Passer au contenu
Début du contenu

Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

Pour faire une recherche avancée, utilisez l’outil Rechercher dans les publications.

Si vous avez des questions ou commentaires concernant l'accessibilité à cette publication, veuillez communiquer avec nous à accessible@parl.gc.ca.

Publication du jour précédent Publication du jour prochain
Passer à la navigation dans le document Passer au contenu du document

44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 075

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 19 mai 2022




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 075
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 19 mai 2022

Présidence de l'honorable Anthony Rota

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à 11 pétitions.

Loi sur la Commission d'examen et de traitement des plaintes du public

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Les comités de la Chambre

Citoyenneté et immigration 

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le septième rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration, intitulé « Budget principal des dépenses 2022‑2023: crédits 1, 5 et 10 sous la rubrique Ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration, et crédit 1 sous la rubrique Commission de l'immigration et du statut de réfugié ».

Opérations gouvernementales et prévisions budgétaires  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le deuxième rapport du Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires, intitulé « Budget principal des dépenses 2022‑2023 ».

[Français]

Transports, infrastructure et collectivités  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le quatrième rapport du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités, concernant la motion adoptée le jeudi 5 mai 2022 au sujet de l'Organisation de l'aviation civile internationale.

[Traduction]

Le Code criminel

    — Monsieur le Président, je suis très heureux de présenter aujourd'hui cette importante mesure législative, qui vise à modifier le Code criminel relativement à la quête de Corinne et à la protection des enfants. J'aimerais remercier tout particulièrement ma comotionnaire, la dynamique députée de Nunavut.
    Comme nous le savons, il est toujours légal d'infliger des châtiments corporels aux enfants au Canada, et ce, même si des dizaines et des dizaines de pays ont déjà interdit cette pratique. Ce projet de loi vise à abroger l'article 43 du Code criminel qui autorise l’emploi de la force pour discipliner un enfant.
    La quête de Corinne tient son nom de Corinne Robertshaw, une avocate du gouvernement fédéral qui a été témoin des résultats de châtiments corporels infligés à des enfants, ainsi que de décès et de blessures dus à de tels châtiments pendant les années 1970 et 1980. Elle a lancé la quête de Corinne, qui se poursuit aujourd'hui malgré son décès, pour défendre les enfants.
    J'aimerais remercier tout particulièrement Kathy et John Lynn, des habitants de ma circonscription, New Westminster—Burnaby, qui pilotent les efforts visant à faire interdire les châtiments corporels infligés à des enfants en abrogeant l'article 43.
    J'espère que tous les députés appuieront cette importante mesure législative.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

Le Code criminel

    — Monsieur le Président, c'est toujours un plaisir de prendre la parole au nom des habitants de Kamloops—Thompson—Cariboo. Le projet de loi porte sur une question centrale: la criminalité dans les rues de Kamloops—Thompson—Cariboo et de toutes les circonscriptions du Canada. Il donne suite à la décision de la Cour suprême du Canada dans l'affaire Regina c. Zora, qui a considérablement changé la donne en ce qui a trait à la libération sous caution, en en faisant pratiquement un acquis.
    Le projet de loi permettrait aux tribunaux de détenir une personne à qui sont imputées trois infractions punissables sur déclaration sommaire de culpabilité, trois infractions graves. Cette personne serait donc détenue par présomption, sauf dans des circonstances exceptionnelles. Je suis convaincu que le projet de loi contribuera à protéger les Canadiens de façon équilibrée et nuancée. Je remercie le comotionnaire, le député de Central Okanagan—Similkameen—Nicola.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

La Loi sur la Journée canadienne de l’alimentation

    — Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour présenter en première lecture le projet de loi S‑227, Loi instituant la Journée canadienne de l’alimentation. Je suis très fier de parrainer cette initiative, qui instituerait officiellement la Journée canadienne de l'alimentation le samedi précédant le premier lundi d'août, soit un samedi où la plupart des provinces planifient un long week-end. Je suis particulièrement fier que, par ce projet de loi, le Parlement honore l'héritage de la regrettée Anita Stewart, qui a consacré sa vie à la promotion des aliments canadiens.
    Je tiens à remercier l'honorable sénateur Rob Black d'avoir parrainé ce projet de loi à l'autre endroit, où il a été adopté à l'unanimité. J'apprécie l'appui que ce projet de loi a déjà reçu, notamment de la part des députés de Wellington—Halton Hills, de Durham et de Guelph. J'espère qu'avec l'appui de tous les partis, le projet de loi S‑227 pourra être adopté rapidement à la Chambre. Plus que jamais, il est important de promouvoir les aliments sains locaux que les agriculteurs et les familles agricoles travaillent d'arrache-pied pour produire partout au Canada.

     (La motion est réputée adoptée et le projet de loi est lu pour la première fois.)

  (1010)  

Travaux des subsides

    Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante. Je propose donc:
     Que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre, pendant le débat relatif aux travaux des subsides conformément à l'article 81(4) du Règlement, le jeudi 19 mai et le lundi 30 mai 2022:
a) la période prévue pour l'étude du Budget principal des dépenses en comité plénier soit prolongée au-delà de quatre heures, au besoin, de manière à inclure un minimum de 16 périodes de 15 minutes chacune;
b) tout député qui se lève pour prendre la parole pendant le débat puisse indiquer à la présidence qu’il partagera son temps avec un autre député;
c) la présidence ne reçoive ni demande de quorum, ni motion dilatoire, ni demande de consentement unanime.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que la députée propose la motion veuillent bien dire non. N'entendant aucune opposition, je donne mon accord.
    La Chambre a entendu la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.

    (La motion est adoptée.)

Pétitions

La Croix de Victoria  

    Monsieur le Président, je suis fière de présenter aujourd'hui la pétition e‑3636, qui demande au gouvernement d'attribuer la Croix de Victoria à l'ancien combattant Jess Larochelle pour sa bravoure. Chaque année, à l'occasion du jour du Souvenir, nous prenons une journée pour nous souvenir des vétérans. Nous pensons aussi parfois à eux à l'anniversaire d'une bataille ou d'un conflit, mais nous ne soulignons pas assez leurs sacrifices.
    D'autres pays, conscients de ce problème, ont passé en revue les citations accordées aux anciens combattants dont la bravoure devrait être adéquatement célébrée, mais le Canada n'en a pas fait autant. En fait, la Croix de Victoria n'a été attribuée à aucun Canadien depuis 1945. Cela doit changer, comme le disent les 14 000 Canadiens qui ont signé la pétition.
    Je tiens à souligner que c'est un mouvement communautaire sans précédent qui a conduit à cette demande. En effet, la communauté des vétérans, notamment la Légion royale canadienne, des membres de la communauté militaire, des municipalités et de simples Canadiens joignent leurs forces pour demander au gouvernement de réexaminer la citation accordée au soldat Jess Larochelle et de lui attribuer la Croix de Victoria, comme il le mérite.
    Il faut aussi voir à qui il conviendrait d'attribuer la Croix de Victoria parmi les anciens combattants qui se sont battus héroïquement, mais n'ont pas été récompensés pour des raisons fondées notamment sur la race. Il est temps de célébrer leur bravoure.
     Monsieur le Président, avec une pétition électronique, il est difficile de diviser les signatures qui ont été présentées par ma collègue, la députée de Churchill—Keewatinook Aski, et je la remercie de l'avoir fait. Il s'agit d'un effort bipartite, et nous ne pouvons donc pas diviser ces 14 129 signatures, mais, en tant qu'ancien combattant et ancien ministre des Anciens Combattants, je veux promettre un soutien bipartite au travail effectué par l'organisme Valour in the Presence of the Enemy, qui a recueilli ces signatures.
    Tous les groupes d'anciens combattants, y compris la Légion royale canadienne, veulent un examen en bonne et due forme, car la bravoure en présence de l'ennemi a été démontrée par Jess Larochelle, qui en 2006, alors qu'il était blessé, a défendu son poste contre 20 à 40 insurgés. Notre mission de 12 ans en Afghanistan a été notre plus longue. Il nous faut un processus pour examiner les actes de bravoure de nos citoyens, comme le font tous nos principaux alliés.

  (1015)  

[Français]

    J'appuie les efforts de nos anciens combattants et de ma collègue. Nous avons besoin d'un processus juste et transparent pour réexaminer la bravoure de nos soldats tels que Jess Larochelle. C'est le temps de le faire.

[Traduction]

L'Ukraine  

    Monsieur le Président, je présente aujourd'hui une pétition dans laquelle les signataires demandent au gouvernement et à tous les députés de continuer à soutenir et à défendre l'Ukraine, en particulier en ce qui concerne les armes létales et le soutien continu à leur égard, la poursuite des efforts et la réalisation de tout ce que nous pouvons pour les personnes déplacées et, bien sûr, l'aide humanitaire.
    C'est avec plaisir que je présente cette pétition.

[Français]

La responsabilité sociale des entreprises  

    Monsieur le Président, au nom de l'association Développement et paix — Caritas Canada, je suis heureux de déposer aujourd'hui une pétition signée par les concitoyens et les concitoyennes de ma belle circonscription, Madawaska—Restigouche. Les pétitionnaires demandent au Parlement d'adopter une loi en ce qui concerne les entreprises canadiennes qui mènent des opérations à l'étranger.
    Cette loi exigerait que les entreprises préviennent toute répercussion négative sur les droits de la personne, ainsi que tout dommage environnemental dans l'ensemble de leurs activités et chaînes d'approvisionnement mondiales.
    Elle exigerait que les entreprises fassent preuve de diligence raisonnable, notamment en évaluant rigoureusement leur rôle éventuel dans les violations des droits de la personne ou dans les dommages environnementaux à l'étranger, et qu'elles donnent accès à un mécanisme de recours en cas de préjudice.
    Elle prévoirait des conséquences sérieuses pour les entreprises qui ne font pas preuve d'une diligence raisonnable adéquate ou qui omettent de produire des rapports à cet égard.
    Enfin, elle accorderait aux personnes lésées le droit d'obtenir justice devant les tribunaux canadiens.

[Traduction]

Les exigences relatives à la vaccination  

    Monsieur le Président, les signataires de cette pétition demandent à la coalition socialiste radicale de l'extrême gauche de cesser de diaboliser les personnes qu'elle estime intolérables et de lever les exigences relatives à la vaccination, de même que toutes les restrictions liées à la pandémie afin que notre pays puisse revenir à la normale et commencer à se remettre sur pied.

Les opioïdes  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter deux pétitions.
    La première vient de résidants de Calgary préoccupés par la crise des opioïdes et tous les décès qu'elle cause. En 2016, j'ai participé à l'étude approfondie réalisée par le comité de la santé au sujet de la crise des opioïdes. Nous avions alors formulé un certain nombre de recommandations à l'intention de la Chambre.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement de prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin aux décès et aux blessures inutiles causés par les surdoses dans toutes les municipalités canadiennes. Ils demandent également au gouvernement fédéral de collaborer avec les provinces pour élaborer un plan d'action pancanadien en matière de surdose en tenant compte des solutions et réformes qui fonctionnent dans d'autres pays pour s'attaquer à ce problème de santé publique.

  (1020)  

L'Ukraine  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition vient de Canadiens qui, comme nous tous, sont horrifiés par la situation en Ukraine et qui s'attendent à ce que le Canada prenne fermement position contre la Russie.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de fournir aux Ukrainiens du matériel militaire et des armes afin de les aider à défendre leur pays. En outre, ils demandent au gouvernement de collaborer avec nos partenaires de l'OTAN afin d'interdire aux Russes de pénétrer dans l'espace aérien au-dessus de l'Ukraine. Enfin, ils demandent au gouvernement du Canada de diriger toute éventuelle mission de maintien de la paix en Ukraine. Comme tous les Canadiens, ces pétitionnaires espèrent que cette guerre cessera bientôt.

L'environnement  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter une pétition signée par plusieurs dizaines de citoyens de la Colombie‑Britannique, dont des habitants de ma formidable circonscription, New Westminster—Burnaby.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d'appuyer la motion M‑1, qui porte sur la création d'un « New Deal vert », que j'ai déposée à la Chambre des communes au nom du NPD. Comme les députés le savent, la crise climatique est à nos portes. Nous devons mettre en place des solutions comme le « New Deal vert ».

Les opioïdes  

    Monsieur le Président, c'est un honneur de prendre la parole aujourd'hui pour présenter une pétition sur la question urgente de la crise des opioïdes.
    Les pétitionnaires citent des statistiques qui sont bien connues de la Chambre. La crise des surdoses constitue une urgence de santé publique: plus de 13 900 décès liés aux opioïdes ont été enregistrés depuis 2016. Les signataires demandent au gouvernement du Canada de reconnaître qu'il s'agit d'une urgence de santé publique et de redéfinir la crise des surdoses comme un enjeu de santé plutôt qu'un enjeu de criminalité.
     Ils soulèvent un certain nombre d'autres aspects, mais pour résumer, je ferai référence à un projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi C‑216 présenté par le député de Courtenay—Alberni, qui formule la même demande sur cet enjeu crucial, à savoir de décriminaliser les drogues au Canada afin de les traiter comme une crise sanitaire et non comme une question criminelle. Enfin, les pétitionnaires tiennent également à remercier l'association Moms Stop the Harm.

L'environnement  

    Monsieur le Président, je prends la parole afin de présenter deux pétitions signées par des gens de Kitchener—Conestoga.
    La première pétition demande au gouvernement du Canada de s'attaquer à l'urgence climatique en adoptant une loi sur la transition équitable exigeant la réduction des émissions de 60 % sous le niveau de 2005 d'ici 2030, l'élimination des subventions pour les combustibles fossiles et la création de bons emplois verts.

La responsabilité sociale  

    Monsieur le Président, la seconde pétition que j'ai le plaisir de présenter demande que le gouvernement canadien exige des gouvernements qu'ils empêchent leurs activités à l'échelle planétaire d'avoir des impacts sur les droits de la personne et sur l'environnement.

La fiscalité  

    Monsieur le Président, c'est un plaisir de prendre la parole pour présenter une pétition au nom de milliers d'habitants de Kelowna—Lake Country et d'ailleurs au Canada. Les pétitionnaires soutiennent les vignobles, les brasseries, les cidreries et les distilleries qui sont, à 95 %, de petites entreprises.
    La pétition précise que « l'inflation, les pénuries de main-d'œuvre, les problèmes de la chaîne d'approvisionnement, la hausse de l'endettement des entreprises et l'augmentation du fardeau fiscal fédéral des entreprises font déjà croître les coûts à une vitesse ingérable pour les petites entreprises » et elle demande au gouvernement de reconnaître que « les petites entreprises ont été particulièrement touchées pendant la pandémie de COVID‑19, notamment en raison de l'incertitude liée aux fermetures et aux réouvertures à répétition ».
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement de geler l'indexation automatique de la taxe d'accise sur la bière, le vin, le cidre et les spiritueux.

L'Ukraine  

    Monsieur le Président, en cette journée de la vychyvanka, j'ai l'honneur de présenter une pétition au nom des braves gens de ma circonscription, Brantford—Brant, et de nombreux Canadiens, qui sont très préoccupés par la guerre gratuite et le génocide auxquels se livre la Russie à l'encontre du peuple ukrainien. Ils se disent aussi très inquiets de voir que la réaction du gouvernement libéral est lente et inefficace.
    Sachant que le Canada a été le premier pays occidental à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine, les citoyens demandent au gouvernement de faire preuve de leadership pour aider l'Ukraine à défendre sa souveraineté, acquise il y a 31 ans. Nous pouvons et nous devons faire bien plus pour aider l'Ukraine et les Ukrainiens, notamment en fournissant les fonds et l'aide militaire directe dont ils ont besoin pour libérer tous les territoires occupés par la Russie, y compris le Dombass et la Crimée.
    Slava Ukraini.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, on répondra aujourd'hui à la question no 457.

[Texte]

Question no 457 —
Mme Heather McPherson:
    En ce qui concerne les sanctions que le Canada impose en vertu de la Loi sur les Nations Unies, de la Loi sur les mesures économiques spéciales et de la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus, ventilées par type d’actif et type de sanction: a) quelle est la valeur en argent des actifs gelés depuis le 23 février 2022 appartenant à des citoyens (i) russes, (ii) bélarusses; b) quelle est la valeur en argent des actifs gelés depuis le 24 février 2022 appartenant à des citoyens (i) russes, (ii) bélarusses; c) depuis le 24 février 2022, combien de personnes ont fait l’objet d’un gel d’actifs appartenant à des citoyens (i) russes, (ii) bélarusses; d) quelles évaluations, y compris la valeur en argent, ont été faites relativement à la quantité d’actifs russes et bélarusses au Canada appartenant à des citoyens (i) russes, (ii) bélarusses, visés par des sanctions; e) en date de quand l’information présentée en réponse à la présente question est-elle à jour?
L’hon. Robert Oliphant (secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Lib.):
    Monsieur le Président, ce qui suit reflète la réponse consolidée approuvée au nom des ministres d’Affaires mondiales Canada.
    En réponse aux parties a), b) et c) de la question, en coordination avec ses alliés et ses partenaires, le Canada continuera d’intensifier les sanctions et d’éliminer les lacunes afin de maximiser la pression exercée sur le régime russe jusqu’à ce que le président Poutine mette fin à sa guerre contre l’Ukraine et se tourne vers la diplomatie. Les mesures mises en place par le gouvernement du Canada sont conçues pour frapper au cœur de l’économie de la Russie et limiter sa capacité de financer sa guerre illégale et injustifiable.
    En vertu des sanctions canadiennes, il est interdit aux personnes au Canada et aux Canadiens à l’étranger de se livrer à des activités liées aux actifs des personnes visées par les sanctions, y compris la prestation de services financiers ou connexes. Par conséquent, les actifs des personnes sanctionnées sont, à toute fin utile, gelés. Ils ne peuvent être ni vendus ni transférés, ce qui rend les transactions les concernant tout simplement impossibles.
    Dans le cadre du budget de 2022, le gouvernement du Canada propose des modifications à la Loi sur les mesures économiques spéciales et à la Loi sur la justice pour les victimes de dirigeants étrangers corrompus qui permettront aux tribunaux d’ordonner la confiscation, au profit de la Couronne, des actifs saisis ou bloqués appartenant aux personnes visées par les sanctions, y compris les élites russes, les oligarques et leurs mandataires.
    Les produits générés par les actifs confisqués pourront être utilisés pour: la reconstruction d’un État étranger lésé par des atteintes graves à la paix et à la sécurité internationales; et le rétablissement de la paix et de la sécurité internationales; l’indemnisation des victimes d’atteintes graves à la paix et à la sécurité internationales, de violations flagrantes et systématiques des droits de la personne ou d’actes de corruption importants.
    La gestion et la disposition des actifs devraient être assurées par le ministre des Services publics et de l’Approvisionnement du Canada en vertu de la Loi sur l’administration des biens saisis. Ces modifications feront du régime de sanctions du Canada un chef de file au sein du G7.
    Les institutions financières fédérales, ou IFF, sont réglementées et supervisées par le Bureau du surintendant des institutions financières, ou BSIF. Cela comprend les banques étrangères qui exercent des activités au Canada. Le BSIF s’attend à ce que les IFF se conforment à toutes les lois canadiennes pertinentes en matière de sanctions et à ce qu’elles aient des procédures adéquates en place pour se conformer aux lois actuelles et futures de façon continue.
    Des divulgations sur l’existence d’actifs sanctionnés sont faites par les entités déclarantes, telles que les institutions financières canadiennes, à la Gendarmerie royale du Canada, ou GRC.
    Affaires mondiales Canada n’est pas en mesure de fournir les chiffres demandés, car ils pourraient ne pas refléter entièrement ce qui a été gelé en vertu des sanctions canadiennes et ne représenteraient que les actifs qui ont été déclarés à la GRC. Un tel exercice pourrait conduire à la divulgation de renseignements incomplets et trompeurs.
    Concernant la partie d) de la question, les ministres des Finances du G7 ont publié une déclaration conjointe le 17 mars 2022, soulignant leur engagement à prendre toutes les mesures juridiques disponibles pour trouver, restreindre, geler, saisir et, le cas échéant, confisquer ou confisquer les actifs des personnes et des entités qui ont été sanctionnées.
    Au sujet de la partie e) de la question, les renseignements fournis en réponse à cette question sont à jour en date du 31 mars 2022.

[Traduction]

Questions transformées en ordres de dépôt de documents

    Monsieur le Président, si les réponses du gouvernement aux questions nos 456 et 458 à 460 pouvaient être transformées en ordres de dépôt de documents, les documents seraient déposés immédiatement.
     Le Président: D'accord?
     Des voix: D'accord.

[Texte]

Question no 456 —
Mme Laila Goodridge:
    En ce qui concerne les avions de chasse CF-188 Hornet ou CF-18 de l’Aviation royale canadienne: a) quels ont été les coûts totaux associés à l’entretien des avions de chasse CF-18 depuis 2016, ventilés par (i) année, (ii) type de dépense; b) quels sont les coûts prévus pour l’entretien des avions de chasse CF-18, ventilés par exercice, de l’exercice en cours jusqu’à 2032-2033; c) quelles sommes ont été consacrées à des améliorations, que ce soit des améliorations directes ou des améliorations liées aux avions de chasse, y compris pour (i) les améliorations des radars, (ii) l’équipement de communication, (iii) l’équipement, (iv) d’autres dépenses, ventilées par exercice depuis 2016; d) quels sont les coûts prévus des améliorations, que ce soit des améliorations directes ou des améliorations liées aux avions de chasse CF-18, ventilés par exercice et par type d’amélioration, de l'exercice en cours à l’exercice 2032-2033?
    (Le document est déposé.)
Question no 458 —
M. Dan Albas:
    En ce qui concerne les changements aux politiques, aux règlements et aux mesures fiscales du gouvernement qui sont entrés en vigueur le 1er avril 2022, ventilés par ministère et par organisme: quels sont les détails de tous ces changements, y compris, pour chaque changement, (i) la nature du changement, (ii) le motif du changement, (iii) les coûts réels ou projetés liés au changement, (iv) les revenus ou les pertes qui découleront du changement selon les prévisions du gouvernement pour les cinq prochaines années, ventilés par année?
    (Le document est déposé.)
Question no 459 —
M. Dan Albas:
    En ce qui concerne les véhicules que le gouvernement possède ou loue, depuis 2016, ventilé par année et par ministère, organisme ou autre entité gouvernementale: a) combien de contraventions de stationnement, et de constats d’infraction du même genre, les véhicules gouvernementaux ont-ils reçus; b) quel était le montant total à payer pour les contraventions de stationnement mentionnées en a); c) combien des contraventions de stationnement mentionnées en a) le gouvernement a-t-il payées; d) quel est le montant total des contraventions de stationnement payées par le gouvernement; e) pourquoi est-ce le gouvernement qui a payé les contraventions mentionnées en c) plutôt que les employés ou autres personnes qui ont commis l’infraction; f) combien de contraventions routières, et de constats d’infraction du même genre, le gouvernement a-t-il reçus, y compris les avis reçus par courriel ou par la poste, comme lorsqu’un véhicule active un appareil de surveillance aux feux rouges ou un radar photographique; g) quel était le montant total à payer pour les contraventions routières mentionnées en f); h) combien des contraventions routières mentionnées en f) le gouvernement a-t-il payées; i) quel est le montant total des contraventions routières payées par le gouvernement; j) pourquoi est-ce le gouvernement qui a payé les contraventions mentionnées en i) plutôt que les employés ou autres personnes qui ont commis l’infraction; k) quelle est la politique sur la personne qui doit payer une contravention (i) de stationnement, (ii) routière, lorsqu’il y a un doute sur l’auteur de l’infraction?
    (Le document est déposé.)
Question no 460 —
Mme Kelly Block:
    En ce qui concerne l’approvisionnement du gouvernement en vaccins contre la COVID-19, y compris les doses de rappel: a) combien de doses le gouvernement a-t-il acquises, ventilées par l’année à laquelle les doses doivent, ou devaient, être livrées, de 2020 jusqu’à 2028; b) quelle est la ventilation des données en a) par fabricant et vaccin spécifique; c) quelle est la ventilation des données en a) par nombre de doses destinées (i) au marché intérieur, (ii) au marché étranger par l’intermédiaire du mécanisme COVAX, (iii) à d’autres marchés étrangers?
    (Le document est déposé.)

[Traduction]

    Pour finir, je demande que les autres questions restent au Feuilleton.
    Le Président: D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

  (1025)  

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l’opposition — Les règles et les niveaux de service concernant les voyages  

     Que, étant donné que,
(i) les Canadiens connaissent actuellement des temps d’attente inacceptables dans les aéroports du Canada, même si ceux-ci fonctionnent toujours à capacité réduite,
(ii) selon plusieurs experts, les restrictions actuellement en vigueur sont inefficaces et ajoutent aux retards, aux coûts, à la confusion générale et aux pénuries de main-d’œuvre,
(iii) les alliés du Canada ont commencé à lever les restrictions associées à la COVID-19 dans les aéroports et les autres points d’entrée,
(iv) le Canada perd des occasions d’affaires et des débouchés économiques,
la Chambre demande au gouvernement de rétablir immédiatement les règles et les niveaux de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les voyages.
    — Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Mégantic—L'Érable.
    C'est toujours pour moi un honneur d'intervenir au nom de mes concitoyens de Thornhill.
    Il y a plus de deux ans maintenant, de nombreuses activités de la vie normale, notamment les voyages, ont été complètement paralysées. Partout dans le monde, des pays ont fermé les frontières, les aéroports et à peu près tout, et ces mesures s'imposaient. Le monde était confronté à un nouveau virus au sujet duquel nous ne savions que très peu de choses. Il fallait réagir de cette façon jusqu'à ce que nous trouvions le moyen de vivre avec la COVID. De telles restrictions s'imposaient tant que nous n'en saurions pas davantage.
    Il y a deux ans, tous nos alliés étaient dans la même situation. Tous, y compris le Canada, ont fermé leurs frontières et ont imposé des restrictions. Aujourd'hui, les choses ont changé. Des pays, partout dans le monde, ont levé les restrictions et les exigences relatives à la vaccination. Le Canada n'est plus sur la même longueur d'onde que le reste du monde. Le Canada est en marge. Nous savons que la plupart des gouvernements fondent leurs décisions sur les données scientifiques, les études et les recommandations des experts. Tous les alliés du Canada lèvent les restrictions; ils ne peuvent pas tous faire fausse route. Les données scientifiques sont les mêmes partout, y compris au Canada.
    Nous pourrions peut-être comprendre le processus de réflexion du gouvernement à ce sujet s’il nous faisait part des conseils qu’il a reçus et de la date à laquelle il les a reçus des experts qui, selon lui, lui ont donné ces conseils. Cependant, il refuse de dire aux Canadiens quels paramètres il utilise, de quel plan il s'inspire et sur quelles preuves ces règles sont fondées. En fait, nous n’avons pas été en mesure de trouver quelqu’un qui ait dit au gouvernement de maintenir en place les anciennes restrictions en matière de santé et les atteintes aux droits à la libre circulation. Cela nous amène à croire, de ce côté-ci de la Chambre, qu’il n’y a pas de preuves, qu’il n’y a pas de paramètres et qu’il n’y a pas de bonne raison, si ce n’est la volonté idéologique de punir ceux qui ne sont pas d’accord avec le gouvernement.
    Non seulement ces restrictions sont vindicatives et discriminatoires, ce que nous avons beaucoup dit ici parce que c’est vrai, mais elles provoquent le chaos dans nos aéroports, ce qui devrait inquiéter la Chambre et le ministre des Transports. Nous avons tous vu des photos de passagers faisant la queue pendant des heures, sans aucune chance d'attraper leur vol à temps. Ils attendent sur le tarmac, puis sont dirigés vers une file d’attente qui dépasse la taille de l’aérogare ou du hall de l’ASFC. Les délais de traitement des passagers ont quadruplé, et en comité, cette semaine, des experts de l’industrie nous ont dit directement que ces restrictions et ces exigences sont, en partie, à blâmer.
    Nos aéroports sont célèbres pour toutes les mauvaises raisons, et nous pouvons remédier à cela aujourd’hui, du moins, en partie. Le monde s’ouvre et les gens voyagent enfin, ce qui est une bonne chose. Les entreprises prospèrent à nouveau. Le Canada devrait être une destination de calibre mondial où les gens peuvent travailler et se divertir, mais que voient les gens de l'étranger? Ils voient de longues files d’attente, le chaos et un endroit dont ils ne veulent rien savoir. Ils voient des restrictions liées à la COVID que leurs pays ont supprimées depuis des mois. Ils voient des files d’attente qui durent plus longtemps que les vols eux-mêmes. Ils voient un grand panneau au néon à la frontière indiquant que le Canada est fermé pour les affaires. Ils choisiront d’aller ailleurs.
    La chambre de commerce de la région de Toronto a déclaré qu’environ 50 % des voyageurs à l’aéroport Pearson, l'aéroport de ma région et celui du ministre des Transports, puisque c'est l'aéroport où il se rend le plus souvent, ont subi des « retards importants » la semaine dernière. Comment cela peut-il créer une bonne première impression? Notre secteur du tourisme, nos petites entreprises et notre pays ne peuvent supporter cela.
    Cela fait deux longues années. Ces entreprises ont besoin de toute l’aide qu’elles peuvent obtenir, et il ne s’agit pas seulement d’argent. Il s’agit du gagne-pain de personnes, de leurs années de dur labeur et des économies de toute une vie. Il est tout simplement hypocrite de la part du gouvernement de prétendre qu’il soutient les entreprises alors qu’il continue à s’entêter et à défendre des mesures qui touchent maintenant tout le monde, et pas seulement ceux qui s’opposaient à ses vues au départ. La Chambre de commerce du Canada, les associations touristiques, le Conseil des aéroports du Canada et maintenant les médecins ont tous demandé la fin des restrictions aux frontières, des exigences liées à la vaccination et de l’application ArriveCAN qui ne fonctionne plus. Ils veulent simplement retrouver leur gagne-pain.
    Il y a une grave pénurie de main-d’œuvre dans ce secteur, nous le savons, et si le ministre blâme les voyageurs en disant qu’ils ont perdu l’habitude des voyages, nous savons que le problème vient en partie de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, qui relève de sa compétence. Parmi les agents de sécurité qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie, 10 à 30 % n’ont jamais été remplacés.

  (1030)  

    Il est certain qu’une salle pleine de gens, dont beaucoup utilisent régulièrement les aéroports, l’amènerait à faire preuve d’une once d’humilité et à écouter, au lieu de répéter des pratiques dépassées et des points de discussion encore plus dépassés.
    L’aéroport d’Ottawa a besoin à lui seul de 350 employés pour fonctionner correctement. À l’heure actuelle, il y en a 172 qui sont pleinement formés et autorisés. C’est moins de 50 %. Dans tous les sens du terme, c’est un échec, et on le voyait venir.
    Les Canadiens doivent savoir que l’ACSTA est un modèle d’utilisateur-payeur. Cela signifie que ceux qui l’utilisent paient pour elle. Il ne s’agit pas d’une agence gouvernementale ordinaire. Elle devrait être la meilleure.
    Le gouvernement fait des profits sur le dos des voyageurs. Qu’est-ce que les voyageurs achètent avec leur argent? Ils achètent des files d’attente plus longues, des contrôles parmi les plus archaïques du monde occidental et des vols manqués. Au Canada, les compagnies aériennes sont punies pour les retards et le mauvais service, mais quelle est la responsabilité du gouvernement lorsqu’il est responsable?
    Même le président de l’ASPC a dit aux transporteurs et aux aéroports qu’il supprimerait les tests dans les aéroports en janvier. Nous sommes en mai. Au lieu de cela, le gouvernement a lancé une nouvelle consultation sur la stratégie cette semaine. Je ne peux imaginer un recours plus inutile dans ce contexte: un gouvernement qui ne peut pas fournir des services qui ont déjà été payés par le voyageur va élaborer une stratégie pour des personnes qu’il a déjà punies et blâmées.
    Les travailleurs qui n’ont pas encore été licenciés sont eux aussi victimes de cette incompétence. Ils sont obligés de garder des familles dans des avions par une température de 30 degrés Celsius. Il y a plus d’indignation lorsqu’un chien est trouvé enfermé dans une voiture en été dans le stationnement d’un Costco.
    Pourquoi les libéraux n’écoutent-ils pas? Nous savons qu’ils ont du mal à accepter la diversité de pensée et les points de vue différents, mais sont-ils sérieusement assez vindicatifs pour continuer à laisser notre économie souffrir, juste pour prouver quelque chose?
    Une voix: Oh, oh!
    Mme Melissa Lantsman: Ils en rient, monsieur le Président. Nous entendons les députés d'en face rire de la souffrance des Canadiens.
    Les voix que notre parti fait entendre à la Chambre chaque jour peuvent sembler étrangères à ceux qui rient de l’autre côté de la Chambre. Ce ne sont pas des étrangers.
    Certains députés oublient que ceux qu’ils ont ostracisés, ceux qu’ils continuent de dénigrer et de mépriser activement, sont aussi des personnes. Ce sont des parents et des grands-parents, des infirmières et des gens de métier. Ce sont des Canadiens ordinaires que nous connaissons dans nos collectivités. Ils ont raté des anniversaires, des mariages, des fêtes et des funérailles. Ils souffrent. Maintenant, la croisade idéologique qui les vise touche tout le monde. Elle touche tous ceux qui ont fait tout ce qu’on leur a demandé de faire pendant cette pandémie.
    Les exigences relatives à la vaccination imposées par le gouvernement fédéral ne limitent pas seulement les voyages. Ils restreignent aussi notre main-d’œuvre.
    Le ministre des Transports a reconnu que les problèmes que nous observons dans les aéroports ne seront pas résolus immédiatement. Certains disent que ces retards et ces longues files d’attente pourraient durer jusqu’à Noël, voire plus tard.
    Nous ne disons pas que la suppression des restrictions est une solution miracle. Elle ne résoudra pas tous les problèmes du jour au lendemain, mais il est certain que les compagnies aériennes, les associations, les syndicats, les chambres de commerce, les entreprises et maintenant les médecins ne peuvent pas tous se tromper en affirmant que ces restrictions provoquent des retards. Nous leur devons de les soutenir après deux années de fermetures et de confinements dans ce pays.
    Nous devons à nos électeurs d’écouter leurs préoccupations. Nous le devons aux millions de Canadiens en difficulté qui veulent simplement voir leur économie rouvrir et qui veulent recommencer à recevoir de vrais chèques de paie. Nous devons aux voyageurs de leur permettre enfin de voyager rapidement et facilement. Nous le devons à tous ceux qui vivent dans ce pays et à tous ceux qui viennent dans ce pays.
    Le gouvernement fait sûrement assez confiance aux Canadiens pour leur permettre de voyager librement. Les députés veulent assurément que notre économie reprenne des forces. Ils veulent certainement soutenir notre secteur touristique et nos petites entreprises. Par conséquent, ils voteront naturellement avec notre parti pour lever les exigences relatives à la vaccination, mettre fin aux restrictions et revenir immédiatement aux règles et aux niveaux de service prépandémiques pour les voyages. Notre économie en dépend.

  (1035)  

    Monsieur le Président, je regrette que cette motion de l’opposition ait été éclipsée par les récents événements survenus au sein du Parti conservateur, mais j’ai trouvé très intéressant que la députée dise que les libéraux n’acceptent pas la « diversité de pensée ». Elle a dit aussi que le gouvernement aime « punir ceux qui ne sont pas d’accord » avec lui. Je trouve cela très intéressant, compte tenu de la nouvelle selon laquelle le député d’Abbotsford a été démis de ses fonctions de porte-parole en raison de sa diversité de pensée, qui allait à l’encontre de celles du député de Carleton.
    Je me demande si la députée aimerait commenter le fait que la diversité de pensée et la tendance à punir ceux qui ne sont pas d’accord avec eux soient bien vivantes au sein du Parti conservateur, comme nous l’avons vu hier soir avec le député d’Abbotsford qui a été démis de son poste de porte-parole pour avoir été en désaccord avec la direction du Parti conservateur.
    Monsieur le Président, cela m’attriste en réalité de répondre à cette question, car j’aurais espéré que le député d’en face ait une question en rapport avec l’objet de notre discussion et avec la punition que le gouvernement a imposée à plus de 4 millions de Canadiens qui ne peuvent toujours pas prendre l’avion. Jour après jour, 4 000 tests sont effectués dans un aéroport, et cela ne se fait qu’au Canada.
    J’espère qu’à l’avenir, le député d’en face aura une question qui se rapporte à un sujet dont la Chambre est saisie.

[Français]

     Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son discours.
    Dans la motion, on peut lire: « [...] les restrictions actuellement en vigueur sont inefficaces [...] ». Si on se fie à la science, cela ne semble pas être tout à fait le cas.
    Dans les journaux, ce matin, on a pu lire: « [...] le Canada est le deuxième pays parmi les pires du G7 [...] pour le taux de vaccination de la troisième dose. » Nous aurions un taux de vaccination de 54,3 %.
    Comment ma collègue réagit-elle?

[Traduction]

    Monsieur le Président, je demanderais au député de regarder ce qui se passe partout ailleurs dans le monde. Je l'inviterais à se demander pourquoi la science est en fait différente dans ce pays et si les mesures obligatoires ont augmenté le nombre de personnes s'étant prévalu de la troisième dose du vaccin. La réponse est: pas vraiment.
    Nous avons entendu des experts en santé publique et des médecins dire que ces mesures obligatoires ne fonctionnent pas. Nous avons entendu l’industrie du voyage déclarer qu’elles engorgent nos aéroports. Personne ne nous a dit que ces restrictions étaient efficaces.
    J’espère que le député d’en face a regardé les Oilers d’Edmonton jouer contre les Flames de Calgary hier soir, devant plus de 20 000 personnes dans les gradins, non vaccinés et sans masque parce que cela n’a pas d’importance, ou qu’il sort d’ici, sans son masque et entre dans n’importe quel restaurant. Le renvoi à la science ne tient pas debout. La science ne peut pas dire une chose ici et une autre ailleurs, et les Canadiens devraient le savoir.
    Monsieur le Président, ma collègue a dit beaucoup de choses dans son intervention avec lesquelles je suis d’accord et elle a soulevé d’excellents points.
    Cependant, elle siégeait aussi au comité des transports lorsque le Conseil des aéroports du Canada nous a dit que le premier facteur des retards à l’aéroport est le manque de personnel. Ce n’est pas en supprimant l’ensemble des mesures et des règles relatives à la pandémie que nous allons remédier à l’énorme pénurie de personnel.
    Pourquoi n’a-t-elle pas inclus dans cette motion une proposition de solution à la crise du personnel?
    Monsieur le Président, j'aime toujours les interventions du député de même que le travail que nous faisons ensemble au comité des transports. Nous avons effectivement discuté des pénuries de main-d’œuvre qui constituent un véritable problème dans les aéroports. Un des moyens d'y remédier consisterait à réembaucher tous ceux que le gouvernement a congédiés en raison des exigences fédérales en matière de vaccination. Des témoins ont expliqué au comité que certaines de ces personnes ne demanderaient pas mieux que de retourner travailler. Voilà une solution aux pénuries de main-d’œuvre.

  (1040)  

    Monsieur le Président, j'aimerais connaître l'opinion de ma collègue. Du point de vue de la santé publique, les vaccins devraient procurer une immunité stérilisante, ce qu'ils ne font pas. En effet, ils n'empêchent pas la transmission de la maladie. Du point de vue de la santé publique, les exigences relatives à la vaccination sont valables sur le plan scientifique uniquement si elles empêchent la transmission de la maladie.
    En juillet 2021, le premier ministre s'est rendu à Moncton avec les députés de Fredericton, de Beauséjour et de Moncton—Riverview—Dieppe. Essentiellement, il a dit que l'on pouvait transmettre le virus même en étant adéquatement vacciné. Il le savait donc il y a presque un an.
    Ma collègue croit-elle, d'une part, que le premier ministre et le gouvernement libéral devraient en débattre publiquement? D'autre part, la Chambre peut-elle faire quelque chose si le premier ministre et le gouvernement ne donnent pas l'heure juste aux Canadiens à propos du bien-fondé des exigences relatives à la vaccination?
    Monsieur le Président, ce que je sais, c'est que le gouvernement n'a communiqué aucune donnée. Nous lui avons demandé à répétition de présenter dans cette enceinte ces données de même que les conseils de santé publique. Ce que nous savons, c'est que le premier ministre porte un masque à la Chambre et à divers endroits dans la Cité parlementaire, mais qu'il n'en porte pas en Ukraine.

[Français]

    Monsieur le Président, je tiens d'abord à saluer ma collègue, qui fait un travail extraordinaire dans son dossier des transports. Elle est surtout la voix de milliers de voyageurs canadiens, qui se posent aujourd'hui beaucoup de questions sur les réelles intentions du gouvernement fédéral, qui maintient les mesures sanitaires en place dans les aéroports, mais également aux frontières terrestres. Nous nous posons beaucoup de questions.
    Depuis le début, nous demandons des preuves et des documents et au ministre de la Santé de déposer à la Chambre les avis qu'il a en sa possession qui lui disent de maintenir les restrictions. Malheureusement, nous n'entendons absolument rien de la part du gouvernement, lequel ne se base sur rien pour maintenir ses nombreuses mesures sanitaires, qui n'ont pourtant plus leur place au pays. Le gouvernement n'écoute pas les experts, qui disent qu'on doit maintenant commencer à penser à revenir à l'ère prépandémique.
    Comme toujours, c'est l'inaction du premier ministre et de son gouvernement qui est la principale cause du chaos dans lequel se trouvent présentement les aéroports, sans oublier le chaos qu'on trouve à Service Canada, en matière d'immigration et, dans le fond, dans tout ce que le gouvernement libéral touche actuellement en matière de services aux citoyens. Il est incapable de répondre aux attentes.
    Dans les aéroports, ce que nous avons vu au cours des derniers jours et des dernières semaines est particulièrement inquiétant: retards extrêmes, files d'attente sans fin, délais de traitement qui n'en finissent plus, goulots d'étranglement et vols ratés. Des gens manquent leur avion alors que d'autres sont obligés de rester pendant des heures dans le leur avant de pouvoir débarquer. C'est cela, la nouvelle réalité. Si on laisse faire les libéraux, ce sera malheureusement la nouvelle normalité libérale dans les aéroports canadiens.
    Ce printemps, l'aéroport Pearson de Toronto a même conseillé aux passagers en partance pour l'étranger d'arriver trois heures minimum avant leur vol pour être sûrs de ne pas le rater. Pour certains voyageurs, cela représente plus de temps que la durée du vol même. C'est totalement inacceptable, mais le gouvernement a fait qu'on en est malheureusement arrivé là.
    Tout comme ma collègue l'a fait, il faut rappeler que, depuis des mois, les États‑Unis et les principaux alliés de l'Union européenne renoncent peu à peu à toutes les mesures sanitaires restrictives imposées aux passagers. On parle même de renoncer à imposer le port du masque pendant les vols et dans les aéroports, entre autres mesures. La situation bouge partout ailleurs, mais, ici, on reste attaché à des mesures que le gouvernement a d'ailleurs tardé à prendre au début, il faut s'en souvenir. En effet, quand est venu le temps de protéger les gens, le gouvernement a été lent à agir.
     Maintenant, par contre, c'est le temps de se rendre compte que les mesures adoptées, comme la vaccination — à laquelle la population a bien répondu — et le port du masque, ont eu les effets escomptés et qu'on a franchi une autre étape. Pourtant, le gouvernement ne bouge pas. Il reste assis sur son siège, pour ne pas dire autre chose, et préfère attendre que tout se règle naturellement, un peu comme les budgets au sujet desquels le premier ministre a déjà déclaré qu'ils allaient s'équilibrer d'eux-mêmes.
     Cependant, la pandémie ne va pas se régler d'elle-même. Quant à la liberté des gens de reprendre leur vie et leurs activités comme avant la pandémie, elle ne reviendra pas non plus d'elle-même.
    Les touristes qui arrivent au Canada, les étrangers et les gens d'affaires sont extrêmement déçus quand ils arrivent sur notre territoire et constatent qu'ils doivent subir des retards extrêmes dans les aéroports à cause de l'inaction du gouvernement. J'ose à peine parler de la fameuse application ArriveCAN, qui leur demande de répondre à des questions personnelles de santé publique, ce qui complique leur arrivée.
    À ce sujet, je vais me permettre de parler d'une situation qui est arrivée dans ma circonscription, pas dans un aéroport. Ces situations arrivent vraiment à de vraies personnes qui veulent voyager. Ma circonscription, Mégantic—L'Érable, est limitrophe des États‑Unis et comprend un poste frontalier.

  (1045)  

    Un homme de Lac‑Mégantic s'est présenté à notre bureau afin d'avoir le fameux reçu ArriveCAN que les douaniers du poste de Woburn lui ont demandé d'avoir. Cependant, il n'avait pas son passeport avec lui et a donc été obligé de revenir au bureau — une première démarche inutile.
    M. Paré, qui a 85 ans et qui n'a ni téléphone intelligent ni ordinateur chez lui, a également dû venir à notre bureau. On a dû ouvrir un compte pour lui et lui faire remplir les papiers ArriveCAN, afin qu'il puisse voyager d'un côté à l'autre de la frontière. Si on ne l'avait pas fait, il n'aurait pas pu aller voir sa parenté, qui vit à 15 ou 20 minutes de chez lui, de l'autre côté de la ligne. C'est cela, la réalité. Va-t-il devoir, à 85 ans, s'acheter un ordinateur et un téléphone intelligent? Non, il ne le fera pas. Il est revenu à notre bureau pour faire remplir ses papiers afin de pouvoir traverser de nouveau. C'est cela, la réalité.
    Du côté de ce gouvernement, on ne tient pas compte de la réalité des citoyens et des citoyennes. C'est inacceptable, à quel point ce gouvernement est déconnecté de la réalité. Ces nombreuses mesures maintenant rendues inutiles entraînent des retards et des inconvénients pour les Canadiens, particulièrement dans les aéroports. Qui sont ceux qui écopent et endurent? Ce sont notamment les voyageurs, les touristes et les gens d'affaires. Personne n'y pense, mais les gens qui travaillent dans les aéroports doivent, eux, subir les foudres des citoyens et la colère des gens qui attendent. Ils sont obligés de faire respecter les règles que ce gouvernement impose, alors qu'ils savent très bien qu'on ne devrait pas le faire. C'est cela, la réalité.
    Comme on le sait, les deux dernières années ont été très dures pour l'industrie de l'aviation et l'industrie touristique. Ces deux dernières ont grandement souffert de la pandémie. Elles ont été parmi les plus durement touchées. Depuis deux ans, mes collègues conservateurs et moi‑même avons toujours défendu avec ardeur ces deux secteurs essentiels à notre économie, notamment parce qu'ils sont aussi essentiels pour la reprise économique du Canada.
    Malheureusement, encore une fois, les libéraux semblent être complètement aveugles à cette réalité et à tous les dommages qu'ils sont en train de causer maintenant, mais qui vont perdurer. Avec leur politique néfaste et leur je‑m'en‑foutisme habituel, les libéraux menacent directement l'industrie touristique canadienne. Il faut agir avant que ce gouvernement libéral détruise complètement la réputation du Canada comme destination touristique de choix sur la scène internationale et comme destination pour les gens d'affaires qui désirent venir investir ici, au Canada.
    En 2019 et en 2020, avant la pandémie, il fallait en moyenne de 15 à 30 secondes pour qu'un agent des services frontaliers du Canada autorise l'arrivée d'un passager international. Depuis ce temps, les questions de santé et les mesures liées à la COVID‑19 ont tellement augmenté que le temps de traitement est de deux à quatre fois plus long. Il est parfois même de deux minutes. Or, si on multiplie deux minutes par des milliers de personnes, cela fait des attentes interminables qui n'en finissent plus, ainsi que des gens qui se plaignent et qui sont littéralement découragés de devoir prendre l'avion.
    Au lieu d'assumer pleinement sa responsabilité dans ce dossier, le ministre des Transports a préféré accuser les voyageurs hors normes d'être à l'origine des retards dans les différents points d'entrée au pays. C'est toujours ainsi que les libéraux fonctionnent. Quand ils n'ont pas de réponse ou de solution, ils trouvent quelqu'un d'autre à blâmer. Cette fois, ils ont réussi à trouver les voyageurs, qui sont les gens qui reçoivent les services de ce gouvernement.
    J'espère que les membres de la Chambre vont envoyer un message clair au gouvernement libéral pour lui dire que c'est assez. On doit faire comme les autres pays partout au monde, qui ont eux aussi des experts et des scientifiques, qui ont eux aussi réalisé qu'on doit maintenant revenir à une période pré‑pandémie plus normale pour l'ensemble des citoyens. J'invite tous mes collègues à voter en faveur de cette motion. J'invite surtout le gouvernement libéral à nous faire la démonstration que cette motion ne doit pas être adoptée, ce que les libéraux ne pourront pas faire parce qu'ils aiment le chaos et qu'ils aiment ne pas être capables de donner des services.

  (1050)  

    Monsieur le Président, je voudrais remercier le député de son discours.
     J'aimerais aussi donner des informations aux Canadiens qui nous écoutent en ce moment au sujet de l'application ArriveCAN. Jusqu'à 72 heures avant d'arriver au Canada ou avant de faire un bref voyage à l'extérieur du Canada, on peut se connecter à ArriveCAN à partir d'un ordinateur pour obtenir un reçu, l'imprimer et l'avoir en main lors du voyage. Une personne peut également soumettre les renseignements de voyage d'une autre personne.
    Je trouve remarquable que de nombreux membres du parti de mon collègue aient soutenu les manifestants anti-vaccin qui ont bloqué les infrastructures essentielles plus tôt cette année, qui ont ralenti notre chaîne d'approvisionnement nationale et qui ont occupé le centre-ville d'Ottawa pendant des semaines. Ces manifestants ont rendu la vie misérable aux résidants et ont causé des dommages économiques importants aux entreprises locales. Je note que la plupart des candidats à la direction de son parti sont désormais en concurrence les uns avec les autres pour flatter ces bloqueurs et leurs sympathisants.
    N'est-il pas vrai que les conservateurs sont assez sélectifs lorsqu'il s'agit de leurs préoccupations concernant les dommages économiques? Le député dénoncera-t-il clairement les manifestants qui ont causé tant de dégâts économiques plus tôt cette année?
    Je voudrais mentionner que, plus on posera la question rapidement, plus on obtiendra la réponse rapidement. Tout le monde veut participer à cette discussion.
    L'honorable député de Mégantic—L'Érable a la parole.
    Monsieur le Président, ce message que vient de nous adresser la députée libérale a été retenu et payé par le ministère de la désinformation du gouvernement libéral. C'est la réalité.
    Comme je l'ai dit dans mon discours, un citoyen de ma circonscription est âgé de 85 ans et n'a pas de téléphone cellulaire ni d'ordinateur. La secrétaire parlementaire vient de nous dire que le monsieur peut utiliser son ordinateur pour avoir son reçu jusqu'à 72 heures avant. Il n'a pas d'ordinateur et cela lui est impossible.
    Au lieu de répondre à la question, d'essayer de trouver une solution et de répondre aux citoyens, le gouvernement libéral continue de diffuser de la désinformation et d'utiliser des faux prétextes. Je comprends pourquoi: les libéraux sont incapables de nous répondre lorsque nous leur demandons simplement de nous donner des preuves scientifiques qui justifient le maintien des mesures sanitaires obligatoires aux frontières. Ils sont incapables de nous nommer les experts qui ont recommandé que ces mesures demeurent obligatoires. Nous n'obtenons pas de réponse.
     En revanche, le ministère de la désinformation du gouvernement libéral est très actif en ce moment. Je pense que c'est la seule chose qui fonctionne un peu du côté libéral.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours.
    Nous sommes d'accord avec plusieurs éléments de son analyse. Toutefois, lorsqu'on parle d'une pandémie en raison de laquelle plusieurs personnes sont décédées, il faut être responsable. Il faut éviter, de part et d'autre, de politiser au sens peu noble du terme un débat comme celui-là.
     J'ai siégé avec mon collègue au Comité permanent de la santé. Tantôt, il disait qu'il faudrait revenir à la vie d'avant la pandémie, mais j'aimerais mettre un petit bémol à ce propos. On sait que la population mondiale est présentement peu vaccinée. Tant que le taux de vaccination sera bas et que l'on voyagera, on ne sera pas à l'abri d'un variant qui pourrait détourner totalement l'effet bénéfique des vaccins, notamment en ce qui a trait à la possibilité de développer la forme grave de la maladie. Je suis persuadé que mon collègue est d'accord avec moi là-dessus. En tout cas, j'espère qu'il va mentionner cela.
    L'industrie touristique a connu une diminution de 50 % de son produit intérieur brut. C'est sérieux. Depuis que nous le demandons, le gouvernement n'a jamais présenté un plan de levée des mesures sanitaires pour offrir un minimum de prévisibilité à l'industrie touristique, à l'industrie aérienne et aux voyageurs. Comment mon collègue s'explique-t-il cela?

  (1055)  

    L'honorable député de Mégantic—L'Érable a 30 secondes pour répondre à la question.
    Monsieur le Président, si vous me le permettez, je vais essayer de prendre au moins le même temps que mon honorable collègue a pris pour poser sa question qui était quand même assez longue et très précise.
    Mon collègue de Montcalm, avec qui j'ai siégé au Comité permanent de la santé, a raison sur un point, mais je partage un peu moins ses inquiétudes sur l'autre. Il faut être capable de prendre l'ensemble des recommandations et voir comment on peut apprendre à vivre avec la pandémie. Je pense que c'est le but, quand on parle de revenir à une vie plus normale comme avant la pandémie. Il faut donc apprendre à vivre avec la pandémie. Malheureusement, comme l'a dit mon collègue, et je suis entièrement d'accord avec lui, le gouvernement ne semble avoir aucun plan pour apprendre à vivre avec la pandémie. Quels sont les critères sur lesquels il se base?
    On se rappelle que le gouvernement disait que 75 % de la population devait être vaccinée pour avoir l'immunité collective. Après, on a monté cela à 80 % et ensuite à on ne sait plus à combien parce qu'il n'y avait pas de limite. Il n'y avait pas de barème.
    Je vais terminer en disant une petite chose. Si le gouvernement était moins un gouvernement de désinformation et plus un gouvernement de transparence, nous aurions devant nous un plan de retour à la normale et des explications sur les raisons pour lesquelles on maintient des mesures sanitaires dans les aéroports. Malheureusement, cela ne préoccupe pas le gouvernement. C'est un gouvernement qui maintient ses idées idéologiques.
    Monsieur le Président, je vois que vous vous levez pour m'interrompre...

[Traduction]

    Je tiens à le dire tout de suite: plus les questions et les réponses seront courtes, plus il y aura de députés qui pourront intervenir. Je vois deux députés debout qui souhaitent poser des questions, mais nous n'avons plus de temps.
    Puisqu'un certain nombre de députés aimeraient poser des questions, faisons de notre mieux pour que tous puissent participer à cette excellente conversation.

[Français]

    Nous reprenons le débat. Je cède la parole à l'honorable secrétaire parlementaire du ministre des Transports.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier l'honorable députée de Thornhill d'avoir soulevé ce sujet important qui, je le sais, préoccupe de nombreux voyageurs canadiens.
    Je commencerai en disant que je comprends et je partage leur frustration. Je suis moi-même une voyageuse et j'ai connu des retards dans les aéroports. Je sais que cela peut être aggravant. Je sais aussi que les retards dans les aéroports ont un coût économique et qu'ils ne contribuent pas au redémarrage de nos secteurs aérien et touristique, qui sont d'importants moteurs économiques pour notre pays. Je reconnais également que tous les Canadiens, y compris moi-même, sont très fatigués de faire face au protocole de la COVID‑19 et aspirent à revenir à la normalité prépandémique.
    Étant donné que la grande majorité des Canadiens se sont fait vacciner et que nous avons constaté une amélioration de la situation dans nos hôpitaux et dans nos collectivités, il est compréhensible que de nombreux Canadiens soient de plus en plus désireux de réduire les mesures de santé publique restantes qui sont en place et de retourner pleinement à leur ancienne vie. La fatigue due à la COVID‑19 est une chose réelle et un instinct parfaitement normal. À l'instar de nombreux collègues de la Chambre et de nombreux Canadiens d'un bout à l'autre du pays, je ne souhaite absolument pas que des mesures soient maintenues plus longtemps que nécessaire.

[Traduction]

    Tous les jours, j'entends des Canadiens mécontents parce que certaines exigences sont encore en place. Je ne suis certainement pas la seule. Comme ces Canadiens, j'aimerais que cette longue épreuve soit derrière nous, mais la pandémie de COVID‑19 n'est pas terminée. Elle est encore bien présente. S'il y a une chose que bon nombre de Canadiens ont retenue au cours de cette pandémie, c'est qu'il peut être dangereux d'assouplir les mesures de santé publique trop tôt. Nous l'avons constaté à maintes reprises dans différentes régions du pays et partout dans le monde.
    Les décideurs pressés d'offrir un retour à la normale à leurs concitoyens ont assoupli les mesures de façon prématurée pour ensuite devoir faire face à un nouveau variant et à une nouvelle vague de la maladie qui a engorgé de nouveau les services de soins intensifs. Le système de santé a été tellement débordé qu'on a dû imposer de nouvelles mesures de confinement qui, dans certains cas, étaient encore plus strictes que les précédentes. Ces valses-hésitations ont nui considérablement à l'économie, car les entreprises ont eu plus de difficulté à planifier leurs activités et à conserver leur main-d'œuvre et leur clientèle. Cela a aussi eu pour effet de saper les espoirs et l'énergie des Canadiens.
    Heureusement, le développement et la distribution remarquablement rapides de vaccins très efficaces ont rendu nos perspectives actuelles beaucoup plus favorables. Cependant, il faut nous rappeler les leçons durement apprises. Des pays comme le Canada ont peut-être réussi à faire vacciner la plus grande partie de leur population, mais certains pays moins riches n'ont pas eu le même accès aux vaccins. Or, cette situation favorise l'apparition de nouveaux variants. Nous en savons nettement plus aujourd'hui sur la COVID qu'il y a deux ans, mais certains aspects de la maladie sont encore méconnus, notamment la COVID longue.

  (1100)  

[Français]

    Devant ces éléments inconnus, rappelons les avantages d'une approche prudente. Cela a été l'approche canadienne, en général, et de ce gouvernement, en particulier. En déployant une série de mesures de santé publique, y compris celles de notre secteur aérien, nous avons relativement bien réussi à protéger la vie et la santé des Canadiens.
    Par exemple, la COVID‑19 a coûté la vie à environ 40 000 Canadiens. Cela est bien sûr tragique, mais comparons notre situation à celle de nos voisins du Sud, où plus de 1 million d'Américains sont morts de la COVID‑19. Même en tenant compte des populations différentes des deux pays, cela équivaut à une différence stupéfiante. Selon les dernières estimations publiées par Our World in Data, cela représente environ trois fois le nombre de décès par million pour les Américains par rapport aux Canadiens.
    Enfin, voici le bâton de mesure le plus important: s'il faut tenir compte des inconvénients et des perturbations économiques causés par les retards dans les aéroports et trouver des solutions pour minimiser ces impacts, il faut aussi les mettre en balance avec la vie des Canadiens, de nos grands‑parents, de nos conjoints, de nos enfants, de nos amis.

[Traduction]

    Je passe maintenant du général au particulier en me penchant sur le problème des temps d'attente dans les aéroports, qui est soulevé dans la motion de l'opposition dont nous sommes saisis aujourd'hui.
    Premièrement, permettez-moi de souligner que le Canada n'est pas le seul pays où les voyageurs ont à subir de longs temps d'attente. En fait, on rapporte une situation similaire partout dans le monde. Les longues attentes ne sont pas toujours attribuables aux mêmes facteurs. Elles sont parfois causées par une pénurie de manutentionnaires des bagages, d'agents des services frontaliers ou de préposés au contrôle de sécurité. Parfois, de nombreux vols sont annulés sans préavis. Quelle que soit la cause, les voyageurs doivent faire des files interminables et certains manquent leur vol, mais tous ressentent de la frustration et du stress.
    Par exemple, en avril, le site The Latch a cité un article du New York Times qui indiquait que « la reprise des voyages après la pandémie a carrément submergé les compagnies aériennes, qui ont été prises au dépourvu ». Le journaliste du site The Latch ajoute:
     [Les aéroports] n'ont pas réussi à embaucher suffisamment de personnel à cause des pressions financières engendrées par les périodes de confinement. En gros, les compagnies aériennes n'ont tout simplement pas prévu que tant de gens recommenceraient si rapidement à voyager. De plus, l'industrie du transport aérien n'a pas réussi à combler les dizaines de milliers de vacances causées par les mises à pied et les démissions à l'échelle mondiale.
    Dans le même ordre d'idées, selon un reportage diffusé le 5 mai à la chaîne Euronews:
     Le nombre de déplacements par avion est toujours inférieur à celui de 2019, mais les pointes de trafic sont plus fortes qu'avant la pandémie dans plusieurs grands aéroports.
    Voici ce qu'on peut lire dans une déclaration conjointe du [Conseil international des aéroports] pour l'Europe: « Cette soudaine hausse et cette concentration du trafic aérien constituent un défi pour les aéroports et leurs partenaires opérationnels — en particulier les manutentionnaires au sol ».
     « Cela a entraîné une augmentation des retards et des annulations de vols et, plus généralement, une expérience moins positive pour les passagers dans de nombreux aéroports. »
    Dans le même ordre d’idées, l’agence australienne NCA NewsWire a écrit ceci le 9 mai dernier:
    L’aéroport de Sydney a encore sombré dans le chaos alors que la pénurie de personnel continue de causer des files d’attente interminables en raison de la fermeture de postes de contrôle de sécurité.
    Les aérogares internationales et nationales subissent des retards qui forcent des milliers de passagers à faire la queue.
     Beaucoup se défoulent sur les médias sociaux, exprimant à quel point ils sont frustrés par le chaos à l’aéroport, trois mois après le rétablissement des vols internationaux et l’augmentation du nombre de vols à destination et au départ de ce grand aéroport.
    L’article mentionne aussi qu’« un porte-parole de l’aéroport de Sydney avait prédit que des retards importants se poursuivraient pendant la saison des vacances scolaires, atteignant des sommets autour de Pâques et de la journée de l’ANZAC, les volumes de passagers étant à près de 90 % de ceux d’avant la pandémie ».
    Ceux qui lisent les nouvelles canadiennes depuis quelques semaines auront une impression de déjà vu. Le fait que d’autres pays vivent une situation similaire ne rend pas les choses moins frustrantes pour les voyageurs canadiens. Cela dit, c’est un contexte qu’il faut comprendre maintenant que certains commentateurs affirment que le chaos actuel dans les aéroports canadiens est du jamais vu ou qu’il causera des torts irréparables à la réputation du Canada.

  (1105)  

[Français]

     Toujours dans le but de fournir le contexte nécessaire, il est important de comprendre pourquoi nous constatons des retards dans les aéroports canadiens. L'explication la plus simple et la plus courante est que ces retards sont attribuables au manque d'agents de contrôle de l'ACSTA. Cependant, nous savons qu'il y a d'autres facteurs.
    L'ACSTA a en effet de la difficulté à réembaucher tous les contingents de travailleurs qu'elle avait avant la pandémie. Cependant, comme l'a récemment fait remarquer le ministre Alghabra, les niveaux de dotation en personnel de l'ACSTA sont revenus à environ 90 %, tandis que le volume de voyageurs n'est revenu qu'à environ 70 % de ce qu'il était avant la pandémie. C'est plus qu'une simple question de pénurie de personnel.
    Ce qui semble se produire, c'est que les compagnies aériennes fournissent des informations moins précises sur les volumes de passagers prévus et de manière moins opportune qu'auparavant. Il est donc difficile pour les gestionnaires de l'ACSTA de planifier correctement les niveaux de dotation. Je ne veux pas dire que c'est la faute des compagnies aériennes. Il n'est pas surprenant qu'il leur soit difficile de prévoir à quelle vitesse les volumes de passagers augmenteront et de planifier le nombre de vols en conséquence. Cela met en évidence la nécessité d'une meilleure communication entre les différents acteurs du secteur aérien, et c'est exactement ce sur quoi travaillent le ministre et Transports Canada. J'en reparlerai plus en détail sous peu.

[Traduction]

    Un autre exemple de la complexité du problème est que le Service des douanes et de la protection des frontières des États‑Unis a lui aussi des difficultés à réembaucher du personnel pour atteindre le niveau d'avant la pandémie. Il s’ensuit parfois que les agents américains demandent aux agents de l’ACSTA de ralentir ou de mettre en pause le contrôle de sécurité des voyageurs. L’ASFC vit des problèmes de dotation semblables, ce qui entraîne des files d’attente plus longues que d’habitude pour les voyageurs arrivant de l’étranger.
    En fait, les pénuries de travailleurs que connaissent tous les aéroports, le secteur aérien et le marché du travail en général ont une incidence sur l’efficacité de nos aéroports. Par exemple, des employés de l’ACSTA mis à pied pendant la pandémie ont depuis été embauchés par des sous-traitants des aéroports comme bagagistes ou dans d’autres fonctions dans les aéroports. Encore une fois, je dis cela afin de fournir le contexte nécessaire pour que les Canadiens puissent comprendre ce qui se cache derrière certains des retards dans nos aéroports.
    Mes amis de l’opposition vont simplifier les choses à outrance et laisser entendre que ce sont exclusivement les mesures de santé publique qui ralentissent les voyageurs aériens et engorgent nos aéroports, mais ce n’est tout simplement pas le cas.

[Français]

    Ils ignorent également les avantages des mesures qui restent en place. Par exemple, les tests aléatoires dans les aéroports nous aident à détecter de nouveaux variants susceptibles d'entrer au pays en temps opportun, et à trouver leur provenance. Cela n'empêchera pas les variants d'entrer au Canada, mais cela nous fournira des données précieuses et aidera notre secteur de la santé à se préparer à une telle évolution. Cela peut aider à ralentir la propagation de nouveaux variants, ce qui nous fait gagner un temps précieux. Contrairement à ce que certains ont suggéré, on ne peut pas obtenir le même résultat simplement en analysant les eaux usées de la population générale.
     D'autres mesures telles que la vaccination obligatoire, ArriveCAN et le port du masque offrent également des couches de protection supplémentaires aux voyageurs et aux travailleurs du secteur aérien, tout en offrant aux voyageurs canadiens une tranquillité d'esprit, car ils voyagent avec d'autres personnes qui ont choisi de se faire vacciner. La vaccination est la meilleure mesure pour se protéger contre les conséquences les plus graves de la COVID‑19.

  (1110)  

[Traduction]

    Ma collègue conservatrice de Thornhill a choisi de citer de manière sélective des témoignages de groupes de gens d’affaires, mais elle oublie de mentionner que lorsqu’on leur a demandé, à une séance du Comité permanent des transports, de l’infrastructure et des collectivités, s’ils feraient fi des conseils des responsables de la santé publique concernant le maintien certaines mesures, ils ont hésité en disant qu’ils ne sont pas des experts en santé publique. Je pense qu’il est important que les Canadiens retiennent cela. Ils devraient en tenir compte lorsqu’ils réfléchissent aux appels à la levée immédiate des mesures de protection de la santé publique et se demander qui propose cette approche et quelles sont les qualifications de cette personne.
    Cela me fait aussi penser à une autre source: le Parti conservateur du Canada lui-même. Je pense qu’il est important que les Canadiens se rappellent qu’il s’agit du même parti dont l’ancien chef a permis à des candidats non vaccinés de se rendre dans des foyers pour personnes âgées lors de la dernière élection fédérale. C’est un parti qui comptait dans ses rangs un député qui a présenté une pétition demandant au gouvernement de suspendre l’utilisation de tous les vaccins contre la COVID‑19.
    Un autre député conservateur a affirmé que ses propres recherches ont révélé que les gens avaient 13 fois plus de risques de mourir du variant Delta s’ils étaient doublement vaccinés que s’ils n’étaient pas vaccinés. Inutile de dire que c’est complètement faux.
    La députée conservatrice de Sarnia—Lambton a finalement été forcée de s'excuser après avoir minimisé le risque de contracter la COVID en comparant ce virus à la polio, une maladie qui, à son plus fort en 1953, a coûté la vie à 500 Canadiens. N'oublions pas que, à ce jour, plus de 40 000 Canadiens ont tragiquement perdu la vie à cause de la COVID.
    Voici ce qu'avait dit le chef conservateur de l'époque à ce sujet:
     Il y a une grande différence entre défendre ses concitoyens qui pourraient avoir besoin d'accommodements raisonnables et semer la confusion au sujet des mesures de santé publique. Cela illustre très bien pourquoi les députés de toutes les allégeances devraient laisser les professionnels, les responsables de la santé publique et les médecins répondre aux questions sur l'efficacité des vaccins.
    Je suis d'accord avec lui. Laissons nos experts en santé publique déterminer le moment le plus opportun pour éliminer graduellement les mesures de santé publique restantes dans les aéroports canadiens.

[Français]

    Après ce rappel essentiel, j'aborde maintenant ce que font le ministre Alghabra et notre gouvernement pour aider nos aéroports et les voyageurs canadiens.
    Pour le moment, je laisserai de côté les nombreux milliards de dollars que notre gouvernement a fournis pour aider à maintenir le secteur aérien en vie pendant la pandémie, y compris les quelque 1,4 milliard de dollars précisément destinés aux aéroports par le truchement du Programme des infrastructures essentielles des aéroports, du Fonds d'aide pour les aéroports, de la bonification du Programme d'aide aux immobilisations aéroportuaires, de l'allègement des loyers pour les administrations aéroportuaires, ainsi que d'initiatives plus larges, comme la Subvention salariale d'urgence du Canada dont les aéroports ont bénéficié.

[Traduction]

    Comme je l’ai dit plus tôt dans mon intervention, à première vue, bon nombre des problèmes éprouvés dans nos aéroports semblent dus à plus qu’une simple pénurie d’agents de contrôle de la sécurité. Le problème plus vaste semble lié au fait que les différentes parties du système ne communiquent pas efficacement entre elles et ne collaborent pas afin de mieux planifier leur travail en fonction de l’augmentation du nombre de passagers à mesure que le secteur aérien se rétablit.
    Comme je l’ai mentionné tout au long de mon intervention, nous reconnaissons l’incidence que les temps d’attente dans certains aéroports canadiens ont sur les voyageurs et nous travaillons avec nos partenaires pour prendre des mesures et trouver des solutions. L’ACSTA s’efforce d’augmenter le nombre d’agents affectés au contrôle de la sécurité aux points de contrôle des passagers. Environ 400 nouveaux agents de sécurité en sont à différentes étapes de leur formation à travers le pays.
    La semaine dernière, le ministre Alghabra a rencontré Mike Saunders, président et chef de la direction de l’ACSTA, et la semaine précédente, il a rencontré les dirigeants des quatre principaux aéroports pour entendre…
    La députée de Saanich—Gulf Islands invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, je sais que, comme tous les députés, la secrétaire parlementaire est consciente que nous devons désigner les autres députés par le nom de leur circonscription ou par leur titre. Or, c'est la deuxième fois que la députée désigne le ministre des Transports par son nom.

  (1115)  

    En fait, c'est la troisième fois. J'allais le lui mentionner à la fin de son intervention.

[Français]

    Je veux rappeler à la secrétaire parlementaire qu'on ne peut pas utiliser le nom de famille d'un député à la Chambre.
    L'honorable secrétaire parlementaire du ministre des Transports a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue d'avoir soulevé ce point très important. C'est bien noté.

[Traduction]

    Le ministre a rencontré les représentants de quatre grands aéroports pour qu'ils lui parlent directement de ce qui se passe sur le terrain et pour discuter de solutions. Les aéroports, les compagnies aériennes et l'ACTSA veillent à ce que les communications transmises aux voyageurs soient claires, afin que ces derniers puissent mieux prévoir les exigences relatives au traitement. Transports Canada, l'Agence de la santé publique du Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada travaillent avec les aéroports et les transporteurs aériens pour trouver des gains d'efficacité tout au long du processus afin de réduire les temps d'attente à l'arrivée.
    Le gouvernement continuera de collaborer avec tous les partenaires pour régler en priorité le problème des temps d'attente. Nous continuerons de prendre des mesures claires et décisives pour garantir la sûreté, la sécurité et la résilience du système de transport du Canada, des employés et des voyageurs, tout en favorisant la reprise économique.

[Français]

    Nous serons toujours là pour les Canadiens, comme nous l'avons été pendant la pandémie. Nous continuerons de protéger la santé publique, nous continuerons de prendre des mesures pour aider notre économie à se rétablir et nous continuerons d'aider les gens à se déplacer de leur point de départ à leur destination.

[Traduction]

    C'était le premier point soulevé. Le deuxième était de s'assurer que les questions et les réponses soient brèves, pour que tout le monde puisse participer au débat.
     Nous passons aux questions et observations. Le député de Regina—Lewvan a la parole.
    Monsieur le Président, je tiens sincèrement à remercier la secrétaire parlementaire d’avoir lu cette intervention que lui a préparée le Cabinet du premier ministre. C’était très intéressant.
    J’ai une double question pour elle. Premièrement, elle a parlé de s’en remettre à la science et aux données. Peut-elle communiquer à la Chambre les données qui montrent que les restrictions sont encore nécessaires et que nous ne pouvons pas revenir aux conditions de voyage d’avant la pandémie?
    Deuxièmement, croit-elle qu’aujourd’hui, au Canada, il est juste que trois millions de personnes ne puissent pas voyager dans leur propre pays pour aller voir leur famille ou leurs amis ou pour aller en vacances, tout cela à cause d’un choix personnel concernant leur santé? Pense-t-elle que ce traitement soit juste pour tous les Canadiens?
    Monsieur le Président, les vaccins sont un outil important pour protéger les Canadiens et enrayer la propagation de la COVID‑19. Les données scientifiques sont claires à cet égard. Les vaccins sont sûrs et efficaces pour ce qui est de réduire la propagation de la COVID‑19, de réduire le nombre de cas graves et d’hospitalisations, et de protéger la santé. De ce côté-ci de la Chambre, nous nous appuierons toujours sur la science pour nous aider à maîtriser et à atténuer tous les risques inutiles auxquels serait exposée la population canadienne à mesure que la COVID‑19 évolue et se transforme au fil des différents variants.

[Français]

    Monsieur le Président, dans le contexte de la gestion des frontières par les libéraux, on s'entend qu'il y a beaucoup de « jambonnage ». Ça a « jambonné » pour pouvoir fermer les frontières quand c'était le temps et ça « jambonne » encore pour pouvoir mettre un plan de déconfinement efficace. J'aimerais entendre la secrétaire parlementaire sur la gestion des frontières par le gouvernement, parce que la vérificatrice générale a produit plusieurs rapports qui sont plutôt catastrophiques. On parle de manque de tests aux frontières, manque de réactivité lors de l'apparition de nouveaux variants, absence de quarantaines lors des pics des vagues, absence de service en français pour les entreprises chargées de faire le dépistage, manque de coordination avec les hôtels pour accueillir les quarantaines, retards pour l'obtention des résultats des tests de dépistage, manque de personnel pour s'assurer que les quarantaines à la maison sont respectées, peu ou pas de suivi auprès des voyageurs qui n'avaient pas respecté leur quarantaine.
    Dans ce contexte, j'aimerais entendre la secrétaire parlementaire. Elle pourrait lire la note que son parti lui a fournie pour nous dire comment répondre à ce rapport de la vérificatrice générale.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de cette question importante.
    Comme nous l'avons déjà dit, depuis le début de la pandémie, notre gouvernement met l'accent sur la santé et la sécurité des Canadiens en suivant les dernières données scientifiques. Les mesures canadiennes à la frontière demeureront souples et adaptables, guidées par les données scientifiques et la prudence. Nous sommes en train d'examiner le rapport de la vérificatrice générale. C'est sûr et certain que Transports Canada et le ministre vont agir comme il faut.

  (1120)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, étant donné les éléments probants actuels sur la transmission, bon nombre de mes concitoyens me demandent si je sais quand le gouvernement compte lever la restriction qui empêche les Canadiens non vaccinés de prendre l’avion. J’ai remarqué que le Dr Zain Chagla estime, dans un article paru récemment dans le Globe and Mail, que la restriction actuelle n’a aucun sens.
    Je crois comprendre que le gouvernement examine actuellement cette restriction et je me pose donc la question suivante: la secrétaire parlementaire peut-elle dire à la Chambre quand l'examen sera terminé et comment les résultats en seront communiqués à la Chambre et à tous les Canadiens?
    Monsieur le Président, comme je l’ai dit à maintes reprises, la situation évolue. Nous suivons les directives de la santé publique. L’apparition du variant Omicron et d’autres encore est clairement venue rappeler que la pandémie continue d’évoluer. C’est pourquoi nous continuons d’exiger la vaccination pour les voyages en train, en avion ou en navire de croisière.
    Encore une fois, depuis le premier jour, nos mesures sanitaires reposent sur des données scientifiques. Nous continuerons de suivre les conseils très judicieux des professionnels de la santé.
    Monsieur le Président, je suis d’accord sur l’essentiel avec ce que la députée a dit et surtout avec ce que le député de Skeena—Bulkley Valley a aussi souligné, à savoir que les retards actuels dans les aéroports canadiens semblent tenir plus à un problème de personnel.
    Je trouve inquiétant que la motion dont nous sommes saisis aujourd'hui ait pour prémisse, tout comme la majeure partie du débat, que le Canada constitue l’exception et que tous les autres pays ont cessé d’avoir des restrictions. Toute la matinée, pendant que j’attendais d’avoir la parole, j’ai interrogé des sites Web pour voir dans quels pays on peut se rendre sans restriction à l’arrivée. Je n’en ai trouvé aucun. Il y a bien l’Irlande, mais ce n’est pas l’immense majorité, par exemple, le Mexique, l'Allemagne, la France, l'Italie et le Maroc. La liste est longue.
    La secrétaire parlementaire a-t-elle une liste fiable qui dirait aux Canadiens que tel ou tel pays n’exige plus que les voyageurs soient vaccinés, qu’ils se soumettent à des tests de dépistage ou qu’ils présentent certains documents? Il y en a très peu. L’immense majorité des pays continuent d’imposer plus ou moins les mêmes restrictions que le Canada.
    Monsieur le Président, en fait, chaque pays est responsable de la sécurité de ses propres citoyens. Les facteurs sont particuliers dans chacun, comme l’approvisionnement en vaccins, que j'ai mentionné dans mon intervention, le taux de vaccination et le nombre d’hospitalisations. Chaque pays adapte ses mesures au mieux à sa situation particulière.
    Je pense comme la députée qu’il devrait peut-être y avoir une liste de tous les pays et de ce qu’ils exigent, car réunir toute l’information dans un même document serait très utile non seulement aux Canadiens qui souhaitent voyager, mais aussi à toute personne dans le monde qui a besoin de cette information à tout moment.
    Monsieur le Président, je me demande si la députée peut nous dire ce qu’elle pense d’une autre question relative à ce qui se passe dans le monde.
    Le Canada n’est pas le seul à connaître des pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs. À vrai dire, il y a une certaine pénurie de main-d’œuvre aujourd’hui. Elle touche non seulement nos aéroports, mais aussi d’autres aéroports dans le monde. La députée peut-elle nous dire ce qu’elle pense du besoin de main-d’œuvre supplémentaire?
    Monsieur le Président, comme le dit le député, c’est un problème qui n’est pas propre au Canada. Il y a des pénuries de main-d’œuvre partout.
    Il y a des comités qui se penchent sur les pénuries de main-d’œuvre. Les ministères et nos alliés partout dans le monde communiquent entre eux pour s’assurer que nous sommes bien harmonisés et que nous répondons aux besoins liés aux pénuries de main d’œuvre. Comme on le voit, ce ne sont pas seulement les transports, les aéroports, les compagnies aériennes ou le secteur de l’aviation en général qui sont aux prises avec ces pénuries de main-d’œuvre. C’est aussi le cas dans la plupart des secteurs.
    Monsieur le Président, après avoir écouté mes collègues aujourd’hui et en réponse aux dernières observations de la députée, je dirais que des pays ont levé toutes les restrictions, y compris le Royaume‑Uni, les États‑Unis, la Suède, la Norvège et le Mexique.
    Je vais poser une question précise à la secrétaire parlementaire. Sur quels conseils précis de nos experts en santé le Canada a-t-il fondé sa décision de maintenir les restrictions? Quels conseils en particulier avons-nous reçus?

  (1125)  

    Monsieur le Président, je tiens à répéter qu’au bout du compte, chaque pays est responsable de la sécurité de sa population. Chacun a ses propres experts en santé publique qui lui fournissent de l’information. Nous avons nos propres professionnels de la santé publique qui sont des scientifiques et des chercheurs de renommée mondiale. Nous suivons les conseils de nos professionnels de la santé publique, et nous continuerons de le faire.

[Français]

    Monsieur le Président, je me demande si ma collègue est d'accord avec moi pour dire que le Parti conservateur veut toujours tout un peu trop vite. On l'a vu dans les dernières motions qu'il a déposées pendant des jours de l'opposition, alors qu'il voulait la levée immédiate des mesures sanitaires, et c'est encore ce qu'on voit aujourd'hui.
     Serait-il possible de faire un compromis et de proposer une levée graduelle de ces mesures, selon un plan que le gouvernement pourrait soumettre? Ma collègue serait-elle d'accord avec cela? On n'a toujours pas vu de plan pour une levée graduelle des mesures sanitaires et je pense que la population mérite d'en voir un.
    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de cette importante question. Notre gouvernement est toujours prêt à travailler avec tous les partis à la Chambre pour trouver des solutions et des compromis. Nous sommes toujours là et nous sommes toujours ouverts à travailler ensemble.
     J'invite donc ma collègue à prendre contact avec moi ou avec le ministère fédéral des Transports.
    Monsieur le Président, j'annonce d'emblée que je partagerai mon temps de parole avec l'honorable député de Jonquière.
    Je suis reconnaissante de pouvoir prendre la parole sur ce sujet aujourd'hui. J'étais bien contente de voir la motion que la députée de Thornhill a déposée. En effet, on entend beaucoup parler dans les médias et par nos concitoyens des délais liés à la réception des passeports et des retards dans les aéroports. Un peu partout, y compris dans ma circonscription, les gens ont hâte de retrouver une certaine normalité. La pandémie s'essouffle un peu, et les gens ont le goût de recommencer à voyager et de partir au soleil après deux années difficiles.
    Je pense donc qu'il s'agit d'une question importante. Qui plus est, cela fait plus de deux ans que nous sommes dans un contexte de pandémie. Cela a obligé les gouvernements à mettre en place des mesures qui étaient parfois liberticides, mais qui avaient leur nécessité, parce qu'elles étaient là pour protéger la santé de la population.
    Le Parti conservateur s'est constamment opposé à ces mesures. Il a constamment cherché à minimiser leur portée. On l'a vu avec les nombreuses questions posées à la Chambre depuis le début de la 44e législature, ainsi qu'avec des journées de l'opposition qui ont été consacrées à cela et qui demandaient la levée immédiate des mesures. On n'y allait pas progressivement. On demandait vraiment de lever immédiatement toutes les mesures.
    S'il est vrai que les conservateurs ont flirté avec les libertariens sur ces questions, il n'en demeure pas moins que les libéraux n'ont pas hésité à politiser la question eux aussi et à se servir des citoyens et des citoyennes non vaccinés à des fins politiques. On l'a vu lors de la dernière campagne électorale. Le gouvernement a sorti de son chapeau qu'il allait exiger la vaccination pour tous les employés fédéraux et il refusait toujours de présenter un plan de levée des mesures sanitaires. À tour de bras, ces deux partis se sont accusés de diviser la population; d'un côté avec les mesures sanitaires, de l'autre avec la désinformation. Je pense qu'il est essentiel de ne pas politiser cette question. On l'a entendu à de nombreuses reprises de la part des députés du Bloc québécois: la seule chose à faire dans cette situation, c'est d'écouter la science. Les experts, ce n'est pas nous. Les experts de la santé publique, ce sont eux qu'il faut écouter.
    Comme je le disais plus tôt, la motion de la députée se penche sur les problèmes dans les aéroports. La Presse canadienne relevait, pas plus tard que lundi dernier, que les files d'attente dans les aéroports sont actuellement plutôt longues. On parle même de délais quatre fois supérieurs à ce qu'on a connu avant la pandémie pour ce qui est d'accueillir les voyageurs. On a bien l'impression que, plus il y aura de voyageurs, plus le problème va s'accentuer. Le Parti conservateur demande donc au gouvernement de rétablir immédiatement les règles de niveau de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les voyages. Le problème, selon les conservateurs, ce sont les restrictions, les fameuses exigences et obligations qu'ils dénoncent depuis des mois. La solution serait pour eux de toutes les lever.
    À mon avis, là où le Parti conservateur fait fausse route, c'est en n'attribuant les temps d'attente dans les aéroports qu'aux restrictions relatives à la COVID‑19, alors que ce n'est pas nécessairement le cas. Pas plus tard qu'hier, le Syndicat des Douanes et de l'Immigration sortait publiquement pour demander au ministre de la Sécurité publique et à l'Agence des services frontaliers du Canada d'augmenter le nombre d'agents des services frontaliers qui sont affectés à la section des voyageurs dans les aéroports canadiens, afin d'alléger la pression non seulement sur le personnel des aéroports, mais aussi sur les voyageurs. Selon le président du syndicat, Mark Weber, il n'y a tout simplement pas suffisamment d'agents.
    Il est vrai que ces retards sont une source de frustration pour tout le monde, mais la solution que le syndicat propose est de mettre plus de monde et non pas d'enlever les mesures qui visent à protéger la santé de la population et des voyageurs. Le syndicat mentionne notamment que la situation était prévisible, que « au cours de la dernière décennie, le nombre d'agents affectés au traitement des voyageurs a grandement chuté ». À l'heure actuelle, à l'aéroport international Pearson de Toronto, on estime qu'il y a moins de 300 agents actifs dans la section des voyageurs. C'est près de la moitié du nombre nécessaire pour traiter les voyageurs en temps opportun. On ne voit pas cela qu'à Toronto. On retrouve la même situation dans les aéroports de Vancouver et de Montréal, notamment.

  (1130)  

    Une phrase a attiré mon attention dans le communiqué que j'ai vu ce matin. Je cite M. Weber:
    « La réalité est qu’il est fort probable que même avec l’éventuelle levée des mesures de santé publique actuelles, d’importants délais persisteront non seulement en raison du manque criant d’agents à presque tous les niveaux à la frontière, mais aussi en raison d’une dépendance excessive à l’égard de technologies inefficaces ».
    M. Weber disait notamment qu’un agent peut traiter un voyageur deux fois plus vite que les bornes d’inspection primaire automatisées. Essentiellement, il attribue les délais excessifs dans les aéroports au manque de personnel et au fait que la technologie est inefficace.
    Au bout du compte, il ne faut pas se surprendre de ces délais d'attente, qu'il aurait fallu voir venir. M. Weber dit qu'on pouvait s'y attendre depuis 10 ans, ayant vu la situation se dégrader. Ce qu'il demande au ministre de la Sécurité publique et à l'Agence des services frontaliers du Canada, c'est de mettre plus de personnel en poste.
    On s'en rend compte à peu près dans tous les domaines. J'ai rencontré des représentants de la Fédération de la police nationale la semaine dernière, qui m'ont dit la même chose: la police manque de ressources humaines, de personnel et d'agents de sécurité, notamment aux frontières et dans les aéroports. La levée des mesures sanitaires ne va pas nécessairement faire diminuer les files d'attente et il faudrait donc mettre plus de monde en poste.
    J'aimerais revenir sur le paragraphe (iii) de la motion de la députée de Thornhill, qui dit que plusieurs pays « ont commencé à lever les restrictions associées à la COVID‑19 dans les aéroports et les autres points d'entrée ». C'est vrai, mais à moitié. Certains pays l'ont fait et ont complètement levé leurs restrictions, mais la plupart d'entre eux maintiennent des restrictions, particulièrement à l'endroit des personnes qui ne sont pas vaccinées. Ainsi, le Royaume‑Uni et l'Irlande ont levé la plupart de leurs mesures. Cependant, en France, seuls les voyageurs qui présentent un schéma vaccinal peuvent arriver dans le pays sans subir de test et les personnes qui n’ont pas de preuve vaccinale doivent présenter un test négatif à leur arrivée. Aux États‑Unis, notre principal partenaire, il est nécessaire de présenter un schéma vaccinal pour entrer au pays. C'est la même chose en Espagne.
    Peu importe la façon dont on se compare, je pense qu’il est raisonnable de dire que le Canada s’est jusqu'ici basé sur la science et sur ce que disaient les experts de la santé publique pour dicter ce qui devait être fait pour bien protéger les citoyennes et les citoyens. Par contre, si on me demande si le gouvernement a bien géré les frontières depuis le début de la pandémie, ma réponse est non, sans hésitation.
    Je vais rappeler les propos de mon collègue d'Abitibi—Témiscamingue sur les commentaires de la vérificatrice générale sur la gestion de la frontière ces 27 derniers mois, en fait une liste assez importante de choses qui n'ont pas bien fonctionné: manque de tests aux frontières; manque de réactivité lors de l'apparition de nouveaux variants; absence de quarantaines lors du pic des vagues; manque de service en français de la part des entreprises chargées du dépistage; absence de coordination avec les hôteliers pour accueillir les quarantaines, alors qu'on se rappelle que le chaos dans les hôtels pour les quarantaines avait fait les manchettes à plusieurs reprises; retards dans l'obtention des résultats des tests de dépistage, alors que beaucoup de personnes faisaient un test, l'envoyaient, mais ne recevaient jamais le résultat, les laissant dans l'incertitude quant à leur statut; manque ou absence de suivi pour les voyageurs ayant respecté leur quarantaine; et manque de personnel pour s'assurer du respect des quarantaines à la maison.
    Je n'embarque même pas dans la saga des passeports parce que je vais manquer de temps. On sait que c'est un cafouillage total en ce moment à Passeport Canada. Le nombre d'appels a doublé ou triplé parce que, comme je le disais, les gens ont le goût de recommencer à voyager. Ils se rendent compte que leur passeport est échu et veulent le renouveler rapidement, mais ce n'est pas possible parce qu'il y a un manque de personnel. Le fait que le gouvernement a décidé de maintenir longtemps ces bureaux fermés pendant que ses fonctionnaires étaient en télétravail par mesure de précaution peut aussi expliquer la situation actuelle, le gouvernement ayant attendu dans certains cas jusqu'au 17 mai pour rappeler les fonctionnaires sur place et ouvrir les comptoirs. On aurait pu être plus rapide de ce côté puisqu'il avait été démontré dans certains commerces et points de service qu'il était possible d'offrir un service à la population sans mettre les travailleurs en danger. Le manque de proactivité du gouvernement pourrait expliquer cela, si on veut.
    Nous vivons malheureusement un contexte de pénurie de main‑d'œuvre, je pense, ce qui explique que je ne suis pas tout à fait d'accord avec tous les points que soulève la motion du Parti conservateur.
    Comme je le disais un peu plus tôt dans la question que j'ai posée à la secrétaire parlementaire, je pense qu'on pourrait viser un certain compromis au lieu de demander la levée immédiate de toutes les mesures sanitaires, même s'il est choquant d'arriver à l'aéroport et de devoir attendre, et même si on est tannés de tout cela. On était bien content au Québec quand l'obligation du port du masque a été levée la semaine dernière. Je pense qu'il est encore important d'écouter et de respecter ce que la santé publique dit.
    Je pense que le gouvernement pourrait arriver avec un plan pour une levée progressive des mesures sanitaires. C'est donc un amendement que le Bloc québécois proposera à la députée de Thornhill pour être sûr qu'on peut trouver un terrain d'entente.

  (1135)  

    Monsieur le Président, je me demande ce que ma collègue dit à sa communauté quand on lui demande pourquoi le Canada est différent des autres pays relativement aux mesures sanitaires dans les aéroports.
    A-t-elle eu connaissance de conseils de santé particuliers du gouvernement suggérant que les mesures de santé sont toujours efficaces?
    Monsieur le Président, je pense qu'il est difficile de se comparer, même partout au Canada. Les provinces n'avaient pas nécessairement toutes les mêmes mesures en place. Le Québec a été le dernier à lever la mesure du port du masque. Je pense qu'il écoutait vraiment le pouls de la population, tout en observant le nombre de cas et le nombre de décès. Même si ces chiffres sont en baisse, ils sont encore élevés.
    Si on avait levé trop rapidement la mesure du port du masque et certaines autres mesures en place, on aurait peut-être affronté une autre vague. Cela a été le cas dans les derniers mois: chaque fois qu'on pensait se sortir la tête de l'eau, une autre vague frappait. Je pense qu'il faut écouter ce que dit la santé publique. Dans une certaine mesure, c'est ce que le gouvernement a fait. Une mise à jour est-elle nécessaire? Oui, c'est absolument nécessaire. Je pense que c'est là où on est rendu. De là à dire qu'il faut lever toutes les mesures maintenant, je pense que c'est un peu rapide, même si, comme je le disais, on est tous un peu tannés de ces mesures.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j’aurais aimé entendre la députée de Thornhill répondre à la question avec laquelle la députée a conclu son discours, à savoir si les conservateurs étaient ou non ouverts à l’idée de mettre progressivement en place une sorte de plan.
    Je me demande si ma collègue du Bloc pourrait nous dire ce qu’elle en pense. Si un tel plan devait être élaboré, s’attendrait-elle à ce qu’il le soit en étroite consultation avec les responsables de la santé publique, de sorte qu’il soit fondé sur des données scientifiques et appropriées et qu’il éclaire le concept qu’elle recommande?

[Français]

    Monsieur le Président, je pense que cela doit absolument être fait, non seulement en consultation avec les experts, mais en écoutant ce que les experts nous disent. C'est ce qu'on a fait dans les derniers mois.
    Par contre, je vais me permettre de comparer la gestion du Canada par rapport à celle du Québec. Le gouvernement du Québec a tenu des points de presse presque quotidiennement afin de dresser l'état de la situation, d'expliquer à la population les étapes suivantes et les raisons pour lesquelles certaines mesures devaient rester en vigueur, tout en la rassurant que cela pouvait progressivement s'améliorer. J'ai moins vu cela du côté du gouvernement du Canada. On laisse un peu la population dans le flou alors que les gens demandent plus de précision en ce moment.
    Il y a eu une belle vague de solidarité quand même: 83 % de la population québécoise est vaccinée et ce pourcentage est d'environ 82 % pour la population canadienne. Ce sont de très bonnes données partout sur la planète. Les gens ont fait cet effort et ce que le gouvernement leur doit en retour, c'est un peu de transparence et une vision à long terme. Ce serait bien de pouvoir donner cela à la population en ce moment.

  (1140)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon collègue a parlé un peu de transparence et de communication de l’information. Tout récemment, j’ai posé à la secrétaire parlementaire une question assez simple au sujet d’un examen en cours. Je lui ai demandé quand cet examen serait terminé et comment l’information qui en découlerait serait communiquée à la population canadienne. Elle a répondu en ressortant la vieille cassette qui n’avait rien à voir avec la question.
    La députée est-elle d’accord avec moi pour dire que ce genre de politique publique fondée sur des paroles vides de sens mine la confiance du public à un moment où nous devons la renforcer plus que jamais?

[Français]

    Monsieur le Président, je pense que nous devons montrer l'exemple et une certaine solidarité entre élus. Nous pouvons sympathiser avec nos concitoyens, leur dire que nous comprenons les problèmes auxquels ils font face et que nous aussi nous sommes tannés de tout cela.
    En envoyant des informations qui ne sont pas forcément erronées, mais qui sont complètement différentes d'un côté et de l'autre, cela divise les gens ou, en tout cas, cela ne les rassemble pas du tout. Ce n'est peut-être pas la meilleure façon de faire.
    Si on avait une approche un peu moins partisane et un peu plus fondée sur l'avis des experts de la santé publique, je pense que ce serait bénéfique pour tout le monde.
    Monsieur le Président, j'aimerais tout d'abord dire à ma collègue de Thornhill que je la trouve très dynamique et que je l'estime beaucoup. J'espère donc qu'elle ne prendra pas ombrage des quelques commentaires que je vais formuler.
    Lors de la dernière journée de l'opposition du Bloc, la question de la pertinence de notre motion, qui portait sur la prière, a été soulevée abondamment par mes collègues conservateurs. Ils se demandaient pourquoi nous abordions ce sujet à ce moment, alors que personne ne parlait de la prière et alors que, selon eux, il fallait parler de l'inflation et du coût de l'essence.
    Par conséquent, je suis surpris de voir que mes collègues conservateurs n'ont présenté aucune motion portant sur coût de l'essence et sur l'inflation lors de leurs deux dernières journées de l'opposition. Je ne leur en tiens pas rigueur, mais j'aimerais leur rendre la pareille. Je ne parlerai peut-être pas de la pertinence de leur motion, mais je vais parler de leur intention. Quelle est l'intention de mes collègues conservateurs? Qu'est-ce qui les motive aujourd'hui à demander de rétablir immédiatement les règles et les niveaux de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les voyages?
    En premier lieu, j'estime que, pour rétablir immédiatement les règles, il faut nécessairement se fier au discours de la santé publique. À cet égard, je voudrais faire une première distinction. D'un côté, il y a la finalité de la science, celle de la santé publique, qui consiste à établir des vérités qui sont parfois difficiles à établir, surtout dans un contexte de pandémie. De l'autre côté, il y a la finalité de la partisanerie politique ou des idéologies politiques qu'on défend, qui consiste souvent à faire progresser un programme politique.
    Selon moi, l'objectif de la motion que nous étudions aujourd'hui, c'est de faire progresser le programme politique des conservateurs plutôt que de vraiment déterminer si la situation sanitaire permet un déconfinement total et la levée de certaines mesures de protection.
     Je ne veux pas blesser mes amis conservateurs, car je suis tout de même quelqu'un de bienveillant. Cela dit, si je parle du programme politique des conservateurs, c'est parce que, selon moi, un phénomène gangrène mes collègues conservateurs, soit le populisme. Une forme de populisme semble s'attacher aux discours que tient le Parti conservateur, et j'en veux pour preuve les thèmes de prédilection du député de Carleton, que j'adore. Dans la joute orale, le député de Carleton est excitant, il est intéressant et on veut l'entendre, mais, malheureusement les thèmes qu'il aborde souvent relèvent d'une forme de populisme. Je pense entre autres à tous ses discours qui portent sur la nécessité de reprendre le contrôle de notre vie. J'y reviendrai plus tard.
    Je ne sais pas ce que vivent les autres, mais, pour ma part, je n'ai pas perdu le contrôle de ma vie. J'ai perdu le contrôle de mon poids, et je pourrai tôt ou tard en reprendre le contrôle. Cependant, je n'ai pas perdu le contrôle de ma vie.
    Je pense aussi à la fameuse « justinflation » dont parle fréquemment le député de Carleton et, bien sûr, à son discours sur la liberté. Le fait de crier « liberté » quatre ou cinq fois n'implique pas nécessairement la compréhension de ce concept. Je pourrais faire référence à des concepts de liberté…

  (1145)  

[Traduction]

     Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Je trouve très intéressant le discours du député, mais j'ai le regret de devoir l'interrompre parce qu'il a utilisé un terme qui, du moins en anglais, a été jugé irrecevable par la présidence. Je fais référence à l'utilisation du prénom du premier ministre en juxtaposition avec le mot « inflation ». C'est du moins ce que j'ai entendu avec l'interprétation, le mot a été utilisé comme il l'est habituellement.
    Le député pourrait peut-être reformuler ses propos.

[Français]

    Je crois qu'on a déjà dit à quelques occasions qu'il était interdit d'utiliser ce mot à la Chambre.
    J'invite l'honorable député de Jonquière à reprendre son discours.
    Monsieur le Président, c'est une intervention judicieuse. Je m'excuse bien bas d'avoir heurté la sensibilité de mon collègue. C'est un jeu de mots peu flatteur avec le nom du premier ministre et l'inflation qui reflète à mon avis ce populisme.
    Avant de continuer, je voudrais définir ce qu'on entend par « populisme ». Généralement, on peut dire que c'est une disposition de l'action politique qui permet de faire clivage. On essaie de simplifier, voire d'exacerber des antagonismes. C'est faire du « eux » contre « nous ». On peut dire que dans le cas qui nous préoccupe que d'un côté il y a les voyageurs et de l'autre côté il y a le gouvernement. Le simplifier, c'est de dire que c'est le gouvernement qui empêche les voyageurs de se déplacer librement et qu'il n'a qu'à modifier les règles pour que le problème soit réglé. C'est simpliste, puisqu'on sait que c'est une question de santé publique.
    Quand on parle du populisme, on peut aussi dire qu'il s'agit de discours et de comportements personnalisés usant d'une rhétorique qui mélange utopie et démagogie. Dans un monde rêvé, la pandémie ne nous touche pas. Elle ne nous affecte pas, et chacun peut aller librement. La démagogie, c'est de dire qu'on peut rouvrir demain matin tous les postes frontaliers et il n'y aura pas de difficulté. Généralement, on fait cela pour flatter le peuple contre les élites en place. Les voyageurs, le peuple, les camionneurs, si on reprend le terme cher à mon collègue de Carleton, ont une vision de la société qui se fait contre les élites. Ce sont effectivement des thématiques populistes.
    Le populiste fustige généralement les institutions qui ne prendraient pas suffisamment en considération les aspirations populaires: le gouvernement et la santé publique n’ont que faire des aspirations de M. et Mme Tout-le-Monde. Le populiste caricature les adversaires politiques comme des élites peu soucieuses de prendre en compte les idées du peuple et le bon sens populaire. Généralement, quand on est devant un thème populiste, la vérité se trouve dans le bon sens populaire.
    Cela met un peu la table pour un débat qui s'inscrit, selon moi, parfaitement dans ce qui pollue la politique aujourd'hui, c'est-à-dire les débats qui touchent la démocratie d'opinion. Pour ceux qui ont fait un peu de philosophie, on fait cette distinction. D'un côté, il y a l'opinion et la doxa, et de l'autre côté il y a l'épistémé, les sciences. L'opinion est faite de semblants. On dit « il me semble que », sans l'avoir vérifié. En revanche, la science suppose une réflexion un peu plus prononcée.
    C'est un peu le débat qu'on voit aujourd'hui, j'ai l'impression. On dit qu'il semble que les mesures restrictives dans les aéroports sont beaucoup trop contraignantes et qu'on est rendu ailleurs dans la pandémie, mais on ne prend pas le soin d'écouter ce que dirait un spécialiste de la santé publique.
    J'ai dit que je voulais aider mes collègues conservateurs, qui sont gangrenés par le populisme. Je voudrais revenir sur un auteur que j'aime bien et qui s'appelle Pierre Rosanvallon. Lorsqu'il parle du populisme, il indique qu'il faut se méfier de la « triple simplification populiste ».
    Je voudrais expliquer, en utilisant mon ami et collègue de Carleton, ce qu'est la triple simplification. Premièrement, selon Pierre Rosanvallon, il y aurait une simplification politique et sociologique qui revient à considérer le peuple comme un sujet défini. Considérer le peuple comme un sujet défini, c'est dire que « les Canadiens pensent que »; par exemple, tous les Canadiens pensent qu'on doit lever immédiatement les mesures qui sont dans les aéroports. C'est définir le peuple en opposition aux élites, c'est-à-dire aux autres politiciens qui pensent différemment, comme si le peuple était un tout unifié. D'un côté il y aurait les camionneurs et les gens non vaccinés, et de l'autre il y aurait une forme d'élite qui est complètement déconnectée de la réalité et qui est liberticide.
    Il y a aussi, selon Pierre Rosanvallon, un type de simplification procédurale et institutionnelle. Cela revient à s'en prendre aux institutions et aux politiciens qui ne pensent pas de la même manière. Je donne un exemple intéressant. Mes collègues ont peut-être suivi, comme moi, le débat entre le député de Carleton et Jean Charest. Voilà ce que disait le collègue de Carleton à Jean Charest dans ce débat: « De vous entendre parler de loi et d'ordre est surprenant, considérant que votre Parti libéral [du Québec] a accepté des dons illégaux d'un demi-million de dollars quand vous étiez le chef. Le camionneur moyen a plus d'intégrité dans son petit doigt que n'en avait tout votre cabinet libéral. »

  (1150)  

    Nous pouvons constater ici ce qu'est un discours populiste qui s'en prend, si on veut, à des adversaires populistes.
     Allons plus loin, en reprenant ce que nous avons entendu du député d'Abbotsford, qui trouvait complètement inconséquent ce que faisait notre ami de Carleton sur le bitcoin. De plus, en réponse à une attaque directe récente de ce dernier sur les institutions avec sa menace de renvoyer le gouverneur de la Banque du Canada, le député d'Abbotsford nous a dit: « Nous perdons une certaine crédibilité lorsque nous faisons cela. Il est juste de poser des questions, d'exiger des solutions à la flambée du coût de la vie. Mais nous devons également respecter les institutions qui ont obtenu l'indépendance nécessaire pour s'assurer qu'elles fonctionnent en dehors des ingérences politiques. »
    Les députés peuvent ainsi voir la dynamique d'un populisme qui atteint des bas-fonds et qui oblige même un député à rappeler à l'ordre notre collègue de Carleton.
    Je vais finir en parlant de la simplification apportée par le populisme. Le député de Carleton nous a dit à la Chambre ce qui suit: « Nous allons redonner la liberté aux Canadiens et nous allons permettre à chacun d'être l'auteur de sa propre histoire. C'est là l'approche que nous allons prendre comme conservateurs. Chacun a son histoire et, en ce moment ce que j'entends, c'est que les gens ont l'impression de ne plus être maîtres de leur vie. »
    À mon sens, voilà ce qui gangrène mes collègues conservateurs dans le débat qu'on a aujourd'hui: on essaie de faire croire aux gens que les institutions les privent de gouverner leur propre vie, et on fait cela au détriment de la science. C'est un jeu très dangereux.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours, qui comportait de multiples petites attaques sur le concept de populisme.
    J'aimerais savoir ce que pense mon collègue du fait que des centaines d'électeurs québécois au profil souverainiste et qui votent pour le Bloc québécois posent souvent les mêmes questions que les conservateurs sur des sujets comme la vaccination obligatoire ou la gestion des aéroports. Sur nos réseaux sociaux, nous avons énormément de bloquistes qui posent les mêmes questions que celles des électeurs conservateurs. Le fait de poser des questions est-il donc un trait strictement conservateur, ou est-il partagé par les souverainistes?
    Monsieur le Président, la pensée de mon collègue s'est mal formulée. Que l'on soit bloquiste, conversateur, papiste ou peu importe, on peut poser des questions, mais encore faut-il qu'elles soient rationnelles. Il faut donc écouter la science.
    Il est possible de faire plaisir à quelqu'un en lui disant que le réchauffement climatique n'existe pas, qu'il peut continuer à brûler de l'essence jusqu'à la fin des temps et qu'il ne lui arrivera jamais rien. J'ai des gens qui me posent des questions sur le prix de l'essence, mais il faut être franc avec eux et leur répondre de façon raisonnable.
    L'adepte du populisme fait l'inverse et présente des solutions simples à des problèmes complexes. Un problème de santé publique comme celui qu'on vit avec la COVID‑19 est complexe. On ne peut donc pas y proposer une solution simple, celle de lever toutes les restrictions. J'entends souvent crier « End the mandates ». C'est complètement irrationnel et cela ne suit pas ce qu'est la science. C'est ce que je voulais faire comprendre à mon collègue.
    Monsieur le Président, je reviens un petit peu plus au thème de la motion de l'opposition qui est devant nous aujourd'hui et j'ai une question plus philosophique pour mon collègue.
    Selon lui, à qui incombe le fardeau de la preuve de l'efficacité des mesures sanitaires, d'un point de vue scientifique? Est-ce au gouvernement qui les impose ou à ceux qui les contestent? De plus, selon lui, cette preuve a-t-elle été faite?

  (1155)  

    Monsieur le Président, je sais qu'il faut écouter la science. Ce que la science dit sur la pandémie n'est pas monolithique. Il n'y a pas qu'un seul discours et plusieurs spécialistes ne s'entendent pas. C'est le rôle du gouvernement de départager les avis, mais il ne doit certainement pas fonder ses décisions sur la seule grogne de certains individus qui croient que leur liberté est brimée par les contraintes entourant les voyages et les diverses façons de vivre notre vie.
     Il faut écouter ce que les scientifiques nous disent. Il faut se rappeler qu'il n'y a pas si longtemps, on conseillait aux gens de fumer parce que c'était bon pour la santé: c'était la cigarette du sportif. Il faut écouter la science, car, si on se laissait aller à nos instincts primaires, on aurait une société peu ou pas viable.

[Traduction]

    Uqaqtittiji, le député de Jonquière convient-il qu'il faut s'éloigner du populisme et que pour unir les Canadiens il vaut mieux employer des Canadiens? Ne faudrait-il pas créer et mettre en œuvre un plan visant à embaucher un plus grand nombre d'agents de contrôle pour réduire les délais d'attente?

[Français]

    Monsieur le Président, s'il y a des données probantes, il faut en effet augmenter le dépistage. Je suis d'accord avec ma collègue pour dire que tous les députés de la Chambre doivent faire un examen de conscience et s'éloigner de ces thèmes populistes, qui viennent pourrir un peu la vie démocratique et qui occupent une trop grande place au sein de nos débats. Je pense que c'est la meilleure chose à faire à court terme.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le discours du député sur le populisme était très intéressant, mais j'aimerais parler de la situation sur le terrain, par exemple ce qui s'est passé à l'aéroport de Montréal le week-end dernier. Les gens ne comprennent pas pourquoi, quand ils se rendent à l'aéroport et qu'ils réalisent qu'ils doivent porter un masque, ils doivent revenir sur leurs pas pour se procurer un masque. Puis, ils subissent toute une série de vérifications inhabituelles. Le député peut-il expliquer aux gens pourquoi, quand ils sont à l'extérieur de l'aéroport, ils ne sont pas obligés de porter un masque — parce que le gouvernement du Québec a déclaré que c'est sécuritaire de ne pas en porter —, alors qu'ils doivent le porter dans l'aéroport?

[Français]

    Monsieur le Président, je trouve cette question quand même assez étonnante. Qu'est-ce que cela veut dire? Est-ce que cela veut dire que chaque mesure restrictive que les gens ne comprennent pas doit être levée? Si quelqu'un veut rouler à 200 kilomètres à l'heure sous prétexte qu'il est un bon conducteur, doit-on lever la limite de vitesse parce que cette personne ne comprend pas que des restrictions s'appliquent au sein de la société? C'est quand même assez étonnant comme question.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c’est un honneur de prendre la parole. Je partagerai mon temps de parole ce matin avec l’excellent député de Vancouver Kingsway.
    Je suis heureux d'intervenir au sujet de la situation qui règne dans nos grands aéroports. C'est une situation dont presque tous les Canadiens au pays sont maintenant au fait, une situation chaotique qui a de réelles répercussions sur une foule de personnes.
    Pendant plus de deux ans, les Canadiens ont été invités à reporter leurs projets de voyage. Ils n’ont pas pu rendre visite aux membres de leurs familles; ils ont raté des événements marquants; ils ont dû annuler des vacances longtemps attendues; ils n’ont pas pu se rendre dans d’autres coins du Canada ou dans d’autres régions du monde. Ils ont fait des sacrifices considérables pour se protéger les uns les autres, protéger leurs êtres chers et protéger leurs collectivités. Par rapport aux travailleurs de la santé de première ligne, ils ont aidé à gagner du temps avant l’arrivée des vaccins, et ils ont poursuivi leurs efforts lorsque de nouveaux variants ont fait leur apparition et menacé de faire dérailler nos efforts collectifs. La grande majorité des Canadiens ont fait leur part, et ils méritent notre gratitude.
    Maintenant que de nombreuses restrictions sont levées, les gens sont enthousiastes à l’idée de voyager de nouveau, ce qui est compréhensible. Ils reviennent en grand nombre dans nos aéroports. La semaine dernière, 120 000 voyageurs par jour, en moyenne, sont passés par nos grands aéroports. C’est énorme, mais une fois à l’aéroport, ils sont coincés dans de longues files d’attente. Les avions sont coincés sur l’aire de trafic sans que les passagers puissent quitter. Il y a des gens qui manquent leur vol, et toutes sortes d'autres choses. Bien sûr, les gens sont frustrés, à juste titre, par la situation. Ces retards sont cause de stress et d’anxiété pour les voyageurs et il faut agir. La situation était prévisible. Il y a des semaines qu’elle dure et le gouvernement doit la corriger.
    Pourquoi cela se produit-il? Comme le Conseil des aéroports du Canada l’a dit au comité des transports, le facteur le plus important est la main-d’œuvre, surtout la pénurie de personnel aux points de contrôle de la sécurité. Le contrôle est une responsabilité fédérale exercée par l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.
    Comme de nombreux secteurs de notre économie, certains centres du secteur du transport aérien ont eu de la difficulté à réembaucher des employés qu’ils avaient mis à pied pendant la pandémie. Nous avons déjà entendu parler de ces difficultés au cours du débat d’aujourd’hui. Comme l’industrie du tourisme d’accueil l’a constaté, certains employés ne peuvent tout simplement pas être réembauchés, parce qu’ils ont trouvé d’autres postes avec de meilleures conditions de travail, une meilleure rémunération et de meilleures conditions d’emploi. Le ministre doit veiller à ce que les conditions d’emploi des titulaires de postes chargés des vérifications de sécurité des passagers dans nos aéroports soient assez avantageuses pour attirer et retenir la main-d’œuvre qualifiée dont nous avons besoin pour assurer un transport aérien sécuritaire à tous ceux qui prennent l’avion.
    L’autre problème, évidemment, est le fait que la pandémie est encore très présente et qu’il est difficile de maintenir les niveaux de dotation lorsque les employés attrapent la COVID et doivent cesser de travailler parce qu’ils sont malades.
    Le gouvernement aurait dû prévoir ces difficultés. Il aurait dû embaucher suffisamment de personnel, et s’il avait eu de la difficulté à trouver des gens pour faire le travail, il aurait dû revoir les conditions de ces postes pour s’assurer qu’elles étaient assez concurrentielles pour attirer et retenir les employés nécessaires.
    Le gouvernement libéral a annoncé pour la première fois qu’il assouplirait les restrictions de voyage le 15 février et que les tests et la quarantaine obligatoires à l’arrivée seraient éliminés à la fin février. Les libéraux étaient heureux de dire à qui voulait les entendre à quel point il était merveilleux que les voyages puissent reprendre et que le Canada rouvre à temps pour la saison touristique. Cependant, plus de trois mois se sont écoulés depuis ces annonces, et il est clair que le gouvernement n’en a pas fait assez pour que nos aéroports soient prêts. Les Canadiens doivent maintenant faire face aux conséquences de la mauvaise gestion du gouvernement et de son manque de préparation. Tout cela aurait pu être évité. On aurait dû prévoir cette situation et la corriger.
    Le gouvernement a fait la même erreur avec les demandes de passeport. Je suis certain que tous les députés ont entendu des électeurs leur raconter qu’ils ont dû attendre incroyablement longtemps dans les bureaux de Service Canada parce que le gouvernement n’avait pas prévu une augmentation de la demande dès que les restrictions seraient assouplies. Les mêmes personnes qui ont dû faire des pieds et des mains pour obtenir leur passeport à temps il y a quelques semaines sont maintenant à l’aéroport, dans d’interminables files d’attente au contrôle de sécurité. Elles sont frustrées et anxieuses à cause de ces retards.

  (1200)  

    Au lieu de reconnaître que le gouvernement s'est mal préparé, le ministre des Transports a eu l’audace de blâmer les voyageurs eux-mêmes, en disant que c’était leur manque de pratique et la lenteur avec laquelle ils sortaient les liquides de leurs sacs qui entraînaient ces longs retards à l’aéroport. Franchement, c’est offensant.
    Pour en revenir à la circonscription que je représente, je me soucie particulièrement des exploitants touristiques du Nord‑Ouest de la Colombie‑Britannique et de l’ensemble du Canada, qui attendent avec impatience une saison où ils pourront accueillir à nouveau une clientèle venue de partout au Canada et dans le monde. Je pense aux exploitants de la vallée de la Bulkley, de la vallée de Bella Coola, de Haida Gwaii et de Prince Rupert. Ils ont hâte de retrouver leur clientèle, et la dernière chose dont ils ont besoin, c’est que leurs clients entendent dire que voyager au Canada est une corvée à cause des retards dans nos aéroports. Ce problème va nuire à l’industrie du tourisme dans tout le Canada, et il faut y remédier.
    Les conservateurs ont présenté cette motion parce qu’ils voient une occasion très particulière dans cette crise, soit l’occasion de tenter une fois de plus de supprimer toutes les mesures sanitaires, toutes les restrictions et tous les outils dont nous disposons pour protéger les Canadiens et notre pays contre les futures vagues du virus. Nous ne souscrivons pas à cette approche.
    Nous ne sommes pas d’accord, puisque la pandémie est encore très présente et que certaines mesures de santé publique sont, selon nous, encore recommandables pour la protection continue des Canadiens et la détection du virus à notre frontière. Par-dessus tout, nous ne sommes pas d’accord parce que nous croyons que les mesures de santé publique importantes devraient être fondées sur la science de la santé publique, et non sur la politique.
    La motion dont nous sommes saisis prétend que les alliés internationaux du Canada lèvent toutes les restrictions de voyage. En fait, il n’en est rien. Nos voisins du Sud, les États‑Unis, exigent toujours un test COVID avant le départ. C’est plus restrictif qu’ici, au Canada. Presque tous les pays exigent une preuve de vaccination pour entrer sur leur territoire. Dire que nos alliés internationaux lèvent toutes les restrictions n’est tout simplement pas exact.
    Nous avons l’occasion de trouver un équilibre entre la mobilité des Canadiens et le maintien d’outils qui nous permettront de réagir aux futures menaces pour la santé publique. La question qui se pose est la suivante: les mesures actuelles relatives aux voyages en cas de pandémie permettent-elles de trouver le bon équilibre? Sont-elles défendables? Sont-elles fondées sur les meilleures preuves disponibles? En quoi sont-elles meilleures que d’autres mesures semblables qui ont été proposées comme solutions de remplacement? C’est là que le blâme revient au gouvernement libéral, qui s’est montré peu communicatif ces derniers temps en ce qui concerne ces mesures de lutte contre la pandémie.
    En fait, le NPD a écrit à la Dre Tam en mars dernier et lui a demandé de procéder à une réévaluation complète des mesures de lutte contre la pandémie au Canada et d’en rendre compte aux Canadiens. La lettre du député de Vancouver Kingsway et du député d’Elmwood-Transcona soulignait simplement que pour susciter la confiance envers les mesures de santé publique, il faut expliquer les arguments et citer les preuves sur lesquelles ils sont fondés.
    J’ai posé des questions à ce sujet dans le cadre de ce même débat aujourd’hui. J’ai demandé au gouvernement de nous dire quand il rendra compte de son examen et comment cette information sera communiquée aux Canadiens, mais nous n’obtenons pas de réponse.
    Les questions se multiplient. Pas plus tard que la semaine dernière, le Dr Zain Chagla, expert en maladies infectieuses de l’Université McMaster, a publié un article dans lequel il affirme que, selon lui, « les règles actuelles du Canada en matière de voyage n’ont aucun sens ». Il y a quelques jours, dans un éditorial du Globe and Mail, on se demandait si les mesures en place étaient encore nécessaires.
    Le gouvernement doit faire preuve d’une plus grande transparence à l’endroit des Canadiens quant aux preuves qui sous-tendent les mesures de santé publique qui sont encore en vigueur. Il doit présenter clairement les données scientifiques sur lesquelles reposent ces décisions. Le gouvernement doit se lever et répondre. La vérité, c'est qu’il est devenu moins transparent et moins ouvert, précisément à un moment de la pandémie où le public a plus que jamais besoin de réponses.
    Il n’en a pas toujours été ainsi. Nous nous souvenons qu'au début de la pandémie, les Canadiens recevaient des explications détaillées sur chaque mesure et les preuves qui la justifiaient. Il en résultait une grande confiance du public, un respect élevé des restrictions et des directives, et le sentiment que nous allions tous dans la même direction.
    La situation dans les aéroports est frustrante. Les personnes dont les projets de voyage sont annulés subissent un stress extrême. Le gouvernement aurait dû prévoir cette situation et y remédier. Nous avons besoin de plus de réponses et de plus de transparence de la part du gouvernement libéral.

  (1205)  

    Madame la Présidente, je sais que mon collègue n’a pas été satisfait de ma réponse à sa question précédente concernant l’examen des mesures de santé publique dans les aéroports. Je tiens à préciser que l’examen des mesures est continu et constant. Santé Canada réévalue constamment les dernières données sur la santé publique afin de mieux guider nos décisions dans les aéroports. Il n’y a pas de date d’achèvement, car c’est un processus continu. Elle variera probablement aussi en fonction de la mesure scientifique: exigences relatives à la vaccination et au port du masque, tests aléatoires, etc.
    Que ferait mon collègue différemment? Fixerait-il une date arbitraire pour la levée des mesures, ou déciderait-il que ce serait dès que possible, selon l’évaluation des nouvelles données?
    Madame la Présidente, un examen qui n’a pas de mandat, pas de portée définie, pas de calendrier et pas de date à laquelle les résultats seront communiqués au public n’est pas du tout un examen. Dire que les choses sont constamment revues mine tout le concept de ce qu’on appelle un « examen », qui pour la plupart des Canadiens constitue un processus qui a un début et une fin et une procédure de communication des résultats.
    La secrétaire parlementaire a dit certaines choses dont je conviens, notamment qu'il faut se fonder sur la science, sauf que le gouvernement doit inspirer confiance au public en fournissant des réponses aux questions fondamentales. Ce sont des questions raisonnables que les experts en santé publique eux-mêmes posent, et les Canadiens méritent des réponses.

  (1210)  

    Madame la Présidente, sur bien des points, le député et moi sommes d’accord. Il a parlé des aspects prévisibles et anticipés des choses, et il a raison. Le gouvernement n'a pas su être proactif.
    Le député a entre autres dit que, malheureusement, les personnes qui faisaient la queue il y a trois semaines pour obtenir leur passeport ne l’ont pas encore reçu. À l'heure actuelle, ils ne sont même pas en train de faire la queue à l'aéroport.
    Le député a également parlé un peu des données et de la science, qui sont très importantes et qui font partie de mon bagage. En fin de compte, ma question pour lui, car je n’ai pas obtenu de réponse claire de sa part, est la suivante: n’est-il pas d’avis que les données et la science devraient être présentées aux Canadiens aujourd’hui et qu’un plan reposant sur celles-ci devrait être proposé aux Canadiens aujourd’hui?
    Madame la Présidente, je ne suis pas un expert en maladies infectieuses, et beaucoup d’entre nous ici ne le sont pas, alors je vais revenir au principe de base selon lequel le gouvernement a la responsabilité de communiquer les raisons de base qui justifient les mesures qu’il met en place d’une manière que les Canadiens comprennent. Il doit également répondre aux experts indépendants en santé publique, qui ont posé des questions très raisonnables et pertinentes. C’est ainsi que l’on gagne la confiance du public à un moment où elle est plus que jamais nécessaire. En réalité, malheureusement, à ce stade de la pandémie, la confiance du public est à un niveau très bas. Il faut corriger cela, et c’est par la transparence et la communication qu’on le fait.

[Français]

    Madame la Présidente, depuis que je siège à la Chambre, j'ai souvent vu les conservateurs introduire, dans le libellé de leur motion, un élément qui fait qu'eux seuls pourront voter en faveur de la motion, puisque les faits rapportés sont inexacts.
    On dit ici que « les alliés du Canada ont commencé à lever les restrictions », alors qu'un des pires foyers d'infection sur la planète a été notre voisin du Sud, que nous partageons avec lui l'une des plus longues frontières de la planète et qu'il n'a pas du tout levé les restrictions.
    J'aimerais entendre les commentaires de mon collègue sur le fait qu'on introduise cet élément dans une motion, alors qu'on veut l'assentiment de tout le monde.

[Traduction]

    Madame la Présidente, mon collègue le député de Montcalm soulève un excellent point. J'ai soulevé le même plus tôt aujourd’hui et je suis tout à fait d’accord avec le député.
    En ce qui concerne la prémisse de sa question, l’idée que certains éléments de la motion ne puissent pas être soutenus, car ils sont tout simplement inexacts et faux représente vraiment un problème. De ce côté-ci de la Chambre, il y a trois partis de l’opposition qui, je pense, sont d’accord sur de nombreux aspects de ce débat. Si nous nous étions réunis, que nous avions établi où se situe cet accord et que nous avions présenté une motion obligeant vraiment le gouvernement à rendre des comptes et demandant des choses raisonnables, défendables et fondées sur des preuves, nous aurions pu faire de réels progrès. Il est triste que ce ne soit pas le cas.
    Madame la Présidente, comme toujours, c’est pour moi un privilège de prendre la parole à la Chambre pour débattre des enjeux de l’heure au nom des habitants de Vancouver Kingsway et au nom des Canadiens qui vivent d'un océan à l'autre.
    Je commencerai par une observation. Comme porte-parole du Nouveau Parti démocratique du Canada en matière de santé, j’ai malheureusement été aux premières loges par rapport à ces enjeux depuis le début de la pandémie, puisque j’ai siégé au comité de la santé de 2019 à 2020, dès l’apparition de la COVID‑19. S’il y a une chose que je peux dire avec certitude sur les deux dernières années et demie de politiques axées sur la COVID‑19, c’est que les Canadiens ne sont jamais bien servis lorsqu’un parti politique fait de la politique avec la pandémie, comme on a vu le gouvernement le faire à diverses reprises. De fait, les députés ministériels eux-mêmes ont déclaré publiquement que leur propre gouvernement avait cherché à utiliser la pandémie et à en abuser à des fins de politique partisane. Nous le voyons bien aujourd’hui.
    Chaque fois que les politiciens exploitent la frustration, qu'ils ignorent les connaissances scientifiques et les données, qu'ils n’utilisent qu’une partie des faits ou font des déclarations trompeuses, et qu'ils pratiquent de mauvaises politiques de santé publique, les Canadiens sont mal servis. Je regrette de dire à la Chambre aujourd’hui que cette motion reflète tout cela. Comme mon excellent collègue de Skeena—Bulkley Valley vient de le dire, cette motion renferme des choses qui sont vraies, mais malheureusement aussi certaines affirmations et conclusions qui sont dangereusement fausses.
    Je trouve curieux que cette motion ait été présentée par le porte-parole conservateur en matière de transports, plutôt que par le porte-parole en matière de santé. Comme l’enjeu sous-jacent ici est la politique de santé publique et la pandémie, cela en dit long sur la motivation qui anime les conservateurs parce que la motion ne tient pas compte des vérités et des faits fondamentaux qui émanent du milieu de la santé et qu'elle vise à exploiter la frustration des voyageurs pour justifier une décision de politique en santé qui serait incroyablement malavisée.
    J’aimerais commencer par certaines choses sur lesquelles je suis d’accord. Je conviens qu’il faut remettre en question la vaccination obligatoire et la remplacer si elle se révèle inefficace. Il y a de plus en plus de preuves convaincantes que le vaccin a peu d’effet sur la capacité de transmettre le virus, du moins depuis le variant Omicron. Il est également vrai que la politique publique canadienne n’a pas su reconnaître et ne reconnaît toujours pas l’immunité acquise par infection. Il y a des preuves écrasantes que l’immunité acquise par infection est réelle. Il y a des preuves substantielles qu’elle est aussi forte et durable que l’immunité obtenue par vaccination, et peut-être même plus.
    Des pays comme l'Autriche le reconnaissent depuis des mois. Les citoyens de ce pays peuvent accéder aux installations et aux services publics sur présentation d'une preuve de vaccination, comme c'est exigé au Canada, mais s'ils peuvent produire des résultats de tests sérologiques prouvant qu'ils ont eu la COVID‑19 et qu'ils s'en sont remis, c'est également accepté. En effet, il existe un principe de base en vaccinologie selon lequel, quelle que soit la façon dont on se remet d'une infection et dont notre organisme produit des anticorps, le résultat est le même.
    Ces deux éléments laissent penser que la décision d'interdire de voyage les Canadiens non vaccinés, surtout ceux qui ont contracté la COVID‑19 et qui se sont rétablis, n'est peut-être plus fondée sur le plan scientifique. À mon avis, cette décision devrait être étudiée et modifiée en fonction des données et des preuves disponibles. En fait, encore hier soir, je me suis entretenu avec de nombreux citoyens qui remettent en question la politique de vaccination obligatoire à la lumière des données de plus en plus convaincantes à cet effet.
    Malheureusement, ce n'est pas ce que prévoit la motion dont nous sommes saisis. Celle-ci va bien au-delà et s'aventure dans des zones dangereuses et injustifiables. L'objectif de la motion est de nous faire accepter d'éliminer toutes les règles mises en place pendant la pandémie. Cette motion dit que:
[...] la Chambre demande au gouvernement de rétablir immédiatement les règles et les niveaux de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les voyages.

  (1215)  

    C’est tout à fait irresponsable et démenti par la science. Par exemple, exiger que les voyageurs étrangers arrivant au Canada soient vaccinés est absolument toujours nécessaire pour une raison majeure, parmi d'autres, c'est-à-dire protéger notre réseau de la santé mis à rude épreuve afin que les voyageurs ne tombent pas malades et n’engorgent pas nos unités de soins intensifs. Il demeure vrai, comme nous le savons, que le fait d’être vacciné réduit considérablement le risque de tomber gravement malade ou de mourir.
    Voici un autre exemple: l’obligation de porter un masque est probablement la mesure la plus efficace dont nous disposons pour aider à réduire la propagation des virus transmissibles par voie aérienne. C’est particulièrement le cas dans les lieux intérieurs bondés où la distanciation physique est impossible. Je me risquerais à dire que les cabines d’avion en sont peut-être l’exemple le plus frappant. Pourtant, selon la motion présentée par les conservateurs, nous ne devrions imposer aucune règle à cet égard.
    Tous les experts qui ont comparu devant le comité de la santé et qui ont été interrogés sur cette question ont convenu que nous devions conserver le masque par mesure de précaution. Pas un seul n’a dit qu’il était sage ou opportun de l'abandonner, pourtant la motion et les conservateurs ignorent ce fait. Ce n’est que le gros bon sens.
    Nous savons que la COVID est une maladie respiratoire qui se propage par aérosolisation. Il est bien établi que le masque aide à arrêter la propagation de tels virus. Il n’est pas étonnant que les conservateurs ignorent ce fait puisqu’ils continuent de refuser tous les jours, et aujourd’hui en fait, de porter le masque à la Chambre, un endroit intérieur bondé, malgré les avis de santé publique à cet effet…
    Une voix: Pourquoi n’en portez-vous pas un pour parler?
    M. Don Davies: Madame la Présidente, quelqu’un a demandé pourquoi je n’en porte pas. Nous enlevons nos masques pour parler, et les conservateurs le savent. C’est pour le bien des interprètes. Les conservateurs le comprennent, mais le fait qu’ils chahutent à ce sujet montre à quel point ils sont dépourvus de rationalité et d’intérêt pour les données probantes.
    Je le répète, cette motion demande que la politique revienne immédiatement aux règles d'avant la pandémie. Cela suppose que la situation est revenue à la normale. Comme tous les Canadiens, j’aimerais que ce soit le cas, mais cela ne l’est pas. Cette motion prétend référer à des experts, mais pas un seul épidémiologiste ou expert en santé publique n’a déclaré au comité de la santé que nous sommes en phase endémique. Les conservateurs le savent ou devraient le savoir.
    Je prédis qu’il y a une forte probabilité que nous assistions à une résurgence, peut-être une septième vague, à l’automne. Pourquoi? Parce que rien n’a changé. Le virus est toujours présent, des mutations se produisent, le variant Omicron BA.2 est toujours en circulation et on en détecte d’autres, notamment un variant appelé « Deltacron ».
    La vaccination dans le monde en développement accuse toujours un retard honteux. Nous savons que l’efficacité des vaccins diminue et qu’ils ne préviennent pas l’infection. Des habitudes peu rigoureuses, comme le refus des conservateurs de porter le masque dans des pièces intérieures bondées comme celle-ci, contribuent à la propagation des maladies respiratoires transmises par voie aérogène.
    Des voix: Oh, oh!
    M. Don Davies: Madame la Présidente, j’entends des conservateurs en rire. Ils devraient peut-être retourner à la faculté de médecine et suivre un cours d’initiation à la virologie.
    Cette motion tente aussi d’imputer la responsabilité des problèmes dans les aéroports canadiens aux règles de santé publique. Cela démontre une incompréhension fondamentale de la situation.
    Le problème principal est qu’il y a peu de vols en raison de la réduction du trafic et, surtout, de la réduction du personnel causée par la pénurie de travailleurs, surtout dans les domaines de la sécurité et de la manutention des bagages. Il faut imputer cette situation aux mauvais salaires, aux mauvais horaires, au travail par quart et aux mauvaises conditions de travail. Les aéroports ont du mal à ramener les employés au travail à cause de ces facteurs.
    Est-ce moi qui le dis? Non. Ce sont des gens de l'industrie du transport aérien qui le disent. Or, les conservateurs votent contre toute tentative d'améliorer les conditions de travail. Ils refusent d'augmenter le salaire minimum. Ils s'opposent à une amélioration des règles encadrant la syndicalisation. Ils luttent contre les améliorations au régime de santé et de sécurité au travail. Ils voulaient même que les gens travaillent jusqu'à 67 ans avant de prendre leur retraite, ce qui aurait durement touché les cols bleus, pour qui les tâches physiques et le travail par quarts deviennent plus pénibles avec l'âge.
    Si nous voulons faire quelque chose pour aider les travailleurs et faciliter les activités des aéroports, améliorons les conditions de travail dans tous les aéroports qui sont dans cet état. Nous n'y parviendrons jamais avec les conservateurs, mais les néo-démocrates le feront.

  (1220)  

    Madame la Présidente, le député a frappé en plein dans le mille. Il est clair qu'il touchait une corde sensible des conservateurs parce qu'ils ne pouvaient pas s'empêcher de l'interrompre.
    Le député a soulevé un point très intéressant dans son exposé, un point qui m'a fait réfléchir. Dans leur discours sur la vaccination, les conservateurs ont toujours adopté l'approche selon laquelle le vaccin est une question personnelle: c'est leur choix parce qu'il ne concerne qu'eux. En réalité, selon l'approche scientifique à l'égard de la vaccination, il n'est pas seulement question de l'individu, mais aussi des répercussions des choix individuels sur une population.
    Je me demande si le député peut nous parler de l'importance des vaccins en tenant compte des collectivités dans leur ensemble et de la protection d'une population entière au lieu de limiter la question à un choix personnel.
    Madame la Présidente, mon collègue soulève un point très émouvant et, à mon avis, fondamental. Lorsque l'on s'aventure en terrain inconnu et que l'on vit quelque chose d’aussi inédit qu’une pandémie mondiale, cela soulève des questions de politique publique très délicates sur les droits des particuliers par opposition à la protection de la santé publique.
    C’est pourquoi il est tellement nuisible et dangereux de faire de la politique avec une pandémie. Toute personne à la Chambre et au Canada qui a la tête sur les épaules devrait rejeter l’idée d’exploiter les malaises et les frustrations individuels en mettant en péril la santé publique. Il faut trouver un équilibre, mais, d’abord et avant tout, il faut toujours se rappeler que les règles de santé publique visent à protéger le public, et qu'elles ne doivent être mises au point, levées, retirées ou mises en place que lorsque la science et les données le justifient, et non pas lorsque des politiciens comme les conservateurs cherchent exploiter les frustrations de la population.

  (1225)  

    Madame la Présidente, il est assez clair que le NPD est le perroquet de service des libéraux. Ils sont de connivence. Le député parle de science, mais l’autorité sanitaire d’où il vient, la Vancouver Coastal Health Authority, a rendu publics des documents selon lesquels les vaccins n’ont aucun effet sur le danger de transmission de la COVID‑19 ni aucun effet sur la protection contre la COVID‑19. Ils ne font pas la moindre différence.
    Le député devrait peut-être se renseigner sur ce qu’affirme sa propre autorité sanitaire et sur ce que Bonnie Henry a aussi dit au sujet de la transmission de la COVID‑19 et du danger de contracter la maladie. De ce côté-ci, nous suivons les données scientifiques.
    Monsieur le Président, je pense que l’essence même de la science et de la recherche, c’est d’écouter. S’il avait écouté, mon collègue m’aurait entendu citer dans mon discours une recherche qui révèle que le vaccin ne semble pas avoir d’effet important sur la prévention ou la transmission de la COVID‑19. Je l’ai dit dans mon discours. S’il avait été attentif, il l’aurait probablement entendu.
    C’est pourquoi je pense qu’il est absolument essentiel que les décisions de politique publique s’appuient sur la science et sur un examen de la situation actuelle qui soit rationnel, calme et fondé sur des données probantes. C’est ainsi seulement que l'on assurera la sécurité des Canadiens.

[Français]

    Madame la Présidente, je voudrais remercier mon collègue de Vancouver Kingsway de son discours. Je siège avec lui au Comité permanent de la santé, et ce dont il a fait état en ce qui concerne les données scientifiques est tout à fait exact.
    Il est clair que la vaccination protège tout de même quant au fait de développer ou pas la forme grave de la maladie. C'est cela qui fait qu'on doit protéger nos systèmes de santé. C'est l'aspect principal.
    Toutefois, ne croit‑il pas que le gouvernement devrait éventuellement, pour le bien de l'industrie touristique, présenter un plan progressif de levée des mesures, même si on sait très bien qu'on n'est pas dans la phase endémique étant donné que la planète n'est pas vaccinée?

[Traduction]

    Monsieur le Président, j’aimerais aussi dire à quel point je suis heureux de siéger au comité de la santé avec mon collègue de Montcalm. Je lui sais gré de ses contributions à ce comité et à la Chambre.
    Je suis tout à fait d’accord sur la nécessité de reconnaître les horribles répercussions que la COVID‑19 a eues sur l’économie canadienne et, en particulier, sur des industries comme le tourisme et l’hôtellerie. Je reçois constamment des lettres à ce sujet et je pense qu’il faut absolument prendre des mesures efficaces fondées sur la santé publique et uniquement sur des données rationnelles et la science.
    Je suis d’accord…
     Malheureusement, nous devons reprendre le débat.
    Le député de Niagara Falls a la parole.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec ma collègue de Surrey-Sud—White Rock.
    Je suis honoré de prendre la parole aujourd’hui au sujet de cette question urgente touchant les voyageurs canadiens et étrangers qui se présentent aux divers points d’entrée du Canada, notamment aux aéroports, aux postes frontaliers terrestres, aux ponts frontaliers et même aux sites de déclaration de l’ASFC pour les petits bateaux.
    Ma collègue de la circonscription de Thornhill a présenté aujourd’hui une excellente motion qui tombe à point nommé et que j’appuierai sans réserve. Cette motion demande au gouvernement de « rétablir immédiatement les règles et les niveaux de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les voyages ». Bref, les protocoles désuets du gouvernement relatifs à la COVID‑19 en place dans les aéroports et d’autres points d’entrée entraînent des retards exagérés, des engorgements et des pertes de correspondance pour les voyageurs. Pire encore, ces mesures ont un effet dissuasif sur les voyageurs qui souhaitent venir au Canada.
    Bien que la motion de l’opposition présentée aujourd’hui porte surtout sur les aéroports, il est très important d’y ajouter d’autres points d’entrée internationaux, car ils sont tous reliés à notre écosystème économique. Ces points d’entrée soutiennent les entreprises et favorisent les occasions d’affaires dans de nombreux secteurs, notamment celui du tourisme, qui est très important dans ma circonscription, où se trouvent les villes de Niagara Falls, de Niagara-on-the-Lake et de Fort Erie.
    Ma circonscription, Niagara Falls, compte quatre ponts internationaux qui sont gérés, respectivement, par la Commission du pont de Niagara Falls et la Buffalo and Fort Erie Public Bridge Authority. Il s’agit du pont Lewiston-Queenston, du pont des rapides Whirlpool, du pont Rainbow et du pont de la Paix. Ces ponts ont tous été durement frappés par la pandémie de deux ans et le gouvernement fédéral n’a rien fait pour les soutenir, malgré les graves difficultés financières causées par la perte de trafic durant les fermetures prolongées des frontières.
    L’un des pires problèmes dont j’entends parler à nos ponts internationaux, ce sont les retards dans le traitement des demandes présentées au moyen de l’application ArriveCAN. Dans un courriel daté du 24 mars 2022, le directeur général de la Buffalo and Fort Erie Public Bridge Authority a prévenu les élus locaux que, d’après son analyse, l’utilisation obligatoire continue de l’application ArriveCAN entraînerait des délais de traitement beaucoup plus longs et de longues attentes à la frontière, ce qui réduirait considérablement la circulation transfrontalière en ce début de la saison touristique de l’été 2022.
    Deux mois plus tard, nous y voilà. Sa prédiction était juste. J’ai signalé ce problème au gouvernement fédéral dès que j’ai pu. Qu’a-t-il fait pour anticiper ces arriérés à la frontière? Il a aggravé le problème en décidant de consacrer 25 millions de dollars de plus dans le budget de 2022 pour qu’il continue d’être nécessaire d’utiliser cette application.
    Ma circonscription frontalière compte également plusieurs sites de déclaration de l’ASFC pour les petits bateaux. Je pense notamment au club de voile de Niagara-on-the-Lake, au club nautique de Smugglers Cove, au club nautique Greater Niagara, à la marina de Miller’s Creek, au club nautique Bertie et au club de canotage Buffalo. Parmi tous ces sites, un seul est en service. La marina de Miller’s Creek dans le cours supérieur de la rivière Niagara est ouverte, mais tous les autres sites sont fermés.
    Les députés peuvent en déduire que les plaisanciers qui naviguent sur le cours inférieur de la rivière Niagara, à Niagara-on-the-Lake, par exemple, devront se rendre jusqu’à Port Weller, à St. Catharines, pour faire leur déclaration à l’ASFC. S’ils se trouvent sur le cours supérieur de la rivière Niagara, plus près de Chippawa et de Niagara Falls, ils devront alors faire l’aller-retour jusqu’à Fort Erie pour présenter leur déclaration à l’ASFC. Cela rallonge énormément le parcours des plaisanciers et leur fait perdre énormément de temps et d’argent, d’autant plus que le prix du carburant atteint des sommets inégalés.
    Ces fermetures sont très problématiques pour les plaisanciers locaux, surtout à l’approche de la longue fin de semaine de mai et de la saison estivale de navigation de plaisance. Le gouvernement doit rouvrir ces sites immédiatement. Il n’y a pas de temps à perdre.
    Les entreprises touristiques de ma circonscription ont été les premières touchées, et les plus durement touchées. Elles sont celles qui prendront le plus de temps à se remettre de la COVID‑19. Les conséquences des politiques inefficaces des libéraux sur nos plaisanciers ne feront que retarder la reprise. Les entreprises touristiques de Niagara Falls, de Niagara-on-the-Lake et de Fort Erie comptent sur les Canadiens et les étrangers qui viennent visiter nos villes, y séjourner, y dépenser leur argent et profiter de tout ce que la région de Niagara a à leur offrir. Les attractions, les sites historiques, les restaurants, les établissements vinicoles, les brasseries artisanales, les cidreries, les casinos et de nombreuses autres entreprises comptent sur eux.
    Dans des villes comme Niagara, les visiteurs internationaux sont très importants. Même s’ils représentent environ 25 % de notre base de visiteurs, ils dépensent plus de la moitié de tout l’argent dépensé dans notre secteur touristique. Ces dépenses permettent de soutenir plus de 40 000 emplois qui dépendent d’une industrie touristique forte, ce qui était le cas à Niagara avant la pandémie. C’est pourquoi il est essentiel que nous accueillions à nouveau nos amis, nos invités et nos visiteurs étrangers. Commençons par leur faire vivre une expérience exceptionnelle, rapide et efficace à nos points d’entrée internationaux.

  (1230)  

    Les gens ne choisiront pas le Canada comme destination de vacances s’ils savent qu’ils devront faire la queue pendant des heures et des heures dans des files stressantes et frustrantes à l’aéroport ou à un poste frontalier. Notre économie souffre déjà de toutes les occasions ratées. Alors que le monde rouvre ses portes à la fin de la COVID‑19 et que d’autres pays lèvent leurs restrictions, le Canada semble coincé dans le passé et paraît complètement déconnecté de la réalité. Par exemple, l’Union européenne et les États-Unis n’obligent plus les passagers à porter le masque à bord des avions et dans les aéroports.
    Alors que les pays du monde entier réduisent les formalités administratives et facilitent les déplacements de leurs citoyens, les libéraux à Ottawa continuent d’imposer des mandats désuets et injustifiés, ce qui cause des files d’attente plus longues et une reprise plus lente. Par exemple, les voyageurs entièrement vaccinés qui arrivent au Canada sont toujours soumis à des tests de dépistage aléatoires de la COVID‑19 et, dans certains cas, on ne leur dit même pas qu’ils doivent s’y soumettre, jusqu’à ce qu’ils reçoivent un appel téléphonique automatisé ou un courriel surprise de Switch Health quelques jours plus tard.
    C’est arrivé à Kathryn et à sa fille, deux citoyennes de ma circonscription. Le 10 mai, elles ont passé la frontière par Nexus sans incident au pont Blue Water, à Sarnia. Personne ne leur a dit qu’elles avaient été sélectionnées pour subir un test aléatoire ou ne leur en a administré un à leur sortie de leur inspection Nexus. Trois jours plus tard, elles ont reçu de multiples appels téléphoniques et des courriels de Switch Health leur intimant de se soumettre à un test aléatoire d’une journée, sans quoi elles devraient payer des amendes pouvant s’élever à des dizaines de milliers de dollars pour avoir enfreint une ordonnance de la santé publique et se mettre en quarantaine obligatoire. Il est illogique de dire aux gens qu’ils doivent subir un test aléatoire, mais qu’ils doivent attendre que Switch Health le leur envoie par messager pour qu’ils l’effectuent plusieurs jours, voire plusieurs semaines plus tard. En quoi cela protège-t-il la santé publique du Canada? Vraiment, l’incompétence du gouvernement n’a pas de limites.
    De nombreux experts ont réclamé que l’on mette fin à ces exigences ridicules. La Chambre de commerce du Canada a demandé que l’on prenne un peu de recul afin d’améliorer la réglementation pour rendre le Canada plus concurrentiel. Le président du Conseil des aéroports du Canada a demandé que l’on élimine les anciens protocoles de santé publique, soulignant que les tests obligatoires produisent des goulots d’étranglement et nuisent à la compétitivité du Canada. Ces exigences étouffent notre industrie touristique, qui a déjà été durement touchée, et ils causent de longs retards pour les Canadiens qui cherchent simplement à faire un voyage après deux longues années de mesures de confinement imposées par le gouvernement.
    Ces expériences désagréables que les gens vivent dans nos aéroports et à nos postes frontaliers nuisent à l’économie, à la compétitivité et à la réputation de destination touristique de choix dont le Canada jouissait dans le monde entier. Depuis que le monde a commencé à rouvrir ses portes il y a des mois, le Canada accuse un retard considérable par rapport à ses concurrents du domaine touristique à cause de ces mauvaises politiques du gouvernement fédéral. Ces torts s’étendent partout au Canada, car tous les points d’entrée au pays sont touchés négativement. Cet effet d’entraînement a des répercussions négatives sur toutes les circonscriptions de la Chambre des communes, en particulier sur celles, comme Niagara Falls, dont le tourisme est le principal moteur économique. Nous bénéficions tous d’une industrie touristique prospère, et nous sommes tous perdants lorsqu’elle est faible et chaotique, comme c’est le cas actuellement.
    Après deux longues années de fermetures en général, de confinements, de fermetures des frontières et de restrictions rigoureuses sur les voyages imposés par le gouvernement, de nombreuses entreprises touristiques de ma circonscription comptent sur une reprise importante cet été. Malheureusement, en raison des restrictions de voyage et des problèmes aux aéroports et aux frontières, la politique gouvernementale vise à étouffer, au lieu de faciliter, une relance nécessaire de toute urgence de notre économie touristique en 2022. Par leur manque de préparation pour assurer la sécurité des Canadiens et préserver nos intérêts économiques, les libéraux et les néo-démocrates abdiquent leur responsabilité de gouverner.
    À mon avis, avant la COVID, le Canada était le meilleur endroit à visiter et où passer des vacances. Nous pouvons le redevenir et nous ne devrions viser rien de moins, mais nous avons beaucoup de travail devant nous et cela commence par l’objectif de cette motion, soit de faire en sorte que le gouvernement fédéral revienne immédiatement aux règles et aux niveaux de service d'avant la pandémie pour les voyages. La région du Niagara a grandement besoin d’une relance de son économie cet été et cela ne se produira tout simplement pas si l’application ArriveCAN et les autres restrictions fédérales en matière de voyage et de santé sont maintenues dans nos aéroports et à nos frontières. Il semble que tout le monde souhaite la relance de l’économie après cette pandémie ainsi qu'un retour à la normale. Tout le monde, sauf le gouvernement libéral-néo—démocrate, mais ce dernier devrait savoir qu’il est encore temps de sauver la saison touristique de 2022 s’il agit rapidement et il devrait commencer par appuyer la motion pleine de bon sens qui est présentée aujourd’hui à point nommé.

  (1235)  

    Madame la Présidente, comme le Parti conservateur a de la chance. Après tout, il compte le député de Carleton dans ses rangs. En effet, le député de Carleton est meilleur que les experts en santé ou en science. Il a déclaré que nous n’avons pas besoin de mesures obligatoires dans les aéroports. En fait, il parle depuis des mois d'éliminer les mesures obligatoires.
    Le Parti conservateur suit maintenant l’exemple de celui qui pourrait devenir son chef, qui a décidé que les mesures obligatoires ne sont plus nécessaires, même si la province de Québec n’a que récemment levé le port du masque. Le député d’en face a-t-il plus confiance au député de Carleton qu'aux experts en science et en santé?
    Madame la Présidente, pendant la pandémie, nous avons demandé au gouvernement actuel de communiquer les données et les preuves scientifiques. Il a refusé de le faire pendant plus de deux ans.
    Si nous remontons seulement à février dernier, le Dr Zain Chagla, médecin infectiologue à l’hôpital St. Joseph de Hamilton et professeur agrégé à l’université McMaster, a déclaré que l’imposition de tests de dépistage de la COVID‑19 pour les voyages n’avait aucun sens, car ces activités n'étaient pas plus risquées que d’autres. D’autres parties intéressées abondent dans le même sens. La Canadian Tourism and Travel Roundtable a déclaré qu’il était temps de mettre fin à ces restrictions néfastes et de s'en débarrasser. Elles nuisent au tourisme. Elles nuisent aux 40 000 personnes de ma circonscription qui dépendent de ce secteur.

  (1240)  

[Français]

    Madame la Présidente, d'un côté, on voit que les conservateurs ont tendance à toujours remettre en question les mesures sanitaires et à vouloir se rapprocher des gens qui sont contre la vaccination. De l'autre, on voit que les libéraux font l'inverse et font un peu de la provocation contre les gens qui sont contre la vaccination.
    Je veux savoir si mon collègue serait ouvert à un amendement à leur proposition: plutôt que de lever « immédiatement » les mesures, il s'agirait de les lever « progressivement ».

[Traduction]

    Madame la Présidente, je suis ici pour parler au nom de mes concitoyens: les 40 000 personnes qui travaillent dans le secteur touristique. Des exigences comme ArriveCAN nuisent au secteur touristique. Il n’est pas nécessaire que ce secteur continue à faire face à des situations qui découragent les voyages.
    Le gouvernement fédéral a mis fin à tous les programmes d’aide au secteur touristique et il ne lui destinait aucune mesure de soutien dans le dernier budget. Il a lié les mains du secteur touristique. Il devrait lui permettre de faire ce qu’il fait le mieux, c’est-à-dire accueillir des gens du monde entier pour qu’ils profitent de tout ce que Niagara a à offrir. Il est temps de le faire.
    Madame la Présidente, par votre entremise, j’aimerais poser la question suivante au député. Des pays et des alliés, comme le Royaume‑Uni, ont entièrement supprimé leurs mesures et leurs restrictions à la frontière, mais ils ont pourtant observé, dans les aéroports, de scènes semblables à celles que nous observons et que le député et de nombreux députés d’en face ont évoquées aujourd’hui. Il y a de longs retards. Des gens ratent des vols. Le député peut-il expliquer pourquoi cela se produit puisque ces pays ont supprimé ces mesures? Pourquoi cela se passe-t-il au Royaume‑Uni?
    Madame la Présidente, pour répondre à la question de la députée, je crois que l’un de ses collègues a mentionné le manque de préparation du gouvernement actuel. Il n’est pas prêt à faire face à la situation. Il a eu deux ans pour se préparer. Pendant la COVID, il a embauché des milliers de travailleurs, alors comment se fait-il que nous soyons confrontés à ces files d’attente? Nos concitoyens ne devraient pas devoir attendre aux bureaux des passeports, auprès des agents des services frontaliers ou dans les bureaux de Service Canada. Cela ne devrait pas se produire. Pourquoi cela se passe-t-il, alors que le gouvernement fédéral a des travailleurs qui pourraient servir les Canadiens chez eux? Pourquoi a-t-il mis à pied des milliers de fonctionnaires? Ramenons-les au travail pour qu’ils fassent ce qu’ils font de mieux, c’est-à-dire aider les Canadiens.
    Madame la Présidente, je suis curieux. Tandis que la circonscription du député est à l’aube de la saison touristique estivale et que les mesures de protection à la frontière américaine sont réduites de 20 %, il n’y a pas suffisamment de douaniers canadiens en poste et les files d’attente ne cessent de s’allonger à toutes les frontières au fur et à mesure que le nombre de voyageurs augmente. Quelle sera l'incidence de cette situation sur le secteur touristique et sa circonscription en général?
    Madame la Présidente, j’ai parlé plus tôt du directeur général de la Fort Erie Peace Bridge Authority. Il nous a écrit le 10 mai pour nous communiquer des statistiques stupéfiantes. Même après la levée des exigences relatives au dépistage de la COVID pour entrer au Canada, le 1er avril, la circulation automobile pour le mois d’avril a diminué de 52 % au pont de la Commission du pont de Niagara Falls et de 43 % au pont Peace, par rapport à la période antérieure à la pandémie…
    Nous reprenons le débat. La députée de Surrey-Sud—White Rock a la parole.
    Madame la Présidente, presque chaque semaine, j’ai le privilège de traverser notre grand pays, de Vancouver à Ottawa et vice versa. Avec un décalage horaire de trois heures, il faut compter essentiellement une journée de voyage dans chaque sens. Cela peut être une partie fatigante d’un travail nécessitant de faire la navette d'un bout à l'autre du pays, comme ce le serait pour n’importe quel Canadien, mais maintenant c’est éreintant. Je suis directement témoin des protocoles COVID‑19 dépassés du gouvernement libéral dans les aéroports. Ils entraînent des retards extrêmes, des files d’attente, des goulots d’étranglement et des correspondances manquées.
    Les voyageurs sont contrariés et mécontents. Ils peuvent assister sans masque à un match de hockey avec des milliers de personnes dans les gradins, mais ils doivent porter un masque sur les vols entre des destinations canadiennes et les vols internationaux à partir ou à destination du Canada, avec parfois bien plus de 150 autres personnes. Ce n’est ni rationnel ni même logique.
    L’Union européenne et les États‑Unis ont tous deux levé l’obligation de porter un masque pour les passagers sur les vols et dans les aéroports. Pendant ce temps, les voyageurs arrivant au Canada sont toujours soumis à des dépistages aléatoires de la COVID‑19 et doivent répondre à des questions de santé personnelles et privées dans l’application ArriveCAN. Pourquoi la science canadienne est-elle différente de celle à laquelle se fient nos nombreux alliés internationaux?
    Ces protocoles inutiles entraînent des retards importants dans les aéroports canadiens. Les douanes sont tellement engorgées qu’il n’y a pas assez de place pour contenir les files d’attente, laissant des passagers coincés dans des avions pendant plus de 75 minutes. Lors de mon voyage à Washington avec la ministre de la Défense nationale, j’ai récemment fait l’expérience de l’application ArriveCAN. Imaginez des personnes âgées comme moi aux prises avec les problèmes que pose cette application lorsqu’elles essaient de rentrer chez elles.
    Tous les aéroports et tous les transporteurs aériens se plaignent de manquer cruellement de personnel dans tous les domaines. À YVR, le dimanche, il y a maintenant une affiche à l’entrée du contrôle indiquant « Capacité limitée en raison de pénuries de personnel ».
    Les bagages ne sont pas transférés d’un vol à l’autre si une personne a une escale à Toronto, malgré les longues escales. Les files au contrôle de sécurité sont ridiculement longues. Il manque de personnel pour ouvrir toutes les lignes de contrôle, bien que le nombre de voyageurs justifie un tel niveau d’activité. Pendant ce temps, les transporteurs aériens augmentent leurs horaires très lentement, car ils ne disposent simplement pas du personnel nécessaire pour assurer le service de tous ces vols. Un employé de l’aéroport m’a dit qu’il manquait 600 personnes à l’aéroport Pearson de Toronto. Cela signifie que si un voyageur enregistre une valise et que celle-ci est placée dans la soute de l’avion, mais que la personne n’arrive pas à temps parce qu’elle est bloquée à la sécurité, elle risque de ne pas revoir cette valise avant longtemps. Cela peut prendre des jours. Ensuite, lorsque le voyageur rate son vol en raison de la longueur des files au contrôle de sécurité, elle ne peut pas prendre un autre vol avant plusieurs heures ou elle en prend un avec une longue escale de plusieurs heures.
    Comme la plupart des aéroports internationaux, Vancouver a des lignes de sécurité ordinaire et express, mais même la ligne express prenait plus d’une heure et demie la fin de semaine dernière, les gens faisant la queue jusqu’aux zones d’enregistrement international. Cela signifie que pour les vols intérieurs, pour lesquels il est habituellement recommandé d’arriver à l’aéroport 90 minutes à l’avance, nous devons maintenant prévoir d’arriver deux heures ou plus à l’avance pour faire enregistrer nos bagages et passer à temps les contrôles de sécurité.
    Les employés des aéroports sont tellement débordés et confus, compte tenu des ressources limitées et du nombre si élevé de vols, qu’ils disent parfois aux voyageurs que des vols sont retenus pour eux alors qu’ils ne le sont pas. Non seulement nous devons composer avec l'exaspération provoquée par l'attente, mais nous avons aussi la surprise de ne pas avoir de vol à la fin du processus d’enregistrement de sécurité. Je ne peux même pas m'imaginer voyager avec de jeunes enfants et devoir surmonter ces obstacles majeurs. La fin de semaine dernière, à l’aéroport de Vancouver, j’ai vu une femme, dont la grossesse était très avancée, qui courait avec trois enfants dans l’aéroport parce que les contrôles avaient été trop longs, et personne ne l’aidait.
    Personne ici ne sera surpris d’apprendre que l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, ou ACSTA, est une société d’État fédérale responsable de tous les contrôles de sécurité des passagers, et qu’elle est aux prises avec une pénurie constante de personnel. L’ACSTA a déclaré qu’elle appuyait activement ses sous-traitants dans le recrutement et le perfectionnement de nouveaux employés. Les ressources de contrôle sont établies en fonction du trafic aérien.
    Avant la pandémie, les ressources pouvaient être utilisées de façon générale entre les points de contrôle nationaux et internationaux en raison des pics de passagers décalés, mais à mesure que la situation du transport aérien se redresse, nous observons des pics simultanés où les passagers inondent plus d’un point de contrôle de sécurité à la fois. En raison de l’incertitude entourant la manutention des bagages, des passagers voyagent également avec plus de bagages à main, ce qui nécessite plus de temps pour les traiter aux points de contrôle et crée des problèmes de rangement à bord.

  (1245)  

     Voici ce qu'on peut lire dans un article de CBC News:
     À la direction de l’Aéroport international de Vancouver, le responsable des affaires externes, Mike McNaney, explique qu'une pénurie continue de personnel à l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) contribue aux longues files d'attente et aux retards considérables observés aux points de contrôle de sécurité de l'aéroport.
     M. McNaney ajoute qu'il s'agit de « retards que nous n'avons jamais vus ici et qui sont pires que tout ce que nous avons connu pendant la pandémie ».
    Ceux qui voyagent, même à l'intérieur du pays, en savent quelque chose.
    L'article se poursuit ainsi:
    Selon M. McNaney, l'aéroport accueille quelque 45 000 passagers par jour et s'attend à voir ce nombre augmenter à l'approche de la saison estivale.
     Il ajoute qu'il y a « de vives inquiétudes relativement à la période estivale, lorsque la demande augmentera », d'où la question de savoir si l'ACSTA a un plan de gestion, à court et à long terme, pour relever les défis.
    Les secteurs canadiens de l'aviation et du tourisme ont été durement touchés. Nous devons soutenir la reprise économique au Canada, au lieu de restreindre inutilement les voyages. Les aéroports sont aux prises avec d'importants problèmes de dotation, problèmes auxquels le gouvernement refuse de remédier.
    L'ACSTA elle-même a déclaré qu'au début de la pandémie, elle employait 7 400 agents de contrôle. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 6 500, malgré l'augmentation des voyages. Le Canada figure parmi les meilleures destinations de voyage à l'échelle mondiale, mais cette réputation est en péril.
    Dernièrement, M. Robin Guy, directeur principal à la Chambre de commerce du Canada, a expliqué au Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités que les secteurs canadiens de l'aéronautique et du tourisme ont été particulièrement malmenés par la COVID‑19. Nous le savions.
    Voici ce qu'il a dit:
    La myriade de mesures publiques visant à endiguer rapidement la transmission du virus a fait chuter les déplacements [de] 95 % par rapport aux niveaux de 2019. Parce qu'elle a duré très longtemps, la pandémie aura fait perdre plus de 4,6 milliards de dollars aux aéroports en 2020-2021, ce à quoi il faut ajouter une dette de 3 milliards pour maintenir les aéroports ouverts et assurer la sécurité des activités [...]
    Selon M. Guy, avant la pandémie, les aéroports du pays étaient un important moteur de développement économique. En 2016, ils ont engendré des retombées économiques directes de 48 milliards de dollars, ils ont contribué au PIB à hauteur de 19 milliards et ils ont fourni de l'emploi à près de 200 000 personnes, ce qui représente 13 milliards de dollars en salaires.
    Le gouvernement et l'industrie doivent unir leurs efforts pour surmonter les obstacles que la pandémie a laissés derrière elle. Pour commencer, le gouvernement doit revoir toutes les règles instaurées pendant la pandémie. Maintenant qu'une forte proportion de la population est vaccinée et que la plupart des restrictions sanitaires ont été assouplies, ces règles n'ont plus lieu d'être. Partout au pays, le traitement des passeports et des laissez-passer NEXUS prend énormément de temps.
    Est-il normal qu'un citoyen canadien qui veut renouveler son passeport apprenne que, même s'il est arrivé en pleine nuit pour se mettre en file, il n’est pas inscrit sur la liste des 10 premières demandes de traitement?
    Deuxièmement, nous devons investir dans l’infrastructure de nos aéroports, dans la technologie et dans l’innovation. Les faibles volumes de voyageurs des deux dernières années ont retardé la mise en œuvre de projets d’immobilisations indispensables.
    Nous devons reconnaître que les voyages en avion ont d’énormes retombées économiques. Le transport aérien est essentiel à l’industrie du voyage et du tourisme, et à tout ce secteur de notre économie nationale. Des experts de l’industrie représentant un large éventail de disciplines demandent au gouvernement de lever les restrictions sur les voyages qui nuisent, à de nombreux égards, à notre économie et à notre réputation internationale.
     Le gouvernement libéral doit s’assurer que les voyageurs vivent une expérience harmonieuse de chez eux à l’avion, soit de l’enregistrement jusqu'à l'arrivée dans des aéroports canadiens. Il est temps de suivre le courant au lieu de s'en remettre à la science sélective et secrète des libéraux qui empêche des Canadiens de vivre et de voir leurs proches et leurs familles.

  (1250)  

    Madame la Présidente, le Parti conservateur dit beaucoup de choses aux Canadiens que je qualifierais d’informations assez trompeuses. J’y reviendrai dans un instant.
     Les conservateurs laissent-ils entendre que nous devrions réduire les mesures de sécurité? Est-ce cela qu’ils laissent entendre, directement ou indirectement? Partout dans le monde, il y a des retards très semblables à ceux que nous connaissons ici au Canada.
    Madame la Présidente, honnêtement, j’ai du mal à comprendre cette question. Je ne crois pas avoir dit cela dans mon allocution. Nous ne suggérons pas du tout de laisser tomber les mesures de sécurité. Ce que nous disons, c’est que ces mesures doivent être raisonnables, logiques, rationnelles et fondées sur la science. Si, le gouvernement fédéral s’appuie, comme il le prétend, sur des données scientifiques pour maintenir en place les restrictions que d’autres pays sont en train de lever, il doit nous dire alors qu’elles sont ces données. Le gouvernement doit nous dire qui il écoute. Il refuse de répondre à ces questions.

[Français]

    Madame la Présidente, la semaine dernière, les conservateurs et les libéraux critiquaient le sujet de la journée de l'opposition du Bloc québécois, qui portait sur la remise en question de la prière à la Chambre des communes. Si j'étais mauvais joueur, je pourrais aussi remettre en question cette journée particulière, qui porte sur la levée des mesures sanitaires dans les aéroports. N'étant pas mauvais joueur, je ne remettrai pas cela en question.
    Je vais quand même demander à ma collègue de me dire honnêtement si elle trouve que cette journée de l'opposition relève vraiment de la politique ou s'il ne s'agit pas de mesures de santé publique desquelles nous devrions rester éloignés.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je dois féliciter mon collègue de soulever la question de la prière pendant qu’on parle d’aéroports. Si j’ai bien compris sa question, il demande si notre proposition relève d’une politique, et nous lui répondons que c’est tout à fait le cas. Dans toutes les provinces, les autorités de la santé ont levé l’obligation du passeport vaccinal et du port du masque. Nous voyons notre propre premier ministre se rendre dans des pays ayant un faible taux de vaccination, se déplacer sans masque au milieu de groupes, que ce soit dans des bars ou à des réunions officielles. Quand nous quittons cette enceinte, que nous sortons du parlement, nous retirons notre masque et nous pouvons aller dans n’importe quel restaurant ou magasin sans masque. C’est simplement déraisonnable, et les libéraux refusent de nous dire à quelles données scientifiques ils prétendent se fier.

  (1255)  

    Uqaqtittiji, je suis heureuse que ma collègue ait mentionné l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien, car elle est confrontée à une pénurie de main-d’œuvre. Pour régler ce problème, il faut de meilleurs salaires et davantage de soutien pour les travailleurs.
    Les conservateurs reconnaissent-ils qu'il faut appuyer les fonctionnaires, comme les travailleurs qui assurent quotidiennement la sécurité des passagers aériens, en leur offrant de bons salaires?
    Madame la Présidente, je crois fermement qu’il faut payer les gens en fonction du travail qu’ils accomplissent. La sécurité à nos frontières et dans nos aéroports est une tâche très importante. Cependant, les pénuries de personnel sont tout simplement inacceptables. Je crois avoir mentionné dans mon discours que l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien a au moins 1 000 employés de moins qu’avant la pandémie.
    Je ne connais pas très bien les enjeux syndicaux de l’Administration à l’heure actuelle, mais je dirais que si elle fait face à des problèmes syndicaux, elle doit s’en occuper afin de corriger ce que subissent actuellement les voyageurs canadiens, que ce soit dans notre pays ou à destination de l’étranger. Les gens veulent retourner voir des membres de leur famille, ils veulent recommencer à voyager. Ils ne comprennent pas pourquoi il y a plus de restrictions dans un aéroport et dans un avion que dans tout autre endroit où ils passent du temps.
    Madame la Présidente, ma collègue a parlé d’une femme enceinte qui se rendait à l’aéroport avec ses enfants. À Montréal, j’ai vu quatre dames arriver trop tard à la porte d’embarquement. Elles ont manqué leur avion de très peu. L’une est diabétique; elle était en larmes. Elle suppliait qu’on la laisse entrer dans l’avion. Elle le voyait. Elle a raté cet avion parce qu’elle avait fait la queue pendant trois heures et demie ou quatre heures pour passer par la sécurité.
    Que pouvons-nous faire pour régler ce genre de problèmes?
    Madame la Présidente, des experts ont formulé de nombreuses suggestions. Rachel Bertone, de l’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto, par exemple, a souligné que les passagers arrivant de l’étranger sont retardés par des exigences de santé publique. D’autres disent qu’il faudrait embaucher davantage, qu’il faudrait plus de personnel et qu’il faut prêter attention à cela. Il n’y a pas qu’un facteur. Il faut aborder de nombreux facteurs selon une approche prudente et rationnelle de l’industrie du voyage et de la reprise de notre économie touristique.
    Madame la Présidente, si je peux me permettre, c'est la journée de la vychyvanka aujourd'hui. C'est pourquoi des députés de tous les partis, des deux côtés de la Chambre, portent de magnifiques blouses et chemises brodées afin que les Ukrainiens et les citoyens qui vivent bien au-delà des frontières de l'Ukraine puissent admirer le patrimoine ukrainien d'une bien belle façon. Ce matin, des députés de tous les partis, ainsi que des stagiaires, ont mis en valeur les broderies et le patrimoine ukrainien.
    Cela dit, ma mère dit toujours qu'il faut essayer de dire quelque chose de positif. J'aimerais donc aller au fond du dossier qui nous occupe aujourd'hui et me concentrer sur quelques points.
    Il peut être dangereux d'écouter les conservateurs, car on a alors l'impression que le Canada est le seul pays au monde à continuer d'imposer des exigences liées à la vaccination dans ses aéroports. C'est ce qu'ils veulent nous faire croire. C'est la propagande conservatrice, ou plutôt celle du député de Carleton, devrais-je dire.
     Je viens de faire très rapidement une recherche et voici ce que j’ai trouvé. Les États‑Unis, le Japon et Israël continuent d’exiger des tests de dépistage avant le départ. L’Italie, le Japon, l’Australie et Israël exigent des tests de dépistage pour certains voyageurs arrivant d’autres pays. Les voyageurs doivent être vaccinés pour entrer aux États‑Unis, au Japon, en Australie et en Israël. Le port du masque reste obligatoire dans les transports en France, en Italie, en Allemagne, au Japon, en Australie et en Israël.
    À en croire les conservateurs, pas seulement aujourd’hui, mais depuis longtemps, les restrictions ne sont pas nécessaires. C’est aussi simple que cela. C’est la ligne du Parti conservateur. Est-ce qu’elle repose sur des données sanitaires ou scientifiques? Non. Elle repose sur l’avis du député de Carleton. Le député de Carleton a déclaré que les restrictions ne sont pas nécessaires. Nous ne devrions pas être surpris, car voilà des mois qu’il le dit.
    M. Dan Mazier: Il est cohérent, en tout cas.
    M. Kevin Lamoureux: Il est cohérent, madame la Présidente. Le député a raison. Je le lui concède. Le député de Carleton est cohérent. Les députés conservateurs n’ont pas besoin d’écouter les spécialistes de la santé ni de s’intéresser aux données scientifiques. Il leur suffit d’écouter le député de Carleton et ils comprendront pourquoi ils n’ont pas besoin de restrictions.
    Les députés comprendront pourquoi le reste de la Chambre se montre plus sceptique face aux propos des députés du Parti conservateur du Canada. Nous estimons que nous devons faire plus confiance aux mesures sanitaires, aux spécialistes et à la science. Par conséquent, les députés du Bloc, du NPD, du Parti vert et, oui, du Parti libéral continueront de s’en remettre à la science et d’écouter les spécialistes de la santé. Nous ferons ce qu’il faut pour les Canadiens.
    Nous avons parfaitement conscience que les Canadiens sont excédés par les files d’attente et les retards dans les aéroports. Nous le savons pertinemment. En fait, non seulement je le sais, mais je vais partager mon temps de parole avec la députée de Pickering-Uxbridge, et les députés découvriront qu’elle étoffera certainement quelques-uns des arguments que je présente.
    Avant de vous soumettre certaines autres observations que j’allais faire, j’aimerais revenir sur ce qu’a dit le député de Carleton. Il est intéressant d’entendre le député de Carleton parler de « liberté » et d'« oser dire la vérité aux personnes au pouvoir ». Les députés se souviennent-ils qu’il ait dit cela? A-t-on oublié ce qui est arrivé au député d’Abbotsford? Mon Dieu, les députés ont-ils suivi les actualités récemment? Que se passe-t-il chez les conservateurs quand quelqu’un ose exprimer son opinion?
    Le député d’Abbotsford et moi sommes souvent en désaccord, mais je suis d’accord avec lui pour dire qu’il serait stupide de congédier le gouverneur de la Banque du Canada. Je suis plutôt d’accord avec le député d’Abbotsford. Ce genre de vérité et la liberté d’expression qui l’autorise ne seraient pas garanties sous l’éventuel leadership du député de Carleton.

  (1300)  

    Faut-il s’étonner, maintenant, que le député de Carleton affirme que nous n’avons pas besoin de mesures obligatoires, que les conservateurs se lèvent pour dire que nous n’en avons pas besoin et qu’ils n’ont pas à écouter les experts de la santé ou les scientifiques? Je pense que c’est inacceptable.
    Nous avons reconnu que la situation actuelle n'est pas propre au Canada. Des aéroports partout dans le monde vivent le même genre de problèmes. Il ne s’agit pas d’essayer de marginaliser la question. Que ce soit le premier ministre, le ministre des Transports ou tout autre député à la Chambre, nous sommes tous inquiets de ce qui se passe dans nos aéroports internationaux. Le ministre des Transports est en train de mettre sur pied des comités. Transports Canada travaille avec les intervenants.
    Nous comprenons bien mieux l’importance du secteur du tourisme pour notre pays que les conservateurs. Nous l’avons d'ailleurs soutenu pendant la pandémie. Nous avons aidé directement les compagnies aériennes et des secteurs d’activité comme la restauration, ainsi que Folklorama, un festival dont je parle souvent et qui attire beaucoup de touristes dans ma province, le Manitoba. Lorsque je parle avec des propriétaires de restaurant ou des représentants de l’industrie hôtelière, un des commentaires qui reviennent le plus souvent, c’est qu’ils étaient très heureux et reconnaissants de voir qu’il y avait un programme de subvention salariale. Ils savent combien il est important qu’un gouvernement prenne des mesures pour soutenir le secteur de l’hôtellerie et du tourisme.
    Nous comprenons que la haute saison est à nos portes. Nous aimerions revenir à une nouvelle normalité aussi rapidement que possible, mais nous n’allons pas faire ce que le Parti conservateur du Canada et le député de Carleton demandent sur cette question. En fait, nous allons continuer de nous appuyer sur les données scientifiques. Nous allons continuer d’écouter ce que les spécialistes de la santé ont à dire. Ce sera, somme toute, notre ligne sur la question de la politique à adopter.
    Si les députés examinent les résultats du gouvernement fédéral, obtenus en collaboration avec les Canadiens, les autres ordres de gouvernement et les intervenants, ils constateront que le Canada s’en sort plutôt bien dans cette pandémie. Les conservateurs voudraient peut-être croire qu’elle disparaîtra comme par enchantement, mais ce n’est pas aussi simple. Il y a un processus en place pour que nous procédions de manière ordonnée, afin de pouvoir protéger la santé et le bien-être des Canadiens dans toutes les régions du pays. Nous continuons d’attendre avec intérêt les semaines et les mois à venir.
    Il y a quelques jours, en mai, le Québec a levé l’obligation du port du masque. Ce n’est pas la seule province à l’avoir fait. Cependant, d’autres provinces et d’autres pays maintiennent certaines restrictions. Il semblerait que seuls le Parti conservateur du Canada et le député de Carleton croient que les restrictions ne sont d’aucune utilité. J’espère que les députés du caucus conservateur seront libres de se ranger du côté de la science et des spécialistes de la santé et de défendre ce qui est important: la santé et le bien-être de tous les Canadiens. C’est ce que je recommanderais.
    Quatre cents personnes ont été embauchées pour aider aux contrôles de sécurité. Les aéroports travaillent en collaboration avec les compagnies aériennes et Transports Canada pour trouver des moyens d’accélérer le processus. Nous comprenons le problème et nous ferons notre possible pour essayer de le résoudre dans les meilleurs délais.

  (1305)  

    Madame la Présidente, lorsqu'on demande: à quels experts vous fiez-vous? Quels conseils ont été formulés? Il faut communiquer ces conseils aux Canadiens. Si vous avez des rapports ou des conseils d'experts qui disent qu'on ne peut pas ouvrir tel aéroport ou qu'on ne peut pas lever les restrictions pour telle et telle raison, pourquoi ne pas les communiquer? C'est l'une des principales sources d'exaspération pour la plupart des personnes raisonnables qui siègent à la Chambre.
    En réalité, le gouvernement n'a pas ces renseignements, c'est pourquoi il ne peut pas les déposer. Si vous les aviez, vous les déposeriez. C'est ce que ferait n'importe quelle personne raisonnable, mais nous n'avons pas affaire à des gens raisonnables ni à une démarche rationnelle. Pourquoi refusent-ils de déposer les conseils en question dès maintenant?
    Je rappelle au député qu'il m'est impossible de déposer quoi que ce soit.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, je peux dire au député que s'il y a un expert en santé que nous n'écoutons pas, c'est bien le député de Carleton.
    Somme toute, nous avons des experts en santé partout au pays. Nous travaillons aussi avec des gens qui viennent du milieu scientifique, et nous continuerons de travailler avec eux pour nous assurer de présenter des politiques publiques solides.
    Comme l'a dit l'administratrice en chef de la santé publique du Canada, nous réévaluons constamment les politiques. Pourquoi? Nous le faisons parce que nous tenons à agir de façon responsable. Il est grandement irresponsable d'avoir baissé les bras il y a plusieurs mois et d'affirmer que les restrictions sont inutiles.

  (1310)  

[Français]

     Madame la Présidente, je voudrais rappeler à mon collègue de Winnipeg‑Nord que sa mère lui disait de toujours prendre la parole en apportant des éléments positifs aux conversations. J'ai retenu cela.
    De façon un peu plus sérieuse, j'aimerais que mon collègue puisse m'expliquer ce qu'est ArriveCan. Je suis revenu d'une mission il y a quelques semaines et j'ai été confronté à cette bureaucratie tout à fait inutile à mes yeux. Par conséquent, j'aimerais qu'il m'explique à quoi sert ArriveCan.

[Traduction]

    Madame la Présidente, les députés se souviendront qu'au début de mon intervention, j'ai dit qu'aujourd'hui était une journée spéciale, la journée de la vychyvanka, et que c'est pour cette raison que nous portons ces magnifiques chemises et blouses. Tout de suite après, j'ai affirmé que ma mère m'a toujours appris à essayer de dire quelque chose de positif, et c'était la seule chose positive que j'avais à dire. Le reste ne visait qu'à éclairer mes amis conservateurs sur les inconvénients de suivre aveuglément le député de Carleton, car ce dont il parle n'est pas dans l'intérêt de la santé ni du bien-être des Canadiens.
    Madame la Présidente, je dirais que lorsque des questions légitimes ne reçoivent pas de réponse directe, cela érode la confiance du public, à un moment où nous en avons besoin plus que jamais. Je suis en faveur de la vaccination et des mesures de santé publique autant que quiconque ici, mais il y a des questions légitimes au sujet des exigences liées à la vaccination pour les vols intérieurs, et le gouvernement refuse de fournir les renseignements de base dont nous avons besoin pour défendre ces politiques. Pourquoi en est-il ainsi?
    Madame la Présidente, je ne suis pas certain de bien comprendre où le député veut en venir. Je crois que le gouvernement a établi très clairement que nous allions continuer de nous appuyer sur les données scientifiques et sur les avis du ministère et des experts en santé. Si le député veut consulter ces informations, je l'invite à en parler avec le ministre de la Santé ou le secrétaire parlementaire, et c'est avec plaisir que nous accéderons à sa demande. Je suis certain que le député comprend que d'autres gouvernements ont aussi leurs experts et qu'il y a eu des moments où eux aussi ont imposé des mesures de confinement, des couvre-feux et l'obligation de porter un masque à l'intérieur et à l'extérieur. Il y a tout un assortiment d'activités touchées par les exigences relatives à la vaccination et je serai heureux de m'asseoir personnellement...
    Nous reprenons le débat. La secrétaire parlementaire du ministre des Affaires intergouvernementales, de l’Infrastructure et des Collectivités a la parole.
    Madame la Présidente, je suis heureuse de prendre la parole aujourd’hui, après mon ami et collègue, le secrétaire parlementaire, lors de ce débat important. Malheureusement, nous voyons le Parti conservateur politiser la santé et la sécurité des Canadiens depuis le début de la pandémie.
    J’ai eu le grand plaisir et la responsabilité d’être la secrétaire parlementaire de l’ancienne ministre de la Santé pendant une grande partie de la pandémie. J’ai assisté à de nombreuses réunions de comité avec les responsables de la santé, des experts, des témoins et des députés de tous les partis. Pendant ce temps, en plein cœur de la pandémie et lorsque nous devions traiter certaines questions cruciales, les conservateurs ont choisi de faire de l’obstruction. Ils ont décidé qu'ils allaient attaquer et « dominer » les libéraux à chaque étape de cette pandémie.
    Lorsque je vois la motion de l’opposition dont nous sommes saisis, cela me ramène à cette époque, et je me souviens de ce que les conservateurs ont apporté au débat et à notre pays pendant une de ces périodes difficiles que peu de générations connaîtront. Je me souviens de cette période pendant laquelle j’ai assumé ces fonctions au gouvernement. Je me souviens des conservateurs qui réclamaient à grands cris la fermeture des frontières et la mise en œuvre d'exigences plus strictes. Or, lorsque nous avons fait ce qu'ils demandaient, ils ont exigé avec véhémence que nous levions les exigences relatives à la vaccination et au port du masque. Ils ne se souciaient pas de la science ou des données probantes. Ils ne voulaient que « dominer » les libéraux. Si les conservateurs pouvaient gouverner ne fut-ce qu'une infime partie de ce pays, le Canada aurait de sérieux problèmes, car leurs politiques sont tout simplement à l’opposé de celles des libéraux.
    Les députés continuent de me chahuter parce qu’ils ne supportent pas de se faire « dominer » par une députée de ce côté-ci de la Chambre, et c’est précisément ce que...

  (1315)  

    Je regrette d'interrompre la secrétaire parlementaire. Pourrions-nous avoir un peu d'ordre dans la Chambre?
    Le député de Prince Albert invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, elle me « domine »? Je trouve cela insultant.
    Je suis désolée, mais ce n'est pas ce que j'ai entendu.
    La secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, le député d'en face a mal entendu. Je n'ai pas dit que je le dominais. J'ai dit que, quand il s'agit de débattre de politiques, nous « dominons » les conservateurs quant à la légitimité du débat.
    Je suis désolée d'avoir froissé le député, mais si cette expression lui pose problème...
    Le député de Prince Albert invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, je dois insister, parce que la députée tente de changer le sujet. Elle a dit: « Nous le dominons. » Pourrions-nous, s'il vous plaît, vérifier le hansard...
    Le secrétaire parlementaire veut s'exprimer sur le même recours au Règlement.
    Madame la Présidente, cette expression n'a aucune connotation. Dans ce contexte, l'expression « nous vous dominons » ne signifie pas...
    Nous reprenons le débat.
    Je prie la secrétaire parlementaire du ministre des Affaires intergouvernementales de ne pas utiliser cette expression.
    Le député de Prince Albert invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, entre cela et notre expression sur l'inflation...
    Nous passons au débat.
    Je demande à la secrétaire parlementaire d'éviter d'utiliser cette expression, qui suscite de vives réactions.
    La secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, ce n’est pas un problème. Je ne dirai plus rien qui risque d’exciter certains députés incapables de contrôler leurs émotions à la Chambre. Je vais passer à autre chose puisque, manifestement, ce que j’ai dit a perturbé les députés d’en face.
    Je voudrais simplement dire que, à la Chambre, les conservateurs ne fondent pas leurs décisions stratégiques sur les connaissances d'experts, des preuves scientifiques ou des témoignages qu’ils ont entendus au comité de la santé, quand j’étais membre de ce comité. Les députés d’en face disent qu’il faut écouter les scientifiques. Nous en avons entendu beaucoup. L'administratrice en chef de la santé publique, la Dre Tam, malgré son expertise, s’est fait attaquer personnellement par les conservateurs lorsqu’ils n’étaient pas d’accord avec ce qu’elle disait.
    Je trouve un peu fort de café d’entendre les conservateurs dire: « Nous avons besoin d’entendre des experts, nous avons besoin d’entendre des témoins ». Lorsque nous le faisons, que nous présentons de l'information, que nous convoquons des témoins en comité, que nous examinons des rapports et que nous avons accès à des témoignages d'experts, les conservateurs se mettent à attaquer personnellement l'administratrice en chef de la santé publique. Je constate que le chahut s’est interrompu, et c’est sans doute parce que les conservateurs savent que je dis la vérité. Ils savent pertinemment que certains d’entre eux se sont attaqués personnellement à des responsables de la santé publique quand ils n’étaient pas d’accord avec eux.
    Pour ce qui est de l’obligation vaccinale et des mesures sanitaires qui ont été imposées dans tout le pays pendant la pandémie, nous n’avons jamais cessé de dire pendant toute cette période qu’il n’y avait pas de solution miracle, que les vaccins étaient la façon la plus sûre et la plus efficace de lutter contre la pandémie, mais qu’il y avait aussi d’autres couches de protection, qui sont tout aussi importantes. Ces couches de protection contribuent à éviter que les gens tombent gravement malades et saturent nos salles d’urgence et nos hôpitaux, ce que les conservateurs semblent incapables de comprendre.
    Les couches de protection servent à protéger non seulement les plus vulnérables, mais aussi les entreprises, qui ne sont plus obligées de fermer leurs portes. Si nous éliminons toutes les couches de protection et que les entreprises sont obligées de fermer leurs portes, comment les conservateurs vont-ils pouvoir défendre celles-ci et leur venir en aide? Je me rappelle que les conservateurs ont refusé de leur venir en aide lorsque nous avons proposé des mesures dans le budget et dans le projet de loi C‑8. Ils ont voté contre les aides aux entreprises que nous avons proposées.
    Nous avons mis en place ces couches de protection parce que la pandémie n’est malheureusement pas terminée et que le virus circule encore, et qu’il faut protéger la société, les individus, les entreprises, les travailleurs de la santé et le système de santé. Ce sont ces gens-là que les députés qualifient de héros tout en s'attaquant personnellement à eux en comité ou en essayant de les discréditer dans les réseaux sociaux.
    Les conservateurs ont beau essayer de se positionner ou de présenter leur motion de façon à être perçus comme étant du côté des Canadiens, je constate que pendant toute la pandémie, ils ont régulièrement changé leur fusil d’épaule, au gré des aléas politiques.
    J’aimerais maintenant revenir sur certaines déclarations que j’ai entendues tout à l’heure. Certains députés ont accusé le gouvernement de chercher à punir les personnes qui ont une opinion différente ou qui veulent être libres de voir les choses différemment. Encore une fois, c’est un peu fort de café, surtout quand on repense à ce qui s’est passé hier soir. Les députés conservateurs ne sont pas libres d’écouter les scientifiques et ils ne sont pas libres d’exprimer leurs propres opinions. Hier, quand les députés de mon caucus ont procédé à un vote libre, ils se sont fait chahuter. Autrement dit, les conservateurs ont reproché aux députés libéraux d’avoir un vote libre, et le député d’Abbotsford a eu raison de parler des dangers que le député de Carleton représente pour la démocratie en contestant l’indépendance du gouverneur de la Banque du Canada. Qu’est-il arrivé au député d’Abbotsford? Il s’est fait limoger.

  (1320)  

    Pour les conservateurs, leur seule liberté de choix consiste à écouter la personne qui semble mener le bal à ce moment-là, qui qu'elle soit. Il est donc très difficile de les prendre au sérieux lorsqu’ils parlent de l’obligation vaccinale, de la santé et de la sécurité des Canadiens ainsi que de libertés, étant donné qu’ils n’ont même pas la liberté de penser et de s’exprimer comme ils l’entendent. Il est évident que le député d’Abbotsford a parlé avec franchise et il a pour cela été renvoyé à l’arrière-ban.
    Il est très difficile d’écouter les conservateurs se porter à la défense de la santé et de la sécurité des Canadiens alors qu’eux-mêmes refusent d’écouter les experts et les scientifiques ou de comprendre que les couches de protection qui ont été mises en place servent à protéger les Canadiens, à éviter aux entreprises de fermer leurs portes et à permettre aux gens de voyager. Ils font des comparaisons avec les autres pays, mais les Canadiens qui se rendent ne serait-ce qu'aux États‑Unis ont toujours besoin de se faire tester au préalable. Les États‑Unis imposent des mesures de protection. Je ne vois pas pourquoi le gouvernement du Canada ne ferait pas tout ce qui est nécessaire pour qu’il n’y ait pas d’autres confinements, que les entreprises puissent rester ouvertes, que les Canadiens soient protégés et que les héros du système de santé puissent continuer d’en assurer le bon fonctionnement.
    Si nous croyons vraiment à la liberté et à la nécessité de protéger les Canadiens, il ne faut pas écouter les conservateurs qui, eux, font obstacle à la liberté d’expression et ignorent leurs propres députés qui osent dire la vérité.
    Madame la Présidente, je me permets de lire une citation avant de poser une courte question à la secrétaire parlementaire.
    « Je ne peux pas m’empêcher de constater, à regret, que tant le ton que les politiques de mon gouvernement ont changé drastiquement à l’aube de la dernière campagne électorale et pendant la dernière campagne. D’une approche positive et rassembleuse, une décision a été prise d’adopter une approche qui divise et qui stigmatise. » C’est ce qu’a déclaré le député libéral de Louis-Hébert, en février dernier, à propos de ceux qui avaient décidé de politiser la question de la vaccination.
    Le président de l’Association canadienne des employés professionnels a rappelé qu’en mars dernier, l’obligation vaccinale était une mesure temporaire, et qu’il avait demandé au gouvernement de présenter un plan assorti d’un échéancier détaillé pour la levée de l’obligation vaccinale.

  (1325)  

    Madame la Présidente, je remercie sincèrement mon collègue d’avoir lu cette citation, car elle apporte de l’eau à mon moulin. En effet, elle montre bien que dans le caucus libéral, on peut exprimer librement son opinion. Je suis en partie en désaccord avec ce qu’a dit le député de Louis-Hébert, mais je le respecte en tant que collègue et en tant qu’ami. Avoir des opinions différentes rend nos discussions beaucoup plus saines et beaucoup plus intéressantes.
    J’aimerais bien que les conservateurs en tirent des leçons, mais ce sera alors à leurs risques et périls, car s’ils sont en désaccord avec le député de Carleton, ils peuvent fort bien se retrouver à l’arrière-ban.

[Français]

    Madame la Présidente, puisque notre collègue de Winnipeg‑Nord n'avait pas la réponse à ma question, je récidive auprès de mon autre collègue.
    Le gouvernement libéral a mis en place une nouvelle mesure très bureaucratique: ArriveCAN. Les voyageurs doivent télécharger l'application et y entrer des données avant leur départ et y entrer de nouvelles données à leur arrivée.
    Peut-elle me dire ce que donne de plus cette mesure, que je trouve inutile? À quoi sert-elle?

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’étais secrétaire parlementaire de la ministre de la Santé lorsqu’on a commencé à parler de cette question. Nous nous attendions à ce que les autres pays imposent des formalités supplémentaires aux voyageurs canadiens, et notre gouvernement a estimé qu’il fallait s’assurer que les Canadiens vaccinés puissent présenter la preuve de leur statut vaccinal. Il fallait aussi s’assurer que les moyens utilisés à cette fin étaient parfaitement sécurisés, afin d’assurer la protection des informations personnelles des Canadiens.
    L'application ArriveCAN a été conçue de façon à ce que les Canadiens puissent continuer de voyager tout en fournissant des informations sur leurs conditions de quarantaine, ce qui facilite leurs déplacements à l’étranger et permet, une fois arrivés à leur destination, l'accès à ces informations qui sont stockées de façon sécurisée.
    Uqaqtittiji, l’intention de cette motion est tout à fait louable, mais je pense que les perspectives sont un peu faussées. Il faut trouver des solutions concrètes. Au NPD, nous nous intéressons surtout aux travailleurs.
    Le gouvernement peut-il nous expliquer pourquoi il continue de sous-estimer le rôle crucial des agents de sécurité dans les aéroports? Est-il prêt à reconnaître qu’il ne fait pas assez d’efforts pour recruter du personnel?
    Madame la Présidente, je suis d’accord avec ma collègue pour dire que nous devons trouver des solutions concrètes. Nous devons nous assurer que les Canadiens comprennent le bien-fondé des gestes barrières dont j’ai parlé tout à l’heure. S’agissant du recrutement de nouveaux employés, nous devons absolument travailler avec nos partenaires. La députée n’ignore pas qu’une partie de ce travail est réalisée en collaboration avec des sociétés d’État ou des compagnies aériennes qui sont indépendantes, mais nous devons participer aux discussions. Nous devons nous assurer qu’elles embauchent suffisamment de personnel, afin que les Canadiens puissent continuer de voyager en toute sécurité malgré la pandémie.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps avec le député de Calgary Forest Lawn.
    J'ai eu la malchance d'écouter ce débat depuis un peu plus d'une heure. Je dis bien « la malchance » à cause de l'opacité absolue du gouvernement. Les députés libéraux refusent de répondre aux questions, même les plus simples. Ils prononcent des discours axés sur le député de Carleton, qui les obsède, alors que nous sommes censés discuter de la très sérieuse question du chaos dans les aéroports et des restrictions en vigueur.
    Plutôt que de parler de cela, les libéraux se lancent dans de longues diatribes sur l'indépendance, les autres députés et les questions de leadership. Nous devons nous demander pourquoi. S'ils ne peuvent pas parler du sujet qui nous occupe, c'est probablement parce qu'ils n'ont presque rien à dire. Voilà l’immense problème que nous avons avec le gouvernement et les députés qui participent au débat.
    Pourquoi sommes-nous ici? Jour après jour, des questions sont posées sur le moment où les exigences sanitaires prendront fin et sur les circonstances qui nous permettront d’en arriver à ce résultat. Il ne s'agit pas d'attaques partisanes ridicules, comme les députés d'en face semblent le laisser entendre. Je ne savais pas qu'ils étaient à ce point peu sûrs d’eux qu’ils considéreraient une question directe comme une terrible attaque partisane.
    Nous revenons sans cesse à la charge et nous posons des questions raisonnables. Nous avons présenté une motion, il y a longtemps, demandant simplement quelles conditions ou quels critères devaient être respectés pour qu’on lève les restrictions au pays. Il ne s'agit pas de demander qu'elles soient enlevées. Il s'agit de demander quels sont les critères utilisés et ce que les Canadiens pourraient envisager. Les libéraux ne voteraient même pas en faveur de cela. Le gouvernement ne peut rien faire d’acceptable dans des circonstances comme celles-là.
    Lorsque nous posons des questions, nous obtenons des réponses comme celle du ministre des Transports, qui a déclaré que les voyageurs ne savent plus comment procéder et que c’est pour cette raison que les aéroports sont engorgés. En fait, et c’est malheureux, c’est probablement la meilleure réponse que nous ayons eue d'un ministre ou d'un membre du gouvernement concernant ce qui se passe parce que, au moins, nous avons eu une réponse.
    Nous avons des questions, des questions concrètes, les questions que les Canadiens posent. Je sais que ces députés reçoivent les mêmes courriels des Canadiens. Ils ne peuvent pas vivre dans une drôle de bulle libérale où tout le monde pense que tout est parfait. Ils doivent bien se faire poser des questions sur ce qui se passe dans les aéroports et sur ce qu'ils vont faire pour y remédier. J’en reçois. Je parie que le Président en reçoit aussi.
    Nous présentons une motion comme celle-ci pour dire que les Canadiens en ont assez, qu’ils veulent que l'on passe à l'action. Ils veulent que quelque chose soit fait. Nous nous attendrions à une réponse raisonnablement sérieuse. Cependant, pour une raison quelconque, les Canadiens n’ont pas droit à cela. Quand nous sommes ici, nous sommes la voix non seulement des résidants de notre circonscription, mais aussi des autres Canadiens. C’est le genre de questions sérieuses qui sont posées. C’est tellement insultant pour eux. Je ne me soucie pas des insultes que les députés ministériels nous lancent. Nous pouvons les supporter. Nous ne sommes pas si fragiles de ce côté-ci. Nous pouvons tolérer les insultes, mais les Canadiens méritent des réponses.
    Nous avons entendu le député de Winnipeg‑Nord prononcer son discours. J’ai eu l’occasion de lui demander quel était le conseil, de qui il provenait, quelle en était la nature réelle et s’il pouvait le déposer. C’étaient des questions insensées et ridicules. Après tout, comment oserais-je demander aux libéraux de partager avec les Canadiens les conseils qu’ils ont reçus pour montrer pourquoi ils ne supprimeraient aucune des restrictions?
    Nous avons entendu les terribles histoires, et c’est pourquoi nous posons des questions. Nous avons entendu le député de Prince Albert parler d’une expérience terrible dont il a été témoin à l’aéroport. J’ai vu la même chose, des gens qui sont désespérés et qui ratent leur vol, des gens qui ont toutes sortes de problèmes. Le gouvernement n’a même pas un semblant de regret à ce sujet.
    C’est très bien ainsi. Si les libéraux ne veulent pas dire qu’ils sont désolés de ce que les Canadiens vivent, c’est leur affaire. Cependant, les Canadiens méritent une explication.

  (1330)  

    Les libéraux doivent tenir des réunions. Ils doivent parler à des experts, car ils disent: « Nous suivons les conseils des experts. » C’est si difficile que cela? Qu'ils laissent un os à ronger aux Canadiens. Ils pourraient nous donner une bribe d’information ou peut-être même déposer un dixième du rapport pour que nous puissions voir que ce rapport existe réellement, mais ils ne le feront pas. S’ils ne le font pas, nous devons nous demander pourquoi, n’est-ce pas?
    Quand un enfant va à l’école et dit que le chien a mangé ses devoirs, l’enseignante lui demande de lui montrer les morceaux déchiquetés avant de le croire. C’est ce que ces types font tout le temps. Ils disent que le chien a mangé leurs devoirs. Eh bien, ils devraient nous montrer les lambeaux, mais nous ne pouvons même pas les voir. Ils ne veulent même pas nous donner ce petit morceau.
    Les Canadiens sont exaspérés. Beaucoup d’entre eux ne peuvent pas voyager. Je ne sais pas si les députés ont entendu des histoires, mais j’en ai certainement entendu dans ma circonscription au sujet de personnes qui ne peuvent pas voyager et qui ratent toutes sortes de choses. Les libéraux peuvent dire: « Eh bien, prenez une voiture. » Cependant, une femme de 80 ans non vaccinée de ma circonscription ne peut pas parcourir de 1 800 à 3 000 kilomètres en voiture pour se rendre en Colombie-Britannique. Que répondent les libéraux? « Nous nous en fichons. Nous refusons de donner la moindre information sur le moment où cette personne pourra voyager. Nous refusons d’expliquer pourquoi elle ne pourra pas voyager. Nous refusons de donner la moindre indication quant au moment où elle pourra le faire. »
    C’est comme si nous demandions les choses les plus déraisonnables, les plus irréalistes. C’est ainsi que les libéraux dépeignent le débat. Ils ne peuvent pas répondre directement au débat. Ils ne peuvent pas y répondre de façon franche. S’ils voulaient réellement débattre de cette question, ils communiqueraient les conseils ils ont reçus pour que nous puissions tous en prendre connaissance et en débattre comme des adultes, mais ils ne le veulent pas. Ils préfèrent prononcer des discours et parler de l’ancien ministre du cabinet fantôme responsable des finances. Ils veulent parler du député de Carleton, parce que c’est tellement pertinent pour le débat. C’est tellement puéril et insultant pour les Canadiens qui posent les questions très sérieuses que nous soulevons dans cette motion que les députés d’en face les traitent avec autant de dédain et de manque de respect.
    Je ne peux pas le croire. Des Canadiens qui ne peuvent pas voyager, qui ne peuvent pas rendre visite à leur famille et à leurs proches, regardent ce débat et écoutent le genre de discours que ces gens prononcent, en plaisantant et en riant du député de Carleton. C’est plus que honteux. C’est embarrassant, et ils devraient être gênés de participer de cette façon.
    Nous voulons que les choses avancent pour les Canadiens. Nous voulons des réponses. Nous avons essayé de présenter une motion pour demander aux libéraux de publier des points de repère pour que tout le monde puisse les voir: quand nous arriverons à ceci, nous ferons ceci et quand nous arriverons à cela, nous ferons cela. Les libéraux ont rejeté la motion, malheureusement, avec l’aide du NPD. Un merveilleux député néo-démocrate a posé d’excellentes questions, mais les néo-démocrates ont également rejeté cette motion, et j’en suis déçu.
    Nous devons nous demander pourquoi les libéraux ne font rien de tout cela. C’est probablement parce qu’ils n’ont pas établi de plan, parce que c’est un gouvernement qui ne peut pas faire plus d’une chose à la fois, comme nous l’avons appris. Ils trébuchent en quelque sorte d’une crise à l’autre. Nous choisissons d'en rire et de dire: « Vous ne pouvez pas marcher et mâcher de la gomme en même temps. » C’est un peu ce qui se passe ici.
    Maintenant, nous sommes de retour à une autre motion disant: « Vous refusez de nous donner des points de repère; le reste du monde a avancé; on est en train d'y lever toutes ces restrictions, alors allons-y ». Allons de l’avant. Disons réellement que c’est ce que nous allons faire.
    Bien entendu, je voterai en faveur de cette motion. Je sais que les libéraux ne le feront pas, mais j’espère que les autres partis le feront. J’espère que les autres députés qui nous écoutent aujourd’hui décideront de ne pas parler du député de Carleton et qu’ils se lèveront pour débattre de cette question, car s’ils ne le font pas, cela nous dit exactement ce que nous devons savoir sur eux, c’est-à-dire qu’ils n’ont rien à offrir sur ce sujet.

  (1335)  

    Madame la Présidente, les députés qui ont écouté ce discours doivent croire que la motion d'aujourd'hui porte sur la communication des sources d'information à l'origine des décisions. Ce n'est pas le cas.
    Je ne sais pas si le député sait ce que propose la motion, mais je vais passer directement à la dernière ligne, qui indique ceci: « [L]a Chambre demande au gouvernement de rétablir immédiatement les règles et les niveaux de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les voyages ». C'est tout.
    La motion n'a pas pour objet de demander les informations qui nous ont permis de prendre des décisions, mais c'est pourtant ce dont le député a parlé pendant toute son intervention. La motion laisse entendre que la pandémie n'est jamais arrivée. Elle propose de reprendre une vie normale ou, comme le disent les conservateurs, de « rétablir » la situation comme elle était auparavant.
    Le député a-t-il lu la motion avant de décider de prendre la parole aujourd'hui?

  (1340)  

    Madame la Présidente, voilà un autre exemple de l'attitude de ce député et du gouvernement actuel. Ils ne veulent pas tenir de débat honnête sur certains sujets. Je leur demande de fournir les informations parce qu'ils prétendent, presque chaque fois qu'ils prennent la parole, s'appuyer sur des données scientifiques, et c'est pour cette raison qu'ils voteront contre la motion. C'est leur principal argument. Les libéraux disent que les données scientifiques ne leur permettent pas de lever les restrictions. Toutefois, quand on leur demande de fournir ces données scientifiques, ils n'ont rien à présenter. C'est renversant. Ils n'ont rien à ajouter au débat.

[Français]

    Madame la Présidente, j'écoute le débat assez attentivement aujourd'hui...

[Traduction]

    Je demanderais aux députés de cesser leurs conversations lorsqu'un autre député pose une question.

[Français]

    L'honorable député d'Abitibi—Témiscamingue peut reprendre sa question.
    Madame la Présidente, j'écoute le débat avec intérêt aujourd'hui et je me pose la question suivante. Je pense qu'on peut constater qu'il y a beaucoup de ratés dans la gestion des frontières des libéraux et dans toutes les mesures qu'ils ont voulu mettre en place au cours de la dernière année, mais je voudrais savoir ce que les conservateurs auraient fait, s'ils étaient au pouvoir. Dans quel genre de situation, serions-nous maintenant?
    Si on est à la fin d'un sixième vague, c'est peut-être parce que des mesures ont été mises en place et qu'elles ont fonctionné.
    Quel serait l'état des frontières si le gouvernement était conservateur? Qu'est-ce qu'il ferait de si différent?

[Traduction]

    Madame la Présidente, faute de temps, je ne pourrai pas passer en revue ce que nous avons fait différemment au cours des deux dernières années et demie, mais voici ce que nous ferions différemment en ce moment. Nous présenterions les barèmes pour le retour à la normale, car les Canadiens veulent revenir à la normale. Nous le voulons tous. Je rendrais publiques les données scientifiques sur lesquelles nous nous appuyons pour justifier l'impossibilité d'une réouverture immédiate. Nous dirions où nous en sommes, ce que nous visons et à quel moment certaines restrictions pourraient être levées.
    Où sont vos données scientifiques pour la motion, dans ce cas?
    Madame la Présidente, le député ne cesse de chahuter et de demander où sont mes données scientifiques. Ce n'est pas nous, le gouvernement. Nous n'avons pas accès aux données scientifiques dont dispose le ministère de la Santé. Pourquoi ne les produit‑il pas? Il ne l'a probablement pas fait parce qu'il n'arrive pas à faire grand-chose.
    Madame la Présidente, mon collègue d'en face a soulevé d'excellents points dans son discours, et je suis en grande partie d'accord avec lui.
    Pour en revenir à la motion à l'étude, on y demande de rétablir les règles qui étaient en vigueur dans les aéroports avant la pandémie. Je dirais que, tout comme le 11 septembre a changé à jamais notre approche en matière de sécurité dans les aéroports, certaines mesures de lutte contre la pandémie dans les aéroports méritent peut-être d'être considérées comme des solutions à long terme visant à protéger le pays dans une optique de santé publique. Le député est‑il d'accord?
    Madame la Présidente, j'ai du mal à comprendre quelles mesures vaudraient la peine d'être conservées. Je crois que la plupart ont rempli l'objectif pour lequel elles avaient été instaurées. Nous reconnaissons cela. Toutefois, je doute qu'il soit judicieux de les maintenir en place en permanence étant donné le chaos que cela cause dans les aéroports en ce moment. Si nous maintenons ces mesures en place définitivement, comment reviendrons-nous un jour à la normale? Car, là est le problème. Les Canadiens veulent revenir à la normale. Ils veulent un plan de retour à la normale. Si le gouvernement refuse de nous fournir ce plan, nous allons présenter une motion l'obligeant à ramener le pays à la normale.
    Madame la Présidente, toutes les provinces ont déjà levé leurs exigences relatives à la vaccination. Au Québec, les gens ne sont même plus tenus de porter un masque. N'est-ce pas là des preuves scientifiques suffisantes pour justifier notre démarche?
    Madame la Présidente, mon collègue a tout à fait raison. Nous pouvons aller au stade et assister à un match de hockey ou de basketball sans masque. Chaque soir, les députés participent à des réceptions dans des salles bondées sans porter de masque. Ils en portent un à la Chambre par contre. Oui, la situation évolue. Il est temps de lever les restrictions fédérales.
    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd’hui pour appuyer cette motion et exprimer, au nom de mes électeurs, l’inquiétude croissante que suscitent les retards pris dans le traitement des dossiers, à cause des libéraux. Le Canada est confronté à des retards massifs qui concernent les passeports, et les services aux vétérans et aux aînés, et le traitement des dossiers de 2,1 millions de personnes est paralysé par les arriérés à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Maintenant, nous constatons les mêmes retards dans les aéroports à cause de l’incohérence des politiques du gouvernement libéral. S’il y a une chose pour laquelle le gouvernement libéral est doué, c’est de rendre la vie de tout le monde misérable!
    L’exemple le plus frappant de mauvaise gestion du gouvernement est la pagaille dans laquelle se trouve notre système d’immigration. Cet exemple seul me servira à illustrer la mauvaise gestion dans les aéroports. Les personnes qui cherchent à venir dans le pays font face à des délais de traitement de plus en plus longs et à un manque total de communication. Leurs demandes disparaissent dans un gigantesque trou noir  bureaucratique, de même que leurs courriels et leurs appels téléphoniques. Les nouveaux arrivants peuvent se retrouver coincés, devant attendre des mois, voire des années, que leur dossier soit traité. C’est ainsi que des familles se retrouvent séparées de leurs proches et que des réfugiés sont abandonnés aux mains des talibans. Voilà les conséquences réelles des arriérés dans la vie de ces personnes.
    Le Canada est confronté à une pénurie de main-d’œuvre grave, et il y a un besoin réel de nouveaux immigrants qui peuvent combler les manques. Mais au lieu d’agir, le gouvernement laisse les nouveaux arrivants de la catégorie économique attendre dans l’incertitude. Au moment où je vous parle, la vie de 235 000 personnes est en suspens: des travailleurs qui ne peuvent pas contribuer à l’économie du Canada et des familles qui ignorent si elles auront un avenir ici.
    Pour les familles des nouveaux Canadiens, le parrainage familial est également un cauchemar. L’arriéré se chiffre maintenant à près de 109 000 demandes. Cela signifie que les familles restent séparées, que leur santé mentale en souffre et que les taux de divorce et de suicide sont en hausse. J’imagine que comme le mien, les bureaux de tous les députés entendent parler tous les jours de tels cas. Je parle à des électeurs qui me disent qu’ils ne savent pas quand ils verront leur conjoint ou leurs enfants. Ils se demandent comment continuer, et c’est déchirant.
    L’arriéré nuit également aux entreprises canadiennes et à notre économie. Les employeurs et les entreprises me disent que la situation des permis de travail et des travailleurs étrangers temporaires au Canada est alarmante. Mon bureau a entendu le témoignage d’une propriétaire de petite entreprise du Nord de l'Ontario. Elle ne parvient pas à trouver des travailleurs et ne peut actuellement compter que sur une seule personne titulaire d’un permis de travail pour aider son mari à gérer leur atelier de mécanique. En larmes, elle a expliqué que son dernier employé n’a pas pu renouveler son permis de travail à cause de l’arriéré créé par les libéraux. L’employé en question risque très probablement de perdre son statut et de devoir partir. Elle m’a dit qu’elle allait devoir fermer son atelier parce qu’il est impossible d’obtenir rapidement des études d’impact sur le marché du travail et des permis de travail. L’hôtellerie et le tourisme sont d’autres secteurs durement touchés par cet arriéré, mais si personne ne peut voyager ou se permettre de partir en vacances, je suppose que le gouvernement ne se soucie pas vraiment de cette situation.
    L’inflation a maintenant atteint 6,8 % — un nouveau sommet en 31 ans. Les prix des produits alimentaires connaissent la plus forte inflation depuis 1981 et le logement a augmenté de 22 % et le carburant de 64 %, mais le premier ministre et la ministre des Finances ont ignoré les difficultés des Canadiens. Les experts avertissent que l’inflation va continuer à croître alors que les salaires progressent à peine et ne suivent pas du tout au même rythme.
    Comme si l’inflation ne suffisait pas, le gouvernement est allé de l’avant et a augmenté une fois de plus la taxe sur le carbone. Et ce, après des années à donner des coups de pied au secteur de l’énergie quand il était en difficulté et à le détester quand il faisait des gains. Ces effets négatifs sur le secteur pétrolier et gazier ont une incidence directe sur notre capacité à payer l’épicerie et le chauffage domestique, ou à nous rendre au travail, si tant est que nous ayons un emploi. La politique non scientifique et vindicative du gouvernement en matière de COVID a fait de millions de Canadiens des citoyens de seconde zone. Cela inclut les employés du secteur public et les travailleurs des industries sous réglementation fédérale. Aux personnes qui exercent leur liberté de prendre leurs propres décisions médicales, le gouvernement retirera le droit de travailler, de voyager et d’être un Canadien ordinaire. Non seulement le gouvernement ne se contente pas de rendre la vie de chacun misérable sur le plan économique, mais il exerce également une discrimination à l’égard de nos concitoyens.
    Pour ceux qui peuvent voyager, c’est une misère sans fin. Si les Canadiens avaient l’intention de s’éloigner de l’inflation élevée et de la division des libéraux, ils auraient apparemment dû prévoir le faire dès qu’ils ont obtenu leur passeport. Pour une raison quelconque, le gouvernement ne semblait pas comprendre que si une personne a obtenu un passeport de cinq ans il y a cinq ans, elle doit le renouveler maintenant. Après deux années de confinement, il n’est pas surprenant que les Canadiens veuillent voyager et s’éloigner du gâchis que ces libéraux ont créé, mais ils ont même rendu la chose difficile. Le fait qu’en 2022, une personne doive faire la queue pendant trois jours ou plus ou payer des centaines de dollars pour que quelqu’un d’autre fasse la queue pour obtenir des services gouvernementaux essentiels est ridicule. Quel choix les gens ont-ils? La ligne d’assistance téléphonique n’est plus accessible et les gens ne parviennent pas à joindre un être humain capable de répondre à leurs questions ou de les informer de l’état de la situation. Le site Web leur dit d’appeler, donc la seule option est de faire la queue.

  (1345)  

    Comme dans le cas du système d’immigration, les demandes de passeports disparaissent dans le système. Les demandeurs ne peuvent même pas obtenir une estimation du moment où le gouvernement leur renverra leur passeport. Les Canadiens paient des frais plus élevés et font des paiements supplémentaires pour accélérer les demandes, mais rien ne se passe. Ce n’est pas ainsi que les choses devraient fonctionner. Au lieu de laisser les travailleurs du secteur public revenir au bureau, la solution du gouvernement consiste à injecter plus d’argent dans le problème et à promettre d’embaucher plus de travailleurs. Cela fait une belle annonce, mais nous avons vu ce que cette promesse a fait à IRCC; le nombre de demandes en souffrance n’a fait qu’augmenter.
    La réalité est que les libéraux ont à la fois échoué à la planification et planifié d’échouer. Après avoir gardé les employés de la fonction publique à la maison et mis en congé les travailleurs non vaccinés, le gouvernement n’a pas su se préparer à l’afflux de voyageurs et de demandes de passeport. Nous constatons maintenant que cet échec a des répercussions sur les files d’attente dans les aéroports. Les restrictions et les politiques désuètes liées à la COVID entraînent des retards importants. L’application ArriveCAN, les tests aléatoires et d’autres protocoles font que les services douaniers sont tellement débordés que certains aéroports n’ont pas assez de ressources pour faire face aux files d’attente. Les passagers se retrouvent donc coincés dans des avions sur l’aire de trafic, car ils n’ont nulle part où aller.
    Avant la pandémie, l'ACSTA comptait 7 400 employés et maintenant, même après avoir rappelé son personnel, elle n'en compte plus que 6 500. Les aéroports sont également confrontés à des pénuries de personnel en raison des mesures obligatoires et cela, au moment de l’année où les secteurs du transport aérien et du tourisme au Canada connaissent habituellement leur saison la plus occupée. Au lieu de travailler avec l'industrie et de s'attaquer aux vrais problèmes, le ministre des Transports préfère blâmer les passagers. Les gens en ont assez des longues files d'attente et des retards interminables des vols, et ils n’en peuvent plus des libéraux qui les blâment pour les échecs du gouvernement.
    Même les aéroports et les transporteurs aériens demandent la fin des restrictions désuètes et non fondées sur la science imposées aux voyageurs. L'Union européenne, le Royaume-Uni et de nombreux autres pays, dont beaucoup ont des niveaux de vaccination inférieurs à ceux du Canada, ont mis fin aux restrictions sanitaires. Dans ces pays, les familles peuvent retrouver leurs proches, les gens peuvent travailler sans faire l’objet de discrimination de la part du gouvernement et les voyages ne sont pas aussi chaotiques qu'au Canada. Les libéraux continuent de faire de la discrimination, de diviser les gens et de promouvoir la peur, et le Canada, notre économie et les Canadiens en font les frais. Le gouvernement semble vouloir faire le malheur du plus grand nombre possible de gens.
    Nous sommes toujours aux prises avec un système d'immigration incapable de répondre à nos besoins en main-d'œuvre, de permettre aux familles d'être réunies ou même de faire sortir nos amis et alliés des zones de guerre. La situation financière des Canadiens est catastrophique; l'inflation et l'incapacité des gens de suivre l’augmentation des prix ont atteint un point critique. Les secteurs canadiens du voyage et du tourisme sont dans le chaos. Les passeports sont impossibles à obtenir, et les files d'attente et les retards dans les aéroports sont interminables. C'est le résultat d'un gouvernement qui échoue à planifier et qui planifie l’échec.
    La pandémie de COVID‑19 nous a tous affectés, mais nous avons maintenant besoin d'une façon de faire qui permettra de réparer les immenses torts faits à tous les Canadiens. Nous avons aujourd'hui l'occasion d'appuyer cette motion et de montrer notre soutien à la population de notre pays. Je demande à mes collègues des autres partis de faire ce qui s'impose et de se joindre à l'opposition officielle pour demander au gouvernement de revenir aux règles et aux normes de service prépandémiques et de commencer à réparer son gâchis, mettant ainsi fin à la détresse de tous les Canadiens.

  (1350)  

    Madame la Présidente, je trouve que bon nombre des arguments avancés pendant le présent débat sont regrettables car, comme l’ont fait remarquer d’autres députés, il ne faut pas se servir de problèmes de santé publique pour diviser les Canadiens. Je sais que nous aimerions clore ce dossier et oublier que le Canada continue d'être confronté à une sorte de fracture idéologique.
    Je suis tout à fait d’accord pour qu’on réexamine les exigences vaccinales en fonction des politiques en vigueur et des données scientifiques les plus récentes des experts en santé publique. Je regrette toutefois que le député ait dit que ces mesures ont été mises en place parce que le gouvernement libéral, avec lequel j’ai de nombreux désaccords, avait pour objectif de rendre la vie misérable pour les Canadiens. Ces mesures ont peut-être créé des complications pour beaucoup de gens, mais je ne pense pas que c’était l’intention des libéraux, et je ne pense pas non plus que ce genre d’affirmation contribue à élever le débat.
    Madame la Présidente, la députée continue d’appuyer le gouvernement alors que celui-ci continue de rendre la vie des Canadiens misérable. Qu’il s’agisse des travailleurs du secteur de l’énergie ou des mauvaises politiques du gouvernement libéral, elle continue d’appuyer ce gouvernement. Chaque fois qu’elle en a eu l’occasion, la députée a appuyé les mauvaises politiques de ce gouvernement.
    Or, ces mauvaises politiques rendent la vie des Canadiens misérable. Nous le constatons tous les jours. Je me demande quelles preuves scientifiques le gouvernement libéral peut fournir aux Canadiens ou à qui que ce soit pour justifier le maintien de ces obligations vaccinales, qui sont une mesure punitive. Les libéraux ont fait un gâchis dans tous les secteurs.
    Ce que j’ai voulu dire dans mon intervention, c’est que peu importe le secteur ou l’industrie, le gouvernement réussit à rendre la vie de tout le monde misérable. Les gens qui essaient de venir au Canada ont déjà assez de difficultés sans qu'on en rajoute. Les gens qui y habitent sont misérables à cause de l'inflation galopante et de l'économie et parce qu'ils n’ont pas les moyens d'acheter une maison. Les gens qui veulent partir ne peuvent même pas le faire. Le gouvernement excelle à rendre la vie de tout le monde misérable.

  (1355)  

    Madame la Présidente, je vais relever le défi. Puisque le député parle de données scientifiques à l’appui de certaines politiques, peut-il indiquer à la Chambre quelles données scientifiques le Parti conservateur peut présenter pour étayer cette motion qui propose de revenir à la vie normale en rétablissant immédiatement les règles et les niveaux de service qui étaient en vigueur avant la pandémie en ce qui concerne les déplacements? Le député peut-il nous dire quelles sont les données scientifiques dont il dispose pour étayer la motion qui a été présentée?
    Madame la Présidente, c’est très facile de répondre à la question, parce que les Canadiens continuent de voir que le gouvernement libéral se comporte de façon hypocrite.
    Je suis allé en Europe avec le ministre de l'Immigration, et nous ne portions pas de masque là-bas. Que ce soit dans l'avion ou dans le train, personne ne portait de masque. Pourtant, lorsque nous sommes montés dans l'avion pour revenir au Canada, nous avons dû mettre un masque à cause des politiques bizarres du gouvernement, des politiques maintenant dépassées.
    Ce matin seulement, à la Chambre, une photo a été prise des députés de tous les partis, sans masques. Comment le député peut-il poser quelque question que ce soit sur les exigences sanitaires et les restrictions, alors que les députés de son propre parti ne respectent même pas les règles qu'ils ont établies? Voilà la question que je pose au député.
    Madame la Présidente, j'aimerais revenir sur un sujet dont nous avons parlé tout au long de ce débat, à savoir l'incohérence et l'hypocrisie que nous observons de la part du gouvernement libéral. Je me demande si le député peut nous en dire plus sur la frustration qu’il ressent du fait que nous ne pouvons pas obtenir de réponse directe concernant les données ou les preuves scientifiques sur lesquelles le gouvernement s’appuie pour imposer ces mesures sanitaires.
    Madame la Présidente, mon honorable collègue a utilisé le mot « frustration ». Beaucoup de gens ont ressenti de la frustration lorsque, en pleine quatrième vague de COVID, le premier ministre a agi très égoïstement en déclenchant des élections et en jetant ainsi tout le pays dans une crise sanitaire. Il n’avait aucun problème à faire cela. En même temps, il abandonnait les interprètes afghans qui ont servi le Canada et assuré la sécurité de nos troupes. Cela montre bien l'hypocrisie du gouvernement.
    Le gouvernement ne voyait aucun problème avec tout cela, mais il considérait qu’il fallait punir et confiner les personnes qui avaient fait des choix de santé différents de ceux du premier ministre ou des libéraux. Toutefois, le premier ministre a accepté de lancer tout le monde, vacciné ou non, dans des élections égoïstes. Ce qui s'est passé, c'est qu'on a dépensé beaucoup d’argent pour des élections qui se sont soldées par un remaniement ministériel coûteux. L'hypocrisie est omniprésente au sein du gouvernement, et les Canadiens s’en rendent compte.
    Madame la Présidente, je veux profiter de l'occasion pour rectifier les faits. Je n'appuie pas le budget libéral; j'ai voté contre. Beaucoup croient que je soutiens continuellement les libéraux. Je suis une députée du Parti vert et non du NPD.

DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Le Mois du patrimoine asiatique

    Madame la Présidente, en ma qualité de secrétaire parlementaire du ministre du Logement et de la Diversité et de l’Inclusion, je suis fier de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui pour souligner que mai est le Mois du patrimoine asiatique, ainsi que pour remercier les Canadiens d'origine asiatique de leurs immenses contributions à notre pays.
    Au Canada, la diversité est un fait et l'inclusion, un choix. Il y a encore à faire pour rendre le Canada véritablement égal envers tous. Au cours des deux derniers siècles, des immigrants sont venus au Canada en provenance d'Asie de l'Est, d'Asie du Sud, d'Asie occidentale et d'Asie du Sud-Est, emportant avec eux un riche patrimoine composé de nombreuses langues, ethnies et religions.
    Bien que la communauté asiatique soit elle-même très diversifiée, nous sommes aussi unis lorsqu'il s'agit de bâtir des communautés solides et de lutter contre la haine et la discrimination sous toutes leurs formes. J'ai été fier de célébrer le Mois du patrimoine asiatique ce mois-ci avec des amis, des collègues et des résidants de ma circonscription, et je me réjouis à l'idée de continuer à représenter les Canadiens d'origine asiatique à la Chambre.

  (1400)  

La faim dans le monde

    Madame la Présidente, à l'étranger, la sécheresse, les conflits et les guerres plongent chaque jour des millions de personnes dans la famine. La plupart de ces souffrances sont tout à fait évitables. Ma fille travaille actuellement en Ukraine dans le cadre du Programme alimentaire mondial des Nations Unies. Ils font des miracles dans des conditions extrêmement dangereuses, simplement pour apporter à manger aux plus démunis.
    Depuis le début de la guerre en Ukraine, ils ont nourri 3,7 millions de personnes dans ce pays seulement. Des millions de gens en Ukraine et ailleurs dans le monde souffriront de la faim cette année à cause de la guerre de Poutine. Cette guerre de la Russie, menée par un dirigeant mégalomane, entraînera une hausse des coûts des aliments partout sur la planète. Nous en voyons déjà les effets, et la situation empira encore cette année, avec les récoltes qui ne pourront pas être faites.
    La solution la plus rapide pour réduire la faim dans le monde est de terrasser la machine de guerre russe. Nous avons un rôle à jouer pour réduire la faim dans le monde.

[Français]

Nova Oculus

    Madame la Présidente, la semaine dernière, j'ai rencontré les représentants de Nova Oculus, une entreprise canadienne qui fait progresser un nouveau dispositif médical prometteur pour traiter de la dégénérescence maculaire liée à l'âge, ou DMLA.
    Cette maladie incurable qui touche près de 2 millions de Canadiens est la principale cause de perte de vision chez les Canadiens de plus de 50 ans. Nova Oculus attend actuellement l'approbation réglementaire de Santé Canada pour une nouvelle forme de traitement de la DMLA qui utilise des formes d'ondes et des micro-courants directement appliqués à la rétine.
    Lors des essais cliniques récemment terminés, les participants ont vu des résultats immédiats et une amélioration visuelle optimale après seulement quatre traitements de quatre minutes. Ils ont vu des améliorations relatives à leur capacité à regarder la télévision, à reconnaître les visages et à fonctionner dans leur environnement.
    Notre gouvernement reconnaît que, l'un des problèmes les plus importants qui touchent les aînés, c'est l'impossibilité de rester chez eux plus longtemps et de maintenir une bonne qualité de vie. Je félicite donc Nova Oculus pour sa passion et sa détermination à offrir aux aînés canadiens atteints de DMLA la capacité de conserver leur vision et de profiter des années d'or de leur vie.

La Journée mondiale des médecins de famille

    Monsieur le Président, c'est aujourd'hui, en ce 19 mai, que nous célébrons la Journée mondiale des médecins de famille.
    Je tenais à les féliciter tous et toutes pour leur travail essentiel au cœur de notre système de santé. Ce sont les médecins les plus proches des patients, avec qui ils établissent une relation personnalisée, durable et centrée sur la prévention. Cela prend donc des personnes bien spéciales avec beaucoup d'empathie et de compassion pour s'occuper de cette fonction au carrefour de la science médicale. Ils sont en première ligne et ils méritent d'être salués pour leur rôle crucial, surtout après des années de pandémie à s'adapter sans cesse à de nouvelles données avec un dévouement sans relâche.
    Il nous en faudrait plus, c'est sûr. Pour y arriver, la moindre des choses, c'est de commencer par les remercier chaleureusement. Je remercie les médecins de famille du fond du cœur.

Le Centre d'excellence en thérapie cellulaire

    Monsieur le Président, l'un des pôles internationaux de recherche sur la thérapie cellulaire se trouve au cœur d'Hochelaga. Le Centre d'excellence en thérapie cellulaire et l'un des seuls centres de cette ampleur au Canada.
    Je félicite le Dr Denis Claude Roy et son équipe pour leur travail exceptionnel et pour leur engagement à changer la vie de nombreux patients. La recherche ne vise rien de moins que de guérir l'inguérissable. La thérapie cellulaire, c'est utiliser des cellules humaines vivantes comme des médicaments pour détruire les cellules cancéreuses, remplacer un système immunitaire défectueux ou, un jour, éliminer la leucémie. C'est une véritable révolution en médecine qui ouvre la porte à des traitements innovateurs pour des maladies comme l'Alzheimer, les maladies génétiques, l'insuffisance cardiaque et d'autres maladies. La thérapie cellulaire constitue la médecine de demain, et c'est dans Hochelaga que cela se passe.

  (1405)  

Renaud Fournier

    Monsieur le Président, je veux aujourd'hui rendre hommage à un grand entrepreneur canadien qui nous a quittés.
    M. Renaud Fournier est l'exemple parfait de la diversification économique de la ville de Thetford Mines. En 1960, les mines d'amiante et son « or blanc », comme on appelait la fibre de chrysotile à l'époque, étaient au cœur de l'économie de notre région. C'est à ce moment que Renaud Fournier a fondé son atelier de ferblanterie et de soudage de pièces métalliques. Les mines étaient, à l'époque, ses seuls clients. Il est rapidement devenu indispensable, et son travail acharné lui a permis de réaliser ses ambitions d'entrepreneur.
    Au cours des six décennies suivantes, Fournier Steel Works est devenu Les Industries Fournier et, aujourd'hui, le Groupe Fournier. Renaud Fournier était un investisseur visionnaire. Sa notoriété dans l'industrie minière est maintenant mondiale. Le développement de nouveaux produits lui a permis de diversifier sa production. Dès 1999, il a préparé la relève et, grâce à lui, Les Industries Fournier poursuivent son rôle de développeur économique majeur pour la région de Thetford Mines.
    Au nom de mes collègues de la Chambre des communes, j'offre mes condoléances à son épouse, Janine, à ses enfants, Pierre, Daniel, Brigitte et Josée, et à tous les employés des Industries Fournier.

[Traduction]

Kannadigas

    [Le député s'exprime en kannada et fournit la traduction suivante]
    Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de parler dans ma langue maternelle, le kannada, au sein du Parlement du Canada. Lorsqu'un homme qui vient du village de Dwalaru, situé à Sira, dans le district de Tumkur, dans l'État de Karnataka, en Inde, est élu député au Parlement du Canada et qu'il prend la parole dans sa langue maternelle, le kannada, c'est un moment de fierté pour 50 millions de Kannadigas.
    En 2018, les Kannadigas canadiens ont célébré le Kannada Rajyostava, ou la journée de l'État, au Parlement du Canada.
    J'aimerais terminer mon intervention avec quelques mots de poésie — pour traduire mon émotion — écrits par le poète national Kuvempu et chantés par le meilleur des acteurs, Rajkumar: « Où que tu sois, quoi que tu sois, sois un Kannadiga ».
[Traduction]

L'attaque à Buffalo, dans l'État de New York

    Monsieur le Président, une autre collectivité est absolument atterrée après qu'un suprématiste blanc a ouvert le feu dans un supermarché de Buffalo, tuant 10 personnes et en blessant trois autres. La plupart des victimes étaient des membres de la communauté noire.

[Français]

    Il faut reconnaître la douleur, la peur et le traumatisme que cela cause aux communautés noires, ici aussi.

[Traduction]

    Il s'agit d'un abominable crime haineux motivé par le racisme anti-Noirs et la prétendue « théorie du remplacement des Blancs ». Certaines personnes de ce côté-ci de la frontière se sont empressées de dire que cette attaque s'était produite aux États‑Unis et que nous n'avions pas les mêmes problèmes que ce pays. Or, Buffalo n'est qu'à 90 minutes en voiture de ma circonscription, Milton, et des événements comme celui-ci se produisent aussi au Canada. La famille Afzaal a été assassinée à London il y a à peine un an.
    L'extrémisme violent de droite est la plus grande menace pour la sécurité publique en Amérique du Nord et il touche de manière disproportionnée les communautés noires, juives, musulmanes et autochtones ainsi que d'autres personnes de couleur. Le Canada n'est pas à l'abri de la suprématie blanche. Un crime haineux à caractère idéologique est un crime de trop. Nous devons trouver des façons de mettre un terme à ces attaques haineuses. Je refuse de penser qu'elles sont inévitables dans la société d'aujourd'hui.
    Nous sommes des dirigeants. À la Chambre, nous sommes obligés de dénoncer sans équivoque les discours haineux à chaque occasion avec nos mots et nos actions, mais aussi avec de meilleures politiques et de meilleures lois. Les pensées et les prières ne rendent pas les collectivités plus sûres.

La journée de la vychyvanka

    Monsieur le Président, traditionnellement, la journée de la vychyvanka est l'occasion de célébrer la richesse de la culture et des traditions de l'Ukraine et de les partager avec le monde. Cependant, cette année, c'est l'occasion de faire preuve de solidarité envers ce pays.
    Aujourd'hui, alors que nous jouissons chez nous d'une paix et d'une sécurité que nous tenons souvent pour acquises, notre chère Ukraine souffre de l'invasion illégale et injustifiée à grande échelle de Vladimir Poutine. Depuis 87 jours déjà, les soldats et les civils ukrainiens se battent courageusement, parfois au péril de leur vie, pour protéger les valeurs fondamentales auxquelles nous croyons tous.
    Il est temps de nous poser la question suivante: quelle serait la conséquence de ne pas soutenir l'Ukraine dans ce combat? Les dictateurs et les despotes du monde entier sauraient qu'ils peuvent redessiner les lignes d'une carte par la force et s'en tirer à bon compte.
    L'Ukraine se défend vaillamment contre les envahisseurs russes. Le Canada doit égaler cette bravoure en fournissant à l'Ukraine ce dont elle a le plus besoin: un plus grand nombre d'armes létales.
    Si nous croyons en la protection de la dignité, de la liberté, de la démocratie et des droits de la personne, nous devons reconnaître que c'est aussi notre combat. Le Canada doit toujours être solidaire de l'Ukraine.
    Slava Ukraini. Heroyam slava.

[Français]

La Semaine de l'innovation canadienne

    Monsieur le Président, la Semaine de l'innovation canadienne est une célébration de cinq jours pour souligner et soutenir les génies canadiens dans tous les secteurs. Nous rendons hommage aux entrepreneurs et aux innovateurs qui changent le monde, une idée à la fois.
    Les innovateurs canadiens sont bien positionnés pour faire face aux défis et les surmonter, y compris le défi mondial le plus pressant: le changement climatique.
    La ville de Vaughan est un exemple de créativité novatrice en plein essor. Véritable plaque tournante pour les secteurs de la fabrication et de la transformation agroalimentaire, elle abrite aussi le premier hôpital intelligent du Canada et de nouveaux incubateurs d'entreprises.
    L'innovation est essentielle pour notre société et notre économie. Les innovateurs et les entrepreneurs renforcent l'écosystème des innovations du Canada, et nous serons toujours là pour les aider à s'améliorer et à être plus compétitifs.

  (1410)  

[Traduction]

L'inflation

    Monsieur le Président, l'inflation n'est pas comme la météo. Ce n'est pas quelque chose qui survient simplement comme une tempête de neige en mai. L'inflation que subissent les Canadiens aujourd'hui est le résultat direct des déficits accumulés par le premier ministre, qu'il a financés en recourant à la planche à billets de la Banque du Canada.
    Lorsque le premier ministre n'a plus été en mesure d'emprunter l'argent des autres, il s'est tourné vers la Banque, et le gouverneur n'a été que trop heureux d'acquiescer à sa demande. La Banque du Canada a généré plus de 400 milliards de dollars d'argent frais pour acheter des obligations du gouvernement afin de couvrir les dépenses incontrôlées des libéraux.
    Chaque fois qu'il faut plus d'argent pour acheter moins de biens, il y a de l'inflation. La décision de financer les dépenses déficitaires du gouvernement a sapé l'indépendance de la Banque. Celle-ci a un mandat principal: maintenir l'inflation à 2 %. Elle a complètement échoué. Les Canadiens ont raison de demander des comptes.
    Pour rétablir l'indépendance de la Banque, ses dirigeants doivent cesser d'agir comme s'il s'agissait du guichet automatique personnel du premier ministre. Comme le disait Milton Friedman, « [l]'inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ». Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que le premier ministre le sache. Il se vante de ne même pas penser à la politique monétaire.

Les pensionnats

    Monsieur le Président, la semaine prochaine, ce sera le premier anniversaire de la découverte de 215 tombes anonymes à l’ancien pensionnat de Kamloops. L’annonce de cette découverte a créé une onde de choc au Canada et partout dans le monde. Elle a ouvert les yeux de milliers de Canadiens et de personnes d’autres pays sur les horreurs des pensionnats autochtones.
    J’offre mes plus sincères condoléances aux survivants des pensionnats. Je remercie ceux qui ont fait preuve d’une incroyable bravoure en racontant leur histoire. Leur expérience compte, leur voix compte et leur histoire compte.
    Les Secwépemc ont un mot pour désigner ceux qui ne sont jamais revenus des pensionnats: le estcwéý, qui se traduit par « les disparus ». Maintenant, notre pays accompagne dans leur deuil ceux qui ont perdu un ami, un proche ou un être aimé.
    Que la lumière éternelle brille sur le estcwéý. Nous ne les oublierons jamais.

La lauréate du prix Shaughnessy Cohen pour une œuvre politique

    Monsieur le Président, je suis ravie d'intervenir à la Chambre aujourd'hui pour rendre hommage à la lauréate du prix Shaughnessy Cohen pour une œuvre politique, qui a été décerné au 35e gala annuel La politique et l'écrit plus tôt cette semaine. Les finalistes de cette année étaient extrêmement talentueux, mais c'est Joanna Chiu, une journaliste canadienne, qui a remporté cet honneur pour son tout premier ouvrage, intitulé China Unbound: A New World Disorder.
    Je veux remercier les commanditaires et les merveilleux organisateurs du gala La politique et l'écrit d'avoir organisé une soirée aussi amusante et d'avoir recueilli 300 000 $ pour la Société d'encouragement aux écrivains du Canada, un organisme fort important qui a comme mission de promouvoir, soutenir et célébrer la littérature et les écrivains canadiens. Je tiens aussi à saluer tout particulièrement la maison d'édition de China Unbound, House of Anansi Press, qui se trouve dans Davenport, la circonscription de Toronto que je représente.
    Le Canada possède une très riche culture littéraire et compte de nombreux écrivains talentueux. Nous devons reconnaître et honorer leur travail et leur contribution au débat politique, tant au Canada qu'à l'étranger.
    Je félicite la Société d'encouragement aux écrivains du Canada d'avoir organisé cet événement couronné de succès, ainsi que Joanna Chiu de son formidable exploit.

  (1415)  

    Je voudrais saisir cette occasion pour demander à nos amis qui se trouvent dans les couloirs ou à l'extérieur des couloirs de faire moins de bruit parce que nous les entendons jusqu'ici. Il est bien beau de s'amuser, de rire de certaines blagues et d'être heureux de se voir, mais nous parlons d'enjeux sérieux ici, à la Chambre des communes.
    La députée de Churchill—Keewatinook Aski a la parole.

Clifford Evans

    Monsieur le Président, j'aimerais aujourd'hui rendre hommage à Clif Evans, qui s'est éteint plus tôt ce mois-ci. Clif a porté plusieurs chapeaux dans sa vie: hôtelier, maire de Riverton, député provincial d'Interlake, adjoint de l'ex-ministre Steve Ashton dans le gouvernement néo-démocrate et, plus récemment, l'un des piliers de mon équipe de circonscription.
    Clif a multiplié les réalisations. Quand il était maire autant que lorsqu'il était député, il s'est battu pour les gens de sa collectivité. La protection contre les inondations, l'amélioration du réseau routier et le soutien aux pêcheurs comptent parmi ses hauts faits.
    Clif était aussi un grand néo-démocrate. Même si les progressistes-conservateurs ont tenté, au milieu des années 1990, de truquer les élections pour se débarrasser de lui, il avait une capacité exceptionnelle à rallier les gens au-delà des lignes de parti. Il était très fier de ce qu'il faisait au sein de l'association des anciens députés du Manitoba.
    Nous nous souviendrons toujours de Clif comme d'un homme proche des gens qui était le bienvenu partout, aussi bien en région rurale que parmi les Premières Nations, qui le considéraient comme un des leurs. C'était aussi un mentor hors pair, et il a su faire profiter de très nombreuses personnes de ses conseils, à commencer par moi. C'était une fierté de travailler avec Clif, et je suis ravie de l'avoir connu. Il manquera à beaucoup d'entre nous.

[Français]

La Journée mondiale des abeilles

     Monsieur le Président, nous célébrons, le 20 mai, la Journée mondiale des abeilles.
    Cette année, cette journée a une signification particulière alors que plusieurs de nos apiculteurs ont perdu une grande quantité de leurs abeilles, le taux de mortalité pouvant se rendre jusqu'à 80 %. Aucune production ne peut se permettre une telle perte.
    Les producteurs étaient réunis hier en conférence de presse pour sonner l'alarme. Ils ont besoin de soutien. Les températures plus élevées dues au changement climatique ont un effet dévastateur et les producteurs réclament une aide d'urgence. Nous nous devons d'être au rendez-vous.
    Il faudra aussi trouver des solutions à long terme pour préserver nos précieux pollinisateurs dont dépendent nos cultures. C'est pourquoi j'ai déposé une motion en ce sens en comité.
    Les abeilles jouent un rôle clé dans l'environnement, l'agriculture et l'alimentation. Il est de notre devoir de les protéger.

[Traduction]

Les exigences relatives à la vaccination

    Monsieur le Président, en perpétuant ses exigences punitives en matière de vaccination, le premier ministre se trouve ni plus ni mois à prolonger les effets de la COVID. L'hypocrisie est sa marque de commerce, mais les gens ont des yeux pour voir et ils ont remarqué qu'il porte son masque quand il est au Canada, mais qu'il l'enlève dès qu'il part se balader à l'étranger. Il l'avait par exemple pour rencontrer le prince Charles hier à Ottawa, mais il ne l'avait pas quand il a rencontré la reine en Angleterre. Au lieu d'inspirer la confiance et la rigueur, il continue de semer la peur et d'alimenter les divisions.
    De nombreux Canadiens se demandent d'ailleurs pourquoi. J'imagine que c'est parce que c'est plus facile de contrôler les gens s'ils sont craintifs et apeurés. Quel bel abus de pouvoir.
    Le premier ministre répète sans cesse aux Canadiens qu'il suit les recommandations des scientifiques et des spécialistes, mais deux questions se posent malgré tout: quels scientifiques? Quels spécialistes? Les provinces aussi se fient aux scientifiques et elles ont abandonné leurs restrictions. D'autres pays ont fait de même. La question est donc: y a-t-il des données scientifiques que le premier ministre serait le seul à connaître et qu'il refuse de dévoiler au reste d'entre nous?
    La réalité, mes amis, c'est que les Canadiens méritent mieux que cela. Ils demandent au premier ministre d'arrêter de s'entêter inutilement et d'enfin penser à leurs intérêts à eux. Il est temps de laisser tomber les restrictions sanitaires.

La journée de la vychyvanka

    Monsieur le Président, nous célébrons aujourd'hui la journée de la vychyvanka, la chemise brodée ukrainienne, et je suis très fier de porter la vychyvanka que mes grands-parents Ivan et Olena ont confectionnée pour moi il y a de nombreuses années.
    Auparavant, je portais cette chemise pour honorer mes grands-parents et pour célébrer mon patrimoine, mais cette année, c'est différent. Pour les Ukrainiens, cette chemise brodée n'est pas qu'un vêtement. Elle est aussi un symbole sacré de la culture, de la tradition et de l'histoire ukrainiennes depuis des temps immémoriaux. La tradition de la broderie est transmise d'une génération d'Ukrainiens à l'autre, à l'instar du désir de liberté de même que du courage et de la détermination pour la défendre. Or, les Ukrainiens ont fait preuve de ce courage et de cette détermination depuis que la Russie a envahi leur pays le 24 février.
    Cette année, à l'occasion de la journée de la vychyvanka, des gens du monde entier portent une chemise brodée ukrainienne pour témoigner de leur appui aux Ukrainiens. Cette année, non seulement nous honorons nos ancêtres et nous célébrons le patrimoine ukrainien, mais nous sommes résolument solidaires des Ukrainiens. Je n'ai jamais été aussi fier de porter ma vychyvanka.
    Slava Ukraini.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

  (1420)  

[Français]

La santé

    Monsieur le Président, depuis deux ans, les Canadiens font des sacrifices pour affronter la COVID‑19. Ils sont restés chez eux. Ils se sont fait vacciner en grand nombre. Ils se sont testés. Ils ont porté des masques.
     Deux ans plus tard, guidés par la science, la majorité des gouvernements ont retiré les mesures sanitaires et redonné un peu d'air à leurs citoyens. Tous les gouvernements l'ont fait, sauf un. Un seul gouvernement refuse d'admettre que les efforts des citoyens méritent d'être reconnus après tant de sacrifices. Pourquoi est-ce le cas?
    Monsieur le Président, aujourd'hui nous en savons plus que jamais sur la COVID‑19. Cependant, nous avons parcouru du chemin depuis mars 2020.
    Nous disposons de vaccins sûrs et efficaces et notre population est hautement vaccinée. Notre gouvernement continuera de prendre des décisions fondées sur la science et ajustera ses consignes et mesures de santé publique selon l'évolution de cette vague du virus.
    Monsieur le Président, ce qu'on voit, c'est que l'entêtement idéologique des libéraux, non supporté par la science ni aucun avis scientifique reconnu, fait mal aux Canadiens.
    Ce qui se passe dans les aéroports au Canada démontre clairement que ce gouvernement NPD-libéral est complètement dépassé et ce sont les voyageurs qui en font les frais: des files d'attente interminables et des passagers prisonniers de leur avion pendant des heures.
     Ce chaos était prévisible, mais, encore une fois, les libéraux n'ont rien vu et ne font rien. Ah oui, ils font quelque chose: ils blâment les voyageurs. Quand le premier ministre va-t-il mettre fin aux mesures sanitaires dans les aéroports?
    Monsieur le Président, nous nous sommes dotés d'outils de dépistage et de surveillance qui nous permettent à la fois d'identifier les variants préoccupants et de surveiller la transmission du virus. Nous avons également de nouveaux traitements qui peuvent éviter à certains patients de tomber gravement malades.
    Les conservateurs ont un choix à faire aujourd'hui.

Les programmes gouvernementaux

    Monsieur le Président, faisons le bilan du gouvernement: émission des passeports, le chaos; Service Canada, le chaos; immigration, le chaos; assurance-emploi, le chaos; gestion de la Chambre, le chaos; gestion des frontières, le chaos; gestion de l'inflation, le chaos.
    Tout ce que touche ce gouvernement libéral est un échec lamentable. Est-ce que le ministre responsable de ce chaos peut se lever?
    Monsieur le Président, comme nous le savons, nous avons passé deux années de pandémie. Nous sommes maintenant dans une période de transition. Les Canadiens ont suivi les règles. Ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour s'assurer qu'eux et leurs amis étaient protégés.
    Nous remercions les Canadiens. Le gouvernement du Canada sera là pour les aider. Justement, nous sommes en train de mettre des mesures en place pour assurer que les Canadiens reçoivent les services dont ils ont besoin.

[Traduction]

L'industrie du transport aérien

    Monsieur le Président, une autre journée est passée, et il y a toujours plus d'histoires d'horreur en provenance des aéroports canadiens. Tandis que le ministre des Transports blâme les Canadiens qui auraient perdu l'habitude de voyager pour les engorgements dans les aéroports, voilà maintenant que la secrétaire parlementaire prétend qu'il s'agit d'un phénomène mondial. C'est faux.
    Le gouvernement n'a pas admis la moindre responsabilité. Il n'a toujours pas dévoilé les conseils qu'il prétend suivre pour imposer les restrictions dans les aéroports.
    Quand le gouvernement va-t-il présenter des excuses à tous les voyageurs qui ont raté leur vol à cause de son incompétence?
    Monsieur le Président, nous comprenons à quel point ces longues files d'attente et ces retards dans les aéroports sont frustrants pour les Canadiens. Nous pouvons toutefois leur assurer que nous nous efforçons de régler la situation le plus rapidement possible. Comme je l'ai dit un peu plus tôt, nous avons embauché environ 400 nouveaux agents de contrôle, qui en sont à différentes étapes de leur formation à travers le pays. Nous prenons des mesures positives en formant des groupes de travail avec l'ACSTA, l'ASFC, l'ASPC et d'autres partenaires du secteur de l'aviation. Ces groupes se réunissent plusieurs fois par semaine pour trouver des solutions aux engorgements qui provoquent ces retards.
    Nous demandons aux Canadiens de faire preuve de patience tandis que nous travaillons d'arrache-pied avec l'ACSTA et le secteur aérien pour trouver une solution.

La santé

    Monsieur le Président, les aéroports du pays sont encore paralysés, et le gouvernement blâme les gens. Des Canadiens doivent attendre pendant des mois avant de recevoir leur nouveau passeport, et le gouvernement leur dit d'arriver à 4 heures du matin pour faire la file. Le gouvernement dit qu'il est désolé, mais que pour obtenir des services gouvernementaux de base, il faut prendre un numéro. Selon la secrétaire parlementaire, ce sont des conseils de la santé publique qui empêchent 4 millions de Canadiens de voyager au Canada et qui rendent nécessaires les tests imposés à 4 000 voyageurs chaque jour.
    Quels sont exactement ces conseils que la secrétaire parlementaire a vus, mais que personne d'autre à la Chambre n'a vus?

  (1425)  

    Monsieur le Président, je suis consciente qu'après avoir passé deux ans à rester chez eux et à faire tout leur possible pour se protéger et pour protéger leurs proches, les Canadiens désirent maintenant voyager.
    Nous comprenons que la demande est très forte. On n'avait pas vu un tel volume de demandes depuis 2006, lorsque les États‑Unis ont commencé à exiger que les Canadiens aient un passeport pour se rendre là-bas. Nous faisons tout notre possible pour que les Canadiens aient accès aux services en temps opportun, et nous garderons nos mesures spéciales en place pour que les Canadiens puissent avoir accès aux services.

[Français]

Les langues officielles

    Monsieur le Président, le gouvernement a décidé de faire appel de la décision de la cour sur la nomination inconstitutionnelle d'une lieutenante-gouverneure unilingue anglophone dans la seule province bilingue du Canada, mais cela ne fait pas l'unanimité au caucus libéral. Ils sont maintenant trois députés du Nouveau‑Brunswick à avoir eu le courage de dénoncer cette décision, soit la moitié des députés libéraux de la province.
    Le ministre du Patrimoine canadien trouve-t-il que ses collègues qui défendent le français au Nouveau‑Brunswick sont un peu en train de se radicaliser?
    Monsieur le Président, notre gouvernement est fermement engagé à protéger et à promouvoir les belles langues officielles de ce pays. C'est pour cette raison que, le 1er mars, j'étais très contente de pouvoir déposer le projet de loi C‑13, qui vise à moderniser la Loi sur les langues officielles. Nous allons faire notre travail. J'espère que le Bloc québécois et tous les partis nous aideront à adopter ce projet de loi.
    À l'avenir, notre gouvernement s'engage à s'assurer que tous les lieutenants-gouverneurs qui seront nommés au Nouveau‑Brunswick seront bilingues.
    Monsieur le Président, d'un bord, il y a des députés libéraux qui défendent le français au Nouveau‑Brunswick. De l'autre, il y a des députés libéraux qui manifestent contre la défense du français au Québec. C'est à peu près la même gang qui a refusé de reconnaître la langue officielle du Québec comme étant le français. C'est la même gang qui critique le Bloc québécois parce que nous voulons que les entreprises privées fédérales au Québec soient soumises à la loi 101. Or, c'est le Bloc québécois qu'on juge comme étant radical; c'est vraiment n'importe quoi.
    Qui sera écouté par le premier ministre, ceux qui se battent pour le français ou ceux qui se battent contre le français?
    Monsieur le Président, les députés du Bloc québécois prennent régulièrement la parole. Eux, ils ont le droit parce qu'ils sont de vrais Québécois. Les députés libéraux qui se prononcent sur le même sujet, eux, n'ont pas le droit. Le Bloc est en train de déterminer qui est un vrai Québécois et qui n'est pas un vrai Québécois; c'est là qu'ils se radicalisent.
     Ils se radicalisent également lorsqu'ils disent que si quelqu'un pose une question sur la le projet de loi 96, il est contre la loi 101. Nous sommes en faveur de la loi 101, nous l'avons toujours été, c'est la position de notre parti.
    Ils disent qu'une personne qui participe à une marche veut angliciser le Québec. Non: nous sommes là pour défendre le français et respecter la minorité anglophone.

L'économie

    Monsieur le Président, le mois dernier, l'inflation a atteint un sommet en 31 ans: 6,8 %. Pendant ce temps, les salaires augmentent d'à peine 3,3 %, en moyenne. Je n'ai pas besoin de faire un dessin en ce qui concerne la diminution du pouvoir d'achat.
    Le pire, c'est que pendant que les grandes chaînes enregistrent des profits à coup de centaines de millions de dollars, le panier d'épicerie augmente de 9 %. De plus en plus de familles se tournent vers les banques alimentaires.
    Quand les libéraux vont-ils taxer les profits excessifs des grandes épiceries et des pétrolières?
    Quand doublera-t-il le crédit d'impôt pour la TPS?
    Monsieur le Président, nous savons que l'inflation est en partie causée par la guerre illégale de Poutine en Ukraine. C'est pourquoi nous misons sur l'abordabilité pour les Canadiens.
    Nous avons réduit les impôts de la classe moyenne deux fois et nous les avons augmentés pour le 1 % le plus riche. Nous avons créé l'Allocation canadienne pour enfants et nous nous sommes assurés de l'indexer à l'inflation.
    Nous avons misé sur l'abordabilité.

[Traduction]

La fiscalité

    Monsieur le Président, je trouve curieux que lorsqu'on parle de l'inflation, le gouvernement aime parler de choses qu'il a faites il y a cinq ou six ans, alors qu'en fait, c'est maintenant que nous nous heurtons à une inflation record.
    Nous devons composer avec cette inflation dans un contexte où nombre de sociétés, notamment les sociétés pétrolières et gazières, engrangent des bénéfices exceptionnels. Voici ma question: le gouvernement est-il prêt à imposer ces profits excessifs et à rendre l'argent aux Canadiens sous forme d'un remboursement supplémentaire de la TPS, oui ou non? Hier, nous avons vu les libéraux se ranger du côté des conservateur