Passer au contenu Début du contenu

Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

Pour faire une recherche avancée, utilisez l’outil Rechercher dans les publications.

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

Publication du jour précédent Publication du jour prochain
Passer à la navigation dans le document Passer au contenu du document

43e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 074

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 23 mars 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 150
No 074
2e SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 23 mars 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

La commissaire au lobbying

    Conformément à l'article 10.5 de la Loi sur le lobbying, il est de mon devoir de déposer sur le bureau un rapport d'enquête de la commissaire au lobbying.

[Français]

    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ce rapport est réputé renvoyé en permanence au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.

[Traduction]

Les délégations interparlementaires

    Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, deux rapports du Groupe interparlementaire Canada-États-Unis.
    Le premier concerne la 73e réunion annuelle virtuelle du « Council of State Governments - Western Legislative Conference », tenue par vidéoconférence les 29 et 30 juillet 2020.
     Le deuxième rapport porte sur le camp de base de la « National Conference of State Legislators », tenu par vidéoconférence du 15 au 17 septembre 2020.

Les comités de la Chambre

Finances 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le troisième rapport du Comité permanent des finances, qui porte sur le projet de loi C-208, loi modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu concernant le transfert d’une petite entreprise ou d’une société agricole ou de pêche familiale. Le Comité a étudié le projet de loi et a convenu d'en faire rapport à la Chambre sans proposition d'amendement.

[Français]

Le Code criminel

     — Monsieur le Président, je dépose ce projet de loi qui vise à contrer le fléau que constitue l'exploitation sexuelle des mineurs. Il met en application des recommandations du rapport de la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs. Ce rapport a été adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale du Québec, il y a moins de quatre mois.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Traduction]

La Loi sur la commercialisation des services de navigation aérienne civile

    — Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole aujourd'hui. J'aimerais remercier mon collègue de la côte Ouest d'appuyer cette importante mesure législative.
    NAV CANADA envisage actuellement de fermer les tours de contrôle de Whitehorse, de Windsor, de Regina, de Fort McMurray, de Prince George, de Sault Ste. Marie et de St-Jean au Québec. Le gouvernement s'est montré plutôt incertain à ce sujet. Selon lui, il faudrait faire une étude avant, mais, à cause du développement économique et des changements dans le secteur de l'aviation, Windsor risque de connaître des bouleversements importants, pendant cette période de pandémie, qui auront des conséquences en particulier sur le plan du maintien en activité ou non des aéroports régionaux. Nous demandons un report de l'étude et des fermetures.
    Le gouvernement a dit qu'il ne peut pas empêcher l'étude d'avoir lieu à cause de la loi. Nous avons donc proposé des outils pour que le gouvernement suspende l'étude et soutienne les tours de contrôle en activité en ce moment. Le gouvernement ne pourrait plus se servir de ce prétexte pour justifier son inaction si on adoptait ce projet de loi. Il pourrait aussi procéder par décret ou encore se saisir de cette mesure législative, comme il l'a déjà fait dans le passé dans le cas d'autres mesures législatives que j'avais proposées. Je l'y encourage.
    Je tiens à remercier tout particulièrement le pilote Dante Albano. Il y en a d'autres, mais M. Albano a joué un rôle de coordination dans ce dossier et il a participé activement au lancement d'une pétition en appui à cette initiative, que des milliers de Canadiens ont signée. Je remercie aussi l'Association canadienne du contrôle du trafic aérien.
     Cette étude a une incidence sur le développement économique et la sécurité des gens. L'aéroport de Windsor doit gérer cinq zones de circulation concurrentes, dont les États-Unis, ce qui complique la gestion de cet espace aérien. La mesure législative donnerait au gouvernement le pouvoir de mettre immédiatement fin à cette absurdité, qui durera des mois, voire un an, et l'étude bouleversera les économies locales, compromettra la sécurité de la population et, plus important encore, sèmera la confusion.
     Nous espérons que le premier ministre examinera ce dossier et qu'il agira par décret ou s'appropriera la mesure législative de façon constructive afin de la faire adopter. Nous devons nous en assurer quand nous rebâtirons après la pandémie. Nous disposons des bons outils pour le faire. À mon avis, contrairement au processus actuel, qui déstabilise l'industrie aérienne, il serait très avantageux d'assurer la sécurité et la protection dans les aéroports régionaux pour faire ce genre de choses.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1010)  

Pétitions

Le Myanmar  

    Monsieur le Président, j'aimerais présenter deux pétitions.
    La première pétition porte sur le coup d'État au Myanmar.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement de condamner le coup d'État avec la plus grande fermeté. Ils demandent également la libération immédiate et inconditionnelle de tous les élus et des prisonniers politiques. Ils exhortent le gouvernement à prendre des mesures contre l'armée du Myanmar et à demander l’abrogation de l’état d’urgence illégalement déclaré et le respect du résultat des élections de novembre 2020.
    Les pétitionnaires réclament aussi que le gouvernement adopte immédiatement une loi interdisant aux entreprises canadiennes d’exporter des armes et des technologies au Myanmar et de proposer une résolution à l’Assemblée générale des Nations Unies appelant les États membres à se pencher sur la menace à long terme qui pèse sur la paix et la stabilité au Myanmar. Les pétitionnaires veulent que le gouvernement empêche les membres de l’armée du Myanmar, leurs familles et leurs associés de poursuivre des études ou de faire des affaires au Canada et qu'il présente un projet de résolution, une motion, en vue de renvoyer cette question à la Cour pénale internationale.

Le programme de subvention pour le loyer  

     Monsieur le Président, la prochaine pétition porte sur le programme de subvention pour le loyer.
    Les pétitionnaires veulent attirer l'attention du gouvernement du Canada sur le fait que de nombreuses entreprises ne sont pas admissibles actuellement au programme de subvention pour le loyer parce qu'elles sont des locataires ayant un lien de dépendance. Ils attirent l'attention du gouvernement sur le fait que beaucoup d'entreprises sont dans le domaine touristique depuis 22 ans et louent des locaux. Ils veulent que le gouvernement révise le programme de subvention pour le loyer pour que les locataires qui en sont actuellement exclus soient admissibles au programme. Ils demandent que le gouvernement du Canada modifie la loi pour éviter que de telles entreprises soient laissées pour compte.

La thérapie de conversion  

     Monsieur le Président, je suis heureuse d'intervenir à la Chambre aujourd'hui pour présenter une pétition au sujet du projet de loi C-6. Les pétitionnaires se préoccupent sérieusement des conséquences du projet de loi, notamment du fait qu'il pourrait limiter les options offertes aux Canadiens LGBT désireux d'obtenir du counseling et criminaliser les conversations sur la sexualité entre les enfants, leurs parents et d'autres mentors.
    Selon un récent sondage Nanos, 91 % des Canadiens sont d'avis que des adultes consentants devraient être libres de recevoir les services de counseling de leur choix en ce qui a trait à la sexualité, peu importe leur orientation sexuelle ou leur identité de genre. Ce résultat est le même peu importe la région, l'âge ou le genre du répondant. Or, c'est précisément ce que le projet de loi C-6 interdirait: le libre choix des Canadiens en matière de counseling.
    Les pétitionnaires veulent que l'on interdise la thérapie de conversion, mais pas comme on le propose dans le projet de loi C-6, lequel interdit davantage que la thérapie de conversion. Modifions la définition utilisée dans le projet de loi de manière à interdire des pratiques dégradantes et nocives qui n'ont pas leur place au Canada, tout en maintenant le soutien offert aux Canadiens LGBT.

L'anse Saanich  

     Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole par vidéoconférence ce matin pour présenter une pétition signée par de nombreux résidants de ma circonscription. Elle porte sur l'anse Saanich. Les gens qui ne vivent pas sur l'île de Vancouver ne connaissent probablement pas la petite anse se trouvant juste au-dessus de Victoria. Son tracé ressemble à la distance entre mon pouce et mon index. Cette anse présente un risque fort élevé de contamination, principalement en raison des embarcations de plaisance.
    Les pétitionnaires réclament que l'anse Saanich devienne une zone où le déversement des eaux usées est interdit. Comme les députés de l'île du Cap-Breton le savent, une telle mesure a été prise pour le lac Bras d'Or. Les pétitionnaires exhortent le gouvernement à agir et à travailler avec la province pour faire de l'anse Saanich une zone où les déversements sont interdits. Sa capacité d'évacuation des sédiments est très limitée. Cette zone a une biodiversité de plus en plus forte, mais elle doit être protégée.

  (1015)  

Le trafic d'organes humains  

    Monsieur le Président, je présente deux pétitions aujourd'hui.
    La première pétition appuie le projet de loi S-204, qui vient de franchir l'étape de la deuxième lecture au Sénat. Ce projet de loi porte sur le prélèvement forcé et le trafic d'organes.

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition attire l'attention de la Chambre sur la situation humanitaire et des droits de la personne dans la région du Tigré, en Éthiopie. Elle demande que le gouvernement du Canada réagisse plus vigoureusement à la situation.

Questions au Feuilleton


Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Le plan pour la réouverture de l'économie  

    Que, étant donné que,
(i) les restrictions relatives à la COVID-19 ont eu des répercussions considérables sur la santé financière et mentale des Canadiens,
(ii) les restrictions relatives à la COVID-19 ont été présentées par le gouvernement fédéral, y compris par le premier ministre à trois occasions distinctes en novembre 2020, comme des mesures temporaires destinées à atténuer les pressions sur le réseau de soins de santé public,
(iii) les outils de santé publique, comme les tests rapides, la communication de données sur les moyens de transmission de la COVID-19 et les vaccins, n’ont pas été présentés par le gouvernement fédéral comme des solutions permanentes pour remplacer les restrictions relatives à la COVID-19, y compris dans les secteurs sous réglementation fédérale comme le transport aérien et les restrictions aux frontières,
(iv) le président des États-Unis et le premier ministre du Royaume-Uni ont tous les deux publié des plans pour la réouverture économique de leurs pays, alors que les fonctionnaires canadiens n’ont pas encore donné aux Canadiens une idée du moment où leur vie économique et sociale pourra revenir à la normale,
la Chambre demande au gouvernement de déposer dans un délai de 20 jours de séance, à compter de l’adoption de la présente motion, un plan clair et fondé sur des données pour appuyer la levée graduelle, permanente et en toute sécurité des restrictions relatives à la COVID-19.
    — Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député d'Edmonton-Centre.
    Avant de commencer, je veux dire à Lynne Walker que la présente motion lui est dédiée.
    Hier, à la Chambre des communes, j'ai posé à la ministre de la Santé une question non partisane que je croyais bien simple. Je voulais savoir quand les grands-parents vaccinés pourraient serrer leurs petits-enfants dans leurs bras. La réponse qu'a donnée la ministre de la Santé, après un an de pandémie, se résume à ceci: elle ne sait pas, elle n'est pas certaine de vouloir nous le dire et elle croit que c'est une question de compétence provinciale, mais elle entend conseiller les provinces.
    Ce n'est pas la réponse que les Canadiens voulaient entendre. Je crois que cette réponse est le meilleur argument concernant la nécessité d'adopter la présente motion.
    Voilà un an que nous sommes en pandémie et nous en avons assez. Il y a un an, les Canadiens d'un océan à l'autre se sont serré les coudes pour accepter d'interrompre l'activité économique et de mettre en place des restrictions pour donner aux experts de la santé publique, à nous tous dans cette enceinte, aux gouvernements provinciaux et aux dirigeants municipaux le temps de bien comprendre ce qu'était la COVID-19, comment elle se propageait et qui étaient les personnes vulnérables, afin de pouvoir lutter en permanence contre ce virus grâce à divers outils tels que traitements, tests de détection rapide et vaccins. Un an après le début de la pandémie, ces outils sont en place. Le problème au Canada, c'est que les responsables de la santé publique ne nous ont pas expliqué clairement les conditions qui permettraient de mettre fin en toute sécurité aux confinements à grande échelle. Voilà un problème de taille.
    Les personnes qui nous regardent aujourd'hui doivent comprendre qu'aucun ordre de gouvernement au Canada ne nous a dit ce que les personnes vaccinées seraient en mesure de faire. La seule chose que le gouvernement fédéral nous ait dite à ce jour lorsqu'on a posé la question, c'est que les personnes vaccinées devaient quand même se soumettre à une quarantaine dans des hôtels — mesure qui est controversée. Le gouvernement fédéral doit au moins expliquer à la population son plan quant aux indicateurs qu'il utilisera pour permettre un retour à la liberté, à la prospérité et à la normale dans la vie des Canadiens. Aujourd'hui, nous demandons à tous les députés d'appuyer le gouvernement fédéral pour la conception d'ici 20 jours d'un plan sur les indicateurs qui seront utilisés en vue d'un retour à la vie normale.
    Nous sommes tous conscients de l'importance de lutter contre la propagation de la COVID-19, de protéger la population canadienne contre les maladies graves et de prévenir les décès. C'est ce que chacun et chacune d'entre nous dans cette enceinte s'est efforcé de faire au cours de la dernière année. Ce qui fait défaut à l'heure actuelle, c'est la confiance en l'avenir. Les Canadiens n'ont pas la moindre idée du moment où les périodes de confinement prendront fin; cette situation a assez duré.
    Pourquoi cette situation doit-elle cesser? Je suis loin d'être la seule à me poser cette question. Unifor nous a demandé de mettre en place un plan national de redressement qui implique entre autres d'adapter les restrictions frontalières pour préparer la réouverture des frontières en toute sécurité. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante exige également des réponses de la part du gouvernement. L'Association de l'industrie touristique du Canada, elle, a indiqué que les nouvelles concernant la distribution des vaccins contre la COVID-19 nous portent à faire preuve d'un optimisme prudent. Elle a ajouté que nous devons planifier dès maintenant la reprise de l'industrie touristique du Canada. Le Conseil du secteur du conditionnement physique du Canada demande lui aussi un plan. Les maires demandent un plan. Tout le monde demande un plan. Les principaux intéressés et les experts médicaux le disent: nous ne pouvons pas vivre éternellement dans une bulle dans l'espoir de mener une vie sans risque. Tout ce que nous faisons a des conséquences. Nous avons besoin de savoir comment mieux utiliser les outils dont nous disposons pour protéger la santé des Canadiens, tout en veillant à ce que la vie reprenne son cours normal.
    Ces histoires nous parviennent par l'entremise de CBC/Radio-Canada.
    Le gouvernement fédéral doit présenter un plan. La chose la plus importante qu'il pourrait faire en ce moment, c'est de présenter un plan assorti d'indicateurs quant à la manière dont les mesures de confinement pourront être levées graduellement, en toute sécurité et de façon permanente.
    Nous n'avons aucun plan de ce genre. Comment les entreprises peuvent-elles planifier leur réouverture si elles ne savent pas dans quelles conditions elles devront le faire? Imaginons ce que doivent ressentir les propriétaires de restaurant en ce moment. Chaque jour, ils entendent aux nouvelles qu'ils pourraient devoir fermer à nouveau, ou peut-être pas?

  (1020)  

    Les responsables de la santé publique eux-mêmes n'ont pas fourni de données claires sur les foyers de propagation, pas plus qu'ils ne nous ont dit si nous utilisons les outils dont nous disposons aux endroits les plus vulnérables. Aux yeux de bien des Canadiens, il semble y avoir beaucoup de mesures réactives ou à l'aveuglette.
    Les Canadiens se sont serré les coudes et ont consenti bien des sacrifices, mais le gouvernement fédéral doit cesser de leur demander de sacrifier leur vie normale. Il doit cesser de demander aux gens de sacrifier les câlins, leur santé mentale, leur sentiment de sécurité à la maison. Il doit cesser de demander aux gens de sacrifier toutes ces choses et commencer à leur offrir un plan d'espoir, en leur disant par exemple: « Voici comment nous allons commencer le déconfinement. Voici les indicateurs. Voici ce que nous utilisons et comment nous procédons. »
    D'autres pays font déjà tout cela. Cette semaine, le gouvernement islandais a déclaré que les personnes vaccinées ne sont plus soumises à une quarantaine et qu'elles peuvent venir dans ce pays si elles le souhaitent. Au Royaume-Uni, le premier ministre Boris Johnson a publié un plan de déconfinement assorti d'indicateurs. Aux États-Unis, sous l'administration Biden, le Dr Anthony Fauci et les CDC ont émis des lignes directrices quant à ce que peuvent faire les personnes ayant été vaccinées. Ils ont établi un objectif ambitieux, soit le 4 juillet, Jour de l'indépendance dans ce pays. Le Dr Fauci a déclaré que les États-Unis allaient célébrer un Jour de l'indépendance normal.
    Pourquoi ne pouvons-nous pas faire de même au Canada? Pourquoi ne pouvons-nous pas avoir de belles choses aussi? Je rappelle que le gouvernement fédéral n'a pas dit aux Canadiens vaccinés ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas faire. Il n'a communiqué aux compagnies aériennes aucun plan de réouverture de la frontière en toute sécurité. Cela ne peut plus être un sujet tabou. Puisque le gouvernement fédéral dépense des milliards de dollars sur des mesures de confinement, il doit prendre les responsabilités qui en découlent.
    Tous les libéraux qui interviendront aujourd'hui pour parler de la motion vont prétendre que ce n'est pas le travail du gouvernement fédéral, mais celui des gouvernements provinciaux. C'est inacceptable. Nous sommes dans une situation d'urgence et il incombe au gouvernement fédéral de faire preuve de leadership, car il dépense des milliards de dollars que nous n'avons pas pour appuyer le maintien des mesures de confinement sans plan pour y mettre fin. Voilà le premier problème qui permet de réfuter leurs réponses toutes faites.
    Deuxième problème, le premier ministre a demandé à maintes reprises des mesures de confinement qui relèvent de la compétence des provinces. Le 24 novembre, il a déclaré que le gouvernement fédéral travaillait avec les provinces afin qu'elles puissent imposer des restrictions. Il a répété sa déclaration le 10 novembre dans un article de CTV et encore une fois le 13 novembre dans un article de la Presse canadienne. Ce ne sont que quelques citations du premier ministre que j'ai retenues.
    Hier, à la Chambre des communes, en réponse à la question que j'ai posée au sujet des embrassades, la ministre de la Santé a dit que c'était les provinces et les territoires qui, avec le concours du gouvernement fédéral, élaboraient les lignes directrices à suivre sur leur territoire. Les libéraux ne peuvent pas jouer sur les deux tableaux. Ils ne peuvent pas juger qu'il est politiquement avantageux pour eux, à l'approche d'élections possibles qu'ils sont les seuls à souhaiter, de se décharger de cette responsabilité sur les gouvernements provinciaux.
    S'il y a des fonctionnaires de Santé Canada qui disent à la ministre de la Santé que ce n'est pas son travail de fournir des lignes directrices et qui écoutent ce discours, je leur demande pourquoi nous leur payons un salaire? Si la ministre de la Santé ne demande pas conseil aux milliers de fonctionnaires de son ministère, pourquoi leur payons-nous un salaire?
    Nous avons besoin d'espoir. Nous ne sommes pas en train de dire que nous devrions faire n'importe quoi. Ce que nous disons, c'est que le gouvernement fédéral doit commencer à donner des directives aux compagnies aériennes, au secteur de l'hôtellerie et du tourisme, à celui du commerce de détail, aux groupes marginalisées, aux femmes qui sont victimes de violence conjugale. Nous avons besoin d'un plan. C'est l'évidence même.
    La motion dont nous sommes saisis aujourd'hui demande un plan fondé sur des données. Voici ce qui est demandé. La Chambre « demande au gouvernement de déposer dans un délai de 20 jours de séance, à compter de l’adoption de la présente motion, un plan clair et fondé sur des données pour appuyer la levée graduelle, permanente et en toute sécurité des restrictions relatives à la COVID-19. »
    J'ai dit que je dédiais mon discours à mon amie Lynne. Son époux est décédé. Elle n'a même pas eu la possibilité de le voir quand il a été hospitalisé à la suite de sa crise cardiaque. Personne ne devrait avoir à dire adieu à un être cher par FaceTime.
    Le gouvernement fédéral doit établir un plan. Chaque personne dans cette enceinte et chaque Canadien devrait appuyer cette motion.

  (1025)  

    Madame la Présidente, je trouve remarquable la constance avec laquelle la députée diffuse des informations erronées, qui, je crois, induisent en erreur. La députée essaie-t-elle de dire à ceux qui nous écoutent qu'il revient au gouvernement fédéral de lever les restrictions ou les mesures de confinement? Selon ma compréhension de la Constitution, la question relève plutôt des provinces. Le Canada est un pays vaste et composé de nombreuses régions, et ce sont les provinces qui gèrent les restrictions.
    La politique du Parti conservateur est-elle de passer outre les champs de compétence des provinces? La députée pourrait-elle préciser sa pensée à ce sujet?
    Madame la Présidente, le gouvernement fédéral est pleinement responsable du fiasco des hôtels de quarantaine où des agressions sexuelles sont survenues, car, oui, cette question relève du fédéral.
    De plus, je tiens à citer le député de Whitby, qui a déclaré sur Twitter que les provinces ont fait preuve de négligence criminelle en n'imposant pas de mesures de confinement. Le gouvernement fédéral ne cesse de changer de position. Je demande aux députés de songer à quel point c'est révoltant. Après avoir dépensé des milliards de dollars et y avoir affecté des milliers de bureaucrates, un an plus tard, le gouvernement fédéral dit que cela ne relève pas de lui. Cela relève de François Legault, de Doug Ford ou de Jason Kenney. Les libéraux n'offrent aucun soutien ni orientation à cet égard. Ils se contenteront de demander au premier ministre de déclarer, aux portes de Rideau Cottage, « Eh! bien, je pense que vous devriez imposer plus de mesures de confinement. » Ensuite, les députés libéraux d'arrière-ban feront leurs déclarations sur Twitter. Ils ne peuvent pas souffler le chaud et le froid.
    Personne ne souhaite la partisanerie. Or, c'est ce que nous venons d'entendre du gouvernement fédéral. De surcroît, les libéraux font de la désinformation. Ce dont nous avons besoin, c'est un plan, et chaque député devrait l'appuyer.

  (1030)  

    Madame la Présidente, je suis en train de lire la motion du Parti conservateur. Je ne suis pas sans sympathiser avec la députée et les sentiments qu'elle exprime. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'article de Stephen Maher publié dans le magazine Maclean's. Des erreurs ont été commises, de toute évidence. Par contre, je ne vois pas comment je pourrais voter en faveur d'une motion qui demande la présentation, dans les 20 jours, d'un plan visant à éliminer de façon permanente les restrictions relatives à la COVID.
    Je conviens avec la députée qu'il nous faut des renseignements clairs afin de savoir si nous pourrons, une fois vaccinés, serrer nos petits-enfants dans nos bras, mais cela ne fait pas partie de la motion à l'étude. La députée pourrait-elle nous expliquer les différences entre son discours et le texte de la motion?
    Madame la Présidente, j'inviterais la députée à prendre la peine de lire ce que demande la motion. Elle ne dit pas que les restrictions doivent être éliminées d'ici 20 jours, mais bien qu'il nous faut un plan décrivant les indicateurs qui serviront à lever les restrictions. La députée doit lire la motion.
    Des voix: Oh, oh!
    Je rappelle à la députée de Saanich—Gulf Islands qu'elle ne doit pas utiliser le micro pour répliquer. Je sais que nous l'avons mentionné à quelques reprises.
    Le député de Cowichan—Malahat—Langford a la parole.
    J'invoque le Règlement, madame la Présidente. Le privilège...
    La députée de Saanich—Gulf Islands invoque le Règlement.
    Je vous remercie, madame la Présidente, et je m'excuse, car j'aurais dû préciser que j'invoquais le Règlement avant de commencer à parler.
    Quand un député met en doute la rigueur d'un de ses collègues, il y a de quoi invoquer le Règlement. La députée de Calgary Nose Hill et moi travaillons ensemble depuis des années. Je crois qu'elle sait que je suis quelqu'un d'honorable, alors si j'ai dit que j'avais lu la motion et que j'estimais que son intervention ne cadrait pas avec celle-ci, c'est que j'ai lu la motion.
    Je n'ai pas besoin de prendre la peine de lire la motion. Celle-ci ne dit rien de ce qui, à en croire la députée, justifierait que nous l'appuyions. C'est ce que j'avais à dire.
    Je remercie la députée de cette information. Je crois toutefois qu'il s'agit surtout d'une question de débat, alors nous allons passer aux questions et aux observations.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Je me dois d'intervenir parce que la présidence a dénoncé plusieurs fois le fait que les députés peuvent utiliser Zoom pour faire ce qu'ils sont incapables de faire quand ils sont ici, en personne. La députée de Saanich—Gulf Islands vient d'en donner un exemple flagrant.
    Selon moi, quand vous rappelez aux gens qu'ils doivent utiliser leur micro de telle ou telle façon, je crois que vous devriez aussi leur rappeler qu'en parlant quand ce n'est pas leur tour, ils empêchent le Parlement de faire son travail. J'invite la députée de Saanich—Gulf Islands à ne pas abuser de ce privilège.
    Je remercie le député de Timmins—James Bay de son commentaire. J'ai signalé le problème à la députée de Saanich—Gulf Islands avant qu'elle n'invoque le Règlement.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Cowichan—Malahat—Langford a la parole.
    Madame la Présidente, je suis très sensible à ce que la députée de Calgary Nose Hill a dit dans son discours. Je me dois de féliciter les autorités de la santé publique provinciales du travail accompli ici, en Colombie-Britannique.
    J'aimerais poser à la députée une question précisément sur le choix difficile que de nombreux travailleurs au Canada doivent faire entre leur revenu et leur santé. La députée a-t-elle des suggestions quant à la façon dont le gouvernement fédéral peut intervenir et faire preuve de leadership en mettant en place un congé de maladie payé, pour que les travailleurs ne soient pas forcés de faire un choix difficile dans le cadre de la relance économique?
    Madame la Présidente, tout plan visant à lever les restrictions de façon sûre et permanente pourrait certainement comprendre une variété de mesures pour inciter les gens à suivre les résultats en matière de santé publique. Quoi qu'il en soit, pour la suite des choses, nous devrions tous appuyer l'élaboration d'un plan clair et fondé sur des données pour permettre une levée sûre, graduelle et permanente des restrictions liées à la COVID-19.
    Cela va de soi. J'ose espérer que tous les députés qui siègent dans cette Chambre se rendent compte que dans cinq ans, lorsque nous reviendrons sur le présent débat, nous serons vraiment heureux que cette motion ait été adoptée ou nous devrons rendre compte des raisons de son rejet.

  (1035)  

    Madame la Présidente, je souhaite intervenir dans le débat d'aujourd'hui sur la motion de l'opposition.
    Avant de parler plus en détail de la relance économique, j'aimerais profiter de cette occasion pour saluer et remercier les nombreux députés de tous les partis et les Canadiens en général qui m'ont offert leur soutien ainsi qu'à ma famille à la suite du décès de mon fils, Garrett Cumming.
    Pendant les 35 années qu'il a vécu sur cette planète, Garrett a mené une vie extraordinaire, et je suis extrêmement fier de lui. Comme bien des Canadiens vulnérables, Garrett a dû rester très isolé dans la dernière année. Les difficultés qu'il a dû surmonter indiquent à quel point le travail que nous faisons dans cette Chambre est important et à quel point il est important de retourner à une situation normale le plus tôt possible.
    Nous devons tous reconnaître que tout progrès vers une relance durable sera impossible dans ce pays tant qu'on ne prendra pas les moyens nécessaires pour résoudre cette crise sanitaire. Les petites entreprises continueront de battre de l'aile jusqu'à ce qu'elles soient finalement obligées de fermer leurs portes. Les nouveaux diplômés qui veulent se joindre au marché du travail seront incapables de décrocher un emploi.
    Les familles monoparentales recevront un chèque de 2 000 $, mais ce que les parents veulent, en réalité, c'est retourner au travail pour subvenir aux besoins de leurs familles. Envoyer de l'argent aux particuliers et aux entreprises était une mesure de soutien nécessaire pour aider les Canadiens à se maintenir à flot, mais ce n'est tout simplement pas une stratégie durable. Il nous faut des stratégies pour prévoir des mesures qui permettront de protéger les plus vulnérables tout en relançant l'économie.
    Dépenser de l'argent pour protéger les Canadiens durant la pandémie était la bonne chose à faire et, à vrai dire, les conservateurs fédéraux l'ont appuyé. Toutefois, nous ne pouvons pas refiler une dette insoutenable aux générations futures. Lorsque nous amorcerons la reprise économique, nous devrons contrôler nos dépenses et stimuler l'économie. C'est seulement une fois que nous aurons assuré la santé de la population canadienne que nous pourrons discuter sérieusement de la reprise économique. La solution ne consiste pas à offrir des chèques de la PCU ou des subventions gouvernementales à vie, mais bien à créer des emplois. Il importe de rendre aux gens la dignité qui découle de l'obtention d'un salaire de même que la liberté que procure le fait de pouvoir contrôler ses propres finances.
    Le taux de chômage au Canada est 40 % plus élevé que le taux moyen des pays du G7. À 8,2 %, cela signifie que plus de 1,3 million de Canadiens ne travaillent pas alors qu'ils en auraient la capacité. Nous devons établir un plan post-pandémie qui vise à créer des emplois, à remettre l'économie sur les rails et à permettre aux gens de toucher un salaire. Nous ne pouvons pas continuer à tout payer avec la carte de crédit nationale. Seuls les emplois pourront assurer la sécurité financière personnelle des Canadiens. Les emplois leur offriront de bons services de garde, d'éducation, de nutrition et de loisirs. Ils créeront en outre des recettes fiscales, qui contribueront à diminuer la dette nationale et à protéger le filet de sécurité sociale qui nous est si cher.
    Les conservateurs canadiens offrent une voie de sécurité et de certitude. Elle n’est peut-être pas très spectaculaire, mais elle assurera notre avenir en toute sécurité et nous mènera à un Canada où ceux qui ont le plus souffert de cette pandémie pourront retourner au travail.
    Deux paramètres que j’ai suivis au cours de la dernière année font non seulement partie intégrante de notre reconstruction, mais sont tout aussi importants pour soutenir la croissance de notre pays: la compétitivité du Canada et sa capacité d’innovation. En raison de la superficie de notre pays et de la faible densité de sa population, il est impossible de dépendre uniquement de notre économie interne pour assurer la reprise. Le Canada aura besoin d’une croissance énorme des exportations pour alimenter toute forme de reprise. Les dépenses d’infrastructure devraient être surtout axées sur ce qui améliore la productivité, la compétitivité et l’accès aux marchés. L’innovation du secteur privé est la voie de l’avenir: elle nous permettra d’avoir accès à la technologie requise pour assurer notre viabilité mondiale et rétablir notre position de chef de file de l’économie mondiale. Le monde aura ainsi ce qu’il veut: plus de Canada.
    Le président des États-Unis et le premier ministre du Royaume-Uni ont tous deux publié des plans publics pour la relance de leur économie. De leur côté, les responsables canadiens n’ont pas encore précisé quand l’activité économique régulière et la vie sociale reprendront. Les États-Unis sont notre principal partenaire commercial, mais plus d’un an s’est écoulé et nous n’avons toujours pas de stratégie de réouverture de la frontière.
    Carlo Dade, directeur du Trade and Investment Centre de la Canada West Foundation, a déclaré: « En 2019, dans le classement du Forum économique mondial sur la perception de la qualité du commerce et de la fiabilité des infrastructures commerciales, le Canada a reculé de 22 places, passant […] au 32e rang à l’échelle mondiale. » De plus, le Canada a perdu sa place parmi les 10 économies les plus concurrentielles du monde, et nous avons glissé presque au dernier rang notre groupe de pairs en matière d’innovation.

  (1040)  

    L’accroissement des échanges dans les industries où nous bénéficions d’un avantage stratégique étant donné notre abondance a suscité peu d’intérêt. On parle peu de l’exploitation minière ainsi que des secteurs des forêts, de l'agriculture et des ressources. Ces secteurs ont prouvé par le passé qu’ils étaient des moteurs de l’économie et qu’ils contribuaient de façon appréciable à notre vigueur économique. Le monde réclame davantage de nos ressources naturelles et en a besoin. Nous devrions penser à élargir notre part de marché et non à accélérer son déclin.
    Nous devons cesser de faire fuir les investissements comme le fait le gouvernement depuis 2015 et recommencer à les favoriser. L’exemple le plus récent est celui de Chevron Canada, qui a cessé de financer son projet de Kitimat. Il n’est pas surprenant que l'entreprise ait eu du mal à trouver quelqu’un pour participer financièrement à son projet.
    Au lieu de répéter des discours partisans sans intérêt, nous devrions nous mettre au travail, favoriser la reprise et assurer le retour au travail des gens. Si le gouvernement veut rebâtir l’économie, il devrait tenir compte de certaines des suggestions suivantes. Il devrait accélérer l’approbation de projets qui créent des emplois, de petite ou de grande envergure. Selon l’OCDE, le Canada se classe au 34e rang sur 35 pays en ce qui concerne le temps nécessaire pour obtenir un permis pour un nouveau projet de construction générale. Les trois ordres du gouvernement doivent y mettre du leur. Nous devons être les plus rapides quand vient le temps de construire des usines, des centres commerciaux, des parcs d’affaires, des mines et autres. Nous devrions alléger le fardeau réglementaire, pas l’alourdir. Nous devrions soutenir l’avancement des technologies de captage du carbone, favoriser l’innovation dans le secteur de la technologie, mettre l’accent sur la quantité et la qualité de la R-D, assurer une meilleure protection de la propriété intellectuelle, établir des politiques qui soutiennent le maintien de la main-d'œuvre au Canada, ainsi que des politiques d’immigration qui aident à attirer les talents, sans oublier le fait d’offrir à nos ressources naturelles un accès accru aux marchés extracôtiers.
    La reprise économique ne peut pas se fonder sur une approche qui laisse entendre qu’Ottawa a toujours raison, une approche selon laquelle gouvernement choisit les emplois à pourvoir, ainsi que les secteurs et les régions où ils doivent se trouver. La reprise sera impossible si seulement quelques-uns continuent de s’enrichir, alors que les familles de travailleurs sont oubliées. Plus particulièrement, je souhaite souligner l’échec du gouvernement en ce qui concerne les Canadiens qui travaillent dans les secteurs du tourisme, du transport aérien et de l’hôtellerie, qui font partie des secteurs les plus durement touchés. Les députés du Parti conservateur prendraient des mesures immédiates concernant ces secteurs pour que les gens recommencent à travailler.
    L’industrie du tourisme sait ce qu’il faut faire pour assurer une reprise réussie. À tous les niveaux, des mesures rigoureuses ont déjà été adoptées pour veiller à ce que toutes les activités touristiques soient sécuritaires. Elle en a d’ailleurs fait part au public. Elle sait qu’elle doit accroître la confiance du public à l’égard des voyages et aborder la perception du risque qui entoure ces voyages. Ces mesures détermineront la rapidité de la reprise. L’Association de l’industrie touristique du Canada a déclaré qu’un plan visant à remplacer l’approche fragmentée actuelle du Canada, qui consiste à réagir aux chiffres quotidiens, se fait attendre depuis trop longtemps.
    Même si le gouvernement a omis de créer un plan pour assurer l’innovation dans les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie, nous avons observé une collaboration fantastique de la part des compagnies aériennes canadiennes et de nos institutions de classe mondiale afin de trouver des solutions dans le cadre du programme pilote de dépistage rapide, maintenant relégué aux oubliettes. Il s’agit d’un bel exemple d’une réussite dans le secteur privé, à laquelle le gouvernement fédéral a mis un terme. Ed Sims, président-directeur général de WestJet, a fait la déclaration suivante: « Des pays du monde entier ont pris des mesures pour limiter ou reporter les coûts pour l’industrie de l’aviation, mais notre situation demeure exacerbée par des augmentations à deux chiffres qui échappent à notre contrôle. »
    En fin de compte, le gouvernement a tout un éventail d'outils à sa disposition. Il a un compte de dépenses surpassant les 700 milliards de dollars; il a accès à la population la plus instruite sur la planète; il possède tellement de terres qu'il ne sait plus qu'en faire et jouit d'un potentiel incomparable en matière de ressources naturelles. Il a absolument tout ce dont il a besoin pour relancer l'économie du pays comme le font des pays beaucoup moins privilégiés. Il faut fonder la relance sur les données et les études scientifiques et non sur ce qui favorisera la réélection des libéraux.
    Notre pays est trop petit pour subsister uniquement grâce au commerce intérieur. Nous avons le potentiel d'améliorer le sort des Canadiens sur le plan économique dans toutes les régions de ce grand pays. Nous avons des industries éprouvées qui peuvent nous aider à rebâtir. Les Canadiens sont d'incroyables novateurs. L'innovation doit faire partie de la solution, sans constituer la seule solution. Notre pays possède un énorme potentiel. Les Canadiens peuvent se remettre sur pied. Il suffit que le gouvernement leur en donne la chance.

  (1045)  

    Plutôt que de se sortir de la crise en comptant sur les chèques et les cadeaux du gouvernement, les Canadiens devraient être convaincus qu'ils s'en sortiront grâce à leur résilience en mettant à profit tous les outils dont ils ont besoin pour rebâtir ce grand pays. Nous...
    Malheureusement, le temps est écoulé.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Drummond a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aimerais d'abord exprimer ma sympathie à mon collègue d'Edmonton-Centre pour la perte de son fils. J'ai été très touché qu'il commence son discours par ce témoignage.
    J'ai lu la motion et je la comprends, mais je vois qu'on y propose encore une fois d'empiéter dans les champs de compétence des provinces en matière de gestion du système de santé. Cela me préoccupe un peu. Le fédéral a une certaine marge de manœuvre dans la question de la santé: l'approbation et l'approvisionnement des vaccins et, dans ce cas-ci, la gestion des frontières, qui a été faite de façon un peu tardive et un peu douteuse.
    Le Bloc québécois a des propositions à faire pour relancer l'économie et permettre un allégement, mais cela passe surtout par les transferts en santé, qui doivent être augmentés.
    Quelles sont les propositions des conservateurs pour l'allégement demandé?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je remercie le député de ses commentaires bienveillants. Comment pourrions-nous augmenter les transferts en santé sans une économie solide? La question se résume réellement à ceci: quand allons-nous agir et nous assurer que l'économie reprenne son envol? Même avant la COVID-19, la croissance au Canada était anémique. Nous devons absolument établir une stratégie pour la relance de l'économie, de façon à pouvoir effectuer les transferts en santé dont les Canadiens ont désespérément besoin.
    Madame la Présidente, je veux également faire part de mes condoléances au député pour le départ de son fils Garrett. J'ai vu la publication qu'il a mise en ligne à ce sujet. En tant que père, je lui offre mes sincères condoléances. Je peine à imaginer la souffrance qu'il a subie pendant cette épreuve.
    Ce qui est problématique dans la motion, à mon avis, c'est que, même si le gouvernement fédéral a certaines responsabilités, il y a également des domaines dont il n'est pas responsable. La députée qui a présenté la motion l'a même affirmé dans son discours lorsqu'elle a cité le premier ministre et qu'elle a indiqué qu'il avait fait certaines demandes aux provinces. C'était reconnaître que le premier ministre, et certainement le gouvernement fédéral, n'a pas le pouvoir d'agir dans certaines circonstances.
    Le député peut-il tenter de faire certaines distinctions entre ce qui tombe sous la responsabilité du gouvernement fédéral et ce qui n'est pas du ressort de ce dernier?
    Madame la Présidente, je le ferai avec plaisir. Le gouvernement peut faire preuve de leadership. C'est de cela qu'il s'agit. Il s'agit pour le premier ministre de faire montre d'un peu de leadership, de guider les provinces et de leur donner les outils dont elles ont besoin. C'est une question de leadership et il est grand temps que le premier ministre agisse, fasse preuve de leadership et permette aux gens de reprendre le travail dans ce pays.
    Madame la Présidente, je présente aussi mes condoléances au député, en mon nom et en celui des habitants de ma circonscription.
    Nous savons que l'incompétence et la négligence du gouvernement face à la pandémie ont eu des répercussions sur de nombreuses personnes. Dans nos circonscriptions, nous entendons tous parler de ce qui se passe dans le monde des petites entreprises. Le député peut-il nous donner un exemple de ce qui se passe dans sa circonscription d'Edmonton et de ce qu'il reçoit comme commentaires du monde des affaires au sujet des fermetures perpétuelles et des règles confuses que l'on nous donne, à cause du manque de leadership de ce côté-ci de la Chambre?
    Je suis sûr que le député sait qu'au début de cette pandémie, c'est le premier ministre qui a menacé de retenir l'argent des provinces si elles ne suivaient pas certaines des lignes directrices que le gouvernement fédéral allait donner. Il porte une partie de la responsabilité dans cette affaire.
    Madame la Présidente, cette situation est désastreuse pour Edmonton-Centre. Dans tous les centres commerciaux, on voit que le tiers ou le quart des commerces sont fermés, selon le cas. C'est la dévastation.
    Ce dont les entreprises ont besoin pour rouvrir, c'est de savoir exactement à quoi s'en tenir. Quelqu'un doit leur dire quand elles auront l'occasion de reprendre entièrement leurs activités. Quelqu'un qui fait réellement preuve de leadership, comme le gouvernement devrait le faire. J'espère que ce sera le cas bientôt.

  (1050)  

    Je dois dire que je suis un peu déçu, car en cette première journée de l’opposition officielle, les conservateurs avaient le choix parmi un grand nombre de sujets à discuter. J’espérais que leurs réflexions consécutives à la fin de semaine dernière les amènent à parler des changements climatiques. Cela aurait été, en effet, l’occasion idéale, pour le chef et les députés du Parti conservateur, d'aborder simplement un sujet qui est très important pour tous les Canadiens. Ce n’est pas pourtant pas si difficile que cela de dire que les changements climatiques sont réels. Pourtant, nous savons que pendant la fin de semaine, le Parti conservateur a nié la réalité des changements climatiques. Les membres ont rejeté la motion. Selon moi, il aurait été très intéressant de tenir un débat où les députés conservateurs se seraient levés, les uns après les autres, pour dire aux Canadiens que les changements climatiques ne sont pas réels, alors que nous, les libéraux, savons qu'ils sont bien réels, tout comme les verts et les néo-démocrates. Voilà pourquoi j’espérais que nous abordions ce sujet aujourd’hui. La tribune aurait été idéale pour que le Parti conservateur puisse nous dire clairement quelles sont ses convictions véritables concernant cette question importante.
    Cela dit, il est indéniable que l’enjeu prioritaire de ces 12 derniers mois reste la santé et la sécurité des Canadiens de tout le pays, et que c’est la priorité absolue de notre premier ministre, comme il le réitère chaque jour. C’est la raison pour laquelle nous continuons d’écouter les avis scientifiques et d'employer une approche fondée sur les données probantes pour combattre la COVID 19.
    Nous avons indiqué très clairement à tous les Canadiens que notre objectif était de leur assurer un accès libre, sécurisé et rapide à un vaccin efficace. Grâce au travail acharné d’un grand nombre de personnes, notamment nos fonctionnaires et la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, sans oublier la ministre de la Santé, le Canada se trouve aujourd’hui en bonne position. Nous avons le nombre de doses le plus élevé par habitant de tous les pays au monde et nous disposons de l'éventail de vaccins le plus diversifié. Nous commençons à observer les premiers résultats concrets de notre travail avec la livraison d’un certain nombre de doses. À mon avis, cela montre à l’évidence que nous commençons à voir la lumière au bout du tunnel, que nous allons pouvoir bientôt nous occuper d’autres choses comme le budget fédéral, qui devrait être présenté dans un avenir pas trop lointain, et que nous allons enfin vaincre le coronavirus. En attendant, nous devons continuer d’être très prudents. Nous avons tous un rôle à jouer.
    S’agissant de la motion dont nous sommes saisis, et après avoir eu l’occasion de poser une question, j’ai plusieurs réflexions qui me viennent à l’esprit. Le gouvernement fédéral n’a pas le pouvoir constitutionnel de faire ce que les conservateurs semblent demander dans leur motion. J'ai posé la question à la députée qui a présenté la motion. Le Parti conservateur est bien placé pour savoir qu’il y a des compétences provinciales et des compétences fédérales, et que ce sont les provinces qui ont la responsabilité des restrictions et des confinements, et non pas Ottawa. Nous avons dit dès le début de la pandémie que nous allions adopter une approche Équipe Canada pour lutter contre le coronavirus, c’est-à-dire que nous allions collaborer avec les parties prenantes, notamment les provinces, les territoires et les chefs autochtones.

  (1055)  

    Dans un pays aussi vaste que le Canada, les circonstances et les situations varient beaucoup. En fait, la dernière fois que j’étais à Ottawa, le Manitoba était la province qui affichait le pire bilan dans son combat contre la COVID-19 par habitant. La province a décidé de renforcer ses restrictions, et grâce à cela, la situation s’est améliorée. Les habitants du Manitoba et le gouvernement provincial ont conjugué leurs efforts pour endiguer la vague et pour la ramener à un niveau plus acceptable. Dans l’idéal, il faudrait que nous retrouvions la situation de juin et juillet, et j’espère que c’est pour bientôt.
    Dans les médias locaux, il est question tous les jours des restrictions qu’il faut lever ou ne pas lever, de ce qu’il faut faire ou ne pas faire. Notre situation est très différente. Nous ne pouvons pas dire que ce qui se passe au Manitoba, c’est la même chose que ce qui se passe en Ontario, en Nouvelle-Écosse ou en Colombie-Britannique. Cela varie. C’est la raison pour laquelle les gouvernements provinciaux jouissent de certaines compétences constitutionnelles, notamment celles qui concernent l’imposition de restrictions.
    Quand j’ai posé cette question à la porte-parole des conservateurs en matière de santé, elle m’a parlé des restrictions en vigueur concernant les déplacements. L’autre jour, j’ai demandé ici à un député conservateur s’il approuvait ces restrictions, et il m’a répondu que oui.
    Ce que les conservateurs demandent risque à mon avis de susciter l’opposition de la grande majorité, voire la totalité des provinces, car ils voudraient que ce soit le gouvernement fédéral qui détermine à quel moment les restrictions seront levées. Nous devons continuer de travailler avec les provinces, écouter les scientifiques et les experts de la santé et poursuivre les initiatives que nous avons entreprises et qui ont un impact positif sur l’ensemble des collectivités de notre pays. Et la meilleure façon d’y parvenir, c’est de travailler avec les Canadiens, ce que le premier ministre fait depuis le début.
    C’est de façon délibérée que je mentionne le premier ministre, car le député précédent a remis en question le leadership du premier ministre du Canada. En réponse à une question, il a dit que le premier ministre devrait faire preuve de leadership, leadership qui lui faisait défaut jusqu'à présent. C’est tout à fait contraire à la réalité. Depuis le début, le premier ministre a été à pied d’œuvre, prêt à travailler avec les Canadiens et les parties prenantes en général pour trouver des façons d’atténuer les impacts négatifs du coronavirus. Les conservateurs ont parfois appuyé nos mesures, mais la plupart du temps, ils s’y sont opposés.

  (1100)  

    Tandis que nous continuons à mettre l’accent sur la santé et le bien-être des Canadiens en élaborant des politiques et en prenant des mesures pour les soutenir, les conservateurs fouillent dans tous les recoins, essayant de trouver un scandale ou de savoir où de l’argent aurait pu être dépensé de manière inappropriée, ou encore en tentant de dénigrer différents aspects des dépenses du gouvernement.
    Nous avons vu cela amplifié au cours des mois de juin et juillet, lorsque l’opposition avait des milliers de questions à poser. Les conservateurs ont-ils posé des questions sur le vaccin à l’époque? Pas que je me souvienne.
    Je sais que les conservateurs vont me poser des questions. Peut-être peuvent-ils faire un peu de recherche entretemps. Je leur demanderais ceci: combien de questions les conservateurs ont-ils posées sur les vaccins en juin et juillet 2020?
    Le gouvernement, par l’intermédiaire du comité consultatif, cherchait activement des moyens de s’assurer que nous pourrions acquérir le vaccin auprès de plus d’une entreprise. Voilà le leadership dont a fait preuve le gouvernement libéral. Les conservateurs ont-ils fait montre de leadership dans ce dossier?
    Je me souviens qu’à l’automne, les conservateurs ont eu une révélation. Ils ont appris l'existence des tests rapides tout à coup et le monde s’écroulait ou le ciel nous tombait sur la tête. Les conservateurs essayaient de donner l’impression que le gouvernement fédéral n'était pas à la hauteur parce que nous n’avions pas de tests rapides. Il y avait plus de 25 millions de tests rapides, je crois, et moins de 1 % étaient effectivement utilisés en février. De nombreuses provinces étaient dans les décimales, et pourtant, on aurait cru que c’était la réponse à tout.
    Le gouvernement a reconnu que le meilleur moyen de lutter contre le coronavirus était d’écouter et de suivre les conseils des experts en sciences et en santé, d’adopter une approche Équipe Canada en travaillant avec les provinces et les territoires, qui sont les organismes responsables de la mise en place des restrictions dans leurs économies et, surtout, d’un point de vue national, de soutenir les Canadiens pour veiller à protéger notre économie. En soutenant les Canadiens et en protégeant notre économie, lorsque l’économie se remettra en marche, lorsque les choses reviendront à la nouvelle normale, le Canada sera en bien meilleure posture pour garantir une relance économique et rebâtir en mieux.
    Les premières années, nous avons souligné, et nous continuons à souligner, l’importance de la classe moyenne du Canada et de ceux qui aspirent à en faire partie. Nous avons essayé de faire progresser cette initiative très importante. Nous ne l’avons pas oubliée; nous continuons à y travailler. Nous continuons à travailler sur le plan des mesures économiques afin que, le moment venu, nous puissions voir un Canada plus sain, tant sur le plan physique qu’économique, où notre société pourra croître. C’est l’une des raisons pour lesquelles, par exemple, nous avons accordé un soutien continu aux accords commerciaux, même si nous avons dû faire face au coronavirus. Autrement dit, nous pouvons marcher et mâcher de la gomme en même temps, en reconnaissant l’importance des questions que la pandémie a fait ressortir. Un exemple de cela est le soutien aux personnes âgées.

  (1105)  

    Tous les membres du caucus libéral parlent de l’importance de soutenir nos aînés. Nous l’avons vu pendant la pandémie, nous l’avons vu avant la pandémie et nous le verrons aussi après la pandémie.
    Là où nous pouvons améliorer les choses, nous le ferons pour des questions comme l’assurance-médicaments. Au sein du gouvernement, nous comprenons nos responsabilités. Pour ceux qui suivent ce débat, je dirai que nous prenons cela très au sérieux. Les actions du gouvernement à ce jour le démontrent clairement.
    Cela ne veut pas dire que nous sommes parfaits. Des erreurs ont été commises. Nous avons eu l'occasion, avec l’aide de nos concitoyens, de modifier quelques programmes, et c’est compréhensible.
    À partir d’absolument rien, nous avons créé et mis en oeuvre le programme de la PCU grâce à nos fonctionnaires. Ce programme a aidé près de 9 millions de Canadiens. Pour moi, cela démontre très clairement le leadership du gouvernement en matière de soutien aux Canadiens.
    Je mets au défi n’importe quel député conservateur de citer un autre gouvernement qui a aussi bien réussi à mettre en place un programme de soutien à la population. À partir de rien, nous avons créé le programme de la PCU, qui a bénéficié à près de 9 millions de personnes sur une population de 37,6 millions. C’est l’une des façons dont nous avons soutenu les Canadiens. C’est ce qu'on appelle du leadership.
    Nous l’avons vu en ce qui concerne le soutien aux personnes handicapées, aux aînés et aux étudiants. Ces programmes, dont certains ont été améliorés et d'autres ont été créés, ont été mis en place parce que le premier ministre avait signifié dès le départ que nous soutiendrions les Canadiens, et nous l’avons fait. Ce n’était qu’une partie du plan.
    Comme je l’ai mentionné tout à l'heure, nous pourrions parler des entreprises. Nous pourrions parler à notre ministre de la Petite entreprise ou à l’ancienne ministre, que je connaissais assez bien pour avoir travaillé avec elle lorsqu’elle était leader du gouvernement à la Chambre. Les petites entreprises sont l’épine dorsale de l’économie canadienne et sont absolument essentielles pour notre avenir. Tous les membres du caucus libéral le diront.
    Nous étions là et nous continuons d’être là pour les petites entreprises. Nous avons créé le programme de Subvention salariale d’urgence du Canada. Des millions d’emplois ont été sauvés. Sans ce programme, des entreprises auraient fermé leurs portes. Il y avait aussi le programme de subvention pour le loyer et le compte d’urgence pour les entreprises. Nous avons même le programme de crédit aux entreprises, et le programme du fonds d’aide et de relance régionale. Lors de la dernière vague, nous avons aussi parlé du programme de soutien au confinement.
    Tous ces programmes sont venus en aide aux travailleurs et aux petites entreprises. Grâce à cette aide, nous avons évité que de nombreuses petites entreprises — je dirais des dizaines de milliers d'entreprises — ne déclarent faillite. Le Canada se trouve donc en bien meilleure posture pour garantir une relance économique. C'est ce genre de mesures que nous avons prises.
    Nous poursuivrons notre collaboration avec les provinces, les territoires, les dirigeants autochtones et les autres Canadiens pour nous assurer de rester sur la bonne voie.

  (1110)  

    Madame la Présidente, j'ai écouté avec intérêt le discours du député. Il a certes attiré l'attention sur certaines des réalisations antérieures du gouvernement, et je dirais que, dans certains cas, il s'est raisonnablement bien débrouillé, mais que, dans d'autres cas, il a échoué lamentablement.
    La motion, toutefois, concerne l'absence d'un plan pour l'avenir: l'absence d'un plan pour relancer l'économie et pour s'occuper de certaines choses simples qui relèvent du gouvernement fédéral. Par exemple, des gens téléphonent à mon bureau de circonscription pour me dire qu'ils ont reçu les deux doses d'un vaccin et qu'ils se demandent maintenant quel est le plan du Canada pour revenir à la normale.
    Il est question ici d'un plan pour l'avenir, et le fait que le député n'a donné aucune information à ce sujet dans son discours prouve que les libéraux n'ont aucun plan.
    Madame la Présidente, la députée et l'opposition sont dans l'erreur quand ils affirment que le gouvernement n'a pas de plan. S'ils ne voient pas le plan, ils devraient passer un examen de la vue. Je viens de passer en revue tout ce qu'a fait le gouvernement — politiques, annonces, mesures — pour donner de la vigueur à l'économie et mettre le Canada en bonne position pour rebâtir en mieux.
    À mes amis conservateurs, je dis ceci: « Ouvrez les yeux, il y a un plan. »
    Ils nous demandent de leur dire quand les restrictions seront levées, mais ce n'est pas nous qui pouvons le faire. Cette responsabilité relève des provinces. Ce sont les provinces et les territoires qui imposent les restrictions. Le gouvernement collabore avec les provinces et les territoires. Si la députée veut savoir quand la Colombie-Britannique lèvera d'autres restrictions, elle doit poser la question aux autorités de la Colombie-Britannique.
    Nous allons travailler de concert avec les provinces et les territoires et continuer de miser sur notre plan en vue de rebâtir en mieux.

[Français]

    Madame la Présidente, je trouve que notre collègue est très sévère à l'égard de la motion qui est déposée et que ses propos sont démagogiques.
    Cela étant dit, j'aimerais simplement lui rappeler que le Canada est le seul pays du G7 qui n'a pas la possibilité de fabriquer des vaccins sur son territoire, que le Canada a manqué de leadership de façon éhontée sur le plan de la gestion de nos frontières, que ce gouvernement a été malhonnête et a caché un paquet d'informations aux députés autres que ceux de son parti et aux citoyens pendant la pandémie, et que ce gouvernement a fait perdre, par son inaction, de quatre à cinq mois dans la lutte contre la COVID-19.
    Je vais maintenant poser une question à laquelle je n'aurai pas de réponse, mais je la pose quand même.
    Que pense mon collègue de l'idée d'effectuer des transferts aux provinces à la hauteur de 35 % et non de 22 %?

[Traduction]

    Madame la Présidente, ce qui est important, c'est que le gouvernement actuel a transféré ces dernières années plus de fonds aux provinces pour les soins de santé que tout autre gouvernement fédéral l'ayant précédé. Les provinces n'ont jamais reçu de transferts en santé plus élevés. Cela dit, comme mon collègue le sait sûrement, il faut aussi établir des normes nationales pour des choses comme les soins à domicile. Le fédéral ne devrait pas être considéré comme un simple guichet automatique. Nous devrions écouter ce que les habitants de nos circonscriptions ont à dire sur le sujet.
    J'ose espérer que le Bloc saisit bien ce que les conservateurs tentent de faire avec cette motion. Que pense le député du fait que les conservateurs veulent que nous disions aux provinces de commencer à lever les restrictions? Est-il d'accord?

  (1115)  

    Madame la Présidente, je pense que le gouvernement libéral se plaît à invoquer la compétence provinciale comme prétexte pour ne rien faire. Revera est une entreprise détenue par le gouvernement fédéral. C'est un établissement de soins de longue durée à but lucratif. Les libéraux affirment que nous devons établir des normes et ils parlent d'exclure le profit du secteur, mais, lorsqu'il est temps d'agir, ils ont tout de suite recours à l'excuse de la compétence provinciale pour justifier leur inaction.
    Permettre aux gens de retourner au travail ou de prendre congé parce qu'ils sont malades ou qu'ils doivent recevoir un traitement, ce sont des questions qui relèvent de certains champs de compétence fédérale. Le député serait-il en faveur de modifier le Code canadien du travail afin d'inclure 10 jours de congés de maladie pour tous les employés fédéraux? Est-il prêt à travailler avec nous pour faire en sorte que les employés fédéraux aient droit à ces congés?
    Madame la Présidente, le gouvernement a pris l'initiative de faire en sorte qu'il y ait des congés de maladie supplémentaires. J'invite les députés qui ont des « cousins », politiquement parlant, dans d'autres provinces à les encourager à faire la même chose qu'Ottawa parce que la grande majorité des travailleurs des collectivités canadiennes relèvent de la compétence provinciale.
    Étant donné que nous sommes allés de l'avant dans ce dossier, il serait bien qu'il y ait davantage de coopération. C'est ce que les Canadiens veulent vraiment, et c'est ce que nous faisons déjà. Nous collaborons très étroitement et diligemment avec les provinces, les territoires et d'autres intervenants afin de pouvoir maximiser les prestations que nous offrons à tous les Canadiens et réduire au minimum les répercussions négatives du coronavirus.
    Madame la Présidente, quand j'examine les avertissements actuels, je sais qu'il est frustrant de se faire dire par le gouvernement fédéral que la question est de compétence provinciale, mais j'examine actuellement les propos de l'administratrice de la santé publique de la Colombie-Britannique. Selon un reportage de la CBC, qui a été mis à jour il y a quelques heures, la Dre Bonnie Henry a répété que nous ne devrions absolument pas nous réunir à l'intérieur, mais que jusqu'à 10 personnes pouvaient se réunir à l'extérieur. Le variant B.1.1.7 est plus contagieux et, comme l'a dit la Dre Bonnie Henry, les risques pour tout le monde demeurent élevés.
    La motion dont nous sommes saisis aujourd'hui me pose problème, pas à cause d'une question de compétence, mais parce que je me demande comment le gouvernement peut déposer un plan dans un délai de 20 jours. De plus, le libellé de la motion ne contient aucun indicateur relativement au plan clair et fondé sur des données. J'aimerais savoir comment nous pouvons faire une telle chose et j'aimerais aussi voir un plan.
    Madame la Présidente, je voudrais souligner que même si des députés de l'opposition affirment qu'il n'y a aucun plan, ce n'est pas nécessairement le cas. Peut-être qu'ils n'appuient pas le plan ou qu'ils souhaiteraient pouvoir y inclure certains éléments.
    Il y a bel et bien un plan, que nous appliquons pratiquement depuis le début.
    Je conviens avec l'ancienne cheffe du Parti vert qu'il existe une certaine frustration. Il est vrai que nous avons l'obligation de collaborer avec les provinces et les territoires pour les assister du mieux que nous pouvons en fonction de l'avis des experts de la santé et de la science, et de les soutenir autant que possible pour leur permettre de prendre les bonnes décisions en ce qui concerne les restrictions.
    Madame la Présidente, pour revenir à l'intervention du député du Bloc à propos du classement du Canada parmi les pays du G7, je crois qu'il vaut la peine de souligner que le Canada affiche le deuxième plus faible taux de mortalité des pays du G7, et de loin. Par conséquent, le gouvernement, l'ensemble du Parlement et les citoyens canadiens doivent certainement faire quelque chose de bien. Le député peut-il nous dire ce que nous avons fait de bien pour les Canadiens?
    Madame la Présidente, selon moi, ce qui est le plus important à ce stade-ci, c'est d'assurer un accès gratuit, sûr et opportun à un vaccin efficace. Le Canada s'est procuré le plus grand nombre de doses par habitant de tous les pays du monde. Je trouve les chiffres très encourageants. D'ici la fin du mois, nous aurons 8 millions de doses. Le nombre augmente rapidement. Nous sommes en très bonne position pour assurer l'accès à un vaccin à ceux qui le souhaitent.
    Je suis très fier de la manière dont le gouvernement a su conclure les contrats. Certes, le parcours a été cahoteux par moments, mais nous dépassons maintenant la cible initiale de 6 millions de doses à la fin du premier trimestre, ce qui, selon moi...

  (1120)  

    Nous reprenons le débat. Le député de Joliette a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec mon estimée collègue d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.
    Avant de discuter de la motion, je tiens à réagir au discours du secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes puisque c'est directement lié aux commentaires que je ferai au sujet de la motion du Parti conservateur.
     Questionné à ce sujet, le député libéral a dit qu'Ottawa n'avait jamais autant financé la santé qu'il le fait là. Cela va directement à l'encontre de ce qui a été révélé dans La Presse ce matin, dans l'article de Joël-Denis Bellavance. On y apprend qu'un document du gouvernement destiné à un comité de sous-ministres révèle que la situation financière des provinces est intenable et qu'Ottawa doit agir.
     Cela vient confirmer ce que disent le Conseil de la fédération, c'est-à-dire le regroupement de toutes les provinces, et plusieurs autres groupes, comme le Conference Board of Canada...
    À l'ordre. Je suis désolée d'interrompre le député, mais il y a un rappel au Règlement.
    L'honorable député de Kingston et les Îles a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, l'interprète vient d'indiquer que la qualité du son n'est pas suffisante pour qu'on soit en mesure de poursuivre l'interprétation.

[Français]

    Il semble y avoir un problème technique avec l'interprétation.
    L'interprétation fonctionne-t-elle maintenant?

[Traduction]

    Madame la Présidente, l'interprète vient d'indiquer encore une fois que le son semble venir de trop loin et que l'interprétation ne peut pas se poursuivre tant que la situation ne sera pas résolue.

[Français]

    Il semble y avoir un problème de son.
    Je demanderais au député de baisser son micro ou encore de le débrancher et de le rebrancher.
    Maintenant que tout fonctionne, l'honorable député de Joliette a la parole.
    Madame la Présidente, je souhaite que la qualité du son soit suffisante pour que les interprètes puissent faire leur extraordinaire travail.
    Je vais donc reprendre mon allocution.
    Je parlais de l'article du journaliste Joël-Denis Bellavance paru aujourd'hui dans La Presse. Cet article explique qu'un document circulant à l'interne entre les sous-ministres et au sein du gouvernement rappelle ce qu'est le déséquilibre fiscal. Il explique aussi à quel point les provinces sont dans une situation financière intenable et qu'une solution doit nécessairement être apportée. Cela confirme ce que disaient le Conference Board du Canada, le Conseil de la fédération ainsi que le directeur parlementaire du budget. Année après année, ce dernier rappelle, au moyen de la publication de son rapport sur la viabilité financière, que la situation est intenable pour les provinces. Cela s'explique d'abord par un sous-financement de la santé de la part du gouvernement fédéral, de la part d'Ottawa.
    L'adjoint du leader du gouvernement a affirmé que le gouvernement n'avait jamais dépensé autant en matière de santé, comme si le problème était réglé, alors que c'est le contraire qui circule au sein de son gouvernement. Il a déclaré qu'il fallait des normes pancanadiennes. Cela équivaut à une intrusion du fédéral dans les champs de compétence du Québec et des provinces. Non seulement le gouvernement maintient le sous-financement, mais il s'ingère dans les champs de compétence des provinces.
    J'aimerais maintenant faire un lien avec la motion que nous débattons aujourd'hui. La motion vise à proposer un plan de déconfinement. Chez nous, c'est le gouvernement du Québec qui gère les mesures sanitaires ainsi que les mesures de confinement et de déconfinement. Ces mesures sont débattues devant l'Assemblée nationale du Québec et sont appuyées par la santé publique du Québec. On se base sur des études et des analyses scientifiques. C'est la façon de faire. Je ne vois vraiment pas ce qu'Ottawa vient faire là-dedans.
    Le gouvernement, le Parti libéral, fait de l'ingérence en ne respectant pas son rôle de bien financer la santé. Le Parti conservateur fait aussi de l'ingérence. On a tendance à toujours s'immiscer dans les affaires des autres et à toujours prendre la place des autres. Le gouvernement a très mal joué son rôle pendant la pandémie, et ce, à plusieurs égards.
    Dans les débats concernant le discours précédent du député libéral, un député du NPD a déclaré, lui aussi, que l'on se sert toujours de l'excuse de l'ingérence pour ne pas agir, donc implicitement c'est une bonne chose qu'Ottawa s'ingère. Le NPD propose toujours des mesures de la sorte. Même mon estimée collègue du Parti vert a dit que si elle est contre la mesure, ce n'est pas parce que c'est de l'ingérence.
    Si l'on exclut le Bloc québécois, il y a un genre d'unanimité à la Chambre pour affirmer que cela nécessite de l'ingérence de la part Ottawa dans les champs de compétence, particulièrement dans le domaine de la santé. Je trouve cela vraiment inacceptable. La motion que nous débattons aujourd'hui porte sur la santé. Le premier rôle d'Ottawa, c'est de financer adéquatement le domaine de la santé.
    Quand on regarde les sondages d'opinion menés auprès de la population et quand on parle aux gens dans la rue, on voit bien qu'ils demandent de bien financer la santé. Si Ottawa a accumulé des années de retard à cet égard, il faut que cela change. Il s'agit d'une priorité.
    Mettre en place un plan de déconfinement est une décision qui appartient à Québec, à Toronto, au gouvernement de l'Alberta et à chacune des provinces. Respectons les champs de compétence. À la Chambre, nous devons nous occuper des champs de compétence d'Ottawa.
    Je suis certain que ma collègue, qui fera son discours après moi, parlera de la façon dont on a géré les frontières et les aéroports. Ces domaines sont des compétences fédérales. Cela a été un fiasco. Le député libéral parlait du nombre record de doses de vaccins par habitant dont le Canada dispose. Je dis bravo, c'est très bien, mais peut-on les avoir dans un délai raisonnable? Le Canada est vraiment en retard comparativement aux autres pays, et cela est inacceptable. Je ne suis pas surpris, mais, encore une fois, je suis très déçu de voir la façon de faire et d'agir des autres partis de la Chambre.
    Je reviens à la motion visant à appuyer la levée graduelle permanente et en toute sécurité des restrictions relatives à la COVID-19. Je suis désolé, mais, selon la santé publique, on risque malheureusement de vivre une troisième vague sous peu.

  (1125)  

    Une levée permanente des restrictions n'a aucun sens. Il faut être pragmatique et se fier à la science. Évidemment, ces mesures ne sont pas mises en place de gaieté de cœur.
    Sur le plan de l'économie, le gouvernement et la Chambre peuvent mettre en avant de bonnes mesures pour traverser la pandémie. Au Bloc québécois, nous présentons cela en deux volets.
    Pendant la pandémie, des mesures sont nécessaires pour accompagner les personnes, les entreprises et les organismes qui vivent des difficultés. Puisque les partis politiques ne vivent pas de difficultés, ils n'auraient pas dû avoir accès à la subvention salariale — ce n'était pas écrit dans la loi — et ils devraient la rembourser illico. Les entreprises et les personnes qui ont eu des difficultés ont besoin de mesures afin d'être accompagnées pendant la crise économique liée à la crise sanitaire.
    Ce que nous demandons, c'est la prolongation des mesures de soutien, surtout pour les secteurs qui seront touchés plus durablement, et ce, pour la durée de la crise, tout simplement. C'est très important d'avoir un engagement en ce sens de la part du gouvernement; nous l'espérons et nous demandons à le voir dans le budget qui ne fait, lui aussi, que trop tarder. De plus, il faut que ces mesures soient bien adaptées aux réalités. Elles doivent être bien ciblées. Il ne faut pas que ces mesures servent, comme elles ont parfois servi dans les derniers mois, à encourager les gens à rester à la maison plutôt qu'à retourner à l'emploi lorsque des mesures de sécurité adéquates ont été mises en place.
    Aussi, il faut accompagner les secteurs. Je pense notamment au secteur de la culture, par exemple les festivals, ainsi qu'aux secteurs de l'hébergement et de la restauration, puisque ces secteurs sont touchés plus durablement. Il faut les accompagner le temps que la crise va durer. De surcroît, nous avons besoin de plans d'aide ciblée à certains secteurs. Pensons notamment au secteur aérospatial, touché de plein fouet par les restrictions sanitaires.
    Pourquoi le Canada n'a-t-il toujours pas dévoilé un plan ciblé pour ces secteurs? C'est très important, nous attendons et nous souhaitons que ce soit présent dans le prochain budget.
    Les ennuis techniques sur le plan de l'interprétation font que mon temps de parole est bientôt écoulé. Je vais donc accélérer le pas afin de pouvoir, au moins, nommer les sujets que je voulais aborder dans la minute qu'il me reste.
     Après que l'on a prolongé les mesures pendant la pandémie, nous demandons un plan de relance qui aidera à stimuler l'économie et à déployer les secteurs de demain auxquels nous croyons. Pensons évidemment à l'économie verte et aux secteurs forts. J'ai parlé du secteur aérospatial, mais nous voyons aussi l'importance d'avoir un secteur pharmaceutique fort. Regagnons cette expertise.
    Je m'arrête ici, madame la Présidente.

  (1130)  

    J'aimerais rappeler au député que son temps de parole n'a pas été diminué par les problèmes techniques, puisque le chronomètre a été arrêté.
    Monsieur Ste-Marie, l'équipe technique va entrer en communication avec vous afin d'essayer de régler le problème. La solution est peut-être de simplement redémarrer votre ordinateur.
    Entretemps, nous passons aux questions et aux commentaires.

[Traduction]

    Le député de Charleswood—St. James—Assiniboia—Headingley a la parole.
    Madame la Présidente, j'aimerais remercier le député de ses commentaires pertinents lors de son intervention.
    Je sais que, jusqu'à présent, le débat a plutôt semé la confusion en ce qui concerne les questions de compétence. Je pense que nous comprenons tous que les provinces ont leurs propres champs de compétence et que le gouvernement fédéral a les siens, mais ce que dit vraiment la motion, c'est que l'ensemble des Canadiens, y compris les Québécois, veulent retrouver une vie normale.
    Si on veut espérer un retour à la vie normale, le député convient-il que la priorité des provinces et du gouvernement fédéral, c'est de faire en sorte que les Canadiens puissent se faire vacciner?
    Je viens de consulter une liste. Le Canada se classe derrière la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, l'Espagne, la Turquie, le Royaume-Uni, les États-Unis, les Émirats arabes unis et, bien sûr, Israël, pour ce qui est de la vaccination de la population.
    Le député convient-il...
    Je suis désolée, mais il n'y a que cinq minutes pour les questions et observations, et d'autres personnes veulent poser des questions.
    Le député de Joliette a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie d'abord mon collègue de sa question et je tiens à réitérer que ce fut un grand plaisir de pouvoir siéger avec lui il y a quelque temps au Comité permanent des finances, au sein duquel nous avons bien travaillé ensemble de façon constructive.
    Mon analyse de la motion m'amène à dire qu'il s'agit encore une fois d'un empiètement sur les champs de compétence du Québec et des provinces. Toutefois, sur le point précis que mon collègue a soulevé, c'est-à-dire l'approvisionnement en vaccins, cela est bien de compétence fédérale.
    En effet, même si le gouvernement libéral dit que l'on a le plus grand nombre de vaccins par habitant, tout cela demeure virtuel. Sur le plan de l'approvisionnement, le Canada est nettement en retard par rapport aux autres pays. Il reste beaucoup à faire en cette matière, et je suis tout à fait d'accord sur l'intervention de mon collègue à ce sujet.

  (1135)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, pour faire fond sur la question à laquelle il vient de répondre, je me demande si le député aimerait commenter le nombre de vaccins actuellement administrés par habitant, car le taux du Canada est parmi les plus élevés des pays du G7 en ce qui concerne le nombre de personnes vaccinées par 100 millions d'habitants.
    Certes, la discussion précédente portait sur le nombre total de vaccins, mais qu'en est-il du rythme auquel ils sont actuellement administrés?

[Français]

    Madame la Présidente, ce que je dénonce, c'est le retard dans la réception des premiers vaccins.
    Après avoir dit que la vaccination accusait un mois de retard, j'aimerais en connaître le coût économique et social. Un tel retard entraîne de grandes répercussions.
    Je crois que le Canada aurait pu faire beaucoup mieux et beaucoup plus vite, mais cela n'a pas été fait. Heureusement, il semble y avoir du rattrapage.
    Je rappelle l'importance d'avoir chez nous une capacité relativement au secteur pharmaceutique. Il y en avait une au Québec. Or, quand Ottawa a largué ses mesures, l'industrie s'est délocalisée. Il faut que cela change.

[Traduction]

    Madame la Présidente, mon collègue croit-il qu'un plan d'ouverture de la frontière devrait être clairement énoncé par le gouvernement fédéral? C'est ce que nous demandons dans la motion.

[Français]

    Madame la Présidente, la motion sous-tend peut-être cela. Or, elle ne sous-tend pas seulement cela. « Appuyer la levée graduelle, permanente et en toute sécurité des restrictions relatives à la COVID-19 » est essentiellement la job de Québec et des provinces, qui s'appuient sur la santé publique et sur les parlements respectifs.
    Je déplore le fait que le Parti conservateur dise en campagne électorale qu'il respecte les champs de compétence et laisse beaucoup d'autonomie aux provinces, mais que, lorsque cela devient concret, comme aujourd'hui avec la présentation d'une motion, ce ne soit plus le cas.
    Quand j'ai présenté le projet de loi portant sur la déclaration de revenus unique au Québec, les conservateurs ont dit qu'ils étaient en faveur et qu'ils déposaient une motion à la Chambre. Or, quand cela est devenu concret, ils se sont abstenus. C'est cette façon de faire des conservateurs que déplore le Bloc québécois.
    Madame la Présidente, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom du Bloc québécois et des citoyens et des citoyennes d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia.
     Il faut dire qu'il y a plusieurs éléments intéressants dans la motion conservatrice. Il est vrai que les restrictions relatives à la COVID-19 ont eu des répercussions considérables sur la santé financière et mentale de nos concitoyens et concitoyennes. Que ce soit au Québec, au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni ou ailleurs dans le monde, les différents gouvernements n'ont eu d'autre choix que de mettre en place des restrictions, parfois plus drastiques les unes que les autres, pour protéger la population contre la propagation de la COVID-19. Certaines furent discutables, mais la plupart d'entre elles étaient nécessaires. Mon intention n'est pas de me porter à la défense du gouvernement, loin de là, mais plutôt de faire la part des choses.
     Oui, la COVID-19 a eu et continue d'avoir des répercussions importantes sur la santé financière et mentale. J'ai d'ailleurs lu hier sur Twitter une affirmation qui m'a particulièrement marquée. Jean-Marc Léger, économiste et président fondateur de la firme québécoise de sondage Léger, écrivait: « [...] La 1e vague a été sanitaire et a surtout frappé les personnes âgées. La 2e vague a été économique et a surtout frappé des commerces, entreprises et travailleurs. La 3e vague est celle de la santé mentale et frappe davantage les jeunes. »
    Il faisait référence à un article du Time sur la dégradation de la santé mentale des jeunes en temps de pandémie aux États-Unis. On peut affirmer que la situation est similaire chez nous. Un sondage montre d'ailleurs que la détresse psychologique chez les gens âgés de 18 à 34 ans surpasse celle d'autres tranches d'âge. Tout le développement social, émotionnel et amoureux des jeunes passe par la socialisation avec les pairs. Les restrictions qui avaient pour but de diminuer les moments de rencontre, par exemple, ont eu un effet important sur eux. Des experts affirment que la santé mentale des jeunes était déjà une cible avant la pandémie. Aujourd'hui, 26 % des milléniaux affirment avoir vécu une dépression: c'est énorme. On parle beaucoup du coût économique de cette pandémie, mais on aura aussi un prix collectif malheureusement fort élevé à payer en matière de santé mentale.
     Je n'en fais pas l'objet de mon discours aujourd'hui, puisque la santé est, comme on le sait, une compétence provinciale. Québec a tout en main pour gérer efficacement son système de santé. Tout ce qui lui manque, c'est l'aide financière du fédéral, qu'il attend toujours d'ailleurs.
    Il est bien entendu que la COVID-19 a demandé l'intervention des gouvernements, qui ont dû rapidement mettre en place des restrictions temporaires. Elles sont temporaires et non permanentes, une distinction importante. Bien que certaines d'entre elles soient plus drastiques, ces mesures sont en place pour une raison. Comme l'indique la motion, les mesures temporaires ont été mises en place principalement pour atténuer les pressions sur les systèmes de santé. À mon sens, tant que la crise n'est pas contrôlée, il apparaît prématuré de lever certaines de ces restrictions. La motion conservatrice parle notamment des restrictions dans les secteurs sous réglementation fédérale, comme le transport aérien, et des restrictions aux frontières. Elle demande un plan clair et fondé sur des données pour appuyer la levée graduelle, permanente et sécuritaire de ces restrictions.
    Par ailleurs, réfléchir à la levée de ces restrictions me fait penser à leur mise en place, il n'y a pas si longtemps. J'ai envie de partager aujourd'hui avec la Chambre quelques éléments particulièrement intéressants que j'ai lus dans un ouvrage fort pertinent du journaliste Alec Castonguay intitulé Le Printemps le plus long: au cœur des batailles politiques contre la COVID-19. L'auteur s'est entretenu avec des dizaines d'acteurs clés, politiciens, fonctionnaires, scientifiques, qui ont joué un rôle dans la gestion de la crise au Québec et au Canada. J'ai appris plusieurs choses qui sont probablement déjà dans l'espace public, mais que je trouve approprié de rappeler dans ce contexte.
     Tout d'abord, j'ai été assez surprise d'apprendre que le Réseau mondial d'information en santé publique n'avait détecté aucun indice de l'apparition du virus de la COVID-19 à Wuhan en Chine, en décembre 2019. Ce Réseau, une unité de l'Agence de santé publique du Canada, remplit la fonction de détecteur de fumée et a été mis sur pied à la fin des années 1990 pour éviter que les pays ne soient désarçonnés par l'apparition d'un nouveau virus mortel, notamment à la suite de l'épisode du SRAS au début des années 2000.
    J'étais surprise parce que le Réseau était devenu au fil des ans la source principale d'alerte précoce sur les maladies infectieuses émergentes pour 85 pays. En temps normal, le Réseau rapporte chaque année environ 20 % des nouveaux signalements de virus dans le monde à l'Organisation mondiale de la santé. Ce n'est quand même pas rien. Dans le cas de la COVID-19, par contre, le Réseau n'aurait pas été en mesure de sonner l'alarme plus tôt, notamment en raison d'un manque d'effectifs et de moyens financiers. En effet, il apparaît que le Réseau a vu son rôle remis en question par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2014 et que, depuis, le travail de ses scientifiques serait moins valorisé. L'arrivée d'un gouvernement libéral en 2015 n'a malheureusement rien changé. Les scientifiques du Réseau ont d'ailleurs cessé d'émettre des alertes en mai 2019, soit sept mois avant l'apparition du SRAS-CoV-2 en Chine. Même la ministre de la Santé a dit ignorer que le Réseau avait cessé de fonctionner normalement.
    Je m'étends un peu, mais on verra assez bien où je vais en venir avec tout cela.

  (1140)  

    Cela fait des décennies que les scientifiques prédisent une pandémie, mais nous n'étions pas prêts. Le gouvernement fédéral n'était visiblement pas prêt. Les coupes budgétaires en santé n'ont, de toute évidence, pas aidé. L'une des composantes à avoir été la plus négligée est d'ailleurs l'approvisionnement en équipement de protection individuelle, mais il s'agit aussi d'un autre dossier.
    Selon ce qu'on peut lire dans le livre, le Cabinet ministériel libéral aurait appris l'existence du virus chinois le 18 janvier 2020.
    Je vais faire une courte chronologie. L'OMS déclenche l'état d'urgence de santé publique de portée internationale quelques jours plus tard, le 30 janvier. Comme l'écrit M. Castonguay: « L'alarme sonne, mais personne ne se réveille ». À la fin du mois de février 2020, des Canadiens qui reviennent de partout dans le monde — pas nécessairement de la Chine — commencent à rapporter le virus au Canada. Alors que des experts en santé publique de tous les pays estiment qu'il faut commencer à tester tous les voyageurs suspects, et non seulement ceux qui reviennent de la Chine, l'Agence de la santé publique du Canada maintient son niveau de risque à « faible » à l'intérieur des frontières. Mis à part pour la Chine, Affaires mondiales Canada ne décourage pas les Canadiens de sortir du pays.
    Le 11 mars, l'OMS déclare officiellement que la COVID-19 est une pandémie. Le 16 mars, une équipe du gouvernement du Québec et de la santé publique de Montréal se rend à l'aéroport Montréal-Trudeau afin de sensibiliser les voyageurs puisque, étonnamment, aucune mesure stricte de contrôle et d'information n'est encore mise en place. Rappelons-nous que cela fait deux mois que le gouvernement est au courant de l'existence du virus.
    Entre le 1er mars et le 21 mars, 42 000 voyageurs étrangers et près de 250 000 Canadiens arrivent à l'aéroport Montréal-Trudeau, en provenance de partout dans le monde, y compris plusieurs pays qui sont d'importants foyers d'infection.
    Par la voie terrestre, 157 000 Québécois reviennent à la maison et près de 37 000 Américains entrent chez nous en provenance d'États particulièrement atteints, dont New York et le Massachusetts. Les voyageurs ramènent près de 250 souches différentes du virus au Québec seulement.
    Quand on regarde en arrière, on constate que l'interdiction de voyager aurait dû être mise en place à la mi-février afin d'avoir un quelconque effet sur la transmission. Or, le Canada ne comptait à ce moment que très peu de cas, et le Québec n'en comptait aucun. On comprend qu'il aurait été difficile pour le gouvernement de justifier la mise en place d'une telle mesure.
    Aurait-on fait mieux avec le peu d'information qu'on avait à notre disposition? La question se pose.
    Les restrictions aux frontières auraient certainement pu être mises en place plus rapidement. Que ce soit par la prise de température des voyageurs, par les tests rapides avant l'embarquement ou par l'interdiction de voyager si ce n'est pas pour des raisons essentielles, je suis convaincue qu'on aurait pu en faire davantage, plus rapidement.
     Il y a eu un délai entre le moment où le Réseau mondial d'information en santé publique et l'Agence de la santé publique du Canada ont commencé à être de plus en plus inquiets et le moment où le gouvernement libéral a finalement décidé d'agir. L'absence d'un tel délai aurait pu changer bien des choses.
    Le fait de tarder à contrôler les voyageurs est également ce qui a possiblement permis aux variants de se propager plus sérieusement à l'intérieur de nos frontières. Cette récente expérience nous aura montré qu'il n’est jamais prématuré de faire des plans pour mieux préparer l'avenir, mais, à l'aube d'une troisième vague du virus, la levée des restrictions semble pour sa part plutôt prématurée.
    À l'heure actuelle, la vaccination est la meilleure façon de nous sortir de cette pandémie. Tant que la majorité de notre population ne sera pas vaccinée, il serait tout à fait irresponsable de permettre aux gens de recommencer à voyager en toute liberté. La vaccination va finalement bon train, mais nous avons du retard.
    Si le gouvernement libéral avait été plus proactif, il n'aurait pas attendu au mois de juin pour créer un comité sur les vaccins. Le manque de proactivité du gouvernement a d'ailleurs pour effet que nous n'aurons pas de vaccin produit sur le territoire avant la fin de l'année, mais, surtout, que le Canada est entièrement tributaire de la production internationale pour son approvisionnement.
    J'apprécie la motion conservatrice et je crois sincèrement qu'il est essentiel que le gouvernement nous dévoile un quelconque plan de sortie de crise. Honnêtement, il ne semble pas en avoir eu un depuis le début. Le gouvernement agit à l'aveugle en se préoccupant davantage de sa plateforme électorale que de la sortie de crise.
    Toutefois, avant de demander la levée des mesures temporaires de restrictions relatives à la COVID-19, tant le Parti conservateur que le Parti libéral devraient prendre le temps de regarder en arrière et admettre qu'on a trop tardé avant de mettre ces mesures en place et que, si le gouvernement avait agi plus rapidement, on aurait pu sauver des milliers de vies. Oui, on parle de vies perdues. Pas plus tard qu'il y a quelques jours, nous commémorions ces milliers de vies perdues: plus de 22 000, dont 10 000 au Québec.
    Je trouve que nous avons un peu la mémoire courte. Nous savons que les conséquences financières et sur la santé mentale sont énormes, mais nous devons nous rappeler que les mesures sont en place pour protéger la santé et la sécurité de notre monde. À mon avis, en temps de pandémie, c'est ce qui est le plus important.
    La quarantaine obligatoire à l'hôtel a connu des ratés, certes, mais il faut se rappeler que le gouvernement, avant et pendant le temps des Fêtes, était incapable de s'assurer que les gens qui revenaient de voyage respectaient réellement leur quarantaine. Avec les variants qui se développent un peu partout dans le monde, s'isoler pendant 14 jours en revenant de voyage me semble encore essentiel. C'est la même chose en ce qui concerne les restrictions à la frontière terrestre: les personnes qui n'ont pas une raison essentielle de voyager doivent rester à la maison. Cela fait partie de l'effort collectif nécessaire pour combattre ce satané virus.
    Le gouvernement pourrait certainement être plus compréhensif et plus flexible quant à certaines situations, comme la réunification familiale ou la présentation d'une preuve de vaccination. Or, comme la gestion des voyageurs et des frontières a été un cafouillage depuis le début, je vois davantage l'urgence de tout mettre en ordre avant de penser à lever les restrictions.

  (1145)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je me demande si la députée pourrait indiquer à la Chambre les pays qui, à son avis, ont fait du bon travail au début de la pandémie en imposant les restrictions de voyage qu'elle aurait aimé voir imposer à un moment donné. Je pense notamment aux autres pays du G7.

[Français]

    Madame la Présidente, il s'agit d'une bonne question, mais je pense qu'il s'agit de l'essence de mon discours aujourd'hui.
    Nous faisons face à une crise jamais vue auparavant. Nous n'étions certes pas préparés, nous avons dû mettre en place des choses rapidement sans trop savoir si cela allait fonctionner. À mon avis, il est prématuré pour les conservateurs de demander un délai de 20 jours pour avoir un plan fixé et basé sur des données solides alors que nous naviguons à l'aveugle depuis le début.
    Je ne dis pas qu'il y a un pays qui obtient une note parfaite pour avoir réussi à contrôler la pandémie à l'intérieur de ses frontières. Pour sa part, le Canada aurait-il pu faire mieux dès le début de la crise? Je pense que oui. A-t-il tardé avant de mettre en place les mesures aux frontières? Je pense également que oui.
    Madame la Présidente, je remercie la députée. Je veux lui poser une question difficile.
    Aujourd'hui, nous voterons sur la motion présentée hier par le NPD. Je suis en faveur de la motion, laquelle vise à protéger les aînés dans les centres de soins de longue durée. Ce n'est pas le moment de blâmer les autres juridictions, mais le fait est que le Québec a le pire bilan au chapitre du nombre d'aînés décédés dans des centres de soins de longue durée. C'est une tragédie, mais ce n'est pas la faute du gouvernement.
    Cependant, je pense qu'en temps de crise, nous devrions trouver des façons de travailler ensemble. Peut-être que nous devrions assouplir notre perception des frontières et trouver une façon de collaborer. Ma collègue pense-t-elle qu'il est possible de voter en faveur de cette motion tout en protégeant les compétences provinciales et les droits du Québec?

  (1150)  

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question.
    Effectivement, ce qui s'est passé dans les CHSLD au Québec est une tragédie et M. Castonguay le dit dans son livre: les CHSLD ont été dans l'angle mort du réseau québécois de la santé et ont été les grandes victimes de la première vague de la pandémie.
    Cependant, le Québec possède un système de santé disposant de tous les outils requis pour bien fonctionner, que l'on essaie de bien faire fonctionner, mais qui a besoin de l'aide financière du fédéral. Je comprends et partage l'intérêt de ma collègue pour la collaboration. Par contre, la façon dont le fédéral peut aider le Québec dans la gestion des CHSLD, c'est en lui transférant immédiatement de l'argent, comme le demandent les premiers ministres du Québec, des provinces et des territoires, ainsi que le Bloc québécois, depuis des semaines, voire des mois. Voilà comment véritablement aider les CHSLD du Québec.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je vais poser la même question que j'ai posée plus tôt à un autre député du Bloc. J'ai conscience qu'il y a des questions de partage de compétences, mais il me semble que tout l'enjeu entourant la réouverture se résume au taux de vaccination, au sujet duquel le Canada a sérieusement pris du retard par rapport à d'autres pays.
    La députée ne pense-t-elle pas que le gouvernement doit prendre ses responsabilités et admettre son échec dans ce domaine?

[Français]

    Madame la Présidente, comme je l'ai dit un peu plus tôt, je pense qu'il faut regarder en arrière et apprendre de nos erreurs pour mieux avancer. Il y a eu des erreurs manifestes dans l'approvisionnement en vaccins. Tout se déroule relativement bien maintenant, mais le Canada a du retard par rapport aux autres pays du G7.
    Je pense que c'est une bonne chose que le gouvernement l'admette, mais il devrait continuer à donner aux provinces les moyens de vacciner les personnes âgées, le personnel de la santé et toute la population. Cela permettrait au bout du compte d'assouplir les mesures restrictives qui sont en place. C'est ainsi qu'on s'en sortira. Selon moi, la priorité en ce moment, c'est la vaccination, comme le député l'a bien dit.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis très honoré de prendre la parole au nom de mes concitoyens de Timmins—Baie James. Je vais partager mon temps de parole avec le député de Vancouver Kingsway.
    Il a fait incroyablement beau en Ontario cette semaine, et je vois de plus en plus de gens qui veulent croire que ce cauchemar est enfin terminé. En me promenant, l'autre soir, j'ai vu beaucoup de jeunes faire ce que font normalement les jeunes, c'est-à-dire se balader et discuter. Ils semblent penser qu'en laissant l'hiver derrière nous, nous avons aussi laissé derrière nous le cauchemar de la pandémie, mais ce n'est malheureusement pas le cas.
    Nous savons que de nouveaux variants très préoccupants ont fait leur apparition. Le variant B.1.1.7, par exemple, se répand rapidement au Canada. Nous observons de multiples nouveaux cas, et les organismes de santé nous ont prévenus que nous sommes pratiquement au début d'une troisième vague.
    La crise provoquée par de nouveaux variants virulents qui frappent les collectivités dans tout le pays se produit alors que nous peinons à lancer la campagne de vaccination. Il s’agit d’une course contre la montre. Au Royaume-Uni, on en est à 44 doses administrées par 100 habitants et aux États-Unis, à 37 doses administrées par 100 habitants. Le Canada n’en est encore qu’à 10 doses administrées par 100 habitants. Le tout tient aux décisions qui ont été prises et à celles qui sont prises en ce moment.
    Les députés du Parti conservateur parlaient ce matin de la réouverture de la frontière. Le week-end dernier, ils ont déclaré ne pas croire aux changements climatiques. Peut-être qu’ils ne croient pas aux nouveaux variants et qu’ils pensent que nous devrions rouvrir la frontière. Mais nous ne pouvons pas la rouvrir tant que nous n’aurons pas réglé la question des vaccins.
    Le problème avec les vaccins, évidemment, se résume à la décision prise par le gouvernement de croire que le secteur privé le sortirait de cette situation. Les Américains ont décidé d’investir massivement dans la recherche et la production de vaccins, ce que nous n’avons pas fait au Canada, avec pour résultat que nous sommes en retard. Or, ce retard arrive à un moment où nous ne pouvons pas nous le permettre à cause de ces variants.
    Il est primordial de relancer l’économie parce que nous savons que son arrêt a causé des dommages considérables aux petites entreprises et plombé les économies personnelles dans tout le pays. Nous devons toutefois comment l'absence de droits pour de nombreux travailleurs exacerbe la crise. On vient de découvrir, dans la région de Peel, 600 cas de COVID à l’entrepôt d’Amazon. Six cents cas.
    Nous ne parlons pas de grippe. Il est prouvé que la COVID peut causer des lésions neurologiques et des problèmes de santé durables chez certaines personnes, mais Amazon a laissé 600 de ses employés tomber malades dans cet entrepôt. Je ne pense pas qu’on ait vu un nombre de cas aussi élevé ailleurs, sauf à l’usine Cargill de High River, où il y a aussi eu quelque 600 cas.
    Des familles sont touchées dans la région de Peel, qui est continuellement en zone rouge. À entendre Doug Ford, on croirait que la population de Peel faisait la fête et ne respectait pas les règles, alors que si les taux y sont aussi élevés, c’est parce que les travailleurs précaires y sont très nombreux. Ils travaillent dans des entrepôts comme celui d’Amazon, où ils sont bien obligés d’aller travailler. Si nous voulons parler de relancer l’économie, nous devons parler de la protection des travailleurs qui sont en première ligne et qui ne peuvent pas prendre une journée de congé s’ils ne se sentent pas bien. Il semblerait même que des personnes ne peuvent pas se faire vacciner parce qu’elles ne peuvent pas se permettre de prendre une journée de congé. Leur situation est précaire à ce point.
    En Ontario, 15 000 personnes ont attrapé la COVID après y avoir été exposées au travail. Il faut être cohérent quand on dit que pour remettre l’économie sur les rails, il faut enrayer la propagation de la COVID en milieu de travail. Pour cela, il faut que les travailleurs jouissent du droit élémentaire à un milieu de travail sécuritaire et qu’ils puissent prendre des congés en cas de maladie, notamment pour ne pas contaminer d’autres personnes.
    Le problème d’Amazon mériterait d’être examiné parce qu’Amazon est le symbole de tout ce qui cloche dans l’économie mondialisée moderne. C’est une entreprise qui utilise à la fois la technologie du XXIe siècle et les pratiques patronales du XIXe siècle. Les violations des droits des travailleurs y sont largement documentées.
    Cependant, je demanderai aux députés de se rappeler le temps où les libéraux parlaient d’Équipe Canada, de mobilisation générale et disaient que nous étions tous solidaires. Le premier ministre a alors choqué le pays quand il a annoncé qui seraient les partenaires pour la distribution du matériel médical. Ce n’était pas Postes Canada ou Purolator, des endroits syndiqués où les conditions de travail sont bonnes.

  (1155)  

    Non, nous allions nous associer avec Jeff Bezos, un des êtres les plus minables de la planète, nous allions en faire notre partenaire. Ce que le premier ministre a fait, au fond, c’est privatiser et externaliser au bénéfice d’Amazon un élément clé de la lutte contre la pandémie, et c’est un problème pas seulement parce que la façon dont Amazon traite ses employés est indéfendable.
    Alors que dans tout le pays, des petites entreprises mettaient la clé sous la porte, Amazon se remplissait littéralement les poches. Pourquoi? Parce qu’Amazon n’est pas imposée comme les petites entreprises. Nous aurions cru que le premier ministre verrait combien il serait symbolique de défendre les propriétaires de petites entreprises dans tout le pays, au lieu de collaborer avec Jeff Bezos, qui profite d’une échappatoire fiscale pour engranger des milliards de dollars de plus.
    Amazon et Walmart sont deux des pires entreprises du point de vue des bénéfices qu’elles dégagent. Elles se sont enrichies de 116 milliards de dollars. Amazon et Walmart, soit dit en passant, sont aussi deux des entreprises qui ont le moins donné à leurs employés. Les dirigeants de beaucoup de très grosses entreprises ont, en fait, déclaré que c’est grâce à leurs employés qu’elles continuent d’être rentables et qu’ils allaient leur revenir une meilleure part. Costco, en tout cas, qui est un acteur très important, leur a donné une part équitable, mais pas Amazon ni Walmart.
    Pourquoi est-ce que je le mentionne? Parce que nous savons que Walmart est resté ouvert pendant toute la pandémie, alors que tous nos petits commerces et nos petites entreprises des petites villes survivaient à peine et que les propriétaires suppliaient qu’on leur accorde des prêts, sans quoi ils devraient fermer leurs portes. C’est de cette inégalité que je veux parler.
    Je veux aussi parler du choix que le premier ministre a fait de se lier à Amazon, de toutes les entreprises, avec toutes les violations des droits des travailleurs et les taux d’accident élevés, et du fait que nous savions qu’Amazon ne protégerait pas ses employés contre la COVID. Nous avons vu Tim Bray, vice-président d’Amazon, démissionner après le licenciement d’employés aux États-Unis. Un vice-président d’Amazon démissionne parce que des employés sont licenciés pour avoir demandé, en pleine pandémie, d’allonger le congé de maladie, d’augmenter la prime de risque et d’améliorer l’allocation de garderies pour les employés des entrepôts qui essayaient de continuer à faire tourner l’entreprise.
    La question des garderies était énorme parce que, pendant la première vague, les enfants ont dû rester à la maison, mais les employés ont dû continuer d’aller travailler, car ils ne recevaient aucune aide. Le premier ministre a décidé qu’Amazon était le symbole de ce qui donnerait une bonne image du gouvernement libéral pendant la pandémie. Le message envoyé était terrible.
    Que devons-nous faire? Nous devons travailler ensemble maintenant pour sortir de cette troisième vague. J’encourage les Canadiens à ne pas baisser la garde. Nous sommes au stade le plus dangereux. Nous avons surmonté deux vagues. Dans cette troisième vague, nous ne voulons pas être durement touchés une fois de plus.
    Le gouvernement doit avoir un plan de vaccination. Il se cache sans cesse derrière la compétence provinciale. Nous avons vu qu’aux États-Unis, on a fait appel à l’armée et qu’une stratégie de vaccination nationale a été mise en place. Notre premier ministre opte pour le laissez-faire.
    Loin de moi l’idée d’offenser les provinces, mais Doug Ford a failli à son devoir envers les Ontariens en ne dépensant pas les fonds qu’il aurait dû dépenser, et ce plus d’une fois. Prenons Jason Kenney, alors que tout le monde faisait sa part en Alberta, ses députés se prélassaient sur les plages du Mexique et d’Hawaï. Maintenant, il recourt à sa cellule de crise à 30 millions de dollars pour contester l’exactitude historique d’un dessin animé sur le Sasquatch. Jason Kenney estime que la priorité absolue aujourd’hui, c’est un dessin animé sur le Sasquatch qui ne serait pas tout à fait exact. Je sais que beaucoup de Sasquatch ne soutiennent probablement pas Jason Kenney.
    Je mentionne Jason Kenney et Doug Ford parce que nous ne pouvons pas les laisser s’occuper de quelque chose d’aussi important qu’une pandémie, si telles sont leurs priorités. Il nous faut le leadership du gouvernement fédéral, qui brille par son absence. Il nous faut un engagement du palier fédéral, qui emploie 180 000 fonctionnaires, à faire en sorte que le Code du travail stipule que les travailleurs pourront prendre des congés de maladie. Il s’agit d’un simple changement que le gouvernement fédéral pourrait apporter maintenant. Si les libéraux apportaient ce changement, les Canadiens seraient en sécurité. L’économie pourrait redémarrer parce que nous savons que lorsque des personnes prennent un congé de maladie, elles ne contaminent pas d’autres personnes et que nous y gagnerons à la longue.
    Par conséquent, j’invite les députés libéraux et les députés conservateurs à réclamer ce simple changement que nous pouvons apporter au palier fédéral pour que les travailleurs qui ont besoin de prendre un congé, et des centaines de milliers d’entre eux relèvent de la compétence fédérale, puissent le faire. Ainsi, ils ne propageront pas la COVID ni aucun de ses variants.

  (1200)  

    Madame la Présidente, comme toujours, j'ai bien aimé les observations du député de Timmins—Baie James. Cependant, je m'interroge sur un aspect de la motion qu'il semble éviter et dont il ne parle pas vraiment.
    La section (iv) dit ceci:
    le président des États-Unis et le premier ministre du Royaume-Uni ont tous les deux publié des plans pour la réouverture économique de leurs pays, alors que les fonctionnaires canadiens n'ont pas encore donné aux Canadiens une idée du moment où leur vie économique et sociale pourra revenir à la normale [...]
    Mon collègue croit-il que cette affirmation est vraie? Encore une fois, le premier ministre devrait-il faire preuve de leadership en disant aux Canadiens quand ils peuvent s'attendre à reprendre leur vie normale? C'est ce qu'a fait le président des États-Unis. Le premier ministre du Royaume-Uni l'a fait également. Quand le premier ministre va-t-il réellement faire preuve de leadership en se fondant sur les données probantes pour nous indiquer quand on pourra retourner à une situation normale?

  (1205)  

    Madame la Présidente, c'est de cela que je parle depuis 10 minutes.
    Les problèmes auxquels nous devons faire face actuellement sont les nouveaux variants et les difficultés qui subsistent à l'égard de la vaccination. À cause de cela, nous ne pouvons offrir aucune garantie aux Canadiens quant au moment où ils seront en sécurité. Nous devons prendre certaines mesures pour protéger la population parce qu'il est essentiel de relancer l'économie. Nous devons prévenir une troisième vague. Les gens sont tout simplement exaspérés et fatigués de porter ce lourd fardeau.
    Tous les Canadiens se sont surpassés à maintes reprises. C'est maintenant à nous de leur assurer que nous serons là pour les aider à traverser la crise. Il faut effectivement faire une déclaration, mais il faut aussi reconnaître que, tant qu'il n'y aura pas de vaccins pour lutter contre la propagation des variants, la situation demeurera très incertaine pour les Canadiens.

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai une question pour mon collègue.
    Hier, nous avons perdu une journée à discuter d'une motion du NPD qui proposait d'instaurer des normes nationales dans les Centres d'hébergement et de soins de longue durée. Aujourd'hui, encore une fois, nous débattons une motion qui demande essentiellement d'avoir un plan de déconfinement. Nous aurons donc passé deux jours à discuter de compétences provinciales.
    Les compétences ne sont pas un truc purement administratif. Les provinces administrent la santé. Elles gèrent des hôpitaux, engagent des médecins et font de la prévention. Ce sont elles qui font tout cela.
    À partir de quels préceptes mes amis du NPD et du Parti conservateur pensent-ils qu'ils savent mieux que les premiers ministres provinciaux comment gérer cette pandémie?
    Madame la Présidente, la question des compétences est très importante, mais il est clair que le manque de compétences des provinces pour protéger les aînés dans les CHSLD durant la première vague a été le scandale de la pandémie.
    Les gouvernements de Québec et de l'Ontario ont dû demander l'aide de l'armée, c'est-à-dire des Forces canadiennes, pour protéger les aînés. C'est bien sûr une question de compétences. Il est essentiel que le Canada protège les aînés, partout au pays.

[Traduction]

    Les néo-démocrates appuient-ils les règles actuelles ou y a-t-il des choses qu'ils aimeraient y changer?
    Madame la Présidente, tant que la question des vaccins ne sera pas réglée, celle des voyages à l'étranger demeure pour ainsi dire hypothétique.
    J'aimerais bien pouvoir voyager et je connais de nombreuses personnes qui en rêvent elles aussi. Or, tant que le gouvernement ne fera pas le nécessaire pour que la population soit vaccinée, ce qui nous permettrait de dire aux étrangers que le virus n'est plus un problème au Canada, et tant que nous n'aurons pas l'assurance que les autres pays n'auront pas vaincu le virus eux aussi, il s'agit de questions purement hypothétiques.
    Moi aussi j'ai une question pour mon collègue et elle n'a rien d'hypothétique. Le gouvernement fédéral doit penser à la protection des travailleurs sous sa responsabilité, alors quand leur permettra-t-il de prendre des congés de maladie afin qu'ils évitent de propager le virus et qu'ils puissent se déplacer?
    Madame la Présidente, je souhaite débuter en soulignant quelques principes clés que tous les parlementaires devraient, selon moi, garder à l’esprit.
    Tout d’abord, toutes les recommandations fédérales relatives à la COVID-19 doivent se fonder sur les meilleures données scientifiques disponibles, en plus de tenir compte de la situation de la pandémie et du rythme du déploiement des vaccins partout au Canada.
    Ensuite, les membres du Nouveau Parti démocratique au Canada comprennent qu’il est impossible de sacrifier des vies pour maintenir les moyens de subsistance. Nous savons qu’aucune reprise économique ne sera possible tant que nous ne maîtriserons pas la pandémie de COVID-19, et non l’inverse.
    Troisièmement, le gouvernement fédéral devrait fournir aux Canadiens une voie claire, en diffusant un plan exhaustif qui permettra de laisser la pandémie derrière nous et de commencer le processus de reprise.
    Enfin, nous pensons que le gouvernement fédéral ne devrait pas attendre la fin de la pandémie pour commencer à tenir compte des leçons essentielles déjà retenues. Par exemple, le NPD croit qu’il est temps d’offrir un congé de maladie payé à tous les travailleurs canadiens, d’adopter des normes nationales pour les soins de longue durée, en plus d’avoir un fabricant public de vaccins et de médicaments. Il s’agit d’énormes lacunes dans le tissu économique et des soins de santé au Canada qui, nous le savons, doivent être comblées. Rien ne nous empêche de commencer à résoudre ces questions.
    Même si la planification est toujours judicieuse, nous ne devons pas assouplir prématurément les mesures essentielles qui sont cruciales pour assurer la sécurité des Canadiens. Je vais souligner certaines des raisons principales expliquant pourquoi c’est si important.
    Premièrement, selon l’Agence de la santé publique du Canada, en raison de la hausse continue des variants préoccupants, le maintien des mesures de santé publique et des précautions individuelles est crucial pour réduire les taux d’infection et éviter toute nouvelle accélération rapide de l’épidémie et de ses répercussions graves, dont les hospitalisations et les décès.
    Le variant préoccupant B.1.1.7, qui a tout d’abord été décelé au Royaume-Uni, se propage rapidement partout au Canada pendant que nous parlons aujourd’hui de cette question. Il fait en sorte que les médecins et les experts sonnent l’alarme quant à l’apparition d’une troisième vague d’infections à la COVID-19. Des provinces ont assoupli les restrictions lorsque le nombre de cas a commencé à diminuer partout au pays à la fin de janvier. À la mi-février, le variant B.1.1.7 a commencé à se propager de manière considérable.
    Au 22 mars, l’Alberta, l’Ontario et la Colombie-Britannique faisaient état de plus de 1 000 cas cumulatifs du variant B.1.1.7. En fait, sur une base cumulative partout au Canada, on compte maintenant 4 861 cas du variant B.1.1.7. De plus, 244 cas du variant B.1.351, décelé en premier en Afrique du Sud, ont été signalés partout au Canada. Enfin, 104 cas du variant P.1, décelé en premier au Brésil, ont été signalés partout au Canada. On observe donc une propagation accrue des variants.
    Deuxièmement, nous entrons clairement dans une troisième vague. Le 15 mars, l’Association des hôpitaux de l’Ontario a lancé un sombre avertissement, affirmant que la province était entrée dans une troisième vague en raison d’une forte augmentation des cas de nouveaux variants et une hausse des admissions dans les unités de soins intensifs. Il y a quelques jours à peine, le Dr David Williams, médecin hygiéniste de l’Ontario, a confirmé que la province est maintenant au cœur d’une troisième vague de la pandémie de COVID-19.
    En Ontario, les cas de variants préoccupants dépassent maintenant la moitié de tous les cas. Le 22 mars, la Dre Bonnie Henry, l’administratrice de la santé de la Colombie-Britannique, a confirmé que la province connaît une troisième vague d’infections à la COVID-19. Elle a souligné l’augmentation de la moyenne mobile de sept jours des nouveaux cas quotidiens au cours des dernières semaines, ce qui annonce l’arrivée de la troisième vague en Colombie-Britannique. Enfin, selon l’Agence de la santé publique du Canada, l’activité de la COVID-19 s’est stabilisée à un niveau élevé au pays depuis la mi-février et le nombre moyen de cas quotidiens est maintenant à la hausse. Les plus récentes données nationales font état d'une moyenne de 3 297 nouveaux cas quotidiens sur sept jours.
    Troisièmement, nous devons examiner le rythme de la vaccination. Au 22 mars, le Royaume-Uni avait entièrement vacciné 3,3 % de sa population, ce qui représente 44 doses pour 100 personnes. Aux États-Unis, 13,2 % de la population est entièrement vaccinée, ce qui représente 37 doses pour 100 personnes. En comparaison, seulement 1,7 % de la population canadienne est entièrement vaccinée, ce qui représente 10 doses pour 100 personnes.

  (1210)  

    Quatrièmement, si nous comparons les stratégies, l’administration Biden ouvrira la vaccination à tous les adultes américains au plus tard le 1er mai. Dès que la vaccination sera ouverte à tous les Américains, l’administration Biden veillera à ce que chaque adulte puisse se faire vacciner en augmentant le nombre de sites de vaccinations et de préposés à la vaccination, en fournissant des outils pour faciliter l'accès aux vaccins et en donnant des consignes claires aux Américains vaccinés. Les États-Unis aident aussi le personnel scolaire à se faire vacciner. Le président a mis au défi les 50 États de faire vacciner d’ici la fin du mois le personnel des écoles et des garderies de la maternelle à la douzième année.
    Le Royaume-Uni a adopté une stratégie similaire. La vitesse à laquelle l’Angleterre sortira du confinement dépendra de quatre critères clés: la façon dont se déroule la vaccination, l’influence des vaccins sur les hospitalisations et les décès, le maintien des taux d’infection à un bas niveau et la garantie que les nouveaux variants n'auront pas d'effets sur les trois autres critères.
     Que disent les autorités de la situation actuelle? Une déclaration commune du Fonds monétaire international et de l’Organisation mondiale de la santé affirme: « à première vue, il faudrait faire le choix entre sauver des vies et sauver l’économie. C’est un faux dilemme: il faut absolument contrôler la propagation du virus pour pouvoir sauver l’économie ».
    Beaucoup de gens au Canada sont de cet avis.
    Tyler Shandro, le ministre albertain de la Santé, déclare:« il n’y aura pas d’assouplissement des restrictions pour le moment. C’est une mesure de précaution, et c’est ce qu’il faut faire, étant donné la situation dans notre province, car nous devons absolument éviter une troisième vague qui ferait encore plus de victimes et qui aggraverait les pressions sur le système hospitalier ».
    Le Dr Peter Juni, directeur scientifique de l’Ontario COVID-19 Science Advisory Table, déclare: « c’est la présence de cas contaminés par les nouveaux variants qui est alarmante […] [La] courbe est en train de monter en flèche […] il faut donc resserrer les restrictions ».
    Le premier ministre du Québec, Francois Legault, déclare: « lorsqu’on voit ce qui se passe en Ontario, dans l’État de New York, dans l’État du New Jersey et en France, on a de bonnes raisons de s’inquiéter. Il faut être très prudent ».
    Enfin, la Dre Caroline Colijn, titulaire de la chaire de recherche Canada 150 à l’Université Simon Fraser, déclare: « nous n’allons probablement pas gagner la course entre la vaccination et le variant B.1.1.7 pour la simple raison que le variant est déjà là, qu’il circule et qu’il se propage rapidement, ce qui le rend plus difficile à contrôler. C’est le défi que nous allons devoir relever au cours des prochains mois ».
    Chers collègues, je veux dire par là que nous ne pouvons pas nous permettre de lever les restrictions pour l’instant. Nous devons les maintenir, et même les resserrer, car il serait prématuré de les lever aujourd’hui. Si nous ne les maintenons pas, cela coûtera la vie à encore plus de personnes et cela augmentera le taux de contamination que nous avons pourtant essayé de contenir avec beaucoup d’effort.
    Je vais faire une courte pause pour parler des congés de maladie au Canada.
    Une forte proportion des cas de COVID-19 sont survenus sur les lieux de travail parce que, dans certains cas, les travailleurs n’ont pas droit à des congés de maladie. Nous savons que la Colombie-Britannique et le Yukon, par exemple, ont mis en place des aides supplémentaires, mais nous savons aussi que ces aides ne sont pas offertes à tous les travailleurs du pays. Les néo-démocrates demandent au gouvernement libéral de corriger les lacunes de son programme actuel afin qu’il soit plus facile aux Canadiens d’y avoir accès et d’obtenir de l’aide plus rapidement.
    Je propose de modifier la motion en ajoutant, après un point virgule: « et que, afin de faciliter la levée des restrictions, le plan prévoie que tous les travailleurs canadiens aient accès à 10 jours de maladie payés, en commençant par modifier le Code canadien du travail pour qu'il prévoie 10 jours de congé de maladie pour tous les fonctionnaires fédéraux ».

  (1215)  

     Je dois informer les députés qu'un amendement à une motion de l'opposition ne peut être proposé qu'avec le consentement du motionnaire. En cas d'absence de celui-ci, le leader ou le leader adjoint à la Chambre ou encore le whip ou le whip adjoint du parti du motionnaire peut donner ou refuser son consentement.
    Puisque le motionnaire n'est pas présent à la Chambre, je demande au whip suppléant s'il consent à ce que l'amendement soit proposé.
    Madame la Présidente, l'opposition officielle n'accepte pas que l'amendement soit proposé.
    Il n'y a pas consentement. Par conséquent, conformément à l'article 85 du Règlement, l'amendement ne peut pas être proposé maintenant.
    Nous passons aux questions et observations. La députée de Kamloops—Thompson—Cariboo a la parole.
    Madame la Présidente, j'apprécie grandement le travail très exigeant qu'accomplit le député au sein du comité de la santé et en tant que porte-parole depuis le début de la pandémie.
    Le député souligne qu'il faut avoir les variants à l'oeil et surveiller ce qui se passe, mais il a aussi parlé d'autres pays qui ont élaboré un plan. Je crois que le plan doit tenir compte de la nécessité d'être prudents et je rappelle que la résolution parle d'utiliser des indicateurs fondés sur des données. Je crois que tous les Canadiens surveilleront tout cela de près et qu'ils aimeraient savoir si le Canada présentera bel et bien un plan raisonnable, qui tiendra évidemment compte des variants et d'autres enjeux.
    Madame la Présidente, en tant qu'ancienne infirmière, la députée est particulièrement versée dans ce domaine. J'imagine qu'elle comprend le choix très difficile auquel nous sommes confrontés. Néanmoins, pour l'instant, j'estime important de reconnaître que la capacité du Canada de rouvrir l'économie et de rétablir une certaine normalité dans les collectivités d'un bout à l'autre du pays repose entièrement sur la maîtrise de la transmission du virus. Il ne peut en être autrement. La réouverture de l'économie ne peut se faire tant qu'on n'aura pas surmonté les problèmes sanitaires. Nous devons nous assurer d'avoir la santé...

  (1220)  

    Nous poursuivons les questions et observations. La députée de Thérèse-De Blainville a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je dirais aussi que, en tant qu'infirmière de profession, toute la question de la santé me préoccupe beaucoup.
    Je comprends mal, même si je ne suis pas surprise, cette insistance à vouloir mettre des normes supplémentaires alors que la vraie question est que nos provinces et nos territoires doivent être soutenus, de façon permanente, au moyen de transferts en santé du fédéral qui viennent compenser les dépenses relevant des provinces.
    Pourquoi continuer de marteler cette question?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis toujours perplexe devant la position des bloquistes à l'égard des normes: ils ne semblent pas comprendre la structure du système de santé canadien. La Loi canadienne sur la santé prévoit des normes sur lesquelles repose l'ensemble du système de santé. Or, je suis persuadé que les Québécois comptent sur ce système et en sont très fiers. La Loi canadienne sur la santé énonce cinq principes, dont la transférabilité, l'accessibilité, l'universalité et la gestion publique. Le Québec, à l'instar des provinces et des territoires, doit respecter ces principes pour bénéficier du transfert en matière de santé.
    Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les bloquistes s'opposent aux normes alors que le système de santé repose sur le respect de ces normes, notamment par le Québec. Mes collègues du Bloc québécois veulent bénéficier du Transfert canadien en matière de santé qui, j'en conviens, doit être augmenté. Cependant, ce ne sera possible que si le Québec respecte les normes prévues dans la Loi canadienne sur la santé. Les néo-démocrates souhaitent simplement élargir le système en s'inspirant du modèle existant qui a fait ses preuves et que tant de Canadiens apprécient.
    Madame la Présidente, puisque la motion d'aujourd'hui demande le dépôt d'un plan et que le député a fait mention de congés de maladie payés, ce dernier peut-il nous en dire davantage sur l'importance de prendre les deux semaines actuellement offertes en bloc et non peu à peu? Pourquoi est-ce important? Le gouvernement ne cesse d'affirmer qu'il a déjà mis une telle mesure en place, mais cela ne fonctionne pas et les Canadiens veulent que l'on procède différemment. Le député peut-il s'exprimer sur ce sujet?
    Madame la Présidente, le problème est de taille: 58 % de tous les travailleurs canadiens n'ont pas accès à des congés de maladie payés. Pour les travailleurs à faible salaire, cette proportion grimpe à 70 %. Seulement 10 % environ des entreprises ont bonifié leur politique sur les congés payés en réponse à la COVID. En outre, la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique, créée par le gouvernement libéral, ne donne pas directement accès à des congés de maladie payés, en plus d'offrir un montant inférieur au salaire versé pour un emploi à temps plein au salaire minimum dans la plupart des provinces. Bien entendu, ce programme exclut certains travailleurs essentiels, notamment les travailleurs migrants. Il est temps de délaisser cette approche disparate et de garantir 10 jours de congé de maladie payé à chaque travailleur au pays...
    Nous reprenons le débat. Le député de Cariboo—Prince George a la parole.
    Madame la Présidente, c’est un honneur de prendre la parole au sujet de la motion de l’opposition des conservateurs.
    J’ai eu beaucoup de mal à trouver ce que j’allais dire dans ce discours de 10 minutes. En réalité, j’ai probablement acquis suffisamment d’expérience au cours de la dernière année et, en fait, des trois dernières décennies, en ce qui concerne la santé mentale et les défis auxquels sont confrontées nos collectivités les plus vulnérables, pour parler une heure ou plus de ce sujet.
    La COVID-19 a vraiment fait ressortir et amplifié une crise nationale, à savoir la crise de la santé mentale. Je sais que je ne suis pas le seul à vivre cette expérience et que mes collègues de tous les côtés de la Chambre la ressentent eux-mêmes et entendent dire tous les jours dans leurs bureaux que les Canadiens sont en difficulté, maintenant plus que jamais. Nous avons besoin que notre gouvernement soit aux commandes. Les Canadiens ont besoin d’espoir. Ils ont besoin de savoir que leur gouvernement a un plan de relance. Nous ne pouvons pas avoir un plan de relance sans un plan pour la santé mentale.
    Un plan d’action pour la santé mentale est essentiel, maintenant plus que jamais. Plus de 20 % des Canadiens ressentent plus d’anxiété, plus de dépression. Nous savons que la consommation et l’abus de substances, qu’il s’agisse d’alcool, de tabac ou de drogues, ont augmenté au cours de la dernière année. La violence familiale a augmenté au cours de la dernière année. Les appels aux lignes d’écoute téléphonique et aux refuges pour femmes battent tous les records. Nous devons faire mieux.
    J’ai été encouragé la semaine dernière lorsque notre chef a présenté les cinq piliers d’un gouvernement conservateur élu. Le troisième pilier consistait à proposer aux Canadiens un plan d’action solide sur la santé mentale. À mesure que nous avançons, la santé mentale et le bien-être de notre nation doivent être au cœur de tout ce que nous faisons. Il n’y a pas de santé sans santé mentale. Nous devons considérer la santé mentale de la même manière que la santé physique.
    Je me souviens de ce qu’un pompier m’a dit il y a quelque temps. Il m’a demandé pourquoi il devait devenir une statistique avant que quelqu’un se soucie de sa situation. Je lui ai demandé d’expliquer ce qu’il voulait dire. Il m’a dit que s’il avait un bras, une jambe ou un dos cassé, ou même s'il avait la grippe, ses collègues venaient le voir et lui demandaient s’il avait besoin de quelque chose. Il a dit que la communauté des premiers intervenants n’est pas à la hauteur lorsqu’il s’agit de blessures et de maladies mentales. C’est le cas pour la plupart des Canadiens. Cela suffit à alimenter les préjugés qui entourent la maladie mentale et les troubles mentaux. C’est la maladie invisible, la blessure invisible, qui afflige les Canadiens et qui les affligeait avant la COVID, mais que cette dernière a aggravée. Malheureusement, tout ce que nous avons vu de la part du gouvernement libéral, c’est aucun plan, aucun espoir, mais un beau site Web.
    Hier, à la période des questions, j'ai demandé à la ministre où en était le plan de mise en œuvre de la ligne à trois chiffres — le 988 — pour la prévention du suicide. Elle m'a répondu en parlant du site Web. Lorsque je discute avec une famille dont l'un des membres s'est suicidé, ou encore avec des personnes qui ont déjà songé au suicide ou qui ont des problèmes, ce que j'entends, ce sont des « si seulement »: « si seulement j'avais vu les signes »; « si seulement j'avais vu que mon frère, mon père, mon mari ou ma femme avait des problèmes, j'aurais pu faire quelque chose ».

  (1225)  

    Pas une seule fois ai-je entendu « si seulement il y avait eu un site Web que j'aurais pu consulter ou que mon proche aurait pu consulter ». Lorsque je discute avec des organismes nationaux ou communautaires chargés d'offrir des soins aussi cruciaux aux plus vulnérables dans la rue, que ce soit au sujet d'opioïdes ou de l'itinérance, ils ne me disent jamais « si seulement le gouvernement avait un site Web que nous pourrions consulter ». Ils me font part de leur inquiétude quant au fait de ne pas savoir s'ils vont pouvoir rester ouverts. Lorsqu'un toxicomane franchit le pas de leur porte après avoir enfin décidé qu'il a besoin d'aide, ils doivent pouvoir lui trouver un lit et lui procurer l'aide dont il a besoin.
    Un véritable plan, voilà ce que nous avons enfin vu lorsque notre chef a présenté nos cinq piliers la semaine dernière. Le troisième pilier est vraiment important. Il s'agit d'un véritable plan en santé mentale, de concert avec les provinces...

  (1230)  

    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Bien que je n'aime pas interrompre un de mes collègues, je voudrais informer la présidence que tous les temps de parole des conservateurs seront partagés et séparés en deux aujourd'hui.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Lambton—Kent—Middlesex, une collègue exceptionnelle. J'aurais probablement dû l'indiquer plus tôt.
    Le plan annoncé par notre chef peut être transformateur. Le financement des provinces sera accru et nous collaborerons avec elles pour créer un plan d'action en matière de santé mentale. Au lieu de brouiller les cartes ou de rejeter les dossiers du revers de la main en disant que ce n'est pas notre problème, nous ferons preuve de leadership. Nous allons établir le 988, un service téléphonique national pour la prévention du suicide. Nous allons travailler avec les employeurs pour les encourager à offrir des mesures d'aide appropriées en matière de santé mentale à leurs employés. Il n'a jamais été aussi important de mettre en place un plan d’action en matière de santé mentale, et il est crucial de le faire. Un gouvernement conservateur élu mettra en place ce plan.
    Un gouvernement conservateur élu accordera la priorité à la santé mentale dans tout ce qu'il fera. C'est l'ancien gouvernement conservateur qui avait lancé la Commission de la santé mentale. Par ailleurs, c'est un député conservateur nouvellement élu qui avait présenté un projet de loi pour exhorter le gouvernement à élaborer le tout premier cadre national de lutte contre le trouble de stress post-traumatique.
    Nous devons faire mieux. J'en ai parlé maintes fois à la Chambre. Au cours de notre premier débat d'urgence, nous avons discuté de l'épidémie de suicide dans les collectivités des Premières Nations, en particulier à Attawapiskat. Mon collègue de Timmins—Baie James s'exprime avec beaucoup d'éloquence à ce sujet. L'un de nos collègues a mentionné qu'il se souvenait que l'un des premiers débats d'urgence auxquels il a participé il y a 10 ans portait sur l'épidémie de suicide dans les collectivités des Premières Nations. Malheureusement, nous avons fait bien peu d'autres choses pour changer la situation.
    Maintes fois, j'ai mis mes collègues au défi à la Chambre. Selon moi, il ne s'agit pas d'une question partisane; c'est une question qui nous concerne tous si nous voulons être de véritables chefs de file. La motion conservatrice d'aujourd'hui demande au gouvernement de nous présenter son plan, de créer de l'espoir pour les Canadiens et d'aider les personnes en difficulté.
    Le mois dernier, une femme de ma circonscription, Margaret Sweder, a célébré son 100e anniversaire de naissance. Je lui ai téléphoné pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Je ne la connais pas. Elle a d'abord hésité à répondre au téléphone, pensant qu'il s'agissait d'un appel frauduleux concernant l'Agence de revenu du Canada, puisque le numéro affiché venait d'Ottawa. Toutefois, elle a fini par répondre et nous avons discuté. Je lui ai demandé ce qui lui manquait le plus depuis le début de la pandémie de COVID-19. Elle a répondu: « une embrassade ».
    Ce confinement a des répercussions incommensurables sur les Canadiens. Sur le plan social, le simple fait de pouvoir embrasser ses proches, de pouvoir passer du temps avec eux...
    Malheureusement, nous allons devoir en rester là.
    Nous poursuivons les questions et observations. Le député de Cowichan—Malahat—Langford a la parole.
    Madame la Présidente, tout au long de la pandémie, beaucoup d'employés des usines de transformation du Canada ont exprimé leurs préoccupations quant à la sécurité au travail et à un plan de retour au travail. Je sais que le député a beaucoup parlé d'espoir. Récemment, mon collègue de Vancouver Kingsway a essayé de présenter un amendement à la motion, qui nous aurait permis d'offrir 10 jours de congé de maladie payé aux travailleurs.
    Pourquoi ne pouvons-nous pas donner de l'espoir à ces travailleurs pour éviter de les forcer à choisir entre leur santé et leur revenu?

  (1235)  

    Madame la Présidente, mon collègue a soulevé un point fort intéressant. Je dois avouer que je n'ai pas entendu l'amendement, alors je ne peux pas faire d'observation à ce sujet. Cependant, nous devons faire tout en notre pouvoir pour nos travailleurs, nos héros de première ligne, comme les médecins, les infirmiers, les pompiers, les policiers, les ambulanciers paramédicaux, le personnel d'épicerie qui remplit les tablettes et les gens qui sont en première ligne, comme les camionneurs qui veillent à ce que le pays ait un semblant d'ouverture.
    Imaginons les conséquences de la COVID-19 sur la santé mentale de nos médecins, de nos infirmiers et de nos professionnels de la santé. Pensons à ce que l'avenir nous réserve dans trois ou cinq ans, et à ce que nous...
    Nous reprenons les questions et observations. La députée de Cloverdale—Langley City a la parole.
    Madame la Présidente, dans le dépliant que j'ai envoyé aux gens de ma circonscription ce mois-ci, j'ai inclus un certain nombre de numéros de téléphone de ressources en santé mentale parce qu'il est maintenant clair que les statistiques sont désastreuses: 42 % des habitants de la Colombie-Britannique ont vu leur santé mentale se détériorer; 13 % ont dit avoir augmenté leur consommation de drogue pour les aider à composer avec la COVID; et 8 % ont dit avoir eu des pensées ou des sentiments suicidaires.
    Je me demande si mon collègue croit que si nous avions des critères fixes et un plan qui indiquent quand et de quelle façon le gouvernement entend permettre la reprise des activités normales, cela redonnerait de l'espoir aux Canadiens et préserverait leur santé mentale.
    Madame la Présidente, ma collègue de Langley a tout à fait raison. Il faut donner de l'espoir à la population. En outre, il ne faut pas seulement donner de l'espoir aux Canadiens, il faut des mesures et un plan concrets vers la réouverture et le retour à une certaine normalité pour que les gens recommencent à travailler et qu'ils puissent voir leurs proches. Cela contribuerait grandement à la santé mentale des Canadiens et à leur bien-être mental, mais il faut qu'il y ait un plan.
    Le gouvernement doit agir et présenter un plan. Il doit agir en leader. Il doit avoir un plan et il ne nous en a toujours pas présenté un. C'est tout ce que réclament les Canadiens. C'est tout ce que demandent les conservateurs au moyen de cette motion.
    Madame la Présidente, nous avons besoin d'un plan, certes, mais voulons-nous que la Chambre adopte un plan et une date limite dictés par des considérations politiques, ou voulons-nous un plan mis au point par des experts? Que faire si les experts affirment qu'il est impossible de le faire en 20 jours parce qu'ils ne savent pas à quoi s'attendre?
    Il y a six mois, nous ne savions pas qu'il y aurait des variants. Il y a un an, nous ne savions pas pleinement comment le virus se transmet. On tente d'imposer à des experts une date limite dictée par des considérations politiques, qui n'est pas justifiée et qui est arbitraire, parce qu'elle paraît bien.
    Selon le député, qui devrait élaborer le plan, des politiciens ou des experts?
    Voilà une réponse typiquement libérale, madame la Présidente. Nous sommes en pandémie depuis plus de 400 jours et les Canadiens n'ont toujours pas ce qui pourrait ressembler à un plan. Il n'y a pas eu de plan pour la vaccination. Il n'y a pas eu de plan pour fermer les frontières ou les sécuriser. Il n'y a pas eu de plan pour le retour à la normale. Les libéraux ne font qu'offrir des excuses.
    Je conviens que nous sommes en pleine pandémie, mais nous en savons davantage qu'en janvier 2020. Sincèrement, à un moment donné, le gouvernement libéral doit faire preuve de leadership et présenter un plan plutôt que des excuses. Les libéraux ne font que jeter le blâme sur les conservateurs ou les néo-démocrates. Tous sont responsables, à part les libéraux, qui pointent sans cesse les autres du doigt sans jamais, au grand jamais...
    Nous reprenons le débat. La députée de Lambton—Kent—Middlesex a la parole.

  (1240)  

    Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole au sujet de cette motion tout à fait pertinente qu’a proposée ma collègue, la députée de Calgary Nose Hill. Aujourd’hui, je m’adresse à vous en tant que députée de la circonscription de Lambton Kent Middlesex et en tant que ministre du cabinet fantôme de l’opposition officielle en matière d’agroalimentaire et d’agriculture.
    Mon bureau a reçu des centaines d’appels et de courriels d’électeurs qui se sentent abandonnés par le gouvernement libéral. Leurs préoccupations, leurs intérêts et leur gagne-pain ont été mis à mal par les confinements successifs, et ils se posent des questions quand ils voient les autres pays reprendre une vie presque normale alors qu’ils sont, eux, paralysés par les restrictions qu’on leur impose au Canada.
    Pendant encore combien de temps les Canadiens vont-ils devoir attendre pour pouvoir se faire vacciner contre la COVID-19? Ils veulent que le gouvernement libéral leur présente un plan concret indiquant quand les restrictions pourront enfin être levées de façon définitive et en toute sécurité.
    Il y a un an, suite à une directive de santé publique, le gouvernement fédéral a commencé à fermer des espaces publics, la frontière canado-américaine, les compagnies aériennes, les commerces, les restaurants, les écoles, les hôpitaux, les soins à domicile, les églises et même les foyers familiaux.
    Nous en voyons aujourd’hui les conséquences pour les commerces et les Canadiens en général, sans parler du tourisme, des boutiques et des restaurants dans les centres de villégiature. Il est difficile de se procurer de l’autre côté de la frontière des pièces détachées et les services de techniciens pour les machines agricoles. Cela a également des conséquences sur l’éducation des jeunes, sur les relations familiales, et sur le bien-être personnel des jeunes et des personnes âgées.
    Voyons un peu plus dans le détail ce que ces conséquences signifient. En mars 2020, lorsque le confinement a commencé, le PIB du Canada a commencé à décliner rapidement. Notre taux de chômage a augmenté immédiatement. De nombreux Canadiens ont perdu leur emploi au fur et à mesure que les entreprises étaient obligées de fermer leurs portes. Dans les restaurants, les recettes ont chuté de 46 % en mars 2000 et de plus de 56 % en avril. Lorsque les recettes des restaurants diminuent, cela se répercute sur toute la chaîne d’approvisionnement, y compris les agriculteurs, les importateurs et les distributeurs grossistes de denrées alimentaires. Pour des familles qui avaient consacré toute leur vie à bâtir et à développer une entreprise, c’est une faillite complète ou, avec un peu de chance, une survie très précaire.
    Des confinements économiques massifs n’auraient jamais dû être considérés comme une mesure à long terme pour empêcher la propagation de la COVID-19. Les confinements et les restrictions ont été mis en place pour donner aux gouvernements le temps de trouver des solutions permanentes, comme les vaccins, les tests rapides et le dépistage des variants. Maintenant que nous avons ces outils, où est le plan?
    L’an dernier, le transport aérien s’est effondré, les aéroports canadiens étant pratiquement fermés aux vols internationaux. C’est important de le dire, car la plupart des Canadiens ignorent qu’en hiver, les produits frais, notamment les fruits tropicaux, sont importés par avion sur des vols commerciaux. Lorsque les avions commerciaux ne volent pas, les importateurs sont obligés de payer plus cher pour le fret aérien. Ce coût supplémentaire est transmis au consommateur, qui doit payer des factures d’épicerie plus élevées ou bien se passer de son fruit favori.
    Ce sont là quelques-unes des activités économiques qui ont été touchées par les confinements et les restrictions, mais qu’en est-il du sentiment de bien-être des Canadiens? Comme on peut l’imaginer, le pourcentage de Canadiens qui se disent très satisfaits de la vie qu’ils mènent est passé de 72 % en 2018 à 40 % en juin 2020. S’agissant de la santé mentale, ce sont les jeunes qui ont le plus souffert. Avant la COVID-19, 60 % des jeunes disaient avoir une excellente ou une très bonne santé mentale, mais en juillet 2020, ils n’étaient plus que 40 %. C’est tragique.
    Depuis le début des confinements, les parents sont de plus en plus nombreux à s’inquiéter du bien-être de leurs enfants. Ces jeunes passent chaque jour des heures devant des écrans, avec un minimum d’interaction avec leurs amis, et ils souffrent de solitude à cause de cet isolement forcé.
    J’ajouterai que dans les régions rurales, comme dans une bonne partie de la circonscription de Lambton—Kent—Middlesex, l’accès à Internet haute vitesse et le coût des données cellulaires sont de vrais problèmes qu’on ne doit pas passer sous silence.
    Tout cela a des conséquences sur la santé mentale des Canadiens. Les confinements prolongés se sont traduits par une augmentation de la violence familiale, des décès liés à la consommation d'opioïdes, des troubles mentaux, des fermetures d’entreprises et du chômage massif.
    Voilà quelles sont les conséquences réelles des confinements dans la vie de tous les jours. Ce ne sont pas des statistiques anonymes. Ce sont des Canadiens dont la qualité de vie a été sacrifiée pendant trop longtemps. Les Canadiens ont besoin d’espoir. Ils ont besoin, pour préserver leur santé mentale, de savoir quand, précisément, les restrictions seront levées pour de bon, et ils ont besoin d’avoir un plan qui assure leur survie et procure en même temps les outils nécessaires pour éviter que d’autres personnes succombent à la COVID-19.

  (1245)  

    Les gens ont besoin de vivre leur vie. L’incapacité du gouvernement à approuver et à distribuer des tests rapides dès le début, son incapacité à négocier des contrats fiables et son incapacité à présenter un plan pour remettre le pays sur les rails coûtent très cher aux Canadiens.
    J’aimerais maintenant parler plus particulièrement des conséquences de ces confinements pour les milliers de Canadiens qui travaillent dans les chaînes d’approvisionnement du secteur agricole. Je vais d’abord parler de la filière que je connais le mieux, par expérience personnelle. J’ai grandi sur une ferme où on cultivait la pomme de terre, dans la circonscription de Lambton—Kent—Middlesex. Ma famille approvisionnait des marchés canadiens et américains, et je connais donc bien la filière de la production de produits alimentaires au Canada. Depuis plusieurs années, bien avant les confinements dus à la COVID-19, les producteurs de fruits et de légumes doivent composer avec des pénuries de main-d’œuvre. Ils ne réussissent pas à trouver suffisamment de Canadiens pour planter, cultiver et récolter les fruits et les légumes. C’est la raison pour laquelle ils font venir des travailleurs étrangers à partir de janvier jusqu’au moment de la récolte, dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires et du Programme des travailleurs agricoles saisonniers. Ces travailleurs sont indispensables à la souveraineté alimentaire du Canada.
    L’an dernier, à cause de la COVID-19, les cultivateurs aux alentours de ma conscription ont perdu des millions de livres de fruits et légumes qui étaient presque prêts à être récoltés. Il y a environ un an, j’ai commencé à alerter le gouvernement des conséquences potentielles des mesures sur la récolte de fruits et de légumes de 2020, mais malheureusement, on ne m’a essentiellement pas écoutée. En novembre dernier, j’ai demandé à la ministre de la Santé et à la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire comment elles envisageaient de gérer la venue des milliers de travailleurs agricoles étrangers pour la saison 2021. Je leur ai demandé quel était leur plan en matière de dépistage rapide. Silence radio.
    Pas plus tard qu'il y a deux fins de semaine, des producteurs m’ont dit qu’ils essayaient de faire l’impossible, c'est-à-dire respecter les exigences impraticables de la quarantaine que le gouvernement imposait aux travailleurs étrangers qui arrivaient au Canada. Pour donner un exemple, des travailleurs agricoles qui ne parlent qu’espagnol sont censés appeler des infirmières qui ne parlent qu'anglais ou français. Les employeurs sont aussi censés envoyer des échantillons de tests par Purolator alors qu’il n’y a pas de service Purolator là où ils sont. Des messages contradictoires, des excuses ou des réponses évasives ne sont pas ce que les Canadiens attendent de leur gouvernement en période de crise.
    Les producteurs et transformateurs de bœuf, de porc, de poulet, de dinde et d’œufs ont aussi été touchés par la COVID-19. La capacité des chaînes de transformation a été considérablement réduite par les mesures de distanciation physique et les fermetures temporaires d'usines. Cela a provoqué des retards de plusieurs semaines. La capacité des producteurs de bœuf et de porc s’en est gravement ressentie. Pour beaucoup de producteurs et de transformateurs, la situation a atteint le niveau de crise à plusieurs moments.
    Les Canadiens se posent des questions et, après une année de restrictions et de confinements, ils sont en droit d’avoir des réponses. Toute restriction aux droits et libertés prévus dans la Charte doit être rigoureusement justifiée, ce qui signifie que c’est au gouvernement qu’il incombe de démontrer que ce qu’il impose est raisonnable. Or, ce n’est pas ce qui se passe.
    Le gouvernement libéral et son chef ne cessent de nous dire que nous traversons une période sans précédent. C’est peut-être vrai, mais cela ne justifie pas un comportement que je qualifierai d’indécent de la part du gouvernement d’une démocratie occidentale. Il est temps que le gouvernement fasse de la liberté des Canadiens sa priorité. Abraham Lincoln disait: « J'ai une grande confiance dans le peuple. Si on lui dit la vérité, on peut compter sur lui pour faire face à n'importe quelle crise nationale. L'important est de lui présenter la réalité des faits ». Il est temps que le gouvernement cesse de traiter les Canadiens comme des enfants qui ont besoin de se faire materner. Les Canadiens veulent retrouver une vie normale. Ils veulent recommencer à recevoir des chèques de paie et pas des prestations du gouvernement.
    En conclusion, je dirai que les Canadiens veulent et méritent qu’on leur présente un plan indiquant précisément comment et dans combien de temps les restrictions seront levées. À l'heure qu'il est, les Canadiens devraient pouvoir savoir quand la situation va commencer à s’améliorer et quels sont les indicateurs que le gouvernement va utiliser pour déterminer quand l’économie pourra rouvrir. Ils méritent qu’on leur présente un plan bien documenté qui mènera à la levée permanente et sécuritaire des restrictions liées à la COVID-19. Le gouvernement libéral ne peut pas continuer de demander aux Canadiens de faire des sacrifices sans savoir quand les restrictions seront levées. Le premier ministre doit présenter un plan qui donnera aux Canadiens une idée précise de la date à laquelle la vie et les activités reviendront à la normale.
    Madame la Présidente, aujourd'hui, il a été beaucoup question de savoir de quelle compétence relèvent les questions dont nous sommes saisis, à savoir la compétence provinciale ou fédérale. La députée et moi représentons tous les deux des circonscriptions de l'Ontario. La solliciteure générale de l'Ontario, qui est une conservatrice, soit dit en passant, a récemment ajouté son grain de sel à la conversation. Elle doit sûrement se tenir informée de ce qui se passe dans cette enceinte. Elle a dit ceci: « Il n'appartient pas au gouvernement fédéral de promouvoir ou de déconseiller des mesures de confinement. »
    Je suis curieux. La députée est-elle d'accord avec cette affirmation de la solliciteure générale conservatrice de l'Ontario, ou pense-t-elle qu'elle a tort?

  (1250)  

    Madame la Présidente, ce que les résidants de ma région me disent, c'est que si le gouvernement avait fait les choses correctement dès le départ sur la question des contrats et qu'il n'avait pas tergiversé, les mesures de confinement commenceraient à être levées. Pourquoi priverait-on les grands-parents de serrer leurs petits-enfants dans leurs bras? Pourquoi ma belle-sœur n'a-t-elle pas pu dire au revoir à son père alors qu'il rendait son dernier souffle? Pourquoi les autres membres de ma famille devraient-ils se priver de célébrer la vie du père qu'ils ont perdu le mois passé? Les libéraux ont échoué dans le dossier des vaccins, et ils ont la responsabilité de présenter un plan de vaccination aux Canadiens en vue de rouvrir l'économie.
    Madame la Présidente, je me suis souvent demandé si Twitter pouvait avoir une influence négative en politique, et je crois avoir obtenu la réponse aujourd'hui. Je sais que les conservateurs croient que les changements climatiques n'existent pas. Voilà maintenant qu'ils croient que la pandémie n'existe pas non plus. Je pourrais expliquer mon insatisfaction par rapport au gouvernement libéral pendant des heures. Même si je pouvais tout reprocher aux libéraux, je ne peux pas leur en vouloir qu'on ne puisse pas rendre visite à nos proches, étant donné la troisième vague de la pandémie. C'est une vérité scientifique. C'est la réalité.
    Je sais que les conservateurs se soucient davantage du Sasquatch que de la science, mais le bruit court qu'il existe une sorte de complot visant à empêcher les Canadiens de se rendre visite. Ce complot, ce sont tout simplement les nouveaux variants avec lesquels il faut composer.
    Madame la Présidente, le gouvernement ne nous a fourni aucune donnée scientifique justifiant un plan. S'il l'avait fait, nous pourrions avoir un plan, mais nous n'avons pas de plan pour les tests de dépistage rapide au pays. Nous n'avions pas de plan non plus pour faire livrer des vaccins au pays. Or, nous attendons toujours des vaccins. Les Canadiens méritent que le gouvernement leur propose un plan, qui doit être basé sur des données probantes. Ils méritent un plan de réouverture graduelle de notre économie.
    Madame la Présidente, je ne voudrais pas avoir l'air pédante, mais j'aimerais rectifier la députée de Lambton—Kent—Middlesex, car Abraham Lincoln n'a jamais tenu les propos qu'elle lui attribue. Ce n'est pas la faute de la députée. Ces propos sont souvent dénaturés. Ce qu'Abraham Lincoln a dit, et qui est bien utile en ce moment, c'est: « Nous ne devons pas être des ennemis. Nous devons écouter les meilleurs anges de notre nature. » Il faudrait qu'il y ait moins de partisanerie dans cet endroit pour ce faire.
    J'ai lu la motion des conservateurs avec attention, contrairement à ce que la députée de Calgary Nose Hill a laissé entendre. J'ai lu la motion et je n'y ai vu nulle part les mots « points de repère » ou « indicateurs ». Je ne pourrai pas me résoudre à voter en sa faveur, même si je suis tout à fait d'accord avec beaucoup des choses que les conservateurs, les néo-démocrates et les bloquistes ont dites ici. Nous voulons tous plus de certitudes, mais nous sommes maintenant dans une course entre les vaccins et les variants.
    Les députés conservateurs tentent-ils d'ajouter des mots à leur motion afin qu'on puisse l'appuyer?
    Madame la Présidente, mes concitoyens de Lambton—Kent—Middlesex me disent depuis des mois qu'ils veulent que le gouvernement leur présente un plan clair. Ils me rapportent par ailleurs que le gouvernement n'a pas réussi à obtenir des tests de dépistage rapide. Il n'avait pas de plan pour faire venir des vaccins au pays. Des agriculteurs canadiens sont actuellement incapables de faire réparer leur machinerie, puisqu'ils ne peuvent pas faire venir de l'étranger des techniciens qui sont les seuls à savoir comment les réparer. Ils ne peuvent faire venir ces techniciens essentiels.
    Nous sommes au milieu du début de la saison de croissance. Les producteurs d'asperges et d'autres agriculteurs du comté de Norfolk sont en train de protester aujourd'hui même contre ces restrictions et contre les règles alambiquées concernant les travailleurs qui viennent au Canada pour aider durant la saison des récoltes. Ils affirment que la situation est pire cette année que l'année dernière. Le gouvernement a eu une année complète pour mettre en place un plan visant à rouvrir les frontières du pays en toute sécurité et nous sortir de cette épreuve. Toutefois, nous n'avons toujours pas de données. Nous n'avons vu aucun plan, et il est...
    Nous reprenons le débat. Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, c'est pour moi un honneur de prendre la parole aujourd'hui. Je partagerai mon temps de parole avec le député de Newmarket—Aurora.
    Je veux parler de la motion. Je suis heureux que la députée de Saanich—Gulf Islands ait été la dernière à poser une question, car elle a touché une corde sensible ce matin, et avec raison.
    La députée de Calgary Nose Hill, qui a présenté la motion, prétend que la motion porte sur des indicateurs et sur l'établissement des diverses étapes qui devraient être atteintes, mais ce n'est pas le cas. Il n'est aucunement question de cela dans la motion. Peu importe le préambule qui commence par « Que, étant donné que », seule la demande sur laquelle est axée la motion est importante. Dans une motion rédigée comme il se doit, on devrait pouvoir supprimer le préambule et utiliser uniquement l'objet de la motion pour fournir les directives nécessaires.
    Voici l'objet de la motion qui nous occupe ici: « la Chambre demande au gouvernement de déposer dans un délai de 20 jours de séance, à compter de l’adoption de la présente motion, un plan clair et fondé sur des données pour appuyer la levée graduelle, permanente et en toute sécurité des restrictions relatives à la COVID-19 ». Il n'y a rien dans la motion sur l'établissement d'indicateurs.
    Je tiens à prendre quelques instants pour parler de la confusion qui entoure la motion. La motion comprend vraiment deux parties parce que, dans mon esprit, elle ne relève pas entièrement de la compétence provinciale. Certains éléments de la motion relèvent du gouvernement fédéral, tandis que d'autres relèvent des provinces. Je parlerai d'abord de certains des éléments qui, selon moi, relèvent du gouvernement fédéral, mais qui, à mon avis, sont très problématiques en raison de la façon dont la motion est rédigée.
    Dans ses observations liminaires, la députée de Calgary Nose Hill a mentionné quelques éléments, dont les frontières et l'industrie du transport aérien, qui sont de bons exemples d'éléments qui relèvent de la compétence fédérale. Le gouvernement fédéral a compétence sur les domaines qui lui ont été attribués en vertu de la Constitution et qui découlent des pratiques du pays depuis la Confédération.
    Dans les faits, pour tout ce qui touche un enjeu comme celui de la frontière, même s'il est vrai que le gouvernement fédéral a un rôle à jouer, la question est de savoir s'il devrait être obligé de revenir devant la Chambre dans 20 jours et dire: « Voici comment nous allons rouvrir la frontière. Voici l'échéancier ». Cela pourrait être possible seulement dans la mesure où nous pourrions connaître quelles sont les variables à prendre en considération et non pas uniquement leurs résultats. En réalité, ces variables sont inconnues.
    Quand on parle de rouvrir la frontière entre le Canada et les États-Unis, il faut tenir compte du fait que cette décision dépend majoritairement de ce qui se passe aux États-Unis, quelles mesures y sont mises en place et quelles sont les données actuelles. À défaut d'avoir la capacité d'influer sur cette variable, comment pourrions-nous être en mesure d'établir un plan détaillé pour déterminer quand nous allons procéder à la réouverture? C'est impossible.
    Les conservateurs parlent de mettre en place un plan. Pour ma part, je trouve que le système en place est plutôt bon. Il est examiné chaque mois par le ministre de la Sécurité publique. Ce dernier l'examine en tenant compte des conseils d'experts qu'il reçoit et il décide si oui ou non la frontière doit rester fermée un mois de plus. Si la situation aux États-Unis s'améliore de façon spectaculaire et que les experts sont d'avis que nous devrions rouvrir la frontière, je suis sûr que le ministre tiendra compte de cet avis très important.
    On peut dire la même chose des compagnies aériennes. Le Canada n'est que la moitié de l'équation en ce qui concerne les vols internationaux. Où vont les vols? D'où viennent-ils? Tout dépend de cela et des autres variables, c'est donc un véritable défi.
    Passons à l'autre partie de la question, à savoir les champs de compétence provinciaux, dont il a été beaucoup question aujourd'hui. Malgré le fait que la députée de Calgary Nose Hill et d'autres députés ont affirmé que les libéraux vont simplement dire qu'ils ne peuvent rien faire parce que ce n'est pas de leur ressort, en effet, certains dossiers ne sont pas de notre ressort, comme le prévoit la Constitution pour les deux différents ordres de gouvernement dans ce cas-ci.

  (1255)  

    Quand je pense à tout ce qui est arrivé dans ma circonscription, à la valse des confinements et des réouvertures, je ne peux m'empêcher d'éprouver le plus grand respect pour notre médecin hygiéniste en chef, le Dr Kieran Moore, qui a su guider la collectivité pendant la dernière vague. Quel parcours incroyable. Nous n'avons déploré qu'un seul décès dans notre unité de soins et c'est en très grande partie grâce à l'excellent travail du médecin hygiéniste, qui tient bien sûr ses pouvoirs du gouvernement de l'Ontario. Je me demande sincèrement comment certains peuvent croire que nous avons la moindre emprise sur les médecins hygiénistes provinciaux ou l'autorité nécessaire pour obliger des entreprises à cesser leurs activités. Ce n'est pas nous qui encadrons l'ouverture et la fermeture des commerces. Ces choses ne relèvent pas du gouvernement fédéral.
    J'ai cité les paroles de la solliciteure générale de l'Ontario, Sylvia Jones, à la députée de Sarnia—Lambton. Mme Jones estime que ce n'est pas au gouvernement fédéral de dire s'il y a lieu ou pas de confiner une région donnée et que le cadre dont l'Ontario s'est doté fonctionne très bien. J'ai trouvé ses propos très intéressants, alors j'ai voulu les porter à l'attention de la députée de Calgary Nose Hill au moyen de Twitter. Que s'est-il passé? Elle m'a bloqué. La députée de Calgary Nose Hill a bloqué un de ses collègues sur Twitter, et quand j'ai voulu dénoncer la situation, ses collègues conservateurs se sont mis à crier « Bravo! ». J'en suis à me demander s'ils souhaitent vraiment...
    Des voix: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen: Allez-y, continuez. Avez-vous quelque chose à ajouter? Je vous en prie, continuez...

  (1300)  

    Le député de Timmins—Baie James invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. J'essaie de suivre les raisonnements décousus de mon collègue. Est-il en train de se plaindre à la Chambre que certains l'empêchent de s'exprimer parce que son discours est parfois incohérent? A-t-il utilisé le terme « bloquer »? Je ne suis pas certain d'avoir bien entendu. Certains font peut-être preuve de jugement à cet égard.
    Je ne suis pas certaine qu'il s'agisse d'un recours au Règlement. Il s'agit davantage d'une question de débat.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, les députés de Timmins—James Bay et de Sherwood Park—Fort Saskatchewan parvenaient beaucoup mieux à interrompre les débats lorsqu'ils étaient ensemble dans l'enceinte de la Chambre que depuis qu'ils participent aux travaux à distance.
    J'ai dit que la députée de Calgary Nose Hill m'a bloqué sur Twitter parce que, de toute évidence, elle craint que je lui donne des renseignements qu'elle ne veut pas connaître. Quel genre de représentant élu s'emploie activement à empêcher des collègues d'autres partis de s'exprimer? Comment sommes-nous censés collaborer dans cette Chambre si la députée de Calgary Nose Hill bloque certains collègues sur Twitter? Je suis perplexe.
    Normalement, je me ferais un honneur d'une telle situation, mais compte tenu des circonstances aujourd'hui et du fait que je tiens à lui fournir des renseignements importants qu'elle pourrait utiliser dans le cadre du présent débat, je trouve son attitude fort préoccupante.
    Cela dit, comme la députée m'a bloqué, je tiens à répéter rapidement ce qu'a dit Sylvia Jones, la solliciteure générale de l'Ontario. Mme Jones estime que ce n'est pas au gouvernement fédéral de dire s'il y a lieu ou pas de confiner une région donnée.
    Madame la Présidente, j'aimerais d'abord offrir mes sincères condoléances au député de Kingston et les Îles, puisque quelqu'un l'a bloqué sur Twitter. Je ne peux pas m'imaginer comment on doit se sentir dans une telle situation, et je suis sûr que les députés sont de tout cœur avec lui. Alors que nous débattons des mesures de confinement, il a passé la moitié de son intervention à se confier sur la façon dont il a vécu cette expérience.
    Je me demande s'il aurait plus de détails à confier à la Chambre sur cette expérience, mais aussi s'il est prêt à reconnaître qu'il incombe au gouvernement d'établir des politiques, des règles et un cadre en matière d'économie. Ne convient-il pas que le gouvernement fédéral peut travailler de manière constructive avec les provinces dans ces dossiers?
    Madame la Présidente, je suis vraiment reconnaissant de ces bons mots, et je suis sûr qu'ils sont sincères. Je crois que la situation ne me dérangerait pas autant si ce n'était du fait que les députés de cette Chambre sont censés mettre leur information en commun pour mieux travailler ensemble. De toute évidence, la députée de Calgary Nose Hill n'a aucune intention de le faire. Elle a choisi son camp dans ce dossier. Elle semble bien campée dans sa position. Elle ne semble guère se soucier de ce que les autres députés ont à lui dire. Je ne peux donc qu'en déduire qu'il n'y a aucune volonté d'en arriver à un compromis ou de trouver un terrain d'entente.

  (1305)  

[Français]

    Madame la Présidente, comme le collègue de Sherwood Park—Fort Saskatchewan, j'étais très touché moi aussi. Ma foi, j'ai encore l'émotion qui me prend au cœur. J'ai corrigé le tir immédiatement et je suis allé m'abonner au compte du collègue de Kingston et les Îles. Toutefois, je tiens à le prévenir: je le bloquerai à la première tentative de me fournir de l'information. Évidemment, je ne veux être influencé d'aucune façon.
    Ma question est un peu plus sérieuse, parce qu'on parle quand même de relâchement de certaines mesures et de présentation d'un plan pour un retour à une vie normale. Je voudrais savoir ce que pense mon collègue des multiples intentions qui sont manifestées à la Chambre, depuis quelques jours, voire quelques semaines en vue d'empiéter sur les champs de compétence en santé des provinces. Je veux avoir son opinion. Je sais très bien qu'il va me dire que le fédéral a une responsabilité et autres blablas. Je voudrais surtout savoir si, dans ces nombreux débats sur les champs de compétence des provinces en matière de santé, on n'est pas en train de dire aux provinces qu'elles font mal leur travail et qu'on va leur montrer comment faire.
    Est-ce que c'est bien le message qu'on essaie de passer?

[Traduction]

    Madame la Présidente, la seule chose plus prévisible que la députée de Calgary Nose Hill qui bloque l'initiative de quelqu'un qu'elle n'aime pas est le Bloc québécois qui prend la parole à chaque occasion, sur chaque motion ou projet de loi dont la Chambre est saisie, pour parler des transferts au Québec. Qu'il s'agisse de la motion d'opposition d'hier ou d'aujourd'hui, peu importe le sujet, le Bloc est ici pour parler des transferts en santé.
    En réalité, nous devons veiller à ce que les autorités compétentes puissent appliquer ou annuler les mesures de confinement en fonction des conseils d'experts qu'elles reçoivent. Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer lorsqu'il s'agit des mesures en matière de sécurité frontalière qui sont imposées — dont j'ai parlé dans mon intervention — et qui doivent être fondées sur les conseils reçus par le ministre responsable.
    Madame la Présidente, je déplore que les discussions tombent dans la partisanerie. Nous sommes toujours en pleine pandémie. Il y a encore des variants. Nous sommes peut-être dans la troisième vague. Je ne crois pas qu'il soit possible, dans ce contexte, d'exiger qu'un plan soit présenté dans un certain nombre de jours. Cela dit, il est tout à fait juste et raisonnable de réclamer plus de transparence à propos du moment où la relance pourrait survenir.
     Je crains fort que nous commettions des erreurs à la Chambre quand nous sommes guidés par la partisanerie. Je repense à ce qui s'est produit au début de 2020. À la fin janvier ou au début février, les conservateurs reprochaient au gouvernement de ne pas déployer assez d'efforts pour faire sortir les Canadiens de Wuhan et les rapatrier au Canada. Ils ont maintenant oublié cet épisode et pensent que nous aurions dû fermer nos frontières plus tôt.
    Nous faisons tous de notre mieux. Pourrions-nous tenter de laisser la partisanerie de côté, chercher plutôt à déterminer quand les gens pourront être vaccinés et voir à ce que les communications soient claires? La population est encore à risque. Il ne faut pas tenter d'accélérer la réouverture des activités alors que les variants circulent dans la population.
    Madame la Présidente, j'aimerais vraiment que la députée puisse présenter des motions de l'opposition, car celles-ci viseraient un objectif réel au lieu d'être guidées par la partisanerie.
    La motion à l'étude est de nature tout à fait partisane. Les conservateurs souhaitent que nous votions contre cette motion pour pouvoir dire, ensuite, que les libéraux sont contre la réouverture.
    Madame la Présidente, je suis heureux de participer au débat sur la motion dont nous sommes saisis aujourd’hui.
    Je commencerai par reconnaître que l’année a été très difficile pour tous les Canadiens. Tout le monde a été touché par cette pandémie d’une manière ou d’une autre. Dans la circonscription de Newmarket Aurora, nous avons partagé la souffrance causée par les pertes de vie, les craintes pour l’avenir, l’impact sur la santé mentale, la solitude et les défis auxquels sont confrontées les petites entreprises, leurs propriétaires et leurs employés.
    Permettez-moi d’assurer à tous les Canadiens que le gouvernement reste déterminé à faire tout ce qu’il faut pour aider les Canadiens et les entreprises canadiennes à survivre à cette crise.
    Pour citer Martin Luther King jr., « La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis ».
    Dès le premier jour, le gouvernement a proposé un programme de soutien complet et financièrement responsable pour aider les Canadiens et les entreprises de toutes les tailles à faire face à la pandémie de COVID-19. Heureusement, nous étions en position de force pour réagir. Le Canada a été frappé par cette crise alors qu'il était en position financière solide, ce qui a permis au gouvernement de prendre des mesures décisives et de fournir le soutien qu’il fallait pour surmonter la tempête.
    Nous avons commencé avec une faible dette et nous avons été en mesure de maintenir cet avantage par rapport à nos pairs et, le coût du service de la dette étant historiquement bas, le gouvernement a pu se permettre de s’endetter pour que les Canadiens n’aient pas à le faire. Le coût du service de la dette fédérale par rapport à la taille de notre économie n’a jamais été aussi bas en 100 ans, et le gouvernement maintient ce faible coût en émettant davantage de titres de créance à plus long terme à des taux historiquement faibles.
    Le gouvernement fédéral a consacré plus de 8 $ des 10 $ dépensés au Canada à la lutte contre la COVID-19 et au soutien de Canadiens. Ces investissements représentent la plus importante intervention financière du Canada depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans son récent rapport sur les consultations de 2021 au titre de l’article IV, le Fonds monétaire international estime qu'à défaut du plan d’intervention économique du Canada pour la COVID-19, la production réelle aurait chuté de 7,8 % de plus en 2020 et le taux de chômage aurait été plus élevé de 3,2 %. En offrant aux entreprises et aux familles canadiennes une bouée de sauvetage financière pour les aider à traverser la crise, le gouvernement a aidé le Canada à éviter les faillites d’entreprises et de particuliers à grande échelle et les répercussions négatives que cela pourrait avoir sur des générations de Canadiens.
    Cependant, le gouvernement ne s’est pas contenté de déployer des programmes de soutien. En fait, la toute première chose qu’il a faite avec ses partenaires au début de la crise a été de faire en sorte que les entreprises aient accès au crédit. La première série de mesures coordonnées visait à soutenir les liquidités dans le secteur financier, le fonctionnement des marchés et l’accès continu au financement pour les entreprises canadiennes. Il s’agissait notamment du Programme de crédit aux entreprises dans le cadre duquel la Banque de développement du Canada et Exportation et développement Canada ont coopéré avec des prêteurs du secteur privé pour que les entreprises canadiennes aient accès à des solutions de financement et d'assurance-crédit.
    Le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes, qui est un volet important du programme, a permis aux petites entreprises d’obtenir des prêts sans intérêt d’un montant maximal de 60 000 $, dont un tiers sous forme de subvention, si le prêt était remboursé au 31 décembre 2020. Après avoir écouté les propriétaires d’entreprise canadiens, le gouvernement a modifié ou élargi le programme plusieurs fois, pour l’ouvrir aux travailleurs autonomes et pour augmenter le prêt maximum de 20 000 $. Au 11 mars, les demandes de prêt de plus de 846 000 entreprises étaient approuvées, pour un total de plus de 44 milliards de dollars.
    Le gouvernement a également fourni 306 millions de dollars en prêts sans intérêt à court terme et des contributions non remboursables par l’intermédiaire d’institutions financières autochtones, qui offrent des services de financement et de soutien aux entreprises inuites, métisses et des Premières Nations.
    De plus, le gouvernement a reporté la perception de l’impôt sur le revenu et des taxes de vente des entreprises, ce qui a libéré de précieux fonds à court terme au moment où elles devaient faire face à d’autres coûts.
    Ce train de mesures d’aide complet a permis aux entreprises canadiennes de continuer à payer leurs employés et leurs factures dans une période d’incertitude.
    La lutte contre la COVID-19 et le redressement de la situation économique ne dureront pas indéfiniment. Une fois que l’aide en période de crise ne sera plus nécessaire, il sera mis fin prudemment aux mesures temporaires.

  (1310)  

    Tout en assurant, dans les prochains mois, la transition entre les mesures d’atténuation et la reprise, le gouvernement tirera parti de l’expérience de nombreux pays après la crise financière de 2008-2009 et pendant les périodes de redressement qui ont suivi les grandes récessions précédentes. Il semblerait que la plupart des économies qui ont retiré trop rapidement le soutien financier ont connu ensuite une croissance plus lente. En outre, le Canada suivra les conseils du Fonds monétaire international et de l’Organisation de coopération et de développement économiques, selon lesquels les gouvernements doivent maintenir une aide financière substantielle pendant la crise et la phase de relance de l’économie.
    Lorsque nous normaliserons notre situation financière, au sortir de la pandémie, nous le ferons de nouveau en étant en position de force. La dette fédérale est nettement plus élevée que ces dernières années, mais elle sera bien plus gérable que lorsqu'elle se trouvait à un sommet historique, dans les années 1990.
    Une fois le virus maîtrisé et l’économie prête à repartir, le gouvernement déploiera un programme de relance ambitieux sur trois années financières, afin de dynamiser la relance pour soutenir la classe moyenne et faire en sorte qu’elle prospère. Ces dépenses supplémentaires ne figurent pas encore officiellement dans le cadre budgétaire du gouvernement, car l’ampleur et le calendrier de ce programme dépendent beaucoup de l’évolution de la situation économique et sanitaire.
    Par conséquent, afin de s'assurer que le Canada est prêt, le gouvernement envisage quatre scénarios différents en fonction de la portée et du profil de la relance et du moment où elle aura lieu. Le plan de croissance pour une reprise vigoureuse rendra l'économie plus verte, plus innovatrice, plus inclusive et plus concurrentielle. En collaboration avec les Canadiens, le gouvernement planifie les investissements à venir et se prépare à agir aussitôt que le virus sera maîtrisé. La clé de ce plan sera de procéder à des investissements judicieux et ponctuels qui produiront rapidement des résultats, sans pour autant négliger notre prospérité collective à long terme, la compétitivité des entreprises et la transition écologique.
    Malgré les récents signes encourageants de reprise, nous ne sommes pas encore tirés d'affaire. Environ 1 million de Canadiens qui avaient un emploi avant la crise sont toujours au chômage ou ont des heures de travail considérablement réduites, et bon nombre de petites entreprises sont encore durement éprouvées par la pandémie. Le gouvernement du Canada continuera de mettre en place tous les moyens financiers nécessaires pour lutter contre la pandémie et assurer une relance vigoureuse, tout en maintenant une gestion prudente de ses finances. Cela lui permettra de préserver l'avantage que présente son faible niveau d'endettement par rapport aux autres pays du G7. La stratégie gouvernementale sera mise en œuvre de façon responsable et prévoit l'adoption d'une approche durable pour les prochaines générations.

  (1315)  

    Madame la Présidente, j'ai écouté attentivement le débat d'aujourd'hui, et les députés ministériels répètent constamment la même chose. Comme des questions de compétence entrent en jeu, nous ne devrions pas dire aux provinces quoi faire parce qu'elles doivent prendre ces décisions. Nous ne devrions pas empiéter sur la compétence provinciale; par conséquent, le gouvernement ne peut pas établir un plan à l'échelle fédérale. C'est essentiellement ce qu'ils avancent.
    Je viens de consulter le site Web de Joe Biden. Il y a publié le plan Biden pour une réouverture efficace qui dynamise l'économie. Les États-Unis sont une république. Ils comptent 50 États ayant des champs de compétence distincts. Le gouvernement fédéral américain doit aussi jongler avec des questions de compétence. Si un pays comme les États-Unis, qui est formé de 50 États et d'autres territoires, peut y arriver, pourquoi le Canada est-il incapable de publier un plan tout comme le président Biden l'a fait?
    Madame la Présidente, l'une des choses qui me rendent particulièrement fier est la façon avec laquelle le fédéral, les provinces et les municipalités ont travaillé ensemble en raison de l'urgence de la situation. En grande partie, cette collaboration se poursuit. J'espère sincèrement, comme d'autres députés l'ont dit avant moi, que nous pourrons avancer sans nous embourber dans les motifs et les objectifs partisans.
    Bien des discussions avec les municipalités et les provinces seront nécessaires pour aller de l'avant, mais il ne faut pas oublier que la situation évolue. De nouveaux éléments font constamment surface. Pensons notamment à ces variants préoccupants, à leurs répercussions sur nous ou la province de l'Ontario et au degré d'infection qui demeure très élevé. Ces aspects doivent être pris en compte pour que nous puissions établir des solutions stratégiques, ciblées et directes que nous...
    Nous poursuivons les questions et observations. Le député d'Hastings—Lennox and Addington a la parole.
    Madame la Présidente, je voudrais simplement formuler quelques observations. Je pense que certaines choses valent la peine d'être dites concernant les champs de compétence provinciale et fédérale. Cela dit, je crois que nous avons besoin de voir plus de leadership, ne serait-ce que publiquement, en ce qui concerne un plan pour nous en sortir.
    J'aimerais également revenir sur certains arguments financiers présentés. Si j'ai bien compris le député, il dit essentiellement que le gouvernement a ouvert toutes grandes les vannes et a fait tout en son pouvoir pour injecter autant d'argent que possible dans l'économie. Or, je doute fort que nous puissions répéter une telle manœuvre. Des variants ont fait surface. Diverses autres épidémies sont survenues au cours des 10 ou 20 dernières années, notamment celle du SRAS. D'autres pandémies nous affligeront un jour ou l'autre dans le futur.
    Comment composerons-nous avec la situation si elle se présente de nouveau? On ne peut ouvrir toutes grandes les vannes chaque fois qu'une crise survient. Qu'en pense le député?

  (1320)  

    Madame la Présidente, je suis entièrement d'accord: la leçon à retenir jusqu'à maintenant, c'est que nous devons nous préparer à faire face à ce genre de situations. Nous habitons dans un village planétaire et toute pandémie peut donc finir par se propager au Canada. Je ne crois pas que notre pays soit plus isolé qu'un autre. C'est tout simplement faux.
    Ce que nous devons faire, c'est examiner ce qui s'est passé afin de faire mieux la prochaine fois. Par exemple, comme le comité de la santé l'a souligné, nous devrions mieux coordonner nos points de données, améliorer notre conception et nous assurer que la production de vaccins soit durable.
    Il ne s'agit là que de quelques exemples des leçons que nous avons apprises et de celles que nous devrions tirer.
    Madame la Présidente, je crois que ce qui m'irrite au sujet des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre la pandémie, c'est notamment son incapacité à comprendre le rôle et les relations appropriés entre la fonction publique et nos dirigeants politiques. Les membres de la fonction publique nous offrent des conseils d'experts en fonction de leur spécialité respective, et c'est à nos dirigeants politiques qu'il revient de mettre les conseils qu'ils reçoivent en pratique sur le plan social, sanitaire ou économique, puis d'établir un plan ou une vision d'avenir afin que nous puissions aller de l'avant dans l'intérêt public. Le gouvernement déclare plutôt qu'il va tout simplement s'en remettre aux experts sans réellement prendre le temps d'absorber leurs conseils, de les digérer puis d'élaborer un véritable plan pour l'avenir.
    Le député croit-il qu'il est de la responsabilité du gouvernement d'établir un plan pour nous sortir de la situation actuelle, ou est-il plutôt d'avis que le gouvernement peut continuer de renoncer à ses responsabilités?
    Madame la Présidente, je ne suis pas d'avis que le gouvernement renonce à ses responsabilités. Je crois plutôt qu'il adopte une approche très responsable à l'égard du plan. Nous sommes à l'écoute des scientifiques et nous organisons un plan.
    Il est tout simplement ridicule de laisser entendre que tout cela peut être fait en 20 jours ouvrables et...
    Nous reprenons le débat. Le député de Central Okanagan—Similkameen—Nicola a la parole.
    Madame la Présidente, avant de parler de la motion dont la Chambre est saisie, je voudrais d'abord rappeler certains faits.
    En 2017, le premier ministre a eu une idée, qui consistait à se servir d'un projet de loi budgétaire omnibus pour créer une nouvelle taxe d'accise avec indexation sur l'alcool vendu au Canada. Cela signifiait que la taxe sur la plupart des vins, des bières et des spiritueux vendus au Canada augmenterait par défaut chaque année sans que la Chambre ait à en débattre. Nous qui formons l'opposition n'appuyions pas cette idée.
     J'avais prévenu le gouvernement de ce qui arriverait si les vins canadiens entièrement produits à partir de raisins canadiens devaient être visés par une exemption de la taxe d'accise. Selon Vignerons Canada, l'exemption de la taxe d'accise « a mené à la création de plus de 400 vignobles et à une augmentation de 40 millions de litres des ventes de vin [...] Les retombées économiques de cette croissance sont de 4,4 milliards de dollars par année. »
    Comme je l'avais expliqué au gouvernement libéral lorsque je l'ai mis en garde, le problème de la taxe d'accise avec indexation est qu'elle rendrait les vins produits à l'étranger et vendus au Canada plus chers que les vins canadiens entièrement produits à partir de raisins canadiens et que cette pratique finirait par donner lieu à des contestations invoquant les règles du commerce international. En bref, c'est ce qui s'est produit. Le gouvernement libéral a donc capitulé et il a accepté d'éliminer l'exemption de la taxe d'accise à laquelle avaient droit les producteurs de raisins canadiens. En contrepartie, le gouvernement libéral a promis un plan pour compenser les dommages économiques causés à cette industrie, mais nous voici en 2021 et il n'y a toujours pas de plan.
    Si j'en parle aujourd'hui, ce n'est pas parce que je veux en profiter pour dire « je vous l'avais bien dit ». C'est parce que je veux rappeler à tout le monde que, lorsque les gouvernements ne réfléchissent pas aux répercussions de leurs décisions, ils risquent de faire des erreurs aux conséquences graves. Maintenant plus que jamais, nous devons être vigilants et nous avons besoin d'un plan; il nous faut dès maintenant un plan pour l'avenir.
    Le Canada a pris un retard considérable par rapport à d'autres pays dans la manière dont il a fait face à la pandémie. Le gouvernement a tardé à fermer les frontières, il a pris du retard, par exemple, dans l'acquisition d'équipement de protection individuelle, et nous accusons actuellement du retard en ce qui concerne la vaccination. Bien que le Canada ait dépensé davantage que tout autre pays de sa taille, nous savons tous que nous n'avons pas réussi à obtenir les résultats dont nous avons désespérément besoin. Je ne cherche pas à trouver des coupables. Je sais qu'aucun premier ministre ne souhaiterait se retrouver volontairement dans la crise que nous traversons en ce moment. Le premier ministre n'est assurément pas responsable de la COVID-19. Néanmoins, la fonction qu'il occupe lui permet de disposer de ressources massives pour prendre des mesures, et il est donc comptable des décisions de son gouvernement.
    Que peut-on reprocher au premier ministre? Comme le montrent de nombreux documents obtenus grâce à une ordonnance de communication, le Cabinet du premier ministre a souvent usé de manœuvres de manipulation, de dissimulation et de diversion pour détourner l'attention des échecs qui se poursuivent. Nous en sommes à ce constat et, en tant que parlementaires, nous devons nous acquitter de nos responsabilités. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour faciliter la reprise économique. J'aimerais faire quelques réflexions et quelques observations sur ce que nous devons commencer à envisager collectivement, au cas où certains députés n'y auraient pas déjà songé.
    Commençons par l'assurance-emploi. Nous savons que, vu l'élimination de la Prestation canadienne d'urgence, beaucoup de personnes se tournent vers l'assurance-emploi. Des personnes qui ne seraient normalement pas admissibles à l'assurance-emploi reçoivent maintenant des sommes records de ce régime. Le problème, c'est que la loi exige que le régime d'assurance-emploi soit viable. Le gouvernement libéral refuse de dévoiler l'état actuel du Compte d'assurance-emploi, mais nous savons, selon le directeur parlementaire du budget, le Compte des opérations de l'assurance-emploi est en voie d'enregistrer un déficit cumulatif de 52 milliards de dollars d'ici la fin 2024, et il ne s'agit que d'une estimation. Chaque jour où nous ne présentons pas un plan pour relancer l'économie, les dépenses liées à l'assurance-emploi continuent à dépasser les recettes.
    Ce n'est pas de la politique partisane. Il ne s'agit pas d'un cas isolé. Cette situation se produit dans toutes les régions du pays aujourd'hui. Je le répète, le régime d'assurance-emploi doit être viable. Le Compte d'assurance-emploi ne s'équilibrera pas de lui-même: il faudra un plan rigoureux. Si les employeurs n'embauchent personne ou qu'ils continuent à perdre rapidement leurs employés, le fardeau qui pèse sur le régime d'assurance-emploi s'alourdira. Par conséquent, il faudra augmenter les cotisations à l'assurance-emploi pour compenser le manque à gagner de ces employeurs et le nombre de moins en moins élevé de travailleurs. Or, le premier ministre et ses ministres continuent à faire fi de cette réalité. Je crois que nous sommes tous conscients que le Canada fait fi de ce genre de problèmes à ses risques et périls. Ce n'est qu'un exemple qui montre pourquoi nous avons besoin d'un plan de relance économique.
    J'ai un autre exemple dans ma circonscription.
    L'Okanagan, tout comme d'autres régions du Canada, dépend beaucoup de l'industrie du tourisme. Nous avons maintenant des cas où des Américains qui ont été vaccinés — 200 millions d'Américains se font vacciner chaque jour — font des réservations en prévision de leurs prochaines vacances estivales ou hivernales. Si nous ne commençons pas à annoncer quels paramètres fondés sur la science nous allons appliquer, qui peut franchir notre frontière et quelles sont les conditions à respecter, les touristes vont simplement se tourner vers d'autres destinations et aller dépenser leur argent ailleurs. Ils ne viendront pas ici, au Canada, où les petites entreprises d'hébergement et autres petits commerces, parmi lesquels la pandémie a fait des ravages, sont nombreux à fonctionner à crédit. Ils reçoivent pour des dizaines de milliers de dollars de demandes de réservation, mais ils ne savent pas du tout quoi faire. Pourquoi? Parce que le premier ministre n'a absolument rien dit sur un éventuel plan pour relancer l'économie.

  (1325)  

    Même si une grande partie du tourisme se fait en voiture, n'oublions pas que beaucoup de gens se rendent dans ma province natale, la Colombie-Britannique, en avion. Pour ceux qui travaillent dans le secteur de l'aviation, la situation a été tout simplement dévastatrice. Nous voici un an après le début de la pandémie et il n'y a aucun plan, pas même un programme d'aide pour ce secteur essentiel. Quelles seront les répercussions à long terme pour les Canadiens si le secteur de l'aviation ne s'en remet pas? Qu'en sera-t-il du secteur touristique?
    Voici quelque chose que je pensais ne jamais voir dans ma région. L'aéroport international de Kelowna est une artère majeure pour le développement économique de l'Okanagan. Pourtant, parce qu'il appartient à la ville de Kelowna, il n'a pas reçu un seul centime de subvention salariale du gouvernement fédéral.
    En 2019, l'aéroport international de Kelowna était en plein essor et les responsables avaient des plans d'expansion ambitieux. Des parties importantes de ces plans ont dû être mises en suspens à cause de la pandémie. Sans plan de relance solide, comme l'a demandé le chef de l’opposition, l'absence de mesures concrètes de la part du premier ministre se traduit par moins de possibilités d'emplois et d'investissements tant pour l'aéroport que pour la région qui en dépend.
    Selon Sam Samaddar, le directeur de l'aéroport international de Kelowna, étant donné qu'Ottawa fournit actuellement peu d'aide à l'industrie, si des changements immédiats ne sont pas apportés, on pourrait voir des Canadiens se rendre aux États-Unis en voiture pour prendre des vols moins chers à partir d'aéroports américains lorsque tout finira par revenir à la normale.
    La semaine dernière, lors d'une entrevue avec le Kelowna Daily Courier, Sam Samaddar a dit ceci:
    Pour être honnête, l'investissement du gouvernement canadien dans l'industrie aérienne a été épouvantable [...] Un an s'est écoulé depuis le début de la pandémie et je n'arrive pas à croire que nous n'avons toujours pas de système de recherche automatique des contacts.
    Nous tirons de l'arrière dans la recherche des contacts, la création de réserves d'équipement de protection individuelle, les tests de dépistage rapide et les vaccins. En parlant de vaccins, le premier ministre a laissé entendre que tous les Canadiens qui veulent être vaccinés le seront d'ici la fin septembre. Le problème, c'est que beaucoup de gens ne peuvent pas se permettre de perdre une autre saison touristique estivale.
    Je suis convaincu que je ne suis pas le seul à avoir remarqué le nombre croissant d'affiches « À louer » dans de nombreux centres-villes de ma circonscription. Beaucoup des petites entreprises qui ferment leurs portes étaient en activité depuis de nombreuses années. La plupart de celles qui ont communiqué avec moi m'ont dit qu'elles ferment leurs portes parce qu'elles n'ont plus les moyens de rester ouvertes ou, dans certains cas, parce qu'elles n'y voient pas clair, ne voient aucune raison de rester ouvertes et préfèrent réduire leurs pertes dès maintenant.
    Encore une fois, le premier ministre n'a aucun plan. Il nous propose des formules accrocheuses comme « rebâtir en mieux ». Qu'est-ce que cela veut dire? Les gens ne peuvent rien bâtir tant qu'il n'y a pas de budget. Le premier ministre refuse de présenter un budget depuis plus de deux ans. Rebâtir en mieux sans avoir de plan, cela équivaut à ne rien bâtir. En gros, « rebâtir en mieux » est simplement une autre expression à la mode.
    En ce moment, le gouvernement ne bâtit rien dans nos collectivités. Plus tôt cette année, le premier ministre a envoyé une lettre de mandat révisée à la ministre des Finances, dans laquelle il lui a donné pour instruction de ne pas créer de nouvelles dépenses permanentes. À peine quelques mois plus tard, ce même premier ministre a promis d'augmenter de façon permanente les dépenses en matière de transport, mais la plus grande partie de cette augmentation aura lieu dans cinq ans. Voilà le problème.
    Le premier ministre improvise littéralement au jour le jour. D'abord, le gouvernement n'augmentera pas les dépenses, jusqu'à ce qu'il les augmente. La plupart des augmentations seront accordées dans cinq ans. Le gouvernement n'a pas de budget pour montrer comment cette promesse sera mise en œuvre. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner? Je pense que nous savons tous que ce n'est pas de la bonne gouvernance.
    En l'absence de plan, nous devons nous contenter de promesses inventées au fur et à mesure. Dans cinq ans, l'énorme déficit de l'assurance-emploi, qui atteint des milliards de dollars, devra être remboursé d'une manière ou d'une autre. Qui le remboursera et comment? Les cotisations versées par les travailleurs augmenteront-elles encore? Si oui, la rémunération nette des travailleurs s'en trouvera réduite au moment même où l'inflation réduira peut-être la valeur de nos dollars. Est-ce là ce qu'on entend par « rebâtir en mieux »? Si oui, bien des gens auront du mal à y voir une amélioration.
    S'il y a une chose que nous savons, c'est que ces problèmes ne se régleront pas tout seuls. Le niveau de dépenses actuel ne peut pas durer, nous le savons tous. J'imagine que le premier ministre avait de bonnes raisons de demander à la ministre des Finances de ne pas créer de nouvelles dépenses permanentes. Nous savons aussi qu'il y aura une élection générale à un moment donné et que le premier ministre annoncera alors plus de dépenses, comme c'est son habitude.
    Notre défi, c'est qu'il nous faut dès maintenant un plan qui sera examiné par la législature actuelle, dans laquelle le gouvernement est minoritaire; il nous faut un plan fondé sur des données, qui apportera aux gens de l'espoir et de la certitude. Nous avons besoin d'un plan qui nous servira de feuille de route et nous aidera à traiter avec les pays qui sont plus avancés que nous dans la gestion de la pandémie. Nous avons grandement besoin d'aider les petites entreprises. N'oublions pas...

  (1330)  

    Nous passons maintenant aux questions et aux observations. Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, le député a parlé du régime d'assurance-emploi, du fait qu'il faut en prendre soin et du fait que nous avons dû nous reposer sur lui pour aider les Canadiens pendant la pandémie. Certaines de ses questions étaient très pertinentes, notamment quand il parle des remboursements et des moyens à prendre pour regarnir les réserves, qui sont essentielles au bon fonctionnement de l'assurance-emploi.
    J'aimerais lui poser une question et j'espère qu'il verra qu'il s'agit d'une question sincère. Est-il d'avis que nous n'aurions pas dû dépenser tout cet argent? Estime-t-il que nous aurions dû en dépenser moins? J'essaie de comprendre sa position. L'avenir nous réserve son lot de difficultés, j'en conviens, mais est-il en train de nous dire qu'il regrette que le Parlement ait voté à l'unanimité en faveur de ces mesures?
    Madame la Présidente, je me contenterai de rappeler au député que j'ai déjà été porte-parole de mon parti en matière d'emploi et que notre parti a donné son aval à une bonne partie des dépenses liées à la COVID-19 parce que les Canadiens en avaient besoin. Cela dit, c'est de certitude qu'ils ont maintenant besoin afin que les entreprises puissent planifier leurs affaires. Ils ont besoin d'espoir. Ils ont besoin de savoir que, lorsque le Canada est uni, il va beaucoup plus loin.
    Le député a parlé de la motion. Nous demandons que le gouvernement présente un plan clair, qui reposera sur des données éprouvées et qui permettra de lever — graduellement, mais pour de bon — les restrictions liées à la pandémie, sans mettre la vie de qui que ce soit en danger. C'est ce que je demande moi aussi. Nous devons avoir la réponse à ces questions. Le gouvernement est tout en haut de la pyramide décisionnelle et c'est lui qui est le mieux placé pour prendre ces décisions. Que le premier ministre prenne les devants, pour une fois.
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec mon collègue à propos du plan. Nos circonscriptions sont semblables. Les stations de ski Sun Peaks et Big White sont magnifiques. Elles tiennent encore bon. Cependant, des personnes qui vivent de l'autre côté de la frontière s'y rendent, car elles y possèdent une résidence. Elles affirment qu'il faut un plan. Elles veulent savoir si les gens ont été vaccinés. Elles veulent savoir s'il s'agira d'un critère pour la réouverture de la frontière. Elles veulent connaître les facteurs ou les données utilisés de part et d'autre de la frontière, étant donné qu'elles ont beaucoup investi dans l'immobilier. Ces personnes se sont montrées tolérantes durant toute cette mésaventure. Elles comprennent la situation, mais elles réclament un plan. Je suppose qu'on a raconté des histoires très semblables à mon collègue. Je me demande s'il pourrait nous relater certaines de ces histoires.

  (1335)  

    Madame la Présidente, comme je l'ai mentionné dans mon discours, bon nombre d'hôteliers et d'entreprises touristiques se font demander si les Américains peuvent faire des réservations pour séjourner au Canada. La réponse, c'est qu'ils ne le savent pas. Ils ne savent pas avec assurance combien d'employés ils doivent embaucher et s'ils peuvent accepter des dépôts.
    Si on y regarde de plus près, on constate que le premier ministre est en poste depuis plus longtemps que le président Biden et le premier ministre Boris Johnson, mais que ces deux dirigeants ont présenté à leur population une approche claire et fondée sur des données pour rouvrir l'économie.
    Que fait notre premier ministre? Il fait des annonces et essaie de dépenser de l'argent. Je le répète, il n'est pas dans la même situation que d'autres dirigeants ayant moins d'expérience. Pourquoi? À cause de son manque de leadership. Si le premier ministre souhaite toujours garder son poste, il devrait assumer les responsabilités qui y sont associées.
    Madame la Présidente, selon moi, il y a eu beaucoup de propos alarmistes en ce qui concerne la COVID-19, et je dis cela dans ce contexte. Les dirigeants à l'échelle provinciale et fédérale n'ont pas été assez clairs. On a compté le nombre de cas et le nombre de morts. L'Alberta, et c'est tout à son honneur, a segmenté les données, ce qui fait que l'on sait que ce sont les personnes âgées souffrant de comorbidités qui sont les plus touchées. C'est un renseignement utile pour éviter que tout le monde soit terrorisé.
     Qu'est-ce que le premier ministre aurait pu donner en matière d'éclaircissements et d'explications pour éviter que de jeunes enfants développent des troubles mentaux en raison de leur peur de la COVID-19?
    Madame la Présidente, mon chef a annoncé un plan de relance qui couvre l'emploi — plus d'un million d'emplois seront créés —, l'appui à la santé mentale, comme une ligne téléphonique nationale où les gens pourraient appeler, et qui prévoit une reddition de comptes accrue de la part du gouvernement. Comme nous l'avons vu à maintes reprises, le gouvernement libéral ne fait preuve d'aucune transparence.
    Voilà le genre de mesures que les Canadiens attendent de la part de leurs dirigeants. Très honnêtement, si le premier ministre n'est pas prêt à commencer à s'atteler à la tâche, il devrait simplement démissionner et laisser quelqu'un comme mon chef, qui sait dans quelle direction le pays doit aller, donner de l'espoir aux Canadiens.
    Madame la Présidente, j’ai une bonne nouvelle à annoncer à la Chambre. Les Mariners de Seattle accueilleront 9 000 partisans. Ils viennent d’obtenir l’approbation de l’État de Washington, un État très progressiste et engagé au sud de la frontière, dont les tendances idéologiques sont très semblables à celles du gouvernement. Cet État dit avoir approuvé un plan sécuritaire permettant à 9 000 partisans de participer à un événement sportif majeur à Seattle.
    En même temps, nous avons appris que nos Blue Jays, à Toronto, ne pourront rien faire de semblable. En fait, leurs porte-parole ont publié une déclaration dans laquelle ils disaient ceci: « Nous avions espéré voir des améliorations dans les perspectives de santé publique à l’approche de la saison de baseball. Compte tenu de la fermeture actuelle de la frontière canado-américaine, nous avons pris la difficile décision de jouer nos deux premières parties à domicile de la saison régulière 2021... au TD Ballpark en Floride. » Ce sont les entreprises floridiennes qui bénéficieront pleinement de cet événement sportif majeur.
    Il n’y a pas que les événements sportifs qui reprennent partout dans le monde. Les Australiens et les Néo-Zélandais sont en train de mettre la dernière main à leurs plans pour permettre aux gens de voyager entre leurs deux pays sans se soumettre à une quarantaine. Il y a aussi Taïwan, qui a à peu près le plus faible taux de mortalité attribuable à la COVID sur la planète, même s’il s’agit du pays voisin de celui où la pandémie a commencé.
    Selon Brookings Institution, un groupe de réflexion progressiste des États-Unis:
    Taiwan a beaucoup mieux géré la propagation de la COVID-19 que la plupart des autres pays. En 2020, sa population de 23,5 millions de personnes a souffert seulement sept décès. À l'exception de quelques courtes semaines de confinement en mars l'an dernier, la vie à Taiwan se déroule normalement. Les écoles, les bureaux et les restaurants sont ouverts comme d'habitude, mis à part des mesures de vérification de la température, de désinfection des mains et de distanciation sociale. Des concerts de Yo-Yo Ma et des spectacles du Fantôme de l'opéra ont attiré des milliers de spectateurs dans des amphithéâtres.
    Sept décès, et tout cela a lieu. On ne parle pas de sept décès par 100 000 habitants ou 1 million d'habitants. On parle de sept décès au total depuis l'apparition de la COVID dans le pays voisin. En fait, le bilan au Canada est de 601 décès par million d'habitants; celui de Taiwan se chiffre à 0,42; Singapour, à 5,13; l'Australie, à 35,6. Autrement dit, même si on ne le compare qu'à l'Australie, on voit que le taux de mortalité du Canada est 20 fois supérieur, et pourtant, nos restrictions sont parmi les plus sévères.
    Il est facile de hausser les épaules en disant qu'on se fiche bien du baseball, des congrès artistiques ou des déplacements entre les pays. Comme aucune de ces activités n’est au cœur de l’existence humaine, nous ne devrions pas nous inquiéter du fait qu’elles sont encore en grande partie éliminées ou restreintes. Toutefois, en réalité, ce sont des symboles du sacrifice humain monumental que notre population est forcée de faire. Non seulement nous n’affichons qu’environ 45 vaccinations par habitant, mais nous nous classons au 11e rang sur 15 au chapitre de l’indice de la détresse. Selon l’Institut Macdonald-Laurier, cela englobe toutes les détresses que nous avons vécues pendant la pandémie de COVID.
    Il ne s’agit pas seulement de chiffres et de statistiques. Ce sont des vies humaines. Selon la CBC, le nombre d’appels à une ligne de prévention du suicide a augmenté de 200 % au cours de cette dernière année. Cela a incité un député conservateur de la Colombie-Britannique à présenter une motion demandant l’établissement d’une ligne unique d’aide au suicide. C’est une bonne idée, mais nous aurions préféré qu'il ne soit pas nécessaire d'en arriver là. Nous voudrions bien que les lignes de prévention du suicide n'aient pas besoin d'exister, mais l’Université de Calgary a constaté que chaque fois que le taux de chômage augmente d’un point de pourcentage, le taux de suicide augmente de deux points. Voilà le coût humain.
    Il n'y a pas seulement que les suicides; le nombre de surdoses de drogues a aussi atteint un sommet pendant la pandémie. Il a augmenté de 50 % en Alberta et en Ontario pendant la période où les Canadiens ont été forcés de se confiner chez eux. Ces statistiques reflètent ce qui s’est passé partout au pays.

  (1340)  

    Même l’administratrice en chef de la santé publique, Theresa Tam, a écrit: « Statistique Canada a constaté un plus faible niveau de satisfaction à l’égard de la vie chez les Canadiens sans emploi et a fait remarquer que cette relation est plus qu’une simple question d’argent [...] » Elle souligne ainsi ce que les Canadiens confinés chez eux ou privés de leur emploi à cause du confinement ont toujours su.
    Il ne s’agit pas seulement de l’énorme crise économique de 100 milliards de dollars que notre pays traverse. Il ne s’agit pas seulement d’un déficit de 400 milliards de dollars, qui est de loin le plus important de l’histoire du Canada. Il s’agit de la souffrance humaine et très réelle des gens, qui a entraîné des taux de mortalité plus élevés dans d’innombrables autres secteurs. Je pense non seulement aux surdoses de drogues et d’opioïdes, mais aussi à la souffrance des aînés. Nous avons tous entendu les récits tragiques d’aînés qui ont dû mourir seuls, séparés des êtres chers qu’ils avaient connus toute leur vie.
    Dans un message que j’ai reçu récemment, une aînée me disait qu’elle n’avait plus de raison de vivre. Cela fait un an qu’elle n’a pas vu son petit-enfant, ni certains de ses enfants. Bon nombre des activités qu’elle aimait faire sont maintenant interdites, et comme elle a plus de 80 ans, elle ne sait pas combien de temps il lui reste à vivre. Pour une personne de cette tranche d’âge, le temps est une denrée précieuse qui se raréfie, une réalité que le gouvernement, par son incompétence dans la gestion de la COVID, a exacerbée de jour en jour. Il s’agit de souffrances humaines bien réelles qui découlent de l’incapacité du gouvernement de mettre notre pays à l’abri de cette pandémie et de nous permettre d’aller de l’avant et de relancer notre économie tout en protégeant les vies humaines.
    Je pense par exemple à nos amis en Israël, où le premier ministre Benyamin Nétanyahou négociait déjà au téléphone à 3 heures du matin avec les entreprises responsables de fournir des vaccins. Cela lui a permis d’obtenir plus de 100 vaccins pour chaque tranche de 100 Israéliens, alors que nous en sommes maintenant à environ cinq pour le même nombre de Canadiens. Israël, un petit pays aux défis économiques et de sécurité sans fin, entouré d’États hostiles, dont beaucoup sont contrôlés par des terroristes et des tyrans, réussit à surpasser le Canada.
    Nous pouvons aussi regarder les autres pays du monde, comme Singapour, une petite île sans ressources, et Taïwan, un pays voisin de celui où a commencé la pandémie. Je sais que les libéraux d’en face pensent qu’Israël, Taïwan et Singapour nous devancent parce que ce sont des pays très avancés avec lesquels nous ne pouvons pas nous attendre à être concurrentiels.
    À une certaine époque, le Canada avait une économie avancée et était l’un des meilleurs endroits au monde pour faire des affaires et répondre aux besoins essentiels de la population. Malheureusement, cette époque est en train de s’estomper. Je crains que nous acceptions lentement, comme la grenouille dans l’eau qui se réchauffe peu à peu, le statut de « perdant » que le gouvernement nous impose. Nous avons le déficit le plus élevé par rapport au PIB des pays du G20, les pires taux de vaccination des pays du G7 et le taux de chômage le plus élevé des pays du G7. Voilà les résultats du Canada.
    On accepte presque sans sourciller que le Canada, un pays qui était autrefois le meilleur, accuse du retard par rapport au reste du monde. Autrefois, les Nations unies disaient que nous étions le meilleur endroit au monde où vivre. On n’entend plus les gens parler ainsi. On parle plutôt de l’Irlande, dont le PIB par habitant est de 70 % supérieur à celui du Canada. Pourtant, c’est un pays qui ne possède qu’une fraction des ressources et des terres du Canada et qui est loin d'avoir l’avantage géographique dont nous jouissons ici.
    Nous devons dire que c’est assez, que nous n’allons plus accepter ce statut de « perdants ». Nous devrions être les meilleurs, non seulement pour ce qui est d’obtenir des vaccins et de protéger notre population, mais aussi pour tout le reste. Nous avons la chance d’avoir plus d'avantages naturels que n’importe quel autre pays du monde et peut-être que n’importe quel autre pays dans l’histoire du monde.
    Il est temps que nous nous imposions, à nous et à notre gouvernement, des normes plus élevées, afin de pouvoir répondre aux attentes que nous, les Canadiens, avons depuis si longtemps. Nous devons léguer à la prochaine génération le meilleur pays qui soit.

  (1345)  

    Madame la Présidente, j'ai écouté la longue litanie, récitée par le député, de ce que je suppose être des faits. Les journalistes, y compris moi-même, deviennent toujours un peu nerveux lorsqu'un politicien mentionne un chiffre rond. En effet, les politiciens arrondissent les chiffres à la hausse ou à la baisse pour des motifs politiques. Au sein de son parti, 54 % de ses collègues ne peuvent même pas reconnaître l'existence des changements climatiques, alors je vous fais grâce de ce que je pense de sa représentation des faits.
    Le député d'en face a mentionné l'Australie. J'aimerais qu'il me dise si, durant la pandémie, des camions ont traversé une frontière internationale pour se rendre en Australie ou si des infirmiers australiens ont franchi une rivière pour offrir des services de santé dans une ville d'un autre pays, par exemple à Detroit, avant de retourner chez eux le soir venu.
    Puisqu'il choisit uniquement ce qui fait son affaire, j'aimerais aussi que le député d'en face nous parle de son séjour somptueux en compagnie de son épouse dans un appartement terrasse tout inclus de Taïwan, où le champagne coulait à flots. Mystérieusement, il a complètement oublié de mentionner ce voyage aux mandataires du Parlement. J'aimerais savoir si l'indulgence qu'il montre à l'égard des voyages gratuits explique la raison pour laquelle il cite Taïwan comme exemple relativement à la COVID...
    Le député de Carleton a la parole.
    Madame la Présidente, évidemment les allégations diffamatoires du député sont carrément fausses et, par surcroît, sa question comportait un grand nombre d'erreurs factuelles. Je peux affirmer au député qu'aucune des 2 000 personnes arrivées au Canada de la région la plus touchée de Chine n'est arrivée par camion non plus, même après que le secteur militaire ait averti le gouvernement qu'une pandémie commençait à se manifester là-bas. Tous ces gens sont arrivés par avion, à moins que le député ne connaisse un pont transocéanique qu'ils auraient pu emprunter. Ces gens sont arrivés au Canada parce que le gouvernement a laissé les frontières ouvertes même après que nous l'ayons enjoint de ne pas le faire.
    Le député est mal placé pour pointer du doigt les politiciens qui utilisent des chiffres comportant de nombreux zéros. Il se vante régulièrement d'avoir mis en place un plan de logement de 70 milliards de dollars qui a aidé 10 000 sans-abri dans sa ville, Toronto. Or, Toronto se classe actuellement au sixième rang des villes où l'immobilier est le plus cher sur la planète, même si nous vivons dans un des pays les moins densément peuplés au monde. Le député est responsable du dossier du logement dans cette ville depuis 15 ou 20 ans, et en dépit de tout l'argent qu'il est fier d'avoir dépensé, il a obtenu l'un des pires résultats auxquels on pouvait s'attendre.

  (1350)  

    Madame la Présidente, j'aimerais beaucoup savoir ce que le député de Carleton pense de l'approche adoptée par l'Australie au sujet des différences entre les champs de compétence. Un peu comme les provinces canadiennes, les États australiens ont d'importants pouvoirs, mais ils sont organisés différemment. En Australie, l'administrateur en chef de la santé publique du pays, l'équivalent de notre Dre Theresa Tam, discute à la même table que ses homologues provinciaux, comme Bonnie Henry ou Rob Strang.
    J'aimerais savoir si le député croit que le Canada devrait tirer des leçons de la coordination entre les ordres de gouvernement australiens et de la façon dont ce pays a géré la crise de la COVID-19.
    Monsieur le Président, comme d'autres pays semblables au nôtre, l'Australie a mis en œuvre des mesures dont nous pourrions tirer des leçons. Il ne fait aucun doute qu'ici, au Canada, il y a eu un manque de coordination, mais cela est en partie dû au fait que le gouvernement a répandu des renseignements gravement erronés dès le départ.
    Les libéraux nous ont dit que cela ne nous aiderait pas, que cela allait plutôt nous nuire en fait, si nous fermions nos frontières aux voyageurs provenant de pays infectés. Nous avons plus tard appris qu'ils avaient tort, ce qu'ils admettent maintenant. Ils ont aussi dit aux Canadiens de ne pas porter de masque, puis ils ont changé d'avis à ce sujet également.
    Cette constante propagation de renseignements faux ou trompeurs de la part du gouvernement est une des causes fondamentales de la si piètre réponse du Canada à la pandémie par rapport à d'autres pays.
    Madame la Présidente, les remarques que mon collègue vient de formuler sont mûrement réfléchies, et je veux souligner ses réflexions à propos des répercussions, intentionnelles ou non, sur la condition humaine, ainsi que des conséquences que nous avons constatées. À l'évidence, on commence à parler d'une pandémie consécutive touchant la santé mentale, notamment avec du stress, de l'anxiété, de la dépression et des suicides. On parle aussi des répercussions sur les aînés, auxquelles mon collègue a fait allusion. Les aînés ont l'impression d'avoir perdu le contrôle de leur vie, puisqu'ils n'ont pas fait partie du processus de décision. Je me demande si mon collègue pourrait faire des commentaires sur ces deux enjeux.
    Madame la Présidente, la députée avance d'excellents arguments. Je suis très fier que le nom de nos circonscriptions se ressemble un peu, même si elle provient de la belle province de la Saskatchewan et que ma circonscription se trouve en Ontario. Quoi qu'il en soit, je suis d'accord avec tout ce qu'elle a dit et j'aimerais qu'elle dispose de plus de temps pour nous en parler.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Moncton—Riverview—Dieppe.
    Je vais reprendre là où nous nous étions arrêtés, avec les députés conservateurs.
    Toute la journée, j’ai écouté les conservateurs discourir, comme le député de Carleton qui a parlé d’une culture de « perdants ». Je ne devrais pas être surprise, mais je ne peux pas croire que j’entends des députés de l’opposition parler de cette façon d’une crise de santé publique à laquelle tous les pays sont confrontés. Toutes les mesures qui ont été mises en place sont axées sur la santé et la sécurité des Canadiens.
    Comme d’autres députés l’ont souligné tout au long de la journée, le député de Kingston et les Îles a passé en revue les aspects techniques de la motion dont nous sommes saisis, et signalé le fait que les députés conservateurs essaient de réécrire le libellé de la motion ou d’en réduire l’importance pour laisser entendre qu’il s’agit en quelque sorte d’élaborer un cadre. Cependant, dans tous les discours que j’ai entendus aujourd’hui, les députés conservateurs ont parlé de la nécessité de simplement relancer l’économie. C’est comme s’ils avaient complètement oublié qu’il y a une pandémie mondiale en cours, ou qu’ils ne voulaient pas s’en soucier.
    Récemment, nous avons recensé plus de 5 100 nouveaux cas de COVID touchant les souches les plus contagieuses. Les chiffres les plus élevés sont en Alberta, en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec. Cependant, les conservateurs prennent la parole les uns après les autres pour dire que nous devons tout simplement rouvrir les marchés, et ils citent constamment les États-Unis comme exemple de succès de cette réouverture. Le député de Carleton a parlé des États-Unis et de la Floride. Quelqu’un du Parti conservateur a-t-il suivi ce qui se passe actuellement à Miami, en Floride? Est-ce qu’ils voient le nombre incroyable de cas augmenter et le nombre de personnes qui se rassemblent? En fait, l’administration municipale de Miami a imposé des couvre-feux, des fermetures de routes et, chose auparavant impensable, d’autres restrictions.
    Le Parti conservateur n’est pas reconnu comme le parti de la science et des faits. Je suppose qu’il ne l’a jamais été, mais il l’a confirmé de nouveau au cours de la fin de semaine. Ce parti ne comprend même pas que les changements climatiques sont réels. Les conservateurs nient l’existence des changements climatiques et disent donc qu’il ne faut pas s’en faire à ce sujet. Ils voudraient cependant que les Canadiens leur fassent confiance pour faire face à une pandémie qui fait ressortir à quel point la population fait confiance aux scientifiques. Au lieu de cela, ils se croient plus qualifiés que les experts, simplement parce qu’ils le disent.
    Nous sommes ici pour dire que nous suivons les directives en matière de santé publique. Nous allons écouter les scientifiques et les experts, parce que c’est ainsi que nous protégerons la santé des Canadiens et que nous pourrons relancer l’économie avec succès et en toute sécurité.
    L’autre point que je souhaite aborder concerne la désinformation que répand le Parti conservateur, à commencer par son chef. Les conservateurs ne cessent de dire que les libéraux veulent nous confiner pour toujours. Cela ne saurait être plus loin de la vérité. Le député de Carleton parle toujours de « l’indice de la misère ». Les Canadiens en ont plus qu’assez de cette pandémie. Nous aussi, les libéraux, nous en avons assez. Personne ne souhaite voir ses amis, sa famille ou ses voisins tomber malades. Cependant, si nous n’imposons pas de restrictions et ne mettons pas de solides mesures sanitaires au premier plan de notre politique, ce qui sera encore plus « misérable », ce sera de voir mourir un proche. Ce sera de ne plus jamais pouvoir serrer un être cher dans nos bras, parce qu’il sera mort.
    À force d’entendre toutes les exagérations des conservateurs, je pense que les Canadiens veulent avoir l’assurance que leurs dirigeants suivent les conseils les plus judicieux qui soient pour protéger leur santé. J’espère que nous pourrons traverser cette crise ensemble et reprendre une vie normale, mais cela n’arrivera pas avec les conservateurs qui se précipitent vers une solution qui n’est pas fondée sur la science ni sur des données probantes.

  (1355)  

    J’aimerais revenir sur quelques sujets si chers aux conservateurs. Ils disent qu’il est temps de relancer l’économie et continuent de montrer l’exemple des États-Unis et du Royaume-Uni, mais j’ai déjà parlé de ce qui se passe à Miami et aux États-Unis.
    Le député de Carleton a beau soutenir l’État de Washington qui prend ses propres décisions en matière de santé, mais les conservateurs pensent que les provinces et les territoires n’ont ni la capacité et ni le savoir-faire nécessaires pour faire la même chose ici dans notre pays et veulent que le gouvernement fédéral adopte une approche verticale. C’est intéressant de voir qu’ils sont en faveur de l’autonomie des États américains, mais contre celle des provinces et territoires du Canada.
    Permettez-moi de mentionner quelques-unes des mesures sanitaires prises par d’autres pays afin de donner une idée générale aux conservateurs, car ils ne semblent pas bien comprendre ce qui se passe dans le monde. L’Allemagne a décrété un confinement durant le congé de Pâques. Paris et la France entament un troisième confinement touchant 21 millions de personnes. L’Italie a aussi décrété un nouveau confinement pour Pâques. La Grèce ferme ses écoles et prolonge les fermetures des commerces. La République tchèque, l’un des pays les plus durement touchés de l’UE…

  (1400)  

    Je dois interrompre la députée.
    Il restera trois minutes à la secrétaire parlementaire dans le cadre du débat et cinq minutes dans le cadre des questions et observations après la période des questions orales.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

L'Initiative pour la création rapide de logements

    Madame la Présidente, il y a un peu plus de 20 semaines, le gouvernement libéral annonçait l'Initiative pour la création rapide de logements, qui représente un investissement de 1 milliard de dollars. Cette initiative n'a pas uniquement servi à protéger les habitants de logements précaires de la COVID-19; elle a également été assortie d'un engagement ferme, dans le discours du Trône, à mettre fin à l'itinérance chronique.
    Je suis fier, et franchement ébahi, de constater la mesure dans laquelle le programme a atteint les objectifs fixés. Il prévoyait la création de 3 000 logements et une collaboration directe avec les municipalités et les fournisseurs de logements sur le terrain. La collaboration avec les municipalités permet d'agir rapidement, mais la collaboration avec les fournisseurs de logements permet de maximiser les investissements. Plus de 4 777 logements ont été créés et achetés. Le financement de près des deux tiers des projets du Volet des projets ira à des programmes de logements pour Autochtones et, comme beaucoup de ces logements accueilleront des familles et des enfants, le nombre réel de personnes logées sera bien supérieur à 5 000. Lorsqu'on ajoute cela à l'enveloppe de 70 milliards de dollars pour la Stratégie nationale sur le logement, il est manifeste que nous sommes en bonne voie de mettre fin à l'itinérance.
    Le gouvernement sait qu'il reste du travail à faire, mais il sait aussi ce qui produit de bons résultats. La bonne nouvelle, c'est que d'autres bonnes nouvelles suivront.

Les mesures d’urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, le refus de fermer les frontières rapidement, l'élimination de l'infrastructure pour planifier les pandémies et l'absence de véritable réponse nationale à la pandémie de concert avec toutes les provinces et tous les partis ont fait plus de victimes que nécessaire durant la pandémie de COVID. Aujourd'hui, les restrictions imposées par le gouvernement ont entraîné un tel contingentement des soins de santé qu'un quart de millions de chirurgies urgentes ont été reportées. Soixante pour cent des Canadiens font état de problèmes de santé mentale mineurs ou majeurs en raison des confinements, et un oncologue signale que nous devrions nous attendre à une gigantesque vague de cas de cancers, étant donné qu'il y a actuellement très peu de dépistage et de diagnostics précoces.
    Il y a un hôpital, à Hamilton, où le nombre de jeunes patients hospitalisés après avoir tenté de se suicider a triplé. Des milliers de personnes sont mortes seules et les familles n'ont pas pu faire des funérailles convenables qui leur auraient permis de tourner la page. À cela s'ajoutent des dizaines de milliers de petites entreprises, et les familles qu'elles soutiennent, qui sont ruinées à cause de restrictions déraisonnables, comme celles qui touchent injustement les mères célibataires, nos jeunes et les travailleurs payés à l'heure. Les gens savent comment pratiquer la distanciation sociale, porter des masques si nécessaire, se désinfecter les mains et assainir les surfaces. Les gouvernements doivent faire confiance aux citoyens et aux entrepreneurs en ce qui concerne leur sécurité, réduire considérablement les restrictions, comme dans les zones vertes de l'Ontario, et laisser les gens retrouver un semblant de normalité après une année de sacrifices dus à la COVID.

Les droits de la personne au Sri Lanka

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui au sujet de rapports troublants faisant état de violations des droits de la personne au Sri Lanka. Les Tamouls du Canada et de partout dans le monde luttent pour que justice soit faite en obligeant les coupables à rendre compte des violations flagrantes des droits de la personne, passées et présentes, au Sri Lanka.
    Par ailleurs, j'ai rencontré dernièrement des musulmans de ma région qui sont horrifiés et profondément préoccupés par la récente politique gouvernementale du Sri Lanka imposant la crémation. Les musulmans et d'autres groupes religieux minoritaires sont ainsi privés de leurs rites de sépulture fondamentaux. Je suis heureuse que la résolution 46-1du Conseil des droits de l'homme ait été adoptée aujourd'hui. Elle demande que la communauté internationale accentue ses efforts d'établissement des responsabilités et de surveillance en ce qui concerne les violations des droits de la personne au Sri Lanka.
    Le Canada doit continuer à dénoncer fermement ces violations des droits de la personne et toujours soutenir les mesures qui favorisent la paix, le progrès et la réconciliation. La résolution d'aujourd'hui est une étape importante pour favoriser l'établissement des responsabilités. Nous devons faire entendre notre voix, défendre la justice et la responsabilité et demander que cessent les violations flagrantes des droits de la personne au Sri Lanka. Le gouvernement canadien défendra toujours les droits de la personne, que ce soit ici ou à l'étranger.

[Français]

La Journée internationale de la Francophonie

    Monsieur le Président, samedi dernier, c'était la Journée internationale de la Francophonie.
    Pour l'occasion, je tenais à souligner l'importance de la coopération et de l'amitié qui unissent le Québec et les autres États francophones de la planète. Tous les 20 mars, 300 millions de francophones célèbrent la solidarité qui lie entre eux les peuples d'expression française membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. C'est l'une des seules organisations internationales où le Québec est traité comme un État à part entière. Cela me rend fier, car ce jour-là est une occasion unique de faire le lien entre les aspirations politiques du Québec et ses capacités à assumer le rôle international qu'elles impliquent.
    Chaque jour, ici en Amérique du Nord, transmettre et parler le français est un acte de résistance et d'autodétermination. Je vais paraphraser Pierre Bourgault: quand on parle français au Parlement, parfois obstinément, souvent par principe, on défend notre langue, oui, mais on défend aussi toutes les langues du monde contre l'hégémonie d'une seule.

  (1405)  

La Semaine nationale de la prévention de la conduite avec facultés affaiblies

    Monsieur le Président, chaque jour, en moyenne quatre Canadiens perdent la vie aux mains d'un conducteur aux facultés affaiblies par l'alcool ou par les drogues. Chaque année, la conduite avec les facultés affaiblies est la cause criminelle principale de décès ou de blessures au Canada.
    Or la troisième semaine de mars est la Semaine nationale de prévention de la conduite avec facultés affaiblies par l'alcool ou par les drogues. Cette année, elle aura lieu du 21 au 27 mars. C'est une occasion de se sensibiliser et de sensibiliser les autres à l'importance de ne jamais prendre le volant lorsque l'on prend un verre ou que l'on fume un joint, et que l'on doit toujours s'arrêter lorsque l'on est fatigué ou que l'on doit texter.
    La Semaine nationale de la prévention de la conduite avec facultés affaiblies est un moyen de se rappeler que lorsque l'on prend le volant, on doit le faire en étant sobre et concentré, par beau ou mauvais temps et durant toute l'année. C'est simple.

[Traduction]

Les mesures d'urgence visant la COVID-19

    Monsieur le Président, cela fait un an que les gouvernements du Canada et de partout dans le monde imposent des mesures de confinement à la population afin de combattre le virus de la COVID-19. Bien que ces mesures aient été jugées nécessaires au début, les Canadiens veulent savoir ce que l'on compte faire pour y mettre fin.
    Un million de Canadiens ont perdu leur emploi et la dignité qui s'y rattache. Les aînés sont isolés de leurs proches. Les membres de la famille élargie sont encore tenus à l'écart. Les cas de surdose et de maladie mentale grimpent en flèche. Il faudra des décennies pour que les enfants se remettent des conséquences de ces mesures de confinement.
    Les diagnostics et les traitements tardifs à l'égard des maladies graves ont encore des conséquences mortelles, et tandis que nous pouvons regarder les matchs de hockey dans les bars et faire nos achats par centaines dans les grands magasins, les membres des communautés religieuses ne peuvent toujours pas se réunir dans des lieux de culte qui restent vides.
    La souffrance physique, mentale, spirituelle et économique a assez duré. Il est temps que le gouvernement propose un vrai plan pour mettre fin à ces mesures de confinement, car nous ne sommes tout simplement pas faits pour vivre ainsi.

L'environnement

    Monsieur le Président, le 16 mars, en collaboration avec mon homologue provincial, le député Stephen Blais, j'ai eu le plaisir d'animer une réunion virtuelle avec le Conseil jeunesse d'Orléans afin de discuter des priorités environnementales des jeunes. Le ministre Jonathan Wilkinson était notre invité spécial. Comme les changements climatiques font depuis longtemps partie des plus importantes préoccupations de ce conseil jeunesse, les questions sur la pollution, les émissions et la carboneutralité ont contribué à rendre cette discussion enlevante.
    Je tiens à remercier les membres hors pair du Conseil jeunesse d'Orléans pour leur défense de l'environnement, ainsi que le ministre Wilkinson pour le temps qu'il nous a accordé.

[Français]

     En cette fin du Mois de la Francophonie, je tiens aussi à souligner que nous avons célébré la Journée internationale de la Francophonie le 20 mars dernier. Je remercie tous ces chers francophones et francophiles de chérir la langue française, de la protéger et de la parler.
    J'aimerais rappeler aux députés qu'il ne faut mentionner les députés à la Chambre que par leur titre ou le nom de leur circonscription, et non par leur nom propre. Je le rappelle, car c'est une erreur qu'on fait de temps en temps.
    L'honorable député de Newmarket—Aurora a la parole.

[Traduction]

La Marche de la nuit la plus froide de l'année

    Monsieur le Président, j'ai été fier d'appuyer ma communauté, Newmarket—Aurora, à l'occasion de la Marche de la nuit la plus froide de l'année. Cette activité de financement a permis cette année de doubler l'objectif fixé et de recueillir plus de 86 000 $ afin d'aider Inn From the Cold, un organisme caritatif local qui vient en aide aux sans-abris et aux personnes à risque en leur fournissant un hébergement, de la formation et un programme de transition vers des solutions permanentes.
    Je félicite les marcheurs, les bénévoles, les commanditaires et les organismes caritatifs de Newmarket-Aurora grâce auxquels l'édition de cette année a remporté un succès retentissant. Je les remercie également de leur engagement soutenu à l'égard des membres vulnérables de notre collectivité.
    Je souligne également que des Canadiens de 145 collectivités ont participé à cet événement annuel qui a permis de recueillir plus de 6 millions de dollars. Je félicite mes collègues de la Chambre qui ont participé à cette marche dans leurs circonscriptions respectives.

[Français]

L'exploitation sexuelle des mineurs

    Monsieur le Président, ce matin, lors de l'ouverture de la séance de la Chambre, j'ai posé un geste parlementaire important. J'ai agi comme législateur, mais aussi à titre de père de deux enfants.
    J'ai déposé le projet de loi C-277, qui vise à contrer l'exploitation sexuelle des mineurs. Ce projet de loi met en application les recommandations du rapport de la Commission spéciale sur l'exploitation sexuelle des mineurs, qui a été adopté à l'unanimité à l'Assemblée nationale du Québec.
    Mon initiative de parlementaire permettra, je l'espère, de protéger nos enfants contre l'exploitation sexuelle. Maintenant, j'espère aussi que le gouvernement libéral en fera une priorité. Nos enfants ne doivent pas devenir des statistiques. Le rapport de la Commission spéciale ne doit pas tomber dans l'oubli ni être tabletté.
    J'invite donc tous les députés, peu importe leur affiliation, à appuyer ce projet de loi de façon transpartisane et à m'aider à concrétiser ses dispositions. Nos enfants sont ce qu'il y a de plus précieux; protégeons-les.

  (1410)  

Deux entreprises de Don Valley-Ouest

    Monsieur le Président, plus de 6 500 entreprises ont répondu à l'appel à l'action du gouvernement pour se mobiliser contre la COVID-19, y compris deux entreprises de Don Valley-Ouest.
    SecureKey Technologies inc. a créé un logiciel d'identification numérique sécuritaire. Utilisé surtout pour les transactions bancaires en ligne, ce logiciel est aussi utilisé par les services gouvernementaux en ligne comme MonARC, assurant aux Canadiennes et aux Canadiens l'accès à des services virtuels de façon sécuritaire.

[Traduction]

    L'excellente brasserie locale Amsterdam fait figure de héros dans le contexte de la COVID-19. En effet, pendant la pandémie, elle a converti la partie inutilisée de ses installations de production de bière pour fabriquer du désinfectant pour les mains. Elle a fait don de cette nouvelle production à divers hôpitaux, notamment à l'hôpital Sunnybrook dans ma circonscription.
    Je remercie sincèrement ces deux entreprises ainsi que toutes celles qui ont répondu à l'appel pour protéger les Canadiens. Nous sommes de fiers Canadiens et nous nous serrons les coudes devant les difficultés.

L'exploitation sexuelle d'enfants

    Monsieur le Président, l'exploitation sexuelle d'enfants bouleverse des personnes, des familles et des collectivités. Les survivants méritent d'avoir accès à un soutien sûr et complet sur les plans physique, mental, émotionnel et spirituel. Les délinquants doivent se voir imposer de véritables conséquences correspondant à la gravité du tort qu'ils ont causé. Voilà pourquoi les conservateurs préconisent la compassion envers les victimes et la prise de mesures sévères contre les criminels dangereux.
    Les conservateurs ont renforcé les sanctions contre les prédateurs d'enfants et ont amélioré le Registre national des délinquants sexuels et la banque nationale de données génétiques. Les conservateurs luttent contre la traite de personnes et l'exploitation sexuelle des enfants en ligne et joignent leur voix à celles des 100 victimes qui réclament une enquête sur MindGeek, qui a publié du matériel montrant de l'exploitation sexuelle d'enfants.
    Little Warriors est un organisme caritatif national fondé par Glori Meldrum qui s'est donné pour mission de faire de la sensibilisation et de la prévention au sujet de l'exploitation sexuelle des enfants et d'offrir des traitements. Cet organisme est principalement financé par des donateurs privés et des subventions. Le ranch Be Brave est un centre unique en son genre spécialisé dans le traitement des traumatismes et dont l'approche avant-gardiste est fondée sur des données probantes.
    Je salue le travail essentiel de l'équipe de Little Warriors et la contribution de l'ensemble des bénévoles et donateurs. Toutes les victimes et tous les enfants comptent.

L'éthique

    Monsieur le Président, après trois décennies, des enquêtes sur le comportement du premier ministre, un contrat à fournisseur unique d'un demi-milliard de dollars avec ses amis de l'organisme UNIS, le remplacement du Parlement par un comité où seulement certaines questions précises pouvaient être posées et un nombre record de tentatives de dissimulation, d'obstructions et de tactiques dilatoires à la Chambre, la confiance qu'accordent les Canadiens au gouvernement commence à s'effriter.
    Les libéraux peuvent bien avoir une haute opinion d'eux-mêmes; au bout du compte, ils doivent toutefois rendre des comptes aux Canadiens. Le premier ministre aime se vanter de l'ouverture et de la transparence dont il fait preuve; on se souvient des « voies ensoleillées ». Malheureusement, il n'a pas joint le geste à la parole.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous nous sommes engagés à prendre des mesures concrètes. Les conservateurs fédéraux veilleront aux intérêts du pays avant tout en adoptant les mesures législatives en matière de reddition de comptes et de transparence les plus rigoureuses de l'histoire canadienne. Nous renforcerons la Loi sur les conflits d’intérêts et imposerons des pénalités accrues. Nous durcirons également la Loi sur le lobbying pour mettre fin aux abus commis par les proches du Parti libéral. Nous accroîtrons la transparence pour faire cesser le camouflage.
    Il est temps d'agir. Il est temps de rétablir la confiance. Il est temps de servir les Canadiens.

  (1415)  

La mine Mary River

    Monsieur le Président, la société minière Baffinland cherche à doubler la taille de la mine Mary River. Le mois dernier, les Land Guardians ont bravé des températures allant jusqu'à -36 degrés Celsius pendant plusieurs jours afin de se faire entendre et de protéger le Nunavut contre les dommages environnementaux et culturels que causerait cette expansion de la mine.
    Depuis la construction de la mine, les habitants du territoire ont exprimé un très grand nombre de préoccupations. Par exemple, un chasseur nous a rappelé une réalité particulièrement importante. Il a dit: « C'est notre territoire, notre terre natale, qui se fait ravager, et nous devons penser à notre avenir et à celui de nos enfants. ». Qu'on me comprenne bien. L'expansion de cette mine représente une menace pour mon peuple, pour la souveraineté des peuples autochtones, ainsi que pour notre environnement. Le gouvernement a brillé par son absence en ce qui concerne ce projet dangereux, et c'est pourquoi je vais tenir une assemblée publique téléphonique dès demain en soirée, à 19 heures, heure de l'Est.
    J'espère que les Nunavummiuts qui recevront un appel téléphonique les invitant à l'assemblée publique se joindront à moi pour soulever leurs préoccupations et défendre nos droits.
    Matna.

[Français]

Carole Lavallée

    Monsieur le Président, l'engagement politique est une vocation et c'est parfois même l'œuvre d'une vie. C'est la volonté de changer les choses ou, je devrais dire, d'améliorer les choses pour ses concitoyens. Au Québec, cela s'exprime aussi dans le combat pour le pays, et un exemple extraordinaire d'engagement politique, c'est Carole Lavallée.
     Attachée politique, directrice des communications — c'est là que je l'ai connue —, cheffe de cabinet, députée de Saint-Bruno—Saint-Hubert pendant trois mandats, présidente de la Commission scolaire Marie-Victorin et toujours profondément militante, Carole a connu tous les aspects de l'engagement politique. Avec un esprit affuté, un sens de la répartie dévastateur, un flair hors du commun, Carole est une femme politique exceptionnelle. Comme porte-parole du Bloc en matière de patrimoine, elle a rassemblé le milieu culturel dans son combat pour le respect des droits d'auteur. Elle en a gagné des batailles.
    Aujourd'hui, Carole est aux soins palliatifs, vivant auprès de son amoureux peut-être ses derniers jours. Au nom du Bloc québécois et sans doute au nom des milliers de Québécois, en mon nom personnel, je tiens à lui dire ceci:
    Merci pour ton travail, merci d'être dans nos vies; nous sommes tous et toutes avec toi.

[Traduction]

La santé mentale

    Monsieur le Président, l'année dernière n'a fait qu'aggraver la crise de santé mentale qui sévissait déjà au Canada. Malheureusement, cette crise empire de jour en jour et le gouvernement libéral continue honteusement de l'ignorer.
    Les Canadiens qui ont atteint leur point de rupture sont mis en attente lorsqu'ils demandent de l'aide, car le gouvernement libéral n'a pas donné la priorité à une ligne nationale à trois chiffres pour la prévention du suicide. Les Canadiens aux prises avec une maladie mentale, des blessures psychologiques, de l'anxiété ou une dépression n'ont pas besoin d'un autre site Web gouvernemental « gratuit ». Dans le cadre de leur projet de loi sur l'aide médicale à mourir, les libéraux ont essentiellement abandonné les Canadiens en difficulté. C'est une honte. Nous devrions aider les Canadiens les plus vulnérables à continuer de vivre, et non seulement à survivre, mais à s'épanouir.
    La santé mentale est une question de santé et elle doit être traitée et financée correctement. Un gouvernement conservateur élu augmentera le financement des provinces pour les soins de santé, incitera les employeurs à offrir une couverture des soins de santé mentale à leurs employés et mettra en place la ligne d'assistance 988. Les libéraux n'ont pas de plan, mais les conservateurs en ont un, et ils prendront des mesures pour garantir l'accès des Canadiens aux soins de santé mentale.

[Français]

Roland Barbier

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je veux souligner la contribution d'un homme extraordinaire: M. Roland Barbier.
    Pendant plus de 20 ans, Roland a travaillé pour le Centre communautaire Hochelaga. Tous les jours, il a lutté contre la stigmatisation de la pauvreté, il a redonné la dignité à ceux qui sont marginalisés. Il a notamment mobilisé des gens de tous les horizons pour l'Opération sous zéro, une initiative unique qui offre chaque année des habits de neige à plus de 4 700 enfants dans Hochelaga et partout au Québec. À quelques jours de sa retraite d'ailleurs, M. Barbier a aidé une famille à se loger, à meubler son appartement et à se nourrir. C'est la preuve que son amour pour les gens est contagieux et qu'il inspire la solidarité autour de lui.
    Je remercie Roland de sa patience, de son dévouement, de sa générosité sans limites et de tout ce qu'il a fait pour le quartier.
    Au nom d'Hochelaga, bonne retraite.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, depuis un an, les Canadiens partout au pays sont soumis à diverses phases de confinement. Les surdoses d'opioïdes sont à la hausse. La santé mentale des Canadiens est mise à rude épreuve. Les Canadiens méritent un plan sérieux fondé sur des données pour la réouverture sécuritaire du Canada.
    Combien de temps le premier ministre les tiendra-t-il en haleine?
    Monsieur le Président, le gouvernement est là pour les Canadiens depuis le tout début de la pandémie. Nous sommes là pour les familles, les travailleurs et les petites entreprises et continuerons de les soutenir. Nous transférons des dizaines de milliards de dollars aux provinces, et offrons une aide directe aux Canadiens. Tout cela en fondant nos décisions sur les recommandations des meilleurs scientifiques et des meilleurs experts. Nous poursuivrons ainsi.
     Il nous tarde de connaître un été meilleur. Toutefois, pour y parvenir, nous devons nous serrer les coudes afin de contenir ces éclosions de variants, de vacciner tout le monde et de demeurer en santé.
    Monsieur le Président, des dizaines de milliers de petites entreprises canadiennes n'en tiennent qu'à un fil. Les confinements nuisent aux rues principales partout au pays. Les entreprises familiales sont en crise.
    La pandémie a des répercussions sur la santé physique et mentale des Canadiens. Le premier ministre doit redonner espoir aux millions de Canadiens et s'engager à présenter un plan fondé sur des données pour la réouverture sécuritaire du Canada.
    Où est le plan? Quand sera-t-il présenté?

  (1420)  

    Monsieur le Président, depuis le début, nous avons été là pour soutenir les Canadiens et nous continuerons d'accorder la priorité à la protection et à la sécurité des Canadiens ainsi qu'à la prospérité économique du pays.
    Voilà pourquoi nous tenons fortement compte de l'avis des experts et des scientifiques pour déterminer la manière de procéder. Nous continuerons de fonder nos décisions sur des données scientifiques et probantes, contrairement au Parti conservateur, qui met parfois en doute l'utilisation des masques. Nous continuerons de défendre les intérêts des Canadiens.
    Monsieur le Président, la conseillère scientifique en chef du gouvernement n'est pas d'accord avec le premier ministre au sujet de sa décision politique de retarder la deuxième dose, alors en réalité, il ne fait pas ce qu'il dit faire à la Chambre.
    Taiwan dispose d'un plan de dépistage rapide et il a rouvert ses frontières. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont tous deux publié leur plan pour une réouverture sécuritaire et efficace. Pourquoi pas le Canada?
    Le premier ministre a été lent dans le dossier des frontières, lent dans le dossier des tests de dépistage rapide, en retard dans le dossier de la distribution des vaccins comparativement à l'ensemble des pays développés. Pourquoi devrons-nous également attendre dans le dossier de la reprise économique?
    Monsieur le Président, depuis le tout début de la pandémie, nous avons compris que la meilleure façon d'assurer la reprise économique était de fournir un soutien adéquat pour aider les Canadiens, les petites entreprises, les travailleurs, les familles, les aînés et les jeunes à traverser la crise. C'est précisément ce que nous avons fait. À toutes les étapes, nous nous sommes fondés sur l'avis des scientifiques et des experts. Par ailleurs, nous respectons la décision des provinces qui ont établi elles-mêmes l'intervalle entre l'administration des doses du vaccin. Nous continuerons à les appuyer jusqu'à la fin.
    Le gouvernement est au service des Canadiens et il continuera de l'être.

[Français]

    Monsieur le Président, depuis un an, le pays est en confinement. Les Canadiens souffrent, la pression sur la santé mentale monte en flèche et la violence conjugale augmente. Il n'y a aucun plan pour les tests rapides. Il n'y a aucun plan pour les vaccinations massives. Il n'y a donc aucun espoir.
    Quand le gouvernement libéral va-t-il décider d'avoir un plan pour la réouverture sécuritaire du Canada?
    Monsieur le Président, cela revient souvent dans la bouche des conservateurs à la Chambre que nous n'avons pas agi sur le dépistage rapide.
    Au contraire, depuis des mois et des mois, nous avons envoyé des millions et des dizaines de millions de tests rapides de dépistage aux provinces, aux territoires, au secteur privé, et même aux individus maintenant. Nous allons continuer d'être là pour donner tous les moyens aux provinces, aux municipalités et aux lieux de travail de protéger leurs employés et leurs citoyens pendant l'arrivée du printemps.
    Monsieur le Président, beaucoup de pays ont des plans pour leur économie. Taiwan a des tests rapides. Les États-Unis et le Royaume-Uni ont un plan public de réouverture de leur économie.
     Nous, les Canadiens, nous attendons. Nous sommes toujours en arrière. Nous sommes tannés d'attendre tout le temps. Le gouvernement libéral compte-t-il présenter un plan aux Canadiens pour la réouverture sécuritaire de l'économie et, si oui, quand?
    Monsieur le Président, à chaque étape, nous sommes en train non seulement d'avoir un plan, mais de réaliser ce plan pour protéger les Canadiens et restaurer notre économie.
    Nous travaillons main dans la main avec les provinces et les territoires, mais le chef de l'opposition veut parler de plan pour l'économie. Malheureusement, on a vu cette fin de semaine qu'il n'avait pas encore compris que l'on ne peut pas avoir de plan pour l'économie si l'on n'a pas de plan pour lutter contre les changements climatiques.

La santé

    Monsieur le Président, je ne sais pas si « main dans la main » n'est pas un petit peu exagéré, mais le printemps nous a amené de belles surprises, dont une collaboration ou deux entre le fédéral et le Québec: 500 millions de dollars pour Internet à haute vitesse dans les régions du Québec, montant qu'il va transférer à Québec avant 2022. Ma foi, c'était dans le programme du Bloc québécois en 2019. Nous nous en réjouissons.
    Cette joyeuse et bourgeonnante ouverture pourrait-elle aller jusqu'à des transferts en santé, demandés unanimement par l'Assemblée nationale du Québec et par tous les premiers ministres du Québec et du Canada?

  (1425)  

    Monsieur le Président, depuis le début de cette pandémie, nous sommes là, main dans la main, auprès des provinces, avec les investissements et les dépenses nécessaires pour surmonter la pandémie. Des dizaines de milliards de dollars ont été transférés aux provinces et aux territoires pour les aider à répondre aux pressions dans notre système de santé.
    Nous allons continuer d'être là pour travailler avec les provinces et protéger les Canadiens de tout le pays. Une fois que la pandémie sera terminée, nous entamerons des discussions afin de savoir comment nous augmenterons les transferts en santé pour nous assurer que les Canadiens seront bien servis dans les années à venir aussi.

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, en toute logique, ce n'est pas après la pandémie qu'on a besoin de plus d'argent en santé, c'est pendant la pandémie. Cependant, faisons toujours confiance au printemps.
    Hier, aux côtés du premier ministre Legault — qui s'était fait traiter de suprémaciste blanc —, le premier ministre a dénoncé le Quebec bashing. Bravo; je suis sincère. Maintenant, que fait-on? Quel geste peut être posé pour rendre cela concret? Comment fait-on pour affirmer au visage, à la voix et à l'oreille de tout le Canada que les Québécois ne sont pas plus racistes que le premier ministre du Canada?
    Monsieur le Président, je veux revenir sur ce qu'a dit mon honorable collègue au début de sa question, c'est-à-dire que c'est maintenant, pas dans l'avenir, qu'il faut transférer de l'argent aux provinces pour leur système de santé, parce qu'on est en ce moment dans une pandémie. Or, c'est ce que nous disons et ce que nous faisons depuis le début.
    Nous avons transféré des dizaines de milliards de dollars pour aider les Québécois et tous les Canadiens à surmonter ce défi dans notre système de santé. Nous allons toujours être là pour les Québécois et les Canadiens, maintenant et dans les années à venir, c'est une promesse.

La défense nationale

    Monsieur le Président, après avoir appris l'existence de plaintes d'inconduite sexuelle contre son ancien chef d'état-major de la défense, le premier ministre n'a pas seulement augmenté son salaire, mais il a continué son contrat.
     Cela envoie un message clair aux femmes dans les Forces armées canadiennes: elles ne sont pas en sécurité et elles ne sont pas prises au sérieux. Le premier ministre va-t-il s'excuser et empêcher qu'une telle situation ne se reproduise?
    Monsieur le Président, en tant que gouvernement, nous prenons toujours toutes les allégations au sérieux et nous nous assurons qu'elles sont étudiées par les autorités indépendantes appropriées. C'est exactement ce qui s'est passé dans cette situation.
    Après que l'ombudsman a fait rapport de ses préoccupations au ministre de la Défense, ce dernier a adressé l'ombudsman aux autorités indépendantes qui ont la responsabilité de faire le suivi d'allégations sérieuses. Ce n'est pas aux politiciens de prendre des décisions et de faire des enquêtes, c'est aux autorités indépendantes, et c'est exactement ce qui s'est passé dans cette situation.

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, le vrai leadership consiste à trouver des solutions, pas à chercher des excuses. Si, en tant que nation, nous avions adopté l'approche du gouvernement libéral, soit la recherche d'excuses, nous n'aurions alors jamais eu de régime de santé publique universel.
    Nous savons que la pandémie a eu une incidence disproportionnée sur les aînés, qui ont été les plus durement touchés, surtout dans les établissements de soins de longue durée. Nous savons aussi que les pires conditions se trouvent dans les établissements de soins de longue durée à but lucratif.
    Le premier ministre fera-t-il preuve de leadership et appuiera-t-il la motion de l'opposition néo-démocrate qui vise à faire disparaître la recherche du profit dans les soins de longue durée, de sorte que nos aînés aient droit au respect et à la dignité?
    Monsieur le Président, tous les Canadiens, qu'ils se trouvent à la Chambre ou ailleurs au pays, peuvent s'entendre sur la nécessité de veiller à ce que les aînés aient accès aux soins et aux traitements qu'ils méritent amplement, et ce, dans la dignité. Nous avons la ferme intention de collaborer avec les provinces et les territoires pour y parvenir.
    Contrairement au NPD, nous comprenons et respectons la Constitution du Canada, qui confie certains champs de compétence aux provinces. Cependant, nous travaillerons de concert avec les provinces et les territoires pour veiller à ce qu'aux quatre coins du pays, tous les aînés reçoivent des soins de première qualité. C'est ce que nous voulons tous, et nous travaillerons en partenariat pour y arriver.
    Monsieur le Président, l'année qui vient de s'écouler, marquée par les confinements, a eu des effets dévastateurs sur la santé mentale des Canadiens. Trop de gens ont dû faire leurs derniers adieux à l'un de leurs parents ou de leurs grands-parents à travers une fenêtre, et certains ne les ont même jamais revus en personne. Nous avons manqué beaucoup trop de funérailles, et beaucoup trop de mariages.
    Aux États-Unis, les Centers for Disease Control and Prevention ont émis une directive il y a deux semaines autorisant les grands-parents vaccinés à passer du temps avec leurs petits-enfants. Au Canada, les grands-parents cherchent de l'espoir. Ma question est la suivante: les grands-parents canadiens qui ont été vaccinés pourront-ils voir leurs petits-enfants?

  (1430)  

     Monsieur le Président, les mesures prises par le gouvernement depuis le début de la pandémie ont été guidées par des données probantes, et ont été mises en place en partenariat avec les provinces et les territoires. La députée d'en face sait que ce sont les provinces et les territoires qui établissent les lignes directrices en matière de santé publique et que les dirigeants locaux de la santé publique s'assurent de protéger les populations dont elles ont la responsabilité.
    Nous avons été là pour les Canadiens, les provinces et les territoires, et nous continuerons d'être là pour eux.
    Monsieur le Président, le gouvernement fédéral se décharge de sa responsabilité en refusant de formuler des recommandations dans ce dossier, et les libéraux doivent le reconnaître.
    Pour beaucoup de Canadiens, la santé spirituelle et la santé mentale sont liées. Se réunir avec des gens qui partagent la même foi et les mêmes croyances est essentiel à la liberté de culte et à la santé mentale. Étant donné que le nombre de suicides et de surdoses augmente, les gens ont moins d'endroits où demander de l'aide. Pendant la majeure partie de la dernière année, plus de Canadiens pouvaient aller chez Costco qu'au temple ou à l'église.
    Les Canadiens vaccinés pourront-ils aller à l'église, à la synagogue ou au temple? Nous demandons au gouvernement fédéral de nous éclairer à ce sujet.
    Monsieur le Président, je le répète, la députée d'en face sait que les décisions entourant les mesures de santé publique sont prises par les autorités de santé publique de chaque administration, qu'elle soit provinciale, territoriale ou locale. Nous tenons à remercier tous les professionnels de la santé, qui travaillent fort pour protéger tout le monde en cette période très difficile.
    Toutefois, il est encourageant d'entendre la députée d'en face parler des méfaits qui découlent des surdoses. J'espère sincèrement que ces propos reflètent un changement de position de la part du Parti conservateur, qui s'oppose au fait d'offrir des soins de compassion pour réduire les méfaits.

L'économie

    Monsieur le Président, la semaine dernière, lors d'une réunion du comité des finances, j'ai demandé à Philip Cross, qui a travaillé comme analyste économique en chef à Statistique Canada pendant des années, s'il y avait quelque chose dans le projet de loi C-14 ou l'énoncé économique de l'automne qui le rassurerait quant à l'existence d'un plan de croissance concret pour nous sortir de la crise qui sévit actuellement. Il a répondu par un « non » catégorique.
     Après 422 jours de fermeture de petites entreprises et d'effondrement des secteurs, le gouvernement peut-il nous informer aujourd'hui de son plan de relance économique?
    Monsieur le Président, je me réjouis de cette question, car elle me donne l'occasion d'annoncer de bonnes nouvelles économiques à la Chambre. La semaine dernière, l'agence de notation DBRS Morningstar a réaffirmé la cote AAA du Canada et a écrit ce qui suit:
     Les cotes AAA du Canada sont étayées par les atouts fondamentaux considérables du pays, notamment ses bons cadres stratégiques macroéconomiques, son économie vaste et diversifiée et ses solides institutions de gouvernance.
    Je remercie les Canadiens de travailler si fort pour venir à bout de la pandémie mondiale.
    Monsieur le Président, j'aimerais parler de ces fondements. Quand on lui a demandé si le gouvernement lui avait fourni une analyse fondée sur les résultats pour justifier les dépenses gouvernementales, le directeur parlementaire du budget a lui-même déclaré qu'il n'avait encore rien vu, du moins, de la part du gouvernement, en ce qui concerne des mesures éventuelles.
    Il n'y a pas de données chiffrées sur la productivité, les taux de croissance ou l'efficience des dépenses. Si le gouvernement n'utilise pas les chiffres traditionnels pour justifier ses décisions, peut-il nous dire quelle boule de cristal ou quelles feuilles de thé il consulte avant de distribuer des fonds?
    Monsieur le Président, quand tout s'écroulait, le gouvernement a été là pour les Canadiens, et les résultats le prouvent. La semaine dernière, le Fonds monétaire international a publié des prévisions qui démontrent que, sans les mesures économiques du gouvernement, la production réelle aurait chuté de 7,8 points de pourcentage additionnels l'année dernière, et le taux de chômage aurait été plus élevé de 3,2 %. Le gouvernement a épaulé les Canadiens, ce qui, combiné à la résilience des Canadiens, a eu comme résultat que le Fonds monétaire international estime que notre PIB augmentera de 4,4 % cette année.

La santé

    Hier, monsieur le Président, j'ai demandé à la ministre de la Santé si, une fois vaccinés, les aînés allaient pouvoir faire des câlins à leurs petits-enfants. Aujourd'hui, ma collègue, la cheffe adjointe de notre parti, lui a posé une question très semblable, à laquelle elle a répondu que c'était aux provinces qu'il revenait de prendre cette décision. Je me demande si ses fonctionnaires et elle prévoient émettre des lignes directrices au sujet de ce que les Canadiens vaccinés auront ou non le droit de faire.

  (1435)  

    Monsieur le Président, je rappelle à la députée d'en face que, contrairement à son parti, nous croyons aux données scientifiques et probantes, et notamment au fait que les changements climatiques sont bien réels.
    Je rappelle aussi à la députée d'en face que c'est notre travail avec les provinces et les territoires qui permet d'émettre des lignes directrices nationales. Ces lignes directrices, qui ont été élaborées en collaboration avec l'ensemble des provinces et des territoires, sont affichées sur notre site Web et j'invite tous les Canadiens à les consulter.
    Monsieur le Président, à un moment où il faut travailler de concert pour encourager les Canadiens à se faire vacciner, la ministre fédérale de la Santé devrait dire au public ce qu'elle et son ministère font pour établir des indicateurs et émettre des conseils sur ce que les Canadiens vaccinés peuvent et ne peuvent pas faire.
    Je vais poser la question de nouveau, car elle n'a pas donné de réponse. La ministre compte-t-elle publier, sur l'avis de son ministère, des lignes directrices sur ce que les Canadiens vaccinés peuvent et ne peuvent pas faire, ou entend-elle abdiquer et s'en remettre complètement aux gouvernements provinciaux?
    Monsieur le Président, puisque la députée parle de l'hésitation à se faire vacciner, je vais dire ceci. J'ai confiance en l'innocuité des vaccins qui ont été homologués par Santé Canada et en leur efficacité pour sauver des vies. Il est crucial que les Canadiens acceptent de se faire vacciner une fois leur tour venu et qu'ils consultent leur fournisseur de soins de santé s'ils ont des questions.
    Nous savons sans l'ombre d'un doute que les vaccins sauvent des vies. Nous continuerons à épauler les provinces et les territoires tandis qu'ils procèdent à l'administration des vaccins.

[Français]

    Monsieur le Président, si le Québec et les provinces réclament une hausse des transferts en santé, c'est notamment pour vaincre la pandémie, mais, surtout, c'est parce que les coûts des soins de santé augmentent sans cesse, tandis que la part financière du fédéral diminue inexorablement, ce qui conduit le Québec et les provinces vers l'endettement.
     Hier, dans un document interne obtenu par La Presse, le sous-ministre de l'Emploi avertissait que « la trajectoire des dettes nettes des provinces est insoutenable ».
    Cela confirme que le Québec et les provinces disent vrai et que le gouvernement fédéral le sait. Pourquoi refuse-t-il alors de hausser les transferts en santé?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je crois que le premier ministre s'est montré très clair. Nous avons été là pour soutenir les provinces et les territoires durant la pandémie, qu'il s'agisse d'accorder des milliards de dollars en aide financière directe, d'acheter de l'équipement de protection individuelle, de fournir du personnel supplémentaire pour contribuer à la prévention et pour soutenir les régions aux prises avec des éclosions majeures, d'assurer l'accès à des vaccins ou de payer pour tous ces vaccins.
    Nous continuerons d'être là pour les provinces, y compris pour le Québec et pour les Québécois, durant la pandémie et même après.

[Français]

    Monsieur le Président, ce que le sous-ministre révèle, c'est que le gouvernement est bien au fait que, malgré le déficit découlant de la pandémie, le Canada aura le ratio dette-PIB le plus bas du G7 pendant que le Québec et les provinces s'endettent à cause des coûts de santé qui explosent.
     Le directeur parlementaire du budget l'avait déjà démontré; le Conference Board aussi, le Conseil de la fédération aussi, l'Assemblée nationale du Québec aussi. Aujourd'hui, nous avons la confirmation que le gouvernement sait que tout ce beau monde a raison.
    Pourtant, il choisit de continuer d'affamer les réseaux de santé en refusant d'augmenter les transferts en santé. Pourquoi?
    Monsieur le Président, malgré ce que mon collègue dit, le gouvernement du Canada collabore bien avec le gouvernement du Québec. Nous sommes présents sur le plan de la santé et nous l'avons été dès le début de la pandémie, en mettant en place le dépistage, en fournissant de l'équipement de protection individuelle et en assurant l'approvisionnement en vaccins.
    Nous continuons de collaborer et de discuter avec le gouvernement du Québec en fonction de l'avenir. Nous serons toujours là pour le Québec.

[Traduction]

L'éthique

    Monsieur le Président, lorsqu'il a été mis au jour que le premier ministre avait approuvé une subvention d'un demi-milliard de dollars à un groupe qui avait versé à sa famille un demi-million de dollars, celui-ci a dit: « Écoutez, la demande est arrivée au Cabinet de façon totalement impromptue et j'ignorais tout de celle-ci ». Peut-on vraiment croire que le premier ministre ne savait rien à propos d'une demande de financement d'un demi-milliard de dollars?
    Il paraît que c'est le cas, mais les Canadiens devraient lire ce courriel envoyé à son conseiller principal par Craig Kielburger: « Bonjour Ben, merci de nous avoir si gentiment aidés à concevoir notre dernier programme avec le gouvernement. »
    Quel rôle le conseiller principal du premier ministre a-t-il joué dans l'attribution de ce cadeau d'un demi-milliard de dollars aux amis du premier ministre?

  (1440)  

    Monsieur le Président, comme nous l'avons déjà dit à maintes reprises, selon la fonction publique non partisane, c'était le seul organisme qui avait la capacité d'administrer la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant dans les délais requis. Évidemment, le programme n'a pas été mis en œuvre comme prévu, et toutes les sommes affectées à l'organisme ont été…
    Je dois interrompre la ministre. Le microphone ne capte pas bien le son.
    La ministre pourrait-elle recommencer?
    Monsieur le Président, comme nous l'avons déjà dit à maintes reprises, selon la fonction publique non partisane, c'était le seul organisme qui avait la capacité d'administrer la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant dans les délais requis. Évidemment, le programme n'a pas été mis en œuvre comme prévu, et toutes les sommes affectées à l'organisme ont été remboursées. Le gouvernement est toujours déterminé à répondre aux besoins des jeunes et des étudiants.
    Il est malheureux que le Parti conservateur ralentisse le cheminement du projet de loi C-14 afin de retarder son adoption, car cette mesure permettrait d'offrir un allègement des intérêts pour les programmes destinés aux étudiants. Je suis heureuse de constater que les conservateurs sont désireux de soutenir les jeunes et les étudiants. J'espère que nous pourrons continuer à offrir des programmes aux Canadiens…
    Le député de Carleton a la parole.
    Monsieur le Président, la ministre affirme que le programme n'a pas été mis en oeuvre comme prévu. Rappelons que c'est parce que les libéraux se sont fait prendre alors qu'ils avaient l'intention de donner de l'argent à leurs copains. Encore une fois, le gouvernement blâme la fonction publique, un organisme non partisan, pour ce programme. Il ne faudrait toutefois pas oublier le petit courriel de Craig Kielburger qui dit: « Bonjour Ben — Ben étant le conseiller principal du premier ministre —, merci de nous avoir si gentiment aidés à concevoir notre dernier programme avec le gouvernement. »
    Si les ministres sont incapables de nous donner l'heure juste à propos du rôle qu'a joué le Cabinet du premier ministre dans la conception du programme, laisseront-ils ce conseiller principal témoigner devant un comité parlementaire pour y expliquer, sous serment, ce qui s'est passé?
    Monsieur le Président, le député sait que nous attachons beaucoup d'importance aux travaux des comités. Ceux-ci ont la responsabilité d'examiner les mesures législatives, de les améliorer et de poser des questions. C'est pourquoi nous sommes toujours ouverts à ce que les ministres témoignent devant les comités. Ils l'ont déjà fait sans hésitation à de multiples reprises, et ils le feront encore. C'est normal, puisque les ministres ont des comptes à rendre au Parlement.

[Français]

La défense nationale

    Monsieur le Président, le premier ministre a approuvé une augmentation de salaire et une prime de 50 000 $ à l'ancien chef d'état-major de la Défense, même s'il savait en 2018 qu'il y avait des allégations d'inconduite sexuelle contre celui-ci. Les femmes qui servent nos Forces armées doivent être déconcertées par la décision du premier ministre.
    Ma question est simple: quel message cela envoie-t-il aux femmes qui servent notre pays?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous prenons très au sérieux les allégations d'inconduite. Comme je l'ai déjà dit, ce n'est pas moi qui détermine les augmentations salariales. Il s'agit d'une décision indépendante qui est prise selon les recommandations de la fonction publique.

[Français]

    Monsieur le Président, on est habitués aux réponses du premier ministre qui mettent toujours le problème à un autre niveau et qui disent que ce n'est pas de sa responsabilité et que d'autres personnes s'occupent de cela.
    Je demanderais au ministre de la Défense nationale de reculer dans le temps et de se rappeler le temps où il portait l'uniforme.
    Dirait-il la même chose à ses collègues féminines s'il était en uniforme aujourd'hui? Aurait-il la même réponse à leur donner, oui ou non?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis persuadé que le député a servi son pays honorablement lorsqu'il était dans l'armée, et j'ai fait la même chose.
    Nous prenons très au sérieux notre responsabilité concernant les hommes et les femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes, et nous nous acquittons précisément de cette responsabilité en ce moment. Nous n'avons absolument aucune tolérance à l'égard des écarts de conduite. Toutes les allégations sont prises extrêmement au sérieux, et la situation qui nous occupe ne fait pas exception.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC a conclu que la mère de Colton Boushie a été victime de discrimination lorsque les policiers sont venus l'informer de la mort de son fils. Selon le rapport de la Commission, ceux-ci lui auraient dit de « se ressaisir », avant de lui demander si elle avait bu. Ils ont même senti son haleine. À une mère qui venait d'apprendre que son fils était mort de mort violente! J'imagine à peine sa souffrance.
    C'est en admettant la vérité, même désagréable, et non en multipliant les gestes symboliques que l'on pourra aspirer à la réconciliation. Quand le premier ministre laissera-t-il tomber les belles paroles au profit d'actions concrètes visant à éradiquer le racisme systémique des services de police?
    Il s'agit d'une question importante, monsieur le Président. Il va sans dire que nous transmettons nos condoléances aux membres de la famille Boushie, qui peuvent compter sur notre sympathie la plus sincère. La manière dont ils ont été traités est inacceptable.
    Nous remercions la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC de son rapport. Je rappelle toutefois à la députée que nous avons clairement dit qu'à l'avenir, toutes les forces de l'ordre, y compris la GRC, feraient l'objet d'une surveillance civile accrue. Nous sommes en train de moderniser la formation offerte aux policiers et aux agents de la paix, d'établir des normes de désescalade en situation de crise et d'autres encore pour régir l'emploi de la force. Nous avons également accéléré le pas afin d'arriver rapidement avec un cadre législatif conjoint qui ferait des services de police des Premières Nations un service essentiel.
    Nous donnons suite aux recommandations qui nous été transmises et nous veillons à ce que la GRC s'investisse pleinement dans la réforme prévue.

  (1445)  

Les relations avec les Autochtones

    Monsieur le Président, après des années d'obstruction, la ministre des Relations Couronne-Autochtones a finalement accepté un examen indépendant des violations des droits des survivants du pensionnat de St. Anne, mais elle n'a fait aucun effort pour parler aux survivants, et nous savons maintenant pourquoi. C'est parce que la ministre exclut arbitrairement un grand nombre de survivants. Elle refuse de leur dire si le gouvernement a violé leur droit de revendiquer des réparations et elle refuse de leur donner accès aux preuves que ses fonctionnaires ont supprimées.
    La ministre a déjà dépensé plus de 3 millions de dollars pour lutter contre les survivants. Quand va-t-elle mettre fin à ces manœuvres juridiques délétères et agir moralement envers les survivants du pensionnat de St. Anne? Elle devrait agir moralement.
    Monsieur le Président, les mauvais traitements infligés aux enfants autochtones, notamment ceux qui ont fréquenté le pensionnat indien de St. Anne, constituent une partie tragique et honteuse de l'histoire du Canada.
    Afin de rétablir la confiance et de respecter intégralement la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, le Canada s'est adressé au tribunal pour demander un examen par un tiers indépendant des revendications des survivants du pensionnat de St. Anne découlant de l'évaluation indépendante, revendications qui ont été tranchées avant que la nouvelle version des rapports sur les personnes d'intérêt ne soit divulguée par le gouvernement du Canada, en 2015.
    Pendant toute la durée des examens qui auront lieu, le Canada financera des services de santé pour les survivants.

Le budget

    Monsieur le Président, au cours de la dernière année, les Canadiens et les entreprises canadiennes ont relevé un défi sans précédent.
    Notre pays traverse la pire crise sanitaire et économique que le monde ait connue depuis plus d'un siècle. Le gouvernement a été présent pour les Canadiens et les entreprises canadiennes, sans jamais baisser les bras.
    Avec la vaccination en cours, nous voyons maintenant la lumière au bout du tunnel. La vice-première ministre et ministre des Finances peut-elle dire à la Chambre quand le gouvernement présentera son budget pour l'exercice 2021 ainsi que sa vision pour l'avenir?
    Monsieur le Président, au moment où la pandémie mondiale a atteint le Canada, nos finances nationales étaient en très bon état. Cela a permis au gouvernement d'offrir une quantité d'aide sans précédent aux Canadiens.
    Nous allons continuer de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider les Canadiens et les entreprises canadiennes. Le gouvernement a un plan pour créer des emplois et pour stimuler énergiquement la croissance économique.
    J'ai l'honneur d'annoncer que le gouvernement présentera le budget de 2021 le 19 avril prochain à 16 heures.
    Conformément à l'article 83(2) du Règlement, je demande que la présentation du budget soit inscrite à l'ordre du jour.

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Monsieur le Président, les producteurs de fruits et de légumes qui font venir des travailleurs agricoles étrangers en vue de la saison de culture 2021 doivent attendre au téléphone comme des centaines de milliers de personnes et doivent attendre que des infirmières engagées par le gouvernement viennent superviser l'administration des tests de dépistage de la COVID-19 au 10e jour. S'ils finissent par remplir toutes ces exigences, une fois que les tests ont été effectués, ils doivent les envoyer au laboratoire au moyen du service de messagerie Purolator.
    Aux dernières nouvelles, Purolator n'offrait aucun service dans bien des régions rurales du Canada et, dans les régions où il y a un service, il n'est pas offert la fin de semaine.
    Le gouvernement va-t-il trouver une solution qui permettra aux producteurs de fruits et légumes de mettre les travailleurs agricoles au travail?
    Monsieur le Président, je peux assurer à ma collègue et à l'ensemble des agriculteurs canadiens que nous travaillons d'arrache-pied à mettre en place une procédure sûre pour les travailleurs étrangers temporaires et pour les Canadiens.
    Nous savons que les tests de dépistage du 10e jour représentent un défi, mais je peux assurer à la députée que nous travaillons à une solution. Nous avons déjà ajouté des ressources et créé un numéro de téléphone réservé exclusivement aux travailleurs étrangers.

  (1450)  

Le développement international

    Monsieur le Président, la politique du gouvernement sur la mise en quarantaine à l'hôtel n'est pas fondée sur des données scientifiques et elle nuit au travail des organisations humanitaires canadiennes dans le monde. Ces organisations doivent maintenant payer des séjours à l'hôtel lorsque leurs employés reviennent au pays ou transitent par le Canada vers d'autres destinations. Les travailleurs humanitaires doivent pouvoir voyager pour lutter contre ce virus à l'étranger, et c'est pourquoi les conservateurs ont demandé qu'on leur accorde une exemption il y a un mois.
    À tout le moins, le gouvernement sera-t-il en faveur d'exempter les travailleurs humanitaires de cette politique afin que les ONG puissent concentrer leurs ressources là où les besoins sont les plus criants?
    Monsieur le Président, nous accordons une immense valeur au travail incroyable que font les travailleurs humanitaires sur la ligne de front ici au Canada et partout dans le monde. La politique que le gouvernement a mise en place est conçue pour assurer la sécurité des Canadiens. C'est pourquoi les mesures de quarantaine sont très importantes. Cependant, nous soutenons le travail important que font les travailleurs humanitaires.

[Français]

La santé

    Monsieur le Président, des milliers de Canadiennes et de Canadiens reviennent présentement de la Floride, avec leur certificat de vaccination en poche et un test de la COVID-19 négatif.
    Est-ce que ces Canadiens pourront retourner directement à leur résidence pour leur séjour de trois jours, sans devoir passer par un hôtel pour faire leur quarantaine?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je rappelle d'abord aux Canadiens que ce n'est pas le moment de voyager à l'étranger. Il est très important d'appliquer des protocoles adéquats de santé publique aux frontières internationales. Nous avons instauré des mesures parmi les plus strictes au monde, ce qui nous a permis de garder un taux d'importation du virus extrêmement bas. Lorsque les Canadiens reviennent au pays, ils doivent suivre les règlements en place pour tous les voyageurs.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, la semaine dernière, des résidants de ma circonscription qui travaillent dans les services de réparation et d'inspection des pipelines ont été détenus en arrivant au Canada, même s'ils ont fourni aux agents de l'Agence des services frontaliers du Canada des autorisations de déplacement et des permis de séjour pour travailleurs en services essentiels émis par le gouvernement. Ce n'est pas sans raison que l’on considère comme essentiels les travailleurs qui traversent la frontière pour effectuer un travail essentiel.
    Pourquoi le gouvernement provoque-t-il le chaos de la quarantaine en détenant des travailleurs dans ses hôtels de COVID-19 même lorsqu'ils présentent les documents exigés?
    Monsieur le Président, nous avons pris les mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens. En même temps, nous avons accordé des exemptions aux travailleurs, notamment les travailleurs essentiels, pour veiller à ce que l'économie puisse continuer à rouler. Nous continuerons d'appliquer rigoureusement ces mesures afin de protéger la santé et la sécurité des Canadiens et répondre à leurs besoins économiques.

[Français]

    Monsieur le Président, le 27 janvier dernier, la Chambre des communes a unanimement demandé au ministre de l'Immigration d'octroyer la citoyenneté à Raif Badawi. Le 16 février, j'ai écrit au ministre pour le lui rappeler. On est rendu le 23 mars et j'attends toujours un accusé de réception, mais, surtout, Raif Badawi n'est toujours pas citoyen. Hier, lorsque j'ai posé la question au ministre, il m'a répondu qu'il allait continuer à travailler avec tous les députés. Je veux bien, mais, pour travailler ensemble, il faut toujours bien travailler tout court.
    Quand Raif Badawi va-t-il obtenir sa citoyenneté?
    Monsieur le Président, je partage l'inquiétude de mes collègues, particulièrement en ce qui concerne la détention en cours de M. Badawi. Nous sommes très préoccupés par sa sécurité. Nous examinons les exigences de la Loi sur la citoyenneté, compte tenu du fait que M. Badawi n'est pas sur le sol canadien. Nous collaborons étroitement avec Affaires mondiales Canada et nous continuerons à travailler avec tous les parlementaires dans nos efforts pour réunir M. Badawi avec sa famille.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue pour l'amélioration de son français.
    Je sais que le ministre parle avec Irwin Cotler, qui est l'avocat de Raif Badawi. M. Cotler est d'ailleurs un ex-ministre libéral de la Justice qui a représenté d'autres prisonniers politiques, entre autres Nelson Mandela.
    J'insiste là-dessus parce qu'il ne doit pas y avoir de joute partisane dans ce dossier. Nous sommes ici, tous ensemble, pour aider un homme arbitrairement détenu à sortir de prison.
    M. Cotler confirme que le ministre de l'Immigration a le pouvoir discrétionnaire d'octroyer la citoyenneté canadienne et que cela aiderait le dossier de M. Badawi.
    Il pourrait le faire dès cet après-midi s'il le souhaitait. Pourquoi ne le fait-il pas?

  (1455)  

    Monsieur le Président, je remercie encore mon collègue de sa question.
    Comme je l'ai déjà dit, je partage ses inquiétudes en ce qui concerne la sécurité de M. Badawi. Or, ce n'est pas simple. Il faut traiter cette question avec beaucoup d'attention.
    Je suis très préoccupé par la sécurité de M. Badawi. Je vais continuer de travailler et de collaborer avec tous mes collègues. Je vais continuer de m'engager auprès de la communauté, et même avec la famille de M. Badawi. Je vais travailler en étroite collaboration avec le ministre des Affaires étrangères.

[Traduction]

La petite entreprise

    Monsieur le Président, les petites entreprises sont les plus durement touchées par la pandémie: 60 000 d'entre elles ont fermé; près de 20 000 sont au bord de la faillite; des millions d'emplois sont en jeu; bon nombre d'entre elles auraient besoin de prêts supplémentaires pour survivre, mais elles sont des milliers à ne pas y être admissibles. Cela dit, les dettes ne peuvent pas vraiment remplacer les clients, et l'endettement des petites entreprises met la relance en péril.
    L'incertitude causée par l'absence de plan du gouvernement tue l'emploi dans les petites entreprises. Le gouvernement présentera-t-il un plan afin que les petites entreprises puissent savoir quand le retour de leurs clients sera possible?
    Monsieur le Président, je partage les préoccupations du député au sujet des petites entreprises du Canada. C'est pourquoi je l'encourage, ainsi que tous les députés de l'opposition, à appuyer avec nous le projet de loi C-14. Ce projet de loi aiderait les petites entreprises. Le député n'a pas à me croire sur parole, il peut écouter ce que dit Dan Kelly et je le cite: « Le projet de loi C-14 contient des mesures importantes pour les petites entreprises, notamment un nouveau financement des programmes de soutien des entreprises régionales. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante encourage vivement tous les partis à faire adopter rapidement ces mesures de soutien. »
    Monsieur le Président, Philip Cross, de l'Institut Macdonald-Laurier, a déclaré la semaine dernière au comité des finances qu'il n'y avait rien dans le projet de loi C-14 pour la relance économique. Le gouvernement a déclaré à maintes reprises que les programmes comme le Programme de crédit pour les secteurs durement touchés et le Fonds d'aide et de relance régionale étaient la solution pour les entreprises laissées pour compte, mais les critères de ces programmes sont essentiellement les mêmes que ceux d'autres programmes qui n'arrivent pas à aider les Canadiens.
    La ministre a déjà admis au comité des finances qu'il n'y avait rien dans le projet de loi C-14 pour les entreprises laissées pour compte parce qu'elles ont ouvert leurs portes après mars 2020. Quand les libéraux présenteront-ils un plan et feront-ils quelque chose à ce sujet?
    Monsieur le Président, comme je l'ai annoncé hier, nous présenterons notre budget le 19 avril.
    Toutefois, je dois contester l'idée tout simplement fausse selon laquelle le projet de loi C-14 ne prévoit aucune mesure pour aider les petites entreprises. Le projet de loi permettra de verser aux agences de développement régional une somme supplémentaire de 206,7 millions de dollars pour reproduire les limites de prêts du Compte d'urgence pour les entreprises canadiennes pour les programmes d'élimination des écarts ainsi que la capacité à combler les écarts du Fonds d'aide et de relance régionale. Le projet de loi C-14 nous habilite par ailleurs à offrir des programmes de soutien au loyer.
    Il comprend aussi beaucoup d'autres mesures importantes, et j'espère que tous les députés appuieront cette mesure législative essentielle.

L'Agence du revenu du Canada

    Monsieur le Président, on a récemment appris que l'accès au compte Mon dossier de 800 000 contribuables avait été révoqué pour les services de l'Agence du revenu du Canada parce que des tierces parties non autorisées avaient obtenu les données d'identification. En tout, près de 1 million de Canadiens n'ont plus accès à leur dossier. Or, un grand nombre d'entre eux ont besoin de cet accès pour présenter une demande de prestations d'urgence ou soumettre leur déclaration de revenus.
    Même si l'Agence du revenu du Canada a laissé entendre qu'il s'agit d'une simple mesure de précaution, cette situation n'aurait jamais dû survenir. La ministre peut-elle garantir que les Canadiens ne paieront pas le prix pour le manque de rigueur de l'Agence du revenu du Canada et que cette situation ne se reproduira plus jamais?

[Français]

    Monsieur le Président, la protection des renseignements personnels des Canadiens est une priorité pour l'Agence du revenu du Canada. Les personnes concernées recevront un avis de l'Agence leur indiquant qu'elles doivent réinitialiser leur nom d'utilisateur et leur mot de passe dans la section Mon dossier de l'ARC. Cette mesure a été prise de façon proactive par l'Agence par mesure de sécurité.
    Je veux être très claire: il n'y a pas eu de violation des systèmes de l'Agence.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, nous savons que le Canada est encore très préoccupé par les graves violations des droits de la personne qui ont cours dans la région du Xinjiang, en Chine. Nous sommes particulièrement préoccupés par les renseignements concernant le travail forcé dans la région ainsi que la répression et la persécution dont les Ouïghours sont constamment victimes.
    Hier, le Canada s'est joint aux États-Unis, au Royaume-Uni et à l'Union européenne pour annoncer des mesures ciblées contre les dirigeants de la Chine qui ont participé directement à ces atrocités.
    Le ministre des Affaires étrangères pourrait-il informer la Chambre des dernières mesures prises par le Canada?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Mississauga-Est—Cooksville et président du Sous-comité des droits internationaux de la personne de son travail dans ce dossier sérieux.
    Les pays démocratiques doivent plus que jamais travailler de concert afin de défendre la démocratie et les droits de la personne. C'est pourquoi nous nous sommes joints, hier, à nos alliés pour imposer des sanctions à quatre personnes et à une entité qui ont joué un rôle clé dans la persécution des Ouïghours.
    Nous continuerons d'exhorter la Chine à mettre fin à la répression contre les Ouïghours et de tenir les personnes concernées responsables de leurs gestes.

  (1500)  

L'économie

    Monsieur le Président, avant la pandémie de COVID-19, les experts du Canada en gestion des situations d'urgence avaient un plan clair en cas de pandémie. Cependant, ce plan a été mis à la poubelle, tout comme les stocks d'équipement de protection individuelle en prévision d'une pandémie et notre système d'alerte précoce. Alors que les Canadiens font les frais de cette négligence, les libéraux planifient la prochaine élection.
     Les confinements et les restrictions sont censés être temporaires pour donner le temps aux gouvernements de mettre en place des mesures appropriées telles que le dépistage rapide et la vaccination.
    Où est le plan gouvernemental de relance fondé sur des données et pourquoi force-t-on les Canadiens à endurer de perpétuelles restrictions tandis que nous attendons ce plan?
    Monsieur le Président, comme le sait le député d'en face, depuis le début, nous collaborons avec des scientifiques, des responsables de la santé publique et, bien sûr, les provinces et les territoires pour déterminer notre intervention en réponse à la pandémie de COVID-19. Dès les premiers jours, nous avons soutenu les provinces et les territoires dans l'acquisition d'équipement de protection individuelle et encouragé la fabrication de cet équipement au pays. Maintenant, nous veillons à faire l'acquisition de vaccins et à payer ses acquisitions, en plus de nous assurer que les provinces et les territoires sont dotés des systèmes voulus pour les administrer.
    Nous avons livré plus de 31 millions de tests de dépistage rapide et faisons en sorte que les provinces et les territoires disposent de l'argent, de l'expertise et du soutien dont ils ont besoin pour protéger la santé des citoyens dont ils sont responsables.

La santé

    Monsieur le Président, les familles veulent être en mesure de visiter leurs proches dans les centres de soins de longue durée. Les grands-mères veulent serrer leurs petits-enfants dans leurs bras. Les habitants de Point Roberts veulent simplement pouvoir aller chez le médecin ou le dentiste.
    Le gouvernement dispose maintenant de données exhaustives sur l'efficacité des vaccins. Quand mettra-t-il à jour ses lignes directrices concernant les activités autorisées pour les personnes qui ont été vaccinées en bonne et due forme?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de l'intérêt qu'elle porte aux données scientifiques liées aux vaccins. Elle a raison. Ce que nous savons, c'est que les vaccins permettent manifestement de sauver des vies, et de plus en plus de données révèlent que les personnes vaccinées sont extrêmement protégées contre la COVID-19. Le dossier dans lequel la recherche de conclusions se poursuit est celui de l'effet du vaccin sur la transmission de la maladie.
    Nous tiendrons toujours compte de l'avis des experts de la santé publique, des scientifiques et, en effet, des dirigeants du pays qui travaillent d'arrache-pied pour trouver un juste équilibre relativement aux mesures de santé publique qui sont nécessaires pour protéger les Canadiens en cette période extrêmement délicate.

L'économie

    Monsieur le Président, les Canadiens veulent un gouvernement qui travaille pour eux, mais tel n'est pas le cas.
    Les aînés sont laissés pour compte, des entreprises ont fermé leurs portes, les régions rurales du Canada sont ignorées et la distribution des vaccins est parmi les pires qui soient.
    Au lieu de faire son travail, le premier ministre est plus occupé à garder son emploi. Les Canadiens ne veulent pas d'élections anticipées, ils veulent un avenir. Pourquoi le premier ministre est-il plus axé sur son avenir politique que sur l'avenir des Canadiens?
    Monsieur le Président, je ne suis pas du tout d'accord avec mon collègue. Depuis le début de la pandémie, le gouvernement donne la priorité à la santé et à la sécurité des Canadiens. Comme la ministre des Finances l'a dit aujourd'hui, nous serons présents à toutes les étapes du processus jusqu'à ce que nous en ayons terminé avec la COVID et que nous reconstruisions en mieux.
    En tant que ministre du Développement rural, je suis fière que nous ayons saisi cette occasion, en ces temps très difficiles, pour donner accès à Internet haute vitesse, un service essentiel, à tous les Canadiens. Aucun gouvernement n'a fait plus, pour les Canadiens dans les régions rurales en particulier. Nous sommes à leurs côtés.

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, au cours de la dernière année, les Canadiens et les Canadiennes ont dû se relever les manches pour faire face à une crise sanitaire et économique sans précédent.
     Dès le début de la pandémie, notre gouvernement a répondu présent pour soutenir la population, et nous répondrons aussi présents pour la relance, afin de rebâtir en mieux et de créer un Canada plus fort.
    La vice-première ministre et ministre des Finances peut-elle informer la Chambre de la date à laquelle le gouvernement présentera le budget de 2021 et sa vision de l'avenir?

  (1505)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.
    Nous sommes entrés dans cette crise en ayant une position financière solide, ce qui nous a permis de fournir un soutien sans précédent aux Canadiens.
    Je suis heureuse d'annoncer que le 19 avril, à 16 heures, le gouvernement présentera le budget de 2021.

[Traduction]

Les services de garde

    Monsieur le Président, un rapport présenté récemment par le CCPA indique qu'en raison des coûts élevés, on constate une baisse substantielle de 10 % des inscriptions aux services de garde dans la plupart des villes canadiennes. Ce phénomène est particulièrement frappant en Ontario. La mise en place de services de garde accessibles et abordables va jouer un rôle essentiel dans la reconstruction de notre économie. Ils seront essentiels pour aider les parents à retourner au travail.
    Les libéraux ont appuyé la motion du NPD visant à débloquer immédiatement 2 milliards de dollars pour les services de garde, mais l'aide promise ne s'est toujours pas matérialisée. Les familles canadiennes sont habituées aux promesses électorales brisées des libéraux. Est-ce encore une promesse brisée?
    Monsieur le Président, nous comprenons l'immense pression que la COVID-19 a exercée sur les familles canadiennes, et notamment sur les parents. Nous nous engageons à être là pour les parents tout au long de cette crise afin de nous assurer qu'ils puissent prendre soin d'eux-mêmes, de leurs enfants et de leurs familles.
    C'est pourquoi nous avons pris une série de mesures pour aider les familles à traverser cette pandémie, mais nous avons également pris des mesures pour aider le secteur des services de garde. Nous nous engageons également, bien entendu, à continuer d'investir dans ce secteur, mais aussi à mettre en place un plan plus ambitieux pour faire en sorte que chaque enfant au Canada ait accès à des services de garde abordables et de qualité.

La santé

    Monsieur le Président, comparativement aux autres pays, moins de 10 % des Canadiens sont vaccinés et tout le monde s'inquiète.
    Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie peut-il expliquer pourquoi, en dépit des ressources disponibles, le gouvernement libéral n'a pas pu présenter un plan adéquat pour créer un vaccin fabriqué au Canada au lieu de dépendre d'autres pays?
    Monsieur le Président, en réalité, c'est plutôt le contraire. Dans les 12 jours qui ont suivi la déclaration de pandémie par l'Organisation mondiale de la santé, nous étions déjà prêts à verser 200 millions de dollars à l'appui d'un vaccin et de produits thérapeutiques fabriqués au Canada. Dans les 30 jours suivants, nous avons ajouté 600 millions de dollars de plus.
    D'ailleurs, les Canadiens doivent savoir que, en l'espace d'un mois, nous avons investi près de 1 milliard de dollars dans l'approvisionnement et la bioproduction nationale afin que les Canadiens puissent avoir accès à des vaccins sûrs et efficaces. Nous continuerons à faire des investissements pour assurer la résilience des Canadiens ainsi que leur santé et leur sécurité à l'avenir.

La Gendarmerie royale du Canada

    Monsieur le Président, je prends encore une fois la parole aujourd'hui au sujet d'un autre question très urgente. Il y a eu des discussions entre les partis et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement à l'égard de la motion suivante. Je propose:
    Que la Chambre dénonce le racisme à la GRC tel qu'il a été constaté par la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes dans un rapport qui a également révélé que la GRC a détruit les enregistrements des communications policières de la nuit où Colton Boushie a été tué, et qu'elle condamne cette dissimulation par la GRC.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que le député propose la motion veuillent bien dire non.
    Je n'entends aucune opposition. La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.

    (La motion est adoptée.)


Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les soins de longue durée  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 22 mars, de la motion.
    Comme il est 15 h 9, conformément à l'ordre adopté le lundi 25 janvier, la Chambre procédera maintenant au vote par appel nominal différé sur la motion de l'honorable député de Burnaby-Sud relative aux travaux des subsides.

[Traduction]

     Convoquez les députés.
    Après l'appel de la sonnerie:

  (1510)  

    Le vote porte sur la motion. Puis-je me dispenser d'en faire la lecture?
    Des voix: Non.
     [La présidence donne lecture de la motion.]

  (1525)  

     (La motion, mise aux voix, est rejetée par le vote suivant:)
 

(Vote no 73)

POUR

Députés

Angus
Ashton
Atwin
Bachrach
Blaikie
Blaney (North Island—Powell River)
Boulerice
Cannings
Collins
Davies
Duvall
Garrison
Gazan
Green
Harris
Hughes
Johns
Julian
Kwan
MacGregor
Manly
Masse
Mathyssen
May (Saanich—Gulf Islands)
McPherson
Qaqqaq
Sangha
Singh

Total: -- 28


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Alghabra
Alleslev
Allison
Amos
Anand
Anandasangaree
Arnold
Arseneault
Arya
Badawey
Bagnell
Bains
Baker
Baldinelli
Barlow
Barrett
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Bendayan
Bennett
Benzen
Bergen
Bergeron
Berthold
Bérubé
Bessette
Bezan
Bibeau
Bittle
Blair
Blanchet
Blanchette-Joncas
Blaney (Bellechasse—Les Etchemins—Lévis)
Block
Blois
Boudrias
Bragdon
Brassard
Bratina
Brière
Brunelle-Duceppe
Calkins
Carr
Carrie
Casey
Chabot
Chagger
Champagne
Champoux
Charbonneau
Chen
Chiu
Chong
Cooper
Cormier
Cumming
Dabrusin
Dalton
Damoff
Dancho
Davidson
DeBellefeuille
Deltell
d'Entremont
Desbiens
Desilets
Dhaliwal
Dhillon
Diotte
Doherty
Dong
Dowdall
Dreeshen
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Duncan (Etobicoke North)
Dzerowicz
Easter
Ehsassi
El-Khoury
Ellis
Epp
Erskine-Smith
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Fergus
Fillmore
Findlay (South Surrey—White Rock)
Finley (Haldimand—Norfolk)
Finnigan
Fisher
Fonseca
Fortier
Fortin
Fragiskatos
Fraser
Freeland
Fry
Gallant
Garneau
Gaudreau
Généreux
Genuis
Gerretsen
Gill
Gladu
Godin
Gould
Gourde
Gray
Guilbeault
Hajdu
Hallan
Harder
Hardie
Hoback
Holland
Housefather
Hussen
Hutchings
Iacono
Ien
Jaczek
Jansen
Jeneroux
Jones
Jordan
Jowhari
Kelloway
Kelly
Kent
Khalid
Khera
Kitchen
Kmiec
Koutrakis
Kram
Kurek
Kusie
Kusmierczyk
Lake
Lalonde
Lambropoulos
Lametti
Lamoureux
Larouche
Lattanzio
Lauzon
Lawrence
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lehoux
Lemire
Liepert
Lightbound
Lloyd
Lobb
Long
Longfield
Louis (Kitchener—Conestoga)
Lukiwski
MacAulay (Cardigan)
MacKenzie
MacKinnon (Gatineau)
Maguire
Maloney
Marcil
Martel
Martinez Ferrada
May (Cambridge)
Mazier
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McCrimmon
McDonald
McGuinty
McKay
McKenna
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLean
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
McLeod (Northwest Territories)
Melillo
Mendès
Mendicino
Michaud
Miller
Monsef
Moore
Morantz
Morrison
Morrissey
Motz
Murray
Nater
Ng
Normandin
O'Connell
Oliphant
O'Regan
O'Toole
Patzer
Paul-Hus
Pauzé
Perron
Petitpas Taylor
Plamondon
Poilievre
Powlowski
Qualtrough
Ratansi
Rayes
Redekopp
Regan
Reid
Rempel Garner
Richards
Robillard
Rodriguez
Rogers
Romanado
Rood
Ruff
Sahota (Calgary Skyview)
Sahota (Brampton North)
Saini
Sajjan
Saks
Samson
Sarai
Saroya
Savard-Tremblay
Scarpaleggia
Scheer
Schiefke
Schmale
Schulte
Seeback
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Shields
Shin
Shipley
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Simard
Simms
Sloan
Sorbara
Soroka
Spengemann
Stanton
Steinley
Ste-Marie
Strahl
Stubbs
Sweet
Tabbara
Tassi
Thériault
Therrien
Tochor
Trudeau
Trudel
Turnbull
Uppal
Van Bynen
van Koeverden
Van Popta
Vandal
Vandenbeld
Vaughan
Vecchio
Vidal
Viersen
Vignola
Virani
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Webber
Weiler
Wilkinson
Williamson
Wilson-Raybould
Wong
Yip
Young
Yurdiga
Zahid
Zimmer
Zuberi

Total: -- 305


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion rejetée.
    Je désire informer la Chambre qu'en raison du vote par appel nominal différé, les ordres émanant du gouvernement seront prolongés de 17 minutes.

Recours au Règlement

La Loi électorale — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
     Je suis maintenant prêt à me prononcer sur le rappel au Règlement soulevé le 10 mars 2021 par le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon concernant une incohérence entre les versions anglaise et française du projet de loi C-19, Loi modifiant la Loi électorale du Canada (réponse à la COVID-19).
    Dans son intervention, le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon a informé la Chambre d’une différence entre les deux versions d’un article du projet de loi. En effet, à la fin du paragraphe 239(2) de la page 12 de la version anglaise, le projet de loi stipule que les bulletins de vote devraient être expédiés au, et je cite, « […] special voting rules administrator in the National Capital Region no later than 6 p.m. on the Tuesday […] ».
    Dans la version française, on indique plutôt que le bulletin, et je cite:

[Français]

    « parvienne au bureau du directeur du scrutin au plus tard à 18 heures le mardi ».

[Traduction]

    Selon le député, ces libellés ont deux significations très différentes, ce qui aurait d’ailleurs créé de la confusion lors du débat en deuxième lecture. Cette incohérence, ajoute-t-il, permet de conclure que le projet de loi est de forme incomplète. À cet égard, le député a cité un extrait de La procédure et les usages de la Chambre des communes, troisième édition, à la page 734, à l’effet que lorsque de telles situations se sont présentées dans le passé, l’ordre portant deuxième lecture a été annulé. Il a donc demandé à la présidence d’examiner la recevabilité du projet de loi C-19 dans sa forme actuelle.

  (1530)  

[Français]

    La députée de Saint-Jean a aussi mis l'accent sur l'importance de prendre part efficacement aux délibérations de la Chambre, tandis que le député d'Elmwood—Transcona a enjoint les partis de trouver une solution afin de ne pas retarder indûment l'étude du projet de loi.
    En réponse, le député de Kingston et les Îles a clarifié que le libellé en français du paragraphe 239(2) est bel et bien le bon. Il a fait valoir que le gouvernement proposerait de corriger cette incohérence lors de l'étude article par article en comité. Bien qu'une erreur se soit glissée au moment de la rédaction, le député a tenu à préciser que le projet de loi C-19 n'est pas pour autant incomplet et qu'il était bien dans ce qu'il est convenu de qualifier de forme définitive lorsqu'il a été déposé à la Chambre. En se référant à une décision de la présidence de janvier 1987, il a ajouté que l'erreur n'a pas l'effet de rendre le projet de loi irrecevable, puisqu'il ne comporte pas de passages en blanc ou le seuil requis pour le rendre incomplet, comme le stipule l’article 68(3) du Règlement.

[Traduction]

     Afin de clarifier la question de la forme d’un projet de loi, il est important d’examiner les précédents en la matière. Une lecture attentive des décisions de la présidence révèle en effet que lorsqu’un ordre portant deuxième lecture d’un projet de loi a été révoqué, c’était soit parce qu’il n’était pas conforme à un ordre de la Chambre, soit parce que la rédaction d’un projet de loi n’avait pas été effectuée ou complétée. À l’extrait cité par le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon, il convient d’ajouter le passage suivant de la page 734 du Bosc-Gagnon: « Un projet de loi en blanc ou de forme incomplète est un projet de loi qui se résume à un titre ou dont la rédaction n’est pas terminée. »
    À mon avis, ce n’est pas le cas pour le projet de loi C-19 tel que soumis à la Chambre. En outre, le débat en deuxième lecture porte sur le principe du projet de loi et non sur ses dispositions particulières. Ainsi, pour reprendre les mots du Président Fraser dans une décision rendue le 26 janvier 1987, à la page 2667 des Débats de la Chambre des communes, je suis d’avis que cette différence « ne nui[t] pas au projet de loi que ce soit sur son fond, ses principes, son objet, ses fins ou ses dispositions ».

[Français]

    En l'occurrence, l'erreur pourra être corrigée par le comité qui sera saisi du projet de loi. Bien que ce ne soit pas fréquent, de telles corrections sont parfois effectuées lors de l'étude détaillée en comité pour assurer la concordance entre les versions anglaise et française d'un projet de loi. Entretemps, le gouvernement a clarifié son intention et le débat peut ainsi se poursuivre sur la motion portant deuxième lecture.

[Traduction]

    Je remercie l'honorable député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon de sa vigilance. J’en profite aussi pour réitérer l’importance d’être particulièrement attentif à chacune des versions des projets de loi, afin que les députés aient la même compréhension des textes proposés, qu’ils puissent participer pleinement aux travaux parlementaires et ainsi s’acquitter de leurs fonctions à titre de législateurs.
    Merci de votre attention.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
    Pouvez-vous indiquer à la Chambre si c'est la version anglaise ou la version française qui est la bonne? Je n'ai pas obtenu de réponse à la question qui me préoccupe le plus, à savoir si les bulletins de vote seraient comptés dans la circonscription ou dans la région de la capitale nationale.
    Pouvez-vous confirmer si c'est la version anglaise ou la version française qui est la bonne?
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
    Je peux comprendre l'inquiétude du député. J'étais présent lorsqu'il a pris la parole. La bonne version est la version française.

  (1535)  

    J'étais sur le point de dire que, selon ce que j'ai cru comprendre, la bonne version est la version française, mais ce sera au comité et à ses membres de décider de la version qui sera retenue.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Motion de l'opposition—Plan pour la réouverture de l'économie  

    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Monsieur le Président, avant la période des questions, je parlais d'autres pays dans le monde qui intensifient ou qui maintiennent eux aussi des mesures de confinement ou de restriction. J'ai soulevé cet argument pour avancer que, bien que les conservateurs fassent fi de la science et des données probantes, nous sommes toujours