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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 070

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 12 mai 2022




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 070
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 12 mai 2022

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à 18 pétitions.

Pétitions

La responsabilité sociale des entreprises 

     Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition au nom de citoyens et résidents canadiens inquiets qui demandent à la Chambre des communes d'adopter une loi sur la diligence raisonnable en matière de droits de la personne et de l'environnement, une loi qui s'appliquerait aux activités internationales.
    J'aimerais remercier tous les signataires de la pétition, qui incluent des habitants de ma circonscription. J'attends avec impatience la réponse du gouvernement.

Les marchés agricoles  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter une pétition au nom des habitants de Courtenay, de Cumberland et de Royston, des localités situées dans ma circonscription.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'appuyer un programme national pour tous les programmes provinciaux de coupons d'alimentation dans les marchés agricoles au Canada. Ce programme offrirait une contribution équivalente à celle qu'offrent déjà des provinces, comme la Colombie-Britannique, et proposerait d'offrir une contribution équivalente pour tout nouveau programme.
    Forte de 135 marchés membres, de plus de 4 000 marchands et d’un long partenariat avec sa province, l’association des marchés agricoles de la Colombie-Britannique offre un excellent modèle de programme de coupons d’alimentation dans les marchés agricoles. Elle distribue ses coupons hebdomadaires à près de 16 000 familles vulnérables, personnes âgées et femmes enceintes, et verse 1,9 million de dollars à des agriculteurs locaux. Le taux moyen d’utilisation des coupons s’élève actuellement à plus de 91 %.

Les exigences relatives à la vaccination  

    Monsieur le Président, il n'existe qu'un mot pour décrire l'ostracisme et les difficultés financières qu'a subis un segment de la société, et la seule façon de remédier à cette situation est de mettre fin aux exigences fédérales relatives à la COVID.

La traite des personnes  

    Monsieur le Président, je suis heureux de présenter une pétition au nom de Cathy Peters, une militante en Colombie‑Colombie contre la traite des personnes. Malheureusement, la traite des personnes est un problème qui prend de l'ampleur au Canada, et nous, en tant que législateurs, avons un rôle à jouer dans la lutte contre la traite des personnes pour assurer la sécurité de nos collectivités.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

  (1010)  

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Un comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine  

    Que, étant donné que la Chambre reconnaît que
(i) les Canadiens d’ascendance chinoise ont apporté une contribution inestimable au Canada,
(ii) le peuple de Chine appartient à une civilisation ancienne dont l’apport à l’humanité est considérable,
(iii) la distinction entre le peuple de Chine et l’État chinois, tel qu’il est incarné par le Parti communiste chinois et le gouvernement de la République populaire de Chine,
(iv) les États autoritaires, y compris la République populaire de Chine, représentent une menace croissante à l’endroit de l’ordre international fondé sur des règles,
la Chambre nomme un comité spécial chargé de tenir des audiences sur tous les aspects des relations entre le Canada et la République populaire de Chine, y compris, sans s’y limiter, les relations diplomatiques, consulaires, juridiques, économiques et de sécurité, pourvu que:
a) le Comité soit composé de 12 membres, dont six proviendront du parti ministériel, quatre de l’opposition officielle, un du Bloc québécois et un du Nouveau Parti démocratique;
b) les whips des partis reconnus déposent, auprès du greffier de la Chambre, la liste de leurs membres qui siégeront au Comité dans les quatre jours civils suivant l’adoption de cette motion;
c) les changements apportés à la composition du Comité entrent en vigueur dès le dépôt de l’avis du whip auprès du greffier de la Chambre;
d) les membres du Comité puissent se faire remplacer, au besoin, conformément à l’article 114(2) du Règlement;
e) le greffier de la Chambre convoque une réunion d’organisation du Comité dans la semaine qui suit la présentation du rapport final du Comité spécial sur l’Afghanistan;
f) le président du Comité soit un membre du parti ministériel, le premier vice-président soit un membre de l’opposition officielle, le deuxième vice-président soit un membre du Bloc québécois et le troisième vice-président soit un membre du Nouveau Parti démocratique;
g) le quorum du Comité soit conforme aux dispositions de l’article 118 du Règlement, et que le président soit autorisé à tenir des réunions afin de recevoir et de publier des témoignages si au moins quatre membres sont présents, dont un membre de l’opposition et un membre du parti ministériel;
h) le Comité dispose de tous les pouvoirs d’un comité permanent, ainsi que du pouvoir (i) de voyager, accompagné du personnel nécessaire, à l’intérieur et à l’extérieur du Canada, (ii) d’autoriser la diffusion vidéo et audio d’une partie ou de la totalité de ses délibérations;
i) les dispositions de l’article 106(4) du Règlement s’étendent également au Comité;
j) le Comité bénéficie, nonobstant le paragraphe r) de l’ordre spécial adopté le jeudi 25 novembre 2021, de la priorité absolue à l’égard de l’utilisation des ressources de la Chambre pour les réunions de comité;
k) les témoignages et la documentation reçus par le Comité spécial sur les relations sinocanadiennes au cours des première et deuxième sessions de la 43e législature soient renvoyés à ce comité et pris en considération pendant cette session;
l) lorsque les réunions de Comité en mode hybride sont autorisées, toute délibération du Comité portant sur une motion relative à l’exercice de son pouvoir d’ordonner la comparution de témoins et la production de documents ou de dossiers n’ayant pas donné lieu à une décision devra être interrompue, selon la première occurrence, après quatre heures de débat ou une semaine de séance après que la motion ait été proposée, et toutes les questions nécessaires pour disposer de la motion soient alors mises aux voix immédiatement et successivement, sans autre débat ni amendement.
    — Monsieur le Président, je vais partager mon temps de parole avec le député de Louis-Saint-Laurent.
    À la dernière législature, la 43e, le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes a joué un rôle constructif dans l'avancement de la politique canadienne à l'égard de la République populaire de Chine. Le comité s'est réuni 30 fois et a remis trois rapports à la Chambre. Nous avons entendu des dizaines, voire des centaines de témoins.
    Nous nous sommes concentrés sur l'espionnage, l'ingérence étrangère et les opérations d'intimidation en sol canadien. Nous nous sommes concentrés sur Hong Kong. Nous nous sommes concentrés sur le génocide des Ouïghours. Le comité s'est aussi concentré sur le sort des deux Canadiens — Michael Kovrig et Michael Spavor — incarcérés à tort en Chine. On peut sans doute dire que c'est l'importante accordée aux deux Michael, comme on les appelait au Canada, qui a mis de la pression sur la République populaire de Chine et d'autres parties prenantes et a mené à leur libération. Le comité a joué un rôle constructif dans l'avancement des politiques du Canada dans la région indo-pacifique, plus particulièrement en Chine.
    Il faut en faire beaucoup plus. Il faut faire beaucoup plus d’études et d’analyses, car les relations entre le Canada et la Chine sont vastes et multidimensionnelles et touchent à de nombreux domaines de la vie canadienne, en particulier sur le plan diplomatique, économique, militaire, sécuritaire, universitaire, et bien d’autres. La République populaire de Chine est l’une des superpuissances mondiales, et nous devons être conscients de l’influence qu’elle a sur la vie quotidienne des Canadiens. Je ne vois pas de meilleur moyen de le faire que par un comité spécial du Parlement, dans le cadre duquel nous pouvons faire appel à des experts, entendre des témoignages et explorer les multiples dimensions de notre relation avec la République populaire de Chine.
    Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de créer un comité spécial. Au cours de la dernière législature, la 43e, on a ajouté deux comités de la Chambre des communes. Ces deux comités étaient le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes et le Comité spécial sur la relation économique entre le Canada et les États‑Unis. En raison de la pandémie et des séances hybrides, les ressources de l'Administration de la Chambre ont été poussées à leur limite avec l’ajout de ces deux comités.
    C’est ce qui s’est produit au cours de la 44e législature jusqu’à maintenant. Deux autres comités ont été ajoutés au cours de la présente législature: le nouveau Comité permanent de la science et de la recherche et le Comité spécial sur l’Afghanistan. L’ajout de ces deux comités au cours de cette 44e législature a poussé à la limite les ressources de la Chambre. Tous les députés le savent et le comprennent, car il ne se passe pas une semaine sans que nous ayons de la difficulté à réserver des réunions supplémentaires ou du temps additionnel pour les comités en raison des contraintes liées au personnel et à la technologie de l’information.
    Toutefois, le 8 juin, cela va changer. L’ordre de la Chambre qui a créé le Comité spécial sur l’Afghanistan ordonne que ce comité soit dissous et qu’il fasse rapport à la Chambre, de sorte que nous n’aurons qu’un seul comité additionnel de la Chambre au cours de la présente législature, soit le Comité permanent de la science et de la recherche. Nous avons donc l’occasion de ressusciter le comité sur les relations sino-canadiennes, ce qui, à notre avis, est une chose très importante à faire.

  (1015)  

    Il y a tant d’autres choses que nous devons encore étudier. Nous n’avons pas terminé notre étude des questions de sécurité nationale concernant les relations entre le Canada et la République populaire de Chine. Nous n’avons même pas commencé à examiner la question du projet La Ceinture et la Route de la Chine.
    Depuis les dernières élections, on a mis au jour de nouveaux renseignements qui doivent être étudiés et analysés de toute urgence, à savoir l’ingérence étrangère et la désinformation de la part de la République populaire de Chine dont nous avons été témoins lors des dernières élections. M. Fung, qui est professeur à l’Université McGill et titulaire d’une chaire de recherche du Canada, et Mme Lee, chercheuse à l’Université McGill, ont tous deux publié récemment dans Options politiques un article dans lequel ils concluent que des mandataires agissant au nom des dirigeants de Pékin ont diffusé de la désinformation lors de la dernière campagne électorale, ce qui a conduit ou contribué à la défaite d’un certain nombre de collègues de cette Chambre. Il s’agit d’une question urgente qui doit être examinée et analysée, une question que nous ne pouvons pas laisser disparaître de l’écran radar de la conscience publique.
    Les institutions démocratiques, tant ici qu’à l’étranger, sont soumises à d’immenses pressions et menaces provenant de forces internes et externes. Nous devons garantir l’intégrité de ces institutions, qu’il s’agisse de notre processus électoral ou du Parlement entre les élections. La recherche que ces deux chercheurs de l’Université McGill ont menée après les élections a révélé que de la désinformation était propagée sur les médias sociaux par des mandataires agissant pour le compte de Pékin; c'est quelque chose de critique qui nécessite une attention urgente. Je pense que le comité des relations sino-canadiennes serait un très bon endroit pour examiner et analyser cette question.
    Il nous faut également, parce que la Chine est une superpuissance et parce qu’elle est tellement intégrée dans l’économie mondiale, examiner comment nous pouvons traiter avec elle de questions comme les chaînes d’approvisionnement et les ressources naturelles, et comment nous devrions l’aborder sur les questions des terres rares, des minéraux critiques et des changements climatiques. Toutes ces questions doivent être examinées et faire l’objet d’une attention particulière. Un nouveau comité spécial sur les relations sino-canadiennes serait le véhicule idéal pour faire précisément cela.
    Je crois que le comité pourrait jouer un rôle constructif en aidant le gouvernement. Il est clair que le gouvernement a eu du mal à établir une politique sur la Chine. Le troisième ministre des Affaires étrangères a promis de présenter un nouveau cadre sur la Chine avant la fin de 2020. Cela ne s’est jamais produit. Le quatrième ministre des Affaires étrangères a présenté une approche en trois volets: coopérer, concurrencer et contester. Toutefois, ce même ministre, peu après les dernières élections, en 2021, a modifié cette politique pour ajouter un quatrième volet: coexister. L’actuelle ministre des Affaires étrangères, la cinquième en un peu plus de six ans, a maintenant été chargée de présenter une nouvelle stratégie indo-pacifique, que nous n’avons pas encore vue. Il est clair que le gouvernement a du mal à formuler une politique écrite et clairement définie sur la Chine et la région indo-pacifique. C’est là que, selon moi, le comité pourrait grandement aider le gouvernement.
    En conclusion, je dirai ceci. Le principal argument en faveur de la création de ce comité spécial sur les relations sino-canadiennes, c'est le 24 février, un jour qui a choqué le monde démocratique. Pour la première fois depuis 1945, deux États d’Europe étaient en guerre. La Russie a attaqué une démocratie, bouleversant l’ordre international qui a assuré la paix et la stabilité pendant quelque huit décennies. Nous devons être conscients que ce qui se passe aujourd’hui en Europe de l’Est pourrait également se produire dans la région indo-pacifique. C’est pourquoi nous devons nous concentrer sur tous les aspects des relations entre le Canada et la Chine, pour faire en sorte d'être prêts à faire face à toute éventualité.

  (1020)  

    Madame la Présidente, je suis d'accord avec le député: les relations entre le Canada et la Chine sont d’une importance primordiale. Je l'ai d'ailleurs dit à maintes reprises à notre comité des affaires étrangères.
    Le député et moi avons le plaisir de siéger au Comité permanent des affaires étrangères, et je lui dirais que c’est l’endroit approprié pour tenir ces discussions extrêmement importantes. En effet, plus tard aujourd’hui, au cours de la réunion du comité des affaires étrangères, nous discuterons de la situation de Taïwan. Nous avons la possibilité de traiter de nos relations avec la Chine au sein de ce comité permanent.
    Je soutiens en outre qu’il serait inapproprié, et mon collègue pourrait peut-être nous dire ce qu'il en pense, de retirer cet aspect essentiel de la politique canadienne en matière d’affaires étrangères de nos discussions au comité des affaires étrangères.
    Madame la Présidente, le Comité permanent des affaires étrangères est un endroit approprié pour étudier les relations entre le Canada et la Chine, mais le défi, c'est que ce comité est saisi de nombreuses autres questions. Il est saisi de la question du mécanisme COVAX, pour les vaccins destinés aux pays en développement. Il est saisi de la question de l’Ukraine. Il est saisi de tant d’autres questions. C’est la raison pour laquelle nous avons créé le Comité spécial sur l’Afghanistan, parce que le comité des affaires étrangères est saisi de tant d’autres questions, et c’est pourquoi nous devrions créer un comité spécial sur les relations entre le Canada et la Chine.
    La relation entre le Canada et la Chine est tellement vaste et pluridimensionnelle, surtout à la lumière de ce qui s’est passé ces dernières années, que nous avons besoin d’un comité spécial pour continuer à approfondir l’étude. J’aimerais souligner qu’au cours de la 43e législature, le degré d’attention que les médias ont accordé au Comité spécial sur les relations sino-canadiennes est une indication de la nécessité de rétablir ce comité à la 44e législature.

[Français]

    Madame la Présidente, le Bloc québécois accueille la motion avec grand intérêt.
    On sait que la Chine dispose aujourd'hui de moyens financiers pour, notamment, embaucher des agents étrangers qui viennent interférer dans la vie économique et démocratique des grandes économies.
    Aujourd'hui, on a un candidat à la chefferie du Parti conservateur qui a travaillé pour la compagnie Huawei.
    Mon collègue serait-il d'accord pour exercer des pressions afin que l'ensemble des contrats non caviardés signés par M. Jean Charest avec Huawei soient déposés à la Chambre?

  (1025)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
    La relation entre le Canada et la Chine est une grande relation. Il y a beaucoup d'enjeux entre nos deux pays, notamment dans le secteur économique. Il est évident que nous devons faire pression sur le gouvernement afin d'avoir une politique sur les compagnies comme Huawei.
    Cela fait quatre ans que le gouvernement dit qu'il va présenter une politique sur Huawei. Or, aucune décision n'a encore été prise. Voilà une autre raison pour laquelle il faut rétablir le comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’aimerais remercier mon collègue de Wellington-Halton Hills pour son excellente explication et présentation sur la raison d’être de ce comité.
    Dans sa réponse à l’intervenant précédent, il a évoqué la nécessité d’aider le gouvernement à élaborer une politique à l’égard de Huawei, en espérant que cette entreprise sera exclue du réseau 5G du Canada.
    Sur quelles autres politiques le Comité devrait-il guider le gouvernement? À quels autres enjeux existentiels le Canada ou le monde sont-ils confrontés en ce qui a trait aux risques dans la région indo-pacifique et notre relation avec la République populaire de Chine?
    Madame la Présidente, le dossier de Huawei mérite qu’on s’y attarde. L'ancien ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a déclaré en mai 2019 que le gouvernement se prononcerait sur Huawei avant les élections de 2019. Puis, le gouvernement a changé d’avis. Plusieurs mois plus tard, il a dit que la décision serait connue après les élections de 2019. Nous n’avons toujours pas de décision. En septembre dernier, le premier ministre a dit à Global News qu’une décision serait prise dans quelques semaines, et pourtant, nous n’avons toujours pas de décision.
    C’est une autre raison pour laquelle nous avons besoin de ce comité, pour aider le gouvernement à avancer dans ses politiques sur les relations entre le Canada et la Chine. Tant d’aspects touchant à la sécurité dans cette relation nécessitent notre attention qu'il m'est impossible de les expliquer ici dans ma brève réponse au député.
    Madame la Présidente, les Canadiens d’origine chinoise contribuent grandement à la société canadienne; ils sont les héritiers d’une civilisation millénaire qui a beaucoup apporté à l’humanité. Dans ma circonscription, il y a une communauté sino‑canadienne florissante qui a été très gentille avec moi au fil des ans.
    En tant que porte-parole de l’opposition pour la défense, il m’incombe d'analyser et de jauger la politique et la position du gouvernement en matière de défense dans le but d'améliorer et de renforcer la sécurité nationale. Cela me tient à cœur, en tant qu’ancienne ministre associée de la Défense nationale.
    Si je considère la Chine comme un acteur stratégique sur la scène mondiale, je peux visualiser sa progression au fil du temps. Elle est passée de pays que les Occidentaux considéraient comme sous-développé, à pays en développement. Aujourd'hui, c'est une grande puissance qui est en voie de devenir une superpuissance. C’est une puissance qui ne se satisfait pas du statu quo, dans la mesure où elle a intérêt à se tailler une sphère d’influence non seulement dans la région indo-pacifique, mais aussi dans le reste du monde. Ce faisant, elle entre en conflit avec d’autres grandes puissances, comme les États-Unis. Il est temps que le gouvernement canadien prenne au sérieux les menaces que les dirigeants communistes de Pékin font peser sur les intérêts et la sécurité du Canada ainsi que sur nos valeurs.
    Le 24 juillet 2019, la Chine a publié son premier livre blanc sur la défense en quatre ans, dont le titre français serait « La défense nationale de la Chine dans la nouvelle ère ». Le document expose les grandes lignes de l’orientation stratégique de l’Armée populaire de libération. On y examine d’abord la façon dont la Chine voit le contexte mondial en ce qui a trait à la sécurité. Selon la Chine, il y a eu une redistribution du pouvoir dans le système international, dans la mesure où il n’y a plus une seule superpuissance, ce qui a conduit à un système multipolaire. Cette tendance à la multipolarité jumelée au déclin de la seule superpuissance mondiale, les États-Unis, a engendré une instabilité et une concurrence stratégique accrues. Le monde n’est plus « un endroit paisible ».
    Pékin considère les États-Unis comme la plus grande menace pour la stabilité et la sécurité mondiales. Le livre blanc met en garde contre l’unilatéralisme, la politique de puissance et l’hégémonisme croissant des États-Unis, mais il ne s'arrête pas à ce pays. Il s'intéresse aussi aux alliés des États-Unis et aux autres états importants dans le monde. Il souligne que l’OTAN a poursuivi son élargissement, intensifié son déploiement militaire en Europe centrale et orientale et mené de fréquents exercices militaires. De même, il souligne que la Russie renforce ses capacités nucléaires et non nucléaires en vue d’un endiguement stratégique et qu'elle s’efforce de sauvegarder sa zone de sécurité et ses intérêts stratégiques. En outre, le livre blanc souligne que l’Union européenne accélère son intégration en matière de sécurité et de défense pour gagner en indépendance à l’égard de sa propre sécurité.
    Il est clairement précisé dans le document que l’objectif de la politique de défense chinoise est de contrer les États-Unis et de les remplacer en tant que superpuissance mondiale. La Chine pointe du doigt les États qu’elle considère comme des alliés et des partenaires des États-Unis pour perturber la région, surtout la Corée du Sud, le Japon et l’Australie. Le document épingle également l’Australie pour son alliance militaire avec les États-Unis et son engagement militaire dans la région de l’Asie-Pacifique, estimant qu’elle cherche à jouer un rôle plus important dans les questions de sécurité. Sans surprise, le document affirme que la politique chinoise dans la région de l’Asie-Pacifique a été un succès retentissant et évoque une architecture de sécurité dirigée par la Chine pour l’avenir. Il semble que Pékin considère la région de l’Asie-Pacifique presque comme le Japon impérial le faisait immédiatement avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
    Le livre blanc affirme que l’objectif fondamental de la défense nationale dans cette nouvelle ère est de décourager l’agression et d’y résister; de sauvegarder la sécurité politique nationale, la sécurité du peuple et la stabilité sociale; de s’opposer à l’indépendance de Taïwan et de la contenir; de sévir contre les partisans de mouvements séparatistes, notamment ceux en faveur de l’indépendance du Tibet et de la création du Turkestan oriental; et de sauvegarder la souveraineté, l’unité, l’intégrité territoriale et la sécurité nationale. Parmi les autres objectifs stratégiques de sécurité nationale figurent la sauvegarde des droits et intérêts maritimes de la Chine et de ses intérêts en matière de sécurité dans les espaces extra-atmosphérique et électromagnétique et le cyberespace ainsi que la sauvegarde des intérêts de la Chine à l’étranger et le soutien au développement durable du pays.
    Le livre blanc note que les îles Senkaku administrées par le Japon en mer de Chine orientale, que la Chine revendique également, sont des parties inaliénables du territoire chinois. Il promet que Pékin défendra sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale en effectuant des patrouilles dans les eaux proches des îles contestées. Les autres États qui revendiquent des parties de la mer de Chine méridionale sont prévenus que cette mer est aussi une partie inaliénable de la Chine.

  (1030)  

    Dans le livre blanc, on dit ceci:
    La Chine exerce sa souveraineté nationale en construisant des infrastructures et en déployant les capacités défensives nécessaires sur les îles et les récifs de la mer de Chine méridionale.
    En ce qui a trait à Taïwan, le document emploie un langage clair qu'on n'a jamais vu dans les livres blancs sur la défense déjà publiés. Voici ce qu'il dit:
    Dans l'intérêt fondamental de la nation chinoise et pour la revitalisation nationale, il est essentiel de résoudre la question taïwanaise et de réaliser la réunification complète du pays. La Chine souscrit aux principes de la « réunification pacifique » et d'« un pays, deux régimes », préconise l'établissement de relations pacifiques entre les deux rives du détroit, et favorise la réunification pacifique [...]
    C'est ce qu'il dit.

[Français]

    La clé des objectifs politiques de Pékin est l'Armée populaire de libération. La Chine dispose de la plus grande machine militaire du monde avec plus de 2 millions de soldats, laquelle peut être retournée contre un adversaire comme Taïwan à tout moment et avec peu d'avertissements. La Chine continue de souffrir de problèmes doctrinaux et organisationnels qui nuisent à son efficacité.

[Traduction]

    L’Armée populaire de libération, l'APL, n’a pas non plus participé à de véritables combats depuis sa guerre frontalière avec le Vietnam en 1979 et ses escarmouches avec l’Inde dans l’Himalaya. L’APL dispose d’une armée de plus en plus moderne, dotée de missiles stratégiques nucléaires et conventionnels ainsi que de forces terrestres, maritimes et aériennes.
    En ce qui concerne la dissuasion nucléaire stratégique, la Chine dispose de 100 missiles balistiques intercontinentaux sur rails qui pourraient cibler les États‑Unis à l’heure actuelle et elle a aménagé deux nouveaux champs de quelque 250 silos pour son arsenal nucléaire qui serait en pleine expansion. Il est important de souligner qu’en renforçant sa capacité de dissuasion stratégique nucléaire, la Chine tend à s’écarter de son approche minimaliste passée de contre-frappe nucléaire, qu’elle aurait suivie pendant des décennies, ce qui donne à penser qu’elle est sur le point d’abandonner toute prétention à une politique du non-recours en premier.
    En août 2021, la Chine aurait testé au moins un planeur hypersonique à capacité nucléaire, lancé par une fusée Longue marche 2C, qui aurait tourné en orbite autour de la Terre avant d’attaquer sa cible. Le planeur hypersonique se déplace vers sa cible à une vitesse extrêmement élevée, soit plus de Mach 5. Il est manœuvrable, contrairement à une ogive balistique qui suit une trajectoire parabolique, et il peut frapper sa cible avec peu ou pas d’avertissement presque partout sur la planète.
    Les systèmes de bombardement à orbite fractionnaire, les SBOF, sont conçus pour placer des ogives nucléaires sur une orbite fractionnaire depuis l’hémisphère Sud, où elles passeraient probablement inaperçues, au lieu de lancer les ogives avec un missile balistique au-dessus du pôle Nord. Les SBOF ont l'avantage d'éviter le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, le NORAD. La constellation de stations radars du NORAD surveille l’espace arctique, et les satellites sont positionnés de manière à surveiller l’hémisphère Nord plutôt que le Sud. De plus, les SBOF n’ont pas de limite de portée, ils sont extrêmement rapides et ils n’ont pas de trajectoire prévisible pouvant révéler leur cible.
    Le Parti communiste chinois dispose d’une armée d’environ 975 000 soldats pour défendre les intérêts chinois, avec un énorme potentiel de réserves et d’importantes forces paramilitaires d’environ 660 000 soldats. Pékin possède désormais la plus grande marine du monde, avec 250 000 marins et 355 navires de guerre qu’elle peut concentrer dans les océans Pacifique et Indien.
    La marine de l’APL dispose de quatre navires amphibies modernes et de deux navires amphibies d’assaut par hélicoptère. La marine dispose de deux porte-avions, d’un croiseur, de 32 contre-torpilleurs, de 49 frégates et d’environ 125 petites corvettes et navires-lance-missiles de différentes capacités. Elle dispose d’une force sous-marine composée de sous-marins nucléaires lanceurs de missiles balistiques et de bateaux de chasse ainsi que de nombreux sous-marins à propulsion conventionnelle. Les deux porte-avions opérationnels sont de capacité modeste et un troisième porte-avions plus grand est en construction. Cependant, les combattants de surface sont sur un pied d’égalité, ou presque, avec leurs homologues occidentaux.
    Il est important pour le Canada de se rappeler que la Chine s’intéresse à notre région arctique et à ses richesses, et à la perspective d’une région abritée où ses sous-marins nucléaires équipés de missiles balistiques pourraient se cacher en cas de tensions avec les États‑Unis ou la Russie. L’agence de presse officielle chinoise aurait qualifié le passage du Nord-Ouest de voie navigable rêvée pour de futurs échanges commerciaux. À la grande inquiétude du Danemark, Pékin manifeste un intérêt pour le Groenland.
    En conclusion, c’est à son péril que le Canada ne prête aucune attention aux intérêts mondiaux de la Chine et à sa puissance militaire. Nous devons nous réveiller, nous joindre à nos alliés du Dialogue quadrilatéral pour la sécurité et de l’AUKUS, et nous prononcer pour que ce comité se réunisse de nouveau afin de faire du très bon travail.

  (1035)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'apprécie le discours de ma collègue et je vais être bon joueur. Les conservateurs nous ont abondamment abîmés hier sur la prière en nous disant qu'il fallait plutôt parler de l'inflation. Malheureusement, ils ne parlent pas d'inflation aujourd'hui.
    Or ce n'est pas mon affaire, c'est la leur. Peut-être que la présence de Jean Charest les oblige à faire un petit détour du côté de la Chine.
    J'ai une question toute simple à poser à ma collègue. Je trouve pertinent d'avoir un comité sur nos relations avec la Chine, mais est-ce qu'il ne devrait pas y avoir une date de fin à ce comité spécial?
    Il serait peut-être ainsi plus simple de le faire accepter.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je propose que les partis définissent ensemble le mandat du comité, mais l’essentiel est qu’il se réunisse de nouveau. Ses travaux sont tout à fait essentiels, nous le savons, pour notre souveraineté nationale, pour nos alliés et pour l’Arctique canadien, qui est très vulnérable. Nous devons moderniser le NORAD, car cela n’a pas encore été fait. Les effectifs de nos forces armées sont insuffisants. Nous sommes sous-équipés. Nous devons nous montrer plus vigilants.
    Madame la Présidente, j’ai écouté les interventions des députés de Surrey-Sud—White Rock et de Wellington—Halton Hills, et je ne conteste pas bon nombre des préoccupations qu’ils soulèvent. Plus particulièrement, ils ont parlé de la sécurité nationale, des affaires étrangères, des relations économiques et des problèmes de chaîne d’approvisionnement. Nous avons des comités qui s’occupent de tous ces sujets.
    J’aimerais savoir pourquoi l’opposition estime que nous avons besoin d’un comité spécial. La députée ne craint-elle pas que le travail de ces autres comités en pâtisse, si nous leur disons, au fond, de ne pas se pencher sur cette question parce qu’un autre comité s’en charge?

  (1040)  

    Madame la Présidente, je pense que c’est une bonne question, importante aussi dans ce débat, parce qu’en effet, nous avons des comités qui traitent de ces sujets. Je siège au comité de la défense nationale, et je sais que le comité des affaires mondiales s’occupe de certains de ces sujets, mais comme le député le souligne, ils ont une très lourde tâche. Au comité de la défense nationale, nous avons déjà examiné les menaces contre la sécurité nationale, ainsi que le recrutement et le maintien en poste. Nous examinons l’aide aux autorités civiles, et nous cherchons désespérément à produire deux ou trois rapports. Nous avons donc besoin d’un comité spécial qui se consacre à cette question.
    Madame la Présidente, nous avons entendu maintes fois ce parti déclarer que le fait de cibler une nation précise, comme Israël, pouvait provoquer l'antisémitisme, mais il semble que ce parti soit obsédé par la Chine. En fait, hier, c'est un député conservateur qui a bloqué une motion très simple visant à condamner l'assassinat d'une journaliste dans les territoires palestiniens occupés.
    Pourquoi le Parti conservateur semble-t-il avoir deux poids, deux mesures lorsqu'il est question de respecter le droit international et les droits fondamentaux de la personne?
    Madame la Présidente, comment le député d'Hamilton—Centre ose-t-il faire ce genre d'accusations voilées...
    M. Matthew Green: L'accusation n'est pas voilée, elle est directe.
    L’hon. Kerry-Lynne Findlay: ...à ce sujet? C'est une question d'une importance primordiale qui concerne la sécurité nationale, et non pas la population d'une fière nation. Ce sont les dirigeants communistes et leurs actions qui posent problème, y compris pour les Canadiens d'origine chinoise. Le régime les terrorise jusqu'ici, au Canada, comme nous avons pu le constater lors des dernières élections.
    Avant de passer à la question suivante, j'aimerais rappeler au député d'Hamilton-Centre qu'il a eu l'occasion de poser une question. S'il en a d'autres, je le prierais d'attendre au lieu de crier d'autres questions ou commentaires.
    La députée de Renfrew—Nipissing—Pembroke a la parole pour poser une brève question.
    Madame la Présidente, ma collègue sait que nos alliés de l'OTAN ont révisé leur position quant à leur relation avec la Chine. Comment ce comité permettrait-il au Canada — dans le cadre d'une approche pangouvernementale — de lutter contre les communistes chinois, qui mènent une guerre asymétrique contre nous?
    Madame la Présidente, tout dépend de l'objectif, selon moi. Il s'agit d'une question primordiale et complexe qui doit être analysée sous le bon angle et qui doit être prise au sérieux par le Parlement.
    Madame la Présidente, j’espère que je pourrai obtenir une question du député de Hamilton-Centre, étant donné la passion qui l’anime dans ce débat précis.
    Je suis heureux de prendre la parole à la Chambre à propos de la motion du député de Wellington-Halton Hills. Mes remarques porteront sur les relations bilatérales entre la Chine et le Canada ainsi que sur la Chine dans le contexte de l’élaboration de la stratégie indo-pacifique de notre gouvernement.
    Les relations entre le Canada et la Chine remontent aux premiers jours de l’histoire de notre pays. Comme le souligne la motion, les Canadiens d’origine chinoise ont apporté une contribution inestimable au Canada et sont bien intégrés à notre société. Aujourd’hui, près de deux millions de résidents du Canada sont d’origine chinoise et forment l’un des plus grands groupes de la population immigrante du Canada. À bien des égards, ces liens entre peuples représentent les liens les plus étroits entre nos deux pays.
    Le commerce international est un autre aspect important de nos relations avec la Chine, qui est le troisième marché d’exportation de marchandises du Canada. Avec la plus grande population du monde et une classe moyenne en pleine croissance, la Chine offre aux exportateurs canadiens d’importantes possibilités, mais aussi des défis constants dans certains secteurs.
    Il ne fait aucun doute que la Chine a beaucoup changé au cours des dernières décennies. Elle a bénéficié de manière sélective d’un ordre international fondé sur des règles pour poursuivre son ascension économique. La Chine semble résolue à remodeler l’ordre international pour combler ses propres besoins, et ses interventions agressives dans la mer de Chine méridionale et la mer de Chine orientale menacent la stabilité régionale et mondiale.
    Les preuves de plus en plus nombreuses du mépris de la Chine pour les droits fondamentaux de la personne, la liberté d’expression et la liberté de religion, y compris le sort qu’elle réserve aux Tibétains, aux Ouïghours et à d’autres minorités musulmanes en Chine qui continuent d’être victimes de répression, du travail forcé et de discrimination, ainsi que la Loi sur la sécurité nationale imposée à la population de Hong Kong en 2020, sont toutes profondément troublantes et contraires aux valeurs et aux intérêts du Canada. En réaction à ces actions, le Canada et d’autres pays doivent continuer à dénoncer et à défier la Chine. Nous ne pouvons permettre à quelque pays que ce soit, peu importe sa taille, de violer les droits de la personne. En même temps, si nous espérons faire des progrès sur des enjeux mondiaux comme les changements climatiques, l’environnement et la santé publique, nous devons trouver des moyens de dialoguer et de collaborer avec la Chine.
    Notre gouvernement privilégie une approche globale de la région indo-pacifique qui guidera notre politique étrangère pour la prochaine décennie. Il s’agit non seulement d’une stratégie pour une région du monde, mais d’une stratégie pour le Canada qui aura une incidence sur notre paix et notre prospérité pour les décennies à venir. Aucune région ne sera plus importante pour les intérêts du Canada que la région indo-pacifique.
    Puisque la prospérité, la sécurité et le bien-être des Canadiens sont de plus en plus liés à la région Indo-Pacifique, le Canada approfondit ses partenariats et élargit sa présence dans la région. Le Canada doit s’engager dans la région Indo-Pacifique en adoptant une approche globale, adaptée et intégrée. L’approche doit continuer à servir les objectifs commerciaux et économiques tout en protégeant la sécurité nationale du Canada et d’autres intérêts de sécurité, en défendant un ordre international fondé sur des règles, en contribuant aux objectifs de développement durable et, bien sûr, en luttant contre les changements climatiques.
    La politique en devenir du Canada pour la promotion de nos intérêts en Chine est indissociable de notre approche dans la région élargie, dont elle constitue un élément essentiel. Nous devons poursuivre notre diversification dans l’ensemble de la région Indo-Pacifique, et nos relations avec la Chine ne sont qu’un élément de la stratégie Indo-Pacifique en voie d’élaboration par la ministre des Affaires étrangères.
    Comme nous le savons tous, nos relations bilatérales ont souffert du recours par la Chine à une diplomatie coercitive, ce qui a poussé le Canada à réfléchir et à évaluer la sincérité de la Chine à l’égard de la résolution constructive de problèmes. Nous adoptons une approche progressive pour évaluer les intentions de la Chine et y gérer nos intérêts.
    Le gouvernement reconnaît la complexité des relations entre le Canada et la Chine, mais nous continuerons à coopérer, lorsqu’il est judicieux de le faire, sur des enjeux mondiaux et des intérêts communs. Nous contesterons la violation par le gouvernement chinois des règles et des normes internationales, nous lutterons contre les approches autoritaires en privilégiant celles qui favorisent la démocratie, la transparence et la responsabilisation, et nous coexisterons avec le pays le plus peuplé de la planète.

  (1045)  

    Dans cette approche, le 5 avril dernier, la ministre des Affaires étrangères s’est entretenue avec le conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, Wang Yi. La ministre des Affaires étrangères a clairement fait savoir que le Canada continuera à défendre les droits de la personne et à soulever les préoccupations à ce sujet, et elle a rappelé encore une fois les attentes du Canada envers la Chine en ce qui concerne la résolution des enjeux bilatéraux en suspens. La ministre a aussi insisté sur la nécessité pour la Chine de jouer un rôle constructif afin de mettre fin à la guerre en Ukraine, car les pays du monde suivent de très près les actions de la Chine dans ce dossier. La ministre a en outre souligné les nombreux domaines dans lesquels les deux pays peuvent collaborer, notamment les changements climatiques, l’environnement et la santé mondiale.
    En conclusion, les relations bilatérales peuvent être complexes et dynamiques, mais nos intérêts nationaux et les valeurs canadiennes de longue date sont une constante. Le Canada et la Chine continueront à entretenir des liens interpersonnels profonds et à partager de nombreux intérêts économiques, sociaux et culturels, ce qui enrichira d'autant le tissu de nos deux sociétés. Le gouvernement continue à promouvoir les intérêts du Canada en gérant les relations avec la Chine selon une approche fondée sur des principes, et nous ferons preuve de constance et de fermeté dans la défense des valeurs et des intérêts canadiens.
    Je tiens à terminer en abordant la proposition de créer un nouveau comité spécial. Il existe déjà plusieurs comités parlementaires où les questions de relations bilatérales peuvent être soulevées et l’ont été. Au sommet de cette liste figure le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, qui a déjà mené cette année une étude approfondie et constructive des enjeux liés à la Chine. Ce comité demeure le mieux placé pour étudier ce genre de questions, et je crains que, par sa proposition, mon collègue ne fasse que créer un véhicule qui répétera ses travaux.

  (1050)  

    Madame la Présidente, la justice est l’une des facettes de la relation pluridimensionnelle qu'entretiennent le Canada et la Chine. Entre autres sujets, si ce comité spécial devait être créé, il pourrait étudier la relation entre le Canada et la Chine en matière de justice. Hier encore, la Canadienne Denise Ho a été arrêtée à Hong Kong.
    Des juges canadiens, australiens et britanniques siègent à la Cour d’appel de la Haute Cour de Hong Kong. Certains de ces juges ont démissionné. L’ancien juge en chef de la Cour suprême du Canada siège à la Cour d’appel.
    Je me demande si le député pense qu’il est toujours approprié qu’un juge du Commonwealth continue à siéger à la Cour d’appel de Hong Kong compte tenu de la dégradation de l'État de droit et de l’indépendance du système judiciaire à Hong Kong depuis l’adoption de la loi draconienne et illégale sur la sécurité nationale.
    Madame la Présidente, je ne suis pas en désaccord avec le député de Wellington—Halton Hills sur l’importance des différents enjeux dont cet éventuel comité pourrait discuter. En effet, je n’ai aucun doute que, s’il devait être créé, il discuterait de certains de ces sujets. Ce qui m’inquiète, c’est plutôt le véhicule ou le mécanisme par lequel on propose de les étudier. Nous avons des comités établis, des comités permanents du Parlement, qui peuvent se pencher sur ces sujets. La question qu’il a soulevée, surtout en ce qui concerne la justice, pourrait être étudiée par le comité des affaires étrangères, par exemple, pour voir ce que fait la Chine et si le Canada doit adopter une certaine position à cet égard ou, à tout le moins, faire une recommandation au Parlement en ce sens.
    Mes réserves ne portent pas sur les sujets d’étude. Je pense que le député soulève des sujets importants, comme le député qui est intervenu après lui. Je suis sûr que nous en entendrons d’autres aujourd’hui. Ce qui m’inquiète, c’est plutôt le véhicule et le mécanisme par lesquels on nous demande de les étudier.

[Français]

    Madame la Présidente, c'est toujours un grand plaisir d'entendre le député de Kingston et les Îles qui aujourd'hui nous a livré un de ses discours les plus dynamiques.
    Il nous a énuméré un grand nombre de sujets potentiellement problématiques qui nécessiteraient beaucoup d'étude de la part du Parlement. Je me demande s'il ne trouve pas cela un peu incohérent, à la fois, de nous énumérer pendant 10 minutes tous ces problèmes et, par la suite, refuser qu'un comité parlementaire soit dédié à l'étude desdits problèmes.
     Le député pourrait-il réviser sa position si, par exemple, un amendement était déposé suggérant qu'il y ait une date de fin au comité?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je pense que toutes mes interventions sont assez dynamiques. Je ne me limiterais pas à celle-ci, mais j’apprécie le commentaire du député.
    Dans mon intervention, j’ai tenté de mettre en lumière les différents problèmes dans les relations que nos deux pays entretiennent essentiellement depuis la création du Canada, et le fait que nous devons continuer à les évaluer et à les aborder, non seulement pendant que ce comité serait formé, mais aussi à l’avenir. Nous avons besoin de mécanismes et de véhicules permanents pour étudier cette relation et y contribuer dans une perspective parlementaire.
    Je soutiens que nous disposons de ces véhicules et de moyens établis pour faire la même chose par l’entremise des comités existants. Je dis que nous pourrions faire ce travail en utilisant les comités en place. Je trouve étonnant que le Bloc, compte tenu des préoccupations qu’il soulève sans cesse à propos des ressources de la Chambre, des services d’interprétation et ainsi de suite, soit si disposé à ajouter un comité à tous les autres, au détriment des ressources limitées dont nous disposons pour leurs travaux.
    Madame la Présidente, les questions concernant le Canada et la Chine sont certainement importantes. Ce qui m’inquiète, c’est que nous sommes au milieu d’une guerre épouvantable avec la Russie et qu’il me semble que, depuis quelques semaines, c’est le silence radio du côté des conservateurs sur la guerre russe.
    Les députés conservateurs d’arrière-ban se régalent de désinformation sur les vaccins et de théories économiques farfelues sur le Bitcoin. Ils comptent même renvoyer le président de la Banque du Canada. Nous savons par ailleurs que l’équipe de désinformation de Vladimir Poutine est très liée à la désinformation dont l’extrême droite fait la promotion. Est-il possible que les députés conservateurs d’arrière-ban soient de plus en plus gênés de voir le Parlement se dresser face à Vladimir Poutine et qu’ils veuillent changer de chaîne en ce moment historique?

  (1055)  

    Madame la Présidente, j’essaie vraiment de ne pas attaquer le discours des conservateurs dans mon intervention, mais le député de Timmins-Baie James vient de me tendre une perche qu’il m’est très difficile de ne pas saisir.
    Ce qui m’inquiète davantage, étant donné les propos du député, c’est d’entendre des gens dire que nous ne vivons pas dans un pays libre. C’est ce que prétend la personne qui est censée devenir le prochain chef du Parti conservateur, le député de Carleton. Tout son programme électoral repose sur cette idée que nous ne vivons pas dans un pays libre, ce que je trouve alarmant. Ce qui nous ramène tout droit à ce que disait le député de Timmins-Baie James au sujet de la désinformation et des fausses informations préoccupantes que propage la Russie.
    Les députés doivent comprendre qu’il ne faut pas répandre cette désinformation pour marquer des points en politique. Cela aidera peut-être le député de Carleton à se faire élire chef du Parti conservateur en septembre, mais cela n’aidera certainement pas notre pays à court, à moyen ou à long terme.
    Madame la Présidente, je crois que les propos du député étaient dynamiques, comme toujours, mais j’ajouterai qu’ils étaient mesurés et non partisans, ce qui me montre qu’il sait très bien s’exprimer ainsi.
    Le député sait-il si quelqu’un a déjà demandé au comité des affaires étrangères ou du commerce international de proposer une étude sur la Chine ou sur certaines de ces questions et si d’autres membres de ces comités ont rejeté cette proposition?
    Madame la Présidente, personnellement, je ne suis pas au courant des études qui ont pu être proposées. Je ne dirai pas qu'il n'y en a pas eu parce que je ne sais pas, mais j’aimerais savoir si tel est le cas.
    Cette idée serait tellement plus justifiée, et nous pourrions justifier l’argument en faveur de la création de ce comité spécial, si nous pouvions dire que nous avons essayé de convaincre ces différents comités de mener des études sur ces questions et qu’ils ont refusé. Alors, du moins selon moi, l’argument en faveur de ce comité serait plus solide.
    Madame la Présidente, il y a peut-être un peu de désinformation lorsqu'on dit que le discours du député de Kingston et les Îles était mesuré, mais quoi qu'il en soit, l'information du député de Timmins-Baie James est complètement fausse.
    Si les comités sont surchargés, c'est en grande partie à cause de la situation mondiale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui en matière de défense, comme l’a souligné mon collègue de Wellington-Halton Hills. Il s’agit d’une urgence. Lorsqu’il est question d’ingérence dans les élections et qu’un comité ne prend pas le temps de se pencher sur la question, le député ne pense-t-il pas que cela justifierait la création d'un comité chargé de se pencher sur cette situation particulière concernant la Chine?
    Madame la Présidente, si j’ai bien compris, le député a dit qu’il faisait partie du comité de la défense. Non, il n’a pas dit cela? D’accord, je suis désolé. Il parlait du comité de la défense.
    Je pense que, si nous avons des enjeux liés à la défense et à la Chine en particulier, le meilleur endroit pour en discuter serait le comité de la défense nationale, et non pas un nouveau comité qu'il faudrait créer. Je ne comprends pas vraiment l’argument du député au sujet de l'annulation des comités à la suite des élections, qu’il s’agisse du comité sur les relations sino-canadiennes, du comité de la défense ou du comité des affaires étrangères. Le déclenchement des élections met fin aux travaux de tous les comités.
    Pour ce qui est de l’endroit où étudier la question, je n’ai toujours pas entendu l’argument qui explique pourquoi, compte tenu de tous les problèmes dont le député a parlé et qui se produisent dans le monde en ce moment, notamment la guerre en Ukraine, par exemple, nous avons besoin d’un comité spécial pour étudier la question et pourquoi celle-ci ne pourrait pas être étudiée par les comités existants.

[Français]

     Madame la Présidente, j'ai l'impression qu'il s'agit du film Retour vers le futur ou Le jour de la marmotte qui nous permet de revivre continuellement des situations. Évidemment, nous avons toujours été favorables à la création d'un comité devant se pencher sur l'étude des relations entre la République populaire de Chine et le Canada. Cela n'est pas différent aujourd'hui, nous n'avons pas changé d'idée: nous pensons qu'il est toujours pertinent d'avoir un comité qui se penche spécifiquement sur cette question.
    Il faut le reconnaître, la République populaire de Chine est une superpuissance, à la fois sur les plans militaire, politique et économique. C'était, pour le gouvernement libéral des années 1990, l'eldorado. Tout le monde disait qu'il fallait aller en Chine, délocaliser nos entreprises et profiter de la main-d'œuvre bon marché de la Chine. Éventuellement, en faisant du commerce avec les Chinois, on allait les amener vers un niveau de vie supérieur, qui allait inévitablement faire en sorte que la démocratie allait s'épanouir comme une fleur au printemps.
    Quelques décennies plus tard, on a un peu déchanté quant à cette logique et à cette trame narrative que tentait d'imposer le gouvernement libéral de l'époque. Néanmoins, le fait est que la Chine est une puissance économique incontestable.
     Il faut reconnaître que les relations entre la République populaire de Chine et le Canada ont toujours été excellentes depuis des décennies. Pensons à l'époque où le Canada fournissait du blé pour faire face aux famines en République populaire de Chine ou à l'influence du Dr Bethune au moment de la Révolution chinoise. Pensons également au fait que l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau a été parmi les premiers chefs d'État occidentaux à établir des relations avec la République populaire de Chine.
    Ces relations ont donc toujours été extrêmement positives jusqu'à ce que survienne l'écueil important de la demande d'extradition de Meng Wanzhou et ensuite la détention illégale de Michael Spavor et de Michael Kovrig. Il m'apparaissait important à ce moment-là que nous puissions examiner ce qui avait bien pu se passer et comment nous pourrions tenter de rétablir les relations.
    Par la suite, il s'est passé quelque chose qui m'a complètement étonné et renversé. Les deux bras m'en sont tombés. Finalement, nous avons réalisé que le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes était loin de chercher à trouver des pistes de solution pour améliorer les relations avec la République populaire de Chine. Il s'est davantage révélé être un outil de politique partisane pour tenter de mettre le gouvernement dans une mauvaise posture. Je n'approfondirai pas le sujet, parce que nous aurons probablement l'occasion d'y revenir. Tout cela s'est interrompu brutalement par le déclenchement inopiné d'une élection tout à fait inutile, l'automne passé.
    Entretemps, grâce à l'élection d'un nouveau gouvernement à Washington, on est arrivé à une solution un peu bancale, mais qui a quand même permis de régler le problème lié à la demande d'extradition des États‑Unis concernant Meng Wanzhou, ce qui a mené à la libération quasi immédiate par la suite de Michael Spavor et de Michael Kovrig.
    Après le résultat des élections, nous sommes revenus à la Chambre et, surprise, les conservateurs décident alors qu'ils ont besoin d'un nouveau jouet, d'un nouvel outil pour faire de la politique partisane. Tout à coup, les deux Michael étant libérés, on n'avait plus besoin du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, on voulait maintenant d'un comité spécial qui allait se pencher sur le désastre de l'évacuation de l'Afghanistan. Nos amis conservateurs étaient convaincus qu'ils allaient réussir à marquer des points politiques. Ils n'avaient plus besoin du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes à ce moment-là.

  (1100)  

    Nous avons dénoncé le fait que les conservateurs abandonnaient le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes. Nous n'étions évidemment pas contre la création du Comité spécial sur l'Afghanistan parce qu'il y a eu, il faut le reconnaître, un certain nombre de faux pas et de mauvaises décisions, et que, si tant est qu'on devait se retrouver à nouveau dans une telle situation, il fallait réussir à tenter de cerner les problèmes à l'avance.
    Je fais une parenthèse. Le regretté premier ministre Jacques Parizeau disait souvent qu'il ne faut jamais sous-estimer la capacité du gouvernement fédéral de nous décevoir. Dans ce cas-là, le gouvernement fédéral semble ne jamais apprendre des leçons passées. Bien qu'il faille espérer qu'on puisse tirer des leçons de l'expérience afghane, je suis obligé de reconnaître que le gouvernement fédéral réussira peut-être encore cette fois à nous décevoir.
    Quoi qu'il en soit, nous avons fait pression pour qu'on revienne malgré tout avec le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes. Or, pour des raisons qui leur sont propres, les conservateurs n'étaient pas prêts, à ce moment-là, à revenir avec le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes. Je laisse mes collègues épiloguer sur les motifs qui pouvaient les conduire à ne pas vouloir revenir avec ce comité.
    Voyons ce qu'il en est ce matin. Le Comité spécial sur l'Afghanistan achève ses travaux. Le nouveau hochet, le nouveau jouet, le nouvel outil des conservateurs pour faire de la politique sera bientôt chose du passé. Que trouvent-ils de nouveau pour essayer de faire de la politique? Ils nous reviennent subitement avec un comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine. C'est assez extraordinaire.
    Qu'est-ce qui a changé depuis l'élection pour que, plusieurs mois après celle-ci, la priorité de nos amis conservateurs, qui ne voyaient pas l'utilité de ramener le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes alors que le monde a profondément changé entretemps avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie, soit tout à coup de réactiver ce comité?
    Je veux que mes collègues me comprennent bien: nous sommes d'accord. Nous avons toujours pensé que ce comité avait sa place. Toutefois, je m'interroge sincèrement sur les motivations de nos amis conservateurs quant au fait d'arriver avec cela maintenant. C'était pertinent après l'élection, mais cela ne les intéressait pas du tout. Tout à coup, alors que la Russie envahit l'Ukraine, cela redevient pertinent pour eux, à quelques semaines de la fin des travaux du Comité spécial sur l'Afghanistan.
    Je ne sais pas pour mes collègues, mais je pense que si quelqu'un voulait y voir des motivations de nature partisane, il se pourrait qu'il ait raison. En tout cas, cela en a tout l'air, il faut le reconnaître. Cela dit, comme je l'indiquais dès le départ, malgré le fait que j'ai des doutes sérieux quant à la noblesse des motivations de nos amis conservateurs, nous allons voter en faveur de cette motion, parce que nous croyons et avons toujours cru que ce comité avait sa pertinence.
    J'aimerais maintenant prendre quelques instants pour parler du libellé de la motion présentée par mon collègue de Wellington—Halton Hills, que je salue et avec lequel j'ai toujours grand plaisir à travailler.
    Dans les premiers énoncés, je me permets d'attirer l'attention de mes collègues sur la partie suivante: « (iii) la distinction entre le peuple de Chine et l’État chinois, tel qu’il est incarné par le Parti communiste chinois et le gouvernement de la République populaire de Chine ». Je pense que nous sommes plutôt d'accord là-dessus.
    Ensuite, quant à la partie où on dit « (iv) que les États autoritaires, y compris la République populaire de Chine, représentent une menace croissante à l’endroit de l’ordre international fondé sur des règles », je pense que cela mérite un petit commentaire. On semble avoir découvert qu'il existe des États autoritaires dans le monde. Je le donne en mille: moins de la moitié de nos congénères sur cette planète vivent en démocratie.

  (1105)  

    Je comprends que, tout à coup, avec l'invasion de l'Ukraine par la Russie et avec les menaces que fait peser la République populaire de Chine sur Taïwan, on veuille souligner le fait « que les États autoritaires, y compris la République populaire de Chine, représentent une menace croissante à l'endroit de l'ordre international fondé sur des règles », mais je veux simplement signaler que ce n'est pas une nouveauté.
    Les États autoritaires ne sont pas quelque chose de nouveau. À cause de l'espèce d'entente ou d'alliance tacite qui existe entre les deux pays, il est possible que les États autoritaires que sont la Russie et la République populaire de Chine constituent une menace pour le système international tel qu'on l'a conçu après la Seconde Guerre mondiale.
     Souvenons-nous que lorsque nous avons décidé du système des Nations unies, nous avons confié aux cinq plus grandes puissances de l'époque le rôle de jouer les régulateurs de l'équilibre du système international. Or, nous avons vu les limites de ce système avec l'invasion de l'Ukraine, alors que l'une de ces cinq puissances qui sont censées assurer la stabilité du système international a perdu les pédales.
    On se retrouve dans la situation où ni la République populaire de Chine ni la Russie ne sont ce qu'on pourrait appeler des États démocratiques. Il semble qu'elles aient décidé de collaborer, ce qui occasionne des menaces tout à fait compréhensibles pour l'ordre international tel qu'on l'a conçu jusqu'à tout récemment.
    Je me permets une autre parenthèse sur quelque chose d'assez fascinant. En envahissant l'Ukraine, Vladimir Poutine pensait décourager tous les États de vouloir éventuellement rejoindre les rangs de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, ou OTAN. Or, c'est exactement l'inverse qui s'est produit. Souvenons-nous que, sous le gouvernement de Donald Trump, le président Macron avait déclaré que l'OTAN était en situation de mort cérébrale.
    On s'interrogeait sur l'utilité et la pertinence de l'OTAN et Vladimir Poutine a redonné toute sa pertinence à cette organisation, si bien que des États qui étaient traditionnellement neutres depuis des décennies, comme la Finlande et la Suède, envisagent maintenant de rejoindre les rangs de l'OTAN. Vladimir Poutine aura donc poussé des pays dans les bras de l'OTAN en voulant empêcher l'Ukraine de rejoindre les rangs de l'organisation.
    Qui plus est, après le Brexit, un certain nombre de pays européens, comme la Pologne ou la Hongrie, se sont interrogés sur l'utilité de l'Union européenne. Après l'invasion de l'Ukraine, plus personne ne s'interroge sur l'utilité ou la pertinence de l'Union européenne. Face à la menace russe, l'Union européenne, comme l'OTAN, a serré les rangs comme jamais auparavant.
    On peut convenir avec notre collègue de Wellington—Halton Hills que cette espèce d'alliance tacite entre la Russie et la République populaire de Chine fait peser une menace importante sur le système international tel qu'on le concevait jusqu'à tout récemment.
    Cela étant dit, cela n'enlève rien aux problèmes qu'on observe en République populaire de Chine et à l'extérieur de ce pays et qui vont dans le sens du point (iv) de la motion. Qu'on pense, par exemple, à la nouvelle Route de la soie, initiative avec laquelle la Chine s'impose comme un acteur incontournable en Afrique, rendant de moins en moins pertinente la présence d'anciennes puissances coloniales comme la France et même celle de pays sans passé colonialiste comme le Canada. Ce dernier avait une présence remarquable et remarquée en Afrique pendant des décennies, mais il a littéralement manqué le bateau.

  (1110)  

    Pendant que la Chine investissait massivement en Afrique, le Canada, notamment sous l'influence du gouvernement conservateur de Stephen Harper, s'est retiré de l'Afrique. On a donc ouvert les portes de l'Afrique aux Chinois. On a manqué le bateau, et les Chinois sont en train de s'imposer comme la puissance incontournable en Afrique. La Russie fait de même au Mali présentement. Alors que les Français se retirent, les Russes s'installent. Pour reprendre ce qui est dit au point (iv), cela contribue à une possible déstabilisation de l'ordre international.
    Je parlais, il y a quelques instants, de l'incroyable et étonnante solidarité dont les États de l'OTAN et de l'Union européenne ont su faire preuve relativement à l'agression de la Russie à l'endroit de l'Ukraine. Tous ont eu une pensée à l'endroit de nos amis de Taïwan, parce qu'on sait que la Chine observe attentivement ce qui se passe présentement. En effet, Xi Jinping ne s'est jamais caché quant à l'idée de réintégrer Taïwan dans le giron de la Chine continentale. On s'est inquiété relativement aux suites de cette situation.
    Lors d'une soirée en l'honneur de Taïwan, hier, on a souligné que Taïwan est le 11e partenaire commercial du Canada, le cinquième en Asie. Ce n'est pas négligeable. Taïwan est très inextricablement imbriqué dans le système économique mondial. Cependant, advenant une invasion de Taïwan par la République populaire de Chine, considérant l'influence des banques chinoises sur les avoirs en Europe, est-ce que l'Europe pourra aussi facilement faire preuve d'une telle solidarité pour imposer des sanctions à la République populaire de Chine, qui est elle aussi imbriquée et de façon plus inextricable encore dans le système économique international que ne l'est la Russie?
    Ce qui se passe présentement est extrêmement préoccupant. La question n'est pas de savoir si la République populaire de Chine interviendra éventuellement à Taïwan, la question est plutôt de savoir quand et comment la communauté internationale sera en mesure de réagir en lien avec cette nouvelle transgression des règles internationales.
    Oui, il y a pertinence de créer de nouveau un comité sur les relations Canada-Chine. Nous pensons qu'il est opportun de joindre notre voix à cette motion, même si, encore une fois, je doute profondément de la noblesse des intentions de nos amis conservateurs, qui nous arrivent avec cette motion à un moment pour le moins étrange, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie et à quelques jours de la fin des travaux sur le Comité spécial sur l'Afghanistan, qui n'a pas donné aux conservateurs les dividendes politiques escomptés. Là, on se tourne vers autre chose, et il semble que la panacée politique pour les conservateurs soit aujourd'hui de réactiver le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes.
    Nous serons donc au rendez-vous. Nous tâcherons de faire en sorte que ce comité ne redevienne pas un cirque partisan et que nous puissions véritablement jeter les bases d'une meilleure compréhension et, on l'espère, de meilleures relations avec la République populaire de Chine, compte tenu de l'importance que ce pays a dans le système international.

  (1115)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours. Je veux cependant clarifier une chose: j'ai toujours eu l'intention de présenter cette motion.
    Je la présente maintenant parce que, jusqu'à présent, l'Administration de la Chambre des communes n'avait pas les ressources pour ajouter un autre comité spécial. Or, puisque le Comité spécial sur l'Afghanistan terminera ses travaux le 8 juin, nous avons maintenant la possibilité de créer un nouveau comité sur les relations Canada-Chine.
    Il a été difficile, l'automne dernier, de prendre la décision de présenter une motion sur l'Afghanistan, mais nous en avons maintenant la chance en ce qui concerne un comité sur les relations Canada-Chine. C'est la raison pour laquelle j'ai présenté cette motion aujourd'hui.

  (1120)  

    Madame la Présidente, je ne doute pas des intentions de mon collègue. Il faut quand même signaler que, sans vouloir révéler des secrets d'alcôve, au‑delà de ce noble argumentaire selon lequel on ne pouvait pas créer un autre comité parce que la Chambre des communes n'avait tout simplement pas les ressources pour le faire, je sais pertinemment, par des confidences que m'ont faites des collègues conservateurs, qu'il y avait juste des désaccords internes quant à l'opportunité de ramener le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes. La vérité, c'est cela.
    Maintenant, on voit les conservateurs qui sont insatisfaits — je le suis tout autant et je me permets de le signaler — des tractations qui ont eu cours entre le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral quant au comité qui va se pencher sur la situation survenue au Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg.
    Les conservateurs sont arrivés, de façon très inélégante, en présentant une motion au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international. Comme elle n'a pas été adoptée et qu'ils ne sont pas contents du comité qui a été mis en place, ils proposent de créer un comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine en espérant de nouveau pouvoir faire une « job de bras » au gouvernement sur la question...
    À l'ordre. Je dois interrompre le député, car il y a d'autres gens qui veulent poser des questions.
    L'honorable député de Courtenay—Alberni a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, comme mon collègue s’en souvient probablement, le Canada a signé l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, l’APIE, sous le règne des conservateurs de Stephen Harper, qui lie les Canadiens pendant 31 ans à un accord commercial avec la Chine. En vertu de cet accord, les entreprises chinoises peuvent demander réparation relativement à toute loi adoptée par n’importe quel ordre de gouvernement qui menace leurs profits. Il existe un tribunal secret auquel elles peuvent faire appel en cas de poursuite concernant leurs droits à cet égard.
    Nous avons vu les sociétés d’État chinoises avoir accès à l’énergie, et je vais citer un article d’un journaliste qui a écrit: « Si Stephen Harper en a un jour assez d’être le premier ministre du Canada, il pourrait envisager une deuxième carrière en Chine — il s’y intégrerait parfaitement ».
    J’aimerais poser la question suivante à mon collègue. Croit-il que ce comité devrait d’abord examiner les menaces que cet accord représente pour notre sécurité canadienne? L’ancien premier ministre a-t-il tiré un quelconque avantage de l’accord commercial qu’il a signé?

[Français]

    Madame la Présidente, ma réponse simple à mon collègue est oui.
    Si on doit examiner les relations qui existent entre la République populaire de Chine et le Canada, tout doit être sur la table, avec les incidences positives ou non de chacun des éléments qu'on étudiera.
    Il faut le reconnaître, les relations entre la République populaire de Chine et le Canada ont des assises économiques importantes. On l'a vu avec la pandémie, alors que les chaînes d'approvisionnement ont été complètement bouleversées. Cela a amené certaines compagnies à réviser leur décision de s'approvisionner en Chine, contrairement à cet eldorado que faisaient miroiter les libéraux durant les années 1990. Tout doit être sur la table, y compris sur le plan économique.
    Si nos amis du Nouveau Parti démocratique jugent opportun de revenir sur l'accord qui a été signé par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, grand bien leur fasse, et on l'étudiera.
    Madame la Présidente, je remercie le député de Montarville de son discours.
    Je comprends qu'il a l'intention d'appuyer la motion. Je suis simplement curieux de savoir pourquoi il pense que c'est important d'établir un comité sur les relations avec la Chine, plutôt que de faire une étude au Comité permanent des affaires étrangères et du développement international.
    Madame la Présidente, la réponse est simple. Il y a un certain nombre de sujets et de dossiers qui peuvent être abordés physiquement, techniquement parlant, par le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international. Présentement, l'invasion de l'Ukraine par la Russie, monopolise beaucoup d'attention. Il y a plein de gens et de conflits ailleurs dans le monde qui semblent être tout à coup oubliés parce que ce conflit en Ukraine attire toute l'attention et aspire tout l'oxygène. Il y a simplement un certain nombre de dossiers qui peuvent être abordés par le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international. On le voit avec le Comité permanent de la santé où on a décidé de créer un comité spécial pour mener une étude spéciale sur l'aide médicale à mourir.
    Par rapport à la République populaire de Chine, compte tenu de son importance, on pense qu'il doit y avoir...

  (1125)  

    Je vais permettre d'autres questions, car je sais que plusieurs autres intervenants veulent en poser.
    L'honorable secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je trouve la réponse à la dernière question très intéressante. On a demandé au député pourquoi cette question ne pouvait pas être renvoyée au comité des affaires étrangères et il a répondu que le comité des affaires étrangères semble se pencher sur un seul enjeu en ce moment, la guerre en Ukraine, et qu’il n’a pas le temps de s’occuper des autres dossiers. Le député a ajouté que beaucoup d’autres enjeux retenaient l’attention dans le monde et que c’est pour cette raison que nous devions créer ce comité.
    Le député veut-il dire que nous devrions créer de nouveaux comités pour chaque dossier que le comité des affaires étrangères ne peut pas étudier? C’est à peu près ce qu’il vient de répondre à la dernière question. Il a dit que nous n’avions pas suffisamment de ressources et qu’il fallait créer un comité spécial, mais il a aussi dit que beaucoup d’autres enjeux retenaient l’attention dans le monde. Devons-nous créer un comité spécial pour étudier chacun d’eux?

[Français]

    Madame la Présidente, à vouloir pousser le raisonnement jusqu'à son ridicule, je me demande s'il vaut la peine que j'essaie de répondre quoi que ce soit à cela.
    Madame la Présidente, je tiens à féliciter mon collègue de Montarville de son discours. J'en apprends plus grâce à ses discours sur la politique internationale et les dossiers mondiaux que durant toutes mes années universitaires.
    Je rappellerai à mon collègue qu'en 2020, la Chambre des communes avait adopté une motion demandant au gouvernement fédéral d'établir une stratégie pour contrer l'ingérence chinoise et prendre position vis-à-vis de Huawei. Depuis ce temps, rien n'a été fait.
    Comme nous le savons, l'un des nouveaux amis des conservateurs, M. Jean Charest, est revenu au bercail et tente de décrocher la direction du parti. Or, il est un ami de Huawei par ses relations professionnelles passées. Advenant la formation d'un comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine, mon collègue pense-t-il que les demandes et intentions des conservateurs dans ce comité pourraient changer étant donné la nouvelle relation qu'ils ont développée avec M. Charest?
    Madame la Présidente, mon collègue pose une question fort intéressante et il a parfaitement raison.
    Il y a lieu de s'inquiéter de la présence de Huawei dans le secteur de la 5G au Canada, en dépit des belles intentions de la compagnie. En effet, lorsque les Chinois ont offert à l'Union africaine de lui construire un bâtiment ultramoderne, nous avons vu que cette dernière a été espionnée par la compagnie et par les autorités chinoises.
    Étant donné le danger, nos quatre autres alliés du Groupe des cinq, soit les États‑Unis, le Royaume‑Uni, l'Australie et la Nouvelle‑Zélande, ont décidé d'écarter Huawei de leur réseau 5G.
     Fortement influencée par nos amis conservateurs, la Chambre des communes a demandé au gouvernement d'écarter Huawei du réseau 5G canadien, mais le gouvernement continue de traîner les pieds. Cela nuit à nos entreprises, parce que plusieurs d'entre elles ont décidé de miser sur la technologie de Huawei.
     Nos amis conservateurs vont donc devoir composer avec un aspirant chef qui est un proche ami de Huawei. J'ai hâte de voir quelle sera leur position sur le sujet au comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c'est un honneur, comme toujours, de prendre la parole en cette enceinte et d'exprimer mon point de vue. D'entrée de jeu, je signale que je vais partager mon temps de parole avec la députée de London—Fanshawe, dont j'estime beaucoup le point de vue.
    Pour être franche, je dirai que la motion à l'étude me pose beaucoup de difficultés. Je vais consacrer les prochaines minutes de mon intervention aux éléments de la motion que j'appuie avec enthousiasme et aux éléments que je considère comme très problématiques.
    Je remercie le député de Wellington—Halton Hills d'avoir présenté la motion. Je lui voue un grand respect. Il est très bien informé et possède une vaste expérience. J'ai pu compter sur son expérience par le passé.
    Je suis favorable au passage suivant de la motion:
[...] que les Canadiens d’ascendance chinoise ont apporté une contribution inestimable au Canada,
    Je suis d'avis qu'il est important de le souligner. La motion indique également:
[...] que le peuple de Chine appartient à une civilisation ancienne dont l’apport à l’humanité est considérable,
    Voilà un autre élément très important de la motion.
    J’appuie l’idée que le Parlement et les députés consacrent plus de temps à l’examen de nos relations avec la Chine. Nous avons vu émerger de graves problèmes dans la relation sino-canadienne. La Chambre des communes est bien au fait de bon nombre de ces problèmes.
    J’ai suivi le débat de ce matin, et j’ai entendu des députés dire que cela peut se produire au comité des affaires étrangères. Je vais y revenir brièvement plus tard, mais je dois d’abord dire que le comité des affaires étrangères n’a pas été particulièrement efficace pour faire adopter des projets de loi quand les conservateurs ou les libéraux s’opposent à leur adoption. Je vais y revenir plus tard.
    Les députés doivent savoir que le comité des affaires étrangères est sous pression à cause de l’énorme quantité de travail que nous devons accomplir et aussi parce que les manœuvres et autres tractations qui s’y déroulent, tant de la part du gouvernement que de l’opposition, nous empêchent de faire notre travail. Je veux que ce soit clair.
    Le comité Canada-Chine nous donnerait l’occasion d’examiner la myriade d’enjeux qui touchent les Canadiens en ce qui concerne nos relations avec la Chine. J’ai rencontré de nombreuses parties prenantes qui, comme bien des concitoyens de ma circonscription, sont profondément préoccupées par cette relation. C’est une relation vitale. Nous entretenons avec la Chine une relation économique très étroite qui devrait faire l’objet d’une surveillance parlementaire. Nous sommes toutefois très préoccupés par la situation des droits de la personne en Chine et dans d’autres régions du monde. Pour avoir eu de nombreux échanges avec des Hongkongais qui sont profondément alarmés et dévastés par ce qui s’est passé à Hong Kong, ainsi qu’avec des Taiwanais qui sont également très inquiets, je sais qu’il se passe beaucoup de choses.
    Prenons la situation des Ouïghours. J’étais membre du Sous-comité des droits internationaux de la personne qui a fait l’étude initiale sur le génocide à l’encontre du peuple ouïghour. J’ai entendu les témoignages déchirants de témoins, d’experts et de juristes sur le génocide qui se déroule en Chine. C’est un enjeu tout aussi important. Nous avons tous été consternés par la détention des otages Michael Spavor et Michael Kovrig, mais ils ne sont pas les seuls Canadiens à avoir été détenus. Il y a encore des Canadiens en détention et nous devons trouver un moyen de travailler avec la Chine pour régler cette situation.
    Tout récemment encore, j’ai été profondément troublée d’apprendre que notre ancien ambassadeur, M. Barton, a pu accepter un emploi fort lucratif dans une société minière après avoir rencontré cette société en tant qu’employé de l’État. Il a occupé le plus haut poste et a pu le transformer en occasion lucrative pour lui-même. Je sais, pour avoir vérifié auprès du commissaire à l’éthique, qu’aucune loi n’a été violée en l’occurrence, mais cela ne me semble certainement pas acceptable pour autant, et je suis sûre que de nombreux autres Canadiens partout dans le monde sont du même avis.

  (1130)  

    Ce comité a sa raison d’être. Cependant, j’ai de sérieuses réserves, que je partage sans doute avec de nombreux députés. Bon nombre de ces réserves découlent de la question suivante: pourquoi devrions-nous cibler la Chine à ce moment-ci? Connaissant le scénario dans lequel nous nous trouvons et sachant qu’il y a une guerre après l’invasion de l’Ukraine par la Fédération de Russie, ce qui est fort troublant pour tous les parlementaires, je trouve problématique le recours à cette motion pour dénoncer nos difficultés avec la Chine.
    Voici quelques domaines où nous pourrions aussi avoir des comités.
    Je songe à ce qui se passe en Éthiopie. Je songe à ce qui arrive au peuple tigré. Il est dévastateur de voir ce qui lui arrive. Nous avons une diaspora tigrée, qui m’a interpelée tellement de fois pour réclamer de l’aide et nous demander de faire davantage, que je suis convaincue qu’il y a du travail à faire de ce côté-là également.
    Je songe au Yémen. Bonté divine. Les conservateurs et les libéraux ont vendu des armes à l’Arabie saoudite, alimentant ainsi la violence au Yémen au point que le Canada a été censuré par les Nations unies. Le Canada a été censuré et dénoncé aux Nations unies pour avoir alimenté un conflit. David Beasley, du Programme alimentaire mondial, a dit que c’est le pire endroit sur terre. Nous devrions peut-être en discuter. Nous devrions peut-être avoir une conversation ou créer un comité pour parler des ventes d’armes et des pays à qui le Canada vend des armes.
    Nous en vendons aussi à Israël. Au comité des affaires étrangères, nous n’avons pas examiné ce qui se passe au Moyen-Orient. Hier, nous avons présenté une motion à la Chambre au sujet d’une journaliste assassinée. Elle a été tuée par balle, et nous condamnons la violence contre les journalistes. Cependant, les conservateurs n’ont même pas permis l’adoption de cette motion.
    Si nous sommes tellement préoccupés par les violations des droits de la personne dans le monde — et les députés savent que cela me préoccupe profondément —, alors la protection des droits de la personne, c’est protéger les droits de la personne, toujours. Pourquoi cela ne compte-t-il que dans certaines situations? Pourquoi cela ne compte-t-il pas quand c’est une journaliste qui est attaquée au Moyen-Orient? Pourquoi cela ne compte-t-il pas alors que ce qui arrive au peuple ouïghour, cela compte? Bien sûr, c’est à examiner et à étudier, mais je ne comprends pas les choix des conservateurs. Comment choisissent-ils parmi les droits de la personne? Les droits de la personne sont les droits de la personne, que ce soit au Canada ou ailleurs dans le monde.
    Lorsque j’ai commencé, j’ai parlé du comité des affaires étrangères. Je suis d’accord avec mon collègue du Bloc pour dire que le comité des affaires étrangères est extrêmement occupé en ce moment. Tout le monde à la Chambre peut voir le travail et les efforts que nous consacrons au conflit en Ukraine. Ce conflit nous interpelle, et nous sommes très engagés dans ce dossier.
    Je vois la nécessité d’en faire autant avec d’autres conflits. Nous avons peut-être besoin de deux comités des affaires étrangères, pour être parfaitement honnête, parce que le monde a changé. Le monde est un endroit très périlleux en ce moment. Cependant, je tiens à répéter que le comité des affaires étrangères a fait le choix, par le passé, de ne pas se pencher sur des dossiers importants. Les membres de ce comité ont fait le choix de faire de l’obstruction, de retarder les travaux et d’utiliser des tactiques dilatoires afin que nous ne nous penchions pas toujours sérieusement sur le rôle du Canada dans le monde et sur l’importance que notre pays pourrait et devrait y avoir. C'est également là un sujet qu'il conviendrait d'y discuter.
    Je vais passer les prochains jours à approfondir ma réflexion au sujet de cette motion. Je vais parler à mes concitoyens. Je vais parler aux intervenants. Je vais consulter la population. Je vais parler à mes collègues. Nous devons discuter plus longuement de la façon dont nous voulons que le rôle du Canada dans le monde soit défini et de la façon dont nous, les parlementaires, voulons avancer dans ce climat géopolitique effervescent.
    Je vais m’arrêter ici. Je serai heureuse de répondre aux questions de mes collègues.

  (1135)  

    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son intervention. J’aime toujours l’entendre à la Chambre.
    Mon collègue qui a présenté cette motion aujourd’hui a parlé de la nécessité de ce comité, et il avait de nombreuses et excellentes raisons à l'appui de sa proposition.
    On a parlé aujourd’hui du comité des affaires étrangères, qui se penche sur la guerre en Ukraine. La Chine a un rôle important à jouer à cet égard, mais elle n’a pas condamné la guerre. En ce qui concerne nos relations avec la Russie et la Chine, elles sont très amicales, alors que le premier ministre, qui était en Ukraine cette semaine, lui a donné 50 millions de dollars de plus de l’argent des contribuables.
    En soi, cela ne justifie-t-il pas, indépendamment des autres raisons, la création de ce comité, distinct du comité des affaires étrangères?

  (1140)  

    Madame la Présidente, le problème que pose la situation géopolitique dans laquelle nous nous trouvons est l'un de ceux qui me troublent profondément. La Russie et l’Ukraine sont, bien sûr, au cœur de ce problème, mais les répercussions qui frapperont le reste du monde sont évidentes.
    Un point en particulier m'inquiète profondément: il me semble que la Chine n’a pas encore tout à fait décidé si elle va ou non se ranger du côté de la Russie.
    Je pense aussi au désarmement nucléaire. Maintenant plus que jamais, nous devons reconnaître que ce fou mégalomane qu'est Poutine possède une bombe nucléaire. Aucun d’entre nous ne voudrait être pris en otage par un quelqu'un qui possède une bombe nucléaire.
    Le comité des affaires étrangères doit aussi se pencher sur la question du désarmement. Je vous dirai honnêtement que j’aimerais beaucoup que nous ayons un comité sur le désarmement nucléaire dans le monde. Nous pourrions aller encore plus loin pour que des pays comme la Russie ne nous tiennent pas à leur merci et…
    Je suis désolée, mais je dois passer à d'autres questions.
    Le député de Longueuil—Saint‑Hubert a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, j'apprécie la passion de ma collègue pour la défense des droits de la personne. D'ailleurs, je siège avec elle au Sous-comité des droits internationaux de la personne du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international.
    Je suis tout à fait d'accord avec elle. Il y a énormément de conflits dans le monde qui sont problématiques et sur lesquels on ne met pas la caméra. D'ailleurs, quand le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés est venu à Ottawa, il y a un mois, il a dit qu'il s'agissait d'un problème parce que tout le monde, en ce moment, a les yeux tournés vers l'Ukraine, mais il y a des conflits un peu partout.
    J'aimerais parler à ma collègue du cas très particulier d'un citoyen de ma circonscription. Lazhar Zouaïmia est un défenseur des droits de la personne qui milite pour Amnistie internationale. Il est allé en Algérie et y a été emprisonné. Il a eu de la difficulté à quitter ce pays, mais il est finalement revenu chez nous, à Longueuil.
    Ce matin, dans Le Devoir, il y avait un article dans lequel on racontait qu'énormément de Canadiens sont encore pris là-bas. Ils ne sont pas nécessairement emprisonnés, mais...
    Comme je dois être équitable pour ce qui est du temps de parole, je donne la parole à l'honorable députée d'Edmonton Strathcona.

[Traduction]

    Madame la Présidente, mon collègue a tout à fait raison. Nous sommes incapables de reconnaître les régions du monde qui présentent d’autres défis. Ce qui se passe en Ukraine aura non seulement des incidences géopolitiques, mais aussi des répercussions massives sur la sécurité alimentaire. Nous savons que le Liban, par exemple, se heurtera à de graves problèmes, et nous devrions nous pencher là-dessus.
    Mon collègue a parlé des Canadiens qui sont détenus en captivité. Je dois souligner que tous les parlementaires devraient avoir honte de ce qui se passe dans le Nord de la Syrie. Il y a des Canadiens avec des enfants qui sont captifs dans le Nord de la Syrie, et notre pays refuse de les rapatrier. Ces enfants sont innocents.
    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa merveilleuse perspicacité. Je suis d’accord avec elle, particulièrement sur le fait que le Parti conservateur choisit de défendre les droits de la personne quand bon lui semble. Je me rappelle qu’hier, un député conservateur a voté contre une motion de consentement unanime qui dénonçait l’assassinat brutal d’une journaliste palestinienne. La liberté de la presse est le fondement de la démocratie.
    Je me demande si ma collègue serait d’accord avec moi quand j’affirme que, dans ce contexte, le comité doit accorder la priorité à tous les droits de la personne et non choisir ceux qui lui conviennent sur le moment.
    Le temps est écoulé. Je vais accorder 20 secondes à la députée pour répondre brièvement.
    Madame la Présidente, absolument, nous devons faire mieux.
    J'ai présenté une motion pour étudier les droits génésiques partout dans le monde, et les conservateurs s'y sont opposés. J'ai présenté une motion pour étudier les droits des Palestiniens, et les conservateurs s'y sont opposés. Nous devons examiner pourquoi le Parti conservateur accorde la priorité aux droits de ceux qui lui conviennent.

  (1145)  

    Madame la Présidente, je remercie le député de Wellington—Halton Hills d’avoir présenté cette motion aujourd’hui. Je remercie également ma collègue d’Edmonton Strathcona de m’avoir cédé une partie de son temps et de nous avoir fait part de son incroyable analyse. Je suis toujours très reconnaissante de pouvoir partager ces idées avec elle, qui m’en apprend chaque jour.
    Dans son discours, la députée d’Edmonton Strathcona a soulevé de nombreux points essentiels qui appellent une réflexion de la Chambre. Bien qu’il importe de rétablir le comité spécial chargé d’examiner tous les aspects des relations entre le Canada et la République populaire de Chine, je pense que nous devons le faire en tenant compte de toutes les questions que la députée a soulevées et en n’oubliant pas qu’il s’agit d’un comité particulier, d’un comité spécial. Cependant, il sera important de pouvoir aller au cœur de certaines questions essentielles pour déterminer la politique étrangère internationale du Canada.
    Je précise également que, lorsque je parle de la Chine aujourd’hui, c’est la République populaire de Chine, et non le peuple chinois que j’ai à l’esprit. On a beaucoup parlé de la nécessité de reprendre la discussion sur les études futures de ce comité spécial et, bien sûr, de poursuivre l’examen d’enjeux qui ont déjà été soulevés par l’ancien comité, mais qui n’ont pas été encore étudiés à fond.
    En tant que membre du Comité permanent de la défense nationale, je sais que nous sommes en train de mettre la dernière main à une étude sur l’analyse des menaces à la sécurité, la position du Canada dans ce monde en rapide évolution et la détérioration de nos relations avec la Chine. Cela faisait partie de l’étude, et c’est très préoccupant. Il ne suffit pas de dire que la Chine fait partie intégrante de notre avenir international, en ce qui a trait aux mesures et aux considérations en matière commerciale, économique, sociale ou de sécurité. Il s’agit de la façon dont nous avançons dans ce monde.
    Au moment où l’insécurité est exacerbée en raison de la guerre illégale que mène la Russie en Ukraine, nous devons veiller à ce que la Chine ne lui emboîte pas le pas, par exemple à Taïwan. Hier soir, j’ai eu l’honneur d’assister à la soirée taïwanaise, qui est une célébration du Bureau économique et culturel de Taipei, où de nombreux autres députés ont évoqué les contributions incroyables de Taïwan au reste du monde. Taïwan a été l’un des premiers pays à aider le Canada pendant la pandémie en nous envoyant un équipement de protection individuelle indispensable, et elle a expédié plus de 50 tonnes de fournitures médicales à l’Ukraine pour des considérations humanitaires urgentes.
    Cette tendance doit se poursuivre et s’accélérer. Nous devons l’appuyer. Je suis fière de voir le Canada se joindre à de nombreux alliés dans le monde pour défendre les principes démocratiques de la primauté du droit et l’ordre international fondé sur des règles en Ukraine. Encore une fois, comme ma collègue d’Edmonton Strathcona l’a si merveilleusement dit, avec beaucoup d’éloquence et de conviction, ce n’est pas toujours ce que fait le Canada.
    Nous devons cesser de choisir quels droits de la personne nous allons défendre. Il est temps que tous les partis, y compris le mien, fassent un sérieux examen de nos propres politiques internes, de notre détermination à lutter contre les violations des droits de la personne chez nous et ailleurs dans le monde, pour nos alliés et les pays qui ne sont pas encore alignés mais qui, espérons-le, le seront à l’avenir, afin de définir clairement les principes des droits internationaux de la personne et un ordre basé sur des règles pour tous.
    Comme je l’ai mentionné, je suis membre du comité de la défense nationale. Nous avons entendu des témoins nous dire clairement que la Chine pose un problème pour notre sécurité. Le Canada a envoyé le NCSM Winnipeg dans le détroit de Taïwan pour afficher son soutien à Taïwan et démontrer sa force face au comportement agressif de la République populaire de Chine.
    Ce n’est là que l’une des raisons pour lesquelles j’appuie cette motion et le rétablissement de ce comité. Ce comité devrait se concentrer sur le contexte de la sécurité mondiale. Il doit également se pencher, et j’insiste là-dessus, sur la nécessité absolue de trouver une solution à la crise diplomatique entre le Canada et la Chine. Nous devons examiner en profondeur les quatre dernières années et la mauvaise gestion de ce désastre diplomatique.
    Michael Kovrig et Michael Spavor ont été détenus pendant plus de trois ans. Ils ont vécu dans des conditions abjectes et ont été privés d’avocats ou de contacts avec leur famille respective. C’est une expérience terrible. Même s’ils ont été libérés, fort heureusement, comme mon collègue l’a souligné, beaucoup de personnes sont encore en détention. Je sais que cette question inquiète encore beaucoup les Canadiens de tout le pays.

  (1150)  

    Les Canadiens nous demandent de travailler ensemble et les néo-démocrates sont toujours disposés à le faire. Nous devons travailler ensemble pour améliorer la vie des Canadiens et de tous les citoyens du monde.
    Les Canadiens sont préoccupés par ce qui se passe en Chine. Ils se préoccupent depuis longtemps des manifestations qui se déroulent à Hong Kong. Ils s’inquiètent de ce qui arrive aux résidents de Hong Kong et aux citoyens canadiens qui y vivent. Ils se préoccupent des droits de la personne à Hong Kong et de l’imposition, par le gouvernement chinois, de la politique d’un seul pays, deux systèmes. Cette relation est complexe, certainement du point de vue des droits de la personne.
    Le Canada se préoccupe au plus haut point de la situation des Ouïghours. Nous devons trouver des moyens d’exercer des pressions sous toutes les formes pour tenter de régler une partie de ces problèmes. Bien entendu, nous nous préoccupons aussi du Tibet depuis longtemps.
    Je le répète, nous entretenons une relation complexe et des relations commerciales importantes avec la Chine. Nous avons vu à quel point la perturbation de ces échanges peut avoir des répercussions rapides et graves sur les Canadiens, surtout pour les agriculteurs canadiens qui produisent du canola, du soja, des pois, du bœuf et du porc. Ces perturbations ont coûté des millions et des millions de dollars aux Canadiens et aux agriculteurs. Certains problèmes ont été réglés, mais il en reste d’autres à régler. Nous devons prendre très au sérieux cette relation importante.
    Cette motion pourrait mettre en œuvre le genre de collaboration que les Canadiens veulent voir au sein du gouvernement du Canada. Nous avons encore un gouvernement libéral, qui me laisse parfois perplexe, mais d’autres voix se feront entendre. Je crois que la poursuite des travaux de ce comité dans une autre législature est un élément important de cette collaboration.
    Fait intéressant, mon collègue Jack Harris, l’ex-député de St. John’s‑Est, a parlé de la première demande des conservateurs pour la création de ce comité spécial en 2019. Il a parlé de cette collaboration. Bien qu’il ait récemment pris sa retraite, je suis certain qu’il a entendu plus que sa part de beaux discours et de colères à la Chambre, peut-être même parfois venant de lui. Je dois dire que cela a augmenté depuis son départ. Dans son discours à la Chambre, Jack avait déclaré ce qui suit à propos de l’ancien comité spécial Canada-Chine:
Le comité pourrait donc examiner toutes les facettes des relations sino-canadiennes et voir comment il serait possible d'aller au-delà de ce qui se fait maintenant et d'adopter d'autres méthodes pour améliorer ces relations. Peut-être découvrirons-nous des éléments qui nous avaient échappé ou de nouvelles possibilités.
    J’espère sincèrement que le gouvernement y verra une occasion de redéfinir le ton, d’établir une nouvelle relation et d’envoyer un signal à la Chine sur ce que nous voulons et sur la façon dont nous voulons y parvenir, ce que nous ne pourrions pas faire autrement au Parlement. Bien sûr, je ne peux pas préjuger de ce qui se passera au comité, mais les néo-démocrates ne veulent certainement pas faire de ce comité le terrain d'une autre bataille politique entre l'opposition et le gouvernement ou l'occasion de trouver des coupables. Une telle approche ne permettrait sûrement pas d'améliorer la situation.
    Comme mes collègues l’ont mentionné à juste titre au comité des affaires étrangères, ainsi que devant d’autres comités, c’est peut-être à ce moment-là que les choses traînent en longueur, lorsque nous n’abordons pas les questions clés ou que nous ne parlons pas de toutes les façons incroyables dont le Canada pourrait jouer un rôle important dans les discussions sur les droits de la personne. C’est une chose que de critiquer, bien entendu, les échecs du gouvernement. Je le fais moi-même, et ces échecs ne font aucun doute dans certains cas.
    Dans son discours, Jack Harris a déclaré:
     Nous devons reconnaître que la nature même des relations diplomatiques est justement diplomatique. L'ensemble des députés, tant ceux qui pourraient participer aux travaux de ce comité que les autres, doivent établir et maintenir ces relations dans un esprit de bonne volonté. C'est quelque chose qu'il ne faudrait jamais perdre de vue dans le cadre des travaux d'un tel comité. En effet, sans cet esprit de collaboration, la relation pourrait se dégrader. Pour les députés, ce sera un acte de foi et une occasion de mettre à l'épreuve leur volonté de collaborer et de vérifier si le Parlement est mûr pour créer et piloter un tel comité afin de trouver une solution qui répond aux besoins du Canada. Il s'agit aussi d'une occasion de formuler des critiques constructives, ou du moins, de tenter de découvrir ce qui fonctionne et ne fonctionne pas.
    Je conclurai mes observations en disant que nous appuyons cette motion de l'opposition. Un comité Canada-Chine est un outil important qui permet aux parlementaires de se pencher sur les nombreux enjeux qui touchent les Canadiens dans le cadre de nos relations avec la Chine. Nous appuyons la réinitialisation de cette relation. Nous voulons que les Canadiens sachent qu'ils sont en sécurité et qu'ils bénéficieront de cette relation importante et empreinte de défis.
    Madame la Présidente, je tiens tout d’abord à remercier ma collègue pour l’appui que le NPD accorde à cette motion.
    J’aimerais lui donner l’occasion de nous expliquer un peu l’un des aspects que ce comité devrait examiner, en détail à mon avis, à savoir les répercussions économiques ainsi que nos préoccupations à l’égard des chaînes d’approvisionnement mondiales et des chaînes d’approvisionnement entre le Canada et la Chine. J’aimerais également qu’elle nous parle des préoccupations liées aux changements climatiques, car la Chine est responsable de plus de 50 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Je voudrais qu’elle nous dise comment le comité devrait se pencher aussi sur ce problème.

  (1155)  

    Madame la Présidente, comme je l’ai dit, le comité a tellement de possibilités d’études. Il pourrait être saisi de tellement d’enjeux délicats. Cette étude nous offrirait une occasion incroyable d'examiner les impacts environnementaux de la Chine sur le monde, mais nous devons aussi nous pencher sur nos propres impacts et faire le point sur ce qui se passe à l’intérieur du pays. Nous pourrions ainsi non seulement critiquer, mais prendre les mesures nécessaires afin qu’il nous reste un monde à défendre.
    Madame la Présidente, je suis heureux d’entendre la députée de London—Fanshawe dire que tous nos collègues doivent tenir compte des droits de la personne dans le monde de façon plus générale. La députée d’Edmonton Strathcona avait proposé de le faire. Dans le cas de la vente d’armes à l’Arabie saoudite, par exemple, elle a suggéré de créer un deuxième comité des affaires étrangères pour examiner ce problème de façon plus générale, contrairement au comité proposé ici, qui se pencherait sur une relation particulière. Je me demande si la députée de London—Fanshawe pourrait nous en dire plus sur l’approche qu’elle préconise.
    Madame la Présidente, c’est une possibilité. Il est certain que les comités permanents créent souvent des sous-comités pour traiter de certaines questions. Il n'y a pas seulement eu des comités spéciaux, comme celui dont nous débattons aujourd’hui. J’imagine cependant que cette décision relève des comités, qui déterminent leur propre destinée. Il faudrait en arriver à un point où tous les partis à la Chambre s’entendent sur l’examen de ces violations des droits de la personne et de la position du Canada à cet égard.
    Malheureusement, comme mon collègue l’a mentionné, le Parti conservateur s’y refuse. Par conséquent, une partie de la collaboration dont nous devons débattre concerne la volonté d’examiner nos propres politiques internes et leurs incohérences.
    Madame la Présidente, je remercie beaucoup ma collègue de défendre les droits de la personne.
    Une chose que nous savons, et qu’elle nous a rappelée, c’est que les conservateurs ont signé l’Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers entre le Canada et la Chine, l’APIE, qui lie les générations futures pendant 31 ans à un accord commercial avec la Chine. Dans cet accord, si le gouvernement de la Chine, des sociétés d’État ou des entreprises chinoises se heurtent à des politiques sociales, environnementales et économiques qui nuisent à leurs profits, ils peuvent s’adresser à un tribunal secret. Ma collègue croit-elle que ce nouveau comité devrait avoir accès à toutes les notes de service du gouvernement de Stephen Harper sur les raisons pour lesquelles ces tribunaux sont tenus secrets?
    Madame la Présidente, mon collègue a tout à fait raison. C’est l’une des choses dont nous avons discuté ici, le droit démocratique à l’ouverture et au dialogue. Je trouve intéressant que les conservateurs et les libéraux continuent de jouer le même jeu tout en se critiquant les uns les autres.
    Pour ce qui est du secret, je me bats depuis longtemps contre l’insertion, sous quelque forme que ce soit, de dispositions sur le règlement des différends entre investisseurs et États dans les accords commerciaux. L’octroi de pouvoirs et de considérations particulières à un groupe plutôt qu’à un autre ne doit tout simplement pas se produire. Cela n’existe pas dans la notion de démocratie que je veux voir se développer dans notre monde.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec mon collègue, le député de Selkirk—Interlake—Eastman.
    Je prends la parole aujourd’hui pour discuter de cette proposition de créer un comité spécial sur les relations entre le Canada et la Chine. D’entrée de jeu, je tiens à préciser que nous n’avons rien contre le peuple chinois, qui a apporté une énorme contribution à l’humanité. À titre de parlementaire, j’ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour le peuple chinois. Les Canadiens d’origine et d'ascendance chinoises ont contribué à l’édification de notre pays et en ont fait un bien meilleur endroit où vivre. On ne saurait trop insister sur leur contribution. Nous nous opposons au Parti communiste chinois. Dans mon allocution d’aujourd’hui, lorsque je parle de la Chine, je tiens à préciser que je parle dans tous les cas du Parti communiste chinois.
    Certains députés se demandent pourquoi nous avons besoin de ce comité consacré expressément aux relations entre le Canada et la Chine, pourquoi nous devons étudier nos relations avec la Chine et pourquoi les conservateurs sont si préoccupés par le Parti communiste chinois. C’est que les conservateurs considèrent la relation du Canada avec le régime autoritaire chinois comme la relation de politique étrangère la plus importante à laquelle notre pays fera face au cours d'une génération. Par ses politiques de répression et d’agression, la Chine effraie autant ses voisins que des pays éloignés.
    Au cours des dernières années, la Chine a résolument pris de l’expansion sur plusieurs fronts. La diplomatie véhémente du loup guerrier a remplacé la diplomatie de l’amitié. Les offenses réelles ou imaginaires de la part d’étrangers, aussi minces soient-elles, sont condamnées à la façon nord-coréenne. Une attitude combative s’est infiltrée dans tous les aspects de la politique étrangère de la Chine, et elle place de nombreux pays devant leur pire menace depuis des générations.
    Cette menace est particulièrement évidente en Asie de l’Est, où la Chine prend des mesures énergiques pour cimenter ses vastes revendications territoriales. Pékin construit des navires de guerre plus rapidement que tout autre pays depuis la Seconde Guerre mondiale, et a inondé les voies maritimes asiatiques de bateaux de pêche et de navires de la garde côtière chinoise. Le régime chinois a établi des avant-postes militaires dans toute la mer de Chine méridionale et a sensiblement accru le recours à l'éperonnage des navires et aux interceptions aériennes pour chasser ses voisins des zones contestées. Dans le détroit de Taïwan, des patrouilles militaires chinoises, certaines comptant une dizaine de navires de guerre et plus d'une cinquantaine d’avions de combat, sillonnent la mer presque tous les jours et simulent des attaques contre des cibles taïwanaises et américaines.
    La Chine est également passée à l’offensive dans le domaine économique.
    Son plus récent plan quinquennal prévoit la domination de ce que les autorités chinoises appellent des « goulots d’étranglement », c’est-à-dire les biens et les services dont les autres pays ne peuvent pas se passer, puis d’utiliser cette domination, en la jumelant à l’attrait du marché intérieur de la Chine, pour forcer les pays à faire des concessions. La Chine est devenue le principal émetteur de prêts à l’étranger et plus de 150 pays ont contracté auprès d'elle des dettes d'une valeur totale de plus de 1 billion de dollars. Elle a massivement subventionné des industries stratégiques pour obtenir un monopole sur des centaines de produits essentiels, et elle a monopolisé les composantes matérielles des réseaux numériques dans des dizaines de pays.
    Armé d’un tel levier économique, le régime chinois a eu recours à la coercition contre plus d’une dizaine de pays au cours des dernières années. Dans bien des cas, la peine a été disproportionnée par rapport au crime présumé. Par exemple, la Chine impose des droits de douane sur de nombreuses exportations de l’Australie depuis que ce pays a demandé une enquête internationale sur les origines de la COVID‑19, et ici au Canada, lorsque la Chine a voulu bafouer nos tribunaux et la primauté du droit pour faire libérer Meng Wanzhou, elle a interdit le canola canadien, ce qui a coûté plus de 2 milliards de dollars à ce secteur. Plus tard la même année, le régime chinois a suspendu les importations de bœuf canadien et a imposé des sanctions contre notre collègue à la Chambre, le député de Wellington—Halton Hills.
    La Chine a recours aux subventions et à l’espionnage pour aider ses entreprises à dominer les marchés mondiaux et pour protéger son marché intérieur au moyen de barrières non tarifaires. Elle censure les idées et les entreprises étrangères sur son propre Internet et accède librement à l’Internet mondial pour voler la propriété intellectuelle et diffuser la propagande du Parti communiste chinois. La Chine est également devenue une puissante force antidémocratique et elle vend des outils perfectionnés de tyrannie partout dans le monde.
    En combinant les caméras de surveillance avec les technologies de surveillance des médias sociaux, d’intelligence artificielle, de biométrie et de reconnaissance vocale et faciale, le gouvernement chinois a mis au point un système qui permet aux dictateurs de surveiller constamment les citoyens et de les punir instantanément en bloquant leur accès au financement, à l’éducation, à l’emploi, aux télécommunications ou aux voyages. Il s’agit là de l’outil rêvé d’un despote, et les entreprises chinoises en vendent et en exploitent déjà certaines composantes dans plus de 80 pays.

  (1200)  

    Il est temps que ce gouvernement prenne au sérieux les menaces que les dirigeants communistes de Pékin font peser sur les intérêts nationaux et la sécurité du Canada, ainsi que sur nos intérêts et nos valeurs. Par exemple, cela fait plus d’un an, et le gouvernement libéral n’a toujours pas publié la stratégie indo-pacifique.
    Ce comité est essentiel pour examiner l’ensemble de ces défis et menaces. Il serait multipartite et multidisciplinaire, et aurait la capacité d’examiner tous les aspects de la relation entre le Canada et la Chine, des cas consulaires complexes aux questions de sécurité nationale, en passant par le commerce et les affaires mondiales, dans le contexte d’un comité qui pourrait se réunir à huis clos pour examiner des renseignements délicats.
    Il est crucial que nous maintenions le rôle du Canada dans la défense de l’ordre international fondé sur des règles. Le Canada doit jouer son rôle traditionnel de pivot, comme nous a qualifiés Winston Churchill, entre l’Europe et l’Amérique. Nous sommes membres du G7, de l’OTAN, du NORAD et du Groupe des cinq. Pour un pays qui compte peu d’habitants, le Canada se surpasse lorsqu’il s’agit d’établir les relations nécessaires pour influencer ses intérêts nationaux, la liberté des autres et les intérêts de l’alliance occidentale.
    Nous n’avons pas besoin d’une étude de trois jours au sein d’un comité permanent. Nous avons besoin d’un comité spécialisé, multidisciplinaire, capable de se pencher non seulement sur les cas consulaires complexes, mais aussi sur le commerce, la défense, la sécurité et les actes posés par la Chine et leurs répercussions. Nous devons nous attaquer aux complexités morales et éthiques d’une relation commerciale bilatérale avec un pays dont ce Parlement a déclaré qu’il commettait un génocide contre le peuple ouïghour.
    La Chine est un pays qui érode rapidement la forte démocratie de Hong Kong. C’est un pays qui, pas plus tard qu’en février, a signé avec la Russie un accord à long terme et de grande portée qui remet en cause les États‑Unis en tant que puissance mondiale, l’OTAN en tant que pierre angulaire de la sécurité internationale et la démocratie libérale en tant que modèle pour le monde. Il s’agit d’un pays dont les aspirations à l’égard de Taïwan pourraient être enhardies par la guerre brutale et tyrannique menée par M. Poutine en Ukraine. En outre, nous devons être toujours conscients de la menace d’espionnage dans un monde numérique.
    Toute cette bellicosité et cette belligérance de la part de la Chine ne fonctionnent tout simplement pas. En fait, elles ne font que déclencher une réaction internationale, une réaction que notre premier ministre ne semble pas avoir pleinement comprise. C’est pourquoi nous avons besoin d’un comité, indépendant du Cabinet du premier ministre et du pouvoir exécutif, pour étudier ces questions et examiner sérieusement nos relations avec la Chine.
    Nous n’avons jamais eu de doute sur ce que veut la Chine, parce que les dirigeants chinois prônent les mêmes objectifs depuis des décennies: maintenir le Parti communiste chinois au pouvoir, ramener Taïwan dans son giron, contrôler la mer de Chine orientale et la mer de Chine méridionale et redonner à la Chine la place qui lui revient en tant que puissance dominante en Asie et en tant que pays le plus puissant du monde.
    Faire concurrence à la Chine et freiner ses ambitions ne se fera pas sans risque pour le Canada et ses alliés, mais c’est peut-être la seule façon d’éviter des dangers encore plus grands. C’est pourquoi il est essentiel de rétablir le comité sur les relations sino-canadiennes afin que tous les parlementaires puissent étudier la question, examiner sérieusement les enjeux et trouver le meilleur moyen de protéger nos intérêts et notre souveraineté.
    J'aimerais conclure par un proverbe chinois: « Un voyage de mille milles commence par un pas. » Je demande humblement à mes collègues de la Chambre que nous fassions ce premier pas ensemble.

  (1205)  

[Français]

    Madame la Présidente, mon collègue a sûrement entendu l'argument du gouvernement voulant qu'il ne soit pas besoin d'un tel comité puisque le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international pourrait faire ce travail.
     On sait que le totalitarisme et la politique étrangère pratiqués par la République populaire de Chine engendrent des situations transversales. Il n'y a qu'à penser à la question de Huawei, à la répression à Hong Kong, à Taïwan ou à ce qui s'est passé au laboratoire de Winnipeg.
     Bref, ce comité pourrait examiner de nombreux dossiers, quitte ensuite à ce que les comités permanents fouillent davantage les questions qu'il aurait débroussaillées.
     Pour rallier l'assentiment de tout le monde aujourd'hui, mon collègue ne croit-il pas qu'il serait plus judicieux que le mandat de ce comité soit limité dans le temps et prenne fin à une date précise? Il semble y avoir une crainte que ce comité devienne permanent.

[Traduction]

    Madame la Présidente. C’est très simple. Le comité des affaires étrangères a tellement de dossiers à étudier et notre relation avec la Chine est tellement complexe et multidimensionnelle que nous devons créer un nouveau comité pour l’étudier. Mon collègue a mentionné deux ou trois dossiers, mais la liste est longue: Huawei, Hong Kong, Taïwan, les Ouïghours, le Tibet et le récent pacte avec la Russie, les questions commerciales, l’espionnage et les droits de la personne. Le comité des affaires étrangères ne dispose tout simplement pas des ressources et du temps nécessaire pour se pencher sur tous ces dossiers.
    Il est tout à fait raisonnable de se poser des questions sur le calendrier du comité. Voyons comment se déroulera le débat.

  (1210)  

    Madame la Présidente, je trouve risible que les conservateurs parlent du Parti communiste chinois actuel comme s’il n’était pas le même que lorsque Harper a signé l’APIE. Je vais mentionner certaines des façons dont cet accord a été décrit: absolument « naïf », une « capitulation devant la Chine sur tous les points », et « les conditions acceptées par Ottawa sont sans précédent et feraient rire la Grande-Bretagne, Bruxelles, Canberra ou Washington. Pékin a négocié un accord “pile, je gagne, face, le Canada perd” ».
    Le député ne convient-il pas qu’une grande partie du malaise que nous connaissons actuellement avec la Chine sur le plan économique est attribuable à l’entente de 31 ans que le gouvernement Harper a signée lorsqu’il était au pouvoir?
    Madame la Présidente, ce qui est risible, c’est que le député semble vouloir vivre sept ans dans le passé. Le monde a considérablement changé. Comme je l’ai dit dans mon discours, nous devons prendre le rôle de la Chine dans le monde très au sérieux, particulièrement dans le contexte de l’invasion de l’Ukraine par M. Poutine, de la façon dont le président Xi Jinping perçoit cette agression et de l’incidence que cela pourrait avoir sur ses décisions concernant Taïwan.
    Ce qui est risible, c’est que le député vit en 2015 alors qu’il devrait vivre en 2022.
    Madame la Présidente, mon collègue vient d’énumérer une foule de raisons. Nous pouvons remonter dans l’histoire autant que nous le voulons, mais nous avons actuellement une guerre dans le monde qui a commencé il y a environ deux mois avec l’Ukraine. Cela change la dynamique de toutes nos possibilités d’exportation dans ce pays. Cela change même le rôle de nos exportations vers nos alliés d’Europe occidentale, qui sont d’autant plus importantes que ces ressources naturelles, et je fais partie de ce comité, sont également touchées par les événements en Chine. Nous avons vu l’ingérence qu’elle a eue dans notre propre processus démocratique ici, au Canada, et il est beaucoup plus pertinent de parler de cela maintenant que par le passé.
    Madame la Présidente, la question touche à deux domaines importants. En ce qui concerne la sécurité alimentaire et la sécurité énergétique en Europe, le monde a changé en février lorsque M. Poutine a envahi l’Ukraine. C’est un point très important. Il ne devrait échapper à aucun député que la sécurité alimentaire touche les pays du monde entier, y compris la Chine.
    C’est une autre raison pour laquelle nous avons besoin de ce comité: pour que nous puissions bien analyser et bien comprendre les conséquences géopolitiques de la position de la Chine sur toute une série de questions.
    Madame la Présidente, c’est un honneur pour moi de prendre la parole pour parler du rétablissement du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes et du travail que nous devons faire au sujet de nos relations avec la Chine.
    Je tiens à remercier le député de Charleswood-St. James-Assiniboia-Headingley de ses propos très fermes et à remercier aussi tous les députés tandis que nous envisageons d’entreprendre ce travail important.
    Le mois de mai est le Mois du patrimoine asiatique et je tiens à souligner toutes les contributions importantes des Canadiens d’origine asiatique et chinoise à ce pays. Je tiens à mentionner l’honorable Philip Lee, qui était lieutenant-gouverneur du Manitoba, et l’excellent travail qu’il a accompli en représentant la Couronne au Manitoba, ce qu’il a fait avec dignité et grâce. C’était un excellent représentant du gouvernement du Manitoba.
    Il y a quelques jours, plusieurs de mes collègues se trouvaient sur la pelouse devant le Parlement à parler du 30e anniversaire de Falun Dafa et de la journée du Falun Dafa. Nous avons parlé de toutes les contributions importantes des Canadiens d’origine asiatique au Canada. Nous voyons comment les adeptes du Falun Gong sont venus ici et comment ils mettent en pratique ce qu’ils prêchent: la vérité, la compassion et la tolérance. Ils ont apporté ces qualités et ces valeurs au Canada et notre pays en est meilleur.
    Malheureusement, en Chine, les adeptes du Falun Gong sont persécutés, arrêtés, victimes du prélèvement illégal d’organes — ce qui est révoltant — et brutalisés par le régime communiste de Pékin. Ils attendent de nous que nous utilisions ce comité pour faire la lumière sur ce qui se passe sous le régime communiste et y mettre fin en sanctionnant ceux qui profitent du prélèvement illégal d’organes. Nous devons faire en sorte qu’une mesure législative soit adoptée. D'ailleurs, un projet de loi du Sénat, le projet de loi S‑223, s'attaquerait à ce problème. Grâce à ce projet de loi, nous pourrions exiger des comptes non seulement à ceux qui commettent ces atrocités en Chine, mais aussi à ceux qui, de par le monde, paient pour profiter de ces organes d’une façon qui serait jugée illégale au Canada. Nous devons mettre un terme à cette pratique.
    En ce qui concerne le travail éventuel du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, il peut creuser la question des violations des droits de la personne dont sont victimes non seulement les adeptes du Falun Gong que je mentionnais, mais aussi les Ouïghours, les Tibétains, les chrétiens et d’autres groupes religieux minoritaires dans toute la Chine qui sont totalement mis au ban de la société par le régime de Pékin. Nous savons qu’ils n’ont pas la liberté de pratiquer leur religion. Nous savons qu’ils ne peuvent pas se rassembler pacifiquement parce qu’ils seront arrêtés et qu’ils finiront en prison ou aux travaux forcés. Nous voyons de plus en plus le gouvernement chinois utiliser les membres de différentes ethnies et religions comme forçats, et nous devons nous assurer qu’aucune entreprise canadienne ne profite de cette main-d’œuvre forcée illégale ou n’utilise de chaînes d’approvisionnement qui en profitent.
    Nous avons parlé des chaînes d’approvisionnement. Au Canada, pendant la pandémie, les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées, en partie parce qu’une grande partie de ces produits viennent de la Chine. Nous devons exercer un contrôle souverain sur une grande partie de ces chaînes d’approvisionnement. Nous devons travailler avec nos amis et alliés dans le monde afin d’avoir des chaînes d’approvisionnement fiables, afin d’obtenir les puces électroniques pour les voitures qui sont actuellement immobilisées dans des stationnements et chez des concessionnaires automobiles dans tout le pays; elles ne peuvent pas bouger parce qu’il leur manque certaines des puces informatiques requises pour leur fonctionnement.
    Nous savons que les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées en ce qui concerne l’EPI et que nous avons dû faire des pieds et des mains parce que la Chine continentale n’était pas disposée à nous fournir ce dont nous avions désespérément besoin. Nous devons examiner comment nous pouvons renforcer notre chaîne d’approvisionnement et travailler davantage avec nos alliés et nos partenaires commerciaux sans que des entreprises chinoises, qui sont souvent contrôlées par l’État, n’interviennent dans cette chaîne d’approvisionnement et ne la perturbent. Pour notre propre économie, pour nos propres citoyens, il est important que nous ayons le contrôle. C’est une question de sécurité nationale.

  (1215)  

    L’une des plus grandes déceptions de ces six dernières années sous le gouvernement libéral, et maintenant sous la coalition libérale—néo-démocrate, c’est que Huawei est toujours là comme fournisseur éventuel de la technologie 5G pour notre système cellulaire mobile et nos systèmes sans fil. Nous savons que Huawei a été liée à des activités d’espionnage dans le monde. C’est pourquoi nos partenaires du Groupe des cinq, les États‑Unis, le Royaume‑Uni, l’Australie et la Nouvelle‑Zélande, ont tous banni Huawei de leurs systèmes mobiles, et pourtant, nous hésitons toujours parce que le gouvernement ne peut pas se décider. C’est méprisable. Nous devons prendre ces décisions.
    Nous pouvons voir comment Huawei en particulier a fonctionné, même ici, au Canada. Lorsque j’étais secrétaire parlementaire du ministre de la Défense nationale, nous avons repris le campus de Nortel, quand cette entreprise a malheureusement fermé ses portes, et nous en avons fait le nouveau campus de la Défense nationale. Il a fallu des années pour nettoyer tous les commutateurs et le câblage installés par Huawei, qui avait la capacité d’espionner Nortel et, en fin de compte, la Défense nationale lorsqu’elle a pris possession de ces bâtiments. La Défense nationale n’était pas présente lorsque ces dispositifs ont été installés sur le campus de Nortel, et ils n’étaient pas destinés à être utilisés contre la Défense nationale, mais avec l’arrivée de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes sur le campus de Nortel, la dynamique a complètement changé.
     Les antécédents de Huawei, en tant qu’entité qui n’est pas digne de confiance, sont énormes. Elle est sous le contrôle du Parti communiste chinois par le truchement de sa propre charte de société, et elle doit coopérer avec le gouvernement chinois lorsqu’il veut que Huawei espionne d’autres nations, sociétés ou particuliers. Nous devons être très directs dans la façon dont nous traitons cette question.
    L’une des choses que le comité devrait examiner est la façon dont le Canada pourrait se joindre à certaines des discussions sur la sécurité nationale qui ont lieu à l’échelle mondiale. Dans le Pacifique, il y a déjà ce qu’on appelle le dialogue quadrilatéral, qui comprend l’Inde, le Japon, les États‑Unis et l’Australie. Le Canada ne fait pas partie de cette discussion, et il devrait le faire.
    Ce comité devrait examiner comment le Canada peut participer aux discussions visant à renforcer la région indo-pacifique, comment nous pouvons contrecarrer certains des jeux géopolitiques auxquels se livre le régime communiste de Pékin dans la mer de Chine méridionale, la façon dont il tente d'intimider Taïwan, a mis en place un nouvel administrateur à Hong Kong et continue de violer les libertés démocratiques et civiles de la communauté chinoise à Hong Kong, qui compte 300 000 Canadiens. Nous devons nous assurer de traiter cette question au sein du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes.
    L’autre organisation qui vient d’être mise sur pied repose sur un accord de coopération en matière de défense nationale appelé AUKUS, qui regroupe l’Australie, le Royaume‑Uni et les États‑Unis. Ils coopèrent non seulement en matière de partage de renseignements, comme le fait le Groupe des cinq, mais aussi sur des questions de défense nationale, notamment en dotant la marine australienne de sous-marins, ainsi qu’en matière de formation, de coopération et de collaboration accrues entre ces trois alliés du Canada.
    Nous devrions faire partie de ce groupe. Il est peut-être trop tard pour que nous y adhérions, et il faudrait peut-être trouver un moyen de faire avancer les choses pour que le Canada puisse être partie à cet accord de sécurité, mais nous sommes une nation pacifique. En tant que nation pacifique, nous devrions participer davantage aux questions de défense dans le Pacifique Sud et, en fait, dans la région indo-pacifique, pour faire contrepoids à ce qui se passe dans la sphère géopolitique chinoise et à la façon dont la Chine essaie d’exercer son influence et éventuellement d’utiliser la force tandis qu’elle développe son armée à des degrés que nous n’avons jamais vus.
    Enfin, en examinant la Chine dans ce comité, nous devons également nous pencher sur la manière dont la Chine est utilisée pour faire entrer en douce des marchandises russes et enrichir la machine militaire russe que nous voyons faire la guerre en Ukraine aujourd’hui. Nous devons veiller à faire contrepoids à cela, en examinant la Chine et en essayant de l’amener à ne plus enrichir Poutine et ses kleptocrates. Nous devons veiller à imposer davantage de sanctions à la Russie, et cela signifie parler à la Chine de la manière dont elle devrait respecter la primauté du droit dans les accords internationaux que nous avons et isoler la Russie, plutôt que de l’enrichir pour qu’elle puisse faire la guerre au grand peuple de l'Ukraine.

  (1220)  

    Madame la Présidente, j’ai sous les yeux un article intitulé « Les contrats canadiens d’une entreprise chinoise soulèvent des problèmes de sécurité: interdit aux États-Unis et en Australie, le géant de la technologie Huawei s’implante au Canada ». C’est un article qui remonte à 2012, et l’ancien premier ministre Stephen Harper y fait l’éloge de Huawei.
    Le député a fait remarquer tout à l’heure que la charte de Huawei l’assujettit au contrôle du Parti communiste chinois. Est-ce que cette charte existait en 2012?
    Madame la Présidente, je déplore que mon collègue en soit réduit à remonter 10 ans en arrière pour trouver un article qui lie notre ancien gouvernement à Huawei.
    Je dirai que cela fait un certain temps que Huawei essaie de s’incruster dans les systèmes canadiens et américains. Elle avait accès à la technologie 3G et fournissait cette technologie au Canada, aux États-Unis et aux pays européens. À l’époque, il y a 10 ans, tout le monde espérait que le régime communiste de Pékin se convertirait à l’économie de marché et respecterait les droits de la personne, la démocratie et les libertés civiles.
    Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Nous en savons bien davantage sur cette entreprise, et nous devrions la bannir du territoire.

  (1225)  

[Français]

    Madame la Présidente, mon collègue a critiqué ceux qui profitent des largesses du régime chinois.
    Parmi les personnes qui auraient profité des largesses de ce régime, on retrouve Jean Charest, qui est candidat à la direction du Parti conservateur. Il aurait reçu potentiellement des dizaines de milliers de dollars d'un appendice du régime communiste qu'on appelle Huawei.
    J'en appelle aux connaissances de mon collègue qui siège à la Chambre depuis plus longtemps que moi. Est-ce que l'étude des contrats entre Jean Charest et Huawei relèverait plus du nouveau comité proposé par les conservateurs ou davantage du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, auquel mon collègue de Selkirk—Interlake—Eastman siège?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je tiens à affirmer clairement que j’appuie la candidature du député de Carleton dans la course à la direction du parti, et que je partage certaines des inquiétudes de mon collègue du Bloc.
    Revenons-en à Huawei. Nous savons que nos quatre partenaires du Groupe des cinq, les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, ont interdit Huawei sur leur territoire. Pourquoi le Canada continue-t-il de tergiverser?
    Pendant un certain temps, on nous a dit qu’il fallait attendre la libération des deux Michael qui étaient détenus à Pékin. Maintenant qu’ils ont été libérés et qu’ils sont au Canada, pourquoi continuons-nous de tergiverser? Qu’attendons-nous pour interdire à Huawei d’avoir accès à notre réseau 5G?
    Madame la Présidente, c’est le gouvernement conservateur de Stephen Harper qui a conclu une entente commerciale pour autoriser une entreprise appartenant à l’État chinois de se porter acquéreur d’un vaste projet de sables bitumineux. C’est le gouvernement conservateur qui a signé l’Accord sur la protection des investissements étrangers entre le Canada et la Chine. Les conservateurs nous prennent pour des amnésiques. Ils préféreraient qu’on ne se souvienne pas de ces ententes commerciales, mais malheureusement, cette entente-là nous lie pendant 31 ans à un accord commercial avec la Chine. C’est cela qui nous cause des problèmes aujourd’hui et qui en causera aux générations suivantes. Le gouvernement conservateur a signé un accord qui permet aux entreprises non seulement de réclamer des indemnités, mais aussi de le faire dans le plus grand secret, à la discrétion de la partie poursuivie.
    Le député estime-t-il que ce comité devrait avoir accès à tous les documents portant sur les raisons qui ont conduit les conservateurs à autoriser le tribunal à procéder dans le plus grand secret?
    Madame la Présidente, voici ma réponse à la question du député d'arrière-ban libéral—néo-démocrate. À une certaine époque, il y a à peu près 10 ans, nous avons essayé d’intégrer davantage la Chine dans le système de libre marché et de l'amener à collaborer avec les pays capitalistes et avec les nations démocratiques. Nous constatons aujourd’hui que c’était stupide. Je suis extrêmement préoccupé par le fait que nos ressources naturelles soient contrôlées par des entreprises qui appartiennent à l’État chinois et qui, par conséquent, sont assujetties au régime communiste de Pékin.
    J’estime que le comité devra décider lui-même à quels documents il veut avoir accès. Il ne faut négliger aucune piste. Je pense qu’au final, cela servira les intérêts du Canada, les intérêts de la population chinoise et même les intérêts des Canadiens d'origine chinoise, qui verront que nous sommes capables de collaborer davantage avec eux et d’apprécier leur contribution à notre pays.
    Madame la Présidente, je compte partager mon temps de parole avec le député de Kings—Hants.
    La motion que les conservateurs ont présentée en cette journée de l’opposition contient deux propositions que j'appuie. Or, je suis en complet désaccord avec son objectif, qui est de mettre sur pied un comité spécial chargé d’examiner tous les aspects de la relation Canada-Chine.
    Même si c’est une bonne chose de prendre le temps de réexaminer les relations que le Canada entretient avec un pays, afin de les améliorer ou de les renforcer, l’objectif de cette motion est de créer une instance qui contribuera à dégrader encore davantage notre relation avec la Chine. En effet, cette motion va offrir une tribune à des adversaires impitoyables et partiaux de la Chine. Certes, il y a des choses à dénoncer à propos de ce pays, mais je ne pense pas qu’il sortira quoi que ce soit de positif de ce futur comité.
    Avant de parler des désavantages d’un tel comité, je vais dire quelques mots sur les propositions auxquelles je suis favorable. Premièrement, la motion indique que les Canadiens d’origine chinoise ont apporté au Canada une contribution incommensurable. C’est tout à fait vrai. Notre merveilleux pays, le Canada, est l’image même d’un pays où règne une extraordinaire diversité culturelle, ethnique, linguistique et religieuse.
    Je profite de l’occasion pour saluer les contributions importantes que les Canadiens d'origine chinoise ont apportées et continuent d’apporter à l’héritage socio-économique, politique et culturel du Canada. C’est au XVIIIe siècle que les premiers immigrants chinois sont arrivés au Canada, mais leur nombre s’est grandement intensifié à la fin du XIXe siècle. La vie n’a pas toujours été facile pour eux, et les Canadiens d'origine chinoise continuent d’être victimes de discrimination.
    Si cette motion est adoptée et que le comité est créé, je crains que les Canadiens d'origine chinoise ne soient encore plus stigmatisés. Malgré la discrimination dont ils sont victimes depuis longtemps, grâce à leur dur labeur et leur détermination, ils ont réussi à exploiter les débouchés qui leur étaient offerts et ont connu du succès dans toutes les sphères de la société, dans les arts, dans les sciences, dans les sports, dans les affaires et au gouvernement. Autrement dit, les Canadiens d'origine chinoise ont largement contribué à la création d’un Canada prospère et dynamique.
    La deuxième proposition de la motion sur laquelle je suis d'accord reconnaît que les Chinois font partie d’une civilisation ancienne qui a apporté une grande contribution à l’humanité. Encore une fois, je suis tout à fait d’accord. La Chine est un pays dont la civilisation est vieille de 5 000 ans. Tout au long de leur histoire, les Chinois ont été à l’origine de grands progrès dans de nombreux domaines, notamment la fabrication du papier, l’imprimerie, la poudre à canon et la boussole.
    À part ces deux propositions, tout le reste de la motion vise à mettre sur pied une tribune qui contribuera à la dégradation des relations sino-canadiennes, ce qui ne manquera pas de nuire aux intérêts du Canada.
    Si ce comité est créé, je m’attends, d’abord, à une plus grande stigmatisation des Canadiens d’origine chinoise. Nous avons observé récemment une recrudescence du racisme anti-asiatique. Les discours que j’ai entendus et qui ne manqueront pas d’être répétés devant ce comité ne feront que stigmatiser encore davantage les 1,8 million de Sino-Canadiens qui représentent plus de 5 % de la population.
    Le deuxième effet négatif qu’aura la création de ce comité sera la détérioration de nos relations avec l’un de nos principaux partenaires commerciaux, ce qui aura un impact sur nos entreprises. La Chine est l’un de nos principaux partenaires commerciaux. Les exportations canadiennes vers la Chine ont représenté en 2021 plus de 29 milliards de dollars. Les importations canadiennes en provenance de la Chine ont représenté environ 86 milliards de dollars.
    Outre les produits ordinaires, à faible technologie, la Chine est, pour le monde entier, un gros fournisseur de produits de haute technologie, qu’il s’agisse d’équipements de télécommunications ou de batteries pour les véhicules électriques. La Chine est aussi le centre de fabrication de nombreux produits dont nos industries ont besoin.
    Les défenseurs de la motion semblent vivre dans un monde imaginaire où il n’y aurait plus de Chine. Ne nous méprenons pas. La Chine va continuer d’être une grande puissance économique mondiale. Les entreprises canadiennes ont besoin d’entretenir de bonnes relations commerciales avec la Chine, et je crains que cette motion, si elle est adoptée, n’ait l’effet contraire.

  (1230)  

    Le troisième effet qu’aura la création de ce comité sera d’entraver l’arrivée au Canada des ressources les plus précieuses, c’est-à-dire d’immigrants qualifiés. La Chine est en effet, depuis longtemps, un vivier important d’immigrants qualifiés.
    Les immigrants chinois très qualifiés représentent aujourd’hui un segment important de notre économie du savoir. Même si je ne m’attends pas à une diminution spectaculaire du nombre d’immigrants en provenance de Chine, des discours aussi radicaux ne manqueront pas d’entraver les efforts des employeurs pour recruter et faire venir les esprits les plus brillants au Canada.
    Le quatrième effet négatif qu’aura la création de ce comité sera une nouvelle baisse du nombre d’étudiants chinois dans les nouvelles technologies et, partant, une nouvelle baisse du nombre de ces étudiants très qualifiés qui décideront de devenir résidents permanents et ensuite de demander la nationalité canadienne.
    Dans une économie du savoir, ce ne sont pas les ressources naturelles qui nous donnent la prospérité ou un avantage concurrentiel. Ce sont le savoir, l’expertise et les compétences de la nouvelle génération qui assureront notre prospérité. Dans l’économie numérique, ce sont les jeunes diplômés talentueux d’aujourd’hui qui vont nous donner un avantage concurrentiel.
    La Chine est la deuxième source d’étudiants étrangers au Canada, mais la tendance est à la baisse. Leur nombre a diminué d’environ 10 % en 2021. Le déclin a commencé en 2019 et s’est accéléré pendant la pandémie. Adopter une diplomatie tonitruante contre la Chine ne fera qu’aggraver le problème.
    Est-ce que la Chine est parfaite? Non. La Chine fait fi de la volonté de Taïwan, qui est pourtant reconnue comme une entité économique viable et une démocratie dynamique. La Chine a détruit la culture et l’héritage de nombreuses minorités ainsi que l’identité des Tibétains et des Ouïghours, et nous avons raison d’être inquiets pour le peuple de Hong Kong.
    Comme l’a dit un analyste, la Chine n’est ni aussi bienveillante qu’elle le prétend, ni aussi maléfique qu’on le dit. Je me permets de citer Jeremy Paltiel, spécialiste de la Chine à l’Université Carleton, qui affirmait dans un article sur Global News, le 8 mai 2021, que considérer la Chine soit comme un ami, soit comme un ennemi est une vision trop simpliste. Pour lui, c’est une fausse dichotomie. « La Chine peut être différente sans être un ennemi. » Cette façon nuancée d’appréhender les choses peut être utile à des pays comme le Canada qui font face à des enjeux délicats, y compris les droits de la personne.
    Pour avoir une bonne relation avec la Chine, il faut être conscient des différences sans nécessairement les approuver ou même les accepter. Comprendre n’est pas la même chose que pardonner. « Il faut être capable de se parler malgré les différences et sans définir ces “différences” comme étant “l’ennemi” », de dire Paltiel, « et si nous sommes incapables d’y parvenir, nous sommes incapables de vivre dans un monde diversifié ».
    Pour conclure, je dirai que cette motion ne sert pas les intérêts du Canada et des Canadiens. Lorsqu’il a comparu devant le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, pendant la législature précédente, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Canada et ancien député fédéral de Notre-Dame-de-Grâce—Westmount a présenté une approche en quatre « C » pour les relations du Canada avec la Chine: concurrencer, coopérer, contester et coexister.
    Il a poursuivi en disant que « la Chine est en train d’acquérir rapidement une influence planétaire avec laquelle tous les pays devront apprendre à coexister. Cela signifie que nous devons être capables de savoir quand il est nécessaire de coopérer avec elle », avant d’ajouter que « cela signifie également que nous devons concurrencer la Chine sur le plan commercial et sur le plan de nos valeurs. Cela signifie également que nous devons être capables de contester la Chine en cas de violation des droits de la personne ou lorsque des citoyens ou des intérêts canadiens sont mis en péril ».

  (1235)  

    Malheureusement, l’objectif des défenseurs de cette motion n’est pas d’avoir des discussions approfondies, mais plutôt de nuire aux relations que le Canada entretient avec la Chine...
    Le temps est écoulé.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Courtenay—Alberni a la parole.
    Madame la Présidente, la motion présentée par les conservateurs porte sur l'étude des relations entre la Chine et le Canada. Encore une fois, les conservateurs voudraient que nous soyons frappés d'amnésie ou que nous leur pardonnions d'avoir signé l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers entre le Canada et la Chine, d'avoir essentiellement permis aux entreprises d'État chinoises d'acheter une grande partie des sables bitumineux et d'avoir conclu un accord commercial qui a préséance sur les gouvernements provinciaux, les administrations locales et les droits des Autochtones.
    Mon collègue pense-t-il que nous devrions étudier l'APIE entre le Canada et la Chine et que nous devrions avoir accès à toute l'information, notamment les raisons pour lesquelles les conservateurs ont créé des tribunaux secrets pour les entreprises qui contestent les politiques sociales, environnementales et économiques pouvant nuire aux profits des entreprises d'État chinoises?
    Madame la Présidente, comme je m'oppose à la motion, je suis contre l'établissement d'un tel comité. La question n'est donc pas pertinente à mon avis.
    Madame la Présidente, les relations avec la Chine sont très complexes et le député a mentionné quelques-unes de ces questions. Nous avons d’importantes relations commerciales qui sont très avantageuses pour le Canada. Nos échanges se chiffrent à 20 milliards de dollars, comparativement à 3 milliards en 1992. Toutefois, comme le député l’a mentionné, nous avons des préoccupations en matière de droits de la personne. Nous sommes également préoccupés par Huawei entre autres.
    Lorsqu’il s’agit d’examiner ces questions et de les traiter, pourquoi marchons-nous sur des œufs quand il s’agit de la Chine et ne mettons-nous pas sur pied un comité qui va se pencher sur ces questions et s’assurer que nous traitons cette relation avec le professionnalisme qui s’impose?

  (1240)  

    Madame la Présidente, le député a mentionné les droits de la personne. Pourquoi se concentrer uniquement sur la Chine? Pourquoi ne nous concentrons-nous pas sur le meurtre de la reporter américaine d’Al Djazira, Shireen Abu Akleh, par l’armée israélienne, alors qu’elle portait une veste de presse qui indiquait clairement qu’elle était journaliste? Qu’en est-il des violations des droits de la personne en Israël et en Palestine, comme le souligne le rapport de Human Rights Watch? Qu’en est-il de l’apartheid imposé par Israël aux Palestiniens, selon un rapport d’Amnistie internationale ou ce que dit l’ancien procureur général israélien, Michael Ben-Yair, à savoir que le pays impose un régime d’apartheid? Pourquoi ne pas discuter du traitement des droits de la personne ailleurs qu'en Chine? Pourquoi ne pas inclure également les questions relatives au Moyen-Orient?
    Monsieur le Président, j'ai pris connaissance de cette motion et je crois que son libellé est particulièrement étroit. Oui, la notion de politique étrangère et le paysage politique ont changé, notamment avec la guerre en Ukraine. Comme je l’ai déjà dit au député de Wellington-Halton Hills, il faut tenir une discussion importante sur l’évolution du paysage de la politique étrangère.
    Le député d’en face serait-il favorable à l’idée de présenter une motion, pas forcément pour la création d’un comité, mais simplement pour tenir une journée de débat sur le rôle du Canada dans le monde? Serait-il favorable à cette idée? Cela permettrait une discussion plus large, non seulement sur la Chine, mais aussi sur l’ensemble des relations du Canada dans le monde.
    Absolument, madame la Présidente, j’ai dit que toute discussion sur les relations du Canada avec la Chine et tout autre pays est souhaitable. Nous devrions en débattre afin de comprendre ce que nous pouvons améliorer pour renforcer davantage nos relations avec les diverses régions du monde. Le Canada est une nation commerçante. Nous devons avoir de bonnes relations avec tous les pays, et toute discussion susceptible d'apporter une valeur ajoutée positive est toujours la bienvenue.
    Madame la Présidente, mon collègue n'a pas répondu à ma question parce qu'il n'appuie pas la motion. Or, si la motion est adoptée, peut-être pourra-t-il alors répondre à la question. Le cas échéant, serait-il ouvert à examiner l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers entre le Canada et la Chine et à tenter de découvrir pourquoi les conservateurs ont signé un accord qui permet aux sociétés étrangères de poursuivre le gouvernement du Canada à des fins d'indemnisation, en privé, à la discrétion de la partie poursuivie?
    Mon collègue pourrait-il au moins parler de cela? Approuve-t-il cette disposition? Approuve-t-il cet accord que nous sommes tenus de respecter durant 31 ans, donc qui lie également les mains de la prochaine génération, et qui passe outre les droits des Autochtones, des administrations municipales et des gouvernements provinciaux? Les conservateurs ont signé cet accord en 2012, en 2014 et en 2015, en dépit des violations des droits de la personne qui avaient alors lieu en Chine. D'ailleurs, ces violations se produisent...
    Je dois donner quelques secondes au député de Nepean pour qu'il puisse répondre à la question.
    Madame la Présidente, comme je l'ai dit précédemment, je n'appuie pas la motion. Je n'appuie pas la formation de ce comité parce que, selon moi, ce comité n'examinerait qu'un seul côté de la médaille et ne servirait qu'à dénigrer la Chine. Le discours qui y serait tenu ne ferait que détériorer davantage la relation entre le Canada et la Chine.

[Français]

    Madame la Présidente, aujourd'hui, nous débattons de la motion de l'opposition du Parti conservateur, présentée par le député de Wellington—Halton Hills, visant la création d'un comité parlementaire chargé d'examiner la relation entre le Canada et la République populaire de Chine.
    J'ai eu l'occasion de lire la motion. Je vais faire part à la Chambre de mes réflexions sur la motion, mais aussi de mes réflexions sur le contexte des affaires mondiales face à la Chine.
    Tout d'abord, en ce qui concerne la motion, les dispositions sont, dans l'ensemble, normales pour un comité et je ne m'oppose pas à la majorité d'entre elles. Cependant, je pense qu'il est important que nous discutions des ressources dont dispose la Chambre des communes. Le format hybride actuel fait qu'il y a déjà une pression sur les ressources pour maintenir les activités de la Chambre, mais aussi des comités. La création du comité mettrait une pression supplémentaire sur le personnel de la Chambre des communes.
    Il est également important de reconnaître que la question des affaires canado‑chinoises peut être traitée par les comités permanents qui existent déjà. Par exemple, c'est une étude que le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international pourrait entreprendre.
    Si les conservateurs veulent examiner la relation entre le Canada et la Chine, cela pourrait être traité par le Comité permanent de l’industrie et de la technologie. La relation entre la sécurité alimentaire et l'énergie pourrait être du ressort du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, que je préside, ou du Comité permanent des ressources naturelles, par exemple.
    Ce que je veux dire, c'est que les questions liées à cette motion ont déjà leur place dans nos comités parlementaires existants.
    Je rejette également la partie de la motion qui porte sur le paragraphe r) de l'ordre adopté le jeudi 25 novembre 2021 et qui cherche à donner au comité proposé une priorité supérieure à celle de tous les comités existants. En tant que président du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire, je suis peut-être un peu partial, mais nous entreprenons actuellement un travail important sur la contribution environnementale de l'agriculture. Nous envisageons également une étude future sur la meilleure façon pour le Canada de répondre à la crise alimentaire mondiale résultant de la guerre en Ukraine et sur l'avenir de l'alimentation. À mon avis, il s'agira d'un travail important. La possibilité que ce travail soit retardé par la création du comité proposé me pose problème, puisque le député de Wellington—Halton Hills peut soulever cette question dans d'autres comités.
    Je tiens à reconnaître le mérite de la motion, dont le libellé, au début, cherche à séparer les questions et les tensions entre le gouvernement de la Chine et les Canadiens d'origine chinoise ou la population chinoise en général. Il n'y a pas de population chinoise dans ma circonscription, Kings-Hants. Je crois cependant que la manière et le ton retenus par le Parti conservateur pour aborder la question au cours de la 43e législature ont isolé de nombreux Canadiens d'origine chinoise.

  (1245)  

[Traduction]

    Permettez-moi également de profiter de l’occasion, pendant que nous sommes sur le sujet, pour parler des questions générales plus vastes qui concernent la Chine. Comme je le mentionne presque chaque fois que j’en ai l’occasion à la Chambre, le paysage de la politique étrangère a considérablement changé depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février. C’est l’occasion pour nous tous, en tant que parlementaires, et pour les Canadiens d’évaluer le rôle du Canada dans le monde, de le positionner et d’y réfléchir, car le monde a changé.
    Le positionnement de la Chine dans le monde a pris une direction très différente, et je veux souligner certains de ces changements.
    La Chambre a longuement débattu du traitement réservé par le gouvernement chinois au peuple ouïgour et des violations des droits de la personne en Chine. En effet, lors de la 43e législature, une résolution a été adoptée pour condamner cette politique.
    Il y a aussi Hong Kong. Selon l'entente conclue avec la Chine, Hong Kong était censée demeurer une entité démocratique distincte. Or, au cours de l’année dernière, nous avons été témoins de tout le contraire. Le gouvernement chinois a utilisé son autorité pour modifier les lois de telle sorte que la liberté de la presse et la liberté de se réunir ne sont plus reconnues à Hong Kong. Ce n’est plus Hong Kong tel que nous l’avons connu.
    J’ai entendu d’autres collègues parler d’agression dans la mer de Chine méridionale également. La Chine positionne une partie de ses forces militaires dans cette région, dans certains des territoires contestés. Je pense que c’est problématique.
    Parlons de l’initiative des nouvelles routes de la soie. Il s’agit d’une politique économique liée à la diplomatie et à la façon dont la Chine se positionne dans le monde, en particulier dans les pays en développement. La Chine utilise des incitatifs économiques pour attirer l’intérêt politique et diplomatique vers ses sphères d'influence. Le monde occidental devra en tenir compte. Le Canada doit participer aux discussions avec ses alliés pour s’assurer que nous avons une réponse pour les démocraties et les pays qui pourraient être vulnérables à une influence chinoise indue.
    Je pense que ce qui est peut-être le plus inquiétant, c’est l’abstention de la Chine lors des votes du Conseil de sécurité des Nations unies et, de fait, des futurs votes aux Nations unies, pour condamner la guerre illégale de la Russie en Ukraine. La Chine s’est abstenue. Elle n’a exprimé aucune volonté de collaborer avec les alliés occidentaux pour condamner ce que je crois être la vérité, soit l'agression scandaleuse et terrible commise par la Fédération de Russie.
    Ce ne sont que quelques exemples qui montrent que nous devons faire attention à la politique publique du Canada et à sa position dans le monde par rapport à la Chine, alors que les pays occidentaux réfléchissent aux prochaines mesures à prendre face à la guerre en Ukraine. Il y a eu une bonne intégration de l’OTAN dans sa réponse aux aspects militaires et humanitaires et à l’immigration. Il me paraît juste de dire que la guerre en Ukraine a, en fait, renforcé la volonté des pays occidentaux de jouer un rôle important dans le monde et de faire en sorte que les États‑Unis, le Canada, l’Union européenne et d’autres alliés occidentaux travaillent de concert.
    Nous avons beaucoup à offrir dans ce domaine, par exemple des minéraux critiques. Je l’ai déjà mentionné. La Chine est un acteur dominant dans la sphère des minéraux critiques, mais le Canada a tellement de potentiel. J'étais fier de voir le gouvernement présenter une stratégie de 3,8 milliards de dollars pour les minéraux critiques parce que nos alliés en auront besoin pour passer à une économie à faibles émissions de carbone. Ils seront importants dans les jours à venir, et nous sommes en mesure de les fournir.
    Je suis intervenu plusieurs fois pour parler du travail sur la sécurité énergétique et de ce que nous pouvons faire dans ce pays pour la fournir à nos alliés.
    Enfin, il y a la diplomatie et l'importance de réunir les pays d’optique commune. Le Canada a bel et bien un rôle à jouer en tant que puissance moyenne dans le monde. Il a un rôle à jouer pour ce qui est de réunir des pays afin de faire bouger les choses et d’avancer dans des dossiers multilatéraux. Ce sont autant de discussions légitimes que nous devrions tenir à la Chambre.
    Je conclurai en disant que j’aimerais beaucoup voir le député de Wellington-Halton Hills présenter une motion qui souligne le fait que la guerre en Ukraine change la donne sur le plan de la politique étrangère et qui contient des dispositions exposant la façon dont le Canada devrait se positionner dans le monde, selon lui ou son parti. Comme je le lui ai dit à propos du gaz naturel, la conversation est trop limitée.

  (1250)  

    Pourquoi le Parti conservateur ne veut-il pas débattre sérieusement du rôle du Canada par rapport à trois ou quatre principes, et de la meilleure façon de définir le rôle et la place du Canada dans le monde? Il me semble que ce serait une conversation importante. Au fond, c’est trop limité et…
    Nous allons devoir laisser le reste pour la période des questions et observations.
    Nous passons aux questions et observations. Le député de Drummond a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je me questionne un peu.
    Parfois, je comprends le jeu politique et le fait de s'opposer systématiquement aux motions qui viennent des conservateurs quand on est un libéral, et vice‑versa. L'autre ne peut pas faire de bons coups — je pense que c'est un principe un peu poussiéreux qui devrait être revu finalement.
    Or, il y a plein d'indices et de faits qui sont avérés. Il y a plein de matière sur laquelle se pencher, particulièrement sur le cas des relations entre le Canada et la Chine. Il y a des préoccupations tout à fait justifiées de la part de citoyens canadiens qui sont d'origine chinoise et qui se font harceler par le régime communiste chinois.
    Je ne vois pas pourquoi le Parti libéral s'entête à ne pas vouloir appuyer cette motion qui est pleine de bon sens. Comme le proposait un de mes collègues tout à l'heure, on serait peut‑être même prêt à limiter dans le temps la création de ce comité pour lui donner une période au cours de laquelle il devra rendre des comptes à la Chambre des communes.
    J'aimerais entendre mon collègue à ce sujet. N'y a‑t‑il pas assez de choses préoccupantes pour qu'on se penche précisément sur la question des relations entre le Canada et la Chine, dans le contexte actuel?

  (1255)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.
    Premièrement, je pense que je suis un député qui reconnaît généralement qu'il y a beaucoup de bonnes idées émergeant de partout à la Chambre, y compris de l'opposition, dans certains cas.
    Pour moi, absolument, les questions concernant les relations entre la Chine et le Canada sont importantes, mais les autres questions sont importantes aussi, telles que les relations du Canada avec les autres pays et les autres régions.
    C'est peut‑être important de soulever cette question ici, à la Chambre, mais je suis préoccupé par la pression que cela exercerait sur les ressources disponibles de la Chambre. Il y a aussi le fait de mettre l'accent seulement sur la Chine sans égard au contexte mondial.

[Traduction]

    Madame la Présidente, selon les observations du député et ce que nous avons entendu de la part du gouvernement jusqu’à maintenant, tous semblent avoir des réserves à l’égard de cette motion. Si ma mémoire est bonne, les libéraux avaient voté contre la création de ce comité lors de la législature précédente.
    Ayant été témoin des activités du comité, et ayant constaté les travaux très importants et les précieux renseignements qui en ont découlé, le député ne voit-il pas l'utilité de ce comité? Pourrait-il envisager de voter en faveur du comité cette fois-ci?
    Madame la Présidente, je profite de cette question pour remercier mon honorable collègue Geoff Regan, ancien député d'Halifax-Ouest, qui présidait le comité. J'ai pu lui parler à plusieurs occasions.
    Le point qui me préoccupe ne concerne pas l'importance de la relation entre le Canada et la Chine, mais le fait que nous abordons cette question de manière trop étroite. Si la Chambre vote en majorité en faveur de la motion présentée aujourd'hui, le gouvernement donnera bien sûr suite à ce qui est demandé et le comité sera formé. Je souligne toutefois que le Canada entretient actuellement, avec de multiples pays, des relations que nous pourrions étudier, et qu'il est déjà possible de faire ce genre de travail de façon plutôt exhaustive dans un comité permanent, par exemple le comité des affaires étrangères. La motion propose de créer un comité supplémentaire, mais où ce genre d'ajout s'arrêtera-t-il? Voilà la question que je pose en retour.
    Madame la Présidente, si le gouvernement souhaite créer un nouveau comité, celui-ci devrait se pencher sur la crise de l'approvisionnement en drogues toxiques au pays. Quelque 27 000 personnes sont mortes, et le gouvernement n'a présenté aucune mesure législative pour remédier à la situation. Les conservateurs n'ont rien proposé non plus pour juguler la crise.
    En ce qui concerne la motion, nous savons que les Autochtones ont été grandement touchés par des accords commerciaux comme l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers, ou l'APIE, qui supplante les droits des Autochtones. Dans ma circonscription, la Première Nation Hupacasath et Brenda Sayers ont contesté le gouvernement Harper devant les tribunaux pour s'opposer à l'APIE, qui renferme des clauses permettant aux entreprises d'obtenir réparation si des lois sont adoptées pour protéger les terres et les eaux.
    Le député convient-il qu'il faut examiner l'effet de tous les accords commerciaux sur les Autochtones?
    Madame la Présidente, je répondrai d'abord au premier commentaire du député sur la crise des opioïdes.
     La ministre de la Santé mentale et des Dépendances, le gouvernement et le ministre de la Santé travaillent directement avec la province dans laquelle le député habite, la Colombie-Britannique, pour trouver des moyens de régler la crise des opioïdes. Nous savons que cet enjeu est important. Je sais qu'il y a...
    Malheureusement, c'est tout le temps dont nous disposons.
    Le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec mon collègue de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes.
    Quand on m'a demandé si je souhaitais parler de notre motion, j'ai bien entendu sauté sur l'occasion. Depuis le début de ce débat ce matin, j'entends mes collègues libéraux faire des suppositions sur notre perception du peuple chinois. J'aimerais donc lire les quatre premiers paragraphes de notre motion qui, selon moi, sont très importants, puisque nous y reconnaissons:
(i) que les Canadiens d’ascendance chinoise ont apporté une contribution inestimable au Canada,
(ii) que le peuple de Chine appartient à une civilisation ancienne dont l’apport à l’humanité est considérable,
(iii) la distinction entre le peuple de Chine et l’État chinois, tel qu’il est incarné par le Parti communiste chinois et le gouvernement de la République populaire de Chine,
(iv) que les États autoritaires, y compris la République populaire de Chine, représentent une menace croissante à l’endroit de l’ordre international fondé sur des règles [...]
    Il est d'emblée très important de mettre ceci au clair: les membres du Parti conservateur reconnaissent qu'il existe une différence fondamentale entre les citoyens chinois et le régime communiste chinois.
     Pour nous, il est donc très important de reformer le Comité spécial sur les relations sino-canadiennes et c'est ce que notre motion vise à faire. Notre travail consiste à étudier non pas la population, mais ce que le régime fait contre sa population et contre des États comme le Canada. Nous demanderions au comité de tenir des audiences sur tous les aspects des relations sino-canadiennes: diplomatiques, consulaires, juridiques, économiques et de sécurité.
    Il est important de garder à l'esprit ce qui motive le Parti conservateur à vouloir la reprise des travaux de ce comité très important. Comme je l'ai dit, la population chinoise est riche d'une culture millénaire et elle a une bonne volonté. Le problème, c'est le régime communiste et il faut demeurer sans cesse aux aguets et s'assurer que le Canada n'a pas les yeux fermés face aux actions de ce régime.
     Je vais donner un exemple. Un jeune d'origine chinoise est venu travailler comme interne à mon bureau ici, sur la Colline, lorsque j'étais membre de l'ancien Comité spécial sur les relations sino-canadiennes. Il était très enthousiaste et m'aidait à faire des lectures en mandarin. Nous trouvions des sujets de discussion ensemble et il me parlait du gouvernement de son pays d'origine.
    Il était vraiment fâché de la façon dont le régime communiste chinois s'attaque à sa population. Pensons à la crise politique à Hong Kong ou à la vision de la Chine envers Taïwan. Ce sont tous des dossiers extrêmement importants. C'est pour cela que le comité est d'une importance capitale pour connaître la situation et pour les relations entre le Canada et la Chine.
    Lorsque j'étais membre du Comité spécial sur les relations sino-canadiennes, plusieurs experts sont venus témoigner et ont abordé des notions qui étaient parfois inconnues de la population. Les parlementaires de tous les partis ont pu en apprendre davantage.
    J'ai proposé une motion qui nous a permis d'étudier pendant quelques mois ce que représente la sécurité nationale de la Chine par rapport à celle du Canada. Encore une fois, plusieurs témoins sont venus témoigner.
     Nous avons aussi reçu un témoin important, M. Philippe Dufresne, légiste et conseiller parlementaire de la Chambre des communes. Il nous a expliqué ce qui s'était passé avec les documents de l'Agence de la santé publique du Canada au sujet du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg. Nous avons appris comment cela fonctionnait.
    Le Comité a aussi eu la chance de recevoir des experts du Pentagone, qui nous ont fourni des renseignements sur les ambitions de la Chine dans l'Arctique. Ils nous ont notamment expliqué qu'en 2015, le gouvernement chinois avait désigné la région polaire, les grands fonds marins et l'espace extra-atmosphérique comme étant de nouvelles frontières stratégiques de la Chine, laquelle avait évidemment noté que ces régions étaient riches en ressources naturelles. Le Pentagone a d'ailleurs publié un rapport dans lequel il avertit que le gouvernement chinois est en train de cartographier les fonds marins de l'Arctique.

  (1300)  

    Voilà donc une autre raison pour le gouvernement du Canada de se dépêcher de construire un brise-glace polaire. Nous avons besoin d'être présents et de nous occuper de surveiller les frontières de cette région tellement stratégique.
    Pour ce qui est de Huawei, un autre dossier dont nous avons beaucoup entendu parler, nous ne comprenons pas encore, de ce côté-ci de la Chambre, pourquoi le gouvernement actuel n'a pas fait connaître sa décision concernant le bannissement de la 5G par la compagnie Huawei au Canada, alors que les quatre autres pays membres du Five Eyes ont confirmé l'existence évidente d'enjeux de sécurité nationale avec la 5G de Huawei.
    M. Christopher Parsons, du Citizen Lab de l'Université de Toronto, est venu nous en parler en comité. Il a déclaré:
    On s'inquiète de plus en plus de la mesure dans laquelle les entreprises canadiennes, comme nos entreprises de télécommunications, pourraient devenir dépendantes de produits fabriqués par des entreprises chinoises, y compris Huawei. La dépendance risque de générer des monocultures ou des cas où une seule entreprise domine l'infrastructure d'une organisation canadienne. Dans de tels cas, jusqu'à trois risques peuvent survenir.
    D'abord, les monocultures peuvent permettre aux gouvernements étrangers de tirer parti des dépendances d'un fournisseur pour exercer des pressions dans les négociations diplomatiques, commerciales ou de défense. Ensuite, elles peuvent créer une dépendance, surtout dans le contexte des télécommunications 5G, où s'exerce souvent un certain degré de blocage par le fournisseur au profit de ses propres équipements de télécommunications. Enfin, elles risquent de nuire à la concurrence entre les fournisseurs de services de télécommunications, ce qui aurait pour effet d'augmenter les coûts d'immobilisation des fournisseurs de services de télécommunications canadiens.
    L'un des avantages de ce comité sur les relations Canada-Chine a été de recevoir ce genre d'expert pour nous expliquer les dangers que pouvaient représenter les relations d'affaires avec une compagnie comme Huawei. Certains diront que c'est une compagnie indépendante. Toutefois, selon sa façon de faire, le régime communiste chinois peut décider de prendre le contrôle et obliger les entreprises chinoises à répondre à ses demandes. Même si la compagnie prétend être indépendante, le régime a le contrôle total sur toutes les entreprises, au gré de ses bonnes volontés.
    Du côté du gouvernement libéral, on a dit qu'on n'était pas inquiet, qu'il n'y avait pas de danger, que les communistes n'étaient pas dangereux. Je trouve vraiment bizarre de ne pas avouer la préoccupation qu'on peut avoir quant à un régime comme le régime communiste chinois.
    Un autre témoin, M. David Vigneault, directeur du Service canadien du renseignement de sécurité, est également venu nous voir en comité. Il a dit:
    Je vous dirai que le gouvernement chinois est effectivement impliqué à tous ces niveaux. [...] En matière d'interférence, comme je l'ai dit publiquement, les entités du gouvernement chinois interfèrent avec la vie démocratique canadienne. Elles interfèrent avec des gens au Canada en utilisant des gens de la Chine, en utilisant des cybermenaces et en utilisant également des gens ici, au Canada, qui sont cooptés pour travailler avec le gouvernement chinois. C'est un élément que l'on étudie. Avec la Chine, mais également avec d'autres pays, nous devons absolument rester sur nos gardes, prendre des mesures très concrètes pour protéger les Canadiens et les Canadiennes et le faire de façon coordonnée avec nos alliés. C'est seulement de cette façon que nous pourrons, à mon avis, protéger les Canadiens.
    Ce n'est pas le député de Charlesbourg—Haute‑Saint‑Charles qui le dit, c'est David Vigneault, le patron du Service canadien du renseignement de sécurité, qui le confirme dans son témoignage.
    Tous ces éléments font partie de la première version du comité sur les relations Canada-Chine, dont les rencontres et les études se sont malheureusement terminées avec la fin de la session, c'est-à-dire avant l'élection de 2021. Nous n'avons même pas pu écrire un rapport final. Nous avons cessé nos travaux et ne les avons jamais repris. Il manque cependant encore trop d'informations critiques et capitales pour la sécurité nationale et pour les relations économiques et diplomatiques entre les pays. Pour cette raison, je crois qu'il est important de reprendre les activités du comité sur les relations Canada-Chine.
    Comme je l'ai mentionné au début de mon intervention, c'est le régime politique communiste chinois qui est visé ici. Ce n'est surtout pas la population, qui est elle-même trop souvent victime de son régime.

  (1305)  

    Madame la Présidente, je m'interroge un peu sur l'opportunité ou la pertinence de prendre une journée de l'opposition complète pour parler de nos rapports avec un autre pays. C'est très important, la politique étrangère, mais il y a en ce moment, à l'intérieur même du Canada, un paquet de crises importantes dont nous aurions pu discuter toute la journée.
    Je pense notamment à la crise du logement, qui est à mon avis assez importante. Je pense à la crise climatique, sur laquelle nous aurions pu passer une journée à essayer de trouver des solutions. Je pense à la crise sanitaire dont nous sommes en train de nous sortir.
    Le Bloc québécois a proposé de tenir un sommet sur la santé. Les transferts en santé sont hyper importants. Il y a aussi la crise linguistique, au Québec. Nous aurions pu passer une journée sur ce sujet afin de trouver de vraies solutions, et non pas la solution que le gouvernement a trouvée, c'est-à-dire la modernisation de la Loi sur les langues officielles, qui ne réglera pas le problème du français au Québec.
    Les conservateurs auraient même pu consacrer cette journée à l'inflation. Ils n'arrêtent pas d'en parler. On aurait pu passer une journée à discuter de l'inflation. À mon avis, cela aurait été beaucoup plus pertinent.
    Pourquoi donc avoir choisi ce sujet?

  (1310)  

    Madame la Présidente, je ne sais pas de quelle planète vient mon collègue. La Chine est une des plus grandes économies mondiales, ce qui a des conséquences directes sur l'économie canadienne.
    Il faut se souvenir par exemple du blocage par la Chine des importations de canola, alors que des milliards de dollars étaient en jeu. Pour ce qui est des hôpitaux et de la santé, pensons au vol de propriété intellectuelle et de recherches commis par des Chinois à l'encontre du Canada et du Québec. Ce ne sont pas les sujets qui manquent lorsqu'il est question de l'ingérence directe de la Chine au Canada. Il faut les soulever.
    N'oublions pas non plus l'environnement. Le Canada n'émet même pas un dixième de 1 % de la pollution mondiale, alors que les Chinois sont de grands pollueurs. Pourquoi le Bloc voudrait-il qu'on n'en parle pas et qu'on ne dise rien? Cela ne marche pas.

[Traduction]

    Madame la Présidente, mon collègue, le député de Longueuil—Saint-Hubert, a abordé les questions importantes. J'ai évoqué plus tôt les 27 000 Canadiens qui sont morts d'une surdose et le fait que les conservateurs refusent de tenir compte des recommandations du groupe de travail d'experts sur la toxicomanie, qui sont fondées sur la science et les données probantes, parce qu'ils ne font pas confiance aux experts. Ils ne croient pas en la science.
    Pour ce qui est de la motion, c'est comme si les conservateurs se préoccupaient soudainement des droits de la personne parce qu'en 2014, lorsqu'ils ont signé l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers entre le Canada et la Chine, ils ont choisi de fermer les yeux sur les violations des droits de la personne commises contre les Ouïghours et les Tibétains. En fait, ils ont signé un accord avec la Chine et ont fait fi des droits des Autochtones, ici, au Canada.
    Mon collègue pourra peut-être nous en parler, à moins qu'il pense que nous sommes tous amnésiques. Je sais que les conservateurs veulent nous faire oublier tout cela et dire que c'est du passé, mais il s'agit d'un accord de 31 ans dont mes enfants et mes petits-enfants devront vivre avec les conséquences.

[Français]

    Madame la Présidente, au début de sa question, mon collègue a parlé de drogues. Les députés savent-ils que le fentanyl arrive de la Chine et que cet opioïde transite par la Colombie‑Britannique, à Vancouver justement, la région de mon collègue? Il faut mobiliser beaucoup plus de ressources pour contrôler ce fentanyl, ce qui représente un autre défi de santé publique et de sécurité publique dont il faut parler.
    Mon collègue a mentionné un accord qui date d'avant 2015. Il faut se souvenir que le régime communiste chinois a vraiment changé à partir de 2015 avec l'entrée en fonction de son nouveau président.
     L'ancien ministre des Affaires étrangères du Canada, qui est maintenant ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, avait témoigné au Comité spécial sur les relations sino‑canadiennes pour dire que la Chine d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier. Lorsque nous disons « hier », nous parlons simplement de quelques années.
    Depuis l'arrivée de son nouveau président, le régime communiste chinois a subi des changements drastiques et la situation est maintenant complètement différente. C'est pour cela qu'il faut avoir les yeux grand ouverts.

[Traduction]

    Madame la Présidente, ce que j'ai entendu dans le discours du député, c'est que nous devons être prêts. C'est la première chose à faire pour protéger la démocratie et pour apporter de l'aide aux gens, à d'autres pays et, dans ce cas particulier, au peuple chinois. Dans quelle mesure ce comité nous aiderait-il à mieux nous préparer?
    Ce que nous constatons sans cesse de la part du gouvernement d'en face, c'est un manque de préparation et un manque de planification. En quoi le comité pourrait-il pallier ces lacunes?

[Français]

    Madame la Présidente, la connaissance est la meilleure ressource à avoir. Il faut comprendre le régime communiste chinois et sa façon de fonctionner sur les plans de l'économie et de la sécurité nationale. Avec cette information, on peut prendre les bonnes décisions pour le Canada.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c'est un plaisir de prendre la parole au sujet de la motion de l'opposition à l'étude concernant le rétablissement d'un comité chargé d'étudier les relations sino-canadiennes.
    Je m'en voudrais, en ce Mois du patrimoine asiatique, de ne pas mentionner que plus de six millions de personnes d'origine asiatique vivent au Canada et enrichissent notre pays de leur culture, de leur langue et de leurs traditions uniques. Les Canadiens d'origine asiatique ont apporté d'innombrables contributions au Canada dans les domaines de la médecine, de la musique, de la littérature et des affaires, pour ne nommer que ceux-là. Le Canada est chanceux de pouvoir compter sur les Canadiens d'origine asiatique, qui contribuent à l'incroyable richesse et à la grande diversité de notre merveilleux pays.
    J'espère que d'autres en ont déjà parlé aujourd'hui, mais je vais tout de même mentionner quelques Canadiens d'origine asiatique exemplaires et souligner la contribution qu'ils ont apportée à notre pays. Il y a Douglas Jung, premier député d'origine chinoise au Canada, Bev Oda, première députée japonaise au Canada et fière Canadienne d'origine asiatique, et mon amie Nelly Shin, première députée d'origine coréenne au Canada. Toutes ces personnes ont une grande qualité en commun: ce sont des conservateurs.
    Il y a un lien intéressant, lorsque je parle de la contribution de ces personnes. Pendant que nous parlons de la nécessité de ce comité, je dirai que Mme Shin, une ancienne députée de cet endroit, et plusieurs collègues et candidats ont été ciblés lors des dernières élections par des agents du Parti communiste chinois. Ils ont fait l’objet d’une campagne organisée de désinformation et de mésinformation, perpétrée sur le sol canadien et sur des plateformes en ligne, dans le but de déstabiliser la communauté asiatique, et en particulier de punir certains Canadiens d’origine asiatique, comme Mme Shin et M. Kenny Chiu, d'avoir le courage de s’élever contre le régime communiste chinois.
    Non seulement le Parti communiste chinois s’en prend aux députés de tous les partis, mais il cible également les étudiants et les Néo-Canadiens par des menaces, du harcèlement et de l’intimidation. C’est l’une des raisons pour lesquelles ce comité est si important. Il a fait un excellent travail au cours de la dernière législature en examinant tous les aspects des relations entre le Canada et la Chine. Je tiens à souligner que s'il n'y a pas eu de pressions concernant la création de ce comité jusqu’à présent, c’est en raison du manque de ressources à la Chambre des communes, et une possibilité se présente maintenant avec la dissolution programmée du Comité spécial sur l’Afghanistan.
    Selon les ressources dont nous disposons, il serait bon d’engager les ressources de la Chambre et des députés pour ce comité. Durant le débat, aujourd'hui, j’ai entendu des observations judicieuses de la part de députés de tous les partis. Le comité nuit-il aux travaux d’autres comités permanents, comme celui des affaires étrangères? Je dois dire que non, car ces comités sont saisis d’autres questions importantes, et leurs programmes sont bien remplis jusqu’en juin, alors qu'ils s’occupent de préparer des rapports, mais aussi au cours de l’automne. La question des relations du Canada avec la Chine et le gouvernement chinois est majeure. Elle est incroyablement importante.
    J’aimerais parler de quelques-unes des raisons qui la rendent si importante. Je m’en voudrais de ne pas mentionner le contraste entre le Canada et des pays comme l’Australie, la Nouvelle‑Zélande, le Royaume‑Uni et les États‑Unis. Ce contraste est le suivant: ces quatre pays ont tous identifié un risque de sécurité nationale provenant de Huawei, une entreprise qui est effectivement contrôlée par le Parti communiste chinois, et ils l’ont bannie de leurs réseaux 5G. Ces quatre pays ont une importance particulière pour le Canada, car ils sont nos partenaires. Ce sont nos alliés dans le cadre du partenariat du Groupe des cinq.

  (1315)  

    Le partenariat est axé sur la sécurité nationale et sur le partage d’informations. Un consensus est en train de se former entre quatre des cinq pays, mais le gouvernement n’a pas agi à cet égard. Selon ce qui est ressorti de ces autres pays et ce que nous avons entendu au Canada, même au Comité spécial sur les relations canado-chinoises dans sa version précédente, à savoir que nous devons bannir Huawei de notre réseau 5G, cela concerne la question plus générale des rapports du Canada avec la Chine.
    Des députés ont formulé des commentaires et des questions sur les discussions tenues avec la Chine par les gouvernements précédents. Nous avons entendu des témoins affirmer au comité que la réalité, le portrait global de la situation et les intervenants à l’intérieur du Parti communiste chinois sont très différents aujourd’hui de ce qu’ils étaient il y a quelques années. Si, au cours des dernières années, des décisions ont été prises et que, de l’avis de certains députés, elles devraient être revues — comme je viens de l'expliquer au sujet d'une décision concernant Huawei — les députés devraient y avoir autant de motifs pour adopter cette motion.
    En ce qui concerne la technologie de l’information, la présence de compagnies à la solde de la Chine dans notre monde numérique en constante évolution qui occupe une place toujours croissante, je rappellerais aux députés le temps où, à Ottawa, nous avions un secteur de TI qui faisait notre fierté et une société reconnue mondialement à la fine pointe dans ce secteur. C’était un énorme employeur: Nortel Networks qui, comme nous le savons, a été victime d’infiltrations et de vols de propriété intellectuelle par des agents du gouvernement chinois. Ce fut un désastre pour la propriété intellectuelle au Canada, pour l’emploi et, en toute franchise, pour ce secteur dans notre pays.
     Je dirais également que la Chambre a reconnu une réalité dont nous n’avons pas parlé précédemment, une réalité dont le monde entier commence à se rendre compte. Il faut tenir compte du rôle croissant joué par la Chine et des relations commerciales que nous voulons avoir avec ce pays. Il faut tenir compte du génocide des Ouïghours et des musulmans turciques par le gouvernement communiste chinois. Nous ne pouvons pas fermer les yeux là-dessus. Nous devons prendre ces choses en considération dans nos rapports et nos échanges futurs possibles avec la Chine.
    Nous savons qu’avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Chine a montré qu'elle a une relation très étroite avec la Russie, ainsi qu'un partenariat stratégique global. M. Poutine l’a décrit comme « une relation qui ne peut probablement pas être comparée à quoi que ce soit d’autre dans le monde ». Cela devrait donner des frissons aux gens du monde entier, et certainement à tous les membres de cette assemblée.
    Je dois mentionner que nous avons vu, au cours de la dernière législature, les effets de la présence d’agents d’États étrangers au Canada, des agents étrangers qui étaient actifs dans ce pays. Nous l’avons vu avec les laboratoires de Winnipeg. Des agents d’État de la Chine ont été expulsés du pays. Nous avons vu bien des drames ici. Des précédents ont été établis. On a pris des mesures qui n’avaient pas été prises depuis 100 ans. Nous recherchions la vérité et la transparence pour les Canadiens.
    Il y a encore du travail à faire, et je pense qu’il est très important, alors que nous vivons de plus en plus dans cette société mondiale, que nous ayons les yeux grands ouverts pour savoir qui sont nos partenaires, nos amis et nos alliés, et où se trouvent les risques et les menaces. Nous pouvons le faire tout en respectant les contributions importantes des Canadiens asiatiques et des Canadiens chinois, ainsi que des Chinois qui veulent venir au Canada, y vivre et contribuer à notre merveilleux pays.
    Cependant, nous ne pouvons pas être forts sur la scène mondiale sans connaître d’abord l'ampleur de notre relation avec le Parti communiste chinois ici au pays, et c’est pourquoi le comité Canada-Chine doit être reconstitué.

  (1320)  

    Madame la Présidente, j’ai siégé au comité de l’éthique avec mon collègue l’an dernier et j’aimerais lui poser une question. Il y a eu une campagne de révisionnisme très bien financée menée par des sympathisants de UNIS pour tenter de réécrire l’histoire de ce qui s’est réellement passé au comité parlementaire chargé d’examiner le cas des Kielburgers. Mon collègue se rappellera, je crois, que quatre sommations à comparaître ont été formulées, ce qui était un précédent, pour essayer de faire témoigner les principaux responsables du financement. Toutefois, nous n’avons pas pu les faire tous témoigner. Dans les recommandations, le comité multipartite a déclaré qu’en 10 mois d’étude, il n'a pas été en mesure d'établir la manière dont les fonds circulent dans le volet caritatif et les activités à but lucratif, et qu’on a refusé de lui fournir des renseignements sur la structure de propriété des multiples sociétés subsidiaires.
    Je demande à mon collègue ce qu’il en est de la reddition de comptes lorsqu’un groupe qui prétend être là pour venir en aide aux enfants ne fournit pas au Parlement les renseignements sur l’infrastructure de base permettant de connaître ceux qui réalisent les profits dans la multitude de sociétés et de holdings internationaux avec lesquels il fait affaire.

  (1325)  

    Madame la Présidente, c’est une question très importante. Elle concerne le travail que les comités parlementaires peuvent faire. Elle illustre également l’importance de la transparence: un comité parlementaire exigeait des réponses sur les relations entretenues pendant des années entre le gouvernement du Canada et le groupe UNIS, un organisme qui affirmait être là pour aider les Canadiens et les jeunes. Or, ce groupe a refusé de faire preuve de transparence lorsqu’il en a été sommé par le Parlement et par les députés de la Chambre des communes. C’est inacceptable. Franchement, il faut obtenir des réponses. Nous savons que les gens d’UNIS mènent une campagne de relations publiques très coûteuse pour essayer de réécrire l’histoire et, peut-être, de blanchir leur réputation.
    En toute franchise, voilà une leçon très instructive sur ce que le Parlement peut faire, mais également sur le fait qu’il reste encore du travail parce que nous n’avons certainement pas obtenu toutes les réponses que nous sommes en droit d’avoir en qualité de représentants des Canadiens dans cette enceinte. Les Canadiens méritent mieux que ce qu’ils ont obtenu de l’organisme UNIS.

[Français]

    Madame la Présidente, je suis tout à fait d'accord. Je pense que le Bloc québécois l'a déjà annoncé à quelques reprises. Nous allons appuyer cette motion pour créer ce comité.
    Il y a quand même quelque chose que je trouve un peu paradoxal. Je fais le parallèle avec le projet de loi C‑11 pour lequel le discours des conservateurs réside dans le fait qu'il ne faut pas réglementer Internet, qu'il faut faire attention de ne pas mettre des barrières dans le libre marché qu'est Internet. Or, une chose que l'on craint et que l'on redoute, et une des raisons pour lesquelles on veut former ce comité, c'est justement pour étudier les ingérences possibles du Parti communiste chinois auprès de la population canadienne, particulièrement la population d'origine asiatique.
    J'aimerais entendre mon collègue là-dessus. Où se trouve, exactement, la logique? Comment se fait-il qu'on ne peut pas réglementer Internet quand il est question des géants du Web qui dominent le marché de la radiodiffusion, mais qu'on pourrait le faire pour contrôler l'ingérence que peuvent faire les Chinois auprès de la population canadienne?

[Traduction]

    Madame la Présidente, c’est très simple. C’est une question de contenu créée par des Canadiens qui ont vu que le gouvernement a pris des mesures sans précédent pour intervenir — disons-le en toute franchise — lorsqu’il n’aime pas ce que les Canadiens disent. C'est ce qui s'est passé lorsque le gouvernement a essayé d’étouffer la dissidence en recourant à la Loi sur les mesures d’urgence, par exemple. Nous devons rester sur nos gardes à ce sujet. Cependant, le fait que des opérations d’information soient menées au Canada par un gouvernement étranger et le fait de brimer, dans dans un régime démocratique, le droit des Canadiens d'exprimer leur mécontentement à l'égard du gouvernement, sont deux situations très différentes.
    Nous devons étudier cette question à fond. Nous devons examiner les activités des gouvernements étrangers au Canada. Plus précisément en ce qui concerne la motion, nous devons découvrir le spectre entier des activités menées par le Parti communiste chinois et réfléchir à nos futurs rapports avec les représentants de ce pays ici même au Canada.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Vaughan—Woodbridge.
    Je suis heureuse d’avoir l’occasion de participer au débat d’aujourd’hui. Le Canada entretient des relations profondes et de longue date avec la Chine, et même dans les moments difficiles, nous pouvons et devons travailler ensemble pour aplanir les différends.
    Cela étant dit, cette motion adopte une vision étroite du potentiel du Canada dans la région, et j’aimerais parler du potentiel de cette région pour l’avenir du Canada. Notre gouvernement accorde la priorité à l’Indo-Pacifique et élabore une approche pangouvernementale pour l’ensemble de la région. Il ne s’agit pas seulement d’une stratégie pour une région du monde, mais d’une stratégie pour le Canada qui aura une incidence sur notre paix et notre prospérité pour des décennies à venir.
    Maintenant plus que jamais, il est nécessaire de renforcer l’ordre international fondé sur des règles à l’échelle mondiale, y compris avec des partenaires de la région indo-pacifique. L’Indo-Pacifique ne fait pas seulement référence à la géographie, mais également à l’interdépendance croissante des régions du Pacifique et de l’océan Indien, ainsi qu’au rôle important que le Canada et ses alliés jouent dans l’ensemble de cette région.
    Je vais mettre cela en contexte. La région indo-pacifique abrite 21 des 30 plus grandes villes du monde et 60 % de la population mondiale. Les voies maritimes de l’Indo-Pacifique transportent pas moins d’un tiers des cargaisons en vrac du monde et au moins deux tiers du pétrole de la planète. La région abrite également 30 % des personnes les plus démunies du monde et les pays de l’Indo-Pacifique auront besoin d’environ 26 000 billions de dollars pour leurs infrastructures d’ici 2030.
    Il faut également s'attaquer aux importantes répercussions des changements climatiques à l’échelle de la planète. Cinquante-trois pour cent des émissions mondiales de CO2 proviennent de la région indo-pacifique. Aucune région ne sera plus importante pour les intérêts du Canada que l’Indo-Pacifique. La prospérité, la sécurité et le bien-être des Canadiens étant de plus en plus liés à cette région, le Canada approfondit ses partenariats et élargit sa participation dans la zone. Nous savons que les économies de la région continuent de croître rapidement.
    Parallèlement, de nombreux pays de la région font face à d’importants défis en matière de gouvernance, d’équité, de droits de la personne et de primauté du droit. La région est également, et de loin, la première source de nouveaux immigrants et d’étudiants au Canada. C’est une tendance qui, au fil du temps, a fait des Canadiens d’origine asiatique la plus grande diaspora du pays. En effet, la moitié de la population canadienne née à l’étranger est originaire de cette région, et 18 % de tous les Canadiens ont des origines indo-pacifiques. En matière d’éducation, plus de 60 % de nos étudiants étrangers viennent de la région indo-pacifique.
    Cette motion n’est pas nécessaire et conduirait simplement à l’ostracisme et à la discrimination envers les Canadiens d’origine chinoise, compte tenu des arguments honteux qui continuent d’être véhiculés. Il va sans dire que le Canada doit établir sa présence dans la région indo-pacifique en adoptant une approche qui continue de faire progresser les objectifs commerciaux et économiques tout en protégeant nos intérêts de sécurité, en défendant un ordre international fondé sur des règles, en faisant progresser les objectifs de développement durable et en luttant contre les changements climatiques.
    La région est confrontée à des défis que le Canada peut contribuer à relever, notamment les changements géopolitiques, la gestion des pandémies, les pressions socioéconomiques et une part disproportionnée des effets des changements climatiques. Une planète au climat stable dépend également d’une transition vers une économie à faibles émissions de carbone dans la région indo-pacifique, car plus de 50 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de cette région, et cette proportion ne cesse de croître.
    L’Indo-Pacifique présente également des occasions pour les Canadiens. C’est la région qui connaît la croissance la plus rapide au monde et qui devrait représenter plus de la moitié du PIB mondial d’ici 2040. Je crois que le fait de tirer parti de ces possibilités commerciales dynamiques dans la région indo-pacifique créera des emplois partout au Canada. En tant que nation tournée vers le Pacifique, le Canada cherche à soutenir les économies de l’Indo-Pacifique pour qu’elles atteignent leurs objectifs et fassent progresser les priorités communes.

  (1330)  

    À l'instar de bon nombre de nos partenaires, nous ferons la promotion d’un commerce indo-pacifique libre, ouvert et inclusif, avec l’ANASE au centre. Le Canada est déterminé à maintenir les valeurs démocratiques, la primauté du droit, la bonne gouvernance et les droits de la personne au cœur de sa politique étrangère dans la région indo-pacifique. Pour ce faire, il est essentiel de travailler avec des gouvernements aux vues similaires afin de soutenir des valeurs et des principes communs.
    Pour faire progresser ces valeurs, nous continuons de diversifier nos interactions avec divers pays et partenaires. Cela suppose de travailler sur tous les fronts, notamment la diplomatie, la sécurité, le commerce, l’économie et le développement durable.
    Sur le plan diplomatique, nous travaillerons en étroite collaboration avec nos amis et partenaires pour faire respecter l’ordre international fondé sur des règles et promouvoir une gouvernance régionale inclusive et ouverte, des normes et valeurs clés, ainsi que des sociétés ouvertes, une gouvernance responsable et les droits de la personne qui sous-tendent l’approche du Canada en matière de gouvernance mondiale.
    Nous reconnaissons également la nécessité de renforcer notre soutien actif à la sécurité et à la stabilité de la région indo-pacifique, de concert avec nos partenaires aux vues similaires, afin que l’avenir de l’environnement de sécurité soit favorable aux intérêts du Canada et à ceux de nos amis et alliés dans cette région.
    Sur le plan économique, bien que la région ait été durement touchée par la pandémie de COVID-19, elle demeure une plaque tournante essentielle pour le commerce, l’investissement et la production, et d’importantes chaînes d’approvisionnement ont pour origine et destination la région. Le Canada continuera de promouvoir et de soutenir les occasions d’affaires et d’assurer des investissements productifs tout en favorisant un ordre économique régional plus ouvert, prévisible et durable. Comme exemple concret de notre engagement à approfondir les liens commerciaux avec la région, le Canada a lancé des négociations en vue d’un accord de libre-échange avec l’ANASE. Il s’agit d’une étape importante dans le renforcement du partenariat économique et de la présence du Canada dans la région indo-pacifique.
    Le développement durable est un élément fondamental des aspirations du Canada dans la région pour y renforcer la gouvernance et la primauté du droit.
    Conformément à sa politique d’aide internationale féministe, le Canada continuera de soutenir activement l’Indo-Pacifique dans ses efforts pour atteindre les objectifs de développement durable. Aucune région ne sera plus importante que l’Indo-Pacifique pour déterminer notre capacité à respecter et à dépasser les engagements et les objectifs mondiaux en matière de changements climatiques. Peu d’autres régions sont plus vulnérables à la montée des océans, à l’évolution des conditions météorologiques et aux catastrophes naturelles.
    Le gouvernement accorde la priorité à une approche globale pour la région indo-pacifique, qui guidera notre politique étrangère au cours de la prochaine décennie. Nous allons donner aux Canadiens un siège à la table et protéger nos intérêts en collaboration avec nos partenaires et amis, anciens et nouveaux.

  (1335)  

    Madame la Présidente, malheureusement, la critique de notre motion que la députée avance dans le discours qu’elle vient de lire est tout à fait honteuse. Son commentaire selon lequel il est inadmissible de critiquer la violence commise par le Parti communiste chinois et la menace que cela représente pour notre propre sécurité, parce que cela pourrait exposer les gens à des préjugés, passe vraiment à côté de l’essentiel.
    Nous avons une grande admiration pour le peuple chinois et pour la contribution des Canadiens d’origine chinoise et d’autres personnes, mais nous devons reconnaître que les premières victimes de la violence du PCC sont les Chinois. La Chambre a reconnu que le gouvernement de la Chine est responsable d’un génocide actuellement en cours.
    En termes plus clairs pour la Chambre, commettre un génocide contre les musulmans ouïgours est une forme assez grave d’islamophobie, et c’est un crime que la Chambre devrait dénoncer catégoriquement et auquel elle devrait réagir.
    Nous avons traité, par le passé, de la détention des deux Michael. Cette semaine encore, nous avons assisté à l’arrestation d’une citoyenne canadienne et militante de la démocratie, Denise Ho, à Hong Kong, ainsi qu’à l’arrestation de Joseph Zen, un cardinal retraité de 90 ans, qui a également été un ardent défenseur de la démocratie.
    La députée pourrait-elle réprimer le désir de traiter cette question comme un enjeu woke de politique intérieure? Pourrait-elle reconnaître que ces actes de violence horribles nécessitent une réponse claire et décisive de la part du Canada, et que la création de ce comité fait partie de cette réponse?
    Madame la Présidente, comme je l’ai dit dans mon discours, cette motion n’est pas nécessaire et engendrera davantage d’ostracisme et de discrimination envers les Sino-Canadiens. Nous assistons à des attaques contre la communauté asiatique depuis des mois et des mois. Ce genre de motion ne sert qu’à provoquer les actes de discrimination et de violence contre une communauté en particulier.
    Madame la Présidente, je suis très étonné de voir les conservateurs continuer à affirmer que les violations des droits de la personne ont pratiquement débuté après le changement de régime en 2015 et après la signature par la Chine de l’APIE, cet accord commercial entre le Canada et la Chine. La priorité à accorder aux droits de la personne, ou aux droits des Autochtones dans ce cas, dans le cadre des négociations ne faisait sûrement pas partie des clauses de l’APIE. Nous savons qui s'est opposé dans ma circonscription. Le peuple nuu-chah-nulth a contesté cet accord afin de se protéger des mécanismes de règlement des différends entre investisseurs et États permettant la tenue de tribunaux secrets.
    J’ai beaucoup aimé le discours de ma collègue. Est-elle d’accord pour dire que, si cette motion était adoptée, nous devrions examiner l’APIE et trouver des façons de mieux protéger les peuples autochtones et les droits de la personne des habitants des deux pays concernés lorsque nous signerons des accords commerciaux à l'avenir?

  (1340)  

    Madame la Présidente, j'aimerais préciser que deux comités se penchent déjà sur ces questions: le comité du commerce international et le comité des affaires étrangères. Lancer une autre étude en comité serait tout simplement redondant et limiterait le débat.

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai du mal à comprendre la logique de ma collègue.
    Elle dit que la création de ce comité exacerberait les gestes répréhensibles en matière de droits de la personne.
    N'est-elle pas en train de capituler face à l'intimidation?
    Madame la Présidente, je remercie mon cher collègue de sa question, mais je ne suis pas d'accord avec lui.

[Traduction]

    Madame la Présidente, depuis mon arrivée à la Chambre, j'ai souvent entendu la députée parler avec respect de la défense des droits de la personne partout dans le monde. Je crois comprendre qu'elle n'appuie pas cette motion. Je me demande si elle serait prête à proposer d'autres solutions que les parlementaires pourraient appuyer, s'ils veulent sérieusement défendre les droits de la personne.
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec mon collègue, mais, comme je l'ai dit, des comités se penchent déjà sur ces questions, dont nous pouvons débattre ouvertement dans cette enceinte.
    Je remercie également le député de reconnaître qu'il est absolument crucial d'étudier la question des droits de la personne, surtout dans cette enceinte. Je vais continuer de travailler avec lui et avec d'autres de mes collègues d'en face pour veiller au respect des droits de la personne.
    Madame la Présidente, je suis ravi de parler de la motion à l'étude et d'être ici, à la Chambre, cet après‑midi.
    Tout d'abord, mai est le Mois du patrimoine asiatique, une occasion de réfléchir aux nombreuses contributions que les Canadiens d'origine asiatique ont apportées et continuent d'apporter à ce pays béni qui est le nôtre, ainsi que de les souligner.
    Par ailleurs, cela fait 20 ans cette année que le Canada a officiellement déclaré que mai serait le Mois du patrimoine asiatique. Dans le cadre du thème de cette année, « Poursuivre un legs d'excellence », nous soulignons les contributions importantes et variées de générations de Canadiens d'origine asiatique, de même que tout ce que ces personnes ont dû surmonter. Encore aujourd'hui, il incombe aux Canadiens partout au pays d'unir leurs efforts pour combattre toutes les formes de racisme et de discrimination contre les Asiatiques.
    Durant ce mois, nous avons la possibilité d'apprendre à connaître les nombreuses cultures et communautés asiatiques par les arts, les films et la littérature, entre autres. Je sais que la ville de Vaughan abrite une communauté canado-asiatique très dynamique. J'interagis quotidiennement avec ses membres. Qu'ils viennent du Vietnam, des Philippines, de la Chine, de Hong Kong ou d'ailleurs, il est formidable de pouvoir en apprendre davantage sur leur patrimoine et leur culture, ainsi que sur la façon dont ils enrichissent le tissu social du Canada.
    Au sujet de la motion présentée aujourd'hui par l'opposition officielle, j'aimerais exprimer mon point de vue personnel sur la relation entre le Canada et la Chine. J'estime que cette relation comporte trois réalités: nous sommes en concurrence sur les marchés mondiaux; nous collaborons lorsque l'occasion se présente; nous devons confronter le gouvernement chinois lorsque ses décisions et ses valeurs entrent en conflit avec les nôtres. Ces trois réalités que sont la concurrence, la collaboration et la confrontation me tiennent vraiment à cœur.
    J'ajoute également que je m'inspire des paroles de quelqu'un que je respecte profondément, non seulement à cause du poste qu'il occupe actuellement à titre de premier ministre d'Italie, mais également à cause de son ancienne charge de président de la Banque centrale européenne. L'an dernier, lors du sommet du G7, voici ce qu'il a dit sur la Chine — et j'abonde vraiment dans le même sens: « Il s'agit d'une autocratie qui ne respecte pas les règles multilatérales et ne partage pas la même vision du monde que les démocraties. Nous devons coopérer, mais nous devons également être francs au sujet de ce que nous ne partageons pas et que nous n'acceptons pas. Le président américain a déclaré que le silence est une forme de complicité. »
    Voilà mon opinion en ce qui concerne la relation entre le Canada et la Chine. Effectivement, nous nous faisons concurrence et nous collaborons, mais nous devons également toujours défendre les valeurs que nous prônons, notamment le respect des droits de la personne, y compris des minorités, la primauté du droit, la démocratie et, bien sûr, les institutions multilatérales.
    Je passe maintenant à mon discours proprement dit. Mon discours de cet après-midi portera sur les droits de la personne.
     La promotion et la protection des droits de la personne font partie intégrante de la politique étrangère du Canada et elles continueront d'orienter la relation qu'entretient le gouvernement avec la Chine. Le Canada est profondément préoccupé par la répression et le ciblage dont font l'objet les minorités ethniques et religieuses et les groupes vulnérables en Chine, notamment les bouddhistes tibétains, les Ouïghours et d’autres minorités ethniques musulmanes, les chrétiens, les adeptes du Falun Gong, les femmes et les filles, ainsi que les membres de la communauté LGBTI. Le Canada demande constamment à la Chine de respecter ses engagements internationaux sur la protection et la promotion de la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association, ainsi que de la liberté de religion ou de croyance de tous les citoyens chinois.
    Le Canada est aussi préoccupé par les efforts que déploient les autorités chinoises pour entraver la liberté de la presse en Chine et à Hong Kong, où il est de plus en plus difficile de produire des reportages indépendants à cause notamment de la censure, des restrictions concernant les visas, et de l'intimidation, voire de l'emprisonnement de journalistes. Le Canada a soulevé ces questions de façon bilatérale auprès des représentants compétents du gouvernement chinois à tous les échelons. Le Canada a également soulevé à maintes reprises la situation des droits de la personne en Chine à l'ONU, notamment devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies et l'Assemblée générale des Nations unies.
    Par exemple, le 22 juin 2021, lors de la 47e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui s'est tenue à Genève, le Canada a présenté une déclaration commune au nom de 44 pays sur la situation des droits de la personne au Xinjiang, à Hong Kong et au Tibet.
    Le Canada est également fier d’avoir lancé, en 2021, la « Déclaration contre la détention arbitraire dans les relations d’État à État », qui a été appuyée par plus de 65 pays. Il s'est engagé à faire respecter l’ordre international fondé sur des règles et les valeurs et principes fondamentaux qui le sous-tendent.
    À une époque où beaucoup s’interrogent sur l’avenir du multilatéralisme, et de la diplomatie tout court, le Canada s’engage à être présent et à jouer un rôle actif dans l’élaboration des normes et l’engagement des institutions qui sous-tendent notre communauté mondiale. Cependant, nous savons que le changement est limité dans les coulisses du pouvoir. Sans la voix de ceux qui sont opprimés, le changement ne peut durer et nos politiques ne peuvent pas être efficaces.

  (1345)  

    C’est pourquoi nous continuons à nous engager directement auprès des communautés de la diaspora, des militants, de la société civile, des journalistes et des défenseurs des droits de la personne. Sans leur expertise et sans le courage dont ils font preuve en partageant leurs histoires avec le monde entier, y compris en ligne, les violations et les abus des droits de la personne seraient passés sous silence. C’est grâce à eux que le monde est au courant de la répression de la liberté de réunion, de la suppression de la démocratie à Hong Kong, y compris l’arrestation récente d’un cardinal catholique, je crois, contre laquelle le Canada s’est élevé aux côtés de ses partenaires internationaux. Par exemple, le 9 mai 2022, les ministres des Affaires étrangères du G7 ont publié une déclaration conjointe sur le processus de sélection du chef de l’exécutif à Hong Kong, soulignant notre grave préoccupation à l’égard de ce processus qui s’inscrit dans une tentative continue d’assaut contre le pluralisme politique et les libertés fondamentales.
    Les preuves croissantes d’une campagne systémique de répression au Xinjiang ne peuvent être ignorées. Il existe des preuves substantielles et crédibles qui font état de détentions arbitraires d'Ouïghours et d’autres minorités ethniques musulmanes dirigées par le gouvernement central et régional chinois sous prétexte qu'il lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. D’après les preuves fournies par des universitaires, des ONG, des défenseurs des droits de la personne, des journalistes et les témoignages de victimes, les Ouïghours et les autres minorités ethniques musulmanes sont soumis à des traitements cruels, inhumains et dégradants, à une éducation patriotique et culturelle obligatoire, au travail forcé et à la séparation arbitraire des enfants de leurs parents par les autorités. Dans toute cette région, les Ouïghours et les autres minorités ethniques musulmanes sont également soumis à une surveillance physique et numérique répressive. C’est inacceptable.
    Le gouvernement est également profondément troublé par les récents rapports de victimes de violence sexuelle aux mains des autorités au Xinjiang. Le Canada condamne ces actes déshumanisants dans les termes les plus forts. Nous appuyons les victimes et les survivants, et nous demandons à tous les gouvernements de rechercher la justice et de demander des comptes aux auteurs de ces actes.
    Le Canada demeure également très préoccupé par la situation des Tibétains sur le plan des droits de la personne, notamment les restrictions à la liberté d’expression, à la liberté de religion ou de croyance et à la protection des droits linguistiques et culturels. Au XXIe siècle, il n’y a aucune excuse pour ne pas être au courant de ces questions.
     Le Canada est déterminé à s'engager unilatéralement, ainsi qu'aux côtés de ses partenaires, à défendre les droits de la personne de ces gens, des citoyens chinois. Nous continuerons de réclamer un accès sans entrave au Xinjiang pour les observateurs indépendants internationaux, notamment la haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, et de travailler étroitement avec les entreprises canadiennes qui font des affaires en Chine ou avec la Chine afin de s'assurer qu'elles mesurent bien les risques de faire des affaires avec des entités susceptibles de recourir au travail forcé et qu'elles prennent des mesures en conséquence.
    Nous continuerons de nous opposer aux sanctions et aux persécutions de la Chine fondées sur la religion ou les croyances des musulmans, des chrétiens, des bouddhistes tibétains et des adeptes du Falun Gong, notamment. Nous continuerons d'appuyer le rétablissement du respect des droits civils et politiques à Hong Kong, conformément à la déclaration conjointe, juridiquement contraignante, signée par la Chine et le Royaume‑Uni, que le Canada invoque continuellement depuis 2018, notamment au moyen de déclarations communes du G7 et des partenaires du Groupe des cinq.
    Nous continuerons aussi de nous opposer à la peine de mort et de lancer des appels à la clémence dans tous les cas où des Canadiens sont condamnés à la peine capitale en Chine. Le Canada continuera de demander l'abolition de la peine de mort partout dans le monde. Un Canadien est un Canadien, peu importe la position adoptée par un gouvernement étranger. Le Canada défendra les droits consulaires des citoyens canadiens, même si la Chine ne reconnaît pas ces droits.
    Les Canadiens s'attendent à ce que leur gouvernement lutte contre les injustices partout dans le monde, et c'est exactement ce que fait le gouvernement. En tant qu'élus, ne perdons pas de vue cet état d'esprit et travaillons ensemble dans notre combat pour les droits de la personne et la primauté du droit. Le Canada défendra toujours les intérêts des Canadiens dans ses relations avec la Chine. Il existe encore des domaines de collaboration pragmatique entre nos deux pays, comme le dossier des changements climatiques ou la lutte mondiale contre la COVID‑19. La voie à suivre consistera, entre autres, à assurer une coordination avec nos partenaires, et le Canada travaillera avec d'autres pour veiller à ce que le gouvernement chinois respecte ses obligations internationales et pour défendre l'ordre international fondé sur des règles.
    Enfin, le Canada poursuivra sa collaboration dans la défense des intérêts nationaux. Nous défendrons vigoureusement nos valeurs et nos principes issus de la démocratie et des droits de la personne, et nous protégerons la sécurité des Canadiens tant au pays qu'à l'étranger.

  (1350)  

    Madame la Présidente, j’ai bien aimé l’allocution du député d’en face à la Chambre aujourd’hui.
     J’aimerais parler au député de questions relatives précisément aux relations entre le Canada et la Chine qui ne cadrent pas directement avec les comités de la Chambre. Le Canada est signataire de la Convention de Minamata sur le mercure et il a obtenu en application de cette convention d’excellents résultats dans la réduction du mercure pour éviter d’empoisonner notre environnement, nos poissons et notre population. Toutefois, les taux de mercure au Canada sont beaucoup plus élevés, particulièrement chez les peuples autochtones dans le Nord. Pourquoi? Eh bien, c’est parce que de nombreuses manufactures asiatiques se débarrassent de leur mercure en le jetant dans le feu; le mercure monte alors dans l’atmosphère et aboutit sur les terres du deuxième plus grand pays, soit le Canada.
    C’est un problème qui n’entre pas parfaitement dans le mandat du comité de l’environnement, parce que nous sommes signataires de la Convention de Minamata, mais nous devons faire pression sur le gouvernement chinois au titre de cette convention pour lui faire comprendre que ce qui se fait chez eux est dommageable pour les Autochtones et pour les autres Canadiens.
    Le député estime-t-il que la question doit faire l’objet d’un suivi? Appuiera-t-il la motion visant la création d’un comité spécial chargé d’examiner ces questions qui sont importantes pour les Canadiens et pour les Autochtones de façon qu’on nous rende compte de l’évolution de la situation concernant ces problèmes environnementaux?
    Madame la Présidente, pour tout ce qui concerne les questions relatives aux droits environnementaux et aux droits de la personne, le Canada se tiendra toujours debout, travaillera avec les instances multilatérales et, naturellement, discutera directement avec tout gouvernement dont les activités économiques auront des conséquences sur l’environnement et nuiront à nos citoyens, y compris les peuples autochtones.

[Français]

    Madame la Présidente, j'avoue que j'ai un peu de difficulté à suivre le raisonnement de mon collègue.
    Il a repris les paroles de Joe Biden en disant que le silence équivaut à la complicité. Il a parlé de toutes les violations des droits de la personne en Chine, de la censure et des Ouïghours. Je ne comprends donc pas pourquoi il s'oppose à la création de ce comité. Comme c'est exactement ce que le comité propose d'étudier, entre autres, je trouve cela un peu incohérent.
    Mon collègue a-t-il quelque chose à répondre à cela?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question.

  (1355)  

[Traduction]

    Le Canada se portera toujours à la défense des droits de la personne et de la protection de l’environnement partout dans le monde. Nous avons des comités sur la Colline du Parlement, comme celui des affaires étrangères, qui peuvent s’occuper directement de ces questions pertinentes. Il y a aussi, je crois, un sous-comité des droits de la personne qui peut se pencher sur ces questions. Nous avons des députés très compétents dans ces comités, qui font un travail formidable, jour après jour, et s’ils le décident, parce qu’ils sont maîtres dans leur domaine respectif, ils peuvent mener les études de leur choix, y compris des études sur la protection des droits de la personne partout dans le monde, et dénoncer les violations des droits de la personne et des droits environnementaux.
    Madame la Présidente, j’ai l’impression qu’il y a eu un point tournant cette semaine entre le NPD et les conservateurs. Nous avons vu les conservateurs prendre position pour la première fois en dix ans contre les grandes banques à propos des frais imposés aux commerçants, ce que nous faisons depuis que le regretté Jack Layton et mon bon ami de South Okanagan—West Kootenay l’ont eux-mêmes fait. Nous avons vu les conservateurs se lever pour demander au gouvernement de mettre en place des transferts en matière de santé mentale, ce que les néo-démocrates réclament déjà. Nous espérons un tour du chapeau et que les conservateurs se lèveront pour forcer le gouvernement à agir contre la crise causée par l’approvisionnement en drogues toxiques qui tuent des Canadiens et contre laquelle le gouvernement ne fait rien.
    Il y a une chose sur laquelle je veux revenir dans cette intervention et sur laquelle nous sommes d’accord, c’est la lutte contre l’ingérence étrangère de la Chine et d’autres États parties, ici au Canada, y compris la Russie, pays dans lequel je suis interdit de séjour; alors, je suis sûr que l’armée de robots va sortir et s’en prendre à moi. Le gouvernement s’engagera-t-il à présenter une mesure législative pour lutter contre l’ingérence étrangère de la Chine et d’autres États parties, comme la Russie, ici au Canada?
    Madame la Présidente, tout d’abord, toute ingérence d’un État, et a fortiori d’un État autoritaire, dans les affaires intérieures de notre pays est absolument inacceptable. Je partage les préoccupations du député de Courtenay—Alberni au sujet de la crise des opioïdes qui sévit au Canada. Elle a entraîné littéralement des milliers de décès de Canadiens. Je sais que notre gouvernement est saisi de cette question. Nous y travaillons avec nos partenaires provinciaux, avec nos partenaires municipaux et avec tous les ordres de gouvernement. Trop de Canadiens meurent à cause de la crise des opioïdes, et nous devons veiller à apporter une assistance à ces familles et à ces personnes, pour qu’elles puissent obtenir de l’aide et que cela ne continue pas.

[Français]

    Madame la Présidente, je vous informe que je vais partager mon temps de parole avec mon collègue de Sherwood Park—Fort Saskatchewan.
    Nous sommes réunis aujourd'hui pour parler de la création d'un comité parlementaire sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine. C'est un enjeu très important, eu égard au fait que la Chine est un important joueur — c'est le moins que l'on puisse dire —, tant sur le plan économique que sur le plan de la sécurité nationale ou de l'environnement, entre autres. C'est la raison pour laquelle nous souhaitons la création d'un comité parlementaire chargé d'analyser cela.
    Pourquoi créer un tel comité parlementaire? Un comité parlementaire est indépendant du pouvoir exécutif. Il est donc indépendant du bureau du premier ministre, qui, lui, peut donner des ordres à ses députés. Or, en comité parlementaire, tous les députés sont théoriquement indépendants du pouvoir exécutif.
    D'aucuns vont se demander pourquoi nous profitons d'une journée de l'opposition pour parler de ce sujet. C'est parce que c'est la façon de faire pour créer un comité. On aurait pu s'entendre avec le parti ministériel pour créer ce comité, mais, par malheur, ce dernier en refuse la création.
    Cependant, le Parti conservateur estime que c'est important. La façon de faire, c'est que la Chambre tienne un vote; tous les députés vont pouvoir voter librement. Nous verrons quel sera le résultat dudit vote, mais nous présumons qu'il sera en faveur de la création du comité.
    Je rappelle que le comité proposé va s'attaquer à plein de sujets qui touchent présentement tous les Canadiens: l'économie, la sécurité nationale, l'environnement et la chaîne d'approvisionnement. La question en lien avec cette dernière touche directement nos producteurs et notre économie et a un impact direct sur l'inflation, qui touche tous les Canadiens. Nous sommes en faveur de la création de ce comité, qui traitera des enjeux qui touchent ou concernent tous les Canadiens.
    Je rappelle que, dans l'ancien Parlement, c'est-à-dire avant que le premier ministre déclenche, de façon tout à fait arrogante, une campagne électorale en pleine pandémie, ce comité existait déjà. Il s'était réuni à plus d'une trentaine de reprises pour entendre plus d'une centaine de témoins. De plus, il a déposé trois rapports après s'être attaqué à des sujets compromettants pour la Chine, mais très importants pour le Canada. Je...
    À l'ordre. Je dois interrompre l'honorable député, qui aura huit minutes après la période de questions orales pour compléter son discours.

[Traduction]

    Avant de passer aux déclarations de députés, j’aimerais demander à ceux qui sont présents à la Chambre, mais aussi et surtout dans la cour, de bien vouloir se taire pour que nous puissions entendre ce qui se dit à la Chambre. Comme c’est très difficile en ce moment, je vous demanderais, si possible, de faire moins de bruit dans la cour. Je remercie les députés.
    La députée de Saanich—Gulf Islands a la parole.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

La Journée internationale des infirmières

    Madame la Présidente, c'est un honneur de prendre la parole par vidéoconférence. Nous sommes le 12 mai et c'est l'anniversaire de Florence Nightingale, ce qui explique l'attention portée aux infirmiers et aux soins infirmiers cette semaine. Je tiens à dire que Florence Nightingale, au XIXe siècle, était une cheffe de file. Si elle avait été un homme, elle aurait été considérée comme le père de la santé publique et l'un des pionniers de l'utilisation des statistiques, mais la misogynie qui teinte notre regard sur l'histoire ne s'arrête pas là.
    Si nous faisons le saut en 2022, nous constatons que le personnel infirmier est en difficulté. On peut lire ceci sur le site Web de la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et infirmiers: « [...] une crise silencieuse en matière de santé mentale frappe le personnel infirmier et les travailleurs de la santé. Manque de personnel, charges de travail épuisantes et violence omniprésente sont une réalité quotidienne [...] » C'est inacceptable.
    Je sais que tous les parlementaires ici présents aimeraient se joindre à moi pour remercier toutes les infirmières et tous les infirmiers. Nous les remercions, nous les appuyons et nous leur devons beaucoup.

[Français]

Dispersa

    Madame la Présidente, nous avons de grandes femmes talentueuses à Vimy.

[Traduction]

    Dispersa, inc. est une entreprise dirigée par une femme qui se concentre sur les biosurfactants biodégradables et écologiques pour le nettoyage et les soins personnels.

[Français]

    Depuis mon élection en 2019, j'ai vu Dispersa grandir et être reconnue pour le travail incroyable que son équipe fait pour rendre nos maisons plus vertes.

[Traduction]

    Cette semaine, Dispersa a rejoint les rangs des cinq jeunes entreprises de l'industrie chimique à surveiller sur la planète en 2022. Je tiens à féliciter Nivatha Balendra et l'équipe de Dispersa pour cette reconnaissance incroyable et pour montrer aux jeunes filles du monde entier que les femmes scientifiques mènent la société vers un avenir plus durable et plus vert.
    Je félicite Nivatha et j'espère qu'elle poursuivra son bon travail. Elle nous rend tous très fiers, y compris la communauté tamoule.

L'ingérence étrangère dans les élections canadiennes

    Monsieur le Président, la Chambre doit prendre au sérieux les efforts que fait le Parti communiste chinois pour miner notre démocratie, et surtout pour cibler les Canadiens d'origine chinoise et faire pression sur eux.
    Des experts de l'Université McGill et du Digital Forensic Research Lab ont sonné l'alarme au sujet de la campagne de désinformation lancée par l'ambassade chinoise pendant la dernière campagne électorale fédérale. Plusieurs députés ont été ciblés, y compris l'ancien député de Steveston—Richmond-Est. Cette opération avait pour objectif de désinformer la communauté chinoise du Canada et d'intimider physiquement des Canadiens dans notre propre territoire.
    En quant que députés, nous avons le devoir de protéger les élections contre toute influence étrangère. Le Canada doit adopter une mesure permettant d'assurer la transparence en matière d'influence étrangère semblable à celles des États-Unis et de l'Australie, faute de quoi l'intimidation en provenance de l'étranger se poursuivra. Le Canada doit rejeter la culture de l'apaisement et s'élever contre la montée de l'autoritarisme à l'intérieur et au-delà de ses frontières.

La Journée internationale des infirmières

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner la Journée internationale des infirmières et rendre hommage aux milliers d'infirmières et d'infirmiers de ce pays qui consacrent leur vie à soigner les Canadiens.
    Ma propre famille a eu la chance d'avoir deux infirmières. Ma mère était une jeune infirmière à Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale. Je suis également très fier de ma sœur Fiona Hanley, qui est une environnementaliste dévouée et une professeure en soins infirmiers au Collège Dawson à Montréal.
    Représentant 50 % de notre main-d'œuvre en soins de santé, le personnel infirmier constitue l'épine dorsale de notre système de soins de santé. Soyons francs: cette main-d'œuvre est en crise. Deux années de pandémie ont aggravé la pression que subissait déjà le personnel infirmier: de longues heures de travail, une pénurie de personnel, un manque d'équipement et de ressources, et du stress. Actuellement, 45 % des infirmières et infirmiers présentent des symptômes d'épuisement professionnel, et la moitié d'entre eux envisagent de quitter leur emploi.
    Aujourd'hui, nous célébrons les infirmières et les infirmiers et nous rendons hommage à leur travail essentiel. Toutefois, nous devons leur fournir le soutien dont ils ont besoin pour continuer d'accomplir leurs tâches et de s'épanouir dans leur travail afin de favoriser la santé des Canadiens. Aujourd'hui, je remercie Fiona, Meghan, Sean, Brooke et l'ensemble des infirmières et infirmiers du Yukon et du Canada.

[Français]

Le Pivot

    Monsieur le Président, c'est une grande année. C'est le 40e anniversaire d'un organisme phare de notre circonscription: Le Pivot.
    Je me joins aujourd'hui à ma collègue de Beauport—Limoilou pour rendre hommage au Pivot et souligner l'apport gigantesque de cet organisme dans notre belle région de Beauport. Chaque jour et en toutes circonstances, ce sont des dizaines de bénévoles de cœur qui mettent la main à la pâte pour aider les gens de leur communauté, que ce soit pour la distribution alimentaire, la friperie, l'aide à l'enfance de la halte garderie, la préparation des déclarations de revenus et combien d'autres formes d'aide. De toute évidence, Le Pivot est le poumon communautaire du secteur Beauport.
    Je veux saluer le travail acharné, affable et empathique de sa directrice générale, Mme Ginette Faucher. Véritable inspiration pour la relève, Ginette est au Pivot depuis sa fondation.
    Je remercie Ginette pour ces 40 années. Je remercie également le conseil d'administration et surtout les bénévoles du Pivot qui aident et aiment sans compter.
    Je souhaite longue vie au Pivot, le bonheur a besoin de lui.

  (1405)  

Les prix ESTim

    Monsieur le Président, la semaine dernière, j'ai eu l'immense plaisir d'assister à la 34e édition du gala des prix ESTim.
    Tout d'abord, je tiens à féliciter toute l'équipe de la Chambre de commerce de l'Est de Montréal pour cet événement. Après deux ans de pandémie, le gala put enfin se dérouler en personne avec plus de 500 entrepreneurs, organismes et entreprises présents. Ce gala vise à reconnaître la détermination, le leadership et l'innovation des entrepreneurs, des entreprises et des organismes communautaires de l'Est de Montréal. Les gens de l'Est sont des gens fiers avec un fort sentiment d'appartenance au territoire.
    Je salue tous les lauréats et les lauréates de cette année, particulièrement ceux de ma circonscription. Bravo aux Laboratoires Dermadry, lauréats dans la catégorie Entreprise manufacturière; Annie Martel, de Terre à soi, lauréate dans la catégorie Leadership au féminin; et la Cuisine collective Hochelaga‑Maisonneuve, lauréate du prix Orchidée Organisation.
    Les prix ESTim permettent de reconnaître le talent et l'innovation de toutes ces personnes extraordinaires qui contribuent au développement de l'Est de Montréal.

[Traduction]

Brian Franklin

     Monsieur le Président, je prends la parole pour célébrer la vie de M. Brian Franklin, qui nous a malheureusement quittés trop tôt après un bref combat contre le cancer. C'était un pilier de sa collectivité, Deloraine, et il était bien connu pour son service public et son amour du hockey. Brian a enseigné pendant 36 ans et c'était l'un des meilleurs enseignants de mathématiques du Manitoba. Il a été conseiller municipal, puis maire de Deloraine pendant 16 ans. C'était un rassembleur, il était toujours prêt à écouter ceux qui avaient besoin d'aide.
    Mes meilleurs souvenirs de Brian sont de le voir à la patinoire ou sur le terrain de golf, et j'ai été ravi lorsqu'il a été devenu président de Hockey Manitoba. J'étais extrêmement fier de la façon dont il dirigeait l'organisme et contribuait à façonner l'avenir de nombreux joueurs.
    Je le considère comme un ami et je sais que tous ceux qui le connaissaient pleurent son décès. Je suis de tout cœur avec sa femme, Val, et ses enfants, Tony et Carrie, alors qu'ils célèbrent sa vie. Qu'il repose en paix.

La Journée de la fibromyalgie

    Monsieur le Président, aujourd'hui, c'est la Journée de la fibromyalgie. Nous nous joignons aux millions de personnes qui soulignent cette journée en organisant diverses activités pour sensibiliser la population à cette maladie chronique invisible et débilitante.
    Dans ma circonscription, Mississauga-Est—Cooksville, Susan Monaco milite avec vigueur pour les personnes affectées par la fibromyalgie. Après avoir reçu son diagnostic, en 1986, Mme Monaco a beaucoup souffert, comme plus de 1,5 million de Canadiens atteints du syndrome fibromyalgique, la majorité étant par ailleurs des femmes. Aujourd'hui, Mme Monaco dirige un groupe de soutien local pour les personnes souffrant de fibromyalgie. Selon ce que j'ai entendu, ce qui est le plus décourageant pour la personne atteinte de la maladie, c'est que, même si, en apparence, cette personne semble aller bien, en réalité, sa maladie peut limiter gravement sa capacité d'effectuer ses tâches quotidiennes.
    Pour souligner le 30e anniversaire de la Journée internationale de la fibromyalgie, j'ai le plaisir d'annoncer que la tour d'horloge du centre municipal de Mississauga sera illuminée en violet.
    J'aimerais saluer Susan Monaco ainsi que son groupe de soutien aux personnes souffrant de fibromyalgie à Mississauga, qui travaillent avec ardeur pour sensibiliser la population à la fibromyalgie.

Le Mois du patrimoine juif canadien

    Monsieur le Président, permettez-moi de citer quelques noms de personnes qui font partie intégrante du tissu social de notre pays: Léa Roback, militante sociale et féministe; Moshe Safdie, architecte; Rosalie Abella, juge à la Cour suprême; William Shatner, acteur et maintenant astronaute; Geddy Lee, Leonard Cohen et oui, même Drake, trois musiciens et créateurs.
    Le mois de mai est le Mois du patrimoine juif canadien dans l'ensemble du pays. C'est l'occasion de célébrer la diversité, la créativité et les contributions des Canadiens d'origine juive qui sont indissociables de la trame et de l'histoire de la société canadienne. Les Canadiens d'origine juive ont fait preuve de leadership dans une foule de domaines: recherche universitaire, droit, médecine, musique, sports, théâtre, littérature, service communautaire et bien plus encore.
    Ce sont nos professeurs, nos voisins et nos amis. Ils ont défendu et inspiré la paix, l'égalité et l'inclusion dans le Canada d'aujourd'hui, et ils l'ont souvent fait en dépit d'une discrimination et d'un antisémitisme indicibles. Grâce à leur dévouement et à leur solidarité, ils ont mis en lumière ce qui est possible, pour le mieux, dans l'intérêt de tous.
    C'est pourquoi ce mois est consacré à la célébration de ceux que j'ai mentionnés et de bien d'autres encore. J'invite tous les Canadiens à prendre le temps de découvrir et de célébrer le patrimoine et les réalisations des Canadiens d'origine juive d'un bout à l'autre du pays.

  (1410)  

La Journée internationale des infirmières

    Monsieur le Président, aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale des infirmières, je prends la parole pour rendre hommage aux infirmières et aux infirmiers de partout au Canada et du monde entier, qui servent leurs collectivités avec beaucoup d'abnégation, souvent au prix de grands sacrifices.
    J'aimerais rendre hommage tout particulièrement à une résidante de ma circonscription qui s'est dévouée pour sa collectivité durant toute la pandémie en prenant soin des patients atteints de la COVID-19 à l'Hôpital Joseph-Brant de Burlington. Cette héroïne rentrait à la maison avec des marques de lunettes de protection sur le visage, fatiguée après avoir passé plus de 12 heures debout vêtue de son équipement de protection individuelle. Elle a risqué sa propre santé pour s'occuper de centaines de Canadiens qui en avaient bien besoin. En dépit des conditions difficiles et du manque de personnel à l'hôpital, cette héroïne se levait chaque jour pour aller travailler et sourire à ses patients avec ses yeux, au-dessus de son masque. Cette héroïne est par-dessus la formidable mère de nos deux filles.
    Mon épouse Angela, qui se trouve sur la Colline aujourd'hui, est mon héroïne que j'adore.
    J'aime beaucoup les déclarations de députés. Elles sont formidables, mais je dois rappeler aux députés de ne pas mentionner la présence d'une personne à la tribune, même si je suis ravi qu'elle y soit.
    Le député de Niagara-Centre a la parole.

Le Mois de la sensibilisation à la maladie de Lyme

    Monsieur le Président, mai est le Mois de la sensibilisation à la maladie de Lyme. Des familles partout au Canada, comme la famille Peters, dans ma circonscription, ont vu leur vie bouleversée par cette maladie. Les deux filles de la famille combattent la maladie de Lyme chronique, qui présente des symptômes neurologiques débilitants, depuis huit ans.
    Comme beaucoup de Canadiens, la famille Peters ne sait pas quand, où ni comment ils ont été mordus par une tique qui leur a donné la maladie de Lyme. Les sœurs n'ont pas eu d'éruption cutanée en forme d'anneau, comme beaucoup d'autres personnes qui contractent cette maladie, mais il y a plusieurs autres indices qui permettent aux personnes atteintes de savoir qu'elles le sont.
    J'invite tous les députés à se sensibiliser à l'expérience des personnes aux prises avec la maladie de Lyme et de visiter le site canlyme.com pour en apprendre davantage et obtenir d'autres renseignements.

Les soins de santé

    Monsieur le Président, lors de la campagne électorale de 2021, les libéraux avaient promis 7 500 professionnels de la santé aux collectivités rurales canadiennes. Comme une bonne partie des circonscriptions rurales du pays, Coast of Bays—Central—Notre Dame est aux prises avec une crise dans le domaine des soins de santé. Preston Pardy, un habitant de ma circonscription âgé de 40 ans, qui se trouve à Ottawa aujourd'hui, a passé cinq jours sur une civière, dans un hôpital en manque de personnel, à la suite d'une crise cardiaque. Quelques semaines plus tard, il a été transféré à Ottawa, où il a finalement subi un triple pontage.
    Preston et mes autres concitoyens ne veulent pas entendre le ministre de la Santé leur donner des statistiques américaines sur la COVID ou parler de la merveilleuse relation que le gouvernement néo‑démocrate—libéral entretient avec la province de Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Le gouvernement et le premier ministre n'ont pas respecté leur promesse aux Canadiens des régions rurales comme Preston, et le temps est venu pour eux de régler cette crise et de réintégrer la notion de soins dans le système de santé.
    Comme toujours, nous tenons à saluer les gens qui se joignent à nous ici, à la Chambre des communes, et nous nous réjouissons de leur présence.
    Le député de Saskatoon—Grasswood a la parole.

Les exigences relatives à la vaccination

    Monsieur le Président, cela fait plus de deux ans que la COVID-19 est arrivée au pays, et les spécialistes en santé publique partout au Canada ont déclaré on ne peut plus clairement que nous devrons vivre avec cette maladie pendant encore des années.
    Au Canada, les taux de vaccination sont extrêmement élevés, et la quatrième dose de vaccination a commencé à être distribuée. Le nombre de transmissions, d'hospitalisations et de décès a radicalement baissé depuis le pic de la pandémie, et les Canadiens veulent revenir à leur vie d'avant la COVID.
    La plupart des provinces et territoires au pays, y compris la mienne, la province de la Saskatchewan, ont levé toutes les restrictions sanitaires. Il est temps pour le gouvernement du Canada de faire de même et de supprimer les restrictions sanitaires dans tous les domaines qui relèvent du fédéral.

  (1415)  

Le Mois du patrimoine asiatique

    Monsieur le Président, en ce mois de mai, nous célébrons le 20e anniversaire du Mois du patrimoine asiatique. Le thème des célébrations de cette année est « Poursuivre un legs d’excellence ».
    J'ai l'honneur de représenter Richmond-Centre, une circonscription ayant une population majoritairement asiatique qui a contribué à faire du Canada le merveilleux pays diversifié qu'il est aujourd'hui. Je tiens à remercier la génération d'Asiatiques qui ont élu domicile dans Richmond et qui partagent leur culture unique, leur religion et leur histoire avec nous tous.
    Malgré la regrettable montée du sentiment anti-asiatique au cours de la pandémie, les Canadiens d'origine asiatique ont continué de montrer leur force grâce à leur résilience et leur activisme. J'espère que nous pourrons travailler tous ensemble pour bâtir une société paisible et multiculturelle.
    Ce mois-ci, célébrons le legs d'excellence qui provient des Canadiens d'origine asiatique des quatre coins du Canada. Joyeux Mois du patrimoine asiatique.

[Français]

Le Réseau de développement des collectivités du Canada

    Monsieur le Président, je rends hommage au Réseau de développement des collectivités du Canada et à l'excellent travail qu'il accomplit pour diversifier, soutenir et renforcer l'économie des collectivités rurales et éloignées.

[Traduction]

     Le Réseau de développement des collectivités du Canada est là pour aider les collectivités en fournissant des prêts aux petites entreprises, des outils et de la formation aux personnes qui veulent lancer une entreprise ou développer une entreprise existante. En Ontario seulement, en 2020-2021, la Société d'aide au développement des collectivités, ou SADC, a recruté plus de 1 000 bénévoles, a consenti plus de 7,5 millions de dollars en prêts aux entreprises et a créé plus de 6 000 emplois. Qui plus est, la SADC a fourni plus de 116 millions de dollars en mesures d'allégement de l'endettement des entreprises et elle a contribué à maintenir 8 500 emplois.
    Dans Algoma—Manitoulin—Kapuskasing, de nombreux entrepreneurs se sont prévalus des services fournis par les SADC, plus particulièrement celles de Waubetek, d'Algoma Est, de Supérieur Est, de Nord-Aski, de LAMBAC, de North Claybelt et de Sault Ste. Marie, dont les équipes sont déterminées à faire du Nord de l'Ontario une destination favorable aux affaires. Aujourd'hui, je tiens à leur dire merci.

[Français]

Les droits des femmes

    Monsieur le Président, avec la pandémie qui tire à sa fin, c'est le retour de la manifestation annuelle des pro-vie au Parlement fédéral. Bien sûr, les opposants au droit des femmes à l'avortement sécuritaire ont le droit de manifester. La Colline du Parlement est l'endroit le plus approprié pour le faire. C'est certainement plus approprié que d'intimider les jeunes femmes devant les cliniques de soins.
     Le Bloc québécois n'a aucun problème à ce que la droite religieuse se rassemble dans la cour à l'extérieur du parlement. Là où nous avons un problème, c'est quand la religion se retrouve à l'intérieur du Parlement, dans un Parlement canadien où l'opposition officielle se finance sur les parvis des églises, dans un Parlement où 40 conservateurs votent 100 % du temps du côté de la droite anti-choix, dans un Parlement qui vient de voter pour continuer de prier chaque jour avant le début des travaux.
     Dans ce Parlement-là, le Bloc québécois tient à dire aux femmes du Québec qu'il va se tenir debout pour leurs droits. Pour nos droits, nous n'accepterons aucun recul.

[Traduction]

Les exigences relatives à la vaccination

    Monsieur le Président, les Canadiens s’opposent fièrement à toute discrimination. Cependant, il y a à l’heure actuelle 7 millions de Canadiens qui font l'objet de la discrimination imposée par le gouvernement parce que ce dernier les empêche de prendre l’avion au Canada s’ils ne sont pas complètement vaccinés contre la COVID‑19.
    C’est une situation unique dans le monde. Actuellement, il n’y a qu’au Canada qu'une telle politique est en vigueur. En fait, la majorité des pays ont levé les restrictions et annulé les exigences relatives à la COVID‑19. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada a été très claire: le temps est venu de mettre fin à ces politiques discriminatoires. Toutefois, le premier ministre les a maintenues en place pour favoriser la haine, la suspicion et la division.
    Je tiens à rappeler aux députés que le premier ministre peut seulement maintenir cette politique discriminatoire si la majorité d’entre nous lui donne la possibilité de le faire. Il faut penser aux 7 millions de Canadiens qui sont encore séparés des membres de leur famille, qui ratent des occasions d'emploi et qui ne peuvent poursuivre leurs études ni assister à un mariage ou à des funérailles. Je supplie mes collègues des banquettes libérales et néo-démocrates de faire la bonne chose et de mettre fin aux exigences vindicatives et clivantes du premier ministre relativement à la vaccination.

  (1420)  

La Semaine minière du Canada

    Monsieur le Président, je suis heureuse de souligner la Semaine minière nationale. D'un bout à l'autre du pays, les activités minières emploient directement et indirectement près de 700 000 travailleurs, dont près de 17 000 sont des Autochtones. En 2020, l'industrie a contribué au PIB du Canada à hauteur de 107 milliards de dollars. Le Canada est une puissance minière à l'échelle internationale grâce à sa main-d'œuvre, à ses gisements et à ses pratiques environnementales de calibre mondial.
    Le TMX répertorie plus de sociétés minières que toute autre plateforme boursière au monde et, dans le contexte d'une économie carboneutre, les gens de cette industrie savent qu'ils peuvent aller encore plus loin, et ils sont prêts à le faire. C'est pourquoi nous avons pris un engagement sans précédent, de l'ordre de 3,8 milliards de dollars, pour mettre en œuvre la stratégie sur les minéraux critiques. Ce montant servira à bâtir les infrastructures nécessaires pour établir des chaînes de valeur et relancer des projets. Nous avons également doublé le montant du crédit d'impôt pour l'exploration minière, et nous investissons dans la recherche et le développement afin de pouvoir nous diriger vers une exploitation minière durable. Nous sommes convaincus que le Canada peut y arriver.
    Je demande aux députés de se joindre à moi aujourd'hui pour souligner la Semaine minière du Canada et l'importance de l'exploitation minière pour la prospérité du Canada.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Français]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

     Monsieur le Président, au mois de janvier 2017, le premier ministre a créé lui-même un gros problème au chemin Roxham avec son gazouillis #BienvenueAuCanada. En voulant faire un pied de nez au président américain, il a fait en sorte qu'une faille dans l'Entente sur les tiers pays sûrs a amené des milliers de migrants à franchir illégalement notre frontière.
     Cinq ans plus tard, malgré un nouveau président aux États‑Unis, la situation est pire que jamais. Le Québec demande la fermeture du chemin Roxham. Le premier ministre n'a pas hésité à fermer les frontières pendant la pandémie, mais il ne veut pas le faire maintenant. Pourquoi est-il incapable de négocier un nouvel accord avec les États‑Unis?
    Monsieur le Président, nous croyons en la force de notre système d'asile et de notre système d'immigration. Nous travaillons en étroite collaboration avec les intervenants sur la situation à notre frontière.
     Nous travaillons avec nos homologues américains sur les questions liées à notre frontière commune, y compris sur l'Entente sur les tiers pays sûrs. Nous travaillons toujours en étroite collaboration avec nos partenaires pour respecter nos obligations nationales et internationales à l'égard des demandeurs d'asile.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, ils travaillent fort, mais cela ne donne pas beaucoup de résultats.
    Le premier ministre doit cesser de fermer les yeux sur la violence des gangs de rue, particulièrement dans la région de Montréal. Toutes ses belles paroles n'ont rien changé.
     Depuis son élection, les fusillades ne cessent d'augmenter. Juste à Laval, depuis le mois de janvier, les autorités policières ont dénombré 28 événements liés à des armes à feu, toutes liées à des gangs de rue.
    Est-ce que le premier ministre est d'accord avec le maire suppléant de Laval qui dit que la situation est inacceptable? Admet-il que ses politiques ont raté leur cible?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    En tant que députée de Toronto, une des grandes villes du Canada, je suis absolument d'accord que nous avons un grave problème avec les armes à feu.
     C'est précisément pourquoi notre gouvernement a pris de grandes mesures pour limiter la présence des armes à feu dans notre pays, dans nos communautés et dans nos villes. J'invite les conservateurs à appuyer les mesures fortes que nous prenons.
    Monsieur le Président, ce que le premier ministre essaie de faire, c'est de créer un faux sentiment de sécurité au Canada. Ce n'est pas en serrant la vis à d'honnêtes commerçants et à des propriétaires d'armes à feu qui respectent les lois que la violence va cesser d'augmenter dans les rues du pays.
     Les mères ont peur pour leurs enfants. Les gangs n'ont peur de rien. Les fusillades arrivent en plein jour, à proximité des enfants. C'est la réalité et c'est de pire en pire. Quel est le plan du gouvernement pour faire la lutte au trafic d'armes illégales et aux gangs de rue qui terrorisent la population à Laval, à Montréal et partout au Canada?

  (1425)  

    Monsieur le Président, encore une fois, je veux vraiment remercier le député d'en face de sa question, parce que je suis d'accord que les armes à feu posent un grand danger dans nos vies à Montréal, à Toronto ou à Vancouver.
     C'est pourquoi notre gouvernement est prêt à prendre des mesures fortes, précisément pour protéger les mères et les enfants. J'invite les conservateurs à nous appuyer.

[Traduction]

    Monsieur le Président, la violence causée par les armes et par les gangs s'intensifie dans les circonscriptions représentées par des libéraux, et ce n'est pas à cause des propriétaires d'armes à feu respectueux des lois. Samedi dernier, vers 3 heures du matin, une fusillade a fait une victime à Scarborough, sur l'avenue Sheppard. Mardi, les policiers ont arrêté un suspect, qui avait été arrêté 48 heures plus tôt pour un vol sans lien avec la fusillade.
    Toronto a déjà été le théâtre de 137 fusillades en 2022. Au lieu de perdre son temps à cibler les propriétaires d'armes à feu respectueux des lois, pourquoi le ministre ne protège-t-il pas la sécurité publique en ciblant plutôt les gangsters qui déclenchent des fusillades dans les rues de sa circonscription, à Toronto?
    Monsieur le Président, je représente une circonscription du centre-ville de Toronto. Je suis la mère d'adolescents qui vivent à Toronto. Je suis tout à fait consciente de la menace que représentent les armes à feu dans nos villes, dans nos communautés et dans nos rues. C'est pourquoi le gouvernement prend des mesures rigoureuses afin d'interdire les armes d'assaut de type militaire. J'inviterais les conservateurs à nous appuyer.
    Monsieur le Président, les crimes violents ne surviennent pas seulement dans la région du Grand Toronto. Lundi soir, il y a eu une fusillade au volant d'une voiture non loin du bureau du premier ministre dans la circonscription de Papineau. Cette fusillade a eu lieu moins de deux jours après une autre fusillade au volant à Laval. Une famille a été atteinte alors qu'elle revenait en voiture d'une fête d'anniversaire.
    Au lieu de s'en prendre aux criminels, les libéraux préfèrent punir les chasseurs, les collectionneurs et les tireurs sportifs respectueux des lois. Peut-on m'expliquer pourquoi le premier ministre souhaite davantage protéger les criminels violents et les gangs de sa collectivité plutôt que les familles de sa collectivité?
    Monsieur le Président, les agriculteurs et les chasseurs des communautés rurales n'utilisent pas d'armes d'assaut de style militaire pour chasser ou pour protéger leur bétail. Ce sont des armes qui terrorisent nos communautés. Elles terrorisent nos grandes villes et elles terrorisent tous les Canadiens. C'est pourquoi notre gouvernement prend des mesures pour les interdire. J'invite tous les députés, qui se soucient tous de la vie des Canadiens, à faire ensemble ce qui s'impose.

[Français]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, je commence à penser que le pipeline Trans Mountain est fait en or massif. On est parti de 4,5 milliards de dollars d'argent public, de l'argent des contribuables, et on est passé à 21 milliards de dollars. Pourquoi? Pour un tuyau qui va servir à vendre du pétrole.
    C'est cela, le plan de génie du gouvernement pour lutter contre les changements climatiques. C'est une belle bande de champions.
    Le comble, c'est que nous apprenons aujourd'hui que le gouvernement vient d'annoncer un autre prêt de 10 milliards de dollars à Trans Mountain. Cela fait 31 milliards de dollars.
    Quand cette histoire va-t-elle s'arrêter?
    Monsieur le Président, comme nous le disons depuis le début, nous n'avons pas l'intention d'être le propriétaire à long terme de Trans Mountain. Ce projet constitue un investissement responsable dans l'intérêt public et crée plus de 12 700 emplois bien rémunérés pour la classe moyenne.
    Monsieur le Président, ils disent que c'est une garantie de prêt, mais nous ne sommes pas dupes. C'est encore une subvention déguisée. Ils se cachent pour financer encore leur pipeline en or avec notre argent. Ils sont gênés et font cela en cachette, mais ils le font pareil.
    En ce qui concerne les 10 milliards de dollars, soit c'est Trans Mountain qui appartient au gouvernement qui les paie, soit c'est le gouvernement qui paie. Toutefois, dans les deux cas, c'est le payeur de taxes qui va payer.
    Quand le gouvernement va-t-il arrêter de prendre notre argent pour financer Trans Mountain? À un moment donné, il y a des maudites limites.

  (1430)  

    Monsieur le Président, notre gouvernement comprend à quel point il est important d'obtenir un juste prix pour nos ressources sur les marchés internationaux.
    Le gouvernement n'a pas l'intention d'être le propriétaire à long terme du pipeline. Un processus de désinvestissement sera lancé lorsque le projet sera plus avancé, moins risqué, et lorsque les consultations avec les peuples autochtones seront terminées.

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'année dernière, le directeur parlementaire du budget a révélé que le gouvernement du Canada avait accordé d'énormes exemptions fiscales aux sociétés pétrolières et gazières, à hauteur de 2,3 milliards de dollars. Un an plus tard, ces mêmes sociétés affichent des profits faramineux tout en continuant d'escroquer les Canadiens à la pompe. Il est évident que le gouvernement continue de se ranger du côté des sociétés pétrolières et gazières, et cela nuit à la population.
    Le gouvernement va-t-il finalement cesser d'accorder ces énormes exemptions fiscales aux sociétés pétrolières et gazières déjà prospères, et se ranger plutôt du côté de la population en lui venant en aide?
    Monsieur le Président, au gouvernement, nous nous sommes entièrement, clairement et expressément engagés à éliminer les subventions à l'industrie des combustibles fossiles. Nous allons le faire d'ici 2023. Par ailleurs, nous avons imposé une limite aux émissions de l'industrie pétrolière et gazière, nous nous sommes engagés à réduire les émissions de façon graduelle en vue d'atteindre la carboneutralité d'ici 2050, et nous allons éliminer le régime des actions accréditives pour les activités du secteur des combustibles fossiles.
    Monsieur le Président, augmenter les subventions au secteur des combustibles fossiles de plusieurs milliards de dollars est une drôle de façon de les éliminer. Je ne comprends pas cette approche.

[Français]

    Le gouvernement libéral a donné de grandes exemptions aux entreprises pétrolières, presque 2,3 milliards de dollars. Ces mêmes compagnies ont fait des profits massifs cette année et elles continuent d'exploiter les gens quand ils achètent de l'essence.
    Pourquoi le gouvernement continue-t-il d'aider les grandes entreprises qui font des profits massifs au lieu d'arrêter ces grandes exemptions et remettre l'argent dans les poches des gens?
    Monsieur le Président, cela fait bien des années que notre gouvernement s'est engagé à éliminer des subventions à l'industrie pétrolière et nous allons même le faire avant la date cible...
    À l'ordre. Merci.
    L'honorable vice-première ministre a la parole.
    Monsieur le Président, nous allons même le faire avant la date cible de 2023 parce que nous savons que c'est important. En plus, nous avons mis en avant un plan pour mettre une limite absolue sur les émissions de l'industrie gazière et pétrolière et réduire les émissions progressivement jusqu'à ce qu'on atteigne la carboneutralité.

[Traduction]

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, laissons le soin aux libéraux de censurer le projet de loi C‑11. En moins d'une heure, ils ont forcé l'adoption à la Chambre d'un projet de loi qui a des effets négatifs sur chaque Canadien qui regarde des vidéos ou qui écoute de la musique sur Internet. Pire encore, le premier ministre refuse de répondre à une simple question sur la façon dont le CRTC utilisera ses nouveaux pouvoirs qui lui permettront de réglementer Internet.
    Pourquoi le gouvernement fait-il adopter ce projet de loi à toute vapeur et sans aucune transparence? Que cherche-t-il à cacher?
    Monsieur le Président, il faut que le milieu culturel canadien bénéficie de règles équitables imposées aux géants du Web, et c'est exactement ce que crée le projet de loi sur la diffusion continue en ligne. Les artistes, les créateurs et tous les travailleurs du secteur culturel canadien en dépendent.
    Les conservateurs les laissent tomber, encore une fois. Comme d'habitude, ils font de la petite politique. À l'instar du secteur culturel, le Canada a besoin d'une loi moderne. Il est temps d'aller de l'avant et j'ai hâte de participer aux débats du comité.
    Monsieur le Président, une fois de plus, le gouvernement libéral nous sert de la désinformation. Ce projet de loi est mauvais. Les libéraux refusent de révéler les directives qu'ils donnent au CRTC avant que le projet de loi ne reçoive la sanction royale et font franchir de force à ce dernier les étapes du processus législatif à la Chambre des communes.
    Pourquoi? Pourquoi le gouvernement fait-il adopter ce projet de loi à toute vapeur plutôt que de rassurer les créateurs numériques en mettant fin à l'incertitude?

  (1435)  

    Monsieur le Président, pour une raison que j'ignore, les conservateurs ont décidé d'abandonner la culture et les artistes canadiens.
    L'objectif n'a pas changé. Nous voulons que les plateformes contribuent à la culture canadienne. Nous avons entendu les préoccupations suscitées par les médias sociaux. Nous avons compris le message et avons répondu à ces préoccupations.
    Le texte est extrêmement clair. Les utilisateurs et leur contenu ne seront pas réglementés. Le projet de loi oblige les plateformes à contribuer à la culture canadienne. C'est tout. C'est écrit noir sur blanc dans le projet de loi: les règles s'appliquent aux plateformes et non aux utilisateurs.

Les aînés

    Monsieur le Président, les aînés de partout au pays appellent à mon bureau pour demander aux parlementaires de les aider à atténuer les effets dévastateurs de l’augmentation du coût de la vie. Leur argent vaut moins qu’auparavant et la situation ne cesse de s’aggraver. Beaucoup de personnes âgées à revenu fixe ne peuvent plus joindre les deux bouts et ont perdu espoir.
    Nos aînés méritent mieux et ils ont besoin de mieux. Quand le gouvernement prendra-t-il des mesures réalistes pour réduire l’inflation qui afflige les aînés canadiens?
    Monsieur le Président, contrairement aux conservateurs, qui ont repoussé l’âge de la retraite de 65 à 67 ans, de ce côté-ci de la Chambre, nous prenons des mesures pour les aînés. Nous avons par exemple augmenté le Supplément de revenu garanti, ce qui a aidé plus de 900 000 aînés vivant seuls. Pendant la pandémie, nous avons versé aux aînés dans le besoin des paiements non imposables et un crédit pour la TPS. Bien entendu, cet été, nous allons respecter notre promesse et majorer la Sécurité de la vieillesse de 10 % pour les aînés de 75 ans et plus.
    Les aînés savent que nous sommes là pour eux et que nous continuerons de les aider.
     Monsieur le Président, peut-être que le gouvernement est là, mais, depuis près de huit mois, nous lui demandons de prendre des mesures concrètes pour alléger le fardeau du coût de la vie pour nos aînés. Offrir des soins dentaires dans deux ans ne contribuera pas à réduire le prix des aliments aujourd'hui. Le paiement unique versé l'année dernière ne rendra pas les médicaments plus abordables demain.
    Notre pays a eu besoin des aînés, et ces derniers ont fait d'énormes sacrifices. Aujourd'hui, les aînés ont besoin de nous, mais ils sont laissés à eux-mêmes. Comment le gouvernement libéral peut-il être à l'aise avec cette situation?
    Monsieur le Président, au contraire, de ce côté-ci de la Chambre, nous sommes là pour les aînés depuis 2015.
     Cela m'amène à vous parler de certains éléments inclus dans le budget de 2022 qui, justement, visent à aider les aînés. Une enveloppe de 5,3 milliards de dollars sur cinq ans est prévue pour un programme national de soins dentaires pour les aînés âgés de 65 ans et plus et dont le revenu est inférieur à 90 000 $, en plus d'un montant additionnel de 20 millions de dollars pour le programme Nouveaux Horizons pour les aînés. Nous avons aussi doublé le plafond des dépenses admissibles au titre du crédit d'impôt pour l'accessibilité domiciliaire. De ce côté-ci de la Chambre, nous faisons ce qu'il faut pour soutenir les aînés et nous allons continuer de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider.
    Monsieur le Président, voilà encore plus de désinformation.
    J'ai discuté avec une aînée de Kelowna—Lake Country qui m'a dit que son mari et elle ont dû retourner travailler à temps partiel pour pouvoir se payer des produits de première nécessité. Elle a ajouté qu'elle avait d'un côté sa facture d'électricité et, de l'autre, son garde-manger vide et qu'elle et son mari devaient choisir entre payer la facture d'électricité ou faire l'épicerie.
    Les données sur l'inflation ne prennent pas en compte l'ensemble des augmentations de coûts que subit la population. Les aînés qui ont un revenu fixe comptent parmi les groupes les plus touchés. La ministre peut-elle nous dire quelles mesures précises le gouvernement néo-démocrate—libéral prend pour réduire l'inflation?
    Monsieur le Président, depuis le début, le gouvernement est là pour les aînés. Une des premières mesures que nous avons prises a été de rabaisser l'âge de la retraite de 67 ans à 65 ans. Nous avons bonifié le Régime de pensions du Canada. Nous avons augmenté le Supplément de revenu garanti pour les aînés qui vivent seuls, ce qui a permis d'aider plus de 900 000 aînés.
    Cet été, nous allons augmenter la prestation de la Sécurité de la vieillesse de 10 % pour les personnes de 75 ans et plus. Nous rendons l'accès à Internet haute vitesse moins coûteux pour les aînés. Dans le budget de 2022, nous avons annoncé la création d'un régime de soins dentaires pour les aînés à faible revenu. Les aînés savent que nous sommes là pour eux et nous allons continuer de les soutenir.

Le logement

    Monsieur le Président, la seule chose qu'ils nous apportent, c'est moins de prospérité.
    Lorsqu'il est question de logement, le ministre du Logement se plaît à parler de ce qu'il a investi. En revanche, ce dont il n'aime pas parler, ce sont les résultats. Pourquoi? Parce qu'il n'y en a pas, puisque le coût du logement a doublé au cours des sept dernières années. Si le ministre du Logement avait une devise, ce serait « juste du blabla, pas de résultats ». Le ministre du Logement admettra-t-il que sa stratégie et celle du gouvernement sont un lamentable échec, qui se résume uniquement à du blabla sans aucun résultat?

  (1440)  

    Monsieur le Président, nous sommes déterminés à poursuivre nos investissements dans le logement. Le budget de 2022 a donné la priorité aux investissements dans le logement abordable, à l'aide aux acquéreurs d'une première propriété et au doublement de l'offre de logements. Dans le cadre de la Stratégie nationale sur le logement, nous nous assurons de collaborer avec les promoteurs, le secteur privé, les organismes sans but lucratif, les municipalités et les provinces afin de donner aux Canadiens l'aide dont ils ont besoin pour que tout un chacun ait un endroit sûr et abordable où habiter.

[Français]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, le prix de l'essence afflige les Québécois et nos entreprises, particulièrement en région. Pendant ce temps, les pétrolières engrangent des profits record au dernier trimestre: presque 3 milliards de dollars pour Suncor, 1,1 milliard de dollars pour Imperial, même chose pour TC Énergie.
    Le plus enrageant, c'est que, malgré ces profits, le fédéral offre 10 milliards de dollars en garantie de prêt pour Trans Moutain. Dans le budget, il y avait 2,4 milliards de dollars pour la séquestration du carbone.
    Est-ce que le gouvernement convient que c'est gênant de subventionner les pétrolières, au lieu d'aider les gens qui se font saigner à blanc?
    Monsieur le Président, c'est important de souligner que l'inflation est un phénomène mondial. Elle est causée par la pandémie, la guerre illégale de Poutine en Ukraine et la politique chinoise de COVID zéro. Toutefois, nous comprenons que le coût de la vie et le coût de l'essence sont un problème pour les Canadiens. C'est pourquoi, dans notre budget, il y a des soins dentaires aux Canadiens, le double de l'aide fournie par le crédit d'impôt pour l'achat d'une première maison, la mise en place d'un crédit d'impôt pour la rénovation et un paiement unique de 500 $ aux personnes qui ont des problèmes de logement.
    Monsieur le Président, c'est le festival du double-dip pour les producteurs de pétrole sale. Le citoyen paie deux fois: il paie un prix de fou à la pompe et il paie avec ses impôts les subventions que le fédéral verse à ces mêmes pétrolières qui ramassent à plein sac comme Séraphin. C'est simple: c'est le salaire de la classe moyenne qui est transféré vers les milliardaires du pétrole.
    Les pétrolières n'ont pas besoin de cet argent. Est-ce que la vice-première ministre va leur fermer le robinet d'argent public et plutôt soutenir les personnes les plus durement touchées par la hausse du prix du carburant?
    Monsieur le Président, je veux parler un peu du captage de carbone. Cela ne touche pas seulement le secteur pétrolier et gazier. L'acier, le béton et l'aluminium, par exemple, sont des industries importantes pour le Québec et essentielles à l'économie canadienne et québécoise. Ce sont aussi des industries qui doivent réduire leurs émissions. Le captage du carbone va aider ces industries aussi.
    Monsieur le Président, le prix des carburants est une catastrophe pour les entrepreneurs dans l'agriculture, la pêche, le camionnage et le secteur du taxi.
    Ces gens sont carrément à la limite de la faillite. On a des industries entières au Québec qui subissent des pertes majeures sans le moindre soutien du gouvernement fédéral, alors que l'industrie pétrolière, de son côté, engrange des profits record et continue d'être subventionnée à tour de bras.
    Quand est-ce que le gouvernement va arrêter de garrocher notre argent public aux pétrolières et plutôt financer les victimes des prix des carburants et la transition énergétique?
    Monsieur le Président, je veux parler encore une fois de l'importance du captage de carbone. Nous avons besoin du captage de carbone pour atteindre nos objectifs de réduction de GES.
    Le crédit d'impôt n'est pas disponible pour la récupération assistée du pétrole. Cela va créer de bons emplois dans le secteur des technologies et appuyer la transition énergétique. Cela va également être bénéfique pour les industries du Québec, comme les industries du béton, de l'aluminium et de l'acier.

  (1445)  

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, c'est le Mois de la sensibilisation à la santé mentale. Tout le monde conviendra à la Chambre que la santé mentale des Canadiens est un sujet primordial. À la réflexion, peut-être pas tout le monde.
    Pendant les élections, le gouvernement a promis d'investir 4,5 milliards de dollars dans les services de santé mentale, par l'entremise du transfert pour la santé mentale; notamment 250 millions en 2021-2022 et 625 millions en 2022-2023. Toutefois, dans le budget de 2022 du gouvernement fédéral, il n'y a aucune précision sur les échéances fixées par la suite.
    Pourquoi le gouvernement a-t-il brisé sa promesse concernant la santé mentale?
    Monsieur le Président, le gouvernement a réalisé des investissements historiques dans la santé mentale, en versant notamment 5 milliards de dollars aux provinces et aux territoires par l'entremise d'ententes bilatérales. Nous sommes également en pourparlers avec les provinces et territoires pour mettre au point un nouveau transfert en santé mentale — qui s'appuiera sur les principes de la Loi canadienne sur la santé — et communiquer des données sur les indicateurs et les résultats. Nous demeurons entièrement résolus à verser ces 4,5 milliards de dollars sur cinq ans, pour faire en sorte que la santé mentale fasse partie intégrante de notre système public et universel de santé.
    Monsieur le Président, lorsqu'il tentait de se faire élire, le Parti libéral a utilisé les mots « santé mentale » 66 fois dans son programme. Or, 11 Canadiens se suicident chaque jour, et nous n'avons toujours pas de ligne de prévention du suicide à trois chiffres. Chaque jour, 19 Canadiens perdent la vie à cause d'une crise des opioïdes qui continue de s'aggraver, et pourtant, les libéraux ont rompu l'engagement de base en matière de santé mentale qu'ils avaient pris lors de la campagne électorale menée il y a seulement quelques mois.
    La ministre peut‑elle expliquer aux Canadiens souffrant de problèmes de santé mentale pourquoi son parti a rompu l'engagement solennel qu'il avait pris de les aider quand il courtisait leur vote?
    Monsieur le Président, le gouvernement cherche à mettre en place cette ligne d'écoute téléphonique aussi rapidement et efficacement que possible. Pendant que le CRTC complète le processus, l'Agence de la santé publique du Canada tente de s'assurer que la nouvelle ligne pourra mettre les gens en contact avec le soutien le plus approprié, de la manière la plus appropriée qui soit. Nous collaborons aussi étroitement avec les États-Unis, notamment avec l'amirale Levine, la Dre Delphin-Rittmon ainsi que leur équipe, pour tirer des leçons du processus de mise en place de la ligne d'écoute téléphonique américaine, qui a commencé en 2018 et est toujours en cours.
    Monsieur le Président, cela n'a pas du tout répondu à la question que nous avons posée.
    Nous avons toujours posé des questions directes et légitimes sur le Transfert canadien en matière de santé mentale. La semaine dernière, la ministre les a écartées en disant qu'elles étaient « agaçantes » et « honteuses ». Si la ministre est agacée par quelqu'un, cela devrait être par son propre premier ministre, qui l'a placée dans une position délicate et indéfendable en rompant une promesse explicite qu'il avait faite aux Canadiens les plus vulnérables. S'il y a quelque chose de honteux, c'est bien cela.
    Pourquoi le gouvernement libéral a-t-il manqué à son engagement clair sur une des questions les plus cruciales qui touchent les Canadiens en ce moment?

[Français]

    Nous suivons un processus rigoureux. Le CRTC a étudié les commentaires reçus lors des récentes consultations et travaille à s'assurer que chaque appel est acheminé efficacement. Cela va nécessiter des changements considérables au système de télécommunications canadien, incluant la conversion des stations de commutation à travers le pays.
    Nous avons également investi 3,7 millions de dollars additionnels d'un engagement total de 50 millions de dollars pour soutenir des centres de détresse partout au Canada.

[Traduction]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, les libéraux viennent d'approuver une nouvelle garantie de prêt de 10 milliards de dollars pour le projet TMX. Au lieu d'aider les travailleurs à faire la transition vers l'économie verte, le gouvernement persiste dans son approche malavisée et verse des milliards de dollars aux grandes pétrolières.
    Les libéraux n'auraient jamais dû acheter l'oléoduc. Le chien de garde fédéral a lui-même confirmé qu'ils devraient s'attendre à perdre de l'argent au moment de la vente. Or, voilà qu'ils mettent en jeu maintenant encore plus de fonds publics pour ce gâchis financier. Combien de milliards de plus le gouvernement est‑il prêt à risquer pour un oléoduc qui alimente la crise climatique?
    Monsieur le Président, le gouvernement comprend à quel point il est important pour nous, Canadiens, d'acheminer nos ressources vers les marchés et d'en obtenir une juste valeur. Nous n'avons pas l'intention de rester longtemps propriétaires de l'oléoduc Trans Mountain. Nous lancerons un processus de dessaisissement une fois que le projet sera plus avancé et qu'il ne présentera plus de risques et, en gros, une fois que les consultations avec les peuples autochtones seront terminées.

  (1450)  

L'environnement

    Monsieur le Président, une « bombe à carbone » désigne tout nouveau projet d'exploitation de combustibles fossiles qui pousserait dangereusement la planète au-dessus de la barre du 1,5 degré Celsius et vers une crise climatique. C'est pourquoi l'Agence internationale de l'énergie a déclaré qu'on ne pouvait tout simplement pas lancer d'autres projets d'exploitation de combustibles fossiles. Parlons donc des milliards de dollars que le gouvernement a investis dans la bombe à carbone qui lui appartient, l'oléoduc Trans Mountain.
    Il peut nous épargner le discours sur le plafonnement des émissions. Il s'agit de brûler 1 million de barils de pétrole supplémentaires par jour. Compte tenu de ce qui est en jeu, pourquoi le ministre de l'Environnement a-t-il décidé de se comporter comme un pantin pour le lobby des grandes pétrolières?
    Monsieur le Président, j'aimerais rappeler à mon collègue que nous avons décidé de nous attaquer à la pollution. C'est exactement ce que nous faisons avec notre plan. Même si la production de pétrole a augmenté en 2019, la pollution a diminué, et les néo-démocrates devraient s'en réjouir. La production a augmenté; la pollution a diminué. Que veulent-ils de plus?
    Monsieur le Président, la Journée des espèces menacées aura lieu la semaine prochaine, et la Journée internationale de la diversité biologique suivra peu après. C'est l'occasion de réfléchir à la nature et à la conservation, particulièrement dans le contexte des milieux urbains où vivent les trois quarts des Canadiens.
    Les parcs urbains ont un rôle à jouer dans la survie des espèces en plus d'offrir aux résidants des milieux urbains divers avantages, dont des espaces frais parmi les îlots de chaleur. L'annonce du Programme des parcs urbains nationaux, en août dernier, a retenu l'attention de beaucoup de Canadiens. Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique pourrait-il informer la Chambre des avancées réalisées dans le cadre de ce programme?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de London-Ouest de son excellent travail. Je tiens aussi à remercier le député de Windsor—Tecumseh pour son soutien constant dans ce dossier.
    Je suis heureux d'annoncer que Parcs Canada et Transports Canada ont signé un protocole d'entente afin que les terres du site Ojibway Shores soient transférées de l'Administration portuaire de Windsor à Parcs Canada et puissent ainsi faire partie du futur parc urbain national. Il s'agit d'un grand pas vers l'établissement du parc. Nous continuerons de collaborer de près avec nos partenaires à la création du premier parc urbain national de Windsor.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, vient de livrer un témoignage choquant au comité qui contredit une affirmation clé du gouvernement libéral. Depuis des semaines, le ministre de la Sécurité publique prétend que les forces de l'ordre ont demandé au gouvernement d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence. En fait, le 3 mai, le ministre a déclaré qu'il avait agi sur les recommandations des forces de l'ordre.
    La commissaire Lucki a déclaré que la GRC n'a jamais demandé au gouvernement d'invoquer cette loi. Le ministre dira-t-il aux Canadiens qui, parmi les forces de l'ordre, a demandé au gouvernement d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence, ou admettra-t-il qu'il a tout simplement inventé cette histoire?
    Monsieur le Président, permettez-moi de profiter de l'occasion pour rafraîchir la mémoire de mon collègue au sujet de ce que la commissaire Lucki a effectivement déclaré au comité. Elle a dit que la Loi sur les mesures d'urgence a permis à la police de « maintenir un périmètre de sécurité » et de « refuser l'entrée aux personnes se rendant sur les lieux de la manifestation illégale dans l'intention d'y participer ». Elle a ajouté que la loi a conféré aux policiers « le pouvoir d'arrêter les personnes qui continuaient de fournir du carburant, de la nourriture et d'autres matériels », ainsi que de « de nouveaux pouvoirs pour obliger les personnes à fournir des biens et des services essentiels pour déplacer [...] » Voilà ce que la commissaire a dit, contrairement à ce que prétend mon collègue.
    Monsieur le Président, lors d'un autre témoignage-choc, la commissaire de la GRC a admis au comité que les manifestations à la frontière avaient été dissoutes sans que les forces de l'ordre recourent aux pouvoirs conférés par la Loi sur les mesures d'urgence. Or, le 3 mai, le ministre a déclaré que le gouvernement avait dû invoquer la loi pour faire lever les barrages à la frontière. De toute évidence, c'est soit le ministre soit la commissaire qui dit vrai, pas les deux.
    Le ministre dira-t-il aux Canadiens si c'est la commissaire de la GRC ou lui-même qui tente d'induire les Canadiens en erreur?
    Monsieur le Président, je vais dire à la Chambre qui tente d'induire les Canadiens en erreur: c'est notre collègue d'en face qui ne cesse de déformer de manière très irresponsable le témoignage livré par la commissaire qui a dit avoir eu recours à la Loi sur les mesures d'urgence pour rétablir la sécurité publique.
    Nous continuerons de faire preuve de transparence à l'égard des députés qui siègent dans cette enceinte et des Canadiens au sujet des motifs pour lesquels nous avons invoqué la Loi sur les mesures d'urgence. Nous l'avons fait pour protéger les Canadiens.

  (1455)  

[Français]

    Monsieur le Président, le témoignage de la commissaire de la GRC au comité parlementaire a carrément contredit la position du gouvernement libéral. Pendant plusieurs semaines, le ministre de la Sécurité publique et le premier ministre ont affirmé que les forces de l'ordre avaient demandé au gouvernement d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence.
     Le 3 mai dernier, le ministre a dit qu'il avait agi sur recommandation des forces de l'ordre, mais la commissaire Lucki a témoigné que la GRC n'avait jamais demandé au gouvernement d'invoquer la Loi. Est-ce que le ministre peut nous dire qui a demandé d'invoquer la Loi ou admettra-t-il qu'il a tout inventé?
    Monsieur le Président, comme je l'ai déjà mentionné à quelques reprises, le témoignage de la commissaire dit que l'invocation de la Loi sur les mesures d'urgence a aidé à restaurer la sécurité publique. Elle a offert de nouveaux pouvoirs et une nouvelle autorité aux forces policières pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens. Voilà la raison pour laquelle nous avons invoqué la Loi sur les mesures d'urgence.
    Monsieur le Président, est-ce que le ministre va nier que la commissaire de la GRC, dans son témoignage, a mentionné que la police n'avait pas eu besoin de la Loi sur les mesures d'urgence pour dégager les frontières?
     Peut-être que la Loi a pu aider à faire d'autres choses, mais le plus important, c'est que la commissaire a confirmé que la GRC n'avait pas eu besoin de la Loi pour dégager les frontières. Est-ce que c'est vrai, oui ou non?
    Monsieur le Président, le témoignage de la commissaire dit que la Loi sur les mesures d'urgence a découragé le retour des manifestations illégales dans la communauté.
     C'était des manifestations illégales, les événements étaient très clairs. Ce sont seulement les conservateurs qui ne comprennent pas la gravité de la situation. Nous avons invoqué la Loi sur les mesures d'urgence pour protéger les Canadiens.

L'environnement

    Monsieur le Président, les temps sont durs pour l'actuel ministre de l'Environnement. Il se fait poursuivre en justice par Équiterre, le groupe écologiste qu'il a lui-même fondé. Équiterre accuse le ministre d'avoir trahi ses obligations climatiques envers le monde entier en approuvant le projet Bay du Nord.
    Pourtant, le ministre devait savoir qu'il ne pouvait pas accepter l'extraction d'un milliard de barils de pétrole au beau milieu d'un écosystème marin fragile et à des profondeurs empêchant toute intervention rapide en cas de fuite. Il connaît bien Équiterre, c'est sa famille. Au fond de lui, est-il vraiment surpris qu'Équiterre le poursuive?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question.
    D'un côté, une province nous poursuit parce qu'elle dit que nous allons trop loin dans l'évaluation environnementale. De l'autre côté, des groupes écologistes estiment que nous en faisons trop peu. Ce que nous faisons, c'est naviguer au milieu et trouver la meilleure façon possible de faire avancer l'évaluation environnementale et la protection de l'environnement au pays.
     Monsieur le Président, quand l'actuel ministre de l’Environnement et du Changement climatique a été nommé, même nous au Bloc québécois étions contents. Nous y voyions un signe d'espoir. Nous nous disions: enfin un écologiste. C'est dire l'ampleur de notre déception. À la lumière de ses décisions, comme autoriser Bay du Nord, jamais nous n’aurions pensé qu'un jour cet homme aurait été applaudi à la Chambre par les conservateurs et poursuivi par Équiterre.
    Que faudra-t-il au ministre pour comprendre que sa tentative de changer le système de l'intérieur dans le gouvernement libéral d'un État pétrolier est un échec?
    Monsieur le Président, j'ai un ami qui disait récemment que, quand il y a un feu, cela prend plus de pompiers, pas moins de pompiers.
    Nous avons besoin de plus d'écologistes à la Chambre et certainement au gouvernement pour faire avancer la question environnementale. Je suis très heureux d'être ici avec mes collègues puisque, au cours des cinq derniers mois, nous avons présenté un plan qui va permettre au Canada d'atteindre ses objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Peu importe ce qui arrive avec la production de pétrole et de gaz, la pollution, elle, va diminuer.

  (1500)  

[Traduction]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, les médias ont rapporté mardi dernier qu'un interprète afghan pour l'armée canadienne a été jeté dans un conteneur en acier et battu pratiquement à mort par les talibans. Le fait que des députés répondent que nous faisons venir 40 000 réfugiés alors qu'ils sont déjà à l'extérieur du pays est délibérément trompeur. De 600 à 1 000 de nos alliés, que le gouvernement a abandonnés, ont été exécutés par les talibans.
    Si le Canada soutient nos alliés afghans, pourquoi tant d'entre eux sont-ils pourchassés et exécutés sans la moindre aide du gouvernement libéral?
    Monsieur le Président, les circonstances comme celles décrites par la députée sont précisément la raison pour laquelle nous avons pris l'un des engagements les plus ambitieux de tous les pays du monde, soit de réinstaller 40 000 réfugiés afghans ici, au Canada.
    Je suis heureux d'annoncer que, au début de cette semaine lorsque nous sommes arrivés à Ottawa, il y avait 12 600 réfugiés afghans. Aujourd'hui, leur nombre atteint 12 900. Demain, ils seront 13 200. Nous voyons des arrivées régulières parce que nous avons pris un engagement et nous avons mis en place un plan pour accueillir au Canada des gens parmi les plus vulnérables du monde. Nous maintiendrons notre engagement jusqu'à ce qu'il soit concrétisé, jusqu'à ce que nous ayons soutenu les personnes qui nous ont aidés lorsque nous en avions besoin.
    Monsieur le Président, les témoignages entendus au Comité spécial sur l'Afghanistan sont remplis de tragédies personnelles et font bien ressentir la crise que vivent les Afghans sous le régime taliban. Pendant qu'ils attendent de pouvoir venir au Canada, des gens sont torturés et tués. Une fillette de 10 ans a même été tuée alors que sa demande d'immigration au Canada était prise dans l'arriéré de demandes créé par les libéraux. Les longs délais, les formalités administratives et les exigences déraisonnables rendent le processus quasiment impossible pour les Afghans coincés dans leur pays.
    Le gouvernement fera-t-il ce qui s'impose et délivrera-t-il des documents de voyage d'aller simple pour les Afghans, comme le réclament les conservateurs?
    Monsieur le Président, que le député utilise le nom d'un parti pour ses propres intérêts politiques est une vraie honte. La réalité, c'est que le Parti conservateur du Canada a promis, lors de la campagne électorale, de faire venir précisément zéro réfugié afghan au Canada. Lorsque ce parti était au pouvoir, il a été en mesure de faire venir 800 personnes au Canada en l'espace de quatre ans, mais n'a pas autorisé la famille élargie de ces arrivants à venir au Canada. Pour remédier à cette situation, nous avons dû créer une voie d'accès spéciale pour accueillir 5 000 de ces personnes que les conservateurs avaient laissées pour compte.
     À la lumière de ce bilan, je n'ai aucune leçon à recevoir des conservateurs en ce qui concerne l'initiative de réinstallation d'Afghans. Ils ne devraient pas s'en approprier le mérite. Nous poursuivrons nos efforts en vue d'aider les populations les plus vulnérables dans le monde, avec ou sans l'appui des conservateurs.

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, lors des témoignages devant le comité sur l'Afghanistan, Affaires mondiales Canada et les Forces armées canadiennes ont confirmé que leurs ministères respectifs avaient procédé à un examen des leçons apprises en ce qui concerne l'évacuation des Afghans de Kaboul. D'autres témoignages ont confirmé qu'un examen, dirigé par le Bureau du Conseil privé, avait été effectué.
    Le président du comité sur l'Afghanistan peut-il expliquer pourquoi il est essentiel que le gouvernement libéral communique immédiatement les conclusions de ces examens cruciaux au comité afin que celui-ci les inclue dans le rapport qu'il doit présenter au Parlement d'ici le 8 juin?
    Est-ce le président du comité sur l'Afghanistan ou le vice-président?
    Monsieur le Président, en tant que vice-président du comité, je vais répondre. Le Parlement...
    Des voix: Oh, oh!
    Les questions des députés doivent porter uniquement sur les travaux du comité, malheureusement.
     Le ministre de l'Immigration a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai déjà vu des lanceurs lancer tout croche au baseball, mais jamais à la Chambre.
    Clarifions la question.
    Le député de Bruce—Grey—Owen Sound peut poser à nouveau sa question.
    Monsieur le Président, lors de leur témoignage au comité sur l'Afghanistan, les représentants d'Affaires mondiales Canada et des Forces armées canadiennes ont confirmé que les deux ministères avaient mené des examens des leçons tirées de l'évacuation des Afghans de Kaboul. On nous a aussi confirmé que le Bureau du Conseil privé avait procédé à un examen interministériel.
    Dans ce dernier cas, par souci de transparence, le gouvernement libéral va-t-il remettre immédiatement les conclusions de ces examens cruciaux au comité sur l'Afghanistan afin qu'elles soient incluses dans le rapport que ce dernier doit remettre au Parlement avant le 8 juin, conformément à son mandat?

  (1505)  

    Monsieur le Président, je remercie le député pour sa question et les nombreuses conversations que nous avons eues dans le but d'améliorer les efforts du gouvernement en vue d'accueillir davantage de réfugiés afghans. Je considère ses efforts sincères.
    Je me permets de souligner que nous continuons de travailler avec divers ministères afin d'élaborer un plan qui nous permettra de faire venir 40 000 réfugiés afghans au Canada. Manifestement, certains éléments d'information pourraient mettre en danger la sécurité de certaines des personnes que nous cherchons à faire venir au Canada. Dans la mesure où une meilleure transparence est possible, y compris grâce à mon témoignage de deux heures devant le comité, nous ferons notre possible pour améliorer la transparence sans compromettre la sécurité des personnes concernées.

[Français]

Le développement économique régional

     Monsieur le Président, la ministre responsable de l'Agence de développement économique du Canada a récemment annoncé de nombreuses contributions visant à soutenir les entreprises québécoises, notamment une aide de 1,2 million de dollars pour Chocolat Lamontagne, de Sherbrooke.
    La ministre pourrait-elle nous expliquer ce que permettra d'accomplir ce genre de contribution pour cette entreprise et pour d'autres entreprises québécoises qui ont reçu ou qui recevront de l'aide financière de la part du gouvernement fédéral?
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question et de son travail extraordinaire pour les citoyens de sa circonscription.
    Contrairement à certains collègues de la Chambre, nous pensons que les vrais enjeux qui préoccupent les Québécois sont ceux d'avoir une économie forte et de bons emplois. C'est pourquoi nous sommes fiers d'aider les PME de toutes les régions du Québec, comme Chocolat Lamontagne, de Sherbrooke, afin de donner aux entrepreneurs d'ici les moyens de réaliser leurs ambitions.
    Ce n'est que le début. Il va falloir rester attentif pour la suite de notre travail.

[Traduction]

Passeport Canada

    Monsieur le Président, Jonathan a demandé le passeport de sa fille Victoria au centre de Service Canada de Fort McMurray en mars. Sa demande n'a toujours pas été traitée, et il n'a pas le luxe de faire cinq heures de route dans chaque direction pour se rendre au bureau des passeports d'Edmonton et de camper toute la nuit pour espérer obtenir un rendez-vous. Ils veulent voyager pour voir l'arrière-grand-mère mourante de Victoria.
    La situation fait souffrir les Canadiens des régions rurales. Quand la ministre admettra-t-elle qu'il s'agit d'une crise? Quand aidera-t-on Victoria à obtenir un passeport?
    Monsieur le Président, je remercie la députée de sa question. Les fonctionnaires travaillent jour et nuit, font des heures supplémentaires et travaillent les fins de semaine pour répondre à la demande écrasante des Canadiens qui ont fait une demande de passeport. Nous comprenons qu'il existe des circonstances uniques pour certaines personnes qui doivent voyager, et notre priorité actuelle est de veiller à ce que les Canadiens qui ont prévu de voyager puissent le faire.
    Les personnes qui ont des besoins urgents peuvent recourir à des mesures spéciales prévues par les bureaux de Service Canada et grâce aux lignes téléphoniques qui ont été ajoutées. Les 564 guichets du pays ont tous été ouverts pour servir les Canadiens.

[Français]

    Monsieur le Président, alors qu'en temps normal, cela prenait 20 jours pour avoir un passeport, on est maintenant rendu à plus de 40 jours.
    Les gens sont incapables d'avoir la ligne, et Service Canada facture même aux citoyens les frais de transfert de leur dossier quand il est envoyé à Québec, même s'ils ne sont pas responsables des délais.
    La situation était pourtant prévisible. On savait qu'après la pandémie, les gens allaient recommencer à voyager pour le plaisir et pour le travail. De plus, on était rendu à l'anniversaire des renouvellements de passeport d'une durée de 10 ans.
    Ce gouvernement libéral peut-il faire preuve d'un minimum de leadership et faire en sorte que les Josée, Roger, Pierre, Isabelle et tous les citoyens qui attendent leur passeport puissent l'avoir le plus rapidement possible, dans un délai régulier?

[Traduction]

    Monsieur le Président, depuis décembre dernier, nous avons embauché 500 préposés de plus pour traiter les passeports et nous avons ouvert trois nouveaux centres de traitement, ce qui porte à 303 le nombre de centres de Service Canada. En outre, les personnes qui ont respecté le processus et qui ont fourni tous les documents requis conformément aux instructions n'ont pas à payer de frais supplémentaires pour l'envoi de leur passeport.
    Nous continuerons d'être au service des Canadiens.

  (1510)  

    Monsieur le Président, mon bureau de circonscription est inondé d'appels de gens de ma circonscription qui n'arrivent pas à obtenir des services de passeport, et je ne suis pas le seul. Je suis sûr que tous les députés libéraux, y compris la ministre, sont dans la même situation.
    L'arriéré causé par le manque de prévoyance du gouvernement empêche des Canadiens de voyager à l'étranger pour le travail, pour les études ou pour retourner auprès de leur famille. La ministre nous dira-t-elle à quelle date l'arriéré sera traité?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, tous les guichets du service des passeports de Service Canada sont ouverts pour servir les Canadiens dans l'ensemble du pays. Outre les 500 employés supplémentaires et les trois nouveaux centres de traitement que nous avons ouverts, tous les centres de Service Canada peuvent servir les Canadiens lorsqu'ils en ont le plus besoin.

Les aînés

    Monsieur le Président, le gouvernement libéral a ramené à 65 ans l'âge d'admissibilité à la Sécurité de la vieillesse, qui était de 67 ans. Le gouvernement sait que, à mesure que les aînés vieillissent, ils font face à plus de difficultés financières. La ministre des Aînés pourrait-elle informer la Chambre du travail que le gouvernement fera pour améliorer la sécurité financière des aînés plus âgés dans ma circonscription, Newmarket—Aurora, et ailleurs au Canada?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Newmarket—Aurora de défendre la cause des aînés, non seulement dans sa circonscription, mais également d'un océan à l'autre.
    Comme nous le savons, à mesure que les aînés vieillissent, leurs frais de santé et de soins à domicile augmentent, alors qu'ils sont plus susceptibles d'être incapables de travailler, d'avoir un handicap ou d'avoir perdu leur partenaire de vie. Les aînés plus âgés font face à des dépenses médicales accrues et sont plus à risque d'épuiser leurs économies. C'est pourquoi, cet été, nous respecterons notre promesse de bonifier la Sécurité de la vieillesse de 10 % pour les aînés de 75 ans et plus.
    Depuis 2015, les aînés savent qu'ils peuvent compter sur nous, et nous continuerons de les servir.

L'innovation, les sciences et l'industrie

    Monsieur le Président, aujourd'hui, dans une lettre ouverte adressée au premier ministre, près de 300 éminents scientifiques et organisations scientifiques soulignent que les meilleurs étudiants diplômés, étudiants des cycles supérieurs et étudiants postdoctoraux vivent dans la pauvreté en raison de l'insuffisance du financement qu'ils reçoivent. Les scientifiques ajoutent que la valeur des bourses du fédéral n'a pas changé depuis 2003.
    Il faut augmenter le montant des bourses et indexer ces dernières à l'inflation. Comment pouvons-nous nous attendre à garder ces brillants jeunes scientifiques au Canada si nous les forçons à travailler pour moins que le salaire minimum?
    Monsieur le Président, au cours des sept dernières années, nous avons travaillé à rebâtir les secteurs de la science et de la recherche du Canada, qui sont de calibre mondial. Le gouvernement a toujours soutenu tous les scientifiques et les chercheurs. C'est pourquoi, dans le budget de 2022, nous avons prévu 38,3 millions de dollars sur 4 ans pour les conseils subventionnaires fédéraux en vue d'ajouter de nouvelles chaires d'excellence en recherche qui recruteront à l'étranger dans les secteurs de la science, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques. Le budget de 2022 comprend également 40,9 millions de dollars pour permettre aux conseils subventionnaires fédéraux d'accorder des bourses d'études et de perfectionnement ciblées à des chercheurs étudiants prometteurs de la communauté noire.
    Nous allons continuer de soutenir un écosystème de recherche scientifique robuste qui reflète les forces du Canada et qui promeut les intérêts des Canadiens.

L'environnement

    Monsieur le Président, aujourd'hui, en réponse à des questions du Bloc et du NPD sur une nouvelle garantie de prêt de 10 milliards de dollars pour le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain, la vice-première ministre a cité une condition qui consiste à atteindre la carboneutralité d'ici 2050. Or, atteindre la carboneutralité d'ici 2050 ne change rien si nous dépassons notre budget carbone des décennies plus tôt. Elle qualifie ce projet de responsable, alors que le directeur parlementaire du budget a déclaré que ce projet n'avait aucun sens sur le plan économique. Elle parle d'un plafond sur les émissions, alors qu'elle prévoit augmenter la production et exporter les émissions.
    Quand le gouvernement investira-t-il autant dans une transition prospère pour les travailleurs que dans cet échec économique et écologique?
    Monsieur le Président, le gouvernement comprend parfaitement l'urgence de la lutte contre les changements climatiques. C'est pourquoi nous avons investi plus de 100 milliards de dollars dans celle-ci. C'est pourquoi nous avons instauré une tarification de la pollution, le mécanisme de marché le plus efficace pour changer la façon dont nous gérons notre économie.
    En ce qui concerne le projet TMX, je pense que tous les Canadiens comprennent l'importance, pour notre pays, de valoriser nos ressources naturelles.
    La période des questions est terminée pour aujourd'hui. Je suis certain que nous aurons quelques rappels au Règlement.
    Le député de Sturgeon River—Parkland a la parole.

  (1515)  

Recours au Règlement

Les questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement au sujet de la période des questions. En réponse à mes questions concernant ce qui semble être des témoignages contradictoires de la part de la commissaire de la GRC et du ministre de la Sécurité publique, ce dernier m'a accusé d'être irresponsable et d'induire la Chambre en erreur. Les débats peuvent s'enflammer à la Chambre, et je sais que j'en suis en partie responsable, mais je demande au ministre de s'excuser d'avoir utilisé un langage non parlementaire.
    Je remercie le député de son intervention. Je donnerais bien au ministre l'occasion de répondre, mais je pense que tous les députés doivent faire attention à ce qu'ils disent. Les mots que nous employons à la Chambre des communes sont importants pour tous les Canadiens.

[Français]

    L'honorable député de Lac-Saint-Jean a la parole.
    Monsieur le Président, il y a eu consultation entre les partis et je pense que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante: considérant qu'il existe une quantité importante de preuves et de témoignages indiquant que le gouvernement de la République populaire de Chine commet des exactions massives et systématiques à l'encontre du peuple ouïghour et des minorités turciques du Turkestan oriental...
    J'entends déjà des députés dire non.
    Je veux toujours m'assurer qu'il y a vraiment eu consultation entre les partis.

[Traduction]

    Monsieur le Président, induire la Chambre en erreur est une affaire grave, et je suis conscient qu'il faut faire la preuve qu'un député ou un ministre savait qu'il induisait la chambre en erreur. Aujourd'hui, le ministre de l’Immigration a fait des observations concernant ce qu'auraient été les soi-disant cibles des conservateurs en matière d'immigration afghane. Cette question a fait l'objet de discussions lors de l'audience du 3 mars du comité de l'immigration, au cours de laquelle le ministre a reconnu...
    Une voix: Cela relève du débat.
    M. Garnett Genuis: Monsieur le Président, cela ne relève pas du débat. On a induit la Chambre en erreur.
    Je laisse le député poursuivre son intervention.
    Monsieur le Président, lors de sa comparution devant le comité de l'immigration, le 3 mars, le ministre de l’Immigration a reconnu qu'il savait que l'engagement électoral des conservateurs ne s'appliquait qu'aux situations non urgentes et qu'il n'était pas au courant des cibles.
    Je crois que le ministre doit préciser si les propos qu'il a tenus le 3 mars ou aujourd'hui sont exacts. Sinon, il s'agit d'une tentative d'induire...
    Si nous demandons des précisions, nous nous lançons dans un débat.
    Le ministre de l'Immigration a la parole. Il faut être juste.
    Monsieur le Président, si vous consultez le dernier programme électoral du Parti conservateur, vous ne trouverez aucun engagement à réinstaller un nombre précis de réfugiés afghans.
    Monsieur le Président, induire la Chambre en erreur est une affaire sérieuse, et le député de Kitchener-Centre continue d'induire la Chambre en erreur sur les questions environnementales. J'ai le rapport du directeur parlementaire du budget, et je sais qu'il n'a pas dit que l'oléoduc Trans Mountain n'était pas rentable. Si le député s'appuie sur un autre rapport, je lui demanderais de le déposer à la Chambre; sinon, il devrait rétracter ses propos devant la Chambre.
     Nous nous lançons ici dans beaucoup de débats différents, mais clarifions un point. Dans cette enceinte, l'expression « induire la Chambre en erreur » est souvent utilisée, à tort ou à raison. Si les députés accusent quelqu'un d'induire délibérément la Chambre en erreur, cela revient à dire que cette personne ment, et il est interdit d'utiliser ce genre de langage à la Chambre des communes.
    Je crois que le député de Kitchener-Centre a une observation à faire.
    Monsieur le Président, je serais heureux de faire parvenir au député le rapport du directeur parlementaire du budget qui indique très clairement que le projet d'expansion de l'oléoduc Trans Mountain n'est légitime que si le...
    Le débat recommence.
    Je crois que la députée de Saanich—Gulf Islands invoque elle aussi le Règlement.
    Monsieur le Président, soyons clairs, je veux appuyer le rappel au Règlement. J'ai demandé à invoquer le Règlement quand le député de Calgary a parlé du député de Kitchener-Centre, disant qu'il avait tenu des propos interdits à la Chambre.
    De plus, j'ai lu le rapport du directeur parlementaire du budget, mais si j'émettais des commentaires à ce sujet, il s'agirait d'une reprise du débat.
    Je remercie la députée de son intervention.
    Le député de Timmins—Baie James a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai énormément de respect pour vous et je ne tente pas de reprendre le débat. Je maintiens tout ce que j'ai dit à la Chambre.

Affaires émanant du gouvernement

[Affaires émanant du gouvernement]