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Publications de la Chambre

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43e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 094

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 4 mai 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 150
No 094
2e SESSION
43e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 4 mai 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Les comités de la Chambre

Agriculture et agroalimentaire 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le quatrième rapport du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, intitulé « Possibilités de croissance: Renforcer la capacité de transformation alimentaire au Canada pour assurer la sécurité alimentaire et les exportations ».

[Français]

    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale au présent rapport.

Pétitions

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter cette pétition aujourd'hui.

[Traduction]

    La pétition porte sur les violations incessantes des droits de la personne dans la République populaire de Chine. Plus précisément, les pétitionnaires demandent au gouvernement d'appliquer les sanctions prévues par la loi de Magnitski pour faire respecter les droits de la personne des adeptes du Falun Dafa et du Falun Gong, qui sont toujours persécutés par le Parti communiste chinois dans la République populaire de Chine.

[Français]

La Sécurité de la vieillesse  

    Monsieur le Président, l'initiative d'un citoyen s'est transformée en pétition. En effet, un citoyen de ma circonscription demande au gouvernement de porter une attention particulière à nos aînés.
    On invite donc le gouvernement à changer l'appellation du programme de la Sécurité de la vieillesse, qui existe depuis 70 ans. C'est un geste simple, mais très important pour le respect de nos aînés.

[Traduction]

Questions au Feuilleton


Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Allégations d’inconduite sexuelle dans l’armée  

    Que, étant donné que:
a) les femmes et tous les membres des Forces armées canadiennes ont placé leur confiance dans le présent gouvernement, s’attendant à ce qu’il agisse face aux allégations d’inconduite sexuelle;
b) le chef de cabinet du premier ministre a été informé d’une allégation de harcèlement sexuel précise contre le général Jonathan Vance il y a trois ans;
c) le premier ministre affirme que cette allégation de harcèlement sexuel n’a jamais été portée à son attention;
d) le premier ministre a déclaré que les personnes en position d’autorité ont le devoir d’agir en cas d’allégations,
la Chambre demande au premier ministre de congédier son chef de cabinet pour avoir omis de l’informer d’une grave allégation de harcèlement sexuel aux plus hauts échelons des Forces armées canadiennes et pour avoir été complice de la dissimulation de la vérité aux Canadiens.
    — Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Selkirk—Interlake—Eastman.
    Je vais entamer le débat aujourd'hui sur la motion de l'opposition et, pour être honnête, c'est un sujet que j'aurais préféré ne pas avoir à soulever. En ce moment, le pays est confronté à de nombreuses questions très importantes et urgentes, comme les vaccins, le fait que nous n'en avons pas assez et que le gouvernement envoie des messages très contradictoires à ce sujet. Il y a aussi des questions comme l'économie et les emplois, et le fait que les libéraux n'ont aucun plan pour assurer notre avenir.
    La confiance que les Canadiens peuvent avoir dans leur gouvernement est à la base de ces questions et bien d'autres; la certitude que le premier ministre leur dit la vérité; la certitude que le premier ministre agit dans leur intérêt et non dans son intérêt personnel; la certitude que, lorsque des personnes occupant les plus hautes fonctions posent des gestes répréhensibles, elles doivent rendre des comptes.
    Voilà pourquoi nous débattons aujourd’hui des mesures prises par le premier ministre, son cabinet et le ministre de la Défense nationale pour camoufler les allégations d’inconduite sexuelle contre le chef d'état-major de la Défense et du fait qu'il faut faire la lumière sur cette affaire afin que les responsables rendent des comptes pour que les gestes reprochés ne surviennent plus jamais.
    Les Canadiens en uniforme, hommes ou femmes, qui sont au service de notre pays chaque jour avec honneur et intégrité doivent souvent sacrifier leur vie, leur santé mentale, leur équilibre émotionnel et leur santé physique. Ils renoncent à du temps qu'ils auraient passé avec les membres de leur famille et avec leurs amis.
    Les femmes dans les forces armées, ces femmes qui portent l'uniforme, elles font un sacrifice unique. Elles se privent d'un temps précieux auprès de leurs propres enfants, qui sont parfois en très bas âge. Elles vont même parfois jusqu'à abandonner l'idée de devenir mère. Ces femmes font tellement de sacrifices pour servir notre pays, elles sont en droit de s'attendre à ce que le gouvernement leur rende la pareille avec autant d'intégrité et d'honneur. Les Canadiennes en uniforme font confiance au gouvernement pour les protéger du harcèlement, de l'inconduite sexuelle et de l'abus d'autorité de leurs supérieurs. Le gouvernement libéral a échoué sur toute la ligne au cours des dernières années et cela est d'une tristesse absolue.
    Aujourd'hui, nous allons parler de ce qui s'est passé, des personnes qui étaient au courant et de celles qui devraient être tenues responsables. Nous savons que le ministre de la Défense nationale était au courant. Dans son témoignage, l'ombudsman dit avoir fait part d'allégations précises d'inconduite sexuelle au ministre de la Défense nationale en 2018. Nous savons que le ministre de la Défense nationale a fait la sourde oreille à ce moment-là et répondu qu'il ne voulait pas en entendre parler. Chose incroyable, il a même refusé de parler à nouveau à l'ombudsman. Je suis certaine que, tout au long de la journée, il sera question de bien d'autres choses que le ministre de la Défense nationale a fait ou n'a pas fait.
    Toutefois, je me concentrerai pour l'instant sur ce qui s'est passé au Cabinet du premier ministre, la plus haute instance du pays, et qui devrait être tenu responsable de la dissimulation de ces graves allégations.
    On nous demande de croire que le premier ministre n'était pas au courant. Il a dit aux Canadiens, aux médias et à la Chambre qu'il ne savait rien de ces allégations jusqu'à tout récemment, soit il y a quelques mois, lorsque nous avons tous appris leur existence. Le conseiller principal du premier ministre a témoigné qu'il le savait, de même que la cheffe de cabinet du premier ministre, Katie Telford, mais apparemment, personne n'en a informé le premier ministre. Ils n'ont pas fait part de cette importante information au premier ministre. Voilà, semble-t-il, ce qu'il faudrait croire.
    Pour bien situer le contexte, et c'est un aspect important, souvenons-nous qu'en mars 2018 le premier ministre et son cabinet savaient que le fait qu'il avait touché de manière inappropriée une femme en 2000 allait sortir au grand jour. Je me souviens personnellement du printemps de 2018. C'était un secret de polichinelle à Ottawa. Il y avait un article écrit par une jeune journaliste rapportant en détail la très mauvaise expérience qu'elle avait vécue lors de sa rencontre avec le premier ministre, qui avait alors 28 ans, au festival Kokanee. Puisque nous étions aussi nombreux à être au fait de cet article, le premier ministre et son cabinet l'étaient sûrement aussi.
    Il savait sûrement que, tôt ou tard, cette histoire serait rendue publique et lui attirerait des questions. Nous devons tenir compte de ce contexte et nous demander quel était l'état d'esprit du premier ministre à l'époque et à quoi il pouvait penser. Il s'est peut-être dit que, s'il congédiait le général Vance à cause d'allégations d'inconduite sexuelle, il devrait se plier lui-même aux mêmes exigences quand les preuves de sa conduite odieuse seraient révélées.

  (1010)  

    Je suis certaine que le premier ministre se serait trouvé devant un choix très difficile s'il avait été au courant des allégations d'inconduite sexuelle contre le général Vance: il aurait dû choisir entre démettre de ses fonctions le chef d'état-major de la Défense à cause de ses gestes et faire fi des allégations pour se protéger. Quand on l'a confronté à propos des incidents de tripotage, le premier ministre a contourné la question en disant que certaines femmes ne ressentent pas les choses de la même façon. Il s'est accordé un passe-droit pour ses gestes, prouvant du même coup qu'il est loin d'être féministe, puisque c'est faire preuve d'une misogynie tout à fait classique que de blâmer la femme et de ne pas la prendre au sérieux. Quand on regarde la situation avec du recul, on comprend pourquoi le premier ministre aurait pu, tout en étant informé des allégations concernant le général Vance, choisir de les dissimuler.
    Dans ce même contexte, examinons l'affirmation du premier ministre selon laquelle il ne savait rien et tout le monde autour de lui était au courant, mais l'a tenu dans l'ignorance. Supposons que ce soit raisonnable, même si j'estime que ce n'est pas crédible. Cela signifierait que la cheffe de cabinet du premier ministre, Katie Telford, était au courant et qu'elle ne lui a rien dit. Cela signifierait que Katie Telford était au fait des allégations et qu'elle a pourtant permis au premier ministre de procéder comme si de rien n'était entre 2018 et 2020, et non seulement de féliciter publiquement le général Vance pour son excellent travail dans le cadre de l'opération Honour, mais aussi de faire de lui le chef d'état-major de la Défense ayant occupé ses fonctions le plus longtemps et de lui accorder une augmentation de 50 000 $. À mon avis, il n'est tout simplement pas crédible qu'une cheffe de cabinet compétente permette à son patron, le premier ministre du Canada, de se mettre dans une position aussi vulnérable et de s'exposer au risque d'être grandement embarrassé, d'être discrédité et de ne pas être cru. Si c'était vrai et si j'étais le premier ministre, je me poserais la question suivante: avec des amis comme Katie Telford, qui a besoin d'ennemis? Je serais furieux contre elle, mais je remarque que le premier ministre ne semble pas très furieux, n'est-ce pas?

  (1015)  

    Je vais juste arrêter l'horloge pendant un moment. Il semble y avoir un microphone ouvert. Je tiens à rappeler aux députés de mettre leur microphone en sourdine parce que cela interfère actuellement avec les affaires de la Chambre.
    La cheffe adjointe a la parole.
    Madame la Présidente, quelque chose dans toute cette histoire sonne faux, mais comme c'est la version du premier ministre, nous allons lui demander d'agir en conséquence, car, selon ses propres paroles, ceux qui sont « en position d'autorité » et qui sont au courant d'allégations de nature sexuelle « ont le devoir d'agir. » Nous demandons au premier ministre d'agir par rapport au fait qu'apparemment, Katie Telford était au courant, mais n'a rien fait.
    En revanche, si le premier ministre était au courant et qu'il ne l'admet pas, il doit faire preuve de courage sans plus tarder et admettre qu'il était au courant, mais qu'il n'a pas voulu passer à l'action. Pourquoi? Pour se protéger lui-même.
    Une tendance se dessine avec le premier ministre. Nous l'avons constaté dans l'affaire SNC-Lavalin, où il a nié devant tout le pays qu'il savait qu'il y avait eu ingérence politique. Il l'a nié à plus d'une reprise et a affirmé qu'il ne s'était pas ingéré dans le dossier. Il est apparu clairement qu'il y avait eu ingérence politique lorsque nous avons entendu les conversations enregistrées. Tout comme dans l'affaire de camouflage entourant le général Vance, l'ingérence dans l'affaire SNC profitait au premier ministre, parce qu'il se souciait des votes. À l'issue de l'ignoble affaire SNC-Lavalin, deux femmes très intelligentes et compétentes ont été mises à l'écart, la députée de Vancouver Granville et Jane Philipot, l'ancienne ministre de la Santé, et le premier ministre s'en est sorti honorablement, du moins dans son propre esprit.
     J'espère que nous n'avons pas affaire aujourd'hui à une autre situation où le premier ministre a voulu se protéger à tout prix, si bien que non seulement il a manqué à son devoir de protéger les femmes dans les forces armées, mais, au final, une autre femme compétente, Katie Telford, paiera pour ses erreurs. Il ne faut pas s'y méprendre; la réputation de cette femme est maintenant ternie. Comprenons-nous bien, si elle a camouflé l'affaire, elle mérite d'être renvoyée, mais si ce n'est pas le cas, et si le premier ministre ne dit pas la vérité, alors il doit dire la vérité sur ce qu'il a fait, et pour une fois dans sa carrière de premier ministre, sinon dans sa vie, il devrait peut-être assumer ses responsabilités pour les faussetés qu'il a dites, pour sa conduite et pour son opération de camouflage.
    Winston Churchill a dit: « Je n'écoute plus ce que les gens disent, je regarde simplement ce qu'ils font. Le comportement ne ment pas. » Je crois que c'est l'attitude que nous devons avoir à l'égard du premier ministre, qui se dit féministe. Ses actions disent le contraire. Les Canadiennes observent son comportement, tout comme les femmes et les hommes dans les forces armées. Les femmes dans son propre parti, y compris celles qui travaillent pour lui, ont vu comment il se comporte, ou si elles n'ont rien remarqué, elles devraient l'observer plus attentivement. Les conservateurs ont certainement vu comment il se comporte...
    Le temps de parole de la députée est écoulé. Elle pourra intervenir de nouveau pendant la période des questions et observations.

[Français]

    L'honorable députée de Thérèse-De Blainville a la parole.
    Madame la Présidente, c'est une situation sérieuse. Il faut la dénoncer et il faut absolument agir pour la corriger.
    La motion des conservateurs et les propos tenus par la députée ne doivent faire perdre de vue à personne que les deux partis ont choisi de ne rien faire concernant Jonathan Vance. Les conservateurs l'ont nommé alors qu'on avait déjà eu vent de certaines situations avant qu'il soit nommé chef d'état-major. Je pense que votre bilan sur cette question ne témoigne pas de l'élan que vous démontrez aujourd'hui.
    Quel est votre mea-culpa quant à la situation?
    Je rappelle à la députée qu'elle doit adresser ses questions et commentaires à la présidence, et non directement à la députée.
    L'honorable députée de Portage—Lisgar a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je voudrais remettre les pendules à l'heure. Dans ce cas-ci, les libéraux ont essayé de détourner l'attention de ce qu'ils avaient fait, en essayant de blâmer quelqu'un d'autre.
    Le fait est que c'est le gouvernement conservateur qui est à l'origine du rapport Deschamps. Lorsque des rumeurs concernant le général Vance ont commencé à se répandre, les conservateurs ont agi. Cela n'a rien à voir avec ce que le présent gouvernement a fait. Lorsque l'ombudsman lui a fourni des preuves très concrètes, le ministre de la Défense nationale les a rejetées du revers de la main et les a cachées à l'abri du public pendant plus de trois ans. Il a même accordé une augmentation et une promotion au général Vance et lui a tressé des couronnes. Cela en dit beaucoup, comme le fait que les libéraux n'assument pas leurs décisions.
    Ce que nous disons aujourd'hui, c'est que ce terrible problème, cette terrible situation ne seront pas réglés tant que le premier ministre n'aura pas avoué qu'il a tenté, avec d'autres, de dissimuler les faits.

  (1020)  

    Sachant ce qu'il a dit, la députée de l'opposition a-t-elle quelque regret que ce soit concernant les choses qu'elle a dites officiellement qui pourraient avoir induit les Canadiens en erreur dans ce dossier?
    Madame la Présidente, ce que je retiens le plus de l'intervention d'hier du leader du gouvernement à la Chambre des communes est le mot très vulgaire qu'il a employé à la Chambre. Je pense qu'il aurait des regrets à ce sujet.
    Or, ce qui est vraiment regrettable, c'est la façon dont se comportent le gouvernement et le premier ministre soi-disant féministe, en sacrifiant continuellement des femmes fortes et compétentes. Nous l'avons vu avec la députée de Vancouver Granville et Jane Philpott, et nous pourrions interroger de nombreuses femmes du caucus libéral à cet égard. On voit aujourd'hui la même chose avec Katie Telford: le premier ministre affirme qu'elle était au courant d'allégations d'inconduite sexuelle, mais que personne ne l'en a informé. Ce n'est tout simplement pas plausible.
     Nous mettons le premier ministre au pied du mur. S'il est vrai que Mme Telford ne l'a pas informé des allégations, il peut la renvoyer. Cependant, si elle l'a en informé, il doit assumer ses responsabilités et, pour la première fois de sa carrière comme premier ministre, faire ce qui s'impose pour les Canadiens et Canadiennes, ainsi que pour les militaires, au lieu de seulement penser à se protéger.
    Madame la Présidente, les allégations d'inconduite sexuelle dans l'armée sont très inquiétantes.
    Cependant, je trouve consternant que les conservateurs tentent aujourd'hui de se servir d'une motion pour exploiter cette question. Il est totalement inacceptable qu'ils demandent au Parlement de décider qui devrait être congédié ou non. Ce n'est pas le rôle du Parlement. Il s'agit d'un enjeu très préoccupant, et les conservateurs l'exploitent à des fins politiques, plutôt que pour aider les militaires.
    Je ne suis pas du tout d'accord, madame la Présidente.
    Le NPD se soucie surtout de soutenir les libéraux dès qu'il en a l'occasion. C'est triste de voir le NPD laisser tomber les militaires, au lieu de faire preuve de courage, de prendre position et de demander des comptes au premier ministre, à son Cabinet et au ministre de la Défense nationale.
    Cela ne m'étonne pas. Le NPD a perdu toute sa pertinence, et il le montre encore aujourd'hui.
    Madame la Présidente, je veux remercier la leader adjointe de ses excellentes observations et d'avoir présenté une motion aujourd'hui. Nous mettons le premier ministre au pied du mur, afin d'apprendre ce qu'il savait ou ne savait pas.
    Je veux tout d'abord dire à ceux qui servent notre pays sous les drapeaux qu'à l'évidence, le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes sont aux prises avec un problème grave et permanent d'inconduite sexuelle. Nous exigeons beaucoup des militaires. Ils servent dans les Forces armées canadiennes au quotidien, et ils ont fait le serment de protéger chacun de nous. Il revient aux députés de faire de leur mieux pour que les militaires puissent exercer leur métier de façon sûre. Ils ne doivent donc pas être soumis à du harcèlement sexuel en milieu de travail.
    Quand nos fils et nos filles, nos soeurs et nos frères, nos mères et nos pères servent notre pays, ils ne devraient jamais être soumis à du harcèlement sexuel. Cette culture malsaine doit changer. C'est pourquoi le chef du Parti conservateur a proposé, il y a plus de deux mois, un plan d'action que le gouvernement pourrait suivre pour obtenir de véritables résultats.
     Comme l'a dit notre chef, nous ordonnerions la tenue d'une enquête indépendante sur les cas d'inconduite sexuelle à l'échelle des forces armées. Tous les échelons seraient visés. Pendant l'enquête, toute promotion et augmentation de salaire des officiers généraux serait suspendue. Après avoir éliminé tous les problèmes, il serait possible d'accorder des promotions voulues.
    Nous adopterions des politiques pour que les plaintes futures d'inconduite sexuelle soient déposées auprès d'un organisme externe véritablement indépendant et n'ayant aucun lien avec la chaîne de commandement. Pour changer la culture et mettre en place une véritable société égalitaire au sein des Forces armées canadiennes, nous présenterions des politiques permettant une meilleure représentation des femmes et d'autres Canadiens sous-représentés dans les échelons supérieurs, et ce, dans tous les services: l'aviation, l'armée et la marine.
    Nous devons faire en sorte que les femmes et les hommes qui servent notre pays puissent le faire avec honneur et sans compromis. Pour y arriver, il faut établir un environnement sûr et encourager les femmes à occuper des postes de commandement.
    Il ne fait aucun doute que l'objectif de la motion à l'étude est la reddition de comptes. Nous savons déjà que le ministre de la Défense nationale a reçu des preuves de harcèlement sexuel impliquant l'ancien chef d'état-major de la Défense, le général à la retraite Jonathan Vance. Or, au lieu d'examiner ces preuves et d'intervenir, comme l'y obligent ses fonctions et la Loi sur la défense nationale, le ministre les a rejetées. Ce faisant, il a manqué à son devoir envers les membres des Forces armées canadiennes.
    À maintes occasions, le ministre a dit avoir confié les allégations à sa cheffe de cabinet. À l'époque, il y a trois ans, il s'agissait de Zita Astravas. C'était le 1er mars 2018. Comme nous l'avons appris au comité de la défense nationale il y a à peine deux semaines, Mme Astravas a alors relayé cette information à la cheffe de cabinet du premier ministre, Katie Telford. Puis, Katie Telford a demandé à Elder Marques, qui était alors conseiller principal du premier ministre, de communiquer avec l'ancien ombudsman militaire, Gary Walbourne, de même qu'avec l'ancien greffier du Conseil privé, Michael Wernick, qui a également témoigné devant le comité, ainsi qu'avec Janine Sherman, sous-secrétaire du Cabinet.
    Le comité a entendu de nombreux témoignages. Ces allégations et les conséquences qu'elles ont entraînées ont fait couler beaucoup d'encre dans les médias.

  (1025)  

    Aujourd'hui, il faut trouver à qui incombe la responsabilité pour la façon dont Katie Telford a traité cette information. À titre de cheffe adjointe, la députée de Portage—Lisgar a déclaré que si on se fie à la version du premier ministre, cela signifie que Katie Telford a omis de communiquer de l'information cruciale au sujet du militaire le plus haut gradé au pays, le général Vance. Or, comme ce dernier jouissait de la cote de sécurité très secrète, il était potentiellement compromis et pouvait aisément être victime de chantage étant donné les allégations d'inconduite sexuelle dont il faisait l'objet.
     Si Mme Telford n'a pas informé le premier ministre de la situation, elle a bel et bien empêché de vérifier si le chef d'état-major de la défense — qui relevait uniquement de deux personnes, soit le ministre de la Défense nationale et le premier ministre — s'était effectivement conduit de façon déshonorable et si sa capacité de servir le Canada était gravement compromise. Par conséquent, si on croit que Katie Telford a manqué à son obligation d'informer le premier ministre, elle doit alors être congédiée. Toutefois, bien franchement, nous mettons Justin Trudeau au pied du mur. Personnellement, je ne crois pas que Katie Telford ait omis de communiquer cette information au premier ministre.

  (1030)  

    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement, le député de Selkirk—Interlake—Eastman, qui possède pourtant une longue expérience parlementaire, a nommé le premier ministre par son nom. J'estime qu'il devrait s'abstenir de le faire.
    C'est effectivement ce qu'a fait le député, et il ne devrait plus le faire. Il sait parfaitement qu'il ne faut pas nommer les députés ou les ministres par leur nom ou leur prénom à la Chambre.
    Je redonne la parole au député de Selkirk—Interlake—Eastman.
    Je suis désolé, madame la Présidente. La présence médiatique a été forte ces derniers jours et je me suis habitué à prononcer souvent le nom du premier ministre. Je vais m'efforcer de parler de lui en disant le premier ministre.
    Il faut aussi surveiller ce qui se passe au Comité permanent de la défense nationale, car il y a une semaine et demie, après qu'Elder Marques eut déclaré que Katie Telford constituait le premier point de contact entre le bureau du ministre de la Défense nationale et le Cabinet du premier ministre, nous avons immédiatement proposé une motion visant à la faire comparaître. Les membres libéraux du comité font de l'obstruction et empêchent la comparution de Katie Telford. Cela aussi en dit long sur le fait qu'il s'agit d'une opération de dissimulation. Les libéraux préfèrent protéger Katie Telford plutôt que les femmes et les hommes qui servent notre pays dans les Forces armées canadiennes.
    Il faut mettre un terme à tout cela. Il faut faire en sorte que ceux qui sont au sommet de la chaîne de commandement, qu'il s'agisse du chef d'état-major de la Défense, du ministre de la Défense nationale, de la cheffe de Cabinet du premier ministre ou du premier ministre lui-même, fassent preuve d'honnêteté à l'égard des Canadiens et nous fournissent les détails.
    Toute cette obstruction systématique incessante et les annulations répétées des réunions constituent un affront à la démocratie et nous montrent jusqu'où les libéraux sont prêts à aller pour que le Parlement canadien soit dysfonctionnel. Nous allons continuer de demander que Katie Telford vienne témoigner devant le comité, mais nous croyons également que la Chambre a la responsabilité de déterminer si Katie Telford était au courant ou non et si elle a informé le premier ministre ou non des allégations graves concernant le général Jonathan Vance.
    Il faut pouvoir étudier l'ensemble des faits. Il faut garder en tête que, même si nous parlons de cette affaire depuis plus de trois mois, que les Canadiens en ont été informés et que la Chambre et le comité de la défense en ont été saisis, nous savons que Katie Telford était très occupée en mars 2018 en raison des allégations non fondées et des accusations portées à l'endroit de l'ancien vice-chef d'état-major, le vice-amiral Mark Norman. Il a été accusé le 8 mars 2018, et ce processus était en marche. Nous savons également que les libéraux devaient réagir à une affaire d'inconduite sexuelle au sein même du Cabinet du premier ministre impliquant Claude-Éric Gagné, alors ils en avaient plein les bras et il est possible qu'ils aient été distraits.
    Cependant, cela ne justifie pas qu'ils aient donné un passe-droit à Jonathan Vance, qu'ils lui aient donné une augmentation et qu'ils aient prolongé son contrat de trois ans alors qu'il était responsable de l'opération Honour. Cette situation a sapé le moral de tous ceux qui servent au sein des Forces armées canadiennes.
    Madame la Présidente, à deux reprises cette semaine, les conservateurs ont présenté une motion de l'opposition qui ne vise pas à aider les Canadiens, comme l'a souligné plus tôt le député de Timmins—Baie James. Comment cette motion pourrait-elle contribuer à faire progresser le travail très important qui doit être fait dans nos forces armées?
    Le député a parlé du plan d'action des conservateurs sur l'inconduite sexuelle dans l'armée. Pourquoi ne pas avoir présenté ce plan dans le cadre d'une motion de l'opposition pour pouvoir l'étudier ici? C'est un sujet qui aurait pu faire l'objet d'un débat approfondi. Nous aurions pu discuter du contenu de ce plan et de ce qui permettrait au gouvernement de l'adopter.
    Le député peut-il expliquer pourquoi les conservateurs ont choisi cette motion au lieu de présenter le plan d'action qu'ils ont élaboré?

  (1035)  

    Madame la Présidente, je sais que cette discussion rend le député de Kingston et les Îles très mal à l'aise. Une importante base et le Collège militaire royal se trouvent dans la circonscription qu'il représente, et je ne doute pas qu'il reçoit un grand nombre de courriels, d'appels téléphoniques et de visites de la part de militaires et de vétérans qui sont déçus du gouvernement libéral.
    Voici en fait à quoi se résume la situation: en ce qui concerne les inconduites sexuelles, il est temps que le premier ministre et les libéraux cessent de cacher la vérité aux Canadiens. Ils doivent assumer la responsabilité de leurs actes, qu'il s'agisse du bureau du ministre de la Défense nationale ou du Cabinet du premier ministre.

[Français]

    Madame la Présidente, je me pose également la question. C'est ma conscience qui parle.
    Quand il y a un enjeu d'une grande importance comme celui qui nous occupe, il faut effectivement se poser la question suivante: quelle est l'intention ultime de prendre cette journée en particulier avec une telle précision? Les considérants de la motion sont tout à fait valables.
    Cela dit, quelle était l'ultime intention de faire un geste à l'égard d'un individu en prétendant qu'on va régler la situation?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le but, c'est d'obliger le premier ministre à jouer franc jeu et à mettre cartes sur table. Il est fini le temps des faux-fuyants.
    Nous voulons que cessent les cachotteries. Les Canadiens, les parlementaires et, surtout, les militaires doivent savoir que le gouvernement libéral a refusé de sanctionner les inconduites de Jonathan Vance, qui ont été soulevées pour la première fois en mars 2018. Les libéraux ont compromis l'opération Honour en laissant l'ex-général à son poste et en prolongeant son contrat de trois ans. Le gouvernement lui a accordé une augmentation de salaire de 50 000 $ — rien de moins —, mais il a fermé les yeux sur la tragédie qui secouait les Forces armées canadiennes.
    Les inconduites sexuelles dans l'armée ont augmenté depuis l'arrivée du gouvernement libéral. Depuis cinq ans, une personne est agressée sexuellement tous les trois jours dans les Forces armées canadiennes. Il faut que cela cesse, et le seul moyen d'y parvenir, c'est de faire éclater la vérité au grand jour.
    Madame la Présidente, je veux qu'on se comprenne bien. Nous sommes là à parler de ce que vivent les femmes du pays, mais personne ne parle de l'objectif que nous devrions poursuivre d'abord et avant tout, à savoir la sécurité des femmes dans l'armée. Les conservateurs réclament le renvoi d'une femme, mais le pire, c'est qu'elle n'a pas tant de pouvoir que ça. Le vrai pouvoir, il est entre les mains du ministre et du premier ministre.
    Le député pourrait-il nous expliquer pourquoi les conservateurs ont choisi cette voie au lieu de proposer une motion qui aurait concrètement changé la vie des femmes qui servent leur pays?
    Madame la Présidente, c'est assez simple. La cheffe de cabinet du premier ministre est l'une des personnes les plus puissantes du pays. Si Katie Telford n'a pas communiqué cette information au premier ministre, elle mérite d'être congédiée parce qu'elle ne s'est pas acquittée des fonctions et des responsabilités qu'elle a à l'égard du Canada et du premier ministre. Si le premier ministre était au courant de la situation et qu'il induit les Canadiens en erreur à ce sujet depuis le début, il devrait présenter des excuses et nous dire la vérité une fois pour toutes.
    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui au sujet de la motion de l'opposition pour discuter de nos efforts en vue de prévenir les inconduites sexuelles dans les Forces armées canadiennes et au ministère de la Défense nationale et en vue de remédier à ces inconduites.

[Français]

    Je veux parler de ces efforts mis en lumière lors de l'annonce de la semaine dernière concernant une nouvelle étude externe complète et indépendante, ainsi qu'une nouvelle organisation consacrée à la mise en place des conditions d'un changement de culture durable dans l'ensemble de l'institution.
    Nous reconnaissons que nos efforts passés ont échoué. De graves allégations contre de hauts dirigeants militaires ont jeté une ombre sur l'ensemble des Forces armées canadiennes et du ministère de la Défense nationale. Nous reconnaissons que nos efforts n'ont pas résolu pleinement les problèmes soulevés par les survivants ni obtenu les résultats qu'ils méritaient.

  (1040)  

[Traduction]

    Nous avons la responsabilité de veiller à ce que les Canadiens travaillent dans un environnement où ils sont traités avec dignité et respect. Nous prenons cette responsabilité très au sérieux. Cela dit, je tiens à prendre un instant pour répondre aux récentes accusations concernant le ministre de la Défense nationale et aux allégations contre le général Vance, ancien chef d'état-major de la Défense.
    Quand le ministre a rencontré l'ombudsman des Forces armées canadiennes de l'époque le 1er mars 2018, M. Walbourne a soulevé la question des allégations portées contre le général Vance à la toute fin de la rencontre, sans toutefois préciser exactement quelle était la teneur de ces allégations. Il n'est pas entré dans les détails. Par respect pour l'intégrité et l'indépendance du processus d'enquête, le ministre a ordonné à l'ombudsman de transmettre les allégations aux autorités compétentes. L'affaire a été communiquée au Bureau du Conseil privé, qui est directement responsable des nominations par le gouverneur en conseil, y compris la nomination du chef d'état-major de la Défense.
     Une enquête juste et équitable sur les allégations d'actes répréhensibles est fondamentale pour notre système de justice. C'est un élément fondamental de notre conception de la démocratie. Il ne doit jamais y avoir d'ingérence politique, réelle ou apparente, dans de telles enquêtes. Les mesures prises par le ministre sont les mêmes que celles qui ont été prises par le gouvernement conservateur précédent. En réalité, le chef de l'opposition a pris les mêmes mesures quand il a entendu des rumeurs d'inconduites sexuelles concernant le général Vance avant sa nomination au poste de chef d'état-major de la Défense.
    Au cours des derniers mois, nous avons entendu le récit atroce d'autres personnes qui ont été victimes d'inconduite sexuelle dans l'exercice de leurs fonctions. Cela veut dire que de graves problèmes minent notre culture organisationnelle. D'ailleurs, nous avons souligné la nécessité d'instaurer un changement généralisé et durable. Un grand nombre de survivants et de personnes touchées ont communiqué avec moi personnellement, et je tiens à les remercier de dénoncer la situation et d'avoir raconté ce qu'ils ont vécu. Cela contribue à faire progresser les choses. Nous écoutons ces personnes et nous agissons.
    Comme l'a annoncé le ministre jeudi dernier, l'ancienne juge de la Cour suprême, Mme Louise Arbour, a accepté de diriger un nouvel examen externe indépendant et complet des politiques et de la culture de notre organisation. Cet exercice prendra appui sur les efforts déployés précédemment, notamment le rapport Deschamps.
    À l'issue de cet examen, Mme Arbour formulera des recommandations cruciales tangibles à savoir comment nous pouvons mieux protéger nos gens et créer des conditions favorables à un changement de culture durable. Nous espérons en particulier que Mme Arbour nous fournira conseils et recommandations au sujet de l'établissement d'un mécanisme externe indépendant pour porter plainte, c'est-à-dire un mécanisme qui ne fait pas partie de la chaîne de commandement et qui répondra aux besoins des victimes d'inconduite sexuelle dans le milieu de la défense nationale. Nous espérons également que Mme Arbour nous aidera à faire en sorte que notre système de justice militaire puisse traiter adéquatement les plaintes en mettant l'accent sur l'intérêt des survivants.
    Nous renforcerons nos structures existantes, tant du côté militaire que du côté civil, y compris le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle, de manière à susciter une plus grande confiance parmi les personnes qui ont besoin d'aide. Nous examinerons le système d'évaluation du rendement et de promotion au sein des Forces armées canadiennes en portant une attention particulière à la façon dont notre organisation choisit et forme ses dirigeants.
    Cet élément de leadership est très important. En fait, il est essentiel. Comme on l'a vu dans les médias, le gouvernement conservateur précédent a décidé de nommer le général Vance au poste de chef d'état-major de la défense, alors qu'il faisait l'objet d'une enquête pour agression sexuelle par le Service national des enquêtes des Forces canadiennes et que l'actuel chef de l'opposition était au courant de ces rumeurs.
    Alors que les conservateurs étaient sur le point de nommer le candidat de leur choix à la tête des Forces armées canadiennes, le commandant qui dirigeait l'enquête sur le général Vance a déclaré subir des pressions pour abandonner l'enquête. Des pressions de la part de qui? Qui était à l'origine de ces pressions? Le gouvernement conservateur a-t-il fait pression pour que l'enquête soit close, afin de laisser la voie libre au général Vance? Ce sont des questions importantes auxquelles j'espère que mes collègues répondront, mais je m'égare.
    J'ai parlé de Mme Arbour un peu plus tôt. Elle nous fournira des recommandations cruciales et concrètes sur la manière de mieux protéger nos gens et de créer les conditions d'un changement de culture durable. Elle fera ce travail de manière transparente et indépendante de la chaîne de commandement, avec la contribution des interlocuteurs appropriés à l'intérieur et à l'extérieur de la Défense nationale. Elle évaluera nos progrès dans l'application des recommandations du rapport Deschamps et nous aidera à poursuivre ces efforts. Tout au long du processus, elle sera en mesure de nous fournir des recommandations provisoires, auxquelles nous donnerons suite au fur et à mesure qu'elles nous parviendront.
    En plus de l'examen mené par Mme Arbour, nous avons mis sur pied une nouvelle structure au sein de l'équipe de la Défense qui sera chargée de créer les conditions permettant une transformation de la culture dans l'ensemble de l'institution. Ces travaux sont déjà commencés. Nous savons qu'il existe des aspects problématiques au sein de la culture militaire qui peuvent favoriser les inconduites sexuelles et d'autres comportements néfastes. On parle des valeurs, des croyances et des comportements qui mettent à l'avant-plan la dureté et l'agressivité aux dépens de l'intelligence émotionnelle et de la coopération.
    Ce pan de notre culture est complètement inacceptable. Il rend l'organisation moins efficace et moins fiable. Il effrite la confiance de la population envers l'institution et, plus important encore, il fait du mal à ceux qui ont choisi de porter l'uniforme et de consacrer leur vie à assurer notre sécurité.
     Sous la gouverne de la lieutenante-générale Jennie Carignan, cheffe de la conduite professionnelle et de la culture, la nouvelle structure cherchera des solutions pour éliminer ces éléments toxiques de la culture militaire canadienne en s'appuyant sur les pratiques exemplaires et sur les conseils d'experts, d'intervenants et de personnes qui ont une expérience concrète, autant au sein des Forces canadiennes qu'à l'extérieur de celles-ci. La nouvelle structure sera chargée d'unifier, d'intégrer et de coordonner les efforts en cours et notamment de veiller à ce que les mesures intérimaires recommandées par Mme Arbour soient pleinement prises en compte immédiatement. Ultimement, elles proposeront des mesures concrètes en vue de prévenir les inconduites sexuelles et d'autres comportements néfastes.
    La tâche qui a été confiée à cette nouvelle organisation de même que les efforts de Mme Arbour tiennent compte du fait que l'inconduite sexuelle ne se produit pas dans une bulle et qu'elle ne constitue pas le seul comportement néfaste pouvant laisser des traces indélébiles. Si nous voulons apporter des changements durables, il nous faut tenir compte du problème dans son ensemble.
    Nous devons examiner les problèmes systémiques comme les abus de pouvoir, la discrimination, les préjugés et les stéréotypes négatifs, et nous attaquer à chacun de façon appropriée. Nous devons nous débarrasser de la notion désuète et toxique de ce que signifie être un guerrier, car une telle attitude peut engendrer ces valeurs et ces comportements néfastes. Nous devons transformer la culture des forces armées de fond en comble et mettre en place des structures appropriées de dénonciation et d'enquête pour traiter les incidents dès qu'ils se produisent.
    Nous sommes déterminés à bâtir une culture d'inclusion à l'échelle de l'organisation de la défense. Grâce à ces nouvelles initiatives, nous prenons des mesures concrètes pour prévenir l'inconduite sexuelle et les autres comportements néfastes en examinant nos structures actuelles, ainsi que les valeurs et les comportements propres à notre institution.

  (1045)  

    Nous nous assurons que tous les membres de notre équipe sont traités avec dignité et respect en toute circonstance. Nous savons aussi que nous devons faire plus pour accompagner les victimes. C’est la raison pour laquelle, dans le budget de 2021, notre gouvernement investit plus de 236 millions de dollars dans nos systèmes de soutien, afin que les allégations d’inconduite sexuelle puissent être examinées en toute indépendance et que le système de justice militaire soit mieux en mesure de traiter les cas de harcèlement et de violence fondée sur le sexe. Dans cette optique, nous prévoyons d’élargir la portée des centres d’intervention sur l’inconduite sexuelle, partout au Canada. De cette façon, les militaires et les anciens combattants qui ont été victimes de traumatisme sexuel pendant leur service pourront avoir accès aux ressources et au soutien dont ils ont besoin.
    Nous avons reçu des témoignages de victimes de traumatisme sexuel pendant leur service, et nous savons que les difficultés qu'ils éprouvent sont différentes de ceux des survivants d’autres formes de traumatisme subi au combat. C’est la raison pour laquelle les centres d’intervention sur l’inconduite sexuelle jouent un rôle très important. Depuis 2015, ils sont le principal recours de ceux et celles qui, dans notre organisation, ont été victimes d’inconduite sexuelle. Ils offrent à tous ceux qui en ont besoin un soutien confidentiel et du counseling 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et ils fonctionnent en toute indépendance de la chaîne de commandement militaire.
    La Dre Denise Preston et les membres de son équipe guident les militaires parmi tous les services de soutien qui leur sont offerts, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du ministère. Ils les aident à choisir les mécanismes adéquats pour signaler des cas d’inconduite sexuelle, notamment une équipe de liaison militaire composée d’un officier de liaison de la police militaire, d’un conseiller militaire spécial et d’un officier de liaison militaire. Cette équipe travaille exclusivement pour le centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle, et ses membres sont des experts dans leur domaine. Ils peuvent donner aux militaires des conseils sur la façon de déposer une plainte et sur la façon dont est menée une enquête, et ils peuvent aider la victime à faire un signalement, le cas échéant.
    Le centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle peut également nommer un conseiller attitré pour aider les victimes pendant tout le processus, y compris pour les défendre, les accompagner à des rendez-vous et les aider dans leur milieu de travail. Mais ce n’est qu’une partie de ce que le centre fait.
    En effet, le personnel du centre travaille également avec les victimes pour élaborer de nouveaux programmes et mettre en place une stratégie nationale pour les survivants, et il joue un rôle consultatif important en donnant des avis et en faisant des recommandations sur les politiques et programmes du ministère.
    Pour accompagner tous ces efforts, le budget de 2021 accorde les crédits nécessaires à l’élaboration d’un nouveau programme de soutien par les pairs. Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, nous allons travailler avec Anciens Combattants Canada, des professionnels, des professionnels de la santé mentale et d’anciennes victimes pour lancer ce programme qui comprendra des services de soutien en ligne et en personne, selon les meilleures pratiques établies, et qui sera accessible à tous les membres des Forces armées canadiennes et à tous les anciens combattants qui ont été victimes d’inconduite sexuelle.
    Enfin, ces crédits permettront de poursuivre les efforts visant à mettre en œuvre la déclaration des droits des victimes dans notre système de justice militaire.
    Nous avons beaucoup travaillé avec les groupes de victimes et nous allons bientôt mettre en ligne un questionnaire à l’intention des employés du ministère de la Défense nationale et des membres des Forces armées canadiennes, dont les réponses resteront anonymes. Grâce à tout ce travail, nous pourrons effectuer les changements qui sont nécessaires pour moderniser notre système de justice militaire, conformément aux engagements pris dans le projet de loi C-77. Nous sommes résolus à faire en sorte que le système de justice militaire adopte une approche centrée sur les victimes et qu’il prenne véritablement en compte le témoignage des victimes et des survivants. Nous avons déjà fait beaucoup de progrès dans la mise en œuvre du projet de loi C-77 et nous avons l’intention de poursuivre dans ce sens.
    Nous voulons nous assurer que les victimes ont accès aux meilleurs services de soutien, et cela sera possible grâce aux crédits prévus dans le budget de 2021. Nous savons qu’à cause de lacunes dans nos politiques institutionnelles, nous n'avons pas été à la hauteur des attentes que nos membres avaient placées en nous. Nous n’avons pas su les protéger, comme nous en avions la responsabilité. Nous sommes conscients que les valeurs que nous chérissons ne correspondent pas toujours à l’expérience que vivent nos membres.

  (1050)  

    Tous les militaires, comme tous les Canadiens, ont le droit de travailler dans un environnement exempt de harcèlement et de discrimination, un environnement où ils sont traités avec respect et dignité, un environnement où ils sont appréciés pour leurs compétences. Pour autant, les derniers mois nous ont montré que nous avons encore beaucoup à faire pour qu’un tel environnement soit une réalité.
    Aux victimes je tiens à exprimer mes regrets les plus sincères. Nous vous avons écoutées, et nous continuons de vous écouter. Nos efforts doivent porter sur les causes du problème. Nous ne pouvons pas nous contenter de traiter le problème de l’inconduite sexuelle au cas par cas. Nous avons également appris qu’il ne suffit pas d’imposer un changement culturel d’une telle ampleur. Il faut que chacun d’entre nous comprenne véritablement ce qui, dans notre culture, est la source du problème. Il faut déployer de vastes efforts soutenus pour éliminer les obstacles systémiques qui nous empêchent d’aller de l’avant.
    Je sais que de nombreuses personnes sont sceptiques quant à nos efforts, à juste titre. Trop de dégâts ont été causés. Beaucoup trop de gens ont été touchés.

  (1055)  

[Français]

    Toutefois, je promets que nous ferons ce qu'il faut pour transformer la culture de nos Forces armées canadiennes et pour aller à la racine de l'inconduite sexuelle et d'autres comportements toxiques.
    Je veux aussi être claire: les mesures annoncées la semaine dernière par le ministre ne sont que les premières étapes basées sur les conclusions de l'examen approfondi externe et indépendant.
    Sous les efforts de la cheffe de la conduite professionnelle et de la culture et sous les recommandations et l'expertise d'autres personnes dédiées à la transformation culturelle, nous allons continuer à faire avancer les choses.
     Nous ferons tout ce qu'il faut pour rétablir la confiance, et nous continuerons à travailler pour une véritable culture de dignité et de respect pour tous ceux et celles qui servent dans les forces.

[Traduction]

    Madame la Présidente, la secrétaire parlementaire a dit ce qu’il fallait dire, mais il faudrait passer de la parole aux actes. Il y a plusieurs années, le premier ministre a déclaré qu’un ministre devait être congédié simplement pour un jus d’orange à 16 $, alors que depuis plus de trois ans, aucun membre des forces armées n’a été tenu de rendre des comptes à la suite d'allégations très graves.
    Le gouvernement a annoncé qu’il allait faire refaire un rapport qui a déjà été fait. Ma question à la secrétaire parlementaire est la suivante: pourquoi personne n’a-t-il été tenu de rendre des comptes et pourquoi le gouvernement fait-il faire une autre étude alors qu’il en a déjà une très bien documentée, qui pourrait lui servir à apporter les changements nécessaires?
    Madame la Présidente, les responsables ont bel et bien été tenus de rendre des comptes. Nous savons que la police militaire mène des enquêtes. Nous remercions sincèrement Mme Deschamps de son rapport, à la suite duquel nous avons présenté un projet de loi et créé une toute nouvelle institution, les centres d’intervention sur l’inconduite sexuelle, mais cela n’était pas suffisant.
    Même Mme Deschamps a reconnu que Mme Arbour pourra s’inspirer du travail qu’elle a accompli. Les attributions de la nouvelle commissaire sont très vastes. Mme Deschamps a cerné le problème et identifié les mesures à prendre. Mme Arbour devra définir la façon de procéder. Le ministre a en outre déclaré que les recommandations de Mme Arbour seront contraignantes.
    Je rappelle, car c’est très important, que nous ne confierons pas aux militaires et au ministère le soin de mettre en œuvre et d’interpréter les recommandations. Cette fois-ci, Mme Arbour s'attèlera à la tâche cruciale de définir exactement ce qu’il faut faire et comment cela sera mis en œuvre.
    Je sais que les victimes sont sceptiques, mais elles verront que nous poursuivons le travail qui a déjà été entrepris, et que nous allons continuer…
    Nous poursuivons les questions et observations, le député de Terrebonne a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je me désole totalement d'écouter les débats concernant cette question cruciale depuis plusieurs semaines, et ce, pour diverses raisons, dont la gravité du sujet lui-même et le discrédit total jeté sur l'institution militaire, laquelle est pourtant porteuse de symboles forts pour la société en général. La crise a également entraîné une perte de confiance complète des militaires envers leur hiérarchie et du public envers l'institution.
    Le Bloc québécois ne formera jamais le gouvernement. Par conséquent, il ne se livrera jamais à une guerre d'accusations pour savoir qui est coupable, du gouvernement conservateur précédent, du gouvernement libéral actuel ou du prochain gouvernement. Il importe plutôt de résoudre la situation une fois pour toutes. Étant donné le contexte actuel de gouvernement minoritaire, on n'aura pas beaucoup de temps pour ces débats.
    Ma collègue la secrétaire parlementaire a évoqué tous les mécanismes qui existent à l'heure actuelle, ainsi que les différents éléments du rapport Deschamps, lequel proposait des corrections assez précises à apporter promptement. Je dois aussi rappeler à nos collègues...

  (1100)  

    À l'ordre. J'avais demandé une question. Cela fait un petit bout de temps que le député parle. S'il veut poser sa question, c'est le temps de le faire. Sinon, je vais demander à la secrétaire parlementaire de répondre. Il ne faut pas que ces échanges prennent plus d'une minute parce que beaucoup de gens veulent poser des questions.
    Madame la Présidente, je vais poser ma question.
    Nous sommes au sommet de la hiérarchie des Forces armées canadiennes. Il serait peut-être temps de prendre une décision plutôt que de tergiverser à discuter en n’allant nulle part. Ma question...
    À l'ordre. L'honorable secrétaire parlementaire a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je pense que c’est M. Wernick, l’ancien greffier du Conseil privé, qui a le mieux résumé la situation lorsqu’il a dit que tout le monde avait agi de bonne foi.
    Pour le moment, l’un des plus gros problèmes que nous avons est l’absence d’un processus auquel les victimes ne craignent pas de s’adresser. Si personne ne porte plainte, il est très difficile de faire enquête et de demander à des gens de rendre des comptes. C’est le problème que nous essayons de régler en priorité, et c’est précisément ce que Mme Arbour va faire.
    Je ferai remarquer qu’il existe bien des façons de mettre en place une structure externe de signalement des cas. Ce sera la tâche de Mme Arbour. Ce n’était pas du tout dans les attributions de Mme Deschamps. Elle avait recommandé qu’on crée un mécanisme externe, et c’est ce que nous allons faire.
    J’observe que c’est la première fois dans toute notre histoire que tous les hauts gradés reconnaissent la nécessité d’avoir une structure externe. C’est un changement énorme. Certes, cela aurait dû être fait il y a bien longtemps, il y a des décennies, mais nous allons le faire maintenant.
    J’espère que tous les députés sauront faire preuve de collaboration pour que nous fassions ce qu’il faut pour ces femmes et ces hommes en uniforme.
    Madame la Présidente, la secrétaire parlementaire a dit à plusieurs reprises, comme d’ailleurs le ministre de la Défense nationale, que le ministre n’avait pas voulu intervenir parce qu’il ne voulait pas exercer une influence politique sur cette affaire et sur le processus.
    La députée ne pense-t-elle pas qu’en refusant d’intervenir, en refilant les plaintes de ces femmes à quelqu’un d’autre, sous prétexte que c’était la responsabilité de quelqu’un d’autre, le ministre a exercé une sorte d'influence politique qui a eu un impact négatif sur les femmes qui avaient porté plainte?
    Madame la Présidente, avec tout le respect que je vous dois, je conteste la prémisse de cette question.
    Cette plainte a été prise en compte dans les heures qui ont suivi. Nous savons tous que les politiciens ne doivent ni faire enquête eux-mêmes ni prendre des mesures. Certains députés ont dit que nous aurions dû informer le général Vance qu’il faisait l’objet d’allégations, mais cela l’aurait alerté, ce que les victimes ne voulaient surtout pas. Même avec les meilleures intentions du monde, les politiciens ne doivent pas se mêler de ce genre de choses.
    En fait, le ministre s’est assuré, dans les heures qui ont suivi, que le dossier avait été envoyé au bon endroit, c’est-à-dire au Bureau du Conseil privé. Dans les 24 heures, ce bureau a contacté M. Walbourne pour lui demander de lui fournir ce qui, comme nous le savons aujourd’hui, était un courriel. Nous ne le savions même pas à ce moment-là. Nous ignorions la nature et les détails des allégations.
    J’en reviens à ce que je disais tout à l’heure. Si les victimes n’avaient pas peur de déposer plainte, nous aurions ces informations et nous pourrions faire une enquête. C’est notre objectif aujourd’hui. C’est là-dessus que nous travaillons. Je sais que le NPD nous appuie pour créer ce genre de structure, à l’extérieur de la chaîne de commandement. C’est la façon…
    Nous poursuivons les questions et observations. Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, j’ai écouté très attentivement les conservateurs aujourd’hui. J’ai entendu la députée de Portage—Lisgar, lorsqu’elle a présenté la motion, dire qu’elle était fondée sur des propos du premier ministre qu’elle ne croit même pas être vrais. J’ai entendu le député de Selkirk—Interlake—Eastman dire que cette motion vise à permettre au premier ministre de mettre cartes sur table. J’ai entendu la députée de Kamloops—Thompson—Cariboo mentionner un ancien chef de cabinet conservateur qu’on a demandé de congédier pour un jus d’orange à 14 $.
    Serait-ce une vengeance? Je ne comprends pas. Tous les renseignements présentés par les conservateurs aujourd’hui ne semblent pas aborder la question, mais plutôt s’attaquer au premier ministre. La secrétaire parlementaire peut-elle nous dire ce qu’elle en pense?

  (1105)  

    Madame la Présidente, mon collègue l’a très bien dit. Nous devons vraiment mettre fin aux accusations toxiques et partisanes et faire en sorte que tous les partis s’unissent et se concentrent sur ce que nous pouvons faire pour offrir les bons soutiens aux survivants. Nous n’allons pas toujours réussir. Dans le cadre de l’opération Honour, nous n’avons pas réussi, mais nous avons essayé certaines choses. Nous continuons à essayer des choses. Nous avons adopté des mesures législatives pour modifier le système judiciaire, comme le projet de loi C-77. Nous avons mis en place un tout nouvel organisme, à savoir le Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle.
    Nous devons prendre appui sur les choses qui ont été bien faites, puis apporter les changements que les survivants demandent. Nous devons vraiment écouter les survivants, et je pense qu'ils sont un peu écartés du débat d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas des politiciens, des hommes, de qui a dit quoi ou de qui a fait quoi. Il s’agit des personnes, des hommes et des femmes, qui ont besoin de nous en ce moment. Ils ont besoin que le Parlement se concentre sur les solutions, sur la résolution du problème et sur le fait de bien agir pour eux.

[Français]

    J'aimerais rappeler aux députés que leurs questions et leurs observations ne doivent pas excéder une minute.
    Beaucoup de députés veulent poser des questions. Il est donc important de limiter son temps de parole à une minute afin de permettre aux autres de participer.
    Nous reprenons le débat. L'honorable député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères a la parole.
    Madame la Présidente, je vous indique d'entrée de jeu que je vais partager mon temps de parole avec le député de Rivière-du-Nord.
    Nous avons pris connaissance de la motion déposée par les conservateurs, et je ne peux pas dire que nous avons été surpris qu'une telle motion soit déposée. Depuis des semaines, nous allons de déception en déception quant à l'inaction du gouvernement ou à sa volonté de mettre le couvercle sur la marmite. Pourtant, cette histoire ne cesse de prendre de l'ampleur.
    Tout a commencé lorsque le ministre de la Défense nationale a été approché par l'ombudsman des Forces armées canadiennes. Ce dernier lui a fait part d'un problème en lien avec son chef d'état-major et il lui a dit être en possession de courriels et de preuves concernant les gestes de nature sexuelle inappropriés posés par son chef d'état-major.
    Plutôt que de se pencher sur ce cas, de le prendre au sérieux et d'étudier les documents, le ministre de la Défense a décidé qu'il ne voulait rien savoir de cette histoire. Il a donc décidé de fermer les yeux ou de détourner le regard. C'est à ce moment que le problème a commencé. En effet, habituellement, lorsqu'une personne présente des données et des faits inquiétants aux autorités, elle s'attend à ce que tout se passe bien et elle a bon espoir que les autorités vont prendre les mesures nécessaires pour régler le problème.
    Quelles ont été les conséquences? Le ministre de la Défense nationale a refusé de tenir d'autres rencontres avec l'ombudsman de l'époque M. Gary Walbourne, et ce, jusqu'à la fin du mandat de celui-ci, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il quitte son poste. Le ministre a préféré détourner le regard et tout faire pour éviter d'avoir à faire face à la situation. Pendant trois ans, il a donc toléré que le général Vance demeure en poste, malgré les allégations qui lui avaient été présentées. Pire que cela, il lui a même accordé une augmentation de salaire.
    Quand l'histoire a été publiée dans les médias et que tout le monde a commencé à comprendre ce qui s'était passé, le ministre a dit que l'ombudsman n'était pas allé voir la bonne personne. Il a donc commencé par blâmer l'ombudsman. Il semble que l'ombudsman n'aurait pas dû aller voir le ministre pour lui parler de son chef d'état-major.
    Or l'ombudsman nous a dit que la seule personne qu'il pouvait aller voir, c'est le ministre de la Défense. Cela a ensuite été démontré par l'ombudsman suivant. Ce dernier a dit qu'il aurait fait exactement la même chose s'il avait été à la place de son prédécesseur. Le ministre était donc dans le trouble. Par la suite, le ministre a prétendu qu'il n'était pas au courant de la nature sexuelle des allégations.
    De son côté, le gouvernement n'a pas fait mieux. Le premier ministre a, lui aussi, prétendu qu'il n'était pas au courant. Toutefois, on a fini par se rendre compte que des employés du Bureau du Conseil privé et du Cabinet du premier ministre étaient au courant. Ensuite, le premier ministre a répété qu'il n'était pas au courant, mais que nous avions eu raison de dire que son cabinet était au courant. Finalement, le premier ministre n'était pas au courant, mais son cabinet et le Bureau du Conseil privé étaient au courant. Le premier ministre nous a ensuite précisé que son cabinet et lui n'étaient pas au courant de la nature sexuelle des allégations. Cela a encore une fois été démenti par la suite.
    Malheureusement, pour l'instant, il s'agit d'une histoire de cafouillage, puisque la version du gouvernement change en même temps que les choses évoluent. On en apprend davantage au fur et à mesure. Même s'il s'avère que d'autres personnes étaient au courant, la situation n'est toujours pas réglée.
    Je vais faire un résumé de la situation. Le ministre de la Défense nationale était au courant, puisque l'ombudsman lui a fait part de la situation. Toutefois, le ministre a refusé d'étudier les documents, de prendre des mesures concrètes et de mener une enquête. Le chef de cabinet du ministre de la Défense était au courant. Le greffier du Conseil privé était au courant. Elder Marques, un conseiller du premier ministre, était au courant. La cheffe de cabinet du premier ministre était au courant. C'est ce que nous avons appris à la suite du témoignage d'Elder Marques, puisque c'est elle qui l'aurait mis au courant. Tous ces gens étaient au courant, mais le premier ministre ne l'était pas.

  (1110)  

    Quand les libéraux présentent les choses de cette façon, il devient de plus en plus difficile de les croire, surtout quand ils essaient par toute sorte de moyens d'empêcher les témoins de témoigner aux comités.
    Cette semaine, la réunion que devait tenir le Comité permanent de la défense a été annulée unilatéralement par la présidente du Comité. Avant cela, on a vu la partie gouvernementale faire de l'obstruction dans le but de faire perdre un maximum de temps au Comité pour éviter que la cheffe de cabinet vienne témoigner et dire ce qu'elle savait.
    Chaque fois que nous invitons un nouveau témoin, nous apprenons qu'une autre personne était aussi au courant des faits. En fait, nous sommes peut-être rendus à la dernière étape avant d'apprendre que le premier ministre le savait aussi. Mme Telford n'aurait peut-être pas eu le choix de nous dire que le premier ministre était au courant ou bien de se parjurer. Tout pointe dans cette direction. Il devient de moins en moins crédible de croire que le premier ministre n'était pas au courant alors que tout le monde l'était. En fait, leur affaire commence à manquer de crédibilité.
    Pour ce qui est de la crédibilité, il faut d'abord et avant tout revenir au ministre de la Défense nationale. Quand nous lui avons demandé pourquoi il n'avait pas agi et pris connaissance de l'information qui lui avait été présentée, il a répondu que c'était parce qu'il ne voulait pas faire de l'ingérence politique. Selon lui, cela aurait été de l'ingérence politique de prendre connaissance de la documentation et des éléments de preuve qui lui avaient été présentés. C'est sa version des faits.
    Pourtant, lorsque nous avons invité l'actuel ombudsman et son prédécesseur, tous deux ont dit que cela n'aurait absolument pas été de l'ingérence politique de prendre connaissance d'une information qui était portée à son attention. C'est tout à fait le contraire. Nous avons aussi demandé au Service national des enquêtes des Forces canadiennes s'il s'agissait d'ingérence politique lorsqu'on prend connaissance des informations et on nous a répondu non.
    Après cela, le ministre a dit que ce n'était pas à lui de mener l'enquête. Remarquons qu'on a encore un peu changé de version. On dit que regarder les documents est de l'ingérence et on dit ensuite que demander une enquête est aussi de l'ingérence. On prétend donc que regarder des documents, c'est faire une enquête. Ce raisonnement est un peu tordu, mais voilà ce que sont les raisonnements libéraux présentement.
    On considère maintenant que regarder les documents, c'est faire l'enquête. On ne considère même plus la possibilité de regarder les documents et de demander une enquête. On confond l'ingérence avec toute sorte de termes et de toute sorte de façons.
    Nous avons présenté toutes ces versions libérales tordues aux différents intervenants du Comité, notamment le Service national des enquêtes des Forces canadiennes et, chaque fois, on nous a répondu qu'il ne s'agissait absolument pas d'ingérence lorsqu'on regarde des documents ou qu'on demande une enquête. La seule ingérence qu'il pourrait y avoir serait de vouloir s'ingérer dans une enquête dans le but de nuire à celle-ci.
    En ne faisant pas son travail, on peut dire que le ministre a nui à l'enquête et a empêché qu'il y ait un dénouement à la situation pour qu'on puisse faire la lumière sur cette affaire.
    Après avoir essayé de blâmer tout le monde sauf eux-mêmes, les libéraux essaient finalement d'utiliser l'ingérence comme prétexte pour ne rien faire et ne pas régler le problème. Le ministre n'a rien fait tout comme il n'avait rien fait avec le rapport de la juge Deschamps. Ce rapport avait été déposé sur son bureau en 2015, il y a six ans, et les recommandations de ce rapport n'ont toujours pas été mises en place.
     Ce qui est frustrant, c'est que, la semaine passée, le gouvernement a cherché à faire un gros show de boucane pour faire oublier tout cela à tout le monde en annonçant qu'il allait nommer la juge Arbour pour faire à peu près le même travail que la juge Deschamps avait fait il y a six ans. Grosso modo, on recommence à zéro et on balaie tout cela sous le tapis. C'est frustrant parce qu'il y aurait moyen d'appliquer dès maintenant les recommandations du rapport Deschamps. À la place, on pellette encore en avant et on essaie de faire croire qu'on fait des choses alors que, finalement, rien ne se fait. Au bout du compte, le ministre refuse d'admettre qu'il est responsable de la situation.
    Cela sent vraiment la panique. Le gouvernement prétend faire une révolution en faisant la même chose qu'il avait faite il y a six ans. Au bout du compte, il n'y a absolument rien qui a été appliqué. En fait, après avoir fait semblant qu'ils n'étaient pas au courant, les libéraux du gouvernement, tout comme le ministre, tentent de blâmer tout le monde sauf eux-mêmes. Maintenant qu'ils sont acculés au mur, ils blâment le système et sont incapables de prendre la responsabilité de leurt inaction. C'est profondément décevant.

  (1115)  

    Je suis persuadé que lorsque les membres des Forces armées canadiennes, tout comme les citoyens et les citoyennes, constatent cette inaction, voire cette tolérance du gouvernement envers les gens qui posent de tels gestes, à la suite des blâmes...
    Je suis désolée d'interrompre le député, mais le temps alloué pour son discours est écoulé. Par contre, il lui reste du temps pour répondre aux questions et commentaires.
    La parole est à l'honorable député Charleswood—St. James—Assiniboia—Headingley.

[Traduction]

    Madame la Présidente, il y a quelques minutes, la secrétaire parlementaire a fait un très beau discours dans lequel elle a reconnu la responsabilité et admis que les libéraux avaient fait erreur. Je me suis dit que c’était vraiment un discours que le ministre de la Défense nationale aurait dû prononcer. Au contraire, dimanche, lors d’une entrevue avec Mercedes Stephenson, on a demandé cinq fois au ministre si l’ombudsman l’avait informé qu’il s’agissait d’une question de comportement sexuel inapproprié; il a refusé de répondre.
    Comment pouvons-nous résoudre un problème si le ministre ne veut même pas admettre qu’il y en a un?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa très importante question. En effet, cela fait cinq fois qu'on pose la même question et qu'on n'a pas de réponse. Par le passé, le ministre prétendait qu'il n'était pas au courant des allégations d'inconduites sexuelles. Maintenant, à la télévision, il ne répond même plus à la question. Cela nous porte donc à nous méfier de la réponse donnée par le ministre, ou plutôt de son manque de réponse.
    C'est décevant, parce que, comme le souligne mon collègue, cela occulte notre incapacité à faire la lumière sur cette affaire et à découvrir la vérité. Cela nous empêche d'avoir bon espoir qu'un processus sera instauré pour la suite des choses. Le gouvernement essaie de nous dire qu'il va arrêter d'enquêter et qu'il va régler la situation dans les Forces armées canadiennes. Le problème, cependant, est qu'il sera très difficile de juger crédibles les actions qui seront prises pour régler le problème tant qu'on n'aura pas fait la lumière au sommet.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. Je pense qu'il a dressé un tableau assez complet de la situation.
     Le ministre de la Défense trompe un comité parlementaire puis essaie d'étouffer l'affaire. Il blâme ensuite quelqu'un d'autre et dit que ce n'est pas de sa faute. Puis, il se cache et se fait contredire par l'ancien ombudsman. Quand on lui demande d'agir, la seule chose qu'il fait est de reprendre l'exercice de revoir les pratiques de l'armée canadienne, alors que les recommandations de la juge Deschamps existent depuis six ans. On est encore en train de pelleter par en avant.
    Mon collègue ne trouve-t-il pas que cette motion rate un peu sa cible? Ce n'est pas tellement la cheffe de cabinet du premier ministre qui devrait démissionner, mais le ministre de la Défense lui-même.

  (1120)  

    Madame la Présidente, je pense que mon collègue soulève un excellent point.
     Je n'irais pas jusqu'à dire que la motion de l'opposition officielle est complètement inutile, parce qu'elle cherche aussi à savoir si le premier ministre était au courant ou pas. Il prétend qu'il ne l'était pas, mais tout le monde autour de lui l'était. Son gouvernement s'obstine à empêcher les témoignages de sa cheffe de cabinet devant le comité, ce qui est vraiment frustrant.
    En fin de compte, il est manifeste que celui qui n'a pas pris les actions nécessaires, c'est le ministre de la Défense. C'est à lui que la situation a été rapportée en premier et c'est lui qui a refusé d'agir, de prendre les décisions qui s'imposaient et de regarder les faits. Il a décidé de pelleter par en avant et de faire de l'aveuglement volontaire. C'est son ministère qui a pris feu, c'est donc lui qui est le premier responsable de la situation. Le premier ministre a cependant des choses à se reprocher aussi.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de ce témoignage qui fait la lumière sur l'inaction du gouvernement.
     Derrière ce débat, il y a des victimes qui attendent que nous agissions en tant que parlementaires. L'inaction du gouvernement fait encore que des personnes sont laissées pour compte. Au sujet de cette inaction, j'imagine que vous avez d'autres exemples à donner?
    Je rappelle à la députée de s'adresser à la présidence et non directement à un député.
    L'honorable député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères a le temps de donner une brève réponse.
    Madame la Présidence, l'exemple le plus frustrant de cette inaction est de constater que les recommandations faites par la juge Deschamps il y a six ans n'ont encore jamais été appliquées par le gouvernement, bien qu'il s'y soit engagé et qu'il se prétende féministe. Il a beau tenter de nous faire croire qu'il fait tout ce qu'il faut, il ne prend pas les actions nécessaires quand des situations intolérables se présentent à lui, malheureusement. Ces exemples frappants d'inaction sont vraiment inacceptables.
    Madame la Présidente, nous sommes ici aujourd'hui en raison de ce qui est probablement la situation la plus déplorable depuis l'arrivée au pouvoir de ce gouvernement. Si elle n'est pas la plus déplorable, elle fait partie des plus déplorables.
    D'abord, il est triste de penser que des hommes et des femmes, qui font partie de nos forces armées et qui sont là pour nous protéger, sont victimes de harcèlement sexuel ou de toutes sortes d'attitudes qui sont inacceptables dans une société qui se respecte. Il est triste de penser que ces jeunes femmes et ces jeunes hommes sont des victimes.
    Non seulement cela est triste, mais il est également inacceptable que ces officiers censés diriger les forces armées se livrent à de tels comportements. Ce n'est pas acceptable, et ce qu'ils font vivre à ces gens est horrible. Nous n'avons pas le droit de tolérer cela.
    Finalement, après avoir été triste et inacceptable, la situation est honteuse. Elle l'est, parce qu'on a ici un gouvernement qui ne voit rien, qui ne veut rien voir et qui ne fait rien.
    On a le rapport de la juge Deschamps depuis 2015. Cela fait six ans qu'on sait qu'il y a des choses à faire. Or, on ne les a pas faites. On a pris le beau rapport, on l'a mis sur une tablette, et on l'a oublié. La responsabilité ministérielle a un drôle de sens au sein de ce gouvernement.
    Je siège à un comité où la Chambre des communes, le 25 mars, a ordonné à des individus de comparaître pour témoigner de choses qu'ils savent, et des ministres de ce gouvernement donnent ordre à leurs employés de ne pas obéir aux ordres de la Chambre, de ne pas se présenter pour témoigner. Des ministres décident que c'est à eux d'y aller et que c'est cela, le principe de la responsabilité ministérielle: devoir répondre à la place des gens qui travaillent pour eux. Or, ce n'est pas cela, la responsabilité ministérielle. On ne peut pas répondre à des questions dont on ne connaît pas les réponses, parce que ce sont les employés qui les connaissent. Cela est manifeste. C'est le gros bon sens. La responsabilité ministérielle, c'est ce dont nous parlons aujourd'hui.
    Les conservateurs demandent, et je les comprends, que le premier ministre congédie sa cheffe de cabinet. Cela ne semble pas avoir de bon sens. Toutefois, si l'on suit la logique du premier ministre, c'est là que cela nous mène.
    Le premier ministre dit qu'il n'est au courant de rien. On sait maintenant que le ministre des Finances le savait, que le greffier du Conseil privé le savait, et que sa cheffe de cabinet le savait. En fait, on sait que tout le monde le savait, à part lui.
    De plus, le premier ministre n'a pas toujours offert la même version. Si l'on suit celle en vertu de laquelle sa cheffe de cabinet ne lui aurait pas dit ce qui s'était passé, alors qu'on sait à quel point c'est grave, la logique voudrait bien sûr qu'il la congédie. Or, il ne l'a pas fait. Je ne pense pas que le premier ministre soit « nono ». Je lui accorde un minimum d'intelligence et de capacité à gérer les affaires de l'État. Comment se fait-il alors qu'il n'ait pas congédié sa cheffe de cabinet, qui lui aurait caché une affaire aussi importante?
    La seule explication que je peux trouver est qu'elle ne le lui a pas caché. Il le savait, mais il n'a pas pris ses responsabilités, comme il le fait tout le temps. Lors du scandale UNIS, il a envoyé son ministre des Finances sous les roues de l'autobus. Là, c'est peut-être le ministre de la Défense nationale qui devrait aller rejoindre l'ancien ministre des Finances.
    La cheffe de cabinet fait son travail. Je ne trouve pas sympathique qu'elle fût au courant de l'affaire et que rien ne se soit passé. Cependant, je pense que ce n'est pas tant sa faute à elle que celle du premier ministre. Ultimement, de qui est-ce vraiment la faute lorsque l'on regarde l'ensemble des faits connus jusqu'à maintenant?
    La situation était inacceptable, je ne reviendrai pas là-dessus. Toutefois, il y a l'ombudsman qui a été saisi de cette situation. Ce n'est pas rien: la personne est allée voir l'ombudsman qui, lui, est allé voir le ministre de la Défense nationale. Ce dernier lui a dit qu'il ne voulait pas voir ni entendre cela, que cette affaire l'achalait, qu'il ne savait pas trop quoi en faire. Nous avons ici l'antithèse de la responsabilité ministérielle.

  (1125)  

    La personne responsable de ce qui se passe dans l'organisme qu'il chapeaute, c'est le ministre. C'était le travail du ministre de s'interroger sur le fait que le chef d'état-major faisait l'objet d'accusations de comportements inadéquats. Il aurait donc fallu qu'il suspende le chef d'état-major, avec solde s'il le fallait, et qu'il mène enquête, aille au fond des choses et prenne les mesures qui auraient dû être prises.
    Se cacher en disant qu'on ne veut rien savoir, qu'on n'est pas la bonne personne à qui en parler et qu'il faudrait plutôt aller voir quelqu'un d'autre — on ne sait trop qui, où, quand ni comment — est surprenant. Il se passe quelque chose de grave au sein du ministère de la Défense et dans les Forces armées canadiennes. Le ministre devrait faire son travail au lieu de faire la sourde oreille et de jouer à cache-cache.
    Le premier ministre joue à cache-cache lui aussi. C'est à qui se cachera derrière l'autre. Les versions changent de semaine en semaine. Encore une fois, je comprends la motion des conservateurs. Il est un peu exaspérant de se faire dire des choses comme cela. On croirait des enfants: ce n'est pas moi, c'est l'autre, je ne le savais pas, elle ne me l'avait pas dit. Si elle ne l'a pas dit, il faut la congédier.
    C'est le premier ministre et son ministre de la Défense nationale que je veux entendre sur ce qui s'est vraiment passé. J'aimerais qu'ils essaient de concilier les différentes versions qu'ils nous ont données jusqu'à maintenant. Comme peuvent-ils ne pas l'avoir su pour ensuite l'avoir su juste un peu, mais pas tout à fait, ni qui, comment, où et combien? Comment cela se peut-il? Comment peut-on changer d'idée comme on change de chemise?
     J'aimerais entendre le premier ministre. J'aimerais savoir comment il se fait qu'il n'ait pas congédié sa cheffe de cabinet si elle lui a vraiment caché une situation comme celle-là. C'est prendre les députés et la population pour des valises, car c'est grave, ce qui se passe dans les Forces armées canadiennes. Il faut réagir et, encore une fois, je comprends la motion des conservateurs.
     Malheureusement, le Bloc québécois risque de voter contre cette motion. Ce n'est pas parce que la situation est inintéressante: elle est grave. Il s'agit d'un des plus gros scandales de ce gouvernement qui est pouvoir depuis six ans. Il y en a d'autres et on pourrait en parler longtemps. Cependant, la personne qui doit rendre des comptes en vertu du principe de la responsabilité ministérielle, c'est le ministre de la Défense nationale. C'est lui qui est à la tête de ce ministère, c'est lui qui gère ses composantes, dont les Forces armées canadiennes, c'est lui qui doit rendre des comptes. Le premier ministre doit lui aussi rendre des comptes. Son ministre et lui doivent cesser de se cacher comme des enfants l'un derrière l'autre et derrière leurs employés.
    Selon une des versions que j'ai, le ministre de la Défense nationale est allé jusqu'à dire que les allégations contre le général Vance n'avaient pas vraiment d'importance. Si de telles allégations n'ont pas d'importance pour le ministre de la Défense, je ne sais pas ce qui est important pour lui. Encore une fois, la chose qu'il devait faire quand il a su, quand l'ombudsman est venu le voir, c'était de se lever et de se tenir debout comme un ministre responsable et de dire à l'ombudsman de lui laisser le dossier dans les mains, qu'il s'en occuperait et que cela ne se passerait pas comme cela tant qu'il serait ministre de la Défense nationale. Voilà ce qu'il aurait dû dire. Cependant, ce n'est pas ce qu'il a dit, préférant plutôt ne pas écouter l'ombudsman. Aujourd'hui, il en paie le prix, puisque tout le gouvernement est aux prises avec un scandale déplorable parce que personne n'a voulu prendre ses responsabilités.
    Pour toutes ces raisons, j'annonce que nous allons voter contre cette motion même si, encore une fois, la situation est tout ce qu'il y a de plus déplorable et mérite d'être sanctionnée. J'aimerais que le premier ministre et le ministre de la Défense acceptent de venir témoigner et que nous ayons un compte-rendu détaillé, exact, clair et cohérent de ce qui s'est passé. Nous ne voulons plus de cachotteries, plus de faux-fuyants, plus d'histoires dignes d'enfants dans une cour d'école, comme ces « je ne l'ai pas vu », « je l'ai vu à peu près », « je ne le savais pas », « l'ombudsman me l'a dit, mais il ne m'a pas tout dit », « il ne m'a pas dit que c'était vraiment grave », « il m'a dit qu'on ne savait pas trop ». Je veux un ministre et un premier ministre responsable.

  (1130)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Rivière-du-Nord. J'ai bien aimé son discours.
    Il est flagrant qu'il y a un problème majeur au sein des Forces armées canadiennes et que l'on se doit de protéger les femmes contre les inconduites sexuelles. Ce que je ne comprends pas, c'est que mon collègue vient d'affirmer que le Bloc québécois votera contre des démarches concrètes en lien avec ces inconduites sexuelles. J'aimerais entendre les commentaires de mon collègue sur la cohérence de son discours: travaille-t-il à protéger les femmes au Canada?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question. En ce qui concerne la cohérence, je ne peux pas répéter ce que je viens de dire. Cela risquerait d'être redondant.
    Le responsable est le ministre de la Défense nationale, et il se cache. C'est également le premier ministre, et il se cache lui aussi.
    La cheffe de cabinet est l'employée du premier ministre. S'il n'est pas satisfait de son travail, je ne peux pas croire qu'il va faire comme si de rien n'était. Il a beau se cacher derrière tout le monde, il va, à un moment donné, mettre ses culottes et la congédier.
    Je ne pense pas que la solution soit de congédier la cheffe de cabinet. La solution est que le ministre de la Défense nationale et le premier ministre rendent des comptes, mettent leurs culottes et assument leurs responsabilités. Telle est la solution à la situation.

[Traduction]

    Madame la Présidente, ma question s’adresse en fait au dernier intervenant conservateur qui a parlé. Il a laissé entendre que cette motion représentait une action concrète pour aider les femmes dans les forces armées. Même si je ne suis pas d’accord avec mon collègue du Bloc sur certains de ses autres commentaires, je suis certainement d’accord avec lui pour dire que ce n’est pas une mesure concrète qui aidera qui que ce soit.
    Le Bloc ne serait-il pas d’accord pour dire que cette motion n’a pas pour but d’aider qui que ce soit et que tout ce qu'elle fait, c'est essayer d’attaquer un individu particulier?

[Français]

    Madame la Présidente, je suis content d'entendre un collègue du Parti libéral nous dire que la solution proposée par le Parti conservateur ne constitue pas un geste concret qui va régler la situation. À cet égard, il a raison. Je suis obligé de le dire. J'aimerais toutefois l'entendre nous dire quel pourrait être ce geste concret.
    C'est simple, c’est le suivant: le ministre de la Défense nationale et le premier ministre doivent mettre leurs culottes, prendre leurs responsabilités et faire leur travail. On a déjà un rapport datant de 2015 sur la situation dans les Forces armées canadiennes. La juge Deschamps n'a pas travaillé pour rien. Elle a sûrement été payée pour livrer un rapport détaillé, qui a ensuite été mis sur une tablette.
    La mise en oeuvre de ce rapport aurait été un geste concret. Or, tout ce que le premier ministre a fait de concret, ce fut d'en faire mention dans les lettres de mandat des ministres de la Défense nationale. Depuis 2015, trois ministres de la Défense nationale ont reçu le mandat de mettre en oeuvre le rapport, mais ils ne l'ont pas fait.
    Le gouvernement dit qu'il veut commander un autre rapport. Est-ce concret? Non, cela est futile et théorique. On nage dans l'absurde.

  (1135)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, mon collègue a beaucoup parlé de la prise de responsabilités et du fait qu'il s'agit d'un élément clé pour régler cet enjeu. Il y a une chose cependant qui me choque et que je trouve très décevante, et je me demande si mon collègue est d’accord avec moi à cet égard. À la Chambre, nous assistons quotidiennement au jeu auquel se livrent le gouvernement et l’opposition officielle pour savoir quel processus était le meilleur, qui a suivi quoi, ou sur qui le blâme devrait être jeté. Cette surenchère politique et ces points de départ ne servent aucunement les femmes dans les forces armées.
    Le député convient-il que le débat n'a pas à être ainsi?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question. Je suis d'accord avec elle sur le fait que c'est du grand vaudeville de voir les conservateurs et les libéraux se lancer la balle de la même façon que le ministre de la Défense nationale et le premier ministre se la lancent.
    Les conservateurs sont loin d'être exempts de tout blâme. Ce sont eux qui ont nommé le général Vance comme chef d'état-major, à l'époque, alors qu'ils savaient très bien que des problèmes de cette nature existaient. C'est un peu étonnant de les voir aujourd'hui nous dire que c'est scandaleux et qu'il faut faire des gestes concrets. Le geste concret qu'ils trouvent à faire est de congédier la cheffe de cabinet.
    Or, ce n'est pas de cette façon que les choses se passent. Comme je l'ai dit, la responsabilité ministérielle doit se prendre lorsqu'on est ministre. Les conservateurs étaient au pouvoir à l'époque, et la responsabilité ministérielle aurait voulu qu'ils ne nomment pas le général Vance, qu'ils fassent une enquête pour aller au fond du problème. Ils ne l'ont pas fait.
    Aujourd'hui, les libéraux sont au pouvoir. Ces derniers ne l'ont pas fait non plus, même si des rapports disaient qu'il fallait mettre en place des systèmes de gestion.
    Personne ne fait son travail, ni d'un côté ni de l'autre. À partir du moment où l'on est au pouvoir, on oublie ce qu'est la responsabilité ministérielle, sauf pour l'alléguer de façon inopportune dans des situations où cela n'a pas de rapport.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec la députée de North Island-Powell River.
    J’ai passé les derniers mois, en tant que membre du Comité permanent de la condition féminine, à entendre les témoignages percutants de nombreuses survivantes sur ce qu’elles ont vécu au sein des Forces armées canadiennes. Malheureusement, j’ai aussi entendu des personnes en position de pouvoir affirmer que les systèmes qui ont laissé tomber tant de femmes sont en place et qu’ils fonctionnent. Nous avons entendu ces deux choses de façon contradictoire.
    Au début de l’année, après avoir entendu de courageuses militaires raconter publiquement leur histoire, je me suis sentie obligée de présenter une motion au comité de la condition féminine pour lancer une étude sur l’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes. Je savais que le comité de la défense étudiait en détail ce qui s’est passé concernant le refus du ministre de la Défense nationale de donner suite aux allégations contre le général Vance et ce qui a mal tourné dans le processus. Avec ma motion, le comité de la condition féminine se concentrerait sur les femmes. Nous les écouterions et nous nous efforcerions de réunir les éléments dont elles ont besoin pour pouvoir vraiment servir leur pays sur un pied d’égalité avec les hommes.
    Nous avons entendu des témoignages bouleversants. Nous avons pris connaissance de détails déchirants. Nous avons entendu des témoins se contredire ouvertement et des dirigeants nier l'existence d'un problème. Cependant, certains étaient prêts à œuvrer pour le changement. Il y a tant de gens qui m'ont écrit parce qu'ils souhaitent désespérément que je contribue à ce changement, et je désire désespérément exaucer leur souhait. Toutefois, est-ce que la motion présentée aujourd'hui leur donnera ce qu'ils méritent et ce dont ils ont besoin? Non, je ne le crois pas. Qu'on ne se méprenne pas: je crois sincèrement qu'il faut discuter ouvertement de l'inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes. Il nous incombe, tant à la Chambre qu'aux comités, de chercher à établir une nouvelle culture pour les militaires. C'est pourquoi j'ai présenté une motion à ce sujet au comité de la condition féminine.
    L'inconduite sexuelle dans les Forces canadiennes constitue essentiellement un problème d'égalité. Tant que la culture d'inconduite sexuelle est tolérée et subsiste, les hommes et les femmes ne pourront pas servir sur un pied d'égalité. Mes collègues néo-démocrates et moi ne pouvons pas appuyer la motion conservatrice parce qu'elle absoudrait le premier ministre et le ministre de la Défense nationale pour ne pas avoir agi en 2018 et avoir attendu jusqu'à maintenant pour le faire, et qu'elle rejetterait tout le blâme sur une seule femme.
    Le comité de la défense a besoin d'entendre la cheffe de cabinet du premier ministre. Le fait d'entendre un dernier témoin ne retardera pas indûment le travail du comité, surtout si le résultat est que le ministre de la Défense nationale ou le premier ministre prendra enfin ses responsabilités. Faire porter le chapeau à une seule femme n'est pas correct. Le système démocratique canadien permet d'élire des responsables politiques qui doivent assumer des responsabilités. Je ne peux pas exprimer à quel point je suis déçue de voir qu'une situation signalée par une femme courageuse qui essayait de se faire entendre et de demander justice s'est transformée en une compétition entre les libéraux et les conservateurs pour déterminer qui sont les pires lorsqu'il s'agit de suivre un processus d'enquête — un processus qui est manifestement inefficace. Lorsque les libéraux et les conservateurs débattent pour savoir qui a laissé tomber les survivants en premier ou qui les a laissé tomber le plus, ils ne servent pas les intérêts des survivants.
    Je suis très fière de siéger au Parlement et de travailler aux côtés du député d'Esquimalt—Saanich—Sooke dans ce dossier. Le député siège au comité de la défense et je veux citer des propos qu'il a tenus lors de la réunion de vendredi dernier parce que je ne pourrais pas mieux dire:
    Nous avons laissé tomber les survivants d'agressions sexuelles dans l'armée canadienne. Nous les avons tous laissés tomber en ne mettant pas en place des politiques non seulement pour les soutenir — car il faut s'attaquer à la cause profonde du problème —, mais aussi pour changer la culture et empêcher qu'il y ait un nombre aussi anormalement élevé de victimes d'agressions sexuelles dans l'armée canadienne.
    En ce qui concerne la question de l'inconduite sexuelle, la confiance dans le leadership des Forces canadiennes et du gouvernement est rompue. À moins qu'elle ne soit rétablie, les femmes des forces armées ne pourront pas croire qu'un véritable changement se produira. Les dirigeants politiques doivent montrer qu'ils comprennent la gravité de l'inconduite sexuelle et qu'ils prendront des mesures pour y remédier. Malheureusement, jusqu'à maintenant, nous attendons encore de voir ce leadership et ces mesures.
    En fait, aucune mesure n’a été prise contre le général Vance quand il a été visé par plusieurs allégations d’inconduite sexuelle. Au lieu de cela, les conservateurs l’ont nommé chef d'état-major de la défense et les libéraux ont prolongé son mandat à ce poste et fait à son égard une évaluation de rendement positive qui lui a valu une augmentation de salaire. Les conservateurs lui ont confié la direction de l’opération Honour, qui devait venir à bout de l’inconduite sexuelle. Les libéraux l’ont laissé encore trois années à la tête du programme après avoir été informés des allégations d’inconduite sexuelle.
    Le ministre de la Défense nationale n’a pris aucune responsabilité après que l’ombudsman militaire lui a présenté des preuves de l’inconduite sexuelle du général Vance. En fait, il a refusé d’en prendre connaissance et a renvoyé le dossier au Cabinet du premier ministre, mais il n’y a pas eu d’enquête et le général Vance est resté à son poste. On a beau nous dire que les procédures ont été suivies, les faits sont là.

  (1140)  

    Le gouvernement n’a pas suivi les principales recommandations du rapport de 2015 de la juge Deschamps, il n’a pas tenu compte du rapport du vérificateur général de 2018 et il n’a pas donné suite au rapport du Comité permanent de la condition féminine de 2019 sur le même sujet. La question est maintenant de savoir s’il écoutera les recommandations d’un deuxième examen sur l’inconduite sexuelle et s’il y donnera suite.
    Le gouvernement a enchaîné groupes d’étude, groupes de travail et comités, et il y ajoute maintenant un examen. Il cherche à faire diversion. J’ai le plus grand respect pour la juge Louise Arbour et n’ai aucun doute sur l’utilité de sa contribution, mais on pourrait déjà suivre les recommandations formulées par la juge Deschamps. On accorde enfin au problème de l’inconduite sexuelle l’attention qu’il mérite. J’ai écouté des femmes anciennes membres ou membres actuelles des Forces armées canadiennes, et elles espèrent que des mesures seront prises maintenant. Je suis étonnée qu’après ce qu’elles ont vécu et vivent actuellement, elles continuent de garder autant d’espoir. Elles disent clairement que nous n’avons pas besoin d’autres rapports, d’autres groupes d’étude ou d’autres vaines excuses ou promesses. Tout ce que peut faire le gouvernement maintenant, c’est agir. Le gouvernement n’a jamais vu de problème qu’il ne puisse régler avec un rapport. Il croit qu’avec une ou deux études, le problème est réglé.
    Nous savons tous, et j’espère que les députés ministériels le savent aussi, que des mesures s’imposent pour régler ce problème. Je tiens à dire aux députés conservateurs que le renvoi de Mme Telford ne réglera pas ce problème non plus. Seuls la volonté, le leadership et le courage politiques d’agir entraîneront le changement dont nos militaires, hommes et femmes, des Forces canadiennes ont besoin et qu’ils méritent.
    Au cœur de ce scandale et de ce problème, il y a le pouvoir. Aung San Suu Kyi a dit que ce n’est pas le pouvoir, mais la peur qui corrompt, que la peur de perdre le pouvoir corrompt ceux qui l’exercent et la peur du fléau du pouvoir corrompt ceux qui y sont assujettis. Nous avons un gouvernement prêt à tout pour rester au pouvoir, qui se cachera derrière les autres et derrière des processus, qui trouvera tous les prétextes pour ne pas prendre ses responsabilités parce que cela pourrait limiter son pouvoir ou qu’il risquerait de le perdre. Nous avons un leadership au sommet de la structure de commandement des Forces armées canadiennes qui se croyait intouchable, et je ne parle pas seulement du général Vance, mais de toute la culture et des générations qui ont vu s’étendre son emprise et ce fléau du pouvoir.
    Il semble impossible de changer cette culture à présent, car tellement de personnes y ont été assujetties. Ce pouvoir a infecté toutes les relations et tous les milieux de travail. L’inconduite sexuelle est une question de pouvoir, de peur et de représailles, mais il est évident pour moi que plus nous nous accrochons au pouvoir dans le seul but de demeurer au pouvoir, plus nous perdons. La seule solution pour nous est de redistribuer ce pouvoir. Le chemin de l’égalité dans les Forces armées canadiennes, pour que les femmes puissent servir leur pays sur un pied d’égalité, passe par un partage du pouvoir entre tous. Un changement de culture doit s’opérer dans deux institutions: les Forces armées canadiennes et le Parlement canadien. Quand le parti conservateur présentera une motion en ce sens, je l’appuierai.

  (1145)  

    Madame la Présidente, je suis d’accord avec presque tout ce que la députée a dit.
    Croit-elle que ceux qui occupent les plus hautes fonctions du gouvernement et qui étaient au courant des allégations d’inconduite sexuelle portées contre le général Vance, mais qui n’ont rien fait, devraient être tenus de rendre des comptes?
    Il va sans dire que la plupart d’entre nous conviennent que le ministre de la Défense nationale n’a pas la crédibilité nécessaire pour continuer d’assumer ses fonctions. Il doit rendre des comptes, mais Katie Telford, si elle était effectivement au courant et a étouffé l’affaire, doit aussi rendre des comptes. Certains disent que parce que c’est une femme qui occupe un poste de pouvoir, elle ne devrait pas être soumise aux mêmes normes qu’un homme. La députée ne trouve-t-elle pas, en tant que femme, que c’est une attitude plutôt sexiste et paternaliste, et que les femmes fortes et compétentes ne devraient pas avoir à rendre des comptes comme les hommes lorsqu’elles occupent des postes de pouvoir?
    Si Mme Telford savait et qu’elle l’a dit au premier ministre, les conservateurs croient fermement que le premier ministre doit le reconnaître et ne pas en faire un bouc émissaire…
    La députée de London—Fanshawe.
    Madame la Présidente, je suis d’avis qu’effectivement, les personnes qui occupent des postes de pouvoir doivent prendre leurs responsabilités. Je reviens sur un point de mon intervention, soit que nous élisons à ces postes de pouvoir des personnes qui doivent répondre de leurs actes. La seule femme dont il est question ici n’est pas une élue. Par conséquent, en l’espèce, ce sont les hommes au sommet qui détenaient véritablement le pouvoir qu’il faut juger.
    À mon bureau, je suis responsable de tous mes collaborateurs, ce que j’accepte, et c’est ce que nous demandons au ministre de la Défense nationale et au premier ministre de faire aussi dans ce cas.
    Madame la Présidente, j’ai eu l’honneur et le privilège de servir dans les Forces armées canadiennes dans les années 1980. C’est difficile, et je suis sûr que de nombreux membres et réservistes des Forces qui écoutent les débats et voient ce qui se passe le savent très bien. C’est un tel honneur de servir.
    Je me demande si ma collègue croit que nous aurions peut-être pu débattre de la question qui nous occupe, soit la culture au sein des Forces, au lieu de la politiser, semble-t-il, vu l’allure que prend le débat. Par exemple, je pense que nous aurions pu faire des choses…
    Le député a épuisé son temps de parole. Je vais m’assurer qu’il obtienne une réponse afin que je puisse passer à une autre question.
    La députée de London-Fanshawe.
    Madame la Présidente, encore une fois, je pense que le député n’a qu’à regarder du côté de son propre gouvernement, qui se chamaille avec les conservateurs pour savoir à qui la faute, ou qui a commencé. Il faut assumer la responsabilité et se tenir debout: voilà le leadership dont les membres des Forces armées canadiennes ont besoin. Qui veut en débattre? Voilà pourquoi j’ai présenté ma motion au Comité de la condition féminine afin que nous puissions obtenir un autre rapport, malheureusement, qui guiderait le gouvernement sur la marche à suivre et sur la façon d’apporter les changements nécessaires au lieu de nous battre entre nous.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son discours.
    En effet, il faut que quelqu'un assume et prenne ses responsabilités. Par ailleurs, tout le monde se lance la balle d'un côté et de l'autre, et il n'y a pas vraiment d'action. J'aimerais l'entendre parler à ce sujet.
    A-t-elle des pistes d'action à nous suggérer?
    Par où est-ce que cela devrait commencer?

  (1150)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous devons tous prendre maintenant nos responsabilités. Nous sommes tous responsables, alors prenons les mesures qui s’imposent. Le rapport Deschamps renferme des mesures claires qui pourraient être prises immédiatement, comme le service d’enquête indépendant, complètement séparé de toutes les institutions qui existent actuellement dans la structure de commandement, et faire en sorte que l’ombudsman répond et fait rapport directement au Parlement plutôt qu’au ministre. C’est une mesure claire que nous réclamons depuis des années. Des mesures claires sont possibles, et nous devons les mettre en œuvre.
    Madame la Présidente, cela ne me fait pas plaisir de participer à ce débat aujourd’hui, je suis vraiment déçue que les libéraux n’aient simplement pas fait ce qu’il fallait, soit de maintenir le Comité pour qu’il accomplisse le travail qui doit y être fait. Le Comité de la défense nationale devait accueillir Katie Telford. Au lieu de cela, nous sommes à la Chambre en train de tenir ce débat. Pourquoi? Je suppose que c’est une question à laquelle seule la présidente du Comité de la défense nationale peut répondre.
    Je sais que certains de mes concitoyens se demandent peut-être pourquoi le Comité de la défense doit entendre la cheffe de cabinet du premier ministre, Katie Telford. Voici pourquoi. Nous devons savoir qui est responsable de l’échec de l’enquête sur l’allégation portée en 2018 contre le général Vance, puisque cet échec a permis qu’il reste en poste pendant trois années de plus. Un autre facteur est le fait que le premier ministre lui-même a fortement suggéré que sa cheffe de cabinet connaît la réponse à cette question même. Par conséquent, cela devrait se passer en comité, en lui laissant la liberté de faire son travail.
    Au lieu de cela, la Chambre est saisie aujourd’hui d’une motion conservatrice qui demande au gouvernement du Canada de renvoyer une femme qui détient peut-être des renseignements très importants, mais qui ne détient pas le pouvoir. Où est ce pouvoir? Entre les mains du ministre de la Défense nationale et du premier ministre.
    Au cours des dernières semaines, la Chambre a été le théâtre d’un débat qui se résume trop souvent à une joute fascinante entre les libéraux et les conservateurs pour savoir qui a fait le pire et qui est le plus à blâmer. C’est une discussion qui ne devrait tout simplement pas avoir lieu. La discussion devrait porter sur la question suivante: de quoi les femmes qui servent dans l’armée canadienne ont-elles besoin maintenant pour être en sécurité et dans quel délai pouvons-nous leur fournir ce dont elles ont besoin? L’enjeu qui nous occupe est l’inconduite sexuelle dans les Forces canadiennes, qui se produit trop souvent et à laquelle l’état-major n’a pas réussi à mettre fin. Les femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes n’ont pas été en sécurité et continuent de ne pas l’être.
    Ces femmes courageuses ont répondu à l’appel des Forces armées canadiennes parce qu’elles croient au service pour notre pays, elles sont prêtes à risquer leur vie et leur intégrité physique pour nous, elles veulent protéger ce pays, notre pays. Elles mettent littéralement leur vie entre nos mains, de parlementaires. Si la décision est prise ici, elles doivent y aller. Si le premier ministre prend une décision, elles doivent s’y tenir.
    Ces femmes courageuses, dont la vie est déjà en danger en raison de leur service, espèrent entendre ici un débat sérieux sur les mesures que le Parlement prendra pour mettre fin à la violence sexuelle qu’elles subissent dans leurs rangs. La solution qu’on propose aujourd’hui est de renvoyer une femme qui travaille pour le premier ministre. S’il vous plaît, dites-moi que nous pouvons faire mieux. Ce sont ces femmes qui nous demandent de changer les choses, de ne pas argumenter sans arrêt, mais d’agir, de ne plus faire de promesses, de cesser de s’engager à mener des études, mais de faire quelque chose.
    En tant que femme ayant subi de la violence sexuelle, croyez-moi, je ne voulais pas d’un autre rapport. Je voulais savoir que quelqu’un se lèverait pour y mettre fin, se tiendrait solidaire à mes côtés pour que je ne sois pas seule à faire face à ces horribles défis. Les femmes qui nous servent dans l’armée canadienne ont dû faire face à la violence et à l’inconduite sexuelle, puis on leur a demandé de se retrouver dans des situations, que ce soit dans une zone de guerre ou au cœur d’une catastrophe naturelle, où elles ont besoin de l’appui de leur équipe. À chaque pas qu’elles font, elles doivent compter sur leur équipe et cela demande de la confiance.
    Trop souvent, la réalité que vivent trop de femmes militaires est qu’elles ont dû faire confiance à la personne même qui les a agressées. La confiance est un luxe qu’elles n’avaient pas.
    Des générations et des générations de femmes dans l’armée ont fait leur travail, même quand que leur confiance fondamentale et leurs droits de la personne étaient bafoués, et la Chambre se demande si c’est le premier ministre actuel ou le précédent qui a posé le plus de problèmes, ou était-ce l’actuel ministre de la Défense nationale ou le précédent? À ce stade, cela m’est égal. Ce qui m’importe, ce sont les mesures que les femmes dans l’armée nous demandent de prendre.

  (1155)  

    Le débat d’aujourd’hui devrait porter sur l’égalité. Tant que le gouvernement canadien ne reconnaît pas qu'une culture qui tolère l’inconduite sexuelle reste en place et signifie qu’une femme ne peut pas servir sur un pied d’égalité avec les hommes, nous devrions tous arrêter ce que nous faisons et nous attacher à rendre le système sûr. Le licenciement de la cheffe de cabinet du premier ministre ne résoudra pas ce problème.
    Tous les parlementaires devraient réfléchir sérieusement au fait que le gouvernement conservateur a nommé le général Vance à la fonction qu’il occupait et lui a confié la direction de l’opération Honour, puis les libéraux l’ont promu. Ils ont tous ignoré les rumeurs qu’ils entendaient. Ces rumeurs courent toujours.
    Quelque chose de profondément mauvais se passe. Arrêtez de demander aux femmes militaires de blâmer un groupe plutôt qu'un autre. En fait, pouvons-nous tous ici cesser de parler de blâme? Il est temps que nous nous mobilisions et que nous parlions d’action, d’une action concrète qui fait savoir aux femmes servant dans les forces armées que nous, les parlementaires, sommes solidaires d’elles.
    Il ne s’agit pas d’un autre rapport. Il faut agir. Il faut mettre en œuvre les recommandations présentées et écouter la voix des femmes militaires qui ont subi l’inconduite sexuelle et la subissent encore. Elles peuvent nous guider. Je crois que les femmes extraordinaires qui servent dans les Forces armées canadiennes ont besoin d’entendre que nous tous, à la Chambre, reconnaissons la réalité qu’elles vivent.
    Si j’étais le ministre de la Défense nationale ou le premier ministre, je dirais ceci: au nom de générations de parlementaires, je présente nos excuses à toutes les femmes qui ont servi dans les forces canadiennes aujourd’hui et par le passé et qui ont été victimes de violence sexuelle. Nous sommes désolés de n’avoir pas pris au sérieux ce que vous viviez, d’être restés là à entendre les rumeurs de violence sexuelle et de les avoir ignorées parce que nous avions trop peur d’agir. Nous sommes désolés qu’alors que nous vous demandons tant, vous deviez encore travailler dans un endroit où vous n’êtes pas en sécurité à cause de notre silence. Nous sommes désolés et je m’engage à faire quelque chose à ce sujet.
    J’aimerais parler de mesures réactives, car nous le devons aux femmes des Forces armées canadiennes. De nombreuses personnes ont souligné aujourd’hui quand les gouvernements conservateur et libéral avaient pris des décisions. C’est un bilan absolument dévastateur et il montre combien de fois ces femmes qui portent l’uniforme ont été trahies.
    Nous sommes mis devant les faits. Le 26 avril, le ministère de la Défense nationale a déposé au Parlement un rapport contenant des statistiques sur l’opération Honour. Il y a eu 581 signalements d’agression sexuelle au cours des cinq dernières années. Il y a eu 221 incidents de harcèlement sexuel enregistrés au cours de la même période. Ce sont ceux qui ont été signalés. Nous ne savons pas combien sont passés sous silence.
    Tout ce que je sais au fond de moi, c’est que lorsque nous voyons quelque chose, nous devons agir. Voilà ce qu’est l’action pour moi. Cessez de vous cacher en disant: « Il n’était pas évident qu’il s’agissait d’inconduite sexuelle. » Toute personne en position de pouvoir qui est incertaine doit se renseigner et supposer le pire. Soyez soulagés si ce n’est pas le pire, mais arrêtez de vous cacher derrière le silence de l’ignorance, car cela détruit littéralement les gens.
    Comprenez que nos systèmes au Canada, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des forces armées, sont conçus pour soutenir les personnes en position de pouvoir et non celles qui sont vulnérables. Nous sommes programmés pour éviter les choses qui nous mettent mal à l’aise. Si quelqu’un est en position de pouvoir et n’est pas mal à l’aise, je lui garantis qu’il s’y prend mal.
    Changez les systèmes militaires internes. Si nous voulons éradiquer la violence sexuelle, le gouvernement doit mettre en place des systèmes qui garantissent que le pouvoir est entre les mains des victimes. Mettez en place des soutiens et faites-le maintenant. Trop d’anciennes combattantes m’ont raconté des histoires qui me tiennent éveillée la nuit. Elles signalent des cas de violence sexuelle et doivent ensuite retravailler avec cette personne. C’est inacceptable, mais cela se produit pourtant.
    Les femmes dans les forces armées ont des droits fondamentaux. Elles devraient pouvoir compter sur le fait que les dirigeants comprennent l’inconduite sexuelle et prendront des mesures contre elle. Nous le leur devons, car elles travaillent très fort pour nous.

  (1200)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa passion pour ce sujet important.
    La députée a parlé de l’importance d’aller de l’avant et de prendre des mesures qui changeraient la réalité des femmes dans les forces armées, et je suis tout à fait d’accord avec elle. Il me semble cependant qu’une partie de la façon dont nous agissons consiste à identifier les personnes responsables et à les tenir responsables.
    Nous devons poser les questions suivantes: Qui sait? Qui a agi? Et qui n’a pas agi? Si nous ne tenons pas les gens responsables du fait qu’ils n’ont pas pris les mesures qu’ils auraient dû prendre, il sera très difficile d’avancer, car les gens ne seront pas assurés qu’il y aura des conséquences s’ils ne réagissent pas.
    C’est de là que vient la motion. Elle découle du fait que les membres du cabinet du premier ministre savaient ce qui se passait et que le premier ministre prétend ne pas avoir été informé.
    La députée croit-elle qu’il est important d’aller au fond des choses et de déterminer qui n’a pas communiqué l’information ou qui n’a pas donné suite à certaines allégations de façon appropriée?
    Monsieur le Président, je suis tout à fait d’accord pour dire que nous devons aller droit au but, mais surtout, que nous devons mettre en oeuvre les recommandations.
    Nous devons nous concentrer sur les survivants, et non sur la cheffe de cabinet du premier ministre. Laissons le Comité faire son travail, et espérons que les libéraux cesseront de faire de l’obstruction.
    Monsieur le Président, le discours de la députée de North Island-Powell River était très passionné et éloquent. Elle est une porte-parole très éloquente de tous ceux qui servent dans les Forces armées canadiennes, en particulier des femmes militaires qui risquent leur vie chaque jour pour notre pays et qui sont pourtant victimes, comme elle le précise, de centaines de cas de violence et d’abus sexuels. Ce n’est tout simplement pas quelque chose qu’un Canadien devrait balayer sous le tapis. Je trouve regrettable et très triste le fait que les conservateurs et les libéraux se pointent mutuellement du doigt.
    Comme elle et la députée de London-Fanshawe l’ont souligné, nous avons vu de nombreuses recommandations qui permettraient d’aller de l’avant et de faire en sorte que les Forces canadiennes ne soumettent pas les femmes militaires à un tel niveau d’abus sexuel.
    Pourquoi la députée pense-t-elle que le gouvernement n’a mis en place aucune de ces recommandations? Pourquoi pense-t-elle que le gouvernement considère cela comme un exercice de communication au lieu de faire son travail et d’intervenir pour mettre en place des solutions?
    Monsieur le Président, je suis tout à fait d’accord. Il y a tant de recommandations qui ont été dûment présentées et qui permettraient des changements positifs.
    Les conservateurs et les libéraux sont les seuls à pouvoir dire pourquoi ils se renvoient la balle sans s'attaquer à la question. Ils doivent agir. En fin de compte, les personnes qui paient le prix de cette situation sont les femmes qui servent dans nos forces armées. Les gens doivent comprendre que ces femmes sont parmi les plus courageuses et les plus étonnantes, qu’elles sont prêtes à sauter d’avions pour sauver des gens dans des situations que je ne peux même pas imaginer, et pourtant, nous les laissons souffrir. Elles continuent à se présenter au travail.
    Quel que soit le gouvernement, ces changements doivent avoir lieu, car ces femmes doivent être reconnues.
    Monsieur le Président, nous avons deux problèmes ici. Le premier est celui des solutions. Nous avons des solutions. Dans la dernière question, la députée a dit que certaines des réponses existaient déjà.
    Nous avons aussi le problème lié à la responsabilité. Il est clair que le premier ministre n’oblige pas le ministre de la Défense nationale à rendre des comptes, car il occupe toujours son poste et nie avoir été au courant de la question.
    Je m’inquiète de l’absence de reddition de comptes à tous les paliers du Cabinet du premier ministre, ainsi que de la question de la mise en œuvre des recommandations très importantes dont le gouvernement dispose déjà.

  (1205)  

    Monsieur le Président, je partage tout à fait cette inquiétude, à savoir que la responsabilité est sans cesse repoussée. C’est comme si le gouvernement continuait à attendre.
    C’est le cas dans l’ensemble du système au Canada, à dire franchement, et, trop souvent, c'est la même chose partout dans le monde. Lorsque les femmes sont victimes de violence sexuelle ou de tout autre type de violence, personne ne veut en parler, parce que cela les met mal à l’aise. Si nous ne sommes pas tous mal à l’aise, nous ne faisons pas bien notre travail. À l’heure actuelle, les personnes les plus mal à l’aise sont les femmes victimes d’inconduite sexuelle dans les forces armées.
    Je demande au gouvernement de faire ce qu’il faut. Je ne pense pas que cette motion sera adoptée. Cependant, le ministre doit absolument rendre des comptes. Prétendre qu’il ne sait pas n’est pas une réponse.
    Monsieur le Président, je compte partager mon temps de parole avec le leader parlementaire du Parti conservateur.
    J’aimerais aujourd’hui aborder trois sujets. Premièrement, celui de la responsabilité, dont vient de parler la députée qui m’a précédé. Deuxièmement, celui des mesures que nous devons prendre pour comprendre les lacunes du système et l'améliorer, et troisièmement, celui du leadership et du manque flagrant de leadership face à cette situation.
    S’agissant de la responsabilité, je parlerai de celle du premier ministre et de celle du ministre de la Défense nationale.
    Le gouvernement a fait de longs discours sur la responsabilité ministérielle. Je suis d’accord. Être responsable signifie, entre autres, assumer la responsabilité d’un ministère, d’un bureau ou d'un personnel.
    S’agissant du ministre de la Défense nationale, il est responsable de l’intégralité du ministère et est notamment le superviseur direct du chef d’état-major de la Défense et de l’ombudsman. Il a parlé en long et en large de la nécessité de ne pas intervenir politiquement et de respecter l’indépendance des enquêtes. Je suis tout à fait d’accord. J’ai personnellement dénoncé vivement les interventions politiques de l’actuel premier ministre dans des poursuites judiciaires qui devaient rester indépendantes, je veux parler de l’affaire SNC-Lavalin, et j’estime que c’était une grave faute qu’il n’aurait jamais dû commettre.
    Pour autant, dans l’affaire dont nous discutons aujourd’hui, le ministre a oublié que, en tant que superviseur direct du chef d’état-major de la Défense et de l’ombudsman, cela dépasse l’horizon politique. De plus, il y a une différence fondamentale entre le fait de s’assurer que l’enquête a bien lieu et le fait d’intervenir dans ladite enquête, ou même de mener l’enquête soi-même.
    La secrétaire parlementaire a dit tout à l’heure, à l’instar d’autres députés libéraux, que le gouvernement libéral avait apparemment suivi le même processus que l’ancien gouvernement conservateur. C’est absolument faux.
    Sous l’ancien gouvernement conservateur, le Service national des enquêtes des Forces canadiennes et le conseiller à la sécurité nationale étaient tous les deux intervenus et des enquêtes avaient eu lieu en réponse à des rumeurs. Ce n’est pas du tout ce qui s’est produit avec le gouvernement libéral, qui s’est contenté de refiler le brûlot au Bureau du Conseil privé et au greffier du Conseil privé. Il n’y a rien eu d’autre, à part le fait qu’une plainte a été déposée devant l’ombudsman. La seule chose qui s’est produite, c’est que le chef d’état-major de la Défense a vu son mandat prolongé et son salaire augmenté, ce qui a fait de lui le chef d'état-major de la Défense ayant occupé ses fonctions le plus longtemps.
    Pour résumer, le ministre de la Défense nationale a admis le 12 mars en comité qu’il était responsable du fait que ces allégations n’avaient pas fait l’objet d’une enquête; le ministre est donc responsable. Mais ce que nous dénonçons aujourd’hui, dans le cadre de cette motion, c’est le manque de responsabilité du Cabinet du premier ministre.
    J’ai eu l’honneur et le privilège de commander des centaines d’excellents militaires. J’ai été chef d’état-major en Afghanistan et en Irak et j’ai occupé d’autres fonctions importantes. Je rappelais constamment à mon personnel de me tenir informé pour que je puisse faire correctement mon travail. Je me souviens que je leur disais: « Pour pouvoir empêcher les choses de s’envenimer, je dois être informé. Si je ne le suis pas, je ne peux rien faire. » Quand j’étais chef d’état-major, mon premier devoir était d’informer mon supérieur, le commandant, et c’est précisément ce dont il est question aujourd’hui.
    En fait, nous savons tous que, dans cette affaire, le bureau du ministre de la Défense nationale, le Bureau du Conseil privé, le Cabinet du premier ministre et la cheffe de cabinet du premier ministre étaient tous au courant des allégations d’inconduite sexuelle, mais on voudrait nous faire croire que le premier ministre, lui, ne l’était pas. À partir de là, il n’y a que deux conclusions possibles: soit le premier ministre n’était pas au courant de ces allégations, soit sa cheffe de cabinet a omis de l’informer. Dans un cas comme dans l’autre, cela témoigne de l’incompétence du Cabinet du premier ministre, et, en attendant, les victimes d’inconduite sexuelle au sein des Forces armées canadiennes pâtissent de ces manques de leadership.
    J’aimerais maintenant dire quelques mots sur ce qui va se passer maintenant, et pourquoi cette incapacité à obliger les responsables à rendre des comptes a un impact si important sur les membres des Forces armées canadiennes.
    Je suis en contact avec un grand nombre d’anciens collègues au sein des forces armées. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est que les responsables politiques et militaires soient tenus de rendre des comptes. Ils craignent que, si nous ne réglons pas les problèmes et que nous n’en cernons pas les causes, nous soyons incapables d’aller de l’avant. Nous aurons beau instaurer un processus, si la haute direction — les dirigeants politiques surtout — refuse d’agir, je ne vois pas comment les choses pourront changer.

  (1210)  

    On en a déjà parlé. Les Forces armées canadiennes ont eu le rapport Deschamps. J’en faisais encore partie quand il a été présenté. Franchement, j’avais été horrifié par la longueur et le niveau de détail de ce rapport. L’une de mes premières réactions, à l’époque, avait été d’en parler à mes collègues féminines pour leur demander si c’était vrai, s’il y avait autant de cas d’inconduite sexuelle dans les forces armées.
    Très franchement, j'avais été choqué et déçu de voir qu’on tolérait encore ce genre de choses parmi les hauts gradés des Forces armées canadiennes. Je ne peux que parler des postes que j’ai occupés, et je peux vous assurer que j’ai fait tout ce que je pouvais, mais en même temps, je reconnais que j’aurais dû faire plus pour créer un environnement dans lequel les gens n’auraient pas eu peur de dénoncer tout type d'inconduite.
    En fin de compte, notre débat se résume à ceci: si des allégations contre quelqu’un comme le chef d’état-major de la Défense ne font pas l’objet d’une enquête en bonne et due forme, nous ne pourrons pas aller de l’avant. Il ne s’agit pas de prononcer un verdict de culpabilité ou d’innocence, mais plutôt de faire une enquête en bonne et due forme. C’est cette opération de camouflage qui est à l’origine de tous les problèmes.
    Je suis d’accord avec la députée qui m’a précédé pour dire que ce sont le premier ministre et le ministre de la Défense nationale qui sont les responsables ultimes. Toutefois, en l'occurrence, si nous devons croire le premier ministre lorsqu’il nous dit qu’il n’était pas au courant, il doit maintenant faire preuve de leadership, prendre les décisions difficiles et écarter ceux qui l’empêchent de s’acquitter de ses responsabilités de premier ministre.
    C’est une question de confiance et de responsabilité. Les membres des Forces armées canadiennes, notamment les victimes d’inconduite et de harcèlement sexuels, doivent pouvoir avoir confiance dans leurs dirigeants politiques et militaires lorsque ces derniers affirment que cela ne se reproduira plus.
    Je suis d’accord avec la députée de North Island-Powell River pour dire qu’il faut prendre d’autres mesures. D’abord, les dirigeants, en l’occurrence le premier ministre, doivent faire preuve de leadership et déterminer les causes de ce cafouillage au sujet du chef d’état-major de la Défense.
    Monsieur le Président, comme c’est ma première intervention dans ce débat, je profite de l’occasion pour remercier le député de Bruce-Grey-Owen Sound d’avoir pris un certain recul sur toute la question, ce que j’aimerais qu’on fasse davantage aujourd’hui. Je salue également la députée de North Island-Powell River, qui a fait un excellent discours. Je suis tout à fait d’accord avec elle.
    À mon collègue de Bruce-Grey-Owen Sound, je dirai que la motion conservatrice est inappropriée et beaucoup trop ciblée sur un individu, et pas assez sur la question plus générale.
    Je le remercie de rappeler le scandale SNC-Lavalin. Nous n’avons jamais su le fin fond de l’affaire. Le Cabinet est intervenu pour empêcher la GRC de faire enquête sur une entrave éventuelle à la justice, et certains des enjeux étaient les mêmes qu’aujourd’hui. Pourquoi le premier ministre n’a-t-il jamais été adéquatement informé de la doctrine Shawcross? Pourquoi n’a-t-il pas compris que sa ministre de la Justice de l’époque, la députée de Vancouver Granville, avait raison, et que les experts grassement payés par SNC-Lavalin avaient tout faux?
    Le député de Bruce-Grey-Owen Sound ne pense-t-il pas comme moi que nous ferions mieux de discuter de cela plutôt que de cette motion très partisane et plutôt mesquine dont nous sommes saisis aujourd’hui?

  (1215)  

    Monsieur le Président, je m’élève respectueusement contre l’affirmation de la députée. Nous devons aller au fond de la question. La députée a soulevé plusieurs points et facteurs importants sur d’autres enjeux, d’autres échecs de l’actuel premier ministre et de son équipe. Au bout du compte, cela explique pourquoi il fallait que cette motion soit présentée. Le premier ministre doit être tenu de rendre des comptes ou il doit prendre cette décision difficile et s’entourer principalement d’un chef de cabinet qui veillera à ce qu’il soit dûment informé et dûment préparé à faire son travail de premier ministre.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue pour son service. Il comprend probablement mieux que beaucoup d’entre nous l’importance de la reddition de comptes pour les Forces armées canadiennes. Oui, nous devons trouver des solutions à long terme. D’excellentes recommandations ont été ignorées.
    En ce qui concerne la reddition de comptes au plus haut niveau, peut-il nous en parler et nous parler de l’importance qu’elle revêt au sein de notre armée?
    Monsieur le Président, c’était l’essence même de mon intervention. Il s’agit de rendre des comptes. En ma qualité d'officier supérieur, rien ne me déçoit plus que ce dossier. Je suis extrêmement déçu de toutes les personnes impliquées dans cette affaire, en particulier l’ancien chef d’état-major de la défense. Je ne comprends pas comment il a pu penser qu’il pouvait porter l’uniforme et diriger hypocritement l’opération Honour tout en étant visé par de telles allégations.
    Cependant, le manque de leadership de la part du ministre de la Défense nationale et son manque de volonté réelle d’en assumer la responsabilité sont extrêmement frustrants, car je m’attendais à mieux de sa part. Il en va de même pour le premier ministre dans ce cas-ci. Son équipe doit lui fournir les faits et toutes les réponses. S’il n’exige pas que son équipe lui rende des comptes, il va devoir composer encore avec d’autres allégations et d’autres problèmes.
    Monsieur le Président, c’était une intervention importante. Je respecte profondément le député de Bruce-Grey-Owen Sound et j’aime travailler avec lui dans cette enceinte. Je me demande simplement s’il pourrait parler d’une chose qui m’apparaît immensément importante dans ce débat.
    La réalité est qu’à l’heure actuelle, ce travail devrait se faire en comité. Katie Telford devrait comparaître devant le comité. Je pense qu’il est absolument odieux que les libéraux bloquent cette possibilité. Qu'on nous laisse faire le travail. Le député peut-il s’exprimer sur ce point?
    Monsieur le Président, je souscris entièrement au point que la députée de North Island—Powell River a soulevé. Cela m’a tellement choqué hier, et choqué est bien le mot, que la présidente du comité annule la séance au cours de laquelle cette question allait être débattue.
    Ayant déjà servi en uniforme, et ayant participé aux travaux du comité à distance, sans forcément poser de questions avant les quelques dernières séances du comité de la défense, je suis déçu de l’ampleur de l’obstruction et du manque d’attention accordée à cette question. Ce qu'il devrait incomber de faire, c'est obtenir des réponses. Il incombe de trouver la marche à suivre et de ne pas retarder un dossier si important pour toutes les victimes d’inconduite sexuelle et de harcèlement dans les Forces armées canadiennes.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est avec beaucoup d'émotion que je participe au débat, puisqu'il y est question des Forces armées canadiennes.
    Si nous avons le privilège de vivre dans un pays libre et démocratique, c'est parce que des hommes et des femmes assurent sa sécurité en servant dans les forces armées et parce que des femmes et des hommes se sont battus dans des guerres horribles afin que nous puissions vivre dans un pays libre. Mon père, qui aura bientôt 98 ans, et des millions d'autres personnes ont servi durant la Seconde Guerre mondiale; ils ont libéré l'humanité entière.
    Dans l'armée canadienne et dans toutes les armées, il faut que la confiance soit instituée et réelle. Si, par malheur, la confiance est brisée, nos hommes et nos femmes ne peuvent plus servir avec autant de passion et d'engagement, puisqu'ils se demandent pour qui ils travaillent et pour qui ils servent. C'est particulièrement le cas des femmes qui travaillent dans ce milieu et qui sont victimes de harcèlement. Pour elles, la blessure est encore plus profonde.
    Nous sommes réunis ici aujourd'hui pour parler de la confiance que les Canadiens doivent avoir en leur armée et de la confiance que les militaires doivent avoir envers leurs chefs. Si nous sommes rassemblés, c'est parce qu'on a constaté des failles importantes dans les plus hauts échelons du Canada, qu'il s'agisse de l'armée ou du gouvernement. Nous cherchons à savoir qui savait quoi et depuis quand.
    Nous faisons malheureusement référence au scandale entourant le général Vance. Ce dernier est actuellement la cible d'allégations de harcèlement sexuel envers des femmes militaires. D'un côté, l'ancien chef de l'état-major de l'armée canadienne aurait donc failli à ses fonctions. De l'autre, le chef du gouvernement a dit une chose, mais cela a été contredit par sa cheffe de Cabinet. Pour que la confiance règne, il faut faire la lumière sur la situation.
    Que s'est-il donc passé? Il y a trois ans, soit le 1er mars 2018, l'ombudsman de l'armée canadienne a informé le ministre de la Défense nationale que le chef de l'état-major canadien, le général Vance, faisait l'objet d'allégations — le mot est important. Il ne s'agit pas de rumeurs ou de ouï-dire, mais bien des allégations de comportements inappropriés et de harcèlement sexuel envers des femmes militaires sous son autorité.
    Le lendemain, soit le 2 mars 2018, un courriel du Conseil privé du Canada a été envoyé au bureau du premier ministre pour l'informer des allégations de harcèlement sexuel contre le général Vance.
    Trois ans plus tard, l'affaire a éclaté au grand jour après qu'un média a divulgué l'affaire. À la Chambre, les premiers mots du premier ministre ont été qu'il l'avait appris en écoutant la télévision. Je ne veux pas dire que le premier ministre est un menteur, mais, selon ses dires, il n'était pas au courant. Il s'agit de la première version des faits.
    Par la suite, il a dit que les gens de son bureau étaient au courant qu'une enquête était en cours. La deuxième version des faits comprend donc une modification. La semaine dernière, le premier ministre a dit à la Chambre que personne à son Cabinet n’était au courant qu'il s'agissait d'une affaire de harcèlement sexuel. Les faits ne concordent pas.
    Le premier ministre affirme que personne à son Cabinet n'était au courant. Or un courriel du 2 mars 2018 confirme que sa cheffe de Cabinet était au courant des allégations de harcèlement sexuel. C'est l'un ou l'autre: on ne peut pas croire le premier ministre si l’on croit la cheffe de Cabinet et l'on ne peut pas croire le courriel au sujet de la cheffe de Cabinet si l'on croit le premier ministre.
    J'ai beaucoup de respect pour le député de Papineau, qui est aussi le chef de notre gouvernement. Je dis « notre gouvernement », puisque nous sommes tous des citoyens canadiens et qu'il est à la tête du gouvernement actuel. Or les faits ne concordent pas, les versions ne concordent pas. Les preuves sont là, mais elles ne concordent pas avec ce qu'il dit. Le gouvernement actuel est au pouvoir depuis six ans. Non seulement le général Vance est demeuré en poste même s'il fait l'objet d'une enquête depuis trois ans, mais on lui a accordé une augmentation de salaire et l’on a renouvelé son mandat. C'est de cette façon que le gouvernement a décidé d'agir en lien avec des cas d'agression sexuelle sur des femmes militaires.

  (1220)  

    Depuis que c'est sorti, on a également vu un exercice de dissimulation tout à fait imbuvable de la part des libéraux et de certains complices; nous en parlerons plus tard. On a vu au Comité permanent de la défense nationale beaucoup de ce qu'on appelle de l'obstruction systématique, c'est-à-dire qu'on parle pendant une durée excessive afin d'empêcher l'action précise.
    Personnellement, j'ai quand même 13 ans de vie politique active comme élu à l'Assemblée nationale et à la Chambre des communes. Je ne me souviens pas, en 13 ans, d'avoir vu une présidente de comité suspendre la tenue d'une réunion 13 minutes avant que ce comité commence à travailler. C'est peut-être déjà arrivé, mais si c'est le cas, je ne m'en souviens pas. Malheureusement, hier, on a vu cela, alors que la députée libérale de Kanata—Carleton, présidente du Comité permanent de la défense nationale, a décidé d'annuler la rencontre du Comité qui était prévue. C'est inacceptable.
    Également, la semaine dernière, nous avons vu le gouvernement annoncer avec beaucoup de fierté qu'il allait mettre sur pied une enquête pour savoir ce qui se passe dans l'armée canadienne concernant les cas de harcèlement. Le travail a déjà été fait. Il y a six ans, notre gouvernement avait institué une enquête confiée à une juge de la Cour suprême. C'est d'ailleurs avec beaucoup d'assurance qu'elle avait déposé son rapport en mars 2015, il y a déjà de cela six ans, lequel était dévastateur pour la situation qui se vivait au sein de l'armée canadienne et qui interpellait les gouvernements à l'action. Six ans plus tard, quelles mesures ont été prises par le gouvernement? Aucune, mais, la semaine dernière, il a décidé de refaire le travail que le comité a fait il y a six ans. C'est un aveu d'impuissance. D'ailleurs, cette démonstration a été complètement condamnée par tout le monde. Tous les observateurs ont dit que cette approche du gouvernement n'avait pas de bon sens.
    Aujourd'hui, notre motion demande le départ de la cheffe de cabinet du premier ministre. En effet, il est essentiel d'avoir confiance en nos autorités et d'avoir confiance en l'état-major. L'état-major a été particulièrement ébranlé par la situation actuelle. Dans ma circonscription, il y a des milliers de militaires postés à la base militaire de Valcartie qui m'en parlent et qui n'aiment pas voir ce qui se passe, mais qui veulent aller au fond des choses.
    D'un côté, le premier ministre dit que personne n'était au courant, mais de l'autre, on a un courriel qui dit exactement le contraire. Quand on souhaite que la cheffe de cabinet du premier ministre aille témoigner au Comité, on ferme le Comité pour ne pas qu'elle vienne.
    Les Canadiens méritent des réponses très claires. C'est pourquoi, la semaine dernière, la cheffe adjointe de l'opposition officielle a déposé une question de privilège pour savoir si le premier ministre a induit la Chambre en erreur. La présidence est en train d'analyser la situation.
     Hier, mon vis-à-vis ministériel, mon ami le député d'Honoré-Mercier, a fait une défense vigoureuse pendant plus de 50 minutes. Le temps ne me dérange pas. Néanmoins, les libéraux sont toujours prêts à nous attaquer en disant que nous parlons sans arrêt et que nous faisons perdre du temps de travail. Je ne dis pas qu'on a fait perdre le temps, mais je suis content de voir qu'il a saisi cette occasion pour s'exprimer, c'est correct, c'est à cela que servent les débats.
    Nous avons également vu le Bloc québécois, par la voix du député de Rivière-du-Nord, dire qu'il était en faveur de cette enquête et qu'il fallait aller au fond des choses. Là s'arrêtent les bons mots que j'ai pour mes estimés collègues du Bloc québécois.
    À deux reprises, dans cette affaire-là, ils ont été du mauvais côté de l'histoire. Le 12 avril 2021, au Comité permanent de la défense nationale, le député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères a voté avec les libéraux pour mettre un terme à l'enquête parlementaire qui avait lieu au Comité. Que les libéraux ne veulent pas qu'on fasse enquête, on peut les comprendre. Ce n'est pas digne, ce n'est pas noble, mais on peut les comprendre. Voilà que, le 12 avril 2021, le Bloc québécois a donné la main aux libéraux pour empêcher le comité parlementaire de faire un travail au sujet de cet enjeu très important; c'est désolant.
    On comprend aussi que, le 9 février 2021, toujours au Comité permanent de la défense nationale, c'est le député de Lac-Saint-Jean cette fois-là qui a collaboré avec les libéraux pour réduire le nombre de journées prévues de cinq à trois et s'était opposé à ce que la cheffe de cabinet du ministre de la Défense nationale, Mme Zita Astravas puisse témoigner. Si on veut aller au fond des choses, pourquoi le Bloc québécois a appuyé les libéraux deux fois en comité parlementaire, une fois pour mettre le couvercle sur la marmite et une fois pour réduire le temps d'enquête et empêcher de parler quelqu'un qui aurait peut-être des choses intéressantes à dire? C'est décevant de la part des députés du Bloc québécois. C'est décevant qu'ils aient offert cette collaboration au gouvernement.
    Ce n'est pas sans rappeler que le 10 mars 2020, on s'en souviendra, les bloquistes et les libéraux ont voté ensemble, main dans la main, pour empêcher le commissaire à l'éthique de venir témoigner au comité de l'éthique concernant le « Rapport Trudeau II ». Le Bloc québécois, main dans la main avec les libéraux, avait muselé le commissaire à l'éthique pour ne pas qu'il témoigne.

  (1225)  

    C'est pourquoi nous, les conservateurs, voulons aller au fond des choses et souhaitons que cette motion soit adoptée.
    Monsieur le Président, je salue mon honorable collègue.
    Je vais profiter de cette occasion pour expliquer comment fonctionne un comité. Tout d'abord, il y a un plan de travail et des décisions à prendre sur l'urgence d'agir, et il y a aussi des délibérations préalables au vote. Alors, évidemment, lorsqu'on ne se fie qu'au résultat du vote, je trouve cela un peu déplorable, parce qu'il faut parfois, comme on le dit en bon québécois, se taper les 40 heures d'explications pour comprendre la raison pour laquelle on a voté oui ou non.
     J'aimerais que mon collègue me dise pourquoi le fait de demander au premier ministre de congédier sa cheffe de cabinet pour avoir omis de l'informer va tout changer.

  (1230)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question. D'ailleurs, je lui suis toujours reconnaissant de son concours à la Chambre. C'est pourquoi je m'étonne qu'elle accepte, comme femme et fière représentante de ses concitoyens, le fait que son parti a donné la main aux libéraux, et ce, deux fois plutôt qu'une.
    Dans un premier temps, il s'agissait de mettre le couvercle sur la marmite relativement à l'enquête du Comité permanent de la défense nationale et, surtout, de réduire le nombre de jours de travail consacrés aux témoignages. Dans un deuxième temps, c'était pour refuser qu'un témoin vienne donner sa version des faits. En passant, ce témoin n'est pas exactement un deux de pique dans cette histoire: c'est la cheffe de cabinet du ministre de la Défense.
    Cela dit, c'est sa décision, tout comme c'est la décision de son parti d'avoir voté avec les libéraux pour empêcher le témoignage du commissaire à l'éthique. Cela fait partie de leur bilan.
    Il faut avoir confiance en nos autorités. C'est pourquoi, lorsqu'on voit le premier ministre dire une chose et sa cheffe de cabinet dire exactement le contraire, noir sur blanc, il faut faire la lumière là-dessus.
     Je suis sûr que ma collègue de Laurentides—Labelle était outrée de voir les libéraux suspendre la séance du comité parlementaire, hier, pour qu'il ne siège pas. Je suis sûr que, comme moi, elle aurait souhaité que cette dame puisse témoigner pour qu'on puisse l'entendre. Les libéraux ne veulent pas cela.
    Alors, qui doit-on croire, le premier ministre ou sa cheffe de cabinet?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les conservateurs affirment que la motion débouchera sur des mesures concrètes, qu’elle aidera le gouvernement à agir pour obtenir des résultats pour les femmes dans les forces armées. Bien sûr, nous ne sommes pas d’accord avec leurs motifs et la façon dont ils s’y prennent, mais nous sommes certainement d’accord pour dire qu’il faut agir sur cette question.
    L’une des choses que j’ai entendues à maintes reprises, et que nous avons proposées à maintes reprises, est la nécessité pour l’ombudsman de faire rapport au Parlement et de faire preuve de plus de transparence à cet égard, comme nous avons vu les problèmes qui se posent actuellement comme il relève directement du ministre de la Défense nationale. Mon collègue serait-il d’accord pour dire qu’il s’agirait d’un très bon pas en avant et d’une mesure que la Chambre pourrait prendre immédiatement?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue pour sa participation à ce débat très important.
    Nous devons être francs et regarder la réalité en face. Nous devons connaître la vérité. C’est pourquoi l’aide de l’ombudsman serait la bienvenue. Cependant, un rapport a été publié il y a six ans. Il a donné à tous les Canadiens, peu importe leur parti, une feuille de route pour régler ce problème terrible, soit le fait que les femmes dans l’armée subissent des inconduites sexuelles, surtout dans les plus hauts rangs de l’armée. C’est pourquoi nous invitons tout le monde à nous conseiller. Je rappellerai aux députés qu’il y a six ans, nous avions la feuille de route et que le gouvernement ne l’a pas suivie.
    Monsieur le Président, je tiens à souligner que le premier ministre est celui qui avait l’habitude de dire que « le soleil est le meilleur désinfectant qui soit » et que les libéraux n’auraient pas recours à des petits jeux parlementaires. Encore une fois, cette motion traite de reddition de comptes. Mon collègue le leader parlementaire pourrait-il nous expliquer pourquoi nous avons jugé important de présenter cette motion et de demander des comptes au premier ministre?
    Monsieur le Président, je veux présenter tous mes respects à ma collègue de Kamloops, en Colombie-Britannique, pour qui j’ai beaucoup de respect. Je suis triste qu’elle ne renouvelle pas son mandat, mais je lui offre mes meilleurs vœux pour l'avenir, car elle travaille tellement bien ici à la Chambre des communes.
    Il est très important d’avoir confiance en son chef, alors lorsque le chef du gouvernement, le premier ministre du Canada, dit quelque chose ici à la Chambre des communes, mais que, par ailleurs, nous lisons le contraire écrit noir sur blanc à l’intention de la cheffe de cabinet, nous avons besoin d’éclaircissements.
    Nous avons simplement demandé hier que la cheffe de cabinet témoigne devant le comité, et le gouvernement libéral a décidé d'annuler la réunion du comité. C’est affreux. Il faut que le gouvernement rende des comptes au Parlement.

  (1235)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais partager mon temps de parole avec la députée d'Hochelaga.
    Chaque membre de l'Équipe de la Défense a droit à un lieu de travail qui le traite avec respect et dignité. Inversement, il est de la responsabilité de chaque membre de l'Équipe de la Défense, peu importe son rang, sa position ou son titre, même le plus haut gradé, de transmettre ce même respect et cette même dignité à ceux qui l'entourent. Nous avons cependant constaté que cette attente n'est pas suffisante.
    Sans action rapide et décisive, sans application rigoureuse, sans responsabilisation, le harcèlement et l'inconduite sexuelle au sein de l'Équipe de la Défense ne seront jamais vraiment éliminés. Cela exige une réflexion honnête pour examiner les domaines dans lesquels nos politiques et nos initiatives ont échoué. Il faut apprendre de ceux que nous avons laissés tomber, il faut les écouter et apporter des changements qui tiennent vraiment compte de nos gens, de leurs besoins et de leurs divers antécédents.
     La semaine dernière, le ministre de la Défense nationale a annoncé le lancement d'un examen externe indépendant et complet de son ministère et des Forces armées canadiennes. Je suis reconnaissante d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui pour discuter des détails de cet examen, en quoi il consistera, comment il sera mené et ce qu'il signifie pour l'Équipe de la Défense.
    Il existe un besoin pressant de responsabilisation et d'examen à tous les niveaux des Forces armées canadiennes et du ministère de la Défense nationale, non seulement d'individu à individu, de grade à grade, mais aussi au niveau organisationnel, en examinant les politiques et les pratiques de l'Équipe de la Défense et en évaluant leur efficacité à éliminer l'inconduite et le harcèlement sexuels.
    L'examen qui a été annoncé la semaine dernière va jouer un rôle crucial dans cette analyse. Il vise plusieurs objectifs. Nous voulons savoir pourquoi le harcèlement et l'inconduite sexuelle persistent au sein des Forces armées canadiennes, malgré des efforts considérables et concertés pour les éliminer. Nous voulons savoir quels sont les obstacles qui font qu'il est difficile de signaler un comportement inapproprié. Nous voulons savoir si la réponse est adéquate lorsque des rapports d’inconduite sont faits. Nous voulons que cette information soit utilisée pour formuler des recommandations sur la prévention et l'éradication du harcèlement et de l'inconduite sexuelle dans nos forces armées, une fois pour toutes.
    Le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes ont choisi Mme Louise Arbour pour diriger l'examen des politiques et de la culture de l'Équipe de la Défense. L'examen de Mme Arbour s'appuiera sur le rapport publié par l'ancienne juge Marie Deschamps, mais ce n'est pas du tout la même chose. Le rapport de Mme Deschamps a formulé 10 recommandations clés pour aborder et éliminer l'inconduite et le harcèlement sexuels, mais ce n'était pourtant pas suffisant.
    Depuis, l'Équipe de la Défense a pris plusieurs mesures importantes pour mettre en œuvre les recommandations de Mme Deschamps. Par contre, l'examen de Mme Arbour s'appuiera sur l'important travail de Mme Deschamps et examinera les problèmes dans une perspective plus large, afin d'aider l'Équipe de la Défense à tracer la voie à suivre.
    L'expérience de Mme Arbour en tant qu'ancienne juge de la Cour suprême la place dans une position idéale pour mener à bien cet examen en toute impartialité. Elle travaillera indépendamment de la hiérarchie des Forces armées canadiennes et du ministère de la Défense nationale, et ce, afin de préserver sa neutralité et pour s'assurer que l'important travail que nous demandons à Mme Arbour ne subira aucune influence politique. Je pense que nous sommes tous d'accord pour dire que ce serait inapproprié. Mes honorables collègues ne sont-ils pas d'accord avec moi?

  (1240)  

     L'examen de Mme Arbour portera sur les politiques, les procédures et les pratiques de l'Équipe de la Défense. Elle tentera de trouver où se trouvent les lacunes dans les efforts que déploie l'Équipe de la Défense pour aborder la question de l'inconduite et du harcèlement sexuels et pour éliminer ce type de comportement. Elle déterminera la manière dont ces efforts doivent être renforcés et améliorés.
    Dans le cadre de son examen, elle tiendra compte de tous les examens indépendants pertinents concernant le ministère de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes. Cela inclut l'évaluation des progrès de l'Équipe de la Défense dans l'application des recommandations du rapport de la juge Deschamps. Cette évaluation sera coordonnée avec l'honorable Morris J. Fish, qui dirige l'examen en cours de la Loi sur la défense nationale. Les rapports du vérificateur général ainsi que d'autres vérifications internes devront être pris en considération. Elle devra examiner leurs conclusions et leurs recommandations.
    En plus de devoir tenir compte de ces examens existants, elle évaluera également les pratiques organisationnelles qui, si elles sont réévaluées efficacement, pourraient aider à prévenir les incidents d'inconduite sexuelle. Il s'agit notamment des systèmes de recrutement, de formation, d'évaluation du rendement, d'affectation et de promotion des Forces armées canadiennes.
    Elle évaluera également les politiques, les procédures et les pratiques du système de justice militaire qui traitent du harcèlement et de l'inconduite sexuelle.
    Plus important encore, l'examen sera fondé sur les opinions, les comptes rendus et les expériences des membres actuels et anciens de l'Équipe de la Défense. Tous les membres concernés de l'Équipe de la Défense méritent que leur voix soit entendue. Ceux qui souhaitent partager leurs expériences seront invités à apporter leur contribution à l'examen de Mme Arbour. Tous leurs noms resteront anonymes. Mme Arbour mènera son examen sans faire référence à des cas spécifiques de harcèlement ou d'inconduite sexuelle, afin de préserver leur confidentialité.
    Son examen sera axé sur les femmes et les membres de la communauté LGBTQ2+, afin que l'Équipe de la Défense comprenne mieux leurs perspectives et leurs expériences. Elle travaillera en coordination avec le Groupe consultatif sur le racisme systémique, la discrimination, les préjugés LGBTQ2, la discrimination sexuelle et la suprématie blanche, afin de réduire tout chevauchement involontaire des efforts menés.
    Mme Arbour rassemblera tous ces témoignages pour identifier les signes que la culture de l'Équipe de la Défense favorise le silence et la complicité, comment la peur des représailles agit comme un obstacle au signalement du harcèlement et de l'inconduite sexuelle, ainsi que toute indication que les politiques de l'Équipe de la Défense ont été appliquées de manière incohérente dans l'ensemble de l'organisation, comme dans le cas de l'influence politique lors de la nomination du général Jonathan Vance en 2015. En effet, même en présence de rumeurs à son sujet et d'une enquête active du Service national des enquêtes des Forces canadiennes, le parti d'en face a quand même nommé Jonathan Vance chef d'état-major de la défense. Tous ces facteurs contribueront à éclairer les recommandations de Mme Arbour au ministre, au sous-ministre et au chef d'état-major de la Défense.
    L'imputabilité et la transparence sont les clés du changement de culture et de l'élimination de l'inconduite et du harcèlement sexuels au sein de l'Équipe de la Défense. Ce sont les principes qui guideront l'examen de Mme Arbour. Elle fournira au ministre de la Défense nationale des rapports d'étape mensuels, ainsi que des évaluations et des recommandations provisoires. Toutes ces évaluations seront rendues publiques, ainsi que les rapports d'examen préliminaire et final de Mme Arbour.
    Ses rapports comprendront une évaluation des politiques et des procédures de l'Équipe de la Défense, les causes et les effets des obstacles au signalement des comportements inappropriés, son examen du Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle, y compris son mandat et ses activités, son indépendance par rapport à la chaîne de commandement et sa réponse lorsque des incidents d'inconduite sexuelle sont signalés.
    Elle formulera également des recommandations clés sur les points suivants: prévenir et éliminer le harcèlement et l'inconduite sexuelle au sein de l'Équipe de la Défense; comment éliminer les obstacles au signalement; établissement d'un organisme de surveillance externe dédié à la résolution de ce type d'incident.

  (1245)  

    Une fois que Mme Arbour aura communiqué son examen préliminaire à l'organisation, le ministre, la sous-ministre et le chef d'état-major de la Défense auront 30 jours pour répondre à ses conclusions et recommandations. Leurs réponses et le rapport d'examen final de Mme Arbour seront tous rendus publics.
     C'est ainsi que nous créons le changement nécessaire que...
    L'honorable député de Bruce—Grey—Owen Sound a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, ma question à la députée porte sur la reddition de comptes et le fait que l’information n'a pas été transmise au premier ministre dans ce cas-ci, par rapport aux allégations visant l’ancien chef d’état-major de la Défense.
    Je crois comprendre que la députée fait partie du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement. Que ferait-elle si l’un des membres de son personnel disposait de preuves, de renseignements ou d’allégations à propos de quelque chose qui porterait atteinte à nos renseignements de sécurité nationale, mais que cette personne ne se donnait tout simplement pas la peine de lui en faire part?
    Monsieur le Président, ce qui importe, c’est qu’il existe un processus indépendant, externe et sûr pour quiconque a été victime d’inconduite sexuelle, afin que cette personne puisse faire une dénonciation dans le cadre d'un processus indépendant et sûr, hors du processus politique. C’est ce qui importe ici. C’est ce qui est nécessaire, et ce sur quoi nous travaillons.

[Français]

    Monsieur le Président, je salue ma collègue d'en face. Nous siégeons ensemble au comité de l'éthique, dont nous avons beaucoup entendu parler au cours des dernières minutes. Ma collègue, avec plusieurs heures d'allocution au Comité, a bien expliqué la situation.
    On va se dire les vraies choses. En ce moment, quel niveau d'urgence et d'importance faut-il atteindre avant de mettre en oeuvre un plan d'action, de redorer l'image et de s'assurer que cela ne se reproduira plus? Présentement, l'urgence est manifestement importante. Il y a quelques années, et non pas quelques mois, son niveau était à moins 10.
    J'aimerais qu'elle m'explique quel niveau d'urgence est requis pour agir. Force est d'admettre que l'opposition officielle doit présenter une motion concernant une mise à pied.
    Le gouvernement va-t-il agir?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue. Nous avons eu plusieurs conversations ensemble sur des sujets qui touchent justement le sujet dont nous discutons aujourd'hui.
    L'important, c'est d'agir sur la problématique qui est devant nous. Il ne s'agit pas de chercher des coupables et de blâmer n'importe qui. Il s'agit de l'urgence que nous avons devant nous. Le fait est que nous avons nommé l'ancienne juge Mme Arbour, qui est reconnue mondialement pour son travail, et que nous savons qu'elle sera capable, grâce au travail qui a déjà été fait par Mme Deschamps, de mettre en place un plan pour déterminer le problème et de mettre en œuvre un processus qui fonctionne.
    Monsieur le Président, ce n'est pas la compétence de l'ancienne juge Louise Arbour qui est remise en question, c'est la compétence du gouvernement libéral à gérer comme il faut la crise des inconduites sexuelles dans l'armée. Cela commence à faire dur. La seule chose qu'ils ont trouvé à faire, c'est de refaire une étude externe alors que la juge Deschamps avait fait un exercice semblable il y a six ans. Pendant six ans, les libéraux n'ont rien fait.
    Je me pose la question suivante. Est-on en train de pelleter en avant ou veut-on simplement se débarrasser d'une patate chaude?

  (1250)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue d'en face de sa question.
    Les choses qui sont difficiles sont très difficiles à faire et ne se réalisent pas d'un seul coup. Le travail de Mme Deschamps nous montre qu'elle avait cerné le problème. C'est justement là-dessus que nous voulons que Mme Arbour mène enquête pour savoir ce qui a été fait au sein de la hiérarchie militaire.
    Les récents événements nous ont appris qu'il fallait un processus. Il faut aussi savoir comment réaliser ce processus à l'externe. Pour la première fois, tous les hauts gradés de la hiérarchie des Forces armées canadiennes s'entendent sur la nécessité d'un processus externe aux Forces armées canadiennes.
    Monsieur le Président, je remercie la Chambre de me donner l’occasion de contribuer aujourd’hui au débat concernant les efforts entrepris par les Forces armées canadiennes pour remédier au problème d’inconduite sexuelle dans leurs rangs.
    Chaque jour, les membres des Forces armées canadiennes font d’énormes sacrifices pour protéger les Canadiens et les Canadiennes. Lorsque des allégations d’inconduite sont soulevées, le processus approprié doit être suivi. C’est exactement ce qu’a fait le ministre de la Défense nationale. En fait, il a suivi les mêmes étapes que celles suivies par le gouvernement précédent en 2015.
    Comme l’a dit Ray Novak, ancien chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, lorsque le chef de l’opposition officielle de l'époque l’a informé des allégations d’inconduite sexuelle, ces allégations ont été transmises au Bureau du Conseil privé aux fins d’enquête.
     [Difficultés techniques] qui sont victimes d'inconduite sexuelle ne font pas confiance au processus. Nous devons faire mieux. C’est pourquoi Mme Arbour formulera des recommandations concrètes sur la façon de mettre sur pied un mécanisme de signalement externe et indépendant, distinct de la hiérarchie militaire.
    L’inconduite sexuelle peut avoir des effets dévastateurs à long terme. Offrir du soutien aux personnes touchées et assurer leur bien-être doit être notre priorité absolue.
    Il s’agit aussi d’un problème social incroyablement complexe et les Forces armées canadiennes savent qu’elles ne possèdent pas toutes les réponses. Elles ont besoin d’être guidées par les conseils d’experts en la matière. Le ministre de la Défense nationale et les Forces armées canadiennes savent que la seule façon de s’améliorer est de mesurer les progrès accomplis et de répondre de leurs actions et de leurs décisions.
    C’est pourquoi nous avons récemment lancé un examen externe complet et indépendant pour déterminer avec précision comment et pourquoi notre culture actuelle permet des comportements nuisibles, et ce que nous devons faire pour changer cette culture de masculinité toxique. C’est aussi pourquoi le budget de 2021 prévoit des fonds destinés à accroître les mesures de soutien qui s’offrent aux personnes touchées.
    Ces mesures comprennent l’établissement d’un nouveau programme de soutien par les pairs et l’élargissement de la portée du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle. J'aimerais aujourd'hui parler du travail exceptionnel réalisé par ce Centre sous la direction de Mme Denise Preston, docteure en psychologie [difficultés techniques].
    Il semble y avoir un problème avec la bande passante de l'honorable secrétaire parlementaire. Je me demande si elle utilise une connexion fixe ou sans fil. La connexion sans fil pose parfois ce problème: si le réseau Wi-Fi ne marche pas bien, il n'est pas meilleur qu'une connexion fixe.
    J'invite l'honorable secrétaire parlementaire à continuer, mais sa connexion est déjà tombée à deux reprises. Nous allons réessayer.
    L'honorable secrétaire parlementaire a la parole.

  (1255)  

    Monsieur le Président, j'ai effectivement une connexion filaire, mais il semblerait que mon secteur éprouve des difficultés liées à Internet depuis quelques jours. Excusez-moi, mais je n'ai pas de meilleure connexion que le branchement du fil à mon appareil. Je suis vraiment désolée. Je vais tenter de continuer autant que possible.
    [Difficultés techniques]
    Il semble y avoir un problème de connexion. Je me demande s'il est possible de faire appel à un technicien pour corriger le problème. Nous allons attendre un moment, le temps de trouver une solution.
    Pour le moment, nous allons inviter le prochain député à prendre la parole. Nous allons demander à un technicien d'appeler l'honorable secrétaire parlementaire du ministre des Transports. Si on arrive à corriger le problème, j'inviterai l'honorable secrétaire parlementaire à reprendre ses commentaires sur la motion dont la Chambre est saisie aujourd'hui.
    Nous reprenons le débat. L'honorable député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, cet après-midi, je partagerai mon temps de parole avec la députée d’Elgin—Middlesex—London.
    Le sujet de notre discussion revêt une importance capitale. Nous parlons bien sûr de la situation découlant d’une épidémie de cas d’inconduite sexuelle dans les Forces canadiennes et de l’incapacité du gouvernement à y remédier.
    Nous savons qu’en 2015, le rapport Deschamps a été publié, et après son arrivée au pouvoir en 2015, le gouvernement actuel aurait pu donner suite à toutes les recommandations qu'avait formulées la juge à la retraite Deschamps, de la Cour suprême, en ce qui concerne l’inconduite sexuelle dans les Forces canadiennes.
    Nous voici six ans plus tard, et en plein cœur d’une crise politique, le gouvernement libéral propose un nouvel examen mené par une autre juge de la Cour suprême à la retraite sur l’inconduite sexuelle dans les Forces canadiennes.
    En 2018, l’ombudsman des FAC a été mis au courant d’allégations d’inconduite sexuelle commises par le chef d’état-major de la Défense de l’époque, le militaire le plus haut gradé des Forces canadiennes, celui qui est au sommet de la chaîne de commandement. L’ombudsman a alors fait part de ces graves allégations au ministre responsable, le ministre de la Défense nationale.
    Quand l’ombudsman a informé le ministre que cette plainte et ces allégations portaient sur des actes de nature sexuelle, qu’il s’agissait d’inconduite sexuelle, le ministre de la Défense nationale l’a écouté, puis il a balayé l’information du revers de la main. Après cette rencontre, il s’est quand même assuré de la transmettre au cabinet du premier ministre. Nous savons par des documents que la cheffe de cabinet du premier ministre, Mme Katie Telford, a été informée que ces allégations faisaient état d’inconduite sexuelle de la part du chef d’état-major de la défense, le plus haut gradé du Canada, à l'endroit d'une de ses subordonnées.
    Le chef d’état-major n'aurait pu commettre d’abus de confiance ou d’infraction plus grave contre nos concitoyens qui se sont engagés à servir. Les membres des Forces canadiennes servent le pays en acceptant ce qu’on appelle une obligation illimitée de service. Autrement dit, ils peuvent recevoir légalement des ordres qui les mettent en danger et qui pourraient leur coûter la vie au service du Canada. Lorsqu’ils prêtent serment et acceptent une telle obligation, ils s’attendent, avec raison, non seulement à être protégés par tous les moyens possibles par la chaîne de commandement et par le chef d’état-major de la défense, mais aussi à ce que le dirigeant de la chaîne de commandement, le plus haut gradé du Canada, ne fasse rien qui puisse leur causer du tort ou leur infliger des préjudices irréparables. Ils ne s'attendent certainement pas à ce qu’un membre de la chaîne de commandement commette des actes de nature sexuelle forcément inappropriés.
    Les hommes et les femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes méritent d’avoir un système s'inspirant du modèle recommandé dans le rapport Deschamps de mars 2015; un système qui leur donne l’assurance de pouvoir servir leur pays sans avoir à subir d’inconduite sexuelle, de harcèlement, de crimes et d’autres actes de nature sexuelle, notamment de la part d'une personne de la chaîne de commandement et de plus hauts gradés qu'eux.
    Le déséquilibre du pouvoir dans l’armée est évidemment un exemple type parce qu’il est codifié dans la hiérarchie militaire, le chef d’état-major de la défense étant au sommet de la pyramide.
    Quand les plaintes déposées auprès de l’ombudsman en 2018 ont été communiquées à la cheffe de cabinet du premier ministre, des mesures s’imposaient. Le Cabinet du premier ministre devait intervenir. Qui plus est, le cabinet du premier ministre n’avait pas donné suite aux recommandations de 2015.

  (1300)  

    Ces recommandations ont été formulées à la lumière d'années d’expérience, au cours desquelles les victimes et les survivants ont enduré les failles du système en place dans les Forces armées canadiennes, mais le gouvernement n’y a pas donné suite.
    Ensuite, devant ces nouvelles allégations, le gouvernement n’a toujours rien fait. Pire encore, le premier ministre a déclaré ne pas avoir été informé de cette plainte et que son cabinet ne savait pas qu’elle était de nature sexuelle et qu’il s’agissait d’une allégation s'inscrivant dans la foulée du mouvement #MoiAussi. Or, les faits démentent tout simplement cette affirmation. Nous savons que Mme Telford connaissait la nature de ces allégations.
    Si on croit le premier ministre, cela signifie que sa cheffe de cabinet a orchestré, avec le ministre de la Défense nationale, un camouflage afin de le protéger et de protéger l’agresseur — la personne accusée d’avoir commis ces infractions — qui était alors chef d’état-major de la défense. C’est inacceptable.
    Il est inacceptable qu'on attende tout de ceux et celles qui servent le pays sous les drapeaux, y compris qu'ils risquent leur vie, mais que la reddition de comptes, ou son absence, de la part du gouvernement n'entraîne même pas le renvoi d’une seule personne pour avoir dissimulé cette inconduite sexuelle.
    Les femmes et les hommes qui servent dans les Forces armées canadiennes méritent mieux. Nous le leur devons. Nous leur devons de mettre en œuvre les recommandations du rapport rendu en 2015 par la juge Deschamps, ancienne juge de la Cour suprême, avant de nous lancer dans un autre examen. Commençons par appliquer ces recommandations-ci. C’est ce qui est responsable. C’est montrer que nous écoutons, que nous agissons, que nous défendons les victimes, les femmes et les hommes qui ont porté plainte et celles et ceux qui ne l’ont pas fait.
    Nous savons que ne rien faire parce que personne ne dit rien revient à une approbation tacite des gestes qui sont posés derrière des portes closes. Nous l’avons vu avec la suspension et la démission de hauts gradés canadiens.
    Les Forces armées canadiennes sont immensément fières et nous devrions, en tant que Canadiens, être tellement fiers des femmes et des hommes qui servent et qui ont servi sous les drapeaux. C’est assurément le moins que nous puissions faire. Nous devons exiger des comptes de celles et ceux qui occupent les plus hautes fonctions dans ce pays.
    Si la cheffe de cabinet du premier ministre a orchestré une dissimulation des faits ou y a participé pour protéger son patron, le premier ministre, et pour protéger le chef d’état-major de la Défense, afin d’éviter une situation politique embarrassante, le premier ministre doit la renvoyer. Ensuite, le ministre de la Défense nationale doit nous expliquer ce qu’il est prêt à faire et comment il entend rendre des comptes pour ce qui est arrivé.
    Les recommandations du rapport de 2015 sont claires. L'inaction du gouvernement au vu des preuves que l’ombudsman lui a communiquées et ce qu’il a fait pour dissimuler l’affaire, tout cela est désastreux. C'est une tache au dossier du gouvernement et une honte pour les victimes et les survivants qui ont porté plainte.
    Nous sommes tous très fiers, et je le suis personnellement, des femmes et des hommes qui portent l’uniforme. Cependant, nous devons démontrer cette fierté par nos actions. Nous devons montrer que cette organisation, ces femmes et ces hommes méritent d’être protégés, qu’ils valent la peine que l’on donne suite au rapport de 2015, que le gouvernement cesse de jeter de la poudre aux yeux et qu'il fasse vraiment quelque chose. Il est déraisonnable de demander un nouveau rapport sans prendre de mesures à la suite du premier rapport, celui de 2015. Nous devons au moins cela aux victimes.
    Il est temps de montrer notre fierté et de tenir notre engagement envers les hommes et les femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes, comme ils tiennent tous les jours leur engagement envers nous. Le gouvernement doit donc prendre des mesures pour que les personnes qui ont caché de graves allégations d’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes rendent des comptes. C’est le strict minimum que nous pouvons faire pour les femmes et les hommes des Forces armées canadiennes, et c’est pourquoi nous voterons en faveur de cette motion.

  (1305)  

[Français]

    Monsieur le Président, étant donné que j'ai été ramenée à l'ordre deux fois ce matin, je ferai tout mon possible cette fois-ci pour m'adresser à vous pour poser mes questions.
    Pour ma part, je déplore que la motion ne cherche qu'une chose: trouver un bouc émissaire. Tant du côté du Parti conservateur que du Parti libéral, un bouc émissaire ne règlera en rien la question de l'aveuglement volontaire dans cette situation où une question aussi fondamentale que les victimes d'agression sexuelle dans nos Forces armées se pose.
    Ma question pour mon collègue est la suivante: plutôt que de trouver un bouc émissaire, ne croit-il pas que l'on doit prendre immédiatement des mesures pour envoyer un signal clair aux victimes que les parlementaires s'en occupent?

  (1310)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis convaincu que nous devrions agir sans tarder. Les recommandations formulées dans le rapport remis en 2015 par la juge à la retraite Deschamps constituent l’arsenal immédiat de recommandations que le gouvernement peut appliquer. Il le peut tout à fait. Il s’agit d’une mesure concrète et d’une approche fondée sur des données probantes que le gouvernement peut suivre pour régler le problème de l’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes, mais des personnes doivent rendre des comptes et il incombe au premier ministre de veiller à ce qu’elles en rendent. Si, dans ses interventions et ses réponses, il a déclaré que sa cheffe de cabinet ne lui a pas communiqué cette information, alors cette personne est la première à devoir rendre des comptes pour avoir orchestré une dissimulation d’inconduite sexuelle dans les Forces canadiennes.
    Monsieur le Président, quand j’y pense, ce qu’attend vraiment l’armée, c’est du leadership et des mesures. Je me demande, cependant, si les conservateurs conviennent que le moment est enfin venu pour faire de l’ombudsman de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes un mandataire du Parlement totalement indépendant, en mesure d’enquêter en toute indépendance sur des affaires comme celles-ci.
    Monsieur le Président, je remercie la députée d’en face de défendre les intérêts des femmes et des hommes dans les Forces canadiennes et des vétérans.
    Il faut d’abord mettre en œuvre les recommandations du rapport Deschamps de 2015. Ensuite, il faut absolument examiner les pouvoirs et la structure hiérarchique de l’ombudsman des Forces canadiennes et nous assurer de ne pas nous trouver dans une situation où le ministre, le Bureau du Conseil privé et le Cabinet du premier ministre doivent intervenir, parce que ce que nous avons vu, c'est de l'inaction.
    Je crois que nous devons mettre toutes les options sur la table et demander des comptes à ceux qui n'ont rien fait. Parallèlement, le gouvernement peut immédiatement donner suite aux recommandations de 2015 pendant que se déroule le nouvel examen qu’il a demandé.
    Monsieur le Président, le gouvernement est resté pendant trois ans les bras croisés face à de graves allégations d’inconduite sexuelle au plus haut niveau. Le Bloc est d’avis que cette motion cherche des boucs émissaires.
    Le député peut-il expliquer en quoi il s’agit de responsabilité au plus haut niveau du gouvernement? Il ne s'agit pas ici de trouver des boucs émissaires à propos de très graves allégations.
    Monsieur le Président, il est essentiel que les responsables rendent des comptes après des manquements de cette nature. Cette situation est très grave. Le plus haut gradé dans la chaîne de commandement est accusé d’inconduite sexuelle sur une de ses subordonnées. Nous avons le meilleur exemple de déséquilibre du pouvoir qu’on puisse imaginer dans ce type de situation. Nous devons donc demander des comptes à tous ceux qui ont dissimulé cette affaire.
    On nous a dit que le premier ministre n’a pas été informé par sa cheffe de cabinet, bien qu’elle ait été au courant. Par conséquent, il doit lui demander des comptes, et si d’autres personnes ont participé à cette dissimulation, il doit également leur demander des comptes. Sinon, ce sont les Canadiens qui le feront.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier mon excellent collègue de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes qui non seulement a été élu député fédéral, mais a aussi servi dans les Forces armées canadiennes. Je remercie tous ceux qui ont servi.
    Je suis sincèrement honorée d'intervenir au sujet de l'importante motion de l'opposition. Ayant servi en tant que présidente du comité de la condition féminine au cours de la 42e législature et une partie de la 43e législature, et en tant qu'ancienne ministre du cabinet fantôme en matière de condition féminine et d'égalité des genres, j'affirme que cette motion est cruciale.
    L'enquête sur le général Vance, le traitement des femmes et des hommes au sein des Forces armées canadiennes et la culture d'inconduite sexuelle doivent faire l'objet d'un examen approfondi. Il faut aller à l'échelon le plus élevé et c'est exactement ce que nous proposons aujourd'hui. La motion se lit comme suit:
    Que, étant donné que:
a) les femmes et tous les membres des Forces armées canadiennes ont placé leur confiance dans le présent gouvernement, s’attendant à ce qu’il agisse face aux allégations d’inconduite sexuelle;

b) le chef de cabinet du premier ministre a été informé d’une allégation de harcèlement sexuel précise contre le général Jonathan Vance il y a trois ans;
c) le premier ministre affirme que cette allégation de harcèlement sexuel n’a jamais été portée à son attention;
d) le premier ministre a déclaré que les personnes en position d’autorité ont le devoir d’agir en cas d’allégations, la Chambre demande au premier ministre de congédier son chef de cabinet pour avoir omis de l’informer d’une grave allégation de harcèlement sexuel aux plus hauts échelons des Forces armées canadiennes et pour avoir été complice de la dissimulation de la vérité aux Canadiens.
    On peut parler de la chronologie des événements, ce que beaucoup de députés feront dans leur intervention sur la motion d'aujourd'hui. Ils vont mentionner la promotion du général Vance et les enquêtes précédentes, mais, le plus important, c'est qu'ils parleront du fait que le plus haut cabinet du pays était au courant des allégations et que rien n'a été fait.
    Tout d'abord, lorsque nous avons commencé à entendre parler de ces allégations il y a plusieurs mois à la suite de reportages dans les médias, le premier ministre a indiqué que son cabinet ne savait rien. Après le témoignage présenté au comité de la défense par un ancien conseiller du Cabinet du premier ministre, nous savons que ce n'est pas vrai. Katie Telford, la cheffe de cabinet du premier ministre, était au courant des allégations et de leur caractère sexuel. La personne qui a dit avoir eu une relation intime avec le général Vance était consciente de son état d'esprit, de sa vision personnelle de son poste et de son statut au sein des Forces armées canadiennes et du leadership au Canada. Elle s'est présentée pour parler de ce qu'elle a vu et de ce qu'elle a pensé.
    Le 22 avril, David Pugliese a publié un article sur le fait qu'un comité de la Chambre des communes a été informé que le général Vance s'est vanté d'être « intouchable » et que la police militaire ne pouvait rien contre lui. L'article dit ceci:
     L'ancien soldat en chef du Canada s'est vanté d'être intouchable et de « posséder » la police militaire qui enquête sur les allégations d'inconduite sexuelle faites contre lui.
    À la suite du témoignage de l'ombudsman militaire Gary Walbourne en 2018, nous savons qu'une allégation de comportement inapproprié a été faite contre le général et que la cheffe de cabinet Katie Telford et le ministre de la Défense nationale étaient tous deux au courant de ce fait. Bien que le premier ministre affirme que personne ne savait qu'il s'agissait d'un moment #MoiAussi, les fils de courriel le réfutent. Le harcèlement sexuel correspond bien à un moment #MoiAussi.
    J'aimerais revenir sur mon rôle de présidente du comité de la condition féminine et sur les travaux que nous avons effectués dans le cadre d'une étude dont le rapport a été publié en juin 2019. Malheureusement, ni le gouvernement ni le ministre n'ont fourni de réponse à ce sujet. Ils disposaient de 120 jours pour présenter leur réponse. Il nous a manqué quelques jours parce que des élections ont été déclenchées. Par conséquent, nous n'avons jamais reçu de réponse à ce rapport. Je serais très curieuse de savoir ce que le ministre de la Défense aurait à dire à ce propos.
    Je vais vous faire part d'un témoignage et vous dire à quel point c'est une vraie négligence qu'on n’ait jamais donné suite à une allégation portée devant le plus haut cabinet du pays. Je veux parler de l'opération Honour. Tout au long de l'étude sur la question du traitement des femmes au ministère de la Défense nationale, nous avons beaucoup entendu parler de ce programme et du fait qu'il était assorti d'un mandat clair. Je cite:
     1.6. L’opération HONOUR est la mission visant à éliminer l’inconduite sexuelle au sein des FAC. Elle repose sur les principes suivants:
a. tous les membres qui servent leur pays méritent d’être traités avec dignité et respect — tout recul sur ce plan est simplement inacceptable;
b. toute attitude ou tout comportement qui mine la camaraderie, la cohésion et la confiance des militaires en service menace la réussite opérationnelle à long terme des FAC.
    1.7. L’opération HONOUR vise à réaliser un changement positif de culture institutionnelle au sein des Forces armées canadiennes par quatre axes d’intervention:
a. comprendre la question de l’inconduite sexuelle;
    b. intervenir de façon plus décisive en cas d’incidents;
c. soutenir les personnes affectées plus efficacement;
d. prévenir les incidents.

  (1315)  

    En juin 2018, le général Vance a déclaré ceci au Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense:
    Les dirigeants doivent favoriser le changement en offrant une vision et un exemple personnel cohérent qui donnent aux subalternes le pouvoir et l'inspiration pour établir les conditions requises pour éliminer l'inconduite sexuelle.
    Quand on réécoute ces mots dans le contexte actuel, il y a de quoi se demander qui tenait véritablement les rênes.
    On peut lire ce qui suit dans la section « Instruction sur l'intervention des témoins » du manuel de l'opération Honour:
    L'instruction dans l'unité sur l'intervention des témoins aide les membres des [Forces armées canadiennes] à reconnaître l'inconduite et le harcèlement sexuels et à y réagir de façon décisive lorsqu'ils en sont témoins. Ce programme montre aux témoins et aux dirigeants que, s'ils n'agissent pas devant un incident d'inconduite sexuelle, ils perpétuent les comportements incriminés. Le programme explique également le pouvoir qu'ont les témoins et les dirigeants de prendre des mesures positives pour mettre fin aux comportements sexuels dommageables et inappropriés et soutenir les membres des FAC. Bref, cela montre pourquoi il est essentiel que les témoins d'un acte d'inconduite sexuel dénoncent la situation plutôt que de rester silencieux.
    Ce qu'il y a de plus ironique dans tout cela, c'est que ce programme a été lancé par le général Vance. Le programme qui nous conseille sur la façon de procéder quand quelqu'un est victime d'inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes était dirigé par le général Vance. Nous avons entendu le témoignage de beaucoup d'anciens membres des forces armées, qui nous ont parlé de leur séjour et de leurs expériences dans l'armée. Je tiens à le souligner, parce que c'est une question de confiance et de reddition de comptes pour le gouvernement, qui doit nous garantir que cela ne se reproduira jamais plus.
    Lorsqu'elle a témoigné devant le comité, Paula MacDonald, ancienne membre des Forces armées canadiennes, a dit ce qui suit:
    Pendant mon instruction de base, j'ai téléphoné au Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle des Forces armées canadiennes pour leur demander de m'aider. Ils n'ont rien fait de plus que ce que l'ombudsman aurait fait, c'est-à-dire que pour la résolution des problèmes, ils m'ont renvoyée aux mécanismes des Forces armées canadiennes pour qu'ils s'occupent des mauvais traitements, et donc, aux individus qui me harcelaient sexuellement. Il est impossible de résoudre les problèmes avec les gens qui vous les causent.
    Paula ne fait plus partie des Forces armées canadiennes, mais elle continue d'avoir des conversations avec les militaires à propos de ces enjeux. Pendant son témoignage, elle a aussi dit ceci:
    C'est encore ainsi. Je leur ai posé la question, et je surveille les changements afin de voir comment les choses évoluent. Le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle retourne toujours l'information à la chaîne de commandement. Les individus qui occupent les postes directement liés aux incidents qui sont, d'après moi, des atteintes aux droits de la personne… Ils ont procédé à un remaniement et les ont placés dans des postes liés à l'opération Honour.
    Pour Paula MacDonald, la résolution du problème passe par une restructuration permettant aux gens d'adresser « directement les rapports au ministre de la Défense nationale, par opposition à la chaîne de commandement, pour assurer le respect complet des politiques et des mesures de lutte contre le harcèlement. »
    Nous savons, en nous penchant sur cela, qu'il en a beaucoup été question. Il y a eu beaucoup de changements et de sensibilisation aux comportements sociaux au cours des dernières années. Nous en sommes conscients. Je m'arrête au fait que nous ne faisons rien en ce moment à propos d'une situation qui a des effets négatifs sur les hommes et les femmes dans les Forces armées canadiennes alors que nous devrions en faire plus.
    Je veux citer quelque chose que M. Alan Okros a dit au comité. Voici:
    Une autre expression courante parmi les jeunes Canadiens ces jours-ci, c'est « vérifie ton privilège ». Une vieille expression en vogue chez les officiers militaires, c'est « le grade s'accompagne de certains privilèges ». C'est un choc culturel.
    C’est important. En tant que députés, nous savons qu’il y a un problème avec les rapports. Pourquoi? C’est parce qu’ils n’aboutissent jamais à rien. Nous avons étudié la question et nous avons parlé de la violence faite aux femmes. Nous avons parlé de harcèlement sexuel en milieu de travail et du mouvement #MoiAussi. Même lorsque cela se rend au plus haut niveau du gouvernement, lorsque cela se rend au Cabinet du premier ministre, rien n’est fait.
    Au sujet du général Vance, la majore Brennan a dit que, d’après son expérience, dans de nombreux domaines, la loi ne s’appliquait pas à lui. Lorsqu’une personne comme le général Vance est responsable d’un programme, pourquoi les gens ne penseraient-ils pas qu’ils n’ont pas d’autre option que de s’adresser au ministre de la Défense nationale ou au Cabinet du premier ministre? Sachant que rien ne va plus, ils n’ont pas d’autre choix.
    Pourquoi cela se retrouve-t-il entre les mains du premier ministre et de Katie Telford? Nous savons que des gens se sont adressés à eux pour avoir de l’aide. Ils se sont vus dans l’obligation de soumettre la question au Cabinet du premier ministre, qui n’a rien fait. Pour en revenir aux opérations et au haut de la chaîne de commandement des Forces armées canadiennes, la cheffe de cabinet du premier ministre savait et n’a rien dit, selon le premier ministre, alors que lui n’était pas au courant.
    En fin de compte, le Cabinet du premier ministre a laissé tomber les Forces armées canadiennes. Il a laissé tomber les Canadiens et, ultimement, toutes les femmes du Canada. Il a fermé les yeux, mais je crois que quelqu’un là-bas devrait enfin parler et faire preuve d’ouverture à ce sujet.

  (1320)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son intervention.
    Dans son intervention, je l'ai entre autres entendue se poser des questions sur la raison de l'enquête concernant le général Vance. J'ai compris que cette enquête la préoccupe beaucoup.
    Pourquoi est-ce que cela préoccupait moins le Parti conservateur, à l'époque? Le fait que le chef du Parti conservateur de l'époque ait été informé des allégations d'inconduite sexuelle contre le général Vance ne l'a pas empêché de le nommer chef d'état-major de la Défense.
     Comment une enquête peut-elle la préoccuper maintenant, alors qu'elle n'a pas semblé préoccuper le Parti conservateur à l'époque? Pourquoi faire porter le blâme à une employée? Il pourrait s'agir d'un précédent très grave.

  (1325)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je sais que la députée a posé cette question à de nombreux députés de notre parti. Nous savons qu’il y a eu une enquête en 2015. Nous savons que l’ancien premier ministre a parlé au général Vance. Comme l’indiquent les témoignages que nous avons entendus au comité de la condition féminine, il y avait cette impression que le général Vance ne disait pas la vérité. Il en a aussi été question au comité de la défense, il y a quelques semaines. Le fait est qu’il y a eu une enquête. La situation était différente.
    Nous avons vu que cela a été soumis au tout nouveau Cabinet du premier ministre en 2015. Alors que des questions étaient soulevées, on s’est contenté de dire non et de fermer la porte à toute enquête.
    La cheffe de cabinet, Katie Telford, est la femme la plus puissante à évoluer dans l’entourage d’un élu. Elle est la cheffe de cabinet du premier ministre qui dirige ce pays. Quelqu’un doit rendre des comptes.
    Monsieur le Président, je remercie la députée d’Elgin—Middlesex—London pour son discours. J’ai beaucoup de temps à lui consacrer. Cependant, je me demande pourquoi les conservateurs croient que c’est la bonne façon de procéder.
    Ma collègue a parlé de la complicité entre le ministre de la Défense nationale et le premier ministre, mais nous avons là une motion visant à congédier la cheffe de cabinet du premier ministre, l’une des rares femmes impliquées dans tout ce gâchis. Le vrai problème, c’est l’inaction du ministre de la Défense nationale et du premier ministre, qui ont permis le maintien d’une culture sexualisée qui tolère l’inconduite sexuelle parmi les hauts gradés des forces armées. Pourquoi viser Katie Telford?
    Monsieur le Président, j’ai moi aussi beaucoup de respect pour mon collègue et j’adore travailler avec lui. Je reconnais aussi que nous ne parlons pas de n’importe quel ancien employé, d’une personne qui travaille dans mon bureau de députée ou d’un spécialiste quelconque en communication.
    Nous parlons de l’employée la plus importante au Canada. Elle est cheffe de cabinet du premier ministre. Oui, le premier ministre est ultimement entièrement responsable, avec le ministre de la Défense, mais il va peut-être défendre Katie Telford et commencer à dire la vérité. C’est peut-être une façon de le mettre au pied du mur.
    Monsieur le président, il m’est très utile de connaître le point de vue de ma collègue d’Elgin—Middlesex—London au sujet du conflit et des cultures entourant l'expression « vérifie ton privilège » et le fait que le grade s'accompagne de privilèges. J’ai trouvé cela plutôt brillant, mais je ne suis pas convaincue que cette motion soit appropriée.
    Elle se concentre sur une seule personne alors que nous n’avons pas tous les faits, et il est important d’obtenir les faits. Je ne crois même pas que nous ayons obtenu les faits dans l’affaire SNC-Lavalin. Savons-nous ce qui se passe au Cabinet du premier ministre et au Bureau du Conseil privé? Allons au fond des choses qui comptent. Cela ressemble à une attaque très personnalisée et assez gênante à laquelle nous devons consacrer une journée entière à la Chambre des communes.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue pour sa question. Il faut que nous examinions les incidents qui surviennent chaque année. Une année, c’est l’Aga Khan, une autre, SNC-Lavalin, puis tout le monde s'est demandé qui obtiendrait ce qu’il faut durant la pandémie. Nous avons vu à maintes reprises ce que fait le Cabinet du premier ministre. Le Cabinet du premier ministre ne s’en tire pas très bien côté transparence. Quand il s’agit de responsabilité, le premier ministre s’en décharge sur tout le monde.
    Je respecte beaucoup l’opinion de ma collègue à ce sujet, mais je crois qu’il est grand temps que nous obtenions des comptes du Cabinet du premier ministre et c’est peut-être ainsi que nous y parviendrons.

[Français]

    Nous reprenons le débat.
    Heureusement, les problèmes techniques de l'honorable secrétaire parlementaire du ministre des Transports sont maintenant réglés. Elle peut maintenant faire son discours et il y aura ensuite une période de questions et d'observations.
    L'honorable secrétaire parlementaire du ministre des Transports a la parole.

  (1330)  

    Monsieur le Président, je reprends ma présentation.
    Le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle fonctionne indépendamment de la chaîne de commandement militaire et relève directement de la sous-ministre de la Défense nationale. En outre, il n'existe aucun lien hiérarchique de quelque nature que ce soit entre le Centre et les Forces armées canadiennes ou le chef d'état-major de la défense.
    Le Centre n'en reste pas moins à l'écoute des besoins des membres des Forces armées canadiennes. Ses conseillers écoutent sans porter de jugement. Ils consacrent un temps illimité à chaque appel et ils prennent soin de tenir compte des sentiments, des besoins, des inquiétudes et des craintes des personnes qui communiquent avec eux.
    Le ministère de la Défense nationale reconnaît que certaines personnes affectées par une inconduite sexuelle ne sont pas prêtes à procéder à un signalement officiel. Le Centre offre donc à ces personnes un endroit vers lequel se tourner. C'est un endroit où elles seront écoutées et pourront trouver des réponses, se faire conseiller et, surtout, obtenir l'aide dont elles ont besoin.
    Comme les conseillers du Centre sont des civils, ils ne sont pas tenus par la même obligation de signaler que les militaires. Ainsi, toutes les interactions se font de manière confidentielle, et les militaires peuvent accéder aux services de soutien sans devoir fournir des renseignements d'identification personnelle. Enfin, si une personne décide de signaler officiellement un incident, l'équipe du Centre peut l'aider à entrer en contact avec l'organisation chargée des rapports appropriés, qu'il s’agisse de la police militaire, du Service national des enquêtes des Forces canadiennes ou des autorités locales.
    En août 2019, le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle lançait un nouveau programme de coordination de l'intervention et du soutien. Ce programme offre aux membres des Forces armées canadiennes affectés par l'inconduite sexuelle les services d'un coordonnateur désigné qui les accompagne à chacune des étapes, en leur offrant le soutien et l'aide dont ils ont besoin. Les coordonnateurs désignés aident ainsi les gens à trouver de l'information et offrent des services d'aiguillage. Ils défendent et accompagnent les gens tout au long de leur cheminement dans le système. Ils aident aussi à la prise de mesures d'adaptation au travail, en plus d'offrir d'autres formes d'aide en fonction des besoins des militaires.
    Le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle peut aussi faire appel à une équipe de liaison militaire, qui est formée d'un officier de liaison de la police militaire, d'un conseiller militaire et d'un officier de liaison militaire. Ces membres sont voués au travail du Centre et sont des spécialistes dans leur domaine. Ils peuvent donc donner des conseils aux militaires sur la façon de présenter une plainte ou leur expliquer comment fonctionne le processus d'enquête. Ils peuvent aussi faciliter le signalement si le militaire choisit cette option.
    Chaque personne a des besoins uniques, et chaque personne a une situation et des préoccupations qui lui sont propres. Les intervenants du Centre prennent tout cela en compte quand ils offrent du soutien. Ils peuvent aussi mettre les personnes affectées par l'inconduite sexuelle en contact avec un vaste réseau de services partout au pays, qu'il s'agisse de services de santé, d'aumôniers ou de centres régionaux d'aide aux victimes d'agression sexuelle.
    Le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle est là pour guider les gens vers l'aide dont ils ont besoin. De plus, le Centre prépare une stratégie nationale de soutien aux survivants, ainsi que d'autres programmes qui permettront de mieux servir les militaires affectés. Dans tout ce qu'il entreprend, le Centre prend toujours soin de consulter des militaires affectés par l'inconduite sexuelle ainsi que des experts externes. Il s'assure ainsi de répondre aux besoins des personnes qui ont subi un tort et de fonder tous ses programmes sur des données probantes et des pratiques exemplaires
     Le Centre est appuyé par un conseil consultatif externe, qui est composé de tiers indépendants et impartiaux possédant tous une expertise importante et pertinente. Ensemble, ces organisations représentent une mine considérable de connaissances, de points de vue et d'expériences.
    Le Centre s'appuie sur cette expertise pour fournir des conseils et des recommandations aux dirigeants de la Défense afin d'aider à façonner les politiques et les programmes qui ciblent l'inconduite sexuelle au sein des Forces armées canadiennes. Ses intervenants offrent également des conseils sur la manière d'évaluer l'efficacité des programmes et d'en rendre compte. Le Centre est un chef de file de la recherche et des pratiques exemplaires en matière de soutien et de stratégies de prévention.
    Le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle répond aussi aux appels des dirigeants et des superviseurs qui souhaitent obtenir des conseils sur la marche à suivre pour intervenir en cas d'incident et offrir du soutien à leur personnel. De plus, dans le cadre de l'entente de règlement définitive pour le règlement du recours collectif FAC-MDN pour inconduite sexuelle, le Centre est responsable de la conception et de la mise en œuvre d'un programme de démarches réparatrices.
    Ce programme vise à offrir aux personnes inscrites au recours collectif des options sûres et souples leur permettant de raconter aux dirigeants de la Défense leurs expériences d'inconduite sexuelle et de parler des causes et des répercussions de ces expériences. Le programme permettra à ces personnes de se faire entendre et d'être reconnues. Il permettra d'amorcer le processus visant à rétablir les relations et la confiance qui ont été endommagées. Il contribuera au changement de culture en permettant aux dirigeants de parvenir à une compréhension encore plus grande des conséquences de l'inconduite sexuelle, de leur responsabilité collective à l'égard de la culture actuelle et du rôle qu'ils doivent jouer pour créer le changement.

  (1335)  

    Le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle travaille sans relâche pour aider ceux et celles qui sont victimes d'inconduite sexuelle. Son équipe est dévouée et, surtout, est indépendante. Elle constitue l'un des éléments importants du ministère de la Défense nationale pour remédier à ce problème.
    Depuis 2015, l'équipe a grandi et évolué pour assumer de plus grandes responsabilités et aider à façonner les interventions des Forces armées en matière d'inconduite sexuelle. Je profite de l'occasion pour remercier tous ses membres des efforts qu'ils ont déployés au bénéfice de toutes les personnes qu'ils ont aidées au cours des six dernières années.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j’aimerais poser une question concernant le lien entre l’échec individuel et l’échec du système. Pour que les victimes soient entendues et obtiennent justice, il me semble qu’il faut que le système fonctionne bien et que les personnes qui font partie de ce système fassent bien leur travail. S’il n’y a pas de système où s’adresser pour porter plainte, il me semble évident que nous avons un problème. Même avec un système parfait, si les gens qui en font partie ne font pas bien leur travail, ou si les gens qui entendent les plaintes n’y donnent pas suite de manière appropriée, peu importe la qualité du système, si les personnes responsables de faire fonctionner le système ne font rien, nous avons un problème.
    J’ai l’impression que c’est justement ce qui s’est passé dans le cas du général Vance. Il y a eu de flagrants échecs individuels. Certaines personnes ont été mises au courant, mais elles n’ont pas réagi. Le ministre de la Défense a été informé, mais il s’est retiré des discussions et a dit qu’il ne voulait pas savoir.
    Je suis content que la députée ait parlé des systèmes et des structures qui devraient exister, mais je pense que nous devons aussi nous pencher sur l’échec individuel. J’aimerais savoir ce que la députée pense des actions du ministre de la Défense, en particulier de sa réaction après avoir eu vent des allégations et avoir choisi de ne pas y donner suite.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
     Je partage certains des points de vue qu'il a exprimés. En effet, nous reconnaissons tous qu'il faut prendre des mesures audacieuses pour transformer la culture d'inconduite sexuelle qui prévaut actuellement au sein des Forces armées canadiennes.
    Le processus qui a été suivi dans le cas présent est le même que celui qui avait été suivi par le gouvernement précédent. Nous reconnaissons toutefois que ce processus ne fonctionne pas et qu'il faut donc le changer, le renforcer et instaurer de nouvelles mesures. Nous pourrons ainsi éviter de nous retrouver dans de telles situations. Le processus doit respecter l'indépendance, y compris politique, qu'il faut avoir par rapport à l'armée dans de telles situations. Il faut aussi s'assurer que le processus protégera dorénavant les victimes.
    Monsieur le Président, je remercie ma voisine de circonscription de son allocution.
    Je me demande pourquoi avoir attendu aussi longtemps et avoir attendu d'être sous pression avant d'exiger cette enquête? Pourquoi ne pas avoir agi dès le début et pourquoi ne pas agir tout de suite? Le mandat de l'enquête indique plusieurs choses qui pourraient être réalisées dès maintenant.
    Monsieur le Président, je remercie mon voisin de circonscription de sa question.
    C'est la raison pour laquelle j'ai parlé du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle, lequel existe déjà au sein de l'armée puisqu'il a été ouvert en 2015. Nous avons donc déjà agi depuis six ans.
     Or, nous nous rendons compte qu'il faut aller encore plus loin. Nous savons ce que nous avons à faire et le mandat qui a été confié à la juge Arbour est justement de s'assurer des façons dont cela va se faire au sein d'une structure, les Forces armées canadiennes, de sorte à toujours pouvoir défendre les intérêts des victimes.

  (1340)  

    Monsieur le Président, je suis un autre des voisins de circonscription de la députée d'Hochelaga.
    Je trouve déplorable qu'en six ans au pouvoir, les libéraux aient laissé pourrir une situation vraiment dangereuse, alors que les femmes dans l'armée canadienne connaissent un climat de travail difficile, certaines ayant été victimes d'inconduite sexuelle. Le ministre de la Défense nationale a trompé un comité parlementaire, s'est fait contredire par un ancien ombudsman, et a ensuite pointé du doigt le Bureau du Conseil privé pour se cacher derrière.
     Aujourd'hui, la seule réponse qu'offrent les libéraux est un nouvel examen externe, une nouvelle étude. Si c'était une partie de football américain, cela ressemblerait pas mal à un botté de dégagement pour ne plus avoir le ballon en main, selon moi.
    Monsieur le Président, je remercie aussi mon autre voisin de circonscription de sa question.
    Je ne suis pas d'accord avec mon collègue sur une chose. D'ailleurs, j'aime bien les analogies de football, qui sont très masculines, encore une fois, mais j'aimerais lui rappeler que nous avons quand même mis en place la toute première stratégie nationale contre la violence fondée sur le sexe. Nous avons agi en faisant des investissements pour mettre en place des structures pour défendre les intérêts des victimes.
    En fin de compte, dans tout ce que nous faisons, nous voulons nous assurer que ce sont les victimes qui sont protégées. C'est ce que nous faisons depuis que nous avons été élus au gouvernement, en prenant des mesures pour défendre les femmes victimes de harcèlement et en nous attaquant à des cultures organisationnelles extrêmement fortes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec ma bonne amie la députée d’Oakville Nord—Burlington, avec qui j’ai eu le privilège de travailler sur tellement de dossiers, notamment au sein du comité de la sécurité publique.
    Je suis très heureuse d’avoir à nouveau l’occasion de prendre la parole ici sur un sujet qui nous concerne tous, soit le bien-être des membres des Forces armées canadiennes et de ceux qui les soutiennent.
    Au cours des derniers mois, les Canadiens ont entendu des récits déchirants de membres des Forces armées canadiennes et de leurs collègues civiles qui ont été la cible de comportements et de traitements et ont vécu des expériences tout à fait inacceptables. Pendant trop longtemps, leurs témoignages ont été ignorés.
    Par exemple, en 2015, des députés de l’opposition étaient déjà au courant de rumeurs au sujet du général Vance et cela ne les a pas empêchés de le nommer. Ils l’ont nommé alors qu’il faisait l’objet d’une enquête du Service national des enquêtes des Forces armées canadiennes et l’ont promu au grade le plus élevé des Forces armées canadiennes. L’actuel chef de l’opposition officielle a dit n’avoir pas donné suite aux rumeurs d’inconduite sexuelle visant le général Vance en 2015, prétendant qu’elles faisaient l’objet d’un examen. Je demande à mes collègues conservateurs de nous expliquer pourquoi le général Vance a été promu à ce moment-là et pourquoi l’enquête a soudainement été abandonnée?
    Ce que nos militaires ont enduré est inacceptable. Les Forces armées canadiennes sont chargées d’assurer la sécurité des Canadiens au pays et à l’étranger. L’organisation doit davantage aux survivants. Chaque membre des Forces armées canadiennes fait d’énormes sacrifices personnels pour protéger les Canadiens et, peu importe son grade ou son identité de genre, il a le droit inaliénable de servir en sécurité. Nous devons être à la hauteur de cette attente et nous le serons.
    Le ministre de la Défense nationale a toujours suivi les processus qui ont été mis en place lorsque des allégations ont été portées à son attention. Il l’a dit publiquement, à la Chambre, et il continuera de le faire. Toutefois, comme les députés l’ont sans doute entendu de la bouche de mes collègues, le gouvernement prend des mesures importantes pour lutter contre l’inconduite systémique au sein des Forces armées canadiennes afin d’apporter un changement de culture au sein de l’organisation.
    La nécessité de changer la culture militaire découle du fait que les expériences vécues par de nombreux membres de l’équipe de la Défense sont tout à fait contraires aux valeurs professées au sein de l’organisation et par celle-ci, c’est-à-dire les valeurs d’intégrité, d’inclusion et de responsabilité. Cela doit changer, et nous sommes déterminés à y arriver.
    Si nous voulons que ce changement soit important, qu’il soit significatif et qu’il dure, nous devons réfléchir honnêtement à ce qui s’est passé. Lorsque nous découvrons des lacunes et des fautes, nous devons en accepter la responsabilité. Lorsque nous pouvons tirer des leçons, nous devons saisir l’occasion de bâtir une meilleure organisation. Lorsque des membres de l’équipe de la Défense partagent leurs récits et leurs expériences, nous devons écouter très attentivement.
    L’objectif final est simple. Il s’agit de veiller à ce que chaque membre de l’équipe de la Défense, chaque membre des Forces armées canadiennes, soit valorisé et respecté. La culture et la conduite professionnelle de la Défense doivent refléter les valeurs fondamentales et les principes éthiques que nos militaires aspirent à défendre en tant qu’institution nationale, et c’est ce que les membres des Forces armées canadiennes, les anciens combattants, les recrues, les fonctionnaires et les Canadiens méritent et attendent de l’organisation.
    Il est clair que les mesures que nous avons déjà prises depuis notre arrivée au pouvoir ne vont pas assez loin et ne vont pas assez vite. C’est pourquoi nous avons annoncé la semaine dernière que Mme Arbour mènera un examen indépendant des Forces armées canadiennes, examen qui comprend la création d’un système de signalement externe indépendant de la chaîne de commandement et qui répond aux besoins des personnes touchées par l’inconduite sexuelle et la violence. C’est aussi pourquoi, dans le budget de 2021, nous avons prévu plus de 236 millions de dollars pour éliminer l’inconduite sexuelle et la violence fondée sur le sexe dans les Forces armées canadiennes, notamment en élargissant la portée du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle et en offrant un soutien en ligne et en personne entre pairs. Toutes les options visant à assurer un avenir plus sûr aux femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes seront envisagées pour changer la culture de masculinité toxique qui existe dans les Forces armées canadiennes.

  (1345)  

    Jeudi dernier, le ministre de la Défense nationale a annoncé la création d’une nouvelle organisation pour nous permettre de réaliser cet objectif. Parmi les nombreuses initiatives dont je viens de parler, le ministère de la Défense nationale a nommé la lieutenante-générale Jennie Carignan au poste de cheffe de la conduite professionnelle et de la culture du ministère. Sous sa direction, ce service unifiera, intégrera et coordonnera l’ensemble des politiques, des programmes et des activités qui s’attaquent à l’inconduite systémique et appuient le changement de culture au sein des forces. L’organisation comprendra un nouveau sous-ministre adjoint qui appuiera directement la lieutenante-générale Carignan. L’équipe réunira des membres de tous les grades et de toutes les classifications, de manière à refléter la diversité à laquelle s’attendent les Canadiens. Ne vous y trompez pas. Il ne s’agit pas d’une solution générique préfabriquée à un problème de longue date. Avant que des mesures soient prises, ceux qui travaillent à apporter des changements écouteront activement les témoignages des personnes touchées, des gens de tous les grades, de tous les niveaux et de toutes les régions du pays.
    Étant donné qu'un grand nombre de membres de l’équipe de la Défense ont déjà fait part de leurs expériences et de leurs recommandations, nous n’avons pas à attendre avant de mettre en oeuvre un certain nombre de changements fort nécessaires. La lieutenante-générale Carignan et son équipe prendront un certain nombre de mesures pour apporter des changements immédiatement. Pour commencer, ils concluront l’opération Honour. On a déjà beaucoup parlé de mettre fin à cette initiative, mais il vaut la peine de le répéter. La lieutenante-générale Carignan et son équipe examineront toute la recherche menée dans le cadre de l’opération Honour afin que ses conclusions puissent éclairer les efforts de renouvellement de la culture.
    Cette nouvelle équipe élaborera également des mécanismes pour mettre en oeuvre le Règlement sur la prévention du harcèlement et de la violence dans les lieux de travail prévu dans le projet de loi C-65. Elle appuiera également les efforts continus visant à faire entrer en vigueur les autres dispositions du projet de loi C-77. Cela comprend l’ajout de la Déclaration des droits des victimes à la Loi sur la défense nationale.
    Le prochain point à l’ordre du jour constituera à former une équipe pour établir un cadre qui aidera à atteindre un certain nombre d’objectifs à long terme. Ce cadre réharmonisera les responsabilités, les politiques et les programmes qui traitent des éléments d’inconduite systémique à l’échelle de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes. Il simplifiera et améliorera également les mécanismes de signalement des cas d’inconduite, y compris pour les personnes qui ne font pas partie de la chaîne de commandement. Il donnera plus de pouvoirs aux personnes qui ont été victimes d’inconduite et renforcera les mécanismes de soutien. Il améliorera les mécanismes de suivi, depuis les premiers rapports d’inconduite jusqu’à la fermeture des dossiers. Il intégrera également des points de données supplémentaires, comme l’intersectionnalité, les représailles, la satisfaction des membres et le maintien en poste. Enfin, il orientera les efforts déployés par l’institution pour élaborer un cadre de conduite professionnelle et de culture qui s’attaque à tous les types de comportements nuisibles, de préjugés et d’obstacles systémiques.
    Beaucoup de travail a déjà été fait au sein du ministère pour créer des milieux de travail sains, sécuritaires et inclusifs. Un grand nombre d’organisations se concentrent sur l’élaboration de programmes et de politiques pour nous orienter dans la bonne direction, qu’il s’agisse de l’analyse comparative entre les sexes plus, du Programme de gestion intégrée des conflits et des plaintes, du Secrétariat de lutte contre le racisme, de la Stratégie de diversité des Forces armées canadiennes, de la Stratégie canadienne de lutte contre le racisme ou du Plan national d’action du Canada consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité.
    Le groupe sur la conduite professionnelle et la culture est mis sur pied parce qu’il est clair que les efforts antérieurs pour changer la culture n’ont pas donné les résultats escomptés. Avec la création de ce nouveau groupe, l’équipe de la Défense adopte une approche foncièrement différente, plus holistique et plus cohérente qui permettra aux Forces armées canadiennes de relever les défis complexes auxquels elles font face.
    En terminant, je tiens à réitérer notre sincère préoccupation à l’égard du bien-être de chaque membre de l’équipe de Défense canadienne. La création d’un groupe sur la conduite professionnelle et la culture témoigne de notre sincère engagement à protéger les membres des Forces armées canadiennes. Notre gouvernement a montré sa détermination à instaurer un changement de culture durable au sein de l’équipe de la Défense. C’est notre objectif et nous l’atteindrons.

  (1350)  

    Monsieur le Président, dans ses propos, la députée admet clairement l’existence d’un problème et propose des solutions, et je ne mets aucunement en doute sa sincérité. Je ne peux cependant m’empêcher de penser que ce sont des propos que devrait tenir le ministre de la Défense. Au contraire, dans l’entrevue qu’il a accordée à Mercedes Stephenson en fin de semaine dernière, celle-ci lui a demandé à cinq reprises s’il savait que les allégations concernaient un comportement sexuel inapproprié, mais il a refusé de répondre.
    Comment le gouvernement peut-il régler un problème quand le ministre de la Défense lui-même refuse d’admettre qu’il y en a un?
    Monsieur le Président, le gouvernement ne tolère aucune inconduite. À l’instar du ministre de la Défense, nous avons pris les mesures appropriées, les mêmes que le précédent gouvernement a prises.
    Je trouve que le Parti conservateur fait preuve d’hypocrisie quand il pose des questions sur ce qui aurait pu être fait et sur ce qui ne s’est pas produit. En 2015, l’actuel chef de l’opposition a été mis au courant des rumeurs d’inconduite. Il a jugé la situation suffisamment grave pour demander à son personnel d’en informer le chef de cabinet du premier ministre, qui a ensuite transmis l’information au Bureau du Conseil privé aux fins d’examen. Autrement dit, il a suivi la même procédure que nous.
    Comment le chef de l’opposition peut-il sérieusement encourager les députés de son parti à dénoncer cette démarche qu’il a lui-même suivie?

[Français]

    Monsieur le Président, cela fait quelques heures qu'on entend toujours la même question. Je vais aborder le sujet sous un angle différent. Je suis nouvellement élue depuis 2019. J'ai donc à apprendre sur le moment, mais je dois aussi regarder ce qui est arrivé dans le passé, lorsque je n'étais pas à la Chambre des communes.
    Par contre, j'ai fait un constat. Tantôt, j'ai demandé quel était le niveau d'urgence ou d'importance d'un sujet aussi précis qui a des répercussions aussi graves sur l'image que nous avons des forces armées. Tout d'un coup, on décide qu'on va peut-être agir et agir encore mieux. Après une élection, on formule des souhaits.
    Pourquoi faut-il toujours attendre que le gouvernement se retrouve au pied du mur? Outre les situations où il est minuit moins une, c'est l'inertie. C'est grave. Il fallait agir avant.
    Il n'est jamais trop tard, mais que va-t-il faire réellement?

  (1355)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, tout à l’heure, j’ai longuement parlé de ce que nous avons fait, mais je sais que nous devons faire beaucoup plus, parce que le système a échoué. C’est pourquoi, en plus du travail que nous avons réussi à accomplir la semaine dernière, nous avons annoncé que Mme Arbour effectuerait un examen indépendant sur les Forces armées canadiennes, notamment la mise en place d’un système de signalement externe qui serait indépendant de la chaîne de commandement et qui répondrait aux besoins de toutes les victimes d’inconduite et de violence sexuelle.
    Il est également important de rappeler que dans le budget de 2021, notre gouvernement s’est engagé à verser 236 millions de dollars pour lutter contre les inconduites sexuelles et la violence fondée sur le genre au sein des Forces armées canadiennes, notamment en élargissant la portée du Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle et en offrant des services de soutien en ligne et en personne offerts par des pairs.
    Nous avons réussi à faire beaucoup de travail, mais nous savons qu’il en reste encore beaucoup à faire. Voilà pourquoi nous avons pris les mesures que j’ai mentionnées dans mon allocution.
    Monsieur le Président, le rapport Deschamps a été publié en 2015 sous un gouvernement conservateur qui n’y a pas donné suite. Voilà six ans que les libéraux sont assis sur ces recommandations. Maintenant, ils sont acculés au pied du mur et ils disent qu’ils vont agir. Cependant, ils ne mettront pas en œuvre le rapport Deschamps; ils mèneront un autre examen. Ils vont établir un autre cadre.
    Pourquoi les libéraux n’ont-ils pas mis en œuvre les réformes du rapport Deschamps lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir en 2015?
    Monsieur le Président, comme je l’ai affirmé dans mon allocution et comme le ministre de la Défense nationale l’a toujours dit, nous ne tolérons absolument aucune inconduite.
    Je suis d’accord avec ma collègue, le changement culturel institutionnel est complexe, et sa mise en œuvre est très lente. Le temps de la patience est maintenant révolu. C’est pourquoi nous avons annoncé la création d’un nouvel organisme interne dirigé par la lieutenante-générale Jennie Carignan, cheffe de la conduite professionnelle et de la culture. Elle sera chargée d’unifier, d’intégrer et de coordonner toutes les politiques, tous les programmes et toutes les activités qui régissent actuellement l’inconduite systémique et qui appuient le changement culturel dans toute la Défense nationale. Nous devons veiller à ce que tous ceux qui veulent signaler une inconduite se sentent à l’aise de le faire.
    Monsieur le Président, j’écoute tout cela depuis un bon moment. La preuve que les conservateurs se trompent complètement sur cette question, c’est qu’ils n’arrivent même pas à convaincre le Bloc et le NPD de la valeur de leur motion.
    Je ne vois pas en quoi cette motion va aider cette cause. Nous avons du travail sérieux à accomplir au sein de nos forces armées. Je ne comprends pas du tout pourquoi les conservateurs n’ont pas présenté une autre motion pour régler le problème.
    Ma collègue pourrait-elle nous dire si elle est d’accord avec moi?
    Monsieur le Président, mon collègue a tout à fait raison. Cette motion ne mentionne aucun des aspects du problème auxquels les conservateurs prétendent tenir si fermement.
    Dans le cadre de notre travail, nous avons annoncé que Mme Arbour mènerait un examen indépendant des Forces armées canadiennes. Elle va notamment créer un mécanisme externe indépendant pour porter plainte, mécanisme qui n'aura rien à voir avec la chaîne de commandement. Ce sont des choses tangibles que nous accomplissons au sein des Forces armées canadiennes, et ces choses sont importantes; mon collègue en conviendra.
    Je tiens à vous remercier tous d’avoir contribué au débat visant à ce que tout le monde puisse dénoncer une inconduite en toute sécurité.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

La condition féminine

    Monsieur le Président, au Canada, les femmes sont souvent forcées de choisir entre demeurer dans un foyer où la violence règne ou s'en aller et vivre dans la pauvreté et l'itinérance. Les femmes aînées à faible revenu qui vivent seules, elles, sont forcées de choisir entre payer leur loyer et payer leur nourriture et leurs médicaments. Les mères seules essaient tant bien que mal de trouver un logement convenable afin qu'on ne leur enlève pas leurs enfants.
    Pendant bien trop longtemps, les femmes ont été les plus durement touchées par la crise du logement abordable. Les femmes pauvres, racisées et handicapées courent les plus grands risques.
    La semaine dernière, une Autochtone itinérante de 17 ans est morte à Nanaimo. Elle s'appelait Jada. Les gens qui la connaissaient, qui l'aimaient et qui ont tenté de l'aider sont affligés par sa mort.
    Le droit au logement signifie que toute personne a le droit de vivre, en toute dignité, dans un endroit sûr. Trop de Canadiennes sont privées de ce droit.

L'initiative Emplois d'été Canada

    Monsieur le Président, nous savons qu'un très grand nombre de jeunes Canadiens ont perdu leur emploi à cause de la pandémie de COVID-19. Le gouvernement fédéral a aidé les jeunes de bien des façons, notamment en offrant 150 000 emplois, un nombre sans précédent, dans le cadre de l'initiative Emplois d'été Canada. Ce programme permet à des étudiants d'acquérir de l'expérience professionnelle et de gagner de l'argent, et il aide aussi des organismes et des entreprises à profiter du dynamisme et des idées nouvelles de ces jeunes pendant une période où on en a besoin pour soutenir les économies locales.
    Dans ma circonscription, Davenport, 113 organismes et petites entreprises ont reçu 1,9 million de dollars et ont pu ainsi créer près de 400 emplois. C'est six fois plus que lorsque j'ai été élue pour la première fois, il y a cinq ans.
    Je remercie les organismes et les entreprises de Davenport d'avoir offert d'excellents emplois. Je remercie plus particulièrement Roseneath Theatre, Blueberry X, Dawah Centre, West Toronto Community Legal Services, First Portuguese, Sistering, Pollinator Partnership et bien d'autres encore.
    J'encourage tous les étudiants de Davenport et de l'ensemble du pays à présenter une demande sur le site guichetemplois.gc.ca.

Le registre des armes à feu

    Monsieur le Président, les médias rapportent que la GRC a conservé des renseignements provenant du registre des armes d'épaule des libéraux que le Parlement avait ordonné de détruire, et cette révélation affaiblit encore plus le peu de confiance qu'ont les Canadiens envers le gouvernement. Nous savons maintenant pourquoi la GRC avait ciblé certaines maisons pour y récupérer des collections d'armes à feu lors des inondations survenues à High River, en Alberta: c'est parce qu'elle détenait une copie des renseignements du registre. La GRC n'était pas autorisée à conserver ces renseignements, mais elle a su exactement où chercher.
    C'est une véritable honte de ne pas pouvoir s'attendre à ce que le gouvernement et ses institutions nationales respectent les mêmes règles qu'ils imposent à la population canadienne. C'est trahir la confiance des Canadiens dans le principe d'égalité devant la loi.
    À la lumière de ces rapports, le premier ministre et le ministre de la Sécurité publique doivent garantir que la GRC détruira sa liste secrète et dira la vérité sur les autres renseignements personnels qu'elle conserve illégalement.

Les vaccins contre la COVID-19

    Monsieur le Président, il n'y a pas si longtemps, dans une galaxie pas si loin d'ici, une alliance rebelle formée de scientifiques et de chercheurs, ainsi que de quelques Jedi, j'en suis sûr, ont collaboré pour éradiquer la variole et la polio. Grâce à leur courage et au fait que tous les Padawans ont fait leur part en se faisant vacciner, un nouvel espoir a surgi et ces maladies sont maintenant en grande partie histoire ancienne.
    Malheureusement, l'an dernier, nous avons tous appris qu'un nouveau virus avait décidé de contre-attaquer et nous avons vraiment pu constater le côté sombre d'une pandémie mondiale. Heureusement, comme ce fut le cas la première fois, l'alliance n'a pas ménagé ses efforts, a trouvé de nouveaux vaccins et nous a aidés à tous nous éveiller au fait que les vaccins sont sûrs et efficaces.

[Français]

    J'encourage alors tout le monde, dans ma communauté de Vaudreuil—Soulanges, à se joindre à moi pour prendre un rendez-vous afin de recevoir leur vaccin le plus tôt possible.
    En attendant, continuons tous de suivre les directives de santé publique, ainsi, bien sûr, que les conseils d'un grand maître Jedi qui dirait « porter des masques, nous faisons; laver nos mains, nous devons; s'en sortir, nous y arriverons ».

[Traduction]

     Que la force soit avec vous, monsieur le Président.

[Français]

La Voie maritime du Saint-Laurent

    Monsieur le Président, la Voie maritime du Saint-Laurent est une richesse qui traverse la circonscription de Salaberry—Suroît.
    Lorsque la saison de navigation est lancée, les entraves à la circulation routière aux ponts Larocque et de Saint-Louis-de-Gonzague font partie du quotidien des citoyens et des gens d'affaires.
    Les automobilistes, les cyclistes et les plaisanciers méritent que la modernisation du site Web de la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent présente l'horaire précis de la levée des ponts afin de pouvoir bien prévoir leurs déplacements.
    C'est pourquoi j'ai marrainé la pétition e-3252, accessible en ligne jusqu'au 11 mai prochain. Elle a été lancée par Daniel Pinsonneault, de Coteau-du-Lac. J'invite les citoyens à se joindre à lui et aux 12 municipalités qui demandent aussi ces changements. La relation entre la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent et notre communauté est précieuse. Par la pétition, c'est une culture de la communication que l'on vise à renforcer.
    Je salue les gestionnaires de la Voie maritime qui ont récemment fait des améliorations à leur plateforme Web. C'est un pas dans la bonne direction, mais il est possible d'en faire plus. Je leur demande de s'engager dans cette voie.

  (1405)  

La Semaine de la santé mentale

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je souhaite souligner la Semaine nationale de la santé mentale, qui a pour thème cette année #ParlerPourVrai. Au Québec, près de 20 % de la population déclare souffrir d'une maladie mentale, et la moitié de ces maladies mentales se déclarent avant l'âge de 14 ans.
    Dans Hochelaga, plusieurs initiatives ont été lancées par des organismes communautaires et des écoles, mais aussi par des citoyens, pour briser l'isolement. Je pense au Centre d'entraide Le Pivot, une initiative citoyenne qui, chaque jour, aide les citoyens et les citoyennes de Mercier-Ouest à briser l'isolement tout en favorisant la réinsertion sociale.
     Je pense aussi à Hochelaga MON Quartier, un groupe privé de plus de 26 000 membres sur Facebook qui, durant toute la pandémie, a permis aux gens de rester en contact et de s'entraider chaque jour, malgré le confinement.
    J'aimerais dire ceci à tous les citoyens d'Hochelaga: si vous connaissez une personne qui traverse une période difficile, appelez-la ou envoyez-lui un message. Nous devons prendre soin les uns des autres, parce que c'est ensemble que nous allons briser l'isolement et la dépression.

[Traduction]

Habitat pour l'humanité

    Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour saluer le travail inspirant que fait l'organisme Habitat pour l'humanité. Je profite également de l'occasion pour féliciter Russ, Sharon et Krysten qui sont récemment devenus propriétaires d'une maison dans Haldimand-Norfolk. L'organisme Habitat pour l'humanité mobilise des bénévoles, des entreprises et des intervenants communautaires pour aider des familles dans le besoin à acquérir force, stabilité et autonomie en devenant propriétaires d'une maison à prix abordable. Dans notre région seulement, plus de 25 familles ont acquis une nouvelle maison grâce à cet organisme.
    Habitat pour l'humanité exploite également les magasins Habitat ReStore qui vendent à prix d'aubaine des meubles et des matériaux de construction excédentaires qui ont été donnés. Il s'agit du nec plus ultra en matière de recyclage. Où pourrait-on acheter à 52 $ un cabinet de toilette de 850 $ ou un fauteuil à oreilles à seulement 15 $?
     J'offre mes plus sincères remerciements aux bénévoles, aux donateurs, aux entreprises et au personnel qui s'emploient à ce que le rêve d'accession à la propriété devienne réalité, même en pleine pandémie.

La Semaine de la santé mentale

    Monsieur le Président, nous célébrons la Semaine de la santé mentale. Le thème de cette année « Parler pour vrai » nous rappelle l'importance d'exprimer nos sentiments, de nous doter des outils nécessaires, de verbaliser nos émotions et de comprendre notre santé mentale. Force est de reconnaître que la santé mentale des Canadiens a été mise à mal au cours de la dernière année. Pour les familles, les travailleurs essentiels et les professionnels de la santé d'un océan à l'autre, cette semaine offre une occasion importante de réfléchir à ce que l'on ressent et de prendre soin de sa santé mentale et de son bien-être.
    Pendant la Semaine de la santé mentale, comme en tout temps d'ailleurs, on devrait pouvoir nommer, exprimer et gérer nos émotions sans préjugés. Aussi étrange que cela puisse parfois paraître, il est essentiel de pouvoir parler des hauts et des bas qu'on vit. Tout le monde devrait avoir des conversations sur la santé mentale avec des amis, des personnes de la famille et des voisins, particulièrement en cette période difficile.
    La Semaine de la santé mentale rappelle à chacun l'importance de prendre soin de soi, de s'appuyer mutuellement, d'agir au besoin et de faire appel aux réseaux qui offrent des ressources, comme le portail Espace mieux-être Canada et Jeunesse, J'écoute. Pourquoi me direz-vous? Parce qu'une société saine soutient la santé mentale de l'ensemble de sa population. Dans le présent cas, il s'agit des Canadiens.

Le projet de loi C-10

    Monsieur le Président, les artistes ont été touchés durement par la pandémie, pourtant, nous en avons besoin plus que jamais. Leurs histoires et leurs chansons nous aident à traverser la pandémie de COVID-19. L'aide aux artistes et aux créateurs se trouve au cœur du projet de loi C-10, qui fait en sorte que les géants du Web contribuent à nos industries de la création ainsi qu'à nos histoires, à notre musique et à nos emplois d'un océan à l'autre. J'espère que les conservateurs mettront un terme à leur obstruction afin de nous permettre de faire progresser le projet de loi C-10, ainsi que le travail urgent que nous devons faire pour nos artistes.
    J'ai été ravie que la Canadian Independent Music Association, la SOCAN, l'IATSE, Unifor et d'autres manifestent leur appui pour que nous continuions notre étude article par article afin qu'il soit plus facile de découvrir les émissions et la musique canadiennes et pour faire en sorte que les géants du Web contribuent financièrement à l'industrie canadienne. Mettons-nous au travail pour nos artistes.

  (1410)  

Un héros de l'Aviation royale canadienne

    Monsieur le Président, Clarence (C.B.) Lang, un jeune fermier de la région, a obtenu son premier emploi à la scierie Huscroft, à Creston, en Colombie-Britannique. C'est lors d'un vol fortuit avec Ken Huscroft, un instructeur de vol ayant appartenu à l'Aviation royale canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale et propriétaire de la scierie, que M. Lang s'est découvert une passion pour l'aviation et a rejoint les rangs de l'Aviation royale canadienne l'année suivante.
    Clarence a été choisi pour voler dans le sillage du commandant avec les Golden Hawks, une position difficile dans la formation. En 1966, il est nommé chef d'escadron des Paladins du Centenaire, équipe de voltige créée à l'occasion du 100e  anniversaire du Canada. Seule patrouille d'acrobaties aériennes à atterrir et à décoller en formation et considérée comme la meilleure au monde, elle a donné plus de 100 spectacles. En fait, le commandant des Thunderbirds américains a déclaré qu'il s'agissait de la plus belle démonstration de vol de précision qu'il ait jamais vue.
    Le colonel Clarence Lang a pris sa retraite à Creston. Le fils de M. Huscroft, Johnny, a acheté un avion Tutor des Paladins Centanaires et travaille actuellement à la construction d'un socle pour l'avion emblématique, près de Creston, qu'il aimerait avoir terminé cet été, dans l'espoir de voir un jour les Snowbirds le survoler.
    Aujourd'hui, j'aimerais rendre hommage à Johnny Huscroft, à son équipe et à l'important travail accompli pour préserver l'héritage de ce héros, Clarence (C.B.) Lang.

Les Canadiens d'origine polonaise et lithuanienne

    Monsieur le Président, hier, j'ai eu l'occasion exceptionnelle de m'entretenir à distance avec des personnes d'origine polonaise et lithuanienne qui vivent au Canada pour célébrer le 230e anniversaire de l'une des plus anciennes constitutions du monde. C'était une occasion importante pour le million et plus de personnes d'origine polonaise et lithuanienne qui vivent au Canada. La Pologne a aussi célébré sa fête nationale en soulignant l'anniversaire de sa Constitution, adoptée le 3 mai 1791.
    Les Canadiens d'origine polonaise et lithuanienne contribuent encore aujourd'hui à la vigueur et au dynamisme de la société canadienne. Ils ont apporté une contribution remarquable aux entreprises et aux services locaux ainsi qu'au tissu culturel du pays. C'est vraiment un honneur pour moi de représenter l'une des plus grandes communautés polonaises du pays.
    La dernière année a été très difficile. Je profite de l'occasion pour remercier tous les Canadiens d'origine polonaise et lithuanienne qui ont fourni des services essentiels en tant que travailleurs de première ligne. Je les félicite de leurs efforts courageux pour lutter contre la COVID-19. Je suis fier de leur offrir mes plus sincères remerciements.

La journée internationale des pompiers

    Monsieur le Président, le 4 mai est la journée internationale des pompiers.
    À la suite de la mort tragique de cinq pompiers en Australie en 1998, cette journée sert à commémorer ceux qui sont morts dans l'exercice de leurs fonctions et à montrer notre soutien et notre appréciation à l'égard des pompiers qui travaillent dans des conditions inimaginables afin de protéger la population.
    En tant qu'ancien pompier, je connais bien l'engagement et le professionnalisme dont tous les pompiers font preuve à l'égard des collectivités qu'ils protègent. Ils poursuivent une fière tradition, une vocation, qui se transmet souvent d'une génération à l'autre. Ce fut d'ailleurs mon cas par rapport à mon oncle, Peter Hayes, qui fut pompier pendant 35 ans pour les services d'incendie de York puis de Toronto. Cette vocation vient toutefois avec son lot de grands sacrifices, de maladies professionnelles, de problèmes de santé mentale, de familles brisées, de décès en service et j'en passe, mais si je demande à n'importe quel pompier s'il aimerait mieux travailler dans un autre domaine, il répondra « non ».
    À mes anciens collègues de l'Association internationale des pompiers, à Markham, aux pompiers de Barrie et d'Innisfill ainsi qu'à tous les pompiers du Canada, je souhaite une heureuse journée internationale des pompiers. Restez en sécurité et restez en santé.

Le prix John McCain pour le leadership dans la fonction publique

    Monsieur le Président, le Forum d'Halifax sur la sécurité internationale a annoncé la gagnante du prix John McCain pour le leadership dans la fonction publique de 2020, soit Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan.
    Même si le gouvernement le pressait de ne pas lui décerner le prix, le Forum d'Halifax sur la sécurité internationale a décidé de prendre position et de défendre les droits de la personne, la démocratie et la primauté du droit. La présidente Tsai Ing-wen est une véritable leader, qui tient tête à l'attitude belliqueuse des dirigeants communistes chinois de Pékin et qui dénonce leurs violations des droits de la personne et du droit international. Elle est une championne infatigable de l'ordre international fondé sur des règles.
    Je félicite derechef la présidente Tsai Ing-wen d'avoir reçu le prix John McCain pour le leadership dans la fonction publique.

Big Brother Canada

    Monsieur le Président, les événements culturels sont au cœur de la vie dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique, qu'il s'agisse du tournoi de basketball All-Native à Prince Rupert ou du festival hobiyee dans la vallée de la Nass. L'annulation de ces événements en raison de la pandémie a été difficile pour les gens, mais, maintenant, ils ont trouvé une raison de se réunir en ligne, car Kiefer Collison, la voix de la station CFNR et du tournoi de basketball All-Native, s'est rendu à la semaine finale de l'émission de téléréalité Big Brother Canada.
    Fier membre de la nation haïda, Kiefer est né et a grandi à Old Masset. Son large sourire, sa coiffure distinctive et sa générosité reflètent le meilleur du Nord-Ouest. Sa participation à Big Brother Canada montre au Canada la véritable nature des Autochtones, dissipe les stéréotypes et rassemble les gens. Ici, chez nous, les vitrines des magasins sont décorées et des personnes de tout âge portent des t-shirts où il est inscrit « Kief It Real », pour l'encourager.
    Comme beaucoup se trouvent dépassés et stressés par la pandémie, il vaut la peine de goûter les petites joies. Je souhaite la meilleure des chances à Kiefer et, comme il a l'habitude de dire, « Amour, paix et huile d'eulachon ».

  (1415)  

[Français]

Le Café Parenthèse

    Monsieur le Président, en cette semaine de la santé mentale, il est important de se rappeler que la pandémie affecte tout particulièrement les personnes en situation de vulnérabilité.
    C'est donc avec un grand bonheur que nous accueillons un nouveau projet dans Rivière-des-Mille-Îles, le café Parenthèse. L'objectif du projet est d'offrir un milieu de vie non restrictif, accueillant et sécuritaire où la personne en situation de désorganisation sociale ou de détresse émotionnelle peut bénéficier des services d'intervenants et ainsi briser son isolement.
    Le projet offre une véritable parenthèse et un endroit accessible et dénué de jugements permettant aux individus isolés de cheminer à leur rythme. Nous avons besoin plus que jamais d'initiatives comme le café Parenthèse, afin d'aider les personnes marginalisées à retrouver une qualité de vie.
    Je dis un grand merci aux deux organismes porteurs du projet, soit l'Atelier ensemble on se tient et l'Écluse des Laurentides, et un bonjour particulier à Mme Priscillia Laplante.

[Traduction]

Le projet de loi C-10

    Monsieur le Président, dans une démocratie, il revient au gouvernement de défendre la liberté d'expression des citoyens, mais le gouvernement libéral fait précisément le contraire. Les libéraux ont modifié leur propre mesure législative en retirant du projet de loi C-10 le seul article qui protégeait le contenu que les Canadiens publient sur leurs pages des médias sociaux. Je me demande bien pourquoi.
    Pour que le projet de loi C-10 puisse devenir une loi, il doit d'abord répondre à certains critères visant à s'assurer qu'il respecte la Charte canadienne des droits et libertés. En novembre, le ministre de la Justice a donné le feu vert au projet de loi C-10, soulignant au passage l'article 3, qui protégeait contre la censure le contenu que publient les Canadiens en ligne. Fait intéressant, c'est précisément l'article qui a été retiré du projet de loi.
    La semaine dernière, j'ai présenté au comité une motion qui permettait de protéger les droits des Canadiens. Les libéraux ont mis fin au débat. Certes, la liberté est un sujet compliqué, mais l'alternative est écrasante et tout simplement destructrice. Le respect de la Charte ne devrait pas relever de la partisanerie, mais c'est de plus en plus le cas. Les conservateurs défendront toujours la Charte canadienne des droits et libertés. J'inviterais les députés libéraux à faire de même.

[Français]

Jean-Claude Chartrand

    Monsieur le Président, l'Outaouais a récemment perdu un ambassadeur, le chef propriétaire du restaurant L'Orée du Bois à Chelsea, M. Jean-Claude Chartrand.
     Je tiens à exprimer mes condoléances à sa conjointe, Josée, et à leurs enfants, à qui j'ai parlé ce matin. Chef Jean-Claude, comme on l'appelle chez nous, marquera à jamais nos souvenirs, vu son véritable sens de l'hospitalité et le plaisir qu'il prenait à cuisiner des plats créatifs.
    Le public a su apprécier son sens de l'humour, et plus particulièrement son amour pour les produits locaux de l'Outaouais, lors de son passage, en 2016, à l'émission Le Combat des villes, à Radio-Canada, où il s'est rendu en finale.
    Pour plusieurs Québécoises et Québécois, moi y compris, c'est le chef Jean-Claude qui leur a donné le goût de cuisiner. C'est lui qui m'a fait prendre conscience de l'importance d'appuyer nos petits producteurs agricoles locaux.
    J'ai eu le privilège d'être son sous-chef lors de la Foire gourmande de l'Outaouais. Cela a été tout un honneur pour moi.
    En mon nom et au nom des citoyens de Pontiac, j'offre mes plus sincères condoléances aux proches du chef Jean-Claude Chartrand.

Questions orales

[Questions orales]

[Français]

La santé

     Monsieur le Président, la vaccination, le dépistage rapide et l'information précise sont trois outils pour lutter contre cette pandémie. Pendant des mois, on a dit aux Canadiens de se faire vacciner.
     L'Association des pharmaciens du Canada craint que la communication inexacte de ce gouvernement conduise à une réticence à la vaccination. Pourquoi recevons-nous chaque semaine des messages différents de ce gouvernement?

  (1420)  

    Monsieur le Président, nous sommes toujours en train de suivre la science, qui évolue, évidemment. Nous allons toujours insister sur le fait que les gens devraient se faire vacciner le plus rapidement possible. Santé Canada a approuvé tous les vaccins que nous utilisons au Canada et juge qu'ils sont sécuritaires et efficaces.
    Je continue d'encourager tout le monde à se faire vacciner, parce que c'est seulement en faisant vacciner la population entière, ou presque, que nous allons pouvoir laisser derrière nous cette pandémie de la COVID-19.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il y a trois outils dont nous avons besoin pour combattre une pandémie: des vaccins, des tests de dépistage rapide et de l'information. Le gouvernement a manqué à son devoir de fournir les trois, et le premier ministre sème à nouveau la confusion cette semaine.
    Pendant des mois, le gouvernement a dit aux Canadiens de se faire vacciner avec le premier vaccin disponible. Aujourd'hui, le premier ministre a refusé de réitérer ce conseil à 10 occasions différentes. Les Canadiens méritent que le gouvernement fasse preuve de clarté. Y a-t-il un type de vaccin privilégié?
    Monsieur le Président, il est extrêmement important que les Canadiens connaissent les faits. C'est pourquoi nous continuons à les informer des recommandations scientifiques et des recommandations des médecins. Je répète toutefois, comme je l'ai fait à plusieurs reprises ce matin et comme je le fais depuis des mois, que ce qui importe avant tout, c'est que les Canadiens se fassent vacciner avec le premier vaccin qui leur est offert. C'est ainsi que nous nous en sortirons.
    Tous les vaccins offerts au Canada ont été jugés sûrs et efficaces par Santé Canada. Nous devons tous nous faire vacciner pour nous sortir de cette pandémie.

La défense nationale

    Monsieur le Président, lors du procès de Mark Norman, on a appris que le général Vance entretenait des liens si étroits avec le Cabinet du premier ministre qu'il a dîné en compagnie de personnes haut placées, dont Katie Telford. Mark Norman n'aurait pu être accusé si ce n'avait été du témoignage du général Vance.
    Katie Telford a-t-elle gardé le silence sur les allégations visant le général Vance pour faire avancer les poursuites contre l'amiral Norman?
    Non, monsieur le Président.
    Monsieur le Président, cette histoire est intéressante parce que, en janvier 2019, lorsqu'on lui a posé des questions au sujet du procès de l'amiral Norman, le premier ministre a répondu qu'il communiquait régulièrement avec le général Vance. C'était un an après que la cheffe de cabinet du premier ministre eut été mise au courant des allégations d'inconduite sexuelle contre le général, et quatre mois avant que le premier ministre accorde à ce dernier une augmentation de traitement de 50 000 $.
    Le premier ministre était-il lui-même au courant des allégations visant le général Vance, ou est-il satisfait de l'opération de camouflage menée par sa cheffe de cabinet?
    Monsieur le Président, je répète que le gouvernement a toujours pris très au sérieux la responsabilité qui lui incombe de veiller à soutenir comme il se doit les survivants qui dénoncent des cas de harcèlement ou d'agression sexuelle. Cependant, au fil de nombreuses années, on a pu constater que les processus en place ne suffisaient pas.
    Nous avons fait des investissements considérables dans ces processus et nous les avons bonifiés, mais il reste du travail à faire. Le gouvernement s'emploie à améliorer la situation. Nous avons nommé la juge Arbour et la lieutenante-générale Carignan pour nous assurer de soutenir toutes les personnes qui formulent des allégations d'inconduite sexuelle.
    Monsieur le Président, une survivante s'est en fait manifestée il y a trois ans, mais il semble que cette dénonciation ait été une entrave aux poursuites contre Mark Norman. Le témoignage du général Vance a été crucial dans cette affaire. Comme l'ont révélé des documents, les avocats du Bureau du Conseil privé, le ministère du premier ministre, ont dit qu'ils devaient « manipuler les enjeux » dans le procès de M. Norman. Qui orchestrait cette manipulation? C'étaient le Bureau du Conseil privé et Mme Telford, la cheffe de cabinet du premier ministre.
    Par conséquent, je vais poser la même question au premier ministre: sa cheffe de cabinet a-t-elle gardé le silence sur les allégations visant l'ancien chef d'état-major de la Défense pour faire avancer les poursuites contre M. Norman?
    Monsieur le Président, il est étonnant de voir comment le chef de l’opposition officielle se livre à des acrobaties pour tenter d'échafauder une espèce de théorie du complot.
    La réalité, c'est que depuis le début nous travaillons à bonifier l'aide aux survivants d'agression sexuelle et nous veillons à renforcer les processus. Il reste du travail à faire, mais le gouvernement et le bureau ont toujours pris la situation au sérieux. Les femmes et les hommes qui servent dans les forces armées ou qui travaillent ailleurs au Canada méritent tous d'être appuyés s'ils expriment des préoccupations et font des allégations.

  (1425)  

[Français]

L'Agence du revenu du Canada

    Monsieur le Président, il y aurait près de 1 million de personnes d'un bout à l'autre du Canada qui auraient été l'objet d'un vol d'identité.
    Un million de personnes vont se faire réclamer de payer des impôts sur des sommes qu'elles n'ont pas reçues. Ce sont des victimes de fraude. Le gouvernement leur dit de payer les impôts, et on verra après. On ne sait pas combien d'argent cela représente, ni globalement ni par province, ni pour le Québec.
    Comment le premier ministre justifie-t-il que des victimes de fraude paient l'impôt pour le fraudeur au lieu de se faire soutenir par l'État?
    Monsieur le Président, c'est tout à fait faux.
    La priorité, avec la PCU, a toujours été de venir rapidement en aide aux Canadiens, au moment où ils en avaient besoin. C'est exactement ce que nous avons fait avec la PCU.
    Nous savons que des Canadiens ont été victimes de fraude. Les ministères travaillent en étroite collaboration avec le Centre antifraude du Canada pour veiller à résoudre ces problèmes. Nous allons continuer de travailler ensemble.
    Je peux souligner que les victimes de fraude ne seront pas tenues responsables des sommes versées aux personnes qui ont volé leur identité. Nous sommes là pour appuyer les Canadiens dans ces moments difficiles.
    Monsieur le Président, le premier ministre vient de dire précisément le contraire de ce qu'il fait.
    Il dit que les victimes ne seront pas tenues responsables des sommes perçues par les fraudeurs. Or, on leur demande de payer les impôts pour les sommes perçues par les fraudeurs. C'est complètement le contraire de ce que le premier ministre vient de dire.
    De plus, nous avons proposé de donner au moins le même mois que le Québec a donné au monde pour se virer de bord, de donner ce mois pour les fonctionnaires qui vont en avoir bien besoin. Si on y va par proportion, il faudrait donner au moins six mois à la ministre pour qu'elle comprenne son dossier.
    Le premier ministre peut-il renoncer à percevoir les impôts sur des sommes que les gens n'ont pas touchées?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, les ministères travaillent en étroite collaboration avec le Centre antifraude du Canada pour veiller à résoudre ces problèmes.
    Nous allons toujours être là pour appuyer les victimes de fraude dans ce pays. Nous avons également fait en sorte de fournir à EDSC et à l'ARC les ressources nécessaires pour accroître leurs capacités de détecter les cas de fraude, de mener des enquêtes et de les régler.
    Nous serons là pour aider les Canadiens qui ont été victimes de fraude.

La défense nationale

    Monsieur le Président, on était dans la même situation en 2015 en ce qui concerne l'inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes.
    Mme la juge Deschamps a écrit un rapport qui soulève des inquiétudes. Elle a dit clairement qu'il est complètement insuffisant de répéter le mantra de la tolérance zéro sans agir pour protéger les femmes.
    Qu'a fait le gouvernement libéral?
    Il a encore répété ce mantra sans prendre de mesures concrètes pour protéger les femmes dans les Forces canadiennes.
    Pourquoi le premier ministre refuse-t-il de mettre en oeuvre les recommandations du rapport Deschamps?
    Monsieur le Président, depuis 2015, nous avons pris des mesures concrètes tant dans les forces armées qu'au sein de notre gouvernement pour appuyer les victimes survivantes de violence sexuelle.
    Nous avons écouté les survivantes. Nous avons renforcé nos lois contre la violence conjugale. Nous avons réalisé des investissements pour prévenir et pour combattre la violence fondée sur le sexe. En juin 2017, nous avons annoncé la toute première stratégie fédérale visant à prévenir la violence fondée sur le sexe et avons investi 200 millions de dollars. Nous avons établi un plan d'action national qui a été annoncé en janvier 2021.
    Nous allons continuer de travailler pour appuyer tout le monde, d'un bout à l'autre du pays.

[Traduction]

    Monsieur le Président, à l'heure actuelle, c'est un message glaçant qui est envoyé aux femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes. En effet, si elles déposent une plainte et qu'elle est transmise à la plus haute instance de ce pays, elles seront ignorées et rien ne sera fait. Au lieu de régler le problème, le gouvernement libéral veut mettre en place une autre enquête, alors qu'il a fait fi de l'enquête de 2015 et n'a mis en œuvre aucune des recommandations qui en avaient découlé. Les conservateurs, quant à eux, jouent à savoir qui est le pire.
    Je vais mettre tout le monde d'accord. Ni les conservateurs ni les libéraux n'ont protégé les femmes qui servent dans les Forces armées canadiennes.
    Que va faire le premier ministre concrètement pour protéger les femmes dans les Forces armées canadiennes?
    Monsieur le Président, la semaine dernière, en plus de nommer la juge Arbour pour procéder à des réformes durables, nous avons nommé la lieutenante-générale Jennie Carignan à la tête d'une unité spécialement chargée d'entendre, de recevoir et de soutenir toute personne qui veut porter des accusations d'écarts de conduite inacceptables, de harcèlement ou d'agression.
    Au cours de toutes ces années, nous avons continué à investir dans la lutte contre la violence sexiste, la misogynie, la violence familiale et à soutenir les survivantes. Nous continuerons à le faire. Il y a encore beaucoup de travail à faire.

  (1430)  

[Français]

    Monsieur le Président, la cheffe de cabinet du premier ministre est censée être le bras droit du premier ministre, la personne qui travaille en coulisses pour que tout fonctionne. C'est elle qui est à la barre du navire pendant qu'il y a une tempête. Cette personne travaille en étroite collaboration avec le premier ministre.
    L'ombudsman a confirmé que la cheffe de cabinet, Mme Telford, était au courant des allégations contre M. Vance.
    Ou bien le premier ministre le savait, ou bien il n'y a aucune communication au sein de ce bureau.
    Laquelle des deux versions est vraie?

[Traduction]

    Monsieur le Président, quels que soient leur rang ou leur sexe, les membres des Forces armées canadiennes font d'énormes sacrifices pour protéger les Canadiens et ont le droit indéniable d'exercer leurs fonctions en toute sécurité. Il est clair que nous n'avons pas été à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre de protéger les membres d'inconduite. Nous allons faire mieux.
    Voilà pourquoi nous avons annoncé que Louise Arbour dirigera un examen externe complet et indépendant. De plus, nous avons nommé la lieutenante-générale Jennie Carignan en tant que cheffe, Conduite professionnelle et culture. Il s'agit là d'un premier pas. D'autres suivront.

[Français]

    Monsieur le Président, les Forces armées canadiennes sont un chef de file mondial en ce qui concerne la proportion de femmes en service. Le Parti libéral prétend être le parti du féminisme et de la diversité, mais il continue de balayer les scandales sous le tapis pour protéger son boys' club.
    Le ministre de la Défense nationale a négligé la protection de nos femmes en service. C'est l'omerta, dans ce gouvernement. Personne ne se parle.
    Est-ce que le premier ministre va continuer longtemps d'essayer de nous faire croire qu'il n'était pas au courant?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je serai très clair. Lorsque M. Walbourne a soulevé ces préoccupations d'inconduite impliquant l'ancien chef d'état-major de la Défense, il n'a pas donné de détail.
    Qui avait les détails? Le chef de l’opposition. En 2015, il a entendu des rumeurs concernant le général Vance et les a considérées comme étant si graves qu'il les a soulevées auprès de l'ancien chef de cabinet du premier ministre de l'époque. Peut-être le chef de l'opposition voudrait-il donner plus de détails sur ce qu'il savait en 2015 et expliquer pourquoi les conservateurs ont tout de même nommé le général Vance chef d'état-major de la Défense?
    Monsieur le Président, il ne s'agissait pas que de rumeurs; le ministre avait en main des preuves, mais il n'a rien fait. Le ministre de la Défense a été personnellement informé par l'ancien ombudsman militaire des allégations d'inconduite sexuelle concernant le général Vance, mais le ministre insiste pour dire qu'il ne savait pas qu'il s'agissait d'inconduites de nature sexuelle.
    Le conseiller principal du premier ministre, Elder Marques, savait qu'il était question de harcèlement sexuel, tout comme le Bureau du Conseil privé du premier ministre. Ils ont produit des notes d'information et des courriels qui montrent sans l'ombre d'un doute qu'on parlait de harcèlement sexuel.
    Comment le ministre de la Défense peut-il s'attendre à ce que nous croyions qu'il n'a jamais informé le premier ministre que le plus haut gradé au pays était accusé d'inconduite sexuelle?
    Monsieur le Président, je veux que ce soit bien clair. Comme je l'ai dit devant le comité, je ne connaissais pas la nature ni les détails de l'affaire. L'ancien ombudsman a parlé d'inconduites de la part de l'ex-chef d'état-major, mais il n'a donné aucun détail.
    Qui connaissait les détails? Le chef de l'opposition les connaissait. N'oublions pas que le député d'en face était secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale au moment où il y avait une enquête concernant le général Vance. Son parti l'avait tout de même nommé.
    Peut-être que le député d'en face souhaiterait préciser ce qu'il savait lorsqu'il était secrétaire parlementaire et que la nomination a été faite, pendant que l'enquête en question se déroulait.
    Monsieur le Président, le ministre de la Défense souhaitera peut-être élaborer de meilleures notes d'allocution.
    Quand il a comparu devant le comité de la défense, l'ancien ombudsman, Gary Walbourne, a affirmé avoir dit au ministre actuel, en personne, que les allégations à l'endroit du général Vance portaient sur un comportement sexuel inapproprié, ce que le ministre continue de nier. Gary Walbourne vient tout juste de publier sur Twitter qu'il est prêt à se soumettre à un détecteur de mensonges pour prouver qu'il dit la vérité.
    Le ministre de la Défense relèvera-t-il le défi et acceptera-t-il de se soumettre, lui aussi, à un détecteur de mensonges aux côtés de Gary Walbourne, pour que nous sachions une fois pour toutes qui dit vrai?
    Monsieur le Président, j'ai répété cette réponse à de multiples reprises. Comme je l'ai dit, il n'a pas mentionné la nature ni les détails de l'affaire. L'une des choses que nous avons faites, c'est de voir à poser des gestes concrets pour soutenir les femmes. Nous savons qu'il reste du travail à faire.
    Pendant que l'opposition officielle et le député d'en face s'adonnent à de petits jeux politiques, nous allons rester concentrés sur le travail à accomplir et créer un milieu de travail libre de harcèlement, comme nous sommes résolus à le faire.
     Le député d'en face pourrait peut-être dire à la Chambre ce qu'il savait à l'époque où il était secrétaire parlementaire et qu'une enquête officielle était en cours, et comment le général Vance a tout de même été nommé chef d'état-major de la Défense.

  (1435)  

    Monsieur le Président, dimanche, le ministre de la Défense nationale a affirmé que la nature de la plainte était « sans importance ». Eh bien, je regrette, mais quand le principal intéressé est le responsable de l'opération Honour, la nature de la plainte est importante. Quand ce même individu nomme un chef des ressources humaines qui est visé par tellement d'allégations d'inconduite sexuelle qu'on le surnomme « M. Deuxième Chance », la nature de la plainte est importante. Quand on est une femme qui sert son pays, la nature de la plainte est importante.
    L'homme qui occupe les fonctions de ministre de la Défense nationale pourrait-il m'expliquer pourquoi il estime que la nature de la plainte est sans importance?
    Monsieur le Président, je tiens à signaler que ces propos ont été cités hors contexte. Ce que j'ai dit, c'est que les protocoles en vigueur ont été suivis dès que les allégations ont été soulevées, tout en précisant qu'à partir du moment où des allégations visent le chef d'état-major de la Défense, elles doivent toujours être prises au sérieux, quelle qu'en soit la nature — et c'est exactement ce que nous avons fait.
    Nous savons qu'il nous reste du chemin à faire, mais nous avons l'intention de faire ce qu'il y a à faire pour que les Forces armées canadiennes soient un milieu de travail exempt de tout harcèlement.
    Monsieur le Président, le premier ministre ne peut rejeter la responsabilité de cet échec total ailleurs. Il continue de prétendre n'avoir rien su de ces allégations. Or, le ministre de la Défense nationale, l'ombudsman de la défense, sa cheffe de cabinet, Elder Marques et l'ancien greffier du Conseil privé étaient tous au courant.
    Comment le premier ministre peut-il prétendre que toutes ces personnes connaissaient les détails de l'allégation, mais qu'il a été laissé dans l'ignorance?
    Monsieur le Président, le gouvernement n'a absolument aucune tolérance pour l'inconduite. Nous avons suivi le processus, le même que celui suivi par le gouvernement précédent.
    L'actuel chef de l’opposition a été informé des rumeurs d'inconduite en 2015. Il a jugé la situation assez sérieuse pour demander à son personnel d'informer le chef de cabinet du premier ministre, qui a soumis le cas au greffier du Conseil privé pour qu'il fasse enquête. Autrement dit, le processus a été identique.
    Comment le chef de l’opposition peut-il sérieusement demander à son parti de décrier un processus en tous points identique?

[Français]

    Monsieur le Président, en 2018, l'ombudsman de la Défense nationale a présenté au ministre de la Défense nationale un dossier d'allégations d'inconduite sexuelle concernant le chef d'état-major de l'armée canadienne.
    Qu'a fait le ministre depuis? Premièrement, il a refusé d'écouter l'ombudsman en disant qu'il n’avait pas l'intention de s'en mêler. Deuxièmement, il nous a dit qu'il n’en avait parlé à personne, c'est-à-dire qu'il a caché ces allégations. Troisièmement, il a augmenté le salaire maximal du général de 50 000 $ par année. Quatrièmement, lorsque les allégations se sont avérées fondées, il a prétendu que personne n'avait essayé de le mettre au courant.
    Ce ministre a-t-il encore de la crédibilité?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je rejette totalement l'affirmation du député d'en face. Comme je l'ai dit, nous n'avons eu aucune précision lorsque l'information nous a été transmise. Nous avons néanmoins donné des directives à l'ombudsman, qui les a suivies dès le lendemain. Nous avons suivi le processus. Les survivantes n'ont pas obtenu justice, mais, dans ce cas-ci, aucun politicien ne devrait se mêler à une enquête, quelle qu'en soit la nature. Nous avons encore du travail à faire, mais nous y arriverons.

[Français]

    Monsieur le Président, tout cela est laborieux. En réaction au scandale, le ministre de la Défense nationale a mandaté l'ex-juge Louise Arbour pour faire enquête. Le mandat qu'il lui a confié est essentiellement d'examiner les recommandations découlant d'une autre enquête, celle d'une autre ex-juge, Marie Deschamps, dont le rapport a été déposé et tabletté il y a six ans.
    Le ministre de la Défense nationale demande donc des recommandations au sujet d'autres recommandations, tablettées depuis six ans et qui deviennent soudainement importantes maintenant qu'il a des problèmes. Tant que c'est le ministre de la Défense nationale qui est responsable de faire appliquer les recommandations, les victimes peuvent-elles vraiment avoir confiance?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous savons que nous avons encore beaucoup à faire pour créer un environnement inclusif pour tous dans les Forces armées canadiennes. Ce qui a été accompli grâce au Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle n'a manifestement pas été assez loin. Nous voulons aller plus loin; nous devons être plus audacieux. C'est exactement ce que nous ferons grâce au travail de Mme Arbour et de la lieutenante-générale Carignan.

  (1440)  

La santé

    Monsieur le Président, lors d'une conférence de presse aujourd'hui, l'administratrice en chef de la santé publique du Canada a déclaré que d'autres recommandations seraient formulées concernant les secondes doses pour les personnes ayant reçu une dose d'AstraZeneca.
    Recommandera-t-on aux Canadiens qui ont reçu une dose d'AstraZeneca de recevoir une ou plusieurs doses du vaccin Pfizer ou du vaccin Moderna pour être totalement protégés?
    Monsieur le Président, je sais que la députée d'en face a du mal à le comprendre, mais il s'agit d'une toute nouvelle pandémie, d'un tout nouveau virus, et les connaissances scientifiques continuent certainement d'évoluer et de nous fournir des conseils et des données probantes quant à la meilleure façon de protéger les Canadiens.
    Il est important que les Canadiens acceptent le premier vaccin qui leur est proposé. Tous les vaccins utilisés au Canada ont été approuvés et ils sont sûrs et efficaces. Nous pouvons faire partie de la solution. Nous pouvons protéger des vies et arrêter la propagation.
    Monsieur le Président, quand la ministre me traite avec condescendance, elle traite avec condescendance tous les Canadiens qui se posent la même question que moi.
    L'idée de prendre des doses de vaccins différents sèmera la confusion dans l'esprit de certains Canadiens. C'est une idée que l'administratrice en chef de la santé publique a elle-même lancée ce matin.
    Je pose donc ma question à la ministre une fois de plus. Les Canadiens qui ont déjà reçu une dose du vaccin AstraZeneca doivent-ils attendre de recevoir une autre dose d'AstraZeneca quel que soit le temps d'attente, ou la ministre de la Santé s'attend-elle à ce qu'on leur dise qu'ils peuvent, ou qu'ils devraient, recevoir une dose ou plus du vaccin de Pfizer ou de Moderna pour être complètement immunisés?
    Monsieur le Président, je tiens tout d'abord à garantir aux Canadiens que tous les vaccins approuvés au Canada sont sécuritaires et efficaces. En fait, j'étais moi-même ravie de recevoir ma première dose du vaccin AstraZeneca il y a un peu plus d'une semaine. J'encourage vraiment mes amis, ma famille et tous les gens de ma communauté à accepter le premier vaccin qui leur est offert.
    Nous savons que les vaccins sauvent des vies et qu'ils réduisent la propagation du virus. La ligne d'arrivée est en vue, ici et partout dans le monde. La vaccination est importante. Nous continuerons de suivre l'évolution de la science et de transmettre aux Canadiens les meilleures connaissances scientifiques disponibles.

[Français]

     Monsieur le Président, le déploiement des vaccins au Canada est un exemple parfait du manque de leadership du premier ministre. Il se vantait d'avoir le meilleur portefeuille de vaccins au monde, mais ça n'a jamais été le cas.
    Hier, le Comité consultatif national de l'immunisation a confirmé que les Canadiens devraient attendre l'un des deux vaccins privilégiés, s'ils le peuvent. Les deux messages que reçoivent les Canadiens sont de se faire vacciner et d'attendre pour se faire vacciner.
     Pendant ce temps, le premier ministre se traîne les pieds. Quand va-t-il exercer le leadership attendu et donner l'heure juste aux Canadiens?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement a été très clair: tous les vaccins homologués au Canada sont sûrs et efficaces, tant pour endiguer la propagation de la COVID-19 que pour sauver des vies.
    Il est très malheureux que le député d'en face tente de semer la peur chez les Canadiens. J'encourage les Canadiens qui ont des questions au sujet de la vaccination à parler à un professionnel de la santé, à un pharmacien ou aux vaccinateurs des quatre coins du pays, qui sont extrêmement prudents et qui travaillent très rapidement. En réalité, 14 millions de Canadiens ont reçu leur première dose.
     La vaccination est la solution, et je suis ravie et honorée d'être vaccinée.

[Français]

    Monsieur le Président, je rappellerais à la ministre que je ne fais pas peur aux Canadiens, mais que nous écoutons les scientifiques, qui nous disent autre chose que ce que la ministre nous dit.
    J'ai une autre question. Des millions de masques commandés par Ottawa pour la pandémie n'ont pas été livrés en raison d'un problème de qualité du produit. Cependant, un paiement de 80 millions de dollars a été fait à la compagnie Tango Communications Marketing, de Montréal, pour cette commande.
    Maintenant, les contribuables sont tenus d'assumer ces 80 millions de dollars pour des masques qui ne respectent pas les normes canadiennes. Le premier ministre croit peut-être que l'argent pousse sur les arbres, mais ce n'est pas le cas. La ministre peut-elle nous dire quand elle va récupérer ces 80 millions de dollars?

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est dans l'intérêt des contribuables que nous avons résilié le contrat dont le député a parlé dans sa question et que nous entreprendrons des recours judiciaires.
    Nous défendons les contribuables canadiens et nous ne paierons pas pour des masques défectueux. C'est pourquoi nous avons résilié le contrat et nous cherchons d'autres solutions.

[Français]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, encore une fois les libéraux ont plié devant un géant du Web et, encore une fois, c'est Netflix. En lisant le budget, on s'est rendu compte que Netflix n'aurait pas à payer la fameuse taxe sur les services numériques de 3 %. On pensait que c'était une erreur ou une autre gaffe. On a alors posé la question à la ministre des Finances et non, les libéraux l'ont fait exprès. C'est volontaire.
    En 2020, Netflix a généré 25 milliards de dollars de revenus. Cette entreprise ne paie donc pas un sou d'impôt chez nous. Pour les libéraux, c'est correct que cela reste comme ça. La ministre va-t-elle infirmer la décision et avoir le courage de faire ce qui est juste? Ce n'est pas compliqué.

[Traduction]

     « Fais-le, ou ne le fais pas, mais il n'y a pas d'essai. »

  (1445)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Je veux souligner qu'il n'y a pas d'exception spécifique pour Netflix ni pour aucune autre entreprise numérique. En effet, le 1er juillet, nous imposerons, pour la première fois de l'histoire du Canada, la TPS et la TVH aux fournisseurs de services numériques comme Netflix. Cette disposition est incluse dans la Loi no1 d'exécution du budget de 2021 et devrait recueillir 1,2 milliard de dollars sur 5 ans.

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, des millions de Canadiens ont perdu leur emploi pendant la pandémie et, avec lui, leur régime de soins dentaires. Des millions d'autres n'en ont jamais eu. Les gens se retrouvent aux urgences avec des douleurs et de graves complications qui auraient pu être évitées s'ils avaient reçu des soins dentaires de base.
    Aujourd'hui, la Chambre débat de mon plan qui vise à créer un régime de soins dentaires pour les personnes dont le revenu familial est inférieur à 90 000 $. Près de 7 millions de personnes en bénéficieraient, dont 50 % des aînés de plus de 60 ans, plus de 30 % des jeunes adultes et 50 % des habitants de Terre-Neuve-et-Labrador.
     La ministre appuiera-t-elle la prestation de soins dentaires aux Canadiens qui en ont le plus besoin?
    Monsieur le Président, je conviens que les soins dentaires doivent être équitablement accessibles aux Canadiens de partout au pays. J'ai hâte de discuter avec les provinces et les territoires de la façon dont nous pouvons collaborer pour améliorer le système de santé.
    Comme le député d'en face le sait, j'encourage le comité de la santé, s'il estime que c'est un sujet d'intérêt, à se pencher sur la question des soins dentaires et sur la façon dont les Canadiens pourraient avoir accès à de meilleurs soins dentaires dans l'ensemble du pays.

Les aînés

    Monsieur le Président, je suis fier de faire partie du gouvernement libéral, car il reconnaît la valeur de l'apport des aînés au Canada et au sein de nos communautés, comme dans Alfred-Pellan. Il est primordial de veiller à la santé et à la sécurité de nos aînés, surtout en cette période critique de la pandémie où nous devons vaincre la COVID-19.
    La ministre des Aînés peut-elle faire un bilan de nos engagements prévus dans le budget de 2021 pour protéger et soutenir les aînés?
    Monsieur le Président, je veux remercier mon collègue de son leadership au sein du caucus libéral pour les aînés.
    Le budget de 2021 reconnaît que les besoins des aînés augmentent au fur et à mesure qu'ils vieillissent. Au mois d'août, nous allons verser un montant ponctuel de 500 $ aux aînés qui auront 75 ans et plus en juin 2022. De plus, nous honorerons notre promesse d'augmenter la Sécurité de la vieillesse de 10 % pour ceux qui auront 75 ans et plus en juillet 2022. Nous investirons 3 milliards de dollars dans les soins de longue durée et 90 millions de dollars sur trois ans pour lancer notre initiative pour vieillir dans la dignité à la maison.
     Le gouvernement sera toujours là pour aider nos aînés.

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, par 10 fois, le ministre du Patrimoine a crié aux fausses nouvelles quand il s'est fait poser des questions sur le projet de loi C-10. Ceux qui ont osé critiquer la tentative des libéraux de bafouer la liberté d'expression des Canadiens ont été qualifiés d'extrémistes. Hier, le ministre est tombé encore plus bas, puisqu'il s'en est pris à mes convictions et à mes valeurs personnelles simplement parce qu'il n'aimait guère que je lui pose les questions importantes que les Canadiens ont pour lui.
    Le gouvernement cherche-t-il à protéger la liberté d'expression uniquement quand les gens disent ce qu'il veut entendre?
    Monsieur le Président, les artistes font partie des Canadiens les plus durement touchés par la pandémie. Ils souffrent mentalement et financièrement. En promettant de forcer les géants du Web à investir dans les histoires et la musique canadiennes, le projet de loi C-10 permet aux artistes d'espérer que les choses vont bientôt s'améliorer.
    Les conservateurs bloquent le projet de loi C-10 et prennent le parti des géants du Web contre les artistes canadiens, qui sont privés de centaines de millions de dollars. Pourquoi le Parti conservateur se range-t-il du côté de Google, l'une des entreprises les plus riches de la planète, et non du côté des musiciens et des artistes d'ici?
    Monsieur le Président, voilà une réponse qui n'en était pas une. Pour qu'un projet de loi comme le projet de loi C-10 devienne loi, il doit franchir l'épreuve de la Charte canadienne des droits et libertés.
    En novembre, le ministre de la Justice a donné le feu vert au projet de loi C-10, mais celui-ci a été passablement modifié depuis. Des experts estiment qu'une nouvelle évaluation du ministre de la Justice est nécessaire. Le ministre du Patrimoine a montré à maintes reprises qu'il est incapable de répondre à ma question, comme il vient de le faire.
    Par conséquent, je pose ma question au ministre de la Justice. Convient-il qu'un nouvel énoncé concernant la Charte est nécessaire?

  (1450)  

    Monsieur le Président, le projet de loi ne vise pas les activités des Canadiens en ligne. Il vise les géants du Web, qui n'appuient pas les histoires et la musique canadiennes. Le projet de loi exclut explicitement les individus des obligations liées aux investissements. Nous avons amélioré le projet de loi et continuerons de le faire afin qu'il serve les créateurs canadiens.
    Encore une fois, le véritable problème tient au fait que le Parti conservateur se range du côté des compagnies les plus riches au monde, comme Google et YouTube, au lieu d'appuyer les artistes canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, cela fait une semaine que nous demandons au ministre du Patrimoine canadien de nous expliquer pourquoi il n'écoute pas les experts qui disent que le projet de loi C-10 s'attaque directement à la liberté d'expression. Il nie les faits et refuse notre demande d'obtenir un nouvel avis du ministre de la Justice.
    Vu qu'il n'est pas capable d'assumer ses responsabilités, je vais poser ma question directement au ministre de la Justice: est-ce qu'il va nous remettre un nouvel avis pour assurer que l'alinéa 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés est respecté, oui ou non?
    Monsieur le Président, on dit souvent que les gestes comptent plus que les paroles.
    Mon respectable collègue a l'occasion d'appuyer les artistes de la francophonie partout au pays. Le projet de loi C-10 permettra d'investir des centaines de millions de dollars dans la culture, dans la musique, dans nos émissions de télé et au grand écran, pour la culture francophone partout au pays.
     S'il est le grand défenseur de la culture francophone qu’il prétend être, qu'il cesse de mettre des bâtons dans les roues du projet de loi C-10. L'ADISQ, la SARTEC et l'Union des artistes du Québec demandent que le Parti conservateur appuie le projet de loi C-10.
    Monsieur le Président, je suis fasciné de voir que nous avons un nouveau ministre de la Justice.
     Peter Menzies, ancien commissaire du CRTC, a dit qu'il s'agit d'une attaque à part entière contre la liberté d'expression et les fondements de la démocratie.
    C'est difficile de comprendre le niveau d'orgueil ou d'incompétence qui peut mener quelqu'un à croire qu'un tel empiétement sur les droits est justifiable.
    Je répète ma question, qui s'adresse au ministre de la Justice. Est-ce qu'il va nous remettre un nouvel avis pour assurer que l'article 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés est respecté, oui ou non?
    Monsieur le Président, l'an dernier, Google a fait des profits de 180 milliards de dollars US. Dans le cas de YouTube, les profits s'élevaient à 15,1 milliards de dollars.
     Tout ce que demande le projet de loi C-10, c'est qu'une petite partie soit investie dans la culture canadienne et québécoise, pour nos artistes et pour nos créateurs. Les conservateurs s'entêtent à protéger ces compagnies, qui sont parmi les plus riches et dont les profits ont augmenté de façon scandaleuse durant la pandémie. C'est à n'y rien comprendre.
    Monsieur le Président, depuis des années, le milieu culturel et le Bloc québécois exigent que les géants du numérique soient imposés pour les revenus qu'ils gagnent au Québec et au Canada. On surnomme cela la taxe Netflix. Peut-on imaginer que la taxe Netflix existe, mais qu'elle ne s'appliquera pas à Netflix? Cela ne s'invente pas.
     Les géants du Web qui tirent leurs profits des abonnements n'auront pas à payer un sou d'impôt. Les entreprises québécoises, elles, vont continuer de payer leur part, et les entreprises étrangères vont continuer de ne pas faire la leur.
    Pourquoi le gouvernement continue-t-il d'offrir un passe-droit aux multinationales du Web?
    Monsieur le Président, avec tout le respect que je dois à mon honorable collègue, je dois dire que ce qu'il affirme est faux.
    Rappelons-nous qu'il y a un an, il n'y avait pas d'obligation d'investissement de la part des géants du Web dans la culture québécoise. C'est ce que nous essayons de faire au moyen du projet de loi C-10. Il n'y avait pas de taxation pour les géants du Web. Or c'est dans le dernier budget. Nous avons également annoncé, comme l'ont fait plusieurs autres pays, que nous allions aller de l'avant. Qu'on me trouve un pays dans le monde qui en fait autant présentement pour s'attaquer aux géants du Web que le Canada. Il n'y en a pas. C'est la simple et très profonde vérité.
    Monsieur le Président, je corrige mon collègue: Netflix n'est pas soumise à la taxe sur les services numériques. Qu'il relise la page 833 du budget de sa collègue la ministre des Finances.
    Les libéraux font toujours la moitié du chemin, quand ils font un bout de chemin. Le Bloc québécois avait proposé que les sommes tirées de l'imposition des géants du numérique soient dirigées vers un fonds consacré à la culture et aux médias. Ce sont les principales victimes de la concurrence déloyale des multinationales.
     Tout d'abord, le gouvernement refuse de créer le fonds en question. Ensuite, il y a pire: les géants comme Netflix, Amazon prime, Spotify et YouTube premium sont exemptés d'impôt pour les revenus qu'ils font au Québec, même sur les profits tirés des revenus du contenu québécois. Le but de la loi, c'est justement de mettre fin à l'injustice.
    Pourquoi Ottawa abandonne-t-il encore nos créateurs?

  (1455)  

    Monsieur le Président, s'il y a quelqu'un qui abandonne nos créateurs, c'est l'opposition. Elle refuse qu'on puisse aller de l'avant avec le projet de loi C-10, ce que demandent à peu près toutes les organisations artistiques d'un bout à l'autre du pays. Encore cette semaine, l'ADISQ et l'Union des artistes le demandaient.
    Pourquoi le Bloc québécois a-t-il voté en faveur d'une résolution du Parti conservateur visant à stopper les travaux sur l'adoption du projet de loi C-10, qui permettra d'investir des centaines de millions de dollars dans la culture québécoise et canadienne francophone partout au pays? C'est incompréhensible.

[Traduction]

La défense nationale

    Monsieur le Président, la juge Deschamps a dit ceci au Comité permanent de la condition féminine:
    Pour opérer un changement de culture dans une organisation, et réduire la fréquence des incidents de harcèlement sexuel et d’agression sexuelle, les dirigeants supérieurs, et particulièrement ceux qui ont des responsabilités de surveillance générale, doivent s’investir directement dans la réforme de la culture.
    Or, on constate que le ministre et le premier ministre refusent constamment d'assumer leurs responsabilités.
     Quand le ministre de la Défense nationale cessera-t-il d'esquiver ses responsabilités et implantera-t-il un véritable changement culturel?
    Monsieur le Président, nous y sommes tout à fait déterminés. En ce qui concerne le travail que nous avons fait avec le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle, je crois qu'il faut aller encore plus loin.
    Comme je l'ai dit, c'est une des raisons pour lesquelles nous avons nommé la lieutenante-générale Jennie Carignan au poste de cheffe, Conduite professionnelle et culture. Elle aura pour mission d'unifier, d'intégrer et de coordonner la totalité des politiques, des programmes et des activités qui visent actuellement l'inconduite systémique au sein des Forces armées canadiennes. Nous devons en faire davantage, nous allons en faire davantage, et nous réussirons à le faire.
    Monsieur le Président, dans son rapport, en 2015, la juge Deschamps a recommandé la mise en place d'un système de signalement entièrement indépendant de la chaîne de commandement, et les libéraux ne l'ont pas mis en œuvre. Ils ont eu cinq ans pour le faire.
    De combien d'autres rapports le ministre de la Défense nationale et les libéraux ont-ils besoin pour se décider à faire ce qu'il faut et créer une structure de signalement indépendante, et combien d'autres victimes d'inconduite sexuelle y aura-t-il pendant que le gouvernement libéral, ou un autre juge, prépare un autre rapport dont on attendra la publication pendant un an? Et qu'en sera-t-il de sa mise en œuvre par la suite?
    Monsieur le Président, en ce qui concerne le travail effectué pour mettre en œuvre les recommandations de Mme Deschamps, le Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle était l'endroit où des signalements pouvaient être faits en toute indépendance. Ce que nous voulons faire, c'est aller encore plus loin avec les recommandations de Mme Arbour. Nous voulons être encore plus audacieux afin de créer une structure indépendante qui ne puisse être modifiée et d'accroître la confiance dans ce système.
    Entretemps, le travail que fera la lieutenante-générale Jennie Carignan consistera à harmoniser ce travail afin que nous puissions également fournir un soutien immédiat. Nous allons prendre des mesures audacieuses et nous allons y arriver.
    Monsieur le Président, nous connaissons la définition de la folie. Le premier ministre fait toujours la même chose et s'attend à des résultats différents. En demandant à une autre juge de la Cour suprême de rédiger un autre rapport, il obtiendra le même résultat. Les victimes d'inconduite sexuelle veulent des résultats et non d'autres rapports.
    Pourquoi le premier ministre ne veut-il pas admettre que Katie Telford est la seule femme qu'il cherche à protéger?
    Monsieur le Président, nous sommes tout à fait déterminés à veiller à ce que les Forces armées canadiennes offrent un milieu de travail exempt de harcèlement. Il reste encore beaucoup de travail à faire. Le travail de madame Arbour consistera à recommander des changements qui pourraient être apportés à l'organisation pour assurer l'indépendance. Quant à la lieutenante-générale Jennie Carignan, elle se penchera sur tous les programmes en place en vue d'accélérer le processus.
    Il nous reste du travail à faire, et nous allons le faire.

[Français]

Le logement

    Monsieur le Président, nous savons que tous les Canadiens méritent un chez-soi sûr et abordable. Il est particulièrement important d'aider les jeunes Canadiens qui cherchent à acheter leur première maison.
    Est-ce que le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social peut informer la Chambre de l'Incitatif à l'achat d'une première propriété et de la façon dont il soutiendra les jeunes Canadiens lors de cette étape importante?

  (1500)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Nous savons qu'il est très important d'aider les Canadiens qui cherchent à acheter leur première maison. C'est pour cela que nous avons annoncé l'élargissement de l'Incitatif à l’achat d’une première propriété en améliorant l'admissibilité à cette mesure pour les demandeurs à Toronto, à Vancouver et à Victoria en relevant le seuil de leur revenu admissible. Nous soutenons un plus grand nombre de Canadiens en les aidant à trouver un chez-soi sûr et abordable.

[Traduction]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, des dizaines de résidants de ma circonscription m'ont écrit pour me faire part de leur étonnement et de leur consternation à l'idée que le gouvernement tente d'exercer un contrôle sur les propos et le contenu publiés en ligne avec les mesures proposées dans le projet de loi C-10. La censure dans Internet se voit dans les sociétés totalitaires, mais pas dans les sociétés libres.
    Étant donné que le Canada s'est déjà doté de mesures législatives à l'égard des discours haineux, quelles sont les intentions cachées qui poussent le ministre du Patrimoine canadien à mettre en place ces nouveaux pouvoirs de censure?
    Monsieur le Président, ce dossier n'a rien à voir avec la liberté d'expression ni avec ce que les Canadiens font en ligne. Il porte plutôt sur ce que les géants du Web ne font pas, c'est-à-dire investir pour promouvoir les musiciens, la culture et les artistes canadiens.
    Pourquoi le Parti conservateur protège-t-il les intérêts de certaines des entreprises les plus riches du monde au lieu de protéger les intérêts des artistes et des musiciens canadiens?
    Monsieur le Président, mon bureau est submergé d'appels de gens de ma circonscription qui sont, à juste titre, furieux au sujet du projet de loi C-10. En rejetant l'exemption qui les aurait protégés, ainsi que leurs publications, du CRTC, le gouvernement les prive de la liberté de parole et d'expression garantis par la Charte. Si le premier ministre admire les dictatures, ce n'est pas le cas des gens de ma circonscription.
    Pourquoi le gouvernement se sent-il aussi menacé par la liberté d'expression des Canadiens?
    Monsieur le Président, les artistes sont parmi les Canadiens les plus durement touchés par la pandémie. Ils ont souffert financièrement et mentalement. Le projet de loi C-10 leur a donné l'espoir que les choses allaient bientôt s'améliorer puisque nous allons contraindre les géants du Web à investir dans les histoires et la musique canadiennes. Les conservateurs bloquent le projet de loi C-10, prenant parti pour les géants du Web contre les artistes et créateurs canadiens, qui sont privés de centaines de millions de dollars.
    Pourquoi le Parti conservateur prend-il le parti de Google, l'une des entreprises les plus riches du monde, plutôt que pour les musiciens et les artistes canadiens?

L'innovation, les sciences et l'industrie

    Monsieur le Président, c'est insensé. Des livraisons de vaccins dont on a désespérément besoin sont retardées, mais les libéraux rejettent la possibilité d'une solution canadienne. La société Providence Therapeutics de Calgary quitte le Canada parce que les libéraux refusent d'appuyer un vaccin canadien. Le PDG de Providence a déclaré « J'ai offert notre vaccin sur un plateau d'argent au gouvernement du Canada. Il lui suffisait de faire les démarches finales. Cependant, après avoir pris connaissance de notre offre, le gouvernement nous a tourné le dos. »
    Le premier ministre est-il vraiment prêt à rater l'occasion d'avoir un vaccin fabriqué au Canada simplement parce que l'entreprise qui le fabrique a son siège social en Alberta?
    Monsieur le Président, les propos de mon collègue sont extrêmement offensants. Depuis le tout début de la pandémie de COVID-19, le gouvernement investit dans des candidats-vaccins fabriqués partout au Canada et s'emploie également à accroître la capacité nationale de biofabrication. Le groupe de travail sur la COVID-19, composé d'experts du domaine scientifique et de l'industrie, a examiné les propositions de toutes les entreprises, y compris celle de Providence Therapeutics. En fait, nous avons investi près de 10 millions de dollars dans des projets de Providence Therapeutics. Cela dit, j'entends continuer de collaborer avec le PDG, comme je l'ai fait par le passé.

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, la semaine dernière, les conservateurs ont consacré leur journée de l'opposition aux vaccins et au calendrier de vaccination. Soyons bien clairs: nous sommes tous déterminés à faire en sorte que tout le monde ait accès à un vaccin le plus rapidement possible, et c'est ce que nous avons observé. Au lieu de tenir un débat honnête, les députés d'en face ont proposé un calendrier magique, montrant une fois de plus à quel point ils sont déconnectés de la réalité.
    La ministre peut-elle donner aux Canadiens une information digne de confiance sur les vaccins et valable pour la situation actuelle et à venir?

  (1505)  

    Monsieur le Président, je remercie la députée de son excellent travail. Cette semaine, nous recevons 2 millions de doses de Pfizer et 1 million de doses de Moderna, pour un total de 3 millions de doses. En mai, nous recevrons 2 millions de doses par semaine de Pfizer; en juin, les livraisons atteindront jusqu'à 2,4 millions de doses par semaine. Nous aurons donc reçu un total de 48 millions de doses, au minimum, à la fin de juin. Voilà les faits, et nous nous y tenons.

La défense nationale

    Monsieur le Président, les femmes membres des Forces armées canadiennes réclament des mesures concrètes pour remédier à la culture toxique qui sévit au sein des forces depuis des années. Au lieu d'intervenir, les libéraux et les conservateurs s'acharnent à se blâmer mutuellement. J'ai des petites nouvelles pour eux: ils ont tous tort. Il incombe au premier ministre de rétablir la confiance trahie des femmes et de faire en sorte que les signalements d'inconduite sexuelle soient pris au sérieux.
    Le premier ministre cessera-t-il de débiter des platitudes et de traîner les pieds, et assumera-t-il la responsabilité de son inaction? Mettra-t-il en œuvre sans tarder les recommandations du rapport Deschamps?
     Monsieur le Président, quels que soient leur rang ou leur sexe, les membres des Forces armées canadiennes font d'énormes sacrifices pour protéger les Canadiens et ont le droit indéniable d'exercer leurs fonctions en toute sécurité. Il est clair que nous n'avons pas été à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre de protéger les membres de l'inconduite. Voilà pourquoi nous avons annoncé que Mme Louise Arbour dirigera un examen externe complet et indépendant du harcèlement et de l'inconduite sexuelle à l'issue duquel elle formulera des recommandations encore plus ambitieuses pour instaurer un changement au sein des Forces armées canadiennes. De plus, nous avons nommé la lieutenante-générale Jennie Carignan en tant que cheffe, Conduite professionnelle et culture. Il s'agit là d'un premier pas. D'autres suivront.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, mon bureau a reçu de nombreuses plaintes de la part d'habitants de ma circonscription qui attendent depuis 2018 de prêter leur serment de citoyenneté. Il y a aussi un retard de plus de six mois dans le traitement des permis de travail, ce qui met la vie de gens en suspens. Les demandes de parrainage de nombreux pays accusent, quant à elles, un retard de cinq ans. Les examens médicaux et les vérifications du casier judiciaire ne sont plus valides, et les citoyens commencent à en avoir assez.
    Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté voudrait-il bien nous informer de ce qui est fait pour réduire les retards injustes dans le traitement des demandes?
    Monsieur le Président, le gouvernement a un excellent bilan en matière d'atteinte des objectifs d'immigration. Au cours des derniers mois seulement, nous avons accueilli plus de 80 000 personnes, traité en priorité plus de 55 000 [Difficultés techniques] demandes de parrainage, et accueilli plus de 50 000 nouveaux citoyens canadiens. Nous n'arrêterons pas là. Nous prendrons ces mesures parce que nous savons que l'immigration est l'une des clés de notre relance économique et de la prospérité à long terme du Canada.

ORDRES ÉMANANT DU GOUVERNEMENT

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 3 mai, de la motion portant que le projet de loi C-12, Loi concernant la transparence et la responsabilité du Canada dans le cadre de ses efforts pour atteindre la carboneutralité en 2050, soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité, ainsi que de l'amendement.
    Comme il est 15 h 10, conformément à l'ordre adopté le lundi 25 janvier, la Chambre passe maintenant au vote par appel nominal différé sur l'amendement à la motion à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi C-12.
    Convoquez les députés.
    Avant que le greffier n'annonce le résultat du vote:

  (1525)  

    Monsieur le Président, j'ai éprouvé des problèmes techniques et j'aimerais que mon vote soit inscrit comme un « oui ».
    Selon l'application, il a d'abord été inscrit comme un « oui », puis comme un « non ». Afin de le changer à nouveau, il faut le consentement unanime de la Chambre.
    La députée a-t-elle le consentement unanime?
    Des voix: D'accord.

[Français]

    (L'amendement, mis aux voix, est rejeté par le vote suivant:)
 

(Vote no 105)

POUR

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Alleslev
Allison
Arnold
Baldinelli
Barlow
Barrett
Benzen
Bergen
Berthold
Bezan
Block
Bragdon
Brassard
Calkins
Carrie
Chiu
Chong
Cooper
Cumming
Dalton
Dancho
Davidson
Deltell
d'Entremont
Diotte
Doherty
Dowdall
Dreeshen
Duncan (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Findlay (South Surrey—White Rock)
Finley (Haldimand—Norfolk)
Gallant
Généreux
Genuis
Gladu
Godin
Gourde
Gray
Hallan
Harder
Hoback
Jansen
Jeneroux
Kelly
Kent
Kitchen
Kmiec
Kram
Kurek
Kusie
Lake
Lawrence
Lehoux
Lewis (Essex)
Liepert
Lloyd
Lobb
Lukiwski
MacKenzie
Maguire
Martel
Martinez Ferrada
Mazier
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McLean
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
Melillo
Moore
Morantz
Morrison
Motz
Nater
O'Toole
Patzer
Paul-Hus
Poilievre
Rayes
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Rood
Ruff
Sahota (Calgary Skyview)
Saroya
Scheer
Schmale
Seeback
Shields
Shin
Shipley
Soroka
Stanton
Steinley
Strahl
Stubbs
Sweet
Tochor
Uppal
Van Popta
Vecchio
Vidal
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Webber
Williamson
Wong
Yurdiga
Zimmer

Total: -- 120


CONTRE

Députés

Alghabra
Amos
Anand
Anandasangaree
Angus
Arseneault
Arya
Ashton
Atwin
Bachrach
Badawey
Bagnell
Bains
Baker
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Bendayan
Bennett
Bergeron
Bérubé
Bessette
Bibeau
Bittle
Blaikie
Blair
Blanchet
Blanchette-Joncas
Blaney (North Island—Powell River)
Blois
Boudrias
Boulerice
Bratina
Brière
Brunelle-Duceppe
Cannings
Carr
Casey
Chabot
Chagger
Champagne
Champoux
Charbonneau
Chen
Collins
Cormier
Dabrusin
Damoff
Davies
DeBellefeuille
Desbiens
Desilets
Dhaliwal
Dhillon
Dong
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Etobicoke North)
Duvall
Dzerowicz
Easter
Ehsassi
El-Khoury
Ellis
Erskine-Smith
Fergus
Fillmore
Finnigan
Fisher
Fonseca
Fortier
Fortin
Fragiskatos
Fraser
Freeland
Fry
Garrison
Gaudreau
Gazan
Gerretsen
Gill
Gould
Green
Guilbeault
Hajdu
Hardie
Harris
Holland
Housefather
Hughes
Hussen
Hutchings
Iacono
Ien
Jaczek
Johns
Joly
Jones
Jordan
Jowhari
Julian
Kelloway
Khalid
Khera
Koutrakis
Kusmierczyk
Kwan
Lalonde
Lambropoulos
Lametti
Lamoureux
Larouche
Lattanzio
Lauzon
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lemire
Lightbound
Long
Longfield
Louis (Kitchener—Conestoga)
MacAulay (Cardigan)
MacGregor
MacKinnon (Gatineau)
Maloney
Manly
Marcil
Masse
Mathyssen
May (Cambridge)
May (Saanich—Gulf Islands)
McCrimmon
McDonald
McGuinty
McKay
McKenna
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Northwest Territories)
McPherson
Mendès
Mendicino
Michaud
Miller
Monsef
Morrissey
Murray
Ng
Normandin
O'Connell
Oliphant
O'Regan
Pauzé
Perron
Petitpas Taylor
Plamondon
Powlowski
Qualtrough
Ratansi
Regan
Robillard
Rodriguez
Rogers
Romanado
Sahota (Brampton North)
Saini
Sajjan
Saks
Samson
Sangha
Sarai
Savard-Tremblay
Scarpaleggia
Schiefke
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Simard
Simms
Singh
Sorbara
Spengemann
Ste-Marie
Tabbara
Tassi
Thériault
Therrien
Trudeau
Trudel
Turnbull
Van Bynen
van Koeverden
Vandal
Vandenbeld
Vaughan
Vignola
Virani
Weiler
Wilkinson
Wilson-Raybould
Yip
Young
Zahid
Zann
Zuberi

Total: -- 212


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare l'amendement rejeté.
    Le vote suivant porte sur la motion principale.
    Si un député d'un parti reconnu présent à la Chambre désire demander un vote par appel nominal ou que la motion soit adoptée avec dissidence, je l'invite à se lever et à l'indiquer à la présidence.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je demande un vote par appel nominal.

  (1540)  

[Français]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 106)

POUR

Députés

Alghabra
Amos
Anand
Anandasangaree
Angus
Arseneault
Arya
Ashton
Bachrach
Badawey
Bagnell
Bains
Baker
Barsalou-Duval
Battiste
Beaulieu
Beech
Bendayan
Bennett
Bergeron
Bérubé
Bessette
Bibeau
Bittle
Blaikie
Blair
Blanchet
Blanchette-Joncas
Blaney (North Island—Powell River)
Blois
Boudrias
Boulerice
Bratina
Brière
Brunelle-Duceppe
Cannings
Carr
Casey
Chabot
Chagger
Champagne
Champoux
Charbonneau
Chen
Collins
Cormier
Dabrusin
Damoff
Davies
DeBellefeuille
Desbiens
Desilets
Dhaliwal
Dhillon
Dong
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Duncan (Etobicoke North)
Duvall
Dzerowicz
Easter
Ehsassi
El-Khoury
Ellis
Erskine-Smith
Fergus
Fillmore
Finnigan
Fisher
Fonseca
Fortier
Fortin
Fragiskatos
Fraser
Freeland
Fry
Garrison
Gaudreau
Gazan
Gerretsen
Gill
Gould
Green
Guilbeault
Hajdu
Hardie
Harris
Holland
Housefather
Hughes
Hussen
Hutchings
Iacono
Ien
Jaczek
Johns
Joly
Jones
Jordan
Jowhari
Julian
Kelloway
Khalid
Khera
Koutrakis
Kusmierczyk
Kwan
Lalonde
Lambropoulos
Lametti
Lamoureux
Larouche
Lattanzio
Lauzon
LeBlanc
Lebouthillier
Lefebvre
Lemire
Lightbound
Long
Longfield
Louis (Kitchener—Conestoga)
MacAulay (Cardigan)
MacGregor
MacKinnon (Gatineau)
Maloney
Marcil
Martinez Ferrada
Masse
Mathyssen
May (Cambridge)
McCrimmon
McDonald
McGuinty
McKay
McKenna
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod (Northwest Territories)
McPherson
Mendès
Mendicino
Michaud
Miller
Monsef
Morrissey
Murray
Ng
Normandin
O'Connell
Oliphant
O'Regan
Pauzé
Perron
Petitpas Taylor
Plamondon
Powlowski
Qualtrough
Ratansi
Regan
Robillard
Rodriguez
Rogers
Romanado
Sahota (Brampton North)
Saini
Sajjan
Saks
Samson
Sangha
Sarai
Savard-Tremblay
Scarpaleggia
Schiefke
Schulte
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Simard
Simms
Singh
Sorbara
Spengemann
Ste-Marie
Tabbara
Tassi
Thériault
Therrien
Trudeau
Trudel
Turnbull
Van Bynen
van Koeverden
Vandal
Vandenbeld
Vaughan
Vignola
Virani
Weiler
Wilkinson
Wilson-Raybould
Yip
Young
Zahid
Zann
Zuberi

Total: -- 210


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Alleslev
Allison
Arnold
Atwin
Baldinelli
Barlow
Barrett
Benzen
Bergen
Berthold
Bezan
Block
Bragdon
Brassard
Calkins
Carrie
Chiu
Chong
Cooper
Cumming
Dalton
Dancho
Davidson
Deltell
d'Entremont
Diotte
Doherty
Dowdall
Dreeshen
Duncan (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Findlay (South Surrey—White Rock)
Finley (Haldimand—Norfolk)
Gallant
Généreux
Genuis
Gladu
Godin
Gourde
Gray
Hallan
Harder
Hoback
Jansen
Jeneroux
Kelly
Kent
Kitchen
Kmiec
Kram
Kurek
Kusie
Lake
Lawrence
Lehoux
Lewis (Essex)
Liepert
Lloyd
Lukiwski
MacKenzie
Maguire
Manly
Martel
May (Saanich—Gulf Islands)
Mazier
McCauley (Edmonton West)
McColeman
McLean
McLeod (Kamloops—Thompson—Cariboo)
Melillo
Moore
Morantz
Morrison
Motz
Nater
O'Toole
Patzer
Paul-Hus
Poilievre
Rayes
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Rood
Ruff
Sahota (Calgary Skyview)
Saroya
Scheer
Schmale
Seeback
Shields
Shin
Shipley
Sloan
Soroka
Stanton
Steinley
Strahl
Stubbs
Sweet
Tochor
Uppal
Van Popta
Vecchio
Vidal
Viersen
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Webber
Williamson
Wong
Yurdiga
Zimmer

Total: -- 122


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

[Traduction]

     En conséquence, ce projet de loi est renvoyé au Comité permanent de l'environnement et du développement durable.

    (Le projet de loi est lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.)

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les allégations d'inconduite sexuelle dans l'armée  

[Travaux des subsides]
    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Je désire informer la Chambre qu'en raison des votes par appel nominal différés, les ordres émanant du gouvernement seront prolongés de 29 minutes.
    Nous reprenons le débat. La secrétaire parlementaire du ministre des Services aux Autochtones a la parole.
    Monsieur le Président, j'aimerais profiter du temps qui m'est alloué aujourd'hui pour aborder certaines questions importantes. Pour commencer, il faut absolument que les personnes qui survivent à une inconduite, à une agression ou à du harcèlement sexuels se sentent à l'aise d'en parler. On doit les aider à dénoncer ce qu'elles ont vécu.
    La priorité de tous doit consister à éliminer toutes les formes d'inconduite et d'abus de pouvoir et à faire de l'armée un milieu de travail où tout le monde se sent en sécurité. Les survivants doivent être au cœur de tout ce que nous faisons. Même si, pour le gouvernement, cela a toujours été une priorité absolue, nous avons constaté que les survivants craignent encore de prendre la parole.
    Je suis profondément navrée que les conservateurs aient encore une fois choisi de faire de la petite politique avec un dossier aussi délicat — et qui plus est au détriment des faits. J'aimerais donc prendre un instant pour les rétablir, les faits.
    En 2018, l’ancien ombudsman de la Défense nationale, Gary Walbourne, a rencontré le ministre de la Défense nationale. Il s'agissait d'une réunion habituelle avec le personnel, mais, à la fin, il a demandé à parler en privé avec le ministre. Il a alors informé le ministre du fait qu’il avait des preuves de l’inconduite de l’ancien chef d’état-major de la Défense.
    Le ministre n’a pas demandé de précisions ou de détails sur la nature des allégations, comme il convenait de le faire. Il a plutôt suivi un processus, le processus approprié. Il a immédiatement demandé à son personnel de communiquer avec le Cabinet du premier ministre et le Bureau du Conseil privé. Ils ont pris connaissance de l’allégation et ont communiqué avec l’ancien ombudsman pour obtenir plus de détails à son sujet, mais la plaignante n’avait pas donné son accord pour que l’ombudsman partage cette information.
    Michael Wernick, ancien greffier du Conseil privé, a déclaré au Comité de la défense nationale que, par conséquent, on était dans l'impasse, et aucune autre mesure n’a été prise. Aucune autre mesure n’a été prise à l’égard d’une allégation que l’ancien ombudsman avait déclarée non recevable.
    Passons en revue le processus qui a été suivi juste avant la nomination du général Vance au poste de chef d’état-major de la Défense en 2015, sous un gouvernement conservateur. Le ministre de l’époque a été mis au courant d’une allégation ou d’une rumeur. Il en a fait part à son chef de cabinet, qui en a ensuite fait part au Bureau du Conseil privé et au Cabinet du premier ministre, y compris le chef de cabinet de l’ancien premier ministre. Le chef de cabinet de l’ancien premier ministre a ensuite veillé à ce que l’affaire soit examinée.
    Cela vous semble-t-il familier? C’était le même processus. Le chef de l’opposition officielle a jugé que la situation était suffisamment grave pour que son personnel communique avec le Cabinet du premier ministre, et il a assuré à la Chambre et aux Canadiens que la question avait été examinée.
    Examinons cela. Nous avons entendu le témoignage de Ray Novak, ancien chef de cabinet de l’ancien premier ministre, Stephen Harper, selon lequel les conservateurs ont demandé au conseiller à la sécurité nationale de faire enquête sur ces rumeurs. Comment a-t-il fait enquête? Il est allé directement voir le général Vance et lui a posé des questions sur ces rumeurs.
    C’est tout à fait inapproprié lorsque quelqu’un fait une allégation. Je ne peux pas croire que le conseiller à la sécurité nationale aille directement voir la personne qui fait l’objet d’une enquête, mais il l’a fait. Le général Vance a assuré qu’il n’y avait rien là. C’est ainsi que les conservateurs ont traité la question. C’est tout.
    Nous ne savons pas s’il y a eu un suivi. Nous ne savons pas si l’affaire a été examinée, mais le chef de l’opposition officielle nous assure qu’elle a été examinée. C’est choquant, compte tenu de tout ce que nous avons entendu concernant l’ancien conseiller à la sécurité nationale qui a examiné la rumeur en demandant son avis au général Vance. Ce n’est pas un processus approprié. Pour parler franchement, il est déconcertant que l’ancien gouvernement conservateur ait cru sur parole l’accusé, le général Vance, surtout si l’on considère qu’il faisait déjà l’objet d’une enquête du Service national des enquêtes des Forces canadiennes, ou SNEFC.
    J’aimerais rappeler à mes collègues la nouvelle très troublante que nous avons apprise la semaine dernière. Le SNEFC enquêtait activement sur le général Vance en 2015. Plus précisément, il a enquêté sur le général Vance jusqu’au 17 juillet 2015. Mes collègues savent-ils ce qui s’est également passé le 17 juillet 2015? Le général Vance a été nommé chef d’état-major de la Défense.
    Nous avons ensuite appris, par suite d’une demande d’accès à l’information, que le commandant chargé de l’enquête subissait des pressions pour mettre fin à l’enquête. Des pressions de qui, au juste? Était-ce celles de l’ancien ministre de la Défense nationale, de l’ancien premier ministre, de l’ex-secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale ou de l’actuel chef de l’opposition officielle?
    Nous sommes tous d’accord ici à la Chambre pour dire que les politiciens ne devraient pas s’immiscer dans les enquêtes. Il serait donc tout à fait inapproprié, voire illégal, d’exercer des pressions sur des enquêteurs pour qu’ils mettent fin à leur enquête. Pourtant, nous n’avons toujours pas reçu de réponse définitive de la part des conservateurs quant à savoir qui exerçait ces pressions. Personne n’a répondu. Personne n’a fourni de précisions.
    Le chef de l’opposition officielle pourrait-il enfin nous donner une réponse? Jusqu’à maintenant, il n’a fourni absolument aucune précision. Il a seulement affirmé que la façon dont il a géré la situation en 2015 était la bonne.

  (1545)  

    Toutefois, continuons à parler de la nouvelle troublante de la semaine dernière, car non seulement l’enquête a été soumise à des pressions avant de prendre fin abruptement, mais elle a en fait officiellement pris fin le 21 juillet 2015, soit quatre jours après la nomination du général Vance. Pourquoi l’enquête a-t-elle été conclue quatre jours après sa nomination? Pourquoi n’y a-t-on pas mis fin avant sa nomination? Pourquoi le gouvernement conservateur a-t-il nommé le général Vance en 2015 alors qu’une enquête active du SNEFC était toujours en cours?
    Tout cela est extrêmement troublant. Non seulement des rumeurs n'ont pas fait l’objet d’une enquête appropriée, mais un chef d’état-major de la Défense a été nommé à la hâte, même si une enquête était en cours. Tout cela parce que les conservateurs voulaient le nommer avant les élections de 2015, qui ont été déclenchées à peine quelques semaines plus tard.
    Tout ce que les conservateurs ont trouvé à dire, c’est qu’ils s’inquiétaient au sujet du processus suivi par le gouvernement actuel, en vertu duquel le fonctionnaire le plus haut placé a été mis au courant de la question et y a participé, celui-là même qui est allé aussi loin qu’il le pouvait avant que l’ancien ombudsman déclare qu’il ne pouvait pas fournir l’information parce que le plaignant ne l’avait pas autorisée. C’est le même processus que les conservateurs ont suivi en 2015.
    Les conservateurs prétendent avoir donné suite à ces rumeurs en 2015. Quelles mesures prises à ce moment-là diffèrent de celles que nous avons prises? Les conservateurs diront que le conseiller à la sécurité nationale avait été mis en cause.
    Or, le conseiller à la sécurité nationale qui était en poste en 2018, Daniel Jean, a indiqué qu'il ne connaissait pas les détails de l'affaire et qu'il n'avait participé à aucune enquête à ce moment-là, parce qu'il n'y avait tout simplement pas suffisamment de détails pour amorcer une enquête. Voici ce qu'il a dit:
[...] je tiens à préciser qu'elles n'ont jamais été portées à mon attention.
    En outre, je pense qu'il est important de souligner que ce n'est pas nécessairement inhabituel, en particulier si le Secrétariat du personnel supérieur a été incapable d'obtenir des renseignements permettant et justifiant la poursuite d'une enquête.
    Nous savons pourquoi le conseiller à la sécurité nationale n'était pas mis en cause, mais nous savons que le plus haut fonctionnaire du pays l'était. Alors, qu'y avait-il de différent en 2015? Si les conservateurs arrivent à expliquer à la Chambre ce qui était différent, je serai estomaquée, parce que ce n'était pas différent. C'était la même chose.
    Je vais encore une fois présenter les faits. En 2015, les conservateurs ont suivi exactement le même processus que nous. Ils ont nommé le général Vance alors qu’il faisait l’objet d’une enquête. Quant aux rumeurs sur lesquelles, selon le chef de l’opposition officielle, des enquêtes ont été menées, nous savons seulement que le conseiller à la sécurité nationale est allé discuter avec le général Vance pour lui demander son opinion. À la fin, on a fait pression sur les enquêteurs pour qu’ils concluent l’enquête sur le général Vance. C’est très inquiétant, et la Chambre mérite que le chef de l’opposition réponde à ses questions. Les Canadiens et les survivantes méritent des réponses.
    Je terminerai en disant que ce processus a négligé les survivantes sous le gouvernement conservateur et sous le gouvernement actuel. Le premier ministre a clairement souligné l’importance d’améliorer la situation afin que les personnes ayant survécu à des cas de violence sexuelle et de harcèlement sexuel reçoivent du soutien et qu’elles puissent dénoncer les inconduites sans craindre de subir des représailles.
    Monsieur le Président, je tiens d’abord à dire que j’ai habituellement le plus grand respect pour ma collègue d’Oakville-Nord—Burlington. Toutefois, je suis déçu de son allocution d’aujourd’hui. Elle souligne que les deux gouvernements qui ont été au pouvoir ont échoué, mais elle s’efforce de déterminer qui a négligé les survivantes en premier et qui les a négligées davantage. Je suis déçu, car en 2018, le gouvernement a eu une occasion de bien faire les choses.
    Le ministre de la Défense nationale a reçu des preuves d’inconduite sexuelle. On lui a dit qu’il y avait des preuves d’inconduite sexuelle, mais il a refusé de les examiner. Il dit avoir informé le Cabinet du premier ministre, qui n’a pris aucune mesure. Le gouvernement a raté une occasion de rétablir la confiance afin que les réformes futures soient couronnées de succès.
    Ma collègue croit-elle vraiment que personne ne savait que le général Vance avait été accusé d’inconduite sexuelle en 2018? Croit-elle que ces arguments procéduraux justifient la décision de ne pas mener d’enquête et de ne pas le démettre de ses fonctions?

  (1550)  

    Monsieur le Président, j’ai entendu les témoignages présentés pendant l’étude du projet de loi C-65. Aucun témoin n’a dit que les politiciens auraient dû se mêler des allégations d’inconduite sexuelle et de harcèlement sexuel. Les témoins nous ont dit qu’il faudrait mener des enquêtes indépendantes sur les accusations, ce qui renforcerait la confiance des victimes et les inciterait à dénoncer les inconduites. Malgré cela, elles avaient encore peur de le faire.
    Maintenant, la lieutenante-générale Jennie Carignan, qui vient d’être nommée cheffe de la conduite professionnelle et de la culture, s’efforcera de mettre en œuvre le projet de loi C-65.
    Je ne dis pas qu’une de ces solutions est meilleure que l’autre, mais je souligne la nécessité d’améliorer le processus. Je trouve vraiment troublant que les conservateurs prennent la parole à la Chambre et accusent le gouvernement libéral de ne pas avoir suivi le processus qui convenait, alors que c’est exactement le même processus qu'ils avaient eux-mêmes suivi.
    Monsieur le Président, j’ai été très troublée par le discours de ma collègue. Les victimes ont dû l’être aussi.
    Comme le député d’Esquimalt—Saanich—Sooke, les libéraux se contentent de remonter six ans en arrière et de pointer les autres du doigt. Comment justifie-t-elle que le gouvernement libéral, qui est au pouvoir depuis plus de six ans et qui a pris l’engagement ferme d’agir pour les femmes qui servent dans nos forces armées, n’a pas donné suite aux recommandations très claires du rapport Deschamps?
    Monsieur le Président, je rappelle à la députée que nous avons créé le Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle en 2015. Je rappelle également à la députée que c’est son gouvernement qui a nommé le général Vance, faisant fi des rumeurs qui circulaient. Je lui rappelle également qu’aucun gouvernement n’a réussi à éliminer la masculinité toxique qui existe dans les forces armées. Je lui rappelle enfin que ces femmes sont des survivantes et non pas des victimes.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours. Je sais qu'elle dénonce totalement les inconduites sexuelles dans l'armée.
    On est tout de même au courant de ce qui se passe depuis plusieurs années. Il y a eu un rapport de la juge Deschamps.
    Or, au lieu d'agir, le gouvernement a demandé un nouveau rapport à la juge Arbour qui, elle-même, se disait surprise de cette demande alors que l'on connait déjà les problèmes actuels.
    J'aimerais savoir ce que ma collègue pense de cette nouvelle demande de rapport. De plus, selon elle, le gouvernement serait-il prêt à agir pour éliminer toute sorte d'inconduite sexuelle dans l'armée?

[Traduction]