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Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 004

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 25 novembre 2021




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 004
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 25 novembre 2021

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Français]

La Chambre des communes

    J'ai l'honneur de déposer sur le bureau le « Rapport aux Canadiens » de la Chambre des communes pour l'année 2021.

[Traduction]

La Loi de l’impôt sur le revenu

    — Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue, le député de Windsor-Ouest, d'appuyer le projet de loi.
    Le projet de loi C‑201 demande au gouvernement du Canada de modifier le code fiscal afin faire passer le montant des crédits d’impôt pour les services de pompier volontaire et de volontaire en recherche et sauvetage de 3 000 $ à 10 000 $. Nous savons que des pompiers volontaires et des volontaires en recherche et sauvetage sont actuellement à pied d'œuvre en Colombie‑Britannique, apportant une aide précieuse aux gens qui en ont besoin. Ces volontaires sont toujours prêts à prêter main-forte en temps de crise, notamment lorsque surviennent des incendies de forêt, des inondations ou des accidents dans nos collectivités.
    Les pompiers volontaires représentent 83 % de l'ensemble des pompiers du Canada, ces premiers intervenants qui sont si essentiels. En outre, le Canada compte quelque 8 000 volontaires en recherche et sauvetage qui, chaque année, interviennent à la suite de milliers d'incidents.
     À l'heure actuelle, le code fiscal du Canada autorise les pompiers volontaires et les volontaires en recherche et sauvetage à réclamer un crédit d'impôt de 3 000 $ s'ils ont accumulé 200 heures de services volontaires au cours d'une année civile. Cela revient à permettre à ces volontaires essentiels de conserver chaque année environ 450 $ du revenu qu'ils tirent de leur emploi ordinaire, ce qui équivaut à quelque 2,25 $ l'heure. S'ils effectuent plus de 200 heures de service volontaire, comme c'est souvent le cas, ce crédit d'impôt équivaut à une rémunération encore plus faible.
     Ces travailleurs essentiels donnent de leur temps, suivent une formation et font des efforts bénévolement pour les Canadiens, souvent au péril de leur vie, ce qui permet aux municipalités de maintenir leurs impôts fonciers à un niveau inférieur à ce qu'il devrait être si elles devaient recourir à des services rémunérés. Augmenter le crédit d'impôt permettrait à ces bénévoles essentiels de conserver une plus grande part de l'argent qu'ils gagnent durement et qu'ils dépenseraient probablement dans les collectivités où ils vivent. De plus, une augmentation du crédit d'impôt favoriserait le recrutement de volontaires et leur maintien en poste à une époque où le bénévolat diminue.
    J'espère que tous les députés de la Chambre appuieront le projet de loi et témoigneront leur respect pour tous les premiers intervenants et pompiers volontaires du Canada, qui risquent leur vie pour nous protéger. Nous avons vu le travail qu'ils ont accompli au cours de la pandémie de COVID‑19. Ils étaient là pour nous.
    Je suis heureux d'avoir pu parler de ce projet de loi important et j'espère obtenir l'appui de la Chambre.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Le Code criminel

    — Monsieur le Président, j'interviens aujourd'hui pour présenter à nouveau mon projet de loi, qui vise à ériger en infraction un comportement contrôlant et coercitif entre partenaires intimes. Cette nouvelle infraction permettrait aux victimes de violence coercitive et contrôlante d'obtenir l'aide dont elles ont désespérément besoin et permettrait d'intervenir plus tôt dans les relations problématiques au lieu de devoir attendre que la violence physique n'entre en jeu.
    Pendant la pandémie, des rapports provenant de services de police et de fournisseurs de services de première ligne ont indiqué que les appels pour violence familiale avaient augmenté de plus de 30 %, ce qui constitue une hausse alarmante d'un problème déjà grave au pays.
    Au cours de la dernière législature, le Comité permanent de la justice et des droits de la personne s'est penché sur cette question et a produit un rapport bénéficiant de l'appui unanime de tous les partis dans lequel il demande à la Chambre de prendre des mesures dans les 12 mois, que ce soit par l'entremise de mon projet de loi ou d'un projet de loi ministériel semblable.
    Je remercie la députée de Port Moody—Coquitlam d'appuyer cette nouvelle présentation de mon projet de loi.
    S'attaquer à la violence coercitive et contrôlante ne relève pas de la partisanerie. Il s'agit d'une étape nécessaire dans la lutte contre cette pandémie de l'ombre qu'est cette violence familiale qui a frappé si durement les femmes et les familles pendant la pandémie.
    J'exhorte les députés à appuyer la prise de mesures rapides concernant ce problème épineux, mesures qui sauveront littéralement des vies.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Le Président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

Demande de débat d'urgence

L'inflation 

[Article 52 du Règlement]
    J'informe la Chambre que j'ai reçu une demande de débat d'urgence. J'invite le député de Carleton à faire une brève intervention.
    Le député de Carleton a la parole.
    Monsieur le Président, je prends la parole parce que la taxe d'inflation des libéraux doit faire l'objet d'un débat d'urgence. Comme le Président le sait, le déficit inflationniste d'un demi-billion de dollars des libéraux signifie qu'il y a plus de dollars pour acheter moins de marchandise, ce qui fait augmenter les prix. Il s'agit d'une corrélation statistique prouvée depuis longtemps: lorsque les gouvernements accumulent d'énormes déficits et impriment de l'argent pour les payer, tout coûte plus cher pour tout le monde.

  (1010)  

[Français]

    Les universitaires, les médias et les politiciens libéraux essaient de lier l'inflation à la pandémie de la COVID‑19. Malheureusement, cela ne tient pas la route. L'Arabie saoudite, la Suisse, l'Angleterre, l'Allemagne, la Chine, l'Inde, le Japon, Singapour, les autres pays du G7 et ceux de la zone euro subissent tous la crise de la COVID‑19. Pourtant, l'inflation y est moins importante.
    Il est évident que la cause de notre inflation est l'importante augmentation des dépenses gouvernementales qui, elle, entraîne une augmentation des prix. Plus d'argent et moins de biens, cela signifie des prix plus élevés.
    Nous avons besoin d'un débat pour protéger les intérêts des consommateurs. Les jeunes sont incapables d'acheter des maisons et doivent vivre dans le sous-sol de chez leurs parents. Les personnes âgées ont du mal à payer leur épicerie. Le prix de l'essence augmente au Canada en partie à cause du prix mondial, mais aussi à cause de la grande faiblesse de notre dollar, liée au fait qu'on imprime de l'argent, ici, au Canada.
    Les augmentations de prix frappent durement les gens pauvres, ceux qui souffrent et ceux qui n'ont pas de placements financiers ou immobiliers pour s'enrichir. Ces gens ont besoin de nous.
    Je revendique donc un débat d'urgence pour débattre de la taxe inflationniste des libéraux.

Décision de la présidence  

    Je remercie l'honorable député de Carleton de son intervention. J'estime toutefois que sa demande ne répond actuellement pas aux exigences du Règlement.

Ordres émanant du gouvernement

[Article 57 du Règlement]

[Traduction]

Ordre relatif aux travaux de la Chambre et de ses comités

Motion portant que le débat ne soit plus ajourné  

    Monsieur le Président, relativement à l'étude de l'affaire émanant du gouvernement no 1, je propose:
    Que le débat ne soit plus ajourné.

[Français]

    Conformément à l'article 67.1 du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes.
    J'invite les honorables députés qui souhaitent poser des questions à se lever afin que la présidence ait une idée du nombre de députés souhaitant participer à la période de questions.
    L'honorable député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, si j'ai bien compris, selon l'argument présenté par le leader du gouvernement à la Chambre hier, malgré les règles entourant la vaccination, le port du masque, l'éloignement physique et la possibilité de tests de dépistage, on ne peut toujours pas tenir de séances en personne au Parlement, parce que certains députés pourraient être immunodéprimés.
    Le leader du gouvernement à la Chambre, ou un autre ministre, aurait-il l'obligeance de nous dire combien de ministres sont immunodéprimés? Les ministres qui sont en mesure de se présenter à la Chambre se présenteront-ils à la Chambre?

  (1015)  

    Madame la Présidente, d'abord, nous ne savons toujours pas combien de personnes à la Chambre ne sont pas vaccinées. C'est une réponse qu'on refuse de nous donner pour le moment.
    Pourquoi est-ce important pour les personnes qui sont immunodéprimées? Parce que leur santé est en jeu. Lorsqu'une personne non vaccinée a été en contact avec quelqu'un qui a la COVID‑19 — il y en a eu un exemple au sein du caucus conservateur la semaine dernière, soit dit en passant —, elle est censée s'isoler. Ce n'est pas ce qui s'est passé. Par conséquent, nous ne savons pas s'il y a ici une personne qui n'est pas vaccinée et qui n'a pas suivi les consignes d'isolement. La personne s'est peut-être isolée, mais les conservateurs refusent de nous le dire.
    Nous en sommes à la troisième journée de confusion semée par les conservateurs. Nous n'avons toujours pas commencé à discuter des affaires du pays. Nous nous enlisons plutôt dans un débat pour déterminer si le ciel est bleu. Nous débattons de faits élémentaires: dans un milieu de travail, il est possible de travailler en personne, bien sûr, mais aussi à distance. Le député affirme qu'on lui enlève la possibilité de travailler en personne. N'a-t-il pas lu la motion? N'a-t-il pas compris qu'il pourrait venir ici tous les jours? Ne m'a-t-il pas entendu dire que les ministres seraient à leur siège pour répondre à ses questions à la Chambre?
    Quel est le problème exactement?
    Madame la Présidente, recourir à l'attribution de temps ne devrait jamais se faire de façon arbitraire. Cependant, nous sommes dans une situation où tous les partis et tous les députés s'entendaient depuis une année et demie pour appliquer les mesures appropriées en matière de santé publique, y compris la distanciation physique que permettent les séances hybrides du Parlement.
    Les conservateurs et les bloquistes ont soudainement fait volte-face de façon arbitraire. Ils se sont opposés à une motion qui aurait dû être adoptée à l'unanimité mardi. Je suis troublé que des partis ne pensent pas d'abord et avant tout à l'intérêt de la santé publique pour protéger les employés parlementaires, mais aussi la population canadienne, notamment les personnes immunosupprimées, qui peuvent faire partie de la famille d'un député.
    Pourquoi les conservateurs et les bloquistes se sont-ils catégoriquement opposés à renouveler les mesures de santé publique que nous appliquions depuis une année et demie?
    Madame la Présidente, mon collègue pose une bonne question. Nous travaillions tous bien ensemble, et je reviendrai là‑dessus. J'espère qu'en prenant un peu de recul, nous pourrons nous rappeler comment, au sein du Bureau de régie interne, nous avons réussi à nous entendre sur les mesures à prendre dans le cadre de cette pandémie mondiale. À l'époque, j'étais whip du gouvernement, et je devais traiter avec les leaders des autres partis. Conjointement avec l'Administration de la Chambre des communes, nous avons créé un système qui fonctionnait et qui permettait aux députés de choisir s'ils voulaient travailler à distance en toute sécurité ou siéger à la Chambre en personne. Ce système faisait l'unanimité.
    Nous sommes encore en pleine pandémie mondiale, pandémie qui a tué 30 000 personnes au Canada et 5 millions dans le monde. Rien ne devrait empêcher les personnes d'avoir le choix de siéger ici en personne ou de travailler à distance. Je trouve regrettable que nous prenions deux jours de séance pour débattre de cette question. Je crois que j'aurai l'occasion de revenir là‑dessus plus tard, mais en agissant ainsi, nous ne nous occupons pas des enjeux que le Parlement devrait traiter en priorité.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aimerais simplement rassurer mon collègue du NPD en disant que nous ne partageons pas la position du Parti conservateur.
    Au Bloc québécois, nous écoutons la science. Nous proposons d'être présents à la Chambre. La démocratie ne se fait pas de façon escamotée.
    Des voix: Oh, oh!
    M. Mario Simard: Pouvez-vous vous taire?
    Madame la Présidente, lors de la dernière session parlementaire, il y avait de l'autre côté une seule personne. Maintenant, la science nous indique que si nous sommes correctement vaccinés et que nous suivons les indications qui sont données, en portant le masque, c'est tout à fait possible d'être ici à la Chambre.
    Je ne veux pas être associé à ce qui se passe au Parti conservateur, où les gens doutent de l'efficacité du vaccin et où le manque de leadership de leur chef fait en sorte que nous vivons cette situation aujourd'hui.

  (1020)  

    Je tiens à rappeler aux députés et à la Chambre qu'ils sont tenus de respecter la personne qui a la parole. Les députés se trouvant à proximité doivent s'abstenir d'échanger entre eux et de causer du désordre.
    L'honorable leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole.
    Madame la Présidente, le député a entièrement raison. Le Bloc québécois a vraiment été raisonnable et il l'est encore. Toutes les conversations que nous avons eues avec les bloquistes se font faites sur une base scientifique.
    Je comprends bien les raisons pour lesquelles le Bloc québécois nous questionne au sujet du nombre de ministres qui seront présents. Cependant, la situation actuelle est différente des situations antérieures. Alors que la pandémie était très virulente, il n'était évidemment pas possible d'avoir le même nombre de personnes présentes à la Chambre.
    À l'heure actuelle, la situation est moins grave et il est maintenant possible d'avoir des personnes à la Chambre. Je peux affirmer avec certitude que les ministres seront présents en personne pour répondre aux questions.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c’est un plaisir de vous voir à nouveau occuper le fauteuil.
    Étant donné que mon collègue évoque la sécurité sur la Colline, je me demandais s’il pouvait nous parler de son rôle dans le cadre de l’allégation d’inconduite sexuelle à l’égard de l’ancien député Raj Saini, qui s’est soldée par une médiation et non par une plainte officielle, et de ses efforts pour s’assurer que le processus n’aboutirait pas.
    Je me demandais s’il pouvait en profiter pour s’excuser auprès de la victime, qui a grandement souffert de la situation, et s’il pouvait s’engager à ce que son parti ne soit pas un sinistre repère de personnes se permettant sans cesse des inconduites sexuelles. Si nous parlons de sécurité sur la Colline, le député d’en face doit prendre cela en compte.
    La question que pose la députée n’a rien à voir avec le débat en cours.
    Je vois que le leader du gouvernement à la Chambre s’est levé. Je me demande s’il souhaite répondre à cette question.
    Madame la Présidente, lorsque des allégations sont portées contre un député ou tout autre individu, celui-ci devrait avoir la possibilité de produire des preuves pour sa défense et d'être entendu. La Chambre n'est pas un endroit où un député peut se servir de son privilège pour se cacher, pour faire des allégations et pour affirmer des choses comme s'il s'agissait de faits.
    Je tiens à être bien clair au sujet de la procédure suivie chaque fois qu'une allégation était faite lorsque j'étais whip. Dans chaque cas, nous vérifiions la validité de la plainte au moyen d'un processus rigoureux. Si elle était valide, nous y donnions évidemment suite. C'était une tout autre histoire si les évaluations environnementales tous azimuts déterminaient que la plainte n'était pas valide. Ces questions ne doivent pas être tranchées à la Chambre des communes.
    Tous les députés risquent de faire l'objet d'allégations à un moment donné. Je pourrais énumérer les députés du Parti conservateur ou d'autres partis qui ont été confrontés à une telle situation. Ce n'est pas à la Chambre des communes qu'il faut se prononcer sur ces questions; à mon avis, c'est une question de principe. Ces questions doivent être tranchées dans un forum des ressources humaines, où il est...
    Je souhaite rappeler aux députés qu'ils doivent porter leur masque, sauf lorsqu'ils ont la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, cela me fait plaisir de féliciter mon collègue. Lors de la dernière législature, nous avons eu l'occasion de collaborer en tant que whips.
    Ma question est simple. J'aimerais sincèrement comprendre quelles raisons motivent la décision de mettre le Parlement en mode hybride jusqu'au 23 juin 2022.
    Comme le leader du gouvernement le sait, l'Administration de la Chambre et les gens du soutien technique, notamment, au moment où on le déciderait unanimement, seraient capables d'appuyer sur un bouton pour que nous nous retrouvions en mode hybride.
    On n'a pas besoin, aujourd'hui même, vu l'état de la situation sanitaire, d'être en mode hybride jusqu'au 23 juin. On devrait le décider chaque mois, ou tous les deux mois, au gré de l'évolution de la situation.
    Le leader du gouvernement à la Chambre des communes peut‑il m'expliquer les raisons justifiant que le gouvernement, en complicité avec le NPD, mette le Parlement en mode hybride jusqu'au 23 juin 2022?

  (1025)  

    Madame la Présidente, j'apprécie beaucoup l'occasion de travailler avec l'excellente députée de l'autre côté, c'est un grand plaisir. En tant que whips, à beaucoup de reprises, nous avons eu l'occasion de travailler ensemble et de trouver des terrains d'entente.
    Concernant la question qui nous occupe, il ne s'agit pas d'un match de hockey. Dans le cas d'un match de hockey, les gens qui se rendent au stade se déplacent localement. Or, à la Chambre des communes, les personnes viennent de partout au Canada, de Vancouver jusqu'à Terre-Neuve. En outre, elles ne viennent pas seulement pour trois heures, elles restent ici plusieurs jours de suite.
    Les gens qui ont une santé fragile n'ont pas le choix, elles doivent venir travailler. Ce n'est pas le cas pour un match de hockey dans un stade. Les personnes qui sont vulnérables peuvent regarder le match à la télévision.
    Si la motion n'est pas adoptée, nous devons venir ici et ce n'est pas acceptable.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je vous félicite de votre réélection.
    Durant la pandémie, des entreprises canadiennes ont pris de l'expansion afin de pouvoir produire de l'équipement de protection individuelle. Or, ma question concerne la sécurité.
    Le leader du gouvernement à la Chambre a-t-il eu l'occasion d'aborder cette question à propos des fournisseurs canadiens d'équipement de protection individuelle? L'équipement de protection individuelle n'est pas toujours de qualité égale. En effet, du faux équipement s'est retrouvé non seulement à la Chambre, mais aussi à l'échelle du pays. Le gouvernement envisage-t-il de servir de modèle, de donner l'exemple pour le personnel de la Chambre et pour les activités sur la Colline du Parlement? L'équipement de protection individuelle canadien constitue une priorité et doit être notre premier choix. Nous pourrions le concevoir ici même et pour nous-mêmes.
    S'il ne l'a pas encore fait, s'engagera-t-il à le faire et à s'assurer que nous disposons des normes les plus élevées, et que ce soit des entreprises canadiennes qui obtiennent les contrats correspondants, plutôt que des conglomérats américains ou des firmes chinoises qui utilisent d'autres matériaux n'offrant pas la protection nécessaire? Le député en prendra-t-il l'engagement dès aujourd'hui?
    Madame la Présidente, il est extrêmement important de ne pas nous concentrer sur le privilège individuel, élément qui retient apparemment beaucoup d'attention dans le présent débat. Lorsque je regarde qui travaille ici autour de moi, je vois notamment les pages, les employés de l'Administration de la Chambre, le personnel de soutien, les journalistes et, bien sûr, les députés, et je suis d'abord et avant préoccupé par leur sécurité.
    Pour répondre à la question du député d'en face, je dois dire que le Bureau de régie interne doit s'astreindre aux plus hautes normes. Nous devons assurer la sécurité de toutes les personnes présentes dans cette enceinte. Nous devons veiller à ce que les politiques que nous établissons, en tant que Chambre censée servir de modèle au Canada, ne remettent pas en question des données scientifiques fondamentales et n'engendrent pas de doutes à l'égard d'autres milieux de travail où se retrouvent un grand nombre de travailleurs partout au pays. J'estime que nous ne devrions pas avoir à concentrer nos discussions sur l'exigence du vaccin dans cette enceinte. Nous aurions déjà dû nous entendre là-dessus pour être en mesure de nous attaquer aux quatre grandes priorités que sont les projets de loi que la Chambre doit adopter au cours de la présente législature.
    Au lieu de cela, nous continuons à discuter d'évidences et à tergiverser. Nous devrions plutôt poser des questions comme celle que vient de poser le député, qui demande comment nous pouvons faire en sorte que la Chambre soit le milieu de travail le plus sûr qui soit.
     Madame la Présidente, j'aimerais souligner deux points très rapidement. L'Assemblée législative du Manitoba, la province d'où je viens, a adopté un système hybride. Au cours des 10 prochains jours de séance, les députés auront le choix de siéger à distance ou en personne. Il convient de souligner que le gouvernement de cette province est progressiste-conservateur.
    Le député de Beauce n'est pas parmi nous aujourd'hui. Il ne pourra donc pas se prononcer sur cette motion. Dans les jours à venir, il est possible que d'autres députés ne soient pas non plus en mesure de prendre part aux débats.
    Le leader du gouvernement à la Chambre ne trouve‑t‑il pas quelque peu paradoxal, bien que cela soit d'une grande importance, que nous défendions les intérêts de ces députés, qui souhaiteraient participer pleinement, à tous les égards, aux débats, aux votes, aux délibérations des comités et ainsi de suite? Voilà l'objectif de cette motion.
    Madame la Présidente, le député de Winnipeg-Nord a tout à fait raison. Ce qui est bizarre, c'est que si, par exemple, un député conservateur contracte la COVID‑19 et doit s'isoler, ou si les députés conservateurs non vaccinés qui ont été en contact avec cette personne atteinte de la maladie doivent s'isoler, le fait d'empêcher la tenue de séances hybrides au Parlement se trouve à porter atteinte au privilège des députés qu'ils disent vouloir protéger.
    Puisque je parle du privilège, je crois que celui-ci devrait s'appliquer avant tout aux plus vulnérables. N'oublions pas qu'un député entièrement vacciné qui se sent à l'aise de venir à la Chambre peut le faire comme bon lui semble. Personne ne va l'en empêcher. Cependant, un député vulnérable et immunodéficient qui ne se sent pas en sécurité n'a pas cette possibilité. Dans un milieu de travail, je crois qu'on doit se soucier d'abord de l'intérêt et de la santé des plus vulnérables.
    Lorsqu'il est question de privilège personnel, on ne doit pas d'abord penser à son propre privilège. Il faut plutôt penser aux plus vulnérables et se demander comment leur privilège de parlementaire peut être protégé afin qu'ils puissent remplir leur rôle de député. C'est ce qui m'intéresse. Je voudrais savoir si les députés d'en face se soucient des plus vulnérables d'entre nous et ce qu'ils comptent faire pour permettre à ces derniers de remplir leurs fonctions de député.

  (1030)  

    Madame la Présidente, le leader du gouvernement à la Chambre soutient qu'il est dangereux de venir à Ottawa parce qu'il y a une pandémie, mais c'est le gouvernement actuel qui a décidé de permettre les voyages. C'est ce même gouvernement qui a choisi de tenir des élections fédérales en pleine pandémie alors que le variant Delta se répandait. Les libéraux se sont rendus dans des hôpitaux pendant la campagne électorale. Le premier ministre a sillonné le pays. Le gouvernement vient d'envoyer une délégation de 200 personnes en Écosse pour la COP26. Je ne vois pas vraiment pourquoi le député affirme qu'il est dangereux de voyager pour venir au Parlement faire notre travail, représenter les Canadiens et demander des comptes au gouvernement. C'est tout à fait incohérent.
    Madame la Présidente, je ne sais toujours pas avec précision combien de députés conservateurs n'ont pas été vaccinés. Y en a-t-il un, deux, trois, quatre, cinq, six ou sept? Ils refusent de dire combien n'ont pas été vaccinés.
    Je trouve vraiment problématique d'entendre des députés qui refusent de confirmer s'ils ont été vaccinés dire que tout est sécuritaire parce que les gens sont vaccinés. Les gens qui prennent l'avion sont vaccinés, et ils savent que ceux qui les entourent ont tous été vaccinés eux aussi, sans exception.
    À la Chambre des communes, par contre, je ne sais pas qui a été vacciné. Quand je regarde de l'autre côté de la Chambre, je ne sais pas qui a fait le choix responsable et qui a fait le choix irresponsable. Je ne sais pas qui ces députés ont côtoyé. Je ne sais pas s'ils respectent les consignes de la santé publique, car ils refusent de répondre à des questions fondamentales. Des gens se sentent mal à l'aise à la Chambre à cause de cette situation, alors qu'aucun travailleur ne devrait sentir sa sécurité menacée sur son lieu de travail, quel qu'il soit. Les travailleurs devraient plutôt se sentir soutenus.
    On invoque le Règlement. Je vais arrêter l'horloge parce que, d'habitude, il n'y a pas de rappels au Règlement pendant cette partie du débat.
    Je vais voir si l'intervention du député concerne cette question en particulier.
    Le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan a la parole.
    Madame la Présidente, le leader du gouvernement à la Chambre vient de laisser entendre qu'on aurait enfreint le Règlement par rapport à l'accès des députés à l'enceinte. S'il a des renseignements à ce sujet, la présidence…
    C'est un débat. Encore une fois, je veux rappeler aux députés qu'en général, il n'y a pas de rappels au Règlement, à moins qu'il faille modifier quelque chose à la Chambre, dans le cas où une personne se sentirait mal à l'aise. Dans ce cas, il s'agirait plutôt d'une question de privilège.

[Français]

    L'honorable député de Longueuil—Saint‑Hubert a la parole.
    Madame la Présidente, ce à quoi on assiste ce matin est tout à fait ahurissant. Le Parlement est paralysé depuis six mois, à cause de l’élection que les libéraux d’en face ont déclenchée. Cela a coûté 600 millions de dollars. On est en pleine crise climatique, on est en pleine crise du logement. Combien de logements aurait-on pu construire au Québec avec les 600 millions de dollars que l’élection a coûtés? On aurait pu construire 3000 logements et loger des gens comme les femmes victimes de violence conjugale dont c’est la journée aujourd’hui. Là, on se demande si on va siéger ou non, avec la complicité du club-école du Parti libéral, alors qu’on devrait être en train de régler des problèmes et de rencontrer les ministres maintenant.
    Madame la Présidente, avec un système hybride, il est aussi possible de participer aux débats ici à la Chambre, peu importe le jour, si les députés le veulent. Il n’y a pas de problème. Il est aussi possible de participer virtuellement, si les députés le veulent. De ce fait, il ne me semble pas logique de parler de problème. Oui, le député a raison: il est absolument essentiel de travailler fort pour les Canadiens et les Canadiennes. Il y a beaucoup de choses à faire et c’est possible de les faire en personne ou en mode virtuel. Le système a très bien fonctionné durant la pandémie. On peut continuer à utiliser ce système. J’ai déjà dit et expliqué que le ministre sera ici en personne pour répondre aux questions.
    Je demande donc encore une fois quel est le problème.

  (1035)  

    Madame la Présidente, en effet, aujourd’hui, je me sens plus en sécurité en prenant l’avion qu'en venant à la Chambre, en ne sachant pas qui est vacciné et qui ne l’est pas. Aujourd’hui, je me demande pourquoi nous ne sommes pas en train de travailler à faire avancer les dossiers de nos circonscriptions en travaillant directement avec les ministres en présence ou en mode hybride.
    On aurait dû voter. Le leader du gouvernement à la Chambre peut-il nous expliquer comment on peut bien jouer notre rôle avec la motion qui est devant nous?
    Madame la Présidente, le député a raison.
    Tant le gouvernement que la Chambre ont des priorités majeures. La principale est le fait que des personnes subissent des répercussions de la COVID‑19 et qu'elles ont besoin d'aide immédiate. Il faut débattre de cela maintenant, au lieu de débattre de la science ou d'autres choses qui sont si évidentes.
    Dans les hôpitaux, des personnes de première ligne travaillent tellement fort chaque jour pour protéger toute la population canadienne. Pourtant, il est facile de menacer ces personnes à l'hôpital, qui trouvent alors difficile de faire leur travail. Nous devons donc nous pencher sur cette question.
    Il y a d'autres priorités, comme l'interdiction — essentielle — des thérapies de conversion. Voilà la vraie priorité pour les Canadiens et les Canadiennes et c'est un dossier sur lequel on peut travailler aujourd'hui si l'opposition le veut bien.
    Madame la Présidente, je voudrais simplement dire que personne ici n'est surpris du fait que le Parti conservateur remet en question les vaccins, la science, la modernité et les nouvelles manières de travailler comme le télétravail ou le travail à distance. Ce qui me surprend, par contre, c'est de voir le Bloc québécois se ranger derrière le Parti conservateur. C'est une volte-face qui me semble assez surprenante.
    Pourquoi devrait-on garder la possibilité d'un Parlement hybride? C'est parce que nous sommes dans la quatrième vague, c'est parce qu'au Québec le nombre de cas est passé de 400 à environ 900 par jour. La société québécoise s'est adaptée et le télétravail fait maintenant partie de nos vies. On est en 2021: ne devrait-on pas appliquer le principe de précaution ici, au Parlement?
     Comment le leader du gouvernement à la Chambre s'explique-t-il que le Bloc québécois se range maintenant derrière le Parti conservateur?
    Madame la Présidente, il est absolument clair que la pandémie continue. Nous sommes dans la quatrième vague et il va peut-être y avoir d'autres vagues.
    Il est très important que les députés débattent de sujets comme celui-là, à commencer par les députés les plus vulnérables. C'est leur privilège. À mon avis, il est essentiel d'avoir un système où les personnes les plus vulnérables peuvent voter, participer aux comités, participer à la période des questions orales et participer à tous les aspects du Parlement. Cela est possible avec un système hybride. Les députés qui ne sont pas vulnérables ou qui n'ont pas de difficulté peuvent venir à la Chambre sans problème. Ils peuvent poser des questions en personne. Le ministre va être ici pour eux.
     Quel est le problème aujourd'hui? Pourquoi ce débat se continue-t-il? C'est un gros gaspillage de temps.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je trouve fascinant que le leader du gouvernement à la Chambre continue de s'étendre sur ces règles et règlements quand la question suivante demeure: les connaît-il vraiment?
    Je fais référence à ce qu'il a déclaré en ondes, soit que toute personne doublement vaccinée et qui a contracté la COVID peut retourner au travail. C'est absurde. Ma question demeure donc la suivante: est-ce que le leader du gouvernement à la Chambre se rétracte et admet qu'il n'a aucune idée de ce que sont vraiment les règles?

  (1040)  

    Madame la Présidente, j'ai du mal à saisir la question, mais je vais essayer d'y répondre d'au moins deux façons.
    D'abord, la Chambre est régie par des règles et règlements. L'un d'eux traite de la cravate que je porte aujourd'hui. Le jeudi, je préfère porter un nœud papillon, ce qui est permis selon les règles de la Chambre. Je dois porter une cravate pour prendre la parole. Il y a beaucoup d'autres règles qui régissent la Chambre. Mon temps de parole est limité. Je ne peux pas parler indéfiniment, et certains députés sont bien heureux de cette règle.
    Parlons toutefois des règles qui devraient vraiment nous enthousiasmer, soit celles qui assurent notre sécurité personnelle, celles qui gardent notre milieu de travail sûr. Je ne parle pas seulement des députés. Au bout du compte, les députés, tout comme vous, Madame la Présidente, se sont portés candidats, et cette décision vient avec certains risques. Cela dit, il m'apparaît tout simplement odieux qu'on ne tienne pas compte de la situation des employés, des journalistes et des pages, qui pourraient être vulnérables, et que certains députés de l'opposition ne soient pas vaccinés. Et ils ne veulent pas nous confirmer leur nombre.
    Le député parle du fait que les personnes doublement vaccinées peuvent se présenter à leur lieu de travail. Qu'en est-il d'eux? Nous ne savons pas combien de personnes ne sont pas vaccinées. C'est un milieu de travail où nous nous attendons à ce que les gens soient vaccinés.

[Français]

    Madame la Présidente, c'est fascinant, ce que je viens d'entendre dans la dernière intervention de mon collègue de Rosemont-La Petite‑Patrie. Cela fait deux mois qu'il se promène dans des manifestations un peu partout à Montréal: j'imagine qu'il a vérifié si tous les manifestants avaient été vaccinés avant de se pointer là?
    Qui plus est, c'est un francophone qui vient de nous dire cela. En tant que francophones, nous avons eu d'innombrables problèmes avec l'interprétation. Même mes collègues libéraux francophones qui ont participé à des travaux de comité devraient le savoir. Ces problèmes ne sont pas la faute du service des technologies de l'information, dont le personnel travaille fort. Ces problèmes découlent du fait que, des fois, les gens n'avaient pas leur casque d'écoute ou qu'il ne fonctionnait pas. Les comités ont été retardés à cause de ces problèmes techniques et, encore une fois, ce sont les francophones qui ont écopé.
    Mon ami de Rosemont-La Petite‑Patrie, qui est un francophone, a l'air de s'en foutre complètement, tout comme les amis francophones de l'autre côté de la Chambre. C'est un problème et c'est pourquoi il faut que tout le monde travaille ici à la Chambre et dans les comités.
    Madame la Présidente, la pandémie est tellement difficile et nous sommes vraiment fatigués. Cela dure depuis très longtemps et je comprends bien le point soulevé. Cependant, nous devons continuer de travailler de façon sécuritaire et de nous assurer que toutes les personnes sont en sécurité, particulièrement en ce qui concerne leur santé.
    Pour ce qui est des questions d'interprétation, je n'arrête pas au Bureau de régie interne de rappeler sans équivoque que les droits des personnes qui parlent français sont essentiels, ainsi que tous les services pour les personnes qui parlent français. C'est tellement simple.
    Malheureusement, la qualité de mon français n'est pas bonne et je fais des erreurs. Je comprends cependant les raisons pour lesquelles on a besoin d'un bon système pour toutes les personnes qui parlent mieux français que moi.
    Madame la Présidente, on le voit depuis une demi‑heure, je ne comprends pas le Bloc québécois. Ce dernier se disait auparavant en faveur des mesures pour un Parlement hybride. Cependant, il s'est ensuite prononcé contre de telles mesures, avant d'être favorable à ces mesures, mais seulement pour deux mois, tout en étant contre l'idée de les mettre en place tout de suite. Je ne comprends pas du tout les volte-faces du Bloc québécois à cet égard.
     Je comprends mieux leurs alliés, à savoir le Parti conservateur, parce que ce dernier ne veut rien savoir des mesures de santé publique. Cependant, le Bloc québécois a tenu quatre positions différentes en l'espace d'une demi‑heure. J'aimerais demander au leader du gouvernement à la Chambre d'expliquer ces volte‑faces du Bloc québécois sur ce point, ainsi que l'incompréhension de ce parti face à ces mesures importantes de santé publique.

[Traduction]

    Madame la Présidente, à vrai dire, ce que je ressens en ce moment, c'est surtout de la frustration parce que nous n'en avons toujours pas fini avec ce débat. Je peux assurer aux députés d'en face que, s'ils prennent le temps de parler aux gens de leur circonscription et d'ailleurs au pays, ils constateront que personne ne veut que nous passions deux jours à débattre de la pertinence d'imposer la vaccination dans cette enceinte. Tous conviendraient que la question aurait dû être réglée par consentement unanime, mais nous voilà en train de tenir un débat pour savoir si le ciel est bleu et tout le tralala. Je ne sais pas pourquoi nous débattons de notions scientifiques de base.
     Nous demandons simplement un lieu de travail sûr où les gens peuvent venir travailler en personne s'ils se sentent à l'aise ou continuer à invoquer les dispositions qui ont parfaitement fonctionné pendant la pandémie pour assurer la sécurité de tous ceux qui travaillent ici.

  (1045)  

[Français]

    Il est de mon devoir d'interrompre maintenant les délibérations et de mettre aux voix la motion dont la Chambre est saisie.
     La question porte sur la motion. Plaît‑il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    La vice‑présidente adjointe (Mme Carol Hughes): Que tous ceux qui appuient la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    La vice‑présidente adjointe (Mme Carol Hughes): Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    La vice‑présidente adjointe (Mme Carol Hughes): À mon avis, les non l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
     La vice‑présidente adjointe (Mme Carol Hughes): Convoquez les députés.

  (1125)  

[Traduction]

    Pendant que nous attendons le décompte des voix, je tiens à dire que Robert Benoit a fait un travail impeccable.

[Français]

    Il a nommé tous les députés dans la langue de leur choix. Je tiens à le féliciter.

[Traduction]

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 1)

POUR

Députés

Aldag
Alghabra
Ali
Anand
Anandasangaree
Angus
Arseneault
Arya
Atwin
Bachrach
Badawey
Bains
Baker
Barron
Battiste
Beech
Bendayan
Bennett
Bibeau
Bittle
Blaikie
Blair
Blaney
Blois
Boissonnault
Boulerice
Bradford
Brière
Cannings
Carr
Casey
Chagger
Chahal
Champagne
Chatel
Chen
Chiang
Collins (Hamilton East—Stoney Creek)
Collins (Victoria)
Cormier
Coteau
Dabrusin
Damoff
Davies
Desjarlais
Dhaliwal
Dhillon
Diab
Dong
Drouin
Dubourg
Duclos
Duguid
Dzerowicz
Ehsassi
El-Khoury
Erskine-Smith
Fergus
Fillmore
Fisher
Fonseca
Fortier
Fragiskatos
Fraser
Freeland
Fry
Gaheer
Garneau
Garrison
Gerretsen
Gould
Green
Guilbeault
Hajdu
Hanley
Hardie
Hepfner
Holland
Housefather
Hughes
Hussen
Hutchings
Iacono
Idlout
Ien
Jaczek
Johns
Joly
Jones
Jowhari
Julian
Kayabaga
Kelloway
Khalid
Khera
Koutrakis
Kusmierczyk
Kwan
Lalonde
Lambropoulos
Lametti
Lamoureux
Lapointe
Lauzon
LeBlanc
Lebouthillier
Lightbound
Long
Longfield
Louis (Kitchener—Conestoga)
MacAulay (Cardigan)
MacDonald (Malpeque)
MacGregor
MacKinnon (Gatineau)
Maloney
Martinez Ferrada
Masse
May (Cambridge)
May (Saanich—Gulf Islands)
McDonald (Avalon)
McGuinty
McKay
McKinnon (Coquitlam—Port Coquitlam)
McLeod
McPherson
Mendès
Mendicino
Miao
Miller
Morrice
Morrissey
Murray
Naqvi
Ng
Noormohamed
O'Connell
Oliphant
O'Regan
Petitpas Taylor
Powlowski
Qualtrough
Robillard
Rodriguez
Rogers
Romanado
Sahota
Sajjan
Saks
Samson
Sarai
Scarpaleggia
Schiefke
Serré
Sgro
Shanahan
Sheehan
Sidhu (Brampton East)
Sidhu (Brampton South)
Singh
Sorbara
Spengemann
St-Onge
Sudds (Kanata—Carleton)
Tassi
Taylor Roy
Thompson
Trudeau
Turnbull
Valdez
Van Bynen
van Koeverden
Vandal
Vandenbeld
Virani
Vuong
Weiler
Wilkinson
Yip
Zahid
Zarrillo
Zuberi

Total: -- 181


CONTRE

Députés

Aboultaif
Aitchison
Albas
Allison
Arnold
Baldinelli
Barlow
Barrett
Beaulieu
Benzen
Bergen
Berthold
Bérubé
Bezan
Blanchet
Blanchette-Joncas
Block
Bragdon
Brassard
Brock
Brunelle-Duceppe
Calkins
Caputo
Carrie
Chabot
Chambers
Champoux
Chong
Cooper
Dalton
Dancho
Davidson
DeBellefeuille
Deltell
d'Entremont
Desbiens
Desilets
Doherty
Dowdall
Dreeshen
Duncan (Stormont—Dundas—South Glengarry)
Ellis
Epp
Falk (Battlefords—Lloydminster)
Falk (Provencher)
Fast
Ferreri
Findlay
Fortin
Gallant
Garon
Gaudreau
Généreux
Genuis
Gladu
Godin
Goodridge
Gourde
Gray
Hallan
Hoback
Jeneroux
Kelly
Kmiec
Kram
Kramp-Neuman
Kurek
Kusie
Lake
Lantsman
Larouche
Lawrence
Lemire
Lewis (Essex)
Lewis (Haldimand—Norfolk)
Liepert
Lloyd
Lobb
MacKenzie
Maguire
Martel
Mazier
McCauley (Edmonton West)
McLean
Melillo
Michaud
Moore
Morantz
Morrison
Motz
Muys
Nater
Normandin
O'Toole
Patzer
Paul-Hus
Pauzé
Perkins
Perron
Plamondon
Poilievre
Rayes
Redekopp
Reid
Rempel Garner
Richards
Roberts
Rood
Ruff
Scheer
Schmale
Seeback
Shields
Shipley
Simard
Sinclair-Desgagné
Small
Soroka
Steinley
Ste-Marie
Stewart
Stubbs
Thériault
Therrien
Thomas
Tochor
Tolmie
Trudel
Uppal
Van Popta
Vecchio
Vidal
Vien
Viersen
Vignola
Villemure
Vis
Wagantall
Warkentin
Waugh
Webber
Williams
Zimmer

Total: -- 143


PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

  (1130)  

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je suis navrée, mais je dois le faire.
    Le chahut au cours du débat d'aujourd'hui était intolérable, grossier et inconvenant de la part de parlementaires. Lorsque j'ai voté, j'ai été huée par des députés de l'opposition. C'est inacceptable.
    Des voix: Oh, oh!
    Je tiens à remercier la députée de son observation et de son rappel au Règlement.
    Nous reprenons le débat. Le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes a la parole.

Reprise du débat sur l'ordre relatif aux travaux de la Chambre et de ses comités 

[Ordres émanant du gouvernement]
    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 24 novembre, de la motion, ainsi que de l'amendement.
    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole pour conclure mes observations sur cette motion. Alors que nous avons entendu un grand enthousiasme de la part des banquettes du gouvernement et de leur collègue de la coalition, la députée indépendante de Saanich–Gulf Islands, je ne m’attendais, bien sûr, qu’à un silence et à une attention maximale de la part des banquettes ministérielles alors que nous discutons de cette importante motion.
    Nous sommes dans une situation où, après presque 20 mois de changements réels dans la façon dont nous avons dû faire les choses à la Chambre, le gouvernement cherche maintenant à faire ce qu’il a fait à maintes reprises au cours de ces 20 mois, c’est-à-dire limiter la reddition de comptes et se soustraire à ses responsabilités à l'égard des Canadiens, de l’opposition et, bien sûr, des médias.
    Alors que les Canadiens sont retournés sur leur lieu de travail et qu’ils suivent les meilleurs conseils de santé publique, nous aussi, en tant que parlementaires, continuons à en faire autant. Cependant, qu’est-ce qui est différent ici? Contrairement à la plupart des Canadiens, les libéraux cherchent à profiter des Canadiens alors qu’ils sont encore en train de s’adapter à une nouvelle façon de faire pendant la pandémie, une nouvelle façon d’aller au travail, avec des masques et autres. Ils cherchent une occasion de se soustraire à l’obligation de rendre des comptes. Alors que le reste de la société canadienne cherche à revenir à une nouvelle normalité, ils cherchent à faire tout le contraire.
    Nous l’avons vu lors de la précédente législature. Il y avait des difficultés techniques qui ne leur permettaient pas de participer. Nous avons vu sur la Colline des ministres qui avaient fait le voyage jusqu’à Ottawa mais qui ne voulaient pas entrer dans la salle. Nous les avons vus éviter l’examen des médias en s’assurant de ne pas avoir à les affronter en personne, en sortant de leur voiture avec chauffeur pour se rendre à leur bureau, et en retournant à leur voiture avec chauffeur pour ensuite rentrer chez eux. Ils n’ont jamais eu à faire face à des journalistes et à un politicien de l’opposition en personne ou, Dieu nous en préserve, à un Canadien dans la rue.
    Ce que nous recherchons, c’est tout simplement un retour à la normale. Que suggérerais-je comme solution de rechange à la proposition du gouvernement? Si un député, Dieu nous en préserve, tombe malade, nous devrions faire revivre une pratique ancienne et fiable qui a fait ses preuves et permettre aux députés d'être jumelés à un autre député. Si un député de l’autre côté se fait du souci pour un député de ce côté-ci, et je crois que c’est le cas, offrons de nouveau le processus de pairage.
    Nous avons l’occasion de montrer aux Canadiens que nous sommes prêts à nous remettre au travail. Le moment est venu. Nous fonctionnons ici en toute sécurité. Nous sommes engagés dans ce processus et nous attendons du gouvernement qu’il s’engage dans un processus qui soit responsable devant les Canadiens et qui permette aux députés d’assumer pleinement les responsabilités pour lesquelles ils ont été élus.
    Il semble qu’il ne me reste plus de temps, mais j’ai hâte de répondre aux questions de mes collègues. J’espère que si cette motion est adoptée, les députés continueront de venir à la Chambre pour rendre des comptes aux Canadiens en répondant à des questions à la Chambre, en comité et devant les médias.

  (1135)  

    Madame la Présidente, j'ai trouvé les interventions du député, celle de l'autre jour et celle d'aujourd'hui, très intéressantes. Il a même mentionné que les Canadiens ont trouvé « une nouvelle façon d’aller au travail ». C'est exactement ce dont il est question ici. La motion vise à donner de la souplesse aux députés pour qu'ils puissent continuer à participer aux travaux dans l'éventualité où ils ne peuvent pas être présents soit parce qu'ils ont peut-être contracté la COVID‑19, soit parce qu'ils ont été en contact avec quelqu'un qui l'a contractée et qu'ils utilisent leur jugement pour ne pas entrer en contact avec d'autres personnes.
    Ce qui me choque le plus au sujet des observations du député, c'est qu'il ait dit que la formule limite en quelque sorte la reddition de comptes. Les répliques cinglantes du député de Carleton sont peut-être moins efficaces quand la Chambre est moins remplie, mais le député peut-il expliquer comment cette motion limite la reddition de comptes quand les ministres sont ici pour répondre aux questions?
    Madame la Présidente, tout d'abord, même si je suis désolé d'entendre que le député a été offensé, je ne crois pas avoir dit quoi que ce soit d'offensant. Ce que j'ai dit, c'est que les ministres doivent rendre des comptes à la Chambre et aux Canadiens. Ce que nous avons vu au cours de la dernière législature était honteux. Ils ne voulaient même pas traverser la rue ou descendre les escaliers pour s'asseoir à leur place alors que la Chambre était vide et rendre des comptes aux Canadiens.
     Dans ses observations, le député a dit que si des gens contractent la COVID‑19, nous devrons les faire travailler à la maison. Non, ils devraient être en convalescence. Un député malade devrait être jumelé à un député à la Chambre afin d'équilibrer les choses, comme nous le faisons depuis des centaines d'années. C'est ce que nous demandons.

[Français]

    Madame la Présidente, depuis plus de 150 ans, on a fait face à une pandémie seulement une fois. Or, des gens malades qui ont une grippe ou une pneumonie et qui sont contagieux, il y en a eu durant les 154 dernières années et on les laissait à la maison prendre soin d'eux sans les obliger à travailler à distance.
    Quelle est la différence aujourd'hui? Pourquoi doit-on forcément adopter un modèle hybride alors que la majorité d'entre nous est vaccinée, que nous connaissons les mesures sanitaires et que l'important, lorsqu'on est malade ou qu'un de ses proches l'est, c'est de prendre soin de soi?

[Traduction]

    Madame la Présidente, la députée a tout à fait raison. Lorsque les députés sont malades, comme tout autre Canadien, ils ne devraient pas se rendre au travail. C'est ce qui se fait depuis longtemps déjà. Je ne comprends pas pourquoi nous devons littéralement réinventer comment les choses fonctionnent ici. Il y a un système en place. Je l'ai mentionné à plusieurs reprises. Nous pouvons avoir recours au pairage, et cela nous permettra d'équilibrer les choses.
     Nous devons revenir à ce que nous faisions. C'est une façon très simple de procéder tout en assurant la reddition de comptes, surtout si l'on insiste sur le fait que les directives de santé publique doivent être strictement respectées.
    Madame la Présidente, à l'heure actuelle, des députés de l'Assemblée législative du Manitoba participent aux travaux à distance. Bien qu'il soit doublement vacciné, le chef de l'opposition officielle de la province a contracté la COVID; il participe à la période des questions et aux autres délibérations à distance.
    Le député considère-t-il que le gouvernement du Manitoba met ainsi en péril la démocratie au Manitoba?
    Madame la Présidente, ce qu'on peut constater à la Chambre, c'est que les ministres, le premier ministre, les secrétaires parlementaires et les députés d'arrière-ban du gouvernement cherchent à éviter de rendre des comptes. Ils fuient la Chambre comme si c'était la peste qui sévissait au Canada. Les parlementaires doivent rendre des comptes aux Canadiens, et il existe un mécanisme de reddition de comptes. Ils peuvent venir à la Chambre en toute sécurité, ce n'est pas trop leur demander.
    J'entends les blablablas de certains députés. Alors qu'ils ont fait campagne pour être élus et siéger à la Chambre, ils voudraient maintenant être payés pour rester assis dans leur sous-sol. Ils doivent faire mieux pour les Canadiens.

  (1140)  

    Avant de donner la parole à la prochaine personne, je rappelle aux députés que le chahut doit cesser. Lorsqu'une personne a la parole, il convient que la Chambre la traite avec respect. Si des députés souhaitent intervenir, ils doivent attendre la période réservée aux questions et observations ou attendre qu'arrive le moment de prononcer leur discours.
    Nous reprenons le débat. La députée de Calgary Nose Hill a la parole.
    Madame la Présidente, nous débattons aujourd’hui d’une motion présentée par les libéraux qui éliminerait plusieurs éléments essentiels au fonctionnement de la démocratie canadienne. Avec cette motion, les libéraux laissent entendre que les députés ne devraient pas être présents à la Chambre, ce qui me semble très déraisonnable. Je vais expliquer pourquoi.
    Tout d’abord, le premier ministre a déclenché des élections au beau milieu de la quatrième vague de la pandémie. Tous les députés, je l’espère, ont frappé à des milliers de portes et parlé à des milliers de personnes au beau milieu de la quatrième vague de la pandémie. N’eut été le déclenchement de ces élections inutiles, j’aurais peut-être pu accepter l’argument selon lequel il est impossible de gérer en toute sécurité les interactions en personne, mais passons.
    En fait, pendant cette campagne électorale inutile, le 27 août, le premier ministre a fait un arrêt dans un restaurant de Mississauga pour une activité où la capacité d’accueil a été dépassée. Le 14 septembre, il a tenu un rassemblement de campagne à Brampton mettant en vedette l’ancien premier ministre Chrétien avec plus de 400 personnes dans une salle de réception. L’argument selon lequel nous ne devrions pas être présents ici est fallacieux.
    Pour les gens qui nous regardent aujourd’hui, il est un peu ridicule d’entendre que les députés ne devraient pas se présenter au travail, alors qu’on leur a demandé à eux de prendre toutes les mesures nécessaires pour se rendre au travail, un grand nombre de Canadiens n’ayant pas la possibilité de travailler à distance.
    La raison pour laquelle le premier ministre veut adopter cette motion pour ne pas être ici en personne est très simple. Il ne veut pas avoir à se présenter ici pour rendre des comptes. C’est tout.
    Au cours des derniers mois, pendant la période qui a précédé ces élections inutiles, durant laquelle nous avons frappé à des dizaines de milliers de portes d’un bout à l’autre du pays au beau milieu de la quatrième vague de la pandémie, les ministres du parti au pouvoir étaient assis dans leur bureau ou chez eux et lisaient des notes devant un écran d’ordinateur. Je ne considère pas cela comme de la reddition de comptes. Ils ne veulent pas être ici parce qu’ils ne veulent pas que des gens comme moi, qui font très bien leur travail, leur demandent des comptes. Ils ne veulent pas répondre aux questions de mes collègues.
    C’est l’antithèse même de la démocratie. Il y a une raison pour laquelle nous élisons un Parlement. Nous venons d'avoir des élections fédérales pendant lesquelles le premier ministre a organisé des rassemblements électoraux. Il ne veut pas que nous débattions ici parce qu’il ne veut pas avoir de comptes à rendre. C’est du déjà vu tout cela. Au cours des législatures précédentes, les libéraux ont laissé entendre que nous ne devrions pas nous présenter au travail le vendredi. Ils ont essayé d’annuler la période des questions du vendredi. Ils ont essayé toutes sortes de tactiques.
    L’autre raison pour laquelle les libéraux ont présenté cette motion, ce sont les comités parlementaires. Dans un Parlement minoritaire, les comités parlementaires constituent un excellent outil pour obliger le gouvernement à rendre des comptes. Les gens qui nous regardent aujourd’hui ont peut-être vu comment mon collègue néo-démocrate de Vancouver Kingsway et moi-même avons été paralysés lorsque les libéraux ont mis fin aux travaux de notre comité parce que les ressources étaient insuffisantes pour tenir des réunions à distance. Ils veulent que cette motion soit adoptée parce qu’ils ne veulent pas être tenus de rendre des comptes.
    Les libéraux invoquent aussi l’argument de la sécurité, en disant qu’ils essaient d’assurer la sécurité de tout le monde. S’ils essayaient d’assurer la sécurité des gens à la Chambre, ils chercheraient à savoir pourquoi des allégations non résolues de harcèlement sexuel concernant d’anciens membres du personnel libéral sont constamment balayées sous le tapis. Leur argument ne tient pas la route.
    J’aimerais maintenant plaider en faveur de la présence de tous les députés à la Chambre, et je m’adresse en particulier aux députés du parti au pouvoir. Nous nous réunissons ici pour comprendre nos différences respectives et pour comprendre les besoins des gens qui vivent dans notre pays vaste et diversifié. Des députés d’autres partis demandent pourquoi nous ne pourrions pas faire comme le Manitoba.
    Notre pays est très diversifié. Selon mon expérience sur le terrain, je sais, d’après les citoyens de Skeena—Bulkley Valley, que leur député devrait probablement parler au député d’Avalon. Pourquoi? Tout simplement parce que si nous voulons être unis en tant que nation dans cette enceinte, nous devons nous parler.

  (1145)  

    Le Parti libéral, qui dirige le pays, n’est pas particulièrement doué dans ce domaine. Depuis que je suis ici, je sais que le désir des libéraux est de nous battre, mes électeurs et moi, plutôt que de travailler avec nous pour améliorer notre pays. Je sais aussi que c’est l’esprit de la motion soumise aux voix aujourd’hui. Il est beaucoup plus facile pour les whips du parti au pouvoir de gérer et de contrôler les membres de leur caucus s’ils ne sont pas ici et qu'ils ne peuvent pas nous parler et s'ouvrir à ce qui est dans l’intérêt du pays ou chercher un terrain d’entente.
    Depuis que je siège à la Chambre, des gens qui viennent d’autres régions du pays ont changé mon point de vue sur certaines questions. Lorsqu’ils disent qu’une mesure n’est pas dans l’intérêt de leur région, ou lorsque je leur dis la même chose au nom de mes électeurs, nous nous efforçons de parvenir à un consensus. Cela ne peut pas se produire si nous n’interagissons pas entre nous. Tous les Canadiens qui ont utilisé la plateforme Zoom au cours des 18 derniers mois savent que nous n'interagissons pas de la même manière selon que nous sommes confinés à domicile en pyjama devant notre écran d’ordinateur ou que nous nous regardons dans le blanc des yeux.
    Je lance un appel à mes collègues du NPD, qui, semble-t-il, veulent appuyer cette motion. Cela les empêcherait de représenter activement la voix des résidants de leur circonscription au sein des comités parlementaires. Des collègues néo-démocrates ont siégé avec nous tous à des comités lorsque nous essayions de faire adopter des motions, et voilà que tout à coup, comme par hasard, les ressources sont épuisées parce que c’est ce que prétend un des présidents libéraux. Des députés néo-démocrates ont essayé d’obtenir des réponses au nom des gens qu'ils représentent, mais les ministres ne se sont pas présentés ou n’ont pas tenu de conférences de presse.
    Tous les Canadiens, même s’ils votent pour les libéraux, devraient s’inquiéter du fait que le premier ministre du Canada et le parti au pouvoir cherchent à empêcher les députés d’être présents dans cette enceinte. C’est vraiment insensé. Nous devrions nous présenter au travail. Cela mérite réflexion.
    En fait, nous sommes en train de dire que cela n’a pas d’importance, mais c’est important. Chaque jour, des représentants d’autres régions du pays m’ouvrent les yeux sur ce qui se passe chez eux. Je ne suis pas obligée d’être d’accord sur tout. Cela justement la raison d’être de la Chambre.
    Certains de mes collègues ont fait remarquer que, même s’ils sont malades, les députés devraient pouvoir représenter leurs concitoyens. J’ai moi-même déjà été malade et j’ai quand même réussi à continuer à représenter les gens de ma circonscription. Cela fait partie de notre travail. Tous les Canadiens finiront un jour par être malades et devront s’absenter de leur travail. Cela ne veut pas dire qu’ils ne retourneront jamais à leur travail ou qu’ils ne font pas leur travail.
    Certains députés, en particulier ceux qui donnent l’exemple d’un de mes collègues qui, même doublement vacciné, a contracté la COVID‑19, prétendent qu’au fond, il ne souhaite pas être présent dans cette enceinte ou qu’il ne veut pas se présenter au travail. Ce n’est pas ce qu’il souhaite. Nous voulons tous pouvoir venir ici et demander des comptes au gouvernement.
    Je comprends. Je comprends que le gouvernement veut agir de manière draconienne. Je comprends que le premier ministre ne veut pas se présenter au travail. Je crois franchement que les libéraux ont peur d’avoir à rendre des comptes. Ils ont peur d’être tenus responsables de l’inflation, de la hausse généralisée du coût de la vie, du chômage qui frappe les Canadiens, de l’évolution de notre économie, de l’incapacité du gouvernement de prendre des mesures positives en matière d’affaires étrangères ou dans n’importe quel dossier.
    Ils ont peur d’avoir à rendre des comptes au sujet des milliards de dollars que le gouvernement a dépensés durant la pandémie, à l’abri de tout examen de la Chambre, ce qui, d’après l’examen minimal que nous avons pu en faire, est déjà très scandaleux. Rappelons-nous le scandale de l’organisme UNIS et des frères Kielburger. Ils ne veulent pas que cela se reproduise. Voilà pourquoi ils ne veulent pas nous voir ici.
    D’après ce que j’entends, le NPD va appuyer cette mesure. C’est vraiment insensé. Le fait de venir dans cette enceinte pour défendre nos concitoyens est une source de dignité. C’est pour cela que les contribuables paient nos salaires. Adopter une motion qui dit que nous ne devrions pas venir ici pour apprendre les uns des autres et de nos électeurs, c’est une grave erreur. Je demande à chaque député ici présent de s’opposer à cette mesure afin que nous puissions retourner au travail et défendre les intérêts des Canadiens.

  (1150)  

    Avant de passer aux questions et observations, je rappelle aux députés que, à moins qu'ils ne se lèvent pour intervenir, ils doivent porter le masque.
    Nous passons aux questions et les observations. Le député de Kings—Hants a la parole.
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec certains éléments du discours de ma collègue, mais d'autres me posent vraiment problème.
    Je partage le point de vue de ma collègue sur la possibilité qu'ont les parlementaires, lorsqu'ils se réunissent, d'apprendre les uns des autres. C'est un argument valable.
    La députée a parlé de la nature du travail des députés. En ce qui me concerne, au cours de la dernière législature, certaines circonstances m'ont forcé à rester à la maison, en Nouvelle‑Écosse. J'aimerais que la députée consulte le hansard et la version électronique des bleus. S'imagine-t-elle que je ne travaillais pas? En définitive, si je suis exposé à la COVID au cours de la présente législature, je souhaite être quand même en mesure de participer. Aujourd'hui, la position qu'elle prend à la Chambre nierait cette possibilité de participation. La députée peut-elle nous faire part de ses observations?
    Madame la Présidente, j'aimerais rappeler à mon collègue que s'il prend la parole dans cette enceinte, c'est qu'il respecte les règles relatives à la COVID‑19 en vigueur à la Chambre des communes, règles qui ont été instaurées pour nous protéger. Voilà mon premier point.
    Pour ce qui est de mon deuxième point, je doute sincèrement que le député d'en face, même en sa qualité de député d'arrière-ban, ait déjà posé une question pour demander des comptes au gouvernement. Je doute que ce soit dans les archives. Par conséquent, je me demande en effet s'il exécute réellement ses fonctions.
    Je ne laisserai pas le député m'enlever la capacité de défendre les intérêts de mes concitoyens et de demander des comptes au gouvernement. Il devrait avoir honte de se ranger du côté du gouvernement et de laisser entendre que nous ne devrions pas être ici. Le rôle de tous les députés, lui y compris, qui n'occupent pas un poste gouvernemental est de tenir le gouvernement responsable de ses décisions. Le député devrait donc être présent dans cette enceinte. Même s'il n'a pas le courage de prendre la parole pour exiger des comptes au gouvernement, il devrait espérer que je le fasse au nom de tous les Canadiens, y compris les habitants de sa circonscription.

[Français]

    Madame la Présidente, il y a deux écueils devant nous aujourd'hui.
    Il y a d'un côté les libéraux qui, comme ma collègue l'a très bien démontré, veulent limiter le débat et souhaitent ne pas être tenus responsables de leurs actions. Ils nous y ont habitués lors de la dernière session parlementaire. De leur côté, les néo‑démocrates préfèrent rester en pyjama dans le sous-sol; c'est leur choix.
    L'autre écueil que je tiens à soulever porte sur la question de la sécurité. La science nous dit que les vaccins sont efficaces. J'ai donc l'impression que mes collègues conservateurs pourraient faire quelque chose aussi. Peut-être la faiblesse de leur chef le rend-il complaisant avec certains députés qui n'ont pas de bonnes raisons de ne pas être vaccinés.
    C'est pour cette raison que nous nous retrouvons aujourd'hui avec un débat un peu surréaliste au cours duquel mes collègues conservateurs sont obligés de défendre l'indéfendable, c'est-à-dire le fait que certains de leurs collègues qui doutent de l'efficacité des vaccins. Nous avancerions beaucoup plus rapidement si mes collègues conservateurs acceptaient finalement de dire qu'il faut être pleinement vaccinés pour venir à la Chambre.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'en profite pour rappeler aux Canadiens que les vaccins sont sécuritaires et efficaces. Je suis complètement vaccinée, et j'invite les Canadiens qui ne le sont pas à saisir l'occasion de se faire vacciner. Il est entendu que les députés, par leur seule présence à la Chambre, respectent les règles concernant la COVID‑19 qui ont été établies par la Chambre des communes. C'est le cas de tous les députés du Parti conservateur.
    Aucun député ne devrait suivre les conseils médicaux du Parti libéral du Canada. Ce que nous devons faire, et ce que devraient faire mes collègues du Bloc, c'est de veiller à reprendre le travail au nom de tous nos concitoyens et à exiger des comptes du gouvernement, car ce dernier a beaucoup de choses à expliquer, comme l'inflation et la mauvaise gestion des fonds. Le travail du Parlement consiste à examiner à la loupe ce que fait le gouvernement. Remettons‑nous au travail.

  (1155)  

    Madame la Présidente, je vous félicite d'avoir été nommée à nouveau vice-présidente adjointe.
    J'ai entendu beaucoup de commentaires aujourd'hui sur la situation à la Chambre. Je tiens simplement à dire qu'en ce moment les effets de la pandémie se font sentir au détriment des femmes et des enfants: je parle des infirmières qui s'efforcent, sans aucun répit, de garder les Canadiens en vie dans des hôpitaux bondés pour une deuxième année et qui sont au bord de l'épuisement et des parents qui ne peuvent pas garder leurs enfants à la maison et qui craignent qu'ils contractent la COVID.
    Tout en réfléchissant aux raisons pour lesquelles cette question est importante, nous devons faire preuve de leadership afin de ne pas contribuer à un cas de plus, à une visite de plus à l'hôpital ou à un patient de plus aux soins intensifs. Les députés appuieront-ils le modèle hybride pour montrer que nous faisons tout ce que nous pouvons pour les gens afin de mettre fin à la pandémie?
    Madame la Présidente, je serais ravie de discuter du sujet avec ma nouvelle collègue de Port Moody—Coquitlam. Cependant, elle est sur le point de voter pour une motion qui nous empêcherait d'interagir à la Chambre et s'est donc en quelque sorte grillée elle-même.
    Madame la Présidente, c’est un honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd’hui. Je commencerai par vous féliciter d’avoir obtenu une fois de plus le poste très important de vice-présidente adjointe de la Chambre. Vous avez certainement montré que vous êtes tout à fait capable de contrôler cette salle extrêmement chaotique de temps à autre et je vous en félicite.
    Comme c’est la première fois que j’ai l’occasion de prendre la parole à la Chambre depuis les élections, je tiens à remercier les habitants de Kingston et les Îles de m’avoir renvoyé ici pour continuer à être leur voix et à les représenter. C’est un véritable honneur. J’ai été élu à plusieurs reprises, tant à la Chambre qu’au conseil municipal de Kingston. Je suis très touché de savoir que j’ai le soutien de mes électeurs pour les représenter. Je suis très reconnaissant du soutien qu’ils m’ont apporté en me renvoyant ici.
    Il est assez intéressant de constater que nous tenons notre premier débat sur la façon dont les députés devraient participer aux débats au cours des prochains mois, alors que nous traversons ce qui reste de la pandémie. Je dois dire que je suis assez surpris d’apprendre la position des députés du Bloc Québécois à ce sujet. Ils ont toujours été très progressistes en ce qui concerne la nécessité de mettre en place des mesures appropriées pour protéger non seulement les députés, mais surtout le personnel et les employés responsables de l'administration de la Chambre, alors je suis surpris d'entendre leur position à ce sujet aujourd’hui.
    Toutefois, je ne suis certainement pas surpris par la position adoptée par les conservateurs. C’est un problème récurrent chez eux. Ils semblent toujours un peu en retard par rapport à l’opinion publique et à la nécessité de prendre soin des Canadiens. Au début de la pandémie, nous avons vu qu’ils étaient les derniers à mettre des masques, probablement à contrecœur. Ils ne voulaient certainement pas le faire. Ils se sont plaints du fait que les vaccins n’étaient pas prêts. La députée de Calgary Nose Hill a déclaré à plusieurs reprises que nous n’aurions pas de vaccins avant 2030, ce qui n’était pas le cas.
    M. Garnett Genuis: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen: J’entends le député de Sherwood Park—Fort Saskatchewan me chahuter.
    On a dit à maintes reprises que j’ai été le seul député libéral présent à la Chambre pendant plusieurs mois. J’étais peut-être la seule personne physiquement présente, mais je n’étais certainement pas la seule personne à participer. Les conservateurs rient comme s’il y avait une différence entre la participation en personne et la participation à distance. Nous avons adopté des règles qui stipulent que tous les mêmes privilèges sont accordés aux députés qui participent à distance. En effet, des gens de tous les partis ont participé aux débats à distance pendant toute cette période.
    Je reviendrai sur ce que j’ai vécu et sur le manque de sérieux des conservateurs face à cette pandémie. Lorsque je siégeais à la Chambre, j’entendais de temps à autre des éclats de rire provenant de l’antichambre de l’opposition, comme s’ils organisaient une fête ou quelque chose du genre là-bas. Ils ne prennent tout simplement pas cette pandémie au sérieux depuis le début et cela se voit encore aujourd’hui dans leur position sur la question et dans certains des discours que nous entendons...
    Des voix: Oh, oh!
    Je sais que les députés sont impatients de participer à la période de questions et observations, mais ce n'est pas le moment de le faire, alors je leur demanderais de prendre en note leurs idées.
    Il reste encore plus de 16 minutes et demie au député pour son discours. Je demanderais aux députés de lui accorder le respect qu'ils souhaiteraient eux-mêmes recevoir en prenant la parole. Je prierais les députés de baisser le ton et d'accorder au député le respect qu'il mérite.

  (1200)  

    Madame la Présidente, je vous remercie.
    N'oublions pas la dernière nouvelle, soit la création du caucus de la liberté, ou quel que soit le nom que lui donne les députés d'en face, par ceux qui se battent pour les libertés des parlementaires ou des Canadiens. Quoiqu'il en soit, tout cela ne sert en fait qu’à susciter de la méfiance, à tomber dans la théorie conspirationniste et à faire la promotion de politiques sans fondements scientifiques. Voilà ce que le Parti conservateur nous sert depuis un certain temps.
    En mettant bout à bout chacune des positions prises par les conservateurs, comme leur refus de dire combien des leurs sont vaccinés, en regardant la situation dans son ensemble, pas un seul Canadien ne peut réellement croire que les conservateurs prennent la pandémie au sérieux. C’est très clair.
    Je ne comprends pas pourquoi les conservateurs ne veulent pas dire d’emblée combien d’entre eux ont été vaccinés. Pourquoi ne veulent-ils pas le dire? Ce serait faire montre de leadership. La députée de Calgary Nose Hill a pris la parole et a incité tout le monde à se faire vacciner. Pourquoi ne commencent-ils pas à parler de ceux qui ont été vaccinés de ce côté-là de la Chambre? Ils n’ont même pas voulu le dire pendant la campagne électorale lorsqu’on leur a posé la question ouvertement et publiquement.
     Comment quelqu’un peut-il être un leader s’il ne veut pas exiger, du moins dans son parti, que toute personne voulant être candidat à la prochaine élection soit vaccinée? Tous les partis l’ont fait, sauf le Parti conservateur, et le caucus de la liberté, ou quel que soit l'entité qu’ils ont créée, qui continue de promouvoir des théories conspirationnistes.
    La motion vise réellement à permettre à chacun de participer. Le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes, qui a pris la parole avant la députée de Calgary Nose Hill, a déclaré que quiconque contracte la COVID doit demeurer à la maison le temps de se soigner. On dirait qu’il n’est pas conscient de la façon dont la maladie se propage. Les personnes qui ont leurs deux doses de vaccins peuvent en fait contracter la maladie, continuer de la propager sans le savoir, se croyant à l’abri. Beaucoup de gens peuvent continuer de participer à la vie active mais ne veulent pas transmettre cette maladie.
    Prenons le cas du député de la Beauce. Il n’a pas pu participer à l’élection du Président de la Chambre, assister au discours du Trône, ni participer jusqu’à maintenant à aucun débat ni à aucun vote.
    Le député de Mégantic—L’Érable invoque le règlement.

[Français]

    Monsieur le Président, la règle est claire: on ne peut pas parler de la présence ou de l'absence d'un député à la Chambre. Pourtant, le député l'a fait à plusieurs occasions.

[Traduction]

    Je pense que le député sait tout à fait qu’il n’est pas censé faire cela.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, au sujet de ce rappel au Règlement, je ne parlais pas de la présence du député à la Chambre. Je parlais du fait qu’il a fait savoir qu’il ne pouvait pas venir à Ottawa et siéger au Parlement.

[Français]

    Monsieur le Président, il a dit que le député n'avait pas pu se présenter à la Chambre pour voter. Il a donc fait allusion à son absence ou à sa présence à la Chambre. Je lui demande de faire attention à ce qu'il dit et surtout de ne pas répéter ce genre de propos concernant mon collègue.

[Traduction]

    Une fois de plus, le député sait bien qu’il ne lui est pas permis de dire indirectement ce qu’il ne peut dire directement.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, j’ai vérifié le registre des votes et j’ai vu qu’il n’avait pas voté, alors j’ai supposé qu’il n’était pas ici. Je m’excuse si le député ne l’a pas compris, mais c’est ainsi que je sais avec certitude qu’il n’était pas ici, car le registre des votes ne l’indique pas.
    Quoi qu’il en soit, ce qu’il faut retenir, c’est que s’il y a des députés qui ne peuvent pas participer parce qu’ils ont peut-être été en contact étroit avec une personne dont le test était positif et qu’ils attendent les résultats pour s’assurer qu’ils ne vont pas continuer à propager la maladie, alors il est important que nous leur offrions des possibilités.
    Le député de Leeds-Grenville-Thousand Islands et Rideau Lakes aime bien dire que nous faisons les choses différemment et que les milieux de travail changent. Les Canadiens se remettent au travail; ils portent des masques. Je suppose que c’est ainsi qu’il définit les environnements de travail comme étant différents, mais il y a beaucoup de gens qui travaillent encore à la maison et sur leur lieu de travail sous une forme hybride. Ce n’est pas nouveau. Le député suggère presque que c’est quelque chose d’inusité, comme si d’autres personnes ne le faisaient pas. Il y a beaucoup de gens qui le font.
    Je pense à mes voisins, par exemple, qui continuent à travailler à domicile trois jours par semaine et à se rendre au bureau les deux autres jours. Il est très courant que les lieux de travail établissent des pratiques de ce genre afin de s’assurer que les gens peuvent continuer à participer et à faire leur travail.
    J’ai deux enfants. L’un est tout juste admissible à la vaccination, et l’autre, non. Que se passe-t-il si, malgré la double vaccination, j’attrape la COVID? Les députés ne voudraient certainement pas que je vienne ici, et je ne voudrais certainement pas que d’autres personnes viennent ici si cela arrivait à quelqu’un d’autre. Si cela se produit et que j’attrape la COVID, même si je suis doublement vacciné et que je suis encore tout à fait capable d’exercer mes fonctions d’un point de vue physique, pourquoi ne me donnerions-nous pas la possibilité de le faire à distance? C’est tout ce dont il est question dans cette motion.
    J’ai entendu les deux intervenants précédents parler de reddition de comptes, comme s’il n’était pas possible de demander des comptes aux ministres. J’ai entendu la députée de Calgary Nose Hill s’en prendre à l’un de mes collègues, il y a quelques minutes, en disant qu’il ne faisait pas son travail. L’ironie de tout cela est que ceux qui participent à distance font probablement beaucoup plus de travail législatif réel dans le monde virtuel qu’ils ne le faisaient avant que nous ayons ce Parlement hybride.
    Nous avions des comités qui se réunissaient chaque semaine, même les semaines de travail dans la circonscription.
    Des voix: Bravo!
    M. Mark Gerretsen: Les députés d’en face applaudissent à cela, et c’est bien, alors pourquoi s’opposent-ils à ce Parlement hybride et à la possibilité de le voir continuer? C’est là tout l’intérêt. Le but est de fournir un moyen de permettre aux gens de continuer à faire leur travail.
    Je suis vraiment heureux de voir qu’il y a au moins quelques collègues conservateurs qui sont d’accord pour dire que les députés de ce-côté ci de la Chambre font ce qu’ils ont à faire et travaillent, car le fait que la députée de Calgary Nose Hill laisse entendre qu’un député ne travaillait pas pendant la pandémie parce qu’il n’était pas en mesure d’être physiquement présent ici est une insulte non seulement pour un député en particulier, mais pour tous les Canadiens qui télétravaillaient chez eux, comme des milliers et des milliers de personnes l’ont fait lorsqu’on nous a demandé de rester à la maison dans la mesure du possible.
    Je vois d'un mauvais œil toute insinuation selon laquelle des collègues ne font pas leur travail. Bien que je ne sois pas souvent d’accord avec les députés conservateurs, je n'insinuerais jamais qu’ils ne travaillent pas. Ils ne font peut-être pas ce qu’ils sont censés faire, mais ils travaillent certainement et ils pensent qu’ils font leur travail; donc, c’est tout aussi important.
    Nous devons également examiner ce qu’il y a de différent. J’ai entendu à plusieurs reprises différentes personnes du parti conservateur parler de la différence. Ils tentent d'insinuer que, lorsque les députés sont physiquement ici, ils sont plus responsables ou peuvent davantage se faire réprimander par le député de Carleton pendant la période des questions. Je ne comprends pas quelle est la différence. J’ai siégé ici pendant cinq mois et j’ai entendu les questions et vu les ministres répondre. Oui, très rarement, à l’occasion, il a pu arriver que quelqu’un ne soit pas en mesure de répondre immédiatement en raison d’une difficulté technique, mais c’était très rare. Cela n’est presque jamais arrivé. Si cela se produisait une seule fois par période de questions, je dirais que même cela, c'est excessif.

  (1205)  

    En fait, cela a très bien fonctionné, parce que...
    Des voix: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen: Malgré le fait que le Bloc me chahute à ce sujet, les députés savent que c’est grâce au personnel incroyable que nous avons ici, qui a mis en place ce système, que nous pouvons travailler par vidéoconférence. Je veux dire, allez, au moins nous pouvons applaudir le personnel. Peut-être pas, très bien; mais je remercie les députés libéraux de l’avoir fait.
    En conclusion, pour moi, c’est très simple: il s’agit de savoir si oui ou non nous prenons cette pandémie au sérieux, du début à la fin. Comme je l’ai indiqué au début de mon discours, il est très clair pour moi que les conservateurs n’ont jamais pris la pandémie au sérieux. Ils ont traîné les pieds et adhéré de force à toutes les mesures, qu’il s’agisse de l’application de vote, du Parlement hybride, de la fermeture du Parlement, pour commencer, ou du port du masque. Peu importe ce que nous avons proposé, les conservateurs se sont toujours opposés à toute mesure visant à protéger la sécurité des Canadiens et, en particulier, de ceux qui travaillent ici, à la Chambre. Je pense qu’il est absolument honteux qu’ils ne pensent pas qu’il est important de prolonger ces dispositions afin que les gens puissent continuer à participer à distance et en personne d'ici la fin de la pandémie.

  (1210)  

    Monsieur le Président, c’est un plaisir de revoir à la Chambre des communes le représentant de la circonscription voisine de la mienne.
    Mon voisin, donc, a dressé une longue liste de tout ce qui fait en sorte que mon parti et tous les députés conservateurs à la Chambre ne prennent pas la pandémie au sérieux. Je ne vais pas énumérer la liste, mais il a mentionné le port du masque. Quand le premier ministre refusait de porter un masque, à l’époque où on nous disait de ne pas en porter, j’ai été le premier député à porter un masque à la Chambre et, ensuite, ils en ont fait autant.
    Par conséquent, au milieu de toute cette arrogance, le député reconnaîtra-t-il que, loin de montrer l’exemple, le premier ministre disait de ne pas porter de masque à l’époque où au moins un député conservateur en portait un? Nous en portons aussi dans l’antichambre et nous avons des tests de dépistage rapide dans notre caucus, ce que les libéraux n’ont pas. Peut-on cesser ces inepties suffisantes qui veulent faire croire que les libéraux prennent la situation au sérieux et pas les conservateurs? Ce n’est pas vrai et il devrait le reconnaître.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter le député. J’ai soulevé cette question auparavant. En fait, il me l’a posée avant et, oui, je le félicite, mais il est malheureux que la direction de son parti n’ait pas adhéré à cette idée. Quand nous avons pris la décision concernant le port du masque, tous les députés libéraux allaient en porter un, point final.
    Quand les conservateurs ont décidé que chacun était libre de se faire vacciner ou pas, le chef de l’opposition se disait qu’il devrait probablement prendre position sur ce sujet, mais il ne savait pas si c’était une bonne idée, alors il a laissé ses députés décider de faire ce qu’ils voulaient. Ce n’est pas ce qu’on appelle du leadership.
    Le député a parlé de leadership. Pourquoi le chef de son parti n’a-t-il pas exigé que toute personne qui voulait briguer un siège de député dans les rangs du Parti conservateur soit vaccinée?
    Je remercie le député d’avoir porté un masque et d’avoir fait ce qu’il fallait. Il est malheureux, cependant, que son chef n’en ait pas fait autant. Peut-être le moment est-il venu pour lui de devenir chef de son parti.

[Français]

    Monsieur le Président, tout d’abord, comme c’est la première fois que j’interviens dans le cadre de cette 44e législature, j’aimerais remercier les électeurs et les électrices de Berthier—Maskinongé de leur confiance renouvelée. Ensuite, je vous félicite pour votre nouvelle nomination.
    Concernant la question qui nous occupe, notre honorable collègue a mentionné la bonne volonté et la collaboration du Bloc québécois depuis le début. En effet, le Parlement hybride était notre proposition, si on s’en souvient bien. Par contre, présentement, les conditions nous permettent de travailler en personne et de faire notre travail comme il se doit. Nous sommes des humains, des discussions de corridor doivent aussi se tenir en marge des débats parlementaires.
    Mon honorable collègue semble aussi négliger un aspect très important. Ce sont les difficultés d'interprétation pour les députés francophones et pour les membres du personnel de la Chambre des communes qui, je pense, nous écoutent en coulisse et qui sont très heureux de m’entendre dire cela pour leur santé et leur sécurité au travail. Je pense qu’il faut siéger ici, tant que nous en sommes capables. Admettons qu'une grande vague épidémique surgisse à la fin de janvier ou au début de février ou de mars, nous serons capables de nous réunir rapidement et de nous ajuster.
    Est-ce que mon collègue sous‑estime notre capacité à nous ajuster?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les conditions sont sans doute réunies pour cela, mais cela ne veut pas dire que ce soit la bonne chose ou la chose recommandée à faire. Les conditions sont peut-être réunies pour que nous puissions siéger ensemble dans la même salle, mais cela ne veut pas dire que ce soit la solution la plus sécuritaire. En fait, d’après les recommandations, nous ne devrions pas nous retrouver ici et c’est pourquoi nous en sommes là.
    Pourquoi voulons-nous attendre jusqu’en février ou mars? Pourquoi n’avons-nous pas les dispositions en place? À mon avis, l’immense majorité des députés seront encore présents en ces lieux. Tous les ministres seront là pour la période des questions, comme il a été indiqué...
    Des voix: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen: Je suppose que les députés d’en face n’écoutaient pas le débat parce que le leader du gouvernement à la Chambre l’a dit hier. Il s’agit de donner aux députés des options en fonction de la sécurité et de leur propre situation.

  (1215)  

    Monsieur le Président, je compte être présente à la Chambre chaque jour de séance tant que ma santé me le permettra, et représenter les électeurs d'Edmonton Strathcona en personne au meilleur de mes capacités et aussi souvent que je le pourrai. Au cours de la dernière législature, on nous a assuré que le gouvernement et les ministériels seraient présents ici mais, souvent, ce ne fut pas le cas. Bien que j'apprécie les interventions de mon collègue, nous en avons entendu beaucoup venant de lui pendant la dernière législature.
    Je suis curieuse. Je sais qu'il nous a rassurés, mais quelle assurance avons-nous que les libéraux seront présents ici, qu'ils répondront aux questions et qu'ils me permettront de jouer un rôle d'opposition au gouvernement?
    Monsieur le Président, les députés semblent croire qu'aucun député libéral ne voulait être présent ici pendant la pandémie, lors de la dernière législature. C'est faux. Ils voulaient être ici. Ils ne cessaient de demander « Quand pourrons-nous retourner à Ottawa? » Il s'agissait à ce moment de prendre les bonnes décisions dans l'intérêt supérieur de la santé publique et de la sécurité. Comme nous le savons maintenant, nous pouvons commencer à assouplir certaines mesures et à admettre davantage de personnes dans la salle en même temps.
    La députée souhaite avoir une assurance. Elle sait certainement que je ne peux l'assurer de rien, mais de lui rappeler ce que le leader du gouvernement à la Chambre a dit hier. Je suis persuadé que les députés veulent être à la Chambre pour répondre aux questions de l'opposition et des ministériels.
    Monsieur le Président, la députée de Calgary Nose Hill vient de parler du travail des députés dans son discours. Comme le député le sait, je participais aux débats et aux travaux des comités par écran interposé, probablement à partir de la maison, en Nouvelle‑Écosse.
    Mon collègue pourrait-il en dire un peu plus sur ce fait? Je tiens à être bien clair: j'ai l'intention d'être ici, mais, si ma fiancée, qui est avocate à Halifax, devait être exposée à la COVID, ou si je l'étais lors de mes déplacements entre Ottawa et la Nouvelle‑Écosse, je voudrais conserver le privilège de pouvoir faire entendre la voix des gens que je représente, que ce soit en personne ou à distance. Mon collègue peut-il parler du fait que le travail d'un député peut se faire par vidéoconférence? Il peut se faire en personne à la Chambre, mais l'option du travail à distance doit être permise.
    Monsieur le Président, j'insiste sur le fait que mon collègue de Kings—Hants mérite des excuses pour une déclaration extrêmement paradoxale de la part d'une personne qui a participé aux travaux parlementaires alors qu'elle était à l'extérieur du pays et qui accuse maintenant un député...
    La députée d'Elgin—Middlesex—London invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, j'admire la passion du député, avec qui j'ai siégé au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre pendant 73 jours d'obstruction systématique. Mon recours au Règlement vise la remarque désobligeante qu'il était sur le point de formuler. En fait, il avait commencé à la faire et...
    Ce n'est pas une remarque désobligeante.
    Monsieur le Président, je remercie le député, mais il s'en prend constamment aux autres députés. Or, si le gouvernement veut se vanter du bon travail qu'il fait à la Chambre des communes, le député aurait intérêt à s'abstenir d'attaquer constamment ma collègue.
    Je remercie la députée de son intervention, mais je crois qu'il s'agit vraiment d'une question de débat entre deux personnes.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je crois que mon collègue de Kingston et les Îles était en train d'attirer l'attention sur l'absence d'une députée à la Chambre...
    Au contraire. Elle était ici.
    ... et voilà que le député, qui prétend que les conservateurs sont irrespectueux et n'observent pas les règles du décorum, interrompt mon intervention pour chahuter. Ne pourrait-il pas trouver un moyen de respecter les règles et de se comporter avec classe? Je sais qu'il peut le faire. J'en ai été témoin par le passé, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.

  (1220)  

    Comme les députés le savent, on ne peut pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement. Je demande aux députés de ne pas franchir la ligne.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, je suis scandalisé. Je dois subir ce que les députés d'en face disent pendant la période des questions, mais c'est moi qu'on accuse d'être désobligeant parce que je dis aux gens ce qui s'est vraiment passé. C'est peut-être à cause du ton que j'utilise, je ne sais pas. J'ignorais que le ton qu'on utilisait au Parlement pouvait autant offusquer des députés. Je m'en excuse si c'est le cas.
     Pour répondre à la question du député, comme je l'ai indiqué à maintes reprises, il n'y a aucune différence entre participer aux travaux de la Chambre sur place ou à distance, et toute la question se résume à cela. La question se résume à l'idée que les députés ne sont pas vraiment ici quand ils participent aux travaux à distance. C'est ce que les conservateurs ont laissé entendre tout au long de la dernière session parlementaire, et ils affirment encore que c'est ce qui se passera cette fois-ci, soit que les députés ne seront pas vraiment au Parlement quand ils participeront aux travaux à distance. Ils devraient vraiment lire la motion et les règles parce que c'est exactement le contraire qui arrivera.
    Monsieur le Président, je souligne que j'ai été élue pour représenter les habitants de la circonscription de Peterborough—Kawartha. Tous les députés ont été élus pour représenter les gens de leur circonscription.
    Je me demande si le député ou n'importe quel député libéral a même demandé aux habitants de sa circonscription s'ils sont d'accord avec le fait qu'il ne se présente pas au travail.
    Monsieur le Président, le même argument nous a été servi par la députée de Calgary Nose Hill, qui suggère que les députés ne travaillent pas s'ils participent à la séance à distance.
    Nous avons entendu le député de Kings—Hants parler du travail qu'il a fait durant cette période. Le fait qu’on laisse entendre qu'il n'y avait pas assez de travail ou que les gens ne travaillaient pas m'amène à me demander si c'est ainsi que les conservateurs ont agi, c'est-à-dire que lorsqu'ils étaient censés travailler à distance, ils ne travaillaient tout simplement pas. Si j'ai tort, ils devraient m'expliquer pourquoi. Cela semble être la seule manière dont ils prennent la situation. Ils insistent pour dire que les députés ne travaillent pas s'ils participent à distance, et c'est tout simplement faux.
    Monsieur le Président, prenant la parole pour la première fois à la 44e législature, j’ai en tête le mandat que m’ont confié les bonnes gens de Surrey‑Sud—White Rock. Toutefois, avant cela, je tiens à féliciter tous les députés de la Colombie‑Britannique présents à la Chambre qui ont abordé le débat d’urgence d'hier soir sur la Colombie‑Britannique avec passion et compassion et qui ont proposé des solutions.
    Le mandat qui m’a été confié m’est apparu très clairement lorsque j’ai rencontré des voisins, des amis, des propriétaires de petites entreprises en difficulté, dont certains ont perdu leur entreprise pendant les périodes de confinement dues à la pandémie, et des électeurs à leur porte: allez à Ottawa pour nous.
    Les membres de nos forces armées sont démoralisés par des critiques constantes, sans l’équilibre de la reconnaissance de leur travail, et, en fait, de leur héroïsme. Les FAC auraient bien aimé être mentionnées dans le discours du Trône cette semaine, mais elles ne l’ont guère été. Les anciens combattants souffrent parce que le gouvernement a laissé derrière de nombreux alliés afghans, pourchassés par les talibans. Les questions que nous devons aborder au cours de cette législature sont trop nombreuses pour être exposées dans un bref discours.
    Nous choisissons ici soit de défendre les intérêts des Canadiens en personne à la Chambre soit de permettre aux députés, malgré les preuves de vaccination, les masques et les précautions prises dans toute l’enceinte parlementaire, de garder leurs distances sur des écrans Zoom. Il s’agit d’un tampon inutile entre le gouvernement et la surveillance exercée par les Canadiens par le truchement des partis de l’opposition. C’est comme si deux personnes portant chacune deux masques essayaient de se parler avec un plexiglas entre elles. Nous sommes tous passés par là.
    Le gouvernement libéral a reçu seulement 32 % du vote populaire. Malheureusement, le gouvernement est formé par le parti qui remporte le plus de circonscriptions individuelles et non le plus grand nombre de voix.
    J’ai oublié de dire, monsieur le Président, que je partage mon temps de parole avec le député de Regina—Lewvan.
    On pourrait penser qu’avec un tel résultat, le gouvernement serait un peu plus humble, qu’il comprendrait que les Canadiens veulent qu'on leur rende des comptes et qu'on exerce des suivis rigoureux, mais non. Le premier ministre a déjà dit à plusieurs reprises que le gouvernement avait un mandat clair. Est-ce le cas, avec 32 % des voix? Je ne suis pas du tout sûre que les Canadiens soient d’accord, et je sais que les gens de ma circonscription ne le sont pas du tout.
    Je suis très fière de notre système parlementaire de Westminster, perfectionné au fil des siècles, constitué de simples citoyens élus par des gens libres jouissant de leur libre arbitre dans une démocratie libre pour demander des comptes à ceux qui sont au pouvoir et, au besoin, pour assurer une transition pacifique du pouvoir; un forum qui offre une solide fonction de remise en question à l’endroit de ceux qui sont chargés de nous gouverner, un système où même le chef du gouvernement et les ministres sont censés participer à notre forme de débat par questions et réponses, aux échanges à la période des questions. Ainsi, le premier ministre et son équipe dirigeante sont directement responsables devant la population.
    Une autre caractéristique est une fonction publique professionnelle qui soutient le travail important que nous faisons ici. Les membres de la fonction publique sont soumis aux politiques obligatoires du gouvernement qui les obligent à être vaccinés ou à prouver une exemption acceptée. Ils sont ici parce qu’ils sont en conformité. Nous sommes ici parce que nous sommes en conformité. On ne peut pas dire en toute honnêteté que la Chambre des communes est, pour une raison ou une autre, un lieu de travail plus dangereux que tout autre lieu de travail au Canada.
    L’opposition officielle de Sa Majesté est le caucus chargé de surveiller le gouvernement et de se tenir prêt à assumer la gouvernance. Également chargé de défendre les intérêts du pays dans son ensemble, le Parlement, qui fait partie du système, constitue manifestement le meilleur moyen de demander des comptes au gouvernement, ce qui a toujours été fait en personne.
    La majorité des travailleurs de ma circonscription n'ont pas la possibilité de faire du télétravail et on leur a bien expliqué que, pour conserver leur emploi, il était obligatoire qu'ils aient reçu deux doses du vaccin et qu'ils portent un masque. Certains ont perdu leur emploi et se trouvent maintenant dans le besoin. La plupart des gens ont respecté ces exigences et ils ne voient pas pourquoi leur député n'aurait pas à suivre les mêmes règles qu'eux. Ils ne s'attendent pas à ce que les députés aient droit à des accommodements spéciaux pour l'élite.

  (1225)  

    Nous venons ici pour représenter la population, nous ne devons pas penser seulement à nous et décider de rester à la maison pour faire notre travail parce que c'est plus facile et confortable. Bien sûr, tout le monde voudrait passer plus de temps à la maison. Pour une députée de la Colombie‑Britannique, Ottawa est à 4 300 kilomètres. Cependant, nous avons passé 20 mois à faire notre travail de la maison par Zoom. Si un député devait avoir besoin de mesures d'accommodement pendant une courte période pour des raisons de santé ou familiales ou pour des raisons liées aux déplacements exigés des députés, il serait possible de faire des exceptions.
     Qu'en est-il du pairage dont certains ont parlé? Tous les députés de l'opposition ont remarqué que, même lorsqu'un nombre restreint de députés pouvaient être présents à la Chambre, les ministres libéraux préféraient souvent participer aux séances par Zoom depuis leur bureau parlementaire. Ces ministres devraient être présents à la Chambre pendant la période des questions pour répondre aux questions qu'on leur pose; ce n'est pas la tâche des députés d'arrière-ban.
    Pour les gens de ma circonscription, est-il important que les députés soient présents à la Chambre pour faire leur travail? Aucun d'eux ne m'a dit que c'était une bonne idée seulement si c'était absolument nécessaire pour que nous demeurions en sécurité.
    Je voudrais communiquer à la Chambre ce que certaines personnes de Surrey‑Sud—White Rock m'ont dit, parce que ces gens se soucient de ce que nous faisons ici.
    Dorothy a dit ceci: « Mon seul souhait, c'est que [le Président] interrompe la période des questions au moment de passer à de nouvelles questions si le ministre refuse de répondre. Les Canadiens méritent mieux que ce que le Parlement leur offre. »
    Don a dit ceci: « J'ai hâte de vous voir à l'œuvre en personne. »
    Au sujet du désastre en Colombie‑Britannique, Patsy a dit ceci: « Les deux ordres de gouvernement ont tardé à intervenir. »
    Wade a simplement dit: « Trouvez une solution. »
    Lorsque j'ai annoncé ma nomination comme ministre du Cabinet fantôme responsable de la Défense nationale, Don a écrit ceci: « Le Canada a désespérément besoin d'une personne qui prend la Défense nationale au sérieux. »
    Julie a dit ceci: « C'est une grande responsabilité, mais continuez de talonner la ministre. »
    Colin a dit ceci: « Interrogez la nouvelle ministre de la Défense nationale sur l'absence d'engagement de son gouvernement par rapport à l'échéancier annoncé précédemment pour l'achat d'avions de chasse au coût de 19 milliards de dollars. »
    Marie a dit ceci: « J'espère que vous pourrez finalement retourner à Ottawa si nous finissons par avoir un vrai gouvernement. »
    Alana a dit ceci: « Je vous prie de faire ce que vous pouvez. Ce qui se passe est très inquiétant. »
    De nombreuses personnes ont dit la même chose.
    Évidemment, nous avons du travail important à faire dans nos circonscriptions, mais nous avons aussi un travail particulièrement important à faire ici. Nous avons été élus pour représenter les gens qui n'ont pas voix au chapitre dans cette enceinte.
    Darlene a dit ceci: « Pour moi, il est essentiel que le gouvernement fasse preuve d'éthique. Changeons la culture à Ottawa pour qu'il n'y ait plus de scandales ou de corruption. »
    D'autres sources de préoccupation incluent la dévastation des petites entreprises familiales, l'énorme déficit et la crainte que le pays fasse faillite.
     Harveer a affirmé ce qui suit: « Nous avons besoin d'un gouvernement qui se soucie de notre économie. Le Parlement est un véritable désastre à cause du gouvernement actuel. »
    Les groupes d'anciens combattants veulent un contrat social militaire et une charte des droits des victimes militaires.
    Il y a tant de problèmes qui doivent être corrigés ici: des problèmes d'audio, de vidéo et de connexion intermittente; des députés —habituellement ministériels — qui se couvrent d'embarras à l'écran; des votes manquants; une utilisation excessive du bouton de sourdine; et la dilapidation des ressources de la Chambre et des comités. Nous avons tous souffert de ces problèmes. Assez, c'est assez.
    J'exhorte mes collègues parlementaires à ne pas s'accorder des privilèges dont ne jouissent pas des millions d'autres travailleurs canadiens, et à ne pas faire passer leur confort avant leur devoir solennel. Si nous pouvons envoyer 276 délégués à la COP26, plus que n'importe quel autre pays du G7, les 338 députés peuvent certes siéger ensemble à la Chambre des communes.
    Nous venons tous de prêter le serment d'agir dans l'intérêt du Canada, ce qui signifie que nous devons faire notre travail dans notre milieu de travail. Nous avons réservé du temps où nous serons présents dans nos circonscriptions. Les électeurs nous ont choisis pour être leur porte‑parole dans cette enceinte, et ils veulent que nous les représentions en personne. Mettons‑nous à l'ouvrage.

  (1230)  

    Monsieur le Président, j'ai du mal à comprendre pourquoi les conservateurs n'appuient pas cette motion. Il leur suffit de regarder dans leurs rangs pour trouver un député, notamment le député de Beauce, qui est incapable d'utiliser les procédures et les outils que nous avons à la portée de la main, que ce soit pour les débats, les votes ou les délibérations des comités. Ce sont des outils importants pour l'ensemble des députés.
    Pourquoi la députée d'en face empêcherait-elle, en votant contre cette motion, ses collègues parlementaires d'avoir accès aujourd'hui et dans l'avenir à l'excellent travail qui se fait dans cette enceinte?
    Monsieur le Président, la réponse est assez évidente. Nous faisons un travail unique en son genre. Nous devons travailler dans nos circonscriptions respectives mais nous devons également travailler ici, à Ottawa.
    La tenue de séances sur Zoom à Ottawa pose toutes sortes de problèmes. Comme je l'ai déjà dit, nous avons tous éprouvé des problèmes de connectivité. En outre, certains collègues ont du mal à se connecter, certains ministres ont pensé à tort qu'une question leur était adressée et il est arrivé qu'on entende des crépitements et de forts éclats de voix. À l'heure actuelle, il n'est plus nécessaire de tenir des séances en ligne. Bref, il s'agissait d'une mesure temporaire à laquelle nous avons consenti.
    Maintenant, les précautions appropriées sont prises dans l'ensemble de la Cité parlementaire pour assurer la sécurité de tous. Néanmoins, il est possible de faire des exceptions de temps à autre pour les personnes qui ont besoin d'un accommodement à court terme. Cependant, les accommodements ne devraient pas être généralisés et se prolonger jusqu'à l'été prochain.

[Français]

    Monsieur le Président, j'en profite pour vous féliciter de votre nomination. Je voudrais également rapidement remercier tous mes électeurs et toutes mes électrices de Beauport—Côte‑de‑Beaupré—Île d'Orléans—Charlevoix. C'est la première fois que je prends la parole dans cette 44 législature et je suis honorée de les représenter.
    J'aimerais questionner ma collègue sur un phénomène que nous connaissons tous, c'est-à-dire la qualité des scientifiques de notre territoire. C'est particulièrement le cas au Québec, où nous avons des scientifiques éminents que l'on respecte énormément et qui ont réussi à convaincre une très grande majorité de la population de se faire vacciner. Le Québec est d'ailleurs un chef de file à ce chapitre.
    J'aimerais souligner l'apport des scientifiques dans le débat que nous tenons aujourd'hui, ainsi que notre humilité face à la science. Les scientifiques nous indiquent la voie à suivre et nous font des recommandations. J'aimerais donc savoir si notre collègue est d'accord avec moi que cette science, qui dépasse le côté profane de nos interventions, pourrait changer les choses en matière de vaccination de son équipe et de ses collègues.
    J'en profite pour souligner qu'aujourd'hui marque le 100e anniversaire de mon oncle Roméo, mon père adoptif, qui a été l'un des premiers vaccinés dans Charlevoix. C'est probablement ce qui lui permet de fêter ses 100 ans aujourd'hui et il attend avec impatience sa troisième vaccination.

  (1235)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, avec tout le respect que je dois à la députée, j'estime que son argument n'est guère pertinent dans le contexte du débat actuel, à moins qu'un scientifique soit lui-même député.
    Bien entendu, la science est importante. J'ai reçu mes deux doses de vaccin. Je porte un masque, sauf quand je prends la parole. C'est ce que nous faisons tous. Là où je veux en venir, c'est que nous tous ici respectons les règles. Il en va de même des fonctionnaires qui travaillent ici. La Chambre des communes n'est pas plus dangereuse qu'un autre lieu de travail au Canada. En fait, je dirais même que c'est le contraire.
    Tout récemment, lors de mon assermentation, mes enfants adultes ne pouvaient pas m'accompagner à certains endroits de la Cité parlementaire en raison des mesures de précaution en vigueur. Nous sommes tous très prudents. C'est un lieu sûr, et nous devrions être ici en personne.
    Monsieur le Président, je vous félicite.
    Ma question porte sur la sécurité. Le Parti conservateur appuierait-il un examen de l'équipement de protection individuelle fabriqué au Canada se trouvant ici même sur la Colline du Parlement? De l'équipement inadéquat s'est retrouvé un peu partout au pays, de même qu'ici sur la Colline du Parlement. Je me préoccupe du personnel, des personnes présentes sur la Colline du Parlement, et de nous-mêmes. Nous avons investi dans des entreprises canadiennes afin de leur permettre d'effectuer une transition.
    Les conservateurs appuieraient-ils ce genre d'initiative?
    Monsieur le Président, un des plus grands simulacres de la pandémie s'est produit lorsque le gouvernement a demandé à des entreprises de fabriquer au Canada de l'équipement de protection individuelle, puis qu'il a ignoré les nombreuses entreprises qui s'étaient mises à produire de l'équipement tout à fait conforme pour leur préférer de gros conglomérats.
    De toute évidence, je suis en faveur de l'autosuffisance et de la fabrication d'équipement de protection individuelle au Canada.
    Monsieur le Président, comme c’est la première fois que je prends la parole depuis le début de la 44e législature, j’ai quelques mots de remerciement pour les gens qui m’ont permis de les représenter dans cette auguste Chambre encore une fois. Ce sont d'abord les électeurs de Regina—Lewvan.
    C’est mon deuxième mandat. Les nouveaux élus de 2019 ont connu une première session parlementaire inhabituelle. Nous avons siégé dans cette Chambre pendant environ cinq semaines, au début de nos carrières parlementaires, puis la COVID a frappé vers le 13 ou le 14 mars 2020. C’était une expérience différente pour nous. Nous avons vécu l'expérience hybride. Pour certains députés de ce côté-ci et peut-être pour d’autres, ce n’était pas la meilleure expérience en tant que parlementaires. Cela a ajouté un niveau supplémentaire de difficulté. Le fait d’être de nouveaux députés nous a également amenés à réfléchir à la façon dont nous devions représenter nos concitoyens et défendre leurs intérêts dans cette enceinte.
    Beaucoup de gens qui ont voté pour moi m'ont demandé d'être la voix de Regina—Lewvan à Ottawa, et non pas la voix de Regina—Lewvan parfois sur un écran et parfois à Ottawa. Lorsque la Chambre siège, les électeurs veulent que nous soyons dans nos sièges, car c’est notre travail. Notre travail consiste à représenter les électeurs de nos circonscriptions dans cette Chambre, à être leur voix et à faire part au gouvernement de leurs préoccupations. Le travail de l’opposition consiste à proposer et à s’opposer. Je pense que c’est très important pour nous de le faire. Il nous incombe à tous de réfléchir à la meilleure façon de le faire. J’ai entendu beaucoup de députés libéraux dire qu’ils seront ici, peu importe si les séances hybrides ont lieu. Pourquoi ne pas poursuivre cette tradition?
    Certains députés ont parlé du député de Beauce. Est-il la seule personne à avoir eu un problème de santé et à ne pas pouvoir venir à la Chambre? Cela se produit depuis le début des séances à la Chambre. Les gens ont parfois des problèmes de santé qui les empêchent de venir ici. Lorsqu’ils vont mieux, ils reviennent siéger à la Chambre et faire leur travail. Il en a toujours été ainsi.
    Je pense que l’idée du pairage, évoquée par le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes, est une très bonne idée. C’est une proposition de notre part qui suggère une façon différente de faire les choses sans qu’il y ait de pression pour ne pas être présent à la Chambre.
    Pourquoi ne pourrions-nous pas utiliser le pairage? Je n’ai pas entendu de réponse de la part du gouvernement libéral ni de nos collègues néo-démocrates, qui soutiennent la décision du gouvernement libéral d’éliminer la reddition de comptes, quant aux raisons pour lesquelles ce ne serait pas une option valable pour nous permettre de continuer à faire notre travail à la Chambre.
    J’ai grandi dans une ferme laitière à Rush Lake, en Saskatchewan. Il n’était pas question pour nous de pouvoir traire une vache virtuellement. Je représente des gens qui doivent se rendre au travail tous les jours, quel que soit leur état de santé, peu importe s’ils veulent se lever, et peu importe s’ils ont eu à veiller très tard la veille. Les gens doivent se lever et aller au travail. C’est le cas des producteurs laitiers, des personnes qui doivent couper le foin, des éleveurs et de ceux qui doivent travailler à la récolte. Il n’y a pas de récolte virtuelle de produits en Saskatchewan. Les gens doivent se lever tous les jours pour aller travailler. Mon ami Dieter, qui dirige une entreprise de ciment, ne peut pas verser du ciment sur un écran. Les gens doivent se lever et aller travailler tous les jours pour faire vivre leur famille.
    C’est de cela que nous parlons aujourd’hui. Pourquoi les députés libéraux pensent-ils qu’il est normal que nous n’ayons pas à nous déplacer au travail pour les gens que nous représentons? Ces gens le font pour nous tout le temps. Chaque jour, ils se lèvent et vont au travail parce qu’ils doivent le faire. Pendant la pandémie, les personnes qui travaillent dans les épiceries n’ont pas eu le choix de dire qu’elles n’allaient pas travailler parce qu’elles ne se sentaient pas bien ou qu’elles n’en avaient pas envie.
    Cela dit, les députés ont toujours la possibilité de ne pas venir à la Chambre. Si un député libéral ne se sent pas bien et veut assurer la sécurité des gens, il peut ne pas venir. Si une personne est malade, elle ne doit pas venir en Chambre. C’est ainsi que cela fonctionne. C’est notre responsabilité. Si quelqu’un ne veut pas propager une maladie, il ne doit pas venir à la Chambre s’il ne se sent pas bien. Nous avons également une responsabilité personnelle. Nous sommes tous des adultes dans cette chambre. Pourquoi ne pouvons-nous pas le faire? Pourquoi le gouvernement doit-il établir une règle pour dire aux gens de ne pas venir travailler s’ils ne se sentent pas bien? C’est ce que je demande. Nous pouvons le faire de notre propre chef. Nous sommes des gens intelligents.
    La reddition de comptes, voilà où le bât blesse. Le gouvernement pense qu’il peut se cacher derrière le Parlement virtuel jusqu’en juin 2022. Les gens de Regina—Lewvan ne veulent pas de cela. Ils veulent que nous soyons présents dans cette enceinte. Ils veulent que les ministres du gouvernement répondent aux questions en personne au lieu d’avoir des difficultés techniques sur Zoom. C’est de cela que je parle.

  (1240)  

    Les députés libéraux montrent deux visages. Il y a les députés libéraux et le leader parlementaire qui disent dans les médias que la sécurité est primordiale. Puis, quand les caméras s’éteignent, ils s’étreignent partout dès le premier jour de la rentrée. Tous ces députés sont allés embrasser des gens dans toute la Chambre le premier jour où nous nous sommes retrouvés ici. Quelle est la différence? Pourquoi est-ce acceptable? Est-ce parce qu’il n’y avait pas de médias autour? N'est-ce pas hypocrite?
    Quand les caméras tournent, c’est la sécurité avant tout, la main sur le cœur. Après, ils peuvent sauter dans un avion pour aller à la COP côtoyer Leonardo DiCaprio. C’est normal. Ils peuvent aller passer du temps avec leurs amis de l’élite mondiale à Glasgow, mais ils ne peuvent pas défendre leurs concitoyens dans cette enceinte. Voilà l’attitude de quelques-uns des députés libéraux.
    Certains députés libéraux ont les meilleures intentions du monde. J’ai travaillé avec le député de Kings-Hants au comité de l’agriculture et il y a fait son devoir, mais je suis sûr qu’il préférerait être ici. Je suis sûr qu’il préférerait siéger à la Chambre même. En fait, je l’ai entendu le dire. Il y a la bulle de l'Atlantique. Si je le pouvais, je préférerais être à la Chambre.
    J’aurais aimé que certains députés libéraux parlent comme cela à la direction de leur parti avant que cette motion soit présentée. Je pense que beaucoup de députés libéraux estiment que leur travail devrait se faire à la Chambre, et ils veulent être ici autant que possible. Cependant, comme leur première réunion de caucus a eu lieu 50 jours après les élections, ils n’ont probablement jamais eu l’occasion d’avoir cette conversation. Malheureusement, s’il y avait un peu plus de collaboration dans les rangs libéraux, peut-être que leur direction les aurait entendus et aurait conclu que s’il est temps pour la plupart des Canadiens d’aller gagner leur salaire, cela vaut pour nous aussi.
    Au fond, ce dont nous parlons, c’est de la nécessité pour nous de montrer l’exemple et de montrer aux citoyens qui nous ont élus, qu’après un remaniement ministériel qui aura coûté 600 millions de dollars, nous serons ici pour défendre leurs droits. Les députés libéraux doivent penser la même chose parce que je ne crois pas qu’on mette son nom sur un bulletin pour s’asseoir devant un écran. Je ne crois pas que ce soit le cas d’aucun d’entre eux. Je suis personnellement convaincu qu’ils veulent aussi représenter leurs concitoyens.
    J’espère qu’en fin de compte, nous faisons en sorte que les banquettes ministérielles entendent les députés libéraux d'arrière-ban quand ils leur disent qu’ils veulent venir travailler eux aussi. Inscrire cette motion au Feuilleton et dire que nous mettrons fin aux débats en personne jusqu’en juin 2022 montre qu’il s’agit plus de manœuvres politiques que de la sécurité de tous les députés. Je suis convaincu que la Cité parlementaire a fait le nécessaire pour que cet endroit soit sûr. Je crois qu’elle n’a pas ménagé ses efforts pour que nous puissions faire notre travail à distance lorsque c’était nécessaire, mais nous pouvons maintenant siéger en personne.
    Je vais promouvoir sans vergogne les Roughriders de la Saskatchewan. Ils ont un match éliminatoire à domicile dimanche. Il y aura 33 000 spectateurs au stade Mosaic qui les regarderont battre les Stampeders de Calgary. Si nous pouvons réunir tout ce monde, si nous pouvons prendre l’avion pour Glasgow et passer du temps avec l’élite mondiale à la COP, 338 députés peuvent siéger à la Chambre afin d’adopter des lois pour les Canadiens et de s’assurer de travailler pour représenter leurs concitoyens.
    C’est ce que je souhaite et c’est ce que je demande: que les députés libéraux de l’arrière-ban parlent aux députés des banquettes ministérielles pour leur demander si nous ne pourrions pas tous siéger en personne afin de nous assurer que nous faisons notre travail au mieux et que chaque Canadien est représenté à la Chambre.

  (1245)  

    Monsieur le Président, j’invite le député à se lever pour s’excuser auprès de tous les Canadiens qui, pendant cette pandémie, ont fait ce qu’il fallait faire. Ils ont continué à travailler, mais à distance. Sans parler des étudiants...
    Des voix: Oh, oh!
    Mme Jennifer O’Connell: Excusez-moi, monsieur le Président, je continue à me faire chahuter. Je ne peux pas tolérer que les conservateurs lancent volontiers des critiques, mais ne soient pas capables de les encaisser. Quand on pense aux étudiants et à tous ces employés qui ont travaillé à distance pendant la pandémie, ainsi qu’au corps médical et au personnel infirmier qui continuait à soigner les patients, il est intolérable de voir les conservateurs...
    À l’ordre. J’ai du mal à entendre. Laissons la députée de Pickering—Uxbridge terminer de poser sa question.
    Monsieur le Président, je vous remercie.
     Les conservateurs vont-ils assumer leurs torts et s'excuser d'avoir accusé les Canadiens de ne pas avoir travaillé pendant la pandémie? Les Canadiens ont travaillé de la maison et fréquenté l'école à distance et ils ont fait ce qu'il fallait pour assurer la sécurité de leurs compatriotes.
     Le député va‑t‑il s'excuser?
    Monsieur le Président, de toute évidence, la députée pense que les médias sont ici, car elle feint d'être offensée et me demande de m'excuser. Je défends les gens qui veulent que nous travaillions ici. Je sais que les gens travaillent à distance. Vous avez tous travaillé à distance. Ce que je dis, c'est qu'il y a des gens qui ne le peuvent pas. Il y a des gens qui doivent se lever et se rendre au travail jour après jour parce qu'ils n'ont pas la possibilité de travailler de chez eux.
     Je défends les éleveurs et les travailleurs du secteur pétrolier et gazier qui doivent mettre leurs bottes et aller travailler tous les matins, des gens que les libéraux ne respectent pas. Les libéraux détestent ce que nous faisons dans l'Ouest. Chaque fois qu'ils montent sur leurs grands chevaux — ce qu'on peut probablement attribuer à la présence des médias —, ils font preuve d'hypocrisie. Ils côtoient l'élite mondiale à Glasgow et nous toisent ensuite de haut. Je défends les habitants de Regina—Lewvan et je n'ai pas besoin de m'excuser de cela.
    Je veux rappeler aux députés de la Chambre de ne pas utiliser le pronom « vous ». Je n'aurais jamais cru que j'aurais à rappeler cette règle aux députés. Faites attention à cela.
    La députée de Port Moody—Coquitlam a la parole.
    Monsieur le Président, jusqu'à un quart des adultes canadiens vivent avec un handicap les empêchant de soulever du foin ou d'aller au champ, et pourtant ces personnes travaillent. Elles sont actives dans tous les secteurs de notre économie.
    Est-ce que le député reconnaît que travailler ne se limite pas au travail physique, à la capacité physique ou à la présence physique à la Chambre ou n'importe où ailleurs?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec la députée de Port Moody—Coquitlam que travailler peut vouloir dire presque n'importe quoi. Le sens varie selon la personne. Toutefois, serait-elle d'accord pour dire qu'il y a aussi des personnes qui doivent se rendre au travail chaque matin et n'ont pas l'option de travailler à distance, devant un écran d'ordinateur? Ils doivent se chausser et se rendre au boulot tous les matins.
    Pourquoi parlons-nous toujours de politiques comme celle-ci qui sont source de discorde? Pourquoi ne pouvons-nous pas prendre position pour tous les travailleurs du pays plutôt que d'opposer l'Est à l'Ouest? Selon moi, c'est ce qui se produit quand le gouvernement ne fait rien pour unir les Canadiens.
    Chez les conservateurs, nous aimerions parler du retour au travail pour tous, de la possibilité pour chacun de subvenir à ses besoins et de l'accès à une vie et à un avenir meilleurs pour tous les Canadiens et leurs enfants. Voilà ce dont les conservateurs veulent parler. J'aimerais vraiment que nous arrêtions de parler de cette discorde entre l'Est et l'Ouest.

  (1250)  

[Français]

    Monsieur le Président, un peu plus tôt, j'étais énervé, ce qui fait que je n'ai pas pris le temps de saluer les électeurs de Longueuil—Saint‑Hubert. Je les remercie de leur confiance. Quand on est élu pour la première fois, on peut dire qu'il y a un peu de chance là-dedans, mais, quand on est réélu, on se dit qu'il y a un peu de soi là-dedans. J'aimerais d'ailleurs vous féliciter, monsieur le Président, pour votre nomination.
    Quand on écoute les conservateurs, il y a toujours une pensée qui nous vient à l'esprit concernant leur rapport à la science. On sait qu'au sujet des changements climatiques — les gens se sont récemment réunis à Glasgow —, tous les savants du monde disent qu'il faut sortir des énergies fossiles; pourtant, eux se promènent avec des petites étiquettes qui disent I love oil and gas. Ils font la promotion du pétrole alors que tout le monde sait qu'il faut qu'on en sorte.
    Je ne comprends pas d'ailleurs pourquoi ils chialent. Les libéraux sont meilleurs qu'eux: ils investissent 14 milliards de dollars par année depuis qu'ils sont au pouvoir. Il y a même des environnementalistes qui s'ennuient des conservateurs. C'est quand même tout dire.
    Au sujet de la vaccination, on entend que 30 % des députés conservateurs auraient obtenu une exemption alors que, dans l'ensemble de la population, les scientifiques disent qu'il n'y aurait pas 1 %.
    Ma question est simple: les conservateurs croient-ils à la science?

[Traduction]

    Monsieur le Président, tout à fait. Je ne suis pas médecin, alors je ne connais pas les exemptions médicales et je ne cherche pas à jouer au médecin comme le fait le leader adjoint à la Chambre lorsqu'il parle des exemptions médicales. Par contre, j'aime bien parler du secteur pétrolier et gazier qui, lorsqu'il est solide, rend le Canada plus fort et plus uni. Je suis reconnaissant que mon collègue l'ait dit.
    Aussi, monsieur le Président, je vous félicite de votre élection bien méritée à ce poste. Bravo!
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec la députée d'Outremont.
    Puisqu'il s'agit de ma première intervention à la Chambre dans le cadre de la 44e législature, je veux remercier les résidants d'Ottawa-Ouest—Nepean de m'avoir encore une fois fait confiance pour les représenter au Parlement.
    J'aimerais aussi remercier ma famille, en particulier mon mari Don, ma belle-fille Courtney et ma mère Maria de m'avoir toujours soutenue, ainsi que les bénévoles et les partisans de ma circonscription.
    Je suis ravie de participer au débat portant sur la motion du gouvernement, qui vise à autoriser la tenue de séances hybrides. Cette motion nous propose d'adapter nos procédures et nos pratiques pour permettre à tous les députés de participer pleinement aux travaux de la Chambre, que ce soit en personne ou par vidéoconférence. C'est une motion importante. La pandémie se poursuit, et il nous faut toute la souplesse qu'un système hybride peut nous offrir.

[Français]

    J'aimerais brosser un portrait global de la motion du gouvernement.
    Tout d'abord, la motion permettrait à tous les députés de participer aux délibérations de la Chambre sur place ou par vidéoconférence. Les députés qui assisteraient en personne devraient être doublement vaccinés ou avoir une exemption médicale valide en conformité avec la décision du Bureau de régie interne du 19 octobre 2021.
    La motion propose également certaines modifications au Règlement de la Chambre afin de prendre en compte la participation virtuelle des députés. Par exemple, les députés qui participent à distance seraient comptés pour fins de quorum. Tous les articles du Règlement relatifs à certaines exigences, comme de se lever quand on prend la parole ou d'être à son siège à la Chambre, seraient modifiés pour permettre la participation par vidéoconférence.
    La motion permettrait également que des documents puissent être déposés ou présentés à la Chambre sous forme électronique. Par exemple, les députés qui participent par vidéoconférence pourraient déposer des documents ou présenter des pétitions ou des rapports à la Chambre en format électronique durant les affaires courantes. Cependant, il faudrait que les documents soient transmis au greffier avant l'intervention des députés.

  (1255)  

[Traduction]

    En ce qui concerne les comités, la motion permettrait aux députés de participer aux réunions des comités à distance ou en présentiel à condition qu’ils respectent les exigences du Bureau de régie interne en matière de vaccination.
    La motion suggère un processus à suivre pour procéder aux votes par appel nominal pendant les séances hybrides. Elle rétablirait l’application du vote à distance, que nous avons utilisée avec succès pour plus de 120 votes au cours de la deuxième session de la 43e législature. Elle permettrait également aux députés de voter en toute sécurité et de façon pratique. Toutefois, cette motion suggère certaines précautions. Elle obligerait l’Administration de la Chambre à mettre en œuvre un processus d’inscription de tous les députés qui prendrait fin le 8 décembre 2021. L’application de vote à distance serait utilisée dès le 9 décembre.
    Jusqu’à ce que cette application de vote à distance entre en vigueur, les députés continueraient à voter par assis et levé, et ceux qui participent à distance seraient appelés à voter un par un. La motion propose des mesures à appliquer pour assurer l’intégrité de l’application du vote à distance. Les votes devraient être exprimés au Canada à l’aide d’un dispositif géré par la Chambre. L’identité visuelle des députés devrait être validée pour chaque vote. Si un problème technique empêche un député de voter, celui ci pourrait se joindre à la séance virtuelle pour exprimer son intention de vote.

[Français]

    Finalement, la motion propose également un processus pour le Budget supplémentaire des dépenses (B) pour l'exercice financier courant.
    La motion prévoit qu'au jour désigné par un ministre de la Couronne, un comité plénier de la Chambre examine le budget supplémentaire des dépenses à l'heure ordinaire de l'ajournement quotidien. À la suite de la période d'étude de quatre heures, le comité plénier lèverait la séance et serait réputé avoir fait rapport du budget supplémentaire étudié. Cette approche a été utilisée au début de la dernière session parlementaire, étant donné que la composition des comités permanents n'était pas encore établie.
    Il convient de noter que la motion prévoit que ce mode de fonctionnement serait en place jusqu'au 23 juin 2022, la dernière journée de séance prévue au calendrier avant le congé d'été.

[Traduction]

    Le gouvernement propose une approche raisonnable et pragmatique pour que les députés puissent participer aux délibérations de la Chambre tout en respectant les règles de santé publique. Cette motion soutient le rôle fondamental des députés.
    Le gouvernement a toujours reconnu le rôle essentiel que nous jouons en représentant nos électeurs et en exigeant que le gouvernement rende des comptes. Depuis son arrivée au pouvoir, il a aidé les députés à s’acquitter de ce rôle. Il a appuyé le vote libre pour les membres du caucus ministériel et il a établi la période des questions au premier ministre. Lorsque la Chambre a ajourné au début de la pandémie, le gouvernement a cherché des moyens de permettre aux députés de continuer à s'acquitter de leur tâche.
    L’ancien leader du gouvernement à la Chambre a écrit au Président pour lui demander si l’Administration de la Chambre serait en mesure d’instaurer des séances virtuelles. Il l’a fait parce que le gouvernement tenait à ce que la Chambre continue à exiger que le gouvernement rende des comptes pendant la pandémie. En avril et en mai 2020, la Chambre a adopté des motions du gouvernement afin de charger le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre de trouver des moyens permettant aux députés de s’acquitter de leurs fonctions parlementaires pendant l’ajournement de la Chambre causé par la pandémie.
    Le comité a effectué deux études approfondies sur la question. Dans son deuxième rapport, il a recommandé un ensemble détaillé de modifications au Règlement qui codifieraient la procédure des séances hybrides et du vote électronique à distance. Il a également proposé des orientations générales pour l’élaboration, la mise à l’essai et la mise en œuvre d’une application de vote électronique à distance. Les rapports du comité ont fourni des orientations précieuses à la Chambre et à l’Administration de la Chambre quant à la façon de tenir des séances hybrides en septembre 2020.
     J’insiste sur le fait que la motion ne propose rien de neuf. Au cours de la dernière législature, dans le contexte d'une crise de santé publique sans précédent, la Chambre a adopté de nouvelles façons de débattre, de mener ses travaux et de prendre des décisions, soit au moyen de séances hybrides. Ainsi, de septembre 2020 à juin 2021, les séances de la Chambre ont été tenues avec des députés sur place et des députés à distance. La Chambre a mené tous ses travaux réguliers, y compris l’examen des projets de loi du gouvernement et des affaires émanant des députés.
    Au cours de cette période, 19 projets de loi du gouvernement ont reçu la sanction royale. Les lois ainsi adoptées ont eu une incidence réelle sur la vie des Canadiens. Par exemple, le projet de loi C-4 a permis de créer trois nouvelles prestations temporaires pour la relance qui sont venues en aide à des Canadiens qui ne pouvaient pas travailler à cause de la COVID-19. Le projet de loi C-9 a permis de mettre en place une aide ciblée pour les entreprises au moyen de la subvention salariale d’urgence et de la subvention d’urgence pour le loyer. J’espère donc que tous les députés appuieront les importantes mesures économiques que le gouvernement propose dans le projet de loi C-2 pour s’attaquer à la présente phase de la pandémie.
    En ce qui concerne les affaires émanant des députés, six projets de loi d’initiative parlementaire ont reçu la sanction royale et six motions d’initiative parlementaire ont été adoptées pendant les séances hybrides. Ces réalisations montrent qu’il est possible d’examiner les projets de loi et d’autres questions importantes dans des séances hybrides.

  (1300)  

[Français]

    Un Parlement hybride permettrait également une meilleure conciliation du travail et de la vie privée surtout pour les députés parents de jeunes enfants. Lors des débats sur le Règlement et la procédure de la Chambre en février 2021, plusieurs députés des différents partis ont mentionné l’importance de la conciliation travail-famille. Plusieurs députés ont noté que le Parlement hybride et les votes électroniques les ont aidés, lors de la 43e législature, à mieux jongler avec leurs différentes responsabilités. Le choix d’assister aux procédures de la Chambre en personne ou à distance permettrait aux députés de mieux concilier leurs responsabilités familiales et professionnelles.

[Traduction]

    J'espère sincèrement que tous les députés appuieront cette motion raisonnable afin que nous puissions tous représenter nos circonscriptions respectives en toute sécurité.
    Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de prendre la parole à la Chambre. Cela ne fait que quelques jours que je siège à la Chambre en tant que nouvelle députée. J'ai été élue pour travailler, pas pour débattre de la volonté de se cacher dans un sous-sol. Lundi, les députés d'en face se faisaient des accolades, mais aujourd'hui, jeudi, nous débattons de la possibilité d'aller se cacher.
    Comment le premier ministre peut-il déclencher des élections, sillonner le pays, se rendre dans des hôpitaux en campagne électorale et se balader en Écosse accompagné d'une délégation de centaines de participants à la COP26? Pourquoi 18 000 personnes peuvent-elles assister à une victoire des Raptors de Toronto alors que le gouvernement ne peut accepter la présence de 338 députés à la Chambre? Quelles justifications la députée donnera-t-elle aux bonnes gens d'Ottawa-Ouest—Nepean qui l'ont élue?
    Monsieur le Président, je suis à la Chambre depuis six ans, et je sais que les députés travaillent fort tous les jours. Je trouve insultant et malhonnête que la députée d'en face nous accuse de vouloir nous cacher dans un sous-sol simplement parce que nous voulons maintenir les mesures de santé publique. La Chambre doit avoir la marge de manœuvre nécessaire pour que nous ne devenions pas nous-mêmes des vecteurs de transmission du virus.
    Ma circonscription se trouve ici même, à Ottawa. Dans ma circonscription, il y a des gens qui travaillent dans les restaurants, qui sont conducteurs d'autobus ou qui font d'autres types de travail. Les gens qui se réunissent ici viennent de 338 circonscriptions. J'ai entendu des députés d'en face suggérer que des députés viennent ici même s'ils sont malades. Je pense qu'il n'y a pas un endroit dans ce pays où les employeurs encouragent leurs travailleurs à se rendre à leur lieu de travail lorsqu'ils sont malades. Cela pourrait contribuer à transmettre le virus aux personnes qui travaillent sur la Colline et aux gens de ma circonscription qui travaillent au centre-ville d'Ottawa.
    Monsieur le Président, je vous félicite pour votre élection et je félicite également la députée d'Ottawa-Ouest—Nepean de sa victoire.
    Selon moi, le présent débat porte en grande partie sur le rôle de la technologie, qui permet aujourd'hui aux sociétés d'être plus productives et de travailler de façon plus sécuritaire, comme ce fut le cas tout au long de l'histoire. Je considère que le recours possible à la vidéoconférence est un moyen de continuer à nous acquitter de notre tâche importante en toute sécurité. Je pense que tous les gouvernements encouragent les employés qui travaillent dans des bureaux comme dans des usines à se servir de la technologie, dans la mesure du possible, pour travailler de manière plus sécuritaire.
    La députée ne croit‑elle pas que l'arrivée de la technologie de la vidéoconférence nous a permis, à bien des égards, de travailler de façon plus sécuritaire et a même élargi le privilège des députés? Il est possible qu'un député soit absent pour des raisons personnelles. Peut‑être que lui ou un membre de sa famille est malade. Dorénavant, il peut continuer de participer aux travaux, alors qu'auparavant, il n'aurait pas pu se déplacer pour s'exprimer et voter.

  (1305)  

    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec mon collègue. S'il y a un seul aspect des institutions démocratiques qui est absolument essentiel, c'est la résilience et la capacité de s'adapter aux nouvelles circonstances. Les institutions doivent, en raison de leur nature, s'adapter au contexte actuel et en être le reflet pour servir les Canadiens.
    Mon collègue a tout à fait raison. L'utilisation des technologies offre une plus grande marge de manœuvre qui permet de servir encore mieux les Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, je vous félicite pour votre nouvelle fonction.
    D'abord, j'aimerais remercier tous les citoyens d'Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou qui m'ont élue pour cette 44e législature et pour un deuxième mandat.
    Parlons sérieusement. Il y a deux poids, deux mesures au Parlement. On s'obstine et on parle sans cesse. Or, je crois qu'il est important de rappeler que nous sommes allés en campagne électorale alors que nous n'en voulions pas. Nous nous sommes présentés devant nos électeurs et nos électrices. Nous sommes tous doublement vaccinés. Il y a eu des problèmes d'interprétation.
    Les scientifiques parlent pour nous. Nous sommes assurément responsables et devons suivre les consignes sanitaires. De plus, notre position est conforme aux mesures sanitaires comme je le disais précédemment. Il faut aussi dire que nous agissons avec bon sens.
    Pourquoi y a-t-il anguille sous roche depuis juin?
    Monsieur le Président, notre première responsabilité ici à la Chambre est de protéger les Canadiens et leur santé, ce que nous devons garder à l'esprit dans tout ce que nous faisons ici.
    Monsieur le Président, c'est la première fois que j'ai l'occasion de me lever à la Chambre lors de cette nouvelle législature. Je vais donc prendre un court moment pour remercier les électeurs d'Outremont, de Côte-des-Neiges et du Mile-End de leur confiance renouvelée.
    Mes concitoyens m'ont envoyé ici avec un message clair. Ils veulent du progrès dans la lutte aux changements climatiques et ils espèrent que la crise du logement sera résolue, que le contrôle des armes à feu sera renforcé et que la reprise économique sera forte, verte et juste. Je suis impatiente d'entamer ce travail.

[Traduction]

    Comme c'est la première fois que je prends la parole à la Chambre en cette nouvelle législature, j'aimerais prendre un instant pour remercier ma famille, en particulier mon conjoint pour son soutien indéfectible: il est à la maison, à Outremont, avec notre petite fille, pour me permettre d'être ici, à Ottawa. Je remercie aussi tous les bénévoles et les partisans qui m'ont appuyée, sans oublier, évidemment, tous les habitants d'Outremont, de Côte‑des‑Neiges et du Mile‑End de m'avoir à nouveau accordé leur confiance à l'occasion de ma troisième campagne électorale en deux ans et demi. Je leur dirai — et le message s'adresse aussi à l'ensemble de mes collègues à la Chambre — que mon travail ici ne fait que commencer.

[Français]

    Je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui sur cette motion visant à permettre au Parlement de fonctionner de manière hybride. Comme plusieurs personnes l'ont déjà souligné, la pandémie n'est pas encore derrière nous et nous avons besoin de la flexibilité que nous offre un système hybride. Ce système fonctionne. Nous avons su miser sur les nouvelles technologies et faire preuve d'adaptation pour vraiment transformer la manière dont nous nous acquittons de nos responsabilités parlementaires.
    Le Parlement hybride nous a tous permis de remplir nos obligations d'élus envers les Canadiens et les Canadiennes, tout en protégeant nos collègues et le personnel qui nous soutient.
    Je dois admettre que je trouve décevant que tous les partis de la Chambre n'aient pas été en mesure de trouver un terrain d'entente sur la façon d'adapter nos procédures pour cette nouvelle session. J'espère que nous pourrons trouver un consensus à la Chambre afin de remettre en place un mode de fonctionnement hybride.
    C'est dans ce sens que j'aimerais noter que la motion qui est devant nous permet à tous les députés de participer aux délibérations de la Chambre en personne ou par vidéoconférence s'ils le veulent. C'est le choix de chaque député et c'est un point très important pour moi.

  (1310)  

[Traduction]

    La proposition qui nous est soumise n’empêche aucun député de la Chambre d’être présent en personne pour occuper son siège, ni ne dicte quand et comment les députés pourront participer aux délibérations de la Chambre. Les députés ont le choix de participer en personne s’ils le souhaitent. Cette motion vise à nous procurer le maximum de souplesse dans le respect des paramètres de la réglementation appliquée pour la sécurité publique.
    C’est important pour moi, et je sais que ça l’est aussi pour d’autres collègues. Notre capacité de prendre la parole à la Chambre au nom de nos électeurs est essentielle pour moi et pour d’autres, et elle est entièrement protégée par la proposition présentée dans cette motion. Ce qui est également protégé, c’est la capacité des députés qui peuvent être symptomatiques ou malades ou même des députés qui ont été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19 et qui doivent donc s’isoler de continuer à représenter leurs électeurs, de voter et de faire entendre leur voix.
    Ce que je crois avoir entendu de la part de certains de mes amis conservateurs, c’est que, si je reçois un avis dans mon application d’alerte COVID-19 disant que j’ai été en contact avec la COVID-19, je ne peux pas voter. C’est ridicule. Je devrais toujours pouvoir voter. On ne devrait pas me refuser la possibilité de voter au nom de mes électeurs.
    Je crois que les conservateurs qui s’opposent à cette motion font valoir en réalité que nous devons limiter la capacité des députés de participer aux travaux du Parlement et de faire leur travail. J’aimerais qu’ils m’expliquent leur raisonnement.
    Grâce à une formule hybride, une option à distance, il y a moyen de nous assurer de pouvoir tous représenter nos collectivités. Pourquoi veulent-ils me refuser cette option, à moi et aux autres députés? Je ne sais pas.
    Rien dans cette motion ne nous empêche d’interagir ici en personne, absolument rien. La motion permet simplement à ceux qui ne peuvent pas être ici en personne de continuer à faire leur travail, et c’est pour cela que les Canadiens nous ont élus, tout simplement pour faire notre travail.

[Français]

    Comme nous le savons, la motion devant nous prévoit que ceux qui participent à distance de façon virtuelle soient comptés aux fins de quorum.
    La motion propose également certains changements à des articles du Règlement afin de prendre en compte le mode virtuel. Par exemple, toutes les références dans le Règlement relatives à certaines exigences, comme de se lever quand on prend la parole ou d’être à son siège à la Chambre, seront modifiées pour prendre en compte la composante virtuelle.
    Un autre aspect de la motion est de permettre que des documents puissent être déposés ou présentés à la Chambre sous forme électronique, et c'est une bonne chose.
    Dans les circonstances actuelles, nous devons faire preuve d’innovation et de flexibilité pour nous permettre de continuer à représenter nos concitoyens le plus sécuritairement possible. C’est finalement l'un des buts de cette motion pour un Parlement hybride.

[Traduction]

    J’aimerais maintenant aborder la question de la sûreté et de la sécurité, et je ne la soulève pas dans le contexte de ma propre sécurité. Je suis consciente de travailler dans une enceinte où il y a 338 sièges. Je sais aussi, comme tout le monde le sait maintenant, que lorsque nous prenons la parole, nous enlevons nos masques. Toutefois, ce qui me préoccupe, ce n’est pas tant ma propre santé que le fait que nous tous, comme représentants de nos collectivités d’un bout à l’autre du pays, faisons continuellement l’aller-retour entre Ottawa et nos circonscriptions.
    Nous y retournerons ce week-end pour rencontrer et servir les gens que nous représentons. Il y aura les gens que nous voyons aux soupers spaghetti et les enfants réunis aux foires communautaires. Ce sont ces gens qui nous ont élu ici, et il n’y a rien de plus important pour moi que de les protéger. Quand j’entends dire que des dizaines de conservateurs, nous ne connaissons pas leur véritable nombre, semblent avoir profité d’exemptions qui leur permettent de ne pas avoir à prouver leur statut vaccinal, je me demande quel principe supérieur ils défendent ainsi.
    Nous savons que seulement 0,001 % environ des gens sont admissibles à une exemption médicale à la vaccination. C’est ce que disent les données scientifiques. Je me demande donc ce qui se passe ici. Les députés conservateurs se battent-ils pour une question de liberté personnelle plutôt que pour le bien-être collectif? Si c’est le cas, attaquons-nous de front à ce débat et ne le dénaturons pas, pour ainsi dire, en essayant de déterminer si l’option de la participation à distance au moment de voter signifie que nous faisons notre travail.
    Comme beaucoup de Canadiens, je suis heureuse de pouvoir retourner au restaurant en montrant une preuve de vaccination, et j’encourage tous ceux qui nous écoutent à appuyer nos petites entreprises et notre secteur de l’accueil. De plus, bien que, comme beaucoup de Canadiens, je sois heureuse de retourner au travail en personne pour voir mes collègues et m’acquitter de tâches qui, nous le savons, doivent souvent être faites en personne, je veux aussi m’assurer que nous ne sommes pas des vecteurs de la propagation de cette maladie dans les différentes régions du pays. La façon la plus efficace d’y arriver est de nous assurer qu’il y a d’abord et avant tout un code strict en matière de vaccination pour les personnes qui entrent dans cette enceinte, mais aussi en offrant des options qui permettraient aux députés de faire leur travail à l’extérieur de cette enceinte s’ils présentent des symptômes ou s’ils ont été en contact avec la COVID.

  (1315)  

[Français]

    Le débat sur la vaccination est diviseur, je le reconnais. Nous avons tous la liberté de faire des choix, y compris des choix personnels au sujet de notre santé. Cependant, certains choix, comme celui de refuser de présenter une preuve de vaccination pour prendre place dans cette salle de presque 400 personnes venues de tous les coins du pays et qui voient de nombreuses autres personnes, sont tout simplement inacceptables.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie beaucoup la députée de son intervention.
    Selon moi, lorsque je regarde toutes les personnes présentes à la Chambre, nous avons atteint ce seuil. On nous a dit de faire ceci ou cela. Je suis entièrement vaccinée. Il y a des membres de ma propre famille dont je dois assurer la sécurité. Si je suis vraiment inquiète quelques jours après une sortie, je ferai peut-être un test rapide. C’est ce que nous demandons aux gens qui se présentent ici avec une exemption médicale. Nous leur demandons de faire des tests, et ils le font. Je suis très préoccupée par le fait que certains députés veulent que tout le monde soit présent. Je pense que c’est très injuste.
    En tant que mère, et je sais que la députée est elle aussi très fière d’être mère, je vais à l’épicerie, même si des gens qui s’y trouvent ne sont pas vaccinés. Ce sont là différentes choses auxquelles nous devons réfléchir. Nous devons être en sécurité, mais nous devons travailler et rendre des comptes. Après 73 heures d’obstruction, je ne crois pas que nous fassions le travail. J’espère que la députée pourra nous expliquer pourquoi il est sécuritaire d’aller à l’épicerie, mais pas de travailler ici.
    Monsieur le Président, ce que je veux, c’est m’assurer que les 338 députés peuvent travailler en tout temps. Si, comme la députée l’a souligné, je vais à l’épicerie et je croise d’autres personnes qui ne sont peut-être pas vaccinées, et si mon application COVID m’indique que j’ai été en contact avec le virus, je devrais pouvoir voter quand même. Toutefois, sans l’adoption de la motion dont la Chambre est actuellement saisie, ce ne serait pas possible.

[Français]

    Monsieur le Président, soyons clairs, si la façon de fonctionner qui nous est proposée par les libéraux — et, incidemment, le NPD — était correcte et que tout marchait parfaitement, nous ne nous opposerions pas à cela.
    Malheureusement, cette façon de fonctionner a des conséquences négatives sur mon travail. En comité, il y a eu d'innombrables problèmes techniques et, encore une fois, ce sont les francophones qui en ont fait les frais et qui ont enduré tout cela. Je trouve donc dommage que mes collègues francophones du NPD et du Parti libéral n'essaient pas de défendre le français.
     Nous avons perdu du temps en comité. En mode hybride, je ne pourrais pas tenir des discussions dans les couloirs, comme je l'ai fait tantôt en faisant valoir mon point de vue au leader du NPD dans l'antichambre. À l'heure actuelle, cette façon de fonctionner a donc des conséquences négatives sur notre travail. Si je le pouvais et que mon travail n'en souffrait pas, ce qui n'est pas le cas, je dirais « oui ».
    Est-ce que mon honorable collègue croit que c'est la façon de faire que de permettre que notre travail souffre des conséquences de la proposition du Parti libéral?

  (1320)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue. Je crois qu'il soulève une question très importante quant au fonctionnement de notre système hybride.
    Bien entendu, lors de notre dernier mandat, nous étions tous en mode virtuel. Personnellement, j'espère que nous serons plus de 300 députés, voire 338, à la Chambre. J'aimerais cependant m'assurer d'une chose.
    Si une personne ne peut pas être à la Chambre parce qu'elle montre des symptomes inquiétants ou qu'elle a été en contact avec quelqu'un qui a la COVID‑19, elle doit pouvoir continuer à exercer ses fonctions parlementaires et à voter. Il est très important que nous nous assurions qu'elle peut le faire.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'Outremont de son intervention et de son discours. Je suis toujours un peu étonné de voir le Bloc québécois se rallier au Parti conservateur.
    Il me semble que la majorité des députés devraient par défaut être à la Chambre pour faire leur travail. Toutefois, pourquoi ne pas garder ouverte cette option, c'est-à-dire le Parlement hybride?
    Les gens pourraient travailler de la maison, comme nous l'avons fait pendant un an et demi. Nous nous sommes adaptés, la société s'est adaptée. Au Québec, nous sommes confrontés à une quatrième vague; 900 nouveaux cas hier et plus de 5 décès. Il nous faut toujours être prudents et donc conserver cette option.
    Je me demande quelle est l'explication de ma collègue. Pourquoi les députés du Bloc québécois refusent-ils cette option?
    Si l'on doit aider les interprètes pour le fait français, les députés du Bloc n'ont qu'à faire une proposition visant à accorder plus de ressources aux services d'interprétation.
    Monsieur le Président, je me réjouis d'avoir trouvé un terrain d'entente avec mon collègue de Rosemont—La Petite‑Patrie.
    Je salue sa proposition au Bloc québécois de trouver peut-être davantage de ressources pour les interprètes, et ce, afin de s'assurer que toutes et tous puissent comprendre et entendre dans nos deux langues officielles.
    Nous reprenons le débat. L'honorable député de Mégantic—L'Érable a la parole.
    Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Selkirk—Interlake—Eastman.
    Étant donné que c’est ma première occasion de me lever à la Chambre, je me permets de remercier de leur appui les électeurs de Mégantic—L’Érable, les bénévoles et tous les gens qui ont travaillé lors de la dernière campagne électorale. Je suis très fier de les représenter à la Chambre, dans cette enceinte où tellement de choses se sont passées au cours des dernières années. C’est à eux que je le dois. Je leur dis donc un grand merci.
    Nous sommes réunis aujourd’hui pour discuter d’une question très importante, mais nous parlons aussi d’une autre question qui n’aurait pas dû se poser. Nous discutons de la possibilité d’un Parlement hybride. Le gouvernement a choisi de discuter de cette motion, dans un de ces premiers gestes, en bâillonnant les partis de l'opposition qui désirent discuter de la meilleure façon de tenir un Parlement hybride et d’agir pour les électeurs et les électrices de Mégantic—L’Érable et de toutes les autres circonscriptions.
    Le gouvernement libéral a choisi de limiter le débat à la toute première motion qu’il a déposée. Ça donne une idée de la suite pour les mois et les semaines à venir. Nous assistons au festival de l’hypocrisie, avec les discours tenus depuis ce matin par les différents députés du côté du gouvernement et particulièrement par le leader du gouvernement à la Chambre des communes. J'y reviendrai.
    C’est un peu la même chose du côté du NPD qui a choisi de s’unir aux libéraux pour cette motion de bâillon. Dans une moindre mesure, c’est aussi le cas du côté du Bloc québécois. Au moins, les gens du Bloc québécois sont d’accord pour que nous continuions d'être présents à la Chambre.
    Je vais revenir sur les propos du leader du gouvernement à la Chambre de ce matin. Il a été très éloquent, très verbeux, mais surtout très « politicailleux ». Il a répété je ne sais plus combien de fois à quel point les libéraux ont hâte de se remettre au travail. Or, à la première occasion, comme je l’ai mentionné, ils ont imposé un bâillon sur une occasion de se mettre au travail pour que les Canadiens et les Canadiennes de partout au pays aient une voix ici.
    Le leader du gouvernement se demandait dans son discours pourquoi l’opposition officielle ne donnerait pas son consentement sans condition pour un Parlement hybride jusqu’au mois de juin 2022, comme ce fut le cas la première fois. La réponse au leader du gouvernement ne se trouve pas du côté de l’opposition. S’il n’y a pas de consentement, il devrait plutôt regarder de son propre côté. Il devrait regarder autour de lui pour comprendre pourquoi les conservateurs ne peuvent pas donner leur consentement à une motion aujourd’hui, pourquoi ils ne peuvent pas avoir une confiance aveugle envers le gouvernement.
    Nous, nous voulons parler d’inflation, de pénurie de main-d’œuvre, de relance économique, du coût de la vie qui augmente d’une manière effroyable pour tous. Nous voulons aussi demander des comptes au gouvernement sur l’entente CanSino qui a privé les Canadiens de vaccin au début de cette pandémie, au moment où on en avait tant besoin, sur le laboratoire à Winnipeg et sur la décision du gouvernement de cacher volontairement des informations importantes aux Canadiens, sur la décision de déclencher des élections en pleine pandémie, des élections que personne ne voulait et dont le résultat a démontré avec clarté que le premier ministre est complètement déconnecté de ce que veulent vraiment les Canadiens.
     Le premier ministre a même dit, au moment de déclencher les élections, que ces élections étaient les plus importantes depuis la Seconde Guerre mondiale. Il était sûr de remporter un gouvernement majoritaire à ce moment-là, sinon il n’aurait pas déclenché les élections. On imagine que, dans la tête du premier ministre, il se voyait déjà remporter la plus importante élection de l’histoire du Canada. C’est ainsi, mais il a perdu son pari. Le gouvernement est toujours minoritaire, le Parlement est presque inchangé sauf quelques belles surprises: de nouveaux députés conservateurs remplis d’énergie se sont joints à nous et sont ici même à la Chambre, maintenant.

  (1325)  

    Ce matin, le leader du gouvernement à la Chambre était théâtral en disant que l'opposition, en refusant son consentement à cette motion, empêche le Parlement de reprendre ses activités en retardant d'une journée les travaux.
    Or, combien de temps cela a-t-il pris pour que le premier ministre rappelle le Parlement après sa tentative ratée de reprendre le contrôle total de la Chambre? Combien de temps cela lui a-t-il pris avant de rencontrer les membres de son propre caucus? Une chose est sûre, il lui a fallu pas mal moins de temps pour organiser une couple de journées de surf à Tofino. Cela a pris plus de deux mois avant que le premier ministre ne daigne rappeler la Chambre, deux mois après une élection dont personne ne voulait, mais qui était tellement importante pour lui. Aujourd'hui, les libéraux tentent de faire croire aux Canadiens que le temps presse. En matière de double discours, je n'ai jamais vu de tels spécialistes.
    J'aimerais dire aux Canadiens ce qui s'est passé à la Chambre pendant les derniers mois de la 43e législature. Quand il a été admis que les députés pouvaient participer en personne selon un nombre préétabli par les partis et par la Chambre afin de respecter toutes les consignes sanitaires, quels sont les partis qui ont répondu présent au nom de leurs électeurs? Quels sont les députés qui se sont pointés à la Chambre en personne? Quels sont les ministres qui ont répondu aux questions légitimes de tous les partis d'opposition en les regardant dans les yeux?
    J'étais assis de ce côté-ci et, à chaque occasion où les règles me le permettaient, j'ai posé des questions. J'ai posé des questions sur l'organisme UNIS, sur la voie de contournement de Lac-Mégantic et sur la pénurie de main-d'œuvre. On était habitué à ce que les ministres lisent des réponses préparées, mais, à cette période-là, c'était pire que jamais: on aurait dit que les ministres recevaient les réponses par courriel à leur écran d'ordinateur, tellement les lignes du premier ministre arrivaient vite.
    J'étais assis ici, aussi souvent que les règles me le permettaient, aussi souvent que la Chambre le voulait, et cela m'a permis de constater à quel point les libéraux — tous les libéraux, pas juste les députés et les ministres — préféraient de beaucoup le confort de leur domicile ou même de leur bureau sur la Colline à quelques pieds d'ici, plutôt que cette grande Chambre remplie d'histoire.
    Les dirigeants avaient établi combien on pouvait être de chaque parti, combien pouvaient être assis pour être sécuritaires. Nous avons entièrement respecté ces règles. De ce côté-ci, nous pouvions être environ une vingtaine de députés. De l'autre côté, ils pouvaient être à peu près une trentaine. Donc, chaque fois que je venais, je prenais le temps de vérifier si les règles étaient respectées. Je commençais par regarder du côté des banquettes libérales et je comptais les sièges vides...

  (1330)  

    Le député de Glengarry—Prescott—Russell invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, je vous félicite pour votre élection.
    Le député de l'autre côté de la Chambre s'est levé tantôt pour marteler le fait qu'on ne peut pas faire référence à la présence ou à l'absence d'un député à la Chambre. Or, il est lui-même en train de le faire. Je lui demanderais de retirer ses paroles.
    Monsieur le Président, en réponse à ce recours au Règlement, je ne faisais pas référence à un député en particulier, mais à un ensemble de banquettes vides de l'autre côté de la Chambre. Un seul siège n'était pas vide, et ce, pendant longtemps, et j'étais content de voir cela.
    J'ai fait la même chose avec les ministres, mais je ne répéterai pas ce que j'ai déjà dit pour ne pas provoquer un autre recours au Règlement. Cependant, je peux dire que le chiffre n'était pas de un, il était de zéro: il n'y avait personne ici pour répondre à mes questions en me regardant dans les yeux. Les ministres avaient choisi de répondre sur grand écran. Ils avaient choisi la caméra plutôt que de répondre à mes questions en me regardant dans les yeux.
    On est ici pour discuter d'un Parlement hybride et il est important de soulever cette question. Aujourd'hui, le leader du gouvernement à la Chambre nous dit que — miracle! — les ministres seront présents et répondront aux questions, ce que les députés ont répété. Pourtant, les ministres auraient pu le faire pendant des mois, mais ils ne l'ont pas fait et ils ne se sont pas présentés du tout pour répondre aux questions des députés de l'opposition. Comment peut-on, aujourd'hui, leur faire confiance?
    Il est clair que le premier ministre aime les foules. On aime poser des questions au premier ministre. Or, mes collègues croient-ils sincèrement que le premier ministre se présentera à la Chambre pour répondre aux questions à un autre moment que le mercredi si sa foule de partisans n'est pas derrière lui?
     Chacun des députés a le droit de poser des questions et de s'attendre à des réponses concrètes pour ses électeurs et ses électrices. C'est pour cela que, en tant que député de Mégantic—L'Érable, je vais être ici. J'espère que tous mes collègues, quelle que soit leur circonscription au pays, feront comme moi et vont vouloir se présenter sur place, occuper leur siège et défendre les intérêts de leurs électeurs.

[Traduction]

    J'ai une brève observation à faire au sujet du recours au Règlement. Je tiens à rappeler aux députés qu'on ne peut pas faire indirectement ce qu'on ne peut pas faire directement. On ne peut pas insinuer des choses dont il n'est pas permis de faire mention.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, les dernières observations du député me laissent tout à fait perplexe. C'est à croire que le député n'a pas été présent à la Chambre.
    Pendant environ quatre mois, le premier ministre a été ici à répondre à des questions sans personne derrière lui. Pourquoi le député laisse-t-il entendre que le premier ministre ne se présentera pas à la Chambre, alors qu'il sait, car ils le déclarent eux-mêmes, que le premier ministre était le seul à être présent physiquement à la Chambre?
    Le député ne le sait-il pas? Ne travaillait-il pas durant cette période? Nous menions à bien un travail important, même s'il était accompli en grande partie virtuellement. Peut-être que le député ne faisait rien. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il ignore que le premier ministre était bel et bien ici pour participer aux séances et répondre aux questions qu'on lui posait dans cette enceinte.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais seulement rappeler que, tout comme on ne peut pas parler de l'absence des députés à la Chambre, on ne peut pas non plus parler de la présence des députés. Je tiens à le souligner à mon honorable collègue. Si les libéraux veulent nous raconter cette salade, nous pouvons le faire aussi de notre côté.
    Ce qu'il est surtout important de se rappeler, c'est qu'une occasion unique nous est présentement offerte de pouvoir être présents à Chambre pour défendre les intérêts de nos électeurs et de nos électrices. Je crois que c'est ce que les gens attendent de nous.
    Lors de la dernière campagne électorale, je n'ai rencontré aucun électeur qui m'ait félicité parce que je paraissais bien à l'écran quand je voulais les représenter. Ce que les gens veulent, c'est que je sois ici, à la Chambre, avec mes collègues, afin que je puisse poser des questions et surtout faire avancer les dossiers de mes électeurs.

  (1335)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai des préoccupations. Le député a dit que nous ne travaillions pas, alors qu'en fait nous étions présents, mais à distance. Au début de la présente pandémie, nous ne pouvions travailler qu'à distance. C'était très important. Je suis très fière de dire que j'ai participé à toutes les séances virtuelles de la Chambre. Je sais que nombre de mes collègues albertains n'y étaient pas. Je sais pertinemment qu'il y en a qui n'ont participé à aucune séance.
    Je me demande si la véritable préoccupation du député ne serait pas que ses collègues ne se présenteraient pas si nos séances étaient virtuelles.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis très fier de dire qu'à chaque séance à laquelle nous avions l'occasion d'assister à la Chambre, mes collègues étaient présents, peu importe s'ils provenaient de la Colombie‑Britannique, de l'Alberta, du Québec ou de l'Ontario.
    Lorsque nous avions la chance d'être à la Chambre pour parler au nom de nos électeurs et de nos électrices, nous prenions l'avion ou la voiture afin de nous déplacer et de pouvoir venir faire notre travail là il doit se faire, c'est-à-dire ici, à la Chambre des communes.
    Monsieur le Président, une chose me frappe depuis ce matin et depuis que nous discutons de cette question. Il s'agit de la façon de faire du club-école du Parti libéral, c'est-à-dire le NPD. Au lieu de frapper sur le gouvernement, le NPD frappe sur la deuxième opposition, le Bloc québécois. C'est tout de même quelque chose.
    Je me demande si cela n'est pas un peu en lien avec le fait que l'ancien député de Longueuil—Saint‑Hubert, Pierre Nantel, s'est récemment présenté pour un parti indépendantiste, à Québec — le Parti québécois, pour ne pas le nommer.
    Lors de sa conférence de presse, à laquelle j'ai assisté, Pierre Nantel a dit que, pendant huit ans, il avait siégé dans un parti, le NPD. Il a dit qu'il avait travaillé fort pour changer les lois sur l'environnement, la langue française et la culture, et que cela n'avait pas marché. Il a ajouté que, pendant huit ans, il avait testé le système, le Parlement et le Canada, et que, sur toutes ces questions, il n'y avait qu'une seule réponse: l'indépendance du Québec.
    La question que je désire poser à mon collègue est la suivante: que pense-t-il de l'alliance entre le Parti libéral et le club Midget AAA, c'est-à-dire le NPD?
    Monsieur le Président, ce sont des moments comme ceux‑là qui font que la Chambre est si vivante: voir des collègues se quereller alors que nous avons effectivement chacun des intérêts divergents à faire valoir.
    C'est certain que je ne partage pas l'appétit de mon collègue pour l'indépendance. Cependant, je peux moi aussi constater qu'il y a une coalition. Je n'irai pas jusqu'à qualifier les néo-démocrates de « midgets », mais il y a entre eux et le Parti libéral une coalition assez évidente.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c’est un honneur de prendre la parole pour la première fois au cours de cette 44e législature. Je tiens à vous féliciter pour votre accession à cette grande fonction qu’est celle de présider ces importantes réunions. Je tiens également à remercier tous les électeurs de Selkirk—Interlake—Eastman de m’avoir fait confiance pour la septième fois. Je remercie ma famille et, bien entendu, tous les extraordinaires bénévoles qui ont travaillé sans relâche à notre campagne.
    Le débat en cours est vraiment important. L’idée que les libéraux, avec l’appui du NPD, souhaitent retourner dans leurs sous-sols et au Parlement Zoom est tellement décourageante. En tant que député depuis 2004, je trouve qu’il est important de pouvoir nous regarder dans les yeux, participer à ces discussions, démontrer notre empathie et prendre le pouls de cette assemblée.
    Nous ne pouvons pas faire cela lorsque nous participons à une séance sur Zoom. Nous ne pouvons pas faire cela lorsque des collègues éteignent leur caméra et s’éloignent de leur ordinateur. Nous ne pouvons pas voir l’ensemble des députés de la Chambre. Il nous est également impossible d’avoir des conversations parallèles avec nos collègues des deux côtés de la Chambre, tous partis confondus.
    Pensons à tous les députés nouvellement élus qui siègent actuellement au caucus libéral, de même qu’aux nouveaux députés de notre propre parti. L’une des tâches importantes qu’ils devront accomplir pour les résidants de leur circonscription sera de trouver l’occasion de s’adresser directement aux ministres à la Chambre, de leur transmettre une lettre d’un concitoyen, ou de discuter d’un problème lié à un projet d’infrastructure en cours dans leur circonscription ou du cas d’un réfugié ou d’un dossier d’immigration directement avec le ministre concerné ou avec son secrétaire parlementaire. Lorsque nous essayons de faire cela sur Zoom, les ministres sont souvent trop occupés ou éteignent leur caméra ou leur microphone.
    Ce n’est pas ainsi que le Parlement est censé fonctionner. Si nous respectons cette institution, nous devons faire ce pour quoi les électeurs des 338 circonscriptions nous ont élus. Cela veut dire se présenter ici, à la Chambre, et défendre publiquement leurs intérêts dans cette enceinte ou dans le cadre de conversations parallèles que nous pouvons avoir ici, dans les antichambres ou dans les salles de comité.
    L’une des raisons pour lesquelles les libéraux veulent fermer le Parlement aux séances en personne, c’est que cela fait tellement leur affaire de ne pas être obligés de jouer la transparence et de rendre des comptes. Un bon exemple est ce qui s’est passé au Comité permanent de la défense nationale qui, au cours de la dernière législature, menait une étude sur l’inconduite sexuelle commise au sein des Forces armées canadiennes par un ancien chef d’état-major de la Défense. Les libéraux ont invoqué l’argument selon lequel la Chambre n’avait pas assez de ressources pour que les comités puissent continuer de se réunir et ont suspendu les réunions indéfiniment. Comme ils n’ont jamais eu la possibilité d’ajourner une réunion faute de consensus, le whip libéral a ordonné aux présidents de suspendre la séance et ces derniers ont quitté la salle.
    Lorsque nous avions des rapports à rédiger, lorsque des témoins devaient être convoqués, les libéraux suspendaient les réunions indéfiniment. La réunion no 26 du Comité permanent de la défense nationale a été suspendue du 19 au 23 avril. C’est la même réunion qui a été étalée pendant toutes ces journées. La réunion no 28 a été suspendue du 30 avril au 7 mai. Ensuite, ils se sont rendu compte que cela fonctionnait tellement bien qu’à la réunion no 32, quand nous tentions de rédiger le rapport à soumettre à la Chambre sur la façon de traiter l’inconduite sexuelle au sein des Forces armées canadiennes, les libéraux ont fait de l’obstruction au sein des comités et suspendu longuement les réunions du 21 mai au 21 juin. Il y a eu 21 jours de séance, 505 heures d’obstruction, et aucun rapport n’a été déposé à la Chambre. C’est un échec non seulement pour notre démocratie, mais aussi pour les femmes et les hommes qui servent avec bravoure dans les Forces armées canadiennes. Nous n’avons même pas pu faire déposer un rapport à la Chambre. Ce n’est pas ainsi que le Parlement doit fonctionner.

  (1340)  

    S’il doit y avoir des échanges difficiles, qu'on nous laisse avoir ces échanges dans le cadre des comités. Si les comités doivent siéger des heures et des heures en raison de tactiques procédurales utilisées par des députés ministériels ou de l'opposition pour faire de l’obstruction, qu'on permette aux comités de le faire. À un moment donné, une décision sera prise. Cependant, utiliser l’excuse de la technologie et invoquer l’argument du manque de ressources de la Chambre des communes n’est pas une façon de mener les affaires des Canadiens.
    Je sais que c’est formidable d’être à la maison avec nos familles. C’est formidable de penser que, pendant que nous sommes dans nos circonscriptions, nous puissions être un peu plus en contact avec nos électeurs. Toutefois, pendant la crise de la COVID, il n’y avait pas tant d’activités et d’événements auxquels assister. Ces activités reprennent lentement peu à peu.
    Lorsque nous faisions du porte-à-porte auprès de nos électeurs et que nous leur demandions leur appui, ils ne disaient pas qu’ils voulaient que nous assistions au petit déjeuner du club Rotary ou que nous nous arrêtions à la légion pour le tirage d’une pièce de viande. C’est formidable que nous puissions participer à ces activités, mais nos électeurs nous ont élus pour les représenter ici.
    Encore une fois, cela revient à dire que les libéraux essaient de camoufler les faits, qu’ils ne veulent pas être tenus de rendre des comptes et qu’ils veulent nous empêcher d’interagir avec le Cabinet. L’un des grands avantages de notre système de Westminster, c’est que l’exécutif siège à la Chambre des communes avec les législateurs.
    Une voix: Plus maintenant.
    M. James Bezan: Non, ce n’est plus le cas, parce que le premier ministre, qui n’aime certainement pas venir ici, et on peut se demander s’il aime encore son travail, s’entête à ne pas écouter toutes les voix qui se font entendre à la Chambre et se contente d’écouter les membres de son Cabinet.
    Je trouve vraiment déprimant de voir les néo-démocrates jouer le rôle de facilitateur. Si les députés néo-démocrates veulent suivre les ordres du whip et du leader à la Chambre du Parti libéral au lieu d’exercer leur indépendance, ils devraient peut-être dire à tous leurs électeurs de voter pour un libéral plutôt que pour un néo-démocrate. Les conservateurs seront plus qu’heureux, aux prochaines élections, de présenter dans leurs circonscriptions des candidats solides qui veulent être ici, qui veulent servir la population et qui veulent faire entendre la voix des électeurs et soulever les questions qui doivent être examinées à la Chambre.
    Nous voyons les libéraux tenir la main des députés néo-démocrates. C’est magnifique de voir que leur coalition fonctionne si bien et qu’ils peuvent fonctionner comme ça.
    Nous sommes ici pour parler au nom des personnes qui nous ont élus. Nous sommes ici pour protéger cette institution, que nous devrions tous chérir. Or, siéger dans nos sous-sols et nos bureaux à la maison, fermer la caméra, la rouvrir quand cela nous chante et utiliser l’application de vote à distance peuvent paraître pratiques, mais ce n’est pas comme cela que la démocratie fonctionne. Ce n’est pas cela que les Canadiens attendent de nous. Ils nous versent une rémunération généreuse pour notre travail et ils s’attendent à ce que nous déployions tous les efforts nécessaires pour les représenter, défendre leurs points de vue et leurs valeurs et traiter les questions importantes qui surviennent dans nos circonscriptions.

  (1345)  

    Monsieur le Président, j’aimerais apporter deux ou trois précisions avant de poser ma question. Tout d’abord, je tiens à déclarer que je veux siéger ici, mais je veux que les privilèges des parlementaires soient élargis lorsqu’il le faut. Deuxièmement, le député de Mégantic-L’Érable s’est moqué de certaines des réponses des ministres aux questions qui leur ont été adressées par courriel. Je siège de ce côté-ci de la Chambre et je pense que les Canadiens ont été pleinement satisfaits des réponses fournies.
    Qu’arriverait-il si la ministre des Finances, le ministre de l’Immigration, le premier ministre ou des députés des premières banquettes étaient exposés à la COVID‑19? En ne permettant pas la tenue de séances hybrides, les conservateurs ne se trouvent-ils pas à empêcher les élus responsables de rendre des comptes, comme ils semblent vouloir qu’ils le fassent? Je veux entendre la ministre des Finances répondre aux questions, mais nous devons avoir cette possibilité au cas où, Dieu nous en garde, quelque chose survient.
    Monsieur le Président, le système parlementaire de Westminster existe depuis des siècles. Au Canada, ce système a survécu à des pandémies comme la grippe espagnole et le SRAS, ce qui n'a pas empêché la tenue de séances en personne. Certes, il se peut que des députés et des ministres tombent malades, mais nous avons la possibilité de mettre en œuvre une tradition de longue date, à savoir le pairage. En effet, les secrétaires parlementaires peuvent répondre au nom des ministres. De plus, certains ministres peuvent assumer la responsabilité d'autres portefeuilles à court terme, le temps de remplacer leurs collègues qui doivent prendre un congé pour des raisons de santé, ce qui pourrait inclure la COVID. Ce n'est pas une raison pour carrément changer la façon dont la démocratie est censée fonctionner.
    Monsieur le Président, je m'excuse auprès de mon collègue de Selkirk—Interlake—Eastman parce que beaucoup de gens ont déjà fait cette observation à la Chambre, mais je l'invite à vérifier auprès du député de Central Okanagan—Similkameen—Nicola. La conférence de Glasgow n'était pas une activité mondaine ni une occasion de côtoyer l'élite. Non seulement nous devions avoir reçu deux doses de vaccin, mais nous devions subir tous les jours un test de dépistage de la COVID et en fournir la preuve au National Health Service avant d'être admis dans l'édifice, où nous devions garder le masque en tout temps. Par ailleurs, nous ne pouvions pas participer en grand nombre aux séances plénières. Seul un nombre minimal de personnes pouvaient se trouver sur place, et nous devions travailler en gardant une distance les uns des autres, ce qui était très déplaisant.
    Comme je l'ai dit, l'inlassable député de Central Okanagan—Similkameen—Nicola y a assisté pendant les deux semaines entières, et je pense qu'il confirmera ce que j'ai dit.

  (1350)  

    Monsieur le Président, nous savons pertinemment que les habitants de Glasgow étaient très préoccupés par le fait que ce ne sont pas tous les pays qui exigent que les participants aient reçu les deux doses du vaccin. Ils ont peut-être effectué des tests rapides sur une base quotidienne. C'est ce que nous pourrions faire ici assez facilement. Ces tests pourraient même s'appliquer à ceux d'entre nous qui sont vaccinés. Quoi qu'il en soit, il n'y a aucune raison pour que nous fassions les choses différemment ici.
     Si les gens peuvent se présenter par milliers à Glasgow et dans les stades de football et les arénas, pourquoi ne pouvons-nous pas nous réunir dans cette salle? La plupart des Canadiens sont complètement déconcertés de voir les libéraux et les néo-démocrates s'opposer à la tenue de séances en personne.

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais interpeller mon collègue du Parti conservateur et insister sur le fait que la science prédomine sur toutes nos considérations. Une nouvelle vague se profile à l'horizon et une troisième vaccination pourrait être nécessaire. Au Parlement, il me semble qu'il est possible de s'entendre sur des dispositions à prendre afin de siéger en présence.
    J'aimerais savoir si mon collègue croit qu'une troisième vaccination pourrait fournir la solution idéale à ce Parlement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je peux dire que ma femme, qui est infirmière, doit recevoir sa troisième injection de Pfizer. Au Manitoba, j'aurai l'occasion, au cours de la nouvelle année, de recevoir ma troisième dose de Moderna. Ce ne sont pas les possibilités qui manquent. Nous pourrions administrer certains de ces vaccins ici, au Parlement. Par le passé, nous avons offert le vaccin contre la grippe au Parlement à tous les députés. Nous n'avions qu'à traverser le hall et aller dans l'une des salles adjacentes. Là, du personnel infirmier nous attendait pour nous vacciner.
     Il y a des avantages à être ici et à nous permettre d'être tous au même niveau de protection. Nous sommes nombreux à nous assurer de prendre toutes les précautions nécessaires pour protéger la santé de tous.

[Français]

    Monsieur le Président, ce matin, je vais partager mon temps de parole avec mon honorable collègue de Sackville—Preston—Chezzetcook.
    Je vais commencer en prenant un bref moment pour vous féliciter pour votre nomination au fauteuil, monsieur le Président. C'est très bien de voir un autre collègue néo-écossais au fauteuil. Je vous souhaite bonne chance pour la journée à venir.
    Je veux également profiter de l'occasion pour remercier tout le personnel et les personnes impliquées qui ont permis aux parlementaires de participer à la 43e législature. Je remercie tout particulièrement les interprètes, surtout en ce moment, car je sais que mon français est loin d'être parfait.
    Aujourd'hui, nous sommes là pour parler de la motion no 1 du gouvernement permettant la mise en place d'un Parlement hybride.
    J'ai eu le privilège pour la première fois de siéger à la Chambre après l'élection de 2019. J'ai eu environ 12 semaines de séances parlementaires avant que le monde change complètement. Je me souviens d'avoir pris l'avion pour rentrer chez moi le 12 mars 2020, et nous nous sommes dit que cela était peut-être un défi de deux semaines. Bien sûr, la situation était plus grave que ce à quoi nous pouvions nous attendre. Comme les provinces de l'Atlantique ont restreint les déplacements et que la bulle atlantique a fini par être créée, j'aurais dû m'isoler pendant deux semaines pour pouvoir venir prendre place à la Chambre des communes.
    Le Parlement hybride m'a donné l'occasion de participer aux travaux, sans quoi je n'aurais pas eu cette chance. Aurais-je préféré être à Ottawa en personne? Absolument, mais la situation exigeait que nous fassions notre travail à distance. Bien que cela ait été parfois une source d'isolement, je pense que nous devons tous nous rappeler que nous avons été les privilégiés qui ont pu accomplir leur travail de cette manière.

  (1355)  

[Traduction]

    Quand j’examine cette motion, je pense vraiment qu’elle est raisonnable. Voyons quelles sont les réalités actuelles.
    La COVID continue de circuler. Nous sommes encore en pleine pandémie mondiale. Il y a tout juste trois jours, le Royaume-Uni faisait état de plus de 40 000 cas dans cette seule journée. Nous voyons que certains pays en Europe sont bel et bien aux prises avec une cinquième vague en ce moment même et que les variants restent problématiques.
    Nous ne sommes plus dans la même situation qu’il y a plus d’un an et les députés peuvent se réunir, mais en réalité, les protocoles sanitaires provinciaux et territoriaux continuent de dicter que, si une personne est exposée à la COVID ou contracte le virus, elle doit s’isoler pendant deux semaines. Cette motion vise fondamentalement à permettre aux députés d’exercer le privilège parlementaire.
    J’ai pu être ici toute la matinée pour parler de cette motion, et j’insiste sur ce point auprès de mes collègues: je veux être ici, en personne, à Ottawa. Je m’engagerai publiquement à être ici, à Ottawa. Cependant, s’il arrive quelque chose, par exemple, si ma fiancée est exposée au virus? J’ai mentionné à mes collègues qu’elle est avocate à Halifax. Elle travaille avec ses collègues. Que se passera t il si l’un d’eux est exposé au virus et qu’elle doive s’isoler? Est ce que je veux prendre le risque de ramener la COVID à mes collègues, alors que nous sommes assis côte à côte à la Chambre? Je ne voudrais pas que mes collègues soient exposés à la COVID‑19, même si je préfère, évidemment, siéger ici.
    Aujourd’hui, les conservateurs semblent beaucoup parler de responsabilité. Je viens de poser à un député d’en face une question sur les députés des banquettes ministérielles, comme le premier ministre, la vice-première ministre et ministre des Finances et la ministre des Affaires étrangères. Je tiens à entendre ce qu’ils ont à dire. Si des députés ont des questions, je tiens à entendre les réponses des ministres. Si, par malheur, ils sont exposés à la COVID, ils pourront poser leurs questions en vidéoconférence. Autrement, ils ne pourraient pas participer.
    Le député de Beauce a été exposé à la COVID‑19 et ne peut pas être des nôtres actuellement. C’est dommage. Il devrait avoir cette possibilité et c’est exactement ce que cette motion vise à faire.
    Il est beaucoup question du travail des députés. Comme je ne mentionnais plus tôt dans mon intervention, j’ai siégé 12 semaines avant que le monde change et que la Cité parlementaire telle que nous la connaissions soit totalement transformée. Si les députés consultent le hansard ou les témoignages des comités, ils verront que je travaillais vraiment, comme tous les députés de mon parti et, en fait, j’imagine, tous les députés d’en face. Cela se faisant, cependant, par vidéoconférence.
    Suis-je d’accord avec certains de mes collègues qui ont souligné dans le débat qu’il y a un avantage à être réunis à la Chambre? Certainement, je le reconnais. Cependant, pourquoi les députés d’en face rechignent-ils autant à permettre plus de souplesse, étant donné que nous sommes toujours en pleine pandémie? Je regarde autour de moi et je vois des masques partout, ce qui est un signe que nous devons encore nous protéger mutuellement contre la COVID‑19. J’ai donc vraiment du mal à comprendre pourquoi les députés d’en face hésitent tellement.

[Français]

     Je suis fier d'être le président du caucus rural libéral. Il y a un aspect très important de cette motion dont je n'ai pas beaucoup entendu parler et qui concerne la tenue de votes à certains moments de la semaine. Beaucoup de nos collègues des régions rurales n'ont pas la possibilité de transport pour venir à Ottawa. Ces dispositions ne sont pas seulement justes et équitables pour eux, mais elles sont raisonnables pour tous les députés.

  (1400)  

[Traduction]

    Cette semaine, j'ai eu l'occasion de parler à la ministre du Revenu national, qui est aussi députée de Gaspésie—Les Îles-de-la-Madeleine. Se présenter à Ottawa est bien compliqué pour elle. C'est une femme sérieuse et elle sera là, quoique son trajet en avion ne soit pas comparable au nôtre. De sa circonscription, son vol fait escale à Québec, puis à Montréal avant d'arriver à Ottawa. Les députés comme elle doivent avoir la possibilité de participer.
    Je vois que mon temps de parole est presque écoulé. J'ai hâte de pouvoir poursuivre là-dessus après les déclarations des députés.

Le commissaire à l'environnement et au développement durable

    Avant que nous poursuivions le débat, je dois déposer, conformément au paragraphe 23(5) de la Loi sur le vérificateur général, les rapports de l'automne 2021 du commissaire à l'environnement et au développement durable.

[Français]

    Conformément à l'article 32(5) du Règlement, ces rapports sont réputés renvoyés en permanence au Comité permanent de l'environnement et du développement durable.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Les vétérans de la guerre froide

    Monsieur le Président, le jour du Souvenir, nous rendons hommage à ceux qui se sont battus en temps de guerre, de conflit armé et de paix pour garantir la liberté chez nous comme à l'étranger. Cependant, de nombreux vétérans de la guerre froide, période qui a dominé les relations mondiales de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la chute du mur de Berlin en 1989, ont souvent le sentiment qu'on ignore le rôle essentiel qu'ils ont joué pour assurer la sécurité nationale. Voilà pourquoi, en ce mois de novembre, je remercie Patrick Ryan, un habitant de ma circonscrition originaire du Cap‑Breton et devenu citoyen de Burlington, ainsi que les autres vétérans qui, comme lui, ont servi dans l'Aviation royale canadienne pendant la guerre froide.
    À cette époque, l'ancienne Union soviétique faisait planer sa menace sur le monde entier. Les membres des Forces armées canadiennes nous ont constamment protégés contre les bombardiers et les sous-marins soviétiques qui transportaient des armes nucléaires et qui sondaient nos défenses. Les vétérans de la guerre froide ont protégé le Canada de menaces imminentes dont bon nombre d'entre nous n'ont jamais connu l'existence.
    Je les remercie de leur service. N'oublions jamais.

North Okanagan—Shuswap

    Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de revenir à la Chambre en tant que député de North Okanagan—Shuswap. Je tiens à remercier les électeurs, les bénévoles, ma famille et mes amis de m'avoir accordé leur soutien pour les représenter ici. Comme tant de Britanno‑Colombiens, mes concitoyens ont tenu bon pendant la pandémie, les feux de forêt et les inondations qui ont ravagé notre province. Ils ont besoin d'actions et de résultats maintenant plus que jamais, et je suis ici pour être leur porte‑parole.
    Les personnes âgées ont du mal à payer leurs factures d'épicerie et de chauffage, tandis que le gouvernement actuel récupère leurs prestations de la Sécurité de la vieillesse. Les collectivités autochtones ont besoin d'eau potable et de logements. Des ressources doivent être consacrées à la santé mentale et aux problèmes de dépendance. Les familles de travailleurs font toujours face à l'insécurité en matière de logement et à l'inflation grandissante. Les travailleurs ont besoin de possibilités de formation, et les employeurs ont besoin d'un gouvernement qui travaille pour eux et non contre eux.
    Je suis ici pour parler au nom de tous les habitants de North Okanagan—Shuswap, et j'exercerai des pressions sur le gouvernement pour qu'il m'écoute.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, je tiens à profiter de ma première déclaration à la Chambre pour reconnaitre que mes enfants et moi avons l'honneur de vivre sur le territoire non cédé du peuple algonquin anishinabe. Il est de notre responsabilité collective de travailler en étroite collaboration avec les peuples autochtones dans nos collectivités et de favoriser la réconciliation.

[Français]

    Cest notre responsabilité de travailler avec les partenaires autochtones vers la réconciliation.

[Traduction]

    C'est la responsabilité de chaque Canadien en tant que citoyen, que sa famille soit venue au Canada il y a six générations ou qu'il ait immigré récemment.
    Je vis au Canada depuis 32 ans et je suis père de famille; je reconnais donc qu'il est de mon devoir de chercher la vérité chaque jour. En tant qu'immigrant, je reconnais qu'il est aussi de mon devoir d'apprendre des aînés et de travailler à la réconciliation avec les dirigeants et les communautés autochtones.
    Ici, dans ma circonscription, Ottawa‑Centre, il y a des organismes locaux comme la maison des jeunes Tewegan, la société de logement Gignul et Tungasuvvingat Inuit qui servent les communautés autochtones en leur donnant accès à des logements, à des ressources vitales et à du soutien. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais je crois que les Canadiens sont déterminés à s'engager sur la voie de la réconciliation.
    Comme l'a dit le grand-père algonquin et regretté chef William Commanda, « [n]ous devons nous rassembler en un seul cœur, un seul esprit, un seul amour et une seule détermination ».

  (1405)  

[Français]

L'Union des producteurs agricoles

    Monsieur le Président, le 16 novembre dernier, nous apprenions que Martin Caron, un producteur laitier de Louiseville impliqué syndicalement depuis 35 ans, deviendrait officiellement le nouveau président de l’Union des producteurs agricoles le 2 décembre prochain. Je suis donc extrêmement fier de vous dire aujourd’hui que le prochain président de l’UPA était un résidant de Berthier—Maskinongé et que ses terres sont très près de mon bureau de circonscription.
    M. Caron est un homme de conviction. Je suis convaincu qu’il saura laisser sa marque. Je lui transmets mes sincères félicitations. Je tiens également à souligner l’apport extraordinaire de Marcel Groleau qui a occupé le poste de président pendant 10 ans. M. Groleau aura su, à travers toutes ces années, vulgariser l’information agricole pour le grand public et faire avancer les intérêts des producteurs, donc les intérêts de tous, car nous n’oublions jamais que sans agriculture, nous ne sommes rien.
     Chapeau à vous deux, et longue vie au monde agricole.

Hochelaga

    Monsieur le Président, je me permets de féliciter tous les députés et toutes les députées élus et réélus. C’est un honneur et un grand privilège que de revenir à la Chambre. Je souhaite remercier les citoyens et les citoyennes d’Hochelaga de leur confiance renouvelée. C’est avec un grand sentiment de fierté et de responsabilité que je les représenterai pour un second mandat à la Chambre.
    Ma circonscription regroupe plusieurs quartiers: Hochelaga, Maisonneuve, Longue‑Pointe, Mercier‑Ouest et l'est de Rosemont. Ces quartiers nous ont demandé à maintes reprises plus de logements abordables, plus d’espaces verts, une aide aux personnes en situation d’itinérance, l’assurance d’un filet social et économique fort et surtout un travail collaboratif pour un développement durable et inclusif.
    J’aimerais terminer en remerciant mes enfants, Keyla et Ianko, ma famille, mes amis et toute mon équipe de campagne. Alex, Rose, Rime, Arnaud, Ariane, Victor, Malia, Camille, Laurence, Sébastien, Béatrice, Maxime, sans vous, je ne serais pas ici. Je vous remercie de votre soutien, engagement et détermination. Le travail qui nous attend est grand. Faisons-le tous ensemble.

[Traduction]

Les lauréats du prix Nobel du Sud-Ouest de l'Ontario

    Monsieur le Président, le mois dernier, le Canadien David Card a reçu le prix Nobel d'économie pour son approche empirique novatrice. Il partage le prix avec deux autres économistes.
    M. Card, le fils d'Yvonne et du regretté Ted Card, a grandi dans une ferme laitière du comté de Wellington, tout près d'où j'ai grandi. En fait, il y a très longtemps, nous avons tous les deux travaillé à différents moments pour les mêmes agriculteurs. M. Card est maintenant professeur d'économie à l'Université de Californie, à Berkeley. Nous sommes fiers des contributions que ce grand Canadien a apportées au domaine de la connaissance humaine.
    Il s'agit du troisième prix Nobel décerné à un Canadien du Sud-Ouest de l'Ontario au cours des 10 dernières années. Alice Munro, de Wingham, a reçu le prix en 2013, et Donna Strickland, qui vivait autrefois à Guelph et qui habite maintenant à Waterloo, a reçu le prix en 2018. Ces trois lauréats du prix Nobel reflètent l'ingéniosité, le dévouement et la créativité des habitants du Sud-Ouest de l'Ontario.

Le prix Fraser McDougall

    Monsieur le Président, je suis fier d'informer les députés que l'une de mes concitoyennes, Rachel Watts, une étudiante de quatrième année en journalisme à l'Université Carleton, est la récipiendaire du prix Fraser McDougall 2021 en tant que meilleure nouvelle voix canadienne en matière de journalisme axé sur les droits de la personne. Ce prix prestigieux est décerné à un reportage étudiant de qualité exceptionnelle portant sur les droits de la personne. L'article gagnant de Rachel s'intitule « Pandemic intensifies silent sorrow of Canada's asylum seekers », ou la pandémie exacerbe les souffrances silencieuses des demandeurs d'asile au Canada. Il s'agit d'un article vraiment fascinant et pénétrant sur une question d'actualité cruciale.
    Rachel possède un don rare pour l'écriture et la capacité d'évoquer un sujet d'une manière pouvant influer sur l'opinion publique et les politiques d'intérêt public. Voilà le rôle et le pouvoir de l'excellence journalistique. Rachel Watts est manifestement sur le point d'entamer une carrière journalistique prometteuse et stimulante. Je tiens à préciser que je veux vraiment que cette déclaration figure dans le compte rendu.

La randonnée de sensibilisation à une maladie du cœur

    Monsieur le Président, je prends un instant pour vous féliciter de votre réélection à titre de Président de la Chambre et pour remercier mon mari, mes enfants, ma famille, mon équipe de campagne et mes bénévoles de leur soutien. Je remercie également les habitants de la magnifique circonscription de Mississauga—Streetsville de m'avoir accordé l'honneur de les servir.
    Beaucoup de gens décident de servir une cause plus grande qu'eux dans la vie. Pour certains, l'appel se fait entendre à la suite d'une grande perte. Adam Hoerdt, de Mississauga—Streetsville, traverse le Canada à vélo pour sensibiliser la population à la cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène, ou la CVDA. Il a établi un réseau de soutien familial au Canada et appuie la recherche sur la CVDA. Cette maladie des muscles du cœur peut mener à des rythmes cardiaques potentiellement mortels qui causent des arrêts cardiaques soudains chez de jeunes Canadiens autrement en santé, souvent sans avertissement.
    J'ai eu la chance de rencontrer son équipe et lui, et il m'a raconté ce qu'il a vécu. Son épouse est décédée subitement à l'âge de 31 ans et son fils de 23 ans se trouve dans un état critique en raison de cette maladie. Le stoïcisme et l'activisme d'Adam sont inspirants, et j'encourage tout le monde à en apprendre davantage sur le sujet et à soutenir les bases d'un avenir où la lutte contre cette maladie aura été remportée.

  (1410)  

Les agriculteurs de la Colombie‑Britannique

    Monsieur le Président, je remercie les citoyens de Foothills de m'avoir fait confiance une fois de plus pour les représenter à Ottawa en tant que député. C'est un grand honneur.
    Ces citoyens savent à quel point le rétablissement a été long et pénible à la suite de la crise de l'encéphalopathie spongiforme bovine et des inondations de 2013. Il est déchirant de voir maintenant des familles agricoles de la Colombie‑Britannique à leur tour aux prises avec une crise. Les producteurs laitiers et les producteurs de porc et de volaille ont perdu des milliers d'animaux. Les exploitations fruitières ont été décimées. Le rétablissement sera long et pénible. Je remercie les clubs philanthropiques, les bénévoles et les militaires qui font tout ce qu'ils peuvent pour aider, notamment les groupes tels que la fondation agricole Do More, qui a offert ses services.
    Je demande à la ministre de l'Agriculture d'annoncer dès que possible un programme d'aide complet et accessible pour ces agriculteurs. Cela aurait une incidence considérable sur la santé financière et mentale des familles agricoles de la Colombie‑Britannique.
    Ce n'est pas le moment de laisser ces familles se débrouiller seules. Elles ne sont pas seules. Le Canada est là pour elles.

[Français]

Alfred-Pellan

    Monsieur le Président, j'aimerais vous féliciter pour votre réélection.
    Qu'il est bon de revenir à la Chambre et de retrouver le vert flamboyant de notre lieu de travail après tout ce temps en mode virtuel!
    Pour ma première déclaration à la Chambre, lors de cette 44e législature, je tiens à dire merci 24 516 fois à ma communauté d'Alfred‑Pellan. Cette confiance renouvelée pour la troisième fois me remplit de fierté, d'humilité et aiguise mon sens des responsabilités.

[Traduction]

     Depuis le 19 octobre 2015, je suis un partenaire de confiance pour ma collectivité et je m'engage à le rester.

[Français]

    Je suis déterminé à travailler avec les gens de chez nous et avec les organisations communautaires et les entreprises locales. C'est surtout pour eux que je poursuis mon travail dans ma communauté d'Alfred‑Pellan. Je suis convaincu qu'ensemble, nous faisons avancer le Canada.

[Traduction]

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

    Monsieur le Président, à l'échelle internationale, une femme sur trois est victime de violence physique ou sexuelle au moins une fois dans sa vie. Cela représente environ 736 millions de femmes. À l'échelle nationale, les chiffres ne sont guère meilleurs. Au Canada, trois femmes sur dix âgées de 15 ans ou plus ont subi une agression sexuelle. C'est 30 %. C'est un tiers de toutes les femmes de notre pays. Ces chiffres devraient bouleverser profondément les Canadiens, et surtout nous, les parlementaires. Ils devraient nous inciter à adopter des mesures sérieuses et bien concrètes.
     Aujourd'hui, c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, qui marque le début de 16 jours d'activisme contre la violence faite aux femmes. Le thème de cette année est « Oranger le monde: mettre fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes! ». L'orange est la couleur utilisée pour représenter un avenir meilleur, un avenir sans violence contre les femmes et les filles. En travaillant ensemble, nous pourrons faire en sorte que cet avenir devienne une réalité.
     Nous avons tous un rôle à jouer pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes. Nous devons élaborer un plan concret comprenant les ressources, le financement et le soutien nécessaires pour venir en aide aux femmes et aux jeunes filles qui subissent de la violence. Pour améliorer la sécurité dans nos collectivités et à l'échelle du pays, nous devons faire mieux.

L'Holodomor

    Monsieur le Président, ce samedi marquera le 88e anniversaire du génocide de l'Holodomor. En 1932-1933, le régime soviétique brutal de Joseph Staline a fait de la nourriture une arme de sorte à exterminer jusqu'à 10 millions d'hommes, de femmes et d'enfants ukrainiens. À son comble, en 1933, la famine décrétée par Staline a tué 28 000 Ukrainiens par jour.
    Pour avoir une idée concrète de l'étendue du génocide de l'Holodomor, imaginons que toute la nourriture dans l'Ouest canadien soit retirée de force de toutes les demeures, que les fruits et légumes, les cultures et le bétail soient saisis sur les fermes et dans toutes les épiceries. Ensuite, imaginons que chaque homme, femme et enfant au Manitoba, en Alberta, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique meurent lentement de faim. Ce serait l'équivalent du sort funeste réservé aux Ukrainiens par Staline et ses brutes communistes. Les Ukrainiens n'ont commis qu'un crime, soit celui du patriotisme. Ils voulaient garder leur langue, leur culture et leurs traditions.
    Aujourd'hui, la survie même de l'Ukraine est menacée par le régime cleptocrate de Poutine, qui accumule chars d'assaut et troupes le long de la frontière ukrainienne. Ce samedi soir, j'invite tous les Canadiens à allumer une chandelle en mémoire des millions de vies perdues et en l'honneur des survivants.
    [Le député s'exprime en ukrainien et fournit le texte suivant:]
    Vichna yim pamyat.
    Que leur souvenir soit éternel.

  (1415)  

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

    Monsieur le Président,
    Uqaqtittiji, qujannamiik.
    Je tiens à prendre la parole en cette Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Au Canada, les femmes autochtones subissent beaucoup plus de violence que les femmes non autochtones. Le 1er septembre 2016, l'enquête nationale sur les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées a été lancée.
    Trois ans plus tard, le 3 juin 2019, après avoir entendu de nombreux témoignages partout au Canada, la commission a publié ses appels à la justice. La violence a récemment coûté la vie à deux femmes inuites à Montréal et au Nunavik. Ces morts auraient pu être évitées, et cette situation indique que la justice graduelle est une pratique injuste qui constitue la norme au Canada.
    J'invite mes collègues de la Chambre à faire de la mise en œuvre des appels à la justice une priorité. Les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones sont des êtres aimés. Ces personnes doivent être fortes, s'exprimer et continuer de défendre leurs droits.
    Qujannamiik.

[Français]

Antonine Maillet

    Monsieur le Président, j'aimerais aujourd'hui honorer une grande dame et ambassadrice de la littérature francophone, l'auteure acadienne Antonine Maillet, qui a reçu hier à Paris des mains du président français une prestigieuse distinction: l'insigne de commandeure de la Légion d'honneur. Il s'agit de la plus haute distinction décernée par la France à une personne qui n'en a pas la citoyenneté.
    Plusieurs d'entre nous connaissent Antonine Maillet pour son célèbre personnage de la Sagouine, qui nous a tant charmés sur scène et au petit écran. Son œuvre littéraire maintes fois primée compte plusieurs dizaines de trésors d'une richesse et d'une profondeur bien au-delà de quelques titres.
    Première Canadienne lauréate du prix Goncourt en 1979 pour son roman Pélagie-la-Charrette, elle fait maintenant partie d'un club très sélect aux côtés de Marcel Proust, d'André Malraux et de Simone de Beauvoir, pour n'en nommer que quelques-uns. Par sa plume et ses talents de conteuse, Mme Maillet a su faire rayonner la culture acadienne et francophone partout dans le monde depuis plus de 60 ans.
    Au nom du Bloc québécois et au nom de toute la Francophonie, je tiens à saluer Antonine Maillet pour sa contribution exceptionnelle à la langue française, à l'identité acadienne et à la littérature.

[Traduction]

La 44e législature

    Monsieur le Président, le chef du NPD a été vu dans une vidéo TikTok, assis sur une balançoire en train d’effeuiller une pâquerette. On l’entend murmurer « Vais-je former une coalition avec les libéraux ou non? Vais-je former une coalition avec les libéraux ou non? »
    Avec le vote imminent sur la plus récente motion des libéraux visant à leur éviter de rendre des comptes, les Canadiens vont pouvoir constater en direct le type de danse que nous réservent ces deux partenaires. Il ne s’agira certainement pas d’un western swing, mais plutôt d’un cha-cha du chômage, d’un quickstep du confinement ou d’un limbo de l’inflation.
    Une coalition entre le Parti libéral et le NPD serait une véritable catastrophe pour les Canadiens qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts à cause du coût de la vie qui monte en flèche en raison des dépenses irréfléchies du premier ministre. Pour les Canadiens, cette coalition serait vouée à détruire l’économie, à faire disparaître des emplois et à augmenter le coût de la vie. Le Parti libéral et le NPD sont des partenaires de danse que les Canadiens ne peuvent pas se permettre.
    Le souhait du premier ministre se réalisera-t-il? Formera-t-il une coalition avec le peu scrupuleux NPD? Nous saurons ce soir ce que le dernier pétale de la pâquerette nous dira.

  (1420)  

Une athlète de Niagara

    Monsieur le Président, je suis extrêmement fier de souligner les réalisations d'Anna Tykoliz, une athlète qui a toujours habité Port Colborne. Ayant fait ses premiers tours de roue sur un tandem en compagnie de son futur mari, Wally, lorsqu'elle était adolescente, Anna a pris du galon pour devenir une championne de vélo de montagne, de vélo sur route, de course contre la montre et de critérium.
    Ses plus récents résultats éclatants comprennent des médailles d'or et des titres aux championnats canadiens au contre la montre, en vélo sur route et en critérium en septembre dernier. C'est le dévouement d'Anna à l'entraînement pendant la pandémie de COVID‑19 qui lui a permis d'obtenir ces résultats sans précédent. Elle s'est entraînée à l'intérieur comme à l'extérieur, par tous les temps, pour atteindre la forme physique nécessaire à sa réussite.
    Anna est plus qu'un modèle pour ses enfants, Jay et Janet. Elle est également un exemple pour tous les habitants de Niagara.
    Avant de passer à la période des questions, je rappelle aux députés que les déclarations des députés doivent être de 60 secondes. Je permets qu'elles soient un peu plus longues et quelques députés ont pris un peu plus de temps. Ce sont habituellement de bonnes nouvelles, d'excellentes nouvelles, qui nous viennent des différentes circonscriptions et je veux laisser la chance à chacun de terminer son intervention.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

Les relations canado-américaines

    Monsieur le Président, la semaine dernière, le premier ministre s'est rendu à Washington et, depuis hier soir, les Canadiens sont aux prises avec de nouveaux droits de douane sur le bois d'œuvre. Alors que tout coûte plus cher, plus d'emplois se trouvent menacés au Canada, de la Colombie-Britannique jusqu'au Nouveau-Brunswick en passant par le Saguenay.
    Le président Biden a affirmé que sa relation avec le Canada était la plus facile. Quand le premier ministre arrêtera-t-il de se laisser manipuler?
    Monsieur le Président, l'industrie du bois d'œuvre est une source d'emplois et de fierté pour les Canadiens de partout au pays. Nous sommes extrêmement déçus que les États-Unis aient pris la décision injuste et injustifiée d'imposer des droits de douane plus élevés sur le bois d'œuvre. Le premier ministre a évidemment abordé cet enjeu pendant sa rencontre avec le président Biden. Je l'ai moi-même abordé avec la secrétaire Yellen, et tous nos collègues ont fait de même. Nous faisons valoir que ces droits de douane font grimper la taxe d'inflation que paient les consommateurs des États-Unis.
    Monsieur le Président, le premier ministre a aussi parlé des subventions pour les véhicules électriques. Il a raté son coup dans ce dossier également. Il a raté son coup au sujet de Keystone XL, il a attendu des mois avant de défendre la canalisation 5, et voilà maintenant que les emplois de travailleurs de scieries, des travailleurs qui ne peuvent déjà pas se permettre cette économie libérale, sont menacés juste avant Noël.
    Le gouvernement libéral va-t-il défendre les travailleurs canadiens, ou va-t-il simplement continuer de les laisser tomber?
    Monsieur le Président, lorsqu'il s'agit de les défendre, les travailleurs canadiens savent qui est prêt à adopter une position ferme et qui ne l'est pas...
    Des voix: Oh, oh!
    J'ai de la difficulté à entendre la réponse. Je vais devoir demander à la vice-première ministre de répéter sa réponse afin que je puisse l'entendre au complet.
    Monsieur le Président, lorsqu'il s'agit de les défendre, les travailleurs canadiens savent qui est prêt à adopter une position ferme et qui ne l'est pas. Ils se souviennent que, pendant notre lutte contre les droits de douane prévus à l'article 232, l'homme qui est maintenant le chef de l’opposition officielle nous avait publiquement demandé d'abandonner nos mesures de représailles.
    Il trouvait que nous étions trop fermes, ce qui n'était pas le cas. Nous avons gagné, et nous allons également remporter ce combat.
    Monsieur le Président, peut-être que la nouvelle ministre des Affaires étrangères nommée par le premier ministre saura remédier aux échecs que la vice-première ministre a subis lorsqu'elle occupait ce poste.
    Le premier ministre a fait interrompre nos exportations de pommes de terre à cause des menaces américaines. Des amis ne devraient pas nous menacer, et le premier ministre ne devrait pas informer le département d'État américain avant le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard.
    Le gouvernement libéral laisse tomber les agriculteurs, les forestiers et les travailleurs d'usine. La vice-première ministre compte-t-elle maintenant laisser tomber les Américains?

  (1425)  

    Monsieur le Président, je laisserai les Canadiens juger du succès de nos négociations sur l'ALENA et de la lutte contre les droits de douane illégaux imposés au titre de l'article 232, que nous avons gagnée.
    J'aimerais m'adresser aux producteurs de pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard. Moi aussi, j'ai grandi à la ferme. Je connais toute l'importance de l'agriculture pour les communautés. Les députés de notre parti, les ministres et le premier ministre défendent les producteurs de pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard, et nous parviendrons à un accord.

[Français]

    Monsieur le Président, la semaine dernière, le premier ministre s'est rendu à Washington. Hier soir, les Canadiens ont été frappés par de nouveaux tarifs sur le bois d'œuvre. Le prix de tout augmente, et de plus en plus de Canadiens voient leur emploi menacé au Saguenay et dans le Nord de l'Ontario.
    Quand le premier ministre va-t-il arrêter de subir des échecs devant les États‑Unis?
    Monsieur le Président, le bois d'œuvre est une des industries clés pour le Canada. Notre gouvernement sera toujours là pour les travailleurs de l'industrie du bois d'œuvre.
    Le chef de l'opposition n'a qu'à parler de l'industrie de l'aluminium à ses voisins. Nous avons réussi dans notre travail contre les tarifs de l'article 232 et nous allons aussi réussir sur cette question.
    Monsieur le Président, tous les emplois sont clés.
    La taxe américaine sur le bois d'œuvre a doublé. Le premier ministre a laissé tomber les fermiers et les travailleurs après six ans, échec après échec. L'inflation est une crise réelle. Il y a l'essence, l'épicerie et le logement. Les familles et les aînés sont inquiets.
    Quand le premier ministre va-t-il décider de rendre la vie plus abordable?
    Monsieur le Président, nous comprenons parfaitement que l'inflation et l'abordabilité constituent un sérieux défi pour les familles canadiennes. Nous savons aussi qu'il s'agit d'un phénomène mondial, alors que le monde relève le défi de rouvrir l'économie mondiale après le blocage de la COVID‑19.
     Notre gouvernement est là avec des politiques, comme les services de garde d'enfants et notre plan pour le logement abordable. Nous avons appuyé les Canadiens pendant la récession de la COVID‑19. Nous allons les aider pendant la crise d'inflation de la COVID‑19.

La santé

    Monsieur le Président, on a fait du progrès hier en matière de relations Ottawa-Québec.
    Hier, le premier ministre nous a expliqué que, « au Canada, dans une fédération, nous avons quelque chose qui s'appelle les champs de compétence des provinces ». Je dis bravo! Il nous a ensuite expliqué qu'il y avait des choses que le fédéral peut faire, mais d'autres choses que seules les provinces peuvent faire parce qu'elles relèvent de leur compétence.
    Maintenant qu'on a enfin tous compris et en espérant que le premier ministre s'est lui-même compris, va-t-il transférer au Québec l'argent nécessaire pour les soins de santé?
    Monsieur le Président, je sais que je ne suis pas capable de gagner un jeu de mots contre mon cher collègue du Bloc québécois en français, mais j'espère que ce dernier comprend que notre gouvernement veut sincèrement travailler en collaboration avec le Bloc et la province du Québec pour aider les Québécois et les Québécoises. Nous l'avons démontré et nous allons continuer de le faire.
    Monsieur le Président, dans le discours du Trône, le gouvernement refuse de s'engager à augmenter les transferts en santé. Pire encore, il n'est même pas prêt à s'engager à simplement en parler.
    Le Bloc québécois lui propose d'organiser un sommet pour discuter publiquement du financement des soins de santé. C'est un minimum après tout ce qui s'est passé durant la pandémie. Le gouvernement n'a pas le choix, mais, même là, il n'est pas capable de s'y engager. C'est un record du monde.
     On est en face d'un gouvernement qui est complètement déconnecté de la réalité. Quand le gouvernement va-t-il appeler ce sommet?

  (1430)  

    Monsieur le Président, avec beaucoup de respect pour mon collègue du Bloc, je dois lui rappeler que, depuis le début de la pandémie, notre gouvernement soutient les Québécois et les Québécoises alors qu'Équipe Canada travaille pour protéger tous les Canadiens, incluant les Québécois et Québécoises, contre la COVID‑19.
    Nous avons fourni un milliard de dollars pour soutenir le déploiement réussi du vaccin à travers le pays. Nous avons une entente concernant les garderies. Nous voulons — et nous allons — continuer de travailler ensemble.

[Traduction]

Le changement climatique

    Madame la Présidente, nous sommes en plein cœur d'une crise climatique. Nous en subissons les conséquences et nous devons prendre immédiatement des mesures.
    Les libéraux affirment que leurs subventions aux combustibles fossiles contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Or, la vérificatrice générale vient de confirmer que ce n'est pas le cas. En réalité, ces subventions ne réduisent pas les émissions.
    Pourquoi le premier ministre ne met-il tout simplement pas fin aux subventions aux combustibles fossiles pour investir cet argent dans les énergies renouvelables et créer de bons emplois qui aident à lutter contre la crise climatique?
    Monsieur le Président, nous sommes d'accord avec le chef du NPD sur le fait qu'il est absolument essentiel de mettre en place des mesures dès maintenant, et j'espère que tous les députés le sont aussi. C'est pourquoi le gouvernement s'est engagé à éliminer les subventions aux combustibles fossiles d'ici 2023. Cette initiative est incluse dans le plan de lutte contre les changements climatiques que nous avons annoncé lors de la récente campagne électorale. En tout respect pour tous les députés, j'aimerais attirer l'attention sur le fait qu'un grand nombre d'experts indépendants estiment que notre plan climatique est le meilleur.

[Français]

    Monsieur le Président, nous sommes dans une crise climatique et elle frappe fort. Nous devons agir et nous devons agir rapidement.
    Les libéraux prétendent que leurs subventions aux entreprises pétrolières réduisent les émissions de gaz à effet de serre. Or, la vérificatrice générale a dit que ce n'était pas du tout le cas.
    Pourquoi le premier ministre n'élimine-t-il pas les subventions aux entreprises pétrolières et n'investit-il pas plutôt l'argent public dans l'énergie renouvelable pour créer de bons emplois qui aideraient à lutter contre la crise climatique?
    Monsieur le Président, nous sommes complètement d'accord avec nos collègues du NPD. J'espère que tous nos collègues, y compris ceux du Parti conservateur, sont d'accord pour dire que la crise climatique est réelle et que nous devons tous réagir pour lutter contre celle-ci. C'est pour cette raison que notre gouvernement a pris l'engagement d'éliminer complètement les subventions à l'industrie pétrolière d'ici 2023.

[Traduction]

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, une chose très curieuse vient de se produire. Le président Biden vient de doubler les droits de douane sur le bois d'œuvre canadien malgré deux choses: le fait que l'Organisation mondiale du commerce s'est prononcée en faveur du Canada et la récente réunion du premier ministre avec le président Biden, il y a quelques jours. Voilà qui fera sans doute du tort aux travailleurs du secteur forestier canadien, qui en arrachent en cette période difficile.
    Le premier ministre a-t-il pensé à l'incertitude que l'incapacité constante à gérer les relations canado-américaines crée pour d'autres industries, comme la construction automobile et l'agriculture?
    Évidemment, monsieur le Président, nous sommes très déçus de l'issue de l'examen administratif, lequel entraînera une hausse des droits de douane pour l'industrie canadienne du bois d'œuvre et le secteur forestier. Nous traitons ce dossier avec le plus grand sérieux. Nous continuerons de défendre les travailleurs et le secteur forestier du Canada.
    Ce qu'affirme la députée de l'opposition est exact. L'Organisation mondiale du commerce, de même que des groupes de l'ALENA, ont conclu que les pratiques commerciales du Canada sont justes. Nous nous cesserons jamais de lutter pour les travailleurs canadiens et les travailleurs du secteur forestier.

  (1435)  

    Monsieur le Président, si le gouvernement considère des droits de douane deux fois plus élevés comme une façon de défendre les travailleurs, j'hésite à demander ce qu'il considère comme une réussite. C'est tout simplement aberrant. Les droits de douane ont doublé. La situation dure depuis six ans. Pendant cette période, je crois que le gouvernement a eu cinq ministres des Affaires étrangères et quatre ministres du Commerce international. Ceux-ci n'ont pas réussi à régler la situation, et les droits de douane sont maintenant deux fois plus élevés, ce qui nuira aux travailleurs du secteur forestier canadien. Les discours vides ne suffisent plus.
    Une sixième personne occupe maintenant le poste de ministre. Qu'est-ce qui sera différent cette fois-ci, et quand obtiendrons-nous justice pour les travailleurs du secteur forestier canadien?
    Monsieur le Président, le secteur forestier et ses travailleurs revêtent une extrême importance pour le gouvernement. Nous continuerons de défendre leurs intérêts auprès des Américains. Nous avons abordé cet enjeu avec le président des États‑Unis la semaine dernière. J'ai moi-même abordé cette question avec mon homologue, la représentante au Commerce des États-Unis.
     Selon moi, le gouvernement peut être fier de son bilan, notamment parce qu'il défend les intérêts des entreprises canadiennes et qu'il a négocié un accord commercial qui est positif pour le Canada et accroît la compétitivité de l'Amérique du Nord. Je n'accepterai aucune leçon de personnes qui nous demandent de capituler devant l'ancien président.

[Français]

    Monsieur le Président, la crise sur le bois d'œuvre canadien n'est toujours pas résolue. C'est rendu une habitude du gouvernement libéral de se déresponsabiliser. On a entendu comme excuse que c'était difficile de négocier avec l'ancien président. C'est drôle, parce que de ce côté-ci de la Chambre, nous savions que cela allait être très difficile avec le nouveau président.
    Quelle sera maintenant l'excuse du gouvernement fédéral concernant l'intention des Américains de doubler les droits sur le bois d'œuvre canadien?

[Traduction]

    Monsieur le Président, ce dossier est prioritaire pour le gouvernement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous recourons au mécanisme de règlement des différends prévu au chapitre 10 de l'Accord Canada—États‑Unis—Mexique, que le gouvernement a insisté pour conserver dans le nouvel accord commercial. Grâce à ces efforts, nous pouvons défendre l'intérêt des Canadiens, et c'est ce que nous faisons.
    Pendant ce temps, les conservateurs exhortaient le Canada à céder aux demandes de Donald Trump et à se contenter d'un accord moins avantageux. Contrairement aux conservateurs, le gouvernement défendra toujours l'intérêt des entreprises et des travailleurs canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, les relations avec les États-Unis se dégradent d'année en année, même avec un nouveau président. Il est temps de réaliser que le problème ne se trouve pas de l'autre côté de la frontière, mais bien ici.
    Ces nouveaux tarifs sont une brique supplémentaire sur le dos de nos entrepreneurs québécois et canadiens. En plus de cela, nos citoyens canadiens voient les prix augmenter partout. Les tarifs supplémentaires aggravent la situation.
    Qu'est-ce que le gouvernement compte donner comme excuse maintenant aux Canadiens et aux Québécois pour justifier son échec face aux Américains?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous n'avons aucune leçon à recevoir des conservateurs pour ce qui est de défendre l'intérêt des Canadiens. Lorsque nous avons pris des mesures de rétorsion à la suite de l'imposition, par les États‑Unis, de droits de douane injustes sur l'acier et l'aluminium, le chef de l'opposition nous a exhortés à cesser nos représailles. Lorsque nous négociions pour conclure un Accord Canada—États‑Unis—Mexique avantageux, les conservateurs souhaitaient que le Canada cède aux demandes des États‑Unis.
    Des voix: Oh, oh!
    Le gouvernement a toujours défendu l'intérêt des entreprises et des travailleurs canadiens. C'est ce que nous continuerons de faire jour après jour.
    J'ai entendu quelque chose. J'ai une bonne idée de sa provenance, et c'était du langage non parlementaire. Je ne nommerai personne, mais j'espère que cela ne se reproduira pas.
    Le député de Wellington—Halton Hills a la parole.

Les relations canado-américaines

    Monsieur le Président, il est clair que la position du Canada à Washington s'est détériorée. Le premier ministre s'est engagé à renouveler ses relations avec l'administration Biden. Au lieu de cela, les Américains offrent des crédits d'impôt pour l'achat de véhicules électriques qui menacent les emplois dans le secteur de l'automobile canadien, imposent des politiques d'achat aux États‑Unis strictes, des mesures qui ciblent les producteurs laitiers canadiens et des mesures contre les pipelines qui ont contribué à la montée en flèche des prix de l'énergie et, enfin, ils doublent maintenant les droits sur le bois d'œuvre.
    Il est clair que le premier ministre n'a pas de relation de travail étroite avec le président américain. Que compte faire le gouvernement à ce sujet?

  (1440)  

    Monsieur le Président, nous ferons précisément ce que nous avons fait avec succès avec les deux administrations américaines précédentes. Nous exposerons nos arguments clairement et rationnellement.
     Nous établirons aussi très clairement que le Canada est prêt à prendre des mesures de rétorsion pour défendre ses intérêts nationaux. Nous l'avons déjà fait. Nous le ferons à nouveau si c'est nécessaire.
    Monsieur le Président, le premier ministre a été incapable d'avoir une conversation téléphonique avec le président pour résoudre le problème de la canalisation 5 de manière informelle. Au lieu de cela, il a dû invoquer officiellement un traité pour obtenir une rencontre avec la Maison-Blanche. La semaine dernière, le premier ministre s'est rendu à Washington et, au lieu de rentrer au pays après avoir résolu les problèmes, il est revenu avec des droits sur le bois d'œuvre doublés.
    Il est clair que le premier ministre n'a pas de relation de travail étroite avec le président Biden. Que compte faire le gouvernement à ce sujet?
    Monsieur le Président, commençons par réfuter les allégations qui sont tout simplement fausses. Le premier ministre a des relations de travail très solides et très efficaces avec le président américain. J'étais présente et je les ai vus à l'œuvre. J'ai été témoin du long tête-à-tête au cours duquel ils ont discuté de dossiers importants.
    Je tiens à dire ceci à la Chambre: nous sommes revenus au pays et nous avons poursuivi le travail. Tous mes collaborateurs et moi avons communiqué avec nos homologues américains pour faire le suivi de cette rencontre très fructueuse.

[Français]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, devant la mort par balle d'innocents comme Thomas Trudel, 16 ans, et Meriem Boundaoui, 15 ans, Québec et la mairesse de Montréal ont demandé au gouvernement fédéral de resserrer les frontières contre le trafic d'armes à feu.
    Au lieu de dire « oui, travaillons ensemble », la ministre des Affaires étrangères a blâmé Valérie Plante en disant que cela doit être une priorité pour la Ville de Montréal aussi.
    La police a saisi plus d'armes à Montréal l'an passé que le gouvernement fédéral dans le Canada au complet aux frontières. Au lieu d'être condescendante, pourquoi la ministre ne promet‑elle pas des actions?
    Monsieur le Président, tout d'abord je veux féliciter ma collègue pour son nouveau rôle et je nous souhaite une bonne collaboration.
    Mon cœur est avec la famille et les amis de Thomas Trudel, qui a été enlevé à notre communauté beaucoup trop tôt. Il s'agit d'une tragédie inacceptable.
    Nous nous concentrons sur l'arrêt de la circulation des armes à feu au‑delà de nos frontières. Pendant la campagne électorale, nous avons promis d'investir au moins 1 milliard de dollars pour aider les provinces à interdire les armes de poing. Nous allons continuer, en collaboration avec le gouvernement du Québec.
    Monsieur le Président, je cite la ministre de la Sécurité publique du Québec: « Les armes, elles n'arrivent pas par magie au Québec, elles arrivent par les frontières, qui sont sous la responsabilité du fédéral. »
    Chaque gouvernement doit jouer son rôle. Celui du fédéral, c'est de resserrer les frontières. Tant qu'il n'agit pas, on a beau faire de la prévention, on a beau les interdire, les armes illégales circulent dans nos rues. Le fédéral doit assurer l'étanchéité de chaque centimètre de la frontière, en collaboration avec les partenaires impliqués, incluant les Premières Nations.
    Qu'attend‑il pour agir contre le trafic des armes?
    Monsieur le Président, notre gouvernement a déjà pris des mesures concrètes. Nous avons fait des investissements à la frontière. Nous allons mettre en place un bannissement des armes de style militaire et nous allons continuer à faire des investissements concrets en collaboration avec le gouvernement du Québec.
    Comme je l'ai dit hier, notre porte est ouverte pour cette collaboration, et je suis très heureux de travailler avec ma collègue.
    Monsieur le Président, appelons un chat, un chat. Ce qui se passe à Montréal est une guerre entre gangs criminels. C'est une guerre qui entraîne une escalade de trafic d'armes et des fusillades dans nos quartiers. C'est une guerre qui fait des victimes innocentes: des adolescents. On a déjà connu cela à Montréal et on s'était dit: plus jamais. On a besoin d'un gouvernement fédéral qui prenne ses responsabilités aujourd'hui. Il faut déployer toutes les ressources nécessaires pour empêcher les armes à feu de circuler dans nos communautés.
    Qu'attend le gouvernement pour agir?

  (1445)  

    Monsieur le Président, notre gouvernement a déjà pris des mesures concrètes. La protection de la sûreté et de la sécurité des Canadiens est la priorité absolue de notre gouvernement, mais nous savons que trop de vies ont été touchées par la violence armée.
    La réduction de la violence des gangs dans nos rues et dans nos collectivités doit se concentrer sur la lutte contre les inégalités sociales qui peuvent mener à la criminalité.
    Comme je l'ai déjà dit, nous allons continuer de faire des investissements et entreprendre des actions renforcées contre la violence causée par les armes à feu.

[Traduction]

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, le gouvernement a l'habitude de faire aux Canadiens des promesses qu'il ne tient pas. Nous en avons vu un exemple la semaine dernière, lorsque le premier ministre s'est rendu à Washington. Si le premier ministre a effectivement abordé le sujet du bois d'œuvre au cours de sa rencontre avec le président Biden, il est évident que ce dernier ne se soucie guère de ce que dit le premier ministre.
    Au lendemain de la visite du premier ministre aux États-Unis, le département américain du Commerce a doublé les droits perçus sur le bois d'œuvre canadien. C'est une nouvelle désastreuse pour l'industrie. Pourquoi le premier ministre n'a-t-il pas profité de sa rencontre en tête-à-tête avec le président Biden pour régler ce différend?
    Monsieur le Président, je tiens d'abord à dire que je suis heureuse de pouvoir continuer à travailler avec mon collègue le porte-parole en matière de commerce international et j'ai hâte d'entamer ce travail.
    Le bois d'œuvre, le secteur forestier et ses travailleurs sont extrêmement importants pour le Canada. Non seulement le premier ministre a soulevé cette question auprès du président, mais je l'ai moi aussi soulevée auprès de mon homologue, la représentante américaine au Commerce. Mes collègues ont également soulevé la question auprès de leurs homologues.
    Je signale aux députés que nous continuerons à travailler sur ce dossier pour défendre les intérêts de ces secteurs et des travailleurs. C'est ce que nous continuerons à faire, et j'ai hâte de collaborer avec mon collègue.
    Monsieur le Président, les mesures prises par les États‑Unis menacent sérieusement les emplois canadiens et la relance économique du Canada après la pandémie. Ces droits de douane injustes nuisent aux entreprises et aux travailleurs canadiens.
     Le gouvernement doit adopter une position forte et claire face à l'administration Biden pour défendre l'industrie et les travailleurs canadiens. Les travailleurs du secteur du bois d'œuvre veulent savoir quel est le plan du premier ministre pour mettre fin à ce conflit. Quel est son plan pour mettre fin à ce conflit?
    Monsieur le Président, nous continuerons de défendre ce secteur et ses travailleurs. J'ai discuté avec des travailleurs et des représentants de l'industrie forestière. Nous collaborons dans ce dossier et adoptons une approche Équipe Canada. Cette approche a déjà fait ses preuves lorsque nous parvenons à collaborer avec ceux qui sont directement touchés.
    Nous continuerons de faire valoir nos droits et de travailler avec les Américains, ainsi qu'avec les différents secteurs du Canada, mais une chose est certaine: nous défendrons toujours les intérêts du Canada.
    Monsieur le Président, il arrive que les leçons que nous n'aimons pas recevoir sont celles que nous retenons le mieux. Il y a plus de six ans, le député d'Abbotsford a négocié le dernier accord sur le bois d'œuvre du Canada.
    Maintenant, à cause de l'inaction des libéraux, l'administration Biden a doublé les droits de douane et les travailleurs de ma circonscription, où des scieries ont fermé, se demandent quand le gouvernement libéral va leur présenter un processus étape par étape, un plan qui leur assurera qu'ils pourront conserver leur maison, avoir un emploi, protéger leur famille et subvenir à ses besoins. Quand allons-nous avoir...
    La ministre a la parole.
    Monsieur le Président, j'appuie tout à fait l'exhortation passionnée de mon collègue et député d'en face. Nous sommes nous aussi absolument déterminés à défendre le secteur et les travailleurs forestiers canadiens. Nous avons toujours dit que ces droits de douane sont injustes et injustifiés, que ce soit au groupe spécial sur l'ACEUM ou à l'OMC. Nous avons contesté ces droits de douane et le Canada a eu gain de cause dans ces contestations. Nous avons été jugés comme étant des partenaires commerciaux équitables. Nous continuerons de défendre les travailleurs et le secteur forestier.

  (1450)  

Le logement

    Monsieur le Président, après six années de gouvernement Trudeau, un Canadien sur trois n'a pas les moyens de s'acheter une maison. Dans ma circonscription, la plupart des nouveaux logements sont des appartements de luxe en copropriété. Avoir une maison ne devrait pas être un privilège à la portée des plus riches seulement. Il nous faut de vrais logements abordables et accessibles pour tous, et les Canadiens en ont besoin dès maintenant, pas dans cinq ou dix ans.
    Le gouvernement va-t-il enfin s'engager à faire de l'offre de vrais logements abordables une priorité dans le cadre du prochain budget?
    Avant de donner la parole au ministre, je rappelle aux députés que les ministériels ou le gouvernement d'un ministériel doivent être désignés non pas par le nom du ministériel, mais par son titre ou le nom de sa circonscription.
    Le ministre a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, chaque Canadien mérite un chez-soi sûr et abordable.

[Traduction]

    Depuis mon entrée en fonction, nous avons répondu aux besoins en logement d'un million de Canadiens. Dans le cadre du récent discours du Trône, nous avons annoncé un fonds de 4 milliards de dollars pour accélérer la construction de logements ainsi qu'un programme novateur de location avec option d'achat. Nous allons veiller à ce qu'un plus grand nombre de Canadiens aient accès à un logement abordable en travaillant avec les municipalités pour accroître l'offre de logements et avec des organismes sans but lucratif pour faciliter l'acquisition de terrains et d'immeubles.
    Nous avons travaillé avec l'ensemble de nos partenaires dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement. Nous savons qu'il reste du travail à faire, et nous sommes déterminés à en faire davantage.
    Monsieur le Président, depuis le début de la pandémie, le nombre de sans‑abri à Edmonton a doublé. Dans des circonscriptions comme la mienne, qui abrite l'une des plus grandes populations autochtones en milieu urbain du pays, la crise du logement est particulièrement éprouvante. Toutefois, les libéraux ont omis d'inclure une stratégie sur le logement « pour les Autochtones, par les Autochtones » dans le discours du Trône. Cela fait des années qu'ils promettent de corriger le problème, mais ils n'ont toujours pas joint le geste à la parole.
    La ministre s'engagera‑t‑elle enfin à mettre en place une stratégie pour aider les Autochtones ayant désespérément besoin d'un logement abordable?
    Monsieur le Président, puisque c'est mon premier discours de cette législature, je souhaite remercier les gens de Thunder Bay—Supérieur-Nord de m'avoir élue pour une troisième fois.
    C'est avec un profond sentiment de responsabilité que j'assume le rôle de ministre des Services aux Autochtones. Tant de personnes autochtones habitent dans les collectivités que je représente, et je suis extrêmement fière d'occuper ce poste.
    Le logement est certainement une priorité, et j'ai hâte de collaborer avec nos partenaires autochtones sur une stratégie dirigée par des Autochtones visant à améliorer la situation du logement pour tous les Canadiens, peu importe où ils vivent.

La violence fondée sur le genre

    Monsieur le Président, la COVID‑19 a exacerbé les réalités de la violence fondée sur le genre partout au pays. Nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, qui sonne le début de 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le genre. C’est l’occasion de réfléchir et de renouveler notre engagement à en finir avec la violence contre les femmes, les jeunes filles et des personnes de toutes identités et expressions de genre.
    La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse voudrait-elle bien nous tenir au courant de ce que fait le gouvernement en ce qui concerne la prévention de la violence fondée sur le genre?
    Monsieur le Président, tout d’abord, je veux remercier la députée d'Hamilton Mountain pour son travail et son militantisme.
    Aujourd’hui, nous prenons le temps de nous souvenir de nos mères, de nos sœurs, de nos filles emportées par une violence insensée qu’on aurait pu empêcher. Personne ne devrait être victime de violence en raison de qui il ou elle est. Pourtant, trop de femmes, de jeunes et de personnes de toutes identités et expressions de genre en sont encore victimes. C’est une réalité terrifiante.
    La violence fondée sur le genre ne doit pas être et ne sera pas tolérée au Canada. Nous avons mis en place la toute première stratégie fédérale pour mettre fin à la violence fondée sur le genre. Dans le budget de 2021, il est prévu d’octroyer 3 milliards de dollars sur cinq ans pour des initiatives de prévention. Je suis impatiente de...
    Le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a la parole.

[Français]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, pendant trois ans le premier ministre a dit aux Canadiens qu'il était impossible de fermer la brèche au chemin Roxham. Pourtant, pendant la pandémie, tout d'un coup, de façon miraculeuse, on a arrêté de laisser passer des migrants illégaux. Cela prouve aux Canadiens que cela peut se faire si on le veut.
    Or, depuis dimanche, la frontière est rouverte aux migrants illégaux qui viennent des États-Unis: pourquoi?

  (1455)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis certain que le député comprend la nature exceptionnelle d'une pandémie qui n'arrive qu'une fois par siècle et des mesures exceptionnelles qu'il a fallu prendre pour éviter la propagation de la COVID‑19, sauver des vies et assurer le bien-être des Canadiens et des collectivités du pays.
    À mesure que la situation sanitaire évolue, il y a des obligations légales intérieures et internationales que nous allons respecter afin de traiter les demandeurs d'asile avec dignité et compassion et nous allons le faire en collaboration avec nos homologues de la province de Québec.

[Français]

    Monsieur le Président, je comprends très bien. Dans toute l'histoire du Canada et des États‑Unis, le Canada a toujours accueilli des immigrants, des gens qui fuyaient leur pays parce qu'il y avait de la misère ou une guerre.
    Or, dans ce cas précis, on parle de gens qui partent des États-Unis et qui s'en viennent au Canada. En janvier 2017, le premier ministre, en réaction à Donald Trump, leur avait dit de venir chez nous. Or, c'est maintenant Joe Biden qui est président des États-Unis: y a-t-il encore des raisons de dire à des gens qui sont aux États-Unis de venir au Canada illégalement?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le pays d'origine d'un demandeur d'asile ne change en rien les obligations légales du gouvernement fédéral, qu'il s'agisse d'obligations intérieures ou internationales. De plus, je trouve qu'on emploie un langage visant à instiller la peur et la division auprès des Canadiens et à inciter ces derniers à pointer du doigt les migrants qui se présentent à la frontière. Nous allons traiter les plus vulnérables de la planète avec compassion et respect et mettre en place un système juste fondé sur des règles afin de rendre des décisions équitables et finales dans le traitement des demandes.

La main d'œuvre

    Monsieur le Président, partout au Canada, des secteurs sont aux prises avec des pénuries de main-d'œuvre.
    D'après un rapport de la BDC, 64 % des entreprises affirment que la difficulté à trouver des travailleurs vient limiter leur croissance. RBC a rapporté que plus d'un tiers des entreprises ont du mal à trouver des employés, ce qui se traduit par 870 000 postes vacants au Canada. Les entreprises ont besoin de travailleurs pour faire de l'argent.
     Que fait la ministre pour remédier à ces pénuries de main-d'œuvre?
    Monsieur le Président, certains secteurs au Canada ne parviennent effectivement pas à trouver des travailleurs au même rythme que leur croissance, ce qui témoigne sans contredit de la vigueur de notre économie. Voilà pourquoi, dans le cadre du budget de 2021, nous avons fait le plus gros investissement de l'histoire du Canada dans la formation des travailleurs afin de les aider à se perfectionner et de leur permettre ainsi de répondre aux besoins des employeurs.
    Pour ce qui est de l'avenir, nous avons établi un plan en vue de remédier à ces pénuries de main-d'œuvre. À cet égard, nous comptons accueillir des travailleurs talentueux au Canada, garder les travailleurs expérimentés sur le marché du travail, augmenter la participation de Canadiens d'origines diverses dans les métiers spécialisés et répondre aux besoins particuliers des secteurs en évolution.

[Français]

    Monsieur le Président, cette semaine, j'ai écouté, lu et relu le discours du Trône de ce gouvernement libéral.
    Malheureusement, il n'y a aucune mention de la pénurie de main d'œuvre qui sévit partout au Québec et de façon très marquée dans ma région, Chaudière‑Appalaches. C'est un vrai scandale, surtout après des élections pour absolument rien.
    Le gouvernement s'engage-t-il à travailler avec les députés conservateurs du Québec pour trouver des solutions à la pénurie de main d'œuvre pour nos entreprises québécoises?
    Monsieur le Président, nous comprenons bien que certains secteurs ne parviennent pas à trouver de travailleurs.
    Nous avons un plan afin de remédier à la pénurie de main-d'œuvre: en accueillant des travailleurs talentueux au Canada, en gardant les travailleurs expérimentés dans la population active, en augmentant...
    Des voix: Oh, oh!
    Je suis désolé de devoir interrompre la ministre, mais je n'arrive pas à l'entendre.
    Je demanderais à la ministre de recommencer son intervention pour que je puisse comprendre tout ce qu'elle dit.
    Monsieur le Président, nous comprenons très bien que certains secteurs ne parviennent pas à trouver de travailleurs.
    Nous avons un plan afin de remédier à la pénurie de main-d'œuvre: en accueillant des travailleurs talentueux au Canada, en gardant les travailleurs expérimentés dans la population active, en augmentant la participation des Canadiens dans les métiers spécialisés et en répondant aux besoins particuliers des secteurs en évolution.

  (1500)  

L'industrie forestière

    Monsieur le Président, il était déjà inacceptable que les États‑Unis imposent des tarifs sur notre bois d'œuvre. Maintenant, Washington se moque carrément de nous en augmentant ses tarifs injustifiés du simple au double.
    Ottawa devait obtenir des États‑Unis l'élimination complète des tarifs. Tenons-nous bien, c'est le contraire qui s'est produit: Washington les a doublés.
    C'est d'autant plus révoltant qu'on sait que la forêt québécoise est un partenaire commercial exemplaire et que les États‑Unis n'ont aucune cause contre nos producteurs.
    Que fait le gouvernement pour défendre la forêt québécoise? Réalise-t-il qu'il ne peut pas se laisser intimider de la sorte?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député a tout à fait raison. Il s'agit d'un secteur très important pour le Canada et les Québécois. Je tiens à le rassurer, à garantir aux travailleurs forestiers et aux acteurs de l'industrie forestière que nous allons continuer de défendre leurs intérêts. Ces tarifs sont injustifiés et injustes. De plus, ils nuisent aux travailleurs des deux côtés de la frontière. J'ai discuté de la situation avec mon homologue.
     Nous allons continuer de défendre l'industrie forestière canadienne et nous allons poursuivre notre travail en ce sens.

[Français]

    Monsieur le Président, comme j'ai tout à fait raison, je vais poursuivre. J'espère que j'aurai de nouveau tout à fait raison.
    Ce qui se passe aux États‑Unis est très inquiétant. Ottawa devait faire abolir les tarifs sur le bois d'œuvre; Washington réplique en les doublant. Ottawa devait militer pour des exemptions face au protectionnisme pour le transport électrique; Washington répond en rajoutant une nouvelle couche de protectionnisme.
    En une semaine, notre principal partenaire économique s'est comporté deux fois en adversaire. Avant, on disait que c'était la faute de Trump. Aujourd'hui, alors que nous sommes avec Biden, à qui est la faute?
    Je me demande si le problème n'est pas le gouvernement libéral.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'aimerais répondre à l'autre question du député en ce qui concerne les véhicules électriques. Ce sujet a été l'une de nos principales priorités lors de nos pourparlers avec Washington la semaine dernière. Le premier ministre a soulevé ces questions, tout comme la vice-première ministre, moi-même et d'autres collègues.
    Nous allons continuer de rechercher des solutions qui sont bonnes pour les Canadiens. Qu'il s'agisse du dossier des véhicules électriques ou de celui sur le bois d'œuvre, nous allons être là à chaque étape. Nous allons déployer les efforts requis pour trouver des solutions acceptables pour le Canada, notre industrie et nos travailleurs.

L’immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, en octobre, Pollara Strategic Insights a produit un rapport sur le racisme systémique au sein d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, IRCC. Le rapport souligne les moqueries visant des employés racisés, l'utilisation du mot « ghetto » pour désigner un service reconnu pour avoir beaucoup d'employés d'ethnies différentes et des références à certaines nations africaines comme « les 30 nations corrompues ».
    Comment peut-on avoir confiance dans le nouveau ministre de l'Immigration pour résoudre les problèmes de racisme à IRCC et dans son milieu de travail toxique lorsqu'il n'a même pas pu dénoncer le premier ministre pour s'être peint le visage en noir pour un costume raciste?
    Monsieur le Président, dans un dossier aussi important que la lutte contre le racisme systémique dans la fonction publique, nous devons veiller à nous comporter comme des adultes lorsque nous avons des conversations. Je remercie le député de la conversation très responsable que nous avons pu avoir il y a quelques heures et qui n'était pas nécessairement structurée de la même manière.
     La réalité est que le racisme systémique constitue une menace réelle non seulement pour les victimes qui en font l'objet, mais aussi pour la capacité du gouvernement de fonctionner à son plein potentiel. J'ai l'intention de donner suite aux plans d'IRCC de mettre en place un groupe de travail anti-racisme. Je m'assurerai qu'on ne cherche pas à nous jeter de la poudre aux yeux, mais à fournir un lieu de travail sûr et efficace pour tous.

L'économie

    Monsieur le Président, en tant que nouvelle mère, je sais à quel point la venue d'un bébé peut coûter cher. Le prix de beaucoup d'articles, comme les couches, monte en flèche sous le gouvernement libéral.
    L'inflation ne cesse de s'aggraver et de faire augmenter le coût de la vie, de l'essence, de l'épicerie et de tout le reste. Quand le premier ministre se rendra-t-il compte qu'il y a une crise d'inflation? Quand aidera-t-il les nombreuses familles qui en arrachent à l'heure actuelle?
    Monsieur le Président, tout d'abord, je tiens à féliciter ma nouvelle collègue de son nouveau statut de mère. Je me réjouis à l'idée de collaborer avec elle afin de rendre la vie plus abordable pour les familles.
    En fait, c'est avec grand plaisir que j'informe la Chambre qu'il y a une semaine, nous étions en Alberta pour annoncer les services de garderie à 10 $ par jour. Non seulement nous nous efforçons de rendre la vie plus abordable pour les familles dans la circonscription de la députée, mais ces familles verront les frais réduits de 50 % à compter du 1er janvier. Luttons contre l'inflation et défendons les intérêts des familles.

  (1505)  

    Monsieur le Président, les libéraux promettent un système universel de services de garde depuis l'époque où je fréquentais l'école primaire. On me pardonnera de ne pas nécessairement faire confiance au gouvernement libéral.
    Le coût des produits de la vie quotidienne, comme les couches et le lait maternisé, est à la hausse. L'abordabilité des services de garde d'enfants constitue une priorité pour de nombreuses familles de travailleurs, tout comme de nourrir leurs enfants et de chauffer leur logement.
    Le premier ministre admettra-t-il au moins que ces hausses de coût faramineuses sont causées par les politiques de votre gouvernement?
    Monsieur le Président, j'aimerais souligner qu'à compter du 1er janvier, une entente conclue entre la province de l'Alberta, le premier ministre Kenney et le gouvernement du Canada permettra de réduire de moitié les frais que les familles albertaines doivent assumer.
    Cela représente une somme supplémentaire de 600 $ à 700 $ par mois dont certaines familles albertaines pourront bénéficier. Cette somme pourra changer les choses et permettre à ces familles de procurer à leurs enfants ce dont ils ont besoin maintenant et pour l'avenir.
    Je veux rappeler aux députés que lorsqu'ils posent des questions ou y répondent, ils doivent le faire par l'entremise de la présidence, et non à la présidence. Je vous assure que je n'ai aucun gouvernement.

[Français]

    Je cède la parole à l'honorable député d'Acadie—Bathurst.

Les mesures de soutien économique en lien avec la COVID-19

    Monsieur le Président, les secteurs du tourisme, des arts et de la culture, ainsi que de l’hébergement sont des moteurs économiques essentiels dans ma circonscription, Acadie-Bathurst. Ils créent des milliers d’emplois et contribuent à l’économie locale. Ils permettent aussi à des gens de tout le pays et du monde entier de voir pourquoi moi et tant d’autres sommes fiers d’y vivre.
    Cependant, la pandémie de la COVID‑19 a été particulièrement difficile pour ces secteurs. C’est pourquoi le travail qu’a fait notre gouvernement pour les maintenir à flot a été si essentiel pour ceux qui y travaillent.
    La ministre des Finances peut-elle nous parler du soutien continu que nous offrons à ces secteurs de ma circonscription et de partout au pays?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député d’Acadie—Bathurst de son travail et de son excellente question.
    Grâce au travail acharné de tous les Canadiens et les Canadiennes, nous sommes en route vers d’une relance économique, mais certaines régions du pays ont encore besoin d’un soutien ciblé. C’est pourquoi nous proposons le nouveau programme de relance pour le tourisme et l’accueil qui offre un soutien aux hôtels, aux organisateurs de voyages, aux agences de voyages et aux restaurants, par l’entremise de programmes de subvention salariale et de subvention pour le loyer.

[Traduction]

L'économie

    Monsieur le Président, je tiens à féliciter la ministre des Finances de sa volte-face d'aujourd'hui. En effet, elle avait d'abord déclaré que la déflation représentait un plus grand danger que l'inflation pour le Canada. Maintenant que le taux d'inflation du Canada arrive au deuxième rang parmi les pays du G7, qu'il est plus élevé que celui de la zone euro et de la plupart de nos concurrents, et que l'inflation dans le secteur canadien du logement arrive au second rang dans le monde entier, elle a reconnu que nous subissons une crise inflationniste. Je la félicite de l'avoir enfin compris.
    Admettra-t-elle que cette inflation est, en réalité, un problème d'origine nationale?
    Monsieur le Président, je sais que les Canadiens comprennent que l'inflation est un phénomène mondial, et voici quelques chiffres pour le prouver. En octobre, le taux d'inflation s'est élevé à 4,7 % au Canada. Aux États-Unis, il a atteint 6,2 %. Il a été de 6,2 % au Mexique et de 4,9 % en Nouvelle-Zélande. Le taux moyen est de 4,6 % parmi les pays du G20 et de 4,6 % au sein de l'OCDE. C'est donc un grave problème mondial et non un problème propre au Canada.

  (1510)  

    Monsieur le Président, regardons la situation de plus près. Les terres ne relèvent pas d'une chaîne d'approvisionnement mondiale. Elles ont été façonnées par des facteurs géologiques il y a des millions et des millions d'années. Pourtant, le prix des terres au Canada a augmenté de 20 % en un an, le deuxième taux d'inflation immobilière le plus élevé sur la planète. Il est supérieur à celui de tous les autres pays, à l'exception de la Nouvelle‑Zélande. C'est vraiment la ministre des Finances qui a donné le coup d'envoi à ce phénomène, lorsqu'elle a commencé à inonder les marchés d'argent ayant peu de valeur et à gonfler les prix.
    N'est-ce pas un problème d'origine canadienne?
    Monsieur le Président, les conservateurs ne veulent peut-être pas m'entendre parler d'inflation, mais je soupçonne qu'ils lisent le National Post, permettez-moi donc de citer l'un de ses chroniqueurs qui a dit cette semaine que « l'inflation est [...] un phénomène mondial. Elle est influencée par des facteurs externes comme les problèmes d'approvisionnement et le rendement des obligations à l'échelle mondiale. »
    Par ailleurs, le National Post n'a pas été impressionné par les frasques du député de Carleton, en disant qu'il a bondi « de son coin pour mener la charge en gesticulant ». Je suppose que ce sera la conclusion de la plupart des Canadiens, y compris les lecteurs conservateurs du National Post.
    Monsieur le Président, il serait impossible d’écouter ce qu’elle a à dire au sujet de l’inflation, parce que, avant aujourd’hui, elle n’avait même pas utilisé le mot. Elle a laissé entendre qu’il y aurait déflation. Pour ce qui est des affirmations de ses amis des médias libéraux, elles sont réfutées par le fait que, partout dans le monde, des pays affichent un taux d’inflation inférieur à celui du Canada, dont cinq des six autres pays du G7, et que, en matière de logement, tous les pays dans le monde affichent un taux d’inflation inférieur à celui du Canada, sauf un.
    Étant donné que nous nous portons beaucoup plus mal que nos concurrents, va-t-elle enfin admettre que le problème est d’origine nationale?
    Monsieur le Président, j’aimerais aborder une des affirmations faites par les députés du parti d'en face, à savoir que nos dépenses pendant la récession liée à la COVID auraient été inappropriées. Je leur demanderais d’être honnêtes avec la population canadienne et je leur demanderais de dire à la population canadienne s’ils croient vraiment que les confinements pour lutter contre la COVID auraient dû s’accompagner de mesures d’austérité. La population canadienne sait que l’appuyer pendant la récession liée à la COVID était la chose à faire et elle sait qu’elle ne doit pas compter sur les conservateurs en temps de crise.

Les services de garde

    Monsieur le Président, nous savons que l'accès à des services de garde abordables ne constitue pas un luxe, mais bien une nécessité. C'est aussi un élément essentiel pour une relance économique solide. À Brampton, les parents attendent avec impatience que nous passions à l'action pour améliorer nos systèmes d'éducation préscolaire et de garde d'enfants.
    La ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social pourrait-elle faire le point sur le travail accompli par le gouvernement pour veiller à ce que des systèmes d'apprentissage et de garde des jeunes enfants abordables et accessibles soient mis en place partout au Canada?
    Monsieur le Président, l'accès à des services de garde abordables, de qualité et inclusifs est bon pour les enfants, pour les parents et pour notre économie. Soixante pour cent des enfants au Canada sont maintenant couverts par des ententes provinciales conclues avec le gouvernement fédéral, ententes qui prévoient des services de garde à 10 $ par jour au cours des cinq prochaines années. Ainsi, dans neuf provinces et territoires, les parents verront leurs frais de garde réduits de moitié l'an prochain. J'ai hâte d'ajouter bientôt l'Ontario à cette liste afin que les parents de Brampton et de partout en Ontario puissent, eux aussi, profiter de cet investissement fédéral porteur de transformation.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, la semaine dernière, des policiers militarisés ont une fois de plus fait une descente sur le territoire des Wet'suwet'en. Le monde entier a vu des femmes autochtones non armées se faire arrêter sous la menace d'une arme à feu. Des dizaines de dirigeants autochtones m'ont dit être horrifiés par ce qui s'est produit.
    Voici ma question pour le ministre responsable de la GRC: les événements du 19 novembre reflètent-ils sa vision de la façon dont le Canada devrait interagir avec les Autochtones sur leurs terres et, dans la négative, que fera-t-il pour examiner le comportement de la GRC?

  (1515)  

    Monsieur le Président, comme je l'ai mentionné au début de la semaine, nous avons exprimé des préoccupations concernant la façon dont l'opération a été menée sur le territoire des Wet'suwet'en. J'ai indiqué que nous allions continuer de surveiller l'affaire de très près.
    Bien sûr, comme les députés le savent, les élus ne dirigent pas ce genre d'opérations et ils n'ont pas non plus à se prononcer sur le bien-fondé d'une affaire en particulier. Ce rôle appartient aux tribunaux. Toutefois, notre travail est de nous assurer que les valeurs et les principes qui sous-tendent les responsabilités de la GRC et ce genre d'opérations concordent. C'est ce que nous ferons.

L’environnement

    Monsieur le Président, la COP26 a fini en queue de poisson; la cible de 1,5 degré Celsius est peut-être encore atteignable, mais nous devons tous en faire plus à l’échelle mondiale. Cela veut dire que, au Canada, les plans qui ont été mis en place doivent être crédibles; ils doivent donner des résultats.
    En plus de faire état de 30 années d’échec climatique, le rapport d’aujourd’hui du commissaire à l’environnement et au développement durable met l’accent sur un nouveau programme appelé « Fonds de réduction des émissions », qui a entraîné des dépenses de 70 millions de dollars et pour lequel le vérificateur général ne peut dire s’il a permis d'éliminer ne serait-ce qu’une tonne de carbone.
    Le ministre peut-il faire le point sur la façon dont ce programme peut être rectifié?
    Monsieur le Président, nous sommes heureux du rapport du commissaire; mes fonctionnaires en examinent actuellement les recommandations. Si nous sommes d’accord sur un certain nombre des observations du commissaire au sujet des programmes en place, on ne doit pas oublier que le programme en question était une mesure temporaire de réponse à la COVID et qu’il visait deux objectifs: soutenir l’emploi pour les travailleurs et les communautés au moment où les prix de l’énergie étaient à leur plus bas et assurer une action constante à l’égard de la pollution par le méthane en temps de crise économique. Le programme a été efficace à l’égard de ces deux éléments, mais le pire de la COVID est maintenant derrière nous, et les perspectives économiques du secteur pétrolier et gazier se sont assurément améliorées. Nous travaillons maintenant à évaluer l’avenir de ce programme et les fonds restants.

[Français]

    L'honorable député de Berthier—Maskinongé invoque le Règlement.

Recours au Règlement

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, vous avez fait plusieurs rappels à l'ordre pendant la période des questions orales et je vous en remercie. J'aimerais cependant insister en début de législature sur une situation déjà survenue lors de la précédente législature et dont j'espère qu'elle ne deviendra pas une tradition: le chahut durant les déclarations que les députés font en vertu de l'article 31 du Règlement.
    Les députés, élus par la population, ont chacun le plein droit, autant que n'importe qui, de faire ici leurs déclarations dans une ambiance le moindrement calme. Si les gens ne veulent pas écouter, je peux le comprendre. Par contre, ces gens ne devraient pas, comme c'était le cas aujourd'hui pendant ma déclaration, tenir des discussions dont le volume est si fort que j'ai peine à me concentrer: une chance que je suis bon, parce que c'était très difficile!
    Monsieur le Président, j'aimerais que vous fassiez un rappel à la Chambre et que l'on soit plus vigilant sur cette question à l'avenir.
    J'aimerais remercier l'honorable député.
     Puisque nous sommes dans une enceinte où il se tient des débats, afin que tout le monde puisse entendre la personne qui parle, je demanderais aux gens qui tiennent actuellement des discussions à la Chambre de bien vouloir aller dans les couloirs ou dans l'entrée.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il y a eu des consultations entre les partis et j'ose espérer que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Étant donné que demain est la Journée pour faire payer Amazon et qu'Amazon, malgré des profits record réalisés grâce à la pandémie, ne paie pas sa juste part d'impôts, qu'elle a manifestement un bilan antisyndical, y compris au Canada, où les travailleurs qui essayaient de se syndiquer ont été confrontés à des représailles, qu'elle a des pratiques environnementales lamentables, notamment une empreinte carbone qui équivaut à celle de certains pays, je propose que la Chambre demande au gouvernement de cesser de favoriser les ultrariches en refusant de faire payer suffisamment d'impôts à Amazon, tout en lui accordant de généreux contrats gouvernementaux. Il est temps de faire payer Amazon.

  (1520)  

     La députée a-t-elle le consentement unanime de la Chambre pour présenter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, je suis très heureux de revenir à la vérité grâce à cette habitude que nous avons, le jeudi, de permettre aux deux leaders à la Chambre des communes de se poser une question.

[Français]

    Permettez-moi officiellement de vous féliciter de votre élection, monsieur le Président. Nous avons démontré au cours des quatre derniers jours que le Parlement travaille bien.
    Pour les jours qui viennent, que nous réserve le gouvernement comme travail parlementaire? C'est la question que j'adresse à mon vis-à-vis, l'honorable leader du gouvernement à la Chambre.
    Monsieur le Président, c'est une excellente question. J'adore les questions, particulièrement celle du jeudi.
    Je peux dire que nous entamons demain le débat à l'étape de la deuxième lecture du projet de loi C‑2, Loi visant à fournir un soutien supplémentaire en réponse à la COVID-19, qui a été déposé hier par le premier ministre et la vice-première ministre et ministre des Finances.

[Traduction]

    Lundi prochain, nous reprendrons le débat sur la loi relative aux mesures économiques pour répondre à la COVID-19. Mardi, mercredi et jeudi, nous allons débattre de l'Adresse en réponse au discours du Trône.

Ordres émanant du gouvernement

[Ordres émanant du gouvernement]

[Traduction]

Ordre relatif aux travaux de la Chambre et de ses comités

    La Chambre reprend l'étude de la motion, ainsi que de l'amendement.
    Il reste trois minutes de temps de parole du député de Kings—Hants.
    Monsieur le Président, nous avons parlé des possibilités qu'ont eues durant la législature précédente les députés élus en 2019. Une possibilité qui ne s’est pas concrétisée pour moi à l’époque a été de prononcer un discours complet. J’ai manqué de temps juste avant que nous passions aux déclarations des députés, alors je vais essayer de reprendre là où je me suis arrêté.
    J’expliquais qu’en tant que président du caucus rural du parti au pouvoir, j’ai eu l’occasion de m'entretenir avec mes collègues. J’ai fait mention de la ministre du Revenu national et des difficultés qu’elle éprouve pour se rendre à Ottawa parce que les vols sont moins nombreux. Je fais un lien avec les dispositions de la motion à l’étude en ce moment, qui nous permet d’examiner certains votes et de faire en sorte qu’ils aient lieu à certains moments de la semaine. C’est responsable, c’est équitable pour les députés des régions éloignées du pays qui sont trop loin pour venir à la Chambre en voiture. Bref, c’est une mesure raisonnable.
    Je tiens également à mentionner à mes collègues qui ont exprimé certaines inquiétudes au sujet de la motion que son application est limitée dans le temps. Comme je l’ai dit, nous sommes en plein milieu d’une pandémie. Je regarde autour de moi et je vois des gens qui portent des masques. Nous savons que la COVID est toujours présente, mais la motion ne va pas s'appliquer indéfiniment. Elle cessera d'avoir effet le 23 juin, je crois. Je n’ai pas le texte sous les yeux, mais c’est juin 2022. C’est une motion raisonnable pour nous permettre de poursuivre les débats.
    Certains de mes collègues n’étaient peut-être pas présents à la Chambre avant la période des questions, mais j’ai mentionné que j’avais l’intention d’être présent. Cependant, je veux m’assurer que tous mes collègues et moi-même avons la possibilité d’exercer notre privilège parlementaire dans l’éventualité où l’un d’entre nous ou l’un de nos proches contracterait la COVID. Le fait que le député de Beauce soit actuellement atteint de la COVID-19 est un excellent exemple. Je veux m’assurer que son privilège est protégé à la Chambre, et je ne comprends pas du tout pourquoi il y a une telle opposition à l’égard de la motion qui a été présentée.
    Je vais en rester là. Je serai heureux de répondre aux questions éventuelles de mes collègues.
    Madame la Présidente, je respecte vraiment ce que dit le député et j’en comprends l’importance. Je sais que bon nombre de mes collègues ont proposé l’option du pairage, pour faire en sorte que, si le vote d’une personne ne peut être compté, nous puissions recourir au pairage ou à une mesure de ce genre. De nombreuses options ont été proposées.
    J’ai participé à un Parlement hybride. J’ai siégé au comité de la procédure et des affaires de la Chambre, où nous avons eu énormément de problèmes d’interprétation. Nous comprenons qu’il y a eu des problèmes de santé.
    Je me demande pourquoi le député ne demande pas pourquoi nous ne devrions pas effectuer des tests à l’entrée. Pourquoi n’y a-t-il pas d’autres options que d’avoir un Parlement hybride?

  (1525)  

    Madame la Présidente, nous savons que les tests de dépistage font partie de la réponse à la COVID-19, mais ils ne suffisent pas toujours à établir où la maladie est présente.
    La députée a parlé du Parlement hybride. Une fois encore, j'oserais dire que la majorité des députés, voire tous, préfèrent être ici, mais nous sommes encore en pleine pandémie. Nous devons prendre des dispositions pour les députés de sorte qu'ils puissent participer aux travaux s'ils contractent la COVID-19.
    La députée a cité le pairage. Je ne voudrais pas retirer à qui que ce soit la capacité de se présenter à la Chambre, s'il décide de le faire, parce que j'ai contracté la COVID-19, puis le pousser ensuite à demander à un député de l'opposition officielle ou de l'un des autres partis de ne pas se présenter à la Chambre. J'aimerais plutôt avoir la capacité de participer à partir de la Nouvelle-Écosse. Je le dis avec regret, car je préfèrerais être sur place, mais je veux quand même avoir l'occasion de faire entendre la voix de mes électeurs à la Chambre.

[Français]

    Madame la Présidente, on l'a vu dans le discours du Trône, on a un gouvernement qui parle, mais qui n'agit pas. On a un gouvernement qui parle de science, mais qui n'agit pas conformément à celle‑ci.
    Peut‑on m'expliquer pourquoi la Ville de Montréal, l'Assemblée nationale du Québec, la Ville de Toronto et la Ville de Winnipeg peuvent offrir à leurs citoyens des législatures et des municipalités qui fonctionnent tandis qu'ici, à Ottawa, ce serait impossible?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue d'en face de sa question.
    Les exemples qui sont illustrés sont locaux: la municipalité de Montréal, le gouvernement du Québec ainsi que les autres administrations locales. Ici, il s'agit du Parlement du Canada, de personnes de partout au pays, de députés des quatre coins de notre pays. Je pense que c'est à l'avantage des députés d'avoir la possibilité de participer de façon virtuelle quand cela est nécessaire.

[Traduction]

    Madame la Présidente, puisque c'est la première fois que j'interviens à la Chambre, je veux remercier les résidants de ma circonscription de m'avoir confié un second mandat.
    J'aimerais poser au député d'en face quelques questions auxquelles on peut répondre par « oui » ou par « non ». Je suis convaincu qu'il y répondra, contrairement à son collègue de Winnipeg-Nord. D'abord, dirait-il qu'il serait préférable de modérer les beaux discours à la Chambre, oui ou non? Ensuite, conviendrait-il qu'il est beaucoup plus facile de tisser des liens en personne que durant des séances hybrides?
    Pour finir, je veux faire un commentaire. Je suggérerais au député d'avoir une conversation avec son collègue de Winnipeg-Nord, qui a parlé de prolonger la portée de la motion au-delà de la fin des travaux en juin durant le débat d'hier.
    Madame la Présidente, je veux féliciter le député d'en face de sa réélection au Parlement. J'ai pris des notes et, bien entendu, il est préférable de participer en personne. En tant que nouveau député, j'ai eu l'impression de ne pas pouvoir participer pleinement aux travaux en raison de la pandémie de COVID. Je me sentais parfois isolé à la maison.
    En ce qui concerne la facilité de tisser des liens, je suis d'accord. D'ailleurs, j'ai tissé beaucoup de liens avec des députés d'en face au cours de la dernière session, surtout au comité de l'agriculture et à celui des comptes publics.
    Je continuerai de participer en personne aux travaux, mais je tiens à m'assurer que les députés pourront continuer à exercer leurs privilèges au cas où ils seraient exposés à la COVID‑19 ou que leur conjoint ou un membre de leur famille devrait s'isoler. Ils doivent pouvoir conserver leurs privilèges. Nous pouvons conserver le décorum et poursuivre nos relations respectueuses tout en préservant les privilèges des députés, au besoin.
    Madame la Présidente, c’est pour moi un grand plaisir de prendre la parole durant cette 44e législature pour représenter une fois de plus les formidables habitants de Sackville—Preston—Chezzetcook. Une circonscription de la Nouvelle-Écosse, naturellement. Je veux remercier ces gens de m’avoir élu une troisième fois et de me donner le privilège de continuer à les représenter, à parler en leur nom et à défendre leurs intérêts et ceux de toutes les collectivités de ma circonscription.
    Je veux également remercier les bénévoles de ma circonscription qui sont venus appuyer le processus démocratique et travailler à transmettre le message des Canadiens pendant une campagne électorale, ce qui est très important. Nous nous sommes engagés à faire ce qu’il faut pour y donner suite. C’est vraiment important.
    Finalement, je veux remercier ma famille, parce que nous savons tous que lorsque quelqu’un se présente comme candidat à une élection, toute la famille est mise à contribution. C’est un défi, mais c’est une expérience agréable, et je m'y prêterais à nouveau, peut-être.

  (1530)  

[Français]

    Je suis très content d'exprimer mes opinions sur la motion qui est devant nous aujourd'hui, visant à reconstituer le Parlement hybride, plus particulièrement sur les questions de société que sont la vie professionnelle et la vie privée.
    De plus en plus d'études démontrent qu'un environnement de travail flexible présente beaucoup d'avantages. Cela permet par exemple de réduire le stress et d'augmenter la satisfaction au travail, ainsi que d'accroître la productivité, une considération très importante.
    Les Canadiens et les Canadiennes continuent de développer cet équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Je crois que la COVID‑19 a démontré de façon manifeste que l'on pouvait être très productif et réussir dans le cadre de ce système.
    Un récent sondage sur le Canada effectué par l'Organisation de coopération et de développement économiques indiquait que les décideurs devraient se pencher sur une meilleure mise en œuvre de politiques qui aideraient le Canada à bâtir une société résiliente et saine après cette pandémie.
    C'est aussi pourquoi nous nous sommes engagés au cours de la campagne électorale à apporter des modifications au Code canadien du travail au nom de certains principes très importants. Nous voulons ainsi renforcer les dispositions du Code pour mieux soutenir les femmes qui doivent être temporairement affectées à d'autres fonctions pendant leur grossesse, inclure la santé mentale dans les normes de santé et de sécurité au travail, exiger des employeurs qu'ils prennent des mesures préventives contre le stress et les risques de blessures au travail, fournir à tous les travailleurs sous réglementation fédérale 10 jours de congé de maladie payés, et travailler avec les employeurs sous réglementation fédérale et les groupes représentant les travailleurs pour élaborer une politique sur le droit de se déconnecter, permettant ainsi aux travailleurs de décrocher sans avoir à s'inquiéter pour leur sécurité d'emploi.
    Depuis mars 2020, la pandémie nous a forcés à changer notre façon de travailler et, jusqu'à un certain point, à la réinventer. Un nombre sans précédent d'employeurs canadiens ont dû s'adapter et faire montre de plus de flexibilité lors des 20 derniers mois. Ainsi, le télétravail et l'école virtuelle ont amené des changements énormes, avec beaucoup d'effets positifs. Il y a longtemps que l'école virtuelle existe et la pandémie a beaucoup aidé à faire progresser cette programmation virtuelle essentielle.
    Malgré les nombreux bienfaits du télétravail, la fermeture d'écoles et de garderies en milieu scolaire a créé un stress supplémentaire pour beaucoup de nos parents. C'est pour cela que notre gouvernement croit fortement au droit de se déconnecter. Nous faisons tout ce qui est possible pour gérer la pandémie et accepter que le retour à la normale nécessite un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
    L'Administration de la Chambre des communes a également fait preuve de beaucoup de créativité et d'adaptabilité. De façon exceptionnelle, elle a pu livrer un Parlement hybride en très peu de temps. Pendant 150 ans, nous n'avions pas d'autre façon de voter que d'être présents à la Chambre. Tout à coup, grâce au travail exceptionnel de l'Administration de la Chambre des communes, nous avons réussi et nous allons en profiter pour les années à venir. C'est cela, apprendre et tirer profit des circonstances opportunes découlant de situations difficiles.
    La motion que nous débattons aujourd'hui est très similaire à celle dont nous avons discuté lors de la dernière législature. Il est vrai que le taux de vaccination a augmenté, que le vaccin Pfizer a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans et que la troisième dose est disponible. Cependant, la situation reste difficile et le nombre des cas augmente à cause de la saison, puisque l'hiver approche. On voit déjà ces chiffres augmenter partout au Canada et c'est pour cette raison que nous devons trouver des moyens de fonctionner.
    Ce qui est très important, c'est que l'on puisse travailler. Que ce soit depuis cet édifice ou d'ailleurs, nous devons pouvoir travailler. Que l'on vote d'ici à la Chambre ou d'ailleurs, nous devons pouvoir voter et représenter nos concitoyens et nos concitoyennes. Si nous nous trouvons chez nous une journée supplémentaire pour participer à une activité importante dans notre communauté, c'est à l'avantage de nos concitoyens. C'est notre travail, nous l'avons fait et nous allons continuer à le faire à l'avenir.

  (1535)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. Après l'avoir écouté, je me demande s'il veut vraiment que le modèle hybride devienne la coutume; est-ce vraiment cela? Notre rôle, la raison pour laquelle nous sommes élus, c'est de se retrouver à Ottawa pour pouvoir débattre et légiférer. C'est pour cela que les citoyens de Shefford m'ont élue.
    D'Ailleurs, voici une petite anecdote: mardi soir j'étais au Centre Bell. Je suis allée voir le spectacle de Genesis. Nous étions des milliers de personnes. J'ai montré mon passeport vaccinal, je me suis lavé les mains, j'ai porté mon masque. Jamais je n'ai eu un sentiment d'insécurité. Si le gouvernement du Québec permet à des milliers de personnes de se rassembler avec des mesures sanitaires sécuritaires, mon collègue peut-il m'expliquer pourquoi nous, ici, nous ne pouvons pas?
    Est-ce qu'un spectacle de Genesis est plus important que notre rôle de parlementaires?
    Madame la Présidente, j'apprécie les commentaires de ma collègue et je veux certainement la féliciter pour sa réélection.
    Il n'y a absolument rien dans cette motion qui dit qu'elle ne peut pas venir si elle veut. Elle a le droit de venir ici tous les jours. Ce qui est important, c'est qu'elle puisse faire son travail ici quand elle doit être ici, et s'il y a quelque chose de très important dans sa circonscription qui la concerne, cela lui permet d'être là pour faire avancer les projets importants pour ses citoyens. Elle ne perdra pas le droit de voter.
    Une fois, j'ai dû quitter la Chambre pour 36 heures puisque ma femme subissait une opération. J'ai manqué 22 votes parce que c'était un marathon de votes. Est-ce que c'est correct? Est-ce que j'avais le droit démocratique de voter? Est-ce que je représentais mon peuple? Non.
    Avec le modèle proposé, nous allons pouvoir le faire.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c’est intéressant de voir que mes collègues d’en face continuent de parler de la science. Je ne suis pas certain du nombre de scientifiques qu’il peut y avoir dans leurs rangs, mais c’est une tout autre question.
    Il est important de se pencher là-dessus. Nous ne l’avons jamais fait auparavant, à part l’an dernier. Combien de personnes savent réellement si cette façon de faire fonctionne? Est-ce efficace? Avons-nous vraiment étudié la question? Non. C’est une honte qu’après quelque 150 ans de travaux du Parlement du Canada, nous permettions aux gens d’en face de contrôler la destinée de la démocratie au Canada sans aucune étude et les laissions dire que ces séances parlementaires hybrides vont se poursuivre éternellement.
    Quand allons-nous examiner les données scientifiques dont tous les libéraux continuent de parler?
    Madame la Présidente, je veux féliciter mon collègue de la Nouvelle-Écosse pour son élection à la Chambre des communes. Comme il le sait, nous représentons des personnes et des collectivités. Nous avons la responsabilité de les appuyer, peu importe l’endroit où nous vivons. Je le félicite d’être ici.
     Je sais que mon pauvre collègue n’était pas ici au cours des six dernières années, lorsque le parti d’en face refusait d’écouter la science. Même aujourd’hui, il refuse encore d’écouter la science. Nous ne l’avons pas fait au cours des 150 premières années, certes, mais cela ne veut pas dire pour autant que la science n’a pas de valeur et que nous ne pouvons pas nous en servir. Voilà ce qui est très important. Voilà une occasion dont nous pouvons nous servir pour nous acquitter encore mieux de notre travail.

  (1540)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie le député de son discours.
    Quelque chose m'a accroché l'oreille. Je suis whip, j'ai participé à la création du Parlement hybride et je vais dire bien franchement que c'est un outil temporaire utilisé pour passer à travers une pandémie. Ce que j'entends, c'est que le télétravail commence à être à la mode, que c'est flexible et tout cela.
    Est-ce que j'entends que le gouvernement veut changer le fonctionnement du Parlement? Qu'il veut donner une autre couleur au Parlement comme cela sur une motion? On ne change pas une histoire. Le télétravail est utile, mais les parlementaires sont élus pour siéger ici à la Chambre.
    Madame la Présidente, à nouveau je veux remercier ma collègue de sa question et de ses commentaires.
    Elle doit comprendre que la motion à l'étude ne dit pas que c'est pour l'éternité; je n'ai pas lu cela. J'ai lu, comme mon collègue l'a dit tantôt, que c'est jusqu'au 23 juin 2022. Voilà ce que stipule la motion qui est sur la table et le discours que j'ai donné reflète cette motion.
    Madame la Présidente, d’entrée de jeu, j’aimerais vous annoncer que j’entends partager mon temps de parole avec ma délicieuse collègue de Laurentides—Labelle. Je me permets au passage de lui souhaiter à nouveau un très joyeux anniversaire. Elle célébrait hier ses 23 ans. Je souhaite donc encore un joyeux anniversaire à ma collègue.
    Vous ne m’en voudrez pas non plus, madame la Présidente, de prendre à mon tour l’occasion de saluer les gens qui m’ont soutenue durant la campagne qu’on a connue cet automne. Je pense aux membres de la famille qui, par la force des choses, deviennent nos plus fervents bénévoles et nos plus fervents admirateurs. Je pense à nos équipes qui nous entourent et on pense surtout aux électeurs qui nous ont donné leur confiance. Comme on le sait, des fois, on peut se dire que la première fois est peut‑être un accident, mais je peux confirmer que la deuxième fois est une marque de confiance qu’on apprécie d’autant plus.
    Mes remerciements à tous les bénévoles qui ont travaillé à ma campagne, je ne les vois pas seulement comme des remerciements, mais aussi comme un prélude à ce dont je vais discuter à l’instant, parce que cette équipe a été sur le pied de guerre pendant des mois pour préparer une élection qui allait venir, on ne savait trop quand. C’est toujours ce qui se passe dans un gouvernement minoritaire. Ils ont aussi été appelés à se réinventer, selon le terme un peu galvaudé qu’on a entendu pendant la pandémie.
    Nous nous sommes aussi demandé pourquoi on tenait une élection en temps de pandémie, justement. Au Parlement, nous avions même voté une motion rappelant que c’était irresponsable de tenir une élection en temps de pandémie, mais visiblement cela n’a pas semblé déranger tant que cela le gouvernement qui a malgré tout déclenché une.
    On peut d'ailleurs se demander ce qui a tant changé entre le moment de l’élection, alors que c’était correct de se promener d’une province à l’autre et que les frontières n’étaient par ailleurs pas fermées et maintenant? Qu’est-ce qui a tant changé qui justifie maintenant qu’on adopte un mode de parlement hybride?
    À ma connaissance, il y a même eu une certaine amélioration et, dans certains cas, du décloisonnement. On a vu des restaurants ouvrir avec de plus grandes capacités, des salles de spectacle pouvoir accueillir plus de gens sans restriction. On a arrêté de limiter le nombre de gens qui peut entrer dans les supermarchés. Il ne semble pas que cela se soit dégradé à un point tel qu’on soit obligé de revenir à un mode de Parlement hybride.
     La situation qu’on est en train de vivre n’est pas parfaite. La situation parfaite serait de ne pas avoir de pandémie, mais il y en a une, avec laquelle il faut vivre. Dans le contexte, je dirais que la proposition que le Bloc soumet pour pouvoir fonctionner malgré la pandémie est la plus équilibrée et la plus raisonnable: c’est un retour en personne des 338 députés avec une preuve de double vaccination pour tout le monde. C’est ce qui ressemble le plus à ce qu’on voit dans toutes les sociétés qui ont mis en place des mesures sanitaires strictes.
    Ce que j’entends de la part de mon collègue de Sackville—Preston—Chezzetcook, ce sont plusieurs arguments qui semblent sortir un peu du contexte de la pandémie pour justifier le retour en mode hybride. Cela me laisse encore plus croire qu’on nous présente des arguments factices et que la pandémie n’est qu’un prétexte pour éviter de revenir à la Chambre et d’être redevable à la population qu’on représente. Il me semble qu’il y a bien des faux semblants derrière cela.
    J’entends des arguments sur les congés de maladie, les maternités ou les tempêtes de neige, par exemple. Je ne dis pas que ce n’est pas justifié, je dis que ce n’est pas le moment de le faire et que la pandémie n’est surtout pas un prétexte qu’on devrait utiliser pour tenir ce débat. L’été dernier, j’ai justement siégé au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, où on a mis en place une bonne partie des tenants et aboutissants du Parlement hybride. On s’était justement dit que ce n’était pas le temps d’utiliser ce genre d’argument pour avoir une réflexion à long terme sur le caractère hybride du Parlement. J’ai l’impression que c’est ce qu’on est en train de faire.
    Visiblement, la motion sera adoptée et on retournera bientôt en Parlement hybride. Les gens nous disent que, la raison pour laquelle le Parlement hybride est si important, c’est qu’ils craignent pour leur santé et qu’ils veulent s’assurer d’être en sécurité. Je ne suis pas certaine qu’on aura la garantie que les gens qu’on verra en Zoom passeront le reste de la semaine dans leur sous-sol en s’assurant de ne pas tenir des assemblées avec des concitoyens, qu’ils ne feront pas de rencontres, qu’ils n’iront pas à des bingos, à des soupers spaghetti, qu’ils ne seront pas en train de faire campagne chez eux, alors qu’ils devraient être au Parlement.

  (1545)  

    Il est important de le souligner, avec le Parlement hybride, on perd aussi un contact naturel et organique avec ses collègues. On l'a vu depuis les quatre jours que la Chambre siège. On perd la possibilité d'aller voir individuellement un ministre, un collègue, un porte-parole ou quelqu'un avec qui on siégera à un comité parlementaire, ce qu'il n'est pas possible de faire facilement avec Zoom.
    On l'a aussi vu en comité. Les comités parlementaires par Zoom, en plus d'être un peu plus éreintants, n'offrent pas la dynamique nécessaire pour adresser un regard à l'autre et lui indiquer qu'on a quelque chose à lui dire et lui proposer d'aller à la table à café pour en parler, tout en continuant de suivre la conversation. On perd énormément en efficacité.
    On perd aussi en reddition de comptes, et je pense que c'est là où le bât blesse. C'est possiblement ce qui fait que les députés gouvernement souhaitent le plus adopter le mode hybride. Il n'y a plus de journalistes qui les attendent à la sortie de la Chambre des communes. Ils n'auront qu'à appuyer sur le bouton « quitter », et ils ne seront plus redevables au quatrième pouvoir que forment les journalistes.
    On oublie aussi le travail du personnel de soutien qu'on a « brûlé » en utilisant le mode hybride. Je pense aux gens des technologies de l'information qui ont fait des miracles — il faut vraiment leur lever notre chapeau —, mais qu'on a drainés parce qu'on a justement beaucoup utilisé le mode hybride. Je pense également aux interprètes qui ont eu la plupart du temps un son de très mauvaise qualité lors des réunions par Zoom, et on les a également exténués. Le fait de revenir en format normal serait un service à leur rendre.
    Je vais tout de suite répondre à quelques questions que j'anticipe recevoir. Si j'y réponds déjà, les collègues n'auront plus besoin de me les poser. Je les inviterais donc à trouver d'autres questions à me poser.
    On nous a demandé comment cela va se passer si la situation empire pendant que nous sommes mode normal. Dans ce cas, nous ferons la même chose que la dernière fois. Nous allons nous virer de