Passer au contenu Début du contenu

Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

Pour faire une recherche avancée, utilisez l’outil Rechercher dans les publications.

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

Publication du jour précédent Publication du jour prochain
Passer à la navigation dans le document Passer au contenu du document

44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 012

TABLE DES MATIÈRES

Le mardi 7 décembre 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 012
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le mardi 7 décembre 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Loi modifiant le Code criminel et la Loi réglementant certaines drogues et autres substances

    demande à présenter le projet de loi C-5, Loi modifiant le Code criminel et la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Français]

Les délégations interparlementaires

    Monsieur le Président, conformément à l'article 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, deux rapports de la délégation de la Section canadienne de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.
    Le premier rapport concerne sa participation à la deuxième Conférence parlementaire sur le G5 Sahel, tenue à New York, aux États-Unis, les 14 et 15 novembre 2019.
    Le second rapport concerne sa participation au Séminaire parlementaire sur le contrôle parlementaire et l'évaluation des politiques publiques, tenu à Brazzaville, en République du Congo, les 14 et 15 novembre 2019.

[Traduction]

La Loi sur la défense nationale

     demande à présenter le projet de loi C-206, Loi modifiant la Loi sur la défense nationale (mutilation ou blessure envers soi-même ou autrui).
     — Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter un projet de loi que j'espérais voir adopté à la 42e législature, puis de nouveau à la 43e législature.
    Le projet de loi éliminerait un obstacle important pour les membres des Forces armées canadiennes qui ont besoin d'aide en santé mentale. Il faut abroger l'alinéa 98c), cette disposition archaïque de la Loi sur la défense nationale qui érige en infraction disciplinaire le fait de se mutiler ou de se blesser et qui signifie que les personnes qui risquent leur vie pour notre pays peuvent se voir imposer des sanctions disciplinaires parce qu'elles souffrent d'une crise de santé mentale, ce qui, souvent, incite nos militaires à souffrir en silence.
    En moyenne, plus d'un membre actif par mois se suicide au Canada. Retirer l'automutilation de la liste des infractions disciplinaires représenterait un changement important dans la façon avec laquelle les Forces armées canadiennes gèrent les problèmes de santé mentale. Les libéraux auraient pu corriger la situation lorsqu'ils ont modifié la loi sur la justice militaire lors de la 42e législature. Au cours de la dernière législature, le comité de la défense a étudié comment améliorer les services de santé mentale au sein des Forces armées canadiennes, et je crois que le gouvernement aurait pu compter sur l'appui de tous les partis pour prendre cette mesure à ce moment-là. On a laissé passer ces deux occasions. Ainsi, nous continuons à perdre des femmes et des hommes dévoués des Forces armées canadiennes à cause de l'automutilation.
    Aujourd'hui, je présente à nouveau le projet de loi dans l'espoir que la Chambre écoute enfin les familles ayant perdu un être cher qui s'est enlevé la vie et que l'ensemble des députés s'unissent pour corriger la situation en adoptant cette mesure législative et en prenant d'autres mesures nécessaires afin de fournir à nos troupes le soutien en santé mentale dont elles ont besoin.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

La Déclaration canadienne des droits

     demande à présenter le projet de loi C-207, Loi modifiant la Déclaration canadienne des droits (droit au logement).
     — Monsieur le Président, je prends la parole à la Chambre aujourd'hui au sujet du droit de chaque Canadien à accéder à un logement.
    À une certaine époque, quand j'étais jeune, lorsque je voyais un sac de couchage, je me rappelais les moments où je campais avec ma famille. Maintenant, quand je vois un sac de couchage, c'est parce que beaucoup de gens partout au pays se retrouvent dans la rue et doivent traîner leur literie avec eux parce qu'ils n'ont plus de logement où retourner. En réalité, posséder une maison est devenu un rêve impossible, et trouver un logement décent à louer devient chaque jour de plus en plus difficile.
    Les logements sûrs et abordables sont de plus en plus difficiles à trouver. C'est pourquoi je présente aujourd'hui un projet de loi modifiant la Déclaration canadienne des droits. Le projet de loi vise à ce que le droit au logement soit reconnu explicitement en droit. C'est la différence entre prononcer de belles paroles et faire ce qui s'impose. Le projet de loi redéfinirait le cadre fédéral pour les mesures législatives sur le logement et établirait les exigences à respecter par le ministre de la Justice afin que toutes les modifications réglementaires apportées respectent ce droit parce que tous les Canadiens ont le droit d'avoir accès à un logement sûr et abordable.
    Je tiens à remercier la députée de Vancouver-Est de travailler si fort dans le dossier du logement et d'appuyer le projet de loi. J'ai hâte au débat et j'espère de voir tous les députés appuyer le projet de loi.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1010)  

Pétitions

L’oléoduc Trans Mountain 

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur ce matin de prendre la parole à distance afin de présenter la pétition électronique no 10619695.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'abandonner tout projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain. Ils expliquent que l'oléoduc initial, celui dont on a fait l'acquisition pour 4,5 milliards de dollars, est un oléoduc actuellement en usage. Soit dit en passant, il s'agit de celui qu'il a fallu fermer en raison des inondations récentes et qui a été rouvert. Toutefois, les pétitionnaires se concentrent sur le projet d'expansion, qui consiste essentiellement à bâtir un nouvel oléoduc sur des territoires autochtones, et ce, sans permission. Cet oléoduc, contrairement à l'oléoduc existant, servirait à transporter du bitume dilué. Or, en cas de déversement, on ne peut pas nettoyer le bitume dilué. Le bitume dilué serait transporté à travers 800 cours d'eau en Colombie-Britannique jusqu'au port de Burnaby, où il serait ensuite chargé à bord de dangereux pétroliers, puis exporté.

Les pompiers volontaires et le personnel de recherche et sauvetage  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter une pétition au nom des pompiers volontaires et du personnel de recherche et de sauvetage, qui sont importants.
    Dans le préambule de la pétition, les pétitionnaires soulignent que les pompiers volontaires représentent 83 %  de l'ensemble des premiers intervenants essentiels en matière de lutte contre les incendies au Canada. De plus, quelque 8 000 bénévoles en recherche et sauvetage, tous indispensables, sont appelés à intervenir dans des milliers d’incidents chaque année, un peu partout dans notre grand pays.
    En vertu du régime d’impôts canadien, les pompiers volontaires et les bénévoles en recherche et sauvetage peuvent actuellement réclamer un crédit d’impôt de 3 000 $ s’ils ont accumulé 200 heures de services bénévoles au cours d’une année civile, ce qui représente une somme d'à peine 450 $. Les pétitionnaires prient donc le gouvernement du Canada d'appuyer le projet de loi qui ferait passer l'exemption fiscale de 3 000 $ à 10 000 $, afin d'aider les pompiers volontaires et le personnel bénévole de recherche et de sauvetage du pays, compte tenu des services importants qu'ils fournissent.

Postes Canada  

    Monsieur le Président, le pays comprend des collectivités de toutes tailles. Parmi elles, dans ma circonscription, on retrouve l'île Savary, qui a eu un bureau de Postes Canada de 1913 à 1980, mais qui n'en a plus. Ainsi, plus de 100 personnes qui résident en permanence sur l'île Savary ne reçoivent pas de courrier à leur adresse principale.
    Postes Canada a l'obligation d'offrir gratuitement un service postal à tous les Canadiens, à leur adresse principale. Les résidants de l'île Savary ont le droit de bénéficier de ce service postal offert gratuitement à tous les Canadiens. À titre d'information pour les députés, ces résidants doivent parcourir une longue distance pour aller chercher leur courrier.
    Ces citoyens de ma circonscription demandent au gouvernement du Canada de faire en sorte que les résidants de l'île Savary, dans la province de la Colombie-Britannique, aient accès à un bureau de poste dans leur collectivité.

Les marchés agricoles  

    Monsieur le Président, je souhaite parler aujourd'hui des marchés agricoles et de l'importance des aliments sains pour les familles alors que la hausse du prix des aliments sains ne semble pas vouloir s'arrêter.
     En leur qualité de pépinières d’entreprises, d’architectes des systèmes nationaux et de la sécurité alimentaire, et de bâtisseurs communautaires qui stimulent l’économie locale, les marchés agricoles jouent un rôle essentiel à la relance économique postpandémique. De plus, les programmes de coupons d’alimentation dans les marchés agricoles sont un outil important pour créer de nouveaux marchés et soutenir les marchés existants et les associations provinciales dont ils relèvent. Les programmes de coupons d’alimentation dans les marchés agricoles favorisent la sécurité et la résilience alimentaires en donnant à des personnes vulnérables une occasion de se procurer des aliments locaux sains et d’apprendre comment mieux s’alimenter, et ils améliorent la santé physique et mentale de leurs adhérents en leur permettant de consommer une plus grande quantité de fruits et de légumes variés.
    Forte de ses 135 marchés, de plus de 4 000 marchands et d’un long partenariat avec sa province, l’association des marchés agricoles de la Colombie-Britannique offre un excellent modèle de programme de coupons d’alimentation dans les marchés agricoles; elle distribue ses coupons hebdomadaires à près de 16 000 familles vulnérables, personnes âgées et femmes enceintes, et 1 909 000 coupons sont présentés à des agriculteurs locaux. Le taux moyen d’utilisation des coupons s’élève actuellement à plus de 91 %, et 79 % des participants affirment que le programme a eu une incidence durable sur leurs habitudes alimentaires.
    Un programme national qui offrirait une contribution équivalente à celle des programmes provinciaux permettrait de mieux répondre à la demande, encouragerait les provinces dépourvues d’un tel programme à en créer un, et aiderait les provinces à élargir les programmes existants pour satisfaire à la demande.
    Par conséquent, nous, soussignés, citoyens et résidents du Canada, prions le gouvernement du Canada d’appuyer la motion M-78 et de lancer un programme national pour tous les programmes provinciaux de coupons d'alimentation dans les marchés agricoles qui offrirait une contribution équivalente à celle qu’offrent déjà les provinces et qui proposerait d’offrir une contribution équivalente pour tout nouveau programme.

  (1015)  

    Je voudrais juste faire une observation concernant la longueur des pétitions à titre de rappel.
    Pour les nouveaux députés qui découvrent de nouvelles règles au fur et à mesure, je voudrais dire que nous essayons de rester aussi concis que possible pour les pétitions en donnant simplement les grandes lignes. Je le signale aux nouveaux députés, mais cette observation s’adresse aussi à ceux qui sont là depuis quelque temps. Il faut un certain temps pour apprendre ces règles.
    Le député de Courtenay—Alberni a la parole.

Les pompiers volontaires et les bénévoles en recherche et sauvetage  

    Monsieur le Président, c'est avec un immense honneur que je dépose cette pétition au nom des pompiers volontaires de ma circonscription, et plus précisément d'Hilliers, de Dashwood, de Coombs, de Cumberland, de Bowser, de Tofino et d'Ucluelet. Les pétitionnaires affirment que 83 % des interventions essentielles en cas d'incendie au Canada sont menées par des pompiers volontaires, et que 8 000 bénévoles essentiels en recherche et sauvetage interviennent dans des milliers d'incidents chaque année.
    Les pétitionnaires soulignent que le code fiscal du Canada permet actuellement aux pompiers volontaires et aux bénévoles en recherche et sauvetage de demander un crédit d'impôt de 3 000 $ s'ils font plus de 200 heures de bénévolat. Nous savons essentiellement que ces bénévoles non seulement risquent leur vie, donnent de leur temps, suivent une formation et font des efforts pour leurs concitoyens, mais ils permettent aussi aux villes et aux municipalités de maintenir leurs impôts fonciers à un niveau inférieur à ce qu'il serait si elles devaient recourir à des services rémunérés.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'appuyer le projet de loi C-201, un projet de loi d'initiative parlementaire qui ferait passer l'exemption fiscale de 3 000 $ à 10 000 $ afin d'aider nos pompiers volontaires essentiels et nos bénévoles en recherche et sauvetage partout au pays. Cela leur permettrait de garder un peu plus de l'argent qu'ils ont durement gagné. À l'heure actuelle, nous permettons à ces bénévoles essentiels de conserver à peine 450 $ de leurs revenus annuels. Le projet de loi changerait considérablement la donne et récompenserait les bénévoles pour le travail important qu'ils effectuent quand nous faisons appel à eux.
    Je rappelle de nouveau aux députés d'être aussi brefs que possible.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Le Président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

Demande de débat d'urgence

Les opioïdes  

[ Article 52 du Règlement]
    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole afin de demander la tenue d'un débat d'urgence à la Chambre le plus tôt possible, car il est urgent que le gouvernement fédéral se penche sur l'épidémie de surdoses qui détruit des collectivités et des familles partout au pays.
    Cette crise n'a fait que s'aggraver à l'arrivée de la pandémie de COVID-19. Des rapports d'experts de la santé et de coroners révèlent maintenant des taux de mortalité sans précédent et en hausse constante dus à des surdoses causées par des drogues illicites contaminées. Je crois que cette situation répond aux critères de l'article 52(6)a) du Règlement, qui indique que « la question dont la mise en discussion est proposée doit se rapporter à une véritable urgence, qui requiert une mise à l'étude immédiate et urgente ».
    L'Agence de la santé publique du Canada a signalé une hausse de 88 % des décès liés aux opioïdes l'an dernier. Pas plus tard que la semaine dernière, la coroner en chef du Yukon a indiqué que les décès liés à des surdoses d'opioïdes représentent maintenant plus de 20 % de l'ensemble des décès visés par une enquête de son service. C'est choquant.
    Selon un autre rapport, lui aussi publié la semaine dernière, cette fois par les chefs de l'Ontario et le réseau de recherche Ontario Drug Policy Research Network, les communautés autochtones sont les plus durement touchées, car on y a observé une hausse de 132 % des décès dus aux opioïdes parmi les Premières Nations pendant la première année de la pandémie.
    Pas plus tard qu'hier, en réponse à cette crise, le Conseil de la santé de Toronto a décidé de se joindre à la Colombie-Britannique et à la Ville de Vancouver afin de demander la décriminalisation de la possession de petites quantités de drogues illicites, ce qui constituerait un pas urgent dans la bonne direction. Selon la santé publique de Toronto, il y a une augmentation sans précédent des appels pour surdoses présumées depuis une semaine, ce qui tendrait à démontrer que la crise des surdoses s'accélère.
    En raison de ce récent bilan sans précédent de décès dus à des surdoses mortelles et toxiques, il est impératif que le Parlement tienne un débat d'urgence à ce sujet le plus rapidement possible.

  (1020)  

Décision de la présidence  

    Je remercie le député de Courtenay—Alberni de son intervention. Cependant, je ne suis pas convaincu que sa demande réponde aux exigences du Règlement.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Comité spécial sur l'Afghanistan  

    Que, étant donné que la dissolution du Parlement a rendu impossible pendant un certain temps la surveillance parlementaire en temps réel, la Chambre nomme un Comité spécial chargé de tenir des audiences sur les événements relatifs à la chute de l’Afghanistan aux mains des talibans, y compris, sans s’y limiter, la planification d’urgence du gouvernement en prévision de ces événements et les efforts déployés par la suite pour procéder à l’évacuation ou autoriser par d’autres moyens l’entrée au Canada des citoyens canadiens ainsi que des interprètes, des entrepreneurs et des autres Afghans qui ont appuyé les Forces armées canadiennes ou d’autres organisations canadiennes, pourvu que
    a) le Comité soit composé de 12 membres, dont six proviendront du parti ministériel, quatre de l’opposition officielle, un du Bloc québécois et un du Nouveau Parti démocratique;
b) les membres soient nommés par le whip de leur parti respectif par dépôt, auprès du greffier de la Chambre, de la liste des membres qui siégeront au Comité dans les 24 heures suivant l’adoption de cet ordre;
c) les membres du Comité puissent se faire remplacer au besoin, conformément à l’article 114(2) du Règlement;
d) les changements apportés à la composition du Comité entrent en vigueur dès le dépôt de l’avis du whip concerné auprès du greffier de la Chambre;
e) le greffier de la Chambre convoque une réunion d’organisation du Comité au plus tard le vendredi 17 décembre 2021;
f) le Comité soit présidé par un membre du parti ministériel et, nonobstant l’article 106(2) du Règlement, qu’il compte un vice-président de chacun des autres partis reconnus;
g) le quorum du Comité soit conforme aux dispositions de l’article 118 du Règlement, et que le président soit autorisé à tenir des réunions afin de recevoir et de publier des témoignages en l’absence de quorum, si au moins quatre membres sont présents, dont un membre de l’opposition et un membre du parti ministériel;
h) le Comité dispose de tous les pouvoirs que le Règlement confère aux comités permanents;
i) les dispositions de l'article 106(4) du Règlement s’étendent également au Comité, à condition que toute demande soit signée par des membres représentant au moins deux partis reconnus;
j) le Comité dispose du pouvoir d’autoriser la diffusion vidéo et audio d’une partie ou de la totalité de ses délibérations;
k) le premier ministre, le ministre du Développement international, la ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Sécurité publique, la ministre de la Défense nationale, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, le député de Notre-Dame-de-Grâce—Westmount ainsi que d’autres ministres et hauts fonctionnaires, soient, à l’occasion, invités à comparaitre comme témoins devant le Comité, au moment qui conviendra au Comité;
l) le Comité reçoive comme directive de présenter un rapport final dans les six mois suivant l’adoption de cet ordre;
m) le Comité puisse compter, pour ses travaux initiaux, sur un ordre de la Chambre portant sur la délivrance de l’ensemble des procès-verbaux, des courriels, des notes et de tous les autres documents du Bureau du Conseil privé, du ministère de la Défense nationale, du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, et du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration, ainsi que du Cabinet du premier ministre et des bureaux ministériels concernés, qui concernent:
(i) le début de la planification de l’évacuation,
(ii) les directives de mise en œuvre des plans,
(iii) l’incidence sur la mise en œuvre des plans de la dissolution du Parlement, de la convention de transition, et du fait que les ministres concernés étaient également occupés à préparer leur réélection à la Chambre et que de nombreux membres du personnel ministériel exempté étaient en congé,
(iv) la détermination du nombre de personnes qui seraient évacuées ou autorisées par d’autres moyens à entrer au Canada,
    pourvu que,
(v) les documents soient déposés auprès du légiste et conseiller parlementaire, dans les deux langues officielles, dans un délai d’un mois suivant l’adoption du présent ordre,
(vi) le gouvernement dépose aussi auprès du légiste et conseiller parlementaire dans les deux langues officielles, dans un délai d’un mois suivant l’adoption du présent ordre, une copie annotée des documents présentant des propositions visant à caviarder les renseignements qui, de l’avis du gouvernement, risquent (A) de nuire à la sécurité nationale et de compromettre les tactiques ou stratégies militaires du Canada ou d’un autre pays allié, ainsi que les sources de renseignements ou les méthodes, ou (B) de révéler l’identité ou la localisation de tout citoyen canadien se trouvant en Afghanistan ou de tout interprète, entrepreneur ou autre Afghan ayant aidé les Forces armées canadiennes ou d’autres organisations canadiennes,
(vii) le légiste et conseiller parlementaire en informe ensuite immédiatement le Président, qui devra informer immédiatement la Chambre s’il est convaincu que les documents ont été produits comme il a été ordonné;
(viii) le Président fasse déposer sur le bureau les documents tels que caviardés conformément à l'alinéa (vi), à la première occasion, et que, après avoir été déposés, ces documents soient renvoyés d’office au Comité,
(ix) le légiste et conseiller parlementaire discute avec les membres du Comité, lors d’une réunion à huis clos, dans un délai de deux semaines après le dépôt des documents conformément à l’alinéa (viii), et indique s’il est d’accord ou non avec les marques de caviardage proposées par le gouvernement au titre de l’alinéa (vi),
(x) après avoir entendu le légiste et conseiller parlementaire, conformément à ce que prévoit l’alinéa (ix), le Comité accepte ou rejette les propositions de caviardage, en tout ou en partie, et demande la production des documents non caviardés selon les modalités établies par le Comité;
n) lorsque les réunions de Comité en format hybride sont autorisées, toute délibération du Comité portant sur une motion relative à l’exercice du son pouvoir d’ordonner la comparution de témoins et la production de documents ou de dossiers n’ayant pas donné lieu à une décision devra être interrompue, selon la première occurrence, après quatre heures de débat ou une semaine de séance après que la motion ait été proposée, et toutes les questions nécessaires pour disposer de la motion soient alors mises aux voix immédiatement et successivement, sans plus ample débat ni amendement.

  (1030)  

    — Monsieur le Président, je vous remercie d'avoir fait lecture, au complet, de la première motion de l'opposition de la 44e législature. J'ai l'honneur de partager mon temps de parole avec le ministre du cabinet fantôme responsable des affaires étrangères, le député de Wellington—Halton Hills.
    Les conservateurs du Canada profitent de cette première journée de l'opposition de la législature pour se pencher sur l'inaction du gouvernement libéral dans les années et les mois précédant la chute de l'Afghanistan. Le premier ministre a fait passer ses propres intérêts politiques avant ceux de milliers de Canadiens et d'Afghans. Il a préféré déclencher des élections pour servir ses intérêts personnels plutôt que de se porter au secours des autres. Le Canada a laissé tomber ces gens, et sa réputation en a été ternie.
    Aujourd'hui, d'entrée de jeu, je tiens à remercier les remarquables Canadiens qui sont intervenus alors que leur propre gouvernement a abandonné ces gens à leur sort. Des vétérans et des bénévoles de partout au Canada ont fait preuve de leadership pour accomplir ce que le gouvernement aurait dû faire depuis des mois et des années. Un tel esprit civique, empreint de fougue et de dynamisme, m'inspire comme il devrait inspirer l'ensemble des Canadiens.
    Dave Lavery, surnommé « Dave le Canadien », vétéran des Forces spéciales des Forces armées canadiennes et l'un des premiers soldats de la Deuxième Force opérationnelle interarmées, a littéralement risqué sa vie tous les jours sur le terrain à Kaboul. Je tiens également à mentionner la contribution d'autres vétérans, en particulier le général à la retraite Dave Fraser, David Mack d'Oshawa, en Ontario, et Tim et Jamie Laidler de Vancouver.
     En collaboration avec le Réseau de transition des vétérans, Tim et Jamie ont recueilli 1,5 million de dollars pour faire venir des interprètes et des entrepreneurs afghans au Canada. Ils sont allés eux-mêmes à l'étranger pour réaliser le travail que le gouvernement n'avait pas su faire.
    Je remercie ces Canadiens exceptionnels d'avoir défendu nos valeurs sur la scène internationale.
    Tous les jours, des Canadiens doivent se mobiliser parce que le gouvernement n'a pas su intervenir, et nous devons veiller à ce que cela ne se produise plus jamais. Nous devons tirer des leçons d'un autre échec du gouvernement libéral. Un comité spécial déterminerait ce qu'il faut faire dès aujourd'hui pour protéger les gens. Il se pencherait sur ce qui a mal tourné en Afghanistan pendant que la situation se détériorait et que le gouvernement tergiversait.
    Nous avons tous vu les images montrant des gens qui couraient sur les pistes d'un aéroport, des familles qui tentaient désespérément de fuir l'Afghanistan et des femmes terrifiées par la répression qu'elles subiraient avec le retour des talibans. Ces images sont gravées dans notre mémoire, et le Parlement doit maintenant faire le travail que les élections nous ont empêchés de réaliser à ce moment-là.

[Français]

    Notre politique étrangère devrait reposer sur le point suivant: le Canada ne doit jamais tourner le dos à ses amis ni à ses alliés.
    Des milliers d’Afghans ont aidé le Canada, mais, alors qu’ils étaient en danger, le Canada n’a rien fait pour eux. Le travail de ce comité est donc crucial.

[Traduction]

    Le premier ministre et le gouvernement libéral doivent expliquer pourquoi ils n'ont pas agi. Nous aurions pu accomplir bien des choses pendant les années et les mois qui ont précédé le point culminant de la crise cet été. Nous avons besoin de savoir ce qu'il faut faire maintenant pour rattraper le temps perdu. Ce comité se concentrerait sur cela.
    Comme je l'ai dit dans ma réponse au discours du Trône, la semaine dernière, les beaux discours et les promesses creuses servent souvent de substituts aux mesures concrètes du gouvernement: l'ambition a supplanté la réalisation, le symbolisme a remplacé l'action et les diversions et les excuses ont pris la place du leadership et de la reddition des comptes. Voilà pourquoi le Parlement doit passer à l'action.
    Porter secours aux gens d'Afghanistan aurait dû être une question non partisane. Notre longue mission en Afghanistan a commencé sous un gouvernement libéral et notre participation a atteint son apogée sous un régime conservateur.

  (1035)  

    Des Canadiens ont versé leur sang en Afghanistan et des Afghans ont pris des risques pour notre pays. Beaucoup d'entre eux vivent encore aujourd'hui avec les séquelles de cette mission. Un ancien combattant m'a écrit pendant la campagne pour dire qu'il avait laissé une partie de lui-même en Afghanistan. Nous devons à ce pays de ne jamais l'abandonner.

[Français]

    L'indifférence de ce gouvernement met des vies en péril. Cela fait six ans que je presse le gouvernement d'agir. J'ai travaillé avec nos vétérans pour tenter de ramener au pays, le plus rapidement possible, les personnes oubliées.
    C'était important pour moi, comme ancien combattant, mais ce l'était également comme Canadien, père de famille et patriote.
    Les libéraux n'ont écouté qu'une seule fois, il y a longtemps. En 2016, ils ont fait venir l'interprète James Akam au Canada. Or, tragiquement, c'est là qu'ont pris fin les efforts non partisans.

[Traduction]

    Nous avons bel et bien réussi à faire venir un interprète, mais, peu de temps après, le premier ministre a démis John McCallum de ses fonctions de ministre de l'Immigration. À partir de ce moment, les anciens combattants, les défenseurs des droits et les députés de l'opposition, comme moi-même et le député de Selkirk—Interlake—Eastman, n'avons pas pu faire en sorte que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour aider les gens à quitter l'Afghanistan en temps opportun pour assurer leur sécurité. Les libéraux ne se sont pas souciés du sort de milliers de personnes pendant de nombreuses années. Même quand le retrait des Américains était imminent, le gouvernement n'a rien fait. Les Canadiens ont vu avec horreur qu'on laissait derrière ceux qui ont aidé nos soldats, nos travailleurs humanitaires et nos diplomates durant l'une des missions les plus périlleuses et prolongées de notre histoire. Certains ont même traversé les égouts pour accéder au tarmac de l'aéroport de Kaboul, où ils ont réalisé qu'aucun vol n'était disponible pour quitter le pays.
    Malheureusement, l'inaction est une habitude du gouvernement actuel. Il choisit constamment de ne pas agir. Il n'a pas tenu compte de nos demandes de financement urgent pour que les refuges demeurent ouverts. Le gouvernement a minimisé les conséquences d'une atteinte à ses données qui a probablement mis en danger des centaines d'Afghans. Nous n'avons cessé de demander au gouvernement de présenter un échéancier transparent pour aider les collaborateurs du Canada à venir dans notre pays pour être en sécurité. Le gouvernement n'a rien fait.
    Le Canada a l'obligation morale de trouver le moyen d'amener au pays ceux qui sont en danger parce qu'ils ont aidé le Canada. Nous devons servir de refuge à des personnes comme Ahmad: un interprète afghan qui a aidé l'OTAN et le Canada pendant sept ans. Ahmad, sa femme et leurs trois enfants, dont le plus jeune n'a que deux ans, ont trouvé refuge au Pakistan, mais un cafouillis bureaucratique causé par le gouvernement actuel exige qu'ils retournent en Afghanistan, où leur vie est en danger, pour avoir accès à de l'aide.
    Prenons l'exemple de Mohammed, qui a monté la garde devant l'ambassade du Canada pendant presque une décennie. En août, lorsqu'il a demandé de participer à un programme spécial destiné aux anciens employés pour que sa femme et sa famille puissent venir au pays, quelle a été la réponse du Canada?
    Soyez assuré que nous avons reçu votre message et que nous répondrons bientôt à votre demande. Il est inutile de nous faire parvenir un autre message, à moins que votre situation ait changé.
    C'était une réponse automatisée. Comment le Canada en est-il venu à inviter les gens à laisser un message quand leur vie est en danger? Qu'est-il advenu du pays qui a secouru des diplomates américains en Iran à ses risques et périls? Qu'est-il advenu du pays qui est reconnu depuis des générations comme un refuge pour ceux qui sont en danger? Des récits comme ceux d'Ahmad et de Mohammed nous rappellent que des personnes ont été laissées derrière, et que le Parlement doit leur donner une voix.

  (1040)  

[Français]

    Ces hommes et ces femmes, ainsi que leurs familles, n'en peuvent plus des symboles et des gestes inutiles.
    C'est le temps d'agir concrètement. C'est le temps de passer aux actes pour les ramener chez eux. C'est pourquoi nous avons besoin de ce comité.

[Traduction]

    Aujourd'hui et tous les jours à venir, l'opposition conservatrice sera la voix des gens qui perdent espoir, qui fuient la persécution et qui ont été abandonnés par un gouvernement qui s'exprime avec chaleur, mais qui reste froidement les bras croisés.
    De la crête de Vimy à Kandahar, le Canada est reconnu comme un allié fiable qui sera là pour agir et aider. Pour les milliers de personnes abandonnées qui perdent espoir et qui ont besoin d'une voix au Parlement, les conservateurs du Canada seront cette voix. Le comité parlementaire établirait les mesures que nous devons prendre maintenant et tirerait des leçons de l'échec du gouvernement.
    Madame la Présidente, je conviens avec le chef de l'opposition qu'il faut rendre hommage à nos forces et aux personnes qui les ont soutenues en Afghanistan pendant une période difficile et reconnaître l'énorme valeur de leur contribution.
    Cela dit, la première question qui me vient à l'esprit est la suivante: où était cette ardeur lorsque je siégeais dans l'opposition et que je demandais au gouvernement de permettre à des interprètes vers l'anglais en Afghanistan de venir en partant au Canada? Stephen Harper et son régime ont résisté. Il semble y avoir une politique de deux poids, deux mesures en place. Il est important que nous soyons cohérents, comme je l'ai été, que ce soit dans l'opposition ou au gouvernement.
    Des voix: Oh, oh!
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Tant lorsque je faisais partie de l'opposition que depuis que nous formons le gouvernement, j'ai toujours défendu cette cause. Je pense notamment à un citoyen de ma circonscription, M. Daoud, qui était traducteur.
    Le député semble croire que ce qui se produit est entièrement la faute du Canada. Il n'y a pas qu'un seul pays qui a contribué au chaos à l'aéroport. Le député ne reconnaît-il pas qu'une multitude de pays sont responsables et que le Canada...
    Le chef de l'opposition a la parole.
    Madame la Présidente, le secrétaire parlementaire a raison à propos d'une chose. La partisanerie n'a pas sa place dans ce dossier. La mission en Afghanistan a débuté sous le gouvernement libéral et s'est poursuivie sous le gouvernement conservateur, lequel a créé un programme pour les interprètes et les fournisseurs. Des gens ont été laissés là-bas après que la mission a pris fin: des gens qui n'étaient pas au courant de l'existence du programme, dans un pays dépourvu d'infrastructure.
    Au cours des cinq à six dernières années, le député de Selkirk—Interlake—Eastman et moi avons tenté de travailler de manière non partisane avec le gouvernement. John McCallum a ramené un interprète nommé James Akam. Je l'en ai félicité publiquement lorsque cela s'est produit. Le premier ministre l'a congédié. Je crois qu'il était rendu trop vieux. Comme le sait maintenant l'ancien ministre, il avait perdu la faveur du Cabinet du premier ministre, et la personne qui l'a remplacé ne répond même pas à nos demandes de renseignements concernant des personnes à risque dans ce pays.
    Le temps est venu pour les députés libéraux d'arrière-ban de faire preuve de leadership et d'exiger eux-mêmes la création du comité pour que cette question soit traitée en dehors de toute partisanerie.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie le chef de l'opposition officielle de son discours.
    Lorsqu'on veut savoir ce qui va se passer avec un comité, il est parfois intéressant de regarder ce qui s'est fait par le passé. Je pense notamment au soutien que nous avions apporté à la création du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes.
    Afin de me projeter sur ce à quoi servirait un éventuel comité sur la situation en Afghanistan, j'aimerais entendre la position du chef de l'opposition officielle quant à la reconduction du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, d'autant plus que la situation avec la Chine n'est présentement pas au beau fixe.
    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question.
    Nous avons besoin d'un comité sur la situation en Afghanistan parce que le premier ministre a déclenché des élections au beau milieu d'une crise en Afghanistan.
    Alors que le peuple avait besoin d'une voix là-bas, nous nous trouvions au beau milieu d'une campagne électorale. C'est pourquoi nous avons besoin d'un comité spécial qui examinera la situation passée, mais qui agira aussi pour le présent et pour les familles à risque, comme celles d'Ahmad et de Mohammed, dont j'ai parlé dans mon discours.
    Nous devons agir maintenant pour défendre nos valeurs et nos intérêts, parce que le gouvernement a totalement ignoré la situation.

  (1045)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ai été heureuse d'apprendre de la bouche du chef de l'opposition officielle que la motion présentée aujourd'hui n'a pas pour objectif de faire des gains politiques face au gouvernement, qui n'a, de toute évidence, pas fait du bon travail en ce qui concerne l'Afghanistan au cours des derniers mois.
    La moitié de la population en Afghanistan risque la famine, le système de santé s'est effondré et les femmes et les filles sont en danger. Reconnaissant la dévastation en cours dans ce pays, que ferait le Parti conservateur dans cette situation extrêmement complexe pour acheminer de l'aide aux Afghans dès maintenant et quelle ampleur devrait prendre cette aide, selon le chef de l'opposition?
     Madame la Présidente, je pense que dans l'esprit d'une démarche non partisane, le comité proposé serait spécialement formé pour faire ce que le Parlement aurait dû faire à l'époque, soit examiner la situation des personnes qui sont à risque parce qu'elles ont aidé le Canada ou parce qu'elles font partie de minorités religieuses ou de la communauté LGBTQ. Que pouvons-nous faire pour les aider dès maintenant? Que pouvons-nous faire pour contribuer à accroître la capacité sur le terrain afin que de l'aide puisse être acheminée vers l'Afghanistan à partir des pays voisins?
    Dans un esprit de non-partisanerie, cette motion sera adoptée. Nous pouvons accomplir le travail ensemble si les députés du NPD répondent à l'appel et nous montrent qu'il n'y a pas de coalition, qu'il y a...
    Nous reprenons le débat. Le député de Wellington—Halton Hills a la parole.
    Madame la Présidente, la façon avec laquelle l'alliance occidentale a quitté l'Afghanistan l'été dernier constitue une trahison du legs de centaines de milliers de soldats qui ont combattu là-bas, dans le cadre d'une coalition de l'OTAN, pour défendre la liberté, la démocratie et la primauté du droit. Quelque 3 500 femmes et hommes des forces de l'OTAN ont fait le sacrifice ultime et sont morts, y compris un diplomate et 158 militaires canadiens. Ils sont morts pour libérer les Afghans de l'emprise des talibans et pour protéger notre pays d'attaques terroristes.
    Quarante mille Canadiens ont servi en Afghanistan sur une période de 13 ans. Le départ de l'alliance occidentale est aussi une trahison des milliers d'interprètes, de conseillers et d'experts afghans qui ont courageusement servi aux côtés des troupes canadiennes pendant cette guerre et qui ont été abandonnés lors du départ précipité en août dernier. Ces courageux Afghans ont sauvé la vie d'innombrables Canadiens. Il ne fait aucun doute que, sans leur travail, beaucoup plus de soldats canadiens auraient été tués dans le théâtre des opérations.

[Français]

     Il ne fait aucun doute que les bases de cette catastrophe ont été posées quand l'administration Trump négociait l'accord de Doha avec les talibans en 2020. Cet accord fixait une échéance pour le retrait des troupes américaines de l'Afghanistan en mai de cette année.

[Traduction]

    Bien que l’administration Biden ait pris conscience de la difficulté de la date limite fixée en mai et l’ait reportée à septembre, elle n’a pourtant pas compris la fausse prémisse voulant qu’il faille fixer une date limite pour un retrait. Aucune date limite n’aurait dû être fixée pour le retrait. Il aurait dû être assorti d’un ensemble de conditions. Cette date limite a nettement avantagé les talibans dans leur prise de contrôle de l’Afghanistan par la force.
    Il est facile, avec le recul, de remettre en cause les décisions prises par les États-Unis qui ont le fardeau de diriger le monde libre. Selon le déroulement des événements au cours des huit premiers mois de cette année, il était clair que les talibans progressaient sans cesse vers la prise de contrôle forcée du pays et que le gouvernement afghan allait s’effondrer.
    Dans les mois qui ont précédé la chute de Kaboul, le 15 août, nous savions tous que l’Afghanistan allait tomber aux mains des talibans. C’était évident pour les organismes non gouvernementaux sur le terrain en Afghanistan, comme Canadian Women for Women in Afghanistan. J’ai rencontré des membres de ce groupe en avril dernier qui ont sonné l’alarme quant aux menaces proférées par les talibans à l’endroit des femmes et des filles, et elles ont supplié les gouvernements occidentaux de ralentir le retrait pour prévenir une catastrophe.
    En juillet dernier, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés a clairement fait savoir qu’on était en présence d'une catastrophe humanitaire et qu’environ 270 000 Afghans avaient été déplacés depuis le début de l’année.
    Nous le savions tous grâce au flot constant de reportages dans les médias et aux anciens combattants canadiens qui avaient servi pendant la guerre en Afghanistan et qui écoutaient les comptes rendus de leurs frères d’armes afghans. Ce sont d’anciens combattants comme Dave Morrow, un lieutenant qui a servi en Afghanistan. Il a sonné l’alarme lors d’entrevues avec la CBC et le New York Times en juin dernier, avant la chute de Kaboul. Un autre ancien combattant, Corey Shelson, a également servi en Afghanistan et a supplié Ottawa en juillet d’envoyer des avions des Forces armées canadiennes en Afghanistan pour évacuer nos alliés afghans.
    Certains anciens combattants canadiens étaient tellement frustrés par l’inaction du gouvernement pour évacuer nos alliés qu’ils ont utilisé leur argent, leur temps et leurs ressources pour évacuer ces Afghans. Ils ont organisé des groupes Facebook et ont collaboré avec des députés, dont celui de Thunder Bay – Rainy River.
    Pour l’opposition officielle, il était évident que l’Afghanistan s’effondrait et que le Canada devait de toute urgence évacuer ces Afghans. Le 6 juillet, plus d’un mois avant la chute de Kaboul, nous avons publié une déclaration appelant le gouvernement à agir immédiatement.

  (1050)  

    En voici un extrait:
[...] les conservateurs demandent au gouvernement libéral de prendre des mesures immédiates. Les membres des Forces armées canadiennes qui ont servi aux côtés de ces interprètes afghans implorent le gouvernement d'écouter leurs appels à faire ce qu'il faut et à les soutenir à un moment où ils ont le plus besoin de nous.
    Le 22 juillet, le chef conservateur a envoyé une lettre directement au premier ministre pour lui demander d'utiliser les immenses pouvoirs de ses hautes fonctions pour défendre l'honneur du Canada et évacuer les alliés afghans. Dans cette lettre, le chef conservateur a indiqué clairement et directement au premier ministre qu'il devait passer à l'action. Il a écrit: « Les organismes à but non lucratif font davantage pour ces interprètes que votre gouvernement. C'est inacceptable. Je vous demande, ainsi qu'au gouvernement libéral, de prendre des mesures immédiates. »

[Français]

     En d'autres termes, il était clair pour de très nombreuses personnes et organisations que l'Afghanistan allait s'effondrer quelques mois avant que cela n'arrive. Ces personnes et organisations n'ont pas caché leur point de vue, elles l'ont exprimé fortement. Elles ont fait des déclarations, donné des entrevues, formé des groupes sur Facebook et organisé des missions pour évacuer ces Afghans en y consacrant leur temps et leur argent.

[Traduction]

    Les interprètes, conseillers et experts locaux afghans qui ont aidé le Canada, ainsi que leurs familles, se comptaient par milliers, m’a-t-on dit. Le Canada aurait pu procéder à une évacuation ordonnée au cours des semaines qui ont précédé la chute de Kaboul le 15 août. Le Canada possède cinq Globemaster C-17, chacun pouvant accueillir quelque 300 passagers. En fait, pendant le chaos de la chute de Kaboul, un Globemaster a transporté 823 passagers hors du pays. Nous aurions pu facilement évacuer quelque 3 000 Afghans sur une dizaine de vols au cours des semaines qui ont précédé la chute de Kaboul, de manière ordonnée et en préservant l’honneur de ce pays pour nos alliés afghans. Au lieu de cela, le gouvernement n’a rien fait. En dépit des appels lancés par des particuliers et des organisations, le gouvernement n’a rien fait.
    Il n’a rien fait le dimanche 15 août, alors que la ville de Kaboul tombait aux mains des talibans, dernière bouée de sauvetage pour les Afghans désespérés qui cherchaient à fuir le pays. En fait, le gouvernement a fait quelque chose ce jour-là. Le dimanche 15 août, le premier ministre s’est rendu à Rideau Hall pour déclencher des élections générales, au milieu de la chute de Kaboul et du début d’une quatrième vague de la pandémie, car il pensait pouvoir obtenir une majorité.
    Cependant, même après le déclenchement d’élections et la chute de Kaboul, le gouvernement n’a toujours rien fait dans les jours qui ont suivi le 15 août, jusqu’à ce que, bien sûr, cela devienne un enjeu lors des élections fédérales. Il s’est alors lancé non pas dans l’action, mais dans une fuite rhétorique totale, non pas pour la vie de ces alliés afghans, mais pour sauver la vie du gouvernement. La fuite rhétorique est tout ce que les libéraux avaient, car, pendant les élections et par la suite, jusqu’à l’assermentation du nouveau Cabinet le 26 octobre et, selon certains, jusqu’à ce que le gouvernement rencontre la Chambre le 22 novembre, le gouvernement était en mode transition. Pendant les élections, les membres du personnel ministériel libéral étaient en congé pour faire campagne, au lieu de s’occuper des affaires de la nation.
    C’est pourquoi j’appuie la motion dont nous sommes saisis aujourd’hui. Nous devons comprendre comment le gouvernement n’a pas pris au sérieux les nombreux avertissements lancés par des particuliers et des organisations, selon lesquels Kaboul allait tomber et que la vie de nos alliés afghans était en danger. Nous devons comprendre cela afin de restaurer l’honneur du pays et de nous assurer à l’avenir que la parole du Canada a valeur d'engagement.

  (1055)  

    Madame la Présidente, j'ai eu l'occasion d'examiner le texte de la motion.
    Premièrement, au paragraphe m), on demande la production d'une quantité colossale de documents, procès-verbaux et notes. Un mois est-il suffisant? Le député d'en face croit-il que le temps alloué est raisonnable étant donné la quantité de documents demandés?
    Deuxièmement, j'ai des réserves au sujet de l'alinéa (x), où, comme il est indiqué, le légiste et conseiller parlementaire peut caviarder l'information. Je présume que l'information en question porterait sur la sécurité nationale et sans doute sur des activités opérationnelles du gouvernement qui sont toujours en cours. Il semble que le comité aurait alors le pouvoir de passer outre aux recommandations du légiste à ce sujet. Le député d'en face trouve-t-il que c'est acceptable?
    Madame la Présidente, je vais répondre tout d'abord à la deuxième partie de la question du député. La motion est raisonnable parce qu'elle demande que le gouvernement remette au légiste des documents non caviardés, car dans un paragraphe précédent, il est précisé que le gouvernement doit aussi soumettre les éléments qu'il propose de caviarder parce qu'à son avis ils pourraient porter atteinte à la sécurité nationale, et ce, pour que le légiste connaisse la position du gouvernement sur la question.
    Au sujet du paragraphe (m), un mois est largement suffisant pour permettre au gouvernement de produire ces documents, notamment parce que nous sommes à une période de l'année où les activités sont au ralenti et qu'il n'est pas occupé avec les dossiers dont tout gouvernement doit s'occuper en temps normal, alors un mois est donc largement suffisant.

[Français]

    Madame la Présidente, lorsque l'on regarde la situation reliée à l’Afghanistan dans son ensemble, on se rend compte que le Canada n’a pas de politique étrangère claire. Le Canada a accueilli 4 000 réfugiés, alors qu'il avait promis d'en accueillir 40 000. Franchement, on est loin de la coupe aux lèvres et cela donne une impression d’improvisation.
    En France, au printemps dernier, les évacuations des interprètes et des gens ayant collaboré avec l’armée française ont commencé et ont été effectuées dans les délais prévus. Pendant ce temps, ici, le gouvernement pensait à tenir des élections. On n’était donc pas vraiment dans une bonne situation.
    Une dame m’écrit tous les jours. Elle était en Afghanistan et elle est maintenant en Turquie. Elle doit retourner en Afghanistan, car on lui a dit qu'elle devait remplir un formulaire dans un site Web canadien à partir de l’Afghanistan pour pouvoir être réfugiée. La dernière semaine, elle a reçu une balle dans la jambe, ce qui l’empêche de se déplacer.
     Évidemment, il est temps d'avoir recours à la diplomatie. Malheureusement, la ministre des Affaires étrangères commence son mandat et on peut douter que l’efficacité soit maximale. Pour ma part, je suis inquiet, car, selon moi, il n'est pas urgent d'attendre, il est urgent d’agir.
    Madame la Présidente, afin d'aider les réfugiés afghans, le gouvernement pourrait entamer une démarche auprès du gouvernement du Qatar, car celui-ci a une relation diplomatique avec les talibans. Le gouvernement du Canada pourrait demander au gouvernement du Qatar d'exiger des talibans qu'ils protègent les réfugiés et leur permettent de quitter le pays pour le Canada. C'est un geste que le gouvernement peut poser afin d'améliorer cette situation en ayant recours à des outils diplomatiques.

  (1100)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis absolument d'accord pour dire que le gouvernement a laissé tomber les alliés du Canada.
    Cependant, j'ai une question qui concerne tout particulièrement les nombreuses femmes et filles afghanes qui ont dû faire face à certaines des pires violations des droits de la personne. Le député et son parti sont-ils prêts à offrir aux réfugiés davantage de places d'urgence au Canada pour faire face à la crise des droits de la personne qui sévit actuellement?
    Madame la Présidente, je crois que le gouvernement devrait se concentrer sur les mesures pratiques qu'il peut prendre pour évacuer les Afghans d'Afghanistan. L'une d'elles, que j'ai mentionnée à mon collègue du Bloc, est que le gouvernement du Canada entreprenne une démarche auprès du gouvernement du Qatar afin de lui faire comprendre la nécessité pour les talibans de libérer certaines de ces minorités persécutées et de libérer les alliés afghans qui nous ont aidés dans d'autres pays afin que nous puissions traiter leur dossier pour leur permettre de passer en toute sécurité au Canada.
    La députée de London-Fanshawe invoque le Règlement.

Les travaux de la Chambre

     Madame la Présidente, je propose:
     Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, pendant le débat relatif aux travaux des subsides conformément à l’article 81(5) du Règlement, le mardi 7 décembre 2021 et mercredi 8 décembre 2021:
a) la période prévue pour l’étude du Budget supplémentaire des dépenses (b) en comité plénier soit prolongée au-delà de quatre heures, au besoin, de manière à inclure un minimum de 16 périodes de 15 minutes chacune;
b) tout député qui se lève pour prendre la parole pendant le débat puisse indiquer au Président qu’il partagera son temps avec un autre député.
    Que tous ceux qui s’opposent à ce que la députée propose la motion veuillent bien dire non.
     Comme il n’y a pas de voix dissidentes, je déclare la motion adoptée.

[Français]

    La Chambre a entendu l'énoncé de la motion.
    Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.
    Je déclare la motion adoptée.

    (La motion est adoptée.)

[Traduction]

    Nous reprenons le débat. Le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères a la parole.

Travaux des subsides

Motion de l’opposition — Le comité spécial sur l’Afghanistan  

    La Chambre reprend l’étude de la motion.
    Madame la Présidente, je tiens d’abord à féliciter le député de Wellington—Halton Hills d’avoir été nommé, une fois de plus, porte-parole de l’opposition officielle, et je félicite aussi les porte-paroles du Bloc Québécois et des néo-démocrates.
    Aujourd’hui, je lance la discussion en ayant deux personnes à l’esprit. La première est Wahida, une jeune Afghane qui avait neuf ans lorsque l’église dont j’étais le pasteur l’a parrainée en 2001 afin qu’elle quitte l’Afghanistan avec son oncle. Au cours des 20 dernières années, Wahida s’est fait une place au Canada, a fait connaître son histoire et a permis aux Canadiens de continuer à faire partie de sa vie, malgré la guerre et les conflits civils et internationaux qui ont déchiré son pays au cours des dernières décennies.
    Je pense à elle, car chaque fois que nous parlons de l’Afghanistan, il est important de garder à l’esprit le peuple afghan, dont les aspirations, les espoirs et les rêves ont été brisés à répétition. Je crois que tous les députés sans exception ont ses intérêts à cœur.
    Une autre femme à laquelle je pense aujourd’hui est Adeena Niazi. Elle est directrice générale de l’Afghan Women’s Organization, une organisation de Toronto qui travaille très fort dans ma circonscription, Don Valley-Ouest, pour aider les demandeurs d’asile et les immigrants qui viennent d’Afghanistan et qui apportent chaque jour une contribution importante au Canada. Elle me rappelle, par les histoires des personnes avec lesquelles elle travaille, les familles laissées derrière, la terreur et le véritable chaos en Afghanistan, ainsi que l’importance pour le Canada de maintenir, de construire et de créer de nouvelles façons d’aider le peuple afghan. De ce côté-ci de la Chambre, nous soutenons fermement le peuple afghan, comme nous l’avons toujours fait et le ferons toujours.
    Au cours de l’été, nous avons été témoins de l’immense chaos, des difficultés et du désespoir du peuple afghan lorsque son gouvernement est tombé et que les talibans ont pris le contrôle d’aspects clés de la sûreté et de la sécurité, y compris l’aéroport de Kaboul. J’ai vu les gens faire des pieds et des mains pour tenter de se rendre au Canada et ailleurs dans le monde en toute sécurité.
    Cette période soulève d’importantes questions. Nous reconnaissons qu’il est important de se poser ces questions. Nous devons examiner tous les aspects de la situation de l’Afghanistan, et de la chute de Kaboul en particulier, et examiner le rôle du Canada et de ses alliés. Il y a des questions importantes que l’opposition a le droit de poser. Ces questions sont posées par des députés des deux côtés de la Chambre.
    Qu’il s’agisse de l’aide humanitaire que le Canada doit fournir maintenant et à l’avenir, des opérations militaires qui, pour le Canada, ont pris fin il y a une dizaine d’années, mais dont la présence en Afghanistan s’est poursuivie sous forme d’aide humanitaire et de développement, ou de l’énorme travail de nos fonctionnaires pendant une période très difficile cet été, je pense que nous voulons obtenir des réponses à ces questions. Il est juste que le Parlement demande ces réponses au nom des Canadiens et qu’elles soient examinées par les parlementaires de manière raisonnée et réfléchie.
    Là où nous ne sommes peut-être pas d’accord, c’est sur le lieu, le moment et la manière dont cela devrait se faire.
    Je veux parler du rôle de nos comités permanents. Tout au long de la motion d’aujourd’hui, le Règlement est mentionné. Nous avons un comité des affaires étrangères. Ce comité sera supprimé sous peu. Il fait partie de la structure des comités permanents de cette Chambre. Il est chargé de s’engager, et il peut travailler avec d’autres comités comme le comité de la défense, le comité de la citoyenneté et de l’immigration et d’autres comités qui sont touchés par ce sujet.
    Nous devons penser à la meilleure utilisation possible de nos ressources. Nous avions un comité spécial sur la Chine qui était un aspect important de notre dernière législature. Il pourrait revenir cette fois-ci. Nous tenons à utiliser notre temps de manière efficace.

  (1105)  

    Les gens parlent souvent de notre rôle de député et du fait que nos ressources sont étirées à l’extrême, et d’aucuns pensent que c’est à cause de notre budget de fonctionnement. Je ne me sens jamais sous pression à cause de mon budget de fonctionnement de député. La ressource rare que nous avons tous est le temps.
    Nous avons tous cette ressource rare, qui est le temps que nous pouvons consacrer à chaque sujet, mais cela ne signifie pas que le sujet de l’Afghanistan n’est pas d’une importance capitale pour chacun d’entre nous. Cependant, trouvons un moyen de le faire en nous assurant que nous le faisons bien, avec soin et en utilisant les ressources dont nous disposons en tant que particuliers et en utilisant celles de la Chambre, qui sont importantes.
    Nous allons poser des questions importantes. Nous demanderons ce qui s’est réellement passé en juillet et août derniers. Nous nous demanderons également qui savait quoi, quand et où, des questions importantes à poser. En outre, contrairement au chef de l’opposition, je ne dénigrerai pas les fonctionnaires de ce pays.
    Je ne dénigrerai pas l’énorme travail de notre mission en Afghanistan ou de nos forces armées, qui sont intervenues pour aider nos alliés et nos collègues des pays partenaires de l’OTAN. Ils ont travaillé assidûment et rapidement avec les compagnies aériennes commerciales, ainsi qu’avec des agents de Sécurité publique Canada, de la GRC et d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, afin de trouver des moyens de mettre en place des mesures spéciales pour aider non seulement les Canadiens qui se trouvaient en Afghanistan, mais aussi les Afghans qui étaient en danger, notamment les femmes, les défenseurs des droits de la personne, les avocats et les ONG partenaires en Afghanistan. Les Canadiens ont travaillé avec des interprètes afghans, des agents de sécurité et des personnes qui ont assuré notre sécurité il y a une dizaine d’années. Ils avaient travaillé avec nous jusqu’à ce que l’ancien premier ministre retire les troupes canadiennes il y a une dizaine d’années. Cela nous a laissés dans une position très différente de celle dans laquelle nous aurions pu être si cela ne s’était pas produit.
    L’Afghanistan est un lieu de conflit. C’est un endroit qui a continuellement subi des difficultés internes et des forces externes, et je pense que nous devrions en entendre parler. Nous devrions écouter les récits de nos partenaires et alliés pour savoir ce qui s’est passé, quand cela s’est passé et quelles mesures ont été réellement entreprises, afin de pouvoir dissiper certains des malentendus, pour ne pas dire « contre-vérités », entretenus par l’opposition officielle.
    Je ne reproche pas aux conservateurs de ne pas avoir entendu ou compris ce qui s’est passé. Ils étaient occupés à faire campagne, tout comme nous l’étions. Ils étaient occupés à combattre les réfugiés parrainés par le gouvernement, par exemple. Maintenant, ils nous appellent à l’aide. Ils étaient pourtant extrêmement occupés à démolir les structures et les systèmes que nous devons mettre en place pour faire en sorte que l’Afghanistan soit aidé par le Canada.
    Je vais être très clair. Je n’ai jamais hésité à critiquer mon propre gouvernement, ce qui est l’un des rôles des députés d’arrière-ban. C'est notre travail, mais dans ce cas-ci, je veux féliciter le gouvernement. Je tiens particulièrement à féliciter les fonctionnaires qui ont travaillé jour et nuit, sept jours sur sept, pendant une période très difficile où le pays se repliait sur lui-même.
    Bien sûr, il y avait des plans d’urgence. Nous avons des plans d’urgence pour l’évacuation de chaque pays, c’est ainsi que fonctionne Affaires mondiales Canada. Bien sûr, sur le terrain, nous avons une petite mission à Kaboul qui était prête à travailler avec nos partenaires, mais personne, franchement, n’aurait pu prédire la rapidité du chaos qui a suivi le retrait des troupes américaines. Personne n’aurait pu le prévoir.
    Je pense que nous avons besoin d’un comité pour examiner les leçons que nous avons tirées, et je dirais que le comité des affaires étrangères pourrait le faire. Des erreurs ont-elles été commises? Pourrions-nous faire mieux? Ce sont des questions très pertinentes, bonnes et raisonnables, car tout le monde dans cette chambre veut s’assurer que notre pays, en tant qu’allié de confiance, a la capacité d’agit de façon positive dans le monde.
    Pendant ces quelques semaines de chaos, mon bureau, comme celui de nombreux députés, a été inondé d’appels. Je représente Don Valley-Ouest, et cette circonscription compte l’une des plus grandes populations de Canadiens d’origine afghane, ainsi que de nouveaux arrivants qui ne sont pas encore citoyens. Mon bureau a été inondé d’appels de personnes qui craignaient pour la sécurité des membres de leur famille, ou qui essayaient au moins de les joindre pour leur parler.
    Nous voulons savoir quels systèmes ont été mis en place, et je le comprends. Chacun d’entre nous a ressenti de la frustration en tant que député, et à juste titre.

  (1110)  

    Nous devons également reconnaître que les fonctionnaires sont des êtres humains. Ils font de leur mieux. Les structures sont en place pour les aider. Nous voulons apprendre d’eux et entendre ce qu’ils ont fait, sans sauter à la conclusion que « rien », et je cite le chef de l’opposition, n’a été fait. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, et il est tout simplement irresponsable de la part d’un chef de l’opposition de prétendre cela.
    En a-t-on fait assez? Peut-être pas. Aurait-on pu faire mieux? Absolument, car tout peut toujours être mieux fait. Il n’est pas juste de dénigrer nos fonctionnaires et les services armés canadiens, qu’il s’agisse d’agents de sécurité publique, d’agents d’immigration ou de certains des 200 employés d’Affaires mondiales qui ont été mobilisés pour aider le petit contingent de la mission qui se trouvait en Afghanistan à ce moment-là.
    Nous avons aidé le peuple afghan par le passé, et nous continuerons à l’aider. C’est l’un des principaux endroits où nous envoyons de l’aide humanitaire. À l’heure actuelle, il est hors de question que nous reconnaissions les talibans. C’est une organisation terroriste au Canada, mais c’est néanmoins le gouvernement de facto.
    Nous trouvons des moyens de contourner le gouvernement taliban, mais c’est encore difficile. La situation sur le terrain est toujours précaire. Nous devons faire preuve d’une grande prudence pour la sécurité du personnel canadien sur les lieux, et nous devons travailler de concert avec nos alliés de l’OTAN, qui ont continué à avoir des forces sur le terrain après que nous fûmes partis.
    Nous continuerons à jeter des ponts, notamment par l'entremise des affaires consulaires. Nous nous assurerons également de continuer à aider les 1 400 personnes qui ont déjà été évacuées; il s'agit de citoyens canadiens, de résidents permanents du Canada ou des membres de leur famille. Environ 1 400 sont revenus.
     Il y a des gens dont le dossier est encore ouvert. Il est difficile d’entrer en communication avec certains d’entre eux. Il y en a qui ont quitté l’Afghanistan. D’autres sont partis au Pakistan et dans d’autres pays. Nous sommes toujours en contact avec eux et nous essayons de les aider. Nous nous engageons également à respecter notre plan visant à faire venir au Canada au moins 40 000 réfugiés d’Afghanistan.
    Évidemment, il y a des millions de réfugiés qui ont déjà quitté l’Afghanistan et qui se trouvent à l’extérieur de ce pays. Il y a aussi des personnes en danger à l’intérieur de l’Afghanistan. Il s’agit notamment des femmes et des filles, ainsi que des personnes LGBTQI, qui sont en danger. Je reçois constamment des communications de leur part. Nous devons trouver des moyens, par le truchement de groupes de la société civile et de pays tiers, de les faire entrer au Canada ou dans d’autres pays sûrs. Nous n’avons pas besoin d’avoir le monopole de la bonté. Nous devons travailler avec d’autres pays qui partagent nos valeurs et veulent s’assurer que le peuple afghan est en sécurité.
    Nous ferons appel aux talibans. Nous leur demanderons d’être à la hauteur des préoccupations qu’ils ont déclarées concernant le bien-être du peuple afghan. Nous leur demanderons également de respecter l’ordre international fondé sur des règles, ainsi que sur les attentes de la communauté internationale, dans l’exercice de leur pouvoir. Nous n’allons pas négocier avec eux. Nous allons exiger qu’ils le fassent.
    En attendant, nous allons continuer à travailler pour trouver le moyen d’aider les personnes les plus vulnérables. C’est notre objectif. Nous sommes déjà allés en Afghanistan. Les gouvernements précédents se sont engagés. Le gouvernement actuel continue de s’engager et de renouveler son engagement envers le peuple afghan parce que, comme l’a dit le chef de l’opposition, nous avons un intérêt dans cette affaire. Nous avons des membres des Forces armées canadiennes qui ont donné leur vie pour l’Afghanistan, et nous avons des travailleurs humanitaires et des anciens combattants qui sont rentrés au pays et qui s’en préoccupent profondément.
    Nous sommes certainement présents, mais pas uniquement pour cette raison. Nous sommes là parce que c’est ce que le Canada fait et c’est ce que les Canadiens veulent que nous fassions. Ils veulent que nous continuions à être un phare de lumière et d’espoir dans le monde. Nous continuerons à trouver des moyens d’acheminer l’aide humanitaire là-bas. Nous continuerons à trouver des moyens de relancer nos projets de développement. Nous continuerons à trouver des moyens de soutenir les femmes et les filles, ainsi que la démocratie et les droits de la personne en Afghanistan, dans une situation très compliquée et difficile.

  (1115)  

    Comme je l’ai dit, je respecte la volonté de cette assemblée d’obtenir des réponses à ces questions de manière appropriée, mais nous protégerons également les renseignements qui seront rendus publics par le gouvernement. Aucun gouvernement raisonnable ou responsable ne mettra jamais en danger des plans stratégiques militaires. Nous ne mettrons jamais en danger des personnes, en dévoilant leur nom ou leur identité, et nous ne compromettrons pas la réputation des personnes qui font de leur mieux. Elles ont prêté serment à Sa Majesté et à la population du Canada de servir publiquement du mieux qu’elles peuvent.
    Nous sommes tous dans le même bateau, et je ne crois pas que qui que ce soit n’ait jamais été élu pour être dans l’opposition. Je ne le crois pas. En réalité, après des élections, certaines personnes se retrouvent dans l’opposition et d’autres se retrouvent dans le gouvernement. J’ai été dans l’opposition. J’espère que l’opposition trouvera toujours des moyens d’aider de façon constructive le Canada et le gouvernement canadien à changer les choses et à apporter des contributions positives. Tout le monde peut rabaisser. Tout le monde peut critiquer, mais pour construire, il faut plus. C’est ce que je demande à l’opposition de faire aujourd’hui, de trouver un moyen constructif et créatif.
    J’ai été en contact avec des membres des troisième et quatrième partis, et je crois qu’il y a moyen de le faire. Il y a moyen de transmettre ces renseignements au comité des affaires étrangères pour nous assurer que nous exploitons, dans le meilleur sens du terme, la fonction de ce comité permanent. Le Règlement est là pour protéger les droits de chaque membre du comité, tant de l’opposition que du gouvernement, afin de faire avancer le travail. Nous sommes ouverts à l'idée d'une étude sur l’Afghanistan à brève échéance. Nous sommes tout à fait ouverts à l’idée de trouver un moyen de collaborer sur cette question, d’être créatifs, de trouver des réponses et de nous assurer que notre objectif premier n’est pas de nous prendre en défaut ou de nous monter les uns contre les autres, mais de créer un environnement où nous pouvons discuter.
    J’ai été incroyablement impressionné par la députée d’Edmonton Strathcona et par son approche passionnée et compatissante concernant l’aide humanitaire. Je la félicite pour sa nouvelle fonction dans le domaine des affaires étrangères, de façon plus large et générale, parce qu’à mon avis, nous œuvrons tous dans le domaine des affaires étrangères d’une certaine manière dans nos efforts pour trouver un moyen de rendre notre monde meilleur. C’est pourquoi nous créons des différences.
    On n’a jamais amélioré le monde en lâchant une bombe. On l’améliore en donnant de l’espoir aux gens. Nous donnons de l’espoir aux gens en nous assurant qu’ils sont nourris, qu’ils ont des droits démocratiques et qu’ils peuvent faire de leur mieux pour trouver un moyen de changer les choses pour leurs familles et dans leurs vies. Nous ne le faisons pas parfaitement. Aucun gouvernement au Canada ne l’a jamais fait parfaitement. Nous pouvons faire mieux, et nous continuerons à y travailler.

  (1120)  

[Français]

    J'apprécie énormément le travail du député de Montarville. Il fait toujours preuve de sensibilité et de compassion et défend l'intérêt de tous les Canadiens et les Québécois afin que l'on vive dans un monde sécuritaire, prospère, juste et digne pour toute l'humanité.

[Traduction]

    Nous pouvons collaborer, et c'est ce que j'aimerais retenir de tout cela. Je ne dénigre pas l'opposition officielle. J'espère que les députés de l'opposition veulent aussi travailler avec nous pour trouver une solution à ces situations délicates et éviter de surcharger les membres des comités ou les fonctionnaires. Plutôt que de mettre l'accent sur la production de documents qui ne nous seront tout simplement pas utiles, je préférerais les voir consacrer plus de temps à l'aide humanitaire, à la création d'axes de communication, à l'instauration d'un dialogue et à la collaboration avec nos alliés de par le monde.
    Je veux trouver un moyen d'être utile, constructif et digne. Je suis impatient de voir la Chambre...
    Sur ce, passons aux questions et observations. La députée de Saanich—Gulf Islands a la parole.
    Madame la Présidente, je félicite le secrétaire parlementaire. Je suis soulagée de voir qu'il continuera à assumer ses fonctions.
    Au début de la pandémie, nous avons travaillé très étroitement ensemble et dans un esprit non partisan pour secourir les Canadiens dans le monde entier. Je suis moins satisfaite de ce que nous faisons pour venir en aide aux Afghanes, aux personnes qui ont travaillé avec le Canada et aux femmes du parlement afghan. Ces personnes se retrouvent maintenant en grand danger. Je suis d'accord avec lui sur le fait que la députée Edmonton Strathcona a la bonne approche.
    Que faisons-nous maintenant? Comment pouvons-nous apporter une aide humanitaire maintenant? Je ne suis pas convaincue que nous avons besoin d'un comité qui produira un rapport dans six mois. Je suis sensible à l'idée que nous ne devrions pas nous en prendre à nos fonctionnaires, mais je parle à des gens qui travaillent avec des personnes qui essaient de quitter l'Afghanistan présentement, et ils ne croient pas que les talibans sont le plus grand obstacle sur le terrain. Pour eux, les procédures d'immigration inutilement lourdes du gouvernement du Canada sont un obstacle encore plus grand.
    Madame la Présidente, comme d'habitude, je suis essentiellement d'accord avec la députée.
    Premièrement, en ce qui concerne les femmes et les filles de l'Afghanistan, la situation est grave. Nous devons absolument trouver des solutions. Y a-t-il, selon moi, des structures et des systèmes bureaucratiques qui nous font parfois obstacle? Tout à fait. Comme pour d'autres personnes, cela a été une source de frustration pour moi.
    Je suis conscient que certains de ces mécanismes sont en place pour assurer la sécurité publique et la confiance de la population à l'égard du système d'immigration, mais j'estime qu'il faudrait aussi trouver des façons de les alléger. Je ne crois pas que la création d'un comité spécial soit la bonne solution. Il faut des solutions à long terme, car ce genre de situation se produira encore. Trouvons des solutions dans le cadre de notre processus d'étude en comité.

  (1125)  

    Madame la Présidente, les échecs en Afghanistan n'ont rien de nouveau, surtout lorsqu'il s'agit de minorités religieuses et de groupes minoritaires comme la communauté LGBTQ. Ayant personnellement parrainé une famille de réfugiés afghans, je sais d'expérience qu'il a fallu quatre ans au gouvernement libéral pour faire venir cette famille ici alors qu'elle était persécutée.
    Je tiens à rectifier les propos du député, mais loin de moi l'idée de dénigrer la fonction publique. Il s'agit de demander au gouvernement de rendre compte de ses échecs. J'ai vu le processus à l'oeuvre, et les libéraux échouent continuellement. Nous avons un arriéré de 1,8 million de dossiers d'immigration. Ce n'est pas la fonction publique qui a échoué, mais bien le gouvernement, car c'est lui qui a créé ce gâchis bureaucratique. Nous avons tous vu les images des jeunes femmes et des filles qui sont converties et mariées de force. Ce qui se passe est tragique.
     Soyons très clairs. Le Parti conservateur ne veut en aucun cas détruire la catégorie des réfugiés. En fait, nous voulons l'améliorer en raison de l'arriéré bureaucratique que le gouvernement libéral a créé...
     Je dois donner au secrétaire parlementaire l'occasion de répondre.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, les employés d'IRCC s'affairent jour et nuit à suivre ces processus. Ce n'est pas nouveau. J'étais dans l'opposition à l'époque du gouvernement Harper et, croyez-moi, j'ai attendu bien des années avant de pouvoir aider des réfugiés. Le système n'est pas parfait. Pouvons-nous trouver des façons de l'améliorer? Tout à fait. Soumettons la question au comité de la citoyenneté et de l'immigration, qui doit s'en charger.
    Nous allons continuer d'appuyer les ahmadis. Nous allons continuer de soutenir la communauté sikhe en Afghanistan. Nous allons continuer de défendre les minorités religieuses persécutées en Afghanistan, car c'est ce que nous faisons et c'est ce que les Canadiens attendent de nous.

[Français]

    Madame la Présidente, pour être franche, je ne sais pas par quel bout commencer.
    J'écoutais mes collègues, et j'ai vu beaucoup de volonté de leur part. Néanmoins, il ne s'agit pas de la première guerre dans laquelle on s'implique. Nous connaissons les conséquences qu'entraîne l'implication dans une guerre et les conséquences d'avoir des gens qui travaillent pour nous dans un pays qui n'est pas le nôtre et qui nous aident. Cela fait longtemps que nous savons tout cela.
    Dès le départ, nous aurions dû planifier notre implication et avoir une vision d'avenir pour ces gens; même chose lorsqu'on a quitté le pays en 2014. Maintenant, où en sommes-nous? Nous en sommes à improviser, à demander des choses à des gens qui n'ont même pas accès à Internet et à fermer l'ambassade. Tous les gouvernements sont en faute. Il faut le reconnaître et étudier cela pour que cette situation ne se répète jamais.
    Mon collègue est-il d'accord sur le fait que nous devons étudier cela pour que plus jamais des filles, des femmes et des enfants ne meurent de faim ou soient assassinés?
    Madame la Présidente, je suis d'accord. Je pense qu'une telle étude est indispensable.
    Il est toutefois nécessaire que le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international procède également à une étude, de son côté. Cela est très important.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'aimerais réfléchir à la façon dont nous pouvons travailler ensemble et établir une vision d'avenir constructive, mais je dois relever une remarque faite par mon collègue aujourd'hui, c'est-à-dire que personne n'aurait pu prévoir ce qui allait se passer en Afghanistan. J'ai écrit au ministre en février et lui ai expliqué que cela allait se produire. Mes collègues du NPD ont eux aussi écrit au ministre. Des membres de la communauté hazara ont écrit au ministre et lui ont expliqué ce qui allait se produire en août, moment choisi par les États-Unis pour se retirer, donc j'aimerais l'interpeller un peu là-dessus.
    Mais surtout, j'aimerais que le député s'exprime, s'il le peut, sur la situation dans laquelle nous nous trouvons. Est-ce que le gouvernement va concevoir un plan pour collaborer avec le secteur sans but lucratif, les organisations de la société civile et les organisations multilatérales pour veiller à ce qu'ils fournissent du soutien aux Afghans, compte tenu de la situation très complexe à l'heure actuelle en Afghanistan à la lumière de la législation antiterroriste et que sais-je encore?

  (1130)  

    Madame la Présidente, la réponse est: oui, absolument. Nous devons collaborer avec les organismes de la société civile. Je me suis entretenu avec les membres de Rainbow Railroad et avec ceux de plusieurs organismes qui essaient de trouver des solutions dans un contexte très, très difficile.
    Je ne dis pas que personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. Quand les États-Unis ont décidé de se retirer, le 11 septembre, il va sans dire que des plans d'urgence ont été mis sur pied. Il fallait alors les mettre en œuvre rapidement pour que nous puissions faire du mieux que nous pouvions quand la décision allait être prise. Est-ce que tout a été fait à la perfection? Absolument pas. Les mesures d'intervention pourraient-elles être améliorées? Tout à fait. Nous continuerons de les améliorer, et toute aide ou suggestion est la bienvenue.
    Madame la Présidente, j'aurais quelques observations plutôt qu'une question. J'aurais aussi quelques rectificatifs à apporter à ce qu'a dit le secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères.
    Premièrement, la mission ne s'est pas terminée il y a une dizaine d'années. La mission de combat s'est terminée il y a une dizaine d'années, mais le Canada ne s'est retiré de l'Afghanistan qu'en 2014.
    Quelques députés parlent des « Afghanis ». En fait, l'afghani est la devise monétaire de l'Afghanistan. Les habitants de ce pays sont plutôt des « Afghans ».
    Deuxièmement, le député a dit que...
    Une voix: Oh, oh!
    Je signale au secrétaire parlementaire que la période réservée aux questions et observations n'est pas terminée.
    Le député de Bruce—Grey—Owen Sound a la parole.
    Madame la Présidente, je pense qu'il sera plus facile pour le député de répondre à mes observations s'il se donne la peine de les écouter.
    Il a parlé de la question du temps et du fait que personne n'aurait pu prévoir ce qui allait arriver. Il s'est en quelque sorte rétracté dans sa dernière réponse, mais je me dois d'insister: la situation avait été annoncée. Un député d'arrière-ban de son propre parti, le député de Thunder Bay—Rainy River, a dit au gouvernement libéral il y a deux ans qu'il craignait qu'une telle situation survienne. Ce n'était donc pas imprévisible. J'ai moi aussi soulevé cette préoccupation dans les médias nationaux, des semaines avant que le gouvernement réagisse.
    Je suis d'accord avec le député sur un point. Il incombe aux députés d'arrière-ban de prendre la parole pour critiquer le gouvernement à certains moments. J'espère que les députés du caucus libéral voteront pour cette motion aujourd'hui.
    Madame la Présidente, toutes mes excuses. Je pensais que vous donniez la parole au prochain intervenant.
    Au sujet de la question, je veux être bien clair: en quatre mois, le gouvernement actuel a fait venir au pays plus d'interprètes afghans que le gouvernement conservateur précédent en quatre ans. C'est tout à fait vrai. Je connais ces personnes; elles vivent dans ma circonscription. Je communique avec elles tous les jours. Je comprends de quoi il en retourne exactement. Je sais aussi que la situation a changé, et que le Canada a continué de s'adapter.
    Je tiens à remercier le député de Thunder Bay—Rainy River, qui a grandement contribué à attirer l'attention sur cette question. Nous nous sommes constamment impliqués dans le dossier et nous continuerons à le faire.
    Madame la Présidente, je trouve toujours que les observations de mon collègue à la Chambre sont pleines de bon sens et stimulantes.
    Lors de la dernière rencontre, j'ai eu l'occasion de parler de mes préoccupations au député de Wellington—Halton Hills au sujet du texte de la motion, soit le délai d’un mois et le pouvoir qu'a le comité de passer outre, en fait, à la décision du légiste et conseiller parlementaire concernant les documents caviardés.
    Le député peut-il nous parler de ses préoccupations au sujet de ces éléments en particulier?
    Madame la Présidente, nous avons, bien sûr, des préoccupations à ce sujet parce que la fonction publique est déjà très sollicitée. Nous sommes à la veille de la période des Fêtes. Nous pensons que ce n'est pas raisonnable et nous devons trouver des moyens d'en tenir compte.
     Nous avons aussi des suggestions, et nous avons une proposition toute prête sur la manière de gérer les documents auxquels les parlementaires devraient avoir accès à notre avis. Nous allons trouver une façon...
    Nous reprenons le débat. La députée de Saint-Jean a la parole.

[Français]

     Madame la Présidente, j'entends partager mon temps avec mon éminent collègue de Lac-Saint-Jean, qui fera un superbe discours que je me ferais un plaisir d'écouter.
    D'entrée de jeu, j'aimerais souligner ce qui me semble être des points forts dans la motion présentée aujourd'hui par le Parti conservateur. En effet, comme on le dit, il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain et il y a tout de même des éléments intéressants dans la motion.
    Je pense notamment à la raison pour laquelle on demande la création d'un comité spécial. Mon collègue le secrétaire parlementaire a mentionné qu'il souhaitait que cette étude soit faite par le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international. Cependant, il s'agit d'un dossier qui touche à la fois les relations internationales, la défense et l'immigration, un mélange des genres que l'on voit assez peu fréquemment.
    De plus, l'un des avantages de créer un comité spécial est de libérer l'horaire des comités permanents, lesquels — on peut s'en douter — auront dans l'année à venir beaucoup de pain sur la planche et ne chômeront pas. Je pense notamment aux comités permanents des affaires étrangères et du développement international, de la défense nationale et de la citoyenneté et de l'immigration. L'étude proposée par la motion est ample et pourrait prendre plusieurs mois, ce qui, si elle était menée par un comité permanent, empêcherait probablement ce dernier de se consacrer à d'autres dossiers tout aussi importants.
    Il y a enfin le besoin de redorer le blason des Forces armées canadiennes, un dossier important que je vais porter pendant la prochaine année. Plusieurs militaires ont pris à leur charge d'aider les interprètes locaux avec lesquels ils ont travaillé en Afghanistan. Ils ont débloqué du financement privé pour mettre en place des maisons permettant d'assurer la sécurité des gens. Si rien n'est fait et que nous faisons passer le message qu'il est possible de laisser des gens pour compte, nous risquons de nuire non seulement aux alliances que nous pourrions vouloir conclure avec des partenaires internationaux lors de futures missions, mais aussi au recrutement interne des Forces armées canadiennes.
    Pour toutes ces raisons, je trouve pertinent que l'on se pose la question et que l'on étudie les endroits où le bât a blessé et où on a failli à la tâche d'évacuer les alliés qui ont travaillé avec le Canada.
    Le libellé de la motion des conservateurs soulève la question du déclenchement des élections alors qu'on était en pleine crise afghane. C'est tout à fait intéressant et pertinent, mais est-ce vraiment le bon endroit pour soulever ce cheval de bataille? Je n'en suis pas certaine. Par contre, si on allait dans ce sens — je lance l'hypothèse —, il pourrait être intéressant de voir de quelle façon on pourrait encadrer le pouvoir d'un gouvernement de déclencher unilatéralement des élections sans qu'il se soit fait renverser par la Chambre. Je doute que les libéraux et les conservateurs veuillent en discuter dans le cadre de la motion que l'on est en train de débattre, mais je trouve tout de même intéressant de soulever cette possibilité.
    Ce qui me dérange dans cette motion, c'est le fait que les conservateurs semblent l'avoir rédigée davantage dans le but de mal faire paraître le gouvernement que de vraiment en arriver à des solutions immédiates et futures. Je vais donner un exemple.
    L'alinéa m)(v) de la motion exige la production d'une énorme quantité de documents dans un délai d'un mois suivant la mise sur pied du comité spécial, laquelle fera vraisemblablement l'objet d'un vote demain. Or, dans un mois, on sera le 7 janvier. D'ici là, il reste environ sept ou huit jours de séance à la Chambre, des gens et des fonctionnaires partiront en vacances et le seront peut-être encore le 7 janvier. À cette date, les conservateurs auront donc beau jeu de dire que le gouvernement a encore désobéi à un ordre de la Chambre en ne produisant pas les documents demandés dans l'échéancier prescrit. Cependant, ce dernier est absolument impossible à respecter et l'objectif ne sera donc pas atteint.
    Je me dis donc que l'on pourrait faire preuve d'un peu plus de flexibilité, par exemple en laissant au comité le soin de décider lui-même des documents qu'il souhaite obtenir ainsi que de leur échéancier de production. Ces choix peuvent évoluer en fonction de ce qui passe au comité et de ce dont il a besoin pour planifier ou modifier ses décisions.
    Un autre élément de la motion qui me fatigue est le fait que sa portée n'est que rétroactive. Bien que le chef de l’opposition ait davantage parlé du besoin de recommandations pour le futur, il me semble qu'on verse plus dans le grattage de bobos qu'autre chose. Entre nous, je ne pense pas qu'on a besoin d'un comité spécial pour voir que le travail a été bâclé.

  (1135)  

    On n'a qu'à en parler aux députés qui, cet été, ont vu tous leurs dossiers d'immigration mis sur la glace parce qu'on n'était pas prêt à répondre aux demandes des réfugiés afghans. La machine était loin d'être en marche: les dossiers au ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration sont déjà traités au ralenti et cela s'est ajouté par-dessus. Les réfugiés afghans n'ont pas besoin d'un comité spécial pour se faire dire que le travail a été bâclé. On n'a qu'à en parler aux 200 Afghans dont le nom a été coulé dans les médias par IRCC, mettant leur vie à risque. Ils n'ont pas besoin d'un comité spécial pour se faire dire que le travail a été bâclé. On n'a qu'à en parler aux 40 000 moins 3 700 Afghans qui ne sont toujours pas sortis de là. Demandons-leur s'ils ont besoin d'un comité spécial pour se faire dire que le travail a été bâclé.
    Dans cette optique, la création d'un comité ayant pour unique but d'analyser le passé n'est pas nécessaire. Cela se compare un peu au travail d'un coroner à qui l'on demande de déterminer les causes et les circonstances d'un décès. Son travail ne serait pas aussi pertinent s'il consistait seulement à nous apprendre pourquoi et comment une personne est morte. Le vrai travail du coroner est d'émettre des recommandations afin d'empêcher que cela se reproduise. C'est ce que je souhaiterais voir de la part du comité qui doit être mis sur pied.
    À la limite, un amendement pourrait être déposé à cet effet. Si le seul but du comité spécial est de fournir une rétroaction, ce dernier perd un peu de son sens. J'aimerais plutôt qu'il se penche sur d'autres questions, à savoir ce que l'on va faire avec les gens qui sont toujours en Afghanistan. Ces derniers risquent de se compter par millions et pourraient mourir de faim dans le contexte d'une des pires famines que l'humanité aura connu. Comment peut-on acheminer de l'aide internationale à ces gens dans l'immédiat?
    On pourrait s'interroger sur le type de liens diplomatiques à entretenir avec le gouvernement taliban. Bien qu'il soit le gouvernement de facto, ce n'est pas un gouvernement reconnu, puisque les talibans sont considérés comme une organisation terroriste. Or il faut quand même déterminer de quelle façon transiger avec lui pour assurer l'acheminement de l'aide humanitaire.
    C'est important de se pencher également sur le financement du gouvernement. Depuis que les talibans sont reconnus par plusieurs pays comme une organisation terroriste, l'aide reçue est souvent gelée. Les donateurs internationaux sont plus craintifs et l'argent n'arrive pas. Pourtant, c'est cet argent qui permettait au gouvernement de fonctionner.
    Dans ce contexte, cette notion d'urgence et d'actions à prendre maintenant nous échappe. Ces questions ne sont pas subsidiaires, elles devraient être au cœur du comité spécial. À mon avis, c'est ce qui manque à la motion des conservateurs. Je me sentirais mal à l'aise d'appuyer la motion telle qu'elle est présentée. C'est plus ou moins un show de boucane, pour ne pas dire un gros lançage de bouette aucunement constructif.
    Quand je lis la motion telle qu'elle est rédigée, j'ai peur que cela n'aide personne, sauf peut-être les conservateurs. Aucun autre Afghan ne réussira à sortir de l'Afghanistan à la suite de l'adoption cette motion. Aucune aide humanitaire ne pourra être acheminée à la suite de l'adoption de cette motion. Aucune relation diplomatique ne pourra être améliorée dans la mesure du possible à la suite de l'adoption de cette motion.
    Je pense que certaines améliorations pourraient être apportées. Le Bloc, fidèle à son habitude, se veut un partenaire de danse parlable et constructif. Finalement, nous tendons la main à nos collègues conservateurs, pas pour leur bien, pas pour le bien du gouvernement, pas pour notre propre bien, mais pour le bien de ceux qui en ont présentement le plus besoin.

  (1140)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis d'accord avec ma collègue qu'il est toujours possible d'apporter des améliorations au moyen d'amendements. Si son parti souhaite en proposer, j'ai hâte de les voir et j'espère que nous pourrons arriver à un certain consensus.
    Je conviens aussi que le comité proposé ne devrait pas seulement chercher à déterminer pourquoi les choses ont mal tourné, mais aussi ce que nous devrons mieux faire à l'avenir. Quand j'étais dans les Forces armées canadiennes, il était souvent question des leçons dégagées et des leçons retenues. J'ai appris que si nous ne tirons pas de leçons de nos erreurs passées, nous serons condamnés à les répéter, et ce, même si nous savons invariablement en quoi elles consistent.
    J'encourage le Bloc québécois à collaborer avec notre équipe conservatrice pour proposer des amendements qui nous conviendraient à tous.

  (1145)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai deux choses à dire à ce sujet.
    Premièrement, comme je l'ai mentionné dans mon discours, la nécessité d'apprendre de ses erreurs, c'est une chose. Je ne suis pas en train d'évacuer cela de la motion des conservateurs, mais je considère que cela doit mener à autre chose, et c'est là-dessus que je veux insister.
    Deuxièmement, en ce qui concerne l'amendement, je viens de faire des suggestions. On n'a pas cherché à obtenir l'appui d'autres partis pour assurer l'adoption de la motion et pour qu'elle ait une finalité intéressante. C'est pour cette raison que je m'interroge encore davantage sur le but de cette motion. Est-ce que ce n'était qu'un show de boucane? La question se pose toujours.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis d'accord que cette motion semble avoir été présentée davantage pour épater la galerie que pour améliorer la vie des Afghans et le fonctionnement du gouvernement canadien.
    Nos comités pourraient jeter un regard critique sur ce qui s'est passé. Les comités qui existent déjà ont été créés à cette fin.
    La députée peut-elle parler du rôle que pourraient jouer le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, le comité des comptes publics ou d'autres comités afin d'examiner ce qui s'est passé et de déterminer ce que nous pourrions mieux faire à l'avenir?

[Français]

    Madame la Présidente, comme je l'ai mentionné, c'est un sujet tellement large, qui regroupe tellement de dossiers et qui demande un travail d'une si grande ampleur qu'il devrait être la chasse gardée d'un comité spécial.
    Le ministère de la Défense nationale va-t-il vraiment se pencher sur les raisons pour lesquelles Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada n'a pas eu assez de fonctionnaires pour traiter les dossiers? C'est un problème tellement intégré que, en soi, il justifie d'une certaine façon la création d'un comité spécial. De surcroît, cela permettrait d'éviter de monopoliser le temps d'autres comités qui auront largement à faire durant cette législature.

[Traduction]

    Madame la Présidente, un attribut unique de cette motion visant à créer un comité spécial est qu'elle serait accompagnée d'un ordre spécial de la Chambre, qui s'inspire de l'expérience des comités permanents de la législature précédente qui se sont heurtés à des mesures d'obstruction de la part des députés ministériels et qui ont dû demander l'aide de la Chambre pour obtenir des documents.
    Je me demande si mon collègue a des commentaires à faire sur le fait que nous gagnons probablement du temps en intégrant un article spécial du Règlement de la Chambre dans la motion, de sorte que le comité dispose déjà de cet article et n'ait pas à s'en servir ultérieurement.

[Français]

    Madame la Présidente, un aspect de la motion se trouvant dans le paragraphe n) est intéressant. Il s'agit d'une espèce de clause visant à éviter l'obstruction systématique dans le cadre de la production de documents et de la présentation de témoins. Je trouve intéressant le fait que cela vienne de la Chambre. Il s'agit de quelque chose qu'on ne peut pas faire dans un comité permanent.
    C'est pour cette raison que je suis tout de même à l'aise avec l'idée de la création d'un comité spécial. Je reviens tout de même sur mon commentaire selon lequel il n'est pas réaliste de demander que tous les documents soient produits en un mois en plein milieu de la période des Fêtes. Laisser le comité choisir ses documents et fixer ses propres délais constituerait une marque de confiance à son égard.
    Madame la Présidente, tout d'abord, j'aimerais dire à quel point j'ai aimé les réflexions de mon honorable collègue de Saint-Jean. J'ai surtout aimé ses commentaires portant sur le but de cette motion et sur le fait que, dans sa forme actuelle, elle ne semble pas venir en aide à qui que ce soit.
    Lors de l'arrivée des réfugiés syriens, plusieurs groupes de chez nous ont fait du parrainage.
    La députée est-elle d'accord pour dire que les Canadiens et les Canadiennes, les Québécois et les Quécoises sont prêts à accueillir des réfugiés d'Afghanistan?
    Madame la Présidente, j'aimerais tellement que nous en soyons déjà à nous demander si nous sommes prêts à faire venir ces gens ici et à les parrainer de façon privée. Pour le moment, nous n'en sommes même pas là. Ces réfugiés sont encore pris dans des circonstances dangereuses. On ne sait pas comment les sortir de là et c'est cela, le problème. Lorsqu'on fait des parrainages privés, c'est que les gens ont déjà traversé la frontière et sont dans des camps de réfugiés. On n’en est même pas là, le Canada n'a même pas...
    Nous reprenons le débat. L'honorable député de Lac-Saint-Jean a la parole.

  (1150)  

    Madame la Présidente, j'essayerai d’être à la hauteur de ma très chère collègue de Saint-Jean.
    Certaines choses sont importantes quand on fait de la politique. Or il arrive souvent, à la Chambre, qu'on perde de vue l’essentiel. D’entrée de jeu, je voudrais souligner deux choses que nous devons garder en tête tout au long de ce débat.
    Premièrement, en filigrane de toutes nos discussions, rappelons-nous qu’en Afghanistan plus de 1 million d’enfants pourraient mourir de malnutrition pendant l’hiver. Je n’invente pas cela, ce sont les représentants du Programme alimentaire mondial des Nations Unies qui l’ont dit.
    Deuxièmement, rappelons-nous que nous avons un devoir de fraternité envers le peuple afghan et que cela nous oblige à obtenir des résultats. Je dis souvent à mes enfants qu’il faut toujours finir ce qu’on a commencé. Dans le cas de l’Afghanistan, cela signifie que nous devons aller au bout de notre engagement à garder en sécurité ceux qui ont été nos alliés sur le terrain pendant cette guerre difficile. Les interprètes et leurs familles ont mis leur vie en danger à l’époque et continuent de souffrir à cause du service qu'ils nous ont rendu. Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider et les accueillir.
    En gardant cela en tête, il faut se demander si nos démarches s’inscrivent utilement dans le grand ordre des choses. Je suis d’accord pour que nous découvrions les écueils et les ratés de l’action du gouvernement dans le rapatriement de nos alliés afghans. Je suis également d’accord pour que nous nous assurions de ne plus jamais assister à un tel capharnaüm lors d’un futur conflit militaire et pour que nous en tirions des leçons.
    Toutefois, je ne suis pas d’accord pour que nous nous lancions dans une chasse aux scandales qui ne s’arrêtera qu’à la prochaine élection. Je ne suis pas non plus d’accord pour que nous nous lancions dans le festival du caviardage pour interpréter des bribes d’informations confidentielles dans l’espoir de trouver une virgule qui n’est pas à sa place.
     Tous les députés qui sont ici savent que la situation est complexe, les conservateurs les premiers. Eux non plus n’ont pas fait grand-chose pour les interprètes en 2014.
    Tout comme les conservateurs, je souhaite dénoncer l’inaction du gouvernement en août dernier et je veux rappeler aux libéraux qu'ils ont déclenché une élection au moment où des gens s’accrochaient à des avions en mouvement pour fuir les talibans. Je considère également que nous assistons à de l’improvisation professionnelle dans la gestion du rapatriement, une opération que le ministre de la Sécurité publique ne mettra certainement pas dans son curriculum vitae. Comme mes collègues conservateurs, dans mon bureau de circonscription, je vois passer des dossiers d’une tristesse infinie.
    Malgré tout cela, si la motion du député de Durham et chef de l’opposition officielle vise uniquement à embarrasser le gouvernement plutôt qu'à étudier de manière constructive les événements, je vois très mal comment le Bloc pourra l'appuyer. Malheureusement, lorsque je lis cette motion, j’ai l’impression que le député de Durham vise à faire de la politique et non à dénouer l’impasse, à marquer des buts contre les libéraux plutôt que de marquer des buts pour les interprètes et leurs familles.
    Je vais donner quelques exemples assez probants de ce que j’avance et je présenterai les paramètres selon lesquels je pourrais envisager d'appuyer cette motion. Puisque ma chère collègue de Saint-Jean a déjà fait une bonne énumération de ces paramètres, il est possible que je répète certains de ses propos.
    D’abord, au paragraphe l), on demande que le comité reçoive comme directive de présenter un rapport final dans les six mois suivant l'adoption de la motion. Les paramètres actuels de la motion donnent l'impression que les conservateurs veulent absolument que cela ne fonctionne pas. Six mois, c’est beau, mais, en vertu du paragraphe m), la documentation doit être produite en un mois.
    Je peux écrire sur un bout de papier ce qui se passera: les libéraux ne seront pas prêts à répondre à nos questions et ils feront de l'obstruction systématique. C'est ainsi que les choses se passeront à toutes les rencontres. Les conservateurs le savent tellement bien qu'ils ont prévu, au paragraphe n) de la motion, une mesure pour éviter que les libéraux fassent de l'obstruction systématique. Toutefois, quatre heures de discussions sont tout de même prévues avant le vote obligatoire, et cela signifie que, pendant quatre heures, on pourra faire de l'obstruction systématique.
    Les conservateurs savent que le Parti libéral n'acceptera jamais de renoncer à son privilège parlementaire. Cela en dit long sur les deux partis, mais cela en dit encore plus long sur la motion qui se veut vertueuse, mais qui semble avoir pour seul but de mettre les libéraux dans l’embarras. En fait, la stratégie, c’est de tendre un piège aux libéraux, pas de faire un vrai examen de la gestion de la crise qui, en passant, est toujours en cours.
    Pour en revenir à l’échéancier, la période durant laquelle on veut démarrer ce processus est aussi problématique. Premièrement, les conservateurs ne sont pas sans savoir que c'est le temps des Fêtes, que le Parlement va ralentir, que les fonctionnaires du Parlement et du gouvernement ne seront pas disponibles, et que cela plombe entièrement la réalisation du caviardage envisagé au paragraphe n). La réalisation de cette seule étape prendra des mois ou elle monopolisera l’ensemble du personnel des ministères visés.

  (1155)  

    Deuxièmement, et je reviens à ce que je mentionnais sur la crise, les fonctionnaires qu'on veut inviter à témoigner ou monopoliser pour caviarder sont en train d'essayer de rapatrier des Afghans.
    Si quelqu'un à la Chambre me dit qu'il n'y pas en ce moment de retards à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, soit il ne traite pas de dossiers d'immigration, soit c'est un libéral. Le ministère affiche des retards horribles et inhumains depuis des années et c'est encore pire depuis août, parce que le ministère s'occupe presque à temps plein des dossiers de rapatriement.
    Je disais au début que deux choses devaient nous rester en tête tout au long du débat: des enfants vont mourir si les choses continuent comme cela et nous avons un devoir relativement à nos alliés.
    Est-ce qu'ajouter de la pression sur nos fonctionnaires va améliorer la situation? Non. Est-ce que politiser la crise en ce moment va améliorer la situation? Non. Est-ce que les conservateurs veulent créer un comité pour leurs intérêts partisans plutôt que de venir en aide aux Afghans? La question se pose. Par ailleurs, on se demande en bon droit pourquoi les conservateurs souhaitent créer un comité sur l'Afghanistan, mais ne souhaitent pas reconduire le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes? On ne comprend pas encore ce fait, mais il est évident que les comités spéciaux sont des outils essentiellement politiques pour les conservateurs.
    Pourtant, ne serait-il pas plus pertinent d'étudier les actions que pourrait envisager le Canada?
    Modifions la motion ensemble maintenant afin que l'objet principal de l'étude ne soit pas nécessairement le passé, mais plutôt le présent et l'avenir immédiat dans une optique d'aide humanitaire et d'évacuation des Afghans vulnérables. Le Bloc québécois a plein d'idées et il est ici pour cela. Nous voulons travailler ensemble avec tous les partis de la Chambre.
    Jetons un coup d'œil à la situation humanitaire et à l'aide que devrait apporter le Canada alors que des millions d'Afghans risquent de mourir dans les prochains mois à cause d'une grave famine. C'est l'une des pires crises humanitaires de la planète. Pareil geste est de nature à aider.
    Examinons les liens diplomatiques, comme l'a dit ma collègue de Saint-Jean. Le Canada doit-il établir des liens diplomatiques avec le gouvernement taliban? Oui. Comment le gouvernement peut-il communiquer avec les talibans sans les reconnaître? Il est possible d'étudier cela.
     Scrutons aussi les objectifs du gouvernement. Je suis porte-parole du Bloc québécois en matière d'immigration. Ce gouvernement a promis d'accueillir 20 000 réfugiés afghans, puis 40 000. Or, on en est à 4 000 sur un objectif de 40 000. Il y a des questions à se poser.
    Oui, nous sommes d'accord avec la notion d'un comité spécial, mais modifions le libellé de la motion pour que ce ne soit pas nécessairement politique et partisan, mais suive le but réel qui incomberait à un tel comité au bout du compte, celui d'aider les gens qui sont pris là-bas. En Afghanistan présentement, des parents vendent leur fille pour se nourrir et des gens se cachent dans des maisons sûres pour éviter de se faire tuer. Ce n'est pas plus compliqué que cela et c'est triste.
    Que fait-on avec ces gens? Ce sont toutes des questions que, présentement, la motion conservatrice exclut d'emblée. On utilise beaucoup le point de vue de l'immigration, mais c'est aussi une question de coopération internationale et de droits de la personne. Que fait-on avec les ONG, qui hésitent à venir en aide au peuple afghan parce que le gouvernement taliban actuel est considéré comme une organisation terroriste? Que fait-on avec les informations qui circulent sur la traite de personnes pour subvenir à des besoins en nourriture, comme je viens de le mentionner?
    N'oublions pas l'éléphant dans la pièce, c'est-à-dire ces groupes de vétérans qui financent à bout de bras, sans l'aide d'Ottawa, des maisons sûres pour protéger des Afghans et leurs familles. Nous avons tous vu passer ces demandes d'aide dans nos bureaux de circonscription. Que fait le gouvernement dans ces dossiers-là?
    Je me répète, mais ce n'est pas grave: rappelons-nous qu'en Afghanistan, un million d'enfants pourraient mourir de faim. Rappelons-nous que nous avons un devoir vis-à-vis du peuple afghan, un devoir de fraternité qui nous pousse à aller au bout de notre engagement pour leur sécurité.
    Donnons-nous les moyens de réaliser cela en nous penchant sur ce qui compte vraiment pour nos alliés. Étudions la situation en Afghanistan. Menons nos travaux avec l'objectif premier d'évaluer les mesures d'aide humanitaire que le Canada devrait mettre en place pour porter secours au peuple afghan. Soyons intelligents et réalistes dans notre manière de procéder. Laissons aux éventuels membres d'un comité spécial et aux fonctionnaires qui seront affectés à la tâche la latitude et le temps nécessaires pour faire leur travail en considération de son ampleur.
    Demandons-nous surtout pourquoi nous avons été élus. Prenons nos responsabilités et travaillons ensemble.

  (1200)  

    Madame la Présidente, je suis d'accord avec une grande partie du discours de mon collègue et, après l'intervention de la députée de Saint-Jean, avec le fait que le texte de la motion des conservateurs pose problème.
    Je pense que le moment est venu d'avoir des discussions sur l'Afghanistan. Tous les députés à la Chambre savent que la situation est grave.
    Mon collègue proposera-t-il un amendement au texte de la motion des conservateurs?
    Madame la Présidente, je sais que des discussions ont lieu présentement. Nous allons effectivement vouloir proposer des amendements à cette motion, et je suis convaincu que nous pourrons trouver un terrain d'entente.
    J'ai bien hâte de voir ce que feront mes collègues libéraux lorsqu'ils verront cette motion modifiée. Ils se rendront compte qu'il est nécessaire et évident pour nous, en tant qu'élus, de voter en faveur de cette motion qui aura été modifiée, afin que l'idée générale qui nous pousse vers la création de ce comité spécial soit simple.
    L'idée est de venir en aide aux Afghans, de regarder les choses incorrectes qui se sont produites et de veiller à ce que cela ne se reproduise jamais, tout en nous concentrant sur le présent et sur l'avenir. J'espère que mes collègues libéraux seront avec nous dans cette aventure.

[Traduction]

    Madame la Présidente, encore une fois, j'ai une petite correction à proposer au député de Lac-Saint-Jean.
    En 2014, les choses étaient différentes. À l'époque, beaucoup d'Afghans ont saisi l'occasion de présenter des demandes d'immigration ici, au Canada, mais la majorité d'entre eux voulaient rester dans leur pays d'origine, car ils avaient le sentiment d'y avoir un avenir. Ils pensaient être sur la bonne voie. Malheureusement, les choses ont changé très récemment.
    Cependant, je crois que nous devons nous concentrer sur l'urgence de la situation dès maintenant et parler aux ONG locales qui travaillent à ce dossier. Leurs bases de données contiennent plus de 10 000 dossiers d'Afghans qui tentent de se mettre en sécurité. Le député convient-il que la situation est urgente et qu'il faut s'en occuper dès maintenant?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question. Je ne voulais pas froisser mes collègues conservateurs en ce qui concerne ce qui s'est passé en 2014. Je les aime bien trop pour cela.
    Il y a urgence, en effet, et c'est pourquoi cette motion est actuellement imparfaite. Ce que nous voulons, c'est rapatrier ces gens. Nous voulons savoir comment le faire, comment les aider.
    Cela ne se fera certainement pas au moyen d'une analyse réalisée par différents comités, où aura lieu de l'obstruction systématique en raison du fait qu'il n'y aura pas le fameux paragraphe n) qu'on retrouve dans la motion, qui est par ailleurs très intéressante, soit dit en passant.
    Effectivement, il y a urgence. Nous devons toutefois nous assurer de travailler ensemble, et les conservateurs devront accepter l'amendement que nous allons présenter. Nous pourrons alors travailler pour le bien commun et, surtout, pour le bien de nos alliés qui sont restés là-bas.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'admire le travail de mon collègue à la Chambre des communes ainsi que son engagement à l'égard des droits de la personne et de la primauté du droit.
    Le député a parlé de passer à l'action, de regarder en avant et de trouver des solutions pour aider les Afghans. Il y a un aspect de cette situation qui me préoccupe beaucoup et dont j'entends parler, et ce sont les mesures législatives antiterroristes qui sont en vigueur et qui empêchent les organismes sur le terrain d'obtenir de l'aide d'urgence pour soutenir le peuple afghan ainsi que les personnes qui risquent de mourir de faim au cours de l'hiver.
    Dans le contexte de ces mesures législatives antiterroristes, le député pourrait-il nous faire part de ses idées sur la façon dont nous pourrions mettre en place des mesures d'aide afin d'alléger la souffrance du peuple afghan dont les besoins sont urgents?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon honorable collègue d'Edmonton Strathcona, que j'apprécie beaucoup. Nous travaillons ensemble sur plusieurs dossiers, et je dois dire qu'elle se consacre à 100 % aux droits internationaux de la personne. Je la trouve sincère et très dévouée.
    Pour répondre à la question, je dirais que c'est exactement pour cette raison que ce comité spécial doit être mis en place. Nous pourrons alors faire témoigner des représentants de ces organisations qui nous diront ce dont elles ont besoin afin d'aider les gens sur le terrain.
    C'est ce à quoi sert un comité spécial. Cela s'avère nécessaire dans le cas d'une situation comme celle dans laquelle on se retrouve en Afghanistan. Les gens de ces organisations pourront venir témoigner et nous dire ce dont elles ont besoin. Nous pourrons agir rapidement, par la suite.

  (1205)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec la députée de Vancouver-Est.
    C’est ma toute première intervention. J’espère donc que vous vous montrerez conciliant, monsieur le Président, car je vais remercier une fois encore mes concitoyens de m’avoir accordé l’immense privilège de les représenter à la Chambre. Je dirai quelques mots sur Edmonton Strathcona avant de passer à mon intervention.
    Edmonton Strathcona est une incroyable collectivité. Nous formons une communauté d’artistes et de musiciens, de petits entrepreneurs, d’enseignants, de professeurs, d’étudiants et d’employés. Nous avons de grandes manifestations, comme le Fringe, le Folk Music Festival, le Strathearn Art Walk et le Canoë volant, qui offre une occasion de descendre une pente de ski en canoë. Nous avons un quartier francophone avec le Campus Saint-Jean et La Cité francophone, à l’Université de l’Alberta. Pouvoir représenter Edmonton Strathcona est vraiment le plus grand privilège qui m’ait été donné et je tiens à remercier tous ceux et celles qui m’ont élue. Je tiens à remercier les bénévoles qui m’ont aidée à revenir dans ce lieu.
    Enfin, je tiens à remercier mon époux et mes enfants. Nous nous trouvons tous en ce lieu. Nous travaillons tous de longues heures. Nous savons que souvent, notre vie privée est sacrifiée à cause du travail que nous accomplissons dans l’intérêt général. Mon époux, Duncan, et mes deux merveilleux enfants m’inspirent. Je leur suis reconnaissante de leur amour et de leur soutien. Je les remercie beaucoup.
    Aujourd’hui, j’interviens au sujet de la motion de l’opposition demandant qu’un comité spécial examine les événements liés à la chute de l’Afghanistan tombé aux mains des talibans en août dernier. Le message fondamental que j’adresse à chacune et chacun d’entre vous à la Chambre est un message d’urgence. Les parlementaires doivent bien comprendre que ce à quoi nous avons affaire en Afghanistan, ce qui s’y passe en ce moment, ce n’est pas une crise, ni deux crises, mais trois crises en même temps qui nécessiteront une action rapide de la part du gouvernement canadien et de gouvernements du monde entier.
    Je viens du monde du développement international. J’ai travaillé pendant plus de 25 ans dans le développement international et le développement durable aux quatre coins du monde. J’ai travaillé avec des personnes qui ont été les premières à travailler pour améliorer le sort des femmes et des filles en Afghanistan. Je suis très fière du travail accompli par notre secteur, celui des partenariats avec la société civile, dont font partie Janice Eisenhauer et Lauryn Oates, de l’organisme Canadian Women for Women in Afghanistan. Islamic Relief Canada, Care Canada et Vision mondiale ont fait et font énormément. Ces organismes travaillent sur le terrain depuis tellement longtemps pour aider le peuple afghan. Je suis très fière d’avoir pu les soutenir par mon travail.
    J’étais catastrophée en août de voir ce qui se passait sur le terrain, de voir le désespoir et la douleur en Afghanistan. Ce qui m’a le plus choquée, c’est que nous savions que cela arriverait. Il y a longtemps que cela couvait. Depuis des années, les néo-démocrates demandent aux gouvernements conservateurs et libéraux d’en faire plus, d’agir plus vite, d’investir davantage dans le peuple afghan. Depuis des années, les membres des minorités religieuses afghanes disent qu’elles sont en danger, que leur vie même est en péril et que, si on ne les aide pas à fuir l’Afghanistan, elles disparaîtront.
    Pas plus tard qu’en février 2021, j’ai écrit au ministre pour lui expliquer que nous assistions à l’échec du processus de paix et que nous voyions les femmes réduites au silence en Afghanistan. C’est exactement ce qui est arrivé. Nous avons écrit au ministre pour lui dire que lorsque les Américains quitteraient l’Afghanistan, comme nous savions qu’ils le feraient parce qu’ils nous l’avaient dit, ce serait le chaos. Et ça a été chaos. Nous l’avons vu venir. Nous savions que ce serait le chaos et quand il est arrivé, au lieu d’être prêts, au lieu d’avoir un plan, au lieu de faire ce que nous devions faire, nous avons abandonné ces personnes en partant.

  (1210)  

    Nous devrions avoir honte. Le gouvernement devrait avoir honte.
    Nous savons aussi que nous devons réfléchir à une solution pour la suite. Nous ne pouvons pas revenir en arrière et remédier aux échecs du gouvernement. Comme nous ne pouvons pas revenir en arrière, nous devons penser à l’avenir. Nous devons réfléchir à des solutions à ces trois crises maintenant.
    Premièrement, il y a la crise humanitaire: 23 millions d’Afghans, plus de la moitié de la population, risquent la famine cet hiver. La situation en Afghanistan est désastreuse, l’économie est au bord du gouffre, le pays manque de nourriture et le système de santé est dans un état lamentable. Le dernier appel éclair des Nations unies en faveur de l’aide humanitaire est loin de recueillir les fonds nécessaires, puisque les promesses d’aide équivalent actuellement à 20 % des besoins.
    Il faut tout simplement que le gouvernement du Canada fasse plus pour aider la population afghane aux prises avec ces crises alimentaires. Nous devons nous engager à fournir plus d’aide humanitaire et nous devons travailler avec les organisations multilatérales et les organismes de la société civile pour faire en sorte que l’aide arrive jusqu’aux Afghans qui en ont le plus besoin. C’est compliqué. Ce sera très difficile à faire, mais nous devons le faire. Nous savons qu’avec la loi antiterroriste, il est très difficile pour les organismes de la société civile et les organisations multilatérales de travailler en Afghanistan, mais le gouvernement doit être clair. Il doit préciser ce que les organismes de la société civile peuvent faire et comment, et il doit expliquer comment ils seront protégés pour faire ce travail.
    Le gouvernement devra chercher des solutions pour que les Afghans reçoivent des soins. Nous ne voulons reconnaître aucune légitimité aux talibans à la tête de l’Afghanistan, mais nous devons trouver des moyens d’apporter aux Afghans qui en ont le plus besoin des soins de santé, de la nourriture et des services essentiels. Nous devons avoir un plan clair. Le gouvernement doit prendre les choses en main. Il doit rencontrer les personnes et les organismes de la société civile qui sont présents sur le terrain, qui connaissent la situation et qui peuvent nous aider à franchir les obstacles pour aider ces populations en Afghanistan maintenant.
    La deuxième crise est celle de l’immigration. Ma collègue de Vancouver-Est en parlera, mais le gouvernement ne cesse de faire des promesses, comme d’accueillir au Canada 40 000 réfugiés, en sachant pertinemment qu’il ne peut le faire tout de suite. Ce que les libéraux ne disent pas aux Canadiens, c’est que la majorité de ces réfugiés ne viennent pas d’Afghanistan. Nous demandons à des personnes dans un pays dont l’économie s’effondre de quitter l’Afghanistan avant de pouvoir venir au Canada. Nous pouvons mieux faire.
    Enfin, la troisième crise est celle du développement international. Je n’en rendrai pas responsables le gouvernement actuel, mais les gouvernements de Stephen Harper autant que ceux de l’actuel premier ministre. Le manque d’investissements dans le peuple afghan et notre départ est un scénario que nous voyons se répéter depuis très longtemps dans le dossier du développement international. Nous sommes au niveau le plus bas de l’histoire de notre pays.
    Depuis 10 ans, nous n’investissons pas dans les populations ou dans le développement international. Ce que nous voyons, c’est un pays comme l’Afghanistan, où la population ne peut survivre sans aide, et notre échec à la protéger au fil des ans en est la cause. Notre échec à investir dans la population afghane et à collaborer avec nos alliés en est la cause.
    Je demande donc au gouvernement de reconnaître que nous avons actuellement en Afghanistan une crise humanitaire, une crise de l’immigration et des réfugiés, et une crise du développement international. Est-ce que nous pourrions travailler de concert pour trouver des solutions à ces trois crises afin de protéger la population afghane?
    Monsieur le Président, j’espérais que la députée en dise davantage à ce sujet. Le Parlement est doté d’une structure de comités permanents. Il me semble que bon nombre des questions ou des préoccupations que l’opposition souhaite aborder pourraient être traitées par le comité des affaires étrangères. Ce comité a la capacité d’établir des liens de communication entre le comité de l’immigration et d’autres comités pertinents.
    La députée pourrait-elle nous dire ce qu’elle pense de nos comités permanents et du rôle qu’ils pourraient jouer dans ce dossier?

  (1215)  

    Monsieur le Président, même si je pense que nos comités permanents pourraient être mis à contribution relativement à de nombreux aspects de la situation actuelle en Afghanistan, le comité dont il est question ici est important en raison de l’ampleur et de la gravité des difficultés rencontrées en Afghanistan.
    Je tiens également à souligner qu’avant que le premier ministre ne déclenche des élections cet été, le comité des affaires étrangères ne fonctionnait pas très bien. Il y a eu de nombreux cas d’obstruction systématique au sein du comité et d’autres situations où son fonctionnement laissait à désirer.
    Enfin, il y a bien d’autres questions sur lesquelles le comité des affaires étrangères doit se pencher, notamment l’équité en matière de vaccins, un dossier qui m’est cher et auquel nous devons consacrer beaucoup plus d’efforts.
    Le comité des affaires étrangères a déjà beaucoup de pain sur la planche. Or, le nouveau comité pourrait se consacrer à ce dossier en particulier, pour lequel nous avons besoin de la voix des parlementaires.
    Monsieur le Président, je voudrais moi aussi commencer par féliciter la députée d'Edmonton Strathcona pour sa réélection dans sa circonscription. Elle se souviendra que sa prédécesseure, Linda Duncan, est une de mes amies depuis environ 1983, lorsque les avocats spécialisés en environnement n'étaient pas si nombreux au Canada. Elle est la digne successeure de Linda, qui a joué un rôle important à la Chambre.
    Je suis très frappée par les observations de la députée. Je suis moi aussi en contact avec de nombreuses organisations qui s'emploient à aider, en particulier, des femmes afghanes. Je suis très préoccupée par les multiples échecs, et je suis d'accord avec la députée pour dire qu'il ne s'agit pas d'un seul gouvernement fédéral, mais de gouvernements successifs.
     Dans les circonstances actuelles, quel est, selon la députée, l'avantage d'un comité qui fera rapport dans six mois, plutôt qu'un effort ciblé de la Chambre, dans un esprit non partisan, pour apporter aide et secours aux Afghans qui resteront là-bas, en pleine crise humanitaire, ainsi que pour accélérer l'arrivée de réfugiés afghans au Canada?
    Monsieur le Président, dans le cas présent, il n'est pas question de s'occuper d'un élément au détriment d'un autre. Le choix n'est pas entre, d'une part, demander au comité d'examiner ce qui s'est passé en août dernier et de réfléchir aux leçons que nous devons en tirer et, d'autre part, demander aux députés d'examiner l'aide humanitaire fournie à l'Afghanistan. Les deux démarches peuvent être menées en même temps, et, à vrai dire, il est impératif qu'elles le soient.
    Monsieur le Président, je tiens à poser une question à la députée au sujet d'une partie précise de la motion, soit l'alinéa m), qui indique que le comité pourra compter, pour ses travaux, sur un ordre de la Chambre. Je crois que cette partie de la motion se fonde probablement sur les problèmes que les comités permanents ont eus lors de la législature précédente et qu'elle pourrait faire économiser du temps au comité spécial parce qu'il sera appuyé par un ordre absolu de la Chambre.
    La députée a-t-elle des observations à faire quant au lien qui existe entre cette partie de la motion et les problèmes que nous avons connus lors de la législature précédente?
    Monsieur le Président, lors de la législature précédente, il y a eu de l'obstruction, et le gouvernement a fait preuve d'un grand manque de respect à l'égard de l'opposition dans la façon dont les processus parlementaires suivraient leur cours. Il est nécessaire d'adopter des mesures pour protéger notre travail en tant qu'opposition au Parlement, travail qui consiste à interroger le gouvernement, à exiger qu'il produise des documents et à lui demander des comptes. C'est très important, et j'estime que le député a fait une excellente intervention en soulevant cette question.

  (1220)  

    Monsieur le Président, étant donné qu’il s’agit de mon premier discours à la Chambre, j’aimerais en profiter pour remercier les électeurs de Vancouver-Est de m’avoir réélue pour que je puisse défendre leurs intérêts à la Chambre des communes. J’ai toujours considéré ce lieu comme étant celui du peuple, et j’estime qu’il est primordial, si nous voulons faire notre travail correctement, que nous soyons en mesure d’être le porte-parole de nos concitoyens, de défendre leurs intérêts et d’impulser des réformes. Tout au long de ma vie politique, je me suis efforcée de défendre ma collectivité et de promouvoir des réformes qui sont importantes pour elle.
    J’aimerais également profiter de l’occasion pour remercier les membres de mon équipe de campagne électorale. Sans eux, je ne serais pas ici. Je dis souvent que mon élection, ce n’est pas à moi que je la dois, mais à toutes les personnes formidables qui travaillent avec moi, qui m’appuient et qui me permettent d'accomplir les fonctions que j’occupe aujourd’hui.
    Enfin, j’aimerais rappeler les paroles du regretté lieutenant-gouverneur David Lam, car j’y pense chaque fois que je suis dans cette Chambre. Il y a bien longtemps, il m’a dit que ce n’était pas le titre qui conférait l’honneur, mais plutôt ce qu'on faisait pour honorer ce titre. Ce sont des paroles qui m’inspirent chaque jour.
    J’ai demandé un débat d’urgence sur l’Afghanistan le lendemain de la reprise de la Chambre, après les élections. C’était la première occasion que j’avais de soulever la question, et j’ai été très déçue que le Président n’accède pas à ma requête.
    Aujourd’hui, nous sommes saisis de cette motion, et la crise en Afghanistan nécessite l'attention du gouvernement canadien. La situation dans ce pays est déchirante, et cela aurait pu être évité.
    Après avoir risqué leur vie pendant des décennies pour aider les Forces armées canadiennes, un grand nombre d’interprètes afghans, d’autres collaborateurs et leurs familles se sont retrouvés dans une situation très précaire et ont été ciblés par les talibans.
    Très franchement, j’ai été abasourdie lorsque j’ai entendu l’ancien ministre de l’Immigration, qui est maintenant ministre de la Sécurité publique, proposer à ces gens-là de suivre les procédures d’immigration en vigueur. Ce fut sa première réaction et, comme elle avait tardé, la vie de ces personnes en a été encore plus menacée. Nous devons regarder la réalité en face: le Canada se doit de faire preuve de gratitude à leur égard et de faire tous les efforts nécessaires pour assurer rapidement leur sécurité.
    Étant donné la crise humanitaire qui sévit actuellement en Afghanistan, les familles canado-afghanes cherchent désespérément à faire venir leurs proches au Canada. Il ne se passe pas un jour sans que je reçoive un message d’une personne établie au Canada ou même à l’étranger pour me demander de l’aide.
    En fait, pas plus tard que cette semaine, j’ai reçu un message d’un interprète afghan qui a obtenu l’aide des Américains et qui s’est installé aux États-Unis, mais dont les proches ont été laissés en Afghanistan. Les interprètes afghans ont aussi aidé les militaires canadiens. Le gouvernement a récemment annoncé une nouvelle mesure, mais celle-ci empêche les personnes qui ne sont pas établies au Canada de faire sortir des membres de leur famille.
    Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans cette façon d’appréhender la situation. À maintes reprises, le gouvernement canadien, et je parle du gouvernement libéral, a montré qu’il n’était pas prêt à venir en aide à ceux qui nous ont aidés lorsque nous en avions grand besoin.
    Le gouvernement affirme, sur son propre site Web, que « Le Canada et ses alliés ont reçu l’assurance des talibans que les citoyens afghans ayant une autorisation de voyage d’autres pays seront autorisés à quitter l’Afghanistan. » Nous ne pouvons pas laisser passer cette occasion, étant donné la situation déplorable qui règne en Afghanistan. Le NPD demande par conséquent au gouvernement de prendre une mesure d’urgence permettant d’utiliser des permis de résidence temporaires pour aider des Afghans à se réinstaller en toute sécurité dans un autre pays.

  (1225)  

    Il me semble évident que des permis de résidence et des documents de voyage temporaires doivent être accordés à tous les Afghans, y compris leur famille élargie, qui ont aidé les militaires canadiens, aux défenseurs des droits de la personne et, en particulier, aux femmes et aux filles qui sont actuellement en danger. Je sais que des juges et des avocats ont été abandonnés à leur sort. Ils demandent aujourd’hui au gouvernement canadien de les aider.
    Je demande au gouvernement de se porter également au secours des militants afghans des droits de la personne et des Afghans qui ont de la famille au Canada, notamment ceux qui sont concernés par une demande de réunification familiale en attente de traitement.
    Parmi les habitants de ma circonscription, il y a un Afghan qui a fui son pays pour venir au Canada comme réfugié il y a trois ans. Dès qu’il a pu, il a déposé une demande de réunification familiale pour faire venir sa femme et ses enfants au Canada. Cela fait trois ans qu’ils attendent, et la demande n’a toujours pas été traitée. Aujourd’hui, étant donné la situation qui prévaut en Afghanistan, cet homme est terriblement inquiet pour sa femme et sa fille car, dit-il au bord des larmes, on ne peut pas laisser des femmes seules dans ce pays. Elles n’ont pas le droit de sortir seules pour aller faire des courses. Peut-on imaginer ce que ressentent ces familles qui sont confrontées à ce problème? Les mesures d’immigration doivent tenir compte du fait que les femmes et les filles ont vraiment besoin d’aide. À l’heure actuelle, en Afghanistan, elles ne peuvent pas circuler sans être accompagnées d’un homme. C’est cela la réalité.
    Le gouvernement doit collaborer avec des groupes de défense des droits au Canada pour identifier les personnes susceptibles de recevoir un permis de résidence temporaire et des autorisations de voyager pour se rendre dans un pays tiers. J’ajoute que le Canada doit également tenir compte du fait que, dans la situation actuelle, les Afghans sont dans l’impossibilité d’obtenir les documents de voyage nécessaires, y compris un visa valide.
    Il faut que le gouvernement du Canada les dispense pour le moment de l’obligation de présenter les papiers nécessaires et leur fournisse un permis de résidence temporaire. Une fois qu’ils seront en sécurité au Canada, il leur sera possible de faire faire les papiers nécessaires et de remplir les demandes de réunification familiale ou de parrainage de réfugiés. Il faut aussi, pour que la promesse qu’il a faite d’accueillir 40 000 réfugiés d’Afghanistan puisse se concrétiser, que le gouvernement les dispense également des exigences du système de détermination du statut de réfugié.
    Au Turkestan, où de nombreux Afghans se sont enfuis, il n’y a pas de système en place pour traiter les dossiers des Afghans qui ont quitté récemment l’Afghanistan, et ceux qui font une demande de réfugié doivent remplir toutes les conditions du système de détermination du statut de réfugié. Le gouvernement doit en prendre acte et prendre des mesures pour corriger la situation. Ce que je demande n’est pas inédit puisqu’on l’a déjà fait pour les réfugiés syriens en 2015. Si nous avons pu le faire pour les réfugiés syriens, nous pouvons certainement le faire pour les réfugiés afghans. Je demande donc qu’on prenne les mêmes mesures que celles que nous avons prises pour les réfugiés syriens.
    Les Canadiens ont le cœur sur la main et ils sont tout à fait disposés à venir en aide à ceux qui sont dans le besoin. M. Dan On est un entrepreneur prospère de Vancouver. Certains députés connaissent peut-être les produits qu’il vend: le Dan-D Pak et tous les produits connexes. Il est arrivé du Vietnam en tant que réfugié en ayant littéralement que les vêtements qu’il portait à ce moment. Il a réussi à refaire sa vie et à devenir un entrepreneur prospère. Les réfugiés du Vietnam sont souvent des exemples de réussite. Dan On a pris l’initiative de lever des fonds pour aider des réfugiés afghans, sans rien demander en retour. Il sait ce que c’est que voyager dans ces conditions et il veut les aider.
    J’implore le gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent. Que ce soit en comité ou en dehors du comité, si nous avons la volonté de le faire, nous pouvons changer le cours des choses. Il y a des vies à sauver.

  (1230)  

    Monsieur le Président, la députée soutient que tout peut être fait s'il y a la volonté politique pour le faire. En fait, je dirais qu'il y a beaucoup de volonté, de la part de tous les partis, pour trouver des solutions dans un esprit de collaboration.
    Je réfléchis à la motion et je pense qu'on pourrait dire, à tout le moins, que c'est un peu prématuré. Si nous voulons nous pencher sur le dossier des réfugiés, il y a des comités permanents pour cela. Je sais que la députée d'en face s'intéresse depuis toujours à la question des réfugiés. Ne serait-elle pas prête à dire qu'en plus du comité des affaires étrangères, nous pourrions aussi saisir le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration de la question? De nombreux membres de ce comité s'intéressent activement au dossier des réfugiés et auraient beaucoup de choses à apporter au débat sur les moyens d'aider l'Afghanistan. Ne convient-elle pas que ce serait aussi une bonne chose?
    Monsieur le Président, je ne m'intéresse pas juste un peu à la question des réfugiés, je m'y intéresse beaucoup, parce que c'est ce qu'il faut faire. Il faut une action humanitaire.
    Au sujet de la création d'un comité spécial, l'avantage dans ce cas est qu'on réunirait divers ministères pour accomplir le travail, car les mesures prises jusqu'à maintenant ne fonctionnent pas.
    Aussi incroyable que cela puisse paraître, le gouvernement a déclenché des élections au beau milieu de cette crise, qu'il savait être en gestation. Les élections ont été déclenchées le jour même où le gouvernement afghan est tombé. Le gouvernement a alors dit aux réfugiés de ne pas s'inquiéter, qu'il allait les faire venir au Canada et qu'ils devaient remplir une demande et faire parvenir l'information à Affaires mondiales Canada. Le gouvernement a envoyé des courriels particuliers à chacun d'eux, mais ces courriels sont restés en plan.
    Je ne compte plus les gens qui ont dit n'avoir rien reçu du gouvernement même si celui-ci a reconnu qu'il s'agit bien d'interprètes et que leurs familles devaient être amenées en lieu sûr. Leurs appels à l'aide sont demeurés sans réponse...
    Nous passons aux questions et observations. Le député d'Oshawa a la parole.
    Monsieur le Président, le Canada est un chef de file mondial en matière de droits des femmes et de santé maternelle et infantile. Je travaillais avec un leader afghan pour mettre sur pied un projet en Afghanistan quand tout a dérapé. Il est maintenant coincé en Turquie. Ces gens nous ont aidés à mettre en place nos initiatives et nous les abandonnons.
    Le député libéral dit que c'est prématuré. Je suis certain que ma collègue a un commentaire, car c'est un signal que nous envoyons pour nos futures missions. Le Canada doit protéger les gens qui l'appuient.
    La députée pourrait-elle nous dire ce qu'elle pense du commentaire du député libéral qui dit que c'est prématuré?
    Monsieur le Président, il est absolument essentiel et urgent que le gouvernement du Canada intervienne pour soutenir les gens et les emmener en lieu sûr. Il n'est pas trop tôt pour agir. En fait, j'estime que nous sommes en retard et aurions déjà dû intervenir dans ce dossier. Le gouvernement aurait dû agir avant les élections, même alors que l'administration précédente était en place en Afghanistan. Les conservateurs ont mis en place un programme de 2009 à 2011, qui exigeait que les Afghans comptent au moins 12 mois de service à compter de 2007 pour être admissibles à être traités comme réfugiés, même si nous savions que les Forces armées canadiennes ont livré de lourds combats entre 2006 et 2007.
    Les gouvernements qui se sont succédé ont failli à la tâche. Il n'est pas prématuré d'intervenir. Le Canada aurait déjà dû agir.
    Monsieur le Président, le gouvernement libéral utilise abondamment les tactiques d'atermoiement. Comment les libéraux peuvent-ils tergiverser alors que cette crise humanitaire coûte des vies?
    Monsieur le Président, il ne fait aucun doute que cette crise coûte des vies parce que ces gens ne peuvent trouver un refuge sûr. Le gouvernement a annoncé qu'il ferait venir au Canada 40 000 réfugiés afghans, tout en sachant pertinemment que le processus de détermination du statut de réfugié ne permet pas à ces Afghans de se mettre à l'abri et que, par surcroît, ils ne peuvent obtenir les documents nécessaires pour quitter le pays. Le gouvernement ne fait que lancer des paroles en l'air. Bref, pendant qu'il tient des propos vides de sens, des gens perdent la vie.

  (1235)  

    Monsieur le Président, c’est avec un sentiment d’obligation et d’honneur que j’interviens aujourd’hui à la Chambre pour appuyer cette motion visant à créer un comité chargé d’examiner les mesures prises par le Canada lors de l’évacuation de Kaboul du personnel et des civils canadiens ainsi que de nos amis et alliés afghans; ceux qui s’en sont sortis.
    En tant qu’ancienne ministre associée de la Défense nationale, je tiens à dire que je suis de tout cœur avec les 40 000 Canadiens et leurs familles qui ont servi en Afghanistan, ainsi qu’avec nos malades, nos blessés et, surtout, nos morts. Ils ont fait le sacrifice ultime pour les Canadiens afin que, entre autres victoires, des petites filles puissent aller à l’école en paix en Afghanistan sans craindre de se faire jeter de l’acide au visage ou d’être mariées à l’âge de neuf ans. Avons-nous oublié la tentative d’assassinat de Malala par les talibans au Pakistan, alors qu’elle défendait l’éducation des filles?
    Comme les Canadiens qui ont servi pendant la mission afghane, la guerre en Afghanistan, je tiens à dire à quel point j’ai été profondément attristée de voir le Canada baisser le drapeau et s’enfuir de Kaboul, laissant derrière lui de nombreux amis et alliés afghans, ainsi que leurs familles, pour que les talibans décident de leur sort. Les vainqueurs de Vimy, des Cent Jours, du Jour J et de Kapyong, s’ils avaient pu, auraient crié leur indignation légitime devant les scènes de l’aéroport et de la retraite finale du Canada. Pour moi et de nombreux amis et collègues, ce fut une semaine marquée par un sentiment de frustration, de faiblesse et d’écoeurement face à l’approche tiède du gouvernement, qui peut se résumer par la formule « dernier arrivé, premier sorti ».
    Pour être claire, je n’ai que des éloges pour le professionnalisme du personnel de l’ambassade canadienne et des Forces armées canadiennes, en particulier nos forces spéciales, qui ont dû ramasser les pots cassés par le gouvernement libéral. J’aimerais seulement qu’ils reçoivent du gouvernement l’amour et le soutien dont ils ont besoin en matière d’équipement moderne, mais ce n’est pas ainsi que fonctionnent les libéraux. Ce n’est apparemment pas la façon de faire du gouvernement libéral.
    En tant qu’ancienne ministre, je vois comment les décisions sont prises à huis clos; j’ai une idée du « rythme de combat » d’une crise et de la réaction qui s’impose. La réaction du Canada a été lente, excessivement bureaucratique, peu encline à prendre des risques et sans véritable leadership politique pour faire avancer les choses. Nous avons pu constater la tergiversation aux plus hauts niveaux du gouvernement libéral, car nous étions dans la période précédant les élections, puis dans une campagne électorale que les libéraux pensaient gagnée d'avance. Pour dire les choses simplement, le gouvernement avait honteusement les yeux rivés sur la création d’un gouvernement majoritaire à un moment charnière et ne se souciait nullement de l’intérêt national ou de la tragédie humaine qui se déroulait à des milliers de kilomètres de là, en Afghanistan.
    Les Canadiens ont le droit de savoir ce que le gouvernement a fait pendant la période précédant la chute de Kaboul et ce qu’il a fait par la suite. Le traité de paix avec les talibans a été signé le 29 février 2020, et plus tard, le 14 avril 2021, l’administration Biden a annoncé son intention de se retirer de l’Afghanistan avant le 11 septembre 2021.
    Je partagerai mon temps de parole avec le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles.
    Si le 29 février n’a pas sonné l’alarme à Ottawa, au Cabinet du premier ministre, au Bureau du Conseil privé, aux Affaires mondiales, à la Défense nationale ou à Citoyenneté et Immigration, il ne fait aucun doute que la sonnette d’alarme aurait dû retentir le 14 avril, la date butoir ayant été clairement fixée au 11 septembre.
    Qu’a fait le gouvernement libéral lorsque l’administration américaine a annoncé son retrait prévu? A-t-il formé un comité interministériel de députés? A-t-il établi des plans pour une réponse de l’ensemble du gouvernement? A-t-il envoyé une équipe de reconnaissance à Kaboul pour examiner la logistique en place pour faire sortir du pays des milliers de Canadiens et leurs alliés afghans? A-t-il pris les devants et commencé à évacuer, par exemple, le personnel de notre ambassade en Afghanistan et les interprètes, probablement les plus faciles à évacuer, et à les faire sortir avec leurs familles?
    Il semble que le gouvernement ait été comme un cerf figé dans le faisceau de phares et n’ait rien fait. S’il avait fait quelque chose, le gouvernement l'aurait sans doute claironné sur les tribunes de tout le pays. Au lieu de cela, il a choisi de ne rien faire, et c’est là le problème. C’était un choix.

  (1240)  

    Le gouvernement a eu des mois pour planifier, rassembler ses ressources, se pencher sur la question et procéder aux évacuations alors que le gouvernement afghan et l’armée américaine contrôlaient toujours le pays. Il ne l’a pas fait. Puis, entre mai et juillet 2021, les talibans ont commencé à réaliser des gains prévisibles sur le terrain en Afghanistan. Tandis que les forces américaines commençaient à se retirer, que l’argent se tarissait pour payer l’armée afghane, que l’Amérique retirait les consultants en logistique qui permettaient à l’armée de l’air afghane de voler et aux parcs de véhicules de l’armée afghane de se déplacer, le gouvernement canadien, ayant accès aux mêmes renseignements que nos alliés, aurait pu alors accélérer ses opérations d’évacuation.
    Avons-nous tendu la main au gouvernement pakistanais ou à l’armée pakistanaise pour leur demander de l’aide? Sachant que le vent tournait sur le terrain, qu’a fait le gouvernement libéral pour faire sortir nos gens, nos amis et nos alliés? Où était notre centre logistique? Pourquoi n’y avait-il pas une capacité de recherche en place pour traiter les demandes de visa? Près d’un mois après, le 23 juillet, le gouvernement a annoncé sa soi-disant voie vers la protection; voie vers la protection, mon œil. Presque aussitôt que le chemin de la protection a été annoncé, le gouvernement a fait demi-tour et a supprimé le délai de 72 heures pour le traitement des demandes.
    Et si nous reculions dans le temps. Quatre mois après l’annonce du retrait de l’Afghanistan par le président Biden, un premier vol d’évacuation de Kaboul atterrit au Canada. Le 10 août, les talibans contrôlent 65 % de l’Afghanistan, et se sont emparés des deuxième et troisième plus grandes villes, Kandahar et Herat. Le 13 août, les autorités canadiennes annoncent un plan pour réinstaller 20 000 réfugiés afghans, dont des interprètes, des militants, des dirigeantes et des membres de la communauté LGBTQ. Deux jours plus tard, Kaboul tombe aux mains des talibans et du réseau Haqqani. Les escadrons de la mort commencent à arpenter les rues, allant de maison en maison pour tuer des gens qui mettent leur sécurité et celle de leur famille de côté pour travailler avec des diplomates, des travailleurs humanitaires et des soldats canadiens. Le 17 août, deux autres vols atterrissent avec à bord du personnel de l’ambassade et des interprètes afghans. Pendant que des escadrons de la mort rôdent dans les rues à la recherche de nos concitoyens, le premier ministre dit qu’il n’accordera pas la reconnaissance diplomatique aux talibans. Le 20 août, les autorités canadiennes mettent fin aux tests de dépistage de la COVID et renoncent aux passeports pour les réfugiés. Le 26 août, nous sommes témoins de deux attentats suicides à la bombe à l’aéroport, et le gouvernement libéral, dans une confusion électorale, met fin à l’évacuation. Notre ambassadeur avait quitté le pays onze jours auparavant.
    Ne serait-il pas intéressant de pouvoir consulter la correspondance entre le Conseil privé, Affaires mondiales et la Défense nationale? Imaginez ce que le Cabinet du premier ministre disait aux gens à propos de la prise de risques inutiles. Tout ce temps, on voyait d’innocents Afghans qui nous ont crus sur parole tomber du train d’atterrissage d’avions dans le désespoir de partir et de trouver refuge, alors que le gouvernement libéral jouait avec les médias et l’électorat.
    Les libéraux ont dit que nous pouvions rester après le départ des Américains, que nous rapatrierons ces Afghans par voie terrestre, que nous les évacuerions de pays partenaires régionaux comme la Chine, la Russie, l’Iran et le Pakistan. C’était de la poudre aux yeux, un beau jeu pour protéger le Parti libéral du Canada et ses intérêts au détriment des intérêts nationaux et, littéralement, de la vie humaine.
    Quelles sont les priorités des libéraux? Combien de réfugiés le gouvernement libéral a-t-il secourus? Le nombre est de 3 600 et 1 200 autres en transit. Au départ, l’objectif était de 20 000 réfugiés et il est maintenant de 40 000. Ce sont des objectifs, pas la réalité.
    En 2006, pendant le conflit au Liban, le gouvernement conservateur, avec moins de temps et d’avertissement, a évacué 15 000 citoyens canadiens de ce pays déchiré par la guerre. Contrairement au gouvernement libéral, il a agi avec leadership et empressement.
    En tant qu’ancienne ministre associée de la Défense nationale, je tiens à dire que nous ne pouvons tout simplement pas oublier nos alliés dans le besoin. Les belles paroles qui ne sont pas accompagnées d'un plan sont inutiles et coûtent des vies. Il faut à tout prix former un comité spécial qui présentera des recommandations pour rationaliser la bureaucratie et faire preuve de compassion et de souplesse.
    Monsieur le Président, quelles sont les priorités?

  (1245)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours.
    Depuis le début de la journée, on a beaucoup parlé de cette motion dont l'objectif semble être de marquer des points politiques plutôt que d'arriver à des résultats concrets et rapides pour venir en aide aux gens en Afghanistan.
    À plusieurs reprises ce matin, on a dit que des gens sont présentement dans ce qu'on appelle des safehouses, ou des installations secrètes, au moment même où nous parlons ensemble et allons prendre une petite collation dans l'antichambre. Ces gens attendent que les gens d'un pays du G7, qu'ils ont aidés pendant plusieurs années, viennent les chercher. Nous avons un devoir de responsabilité.
    Mes collègues ont fait des propositions intéressantes ce matin pour ce qui est de modifier des propositions et d'apporter des amendements à cette motion. Dans l'état actuel des choses, nous ne pourrions malheureusement pas voter en sa faveur puisqu'il s'agit d'un show de boucane.
    Entre autres, on a parlé de diminuer la quantité des documents à demander, de rendre le processus plus efficace, de donner plus de pouvoir au comité et de se concentrer davantage sur le présent et l'avenir.
    Qu'est-ce qu'on fait pour passer à l'action et recruter le personnel nécessaire pour acheminer l'aide humanitaire aux gens qui en ont besoin maintenant? Est-ce que ma collègue sera favorable à cette série d'amendements?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis tout à fait d’accord avec mon ami pour dire que nous devons agir et que nous devons faire mieux. Nous sommes dans une situation critique et nous avons besoin de ce comité et de ses recommandations. Nous devons examiner la situation de plus près. Pour ce qui est de nos alliés, de nos amis, des interprètes et des personnes laissées sur place, nous devons les faire sortir, et ce, dès maintenant.
    Monsieur le Président, dans la motion, l’opposition propose de restreindre la capacité des députés à poser des questions — je crois qu’il s’agit de quatre heures— et à exprimer leurs opinions à ce comité spécial.
    La députée croit-elle que les motions présentées par le gouvernement pour limiter le temps de parole de l’opposition en comité sont plus légitimes que celles présentées par l’opposition pour limiter le temps de parole du gouvernement?
    Monsieur le Président, en général, je ne raffole pas de la clôture du débat et je sais que mon ami ne l’apprécie pas non plus, parce qu’il a beaucoup à dire dans cette enceinte, et que, tous les deux, nous aimons et craignons parfois ces interventions. Quoi qu’il en soit, la situation est grave et urgente. Si l’on souhaite l’aborder selon certains paramètres, c’est pour délimiter les discussions et obtenir les recommandations le plus rapidement possible.
    Monsieur le Président, j’ai une question concernant certains des sujets au programme du comité. Je suis aussi d’avis qu’il est urgent d’aider les interprètes et les alliés à sortir d’Afghanistan.
    Le nouveau comité abordera-t-il de façon urgente les défis qui se posent et qui se poseront pour les filles et les femmes?
    Monsieur le Président, je suis particulièrement préoccupée par le sort des femmes et des jeunes filles en Afghanistan. Nous avons tous vu les vidéos de fillettes de 9 ans vendues en « mariage », ou ce qui est qualifié de tel. C'est très grave. J'ai parlé de l'importance de l'éducation pour les filles et du fait que nos efforts leur ont permis de s'instruire. Récemment, une femme qui a siégé à l'ancien Parlement afghan a participé à un forum international sur la sécurité. Elle était éloquente. Elle était instruite. Elle était passionnée et se souciait énormément des femmes et des filles de son pays. Nous devrions être tout aussi préoccupés par leur sort.

  (1250)  

[Français]

    Monsieur le Président, dans les dernières années, le Canada a démontré qu'il n'était pas une puissance à considérer sur le plan international.
    Actuellement, on suit l'exemple des autres pays qui nous devancent par une bonne distance. Le Canada a eu plusieurs ministres des Affaires étrangères depuis 2015. Cela prend de la stabilité pour pouvoir marquer des points sur l'échiquier international.
    Le comité, dans ses réflexions, pourrait-il évaluer la pertinence d'exiger une certaine permanence au ministère des Affaires étrangères? Sinon, le Canada va continuer d'être considéré comme un joueur mineur.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous ne devrions pas être considérés comme un joueur mineur. Nous avons joué un rôle de premier plan dans les efforts déployés en Afghanistan. Je dirais que c'est avec honte que nous nous sommes retirés d'Afghanistan et que nous avons laissé des gens pour compte. En fait, nous devrions continuer à en faire plus et à jouer un rôle intégral dans les efforts visant à faire sortir ces gens du pays.

[Français]

    Monsieur le Président, pour commencer mon discours, je crois qu'il est important de remettre un peu de contexte et de comprendre pourquoi nous en sommes aujourd'hui à débattre d'une motion sur ce qui s'est passé en Afghanistan.
    Rappelons qu'il y a exactement 20 ans le Canada prenait part à une coalition internationale militaire afin de combattre le terrorisme en Afghanistan. À l'époque, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, le Canada a décidé de s'impliquer avec nos partenaires américains, britanniques et d'autres pays pour aller combattre les forces d'Al-Qaïda qui s'étaient installées en Afghanistan et qui étaient hébergées par le gouvernement taliban en place.
    La coalition comprenait évidemment les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Canada. En débarquant sur place, elle avait une mission principale, une mission de combat. C'était la première fois depuis des années que le Canada était officiellement en guerre et que nos militaires étaient appelés à combattre les terroristes talibans d'Al-Qaïda.
    Plusieurs des troupes sur le terrain, plusieurs Canadiens, ont combattu directement. Nous n'avons jamais vraiment eu de chiffres; même si l'information existe, nous n'avons jamais su combien de terroristes les soldats canadiens ont carrément tués et éliminés de la surface de la Terre, et ce, à mon grand bonheur.
    Des centaines de militaires canadiens ont apporté leur aide, et c'est un point dont il faut se souvenir. Ceux qui combattaient l'ennemi avaient un travail extrêmement difficile, complexe et dangereux, mais il y avait également des troupes déployées sur place pour aider la population, les filles et les femmes en particulier, à reconstruire des écoles, à remettre en état des sources d'eau potable et des infrastructures qui avaient été démolies par les talibans, qui sont complètement fous.
    Pendant la dizaine d'années où le Canada était directement impliqué, nos militaires sur place ont mis toute l'énergie possible pour combattre d'un côté et aider le peuple afghan de l'autre. Ce dernier était sous le contrôle total des talibans et des membres d'Al-Qaïda, même d'autres pays, qui s'installaient directement en Afghanistan pour avoir une terre et s'entraîner à faire du terrorisme.
    N'oublions pas que 158 militaires canadiens ont perdu la vie en Afghanistan. Des centaines d'autres, voire des milliers, ont été blessés. Un de mes très grands amis a sauté à trois reprises avec son véhicule en roulant sur un engin explosif improvisé. Il s'en est sorti et c'est un miracle total, parce que la plupart du temps, une fois est assez pour en mourir. Heureusement, mon meilleur ami a survécu à cela.
    Cela démontre encore une fois, en plus des 158 militaires qui sont morts soit à cause d'engins explosifs ou autrement, qu'il y a des dizaines et des centaines de personnes, comme mon ami, qui ont failli mourir pour la cause et pour aider. Ils étaient sur place en bons Canadiens qui sont déployés en mission. Lorsque le Canada se déploie en mission, c'est pour aider. Le combat est une chose, mais aider les gens est ce qui nous motive le plus. C'est ce que nous avons fait et les militaires canadiens n'ont jamais eu d'hésitation.
    À l'époque, j'étais militaire. J'ai eu moi-même à former des soldats qui ont été déployés en Afghanistan, ici au Canada, et même aux États-Unis. Il s'agissait d'entraînements sur les mesures d'intervention antiterroristes et comment rentrer dans les villages et combattre l'ennemi embusqué. J'ai également reçu des formations sur la façon d'aller annoncer à une famille qu'un militaire avait été tué. On apprenait comment composer avec la famille d'un soldat tué au combat.
    Les Canadiens peuvent être très fiers de ce que les militaires ont fait et de ce que le Canada a fait. Quelque 40 000 militaires canadiens ont été déployés au cours de ces années, autant des forces régulières que des forces de réserve. Ce furent des moments de grande fierté. C'était dangereux, mais les troupes qui s'entraînaient et qui étaient déployées avaient l'immense honneur de faire ce travail-là.
    Le Canada a cessé les combats en 2011 et a quitté l'Afghanistan en 2014. Notre mandat était accompli. Nous avions fait ce que nous pouvions faire avec les ressources que le Canada avait. Cela a été très difficile et très exigeant, même s'il y avait une fierté. Il reste que c'était très engageant pour la capacité des forces canadiennes de faire ce que nous avons fait et nous nous sommes rendus jusqu'au bout.

  (1255)  

    Les États-Unis, la Grande-Bretagne et d'autres pays sont restés plus longtemps afin de s'assurer de la stabilisation de l'Afghanistan, afin de s'assurer que le gouvernement en place pouvait continuer. Malheureusement, comme nous l'avons vu cet été, cela s'est effondré. Tout le monde est sorti de l'Afghanistan le 31 août 2021. Les talibans ont maintenant repris le pouvoir.
    Que s'est-il passé là-bas? Qu'est-il arrivé pour que 20 ans d'efforts se terminent par une perte totale de contrôle sur la situation et par la reprise du pouvoir par les talibans?
    Nous devons faire la lumière là-dessus et recueillir le plus d'informations possible, mais surtout revenir en arrière et comprendre pourquoi le Canada n'a rien fait pour aider nos alliés sur le terrain, les Afghans qui ont travaillé pour nous, les Wali et Mohammed de ce monde. Ces gens qui étaient interprètes ou cuisiniers, ainsi que leur famille, ont pris des risques pour leur vie.
    N'oublions pas que, pendant les 10 années que nous avons passées là-bas, des centaines de milliers de personnes, des Afghans, sont venus nous aider au péril de leur vie. En effet, à partir du moment où un Afghan était associé aux Forces armées canadiennes, il était vu comme un ennemi par les talibans. Ces gens ont pris des risques énormes pour leur vie et celle de leur famille pour nous aider à accomplir la mission, pour aider le Canada et les alliés à sauver leur pays.
    Avant le 31 août 2021, cela faisait des mois qu'on savait que cela s'en venait, qu'il y avait un problème et que ces personnes étaient menacées de mort. Les ONG avaient averti le Canada et les pays de la coalition. Tout le monde avait été averti.
    Les Américains se sont préparés à aider les Afghans qui les avaient aidés. Au Canada, il n'y a pas eu de son, pas d'image. Nous nous sommes retrouvés en pleine campagne électorale. On a tout à coup réalisé qu'on avait des amis là-bas et qu'on les avait abandonnés.
    Le premier ministre préférait être une campagne électorale. Ce que nous sentions, c'est qu'on se foutait de ce qui se passait en Afghanistan, qu'on se foutait d'eux. Si tel n'est pas le cas, c'est en tout cas ce qui transpirait des propos du premier ministre et des libéraux. On ne sentait aucune considération pour les Afghans qui ont aidé le Canada pendant toutes ces années.
    Pourtant, des avertissements ont été lancés. Tout le monde savait que le danger arrivait et qu'il fallait agir. Il est certainement complexe d'intervenir, mais, lorsque les Américains et les Britanniques sont encore là bas, c'est le temps d'agir. On ne doit pas attendre le 31 août, quand tout le monde est parti, et arriver après en disant, comme en témoignent les réponses que j'ai reçues du premier ministre lors de la période des questions, que c'est compliqué d'intervenir. C'est sûr que c'est compliqué, mais qu'ont fait les libéraux quand c'était le temps d'agir?
    C'est la raison pour laquelle l'opposition officielle, avec l'appui des deux autres groupes de l'opposition, espérons-le, obtiendra la mise sur pied d'un comité spécial. C'est dans le but de faire la lumière là-dessus. Je suis d'accord avec mes collègues du Bloc québécois pour dire qu'il faut des actions immédiates et j'espère que, de l'autre côté de la Chambre, le gouvernement en place est en train de se bouger. J'espère que les libéraux bougent vite et qu'ils sont en train de faire tout ce qu'ils peuvent pour aider des gens comme Wali et leur famille à venir ici.
    Nous avons besoin de fouiller et de comprendre pourquoi notre gouvernement n'a pas agi de façon plus efficace, de comprendre ce qui n'a pas été fait et pourquoi c'est arrivé, afin que cela ne se reproduise plus. Voilà pourquoi nous, en tant que parlementaires, avons un travail à faire.
    Le comité spécial qui sera mis sur pied pourra faire les vérifications nécessaires afin de nous aider à comprendre. Si le gouvernement doit recevoir un blâme, il le recevra. S'il n'y avait pas d'autres moyens d'agir, nous le saurons. L'important est de faire la lumière, et c'est la raison pour laquelle nous sommes là aujourd'hui. Afin qu'on puisse faire la lumière, tous les parlementaires doivent voter en faveur de cette motion.
    Je suis d'accord avec le Bloc québécois: il faut agir dès maintenant. C'est toutefois à eux, de l'autre côté de la Chambre, de se dépêcher à sortir de leur pays les Afghans qui sont actuellement en danger de mort.

  (1300)  

    Monsieur le Président, la motion des conservateurs me fait penser à la relation que j'ai avec mon collègue de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles sur Twitter. Disons que mes intentions ne sont pas toujours les plus favorables quand on échange sur Twitter, et j'ai l'impression que, ce que tentent de faire les conservateurs, c'est surtout d'embêter le gouvernement.
    Je demande à mon collègue s'il ne serait pas d'accord avec moi à l'égard du fait qu'il y aurait un amendement à formuler sur ce que proposent les conservateurs pour surtout insister sur le présent et l'avenir au point de vue humanitaire.
    Ne serait-ce pas là une bonne façon de défaire ce nœud qui nous laisse peut-être l'impression que l'objectif de mes amis conservateurs est de faire mal paraître le gouvernement?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Jonquière de sa question. Nous aimons effectivement nous taquiner de temps en temps sur Twitter.
    Dans la première partie de sa question, il affirme que notre motion a pour but de faire mal paraître le gouvernement. Pourtant, si le gouvernement avait bien travaillé, nous ne débattrions pas de cette motion aujourd'hui et nous pourrions débattre d'une motion sur un autre sujet. Si le gouvernement a mal travaillé, c'est à lui de répondre de ses actes.
     Concernant la deuxième partie de sa question, on m'a informé que le Bloc avait des propositions d'amendements, lesquelles sont à mon avis très acceptables. Je ne peux pas donner de confirmation finale, parce que ce n'est pas moi qui gère ce dossier, mais je pense que le Bloc soulève des points intéressants. L'important, c'est que nous puissions adopter une motion qui satisfait tout le monde afin que le gouvernement réponde de ses actes.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai posé cette question à d'autres personnes et j'aimerais bien que le député y réponde.
    Nous avons des comités permanents des affaires étrangères, de l'immigration et de la défense, qui ont souvent coordonné leurs efforts. Les députés pourraient s'impliquer davantage.
    Je me demande si le député considère que les comités permanents ont un rôle à jouer dans ce dossier. Faudrait-il les écarter à la faveur de cette motion?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Cela fait du bien de le voir à la Chambre et je le remercie donc de sa présence.
     Le fait est que tous les comités sont déjà débordés, car ils doivent mener différentes études sur des sujets précis ou sur des projets de loi. On a par exemple dû créer le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, car il fallait étudier énormément de sujets.
     Plus récemment, on a créé le Comité spécial sur la relation économique entre le Canada et les États-Unis. S'il est nécessaire de créer des comités spéciaux, c'est parce qu'il y a trop de sujets à étudier et que les comités qui sont déjà en place n'ont pas le temps de le faire. Par exemple, si on demandait au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international de mener une étude, il se pourrait que cela prenne six mois, voire un an.
    Il y a donc urgence d'agir et je crois que suffisamment de parlementaires souhaiteraient siéger aux comités spéciaux. Cela ne pose donc pas problème, car tous seraient heureux de participer à ces comités.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son dévouement et des services qu'il a rendus à notre pays, notamment en préparant les militaires canadiens à venir en aide aux Afghans dans leur pays.
    Il a souligné les risques que courent quotidiennement les Afghans à cause des talibans. Je connais d'expérience la torture et les mauvais traitements que pratiquent les talibans et je sais à quel point ils peuvent faire preuve de brutalité lorsqu'ils exercent une vengeance contre ceux qu'ils accusent de ne pas les soutenir.
    J'aimerais que le député nous en dise davantage sur l'urgence de constituer ce comité pour qu'il fasse de solides recommandations au gouvernement afin que celui-ci agisse dès maintenant.

  (1305)  

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Il est un grand soldat qui a effectué des missions en Afghanistan et en Irak. Lorsqu'il a été élu pour son premier mandat, il arrivait d'Irak. Je le remercie de son service militaire.
    On sait que les talibans sont capables des pires cruautés possibles sur terre. Ces gens sans foi ni loi font ce qu'ils veulent d'un enfant de cinq ans, puisque, à leurs yeux, il ne représente qu'un morceau de viande. Les talibans ne méritent aucun respect, car ils ne respectent pas la vie humaine. C'est pour cette raison qu'il y a urgence d'agir. Les gens là-bas sont dans une situation précaire et leur sécurité présente un danger imminent. Pour un taliban, tuer quelqu'un qui a aidé le Canada, c'est comme tuer une mouche.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la discussion d’aujourd’hui est intéressante et importante. Plus tôt, j’ai posé une question au chef de l’opposition officielle et, avant de la poser, j’ai fait des commentaires sur ce que nous avons en commun. Une chose sur laquelle nous sommes tous les deux d’accord, c’est la reconnaissance et l’affection que nous avons pour les membres des Forces canadiennes et, plus encore, pour les militaires qui ont servi en Afghanistan.
    La Chambre des communes a été saisie de la question de l’Afghanistan à de nombreuses reprises au cours de la dernière décennie et même avant. En fait, c’était bien avant ma première élection à la Chambre des communes en 2010. Je veux aborder la question du processus, d’abord et avant tout en tant que parlementaire, mais aussi comme quelqu’un qui a participé à la campagne électorale et qui a entendu ce que le chef de l’opposition et d’autres députés ont dit au sujet du déclenchement des élections, des priorités et ainsi de suite.
    À l’époque de la guerre en Irak, le premier ministre Jean Chrétien avait subi beaucoup de pressions pour que nous participions. Si je me souviens bien, les conservateurs nous avaient reproché de ne pas l’avoir fait. Je crois que le NPD était également opposé à ce que nous participions. Le premier ministre de l’époque avait décidé que le Canada n’interviendrait pas directement, même si les Américains voulaient que nous le fassions.
    Nous avions fait valoir que nous voulions travailler avec les Nations unies et d’autres pour régler le problème du terrorisme et les autres problèmes qui se posaient dans cette région du monde. C’est quelque part au début des années 2000, en 2001 ou 2002, qu’il a été décidé que le Canada aurait une présence là-bas en y envoyant les membres de nos forces. Cela ne devrait jamais être sous-estimé.
    Nous avons entendu des députés dire qu’ils ont servi. L’ancien ministre de la Défense est, à mon avis, un héros. Je crois qu’il a passé deux ou trois mandats en Afghanistan ou dans cette région du monde. Un certain nombre d’autres députés aussi ont servi.
    J’ai eu le privilège de servir dans les Forces canadiennes, mais c’était au début des années 1980, alors je n’ai jamais été déployé. Cependant, le 11 novembre, je participais aux défilés avec des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, après quoi nous étions invités dans les légions pour entendre les histoires d’horreur de cette guerre. Il est important de reconnaître les sacrifices qu’ont faits les membres des Forces canadiennes, et nous devons affirmer très clairement que nous ne les oublierons jamais et que s’il y a des leçons à tirer de cela, nous le ferons.
    Au bout du compte, je crois qu’aucun député libéral ne dit que nous ne pouvons rien apprendre de ce qui s’est passé. Des comités permanents existent déjà, et rien ne les empêche d’étudier ce qui est proposé aujourd’hui par l’opposition officielle.
    Je crois que la motion comporte un aspect politique. Ceux qui croient le contraire devraient lire certains discours du chef de l’opposition officielle. Je refuse de reconnaître qu’il n’y a pas un aspect politique dans cette motion, parce que c’est le cas. Si les députés de l’opposition pensent qu’il est temps de mettre la politique de côté, pour l’instant du moins, je crois qu’ils minent la valeur potentielle de nos comités permanents.

  (1310)  

    Les députés de l’opposition proposent un comité composé, si je ne m’abuse, de 12 membres. Nous avons déjà des comités permanents, et celui des affaires étrangères a pour mandat de s’occuper de cet enjeu. En fait, il pourrait même coordonner les travaux de nos deux autres comités permanents, celui de l’immigration et celui de la défense.
    Cela permettrait à un plus grand nombre de ressources et de députés de contribuer à cette étude. Évidemment, cela ne s’applique que si l’opposition officielle dit vrai, s’il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières politique, mais du désir de mieux comprendre ce qui s’est passé. Voyons d’abord où en arriveront les débats des comités permanents. Suivant la direction qu’ils prendront, nous aurons peut-être besoin d’une motion de suivi comme celle-ci. À mon avis, tout ce qui précède cela est quelque peu prématuré et risque même d’être politiquement motivé.
    L’Afghanistan s’est déjà trouvé dans une situation similaire à celle d’aujourd’hui. En 2009, lorsque nous étions en situation minoritaire et que les conservateurs étaient au pouvoir, ceux-ci considéraient toujours la production de documents comme un enjeu important. Nous reconnaissons cela et nous le comprenons. Voilà pourquoi le leader du gouvernement à la Chambre, l’autre jour, a proposé à la Chambre une solution pour régler le problème du laboratoire de Winnipeg et des dossiers que réclamaient les députés de l’opposition. Cette solution apaiserait les préoccupations des parlementaires au sujet de la divulgation de documents.
    Lorsque nous formions l’opposition officielle et que les conservateurs étaient au pouvoir, le gouvernement a eu besoin de documents importants pour la sécurité nationale et plus encore. Stephen Harper, Michael Ignatieff et le chef du Bloc ont alors conclu une entente. Ils comprenaient qu’ils n’auraient pas intérêt à adopter une motion générale comme celle dont nous sommes saisis aujourd’hui.
    Je vais revenir un peu en arrière. J’ai dit plus tôt que dans mon rôle de parlementaire, un aspect de cette motion m’intéresse beaucoup. Je vais lire cette partie. C’est vraiment intéressant. Lorsque j’étais dans l’opposition, je n’aurais jamais appuyé une telle motion. Les conservateurs proposent que:
    [L]orsque les réunions de Comité en format hybride sont autorisées, toute délibération du Comité portant sur une motion relative à l’exercice de son pouvoir d’ordonner la comparution de témoins et la production de documents ou de dossiers n’ayant pas donné lieu à une décision devra être interrompue, selon la première occurrence, après quatre heures de débat ou une semaine de séance après que la motion ait été proposée [...]
    Les conservateurs parlent de tradition parlementaire, mais il semble qu'il y ait en quelque sorte deux poids, deux mesures pour les comités permanents, ou du moins ceux auxquels j'ai siégé. Je voudrais demander à mes collègues de l'opposition, s'ils pensent voter en faveur de cette motion, de me nommer un autre comité permanent, surtout lorsque les conservateurs sont au pouvoir, où les députés, qu'ils fassent partie du gouvernement ou de I'opposition, ne peuvent plus discuter et poser des questions.
    Il était intéressant d'écouter les observations du chef de l'opposition officielle. Il a déclaré qu'il parviendrait peut-être à faire adopter cette motion si les néo-démocrates ne collaboraient pas avec les libéraux. Il essaie en quelque sorte de provoquer le NPD.

  (1315)  

    Certes, nous reconnaissons tous que le NPD a un rôle très important à jouer dans les circonstances et que les conservateurs essaient peut-être d'inciter le NPD par la honte à appuyer ce qu'ils tentent d'accomplir. Toutefois, en tant que député, je suis d'avis qu'il ne s'agit pas d'une motion judicieuse qui mérite l'appui de la Chambre des communes. La motion doit être modifiée, à tout le moins.
    Jamais les conservateurs ne défendraient une telle chose pour les députés de l'opposition dans d'autres comités permanents, parce qu'ils comprennent à quel point il est important de respecter le droit de parole d'un député dans un comité permanent. Il arrive parfois qu'il faille faire avancer des dossiers et, malheureusement, il faut alors imposer des limites de temps en temps. Toutefois, je ne crois pas que cet aspect de la motion soit acceptable, étant donné le sujet dont il est question et la composition du comité.
    La motion propose ceci:
(vi) le gouvernement dépose aussi auprès du légiste et conseiller parlementaire dans les deux langues officielles, dans un délai d’un mois suivant l’adoption du présent ordre, une copie annotée des documents présentant des propositions visant à caviarder les renseignements qui, de l’avis du gouvernement, risquent (A) de nuire à la sécurité nationale et de compromettre les tactiques ou stratégies militaires du Canada ou d’un autre pays allié [...]
    On y parle ensuite de la nécessité d’assurer la sécurité nationale. Donc, dans la motion comme tel, on reconnaît qu’il y a des documents très délicats, et que ceux qui les consultent doivent détenir une cote de sécurité élevée.
    Il existe déjà un comité permanent qui peut se pencher sur les sujets qui sont proposés. Nous faisons partie du Groupe des cinq — au sujet duquel, à ce jour, tous les partis s’entendent — qui détient l’autorisation de sécurité requise. Nous sommes déjà saisis d’une motion du leader du gouvernement à la Chambre, comme je l’ai souligné, concernant le laboratoire et la divulgation de documents qui préoccupent le ministère de la Santé sur le plan de la sécurité. Il existe un mécanisme d’arbitrage. Tous les partis ont une occasion en or, puisqu’il s’agit d’un mécanisme très apolitique.
    Qu’en pense l’opposition officielle, en particulier, qui dit toujours qu’elle est prête à collaborer pour régler cette question? Cela ne pourra se faire que si l’opposition manifeste la volonté politique de collaborer.
    Là où nous sommes d’accord, c’est sur la nécessité d’examiner ces sujets et de poser ces questions. Il n’y a pas que les députés de l’opposition qui ont des questions. Bon nombre de ministériels en ont aussi et veulent, eux aussi, entendre les réponses.
    Nous n’essayons pas de cacher quoi que ce soit. Ce n’est pas l’intention du gouvernement, mais un peu comme lorsque Stephen Harper était premier ministre et que la Chambre a été saisie d’un autre dossier concernant l’Afghanistan, un accord a été conclu avec les trois plus grands partis à la Chambre, soit les libéraux, les conservateurs et le Bloc. Qu’est-ce qui pourrait avoir changé, à part le fait que les libéraux sont sur les banquettes ministérielles et que les conservateurs sont sur celles de l’opposition? Le Parti conservateur n’a-t-il aucun intérêt à essayer de régler ce problème? En adoptant cette motion, qui reste à déterminer, j’espère que les députés examineront ce qu’on leur demande.
    En 2001, il y a eu participation des Forces canadiennes, d’une façon ou d’une autre. Je n’en connais pas les détails. En 2002, les Forces canadiennes ont vraiment commencé à être déployées. En 2006 ou 2007, elles ont été déployées en bien plus grand nombre et, en 2014, le gouvernement de l’époque a annoncé leur retrait.

  (1320)  

    Durant cette période, 159 membres des Forces armées canadiennes ont trouvé la mort en Afghanistan, sans parler des militaires qui sont revenus avec des blessures et des séquelles psychologiques ni du personnel personnel non militaire. Je pense que nous avons le devoir envers ces personnes d’agir de manière correcte et appropriée. Dans un premier temps, ne politisons pas cet enjeu. Nous devons faire preuve de compassion.
    Des députés ont mentionné que durant la campagne électorale, nous avons parlé d’accueillir 20 000 réfugiés. En 2015, la crise faisait rage en Syrie et nous nous sommes engagés à accueillir 25 000 réfugiés. Les conservateurs ont semblé dire que nous n’arriverions jamais à atteindre ce nombre et que cet engagement n’était qu’une manœuvre électorale. Nous avons très largement dépassé ce nombre.
    Nous prenons très au sérieux nos engagements. Nous parlons maintenant d’accueillir 40 000 réfugiés. Le député a fait mention des personnes qui ont soutenu les Forces canadiennes. Lorsque j’étais dans l’opposition, je me rappelle avoir parlé aux médias des traducteurs anglophones qui soutenaient les Forces canadiennes et de la nécessité de leur venir en aide. Nous avons soulevé cette question pour la première fois en 2013 ou en 2014 et nous avons mis le gouvernement au défi de répondre à ce besoin.
    Il n’est pas nécessaire de nous dire quoi faire. Nous comprenons. Nous savons ce que les Canadiens attendent de leur gouvernement. Nous atteindrons tous les objectifs établis par le ministre de l’Immigration et la ministre des Affaires étrangères et nous remplirons les engagements pris par le ministère de la Défense. Je suis convaincu que nous avons aujourd’hui l’occasion d’apporter une aide humanitaire. Nos diplomates en poste partout dans le monde suivent de très près la situation des réfugiés. Je félicite les fonctionnaires et les diplomates qui doivent traiter des dossiers très complexes sept jours sur sept. Le gouvernement est ouvert aux idées, qu’elles viennent du caucus libéral ou des caucus de l’opposition.
    Au bout du compte, je pense que nous pouvons tirer des leçons de cette situation. Je ne suis toutefois pas convaincu que la motion dont la Chambre est saisie serve véritablement notre intérêt. Je comprends pourquoi l’opposition officielle a présenté cette motion et je suppose que d’autres partis de l’opposition l’approuveront. Il y aurait peut être lieu d’y apporter des amendements. Si l’opposition acceptait d’en discuter avec le gouvernement, nous pourrions en arriver à un dénouement positif, à l’instar de la résolution adoptée en 2010 par Michael Ignatieff, Stephen Harper et le chef du Bloc. Ils y sont arrivés parce qu’ils ont reconnu l’importance de la sécurité nationale et des intérêts du Canada ainsi que ceux des milliers de personnes qui ont été directement touchées par la divulgation de renseignements.
    Voilà pourquoi j’aurais préféré de beaucoup qu’il y ait des négociations avant d’en arriver où nous sommes. J’exhorte les députés de l’opposition à ne jamais renoncer à la négociation. Le dépôt de motions de cette nature est une solution de facilité.

  (1325)  

    Monsieur le Président, j’aimerais commencer par rectifier ce qui a été dit par le député d’en face: 158 Canadiens ont perdu la vie en Afghanistan, et non 159.
    Pendant son discours, le député a parlé de partisanerie, et pourtant il a passé plus de temps à parler de l’opposition officielle et du passé que de la motion à l’étude. Cette motion porte sur l’urgence d’aider les Afghans qui ont risqué leur vie pour aider les Canadiens, ces Afghans que nous sommes sur le point d’abandonner. Il a suggéré que la question soit éventuellement traitée dans les comités permanents. Malheureusement, pendant la dernière législature, en particulier au comité de la défense, nous avons constaté que les députés libéraux faisaient de l’obstruction systématique. Le député ne devrait donc pas s’étonner qu’une partie de la motion essaie de résoudre ce problème.
    Le député est-il prêt à défendre les Afghans qui ont contribué à sauver des vies canadiennes en votant pour cette motion, oui ou non?
    Monsieur le Président, lorsque je siégeais dans l'opposition, j'ai défendu les interprètes et j'ai fait valoir qu'ils devaient être en mesure de venir au Canada, compte tenu des services qu'ils ont rendus à notre pays. Je crois que la plupart des parlementaires, sinon tous, reconnaissent la précieuse contribution des Afghans qui ont mis leur vie en danger de bien des façons. Nous sommes tous inquiets. C'est l'une des raisons pour lesquelles le premier ministre et le gouvernement ont pris l'engagement ferme d'accueillir 40 000 réfugiés en provenance de ce pays. Nous atteindrons cet objectif, et si certains ont besoin d'être convaincus, ils n'ont qu'à regarder l'engagement que nous avons pris à l'égard des réfugiés syriens et le fait que nous avons dépassé l'objectif de 25 000 personnes que nous nous étions fixé à l'époque.
    Ce sens de l'engagement est là. La passion et la compassion sont présentes de part et d'autre de la Chambre, car nous voulons tous résoudre ce problème pour le mieux.

[Français]

    Monsieur le Président, mon collègue de Winnipeg-Nord fait toujours des discours très élaborés qui touchent à plusieurs éléments. Cependant, n’est-il pas capable d’admettre qu’il y a eu des manquements et des communications confuses de la part du gouvernement? On demandait aux gens de passer des tests de dépistage de la COVID-19, de remplir de la paperasse et d'avoir des passeports valides alors que le pays était en guerre. À un moment donné, il faut agir rapidement.
    De l'avis du Bloc québécois, la motion n’est pas à écarter complètement, mais elle pourrait s’inscrire dans une motion visant à réclamer des choses sur le plan humanitaire. Mon collègue est-il d’accord sur la création d’un comité qui déciderait des documents à fournir, qui serait responsable de ses propres délais et qui analyserait la situation humanitaire afin d’aider réellement le peuple afghan?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je voudrais parler de l'entente signée par Gilles Duceppe, l'ancien chef de la députée, Michael Ignatieff et Stephen Harper. Ils ont reconnu qu'il y avait de l'information très délicate, mais une entente a été conclue et des documents ont été communiqués. Nous ne disons pas que nous ne devrions pas étudier cette question. Le gouvernement ne dit pas cela.
    Nous nous interrogeons sur ce qui serait sur la meilleure façon de procéder. Le leader du gouvernement à la Chambre des communes a fait une recommandation concernant Santé Canada et la question des laboratoires, ce qui permettrait de faire cela. Étant donné le désir politique de traiter cette question de façon apolitique, pourquoi ne pas permettre la négociation pour en arriver à une conclusion? Au lieu de cela, l'opposition tente de forcer le gouvernement ou le Président à rendre une décision. C'est quelque chose qui peut être négocié et qui devrait l'être.

  (1330)  

    Monsieur le Président, je comprends les réserves du député de Winnipeg-Nord. Je pense que tous les députés souhaitent sincèrement étudier la question en profondeur. Nous pourrons discuter de la meilleure façon de procéder, mais les conservateurs ont présenté une motion, et nous devons l’examiner.
    S’agissant du paragraphe où il est question d’un ordre de la Chambre, je suppose que cette partie de la motion s’inspire des expériences que l’opposition a vécues pendant la législature précédente. J’ai entendu des députés libéraux dire que notre temps était précieux. À mon avis, l’adoption de cette partie de la motion ferait gagner du temps au comité, car si celui-ci se heurtait à de l’obstruction ou à des retards pour obtenir les informations demandées, il pourrait au moins se prévaloir d’un ordre de la Chambre.
    Le député ne pense-t-il pas que cette partie de la motion s’inspire d’expériences vécues, et qu’elle nous donnerait vraiment les outils nécessaires pour faire notre travail et obliger le gouvernement à nous rendre des comptes ?
    Monsieur le Président, le député connaît bien M. Christopherson d'Hamilton. J’ai déjà eu l’occasion d'échanger au comité avec lui sur des sujets comme la Loi électorale, et il pouvait en parler pendant des heures. Même si je trouvais cela parfois ennuyeux, je respectais ce qu’il avait à dire. Dans les comités permanents, je crois vraiment que nous pouvons négocier des compromis pour améliorer les choses.
    Que ce soit dans les assemblées législatives provinciales, ici à Ottawa ou dans les parlements étrangers, l’obstruction permet parfois d’améliorer les choses. J’invite les députés à bien réfléchir à la question. En fait, cette motion est un peu prématurée. Nous sommes censés négocier au mieux de nos intérêts avant de présenter une motion de ce genre, et c’est ce que j’aurais préféré qu’on fasse.
    Si Gilles Duceppe, Michael Ignatieff et Stephen Harper ont réussi à s’entendre sur la question de l’Afghanistan en 2010, pourquoi ne pouvons-nous pas le faire aujourd’hui ? Pourquoi une telle confrontation ? Je ne pense pas que cette confrontation soit nécessaire puisque nous sommes tous d’accord pour examiner la question et en tirer des leçons.
    Monsieur le Président, pour répondre à mon collègue de Winnipeg Nord, je dirai que s’il y a un risque de confrontation sur cette question, et je dis bien si, car ce n’est pas ce que nous constatons, c’est parce qu’on ne nous a donné aucune information. Or, le gouvernement détient cette information depuis le printemps dernier. S’il nous l’avait présentée et qu’il avait pris les mesures nécessaires, nous ne présenterions pas cette motion aujourd’hui et nous aurions déjà des résultats concrets.
    Nous devrions avoir une réunion spéciale pour la simple raison que, comme le dit la motion, toute information susceptible de compromettre la sécurité du Canada ou de l’Afghanistan peut être caviardée.
    Mon collègue ne veut-il pas sauver la vie des Afghans qui nous ont aidés à améliorer la situation de leur pays ?
    Monsieur le Président, à mon avis, nous touchons le fond du problème. Ce n’est pas exact car, s’il y a tentative de caviardage, le comité peut opposer son veto. C’est une raison parmi d’autres.
    J’invite les députés à prendre connaissance de la réponse donnée par le leader du gouvernement à la Chambre sur la question des laboratoires et du mécanisme d’obtention des informations. Je pense que nous devrions avoir un autre mécanisme pour la sécurité nationale et l’intérêt supérieur des Forces armées canadiennes, ainsi que l’intérêt supérieur de la population dans son ensemble. Voilà ce qu’il nous faut, et ce n’est pas dans la motion.

  (1335)  

[Français]

    Monsieur le Président, ma question sera brève, mais j'imagine que la réponse va être longue, et je souligne la nuance.
    Mon collègue peut-il nous parler de ce qui est arrivé par le passé lorsque M. Harper, M. Duceppe et une troisième personne, dont j'ai oublié le nom, ont trouvé une façon d'examiner un tel dossier?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous avons beaucoup à apprendre de l’accord conclu entre le Bloc, les libéraux et les conservateurs à l’époque où Stephen Harper était premier ministre.
    Nous avons beaucoup à apprendre. Je suggère aux partis de l’opposition et, en fait, à tous les députés d’examiner les avantages de ces négociations. Je sais que le leader du gouvernement à la Chambre est très ouvert à l’idée de discuter de cette question et de la régler. Tous les députés, y compris les députés libéraux, tiennent à ce que l’on mène une étude à ce sujet.
    Monsieur le Président, comme il s’agit de ma première allocution au Parlement, je tiens à remercier les merveilleux électeurs de Calgary Forest Lawn de m’avoir accordé leur confiance en me chargeant de les représenter. Je remercie aussi ma famille de m’avoir soutenu ainsi que toutes les personnes qui m’ont amené ici.
    Je prends la parole aujourd’hui pour appuyer cette importante motion. La chute de l’Afghanistan a été tragique, et cette tragédie est toujours en cours. Les États-Unis ont annoncé leur intention de retirer leurs troupes. On savait que dès que les soldats américains auraient quitté le pays, les talibans en prendraient le contrôle en un rien de temps.
    Lorsque les États-Unis ont annoncé leur retrait, d'anciens combattants, des ONG et des experts ont prévenu les gouvernements du monde entier qu’ils devraient s’occuper de toute urgence des interprètes et des employés de soutien afghans et de leurs familles. Pourtant, au moment de la chute de Kaboul, le Canada n’avait établi aucun plan concret pour intervenir face à cette situation qui ne cessait de se détériorer.
    Le gouvernement a prétexté qu’il devait protéger la sécurité nationale, pendant que nos alliés de l’OTAN lançaient des opérations d’évacuation à grande échelle pour extraire de la zone de conflit leurs citoyens et les Afghans qui les avaient soutenus.
    Voilà près de quatre mois que Kaboul est tombé, et la semaine dernière, nous avons enfin vu le premier avion de réfugiés parrainés par le secteur privé atterrir au Canada. Près de 120 jours se sont écoulés, et le gouvernement n’a toujours pas établi de plan ni d’échéancier pour réinstaller 40 000 réfugiés afghans, comme il l’avait promis. Le gouvernement a eu des mois pour se préparer, des mois depuis que les États-Unis ont commencé à retirer leurs troupes et des mois depuis que les talibans ont pris le contrôle du pays. Dire que la situation en Afghanistan est désastreuse est un euphémisme. Il y a de plus en plus de pénuries alimentaires, très peu ou pas du tout d’accès à des fonds, et les déplacements à l'extérieur du pays sont extrêmement limités.
    Les talibans pourchassent activement toutes les personnes qui ont appuyé l’OTAN et les Forces canadiennes. Le régime arrête des membres de minorités religieuses, notamment des sikhs, des hindous, des chrétiens, des hazaras et des musulmans ahmadis. On les accuse de blasphème, on menace la vie de ces innocents et, dans bien des cas, on les tue. Les défenseurs des droits des femmes, les membres de la communauté LGBTQ, les militants prodémocratie et toutes les personnes qui ont le courage de dénoncer les talibans sont harcelés, torturés et mis à mort. Ces personnes vulnérables sont coincées en Afghanistan. Elles assistent à l’arrestation arbitraire et même à l’assassinat en pleine rue de leurs amis, de leurs proches et de leurs voisins.
    Au beau milieu de la prise de contrôle par les talibans, le premier ministre a déclenché des élections inutiles et injustifiées. Il a dissous le Parlement et, de ce fait, il a permis à son gouvernement d’échapper à toute obligation redditionnelle. Chaque fois que nous demandons au ministre de l’Immigration ce que le gouvernement compte faire pour remédier à ce désastre, il répond que c’est compliqué, qu’ils n’ont pas assez d’information et qu’ils travaillent à ce dossier.
    Les députés savent-ils vraiment ce qui est difficile? Ce qui est difficile, c’est lorsqu’une personne doit se cacher dans le pays pour lequel elle s’est battue, sachant qu’elle est inscrite sur une liste et qu’elle est pourchassée par un régime ayant des liens historiques avec certains des terroristes les plus impitoyables de l’histoire. Ce qui est difficile, c’est vivre dans un pays sans argent ni nourriture, incapable de faire vivre sa famille, de pratiquer sa religion ou de dire ce que l’on pense. Voilà ce qui est difficile.
    Le gouvernement a eu des mois pour planifier, et maintenant des mois pour évacuer ceux qui ont servi aux côtés de nos forces et à notre ambassade. Aujourd’hui, il présente des excuses et parle d’un engagement important à l’égard de la réinstallation de 40 000 réfugiés au Canada. Cependant, comme d’autres promesses libérales, celle-ci sera sûrement oubliée, tout comme le gouvernement n’a rien fait pour sauver les gens qui étaient coincés à l’aéroport quand les talibans ont repris le pouvoir.
    La situation n’est devenue que plus urgente après l’atteinte à la sécurité des données à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, qui a divulgué les renseignements personnels de centaines des réfugiés afghans. Lorsque j’ai écrit au commissaire à la protection de la vie privée pour demander une enquête, je savais que le gouvernement ne ferait rien à ce sujet. Je me réjouis de l’enquête menée par le commissaire sur cette atteinte à la vie privée potentiellement mortelle, et j’espère que le gouvernement apportera les changements qui s’imposent pour empêcher d’autres fuites de données sensibles. Cet incident, conjugué à l’inaction du gouvernement, ne me permet pas de croire que le premier ministre ou son Cabinet ont l’intention de faire quoi que ce soit.
    Il ne semble pas y avoir de sentiment d’urgence chez les libéraux. C’est d’une tristesse inouïe. Les réfugiés afghans se sentent abandonnés. Ils sont coincés dans un pays où ils sont chassés par le régime. Ma boîte de réception est inondée de courriels d’interprètes afghans et d’autres personnes vulnérables qui ont désespérément besoin d’aide. Ils nous implorent de faire quoi que ce soit pour les aider. Leurs appels et leurs courriels à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada restent sans réponse. Ils ne peuvent même pas obtenir du ministère un accusé de réception indiquant si leur dossier est en cours de traitement ou non. C’est bien beau que le ministre dise qu’ils sont en train d’y travailler, mais ces familles sont complètement laissées dans l’ignorance, tout comme les dizaines de milliers de personnes qui sont prises dans l’énorme arriéré de demandes du gouvernement.

  (1340)  

    Il n’y a pas que ceux qui sont coincés en Afghanistan. Cet automne, j’ai rencontré d’anciens interprètes afghans qui ont été réinstallés au Canada par l’ancien gouvernement conservateur. Maintenant que les talibans ont repris le pays, ils cherchent à faire sortir leurs familles et à les faire venir au Canada le plus tôt possible. Ils m’ont raconté comment leur famille était plus en danger aujourd’hui que jamais. Cependant, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada se traîne les pieds et laisse ces gens dans l’ignorance.
    Lorsque le gouvernement afghan est tombé, les fonctionnaires n’ont pas eu le temps de détruire les documents de nature névralgique, si bien que les talibans ont toute l’information sur tous ceux qui ont servi dans la Force internationale d’assistance à la sécurité, l’armée afghane et les Forces armées canadiennes. Fiers de leur service pendant la guerre, les interprètes avaient diffusé des photos et des histoires sur les médias sociaux. Les talibans ont mis la main sur cette information également.
    Depuis que les talibans ont commencé à reprendre l’Afghanistan, ils ont utilisé toute l’information sur laquelle ils ont pu mettre la main, pour trouver, cibler, arrêter, torturer et tuer quiconque a servi avec nous et nos alliés pendant la guerre. Si les talibans n’arrivent pas à trouver les interprètes ou le personnel de soutien, ils ciblent leur famille.
    Les talibans envoient des messages et des courriels aux interprètes pour menacer leurs familles, leurs parents, leurs frères et sœurs, leur conjointe ou conjoint et leurs enfants. Lorsqu’ils comprennent que l’interprète est au Canada, ils commencent à tuer les membres de sa famille. La réponse du gouvernement à cette situation désespérée est d’offrir de prioriser les demandes de parrainage familial, les mêmes demandes dont le traitement accuse un énorme retard et qui n’ont pas été traitées pendant la pandémie.
    J’ai personnellement vécu l’inaction et le désastre bureaucratique du gouvernement libéral. En 2015, j’ai participé à un parrainage pour faire venir une famille afghane au Canada. Les membres de la famille font partie d'une minorité religieuse et étaient persécutés par les gens mêmes qui contrôlent aujourd’hui l’Afghanistan.
    Avant de poursuivre, monsieur le Président, j’aimerais dire que je partagerai mon temps avec la députée d’Elgin—Middlesex—London.
    Mon frère aîné, le regretté Manmeet Singh Bhullar, a lancé une initiative extraordinaire pour amener chez nous les réfugiés sikhs et hindous persécutés. Il aura fallu quatre ans au gouvernement libéral pour faire venir au Canada les personnes qui étaient très persécutées, notamment les jeunes femmes et les filles qui étaient ciblées sur le chemin de l’école. Obligées à se convertir, elle étaient mariées de force, et le gouvernement civil n’a pas bougé pendant quatre ans.
    La même chose se produit aujourd’hui. Tout cela est attribuable au retard bureaucratique créé par les libéraux qui cause tant de tort aux familles. Dans ce cas-ci, cela coûte des vies. Aujourd’hui, 1,8 million de demandes sont en attente de traitement et ce sont des familles qui sont touchées. Des familles souffrent et des vies sont en jeu.
    Pensons aux réfugiés qui sont laissés pour compte par le gouvernement et qui espèrent être parrainés par le secteur privé. Si le parrainage privé n’a lieu qu’ici et là pendant une année électorale, comment peut-on dire que le gouvernement n’abandonne pas ces réfugiés?
    Je tiens à profiter de l’occasion pour remercier tous les anciens combattants et les soldats en service actif du Canada, d’abord pour leur service et, deuxièmement, pour les efforts inlassables qu’ils ont déployés pour faire venir au Canada des interprètes afghans et leurs familles après l’arrivée des talibans. C’est grâce à eux, à d’autres Canadiens et à des gens partout dans le monde que des réfugiés afghans sont libérés.
    Ces courageux anciens combattants se sont associés à des ONG pour combler le vide laissé par le gouvernement. C’est grâce aux anciens combattants et aux simples citoyens qui ont pris l’initiative d’agir que le premier avion de réfugiés afghans a finalement pu venir au Canada. C’est pourquoi nous devons adopter cette motion pour en finir avec la catastrophe qui s’est produite en Afghanistan et ne pas laisser le sacrifice de nos soldats être vain.
    Nous devons agir et évacuer les réfugiés afghans abandonnés par le gouvernement. Des familles de personnes encore coincées en Afghanistan me disent qu’elles vivent dans la peur constante et qu’elles sont inquiètes chaque fois que le téléphone sonne. Elles ont peur qu’on leur apprenne que leurs proches ont été tués par les talibans.
    Assez, c’est assez. Nous devons adopter cette motion pour que le gouvernement rende des comptes et que toute la lumière soit faite sur ses échecs. Nous nous targuons d’être des gardiens de la paix, des défenseurs de la démocratie et une terre de possibilités. Nous avons maintenant l’occasion de faire ce qui s’impose.

  (1345)  

    Monsieur le Président, nous avons entendu le député conservateur précédent parler de la nécessité de collaborer, de s'entendre et de mettre de côté la politique partisane. Cependant, l'intégralité du dernier discours que nous venons d'entendre était consacrée à des attaques politiques répétées contre le gouvernement.
    Le député n'est-il pas du même avis, à savoir qu'il est important d'essayer de faire abstraction de la politique à cet égard?
    Monsieur le Président, ce qui est politique est le fait que lorsque Kaboul était en train de tomber, le chef de ce député, le premier ministre, a déclenché des élections et a abandonné toute responsabilité envers les personnes qui ont servi notre pays. C'était politique. Cette élection ratée de 650 millions de dollars était un acte égoïste et un remaniement ministériel coûteux. Voilà ce que disent les personnes qui ont servi notre pays. Elles méritent que l'on mène cette enquête pour savoir ce qui s'est passé. Pourquoi ont-elles été abandonnées? C'est pourquoi nous avons présenté cette motion.
    Monsieur le Président, je pense que tous nos alliés occidentaux considéreront comme une catastrophe ce qui s’est passé à Kaboul en ce qui concerne nos prétentions et nos capacités en matière d’édification de pays.
    Ce qui me préoccupe, c’est que nous ne parlons pas de tirer des enseignements. En fait, nous avons affaire à l’amertume des libéraux lorsque nous parlons de la catastrophe dont Kaboul a été le théâtre.
    Des vétérans m’appelaient tous les jours pour essayer de faire venir en toute sécurité au Canada les interprètes avec qui ils ont travaillé. J’ai parlé avec des organisations internationales de sages-femmes qui essayaient de faire sortir des travailleuses de la santé. Elles devaient compter sur d’autres pays. Pour moi, la question n’est pas de montrer quiconque du doigt, mais d’investir des milliards en Afghanistan. Nous avons dit aux Afghans que nous serions là. Nous avons perdu beaucoup de jeunes gens en Afghanistan. Nous avons l’obligation de savoir ce qui s’est passé à Kaboul et peu importe les conséquences. Le député est-il aussi de cet avis?
    Monsieur le Président, je suis d’accord sur ce point. Nous devons à ceux qui servent notre pays de savoir ce qui s’est vraiment passé. Pourquoi ont-ils été abandonnés, alors qu’ils ont tout fait pour servir notre pays? Notre pays était censé les aider.
    C’est l’essence même de cette motion. Nous voulons former un comité pour ces personnes. Pour les vétérans et les ONG qui ont dû intervenir quand leur gouvernement ne l’a pas fait. Ils veulent des réponses. Les personnes qui ont été abandonnées veulent des réponses. Il ne s’agit pas de politique. J’espère que le NPD appuiera avec nous la motion afin que nous puissions faire toute la lumière sur ce qui s’est passé.
    Monsieur le Président, depuis six ans, je travaille notamment — et je sais que d’autres députés y travaillent aussi — à la création d’un programme spécial pour aider les communautés religieuses minoritaires en butte à de graves persécutions en Afghanistan. Nous le réclamons depuis six ans. Malheureusement, le gouvernement n’a rien fait et, à bien des égards, il est maintenant trop tard pour nombre de ces personnes. C’est très décevant.
    Le député peut-il parler plus précisément de la situation de ces communautés minoritaires que nous aurions pu aider, mais qui n'ont reçu aucune aide.

  (1350)  

    Monsieur le Président, je remercie le député de ses efforts.
    Dans son programme, le Parti conservateur a promis d’aider les réfugiés victimes de persécution. Je suis passé par tout le processus pour essayer de réinstaller une famille afghane dans le cadre d’un parrainage privé. Là encore, c’est l’arriéré accumulé par les libéraux et les formalités qu’ils imposent qui ont empêché cette réinstallation. Il en était question dans notre programme et nous voulions accélérer le traitement des demandes d’asile de ces réfugiés. Nous voulons miser davantage sur le parrainage privé parce que nous avons vu les programmes gouvernementaux et ils sont encore pires. L’arriéré accumulé coûte des vies, c’est pourquoi nous proposions cette mesure dans notre programme électoral.
    Monsieur le Président, j’aimerais commencer mon intervention par cette citation:
[...] « bienvenue au Canada » [...] représente plus qu’une manchette ou un mot-clic. C’est l’accueil empreint d’humanité qu’espère chaque personne dont la famille est en crise. Je prie pour que vous continuiez à ouvrir vos portes et vos cœurs aux enfants et aux familles les plus vulnérables du monde, et j’espère que vos voisins suivront votre exemple.
    Ces paroles ont été prononcées par Malala Yousafzai, la plus éminente citoyenne du Pakistan, ici même à la Chambre des communes en avril 2017. Quiconque siégeait pendant la 42e législature a pu entendre cette déclaration et être témoin du travail accompli par Malala Yousafzai pour défendre les droits de la personne, en particulier ceux des femmes.
    Le moment est vraiment crucial, car nous célébrions hier le 100e anniversaire de l’élection de la première femme au Parlement. Nous devrions songer un instant à cet anniversaire et à ce qui se passe actuellement en Afghanistan. J’aimerais me pencher sur certains événements historiques en Afghanistan qui expliquent comment nous en sommes arrivés là.
     Comme de nombreux députés l'ont indiqué, après les terribles événements du 11 septembre 2001, le Canada s’est joint à ses alliés pour combattre les talibans.
    Le Canada a contribué à l’effort de guerre tandis que les talibans et leur insurrection continuaient de prendre de l’ampleur. Le Canada a conclu ses opérations en 2011 et quitté l’Afghanistan en 2014, mais il a participé à la reconstruction. En Afghanistan, nous avons perdu 158 soldats et beaucoup d’autres gardent des séquelles psychologiques et physiques.
    Cette conversation est très importante parce que nous devons faire le point de la situation aujourd’hui. Pourquoi sommes-nous allés là-bas et quel travail important avons-nous accompli sur place? Quand les talibans ont pris le pouvoir, nous étions au courant des choses horribles qui arrivaient aux femmes dans ce pays. Il est très important que nous ayons ce comité. C’est important non seulement pour examiner les 2,2 milliards de dollars d’aide humanitaire à ce pays, mais aussi pour voir où nous en sommes aujourd’hui et comment nous pouvons avancer.
    Comme je l’ai dit, hier, nous avons célébré les 100 ans de présence des femmes au Parlement, mais nous devons réfléchir à ce que nous voyons en Afghanistan. Tous les élus afghans sont des hommes. Ils ne sont pas là pour parler au nom des femmes, mais au nom des talibans.
    J’ai entendu beaucoup de personnes évoquer certaines des tragédies. Pendant que je faisais des recherches et examinais toute l’information pour cette intervention, je me suis dit que nous avons à la Chambre d’anciens avocats, d’anciens journalistes et des personnes qui travaillaient dans la radiodiffusion publique. Cependant, aujourd’hui, en Afghanistan, ce ne serait pas possible pour une femme. Les talibans l’interdisent. Au cours des quatre derniers mois, les femmes qui se battaient pour continuer d’être la voix des femmes sont maintenant cloîtrées chez elles et se font dire de ne pas sortir pour des raisons de sécurité. Nous entendions déjà cela de 1996 à 2001, quand les talibans dirigeaient le pays. Malheureusement, nous voyons exactement la même chose se reproduire aujourd’hui.
    Que va faire le Canada devant cette situation? Le Canada parle des droits de la personne. Le Canada veut voir le sort des femmes s’améliorer. Nous savons à présent que les garçons sont autorisés à aller à l’école, de la 7e à la 12e année, mais pas les filles. Elles ne sont pas retournées dans ces lieux d’éducation. Malala a déclaré: « Les extrémistes ont peur des livres et des stylos. La puissance de l’éducation leur fait peur. Ils ont peur des femmes. La puissance de la voix des femmes leur fait peur. »
    C’est exactement ce que nous voyons aujourd’hui, un pays qui régresse. Nous voyons un pays qui a maintenant fait marche arrière sur tous les droits des femmes. Malheureusement, nombre de ces femmes essaient d’avancer et de se faire entendre. Comme beaucoup de députés l’ont dit, à quel prix. Très souvent, au prix de leur vie, ce qui doit beaucoup nous inquiéter. Voilà de quoi nous devrions parler au comité, pas seulement du fait que nous avons failli en Afghanistan en août 2021, mais de ce que nous pouvons faire à l’avenir pour garantir qu’il y ait une égalité.
    Une athlète olympique afghane aimerait participer aux Jeux olympiques de 2024, mais pour l’heure, elle se cache chez elle. À cause de ses messages sur Facebook et sur d’autres comptes de médias sociaux, plusieurs talibans à sa recherche se sont présentés chez elle. Cette jeune femme craint à présent pour sa vie. Voilà les personnes pour qui nous devrions nous battre. Elles font partie des plus vulnérables dans le monde. Elles devraient avoir cette possibilité.

  (1355)  

    Quand l’Afghanistan a été ruiné après les talibans, le Canada a participé à la refonte et à la restructuration du pays. Nous avons participé à l’éducation et aux infrastructures. Nous avons participé à la formation des forces de police. Tel était notre rôle.
    À toutes ces personnes, qu’elles soient dans les Forces armées canadiennes ou qu’elles soient membres d’ONG de tout le Canada, je dis merci beaucoup d’œuvrer à un monde meilleur. Malheureusement, nous sommes dans une impasse et nous savons que nous reculons. Il est très important que nous continuions d’avancer, cependant.
    Je vais lire une citation de l’athlète olympique dont je parlais. C’est une athlète paralympique. Voici ce qu’elle a déclaré: « Je vous en prie, tous et toutes, et en particulier toutes les femmes dans le monde et les institutions féminines et les Nations unies, empêchez qu’on prive aussi facilement de son droit une citoyenne afghane membre du mouvement paralympique. »
    Cette jeune athlète fait du taekwondo. C’est le genre de choses que nous recherchons au Canada. Nous essayons de faire en sorte d’offrir des possibilités aux enfants de notre pays. Nous savons que la pauvreté continue de s’aggraver en Afghanistan, que les pénuries alimentaires s’installent et que les Afghans doivent affronter beaucoup d’autres problèmes chaque jour.
    Quand les talibans ont pris le pouvoir, ils ont promis de respecter les femmes et de les autoriser à participer à la vie publique conformément à la loi islamique, mais les écoles secondaires restent fermées aux filles et beaucoup de femmes découvrent qu’il est difficile de retourner travailler, à l’exception de quelques professionnelles dans certaines parties du secteur de la santé.
    Nous devons reconnaître que les droits des femmes ne sont pas défendus. Nous devons parler de ce que nous voulons voir dans le monde. Quand nous parlons des guerres et des choses horribles qui se passent dans ces pays, nous savons que la question de l’égalité y est pour beaucoup. Malheureusement, c’est tout l’inverse que nous voyons en Afghanistan. C’est pourquoi nous devons travailler de concert. Telle est la réalité de ce que vivent les Afghanes et, je le répète, nous devons être sur le terrain pour aider ces personnes.
    Le 26 août, nous avons pu faire venir des personnes au Canada, nous avons réussi à avoir des places sur des vols. Nous devons en faire plus. Comme l’ont mentionné de nombreux députés, les vétérans et d’autres personnes qui regardent ce qui se passe en Afghanistan adressent des courriels et des lettres à nos bureaux pour demander comment ils peuvent aider.
    Nous savons qu’il ne nous suffira pas de fermer les yeux sur cette tragédie pour qu’elle disparaisse. Il est important d’avoir ce comité pour parler de ce qui s’est passé en août, de ce que nous aurions dû faire et de ce que nous allons faire pour avancer.
    Les temps sont difficiles pour tous et je voudrais parler du ministère et de ce qui est arrivé. Nous voyons des choses simples, comme le fait que le ministère des Affaires féminines a été remplacé. Depuis l’arrivée des talibans au pouvoir, les femmes n’ont plus de ministère. Ils l’ont remplacé par le ministère de la Promotion de la vertu et de la Prévention du vice.
    Peut-être que quelqu’un peut m’expliquer de quoi il s’agit. On sent beaucoup de fermeté, mais il n’est pas question d’égalité pour les femmes, ni d’éducation ou de possibilités pour les familles et les générations à venir. Quelle autre mesure vont-ils prendre?
    Je terminerai par une citation du maire par intérim de Kaboul, qui a déclaré que les femmes fonctionnaires municipales devaient rester chez elles, sauf si elles occupent « des postes que les hommes ne peuvent pas occuper ou qui ne leur sont pas destinés ».
    Nous devons comprendre que nous ne voulons pas reculer. Le Canada est un pays qui doit montrer ses principes, travailler en collaboration avec d’autres pays et veiller à être là pour l’Afghanistan en cette période difficile.
    La députée disposera de cinq minutes pour les questions et observations après les prochaines délibérations.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

Le service communautaire

    Monsieur le Président, ma circonscription, Spadina—Fort York, a eu la chance de bénéficier pendant de nombreuses années des loyaux services de Carolyn Johnson.
    Carolyn a récemment quitté ses fonctions de coprésidente de la York Quay Neighbourhood Association après avoir fait d'innombrables heures de bénévolat pour informer notre collectivité, un centre urbain diversifié et dynamique, des nombreux enjeux la touchant et inciter la population à s'y intéresser. Que ce soit pour sa participation à l'aménagement d'un secteur riverain accessible à tous, pour ses efforts visant à améliorer la sécurité de la collectivité et pour tant d'autres initiatives, nous sommes reconnaissants à Carolyn de son leadership et de son engagement inébranlable.
    Au nom des habitants de Spadina—Fort York, je remercie Carolyn de son travail comme coprésidente de la York Quay Neighbourhood Association, et je lui souhaite, à son mari et elle, une bonne santé et encore beaucoup de succès. J'ai hâte de poursuivre mon travail avec l'association, ainsi qu'avec Angelo, Ulla et Mary, dont le travail inlassable permet aux habitants de notre collectivité d'être pleinement informés des enjeux les plus importants la concernant.

Taïwan

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour féliciter M. Simon Sung de son excellent travail et de son apport à son pays d'origine, Taïwan, ainsi qu'aux relations de celui-ci avec le Canada.
    Après des débuts dans le monde du journalisme lorsqu'il était jeune homme, M. Sung, ou tout simplement Simon — comme la plupart d'entre nous l'appellent —, a décidé de faire une maîtrise en études sur la paix. Il s'est ensuite joint aux services à l'étranger de Taïwan et a travaillé à Taipei, à Singapour, aux États-Unis et, depuis sept ans et demi, à Ottawa, au Bureau économique et culturel de Taipei.
    Simon aime profondément son pays d'origine, Taïwan, et le Canada. Il a travaillé avec diligence pour faire connaître aux gens l'histoire et la culture de son magnifique pays d'origine, en veillant à ce que les députés canadiens sachent ce que Taïwan a à offrir au Canada et au monde. Plus important encore, Simon a tout fait pour qu'aucun d'entre nous n'oublie la situation politique de Taïwan.
    Je remercie Simon de l'excellent travail qu'il a fait ici, dans la région d'Ottawa, et mes meilleurs vœux l'accompagnent alors qu'il rentre chez lui. J'en profite pour lui dire au revoir.

Les droits de la personne

    Monsieur le Président, à la Chambre, j’ai beaucoup travaillé sur des questions internationales relatives aux droits de la personne, mais de nos jours, je suis témoin de nombreuses situations au Canada qui donnent à penser que notre pays a besoin d’une intervention.
     Un cas récent qui a retenu mon attention est celui de Timothy Que, un jeune de 16 ans qui fréquente l’école secondaire Eric Hamber à Vancouver. Timothy a essayé de fonder un club catholique, une association pour les élèves qui souhaitent discuter d’idées catholiques. Cependant, les administrateurs lui ont interdit de faire connaître les enseignements catholiques dans le cadre du club, même auprès des élèves qui assistaient volontairement aux réunions. Cette violation honteuse de la liberté d’association n’est qu’une petite goutte d’eau dans un océan qui ne cesse de grossir.
     Dans le contexte de la pandémie, les services religieux ont fait l’objet de restrictions qui n’ont même pas été appliquées aux casinos. Le gouvernement veut incriminer les personnes qui expriment certaines opinions personnelles ou religieuses en privé. Le programme libéral promettait l’imposition d’un autre test de valeurs idéologiques aux organismes de bienfaisance. Cet été, des dizaines d’églises ont été détruites ou vandalisées, et les dirigeants politiques n’ont pratiquement pas commenté la situation. Si ces incidents se produisaient dans un autre pays, je sais que le Canada ne resterait pas silencieux. J’espère que davantage de députés résisteront aux pressions populistes qui les poussent à censurer les opinions minoritaires et défendront plutôt la liberté d’expression, d’association et de religion que protège notre Charte.

Sa Sainteté Pramukh Swami Maharaj

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de faire cette déclaration aujourd'hui à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Sa Sainteté Pramukh Swami Maharaj.
    Sa Sainteté était un swami hindou de confession Swaminarayan. Il a offert aux Canadiens le magnifique mandir BAPS Swaminarayan, à Toronto, qui est le premier lieu de culte hindou au Canada sculpté à la main selon les techniques traditionnelles. Le mandir symbolise la diversité, la mosaïque culturelle et la popularité spirituelle du Canada.
    De nos jours, BAPS mène des activités spirituelles et humanitaires dans 154 villes et localités du Canada. Sa Sainteté, qui croyait que chacun trouvait sa joie dans celle des autres, a inspiré des initiatives spirituelles, humanitaires et environnementales, des programmes d'éducation et de promotion de la santé ainsi que des initiatives pour les jeunes et les enfants qui touchent les gens du Canada et du monde entier.

[Français]

Le parc Cartier-Brébeuf

    Monsieur le Président, dans ma circonscription se trouve le parc Cartier-Brébeuf. Ce parc est situé où Jacques Cartier a amarré sa caravelle pour passer son premier hiver et où il a eu des contacts avec Donnacona et sa communauté. C'est donc un lieu historique national symbolisant le dialogue entre francophones et Premières Nations. Cela pourrait être un endroit idéal pour initier les écoliers à l'histoire du Québec, mais ce n'est pas possible de le faire puisque le parc est fermé durant la saison scolaire.
    L'été, ceux qui veulent s'initier à notre histoire ont peu d'éléments pour le faire. Les affiches sont en partie illisibles; la reproduction de la caravelle a pourri et a brûlé sans être reconstruite; la croix reproduisant celle de Cartier a tellement été négligée que Parcs Canada l'a enlevée sans avoir l'intention de la reproduire. L'histoire entre francophones et Premières Nations doit être soulignée et célébrée par un meilleur financement du parc Cartier-Brébeuf et son ouverture à l'année, parce que le parc Cartier-Brébeuf doit être plus qu'un beau parc bien tondu.

  (1405)  

Des dons pour les Fêtes dans Vimy

    Monsieur le Président, le temps des Fêtes approche à grands pas et de nombreuses familles comptent sur les banques alimentaires afin de pouvoir célébrer les Fêtes cette année.
    J’encourage tous les Canadiens à ouvrir leur cœur et à donner généreusement. J’invite les électeurs de Vimy à faire un don à nos organismes communautaires. Que ce soit par le truchement de la collecte d’aliments de la Société Saint-Vincent de Paul, du programme d’échange de jouets du Centre communautaire Val-Martin ou de la guignolée du Centre de pédiatrie sociale, il existe de nombreuses façons d’aider les personnes dans le besoin.

[Traduction]

    Que ce soit de la nourriture, un cadeau pour un enfant ou de l'argent pour un organisme de bienfaisance local, même les plus petits dons contribuent grandement à égayer le temps des Fêtes des personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts. Comme l'a dit Winston Churchill: « On vit de ce que l'on obtient. On construit sa vie sur ce que l'on donne. »

Le jubilé de platine de la reine

    Monsieur le Président, le 6 février 2022 marquera le 70e anniversaire du règne de la reine Elizabeth II. Le jubilé de platine de la reine est un événement historique, mémorable, unique, jamais vu, et qu'on ne reverra sans doute jamais.
    Comme le veut la tradition, le Canada devrait profiter de cet anniversaire pour rendre hommage à des Canadiens exceptionnels qui se sont distingués par leur contribution à la société, au service public et au secteur du bénévolat en leur remettant une médaille du jubilé de platine. Qu'il s'agisse de remercier des gens qui ont secouru leurs concitoyens lors des récentes inondations catastrophiques ou encore des travailleurs de première ligne pour leurs efforts pendant la pandémie, le Canada a pour tradition de récompenser le service communautaire en remettant des médailles de reconnaissance.
    J'invite tous les Canadiens à signer la pétition électronique 3651, lancée par Lucas Bibby, un résidant de Deep River, sur le site Web de la Chambre des communes avant le 21 décembre. Nous pouvons remercier des citoyens exceptionnels et rendre hommage à la reine Elizabeth II à l'occasion de son 70e anniversaire de règne et dire: « Que son règne soit de longue durée ».

John Meaney

    Monsieur le Président, aucun élu n'a servi la Ville de Kirkland aussi longtemps que John Meaney, qui nous a malheureusement quittés le mois dernier. Élu pour la première fois au conseil municipal en 1975, John a été maire de 1994 à 2013. Grâce à son style de prise de décision efficace et à son approche sensée et pratique, il a fait de Kirkland, qui était une localité d'environ 7 500 habitants, une banlieue peuplée et prospère de Montréal comptant 21 000 habitants.
    John Meaney était fier d'être Montréalais d'origine irlandaise, né dans le fameux quartier Griffintown du centre-ville. En 2008, il a été nommé grand maréchal du légendaire défilé de la Saint-Patrick, un honneur bien mérité, et en 2012, il a été nommé Irlandais de Montréal de l'année.
    J'invite les députés à se joindre à moi pour offrir nos plus sincères condoléances à son épouse Evelyn et à ses filles Sharon, Colleen et Laurie.

[Français]

La participation des femmes à la vie publique

    Monsieur le Président, en tant que première femme à représenter ma communauté à la Chambre, j’ai récemment réfléchi à l’importance de la participation des femmes à la vie publique.

[Traduction]

    Nous avons entamé la semaine en réfléchissant à la tragédie du massacre survenu à l'École Polytechnique. Chaque année, ce moment de deuil et de réflexion fait ressurgir de durs souvenirs. Je me souviens encore du sentiment d'angoisse que j'ai ressenti ce jour-là lorsque j'ai entendu la nouvelle pour la première fois, entourée d'autres femmes de mon âge, alors que j'étais étudiante en droit.

[Français]

    Cet acte lâche de violence misogyne n’a pas pu arrêter le progrès des femmes dans nos professions ou dans la vie académique. Nous ne le laisserions pas faire.

[Traduction]

    Bien entendu, nous avons également souligné, hier, le 100e anniversaire de l'élection d'Agnes Macphail, la première femme députée au Canada. Aujourd'hui, il y a un nombre record de femmes élues à la Chambre, et j'espère retrouver plusieurs d'entre elles ce soir, à l'occasion du dîner de gala organisé par À voix égales Canada pour célébrer les 100 ans de présence des femmes au Parlement. Profitons du temps que nous passons ici pour montrer à nos filles et à nos petites-filles qu'elles ont leur place dans cette enceinte.

[Français]

    Leur voix et leur contribution comptent.

[Traduction]

Sa Sainteté Pramukh Swami Maharaj

    Monsieur le Président, c'est pour moi un grand honneur de souligner le 100e anniversaire de naissance de Sa Sainteté Pramukh Swami Maharaj. Sa Sainteté était un swami hindou de confession Swaminarayan, et nous lui devons le magnifique mandir BAPS Shri Swaminarayan, à Toronto, qui est le premier lieu de culte hindou de tout le Canada à avoir été sculpté à la main selon les techniques traditionnelles. Le mandir symbolise l'abondante diversité, la mosaïque culturelle et la liberté de religion du Canada.
     Sa Sainteté vivait selon l'adage: « Dans la joie des autres réside la nôtre ». C'est ce qui ressort clairement de son œuvre: en plus de promouvoir de saines habitudes de vie, Sa Sainteté a été une source d'inspiration pour plusieurs initiatives spirituelles, humanitaires, environnementales et éducatives. En effet, les organismes de bienfaisance BAPS appuient des collectivités partout au Canada, y compris dans ma circonscription, Edmonton Mill Woods, et ils ont fourni aux Canadiens des milliers de vaccins contre la COVID-19.
    Depuis son décès en 2016, c'est son successeur, Sa Sainteté Mahant Swami Maharaj, qui poursuit sa mission en inspirant des gens dans le monde entier. L'œuvre de Pramukh Swami Maharaj doit être préservée et célébrée pour les générations actuelles et futures.

  (1410)  

    Avant de poursuivre, j'aimerais rappeler les députés à l'ordre. Certains font des déclarations et nous aimerions entendre tout ce qu'ils disent. C'est bien beau que les députés discutent entre eux, mais le bruit de fond est parvenu à un point tel qu'il nous est devenu difficile d'entendre quoi que ce soit d'autre.
    Pendant que je suis debout, je rappelle à tous que les déclarations de députés ne doivent pas dépasser 60 secondes. Certaines ont été un peu plus longues. Je ne voudrais pas devoir interrompre qui que ce soit.
    Le député de Fleetwood—Port Kells a la parole.

La radiodiffusion locale

    Monsieur le Président, j'aimerais signaler d'importantes préoccupations au sujet de la performance de certaines stations de radio locales pendant les tempêtes et les inondations en Colombie-Britannique.
    Sur un forum, un ancien diffuseur a fait le commentaire suivant: « Hier soir, après avoir regardé la conférence de presse de 21 heures du maire Braun d'Abbotsford sur le canal YouTube de la Ville pendant laquelle il a averti les habitants de Sumas Prairie d'évacuer MAINTENANT, j'ai syntonisé la station radio de la ville pour écouter ce qu’ils en disaient. Après avoir péniblement enduré cinq minutes de pause publicitaire, j'ai entendu l'indicatif de la station, qui a ensuite fait jouer 10 autres chansons d'affilée! »
    Une catastrophe peut emporter les lignes terrestres, les antennes cellulaires, le câble et Internet, mais traditionnellement, on a toujours pu entendre les nouvelles et les messages d'alerte à la radio de notre auto ou de notre camion. J'ai l'intention de demander au Comité permanent du patrimoine canadien de se pencher sur la performance des radiodiffuseurs de la Colombie-Britannique, incluant les plans en cas de catastrophe, les ressources en personnel et la résilience technique. Comme ces stations appartiennent maintenant en majorité à de grandes sociétés, rien ne justifie que les Canadiens soient mal servis.

[Français]

Les banques alimentaires

    Monsieur le Président, Noël, c'est le moment d'ouvrir nos cœurs et de donner généreusement à ceux et celles qui sont dans le besoin. Les banques alimentaires soutiennent des personnes de tout âge dans ma circonscription grâce à différents services. Au cours de la dernière année, elles ont fait l'objet d'une demande sans précédent. De nombreuses banques alimentaires de la région ont signalé une augmentation de plus de 50 % des demandes et du nombre de gens sollicitant leurs services, en plus des problèmes d'approvisionnement.
    En cette période des Fêtes, j'encourage les membres de notre communauté à se joindre à moi et à contribuer par des dons, soit alimentaires ou monétaires, pour soutenir les familles. De nombreuses guignolées locales et régionales, des associations, des Maisons de la famille ainsi que des épiceries travaillent ensemble pour Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup.
    Ainsi, chacune de nos MRC peut compter sur les organismes bénévoles suivants: Moisson Kamouraska, à La Pocatière, le Carrefour d'Initiatives Populaires de Rivière-du-Loup, Soupe au bouton, à Saint-Jean-Port-Joli et la Maison de secours La Frontière, à Montmagny.
    J'invite tous et toutes à être très généreux et très généreuses, sans faire de jeux de mots, afin que tous passent de joyeuses Fêtes.

[Traduction]

Les femmes et l'égalité des genres

    Monsieur le Président, ce soir, avec À voix égales, nous célébrons le centenaire de la présence des femmes à la Chambre et les 374 députées élues depuis lors.
    Au cours de ce siècle, de nombreuses premières ont eu lieu, à commencer par l'élection d'Agnes Macphail, qui a brisé le plafond de verre en devenant la première femme élue à la Chambre des communes. Songeons aussi à Ellen Fairclough, première femme ministre, et à Kim Campbell, toute première première ministre. J'ai moi-même l'honneur d'être la première femme ingénieure à la Chambre des communes.
    Je tiens à remercier ces pionnières dont le travail acharné et le dévouement nous ont ouvert la voie aujourd'hui, et je veux rendre hommage à leur héritage en faisant entendre une plus grande diversité de voix de femmes issues de communautés marginalisées et de minorités ici à la Chambre. Nous pourrons ainsi mieux refléter la diversité du Canada et créer une base politique solide pour la représentation de tous les Canadiens.
    Célébrons les 100 ans de présence des femmes à la Chambre et réjouissons-nous à la perspective d'en accueillir encore plus à l'avenir.

  (1415)  

La recherche sur la capacité d'intervention en cas de pandémie

    Monsieur le Président, je suis fier de m'adresser à la Chambre pour souligner le travail remarquable qui est fait à l'Université McMaster.
    En tant que fier diplômé de cette université et ancien des Marauders, il est d'autant plus important pour moi d'avoir l'occasion de parler du travail qu'on y fait pour développer le réseau mondial du Canada sur les pandémies et les menaces biologiques.

[Français]

    Avec des experts mondiaux en matière de maladies infectieuses, l'Université McMaster s'est mobilisée pour lutter contre la COVID-19.

[Traduction]

    On y a créé le premier réseau mondial du Canada, composé d'experts du milieu universitaire, de l'industrie et du gouvernement, qui travaillent à la prévention des pandémies et à la préparation des intervenants. Les chercheurs du réseau mondial du Canada ont mis au point un vaccin inhalable de deuxième génération, qui devrait s'avérer très efficace contre les variants émergents. Je lisais ce matin que des chercheurs de l'Université McMaster viennent d'entreprendre les essais de phase 1 de ce vaccin inhalable contre la COVID.
    L'excellence canadienne en matière de recherche alimente la contribution du Canada à la reprise mondiale après la pandémie, afin que tous les pays puissent en sortir plus forts et plus résilients que jamais.

[Français]

    Je veux remercier tout le personnel de l'Université McMaster de son travail acharné et de son innovation, qui ont sauvé des vies.

[Traduction]

L'Alberta

    Monsieur le Président, nous constatons les impacts des changements climatiques au Canada: inondations et glissements de terrain récents en Colombie-Britannique, tempêtes qui ont menacé le Canada Atlantique, feux de forêt, inondations et sécheresses qui ont été dévastateurs en Alberta.
    Or, les Albertains doivent faire face à deux crises à la fois. La première est la crise climatique et la deuxième, la crise économique. Les Albertains sont coincés entre la nécessité de réduire les émissions et notre dépendance au secteur du pétrole et du gaz. Au total, ce secteur emploie directement 140 000 Albertains et des centaines de milliers d'autres emplois en dépendent. Si nous ne soutenons pas les travailleurs albertains, le Canada n'arrivera pas à respecter ses engagements en matière de lutte contre les changements climatiques.
    L'Alberta a contribué à la croissance économique du Canada pendant des décennies et il est maintenant temps que le fédéral fasse preuve de leadership afin d'aider la province à bâtir un avenir sans carbone. Il faut des investissements ciblés pour réduire les émissions du secteur et d'autres pour créer des emplois dans d'autres secteurs. L'Alberta possède les connaissances; elle a seulement besoin que le gouvernement fédéral investisse pour soutenir sa population. Nous ne pouvons plus attendre. Le gouvernement doit investir dans un plan fédéral pour soutenir l'emploi dès maintenant.

[Français]

Le Musée maritime de Charlevoix

    Monsieur le Président, les goélettes du Saint-Laurent, ces beaux bateaux de bois traditionnels, ont longtemps été le seul moyen de transport permettant le développement et l’approvisionnement des villes et des villages côtiers de notre long fleuve Saint-Laurent, et ce, bien avant les chemins de fer et les routes.
    Étant fille et petite-fille de capitaines de goélettes, je sais le courage, l’amour du fleuve et la science de ces marins à bord de ces petits grands bateaux, bâtis de leurs mains. Je veux témoigner ici l’importance de la préservation de ces voitures d’eau, porteuses de mémoire, d’histoire et de fierté.
    Le réputé Musée maritime de Charlevoix se bat avec acharnement pour mettre en œuvre l'important projet visant leur conservation. Le gouvernement du Québec vient de confirmer un montant de 5 millions de dollars à cet égard.
    La fille du fleuve que je suis s’en voudrait de ne pas tendre la main au ministre du Patrimoine canadien pour qu’il emboîte le pas et confirme l’aide de 700 000 $ demandée par le Musée maritime de Charlevoix afin de finaliser le montage financier qui permettra de garder debout nos dernières voitures d’eau, joyaux du Saint-Laurent.

[Traduction]

Chilliwack—Hope

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je rends hommage aux gens de ma circonscription, Chilliwack—Hope, pour l'altruisme et l'héroïsme dont ils ont fait preuve lors de la tempête qui a ravagé la Colombie-Britannique le mois dernier. Des agriculteurs se sont précipités pour braver le niveau croissant des eaux de crue dans leur camionnette avec remorque pour aider d'autres agriculteurs à sauver des milliers de bêtes dans la prairie Sumas. Des centaines de gens ont érigé des digues au beau milieu de la nuit pour prévenir la défaillance catastrophique de la station de pompage de Barrowtown.
    Les gens de Hope ont pris soin de 1 200 voyageurs qui se sont retrouvés en rade, coincés là pendant des jours en raison des glissements de terrain et des fermetures de routes. Des groupes confessionnels, des clubs philanthropiques et des voisins ont tout de suite réagi pour aider comme ils le pouvaient. Des guides de pêche ont utilisé leurs propres embarcations pour livrer des denrées, apporter des gens chez le médecin ou contribuer aux efforts de reconstruction. Des premiers répondants et des équipes de travaux routiers ont œuvré nuit et jour pour rétablir les chaînes d'approvisionnement et nous garder en sécurité.
    Jamais je n'ai été plus fier de ma communauté. Nous nous sommes ralliés dans un esprit d'unité pour faire ce qu'il fallait. Nous nous sommes entraidés pendant la crise, et je sais que nous continuerons de nous entraider tandis que nous rebâtissons ensemble.

  (1420)  

Bob Kilger

    Monsieur le Président, je prends la parole pour rendre hommage à un ancien député libéral, Bob Kilger, dont la bataille contre le cancer a pris fin la semaine dernière. Je n’ai jamais eu la chance de siéger avec Bob, mais j’ai pu le connaître par l’entremise de ma bonne amie, son épouse, Courtney.
    Bob était très généreux de son temps, non seulement lorsqu’il s’agissait de me donner des conseils, mais aussi d’agir comme mentor auprès de mon personnel. Bob m’a dit dès le départ de ne jamais me mettre le whip à dos, et que les personnes qui travaillent au bureau du whip sont extraordinaires. Il m’a dit que ces gens avaient tout vu et que je devrais suivre leurs conseils et leurs avis. Jamais ils ne me donneraient de mauvais conseils, m’a-t-il dit.
    Mon histoire préférée à propos de Bob est celle où Wayne Easter et un autre député libéral étaient en désaccord sur une question, à la veille d’une réunion difficile à laquelle les deux assisteraient. Bob, en tant que whip et ancien arbitre dans la LNH, s’est présenté à la réunion, a pris place directement entre les deux et s’est assuré que rien ne se produise et que tout le monde se comporte comme il le fallait. Ayant beaucoup siégé avec Wayne en comité, je sais qu'il peut être difficile de le faire tenir tranquille.
    Mes discussions avec Bob me manqueront, mais je n’oublierai pas ses leçons. Je tiens à remercier l’épouse de Bob, Courtney, ainsi que toute sa famille, pour avoir partagé Bob avec nous. Cet endroit s’est enrichi grâce à la présence de Bob.

Questions orales

[Questions orales]

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, deux ans, c'est le temps dont disposait le gouvernement pour préparer l'évacuation des citoyens canadiens, des interprètes et des entrepreneurs en Afghanistan. Un rapport du SCRS datant de 2019 prévoyait un effondrement rapide en Afghanistan si les États-Unis se retiraient.
    Alors qu'il avait plus de deux ans pour se préparer, comment le premier ministre a-t-il pu laisser survenir le plus grand désastre qu'ait connu la politique étrangère depuis des décennies?
    Monsieur le Président, nous avons continué d'être présents pour le peuple afghan, même après le retrait de nos troupes il y a plus de 10 ans. C'est pourquoi nous avons continué de travailler avec nos partenaires et alliés à l'évacuation des personnes qui se trouvaient en Afghanistan tout au long de l'été. Nous maintenons d'ailleurs notre engagement de rapatrier 40 000 Afghans vers leur nouveau foyer au Canada au cours de la période à venir.
    Nous poursuivons ce travail parce que c'est ce à quoi les Canadiens s'attendent. Pour cela, nous continuons de travailler aux côtés de nos alliés du monde entier.
    Monsieur le Président, à la fin du mois d'août, lorsque les opérations d'évacuation ont pris fin en Afghanistan, il restait 1 250 Canadiens dans ce pays: 1 250 Canadiens étaient bloqués sur place, alors qu'un groupe terroriste prenait le contrôle du pays. Que faisait le premier ministre à ce moment-là? Il était en campagne électorale.
    La plus longue guerre de l'histoire du Canada s'est terminée par un abandon total des Canadiens, des entrepreneurs et des interprètes afghans par le premier ministre. Les Canadiens veulent savoir pourquoi.
    Monsieur le Président, pendant le mois d'août, des représentants, des ministres, des membres exceptionnels des Forces armées canadiennes et des diplomates ont déployé des efforts sans précédent pour aider le plus grand nombre d'Afghans et de Canadiens possible à fuir l'Afghanistan.
    Nous avons travaillé en collaboration avec nos partenaires de partout dans le monde. Nous nous sommes efforcés d'aider le plus grand nombre de personnes possible, et nous demeurons aux côtés de nos alliés afin de faire pression sur les talibans pour que les gens puissent quitter le pays et se réfugier au Canada, où ils pourront commencer leur nouvelle vie.
    Monsieur le Président, le premier ministre a parlé d'efforts sans précédent. Les députés savent-ils ce que le premier ministre faisait pendant que l'Afghanistan s'écroulait? Il se préparait à des élections. Il a déclenché des élections pendant la chute de Kaboul. Il a planifié des élections plutôt qu'une évacuation.
    J'ai une question simple pour le premier ministre. Le 15 août, lorsqu'on l'a informé que Kaboul était sur le point de tomber, pourquoi a-t-il préféré sauver sa carrière politique plutôt que de sauver la vie des gens qui se trouvaient sur place en Afghanistan?
    Monsieur le Président, nous nous rappelons tous la rapidité avec laquelle les événements se sont déroulés en Afghanistan ainsi que l'intensité avec laquelle nos forces armées, nos diplomates et nos partenaires internationaux ont continué de se mobiliser pour évacuer des gens de l'Afghanistan et veiller à ce que les Canadiens puissent se mettre en sécurité tout en continuant de travailler auprès de la population afghane.
    Nous savons que nous devons continuer de faire pression sur le gouvernement taliban pour que des gens puissent quitter l'Afghanistan. Nous poursuivons nos efforts en ce sens, en collaboration avec nos partenaires, et nous allons faire venir 40 000 Afghans au Canada pour qu'ils puissent commencer leur nouvelle vie.

  (1425)  

[Français]

    Monsieur le Président, nous avons eu deux ans de réflexion, de lenteur et d'échecs, et cela continue malgré des messages S.O.S. L'évacuation des Canadiens, des interprètes et des entrepreneurs afghans alliés n'était pas une priorité pour ce gouvernement libéral.
    Pourquoi ce gouvernement a-t-il ignoré les appels des Canadiens et créé le plus grand désastre diplomatique depuis des décennies?
    Monsieur le Président, je veux remercier nos soldats, nos diplomates et les gens qui ont travaillé sans relâche pour évacuer des milliers de gens de l'Afghanistan. Ils continuent à travailler pour s'assurer que 40 000 Afghans pourront venir s'installer au Canada dans les moments à venir.
    Nous allons continuer à mettre la pression sur les talibans pour nous assurer que les gens peuvent sortir en sécurité. Nous allons continuer à travailler avec la communauté internationale pour donner une meilleure vie à des dizaines de milliers de personnes qui le méritent chaudement.
    Monsieur le Président, sans relâche, il a déclenché une élection. La politique étrangère de ce gouvernement libéral est une catastrophe. C'est clair, échec après échec.
    Il y a 1 250 Canadiens qui sont bloqués en Afghanistan. Le groupe terroriste continue de semer la terreur, mais ce premier ministre pensait plutôt à de belles élections inutiles. Il a de belles paroles, mais aucune action.
    Pourquoi ce gouvernement a-t-il laissé tomber nos alliés afghans?
    Monsieur le Président, c'est tout simplement faux. Nous avons travaillé avec nos alliés en Afghanistan, les organismes et nos partenaires à l'international. Les membres de nos Forces armées, nos diplomates et nos fonctionnaires ont travaillé sans relâche pour secourir le plus grand nombre de personnes possible au mois d'août.
     Depuis, nous continuons de travailler avec la communauté internationale pour mettre de la pression sur les talibans pour nous assurer que les gens peuvent quitter le pays, que les gens peuvent venir au Canada. Nous allons accepter 40 000 personnes pour nous assurer que nous continuons d'être là pour les gens de l'Afghanistan.

L'environnement

    Monsieur le Président, je découvre avec bonheur que nos amis libéraux découvrent les vertus de la présence à la Chambre. C'est un vrai plaisir.
    Cependant, je suis inquiet et je veux leur dire à tous que je suis inquiet parce que, selon Radio-Canada, Ottawa se prépare à modifier un règlement extrêmement important qui interdit le déversement des eaux des bassins de décantation des sables bitumineux directement dans la rivière Athabasca. Ces eaux contiennent des métaux lourds et des produits chimiques très dangereux et, présentement, le règlement ne le permet évidemment pas.
    Est-ce que le premier ministre peut nous dire que cette terrible nouvelle est inexacte et qu'il ne permettra pas de déversement directement dans la rivière Athabasca?
    Monsieur le Président, nous savons qu'il n'y a pas d'économie saine sans un environnement sain.
    Nous travaillons avec les dirigeants autochtones et les provinces, ainsi qu'avec les industries et les intervenants à l'élaboration de normes strictes sur la qualité de l'eau contenue dans les résidus des sables bitumineux qui pourrait être rejetée en vue de publier un projet de règlement en 2024. Ce travail important nous aidera à réduire les risques pour l'environnement et pour la santé liés au stockage des matériaux toxiques.
    Monsieur le Président, j'ai une mesure claire à lui proposer: l'interdiction, comme c'est présentement le cas.
    Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique doit avoir de dures journées ces jours-ci parce que, non seulement le gouvernement finance l'industrie pétrolière, il invente de faux plafonnements d'émissions et il abolit des règlements — on en ajoute à chaque fois. Il est tellement propétrole que les conservateurs vont avoir des problèmes d'identité à la Chambre.
    Je demande formellement au premier ministre de maintenir durablement l'interdiction des déversements directs dans la rivière Athabasca.
    Monsieur le Président, il y a actuellement une interdiction qui existe, mais nous établissons des normes strictes qui pourraient entrer en vigueur à partir de 2024 sur la qualité de l'eau contenant des résidus de sables bitumineux qui pourrait être rejetée. Ce sont des mesures appuyées par la science. Ce sont des mesures pour protéger notre environnement.

  (1430)  

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, la mise à jour économique donne au gouvernement libéral une occasion de s'attaquer à l'inflation, qui fait augmenter le coût de la vie pour les familles, lesquelles se sentent prises dans un étau et peinent à joindre les deux bouts. Les libéraux affirment qu'ils ne peuvent rien n'y faire. Nous ne sommes pas d'accord. Ils pourraient dès maintenant aider les gens à trouver un domicile qui convient à leur budget. Ils pourraient imposer une limite aux prix que les fournisseurs de services de téléphonie cellulaire et Internet exigent des Canadiens, car ces prix se classent parmi les plus élevés au monde.
    Le premier ministre s'engagera-t-il aujourd'hui à profiter de la mise à jour économique pour s'attaquer à la hausse du coût de la vie?
    Monsieur le Président, comme l'indique le député d'en face, nous publierons une mise à jour économique et financière la semaine prochaine. Nous présenterons aux Canadiens un survol transparent des finances publiques et de notre plan visant à mettre fin à la lutte contre la COVID-19, à rendre la vie plus abordable pour les Canadiens et à faire en sorte que la relance économique ne laisse personne pour compte. La meilleure façon de faire croître l'économie et d'appuyer les Canadiens est de mettre fin à la pandémie de COVID-19.
    Nous allons toujours de l'avant avec des initiatives comme l'indexation de l'Allocation canadienne pour enfants au coût de la vie, les services de garde à 10 $ par jour, la bonification du Supplément de revenu garanti pour les aînés vulnérables, l'ajout de mesures de soutien aux étudiants et bien d'autres mesures, afin de favoriser l'abordabilité pour les familles.

[Français]

    Monsieur le Président, la mise à jour économique présente une occasion pour le gouvernement libéral de régler l'inflation qui augmente le coût de la vie. Il est de plus en plus difficile pour les familles de joindre les deux bouts.
    Les libéraux disent qu'ils ne peuvent rien faire, mais nous ne sommes pas d'accord. Le gouvernement libéral peut aider les familles à trouver des logements abordables. Il peut aussi mettre une limite sur les frais des forfaits cellulaires et Internet.
    Le premier ministre s'engage-t-il dans la mise à jour économique à rendre la vie plus abordable?
    Monsieur le Président, l'inflation causée par la pandémie se manifeste partout dans le monde, et les Canadiens font face à une hausse des prix.
    Comme nous l'avons fait pendant la pandémie, nous continuerons d'être présents pour les Canadiens. La mise à jour économique et budgétaire de 2021 donnera aux Canadiens un aperçu transparent de nos finances publiques, ainsi que notre plan pour finir la lutte contre la COVID-19, rendre la vie plus abordable pour les Canadiens et assurer que notre relance économique ne laisse personne de côté.
    La meilleure façon de faire croître notre économie et de rendre la vie plus abordable, c'est de mettre fin à la COVID-19. C'est exactement ce que nous sommes en train de faire.

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, nous présentons aujourd'hui une motion visant à former un comité spécial omnipartite qui se penchera sur l'échec de la stratégie d'évacuation de l'Afghanistan du gouvernement canadien. Au lieu de sauver des vies, le gouvernement a déclenché des élections. Quelque 40 000 membres des Forces armées canadiennes ont participé à la mission en Afghanistan et collaboré étroitement avec des interprètes afghans, à qui nous avions promis de les protéger et de les aider à quitter leur pays. À l'heure actuelle, ils se cachent dans des refuges pour fuir les escadrons de la mort des talibans.
    Le gouvernement appuiera-t-il cette motion pour que l'on puisse découvrir comment les choses ont pu si mal tourner sous sa surveillance?
    Monsieur le Président, il ne fait aucun doute que la question de l'Afghanistan est importante. C'est important pour le gouvernement et pour tous les Canadiens.
    J'ai récemment participé à des rencontres de l'OTAN et de l'OSCE, où j'ai eu la chance de m'entretenir avec un grand nombre de mes homologues afin d'examiner les leçons que nous avons tirées de la situation en Afghanistan. Nous pouvons être extrêmement fiers d'être l'un des pays qui accueillera le plus grand nombre de réfugiés afghans, pour un total de 40 000 réfugiés. C'est notre engagement et nous le respecterons.
    Des voix: Oh, oh!
     L'hon. Mélanie Joly: Bien entendu, nous pouvons aussi être fiers d'accueillir beaucoup de réfugiés liés aux opérations de l'OTAN. Ils arrivent par avion en ce moment même.
    Je tiens à rappeler aux députés comment se déroulent les travaux à la Chambre. Ils posent une question et ils obtiennent une réponse. S'ils posent des questions pendant qu'une personne est en train de répondre, cela ne fait qu'embrouiller les choses et compliquer les travaux.
    Le député de South Surrey—White Rock a la parole.
    Monsieur le Président, j'adorerais obtenir une réponse. Ce que j'entends, ce sont des esquives, des platitudes et des excuses. Ce n'est tout simplement pas suffisant.
    Il y a 40 000 membres des Forces armées canadiennes qui ont mis leur vie entre les mains de nos alliés et interprètes en Afghanistan. Ils ont servi ensemble avec bravoure et abnégation afin que nous puissions essayer de construire un nouvel Afghanistan. Nous avons promis à nos alliés et à leur famille notre protection et une vie nouvelle, et le gouvernement a brisé ce lien sacré. Simplement parler d'environ 40 000 réfugiés sans rien faire d'autre ne veut rien dire. Les Canadiens sont revenus ici en toute sécurité...

  (1435)  

    Le ministre de l'Immigration a la parole.
    Monsieur le Président, je crois que tous les députés s'entendent sur l'importance pour le Canada d'honorer ses engagements à accueillir 40 000 réfugiés afghans.
    Les députés de l'opposition veulent savoir quand les gens vont arriver. Il y a 2 semaines, quand on m'a posé la question, j'ai répondu que 3 800 d'entre eux étaient ici. Plus tôt cette semaine, quand on m'a posé la question, il y en avait 4 000 de plus. Je suis heureux de vous annoncer que, d'ici la fin de la semaine, 500 réfugiés afghans supplémentaires arriveront au pays, y compris, pour la première fois, des réfugiés afghans parrainés par le secteur privé dans ma province, en Nouvelle-Écosse.
    Notre engagement ne va pas s'amoindrir et nous allons le respecter en accueillant 40 000 réfugiés afghans vulnérables au Canada.

[Français]

    Monsieur le Président, cet été, le Canada a failli à la tâche quand venait le temps d'aider nos alliés afghans.
    Nous avons tous en mémoire le triste souvenir et les images dramatiques de ces Afghans qui s'accrochaient aux avions lorsque ces derniers décollaient. C'est terrible, ce qui s'est passé en Afghanistan.
    Ces gens sont nos amis et nos alliés. Ils ont aidé les soldats canadiens quand ils étaient en Afghanistan. Ce sont les interprètes, le personnel de soutien et leurs familles. Les Canadiens doivent savoir pourquoi on n'a pas été capable de les aider correctement.
    Si le premier ministre n'a rien à se reprocher, pourquoi ne soutient-il pas notre demande de comité parlementaire pour étudier la question?
    Monsieur le Président, en effet, la question de l'Afghanistan est très importante.
    Bien entendu, le Canada a servi aux côtés de plusieurs des alliés de l'OTAN en Afghanistan et nous avons été soutenus par plusieurs Afghans sur place. C'est pourquoi nous avons décidé d'honorer cet engagement des Afghans auprès du Canada en faisant venir 40 000 réfugiés afghans au pays. Nous en sommes rendus à près de 5 000 d'entre eux et nous sommes l'un des pays qui a reçu le plus de réfugiés afghans. Présentement, la situation en Afghanistan est très difficile et nous allons continuer à travailler avec nos partenaires pour assurer la sécurité et le retour de ces réfugiés à la maison, ici.
    Monsieur le Président, pendant ce débat, ayons toujours à l'esprit le fait que ces Afghans, qui sont nos amis et nos alliés, ont mis leur vie en péril pour que les Canadiens puissent profiter de la situation actuelle. C'est pourquoi on ne doit pas faire de politique partisane là-dessus.
    Il est très triste de voir la ministre rire, car, dès 2016, le chef de l'opposition a averti la Chambre qu'il fallait avoir un plan pour ramener ces gens. Cet été, quand on avait besoin de tous les efforts du Canada pour extirper ces gens, le premier ministre a déclenché des élections partisanes et égoïstes.
    Si le gouvernement n'a rien à se reprocher, est-ce qu'il va accepter notre proposition de créer un comité...
    L'honorable ministre a la parole.
    Monsieur le Président, je n'ai pas de leçons à recevoir de la part de mon collègue en ce qui concerne la partisanerie, parce que c'est exactement ce que les conservateurs font présentement.
     Cela dit, nous devons bien entendu tirer des leçons de ce qui s'est passé en Afghanistan. En tant que gouvernement, nous devons le faire. Nous sommes prêts à travailler avec l'opposition, mais d'autres pays doivent aussi le faire. Nous travaillons aussi au sein de l'OTAN.
    Finalement, le plus important, c'est d'être là pour les Afghans qui veulent venir au Canada et qui ont aidé les Canadiens. Nous devons le faire en respectant la sécurité nationale du Canada et c'est ce que nous allons faire.

[Traduction]

    Monsieur le Président, ceux qui ont servi aux côtés des Canadiens en Afghanistan méritent mieux que d'être laissés en plan par le gouvernement. Le premier ministre a évité de rendre des comptes et il a abandonné ceux qui ont servi le Canada en déclenchant égoïstement des élections. Les anciens combattants, les Canadiens et les interprètes afghans veulent savoir pourquoi le gouvernement libéral les a laissés tomber si lamentablement.
    La ministre s'engagera-t-elle à appuyer la motion d'aujourd'hui pour que le personnel de soutien et les interprètes afghans puissent savoir pourquoi ils ont été abandonnés et pour faire en sorte que ce genre d'échec ne se reproduise plus jamais?
    Monsieur le Président, nous voulons bien sûr apprendre ce qui est arrivé en Afghanistan. Nous voulons aussi faire en sorte que l'avenir de l'Afghanistan soit meilleur que le présent. Voilà pourquoi nous continuons de suivre de près la situation dans ce pays.
    Nous sommes très préoccupés par le sort des Afghans, notamment les femmes et les filles qui sont actuellement en Afghanistan. C'est pourquoi j'ai soulevé la question auprès de tous mes homologues, c'est pourquoi il s'agit d'une priorité absolue et c'est pourquoi nous ferons notre part en tant que pays pour faire venir 40 000 réfugiés afghans au Canada.

  (1440)  

    Monsieur le Président, la priorité était telle qu'il fallait déclencher des élections.
    La ministre aime à dire que 4 000 réfugiés afghans sont arrivés au Canada. Il faut être libéral pour se féliciter d'avoir atteint un maigre 10 % de son objectif et ne pas avoir un échéancier ou un plan pour atteindre le reste. Il semble n'y avoir que des réfugiés afghans parrainés par le secteur privé qui sont arrivés dernièrement. Les anciens combattants, les organismes de charité et les ONG ont pris le relais pour combler l'immense vide laissé par le gouvernement.
    Quand les 90 % restants des réfugiés afghans arriveront-ils au Canada?
    Monsieur le Président, si le député veut parler de la dernière campagne électorale, je lui rappelle que de ce côté-ci de la Chambre, nous nous sommes engagés à accueillir 40 000 réfugiés afghans pendant cette campagne, tandis que du côté de l'opposition, on voulait mettre fin au programme des réfugiés pris en charge par le gouvernement. Il critique nos...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre, s'il vous plaît.
    Je n'ai pas entendu la réponse du ministre de l'Immigration. Pourrait-il reprendre depuis le début?
    Monsieur le Président, la vérité fait parfois mal, mais la réalité est que, si les députés de l'opposition veulent situer cette question dans le contexte de la récente campagne électorale fédérale, je signale que le gouvernement a fait campagne en s'engageant à faire venir 40 000 réfugiés afghans au Canada.
    Le Parti conservateur du Canada a fait campagne en s'engageant à éliminer la catégorie des réfugiés pris en charge par le gouvernement. Si le député s'inquiète de l'échéancier des nouvelles arrivées, nous prévoyons que 520 réfugiés afghans supplémentaires atterriront demain au Canada à bord de deux vols nolisés. Nous pouvons tous en être fiers.

[Français]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, une autre fusillade s'est produite hier. Cette fois, c'est dans une bibliothèque de Laval qu'on a tiré sur un jeune de 18 ans. On en est rendu à tirer des coups de feu même jusque dans nos bibliothèques. Lorsque ce stade est franchi, lorsque le recours aux armes à feu est banalisé au point où l'on peut tirer dans un lieu public, cela n'annonce rien de bon pour la suite.
    Qu'est-ce que le ministre va faire aujourd'hui pour rassurer les familles inquiètes?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier ma collègue de sa question. Nos pensées vont toujours à toutes les victimes de violence causée par les armes de guerre et par toute arme à feu. Nous accordons 46 millions de dollars au gouvernement du Québec pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies de prévention de la violence liée aux armes à feu et aux gangs. Je parlerai avec mon collègue provincial plus tard et je vais continuer de travailler en étroite collaboration avec tous nos partenaires, y compris les députés de la Chambre.
    Monsieur le Président, si on est rendu à des coups de feu dans une bibliothèque, quelle est la prochaine étape? La situation se dégrade presque quotidiennement dans le Grand Montréal et on ne sent pas d’urgence d’agir de la part du gouvernement fédéral. Personne aujourd’hui n’est rassuré d’entendre ce que le fédéral a fait dans le passé contre le trafic d’armes, parce qu’on voit tous que c’est insuffisant. Ce qu’on veut entendre, c’est que le ministre lance un signal clair et pose un premier geste concret, pour qu’on puisse se dire qu’enfin le fédéral prend ses responsabilités.
    Qu’est-ce que le ministre va faire?
    Monsieur le Président, je partage les inquiétudes de ma collègue. C’est la raison pour laquelle notre gouvernement a déjà pris beaucoup d’actions concrètes comme bannir les armes de guerre, ajouter plus de ressources à la frontière pour les arrêter et les bloquer, continuer la lutte contre la violence par armes à feu et travailler en étroite collaboration avec le gouvernement pour créer des espaces sécuritaires pour tout le monde.
    Monsieur le Président, on fait face à une culture du gun où les groupes criminalisés achètent, vendent et utilisent des armes à feu comme si c’était des jouets, notamment parce qu’elles sont aussi faciles d’accès que des jouets.
    Le ministre en a des pistes de solution. D’abord, il peut s’inspirer de son propre parti. Il a passé la campagne électorale à dire que la GRC est sous-financée et que les peines de prison sont trop clémentes. Ensuite, il peut écouter ses employés. Les services frontaliers nous disent eux-mêmes qu’ils sont sous-utilisés. Finalement, il peut prendre les suggestions du Bloc québécois. Nous n'arrêtons pas d’en faire.
    Ça fait deux semaines que le ministre nous répète la même affaire. Quand est-ce qu’il va agir?

  (1445)  

    Monsieur le Président, notre gouvernement est toujours prêt à travailler avec le Bloc et même avec tous les partis de la Chambre pour chercher et trouver des solutions concrètes dans la lutte contre la violence causée par les armes à feu. Ainsi, nous allons continuer de travailler avec le gouvernement du Québec pour arrêter le trafic des armes à feu à la frontière et nous allons même participer à plusieurs forums conjoints avec les États-Unis.
    C’est un grand défi, c’est un grand enjeu, mais notre gouvernement s’est engagé à régler cet enjeu.

[Traduction]

Le logement

    Monsieur le Président, afin de s'approvisionner en liquidités bon marché pour combler leurs déficits records, les libéraux ont demandé à la banque centrale d'inonder les marchés des prêts avec 400 milliards de dollars de liquidités. Nous apprenons maintenant que 192 milliards de dollars de cette somme ont débordé sur les marchés hypothécaires, et qu'un quart de tous les prêts hypothécaires en cours aujourd'hui sont de faible qualité et à taux variable, ce qui les rend très sensibles aux augmentations des taux d'intérêt. Cette mesure a eu pour effet de gonfler les prix des logements d'un tiers et de créer la deuxième plus grande bulle immobilière au monde.
    La ministre des Finances admettra-t-elle que le Canada a une bulle immobilière?
    Monsieur le Président, les conservateurs continuent, de façon irréfléchie, de tenir des propos alarmistes et de parler en mal de l'économie canadienne. Au troisième trimestre, le taux de croissance du Canada s'élevait à 5,4 %, soit plus que celui des États-Unis, du Japon, du Royaume-Uni et de l'Australie. En fait, il dépassait les prévisions du marché. Le Canada a retrouvé 106 % des emplois perdus pendant la récession causée par la pandémie de COVID-19. De leur côté, les États-Unis n'ont retrouvé que 83 % des emplois perdus. Cet automne, Moody's et S&P ont confirmé la cote de crédit AAA du Canada.
    Monsieur le Président, il est toujours rassurant de voir sa cote de crédit confirmée par les institutions mêmes qui disaient à la fin de 2008 que les prêts hypothécaires à risque étaient d'une solidité à toute épreuve. Quoi qu'il en soit, la question portait plutôt sur la bulle immobilière du Canada. C'est la huitième fois maintenant que je demande à la ministre, ici même à la Chambre, s'il y a une bulle immobilière au Canada. Cette question intéresse par exemple Raj, qui est chauffeur de taxi Uber en plus de son emploi dans le domaine de l'informatique. Pendant les 15 prochaines années, il veut ainsi accumuler la mise de fonds nécessaire pour acheter une maison de 1 million de dollars dans Brampton.
    Les Canadiens ont le droit de savoir. Selon Bloomberg, le Canada se classe deuxième dans le monde pour ce qui est de l'ampleur de sa bulle immobilière. La ministre va-t-elle admettre qu'il y a une bulle immobilière au Canada? Oui ou non?
    Monsieur le Président, le fait est qu'il y a un bon moment que le député d'en face n'a pas parlé de logement abordable. Il s'est dit que c'était maintenant à la mode d'en parler, mais je me permettrai de lui donner l'heure juste. Chaque fois que nous avons proposé des mesures pour aider les acheteurs d'une première maison à accéder à un logement abordable, pour aider les personnes les plus vulnérables de nos collectivités à accéder à des solutions de logement permanent, ou pour mettre en place un soutien au loyer à l'intention des femmes et des enfants qui fuient la violence familiale, il a voté contre ces mesures.

[Français]

L'emploi

     Monsieur le Président, dans le dossier de la pénurie de main-d'œuvre au Québec, le secteur manufacturier de la grande région de Chaudière-Appalaches perd présentement 7 millions de dollars par jour de production par manque de main-d'œuvre. Il lui faut des travailleurs étrangers temporaires pour suffire à la tâche maintenant.
    Le gouvernement présentera-t-il un plan pour simplifier le processus d'acceptation des travailleurs étrangers temporaires?
    Monsieur le Président, nous allons absolument le faire. Nous avons une entente avec le gouvernement de Québec sur les travailleurs étrangers.

[Traduction]

    Nous simplifions les processus. Le gouvernement du Québec est maintenant en mesure de faire venir plus de travailleurs plus rapidement. Certaines des mesures sont entrées en vigueur hier, et les autres le seront dans les semaines à venir, mais je peux garantir au député et à l'ensemble des députés que nous travaillons en étroite collaboration avec le gouvernement du Québec au sujet des travailleurs étrangers temporaires.

[Français]

    Monsieur le Président, il faut mettre en œuvre le plus rapidement possible un plan pour sauver le secteur manufacturier au Québec, et rien de moins. Le gouvernement doit considérer le dossier de la pénurie de main-d'œuvre comme une question prioritaire avant que nos entreprises déménagent ailleurs dans le monde à cause du manque de leadership de ce gouvernement.
    Le gouvernement reverra-t-il tout le processus d'acceptation des travailleurs étrangers temporaires pour plus de flexibilité, de rapidité et de cohérence pour le bien-être de l'économie canadienne?

  (1450)  

    Monsieur le Président, les conservateurs continuent de dénigrer la solide reprise économique du Canada après la récession engendrée par la COVID-19. C'est peut-être parce que nous avons fait un bien meilleur travail qu'eux en 2008, lorsqu'ils formaient le gouvernement. Le Canada a déjà récupéré plus d'emplois que tous ceux perdus lors de la récession engendrée par la COVID-19. En revanche, après la récession de 2008, il a fallu près de huit mois de plus pour que l'emploi se rétablisse.

[Traduction]

Les aînés

    Monsieur le Président, Emanuel Benjamin est un aîné de 71 ans de ma circonscription dont les prestations du SRG ont été soudainement réduites parce qu'il a bénéficié de mesures d’aide liées à la pandémie l'an dernier. M. Benjamin vivait déjà sous le seuil de pauvreté, et son revenu est maintenant passé de 1 500 $ à 600 $ par mois. Il ne peut payer ni son loyer, ni sa nourriture, ni ses médicaments. Il risque de tout perdre si le gouvernement n'intervient pas immédiatement pour régler le problème.
    Le gouvernement libéral a reconnu l'existence d'un problème, alors quand va-t-il le régler et faire ce qui est juste pour les aînés canadiens?
    Monsieur le Président, depuis le début de la pandémie, nous avons dit aux Canadiens et aux aînés que nous serions là pour eux aussi longtemps qu'ils auraient besoin de nous, et c'est exactement ce que nous faisons. Nous avons toujours donné la priorité aux aînés les plus vulnérables en renforçant leur SRG. Cet été, nous avons fourni un soutien financier immédiat et direct aux aînés. En ce qui concerne la PCU et le SRG, je peux assurer au député que nous travaillons sur cette question pour trouver la meilleure solution.
    Nous serons là pour soutenir les aînés.

Les mesures de soutien économique en lien avec la COVID-19

    Monsieur le Président, augmenter le SRG pour ensuite prendre des mesures afin de récupérer l’augmentation ne fera absolument rien pour les personnes comme Emanuel, et cette réponse ne va pas payer son loyer. Nous posons cette question depuis quelque temps déjà. Nous voyons le gouvernement prendre des mesures de récupération à l’égard du SRG et de l’Allocation canadienne pour enfants, et réduire la PCRE pour 900 000 Canadiens, alors que nous voyons les cas de COVID-19 augmenter. L’aide financière dont ont besoin ces 900 000 personnes n’est pas au rendez-vous.
    Quand le gouvernement cessera-t-il d’utiliser les gens vulnérables financièrement comme fondement de la relance et commencera-t-il à chercher une partie de l’argent au sommet, comme dans les sociétés ouvertes qui ont pris la subvention salariale et n’ont rien versé en retour, sauf aux détenteurs d’actions?
    Monsieur le Président, je peux assurer à tout le monde dans cette Chambre que nous offrons depuis le début de cette pandémie un soutien indéfectible aux travailleurs. C’est pourquoi le projet de loi C-2 propose de maintenir la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique et la Prestation canadienne de relance économique pour les proches aidants. C’est pourquoi nous créons la prestation en cas de confinement. C’est pourquoi nous continuons à offrir de l'aide aux entreprises pour l’embauche de travailleurs et de l’aide au loyer.
    Nous en faisons beaucoup pour les travailleurs et les entreprises et, comme l’a dit la vice-première ministre, nous avons récupéré 106 % des emplois perdus pendant la pandémie. Le taux de chômage était encore en baisse le mois dernier, pour le sixième mois d’affilée. Nous sommes à 0,4 % de notre taux record de février 2020.

La santé

    Monsieur le Président, la semaine dernière, nous avons appris avec consternation que, dans le dossier des surdoses d'opioïdes, le taux de décès le plus élevé du Canada était celui du Yukon. De nombreuses mesures ont été prises au cours des dernières années pour lutter contre cette crise, mais nous ne savons que trop bien qu'il reste encore beaucoup de travail à faire. Plusieurs approches peuvent contribuer à prévenir les décès: sources sûres d'approvisionnement, consommation dans un cadre supervisé, meilleur accès aux traitements, mesures efficaces de prévention et décriminalisation.
    La ministre de la Santé mentale et des Dépendances pourrait-elle faire le point sur ce que fait le gouvernement fédéral, en collaboration avec le Yukon, pour mettre fin à cette tragédie?
    Monsieur le Président, je remercie le député de tout ce qu'il a fait à titre de médecin hygiéniste en chef du Yukon. Je le remercie aussi de m'avoir accompagnée, la semaine dernière, lors des discussions avec les ministres du Yukon et les dirigeants des Premières Nations.
    Nous sommes de tout cœur avec les proches, les parents et les concitoyens des victimes de la crise des surdoses d'opioïdes. En collaboration avec les provinces, les territoires, les municipalités, les communautés autochtones, les experts et les personnes directement touchées par ce fléau, le gouvernement étudie l'ensemble des propositions dans le but de mettre en œuvre des solutions innovatrices venant de la base.
    Monsieur le Président, à titre de député représentant une circonscription comptant quatre postes frontaliers, je peux confirmer à mes collègues que l'application ArriveCAN est un beau gâchis. Prenons l'exemple de Bernadette, dans ma circonscription. Elle a été forcée de faire une quarantaine de 14 jours alors qu'elle est doublement vaccinée et qu'elle a même reçu une dose de rappel. Elle reçoit maintenant des appels menaçants lui intimant de s'acquitter des exigences en matière de test sans quoi elle pourrait faire de la prison ou avoir à payer une amende de 650 000 $. Elle a 75 ans.
    Quand le gouvernement libéral remédiera-t-il au gâchis qu'il a créé à la frontière et mettra-t-il un terme à la quarantaine superflue qu'il impose à mes concitoyens?

  (1455)  

    Monsieur le Président, je garantis à tous les députés que, de ce côté de la Chambre, nous n'hésiterons jamais à mettre en œuvre les mesures sanitaires nécessaires à la protection de la santé et de la sécurité de tous les Canadiens, surtout aujourd'hui, dans le contexte du variant préoccupant Omicron. L'application ArriveCAN est utile et un outil essentiel à la compréhension...
    Des voix: Oh, oh!
    Je dois interrompre le ministre. J'essaie d'entendre, mais les cris dans mon oreille gauche me compliquent beaucoup la tâche.
    Je prie le ministre de reprendre depuis le début afin que je puisse entendre toute sa réponse, s'il vous plaît.
    Monsieur le Président, comme je le disais, le gouvernement n'hésitera jamais à mettre en oeuvre les mesures sanitaires nécessaires à la frontière, et l'application ArriveCAN est l'un des outils que nous utilisons pour contrôler les Canadiens vaccinés qui rentrent au pays. C'est obligatoire depuis le début de la pandémie. Nous continuerons à informer les gens et nous assouplirons les règles à la frontière lorsque ce sera possible, mais, en définitive, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour protéger les gens contre le nouveau variant préoccupant, soit le variant Omicron.
    Monsieur le Président, le gouvernement n'écoute tout simplement pas. Allan, l'un de mes concitoyens, a traversé la frontière avec sa femme pour s'occuper d'un dossier dans l'État de Washington, puis il est revenu une heure plus tard. Le gouvernement a annoncé une exemption dans le cas des voyages de moins de 72 heures, mais Allan et sa femme, qui sont pourtant pleinement vaccinés, se sont fait dire que leurs documents n'étaient pas admissibles parce qu'ils n'avaient pas de téléphone intelligent et qu'ils devaient se mettre en quarantaine et envoyer les résultats de leurs tests de façon électronique sous peine d'une amende de 5 000 $.
    Le gouvernement arrêtera-t-il de discriminer les personnes comme mes concitoyens parce qu'elles n'ont pas de téléphone intelligent et mettra-t-il un terme immédiatement à cette quarantaine obligatoire injuste?
    Monsieur le Président, comme mon collègue vient de le reconnaître, le gouvernement fait déjà preuve de souplesse à la frontière pour faciliter l’arrivée des Canadiens, notamment avec la règle d’exemption de 72 heures pour les Canadiens qui traversent fréquemment la frontière et qui doivent se procurer des biens essentiels. Cependant, nous ne ferons aucun compromis en matière de santé et de sécurité. C’est la raison pour laquelle nous exigeons que les personnes qui reviennent des États-Unis soient entièrement vaccinées. C’est pourquoi nous utilisons l’application ArriveCAN. L’objectif est d’assurer la santé et la sécurité de tous les Canadiens, d’autant plus que nous sommes maintenant aux prises avec un nouveau variant préoccupant, Omicron.
    Monsieur le Président, les hôtels de quarantaine des libéraux et leurs scènes d’horreur sont de retour. Les gens attendent pendant cinq heures dans des aéroports bondés, sont transportés en autobus vers des hôtels dont les coordonnées sont tenues secrètes et sont nourris au gruau froid.
    Une femme d’Edmonton atteinte de la maladie cœliaque est restée 40 heures sans nourriture qu’elle aurait pu manger sans danger. Il manque de lait et de couches pour les bébés. Certaines personnes n’ont pas d’eau chaude ni de chauffage dans leur chambre d’hôtel. C’est presque comme la prison, sauf qu’au moins, en prison, les gens ont droit à des repas chauds, à de l’air frais et à des colis envoyés par leurs proches. « Ce n’est pas le Canada, ça », nous a dit un homme hier. Il a raison. Où sont le respect et la dignité auxquels ont droit les Canadiens?
    « Le gouvernement du Canada devrait avoir honte. » Voilà ce que nous avons entendu à plusieurs reprises de la part des Canadiens. Quand les libéraux mettront-ils fin à ce traitement inhumain et traiteront-ils les Canadiens avec dignité et respect, pour une fois?
    Monsieur le Président, nous nous sommes engagés envers les Canadiens à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger leur santé et assurer leur sécurité. Nous protégeons également notre économie. Au cours de la dernière année et demie, les Canadiens ont fait beaucoup de sacrifices. Nous devons être vigilants à la frontière pour nous assurer d'atténuer l'arrivée du variant Omicron.
    Cependant, j'ai une question pour les conservateurs. La semaine dernière, ils ont dit que nous avions besoin de plus de mesures. Aujourd'hui, ils disent que nous avons besoin de moins de mesures. Je ne sais pas vraiment ce qu'ils demandent. Nous suivrons les conseils que nous avons reçus des experts en santé publique.
    Monsieur le Président, nous avons besoin des mesures appropriées.

[Français]

    Il n'y a pas juste dans les aéroports que le bordel est pogné. Les ministres libéraux ont encore une fois perdu le contrôle.
    Le ministre de la Santé répète que les mesures vont prendre quelques jours à se mettre en place. Le ministre des Transports dit que les mesures peuvent encore changer. Le ministre de la Sécurité publique ne fait rien. Les conditions dans les hôtels de quarantaine sont horribles.
    Qui dit la vérité? C'est Paul Arcand, qui, ce matin, a dit que les programmes étaient tout croches.
    Quand les ministres vont-ils agir pour les Canadiens, et non contre les Canadiens?

  (1500)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de me donner la chance de parler de cette question. Il sait comme moi à quel point c'est important, avec le nouveau variant Omicron, de protéger la santé et la sécurité des gens. Il sait très bien que ces mesures prennent un certain temps à se mettre en place.
    Je remercie, en passant, tous nos partenaires, dont ceux qui sont des partenaires aéroportuaires. Je remercie la santé publique, évidemment, et tous les experts qui nous disent que, maintenant, il faut être prudent et vigilant. C'est ce qu'on entend de tous les experts et ce serait intéressant de savoir ce que nos amis de l'opposition en pensent aussi.
    Monsieur le Président, la semaine dernière, on pensait qu'Ottawa était proactif aux frontières, mais on se rend compte aujourd'hui qu'il a juste cafouillé plus rapidement.
    Le gouvernement a décidé d'imposer des tests de la COVID-19 aux voyageurs qui arrivent par avion, tout en reconnaissant que certains aéroports sont incapables d'offrir ces tests. Les gens sont confus et craignent d'avoir à faire une quarantaine quelque part en attendant qu'un messager vienne chercher leur test. Résultat: on ne sait plus qui devra faire une quarantaine ni pour combien de temps.
    Qu'attend le gouvernement pour mettre de l'ordre dans ce fouillis inquiétant?
    Monsieur le Président, cela me donne l'occasion de saluer mon collègue, que je n'ai pas encore salué depuis son élection, et de le féliciter en passant. Je le félicite également pour son emphase à l'égard de la santé et la sécurité des Canadiens dans le contexte actuel, lequel est extrêmement préoccupant.
    Nous faisons les bonnes choses rapidement. Nous les mettons aussi rapidement en place. Les gens savent que les mesures à la frontière ont changé depuis quelques jours et qu'elles vont continuer de s'étaler au cours des prochains jours. Ils savent aussi, comme tout le monde devrait le savoir, que la COVID-19 n'est pas terminée et qu'il faut suivre l'évolution de ce variant et de cette maladie sérieusement au cours des prochains jours et des prochaines semaines.
    Monsieur le Président, la confusion autour des tests de dépistage dans les aéroports, c'est carrément la scène du laissez-passer A38 dans Les 12 travaux d'Astérix.
    Les familles québécoises qui auront vécu ce cafouillage dans les aéroports auront sûrement une pensée pour le ministre en regardant Ciné-cadeau durant les Fêtes.
    Qu'est-ce que ce gouvernement compte faire pour que la gestion chaotique des tests de dépistage arrête d'être la maison qui rend fou?
    Monsieur le Président, l'allusion aux Fêtes qui s'en viennent est effectivement une bonne allusion. Les gens savent que, au cours des prochaines semaines, les choses vont changer. Les gens seront de plus en plus en contact à l'intérieur.
    Je pense que les Canadiens, et les Québécois en particulier, ont bien compris l'importance de suivre les consignes de la santé publique dans un contexte incertain. Je pense que les gens ont jusqu'à maintenant fait les bons choix et qu'ils vont continuer de faire ces bons choix au cours des Fêtes qui s'en viennent.

[Traduction]

Les télécommunications

    Monsieur le Président, des électeurs de ma circonscription, Lambton—Kent—Middlesex, et de nombreux Canadiens des régions rurales n'ont pas accès à un service Internet par fibre optique parce que les grands fournisseurs de services Internet installent la dorsale, mais ne terminent pas le dernier kilomètre important. Bien que le Fonds pour la large bande universelle finance le dernier kilomètre, de nombreux fournisseurs de services Internet n'en profitent pas et laissent tout simplement les Canadiens sans connexion.
    Que fera le gouvernement pour s'assurer que tous les Canadiens des régions rurales bénéficient des connexions du dernier kilomètre?
    Monsieur le Président, depuis 2015, nous avons approuvé des programmes et des projets qui vont permettre de brancher 1,7 million de foyers canadiens. D'ici 2026, nous allons brancher 1,2 million de familles canadiennes de plus à un Internet meilleur et plus rapide. D'ici là, 98 % du Canada aura accès à Internet. C'est en branchant chaque foyer, chaque entreprise et chaque collectivité que nous parviendrons à rebâtir en mieux.

L'économie

    Monsieur le Président, le coût de la vie a monté en flèche depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux en 2015. Il est beaucoup plus difficile maintenant de suivre la hausse des prix d'à peu près tous les biens, mais surtout les articles essentiels.
    Jennifer, une mère seule de ma circonscription, m'a dit qu'elle n'avait pas les moyens de subvenir aux besoins fondamentaux de ses enfants. Elle doit souvent choisir entre acheter des vêtements ou de la nourriture. Ce n'est pas seulement une question d'inflation.
    Quand le gouvernement libéral va-t-il cesser d'imprimer de l'argent pour dissimuler sa mauvaise gestion économique?
    Monsieur le Président, étant donné que les conservateurs semblent déterminés à dénigrer l'économie canadienne, j'aimerais informer la Chambre d'autres bonnes nouvelles économiques. Dans ses perspectives économiques de décembre, l'OCDE a fait remarquer qu'elle prévoit non seulement que la rapidité de notre reprise sera la deuxième en importance parmi les pays du G7, mais aussi que notre ratio de la dette nette au PIB diminuera et demeurera le plus bas du G7.
    Le Canada est en pleine reprise économique et les Canadiens devraient en être fiers.

  (1505)  

    Monsieur le Président, les pénuries de main-d'œuvre dans la vallée du fleuve Columbia sont directement attribuables à des failles du Programme des travailleurs étrangers temporaires et au manque de logements abordables. La relance économique dans Kootenay—Columbia dépend de l'approche du gouvernement qui ne peut pas se contenter de belles paroles pour régler ces problèmes pour les exploitants d'entreprises du secteur du tourisme et de l'accueil comme Pavi Khunkhun à Golden, en Colombie-Britannique.
    Quand le gouvernement cessera-t-il de parler pour enfin s'attaquer aux problèmes qui empêchent le secteur du tourisme et de l'accueil de réussir?