Passer au contenu
Début du contenu

Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

Pour faire une recherche avancée, utilisez l’outil Rechercher dans les publications.

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

Publication du jour précédent Publication du jour prochain
Passer à la navigation dans le document Passer au contenu du document

44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 107

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 4 octobre 2022




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 107
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 4 octobre 2022

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Français]

Le commissaire à l'environnement et au développement durable

    Il est de mon devoir de déposer sur le bureau, conformément au paragraphe 23(5) de la Loi sur le vérificateur général, les rapports de l'automne 2022 du commissaire à l'environnement et au développement durable.

[Traduction]

    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ces rapports sont renvoyés d'office au Comité permanent de l'environnement et du développement durable.

Le directeur général des élections

    Il est de mon devoir de déposer sur le bureau, conformément au paragraphe 94(2) de la Loi sur l’accès à l’information et au paragraphe 72(2) de la Loi sur la protection des renseignements personnels, les rapports du directeur général des élections sur l'application de ces lois pour l'exercice se terminant le 31 mars 2022.

[Français]

    Conformément à l'article 108(3)h) du Règlement, ces rapports sont réputés renvoyés en permanence au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.

Le commissaire à l'information

    Il est de mon devoir de déposer sur le bureau, conformément au paragraphe 94(2) de la Loi sur l'accès à l'information et au paragraphe 72(2) de la Loi sur la protection des renseignements personnels, les rapports du commissaire à l'information sur l'application de ces lois pour l'exercice se terminant le 31 mars.

[Traduction]

    Conformément à l'article 108(3)h) du Règlement, ces rapports sont renvoyés d'office au Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique.

Les comités de la Chambre

Accès à l'information, protection des renseignements personnels et éthique 

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui, dans les deux langues officielles, le sixième rapport du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, intitulé « La technologie de reconnaissance faciale et le pouvoir grandissant de l'intelligence artificielle ».
    Je prends quelques instants pour remercier les analystes du travail qu'ils ont effectué au nom du Comité et de tous ses membres, qui appuient entièrement les 19 recommandations formulées dans le rapport. J'espère sincèrement que le gouvernement répondra sans tarder au rapport et qu'il travaillera à la mise en œuvre des recommandations qu'il contient dans les plus brefs délais.

Finances  

    Madame la Présidente, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le sixième rapport du Comité permanent des finances concernant le projet de loi C‑30, Loi modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu (majoration temporaire du crédit pour la taxe sur les produits et services/taxe de vente harmonisée).
    Je crois que le comité a battu un record de vitesse en ce qui a trait à l'adoption d'un projet de loi. Le mérite de cet exploit revient à tous les membres du comité des finances ainsi qu'à son greffier, Alexandre Roger, à Carine Grand-Jean, aux greffiers législatifs Jean-François Pagé et Émilie Thivierge, aux analystes, aux interprètes, au personnel, ainsi qu'à tous les députés et les partis à la Chambre pour leur appui à l'égard du projet de loi C‑30.

[Français]

    En conséquence, conformément à l'ordre adopté le lundi 3 octobre, le projet de loi est réputé adopté à l'étape du rapport sans plus ample amendement.

    (Le projet de loi C‑30 est adopté à l'étape du rapport.)

[Traduction]

    Quand le projet de loi sera-t-il lu pour la troisième fois? Plus tard aujourd'hui?
    Des voix: D'accord.

Le Code criminel

    — Madame la Présidente, c'est un honneur de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Cariboo...
    M. Kevin Lamoureux: Et du Parti conservateur.
    Madame la Présidente, c'est intéressant d'entendre mon collègue de Winnipeg chahuter pendant que je présente ce projet de loi, car celui-ci devrait intéresser tout le monde à la Chambre. Voilà maintenant que le député de Kingston et les Îles souhaite se joindre à la partie.
    À l'ordre, s'il vous plaît. Laissons le député présenter son projet de loi.
    Madame la Présidente, le projet de loi concerne les infractions sexuelles commises contre un enfant ou un adulte.
    Au Canada, lorsqu'une personne commet un vol qualifié, enlevant de force à quelqu'un un bien qui lui appartient, elle est passible d'une peine d'emprisonnement à vie. Or, lorsqu'une personne commet une agression sexuelle, enlevant de force à quelqu'un son pouvoir de consentir et sa dignité, elle est passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 10 ans. Par conséquent, nous traitons avec moins de sérieux le fait d'enlever de force à quelqu'un son inviolabilité sexuelle, son innocence, sa dignité et son pouvoir de consentir que le fait d'enlever de force à quelqu'un un bien qui lui appartient.
    Si des gens y voient matière à rigoler, soit, mais personnellement, j'exhorte les députés à se mobiliser pour que l'on sévisse plus durement contre les infractions sexuelles, en particulier les infractions sexuelles commises contre un enfant. C'est le but de ce projet de loi. Il vise à porter à l'emprisonnement à perpétuité la peine maximale pour la plupart des infractions d'ordre sexuel afin de reconnaître que les victimes elles-mêmes sont souvent condamnées à un emprisonnement psychologique pour le reste de leur vie.
    J'exhorte tous les députés à adopter ce projet de loi rapidement compte tenu du sérieux avec lequel ce sujet mérite d'être traité.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1010)  

[Français]

La Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés

     (La motion est réputée adoptée et le projet de loi est lu pour la première fois.)

La Loi de mise en œuvre de la Convention sur les armes chimiques

L’hon. Mona Fortier (au nom de la ministre des Affaires étrangères)  
     demande à présenter le projet de loi S‑9, Loi modifiant la Loi de mise en œuvre de la Convention sur les armes chimiques.

     (La motion est réputée adoptée et le projet de loi est lu pour la première fois.)

[Traduction]

Pétitions

Le changement climatique  

    Madame la Présidente, j'ai deux pétitions à présenter à la Chambre aujourd'hui.
    La première pétition s'adresse au premier ministre et au gouvernement du Canada. Les citoyens qui ont signé cette pétition reconnaissent dans le préambule que le Canada fait face à une urgence climatique. Par conséquent, ils demandent au gouvernement d'adopter des mesures législatives pour une transition équitable. Ils veulent que ces mesures réduisent les émissions d'au moins 60 % par rapport aux niveaux de 2005; créent de nouvelles institutions publiques et développent la propriété publique des services d'utilité publique à l'échelle de l'économie pour mettre en œuvre cette transition; créent de bons emplois verts et favorisent le développement d'un effectif diversifié; élargissent le filet de sécurité sociale; et financent cette transition en augmentant les impôts des plus riches et des entreprises, et en créant une banque publique nationale.

Les personnes handicapées  

    Madame la Présidente, pour cette deuxième pétition, les pétitionnaires reconnaissent que les prestations d'invalidité versées au Canada sont actuellement bien inférieures au seuil de pauvreté officiel et qu'à l'heure actuelle, 1,5 million de Canadiens handicapés vivent dans la pauvreté engendrée par les lois. Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement de mettre un terme à la pratique actuelle et de faire en sorte que la prestation d'invalidité fédérale soit de 2 200 $ par mois.

Le transport en commun  

    Madame la Présidente, j'ai l'honneur de prendre la parole à la Chambre pour présenter une pétition qui porte sur le transport en commun.
    Les pétitionnaires soulignent que le plan décennal actuel du gouvernement en matière de transport en commun prendra fin en 2027. Pourtant, nous n'avons toujours pas constaté une nette amélioration du transport en commun sur le plan de la réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de la prestation de services aux régions éloignées et rurales du Canada. Comme les députés le savent, aujourd'hui est la journée de sensibilisation aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées, et ce rapport demandait qu'un transport en commun sûr et sécuritaire soit accessible à tous les Canadiens, y compris ceux qui se trouvent à l'extérieur des zones urbaines.
    Les pétitionnaires nous demandent d'établir un fonds fédéral permanent pour le transport en commun qui ne s'arrête pas au plan décennal actuel, de travailler ensemble pour fournir un financement durable, prévisible et approprié à long terme, et de mettre en place des mesures de reddition de comptes afin que tous les ordres de gouvernement au Canada travaillent ensemble pour fournir des services de transport en commun aux Canadiens.

  (1015)  

La pornographie en ligne  

    Madame la Présidente, j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui un certain nombre de pétitions.
    Dans la première, les pétitionnaires s'inquiètent de la facilité avec laquelle les jeunes ont accès à du contenu sexuellement explicite en ligne, notamment du contenu explicite violent et dégradant. Ils soulignent qu'il s'agit d'une préoccupation importante en matière de santé et de sécurité publiques.
    Les pétitionnaires soulignent qu'une partie importante du contenu sexuellement explicite accessible à des fins commerciales n'est protégée par aucune technologie de vérification de l'âge. Qui plus est, la technologie de vérification de l'âge permet de vérifier l'âge des utilisateurs sans enfreindre leur droit à la vie privée. Les pétitionnaires indiquent que le visionnement de contenu sexuellement explicite est lié à de nombreux préjudices graves, notamment le développement de dépendances et d'attitudes favorables à la violence sexuelle et au harcèlement des femmes.
    Conséquemment, ils demandent à la Chambre des communes d'adopter le projet de loi S‑210, Loi sur la protection des jeunes contre l'exposition à la pornographie.

Le revenu universel de base  

    Madame la Présidente, la pétition suivante provient de citoyens de tout le pays qui s'inquiètent de la mesure législative relative au revenu universel de base. J'ai reçu d'innombrables messages de partout au pays à ce sujet.
    Les pétitionnaires font remarquer que les personnes qui recevraient un revenu, qu'elles aient ou non travaillé ou fait du bénévolat dans leur collectivité, coûteraient des milliards de dollars à notre économie. Ils affirment que le revenu universel dissuaderait les gens de travailler et de conserver un emploi et que les impôts devraient considérablement augmenter pour financer cette mesure.
    Les pétitionnaires demandent donc aux parlementaires de voter contre les projets de loi S‑233 et C‑223. Ils veulent que l'on mette fin à la taxe sur le carbone et aux dépenses inflationnistes et ils veulent que l'on approuve les pipelines et d'autres projets afin que notre économie puisse croître et qu'il y ait de bons emplois pour tous.

Le travail forcé et le travail des enfants  

    Madame la Présidente, la prochaine pétition est signée par des Canadiens de partout au pays qui appuient le projet de loi S‑211. Ils affirment que le problème de l'esclavage moderne s'est aggravé depuis deux ans. Ils veulent que le gouvernement canadien adopte un projet de loi qui empêchera les entreprises canadiennes de profiter du travail forcé des enfants.
    Environ 50 millions de personnes dans le monde sont présentement contraintes au travail forcé, et des biens d'une valeur d'environ 20 milliards de dollars ayant pu être produits au moyen de l'esclavage moderne sont importés au Canada chaque année. Les pétitionnaires ajoutent que les grandes entreprises n'ont pas à produire de rapport concernant les mesures mises en place pour empêcher l'esclavage moderne dans leurs chaînes d'approvisionnement.
    Les pétitionnaires demandent à la Chambre des communes d'adopter le plus tôt possible le projet de loi S‑211, Loi édictant la Loi sur la lutte contre le travail forcé et le travail des enfants dans les chaînes d’approvisionnement et modifiant le Tarif des douanes. L'adoption de ce projet de loi appuierait l'impact du Canada dans le monde.

Les restrictions liées à la COVID‑19  

    Madame la Présidente, la prochaine pétition est signée par des Canadiens de partout au pays qui veulent qu'on cesse l'utilisation de l'application ArriveCAN et qu'on lève les mesures obligatoires relatives aux vaccins et toutes les restrictions liées à la COVID‑19. À l'heure actuelle, le gouvernement s'est contenté de suspendre certaines de ces mesures. Les pétitionnaires veulent que toutes ces mesures et restrictions soient éliminées.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de mettre définitivement fin à l'application de toutes les règles fédérales relatives aux vaccins et aux restrictions liées à la COVID‑19.

Les armes à feu  

     Madame la Présidente, la prochaine pétition provient de gens de partout au pays qui s'inquiètent de la santé et la sécurité des propriétaires d'armes à feu. Ils reconnaissent l'importance de posséder une arme à feu et la nécessité de réduire le bruit et se préoccupent des dommages auditifs causés par les niveaux de bruit préjudiciables générés par les armes à feu.
    Les pétitionnaires soulignent que le Canada est le seul pays du G7 à interdire légalement les silencieux. Par ailleurs, la majorité des pays du G7 reconnaissent les avantages des silencieux sur le plan de la santé et de la sécurité, et en permettent l'utilisation pour la chasse, le tir sportif et la réduction de la pollution sonore.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de permettre l'acquisition et l'utilisation de silencieux pour toutes les activités légales de chasse et de tir sportif.

La déduction pour les habitants de régions éloignées  

     Madame la Présidente, je présente une autre pétition, au nom de gens de ma circonscription qui habitent à Fox Creek et à Swan Hill, deux localités rurales et éloignées du Nord de l'Alberta. Ces gens réclament que leurs villes soient incluses parmi les collectivités de la zone intermédiaire visée par règlement, pour qu'ils puissent demander les déductions prévues pour les résidants du Nord de l'Alberta.
    À l'heure actuelle, la zone suit une ligne arbitraire dans le Nord de l'Alberta située à 15 kilomètres de leur lieu de résidence. Il serait avantageux pour eux d'avoir accès à cette déduction fiscale. Ni Fox Creek ni Swan Hills ne font partie de la zone intermédiaire visée par règlement, bien qu'il s'agisse bel et bien de localités rurales et très éloignées.
    Les pétitionnaires demandent donc au gouvernement d'inclure Swan Hills et Fox Creek parmi les collectivités de la zone intermédiaire visée par règlement et de permettre aux résidants de ces localités de réclamer les déductions pour les résidants du Nord de l'Alberta.

Les organismes de bienfaisance  

    Madame la Présidente, finalement, j’aimerais présenter une pétition au nom de Canadiens qui s’inquiètent que des organismes de bienfaisance soient à risque d’être ciblés en raison de leurs opinions.

  (1020)  

     Les pétitionnaires prient la Chambre des communes de veiller à ce que les organismes de bienfaisance qui ne partagent pas les opinions du gouvernement ne fassent pas l’objet de harcèlement, ne soient pas criminalisés et ne perdent pas leur statut d’organisme de bienfaisance. Ils exhortent le gouvernement à ne pas donner suite à la promesse énoncée dans sa plateforme électorale de 2021 de refuser le statut d’organisme de bienfaisance à certaines organisations.

Questions au Feuilleton

    Madame la Présidente, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Des voix: D’accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Loi no 1 sur l’allègement du coût de la vie (allègement fiscal ciblé)

L'hon. Mona Fortier (au nom de la ministre des Finances)  
     propose que le projet de loi C‑30, Loi modifiant la Loi de l’impôt sur le revenu (majoration temporaire du crédit pour la taxe sur les produits et services/taxe de vente harmonisée), soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Madame la Présidente, c’est un plaisir de prendre la parole aujourd’hui au sujet d’une importante mesure législative qui apporterait un appui considérable aux Canadiens de toutes les régions de notre pays. C’est une bonne journée.
    Nous veillons à ce que les Canadiens disposent d'un revenu disponible plus élevé pour les aider à faire face à des problèmes comme l’inflation en leur fournissant un appui financier supplémentaire, afin qu’ils puissent disposer d’un peu plus pour leurs dépenses. Il est très encourageant de voir l’appui manifesté envers l’adoption de ce projet de loi.
    Réfléchissons-y. Depuis de nombreuses années, le gouvernement, sous la direction du premier ministre, avec les conseils du Cabinet et des membres du caucus libéral, parle beaucoup de la classe moyenne du Canada et de ceux qui aspirent à en faire partie. Nous fournissons le soutien nécessaire pour montrer que nous pouvons bâtir une classe moyenne plus saine et plus forte.
    En évaluant l’importance de la classe moyenne du Canada, nous avons une meilleure idée de notre économie. Une classe moyenne en santé nous donne une économie en santé. Il y a de bonnes raisons pour que cela se produise. Nous vivons dans une société où la consommation de produits améliore la qualité de vie. Elle augmente la demande de produits manufacturés et de services locaux et elle crée des emplois.
    En fait, si nous regardons les premières années depuis que nous sommes au pouvoir, l’économie a connu une croissance relativement saine. Nous avons investi dans les infrastructures, concrètement, pour la première fois depuis de nombreuses années. Tout cela pour soutenir la classe moyenne du Canada et ceux qui aspirent à en faire partie.
    Nous avons investi dans les personnes qui avaient des besoins financiers beaucoup plus importants que d’autres Canadiens au bas de l’échelle des revenus des ménages. Nous l’avons fait en améliorant le programme national de garderies. Nous l’avons fait en aidant certains des aînés les plus pauvres du pays, des aînés qui ont un revenu fixe, et nous avons trouvé des moyens de faire en sorte qu’ils aient plus d’argent dans leurs poches, comme des augmentations substantielles du Supplément de revenu garanti. C’était pour nos aînés les plus démunis.
    Le gouvernement et le caucus libéral ont pour priorité de veiller à ce que nous ayons une économie qui est saine pour tous les Canadiens. Nous prenons cela très au sérieux. Sept jours sur sept, nous nous efforçons d’être là, de façon tangible, pour les Canadiens, où qu’ils vivent dans notre grand pays.
    Nous avons vu la réaction du Canada lorsque la pandémie a frappé le monde. Nous n'avions rien à envier à qui que ce soit relativement aux mesures que nous avons prises. Les résultats concrets que nous avons obtenus le montrent bien. La coopération entre les entités politiques a été excellente, et c'est encore ce que nous constatons aujourd’hui avec le projet de loi C-30, qui jouit d'un appui universel parmi les députés et qui sera donc adopté.
    Cela ressemble beaucoup à ce que nous avons vu pendant les premiers mois de la pandémie, lorsque le gouvernement s'est rendu compte que la pandémie aurait un coût. Nous avons décidé qu’il était préférable pour le gouvernement d’emprunter pour éviter les conséquences qu'auraient à subir la population et les petites entreprises si elles étaient livrées à elles-mêmes.
    C’est pourquoi nous avons consacré des milliards de dollars à aider les Canadiens comme le ferait le projet de loi C-30 en mettant de l’argent dans les poches des Canadiens.

  (1025)  

    Nous avons financé des programmes comme la PCU. Plus de neuf millions de Canadiens ont bénéficié de ce programme. Ce projet de loi prévoit de l'aide dont bénéficieraient plus de 11 millions de Canadiens et leur famille. Nous avons été présents pour soutenir les Canadiens.
    Nous avons soutenu les petites entreprises. Je demande aux députés de songer à ce qui serait arrivé si nous n’avions pas fourni des milliards de dollars aux petites entreprises pour les aider, que ce soit par le biais de prêts, de subventions au loyer ou de programmes de subventions salariales. Que se serait-il passé sans les milliards de dollars qu'ont reçus les Canadiens moyens? Ces mesures ont coûté cher, ce qui signifie que nous avons dû emprunter.
    Ces derniers jours, les conservateurs ont beaucoup critiqué le gouvernement en parlant du déficit et en essayant de se positionner comme s’ils n’avaient pas appuyé les dépenses du gouvernement pendant la pandémie. Ils affirment que nous avons le déficit le plus élevé de tous les gouvernements de l’histoire du Canada tout en sachant très bien qu’ils ont voté pour les milliards de dollars d'emprunts visant à soutenir les Canadiens pendant la pandémie mondiale.
    Maintenant, après la pandémie, même si elle n’est pas complètement terminée, ils commencent à changer d’attitude à l’égard de l’argent que nous avons dû emprunter pour soutenir les petites entreprises et les Canadiens pendant la pandémie. Cela témoigne de la mentalité politique des conservateurs. Nous l’avons constaté. Des politiques du Parti conservateur auraient été désavantageuses pour les Canadiens, à mon avis. Le Parti conservateur fait maintenant volte-face, ce qui devrait inquiéter les Canadiens.
    Je suis en train d'énoncer des faits, et non de parler simplement pour remplir les pages du hansard. S'agissant des politiques que préconise le Parti conservateur, rappelons-nous qu'il y a moins d’un an, le chef actuel de ce parti donnait des conseils sur l'économie à qui voulait l’entendre et disait que la cryptomonnaie, le bitcoin, était un bon moyen de lutter contre l’inflation. C’est ce qu’il disait aux Canadiens il y a moins d’un an, alors qu’il critiquait le gouverneur de la Banque du Canada.
    Le député d’Abbotsford le sait très bien. Après tout, il a donné à ce candidat à la chefferie quelques conseils judicieux, qui ont été bien accueillis, non seulement par le caucus libéral, mais aussi par Bay Street et, de façon générale, par tous ceux qui comprennent l’importance de la Banque du Canada et de son gouverneur.
    Des voix: Oh, oh!

  (1030)  

    Pouvons‑nous nous entendre pour dire que ce n'est pas une conversation? Un député est en train de prononcer un discours. Les députés pourront donc faire leurs observations durant la période des questions et observations. Cela s'applique aux deux côtés de la Chambre.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, cela ne me dérange pas du tout de me faire chahuter. Ceux qui le font peuvent continuer si cela leur chante. Au bout du compte, le député d'Abbotsford avait raison, et il le sait. Malheureusement, il y a eu un coût, mais j'y reviendrai un autre jour. En tout respect, je sais que, dans ce cas précis, il a eu raison.
    Toutefois, nous devons nous rappeler que le chef du Parti conservateur disait aux gens que le gouverneur de la Banque du Canada faisait un mauvais travail et qu'il le renverrait. Il conseillait aux Canadiens d'acheter des cryptomonnaies. Je me demande s'il y a des députés conservateurs qui ont suivi ce conseil. Est‑ce que tous les conservateurs qui ont acheté des cryptomonnaies voudraient bien lever la main? Après tout, ils souhaiteraient certainement impressionner leur chef. Je me demande combien d'entre eux ont suivi les conseils du député de Carleton, le chef actuel du Parti conservateur.
    Une voix: Le député d'Abbotsford ne l'a pas fait.
    M. Kevin Lamoureux: Madame la Présidente, non, le député d'Abbotsford ne l'aurait pas fait. Je suis d'accord. Cela dit, nous pouvons imaginer qu'il y a des personnes qui l'ont fait. C'est un peu triste parce que beaucoup de gens que nous représentons croient ce que nous leur disons. J'ai l'impression que, lorsqu'un candidat à la direction d'un parti politique recommande à la population d'investir dans les cryptomonnaies, c'est exactement ce que font de nombreux Canadiens.
    Hélas, ceux qui ont suivi ce conseil ont perdu beaucoup d’argent. Je crois qu’une estimation prudente serait d’au moins 20 %, et certains pourraient même dire que c’est beaucoup plus que cela. Mon collègue pense que le pourcentage pourrait être beaucoup plus élevé.
    L’essentiel est que c’est le type de conseil économique qui a été donné, mais cela ne s’arrête pas là. Rappelons-nous qu'au départ, le Parti conservateur avait décidé de ne pas appuyer le projet de loi C-30, dont nous débattons aujourd’hui. J'ose croire que ce sont les réactions dont le Parti conservateur a eu vent ces derniers jours qui l'ont fait changer d’avis, en fin de compte, et je suis heureux qu’il l’ait fait parce que c’est un bon projet de loi.
    Cependant, au départ, ils n’allaient pas l’appuyer. C’est en partie parce que, selon le Parti conservateur, dès que de l'argent est prélevé parmi les Canadiens, il s'agit d'une taxe, comme nous l'indique un député d’en face. C’est lamentable comme affirmation, et je vais le montrer par deux exemples sous peu. Je crois que les conservateurs ont appuyé le projet de loi C-30 après avoir été pointés du doigt pour leur position honteuse. J’aimerais les voir changer leur fusil d'épaule également en ce qui a trait au projet de loi C-31.
    Si les conservateurs veulent que les enfants de moins de 12 ans qu’ils représentent dans leurs circonscriptions et qui n’ont pas de régime d’assurance dentaire puissent avoir accès à des services dentaires, ils devraient appuyer le projet de loi C-31, et non faire de l’obstruction. C’est ainsi que les enfants recevront les services dentaires dont ils ont besoin. Bon nombre d'enfants qui ne reçoivent pas de soins dentaires se retrouvent souvent à l’hôpital, où ils doivent subir une intervention chirurgicale pour des problèmes qui auraient pu être évités. Le projet de loi C-31 serait utile pour prévenir ce genre de problème, sans compter qu’il fournirait de l'aide financière aux locataires.
    Cependant, les conservateurs ne veulent pas appuyer cette mesure. Ils prétendent que c'est à cause des taxes, et j’ai dit avoir l'intention de soulever deux ou trois questions à ce sujet. Il y a quelques années, lorsque j’étais dans l’opposition, j’étais assez déçu que Stephen Harper ne reconnaisse pas l’importance du Régime de pensions du Canada. Les cotisations à ce régime sont un investissement, et non une taxe. Les conservateurs sont prêts à soutenir aujourd’hui, comme ils l’ont déjà fait dans cette enceinte, que les cotisations à ce régime sont une taxe.

  (1035)  

    Stephen Harper a refusé de négocier avec les premiers ministres provinciaux et de leur parler de l’augmentation des cotisations au Régime de pensions du Canada. Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons collaboré avec tous les partis politiques, ainsi qu’avec les provinces et les territoires, pour conclure une entente visant à augmenter les cotisations au Régime de pensions du Canada, ce que le Parti conservateur appelle aujourd’hui une « taxe ». En réalité, ces cotisations permettent aux personnes qui travaillent aujourd’hui d’investir dans leur retraite, de sorte que, lorsqu’elles la prendront, elles disposeront d’un revenu disponible plus important.
    Le Parti conservateur du Canada est tout seul dans son camp. Contrairement aux partis conservateurs provinciaux, il pense que le Régime de pensions du Canada n'est pas important et qu'il ne vaut pas la peine de s’assurer que les gens ont un revenu disponible plus élevé au moment de la retraite.
    On voit bien que la confusion règne au Parti conservateur en matière de fiscalité. Les députés se souviennent-ils que j’ai parlé de volte-face? J'ai dit que c'était comme le poisson que le pêcheur sort de l'eau et pose sur le quai. Le poisson gigote et se retourne un peu n'importe comment. C'est un peu l'image qui me vient à l'esprit lorsqu'il est question des volte-face du Parti conservateur du Canada, dans le genre de celle qu'il a faite au sujet de la tarification de la pollution, un autre dossier où il est vraiment isolé.
    En 2015 et 2016, des gouvernements du monde entier ont déclaré ensemble, dans le cadre de l'Accord de Paris, que nous devions nous occuper de l’environnement et qu’une des meilleures façons de le faire consistait à employer la tarification de la pollution comme moyen capable d'avoir un effet réel dans le sens de la politique à mettre en œuvre. Quand l’accord a été conclu et que le premier ministre, accompagné d’une délégation de différentes provinces, est rentré de Paris, l’enthousiasme était grand. À la Chambre des communes, seul le Parti conservateur s'est montré défavorable à l'accord.
    Les conservateurs ont changé de chef, comme les députés s’en souviennent peut-être. Peu après le deuxième changement de chef, le Parti conservateur a changé d’avis, ce qui a été bien accueilli. J’ai pris la parole à la Chambre pour féliciter les conservateurs d’avoir changé d’avis sur la question, ce dont le hansard peut attester. Bon nombre d’entre eux ont enfin reconnu que les changements climatiques étaient réels et qu'il était souhaitable de tarifer la pollution.
    Rappelons-nous un instant la campagne électorale de l'année dernière. Il n'y a pas si longtemps, nous étions en train de frapper aux portes des électeurs. Que leur disaient les candidats du Parti conservateur? Ils leur disaient adhérer à l'idée de la tarification de la pollution. Le chef et les candidats du Parti conservateur insistaient pour dire que leur plateforme comprenait la tarification de la pollution. Par la suite, les conservateurs ont encore changé d'avis. Le parti a un nouveau chef et une nouvelle orientation. Ceux qui nient l’existence des changements climatiques tiennent le haut du pavé dans le parti, et le chef de l’opposition officielle dit maintenant que les conservateurs vont supprimer la tarification de la pollution, ou la taxe sur le carbone, comme il l’appelle.
    Rappelons-nous que la taxe fédérale sur le carbone n’est appliquée qu’en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Le Parti conservateur fédéral a-t-il l'intention d'annoncer à ces provinces et aux autres où le programme national n'est pas en vigueur qu’il va supprimer toute tarification de la pollution? J’aimerais bien voir les négociations qui s’engageraient autour de cette idée. Le Parti conservateur est-il en train de dire que seules certaines régions du Canada devraient tarifer la pollution?

  (1040)  

    Voilà pourquoi je vois d'un bon œil ce qui se passe dans le cas du projet de loi C- 30. Il est encourageant de voir les conservateurs changer d’avis et appuyer le projet de loi C-30. Je m’en réjouis. J’aimerais qu’ils revoient leur position concernant les mesures qui apportent une aide bien tangible aux Canadiens, comme je l'ai souligné. Ce qu’ils peuvent faire, entre autres — et je termine mon intervention par ce souhait —, c’est non seulement appuyer le projet de loi C-30, mais appuyer aussi le projet de loi C-31. Ils devraient le faire en pensant aux personnes qui ont besoin de la prestation pour le logement locatif ainsi qu'aux enfants de moins de 12 ans dont les parents n'ont pas accès à un régime d'assurance dentaire.
    Madame la Présidente, le député a parlé de la taxe sur le carbone, mais il n'a pas mentionné l'intention du gouvernement de tripler — j'ai bien dit tripler — la taxe sur le carbone. Pour les Canadiens qui ont déjà de la difficulté à joindre les deux bouts, le fait de tripler cette taxe inefficace...
    M. Mark Gerretsen: Il a bien dit tripler.
    M. Garnett Genuis: Madame la Présidente, le député de Kingston et les Îles a dit « tripler ». Il écoute, pour une fois.
    Les libéraux veulent tripler cette taxe qui n'a rien amélioré sur le plan environnemental. Les libéraux n'ont atteint aucune de leurs cibles. Le député a aussi parlé des premiers ministres des provinces. Or, certains d'entre eux, comme le premier ministre de Terre‑Neuve, appuient le principe qui sous-tend la taxe sur le carbone, mais s'opposent vivement à l'intention du gouvernement de l'augmenter l'année prochaine et de la tripler par la suite.
    Le député va-t-il répudier la décision de tripler la taxe sur le carbone ou expliquer pourquoi le gouvernement compte tripler le fardeau des Canadiens?
    Madame la Présidente, ce fut intéressant hier, lorsque les députés conservateurs se sont levés pendant la période des questions et ont scandé en anglais « triple, triple, triple ». Cela m'a fait penser au « double-double » de Tim Hortons.
    Je me demande si quelqu'un est passé par le service au volant et s'est dit: « Tiens, j'ai une idée. Si on s'inspirait du double-double de Tim Hortons et qu'on clamait “triple, triple, triple” »? Voilà la seule idée qui me vient à l'esprit. Je n'ai aucune idée d'où ils tirent ce slogan « triple, triple, triple ». Essaient-ils encore de berner les Canadiens avec une phrase stupide? Cela n'a aucun sens.
    L'essentiel...
    Des voix: Oh, oh!
    Puis-je rappeler aux députés que les interprètes doivent composer avec tous les bruits de fond? C'est très difficile pour eux, alors pouvons-nous permettre au secrétaire parlementaire de terminer sa réponse à l'honorable député?
    Madame la Présidente, ce qui est très clair, c'est que les négationnistes du climat l'emportent une fois de plus au sein du Parti conservateur du Canada. Je pense que les voix qui ont été réduites au silence dans ce parti doivent revenir et essayer de ramener un peu plus de bon sens chez les conservateurs aujourd'hui.

[Français]

    Madame la Présidente, mon collègue de Winnipeg‑Nord sera sûrement d'accord avec le Bloc québécois pour dire que lorsqu'on veut contrer l'inflation et éviter la récession, il faut des solutions durables et des mesures intelligentes. Il ne faut pas aller dans le mur-à-mur. Il faut surtout se tenir très loin de mesures qui sont peut‑être populaires, pour ne pas dire populistes, mais qui, au fond, ne sont pas de réelles solutions.
    En ce sens, il faut simplement se tenir loin des mesures qui consistent à essayer de faire des gains électoraux.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis d'accord avec le député du Bloc. L'inflation est bien réelle, nous en sommes conscients. Qu'elle soit liée aux effets de la guerre en Europe ou à la pandémie, nous savons qu'il y a de l'inflation partout dans le monde. Certes, le Canada s'en tire exceptionnellement bien: ses taux d'inflation sont inférieurs à ceux qu'on voit aux États-Unis, en Angleterre et en Europe, mais il faut tout de même agir. C'est pourquoi le premier ministre, les députés du caucus libéral et d'autres personnes s'efforcent d'élaborer et de soutenir des idées ciblées qui nous permettraient d'aider les personnes qui en ont le plus besoin.
    Du côté des personnes qui ont un revenu fixe, l'augmentation de 10 % de la Sécurité de la vieillesse accordée aux personnes de 75 ans et plus est d'une importance considérable. On parle ici de centaines de millions de dollars. Les projets de loi C‑30 et C‑31 feraient exactement ce qui...

  (1045)  

    Nous poursuivons les questions et observations. Le député de Cowichan—Malahat—Langford a la parole.
    Madame la Présidente, il est agréable de profiter de ce moment à la Chambre des communes puisqu’il semble que nous ayons le consentement unanime de la Chambre sur ce projet de loi. Tous les députés sont conscients qu’il s’agit d’une mesure ciblée qui est destinée à des gens qui en ont désespérément besoin.
    Avant que les libéraux s’envoient trop de fleurs, je tiens à leur rappeler que, tout au long des mois de mai et juin, le chef du NPD, le député de Burnaby-Sud, a demandé à plusieurs reprises au gouvernement de prendre cette mesure, car les familles en avaient besoin à l’époque. Oui, le projet de loi C-30 est le bienvenu, même s’il arrive un peu tard. Qu’est-ce qui a changé chez les libéraux? Pourquoi n’ont-ils pas constaté ce besoin en mai et en juin quand les néo-démocrates ont réclamé cette mesure pour la première fois?
    Madame la Présidente, nous devons replacer les choses dans la perspective de l’époque et de la façon dont le gouvernement élabore ses politiques. Pour ma part, j’ai toujours défendu énergiquement l’assurance-médicaments. C’est un domaine dans lequel le gouvernement pourrait élargir son action. J’ai aussi souvent parlé des soins dentaires. Je suis très heureux que nous ayons pu obtenir les éléments inclus dans le projet de loi C-31 et j’apprécie les contributions et l’appui du NPD.
    Les Canadiens ont élu un gouvernement minoritaire et ils s’attendent à ce que les députés de l’opposition et du gouvernement travaillent de concert. Nous avons au moins deux entités politiques à la Chambre qui ont jugé bon de proposer l’idée d’offrir, dans un premier temps, des services dentaires aux enfants de moins de 12 ans. À mon avis, c'est un élément positif et je me réjouis de poursuivre les discussions sur la façon dont nous pouvons aider les Canadiens en cette période difficile.
    Madame la Présidente, je suis d’accord avec le député de Winnipeg-Nord pour dire que nous devons aider ceux qui en ont le plus besoin.
    J’ai deux questions à poser au secrétaire parlementaire. Premièrement, les crédits d’impôt remboursables comme le crédit pour la TPS sont indexés annuellement en fonction de l’inflation. Il pourrait être indexé sur une base trimestrielle, comme c’est déjà le cas pour les prestations aux personnes âgées. Pourquoi n’est-ce pas prévu dans ce projet de loi?
    Deuxièmement, en ce qui concerne la prestation pour les personnes handicapées, j’ai demandé ici même hier soir au secrétaire parlementaire un échéancier pour savoir quand le projet de loi C-22 serait déposé à nouveau à la Chambre. Il a déjà été débattu une fois. Il s’agit de donner aux personnes handicapées une certaine assurance que la prestation sera mise en œuvre. Nous n’en voyons pas encore la preuve. Le secrétaire parlementaire peut-il s’engager sur une date à laquelle le projet de loi C-22 sera de nouveau débattu à la Chambre?
    Madame la Présidente, en ce qui concerne la première question, je suggère au député de s’asseoir et d’en parler à la ministre des Finances. Je suis sûre qu’elle serait plus qu’heureuse de lui expliquer pourquoi cela risque de ne pas pouvoir se produire. Je ne connais pas la réponse.
    En ce qui concerne le projet de loi C‑22, je peux assurer au député que la ministre responsable du projet de loi sur la prestation pour les personnes handicapées est très enthousiaste et souhaite que le projet de loi soit déposé de nouveau. Malheureusement, comme le temps de débat à la Chambre est limité, nous ne pouvons présenter qu’un nombre limité de projets de loi. Par exemple, j’aurais aimé débattre de ce projet de loi aujourd’hui, mais le problème qui se pose, c’est que nous devons faire adopter les projets de loi C‑30 et C‑31.
    Il y a un certain nombre de projets de loi. Si nous avions plus d’occasions de présenter des projets de loi du gouvernement, ce serait probablement l’idéal. Par exemple, le projet de loi C‑30 a l’appui universel de tous les députés, d’après ce que je peux voir. Nous pourrions l’adopter dès que je me serai assis et passer directement au projet de loi sur la prestation pour les personnes handicapées. Je serais en faveur de procéder ainsi.

  (1050)  

    Madame la Présidente, j’aimerais féliciter le secrétaire parlementaire et son équipe d’avoir réussi à faire bénéficier les Canadiens d’une inflation de plus de 10 % sur les aliments ce qui, j’en suis sûr, réjouit ses concitoyens. Cette inflation est due en grande partie à la taxe sur le carbone. Elle s’insère partout dans la chaîne logistique et elle s’additionne et rejaillit ensuite sur les consommateurs. Cependant, elle ne réduit pas nos émissions au Canada.
    Aux États‑Unis, les émissions ont été réduites sans taxe sur le carbone. Je me demande si le secrétaire parlementaire peut expliquer à la Chambre comment cela est possible.
    Madame la Présidente, je suppose que le député veut continuer à se concentrer sur la propagande conservatrice concernant ce qu’il appelle la taxe sur le carbone ou le prix de la pollution. Je ne suis pas du tout d’accord sur la question.
    On pourrait faire une comparaison lorsqu’il parle d’une augmentation de 10 % des prix de l’épicerie. Le Canada est un vaste pays. Les provinces, les municipalités, le gouvernement fédéral: nous avons tous une part dans notre taux d’inflation. Même le député d’Abbotsford en est conscient, je crois. Voilà pourquoi nous constatons des variations du taux d’inflation d’une région à une autre. Il est tout simplement faux de dire que l’inflation n’existe qu’en raison de la tarification de la pollution. Le député doit acquérir une compréhension plus complète des raisons pour lesquelles nous avons de l’inflation.
    Je l’encouragerais à reconnaître deux points brefs. Le premier est que l’inflation est présente partout dans le monde et que le Canada s’en tire relativement bien. Le deuxième est que le gouvernement fait tout ce qu’il peut pour rendre la vie abordable pour tous…
    Nous devons reprendre le débat.
    Le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon a la parole.
     Madame la Présidente, c'est avec plaisir que je prends la parole au sujet du projet de loi C‑30.
    Hier, j'ai été intrigué par un sondage commandé par la firme comptable nationale MNP, qui a révélé que la moitié des résidants de la Colombie-Britannique ont du mal à mettre de l'argent de côté et que 46 % des personnes interrogées dans le cadre du sondage Ipsos estiment que le transport devient de plus en plus inabordable. En outre, 40 % des Britanno-Colombiens ont déclaré que le logement représentait un problème réel et important. Il n'est cependant pas nécessaire de réaliser un sondage Ipsos ou de lire un article dans Business in Vancouver pour comprendre et savoir ce qui se passe dans notre province ni connaître les principaux problèmes que vivent les gens en ce moment.
    Avant de continuer, je veux demander le consentement unanime pour partager mon temps de parole avec le député de Coast of Bays—Central—Notre Dame.
     Le député a-t-il le consentement unanime?
    Des voix: D'accord.
    Madame la Présidente, pas plus tard que l’autre soir, je me suis arrêté prendre de l’essence à la station Centex à Abbotsford. J’ai dû faire un plein à 2,23 $ le litre pour me rendre à l’aéroport. Je conduis une RAV4, mais même un plein de RAV4, à 150 $, c’est cher.
    Le prix de l’épicerie au Superstore d’Abbotsford n’arrête pas de grimper. J’ai préparé un souper familial dimanche soir et j’ai remarqué le prix du filet de poisson, de la morue du Pacifique, que ma famille a mangé. J’ai payé plus de 30 $ pour un morceau de poisson pour nourrir ma famille ce soir-là. Le poisson a augmenté de 10,4 %. C’est un aliment de base en Colombie-Britannique, et il devient de plus en plus difficile d’en acheter. Le beurre et les œufs ont augmenté de 10 % et 16 %, respectivement. La margarine a augmenté de 37,5 %; les pâtes, de 32,5 %; tous les fruits frais, de 13,2 %; le café, de 14,2 %; les pommes de terre, de 10,9 %. Je pourrais continuer, mais le fait est qu’il devient de plus en plus difficile pour les familles d’acheter de la nourriture.
    En Colombie-Britannique, nous avons aussi le problème des coûts du logement les plus élevés du Canada et peut-être, dans certains cas, de beaucoup de régions d’Amérique du Nord. Aujourd’hui, une maison moyenne coûte plus de 918 000 $ en Colombie-Britannique. Même pour quelqu’un qui a un revenu à six chiffres aujourd’hui, la probabilité de réussir à épargner en prévision d’un prêt hypothécaire pour pouvoir payer la taxe de transfert de propriété, les frais juridiques et tout ce qui entre dans l’achat d’une maison, est très, très mince. Pour de jeunes parents qui travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille, même s’ils gagnent 100 000 $, il est difficile en ce moment d’économiser pour une maison en rangée ou un appartement. De manière générale, les Britanno-Colombiens ont du mal à joindre les deux bouts.
    Linda Paul, de MNP, faisait remarquer dans une enquête qu’en effet, le coût de la vie ne cesse d’augmenter et que les Canadiens consacrent une plus grande part de leur salaire aux biens de première nécessité dont je viens de parler. D’autres hausses des coûts, dit-elle, pourraient mettre beaucoup de gens dans des situations délicates.
    Cela nous amène au projet de loi à l’étude aujourd’hui, le projet de loi C-30 qui modifie la Loi de l’impôt sur le revenu afin de doubler pendant six mois le crédit pour la taxe sur les produits et services ou la taxe de vente harmonisée, ce qui fait augmenter le montant du crédit de 50 % pour l’année de prestation 2022-2023. L’admissibilité au paiement repose sur le revenu déclaré à l’ARC l’année financière précédente. À l’intention de mes concitoyens et des autres Canadiens qui écoutent, en juillet, le gouvernement pourrait envoyer une lettre expliquant à quels crédits les gens sont admissibles. Si l’avis annonçait au destinataire qu’il allait recevoir le crédit pour la TPS, il peut en conclure qu’il recevra, en fait, le double du montant annoncé. Les paiements sont généralement faits trois ou quatre fois par an. Le prochain arrive demain, le 5 octobre; le deuxième tombe le 5 janvier et le troisième, le 5 avril. Si le projet de loi est adopté par les deux chambres du Parlement, les citoyens peuvent s’attendre à ce que, le 5 janvier et le 5 avril, le montant de leur crédit pour la TPS soit doublé.
    Il importe aussi de savoir que, en examinant le calendrier des paiements du gouvernement du Canada, on constate que, en général, le crédit pour la TPS est accordé seulement aux Canadiens qui gagnent moins de 60 000 $. Le directeur parlementaire du budget a également indiqué à quoi équivaudrait, en général, le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd'hui pour une famille moyenne. Une personne seule toucherait 369 $ de plus et un parent seul avec un enfant, 402 $ de plus. Cette mesure est bel et bien nécessaire et elle est bien accueillie par beaucoup de personnes qui ont du mal à payer leurs dépenses de base, comme l'épicerie et l'essence, auxquelles elles doivent affecter aujourd'hui une plus grande part de leur salaire.
    Même si le gouvernement a présenté le présent projet de loi, que les conservateurs appuieront de bonne foi, je m'en voudrais de ne pas souligner que celui-ci ne fait rien pour régler les problèmes structurels qui affectent actuellement l'économie canadienne. Les problèmes structurels sont de plus en plus nombreux. Les entreprises de tout le Canada ont de plus en plus de difficultés à planifier leur avenir.

  (1055)  

    L’insolvabilité des petites entreprises est en hausse. Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, une entreprise sur six envisage de fermer ses portes, et 62 % des petites entreprises ont encore des dettes liées à la pandémie. Autrement dit, l’environnement où les entreprises et les travailleurs évoluent est risqué. Il fait peur. Je sais que des députés ont visité des entreprises cet été, comme je l’ai fait dans Mission—Matsqui—Fraser Canyon. Si les entreprises des circonscriptions représentées par des députés libéraux ressemblent aux entreprises du canyon et de la vallée du Fraser, que je représente, ceux-ci sont conscients qu'elles sont en difficulté et qu'elles ne savent pas quoi faire.
    J’ai eu l’occasion de visiter la Lillooet Brewing Company, qui est sur le point d’ouvrir ses portes. Sam, l’un des deux propriétaires, est un expert en approvisionnement de produits agricoles. D’emblée, il a dit que le démarrage de son entreprise a été la chose la plus difficile qu’il ait jamais faite, mais que l’acquisition de l’équipement et des produits nécessaires pour faire fonctionner son entreprise est de plus en plus difficile et qu’il y est parvenu de justesse. Il a parlé d'avoir les moyens d’acheter une cuve en aluminium pour brasser sa bière. Il a parlé de la hausse vertigineuse du coût des intrants pour des produits comme l’orge et le malt. Il ne sait pas comment il va réussir à résoudre tous ces problèmes.
    J’ai entendu des représentants de l’industrie touristique de ma circonscription, de Fraser Valley RV et d’autres entreprises semblables se demander si, compte tenu de l’augmentation généralisée du coût des intrants de l’équipement, ils peuvent planifier la construction et l’assemblage d’autres véhicules récréatifs. Dans bien des cas, lorsqu’ils additionnent les coûts de l’énergie et des biens fonciers qu’ils supportent, ainsi que les taxes supplémentaires sur le Régime de pensions du Canada et sur la masse salariale qu’ils paieront au nom de leurs employés, ils se demandent s’ils veulent continuer à faire des affaires au Canada. J’ai entendu le même commentaire de la part des gens de KMS Tools, à Abbotsford, qui m’ont dit qu’ils n’allaient plus investir au Canada parce qu’ils ne pensent pas que le gouvernement travaille pour eux. Tout ce qu’ils veulent, c’est créer de l’emploi et produire des choses pour aider les gens à vivre mieux, mais ils ne pensent pas pouvoir le faire en ce moment.
    Par conséquent, je lance au gouvernement un appel très simple. Il devrait se pencher sur les défis structurels qui confrontent l’économie canadienne et sur les principaux problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement qu'il faut résoudre. Il devrait examiner comment les entreprises canadiennes sont en mesure d’obtenir les produits dont elles ont besoin pour fabriquer des choses au Canada et s’attaquer au problème. Nous n’allons pas y arriver du jour au lendemain, mais ce que les entrepreneurs canadiens veulent entendre, c'est que le gouvernement du Canada va déployer un effort raisonnable pour aller dans la bonne direction.
    Le deuxième point que je voudrais soulever concernant ce que le gouvernement pourrait faire en ce moment a trait à l’agriculture. J’ai souligné au début de mon intervention que le prix de la margarine a augmenté de 37,5 %, essentiellement à cause de produits comme l’huile de canola. Le Canada a l’occasion, surtout compte tenu de la perturbation mondiale de la production agricole, d’aider les agriculteurs canadiens et de jouer un rôle dans la lutte contre la pénurie alimentaire. Le Canada veut être un acteur mondial de la production d’aliments, et le gouvernement actuel peut l’aider à y parvenir s’il s’écarte du chemin et qu'il cesse de menacer les agriculteurs avec les coûts futurs des intrants agricoles, comme les engrais.

  (1100)  

    Madame la Présidente, j’ai écouté attentivement le député d’en face et sa description des problèmes auxquels les entreprises sont confrontées. Les entreprises de Guelph, du Canada dans son ensemble et du monde entier se heurtent à des défis similaires en matière d’approvisionnement. Nous vivons actuellement une inflation de l’offre. À l'heure actuelle, toutes les entreprises ont du mal à pouvoir importer des produits ou les faire produire par la main-d’œuvre, ce qui cause l’inflation que nous observons.
    Le projet de loi dont nous sommes saisis aujourd’hui vise à aider les jeunes familles à fournir des soins dentaires à leurs jeunes enfants. Il s’agit d’une mesure très ciblée qui n’ajoutera pas de coûts inflationnistes. Le député pourrait-il expliquer pourquoi ce programme ciblé, conjugué aux crédits pour la TPS et les soins dentaires, ne va pas stimuler l’inflation causée par les problèmes qu’il a décrits?
    Madame la Présidente, j’ai lu le projet de loi C‑30 ce matin, et il ne mentionne aucunement les soins dentaires. Comme je l’ai dit, le projet de loi C‑30 porte sur le crédit pour la TPS. Le projet de loi dont nous sommes saisis aura pour effet de doubler le crédit pour la TPS pour les Canadiens qui y ont droit. Les soins dentaires font l’objet d’un autre projet de loi dont la Chambre est saisie, et le Parlement n’en débat pas aujourd’hui.
    Je reconnais que le député a exposé les défis structurels liés à la main-d’œuvre et aux chaînes d’approvisionnement. Cependant, je préférerais de loin que le gouvernement présente une stratégie visant à faire circuler les marchandises au Canada et à redonner aux entreprises leur capacité de production. Ce n’est pas ce que propose le projet de loi, et ces difficultés perdureront bien plus longtemps que six mois, lorsque le crédit pour la TPS dont nous parlons aujourd’hui prendra fin.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon de son brillant exposé. J'aimerais savoir si, selon lui, cette mesure est équitable pour l'ensemble des citoyens ou si, au contraire, ce n'est pas le cas.
    Si c'est équitable, j'aimerais que mon collègue m'explique de quelle façon il comprend l'équité.
    Madame la Présidente, la mesure dont nous discutons à la Chambre aujourd'hui concerne seulement certaines personnes.

  (1105)  

[Traduction]

    Elle s’adresse uniquement aux personnes qui gagnent moins de 60 000 $. Comme je l’ai souligné dans mon intervention, elle ne s’appliquera qu’aux Canadiens qui étaient déjà admissibles au crédit pour la TPS. Ce projet de loi ne vise que les Canadiens qui ont reçu un avis de crédit pour la TPS en juillet, lorsque le gouvernement a envoyé ces lettres.
    Madame la Présidente, je remercie le député de son intervention. Je sais qu'il défend admirablement les intérêts de sa circonscription. Je me réjouis qu'il ait parlé des microbrasseries. Ma circonscription compte plus de brasseries artisanales par habitant que partout ailleurs au Canada.
    Le député peut-il faire part de ses observations sur la proposition des microbrasseurs visant à restructurer la taxe d'accise sur la bière, afin d'alléger le fardeau des petites brasseries artisanales et, du même coup, de freiner la flambée des prix due à cette taxe?
    Madame la Présidente, je remercie le député de Penticton dans la région d'Okanagan‑Sud de son excellente question. En fait, les producteurs de bière, de spiritueux et de vin de la circonscription de Mission—Matsqui—Fraser Canyon, à l'instar de ceux de sa circonscription, se demandent pourquoi, en pleine crise inflationniste, le gouvernement leur impose une taxe additionnelle.
    Plusieurs milliers de personnes travaillent dans ces secteurs en Colombie‑Britannique. Ces travailleurs souhaitent simplement gagner leur vie honnêtement, en allant au travail pour fabriquer un produit que les consommateurs apprécient. Or, le gouvernement leur complique la tâche. Je me réjouis de voir que le NPD se range du côté du Parti conservateur pour s'opposer à cette mesure fiscale punitive imposée à nos producteurs.
    Madame la Présidente, je remercie le député. J'estime qu'il a brossé un tableau réaliste de la crainte et de l'anxiété qui existent non seulement chez les entrepreneurs, mais aussi les résidants de la région. J'ai parcouru le Canada cet été et je me suis entretenu avec un grand nombre de jeunes. Ils ne sont ni craintifs ni anxieux; ils sont plutôt découragés.
    Quels sentiments habitent les jeunes de la circonscription du député à l'heure actuelle?
    J'invite le député de Mission—Matsqui—Fraser Canyon à répondre très brièvement.
    Madame la Présidente, en fin de semaine, j'ai eu l'occasion de passer du temps avec un certain nombre de jeunes hommes lors d'un événement sportif à Abbotsford. J'ai demandé à l'un d'entre eux s'il était le propriétaire ou le locataire de sa résidence. Il m'a répondu: « Merci d'avoir même pensé que j'aurais l'occasion d'acheter une maison. Je doute que cela soit un jour possible. » Il s'agissait d'un jeune homme instruit qui s'était récemment marié et il ne voit pas dans son avenir la possibilité de posséder un jour une maison. Nous devons restaurer à ces jeunes gens découragés le rêve de l'accession à la propriété, le rêve de voir leur chèque de paie les mener loin...
    Nous devons reprendre le débat.
    Le député de Coast of Bays—Central—Notre Dame a la parole.
    Madame la Présidente, je suis heureux de prendre la parole aujourd'hui à propos du projet de loi C‑30, le projet de loi visant l'inflation, car la capacité financière des résidants de Coast of Bays—Central—Notre Dame m'inquiète terriblement.
    Nous savons tous que ce texte législatif sera adopté, mais il est de notre devoir, à titre de loyale opposition de Sa Majesté, de débattre ici des textes législatifs, voire d'y apporter des améliorations pendant leur étude en comité. Le gouvernement a adopté des mesures législatives extrêmement nocives depuis son arrivée au pouvoir, en 2015, alors qu'il profitait de surplus budgétaires et d'une inflation d'à peine 1,13 %.
    La taxe sur le carbone découle de telles mesures législatives libérales préjudiciables. Désormais en vigueur, elle doit tripler, et sa valeur continuera d'augmenter. D'ici 2030, la taxe sur le carbone représentera près de 50 ¢ le litre de carburant, et c'est sans compter la TVH. Les Canadiens payeront donc presque 60 ¢ le litre de carburant de plus que lorsqu'ils ont voté pour les voies ensoleillées promises.
    Lorsque les marchandises arrivent à la porte arrière d’une épicerie et que la facture est remise au propriétaire, il y a une ligne au bas de la facture qui indique « supplément carburant », mais il ne s’agit pas d'un coût unique sur les marchandises. Les augmentations du prix du carburant se répercutent sur tous les points de la chaîne logistique. Ainsi, le prix des marchandises reflète toutes ces surcharges de carburant inflationnistes quand elles atteignent le dernier maillon de la chaîne, le consommateur canadien. Par conséquent, nous considérons la taxe sur le carbone comme une cause majeure d’inflation pour chaque famille monoparentale, chaque aîné et chaque famille en difficulté au Canada. D’ici 2030, les députés peuvent-ils imaginer l’effet qu’aura la taxe sur le carbone sur les ménages canadiens?
    Ce que nous voyons ici aujourd’hui n’est que la pointe de l’iceberg. Hier, le gouvernement a voté contre notre motion visant à mettre fin à l’augmentation de la taxe sur le carbone. Au lieu de cela, une fois de plus, le guichet automatique du gouvernement est prêt à ajouter encore plus de carburant inflationniste sur le feu.
    Mes concitoyens me disent tous les jours que les temps étaient durs avant, mais que maintenant, après sept ans sous un gouvernement libéral animé par un désir insatiable de dépenser, il est plus difficile que jamais de joindre les deux bouts.
    J’ai entendu le témoignage de Julie, une mère seule qui ne peut plus inscrire ses deux enfants au soccer parce que cela lui coûterait trop cher de les conduire aux matchs et aux entraînements. Sous le gouvernement libéral, selon les statistiques, le coût du transport a augmenté de 10,3 %. J’ai entendu le témoignage de Mary, une personne âgée qui fait partie des 24 % de Canadiens qui réduisent la quantité de nourriture qu’ils achètent parce qu’ils ne peuvent pas suivre la hausse du coût des aliments.
    J’aimerais poser la question suivante au premier ministre: à quand remonte la dernière fois qu’il est entré dans une épicerie pour acheter l’équivalent d’une semaine de provisions? En fait, je ne crois pas que le premier ministre ait déjà acheté des produits d’épicerie. Essayons donc de lui ouvrir les yeux. Les produits d’épicerie, qui font partie des produits de première nécessité, ont augmenté de 10,8 %, soit la hausse la plus rapide en 40 ans. Le poisson a augmenté de 10,4 %. Le beurre est en hausse de 16,9 %. Les œufs sont en hausse de 10,9 %. Que Dieu nous aide si nous en cassons un. La margarine a augmenté de 37,5 %. Le pain et les petits pains sont 7,6 % plus chers que l’année dernière. Les pâtes sèches et fraîches ont augmenté de 32,4 %. Les fruits frais sont en hausse de 13,2 %.
    Kyle a aussi communiqué avec moi. Bien qu’il ait reçu une légère augmentation de salaire, il ne peut toujours pas joindre les deux bouts. Pourquoi? Parce que si les salaires ont augmenté en moyenne de 5,4 %, l’inflation a augmenté de 7 %. Il ne faut pas un doctorat en mathématiques pour savoir que ces chiffres ne sont pas soutenables.
    Cependant, attendez. Tout n’est pas perdu. Les libéraux ont mis au point un plan. Ils aideront à combattre l’inflation causée par les dépenses excessives en dépensant davantage. N’interprétez pas ma critique de leur plan comme un manque de désir d’aider ceux qui en ont le plus besoin, mais regardons comment nous avons abouti dans cette situation au départ: le gouvernement dépense de l’argent qu’il n’a pas. Comment le gouvernement a-t-il obtenu l’argent qu’il a dépensé? Il l’a emprunté, et le premier ministre continue d’emprunter de plus en plus à des taux d’intérêt de plus en plus élevés, ce qui ne fait qu’augmenter l’inflation et le coût de tout.

  (1110)  

    Les députés n’ont pas à me croire sur parole. Avery Shenfeld, économiste en chef à la Banque Canadienne Impériale de Commerce, interrogé sur le projet de loi inflationniste des libéraux, a déclaré aux nouvelles de Vancouver:
    S’il y a des moments où les largesses fiscales sont exactement ce dont l’économie a besoin, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Dans une période d’inflation élevée et de demande excessive, réduire les impôts ou distribuer des chèques peut alimenter le feu inflationniste et rendre encore plus difficile le travail d’une banque centrale qui augmente les taux pour refroidir la demande.
    Dans un récent article publié par Bloomberg, M. Robert Kavcic, économiste principal à la Banque de Montréal, a mis en garde contre de nouvelles mesures de soutien gouvernementales, déclarant: « Nous ne nions pas que certains ménages ont sérieusement besoin d’aide en ce moment dans cet environnement inflationniste. Mais, d’un point de vue politique, nous savons tous que l’envoi d’argent comme mesure de soutien contre l’inflation est intrinsèquement inflationniste. »
    Pendant que le premier ministre parcourt le monde dans ses avions privés, tout en épousant les vertus d’une économie verte et en réchauffant ses cordes vocales avec une petite rhapsodie dans un premier spectacle dans le hall de son hôtel, les Canadiens qui travaillent fort ici au pays se serrent la ceinture et font des choix difficiles. La famille moyenne de quatre personnes doit maintenant dépenser au moins 1 200 $ de plus chaque année pour se nourrir. C'est sans compter la hausse du coût du chauffage, de l’essence et du loyer.
    Cependant, la prestation de soutien unique proposée par les libéraux est de 467 $. Qui cela aide-t-il? Les personnes sans enfants qui gagnent plus de 49 200 $ et les familles de quatre personnes, soit un couple avec deux enfants, qui gagnent plus de 58 500 $ ne recevraient aucune prestation, et cela n’aiderait certainement pas les Canadiens qui ne sont pas locataires.
     En imprimant plus d’argent, les dépenses inflationnistes du gouvernement ne font rien pour aider les Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts. En raison des dépenses incontrôlées du premier ministre avec de l’argent emprunté à des taux d’intérêt plus élevés, tous les Canadiens ressentiront la douleur d’une inflation accrue et de prix plus élevés, ce qui rendra plus difficile pour les travailleurs, les familles et les personnes âgées de joindre les deux bouts. Pendant des années, les conservateurs ont mis en garde le premier ministre contre les conséquences de ses actions et contre les préjudices qu’elles causent aux Canadiens d’un bout à l’autre du pays.
    Le crédit pour la TPS apportera un soulagement bienvenu que les conservateurs appuient, mais il ne s’attaquera pas au véritable problème. Les déficits et les taxes inflationnistes font augmenter les coûts au rythme le plus rapide depuis près de 40 ans.
    Pour éviter d’ajouter des coûts au gouvernement, ce côté-ci de la Chambre propose que le gouvernement cherche des économies dans d’autres domaines pour payer ses propositions. Je ne prends pas la parole simplement pour critiquer; je peux aussi proposer des choses. Par exemple, je suis tout à fait pour l’élimination définitive de l’application ArriveCAN. Cela nous permettrait d’économiser 25 millions de dollars par an. Et voici une proposition à laquelle le NPD devrait pouvoir se rallier: supprimons la Banque de l’infrastructure, qui représente 35 milliards de dollars, pour annuler ses programmes d’aide aux entreprises qui n’aident que les grandes entreprises puissantes.
    Les familles sont plus que jamais en difficulté et elles ont besoin d’aide. Bill, de Grand Falls-Windsor, se demande comment il pourra chauffer sa maison cet hiver et continuer à se nourrir.
    Faisons bien les choses. Emprunter de l’argent pour donner cette aide ponctuelle si nécessaire fera plus de mal à long terme et nous serons de nouveau dans la même situation. Il est temps d’arrêter le cercle vicieux que le gouvernement a créé. Emprunter de l’argent pour le donner à des gens qui sont en difficulté à cause du coût élevé de la vie ne fera qu’augmenter tous les coûts et faire grimper l’inflation. L’économie canadienne a été jetée du haut d’une falaise, mais contrairement au premier ministre lorsqu’il saute en bungee, elle n’a pas d’élastique pour l’empêcher de s’écraser.

  (1115)  

    Madame la Présidente, j’essayais de suivre le cheminement de la pensée du député au sujet de l’inflation et des causes de l’inflation. L’intervenant précédent a dit que la cause fondamentale était les problèmes de chaîne d’approvisionnement et de main-d’œuvre.
    Ce projet de loi a été mis en place pour aider les personnes les plus vulnérables de nos collectivités. Nous savons que dans le Canada atlantique, de nombreuses personnes vulnérables ont été touchées par Fiona et cherchent à obtenir de l’aide par tous les moyens possibles. J’ai été surpris que le député ne veuille pas que le gouvernement aide les personnes dont le revenu est le plus bas et les plus vulnérables de nos collectivités, car il pense que cela entraînerait une inflation. Comment cela peut-il s’expliquer? Je ne comprends pas.
    Madame la Présidente, je sais que mon collègue n’est pas d’accord avec la position des conservateurs sur les causes de l’inflation, mais j’aimerais renvoyer mon collègue aux années 2008, 2009 et 2010, époque où le monde a été ébranlé par une crise financière. Personne n’a dit alors qu’il s’agissait d’un problème mondial. C’était un problème mondial, mais le Canada l’a surmonté. Pourquoi devrions-nous être comme le reste du Canada?
    Si le gouvernement actuel faisait le même travail que le gouvernement de 2009, nous n’aurions pas ce problème d’inflation. Nous pourrions être une anomalie. L’inflation est alimentée par la taxe sur le carbone.
    Madame la Présidente, un élément essentiel de l’augmentation du coût de la vie pour les Canadiens est en fait la cupidité des entreprises. Quelque 23,6 % des Canadiens doivent réduire leur consommation de nourriture. En même temps, les PDG de Loblaws, par exemple, recueillent des milliards de dollars, littéralement 9 milliards de dollars. D'autres PDG versent jusqu’à 125 millions de dollars à leurs actionnaires.
    Le député pourrait-il nous parler du rôle que joue la cupidité dans l’économie canadienne et du coût que les Canadiens doivent payer?

  (1120)  

    Madame la Présidente, je conviens qu’il y a beaucoup de cupidité dans les entreprises. C’est le cas actuellement, cela l’a toujours été et cela le sera toujours. Cependant, les entreprises qui fabriquent des choses consomment de l’énergie. Lorsqu’elles consomment de l’énergie, elles paient une taxe sur le carbone. Cette taxe sur le carbone est une taxe sur les biens. Puis les marchandises sont expédiées à l’épicerie et il y a un supplément pour le carburant. La taxe sur le carbone se multiplie à toutes les étapes du processus. Qui plus est, la TVH est ajoutée à la taxe sur le carbone. Je le sais. J’ai vu les comptes et les factures. Ce n’est pas seulement de la cupidité. Le facteur numéro un ici est la taxe sur le carbone.
    Madame la Présidente, ce n’est pas aux partis politiques de décider ce qui cause l’inflation. Dans un document récent de l’Université de Calgary, des économistes ont constaté que les trois quarts de l’inflation au Canada depuis le deuxième trimestre de 2021 ont été provoqués par des problèmes liés à l’offre, comme des perturbations dans les cultures vivrières et la production pétrolière, par exemple.
    La majoration du crédit pour la TPS dont il est question dans ce projet de loi serait reçu par les ménages à faible ou modeste revenu, des gens qui utiliseraient le supplément pour acheter les mêmes biens qu’ils auraient déjà consommés autrement. C’est pour la même raison que l’investissement dans la prestation d’invalidité du Canada ne serait pas une dépense inflationniste.
    Le député de Coast of Bays—Central—Notre Dame est-il au courant de cette recherche et l’a-t-il vue?
    Madame la Présidente, oui, j’ai vu la recherche, mais nous devons revenir à la base ici. Nous avons une taxe sur le carbone qui s’applique à chaque étape de la chaîne logistique, puis la TVH s’y ajoute. Cela ne cesse de faire grimper le coût des marchandises. C’est un programme de taxation et de dépenses qui a échoué. En fait, il est excellent. Il a réussi à atteindre les objectifs de dépenses et faire grimper notre inflation. Les États‑Unis, sans taxe sur le carbone, ont des émissions plus faibles qu’en 2015 alors que nos émissions sont plus élevées. C’est un échec.

[Français]

    Madame la Présidente, avant de faire mes commentaires sur le projet de loi C‑30, j'aimerais parler de la démocratie.
    On connaît mon attachement à la démocratie. Bien sûr, tout le monde sait que je suis souverainiste, mais je suis d'abord et avant tout démocrate. C'est parce que l'idéal démocratique est au fondement même de la souveraineté du peuple que je suis souverainiste. Hier, au Québec, il y a eu 125 élections. Je dis bien 125 élections. On ne dit pas « l'élection québécoise », mais « les élections ». Il y a eu 125 élections et je voudrais féliciter toutes les candidates et tous les candidats qui se sont présentés, tous partis confondus, dans ma circonscription. Dans Montcalm, il y a trois circonscriptions du Québec…
    L'honorable député de Jonquière souhaite invoquer le Règlement.
    Madame la Présidente, mon collègue est un grand démocrate, et je suis sûr qu'il partagera son temps de parole lors de son allocution.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue. Pour répondre à son angoisse existentielle, je demande le consentement unanime de la Chambre pour partager mon temps de parole avec mon collègue de Rimouski‑Neigette—Témiscouata—Les Basques.
    L'honorable député a-t-il le consentement unanime de la Chambre pour partager son temps de parole?
    Des voix: Oui
    La vice-présidente adjointe (Mme Alexandra Mendès): C'est d'accord.
    L'honorable député de Montcalm a la parole.
     Madame la Présidente, au-delà des chiffres et des causes, au-delà de ce qu'on appelle l'inflation, le risque de récession et l'économie, il y a des êtres humains. Je voudrais proposer une vision ou une lecture humaniste de ce nous vivons en raison de cette pression, cette crise, cette montée inflationniste.
    D'abord, le projet de loi propose — c'est très technique — de modifier la Loi de l'impôt sur le revenu par une majoration temporaire du crédit pour la taxe sur les produits et services et la taxe de vente harmonisée. Dans les faits, le projet de loi crée un nouveau crédit d'impôt remboursable et donc non imposable: 229,50 $ pour une personne seule; 459 $ pour un couple; et 114,75 $ par enfant à charge. Un chèque serait donc remis aux gens.
    C'est évidemment intéressant. Je disais tout à l'heure qu'il faut des mesures structurantes, qui ne sont pas strictement ponctuelles. Si toutefois elles le sont, il faut qu'elles puissent être ciblées afin d'aider les gens qui en ont le plus besoin, ceux qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts. Pour être admissibles au plein montant, les gens doivent avoir eu un revenu inférieur à 39 826 $ en 2021. Le chèque est ensuite diminué de 15 ¢ par dollar si les gens ont gagné au-delà de ce montant. Ce sont tout de même 11 millions de personnes qui auront accès à cette mesure.
     Le Bloc québécois est évidemment en faveur de ce projet de loi. Un rare consensus à la Chambre se dégage pour que cette petite mesure soit adoptée. Il n'est pas étonnant que le Bloc québécois soit en accord avec le projet de loi C‑30, parce que, en mars dernier, cette mesure faisait partie des attentes budgétaires que nous avions transmises à la ministre des Finances. L'inflation commande qu'on ait une approche globale de l'économie, et ce qu'il faut surtout essayer d'éviter, c'est de proposer des mesures simplistes qui, à première vue, ont l'air très intéressantes et excitent l'imaginaire collectif, mais qui, dans les faits, ne sont pas durables et structurantes pour l'économie.
    Le Bloc québécois, depuis la pandémie, a toujours été en faveur d'une aide gouvernementale, d'une intervention de l'État. Par contre, très rapidement, alors qu'il fallait soutenir les gens qui en avaient réellement besoin, nous disions qu'il fallait moduler les mesures pour éviter les effets pervers.
    En ce qui a trait à l'inflation, nous lançons encore une fois le même message au gouvernement: modulons les mesures afin qu'elles soient ciblées, réfléchies et intelligentes. Cependant, quand on regarde le document qui a été déposé concernant les 100 milliards de dépenses, on voit que cela va dans tous les sens. Il n'y a pas cette approche globale avec des mesures structurantes.
    Statistique Canada a établi les facteurs qui sont à l'origine de l'accélération des prix, comme en ce qui concerne le prix des aliments.

  (1125)  

    On parle de perturbations continues de la chaîne d'approvisionnement, de l'invasion russe de l'Ukraine, des conditions météorologiques extrêmes et de la hausse du coût des intrants. Cela ne prend pas des mesures ponctuelles, mais bien des mesures durables, qui auront un effet structurant sur l'économie et qui offriront une prévisibilité aux gens qui sont aux prises avec ces fluctuations. C'est ce genre de mesures que le Bloc québécois propose pour contrer l'inflation. On ne se contente pas de dire qu'il faut abolir les taxes sur l'essence.
    Je suis un consommateur et j'ai malheureusement encore une voiture à essence. J'aimerais bien, effectivement, qu'il n'y ait plus de taxes sur l'essence. Puisque je suis protégé par mon privilège parlementaire, je me permets de dire qu'il me semble que le prix à la pompe est fixé par un genre de cartel. Il semble y avoir une connivence à cet égard.
    Je n'ai jamais vu des pétrolières ne pas faire des profits et ne pas tirer avantage de tout cela. J'ai même l'impression qu'on a de l'énergie fossile pour les 50 prochaines années et qu'on veut nous faire payer un prix élevé parce qu'on sait que cela prendra fin bientôt compte tenu de toutes les transitions que l'on doit faire.
    Bernard Landry, qui était un de mes mentors, me disait qu'il voulait bien le faire, mais qu'il n'avait aucune certitude que cela irait dans les poches des consommateurs.
    L'État, qui perçoit des taxes en trop à cause du prix, s'enrichit présentement. Il doit prendre ce surplus et le redistribuer de façon intelligente en mettant en œuvre des mesures ciblées destinées aux gens qui en ont besoin. Je ne suis pas économiste, mais j'ai appris que, la dernière chose qu'il faut faire en période inflationniste, c'est de baisser les taxes et les impôts de façon unilatérale. De toute façon, il y a des gens qui n'ont pas besoin de cela.
    De plus, l'État doit se servir de son surplus pour rebâtir l'économie et contrer une future crise inflationniste et une future récession. Il doit donc investir dans des éléments du rouage économique qui vont nous permettre d'affronter les défis de l'avenir. Parmi ces défis, on retrouve la pénurie de main-d'œuvre. Je vais y revenir parce que, ce qui me dérange énormément, présentement, c'est que nos aînés sont les premiers à souffrir de cette montée inflationniste. Une société qui n'est pas capable de prendre soin des plus fragiles, des plus vulnérables, est une société qui court à sa perte.
    Ces gens n'ont plus de revenu ou de salaire qui peut augmenter. Leur revenu est plafonné. Ils ont un petit bas de laine qui est en train de fondre présentement et cela leur crée du stress. Comme le disait ma mère, on ne meurt pas en santé. Il faut donc prendre soin de ces gens et permettre à ceux qui sont encore en forme de revenir sur le marché du travail, car il y a une pénurie de main‑d'œuvre. Ce sont des gens qualifiés et on devrait permettre à ceux qui le souhaitent de retourner sur le marché du travail. Cela prend donc des mesures structurantes et c'est à cela que je pensais quand je parlais de solutions structurantes. Le Bloc québécois en a plusieurs.
    Je suis maintenant prêt à répondre aux questions.

  (1130)  

    Madame la Présidente, j'ai beaucoup aimé le discours de mon collègue le député de Montcalm.
     C'est le genre de discussions que nous pouvons avoir au Québec, puisque nous avons déjà fixé un prix sur la pollution au moyen de la bourse du carbone.
    À cet égard, j'aimerais poser une question à mon collègue. Je sais que, au Québec, nous avons notre propre façon de faire les choses. Or le Québec et d'autres provinces comme la Colombie‑Britannique ont démontré qu'il était possible de mettre un prix sur la pollution tout en répondant aux besoins des consommateurs.
    Mon collègue peut-il nous en parler un peu plus?

  (1135)  

    Madame la Présidente, je parlais de mesures structurantes qui vont avoir un effet durable sur l'économie. Ce que pense le Bloc québécois, c'est qu'il faut mettre nos ressources et accélérer tous nos investissements dans l'économie verte, et donc accélérer la transition énergétique.
    Au Québec, nous n'avons effectivement pas de taxe sur le carbone. Nous avons une bourse du carbone, et j'invite les autres provinces à y participer. C'est peut-être la solution la plus intéressante pour tout le monde. Ce qui est évident, quand on regarde la crise et les économies mondialisées actuellement, c'est qu'il faut rapidement accélérer la transition énergétique.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le député de Montcalm a parlé des aînés, et j’ai été très touché d’entendre cela. J’ai également lu un article hier sur les répercussions énormes de l’inflation sur la vie des aînés retraités. L’article expliquait essentiellement comment ils vont devoir retourner au travail, car ils se rendent compte que leurs pensions sont insuffisantes. L’inflation a fait grimper les coûts, et le coût élevé des taxes les pousse à quitter la retraite.
    Je suis curieux d’entendre ce que le député a à dire sur ces aspects et sur la réalité de la taxe sur le carbone, sans parler de la TPS qui s’ajoute à cette taxe. Ces coûts énormes ont des répercussions sur les aînés.
    Le député pourrait-il nous expliquer comment ces coûts auront des répercussions énormes non seulement sur les aînés du Québec, mais aussi sur ceux de tout le pays?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question. Avant même cette crise inflationniste, en 2015, en 2016 et en 2017, des aînés de ma circonscription me disaient qu'il était possible de contrer l'isolement et l'atteinte à l'autonomie sociale de ces gens. Or, un âgisme sévit présentement dans notre société.
    Ces gens ont pourtant des expériences qu'ils peuvent transposer dans d'autres types d'emploi. Ils aimeraient se lever le matin et se dire qu'ils vont contribuer à la société, mais à leur rythme. Ils aimeraient se dire que, quand ils vont y aller, le gouvernement ne va pas tout leur enlever, comme s'ils avaient finalement fait du bénévolat et qu'ils avaient encore augmenté la caisse du gouvernement.
    En travaillant, ces gens se créent un petit surplus. Ce n'est pas à cet âge qu'on se met à économiser. Ils réinjectent leur argent dans l'économie. Ils sont moins isolés, font profiter la société de leurs capacités et de leurs compétences, peuvent se payer un petit peu de luxe, sont moins malades et moins stressés. D'un point de vue économique et humain, c'est une belle solution. Ce n'est pas pour tous, mais il faut encourager ceux qui veulent le faire.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’ai bien aimé la façon dont le député de Montcalm a parlé des profits des compagnies, surtout dans le secteur du pétrole et du gaz. Parler des coûts inflationnistes liés au carburant et ignorer complètement les profits exceptionnels que les compagnies pétrolières et gazières réalisent actuellement sur le dos des familles de travailleurs, c'est rendre un bien mauvais service à celles-ci.
    Aujourd’hui, un rapport a été publié par l'organisme Canadians for Tax Fairness. On y apprend que les sociétés canadiennes ont payé 30 milliards de dollars de moins que ce à quoi l’on pourrait s’attendre en vertu des taux d’imposition actuels des sociétés, de sorte qu’il y a là un problème bien réel.
    Je me demande si le député de Montcalm peut expliquer à la Chambre pourquoi l’opposition officielle et le gouvernement libéral semblent éviter de parler de cette grave question de façon réelle et significative.

[Français]

    Madame la Présidente, je ne sais pas si j'ai bien compris la dernière partie de l'interprétation, mais je dirais à mon collègue que toutes les personnes et les entreprises qui font actuellement des profits faramineux devraient pouvoir payer leur juste part.
    Il connaît notre point de vue en ce qui a trait à l'évitement fiscal et à l'évasion fiscale. En 2015, le premier geste que nous avons fait en arrivant à la Chambre des communes portait sur les paradis fiscaux. Je pense que c'est totalement inacceptable et inéquitable que des gens ne paient pas leur juste part.

Affaires courantes

[Affaires courantes]

[Traduction]

Les comités de la Chambre

Les déplacements des comités  

    Madame la Présidente, il y a eu consultations entre les partis et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante:
    Que
    1. Sept membres du Comité permanent de l'industrie et de la technologie soient autorisés à se rendre à Helsinki (Finlande), à l'automne 2022, pendant une période d'ajournement, pour assister au Sommet mondial des Comités du Futur, et que le personnel nécessaire accompagne le Comité.
    2. Que, relativement à son étude sur l'analyse des menaces ayant une incidence au Canada et l'état de préparation opérationnelle des Forces armées canadiennes à faire face à ces menaces, sept membres du Comité permanent de la défense nationale soient autorisés à se rendre à Washington (D.C.) (États‑Unis d’Amérique) et Colorado Springs (Colorado) (États‑Unis d’Amérique), à l’automne 2022, pendant une période d'ajournement, et que le personnel nécessaire accompagne le Comité.
    3. Que, relativement à son étude sur l’utilisation et impacts de la technologie de reconnaissance faciale, sept membres du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique soient autorisés à se rendre à Denver (Colorado) (États‑Unis d’Amérique), à l’automne 2022, pendant une période d'ajournement, et que le personnel nécessaire accompagne le Comité.

  (1140)  

[Français]

    Que tous ceux qui s'opposent à ce que l'honorable député propose la motion veuillent bien dire non.
    D'accord. La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.

    (La motion est adoptée.)


Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Français]

Loi no 1 sur l'allègement du coût de la vie

     La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi C‑30, Loi modifiant la Loi de l'impôt sur le revenu (majoration temporaire du crédit pour la taxe sur les produits et services/taxe de vente harmonisée), soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Madame la Présidente, avant de commencer mon allocution, je me permets de féliciter les gens qui ont pris part aux élections générales québécoises. Comme on le sait, c'était jour de scrutin, hier, au Québec. Dans ma circonscription, je vais travailler avec deux nouvelles députées que je tiens à saluer et à féliciter.
    Je tiens aussi à saluer et à féliciter tous les gens qui ont pris part au grand exercice démocratique qui a eu lieu hier. C'est important pour notre démocratie que les gens participent à cet exercice. Comme on le sait, faire de la politique n'est pas toujours facile. Cela prend beaucoup de courage et j'ai donc beaucoup de respect pour eux. J'ai évidemment une pensée pour tous ceux qui ont contribué à ces élections générales.
    Aujourd'hui, nous prenons part au débat sur le projet de loi C‑30, qui vise notamment à bonifier le crédit pour TPS/TVH. Cela va permettre de remettre de l'argent dans le portefeuille des gens qui en ont besoin. Ce n'est pas parce qu'on annonce de la pluie samedi, c'est parce que sévit la pire crise inflationniste depuis les 30 dernières années.
    Évidemment, le Bloc québécois va voter en faveur de ce projet de loi. Cependant, nous nous posons beaucoup de questions.
    Par ailleurs, je vais me permettre de faire une introduction pour mettre en relief ce qui se passe quand il y a de l'inflation et pour parler des différents mythes qu'on entend.
    Hier, j'ai appelé les représentants des organismes de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques et je leur ai demandé ce qu'ils pensaient de la bonification du crédit pour la TPS/TVH. Bien entendu, cette mesure est bien accueillie. Tous les gens subissent les conséquences de l'inflation. Cela dit, quand il y a de l'inflation, les plus riches s'enrichissent et les plus pauvres s'appauvrissent.
    Hier, quand j'ai parlé avec les représentants des groupes de défense des personnes en situation de pauvreté et des personnes sans emploi, ils m'ont dit que la pauvreté existait déjà et qu'elle augmentait déjà avant la crise inflationniste, avant la guerre en Ukraine. Ce qu'on remarque cependant, c'est qu'il y a une diminution des gens qui demandent les prestations d'aide sociale, alors qu'il y a une augmentation de la pauvreté. Ce que cela veut dire concrètement, c'est que les gens qui se trouvent en situation de pauvreté maintenant sont des travailleurs à faible revenu et des personnes âgées. Autrement dit, la pauvreté se transforme.
    Afin de présenter la réalité de gens de chez nous, je dirais que l'image de la pauvreté se transforme également. Je représente des gens qui vivent en région rurale. Dans ces endroits, on ne voyait pas quotidiennement des itinérants comme on en voit dans les grands centres urbains. Toutefois, aujourd'hui, compte tenu de l'inflation, de l'augmentation du prix du panier d'épicerie, des médicaments et du loyer, il y a des gens qui doivent dormir dans la rue. C'était une chose impensable il y a quelques années. Je suis évidemment solidaire avec eux et je tente de présenter ici la réalité que les gens vivent chez nous.
    Je tenais à mettre cela en relief pour dire que, au-delà des choses qu'on peut prétendre, la pauvreté est en augmentation. Ce n'est pas un simple chèque de bonification du crédit pour la TPS/TVH qui va radicalement changer les choses.
    Quand on parle d'inflation, on se doit d'être responsable, parce qu'il y a bien des choses qu'on pourrait dire et qu'on pourrait penser faire afin de sortir la baguette magique et faire disparaître l'inflation. Il faut être sérieux. Il faut mettre en œuvre des solutions aux problèmes de l'inflation et cela ne réside pas dans un simple petit chèque, contrairement à ce que le gouvernement le prétend et à ce que prétendent certains députés qui pensent que l'inflation va disparaître avec une diminution des taxes. Je ne crois pas à cette pensée magique.
     Il faut comprendre que nous sommes en territoire inconnu. Je mets les choses en perspective.
    Actuellement, nous assistons à une montée de la demande. Quand on veut contrôler l'inflation, on tente de modifier l'offre. Actuellement, il y a un problème des deux côtés. Il y a une demande croissante et une offre qui ne réussit pas nécessairement à combler les besoins. On peut expliquer l'inflation par une multitude de facteurs. Le gouvernement n'est pas responsable de tous nos malheurs, bien qu'il soit responsable de certains d'entre eux. Environ 70 % des causes de l'inflation sont reliées à des facteurs externes.

  (1145)  

    Notamment, on peut penser à la pénurie de main-d'œuvre. Le gouvernement a effectivement un rôle à jouer pour résorber la pénurie de main-d'œuvre. Cependant, il y a d'autres facteurs externes, comme le chamboulement de la chaîne d'approvisionnement à l'échelle mondiale et la guerre Ukraine. Ce sont des enjeux complexes qui ne peuvent pas être réglés par une modification de notre politique monétaire ou encore par l'adoption d'une loi spéciale.
    Je vais présenter des solutions constructives pour aider les gens les plus vulnérables et contrer l'inflation.
    Ces solutions, on ne les a pas inventées hier matin. Je ne me suis pas réveillé ce matin en me disant que j'ai des solutions pour combattre l'inflation. C'était déjà dans nos attentes pour le budget de 2022 présenté en avril. Il y a une chose que je n'arrive pas encore à comprendre et j'espère que le gouvernement va élucider ce mystère: pourquoi ne pas avoir agi avant?
    L'inflation au mois d'avril était de 6,9 %. Quand le gouvernement a déposé son budget, la situation de l'inflation était pratiquement pareille. Selon les dernières données, l'inflation était à peu près à 7 % au mois d'août. Quelle est la différence?
    Je n'arrive pas à comprendre. C'est comme si le gouvernement était toujours à rebours, au lieu de prévoir. Gouverner, c'est prévoir. Alors qu'on faisait déjà face à une crise inflationniste en avril dernier, il n'y avait rien dans le dernier budget. Le projet de loi d'aujourd'hui représente 2,5 milliards de dollars d'investissement de la part du gouvernement.
    Je vais donner un exemple. J'aime mettre des choses en parallèle. Ce même gouvernement a investi 2,6 milliards de dollars pour aider les pétrolières à développer la captation du carbone. On veut aider les gens qui en ont besoin alors on investit 2,5 milliards de dollars, mais, pour les richissimes pétrolières, il n'y a pas de problème, on leur donne 2,6 milliards de dollars dans le dernier budget. C'est cela, la vraie priorité du gouvernement libéral.
    Je reviens aux solutions concrètes. La première des choses, c'est qu'il faut comprendre que le Bloc québécois n'est pas contre l'aide financière. Nous étions déjà aux côtés du gouvernement pour octroyer de l'aide ciblée dès le début de la pandémie, que ce soit par le truchement de la prestation d'urgence ou de la subvention salariale pour les entreprises. Au moment de la reprise économique après la pandémie, nous disions même qu'il fallait cibler des secteurs d'activité et aider les gens qui en ont besoin, les gens à faible revenu, les gens vulnérables. Il n'y avait rien à cet égard dans le dernier budget, malheureusement.
    Il faut comprendre que le Bloc québécois est contre le gaspillage. Il ne s'agit pas d'envoyer des chèques partout. Je pense que la mesure d'aujourd'hui est bonne, mais elle est tardive. On n'est pas en retard d'une semaine ou d'un mois. On est en retard de cinq mois. La ministre des Finances s'est présentée au Empire Club en juin dernier, alors que l'inflation faisait orage. Le thème de sa conférence était l'inflation. Elle n'a que répété ce qu'elle venait d'annoncer quelques mois plus tôt, dans son dernier budget. Il n'y avait aucune nouvelle mesure pour contrer l'inflation.
    Là, arrivent mai, juin, juillet, août et septembre. On se réveille. Il faut agir. Il y a de l'inflation. On décide donc de mettre en place des mesures structurantes pour aider les gens. Le gouvernement agit de façon à soutenir les gens qui en ont besoin, mais malheureusement il le fait, encore une fois, à rebours. On n'arrive pas encore à comprendre pourquoi.
    Le Bloc québécois croit qu'il faut soutenir les gens les plus vulnérables qui sont à faible revenu. On pense notamment aux personnes aînées. Ce sont elles qui sont les plus affectées. On le sait. Leur revenu fixe ne va pas s'accroître. Il est nécessaire de les aider. Ces gens m'ont dit avec beaucoup de tristesse qu'ils doivent choisir entre se passer de médicaments, repousser leurs paiements de loyer ou retirer des aliments de leur panier d'épicerie. C'est donc incontournable de les aider.
    Pour stimuler l'offre, il faut combler et résorber la pénurie de main-d'œuvre. Pour cela, il faut s'assurer d'avoir des mesures incitatives pour que les travailleurs d'expérience, notamment les gens de 60 ou 65 ans et plus qui désirent rester sur le marché du travail, soient incités à le faire sur le plan fiscal.

  (1150)  

    Une dernière chose que j'aimerais mentionner, c'est le projet de loi C‑295 que j'ai déjà déposé lors de la dernière législature. Il visait à donner un crédit d'impôt pour attirer les nouveaux diplômés en région. Il faut comprendre que, en région, on a un vieillissement accentué de la population. Cela joue évidemment sur la pénurie de main‑d'œuvre.
    Il n'est jamais trop tard pour bien agir et, aujourd'hui, nous soulignons le bon coup du gouvernement. Pour la prochaine fois, il vaut mieux prévenir que guérir.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’aime beaucoup la discussion d’aujourd’hui.
    La Banque du Canada tente de ramener le taux d’inflation à 2 %. Comme le député l’a mentionné, en juin, l’inflation était en hausse, en juillet, elle a atteint un sommet de 8,1 %, et maintenant elle redescend à 7 % parce que la Banque du Canada a haussé les taux d’intérêt. Ces taux d’intérêt plus élevés ont des répercussions sur les personnes les plus vulnérables au Canada. Il s’agit donc d’une combinaison de mesures visant à refroidir le marché immobilier et à ralentir l’inflation causée par la hausse incontrôlée du marché immobilier. Comme l’a dit le député, nous devons nous occuper de l’impact sur les personnes âgées.
    Le député pourrait-il expliquer qu'il s’agit d’une mesure ciblée assortie d’une limite de temps. Ainsi, lorsque l’inflation reviendra à 2 %, aucune mesure n'alimentera l’inflation?

[Français]

    Madame la Présidente, c'est bien d'avoir une mesure ciblée pour les gens qui en ont réellement besoin, soit les gens les plus vulnérables et les gens à faible revenu.
    Mon collègue a parlé de la banque centrale. Je pense qu'il faut également souligner que nous devons réitérer notre confiance envers nos institutions. C'est très important.
    On a entendu beaucoup de choses d'un nouveau chef de parti, notamment, qui prévoyait même abolir la banque centrale du Canada. C'est sain et c'est normal de critiquer le rôle de la banque centrale du Canada. Il faut comprendre que c'est une institution qui, depuis 1991, a réussi à contenir et à maintenir l'inflation entre 1 et 3 %. Or, en ce moment, on fait face à des choses inconnues, autant sur l'offre que sur la demande. Évidemment, il y a beaucoup de facteurs externes, hors du contrôle de la Banque du Canada, qui influencent notamment la poussée inflationniste. À cet égard, il faut y aller avec des mesures ciblées et le Bloc québécois est d'accord.
    J'espère que le gouvernement saura agir avant lorsqu'il fera face à une situation, au lieu de se réveiller cinq mois plus tard comme il le fait aujourd'hui.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’ai beaucoup aimé le discours du député aujourd’hui au sujet du territoire inconnu. J’aimerais que le député nous dise comment, selon lui, la suppression des programmes de logement abordable dans les années 1990 par le gouvernement libéral, et le fait qu’ils n’aient pas été rétablis par les gouvernements conservateurs et libéraux successifs ont eu de grosses répercussions sur le logement abordable dans la province de Québec.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question très pertinente.
    Chez nous, à Rimouski, le taux d'inoccupation est de 0,2 %. C'est du jamais vu. C'est historique et c'est grave. On attend après des programmes du gouvernement fédéral et je pourrais en nommer un, à savoir l'Initiative pour la création rapide de logements, pilotée par la Société canadienne d'hypothèques et de logement. Le gouvernement fédéral a annoncé 4 milliards de dollars dans le dernier budget, mais il n'y a à ce jour aucun programme qui est déployé.
    Je suis tout à fait d'accord avec ma collègue pour dire qu'il y a eu un désinvestissement de la part du gouvernement fédéral dans les années 1990 et que les répercussions se font sentir aujourd'hui. Je l'ai dit: le taux d'inoccupation est de 0,2 %. C'est incroyable et c'est un frein pour le développement de la région. Il faut être attrayant, autant pour des nouveaux travailleurs que pour des étudiants.
    J'espère que le gouvernement saura déployer les sommes et qu'il s'assurera de les transférer au Québec pour construire de nouveaux logements sociaux.

  (1155)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, comme le député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques l’a souligné, l’inflation n’est pas un nouveau concept. Les Canadiens vivent avec l’inflation et la crise de la hausse du coût de la vie depuis presque un an. C’est seulement maintenant que le gouvernement met en place des mesures temporaires qui, à mon avis, ne sont pas des solutions pour régler le problème. Parallèlement, pendant que le gouvernement distribue d'une main des chèques de quelques centaines de dollars pour payer le loger, il soutirera de l'autre main de l’argent aux rares bénéficiaires en augmentant les taxes, en triplant la taxe sur le carbone et en haussant les taxes sur les salaires au cours de l’année prochaine.
    Le député convient-il que les mesures proposées dans les projets de loi C‑30 et C‑31 ne sont rien de moins que de la poudre aux yeux de la part des libéraux?

[Français]

    Madame la Présidente, je ne suis pas tout à fait d'accord avec mon collègue. Je vais lui exposer mon point de vue de façon plus approfondie.
    Évidemment, cela paraît bien d'envoyer un chèque aux gens qui en ont besoin, mais il y a différentes façons d'agir. On peut améliorer la productivité de nos entreprises; on peut améliorer la compétitivité des entreprises.
    Le Canada est l'un des endroits au monde où il y a le moins de compétitivité. Les factures de téléphonie cellulaire y sont les plus chères. Le gouvernement peut intervenir pour essayer de rééquilibrer le marché. Cela ferait économiser des dizaines, voire des centaines de dollars par mois et par année à plusieurs contribuables.

[Traduction]

    Madame la Présidente, avant de parler du projet de loi C‑30, je prendrai le temps de souligner que les femmes et les filles autochtones continuent d’être violées et marginalisées à des taux beaucoup plus élevés que dans l’ensemble de la population.
    C'est aujourd’hui la Journée nationale d’action pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Les néo-démocrates se joignent à l’appel collectif à mettre fin aux injustices subies par les femmes et les filles autochtones au Canada. Je salue les députées de Winnipeg-Centre et de Nunavut qui continuent de défendre ce dossier, de faire comprendre à la Chambre les causes des violences systémiques dont les femmes et les filles autochtones continuent d’être victimes et de demander des comptes au gouvernement libéral pour son inaction.
    Le projet de loi C‑30 est présenté à un moment tout à fait critique pour les Canadiens. Trop nombreux sont ceux qui ont du mal à composer avec l’augmentation du coût de la vie et peinent à payer leur loyer et à remplir leur réfrigérateur. Ce n’est pas un hasard si une aide financière immédiate est nécessaire pour des millions de Canadiens. C’est le résultat de mauvaises politiques libérales et conservatrices. Les gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé ont fait une priorité des allégements fiscaux et des subventions aux plus riches, tout en réduisant intentionnellement le filet de sécurité sociale qui contribue au bien-être de la majorité des Canadiens. La pauvreté et l’itinérance augmentent au pays, et ce sont des réalités dans toutes les villes.
    Alors que les entreprises du secteur des combustibles fossiles et les grandes chaînes d’épiceries engrangent des milliards de dollars de bénéfices, les simples citoyens ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Il est grandement temps que le gouvernement libéral élimine les échappatoires fiscales dont profitent depuis longtemps les super riches et fasse enfin payer leur juste part aux grandes sociétés et aux plus gros pollueurs. Tout le monde sait que la cupidité des grandes entreprises nuit aux Canadiens, et celle-ci n’a fait qu’augmenter, comme tant d’autres choses pendant la pandémie. Pendant que les libéraux et les conservateurs protègent les bénéfices des sociétés les plus riches, les personnes handicapées, les mères seules, les aînés et les familles à revenu fixe et à faible revenu ne peuvent pas se permettre d’acheter des fruits frais, du fromage ou de la viande. Certaines des mères avec qui j’ai parlé à Port Moody—Coquitlam mangent seulement un repas par jour afin de pouvoir nourrir leurs enfants.
    Pendant trop longtemps, les gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé ont choisi de faire passer les grandes sociétés avant les citoyens ordinaires, et notre filet de sécurité sociale s'est effrité. Ce filet qui contribue au bien-être des Canadiens est affaibli au point où nous en sommes aujourd’hui réduits à essayer de colmater les brèches avec une aide immédiate.
    Les néo-démocrates sont à la Chambre pour répondre à ces besoins pressants. Nous nous servons de notre pouvoir pour pousser le gouvernement à envoyer un soutien financier aux gens au moyen des projets de loi C‑30 et C‑31. Je mentionne aussi le projet de loi C‑31 puisque ces deux mesures législatives sont liées. Elles prévoient toutes les deux des investissements immédiats qui favoriseront le bien-être des gens, des investissements que le gouvernement n'aurait jamais faits sans les pressions exercées par les néo-démocrates.
    Même après l'entrée en vigueur de ces prestations, les néo-démocrates continueront de lutter pour les gens. Nous continuerons de forcer le gouvernement à faire ce qui s'impose et à donner priorité aux gens. Nous continuerons de travailler pour qu'aucune subvention aux combustibles fossiles ne soit versée aux plus grands pollueurs, éliminer les échappatoires fiscales pour les mieux nantis, mettre fin à l'exploitation des travailleurs et remettre le système de santé sur le droit chemin. Le système de santé est défaillant, comme on peut le constater chaque jour dans nos collectivités. Ce système défaillant fait souffrir les gens. Les infirmières, les médecins et le personnel hospitalier travaillent sans relâche, à tel point qu'ils sont épuisés et que les personnes malades n'ont pas accès aux soins dont elles ont besoin.

  (1200)  

    Nous avons tous entendu les histoires bouleversantes de certains de nos concitoyens, qui sont allés à l'hôpital pour obtenir de l'aide sans avoir pu s'y rendre à temps ou qui ont pris la décision fatale de ne pas y aller du tout. Le gouvernement doit immédiatement investir dans le personnel soignant et augmenter les transferts en santé, comme le réclament les provinces.
    Un Canadien sur cinq travaille dans l'économie des soins, et ces travailleurs, qu'il s'agisse des préposés aux soins, du personnel infirmier ou des médecins, sont exploités. Cette exploitation repose sur la discrimination. La discrimination fondée sur le sexe maintient les salaires à un bas niveau dans le domaine des soins infirmiers. Le personnel infirmier, le personnel enseignant et le personnel des garderies comptent une forte proportion de femmes. Le gouvernement n'a pas investi dans l'amélioration de leurs salaires ou de leurs pensions, mais il s'attend quand même à ce que ces personnes assument le fardeau d'un système et d'une économie sous-financés et surchargés.
    L'économie des soins repose aussi sur l'exploitation des immigrants. Ce sont le plus souvent des femmes sans statut définitif. C'est inacceptable. Les immigrants méritent mieux. Ils méritent du financement et du soutien. Les néo-démocrates continueront d'obliger le gouvernement à faire preuve de respect envers les travailleurs de l'économie des soins en les payant convenablement, en accordant immédiatement le statut de résident permanent aux immigrants qui travaillent comme soignants et en faisant adopter des mesures législatives qui protègent comme il se doit les travailleurs qui fournissent des soins de longue durée.
    Nous avons besoin de travailleurs au Canada. Tous les secteurs sont aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre. C’est un véritable problème auquel le gouvernement n’a pas encore apporté de solution. Lorsque nous pensons à la main-d’œuvre, nous savons que le logement inabordable exacerbe ce problème. Les travailleurs n’ont pas les moyens de vivre là où ils travaillent. Les conservateurs de l’ère Mulroney puis les libéraux de l’ère Chrétien ont mis la hache dans les programmes de logement abordable au pays. En fait, les libéraux ont purement et simplement annulé le programme national de logement abordable en 1993. Cela remonte à presque 30 ans. Voilà pourquoi nous sommes confrontés à une crise du logement.
    Le projet de loi C-31 prévoit une subvention au logement de 500 $ pour les locataires. C’est un petit geste positif. Cette prestation au logement est un paiement forfaitaire de 500 $ aux Canadiens qui y sont admissibles. Plus précisément, elle aidera les familles dont le revenu annuel net est inférieur à 35 000 $. Beaucoup de gens au Canada gagnent moins de 35 000 $ par année dans le contexte actuel. C'est le cas de 1,8 million de Canadiens. Cette prestation pour les locataires aidera vraiment en cette période cruciale.
    Il faut se pencher immédiatement sur la financiarisation du logement qui contribue à l’inaccessibilité. Les conservateurs diront qu’ils sont là pour les gens en matière de logement, mais ils ne parlent pas du besoin de logements abordables et du bon type de logements. Ce n’est pas qu’une question d’offre. Un Canadien sur cinq consacre plus de 30 % de son revenu total au logement, situation qui n’est pas viable. Par ailleurs, pour chaque nouveau logement locatif abordable, 15 logements sont perdus. On perd 15 logements pour chaque nouveau logement et on se demande pourquoi on voit des sans-abri dans les rues. Cette situation touche les personnes les plus marginalisées du pays, les poussant chaque jour au bord du gouffre, vers une tente plantée sur le bord de la rue.
    En tant que porte-parole du NPD pour les personnes handicapées, j’entends les membres de cette communauté parler de la réalité d’être incapables de joindre les deux bouts face à la montée en flèche des coûts du logement et de la menace quotidienne d’être déplacés. Le coût de la nourriture devient également impossible à gérer. En attendant que le dossier de la prestation canadienne pour les personnes handicapées progresse, les personnes handicapées s’enfoncent de plus en plus dans la pauvreté. Le projet de loi C-22 doit revenir à la Chambre immédiatement pour que soit adoptée l’aide à long terme que les personnes en situation de handicap méritent, et qui devrait être enchâssée dans le cadre législatif.

  (1205)  

    Plus d’un million de personnes handicapées vivent dans la pauvreté. C’est une honte. Il suffira de la volonté des libéraux et des conservateurs, qui auraient pu appuyer la motion de consentement unanime de la députée de Kitchener-Centre la semaine dernière, pour accélérer l’adoption de cette prestation. Les néo-démocrates sont prêts à le faire.
    Pour en revenir au coût des aliments, dans ma circonscription, Port Moody—Coquitlam, un nombre disproportionné d’utilisateurs des banques alimentaires et des programmes d’aide alimentaire sont des personnes handicapées, et de plus en plus d’enfants souffrent d’insécurité alimentaire. Trop d’écoles doivent nourrir les enfants de nos collectivités. Nous vivons dans un pays qui regorge de ressources naturelles et qui aspire à fabriquer des batteries pour les véhicules électriques, mais nous n’investissons pas dans l’alimentation. Si ce n’était du secteur sans but lucratif, encore plus de Canadiens souffriraient de la faim en ce moment.
    Les politiques inefficaces qui consistent à donner aux riches tout en éliminant les filets de sécurité sociale, comme le logement abordable, font du mal aux Canadiens. Notre régime de soins de santé est l’un des piliers du filet de sécurité sociale canadien. Grâce aux néo-démocrates, il comprend enfin un régime de soins dentaires, progrès sans précédent qui représente un avantage profond et durable pour des millions de Canadiens et qui engendrera une transformation profonde pour les générations à venir. Au cours des débats sur le projet de loi C-31, nous avons entendu à plusieurs reprises que l’intervention chirurgicale la plus fréquente chez les enfants en milieu hospitalier est due à la carie dentaire. Comment est-il possible au Canada que des enfants doivent aller à l’hôpital pour être endormis afin qu’on prenne soin de leurs dents?
    Le gros du travail ayant été accompli par les néo-démocrates, les libéraux ont enfin fait les premiers pas vers un véritable système de santé universel en ajoutant les soins dentaires tant attendus. Cela n’aurait pas dû tarder autant et les néo-démocrates exigeront que le gouvernement actuel mette en place un régime complet pour tous les Canadiens qui en ont besoin.
    Je vais prendre un moment pour parler des personnes handicapées et des soins dentaires qu'elles reçoivent. Une dame de ma circonscription touchait des prestations d’invalidité et avait une assurance pour les soins dentaires. Cependant, comme la clinique où elle allait demandait 20 $ par consultation, elle n’a pas pu avoir de deuxième consultation parce qu’elle n’avait pas les 20 $. Il est inacceptable de mettre un si grand nombre de Canadiens dans une telle situation.
    On sait que 35 % des Canadiens n’ont pas d’assurance dentaire adéquate et cette proportion grimpe à 50 % lorsqu'on parle des Canadiens à faible revenu. Sept millions de Canadiens évitent d’aller chez le dentiste à cause des coûts. C’est une honte et cela doit changer. Les Canadiens les plus vulnérables sont confrontés aux taux les plus élevés de caries et de maladies dentaires et reçoivent les pires soins dentaires. Les néo-démocrates vont faire changer cette situation. Nous ne baisserons pas les bras avant que tous les Canadiens aient accès aux soins dentaires dont ils ont besoin. Il s’agit de soins de santé, et il faut commencer par les enfants.
    Enfin, en ce qui concerne la prestation d’une aide immédiate aux Canadiens, les néo-démocrates ont ouvert la voie en ce qui concerne le projet de loi C-30 qui doublerait le crédit pour la TPS. Ce remboursement aurait dû être accordé beaucoup plus tôt. En fait, le NPD demande depuis plus de six mois au gouvernement de doubler le crédit pour la TPS. Nous avons fait pression sans relâche pour cette mesure et nous savons que 11 millions de Canadiens qui en ont le plus besoin obtiendront maintenant une aide financière, probablement avant la fin de l’année. Les gens de ma circonscription, Port Moody-Coquitlam, demandent quand ils pourront l’obtenir. En ces temps difficiles, ils ont désespérément besoin de toute forme d’aide financière.
    À cause de la succession de gouvernements conservateurs et libéraux que nous avons connue, nous n'avons pas de filets de sécurité sociale pour aider les gens à se loger, à se nourrir ou à rester en santé dans ce pays. Grâce aux fortes pressions exercées par le NPD sur le gouvernement libéral et même sans le concours des conservateurs, la Chambre a maintenant la possibilité d'améliorer un tant soit peu le sort des gens en leur offrant immédiatement ces modestes soutiens du revenu. L'intérêt des Canadiens sera toujours la priorité des néo-démocrates, mais le gouvernement libéral doit commencer à investir concrètement dans les gens et leur bien-être au Canada.

  (1210)  

    Monsieur le Président, la députée est injuste dans son propos. Je donne deux exemples. Elle déplore les décisions en matière de logement prises par les libéraux en 1993. Or, dans la foulée de l'accord de Charlottetown de 1992, ni les néo-démocrates fédéraux, ni les libéraux, ni les conservateurs ne souhaitaient que le gouvernement fédéral intervienne de quelque façon que ce soit à l'égard du logement. En comparaison, le premier ministre actuel a investi plus d'argent dans les logements sociaux que tout autre premier ministre avant lui.
    La députée parle de la cupidité des entreprises. Or, alors que le gouvernement provincial néo-démocrate du Manitoba a réduit l'impôt des sociétés non pas une, ni deux, ni même trois fois, mais environ cinq ou six fois, le premier ministre et le gouvernement libéral actuels, eux, ont instauré un impôt spécial à l'intention du 1 % des Canadiens le plus riche.
    La députée ne convient-elle pas que les politiques doivent évoluer au fil du temps, comme le montrent ces deux exemples?
    Monsieur le Président, au Canada, certaines personnes vivent dans des tentes et ce n’est pas par choix. Il y a, dans les centres urbains et les collectivités rurales de notre pays, des personnes qui vivent dans des tentes. Je ne pense pas que ce soit le moment pour les libéraux de crier victoire dans le dossier du logement, car le premier ministre n’avait pas d’autre choix que de faire ces investissements majeurs qui, comme l’a dit le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, n’ont pas encore été mis en œuvre.
    J’ai été sur la ligne de front du logement pendant huit ans, et il n’y a pas lieu pour les libéraux de crier victoire pour nous avoir amenés au point où les Canadiens doivent vivre dans des tentes.
    Monsieur le Président, le NPD, grâce à son partenariat et à sa coalition avec les libéraux, continue de les soutenir pour qu’ils puissent crier victoire.
    Ma question est simple. La loyale opposition de Sa Majesté a proposé, au cours des derniers jours, une série de mesures visant à rendre la vie plus abordable pour les Canadiens en réduisant les impôts et en diminuant, ou en ne mettant pas en œuvre, le triplement de la taxe sur le carbone. Pourtant, la députée a voté contre chacune des mesures proposées par les conservateurs pour favoriser l’abordabilité et contrer la crise inflationniste à laquelle les Canadiens sont confrontés. Je me demande comment elle peut justifier ce choix auprès de ses électeurs.

  (1215)  

    Monsieur le Président, c’est précisément à cause de ces approches unilatérales à l'égard de la réduction des impôts que nous nous trouvons dans notre situation actuelle.
    En Colombie-Britannique, les routes ont été emportées par les inondations causées par les changements climatiques. Nous devons tenir une vraie discussion sur ce qui se passe au chapitre des changements climatiques, ainsi que sur leurs répercussions et leur coût. Je ne vais pas me contenter de parler de dépenses. En ce moment même, dans ma collectivité de Coquitlam, un incendie de forêt fait rage et les personnes souffrant d’asthme ou de toute autre difficulté respiratoire doivent rester à l’intérieur. Voilà ce qui se passe.
    Le député conservateur qui me pose cette question amplifie tellement la raison pour laquelle nous sommes ici. Il est impossible de penser que la pollution ne cause pas de difficultés aux Canadiens. Nous devons avoir une véritable discussion à ce sujet. Si nous ne discutons pas des changements climatiques et de la pollution, nous portons préjudice à tous les Canadiens, tant aujourd’hui que demain.
    Monsieur le Président, je sais gré à la députée de Port Moody-Coquitlam d'avoir parlé en particulier des campements dans tout le pays. Ma collectivité en est un exemple. Nous avons vu la population de sans-abri tripler au cours des dernières années. Par conséquent, le nombre de campements a augmenté. Elle a nommé l’une des causes fondamentales, à savoir que les investisseurs privés traitent nos maisons comme des actions, alors qu'ils devraient plutôt les traiter comme des endroits où vivre.
    La députée pourrait-elle proposer d'autres solutions concrètes, par exemple, celle d'imposer le revenu des fiducies de placement immobilier au même taux que celui des sociétés?
    Monsieur le Président, je voulais parler de quelque chose de semblable au sujet des campements.
    Dans ma circonscription, Port Moody-Coquitlam, il y a eu essentiellement un embourgeoisement. Il y a quelques semaines, j’ai rencontré une femme d’une soixantaine d’années dans la rue. Elle a peur de perdre sa maison parce que de grands promoteurs immobiliers font pression sur elle chaque semaine. Ils veulent qu’on leur vende le terrain. Ils veulent qu’elle quitte sa maison, et elle n’en est pas vraiment propriétaire. Elle loue l'appartement au sous-sol.
    C’est le far west dans l’immobilier en ce moment. Je pense que cela doit commencer par un moratoire sur les fiducies de placement immobilier. Nous perdons des coopératives d’habitation et des logements locatifs abordables au profit des fiducies de placement immobilier. Nous devons commencer par ce moratoire et ensuite nous devrons passer à, oui, plus d'impôts.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue de son discours. Je suis heureux qu'elle nous ait fait part de tant de questions importantes, qui sont importantes non seulement dans sa collectivité, mais aussi dans la mienne et dans celles de tout le pays.
    Je pense qu’ici, au Canada, nous avons en fait un problème lié aux recettes. Un nouveau rapport a été publié aujourd’hui par l'organisme Canadiens pour une fiscalité équitable. Il indique que l’année dernière, 30 milliards de dollars de moins que prévu, en fonction des taux actuels, ont été perçus en recettes fiscales auprès des sociétés. Nous pouvons examiner ce problème de recettes et considérer le fait que les sociétés pétrolières et gazières réalisent plus de 100 % de leurs bénéfices sur le dos des familles de travailleurs à l’heure actuelle. J’entends les conservateurs parler de la taxe sur le carbone, mais ils n’ont pas dit un mot sur les bénéfices exceptionnels des sociétés pétrolières et gazières qui nuisent à leurs concitoyens en ce moment. Ils ne défendent pas les intérêts de leurs concitoyens.
    La députée pourrait-elle nous en dire plus sur le problème de recettes que nous avons dans ce pays et sur les énormes déficits en matière de dépenses sociales, de logement, de soins de santé et de capacité à mettre de la nourriture de bonne qualité sur la table? Pourrait-elle nous parler des problèmes structurels que nous observons, tant chez les libéraux que chez les conservateurs, et sur la façon dont ils ont rendu un mauvais service non seulement à la génération actuelle, mais aussi aux générations futures?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue d’avoir mis cela en lumière. C’est une question qui doit faire l'objet d'une discussion.
    Comment se fait-il qu’une très, très petite partie de ce pays, composée de quelques personnes et de quelques sociétés, se décharge du fardeau du filet de sécurité sociale, du fardeau de la prise en charge des gens, sur les travailleurs canadiens moyens, puis s’en va avec des profits illimités pour les investir à l'étranger? Il s’agit d’un grave problème systémique d’équité fiscale, et les néo-démocrates sont prêts à s’y attaquer.
    Monsieur le Président, j'ai vraiment apprécié le discours de ma collègue la députée de Port Moody—Coquitlam, car je crois que nous partageons un grand nombre de préoccupations.
    Pour en revenir au logement, je me souviens que, dans les années 1990, le gouvernement fédéral s'est retiré de ce secteur. À l'époque, cela a considérablement surpris un grand nombre d'entre nous qui étions impliqués dans le mouvement coopératif. Je suis très heureuse de constater que le gouvernement fédéral est de retour dans ce secteur.
    Récemment, à Châteauguay, nous avons eu l'occasion d'annoncer un projet de logements avec services de soutien dans le cadre de l'Initiative pour la création rapide de logements. Ma collègue pense-t-elle que cela va dans la bonne direction? Soit dit en passant, cette initiative de logements avec services de soutien d'un montant de 6 millions de dollars vise à rénover un hôtel désaffecté afin de fournir des logements à des jeunes en transition de Châteauguay et de Kahnawake. C'est un excellent exemple de collaboration entre nos deux collectivités.

  (1220)  

    Monsieur le Président, j'aime beaucoup entendre parler des initiatives qui se concrétisent bel et bien. Je suis ravie d'apprendre cette nouvelle.
    J'aimerais aborder rapidement l'Initiative pour la création rapide de logements, car c'est quelque chose dont les municipalités ont désespérément besoin et qu'elles réclament. Un trop grand nombre de projets pour la création rapide de logements n'ont pas pu voir le jour. Ainsi, quelqu'un du NPD avait entièrement planifié un partenariat pour mettre en œuvre une initiative de création rapide de logements, mais il n'a pas été possible de le faire faute de fonds.
    J'ai fait inscrire au Feuilleton une question sur le nombre d'initiatives pour la construction rapide de logements qui ont été refusées, mais le gouvernement n'en fait pas le suivi. Il ne saisit même pas l'ampleur de la demande.
    Monsieur le Président, je suis heureux de voir mes collègues discuter d'un sujet très important, soit le projet de loi C‑30.
    Je partagerai mon temps de parole avec le député de Vaughan—Woodbridge.
    Nous parlons du projet de loi C‑30, dont l'objectif est de doubler le crédit d'impôt pour la TPS pendant les six prochains mois. Heureusement, nous avons pu faire avancer ce projet de loi rapidement, parce que les Canadiens ont besoin de répit, en particulier ceux qui sont vulnérables. Il y a eu beaucoup de discussions au sujet de l'abordabilité et des pressions de l'inflation qui se font sentir partout sur la planète, y compris ici même au Canada.
    Je dois féliciter la loyale opposition de Sa Majesté d'avoir collaboré avec les autres partis en vue de l'adoption du projet de loi présenté par le gouvernement jusqu'à l'étape de la troisième lecture où nous sommes rendus. Nous espérons que le projet de loi pourra franchir toutes les étapes cette semaine, je crois, et qu'il pourra être renvoyé au Sénat afin que, ultimement, cette mesure soit mise en place pour soutenir les Canadiens.
    Cette mesure fait partie d'un ensemble de mesures pour l'abordabilité, dont le projet de loi C‑31 qui permettrait d'ajouter jusqu'à 500 $ à l'Allocation canadienne pour le logement pour les personnes vulnérables et de mettre en place un programme de soins dentaires pour les enfants de moins de 12 ans vivant dans un ménage gagnant moins de 90 000 $ et ne bénéficiant pas déjà d'une couverture privée.
    Je le dis comme je le pense. Je félicite les conservateurs d'appuyer ce projet de loi, mais je suis un peu déçu qu'ils n'appuient pas la mesure qui aiderait vraiment les enfants vulnérables. Je n'ai pas entendu beaucoup d'arguments convaincants pour expliquer pourquoi ils n'appuient pas cette mesure.
    Il y a une autre question sur laquelle je tiens à m'exprimer. J'ai eu des conversations avec mes collègues de ce côté-ci de la Chambre et j'ai interrogé des députés du NPD au cours des deux derniers jours au sujet des soins dentaires. Le NPD a demandé que ce programme soit entièrement administré par le gouvernement fédéral, et je veux énoncer très clairement ma position à ce sujet.
    Je suis favorable à l’idée que le gouvernement du Canada investisse de l’argent pour soutenir ceux qui n’ont pas la capacité de s’occuper eux-mêmes de leurs soins dentaires, qu’il y ait un programme en place pour les Canadiens vulnérables, mais j’aimerais que ce programme soit administré de façon similaire au programme de garderies. Nous avons parlé des services de garde pendant longtemps. C’est le gouvernement en place qui a pris les devants et qui a fait en sorte qu’il y ait un programme national de garderies, en mettant des fonds fédéraux sur la table et en travaillant avec les provinces et les territoires.
    Je m’inquiète un peu de la position du NPD selon laquelle ce programme devrait être entièrement administré par le gouvernement fédéral. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de financement fédéral, ce n’est pas la partie avec laquelle je suis en désaccord; c’est à propos du mécanisme de prestation. Je crois sincèrement que les provinces et les territoires sont les mieux placés. Je veux m’assurer que la position que j'ai en tant que parlementaire soit consignée. Ce n’est pas que nous ne soyons pas d’accord sur la nécessité d’une telle mesure, mais je ne suis peut-être pas d’accord avec le NPD sur le mécanisme de prestation. Les provinces sont en fait mieux placées pour s’en occuper.
    Tout cela se passe dans le contexte d’un gouvernement qui essaie de trouver le moyen d’aider les Canadiens vulnérables qui ont besoin d’aide, mais sans jeter de l’huile sur le feu dans un secteur où il y a des pressions inflationnistes. La Banque du Canada augmente ses taux d’intérêt pour tenter de faire baisser l’inflation, et veiller à ce que tout type de mesures de dépenses à venir soit très ciblé, c'est agir en gouvernement responsable. Je tiens à féliciter le gouvernement actuel de l’avoir fait.
    Notre gouvernement a été présent. Il s’agit d’une mesure ciblée qui s’appliquera aux ménages canadiens ayant un revenu de moins de 50 000 $. Il ne s’agit donc pas d’un crédit de TPS accordé à ceux qui sont plutôt riches et bien nantis. Elle vise à aider ceux qui essaient vraiment de joindre les deux bouts. Il s’agit d’une mesure ciblée. D’après ce que j’ai compris de l’estimation des coûts, ceux-ci s'élèveront à environ 2,5 milliards de dollars, selon la ministre des Finances. Si l’on considère l’ampleur mondiale des pressions inflationnistes et le travail de la Banque du Canada, il s’agit d’un montant raisonnable qui, à mon avis, ne bouleversera pas les discussions entre les politiques monétaire et fiscale.
    Je voudrais comparer cela à ce que nous voyons au Royaume-Uni. Je ressens une grande affinité pour ce Parlement, le modèle de Westminster, car le Canada s'inspire beaucoup de la tradition britannique. Cependant, nous avons vu ce qui s’est passé au Royaume-Uni, où le gouvernement a introduit un niveau de dépenses publiques par le biais de crédits d’impôt, en particulier pour certains des plus riches, et cela a eu de réelles conséquences. Cela a entraîné une hausse des taux d’intérêt pour la Banque du Canada. Cela a secoué les marchés financiers de ce pays. Le Royaume-Uni a annoncé hier qu’il revenait sur la réduction d’impôt proposée pour les personnes aux revenus les plus élevés.

  (1225)  

    Il ne m'appartient peut-être pas de me prononcer sur les politiques fiscales du Royaume‑Uni, mais il est évident que les conséquences des décisions de ce gouvernement ont véritablement perturbé le fonctionnement de la politique monétaire et grandement affecté les marchés financiers.
    En comparaison, le gouvernement canadien est intervenu de façon raisonnable et ciblée et il a travaillé de concert avec la Banque du Canada. Cette approche mérite d'être saluée et elle témoigne d'une gestion financière raisonnable.
    Conséquemment, la ministre des Finances a pu informer la Chambre que nous sommes actuellement en situation d'excédent budgétaire. Nous avons dû limiter nos dépenses. Lors de la pandémie, nous avons fait des dépenses record pour prendre soin des entreprises et des ménages canadiens. Toutefois, il nous incombe aussi de cesser d'alimenter l'inflation qui touche le monde entier et de prendre des mesures pour aider les plus vulnérables.
    J’aimerais parler d’autres mesures qui vont avoir un impact positif sur l’abordabilité, la croissance économique et la compétitivité et qui prendront la forme d'une modernisation de la réglementation, car les 18 à 24 prochains mois vont être difficiles pour l’économie canadienne et pour les ménages canadiens. Je suis fier d’être le député qui ose soulever ce genre de questions, car ces mesures auront des conséquences positives pour notre pays et pour notre gouvernement.
    J’aimerais m’attarder sur certaines d’entre elles car elles devraient intéresser mes collègues de la Chambre, et mentionner les mesures que notre gouvernement peut prendre dans l’intérêt de tous les Canadiens.
    L’une d’entre elles concerne les débouchés fantastiques que l’éolien marin pourrait offrir au Canada atlantique, notamment avec la conversion de l’hydrogène. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, s’est dit favorable à l’exploitation de l’éolien marin. Je regarde mon collègue de Bonavista—Burin—Trinity, car je sais que Terre-Neuve-et-Labrador a exprimé le même désir, mais il va d’abord falloir modifier la loi sur l'office des hydrocarbures extracôtiers pour autoriser ce type d’exploitation. Cela donnera confiance aux investisseurs qui veulent entreprendre des projets.
    C’est un exemple de ce que peut faire le gouvernement, et je sais qu’il va le faire, car nous avons besoin d’attirer des investisseurs dans nos énergies renouvelables.
    J’aimerais maintenant parler de Santé Canada. Je suis président du comité de l’agriculture, et j’ai souvent l’occasion de parler avec des agriculteurs et d’autres parties prenantes au sujet de l’homologation des produits par Santé Canada.
    Prenons l’exemple du 3-NOP, un supplément alimentaire qui contribue à réduire les rejets de méthane des bovins. C’est un produit qui peut nous aider à lutter contre le changement climatique. Il a été officiellement approuvé en Europe et aux États-Unis. L’entreprise est en train de présenter une demande à Santé Canada, et elle va donc devoir attendre 18 à 24 mois avant que le produit soit homologué.
    Ne pourrait-on pas changer de modèle et décider de faire confiance aux autres pays comme les États-Unis, l’Europe, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, qui ont les mêmes valeurs que nous en matière de sécurité publique et de protection du consommateur? Nous pourrions ainsi permettre à une entreprise qui veut faire homologuer un produit ou un service qui a déjà été homologué par d’autres pays à le mettre sur le marché canadien jusqu’à ce que Santé Canada trouve des raisons justifiant son interdiction sur notre territoire. Autrement dit, l’entreprise recevrait une approbation provisoire pour la commercialisation de son produit.
    Voilà quelques exemples où nous pouvons aller de l'avant. Je tiens à parler de ce point plus longuement. Voilà le genre d'éléments auxquels il faut commencer à penser. Nous devons faire preuve de créativité dans la façon de créer de la richesse, de stimuler l'innovation et d'attirer les investissements étrangers directs pour les éléments qui ne coûtent rien. Cela sera important.
    Un autre exemple est l'édition génomique. Nous en avons parlé à la Chambre en lien avec les protéines végétales. Des documents d'orientation à ce sujet ont été remis à Santé Canada. Voilà qui permet d'attirer des investissements importants au Canada parce qu'une certitude réglementaire a été établie.
     En ce qui a trait aux aéroports, qu'il s'agisse de la modernisation de la frontière, de la Loi sur les grains du Canada, de la modernisation du Règlement sur les semences, voire de la technologie des petits réacteurs modulaires, le gouvernement ainsi que les parlementaires peuvent s'efforcer d'adopter des mesures à coût nul qui stimuleront l'innovation.
    J'aurais aimé avoir plus de temps. Je trouverai peut-être un autre moment dans les prochains jours pour en dire davantage sur ces points, mais en ce qui concerne la réforme et la modernisation de la réglementation, nous pouvons continuer à aller dans cette direction, ce qui aidera le Canada à se propulser vers l'avenir.

  (1230)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté attentivement le député parler de la réforme de la réglementation et d'autres choses du genre. L'une des choses qui coûtent extrêmement cher à l'économie est le triplement de la taxe sur le carbone. Je me demande si le député est prêt à dire que le moment est mal choisi pour augmenter la taxe sur le carbone, encore moins la tripler.
    Monsieur le Président, les conservateurs véhiculent cette idée que la tarification du carbone triplera au Canada. En fait, elle triplera d’ici 2030, et non immédiatement. Cette année, l’augmentation est de 15 $. Ce que les conservateurs ne reconnaissent pas non plus, c’est que cet argent est remis aux ménages et aux entreprises.
    Je sais que les conservateurs s’opposent à la tarification du carbone. Au lieu de suggérer des solutions de rechange concrètes ou des modifications au filet de sécurité fédéral existant, ils se contentent de brandir un slogan, « la technologie plutôt que les taxes », sans proposer la moindre façon d’inciter le secteur privé à développer ces technologies.
    Leur discours est plutôt trompeur. L’argent est rendu aux Canadiens. Cette tarification est considérée comme le moyen le plus économique de réduire les émissions. Je n’entends pas les députés conservateurs proposer de solution de rechange sérieuse pour lutter contre les changements climatiques, ni même affirmer qu’il s’agit d’une priorité pour eux.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai une simple question pour mon collègue.
    Le taux d'inflation était de 6,9 % en avril dernier lorsque le gouvernement a déposé son budget. Les dernières données indiquent qu'il se situait à 7 % au mois d'août. Aujourd'hui, on se réveille et on met en place des mesures pour contrer l'inflation.
    Ma question est très simple: pourquoi avoir attendu cinq mois après le dépôt du budget pour déposer des mesures structurantes et concrètes pour faire face à l'inflation? Pourquoi ne pas l'avoir fait dans le budget du mois d'avril dernier?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député parle de politique économique. Je pense qu’il sait qu’avec l’inflation, personne n’a de prise parfaite. Ses causes profondes dépendent d'une quantité de facteurs. Qu’il s’agisse de facteurs liés à la démographie, aux chaînes d’approvisionnement ou aux dépenses publiques, les éléments qui entrent en jeu sont nombreux.
    Quand le gouvernement a déposé le budget, au printemps, c’était après avoir examiné la situation en se demandant si la période inflationniste allait durer. De toute évidence, elle continue. Malgré le travail accompli par la Banque du Canada pour freiner la demande et juguler l’inflation, nous avons jugé nécessaire à ce stade-ci de mettre en place des mesures de soutien. Nous ne voulons pas aller trop loin. Nous ne voulons pas jeter de l’huile sur le feu. Le député aurait aimé qu'il y ait davantage de soutien à ce moment-là, mais nous pensons qu’il est important de retarder l'octroi d'une partie de ce soutien jusqu'à ce qu'il soit nécessaire. Le gouvernement est d’avis que le moment est maintenant venu.
    Monsieur le Président, les Canadiens traversent l'une des pires crises du coût de la vie de cette génération. Une récente étude montre, par exemple, que 23,6 % des Canadiens ont dû réduire leurs achats alimentaires. On parle d’aliments essentiels qui vont de fruits et légumes frais à des choses comme de la farine, mais ce que je n’ai pas entendu le député mentionner, c'est le coût de la cupidité des sociétés. Le fait est que les gens, les Canadiens ordinaires, paient plus à la pompe et à l’épicerie, alors que le PDG de Sobeys, par exemple, a été gratifié d’un supplément de 15,5 % à sa rémunération totale, qui est passée à 8,6 millions de dollars.
    Le député ne croit-il pas que nous devons mettre un frein aux énormes bénéfices excédentaires d’entreprises, comme Sobeys, qui engrangent des profits aux dépens des Canadiens qui souffrent?

  (1235)  

    Monsieur le Président, j’aimerais souligner quelques éléments. En ce qui concerne l’accès des Canadiens à des aliments nutritifs, le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre le programme national d’alimentation en milieu scolaire. Je crois que le budget de l’an dernier prévoyait un milliard de dollars pour le déploiement de ce programme au cours des cinq prochaines années. Le député a mentionné les aliments sains et le soutien aux Canadiens. Nous devrions poursuivre résolument ces efforts dans le système scolaire pour veiller à ce que les enfants bénéficient de ce soutien.
    En ce qui concerne les PDG, j'ai eu l'occasion d'en parler à la Chambre. Si les néo-démocrates souhaitent présenter des motions ou des propositions visant à augmenter les impôts des plus riches du pays, libre à eux de le faire. C'est plutôt le discours qui me préoccupe, en particulier de la part du chef du NPD, qui démonise presque les dirigeants des grandes sociétés canadiennes en affirmant qu'ils volent purement et simplement les Canadiens.
    Il faut davantage de preuves pour étayer de telles affirmations. Je sais que nous allons étudier la question au comité de l'agriculture. Il y a toutefois cette lutte des classes et cette démonisation des dirigeants des grandes sociétés canadiennes dont les conséquences m'inquiètent. J'en dirais autant des conservateurs au sujet de la façon dont ils démonisent ces gardiens inconnus. Au bout du compte, il faut adopter un ton respectueux et des solutions politiques qui nous permettront d'aller de l'avant.
    Bonjour, monsieur le Président. Je salue également tous mes collègues, ici présents.
    Je m'en voudrais de ne pas souligner que, depuis quelques semaines et, d'un point de vue plus intime, depuis très longtemps déjà, mes pensées et mes prières accompagnent la communauté irano-canadienne et le peuple iranien. Évidemment, nous souhaitons que tous les pays respectent les principes démocratiques, ainsi que les droits et les libertés. En Iran, nous constatons actuellement que les jeunes, que cette jeune femme et nombre d'autres femmes, luttent pour leurs droits. Nous les appuyons sans réserve. Il y a une généreuse communauté persane dans la ville de Vaughan et la région de York, dans ma circonscription, une communauté en pleine croissance et fort dynamique. J'ai parlé à beaucoup de ses membres et je tiens à leur assurer que nous sommes avec ceux. Ils ont mon appui indéfectible et mon soutien total.
    Je suis heureux de participer à la discussion sur ce projet de loi. Rendre la vie plus abordable pour les Canadiens est une des grandes priorités du gouvernement, et j'aimerais souligner certaines des mesures que nous avons prises par rapport au coût de la vie.

[Français]

    Les projets de loi déposés au Parlement mardi constituent le plus récent ensemble de mesures visant à aider les Canadiens à s'adapter à la hausse du coût de la vie sans aggraver l'inflation.
    Le plan du gouvernement pour rendre la vie plus abordable offre un soutien financier ciblé et responsable sur le plan budgétaire aux Canadiens qui en ont le plus besoin, en mettant l'accent sur les besoins des Canadiens à faible revenu les plus exposés à l'inflation.

[Traduction]

    Les deux dernières années ont été difficiles pour nous tous, avec la pandémie de COVID‑19, l’inflation et la guerre en Ukraine. Il semble que les obstacles à surmonter se succèdent les uns après les autres, mais il ne faut jamais perdre espoir en l’avenir. La pandémie a été, nous l’espérons, une crise qui ne survient qu’une fois par génération, mais comme toute crise majeure, celle-ci a eu des répercussions, et l’inflation est la plus importante.
    L’inflation n’est pas un problème propre au Canada. Elle est en fait moins élevée ici que chez bon nombre de nos pairs. Néanmoins, nous devons aider les Canadiens. De nombreux Canadiens, y compris les habitants de ma circonscription, Vaughan—Woodbridge, et surtout les plus vulnérables, c’est-à-dire les aînés, les personnes à revenu fixe et les travailleurs canadiens, peinent à joindre les deux bouts en raison de l’inflation. Nous savons que de nombreuses personnes traversent une période difficile. Par conséquent, le projet de loi C‑30, Loi no 1 sur l’allègement du coût de la vie, doublerait le crédit pour la taxe sur les produits et services pour une période de six mois. Le projet de loi C‑31, Loi no 2 sur l’allègement du coût de la vie, édicterait deux mesures importantes, soit la prestation canadienne pour soins dentaires et un supplément unique à l'Allocation canadienne pour le logement.

  (1240)  

[Français]

    Doubler le crédit pour la TPS pendant six mois se traduirait par un soutien ciblé additionnel de 2,5 milliards de dollars pour environ 11 millions de personnes et de familles qui ont déjà droit au crédit d'impôt, dont environ la moitié des familles canadiennes avec enfants et plus de la moitié des aînés du Canada.
    Cette année, les Canadiens célibataires sans enfant recevraient jusqu'à 234 $ supplémentaires et les couples avec deux enfants jusqu'à 467 $. Les aînés recevraient en moyenne 225 $ de plus.

[Traduction]

    Les montants supplémentaires au titre du crédit pour la TPS seraient versés à tous les bénéficiaires actuels avant la fin de l'année, sous forme de montant forfaitaire par l'intermédiaire du régime existant de crédits pour la TPS, en attendant l’adoption du projet de loi. Il est important de souligner que les bénéficiaires n’auraient pas à demander le paiement supplémentaire, mais qu’ils devraient produire leur déclaration de revenus de 2021, s’ils ne l’ont pas déjà fait, pour être en mesure de recevoir à la fois le crédit actuel et le paiement supplémentaire. Je suis heureux d’affirmer qu’on estime à 11 millions le nombre de personnes et de familles qui bénéficieraient de ce soutien supplémentaire, dont environ 9 millions de personnes seules et près de 2 millions de couples. Au total, cela représente environ la moitié des familles canadiennes avec enfants et plus de la moitié des aînés canadiens.

[Français]

     Parlons maintenant de la prochaine mesure. Il s'agit de la prestation dentaire canadienne qui serait offerte aux enfants de moins de 12 ans qui ne sont pas couverts par une assurance dentaire privée, et ce, dès cette année. Les familles pourraient recevoir des paiements directs pouvant atteindre 1 300 $ par enfant au cours des deux prochaines années, soit jusqu'à 650 $ par année, afin de couvrir les frais dentaires.
    C'est la première étape du plan du gouvernement visant à offrir des soins dentaires aux familles ayant un revenu net rajusté inférieur à 90 000 $ par année pendant que le gouvernement met sur pied un programme complet de soins dentaires national.
    Aussi, le supplément ponctuel au programme de l'Allocation canadienne pour le logement permettrait de verser 500 $ aux 1,8 million de locataires qui ont de la difficulté à payer leur loyer. Ce montant représente plus du double de celui prévu dans le budget de 2022. Il permet d'aider deux fois plus de Canadiens que ce qui avait été initialement promis. Le supplément fédéral sera offert aux demandeurs dont le revenu net rajusté sera inférieur à 35 000 $ pour les familles, ou à 20 000 $ pour les particuliers qui consacrent au moins 30 % de leur revenu net rajusté au logement.

[Traduction]

    En plus de ces importantes mesures législatives, j’aimerais parler d’une autre mesure importante pour aider les familles canadiennes, soit le programme d'apprentissage et de garde des jeunes enfants. En ce qui concerne les garderies, l’argument économique est clair. Le gouvernement estime qu’il est contre-productif sur le plan économique de forcer les femmes à choisir entre leur famille et une carrière. Le programme d'apprentissage et de garde des jeunes enfants constitue une politique économique féministe en action.

[Français]

    Par conséquent, malgré des doutes raisonnables quant à notre capacité d'y arriver, nous avons déjà signé des ententes pour l'apprentissage et la garde des jeunes enfants avec chaque province et territoire.
    Nous bâtissons un réseau universel d'apprentissage et de garde des jeunes enfants précisément au moment où notre économie a besoin de toutes les mères qui souhaitent aller travailler, dans la mesure où elles ont confiance qu'on s'occupe bien de leurs enfants et qu'ils profitent d'une bonne éducation. Notre plan facilite le travail et rend la vie plus abordable pour les familles canadiennes de la classe moyenne.
    Dans trois ans, les frais de garde d'enfants seront de 10 $ par jour en moyenne à la grandeur du pays.

[Traduction]

    Les services abordables d'apprentissage et de garde de jeunes enfants, qui permettront aux familles de réaliser des économies immédiates, promettent d’être un élément important de la solution aux problèmes d’abordabilité pour de nombreuses familles canadiennes. Les pénuries de main-d’œuvre constituent actuellement un problème de taille pour notre économie. En fait, il y a 952 000 postes vacants au Canada pour lesquels les employeurs sont à la recherche d’employés. Je le répète, il y en a 952 000, et une partie importante de la solution au Canada passera par des services abordables d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. Ce programme nous aidera à bâtir une économie et un pays plus solides et plus prospères.
    Le gouvernement a présenté mardi des mesures qui offriraient un soutien ciblé aux Canadiens qui en ont le plus besoin, sans exacerber l’inflation, en s'appuyant sur son plan en matière d’abordabilité et, tout cela, en faisant preuve de prudence sur le plan financier. Nous augmentons du même coup le revenu disponible de la classe moyenne et de ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

  (1245)  

[Français]

    Pour les Canadiens qui ont le plus besoin de soutien, les projets de loi C‑30 et C‑31 et les services d'apprentissage et de garde des jeunes enfants représentent des mesures qui contribueront à rendre la vie plus abordable.
    Nous continuerons de fournir un soutien là où les besoins sont les plus grands et en temps opportun, tout en maintenant la discipline financière.

[Traduction]

    Notre économie est forte par rapport à notre marché du travail. Nous savons que les employeurs canadiens ont besoin de travailleurs, et l’on me pose constamment des questions à ce sujet dans ma circonscription, mais nous devons aussi nous attaquer aux problèmes d’abordabilité auxquels les Canadiens font face. Mon épouse et moi avons trois filles, alors nous connaissons bien les prix à l’épicerie. Je sympathise avec les Canadiens qui doivent affronter ces difficultés. Avec la collaboration de tous les partis, notre gouvernement doit relever ces défis et aider les Canadiens le plus vite possible. Je suis vraiment heureux de voir les partis de l’opposition appuyer le doublement du crédit d’impôt pour la TPS d’ici la fin de l’année.
    À titre d’ancien secrétaire parlementaire de la ministre du Revenu national, j’exhorte tous les Canadiens à produire leur déclaration de revenus. C’est ainsi qu’ils reçoivent tous leurs crédits et leurs prestations, et c’est ainsi que notre gouvernement peut les aider rapidement et efficacement. C’est ainsi qu’il pourra, avant la fin de l’année, les aider à relever les défis auxquels eux et leur famille font face en cette période difficile.
    Nous savons que nous bâtissons une économie plus forte et que nous maintenons un solide cadre financier. Nous le faisons pour mes enfants, comme pour tous les enfants canadiens. Toutefois, nous avons encore bien du travail à accomplir.
    Monsieur le Président, je rappelle à mon collègue que le prix des aliments augmente à un taux le plus élevé depuis 1981. Plus de 70 % des familles qui ont des enfants ne recevront pas cette aide. En fait, les familles à faible revenu ne recevront aucune prestation.
    Mon collègue soutiendra-t-il les personnes les plus durement touchées par la crise du coût de la vie et demandera-t-il au premier ministre d’annuler la taxe sur le carbone?
    Monsieur le Président, partout au Canada, les familles subissent les pressions de l’inflation lorsqu’elles achètent des couches pour bébés, de la nourriture et des produits d’épicerie. Nous avons vu les prix. Je les connais bien.
    Je peux vous répondre que notre gouvernement a pris des mesures concrètes, non seulement aujourd’hui, mais également dans le passé. Il a notamment instauré l’Allocation canadienne pour enfants, qui permet à neuf familles canadiennes sur dix de recevoir chaque mois plus d’argent non imposable, l’Allocation canadienne pour les travailleurs, qui donne jusqu’à 2 500 $ aux travailleurs canadiens à la fin de l’année, le doublement du crédit pour TPS et la réduction des impôts de la classe moyenne non pas une fois, mais deux fois. Ce sont littéralement des milliards de dollars qui retourneront dans les poches des Canadiens.
    Nous sommes prêts et nous continuerons d’être prêts à aider les familles canadiennes, surtout les plus vulnérables. Nous continuerons à renforcer la classe moyenne du Canada et à aider ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai bien entendu le discours de mon collègue. Il a mentionné à plusieurs reprises vouloir aider les familles.
    Dans le projet de loi C‑30, la mesure qui vise notamment à déployer un crédit d'impôt non remboursable pour aider les gens qui en ont besoin, c'est‑à‑dire les plus vulnérables et les personnes à faible revenu, va coûter 2,5 milliards de dollars au gouvernement.
    Dans le dernier budget, le même gouvernement a subventionné les entreprises pétrolières en leur accordant 2,6 milliards de dollars pour déployer une nouvelle technologie servant à la capture du carbone.
    Qu'est‑ce qui est le plus important? Est-ce de subventionner les entreprises pétrolières ou d'aider les familles à faible revenu qui en ont réellement besoin?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de la belle province de sa question.

[Traduction]

    Je dirai ceci: j'appuie et j'appuierai toujours les travailleurs canadiens du secteur énergétique de partout au pays. Ils soutiennent l'économie d'excellente manière. Ils sont indispensables, maintenant plus que jamais.
    Les députés qui ont lu la revue The Economist de cette semaine ont pu constater que, dans le monde entier, les investissements dans le gaz naturel liquéfié et le gaz naturel sont cruciaux à l'heure actuelle. En parallèle, nous continuerons à bâtir une économie très solide en aidant les Canadiens les plus vulnérables, y compris les Canadiens à faible revenu. C'est ce que nous faisons depuis le début. Nous bâtissons une classe moyenne plus forte et nous aidons ceux qui travaillent fort pour en faire partie.
    Monsieur le Président, le projet de loi C‑30 est le bienvenu. C'est bien de voir qu'il suscite l'unanimité et l'entente entre tous les partis dans les circonstances actuelles. En ce qui concerne le crédit pour la TPS, j'estime que les familles de ma circonscription et de tout le pays auraient pu en profiter bien avant. En mai et en juin, le chef du NPD, le député de Burnaby-Sud, l'a demandé à maintes reprises au gouvernement, mais, chaque fois, il a essuyé un refus.
    Que s'est-il passé avec les libéraux? Quel changement a eu lieu au cours de l'été? Pourquoi n'ont-ils pas cherché à faire cela plus tôt et à aider les familles canadiennes en difficulté beaucoup plus rapidement?

  (1250)  

    Monsieur le Président, je vais dire ceci: nous sommes là pour les Canadiens, et nous l'avons été depuis notre arrivée au pouvoir en 2015. Nous l'avons démontré depuis le début de la pandémie de COVID‑19, et c'est ce que nous continuerons de faire maintenant que les familles canadiennes doivent composer avec des pressions inflationnistes. Nous avons pris un certain nombre de mesures à cette fin, telles que l'Allocation canadienne pour enfants, l'augmentation de 10 % des prestations de la Sécurité de la vieillesse pour les aînés, ou la diminution de l'âge de la retraite de 67 à 65 ans. Nous avons sorti des centaines de milliers de Canadiens de la pauvreté. C'est ce que nous continuerons de faire en adoptant des mesures ciblées et des politiques judicieuses qui sont bonnes pour l'économie et la population canadiennes, réduisent les inégalités et favorisent une croissance économique inclusive.
    Monsieur le Président, je suis heureux de parler de ce projet de loi aujourd’hui, mais aussi de prendre la parole après mon collègue de Vaughan—Woodbridge. Je vous remercie de m’en donner l’occasion.
    Tout d’abord, je demanderais aux députés de bien vouloir faire preuve d’indulgence à mon égard, car j’aimerais les entretenir de ce dont de nombreux députés ont déjà parlé matin, c’est-à-dire de la situation géopolitique, en particulier en Iran. En rentrant à la maison hier soir, nous avons pu voir le drapeau de l’Iran flotter sur la Colline du Parlement, mais je n’ai pu m’empêcher de ressentir un certain malaise par ce que le gouvernement semble vouloir faire, à savoir faire de beaux gestes qui ne coûtent pas cher pour afficher notre solidarité.
    Ce serait bien si nous en faisions davantage, mais n’oublions pas que le gouvernement a dit qu’il ferait flotter ce drapeau sur la tour de la Paix dimanche. C’est la première intention qui a été exprimée par le gouvernement lorsque 50 000 personnes se sont rassemblées pour montrer leur solidarité à l’égard des Iraniens et de ceux qui luttent pour leurs libertés fondamentales. C’est presque comme si c’étaient les mêmes ministres qui exhibaient des affiches de soutien envers l’Ukraine, mais qui n’y donnaient jamais suite par des actions concrètes.
    Pendant que j’ai la parole, je dois féliciter au moins un député d’en face, la députée de Willowdale, qui a eu le courage de dire à la télévision que le gouvernement n’en avait pas fait assez. J’aimerais qu’un plus grand nombre de députés à la Chambre se sentent habilités à dire ainsi le fond de leur pensée et à parler des sujets qui leur tiennent à cœur.
    Parlons maintenant du projet de loi C-30. Il s’agit de la bonification temporaire du crédit d’impôt pour la taxe sur les produits et services. Je tiens à féliciter notre président d’avoir très bien réussi à faire avancer ce projet de loi au Parlement. La réunion du comité, avec la ministre, a été très animée. C’est toujours un plaisir de la recevoir. Je ne peux pas dire qu’on ait répondu à beaucoup de questions, mais c’était bien de voir une certaine collaboration de tous les côtés pour que ce projet de loi soit renvoyé à la Chambre sous peu.
    L’inflation est à son plus haut niveau depuis 40 ans. Selon la Banque du Canada, l’inflation touche le plus durement les personnes les plus vulnérables, et c’est pourquoi il est particulièrement important de la juguler. Je crois que cette mesure a l’appui de tous les partis à la Chambre. Il est important que nous soyons solidaires des personnes les plus vulnérables, et ce crédit les aiderait grandement.
    Le gouvernement doit en faire davantage pour aider les Canadiens à composer avec l’inflation. Voilà pourquoi j’ai été surpris que la vice-première ministre ne puisse pas répondre à ma question hier au comité. Je voulais savoir si cette initiative entraînerait une hausse de l’inflation. Je ne demandais pas cela pour que nous n’adoptions pas cette politique. Je posais cette question pour que le gouvernement puisse peut-être prendre des mesures dans d’autres domaines pour réduire les effets de cette initiative sur l’inflation.
    Cette initiative augmente la dette. Nous sommes constamment en déficit. Rappelons-nous qu’il n’y a pas si longtemps, certains collègues à la Chambre remettaient les dépenses en question et que d’autres disaient qu’il était irresponsable de ne pas dépenser parce que les taux d’intérêt étaient si bas. Maintenant, comme les taux d’intérêt sont beaucoup plus élevés, nous imposons aux générations futures un coût de la dette incroyable.
    Selon le directeur parlementaire du budget, les coûts d’intérêt pourraient doubler si cela se poursuivait. Cela représente une grosse somme d’argent qui n’ira pas aux programmes sociaux du Canada, programmes sur lesquels tout le monde compte, comme les soins de santé, l’aide aux aînés et la protection sociale pour des générations à venir.
    Hier, au comité, on nous a dit que le gouvernement avait adopté une nouvelle religion, celle des restrictions budgétaires. Je pense que les jeunes d’aujourd’hui diraient que le thème des restrictions budgétaires fait désormais partie du clavardage. Cependant, je ne suis pas certain que cela se produise. Laissons l’histoire nous guider. Le gouvernement souffre de dépendance à la dette et aux dépenses. Il impose un fardeau incroyable aux générations futures.
    Pour le gouvernement libéral, la solution à tous les problèmes est de dépenser davantage. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a augmenté ses dépenses de plus de 8 % par année. En fait, ses dépenses ont augmenté de 25 % cette année par rapport aux niveaux d’avant la COVID-19. On nous demande maintenant de croire que dorénavant, le gouvernement limitera l’augmentation de ses dépenses à 2 %. J’ai bien du mal à le croire. En fait, certains diraient que c’est très improbable.

  (1255)  

    Si nous étions à une fête et que nous voyions un adolescent retourner sans cesse se servir au bol à punch, si nous ne réussissions pas à l’écarter de là et que tout d’un coup, l’adolescent avalait une grosse gorgée de punch en disant: « Ça y est, c’est fini, je n’y touche plus ». Est-ce que nous pourrions le croire? Je ne le pense pas.
    Le vilain secret du gouvernement, c’est qu’il nage dans les recettes. Il n’a jamais gagné autant d’argent qu’à l’heure actuelle. Le NPD ne cesse de mentionner les bénéfices fiscaux exceptionnels des grandes sociétés qui réalisent des profits records cette année, mais parlons des recettes fiscales exceptionnelles du gouvernement. Pourquoi ne remet-il pas une partie de cet argent aux Canadiens ou ne réduit-il pas d’abord les impôts? Semaine après semaine, l’inflation rapporte des recettes records.
    Je soutiens que le gouvernement n’a pas besoin de faire plus d’argent en imposant de nouvelles taxes. Il doit offrir un répit aux Canadiens, en réduisant les taxes ou en leur accordant une aide supplémentaire. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Suède, les Pays Bas, la Belgique, l’Espagne, l’Irlande, le Japon, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, je pourrais continuer sur ma lancée, mais j’y consacrerais les quatre minutes qu’il me reste. Tous ces pays ont réduit les taxes sur l’essence ou les ont suspendues. La saison froide approche. Bon nombre de nos concitoyens, partout au pays, auront du mal à chauffer leur maison, mais ils continuent d’entendre le gouvernement leur parler de l’importance de payer une taxe sur le carbone.
    Prenons une pause. Nous ne sommes pas tenus de tout faire. Si le litre d’essence coûte 2 $, ce serait peut être une bonne idée d’annuler la taxe sur le carbone. Si l’essence coûte 1,25 $ le litre, le gouvernement pourrait appliquer une hausse moins forte. Il devrait au moins nous donner un répit. Les gens n’ont pas les moyens de payer deux dollars le litre. Ce n’est pas une question de choix. Chaque semaine, beaucoup de nos concitoyens doivent mettre de l’essence dans leur automobile pour se rendre au travail, pour conduire les enfants à la pratique de soccer ou à d’autres activités ou pour aller à l’épicerie. Ce n’est pas tout le monde qui habite près d’une ligne de métro. Ce n’est pas tout le monde qui habite à un coin de rue d’un service de transport en commun. Les gens ne peuvent pas toujours se déplacer à pied. Nous n’avons pas de charrettes tirées par des chevaux, du moins pas dans de nombreuses régions de cette province. Il est vrai que des gens fantastiques utilisent ce mode de transport, mais ce n’est pas une solution réaliste pour l’ensemble des Canadiens.
    Force est de reconnaître que des gens souffrent en ce moment. Au lieu d’imiter nos pairs et de réduire les taxes, notre réaction à la hausse des prix de l’énergie est de les augmenter encore plus. La taxe sur le carbone est inflationniste. La Banque du Canada l’admet, mais le gouvernement ne semble pas vouloir répondre à cette question. Notre gouvernement détient-il un secret que tous ces autres pays ignorent? Nous sommes le seul pays au monde à rendre l’énergie encore plus coûteuse.
    En terminant, je tiens à dire que, de ce côté-ci de la Chambre, nous sommes heureux de voir que ce projet de loi sera adopté rapidement, car il va apporter un répit, bien que modeste, aux Canadiens qui en ont besoin. Je me réjouis de cette occasion.
    Je signale également que je partagerai mon temps de parole avec l’excellent député de Northumberland—Peterborough-Sud que je suis d’ailleurs impatient d’entendre sur cette question.
    Je répondrai avec plaisir aux questions de mes collègues.

  (1300)  

    Monsieur le Président, mon collègue de Simcoe‑Nord, en face, n’a mentionné que la moitié de l’équation en soulignant que le niveau d’endettement du Canada a augmenté au cours des dernières années, surtout dans le contexte de la COVID‑19. Afin de garder les Canadiens en vie et de les aider à traverser cette période difficile, le gouvernement a mis en place de nombreux programmes.
    L’autre aspect de l’équation, c’est la croissance du PIB, que je n'ai pas entendu mon collègue mentionner. Nous sommes au deuxième rang des pays du G7 pour ce qui est de la croissance du PIB. Nous devançons certains des pays qu’il a mentionnés avec notre croissance du PIB deux fois plus élevée que la leur. Notre point d'ancrage budgétaire, c'est le ratio de la dette par rapport au PIB. Mon collègue pourrait-il nous dire comment la forte croissance du PIB nous aide dans la conjoncture actuelle?
    Monsieur le Président, notre PIB a connu une forte croissance, mais il a aussi subi d’importantes pertes. En effet, notre économie a été très lente et elle s’est contractée pendant un certain temps, de sorte que nous remontons à partir de plus bas. Voilà pourquoi le PIB a crû.
    Parlons de ce que la croissance du PIB nous permet de faire. Elle procure beaucoup de recettes fiscales au gouvernement. Par conséquent, je ne comprends pas pourquoi nous devrions parler d’augmenter les impôts des Canadiens alors que, comme mon collègue d’en face l’a dit, le PIB se porte bien. Soit dit en passant, lorsque les libéraux se sont présentés aux élections de 2015, ils ont dit qu’une croissance de 1,5 % ou de 1,6 % du PIB n’était pas suffisante, alors que c'est à peu près son taux actuel.

[Français]

    Monsieur le Président, il y a une chose qu'on a entendue au Parti conservateur pour contrer l'inflation, c'est l'utilisation de la cryptomonnaie. On apprenait dans les derniers jours, dans une note d'information du Conseil privé, que la cryptomonnaie n'offrirait pas de protection contre les chocs inflationnistes.
    La cryptomonnaie pendant la période estivale a perdu la moitié de sa valeur comparativement au début de l'année dernière. J'aimerais que mon collègue m'explique comment il se fait que son chef, le député de Carleton, prétende que la cryptomonnaie protège contre l'inflation. Je voudrais savoir précisément si mon collègue croit vraiment que la cryptomonnaie est protégée de toutes les poussées inflationnistes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je surveille certains marchés financiers, comme le fait mon collègue. Je ne suis pas certain que les députés conservateurs aient dit que les cryptomonnaies allaient régler le problème de l’inflation. Si nous disions que le Canada devrait être une destination pour la révolution des technologies financières, je m’en réjouirais.
    Rappelons-nous ce qui se passe dans le monde et pourquoi certaines personnes utilisent les cryptomonnaies. Pensons à des pays comme le Venezuela et l’Argentine, où l’inflation est incroyable. Les gens là-bas se sont tournés vers les cryptoactifs pour se protéger de l’inflation. Oui, dans certains cas, la valeur de ceux-ci a diminué de 10 %, de 20 % ou même de 30 %, mais si on se penche sur l'évolution de l’inflation dans ces pays, on constate que, certaines années, les gens perdent plus de 50 % de leur pouvoir d’achat.
    Monsieur le Président, mon collègue a parlé de l’importance de ne pas alourdir le fardeau fiscal des Canadiens. Cependant, je tiens à souligner que depuis plus d’un demi-siècle, depuis 1952 en fait, les sociétés ne paient plus les mêmes taux d’imposition que les Canadiens. Je me demande si mon collègue serait ouvert à l’idée de modifier l’impôt des sociétés qui réalisent des profits énormes à l’heure actuelle, de manière à ce qu’elles paient leur juste part et à ce que notre pays puisse se prévaloir de cette source de revenus.
    Monsieur le Président, avant d’augmenter les impôts des sociétés, pourquoi ne pas simplement faire payer aux sociétés qui font affaire au Canada les impôts qu’elles doivent déjà? Pourquoi ne pas commencer par là? Selon un rapport récent de l’organisme Canadiens pour une fiscalité équitable, il y a dans les 30 milliards de dollars — mes collègues du NPD seront heureux que j’en parle — que le gouvernement ne perçoit pas. Avant de parler d’augmenter les impôts des autres sociétés et des Canadiens, pourquoi ne pas simplement obliger les particuliers et les sociétés à payer les impôts qu’elles doivent actuellement?

  (1305)  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd’hui à la Chambre des communes, dans un environnement très protégé. En dehors de ces murs, les défis sont multiples. À plus de 7 %, le taux d’inflation est à un niveau jamais vu au cours des 40 dernières années.
    Depuis sept ans, les conservateurs préviennent le premier ministre des conséquences inévitables de son programme d’imposition et de dépenses. Cependant, nos mises en garde sont restées lettre morte. Ce n’est peut-être pas surprenant de la part d’un premier ministre qui ne pense pas à la politique monétaire.
    Réfléchissons-y bien un instant. Le premier ministre l’a dit juste avant que nous nous dirigions vers l’une des plus grandes catastrophes monétaires des 50 dernières années. Il a carrément avoué qu’il ne pense pas à la politique monétaire. Conséquence: les mères seules sont désormais incapables de nourrir leur famille, et les travailleurs n'ont pas les moyens de faire le plein. C’est incroyable qu’il ne pense pas à la politique monétaire. Il devrait peut-être y penser à deux fois.
    Dans le cadre du débat qui nous occupe, il importe de mettre le projet de loi C‑30 en contexte, en commençant par la relation entre l’économie et le gouvernement. Souvent, je trouve malheureusement qu’il règne une confusion à la Chambre entre les deux. Il faut d’abord veiller à ce que les biens et les services produits dans notre économie, la richesse et la prospérité de notre pays, incombent principalement aux entreprises et aux travailleurs d'ici.
    C’est par la prestation de services et la production de biens que notre pays génère sa valeur. Lorsqu’une entreprise est en mesure de produire plus de biens et de fournir plus de services, autrement dit d’accroître notre productivité, la prospérité du pays augmente. Le secret de tout cela — et on n'en parle pas souvent à la Chambre —, c’est que lorsque la prospérité du pays augmente, ce sont les plus vulnérables qui profitent le plus souvent, et lorsque la prospérité est menacée, comme cela s’est produit au cours des dernières années — cette fois en raison de l'inflation —, ce sont aussi eux qui souffrent le plus.
    En adaptant sa politique monétaire et en imprimant de l’argent, un pays peut provoquer une amélioration modeste, temporaire et artificielle de sa performance économique. Quand le gouvernement dépense tous azimuts en faisant fonctionner la planche à billets, il se produit au début une certaine euphorie chez les Canadiens qui voient l’argent arriver dans leur compte bancaire. Malheureusement, cette euphorie laisse rapidement la place à la désillusion car ils se rendent compte que tout a augmenté et que les prestations sont rognées par une inflation galopante qui dure et qui dure. Une fois qu’on ne la contrôle plus, l’inflation s’envole et rogne l’épargne, les salaires et les pensions de retraite.
     Le chemin vers la prospérité ne passe pas par la planche à billets, mais plutôt par la création de valeur. Autrement dit, nous avons besoin d’augmenter notre productivité. Quand un pays produit davantage de biens et fournit davantage de services de façon plus efficiente et plus efficace, il crée de la valeur qui permet d’augmenter les salaires des travailleurs et, si j’ose dire, les bénéfices des entreprises. Cela permet aussi de créer des emplois.
    Malheureusement, le gouvernement semble faire tout ce qu’il peut pour réduire la productivité des entreprises et des travailleurs, et nous en voyons les résultats après sept années de gouvernement libéral. Les produits alimentaires ont augmenté de plus de 10 %, 10,8 % précisément, ce qui génère des difficultés considérables pour les Canadiens. Nous sommes ici dans un environnement protégé, mais à l’extérieur de cette enceinte, il y a des gens qui, ce soir, vont aller se coucher le ventre vide, et ils sont certainement beaucoup plus nombreux qu’ils ne l’étaient il y a 10 ou 20 ans. Voilà ce qui arrive quand on a un premier ministre qui ne s’intéresse pas à la politique monétaire.
    L’augmentation de 10,8 % des prix de l’alimentation a provoqué une hausse de 20 % du recours aux banques alimentaires. Cela fait réfléchir. Par rapport à il y a deux ans, 20 % de plus de Canadiens s’adressent à des banques alimentaires. De plus, 20 % de Canadiens ont dû modifier leur alimentation. Environ 8 % d’entre eux sautent des repas. Et cela ne concerne pas seulement les adultes mais aussi les enfants. En fait, les gens qui ont des enfants sont trois fois plus susceptibles de recourir à une banque alimentaire que les autres. Cela cause des difficultés pour tous les Canadiens et pour les plus vulnérables, y compris les enfants.
    Je ne dis pas que le projet de loi C-30 est mauvais en soi. Malheureusement, il propose trop peu trop tard. Je vais l’appuyer parce qu’il va dans la bonne direction, mais il faut reconnaître en premier lieu qu’il y a des mois que l’on aurait dû offrir ce genre d’aide. Deuxièmement, parlons un peu des sommes en question.

  (1310)  

    J’ai dit tout à l’heure que les prix de l’alimentation avaient augmenté de plus de 10 %, et cela représente une hausse de plus de 1 300 $ par an du budget alimentaire des familles. Aux dires de la ministre des Finances, qui a comparu devant le comité, la bonification temporaire du crédit pour la TPS et la TVH se traduira par une aide de 450 à 500 $ pour les familles admissibles. Comme l’ont fait remarquer de nombreux députés, beaucoup de familles ne sont pas admissibles. Cette aide n’est donc absolument pas suffisante. Au final, cette aide viendra de nos travailleurs et de nos entreprises, mais ces derniers doivent être encouragés et non pas pénalisés.
    Comme vous le savez, Thomas Sowell a écrit qu’il ne comprenait pas pourquoi vouloir garder l’argent qu’on a gagné est de la cupidité, alors que vouloir prendre l’argent des autres n’en est pas. C’est une leçon que le gouvernement devrait retenir.
    D’aucuns diront, et c’était même dans les journaux au Royaume-Uni, que les allégements fiscaux sont inflationnistes. J’affirme que, lorsqu’ils sont bien ciblés, ce n’est pas le cas. En fait, c’est même le contraire de ce qui se passe lorsque le gouvernement dépense tous azimuts en empruntant tous azimuts ou en faisant marcher la planche à billets. Je vais vous donner quatre exemples.
    John F. Kennedy a réduit les impôts en 1963. L’année précédente, le taux d’inflation avait été de 1,2 %. L’année qui a suivi cette réduction d’impôt, le taux d’inflation a été de 1,28 %. Ronald Reagan a annoncé en 1981 une réduction d’impôt considérable à partir de 1982. En 1981, le taux d’inflation était de 6,13 %, et en 1984, il est passé à 4,3 %. Le taux d’inflation a donc diminué de 2 % après une réduction d’impôt considérable. En 1986, l’administration Reagan a décidé encore une fois de réduire les impôts. L’année précédente, le taux d’inflation avait été de 3,9 % et l’année qui a suivi, il a été de 3,65 %. Quand le premier ministre Harper a réduit la TPS, le taux d’inflation était de 2,1 % en 2007 et il est tombé à 0,3 % en 2009.
    Les allégements fiscaux n’alimentent pas l'inflation, ils stimulent l’économie. Le gouvernement doit offrir un allégement, et une bonne façon de le faire, ce serait d’annuler les hausses de taxes qui sont prévues. Le gouvernement veut tripler la taxe carbone d’ici 2030, et ce, à compter d’avril prochain. Cela fera augmenter les taxes sur pratiquement tout ce que nous consommons, notamment le chauffage, l’essence et les aliments, et cela fera augmenter les prix. C’est cela, par définition, qui alimentera l’inflation.
    À une époque où les Canadiens travaillent fort et essaient d’épargner le plus possible, alors que les prix de l’alimentation augmentent de 10 %, le gouvernement nous annonce-t-il qu’il compte réduire les taxes? Absolument pas, il annonce plutôt qu’il augmentera les taxes sur les salaires à partir du 1er avril et qu’il augmentera un nombre considérable de taxes. Ce n’est pas le moment de faire cela. À mon avis, ce n’est jamais le moment d’augmenter les taxes, vu les taux que nous avons déjà, mais ce l’est encore moins aujourd’hui, car cela alimentera l’inflation et nuira à notre productivité.
    Au final, si l’on veut résoudre cette crise du pouvoir d’achat, il ne faut surtout pas appliquer une politique monétaire artificielle en faisant marcher la planche à billets, car nous en avons vu les résultats. Il ne faut surtout pas que le gouvernement continue de dépenser de l’argent produit par la planche à billets. Il faut que notre économie augmente sa productivité. Pour cela, il faut aider nos travailleurs, encourager nos entreprises, aider tous les Canadiens, empêcher le gouvernement d’augmenter les prélèvements et, au contraire, aider les Canadiens en allégeant leur fardeau.
    Monsieur le Président, nous constatons aujourd’hui que tout le monde est d’accord pour offrir de l’aide aux Canadiens en cette période inflationniste. Malheureusement, il y en a qui cherchent à exploiter la situation.
    Je voudrais vous faire part d’un texto que je viens de recevoir. On y dit: « Vous pouvez maintenant demander votre remboursement de TPS. Répondez “oui” pour recevoir votre remboursement. » Nous avons consulté l’Agence du revenu et on nous a répondu très clairement que l'Agence n'enverrait jamais ce genre de message. Les fraudeurs sont rapides, ils ont commencé à envoyer des textos comme celui-ci juste après l’annonce concernant la TPS. L’Agence du revenu sait que des messages de ce genre circulent, et elle a envoyé des avertissements tous azimuts.
    J’aimerais savoir ce que mon collègue pense de ces gens qui cherchent à tirer profit de ce genre de situation. Il faudrait alerter les électeurs qu’il y a des fraudeurs.

  (1315)  

    Monsieur le Président, cela est bien bien triste. Ces gens-là devraient être tenus responsables de leurs actes. C’est la raison pour laquelle je suis fier d’être membre du parti de la loi et de l’ordre. Je remercie le député d’avoir signalé cela.
    Lorsque j’étais porte-parole de l'opposition en matière de revenu national, j’ai malheureusement eu connaissance de nombreux cas de ce genre. L’Agence du revenu ne demande jamais par courriel un numéro d’assurance sociale ou des données bancaires. En cas de doute, il faut prendre son téléphone et appeler l’Agence du revenu pour vérifier l’authenticité du message reçu avant de fournir la moindre information. Les gens peuvent aussi s’adresser à ceux à qui ils font confiance. Ils peuvent appeler le bureau de leur député et nous nous ferons un plaisir de les aider. J’ai vu trop de personnes âgées, entre autres, se faire prendre de cette façon.

[Français]

    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue de Northumberland—Peterborough-Sud pour son discours. Il est un collègue que j'estime. J'ai eu l'occasion de contribuer avec lui, à la dernière législature, aux travaux du Comité permanent des comptes publics.
    Il y a des choses dans son discours sur lesquelles je suis d'accord et d'autres sur lesquelles je ne suis pas d'accord. Je suis d'accord, effectivement, que c'est trop peu trop tard. Dans le dernier budget fédéral, il n'y avait aucune mesure particulière pour aider les personnes aînées, les personnes à faible revenu ou les personnes plus vulnérables.
    Voici l'autre chose sur laquelle je ne suis pas d'accord. On entend beaucoup le Parti conservateur parler la question de l'inflation et de la politique monétaire. Le Bloc québécois rejette le populisme. Nous disons haut et fort qu'il faut que la Banque du Canada, la banque centrale, soit indépendante de toute politique. Lors de la dernière course à la direction du Parti conservateur, on a entendu à maintes reprises le député de Carleton, le nouveau chef du Parti conservateur, vouloir congédier le gouverneur de la banque centrale. C'est un mauvais message. C'est dangereux.
    Je veux savoir si mon collègue est d'accord que la banque centrale doit être indépendante de toute influence politique et qu'il m'explique pourquoi si c'est le contraire.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous devons admettre que la Banque du Canada s’est trompée. Elle a dit que l’inflation serait temporaire alors qu’elle ne l’est pas. Elle a dit que l’inflation n’augmenterait pas, alors qu’elle a augmenté. Notre chef, qui fait passer les gens en premier et qui pense à la politique monétaire, a eu raison. Cela devrait figurer au compte rendu. On s’est moqué de lui. Le Bloc et d’autres membres de l’élite se sont moqués de lui en disant qu’il n’y aurait pas d’inflation. Eh bien, vous savez quoi? Nous avons une inflation des produits alimentaires de 10 % et cela ne devrait pas être toléré ni pour les Canadiens ni pour qui que ce soit.
    Monsieur le Président, je suis heureux d’entendre que mon estimé collègue de Northumberland—Peterborough-Sud appuie la mesure d’aide prévue dans le projet de loi. Il a souligné qu’elle arrive avec plusieurs mois de retard, et nous sommes d’accord avec lui sur ce point. Néanmoins, j’aimerais savoir où il était lorsque nous avons réclamé cette mesure en mai.
    Il s’agit d’une aide qui cible les personnes les plus touchées par l’inflation. Un autre projet de loi comprend une autre mesure d’aide ciblée, destinée également aux personnes les plus touchées par l’inflation au Canada. Le financement de chacune de ces mesures provient du même fonds. Ce sont des mesures très semblables, et pourtant le Parti conservateur vote pour l’une mais pas pour l’autre.
    Je me demande si le député peut m’expliquer pourquoi il ne vote pas pour l’augmentation de l’Allocation canadienne pour le logement?
    Monsieur le Président, les politiques d’impôts et de dépenses du gouvernement vont provoquer encore plus d’inflation. Comme nous le constatons, l'enthousiasme provoqué par les dépenses des premiers temps sera rapidement érodé par les effets corrosifs de l’inflation. Si nous voulons appauvrir les gens, dépensons et imprimons plus d’argent.
    Monsieur le Président, je suis heureux d’intervenir à la Chambre pour participer au débat d’aujourd’hui. Je partagerai mon temps de parole avec le député de Kingston et les Îles, dont j’ai hâte d’entendre les commentaires.
    Nous parlons de la Loi sur l’allègement du coût de la vie et des mesures à prendre pour aider les Canadiens à faire face à l’inflation dont nous sommes actuellement témoins en raison de la conjoncture mondiale et de la situation découlant de la pandémie de COVID-19.
    Lorsque nous avons été frappés par la pandémie, le gouvernement s’est notamment employé, dès le départ, à préparer le Canada à réussir l’après-COVID, afin que les Canadiens puissent retrouver leur emploi grâce à des mesures telles que le programme de subventions salariales et au maintien de la relation entre l’employeur et l’employé, de façon à ce qu’au retour des emplois, l’employé soit toujours sur la liste de paie. La PCU visait à s’assurer que les personnes qui étaient en grande difficulté, celles dont les revenus avaient chuté et les propriétaires d’entreprises indépendantes en particulier, pourraient surmonter cette période difficile à laquelle nous étions collectivement confrontés en tant que société à l’échelle internationale en raison de la pandémie mondiale.
    Ce projet de loi vise à déterminer ce que nous allons faire, maintenant que nous avons protégé notre économie et que nous enregistrons une croissance économique, mais que de nombreuses personnes ne participent pas au succès que connaissent d’autres Canadiens. Une pandémie comme la COVID-19 ne survient qu’une fois par génération, et elle a eu des répercussions dans d’autres pays comme la Chine, avec ses politiques de zéro COVID. À cela s'ajoute l’invasion illégale de l'Ukraine par la Russie.
    Chez nous, les prix de l’immobilier sont montés en flèche, si bien que nous avons dû collaborer avec la Banque du Canada, qui se concentre sur les politiques monétaires alors que nous nous concentrons sur les politiques fiscales. Les politiques monétaires mises en place par la Banque du Canada, une organisation indépendante, consistaient à augmenter les taux d’intérêt, ce qui a presque immédiatement freiné l’accélération des prix de l’immobilier que nous avons observée l’an dernier et même au début de cette année.
    L’inflation que nous observons dans l’ensemble provient de l’offre. Les entreprises ont du mal à embaucher et elles ont du mal à obtenir des produits des chaînes d’approvisionnement. Tout le monde est confronté à ce problème, à l’échelle de la planète. Au Canada, nous avons réussi à atténuer cette situation grâce à de bonnes politiques gouvernementales, puisque l’inflation, qui a atteint un sommet en juin à 8,1 %, est redescendue à 7 %. Dans d’autres pays, elle est toujours en hausse. Aux États-Unis, elle se situe à 8,3 %, au Royaume-Uni, à 9,9 %, et en Allemagne, à 7,9 %. Tous ces pays affichent des taux d’inflation plus élevés qu'au Canada.
    Cependant, il n’aide en rien les Canadiens que de dire: « Oui, mais les autres sont pires que nous ». C’est pourquoi nous présentons le plan d’abordabilité. Il s’agit d’un train de mesures ciblées de 12,1 milliards de dollars qui sont mises en place cette année, y compris le doublement du crédit pour la TPS au cours des six prochains mois.
    Alors que la politique monétaire ramènera, nous l’espérons, l’inflation vers l’objectif de 2 % que s’est fixé la Banque du Canada, il nous faut une mesure qui permette de franchir la crise que nous traversons actuellement. Cette mesure est le projet de loi C-30, qui rendrait la vie plus abordable pour les Canadiens. À titre d’exemple, certaines des mesures prévues dans le plan pour lutter contre l’inflation ont pour but de faciliter l’accès aux soins dentaires et de fournir une aide pour faire face au coût des loyers. Certaines parties du projet de loi reviendront à la Chambre dans les prochains jours, espérons-le, et seront adoptées rapidement afin que les Canadiens aient accès à d’autres mesures de soutien. Comme on l’a mentionné dans le débat d’aujourd’hui, toutes ces mesures visent à aider les gens vulnérables qui subissent les effets de l’inflation que nous connaissons tous.
    Depuis plus de trois décennies, la Banque du Canada a pour mission de lutter contre l’inflation au Canada, et le gouvernement a réaffirmé cette mission essentielle en décembre dernier. Alors que la Banque du Canada s’efforce de réduire l’inflation, nous devons nous pencher sur les répercussions de la situation sur les Canadiens qui doivent faire face à des taux d’intérêt plus élevés, à l’augmentation du prix des aliments dont il a été question dans le débat de ce matin et à d’autres hausses du coût de la vie.

  (1320)  

    Il revient vraiment à la Banque du Canada de nous aider à retourner à un taux d'inflation de 2 %. Entretemps, nous devons examiner les contraintes qui touchent les voies d'approvisionnement et se répercutent sur les entreprises et les pénuries de personnel. Comment pouvons-nous aider les entreprises à trouver des travailleurs qui ont les compétences qu'elles recherchent? Comment pouvons-nous aider les gens qui cherchent un emploi à acquérir les compétences dont les entreprises ont besoin? Plus nous saurons le faire rapidement et efficacement, mieux le Canada sera placé pour continuer sur sa courbe de croissance.
    La grande récession de 2008 est la dernière récession dont je me souviens. Nous nous sommes laissé porter jusqu'à ce qu'elle soit terminée, sans croissance économique. Résultat: nous avons pris du retard. Aujourd'hui, nous sommes bien placés pour demeurer parmi les chefs de file en matière de croissance à l'échelle mondiale, et pour fournir des emplois dans le secteur des technologies propres et les emplois de l'avenir en lien avec les solutions aux changements climatiques, les nanotechnologies et les technologies émergentes. Pour y arriver, nous avons toutefois besoin de travailleurs.
    Pour reconstruire les collectivités qui ont été ravagées par les effets des changements climatiques, comme les communautés du Canada atlantique et de l’est du Québec, nous avons besoin de travailleurs spécialisés. Notre gouvernement doit donc s'efforcer d'aider les gens à se positionner pour réussir à participer à ces projets. À Guelph, on a récemment annoncé le lancement de six projets, assortis d’un budget de 45 millions de dollars, pour créer 263 logements. Ces logements sont en cours de construction, mais la main-d’œuvre locale est mise à rude épreuve. En fait, nous avons à Guelph une équipe de l’Île-du-Prince-Édouard qui travaille l’acier, et elle le fait vite parce qu’elle veut rentrer chez elle. Il y a un avantage local à obtenir de la main-d’œuvre à Guelph pour nous aider à construire les logements et à venir en aide aux collectivités du Canada atlantique qui ont besoin d’un soutien sur le plan économique.
    Le plan dont nous disposons est ancré dans la rigueur budgétaire. Nous envisageons des façons de fournir des soutiens sans alimenter l’inflation. La série de mesures que nous mettons de l’avant dans le cadre du plan d’abordabilité, comme le crédit pour la TPS pour les six prochains mois, va aider les Canadiens à faire face au coût de la vie sans ajouter de l’huile sur le feu de l’inflation.
    Nous examinons les autres programmes que nous soutenons en plus du doublement du crédit pour la TPS. Nous allons fournir 2,5 milliards de dollars en soutien ciblé supplémentaire pour cette année, ce qui aidera 11 millions de personnes et de familles qui reçoivent déjà leurs crédits d’impôt par l’intermédiaire de leurs déclarations de revenus. La relation que nous entretenons avec les Canadiens par l’entremise de l’Agence du revenu du Canada nous aide à offrir ces programmes.
    Nous offrirons également l’Allocation canadienne pour les travailleurs, qui permettra de verser jusqu’à 2 400 $ de plus dans le compte bancaire des familles cette année. Une augmentation de 10 % de la Sécurité de la vieillesse pour aider les personnes de plus de 75 ans, qui a débuté en juillet, permet de donner jusqu’à 766 $ de plus à trois millions d’aînés cette année. Nous verserons cette année un paiement de 500 $ à 1,8 million de locataires canadiens qui ont de la difficulté à payer le loyer, grâce à un supplément unique à l'Allocation canadienne pour le logement. Nous réduisons les frais de garde d’enfants de 50 % en moyenne cette année. Les prestations dentaires, qui, nous l’espérons, seront adoptées par la Chambre des communes, pour les personnes gagnant moins de 90 000 $, fourniraient des centaines de dollars aux familles canadiennes cette année. L’indexation sur l’inflation des prestations, y compris l’Allocation canadienne pour enfants, le crédit pour TPS, le Régime de pensions du Canada, la Sécurité de la vieillesse, le Supplément de revenu garanti et le salaire minimum fédéral, nous permettra de traverser des périodes économiques normales, quand l’inflation reviendra au niveau de 2 % que nous visons.
    Nous essayons de gérer la situation financière en période d’inflation en offrant des prestations aux personnes qui en ont vraiment besoin, au moment où elles en ont besoin, et c’est maintenant qu’elles en ont besoin.

  (1325)  

    Monsieur le Président, le député de Guelph a parlé à maintes reprises de la Banque du Canada, tout comme il a parlé de l’aide aux Canadiens en difficulté et de la nécessité de lutter contre l’inflation. Le 11 mars de cette année, Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, a écrit au Comité des finances, lettre dont je vais simplement citer un extrait:
    Selon les calculs de la Banque, si la redevance devait être retirée des trois principales composantes de l’indice des prix à la consommation (essence, gaz naturel et mazout), cela réduirait le taux d’inflation de 0,4 point de pourcentage. En d’autres termes, si cette politique était entrée en vigueur au début de l’année, le taux d’inflation de janvier aurait été de 4,7 % au lieu de 5,1 %.
    C’est le gouverneur qui dit que la taxe sur le carbone est inflationniste. Le député de Guelph a déclaré qu’il était nécessaire de venir en aide aux Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts. Pourrait-il expliquer précisément pourquoi il appuie le projet du gouvernement de tripler la taxe sur le carbone sur l’essence, l’épicerie et le chauffage? Ne pense-t-il pas que le moment est venu de faire une pause et de donner un répit aux Canadiens?

  (1330)  

    Monsieur le Président, le prix de la pollution passe de 50 $ à 65 $ la tonne. D’après mes calculs, il ne s'agit pas d'un triplement.
    Il est impossible de dissocier la durabilité de la planète de la durabilité économique et de la durabilité sociale. Nous devons aider la population canadienne dans tous les domaines — économique, social et environnemental — de façon à ce que la planète survive pour les générations futures.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. L'inflation n'est pas venue du ciel comme une chaude pluie d'été. Cela provient de plusieurs facteurs, notamment des facteurs externes. L'un de ces facteurs est très important. Il s'agit des chaînes d'approvisionnement.
    Il faut comprendre qu'avec la guerre en Ukraine et la pandémie mondiale, cela a créé des chocs sur les chaînes d'approvisionnement. Beaucoup de nos entreprises sont dépendantes des produits ou encore des biens de consommation que nous pouvons avoir pour l'ensemble de la population.
    La Banque du Canada a remarqué que, pendant la période estivale, environ 50 % des entreprises se retrouvent avec des goulots d'étranglement. Cela veut dire que leurs chaînes d'approvisionnement sont bloquées. Elles attendent des pièces pour pouvoir redémarrer leur production.
    Il y a une façon de régler cela et de s'assurer d'avoir moins de chocs sur les crises inflationnistes. C'est en s'assurant que nos chaînes d'approvisionnement sont plus flexibles, agiles et résilientes.
    Mon collègue est‑il d'accord pour dire que le gouvernement devrait en faire davantage pour s'assurer d'être moins dépendant de tous les produits que nous devons importer de l'extérieur du pays?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie le député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques de cette question et de celles qu’il a posées tout au long de la journée. Ce sont toujours des questions très réfléchies.
    L’un des enseignements à tirer de la pandémie de COVID, c’est que nous devons nous appuyer davantage sur des chaînes d’approvisionnement canadiennes. Lorsqu’il fallait obtenir des équipements de protection individuelle et des produits destinés à aider les personnes nécessitant des soins médicaux au Canada, il était très logique que ces produits soient fabriqués au Canada, parce que les chaînes d’approvisionnement des autres pays étaient rompues. Je suis tout à fait d’accord pour dire que nous devons chercher à promouvoir les affaires et l’innovation au Canada afin d’en tirer des avantages économiques et d’assurer la sécurité à l’avenir.
    Monsieur le Président, je me réjouis de ce que vient de nous dire le député au sujet de la chaîne d’approvisionnement au Canada. Toutefois, je veux qu'il sache que, dans ma circonscription, Port Moody—Coquitlam, un fournisseur a rapidement réaménagé son usine pour pouvoir fabriquer des équipements de protection individuelle, mais il n’a pas pu obtenir de contrat du gouvernement du Canada. Je connais également des fournisseurs de vaccins au pays que le gouvernement a ignoré. En fait, je pense qu’il y avait un manque de coordination du côté du gouvernement pour savoir qui produisait des équipements de protection individuelle et des vaccins au Canada. C’est ce que je comprends.
    Le député pourrait-il nous dire pourquoi les fournisseurs canadiens d’équipements de protection individuelle et même de vaccins n’ont pas pu obtenir de contrats avec le gouvernement?
    Monsieur le Président, j’ai eu recours au réseau Achatsetventes.gc.ca pendant la pandémie de COVID-19, quand des entreprises m’appelaient à Guelph pour me demander comment elles pouvaient entrer dans la chaîne d’approvisionnement et fournir des solutions au gouvernement. J'ai reçu un appel d’un partisan conservateur, et nous avons été en désaccord sur de nombreuses questions, mais il a pu obtenir un contrat pour fournir des pièces de respirateurs destinés à Toronto avec un partenaire de Montréal.
    J’ai recommandé le réseau Achatsetventes.gc.ca à mes électeurs et je dirais à la députée d’en face que ce serait également une excellente ressource pour ses électeurs.
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole aujourd’hui au sujet du projet de loi C-30, une mesure législative très importante qui vise à alléger les pressions auxquelles les gens sont soumis actuellement dans notre pays, en particulier ceux qui éprouvent le plus de difficultés. Les personnes qui recevront ce crédit pour la TPS utiliseront sans aucun doute cet argent immédiatement pour combler des besoins très importants. C’est de l’argent qui retournera directement dans notre économie. Même si certains prétendent que cette mesure favorisera l'inflation, les économistes affirment assez catégoriquement que ce ne sera pas le cas ou, du moins, que la hausse de l'inflation sera pratiquement imperceptible.
    Je voudrais principalement répondre à certains propos que j’ai entendus à la Chambre. Je songe en particulier à ce que le député de Northumberland—Peterborough South nous a dit il y a quelques minutes ainsi qu'à une intervention antérieure du député de Simcoe-Nord.
    Tout d’abord, il est très intéressant de constater que toutes les interventions faites aujourd’hui dans le cadre du débat sur le projet de loi C‑30, du moins celles des conservateurs, ont très peu porté sur le projet de loi. Les conservateurs préfèrent répéter les plus récents slogans de leur invention, comme « tripler, tripler, tripler ». Je cherche encore ce qui est censé être drôle. Cela m’échappe, mais peut-être que le bureau du chef a communiqué cette phrase à tous les députés et qu’ils sont tenus de l’employer à profusion dans cette enceinte.
    Le député de Northumberland—Peterborough-Sud n’a pas parlé du projet de loi. Il a dévié longuement du sujet pour nous expliquer qu’il était très important que le gouvernement ne dépense pas d’argent en ce moment sous peine de provoquer de l’inflation. Il disait essentiellement que, plus le gouvernement dépense, plus l’inflation augmente, et ainsi de suite.
    Si on met de côté son argumentaire sur le sujet un instant, je lui rappelle que, si j'ai bien compris, les conservateurs vont voter en faveur de ce projet de loi. Ils vont voter en faveur de cette dépense. Par conséquent, je trouve que cette tirade de 10 minutes du député de Northumberland—Peterborough-Sud sur le fait que les dépenses du gouvernement attisent l'inflation et que le gouvernement ne devrait pas faire de dépenses alors que nous débattons d'un projet de loi de dépenses qu'il appuie, c'est un peu fort de café, et je crois que cela illustre bien l'hypocrisie des conservateurs à la Chambre. Ils ne font que répéter à tout vent et disent une chose, mais font le contraire. Je ne sais pas si c'est à cause de leur nouveau chef, le roi de la cryptomonnaie de Carleton, ou pour une autre raison, mais c'est certainement...

  (1335)  

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. C'est une chose que de parler des gens en utilisant des termes péjoratifs, ce qui contrevient à l'article 18 du Règlement, mais il est inadmissible d'utiliser d'autres termes à la Chambre pour décrire des députés. Le député devrait s'excuser et démissionner.
    Monsieur le Président, si la présidence considère que le terme « Justinflation » n'est pas offensant, mais que l'expression « roi de la cryptomonnaie » l'est, je crois que nous devrions vraiment réexaminer le Règlement.
    Je vais toutefois vous laisser prendre la décision, monsieur le Président.
    Et si on utilisait simplement les noms des circonscriptions pour parler de nos collègues? On évitera tout problème en respectant cette règle.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, parlons de cryptomonnaies, puisque nous sommes sur le sujet.
    En ce qui concerne le député de Simcoe‑Nord, j’ai été tout simplement stupéfié, il y a quelques instants à la Chambre, lorsque le député du Bloc québécois lui a posé une très bonne question sur la position de son parti sur les cryptomonnaies. Je tiens à remercier le député de Simcoe‑Nord d’avoir fait ce que je demandais depuis longtemps au chef de l’opposition, à savoir expliquer la politique des conservateurs sur les cryptomonnaies.
    Au lieu d’éviter complètement la question du député du Bloc, le député de Simcoe‑Nord a essayé d’y répondre, et je trouve que c'est très admirable de sa part.
    Qu’a-t-il dit? Essentiellement, il a tout d’abord comparé le Canada au Venezuela en disant que si on regarde des pays comme le Venezuela, on constate que les gens ont décidé de miser contre leur monnaie en investissant dans les cryptomonnaies.
    Pouvons-nous alors extrapoler l’objectif du chef de l’opposition? En faisant ses commentaires au sujet de la cryptomonnaie, il y a quelques mois, il disait essentiellement aux Canadiens de ne pas faire confiance au dollar canadien et de placer leur argent dans les cryptomonnaies pour parier contre le dollar canadien. C’est exactement ce que faisait le chef de l’opposition.
    Je félicite le député de Simcoe‑Nord d’avoir pris la parole pour dire ce qu’il pense, car les autres conservateurs refusaient de le faire.
    Voilà ce que l'on constate. On peut maintenant commencer à comprendre un peu ce qui se passe. Il y a le chef du Parti conservateur du Canada, le chef de l’opposition officielle, celui que je considère comme le roi de la cryptomonnaie, à la Chambre, en public, qui a dit aux Canadiens...
    Des voix: Oh, oh!

  (1340)  

    À l'ordre.
    Parlons simplement du député de Carleton ou du député de Kingston et les Îles ou simplement de l'opposition officielle de Sa Majesté, ou employons une formule du genre.
    J'entends énormément de bruit. Comme nous arrivons à la période des questions, je tiens à ce que le niveau de bruit soit le plus bas possible à la Chambre. Je demande donc à tous de regagner leur siège en temps voulu et de se calmer un peu.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, les députés d'en face feront toujours beaucoup de bruit lorsque je parle, peu importe ce que je dis. Je vous laisse le soin de trancher parce que vous faites de l'excellent travail à cet égard, comme les autres occupants du fauteuil. J'ai énormément de respect pour vous, mais je ne crois pas avoir créé un précédent en décrivant les positions de certains collègues comme je l'ai fait. D'ailleurs, il est probable que celui qui est le plus notoire...
    Le député de Kamloops—Thompson—Cariboo invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, le député de Kingston et les Îles est en train de se justifier. Cette intervention n'a rien à voir avec le projet de loi dont nous sommes saisis. Le député devrait s'en tenir au sujet du débat.
    Revenons au sujet du débat. Le temps commence à manquer. Nous aimerions entendre au moins un autre intervenant.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, comme je le disais, personne n'est plus prompt à traiter les gens de tous les noms en fonction de leurs actes que le chef de l’opposition officielle au cours de ses 22 années de présence à la Chambre, ou peu importe le temps qu’il y a passé.
    Quoi qu'il en soit, la réalité, c'est que ce que nous avons découvert à la Chambre aujourd’hui, grâce au député de Simcoe‑Nord, c’est que les conservateurs encouragent activement les Canadiens à se protéger contre le dollar canadien en investissant dans les cryptomonnaies.
    Je ne pense pas que ce soit responsable de la part d’un député et encore moins de la part du chef de l’opposition officielle à la Chambre.
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de Kingston et les Îles pour ses observations opportunes sur la nécessité de ce projet de loi et sur la façon dont il va venir en aide aux travailleurs canadiens qui subissent les effets de l'inflation.
    J'ai également entendu le témoignage de nombreuses personnes qui ont suivi les conseils du chef de l’opposition, car elles pensaient que c'était une façon légitime d'investir. Malheureusement, elles ont perdu beaucoup d'argent.
    Le député de Kingston et les Îles peut-il nous dire en quoi ce conseil était si risqué et nous expliquer ses conséquences sur les nombreux Canadiens qui l'ont suivi?
    Monsieur le Président, tout d'abord, je tiens à souligner que je prends la parole pour la deuxième fois de suite, et que, cette fois-ci comme la précédente, aucun conservateur ne s’est levé pour me poser une question. Comme nous le savons, les conservateurs sont les premiers à pouvoir le faire. Je veux simplement qu’ils sachent que je prends leur absence de question comme un compliment.
    Pour répondre à celle que le député m’a posée à propos des personnes qui auraient pu suivre le conseil, le chef de l’opposition semble ignorer que les propos qu’il tient ont des conséquences. Compte tenu de la position qu’il occupe ou de la position qu’il cherchait à occuper à l’époque, s’il dit quelque chose, les gens l’écoutent.
    Ceux et celles qui l’ont écouté et ont décidé d’investir dans les cryptomonnaies à l’époque ont vu leurs économies fondre comme neige au soleil; et s’il ne reconnaît pas que ses paroles peuvent se traduire par des actions concrètes, eh bien, cela arrive.
    Pour ceux et celles qui ont pu suivre son conseil et ont investi, je regrette qu’ils aient été mis dans cette situation, et je regrette profondément que le chef de l’opposition, qui était à l’époque candidat à la direction du parti, ait tenu ces propos.
    Monsieur le Président, c’est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Cariboo.
    Mon collègue a soulevé un point à propos du leadership et du fait que les gens écoutent les dirigeants. Hier, une motion a été présentée ici même à la Chambre — motion sur laquelle nous aurions tous dû faire preuve de leadership — visant à déclarer une organisation comme organisation criminelle ou terroriste. Cette motion a été rejetée, les libéraux l’ont rejetée, alors je trouve un peu fort qu’ils parlent de leadership par l’exemple alors que c’est ce qui s’est produit hier.

  (1345)  

    Monsieur le Président, je suis heureux que le député m’ait posé cette question, parce que cela me donne l’occasion de parler une fois de plus des manœuvres auxquels se livrent les députés de ce côté-là de la Chambre. Ils ont présenté une motion en trois parties. C’est la méthode des conservateurs. Ils placent une pilule empoisonnée dans une motion, en sachant que nous ne pouvons pas l'appuyer. Dans ce cas-ci, le deuxième point visait à fustiger le gouvernement sur un dossier. Ils l’ont fait juste pour que le député puisse prendre la parole par la suite et poser exactement la question qu’il a posée.
    Les conservateurs savent parfaitement ce qu’ils font. Ils connaissent très bien les jeux qu’ils jouent à la Chambre. Si le député s’intéressait vraiment à cet enjeu, comme le député le prétend, les conservateurs auraient présenté une motion explicite, sans pilule empoisonnée, et dans ce cas, il aurait probablement vu beaucoup...
    Je crois que nous avons un rappel au Règlement de la part du député de Kamloops—Thompson—Cariboo.
    Monsieur le Président, quand nous siégeons dans cette enceinte, nous devons utiliser un langage parlementaire. Il est totalement contraire aux usages parlementaires de reprocher à un autre député de manquer de compassion.
    Monsieur le Président, il n'y a que la vérité qui blesse. Nous pouvons constater combien de fois les conservateurs se lèvent pour essayer de m'interrompre lorsque je parle. Ce qu'ils ne comprennent pas — et cela dure depuis trois ans maintenant — c'est que plus ils le font, plus cela m'encourage, si bien qu'ils devraient vraiment reconsidérer leur attitude.
    En ce qui concerne l'argument du député, si les conservateurs avaient présenté une motion simple traitant exactement de ce qu'il vient de dire, je suis sûr qu'elle aurait été beaucoup mieux accueillie de ce côté-ci de la Chambre, comme le député ne le sait que trop bien.
    Monsieur le Président, j'espère que nous pourrons ramener le débat sur le projet de loi C‑30 et les lacunes en matière de soutien du revenu qui nuisent actuellement à nos concitoyens.
    Il s'agit de mesures de soutien du revenu d'urgence à court terme que les néo-démocrates appuient. Nous savons que les Canadiens ont besoin d'aide pour payer leur loyer et leur nourriture. Je demande au député de parler précisément des mesures à long terme qui doivent être prises, car de plus en plus de Canadiens sombrent dans la pauvreté et l'itinérance. Je pense notamment aux personnes handicapées en ce moment. La Chambre étudiera-t-elle à nouveau le projet de loi C‑22 cette semaine?
    Monsieur le Président, la disparité entre les riches et les pauvres s'est certainement accrue au cours des dernières décennies et il nous incombe de trouver des moyens d'essayer de la réduire. C'est pourquoi nous avons augmenté les impôts du 1 % le plus riche lorsque nous sommes arrivés au pouvoir et réduit les impôts de la classe moyenne. C'est pourquoi nous avons instauré le programme de garderies à 10 $ par jour. C'est pourquoi nous continuons à renforcer les divers programmes sociaux que nous avons.
    En ce qui concerne la question de la députée, rien ne me ferait plus plaisir que de voir le projet de loi, qui vise les personnes handicapées au Canada, franchir rapidement les étapes du processus législatif et être renvoyé au comité et ensuite à la Chambre afin que nous puissions l'adopter et le mettre en œuvre. J'espère et je crois que tous les députés peuvent mettre de côté la partisanerie dans un dossier comme celui-ci.
    Des voix: Oh, oh!
    Monsieur le Président, les conservateurs rient maintenant. On parle d’aider les personnes qui sont parmi les plus vulnérables de notre pays et ils rient, alors je suppose que la partisanerie ne sera pas mise de côté.
    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Banff—Airdrie.
    Il est vraiment difficile de parler aux gens de ma collectivité à l’heure actuelle parce qu’ils sont réellement en difficulté. Ils ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts. Il y a quelques semaines, j’étais à l’épicerie et j’ai vu une femme dans l’allée de la boulangerie locale prendre un pain, le regarder, le remettre sur l’étagère, le reprendre, l’examiner de nouveau et le remettre sur l’étagère. J’ai compris ce qu’elle faisait. Elle se demandait si elle pouvait se permettre de l’acheter.
    Voilà la crise à laquelle notre pays est confronté en ce moment, et voilà le degré de gravité avec lequel chacun d’entre nous devrait traiter les finances du pays et notre politique économique en ce moment. Nos concitoyens se demandent s’ils peuvent se permettre de déposer un autre pain dans leur panier. Je suis obligée de me demander pourquoi, et je veux vraiment adresser cette question aux députés libéraux d'arrière-ban. Pourquoi les libéraux augmentent-ils les taxes en ce moment? Pourquoi le font-ils? Pourquoi feraient-ils cela à cette femme qui doit se demander si elle peut se permettre d’acheter une autre miche de pain cette semaine?
    Il n’y a aucune raison pour que le gouvernement augmente les taxes, et pourtant, hier, c’est ce pour quoi le gouvernement, les libéraux, ont voté. Ils ont voté pour la hausse des taxes. Chaque membre de l’arrière-ban libéral a la possibilité, aux réunions de son caucus ou sur ses propres plateformes de médias sociaux, de faire pression sur le gouvernement et de lui demander des comptes, tout comme moi. Nous avons tous ce droit.
    En janvier, les propriétaires de petites entreprises et les employeurs ne devraient pas avoir à s’inquiéter de la hausse des taxes sur leur salaire. Les Canadiens, y compris cette femme qui se demande si elle a les moyens d’acheter une miche de pain supplémentaire, ne devraient pas se demander si leur salaire net va diminuer parce que le gouvernement prélève plus d’argent sur les chèques de paie. C’est absurde. Nous vivons une crise inflationniste qui crée un fossé générationnel.
    C’est une situation à laquelle de nombreux Canadiens n’ont jamais eu à faire face. Avant même que cette crise ne commence, l’économie canadienne était au bord du gouffre. Nous assistons à une crise de la santé mentale et à une crise du logement, et que font les libéraux? Ils veulent augmenter les taxes. Les libéraux ne se sont pas contentés de voter pour la hausse des taxes sur les salaires. Ils ont aussi voté pour augmenter les taxes sur quelque chose qui augmentera tous les coûts.
    Prenons l’exemple d’une miche de pain. Les libéraux et le premier ministre ont abordé le problème de l’inflation en disant: « Chers Canadiens, vous avez un pain. Nous allons vous le prendre et vous en redonner des miettes. » Telle est l’idée du débat d’aujourd’hui, et ce n’est pas correct, mais parlons de ce pain.
    Les libéraux veulent augmenter les taxes sur l’énergie utilisée pour sécher le grain utilisé par l’agriculteur canadien qui cultive le blé pour ce pain. Quel effet cette hausse a-t-elle sur le prix du pain? Elle l’augmente à un moment où nous n’en avons pas les moyens et où les gens se demandent s’ils peuvent mettre un autre pain dans leur panier.
    Que se passe-t-il ensuite quand le grain est sec? Peut-il se rendre par magie à une usine de transformation? Non, il doit être transporté. Si le transport se fait par camion, le coût du carburant qui sert à acheminer le grain vers l’usine de transformation augmentera aussi avec cette hausse de taxe. Qui devra payer pour cela? C’est la personne qui achètera ce pain.
    Une fois que l’usine de transformation — qui cherche peut-être à déménager en raison des charges sociales et des hausses de taxes sur les intrants, comme l’électricité — a réussi à transformer les grains en farine, il faut la transporter ailleurs. Que se passera-t-il? La taxe sur l’essence augmentera aussi l’an prochain, en pleine crise inflationniste, alors que les gens ont du mal à décider s’ils peuvent mettre un autre pain dans leur panier.
    Comment ce pain se rendra-t-il à l’épicerie? Certainement pas par magie. Il doit être transporté, encore une fois à l’aide d’un mode de transport dont les libéraux augmentent le coût. Une fois de plus, ils augmentent les taxes. Évidemment, cette augmentation s’applique à tout le système, ce qui hausse l’ensemble des coûts.
    De plus, les libéraux essaient de faire croire aux gens que ces petits grains, ce pain, peuvent passer comme par magie d’un endroit à un autre, car ils n’ont pas réussi à mettre sur le marché un produit de remplacement du carbone, malgré l’augmentation de ces taxes.

  (1350)  

    Qu’ont-ils fait plutôt? Ils ont fait augmenter le coût de ces produits. Ils font en sorte que la vie soit plus difficile pour la femme qui se demande si elle peut se payer un pain à l'épicerie. Ils font cela tandis qu'ils nous rendent plus dépendants du pétrole russe et iranien. Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté sous le gouvernement actuel. Il faut que ça s’arrête.
    Les députés libéraux d’arrière-ban devraient demander des comptes à leur chef. L’un d’entre eux a dit quelque chose de sensé. Il a été cité dans un article de journal après la réunion du caucus et a dit espérer que les dirigeants de son parti sortent de leur wokisme et pensent sérieusement à lutter contre l'inflation. Il est grand temps qu'ils le fassent.
    Les habitants de leurs circonscriptions sont tous en train de se demander s’ils peuvent se payer un autre pain à l'épicerie, et ils ne veulent que leurs députés restent silencieux. Les députés d’arrière-ban manquent de courage. Nous ne devrions pas augmenter le fardeau fiscal. Hier, les libéraux ont eu l’occasion d’empêcher une telle augmentation, mais qu’ont-ils fait? Ils ont voté pour hausser les taxes. Il faut que ça s’arrête. Le moment est très mal choisi.
    Certains diront qu’ils dépensent de l’argent pour x, y et z. Alors, parlons des dépenses des libéraux. Les élections fédérales de 2021 ont polarisé l’électorat. Ce fut le seul résultat pour les libéraux. Nous venons d’apprendre que les libéraux ont dépensé un demi-milliard de dollars pour permettre à des gens qui traversent la frontière canadienne à partir du Nord de l’État de New York de resquiller aux dépens des autres immigrants. En plus de faire augmenter le coût de la vie, les libéraux ont dépensé beaucoup d'argent. Qu'est-ce que ces dépenses nous ont apporté? Il faut deux, trois, quatre, cinq ou six mois pour obtenir un passeport. Non seulement le gouvernement augmente le fardeau fiscal au milieu d’une crise inflationniste, mais la qualité des services se détériore. Ce n'est certainement pas la marque d'un bon gouvernement.
    Le gouvernement est miné par les scandales et il ne se préoccupe pas du prix du pain. Les députés ministériels n’en ont rien à cirer. Ils ne comprennent pas ce que vivent les gens de ma circonscription ou de leurs circonscriptions à eux qui essaient de joindre les deux bouts après avoir fait le plein d’essence.
    Je n’arrive pas à comprendre que les libéraux choisissent d'augmenter le fardeau fiscal maintenant. Nous ne nous laisserons pas faire. C’est fou. Une telle hausse ne devrait pas avoir lieu en pleine crise inflationniste. Je leur demande d’y réfléchir à deux fois. Ce n’est pas un jeu. Tous les députés libéraux d’arrière-ban devraient le dire. Les libéraux doivent s’attaquer à la crise inflationniste. Après avoir privé les Canadiens de pain, il ne suffit pas d'essayer de leur en redonner quelques miettes. On ne peut pas se contenter de ce genre d'effort, qui est nettement insuffisant. Il faut que ça s’arrête.
    Les Canadiens sont du même avis que moi. Même des Canadiens qui ont voté pour les libéraux sont d’accord avec le député libéral d’arrière-ban dont j'ai parlé il y a un instant. Ils disent en avoir assez. Ils veulent des solutions. Ils veulent une solution au problème.
    Nous devrions être indépendants sur le plan énergétique. Nous ne devrions pas attendre que l’OPEP+ augmente ou diminue sa production et augmente le coût de l’énergie, car nous ne sommes pas indépendants sur le plan énergétique. Les libéraux devraient s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre plutôt que de faciliter l’entrée au Canada des resquilleurs qui entrent au Canada en passant par le Nord de l’État de New York. Ils devraient s’employer à améliorer les niveaux de service des programmes gouvernementaux, niveaux qui sont les pires que l'on ait vus depuis des générations, et ce, pendant qu’il est impossible pour les gens de joindre les deux bouts.
    Nous devrions tous en avoir assez du Cabinet et de l’approche inefficace du gouvernement en matière de croissance économique, alors que notre pays fait face à la menace d'une récession imminente, par la faute du gouvernement. Il n’a pas rapatrié le secteur de la fabrication. Il n’a pas réussi à attirer des investissements dans notre pays. Il a fait en sort qu'il soit plus difficile pour les femmes de ma circonscription de mettre du pain dans leur panier d'épicerie.
    J’en ai assez. Les députés en ont assez, et les Canadiens en ont assez. Demain matin, le caucus libéral se réunira. Je mets donc au défi tous les députés libéraux d’arrière-ban de prendre la parole et de nous répéter ce que leur collègue a confié à un journaliste: Ça suffit, la foutaise woke.
    Monsieur le Président, je retire mes paroles. Je m’excuse tout de suite de mes propos non parlementaires. Je suis vraiment désolée.
    Nous en avons assez des histoires de wokisme. Retroussons-nous les manches pour exécuter un bon plan. C’est bien d'aborder ce sujet avec passion. Nous devons faire mieux pour protéger les Canadiens contre l’inflation.

  (1355)  

    Je remercie la députée de s'être rétractée.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie la députée de sa franchise. Elle parle assurément avec passion, et j'aimerais parfois aussi pouvoir utiliser un tel langage à la Chambre, ne serait-ce qu'accidentellement.
    Ma question porte sur le projet de loi d’initiative parlementaire de la députée. Elle a présenté un projet de loi sur la cryptomonnaie. Nous étions censés en débattre dès le premier jour de la reprise des travaux de la Chambre, mais, pour une raison quelconque, nous ne l'avons pas fait. L'étude du projet de loi a été repoussée.
    Je crois comprendre que le projet de loi d'initiative parlementaire sur la cryptomonnaie de la députée sera présenté dans les prochains jours. Je me demande si elle peut en dire davantage sur l'objet de son projet de loi pour en informer la Chambre.
    Monsieur le Président, j'invite mon collègue à parler au secrétaire parlementaire de la ministre des Finances, qui détient des actifs numériques, comme le révèle sa divulgation en matière d’éthique. Je l'invite aussi à parler à la ministre des Finances, qui a approuvé des dizaines de milliers de dollars pour une plateforme de négociation de cryptoactifs dans sa circonscription.
    Le gouvernement a fait de beaux discours sur l'économie numérique, mais, maintenant, alors qu'une récession nous menace, il tente de marquer des points politiques faciles alors que nous devrions tenter de créer des emplois à l'aide d'un cadre qui protège les investisseurs et les consommateurs tout en favorisant la croissance économique. Toutefois, le gouvernement ne comprend pas, et c'est regrettable.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

L'Iran

     Monsieur le Président, il y a 1 000 jours que le Corps des Gardiens de la révolution islamique a abattu le vol PS752 d'Ukrainian International Airlines: 167 passagers et 9 membres d'équipage assassinés; 57 citoyens canadiens assassinés; 138 étudiants et universitaires revenant au Canada pour étudier ou enseigner dans nos universités assassinés.
     L'un d'eux était le Dr Mohammad Amin Jebelli. Il était mon ami. Il était l'un de mes étudiants à l'Université de Toronto. Amin était toujours prêt à donner un coup de main. Il était toujours là pour s'assurer qu'aucun étudiant ne soit laissé de côté. Je ne l'oublierai jamais.
    Le régime iranien, les meurtriers de Zahra Kazemi, de Mahsa Amini et de tous les passagers du vol PS752, doit comprendre que le passage du temps n'effacera jamais ses crimes ni n'estompera les souvenirs que nous avons de leurs victimes.
    Le saint Coran commande un « recours que contre ceux qui se rendent coupables d’injustice envers les gens et qui commettent, sans raison valable, des abus sur terre ». Les Canadiens exigent de leur gouvernement qu'il demande des comptes à ce régime et qu'il déclare enfin organisation terroriste le Corps des Gardiens de la révolution islamique.

Keith Simmonds

    Monsieur le Président, Niagara a perdu un géant. Keith Simmonds était un homme d'affaires qui gérait le Great Wolf Lodge. C'était également un mentor, un ami et un membre apprécié de la collectivité. Keith est décédé la fin de semaine dernière alors qu'il participait à une randonnée cycliste de bienfaisance. Il aimait recueillir des fonds avec ses amis pour des œuvres caritatives.
    Je ne connaissais Keith que depuis trois semaines. En compagnie de 36 autres cyclistes, nous avons participé à la randonnée R2//NYC, un parcours de 850 kilomètres, de Toronto jusqu'à New York, pour recueillir des fonds pour le Campfire Circle, un camp d'été pour les enfants et les familles affectés par le cancer infantile. Keith n'a jamais perdu de vue le pouvoir curatif du plaisir, de l'amitié et de la confiance en soi. Il souffrait de la sclérose en plaques, mais la maladie ne l'a jamais ralenti le moindrement.
    L'équipe de Keith, la « meute de loups », a ramassé deux fois plus d'argent que toutes les autres, mais, au cours de cette randonnée, Keith s'est surtout démarqué par son énergie, son enthousiasme et son sens de l'éthique.
     Plus de 2 500 personnes ont assisté à la cérémonie qui a eu lieu dimanche pour célébrer la vie de Keith. Je n'avais jamais vu une telle manifestation de ferveur. Les gens ont rempli le centre des congrès de Niagara Falls pour rire, pleurer et se rappeler Keith Simmonds.
    Keith laisse dans le deuil ses fils Ben et Nick, son épouse Toby, son frère Greg et sa mère Ellen Mae, qu'il appelait « la meilleure ». Keith aussi était l'un des meilleurs. Nous serions bien avisés de suivre son exemple et de vivre avec fougue et en manifestant notre enthousiasme jusqu'à la fin.
     Qu'il repose en paix.

Le certificat d'excellence

    Monsieur le Président, hier, j'ai eu l'honneur de souligner l'excellence dans l'enseignement.
    Au cours d'une cérémonie impressionnante qui a eu lieu à Ottawa, Ashton Lutz, une enseignante de la Glendale Sciences and Technology School de Red Deer, a reçu le Certificat d'excellence national en reconnaissance de son leadership unique en matière de nouvelles approches d'apprentissage et de son succès à exploiter le pouvoir des activités éducatives.
    En tant qu'ancien professeur de mathématiques et de physique, je suis très heureux de savoir que ses élèves ont bénéficié de son dévouement sans borne dans tous les aspects de leur expérience éducative tandis qu'elle les introduit au monde numérique en exploitant le pouvoir de la technologie.
     Mme Lutz a fièrement pris sa place parmi les enseignants les plus exceptionnels du Canada et a partagé ce moment spécial avec sa mère Sandy, son époux Bryden et ses beaux-parents Fred et Robin Lutz.
    Bravo, Mme Lutz! Ses élèves, ses collègues, ses amis et sa famille sont très fiers de ses réalisations.

Le Mois du patrimoine latino-américain

    Cha-cha-cha,olé, olé, olé, monsieur le Président.
    Octobre marque le Mois du patrimoine latino-américain. Je jubile à l'idée de célébrer pendant un mois la musique, la littérature, la cuisine, la langue et les particularités incroyables des plus de 20 cultures latino-américaines aussi séduisantes que diverses qui sont présentes au pays.
    C'est aussi en octobre que le Canada souligne tout ce que les Latino-Américains lui ont apporté. Les contributions de cette vaste communauté toujours grandissante enrichissent notre tissu social et jouent un rôle majeur dans la croissance et la prospérité du pays.
    Ce soir, j'invite tout le monde à se joindre à la communauté hispanophone et latino-américaine pour célébrer un mois incroyable, à l'édifice Sir John A. Macdonald, de 18 heures à 20 heures. Au programme: des empanadas, des pastelitos de carne, du vin, des mojitos, de la musique entraînante et bien du plaisir.
    Au plaisir de vous y voir. Viva los latinos en Canadá. Viva.

  (1405)  

[Français]

La Journée mondiale de la vue

    Monsieur le Président, le deuxième jeudi du mois d'octobre est la Journée mondiale de la vue, une journée pour sensibiliser la population à l'importance de la santé de nos yeux.
    Avec deux arrière-grands-mères et une grand-mère aveugles, une épée de Damoclès est suspendue au-dessus de la tête de mon père, du plus jeune de mes fils ainsi que de plusieurs membres de ma famille.
    En ayant davantage de connaissances sur ce qui influence notre vision, nous serons en mesure, espérons-le, de prévenir plusieurs maladies liées à la vue. En étant davantage conscientisés quant aux défis que doivent relever au quotidien les personnes nées avec une déficience visuelle, nous serons tous en mesure non seulement de mieux les comprendre, mais également de mieux agir envers ces personnes et envers la recherche qui tente de soulager les défis qu'elles vivent.
    Soyons conscientisés et agissons tous ensemble pour rendre la vie plus facile et plus simple pour les personnes vivant avec une déficience visuelle.
    Je souhaite à tout le monde une bonne Journée mondiale de la vue.

L'usine de fabrication de vaccins Moderna

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour commenter la bonne nouvelle que Moderna implantera sa première usine de fabrication de vaccins à l'extérieur des États-Unis dans ma circonscription, Vimy.
    Comme nous le savons tous, Moderna a produit l'un des deux vaccins qui ont permis aux Canadiens d'assurer leur sécurité pendant la pandémie de la COVID‑19 et de sauver plusieurs vies. Elle continue d'être l'une des principales sociétés de biotechnologies au monde. L'installation de Moderna permettra au Canada de produire ses propres vaccins. Aussi, Moderna s'engagera dans la recherche en collaboration avec l'Université McGill.
    Je suis fière que cet investissement améliore davantage l'industrie florissante à Laval et qu'il ajoute plus de 200 emplois en haute technologie aux 5 000 postes existants en science. Vimy regroupe des chercheurs, des docteurs et des scientifiques de classe mondiale et continuera de croître. L'investissement de Moderna est une excellente reconnaissance pour le secteur de la biotechnologie dans Vimy et une fierté pour tous les Canadiens et les Canadiennes.

[Traduction]

Le bœuf Angus

    Monsieur le Président, c’est un immense honneur de représenter les gens de Lethbridge et d’avoir l’occasion de défendre leurs intérêts aujourd’hui.
    Dans ma circonscription, l’une des choses dont nous sommes extrêmement fiers est notre production de bœuf Angus. Notre objectif est de faire en sorte que cette protéine saine et savoureuse se retrouve dans davantage d’assiettes.
     Cette race bovine, très robuste, nous vient d’Écosse, bien loin d’ici. Sa viande est reconnue pour être tendre, juteuse et très savoureuse. Il y a de quoi chanter, en fait. C’est peut-être parce que ces bovins se prélassent longtemps dans les verts pâturages au mois de mai.
     Si le steak Angus est délicieux cuit sur le gril, on peut aussi le saisir rapidement à la poêle, si on le souhaite. Toutefois, pour une cuisson optimale, il faut veiller à ne pas surcharger la poêle.
    Malheureusement, de nombreux Canadiens ne peuvent pas goûter à ce bœuf parce qu’ils n’en ont pas les moyens et, pour ma part, je trouve que cette situation est choquante.
     Le gouvernement veut que les Canadiens se mettent à manger des bestioles pour obtenir leurs protéines, mais j’estime que davantage de Canadiens devraient pouvoir consommer du bœuf. Or, pour ce faire, le gouvernement devra accorder la priorité aux Canadiens et mettre un frein à la « Justinflation ».
    Je crois que le vice-président l’a bien exprimé ce matin: si les députés des deux côtés de la Chambre respectent les règles, nous y gagnerons tous.
    Le député de Vancouver Granville a la parole.

L’équipe étoile de baseball Little Mountain

     Monsieur le Président, je suis fier de prendre la parole pour souligner l’exploit de l’équipe étoile de baseball Little Mountain pour sa victoire dans le cadre du Championnat canadien des petites ligues plus tôt cette année. En tant qu'équipe représentant la Colombie‑Britannique, c'est avec fierté que la collectivité de Vancouver Granville a encouragé ces athlètes sensationnels jusqu'à leur ultime victoire.
    Par la suite, au courant de l’été, cette équipe étoile a représenté le Canada au championnat mondial des petites ligues de baseball. Tous les joueurs ont livré des performances enlevantes et démontré un esprit sportif remarquable. Ensemble, ils ont incarné la véritable nature du travail en équipe, faisant preuve de courage, de détermination et d’honneur.
    Je félicite les joueurs, les entraîneurs et les membres de leur famille pour cette réussite extraordinaire et tous les efforts qu’ils ont déployés. Ils sont la fierté des Canadiens d'un océan à l'autre.

La Journée mondiale de la vue

    Monsieur le Président, je tiens à souligner que le 13 octobre est la Journée mondiale de la vue, afin de rappeler à mes collègues de la Chambre et à tous les Canadiens l'importance de la santé oculaire.
     Malheureusement, nous tenons tous notre vue pour acquise jusqu'à ce qu'il soit souvent trop tard. Il y a 1,2 million de Canadiens qui sont actuellement aveugles ou malvoyants et plus de 8 millions qui sont atteints d'une maladie oculaire qui les expose à un risque de perte de vision et de cécité.
    La perte de la vision peut être extrêmement dommageable sur le plan physique et psychologique. Les répercussions comprennent un risque accru de difficultés financières, une perte d'indépendance et de mobilité et une incapacité à vivre de manière autonome, à conduire, à lire ou à participer à une activité physique, ce qui entraîne une perte d'interaction sociale, qui peut souvent conduire à la dépression et à d'autres maladies mentales. Je demande à mes collègues de simplement fermer les yeux et de se demander comment ils sortiraient de cette pièce.
    J'invite tous les députés à venir passer un examen de la vue ce soir, à partir de 17 heures, à la réception de la Colline de la Journée mondiale de la vue que j'ai l'honneur d'organiser à la salle 430 de l'édifice Wellington. Tout le monde est le bienvenu.

  (1410)  

[Français]

Les élections au Québec

    Monsieur le Président, la journée d'hier, le 3 octobre, était une date importante pour l'ensemble des Québécoises et des Québécois.
    La population a fait son choix et a redonné sa confiance au gouvernement sortant de la Coalition avenir Québec, et ce, de façon majoritaire.
    Aujourd'hui, je tiens à féliciter le premier ministre du Québec, M. François Legault, ainsi que l'ensemble de son équipe. Tout spécialement, je tiens à réitérer mon intérêt à collaborer avec les deux députés de ma circonscription: M. Jonatan Julien, député de Charlesbourg, et M. Sylvain Lévesque, député de Chauveau.
    À titre de lieutenant politique au Québec du chef de l'opposition officielle, j'offre aussi tout mon soutien et mon appui au gouvernement du Québec, avec qui je souhaite poursuivre le travail afin de créer un avenir meilleur pour les Québécoises et les Québécois au sein d'un Canada plus fort.
    Soyons tous fiers de vivre dans un pays qui nous offre le privilège d'exercer notre droit fondamental de choisir nos représentants. Soyons fiers d'être Québécoises et Québécois. Maintenant que la démocratie a parlé, regardons vers l'avenir et bâtissons ensemble.

[Traduction]

La Station Gallery

    Monsieur le Président, je suis ravi de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour souligner le travail phénoménal de la bien-aimée Station Gallery de Whitby, qui a récemment tenu sa 29e collecte de fonds annuelle, intitulée « Drawing for Art ».
    La Station Gallery est un lieu historique et bien connu à Whitby. Beaucoup la reconnaîtront pour son extérieur vieux de 119 ans, car c'était autrefois la gare de Whitby de la Grand Trunk Railway qui a été sauvée de la démolition il y a près de 50 ans grâce aux fondateurs de la galerie, qui l'ont restaurée pour en faire le magnifique centre d'art créatif qui a fait le bonheur de nombreuses générations de Whitby.
    J'ai eu le plaisir d'assister à cet événement par le passé, car il s'agit d'une importante collecte de fonds qui soutient financièrement la galerie, ce qui lui permet de continuer à offrir des programmes et des expositions artistiques amusants et créatifs fort appréciés des gens de Whitby. Cette année, la galerie a reçu un nombre record de 160 œuvres d'art exceptionnelles et uniques, généreusement offertes par de talentueux artistes locaux et nationaux, et a vendu tous les billets à des personnes impatientes de choisir et de rapporter chez elles un formidable chef-d'œuvre.
    J'espère que tout le monde se joindra à moi pour féliciter les nombreux employés et bénévoles énergiques et passionnés qui ont fait de l'événement de la Station Gallery un succès.

L'ouragan Fiona

    Monsieur le Président, les résidants de Cumberland—Colchester sont encore parmi les plus durement affectés par les effets de l'ouragan Fiona.
    C'est une chose d'être privé d'électricité, mais c'en est une autre d'être privé à la fois d'eau et d'électricité. Ne pas savoir quand le courant sera rétabli aggrave cette situation déjà pénible. Les monteurs de ligne travaillent jour et nuit pour retirer les arbres et réparer les lignes endommagées, et nous saluons leurs efforts. Nous allons continuer de demander de l'aide supplémentaire pour que le courant soit complètement rétabli, que les travaux de nettoyage progressent et que les gens puissent reprendre une vie normale.
    Comme toujours, nous devons prendre soin de nos concitoyens qui ont besoin de notre aide et de nos encouragements. En cette période difficile, faisons honneur à la résilience et à la solidarité dont les gens des Maritimes ont toujours su faire preuve par le passé.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, le nouveau chef conservateur donnera la priorité aux gens, à leurs chèques de paie, à leurs économies, à leur logement et à leur pays. Voilà pourquoi nous célébrons l'entente historique conclue entre Enbridge et 23 Premières Nations et communautés métisses, qui possèdent maintenant 12 % des pipelines dans la région de l'Athabasca, soit l'équivalent de plus de 1 milliard de dollars, ce qui leur procure des liquidités prévisibles à long terme pour construire des écoles, réparer des routes, répondre à des besoins de base et améliorer leur qualité de vie.
    Les Autochtones sont depuis longtemps des partenaires, des entrepreneurs, des travailleurs, des fournisseurs et des producteurs dans le secteur pétrolier et gazier. Ce sont des leaders dans le domaine des ressources naturelles canadiennes, mais le programme hostile au secteur de l'énergie des libéraux met en péril des dizaines de projets pilotés et soutenus par les Autochtones, qu'il s'agisse de pipelines, de mines ou de gaz naturel liquéfié.
    Les neuf communautés de Lakeland ont surmonté les obstacles pour en arriver à ce développement économique et elles sont maintenant toutes propriétaires dans le cadre de la plus importante entente de ce genre en Amérique du Nord.
    Je félicite donc les établissements métis de Buffalo Lake, d'Elizabeth, de Fishing Lake et de Kikino, ainsi que les Premières Nations de Frog Lake, de Kehewin, d'Onion Lake, de Saddle Lake et de Goodfish Lake de cette réalisation historique et de tous les progrès réalisés pour transformer la souffrance en espoir.

  (1415)  

Richmond Hill

    Monsieur le Président, récemment, Richmond Hill a connu bien des hauts et des bas.
    Nous avons perdu notre cher ancien maire le 22 septembre, et ses funérailles ont lieu aujourd'hui dans la ville de Richmond Hill. C'est le cœur gros que j'offre mes condoléances à la suite du décès de notre maire aux plus longs états de service et de mon bon ami, Dave Barrow. Que ce leader communautaire, mentor et ami repose éternellement en paix.
    Par ailleurs, la fin de semaine dernière, nous avons été témoins d'une manifestation réunissant plus de 50 000 personnes d'origine irano-canadienne à l'occasion de la journée mondiale d'action en faveur du soulèvement en Iran et du mouvement pour la liberté menés par les femmes et les jeunes. Par solidarité, j'ai participé à la manifestation. Quel moment historique à résonnance internationale pour la population de Richmond Hill.
    Aujourd'hui, il y a aussi 1 000 jours que le vol PS752 a été abattu. En ce moment même, des membres des familles des victimes du vol PS752 se trouvent devant le Parlement.
    Nous maintiendrons nos efforts jusqu'à ce que les responsables de ces crimes odieux soient traduits en justice.
    Avant que nous reprenions, je rappelle à tout le monde que les déclarations de députés revêtent une grande importance pour ceux qui les font.

[Français]

    Je veux m'assurer que tout le monde entend ce que les députés ont à dire. Je demanderais donc aux députés de chuchoter ou d'aller dans le corridor pour parler.

[Traduction]

    Le député d'Okanagan-Sud—Kootenay-Ouest a la parole.

Le triathlon Ironman du Canada, à Penticton

    Monsieur le Président, après une pause de 10 ans, Penticton a de nouveau accueilli le triathlon Ironman du Canada cette année, rétablissant sa réputation comme l'un des meilleurs sites pour cette compétition dans le monde.
    L'histoire de cet événement à Penticton remonte à 1983, lorsque le premier triathlon Ironman en Amérique du Nord s'y est déroulé. Trois ans plus tard, la ville a été désignée comme l'hôte officiel d’Ironman au Canada. Les gens ont rapidement commencé à parler de ses paysages époustouflants, des eaux chaudes de ses lacs, de ses collines difficiles à gravir et de l'armée de bénévoles enthousiastes et amicaux rendant ce site si spécial. Penticton est rapidement devenue la destination préférée des triathloniens partout dans le monde.
    Malheureusement, le triathlon Ironman du Canada a quitté Penticton pendant huit ans, à partir de 2012. Il est revenu en 2020, mais a été annulé à cause de la COVID. Cependant, les athlètes sont de retour cette année. Des milliers de partisans sont venus les encourager. La compétition a été animée par Steve King, le présentateur de longue date, et tous les spectateurs ont eu le plaisir d'assister à la victoire convaincante du favori local, Jeff Symonds.
    Le triathlon Ironman du Canada est de retour à Penticton.

[Français]

Julie Bellerose

     Monsieur le Président, lorsque j'ai été nommé porte-parole en matière d'affaires étrangères du Bloc québécois, j'ignorais que cela incluait le cosmos. C'est pourtant de l'espace que je parle aujourd'hui, et ce, grâce à Julie Bellerose.
    La semaine dernière, cette ingénieure originaire de Sainte‑Julie a dirigé une mission de la NASA qui relève carrément de la science-fiction. Mme Bellerose devait faire dévier un astéroïde à 10 millions de kilomètres de la Terre en le percutant avec une sonde spatiale fonçant à 22 500 kilomètres à l'heure. C'était une expérience visant à évaluer s'il est possible d'infléchir la trajectoire d'un astéroïde dans le cas où l'un d'entre eux se dirigerait dangereusement vers notre planète.
    Au nom du Bloc québécois, je tiens à féliciter Julie Bellerose pour cette mission accomplie. Il s'agit d'un nouveau fait saillant d'une carrière qui l'a amenée de Sainte‑Julie à la Californie, en passant par le Japon. Cet exploit l'a propulsée au sein d'un club sélect de Québécois et de Québécoises qui montrent aux jeunes de chez nous jusqu'où le génie québécois peut se rendre. La réponse, c’est: loin, très loin, très très loin.

[Traduction]

L'Iran

    Monsieur le Président, le régime iranien est un régime brutal. Il a tué la Montréalaise Zahra Kazemi, exécuté Navid Afkari, emprisonné Nasrin Sotoudeh et appuie des groupes terroristes tels que le Hamas et le Hezbollah.
    Voilà pourquoi, en juin 2018, la Chambre des communes a adopté une motion demandant au gouvernement d'inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste des entités terroristes établie en vertu du Code criminel du Canada. Le gouvernement, y compris le premier ministre, a appuyé cette motion, mais dès qu'elle a cessé de faire les manchettes, le gouvernement l'a mis sur les tablettes.
    Par la suite, en janvier 2020, le vol 752 a été abattu alors qu'il décollait de l'aéroport de Téhéran, tuant brutalement plus d'une cinquantaine de Canadiens. Les enquêtes ont ensuite révélé que le Corps des gardiens de la révolution islamique était responsable de l'écrasement du vol 752, mais encore une fois, le gouvernement du Canada n'a rien fait. Récemment, Mahsa Amini a été brutalement torturée et assassinée par ce régime.
    Quand le gouvernement passera-t-il à l'action et inscrira-t-il le Corps des gardiens de la révolution islamique sur la liste des entités terroristes établie en vertu du Code criminel du Canada?

  (1420)  

[Français]

Le Mois du patrimoine latino-américain

    Monsieur le Président, c'est à mon tour de célébrer la communauté latino-américaine du Canada, dont je fais fièrement partie.
    Les parcours personnels qui ont amené les membres de notre communauté à s'installer au Canada sont tous très différents, mais nous avons tous un point en commun: nous nous sentons maintenant chez nous ici.
     Lors des prochaines prochaines semaines, on aura l'occasion de découvrir par la musique, la nourriture et les arts les différentes cultures et traditions latino-américaines qui nous entourent tout au long de l'année. Beaucoup de gens parmi les députés ont peut-être participé à un Quinceañera, célébré El día de los muertos, sont peut-être des aficionados de Frida Kahlo ou connaissent peut-être des poèmes de Pablo Neruda.
     L'histoire des civilisations ancestrales qui ont vécu sur ce continent constitue une partie intrinsèque de notre patrimoine et de notre histoire aujourd'hui. On peut penser aux Aztèques, aux Mayas et aux Incas. Cet héritage inclut les histoires des peuples autochtones qui y vivent encore aujourd'hui.
    Replongeons-nous dans le passé, faisons acte de contrition en ce qui a trait à notre passé colonialiste, mais fêtons ensemble aujourd'hui le Mois du patrimoine latino-américain partout au pays.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Français]

La fiscalité

    Monsieur le Président, l'entreprise de comptabilité MNP révèle cette semaine qu'il manque environ 200 $ à près de la moitié des Canadiens pour pouvoir payer leurs factures. C'est de l'insolvabilité pour près de la moitié de notre population. C'est le cas après sept ans des politiques inflationnistes de ce gouvernement.
    Quelle est la solution libérale aujourd'hui? C'est d'augmenter les taxes et les impôts, y compris en triplant la taxe sur le carbone sur l'essence, le chauffage et l'épicerie.
    Est-ce qu'ils vont annuler ce plan de tripler la taxe?
    Monsieur le Président, je veux aujourd'hui commencer par une bonne nouvelle. Nous avons une solution autour de laquelle il y a unanimité à la Chambre. Ce sont les paiements d'allégement de l'inflation. Hier, le Comité permanent des finances a voté à l'unanimité pour cette mesure. J'espère que la Chambre aura l'occasion de voter cette semaine pour ces paiements si nécessaires pour les Canadiens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la firme comptable MNP a rapporté cette semaine que près de la moitié des Canadiens se trouvent à 200 $ de l'insolvabilité. Autrement dit, ces personnes sont sur le point de ne plus pouvoir rembourser une dette ou de faire un paiement. Elles n'ont pas les moyens de faire l'épicerie. Quatre familles sur cinq ont dû réduire leur alimentation pour payer leurs factures. Neuf jeunes sur dix qui n'ont pas de maison considèrent qu'ils n'auront jamais les moyens d'en acheter une.
    La solution que proposent les libéraux consiste à augmenter les taxes sur les chèques de paie et sur l'énergie, notamment en triplant la taxe sur le carbone pour l'essence, le chauffage et l'épicerie. Les libéraux vont-ils annuler leur projet de tripler cette taxe?
    Monsieur le Président, le gouvernement sait que de nombreux Canadiens arrivent difficilement à faire face au coût de la vie. Voilà pourquoi nous proposons une solution libérale: le crédit d'impôt pour la TPS, qui procurerait jusqu'à 500 $ aux familles canadiennes. Nous pourrions ainsi soutenir 11 millions de ménages.
    Les députés aimeraient-ils avoir une autre bonne nouvelle? Cette solution n'est pas uniquement libérale, puisqu'elle a été appuyée à l'unanimité à la Chambre. Je me réjouis à l'idée que cette mesure soit adoptée à l'étape de la troisième lecture à la Chambre pour que nous puissions apporter ce soutien aux collectivités.
    Monsieur le Président, le problème, c'est que le gouvernement en viendra à annuler l'effet de cette mesure en imposant des taxes. En fait, il veut tripler la taxe sur le carbone qui s'applique à l'essence, au chauffage et à l'épicerie à un moment où le prix de l'essence à Vancouver atteint 2,40 $ le litre. De plus, nous avons appris aujourd'hui qu'il y aura bientôt une hausse soudaine du prix de l'essence de 10 ¢ le litre en Ontario.
    Le moment ne pourrait pas être plus mal choisi pour une augmentation de taxe. Le gouvernement annulera-t-il son projet de tripler la taxe?

  (1425)  

    Monsieur le Président, j'ai déjà parlé aujourd'hui d'une partie de la solution du gouvernement, qui reçoit maintenant l'appui de tous les députés: le crédit d'impôt pour la TPS. Je profite de l'occasion pour demander à tous les députés d'appuyer les deux autres éléments de notre plan, c'est-à-dire la prestation unique de 500 $ pour aider les Canadiens qui peinent à payer le loyer — ce qui est certainement logique pour tout le monde — et la prestation pour permettre aux enfants canadiens d'aller chez le dentiste. Y a-t-il une seule personne à la Chambre qui pense qu'un enfant de moins de 12 ans devrait être privé d'aller chez le dentiste simplement parce que ses parents n'en ont pas les moyens? J'espère que nous appuierons tous ces mesures judicieuses.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, il y a exactement 1 000 jours aujourd'hui, le Corps des Gardiens de la révolution islamique, un groupe terroriste, a assassiné 55 citoyens canadiens. Or, 1 000 jours plus tard, il est parfaitement légal pour cette organisation terroriste de recueillir des fonds, ainsi que de coordonner, de planifier et d'exercer des activités ici même, au Canada. Pourquoi?
    Monsieur le Président, je veux que ce soit parfaitement clair: nous dénonçons la destruction du vol PS752. Nous avons soutenu ces familles. Nous condamnons sans équivoque le meurtre brutal de Mahsa Amini, et nous sommes solidaires de sa famille ainsi que de toutes les femmes qui manifestent pour leurs droits.
    Je tiens à préciser clairement que le Canada ne sera jamais un refuge pour les membres du Corps des gardiens de la révolution islamique, ni pour quiconque appuyant des terroristes. Nous avons pris des mesures concrètes et importantes, et nous continuerons à faire subir aux personnes violant les droits de la personne les conséquences de leurs actes afin de défendre ces droits ici et partout dans le monde.
    Monsieur le Président, le Canada est un refuge pour ce groupe terroriste, qui a tué 55 citoyens canadiens en abattant un avion civil. Le gouvernement a le pouvoir juridique de désigner ce groupe comme entité terroriste aujourd'hui, l'empêchant de recueillir des fonds, d'exercer ou de coordonner des activités, ou d'exister de quelque manière que ce soit ici, dans notre pays.
    Or, il ne l'a toujours pas fait 1 000 jours après l'assassinat de nos concitoyens. Pourquoi?
    Monsieur le Président, j'ose espérer que tous les députés soutiennent les familles touchées par l'écrasement du vol PS752. C'est ce que nous avons fait d'emblée en rapatriant les corps des victimes, afin que les familles puissent vivre leur deuil. C'est ce que nous avons fait en établissant des procédures de réunification des familles au Canada. C'est ce que nous allons continuer de faire en demandant l'imposition de conséquences concrètes à ceux qui ont causé la tragédie du vol PS752. Nous avons inscrit la Brigade al‑Qods des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des organisations terroristes, nous sommes assurés que l'Iran figurait sur la liste des pays qui appuient les activités terroristes, et nous allons continuer d'imposer des sanctions quand les droits de la personne sont bafoués, ici ou ailleurs dans le monde.

[Français]

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, il faut qu'on parle d'assurance-emploi. Ce que le gouvernement a fait en abandonnant les mesures temporaires, c'est une catastrophe pour les travailleurs saisonniers. Imaginons: à la toute fin de leur saison de travail, Ottawa change les règles du jeu et fait passer le seuil de qualification de 420 à 700 heures. Cela veut dire que les travailleurs qui avaient droit à l'assurance-emploi il y a 10 jours sont aujourd'hui dans le vide total: pas d'emploi, pas de prestation.
    Je sais que pour le gouvernement ce n'est peut‑être pas grave, mais pour les travailleurs abandonnés, c'est grave, c'est pas de revenu avant l'été prochain. C'est très grave.
    Qu'est-ce que le gouvernement va faire pour aider ces travailleurs?
    Monsieur le Président, nous sommes conscients que le Canada a besoin d'un système d'assurance-emploi pour le XXIe siècle. C'est pourquoi nous avons mis en place de vastes consultations auprès des Canadiens afin de bâtir un système qui fonctionne pour tous, y compris les travailleurs saisonniers.
    Bien que nos mesures de soutien temporaires se terminent, les prestations régulières continueront d'être versées. Avec le budget de 2022, nous investissons 110 millions de dollars pour prolonger le projet pilote saisonnier jusqu'en 2023.
    Monsieur le Président, hier, elle a parlé de projet pilote, mais, ça, c'est bon pour les travailleurs qui s'y qualifient. Le problème est que les travailleurs saisonniers ne s'y qualifient plus, parce que le gouvernement a changé les règles en éliminant les mesures temporaires. Cela veut dire que le fédéral les plonge dans la pauvreté. Il menace l'industrie saisonnière au complet, il menace les régions.
    Est-ce que le gouvernement va faire preuve d'empathie auprès de ces gens qui sont pris au piège et remettre en place les mesures temporaires en attendant la réforme de l'assurance-emploi?
    C'est ce qu'il faut faire.

  (1430)  

    Monsieur le Président, notre gouvernement comprend que les prestations d'assurance-emploi doivent être plus équitables, plus réactives et mieux adaptées aux besoins de la main‑d'œuvre canadienne qui est en constante évolution. Nous avons hâte d'annoncer notre plan à long terme pour améliorer le système d'assurance-emploi du Canada avant la fin de l'année.

La fiscalité

    Monsieur le Président, il nous manque 30 milliards de dollars en revenu, parce que ce gouvernement refuse de mettre fin aux échappatoires fiscales. Il y a une crise dans notre système de santé, on a besoin de plus d'investissements, mais le gouvernement veut protéger les profits des ultra-riches au lieu de défendre les intérêts de M. et Mme Tout‑le‑Monde.
    Quand est-ce que le gouvernement va mettre fin aux échappatoires fiscales pour les ultra-riches?
    Monsieur le Président, notre gouvernement a pris l'engagement selon lequel tout le monde doit payer sa juste part. Nous avons pris des mesures en augmentant de façon permanente l'impôt sur le revenu de 1,5 % pour les banques et les compagnies d'assurance, en introduisant un dividende de la relance du Canada de 15 % et en instaurant une taxe de luxe sur les voitures, les avions et les bateaux.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il n'en demeure pas moins que notre pays se prive de recettes de 30 milliards de dollars parce que le gouvernement libéral refuse d'éliminer les échappatoires fiscales dont profitent les super riches. Voici les faits: après sept ans de régime libéral, les sociétés bénéficient aujourd'hui d'un taux d'imposition réduit. C'est inadmissible.
    Quand le gouvernement arrêtera‑t‑il de protéger les profits des super riches? Quand éliminera‑t‑il les échappatoires fiscales dont profitent les super riches afin de soutenir les travailleurs?
    Monsieur le Président, on s'attend bien sûr à ce que les Canadiens et les entreprises canadiennes paient leur juste part. À cette fin, le gouvernement a investi plus de 1 milliard de dollars uniquement pour lutter contre l'évasion fiscale.
    Une voix: Oh, oh!
    Monsieur le Président, en outre, dans la foulée du scandale des Panama Papers, nous avons identifié 900 Canadiens qui sont impliqués, et je sais que ce dossier intéresse beaucoup le député d'en face qui chahute. Les personnes identifiées sont sous surveillance. Actuellement, 160 vérifications sont en cours et plus de 200 sont terminées. Ce travail se poursuivra.

[Français]

    Monsieur le Président, contrairement au premier ministre, le chef de l'opposition place les Canadiens en premier.
    Depuis son éclatante victoire, le chef conservateur se fait la voix de millions de Canadiens et de Canadiennes en demandant que le gouvernement mette fin à l'injuste inflation. Jour après jour, il demande à la coûteuse coalition de faire preuve de compassion pour les travailleurs, les pères et les mères de famille en renonçant à son plan de hausser les taxes qui va rendre la vie plus chère pour tout le monde.
    Le premier ministre va-t-il saisir la main que lui tend le chef de l'opposition et mettre fin à son plan de hausser les taxes?
    Monsieur le Président, on doit mettre les faits sur la table.
    La première chose que notre gouvernement a faite en 2015, c'est de baisser les impôts pour la majorité des Canadiens. Qu'est-ce que les conservateurs ont fait? Ils ont voté contre cette baisse de taxes.
    De ce côté-ci, nous allons continuer de répondre aux attentes des Canadiens. Les conservateurs peuvent dire ce qu'ils veulent, mais nous allons démontrer cela avec nos actions.
    Monsieur le Président, les seules promesses que les libéraux tiennent, ce sont les promesses qui vident les poches de tous les Canadiens.
    Hier, le ministre de l'Environnement a indiqué que le Québec serait épargné par la décision de tripler la taxe sur le carbone pour les Canadiens l'an prochain.
    Est-ce que le premier ministre peut confirmer que les Québécois seront totalement épargnés par la hausse de la taxe sur le carbone, qu'aucun Québécois ne paiera plus de taxes et que personne ne va subir d'augmentation des coûts de ses achats? Est-ce que la taxe sur le carbone va coûter plus cher aux Québécois, oui ou non?
    Monsieur le Président, je remercie mon honorable collègue de sa question.
    Hélas, il comprend très mal le système de la tarification du carbone au Canada et au Québec. Au Québec, ce n'est pas une tarification du carbone, c'est un système de plafonnement et d'échange. Je sais que c'est un peu compliqué. C'est avec plaisir que j'expliquerai la différence à mon collègue. Mon bureau pourra organiser un breffage si mon honorable collègue le souhaite.

  (1435)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, 51 % des Canadiens ont du mal à acheter de la nourriture. C'est plus de la moitié de la population. Voilà le bilan du gouvernement libéral après sept ans au pouvoir. Or, les libéraux ont l'audace de lever les yeux au ciel lorsque nous posons des questions au sujet de leur inaction face à l'inflation. Maintenant, ils s'apprêtent à hausser les taxes imposées aux Canadiens en triplant la taxe sur le carbone qui s'applique à l'épicerie, au chauffage résidentiel et à l'essence. Ils triplent la taxe trois fois.
    Les Canadiens n'ont plus les moyens d'être dirigés par le gouvernement libéral. Les libéraux feront-ils preuve de compassion et annuleront-ils leur projet de tripler la taxe sur le carbone?
    Monsieur le Président, dans le cadre de mes études universitaires en sciences sociales, j'ai suivi quelques cours de mathématiques, notamment « calculus 101 ». Au Québec, l'équivalent s'appelle mat103, ou calcul différentiel. Trois fois trois fois trois égale 27, alors je ne vois pas de quoi parlent les conservateurs. Imaginons s'ils devaient planifier un budget pour le pays entier.
    Des voix: Oh, oh!
    J'ai du mal à entendre la réponse. Je vais devoir demander au ministre de reprendre du début.
     Monsieur le Président, comme je le disais, dans le cadre de mes études universitaires en sciences sociales, j'ai suivi quelques cours de mathématiques, dont « calculus 101 », et trois fois trois fois trois égale 27. Les conservateurs n'arrivent même pas à faire ce calcul correctement. Imaginons s'ils tentaient de planifier un budget pour le pays entier. La taxe sur le carbone augmenterait de 15 $. Je ne comprends tout simplement pas comment ils en arrivent à trois fois trois fois trois.
    Monsieur le Président, Jay m'a dit qu'il a dû annuler un voyage pour aller voir sa famille à cause du coût élevé de l'essence. L'inflation et la hausse de la taxe sur le carbone empêchent des familles de se réunir à l'occasion de l'Action de grâces, mais c'est exactement ce que les libéraux veulent, soit que les gens changent leurs comportements. C'est ce qu'ils ont dit. Les libéraux continuent de prétendre que leurs plans inefficaces de lutte contre les changements climatiques sont tout sauf une autre ponction fiscale.
    Le gouvernement libéral annulera-t-il ses plans visant à obliger la Colombie‑Britannique à tripler sa taxe sur l'essence, l'épicerie et le chauffage?
    Monsieur le Président, je tiens à rassurer ma collègue. Nous discutons de manière très cordiale et productive avec la Colombie‑Britannique au sujet de l'instauration d'une tarification de la pollution. En fait, la Colombie‑Britannique est l'une des premières administrations en Amérique du Nord à avoir mis cette tarification en œuvre. Nous continuerons à collaborer avec la Colombie‑Britannique sur la tarification du carbone.
    Monsieur le Président, à cause des mauvaises politiques économiques du gouvernement libéral, les Canadiens ne peuvent pas réaliser leur rêve d'acheter une maison, d'inscrire leurs enfants à des activités sportives et de prendre de modestes vacances en famille. Alors que les Canadiens ont besoin d'un coup de pouce, que font les libéraux? Ils triplent la taxe sur le carbone.
    Les libéraux renonceront-ils à leur plan qui vise à tripler la taxe sur l'essence, l'épicerie et le chauffage des logis? Redonneront-ils un peu d'espoir aux familles canadiennes qui travaillent fort?
    Monsieur le Président, la bonne nouvelle, c'est que nous avons effectivement un plan et qu'en travaillant tous ensemble cette semaine, nous pourrons donner un réel espoir et un réel soutien aux familles canadiennes qui travaillent fort. En effet, j'espère vraiment que le vote à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C‑30 aura lieu à la Chambre cette semaine. Ce projet de loi prévoit un crédit pour la TPS qui procurerait près de 500 $ aux familles canadiennes. Onze millions de ménages recevraient cette aide. Voilà une vraie source d'espoir et un vrai soutien pour les familles canadiennes. Je suis heureuse que les conservateurs soient en faveur de ces idées. J'espère maintenant qu'ils appuieront l'aide pour les soins dentaires et la prestation pour logement locatif.

  (1440)  

    Monsieur le Président, un ancien combattant de ma circonscription a remarqué que la TPS s'ajoutait à la taxe sur le carbone sur sa facture d'électricité. Le gouvernement libéral prévoit de tripler la taxe sur le carbone. Or, devinez quoi? Cela triplera également la TPS sur ce produit de première nécessité.
    La vie devient trop chère pour les Canadiens. Quand le gouvernement abandonnera-t-il son projet de tripler la taxe sur le carbone et abolira-t-il la taxe sur la taxe sur le carbone?
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Écoutez le whip. Il est formidable.
    Le leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Monsieur le Président, partout dans le monde, nous vivons des moments très difficiles. Le député parle d'un ancien combattant qui, je n'en doute pas, est confronté au phénomène mondial avec lequel nous devons tous composer.
    Des voix: Oh, oh!
    L'hon. Mark Holland: Nous ne sommes pas à un événement sportif. Ce n'est pas le lieu pour crier, hurler, huer et brailler. Cette enceinte nous offre l'opportunité d'aider les gens qui sont dans le besoin. Je tiens absolument à répondre aux questions.
    Je n'ai pas entendu la moitié de ce que vous avez dit.
    Je demande au leader du gouvernement à la Chambre de reprendre depuis le début.
    Monsieur le Président, nous sommes disposés à écouter de vraies questions auxquelles nous donnerons de vraies réponses.

[Français]

Les relations canado-américaines

    Monsieur le Président, chaque fois qu'on questionne une action du fédéral au chemin Roxham, le gouvernement répond qu'il est en négociations avec les Américains pour moderniser l'Entente sur les tiers pays sûrs. Cela dure depuis cinq ans, le chemin Roxham. Cela fait des années que le fédéral négocie. C'était même dans la plateforme électorale des libéraux de 2019.
    Rendu là, on est en droit de se demander comment les négociations avancent, non?
    Est-ce que le gouvernement peut nous donner les dates de toutes ses rencontres avec Washington au sujet de l'Entente sur les tiers pays sûrs et va-t-il dévoiler les comptes rendus qui viennent avec?
    Monsieur le Président, soyons clairs. Fermer le chemin Roxham ou suspendre l'Entente, ce n'est pas une solution. Cela ne règle pas le problème.
    Comme le sait le député d'en face, le Canada partage la plus longue frontière démilitarisée au monde. Le chemin Roxham permet aux fonctionnaires de recueillir les pièces d'identité de ces demandeurs d'asile et de prévenir les traversées dangereuses.
    Ce que nous devons faire, c'est moderniser l'Entente, et c'est ce que nous faisons.
    Monsieur le Président, c'est donc normal pour eux, le chemin Roxham. Ils viennent de nous le dire.
    A‑t‑on l'impression que les négociations avancent? Je ne le pense pas.
    L'Entente sur les tiers pays sûrs est un document de sept pages, non pas un accord de libre‑échange. Cela fait cinq ans que les libéraux nous disent qu'ils sont en négociations. Pendant ce temps, ce que nous voyons, c'est qu'ils rendent le chemin Roxham permanent. On vient de nous le dire carrément. Ils vont même inaugurer de nouvelles installations le 1er novembre prochain. Quand on dit « permanent », c'est cela.
    Le ministre peut‑il nous donner la moindre preuve concrète de ces discussions ou devons-nous plutôt nous fier aux gestes de ce gouvernement et conclure que, en fait, il n'y a pas de négociation?
    Monsieur le Président, il y a effectivement des discussions et des négociations.
    Je demanderais au Bloc québécois de baisser un peu le ton, de ne pas essayer de faire de la petite politique sur le dos d'hommes, de femmes et d'enfants qui, plus souvent qu'autrement, quittent des situations extrêmement difficiles pour passer à cet endroit ou ailleurs.
    Lorsqu'on parle d'immigration, on parle avant tout d'hommes, de femmes et d'enfants qui essaient d'améliorer leurs conditions de vie. Ils ont le droit à la dignité, et je demande au Bloc québécois de faire attention à ses propos.

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, chaque fois qu'on exige du gouvernement les contrats qu'il refuse de dévoiler au chemin Roxham, il nous répond que, pour lui, et je cite: la transparence est d'une importance capitale.
    C'est plutôt orwellien comme raisonnement. Refuser de dévoiler des contrats par souci de transparence, on n'est pas loin de se faire expliquer que la guerre, c'est la paix.
    Je suis aveuglé par tant de transparence. Sérieusement, cacher les contrats publics, ce n'est pas de la transparence, c'est de l'opacité.
    Est-ce que le gouvernement peut s'en tenir à la transparence et simplement révéler à qui il a confié l'argent des contribuables au chemin Roxham? Il me semble que les citoyens ont le droit de savoir.

  (1445)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Comme c'est la pratique, divulguer des renseignements contractuels confidentiels violerait l'entente que nous avons avec le fournisseur. Nous continuerons de travailler avec les ministères et les organismes pour répondre à leurs besoins au moyen de contrats équitables et ouverts.

[Traduction]

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, les députés d'en face manipulent constamment les faits qu'ils présentent aux Canadiens au sujet des hausses des cotisations à l'assurance-emploi. Il est rafraîchissant de constater que la ministre des Finances a finalement admis que le doublement du crédit pour la TPS pendant 6 mois équivaut à environ 2,5 milliards de dollars et que le gel proposé des cotisations à l'assurance-emploi est d'environ 2,5 milliards de dollars.
    Comme la ministre a finalement reconnu que les cotisations à l'assurance-emploi constituent une taxe, peut-elle s'engager immédiatement à ce que le gouvernement annule l'augmentation prévue des taxes sur les chèques de paie des Canadiens?
    Monsieur le Président, les faits sont limpides. Les cotisations à l'assurance-emploi sont plus basses présentement qu'à l'époque où le chef de l'opposition officielle en était responsable. D'ailleurs, elles sont à leur point le plus bas depuis des décennies. À partir de janvier prochain, les cotisations seront de 25 ¢ inférieures à ce qu'elles étaient en 2015, sous la gouverne du chef de l'opposition.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous voulons soutenir les travailleurs et les emplois au Canada.

La fiscalité

    Monsieur le Président, il n'y a que les libéraux pour croire à de telles affirmations. Les familles canadiennes me disent qu'elles ne tiennent qu'à un fil. Quatre Canadiens sur cinq ont dû changer leurs habitudes alimentaires à cause du gouvernement libéral. Les Canadiens ne peuvent plus se permettre d'autres petites ponctions fiscales sur leurs chèques de paie.
    Quand la ministre cessera-t-elle de faire marcher la planche à billets et de gaspiller l'argent des contribuables, ce qui alimente l'inflation, et quand renoncera-t-elle à tripler les taxes des Canadiens?
    Monsieur le Président, j'ai une idée à proposer au député. Nous pouvons appuyer un programme de soins dentaires pour les enfants handicapés. J'ai une autre idée à lui proposer. Nous pouvons adopter le projet de loi C‑22 et permettre à des centaines de milliers de personnes handicapées de sortir de la pauvreté. Voilà deux grandes mesures concrètes que nous pouvons adopter ensemble pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, l'Allemagne, le Royaume‑Uni, la France, la Suède, les Pays‑Bas, la Belgique, l'Espagne, l'Irlande, le Japon, la Nouvelle‑Zélande, l'Australie et d'autres pays ont tous réduit les taxes ou leurs droits sur le carburant pour aider les ménages à composer avec la hausse de l'inflation. Au lieu de réduire les taxes comme le font d'autres pays semblables au nôtre, le gouvernement veut augmenter le coût de l'énergie.
    Le gouvernement libéral doit savoir quelque chose que le reste du monde ignore. Ce qu'il ne veut pas admettre, c'est que la taxe sur le carbone est inflationniste car elle se répercute sur tout. Le gouvernement va-t-il renoncer à son projet d'augmenter les taxes et va-t-il enfin accorder un peu de répit aux Canadiens?
    Monsieur le Président, j'ai une devinette pour vous. Qu'est-ce que l'Argentine, le Chili, la Colombie, le Danemark, la Corée, la Norvège, le Mexique, l'Afrique du Sud, la Suède, le Royaume‑Uni, des provinces comme le Québec, la Colombie‑Britannique et l'Alberta et des pays comme la Chine ont en commun? Ils ont tous instauré une tarification du carbone. En fait, c'est le cas de l'Alberta depuis 2004. Cela fait presque 20 ans.
    Voilà ce qui se passe au Canada et dans le monde. Nous luttons contre les changements climatiques et nous venons en aide aux Canadiens.

L'assurance-emploi

    Monsieur le Président, la ministre des Finances minimise l'augmentation de 9 % des cotisations à l'assurance-emploi. Elle dit que ce n'est pas grave, alors que le gouvernement libéral perçoit des milliards de dollars de plus en cotisations à l'assurance-emploi que ce qu'il verse aux travailleurs, au moment où l'inflation atteint un sommet en 40 ans et que le prix de l'essence est à 2,40 $ le litre à Vancouver. Les vaillants Canadiens peinent à joindre les deux bouts. Les libéraux sont-ils indifférents ou tout simplement incompétents?
    Le gouvernement libéral va-t-il annuler la hausse des taxes qu'il a prévues sur les chèques de paie des Canadiens?
    Monsieur le Président, ce dont les vaillants Canadiens ont besoin, c'est d'avoir l'assurance que, lorsqu'ils prendront leur retraite, il sera toujours possible de recevoir une pension. Ce dont les vaillants Canadiens ont besoin, c'est d'avoir l'assurance que le système d'assurance-emploi du Canada sera là pour soutenir ceux qui perdent leur emploi. C'est pour cette raison que le gouvernement défend le Régime de pensions du Canada. Il protège également le régime d'assurance-emploi. Nous savons qu'il serait plus qu'irresponsable, en pleine période d'incertitude économique mondiale, de sabrer ces programmes essentiels dont les Canadiens ont besoin et de tarir leurs sources de financement.

  (1450)  

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, plusieurs années se sont écoulées depuis l’enquête nationale, mais depuis, la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles autochtones et des personnes bispirituelles a progressé avec une lenteur affligeante. Hier, les défenseurs et les familles des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées ont exprimé de sérieuses réserves quant à la façon dont les services policiers avaient traité leurs dossiers. Ils dénoncent notamment une communication inadéquate. Onze des 231 appels à la justice issus de l’enquête concernent la police, mais les familles continuent de signaler les mêmes problèmes.
    Quand le gouvernement mettra-t-il en œuvre les appels à la justice relatifs aux services de police afin que les familles puissent enfin obtenir justice?
    Monsieur le Président, alors que nous venons de célébrer la deuxième Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, je tiens à assurer à ma collègue et à tous les députés que nous unissons nos efforts pour prendre des mesures concrètes en matière de sécurité publique et, ainsi, progresser sur la voie de la réconciliation. Nous accélérons le déploiement de notre Programme des services de police des Premières Nations, auquel nous avons affecté près de 1 milliard de dollars. Très récemment, nous avons publié une déclaration commune avec l’Alberta en vue de rétablir le service de police de la nation des Siksika. C’est un pas concret vers la réconciliation.
    Nous devons en faire davantage pour que la formation offerte tienne compte des différences culturelles. Lorsqu’il s’agit de donner aux communautés autochtones le pouvoir de protéger leurs membres qui vivent sur leur territoire, le gouvernement s’engage à avancer sur cette voie aux côtés des peuples autochtones.

La santé

    Uqaqtittiji. Les lois et politiques issues du colonialisme sont toujours bien présentes chez nous. Le taux de suicide est 10 fois plus élevé au Nunavut qu'ailleurs au pays. J'ai demandé au gouvernement à maintes reprises d'investir dans les communautés autochtones et du Nunavut afin qu'elles puissent s'épanouir, mais le gouvernement ne parvient toujours pas à fournir l'aide en santé mentale qui s'impose. Lundi, ce sera la Journée mondiale de la santé mentale, et les communautés autochtones surveillent la situation.
    Le gouvernement honorera‑t‑il ses engagements envers les Autochtones, ses engagements en matière de services de santé mentale pour les Autochtones?
    Monsieur le Président, la députée a tout à fait raison: tout suicide est un suicide de trop. Notre gouvernement s'est engagé à faire tout le nécessaire pour éliminer ce problème effroyable en prenant diverses mesures. Nous travaillons en collaboration avec les détenteurs de droits inuits, le gouvernement du Nunavut, les gouvernements territoriaux et toutes les provinces pour endiguer l'épidémie de suicides qui sévit dans le Nord canadien.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, je tiens à souligner qu’aujourd’hui, cela fait 1 000 jours que la République islamique d’Iran a abattu le vol PS752, tuant les 176 passagers à bord, y compris 85 Canadiens et résidents permanents, et la douleur est toujours aussi vive pour leurs êtres chers. La semaine dernière, le Canada a été l’hôte de la 41e session de l’Assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale, à Montréal.
    Le ministre des Transports pourrait-il communiquer à la Chambre ce que le Canada fait pour exiger des comptes à l’Iran?
    Monsieur le Président, je remercie le député de son militantisme pour exiger que l’Iran rende des comptes après avoir abattu le vol PS752, un acte criminel. Le gouvernement a fait la promesse solennelle aux familles des victimes qu’il allait vigoureusement réclamer justice et exiger la reddition de comptes. Pour y parvenir, nous utilisons tous les mécanismes juridiques et internationaux à notre disposition et nous allons aller jusqu’au bout.
    Ce faisant, le Canada agit comme chef de file dans le monde pour que les réformes requises soient mises en œuvre dans le but d’éviter d’autres tragédies de ce genre. Le Canada collabore avec l’Organisation de l’aviation civile internationale pour instaurer des mesures dans le cadre de l’initiative « un ciel plus sûr » et réviser les méthodes d’enquête en cas de tragédie aérienne. Par égard pour les familles des victimes, nous devons maintenir nos efforts pour honorer leurs êtres chers.

[Français]

La fiscalité

    Monsieur le Président, je n'apprends rien à mes collègues en disant que le coût de la vie est à ce point si difficile que de plus en plus de Canadiens vivent d'une paie à l'autre. Les conservateurs ont pourtant suggéré des solutions concrètes pour leur donner un peu de répit: annuler l'augmentation des impôts prévue le 1er janvier prochain et surtout annuler la taxe sur le carbone que le gouvernement veut tripler.
    Que fait le gouvernement? Il fait la sourde oreille. Un peu d'écoute et de compassion, est-ce trop demander à ce gouvernement et au premier ministre du Canada?
    Monsieur le Président, notre gouvernement a un plan avec des suggestions bien concrètes.
    Premièrement, c'est de doubler le crédit d'impôt pour la TPS. Les conservateurs sont maintenant d'accord, bravo, mais il y a encore deux points. J'encourage les conservateurs à appuyer ces points aussi. C'est de verser 500 $ pour aider les moins nantis à payer leur loyer. L'autre point très important est pour les enfants et les soins dentaires.
    Je pense que tous les Canadiens sont d'accord que les enfants doivent…

  (1455)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, avec une facture d'épicerie gonflée par un taux d'inflation jamais vu depuis 40 ans, la moitié des ménages canadiens ont de la difficulté à se nourrir. Les rayons des banques alimentaires sont presque vides. Les Canadiens ne sont pas seulement en difficulté; ils sont au bord du gouffre. Les Canadiens sont résilients, mais leur gouvernement continue de les pénaliser alors qu'ils tentent simplement de joindre les deux bouts.
    Les libéraux vont-ils annuler leur décision de tripler la taxe sur l'essence, le chauffage et l'épicerie?
    Monsieur le Président, j'aimerais lire un extrait du dernier rapport du directeur parlementaire du budget sur la tarification du carbone au Canada, qui dit ceci: « nous prévoyons que la plupart des ménages réaliseront un gain net, car ils recevront davantage en remboursements de la tarification fédérale du carbone [...] du gouvernement que le montant total qu'ils paient en redevances fédérales sur les combustibles ». Il ajoute ceci: « pour la grande majorité des ménages dans les provinces où le filet de sécurité fédéral s'applique, les remboursements dépassent les coûts en carbone ».
    Monsieur le Président, le coût de la vie augmente pour tous les Canadiens. Il y a une crise de l'énergie et de l'insécurité alimentaire en Europe, et elle touchera aussi le Canada. En Allemagne, on recommence à exploiter les centrales au charbon pour survivre cet hiver. En triplant la taxe sur le carbone, le premier ministre se trouve à tripler la taxe sur le chauffage résidentiel, l'essence et les aliments. Ces hausses de taxes rendent le Canada moins compétitif et font perdre des investissements et des emplois au Canada.
    Le gouvernement va-t-il aider les Canadiens en annulant sa décision de tripler la taxe?
    Monsieur le Président, les feux de forêt à Fort McMurray ont coûté 7 milliards de dollars aux Canadiens. Les inondations qui ont eu lieu en Colombie‑Britannique l'année dernière ont coûté 9 milliards de dollars aux Canadiens. Les coûts entraînés par Fiona seront probablement sans précédent au Canada.
    Au pays, les coûts associés aux changements climatiques ont augmenté de 400 % dans les 10 dernières années. Les Canadiens en paient le prix. Que propose le Parti conservateur du Canada? Rien. De ce côté-ci de la Chambre, nous lutterons contre les changements climatiques et nous soutiendrons les Canadiens.
    Monsieur le Président, j'ai une vraie question et je m'attends à une vraie réponse.
    Selon un sondage récent, plus de 80 % des Canadiens affirment réduire leurs dépenses en raison du coût élevé de la vie. Plus de la moitié d'entre eux ont dit qu'ils n'arrivent pas à suivre l'augmentation des prix. À cause de la mauvaise gestion économique des libéraux, la situation financière des gens ne tient qu'à un fil. Les aînés craignent de ne pas pouvoir survivre.
    Le gouvernement libéral fera-t-il ce qui s'impose en annulant son plan de tripler les taxes sur l'essence, l'épicerie et le chauffage?
    Monsieur le Président, nous n'avons aucune leçon à recevoir du parti d'en face, dont le plan pour les aînés était de repousser l'âge de la retraite à 67 ans.
    Nous savons que des Canadiens sont en difficulté, et c'est exactement pour cette raison que nous doublons le crédit pour la TPS. Les aînés recevraient ainsi 233 $ supplémentaires. Nous avons aussi bonifié la Sécurité de la vieillesse pour les aînés, ce qui représente 800 $ supplémentaires pour ceux qui ont droit à une pleine pension. De ce côté-ci de la Chambre, nous continuerons de soutenir les Canadiens et les aînés.

[Français]

Le sport

    Monsieur le Président, que Hockey Canada ait un fonds servant à couvrir les cas d'agression sexuelle de ses joueurs, c'est inacceptable. Qu'il ait besoin d'un deuxième fonds, comme on l'a appris hier, c'est dégueulasse. Tout le monde s'entend là-dessus.
    La direction et le conseil d'administration doivent démissionner. Il faut faire le grand ménage. Or, aujourd'hui, on a encore vu en comité parlementaire qu'ils s'entêtent banalement à rester en place. Depuis le début de l'été, c'est scandale après scandale, il y en a un chaque semaine. Cela suffit, il faut faire toute la lumière une fois pour toutes.
    Quand la ministre va-t-elle enfin lancer une enquête indépendante sur Hockey Canada?
    Monsieur le Président, les histoires qu'on entend semaine après semaine sur Hockey Canada sont désespérantes, c'est le moins qu'on puisse dire.
    Présentement, on a l'impression que la direction de Hockey Canada cherche davantage à protéger ses emplois qu'à prendre soin de la sécurité du public, des femmes et des joueurs. C'est pourquoi j'ai suspendu le financement de Hockey Canada, et nous allons le rétablir seulement quand elle sera membre du Bureau de la Commissaire à l'intégrité dans le sport, qui pourra enquêter sur le dossier.

  (1500)  

    Monsieur le Président, je rappelle que, en juin, la Chambre adoptait à l'unanimité une motion pour exiger une enquête indépendante sur Hockey Canada. Plus de trois mois plus tard, c'est le même monde au conseil d'administration avec les mêmes pratiques de protection des cas d'inconduite sexuelle. C'est la même culture toxique sans le début d'un commencement de remise en question.
    Hockey Canada n'a plus la confiance des joueurs et encore moins celle des joueuses. Il n'a pas la confiance des parents. Il n'a pas la confiance de la Chambre, c'est unanime.
    Alors, après plus de trois mois, pourquoi la ministre refuse-t-elle encore de déclencher une enquête indépendante sur la façon dont Hockey Canada traite les plaintes d'inconduite sexuelle?
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à saluer mes collègues parlementaires qui ont fait un travail remarquable dans le cadre des travaux du Comité permanent du patrimoine canadien et qui ont posé les bonnes questions aux dirigeants de Hockey Canada.
    Nous nous attendons à ce que les membres votants s'assurent qu'il y aura un changement permanent à la direction de Hockey Canada et s'assurent que des changements en matière de culture du sport et de violences sexuelles seront faits une fois pour toutes.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, voilà 1 000 jours que les terroristes du Corps des Gardiens de la révolution islamique ont tué 55 Canadiens qui se trouvaient à bord de l'avion qu'ils ont abattu. Voilà 1 000 jours que les familles de ces victimes n'ont pas encore obtenu la justice qu'elles méritent.
    Comment le gouvernement libéral peut-il douter du bien-fondé de l'interdiction d'un groupe qui a assassiné des Canadiens, qui brutalise les citoyens de son propre pays et qui opprime les minorités? En quoi est-il acceptable de permettre à des terroristes associés à ce régime de venir au Canada, de recueillir des fonds et d'intimider les Canadiens? La ministre aura-t-elle le courage d'interdire ces terroristes aujourd'hui même?
    Monsieur le Président, voilà 1 000 jours interminables que des mères, des pères, des sœurs et des frères doivent vivre avec la tragédie et l'acte criminel qu'a été l'écrasement du vol PS752. Le gouvernement s'est impliqué chaque jour dans ce dossier. Nous nous employons sans relâche à écouter les familles, nous agissons dans le respect du droit international et nous continuons à réclamer que justice soit faite pour les familles. Nous ne nous arrêterons qu'une fois que justice sera rendue.
    Monsieur le Président, nous devrions appliquer les sanctions les plus sévères qui soient, mais nous ne le faisons pas.
    En 2018, tous les ministres du Cabinet libéral se sont mis d'accord pour inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des entités terroristes. Hier, ils ont refusé de réaffirmer leur position. Que s'est-il passé? Le Corps des Gardiens de la révolution islamique a fait exploser un avion et il a tué 50 Canadiens de même que des milliers de personnes innocentes, dont Mahsa Amini. Les terroristes du Corps des Gardiens de la révolution islamique se sont organisés, ils ont recueilli des fonds et ils se sont installés au Canada.
    Voici ma question: à quel moment le gouvernement a-t-il perdu ses convictions? Quand est-ce que c'est arrivé?
    Monsieur le Président, de ce côté-ci de la Chambre, nous préconisons l'action. C'est pourquoi nous avons agi au cours des 1 000 derniers jours.
    Le Canada ne sera jamais un refuge pour les terroristes de n'importe quel pays, y compris l'Iran. Le Canada disposera toujours d'un solide régime de sanctions. C'est pourquoi nous avons annoncé cette semaine 35 sanctions supplémentaires contre des gens ayant commis des crimes en Iran. Elles viennent s'ajouter aux 200 sanctions déjà en place. Nous nous sommes toujours portés à la défense des Iraniens, notamment en désignant l'Iran comme commanditaire du terrorisme d'État. C'est ce qu'il est, et nous continuerons d'agir dans l'intérêt de la population iranienne pour défendre les droits de la personne.
    Monsieur le Président, les Canadiens veulent des gestes concrets.
    Il y a quatre ans, la Chambre a voté en faveur d'une motion demandant d'inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique sur la liste des entités terroristes, mais le gouvernement a choisi de ne pas y donner suite. Puis, en 2020, cette organisation a tué 55 Canadiens et 30 résidents permanents du Canada en abattant leur vol. Malgré cela, le gouvernement ne lui a pas interdit d'organiser et de planifier des activités, ainsi que de recueillir des fonds au Canada.
    Quand les libéraux empêcheront‑ils le Corps des Gardiens de la révolution islamique d'exercer ses activités au Canada?
    Monsieur le Président, je partage le sentiment de mon collègue et je tiens à lui assurer, ainsi qu'à tous les députés, que nous prenons effectivement des mesures concrètes afin qu'aucun membre du Corps des Gardiens de la révolution islamique ne puisse agir à ce titre au Canada. Nous le faisons en inscrivant la Brigade al-Qods des Gardiens de la révolution islamique sur la liste, en sanctionnant les membres de la police de la moralité et en inscrivant l'Iran sur la liste des États qui soutiennent le terrorisme.
    Nous en avons imposé des conséquences et nous continuerons à explorer et à épuiser toutes les options pour que les coupables soient tenus responsables de leurs actes et pour défendre les droits de la personne au Canada et partout dans le monde.

  (1505)  

[Français]

L'environnement

    Monsieur le Président, en août, le ministre de l'Environnement et du Changement climatique a annoncé les 10 noms des membres du Conseil des jeunes sur l'environnement et les changements climatiques. Chez nous, j'ai déjà constaté que les jeunes dans mon conseil de la jeunesse ont la détermination, l'esprit de collaboration et la créativité nécessaires pour trouver des solutions audacieuses aux défis environnementaux d'aujourd'hui.
    Est-ce que le ministre peut nous parler de l'importance de l'implication jeunesse dans les actions climatiques?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de Chateauguay—Lacolle de sa question et de son dévouement à la question des changements climatiques et de l'environnement.
    Je suis heureux d'annoncer que nous accueillerons les premiers membres de ce conseil jeunesse demain et jeudi à Ottawa. Ce conseil permettra au gouvernement du Canada de connaître l'opinion de jeunes Canadiens et Canadiennes passionnés par les questions climatiques et environnementales urgentes et de collaborer à la recherche de solutions pour lutter contre les changements climatiques au sein de leur collectivité. Les compétences, l'expérience et l'ingéniosité apportées par ces membres sont une contribution précieuse aux efforts du Canada visant à créer un meilleur environnement, un meilleur avenir pour toutes et tous.

Les affaires étrangères

    La dernière fois que je l'ai vu, c'était sur une vidéo où il faisait du bungee.
    Pendant ce temps-là, des femmes, des hommes et des enfants se font tuer par le Corps des Gardiens de la révolution en Iran. Comme si ce n'était pas assez, le premier ministre permet que cette même organisation terroriste continue de s'organiser, de planifier, de collecter des fonds ici même au Canada.
    Quand le premier ministre va-t-il faire preuve de courage et empêcher le Corps des Gardiens de la révolution d'opérer au Canada?
    Je rappelle aux députés que, quand on pose des questions, qu'on y répond ou qu'on parle à la Chambre, on n'a pas le droit de poser une question sur la présence de quiconque. Le travail d'un député, qu'il soit ministre, premier ministre ou simple député de l'opposition, peut être effectué n'importe où dans le pays.
    Des voix: Oh, oh!
    Le Président: À l'ordre.
    Il faut un peu de respect pour les gens qui ne sont pas ici et qui travaillent hors de la Chambre. Tous les députés ont le droit de travailler ailleurs. Quand ils ne sont pas ici, on ne demande pas où ils sont.
    La parole est à l'honorable secrétaire parlementaire.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suggère humblement de laisser de côté les discours creux pendant un instant. L’une des volontés que les familles des victimes du vol 752 m’ont très clairement exprimées, c'est de ne pas faire de ce dossier une question de partisanerie. C’est ce qu’elles ont déclaré aujourd’hui. C’est ce qu’elles demandent tous les jours. Elles veulent que nous travaillions ensemble de manière constructive et créative.
    Hier, j’ai eu la chance de rencontrer certains membres de ces familles, en compagnie du premier ministre, de la ministre des Affaires étrangères, du ministre des Transports et du haut-commissaire de Londres. Nous allons continuer de faire ce qu’il faut chaque jour pour ces familles parce qu’elles sont importantes pour nous.
    Monsieur le Président, l’une des volontés que les familles ont clairement exprimées, c'est que le Corps des Gardiens de la révolution islamique soit inscrit sur la liste des organisations terroristes afin qu'il ne puisse plus mener ses activités ici, au Canada. Cette question pourra cesser de relever de la partisanerie dès que le gouvernement partagera notre point de vue et qu’il fera la bonne chose en inscrivant ce nom sur la liste.
    En réalité, les familles des victimes ont été harcelées par le Corps des Gardiens de la révolution islamique ici même, en sol canadien, parce qu’elles se sont exprimées. Aucune famille ne mérite de perdre un de ses membres pour cause de meurtre ni d'être harcelée par des gouvernements étrangers ici même, en sol canadien.
    Quand le gouvernement défendra-t-il notre souveraineté, en toute solidarité avec les Canadiens de tous les horizons, en interdisant les activités du Corps des Gardiens de la révolution islamique au Canada?
    Monsieur le Président, en juin dernier, j'ai assisté à la cérémonie de remise des diplômes de l'école secondaire Northern. J'ai pu voir environ 400 jeunes recevoir leur diplôme de 12e année. Une jeune fille n'y était pas: Maya Zibaie, qui a perdu la vie dans l'écrasement du vol 752, causé par des actes criminels, quand elle était en 10e année. Prenons un moment pour honorer la mémoire de Maya. Prenons un moment pour honorer sa famille et toutes les familles qui ont perdu un être cher.
    Nous continuerons de travailler avec elles, de prendre toutes les mesures possibles, d'imposer des sanctions, d'ajouter les organisations appropriées à la liste des entités terroristes et de véritablement changer les choses pour le mieux tout au long de ce processus.

  (1510)  

    Monsieur le Président, je ne mets pas en doute la sincérité du député, mais la meilleure façon d'honorer les victimes est de punir les auteurs du crime. C'est très simple.
     Le député, le premier ministre et l'ensemble du Cabinet ont voté en faveur de la motion que j'ai présentée pour demander que le Corps des Gardiens de la révolution islamique soit ajouté à la liste des entités terroristes. En 2012, les conservateurs ont ajouté la Brigade al-Qods à cette liste et inscrit l'Iran sur la liste des États qui soutiennent le terrorisme, mais, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral n'a absolument rien fait. Un député libéral a dit hier à la CBC que le Corps des Gardiens de la révolution islamique est encore actif au Canada. Il a dit que les gestes du gouvernement étaient « trop peu, trop tard ».
    Quand le gouvernement se décidera-t-il à agir et à mettre un terme aux activités du Corps des Gardiens de la révolution islamique au Canada?
    Monsieur le Président, je suis reconnaissant à mon collègue d'avoir mis de côté la partisanerie pour un moment afin d'honorer la mémoire de Mahsa Amini, ainsi que celle des êtres chers qui ont perdu la vie dans l'écrasement du PS752.
    Nous devons travailler ensemble pour continuer à imposer des sanctions à ceux qui transgressent les droits de la personne et à ceux qui bafouent les droits des femmes et d'autres groupes vulnérables. Nous sommes solidaires de ces groupes. Nous savons qu'ils manifestent. Nous savons qu'ils font entendre leur voix. C'est le moment pour nous de faire le travail nécessaire pour demander des comptes aux responsables afin que nous puissions défendre les droits de la personne ici et dans le monde entier. C'est ce que nous ferons.

Le commerce international

    Monsieur le Président, les Philippines comptent parmi les plus importants partenaires commerciaux du Canada dans la région indo-pacifique. Les liens entre le peuple philippin et le peuple canadien sont solides et il y a environ 1 million de Canadiens d'origine philippine qui habitent actuellement au Canada.
    La ministre du Commerce international, de la Promotion des exportations, de la Petite Entreprise et du Développement économique peut-elle informer la Chambre des récents investissements du Canada et des retombées de son récent voyage aux Philippines?
    Monsieur le Président, je veux remercier la députée de Mississauga—Streetsville de sa question ainsi que des efforts qu'elle déploie pour défendre la communauté philippino-canadienne.
    Mon voyage aux Philippines a été très productif. J'ai pu constater l'existence des liens étroits dont la députée a parlé, ainsi que les débouchés commerciaux et les possibilités d'investissement qui sont créés dans les deux pays. J'ai eu l'occasion de voir des infrastructures d'origine canadienne et de voir le géant de la construction WSP contribuer à l'édification d'une autoroute surélevée. Je me suis rendue dans un Jollibee, une chaîne qui compte présentement 24 restaurants au Canada et qui prévoit en ouvrir d'autres. J'ai rencontré d'incroyables entrepreneures et, enfin, avec les entreprises technologies propres qui font la promotion de leurs projets auprès des investisseurs du secteur climatique...