle, pour ses paroles inspirantes.
    Nous savons que des jours meilleurs nous attendent et j'encourage tous nos diplômés à réaliser leurs rêves et à atteindre leur plein potentiel. Félicitations aux finissants de 2020.

La Journée des vétérans autochtones

    Monsieur le Président, dans le cadre de la Semaine des anciens combattants, le 8 novembre, nous célébrons la Journée des vétérans autochtones.
    Cette journée nous permet de réfléchir aux énormes sacrifices consentis par les populations autochtones, qui ont contribué aux efforts de guerre dans le camp du Canada, au fil des ans. Pas moins de 12 000 Autochtones ont servi pendant la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la guerre de Corée. Beaucoup d'autres ont soutenu ces efforts de guerre sur le front intérieur. Nous avons tous envers eux une énorme dette de gratitude pour ce qu'ils ont fait pour nous, ainsi qu'envers tous les membres des Premières nations, les Inuits et les Métis qui perpétuent fièrement, encore aujourd'hui, cette longue tradition de service dans l'uniforme des Forces armées canadiennes.
     Aujourd'hui, je demande aux Canadiens de se joindre à moi pour remercier les vétérans autochtones pour leur service et pour se souvenir de ceux qui ont fait le sacrifice ultime. N'oublions jamais.

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, tout ne va pas pour le mieux au Canada. Dernièrement, le chef du Parti conservateur a présenté une vision claire de l'avenir du pays, une vision fondée sur un Canada plus fort, plus intelligent et plus inclusif, qui procurera stabilité et certitude aux Canadiens.
    Les enfants et les jeunes d'aujourd'hui ont besoin d'espoir et de possibilités, mais ils ne pourront les obtenir que si le Canada change de direction grâce à un nouveau gouvernement. Les politiques actuelles donnent priorité au marché boursier plutôt qu'à la prospérité à long terme du pays, aux intérêts du pays et à notre sécurité financière. Elles font passer Bay Street avant les Canadiens ordinaires.
    Nous proposons des politiques qui, au lieu de poursuivre l'expérience économique actuelle, stimuleront la croissance économique de tous les secteurs et renforceront les investissements faits au Canada tout en continuant de réduire les émissions, des politiques qui favorisent la solidarité, plutôt que la richesse et la division. Les familles et les communautés sont des composantes centrales de la société canadienne et doivent être renforcées. La prospérité et la vigueur du pays passent par le bien-être des familles. Le nouvel objectif du Canada doit être axé sur le bien commun de tous les Canadiens.

[Français]

Le jour du Souvenir

    Monsieur le Président, le 11 novembre est le jour du Souvenir.

[Traduction]

    Le jour du Souvenir, nous honorons les Canadiens qui ont servi leur pays en uniforme. Souvent, ce sont les personnes qui ont combattu durant la Première Guerre mondiale et la Deuxième Guerre mondiale qui nous viennent à l'esprit. C'est une journée où nous prenons le temps de réfléchir aux sacrifices de beaucoup de Canadiens pour la liberté que nous chérissons aujourd'hui.
    Cette année, je veux honorer les Canadiens qui continuent de servir leur pays, chez nous. Dans Pierrefonds—Dollard, en 2017 et en 2019, et dans nos foyers de soins de longue durée, nous avons eu des soldats en service dans notre communauté.

  (1410)  

[Français]

La liberté d'expression

    Monsieur le Président, on peut lire dans La Presse: « La libération d'expression a ses limites »; dans le Le Figaro: « La liberté d'expression n'est pas sans limites ». Je ne suis pas celui qui essaie d'induire la Chambre en erreur. L'histoire nous montre que, malheureusement, quand on limite la liberté d'expression, ce n'est qu'une pente descendante vers bien d'autres choses: la sanction, le contrôle, la censure.
    Notre démocratie est le fruit du siècle des Lumières où la liberté d'expression y était au centre. Les Français ont été parmi les précurseurs avec des philosophes comme Voltaire.
    Quand j'entends le premier ministre dire que la liberté d'expression a ses limites, je ne peux que penser à tous ceux qui ont lutté pour cela, partout dans le monde, au péril de leur vie. N'oublions jamais.
    Contrairement au premier ministre, j'invite l'ensemble de mes collègues et des Canadiens à défendre vigoureusement leurs idées au nom de la liberté pensée et de la liberté de parole. Ce n'est que de cette manière qu'une société peut avancer et alimenter des débats constructifs et démocratiques.

[Traduction]

L'industrie du transport aérien

    Monsieur le Président, j'ai questionné le premier ministre hier au sujet des défis que l'industrie du transport aérien doit relever. Non seulement il n'a pas répondu à ma question, mais il a choisi de me fournir des explications condescendantes.
    Depuis que j'ai été nommée au sein du cabinet fantôme comme ministre des Transports, j'ai rencontré plus de 70 intervenants, et un très grand nombre de travailleurs touchés communiquent avec moi pour me dire à quel point le gouvernement les a laissés tomber. Ils se sentent abandonnés et ils n'ont plus d'espoir. Dans le discours du Trône, les libéraux ont promis de se pencher sur les liaisons aériennes qui ont été annulées afin de fournir de l'aide, mais nous attendons encore des mesures concrètes.
    C'est mon devoir de poser des questions délicates au premier ministre et de lui demander des comptes pour son inaction. Le premier ministre n'aime pas être remis en question par des femmes fortes. Quand les députées lui posent des questions difficiles, ce n'est pas parce qu'il est difficile de travailler avec elles, c'est parce qu'elles défendent les intérêts de personnes réelles aux prises avec des problèmes réels.
    À l'avenir, je demanderais au premier ministre de laisser tomber sa partisanerie condescendante et de traiter les femmes à la Chambre avec le respect qu'elles méritent.

Les opioïdes

    Monsieur le Président, je prends la parole encore une fois à la Chambre pour dénoncer le silence du Parlement en ce qui concerne les meurtriers qui sillonnent nos rues. Je parle du fentanyl, du carfentanil, de l'héroïne mauve, de la méthamphétamine en cristaux et, bien sûr, de l'OxyContin, ce médicament perfide, qui ont entraîné cette pandémie de souffrance et de toxicomanie à l'échelle du pays.
    La ville de Timmins a maintenant un taux de mortalité liée aux opioïdes, par habitant, cinq fois plus élevé que celui de la ville de Toronto. J'ai parlé avec des représentants de collectivités de partout au pays qui sont confrontés à des surdoses dans les rues, à une hausse de la criminalité et à l'épuisement du personnel. Ils se tournent vers le gouvernement fédéral pour obtenir de l'aide, mais en vain. Le Parlement doit prendre au sérieux cette pandémie qui est en train de détruire le coeur de nos collectivités.
    Il nous faut des mesures pour la réduction des méfaits, le soutien à la santé mentale et les services de traitement de la toxicomanie. Il nous faut une volonté de sévir contre les laboratoires de production de fentanyl. Combien faudra-t-il de morts pour que le gouvernement passe enfin à l'action?

[Français]

La Semaine des vétérans

    Monsieur le Président, nous entamons aujourd'hui la Semaine des vétérans — et des vétéranes —, qui aura comme point culminant le jour du Souvenir. Le thème de cette année est le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. N'oublions jamais que 150 000 Québécois ont servi durant ce conflit.
    Aujourd'hui, j'ai une pensée toute particulière pour mon oncle, le soldat George Desilets, mort au combat durant la guerre de Corée. C'était un homme de 21 ans dans la force de l'âge, un homme qui n'aura jamais connu les joies d'être père ou conjoint. Il a répondu à l'appel du drapeau pour aller se battre sur des terres totalement inconnues, l'apothéose du courage, le sacrifice ultime pour notre liberté et notre démocratie.
    Nous avons un devoir de mémoire. Au nom de tous les Québécois, de tous les citoyens de notre Québec et du Bloc québécois, je tiens à remercier toutes les vétéranes et tous les vétérans de leur service. Ils méritent hommage et respect.

[Traduction]

Le jour du Souvenir

    Monsieur le Président, alors que nous célébrons le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous honorons les militaires qui ont servi notre pays et ceux qui ont fait le sacrifice ultime. Nous réfléchissons aussi au pourquoi. Pourquoi ces jeunes Canadiens ont-ils quitté leur maison, leur famille et leur pays pour aller combattre à l'étranger?
    Ils l'ont fait pour une grande cause. Ils l'ont fait pour des gens comme David Kilberg, un jeune polonais qui a été envoyé au camp de concentration de Buchenwald où il a survécu en se cachant dans les murs et parmi des cadavres. Sa mère, son père, sa sœur et son frère ont tous été assassinés à Auschwitz.
    Lorsqu'il a été libéré, il s'est installé au Canada où il a fondé une entreprise prospère. Il a ensuite occupé le poste de maire de Listowel. Ce n'est qu'au Canada qu'un jeune juif émacié, secouru dans les murs d'un camp de la mort nazi, a pu connaître autant de succès dans son pays d'adoption.
    Le jour du Souvenir et tous les autres jours, nous nous souvenons.

  (1415)  

Ferruccio « Fred » Fazzolari

    Monsieur le Président, j'ai aujourd'hui l'honneur et le privilège de rendre hommage à Ferruccio « Fred » Fazzolari, à qui appartenait le restaurant Fred's Bar and Grill. Fred est mort de la COVID la semaine dernière. Chef de famille, entrepreneur, frère, ami, philanthrope: Fred visait toujours le meilleur.
    Fred est arrivé au Canada en 1956 après avoir vécu à Marina di Gioiosa Ionica, en Italie. Entrepreneur dans l'âme, il avait le don de saisir les occasions qui s'offraient à lui et d'en tirer le meilleur parti possible. Il a toujours rêvé de voir son nom en tête d'affiche, alors il a ouvert un restaurant, le Fred's Bar and Grill, à Mississauga, et ce fut un véritable succès. Pendant 50 ans, le travail acharné, les longues heures de travail, le dévouement et l'esprit de sacrifice ont été les clés de sa réussite. Fred faisait toujours des pieds et des mains pour que ses clients, ses employés et ses concitoyens se sentent comme s'ils étaient de la famille.
    Fred était aussi un excellent conteur et il maîtrisait l'art de la conversation. Quant à son grand sens de l'humour, il aura marqué à jamais non seulement sa famille, mais quiconque l'a déjà rencontré. Fred laisse un souvenir impérissable derrière lui. À sa femme adorée, Suzanne, à ses enfants — Richard, Lisa et Juliana — ainsi qu'à ses six petits-enfants, je dis: Fred nous a quittés, mais notre ville et le monde au grand complet se portent mieux grâce à lui. Merci, Fred.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, hier, le premier ministre a répété qu'il n'y avait pas eu de changements au financement ou au personnel affecté au système d'alerte rapide de pandémie du Canada. Or, des représentants de l'Agence de la santé publique ont dit que c'était inexact. Du personnel a été réaffecté à d'autres ministères. Le système n'a rien signalé pendant 440 jours après avoir été en fonction tous les jours pendant 20 ans.
    Pourquoi le premier ministre induit-il les Canadiens en erreur au sujet de la décision de fermer le système d'alerte rapide de pandémie du Canada?
    Monsieur le Président, à toutes les étapes, les mesures que nous avons prises à l'égard de la pandémie étaient fondées sur les données scientifiques, les données probantes et les recommandations en matière de santé publique. D'ailleurs, au début de janvier, lorsque la Dre Tam s'est rendu compte du risque que représentait la COVID-19 pour le Canada, elle a convoqué d'autres responsables de la santé publique de l'ensemble du pays. Je crois comprendre que des scientifiques de l'Agence de la santé publique du Canada étaient d'avis que le Réseau mondial de renseignement de santé publique n'était pas utilisé de la meilleure façon. J'ai ordonné la tenue d'un examen externe, et j'aurai plus de choses à dire à ce sujet dans les jours à venir.
    Monsieur le Président, le ministre a déclaré qu’à chaque étape, ils demandaient l’avis d’experts, mais ces professionnels de la santé publique disent que le gouvernement a été trop lent à réagir. Le gouvernement a attendu des semaines après la nouvelle d’un virus en provenance de Chine avant de demander conseil aux professionnels de la santé spécialisés dans les pandémies.
    Pendant ce temps, les Canadiens recevaient de mauvais renseignements sur les frontières, la transmission de personne à personne et le port du masque, y compris de la part de la ministre de la Santé. Le gouvernement peut-il maintenant admettre que la fermeture du système canadien d'alerte rapide en cas de pandémie nous a placés dans une position de rattrapage par rapport à la progression de la COVID-19?
    Monsieur le Président, en fait, à chaque étape, nous avons tenu compte de la science, et nos conseils aux Canadiens ont été au diapason de l'évolution des connaissances scientifiques en la matière. Comme tous les députés le savent, la COVID-19 est un nouvel agent pathogène et il nous reste encore beaucoup de choses à découvrir à son propos. Au fil de ce que nous avons appris par la recherche, la science et l'accumulation d'observations scientifiques à l'échelle du pays, nous avons modifié nos conseils aux Canadiens parce que nous savons que les Canadiens comprennent que la science évolue et que nous sommes là pour leur transmettre l'information dès qu’elle devient disponible.
    Monsieur le Président, la ministre a dit que leurs conseils avaient évolué au fil de la pandémie. Leurs réponses aux questions difficiles évoluent aussi. Le système d’alerte rapide relatif à la pandémie a été paralysé par ce que les responsables de la santé qualifient de priorités gouvernementales changeantes. Dans le jargon politique, cela signifie que « c’était une décision politique ». Les professionnels chargés de protéger les Canadiens contre la pandémie se sont fait dire de plutôt se concentrer sur le vapotage. Le gouvernement a dit qu’on procéderait à un examen, mais il n’a jamais dit qui le ferait. La ministre a l’occasion de le dire à la Chambre aujourd’hui.
    Qui examinera la décision de paralyser le système d’alerte rapide relatif à la pandémie, et cette enquête sera-t-elle rendue publique?

  (1420)  

    Monsieur le Président, le député d’en face sait que dès que des scientifiques de l’Agence de santé publique du Canada m’ont fait part de leurs préoccupations, j’ai ordonné la tenue d’un examen externe, qui est en cours de planification. Dès que je connaîtrai les noms des personnes qui seront chargées de mener cet examen, je les transmettrai à la Chambre. Bien entendu, les Canadiens auront accès à tous les renseignements mis au jour par cet examen.

[Français]

La santé

    Monsieur le Président, les Canadiens sont inquiets. Le gouvernement libéral leur répète chaque jour que tout va bien et que la ministre de la Santé contrôle la situation. C'est un contrôle assez relatif. L'Agence de la santé publique du Canada a annoncé qu'elle pouvait seulement faire un tiers des tests promis.
    La ministre de la Santé peut-elle avouer qu'elle n'a pas le contrôle de la situation?

[Traduction]

    Monsieur le Président, à ce jour, plus de 9,7 millions de Canadiens ont subi un test de dépistage de la COVID-19. Cela a été accompli en grande partie grâce au financement de 4,2 milliards de dollars que le gouvernement fédéral a versé aux provinces et aux territoires pour des tests afin qu'ils puissent s'acquitter de leurs responsabilités et aider les systèmes de santé. Nous les soutenons aussi en leur offrant l'aide directe de laboratoires. Quatre laboratoires fédéraux sont prêts à appuyer les capacités des provinces, notamment en cas de recrudescence.
     Nous serons là pour les Canadiens en ce qui concerne le dépistage et tous les autres aspects de la réponse à la COVID-19.

[Français]

    Monsieur le Président, voilà beaucoup d'argent, mais pas d'action.
    Le premier ministre a promis des tests rapides, mais cela a pris des mois et la pression des conservateurs pour qu'il agisse enfin. Maintenant, le premier ministre a promis plus de tests, mais il n'en a livré que 30 %. Ce retard aggrave la deuxième vague jour après jour.
    Ce gouvernement peut-il avouer qu'il parle beaucoup, mais n'agit pas?

[Traduction]

    Monsieur le Président, depuis le 21 octobre, plus de 2,4 millions de tests rapides ont été livrés aux provinces et territoires, soit 890 000 à l'Ontario, 577 000 au Québec, 345 000 à la Colombie-Britannique et 303 000 à l'Alberta. Nous continuerons d'approuver les tests dont l'innocuité et l'efficacité sont prouvées. Nous veillerons à ce que les provinces et les territoires aient accès aux procédés technologiques les plus récents.

[Français]

Le terrorisme

    Monsieur le Président, j'espère que le premier ministre a profité de sa discussion avec le président français, Emmanuel Macron, pour offrir ses condoléances — avec quelques semaines de retard — pour l'attentat perpétré contre Samuel Paty et pour celui de Lyon.
    L'Assemblée nationale et le premier ministre du Québec, on s'en souvient, ont fermement défendu la liberté d'expression. Seul le premier ministre a relativisé cette horrible tragédie et blâmé en partie la victime en pontifiant. Je le cite: « Nous nous devons d'être conscients de l'impact de nos mots, de nos gestes. »
    Le premier ministre a-t-il profité de son appel de ce matin au président français pour s'excuser de ses propos malheureux?
    Monsieur le Président, ce serait vraiment le collègue qui devrait s'excuser pour des propos qui semblent indiquer aux Canadiens une vérité différente.
    La réalité est que nous avons tous, au pays et à la Chambre, été horrifiés par les attentats en France. Nous avons dit que nous étions solidaires de nos amis français et nous le sommes.
     Aujourd'hui, le premier ministre du Canada a eu une très bonne discussion avec le président Macron. Nous avons évidemment offert nos condoléances aux familles des victimes. Rappelons-nous que le Canada est l'un des grands défenseurs de la liberté d'expression partout dans le monde.
    Monsieur le Président, deux semaines, jour pour jour, après l'attentat barbare contre Samuel Paty, le premier ministre déclarait ceci à propos de la liberté d'expression: « Je pense qu'il y a toujours un débat extrêmement important, extrêmement sensible, à avoir sur de possibles exceptions. »
     On l'a vu avec sa position sur la liberté académique, le premier ministre est plutôt favorable à une liberté d'expression limitée, candide, inoffensive. Quand, au juste, le premier ministre entend-il lancer ce grand débat qu'il appelait de tous ses vœux la semaine dernière sur les exceptions à la liberté d'expression?

  (1425)  

    Monsieur le Président, ce qu'il faut se rappeler, c'est que ce n'est pas 11 jours, mais que c'est bien un jour.
    C'est exactement le temps que le Canada a mis pour réagir, pour affirmer toute sa solidarité au peuple français, et c'est ce que j'ai fait le lendemain en exprimant, au nom de tous les Canadiens et de toutes les Canadiennes, l'horreur que nous avions quant aux attentats et que nous allions travailler ensemble contre l'intolérance, contre la terreur.
    Le premier ministre du Canada a été clair: le Canada sera toujours l'un des grands défenseurs de la liberté d'expression partout dans le monde.

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, j'ai parlé avec les travailleurs et les travailleuses du Québec. Ils m'ont parlé de leurs défis, du fait qu'ils ont de la misère à joindre les deux bouts. En même temps, les géants du Web ont fait des profits records.
    D'un côté, on a des géants du Web qui font des profits records et, de l'autre côté, on a des travailleurs et des travailleuses qui ont de la misère à joindre les deux bouts.
    Moi, je me bats pour les gens. Pourquoi ce premier ministre travaille-t-il pour les géants du Web?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Pas plus tard que mardi, notre gouvernement, le premier dans l'histoire du pays, a décidé de s'attaquer aux géants du Web pour qu'ils fassent leurs contributions au même titre que les entreprises canadiennes dans le domaine de la culture, de la production audiovisuelle et de la musique.
    C'est plus de 800 millions de dollars supplémentaires annuellement qui seront investis dans la culture canadienne par les géants du Web.

[Traduction]

Les finances

    Monsieur le Président, il y a quelques semaines, je me suis entretenu avec Jennifer et Kane, des employés d’un supermarché Dominion qui gagnent à peine le salaire minimum. Ils sont des travailleurs de première ligne qui se démènent pour un salaire de subsistance, tandis que le propriétaire des épiceries Dominion et d’autres ont vu leur fortune augmenter, comme Galen Weston, qui s’est enrichi de 1,6 milliard de dollars au cours de la pandémie.
    D’un côté, il y a des milliardaires qui engrangent des profits records; de l’autre, des travailleurs qui peinent à joindre les deux bouts. Pourquoi le gouvernement souhaite-t-il que le coût de la pandémie soit assumé par des personnes comme Kane et Jennifer, plutôt que par des gens comme Galen Weston?
    Monsieur le Président, j’aimerais souligner que les travailleurs de première ligne dans les épiceries et le commerce de détail ont été des héros depuis le début de la pandémie. Nous serons là pour appuyer les travailleurs ordinaires de la classe moyenne et ferons tout ce qu’il faut pour les soutenir.
    Notre appui envers les Canadiens de la classe moyenne ne date pas d’hier. Quand nous sommes arrivés au pouvoir, la toute première chose que nous avons faite a été de réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne et d’augmenter celui du 1 % le plus riche. Le NDP avait voté contre cette motion.
    Au cours de la présente pandémie, nous avons déployé des mesures d’aide sans précédent qui ont permis à neuf millions de ménages canadiens de mettre du pain sur la table.

[Français]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, en 2015, le Canada était apparemment de retour, selon le premier ministre: Canada is back.
    Il faut rappeler que le Canada n'a pas eu son siège au Conseil de sécurité. Le premier ministre n'inspire pas confiance sur la scène internationale. Avec son manque de jugement concernant la liberté d'expression, le premier ministre doit maintenant ramper devant le président français pour réparer les pots cassés.
    Pourquoi le premier ministre doit-il appeler le président français, et non l'inverse, comme on l'a vu avec le premier ministre du Québec?
    Monsieur le Président, j'aimerais informer mon honorable collègue, pour qui j'ai énormément de respect, que, en matière de relations internationales, c'est tout à fait normal que l'un appelle l'autre. Ce matin, j'étais moi-même en communication avec mon homologue allemand.
     La relation transatlantique n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Le premier ministre du Canada, à chaque occasion, comme je le fais, parle à nos homologues européens, coordonne nos positions avec nos homologues européens. Nous allons continuer, parce que, dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, nous devons travailler avec des pays qui partagent les mêmes valeurs et principes. C'est exactement ce que nous faisons et ce que nous allons continuer de faire.
    Monsieur le Président, nous savons que le premier ministre va appeler le président français aujourd'hui. Cela s'appelle faire du rattrapage. C'est comme lorsqu'une équipe tire de l'arrière. Le Parti libéral aime bien utiliser le terme « Équipe Canada. » Équipe Canada tire de l'arrière sur la scène internationale.
     Est-ce que le premier ministre va expliquer au président français pourquoi il a défendu mollement la liberté d'expression ou est-ce qu'il va lui dire le fond de sa pensée, c'est-à-dire que celle-ci a des limites?

  (1430)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de me donner l'occasion de dire aux Canadiens et aux Canadiennes où le Canada est un leader à travers le monde.
     Nous avons été présents pour le Nagorno-Karabakh, nous avons été présents en Biélorussie, nous avons été présents sur la question des Ouïghours, sur la question des droits de la personne et sur la liberté d'expression.
     Je mets au défi les parlementaires de voir comment, dans l'histoire, le Canada a été aussi proche de ses partenaires pour faire valoir les droits de la personne, les valeurs et les principes qui sont chers aux Canadiens de partout au pays.

[Traduction]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, le gouvernement dit que c'est à cause de la COVID-19 s'il n'a pas pu mettre en place un plan d'action concernant les femmes et les filles autochtones assassinées ou portées disparues. Les députés ministériels ne réalisent-ils pas que la violence conjugale est en hausse depuis le début de la pandémie et que des vies sont menacées chaque jour?
     La chef Constance Big Eagle a posé la question suivante: « Combien d’autres femmes devront-elles perdre la vie avant que le Canada reconnaisse qu’il faut faire quelque chose et que cela ne peut plus passer au second plan? »
    La ministre est-elle en mesure de répondre à cette émouvante question?
    Monsieur le Président, nous demeurons de tout cœur avec les familles des femmes, des filles et des personnes bispirituelles et de diverses identités de genre autochtones assassinées ou portées disparues et avec les survivants. Nous savons que des femmes, des filles et des personnes bispirituelles continuent de mourir et nous avons besoin d'un plan national.
    J'ai eu la chance de discuter avec la chef Big Eagle hier. Je crois qu'elle comprend que les travaux du groupe de travail principal et que la façon dont nous nous y prendrons pour déployer une approche fondée sur les régions et tenant compte des particularités permettront...
    La députée de Kamloops—Thompson—Cariboo a la parole.
    Monsieur le Président, un comité parlementaire composé de représentants de tous les partis a demandé un plan d’action dès 2015.
     Charlotte Gliddy-Murray, membre d'une famille qui a témoigné lors d'une audience de l’enquête nationale il y a trois ans, a déclaré: « Une fois l'enquête terminée, j’ai eu l’impression que le gouvernement nous a tout simplement laissés tomber. Par nous, j’entends les membres de ma famille. Après nos témoignages, il n'y a eu aucun suivi, ce qui n'est pas correct. »
    Cela fait trois ans, et il n’y a eu aucun suivi, aucun plan. Maintenant, assez parlé. Quand Charlotte verra-t-elle de l'action?
    Monsieur le Président, je trouve un peu fort qu’une députée d’un gouvernement qui s’est battu contre la tenue d’une enquête nationale — enquête dont le premier ministre de l’époque avait dit que ce n’était même pas dans ses intentions — se mette tout à coup à prêter l'oreille aux familles.
    Pour ce qui est des familles, sachez que Hilda Anderson-Pyrz s’organise avec elles, la coalition manitobaine et les unités de liaison familiale. Nous travaillons très fort pour mettre en place un plan d’action national qui mettra fin à cette tragédie.
    Une voix: Quand?
    Je vous rappelle que le chahut par vidéo n’est pas une bonne chose. Nous savons qui vous êtes, mais nous ne voulons pas vous exposer tout de suite.
    Le chef de l’opposition a la parole.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, nous avons appris hier qu'il y a un acheteur potentiel pour la raffinerie de Come By Chance, à Terre-Neuve-et-Labrador. Nous savons que le Syndicat des Métallos travaille fort pour assurer l'avenir de la raffinerie et des travailleurs, certainement bien plus fort que le gouvernement actuel.
     Le ministre s'engagera-t-il a accélérer l'autorisation réglementaire, dans le cas où la vente aurait lieu?
    Monsieur le Président, nous pensons aux travailleurs de Come By Chance qui subissent le climat d'incertitude et qui s'inquiètent de leur emploi et de leur avenir.
     Le Bureau de la concurrence examine la situation et la suit de près. Il est certain que l'acquisition devra faire l'objet de l'examen nécessaire. Nous suivons de près le dossier. Nous songeons à ce que nous pouvons faire pour que la raffinerie reste ouverte et nous ne resterons pas les bras croisés.
    Monsieur le Président, pendant que le gouvernement surveille la situation, le syndicat travaille d'arrache-pied pour préserver le nombre de postes sur place. Ainsi, si la vente est conclue, les emplois de l'Est de Terre-Neuve-et-Labrador seront protégés. Toutefois, nous savons que le gouvernement a l'habitude de se traîner les pieds lorsque vient le temps d'effectuer des approbations réglementaires, surtout lorsqu'il s'agit de projets énergétiques.
    Come By Chance, c'est plus de 500 emplois à la raffinerie et 1 400 emplois dans la province. Le ministre s'engagera-t-il aujourd'hui à accélérer tous les processus d'approbation afin de protéger les emplois des travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador?
    Monsieur le Président, comme le député le sait pertinemment, on parle ici d'une transaction indépendante effectuée par des parties indépendantes. Nous allons certainement faire tout ce que nous pouvons pour appuyer cette transaction.
    La priorité du gouvernement est de soutenir les travailleurs de Come By Chance et de veiller à ce qu'ils puissent concrétiser tous les projets auxquels ils participent.

  (1435)  

[Français]

La justice

    Monsieur le Président, les libéraux nous disent qu'ils ne s'ingèrent pas dans la nomination des juges, mais on relève de drôle de coïncidences. Par exemple, en 2019, le ministre de la Justice a nommé les juges Robert M. Dysart et Arthur T. Doyle au Nouveau-Brunswick. Les deux sont donateurs dans la circonscription du ministre des Affaires intergouvernementales. Ils ont aussi aidé ce même ministre à rembourser une dette de 31 000 $ contractée lors d'une course à la chefferie libérale.
    Est-ce que le ministre de la Justice a discuté avec le ministre des Affaires intergouvernementales avant de nommer ses généreux amis donateurs?
    Monsieur le Président, je suis fier du processus que nous avons mis en place pour les nominations à la magistrature. Nous sommes en train de nommer des juges compétents qui reflètent la diversité du Canada.
    Les comités consultatifs à la magistrature fonctionnent d'une façon non partisane et prennent leurs décisions basées sur le mérite. Nous faisons des vérifications après, mais c'est moi qui fais les recommandations au Cabinet.
    Je suis très fier des résultats. Nous avons nommé des personnes de toutes allégeances politiques.
    Monsieur le Président, je pose la question parce que les coïncidences sont bizarres.
    Le ministre de la Justice a aussi nommé les juges Charles LeBlond et Jacques Pinet en 2019, au Nouveau-Brunswick encore. Curieusement, eux aussi ont aidé le ministre des Affaires intergouvernementales à rembourser sa dette de 31 000 $. Ce sont donc quatre personnes dans la même province qui ont aidé le même ministre à rembourser la même dette qui sont nommées juges la même année.
    Faut-il connaître le ministre des Affaires intergouvernementales pour être nommé juge au Nouveau-Brunswick?
    Monsieur le Président, comme je viens de le dire, nous basons nos nominations sur le mérite après qu'elles sont passées par un comité consultatif à la magistrature indépendant. Les CCM font leur travail en suivant un processus transparent, basé sur la qualité des candidats et la diversité. Je suis très fier des résultats. Nous avons nommé des juges de toutes allégeances politiques.
    Monsieur le Président, j'ai hâte que le ministre de la Justice fasse une nomination bloquiste, mais nous y reviendrons.
    Parlant de coïncidence, la voisine du ministre des Affaires intergouvernementales a été nommée juge en 2019. L'année d'avant, c'était la femme du beau-frère du ministre qui était nommée juge. À un moment donné, c'est fort de café!
    Cela me rappelle l'époque où, au Québec, Jean Charest nommait les juges en fonction de leur allégeance libérale. Il se faisait donner une liste de noms de candidats, avec un « Post-it » à côté de chaque nom pour indiquer de quel côté le candidat votait. Est-ce que le ministre des Affaires intergouvernementales est le nouveau « monsieur Post-it » du fédéral?
    Monsieur le Président, nous avons mis en place un processus transparent qui vise la qualité et la diversité. Nous avons un processus qui permet de nommer des juges compétents et qui reflète la diversité du Canada. Toutes les nominations sont basées sur le mérite. Je suis très fier des résultats. Nous avons nommé des juges de très haute qualité partout au Canada.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, en matière d'immigration, des dossiers de permis de travail sont toujours en attente pour des immigrants qui sont déjà au pays. Il y a des cas de parrainage de conjoint et de famille qui remontent à bien avant la pandémie. Parfois, cela prend plus de deux ans. La mécanique bureaucratique occasionne des pénuries de main-d’œuvre dans ma circonscription ainsi que partout au Canada.
     Plutôt que de parler de 2023, le gouvernement pourrait-il se concentrer et traiter en priorité les dossiers que nous avons déjà?

  (1440)  

    Monsieur le Président, nous avons agi rapidement pour mettre en place un processus de réunification de plusieurs familles, en juin dernier, de nombreuses familles naviguant toujours dans le système d'immigration.
    Je suis heureux d'avoir annoncé de nouvelles mesures pour accélérer le traitement des dossiers. Ces efforts contribueront à réduire les temps d'attente et à traiter environ 6 000 demandes de conjoint par mois et environ 49 000 décisions d'ici à la fin de l'année.

La justice

    Monsieur le Président, dans le nouveau processus de nomination des juges du premier ministre, la liste des candidats recommandés et hautement recommandés est épurée par le bureau du premier ministre avant la sélection finale.
    Est-ce que cette liste non épurée est, dans un premier temps, fournie par le bureau du ministre de la Justice, oui ou non?
    Monsieur le Président, je suis fier du processus que nous avons mis en place pour la nomination de juges compétents qui représentent la diversité du Canada.
    Toutes les nominations sont basées sur le mérite. Les recommandations sont faites par des comités consultatifs. Oui, nous faisons une vérification diligente, qui est menée afin de s'assurer de l'intégrité, de la crédibilité et de la réputation des candidats dans la communauté juridique, mais c'est moi qui fais des recommandations au Cabinet.
    Monsieur le Président, une fois la liste de nominations épurée par le bureau du premier ministre, celle-ci poursuit le processus et est retournée au ministre de la Justice pour les nominations.
    Est-ce que le ministre de la Justice peut nous dire s'il y a des candidats recommandés qui ont remplacé des candidats hautement recommandés de la liste initiale pour ces nominations? Si oui, pourquoi?
    Monsieur le Président, l'honorable député est en train de décrire un processus qui n'existe pas. Nous avons un processus clair et transparent, qui vise la qualité. Le travail est fait par le conseil consultatif à la magistrature pour recommander des personnes. Nous faisons des vérifications sur les candidats et les candidates, et c'est uniquement moi qui donne des recommandations au Cabinet.

[Traduction]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, la Commission canadienne des droits de la personne a répété au gouvernement qu'il faisait preuve de discrimination à l'égard des enfants autochtones. Chaque fois que les peuples autochtones sont victimes d'injustice au Canada, un libéral intervient dans cette enceinte pour clamer que les libéraux s'en soucient. Cependant, lorsqu'on leur ordonne directement de remédier au racisme systémique, les libéraux portent plutôt leur cause devant les tribunaux contre les enfants autochtones. Quand le gouvernement fera-t-il non seulement ce qui est légal, mais aussi ce qui est juste, et quand commencera-t-il à financer équitablement les services aux enfants et aux familles autochtones?
    Monsieur le Président, la surreprésentation des enfants autochtones dans le système d'aide à l'enfance est indéniablement un chapitre sombre de notre histoire commune qu'il faut aborder.
    L'actuel gouvernement est on ne peut plus clair sur la question: il a l'intention d'indemniser les enfants des Premières nations victimes des politiques discriminatoires en matière de services à l'enfance et à la famille. Tout au long du processus, nous nous concentrons sur l'élaboration d'un plan qui priorise l'intérêt de l'enfant et qui place sa sécurité et son bien-être au premier plan. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec toutes les parties concernées et en sommes arrivés à un consensus à l'égard d'un certain nombre d'enjeux clés, notamment un processus d'indemnisation sûr qui s'inscrit dans le cadre pour le paiement des indemnités. Nous poursuivrons ce bon travail.
    Monsieur le Président, les survivants du pensionnat St. Anne ont remporté une autre importante victoire devant les tribunaux cette semaine. La cour a rejeté les arguments des avocats du gouvernement libéral, qui ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour empêcher que justice soit rendue aux survivants. Même le procureur général de l'Ontario a fait front avec les survivants.
    Les avocats de la ministre des Relations Couronne-Autochtones ont supprimé des éléments de preuve concernant des crimes horribles. La ministre a dépensé des millions dans une bataille juridique mesquine. Quand va-t-elle mettre fin à cette campagne toxique et accepter de négocier avec Edmund Metatawabin et les survivants afin d'en arriver à une solution équitable?
    Comme le député le sait, monsieur le Président, deux juges administratifs, l'un provenant de l'Est et l'autre de l'Ouest, ont été nommés pour entendre toutes les demandes et assurer la gestion rapide et efficace de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens.
    Comme il le sait aussi, Mme Brunning a interjeté appel de la décision du juge administratif voulant que la demande de directives soit entendue par l'administrateur de l'Ouest. La cour a décidé que la demande serait entendue par un autre juge de la Cour supérieure de l'Ontario parce que le juge administratif de l'Est avait décidé de se récuser.
    Nous sommes déterminés à parvenir à la réconciliation, la guérison et la justice pour l'ensemble des anciens élèves de St. Anne et de tous les autres pensionnats.

  (1445)  

Les finances

    Monsieur le Président, nous savons que la COVID-19 a eu des répercussions sur tous les aspects de la vie des Canadiens, notamment sur leur santé et leur gagne-pain.
    Novembre 2020 marque la 10e édition du Mois de la littératie financière. Cette année, l'événement est passablement différent des années précédentes. La littératie financière peut aider les Canadiens à traverser cette période d'incertitude et à avoir accès aux ressources à leur disposition.

[Français]

    La ministre de la Prospérité de la classe moyenne et ministre associée des Finances peut-elle informer la Chambre de l'importance de la littératie financière en ces temps sans précédent?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon honorable collègue d'Orléans de sa question et de tous ses efforts pour représenter les citoyennes et les citoyens d'Orléans.
    Alors que nous poursuivons nos mesures de soutien d'urgence et que nous nous tournons vers le rétablissement, il est important que chaque Canadienne et Canadien dispose de l'information dont il a besoin pour prendre des décisions en envisageant son avenir.

[Traduction]

    La littératie financière permet aussi d'acquérir des compétences importantes pour assurer son bien-être, que ce soit en vue d'apprendre à se protéger contre la fraude ou de planifier son avenir. Que l'on soit un étudiant qui prépare son plan financier pour l'avenir ou un aîné qui planifie sa retraite dans la sécurité et la dignité, les outils de littératie financière peuvent contribuer à ce que chacun bénéficie de l'aide nécessaire. Ensemble, nous pouvons continuer...
    Le député d'Haliburton—Kawartha Lakes—Brock a la parole.

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, presque deux millions de Canadiens travaillent dans le secteur des organismes caritatifs et des organismes sans but lucratif. Comme nous le savons tous, la pandémie a eu des répercussions sur presque tous ces organismes, qui ont du mal à survivre. Un grand nombre d'entre eux ne reçoivent plus de dons, alors même que la charge de travail de leur effectif augmente. Nous avons tous eu dans notre collectivité des exemples de la contribution de ces organismes en cette période de crise nationale.
    Quand les organismes caritatifs et les organismes sans but lucratif de première ligne essentiels peuvent-ils s'attendre à obtenir de l'aide pour traverser la pandémie?
    Monsieur le Président, nous sommes fiers de notre bilan en ce qui concerne l'aide apportée aux organismes qui offrent des services aux personnes les plus vulnérables de notre pays. Ces organismes font face à de grands défis. C'est pourquoi nous avons mis sur pied le Fonds d'urgence pour l'appui communautaire, dans le cadre duquel nous avons versé 350 millions de dollars à la Croix-Rouge canadienne, à Centraide Canada et aux Fondations communautaires du Canada, qui seront chargés de distribuer ces fonds aux organismes communautaires qui fournissent des services aux plus vulnérables durant la pandémie.
    Monsieur le Président, un meilleur plan doit être mis en place alors que nous entamons la relance après la pandémie.
     Les organismes caritatifs et à but non lucratif feront partie intégrante du processus, mais lorsque ceux du secteur des services reprendront leurs activités, les difficultés financières seront encore considérables. Or, les représentants des grands organismes que je rencontre me disent que le gouvernement ignore actuellement les propositions qui lui sont faites.
    Le ministre peut-il nous dire comment il s'assurera que les organismes caritatifs qui offrent actuellement des services de garde d'enfants, un logement, de la nourriture et des vêtements aux Canadiens seront encore présents dans les mois et les années à venir?
    Monsieur le Président, fournir 350 millions de dollars pour que les organismes puissent continuer à faire leur important travail n'est certainement pas les ignorer, comme le suggère le député. En fait, nous sommes là depuis le début de la pandémie pour veiller à ce que les organismes sur lesquels nous comptons pour servir les éléments les plus vulnérables de nos collectivités poursuivent leur travail et augmentent même leurs services. C'est pourquoi nous avons créé le Fonds d'urgence pour l'appui communautaire et que nous avons aussi aidé les banques alimentaires et les programmes alimentaires communautaires.
    Nous continuerons à soutenir le secteur caritatif. Nous savons que les organismes caritatifs redoublent d'efforts en cette période où les Canadiens en ont le plus besoin.

Le transport ferroviaire

    Monsieur le Président, la ligne ferroviaire de l'Alaska à l'Alberta permettra de créer 28 000 emplois, de procurer une voie supplémentaire aux provinces enclavées de la Saskatchewan et de l'Alberta pour transporter nos exportations, et de réduire le coût des produits d'épicerie au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest.
    Le gouvernement se joindra-t-il aux conservateurs pour appuyer ce projet d'infrastructure de 17 milliards de dollars du secteur privé ou le premier ministre le laissera-t-il traîner sur son bureau pendant six mois comme il l'a fait avec le projet minier Frontier de la société Teck?
    Monsieur le Président, notre gouvernement est déterminé à faire en sorte que de bons projets durables voient le jour au Canada et qu'ils soient évalués de manière opportune, équitable et rigoureuse.
    En ce qui concerne ce projet, comme je l'ai déjà dit il y a deux semaines lorsque la question m'a été posée par un député de l'opposition, nous n'avons pas reçu la description initiale du projet. Cependant, à l'instar de tous les projets, une fois que nous l'aurons reçue, nous l'évaluerons rapidement.

  (1450)  

    Monsieur le Président, l'annulation de projets de pipelines a eu des répercussions partout en Alberta et ailleurs au Canada. Aux prises avec des retards majeurs, les compagnies ferroviaires n'arrivent plus à transporter à la fois toute la production pétrolière et toute la production alimentaire du pays. La mauvaise gestion et l'idéologie libérale qui a été imposée à l'infrastructure nous nuiront pendant des générations.
    Maintenant que les ports sont congestionnés, qu'il y a des retards dans le transport ferroviaire et que les projets de pipelines ont été annulés, le gouvernement doit passer à l'action ou admettre qu'en fin de compte, il divise notre pays en ruinant le secteur des ressources de l'Alberta.
    Le gouvernement va-t-il s'engager à faire un examen exhaustif et rapide du projet de la ligne ferroviaire de l'Alaska à l'Alberta, au lieu de tergiverser et d'invoquer les lourdeurs administratives comme prétexte pour ne pas agir?
    Monsieur le Président, il s'agit d'une question presque identique à celle qui a été posée il y a une minute.
    Comme je l'ai mentionné, nous sommes certainement déterminés à ce que les projets, au fur et à mesure qu'ils seront présentés, sans égard à leur origine, soient évalués de façon rapide, juste et rigoureuse. C'est exactement ce que prévoit la Loi sur l'évaluation d'impact, qui améliore grandement l'évaluation des projets au Canada.
    En ce qui a trait à ce projet en particulier, nous n'avons pas encore reçu de description initiale, mais, quand nous la recevrons, le cas échéant, nous procéderons certainement à l'évaluation du projet de façon rapide, juste et rigoureuse.

[Français]

Les aînés

    Monsieur le Président, plus de 60 000 aînés risquent de se faire couper leur Supplément de revenu garanti si le fédéral ne reçoit leur déclaration de revenu d'ici le 29 novembre. On parle de 60 000 aînés à faible revenu à qui la pandémie complique énormément la vie. Rappelons que, encore aujourd'hui, les 70 ans et plus ont la consigne de limiter au strict minimum leurs sorties. Durant des mois, tous les services en personne étaient fermés et c'est quasi impossible d'avoir de l'aide à l'Agence du revenu du Canada.
    Le gouvernement peut-il nous rassurer sur le fait qu'aucun aîné dans le besoin ne se fera couper son Supplément de revenu garanti en pleine pandémie?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie la députée d'avoir soulevé la question. Je lui en suis très reconnaissante.
    En ce moment, nous essayons avant tout d'aider les personnes âgées à traverser cette pandémie. Nous sommes essentiellement occupés à fournir aux personnes âgées l'aide financière directe dont elles ont besoin pour faire face aux dépenses additionnelles et nous travaillons en étroite collaboration avec les organismes de soutien communautaire.
    Comme la députée le sait, l'aide financière directe, représente plus de 1 500 $ additionnels pour les couples à faible revenu. Nous poursuivrons nos efforts pour que les personnes âgées reçoivent l'aide dont elles ont besoin et nous continuerons d'être à leurs côtés.

[Français]

    Monsieur le Président, on me parle d'aide directe aux aînés, mais je vais parler d'autres coupes dans l'aide aux aînés.
    Partout au Québec, on reçoit des messages de nouveaux prestataires du SRG qui ont demandé au printemps la prime de 200 $ annoncée pour la COVID-19. Ils ont fait leur demande à temps, mais, ensuite, silence radio. L'Agence du revenu du Canada prend des mois à traiter leur dossier. Résultat: des mois plus tard, on refuse aux aînés les 200 $ promis sous prétexte qu'ils ont manqué la date butoir. Le gouvernement coupe de l'argent aux aînés les plus démunis par pure incompétence.
    Que va-t-il faire pour corriger la situation?

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'aide aux aînés est une priorité du gouvernement pendant cette période difficile. Nous avons fait un paiement spécial unique de 300 $ aux personnes âgées qui touchent la Sécurité de la vieillesse et un paiement supplémentaire de 200 $ aux personnes âgées qui touchent le Supplément de revenu garanti. Toutes les personnes âgées qui touchaient déjà le Supplément de revenu garanti l'ont reçu.
    Je remercie la députée d'avoir soulevé la question. Je l'examinerai de plus près et je serai bientôt en mesure de donner plus de détails à ce sujet.

Les pêches et les océans