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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 264

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 7 décembre 2023




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 264
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 7 décembre 2023

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à 22 pétitions.

L'environnement

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, les « Rapports des autorités fédérales ayant des obligations au titre de l’article 71 de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (2012) pour 2022‑2023 ».
    De plus, conformément au paragraphe 14(1.1) de la Loi canadienne sur la responsabilité en matière de carboneutralité, j'aimerais déposer, dans les deux langues officielles, le « Rapport d’étape 2023 sur le Plan de réduction des émissions pour 2030 ».
    De ce côté-ci de la Chambre, nous réduisons les émissions et luttons contre les changements climatiques.
    Je demanderais aux députés de s'en tenir au dépôt de documents.

Les comités de la Chambre

Agriculture et agroalimentaire 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 14e rapport du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, intitulé « Budget supplémentaire des dépenses (B) 2023‑2024: crédits 1b, 5b et 10b sous la rubrique Ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire ».

Loi visant à ce que justice soit rendue pour les victimes de crimes graves

    — Madame la Présidente, je tiens à remercier le député de Kamloops—Thompson—Cariboo d'appuyer mon projet de loi aujourd'hui. J'ai l'honneur de prendre la parole pour présenter le projet de loi visant à ce que justice soit rendue pour les victimes de crimes graves.
    Peu de choses sont plus frustrantes pour les forces de l'ordre que d'avoir légalement le droit d'accéder à des preuves potentielles, mais de ne pas pouvoir les obtenir. Ces preuves sont souvent bloquées derrière une porte virtuellement verrouillée par le cryptage. Cette situation peut entraver des enquêtes sur des affaires cruciales, telles que l'exploitation sexuelle des enfants et la traite des personnes. Cette situation est un déni de justice pour les victimes de ces crimes graves, dont beaucoup sont des enfants.
    Ce projet de loi permettrait à un juge de rendre une ordonnance obligeant une personne à déverrouiller son dispositif dans le cadre de certaines infractions graves spécifiques, lorsque les forces de l'ordre ont déjà reçu un mandat leur permettant d'avoir accès aux informations contenues dans ce dispositif. Alors que la technologie continue de progresser, le Parlement doit veiller à ce que les forces de l'ordre disposent des outils dont elles ont besoin.
    Cette mesure législative donnerait aux forces de l'ordre un outil qui n'existait pas auparavant pour garantir l'obtention de preuves essentielles pour les crimes graves en déverrouillant les dispositifs électroniques. Lorsque j'en ai discuté avec des représentants des forces de l'ordre et des organisations de protection des enfants, ils m'ont dit clairement que cet outil changerait la donne pour ce qui est de rendre justice aux enfants victimes de crimes graves.
    Je tiens à remercier les juristes et les défenseurs des enfants qui ont participé à l'élaboration du projet de loi. Le travail qu'ils font chaque jour est très important. Rendons justice aux victimes de crimes graves.

     (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1010)  

Pétitions

Les travailleurs de la santé  

    Madame la Présidente, je serai très bref. J'ai cinq pétitions à présenter au nom des habitants de ma circonscription.
    Les signataires de la première demandent un programme du Sceau bleu, qui s'inspire du programme du Sceau rouge, pour les professionnels de la santé.

La justice  

    Madame la Présidente, les signataires de la deuxième pétition demandent au gouvernement de veiller à ce que les auteurs de crimes haineux soient poursuivis au Canada lorsqu'ils ciblent certains groupes religieux.

Les institutions démocratiques  

    Madame la Présidente, les signataires de la troisième pétition demandent l'ouverture d'une enquête sur l'ingérence étrangère de la République populaire de Chine dans nos élections.

Le changement climatique  

    Madame la Présidente, la quatrième pétition est signée par des électeurs de ma circonscription qui demandent l'abandon du projet de loi C‑50, car la loi sur la transition injuste les cible expressément.

L'assurance-emploi  

    Madame la Présidente, les signataires de la cinquième pétition demandent au gouvernement du Canada, et plus particulièrement au Président, d'accorder la recommandation royale au projet de loi C‑318 afin que les parents adoptifs et les parents d'intention puissent mieux subvenir aux besoins de leur famille.
     Je rappelle aux députés qui discutent entre eux de poursuivre leurs conversations à l'extérieur. Ils ne pensent peut-être pas être bruyants, mais je porte un casque d'écoute et j'entends quand même leurs conversations.

La sécurité alimentaire  

    Madame la Présidente, c'est un grand honneur et un privilège pour moi de présenter cette pétition aujourd'hui au nom des électeurs de ma circonscription.
     En tant que pépinières d’entreprises, architectes des systèmes nationaux et de la sécurité alimentaire, et bâtisseurs communautaires qui stimulent l’économie locale, les marchés agricoles jouent un rôle essentiel à la relance économique postpandémique. De plus, les programmes de coupons d’alimentation dans les marchés agricoles sont un outil important pour créer de nouveaux marchés et soutenir les marchés existants et les associations provinciales dont ils relèvent. Forte de 135 marchés membres et de plus de 4 000 marchands, l'association des marchés agricoles de la Colombie‑Britannique distribue ses coupons hebdomadaires à près de 16 000 familles vulnérables, personnes âgées et femmes enceintes.
    Les pétitionnaires demandent la création d'un programme national de contrepartie qui appuierait tous les programmes provinciaux de coupons d’alimentation dans les marchés agricoles et qui offrirait une contribution équivalente à celle qu’offrent déjà les provinces. Cela contribuerait à lutter contre la pauvreté, à soutenir les agriculteurs locaux et à fournir des aliments sains aux personnes les plus vulnérables.
    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition au nom de la communauté de l'école publique Enterprise de Kingston.
    Les pétitionnaires demandent à la ministre des Finances, à la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social et au ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire d'accorder la priorité, dans le budget de 2024, au financement d'un programme national d'alimentation en milieu scolaire qui verrait le jour à l'automne 2024.
     Les pétitionnaires attirent l'attention du gouvernement sur les nouvelles données de Statistique Canada de 2022, qui indiquent qu'un enfant sur quatre au Canada vit dans l'insécurité alimentaire. Ils nous rappellent que le Canada est le seul pays du G7 à ne pas avoir de programme national d'alimentation en milieu scolaire, que ces programmes sont reconnus dans le monde entier comme étant essentiels à la santé, au bien-être et à l'éducation des élèves, et que plus de 388 millions d'enfants d'au moins 161 pays reçoivent des repas gratuits ou à moindre coût quand ils sont à l'école.

L'assurance-emploi  

    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition qui vise à souligner que les prestations de maternité et les prestations parentales offrent aux parents un soutien financier essentiel et que les parents adoptifs et les parents d’intention sont désavantagés par le système actuel d’assurance-emploi.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'appuyer l'adoption d'un projet de loi sensé des conservateurs, soit le projet de loi C‑318, qui accorderait aux parents adoptifs et aux parents d'intention un accès équitable au congé parental. Cela doit se faire au moyen d'une recommandation royale.

Les travailleurs de la santé  

    Madame la Présidente, c'est un plaisir pour moi de présenter aujourd'hui une pétition signée par des Manitobains au sujet de l'importante question des soins de santé.
    Les pétitionnaires insistent sur l'importance de reconnaître les titres de compétence des immigrants en matière de soins de santé et de reconnaître les établissements d'enseignement postsecondaire ainsi que la nécessité de mieux soutenir les fournisseurs de soins de santé, qui sont l'épine dorsale du système de santé.
    Encore une fois, je rappelle aux députés que, s'ils souhaitent discuter pendant que quelqu'un d'autre a la parole, ils doivent le faire à l'extérieur. Je viens de le dire. Selon moi, nous devons accorder aux députés des autres partis le même respect que celui que nous accordons aux députés de notre parti.
    Des voix: Oh, oh!
    La vice-présidente adjointe (Mme Carol Hughes): À l'ordre. Il est impossible de débattre de cette question. Je demande aux députés ministériels et aux députés de l'opposition officielle de se respecter mutuellement et de respecter la Chambre afin que nous maintenions le décorum et que la Chambre puisse fonctionner correctement.

  (1015)  

Questions au Feuilleton

    Madame la Présidente, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    La vice-présidente adjointe (Mme Carol Hughes): D'accord?
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Taxe sur le carbone pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles  

    Que la Chambre demande au gouvernement libéral d’abolir la taxe sur le carbone pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles.

[Français]

    Aujourd'hui étant le dernier jour désigné de la période des subsides se terminant le 10 décembre, la Chambre procédera comme d'habitude à l'étude et à l'adoption du projet de loi portant affectation de crédits. Vu les récentes pratiques, les honorables députés sont-ils d'accord pour qu'on distribue maintenant le projet de loi?

[Traduction]

    Des voix: D'accord.
    Madame la Présidente, les Canadiens attendent avec avidité que le Parlement adopte aujourd'hui la motion conservatrice pleine de bon sens qui demande à la Chambre d'exiger que le gouvernement élimine immédiatement la taxe sur le carbone imposée aux agriculteurs, aux Premières Nations et aux familles. Quand je dis qu'ils l'attendent avec avidité, c'est au sens propre du terme.
    Voici les faits: 2 millions de Canadiens ont eu recours à une banque alimentaire en un seul mois au Canada. Depuis 2016, le nombre de travailleurs ontariens ayant recours aux banques alimentaires a augmenté de 82 %. Une mère seule ayant deux enfants à Sydney, en Nouvelle-Écosse, a déclaré ce qui suit: « Ce mois-ci, j'ai dû choisir entre manger et me chauffer. J'ai donné à manger à mes enfants, mais ma maison est glaciale. »
     Pour la première fois en 60 ans, selon la Banque de Montréal, les loyers au Canada dépassent les revenus. Halifax compte désormais 35 campements de sans-abri. Ironie du sort, ils se trouvent dans la province du ministre du Logement du premier ministre.
    Selon un article publié par le Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie, les repas du temps des Fêtes coûteront très cher cette année. De plus en plus de Canadiens sont contraints de cumuler deux emplois. Rafid Khan est un étudiant qui travaille à temps plein pour une organisation à but non lucratif et qui a un deuxième emploi dans une société de location de voitures. Il explique: « Mon corps réclame à grands cris plus de repos ».
    J’ai l’occasion de me rendre un peu partout au pays et je vois de jeunes travailleurs émaciés qui ont manifestement perdu du poids et qui ont les yeux cernés tellement ils sont fatigués. Je les rencontre par hasard dans les aéroports à 23 heures. Ils me racontent qu’ils commencent leur 16e ou 17e heure de travail de la journée. Ce n’est pas parce qu’ils essaient de mettre de l'argent de côté pour faire une mise de fonds sur l’achat d’une maison. Cela fait bien longtemps qu’ils ont abandonné cette idée. C’est parce qu’ils doivent travailler sans arrêt tout simplement pour se nourrir et payer leur loyer pour ne pas se retrouver à la rue. Ils ont perdu espoir; ils ne voient pas de lumière au bout du tunnel.
    Trevor Moss, le PDG de la banque alimentaire de Central Okanagan, a parlé du recours aux banques alimentaires dans sa région. Il dit s’attendre à une autre augmentation de 100 % d'ici trois ou quatre mois en raison de l'inflation.
    Cynthia Boulter, directrice générale de la banque alimentaire de la région du Grand Vancouver, dit qu'elle voit des parents qui sautent des repas pour que leurs enfants puissent manger, des gens qui n’ont pas mangé depuis des jours, et des personnes âgées qui n’ont pas mangé de fruits et légumes depuis des mois.
    Christine MacCallum, une citoyenne de Marshfield, à l’Île‑du‑Prince‑Édouard, mentionne que sa famille n’achète plus de jus d’orange aussi souvent qu’avant, parce que c’est maintenant un produit de luxe après huit ans sous la gouverne du premier ministre.
    Patrick Gallagher est un travailleur à temps partiel qui vit dans un refuge pour sans-abri. Il a déclaré avoir vécu dans sa voiture pendant six ou sept mois avant de se retrouver là, ne sachant pas comment il pourrait un jour se payer un logement. Il a ajouté que les loyers sont très élevés et qu’il est difficile de trouver un logement. C’est une personne qui travaille encore à temps partiel.
    J'ai rencontré des menuisiers qui vivent dans des stationnements. Lorsque les personnes qui construisent nos maisons n'ont pas les moyens d'y vivre, on s'aperçoit que notre système est profondément injuste. Il faut donc que quelque chose change. En fait, les Canadiens sont littéralement avides de changement.
    Ainsi va la vie après huit ans sous la direction du premier ministre et du gouvernement libéral. Telle est la misère dans laquelle vivent les Canadiens. Cela, huit ans après qu'il leur a promis d'aider les gens de la classe moyenne et ceux qui travaillent dur pour y accéder. Les députés se souviennent-ils de ces gens? Nous n'en entendons plus parler. Maintenant que le premier ministre a eu leurs votes, il n'a plus à s'en préoccuper.

  (1020)  

    La raison pour laquelle il ne mentionne jamais la classe moyenne et les gens qui travaillent dur pour y accéder, c'est évidemment parce que tout le pays éclaterait de rire et fondrait en sanglots en même temps. En effet, il serait à la fois hilarant et tragique que cet homme parle de la classe moyenne après avoir privé ceux qui en font partie d’un droit fondamental au Canada, à savoir posséder une maison et nourrir sainement sa famille avec le revenu de son travail. Ce sont des choses que nous tenions pour acquises il y a huit ans. Aujourd'hui, les Canadiens sont contraints de s'y accrocher désespérément. Que promet maintenant le premier ministre? Il promet de quadrupler la taxe sur le carbone imposée aux agriculteurs qui nourrissent la population.
    Parlons des conséquences de cette mesure. Aujourd'hui même, nous avons reçu un nouveau rapport du grand spécialiste de l’alimentation au Canada, le professeur Charlebois de l'Université Dalhousie, qui prévoit que les Canadiens dépenseront 701 $ de plus pour nourrir leur famille l'année prochaine. Ce chiffre s'ajoute à l'inflation de 20 % du prix des denrées alimentaires que nous avons connue au cours des deux dernières années. Ainsi, l'année prochaine, une famille moyenne de quatre personnes devra dépenser 16 297 $ pour s’alimenter. Les projections de ce rapport indiquent que, pour l'année à venir, l'inflation du prix des denrées alimentaires se situera entre 2,5 et 4,5 %, qui s'ajoutera aux hausses de prix qui ont déjà eu lieu.
     Les libéraux diront que l'inflation est à la baisse. Or, les prix augmentent. La hausse de 20 % du coût des aliments est là pour de bon. La hausse de 2 à 4 % qui viendra cette année s'ajoutera aux hausses précédentes. Le premier ministre a dit qu'il quadruplerait peut-être la taxe sur le carbone pour les agriculteurs et les camionneurs qui nous nourrissent, mais qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter parce qu'il tient des réunions avec les PDG des grandes chaînes de supermarchés. Manifestement, cela ne fonctionne pas, puisque le prix des aliments continue d'augmenter, même s'il a promis des dizaines de fois qu'il rendrait les aliments plus abordables.
    Le rapport dit:
     En 2024, les Canadiens continueront probablement à subir la pression de l’inflation alimentaire, aggravée par l’augmentation des coûts du logement, de l’énergie et de diverses autres dépenses [...]
    Les Canadiens sont confrontés à des budgets plus stricts alors qu’ils doivent faire face à un coût de la vie plus élevé en raison de l’augmentation continue des loyers, de la hausse des taux d’intérêt et de l’accroissement de l’endettement des ménages. Les données sur la vente au détail d’aliments et de boissons montrent qu’entre 2022 et 2023, les Canadiens ont réduit de 3,26 % le montant qu’ils dépensent dans la vente au détail d’aliments et de boissons.
    Les Canadiens paient plus cher, pour moins de nourriture. Ils réduisent leurs dépenses alimentaires en réduisant les portions et en achetant des aliments moins nutritifs, où les éléments nutritifs sont remplacés par des huiles hautement transformées ainsi que des saveurs et des édulcorants artificiels qui font croire à leurs papilles gustatives qu'ils nourrissent leur corps.
    Le Laboratoire des sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie note également ceci: « Selon un rapport récent de TransUnion, le Canadien moyen a une facture de carte de crédit de 4 000 $ et une augmentation de 4,2 % de la dette des ménages par rapport à l'année dernière. » Le problème s'aggrave. L'augmentation de la dette des ménages s'ajoute au fait que le Canada affiche déjà une dette des ménages qui dépasse largement celle des autres pays du G7. Dans aucun de ces pays, cette dette ne s'approche de celle du Canada. À l'heure actuelle, cette dette est d'approximativement 1,80 $ par dollar de revenu familial. Cela s'ajoute à la hausse des taux d'intérêt causée par les déficits du premier ministre.
    Le rapport dit également ceci:
     Les prix alimentaires ne sont pas les seules augmentations de dépenses auxquelles les Canadiens doivent faire face, car d'autres produits de base subissent encore les effets de l'inflation, et les dépenses des ménages, comme le loyer et les services publics, augmentent également d'une année à l'autre.
    Les deux derniers mois ont été marqués par la hausse la plus rapide du prix des loyers.
    Je partagerai mon temps de parole avec le député d'Haliburton—Kawartha Lakes—Brock, qui vient d'une collectivité agricole.
    Le premier ministre propose de quadrupler la taxe sur le carbone imposée aux agriculteurs qui produisent les aliments et aux camionneurs qui les transportent. Nous, conservateurs, allons nous battre bec et ongle pour empêcher le premier ministre de quitter la Chambre pour aller faire du surf, tant qu'il n'adoptera pas notre proposition pleine de bon sens qui consiste à abolir la taxe sur le carbone pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles qui doivent chauffer leur maison.
    Le premier ministre peut-il mettre de côté son ego et ses obsessions idéologiques pour permettre aux Canadiens de se nourrir pour Noël? Cela relève du bon sens des gens ordinaires unis pour notre bien commun.

  (1025)  

    Madame la Présidente, il est intéressant de constater que les Premières Nations font l’objet de tant d’attention dans ce pays, même si j’aimerais que ce soit sous un jour plus positif.
    Combien de Premières Nations ont-elles été consultées au sujet de leur inclusion dans cette motion de l’opposition? Nous avons entendu des chefs de l’Ontario sur cette question, mais il y a plus de 630 nations dans le pays. Quels genres de consultation et de conversation ont eu lieu?
    Madame la Présidente, la réponse est environ 133 Premières Nations. C’est le nombre de celles qui poursuivent le gouvernement en justice parce que la taxe sur le carbone viole leurs droits constitutionnels. Aujourd’hui, les Premières Nations luttent à nouveau contre le premier ministre devant les tribunaux. Elles sont obligées de dépenser leurs ressources limitées pour engager des avocats, non pas parce qu’elles le veulent, mais parce qu’elles savent que leurs membres ne pourront pas chauffer leurs maisons dans les régions froides et souvent éloignées qu'ils habitent. Ceux-ci ne pourront pas remplir le réservoir de leurs camionnettes, ce qui est essentiel pour se rendre dans des zones rurales et éloignées et afin d'y travailler dans les secteurs de l’exploitation forestière, de la pêche, des mines et de l’agriculture. Naturellement, ces Premières Nations se battent pour leurs droits constitutionnels de chauffer leurs maisons, de nourrir leurs familles et de se rendre au travail.
    J’ajouterai que je me range également aux côtés des Premières Nations contre le projet du premier ministre d’interdire les fusils de chasse. D’abord, il veut taxer la nourriture que les Premières nations achètent, et maintenant il veut leur enlever la possibilité d’utiliser des fusils de chasse pour se nourrir. Nous nous tiendrons aux côtés des Premières Nations pour défendre leur droit de chasser, de se chauffer et de se nourrir.

[Français]

    Madame la Présidente, j'ai l'impression de vivre dans une espèce d'univers parallèle ce matin lorsque j'écoute encore une fois les conservateurs nous parler de la taxe sur le carbone. Je ne sais pas dans quel univers vit le chef de l'opposition.
    Moi, dans les derniers mois, j'ai fait une tournée du Québec. J'ai rencontré plus de 400 organismes en logement, comme le Réseau québécois des OSBL d'habitation, le Réseau Solidarité Itinérance du Québec, ainsi que des groupes de ressources techniques qui s'occupent des itinérants, des femmes victimes de violence conjugale et de construire du logement social. Personne ne m'a jamais parlé de la taxe sur le carbone. Ce que ces gens veulent, c'est que les gouvernements investissent, que la Stratégie nationale sur le logement — qui est un échec — soit revue, qu'on signe un chèque au Québec pour qu'on construise de vrais logements dans lesquels les gens peuvent habiter. C'est ça qu'ils veulent, les gens. Jamais personne ne m'a parlé de la taxe sur le carbone.
    Dans quel univers vivent les conservateurs?

  (1030)  

    Madame la Présidente, je vis dans l'univers où les gens ont besoin de leur camion pour aller travailler. C'est la vérité au Saguenay et partout dans les régions au Québec. Le Bloc québécois a oublié les régions du Québec parce que le Bloc est obsédé par le Plateau‑Mont‑Royal, où la « gaugauche » est totalement obsédée par les taxes et la concentration du pouvoir de l'État.
    Je trouve ironique que le Bloc veuille radicalement augmenter les taxes imposées aux Québécois dans les régions pour remettre tout l'argent entre les mains du gouvernement fédéral. Cela représente plus de pouvoir pour le fédéral, moins de pouvoir pour les Québécois. C'est cela, le vrai agenda du Bloc. Le Bloc est déconnecté des Québécois. Cela coûte cher de voter pour le Bloc. Cela coûte très cher de voter pour le Bloc.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je me souviens encore des propos tenus par le chef du Parti conservateur le jour où le premier ministre a présenté des excuses aux survivants des pensionnats. Il a dit qu’il n’était pas sûr que les Canadiens « en aient pour leur argent », faisant référence à l’indemnisation des survivants des pensionnats. Il a déclaré qu’au lieu d’être indemnisés, les survivants des pensionnats « ont besoin d’une éthique de travail plus forte ». C’est là du racisme. Il s’est excusé pour ces remarques, mais le mal et la blessure causés par ces paroles ont refait surface cette année.
    Que dit-il aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis qui voudraient qu’il s’excuse pour les paroles qu'il a tenues lors d’un déjeuner organisé pour des négationnistes des pensionnats?
    Madame la Présidente, je suis revenu sur ces remarques il y a 15 ans.
    En ce moment, le Parti conservateur est le seul parti qui se bat pour les Premières Nations, pendant que le NPD veut quadrupler la taxe sur le carbone imposée aux collectivités des Premières Nations, prendre plus d’argent, engendrer plus de pauvreté, augmenter le coût des aliments, causer plus d’insécurité alimentaire et donner lieu à plus de paternalisme et de colonialisme. Une taxe colonialiste sur le carbone imposée par le gouvernement néo-démocrate-libéral d’Ottawa aux Premières Nations sans leur consentement est la dernière chose dont nous ayons besoin. Elle va à l’encontre de la réconciliation. Seuls les conservateurs, qui font preuve de bon sens, défendront les agriculteurs, les familles et les Premières Nations.
    Madame la Présidente, c’est toujours un privilège de prendre la parole dans cette enceinte, à la suite du chef de l’opposition officielle, le député de Carleton, qui a prononcé de sages paroles. Il a terminé sur la question des Premières Nations, qui poursuivent maintenant le gouvernement en justice — au moins 133 d’entre elles, des bandes représentées par les chefs de l’Ontario — dans leur lutte contre ce qu’elles appellent la taxe discriminatoire sur le carbone.
    Avant tout, je pense que nous pouvons tous convenir qu’il est crucial de reconnaître l’engagement indéniable des peuples autochtones envers la gestion de l’environnement et la durabilité. Bien sûr, de nombreuses collectivités ont des liens profonds avec la terre et entretiennent depuis des générations une relation harmonieuse avec la nature. Voici où nous en sommes. La relation avec les peuples autochtones est censée être la plus importante pour le premier ministre. Cependant, il y a maintenant 133 chefs de l’Ontario qui poursuivent le gouvernement en justice. Ce n’est pas une chose qu’ils veulent faire, c’est une chose qu’ils sont obligés de faire.
    Ce qui suit est le titre d’un article d’APTN: « Les chefs de l’Ontario demandent une révision judiciaire du régime de tarification du carbone ». Je vais lire le premier paragraphe, car il met parfaitement en évidence ce dont je veux parler: « Les chefs des Premières Nations de l’Ontario affirment que le Canada doit corriger ce qu’ils appellent un système de tarification du carbone “discriminatoire”, soutenant que le gouvernement fédéral n’a pas tenu compte des préoccupations qu'ils ont exprimées à maintes reprises et a écarté leur demande d’exemption pour ensuite accorder une exception [à d’autres régions] du Canada. »
    C’est très clair. La citation suivante confirme les propos que vient de tenir le chef de l’opposition officielle au sujet du manque de consultation des dirigeants des Premières Nations, en dépit de ce que répète le gouvernement. Elle se lit comme suit: « Le chef d'une des Premières Nations a déclaré que ce geste “aurait pu facilement être évité” si le gouvernement fédéral s’était seulement “présenté à la table”. » Ce sont les paroles d’Abram Benedict, grand chef du Conseil des Mohawks d’Akwesasne et responsable du portefeuille environnemental des chefs de l’Ontario.
    Il y a des groupes de l’Ontario qui disent être touchés de façon disproportionnée par la taxe sur le carbone. Ils disent qu’ils sont prêts à travailler avec le gouvernement pour trouver une solution, mais le gouvernement ne veut même pas en discuter. Il accuse tout le monde de colonialisme, mais ce qu’il fait, c’est le summum du colonialisme. Le gouvernement refuse de se présenter à la table et de négocier avec les communautés des Premières Nations, qui doivent payer la taxe sur le carbone qui fait augmenter inutilement le prix du chauffage, des aliments et des déplacements. Toutefois, ils n’ont pas droit à l’allégement fiscal s’ils vivent dans une réserve. Comme ils ne reçoivent pas de remboursement, ils paient plus et obtiennent moins.
    Pire encore, le ministère des Services aux Autochtones a doublé le nombre de bureaucrates. Le ministère compte près de 9 000 employés, mais selon ses propres données, il n’atteint que 18 % des objectifs qu’il s’est fixés. À quel autre endroit de la planète peut-on s’en tirer en atteignant 18 % de ses objectifs? Nous avons demandé à maintes reprises à la ministre de répondre à cette question. Il n’y a pas de réponse claire, mais je peux dire aux députés que, si les objectifs ne sont pas atteints cette année, ils sont reportés à l’année suivante et à l’année après.
    Sous le gouvernement actuel, la vie des peuples autochtones ne s’améliore pas. La décision des chefs de l’Ontario le prouve. Le gouvernement ne dit pas la vérité quand il prétend que les gens s'en tirent mieux et qu’ils ont plus d’argent dans leurs poches parce que les remboursements leur donnent plus d’argent. Le directeur parlementaire du budget l’a confirmé. La poursuite intentée par les chefs de l’Ontario le prouve encore une fois. Le plan du gouvernement visant à augmenter la taxe sur le carbone année après année n’améliore pas la situation des citoyens. Les émissions augmentent. Le gouvernement n’a pas de plan environnemental; il a un plan fiscal qui rend la vie dure aux Canadiens, qu’ils soient autochtones ou non. Il répand la misère. C’est probablement facile pour le gouvernement. En vertu de ses politiques, il ne semble pas pouvoir encourager plus de gens à lancer des entreprises parce que, en vertu de ce régime fiscal, plus on gagne d'argent, plus le gouvernement en prend de sorte qu'il va continuer à propager la misère et à nuire aux citoyens. Ces gens font partie de la classe moyenne. Ce sont eux qui souffrent le plus.

  (1035)  

     Le ministre de l’Environnement a décidé de faire un beau voyage aux Émirats arabes unis pour discuter de la réduction des émissions. Il est intéressant de l’entendre faire la leçon à des gens qui ont de la peine à vivre leur vie. Il montre du doigt les gens qui essaient de prendre des vacances parce qu’ils travaillent tout au long de l’année pour nourrir leur famille. Voyons donc! À l’heure actuelle, le recours aux banques alimentaires explose. Les dépenses sont astronomiques. Les loyers et les hypothèques ont atteint un point culminant. Le ministre a l’audace de regarder les gens dans les yeux en leur disant: « Comment osez-vous monter à bord de cet avion? » Il se plaint de la richesse d’entrepreneurs qui créent peut-être un emploi en dirigeant une ou deux petites entreprises, qui offrent des débouchés à leurs collectivités, puis il leur dit qu’ils ne peuvent pas jouir des fruits de leur travail. Il jouit de tout ce que la vie peut lui offrir. Je parie que le ministre de l’Environnement a mangé dans les meilleurs restaurants et qu’il a séjourné dans les plus beaux hôtels.
    Maintenant, 133 chefs de l’Ontario traînent le gouvernement devant les tribunaux parce qu’il n’a pas négocié la voie à suivre, alors que logiquement, il aurait dû le faire. Il a fallu en arriver au point où ces communautés doivent dépenser l’argent dont leurs populations ont vraiment besoin. Elles doivent s’en servir pour comparaître devant les tribunaux afin d’essayer de mettre fin à la misère que le gouvernement leur inflige.
    En avril 2022, dans ce qu'on peut qualifier de rapport cinglant sur la tarification du carbone, la vérificatrice générale a constaté que les groupes autochtones étaient écrasés de façon disproportionnée par la taxe libérale sur le carbone. Voici ce qu'on peut lire à l'article 5.60:
[...] le fardeau pour les groupes autochtones et les petites et moyennes entreprises demeurait disproportionné. [La vérificatrice générale a] également constaté que, dans le modèle fédéral, Environnement et Changement climatique Canada n’avait établi aucun critère pour son évaluation des systèmes provinciaux et territoriaux qui aurait permis de tenir compte du fardeau excessif que pouvait potentiellement représenter la tarification du carbone au sein de toutes les administrations.
    Malheureusement, voici ce qu'on pouvait lire dans un communiqué de presse en février 2023:
     Les communautés des Premières Nations vivent dans la pauvreté et sont confrontées aux prix considérablement plus élevés qui visent tous les biens et services dans les collectivités rurales et éloignées. Le programme de redevance sur les combustibles a imposé un fardeau supplémentaire coûteux aux Premières Nations, qui sont accablées par la pauvreté et des logements insalubres dans une proportion bien plus grande que le « Canadien moyen » à cause du colonialisme. La redevance sur les combustibles imposée aux membres des Premières Nations revient à une ponction fiscale supplémentaire pour le Canada, enlevant plusieurs millions de dollars par année à ceux qui sont le moins responsables de la crise climatique.
    Inutile d'en rajouter. Les communautés des Premières Nations souffrent vraiment. Elles n'ont pas plus d'argent à cause du gouvernement actuel. La crise du logement n'a pas disparu.
    Le gouvernement a laissé passer des occasions. Des dirigeants allemands et japonais sont venus dire au gouvernement qu’ils aimeraient acheter notre énergie. Dans bien des cas, qui profiterait de ces ventes? Les communautés des Premières Nations, car elles leur procureraient des emplois, des débouchés, des investissements et une participation au capital. Le gouvernement a envoyé le chancelier de l’Allemagne et le premier ministre du Japon acheter leur énergie ailleurs. La vente de notre énergie aurait apporté un soulagement crucial aux communautés autochtones. Cependant, comme dans le cas de la taxe sur le carbone, le gouvernement ne tient pas compte des besoins, des souhaits et des désirs des communautés des Premières Nations.
    Dans notre motion, nous demandons que la taxe sur le carbone soit supprimée pour les familles et les Premières Nations.

  (1040)  

    Madame la Présidente, les conservateurs nient continuellement l’existence des changements climatiques, ce qui les empêche de comprendre les enjeux politiques liés à l’environnement. Aujourd’hui, nous allons débattre du programme que les conservateurs proposent pour se débarrasser de la tarification de la pollution. Ce programme entraînerait des coûts importants.
    Dans son programme électoral, mon collègue a affirmé à ses électeurs qu’il appuyait la tarification de la pollution. Comment justifie-t-il cette volte-face?
    Madame la Présidente, le régime de la taxe carbone que le député libéral d’en face semble continuer à promouvoir ne fonctionne pas. Le fait est que les émissions continuent d’augmenter. Si l’objectif déclaré est d’imposer la taxe sur le carbone, mais que les émissions continuent d’augmenter et que cette taxe fait souffrir les gens, il est peut-être temps de revoir sa position et de tenir compte du fait que cela ne fonctionne pas. Peut-être devrions-nous investir plus ou ouvrir le marché libre à un plus grand nombre de technologies et à l’accélération de l’innovation pour parvenir à un monde dans lequel l’énergie est plus propre, mais nous ne pouvons le faire que si les règles du jeu sont les mêmes pour tous et permettent au marché de jouer son rôle. C’est une chose que le gouvernement ne fait pas; il prend et il ne redistribue que des idées qui correspondent à l’idéologie libérale. Voilà le problème.
    Madame la Présidente, mon collègue a parlé de la manière dont les Autochtones nourrissent leurs enfants. Je vais dire aux députés ce qu’il en est dans ma circonscription, où les Nuu-chah-nulth sont allés devant les tribunaux pour exercer leurs droits constitutionnels de pêcher et pouvoir ainsi nourrir leurs enfants. Qu’ont fait les conservateurs lorsqu’ils étaient au pouvoir? Ils se sont opposés à eux; ils ont dépensé des millions de dollars pour les affronter devant les tribunaux. Lorsque les tribunaux ont donné gain de cause aux Nuu-chah-nulth, qu’ont fait les conservateurs? Ils ont fait appel. Et les tribunaux ont donné raison aux Nuu-chah-nulth, non pas une fois, mais bien deux. Tout ce que ces gens voulaient, c’était repartir sur leurs bateaux et pêcher pour nourrir leurs enfants.
    Le député qui siégeait à la Chambre avant moi n’a jamais prononcé le nom « Nuu-chah-nulth » une seule fois en 15 ans. Les Nuu-chah-nulth se sentaient ignorés et invisibles dans cette enceinte. En ce qui me concerne, j’ai mentionné leur nom 94 fois. Les conservateurs soutiendront-ils les Nuu-chah-nulth? Vont-ils appuyer les Premières Nations qui ont défendu avec succès devant les tribunaux leurs droits protégés par la Constitution de nourrir leurs enfants, ou vont-ils continuer à soutenir des litiges contre les Premières Nations?

  (1045)  

    Madame la Présidente, j’apprécie la passion du député d’en face, mais le problème est semblable à celui que nous évoquons en ce moment. Le député néo-démocrate d’en face soutient le gouvernement actuel. Nous parlons actuellement des 133 chefs de l’Ontario qui poursuivent le gouvernement en justice parce que les consultations ont échoué, le gouvernement ayant même refusé de leur parler d’une exclusion ou d’essayer d’alléger la misère de leur population. Le NPD continue de soutenir le gouvernement. Allez-vous cesser de soutenir le gouvernement et de revenir sur votre engagement à…
     Le député sait très bien qu'il doit adresser toutes ses questions et ses observations à la présidence.
     Si le député de Courtenay—Alberni a quelque chose à ajouter, il devra attendre la période des questions et des observations.

[Français]

    L'honorable députée de Thérèse‑De Blainville a la parole pour une brève question.
    Madame la Présidente, par votre entremise, j’aimerais dire à mon collègue qui s’est exprimé que le secteur québécois de l’agriculture n’est pas réglementé par la tarification fédérale du carbone et par le marché québécois du carbone.
    Si les conservateurs sont soucieux des agriculteurs, quel est leur plan de match pour lutter contre les changements climatiques, qui affectent beaucoup notre agriculture?

[Traduction]

     Madame la Présidente, les gens qui sont à l'avant-garde de l'innovation technologique sont ceux qui travaillent dans le secteur agricole. Ils ont toujours eu une longueur d'avance en ce qui concerne l'utilisation des meilleures technologies et des pratiques exemplaires, car celles-ci les aident à poursuivre leurs activités et à les rendre viables. Les personnes qui cultivent les terres dans le secteur agricole doivent adopter les meilleures pratiques pour poursuivre leurs activités.
     Nous voulons continuer de permettre aux jeunes de se lancer dans le secteur agricole. Cependant, lorsque le gouvernement complique de plus en plus la tâche des personnes qui souhaitent gagner leur vie en produisant nos aliments, nous avons un petit problème. On revient à la question du prix des aliments. La production alimentaire commence à coûter trop cher. Les agriculteurs ayant de plus en plus de difficulté à gagner leur vie, il est difficile d'attirer des gens dans le secteur agricole.
     Nous reprenons le débat. Les personnes qui veulent discuter devront le faire à l'extérieur.
     Le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, je suis toujours ravi d’avoir la possibilité de dire ce que je pense d’une motion de l’opposition conservatrice. Je constate qu'en fin de compte, rien ne change vraiment. Les conservateurs ne cessent de mettre en exergue leur opposition à ce qu’ils considèrent comme une taxe. Ils martèlent qu'il faut abolir la taxe et en ont fait un slogan que l'on retrouve l'autocollant à parechoc dont je parlais.
    En fait, quand on regarde les médias sociaux, on voit tous les signes de la grosse machine bleue. On voit bien comment les conservateurs essaient d’amplifier et de simplifier le message. C’est un message trompeur. On croirait entendre Donald Trump, l’ancien président des États-Unis. C’est vraiment le même genre de message et de discours. C’est comme si on était remonté plusieurs années en arrière.
    J’observe que le Parti conservateur courtise de plus en plus l’extrême droite, la droite trumpiste qui veut rendre sa grandeur à l’Amérique, si je peux m’exprimer ainsi. J’ai déjà dit que cette droite a pratiquement pris le contrôle du Parti conservateur et du bureau du chef du Parti conservateur. À part l’accord commercial Canada Ukraine, on aurait du mal à trouver beaucoup d’autres questions sur lesquelles le Parti conservateur est aussi déconnecté de la réalité qu’avec son idée d'abolir la taxe qui ne fait que tromper les Canadiens sur un enjeu crucial.
    J’invite ceux qui regardent nos débats à écouter ce qu’a vraiment dit le chef du Parti conservateur. Alors qu’il essaie de convaincre les gens, il donne des exemples en citant des cas particuliers. Il donne ainsi l’impression que si nous abolissons la taxe, que si nous supprimons la tarification de la pollution, nous serons beaucoup plus riches.
    Une voix: Eh oui.
    M. Kevin Lamoureux: Un député du Parti conservateur vient de confirmer ce que j’ai dit.
    Madame la Présidente, ce n’est pas vrai, mais cela n’empêche pas le chef du Parti conservateur de sillonner le pays en répandant ce genre d’information. Je croyais que ce genre de politicien n’existait qu’au sud de la frontière, aux États-Unis, notamment en la personne de Donald Trump. Mais maintenant, on voit que le chef du Parti conservateur du Canada essaie de surpasser Donald Trump.
    Revenons à ce qu’il dit exactement. Il dit que si nous supprimons la tarification de la pollution, ce sera bon pour le pouvoir d’achat des gens. Je représente à peu près 95 000 personnes dans Winnipeg Nord, quoique ce chiffre soit en train d’approcher la barre des 100 000. Plus de 80 % des Canadiens que je représente touchent un remboursement qui est supérieur à ce que la tarification de la pollution leur coûte.
    Lorsque le chef du Parti conservateur dit qu’il va supprimer la tarification de la pollution, cela signifie qu’il supprimera également ce remboursement.
    Le Bureau du directeur parlementaire du budget, où travaillent des fonctionnaires professionnels, est indépendant et impartial. Il a clairement indiqué que plus de 80 % des gens bénéficient d'un avantage net grâce aux remboursements. C'est la réalité et c'est ce que nous dit le directeur parlementaire du budget de la Chambre des communes, qui est indépendant. Dans Winnipeg-Nord, le pourcentage est encore un peu plus grand.
    Par conséquent, lorsque le député donne des exemples, lorsqu'il parle de telle personne ou telle autre — la plupart des personnes auxquelles il fait allusion bénéficient d'un avantage net grâce au remboursement. Si nous supprimons la tarification de la pollution, ou abolissons la taxe, comme le réclament les conservateurs, nous nous trouvons à retirer de l'argent des poches ou des porte-monnaie de 80 % des gens que je représente.

  (1050)  

    Lorsque le chef conservateur affirme qu'en abolissant la tarification de la pollution, les conservateurs rendront les choses plus abordables, parce que les gens auront un plus gros revenu disponible, c'est tout simplement faux. La triste réalité est que tous les députés conservateurs le savent. Est-ce que cela les empêche de répandre des contre-vérités? Non, ils continuent de le faire dans les médias sociaux. C'est une façon polie de dire qu'ils répandent de la mésinformation, au cas où certains voudraient me poser la question.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Le député affirme que nous répandons des contre-vérités. Pourrait-on préciser ce que cela signifie?
    C'est là une question à poser durant la période réservée aux questions et observations. Ce n'est pas un recours au Règlement.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, il s'agit de mésinformation. Beaucoup diraient que c’est trompeur. Je m'explique. On dit à un résidant de ma circonscription que 80 % des Canadiens recevront plus d’argent en retour que ce que la tarification de la pollution leur coûte, ce que le directeur parlementaire du budget, indépendant, a confirmé. Cependant, les conservateurs, y compris le chef du Parti conservateur, qui mène la charge à la façon de Donald Trump, affirment qu'éliminer la tarification de la pollution permettra aux Canadiens d'avoir plus d’argent en poche, ce qui n'est pas vrai.
    Comment les députés qualifieraient-ils une telle affirmation? Je ne peux pas être clair et direct à propos de ce que le chef conservateur dit parce que ce ne serait pas parlementaire. Toutefois, quand on examine l’information dont il parle, on constate qu’elle induit les Canadiens en erreur. En fin de compte, le Parti conservateur semble strictement taper sur cet unique clou aujourd'hui. Il fait complètement abstraction de l’environnement. Nous attendons un plan climatique, quel qu'il soit, de la part du Parti conservateur.
    La dernière fois que je me souviens d’avoir vu les conservateurs intervenir à la Chambre pour parler de leur plan en matière d'environnement, c’était à l’époque où Erin O’Toole était leur chef, et ils se disaient favorables à la tarification de la pollution. Quelqu'un du côté conservateur vient de demander où il est. Les conservateurs lui ont montré la porte, alors il n’est plus là. Des chefs conservateurs, il y en a eu, mais le parti aime vraiment son chef actuel. C’est peut-être à cause de sa propension à l’extrême droite. La plupart des conservateurs, sinon tous, semblent favorable à un glissement vers l’extrême droite, avec de lourdes conséquences.
    Comme je l’ai souligné, tous les conservateurs qui ont pris part à la campagne électorale d’il y a deux ans se disaient alors favorables, sans équivoque, à la tarification la pollution. C'était inscrit dans leur programme électoral. Cependant, les choses ont changé. C’est un fait.

  (1055)  

    Non, Kevin, ce n'est pas ce qui s'est passé.
    Les députés ne sont pas autorisés à crier des remarques quand bon leur semble à la Chambre. S'ils ont des questions ou des observations, je leur demande d'attendre le moment opportun.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, j’aimerais parler du fait le Parti conservateur est à côté de la plaque et, pourquoi pas, faire quelques comparaisons pour la gouverne des députés.
    Examinons le graphique des émissions. Une tendance se renverse depuis quelques années. La courbe commence à s’infléchir dans une direction qui plaît sans doute beaucoup aux Canadiens. S’il n’y avait pas eu de changement de gouvernement en 2015, si Stephen Harper était resté au pouvoir, la courbe aurait continué à grimper, à raison d’environ neuf points. Or, au cours des dernières années, la courbe a plutôt diminué de sept points, sous le gouvernement actuel. Les émissions de gaz à effet de serre constituent un enjeu important pour les Canadiens, et nous allons dans la bonne direction. On me dit que, en chiffres réels, cela représente quelque 53 mégatonnes. Pour les Canadiens comme moi, j’essaie de mieux comprendre à quoi correspond ce chiffre. C’est comme si on avait retiré 11 millions de voitures de la circulation.
    Le Manitoba compte environ 1,3 million d’habitants. J’estimerais que la Saskatchewan compte probablement autour de 1,15 million d’habitants. La population de la province de l’Alberta dépasse largement les 3 millions d’habitants, si je me souviens bien. Nous pourrions retirer tous les véhicules des Prairies. Au cours des dernières années, cela représente 53 mégatonnes de GES, soit 11 millions de véhicules. Pour moi, cela en dit long sur ce que le gouvernement a été en mesure de réaliser dans un laps de temps relativement court. Nous y sommes parvenus grâce à différentes formes d’encouragements et de programmes.
    Je tiens à souligner que nous savons que les Canadiens veulent participer. C’est ce que j’entends depuis de nombreuses années. Je me souviens qu’à l’Assemblée législative du Manitoba, nous parlions de l’interdiction des sacs en plastique. Nous pouvons nous pencher sur l’interdiction des plastiques à usage unique, sur laquelle le gouvernement a agi, ou sur nos mesures budgétaires relatives aux incitations financières pour aider les gens. Nos concitoyens aimeraient en faire plus en matière d’environnement. Nous avons des programmes comme la subvention pour des maisons plus vertes. Le taux d’adhésion a été fantastique. De nombreuses personnes dans toutes les régions du pays participent à un programme qui, à terme, réduira les émissions de gaz à effet de serre grâce, encore une fois, à une mesure budgétaire.
    Un autre programme concerne les véhicules électriques. Les chiffres sont intéressants. Les Canadiens optent pour des véhicules électriques plus rapidement que prévu, 10 % des nouveaux véhicules achetés au cours du premier semestre de 2023 étant des véhicules à zéro émission. Ces véhicules constituent un moyen de transport fiable, aux coûts d’exploitation plus faibles et à l’empreinte environnementale réduite. Dans ses mesures budgétaires, le gouvernement fédéral a prévu des mesures incitatives. Certaines provinces ont fait de même. Les Canadiens profitent de ces programmes. Nous avons constaté une forte demande pour ces véhicules. Je dirais que ce programme a été couronné de succès.

  (1100)  

    Lorsque je pense à la façon dont l’industrie a bénéficié de ces mesures budgétaires, les deux entreprises qui me viennent immédiatement à l’esprit sont Stellantis, avec les retombées que cela crée ici, et Volkswagen. Le dossier Volkswagen représente un investissement substantiel d’une entreprise privée et des gouvernements fédéral et provincial. Aujourd’hui, le Parti conservateur s’oppose à l’accord que nous avons conclu avec Volkswagen, contrairement à Doug Ford, mais il y a une différence, je suppose, car le parti provincial est un peu plus progressiste que le Parti conservateur fédéral. Cependant, en dernière analyse, nous pouvons penser aux résultats et au potentiel qui existent lorsque les entreprises du monde entier reconnaissent que le Canada est sur la bonne voie lorsqu’il s’agit de gérer les émissions.
    À bien des égards, Volkswagen est l’un des chefs de file mondiaux de l’électrification des véhicules. La société a décidé de ne pas aller aux États‑Unis, mais de venir au Canada et d’y faire un investissement important. Une fois cet investissement achevé, il s’agira de la plus grande usine de transformation manufacturière au Canada et même, me dit-on, en Amérique du Nord. Je pense qu’elle aura une superficie d’environ 200 terrains de football. L’usine sera gigantesque. Nous pouvons imaginer les types d’emplois verts qui y seront créés comme résultat direct de la décision qu'a prise Volkswagen.
    Qu'en pense le Parti conservateur? Il s’est opposé à l’accord que le gouvernement fédéral a conclu avec Volkswagen. Ses députés n’aiment pas que le gouvernement fédéral ait décidé d’apporter une contribution financière, même si le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario a fait de même, sans parler de la Ville de St. Thomas, qui a elle aussi participé au montage financier en raison de l’infrastructure. C'est ainsi que prend corps une industrie qui a le potentiel de croître, et les conservateurs et les négationnistes du climat sont complètement à côté de la plaque.
    La province de l’Ontario ne sera pas la seule à en bénéficier. Nous pouvons penser aux minéraux nécessaires et aux autres composants. Ce ne sera pas bénéfique strictement pour l'Ontario et St. Thomas; c'est tout le Canada qui en bénéficiera de manière directe ou indirecte, et ce n’est pas tout. Je pense à Stellantis et à la façon dont, au Canada, le secteur de l’électrification des véhicules continue de croître, et ces deux entreprises ne sont pas les seules.
    Faut-il s’étonner qu’aujourd’hui, le Canada soit en tête du G7 pour les investissements étrangers? En tant qu’entité politique, le gouvernement du Canada reconnaît que les emplois verts sont des emplois en or pour l’avenir, et nous avons besoin de ces types d’investissements. Comme gouvernement, nous avons soutenu d'emblée la classe moyenne du Canada et ceux qui aspirent à en faire partie. Nous voulons une économie qui fonctionne pour tout le monde.

  (1105)  

    Alors que le Parti conservateur semble se concentrer strictement sur la diffusion de mésinformation, sur l’obstructionnisme et, en fin de compte, sur le rôle destructeur qu’il joue sur le parquet de la Chambre des communes, nous continuerons à miser uniquement sur les intérêts des Canadiens et sur la création d’emplois pour l’avenir, afin de garantir que la vie reste abordable, et à nous attaquer aux questions qui, nous le savons, sont importantes pour les Canadiens. En grande partie, cela signifie s’occuper de l’environnement d’une manière très réelle et concrète.
    Madame la Présidente, j’ai écouté attentivement l’intervention du député de Winnipeg‑Nord sur notre motion de l’opposition visant à éliminer la taxe sur le carbone pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles.
    Il a souligné que Stellantis et Volkswagen recevaient d’importantes contributions fédérales et que le gouvernement libéral avait pris des engagements financiers très importants envers Volkswagen et Stellantis, à hauteur d’environ 40 milliards de dollars. Le député est-il à l’aise d'aviser ses concitoyens de Winnipeg‑Nord que chacune de ces familles devra verser 3 000 $ pour que ces usines du Sud de l’Ontario puissent fonctionner au Canada? Est-il à l’aise d'en aviser ses concitoyens?
    Madame la Présidente, par l'intermédiaire d'un processus d’acquisition, le gouvernement du Canada a accordé à Boeing un contrat valant des centaines de millions de dollars, et ce contrat va créer des centaines d'emplois pour les habitants de Winnipeg. Des fonds publics substantiels ont été utilisés pour soutenir Boeing et nos avions militaires.
    Je n'ai aucune objection à ce que le gouvernement du Canada soutienne les industries qui vont fournir de bons emplois durables, directement ou indirectement, que ce soit en Ontario, au Québec, au Manitoba ou dans n'importe quelle autre région du pays. C'est une question d'équité, et le gouvernement a été équitable pour ce projet en particulier. Qu'il s'agisse de Volkswagen ou de Stellantis, contrairement au Parti conservateur, nous considérons que les investissements consentis permettront, en fin de compte, de construire des industries plus fortes et plus saines et de fournir de bons emplois à la classe moyenne pour l'avenir.
    La différence, c'est que nous pensons aux emplois futurs pour les Canadiens. Nous ne sommes pas figés dans le passé et nous sommes ouverts à un environnement plus sain.

  (1110)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'écoute le débat depuis ce matin et, en tant que Québécois, je me sens totalement exclu de ce qui se passe. Encore une fois, on parle de la taxe sur le carbone, qui ne s'applique pas au Québec et n'a rien à voir avec le Québec. Je me demande, d'ailleurs, comment les députés conservateurs du Québec se retrouvent là-dedans. Chaque fois, il y a des motions qui ne concernent pas le Québec. Je me demande comment il se fait qu'ils ne se battent pas pour que leur parti propose des motions qui concernent les Québécois. D'autre part, chaque fois que les libéraux se lèvent pour parler des changements climatiques, il semble que tout est beau, madame la marquise. Tout va bien, c'est le jardin des étoiles.
    Le Canada est l'un des pires pays quant à la lutte contre les changements climatiques. Il est le seul pays du G7 dont les émissions n'ont pas diminué depuis 1990. Selon une étude du Fonds monétaire international — qui est loin d'être un groupe environnemental d'extrême gauche —, le Canada a investi en 2022, de façon directe et indirecte, 50 milliards de dollars dans l'industrie pétrolière. J'aimerais demander à mon collègue combien de logements sociaux il pense qu'on construirait avec 50 milliards de dollars.

[Traduction]

    Madame la Présidente, en ce qui concerne le premier volet de la question du député, je dirai que c'est pour cette raison que j'ai souligné au début de mon intervention que l’objectif véritable du Parti conservateur est d'offrir des autocollants de pare-chocs en faveur de l'abolition de la taxe. C'est vraiment ce que les conservateurs espèrent réaliser. En ce qui concerne l'élimination de la tarification de la pollution, les faits connexes ne sont absolument pas pertinents pour le Parti conservateur. C'est dommage, parce qu’il y a beaucoup de désinformation dans tout le pays sur ce que fait réellement le Parti conservateur.

[Français]

    Madame la Présidente, voici ce que le gouvernement libéral est réellement en train de faire. Cet avant-midi, après deux ans d'attente, celui-ci a finalement dévoilé son plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les GES, du secteur pétrolier et gazier, son fameux plafond. Or, c'est pire que tout ce qu'on pouvait craindre.
    Il y a deux ans, on nous avait dit que l'ensemble de la société devait baisser ses émissions de GES de 40 à 45 %, mais que le secteur pétrolier et gazier devait les baisser de seulement 31 %. Aujourd'hui, ce qu'on apprend, c'est que ce n'est plus 31 %, mais 16 à 20 %, que ce secteur n'a aucune obligation avant 2030, et qu'il a la possibilité de continuer d'augmenter la production de pétrole et de gaz au pays.
    Comment mon collègue explique-t-il cette trahison envers la crise climatique?

[Traduction]

    Ce n'est pas tout à fait exact, madame la Présidente. Je trouve l’annonce d'aujourd'hui très encourageante et, si j'avais eu plus de temps, j'aurais vraiment approfondi la question.
    Le gouvernement envisage de mettre en place un système réglementé de plafonnement et d'échange de droits d'émission au titre de la Loi canadienne sur la protection de l'environnement. Il s'appliquerait à toute la production pétrolière et gazière en amont, y compris à l'exploitation en mer et aux activités relatives au gaz liquéfié. Ensemble, ces activités représentent environ 85 % des émissions totales du secteur. Le système proposé comprendrait deux limites: le plafond des émissions et la limite supérieure légale. Les entreprises pourraient émettre plus que le plafond des émissions, jusqu'à la limite supérieure légale, à l'aide de crédits ou en contribuant à un nouveau fonds pour la décarbonation qui soutiendrait des réductions supplémentaires dans le secteur.
    Beaucoup d’autres renseignements sont disponibles sur ce que le gouvernement a annoncé aujourd'hui. C'est une bonne journée. La mesure est conforme à ce que j'ai dit précédemment, à savoir que le gouvernement se concentre sur l'environnement. Contrairement à l'opposition officielle, nous avons un plan pour l'environnement.
    Madame la Présidente, je voudrais revenir sur ce que mon collègue a dit, à savoir que la tarification du carbone n’est pas une taxe. Selon la Cour suprême du Canada, le régime de tarification des émissions de carbone qui s'applique aux combustibles n’est pas une taxe au sens constitutionnel. Il n’a pas d’incidence sur les recettes en raison du programme de remise et du Fonds d’incitation à l’action pour le climat.
    Dans ma province, il fait en sorte que la communauté micmaque de la Première Nation d’Eel Ground, aussi appelée Natoaganeg, a reçu des fonds pour exécuter des travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique et de modernisation de son bureau du conseil de bande. De plus, cinq écoles du Nouveau-Brunswick ont vu le gouvernement du Canada investir les recettes de la tarification du carbone dans l’amélioration de l’efficacité énergétique.
    Voilà ce qui est en jeu, et j’aimerais donc ramener les faits dans la conversation. Le député pourrait-il nous dire ce qu’il en pense?

  (1115)  

    Madame la Présidente, s’il y a un message simple à propos de tout ce que le Parti conservateur tente de faire, c’est que les gens doivent vraiment mieux comprendre ce que dit le chef du Parti conservateur. Il se comporte comme Donald Trump en propageant de la mésinformation, car la mésinformation est l’essence même de cette campagne.
    Lorsque les conservateurs disent qu’ils vont redonner plus d’argent aux Canadiens, ce n’est tout simplement pas vrai. Ce n’est pas vrai. Selon le plan des conservateurs, 80 % des habitants de Winnipeg‑Nord se retrouveraient avec moins d’argent en poche. Ils perdraient de l’argent à cause de l’approche ridicule et irresponsable adoptée par le Parti conservateur et son chef.
    Madame la Présidente, le député de Winnipeg‑Nord continue de répandre ses propos, ses rumeurs et ses insinuations toxiques, qui ne reposent sur aucun fait. Soyons factuels. Les libéraux vont augmenter le coût des aliments. Nous venons d’apprendre aujourd’hui que, selon le « Rapport sur les prix alimentaires au Canada », le prix de l'épicerie va augmenter de plus de 700 $ l’an prochain.
    Nous savons déjà que les libéraux quadruplent la taxe sur le carbone imposée aux familles, aux Premières Nations et aux agriculteurs. Ce député ne comprend pas comment fonctionne l’agriculture. Il rend nos agriculteurs moins compétitifs. Il va faire en sorte que nous importions davantage d’aliments des États-Unis, de la Chine et d’ailleurs parce que nous ne serons pas en mesure de les produire à un prix suffisamment bas ici, au Canada, pour fournir des aliments sains et nutritifs aux Canadiens. Le député reconnaîtra-t-il que les libéraux augmentent l’insécurité alimentaire au Canada?
    Madame la Présidente, je dirais simplement ceci. Les conservateurs sont tellement obnubilés...
    Une voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Le député a pu poser une question. Il devrait écouter la réponse, qu'elle lui plaise ou non.
    Le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, le Parti conservateur du Canada est tellement déterminé à éliminer la tarification de la pollution que ses députés votent contre l’accord commercial entre le Canada et l’Ukraine. Leur raison? Ils ne croient pas qu’il devrait y avoir de tarification de la pollution en Ukraine. C'est pourtant le cas depuis 2011. Voilà à quel point le chef du Parti conservateur est irresponsable. Il est prêt, pour la toute première fois, à voter contre un accord commercial entre l’Ukraine et le Canada en temps de guerre en Europe parce que la tarification sur la pollution s'applique en Ukraine.
    Le monde entier s’oriente vers la tarification de la pollution. Seul le chef du Parti conservateur est incapable de conceptualiser les répercussions de sa politique et de son approche irresponsables à l’égard de l’accord commercial entre le Canada et l’Ukraine, non seulement ici, au Canada, mais aussi à l’étranger.

[Français]

    Madame la Présidente, par où vais-je commencer? J'aimerais peut-être faire un petit pas de côté avant de parler de la motion de mes collègues conservateurs. Je voudrais contextualiser le fondement de cette motion.
    Si on veut contextualiser la chose, selon moi, il faut revenir à la situation que nous vivons. Il y a une crise climatique. De deux choses l'une: soit les conservateurs reconnaissent qu'il y a une crise climatique et ils s'engagent à prendre des actions pour réduire cette crise, soit ils ne la reconnaissent pas. Or le problème majeur que nous avons, c'est que, depuis l'arrivée du député de Carleton comme chef du Parti conservateur, l'opposition officielle utilise la désinformation comme un outil politique de prédilection. On ne peut donc pas avoir de conversations avec mes collègues du Parti conservateur au sujet de la question du réchauffement climatique. Lorsqu'on touche ces questions, ils agissent de façon irrationnelle. On va comprendre pourquoi je dis cela.
    Dans mon ancienne vie, j'enseignais la science politique. Le cours d'introduction qu'on donne aux étudiants de première année, en science politique, comporte un concept assez simple. On leur apprend ce qu'est la démocratie. Pour expliquer ce qu'est la démocratie, on leur dit qu'un des principes premiers est que l'usage de la parole raisonnée l'emporte sur la force. Voilà ce qu'est la démocratie. Ce sont des gens qui délibèrent ensemble, c'est un dialogue que des individus ont ensemble pour déterminer ce qu'est le bien collectif.
    Depuis quelques années, on voit qu'une forme de politique à l'américaine est en train de se transposer ici, au Canada. Ce n'est plus le dialogue qui l'emporte sur les menaces, ce n'est plus le dialogue qui l'emporte sur l'imposition d'idées. C'est le plus fort qui essaie de faire valoir sa loi en utilisant l'intimidation. On voit cela aux États‑Unis. Je ne veux pas faire de comparatif tout de suite entre le chef de l'opposition officielle et Donald Trump. Laissons cela de côté. Je ne veux pas davantage faire de comparatif entre le chef de l'opposition officielle et Marine Le Pen ou tous ces autres politiciens dans le monde occidental qui utilisent ces pratiques un peu vaseuses de prendre des libertés avec la vérité pour ne pas entrer en discussion avec les vis-à-vis qui pensent souvent différemment de nous. Je dis cela parce que le dialogue est assez important.
    Si je reviens là-dessus, c'est parce qu'hier on a atteint le fond du baril. Quand j'étais jeune, ma mère me disait souvent que, rendu à la fin, cela revire. Elle voulait dire que la stupidité de quelqu'un se termine immanquablement. J'espère donc qu'hier, on a atteint le fond du baril. Hier, au Comité permanent des ressources naturelles, on faisait l'étude article par article du projet de loi C‑50. Je suis la politique québécoise et la politique canadienne depuis le début des années 1990 et, même en étant une personne assidue qui regarde les travaux, je n'ai jamais vu de ma vie quelque chose d'aussi médiocre que ce qui s'est passé hier.
    Il y a un principe premier. On peut soulever des questions de privilège ici parce qu'on juge que les membres ont le droit d'être entendus. Laisser les membres se prononcer, laisser les membres voter est un principe premier en démocratie. Or même ce principe premier, qui est fondamental pour la démocratie, n'était pas respecté hier. J'ai entendu des élus conservateurs crier pour être certains qu'aucun membre du Comité ne soit en mesure d'exprimer son vote lors de l'étude article par article. Pire que cela, j'ai vu des actions fort discutables de la part du député de Brantford—Brant...

  (1120)  

[Traduction]

    Le député de Cypress Hills—Grasslands invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, je prends un instant pour invoquer le Règlement parce que j'étais moi aussi à la réunion du comité toute la soirée hier. Nous voulions...
    C'est une question à débattre, et non une raison pour invoquer le Règlement.
    Si le député veut apporter une précision, cela relève du débat.
    Le député de Jonquière a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, on voit que la bêtise s'est transposée à la Chambre. Mes collègues conservateurs ne veulent même pas entendre ce que j'ai à dire ici. Ils vont essayer de me priver de ma parole en faisant des rappels au Règlement qui n'en sont pas. Je le subis depuis plus de deux mois au Comité permanent des ressources naturelles, où on invoque sans cesse le Règlement.
    Madame la Présidente, j'aimerais pouvoir m'entendre quand je parle. Je demanderais à mes collègues de ne pas m'interrompre.

[Traduction]

    Encore une fois, je rappelle à tous les députés de faire preuve de respect à la Chambre. S'ils veulent discuter entre eux, je les invite à sortir de la Chambre. S'ils ont des questions ou des observations, je leur demande de bien vouloir attendre le moment opportun. Je ne sais pas exactement quels députés avaient des discussions en parallèle ou tentaient de faire des observations, mais je tiens à ce que tous les députés soient bien conscients qu'ils doivent faire preuve de respect lorsque quelqu'un d'autre a la parole.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Je discutais de façon très discrète avec mon collègue qui est assis juste à côté de moi. Je n’essayais absolument pas de m’adresser au député. Il...
    Comme je l'ai indiqué, je ne sais pas qui a dit quoi. Si les députés veulent discuter, ils devraient le faire à l'extérieur de la Chambre.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Concernant ce que vient de dire notre collègue, je vous dirais que nous entendons davantage la conversation qui se déroule au fauteuil de la présidence. Cela ne m'offusque pas, mais le bruit est effectivement plus fort que ce que l'on reproche à notre collègue...

  (1125)  

    Je tiens à rappeler au député que je n'ai pas indiqué qui était à l'origine du bruit, car je ne savais vraiment pas qui disait quoi. Cependant, je veillerai certainement à ce que mes conversations soient également discrètes. J'en prends bonne note.
    Le député de Jonquière a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, je n'ai même pas besoin d'en faire la démonstration, car les conservateurs le font eux-mêmes. Ils ont utilisé cette tactique jour après jour au Comité permanent des ressources naturelles. J'entendais tantôt un conservateur nous dire qu'il avait simplement une discussion paisible avec l'un de ses collègues. Si on veut voir la définition d'une discussion paisible selon les conservateurs, il faut aller consulter la vidéo de la réunion que nous avons eue hier au Comité permanent des ressources naturelles. On pourra voir à quoi ressemble une discussion paisible selon mes collègues du Parti conservateur.
    Comme je le disais avant d'être interrompu, le député de Brantford—Brant a agi hier d'une façon qui était plus que discutable. Il a agi de façon à intimider la whip du Bloc québécois et les membres du Comité permanent des ressources naturelles pour qu'ils ne puissent pas se prononcer sur un projet de loi. Comme je le disais tout à l'heure, nous vivons cela au Comité permanent des ressources naturelles depuis plus d'un mois. On se demande à qui revient le tour de parole, ce qui est une question fort ridicule. Quand je mets tout cela ensemble, je vois ce que j'ai appelé la « méthode Carleton ». C'est la méthode du chef de l’opposition officielle, qui repose sur deux grandes stratégies somme toute assez simples. D'un côté, il y a l'intimidation, et de l'autre, il y a la désinformation.
    Comme je le disais dans mon introduction, nous sommes aujourd'hui à un moment décisif. La crise climatique fait que les actions que nous devons poser immédiatement auront des répercussions qui vont être irréversibles pour les prochaines générations. Quand des partis politiques utilisent l'intimidation et la désinformation dans un pareil contexte, on court à la catastrophe.
    Ce que j'essaie de faire ce matin, c'est un appel à la responsabilité de chaque parlementaire. Chaque parlementaire devrait peut-être penser un peu plus loin que le bout de son nez et de sa prochaine réélection. Il devrait penser à ses enfants et aux générations futures. Malheureusement, il y a de plus en plus de députés qui ont un horizon très limité, qui se présentent comme des lobbyistes du secteur gazier et pétrolier et qui refusent d'écouter la science, qui nous indique clairement que les changements climatiques auront des effets néfastes sur nous. Il y a des députés qui agissent de cette façon-là, qui n'ont pas la volonté ou la hauteur nécessaires pour prendre à bras‑le‑corps le problème qui est devant nous, et qui préfèrent faire de l'intimidation et de la désinformation.
    Des exemples, je peux en donner de nombreux. Un des nœuds du débat que nous avons aujourd'hui, c'est le projet de loi C‑234. Nous avons vu une campagne d'intimidation venant de sénateurs conservateurs qui s'adressait à deux sénatrices, Mme Bernadette Clement et Mme Chantal Petitclerc. Pire que cela, je peux dire que j'ai vu dans l'antichambre, sur l'écran des conservateurs, une photo des deux sénatrices comme si c'était des personnes recherchées. On voit quelquefois des affiches de personnes recherchées pour un crime X ou Y. L'objectif de ces images était bien entendu de les mettre sur les médias sociaux afin qu'il y ait une campagne d'intimidation contre ces personnes. On connaît la logique des médias sociaux.
    Comme je le disais tout à l'heure, c'est la méthode du député de Carleton. Il n'y a pas si longtemps, nous avons quand même été alertés sur ce que pouvait faire le député de Carleton. Les gens qui nous ont alertés sur la façon de faire du député de Carleton, ce sont les députés du Québec eux-mêmes, le député de Richmond—Arthabaska au premier chef. Il a indiqué à de nombreuses reprises qu'il n'avait jamais vu une campagne aussi haineuse que celle dont il a été victime dans sa propre circonscription. Des gens se permettaient d'inciter la population à l'appeler pour essayer de l'intimider. Comme on le sait, le député de Richmond—Arthabaska est un ancien député conservateur.
    C'est la même chose pour le député de Portneuf—Jacques-Cartier. Je vais le citer, et sa citation s'appliquerait très bien à ce que j'ai vu hier à mon comité. Voici ce qu'il a dit lorsqu'il parlait de la dernière course à la chefferie du Parti conservateur: « Je n'ai jamais vu une course aussi agressive et aussi vicieuse dans les attaques personnelles ».
    Eh bien, je fais miennes les paroles du député de Portneuf—Jacques-Cartier. Je n'ai jamais vu des discussions aussi agressives et aussi vicieuses et des attaques personnelles aussi pointues que celles que j'ai vues hier au comité.

  (1130)  

    Cette méthode ne nous aide en rien à régler le problème qui est devant nous, c’est-à-dire celui de la crise climatique.
    Les conservateurs vont de slogans qui sont souvent vides, comme Axe the Tax. Je vois cela partout. Or, quand j’y regarde de plus près, si on essaie d’éplucher le contenu que les conservateurs mettent de l’avant, c’est plutôt Axe the Fact. C’est comment réduire et enlever toutes les données scientifiques qui nous démontrent qu’il faut adopter des mesures musclées pour lutter contre les changements climatiques pour réduire nos gaz à effet de serre. Je n’ai jamais vu de ma vie une proposition venant du Parti conservateur visant une tarification du carbone. Je n’ai jamais vu le Parti conservateur reconnaître que la tarification du carbone est nécessaire si on veut entrer dans une économie à faible intensité carbonique. La seule personne qui a déjà défendu cela, c’est l’ancien chef du Parti conservateur. Malheureusement, une frange, probablement de son parti, a réussi à avoir sa tête.
    Il y a un autre élément sur lequel je voudrais attirer l’attention de mes collègues. Je disais tout à l’heure que si on est un élu responsable, à mon avis, on doit faire passer l’usage de la parole raisonnée avant la force. C’est un principe phare de la démocratie, ce que ne semblent pas respecter les conservateurs, faisant preuve de plus d’intimidation et de désinformation.
    Un autre principe est quand même assez important. Moi, je pense que nous avons été élus pour défendre l’intérêt de nos concitoyens. C’est essentiel. Chaque député doit porter l’intérêt de ses concitoyens à la Chambre. Maintenant, on va comprendre pourquoi je suis étonné. J’ai un collègue, à la Chambre, qui vient de ma région. Mon collègue de Chicoutimi-Le Fjord est un député conservateur du Saguenay-Lac‑Saint‑Jean. Il s’est levé à la Chambre pour demander au gouvernement d’accélérer le processus au Sénat pour l'étude du projet de loi C‑234. Ce projet de loi porte sur la réduction de la tarification des combustibles utilisés pour le chauffage au grain. Elle est associée à la taxe sur le carbone. Je vais le redire, comme toutes les personnes de ma formation politique le disent, la taxe sur le carbone ne s’applique pas au Québec.
    Pourtant, dans la circonscription du député de Chicoutimi-Le Fjord, il y a le président de l’association Les Producteurs de lait du Québec. Ce dernier travaille avec le député de Berthier-Maskinongé sans relâche depuis trois ans pour faire accepter un projet de loi qui mettrait fin aux brèches actuelles dans la gestion de l’offre. Ce projet de loi a été voté ici, à la Chambre. Il est maintenant à l'étude au Sénat. Ce qu’on nous dit — je ne veux prêter d’intention à personne —, c’est que ce sont des sénateurs conservateurs qui retardent la mise en application de cette loi. Je ne peux pas croire qu’un député du Saguenay-Lac‑Saint‑Jean, qui a dans sa circonscription le président de l’association Les Producteurs de lait du Québec, se lève à la Chambre pour défendre un projet de loi qui n’aura aucun effet sur ses concitoyens et sur la politique québécoise, mais qu’il reste muet lorsqu’il est question de la gestion de l’offre. Cela, c’est une entorse fondamentale. Je mets au défi aujourd’hui le député de Chicoutimi-Le Fjord de se lever à la Chambre et de poser une question ou de faire une intervention qui va dans le sens d’un soutien à la loi sur la gestion de l’offre. Cela, c'est une autre chose.
    On a entendu abondamment le chef de l’opposition officielle nous dire que, lors de la prochaine campagne électorale, la « question de l’urne » va être la tarification du carbone, c’est-à-dire la taxe sur le carbone. Cette taxe, on va le redire, ne s’applique pas au Québec. La tarification sur les carburants propres existe déjà au Québec; elle a été mise en place par le gouvernement du Québec lui-même. Je ne peux pas comprendre que les députés du Québec du Parti conservateur soutiennent des initiatives aussi farfelues. Ce sont des initiatives qui n’auront pas d’impact au Québec.
    Aujourd’hui, je formule une demande à mes collègues de Chicoutimi-Le Fjord, de Charlesbourg-Haute‑Saint‑Charles, un Québécois lui aussi, et de Louis‑Saint‑Laurent — j’ai toujours eu une grande estime pour ce dernier qui a fait une carrière dans les médias et qui, par le passé, a fait preuve quand même d’une certaine hauteur en politique. Je leur demande de redevenir responsables, de laisser de côté la méthode Carleton qu’on voit de plus en plus et de s’intéresser au Québec.

  (1135)  

    Les gens au Québec vont leur rendre par la suite cet intérêt. Il faut faire progresser et faire cheminer les intérêts de la société québécoise à la Chambre si on est un député fédéral du Québec. J'ai l'impression que, en cours de route, mes collègues députés conservateurs du Québec ont manifestement perdu ce point de vue dans leur action politique.
    Je termine mon discours en disant que la motion qui nous est présentée aujourd'hui est relativement semblable à des tas de motions que nous avons vues dans les derniers mois. Pour moi, cela démontre clairement que les députés conservateurs du Québec n'exercent actuellement aucune influence sur leur chef. Les discussions du Parti conservateur cadrent avec une seule dimension, celle des hydrocarbures et de la défense du secteur gazier et pétrolier.
    À mon sens, les députés conservateurs du Québec ont une influence qui n'est pas très élevée. Je les encourage quand même à — comme mon chef le dit fréquemment — se faire pousser une colonne et à défendre l'intérêt de la population québécoise.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je trouve intéressant que le Bloc, un parti strictement québécois qui n’a jamais formé le gouvernement et qui ne le formera jamais, semble contester le fait que les conservateurs demandent des réponses très claires et simples pour expliquer pourquoi les sénateurs, y compris la sénatrice Petitclerc, du Québec, ont voté pour mettre fin au débat et pour vider de sa substance un projet de loi du gros bon sens des conservateurs, le projet de loi C‑234.
    Je poserais la même question à la sénatrice Paula Simons, de l’Alberta. Elle a voté pour le ravager et l’attaquer en tant que vice-présidente du comité de l’agriculture. Elle est vice-présidente du comité de l’agriculture au Sénat et elle a voté pour punir les agriculteurs.
    J’incite les Canadiens à communiquer leurs opinions respectueusement, cela va de soi, aux législateurs de notre pays. Il est essentiel qu’ils entendent le point de vue des Canadiens touchés, qu’il s’agisse d’une personne forcée, en raison des politiques du premier ministre libéral, de s’en remettre à une banque alimentaire ou…
    Le secrétaire parlementaire invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, comme tout le monde le sait, on a demandé au député de quitter la Chambre hier. Je ne sais pas si le député était tenu de s'excuser...
    Le député a été nommé et cette mesure ne s'appliquait qu'à la séance d'hier, dont il a été exclu.
    Je demanderais au député de terminer son propos, car sa minute est écoulée. Nous pourrons ensuite écouter la réponse, et passer aux autres questions et observations.
    Le député a la parole.
    Madame la Présidente, je saisis l'excellente occasion qui m'est donnée pour dire que les législateurs sont tenus de rendre des comptes concernant les propos qu'ils tiennent, qu'il s'agisse des sénateurs qui s'en prennent aux agriculteurs ou des députés. Cela s'applique également au premier ministre.

[Français]

    Madame la Présidente, je n'ai jamais dit que nous ne devions pas demander des comptes au gouvernement. Bien entendu, c'est le travail de l'opposition que de demander des comptes au gouvernement.
    Cependant, ce que nous ne pouvons pas faire, c'est intimider les gens. Cela, nous ne pouvons pas le faire. Je vais simplement souligner que mon collègue a été expulsé de la Chambre hier, lors de la période des questions orales, parce qu'il avait justement utilisé un langage intimidant. Je pense que cette façon de faire est en train de gangrener mes collègues du Parti conservateur.
    Ce que j'ai vu hier, c'était un manque de hauteur flagrant. Je recommande aux gens à la maison d'aller regarder la séance du Comité permanent des ressources naturelles d'hier soir. Ils vont se faire une idée de la façon dont le Parti conservateur pose des questions au gouvernement. Les gens pourront juger par eux-mêmes de l'action du Parti conservateur.
    Madame la Présidente, j'aimerais demander à mon collègue de Jonquière s'il pouvait parler un peu plus de ce qui est arrivé hier soir en comité. Selon lui, est-ce que cela a permis de faire des avancées en ce qui a trait à l'aide aux travailleurs et aux travailleuses de notre pays, aux questions liées à l'environnement et à la lutte contre les changements climatiques?
    Ce que j'ai vu hier, c'étaient des attaques contre des individus en comité. Ce n'étaient pas des discussions sur ce que nous allions faire en tant que pays pour nous attaquer à ces questions, qui sont très importantes. Est-ce que le député peut nous aider à comprendre ce qui est arrivé hier soir?

  (1140)  

    Madame la Présidente, j'aime beaucoup travailler avec ma collègue et je la remercie de sa question.
    Je ne suis pas d'accord avec le projet de loi C‑50 tel qu'il est libellé actuellement. Le travail que j'essayais de faire hier, c'était de faire cheminer des amendements qui m'ont été proposés par des groupes environnementaux et des syndicats. Malheureusement, nous n'aurons jamais parlé de ces amendements, parce que le Parti conservateur a chahuté et il ne nous a pas permis de faire notre travail de législateurs. C'est ce qui s'est passé hier.
    Je vais faire un suivi auprès de tous ces gens qui m'ont proposé des amendements. Je leur dirai que le travail qu'ils ont fait aura malheureusement été vain. Toutes les heures qu'ils ont accordées à lire un projet de loi pour essayer de le bonifier et de l'améliorer auront été vaines et jetées à l'eau.
     Pourquoi est-ce le cas? C'est parce qu'il y a des gens au Parti conservateur qui ont décidé de faire passer cette stratégie oiseuse qu'on connaît, qui est celle du député de Carleton et qui vise à intimider les gens. Ce qu'on a vu hier au Comité permanent des ressources naturelles, c'est de l'intimidation pure et simple.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Jonquière de son discours et de son ton très posé et raisonnable.
    Après l'immense déception d'aujourd'hui sur le plafonnement des émissions des secteurs pétrolier et gazier, on se rend compte que la grosse différence entre les libéraux et les conservateurs est que les conservateurs ne font même pas l'effort de faire semblant de prendre la crise climatique au sérieux. Ils veulent abolir une taxe qui ne s'applique même pas au Québec. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi les dix députés conservateurs québécois continuent de s'obstiner là-dessus.
    En plus, on apprend de Statistique Canada que, dans les provinces où la taxe s'applique, son abolition profiterait aux ménages qui gagnent plus de 250 000 $ par année. J'aimerais entendre les commentaires de mon collègue de Jonquière sur cela.
    Madame la Présidente, je suis d'accord avec mon collègue de Rosemont—La Petite-Patrie. Il est vrai qu'on a souvent l'impression que le Parti libéral est vert par apparat et que, dans les faits, les bottines ne suivent pas les babines. Je donnerai cette statistique, qui ne ment pas; ces deux dernières années, le Parti libéral a rencontré les lobbys des secteurs gazier et pétrolier à 2 000 reprises. C'est 1 000 par année. C'est plus de trois rencontres par jour, sans prendre de pause. Effectivement, je ne pense pas que les mouvements environnementaux aient eu la même possibilité.
    Cela dit, si mon collègue de Rosemont—La Petite‑Patrie n'est pas satisfait des politiques du gouvernement, il a toujours la possibilité de les laisser tomber. C'est entre ses mains.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le gouvernement a publié aujourd'hui la mise à jour de son plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre et se targue d'être en voie d'atteindre les objectifs fixés par M. Harper. Il est clair qu'il n'est pas en voie d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés.
    Je suis curieuse de savoir ce que le député pense de ce nouvel élément d'information, qui est pourtant très similaire.

[Français]

    Madame la Présidente, le problème majeur, c'est qu'on a une mauvaise approche au Canada. On n'a pas voulu plafonner la production d'hydrocarbures, mais on veut plafonner les émissions de gaz à effet de serre, les GES. On n'y arrivera jamais.
    Il y a un concept assez simple à ce sujet: c'est le paradoxe vert. C'est comme si on voulait donner la chance aux gens des secteurs gazier et pétrolier de se mettre une dernière fois de l'argent dans les poches en les soutenant, en disant qu'on va essayer de réduire leurs émissions. Cependant, la production augmente constamment. Si on est le moindrement logique, on se rend rapidement compte que, en augmentant la production, on va inévitablement augmenter les émissions de GES à l'échelle de la planète.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j’espère que le député est au moins prêt à admettre que les Québécois sont touchés de façon disproportionnée par la taxe sur le carbone. La taxe sur le carbone s’applique aux trains qui vont au Québec, la taxe sur le carbone s’applique aux camions et aux semi-remorques qui transportent des marchandises au Québec et elle s’applique ainsi aux consommateurs québécois. En réalité, ils paient la taxe sur le carbone.
    Je me demande si le député d’en face admettra, à tout le moins, que les Québécois font une mauvaise affaire avec cette taxe sur le carbone imposée par le gouvernement fédéral. Même si elle n’est pas imposée au Québec, les Québécois doivent quand même en payer les conséquences sans bénéficier de la remise du gouvernement.

  (1145)  

[Français]

    Madame la Présidente, il n'y a pas un analyste sérieux qui serait prêt à soutenir ce que mon collègue dit. Il n'y a pas un économiste au Québec qui serait prêt à soutenir cela. Il n'y a pas un analyste des politiques publiques sérieux qui serait prêt à soutenir cela.
    Par contre, ce que les analystes sérieux seraient prêts à soutenir, c'est que l'inaction va nous coûter très cher. Les catastrophes climatiques que nous voyons, qui font exploser les assurances des gens et qui font que nous payons les infrastructures deux ou trois fois plus cher, ces catastrophes vont nous coûter très cher. Mes collègues devraient se soucier de cela.
    Si leur objectif est de rendre la vie plus facile pour les familles et les agriculteurs, je les invite à s'attaquer au réchauffement climatique, parce que ce dernier aura des conséquences désastreuses sur le portefeuille des gens dans les prochaines années.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je m'interroge sur le problème de la mauvaise information répandue par le  chef du Parti conservateur, au sujet de la tarification de la pollution. Mon collègue pourrait-il nous faire part de son point de vue à ce sujet et nous dire quelles seront, selon lui, les conséquences de cette mauvaise information sur les connaissances générales du public?

[Français]

    Madame la Présidente, on la connaît, la méthode de désinformation du député de Carleton. Il se lève à la Chambre pour dire que des gens demandent l'aide médicale à mourir parce qu'ils n'ont plus à manger, et pour faire la promotion d'une vidéo qu'il a tournée. Moi, j'ai l'impression que nous sommes plutôt devant un chef de l'opposition qui n'a pas beaucoup de contenu, qui essaye d'agir comme un influenceur et qui tourne tous les faits à son avantage en essayant de flatter les gens. C'est un chef de l'opposition qui trouve des solutions très faciles à des problèmes très complexes. Pour moi, c'est la définition du populisme.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député de Rosemont—La Petite‑Patrie.

[Traduction]

    La période des Fêtes tombe à un moment très difficile pour le Canada. Les gens ont du mal à joindre les deux bouts; le recours aux banques alimentaires n'a jamais été aussi répandu, et de nombreuses familles sont incapables de payer leurs factures de chauffage. Les libéraux laissent tomber les Canadiens ordinaires.
    Il y a environ un mois, j'étais fière que le NPD présente une motion demandant au gouvernement de fournir des thermopompes aux ménages canadiens à faible et moyen revenu, de supprimer la TPS sur toutes les sources de chauffage domestique et d'instaurer un impôt sur les bénéfices exceptionnels des sociétés pétrolières et gazières, qui engrangent des profits records. Il est honteux que des dirigeants du secteur pétrolier et gazier engrangent des bénéfices records et reçoivent des millions de dollars en primes pendant que les travailleurs canadiens peinent à joindre les deux bouts. L'équipe du NPD se bat pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens ordinaires.
    Comme on pouvait s’y attendre, les libéraux se sont alliés aux conservateurs pour voter contre notre motion. Je suppose que c'est logique puisque, cette année, le gouvernement libéral a eu plus de 1 000 rencontres avec des lobbyistes du secteur pétrogazier, ce qui revient à près de trois rencontres par jour, tous les jours. Non seulement il les a rencontrés, mais il a aussi invité les dirigeants de ce secteur à participer à l’élaboration de son plan pour le climat, ceux-là mêmes qui exacerbent la crise climatique afin de maximiser leurs profits. C’est comme si on demandait au renard de nous aider à construire un poulailler. Par conséquent, il n'y a rien d'étonnant à ce que, lorsqu'il s'agit de lutter contre la crise climatique, les libéraux continuent de traîner les pieds et de décevoir.
    Les Canadiens ont voté en faveur d’un strict plafonnement des émissions pour l’industrie des hydrocarbures. Maintenant que l’annonce en a enfin été faite, on constate que le plan est truffé d’échappatoires qui permettront aux entreprises gazières et pétrolières de continuer de polluer. On ne demandera pas à l’industrie de réduire ses émissions conformément au plan de réduction des émissions du gouvernement. Il y a une tolérance en matière de conformité, mais cela signifie en fait que les libéraux vont faire compenser ce manque à gagner par M. et Mme Tout-le-Monde ainsi que tous les autres secteurs de l’économie. Les libéraux sont en train de sacrifier l’avenir des générations futures pour rendre la vie plus facile aux PDG du secteur pétrolier et gazier.
    Nous sommes face à une urgence climatique. Après la pire saison de feux de forêt que le Canada ait jamais connue, après les évacuations forcées aux quatre coins du pays et après les sécheresses qui ont détruit des récoltes, c'est une évidence: nous avons déjà franchi le seuil des deux degrés Celsius. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps, et dans la lutte contre les changements climatiques, les agriculteurs sont sur la ligne de front. Ils sont parmi les plus exposés aux impacts de ces changements. Nous devons donc voir à ce qu’ils disposent des outils nécessaires pour continuer à faire leur travail. C’est pourquoi je suis fière de soutenir ce que fait le député de Cowichan—Malahat—Langford, qui a préparé un projet de loi en vue d'une stratégie nationale sur la santé des sols. Aider les agriculteurs, c'est faire profiter tout le monde d'aliments plus sains et d’un environnement plus vert et mieux protégé.
    Il convient aussi de souligner les effets disproportionnés des catastrophes climatiques, qui sont de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves, sur les communautés autochtones. Je parle des inondations, des sécheresses, des feux de forêt et ainsi de suite. Au cours des 13 dernières années, les communautés autochtones ont fait l’objet de plus de 580 ordres d’évacuation, et les phénomènes météorologiques extrêmes ainsi que les catastrophes climatiques qu’ils provoquent ne devraient qu’empirer.
    Que proposent les conservateurs pour faire face à ces catastrophes d'origine climatique? Comment comptent-ils venir en aide aux communautés des Premières Nations, inuites et métisses qui sont touchées par la crise climatique? La vérité, c'est que les conservateurs n’ont pas de plan. Ils ne s’entendent même pas pour admettre l'existence des changements climatiques, alors comment pourraient-ils avoir un plan pour les combattre?
    Si les communautés autochtones sont souvent à l’avant-plan de la crise climatique, elles subissent également la crise du coût de la vie plus intensément que beaucoup d’autres groupes. Le prix du panier d'épicerie dans les régions éloignées a atteint des sommets. Ma collègue de Nunavut a également parlé de la crise du logement dans sa circonscription, et ses concitoyens ne sont pas les seuls. La crise du logement autochtone est un problème grave dans tout le pays. C’est pourquoi nous avons obligé les libéraux à inclure le logement par les Autochtones et pour les Autochtones dans le budget de 2023. Cependant, il reste encore énormément à faire. Dans ma circonscription, les Autochtones en milieu urbain vivent toutes sortes de problèmes particuliers lorsqu'ils cherchent un logement sûr qui est à portée de leurs moyens et où l'on respecte leur culture.

  (1150)  

    C’est pourquoi je suis aussi reconnaissante de l’existence d’organismes tels que l’Aboriginal Coalition to End Homelessness. Ils accomplissent un travail incroyable. Toutefois, en l’absence d’un financement stable et permanent et de subventions fédérales adéquates pour leurs projets, les Autochtones de ma circonscription sont durement touchés par la conjoncture que nous connaissons, où l’inflation est élevée, les taux d’intérêt montent en flèche, le coût de la vie augmente constamment et le logement est hors de prix, même pour les personnes qui ont un emploi à temps plein.
    Le Victorian Native Friendship Centre est un autre organisme incroyable qui fait un travail nécessaire. Son directeur général, Ron Rice, explique que le centre fournit des logements à des grands-parents qui élèvent leurs petits-enfants, à des étudiants postsecondaires et à des jeunes qui sont en transition en quittant le régime de protection de la jeunesse. Il a expliqué qu’un grand nombre des personnes qui séjournent dans ce refuge ont au moins un emploi à temps plein. Le gouvernement fédéral doit fournir davantage de financement et de ressources aux organismes comme celui-là, et il faut un fonds d’acquisition fédéral pour que le secteur du logement communautaire puisse faire l'achat de propriétés à vocation locative.
    Je suis déçue que les libéraux se traînent toujours les pieds. Il faut toujours les pousser à faire ce qu’il faut. Pour leur part, les conservateurs ne semblent écouter les communautés autochtones que lorsque cela sert leurs propres intérêts. Pourquoi le gouvernement Harper a-t-il refusé d’ouvrir une enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues ou tuées? Pourquoi les conservateurs actuels n'ont-ils pas profité de cette journée pour présenter une motion sur l’épidémie de disparitions et de meurtres de femmes, de filles et de personnes bispirituelles autochtones, ou encore sur la crise de l'alimentation en eau dans les communautés autochtones?
    Pourquoi ne demandent-ils pas une solution à la crise du logement qui touche les Inuits du Nunavut ou celle qui touche les communautés métisses? Les Inuits et les Métis ne sont même pas mentionnés dans leur motion. Des cycles intergénérationnels d'itinérance et de violence coloniale ont poussé les Inuits, les Métis et les membres des Premières Nations à quitter leurs terres. Pourquoi les conservateurs ne défendent-ils les Autochtones que lorsque cela concerne la taxe sur le carbone?
    Aujourd’hui, j’ai demandé au chef conservateur ce qu'il répond non seulement aux personnes blessées par les propos qu’il a tenus il y a 15 ans selon lesquels les survivants des pensionnats avaient besoin d’avoir une meilleure éthique du travail plutôt que d’être indemnisés, mais également aux membres des Premières Nations, aux Inuits et aux Métis qui aimeraient le voir s’excuser pour avoir choisi cette année de s’adresser aux négationnistes des pensionnats à l’occasion d’un déjeuner organisé à Winnipeg. Il a répondu en disant qu’il s’était déjà exprimé sur les propos tenus il y a 15 ans. Qu’en est-il de ce qu’il a fait cette année?
    Il est clair qu’il n’est pas celui qu’il prétend être. Ce ne sont pas les gestes de quelqu’un qui comprend ou respecte les besoins des Autochtones.
    Ni les libéraux ni les conservateurs n’ont répondu de manière adéquate aux préoccupations des Autochtones. Aucun des deux partis n’a répondu à l’appel de l’Assemblée des Premières Nations, qui réclame 30 milliards de dollars supplémentaires pour financer l’adaptation au changement climatique de ses communautés, et aucun des deux partis n’a répondu non plus aux besoins des Métis et des Inuits.
    Les libéraux consacrent plus d’argent à aider les communautés à évacuer qu’ils n’en dépensent pour les aider à prévenir une crise. C’est tout à fait inacceptable. Le Canada mérite mieux que des libéraux qui tardent à agir et déçoivent, ou que des conservateurs qui sont sous le contrôle du secteur privé.
    Notre équipe néo-démocrate demande que l’on élimine les échappatoires à la taxe sur le carbone que les libéraux ont accordées aux plus gros pollueurs. Au lieu d’avoir des échappatoires, ces sociétés devraient être obligées de payer leur juste part.
    Nous nous attaquons aux dirigeants des chaînes d'épicerie. Les Canadiens savent que le NPD est le seul parti qui s’opposera à ces riches PDG qui arnaquent les Canadiens tout en engrangeant des profits records.
    Nous pensons également que les Canadiens de tout le pays méritent d’avoir un allégement de leur facture de chauffage. C’est pourquoi nous demandons la suppression de la TPS sur le chauffage domestique et la mise en place de programmes visant à fournir des thermopompes aux familles à revenu faible ou moyen. Nous demandons aux libéraux de mettre enfin en place un impôt sur les bénéfices exceptionnels des sociétés pétrolières et gazières pour financer cette mesure. Nous poussons également le gouvernement à s’engager dans une véritable réconciliation, à financer adéquatement les organismes autochtones dans le cadre d'une stratégie de logement pour les Autochtones, par les Autochtones.
    Nous leur demandons de faire en sorte qu'il soit plus facile pour les agriculteurs d'utiliser des carburants plus propres, de façon à contribuer à la réduction des émissions de carbone. Nous leur demandons également de créer une alerte robe rouge afin de sauver la vie des femmes autochtones en danger. Nous allons continuer de défendre les gens d'un bout à l'autre du pays.
    J'exhorte mes collègues de tous les partis à suivre notre exemple.

  (1155)  

    Madame la Présidente, l'hypocrisie dont les députés du NPD font preuve est sidérante. Ils soutiennent toujours le gouvernement libéral, mais quand cela sert leurs intérêts, ils disent: « Les libéraux devraient avoir honte! »
    Quand arrive le temps de voter, ils rentrent dans le rang. On croirait entendre claquer le fouet des libéraux pour leur dicter leur conduite. Ils votent avec les libéraux, que ce soit pour les manœuvres de camouflage ou pour la taxe sur le carbone. Les seuls qui ont fait pression sur les libéraux pour qu'ils éliminent la taxe sont les députés conservateurs.
    La députée a parlé des feux de forêt et des sécheresses dans notre province, la Colombie‑Britannique. Il faut en faire plus pour empêcher les événements météorologiques extrêmes; je suis d'accord là-dessus. Je crois que les changements climatiques ont un effet sur ces événements, mais la taxe sur le carbone, elle, n'a aucun effet.
    Pourquoi la députée vote-t-elle pour punir les gens de la Colombie‑Britannique et tous les Canadiens? Elle rentre chaque fois dans le rang.
    Madame la Présidente, il me semble incroyable que le député puisse tenter d'induire en erreur les gens de sa circonscription et les autres Britanno‑Colombiens. Pourtant, tout le monde sait que la Colombie‑Britannique a une tarification provinciale du carbone. Cette motion ne vise absolument pas à aider les Britanno‑Colombiens. Elle ne vise absolument pas à aider les Premières Nations, les Inuits et les Métis…
    Une voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Il y a un député qui a l'air d'être particulièrement agité, et c'est un secrétaire parlementaire de surcroit. S'il a des questions à poser ou des observations à faire, je lui demande d'attendre. Ce n'est pas très respectueux envers les deux côtés de la Chambre.
    Le député qui vient de poser une question veut ajouter quelque chose. Je lui demande à lui aussi d'attendre que je demande aux députés s'il y en a qui ont des questions ou des observations, et il pourra tenter d'obtenir la parole.
    La députée de Victoria a la parole.
    Madame la Présidente, je demande au député de cesser d'induire les Britanno‑Colombiens en erreur. Ils ne sont pas concernés puisque leur province a sa propre tarification provinciale, qui a été instaurée par un premier ministre conservateur.
    Je l'entends comparer le NPD et le Parti conservateur, mais notre parti est le seul à mettre de la pression afin d'obtenir des résultats pour les Canadiens, pendant que les conservateurs font de l'obstruction et écoutent les lobbyistes, qui représentent environ la moitié de leur exécutif national. La grande entreprise a la mainmise sur les conservateurs.
    Madame la Présidente, je sais que c'est un sujet que ma collègue connaît très bien et qui lui tient beaucoup à cœur. Elle a de jeunes enfants. Je m’inquiète moi aussi profondément de l’avenir que nous réservons à nos enfants.
    J'ai eu le privilège d'assister à une séance du comité des finances où le directeur parlementaire du budget était présent. Il a précisé pour la millionième fois, je crois, que seulement 0,15 % de l’inflation alimentaire était associée à la taxe sur le carbone, alors que les 3,5 % étaient attribuables à la sécheresse, à la maladie et à une saison de culture imprévisible. Nous devrions nous occuper avant tout des répercussions des changements climatiques à la Chambre. Je suis heureuse qu’elle l’ait souligné.
    De plus, je trouve la façon de traiter les Autochtones stupéfiante et profondément troublante. Je tiens à répéter que les Métis et les Inuits ont été exclus de cette motion de l’opposition.
    Je vais passer rapidement à la question de l’impôt sur les bénéfices exceptionnels. J’aimerais en savoir plus à ce sujet, car cela me préoccupe. Nous ne pouvons pas faire confiance aux sociétés pétrolières et gazières; elles ne feront jamais ce qui est juste. Pourraient-elles refiler cet impôt aux consommateurs en augmentant les prix? J’aimerais avoir plus de précisions à ce sujet.

  (1200)  

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de défendre avec une telle passion l’environnement et les droits des Autochtones.
    L’impôt sur les bénéfices exceptionnels est un élément important de la politique, et j’aimerais que son gouvernement le mette en œuvre. J’aimerais qu’il ait le courage de s’en prendre aux riches dirigeants du secteur pétrolier et gazier et aux riches PDG des chaînes d’épicerie.
    J’ai peine à imaginer qu’elle se trouve dans cette situation et qu’elle doive appuyer un gouvernement qui parle beaucoup, mais qui ne joint pas le geste à la parole, alors que notre avenir, celui de nos enfants et nos petits-enfants, est en jeu face à cette urgence climatique.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue. Elle a beaucoup parlé de la crise du logement.
    La semaine dernière, je suis allé en France avec l'Association interparlementaire Canada‑France et j'ai rencontré une sénatrice socialiste. Nous avons parlé de logement et elle a été surprise que le Canada donne ou prête de l'argent à des promoteurs privés pour construire des logements. Elle a fait des grands yeux: pour elle, c'est une aberration totale.
    Je sais que ma collègue a parlé tantôt d'un fonds d'acquisition. Un des problèmes de la stratégie nationale est qu'on envoie trop d'argent à des promoteurs privés pour des logements qui ne sont pas abordables pantoute, par exemple des logements à 2 000 piastres à Montréal. Elle a parlé de ce fonds d'acquisition et du fait qu'il serait important que le gouvernement prête de l'argent à des organismes à but non lucratif pour acheter des logements et les sortir du marché privé. J'aimerais qu'elle nous dise à quel point c'est important.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue pour cette question. C’est une question très importante.
    Un fonds d’acquisition de logements est un élément stratégique important qui aide les organismes de logement à acquérir des terres pour fournir des logements. Je trouve aberrant que le gouvernement donne de l’argent à des promoteurs privés sans imposer de conditions et sans exiger qu'ils créent des logements abordables pour que les gens dont on démolit le logement aient les moyens de payer les logements nouvellement construits. C’est incroyable.
    Nous devons aussi nous attaquer aux fiducies de placement immobilier, qui engrangent des profits records en faisant des rénovictions. Nous leur donnons des échappatoires et des incitatifs fiscaux et nous ne les obligeons pas à payer l’impôt des sociétés. C’est fou.
    Mettons en place un fonds d’acquisition de logements. Éliminons les échappatoires de notre système...
    Nous reprenons le débat. Le député de Rosemont—La Petite-Patrie a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de Victoria de son très intéressant discours. Je la remercie aussi de tout son travail et de sa passion pour les dossiers de l'environnement et de l'urgence climatique, mais également pour ceux du logement et des Premières Nations, en Colombie‑Britannique et partout au pays.
    Finalement, les conservateurs poursuivent avec la même obsession pathologique de la taxe sur le carbone, donc d'un prix sur la pollution. Lorsqu'on parle d'un prix sur la pollution, on parle nécessairement d'environnement, d'urgence climatique, de crise climatique, et, au sujet de l'environnement, je ne peux passer sous silence l'annonce qui a été faite ce matin par le gouvernement libéral concernant un plafond des émissions de GES dans le secteur pétrolier et gazier.
    Il y a deux ans, lors de la COP26, à Glasgow, le premier ministre avait dit qu'il fallait que nous ayons un plafond d'émissions de gaz à effet de serre pour le secteur pétrolier et gazier. Nous avons attendu deux ans. Ce que nous voyons aujourd'hui est pire que toutes nos craintes, pire que tout ce que nous imaginions. Mes collègues me croiront si je leur dis que nous sommes capables d'avoir pas mal d'imagination.
    C'est épouvantable alors qu'on demande à l'ensemble de la société de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre de 40 à 45 %. Nous pourrions d'ailleurs avoir une discussion sur la proportionnalité et le poids de la responsabilité de chaque citoyen canadien et de l'économie canadienne par rapport aux cibles que nous devons atteindre pour limiter le réchauffement climatique de la planète à 1,5 degré ou à 2 degrés. Nous nous dirigeons davantage vers 2 degrés. Nous devrions être prêts à réduire de 50 à 60 % nos émissions parce que, par habitant, les Québécois et les Canadiens polluent énormément et émettent énormément de gaz à effet de serre.
    Disons que nous prenons ces 45 % de diminution. Il y a deux ans, on nous disait qu'on exigerait probablement, pour le secteur pétrolier et gazier, une diminution de 31 %. Il y a déjà 10 à 15 % qui viennent de disparaître; cadeau du gouvernement, merci les amis. On apprend ce matin que ce n'est même plus 31 % de diminution pour le secteur pétrolier et gazier, mais que, pour les libéraux, une diminution de 16 à 20 % sera correcte. C'est ridicule. C'est irresponsable pour nos enfants et pour les générations futures. Devant la situation d'urgence à laquelle nous sommes confrontés, c'est une blague. Pourquoi est-ce une blague? C'est parce que ce gouvernement ne fait qu'écouter les lobbyistes des grandes compagnies pétrolières.
    Nous l'avons rappelé hier et en avons encore parlé aujourd'hui: au cours des deux dernières années, 2 000 rencontres ont eu lieu avec des lobbyistes et des représentants des compagnies pétrolières et gazières. Sachant qu'il y a 365 jours dans une année, cela représente plus de trois rencontres par jour entre ces lobbyistes du pétrole et des cabinets de ministre de ce gouvernement qui se dit proenvironnemental. Cela comprend également les samedis, les dimanches, Noël, Pâques, Hanouka, et ainsi de suite. On se demande ensuite qui sont ceux que les libéraux écoutent. Les rencontres des représentants de ces pétrolières avec le bureau du premier ministre, le Conseil privé, le Conseil du Trésor et les finances ont été trois fois plus nombreuses que celles qui ont eu lieu avec les groupes environnementaux.
    Cela donne comme résultat ce que nous voyons ce matin. Cette espèce de farce, qu'on appelle « plafond », est en fait un torchon. Il n'y a rien là-dedans, à part un chèque en blanc aux compagnies pétrolières pour qu'elles puissent continuer de faire ce qu'elles font. Non seulement la réduction est de 16 à 20 %, mais il n'y a pour elles aucune obligation avant 2030. On leur dit de faire ce qu'elles veulent et de s'amuser pendant les sept prochaines années. Par la suite, on introduit de la souplesse. Cela veut dire qu'on va leur laisser la possibilité de continuer d'augmenter la production. Je ne sais pas comment on va atteindre une diminution de 16 à 20 % tout en continuant d'augmenter la production. Il y a tellement de souplesse dans le document qui a été présenté par le ministre de l’Environnement et du Changement climatique qu'on dirait un cours de yoga avec des gens capables d'effectuer des contorsions absolument inimaginables.
     C'est totalement irresponsable de la part de ce gouvernement qui prétend se préoccuper du climat et de l'environnement, mais qui nous arrive avec n'importe quoi ce matin alors que le secteur pétrolier et gazier est le secteur d'activité économique qui émet le plus de gaz à effet de serre. Je pense que cela représente 24 % du total d'émissions. C'est énorme, c'est même plus que le transport.

  (1205)  

    L'augmentation des GES au Canada, depuis 1990, est principalement attribuable à une hausse de 88 % des émissions du secteur pétrolier et gazier. Ce secteur a émis 100 millions de tonnes en 1990, 168 millions de tonnes en 2005 et 189 millions de tonnes en 2021. Or on vient de lui dire que, pour les sept prochaines années, il n'aura pas à s'inquiéter. On lui donne carte blanche. Je devrais plutôt dire « carte noire », dans ce cas. Le secteur pétrolier et gazier peut continuer à polluer comme il le veut. Il y aura peut-être une cible vers 2050, mais, rendu là, on verra. Cela dit, ce n'est pas illogique, étant donné la vision et les propositions des libéraux depuis 2015, malheureusement.
    Nous venons d'apprendre, cette semaine, qu'on prévoit donner 12,5 milliards de dollars en subventions aux compagnies pétrolières pour une technologie de capture du carbone. C'est exactement le plan de match des conservateurs. Le ministre de l’Environnement, ancien militant environnementaliste, vient de faire un copier-coller du plan du chef du Parti conservateur, une espèce de lubie selon laquelle une baguette magique technologique va régler tous les problèmes. C'est en outre l'argent public qui paie cela alors qu'on sait très bien que la technologie de capture du carbone n'est pas prouvée, n'a pas été bien testée et ne donne pas les résultats promis.
    Il faut faire un virage central, avoir un secteur énergétique fort qui mise sur les énergies renouvelables. C'est ce que la science nous dit depuis des années, mais les conservateurs et les libéraux vont complètement dans l'autre direction. Ce n'est pas surprenant de la part d'un gouvernement qui a acheté le pipeline Trans Mountain, un pipeline n'ayant tellement pas d'avenir qu'aucun acteur du secteur privé n'a voulu l'acheter. Ce sont aussi les libéraux qui ont fait en sorte que ce soit tout le monde ici, ainsi que les gens que nous représentons dans nos circonscriptions, qui paient cela. Au début, on parlait de 7 milliards de dollars. Ce fut ensuite 12 milliards de dollars, puis 16 milliards de dollars. Maintenant, on est rendu à 30 milliards de dollars pour un pipeline qui, dans 20 ou 30 ans, ne servira plus, car il va transporter le pétrole le plus polluant du monde, le plus cher à extraire et que plus personne ne voudra avoir.
    Ce n'est pas surprenant qu'en plus, le gouvernement libéral autorise des projets comme le projet Bay du Nord, qui représente encore une fois une augmentation de la pollution et de nos émissions de gaz à effet de serre. Ce n'est pas surprenant que les libéraux et ce ministre de l'Environnement aient accordé en février dernier des permis d'exploration pétrolier et gazier au large de Terre‑Neuve pour 12 000 kilomètres carrés dans des écosystèmes marins fragiles. Ils ont aussi donné des permis d'exploration à ExxonMobil et à British Petroleum.
    C'est cela, le bilan des libéraux: un gouvernement qui est incapable d'atteindre ses cibles, comme on l'a appris dans le dernier rapport du commissaire à l'environnement, qui autorise des projets pétroliers et gaziers et qui vient de faire une passe sur la palette aux compagnies pétrolières canadiennes pour qu'elles continuent de faire ce qu'elles font tout en demandant à l'ensemble des citoyens et des entreprises de notre économie de faire des efforts supplémentaires.
    Alors que la situation est catastrophique, se souvient-on des feux de forêt de l'été dernier? Se souvient-on des conséquences de l'augmentation de ce qu'on appelle des catastrophes naturelles? Ces catastrophes sont d'ailleurs de moins en moins naturelles, parce que la science et tous les rapports du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat, ou GIEC, nous prouvent qu'elles sont de plus en plus nombreuses, fréquentes et intenses, et qu'elles ont de plus en plus de conséquences sur notre économie, sur les populations et sur notre santé.
    Il y a un article très intéressant, aujourd'hui, sur Maria Neira, responsable du dossier climat et santé à l'Organisation mondiale de la santé. Elle nous dit que la pollution de l'air, qui entraîne des problèmes respiratoires et qui augmente le nombre de cas d'asthme chez nos enfants, est directement liée à la combustion des combustibles fossiles. Ce ne sont pas des hypothèses, c'est ce qui se passe sur le terrain.
    À la fois du côté des conservateurs et du côté des libéraux, on est irresponsable et on ne prend pas les moyens pour réduire les conséquences de la pollution et des changements climatiques sur la vie et la santé des gens, mais également sur notre économie et l'avenir de notre société et de nos communautés.
    Les gens peuvent compter sur le NPD. Nous allons nous battre et être sérieux en ce qui a trait à la lutte contre les changements climatiques.

  (1210)  

    Monsieur le Président, j'aimerais savoir combien de courriels, de visites et d'appels téléphoniques le député a reçus de la part de ses voisins au sujet du coût de la vie. De ce côté-ci de la Chambre, nous savons que la vie n'est pas abordable pour les Canadiens et qu'il s'agit d'un grand problème, notamment pour les Premières Nations.

[Traduction]

    Des Premières Nations ont présenté une demande de contrôle judiciaire dans laquelle elles affirment qu'on ne peut pas régler les problèmes climatiques aux dépens des communautés.

[Français]

    Quelle sera la réponse du député à cette question?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Je suis tout à fait d'accord avec lui. Effectivement, dans Rosemont—La Petite-Patrie, les gens sont préoccupés du coût de la vie. Il y a des gens qui nous écrivent pour parler du loyer et du coût du panier d'épicerie. Or, ceux qui, à la Chambre, agissent le plus pour faire baisser le coût du panier d'épicerie, ce sont les députés du NPD. Nous sommes les seuls à dire qu'il faudrait avoir un impôt spécial sur les profits excessifs des grandes compagnies. Nous sommes le seul parti qui dit qu'il faudrait avoir un code de conduite pour les grandes chaînes d'alimentation pour qu'elles soient plus respectueuses des consommateurs et des consommatrices. C'est juste le NPD qui a fait venir ici les riches PDG de ces compagnies pour leur poser des questions en comité parlementaire, alors que les libéraux n'agissent pas.
    Si on revient sur la pollution et la crise climatique, la seule différence entre les libéraux et les conservateurs, c'est que les conservateurs ne font même pas semblant de prendre cela au sérieux.

  (1215)  

     Monsieur le Président, j'ai posé des questions ce matin à M. Weston et aux autres à propos de ce code de conduite, que nous appuyons aussi comme libéraux. Nous en faisons peut-être plus que ce que mon collègue pense.
    Mes collègues conservateurs disent que le prix du carbone est totalement et uniquement responsable de l'augmentation du coût du panier d'épicerie. Cependant, je les ai écoutés ce matin pendant cette réunion de comité, alors qu'ils posaient des questions à M. Weston. Ils reconnaissent que certains autres facteurs contribuent à l'augmentation des coûts et c'est pour cette raison qu'ils veulent obtenir la signature des compagnies afin qu'elles adhèrent à ce code de conduite.
    Est-ce que mon honorable collègue pense comme mes collègues conservateurs que c'est uniquement le prix du carbone qui contribue à l'augmentation des prix, ou est-ce qu'il y a d'autres facteurs? Cela ne peut pas être ces deux choses en même temps.
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa très bonne question.
    Il ne faudrait pas que ce soit les patrons des épiceries qui écrivent ce code de conduite pour les grandes chaînes d'alimentation. Il ne faudrait pas que ce soit un code à adhésion volontaire ou qui leur permet de se gérer et se discipliner eux-mêmes. Il faut avoir une instance qui soit indépendante. Pour nous, au NPD, c'est important.
    Il est sûr qu'un prix sur la pollution pour le transport, par exemple, pourrait avoir un effet. Toutefois, cela fait 24 mois que la hausse du prix des aliments est plus élevée que l'inflation. C'est donc quelque part de la gourmandise de la part de ces compagnies, qui s'en mettent plein les poches, font des profits record et dont les dirigeants ont des salaires exorbitants.
    Il ne faut pas mettre tout sur le dos de la taxe sur le carbone. De plus, cette dernière n'existe même pas dans certaines provinces, comme au Québec ou en Colombie‑Britannique, où elle n'a donc littéralement aucune conséquence.

[Traduction]

    Uqaqtittiji, je sais que, d'après le texte de la motion, le débat porte supposément sur des façons de défendre les intérêts des Premières Nations, mais nous savons tous, je crois, que ce n'est pas vraiment l'intention qui sous-tend la motion.
    Je repense à l'époque où les conservateurs étaient au pouvoir, époque où ils ont énormément sabré dans les services aux Autochtones. Le gouvernement libéral actuel laisse tomber les Premières Nations, lui aussi, puisqu'il prévoit faire des coupes dans le prochain budget.
    Le député pourrait peut-être nous parler du travail que fait le NPD pour montrer qu'il se bat plus que tout autre parti pour défendre les intérêts des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de son importante question. Pour le NPD, les préoccupations des Premières Nations, des Inuits et des Métis sont vraiment au cœur de notre travail pour une justice sociale et une vraie réconciliation.
    Je félicite ma collègue du Nunavut pour tout le travail qu'elle fait, notamment pour le logement autochtone et pour avoir un programme de logement pour et par les Autochtones. Le logement est un problème majeur dans le Nord, en général, où les gens ont subi les coupes budgétaires des conservateurs et subissent maintenant l'insuffisance des investissements de la part des libéraux.
    Ces gens peuvent compter sur le NPD, qui continuera de parler des défis du logement et du coût du panier d'épicerie pour les Premières Nations, les Inuits, les Métis et tous les gens du Nord.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le député de Saskatoon—University.

[Français]

    C'est très simple: nous voulons annuler la taxe sur le carbone pour les fermiers, les Premières Nations et les familles.
    Nous savons que les hypothèques et les loyers ont doublé et qu'il est presque impossible d'acheter de la nourriture pour une famille. Malheureusement, un nouveau rapport indique qu'il en coûtera 700 $ de plus pour le panier d'épicerie l'année prochaine pour chaque famille.
    Je voudrais que ce gouvernement néo-démocrate—libéral soit sincère avec les Canadiens: la taxe sur le carbone augmente le coût de la vie. Quand la taxe sur le carbone augmente les coûts pour les fermiers et les camionneurs, le coût de la vie augmente pour tous les Canadiens. J'aime bien les cornichons, mais je n'aime pas que les libéraux prennent les Canadiens pour des cornichons.

  (1220)  

[Traduction]

    Malheureusement, après huit ans, nous savons que les Canadiens connaissent les plus grandes difficultés financières depuis peut-être la Grande Dépression. Comme le chef de la loyale opposition de Sa Majesté a désormais l’habitude de le répéter, si les photos des files d’attente devant les banques alimentaires étaient en noir et blanc, tout le monde croirait que nous sommes de retour dans les terribles années 30.
    Le gouvernement néo-démocrate-libéral a brisé les rêves de nombreux Canadiens. Il était intéressant d’entendre la réponse de mon honorable collègue lorsque j’ai posé une question il y a une minute à propos des courriels, des appels téléphoniques et des visites que chaque député de cette Chambre reçoit à son bureau tous les jours. Je ne comprends pas pourquoi ils choisissent d’ignorer les personnes qui les ont mis là. Nous savons très bien, parce que tout le monde jette un coup d'œil aux sondages de temps en temps, que c’est à leurs risques et périls. Je pense que les Canadiens, comme je l’ai dit tout à l'heure, ne sont pas des cornichons. Ils voient très bien à quel point leur situation financière est précaire. Nous savons que de nombreux Canadiens sont à 200 $ de la faillite à la fin du mois. Personne ne souhaite se retrouver dans une telle situation. Pour de nombreux Canadiens, la situation est encore pire. Deux millions de Canadiens fréquentent les banques alimentaires. Cela représente 5 % de la population.
    J’ai eu l’occasion de visiter la banque alimentaire de ma ville, Truro, en Nouvelle-Écosse. Malheureusement, nous savons que sa clientèle a bondi à 1 800 personnes. Dans une petite ville d’environ 12 000 habitants, il y a 1 800 clients. Nous savons, grâce à une étude incroyable réalisée par mon alma mater, l’Université Dalhousie, que l’épicerie coûtera 700 $ de plus à une famille de quatre personnes l’année prochaine. C’est une situation incroyablement triste.
    Dans ce rapport, il y a des phrases intéressantes qui parlent de l’utilisation des banques alimentaires. On peut y lire qu'il « s’agit du taux de fréquentation des banques alimentaires le plus élevé jamais enregistré au Canada » et qu'en « 2024, les Canadiens continueront probablement à subir la pression de l’inflation alimentaire, aggravée par l’augmentation des coûts du logement, de l’énergie et de diverses autres dépenses. »
    Comme je l’ai dit, nous savons tous que lorsque nous taxons l’agriculteur qui cultive les aliments et que nous taxons le camionneur qui transporte les aliments, la personne au bout de la ligne qui achète les aliments devra payer plus cher. Nous savons que lorsque nous taxons davantage les entreprises, elles refilent la facture aux consommateurs. C’est un simple fait commercial; il ne nous plaît pas.
    Je souhaite attirer l'attention sur quelques histoires intéressantes de ma propre circonscription, qui sont incroyablement déchirantes.
    Récemment, j’ai eu l’occasion de parler à un couple qui était à deux doigts de la retraite. Ils sont mariés depuis 25 ans environ et m’ont dit, ce qui est difficile à croire, qu’ils ont malheureusement dû vendre leur maison. Ils achevaient de la payer, mais ne pouvaient pas faire les paiements hypothécaires. J'ai trois enfants et deux petits enfants. Un parent ne voudrait pas faire cela, mais ils ont pris le profit qu’ils ont fait en vendant leur maison, aussi maigre soit-il, et le verseront à leur fille parce qu’ils vont vivre dans son sous-sol. C’est tout à fait hallucinant. Ce sont des histoires qui, depuis des générations, n’ont pas été entendues. C’est incroyablement triste d’entendre une telle histoire.
    J’en ai entendu une autre d’une dame âgée qui vit seule. Elle a inventé un nouveau mot. Ce n’est vraiment pas un mot qui existe, mais elle appelle cela la « dépicerie ». Elle fait ses courses et se promène avec son chariot, comme nous le faisons tous, en y mettant des choses qu’elle aimerait avoir. Puis, après avoir fait le tour de l’épicerie, elle additionne le coût de ces articles. Elle sait qu’elle ne peut pas tout se permettre, alors elle refait le tour de l’épicerie en retirant des choses de son chariot, en faisant le calcul dans sa tête. Elle constate alors la maigre quantité de produits qu’elle peut en fait se permettre. C’est ce qu’elle appelle « faire la dépicerie ». Il serait extrêmement triste, bien sûr, que l'utilisation de cette expression se répande au Canada.
    Nous savons également qu'il faut abolir la taxe sur le carbone non seulement pour les familles, mais aussi pour les agriculteurs et les Premières Nations. Les Premières Nations ont déposé une demande de révision judiciaire de la taxe fédérale sur le carbone, soulignant très clairement que le climat ne peut être guéri aux dépens des collectivités. Nous savons très bien quel est le fardeau qui pèse sur le dos des Canadiens chaque jour. Le coût des frais de service de la dette que le gouvernement néo-démocrate-libéral a fait gonfler au cours de ses huit années d'absurdités équivaut aujourd’hui au montant du Transfert canadien en matière de santé. Le fardeau des paiements que devront assumer les générations à venir est inimaginable.
    Ce qui est formidable, c’est que les Canadiens sont attentifs. Ils comprennent ce message. Ils savent que l’irresponsabilité fiscale de la coalition néo-démocrate-libérale doit être renversée. Nous savons que les centaines de courriels que nous recevons chaque jour sont le reflet de la triste réalité et de la position fiscalement irresponsable dans laquelle le gouvernement néo-démocrate-libéral a placé le Canada.
    Les députés de ce gouvernement ont beau continuer à parler de leurs machinations avec le ratio dette-PIB et ce genre de choses, les Canadiens, eux, savent, qu’ils n’ont pas les moyens de chauffer leur maison et de mettre de la nourriture sur leur table tous les jours, s’ils ont la chance d’avoir un endroit où vivre. C’est ce que nous savons et le message qui résonne chez les Canadiens est que le gouvernement néo-démocrate-libéral doit partir.
    Pour le moment, les députés pourraient facilement voter pour la motion que l'opposition présente aujourd'hui, qui vise à éliminer la taxe sur le carbone afin de rendre la vie plus abordable pour les Canadiens ordinaires qui téléphonent à notre bureau et qui seront heureux de se débarrasser de la coalition néo-démocrate—libérale.

  (1225)  

Les services aux Autochtones

    Uqaqtittiji, il y a eu consultations, et je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante.
    Je propose donc:
    Qu'un débat exploratoire sur les services aux Autochtones ait lieu le lundi 11 décembre 2023, conformément à l'article 53.1 du Règlement et que, nonobstant tout article du Règlement, ordre spécial ou usage habituel de la Chambre: a) tout député qui se lève pour prendre la parole pendant le débat puisse indiquer à la présidence qu'il partagera son temps avec un autre député; b) la période prévue pour le débat soit prolongée au-delà de quatre heures, au besoin, de manière à inclure un minimum de 12 périodes de 20 minutes chacune; c) la présidence ne reçoive ni demande de quorum, ni motion dilatoire, ni demande de consentement unanime.
    Que tous ceux qui s'opposent à ce que la députée propose la motion veuillent bien dire non.
    Le consentement est accordé.
    La Chambre a entendu la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.
    La motion est adoptée.

    (La motion est adoptée.)

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — La taxe sur le carbone pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles  

    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Monsieur le Président, j'ai écouté les conservateurs parler de la motion, et j'ai écouté les discours précédents. Le Parti conservateur diffuse de fausses informations sur les réseaux sociaux et par d'autres moyens du genre. Le député lui-même l'a fait, pour essayer de donner l'impression que la grande majorité des résidants de ma circonscription auraient plus d'argent en poche si on supprimait la tarification de la pollution. C'est la propagande associée au slogan « Supprimons la taxe ». Le député sait très bien que le directeur parlementaire du budget affirme plutôt le contraire.
    Le député n'a-t-il pas honte de tenter de faire croire à mes concitoyens et aux Canadiens qu'ils reçoivent moins d'argent, alors qu'en réalité, en tenant compte des remises, ils touchent plus d'argent, ce qui leur permet de consommer davantage?

  (1230)  

    Monsieur le Président, les députés néo-démocrates—libéraux ne sont pas très forts en mathématiques, mais ils ne sont pas très forts non plus en compréhension écrite, que ce soit dans l'une ou l'autre des langues officielles du Canada, car selon le rapport du directeur parlementaire du budget, que nous, de ce côté-ci de la Chambre, avons tous lu, les Canadiens s'en sortent moins bien qu'avant. En fait, si le député est si emballé par la situation financière des Canadiens, il serait tout à fait logique et très simple d’éliminer la taxe. Évidemment, les Canadiens auraient encore plus d'argent dans leurs poches avec une situation financière aussi bonne.
    Comment le député peut-il penser ainsi quand 2 millions de Canadiens, plus que jamais auparavant, ont recours aux banques alimentaires? Si le député, qui n’est pas très fort en calcul selon moi, ne comprend pas cela, je ne sais pas comment mieux l’expliquer que par le fait que des électeurs nous appellent, nous envoient des courriels et se rendent à nos bureaux tous les jours, pour nous faire savoir qu'ils sont au bord de la faillite.

[Français]

    Monsieur le Président, comme le disent si bien les chauffeurs d’autobus, on avance, mais par en arrière. C’est l’impression que j’ai relativement au débat qui nous occupe. Nous nous inquiétons pour les personnes qui ont des difficultés en raison du coût de la vie et nous nous inquiétons de la crise du logement, qui touche les citoyens et les citoyennes. Or la proposition des conservateurs ne ferait rien pour corriger ces situations, comme les politiques gouvernementales en matière de changements climatiques.
    Il y aurait une chose à faire. Nous sommes au Canada dans un État pétrolier et les changements climatiques ont des répercussions sur tout ce dont nous parlons, c’est-à-dire le prix du panier d’épicerie, l’agriculture, le logement et l'alimentation. Dans un tel contexte, comment les conservateurs entendent-ils présenter un plan sérieux pour contrer les changements climatiques?

[Traduction]

    Monsieur le Président, chose certaine, ma réponse comporte deux volets.
    D’abord et avant tout, nous devons rendre la vie plus abordable pour les Canadiens. Il n’y aura plus de pays si les gens n’ont pas les moyens de manger, de chauffer leur maison et de se loger. Nous savons que ce sont trois besoins essentiels, alors c’est très important.
    Le deuxième point extrêmement important, c’est que nous savons clairement, de ce côté-ci de la Chambre, que les conservateurs continuent de proposer d’excellentes idées. Par exemple, le chef de la loyale opposition de Sa Majesté a mis en ligne un documentaire de 15 minutes dans lequel il expose ses solutions en matière de logement. Cependant, les libéraux, bien sûr, n’ont même pas eu la décence de le regarder. S’ils le visionnaient, nous savons exactement ce qui se passerait: ils prendraient nos idées. Ils ont pris tout le crédit pour l'excellent projet de loi C‑323 que j'ai présenté. Il se trouve que c’est mon projet de loi. Qu’ont-ils fait? Ils l'ont inclus dans leur mini-budget, parce qu’ils sont à court d’idées et, bien sûr, nous savons tous qu’ils n’ont plus de temps.
    En parlant de manque de temps, je vais faire un rappel que je n'ai pas fait depuis longtemps, et je suis donc très heureux de pouvoir le faire: plus les questions et les réponses sont courtes, plus il y a de personnes qui peuvent participer aux débats.
    Nous poursuivons le débat. Le député de Saskatoon—University a la parole.

  (1235)  

    Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de participer à ce débat très important et opportun. Je suis très inquiet pour notre pays, et j'espère que les 338 députés prendront le temps de parler aux Canadiens pendant la période de Noël. Frappons à 100 portes, allons découvrir, directement auprès des personnes pour qui nous travaillons, ce qu'est devenue la vie après huit longues années de gouvernement libéral, avec les politiques qu'il a appliquées; allons constater l'enfer que vivent les Canadiens à cause des politiques libérales.
    Aujourd'hui, nous allons parler de la taxe sur le carbone. Les libéraux ont mis en place de nombreuses mesures épouvantables, mais il est question aujourd'hui de la taxe sur le carbone et de ce qu'elle fait subir aux Canadiens. C'est avec le cœur lourd que je lis les statistiques sur ce que vivent les Canadiens, soit de graves difficultés quotidiennes causées par une inflation inégalée en 30 ans. Résultat: les Canadiens ne parviennent manifestement pas à suivre le rythme de l'inflation. Le mois n'est pas terminé que le compte en banque est déjà vide. Les Canadiens sautent des repas.
    Nous sommes le grenier du monde. Je viens d’une province qui cultive et qui vend des aliments pour nourrir le monde. C’est Dieu qui nous a confié cette tâche; c’est Dieu qui nous a donné cette terre pour nourrir le monde et les Canadiens. Nous produisons tellement que nous, Canadiens, ne pouvons pas manger toutes récoltes, alors nous faisons du commerce. Nous sommes une nation commerçante, et c’est une bonne chose. En fait, c’est ce qui fait vivre des familles à l’autre bout du monde. Les politiques du gouvernement actuel font que des familles meurent de faim, non seulement dans des endroits très éloignés de la planète, mais aussi ici même au Canada. L’an dernier, 11 millions de Canadiens ont eu besoin de bons alimentaires ou de leur équivalent de la part du gouvernement. Ils n’avaient pas de quoi nourrir leur famille. Le gouvernement a dû aider un Canadien sur quatre. Ce n’est pas normal.
    Les temps sont très, très durs pour les Canadiens, et la situation ne fera qu’empirer. C’est davantage lié aux hausses des taux d’intérêt et aux conséquences qu’elles auront sur le renouvellement des prêts hypothécaires. Ils vont monter en flèche. Pour l’instant, les familles se cramponnent. Le point de bascule se produira dans plusieurs mois et plusieurs années, au fur et à mesure que les prêts hypothécaires seront renouvelés. Le problème se pose également pour les propriétés locatives, et nous savons que les loyers vont augmenter. Nous savons que le prix des loyers a déjà doublé au Canada. Qu’arrivera-t-il lorsque les propriétaires d’immeubles locatifs devront renouveler leurs hypothèques? Les loyers vont continuer à augmenter.
    Nous débattons aujourd’hui d’une taxe terrible. C’est une taxe sur le mouvement. C’est une taxe sur des choses que nous avions l’habitude de faire très bien au Canada. Nous accomplissons des choses. Nous avons la réputation d'être le pays qui produit le plus de canola et de blé au monde. Nous sommes des bâtisseurs. Nous extrayons des ressources du sol. Nous les raffinons. Nous valorisons les différents dons de Dieu à notre pays et nous en vendons parce que nous ne pouvons pas utiliser tout ce que nous produisons au Canada. C’est une bonne chose. C’est ainsi que, depuis plus de 150 ans, notre pays est si prospère. Après huit longues années sous le gouvernement libéral actuel, nous assistons à une attaque contre tout cela, car la taxe sur le carbone s'applique à tout ce qui bouge. Si cela continue à bouger, le gouvernement le taxe plus lourdement.
    Nous savons que les libéraux ont l’intention de quadrupler la taxe. Qu’est-ce que cela va signifier? Les théoriciens de la taxe carbone disent que si les libéraux continuent de l’augmenter, les gens cesseront d’utiliser le produit en question. Les théoriciens se trompent. Il suffit de regarder le prix du litre d’essence dans d’autres pays qui n’ont pas la chance d’avoir autant de ressources naturelles que nous. En Europe, le litre d’essence coûte autour de cinq ou six dollars canadiens. Les Européens continuent d’utiliser leur voiture, ils sont bien obligés. Au Canada, nous sommes obligés de prendre la voiture pour aller travailler afin de subvenir aux besoins de notre famille. Et nous avons besoin d’utiliser du pétrole et du gaz pour produire les récoltes qui servent à nourrir la planète entière.

  (1240)  

    Pour dissuader les gens, le gouvernement a décidé de cibler tout ce qui bouge. C’est ce que fait la taxe carbone. C’est une taxe sur tout ce qui produit. Regardez ce qui se passe au Canada atlantique, où le gouvernement a concocté une entente spéciale qui exempte la région de la taxe sur le mazout pour le chauffage domestique. De ce fait, il a invalidé l’argument qui justifiait la taxe carbone. Avec l’appui du NPD, le gouvernement a indiqué que c’était à cause du coût de la vie qu’il accordait une exemption au Canada atlantique pour le mazout de chauffage. Mais attention. Ne vient-il pas de dire que les Canadiens recevaient un remboursement supérieur à ce que leur coûte la taxe? Le gouvernement nous dit qu'au Canada atlantique, le coût de la vie a beaucoup augmenté, et c’est vrai. Pour améliorer un peu les choses dans cette région du pays, mais pas ailleurs au Canada, le gouvernement a décidé de supprimer la taxe. Mais ce faisant, il invalide son propre argument selon lequel les gens reçoivent un remboursement supérieur à ce que la taxe leur coûte, parce que si cet argument est valable, alors le gouvernement leur rend la vie plus chère. Par conséquent, cet argument ne tient pas la route.
    Le gouvernement propose également de rendre plus coûteuses les formes d’énergie qui dégagent beaucoup d’émissions. Le mazout pour le chauffage domestique est le carburant qui en produit le plus. Par conséquent, le gouvernement rend cette source d’énergie moins chère alors que, selon sa propre logique, elle aurait dû coûter plus cher. Les arguments du gouvernement tombent à l’eau.
    En conclusion, l’objectif de la motion est le suivant. Quand on voit tous les problèmes qui se posent au Canada, on se rend compte que la vie devient de plus en plus difficile. Si le gouvernement peut faire quelque chose pour améliorer un peu le pouvoir d’achat des Canadiens, il doit le faire sans attendre. Nous avons une longue liste des choses que le gouvernement aurait dû faire depuis huit ans mais qu’il a toujours refusé de faire. La motion d’aujourd’hui permettrait de supprimer la taxe carbone sur le chauffage domestique pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles, trois groupes de Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts et qu’une telle mesure pourra aider dès aujourd’hui.
    Étant donné que la taxe est intégrée dans toutes les activités des exploitations agricoles, si elle est supprimée, les prix des denrées alimentaires baisseront instantanément. Si la taxe est supprimée, les denrées alimentaires deviendront immédiatement moins chères pour les Premières Nations. Le gouvernement néglige beaucoup les réserves, mais je ne connais pas de pire exemple que celui-ci: beaucoup de Premières Nations et de réserves utilisent l’électricité pour chauffer les maisons. Actuellement, le gouvernement augmente le taux de la taxe carbone pour ces maisons qui appartiennent à des particuliers qui tirent déjà le diable par la queue à cause de la crise actuelle du coût de la vie, et il s’apprête maintenant à quadrupler la taxe carbone. Le troisième groupe est celui des familles. Nous savons qu’elles devront payer 700 dollars de plus l’an prochain à cause de la taxe carbone, rien que pour se procurer des produits d’épicerie. Ce sont 700 dollars qu’elles n’auront pas pour des activités sportives. Si l’on ajoute à cela les problèmes liés à la hausse des taux d’intérêt, nous avons une recette pour le désastre. Certaines familles canadiennes ont déjà du mal à joindre les deux bouts, mais bientôt, elles ne pourront pas manger à leur faim.
    Je ne veux blâmer personne, mais il s’agit bien d’une politique libérale. Ce ne sont pas les familles des députés libéraux qui souffriront. Ce sont les familles canadiennes qui éprouvent déjà de graves difficultés en raison du coût de la vie. Nous pouvons améliorer la situation dès aujourd’hui. Des politiques gouvernementales ne réduiront pas tous les coûts en hausse, mais c’est un domaine dans lequel, en tant que Parlement, nous pourrions agir avant Noël pour rendre la nourriture moins chère et la vie plus abordable, et améliorer nettement la situation au Canada. Par loyauté envers les gens que je représente et pour tenir compte des faits que l’on porte à ma connaissance, je dois dire que je ne vois pas d’autre groupe qui ait été autant mis en difficulté par les politiques libérales et auquel nous devrions venir en aide. C’est l’objectif de la motion.

  (1245)  

    Monsieur le Président, je tiens à rappeler certains faits. Il ne s’agit pas d’une politique libérale. La taxe sur le carbone a été instaurée pour la première fois en Colombie- Britannique par un gouvernement conservateur de droite déguisé en Parti libéral de la Colombie- Britannique. Par conséquent, je trouve très intéressant d’entendre les conservateurs de cette province parler ici d'abolir de la taxe sur le carbone fédérale, qui ne s’applique pas en Colombie-Britannique. Je rappelle ce fait pour sa pertinence.
    Voici une autre vérité: les néo-démocrates ont demandé la suppression de la TPS sur l’ensemble du chauffage domestique. Les conservateurs avaient inscrit cette demande dans leur programme électoral, mais ils ont voté contre. Dans leur programme électoral, les conservateurs proposaient la tarification du carbone, mais aujourd’hui, ils ne veulent pas en parler. C’est comme s’ils étaient frappés d’amnésie.
    Parlons de la nécessité d’un programme d’alimentation scolaire. C’est sous le gouvernement Harper, lorsque les inégalités ont monté en flèche, que l’on a commencé à plaider pour un tel programme.
    Le député pourrait peut-être expliquer pourquoi il a voté hier contre la mise en œuvre d’une stratégie pour la mise en place d'un programme national d’alimentation scolaire. Il pourrait peut-être aussi rectifier une partie des faits en expliquant pourquoi les conservateurs ont fait campagne en préconisant un programme de tarification du carbone, alors qu’aujourd’hui, ils sont contre.
    Monsieur le Président, cette taxe est nuisible. Elle rend tout plus cher et ne contribue pas à améliorer la situation environnementale puisque le Canada a raté toutes les cibles de réduction des émissions depuis qu’elle a été instaurée. C’est une taxe terrible qui ne fait rien pour l’environnement et qui nuit aux Canadiens, comme les huit dernières années le prouvent.
    En ce qui concerne l’égalité alimentaire, je ne vois pas de position plus hypocrite que celle du NPD. Les néo-démocrates prétendent être le parti des travailleurs et des pauvres. Or, ce sont leurs partisans qui souffrent le plus de cette taxe. Les personnes les moins en mesure de supporter les coûts accrus des aliments et du chauffage domestique sont celles qui sont les plus pénalisées. Les courriels et les appels téléphoniques les plus déchirants que je reçois à mon bureau ne proviennent pas de personnes aisées. Ils proviennent des personnes qui sont les moins en mesure de payer ces coûts accrus.
    Monsieur le Président, j’ai écouté attentivement le discours du chef de l’opposition ce matin, et on voit bien ce à quoi il s’oppose. Il a décidé de partir en guerre contre la science. Il a décidé de partir en guerre contre le changement climatique. Il a décidé de partir en guerre contre les investissements dans les infrastructures vertes et l’économie verte. Tout ça, on le sait, mais nous aimerions bien savoir ce qu’il a à proposer.
    Il plastronne avec sa campagne pour éliminer la taxe, mais en fait, ce n’est pas la taxe qu’il veut éliminer, ce sont les faits qu’il veut éliminer. Il fait donc campagne pour l’élimination des faits et il est parti en guerre contre tout ce que je viens de mentionner. Mais les Canadiens le savent.
    Quand va-t-il présenter un plan environnemental concret, efficace et fondé sur des données scientifiques pour contrer le changement climatique et tous les problèmes qui l’accompagnent? C’est la question que je pose au député.
    Monsieur le Président, si l’on veut vraiment faire quelque chose d’utile, il faut abolir cette taxe. Cela fera baisser le coût de la nourriture et du chauffage au Canada. C’est une solution concrète.
    S’agissant de l’environnement, cette taxe, qui est censée faire partie de notre stratégie environnementale, ne nous a pas permis d’atteindre une seule cible en matière de réduction des émissions. La seule année pendant laquelle on a enregistré une réduction, c’était pendant la première année de la pandémie, à cause du confinement. Si la position des libéraux, avec l’appui du NPD, est d’imposer encore une fois le confinement de la société où plus rien ne bouge, où plus rien ne se développe, où plus rien ne prospère, si c’est ça la politique du gouvernement libéral—néo-démocrate, alors j’attends avec impatience les prochaines élections.
    Nous savons que des solutions technologiques existent. Nous avons déjà fait face à de graves problèmes environnementaux dans le passé. Quand j’étais jeune, on disait que le trou dans la couche d’ozone allait provoquer d’innombrables cancers de la peau. J’étais devenu paranoïaque, cela me faisait terriblement peur. Mais ce n’est pas l'imposition d'une taxe qui a résolu ce problème, c’est la technologie. Avec les pluies acides, c’était la même chose. On disait que les plus acides allaient décomposer les structures de nos bâtiments. La technologie a résolu ce problème.

[Français]

    Monsieur le Président, je tiens d'abord à dire à mon collègue qu'il faut cesser la désinformation.
    Je veux aussi faire deux ou trois rappels très importants. Premièrement, la taxe sur le carbone ne s'applique pas au Québec. Deuxièmement, les ménages hors Québec qui paient cette taxe sur le carbone reçoivent une compensation financière qui n'a rien à voir avec leur profession ou leur état matrimonial ou civique, mais qui se fonde sur leur revenu.
     Troisièmement, les conservateurs, avec leur proposition, excluent de nombreux ménages sans raison. Comment définissent-ils la famille? Qu'en est-il des personnes seules ou des personnes âgées?

  (1250)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, c’est une question d’équité. Le Québec ne paie pas directement le coût de la taxe carbone numéro un, mais il paye la taxe carbone numéro deux.
    Je vais vous donner un exemple. Dans ma province, nous cultivons de la moutarde. Tous les intrants relatifs à l’ensemencement, à la récolte et à l’expédition de cette graine vers une usine de transformation sont assujettis à la taxe carbone. Dans l’usine, les graines sont transformées en moutarde. Mais avant que cette moutarde ne finisse sur le hotdog, nous devons payer une taxe carbone sur la production de la semence, sur la production de la moutarde et sur le transport au Québec. Alors oui, les gens vont payer plus de taxes carbone s’ils élisent les libéraux.
    Monsieur le Président, je me réjouis d'avoir de nouveau le privilège de prendre la parole à la Chambre au nom de mes concitoyens. Je vois certains de mes collègues avec qui j'ai passé plusieurs heures hier soir au comité. C'était formidable de terminer l'étude article par article du projet de loi C‑50, la Loi canadienne sur les emplois durables, qui aidera des Canadiens aux quatre coins du pays.
    Je suis heureux de participer...
    À l'ordre, s'il vous plaît. Des conversations sont en cours, et je demande aux députés d'aller les continuer dans l'antichambre pour que nous puissions poursuivre le débat.
    Le député de Vaughan—Woodbridge a la parole.
    Monsieur le Président, j'ai bavardé avec le député de Saskatoon—University pendant une bonne partie de la séance du comité des ressources naturelles d'hier soir.

[Français]

    J’aimerais rappeler à mes honorables collègues que depuis 2015 notre gouvernement ne ménage aucun effort pour rendre la vie plus abordable pour les Canadiens d’un océan à l’autre.
    En effet, nous avons sorti des centaines de milliers d’enfants de la pauvreté et, grâce au Supplément de revenu garanti et au Régime de pensions du Canada bonifié, nous offrons un soutien sans précédent à nos aînés. En effet, 2,3 millions de Canadiens de moins vivent dans la pauvreté qu’avant 2015. Qu’il s’agisse des services de garde à 10 $ par jour ou d’un nouveau régime canadien de soins dentaires, notre gouvernement a apporté des améliorations historiques au filet de sécurité sociale du pays.
    La réalité est que notre plan économique est financièrement responsable et qu’il donne des résultats pour la population canadienne. Nous avons renforcé le filet social du Canada, tout en veillant à ce que le pays maintienne les ratios du déficit et de la dette nette au PIB les plus bas du G7.
    Je dois dire que notre gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures dans la dernière année pour soutenir les Canadiens. Par exemple, l’été dernier, environ 11 millions de personnes et de familles à revenu faible ou modeste au pays ont reçu le remboursement pour l’épicerie.

[Traduction]

    Nous aidons les Canadiens partout au pays à gérer l'inflation mondiale. Nous défendons leurs intérêts et nous continuerons de le faire à mesure que l'économie se redressera et que l'inflation continuera de diminuer.

[Français]

    Il s’agit d’un versement unique qui les a aidés à faire face à l’augmentation du coût de la vie et à mettre de la nourriture sur la table.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec mon ami et collègue, le secrétaire parlementaire de la merveilleuse circonscription de St. Catharines.

[Français]

     Nous parlons ici de jusqu’à 467 $ de plus pour les couples admissibles avec deux enfants et jusqu’à 234 $ de plus pour les personnes seules sans enfant, y compris les personnes âgées seules. J’en ai parlé avec des citoyens de ma circonscription et je peux confirmer que c’est une mesure qui a été très appréciée.
    Également pour aider les Canadiens avec le coût de la vie, le gouvernement verse maintenant automatiquement les paiements de l’Allocation canadienne pour les travailleurs.

  (1255)  

[Traduction]

    Il s'agit de l'Allocation canadienne pour les travailleurs, qui est porteuse de changement.

[Français]

    Cette allocation a déjà aidé des milliers de Canadiens à sortir de la pauvreté et nous croyons que ces améliorations permettront aux travailleurs à faible revenu d'avoir accès en temps opportun aux fonds dont ils ont besoin pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.
    Depuis juillet dernier, les travailleurs célibataires admissibles reçoivent jusqu'à 714 $, et les familles, jusqu'à 1 231 $ répartis en trois versements anticipés.

[Traduction]

    Il s'agit de trois versements effectués pendant l'année, puis les gens produisent leur déclaration de revenus. L'Allocation canadienne pour les travailleurs est un excellent moyen de sortir de la pauvreté les vaillants travailleurs canadiens à faible revenu et de leur donner plus d'argent pendant l'année et à la fin de l'année pour subvenir à leurs besoins essentiels.

[Français]

    Comme nous l'avons aussi annoncé dans l'Énoncé économique de l'automne de 2023, nous allons modifier la Loi sur la concurrence pour moderniser davantage l'examen des fusions, notamment en donnant au Bureau de la concurrence les moyens de mieux détecter et traiter les acquisitions anticoncurrentielles et les autres fusions anticoncurrentielles. Notre gouvernement est bien au fait qu'une meilleure concurrence signifie des prix plus bas, plus de choix et plus de produits et de services novateurs pour la population canadienne.
    Notre but est bien clair. Nous voulons que les Canadiens aient entre autres accès à un panier d'épicerie plus abordable. Toutefois, notre gouvernement comprend que bien des Canadiens ont encore de la difficulté à payer leurs factures présentement et vivent énormément de pression financière. Évidemment, il est important pour nous de les aider. C'est pour cette raison que nous avons pris la décision de suspendre temporairement pour trois ans la redevance sur les combustibles pour le mazout de chauffage. Cette suspension temporaire permet aux ménages qui chauffent leur maison au mazout d'économiser en moyenne 250 $ par année au taux actuel. Pendant ce temps, le gouvernement fédéral collabore avec les provinces pour encourager l'installation de thermopompes et éliminer progressivement le chauffage au mazout à plus long terme.
    Afin de soutenir les Canadiens vivant en milieu rural, nous allons doubler le supplément pour les communautés rurales par l'intermédiaire des remises relatives à la tarification de la pollution. Nous ferons passer le supplément de 10 à 20 % du montant de base à compter d'avril 2024. Notre gouvernement comprend bien que les habitants des communautés rurales sont confrontés à des réalités uniques. Cette mesure permettra de remettre encore plus d'argent dans les poches des familles qui doivent composer avec des coûts énergétiques plus élevés parce qu'elles vivent à l'extérieur d'une grande ville.
    Cependant, comme je le disais il y a quelques secondes, nous voulons aller encore plus loin dans notre action contre les changements climatiques en aidant les Canadiens à installer des systèmes de chauffage plus écoénergétiques. Un paiement initial de 250 $ sera offert aux ménages à revenu faible ou médian qui chauffent leur maison au mazout et qui s'inscrivent en vue de faire installer une thermopompe dans le cadre d'un programme provincial-fédéral. Par ailleurs, nous travaillons avec les provinces et les territoires au renforcement du programme pour la Conversion abordable du mazout à la thermopompe. Le montant du financement fédéral que les propriétaires admissibles peuvent recevoir pour l'installation d'une thermopompe passera donc de 10 000 $ à 15 000 $. Ce sont donc jusqu'à 5 000 $ supplémentaires sous forme de subventions qui seront disponibles pour égaler les contributions versées par les provinces et les territoires dans le cadre d'ententes de mise en œuvre conjointe.
    Ainsi, le prix moyen d'une thermopompe et ses coûts d'installation seraient couverts pour les ménages à revenu faible et médian, pendant que nous continuons à réduire au minimum les coûts initiaux afin de rendre les programmes fédéraux encore plus faciles d'accès pour tous les ménages.
    On comprendra qu'il s'agit ici d'une mesure très importante pour aider les ménages à long terme. En effet, les propriétaires qui passent du mazout à une thermopompe pour climats froids dans le but de chauffer et de climatiser leur maison économisent en moyenne jusqu'à 2 500 $ par année sur leur facture d'énergie.

  (1300)  

    Il s’agit d’économies substantielles pour les familles canadiennes.
    En conclusion, depuis 2015, nous avons fait beaucoup pour soutenir les Canadiens dans le besoin.

[Traduction]

    Que ce soit en prenant des mesures pour s'attaquer à l'inflation mondiale ou lutter contre la pandémie de COVID‑19, le gouvernement a toujours soutenu les Canadiens.

[Français]

    Nous continuons sur cette voie, tout en demeurant prudents dans notre gestion des fonds publics.

[Traduction]

    Nous le faisons toujours en étant responsables sur plan fiscal. Nous maintenons notre cote de crédit AAA ainsi que le plus faible déficit et le plus faible ratio dette-PIB. Nous réduisons ce ratio et continuons à le réduire pour qu'il soit toujours inférieur à 1 %.

[Français]

    Le remboursement pour l’épicerie, le versement anticipé de l’Allocation canadienne pour les travailleurs et notre soutien pour l’achat et l’installation de thermopompes sont d’excellents exemples de mesures prises dans la dernière année pour aider les citoyens.

[Traduction]

    Monsieur le Président, un rapport du directeur parlementaire du budget révèle que les familles ontariennes subiront cette année seulement une perte nette de 478 $ à cause de la taxe sur le carbone. En 2030, une fois que les mesures des libéraux auront été pleinement mises en œuvre, la perte nette subie par les familles ontariennes sera de 2 316 $. Je me demande comment le député d'en face arrive à faire accepter une telle chose aux habitants de sa circonscription.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de Cypress Hills-Grasslands de sa question.
    Notre gouvernement a mis en place beaucoup de mesures pour aider les familles et pour rendre la vie plus abordable.

[Traduction]

     La Prestation fiscale canadienne pour enfants, l'Allocation canadienne pour les travailleurs et l'Incitatif à agir pour le climat sont versés aux résidants de ma circonscription. Nous avons réduit les impôts de la classe moyenne à deux reprises et fait passer le montant personnel de base à 15 000 $. Nous avons procédé à la première réduction en 2015.
    Nous continuerons à soutenir les familles canadiennes, que ce soit dans ma circonscription, Vaughan—Woodbridge, ou dans celle du député d'en face, Cypress Hills—Grasslands.
    Uqaqtittiji, il est évident que le gouvernement libéral n'investit pas suffisamment dans les Premières Nations, les Métis et les Inuits. La vérificatrice générale a d'ailleurs publié un rapport plus tôt cette année sur le manque d'investissements dans la préparation aux situations d'urgence.
     Je me demande si le député peut répondre en donnant des exemples du manque d'investissements dans les Premières Nations et dire ce que les libéraux feront pour aider les Premières Nations, les Métis et les Inuits à se préparer aux situations d'urgence et à lutter contre les changements climatiques.
    Monsieur le Président, de toute évidence, la députée de Nunavut vient d'une région du pays qui est grandement touchée par les changements climatiques.
    Je tiens également à dire à la députée que mes collègues de ce côté-ci de la Chambre et moi-même travaillerons toujours avec elle pour améliorer la vie des habitants du Nunavut, de tous les peuples autochtones et des Premières Nations, afin de veiller à ce qu'ils aient les ressources nécessaires pour réussir et pour maintenir la relation et la collaboration de nation à nation que nous entretenons depuis notre arrivée au pouvoir en 2015.
    Monsieur le Président, je me demande ce que mon collègue pourrait dire en réponse à une récente étude menée par un économiste de l'Université de Calgary, qui a conclu que si la taxe était supprimée demain, les personnes à faible revenu seraient les plus grands perdants et les ménages à revenu élevé, les plus grands gagnants. En fait, le rapport révèle que 94 % des personnes qui gagnent 50 000 $ ou moins obtiennent un remboursement supérieur à ce qu'elles paient dans le cadre de la tarification du carbone.
    Je me demande ce que le député a à dire à ce sujet.

  (1305)  

    Monsieur le Président, l'Incitatif à agir pour le climat, tout comme d'autres mesures que nous avons mises en place, que ce soit l'Allocation canadienne pour enfants, l'Allocation canadienne pour les travailleurs ou toute autre mesure, vise à rendre la vie plus abordable pour nos concitoyens, à améliorer leur qualité de vie, à sortir les gens de la pauvreté et, oui, en même temps, à protéger l'environnement en réduisant les émissions.
    Nous continuerons de soutenir les Canadiens, surtout en cette période d'inflation mondiale. Heureusement, l'inflation diminue, mais le coût de la vie demeure très élevé. Les paiements de l'Incitatif à agir pour le climat ne sont qu'une autre mesure pour aider les Canadiens et les familles canadiennes, en particulier les Canadiens à faible revenu.
    Monsieur le Président, étant donné que c'est, je crois, la 18e fois que nous débattons d'une motion similaire à celle-ci au cours de la présente législature, j'ai repensé à la dernière campagne électorale. Dans cette enceinte, j’ai souligné qu’il était rafraîchissant que tous les principaux partis, en 2021, aient fait campagne en proposant une tarification de la pollution, dont tous les députés du Parti conservateur qui siègent ici en ce moment. Nous parlions en fait de la lutte contre les changements climatiques.
    Malheureusement, nous sommes retournés à une époque où l’un des partis à la Chambre se demande si nous devrions même lutter contre les changements climatiques. Ses députés peuvent le constater de leurs propres yeux. Ils représentent des circonscriptions qui ont subi de graves sécheresses, des inondations, des feux de forêt et des ouragans. Leur silence est assourdissant. Les seuls éléments de leur plan environnemental qui se concrétisent, puisque c’est la 18e fois que nous en débattons, sont les slogans qu’ils recyclent. Ils ne présentent aucun fait.
    Ils disent que la tarification de la pollution ne fonctionne pas. C’est faux: 30 % de nos réductions sont attribuables à la tarification de la pollution. C'est 30 % de nos réductions; elle fonctionne.
    Une voix: Ce n’est pas vrai.
    M. Chris Bittle: Monsieur le Président, ils me chahutent en criant que ce n’est pas vrai. Ils ne se lèveront jamais pour présenter des faits. Ils crient, ils tapent sur leurs pupitres et ils chahutent.
    Le député de Provencher, qui chahute, représente une province qui a souffert des effets du climat et d’une grave sécheresse, et il en rit. Il trouve cela drôle. Il pense que la grave sécheresse qu'a subie sa province est assez drôle pour qu'il en rie à la Chambre des communes. Il se lève pour parler du prix des aliments, mais il rit quand les Prairies sont aux prises avec une sécheresse.
    Qu’est-ce qui fait grimper ce prix? Les conservateurs diront que c'est la tarification de la pollution, mais les répercussions de la hausse des prix des aliments sont les mêmes aux États‑Unis, où il n’y a pas de tarification de la pollution. Ils ne peuvent pas expliquer cela. Ils ne présenteront aucun fait à ce sujet.
    Ils refusent de parler du remboursement que reçoivent les Canadiens. Ils refusent de parler du fait que 8 familles sur 10 récupèrent plus d’argent. Ils ne parlent pas du rapport de l’Université de Calgary, selon lequel 94 % des personnes et des familles qui gagnent moins de 50 000 $ par année reçoivent plus d’argent en retour.
    Ce qu'ils veulent, c'est se débarrasser de la tarification de la pollution. Qu’est-ce que cela ferait? Cela reviendrait directement dans les poches de leurs amies les pétrolières. Cela reviendrait directement dans le portefeuille d'entreprises qui, si je ne me trompe, ont réalisé 120 milliards de dollars en profits l’an dernier, et ils prétendent que nous bénéficierions d’une manière ou d’une autre de cette approche reposant sur les effets de retombée.
    Ce que cela donnerait, c'est plus de rachats d’actions et aucune dépense pour les progrès climatiques. Ce ne serait avantageux pour aucun Canadien. Les Canadiens qui comptent sur l’Incitatif à agir pour le climat se tourneraient vers n’importe quel gouvernement qui l’annulerait et demanderaient où est passé l’argent. Les conservateurs ne parlent pas du remboursement, qui aide de nombreuses familles, parce qu’ils ne veulent pas dire qu’ils l'élimineraient.
    Ils veulent exclure le Canada des discussions internationales. Selon la Banque mondiale, 73 initiatives de tarification du carbone sont actuellement en place ou sont sur le point de l’être dans le monde. Cela comprend la Norvège, le Danemark, le Royaume‑Uni, le Chili, la Nouvelle‑Zélande, la République de Corée, l’Allemagne et, bien sûr, l’Ukraine. Nous ne pouvons pas oublier l’Ukraine, au sujet de laquelle les députés d’en face veulent faire tout un plat. Ils disent qu’ils ne peuvent pas accepter un accord de libre-échange avec l’Ukraine parce qu’il y est question de tarification de la pollution.
    Au bout du compte, ils sont prêts à sacrifier l’Ukraine. Ils sont prêts à la sacrifier au moment où son président souhaite que l'on mette en œuvre cet accord de libre-échange. Ils parlent de baisser les prix des aliments, mais ils votent contre un pays qui est l'un des greniers du monde. L’Ukraine a besoin du soutien du Canada, et c’est ce qu’elle a demandé.
    Alors qu’une grande partie du monde appuie la tarification de la pollution, les députés du Parti conservateur sont tellement obnubilés par leur idéologie qu'ils sont prêts à ramener le Canada en arrière. Ils veulent ramener le Canada dans le giron des pétrolières. Ils n’ont aucune intention de défendre des alliés comme l’Ukraine, ni de faire preuve de leadership dans la lutte contre les changements climatiques.

  (1310)  

    Je sais que le député du Manitoba se moque que sa province vive une sécheresse, mais qu’en est-il des agriculteurs de chez lui dont les rendements ont considérablement baissé? Cela n’est pas dû à une politique gouvernementale, mais aux effets des changements climatiques. Cependant, nous n’en entendons parler dans aucune de leurs interventions.
    Les conservateurs, qui ne veulent pas d’une tarification de la pollution et qui prétendent que la réduction de la pollution devrait être prise en charge par l’industrie, devraient se ranger derrière la dernière annonce du gouvernement, à savoir un plan de réduction des émissions qui instaurerait un régime de plafonnement et d’échanges pour le secteur pétrolier et gazier afin de réduire 30 % des émissions. Cependant, nous n’entendrons rien de tel. Nous n’entendrons aucun appui de leur part envers ce plan, car, au fond, je ne pense pas qu’ils croient que les changements climatiques sont réels.
    Il est triste que nous soyons de nouveau face à un Parti conservateur qui ne croit pas aux changements climatiques. Nous avons eu intervention après intervention à la Chambre aujourd’hui, et je n’ai entendu personne parler des répercussions dans leur région. Pourtant, ils peuvent les voir de leurs propres yeux. Je me souviens avoir débattu d’une motion similaire à celle-ci alors que la fumée était si épaisse à Ottawa que nous n'arrivions plus à voir Gatineau de l’autre côté de la rivière tant les effets des changements climatiques étaient réels.
    Encore une fois, ils sont en train de rire. Le député de Saskatoon plaisante. Les incendies de forêt au Québec étaient pourtant terribles, mais il intervient pour lancer une plaisanterie. Les conservateurs nient les changements climatiques. C'est une grosse blague pour eux. Ils ne se soucient pas de la baisse des rendements céréaliers dans les Prairies. Ils se moquent que des forêts dont la taille équivaut, je crois, à celle du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador aient brûlé cette année. Ils s'en moquent éperdument. Le député de Provencher s'est d'abord moqué de la sécheresse qui sévit dans sa province, et le député de Saskatoon se rit du changement climatique. Pour eux, ce n'est qu'une blague.
    Les Canadiens sont confrontés à une crise existentielle. Cependant, les conservateurs affirment maintenant qu'il n'y a pas de sécheresse dans les Prairies. Les rendements céréaliers sont en baisse dans les Prairies, je suppose que c'est un coup du sort...
    Le député de Brandon—Souris invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, j'aimerais apporter une correction. Nous avons dit qu'il n'y avait pas de sécheresse au Manitoba. Certaines petites zones sont touchées, mais il n'y a pas de sécheresse au Manitoba...
    Nous entrons dans un débat. Le député pourra poser une question au secrétaire parlementaire dès la fin de son intervention.
    Le député de St. Catharines a la parole.
    Monsieur le Président, le député laisse entendre que je ne dis pas la vérité. Pourtant, tout ce que les conservateurs font, c’est laisser les faits de côté, et c'est vraiment malheureux. Ils refusent même de reconnaître qu’il y a des conditions de sécheresse dans les Prairies, ce qui est un fait.
    Des voix: Oh, oh!
    M. Chris Bittle: Monsieur le Président, ils piaillent. Ils sont contrariés. Ils sont en colère, mais il n’en demeure pas moins que notre pays a connu des conditions météorologiques extrêmes à maintes reprises, et c’est ce qui a une incidence sur le prix des aliments.
    L’un des députés qui sont intervenus tout à l'heure a évoqué une étude avertissant les Canadiens que le prix des aliments allait augmenter. Toutefois, il n’a pas mentionné la deuxième partie de l’étude, à savoir que les changements climatiques sont la principale cause de cette augmentation. Que font-ils? Ils veulent se débarrasser de l’un des moyens les plus rentables de réduire la pollution. C’est un système qui fonctionne et qui remet de l’argent dans les poches des Canadiens.
    Une fois de plus, j’invite les conservateurs à présenter des faits à l’appui de leurs arguments. Qu’ils nous proposent un meilleur moyen de lutter contre la pollution. Ils ne le feront pas. Ils n’ont que des slogans. J’aimerais voir des faits. J’aimerais voir un meilleur moyen de lutter contre la pollution s’ils en ont un à proposer, mais ils n’en ont pas. Un député conservateur a dit au comité que les environnementalistes soulèvent toutes sortes d’aléas, comme les pluies acides, mais que celles-ci ont disparu.
     Les députés savent-ils pourquoi elles ont disparu? Parce qu'on a imposé une tarification de la pollution.
    Une voix: La science.
    M. Chris Bittle: Monsieur le Président, le député a encore ri et a dit « la science », mais on avait instauré une tarification de la pollution afin de limiter la pollution. En passant, c'est le gouvernement conservateur de Brian Mulroney qui l'a fait. Ce dernier était un chef de file dans ce domaine. Espérons que les conservateurs reviendront au moins à 2021, alors qu'ils parlaient de tarification de la pollution et de changements climatiques.
    Les changements climatiques sont bien réels. Nous devons agir. Il est malheureux que les conservateurs en rient et prétendent qu'ils n'existent pas.

  (1315)  

    Monsieur le Président, j'ai écouté avec beaucoup d'intérêt et un sourire en coin le discours du député de St. Catharines, car c'est certainement un excellent fabulateur. Il devrait toutefois s'assurer que les faits sont exacts. Avant de supposer qu'il y a eu une sécheresse au Manitoba, il devrait vérifier les faits au lieu d'émettre des hypothèses sur ce qu'il aurait aimé voir se produire.
    Il n'y a pas eu de sécheresse au Manitoba. Les agriculteurs de ma région ont obtenu des récoltes exceptionnelles. Je ne sais pas de quoi parle le député.
    Pourquoi le député veut-il faire augmenter le prix du chauffage domestique? Pourquoi veut-il faire augmenter le prix de la nourriture pour les Premières Nations et les familles de tout le pays? Pourquoi veut-il faire subir la même chose aux citoyens de Provencher? Pourquoi veut-il rendre la vie plus chère pour les familles canadiennes?
    Je tiens à mettre en garde les députés qui parlent de fabulation, d'invention, ou qui utilisent le mot pour lequel j'ai expulsé quelqu'un de la Chambre hier. Soyons prudents lorsque nous abordons ces questions.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, les récoltes de grain sont en baisse. Peut-être qu'elles ont été bonnes dans la circonscription du député, mais il ne cite aucune donnée. Il récite ses slogans, et c'est malheureux parce que les Manitobains souffrent des changements climatiques, qui font augmenter le prix des aliments. Les changements climatiques sont la cause principale de la hausse du prix des aliments.
    Personne, en face, ne parle du fait que le prix des aliments augmente au même rythme ici qu'aux États-Unis, qui ne pratiquent pas la tarification de la pollution. Ce sont les changements climatiques qui font augmenter les prix. Je ne sais pas pourquoi les conservateurs le nient ou pourquoi ils font l'autruche. Le député a fait campagne sur la tarification de la pollution. Pourquoi le nie-t-il?
    Monsieur le Président, le gouverneur de la Banque du Canada a déclaré que l'incidence de la taxe sur le carbone sur l'inflation est d'environ 0,15 %. Le directeur parlementaire du budget l'a d'ailleurs confirmé. Cela représente 15 ¢ sur un panier d'épicerie de 100 $.
    Les conservateurs mènent une campagne de désinformation effrénée, en toute impunité, en affirmant que la taxe sur le carbone est le principal facteur qui fait grimper le prix du panier d'épicerie. Or, on sait que la faute en incombe plutôt à la cupidité des dirigeants des grandes chaînes d'épicerie, qui enregistrent des profits records. Si les conservateurs réussissent à convaincre impunément les Canadiens d'adhérer à leur campagne de désinformation, c'est parce que le gouvernement ne s'en est pas pris aux PDG de ces entreprises. Au fond, il n'y a pas de différence entre les libéraux et les conservateurs parce qu'ils sont tous les gardiens des gens riches et bien branchés.
    Les libéraux vont-ils enfin s'attaquer aux grandes chaînes d'épicerie et prendre des mesures concrètes et efficaces afin que les Canadiens voient un résultat à la caisse quand ils font l'épicerie?
    Monsieur le Président, je remercie le NPD de soutenir le budget.
    Je vais m'en tenir à l'élimination de la tarification de la pollution. Éliminer cette tarification nuirait de façon disproportionnée aux membres les plus vulnérables de la société. Comme je l'ai mentionné dans mon discours, grâce à la tarification de la pollution, 94 % des personnes qui gagnent moins de 50 000 $ par année reçoivent plus d'argent en retour. C'est le Parti conservateur qui pénaliserait de façon disproportionnée celles qui souffrent le plus et qui ont le plus de mal à joindre les deux bouts au pays.

  (1320)  

    Monsieur le Président, le chef conservateur répète constamment qu'il faut abolir la taxe. Je pense cependant qu'il s'agit plutôt pour lui d'abolir les faits. Avant qu'il reprenne la formule à son compte, je me demande s'il ne faudrait pas insister sur un constat imparable, c'est-à-dire qu'avant de se lancer dans son verbiage sur l'abolition de la tarification de la pollution, le chef du Parti conservateur du Canada doit toujours commencer par abolir les faits. J'aimerais savoir ce que le député pense de cette manie d'abolir les faits.
    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec le député. Tout ce qu'offrent les députés du parti d'en face, ce sont des formules toutes faites. Ils n'ont pas d'experts pour étayer ce qu'ils disent. Aucun économiste ni aucun environnementaliste respecté ne dira que leur plan ou leurs idées sont raisonnables. Quand nous parlons des changements climatiques et de l'incidence de ces changements sur les résidants de leurs circonscriptions, les conservateurs rigolent.
    Les conservateurs n'ont aucun plan pour l'environnement ni contre les changements climatiques. Ils sont irresponsables et dangereux. Les changements climatiques constituent la pire menace à guetter les Canadiens, et les conservateurs se contentent de rigoler durant les débats à ce sujet.
    Monsieur le Président, le député parle de s'appuyer sur des faits. Est-il prêt à affirmer à la Chambre que, compte tenu de la proportion de gaz à effet de serre émis au Canada par rapport à celles des États‑Unis, de la Chine, de l'Inde et de nombreux autres pays, nous sommes responsables des systèmes météorologiques qui, dans le scénario des changements climatiques mondiaux, sévissent ici?
    Monsieur le Président, voilà une question qui montre tout le manque de sérieux de ce parti-là. Si tous les pays qui ont des émissions plus faibles que celles de la Chine et des États‑Unis disaient qu'ils ne sont pas responsables des changements climatiques, rien ne serait fait dans ce dossier. Des pays comme l'Ukraine sont passés à l'action alors qu'ils ont une très petite empreinte carbone. Qu'a fait le Parti conservateur, quant à lui? Il a voté contre l'Ukraine.
    La tarification de la pollution est importante, et nous devons aller de l'avant avec cette mesure. Elle est efficace et elle permet aux Canadiens d'avoir plus d'argent dans leurs poches.
    Monsieur le Président, je suis heureux de partager mon temps de parole avec ma collègue la députée d'Elgin—Middlesex—London.
    La motion des conservateurs visant à éliminer la taxe sur le carbone, dont le gouvernement libéral a beaucoup parlé aujourd'hui, est une occasion pour tous les députés, même les députés libéraux d'arrière-ban, ainsi que mon collègue le député de Winnipeg‑Nord, de défendre les intérêts des gens de leur circonscription. Je sais qu'il leur faudra du courage, mais j'exhorte chacun d'entre eux à prendre la bonne décision.
    Comme tous les députés, je reçois des courriels et des appels de mères et de pères de partout au Canada qui ont du mal à payer leurs factures et à mettre du pain sur la table. Des aînés me disent qu'ils ont travaillé pendant des décennies pour épargner en vue de leur retraite, mais que l'inflation fait disparaître leurs revenus et leur sécurité financière.
    En tant que représentant d’une grande circonscription rurale, je sais à quel point la taxe sur le carbone a des répercussions disproportionnées sur les habitants de Westman. Si nous parvenons à adopter cette motion, nous enverrons un signal fort au premier ministre: son gouvernement doit s’attaquer sérieusement à la crise du coût de la vie au Canada. Si les libéraux ne l’ont pas encore compris, l’équipe conservatrice ne reculera jamais devant sa mission de supprimer la taxe sur le carbone une fois pour toutes, peu importe le temps qu'il faudra. Nous défendrons les familles, les aînés, les agriculteurs et les Autochtones canadiens qui sont écrasés par le coût élevé de la vie.
    Rien n’a été plus insultant pour les millions de Canadiens qui tentent de chauffer leur maison cet hiver que la décision du premier ministre de suspendre temporairement sa taxe sur le carbone pour seulement 3 % des ménages. Il n’est pas étonnant que les gouvernements provinciaux soient en colère. Même le gouvernement néo-démocrate du Manitoba demande expressément au premier ministre d’exempter le chauffage domestique de sa taxe sur le carbone. Quant au supplément pour les Canadiens des régions rurales, il ne suffit même pas à payer l’essence pour emmener les enfants à leur entraînement de hockey la fin de semaine.
    La motion conservatrice sensée que nous présentons aujourd’hui est simple. Ce n’est pas un subterfuge, et les mesures ne sont pas temporaires. Il est temps de supprimer définitivement la taxe inflationniste sur le carbone et de faire baisser les prix.
    Tous les députés savent que leurs concitoyens souffrent. Peu importe que les gens vivent dans les régions rurales de Terre‑Neuve ou à North Bay, en Ontario, l’inflation et la hausse des taxes des libéraux font des ravages. Les gens luttent pour garder la tête hors de l'eau, et la taxe sur le carbone est une énorme enclume qui les tire vers le bas.
    Nous avons appris cette semaine, par exemple, que plus de 50 000 Manitobains font régulièrement appel à une banque alimentaire, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré dans la province, et bien que nous puissions nous perdre dans les statistiques, nous ne devons jamais oublier que nous parlons de personnes. Ce sont des aînés, des étudiants, des enfants et des Autochtones qui n’ont pas les moyens d’aller à l’épicerie. Même lorsque les gens ont de l’argent dans leurs poches, ils réduisent la quantité et parfois la qualité des aliments qu’ils achètent.
    Ce n’est pas normal, et cela pèse lourdement sur les parents qui essaient de préparer la boîte à lunch de leurs enfants pour l'école. Les personnes âgées dont le revenu fixe ne suit pas le taux d’inflation en subissent les conséquences. Cela préoccupe aussi les jeunes qui tentent désespérément de payer leurs études ou d’épargner pour acheter une maison, mais qui réussissent à peine à se procurer les produits de première nécessité.
    Je connais de première main les défis auxquels sont confrontées les banques alimentaires. Je me suis rendu à la Samaritan House à Brandon, et elle a du mal à répondre à la demande. Je ne dirai jamais assez de bien du bon travail que Barbara McNish et tous les bénévoles font pour les personnes dans le besoin, mais en tant que décideurs politiques, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ces chiffres saisissants.
    Autre exemple: je sais que la banque alimentaire de Killarney, au Manitoba, est confrontée à des difficultés. Elle a récemment pris contact avec mon bureau, car elle a besoin d’embaucher un directeur pour gérer les opérations, la demande étant trop importante pour les bénévoles. Sous le gouvernement libéral, les petites collectivités rurales sont obligées d’embaucher un directeur pour gérer une banque alimentaire. Pendant toutes les années où j’ai vécu à Westman, je n’aurais jamais pensé qu’une collectivité très progressiste comme Killarney aurait un jour besoin d’embaucher du personnel pour gérer sa banque alimentaire. Cette situation témoigne des difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses personnes et elle est déchirante, c'est indéniable.

  (1325)  

    Si ce n’est pas un signe avant-coureur de la gravité de la situation, je ne sais pas ce que c’est. Que faudra-t-il pour que le premier ministre se réveille enfin et change de cap? L’augmentation du coût des denrées alimentaires ne peut être dissociée des politiques d’imposition et de dépenses du gouvernement libéral. La taxe sur le carbone fait grimper le coût de tout. Elle influe sur les coûts de production de nos aliments.
    Pensons-y un instant. Alors que le prix des produits alimentaires n’a jamais été aussi élevé, les libéraux n’ont fait preuve d’aucune compassion à l'égard de ceux qui n’ont pas les moyens de se nourrir. La taxe sur le carbone s’applique à l’ensemble du système d’approvisionnement alimentaire. Elle est répercutée jusqu’à ce que chaque Canadien en paye la facture. Il n’est pas étonnant que le directeur parlementaire du budget ait déclaré que les familles subissent une perte nette avec cette mesure.
    Les familles et les personnes âgées sont écrasées, et il est temps d’agir. Elles en ont assez des manipulations des libéraux qui leur font croire qu’ils sont en meilleure posture avec le système de remboursement de la taxe sur le carbone. Les habitants de Westman ne sont pas dupes des discours des libéraux; en fin de compte, ils n’ont pas plus d’argent dans leur portefeuille.
    Pas plus tard que ce matin, le Rapport annuel sur les prix alimentaires indiquait qu’une famille moyenne de quatre personnes devra dépenser 16 297,20 $ en nourriture en 2024. Comme nous avons déjà entendu mes collègues le dire dans cette chambre, c’est quelque de 700 $ de plus que l’année dernière.
    Je voudrais terminer mon intervention aujourd’hui en disant simplement que c’est une taxe extravagante que le gouvernement essaie d’imposer à tous les Canadiens et au coût de la vie actuel. Le gouvernement aurait pu adopter le projet de loi C-234 , qui visait à supprimer la taxe sur carbone sur le chauffage des bâtiments d'élevage et des serres au Canada et sur le séchage du grain. Le coût de la nourriture est directement proportionnel au coût des intrants nécessaires à la culture de ces produits. Nous parlons ici de produits de serre très sains qui sont exportés dans le monde entier, en particulier vers nos voisins du Sud, les États-Unis.
     Certains de mes collègues ne sont peut-être pas conscients de ce qui se passe réellement quand les agriculteurs sèchent leurs céréales. Ce n'est pas simplement un luxe, c'est une nécessité absolue, car les agriculteurs doivent être en mesure de stocker leurs céréales une fois qu'ils les ont récoltées. S'ils ne le font pas, les céréales risquent de se gâter, ce qui coûterait aux producteurs des millions de dollars dans tout le pays, voire des milliards. C'est donc une nécessité absolue.

  (1330)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement.
    C'est simplement pour dire que l'interprète signale pour la troisième fois qu'il y a un téléphone qui vibre à côté du micro et que c'est un problème.

[Traduction]

    Vérifions que le téléphone ne vibre pas. Y a-t-il un téléphone quelque part?

[Français]

    Je remercie le député de son intervention.

[Traduction]

    Le député de Brandon—Souris a la parole.
    Monsieur le Président, je disais simplement qu'en ce qui concerne le coût du séchage de ces céréales, le gouvernement dit essentiellement qu'il prend le risque de forcer les agriculteurs, dans certains cas, à ne pas avoir les moyens de stocker leurs céréales correctement. Cela aurait un effet dévastateur sur la fiabilité de notre pays en matière d'exportation et sur notre capacité à produire certains des meilleurs aliments au monde.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais poser à mon collègue la même question que j'ai posée tantôt au chef de l’opposition officielle.
    En fin de semaine, il y avait des guignolées un peu partout. Je suis allé à la rencontre des organismes de ma circonscription, des gens très engagés, des banques alimentaires, des familles, des gens impliqués en logement aussi, qui construisent des logements sociaux. Ils m'ont parlé et ce qu'ils veulent, ce sont des investissements massifs pour construire des logements sociaux pour les familles, pour les femmes victimes de violence conjugale, pour les mères de famille monoparentale.
    Encore une fois, personne ne m'a parlé de la taxe sur le carbone et de l'augmentation des coûts au Québec liée à celle-ci. Ce dont on a besoin, ce sont des logements. Personne ne me parle de la taxe sur le carbone. La taxe sur le carbone ne s'applique pas au Québec.
    Comment les conservateurs vont-ils faire pour comprendre un jour que cela ne s'applique pas au Québec? Qu'est-ce que mon collègue répond à cette dame qui dit qu'on a besoin d'investissements dans le logement social?

[Traduction]

    Monsieur le Président, s'il croit que le Québec n'est pas concerné par la taxe sur le carbone, il n'a pas écouté mes collègues du Parti conservateur ni un grand nombre d'habitants de sa province d'origine. Il est évident que toute mesure attaquant les agriculteurs, où qu'ils se trouvent au Canada, a une incidence sur le prix des denrées alimentaires dans l'ensemble du pays. Voilà une grande partie du problème que le Bloc n'a pas comprise.
    Monsieur le Président, assurément, l'abordabilité est une préoccupation majeure. En gardant cela à l'esprit et après avoir entendu ce que le député d'en face avait à dire, je me demande comment il peut concilier tout ce qu'il a dit avec le fait suivant: selon des économistes de l'Université de Calgary, si la taxe sur le carbone était supprimée demain, les personnes qui en profiteraient le plus seraient celles qui gagnent 250 000 $ ou plus. Plus important encore, 94 % des personnes qui gagnent 50 000 $ ou moins reçoivent davantage de remises pour la tarification du carbone qu'elles n'en paient.
    Comment se fait-il que le Parti conservateur cherche à donner plus à ceux qui gagnent 250 000 $ ou plus? Sont-ils les plus touchés par les problèmes d'abordabilité?
    Une voix: Bravo!
    Monsieur le Président, j'ai bien entendu la réaction du collègue d'Halifax assis derrière la députée, qui affiche tout cet enthousiasme parce que le premier ministre réduira, à partir de la nouvelle année, la taxe sur le carbone pour sa province.
    La question de la députée est pertinente, mais il est intéressant de voir comment les libéraux ont changé leur fusil d'épaule. Avant, tout le monde recevait un remboursement supérieur à la taxe payée. Puis, c'est tombé à 80 %. Regardons les choses en face: les gens ne recevraient rien si les conservateurs n'avaient pas fait pression sur les libéraux afin qu'ils accordent un remboursement pour la taxe sur le carbone.
    Le problème avec tout ce processus, c'est que ces données ne sont pas vraies. Le directeur parlementaire du budget a lui-même déclaré qu'il en coûte à la famille moyenne plus de 1 000 dollars de plus que ce qu'elle reçoit en remboursement. Selon certaines données du rapport sur l'alimentation de ce matin, en Ontario seulement, le coût s'élève à 2 600 dollars, et 800 dollars ne suffisent pas à le compenser.

  (1335)  

    Monsieur le Président, parlons de ceux qui changent leur fusil d'épaule. Le député a fait campagne en promettant d’établir une tarification du carbone. Aujourd'hui, il dit que nous devrions nous débarrasser de cette taxe. Les conservateurs ont fait campagne avec un programme visant à supprimer la TPS pour le chauffage domestique, ce que le NPD vient de proposer. Qu'ont-ils fait? Ils ont voté contre.
    Ma collègue qui m'a précédé vient de parler du fait que huit familles sur dix obtiendront un remboursement supérieur à ce qu'elles paieront au titre de la taxe sur le carbone. En fait, si quelqu'un gagne 250 000 $ ou plus, il n'en bénéficiera pas. Il paiera plus.
    En fin de compte, les conservateurs font diversion aujourd'hui. Ils ne cessent de ramener cette motion. C'est la onzième journée de l'opposition que nous consacrons à cette motion. C'est une diversion pour faire oublier que, comme nous le savons, les conservateurs se battent en fait pour ceux qui gagnent plus de 250 000 $. Ils ne se battent pas pour les huit familles sur dix qui en sortent gagnantes. Telle est la vérité.
    Mon collègue a fait campagne en promettant de tarifer le carbone et de supprimer la TPS pour le chauffage domestique. Pourrait-il dire pourquoi il continue de voter contre cela?
    Monsieur le Président, les seuls qui font campagne ici sont les néo-démocrates de l'île de Vancouver, qui tentent de conserver leurs sièges.
    Je viens d'expliquer au député de l'île, mon honorable collègue, les conclusions du directeur parlementaire du budget. Les gens paient 1 000 $ de plus que ce qu'ils reçoivent. Si on ne tient compte que du prix de l'essence et des combustibles de chauffage dans l’évaluation de l'ensemble de ce processus, on omet tous les coûts de la redistribution des produits à travers le Canada.
    Monsieur le Président, je suis honorée de prendre la parole au sujet de notre motion de l'opposition. Je voudrais commencer par quelques faits élémentaires, et je vais donc consigner les renseignements suivants, qui sont très importants, dans le compte rendu. Voici ce dont nous discutons aujourd'hui:
    Entre le 1er avril 2022 et le 31 mars 2023, plus de 800 000 personnes en Ontario seulement ont eu recours à une banque alimentaire. Au total, il y a eu 5,9 millions de visites aux banques alimentaires au cours de cette période. Feed Ontario a signalé que « si les 800 822 personnes qui ont visité les banques alimentaires de l'Ontario entre le 1er avril 2022 et le 31 mars 2023 formaient leur propre municipalité, ce serait la troisième ville en importance de la province, devant Mississauga ».
    Cela nous indique que nous avons un problème; pourtant, nous revoilà dans le même débat. Comme l'a dit le député néo-démocrate, les conservateurs présentent cette motion pour la onzième fois. Nous essayons de faire preuve de bon sens et de comprendre pourquoi plus de 800 000 personnes, rien qu'en Ontario, ont recours à une banque alimentaire.
    Pas plus tard que cette semaine, au Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, nous avons entendu dire qu’une banque alimentaire à Kelowna, en Colombie- Britannique, s’attend à ce que sa croissance soit de 100 % au cours de la prochaine année. En outre, « [p]lus d'un client sur six affirme avoir un emploi, ce qui représente une augmentation de 82 % par rapport à la période de 2016 à 2017 et de 37 % par rapport à l'année précédente. » Aujourd’hui, on prévoit pour 2024 une augmentation de 100 % du recours aux banques alimentaires.
    Pourquoi cela se produit-il? C’est très simple. C’est parce que le coût de la vie monte en flèche. Au Canada, les prêts hypothécaires ont doublé, le coût des loyers augmente plus vite que les salaires et le coût de la vie échappe à tout contrôle. Nous sommes actuellement dans une économie défaillante.
    Nous pouvons essayer de brosser un tableau réjouissant, comme l’ont fait des députés de nombreux partis ici, et plus particulièrement du côté du gouvernement. Nous pouvons brosser un joli tableau de tout ce qu’ils ont fait. Ils peuvent parler autant qu’ils le veulent de la Prestation fiscale canadienne pour enfants, des remboursements de la taxe sur le carbone et des garderie à 10 $ par jour mais, à ce jour, aucune de ces politiques ne donne les résultats escomptés.
    C’est pourquoi je parle de cette mesure. Nous pouvons parler de la Prestation fiscale canadienne pour enfants qui a été bonifiée en 2016, mais nous devons tenir compte de ce que les gens ont reçu en 2016, 2017 et 2018. Oui, je reconnais qu’il y a eu un facteur d’indexation, mais le coût de la vie a continué d’augmenter. Par conséquent, en fin de compte, les Canadiens constatent qu’ils ont moins d’argent dans leurs poches à cause du coût de la vie. Plus on dépense, plus le gouvernement perçoit en taxes. Voilà le résultat final, et c’est pourquoi il est si important que nous supprimions la taxe pour les agriculteurs, les familles et les Premières Nations. Nous avons désespérément besoin d'une telle mesure.
    Je viens de la magnifique circonscription d’Elgin—Middlesex—London, où l’agriculture et l’agroalimentaire sont des secteurs clés. Je vais vous faire part d’un renseignement que j’ai reçu hier. Lorsque l’on commence à recevoir de telles choses, on se demande si quelqu’un au sein du gouvernement lit un peu. Plus précisément, cette information provient de Dowler-Karn. Je voudrais vraiment remercier Dowler-Karn et les personnes formidables qui sont au service de nos agriculteurs tous les jours pour veiller à ce que les récoltes soient prêtes, que les céréales soient séchées et tout le reste.
    Dowler-Karn possède sept points de service entre Windsor et Kitchener pour répondre aux besoins de l’industrie, des producteurs agricoles et des entreprises de camionnage, et offre des services pour le chauffage domestique. Elle n'approvisionne pas les stations-service et ne fournit pas de services obligatoires de chauffage domestique. J’ai contacté Dowler-Karn au sujet de ses dépenses liées à la taxe carbone et j’ai été estomaquée d’apprendre le montant des recettes qui quittent Elgin—Middlesex—London.
    Sur une période de 12 mois, à partir du 30 novembre, 27,2 millions de dollars en taxe carbone ont été envoyés au gouvernement fédéral par la seule société Dowler-Karn, qui n’est que l’un des fournisseurs de la circonscription d’Elgin—Middlesex—London. Le 1er avril 2024, les taux augmenteront de 23 %, de sorte que Dowler-Karn estime qu'elle devra payer 34 millions de dollars en taxe carbone en 2024.
    D’où viennent ces 34 millions de dollars? Pour les agriculteurs, ils s’ajoutent au coût des intrants. C’est aussi simple que cela. Cela fait partie des coûts de l’entreprise et, en fin de compte, lorsque le coût des intrants augmente, le prix des denrées alimentaires augmente. Il est vraiment difficile pour moi de parler d’alimentation si nous n’admettons pas que la taxe carbone joue un rôle énorme dans la production alimentaire. Je suis très préoccupé par le fait que nous ne tenions pas compte de ce facteur.

  (1340)  

    Actuellement, Dowler-Karn verse en moyenne entre 2 et 2,5 millions de dollars en taxe carbone par mois. L’Association canadienne du propane vient de publier une étude selon laquelle les ménages canadiens dépensent en moyenne entre 300 et 350 dollars par mois uniquement pour chauffer leur maison. Actuellement, le taux de la taxe carbone sur le carburant diésel est de 17,4 ¢ le litre, et il devrait atteindre 45,4 ¢ le litre en 2023. Cette taxe touche tous les transports de marchandises au Canada, par camion ou par train.
    J’aimerais également vous lire un message par courriel que nous avons reçu. Nous parlons de familles. Nous parlons des répercussions de cette taxe sur la population. Nous sommes conscients qu’il y a un fossé entre les villes et les campagnes, mais les résidents des villes peuvent payer moins pour la taxe carbone parce que la distance à parcourir en voiture est plus courte, ou parce que leur logement est différent, par exemple s’ils ne vivent pas dans des maisons de ferme centenaires. Barry Brigham, de London, écrit:
     Maintenant que cette taxe perçue partout au pays génère des recettes depuis plusieurs années et sachant que les contribuables touchent un remboursement, la question que je me pose, c'est: a-t-on publié, à l'intention des contribuables, le moindre compte rendu résumant les montants perçus et utilisés au titre de la taxe sur le carbone? Des renseignements tels que le solde actuel, les revenus générés grâce aux intérêts et le détail des décaissements, notamment les sommes affectées à l'amélioration de l'environnement, seraient d'une grande valeur et d'un grand intérêt pour la plupart des Canadiens.
    Pourquoi est-ce que je mentionne cela? C'est parce que la taxe sur le carbone génère beaucoup d'argent. Les libéraux exploitent les Canadiens en les manipulant psychologiquement, et nous voyons à quel point les Canadiens s'appauvrissent et sont désespérés. Ils veulent savoir ce que le gouvernement fait de l'argent qu'il perçoit au moyen de la taxe sur le carbone. Ils veulent savoir où cet argent est investi afin d'avoir l'assurance qu'il sert réellement à financer des solutions climatiques. Voilà ce que nous constatons. Le gouvernement continue d'enrichir le Trésor public pour accroître ses revenus. Il s'agit d'une mesure fiscale qui ne vise qu'à accroître les recettes du gouvernement. Or, nous ne voyons pas les investissements dans les technologies qui doivent s'ensuivre.
    En ce qui concerne le projet de loi C‑234, parlons maintenant de quelque chose qui est vraiment répugnant. J'ai reçu un courriel de certains agriculteurs de ma circonscription. Actuellement, un éleveur de bétail a déjà dépensé environ 38 000 $ rien qu'en taxe sur le carbone pour chauffer ses bâtiments, et il dépensera environ 12 000 $ en taxe sur le carbone pour sécher ses céréales.
    Une autre grande entreprise agricole qui réalise un travail extraordinaire dans le secteur des céréales et des oléagineux a déjà payé 80 000 $ en taxe sur le carbone. Les gens doivent se demander d'où vient tout cet argent. En fin de compte, il vient des poches du consommateur parce que le coût des intrants continue d'augmenter.
    Je sais qu'il ne me reste plus beaucoup de temps. Nous avons parlé des familles, nous avons parlé des agriculteurs, et, maintenant, nous devons parler de nos Premières Nations. À mon avis, l'un des plus grands problèmes que j'ai constatés ici, c’est que les Premières Nations ont été laissées de côté. Nous avons vu le Canada atlantique bénéficier d'un allégement de la taxe sur le carbone. Pourquoi? C'est parce que cette taxe ne fonctionnait pas et qu'elle appauvrissait les gens.
    Les mêmes informations nous parviennent des dirigeants autochtones. Permettez-moi de vous citer l’extrait suivant d'un article d'Olivia Stefanovich de CBC: « Les chefs des Premières Nations de l'Ontario demandent à la Cour fédérale d'exempter leurs communautés du versement de la taxe fédérale sur le carbone, une politique »...

  (1345)  

    Le député de Courtenay—Alberni invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, avec tout le respect que je dois à la députée, et j'en ai beaucoup pour elle, je tiens à rappeler aux députés que les Autochtones ne nous appartiennent pas. Je lui donnerai l'occasion de corriger ses propos.
    Monsieur le Président, merci. Je vais rectifier le tir. Je reconnais que les Autochtones occupent une place considérable dans l’histoire du Canada et dans l’action sociale du Canada. Ils font partie intégrante de notre histoire. Je remercie le député.
     L’article indique: « Les Premières Nations soutiennent que la situation de leurs communautés est pire que d’autres au Canada à cause de la tarification du carbone et que cela enfreint les principes de la réconciliation. » En 2015, le premier ministre a déclaré que la meilleure relation était celle qu'il entretenait avec les Autochtones. Comment ose-t-il dire cela alors que nous savons que c’est l'une des plus grandes difficultés? Pourquoi les gens sont-ils en difficulté? C'est parce qu'ils ne peuvent pas faire le plein de leurs motoneiges. L'essence est taxée. Nous savons que la nourriture acheminée dans le Nord est taxée. Elle coûte plus cher. La nourriture coûte plus cher.
    Pour conclure, je demande à tous les parlementaires ici présents de soutenir les familles, les agriculteurs et les Premières Nations du Canada, et d’éliminer la taxe sur le carbone.
    Monsieur le Président, j'apprécie les observations de la députée, mais j'aurais une question à lui poser. À un moment où les grandes chaînes d'épicerie engrangent des profits colossaux, ce dont, malheureusement, l'opposition ne veut pas parler, l'ancienne théorie économique conservatrice des effets de retombées est-elle encore valable?
    Le député peut-il garantir que le fait d'exempter les agriculteurs et les camionneurs de la taxe se répercutera sur le consommateur, ou pense-t-il que cette taxe sera simplement absorbée par les différents intervenants de la chaîne d'approvisionnement?
    Des voix: Oh, oh!
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Mon collègue d'en face vient de lancer « vous n'êtes qu'une bande d'écervelés ». C'est précisément ce que le député de Dufferin—Caledon vient de dire. Je me demande si vous pourriez lui demander de retirer ses propos afin de rétablir un semblant de décorum à la Chambre?
    Je n'ai pas entendu de tels propos.
    Le député de Nouveau‑Brunswick‑Sud‑Ouest a la parole.
    Monsieur le Président, j'allais simplement dire que, si vous acquiescez à cette demande, je demanderai au député de retirer sa rétractation. C'était une observation faite sans malice, et le député n'a pas à s'excuser.
    Comme je n'ai rien entendu, il faudra que j'aille vérifier l'enregistrement. Je ne suis pas certain qu'il soit possible de le faire avant la fin du présent débat. J'écouterai l'enregistrement pour vérifier si c'est ce qu'il a dit.
    La députée d'Elgin—Middlesex—London a la parole.
    Monsieur le Président, nous savons que le député de Kingston et les Îles adore invoquer le Règlement, alors je veux m'assurer qu'on me redonnera le temps qui a été gaspillé pour ce recours au Règlement inutile. On me le redonne; merci beaucoup.
    On m'a posé une question très importante. Au lieu de nous demander si les agriculteurs mettront cet argent dans leurs poches, nous devrions nous demander pourquoi le gouvernement n'arrête pas de prendre cet argent. La question qui demeure est de savoir ce qui se passera si la taxe sur le carbone n'est pas éliminée et qu'elle augmente. Nous allons donner notre argent au gouvernement, et ce dernier ne fera que la gaspiller comme d'habitude. Il serait peut-être plus judicieux de faire confiance aux agriculteurs plutôt qu'au gouvernement.

  (1350)  

    Monsieur le Président, j’ai invoqué le Règlement tout à l’heure pour rappeler à ma collègue que les peuples autochtones ne nous appartiennent pas.
    Ma collègue a répondu que les peuples autochtones font partie de notre histoire. Ils ne font pas seulement partie de notre histoire. Les Autochtones de ma circonscription se battent tous les jours pour surmonter les difficultés dues aux politiques gouvernementales qui visent leur destruction. Tous les jours, ils affirment leur présence. Tous les jours, ils se battent pour rappeler aux gens qu’ils sont toujours là. Ils ne font pas seulement partie de notre histoire, ils sont là et doivent faire partie intégrante de notre conversation sur l’avenir.
    Pour répondre à la question de ma chère collègue au sujet de la plateforme conservatrice de 2021 sur la tarification du carbone, pourquoi a-t-elle fait campagne en promettant de mettre un prix sur le carbone, alors qu’aujourd’hui, elle s’y oppose si farouchement?
    Monsieur le Président, en Ontario seulement, 130 Premières Nations poursuivent le gouvernement parce que la taxe sur le carbone ne fonctionne pas. Mon collègue peut jouer tant qu’il le veut sur les mots, mais en fin de compte, les peuples autochtones du Canada ne s’en tirent pas aussi bien parce que, comme nous le savons, la taxe sur le carbone leur fait du tort. Nous savons qu’elle touche le coût du chauffage, la production alimentaire et l’acheminement des aliments aux Premières Nations, surtout dans les régions éloignées et rurales.
    Il est vraiment risible que l’on remette en question mon appui aux Premières Nations. Je continuerai de travailler avec l’extraordinaire députée de Winnipeg‑Centre pour défendre les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Je vous en prie, mettons fin à cette mesquinerie.
    Monsieur le Président, ce matin, deux des PDG des plus grands détaillants en alimentation du Canada ont affirmé que la taxe sur le carbone imposée aux agriculteurs, aux camionneurs, aux producteurs d'aliments et à eux-mêmes sera refilée aux consommateurs, contrairement à ce qu'impliquait la question posée par un député d'en face à ma collègue d'Elgin—Middlesex—London, selon laquelle les détaillants en alimentation mettent cet argent dans leurs poches.
    La facture est refilée aux consommateurs. Mon collègue est-il d'accord avec moi?
    Monsieur le Président, mon père est agriculteur, mon oncle est agriculteur, et au nom de ma collectivité, je suis tout simplement dégoûtée que l’on tente d'accuser les agriculteurs de se mettre de l’argent dans les poches. Comme tout autre entrepreneur, ils ont le droit de faire des profits. Ils travaillent dur pour nourrir leur famille.
    Je doute qu'il soit utile de douter des agriculteurs. Ce programme ne fonctionne pas. En fin de compte, il faut éliminer cette taxe. Elle touche toute la production alimentaire, des intrants jusqu’aux consommateurs. Nous savons qu’elle touche toute la chaîne alimentaire.
    Monsieur le Président, je pense que je vais reprendre là où le dernier échange de question et réponse a pris fin.
    La députée a été informée du fait qu’au comité, les représentants des chaînes d'épicerie ont affirmé que la taxe sur le carbone serait refilée aux consommateurs, mais je tiens à les informer que c’est la raison pour laquelle nous accordons une remise aux consommateurs. C'est pour qu’ils en profitent, et c’est là-dessus que je vais me concentrer aujourd’hui.
    Je commence à en avoir assez des débats qui portent toujours sur la même question, avec les conservateurs qui prennent la parole comme s’ils étaient ici pour défendre les gens ordinaires et ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. C'est très loin d'être ce qu'ils font. En fait, tout ce qu'ils font et disent va directement dans le sens opposé.
    Mes collègues du NPD ont soulevé un excellent point, à savoir que les conservateurs ont fait campagne sur la tarification de la pollution non seulement en 2021, sous la direction d’Erin O’Toole, mais aussi en 2008, sous la direction de Stephen Harper. Un certain nombre de conservateurs ont donc fait campagne sur cette mesure deux fois plutôt qu'une. Ensuite, ils viennent à la Chambre et essaient de suggérer…
    Le député de Brantford—Brant invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, ce député dit souvent que toute l'équipe conservatrice a fait campagne là-dessus. Je peux dire que, personnellement, je ne l'ai pas fait. Je sais que bon nombre de mes collègues n'ont également pas…

  (1355)  

    Je comprends cette question de débat, mais il ne s'agit pas d'un recours au Règlement.
    Je rappelle également au député de Kingston et les Îles qu'il lui reste cinq minutes avant que nous passions aux déclarations de députés.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, il a fait campagne là-dessus en 2021. C'est dans le programme électoral, et j'ai ici le programme du Parti conservateur. S'il avait un problème avec cela, il va devoir m'indiquer où…
    Le député de Brantford—Brant invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, aux dernières nouvelles, le député de Kingston et les Îles ne faisait pas partie de mon équipe électorale, de mon équipe de préparation aux élections. Une fois de plus, il...
    En fait, cela relève encore du débat. S'il doit y avoir des interruptions, j'inviterais le député à lire des sections du Règlement pour s'assurer qu'il s'agit effectivement de recours au Règlement.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, le député suit les directives judicieuses du bureau de son whip en faisant sans cesse des rappels au Règlement pendant mes interventions. Je le félicite.
    Cependant, dans le document intitulé « Un Canada fort et libre », le plan de Stephen Harper pour les Canadiens, il est bel et bien question de tarifer la pollution au moyen du modèle de plafonnement et d’échange que l’Ontario, le Québec et plusieurs États américains ont adopté. Ce député a fait campagne, en 2021, sur la base du plan de tarification de la pollution d’Erin O’Toole…
    Le député de Selkirk—Interlake—Eastman invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, selon l'article 18 du Règlement, un député ne peut pas prendre la parole à la Chambre et se servir d'expressions offensantes pour parler d'autres députés. Je demanderais au député de surveiller très attentivement son langage. Au lieu d'employer des tactiques d'intimidation et de perturbation à la Chambre, il devrait prendre un ton plus parlementaire quand il intervient à la Chambre.
    Je remercie le député de son aide. Je rappelle à tous les députés de choisir judicieusement les mots qu'ils emploient et leur façon de décrire les autres partis à la Chambre.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, pendant la campagne électorale, tous les députés conservateurs ont préconisé la tarification du carbone. Maintenant, si certains d'entre eux ont décidé pendant cette campagne d'opter pour...
    Il y a un autre recours au Règlement, cette fois du député de Prince George—Peace River—Northern Rockies.
    Monsieur le Président, le député de Kingston et les Îles vient de menacer les députés de ce côté-ci du parquet. J'ignore si c'est une pratique courante ou si c'est permis à la Chambre, mais j'aimerais qu'il se rétracte et qu'il présente des excuses.
    Je n'ai pas entendu la partie de l'intervention qui pose problème, mais je vais revenir en arrière dans l'enregistrement, pour écouter ce qui s'est dit.
    Comme il sera bientôt 14 heures et que nous passerons aux déclarations de députés, laissons le député présenter au moins cinq minutes de son discours.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, le député fait allusion au moment où le député de Selkirk—Interlake—Eastman s’est levé et où je lui ai demandé s’il voulait que je parle de l’Ukraine, mais je n’avais pas l’intention de le faire avant la deuxième moitié de mon discours, après la période des questions. Je vais attendre un moment plus judicieux, mais si le député de Selkirk—Interlake—Eastman veut m’entendre, je l’invite à rester après la période des questions.
    La réalité, c’est que tous les conservateurs ont fait campagne sur la tarification de la pollution. Ils l’ont tous fait. Maintenant, s’ils ont choisi de ne pas le faire, ils devraient déposer à la Chambre un document de campagne qui précise les sujets sur lesquels ils avaient l’intention de s’opposer à M. O’Toole. J’attends ce document avec impatience.
    Cependant, voici où les conservateurs manquent continuellement le bateau. C’est le fait qu’une vaste majorité des gens, soit 8 personnes sur 10, récupèrent plus d’argent qu’elles n'en versent. Selon Statistique Canada, 94 %...
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Ces données sont inexactes. Si on prend connaissance du rapport d'analyse de répartition du directeur parlementaire du budget, on constate que ce point...
    Nous rentrons sans cesse dans un débat, et cette question relève du débat.
    Le député de New Westminster—Burnaby a la parole.
    Monsieur le Président, le comportement des conservateurs est carrément inacceptable. Ils doivent cesser de tarabuster les députés qui tentent de faire une intervention comme ils en ont le droit. Ils devraient tous avoir honte.
    À la Chambre, il semble parfois que l'on récolte ce que l'on sème. Ce que je suggérerais à tout le monde, et j'en fais la demande à titre personnel, c'est que, lorsque les députés invoquent le Règlement, ils fassent vraiment un recours au Règlement au lieu de présenter des éléments de débat. Cela faciliterait grandement les choses et cela permettrait aux députés de mener à bien le débat que nous tentons de tenir à la Chambre.
    Je remercie les députés d'essayer de nous aider, mais veillons à ce que les recours au Règlement en soient bel et bien.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, qui récupère assurément plus que ce qu'il a payé? Le chef de l'opposition. C'est quelqu'un qui vit dans une résidence payée par l'État. C'est quelqu'un qui a un chauffeur privé.
    J'aimerais savoir...
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. J'aimerais que vous vous prononciez sur la question de savoir si le point que le député vient de soulever concernant la résidence du chef de l'opposition officielle est pertinent au débat qui se déroule actuellement à la Chambre.

  (1400)  

    Au moins, il s'agit d'une question de pertinence, qui est un motif valable d'invoquer le Règlement.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Monsieur le Président, je veux juste savoir si le chef de l'opposition a encaissé le chèque de remboursement qu'il n'aura pas manqué de recevoir. Souhaite-t-il déposer ses relevés bancaires pour nous montrer s'il l'a fait?
    Cela relève vraiment de la période des questions et des observations, et nous n'en sommes pas encore là.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

Les activités de financement

    Monsieur le Président, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance du gourou Nanak Dev Ji, le fondateur de la religion sikhe, deux médias locaux de Surrey-Newton, Connect FM et RED FM, ont organisé des radiothons pour collecter des fonds.
    Grâce au soutien généreux de la communauté, RED FM a recueilli plus de 1 million de dollars pour la Surrey Hospitals Foundation, qui serviront à doter le Surrey Memorial Hospital de deux laboratoires de cathétérisme cardiaque, qui font cruellement défaut. Ce seront les premiers à être construits au sud du fleuve Fraser.
     Connect FM, pour sa part, a collecté plus de 175 000 $ pour soutenir la Guru Nanak's Free Kitchen, une organisation communautaire qui offre de la nourriture aux personnes dans le besoin dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver et dans d'autres régions de la Colombie‑Britannique depuis 2006.
    Je remercie tous ceux qui ont fait des dons généreux à ces deux bonnes causes, ainsi que les dirigeants, le personnel et les bénévoles de Connect FM et de RED FM.

L'aide médicale à mourir

    Monsieur le Président, le 17 mars, le Canada s'engagera sur une voie très dangereuse lorsque l'aide médicale à mourir deviendra accessible aux personnes souffrant uniquement de maladie mentale.
    L'année dernière, le gouvernement a retardé cette extension du programme après que d'éminents médecins, y compris les directeurs des départements de psychiatrie des 17 facultés de médecine, ont déclaré que le Canada n'était pas prêt. En effet, il est impossible de prédire si l’état d’une personne atteinte d'une maladie mentale ne pourra pas s’améliorer. En d'autres termes, des vies pourraient être interrompues prématurément.
    Récemment, le Comité mixte spécial sur l’aide médicale à mourir a terminé ses auditions et a entendu les experts dire haut et fort que le Canada n'était toujours pas prêt.
    J'exhorte le gouvernement à s’appuyer sur les témoignages des experts, à mettre fin à cette folie et à présenter immédiatement un projet de loi visant à supprimer définitivement cette dangereuse extension de l’aide médicale à mourir.

[Français]

Le Défilé des lumières d'Orléans

    Monsieur le Président, le 25 novembre, j’ai eu l’honneur de participer au Défilé des lumières le long du boulevard Saint‑Joseph, que nous sommes fiers d’appeler le cœur d’Orléans.

[Traduction]

    Cette année, nous avons célébré le 26e anniversaire du Défilé des lumières d’Orléans, le plus grand défilé du père Noël de l'Est ontarien.
    C'est toujours un moment spécial que de marcher le long du boulevard Saint-Joseph pour distribuer des cannes de Noël aux plus jeunes et de voir une aussi grande foule, 150 000 personnes, se rassembler par un beau samedi soir. Au total, 75 chars allégoriques, décorés et illuminés, ont participé au défilé cette année.
    Cet événement n'aurait pas été possible sans le dévouement et le travail acharné de l'Association des pompiers professionnels d'Ottawa. Je tiens à remercier tout particulièrement son président, Bob Rainboth, ainsi que toute son équipe, pour leur leadership et pour avoir participé à la collecte d'argent et de jouets au profit du fonds Help Santa Toy Parade des pompiers canadiens.

[Français]

La guignolée des médias

    Monsieur le Président, signe que le temps de Fêtes approche à grands pas, c’est aujourd’hui la collecte de rue de la 23e grande guignolée des médias.
    Aux quatre coins du Québec, nos artisans des médias bravent le froid glacial pour venir en aide aux banques alimentaires et à tous les Québécois qui en ont besoin. Au nom du Bloc québécois, j’invite les gens qui peuvent se le permettre en ces temps difficiles à donner généreusement. N’oublions pas que la campagne se poursuit jusqu’au 31 décembre et qu’il est aussi possible de donner en ligne si on n’a pas l’occasion aujourd’hui de remplir les chaudières de nos courageux collecteurs de fonds.
    En terminant, soulignons que si les libéraux veulent participer à La guignolée des médias, on leur rappelle qu’aux élections, ils ont promis mis 1 milliard de dollars pour l’aide alimentaire dans les écoles; quelle belle occasion de tenir leur promesse électorale.
    Je remercie tous les participants et souhaite bonne guignolée des médias à tous.
    Soyons généreux.

  (1405)  

[Traduction]

Les banques alimentaires

    Monsieur le Président, j'invite les gens de Nickel Belt à appuyer les banques alimentaires locales.
    Chaque mois, plus de 17 000 personnes se tournent vers les banques alimentaires du Grand Sudbury, et d'innombrables autres personnes dépendent des banques alimentaires d'Onaping Falls, de Sturgeon Falls, de Coniston, de Garson, de Valley-East et de Rivière des Français.
    Toutes ces banques alimentaires, ainsi que leur incroyable équipe de bénévoles, ont organisé d'innombrables activités de financement pour permettre aux plus vulnérables de la société de manger à leur faim.
    À l'heure actuelle, à Sudbury, la collecte annuelle de fonds et de nourriture Edgar Burton se déroule jusqu'au 15 décembre.

[Français]

    À l’approche des Fêtes, il n’y a pas de meilleur moment pour faire une contribution financière, un don de nourriture ou pour faire du bénévolat auprès d’une banque alimentaire.
    Les banques alimentaires signalent des taux d’utilisation plus élevés, tout en étant confrontées à des pénuries de dons.

[Traduction]

    Contribuons à la lutte contre la faim et veillons à ce que les aînés, les familles, les enfants et toutes les personnes qui sont dans le besoin puissent obtenir des aliments de qualité.

Les Jeux olympiques de 2024

    Monsieur le Président, le canton de King est une région équestre. La cavalière canadienne, Christilot Boylen, a fait son entrée sur la scène internationale en 1964 quand, à l'âge de 17 ans, elle est devenue la plus jeune compétitrice olympique en dressage. Tout au long de son illustre carrière, elle a remporté sept médailles aux Jeux panaméricains et participé à six Jeux olympiques.
     Mme Boylen est actuellement l'entraîneuse de Beatrice Boucher, une jeune femme de 26 ans, qui a décroché une place aux Jeux olympiques de 2024. Qualifiée de « brillant exemple d'énergie positive », Mme Boylen est la cavalière de dressage la plus décorée de l'histoire du Canada et une entraîneuse inspirante et hautement compétente. En tant que l'une des entraîneuses de l'équipe canadienne, son objectif est de faire ressortir le meilleur des athlètes.
    King City l'encouragera aux Jeux olympiques de 2024. Ramenons la victoire au Canada.

Le défilé de Noël de Glace Bay

     Monsieur le Président, malgré quelques interruptions pendant le voyage, j'étais ravi d'être chez moi la fin de semaine dernière pour le défilé de Noël annuel de Glace Bay. Quelle belle expérience que de voir mes concitoyens de Cape Breton—Canso répandre la joie du temps des Fêtes alors que nous nous laissions imprégner de l'esprit de Noël.
     Je tiens à remercier sincèrement le service de pompiers volontaires de Glace Bay qui a réuni les gens à l'occasion du défilé. Ces pompiers servent leur collectivité de bien des façons sans demander de reconnaissance ni de récompense. Quoi qu'il en soit, je me sens obligé de rendre à ces pompiers volontaires la reconnaissance qui leur est due en les remerciant ici même, à la Chambre.
     Des initiatives communautaires comme celles-ci rassemblent les gens à un moment de l'année où nous en avons besoin.
     Je souhaite à mes concitoyens de Cape Breton—Canso et à tous les députés un très joyeux Noël et de joyeuses Fêtes. Soyons bons les uns envers les autres.

Le logement

    Monsieur le Président, le logement est en plein essor partout au pays, et Surrey‑Centre ne fait pas exception. L'initiative Financement de la construction de logements locatifs du gouvernement permettra d'investir plus de 82 milliards de dollars pour qu'un plus grand nombre de Canadiens puissent se loger.
    Ma ville, Surrey, connaît la plus forte croissance économique et démographique en Colombie‑Britannique, et la stratégie du gouvernement en matière de logement reflète le dynamisme de Surrey.
    Grâce à un total de 320 millions de dollars investis dans 3 projets, on peut s'attendre à ce que des résidants de Surrey‑Centre puissent emménager dans ces 843 logements locatifs neufs d'ici le début de 2025. Ces investissements comprennent 146 millions de dollars pour 392 logements dans le cadre du projet Comma King George, 145 millions de dollars pour 373 logements dans le cadre du projet Brightside Tower et 28 millions de dollars pour 78 logements dans le cadre du projet Parker Living. Ces projets s'ajoutent aux 94 logements déjà construits dans Surrey‑Centre dans le cadre de l'Initiative pour la création rapide de logements, pour un total de 932 logements dans Surrey‑Centre seulement. Je tiens à préciser que c'est 10 fois plus de logements dans Surrey‑Centre seulement que ce que les conservateurs ont fait construire dans l'ensemble du pays en 10 ans.
    Il ne faut pas croire un mot de ce que dit le chef de l’opposition. Il parle beaucoup, mais son curriculum vitæ est plutôt mince. Même si nous augmentons...
    Le député de Charleswood—St. James—Assiniboia—Headingley a la parole.

Hanouka

    Monsieur le Président, au cours des huit prochains jours, les familles juives se réuniront pour célébrer l'histoire de Hanouka. Judas et un petit groupe de rebelles, les Maccabées, incarnent le triomphe de la lumière sur les ténèbres. Chaque soir, les Juifs allument une bougie de plus pour illuminer leur menorah.
    Cette année, plus que jamais, l'espoir de Hanouka est nécessaire, car les Juifs sont, une fois de plus, contraints à la souffrance aux mains de monstres qui tentent de les détruire. Les Juifs ont été confrontés à d'innombrables oppresseurs qui ont cherché à éradiquer leur culture et leurs traditions, mais à chaque fois, ils ont survécu. Nous survivrons, et ceux qui cherchent à nous détruire échoueront.
    Aujourd'hui, je pense également à tous les otages détenus à Gaza depuis deux mois qui ne pourront pas célébrer Hanouka en famille. Il est temps de leur permettre de rentrer chez eux.
     En cette période où nous dégustons des latkes et des soufganiyas, où nous allumons les bougies de la menorah, et où les enfants se réjouissent de recevoir des cadeaux et de jouer au sevivon, je souhaite à tous un joyeux Hanouka.
    Chag Chanukah sameach.

  (1410)  

Les droits de la personne

    Monsieur le Président, aujourd'hui, je souhaite rendre hommage à M. Jimmy Lai, un citoyen britannique de 75 ans emprisonné à Hong Kong.
     M. Lai est un militant pro-démocratie de premier plan à Hong Kong depuis 1989. Il est un défenseur de la démocratie bien connu et il dénonce ouvertement les violations des droits de la personne commises par le gouvernement chinois.
    En raison de son militantisme, M. Lai a fait l'objet d'une avalanche de poursuites criminelles et risque actuellement d'être emprisonné à perpétuité.
    M. Lai a été arrêté pour la première fois en août 2020 et il est maintenant en prison depuis trois ans. Le 18 décembre, il sera jugé en vertu d'une loi controversée, la loi de la République populaire de Chine sur la protection de la sécurité nationale dans la région administrative spéciale de Hong Kong.
    Personne ne devrait faire l'objet de poursuites pour avoir défendu les droits universels de la personne, la liberté, la démocratie et la liberté des médias. Je suis solidaire de M. Jimmy Lai et j'exige sa libération immédiate et inconditionnelle.

[Français]

La taxe sur le carbone

    Monsieur le Président, le nombre de Canadiens qui ont recours aux banques alimentaires atteint un niveau record, mais la coalition bloquiste-libérale ne fait rien pour réduire le prix des aliments. Nous avons présenté le projet de loi C‑234, un projet de loi plein de gros bon sens visant à réduire les coûts de production directement à la ferme. Or, le premier ministre a mandaté ses sénateurs libéraux de voter contre le projet de loi au Sénat.
    Ce matin, un rapport annuel confirme qu'en 2024, la facture alimentaire d'une famille moyenne augmentera de plus de 700 $. Les Canadiens réduisent leurs dépenses d'épicerie et diminuent la quantité et la qualité des aliments qu'ils achètent, en les remplaçant par des solutions de rechange moins nutritives. Les enfants et les personnes âgées, qui sont les plus vulnérables, méritent de manger des aliments sains et nutritifs, mais le gouvernement maintient sa taxe sur le carbone, qui appauvrit les Canadiens.
    Après huit ans, le prix des aliments n'est pas la seule augmentation à laquelle les Canadiens doivent faire face. Le coût du logement augmente aussi en flèche. Les conservateurs continueront de lutter contre la coalition bloquiste-libérale afin de faire baisser les prix pour tous les Canadiens pour qu’ils puissent profiter du temps des Fêtes, contrairement à la coalition, qui veut gâcher Noël pour tout le monde.

[Traduction]

La taxe sur le carbone

     Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre au sujet de certaines questions très urgentes. Les temps sont durs pour les Canadiens. Selon un nouveau rapport sur l'alimentation publié aujourd'hui, les Canadiens paieront 700 $ de plus l'année prochaine pour nourrir leur famille.
     L’amendement du Sénat au projet de loi C‑234, qui aurait accordé aux familles d’agriculteurs une exemption bien nécessaire de la taxe sur le carbone, est maintenant en suspens après que le premier ministre a exercé des pressions sur les sénateurs qu'il a nommés afin de protéger son ministre.
     Le premier ministre se fiche complètement que ses politiques aient créé deux classes de Canadiens: ceux qui paient la taxe sur le carbone et ceux qui ne la paient pas. Les Premières Nations traînent le gouvernement devant les tribunaux en faisant valoir que le régime de tarification du carbone du premier ministre a des répercussions injustes et disproportionnées sur leurs collectivités et que leur situation empirera. Il est temps d’abolir la taxe sur le carbone pour les agriculteurs, les Premières Nations et les familles.
     Après huit ans sous la gouverne du premier ministre, il est temps d'avoir un gouvernement sensé: un gouvernement conservateur. Le premier ministre n'en vaut tout simplement pas le coût.

Le travail

    J'ai une bonne nouvelle, monsieur le Président. Le gouvernement a lancé la table consultative dirigée par les syndicats. Dirigée par la présidente du Congrès du travail du Canada, Bea Bruske, cette table est composée de dirigeants syndicaux de partout au pays et de différents secteurs industriels. Elle jouera un rôle essentiel en conseillant le gouvernement sur les nouveaux défis et les possibilités pour les travailleurs, notamment l’automatisation, la transition énergétique, les besoins en matière de logement et la pénurie de main-d'œuvre. Plus précisément, cette table conseillera le gouvernement sur la façon de cibler les besoins des travailleurs dans les secteurs en transition, d'aider les travailleurs qualifiés des industries en transformation à obtenir une formation axée sur les emplois en demande et à promouvoir la formation continue pour les travailleurs afin que les programmes soient accessibles dans un milieu de travail diversifié et inclusif.
    Je sais que les efforts des membres de cette table aideront les travailleurs partout au pays, y compris dans ma circonscription, Sault Ste. Marie. Les travailleurs et les syndicats ont contribué à faire du Canada le grand pays qu'il est, et ils continueront de le faire pour l'avenir ambitieux qui nous attend.

  (1415)  

Les ressources naturelles de l'Alberta

    Monsieur le Président, je suis fière d'être une Albertaine. Mon grand-père, Bert McCoy, a été un pionnier dans le secteur pétrolier et gazier. Mon père, mon frère et mon époux ont tous travaillé dans ce domaine.
    Malgré ma fierté d'être albertaine, je suis aussi très préoccupée par notre avenir incertain. Les Albertains ont besoin d'un avenir durable qui prend appui sur un environnement sain et une économie diversifiée. Toutefois, nous avons besoin du leadership et du soutien du gouvernement fédéral pour y arriver, car Danielle Smith et les conservateurs nous ramènent en arrière. Les conservateurs de l'Alberta ont mis fin au développement des énergies renouvelables, faisant fuir des milliards de dollars d'investissements et des milliers de bons emplois. Ils ont ramené le charbon et invité des investisseurs étrangers à décapiter nos montagnes Rocheuses et à empoisonner notre eau. Ils installent des bassins de résidus toxiques dans des milieux fragiles comme le complexe du lac McClelland.
    Les Albertains méritent mieux. Les Albertains que je connais, ceux qui règlent les problèmes, les bâtisseurs, les innovateurs et les entrepreneurs, méritent mieux.

[Français]

Les changements climatiques

    Monsieur le Président, « nous sommes en train de perdre le combat de notre vie ». « Nous vivons un effondrement climatique en temps réel […] » Nous sommes « sur une autoroute vers l’enfer climatique, avec le pied toujours sur l’accélérateur ». Ces déclarations du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sont fortes.
    Y a-t-il un manque de diplomatie dans ses propos? Je pense plutôt qu'il a le courage de nommer des vérités bonnes à répéter le 8 décembre, qui est la Journée mondiale du climat. On a qualifié les pays qui augmentent la production de combustibles fossiles de dangereux qui jettent de l'huile sur le feu, et j'ajouterai qu'au Canada, ils le font déguisés en pompiers. Qu'il s'agisse des intérêts du président de la COP28 ou de ceux des pétrolières multimilliardaires canadiennes, ils continuent de nourrir la bête des changements climatiques en capturant les pouvoirs réglementaires avec leur lobbyisme en se servant dans les fonds publics et en hypnotisant les décideurs avec leur écoblanchiment.
    L'année 2030 est dans 6 ans. Le secrétaire général dit que nous pouvons éviter le crash et la combustion de la planète si nous agissons maintenant. Oui, mais, maintenant, cela se termine bientôt.

[Traduction]

Les finances

    J'ai des petites nouvelles, monsieur le Président: tandis que les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts avant Noël, les libéraux empirent les choses, car le prix de la nourriture et du chauffage continue d'augmenter.
    Les dépenses inflationnistes du premier ministre ont déclenché une crise du coût de la vie, ce qui force des millions de vaillants Canadiens à fréquenter les banques alimentaires afin de pouvoir nourrir leur famille. En fait, le recours aux banques alimentaires n'a jamais été aussi répandu au pays.
    Un nouveau rapport publié aujourd'hui nous apprend qu'une famille de quatre personnes paiera 700 dollars de plus l'année prochaine pour les produits d'épicerie; le prix de la viande augmentera de 7 %, de même que le prix des légumes et du pain. L'augmentation des coûts de production a contribué à ces hausses de prix, mais le premier ministre refuse de supprimer la taxe sur le carbone imposée aux agriculteurs. La taxe se répercute donc sur le consommateur, et les Canadiens ont du mal à mettre de la nourriture dans leur assiette. La solution est simple: exemptons les agriculteurs et les familles de la taxe sur le carbone.
    Les prix et les taxes ne cessent d'augmenter, et il est temps pour le premier ministre de s'en aller.

[Français]

La tragédie de Polytechnique

    Monsieur le Président, comme chaque année, hier, j'étais aux côtés du premier ministre à la commémoration du 6 décembre, entourée de ma communauté en deuil. Cela fait désormais 34 ans depuis la perte tragique de 14 femmes, 14 étudiantes de la Polytechnique pleines de promesses et destinées à des avenirs brillants. J'ai pu rendre honneur à leur mémoire cette semaine en participant à la cérémonie de l'Ordre de la rose blanche et en octroyant une bourse à une magnifique jeune femme qui fait son chemin en génie.

[Traduction]

    Ce féminicide a marqué toute une génération. Cette tragédie innommable a été provoquée par un tireur de masse, un fou armé d'un semi-automatique qui est entré un jour dans une salle de classe. Il est impensable qu'un tel malheur puisse donner lieu à du bien, et pourtant, il a donné lieu à l'Ordre de la rose blanche, une initiative des femmes qui ont créé une bourse pour soutenir des jeunes femmes exceptionnelles qui poursuivent des études d'ingénieur. C'est ce malheur qui a donné naissance à l'organisation PolySeSouvient et qui a amené les femmes qui étaient présentes cette nuit du 6 décembre à jouer le rôle de cheffes de file. Elles ont passé leur vie depuis à lutter pour un meilleur contrôle des armes à feu au pays.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

  (1420)  

[Traduction]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, dans l'ensemble du Canada, des familles, des agriculteurs et des membres des Premières Nations ont du mal à joindre les deux bouts à cause de la croisade idéologique du premier ministre avec la taxe sur le carbone. Le recours aux banques alimentaires a augmenté de 100 %. Aujourd'hui, nous avons appris que la facture d'épicerie moyenne augmentera de 700 $ l'an prochain. Les sénateurs du premier ministre bloquent l'aide aux Canadiens qui ont du mal à se nourrir. Les communautés des Premières Nations le traînent en justice à cause de la taxe sur le carbone.
    Les conservateurs ont proposé une motion qui vise à éliminer cette taxe, et nous resterons ici aussi longtemps qu'il le faudra.
    Les libéraux écouteront-ils enfin les Canadiens et voteront-ils avec nous pour abolir la taxe punitive sur le carbone?
    Monsieur le Président, la tarification de la pollution est un aspect important du plan de lutte contre les changements climatiques, qui répond aux problèmes d'abordabilité. La grande majorité des Canadiens reçoivent un remboursement qui est supérieur à ce qu'ils paient en tarification de la pollution.
    Le seul groupe qui bénéficierait du plan des conservateurs de mettre fin au programme de lutte contre les changements climatiques et d'éliminer ce remboursement, ce serait les 20 centiles de la population ayant les revenus les plus élevés, tandis que presque tous les autres seraient plus pauvres à cause de leur plan. Les conservateurs se battent pour les riches; ils ne se battent pas pour les Canadiens qui sont préoccupés par l'abordabilité.
    La tarification du carbone est à la fois une mesure de lutte contre les changements climatiques et une mesure d'abordabilité.
    Monsieur le Président, je vais interpréter la réponse toute faite qu'il vient de nous donner comme un non. En plus de voter contre notre motion, ils vont quadrupler la taxe sur le carbone qui s'applique à l'essence, à l'épicerie et au chauffage domestique.
    Au lieu de voter afin d'abolir la taxe pour les agriculteurs, le premier ministre a passé la fin de semaine à appeler en désespoir de cause des sénateurs libéraux pour tenter de manipuler un vote qu'il avait déjà perdu à la Chambre. Les sénateurs ont vidé le projet de loi de sa substance, trahissant ainsi les agriculteurs, et les membres du caucus libéral ont perdu la tête au sujet d'un plan visant à les obliger à faire des heures supplémentaires à moins qu'ils n'abolissent la taxe sur le carbone.
    Pourquoi les libéraux ne cessent-ils pas de vider les poches des Canadiens et n'abolissent-ils pas enfin la taxe pour que les Canadiens puissent mettre du pain sur la table?
    Monsieur le Président, il n'y a qu'un seul caucus au Parlement qui perd la tête, et c'est celui des conservateurs, puisque les sénateurs conservateurs ne se sont pas présentés à l'autre endroit pour voter sur le projet de loi C‑234.
    Nous travaillerons à la Chambre aussi longtemps qu'il le faudra, car nous défendrons toujours les Canadiens et nous nous opposerons toujours aux intimidateurs.
    Monsieur le Président, la ministre a dit exactement le contraire hier. À cause de ministres de ce genre, un nombre record de Canadiens devront avoir recours aux banques alimentaires ou tout simplement rester le vendre vide. Pendant la prochaine année, tout le monde paiera 700 $ de plus pour l'épicerie.
    Tandis que les libéraux se battent pour avoir quelques jours de congé de plus pendant les Fêtes, nous allons nous battre pour les Canadiens. Ensuite, nous enverrons le premier ministre prendre des vacances permanentes, comme les Canadiens le souhaitent désespérément.
    Pourquoi les libéraux refusent-ils d'abolir définitivement la taxe pour les familles, les agriculteurs et les Premières Nations?
    Monsieur le Président, 98 % des émissions provenant des combustibles agricoles ne sont déjà pas touchées par la tarification de la pollution. Cela dit, les agriculteurs sont parmi les premiers à être touchés par les changements climatiques. Ils comprennent qu'il est absolument essentiel de lutter contre les changements climatiques. De nombreux facteurs contribuent à la hausse du prix des aliments au Canada et ailleurs dans le monde, notamment la guerre en Ukraine.
    Tandis que les conservateurs continuent de voter contre l'Ukraine et de s'opposer à l'Accord de libre-échange dont celle-ci a besoin pour se battre contre la Russie, nous prenons des mesures de réduction, des mesures pour rendre la vie abordable pour les Canadiens et soutenir le gouvernement ukrainien.

[Français]

    Monsieur le Président, après huit ans de ce premier ministre, le prix du panier d'épicerie explose. Le rapport sur les prix alimentaires au Canada prévoit qu'une famille va voir sa facture augmenter de 700 $ l'an prochain. Les prix de la viande, des légumes frais et de la boulangerie vont encore augmenter de 7 % l'an prochain.
    La coalition coûteuse bloquiste-libérale continue de vouloir radicalement augmenter les taxes inflationnistes qui font augmenter le prix de tout. Ça coûte cher de voter pour le Bloc.
    Est-ce que le premier ministre va mettre fin à son intention de radicalement augmenter la taxe sur le carbone sur les fermiers et les familles pour que les gens puissent manger à leur faim?

[Traduction]

    Monsieur le Président, chaque jour que j'arrive à la Chambre et que j'occupe mon siège, c'est avec humilité que je travaille au nom des Canadiens, et je sais que c'est le cas de tous mes collègues de ce côté-ci de la Chambre.
    Nous parlons de la nécessité de soutenir les Canadiens, mais pas plus tard qu'hier, tous les conservateurs de ce côté-là de la Chambre ont voté contre un programme national d’alimentation en milieu scolaire qui aurait nourri les enfants pour qu'ils n'aient pas faim à l'école.
    Nous continuerons de tout faire pour soutenir les familles canadiennes.

  (1425)  

[Français]

    Monsieur le Président, ce qui est vrai après huit ans de ce gouvernement libéral, c'est que les enfants demandent des cartes-cadeaux pour manger à Noël. C'est inacceptable.
    Après huit ans de ce premier ministre, le prix des logements a doublé et les taux d'intérêt atteignent des sommets. Le prix du panier d'épicerie a augmenté de 23 % et va continuer d'augmenter l'an prochain.
    Les libéraux vont-ils faire ce qui est juste pour une fois et voter pour mettre fin à la taxe sur le carbone pour que les prix à l'épicerie puissent baisser et pour que les gens puissent manger à leur faim ce Noël?
    Monsieur le Président, tous les Canadiens et tous les Québécois savent que les conservateurs n’appuient pas les moins nantis. C’est notre gouvernement qui soutient tous les Canadiens et les moins nantis.
    Ce mois-ci, l’UNICEF a publié des données qui ont démontré que le niveau de pauvreté au Canada a diminué de 22 %. Les conservateurs savent seulement comment faire des compressions. Nous sommes là pour tous les Canadiens, surtout les moins nantis.

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, les Québécois accueillent 48 % des demandeurs d’asile du Canada au complet. Cela nous coûte 460 millions de dollars. Les Québécois méritent de se faire rembourser, pas de se faire insulter.
    Pourtant, non seulement le ministre de l’Immigration refuse de rembourser, mais, mardi, en comité, il a répété qu’il pense imposer une facture supplémentaire au Québec. Imaginons: on offre 100 % des services, on paie 100 % de la facture et, lui, il pense que les Québécois doivent encore de l’argent. Cela ne s’invente pas.
    Le ministre de l’Immigration rencontre son homologue du Québec demain. Va-t-il laisser son arrogance au vestiaire et apporter son chéquier à la place?