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43e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 050

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 26 janvier 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 150
No 050
2e SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 26 janvier 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
    Hier, le gouvernement a failli dans son dépôt de motion unanime concernant un projet de loi qui doit être adopté immédiatement. Le gouvernement s'est dit outré de la situation. Je suis persuadé que vous allez remarquer le consentement unanime de la Chambre pour la motion suivante: Que nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, un projet de loi figurant au Feuilleton au nom de la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l'Inclusion des personnes handicapées, intitulé Loi modifiant la Loi sur les prestations canadiennes de relance économique et la Loi sur les douanes, soit réputé déposé et lu une première fois.
    Puisqu'il s'agit d'une séance hybride de la Chambre, par souci de clarté, je demanderai seulement à ceux qui s'opposent à la demande d'exprimer leur désaccord.
    Par conséquent, que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose la motion veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.

[Traduction]

Pétitions

Les manifestations d'agriculteurs en Inde 

    Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour déposer ma deuxième pétition en tant que député conservateur au nom de Canadiens inquiets pour la sécurité des agriculteurs dans les États indiens du Pendjab et d'Hariana. Les agriculteurs manifestent contre des modifications législatives à l'échelle nationale qui ont des répercussions sur leurs moyens de subsistance.
    Il faut, certes, respecter l'indépendance législative des États souverains, mais le Canada défendra toujours les libertés fondamentales, à la fois sur son territoire et dans le monde. En tant que Canadiens, nous avons, en effet, la chance de pouvoir, tous les jours, faire entendre notre voix et nous battre pour nos croyances dans le cadre de manifestations pacifiques.
    C'est pourquoi je suis aux côtés des agriculteurs qui protestent pacifiquement en Inde. Je suis également aux côtés des habitants de ma circonscription qui protestent pacifiquement au pays et qui font entendre leur voix dans des rassemblements d'agriculteurs sur leurs tracteurs, ainsi que par des rallyes automobiles, des autocollants pour voitures et des manifestations quotidiennes dans ma circonscription.
    Ils se font entendre. Leurs voix s'élèvent aujourd'hui. Sans les agriculteurs, nous n'avons pas de nourriture et nous n'avons pas d'avenir.

L'amyotrophie spinale  

    Monsieur le Président, je présente aujourd'hui une pétition électronique, la pétition e-2868, qui compte 3 710  signatures et est destinée à la ministre de la Santé relativement à une maladie rare, l'amyotrophie spinale. Santé Canada vient d'homologuer une thérapie génique appelée Zolgensma qui peut guérir la maladie si elle est administrée aux patients avant leur deuxième anniversaire; mais une dose de ce médicament coûte 2,8 millions de dollars. Les pétitionnaires demandent au gouvernement fédéral de collaborer avec les provinces pour aider les familles à faire face au coût élevé de ce traitement et d'autres traitements pour des maladies rares afin que nous puissions sauver ces enfants.

L'aide médicale à mourir  

     Monsieur le Président, je présente également la pétition e-2378, qui compte plus de 1 000 signatures. Les pétitionnaires demandent au Parlement de modifier la loi sur l'aide médicale à mourir de manière à permettre le consentement préalable dans les cas où la personne devient inconsciente ou perd autrement la capacité de donner son consentement avant l'administration de la procédure.

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour soutenir les personnes qui ont présenté une pétition au sujet de la communauté ouïghoure en Chine. Le parti communiste chinois lui fait subir toutes sortes de mauvais traitements: stérilisation forcée, avortement, endoctrinement antireligieux, détention arbitraire, séparation des enfants de leur famille, surveillance invasive, destruction de sites culturels, travail forcé et prélèvement forcé d'organes. Jusqu'à trois millions d'Ouïghours et d'autres membres de minorités musulmanes ont été détenus dans ce que l'on ne peut que qualifier de camps de concentration.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement de défendre les personnes qui subissent de tels traitements en reconnaissant officiellement que les Ouïghours en Chine ont été — et sont toujours — victimes d'un génocide, et d'invoquer la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, aussi appelée loi de Magnitski, pour sanctionner les responsables des crimes haineux perpétrés contre cette communauté.
    Monsieur le Président, le Sous-comité des droits internationaux de la personne a mené cet été une étude sur le génocide perpétré contre les musulmans ouïghours. Tous les députés — tous partis confondus — qui ont assisté à ces audiences et entendu les témoignages d'intervenants et de survivants ont convenu que les musulmans ouïghours sont victimes d'un génocide perpétré par le Parti communiste chinois.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada et à l'ensemble du Parlement de reconnaître ce génocide, de confirmer l'engagement que nous avons pris de protéger ceux qui en sont victimes, d'imposer des sanctions au titre de la loi de Magnitski pour tenir responsables les gens perpétrant ce génocide et de mettre fin à la culture d'impunité sur la scène internationale en ce qui concerne les violations flagrantes des droits de la personne.

Le pipeline Trans Mountain  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de prendre la parole aujourd'hui pour présenter des pétitions au nom d'habitants de Saanich—Gulf Islands qui souhaitent signaler au gouvernement fédéral que l'expansion du pipeline Trans Mountain augmenterait inévitablement les émissions de gaz à effet de serre provenant de l'exploitation accrue des sables bitumineux. Ils soulignent que le projet ne cadre pas avec les engagements du gouvernement concernant la lutte contre les changements climatiques, ce que confirme le directeur parlementaire du budget dans un récent rapport. Les pétitionnaires demandent à la Chambre de ne pas permettre l'expansion du pipeline Trans Mountain ni des dépenses de fonds publics tant que le pipeline appartient au gouvernement du Canada.

  (1010)  

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, je présente aujourd'hui une pétition sur le traitement que réserve le gouvernement chinois aux Ouïghours et à d'autres minorités musulmanes.
    Les pétitionnaires estiment que le Canada ne peut pas demeurer silencieux devant les atrocités en cours. Ils demandent au gouvernement du Canada de reconnaître officiellement le génocide dont les Ouïghours de la Chine ont été et sont victimes et d'appliquer des sanctions au titre de la loi de Magnitski aux responsables des crimes odieux commis à l'endroit du peuple ouïghour.

Questions au Feuilleton

    Le Président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Loi d'exécution de l'énoncé économique de 2020

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 25 janvier, de la motion portant que le projet de loi C-14, Loi portant exécution de certaines dispositions de l'énoncé économique déposé au Parlement le 30 novembre 2020 et mettant en œuvre d'autres mesures, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le grand-père préféré du Canada, le député de Cariboo—Prince George. Je lui rappelle toutefois la stricte mise en garde que la présidence lui a déjà faite: il ne doit pas montrer de photos de ses petits-enfants ni d'accessoires les représentant. Ce serait tout à fait déplacé.
    J'ai l'honneur de prendre de nouveau la parole à distance pour parler du projet de loi C-14. L'incapacité du gouvernement libéral à protéger les Canadiens et l'économie — ce qu'il aurait pu faire en homologuant et en se procurant des tests de dépistage rapide ou en s'organisant pour recevoir les vaccins à temps —  nous fait tous courir de grands dangers. Il va sans dire que c'est sur la santé des Canadiens que les répercussions sont les plus grandes, mais l'économie n'en souffre pas moins elle aussi. Le taux de chômage au pays est parmi les pires du G7. Quant à notre PIB, il continue de prendre du retard par rapport à celui de la plupart des économies industrialisées.
    Dès que les Canadiens pourront recommencer à travailler en toute sécurité, ils le feront. Ils donneront ainsi un bon coup de barre à l'économie, qui reprendra de la vigueur et recommencera à créer des emplois. Cela dit, y aura-t-il encore des emplois qui attendront les Canadiens à la fin de la campagne de vaccination, si le gouvernement ne s'appuie sur aucun plan de relance? Au-delà de la simple volonté, voire du désir de dépenser 100 milliards de dollars, il faut un plan concret, qui précise la marche à suivre. Sans plan, la réponse à ma question pourrait bien être non, et ce serait tragique.
    La mise à jour économique n'a pas fourni de réponse quant à la façon de se relever après la perte de millions d'emplois due à la pandémie ni à la façon pour le pays de devenir un des leaders économiques de la planète comme ce fut le cas, nous le savons, après la grande récession. Le pays était une figure de proue de l'économie mondiale à la sortie de cette terrible récession. Il nous faut un plan qui repose sur les forces économiques connues du Canada comme l'énergie, la fabrication et les technologies de l'information. L'heure n'est pas aux grandes expériences ni aux transformations radicales. Nous devons nous fier à la capacité implacable et fiable des travailleurs, des propriétaires d'entreprises et du libre marché.
    La mise à jour économique et le projet de loi C-14 ne font rien pour créer les conditions requises pour habiliter les travailleurs et les créateurs d'emplois au Canada à ramener la prospérité dans notre merveilleux pays. Même si la mise à jour économique ne présente pas vraiment de plan, elle comporte de nombreuses dépenses. En gros, ce que le gouvernement libéral demande, c'est un chèque en blanc de 500 milliards de dollars. C'est un montant colossal. Qu'est-ce que le gouvernement libéral a fait qui justifierait de faire passer le plafond de la dette à 1,8 billion de dollars? Je le répète: 1,8 billion de dollars.
    Durant la pandémie, les libéraux sont ceux qui ont le plus dépensé et qui ont obtenu le moins de résultats. Nous dépassons les autres pays du G7 en matière de déficit, mais la croissance de notre PIB et nos taux de chômage sont parmi les pires du groupe. Qu'ont fait les libéraux pour créer un climat de confiance leur permettant d'élever le plafond de la dette à 1,8 billion de dollars? Les Canadiens ont vu leur confiance trahie à maintes reprises. Du scandale entourant l'organisme UNIS à l'affaire SNC-Lavalin, il y a eu abus après abus de la confiance du public.
    Fait incroyable, au début de la pandémie, les libéraux ont tenté d'exploiter la crise pour s'arroger le pouvoir absolu de lever des impôts et de dépenser. Pire encore, la ministre des Finances, qui dit ne pas croire aux projections, a déclaré qu'elle ne fixerait pas de cible budgétaire pour limiter les dépenses du gouvernement. Bien sûr, une cible budgétaire est censée protéger les finances du gouvernement et les générations futures d'un endettement excessif.
    Certes, la ministre des Finances affirme qu'elle établit des garde-fous fiscaux. Je souligne respectueusement que la dette du Canada dépasse maintenant la barre du 1 billion de dollars. Le déficit de l'exercice 2019-2020 sera supérieur à 400 milliards de dollars. Ce n'est pas des garde-fous qu'il nous faut. En effet, la voiture est déjà dans le fossé et nous avons besoin d'un plan pour en sortir. Il est carrément révoltant que le gouvernement ait le culot de demander un pouvoir d'emprunt supplémentaire de 500 milliards de dollars, compte tenu de son bilan lamentable de dépenses inconsidérées et de mauvaise gestion financière.
    Avant de demander aux Canadiens d'assumer une dette encore plus lourde, le gouvernement doit concevoir un plan crédible de relance économique qui indique comment rétablir la viabilité financière. Donner au gouvernement un chèque en blanc de 500 milliards de dollars ne serait pas seulement irréfléchi. Ce serait négligent. Le Parti conservateur estime que les Canadiens, y compris ceux qui ne sont pas encore nés, méritent d'avoir la possibilité de devenir prospères. Le gouvernement met en péril cette aspiration.

  (1015)  

    Le gouvernement doit nous présenter des projets de loi porteurs de stabilité, d'assurance et de compassion. Malheureusement, le projet de loi C-14 prévoit beaucoup de dépenses et d'endettement, sans créer un cadre pour la sécurité et la prospérité.
    Madame la Présidente, mon collègue et ami a beaucoup parlé de la question du déficit et de l'argent que le gouvernement a emprunté. Le gouvernement du Canada reconnaît l'importance de ces enjeux et, dans cette optique, il investit dans les Canadiens au moyen de programmes comme la subvention salariale à l'intention des petites entreprises et la Prestation canadienne d'urgence, dont ont bénéficié de huit à neuf millions de Canadiens. Tous ces programmes visent à soutenir les Canadiens pendant la pandémie.
    Mon collègue et ami cherche-t-il à dire que le gouvernement fédéral n'aurait pas dû soutenir les Canadiens pendant la pandémie? De plus, est-il prêt à reconnaître que le Parti conservateur n'a pas bien géré la dette quand il était au pouvoir? Pourquoi devrions-nous écouter les conseils des conservateurs en matière de déficits?
    Madame la Présidente, les conservateurs ont clairement donné leur appui à des programmes comme la subvention salariale et la Prestation canadienne d'urgence. Le député pourra le constater s'il consulte les votes.
    Cela dit, le gouvernement libéral a cafouillé dans certains dossiers, dont celui de la subvention salariale. Étant donné les cafouillages et la mauvaise communication des libéraux, ces programmes ont connu un démarrage très lent. C'est notamment le cas de la subvention pour le loyer, que le gouvernement a dû remanier huit mois après son lancement. Les Canadiens ont fait les frais de ces cafouillages, qui ont aussi nui à l'économie. Des petites entreprises ont disparu à jamais. Des emplois ont disparu.
    Pour ce qui est de la grande récession, rappelons que nous avons servi de leaders à la communauté mondiale pour la sortie de crise et que nous étions en tête de peloton au chapitre des taux de croissance, du PIB et de l'emploi. Nous avons ramené le Canada vers l'équilibre budgétaire. Cinq ans après la grande récession, notre budget était équilibré. Je doute que le gouvernement libéral actuel puisse rapprocher le Canada, ne serait-ce qu'un peu, de l'équilibre budgétaire. C'est d'ailleurs ce qu'indiquent les prévisions des libéraux.
    Madame la Présidente, j'ai pu parler avec Jackie Ryan, la propriétaire du salon Jacqueline's Aesthetics, à Port Alberni, dans ma circonscription. Elle m'expliquait qu'elle est travailleuse autonome, que son entreprise est située dans sa maison et qu'elle vit des moments très difficiles depuis le début de la pandémie. Après avoir été contrainte de fermer ses portes pour protéger la santé publique, son chiffre d'affaires est maintenant de 50 % inférieur à ce qu'il était auparavant, parce que les gens ont peur de sortir de chez eux.
    Comme de nombreux autres Canadiens, Jackie a demandé la Prestation canadienne d'urgence pour l'aider à payer les factures et subvenir aux besoins de sa famille. Elle aurait été incapable de nourrir tout le monde, de faire vivre ses enfants et d'acheter les médicaments dont elle a besoin sans cette aide. Or, voilà que les libéraux demandent aujourd'hui à Jackie de rembourser les prestations qu'elle a reçues, ce qu'elle est incapable de faire. Elle est en colère, et elle n'est pas la seule. Elle est déçue. Elle a peur. Elle se demande déjà comment elle fera pour survivre aux mois qui viennent sans l'aide de l'État, alors imaginons s'il faut en plus qu'elle rembourse ce qui lui a été versé.
    Qu'en dit mon collègue? N'y a-t-il pas aussi dans sa circonscription des gens d'affaires tout à fait honnêtes qui se retrouvent dans ce bourbier sans nom simplement parce qu'ils ont peut-être déclaré des pertes et un report sur un exercice ultérieur une année, des gens à qui les libéraux ont fait faux bond après leur avoir juré de toujours être là pour eux? Je ne crois pas avoir besoin de rappeler que les femmes ont été plus touchées que les autres par la crise actuelle, et ce sont les Canadiens comme Jackie qui en souffrent.
    Mon collègue estime-t-il lui aussi que le gouvernement devrait faire marche arrière et s'abstenir de demander aux Canadiens comme Jackie de rembourser au gouvernement le soutien qu'il leur avait pourtant promis?

  (1020)  

    Madame la Présidente, j'aimerais remercier le député pour son excellente question et ses nombreuses interventions en faveur des propriétaires de petites entreprises. Je suis sûr que les propriétaires de petites entreprises de ma collectivité lui sont également très reconnaissants pour son excellent travail et ses interventions.
    Cette erreur de communication — une confusion entre revenu brut et revenu net — est extrêmement décevante. Des habitants de ma circonscription font également l'objet en ce moment de vérifications et d'autres mesures de la part de l'Agence du revenu du Canada à cause du mauvais travail de communication du gouvernement.
    En fait, des gens qui recevaient la PCU ont fait l'objet de vérifications de la part du gouvernement. Au lieu de demander une preuve et de continuer les versements de la PCU une fois la preuve obtenue, le gouvernement interrompt les prestations. Cela touche des gens comme Jackie, et ils sont des milliers dans ma circonscription à essayer de s'en sortir, mais le gouvernement leur coupe leurs prestations parce qu'il n'a pas une once de compassion.
    Avant de reprendre le débat, je souligne qu'il semble y avoir certains problèmes techniques, puisque le son des deux derniers orateurs a été interrompu à quelques reprises. Si les interprètes ne sont plus en mesure d'entendre ce qui est dit, je les invite à me le signaler, afin que nous demandions à l'orateur de répéter.
    Nous reprenons le débat. Le député de Cariboo—Prince George a la parole.
    Madame la Présidente, alors que nous débattons du projet de loi C-14, je tiens à remercier le député de Northumberland—Peterborough-Sud, qui m'a fait penser à ma merveilleuse petite-fille. Je ne remontrerai pas de photos d'elle puisque je sais que c'est interdit mais, si des députés souhaitent en voir, nous nous arrangerons. Bref, nous sommes ici pour discuter sérieusement. Je dois toutefois dire que, pendant les périodes difficiles, ma petite-fille et ma famille, comme nos familles respectives, nous ramènent à ce qui compte vraiment.
    Je tiens à rappeler aux Canadiens que près de deux ans se sont écoulés depuis le dernier budget fédéral. Chose incroyable, nos collègues libéraux ont, grâce à la bonne volonté et à la collaboration de bonne foi de l'opposition, bénéficié d'une autonomie sans précédent en matière de dépenses. Quand les Canadiens ont eu le plus besoin d'aide, l'opposition et l'ensemble des partis ont mis de côté la partisanerie, se sont mobilisés et ont uni leurs efforts pour adopter une approche « équipe Canada ». Malheureusement, nous constatons que les libéraux ont, une fois de plus, manqué à leurs devoirs envers les Canadiens. Après avoir tout gâché, ils demandent aujourd'hui 500 milliards de dollars de plus. Ils veulent qu'on leur fasse confiance, sachant ce qui est le mieux pour les Canadiens.
    C'est décevant. Notre collègue de Courtenay—Alberni a parlé de Jackie, une de ses concitoyennes, et de sa petite entreprise à domicile, qui en arrache. Comme notre collègue de Northumberland—Peterborough-Sud l'a mentionné, il y a des milliers de personnes comme Jackie partout au pays qui sont en faillite parce qu'elles ont dû fermer définitivement leur entreprise. Elles éprouvent des difficultés financières. L'une des phrases souvent répétées par les libéraux est qu'ils investissent dans les Canadiens. Aujourd'hui, je vais parler de certaines entreprises de ma circonscription que les libéraux ont complètement laissé tomber. Je vais seulement en mentionner quelques-unes compte tenu du temps de parole dont je dispose, mais je peux dire aux députés qu'il y a littéralement des milliers d'entreprises au pays qui ont été laissées pour compte parce que les libéraux n'ont pas de plan pour aider les Canadiens qui en ont le plus besoin.
     Roy Call est l'un de mes concitoyens, et je le connais depuis l'école secondaire. La famille de M. Call exploite l'entreprise C+ Rodeos dans ma circonscription. Elle figure parmi les 10 meilleurs fournisseurs d'animaux de rodéo au Canada. La famille a fondé cette entreprise et s'en occupe depuis plus de 35 ans. Trois générations de la famille travaillent au ranch. Ils élèvent leurs animaux depuis plus de 35 ans et, malheureusement, ils ont été laissés pour compte. Leur exploitation fait partie des entreprises qui reposent sur le tourisme ou sur les activités qui ont été complètement oubliées dans les programmes d'aide provinciaux et les programmes fédéraux. Nous avons signalé la situation de C+ Rodeos et d'autres entreprises au gouvernement et aux ministres à maintes reprises dans un effort pour collaborer avec eux dans le cadre de l'approche Équipe Canada qu'ils veulent désespérément imposer à l'opposition en disant que nous devons unir nos efforts.
    Malheureusement, si M. Call et sa famille ne reçoivent pas d'aide aujourd'hui, ils devront réduire leurs activités. Que signifie la réduction des activités pour une entreprise de rodéo axée sur les performances? Cela signifie qu'il faudra euthanasier des animaux de rodéo en parfaite santé. À mon avis, personne ne veut qu'on en arrive là. Voilà où nous en sommes: des gens d'affaires doivent prendre ce genre de décisions difficiles.

  (1025)  

    Je veux aussi parler de Central Display, une entreprise spécialisée dans la gestion d'événements, et de Jack et Sheldon, qui se rendent d'une localité à l'autre pour faciliter l'organisation d'événements comme des conférences et d'autres activités qui constituent d'importants moteurs économiques pour les petites collectivités. Ils fournissent des produits et des services pour faciliter la tenue d'événements. Lorsque Jack et Sheldon se rendent dans les collectivités, ils embauchent temporairement des locaux qu'ils forment et embauchent pour fournir des services dans la collectivité. Ils travaillent avec des groupes qui organisent des fêtes de collation des grades où la consommation de spiritueux est interdite. Ils soutiennent des groupes spéciaux, comme l'équipe de hockey féminine de Smithers, en Colombie-Britannique. Malheureusement, en 2020, l'entreprise a perdu plus de 650 000 $ et elle prévoit des pertes de près de 1 million de dollars seulement au cours des six premiers mois de 2021.
    Ce sont des chiffres réels. Le gouvernement demande plus d'argent en disant qu'il veut l'investir dans les Canadiens, mais l'argent ne se rend pas aux gens qui en ont le plus besoin.
    Hier, j'ai eu l'occasion de parler à Margaret Sweder, une dame qui fêtait son 100e anniversaire. Je lui ai téléphoné pour la féliciter et elle m'a dit que tout ce qui lui manquait, c'était des choses simples comme un câlin. C'est une dame adorable à l'esprit vif. Elle m'a dit que c'était la première fois qu'elle recevait un appel d'Ottawa auquel elle était contente répondre. Elle pensait que c'était le fisc. Je lui ai fait un câlin virtuel et je lui ai dit que je viendrais prendre le thé lorsque le « truc de la COVID », comme elle l'appelle, allait être terminé.
    Voilà ce qui se passe vraiment, et je ne suis pas certain que les députés d'en face comprennent. Je pourrais parler longtemps des promesses non tenues concernant les vaccins dont les libéraux ont parlé. Encore une fois, ils ont laissé tomber les Canadiens.
    Fait incroyable, tout au long de la pandémie, les libéraux ont saisi toutes les occasions de réaliser leurs projets de prédilection. Autre fait tout aussi incroyable, ce qu'ils veulent faire, c'est fermer les tours d'aéroports au moment même où nous en avons le plus besoin. En cette période critique de reprise, ils veulent fermer les tours d'aéroports dans des villes comme Prince George, dans ma circonscription, où se trouve la troisième plus longue piste au Canada. Nous faisons partie du projet de corridor nordique et de la porte d'entrée de l'Asie-Pacifique. Ils veulent éteindre un moteur économique clé de la région. Comment peut-on être si inconscient?
    Le gouvernement se présente devant nous, l'opposition, et nous demande de simplement travailler avec lui. La confiance ne se demande pas, elle se gagne. La même chose vaut pour le respect. Nous constatons sans cesse que les libéraux ne comprennent vraiment rien. Le premier ministre tient beaucoup de propos belliqueux et menace l'opposition de déclencher des élections et d'imposer un vote de confiance. Soyons très clairs. Le premier ministre est la seule personne qui veut tenir des élections en ce moment et envoyer les Canadiens aux urnes. Le reste d'entre nous est préoccupé par nos concitoyens, les risques auxquels ils sont exposés et l'augmentation du nombre de fermetures et de mesures de quarantaine.
    Cela m'amène à un point très important et je remercie mon collègue de Carleton de l'avoir soulevé hier. Il a fait remarquer qu'il y avait un prix à payer sur le plan humain. Il a déclaré ceci: « L'Université de Calgary vient de publier une étude faisant état d’une hausse de deux points de pourcentage du nombre de suicides pour chaque hausse d’un point de pourcentage du taux de chômage. Imaginez le coût en vies humaines d’un taux de chômage de 7 % ». Nous savons également que le taux de toxicomanie et d'alcoolisme augmente avec le taux de chômage. L'isolement et la hausse du niveau d'anxiété ont entraîné une augmentation du nombre de suicides et de cas de violence familiale.
     Nous devons faire plus. Malheureusement, nous avons constaté que les libéraux ont laissé les Canadiens pour compte. Ils ont raté le coche.

  (1030)  

    Madame la Présidente, je suis heureux que mon collègue ait eu l'occasion de montrer la photo de sa petite-fille, et je tiens à lui offrir mes félicitations pour ce nouveau membre qui s'ajoute à sa famille.
    Je m'inscris cependant en faux contre son affirmation selon laquelle le premier ministre serait le seul à vouloir qu'on tienne des élections tandis que les autres députés se soucient d'abord de leurs concitoyens. J'estime que les ministériels ainsi que tous les députés avec qui ils ont collaboré ont démontré qu'ils se souciaient tous énormément des Canadiens et de leur bien-être tant pendant cette pandémie qu'après cette crise.
    Ma question est très simple. Mon collègue a parlé des entreprises qui souffrent dans sa circonscription. Je crois qu'il est juste d'affirmer qu'il y a des entreprises en difficulté dans toutes nos circonscriptions, mais c'est justement pour cela que nous investissons pour aider les Canadiens dès maintenant. Les intervenants conservateurs précédents ont parlé sans cesse de l'ampleur de la dette que nous accumulons pour aider les entreprises. Le député ne convient-il pas que les investissements qui visent à soutenir les entreprises ont joué un rôle important pour nous aider à traverser cette crise? S'il croit que non, et s'il juge que nous ne faisons pas les bons investissements, pourrait-il nous indiquer quels sont les investissements qu'il n'aurait pas faits au moment d'aider les entreprises et les résidants de sa circonscription?
    Madame la Présidente, je suis ravi que mon collègue ait fait mention du caractère quelque peu houleux de l'an dernier et qu'il ait souligné cet anniversaire. Je fais également remarquer aux Canadiens à la Chambre qu'aujourd'hui marque un autre anniversaire, celui de ma toute première intervention dans cette enceinte à propos de la préoccupation croissante soulevée par l'apparition de la COVID dans notre pays. J'avais proposé que nous adoptions certaines mesures, comme la fermeture de nos frontières, pour nous assurer de faire tout en notre pouvoir pour empêcher ce virus de pénétrer au Canada. Nous avions d'ailleurs exhorté le gouvernement à nous informer de ce qu'il comptait faire à cet égard.
    Encore aujourd'hui, nous continuons d'exiger de connaître son plan. Malgré que nous ayons uni tous nos efforts pour débloquer des fonds destinés aux Canadiens et que nous ayons accordé au gouvernement l'autonomie nécessaire pour élaborer un plan d'allocation de ces fonds, nous devons conclure à l'échec.
    Les libéraux aiment à répéter que c'est ce pour quoi nous avons voté. Or, la responsabilité de répondre aux besoins des Canadiens incombe complètement aux occupants des banquettes ministérielles. J'ai fourni quelques exemples éloquents seulement parmi des milliers de Canadiens qui ont été laissés pour compte.

  (1035)  

[Français]

    Madame la Présidente, je veux féliciter mon collègue pour son discours et je veux lui dire que je suis prête à voir les photos de sa petite-fille n'importe quand, car nous avons besoin de belles choses comme celles-là dans notre vie par les temps qui courent.
    Dans son discours, il a parlé de la gestion des libéraux en général. On a abordé il y a quelques minutes à peine la question des frontières. Je voudrais demander l'opinion du collègue sur la volonté d'ingérence du gouvernement libéral dans les champs de compétence des provinces et du Québec, notamment en matière de santé.
    Quand on regarde la gestion des frontières, et aussi la façon dont les vaccins sont gérés, on est en droit de se questionner sur la compétence du fédéral dans la gestion de la santé qu'il veut imposer aux provinces au moyen de normes nationales concernant les établissements de soins de longue durée. Je voudrais avoir l'opinion de mon collègue à ce sujet.
    Le rôle du fédéral n'est-il pas justement de financer les systèmes de santé du Québec et des provinces?
    Devrait-il plutôt, selon le collègue, s'ingérer dans ces compétences-là et imposer des normes aux provinces?

[Traduction]

    Madame la Présidente, en temps de pandémie mondiale et d'urgence planétaire, il incombe à chacun d'entre nous de mettre de côté nos objectifs personnels, provinciaux et nationaux pour unir nos efforts et adopter une approche de type « Équipe Canada ».
    Le leadership doit provenir d'en haut. Or, le gouvernement libéral ne s'est doté d'aucun plan: ni pour aider les provinces ni pour faciliter l'obtention de vaccins à administrer aux gens qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire ceux qui se trouvent dans les établissements de soins de longue durée, où les décès liés à la COVID soulèvent un nombre de préoccupations inégalé. Nous n'avons tiré aucune leçon de la dernière année. Malheureusement, nous sommes aux prises avec les mêmes problèmes que ceux d'il y a un an. Nous en savons plus que l'an dernier, mais les libéraux n'ont pas réussi à mettre sur pied un plan. Ils ont largement manqué à leurs obligations envers les Canadiens.
    Madame la Présidente, ce matin, je partagerai mon temps de parole avec le député de Brampton-Est.
    Je suis heureux de voir le Président et tous mes collègues, même si c'est par vidéoconférence. Ce sont les contraintes du monde dans lequel nous vivons.
    Aujourd'hui, j'ai le privilège de prendre la parole au sujet du projet de loi C-14. Pour ceux qui nous regardent de la maison, il est question de la mise en œuvre des engagements que le gouvernement a pris dans l'énoncé économique de l'automne. J'entends me servir de mon temps de parole pour parler de ces engagements et de leur lien avec ce que les gens de Kings—Hants et de toute la Nouvelle-Écosse me disent et pour donner un aperçu de ma vision pour l'avenir concernant la relance économique au pays.
    Je vais d'abord parler de l'aide annoncée dans l'énoncé économique de l'automne qui est incluse dans le projet de loi. Il y a 1 200 $ pour soutenir les enfants de moins de 6 ans des ménages qui gagnent moins de 120 000 $ par année. Les mots me manquent pour dire combien les gens que j'ai rencontrés lorsque je faisais du porte-à-porte dans ma circonscription, Kings—Hants, ont vanté les mérites de l'Allocation canadienne pour enfants. Je ne saurais trop insister sur l'importance de cette mesure pour aider les ménages à faible revenu et à revenu moyen à avoir juste un peu plus d'argent à la fin du mois pour acheter des aliments sains et donner l'occasion aux membres de la famille de participer à des activités récréatives, artistiques ou autres.
    Dans Kings—Hants seulement, même si je n'ai pas le chiffre exact, je crois que le programme représente une injection de 15 ou 16 millions de dollars par mois. Mon prédécesseur, Scott Brison, soulignait l'importance de ce programme pour les gens de Kings—Hants et même de tout le pays. Chacun des députés pourrait nous donner des illustrations de l'importance de ce programme. Il s'agit d'une mesure temporaire. Il y aura 1 200 $ pour 2021, parce que le gouvernement est conscient que les familles vivent des moments difficiles présentement et qu'il doit être là pour les épauler. En tant que parlementaire, je m'en réjouis et je crois que tous les députés pourraient nous parler concrètement des effets bénéfiques de cette mesure.
    J'ai eu 30 ans il n'y a pas si longtemps. Je suis l'un de plus jeunes députés à la Chambre, le plus jeune dans le parti au pouvoir. Mes années d'étudiant à l'université ne sont pas si lointaines. J'ai eu le privilège d'étudier à l'Université Saint Mary's, à Halifax, et à l'Université Dalhousie, où j'ai obtenu un diplôme en droit. Je peux affirmer que le coût des études postsecondaires représente un défi pour de nombreuses personnes. J'ai encore des dettes d'études. Nous devons faire en sorte d'aider les étudiants, surtout les plus vulnérables. Si je comprends bien, dans le cadre de ce projet de loi, les intérêts sur les prêts étudiants accordés à 1,4 million d'étudiants canadiens ne s'accumuleront pas durant la période actuelle. C'est extrêmement important. Nous reconnaissons qu'il faut soutenir la prochaine génération de jeunes travailleurs et de dirigeants canadiens. J'appuie les efforts déployés par le gouvernement à cet effet.
    J'aimerais aussi aborder la question des soins de santé de longue durée. Dans ma région, en Nouvelle-Écosse, nous avons vu les problèmes qui sont survenus à Northwood, où 51 personnes sont décédées dans un centre de soins de longue durée. Nous avons vu les problèmes d'un bout à l'autre du pays, plus particulièrement au Québec et en Ontario. Des habitants de ma circonscription m'ont exprimé leur désir de voir le gouvernement du Canada en faire davantage pour les soins de longue durée. Le gouvernement doit être prêt à faire sa contribution et à fournir de l'aide. C'est exactement ce que le gouvernement a annoncé dans l'énoncé économique de l'automne.
    Nous avons alloué plus de 500 millions de dollars aux provinces et aux territoires pour les aider à lutter contre la COVID-19 et à mettre en place les mesures nécessaires. Nous savons qu'à long terme, il faudra probablement discuter davantage des soins de longue durée, mais il s'agit d'un pas important dans la bonne direction. N'oublions pas qu'au plus fort de la pandémie, lorsque les premiers ministres et les gouvernements provinciaux ont demandé l'aide des Forces armées canadiennes, nous avons répondu à l'appel.
    Dans le cadre du programme de relance sécuritaire, le gouvernement a versé 19 milliards de dollars aux provinces et aux municipalités pour les aider à traverser une partie des moments les plus difficiles de la pandémie. C'est un autre exemple du soutien que le gouvernement offre aux provinces et aux territoires, en particulier dans un secteur extrêmement important, et je parle évidemment des soins de longue durée.
    Le projet de loi C-14 prévoit également une enveloppe de 133 millions de dollars pour les soins virtuels. En tant que président du caucus rural, je sais qu'il n'est pas toujours possible d'avoir accès à des soins en personne dans certaines régions rurales et éloignées. L'utilisation d'outils et de technologies pourrait être nécessaire, tout comme nous le faisons actuellement en organisant une séance du Parlement avec l'aide de Zoom. Nous pouvons assurer l'accès à la télémédecine et aux services de télésanté. Compte tenu de la pandémie, il est extrêmement important de mettre en place un tel cadre comme mesure provisoire. Cela dit, il ne deviendra que plus important à l'avenir.

  (1040)  

    En dernier lieu, parmi les éléments clés que je voulais souligner dans le projet de loi, je note qu'un changement a été apporté à la capacité des propriétaires d'entreprise de recevoir la subvention pour le loyer. Avant Noël, la ministre des Finances a annoncé que des changements seraient apportés à la subvention pour le loyer et que ce serait fait, si je ne m'abuse, dans le projet de loi C-9 pour aider les entreprises en simplifiant pour elles l'accès au soutien au loyer. On avait grandement besoin de cette mesure dans ma circonscription, Kings—Hants.
    J'habite une municipalité appelée East Hants, à environ une demi-heure d'Halifax. Même si la Nouvelle-Écosse a été épargnée et même si nous avons travaillé ensemble pour éviter d'avoir un nombre de cas semblables à ceux qu'on a vus ailleurs au Canada, il y a eu juste avant Noël une augmentation du nombre de cas qui a nécessité d'importantes fermetures, notamment dans le secteur de la restauration et de l'hôtellerie. Les entreprises de ce secteur ont pu profiter de la subvention. Les dispositions du projet de loi leur ont permis de toucher la subvention avant la date où elles devaient payer le loyer, ce qui est extrêmement important, car nous savons que les entreprises ont des problèmes de liquidités, surtout dans les secteurs de la restauration et de l'hôtellerie.
    J'ai eu l'occasion d'écouter le présent débat, qui s'est déroulé hier et qui se poursuivra aujourd'hui et, je crois, demain aussi. Je tiens à souligner un point. J'ai entendu des députés de l'opposition aborder l'enjeu de la dette. Or, comme je suis un libéral du monde des affaires et que je comprends très bien l'importance d'être prudent dans la gestion des finances publiques, j'admets qu'orienter le débat vers le sujet de la dette n'est pas mauvais en soi, mais que, dans ce cas-ci, nous avons affaire à de l'hypocrisie.
    Il y a des députés qui parlent de la dette, ce qui est une préoccupation valable relative concernant un problème que nous devrons gérer dans les jours à venir. Toutefois, les mêmes députés prétendent que le gouvernement n'en a pas fait assez. D'un côté, ils s'inquiètent de voir que nous avons contracté trop de dettes, et de l'autre, ils parlent de toutes les mesures que le gouvernement aurait dû prendre.
    Je voudrais demander à mes collègues conservateurs, en face, de me dire ce qu'il en est. Est-ce que leurs inquiétudes signifient que nous n'aurions pas dû nous endetter autant ou est-ce que nous devons en faire encore plus pour nos entreprises? La plupart des Canadiens qui sont chez eux actuellement nous diraient que parler des deux côtés de la bouche est de l'hypocrisie.
    Je veux terminer mon intervention en parlant de la direction que nous allons prendre. Hier, le député de Carleton a soulevé une préoccupation à propos de l'augmentation de la dette. Je conviens avec lui qu'il nous faudra une stratégie économique solide après la pandémie. Un budget sera présenté, je présume, d'ici deux mois. Le gouvernement cherche des moyens de favoriser la reprise économique. Il a été question de mesures temporaires de relance économique de l'ordre de 70 à 100 milliards.
     La ministre des Finances a bien fait comprendre, aussi bien dans cette enceinte qu'à l'extérieur, qu'elle allait prioriser de telles mesures temporaires. Il faut éviter d'instaurer d'importantes dépenses structurantes qui ne sont pas viables à long terme. Je l'en félicite, d'ailleurs. Le gouvernement proposera un plan solide pour que le pays puisse se remettre sur pied et pour s'attaquer à la dette en faisant croître l'économie. Tous les pays ont toujours procédé ainsi: ils stimulent leur économie pour que sa taille augmente par rapport à la valeur de la dette. C'était notre cas avant la pandémie. Le taux de chômage était à son plus bas depuis 40 ans et le rapport entre la dette et le PIB était à la baisse.
    Je veux parler de certains enjeux qui, selon moi, revêtiront de l'importance à l'avenir. Le premier est la mise en place de services de garde, et non pas uniquement dans le cadre de programmes sociaux. De tels services sont bénéfiques. En effet, des économistes et des chefs d'entreprises partout dans le monde soulignent qu'ils aideront grandement les parents à réintégrer le marché du travail, situation que nous souhaitons certes voir se produire à l'avenir.
    Le deuxième enjeu est celui de l'agriculture. Je suis président du caucus rural, et l'industrie agricole canadienne me tient énormément à coeur. Elle contribue plus de 130 milliards de dollars à notre PIB, et cette contribution pourrait encore augmenter. À l'avenir, j'espère que le gouvernement misera sur la réussite de cette industrie.
    En terminant, je parlerai de quelques autres enjeux comme l'exploitation des ressources naturelles, particulièrement celles de notre industrie forestière. Je pense au sous-secteur du bois massif en Colombie-Britannique, et la façon dont il a adopté des pratiques novatrices et des pratiques commerciales durables dans l'intérêt du secteur forestier. Par ailleurs, Ports pour petits bateaux est un programme qui apporte une aide cruciale aux pêcheurs des collectivités côtières de l'Atlantique et du Pacifique.
    Le dernier enjeu est la modernisation et la réforme de la réglementation. Nous parlons beaucoup de dépenses, ce qui est un sujet important. Nous suivons l'exemple d'autres pays de l'OCDE. Nous cherchons également des moyens de favoriser la croissance du secteur privé afin de permettre la création d'emplois. Nous devrons donc faire preuve de créativité à l'avenir.

  (1045)  

    Madame la Présidente, je souhaite faire des observations sur le tout premier point soulevé par le député concernant l'Allocation canadienne pour enfants, mesure que nous apprécions bien sûr énormément puisque c'est nous, conservateurs, qui en avons eu l'initiative. Cependant, lors de mes entretiens avec de jeunes parents de ma circonscription, une jeune maman m'a dit que cette allocation est vraiment très importante pour sa famille mais que le gouvernement ne comprend pas à quel point elle aide. Auparavant, elle arrondissait le revenu familial mais, aujourd'hui, ces parents se trouvent dans une situation très précaire. La jeune femme m'a demandé pourquoi le gouvernement ne consacre pas maintenant l'argent destiné à divers programmes à la mise en place de tests de dépistage rapide aux frontières, dans le secteur des soins de longue durée, pour les travailleurs de première ligne et pourquoi il ne procure pas à l'ensemble des Canadiens de l'équipement de protection individuelle. Pourquoi le gouvernement ne se concentre-t-il pas là-dessus et ne laisse-t-il pas l'économie redémarrer pour que les travailleurs puissent gagner leur vie et subvenir aux besoins de leur famille.
    Madame la Présidente, la députée a commencé par souligner que des familles avaient perdu des revenus et que l'Allocation canadienne pour enfants était utile. Elle a ensuite semblé faire un lien avec la situation économique en disant que tout reviendra à la normale et que, pour cela, il suffit de fermer les frontières et de fournir davantage d'équipement de protection individuelle.
    Le gouvernement a appuyé les travailleurs canadiens au moyen de la subvention salariale et de la PCU lorsque c'était nécessaire. Ces mesures s'ajoutent à l'Allocation canadienne pour enfants. Le gouvernement fournit un soutien additionnel. En outre, il prend déjà toutes les mesures dont la députée a fait mention, notamment en ce qui concerne les tests de dépistage, l'investissement dans de l'équipement de protection individuelle et le cadre de relance sécuritaire.
    J'invite la députée à prendre connaissance du projet de loi et à tenir compte des mesures qui le sous-tendent et qui sont déjà en place.

  (1050)  

[Français]

    Madame la Présidente, je voudrais tout d'abord souhaiter un bon anniversaire en retard à mon collègue qui a dit avoir eu 30 ans récemment. Moi aussi, j'ai récemment quitté l'université. Cela fait deux ans et demi que j'ai terminé mes études doctorales.
    J'ai été interpelé lorsqu'il a abordé la question de l'annulation progressive des intérêts sur la partie fédérale des prêts étudiants. Au Québec, c'est une question qui nous est chère. En 2012, la question de l'éducation a été la base d'une très grande mobilisation qui a outrepassé les seuls étudiants. La mobilisation avait véritablement gagné toute la société.
    Cela dit, pour faire le lien avec la parenthèse que je viens d'ouvrir, il y a déjà au Québec un programme de prêts et bourses. Cela serait très bien qu'il y ait une compensation dans cette annonce, c'est-à-dire une compensation pour les jeunes du Québec au prorata du nombre d'étudiants postsecondaires.
    Les libéraux peuvent-ils prendre l'engagement d'aller dans ce sens?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député me demande de prendre un engagement au nom du gouvernement alors que je ne suis pas un membre du Cabinet, mais bien un simple membre du caucus ministériel. Il ne pose pas la question à la bonne personne. Je l'invite à s'adresser aux ministres et au Cabinet sur la meilleure façon de procéder.
    Je suis tout à fait d'accord avec le député pour dire que les étudiants au Québec sont bien organisés. L'histoire du Québec est marquée par des luttes pour garantir des droits de scolarité abordables. Le Québec est certainement un exemple d'une province au sein de la fédération qui est solidaire envers les étudiants et qui a des frais de scolarité moins élevés.
    Je sais que des étudiants en Nouvelle-Écosse ont parlé de la façon dont les étudiants québécois sont parvenus à leurs fins. Je suis d'accord avec le député à ce sujet.
    Madame la Présidente, avant la pandémie, plus d'un million de Canadiens étaient blessés à la suite d'un accident au travail. Nous savons que lorsqu'une personne se blesse au travail et que son employeur ne lui propose pas des mesures d'adaptation, il devient de plus en plus difficile pour elle de reprendre le travail.
    À l'heure actuelle, il y a un manque de soutien et de formation pour les travailleurs en ce qui concerne la gestion des invalidités et du retour au travail. Nous entendons parler du camionnage à longue distance. Nous allons être plongés dans une véritable crise en raison de la COVID-19. Le gouvernement n'a même pas donné à son propre personnel des ressources humaines de la formation en gestion de l'invalidité en vue de préparer les fonctionnaires à retourner au travail et à recevoir les mesures d'adaptation nécessaires alors qu'ils composent avec des blessures liées à la COVID-19.
    Mon collègue convient-il que le gouvernement fédéral doit rapidement financer des programmes de formation en gestion des invalidités et retour au travail dans des institutions comme l'Université Pacific Coast, dans ma circonscription, afin que nous soyons prêts à affronter la crise éventuelle, qu'elle soit liée à la santé mentale ou à la COVID-19. Nous devons prendre dès maintenant des mesures pour répondre aux besoins des travailleurs qui ont été blessés au travail et les aider à reprendre le boulot une fois remis de leur blessure.
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec mon collègue d'en face sur l'importance que revêt la formation professionnelle en général, que ce soit pour les personnes handicapées ou pour les gens touchés par la pandémie et à la recherche d'un emploi.
    Le gouvernement porte toute son attention sur ce dossier. C'est un engagement que nous avons pris. Je suis d'accord avec le député, surtout en ce qui concerne les personnes handicapées. Le gouvernement se concentre là-dessus depuis cinq ans, et c'est ce qu'il continuera de faire dans les jours à venir.
    Madame la Présidente, je tiens d'abord à souhaiter à mes collègues une bonne et heureuse année en toute sécurité. La pandémie de COVID-19 a imposé un stress et des difficultés sans précédent aux Canadiens, des propriétaires de petites entreprises aux établissements de soins de longue durée, en passant par les travailleurs de première ligne et les travailleurs essentiels. Tous les Canadiens ont une histoire à raconter sur les conséquences de cette pandémie. Les gens de ma circonscription, Brampton-Est, s'inquiètent du sort de leurs entreprises et de la sécurité de leurs travailleurs; certains se demandent tout simplement quand ils pourront rendre visite aux êtres chers qu'ils n'ont pas vus physiquement depuis des mois.
    Pour ces raisons et bien d'autres encore, le gouvernement fédéral s'est engagé à mettre en œuvre un plan de relance solide et robuste, que la ministre des Finances a présenté dans le cadre de l'énoncé économique de l'automne. Le message du gouvernement est clair: nous ferons tout ce qu'il faut pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens, et ce, aussi longtemps qu'il le faudra.
    Ce message s'inscrit d'ailleurs dans l'engagement que nous avons pris de consolider l'économie en créant 1 million de bons emplois, en investissant dans la formation et le développement des compétences, en créant d'excellents débouchés pour les jeunes et en misant sur les technologies vertes pour lutter contre les changements climatiques. Ces mesures sont une part essentielle du précieux soutien qui est offert aux Canadiens dans le cadre du projet de loi C-14. En effet, la Loi d'exécution de l'énoncé économique de 2020 contribuera à mettre en œuvre les objectifs de l'énoncé économique de l'automne dernier, soit: soutenir les familles de la classe moyenne, aider les étudiants à mieux gérer leurs dettes d'études et investir dans les ressources qui contribueront à mieux protéger la population et l'économie.
    Grâce aux modifications à la Loi de l'impôt sur le revenu que prévoit le projet de loi, les familles ayant droit à l'Allocation canadienne pour enfants toucheront une somme supplémentaire pouvant atteindre 1 200 $ par enfant de moins de 6 ans. Les gens ont dû complètement transformer leurs habitudes domestiques afin de s'adapter aux heures de plus qu'ils passent à la maison. Ils doivent donc prévoir plus de services de garde et se procurer davantage de matériel scolaire, afin de faciliter l'école à la maison, tout en continuant de subvenir aux besoins des membres de la famille.
    Tout au long de 2020, le gouvernement a pu voir que les familles avaient besoin d'aide. C'est pour cette raison que nous avons accordé un montant ponctuel supplémentaire de 300 $ en mai et bonifié les prestations de l'Allocation canadienne pour enfants en juillet. À 1 200 $, l'aide temporaire aux familles que nous proposons représente une augmentation de près de 20 % par rapport aux prestations maximales annuelles de l'Allocation canadienne pour enfants. Pour que la classe moyenne soit plus forte et plus résiliente, comme le veut notre objectif, il importe que les familles disposent des ressources qu'il leur faut pour subvenir aux besoins des enfants et assurer leur avenir. Le plan proposé prévoit un programme national d'éducation préscolaire et de garderies qui aidera les familles à faire garder les enfants sans se ruiner. Comme nous le savons, les femmes sont particulièrement touchées par la pandémie. Nous devons améliorer les choses. Il ne s'agit pas d'une simple décision à prendre, mais d'une responsabilité que le gouvernement libéral prend très au sérieux.
    Nous allons continuer à aider les étudiants canadiens. Notre gouvernement entend éliminer le remboursement de la portion fédérale des prêts consentis aux étudiants et aux apprentis entre avril 2021 et mars 2022. Une fois cette mesure mise en place, les étudiants canadiens auront un peu plus de marge de manœuvre pour gérer leur dette. Cet investissement va permettre d’aider 1,4 million d’entre eux à poursuivre leurs études afin de pouvoir ensuite se lancer dans la carrière qu’ils ont choisie. J’ai discuté avec un certain nombre d’entre eux de leur situation et je sais qu’ils ont absolument besoin de cette aide. En allégeant la portion des intérêts fédéraux sur leur dette d'études, nous leur donnons la possibilité de se concentrer sur leurs objectifs professionnels et de moins se soucier d’un endettement supplémentaire.
    Nous avons également consenti une aide financière aux étudiants de niveau postsecondaire et aux diplômés récents des niveaux secondaire et postsecondaire qui n’ont pas pu trouver un emploi l’été dernier à cause de la COVID-19. Les étudiants admissibles ont reçu 1 250 $ par période de quatre semaines, pendant un maximum de 16 semaines, entre le 10 mai et le 29 août 2020. Ceux qui étaient atteints d’un handicap ou qui avaient des personnes à charge ont reçu 750 $ de plus.
    La plupart des étudiants de niveau postsecondaire de ma circonscription n’ont pas pu obtenir la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants et ils ont beaucoup apprécié l’aide que le gouvernement leur a consentie, y compris en doublant le montant des bourses canadiennes pour étudiants, qui est passé à 6 000 $, pour tenir compte des besoins supplémentaires pour l’année scolaire 2020-2021.
    Notre gouvernement s’occupe activement de créer des possibilités pour les jeunes, que ce soit par un investissement de plus de 300 millions de dollars dans le programme Emplois d'été Canada ou la Stratégie emploi et compétences jeunesse. Ces investissements aideront les jeunes Canadiens à acquérir une expérience pratique et à se faire des contacts en milieu de travail. Les jeunes ont besoin de nous. Ils ont dû s’adapter à de nouvelles méthodes d’apprentissage et ont dû surmonter des difficultés considérables en ces temps difficiles. Il est donc tout à fait normal que notre gouvernement leur donne un coup de pouce.
    La pandémie de COVID-19 a exercé d’énormes pressions sur nos systèmes de santé. Les amendements apportés au projet de loi C-14 permettront de mieux protéger les plus vulnérables, comme les personnes âgées, grâce à un investissement dans le nouveau fonds pour la sécurité des soins de longue durée. Ce fonds contribuera à prévenir et à gérer les éclosions dans les établissements de soins de longue durée, ce qui permettra, au final, de sauver des vies.
    Un grand nombre de Canadiens savent ce que c’est que de s’inquiéter pour un être cher qui réside dans un établissement de ce genre ou, Dieu nous en préserve, de devoir faire le deuil d’une victime du virus. Nous avons également l’intention de créer une nouvelle norme nationale pour les établissements de soins de longue durée, afin que personne, que ce soit des grands-parents, des parents, des oncles, des tantes ou des amis, n'ait à endurer des soins et des traitements de mauvaise qualité. Personne ne mérite cela. En modifiant la Loi sur les aliments et drogues, nous pourrons débloquer des fonds pour faciliter l’accès à des outils sanitaires virtuels, à des services de santé mentale et à des services de lutte contre la toxicomanie.

  (1055)  

    Demander aux Canadiens de rester chez eux peut avoir un impact sur la santé mentale de bon nombre d’entre eux. L’anxiété professionnelle et le remplacement des interactions sociales par de longues périodes d’isolement peuvent aussi avoir un impact sur la santé mentale. Notre gouvernement tient à s’assurer que tous les Canadiens ont accès aux services d'aide dont ils ont besoin.
    En ce début d’année, il est bon de voir que les Canadiens gardent l’espoir. Cet espoir, nous le devons à tout le travail qui a été accompli pour doter le Canada de la liste de commandes de vaccins la plus diversifiée du monde. Je me réjouis que tous les établissements de soins de longue durée de la région de Peel aient reçu des doses de vaccin contre la COVID-19. Le gouvernement va continuer de veiller à ce que le déploiement des vaccins se fasse de la façon la plus efficace possible, et d’accorder la priorité à ceux qui courent les plus grands risques ou qui sont les plus vulnérables face à la COVID-19.
    Les modifications apportées par le projet de loi C-14 à la Loi sur les aliments et drogues permettront au gouvernement de débloquer des crédits pour les tests, l’achat et la distribution de vaccins et l’ouverture de centres d’isolement. En novembre, le gouvernement fédéral, en collaboration avec d’autres ordres de gouvernement, a débloqué 6,5 millions de dollars pour ouvrir un centre d’isolement pour les résidants de Peel, de Brampton-Est et de toute la région qui ne peuvent pas s’isoler correctement chez eux.
    Il faut que les Canadiens comprennent bien que nous avons l’intention de les aider aussi longtemps que cela sera nécessaire. Cela comprend des investissements comme celui que nous avons proposé dans l’énoncé économique de l’automne pour financer la recherche médicale, les contre-mesures et les tests rapides, et pour faire en sorte que tous les Canadiens aient accès au vaccin.
    La meilleure façon de protéger la santé et la sécurité des Canadiens, c’est de s’adapter aux nouvelles recherches et de faire confiance à nos experts scientifiques. C’est la raison pour laquelle le projet de loi C-14 prévoit des investissements essentiels dans la recherche.
    L’économie canadienne ne peut pas fonctionner si nos petites entreprises sont à la peine. Malheureusement, la pandémie a mis à mal leurs capacités de réussite comme jamais auparavant. Elles représentent plus de 90 % de toutes les entreprises canadiennes, et nous ne pouvons pas les laisser mettre la clé sous la porte. Notre économie ne s'en remettrait pas. Nous devons donc continuer, à l’aide de mesures financières prudentes, de les aider à rester à flot et à garder leurs employés.
    Quatre jours après la mise en œuvre de la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer, plus de 20 000 organisations avaient déjà soumis une demande. Notre gouvernement est conscient que des employés ont connu une réduction de leurs heures de travail ou ont été invités à ne pas se présenter au travail. Par conséquent, des mesures d'aide comme la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer ont été très précieuses pour les petites entreprises et leurs employés.
    Dans ma circonscription, Brampton-Est, j’ai eu le plaisir de parler avec divers propriétaires de petites entreprises qui ont pu accéder aux deux programmes. J’ai parlé avec M. Dheri, le directeur général d’un restaurant local, Turtle Jack’s, qui était reconnaissant de recevoir la subvention salariale d’urgence du Canada afin de pouvoir garder ses employés. C’est l’une des 350 000 petites entreprises du Canada qui ont eu accès à la Subvention salariale d’urgence du Canada.
    Nous voulons que les petites entreprises puissent rouvrir leurs portes dès qu’il sera possible de le faire en toute sécurité. Tout en continuant à lutter contre la COVID-19, le gouvernement appuiera les petites entreprises canadiennes sur toute la ligne, afin que nous puissions reconstruire notre économie en toute sécurité et devenir plus forts que jamais.
    En parlant à des gens de ma circonscription, j’ai entendu leurs préoccupations concernant le changement climatique et l’état de la planète dont nos enfants et petits-enfants vont hériter. L'énoncé économique de l’automne présente des mesures et des investissements concrets visant à répondre à ces préoccupations. En s’employant à rendre leur maison plus écologique et plus efficace sur le plan énergétique, les Canadiens peuvent réduire leur empreinte carbone tout en réduisant leurs coûts énergétiques.
    Les efforts du gouvernement pour établir un réseau de bornes de recharge pour les véhicules zéro émission dans tout le pays — à des endroits pratiques, y compris là où nous travaillons, vivons et voyageons — contribueront à accélérer l’utilisation des véhicules zéro émission. Afin de renforcer les investissements et l’infrastructure actuels liés aux véhicules zéro émission, nous fournirons 150 millions de dollars supplémentaires sur trois ans pour garantir la disponibilité de bornes de recharge à des endroits pratiques, accessibles là et quand on en a besoin. Cela vient s’ajouter aux 500 bornes de recharge pour véhicules électriques à plus de 250 endroits en Ontario annoncées l’année dernière. Brampton compte actuellement de nombreuses bornes de recharge pour véhicules électriques, et je me réjouis d’en voir arriver d’autres encore.
    Pour reconstruire notre économie, il faut relancer les investissements afin de stimuler la croissance une fois que nous aurons surmonté cette pandémie. Comme nous l’avons déclaré dans l’énoncé économique de l’automne, en novembre, le gouvernement fédéral investira des milliards de dollars sur trois ans pour aider à réaliser cet objectif. Les modifications proposées aideront le gouvernement à continuer à investir dans les ressources pour gérer au mieux la pandémie et soutenir notre reprise économique.
    Comme je l’ai déjà dit, on peut percevoir un sentiment d’espoir chez les Canadiens. Nous continuerons à déployer et à distribuer des vaccins au cours des prochains mois, et les Canadiens seront prêts à retrouver un sentiment de normalité. Nous devons appuyer ces espoirs et veiller à ce que l’économie et le retour des Canadiens à la normale soient adaptés, innovants et solides.
    La COVID-19 a causé bien des changements cette année. Le travail à domicile est désormais chose courante dans les entreprises. Les étudiants se sont adaptés à l’apprentissage en ligne et les entreprises ont amplifié leurs capacités virtuelles. Les décisions que nous prenons et les modifications que nous adoptons en tant que députés permettront que des changements positifs se concrétisent. Ils permettront de sauver des vies, d’améliorer le soutien à la santé mentale, d’aider les familles de la classe moyenne et de créer une économie et une société plus inclusives. Continuons à avancer ensemble.

  (1100)  

    Madame la Présidente, nous sommes ici aujourd’hui pour débattre de quelque chose de très important. Nous envisageons des dépenses massives et une augmentation de la dette de l’ordre de 500 milliards de dollars, mais nous n’avons pas reçu de budget depuis plus de deux ans. Nous n’avons pas de renseignements détaillés sur la façon dont l’argent qui figure actuellement dans le déficit a été dépensé. Oui, une partie importante des dépenses a été consacrée aux prestations d’urgence, mais ce ne sont pas toutes les dépenses qui l’ont été. Il reste encore beaucoup d’argent au sujet duquel il y a des comptes à rendre.
    Notre collègue pourrait-il nous indiquer quand nous recevrons des renseignements sur ce à quoi cet argent a été consacré et quand nous recevrons un budget, avant que nous approuvions cette augmentation considérable du plafond de la dette?

  (1105)  

    Madame la Présidente, l’idée d’accumuler la dette à un taux d’intérêt beaucoup plus bas que celui auquel les Canadiens peuvent prétendre eux-mêmes et de ne pas résolument aider les Canadiens à traverser la plus grande crise de notre époque n’était pas une question au sujet de laquelle le gouvernement était prêt à hésiter. Nous n’allions pas envisager de faire passer l’austérité ou la partisanerie avant le soutien aux Canadiens pendant cette crise.
    L’important soutien fédéral accordé tout au long de la pandémie fonctionne bien et place le Canada en meilleure position pour une reprise solide, surtout comparativement à d’autres pays semblables. Cette stimulation nous aidera à sortir de la récession et à évoluer vers une économie plus verte, plus innovante, plus inclusive et plus compétitive.
    L’opposition adore souligner cela, mais nous demandons aux conservateurs ce qu’ils auraient coupé pour économiser de l’argent. Auraient-ils coupé les aides aux entreprises ou aux travailleurs canadiens? Ils n’ont pas de réponse à cette question.
    Comme je l’ai dit plus tôt, notre gouvernement sera toujours là pour les Canadiens.

[Français]

    Madame la Présidente, je salue tous mes collègues en cette nouvelle année.
    Ma question est très simple. J'ai passé tout le temps des Fêtes à discuter avec mes concitoyens de Laurentides—Labelle et une question revenait toujours: lorsque les besoins en santé sont criants, comment se fait-il que le gouvernement, qui dit être là pour nous, ne prenne aucune mesure concrète pour distribuer l'argent dont les provinces, particulièrement le Québec, ont besoin? Celles-ci se sont exprimées de façon unanime et ont fait front commun.
    Il y a des choses dont le gouvernement doit s'occuper, mais malheureusement il ne remet pas aux provinces ce qu'il devrait leur donner.
    J'aimerais que mon collègue me dise pourquoi les transferts ne sont toujours pas faits.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le gouvernement fédéral a été là avec les provinces dans le cadre de l'Accord sur la relance sécuritaire, qui était vraiment important dans l’ensemble du pays pour aider les provinces à accroître leur capacité de dépistage et de traçage des contacts et à mettre en place d’autres programmes de soutien fédéral par l’intermédiaire des agences de santé.
    Le projet de loi C-14, dont nous débattons aujourd’hui, est extrêmement important pour de nombreuses familles canadiennes, et je voudrais mentionner quelques éléments à cet égard.
    L’inégalité rend notre économie moins résistante. Nous sommes déterminés à reconstruire un Canada plus inclusif, mais je suis également fier de nos efforts pour appuyer les familles de la classe moyenne tout au long de la pandémie, ainsi que de la façon dont nous avons tenu nos promesses. Pour les familles, en plus de l'Allocation canadienne pour enfants, le gouvernement a rapidement mis en place la Prestation canadienne d’urgence, ainsi que de nombreuses autres mesures d'aide.
    J’ai entendu des parents de ma circonscription dire qu’ils ont dû acheter des fournitures scolaires supplémentaires pour soutenir l’apprentissage virtuel de leurs enfants. Le projet de loi C-14 comprend des mesures qui fourniraient un soutien temporaire et immédiat pour les familles à faible et moyen revenu ayant droit à l'Allocation canadienne pour enfants. Plus de 18 000 familles de Brampton-Est, dont 30 000 enfants, ont bénéficié de ce programme, et je sais donc que le gouvernement fédéral a été là…
    Je veux laisser du temps pour une dernière question.
    La députée de Winnipeg-Centre a la parole. Veuillez poser une question brève, je vous prie.
    Madame la Présidente, mon collègue a beau dire que personne n'est laissé pour compte, dans Winnipeg-Centre, nous avons des cas de fièvre des tranchées, une maladie liée à la pauvreté extrême, qui surviennent en pleine pandémie. J’aimerais aussi lui rappeler que d’autres personnes ont été laissées pour compte, comme des étudiants, des personnes handicapées et des personnes âgées dans des établissements de soins de longue durée.
    N’oublions pas le projet de loi du gouvernement sur les changements climatiques, le projet de loi C-12, qui ne nous permettra pas d'atteindre nos objectifs en la matière. En plus de tout cela, le déploiement des vaccins connaît des ratés. Nous savons que les répercussions de l’urgence climatique exacerbent la pandémie.
    J’aimerais que mon collègue dise aux Canadiens ce que le gouvernement libéral compte faire, outre énoncer des formules-chocs à des fins politiques, pour vraiment éviter que des gens soient laissés pour compte.
    Madame la Présidente, ma collègue de Winnipeg-Centre a soulevé de nombreux sujets très variés. J’aimerais m’attarder aux étudiants et à l’aide que nous leur offrons. Comme je l’ai dit dans mes observations, je me suis entretenu avec de nombreux étudiants qui sont très reconnaissants des mesures du gouvernement. Nous avons accordé la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants. Nous doublons le montant de la bourse canadienne pour étudiants, qui passe à 6 000 $.
    Le projet de loi C-14 propose d’éliminer les intérêts sur le remboursement de la portion fédérale des prêts d'études et des prêts aux apprentis pour 2021 et 2022. Cela représenterait un allègement de plus de 300 millions de dollars pour jusqu’à 1,4 million d’étudiants canadiens.
    Ce ne sont pas là que de belles formules accrocheuses. Voilà une mesure bien concrète pour les étudiants, une mesure qui leur permettrait de garder plus d’argent dans leurs poches afin qu’ils puissent subvenir à leurs besoins.

  (1110)  

[Français]

    Madame la Présidente, je signale que je vais partager mon temps de parole avec mon honorable collègue de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères.
    Je suis très heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi C-14, qui met en œuvre certaines mesures présentées dans l'énoncé économique du 30 novembre dernier, à savoir des rajustements aux prestations pour enfants et à la subvention d'urgence pour le loyer commercial, de même que des dispositions touchant les intérêts sur les prêts étudiants. Il met également certaines dispositions en place pour faciliter l'importation de vaccins étrangers contre la COVID-19.
    Je me permets de formuler quelques commentaires au sujet de certaines des mesures prévues par le projet de loi. Il est normal de vouloir épauler les étudiants en cette période de crise. Il faut cependant rappeler que le Québec dispose de son propre programme de prêts et bourses. Il faut donc s'assurer que les étudiants québécois ne seront pas défavorisés par ces mesures.
     Deux dispositions de ce projet de loi doivent permettre d'accélérer la distribution au Canada des vaccins anti-COVID fabriqués à l'étranger, mais rien n'est toujours prévu pour en faciliter la fabrication locale. Pour cela, il aurait fallu reprendre les modifications à la Loi sur les brevets, que le gouvernement avait introduites au printemps, mais qu'il a laissées mourir au feuilleton le 30 septembre dernier.
     Le retard dans la livraison du vaccin de Pfizer et le casse-tête que cela occasionne pour le Québec et pour les provinces est un exemple flagrant de ce qu'entraîne la trop grande dépendance du Canada pour ce qui est de l'approvisionnement médical. Des investissements de près de 1 milliard de dollars ont été prévus dans la mise à jour économique, afin d'augmenter la production de vaccins au Canada. Il faudra suivre attentivement ce que fera le gouvernement au sujet de ces investissements.
    On doit assurément déplorer que la mise à jour économique ne prévoie aucune hausse supplémentaire et durable des transferts en santé, considérant que le gouvernement fédéral ne contribue plus aujourd'hui qu'à 22 % des soins de santé, alors qu'il devait assumer la moitié des coûts. En outre, les sommes allouées par ce projet de loi aux soins de longue durée remettent en avant la volonté du gouvernement fédéral d'imposer des normes dites nationales pour les soins de santé. Or le Québec et les provinces ne sauraient accepter cette intrusion grossière dans leurs champs de compétence, alors que le gouvernement fédéral a lamentablement échoué à s'acquitter des siennes pour faire face à la crise sanitaire, par exemple en ce qui a trait au contrôle des frontières ou à l'approvisionnement en vaccins.
    Le projet de loi est muet par rapport à d'autres mesures évoquées dans l'énoncé économique du 30 novembre dernier, ce qui laisse nos entreprises dans l'incertitude totale. Pensons notamment au programme de crédits pour les secteurs durement touchés. Après un an de pandémie, le fédéral nous envoie le signal qu'il n'est toujours pas prêt à venir en aide au tourisme, à l'hôtellerie et aux arts et à la culture. Il faut également déplorer que le gouvernement fédéral laisse toujours en plan les nouveaux entrepreneurs, dont l'audace est au cœur même de notre système économique, qui ont souvent dû consentir à d'importants sacrifices pour se lancer en affaires et réaliser leur rêve, et qui sont maintenant confrontés à la perspective déchirante d'une faillite.
    À cet effet, j'aimerais faire lecture d'une lettre que trois jeunes entrepreneurs de ma circonscription ont acheminée, avant Noël, à la ministre des Finances, sans qu'on se soit donné la peine, jusqu'à présent, de leur donner une réponse:
     Chère madame [...], ministre des Finances,
    Je m'appelle Joanie Raymond. J'ai 26 ans. Je travaille dans l'industrie de la restauration depuis 8 ans.
     Il y a un an, avec deux autres personnes, Dominik (26 ans) et Véronique (33 ans), après avoir économisé de l'argent et en avoir emprunté à des amis et à la famille et nous avons amassé 250 000,00 $, nous avons décidé de poursuivre notre rêve d'ouvrir un restaurant.
    Nous avons investi 250 000,00 $ auprès du groupe Barbies Resto Bar Grill, une chaîne située au Québec et nous avons commencé à travailler à la construction de notre restaurant dans la ville de Ste-Julie au Québec.
    Notre première date d'ouverture cible était le 1er mars 2020, mais avec quelques petits retards, la date d'ouverture a été déplacée au 27 mars 2020.
     Malheureusement, avec l'épidémie de COVID-19 en mars 2020 [...], nous n'avons pu ouvrir le 22 juin 2020 qu'à la fin du premier verrouillage.
    Nous avons commencé à payer le loyer le 1er mars 2020. Nous avons commencé à avoir une petite masse salariale en mars 2020. Nous avons nos numéros de TPS, TVQ, nous avions notre numéro d'entreprise de l'ARC, tout était prêt.
    Sur la base de tous les critères d'éligibilité définis au début de la pandémie. Nous n'étions éligibles à aucune subvention au loyer du 15 mars 2020 au 30 septembre 2020.

  (1115)  

     De plus, nous n'avons eu droit à aucune subvention salariale du 22 juin au 30 septembre 2020. Même si cela a été difficile pour notre restaurant comme tous les autres restaurants, nous avons compris que nous n'avions pas de chance et nous espérions des jours meilleurs pour notre affaires.
     Avec le deuxième verrouillage depuis le 1er octobre 2020, nous ne sommes toujours pas en mesure de recevoir un loyer ou une subvention salariale. La baisse des revenus ne concerne toujours que les entreprises ouvertes en 2019 ou en janvier/février 2020.
     Nous sommes les oubliés. Alors que la pandémie progresse, Mme Freeland, nous voyons nos rêves se transformer en cendres. Notre espoir s'évanouit et nous ne voyons que des jours sombres devant nous.
    Nous payons un loyer, nous avons investi 250 000,00 $ de nos économies et 1 000 000,00 $ en prêts.
    La faillite est imminente pour des entreprises comme la nôtre.
     Une aide est-elle en route pour nous? Ou devrions-nous simplement verrouiller nos portes, déclarer faillite personnelle et ne plus jamais oser réaliser un rêve?
    Nous aimerions avoir une réponse de votre part.
     Si vous décidez qu'il n'y a pas d'aide pour nous, au moins nous le savons et nous retournons à une vie misérable.
    Les vacances de Noël approchent et c'est généralement un moment de fête, mais cette fois pour nous, c'est un deuil.
    NOUS AVONS BESOIN D'AIDE, mieux vaut tard que jamais.
    Notre siège social vous a envoyé plusieurs courriels ainsi qu'au député libéral de Brossard.
    Nous attendons de vous entendre.
    Faites-nous savoir si vous prévoyez de nous aider ou simplement nous oublier. Merci.
    Véronique, Dominique et moi-même.
    Cette lettre est signée par Joanie Raymond. Nos jeunes entrepreneurs ont besoin d'aide.
    Un autre des correctifs qui auraient dû être apportés par le gouvernement touche les retraits minimums effectués pas nos aînés dans leur fonds enregistré de revenu de retraite, leur FERR, en 2020.
    On se souviendra qu'au début du printemps dernier, le gouvernement a réduit le montant minimal qui devait être retiré par les retraités. Or, entretemps, certains d’entre eux avaient déjà retiré de leur FERR la totalité de l'ancien montant minimal obligatoire. Ils souhaitaient donc pouvoir réinjecter la différence dans leur FERR, ce qui leur a été refusé par le gouvernement fédéral.
    Le problème est que ces retraités, s'étant acquittés promptement de leurs obligations, se voient financièrement désavantagés par la modification apportée par le gouvernement en cours d'année financière. Non seulement devront-ils payer des impôts sur le montant excédentaire qu'ils ont retiré conformément aux dispositions auparavant prévues par la loi, mais ce montant excédentaire retiré ne pourra continuer à fructifier dans leur FERR.
    Nous n'avons cessé de plaider en faveur de mesures visant à soutenir financièrement nos aînés, particulièrement touchés à plusieurs égards par l'actuelle crise sanitaire. Or, dans ce cas précis, c'est le gouvernement fédéral lui-même qui, en plus de s'être montré peu généreux jusqu'ici envers les aînés, pénalise certains d'entre eux qui se ont été plus empressés à se conformer à leurs obligations légales. Il en fait donc les victimes d'une iniquité flagrante. Pire encore, l'ensemble des prestataires de FERR se voient pénalisés, d'une certaine façon, par cette mesure qui a pour effet de réduire l'exemption fiscale dont ils peuvent bénéficier.
    Mon collègue de Joliette et porte-parole du Bloc québécois en matière de finances est intervenu à plusieurs reprises auprès de la ministre et de son équipe pour que le gouvernement corrige enfin cette mesure, mais il s'est finalement vu servir une réponse sibylline, froide et insensible selon laquelle les aînés ayant retiré le minimum de leur FERR avant l'annonce du printemps dernier n'auraient pas fait face à la volatilité des marchés liée à la crise sanitaire et que leur retrait aurait été proportionnel à leurs actifs de l'époque.
    Que peut-on comprendre d'une réponse pareille? C'est tout le contraire de l'empathie à laquelle on serait en droit de s'attendre de la part du gouvernement envers ceux à qui nous devons cette prospérité lui ayant permis de se montrer prodigue à l’endroit d'à peu près tout le monde, sauf eux.
    Peut-être n'est-il pas trop tard pour que le gouvernement entende enfin raison et qu'il corrige ce qui doit être corrigé?
    Madame la Présidente, j'aimerais féliciter mon collègue de Montarville, qui est toujours très éloquent et agréable à entendre.
    Je sais que je reviens souvent sur la question des transferts en santé. Mon collègue en a un peu fait mention dans son discours. J'aimerais l'entendre approfondir cette question et nous en dire davantage sur l'ingérence du fédéral dans les systèmes de santé des provinces, alors qu'il s'agit évidemment d'un champ de compétence provinciale.
    J'aimerais l'entendre plus spécifiquement à ce sujet. Selon lui, que devrait-on faire en ce qui a trait aux soins aux aînés?

  (1120)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Drummond de sa question.
    Je le sais très intéressé par ce qui se passe à Sainte-Julie, que j'évoquais dans mon discours. Je comprends également sa préoccupation à l'égard des transferts en santé, que le gouvernement n'a pas augmentés, et ce, malgré le fait que nous soyons en plein milieu d'une crise sanitaire qui requiert effectivement des investissements majeurs en matière de santé.
    Le gouvernement fédéral s'est montré très généreux envers à peu près tout le monde et tous les secteurs, mais il n'a pas investi ce qu'il aurait dû investir depuis longtemps en matière de santé. Nous en voyons les effets, cette crise sanitaire ayant testé les limites de notre système de santé. Ces limites ont été occasionnées par les coupes radines du gouvernement fédéral au cours des dernières années.
    Nous nous serions attendus à ce que, au moins dans ses champs de compétence, notamment le contrôle des frontières et l'approvisionnement en vaccins, le gouvernement fédéral se montre minimalement efficace, mais non. Encore une fois, il lorgne plutôt les compétences du Québec et des provinces en pensant leur imposer des normes dites nationales pour les soins de longue durée. Plutôt que de vouloir imposer des normes dites nationales, il devrait réinvestir massivement en santé.

[Traduction]

    Madame la Présidente, mon collègue a évoqué les soins de santé. Il se trompe lorsqu’il dit que le gouvernement fédéral n’a pas fourni un soutien continu et permanent aux soins de santé dans toutes les régions du pays. Il y a eu des dépenses supplémentaires dans des domaines comme la santé mentale et un soutien accru aux soins de longue durée, un problème énorme à la grandeur du pays.
    Le député pourrait-il nous dire ce qu’il pense des centaines de millions de dollars supplémentaires qui ont été investis dans les programmes de relance provinciaux pour les soins de santé? Je me demande s’il n’a pas simplement oublié cet argent. Pourrait-il faire d’autres commentaires sur les sommes qui ont été accordées aux provinces?

[Français]

    Madame la Présidente, je n'ai jamais dit que le gouvernement fédéral n'investissait pas d'argent en santé. Ce que je dis, pour exprimer les choses assez simplement, c'est que c'est trop peu et trop tard. Comme je l'évoquais précédemment, nous avons fait l'expérience des limites du système de santé, et ces limites ont largement été occasionnées par le fait que le gouvernement fédéral, ces dernières années, a réduit progressivement comme peau de chagrin sa contribution aux soins de santé. Le résultat, c'est que nos provinces se sont retrouvées mal outillées pour faire face à une crise inattendue. Elles avaient déjà beaucoup de difficultés à joindre les deux bouts pour assurer le maintien des services de base et se sont évidemment retrouvées submergées lorsque cette crise sanitaire mondiale est survenue.
    Le gouvernement fédéral a eu beau investir ponctuellement des sommes additionnelles, ce n'était pas suffisant et c'était surtout trop tard. Alors, il est encore temps, pendant que le gouvernement fédéral est dans une période de grande prodigalité, de se resaisir et de prévoir dès maintenant un accroissement considérable des transferts aux provinces afin de leur permettre, d'une part, de faire face à cette crise et, d'autre part, de mieux s'acquitter de leurs responsabilités en matière de santé.
    Madame la Présidente, je voudrais d'abord féliciter mon collègue de Montarville pour son discours exceptionnel. J'ai d'ailleurs trouvé très touchants son témoignage et sa lecture de lettre. Il est important d'agir lorsque le message ne se rend pas au gouvernement. Il faut alors trouver d'autres façons de faire passer ce message et cela en était une bonne.
    Pour ma part, je vais me concentrer sur un volet particulier de la mise à jour économique dont je suis porte-parole: les transports. On sait que la pandémie de la COVID-19 a vraiment eu des effets négatifs sur le secteur des transports, plus particulièrement le transport aérien, lequel vit une crise profonde.
    Nous avions donc beaucoup d'attentes en lien avec la mise à jour économique et nous espérions vraiment quelque chose de majeur, puisque cela faisait des mois qu'on nous promettait qu'il y aurait une aide pour le transport aérien. Or, en lisant cette mise à jour économique, plus précisément la section portant sur le transport aérien à la page 36, nous y avons appris que le gouvernement allait simplement continuer à négocier avec les compagnies aériennes pour établir un programme d'aide financière. J'en ai été renversé.
    Depuis le mois de mars, les gens qui travaillent dans le transport aérien n'ont ni argent ni travail et sont en détresse. Le gouvernement dit depuis des mois qu'il va trouver une façon de les aider en parlant aux entreprises et en agissant, mais ce ne sont finalement que des promesses en l'air. Nous parlons ici de la mise à jour économique du 30 novembre. Déjà, le 30 novembre, nous n'en revenions pas. Aujourd'hui, nous sommes le 26 janvier, presque au mois de mars, et rien n'a encore bougé. Cela va faire un an que tout ce monde n'a pas de travail et il n'y a toujours pas d'aide pour le transport aérien.
    Il y a pire encore. En effet, plusieurs personnes avaient acheté des billets d'avion, mais n'ont jamais obtenu de remboursement pour ces billets. Le gouvernement n'a absolument rien fait pour les défendre et pour les protéger. Pourtant, toujours à la page 36 de cette même mise à jour économique, il est dit que « le gouvernement veillera à ce que les Canadiens soient remboursés pour les vols annulés ». Voilà une bonne nouvelle, mais il faut savoir que cette bonne nouvelle annoncée le 30 novembre avait déjà été annoncée — tenons-nous bien — le 8 novembre.
    En effet, à cette date-là, le ministre des Transports du temps avait fait une déclaration dans laquelle il promettait qu'avant de commencer à dépenser ne serait-ce qu'un sou de l'argent des contribuables au bénéfice des transporteurs, le gouvernement s'assurerait que les Canadiens obtiennent leurs remboursements. Pourtant, aujourd'hui, le 26 janvier 2021, il n'y a toujours pas de remboursement pour les voyageurs. Par conséquent, hier, un tribunal a rendu une première décision et ordonné à une compagnie aérienne de rembourser un couple de Rimouski, au Québec.
    Il est malheureux que le gouvernement en place ne fasse rien alors qu'il y a le feu et que, malheureusement, des gens en souffrent. C'est particulièrement décevant, parce que le gouvernement est censé gouverner et prendre des décisions lorsque la situation l'exige. De notre côté, nous faisons pression, nous poussons. Nous avons déposé une pétition de 33 000 noms pour obliger le gouvernement à obtempérer et à exiger le remboursement des voyageurs. Nous avons déposé le projet de loi C-249 pour réitérer le droit des voyageurs à un remboursement.
    Dès sa récente nomination — peut-être pour cacher l'incompétence de son prédécesseur —, le nouveau ministre des Transports a dit qu'il allait continuer à chercher une solution pour le remboursement des voyageurs. Nous sommes contents de cette première réaction. Or, la solution existe déjà: il n'y a qu'à adopter le projet de loi C-249 et à ordonner aux compagnies aériennes de rembourser, ce que le gouvernement n'a jamais vraiment dit, préférant répéter qu'il cherche une solution et qu'il travaille sur ce dossier. Ce n'est pourtant pas compliqué: lorsqu'un service n'est pas rendu, il doit être remboursé. C'est la loi et c'est une simple question de logique. Si je commande une pizza et qu'aucun livreur ne me l'apporte, c'est bien triste, mais je vais me faire rembourser, ce qui est normal.
    Je trouve assez hallucinant de constater l'inaction complète du gouvernement dans des dossiers qui touchent pourtant les gens dans leur quotidien et où il y a urgence d'agir. J'ai parlé des billets et j'ai aussi parlé des travailleurs qui n'ont pas d'emploi et sont en détresse, mais je peux aussi parler du fait que le gouvernement est assez contradictoire dans ses actions en lien avec le transport aérien.
    En effet, le gouvernement dit aux gens de ne pas voyager et le répète depuis des jours et des semaines. Pourtant, il ne fait rien pour empêcher les gens de voyager.

  (1125)  

    Le 2 janvier, soit le lendemain du 1er janvier, les gens, qui avaient passé les vacances de Noël sans leur famille et sans pouvoir se rassembler comme ils l'auraient souhaité, ont appris que les personnes qui ont fait des voyages non essentiels dans le sud ou ailleurs sur la planète pourraient recevoir 1 000 $ de la part du gouvernement, afin de les dédommager. En plus d'être incroyable, cela est assez frustrant.
    Cela a pris du temps avant que le gouvernement se réveille et se dise qu'il faudrait peut-être qu'il fasse quelque chose. Il a finalement décidé d'agir, mais il a dit qu'il le ferait seulement à partir de janvier et que les mesures ne s'appliqueront pas aux gens qui ont décidé de partir en voyage avant le mois de janvier. Ce n'est pas normal de récompenser ceux qui n'ont pas suivi les directives de santé publique.
    La même chose s'applique relativement au contrôle des frontières. Il n'y a toujours pas d'interdiction concernant les voyages non essentiels, même s'il s'agit d'un problème qui date de plusieurs mois déjà. Nous sommes presque en février et le problème n'est toujours pas réglé. Il n'y a toujours pas de surveillance de la quarantaine. Tout ce qu'il y a, ce sont des appels automatisés où les gens appuient sur un numéro pour dire qu'ils respectent la mise en quarantaine. C'est assez comique. Certaines personnes qui ont voyagé ont même dénoncé la situation, puisqu'ils trouvaient cela ridicule. C'est cela, le travail du gouvernement fédéral.
    Pendant ce temps, les douaniers qui ne sont pas très occupés aux frontières pourraient donner un coup de main relativement à la surveillance des quarantaines.
    Le gouvernement du Québec demande de l'aide pour obtenir des autorisations et des pouvoirs supplémentaires afin de faire ce que le fédéral ne fait pas, c'est-à-dire surveiller l'application des quarantaines aux frontières.
    Un mois après Noël, le gouvernement n'a toujours pas pris de décision concernant un secteur qui est en pleine crise. Personnellement, je trouve cela inacceptable.
    La mise à jour économique aborde aussi toute la question du transport aérien régional. Cela fait du bien de voir que le gouvernement réalise qu'il y a un problème. Encore une fois, le problème dure depuis des mois. Au mois de mars, Air Canada a annoncé sauvagement, sans préavis, qu'elle allait mettre fin à 30 liaisons régionales. La première réaction des régions a été de dire qu'il s'agissait d'un bon débarras. En effet, les régions étaient tannées de voir que la compagnie ne respectait pas la concurrence, qu'elle annulait des vols sans préavis et qu'elle « écrasait » les prix avant de les augmenter au maximum. Les régions ont décidé de trouver une autre solution. Elles ont décidé de constituer, au Québec, un groupe qui analysera le problème, de concert avec l'Union des municipalités du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, les associations touristiques et le gouvernement du Québec, afin de trouver des solutions.
    Sait-on ce qui s'est passé? Elles ont demandé au ministre des Transports de venir les rencontrer, afin de leur parler et d'écouter ce qu'elles avaient à dire. Cependant, le ministre des Transports n'a même pas daigné les rencontrer. En pleine crise, 30 liaisons régionales sont coupées et des régions du Québec ne sont plus desservies, mais le ministre des Transports connaît tellement bien le problème qu'il n'a pas besoin de les écouter. Il n'a pas besoin d'entendre les maires, les entreprises ou l'industrie touristique. Il n'a même pas besoin d'entendre le gouvernement du Québec.
     C'est d'ailleurs ce qu'a dit la ministre du Revenu et députée de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine lorsque nous avons fait la tournée de sa circonscription au cours de l'été. Je l'ai entendue à la radio dire que, nous autres, nous voyions les arbres, mais que le ministre voyait la forêt. Il connaît tellement bien cela qu'il n'a même pas besoin de parler aux gens. Cela est grave.
     Cette frustration de ne pas être capable de parler au ministre, je l'ai entendue dans le secteur aérien. Les aéroports n'ont pas été capables de parler au ministre, les lignes aériennes n'ont pas été capables de parler au ministre et les pilotes n'ont pas été capables deparler au ministre. Personne n'a été capable de parler au ministre et ce dernier n'a rien fait. À un moment donné, les gens se tannent. C'est frustrant. Je pense que cela explique en partie le changement de ministre.
    Nous espérons que le nouveau ministre apportera des changements et que les choses vont bouger au sein du gouvernement, parce que c'est grave. C'est grave d'avoir un gouvernement qui ne fait absolument rien et qui ne prend aucune décision.
    Pire encore, voici une des premières choses qui s'est passée, sur le plan du transport aérien régional, après la crise: comme NAV CANADA avait de la difficulté à arriver sur le plan financier, elle a décidé d'augmenter ses frais de 30 %. Quand NAV CANADA est allée sonner à la porte du ministre, ce dernier lui a dit de s'arranger avec ses troubles et de facturer ses services 30 % plus chers aux transporteurs aériens qui sont déjà en difficulté, afin que ceux-ci augmentent encore plus les prix des billets et que moins de gens prennent l'avion. C'est complètement farfelu. De plus, il n'y a plus de transport régional.
    C'est la même chose pour les aéroports. Le gouvernement a vanté le congé de loyer pour les aéroports. Or ce congé est seulement pour les gros aéroports. Ce que les gens ne savent pas, c'est que le congé de loyer est basé sur les frais. S'il n'y a pas d'argent qui rentre, il n'y a pas de loyer à payer. C'est la même chose dans le cas du programme d'aide aux aéroports. On parle d'aide aux investissements, mais cela n'aide pas à payer l'épicerie. S'ils n'ont pas d'argent, comment font-ils pour avoir des investissements?
    Voilà ce que j'avais à dire sur la mise à jour économique du gouvernement par rapport au secteur aérien. Je peux dire que c'est très décevant.

  (1130)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’apprécie vraiment les commentaires de mon collègue à propos des personnes touchées par la pandémie. Les agents de bord en sont un exemple. Nous savons que beaucoup d’entre eux sont sans emploi. Ce n’est d’aucune façon leur faute, mais des gens perdent leur emploi en ce moment et leurs moyens de subsistance et leur vie sont actuellement menacés.
    Mon collègue est-il favorable à la mise en place d’un revenu de base garanti pour les travailleurs touchés et d’autres personnes qui ont été laissées pour compte pendant la pandémie? Je parle des personnes âgées, des étudiants, des personnes handicapées et des travailleurs étrangers temporaires et migrants dont nous savons qu’ils ont été victimes, dans certains cas, de violations extrêmement graves des droits de la personne de la part de leurs employeurs. Mon collègue serait-il favorable à la mise en place d’un revenu de base garanti pour que personne ne soit laissé pour compte?

  (1135)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie beaucoup ma collègue de sa question. Je dois dire que je ne vois pas tout à fait le lien entre ce qu'elle demande et le discours que j'ai fait tout à l'heure, mais sa question est malgré tout intéressante.
    Je pense qu'il est important de soutenir les gens pour qu'ils aient un revenu décent, pour limiter la pauvreté et pour que tous aient des chances dans la vie. Par contre, ce qui m'inquiète parfois avec ce genre de mesures, c'est que nous avons déjà des programmes sociaux au Québec. Je trouve donc que l'ingérence de programmes fédéraux dans les champs de compétence du Québec est une mauvaise idée. C'est le problème que je vois dans cette volonté du NPD d'avoir un gouvernement fédéral qui dise au Québec quoi faire. Cela, nous ne le voulons pas.

[Traduction]

    Madame la Présidente, dans ses observations, mon collègue a évoqué l’industrie du transport aérien et je pense qu’il est très important qu’il ait mentionné que cette industrie n’a pas encore remboursé ses clients. Nous faisons pression sur le gouvernement pour que cela se fasse, mais il tarde à agir et ce dossier devrait recevoir une attention immédiate.
    De nombreux transporteurs aériens ont annulé les vols de personnes qui avaient payé des milliers de dollars pour un voyage avec leur famille. C’est alors qu’elles ont appris non seulement que leur voyage était annulé, mais qu’elles avaient aussi perdu leur emploi. Certaines personnes avaient réglé cette dépense avec une carte de crédit et paient maintenant des intérêts sur cette dette, mais elles n’ont pas reçu le service. Les transporteurs aériens prennent cet argent et le conservent, en donnant aux clients un bon d’échange. Concrètement, le client paie des intérêts alors que l’industrie du transport aérien bénéficie d'une avance sans intérêts.
    Le député croit-il qu’il est impératif de mettre fin immédiatement à cette situation et que les transporteurs aériens soient tenus de rembourser les sommes que les gens ont versées, avec intérêts?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question vraiment importante.
     Malheureusement, je pense que le gouvernement fédéral ne s'est pas encore penché sur des cas comme celui-là, où des gens sont aux prises avec des dettes à payer, avec des soldes de carte de crédit à rembourser. Les gens se disent souvent qu'ils vont payer leur voyage en retournant travailler à leur retour de vacances. Cependant, que font-ils s'ils ne peuvent plus retourner travailler parce qu'ils n'ont plus d'emploi?
    Il est absolument clair que les compagnies qui retiennent l'argent versé pour des services non fournis doivent le rembourser. Ce qui est encore plus clair, c'est que nous avons un gouvernement à Ottawa qui se traîne les pieds et qui ne règle pas ce dossier alors que c'est pourtant son travail de le faire.
    Madame la Présidente, je félicite mon collègue pour sa présentation.
     Étant donné qu'il nous a dressé un bon portrait de l'état actuel du transport aérien, j'aimerais l'entendre parler du copinage entre le gouvernement et certaines compagnies aériennes, qu'il a dénoncé à plusieurs reprises. Je sais que ma question doit être brève, mais la réponse nécessite de développer. Je me fie donc à l'esprit de synthèse de mon collègue.
    Madame la Présidente, il va être difficile de répondre à cette question en peu de temps.
    Il est surtout question ici de cette volonté d'être complètement passif sur des questions qui touchent les gens, comme dans l'exemple des compagnies aériennes qui ne remboursent pas leurs clients. Il y a aussi le fait que le gouvernement accorde la subvention salariale à ces compagnies alors qu'il dit qu'elles ne toucheront pas d'argent fédéral tant qu'elles n'auront pas remboursé leurs clients. Pourtant, elles reçoivent de l'argent du gouvernement, à preuve les quelque 800 millions de dollars en prêts qu'Air Canada a reçus par l'intermédiaire d'Exportation et développement Canada. Il est vraiment frustrant de voir un gouvernement qui ne fait pas ce qu'il dit qu'il va faire.

  (1140)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, bonne année à vous et à nos collègues. J’espère sincèrement que 2021 représentera une grande amélioration par rapport à 2020.
    Je partagerai mon temps de parole avec le député d’Acadie-Bathurst.
    Lorsque ce gouvernement a été élu pour la première fois en 2015, puis réélu en 2019, il a déterminé à juste titre que l’inégalité grandissante des revenus représentait une menace sérieuse pour une société libre et démocratique. Plusieurs initiatives ont été lancées, notamment la hausse de la tranche d'imposition supérieure et l’abaissement d’une tranche intermédiaire, une initiative louable. Toutefois, l’initiative manifestement la plus importante a été la création de l'Allocation canadienne pour enfants, une prestation directe en argent destinée aux familles à faible revenu avec de jeunes enfants. Avant la pandémie, cela représentait plus de 100 millions de dollars pour Scarborough—Guildwood. Cette mesure a réduit la pauvreté chez les enfants comme jamais auparavant dans une circonscription canadienne.
    Pendant la pandémie, des fonds supplémentaires ont été alloués à cette allocation, ce qui a été pofitable pour Scarborough-Guildwood et pour toutes les autres circonscriptions. Le projet de loi C-14 propose une prestation de 1 200 $ pour chaque enfant de moins de six ans pour les familles admissibles. On estime que cela représente une augmentation de 20 % par rapport à l'Allocation canadienne pour enfants maximale. Pour Scarborough-Guildwood, cela représentera probablement 20 millions de dollars de plus versés directement aux familles à faible revenu. L'Allocation canadienne pour enfants continue d’avoir l’effet souhaité, c'est-à-dire de sortir les enfants et les familles de la pauvreté, d'arrondir les revenus des familles et de réduire l’écart entre les riches et les pauvres.
    J’aurais aimé qu’il y ait une étude formelle qui montre les retombées économiques des 100 millions de dollars distribués à l’échelle locale. On estime maintenant que ce sont 120 millions de dollars qui ont été dépensés à l’échelle locale. J’imagine qu’il y a un effet multiplicateur important. Malheureusement, toutefois, une prestation, ce n’est pas un emploi. Rien n’est jamais aussi simple dans la vie et en économie, mais j’ose dire que si on leur donnait le choix, la plupart des parents préféreraient un emploi décent, même s’il n’est pas mirifique, qui leur permette de nourrir leur famille, plutôt que de recevoir une prestation du gouvernement.
    Puis arrive la pandémie qui frappe de plein fouet les plus vulnérables. Il est difficile de subvenir aux besoins de sa famille quand on n’a pas d’emploi. Avec raison, le gouvernement du Canada a mis en place différentes prestations, la plus importante étant la Prestation canadienne d’urgence ou, plus communément, la PCU. Je ne sais pas combien la circonscription de Scarborough-Guildwood a touché en montant brut au titre de la PCU, mais il s’agit certainement de dizaines de millions de dollars, voire de centaines de millions. Cependant, je le répète, une prestation, ce n’est pas un emploi.
    Ce qui est apparu au fil du temps, c’est qu’on a affaire à deux économies de la pandémie. Ceux dont le salaire est de l’ordre de 40 $ de l’heure ou plus ont non seulement survécu, ils ont prospéré. Dans bien des cas, leur revenu a augmenté, tout comme leurs valeurs immobilisées, qu’il s’agisse de maisons, d’entreprises ou de biens, par exemple. En revanche, la situation pour ceux qui gagnent entre 15 $ et 20 $ devient catastrophique et la pandémie les rapproche de plus en plus de la pauvreté absolue et de son lot de problèmes, comme l’insécurité alimentaire et la précarité du logement. Malheureusement, la plus grosse activité éphémère qui s’est développée dans la circonscription de Scarborough-Guildwood est celle des banques alimentaires qui prolifèrent et qui, malheureusement aussi, tournent à plein régime.
    C’est un énorme recul dans la lutte contre les inégalités de revenus et une claque pour la fameuse phrase « ceux de la classe moyenne et ceux qui aspirent à en faire partie ». Si les bouleversements économiques durent beaucoup plus longtemps, le Canada risque une inégalité structurelle permanente qui sera dévastatrice pour nous tous, riches et pauvres. Des citoyens appauvris de façon permanente sont instables et sont source d’insécurité pour d’autres, ce qui entraîne une augmentation des dispositifs de sécurité et des ensembles résidentiels protégés.
    La pandémie a exposé notre vulnérabilité par rapport aux chaînes d’approvisionnement aussi. Il n’y a pas d’emplois dans la fourchette des 15 $ à 20 $ de l’heure parce que la mondialisation veut obtenir le produit le moins cher le plus vite possible.

  (1145)  

    Nous ne fabriquons pas d’équipement de protection individuelle, par exemple. Nous ne pouvons pas créer nos propres vaccins. Nous faisons la queue devant les grandes surfaces pour acheter des produits fabriqués ailleurs qu’ici. C’est bien pour d’autres, mais pas vraiment pour nous. Ce sont des vulnérabilités qu’on peut dissimuler en période de prospérité, mais pas vraiment maintenant.
    Je ne suis pas utopiste au point de penser que les Canadiens vont se précipiter pour acheter des produits canadiens plus chers rien que parce qu’ils sont canadiens. Les Canadiens sont assez près de leurs sous. Je dirais, toutefois, qu’il se pourrait bien qu’ils achètent des produits canadiens fabriqués dans leur collectivité, par leurs voisins, s’ils pensent ou savent que le produit concurrent est fabriqué à l’étranger par des esclaves. Je voudrais croire que les consommateurs canadiens, s’ils le savaient, jugeraient répugnant d’acheter des produits fabriqués par des travailleurs exploités. Cependant, nous sommes en 2021 avec d’énormes quantités de produits vendus au Canada par l’intermédiaire d’une chaîne d’approvisionnement qui cache une main-d’œuvre asservie.
    D’après une estimation prudente de l’initiative Walk Free, 40 millions de personnes sont victimes de l’esclavage moderne. Vision mondiale estime que 1 200 entreprises canadiennes importent des produits fabriqués par une main-d’œuvre asservie.
    Dernièrement, l’émission Marketplace de la CBC a diffusé un reportage sur le recours à de la main-d’œuvre asservie dans la fabrication des éléments d’ÉPI que nous utilisons quotidiennement. Le Globe and Mail a publié deux articles sur l’utilisation de travailleurs exploités par des entreprises canadiennes qui fabriquent des produits en Chine. Le Toronto Star a fait paraître un article dévastateur sur les produits venant de l’étranger que les États-Unis interdisent à la vente, mais dont nous autorisons le transbordement au Canada.
    Les sondages commencent à montrer que les Canadiens deviennent de plus en plus inquiets. Certains présentent cet argument contre l’esclavage dans les chaînes d’approvisionnement sous l’angle de l’aversion morale. Je suis d’accord avec eux. D’autres évoquent l’universalité des droits fondamentaux de la personne. Je suis également d’accord avec eux. Quelques-uns, toutefois, parlent de suicide économique et sociétal.
    Si, en tant que consommateurs, nous achetons en connaissance de cause ou sans le savoir un produit issu d’une chaîne d’approvisionnement qui recourt à l’esclavage, nous détruisons une possibilité d’emploi pour un ami, un voisin ou un parent. Rappelez-vous que nous avons affaire à deux économies de la pandémie. Ceux qui gagnent entre 15 $ et 20 $ de l’heure sont les plus durement touchés par l’absence d’emplois. Tout objectif de redistribution ou d’égalité de revenu passe aux oubliettes. Le risque de dommage structurel permanent à l’économie augmente.
    Que faire? Je suis heureux de voir que le gouvernement semble plus réceptif à l’argument moral et des droits de la personne et qu’il renforce son action à cet égard. Nous verrons avec le temps si cette surveillance accrue est efficace. Je propose, cependant, quatre initiatives précises.
    La première est le recours délibéré au processus d’acquisition du gouvernement pour raccourcir la chaîne d’approvisionnement afin qu’elle passe de mondiale à canadienne. Comme quelqu’un l’a dit dans nos consultations prébudgétaires, le changement dans l’approvisionnement devrait se faire le long de la 401.
    Deuxièmement, habilitons l'ombudsman de la responsabilité des entreprises à obliger les entreprises à répondre à des demandes de renseignements sur des atteintes aux droits de la personne.
    Troisièmement, disons très clairement que toute entreprise dont des activités tirent encore parti d’une main-d’œuvre exploitée dans une chaîne d’approvisionnement se verra refuser tout appui consulaire et toute aide financière publique.
    Quatrièmement, adoptons ou reprenons le projet de loi S-216, qui était auparavant mon projet de loi d’initiative parlementaire, le projet de loi C-423. Toutes les entreprises d’une certaine taille devront certifier à leurs actionnaires et au ministre de la Sécurité publique qu’elles ont examiné leurs chaînes d’approvisionnement et qu’elles sont convaincues qu’on n’y trouve pas de main-d’œuvre asservie.
    Non seulement l’esclavage est révoltant d’un point de vue moral et il constitue une violation flagrante des droits de la personne, mais il est aussi dans notre intérêt économique de faire en sorte que les produits que les Canadiens achètent n’ont pas été fabriqués par une main-d’œuvre exploitée. Les travailleurs canadiens sont parmi les meilleurs du monde, mais ils ne peuvent pas concurrencer des esclaves.
    L’objectif louable du gouvernement de réduire les inégalités de revenus ne sera jamais atteint si on laisse exister des chaînes d’approvisionnement contaminées. Le discours du Trône comprend de nombreuses initiatives louables et qui méritent d’être appuyées, mais en ne s’attaquant pas fermement et efficacement à l’esclavage dans les chaînes d’approvisionnement, on court, en fait, à l’échec.
    Je remercie la Chambre de m'avoir accordé son temps et son attention. Je répondrai maintenant avec plaisir aux questions de mes collègues.

  (1150)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue et bon ami du discours qu'il vient de prononcer. Je n'ai qu'un seul problème, un point inquiétant. Il a parlé de l'importance de modifier nos routes d'approvisionnement de façon à aller d'un bout à l'autre de l'autoroute 401. J'aimerais lui donner l'occasion d'inclure aussi les chaînes d'approvisionnement d'est en ouest et du nord au sud de ce grand pays.
    Madame la Présidente, je remercie ma collègue d'avoir souligné ce point. Aussitôt que je l'ai écrit dans mon discours, je savais que quelqu'un aurait cette réaction. Il s'agit en fait d'une citation tirée de la consultation prébudgétaire du caucus de Scarborough.
    La députée a absolument raison. Il est évidemment question d'une chaîne d'approvisionnement à l'intérieur des frontières canadiennes et pas d'une chaîne qui se limite à un bout à l'autre de l'autoroute 401. Toutefois, l'intervenant a fait remarquer que nous devons reconnaître que nous nous sommes donné des vulnérabilités. On parle beaucoup des vaccins dans cette enceinte. L'une des raisons pour lesquelles nous en discutons autant est que le Canada dépend d'autres pays pour lui fournir un produit aussi vital. Si la pandémie nous apprend quelque chose, c'est que nous devons nous pencher sur ces chaînes d'approvisionnement, en particulier celles pour les produits vitaux.

[Français]

    Madame la Présidente, je voudrais vous souhaiter une très bonne année 2021 ainsi qu'à tous mes collègues.
    Je voudrais parler de deux événements survenus la semaine dernière qui ne semblent pas être associés, mais qui le sont plus qu'on ne le pense. En cette époque, durant laquelle on dépense des milliards de dollars pour pallier les besoins des gens en période de pandémie, un itinérant autochtone est décédé dans une toilette chimique, gelé, à 3 heures du matin, à Montréal. La même semaine, on apprenait que la gouverneure générale, pendant trois ans, a terrorisé ses employés alors qu'elle percevait 300 000 $ par année. Elle bénéficiera dorénavant d'une pension à vie de 150 000 $ par année.
    Le gouvernement n'a pas signé d'entente sur le logement avec le Québec pendant trois ans. Cette entente aurait pu permettre de construire des logements sociaux pour les personnes autochtones à Montréal et cela aurait pu permettre de sauver la vie de cette personne qui est décédée la semaine dernière. Par ailleurs, on va donner 150 000 $ par année à vie à une femme qui est totalement inutile qui occupait un poste dispendieux.
    Mon collègue ne pense-t-il pas qu'il est vraiment temps au Canada d'abolir la monarchie?

[Traduction]

    Madame la Présidente, en bref, la réponse est non.
    Madame la Présidente, nous savons que les petites entreprises des secteurs du tourisme et de l’hôtellerie sont très durement touchées par la pandémie. L’impact est dévastateur. Bon nombre d’entre elles sont au bord de la faillite, et l’économie canadienne risque de perdre des centaines de milliers d’emplois d’ici la fin du mois de février.
    En novembre, les libéraux ont annoncé la mise en place du Programme de crédit pour les secteurs très touchés. Or, nous sommes à la fin du mois de janvier, et aucuns fonds n’ont été débloqués. Les libéraux ne semblent pas comprendre que le besoin est urgent. Les petites entreprises ne peuvent pas attendre des semaines ou des mois, elles ont besoin d’aide maintenant.
    Les libéraux peuvent-ils nous dire quand l’aide promise aux petites entreprises particulièrement touchées va leur parvenir? Combien de petites entreprises vont-elles devoir fermer leurs portes définitivement pour que le gouvernement libéral se décide à débloquer les fonds promis? C’est urgent.
    Madame la Présidente, il n’y a personne, au gouvernement ou dans l’opposition, qui ignore les effets catastrophiques que cette pandémie a sur les petites entreprises en particulier, et sur leurs chances de survie. Je sais pertinemment que le gouvernement est très conscient de la situation.
    La question est de savoir comment faire parvenir ces fonds aux particuliers et aux entreprises. La subvention pour le loyer en est un aspect, la subvention salariale en est un autre. Je pense que l’adoption du projet de loi C-14 permettra d’accélérer l’acheminement de cette aide aux petites entreprises.

  (1155)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Scarborough—Guildwood d'avoir partagé son temps de parole avec moi aujourd'hui.
    Je suis heureux de prendre la parole pour débattre du projet de loi C-14. J'aimerais commencer par remercier tous les travailleurs essentiels de tout le Canada, mais particulièrement ceux et celles de ma circonscription, Acadie—Bathurst, qui, depuis le premier jour de cette pandémie, travaillent dans les épiceries, dans les hôpitaux, dans les foyers de soins et dans tous les différents domaines. Ce sont de vrais héros.

[Traduction]

    Je voudrais remercier tous les travailleurs essentiels de la circonscription d’Acadie-Bathurst qui travaillent inlassablement depuis le début de la pandémie, au Canada et dans le monde entier. Ce sont eux les vrais héros, qui travaillent dans les épiceries, les hôpitaux ou les maisons de retraite. Je les remercie du fond du cœur d’être là pour nous, et ce, depuis le début de la pandémie.

[Français]

    Depuis le début de la pandémie, nous avons été là pour les familles canadiennes. Nous avons fourni différents types d'aide, notamment aux travailleurs et aux travailleuses qui ont perdu leur emploi, par le truchement de la PCU, par exemple. Nous avons été là pour les entreprises de ma région et de tout le Canada qui ont dû fermer leurs portes à cause de cette pandémie. La subvention salariale a été une aide énorme qui leur a permis de garder leurs employés. C'est pour cette raison que nous allons poursuivre sur cette lancée et continuer d'aider les familles canadiennes, ainsi que les travailleurs et les travailleuses. Nous allons faire en sorte qu'ils aient les programmes nécessaires pour traverser ces moments difficiles.
    Je parlais de la PCU, mais dans ma région nous avons plusieurs secteurs sur lesquels nous avons créé et bâti notre économie depuis des siècles. Je pense par exemple au domaine des pêches. Au début de la pandémie, il y avait une très grande incertitude en ce qui concerne le domaine des pêches. Nous avons donc mis en place, avec la ministre des Pêches et notre gouvernement, une aide de 470 millions de dollars pour aider les pêcheurs à traverser cette difficile période d'incertitude relativement aux marchés où nous exportons nos produits de la mer. Il s'agit d'un investissement incroyable dans ce domaine et il faut continuer à faire en sorte que notre secteur des pêches soit florissant pour les années à venir.
    Au sujet des familles, pour ne pas répéter tout ce que mes collègues ont dit avant moi, l'Allocation canadienne pour enfants est pour moi l'un des plus beaux legs que nous allons pouvoir laisser à ce pays. Des milliers et des millions de familles ont pu avoir accès à ce programme.

[Traduction]

    S’agissant de l’Allocation canadienne pour enfants, les chiffres de conscription d’Acadie-Bathurst sont incroyables. La dernière fois que j’ai vérifié, j’ai vu qu’un total de 3,5 millions de dollars sont versés chaque mois à des ménages de la circonscription, et ce n’est pas imposable. Et qui plus est, 10 520 enfants bénéficient de cette allocation, ce qui est un chiffre extraordinaire.

[Français]

    Depuis que nous l'avons mis en place en 2016, ce programme a aidé énormément les familles, mais, lorsque la pandémie est arrivée, nous avons injecté des fonds supplémentaires pour aider ces familles à passer au travers de cette crise et à avoir un peu plus d'argent dans leurs poches.
    Le programme de prêts aux entreprises est administré par nos différentes agences régionales. Je salue en passant les CBDC, ici dans ma circonscription, à Bathurst ou à Tracadie-Sheila, qui ont aidé énormément les entreprises à surmonter ces moments difficiles. Nos institutions financières ont permis de fournir ces programmes de prêts aux entreprises.
    Le projet de loi C-14 permet justement d'améliorer ces programmes et de fournir un peu plus d'aide pour ces familles et ces entreprises dans ma circonscription et ailleurs au Canada. Prenons l'exemple des étudiants. Comme nous l'avons dit, nous voulons que les intérêts sur le remboursement des prêts étudiants soient annulés. Cela permettra aux étudiants de souffler un peu. Mes collègues savent sans doute ce que c'est, eux qui ont certainement été étudiants comme je l'ai été aussi. C'est stressant pour les étudiants d'avoir à se soucier de faire les paiements de leur dette d'études, de se demander s'ils auront un emploi au cours de leurs études, surtout que c'est très difficile présentement dans la province du Nouveau-Brunswick compte tenu des multiples restrictions et fermetures. Donc d'arrêter d'avoir à payer des intérêts aidera les étudiants à passer au travers des moments difficiles actuels.

  (1200)  

    L'augmentation du montant de l'Allocation canadienne pour enfants est une autre mesure qui sera extrêmement bénéfique pour les familles de notre région. Ce montant additionnel pourra s'élever jusqu'à 1 200 $ pour les familles dont le revenu net est de 120 000 $ ou moins. Celles dont le revenu net est supérieur à 120 000 $ recevront également un montant additionnel. J'espère que mes collègues des partis de l'opposition ne s'opposeront pas à cette mesure d'aide destinée aux familles de partout au Canada et de leur circonscription respective. Comme nous le savons, beaucoup de familles au Canada bénéficient de ce programme.
    Encore une fois, nous voulons donner un peu de répit aux gens qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale et, peut-être aussi, de consommation de substances. Nous savons que cette pandémie a affecté énormément de personnes et que certaines ont dû rester seules pendant de nombreuses semaines. Cela a certainement eu un effet négatif sur leur santé mentale. On pense souvent que la résidence est l'endroit où les gens se sentent le plus en sécurité, mais ce n'est toujours pas le cas. Il y a de nombreux cas de violence conjugale et il faut faire en sorte que cela cesse. Ce projet de loi permettra d'offrir beaucoup plus de soutien à ces personnes vulnérables en temps de pandémie.
    Plus tôt, j'ai mentionné que le Fonds d'aide et de relance régionale dans nos régions, le FARR, avait été d'une aide inestimable pour les entreprises de notre région. Nous allons donc bonifier cette mesure d'aide afin que plus d'entreprises aient accès à ces fonds qui seront distribués par l'entremise de l'Agence de promotion économique du Canada, avec la collaboration d'agences régionales comme les Corporations au bénéfice du développement communautaire, ou CBDC.

[Traduction]

    Pour ce qui est du financement de tous les programmes d’aide mis à la disposition des Canadiens et des gens de ma circonscription, 8 dollars sur 10 proviennent du gouvernement fédéral. Quand je vois qu’une province comme le Nouveau-Brunswick, qui a reçu d’énormes paiements de transfert pour toutes sortes de programmes, n’est pas capable de venir en aide à sa propre population, je trouve cela tout à fait inacceptable.
    J’ai vu aujourd’hui un rapport selon lequel une bonne partie de l’argent que nous transférons aux provinces n’est pas acheminé aux Canadiens, notamment dans le cas de ma province du Nouveau-Brunswick. Je trouve révoltant que les familles de ma province qui ont besoin d’aide ne reçoivent pas l’argent que le gouvernement fédéral a transféré à la province. Pour donner des chiffres précis, je dirai que 7 452 $ sont actuellement versés par le gouvernement fédéral et seulement 75 $ par le gouvernement Higgs.
    Tous les gouvernements ont un rôle à jouer pour aider les Canadiens dans ces temps difficiles. J’espère que le gouvernement du Nouveau-Brunswick acheminera ces fonds aux petites entreprises et aux habitants de ma province qui en ont besoin.

[Français]

    Nous n'allons cependant pas nous arrêter là. Nous avons dit que tous les Canadiens et toutes les Canadiennes seraient pris en charge, et c'est ce que nous nous sommes efforcés de faire depuis le début. À l'aide des différents programmes que nous avons mis en place, nous serons capables de traverser cette période difficile et de relancer notre économie.
    Je constate qu'il ne me reste que peu de temps, mais j'ai oublié d'aborder certains éléments, notamment en ce qui concerne les aéroports. En raison des compressions budgétaires de la part de différentes compagnies aériennes, ma région a perdu son aéroport. Je suis content de voir que notre gouvernement ne donnera pas d'aide financière à ces compagnies aériennes tant et aussi longtemps que nos liaisons régionales ne seront pas rétablies et que les passagers canadiens n'obtiendront pas le remboursement de leurs billets d'avion.

  (1205)  

    J'espère que mes collègues appuieront le projet de loi C-14 pour venir en aide aux familles canadiennes et à nos entreprises.

[Traduction]

    Monsieur le Président, on me dit que les petites entreprises et les consommateurs sont étranglés par les taux d’intérêt des cartes de crédit. Au Canada, nous payons les taux d’interchange les plus élevés au monde. En fait, les libéraux se sont engagés à faire accepter aux sociétés de cartes de crédit un taux de 1,4 %, alors qu’en Europe, ils ont légiféré un plafond de 0,3 % et en Australie, un taux de 0,5 %.
    Pendant la 42e législature, une ancienne députée libérale, Linda Lapointe, a présenté le projet de loi C-236 à 16 reprises, avant de le retirer du Feuilleton. Les libéraux prétendent qu’ils ne sont pas de mèche avec les grandes banques et les sociétés de cartes de crédit, mais en retirant son projet de loi, elle a renoncé à la promesse qu’elle avait faite à l’Association des dépanneurs du Québec et à l’Association canadienne des détaillants.
    Les sociétés de cartes de crédit engrangent des profits inouïs depuis le début de la pandémie. Elles ne font pas leur part. Elles ne sont pas solidaires. Quand le gouvernement va-t-il proposer un projet de loi pour limiter les taux d’interchange, comme cela s’est fait en Europe et en Australie, au lieu de laisser les petites entreprises et les consommateurs assumer un fardeau aussi lourd en temps de crise? Il est temps que ces sociétés payent leur juste part et il est temps que les libéraux assument leurs responsabilités.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Je pense que les Canadiens ont constaté que notre gouvernement a fait depuis les premiers jours tout ce qu'il pouvait faire pour aider les gens et les entreprises à surmonter les moments difficiles que nous savons qu'ils vivent actuellement. C'est pour cette raison que nous avons instauré une panoplie de programmes pour aider les Canadiens et Canadiennes à surmonter cette crise.
    Le projet de loi C-14 fait exactement cela. Il aide les familles et les entreprises et donne à ces dernières un peu plus de souplesse pour effectuer les paiements qu'elles ont de la difficulté à faire parce que l'économie tourne un peu au ralenti.
    Je suis tout à fait d'accord avec mon collègue qu'il faut faire tout notre possible pour réduire le plus possible le fardeau financier des Canadiens et des Canadiennes. Je suis d'accord qu'il faut étudier soigneusement cette question et déterminer comment améliorer les choses dans le cas de certaines compagnies qui, comme on le sait, abusent parfois des consommateurs canadiens.
    Monsieur le Président, je ne partage pas tout à fait l'idée que le gouvernement fait tout pour aider les entreprises. En effet, certains secteurs, peut-être même dans le coin de pays du député, attendent encore des programmes d'aide. Je pense qu'il demeure urgent de soutenir ces secteurs, particulièrement les plus vulnérables.
    Pourquoi ne modifier la Loi de l'impôt sur le revenu en lien avec l'Allocation canadienne pour enfants que pour les enfants de moins de 6 ans? Pourquoi ne pas aussi viser les enfants de 6 ans et plus?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.
    Je suis parent moi aussi, père de deux jeunes filles qui vont maintenant à l'école. Comme on le sait, les enfants de 6 ans et moins fréquentent pour la plupart une garderie. Or, du moins au Nouveau-Brunswick, où nous n'avons pas la chance d'avoir un système provincial de services de garde comme au Québec, ces services coûtent souvent extrêmement cher.
    Je suis content que, dans son énoncé économique de l'automne, le gouvernement ait annoncé qu'il voulait instaurer un programme national de services de garde. Un tel programme pourrait énormément aider toutes les familles canadiennes en assurant des services de garde abordables. C'est pour cela que nous proposons de bonifier l'Allocation canadienne pour enfants de 1 200 dollars par enfant pour les familles à revenu faible ou moyen, et de 600 dollars pour les familles à revenu plus élevé. Je pense que cela va vraiment beaucoup aider ces familles.
    J'espère aussi que les provinces — comme la mienne, le Nouveau-Brunswick — qui ne font rien depuis le début pour aider leurs citoyens vont s'associer au gouvernement fédéral pour bonifier les programmes que nous avons mis en place pour elles.

  (1210)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je compte partager mon temps avec le député de Dufferin—Caledon.
    Nul ne saurait sous-estimer les graves conséquences de la COVID-19 et l’impact qu’elle a sur la vie des gens, des collectivités et de tout le pays. L’époque que nous vivons est hors-norme, et nous avons pris des mesures importantes pour atténuer les conséquences de la pandémie.
    Au tout début de la pandémie, les conservateurs étaient prêts à travailler avec le gouvernement pour trouver des solutions pour venir en aide aux Canadiens. Nous savions qu’il fallait agir avec rapidité et efficacité, afin que ceux qui subissaient l’impact économique du confinement puissent avoir accès à l’aide dont ils avaient besoin. Nous avons demandé au gouvernement de fermer les frontières, ce qu’il a refusé de faire pendant des mois, avec les dégâts considérables que cela a malheureusement entraînés. Pour empêcher la disparition des emplois, nous avons proposé aux libéraux de faire passer la subvention salariale de 10 % à 75 %. Lorsque les électeurs de nos circonscriptions nous ont dit qu’ils avaient du mal à avoir accès au programme de subvention du loyer et aux autres prestations d’urgence, nous avons immédiatement proposé des changements que nous avons défendus avec véhémence. Mais il a fallu souvent des semaines voire des mois pour que le gouvernement réponde. Et encore, pour certains changements que nous avons proposés, nous attendons toujours sa réponse. Finalement, certaines solutions ont été mises en œuvre.
    On a fait tout cela au motif qu’il fallait apporter une aide raisonnable aux Canadiens, en attendant la fin de la pandémie et l’instauration d’un climat économique plus stable. Mais aujourd’hui, près d’un an plus tard, nous sommes au bord du précipice. Le pays accuse un déficit et un endettement astronomiques, nous n’avons pas de plan de relance, et la folie dépensière du gouvernement ne semble pas avoir de fin. Au cours des 12 derniers mois, notre pays a adopté un grand nombre de politiques qui, en temps normal, nous auraient mis sur la voie des économies cubaines ou vénézuéliennes, avec des millions de chômeurs et de particuliers qui dépendent du gouvernement pour leur survie. Cela ne peut pas durer très longtemps, mais curieusement, et c’est inquiétant, le gouvernement fédéral propose maintenant qu’un grand nombre des mesures qui ont été mises en place pendant la pandémie deviennent permanentes. C’est tout simplement effrayant.
    Le déficit de cette année devrait s’élever à un peu moins de 4 milliards de dollars, faisant grimper notre dette nationale au niveau record de 1,1 billion de dollars. C’est un chiffre astronomique, qui ne veut pas dire grand-chose pour beaucoup d’entre nous. Les changements que le projet de loi propose d’apporter à la Loi sur le pouvoir d’emprunt visent à faire passer la limite d’emprunt à 1,8 billion de dollars, soit une hausse faramineuse de 700 milliards de dollars. Je sais que ce sont des chiffres considérables, mais pour le dire en termes simples, nous vivons dans une économie de cartes de crédit. Nous consommons plus que nous ne produisons. Nous achetons plus que nous ne vendons. Nous empruntons au monde entier afin de pouvoir acheter des biens au monde entier. Nous perdons des emplois et de l’argent pour acheter des biens étrangers. Aux étrangers les emplois, les investissements et l'épargne, et aux Canadiens, la dette. Bref, nous sommes dans le pétrin.
    Le gouvernement prévoit d’augmenter ses dépenses, mais il n’a pas de plan de relance économique, et cela devrait inquiéter les Canadiens. Car le gouvernement a la responsabilité d’encourager la prospérité économique du Canada, en adoptant des politiques susceptibles d’attirer les investisseurs dans notre pays plutôt que de les en dissuader; des politiques visant à encourager les créateurs d’emplois, plutôt que de les punir; des politiques qui valorisent ceux qui travaillent fort dans le secteur privé, plutôt que de les mettre dans une situation où ils sont obligés de dépendre de l’aide du gouvernement.
    Il serait tout à fait irresponsable de ma part et de la part des autres députés d’appuyer la proposition du gouvernement de dépenser des centaines de milliards de dollars en l’absence d’un plan de relance économique et de mécanismes de reddition de comptes. Le gouvernement actuel fait preuve d’un piètre leadership, et les Canadiens méritent mieux. Pour remettre le Canada sur les rails, il faut lâcher la bride aux créateurs de richesses, aux innovateurs et à ceux qui savent prendre des risques. Il faut faire confiance aux habitants de ce beau pays.
    En réponse à une question portant sur les dépenses du gouvernement, le premier ministre a dit: « Nous nous sommes endettés pour que les Canadiens n'aient pas besoin de le faire ». Je suis désolée de devoir lui dire que ce n’est pas de cette façon que cela fonctionne. Les gouvernements n’ont pas d’argent. Le gouvernement n’a pas de compte spécial qui ne soit pas alimenté à partir d’une source précise, et cette source, c’est nous, les contribuables canadiens. Moins il y a de recettes fiscales, moins il y a d’argent à consacrer aux programmes sociaux, à la santé, aux infrastructures et à l’éducation. C’est pour cela que je ne comprends pas pourquoi les libéraux ne se battent pas pour des industries comme le secteur énergétique, la fabrication ou l’agriculture, car ce sont des industries qui contribuent à stabiliser nos économies depuis des décennies. Elles sont bien placées pour continuer à le faire, mais elles ont besoin d’un gouvernement qui croit en elles.

  (1215)  

    À l’époque où le premier ministre était empêtré dans le scandale SNC-Lavalin, parce qu’il avait, on s’en souviendra, exercé des pressions sur l’ancienne procureure générale pour qu’elle tire d’embarras une société accusée d’infractions criminelles, il a dit qu’il l’avait fait pour sauver des emplois. Qu’en est-il des emplois dans l’Ouest du Canada aujourd’hui? Qu’en est-il des emplois qui se sont envolés à cause de l’annulation du projet Keystone XL?
    Pourquoi le premier ministre ne se donne-t-il même pas la peine de prendre son téléphone pour défendre les emplois de ces travailleurs? Il n’y a que les emplois de sa circonscription qui comptent pour lui? Le Canada mérite d’avoir un premier ministre qui lutte pour l’unité du pays, et pas contre. Le Canada a besoin d’un premier ministre qui croit fermement que le Canada est une seule nation d’un océan à l’autre et que cette nation mérite d’être défendue dans toutes ses composantes.
    Le ratio dette-PIB va passer à 56 % cette année. Ce n’est pas très loin de notre record de 66 %, en 1996, quand le Wall Street Journal avait dit que le Canada était « un membre honoraire du tiers-monde ».
    Pendant que le secteur privé s'érode rapidement, le gouvernement se gave. C’est absolument insoutenable, mais cela profite incroyablement à un parti politique qui réussit d’autant mieux quand les Canadiens dépendent du gouvernement. Distribuer l’argent à tout vent est le rêve d’un dirigeant politique. Cela lui permet de gagner l’affection de son peuple, et d'être perçu comme son héros, son gardien et son sauveur, en quelque sorte.
    Les dirigeants responsables s’abstiennent d’utiliser cet outil tentant. Au lieu d’en faire une solution à long terme, ils imposent des limites et des restrictions. Ce n’est pas ce que fait notre dirigeant actuel. Malheureusement, depuis un certain temps déjà, le gouvernement actuel alimente l’animosité envers les créateurs d’emploi et les générateurs de richesse. Les libéraux bâtissent une société qui laissera tout le monde moins prospère et plus dépendant du gouvernement.
    Les libéraux aiment parler de donner et de recevoir, mais je veux parler de la valeur de gagner sa vie. Je parle du privilège, de l’honneur et de la dignité du travail. C’est une chose incroyable pour quelqu’un de gagner ce qu’il reçoit. Des études montrent que les personnes qui touchent de l’argent sans l’avoir gagné sont plus susceptibles d’être déprimées et moins susceptibles d’être heureuses ou de se sentir épanouies. Chaque fois que nous discutons de l’augmentation permanente des cadeaux du gouvernement, nous devons en examiner les ramifications potentiellement négatives, non seulement pour l’économie, mais pour la société et la population. Les gens sont importants. Les Canadiens doivent être libres d’utiliser leurs dons, leurs talents et leurs capacités pour améliorer leur sort, pour en faire profiter leurs communautés locales et pour reconstruire.
    Ronald Reagan a lancé une phrase restée célèbre: « Les mots les plus terrifiants de la langue sont: Je suis du gouvernement et je viens vous aider ».
    Je suis convaincue que les programmes gouvernementaux ne sont pas la solution pour remettre le Canada sur les rails. Les Canadiens sont la réponse. Ce sont les Canadiens qui ont l’ingéniosité, l’éthique du travail et la capacité de trouver des solutions aux problèmes auxquels notre pays est confronté.
    Ronald Reagan a dit aussi: « Le plus grand leader n’est pas nécessairement celui qui accomplit les plus grandes choses; c'est celui qui amène les gens à accomplir les plus grandes choses ». Franchement, j’en ai assez d’entendre le gouvernement faire preuve de condescendance envers les Canadiens en leur disant essentiellement de rester assis sur la touche et d’applaudir. Quel entraîneur laisse ses meilleurs joueurs sur le banc?
    Au lieu de mettre le gouvernement dans la position d’être l’ultime source de solutions aux problèmes et d’exploiter la pandémie pour accroître le contrôle que le gouvernement exerce dans la vie des Canadiens, je crois qu’une occasion véritable s’offre à nous de faire exactement le contraire. Nous pouvons braquer les projecteurs sur les Canadiens: ceux qui sont des rêveurs, des preneurs de risque, des générateurs de richesse et des créateurs d’emplois. Il est temps de les envoyer sur la glace. Ils ont la capacité de proposer des idées exceptionnelles, de régler des problèmes et de bâtir un avenir dynamique. Nous devons libérer le pouvoir de la main-d’œuvre afin que les Canadiens puissent commencer à toucher des chèques de paie plutôt que des subventions du gouvernement.
    Les libéraux peuvent essayer de réinitialiser, relancer et réimaginer ce pays, mais le fait est que le pouvoir appartient au peuple. Les Canadiens ont toujours été, et seront toujours, la solution aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est temps de laisser les Canadiens patiner.

  (1220)  

    Monsieur le Président, nous continuons à entendre parler du niveau d’endettement qui a augmenté tout au long de la pandémie. J’ai entendu ce commentaire à plusieurs reprises hier, et la députée en a parlé aujourd'hui. Cependant, je rappelle que la Chambre a adopté à l’unanimité, à chaque étape du processus, presque tous les projets de loi et les mécanismes nécessaires pour soutenir les Canadiens et mettre en place les ressources pour ce faire.
    Dans les cas où il y a eu consentement unanime, il suffisait à la députée ou à tout autre député de se lever pour exprimer son désaccord. Une seule intervention aurait suffi pour déclencher un processus beaucoup plus détaillé pour établir comment nous y prendre pour engager ces dépenses, en passant par les différentes étapes d’examen par les comités de la Chambre. La députée n’a pas dit non. Aucun député n’a dit non. Je savais que le moment viendrait où les conservateurs commenceraient à critiquer le gouvernement à cause du niveau d’endettement, mais en réalité, ils ont été des acteurs de ce processus. Ils ont participé à cet endettement.
    Après avoir voté oui à chaque étape du processus, comment la députée peut-elle justifier d’être exagérément critique à l’égard du gouvernement au sujet de la dette contractée?
    Monsieur le Président, il y a des situations qui justifient un faible endettement à court terme. Toutefois, la dette dont il est ici question aurait dû être contractée principalement pour créer des emplois et investir dans des projets et des secteurs qui allaient servir le Canada à long terme.
    Cela dit, dans certains circonstances, notamment en raison d’une pandémie, il est justifié que le gouvernement vienne en aide à ceux qui en ont le plus besoin. Pour des raisons indépendantes de leur volonté, de nombreux Canadiens ont perdu leur emploi. Le gouvernement a adopté une politique de confinement qui a fait en sorte que de nombreuses personnes ont perdu leur gagne-pain. Le gouvernement a imposé le confinement. Par conséquent, il lui appartenait d’intervenir et d’aider. J’ai voté pour cette mesure et je suis fière de l’avoir fait. Par contre, je ne suis pas fière de l'orientation que prend le gouvernement pour l’avenir à long terme puisqu'il continue à s’endetter au détriment des Canadiens. Il fait fausse route.
    Bonne année, monsieur le Président. Je sais que ma collègue a beaucoup parlé de travail. Moi aussi, je souhaite que les Canadiens puissent se trouver un emploi, mais nous savons que beaucoup de gens sont incapables de travailler. Je vais donner un exemple: 70 % des adultes qui ont une grave déficience intellectuelle et qui ne peuvent pas travailler vivent dans la pauvreté. Des personnes âgées sont incapables de travailler et vivent dans la pauvreté. Bon nombre d’étudiants qui n’ont pu travailler à cause de la pandémie vivent maintenant dans la pauvreté et ne peuvent pas retourner aux études. Voilà un autre exemple. Des Autochtones, dans de nombreuses communautés où le taux de chômage est de 95 % en raison des effets persistants de la Loi sur les Indiens et de la colonisation, ne peuvent pas travailler eux non plus.
    Sachant cela, comme c’est certainement bien documenté, ma collègue serait-elle favorable à l'idée d'un revenu de base garanti? Ma collègue est-elle d’accord pour aider davantage les étudiants qui, pour des raisons indépendantes de leur volonté, ont été pénalisés par la pandémie? Ma collègue souscrirait-elle aussi à un revenu de base garanti pour les personnes handicapées qui, comme nous le savons, ont été complètement laissées pour compte pendant la pandémie?
    Monsieur le Président, cette question s’est transformée, passant de la célébration du travail, qui m’enthousiasmait beaucoup, à l’écrasement du travail et de ses bienfaits. C’est d'une grande tristesse.
    Les Canadiens dont nous parlons ont un potentiel, des capacités, des dons, des talents et des contributions incroyables à apporter à ce grand pays. En mettant en place des mécanismes qui les laisseraient sur la touche, nous aggraverions en fait la situation de notre pays. Pourquoi n’avons-nous pas une vision plus ambitieuse que cela pour les gens? Pourquoi ne croyons-nous pas qu’il faut les laisser s’épanouir? Pourquoi ne pas les laisser utiliser leurs dons, leurs talents et leurs capacités pour résoudre les problèmes, pour trouver des solutions et pour être les personnes qu’elles sont censées être?
    Je comprends que certains vivent avec un handicap et qu’ils méritent absolument toute l'aide qu’ils peuvent obtenir. C’est approprié pour le gouvernement d’intervenir et de fournir de l'aide à ceux qui sont incapables de s’en sortir tout seuls. Cependant, le reste d’entre nous devrait être à l'œuvre. Utilisons nos dons, nos talents et nos capacités pour faire de ce pays un endroit extraordinaire. Travaillons.

  (1225)  

    Monsieur le Président, 58 000 entreprises ont fermé leurs portes en 2020. Il y a 58 000 familles qui n’auront pas le revenu qu’elles auraient pu tirer de leur entreprise familiale. Selon la FCEI, le nombre de petites entreprises qui fermeront leurs portes en 2021 pourrait atteindre 200 000. Pensez aux conséquences dévastatrices que cela aura sur les familles qui dépendent de ces entreprises pour gagner leur vie ainsi que sur les collectivités où des emplois seront perdus. Les conséquences économiques de ces fermetures d’entreprise seront dévastatrices.
    Les nouvelles entreprises ont été particulièrement ignorées par le gouvernement libéral tout au long de la pandémie. En décembre, j’ai eu l’occasion de poser au gouvernement une question concernant les nouvelles entreprises. J’ai parlé d’un homme du nom de Paul, qui habite dans ma circonscription. Paul allait lancer sa petite entreprise en mars 2020. Bien sûr, cela ne s’est pas produit en raison du premier confinement, et le lancement de son entreprise a été reporté au mois de mai. Depuis lors, il a fait des efforts désespérés pour que son entreprise soit viable. Il n’a pas droit à la subvention salariale. Il n’a pas droit à la subvention pour le loyer. Pourquoi en est-il ainsi? C’est parce qu’il a décidé de créer une entreprise et que le gouvernement a délibérément choisi de ne pas soutenir les personnes qui ont pris la décision de créer une petite entreprise. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement a fait ce choix. J’ai posé la question à de nombreuses reprises. Je n’ai toujours pas de réponse.
    Les gens comme Paul investissent leurs économies, l’argent pour lequel ils ont travaillé toute leur vie, dans une entreprise et prennent un grand risque. Ils consacrent des centaines d’heures à cette entreprise, 50, 60, 70, 80 ou 90 heures par semaine. C’est ce que font les entrepreneurs pour faire prospérer leur entreprise.
    Pour continuer à faire tourner son entreprise, Paul a dû obtenir une ligne de crédit garantie par sa maison et y investir davantage dans une tentative désespérée pour que l’œuvre de sa vie reste viable. J’ai plaidé sa cause auprès de la ministre en décembre. J’ai exposé exactement les circonstances que je présente maintenant. J’ai demandé à la ministre de bien vouloir donner quelque chose à Paul.
    La réponse a été que Paul devrait se tourner vers les programmes d’aide régionaux. C’est là qu’il y aurait quelque chose. Bien sûr, j’avais examiné les programmes d’aide régionaux en tentant désespérément d’aider Paul et les entreprises comme la sienne, non seulement dans ma circonscription, mais dans tout le pays. Comme je l’ai appris à la faculté de droit, le diable se cache dans les détails. Pour que Paul puisse bénéficier d’un programme d’aide régional, il devait être opérationnel avant le 15 mars 2020. En gros, la réponse de la ministre a été: « Désolée, il n’y a rien pour Paul. »
    Depuis que j’ai posé la question en décembre, des dizaines de propriétaires d'une nouvelle entreprise de ma circonscription se sont adressés à moi, me demandant désespérément comment ils pouvaient obtenir une forme de soutien financier pour pouvoir poursuivre leurs activités, éviter la faillite et ne pas perdre les économies de toute une vie, pour que leur entreprise puisse continuer à employer des personnes qui pourront ensuite faire vivre leurs propres familles. Ces gens veulent désespérément mettre fin à l’effet domino de la fermeture des entreprises et à l’impact dévastateur que cela a sur les propriétaires, les employés et la collectivité. Hélas, je n’ai pas de bonne réponse pour ces personnes, car le gouvernement est conscient du problème.

  (1230)  

    J’ai posé la question lors de la période de questions, et mes collègues conservateurs ont fait de même à de nombreuses reprises, et il n’y a jamais eu de réponse. Nous débattons maintenant d’un projet de loi qui mettrait en œuvre de nouveaux programmes économiques. Les conservateurs ont demandé au gouvernement ce qu’il faisait pour soutenir les nouvelles entreprises et pourquoi ces entreprises ne méritaient aucun soutien. Par conséquent, les libéraux sont au courant de la question. C’est clair. Ils l’ont entendue. Ils l’ont entendue de la part de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante et des députés de l’opposition, qui ont demandé si cette loi comportait des mesures pour aider les nouvelles entreprises. La question est absolument rien.
    Cela nous amène à nous poser la question suivante. Le gouvernement a ouvert les vannes des dépenses. Il dépense de l’argent pour tout et pour tous. Nous accumulons des dettes à un rythme effroyable. Pourquoi les libéraux ont-ils délibérément choisi de ne pas soutenir les nouvelles entreprises? Je voudrais que l’on revienne à cette question.
    Quand des personnes décident de devenir entrepreneurs et de créer une entreprise, elles le font en prenant beaucoup de risques. Elles doivent investir leur propre argent et, souvent, fournir des garanties personnelles, ce qui peut comprendre une garantie hypothécaire sur leur maison. Elles prennent beaucoup de risques. Elles travaillent 50, 60, 70, 80, 90 heures par semaine dans l’espoir que leur entreprise sera florissante. Le confinement a été décidé, nous le comprenons, mais pourquoi le gouvernement a-t-il délibérément choisi d’ignorer des personnes comme Paul ou Michella, avec qui j’ai parlé hier de son entreprise? Cela dépasse mon entendement.
    Quand je pense à la réponse que le gouvernement donne à ce sujet, qui est en fait peut-être d’envisager un programme d’aide régional, elle est tellement décalée et insultante pour les propriétaires d’entreprise qui travaillent d’arrache-pied à la réussite de leur activité! Cela me rappelle quelqu’un d’autre qui était tout à fait déconnecté de la réalité en pleine crise. Il y a ce terrible propos de Marie-Antoinette. Alors que la population ne trouvait plus de pain, elle a dit: « Donnez-leur de la brioche ». Vous savez quoi? C’est ce que dit le gouvernement aux entrepreneurs et aux propriétaires de jeunes entreprises qui risquent tellement. « Donnez-leur de la brioche. » Je trouve cela insultant.
    Je défends ici les intérêts non seulement des petites entreprises et des nouvelles entreprises de ma circonscription, mais aussi des entreprises de tout le pays. Elles méritent mieux que ce que leur donne le gouvernement. S’il ne va rien leur donner, s’il a pris délibérément cette décision, ce que je suis bien obligé de conclure, s’il a choisi sciemment de laisser péricliter ces entreprises, il devrait le dire. Ne les renvoyez pas à un programme qui n’offre absolument aucune aide. Le gouvernement devrait dire qu’il est désolé parce qu’il a décidé que ces entreprises vont péricliter et leur souhaiter bonne chance.
    En ce moment, il n’y a qu’une activité qui prospère rapidement dans ma circonscription et qui se porte à merveille. Ses panneaux sont partout, dans les centres commerciaux et au cœur des centres-villes. Les députés veulent-ils savoir quelle est cette activité? C’est celle des panneaux « À louer ». Ils prolifèrent dans toute ma circonscription et dans tout le pays. Pourquoi? À cause des décisions que prend délibérément le gouvernement, et je ne saurais dire pourquoi. J’aimerais savoir pourquoi on dit aux nouvelles entreprises que les libéraux n’en ont rien à faire et qu’elles peuvent cesser leur activité. Ils ont l’occasion de corriger cela. Nous débattons de ce projet de loi maintenant. Pourquoi refusent-ils d’y apporter quelques simples changements pour que de jeunes entreprises ne fassent pas faillite?

  (1235)  

    Monsieur le Président, j’ai écouté attentivement mon collègue. À la fin de son intervention, il a parlé de quelque chose qui apparemment prolifère dans sa circonscription, c’est-à-dire les panneaux « À louer ». Il se passe la même chose dans ma circonscription, où ils se multiplient. Je dirais, toutefois, que l’apparition de ces panneaux n’est pas nécessairement due à un manque de soutien aux jeunes entreprises, mais au fait que des entreprises qui existent depuis un bon moment choisissent de cesser leur activité. Je crois, personnellement, que le gouvernement essaie, à bien des égards, avec l’appui des partis d’opposition et leur consentement aux dépenses, d’aider les entreprises en général. Le député soulève des points très valables au sujet des jeunes entreprises et j’espère qu’il aura l’occasion d’en parler quand le comité étudiera le projet de loi, afin que nous puissions discuter davantage du soutien que nous pouvons apporter aux jeunes entreprises.
    Le député n’est-il pas d’accord qu’il est tout aussi essentiel de soutenir les entreprises existantes? Si nous n’avions rien fait, on verrait s’afficher encore plus de panneaux à louer.
    Monsieur le Président, je tiens à rendre à César ce qui appartient à César. Il y a des aides aux entreprises en général, y compris le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes et la subvention salariale, après ses quelques ratés au départ, quand la première version laissait à désirer et que la plupart des entreprises n’y avaient pas accès. Je tire, bien entendu, mon chapeau au gouvernement d’avoir pris la décision de soutenir les entreprises. Il fallait le faire et il l’a fait.
    J’ai une question en particulier. Je demanderai au député d’en face d’aller à la réunion de son caucus mercredi et de soulever la question des nouvelles entreprises. Elles méritent tout autant d’être soutenues que les autres entreprises. Elles ont pris les mêmes risques. Elles ont investi autant de sang, de sueur et de larmes, comme on dit, et autant de capitaux. Elles sont autant exposées et elles subissent aussi des pertes financières personnelles en cas de faillite. Retournez voir le premier ministre et la ministre des Finances et demandez-leur de bien vouloir apporter les changements voulus pour que ces nouvelles entreprises aient la chance de prospérer.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député d’avoir soulevé cette question très importante au sujet des jeunes entreprises qui n’ont pas droit aux programmes d’aide d’urgence du gouvernement. J’ai posé la même question vendredi à la ministre de la Petite Entreprise.
    Beaucoup d’entreprises de ma circonscription ne sont pas admissibles à ces programmes et leurs propriétaires ont investi énormément de leurs économies pour créer une entreprise ou en relancer une. Elles n’ont pas droit à la subvention salariale ou au programme d’aide au loyer commercial. Elles ne peuvent pas accéder au Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes. Le gouvernement peut prendre des mesures qui permettraient à ces entreprises d’être admissibles à des aides et qui éviteraient d’avoir à se préoccuper d’entreprises fraudeuses.
    Ces jeunes entreprises ont des dépenses qu’elles peuvent prouver. Nombre d’entre elles ont réussi à payer des salaires ou des loyers pendant des mois. Le gouvernement doit les autoriser à accéder à ces programmes. Beaucoup en sont à leur deuxième ou troisième confinement sans aucune aide. C’est le cas notamment d’une entreprise dirigée par un vétéran dans la circonscription de Cowichan—Malahat—Langford de mon collègue dont une partie des bénéfices sert à aider des personnes souffrant de stress post-traumatique. C’est le genre d’entreprise sociale et d’entreprise tout court que nous devons sauver. Sinon, nous perdrons une génération d’entreprises.
    Je tiens à remercier le député. S’il veut présenter quelques idées sur les mesures que peut prendre le gouvernement pour aider ces jeunes entreprises, j’en serai ravi.

  (1240)  

    Monsieur le Président, je remercie le député d’avoir ajouté sa voix à ce sujet. Comme il le souligne, il y a beaucoup de paramètres que le gouvernement pourrait examiner dans le cas d’une nouvelle entreprise, afin de déterminer si elle peut être admissible à certains de ces programmes. C’est avec plaisir que je travaillerais avec le gouvernement pour déterminer quels devraient être ces paramètres.
    Je sais qu’il me reste très peu de temps, mais je veux vraiment essayer de faire comprendre quelque chose au gouvernement. Peut-être que le premier ministre et le ministre des Finances pourraient répondre à l’appel téléphonique d’une personne qui a lancé une entreprise et qui va maintenant la perdre. Je reçois beaucoup d’appels de ce genre chaque semaine. Les gens sont désespérés et ils ont le cœur brisé. Ils croient qu’ils vont perdre leur maison lorsque leur entreprise fera faillite. Tous ceux qui écoutent des dizaines d’appels de ce genre en seront affectés. Je trouve incroyablement difficile de répondre à ces appels, de parler à ces personnes, de leur dire que je suis désolé et que je ne peux rien faire pour les aider. Le gouvernement a choisi de les abandonner.
    Peut-être que si les membres du gouvernement prenaient le temps de répondre à certains de ces appels, ils modifieraient ce projet de loi pour soutenir les petites entreprises. Derrière chacune de ces petites entreprises, il y a un propriétaire et une famille. Ils vivent une situation désespérée et ont désespérément besoin de l’aide du gouvernement.

[Français]

    Avant la reprise du débat, je dois informer la Chambre et les députés qui participent en ligne qu'il y a eu plus de cinq heures de débat concernant cette motion depuis le premier tour. En conséquence, toutes les interventions qui suivront seront limitées à 10 minutes pour les discours et à cinq minutes pour la période des questions et des observations.
    L'honorable député de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c’est un privilège pour moi d’appuyer l’énoncé économique de l’automne.
    Tandis que nous continuions à combattre la pandémie de COVID-19, notre principal engagement demeure le soutien de la résilience de nos gens et de nos entreprises. Pour respecter cet engagement, notre gouvernement a fourni un soutien global sans précédent de 407 milliards de dollars pour maintenir les Canadiens et les entreprises canadiennes à flot.
    Ce faisant, le gouvernement fédéral a fourni plus de 8 $ de tranche de 10 $ dépensés au Canada pour lutter contre la COVID-19 et pour soutenir les Canadiens en ces temps difficiles. Les investissements importants que nous avons faits en santé publique, en fournitures médicales et équipement de protection individuelle, en soutien du revenu et en congés de maladie payés, ont beaucoup contribué à ralentir la propagation du virus. Notre engagement de 1 milliard de dollars supplémentaires pour un nouveau fonds de soins de longue durée sûr contribuera à garantir que les personnes âgées vivent dans des conditions sûres et dignes, et bénéficient d’une prévention et d’un contrôle des infections exceptionnel.
    Grâce à ces efforts, à l’exception de l’île du Japon, le Canada a le taux de pointe d’infections le plus bas des pays du G7 pour la première vague et le taux le plus bas de nouvelles infections pour la deuxième vague.
    Le Canada a également connu une reprise plus vaste et plus vigoureuse que prévue initialement dans le portrait économique et budgétaire de juillet, et elle est tout à fait comparable à celle de ses pendants étrangers. Alors que les États-Unis ont retrouvé seulement environ la moitié des emplois perdus au cours de la pandémie, le Canada, lui, en a retrouvé 80 %. La Colombie-Britannique a fait figure de véritable chef de file à cet égard car elle a retrouvé 98,7 % des emplois perdus. Ces chiffres sont vraiment renversants quand on tient compte de la composition de l'économie de la Colombie-Britannique et des secteurs économiques les plus durement touchés.
    Il est toujours primordial que les dépenses fédérales répondent aux besoins et aux souhaits de l'ensemble des Canadiens, mais il est particulièrement gratifiant de discuter de l'énoncé économique de l'automne qui porte sur les préoccupations les plus pressantes propres à la Colombie-Britannique. Pour avoir parlé avec des propriétaires d'entreprise et des représentants d'organismes à but non lucratif de ma circonscription, je sais que les programmes d'aide fédéraux qui ont été prolongés et bonifiés dans l'énoncé économique de l'automne sont, dans bien des cas, la seule raison pour laquelle certaines entreprises ont pu poursuivre leurs activités et garder leurs employés.
    La Subvention salariale d'urgence du Canada, qui a permis de protéger 3,9 millions d'emplois dans tout le pays, a été prolongée jusqu'en juin, et le taux de subvention maximal a été porté à 75 % afin que les employeurs puissent garder leurs travailleurs au cours de ces mois difficiles. En ce qui a trait aux petites entreprises, le Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes leur a fourni des liquidités essentielles. De plus, la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer a aidé les entreprises à assumer leurs coûts fixes, grâce à une aide fédérale offerte directement aux locataires, le tout accompagné d'un soutien supplémentaire dans le cas de fermetures ordonnées par le gouvernement.
    Bien que ces subventions aient contribué à soutenir l'économie du pays et à protéger les entreprises canadiennes, nous reconnaissons également que les restrictions nécessaires en matière de voyages et de rassemblements ont nui de façon démesurée à des secteurs cruciaux, comme le tourisme, l'hôtellerie et les arts. C'est certes le cas en Colombie-Britannique, où le tourisme est l'un des principaux secteurs économiques, et c'est d'autant plus vrai dans ma circonscription, où la municipalité de villégiature de Whistler, qui compte à elle seule 12 000 habitants, est à l'origine du quart des recettes annuelles d'exportation du tourisme pour l'ensemble de la province. Bien entendu, nos frontières sont actuellement fermées aux déplacements non essentiels. Voilà pourquoi l'énoncé économique de l'automne prévoit la création du Programme de crédit pour les secteurs durement touchés afin d'accorder des prêts à faible taux d'intérêt, garantis à 100 % par l'État, pouvant atteindre 1 million de dollars, et assortis de périodes prolongées de remboursement à l'intention des entreprises durement touchées. Ce programme sera accessible sous peu auprès des institutions financières.
    Nous proposons aussi d'accorder, par l'entremise du Fonds d'aide et de relance régionale, 500 millions de dollars de plus aux agences de développement régional, pour un total de 2 milliards de dollars, afin qu'elles puissent continuer de soutenir les chefs de petites entreprises qui, sans cette aide, ne pourraient plus bénéficier des programmes fédéraux de soutien. Il faut savoir que 25 % de ces fonds seront affectés aux entreprises touristiques régionales.
    Compte tenu du caractère unique et de la diversité de l'économie de la Colombie-Britannique, il s'impose depuis très longtemps de créer une agence de développement régional distincte pour cette province. Jusqu'ici, un seul bureau, à Vancouver, devait desservir plus de 5 millions de Britanno-Colombiens. L'existence de ce seul bureau détonne complètement par rapport aux 28 bureaux de l'Agence de promotion économique du Canada atlantique. C'est pour cette raison que nous nous sommes engagés, dans l'énoncé économique de l'automne, à scinder Diversification de l'économie de l'Ouest Canada en deux organismes distincts: l'un pour la Colombie-Britannique et l'autre pour les Prairies voisines. Ces deux organismes pourraient ainsi offrir de meilleurs services aux deux régions, faciliter la transformation des secteurs qui est en cours et permettre à chacune de ces régions de mieux tirer profit des débouchés économiques qui s'offrent à elle.

  (1245)  

    La circonscription de West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country que je représente se trouve dans la région qui n’est pas constituée uniquement d’un noyau urbain et où le coût de la vie est le plus élevé au pays. Même si les programmes que notre gouvernement a mis en place ont permis à plus d’un million de Canadiens de se sortir de la pauvreté depuis 2015, notre travail pour remédier à cette crise d’abordabilité est loin d’être terminé, mais l’énoncé économique de l’automne nous a permis de faire des progrès en ce sens.
    Tous les Canadiens ont droit à la sécurité et au logement, ainsi qu’à la possibilité de vivre convenablement dans leur collectivité, mais la pandémie a fait grimper le nombre de personnes les plus vulnérables de la collectivité qui sont confrontées à l’insécurité en matière de logement. C’est pourquoi notre gouvernement a lancé l’Initiative pour la création rapide de logements d’une valeur de 1 milliard de dollars, afin de favoriser la construction de logements modulaires, ainsi que l’acquisition de terrains et la conversion d’immeubles existants pour y aménager des logements supervisés. Ce programme s'inspire du leadership extraordinaire dont ont fait preuve des villes comme Vancouver et Victoria.
    Pour beaucoup de gens de ma génération, l’accession à la propriété dans la collectivité que je représente n’est qu’un rêve. Pour remédier au problème de longue date que pose la pénurie de logements abordables, nous proposons d’élargir l’initiative Financement de la construction de logements locatifs de 12 milliards de dollars, afin de continuer à offrir des prêts à faible taux d’intérêt et de l’assurance hypothécaire pour appuyer la construction de logements locatifs abordables.
    Depuis son lancement en 2017, 30 % des investissements de l’initiative à l’échelle nationale ont été faits en Colombie-Britannique, y compris la construction récente d’un immeuble de 24 logements locatifs abordables à Whistler, qui sera géré par l’Office d’habitation de Whistler, afin d’assurer le maintien de loyers abordables pour les 50 prochaines années.
    Outre les problèmes de logement, de nombreuses personnes de la circonscription que je représente souffrent d’un manque de services de garde abordables et accessibles. À Squamish et à Pemberton, par exemple, il y a une liste d’attente d’au moins trois ans pour des services de garde accrédités. Entretemps, les parents doivent jongler entre d’épuisantes journées de travail doubles et des services de garde privés coûteux et non accrédités.
    Afin d’offrir une aide immédiate aux familles ayant de jeunes enfants, le gouvernement met immédiatement en place un soutien temporaire pour les familles à revenu faible ou moyen qui ont droit à la Prestation canadienne pour enfants, augmentant de 1 200 $ la prestation maximale de 6 765 $ par enfant de moins de six ans, en 2021.
    Pour répondre aux besoins à long terme en matière de garde d’enfants, le gouvernement propose de fournir 420 millions de dollars en 2021- 2022 pour aider les provinces et les territoires à attirer et à retenir des éducateurs et des travailleurs de la petite enfance en offrant des subventions et des bourses aux personnes qui étudient dans ce domaine.
    L’Université Capilano a lancé dernièrement des programmes d’éducation préscolaire à Sechelt et à Squamish afin de répondre à cette forte demande d’éducateurs. Ce financement aidera des efforts comme ceux-ci qui, de pair avec l’élimination des obstacles sur le plan des salaires et de l’infrastructure, sont essentiels si nous voulons répondre à la demande croissante d’éducateurs dans toute la Colombie-Britannique et dans tout le Canada.
    Dans l’énoncé économique de l’automne, le gouvernement s’engage aussi à créer un Secrétariat fédéral responsable de l’apprentissage et de la garde des jeunes enfants afin de soutenir la création d’un système pancanadien. Nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’une politique judicieuse pour améliorer la vie des familles, réduire les inégalités entre les sexes et donner aux enfants de meilleures chances de réussite. Nombre d’experts, dont l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, y voient une des deux principales initiatives qui pourraient plus que toute autre favoriser la croissance du PIB canadien.
    La pandémie de COVID-19 a accentué la crise sanitaire mortelle qui existait déjà en Colombie-Britannique. Les restrictions imposées à cause de la pandémie ont eu un effet domino qui a conduit à une offre de drogues plus toxiques et plus mortelles. Résultat, la crise des opioïdes a fait 1 500 morts en Colombie-Britannique l’an dernier.
    Pour aider les Canadiens aux prises avec la toxicomanie, nous fournirons une enveloppe supplémentaire de 66 millions de dollars sur deux ans en appui à des organismes communautaires qui interviennent face à la crise des opioïdes. Un financement comme celui-ci sera vital pour la création et le maintien de centres de consommation supervisée et de prévention des surdoses, comme le centre de consommation supervisée qui a ouvert à Squamish l’an dernier et celui qui a ouvert à Sechelt également.
    La pandémie a considérablement réduit l’utilisation des transports en commun dans tout le pays, mais ils restent indispensables pour les travailleurs essentiels et pour d’autres encore. C’est pourquoi nous avons fourni plus d’un demi-milliard en appui aux transports en commun en Colombie-Britannique dans le cadre de l’Accord sur la relance sécuritaire. Nous savons qu’une fois la pandémie terminée, le nombre d’usagers augmentera rapidement dans des endroits comme la métropole de Vancouver qui, jusqu’à la pandémie, connaissaient la plus forte augmentation du nombre d’usagers de tout réseau public au Canada et aux États-Unis.
    Pour répondre à cette demande croissante, de nombreux projets sont à l’étude ou en cours de réalisation afin d’accroître ce service. Tous les ordres de gouvernement de North Shore travaillent en collaboration dans le cadre de la prochaine mesure destinée à décongestionner le réseau et à améliorer les transports en commun en provenance et à destination de North Shore. Je suis heureux que le gouvernement fédéral apporte un financement permanent pour les transports en commun afin de soutenir bon nombre de mesures à l’avenir.

  (1250)  

    Les mesures dont j’ai parlé dans mon intervention ne représentent que quelques exemples de celles que l’énoncé économique de l’automne soutiendra pour aider les Britanno-Colombiens et les Canadiens pendant la pandémie en apportant une aide aux Canadiens et aux entreprises canadiennes qui en ont le plus besoin. L’énoncé économique de l’automne prévoit aussi plusieurs mises de fonds pour des programmes plus importants qui préparent le terrain pour rebâtir en mieux afin que le Canada soit plus écologique, plus inclusif et plus résilient après la pandémie.
    Ces mesures, entre autres, feront partie des 70 à 100 milliards de dollars en fonds de relance sur trois ans destinés à faire en sorte que notre économie soit plus dynamique et plus résiliente qu’avant. L’énoncé économique de l’automne est positif pour les Britanno-Colombiens. Il est positif pour les Canadiens et je demande instamment à mes…
    Nous allons devoir nous arrêter là. Le temps de parole du député est écoulé.
    Nous allons passer aux questions et commentaires. Le député de Drummond a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
    Je profite du fait que nous avons un collègue libéral de la Colombie-Britannique pour aborder la question du tourisme. J'imagine que, dans la région d'où il vient, le tourisme est un secteur de l'économie assez important. Or c'est un des secteurs qui ont été extrêmement durement touchés par la pandémie, tout comme la restauration, les événements, les festivals, les arts et la culture.
    Le gouvernement, outre le fait de mettre en place des programmes uniformes, ne tient pas compte de la réalité de ces secteurs. Cela prend des programmes ciblés pour le tourisme, la restauration, les festivals, les événements, les arts et la culture, et cela tarde. Le gouvernement a bien annoncé un programme de crédit pour les secteurs les plus durement touchés, mais nous avons entendu parler de ce programme-là il y a deux mois et aucun détail n'a été annoncé encore.
    J'aimerais savoir si mon collègue a l'impression qu'une aide concrète ciblée sera finalement offerte aux secteurs du tourisme, des spectacles, des événements, des festivals et de la restauration.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le secteur touristique est, sans l'ombre d'un doute, très important en Colombie-Britannique, en particulier dans ma circonscription. C'est notre secteur économique le plus important. Alors, je suis très réceptif aux commentaires et suggestions faits par mon collègue. L'énoncé économique de l'automne propose des aides ciblées, en particulier pour le tourisme et certains des autres secteurs durement touchés dont il a parlé. Le Programme de crédit pour les secteurs durement touchés de 1 million de dollars, par exemple, sera offert au cours des prochaines semaines afin de venir en aide à certaines de ces entreprises grâce à des prêts à faible coût et à très faible taux d'intérêt.
    Par ailleurs, les 25 % du Fonds d’aide et de relance régionale destinés aux entreprises du secteur du tourisme sont essentiels pour que celles-ci puissent avoir accès au crédit dont elles ont besoin et survivre à la pandémie, une fois que certaines des restrictions, notamment en matière de santé, qui ont durement touché ces secteurs seront levées.

  (1255)  

    Monsieur le Président, mon collègue a parlé de plusieurs choses intéressantes, mais il n'a rien dit à propos de la situation du saumon sauvage en Colombie-Britannique. Nous avons enregistré cette année la plus faible montaison de saumons rouges sauvages du Pacifique dans la plus importante rivière à saumons au monde. L'année dernière, nous avions également établi un record. L'énoncé économique de l'automne ne mentionnait rien, à part pour Big Bar, qui pourrait améliorer cette situation, une situation à laquelle plusieurs autres bassins hydrographiques sont confrontés.
    La situation du saumon sauvage est critique et nous n'arrivons même pas à convaincre la ministre de déclarer une situation d'urgence. Le gouvernement ne propose aucun nouvel investissement. On nous dit que le fonds de restauration pour le saumon de la Colombie-Britannique de 148 millions de dollars ne représente pas grand-chose. Des défenseurs de cette cause affirment que cette somme est prévue pour les cinq prochaines années, mais qu'en réalité, il faudrait consacrer une telle somme chaque année durant les cinq prochaines années pour contribuer à la sauvegarde du saumon sauvage du Pacifique, qui constitue un composant essentiel de notre sécurité alimentaire, de notre culture, de notre économie et de notre mode de vie, surtout pour les Autochtones.
    Mon collègue plaidera-t-il auprès du gouvernement pour que celui-ci consacre des sommes importantes à un fonds d'urgence pour le saumon sauvage du Pacifique dans le cadre de son prochain budget?
    Monsieur le Président, je partage les préoccupations de mon collègue concernant le sort du saumon sauvage du Pacifique. L’une des mesures dont il a parlé dans son allocution, le financement permanent visant à faciliter le passage du poisson à Big Bar, est une mesure de la plus haute importance, mais il s’agit là d’une mesure parmi d’autres que nous devons prendre pour rétablir nos stocks de saumons dans la province. Pour cela, il faudra déployer des efforts concertés pour restaurer les habitats et les stocks de cette espèce emblématique pour l’ensemble des résidents de la Colombie-Britannique.
    Je peux donner au député d’en face l’assurance que c’est une priorité pour moi, pour notre caucus de Colombie-Britannique et pour le gouvernement. J’ai hâte de travailler avec mes collègues à la mise en place de mesures importantes qui nous permettront de faire des progrès dans ce secteur très important.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd’hui pour parler du projet de loi C-14, l’énoncé économique que le gouvernement fédéral a présenté à la Chambre le 30 novembre dernier.
    La COVID a durement frappé nos collectivités à bien des égards. Nous vivons une période de changements constants, de bouleversements de nos habitudes de vie et de vives inquiétudes sur le plan de la santé. Chaque fois que je discute avec mes concitoyens de ma circonscription, je suis bouleversée de voir tous les changements qu’ils ont vécus dans leur vie. Je suis contente de voir combien les gens de ma circonscription font preuve d’innovation. Ils se soutiennent les uns les autres et les entreprises trouvent de nouvelles façons de poursuivre leurs activités.
    La semaine dernière, j’ai assisté à la grande ouverture d’un vignoble de ma circonscription. Cette petite cérémonie a eu lieu dans le respect des règles de distanciation et de protocoles rigoureux, mais le propriétaire de 40 Knots voulait saisir l’occasion pour mettre en valeur son nouvel espace extérieur fermé qui permettra la tenue d’événements tout au long de l’année. Les fenêtres peuvent s’ouvrir par temps chaud et se fermer par temps froid, tout en offrant une vue magnifique sur les vignes. J’ai un profond respect pour les gens de 40 Knots d’avoir mis en place un modèle durable de fabrication du vin et d’avoir fait preuve d’autant de créativité, à l’instar de nombreuses autres entreprises de ma circonscription durant cette période.
    Cette innovation est inspirante, mais bon nombre de nos concitoyens ont éprouvé des difficultés durant cette période en raison de la façon dont nos économies locales sont construites. D’un bout à l’autre du Canada, nous devons renforcer notre soutien aux stratégies régionales de développement économique. J’ose espérer que le gouvernement annoncera un jour la création d’une nouvelle direction de l’économie régionale en Colombie-Britannique. Je veux que le gouvernement comprenne que ce sont les collectivités rurales et éloignées qui ont le plus besoin de soutien durant cette période de bouleversements économiques. J’espère qu’un bureau sera mis en place dans ma région de North Island—Powell River.
    Cela est très important pour moi parce que ma circonscription a d’importants défis à relever en ce moment. Le 17 décembre, le ministre des Pêches a fait une annonce au sujet des fermes piscicoles des îles Discovery. Cette annonce donnait suite à la recommandation 19 rendue en 2012, par la Commission Cohen. Je respecte le fait que plusieurs communautés des Premières Nations de ma circonscription ont participé à ce processus. Ces nations ont le droit constitutionnel de s’exprimer au nom des habitants d’une région qu’elles protègent et représentent depuis des temps immémoriaux.
    Je crois comprendre que les sept nations ont avisé leurs membres qu’elles appuyaient l’annonce. Les communautés autochtones ont le droit de défendre ce qu’elles croient être le mieux pour leur territoire ancestral, et il est important, pendant cette période, que nous travaillions ensemble à titre de partenaires clés dans notre région pour trouver des solutions et continuer de progresser. Je tiens toutefois à souligner une lacune importante dans cette décision.
    Avant cette annonce, mon collègue le ministre du cabinet fantôme pour les pêches, le député de Courtenay—Alberni, a été très clair. La ministre des Pêches devait avoir un plan pour accompagner cette annonce. Je tiens à être claire. Il n’était pas nécessaire que ce soit un plan étape par étape, mais nous voulions un engagement quelconque pour assurer une certaine prévisibilité pendant cette période. Je comprends bien que la recommandation de la Commission Cohen date d’il y a huit ans, et que c’était une échéance que beaucoup de gens attendaient, mais cela ne veut pas dire que la ministre ne devrait rien proposer. L’absence de plan a laissé un vide dans ma région, surtout dans les secteurs plus au nord de l’île de Vancouver.
    En cette période de grande incertitude, nous n’avons pas besoin d’autres inconnues. Il y en a déjà assez avec la COVID. Ce dont nous avons besoin, c’est de prévisibilité.
    Je tiens à souligner à quel point cette annonce a été difficile pour les collectivités, les travailleurs et les entreprises. C’est accablant, et je sais que beaucoup de gens s’inquiètent pour l’avenir de notre région. Lorsque la ministre des Pêches a fait son annonce, elle n’avait aucun plan à présenter. J’espérais voir un engagement en faveur de l’injection de ressources importantes et de l’adoption d’une approche régionale.
    Je tiens à répéter ici ce que me disent les gens de ma circonscription. Tout d’abord, il faut un engagement ferme et vigoureux à l’égard du saumon sauvage du Pacifique. La restauration de l’habitat est un élément important, mais il y a tellement d’autres facteurs. Les gens veulent un plan. La nécessité d’améliorer le bien-être du saumon sauvage du Pacifique pour les gens de notre circonscription n’a fait qu’augmenter, et certains m’ont même montré des rivières que le saumon ne fréquente plus.
    Dans l’ensemble de notre circonscription, le manque de personnel des pêches sur le terrain constitue également une préoccupation croissante. Qu'on me comprenne bien: il y a des employés extraordinaires du ministère des Pêches et des Océans dans notre région. Toutefois, on s’inquiète beaucoup du fait qu’il n’y a tout simplement pas assez de personnel sur le terrain pour gérer les besoins sur une grande partie de la côte qui se trouve dans la circonscription que je représente.

  (1300)  

    Heureusement, le Programme des gardiens autochtones prend de l’ampleur dans toute la circonscription. Nos communautés, autochtones et non autochtones, font confiance à ces gens, car elles savent qu’ils sont là pour protéger les ressources naturelles de la région. Les collectivités cherchent des moyens d’étendre et de développer ce programme, dont le travail est si important.
    À l’heure actuelle, dans notre région, un processus parallèle est en cours pour concrétiser la décision prise au sujet des îles Discovery. Il s’agit de l’engagement que le gouvernement fédéral a pris pour établir un système d’aquaculture plus durable. Dans ma région, les gens désirent qu’on leur dise le plus tôt possible à quoi ce système ressemblera. Les entreprises qui dépendent fortement de l’industrie de la pisciculture ont demandé que les prochaines étapes soient expliquées plus clairement afin de modifier adéquatement leurs plans d’affaires. Avec la fermeture des piscicultures à enclos ouverts dans les îles Discovery, les entreprises cherchent des occasions d’investir dans de nouvelles activités et elles veulent que le gouvernement fasse partie de ce plan. Elles ont besoin d’une voie claire et accessible, et comme les changements surviennent rapidement, il faut qu’on leur montre les ressources qu’on leur offrira pour y parvenir.
    L’investissement dans le développement économique des communautés autochtones est également considéré comme une grande priorité. Plus de 20 Premières Nations que je représente accomplissent un travail extraordinaire et novateur. Nous souhaitons discuter de ces projets pour voir comment les développer de manière à offrir des débouchés économiques dans notre région.
    Il y a aussi plusieurs écloseries dans ma circonscription, et beaucoup de gens y travaillent bénévolement. Le financement qui les soutient n’a pas augmenté depuis plus de 30 ans, mais ils ont trouvé de nombreuses solutions créatives pour réussir. Bon nombre d’entre eux ont communiqué avec mon bureau pour savoir en quoi cette annonce modifiera leur rôle. J’ai également entendu des pêcheurs commerciaux et des pêcheurs publics qui espèrent que l’on prendra des mesures pour gérer les pêches de façon durable, et ils veulent avoir voix au chapitre.
    J’ai demandé à la ministre d’accorder la priorité à notre région et d’envisager une approche coordonnée qui tienne compte des besoins particuliers de cette région. Je le répète, la solution la plus logique sera d’établir un plan de développement économique régional local. Il faudra pour cela une approche axée sur la collaboration, et le gouvernement fédéral devra assumer un rôle important dans ce processus.
    Je tiens également à souligner que les municipalités de cette partie de la région seront touchées, elles aussi. Elles ont besoin de ressources pour créer des stratégies adaptées à leur population.
    Pour faire de notre région un pôle de développement économique plus attrayant, il nous faut un meilleur accès à Internet et une réception cellulaire améliorée. Nous sommes très fiers du projet Connected Coast dans notre région, mais c’est maintenant que les ressources doivent arriver, et non plus tard. Notre région l’exige. La médiocrité de la réception cellulaire fait fuir les gens d’affaires et menace la sécurité de la population. De nombreuses pétitions ont circulé dans la région à ce sujet.
    Tout cela explique pourquoi j’ai présenté à l’automne la motion 53, qui porte sur les principes d’un avenir viable et équitable. Cette motion vise à obliger le gouvernement à répartir équitablement les fonds et les programmes entre les circonscriptions fédérales et à tenir compte de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, des changements climatiques et de la priorisation des projets des petites entreprises qui diversifient les emplois stables et bien rémunérés offerts localement, parce que c’est ainsi que les bénéfices et les avantages peuvent rester dans la collectivité.
    Je tiens aussi à souligner que les travailleurs de l’acier de l’usine de transformation de Port Hardy ont communiqué avec mon bureau. Ils veulent également s’assurer que leurs voix sont entendues dans le cadre de ce processus.
    Nous devons tenir compte de ces principes pour nous assurer de suivre un plan économique adapté aux régions. J’exhorte la ministre à prendre connaissance de ma motion et à adopter ces principes le plus tôt possible.
    Pour que les gens de notre région puissent travailler ensemble de façon constructive, nous avons besoin d’un engagement clair de la part du gouvernement. En raison de l’incertitude qui règne actuellement, il est difficile pour les gens de savoir quelles sont les prochaines étapes. Ce n’est pas bon pour notre région, et je crains que cela ne nous amène à nous concentrer sur nos différences, plutôt que sur notre volonté commune de développer le milieu où nous vivons.
    Comme j’arrive à la fin de mon allocution, j’aimerais aussi profiter de l’occasion pour souligner que les femmes qui travaillent dans l’industrie de la pisciculture ont remarqué une intensification du harcèlement sexuel ces derniers temps. Il en a été fait état sur les médias sociaux. Je tiens à dire clairement que ce n’est tout simplement pas acceptable et que nous devons tous nous efforcer de bâtir un pays meilleur, où les femmes sont traitées avec respect et ne sont pas traitées comme des objets par sexisme.

  (1305)  

    En terminant, je tiens à rappeler au gouvernement que ce sont les collectivités locales, rurales et tributaires des ressources comme celle que je représente qui ont bâti notre pays. Je tiens également à souligner que la marginalisation économique des communautés autochtones dans notre région et partout au Canada a constitué un obstacle énorme pour elles et que les lois ont souvent entravé leur développement. J’espère donc que le gouvernement rajustera son tir.
    Je dois interrompre la députée. Le temps est écoulé.
    Questions et observations, la parole est à la députée d’Aurora—Oak Ridges—Richmond Hill.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son plaidoyer pour la défense et la sécurité.
    La députée a soulevé des points très importants au sujet du développement économique régional et de l’incertitude qui découle de l’absence d’un plan financier clair de la part du gouvernement. Pourrait-elle nous dire si nous avons besoin d’un budget fédéral pour établir les dépenses qui devraient être prioritaires et les domaines auxquels on devrait consacrer moins d'argent, afin que nous puissions planifier l’avenir en sachant plus clairement à quoi nous en tenir?

  (1310)  

    Monsieur le Président, j’ai beaucoup aimé travailler avec la députée au sein de l’Association parlementaire canadienne de l’OTAN. J’ai aussi beaucoup aimé notre engagement commun en matière de défense et envers les hommes et les femmes qui nous servent si bien partout au Canada.
    Je reconnais que nous avons besoin d’un budget. Nous devons voir où sont les engagements. Lorsque nous regardons ce qui se passe partout au Canada, nous savons qu’il est important d’avoir des approches régionales qui ont du sens pour les collectivités. Il arrive trop souvent que les petites collectivités soient exclues des plans. Ce n’est pas Ottawa qui devrait informer les petites collectivités éloignées de ce qui doit être fait, parce que ce sont elles les expertes. J’espère que cet argent ira dans les collectivités et leur permettra d’élaborer ce plan.
    Monsieur le Président, j’aimerais aborder un aspect un peu différent de cette question, à savoir la reconnaissance de l’impact que beaucoup de nos entreprises sociales ont sur les collectivités partout au pays, ainsi que l’importance de continuer à leur fournir non seulement un soutien financier, mais aussi d’en assurer la promotion.
    Je pense à une organisation comme Habitat pour l’humanité, qui a aidé à la construction de nouvelles maisons à Winnipeg-Nord, dans des secteurs où la situation est probablement très difficile. Je me demande si la députée pourrait nous en dire davantage sur le rôle important que les entreprises sociales ont joué pendant la pandémie. Bon nombre d’entre elles ont clairement démontré qu’il ne s’agit pas seulement de faire des profits, mais aussi de faire participer les gens de façon très concrète et de fournir des services.
    Monsieur le Président, je dirai que dans ma région, Habitat pour l’humanité a été très présent. L’organisme a établi des partenariats extraordinaires avec de nombreux intervenants, mais cela ne répond pas à la question au centre de mon intervention, à savoir la façon d'aborder les changements économiques énormes dans nos circonscriptions avec une approche économique régionale qui rassemble tout le monde. J’espère que le gouvernement défendra cette position. Il a pris une décision et je la respecte, mais nous avons besoin de soutien.
    Monsieur le Président, je suis très préoccupée, et je suis certaine que la députée l’est aussi, par la situation périlleuse dans laquelle se trouvent plusieurs entreprises régionales de transport terrestre.
    La députée sait probablement que la présidente actuelle du Conseil tribal des Nuu-Chah-Nulth, Judith Sayers, a demandé que les lignes d’autocar de Wilson soient protégées. Cette compagnie fournit des services à plusieurs collectivités autochtones éloignées sur l’île de Vancouver. Elle est menacée de faillite par les grandes banques commerciales. Elle ne reçoit d’aide d’aucun programme gouvernemental. L’annonce faite ce matin par le premier ministre au sujet du programme pour les secteurs très touchés n’aidera pas non plus, parce qu’il prévoit un plafond de 1 million de dollars pour les nouveaux prêts.
    Je me demande si la députée de North Island—Powell River a des observations à faire concernant les mesures que nous pourrions prendre au sujet de ces banques très rentables qui font moins de profits, mais qui demeurent rentables, et de leur volonté de faire disparaître d’autres entreprises qui sont essentielles à la relance.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue. C’est un plaisir de la saluer de la part du nord de l’île de Vancouver.
    Je suis tout à fait d’accord. Dans ma circonscription, un grand nombre de collectivités rurales et éloignées et de communautés autochtones ont besoin de transport accessible. C’est un défi constant. Maintenant que nous nous concentrons sur la reprise, il est essentiel de veiller à ce que les gens puissent se présenter à leurs rendez-vous et quitter leur collectivité pour profiter des occasions qui s’offrent à eux, pour des raisons de santé et pour bien d’autres raisons. J’espère donc qu’il y aura un certain soutien à cet égard.
    J’apprécie le travail des grandes banques, mais elles font certainement assez de profits. Concentrons-nous sur ces soutiens vraiment importants pour les collectivités locales.
    Monsieur le Président, depuis le début de la pandémie de COVID-19, le gouvernement a fait tout son possible pour combattre le virus et pour en atténuer les effets néfastes. Il a utilisé tous les outils à sa disposition pour protéger la santé et les moyens de subsistance des Canadiens, en particulier ceux qui sont les plus vulnérables au Canada. Je suis tout à fait d’avis que la protection de la santé est la meilleure stratégie économique pendant une crise de santé mondiale comme celle que nous traversons. En fait, plus de 8 $ sur 10 $ dépensés au Canada pour lutter contre le virus ont été dépensés par le gouvernement fédéral.
    Je tiens à préciser qu’il ne s’agit aucunement d’un effort unilatéral. Pendant l’été, nous avons annoncé un soutien aux provinces et aux territoires dans le cadre de notre programme de relance sécuritaire de 19,9 milliards de dollars. Un montant supplémentaire de 2 milliards de dollars est mis à la disposition des provinces et des territoires par l’entremise du Fonds pour une rentrée scolaire sécuritaire afin de protéger la santé des élèves et du personnel. Nous collaborons également avec les villes et les collectivités autochtones pour veiller à ce que les Canadiens aient le soutien dont ils ont besoin et pour enrayer la propagation du virus dans les collectivités vulnérables. Il s’agit vraiment d’un effort de l'ensemble du Canada, et nous l’avons dit à maintes reprises.
    Tout au long de l’année, j’ai tenu 30 consultations communautaires et des assemblées publiques dans ma circonscription, Whitby. La plupart d’entre elles ont eu lieu en ligne, mais quelques-unes ont eu lieu en personne avant la pandémie. Les gens de Whitby sont mobilisés, et je sais que les mesures annoncées dans l’énoncé économique de l’automne aideraient les gens de ma collectivité.
    Dans cet énoncé économique de l’automne qu’il a déposé récemment, le gouvernement du Canada décrit les mesures qu’il a prises jusqu’à maintenant et en propose de nouvelles pour aider les Canadiens à traverser cette crise. Il jette les bases d’une reprise vigoureuse, inclusive et durable pour rebâtir l’économie du Canada.
    Par exemple, ce printemps, nous avons agi sans tarder pour mettre en œuvre des programmes économiques robustes comme la Prestation canadienne d’urgence, la Subvention salariale d’urgence du Canada et le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes afin d’aider les particuliers, les entreprises et les organismes de toutes tailles à survivre à cette pandémie. Ces importants programmes ont aidé des milliers de personnes et d’entreprises à Whitby et dans la région de Durham. Comme nous l’avons dit, nous ferons tout notre possible pour protéger les Canadiens et leur gagne-pain. Grâce à des mesures de soutien ciblées et souples, nous continuerons d’offrir une certitude économique aux Canadiens et aux entreprises en cette période de turbulence et d’incertitude.
    Nous avons également constitué un large éventail de vaccins de calibre mondial, en investissant plus d’un milliard de dollars dans des ententes sur les vaccins afin d’assurer un approvisionnement national pouvant atteindre 429 millions de doses.
    Une fois que le virus sera maîtrisé et que notre économie sera prête à croître à nouveau, le gouvernement mettra en œuvre un ambitieux plan de relance de trois ans dans lequel il compte investir de 70 à 100 milliards de dollars. Cette mesure est comparable à celles d’autres pays, qui investiront environ 3 à 4 % de leur PIB dans la relance.
    L’énoncé économique de l’automne constitue un versement initial sur ce plan de croissance et ouvre la voie à une relance inclusive, équitable et durable, qui permettra la création de bons emplois pour tous les Canadiens.
    La pandémie actuelle a mis au jour et, dans bien des cas, a considérablement accentué les inégalités qui frappent les Canadiens, surtout au sein de la population active. Pour dire les choses simplement, les inégalités rendent notre économie moins résiliente, moins durable et moins équitable. C’est pourquoi une reprise vigoureuse et globale ne doit laisser personne pour compte.
    Par exemple, le gouvernement est déterminé à s’assurer que son plan de croissance tient compte des répercussions disproportionnées que la COVID-19 a eues sur les femmes. Nous avons annoncé la création d’un groupe de travail composé de spécialistes d’horizons divers afin d’aider le gouvernement à élaborer un plan d’action pour les femmes au sein de l’économie, un plan qui permettra à un plus grand nombre de femmes de retourner sur le marché du travail et d’assurer une réponse féministe et intersectionnelle à cette pandémie et à la relance. Une analyse comparative entre les sexes appliquée à toutes les mesures de l’énoncé économique de l’automne permet de le constater et j’en suis très fier. Ce plan d’action permettra de faire avancer l’égalité hommes-femmes et d’éliminer les inégalités qui touchent les femmes vulnérables, notamment les femmes autochtones, noires et racialisées. Il permettra de renforcer l’économie canadienne dans son ensemble et profitera à tous les Canadiens.
    Le gouvernement commencera également à lancer des initiatives de transformation, notamment un système pancanadien d’éducation préscolaire et de garde d’enfants, en partenariat avec les provinces, les territoires et les peuples autochtones. Investir dans des services de garde d’enfants de grande qualité, accessibles, abordables et inclusifs serait non seulement une bonne chose pour les familles, mais aussi une décision logique pour l’économie. Cela donnerait aux enfants un bon départ dans la vie, tout en donnant aux parents, surtout aux mères, le soutien nécessaire pour s’intégrer à la population active du pays tout en subvenant aux besoins de leur famille.

  (1315)  

    Il importe également de reconnaître que les jeunes continuent de subir des répercussions économiques disproportionnées en raison de la COVID-19 et de nous assurer que cette pandémie n’hypothèque pas leur avenir. C’est pourquoi nous proposons de miser sur l’emploi, le développement des compétences professionnelles et l’éducation, pour aider les jeunes et les étudiants au cours de l’été, en adoptant des mesures supplémentaires qui allégeraient le fardeau financier des étudiants et offriraient aux jeunes plus de possibilités d’acquérir de l’expérience de travail. Ces mesures comprennent de nouveaux investissements de 447,5 millions de dollars dans le programme Emplois d’été Canada, ce qui permettrait d’offrir plus 120 000 emplois en 2021-2022, et de 575,3 millions de dollars échelonnés sur les deux prochaines années dans la Stratégie emploi et compétences jeunesse, ce qui permettra d’offrir aux jeunes environ 45 300 emplois.
    À Whitby seulement, une ville de ma circonscription, plus de 300 postes ont été financés grâce au programme Emplois d’été Canada, ce qui a permis à des jeunes de notre collectivité d’acquérir de précieuses compétences, tout en renforçant l’économie locale. Ces emplois sont essentiels, et je pense qu’ils contribueront grandement à la reprise et à l’augmentation de la participation des jeunes à notre économie.
    Le projet de loi dont nous sommes saisis propose également d’éliminer le remboursement des intérêts de la partie fédérale des Prêts d’études canadiens et des Prêts canadiens aux apprentis pour l’exercice 2021-2022. Cette mesure permettrait d’alléger le fardeau financier de jusqu’à 1,4 million de Canadiens.
    Par ailleurs, l'énoncé économique de l'automne réaffirme l'engagement du gouvernement à lutter contre toutes les formes de racisme et de discrimination systémiques, une douloureuse réalité pour les Canadiens noirs, les Canadiens racialisés et les peuples autochtones. À cette fin, nous proposons des investissements clairs et importants dans un certain nombre de domaines clés. Par exemple, nous allons lancer un programme pilote visant à ouvrir des possibilités d'appel d'offres afin d'accroître les perspectives économiques pour les entreprises qui appartiennent à des Noirs ou qui sont exploitées par ceux-ci, en nous appuyant sur le succès obtenu dans le cadre de la Stratégie d'approvisionnement auprès des entreprises autochtones.
    S'efforcer de diversifier le processus d'approvisionnement du gouvernement de la façon indiquée dans la nouvelle lettre de mandat de la ministre de l’Approvisionnement est une mesure essentielle pour s'assurer que tous les Canadiens peuvent participer à ce processus et pour accroître l'autonomie des communautés marginalisées. Par ailleurs, le gouvernement favorisera la représentativité dans l'ensemble de la fonction publique, y compris aux plus hauts échelons, en créant un centre pour la diversité dans la fonction publique fédérale afin d'accélérer les progrès en matière de diversité et d'inclusion, et en modernisant les dispositions législatives sur l'équité de manière à favoriser véritablement l'inclusion.
    Nous chercherons à renforcer l'autonomie des communautés en finançant des initiatives communautaires de lutte contre le racisme et de promotion du multiculturalisme, en élargissant le Programme de soutien aux communautés, au multiculturalisme et à la lutte contre le racisme du gouvernement ainsi que son Programme d'action et de lutte contre le racisme, et en effectuant des investissements pour protéger les communautés qui pourraient être ciblées par des crimes haineux. En outre, nous demeurons résolus à éradiquer et à combattre le racisme systémique dans notre système de justice en appuyant l'utilisation d'évaluations de l'incidence de la race et de la culture par les juges et en contribuant à réduire la surreprésentation des Canadiens autochtones et noirs dans le système de justice pénale en mettant en place des projets pilotes de centres de justice communautaire en Colombie-Britannique, au Manitoba et en Ontario.
     L'énoncé économique de l'automne indique aussi la voie à suivre pour atteindre la carboneutralité. On peut y lire ceci:
    Le gouvernement doit investir dans une action pour le climat significative, faute de quoi les coûts et les risques liés aux changements climatiques ne feront qu’augmenter pour tous les Canadiens. La COVID-19 a rappelé à tous l’importance d’une action précoce et soutenue pour faire face aux risques systémiques qui menacent le quotidien.
    C'est exactement ce que fait le gouvernement à l'aide d'investissements cruciaux. Cela comprend 2,6 milliards de dollars pour des améliorations énergétiques résidentielles, 226,4 millions de dollars pour de nouvelles infrastructures pour les véhicules électriques, 3,16 milliards de dollars pour la préservation de la nature et l'élaboration d'un plan de plantation de deux milliards d'arbres, et 98,4 millions de dollars pour aider le secteur agricole à lutter contre les changements climatiques.
    En conclusion, grâce à ces initiatives et à d'autres initiatives et investissements majeurs énoncés dans l'énoncé économique de l'automne, le gouvernement continuera à relever les défis et à s'attaquer aux obstacles qui limitent les Canadiens.

  (1320)  

    Il est essentiel de bâtir une économie durable, robuste et équitable pour surmonter cette crise, et le projet de loi C-14 indique la voie à suivre pour y parvenir.

  (1325)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai trouvé très intéressante la partie du discours de mon collègue qui portait sur la lutte contre le racisme. Cela m'a fait tiquer puisqu'il y a deux semaines, à Longueuil—Saint-Hubert, deux communautés noires ont déposé un projet dans le cadre de l'initiative Appuyer les communautés noires du Canada et qu'elles se sont fait répondre par le gouvernement qu'elles n'avaient pas fait la preuve qu'elles étaient noires. Je peux vous garantir qu'elles sont noires. Cela a créé toute une commotion. Les gens se sont sentis insultés et bafoués par le gouvernement qui, d'une main, fait la promotion de la lutte contre le racisme et, de l'autre main, insulte les communautés en prétendant qu'elles ne sont pas vraiment noires. Cela n'a aucun bon sens.
    Est-ce que mon collègue pourrait m'expliquer comment des communautés noires ont pu recevoir une telle réponse de la part du gouvernement?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je reconnais que bon nombre des programmes et des enveloppes de financement que nous avons mis à la disposition des gens et que nous avons même augmentés sont surutilisés. Cela a souvent pour résultat que tous les projets ne réussissent pas à obtenir des fonds, mais il y a certainement un processus indépendant en place, qui est vérifiable. Il permet d’examiner les demandes et vise vraiment à obtenir les meilleurs résultats. Par conséquent, même si je ne peux pas parler de l’initiative en question, je suis certain qu’il y a une bonne raison pour laquelle ce groupe n’a pas réussi.
    Monsieur le Président, le député de Whitby a fait de nombreuses déclarations au sujet des grandes visées du gouvernement dans le cadre des programmes d’aide liés à la COVID-19, notamment les programmes destinés aux milieux de travail, aux travailleurs et aux enfants. Toutefois, certaines de ces visées ont fait en sorte que beaucoup de gens ont été laissés pour compte en raison des pratiques mises en place par le gouvernement.
    Ce que le député a omis de mentionner, et c’est quelque chose que le gouvernement a fait valoir dans son programme électoral, c’est l’aide aux aînés et aux personnes handicapées. Un très petit paiement ponctuel leur a été versé lorsque les libéraux se sont rendu compte que les coûts augmentaient pendant la première vague de la pandémie. Au moment de la deuxième vague, les libéraux ont complètement ignorés ces deux groupes. Or, ces gens ont besoin d’aide, et ils en ont besoin maintenant, pas dans l’avenir. On parle de leur accorder des augmentations, mais rien n’a transpiré à ce sujet, sauf que cela va venir plus tard, ce qui pourrait vouloir dire dans quelques années. Qu’allons-nous faire maintenant pour aider ces gens, nos aînés et nos personnes handicapées qui arrivent à peine à joindre les deux bouts?
    Monsieur le Président, en réponse à la question du député, je dirais que les mesures audacieuses et le leadership commencent par de bonnes intentions. Par conséquent, l’expression de ces bonnes intentions n’est qu’un début. Nous avons pris des mesures concrètes, et je partage les préoccupations du député à l’égard des personnes handicapées, que j’ai souvent défendues dans ma circonscription.
    Nous progressons sur plusieurs fronts. La Stratégie nationale pour le trouble du spectre de l’autisme fait partie de l’engagement qui a été pris, et je crois comprendre que le processus de consultation progresse. Il a également été question dans le discours du Trône d’un nouveau régime d’inclusion des personnes handicapées qui augmenterait les prestations d’invalidité et qui serait remanié pour offrir également un soutien à l’emploi et modifier quelque peu les critères d’admissibilité, afin que plus de personnes aient accès à ces mesures de soutien.
    Par conséquent, nous ne restons pas silencieux au sujet de ces…
    Je vais accorder une autre petite question.
    La parole est à la députée de Saanich—Gulf Islands.
    Monsieur le Président, je suis heureuse que le député mette de côté le projet de loi C-14 pour parler aussi de la crise climatique. Je suis déçue de constater que le niveau actuel des dépenses fédérales pour le pipeline Trans Mountain se chiffrera à 17 milliards de dollars, ce qui dépasse le montant consacré aux bons programmes dont a parlé le député. Ne croit-il pas que nous devrions cesser de subventionner les combustibles fossiles pendant que notre économie est en transition?
    Monsieur le Président, j’ai le plus grand respect pour la députée d’en face et j’apprécie vraiment la question. Je crois que le gouvernement, dans son nouveau plan d’action climatique, s’est fermement engagé à mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles d’ici 2025, en les éliminant progressivement. Je crois que ce nouveau plan d’action envisage l’hydrogène et d’autres sources d’énergie renouvelable pour orienter les industries dans cette direction à l’avenir.
    Nous savons que l’économie peut croître et se développer pendant que nous protégeons l'environnement. Le Canada a une occasion en or d’être un chef de file mondial en matière d’activités commerciales durables. Nous n’en sommes pas encore là, mais soyez assurés que nous y arriverons.

  (1330)  

    Monsieur le Président, je vous souhaite, à vous et à tous les députés, un très bon retour à la Chambre en cette nouvelle année. Tout comme elle nous donne la chance de laisser derrière nous de vieilles habitudes nuisibles, une nouvelle année nous permet de réévaluer et de corriger notre tir. S’il y a un message que mes électeurs transmettraient au gouvernement à l’approche de 2021, c’est qu’il devrait prendre la résolution de revenir à la normale.
    Les indicateurs économiques à l’échelle du pays ne sont pas encourageants, et à mesure que les perspectives se détériorent, les répercussions de la négligence du gouvernement et de la division régionale ne feront qu’être amplifiées dans l’Ouest canadien. Le consensus qui se dégage de mes électeurs au cours des derniers mois est clair. Ils ne veulent pas qu’une pandémie mondiale soit le prétexte d’une grande relance de notre économie, et ils ne veulent pas non plus que le gouvernement continue de ne pas lutter efficacement contre la COVID-19 pour justifier son inaction à l’égard de notre reprise économique.
    Mes électeurs exigent une approche sensée de la reprise. Ils veulent retourner au travail. Ils veulent un gouvernement qui crée les conditions propices à la prospérité de tous les secteurs de notre économie, mais qui ne s’immisce pas à l’excès dans leur vie. Ils nous rappellent qu’un emploi stable et de bons chèques de paie seront les éléments clés pour sortir de cette pandémie le plus rapidement possible.
    Les conservateurs ont été fiers de défendre les intérêts des Canadiens lorsque la pandémie a frappé. Nous nous sommes efforcés d’améliorer nombre de programmes d’aide du gouvernement et d’en accélérer la mise en œuvre. Les Canadiens avaient besoin de ces programmes, qui leur ont été très utiles. En fait, les conservateurs ont exhorté le Parlement à se réunir le plus souvent possible pour aider notre pays à bien traverser cette tempête. Malheureusement, les appels que nous avons lancés sont bien souvent restés lettre morte.
    Toutefois, nous ne sommes plus en mars ou en avril 2020. Aujourd’hui, nous connaissons beaucoup mieux le virus et la façon d’en atténuer les répercussions. Il est temps de revenir au cours normal des choses et de travailler à la relance économique. Pourquoi? Parce que nous ne pouvons pas continuer à dépenser indéfiniment. Reconnaissons la gravité de certains indicateurs économiques vitaux que le gouvernement a aidé à exacerber.
    Regardons la dette: on attend des Canadiens qu’ils assument le fardeau de huit billions six cents milliards de dollars de la dette des ménages, des sociétés et du gouvernement. Cette somme équivaut à 387 % de notre PIB. Au cours des six dernières années, la dette a augmenté de 40 %, dépassant la croissance de notre PIB trois fois. La dette du gouvernement, tout particulièrement, a crû à un rythme supérieur à celui du PIB du Canada, qui était l’étalon de mesure du gouvernement.
    Notre situation est pire que celle à laquelle la Grèce a dû faire face pendant la crise de la dette souveraine, ou encore celle à laquelle les États-Unis ont été confrontés pendant la crise financière de 2008. Jamais notre pays n’a dû faire face à un fardeau de la dette pareil, sans aucun plan pour le gérer. Notre déficit est plus élevé que jamais dans l’histoire de notre pays, se situant actuellement à 17 % de notre PIB. Même les déficits accumulés pendant la Première Guerre mondiale, au pire de la Grande Dépression ou encore pendant la récession de 2007-2009 n’ont pas approché notre déficit actuel par rapport au pourcentage du PIB. Pire encore, le gouvernement n’a toujours pas de plan pour retrouver un certain équilibre budgétaire.
    Quels résultats obtenons-nous avec toutes ces dépenses? Nous en obtenons bien peu. Notre taux de chômage demeure le plus élevé des pays du G7, même si nous sommes ceux qui dépensent le plus de tous les pays de l’OCDE.
    La situation aurait pu être bien différente si le gouvernement s’était attelé à la tâche lorsque les choses allaient bien. Dès le premier jour, il était clair que les libéraux n’étaient nullement intéressés à donner suite à leurs promesses concernant les dépenses. Au cours de leur premier mandat, ils ont vidé les coffres en ajoutant 100 milliards à la dette avant même que la COVID n’atteigne nos rives. Cette tendance à dépenser de façon inconsidérée et exagérée qui nuit aux entreprises a des conséquences bien réelles. En effet, avant même le début de la pandémie, le Canada avait perdu 160 milliards d’investissements à cause de mauvaises décisions du gouvernement, ce qui nous a laissés dans une position affaiblie.
    Qu’est-ce qui pouvait encore empirer la situation? D’abord, le gouvernement propose, dans son projet de loi, de rendre permanentes les dépenses engagées pendant la crise de la COVID. Il demande d’augmenter la limite d’emprunt de 700 milliards de dollars, pour la porter à un billion huit cents milliards de dollars d’ici 2024. On dirait que les libéraux n’ont aucun plan à long terme pour solliciter l’ardeur au travail et l’ingéniosité des Canadiens.
    Permettons aux Canadiens de nous aider à traverser la tempête. Au lieu de choisir des favoris, les libéraux devraient tabler sur les talents de tous les travailleurs pour produire les biens et les services que le monde achètera. Le gouvernement doit améliorer la compétitivité du Canada dans le monde.
    Tout comme les Canadiens doivent avoir les outils nécessaires pour nous conduire à une relance économique solide, le gouvernement a la responsabilité de gérer la santé publique pour vaincre la pandémie. Toutefois, selon moi, il a clairement échoué à cet égard.

  (1335)  

    Hier soir, j’ai eu le plaisir d’entendre ma collègue de Cloverdale—Langley City parler des systèmes complexes qui sont utilisés depuis des années dans l’industrie des cultures de serre pour prévenir et détruire les virus avant qu’ils endommagent gravement la santé des plantes et nuisent à la productivité des entreprises. Elle a ensuite comparé ce qui est ainsi fait aux prétendues mesures prises par le gouvernement libéral pour réagir à la pandémie du coronavirus.
    Les Canadiens veulent tout simplement que le gouvernement leur dise la vérité. Tout d’abord, pourquoi les libéraux ont-ils fait des erreurs aussi évidentes dans leur lutte contre la pandémie, et ce, dès le début?
    Ils ont permis l’entrée au Canada de 60 000 personnes venant de Chine pendant les trois premiers mois sans jamais fermer nos frontières. Ils n’ont pas tenu compte des mises en garde de première main formulées par le ministère de la Défense nationale voulant qu’une crise se pointait à l’horizon.
    Ils ont donné de précieux stocks d’équipement de protection individuelle à la Chine et mis trop de temps à obtenir l’équipement dont nos premiers intervenants et la population générale avaient besoin. Ils ont déclaré que le port du masque n’était pas utile et l’ont ensuite rendu obligatoire lors de rassemblements intérieurs et même extérieurs. Ils ont fermé les petites entreprises mais pas les grandes surfaces étrangères. Ils n’ont pas établi de système de rapports équilibrés, alors que les grands médias se sont constamment concentrés sur les dangers de la COVID, instillant la peur de la maladie et de ses répercussions sur les enfants, les parents, les employés, les employeurs, les propriétaires de petites entreprises, les personnes âgées et les étudiants.
    Les libéraux disent que la seule façon de se protéger est de s’isoler; faire quoi que ce soit d’autre équivaut à courir un grand risque. Ils n’ont pas fourni les tests rapides qui auraient permis aux gens de retourner au travail plus rapidement et de garder les entreprises ouvertes. Tout d’abord, ils ne se sont concentrés que sur la conclusion d’un accord pour obtenir un vaccin avec la Chine, qui ne s’est pas matérialisé, ce qui n’est pas étonnant, nous plaçant ainsi dans la position précaire qui est la nôtre actuellement, avec des gens qui doivent attendre pour se faire vacciner.
    Toutes ces erreurs ont des répercussions énormes sur l’économie du Canada, et ce ne sont pas les seuls facteurs qui font obstacle à ce que notre nation est capable de faire: être le premier pays au monde à remettre son économie sur les rails, à amener sa population à reprendre le chemin du travail, de l’école et des installations sportives, à profiter de nouveau des occasions spéciales qui se présentent et à reprendre une vie familiale et sociale normale.
     Les gens mêmes que nous représentons en ces lieux ont plus de questions à poser parce que les actions du gouvernement et son double discours les laissent inquiets et confus.
    Pourquoi les libéraux continuent-ils d’augmenter la taxe sur le carbone pendant la pandémie? Pourquoi mettent-ils de l’avant la norme sur les carburants propres et présentent-ils un projet de loi qui oblige le Canada à atteindre la carboneutralité dans 50 ans alors qu’ils ne peuvent pas donner suite aux engagements qu’ils ont déjà pris? Pourquoi le premier ministre veut-il nuire autant au gagne-pain de la classe moyenne et des petits salariés, qui luttent plus que jamais pour joindre les deux bouts?
    Pourquoi les libéraux ne reconnaissent-ils pas la contribution extraordinaire des Canadiens autochtones et des Canadiens qui vivent à la campagne, dans l’Ouest et sur la côte Est, eux qui ont tant apporté à la richesse de notre nation? Jusqu’à maintenant, ils n’ont reçu aucune reconnaissance et on ne leur a attribué aucun mérite pour les avancées environnementales reconnues internationalement dans nos industries de l’agriculture, des ressources et de la fabrication partout au Canada. Sans eux, les sources de richesses des Canadiens qui vivent dans nos belles grandes villes n'existeraient pas.
    Pourquoi les libéraux veulent-ils paralyser et tuer l’industrie pétrolière et gazière du Canada, ainsi que l’industrie du charbon propre, qui séquestre le carbone, un secteur de pointe, alors que nous avons les meilleures ressources et les normes environnementales les plus élevées du monde, que nous devrions défendre et faire connaître partout dans le monde?
    À une table ronde de Corporate Knights, Jerry Dias a dit que le Canada doit construire et acheter des voitures électriques et aménager des postes de recharge partout au pays, ce qui serait une bonne chose. Mon frère, qui habite sur la côte Ouest, adore son auto électrique.
    Franchement, si le gouvernement libéral se souciait des Canadiens et de notre pays, il suivrait l’avis de Jerry. Le monde aura besoin de pétrole pendant encore quarante ans. Le gouvernement devrait saisir toutes les occasions pour faire croître notre économie et il devrait faire montre de franchise, de transparence et du désir de servir la population. Il pourrait expliquer honnêtement pourquoi il a si mal géré la crise du coronavirus.
    Le projet de loi C-14 donnerait au gouvernement un accès sans précédent à davantage de milliards de dollars des contribuables canadiens sans avoir à leur rendre de comptes, à un moment où ces dollars ne sont pour ainsi dire pas disponibles et ne le seront pas pendant encore des années à cause de la mauvaise gestion financière du gouvernement. Le gouvernement imprime de l’argent pour garder le contrôle de notre démocratie au lieu de le donner aux Canadiens et il contrôle l’économie plutôt que de permettre la libre entreprise.

  (1340)  

    Monsieur le Président, abstraction faite de l’intention déclarée du premier ministre d’éliminer progressivement l’industrie des sables bitumineux et de la façon dont il entend tirer profit électoralement du retrait de l’Ouest du Canada si cela devait arriver, la crise qui nous occupe, comme ma collègue l’a mentionné, tient à l’absence de vaccins pour la population canadienne.
    Il n’y a aucun vaccin aujourd’hui. Il y a neuf jours, le Canada arrivait au dixième rang pour les vaccins. L’Union européenne met actuellement en place une politique de l’Europe d’abord, et la position du Canada recule constamment pour la vaccination.
     Que peuvent bien lui dire les contribuables de sa circonscription qui ne sont pas considérés comme essentiels au sujet de la situation dans laquelle nous nous trouvons? Ils sont abandonnés, sans aucune source de revenu.
    Monsieur le Président, les gens de ma circonscription sont très mécontents des moyens pris par le gouvernement depuis le début pour lutter contre la pandémie. Nous sommes des gens très débrouillards et créatifs, nous voulons faire croître notre économie, même au beau milieu d’une pandémie. Les gens sont préoccupés par les mesures prises par le gouvernement à chaque étape de la crise pour lutter contre le virus, et j’en ai parlé en détail dans mon allocution. Je parle au nom des habitants de ma circonscription.
    Pour ce qui est des vaccins mêmes, il faut assurément un approvisionnement nettement supérieur à ce qu'il est actuellement. De toute évidence, le gouvernement a manqué son coup à cet égard.
    Toutefois, je suis heureuse de dire que, dans ma circonscription, on a besoin et on veut des vaccins mais à la condition que la vaccination soit facultative et…
    Nous passons aux questions et commentaires. Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole.
    Monsieur le Président, les propos de la députée pourraient être qualifiés de quelque peu hypocrites. D’une part, les conservateurs essaient de donner l’impression que le gouvernement emprunte trop d’argent, mais de l’autre, ils appuient généralement les mesures que nous prenons pour venir en aide aux Canadiens et aux petites entreprises, comme l'investissement de milliards de dollars dans le cadre de la subvention salariale d’urgence du Canada, la subvention d’urgence au loyer du Canada, le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes ainsi que les fonds régionaux d’aide et de relance.
    Des députés conservateurs affirment que, d’une certaine façon, nous n’en faisons pas encore assez pour les petites entreprises. Mais ils nous reprochent ensuite d’emprunter de l’argent.
    La députée pourrait-elle indiquer clairement aux Canadiens quelles coupes elles voudrait que nous fassions dans certains des programmes que nous avons mis en place, ou si elle approuve la totalité…
    La députée de Yorkton—Melville a la parole.
    Monsieur le Président, c’est l’autre côté de la Chambre qui se montre hypocrite. De ce côté-ci, nous sommes partisans de ce qu’on appelle la bonne gouvernance.
    Oui, il fallait aider les Canadiens; cela ne fait pas de doute. Les gens de ma circonscription abondent dans ce sens. Toutefois, ils sont d’avis que le gouvernement préfère, dans le contexte actuel, mettre l'économie sur pause. Il y a des gens dans ma circonscription qui reçoivent la magnifique Allocation canadienne pour enfants et qui en sont très contents. Nous avons créé cette mesure. Toutefois, ils me disent que cette prestation devait s’ajouter à leur revenu. Or, actuellement, ils comptent sur cette aide mais elle ne suffit pas; ils doivent donc retourner au travail.

  (1345)  

    Monsieur le Président, j’ai siégé au Comité des anciens combattants avec la députée, et cela me manque vraiment de ne plus y travailler avec elle.
    Nous sommes à neuf ans de l’échéance fixée pour le respect de l’engagement que nous avons pris en matière de climat dans le cadre de l’Accord de Paris, et le gouvernement a fait très peu pour aider les agriculteurs et les encourager à réduire leurs émissions, à se tourner vers les énergies de remplacement et à améliorer la gestion de l'azote. J'ai écrit une lettre d’appui à l'organisation Fermiers pour la transition climatique, qui réclame des aides pour les agriculteurs.
    Le gouvernement a proposé un montant de 90 millions de dollars, alors que les agriculteurs ont besoin de 300 millions de dollars. De façon générale, on ne les a pas consultés ni aidés à faire leur part — ce qu’en réalité ils font déjà —, c’est-à-dire à moderniser vraiment leurs pratiques et à obtenir l’aide dont ils ont besoin.
    Est-ce que ma collègue pourrait expliquer à quel point il est important que le gouvernement appuie les Fermiers pour la transition climatique et tous les agriculteurs pour qu'ils puissent participer plus encore qu'ils ne le font déjà à la réduction des émissions et...
    Il ne reste plus de temps.
    La députée de Yorkton—Melville a la parole.
    Monsieur le Président, c'est regrettable, parce que très souvent, les agriculteurs que je représente doivent se contenter du « temps minimal ».
    Dans ma circonscription en Saskatchewan, les agriculteurs prennent des mesures importantes qui profitent à l’environnement de manière incroyable, au point où, au sommet de l'association des producteurs agricoles de la Saskatchewan en 2017, des chercheurs de l'Université de la Saskatchewan ont déclaré que si nous continuons à agir comme nous le faisons pour améliorer nos pratiques agricoles, nous neutraliserons toutes les émissions provenant des sables bitumineux au cours de la prochaine décennie.
    Je suis très fière de ce que font actuellement nos agriculteurs, mais lorsqu’ils ont eu besoin d’une aide réelle du gouvernement, ils ne l’ont pas obtenue.
    Monsieur le Président, la pandémie de COVID-19 est une urgence de santé publique et économique sans précédent depuis un siècle — en tous cas, je n’ai rien vu de tel au cours de ma vie —, et je donnerais tout pour éviter que nous ayons à revivre une telle expérience.
    Durant la première vague, un virus totalement inconnu est apparu. Il a porté un coup extrêmement dur aux collectivités partout au Canada et dans le monde entier. Bien que ma province, la Nouvelle-Écosse, ait échappé au pire de la pandémie grâce à des politiques intelligentes et, surtout, à l’adhésion des gens, la deuxième vague cause beaucoup de souffrances chez mes voisins des différentes provinces du Canada. Des Canadiens subissent les effets d’un confinement strict. D’autres ont perdu des êtres chers. La pandémie a des conséquences graves pour la santé et le bien-être économique ou personnel de beaucoup de nos compatriotes. On ne saurait trop insister sur les conditions actuelles, et elles demandent toute notre attention.
    Malgré ces difficultés, les Canadiens ont réagi admirablement depuis le début de cette pandémie. Ils ont suivi les consignes de santé publique, bien que les gens n’étaient pas très à l’aise de porter un masque au début de la pandémie. Nous avons appris à nous laver les mains d’une manière nouvelle et appropriée, qui peut avoir été différente de ce que nous avions appris. Nous avons vu des gens prêts à sacrifier une partie de leur propre confort pour protéger la santé et le bien-être de leurs voisins. S’il existe un sentiment plus canadien que celui-là, j’aimerais bien savoir de quoi il s’agit. Au Canada, nous défendons nos voisins et nous sommes prêts à nous battre autant pour eux que pour nous.
    Je suis aussi fier de la manière dont notre gouvernement et, bien franchement, ce Parlement ont réagi à la pandémie. Je me souviens qu’au début, je faisais partie de l’équipe chargée d’élaborer certaines des mesures économiques en réponse à la COVID-19 et de répondre aux appels non seulement des députés du caucus du gouvernement, mais aussi des députés de tous les partis de toutes les régions. Je pense aux députés qui représentent les secteurs agricoles de l’Ontario qui m’appelaient pour me parler de l’impact sur les viticulteurs de leur région, aux députés de l’Ouest canadien qui m’appelaient pour me parler du soutien aux travailleurs du secteur de l’énergie qui allaient être touchés, ou de l’exode des tours de bureaux du centre-ville alors que de plus en plus de Canadiens travaillaient à domicile, et, bien entendu, ici sur la côte Est, aux députés qui défendaient non seulement les mesures de santé publique, mais aussi le soutien financier aux familles qui avaient du mal à nourrir leur famille. Cela dit, j’ai trouvé extraordinaire de voir les points communs entre les problèmes qui touchaient l’ouest, le nord, le centre et l’est du Canada. Peu importe qui nous sommes ou d’où nous venons, quand nous perdons notre emploi ou que notre santé est menacée, nous avons besoin du soutien de nos voisins. Je me plais à penser que nous avons réussi, avec l’aide de députés de tous les partis, à apporter le type de soutien dont nous avions le plus besoin à une époque particulièrement difficile.
    Je pense aux mesures que nous avons adoptées, comme la Prestation canadienne d’urgence, la PCU. À l’époque, personne n’en avait entendu parler. En quelques semaines, nous avons mis en place un programme qui a maintenant aidé près de neuf millions de Canadiens à payer leur loyer. Pour soutenir les entreprises, il y a le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, la Subvention salariale d’urgence du Canada et d’autres mesures pour les aider à rester ouvertes et à continuer à payer leurs travailleurs. C’est le genre de programmes qui ont été conçus pour répondre à des besoins très précis qui, bien franchement, sont survenus en raison de la pandémie. Ce ne sont pas uniquement des mesures que nous voulions prendre parce qu’elles auraient pu être agréables pour la population. Nous avons réalisé que la pandémie avait des répercussions très graves et sérieuses sur nos voisins, nos amis et nos collègues, et nous avons voulu, en tant que gouvernement et Parlement, faire en sorte que ces besoins soient satisfaits. Nous savions que le coût de l’incapacité à répondre aux besoins des Canadiens en période d’urgence était bien plus élevé que celui de l’extension des types de soutien qui leur permettraient de traverser cette période difficile.
    La mesure législative à l'étude à la Chambre aujourd'hui s’inscrit dans la foulée de nos mesures d’intervention d’urgence pour répondre aux besoins auxquels les Canadiens font face en raison de cette pandémie. Pendant mes remarques, je parlerai brièvement des avantages qu’offre le projet de loi C-14 aux familles et aux entreprises canadiennes et, surtout, de la façon dont il nous permettra de continuer à protéger la santé et le bien-être des Canadiens d’un bout à l’autre du pays alors que nous traversons la seconde vague de COVID-19.
    En ce qui a trait au soutien pour les familles, j’aimerais attirer l’attention des députés sur l’Allocation canadienne pour enfants majorée pour les parents de jeunes enfants dont la garderie a fermé, qui ne se sentent peut-être pas à l’aise à l’idée d’envoyer leurs enfants en garderie ou qui peuvent avoir renoncé à leur place en garderie au début de la pandémie parce qu’ils ne savaient pas s’ils en auraient besoin pendant un confinement prolongé. Toutefois, s’occuper d’enfants à la maison entraîne des dépenses accrues.

  (1350)  

    J’ai un enfant de quatre ans à la maison et c’est toute une affaire que d’essayer de travailler à domicile et de m’acquitter de mes responsabilités parentales. Nous voulons faciliter la tâche à ces parents, surtout aux familles qui n’ont peut-être pas des revenus très élevés. C’est pourquoi nous bonifions l’Allocation canadienne pour enfants de manière à fournir jusqu’à 1 200 $ cette année aux parents qui ont des enfants de moins de six ans. Pour les familles en meilleure situation financière, la prestation pourrait ne pas être aussi généreuse, mais elle sera tout de même utile. Les ménages dont le revenu annuel est supérieur à 120 000 $ verront quand même une augmentation de 600 $ pour pouvoir composer avec la nécessité de s’occuper de leurs enfants à la maison pendant la pandémie.
    Toujours sur le thème du soutien aux familles, certaines caractéristiques de la PCU permettront aux Canadiens qui étaient admissibles mais qui n’ont peut-être pas reçu tous leurs paiements de continuer à recevoir des paiements, maintenant que nous avons entamé une nouvelle année. Cela ne serait pas possible sans cette mesure législative.
    J’ai fait mes débuts en politique comme président de l’association étudiante de l’Université Saint-François-Xavier dans ma ville natale, Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Je porte la « X-ring » tous les jours. À l’époque, nous militions en vue de faire éliminer les intérêts sur les prêts étudiants fédéraux et provinciaux. Je suis très heureux de voir que ce projet de loi prévoit une mesure à cet effet et qu’il supprimera aussi les intérêts sur les prêts canadiens aux apprentis afin que cette mesure ne profite pas qu’à ceux qui ont fait des études à l'université, mais aussi à ceux qui ont suivi des cours de formation dans des collèges communautaires et qui exercent des métiers spécialisés aujourd’hui.
    Ce projet de loi contient quelques mesures pour aider les entreprises. Il apporte un changement technique au programme de subvention pour le loyer afin que les entreprises continuent de recevoir l'aide pour le loyer dont elles ont besoin pour rester ouvertes avant que leur loyer devienne exigible, au lieu d’avoir un remboursement différé. Nous avons apporté des changements au Fonds d’aide et de relance régional, qui a fait des merveilles pour les petites entreprises du Canada atlantique qui n’étaient pas admissibles à d’autres formes d'aide, pour qu'il ressemble davantage à son équivalent, le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) pour les entreprises qui se sont qualifiées plus facilement.
    Je souhaite attirer particulièrement l’attention sur les mesures de santé et de sécurité que renferme le projet de loi. L’Énoncé économique de l’automne prévoit une somme d’un milliard de dollars afin d’améliorer les soins de longue durée. Ce projet de loi prévoit 505 millions de dollars pour empêcher la propagation de la COVID-19 dans les établissements de soins de longue durée. En Nouvelle-Écosse, la majorité des cas observés l’ont été dans un établissement. Si nous pouvons limiter les éclosions dans ces établissements, où les gens vivent près les uns des autres et affichent un risque plus élevé de propager la COVID-19, nous pouvons protéger la santé et le mieux-être de tous nos voisins, tout en évitant de placer notre économie dans une position vulnérable.
    Nous affectons des sommes considérables, y compris les 133 millions de dollars prévus dans le projet de loi pour continuer de financer la prestation de soins virtuels pendant la pandémie. Nous avons retenu quelques leçons qui réduiront le fardeau imposé à notre système de santé et qui permettront aux Canadiens et aux communautés ayant de la difficulté à obtenir les services d’un médecin de famille d’avoir accès à distance aux soins dont ils ont besoin. J’espère que nous n’oublierons pas ces leçons après la pandémie.
    Dans le même ordre d’idées, ces investissements continueront de permettre au portail Espace mieux-être Canada d’aider les Canadiens qui éprouvent des problèmes de santé mentale ou des problèmes de toxicomanie pendant la pandémie à obtenir le soutien dont ils ont besoin et, surtout, d’offrir aux Canadiens aux prises avec des problèmes de toxicomanie l'aide dont ils ont besoin pour surmonter ces problèmes, surtout ceux qui souffrent d'une dépendance aux opioïdes. Partout au pays, des décès sont attribuables aux opioïdes. Nous devons nous occuper de cette crise.
    Le projet de loi prévoit une somme de plus de 260 millions de dollars pour poursuivre le développement de vaccins, mettre en place des mesures visant les voyageurs et investir dans la recherche et les essais, afin d’empêcher la propagation de la COVID-19 dans nos communautés. Nous savons que la prévention de la COVID-19 et son élimination le plus rapidement possible représentent la meilleure politique économique que nous pouvons adopter pendant cette pandémie.
    Avant de conclure, je souhaite indiquer que j’ai remarqué un avis de motion d’un député du Parti conservateur dans le Feuilleton. C'est une motion qui vise à scinder le projet de loi et accélérer l’adoption de la partie concernant l’Allocation canadienne pour enfants, tout en retardant d’autres volets du projet de loi. Même si je suis certain que les intentions du député sont bonnes, j’exhorte tous les députés à ne pas tomber dans le piège et à ne pas croire qu’il est possible d’accélérer l’adoption de certaines dispositions sans retarder d’autres mesures importantes, plus particulièrement celles qui sont destinées à protéger la santé et le mieux-être des Canadiens en empêchant la propagation de la COVID-19 dans nos collectivités.
    Pour conclure, de toute ma carrière, je n'ai jamais pris part à un projet aussi important que celui de la lutte que mène le gouvernement contre la pandémie. D’une certaine manière, j’espère que je serai tout aussi affairé pour le reste de ma vie, parce que c’est intéressant et stimulant, mais pour toutes les mauvaises raisons. Nos compatriotes souffrent, sont malades ou éprouvent des difficultés financières. En continuant d’offrir de l'aide d’urgence qui aidera les familles à prendre soin de leurs enfants, à se nourrir et à se loger, qui aidera nos collectivités à reprendre leurs activités habituelles, qui aidera les entreprises à garder leurs portes ouvertes et maintenir les emplois des travailleurs, je sais que nous demeurons sur la bonne voie.

  (1355)  

    J’ai hâte de voir le soutien des membres de tous les partis à la Chambre au moment de voter sur ce projet de loi important.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai une question pour mon collègue. Tantôt on parlait de la requête de nos concitoyens, qui nous demandent quand les provinces et le Québec auront leur juste part afin de pouvoir offrir des soins de santé à la hauteur de ce qu'ils devraient être.
     En quelques secondes, j'aimerais rappeler aux gens qui nous écoutent que « les provinces exercent un pouvoir très vaste en matière de santé en vertu de plusieurs dispositions de la Loi constitutionnelle de 1867, notamment du paragraphe 92(7), qui prévoit l’exercice exclusif par les provinces de la compétence sur l’établissement, l’entretien et l’administration des hôpitaux ».
    C'est une responsabilité exclusive, une prestation directe.
    Mon collègue peut-il me dire quand les provinces auront les sommes d'argent nécessaires pour offrir les soins qui relèvent de leur compétence?

[Traduction]

    Monsieur le Président, si ma collègue veut débattre de l'augmentation des montants investis pour que les systèmes de santé provinciaux puissent améliorer l'accès aux soins de santé mentale et la qualité des soins de longue durée, ce serait très intéressant, mais nous ne pouvons pas renoncer à la responsabilité qui nous incombe de lutter contre cette pandémie.
    Pour dire les choses franchement, la répartition des pouvoirs définie dans la Constitution — un sujet que je connais bien — a, selon moi, montré ses limites lorsque j’ai vu les militaires entrer dans des établissements de soins de longue durée. Lorsque j'ai vu qu'on demandait au gouvernement fédéral de financer des hôpitaux de campagne pour faire face à une situation qui dépassait les gouvernements provinciaux, aussi bien intentionnés soient-ils, j'ai compris que nous ne pouvions pas rester les bras croisés et envoyer un chèque en blanc sans obligation de rendre compte.
    Nous devons gérer la pandémie de manière globale et comprendre que l'argent que nous injectons dans l'intervention d'urgence doit servir à améliorer la qualité des soins de santé et protéger le bien-être des Canadiens qui s’efforcent de faire face à cette pandémie de COVID-19. C'est l’objectif le plus important, et nous ne pouvons pas le perdre de vue.
    Monsieur le Président, je souhaite une bonne année à mon collègue. Il parle de chèque en blanc sans obligation de rendre compte, mais son gouvernement et les institutions fédérales ont octroyé, sans conditions, pour 750 milliards de dollars de mesures de soutien des liquidités aux grandes banques canadiennes. Des milliards de dollars ont été dépensés pour aider les plus grosses sociétés canadiennes, qui ont souvent utilisé cet argent pour le rachat d’actions et le versement des primes aux dirigeants. Là encore: pas de comptes à rendre.
    Lorsque nous parlons du projet de loi C-14, je partage, bien sûr, les objectifs de mon collègue, mais les montants investis sont loin de correspondre aux besoins. Nous parlons du montant de 2 milliards de dollars nécessaire pour créer un système pancanadien de garderies. Le projet de loi ne prévoit qu’une fraction de ce montant. Les infirmières canadiennes — le député ne l’ignore pas — ont témoigné qu’il nous faut au moins 3 milliards de dollars par an pour établir des normes nationales en matière les soins de longue durée, de façon à garantir à chaque Canadien âgé un niveau de soins adéquat, et pourtant le projet de loi ne prévoit qu’une infirme partie de ce montant.

  (1400)  

    Nous devons essayer de prendre d’autres questions.
    Le secrétaire parlementaire de la ministre des Finances a la parole.
    Monsieur le Président, je salue le député et je lui souhaite une bonne et heureuse année. J'ai, moi aussi, hâte de le revoir au comité des finances.
    Dans sa question, le député a soulevé deux catégories d'enjeux.
    D'une part, il a parlé de la nature de mesures de soutien consenties aux entreprises et aux banques. Je pense que, en ce qui concerne les banques, les mots clés qu'il a utilisés sont « soutien aux liquidités ». Or, force est de se demander ce qui serait arrivé si le gouvernement n'avait pas mis en place de telles mesures de soutien. S'il n'avait pas permis l'augmentation du soutien des liquidités, les banques n'auraient pas pu faire preuve de tolérance à l'égard des propriétaires de maisons pour éviter des saisies immobilières. Davantage de gens auraient perdu leur maison. Par ailleurs, si on jette un coup d'œil aux mesures de soutien consenties aux grandes entreprises, lorsque le gouvernement intervient rapidement, cela a parfois des conséquences fâcheuses. Certains cas en sont la preuve. Quoiqu'il en soit, je n'affirmerai pas que la réaction du gouvernement a été parfaite, mais il faut reconnaître qu'elle a été assez bonne. Je suis fier du travail fait par le gouvernement parce que grâce aux mesures de soutien mises en place, des millions de Canadiens ont conservé leur emploi.
    Pour ce qui est des enjeux liés à la garde des enfants et aux normes en matière de soins de longue durée, je partage l'avis du député. J'estime que le gouvernement doit s'employer vigoureusement à l'amélioration de ces politiques. La mesure dont le Parlement est actuellement saisi ne vise pas à remuer ciel et terre, mais elle améliorera la situation actuelle.
    Les enjeux abordés dans la mesure législative seront traités de façon à améliorer substantiellement la situation, à protéger l'économie et à assurer la santé financière et le bien-être des Canadiens, notamment ceux qui résident dans ma collectivité et dans la sienne.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Terry Fox

    Monsieur le Président, le gouvernement envisage de choisir un nouveau visage pour les billets de 5 $. Un des dignes candidats qui se distingue des huit autres n’est nul autre que Terry Fox. Je suis fière de parrainer une pétition électronique lancée par un résidant de Burlington qui est membre du Temple de la renommée de la Ligue canadienne de football, Tony Gabriel, pour que Terry Fox figure sur le billet de 5 $.
    En 1980, Terry s'est lancé dans le Marathon de l'Espoir afin de recueillir des fonds pour la recherche sur le cancer. Lorsqu'il est passé à Ottawa, il a fait le botté d'envoi protocolaire d'une partie des Rough Riders d'Ottawa. Tony lui a dit qu'aucun joueur de son équipe n'aurait été physiquement capable d'accomplir un exploit comme le Marathon de l'Espoir. Ces mots ont remonté le moral de Terry. Grâce au Marathon de l'Espoir, Terry est devenu célèbre et est considéré comme un héros canadien. Plus de 800 millions de dollars ont été recueillis en son nom pour financer la recherche sur le cancer.
    Comme le dirait Tony, aidons Terry à marquer un touché. Il est grand temps qu'il figure sur le billet de 5 $.

L'activité de financement pour la Fondation Terry Fox

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour célébrer et rendre hommage à une personne incroyable de ma circonscription. Depuis plus de 30 ans, Jim Terrion recueille des fonds pour la Fondation Terry Fox. Il a amassé plus de 800 000 $ et il est en voie d'atteindre son objectif de 1 million de dollars d'ici 2024.
    Les efforts extraordinaires de M. Terrion ont commencé lorsque son héros, Terry Fox, a dû abandonner le Marathon de l'espoir. M. Terrion a repris la cause et, en 1990, il a traversé le Canada à pied pour honorer son héros. En cours de route, il a collecté des fonds pour la Fondation Terry Fox et il a sensibilisé les gens à la cause des Canadiens sourds ou malentendants. M. Terrion est né sourd, mais cela ne l'a jamais empêché d'accomplir de grandes choses pour notre collectivité et pour le pays. Depuis lors, il continue le Marathon de l'espoir de Terry Fox. Chaque année, il rend visite personnellement à chaque entreprise et chaque habitant de Prince George, une municipalité située dans le Nord de la Colombie-Britannique, afin de recueillir des promesses de dons pour la course Terry Fox. Pas plus tard que l'année dernière, il a reçu le prix d'excellence de la Colombie-Britannique en reconnaissance de ses efforts.
    Par son travail, M. Terrion a sans aucun doute amélioré le sort des Canadiens de tout le pays. Au nom des gens de ma circonscription, je le remercie de ses 30 années de travail acharné et de dévouement pour la recherche sur le cancer. Nous le remercions d'avoir poursuivi le rêve de Terry Fox. M. Terrion est un champion.

Plateforme parlementaire pour la paix

    Monsieur le Président, en compagnie de neuf parlementaires qui représentaient neuf pays et avec la participation de l'Institut Open Diplomacy, j'ai pris part à la création de la Plateforme parlementaire pour la paix 2020.

  (1405)  

[Français]

    Celle-ci a été présentée au Forum mondial pour la paix, à Caen, en France, le 30 septembre dernier. J'y ai assisté virtuellement pour représenter le Canada. Notre travail pendant deux mois a souligné la nécessité d'une plus grande collaboration et coopération entre les démocraties.

[Traduction]

    La pandémie de COVID-19 a mis en évidence la nécessité de pouvoir compter sur une institution solide à l'échelle internationale. Malgré nos origines différentes, nous étions unis par nos objectifs: accès universel à l'éducation, lutte contre les changements climatiques et de réduction des effets de la pauvreté.
    J'ai fait valoir fièrement la perspective canadienne. En tant qu'élus, nous devons collaborer au sein de notre corps législatif pour déployer tous les efforts nécessaires dans le but d'améliorer nos collectivités. Ce n'est qu'en travaillant ensemble que nous pourrons améliorer et protéger le bien-être que chaque citoyen mérite.

[Français]

L'École Saint-Eugène de Mont-Laurier

    Monsieur le Président, à l'occasion du 70e anniversaire de fondation de l'École Saint-Eugène à Mont-Laurier, je veux souligner le travail exemplaire de tous les partenaires qui ont permis de réaliser une revue relatant l'histoire de cette importante institution, fondée en 1950.
     Y ayant vécu de très belles années à titre d'élève, j'en garde d'extraordinaires souvenirs, surtout que mon père, Gaston Gaudreau, y occupait le poste de directeur pendant ma dernière année de primaire. Hormis ma belle expérience, soulignons tout un pan de l'histoire de l'enseignement et l'héritage légué par tous les acteurs ayant œuvré au fil des ans à créer un endroit convivial misant sur l'épanouissement des élèves.
    Je souhaite que ce lieu d'apprentissage puisse contribuer et continuer d'offrir un enseignement de qualité aux générations futures. Je souhaite longue vie à l'École Saint-Eugène de Mont-Laurier, un joyau du patrimoine de notre région.

La violence faite aux femmes

    Monsieur le Président, la pandémie nous amène à rester chez soi, mais la maison n'est pas un lieu sûr pour tout le monde. Pour des milliers de personnes victimes de violence conjugale et familiale, la COVID-19 n'a fait qu'empirer cette situation.
     La semaine dernière, j'ai eu la chance de recevoir dans Brome—Missisquoi ma collègue la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres afin de parler de cette nouvelle réalité. Nous avons rencontré plusieurs intervenantes locales afin de prendre de leurs nouvelles, de discuter des défis du quotidien et d'échanger sur les façons dont le gouvernement pourrait encore mieux les soutenir.
    Je tiens également à souligner la présence de Mme Cathie Sombret, de la maison d'hébergement Horizon pour Elle, et sa contribution à la discussion. Son organisme offre un apport inestimable pour notre région. Plus que jamais, le travail fait par nos maisons d'hébergement et de transition est essentiel.
    Je remercie tous les organismes de femmes de Brome—Missisquoi de leur dévouement.

[Traduction]

Journée de la République de l’Inde

     Monsieur le Président, le Canada compte plus de 1,3 million de Canadiens d'origine indienne. Les Indo-Canadiens ont grandement contribué à bâtir la société canadienne. Qu'ils soient propriétaires de petite entreprise, agriculteurs ou universitaires, ils enrichissent leur collectivité grâce à leur ardeur au travail, à leur dévouement et à leur esprit communautaire. Dans Dufferin—Caledon, la communauté indo-canadienne est prospère et en pleine croissance. Le Canada et l'Inde entretiennent des liens forts qui se multiplient sans cesse, et nos concitoyens indo-canadiens y sont pour beaucoup.
    Aujourd'hui, la démocratie la plus populeuse au monde célèbre le 72e anniversaire de sa constitution en république, à l'occasion de la Journée de la République de l'Inde. C'est un immense privilège d'offrir mes meilleurs vœux aux Indo-Canadiens au nom de tous mes collègues conservateurs. Monsieur le Président, je vous invite à vous joindre à moi pour souhaiter une très heureuse Journée de la République de l'Inde à toute la communauté indo-canadienne.

Secteurs d'aménagement commercial

    Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion aujourd'hui de souligner l'important travail réalisé par les secteurs d'aménagement commercial dans Don Valley-Ouest et ailleurs. J'aimerais surtout féliciter quatre secteurs d'aménagement commercial qui favorisent le rayonnement des entreprises locales et la vitalité des rues principales dans ma collectivité: les secteurs d'aménagement commercial Uptown Yonge, Mount Pleasant Village, Bayview-Leaside et Yonge Lawrence.
    Ces associations autofinancées attirent des consommateurs et des clients et stimulent l'économie locale. Elles proposent des paysages urbains sécuritaires et esthétiques qui ajoutent de la couleur et de la beauté dans nos quartiers et elles font appel à des artistes lors d'événements spéciaux qui ont lieu chaque saison, notamment le festival de la pomme, la marche artistique, la fête des moissons annuelle et la cérémonie d'illumination de l'arbre de Noël.
    Pendant cette période difficile, les secteurs d'aménagement commercial dans Don Valley-Ouest n'ont pas hésité à diriger leurs membres vers les programmes d'aide liés à la COVID-19 du gouvernement fédéral. Ils ont rehaussé l'image des entreprises et ont renforcé les liens au sein de la collectivité. Les secteurs d'aménagement commercial se sont retroussé les manches pour aider les entreprises dans Don Valley-Ouest. Je les félicite et je les remercie de leur travail. Je leur souhaite tout le succès possible.

  (1410)  

L'Agriculture

    Monsieur le Président, l'assaut du gouvernement libéral contre les familles de travailleurs dans le secteur agricole atteint de nouveaux sommets. Le mois dernier, le premier ministre a annoncé une augmentation sans précédent de la taxe sur le carbone, ce qui a fait perdre aux agriculteurs et aux éleveurs des dizaines de milliers de dollars en revenu net annuel.
    Red Deer est l'une des plus importantes régions agricoles de l'Alberta. Vu la présence de 9 000 exploitations agricoles dans le centre de l'Alberta, il n'est pas exagéré de dire que l'agriculture constitue l'épine dorsale de notre économie. La taxe sur le carbone du gouvernement libéral a un effet dévastateur.
    Ce que le gouvernement libéral refuse de reconnaître, c'est que la taxe sur le carbone a coincé les agriculteurs et les éleveurs dans un piège fiscal. Les agriculteurs et les éleveurs n'ont pas la possibilité d'ajouter la taxe sur le carbone au prix de leurs produits. Cependant, ils sont obligés de payer cette taxe parce qu'elle est prélevée par les fournisseurs des produits qu'ils utilisent. Tout cela avant que la nouvelle taxe du gouvernement libéral, la norme sur les carburants propres, n'entre en vigueur. Les agriculteurs et les éleveurs ne peuvent tout simplement pas se permettre de continuer à payer les coûts excessifs de l'ineptie libérale.

[Français]

La santé mentale

    Monsieur le Président, je vous souhaite une bonne année.
    Je tiens à souligner la journée Bell Cause pour la cause, qui aura lieu le jeudi 28 janvier. Il s'agit d'une journée de sensibilisation et de lutte contre la stigmatisation des difficultés liées à la santé mentale.
    Nous avons tous des exemples de gens qui souffrent d'un problème de santé mentale, que ce soit un ami, un membre de notre famille, un voisin ou nous-mêmes. Il est très difficile pour les individus de dire qu'ils ont besoin d'aide.

[Traduction]

    En ces temps incertains, il est plus important que jamais de prendre soin de notre santé mentale et de surveiller notre entourage. Les sentiments d'anxiété et d'inquiétude peuvent être normaux. Les personnes en difficulté devraient demander de l'aide. De nombreuses ressources sont disponibles. Partageons nos sentiments, restons en communication à distance et continuons d'avancer.
    Profitons de la Journée de la santé mentale de Bell, aujourd'hui, pour passer le mot et amener des changements bénéfiques, puis continuons cette semaine et tous les jours par la suite. Je sais que les gens de Nickel Belt et du Grand Sudbury sont prêts à relever le défi.
    Que chacun reste en sécurité et prenne soin des autres.

[Français]

François Dupéré

    Monsieur le Président, aujourd'hui, j'aimerais honorer la mémoire du caporal François Dupéré, du Royal 22e régiment. Ce vétéran demeure un modèle de courage. Après avoir survécu miraculeusement à un attentat suicide en Afghanistan, le caporal Dupéré a fait preuve d'une résilience exemplaire en continuant de vivre sa vie avec la même fougue.
    Le prix à payer fut lourd pour lui lorsqu'il a décidé de se tenir debout, entre nous et nos ennemis, en Afghanistan. Il a perdu un œil, un poumon et l'usage d'une main. Lors de son retour au Canada, il a fait preuve d'une grande résilience afin de profiter de la vie avec toutes les cicatrices qu'il portait avec lui.
    Nos frères d'armes le décrivaient comme un homme plus grand que nature. Il s'était impliqué auprès des familles des militaires afin d'offrir du soutien. Il fut un homme d'honneur et de courage, et un père exemplaire, selon ses amis. C'est pour cette raison que je peux dire que le caporal Dupéré est un frère pour nous tous.
    Je suis ici de façon virtuelle à la Chambre des communes pour vous saluer, caporal Dupéré, et vous souhaiter un repos bien mérité.

Les vaccins contre la COVID-19

    Monsieur le Président, que l'on soit au Québec, dans l'Ouest, en Ontario, dans les Maritimes ou dans les territoires, c'est le même chiffre: zéro. Le Canada a reçu zéro vaccin de Pfizer cette semaine. Combien de travailleurs essentiels seront vaccinés? Zéro. Combien de personnes âgées seront vaccinées? Zéro. Combien de résidents de maisons pour personnes âgées seront vaccinés cette semaine? Zéro.
     Pourquoi? Parce que le premier ministre préfère le spectacle à la santé des Canadiens; parce que le premier ministre ne joue pas franc-jeu avec les Canadiens en refusant de dévoiler les ententes avec les compagnies pharmaceutiques; parce que le gouvernement libéral gouverne à la petite semaine, sans plan et sans compétences; parce que de belles phrases creuses comme on en entend depuis des semaines pour dire que nous avons plus de vaccins par personne que tous les autres pays, cela ne sert à rien quand on est les derniers à les recevoir.
    Zéro vaccin cette semaine, c'est zéro. Combien de personnes vont contracter la COVID-19 cette semaine? Combien de personnes vont mourir de la COVID-19 parce que le gouvernement a échoué à fournir les vaccins aux provinces? Les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables, méritent mieux.
    Les conservateurs sont prêts à collaborer pour protéger les soins de santé au Canada.

[Traduction]

Les entreprises les plus touchées

    Monsieur le Président, la COVID-19 a eu des effets dévastateurs sur les petites entreprises et les travailleurs de partout au Canada, en particulier les travailleurs des industries du tourisme, de l'hôtellerie et de l'événementiel. Pour ces industries, le retour à la normale n'aura pas lieu avant des années. Lorsqu'une petite entreprise ferme ses portes dans une circonscription rurale comme la mienne, cela a des répercussions non seulement sur toute une famille qui perd ainsi sa seule source de revenus, mais aussi sur toute la collectivité. Selon les données de la Coalition des entreprises les plus touchées, près de 40 % des entreprises du secteur des voyages et du tourisme fermeront définitivement leurs portes d'ici la fin de février.
    L'annonce d'aujourd'hui concernant le Programme de crédit pour les secteurs très touchés est une bonne nouvelle. Il y a encore du travail à faire, mais nous espérons que cette aide sera offerte à temps aux entreprises qui sont les plus durement touchées et qui en ont le plus besoin. Ces entreprises ont besoin des liquidités prévues dans le cadre du programme, mais elles comptent également sur la prolongation de la subvention salariale, l'application rétroactive de l'aide au loyer et les efforts déployés par les membres de leur collectivité pour continuer à faire leurs achats auprès de commerces de détail, de magasins et d'autres entreprises dans leur localité.
    Le gouvernement a encore beaucoup de travail à faire pour aider les entrepreneurs et les entreprises en démarrage, protéger les emplois dans le secteur de l'hôtellerie et garantir les droits des travailleurs qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie. Cela n'a jamais été aussi clair: le gouvernement se doit d'agir immédiatement pour sauver les entreprises les plus touchées...

  (1415)  

    Le député de Drummond a la parole.

[Français]

L'Association des parents d'enfants handicapés de Drummond

    Monsieur le Président, le 22 janvier marquait les 40 ans de l'Association des parents d'enfants handicapés de Drummond.
    L'Association a été fondée en 1981 par des parents en quête de services pour leur enfant handicapé. Depuis, elle s'est développée grâce au soutien de parents et de bénévoles très engagés. Elle a mené plusieurs actions au fil des années. On lui doit beaucoup, notamment pour l'amélioration de l'intégration scolaire des enfants aux besoins particuliers et aussi pour leur intégration dans toutes sortes de milieux où leur accès était, pour eux, presque impensable il n'y a pas si longtemps. Jour après jour, l'Association continue d'améliorer les conditions de vie de ces enfants et de leurs familles.
    On ne peut passer sous silence la mission de l'APEHD auprès des parents d'enfants handicapés, souvent découragés et sans ressources. L'Association est toujours là pour les soutenir, les écouter et les orienter. Je tiens à féliciter l'Association des parents d'enfants handicapés de Drummond et ses bénévoles, et je donne un coup de chapeau particulier à son directeur des 18 dernières années, M. Danny Lauzière.
    Bravo pour 40 années passées à faire tomber des barrières et à faire du bien!

[Traduction]

Le commerce international

    Monsieur le Président, hier, l'administration Biden a annoncé un plan d'achat aux États-Unis, ce qui signifie que les entreprises canadiennes seront en bonne partie exclues des marchés publics et des projets étatsuniens.
    Ce plan aura un effet dévastateur pour les travailleurs canadiens des secteurs de la fabrication, de la production, de l'aluminium et de l'acier. Ce matin, j'ai discuté avec un représentant d'une entreprise de fabrication de ma circonscription, Kelowna—Lake Country, qui craint d'être exclue par le distributeur étatsunien avec lequel elle fait affaires et qui vend au gouvernement des États-Unis.
    Les États-Unis sont notre plus grand marché. Il représente un demi-billion de dollars en exportations annuelles. Quand l'ancien président Obama a adopté des politiques d'achat aux États-Unis, le gouvernement conservateur a rapidement négocié une entente pour permettre aux entreprises canadiennes de continuer à participer aux marchés publics étatsuniens.
    Ce plan mettra en péril la relance économique des deux pays. Les libéraux sont peut-être prêts à se contenter de dire qu'ils sont préoccupés ou déçus par les décisions commerciales étatsuniennes, mais les conservateurs du Canada sont déterminés à protéger l'économie et les emplois des Canadiens, et à assurer leur avenir.
    Le premier ministre doit se mettre au travail...
    La députée de London-Ouest a la parole.

L'agriculture et l'agroalimentaire de London

    Monsieur le Président, London est peut-être connue comme la « ville forestière », mais, comme elle compte plus de 7 000 travailleurs des industries de l'agriculture et de l'agroalimentaire, nous pourrions aussi l'appeler la « ville de l'alimentation ». On ne saurait surestimer l'importance de ce secteur pour ma collectivité.

[Français]

    La pandémie de la COVID-19 a mis en lumière l'importance primordiale de ce secteur pour soutenir la santé et le bien-être des Canadiens.

[Traduction]

    La semaine dernière, j'ai été très fière d'annoncer un investissement de FedDev Ontario de 7,2 millions de dollars pour la Western Fair Association, qui permettra à l'accélérateur agroalimentaire local The Grove d'élargir son champ d'action. Grâce à cet investissement, 550 nouveaux emplois seront créés et plus de 100 emplois additionnels seront maintenus.
    Je suis fière de représenter London-Ouest

  (1420)  

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse

    Monsieur le Président, en ce début d'année 2021, je tiens à remercier tous les travailleurs de la santé publique de la Nouvelle-Écosse et du Canada pour le travail héroïque accompli au cours des derniers mois.
    Je remercie en particulier le Dr Robert Strang, médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, que j'ai la chance de compter parmi les habitants de ma circonscription. Grâce au travail extraordinaire du Dr Strang, notre province n'a pas connu d'augmentation marquée du nombre de cas de COVID, contrairement à d'autres provinces, et nous sommes bien préparés pour affronter la deuxième vague.
    Jour après jour, le Dr Strang a fait plus que son devoir. Récemment, le Dr Strang a assisté à l'illumination d'un arbre à Fall River. Cet événement a été organisé par l'association des gens d'affaires locale, afin de propager un peu la joie de Noël et donner des conseils sur la manière de célébrer les Fêtes tout en se protégeant de la COVID.
    Au nom des gens de Sackville—Preston—Chezzetcook et de mes concitoyens de la Nouvelle-Écosse, je remercie le Dr Strang de ses innombrables sacrifices et des efforts infatigables qu'il a déployés au cours de la pandémie.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, l'incapacité des libéraux à fournir des vaccins coûte des vies.
     Récemment, 127 résidents de l'établissement de soins de longue durée Roberta Place, à Barrie, ont eu un résultat positif au test de la COVID et, dimanche après-midi, 40 d'entre eux étaient décédés. Chaque jour qui passe sans vaccin ouvre la porte à de nouvelles flambées épidémiques.
    Le fait que les libéraux n'aient fourni aucun vaccin cette semaine est totalement inacceptable.
    Qu'est-ce que le premier ministre peut bien répondre aux gens, en particulier les travailleurs de la santé et nos chers aînés, qui ne seront pas vaccinés cette semaine parce qu'il s'est montré incapable de se procurer des vaccins?
    Monsieur le Président, la concurrence pour les vaccins dans le monde aujourd'hui est intense.
    En prévision de cette course mondiale, le Canada a pris des précautions. Nous nous sommes procuré le plus large éventail de vaccins au monde, auprès de sept entreprises, 10 doses étant prévues pour chaque Canadien. C'est pourquoi le Canada a déjà vacciné plus de personnes par habitant que ses homologues du G7, à savoir l'Allemagne, le Japon et la France, et plus que ses partenaires du Groupe des cinq, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
     Rien n'est plus urgent pour le gouvernement que de faire vacciner les Canadiens, et ensemble, nous y arriverons.
    Monsieur le Président, nous venons également d'apprendre que plus de 335 000 interventions chirurgicales ont été annulées au pays au cours des quatre derniers mois en raison de la COVID. On parle d'interventions pour sauver la vie de gens atteints d'un cancer ou d'une maladie cardiaque ou d'interventions pour alléger la souffrance des patients. La santé générale des Canadiens pourrait être hypothéquée de façon catastrophique à cause de ces annulations.
    Il faut un vaccin maintenant, pas « peut-être », « oui, mais » ou « dans neuf mois ». Je le demande encore une fois, pourquoi le Canada ne recevra-t-il aucun vaccin cette semaine?
    Monsieur le Président, il n'y a pas de question plus pressante pour le gouvernement et pour les Canadiens que l'approvisionnement en vaccins. C'est pour cette raison que, au cours des derniers jours, le premier ministre a discuté avec les dirigeants de Pfizer, d'AstraZeneca et de Moderna.
    Je veux rappeler aux Canadiens que le pays a déjà reçu 1,1 million de doses, que 6 millions de doses seront reçues au cours du premier trimestre et que tous les Canadiens qui souhaitent se faire vacciner pourront l'être d'ici septembre.
    Monsieur le Président, s'il y a une chose que nous savons, c'est que les libéraux continueront de tromper les Canadiens sur la question des vaccins. Ils refusent d'indiquer clairement comment ils comptent pallier la pénurie de vaccins.
    Le vaccin sauvera des vies et donnera de l'espoir, mais aucune dose n'arrive au Canada alors que d'autres pays en obtiennent. Des gens meurent et des interventions chirurgicales sont annulées, mais un député libéral a déclaré hier soir que les libéraux comptent sur des vaccins qui n'ont toujours pas été homologués. Ce n'est pas un jeu: des vies en dépendent.
    Quand les Canadiens peuvent-ils s'attendre à être vaccinés?
    Monsieur le Président, chaque Canadien qui souhaite se faire vacciner le sera d'ici septembre, et nous fournissons des précisions limpides aux Canadiens en les informant que nous avons déjà reçu 1,1 million de doses et que nous obtiendrons 6 millions de doses additionnelles d'ici la fin du premier trimestre.
    Il y a une course mondiale aux vaccins, et le Canada s'y engage de toute urgence pour obtenir les doses dont les Canadiens ont besoin.

  (1425)  

[Français]

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, hier, les libéraux ont tenté sans succès d'obtenir le consentement unanime de la Chambre pour adopter un projet de loi corrigeant les erreurs de leur loi précipitée qui donnait 1 000 $ aux voyageurs non essentiels pour leur quarantaine. Évidemment, la Chambre a décidé qu'il valait mieux l'étudier correctement et permettre les débats.
    J'aimerais savoir pourquoi le gouvernement n'a pas encore déposé son projet de loi.
    Monsieur le Président, ce programme n'a jamais été conçu pour inciter les Canadiens à ne pas tenir compte des conseils de santé publique clairs contre les voyages internationaux.
    Nous prenons des mesures immédiates pour résoudre ce problème afin que les voyageurs internationaux de retour ne puissent pas accéder à cet avantage. Il est vraiment dommage que les députés de l'opposition aient bloqué notre tentative de fermer cette échappatoire.
    Monsieur le Président, c'est souvent le cas avec ce gouvernement. Il nous demande de voter des projets de loi rapidement sans nous donner l'occasion de faire notre travail. Souvent, on doit revenir sur des projets de loi, alors qu'au départ on avait l'occasion de bien les étudier.
    C'est une nouvelle année. Le gouvernement peut-il prendre comme résolution de bien faire les choses maintenant et permettre un débat sur ce projet de loi pour ne pas donner 1 000 $ aux vacanciers?
    Monsieur le Président, la position de notre gouvernement est absolument claire: personne ne devrait prendre des vacances à l'étranger en ce moment. La position de notre gouvernement sur cette échappatoire est aussi claire: nous voulons fermer cette échappatoire et nous voulons le faire maintenant.
    C'est vraiment dommage que les députés de l'opposition ne soient pas d'accord.
    Monsieur le Président, j'ai connu une vice-première ministre qui ne se serait pas permis de déformer les propos ni de l'opposition officielle ni du Bloc québécois quant aux raisons pour lesquelles nous avons dit qu'il fallait débattre de ce projet de loi.
    Pourquoi? C'est parce qu'il va être rétroactif. Le moment de son adoption n'est pas important; le moment de son application rétroactive est fondamental. La quarantaine et sa vérification, les interdictions de vol et le remboursement des billets des gens qui annulent leur voyage sont des responsabilités de l'État.
    L'État va-t-il prendre ses responsabilités?
    Monsieur le Président, ce programme n'a jamais été conçu pour inciter les Canadiens à ne pas tenir compte des conseils de santé publique clairs contre les voyages internationaux. Je veux être très claire aujourd'hui: personne ne devrait prendre de vacances à l'étranger en ce moment.
    Nous pensons que c'est nécessaire de prendre notre responsabilité tous ensemble et de fermer cette échappatoire. Nous voulons le faire maintenant et nous pouvons le faire maintenant.

La santé

    Monsieur le Président, le programme n'a pas été créé pour empêcher les gens de voyager, mais l'amendement au programme est mis en place pour ne pas récompenser ceux qui sont allés voyager. Il me semble que c'est assez clair. C'est ce que la vice-première ministre a l'obligation de faire avec son boss.
    J'ai une autre question.
    Dans un appel téléphonique manifestement échoué entre le premier ministre et le président américain, pourquoi le premier ministre canadien ne s'est-il pas assuré de pouvoir aller chercher des vaccins de Pfeizer au Michigan?
    On pourrait quasiment y aller à bicyclette.
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de respect pour le chef du Bloc. Nous avons travaillé ensemble efficacement sur des enjeux comme l'aluminium, par exemple.
    Pour cette raison, je veux exprimer ma profonde déception à l'endroit du chef du Bloc d'avoir dit à deux reprises des propos incorrects au sujet de mon collègue le ministre des Transports. Je voudrais lui donner l'occasion de présenter publiquement des excuses à la Chambre.
    Monsieur le Président, la crise de la COVID-19 continue dans nos centres de soins de longue durée. Nos aînés ont besoin du vaccin. Sans un accès au vaccin, plus de nos aînés vont mourir.
    Ma question est simple: quand nos aînés seront-ils vaccinés?

  (1430)  

    Monsieur le Président, il y a une concurrence mondiale intense sur les vaccins, comme nous l'avons toujours su. C'est pourquoi le Canada a obtenu le plus vaste portefeuille de vaccins au monde, avec des vaccins de 7 fournisseurs différents et avec 10 doses pour chaque Canadien. Le Canada a déjà vacciné plus de personnes par habitant que nos pairs du G20, dont l'Allemagne, le Japon et la France, et que nos partenaires du Five Eyes, dont l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les vaccins sont la priorité de notre gouvernement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, plus de 200 médecins demandent qu'on agisse rapidement en Ontario pour s'attaquer à la crise qui sévit dans les établissements de soins de longue durée et que la COVID-19 a mise en lumière. Ils demandent qu'on réforme le système en profondeur, et surtout qu'on élimine la notion de profits dans les établissements de soins de longue durée.
    L'entreprise Revera compte parmi les principaux fournisseurs de soins de longue durée à but lucratif. Cette entreprise appartient à un organisme fédéral. Le premier ministre fera-t-il les premiers pas pour faire disparaître la recherche du profit dans les établissements de soins de longue durée en nationalisant Revera afin de sauver des vies?
    Monsieur le Président, je veux commencer par dire que je partage la préoccupation du député d'en face, de même que son inquiétude à propos des résidants des établissements de soins de longue durée, et je crois que c'est une question qui préoccupe tous les Canadiens. C'est un dossier dont il faut s'occuper de toute urgence, et c'est exactement ce que fait le gouvernement, en étroite collaboration avec ses partenaires provinciaux et territoriaux.
    J'ajouterais qu'il est tout à fait approprié, selon moi, que les dirigeants de notre pays examinent très attentivement les normes relatives aux soins de longue durée, afin d'établir des normes nationales et de déterminer le type de soins qui permet le mieux de protéger les aînés.
    Monsieur le Président, la majorité des vaccins qu'espèrent les libéraux seront produits en Europe. Or, hier, on a rapporté que l'Union européenne envisage d'interdire les exportations pour assurer à ses citoyens un accès prioritaire aux vaccins. Malgré ce qu'a dit le premier ministre ce matin, cette décision ne relève pas des entreprises. Elle revient aux représentants de l'Union européenne, qui parlent d'une interdiction.
    Si l'Union européenne interdit les exportations de vaccins, où le Canada pourra-t-il s'approvisionner?
    Monsieur le Président, le gouvernement et moi avons discuté de cette question très importante avec l'Union européenne. Il n'y a aucune restriction à l'exportation de vaccins vers le Canada.
    Nous continuerons de travailler avec l'Union européenne, tout comme nous l'avons fait tout au long de cette pandémie, pour maintenir l'ouverture et la résilience de nos chaînes d'approvisionnement cruciales dans le domaine de la santé et des soins médicaux. Nous partageons le sentiment d'urgence ressenti par les Canadiens au sujet de l'acheminement des vaccins qui sauvent des vies jusqu'ici. Nous sommes déterminés à assurer la livraison continue de vaccins au Canada.
    Monsieur le Président, même si aucune interdiction n'a été imposée pour l'instant, on rapporte que l'Union européenne envisage une telle mesure. C'est grave parce que les vaccins que le Canada a commandés auprès de Pfizer, de Moderna et d'AstraZeneca sont produits en Europe.
    J'en ai marre d'entendre qu'il n'y a pas d'interdiction pour l'instant. Je veux savoir quel est le plan B pour le Canada si l'Union européenne interdit l'exportation des vaccins.
    Monsieur le Président, je remercie la députée de saquestion cruciale. Nous partageons complètement le sentiment d'urgence ressenti par les Canadiens au sujet de l'acheminement des vaccins au Canada. C'est pourquoi le gouvernement et moi avons parlé à mon homologue de l'Union européenne. Nous continuerons de travailler avec l'Union européenne, tout comme nous l'avons fait tout au long de la pandémie, pour maintenir l'ouverture de nos chaînes d'approvisionnement afin d'assurer la livraison continue de ces vaccins vitaux au Canada.

  (1435)  

[Français]

    Monsieur le Président, ce matin, nous avons appris dans les médias que l'Union européenne a menacé de bloquer les exportations de vaccins contre le coronavirus vers des pays extérieurs à l'Union européenne, tels que le Canada, après que AstraZeneca eut annoncé une réduction importante des doses promises aux États membres.
    Est-ce que le premier ministre peut confirmer qu'il a pris le téléphone ce matin pour appeler la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, afin de s'assurer que les livraisons de vaccins prévues au Canada ne seront pas retardées?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme je l'ai dit tout à l'heure, le gouvernement et moi-même avons été en contact avec l'Union européenne. Nous continuons à travailler avec l'Union européenne. Il n'y a aucune restriction à l'exportation de vaccins vers le Canada.
    C'est une question importante. Nous continuerons à travailler avec l'Union européenne, comme nous l'avons fait tout au long de la pandémie, pour faire en sorte que les vaccins continuent d'être acheminés vers le Canada par l'intermédiaire des chaînes d'approvisionnement essentielles.

[Français]

    Monsieur le Président, depuis le début, nous ne pouvons pas croire ce que nous dit ce gouvernement. Les informations que nous recevons sont toujours différentes.
    Ma question s'adresse au premier ministre. A-t-il pris lui-même son téléphone pour appeler la présidente de la Commission européenne afin d'avoir des réponses, oui ou non?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement a été en contact avec l'Union européenne et travaille avec elle comme nous l'avons fait tout au long de la pandémie. Il est important que les chaînes d'approvisionnement continuent à être résilientes et ouvertes. Nous comprenons et partageons le sentiment d'urgence du député à faire parvenir ces vaccins vitaux au Canada le plus rapidement possible. Nous sommes pleinement résolus à garantir la livraison continue de vaccins au Canada.
    Monsieur le Président, il est inacceptable que le Canada n'obtienne pas une seule dose du vaccin Pfizer cette semaine, surtout lorsqu'on apprend que l'approvisionnement d'autres pays n'est pas réduit à zéro. Ce sont les Canadiens qui devront payer pour les retards causés par une mauvaise planification et des négociations inefficaces, et ce sont les personnes âgées, ainsi que les personnes qui en prennent soin et leur famille, qui seront les plus durement touchées.
    Il faut que nous ayons rapidement accès aux vaccins. Des vies et des emplois en dépendent. Que fera le gouvernement pour remédier à la pénurie de vaccins?
    Monsieur le Président, nous avons été très clairs quant à notre programme de livraison des vaccins, et ce programme est toujours le même. Nous recevrons six millions de doses avant la fin du premier trimestre, et nous continuerons d'accroître la quantité de livraisons de sorte que, d'ici septembre, chaque Canadien qui souhaite obtenir le vaccin y aura accès. Nous avons constamment fourni ce genre d'informations aux Canadiens et c'est le type d'information que nous continuerons de leur transmettre.
    Monsieur le Président, le Canada ne recevra aucun vaccin cette semaine, et ce que prévoit le Parti libéral est si peu clair que les libéraux eux-mêmes n'y comprennent rien. Le premier ministre doit nous donner la véritable raison pour laquelle l'approvisionnement en vaccins diminuera davantage au Canada que dans les autres pays, et nous dire ce qu'il fait pour régler le problème. Si nous n'atteignons pas nos cibles maintenant, cela augure mal pour l'avenir. Nous savons que chaque retard a des conséquences, que ce soit pour les gens qui perdront un être cher, les aînés qui souffrent de solitude ou les travailleurs de première ligne, qui sont carrément épuisés.
    Le premier ministre rendra-t-il enfin publiques toutes les modalités des contrats ayant été conclus?
    Monsieur le Président, comme on le sait, 1,1 million de doses sont déjà arrivées au Canada. Ce chiffre figure parmi les meilleurs des pays du G20. Il grimpera d'ailleurs à 6 millions au cours du premier trimestre et continuera d'augmenter, de sorte que tous les Canadiens qui le veulent pourront se faire vacciner d'ici la fin de septembre. Nous l'avons dit à maintes reprises.
    Je peux aussi dire à l'opposition et à l'ensemble des Canadiens que nous continuerons d'agir. Le gouvernement s'est fixé comme priorité absolue de mener à bien le programme de vaccination dans l'intérêt de tous les Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, tout le monde attend qu'Ottawa interdise les voyages inutiles, surveille les quarantaines, ferme les frontières et rembourse les gens qui annulent leur voyage. Le premier ministre a le culot de convoquer une conférence de presse pour ne rien annoncer pantoute. Cela ne s'invente pas. Il convoque la presse pour ne rien annoncer pantoute. Rendu là, le premier ministre ne prendra jamais ses responsabilités. Le Québec demande aujourd'hui une délégation pour pouvoir sanctionner ceux qui ne respectent pas la quarantaine.
    Tant qu'à faire, est-ce que le gouvernement va au moins permettre au Québec d'agir?

  (1440)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, depuis mars 2020, nous demandons aux Canadiens de revenir sur leurs décisions et d'annuler leurs voyages non essentiels. Nous avons aussi interdit l'arrivée de voyageurs étrangers au Canada. Maintenant, les voyageurs qui viennent au Canada doivent subir un test de dépistage de la COVID-19 et montrer qu'ils ont un résultat négatif avant d'entrer au pays. Comme l'a dit le premier ministre, nous examinons aussi d'autres solutions pour limiter la propagation du virus et faire tout ce que nous pouvons pour protéger la santé des Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, le fédéral n'est pas capable d'interdire les vols non essentiels. Il n'est pas capable d'obliger les transporteurs à rembourser les billets des gens qui annulent leur vol. Il n'est pas capable de surveiller les quarantaines. Il est tellement incapable que le gouvernement du Québec s'est proposé d'agir à sa place pour punir les contrevenants des quarantaines, mais il n'est même pas capable d'accepter l'aide de celui-ci. Si on n'aide pas, au moins, qu'on ne nuise pas.
    Est-ce que le gouvernement peut au moins se tasser du chemin pour laisser le Québec faire sa job?

[Traduction]

    Monsieur le Président, comme le sait le député d'en face, chaque étape de l'élaboration des mesures frontalières et, en fait, des mesures de lutte contre la pandémie est fondée sur la science et sur les données probantes.
    Au printemps, nous avons pris des mesures immédiates de contrôle aux points frontaliers. Nous avons renforcé ces mesures en imposant l'isolement et la quarantaine aux personnes qui arrivaient de l'étranger. Nous avons renforcé les mesures de quarantaine, par exemple, en effectuant un suivi auprès des gens en quarantaine. Nous invitons les forces de l'ordre à prendre les moyens dont elles disposent pour faire respecter la quarantaine. Cette mesure est un élément important de nos efforts pour limiter l'entrée du virus au pays.
    Enfin, nous rappelons à tous les Canadiens que ce n'est pas le moment de voyager.

Le commerce international

    Monsieur le Président, l'administration américaine a d'abord annulé le projet Keystone XL. Puis, elle a annoncé que les marchés publics reposeraient sur une politique favorisant les achats de produits américains. Cette décision sera dévastatrice pour les exportations de l'aluminium et de l'acier canadiens ainsi que pour les nombreuses industries manufacturières et de la vente en gros qui dépendent des chaînes d'approvisionnement intégrées avec les États-Unis.
    Que fera le premier ministre pour garantir que le Canada sera exempté de ces politiques? Va-t-il encore se contenter d'exprimer sa déception comme il l'a fait pour le projet Keystone?
    Monsieur le Président, je tiens à dire aux entreprises et aux travailleurs du Canada que nous consultons activement nos partenaires américains à tous les échelons, et que nous allons toujours défendre l'intérêt des Canadiens. Le premier ministre s'est entretenu avec le président Biden et a affirmé que les deux pays travailleront ensemble et se consulteront étroitement.
     Le Canada et les États-Unis jouissent d'une relation unique. Nous allons continuer de collaborer avec nos entreprises d'ici et nos exportateurs. Nous allons adopter une approche Équipe Canada. C'est ce que nous avons privilégié au cours des cinq dernières années, et c'est ce que nous allons continuer de faire pour maintenir la collaboration avec nos voisins afin de créer de bons emplois en Amérique du Nord.
    Monsieur le Président, en 2009, lorsque les États-Unis ont adopté des politiques privilégiant l'achat de produits américains, le gouvernement conservateur a conclu une entente d'exemption pour protéger les entreprises et les travailleurs canadiens. Le gouvernement doit faire preuve du même genre de leadership aujourd'hui.
    Les dirigeants de Manufacturiers et exportateurs du Canada ont déclaré que ces politiques d'achat de produits américains pourraient forcer certaines entreprises à aller s'installer aux États-Unis, entraînant ainsi la perte de dizaines de milliers d'emplois. Le gouvernement s'emploie-t-il actuellement à conclure une entente d'exemption avec les États-Unis, afin de protéger les travailleurs canadiens?
    Monsieur le Président, le premier ministre et le président américain ont convenu de se consulter et de collaborer étroitement. Force est de reconnaître que le Canada et les États-Unis bénéficient des chaînes d'approvisionnement intégrées, sûres et résilientes entre nos deux pays.
    Le Canada se classe en tête de liste des clients de quelque 32 États américains. Nous sommes enthousiastes à la perspective de collaborer avec l'administration américaine dans l'intérêt des travailleurs et des entreprises canadiennes ici même au Canada et, bien sûr, des deux côtés de la frontière.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, le premier ministre tient de beaux discours, mais il essuie les échecs les uns après les autres. Son refus de défendre le projet Keystone XL auprès du nouveau gouvernement américain est un échec sur le plan de la réconciliation avec les Autochtones, de l'environnement et de la création d'emplois. Chacun sait que les pipelines sont un moyen plus sûr et plus propre de transporter le pétrole et le gaz que le réseau ferroviaire.
    Conçu pour atteindre la carboneutralité, le projet Keystone XL satisfaisait à tous les critères. Malgré cela, le premier ministre n'a pu trouver le temps d'en faire une priorité. Pourquoi ne s'est-il pas battu pour les travailleurs canadiens qui dépendent de ces emplois?
    Monsieur le Président, cette décision ne nous plaît pas. De l'ambassadrice Hillman au premier ministre, nous avons défendu énergiquement ce projet à tous les échelons et de toutes les façons possibles. Je me suis entretenu chaque semaine avec la ministre Savage et l'ancien député d'Edmonton—Leduc et représentant spécial de l'Alberta à Washington, James Rajotte.
    Nous avons collaboré pendant tout l'automne. Le gouvernement du Canada et le gouvernement de l'Alberta ont fait front commun pour défendre le projet. Nous avons fait valoir les arguments du Canada, mais le président a pris la décision d'honorer une promesse électorale.

  (1445)  

    Monsieur le Président, nous savons que le premier ministre ne lésine pas sur les moyens lorsqu'il tient vraiment à ce que les choses se passent comme il l'entend dans un certain dossier, comme ce fut le cas lorsqu'il a contourné toutes les règles pour sauver des emplois chez SNC-Lavalin. Les travailleurs de Keystone XL méritent certainement plus qu'une simple petite conversation au téléphone.
    Une nouvelle crise énergétique guette le Canada. Elle pourrait frapper durement l'Ontario et le Québec. Le Michigan veut fermer les vannes de la canalisation 5 d'Enbridge, un pipeline qui alimente des industries de l'Ontario et du Québec dont dépendent des milliers de travailleurs et leurs familles. Le gouvernement va-t-il sortir de sa torpeur ou va-t-on ajouter un autre trophée à la collection d'échecs du premier ministre?
    Monsieur le Président, la décision du président Biden de révoquer l'autorisation de construire le pipeline Keystone XL n'a aucun effet sur les projets de remplacement des canalisations 5 ou 3 d'Enbridge, qui continuent de fonctionner.
    Ces deux projets visent à moderniser les infrastructures énergétiques existantes, de manière à garantir la sécurité et de bons emplois. Ils ont été confirmés à plusieurs reprises par la U.S. Pipeline and Hazardous Materials Safety Administration.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, c'est le cinquième anniversaire de la décision historique du Tribunal canadien des droits de la personne qui a ordonné au gouvernement libéral de mettre fin à sa discrimination systémique à l'égard des enfants des Premières Nations. Pourtant, l'obstruction du premier ministre a donné lieu à huit ordonnances de non-conformité et à plus de 8 millions de dollars en frais juridiques. Des enfants comme Chantel Fox, Jolynn Winter et Jenna Roundskye ont payé de leur vie le comportement du premier ministre.
    Quand le premier ministre va-t-il dire à ses avocats de laisser tomber, faire ce qui est juste pour les enfants des Premières Nations et mettre fin à la discrimination systémique qui porte atteinte à leurs droits?
    Monsieur le Président, même si aujourd'hui marque le cinquième anniversaire de la décision du Tribunal canadien des droits de la personne concernant les inégalités et la surreprésentation des enfants autochtones pris en charge pendant des décennies, nous avons clairement indiqué que le gouvernement souhaitait offrir une indemnisation complète, juste et équitable aux victimes des iniquités historiques dans les services à l'enfance fournis aux Premières Nations.
    Soyons parfaitement clairs. Le Canada fait face actuellement à trois poursuites judiciaires qui semblent avoir été engagées un groupe de plaignants qui est largement le même, et nous nous réjouissons de la désignation d'un médiateur dans ce dossier. Je voudrais également prendre un moment pour souligner la fin, cette semaine, des alertes à la naissance en Saskatchewan.
    Monsieur le Président, le ministre des Services aux Autochtones a déclaré dernièrement que le gouvernement ne reconnaît pas au Tribunal canadien des droits de la personne la compétence nécessaire pour élargir la portée du principe de Jordan. Il dit préférer les consultations. Est-ce que c'est lui, le ministre, ou pas? On parle ici d'enfants qui ne peuvent pas recevoir les soins urgents et élémentaires dont ils ont besoin — des enfants!
    Je demande au ministre de ne pas obliger les enfants des Premières Nations à retourner devant les tribunaux. Je lui demande de passer de la parole aux actes et d'enfin faciliter la réconciliation. Je lui demande de dessaisir dès maintenant les tribunaux de cette affaire.
    Monsieur le Président, je rappelle à la députée d'en face que Services aux Autochtones Canada a fait 800 000 paiements de soutien afin de donner suite aux ordonnances rendues depuis 2016. La contestation de l'ordonnance dont parle la députée ne nuira en rien aux enfants autochtones.
    Nous donnerons suite à la totalité des éléments figurant dans cette ordonnance, quel que soit le résultat de nos démarches. Celles-ci englobent trois affaires distinctes mettant en cause le gouvernement et touchant prétendument le même groupe de plaignants. Nous sommes ravis qu'un médiateur nous aide à cheminer dans ce processus.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, Michael Kovrig et Michael Spavor sont détenus arbitrairement en Chine depuis plus de deux ans. L'ancien ministre des Affaires étrangères a eu raison de dire, à l'occasion du deuxième anniversaire de leur détention, que ces deux années leur ont été volées. Les Canadiens, y compris tous les députés de cette Chambre, continuent d'unir leurs voix pour réclamer leur libération immédiate afin qu'ils puissent rentrer à la maison et retrouver leurs familles.
    Le ministre des Affaires étrangères peut-il nous informer des efforts déployés par le gouvernement pour rendre cette libération possible?

  (1450)  

    Monsieur le Président, c'est une question extrêmement importante. Mettre fin à la détention arbitraire de Michael Spavor et de Michael Kovrig fait partie de mes priorités absolues et de celles du gouvernement. Nous allons travailler tous les jours pour obtenir leur libération.
    Comme les gens le savent bien, le premier ministre a soulevé la question auprès du président Biden, qui a été informé du dossier, et j'ai l'intention de faire de même auprès de mon homologue, le secrétaire Blinken, pas plus tard que cette semaine, puisqu'il s'agit d'une priorité absolue pour le gouvernement du Canada. Nous voulons que les deux Michael soient libérés.
    Monsieur le Président, j'ai une autre question au sujet de la Chine.
    Un certain nombre d'entités, notamment un sous-comité de la Chambre, deux administrations étatsuniennes consécutives et l'opposition officielle du Canada, ont conclu que le gouvernement chinois commet un génocide contre les Ouïghours et d'autres musulmans d'origine turque. Hier, le ministre a déclaré que le gouvernement estimait qu'une enquête indépendante était nécessaire pour en arriver à cette conclusion. L'ambassadeur Rae a tenu des propos semblables avant Noël.
    Quelles mesures précises le gouvernement du Canada a-t-il prises pour lancer une enquête indépendante?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit hier, nous sommes vivement préoccupés par les allégations très sérieuses portées contre la Chine concernant son traitement de la minorité musulmane ouïghoure et d'autres minorités.
    Nous demandons à la Chine de donner un accès sans entrave à la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et de permettre à un comité d'experts indépendant et impartial d'entrer en Chine pour examiner la situation afin de confirmer ou d'infirmer ce qui a été rapporté.
    Monsieur le Président, le sous-comité omnipartite a déjà tenu des audiences et reconnu que ces crimes constituaient un génocide il y a plusieurs mois. Le gouvernement parle maintenant de mener une enquête, mais il est clair que, en l'absence de mesures concrètes en ce sens, il s'agit simplement de faux-fuyants et de tactiques dilatoires.
    Le ministre sait très bien que le même gouvernement qui a menti à l'OMS au sujet de la propagation de la COVID-19 n'accordera pas un accès sans entrave aux membres de la Cour internationale de justice ou à tout autre enquêteur indépendant.
    Quand le gouvernement mettra-t-il de côté les retards et le double discours afin de reconnaître ce génocide et d'intervenir?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, nous sommes très préoccupés par les rapports très convaincants qui ont été publiés sur le traitement de la minorité musulmane ouïghoure relativement à des camps de travaux forcés et à d'autres violations des droits de la personne. C'est pourquoi nous voulons examiner cette question en détail.
    Nous exhortons le gouvernement chinois à permettre à des experts d'effectuer un examen complet, impartial et indépendant de la situation dans la province du Xinjiang.

[Français]

Les nominations gouvernementales

    Monsieur le Président, un Canadien qui quitte son emploi volontairement n'a pas le droit à l'assurance-emploi. On vient d'apprendre que l'ex-gouverneure générale, elle, aura le droit à un généreux chèque à vie après avoir démissionné. Les Canadiens sont choqués.
     La responsabilité première de ce fiasco repose sur les épaules du premier ministre, qui a choisi lui-même, sans consulter personne, la gouverneure générale. Est-ce que le premier ministre lui a promis 150 000 $ par année à vie en échange de sa démission pour mettre un couvercle sur la marmite? Quand le premier ministre va-t-il annoncer que l'ex-gouverneure générale ne touchera plus un sou de l'argent des Canadiens?
    Monsieur le Président, mon collègue sait fort bien que les indemnités de retraite qui reviennent à la gouverneure générale sont prescrites par la loi. Avant d'inventer de telles choses et de supposer que c'est une promesse du gouvernement, il devrait bel et bien consulter la loi. Il sait que c'est prescrit par la loi.
     C'est exactement le montant auquel l'ancienne gouverneure générale aura droit. Quant aux dépenses supplémentaires, le Conseil du Trésor surveille régulièrement ces dépenses, évidemment, et nous allons nous assurer que toutes les dépenses sont conformes puisqu'il s'agit de l'argent des contribuables.

Les affaires étrangères

     Monsieur le Président, la liste des mauvaises décisions de ce premier ministre commence à coûter très cher aux Canadiens. On vient d'apprendre qu'il vient de perdre encore une fois la face à l'international: Bill Morneau a démissionné de la course au poste de secrétaire général de l'OCDE, disant qu'il n'a pas le soutien d'un nombre suffisant de membres.
     On sait déjà que 19 fonctionnaires travaillaient pour la campagne de M. Morneau. En plus des frais de déplacement et de tous les autres frais, est-ce que le premier ministre peut nous dire combien d'argent les Canadiens ont dépensé pour cet autre échec lamentable?
    Monsieur le Président, nous avons été déçus que Bill Morneau n'ait pas obtenu suffisamment d'appui pour devenir le prochain secrétaire général de l'OCDE. Nous pensons que Bill Morneau était le candidat idéal pour diriger l'OCDE en ces temps difficiles. Nous tenons à remercier M. Morneau de son dévouement et de sa campagne, mais aussi de tout ce qu'il a fait pour améliorer la qualité de vie des Canadiens. Bien que ce ne soit pas le résultat que nous ayons espéré, nous travaillerons avec le prochain secrétaire général de l'OCDE, qui sera choisi par ses membres.

  (1455)  

La santé

     Monsieur le Président, l'usine de Pfizer en Europe n'arrive pas à livrer une seule dose de vaccin au Canada. Ce ne serait pas un problème, car nous pourrions nous tourner vers l'usine de Pfizer aux États-Unis. Toutefois, nous ne le pouvons pas, parce que l'administration Trump a décrété que Pfizer devait d'abord vacciner les Américains avant d'exporter ses doses.
    Cependant, il y a un nouveau président à Washington et le premier ministre lui a parlé vendredi dernier. Est-ce que le premier ministre a demandé à Joe Biden une exception pour le Canada, au moins pour la période durant laquelle Pfizer est paralysée en Europe?
    Monsieur le Président, comme nous l'avons répété si souvent, nous avons le portefeuille de vaccins et de vaccins candidats le plus diversifié au monde. Oui, nous avons conclu des ententes avec Pfizer. Oui, nous attendons 4 millions de doses de Pfizer dans le premier trimestre. C'est un nombre qui va s'accroître au fil de l'année 2021, de sorte que l'ensemble des Canadiens qui souhaitent être vaccinés le seront d'ici la fin de septembre. Cela reste le cas et je tiens à rassurer le député ainsi que l'ensemble des Canadiens sur ce fait.
    Monsieur le Président, les États-Unis sont nos meilleurs partenaires commerciaux. Logiquement, ils devraient aussi être nos meilleurs partenaires sanitaires. La vaccination va permettre de relancer notre économie, mais aussi la leur, parce que les deux sont intégrées.
    Le premier ministre a parlé à Joe Biden. Après avoir accepté les concessions sur Keystone XL et sur le Buy American Act, il devait absolument demander quelque chose en retour. Cela s'appelle l'art de négocier.
    A-t-il sauté sur l'occasion pour demander au président d'intervenir en faveur de l'accès au vaccin pour le Canada?
    Monsieur le Président, je partage le sentiment d'urgence que manifeste le député pour ce qui est de vacciner l'ensemble des Canadiens. C'est un sentiment d'urgence que nous partageons tous, comme gouvernement, y compris le premier ministre du Canada, qui parle avec des leaders du monde entier et avec les PDG des grandes compagnies pharmaceutiques, la ministre que je représente aujourd'hui et moi-même. Nous travaillons à cela chaque jour. Nous faisons notre travail, et tous les Canadiens qui souhaitent avoir un vaccin en auront un d'ici la fin de septembre, s'ils le souhaitent.

[Traduction]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, il s'est écoulé un an depuis un acte insensé qui aurait pu être évité, soit la mort de Marylène Levesque, une femme de 22 ans tuée à Québec par un homme qui avait été reconnu coupable du meurtre brutal de son épouse mais qui était en semi-liberté pour satisfaire ses « besoins sexuels ».
    Nous savons maintenant, grâce à un rapport publié la semaine dernière par des responsables du Service correctionnel et de la Commission des libérations conditionnelles, que des signes annonciateurs de danger sont passés inaperçus dans cette affaire.
    Le premier ministre acceptera-t-il la responsabilité des défaillances des services correctionnels qui ont mené à la mort tragique de Marylène Levesque?

[Français]

    Monsieur le Président, il y a actuellement des difficultés techniques chez notre collègue qui voudrait répondre à la question. Il va falloir qu'il y réponde ultérieurement.
    Je pense qu'il était prêt, mais que vous avez commencé à parler en même temps.
     Je ne sais pas si l'honorable ministre de la Justice voudrait répondre à la question.
    Non? D'accord.
    L'hon. Pablo Rodriguez: Monsieur le Président, c'est notre collègue de la Sécurité publique qui voudrait répondre à la question.
    Le Président: D'accord. Une fois qu'on aura résolu le problème, nous allons y revenir.
    La parole est à l'honorable député de Niagara Falls.

  (1500)  

[Traduction]

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, le gouvernement libéral actuel s'empresse de faire des annonces, mais tarde toujours à mettre en oeuvre les programmes de soutien essentiels tels que le Programme de crédit pour les secteurs durement touchés. Les entreprises les plus durement touchées, particulièrement celles qui oeuvrent dans l'industrie canadienne du voyage et du tourisme, comptent sur ce programme, qui a été annoncé il y a près de deux mois. Nous venons tout juste d'apprendre qu'il sera finalement possible de soumettre une demande à compter du 1er février.
    Le premier ministre et son gouvernement présenteront-ils des excuses aux entreprises durement touchées pour avoir tardé à mettre en oeuvre ce programme crucial?
    Monsieur le Président, tout comme le député, je me préoccupe des entreprises canadiennes, particulièrement de celles qui sont très durement touchées par la pandémie. Je les remercie d'avoir aidé l'ensemble de la population à rester en sécurité et à aplanir la courbe.
    Ce programme essentiel constitue une autre bouée de sauvetage. Il aidera les entreprises à obtenir des prêts entièrement garantis pouvant aller de 25 000 $ à un million de dollars, ou jusqu'à 6,25 millions de dollars pour les entreprises comptant plusieurs établissements.
    Je continuerai avec plaisir de travailler avec les entreprises canadiennes afin qu'elles obtiennent le soutien dont elles ont besoin pour traverser ces temps très difficiles et survivre à la pandémie de COVID-19.

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, les contribuables ne devraient pas débourser des milliards de dollars pour subventionner la réparation de navires de croisière.

[Français]

    Alors qu'ils font crouler le pays sous les dettes, les libéraux veulent injecter 3 milliards de dollars pour favoriser un chantier naval privé. Cette compétition injuste suscite l'indignation légitime de la Fédération canadienne des contribuables et de toute l'industrie navale canadienne.
    Est-ce que les libéraux essaient d'acheter des votes avec de l'argent emprunté? Pourquoi ainsi saboter la Stratégie nationale de construction navale?
    Monsieur le Président, comme mon cher collègue le sait très bien, nous sommes en voie d'évaluer la présence d'un troisième chantier dans la Stratégie nationale de construction navale pour l'ensemble des Canadiens.
    Contrairement au gouvernement qu'il a représenté, nous sommes en train de faire flotter des navires sur les océans. Nous sommes en train d'allonger le travail à l'ensemble du Canada, comme nous l'avons fait pour le chantier Davie avec des brise-glaces.
    Je remercie donc l'honorable député de son intérêt et je lui assure que nous allons continuer à réussir la Stratégie nationale de construction navale du Canada.

[Traduction]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, une enquête de la Fondation canadienne des relations raciales est arrivée à la conclusion que les Canadiens racialisés étaient trois fois plus à risque d'être exposés à de la violence ou d'être la cible de violences dans les médias sociaux, ce qui peut conduire à des crimes haineux. Les crimes haineux ont augmenté de 7 % cette année.
    Il y a quatre ans, six personnes ont été assassinées dans une mosquée de Québec. C'était des crimes motivés par l'islamophobie et la xénophobie, et leur auteur s'était radicalisé dans les médias sociaux, lesquels ont amplifié les messages haineux comme jamais auparavant.
    Le ministre du Patrimoine canadien étant responsable de l'élaboration de nouvelles réglementations pour les plateformes de médias sociaux, pourrait-il nous expliquer ce qu'il fait pour protéger les Canadiens en ligne?
    Monsieur le Président, les conclusions de cette enquête sont claires. Les discours de haine n'ont pas leur place dans notre société. Il est temps d'intensifier la lutte contre la haine en ligne. Les chiffres sont inquiétants, mais ils ne sont pas surprenants. Près de la moitié des Canadiens déclarent avoir vu des contenus violents ou haineux en ligne ou d'en avoir été la cible.
     Les Canadiens veulent que nous agissions, et c'est exactement la raison pour laquelle nous avons l'intention de présenter une mesure législative. Nous exigerons des plateformes en ligne qu'elles éliminent les contenus illégaux, tels que les discours haineux, le fondamentalisme qui s'exprime par le terrorisme et la violence, la pornographie juvénile et le partage non consenti d'images intimes en ligne.

  (1505)  

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, l'annulation du projet Keystone XL est un autre coup dur pour les travailleurs du secteur énergétique de l'Alberta et pour l'économie du Canada. C'est aussi un énorme recul dans notre lutte pour protéger l'environnement.
    Keystone XL répondait à toutes les conditions: énergie renouvelable pour alimenter le pipeline; neutre sur le plan des émissions; ententes conclues avec des partenaires financiers des Premières Nations. TC Energy a tout fait ce qu'on lui a demandé et cela n'a toujours pas satisfait le premier ministre.
    Si le premier ministre n'est pas prêt à se porter à la défense de Keystone XL, comment les travailleurs du secteur de l'énergie peuvent-ils croire que le premier ministre se battra pour un autre pipeline ou leur moyen de subsistance?
    Monsieur le Président, avec le gouvernement de l'Alberta, nous avons défendu le projet à toutes les étapes du processus à Washington, D.C. Nous avons fait valoir notre point de vue à toutes les occasions, sachant que nos chances de réussir seraient meilleures si nous travaillions de concert. Nous étions tous les deux fiers du projet. Nous estimons qu'il répondait à toutes les conditions. Le président, dans ce cas-ci, a décidé de tenir sa promesse électorale.

La santé

    Monsieur le Président, en Colombie-Britannique, beaucoup trop d'aînés qui vivent dans des établissements de soins de longue durée n'ont aucun soutien émotionnel, de soutien à la mobilité ou d'aide pour la prise de décisions. Dans la province, seulement 8 000 personnes ont le statut de visiteur essentiel pour les aînés, qui n'aident que 24 % des quelque 34 000 résidants des établissements de soins de longue durée autorisés. Ainsi, 26 000 aînés vivent sans soutien essentiel.
    Santé Canada a déjà approuvé une solution. Quand le gouvernement autorisera-t-il le dépistage rapide dans les établissements de soins de longue durée afin que les aînés puissent voir de façon sécuritaire des membres de leur famille en santé?
    Monsieur le Président, en réalité, non seulement nous avons approuvé les tests de dépistage rapide, mais, à ce jour, nous en avons aussi acheminé plus de 15,4 millions aux provinces et aux territoires, dont près de 1,5 million à la seule Colombie-Britannique. Les provinces et les territoires ont aussi reçu des conseils et, plus récemment, un document a été publié par un groupe d'experts sur la meilleure façon d'utiliser les tests de dépistage rapide dans les établissements de soins de longue durée.
    Je suis d'accord avec le député d'en face: il est important que les provinces et les territoires disposent des outils dont ils ont besoin pour protéger de la COVID-19 les gens qui vivent dans des établissements de soins de longue durée.
    Monsieur le Président, notre pays traverse une crise de santé mentale. Il s'est écoulé plus d'un mois depuis que la Chambre a adopté à l'unanimité ma motion exhortant le gouvernement à regrouper toutes les lignes provinciales de prévention du suicide en un seul numéro national à trois chiffres facile à retenir. Ma motion ayant été adoptée, il revient maintenant au gouvernement de travailler avec les représentants des provinces et de l'industrie afin d'établir un plan pour implanter le 988 au Canada.
    Madame la ministre, où est ce plan?
    Monsieur le Président, je remercie le député de défendre aussi assidûment les mesures d'aide pour la santé mentale. Je rappelle à tous les Canadiens l'existence du site Web Espace mieux-être Canada. Ce portail en ligne est offert dans les deux langues officielles, ainsi que dans 60 autres langues, pour permettre aux personnes d'obtenir sans attendre de l'aide en santé mentale et en consommation de substances, peu importe où elles vivent au pays.
    En ce qui concerne la mise en service d'un numéro à trois chiffres facile à retenir, le député est au courant que mon ministère y travaille et que je souhaite que nous puissions poursuivre ensemble nos efforts pour en faire une réalité.
    Monsieur le Président, l'été dernier, le gouvernement avait affirmé que nous recevrions les doses de vaccin à l'automne dernier. L'automne dernier, les libéraux nous ont dit de nous attendre à les recevoir cet hiver. L'hiver est là et ils nous disent de patienter jusqu'au printemps prochain.
     Le gouvernement n'a reçu aucune nouvelle cargaison de vaccins contre la COVID cette semaine. De plus, il semblerait que l'Union européenne cherche à empêcher les doses de vaccins de quitter l'Europe, ce qui compromettrait grandement notre capacité à nous sortir de cette pandémie. Je vous prie donc de nous excuser si nous n'acceptons pas de croire les libéraux sur parole.
     Je réitère ma question: compte tenu de la possibilité que d'autres livraisons soient annulées et puisque le plan A des libéraux a de toute évidence échoué, quel est le plan B pour vacciner les Canadiens?
    Monsieur le Président, les plans A à Z ont consisté à créer l'arsenal de commandes de vaccins le plus diversifié au monde. C'est ce que nous avons fait. Nous avons annoncé la livraison de six millions de doses au cours du premier trimestre, et les livraisons s'accéléreront jusqu'à la fin du troisième trimestre. C'est à ce moment-là que tous les citoyens qui souhaitent se faire vacciner pourront le faire. C'est ce que nous avons dit aux Canadiens.
    Malheureusement, les députés d'en face présentent différentes versions des faits. De ce côté-ci de la Chambre, nous avons cependant toujours gardé la même version: chaque Canadien qui souhaite se faire vacciner pourra le faire d'ici la fin de septembre.

  (1510)  

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, il y a trois mois, j'ai posé une question sur le recours à la Loi sur les mesures d'urgence. Aujourd'hui, les cas de COVID-19 continuent d'augmenter, avec l'apparition de nouvelles souches. Les réponses des provinces sont incohérentes, les règles sont confuses et tous les fonds fédéraux disponibles ne sont pas utilisés. Le contrôle des frontières et la restriction des déplacements posent problème.
    La distribution des vaccins doit être coordonnée et rapide. Les six prochains mois sont critiques. Je crois savoir que le ministre des Affaires étrangères n'a pas exclu le recours à la Loi sur les mesures d'urgence pour limiter les déplacements. Nous avons besoin de leadership. Le premier ministre envisage-t-il maintenant d'invoquer cette loi pour faire tout ce qu'il faut afin de protéger la santé et la sécurité des Canadiens?
    Monsieur le Président, comme la députée le sait très bien, le recours à la Loi sur les mesures d'urgence suppose de remplir divers critères. Nous examinons toutes les options, comme l'a déclaré publiquement le ministre des Affaires étrangères en réponse à cette crise.
    Depuis le début de cette crise, nous nous sommes attachés à écouter nos experts en santé, à travailler main dans la main avec eux et avec les provinces, ainsi qu'avec les municipalités et les dirigeants autochtones, pour veiller à couvrir tous les éléments de cette crise. La Loi sur les mesures d'urgence n'est qu'une option parmi d'autres qui s'offrent aux Canadiens.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, un an s'est écoulé depuis le meurtre insensé, qui aurait pu être évité, de Marylène Levesque, 22 ans, à Québec, par un homme qui avait déjà été condamné pour avoir brutalement tué sa femme et qui se trouvait malgré tout en liberté conditionnelle de jour pour satisfaire ses « besoins sexuels ». Grâce à un rapport publié la semaine dernière par les services correctionnels et les agents de libération conditionnelle, nous savons maintenant que des signes précurseurs ont été manqués dans cette affaire.
    Le premier ministre assume-t-il la responsabilité de l'échec des services correctionnels à prévenir la mort tragique de Marylène Levesque?
    Monsieur le Président, je suis ravi d'avoir l'occasion de répondre à cette question très importante.
    Au lendemain de la terrible tragédie, un comité d'enquête, comprenant deux coprésidents externes, a été mis en place pour faire la lumière sur les faits et fournir des recommandations dans cette affaire. Le Service correctionnel du Canada et la Commission des libérations conditionnelles du Canada ont annoncé que des mesures très concrètes étaient en train d'être élaborées en réponse à ce rapport, qui a d'ailleurs été rendu public. Toutes les recommandations ont été acceptées dans le cadre de l'engagement du gouvernement à faire tout en son pouvoir pour qu'une telle tragédie ne se reproduise plus jamais.

[Français]

    Nous allons réessayer de donner la parole à l'honorable député de Marc-Aurèle-Fortin, qui peut reposer sa question.

L'éthique

    Monsieur le Président, l'intolérance et la haine n'ont aucune place dans une société libre et démocratique. C'est pourquoi tout le monde, incluant même l'ancien leader du Bloc québécois Gilles Duceppe, a été choqué par les propos dangereux tenus il y a quelques semaines par le député de Beloeil—Chambly, le leader actuel du Bloc.
    La ministre convient-elle que, en tant que parlementaires, nous avons le devoir de mener par l'exemple et de nous engager dans un dialogue respectueux?

  (1515)  

    Monsieur le Président, je suis absolument d'accord avec mon honorable collègue de Marc-Aurèle-Fortin. Les insinuations qui sèment l'intolérance et la haine contre quiconque sont intolérables au Québec et partout au pays. Nous ne pouvons pas laisser des jeux partisans créer un climat hostile. Aujourd'hui, le chef du Bloc a rajouté une couche à ses précédentes remarques regrettables et honteuses, au lieu de s'excuser. Ce type de comportement est loin d'être honorable. Il est odieux et indigne d'un leader.

[Traduction]

Recours au Règlement

Déclarations de députés 

[Recours au Règlement]
     Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
    Comme vous le savez, j'ai éprouvé des problèmes techniques pendant mon intervention, alors je demande le consentement unanime pour pouvoir la reprendre. J'espère que mes collègues acquiesceront à ma demande.
    Puisqu'il s'agit d'une séance hybride de la Chambre, par souci de clarté, je demanderai seulement à ceux qui s'opposent à la demande d'exprimer leur désaccord.
    Par conséquent, que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose veuillent bien dire non.
    La Chambre a entendu la motion. Que tous ceux qui s'opposent à ce que le député ait l'occasion de se reprendre veuillent bien dire non. La proposition est acceptée.
    Le député de Courtenay—Alberni a la parole.
     Monsieur le Président, la COVID-19 a eu des effets dévastateurs sur les petites entreprises et les travailleurs de partout au Canada, en particulier les travailleurs des industries du tourisme, de l'hôtellerie et de l'événementiel. Lorsqu'une petite entreprise ferme ses portes dans une circonscription rurale comme la mienne, cela a des répercussions non seulement sur toute une famille qui perd ainsi sa seule source de revenus, mais aussi sur toute la collectivité. Selon les données de la Coalition des entreprises les plus touchées, près de 40 % des entreprises du secteur des voyages et du tourisme fermeront définitivement leurs portes d'ici la fin de février.
    Même s'il y a encore du travail à faire, l'annonce d'aujourd'hui concernant le Programme de crédit pour les secteurs très touchés est une bonne nouvelle et nous espérons que cette aide sera offerte à temps aux entreprises qui en ont besoin. Les entreprises qui sont les plus durement touchées ont besoin des liquidités prévues dans le cadre du programme, mais elles comptent également sur la prolongation de la subvention salariale, sur l'application rétroactive de l'aide au loyer et sur les efforts déployés par les membres de leur collectivité pour continuer à faire des achats locaux. Le gouvernement a encore beaucoup de travail à faire pour aider les entrepreneurs et les entreprises en démarrage, protéger les emplois dans le secteur de l'hôtellerie et garantir les droits des travailleurs qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Loi d'exécution de l'énoncé économique de 2020

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi C-14, Loi portant exécution de certaines dispositions de l'énoncé économique déposé au Parlement le 30 novembre 2020 et mettant en œuvre d'autres mesures, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
    Monsieur le Président, je suis ravi de prendre part, en ligne, au débat sur le projet de loi C-14, portant exécution de certaines dispositions de l'énoncé économique.
    Le projet de loi compte sept parties qui, pour la plupart, contiennent des dispositions que j'accepte et des objectifs auxquels je souscris étant donné la situation à laquelle le Canada est actuellement confronté. Cela dit, j'ai trois grandes critiques à exprimer au sujet de cette mesure. Premièrement, elle ne propose aucun plan et ne donne aucun espoir aux millions de Canadiens qui sont propriétaires d'une petite entreprise, qui travaillent pour ce genre d'entreprise ou en dépendent d'une façon ou d'une autre. Je songe particulièrement aux nouvelles entreprises, que le gouvernement a ignorées lorsqu'il a fait adopter ou proposé des mesures d'aide. Deuxièmement, le projet de loi ne prévoit rien pour s'attaquer aux graves problèmes qui plombaient l'économie canadienne avant la COVID. Troisièmement, le Parlement ne devrait pas accorder au gouvernement l'augmentation injustifiée du pouvoir d'emprunt prévue dans le projet de loi.
    En ce qui concerne mes deux premières questions, certains diront qu’il n’est pas juste de critiquer un projet de loi pour quelque chose qu’il ne dit pas. Normalement, je serais d’accord, mais ce n’est pas un projet de loi ordinaire ni une période ordinaire.
    Deux années se seront bientôt écoulées depuis le dernier budget du gouvernement. L’Énoncé économique de l’automne est ce qui ressemble le plus à un budget déposé par le gouvernement; un énoncé qui a suivi une période de chaos et de gestion de crise. Je ne parle pas ici de la crise de la COVID, mais des mois tumultueux au cours lesquels le gouvernement aurait dû acheter des vaccins, approuver et distribuer des trousses de tests rapides à domicile et trouver des moyens de permettre à l’économie de fonctionner, si et quand la deuxième vague allait frapper. Ces mois ont plutôt été dominés par le scandale qui a vu la démission de l’ancien ministre des Finances, la prorogation du Parlement et la nomination d’un nouveau ministre des Finances. Le projet de loi est l’occasion manquée par le gouvernement d’aider les petites entreprises non couvertes par les mesures d’aide et de réparer sa série d’échecs qui ont laissé le Canada au bord d’une récession avant la COVID.
    À titre de ministre du cabinet fantôme pour les petites entreprises et député de Calgary Rocky Ridge, j’ai parlé à de nombreux propriétaires de petites entreprises qui avaient été laissés pour compte par le gouvernement. Ces propriétaires de petites entreprises sont les piliers de nos collectivités.
    Il y a des millions de propriétaires, de travailleurs et de clients qui dépendent des petites entreprises et qui font les frais des échecs du gouvernement, comme les propriétaires de la Bitter Sisters Brewing Company à Calgary, qui demeurent dans ma circonscription. Ils ne répondent pas aux conditions requises pour avoir droit à la subvention salariale ou à la subvention pour le loyer, car ils ont rouvert leur entreprise en mars 2020 après avoir passé la plus grande partie de l’année 2019 à la remettre à neuf. Les propriétaires de cette entreprise ont épuisé leur capital. Ils ont pris beaucoup de temps pour réinventer leur entreprise, et ils ont ouvert littéralement dans les jours qui ont suivi la déclaration d’une pandémie mondiale. Ils n’ont pas accès aux mesures d’aide gouvernementales. La semaine dernière, j’ai parlé à un autre électeur qui avait agrandi son studio de tatouage, très prospère, au début de 2020. Il n’a donc droit ni à la subvention pour le loyer ni à la subvention salariale. Son loyer est de 30? 000 $ par mois et il n’a aucun revenu.
    Je sais que tous les députés ont entendu des histoires semblables de leurs électeurs et d’autres députés lors du débat sur le projet de loi. L’Énoncé économique de l’automne et le projet de loi n’aident pas ces électeurs.
    Il est facile d'oublier que la mauvaise gestion financière et économique du gouvernement avait atteint son paroxysme avant la pandémie de COVID-19. Le gouvernement de l'heure a été élu en 2015 après avoir promis qu'il n'enregistrerait que des déficits modestes pour financer des projets d'infrastructure pendant trois ans avant de renouer avec les excédents budgétaires la quatrième année. Évidemment, c'est une promesse que les libéraux ont immédiatement rompue. La cible budgétaire qui devait être établie était un déficit maximal de 10 milliards de dollars.
    Les libéraux ont abandonné cette cible budgétaire tout de suite après leur arrivée au pouvoir, et la promesse électorale de 2015 semble avoir complètement disparu de la mémoire du gouvernement. La cible a été remplacée par une autre: le ratio dette-PIB du Canada était bas, et il diminuerait à tout jamais.
    Le ministre des Finances s'est accroché à cette cible jusqu'à ce qu'il devienne évident, avant la pandémie, que le déficit, en tant que pourcentage du PIB, allait augmenter. Il a ensuite remplacé cette cible-là par une toute dernière, soit de conserver la cote de crédit AAA du Canada. Cette dernière cible budgétaire est elle aussi passée à la trappe, et le gouvernement n'en a évoqué aucune autre depuis.

  (1520)  

    Nous avons régressé au point où nous devions déjà faire face à un grave déficit structurel avant l'apparition de la COVID-19. Le gouvernement libéral a ajouté près de 100 milliards de dollars à la dette au moment où il aurait dû réaliser des excédents comme celui dont il a hérité afin de se préparer à une crise financière comme celle causée par la COVID-19, mais il ne l'a pas fait. Le gouvernement a par ailleurs imposé des projets de loi nuisibles pour l'emploi, comme le projet de loi C-69 et le projet de loi C-48, qui ont ravagé l'économie de l'Ouest et qui nuiront à la capacité de relance du Canada après la pandémie.
    Ce projet de loi ne contient aucune mesure permettant de réparer les torts que le gouvernement a causés à notre économie et qui nuiront à notre capacité de relance après la pandémie. Lors de la dernière législature, le gouvernement a mis en place une taxe sur le carbone, et pendant la législature actuelle, il a annoncé qu'il allait presque aussitôt briser sa promesse de ne pas l'augmenter.
    Ce projet de loi ne contient aucune mesure pour contrer l'hostilité du gouvernement envers l'industrie de l'énergie, qui contribue pourtant de façon essentielle à l'assiette fiscale fédérale. L'énergie est depuis longtemps le plus important et le plus précieux des produits d'exportation du Canada. Ce secteur crée d'excellents emplois bien rémunérés non seulement en Alberta, mais dans toutes les provinces du pays.
    L’Énoncé économique de l’automne que ce projet de loi mettra en œuvre ne tient pas compte des erreurs économiques que le gouvernement a commises et qui ont quasiment plongé le Canada en récession avant la COVID. Il n’élimine pas la bureaucratie qui a signé l’arrêt de mort de certains projets, comme Teck Frontier, et qui a fait peur aux investisseurs du secteur privé qui auraient pu construire le pipeline Trans Mountain sans l’argent des contribuables.
    Ce projet de loi ne prévoit rien pour les milliers de travailleurs canadiens qui perdront leur emploi en raison de la décision dévastatrice visant le projet Keystone ou ceux qui ont déjà perdu leur emploi, qui ont vu s’envoler en fumée leurs rêves de retrouver un emploi à la suite de la décision visant le projet Keystone.
    Ce projet de loi ne prévoit rien pour mettre un terme à la culture dépensière axée sur l’aide aux entreprises mise en place par le gouvernement et l’empêcher d’engendrer avec facilité des dettes considérables, situation qui s’est encore produite avant la COVID.
    Cela m’amène à ma troisième critique du projet de loi. Il s’agit de la hausse sans précédent du plafond d’emprunt du Canada. Comprenez-moi bien. Je vais l’affirmer à nouveau. Lorsque les gouvernements forcent des entreprises à fermer et à mettre à pied des travailleurs, les gouvernements doivent les soutenir. Les gouvernements doivent soutenir les Canadiens qui sont contraints de ne pas travailler, ainsi que les entreprises qui sont contraintes de fermer leurs portes.
    Cette crise a rendu temporairement nécessaires des dépenses extraordinaires pour soutenir les Canadiens. Cependant, dans ce projet de loi, le gouvernement propose d’accroître son plafond d’emprunt à 1,8 billion de dollars, une demande tout simplement injustifiée. Cette demande n’est pas justifiée en fonction des besoins actuels du gouvernement, que ce soit ses besoins à court terme, à moyen terme ou à long terme. Elle n’est certainement pas justifiée compte tenu de l’enthousiasme dont il a déjà fait preuve à l’égard du financement déficitaire en temps normal.
    À la base, le Parlement existe pour autoriser l’imposition, les dépenses et les emprunts du gouvernement au nom des administrés. À titre de législateurs, nous devons voter quand vient le temps d’accorder ces pouvoirs au gouvernement. Il n’existe tout simplement aucune raison justifiant le fait de permettre au gouvernement d’emprunter une somme si extraordinaire lorsque son propre énoncé de l’automne et le budget des dépenses ayant déjà fait l’objet de votes n’exigent pas d’autorisation pour le niveau d’emprunt prévu dans ce projet de loi.
    Si le gouvernement du Parti libéral ou un gouvernement futur doit accroître la dette nationale pour la faire passer à 1,8 billion de dollars, cela devrait faire l’objet d’un débat devant ce Parlement ou devant un Parlement futur. D’ici là, j’exhorte le gouvernement à mettre l’accent sur l’établissement d’une politique cohérente pour lutter contre la COVID, une politique qui permettrait de vacciner la population, de relancer l’économie et d’avoir un plein emploi grâce à des investissements privés dans l’économie canadienne, libérée des règlements favorisant les pertes d’emploi.
    Nous devons revenir le plus rapidement possible à une économie axée sur l'emploi. Certes, le projet de loi contient des éléments qui aideraient certains Canadiens à faire face aux conditions difficiles actuelles, mais j'invite le gouvernement à chercher sérieusement à donner aux Canadiens plus d'espoir en l'avenir, surtout dans le cas des petites entreprises qui ont systématiquement été laissées pour compte par les mesures d'aide du gouvernement.
     Sur ce, je suis prêt à répondre aux questions des députés.

  (1525)  

[Français]

    Monsieur le Président, je vous souhaite une excellente année 2021, en espérant qu'elle sera meilleure que la précédente.
     La question que j'aimerais poser à mon collègue est très simple. Que pense-t-il de la performance du gouvernement par rapport au soutien aux entreprises? En faisons-nous assez pour nos PME et pour nos entrepreneurs? Que pense-t-il de la stratégie axée sur les prêts et l'endettement de ceux-ci?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement a pris un grand nombre de mesures nécessaires qui soutiennent effectivement les petites entreprises, mais nombre de ces dernières passent entre les mailles du filet parce qu'elles n'ont pas pu se prévaloir des mesures d'aide dont elles ont besoin pour diverses raisons. Comme je l'ai dit dans mon intervention, les cas les plus récents concernent les nouvelles entreprises qui ont peut-être passé toute l'année 2019 à se préparer pour une réouverture à la fin de mars dernier. Ces entreprises sont carrément dévastées. Elles ne sont pas admissibles, et le gouvernement le sait fort bien, mais il n'a rien fait pour leur prêter main-forte.
     L'endettement des entreprises est extrêmement inquiétant. Ces entreprises sont tout simplement à bout. Elles veulent désespérément en finir avec la COVID et rouvrir leurs portes. Le gouvernement doit s'employer sérieusement à répondre aux questions sur son programme de vaccination afin que le Canada puisse se remettre sur pied grâce à une population vaccinée et à une économie axée sur l'emploi.

  (1530)  

    Madame la Présidente, je suis d'accord avec le député quand il parle de l'importance des petites entreprises et quand il dit que le gouvernement doit être là pour elles. Je crois d'ailleurs qu'on peut dire que c'est ce qu'il a fait. Il suffit de penser à la Subvention salariale d'urgence du Canada, à la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer, au Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes, qui facilite l'accès des entreprises au crédit, ou au Fonds d'aide et de relance régionale. Le gouvernement a multiplié les initiatives afin que les entreprises — y compris les PME, qui sont le véritable moteur économique du pays — puissent mieux se tirer d'affaire malgré les turbulences causées par la pandémie.
    Mon collègue convient-il que l'une des choses les plus constructives que les députés de l'opposition — tous les députés, en fait — puissent faire, c'est de suggérer au gouvernement des idées précises pour son futur plan? Nous avons plus que jamais besoin d'idées concrètes et détaillées.
    Madame la Présidente, c'est exactement ce que l'opposition a passé une bonne partie de la dernière année à faire. Nous avons proposé toutes les solutions dont les libéraux avaient besoin pour remettre la subvention salariale sur les rails, car disons que les premiers mois furent plutôt désastreux. L'opposition a directement contribué à en corriger les lacunes. Même chose pour la Prestation canadienne d'urgence, qui a pu être peaufinée en bonne partie grâce à l'opposition. L'opposition s'est montrée très proactive et n'a pas arrêté de proposer des solutions au gouvernement.
    Je vais prendre les quelques secondes qu'il me reste pour tâcher de faire comprendre au gouvernement qu'il devrait s'employer sans plus tarder à modifier la subvention au loyer et la subvention salariale afin d'offrir un peu de répit aux entreprises qui ont vidé leur compte en banque simplement pour ouvrir leurs portes à l'aube de la pandémie.
    Madame la Présidente, il est tout à fait juste d'affirmer que les politiques gouvernementales ont nui aux profits des entreprises, y compris les petites entreprises.
    Mon collègue ne croit-il pas qu'il faudrait réformer la réglementation concernant les taux d'intérêt des cartes de crédit, surtout pour les petites entreprises qui doivent payer des frais de service et des prix injustes durant la pandémie?
    Madame la Présidente, le député signale un problème bien connu, surtout par les petits entrepreneurs. Les commerçants canadiens paient probablement les frais les plus élevés au monde. C'est un problème récurrent qui a été exacerbé par la COVID. Je suis préoccupé par le manque de concurrence dans ce secteur. C'est une très grande source de préoccupation qui a été soulevée par de nombreux petits entrepreneurs.

[Français]

    Madame la Présidente, puisque nous sommes en 2021, j'aimerais tout d'abord saisir l'occasion de remercier de leur confiance les résidents de Nickel Belt et du Grand Sudbury, que je cherche toujours à bien représenter. J'aimerais également remercier ma famille de son soutien. J'aimerais enfin remercier spécialement mon personnel, qui continue à travailler fort pour soutenir tous les résidents de Nickel Belt et du Grand Sudbury.
    J'aimerais assurer aux résidents de Nickel Belt et du Grand Sudbury que notre gouvernement et moi-même avons une seule priorité en tête: leur santé et leur bien-être. Notre responsabilité est d'assurer leur bien-être en matière de santé physique et mentale, ainsi que la santé économique de nos entreprises et de nos communautés. Ainsi, nous pourrons assurer la continuité de la reprise économique dans nos circonscriptions.

[Traduction]

    La COVID-19 est un enjeu qui transcende les partis et touche l'ensemble des Canadiens. Tous les partis politiques et tous les ordres de gouvernement doivent travailler ensemble à l'atteinte d'un objectif collectif: passer au travers de cette pandémie ensemble. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement a collaboré avec l'opposition pour adopter des mesures concrètes qui aident directement ceux qui en ont besoin.
    Bien des familles, des étudiants, des aînés, des entrepreneurs et des membres de communautés autochtones ont éprouvé des difficultés. On continue d'observer des problèmes de santé mentale. Il faut accorder la priorité à la santé sous toutes ses formes, communiquer avec les personnes qui en ont le plus besoin, ainsi que déterminer les gens ayant besoin d'un meilleur soutien et leur tendre la main. C'est pourquoi nous sommes intervenus. Nous avons instauré la Prestation canadienne d'urgence, dans le cadre de laquelle les personnes admissibles obtenaient 2 000 $ par mois, et nous avons écouté nos concitoyens quand ils ont réclamé des changements afin que personne ne soit laissé pour compte. Maintenant, nous avons instauré la Prestation canadienne de la relance économique.
    Nous avons aussi versé 300 millions de dollars aux collectivités des Premières Nations. Beaucoup d'habitants de ma circonscription ont également reçu des fonds. Nous avons prévu plus de 157 millions de dollars pour les Canadiens sans abri afin de répondre à leurs problèmes uniques durant la pandémie. Par ailleurs, plus de 50 millions de dollars sont prévus pour les refuges pour femmes en raison des défis uniques que les femmes ont dû relever depuis le début de la pandémie, comme des pertes d'emplois, des actes de violence, des pertes de revenus disproportionnées et des besoins en services de garde.
    Il y a aussi les sommes d'argent versées aux aînés, jusqu'à 500 $, et aux personnes handicapées, jusqu'à 600 $. Dans Nickel Belt, nous comptons 17 360 aînés qui reçoivent des prestations de la Sécurité de la vieillesse et du Supplément de revenu garanti. Il ne faut pas non plus oublier le montant forfaitaire que nous avons aussi versé dans le cadre de l'Allocation canadienne pour enfants. Cette mesure importante vient en aide aux familles et aux enfants, en particulier aux mères seules dans nos collectivités. Dans Nickel Belt, 9 700 familles reçoivent l'Allocation canadienne pour enfants. Il importe de continuer à soutenir les enfants et les familles.
    La question des prêts étudiants est aussi importante. Nous avons offert des bourses aux étudiants et repoussé l'échéance de remboursement des prêts.
    L'aide au loyer pour les entreprises a été cruciale tout au long de la pandémie. Nous avons modifié le fonds d'aide régionale par l'entremise d'organismes comme FedNor. Les entreprises nous ont fait savoir clairement qu'il fallait adapter certains de ces programmes d'aide. Quelque 1,2 million de dollars ont été remis à des partenaires économiques de Nipissing Ouest pour aider des entreprises du coin à répondre à leurs besoins pendant la pandémie.
    Il y a aussi l'Accord sur la relance sécuritaire de 2 milliards de dollars conclu avec l'Ontario. Nous avons soutenu des mesures comme l'amélioration du dépistage, la recherche de contacts, l'aide aux personnes dans les centres de soins de longue durée et l'offre de places en garderie suffisantes et sécuritaires pour permettre le retour au travail. Il faut toutefois en faire davantage.
    Il est important d'offrir une stabilité économique et de soutenir les priorités qui sont définies par les municipalités des différentes régions. Nous offrons aussi des programmes d'urgence aux entreprises privées, aux légions, aux banques alimentaires, aux organismes du domaine des arts et de la culture et aux organismes à but non lucratif de Nickel Belt, du Grand Sudbury et de l'ensemble du Canada.
    Nous aiderons par exemple les Canadiens vulnérables en accordant 350 millions de dollars aux organismes de bienfaisance et à but non lucratif qui offrent des services essentiels, comme Centraide Nord-Est de l'Ontario. Ces mesures viendront en aide aux plus démunis et à différentes municipalités, comme French River, Saint-Charles et Markstay-Warren. Elles soutiendront la Valleyview Community Church, la municipalité du Grand Sudbury, en partenariat avec le Club Lions d'Onaping Falls, et l'épicerie Metro de Valley East. Toutes ces mesures ont pour but d'aider les personnes les plus vulnérables de la société.
    Nous avons aussi consacré 100 millions de dollars à des fonds d'urgence pour la sécurité alimentaire. De cette somme, 100 000 $ ont été versés à cinq organismes de Nickel Belt: le Club Lions d'Onaping, la Destiny International Church de Val Caron, la Helping Hands Family Mission de Hanmer et la nation des Atikameksheng Anishnawbek.

  (1535)&nbs