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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 302

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 18 avril 2024




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 302
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 18 avril 2024

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1000)  

[Traduction]

Les comités de la Chambre

Relation entre le Canada et la République populaire de Chine 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le sixième rapport provisoire du Comité spécial sur la relation entre le Canada et la République populaire de Chine, intitulé « Sommaire des réunions du Comité spécial à Washington (D.C.) ». Je tiens à noter que nous partageons avec nos cousins américains de nombreux problèmes en ce qui concerne nos relations avec la République populaire de Chine. J'aimerais aussi profiter de l'occasion pour saluer Mike Gallagher.
    Le représentant Gallagher du Wisconsin est président de leur comité spécial. Il quittera la vie publique dans quelques jours. Il a abattu un travail exceptionnel à Washington et il va nous manquer.

Ressources humaines, développement des compétences, développement social et condition des personnes handicapées  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 18e rapport du Comité permanent des ressources humaines, du développement des compétences, du développement social et de la condition des personnes handicapées, intitulé « Séance d'information avec Air Canada sur les services offerts aux voyageurs en situation de handicap ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    Monsieur le Président, je présente, au nom des conservateurs, un rapport complémentaire du comité des ressources humaines, où nous avons entendu le témoignage de M. Michael Rousseau, président et chef de la direction d'Air Canada, sur l'incapacité de la compagnie de répondre aux besoins particuliers des passagers handicapés. Il lui a fallu trois mois pour comparaître devant le comité, et les conservateurs estiment que ce délai est inacceptable, puisque le comité a fait preuve de souplesse en ce qui concerne les dates proposées.
    M. Rousseau a déclaré que l'objectif d'Air Canada est d'être « la compagnie aérienne préférée des [personnes] handicapées » et de « veiller à ce que [ses] services soient accessibles ». Cependant, les données probantes montrent le contraire, et les membres du comité ont raconté les histoires de Canadiens handicapés qui ont connu des difficultés inacceptables lors de vols d'Air Canada.
    Quelques jours avant le témoignage de M. Rousseau devant le comité, Air Canada a publié un plan d'accessibilité, et les conservateurs tiennent à souligner que le moment choisi pour faire cette annonce était intéressant.
    Enfin, les conservateurs estiment que les dirigeants d'Air Canada doivent en faire plus pour que les services offerts aux voyageurs et aux personnes handicapées soient accessibles et que les exigences réglementaires soient respectées.

Commerce international  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, les deux rapports suivants du Comité permanent du commerce international: le 15 e rapport sur la motion adoptée le mardi 9 avril au sujet du système de Gestion des cotisations et des recettes de l'Agence des services frontaliers du Canada, et le 16 e rapport, intitulé « Projet de réglementation sur les biocides au Canada: répercussions commerciales pour certains secteurs canadiens ». Ces rapports sont également accompagnés de rapports dissidents présentés par des membres du Comité.

  (1005)  

Ressources naturelles  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 13 e rapport du Comité permanent des ressources naturelles, qui porte sur le projet de loi C‑49, Loi modifiant la Loi de mise en œuvre de l'Accord atlantique Canada—Terre‑Neuve‑et‑Labrador et la Loi de mise en œuvre de l'Accord Canada—Nouvelle‑Écosse sur les hydrocarbures extracôtiers et apportant des modifications corrélatives à d'autres lois.
     Le Comité a étudié le projet de loi et a décidé d'en faire rapport à la Chambre avec des propositions d'amendements.

Affaires étrangères et développement international  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 24 e rapport du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, intitulé « Inclure chaque enfant au bénéfice de tous: l’éducation inclusive pour les personnes handicapées à l’international ».
    Je peux assurer à la Chambre que tous les membres du Comité ont travaillé très fort pour présenter ce rapport. Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.

[Français]

Langues officielles  

    Monsieur le Président, j’ai le plaisir de présenter, dans les deux langues officielles, le cinquième rapport du Comité permanent des langues officielles, intitulé « Ouverture sur la francophonie internationale: optimiser l’immigration francophone au Canada », qui donnera des pistes de solutions pour augmenter la démographie de la francophonie partout au pays.
    Conformément à l’article 109 du Règlement, le Comité permanent des langues officielles demande au gouvernement de déposer une réponse globale au présent rapport.

[Traduction]

Pétitions

La sécurité alimentaire  

    Madame la Présidente, j'ai quatre pétitions à présenter.
    Les trois premières pétitions sont identiques et portent sur une question qui a déjà été réglée, à savoir la mise en place de programmes nationaux d'alimentation en milieu scolaire au Canada. Ces pétitions sont présentées par le Loyalist Collegiate & Vocational Institute, aussi connu sous le nom d'école secondaire LCVI, à Kingston; la communauté de Passeport pour ma réussite de la région de Kingston; et la communauté de l’école catholique St. Patrick, à Kingston.
    Les pétitionnaires veulent que nous n'abolissions pas les collations et que nous offrions de la nourriture aux enfants dans les écoles...
    Pour ce qui est de la pétition sur l'abolition des collations, je veux simplement m'assurer que le député lit bien le contenu de la pétition.
    Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, si vous le voulez bien, je vais lire cette pétition textuellement.
    Le député ne peut pas faire cela non plus. Les députés doivent résumer les pétitions.

La défense nationale  

    Madame la Présidente, je vais résumer la prochaine pétition.
    Cette pétition est signée par des personnes qui travaillent pour le ministère de la Défense nationale, en particulier les membres des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes.
    J'ai rencontré ces pétitionnaires avant qu'ils organisent cette pétition, et ils attirent l'attention sur certaines observations très importantes...

  (1010)  

    Encore une fois, le député doit parler de ce qui se trouve dans la pétition. Le député a mentionné qu'il avait rencontré les pétitionnaires.
    Madame la Présidente, je ne peux pas lire la pétition, et je ne peux pas mentionner...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Ce genre de choses arrivent des deux côtés de la Chambre.

[Français]

    Je sais que, quand les députés présentent des pétitions, leurs propos dépassent souvent un peu le contenu de la pétition, mais je veux m’assurer que les députés se concentrent sur le résumé de leur pétition.
    L’honorable député de Kingston et les Îles a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, des membres des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes à Kingston et ailleurs au pays sont présentement en grève. Les pétitionnaires soulignent que, malgré le travail essentiel qu'ils accomplissent, ces employés, dont l'employeur n'est pas le gouvernement fédéral, mais un employeur sous réglementation fédérale, sont parmi les moins bien rémunérés. Ils demandent que ces employés aient accès à des salaires justes équivalant à ceux des travailleurs de sociétés similaires partout au pays.
    Je demande que cette pétition soit remise au ministre de la Défense nationale et à la présidente du Conseil du Trésor afin qu'ils puissent collaborer avec les Services de bien-être et moral des Forces canadiennes pour veiller à ce que le personnel des Fonds non publics ait accès à des salaires justes, à une échelle salariale équitable et à de bons emplois sûrs.

La fiscalité  

    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour présenter la pétition e‑4662, que 18 362 Canadiens ont signée, car ils souhaitent que les services de massothérapie soient exonérés de la TPS/TVH. À l'heure actuelle, la massothérapie n'est pas reconnue dans la liste des services professionnels rendus par un praticien de la santé que l'on trouve dans la Loi sur la taxe d'accise, ce qui signifie que les Canadiens doivent payer la TPS/TVH sur les services de massothérapie.
    Ces Canadiens prient la ministre des Finances d'intégrer la massothérapie à la définition de praticien de la Loi sur la taxe d'accise, d'ajouter les services de massothérapie à la liste des services rendus par des praticiens en vertu de la loi et d'exempter les services de massothérapie au Canada de la TPS/TVH.

La République démocratique du Congo  

    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour présenter la pétition e‑4765 lancée par Michael Lawson. Elle porte sur la crise humanitaire dans l'Est de la République démocratique du Congo. Les 5 200 Canadiens qui l'ont signée demandent au gouvernement du Canada d'augmenter le budget d'aide humanitaire internationale que le Canada consacre à la République démocratique du Congo en 2024, de manière à allouer des fonds supplémentaires en réponse à la crise aiguë qui sévit dans la région. Ils demandent également le recours à des outils diplomatiques et politiques canadiens, y compris la Politique d'aide internationale féministe, pour aider à alléger les souffrances des personnes touchées par cette crise.
    On estime que plus de 5 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur de la région est de la République démocratique du Congo en raison de la violence et de la résurgence du conflit multidimensionnel qui y sévit. La réponse inadéquate du gouvernement doit être corrigée.

La bande de Gaza  

    Madame la Présidente, j'ai une autre pétition à présenter à la Chambre. Cette pétition occupe le neuvième rang pour le nombre de signataires des pétitions électroniques de toute l'histoire du Canada. Il s'agit de la pétition e‑4745, qui compte 82 248 signatures. Cette pétition a été lancée par des Canadiens qui souhaitent la justice et la paix au Moyen‑Orient.
    D'abord, les signataires demandent au gouvernement du Canada d'imposer un embargo bilatéral sur les armes entre notre pays et Israël. Ils demandent aussi au gouvernement de faire enquête pour déterminer si des armes ou des composantes d'armes canadiennes ont été utilisées contre des civils palestiniens dans les territoires palestiniens occupés, y compris depuis le début de la guerre actuelle dans la bande de Gaza; d'examiner toute la coopération entre le Canada et Israël pour tout ce qui touche les questions militaires et de sécurité; et d'éliminer les échappatoires qui permettent le transfert non réglementé et non déclaré de marchandises militaires vers Israël en passant par les États‑Unis.
    Six mois se sont écoulés depuis le début du conflit. Plus de 30 000 personnes ont perdu la vie, dont plus de 13 000 enfants. En vertu du Traité sur le commerce des armes, le Canada a l'obligation de veiller à ne pas alimenter ce conflit.
    Je demande au gouvernement du Canada de prendre cette pétition en considération. Le Nouveau Parti démocratique du Canada appuie fermement les 82 000...
    La députée ne peut pas exprimer sa position ni celle de son parti lorsqu'elle présente des pétitions. Elle doit s'en tenir à la pétition. Nous venons d'en parler.
    Nous reprenons la présentation de pétitions. Le député de Kitchener-Centre a la parole.

Les personnes handicapées  

    Madame la Présidente, c'est un honneur de prendre la parole pour présenter une pétition au nom de plus de 1 200 personnes qui soulignent, tout d'abord, que les personnes handicapées se heurtent souvent à des obstacles à l'emploi, en plus de coûts plus élevés pour leurs soins de santé et leur logement. En outre, elles mentionnent que la prestation canadienne pour les personnes handicapées a été retardée de plus de deux ans, puisque la première tentative pour faire adopter la loi établissant la prestation, le projet de loi C‑35, a été reportée en raison des élections de 2021.
    La prestation canadienne pour les personnes handicapées était censée apporter un soutien financier très attendu aux personnes en situation de handicap, qui sont nombreuses à vivre dans la pauvreté. Les pétitionnaires signalent que le ministre responsable a déclaré aux Canadiens que la mise en œuvre de la prestation devrait prendre au moins 18 mois après l'adoption du projet de loi C‑22, qui a reçu la sanction royale en juin dernier. Ils soulignent l'insuffisance du soutien offert actuellement par les programmes de prestations d'invalidité fédéraux et, en particulier, provinciaux, qui représente un risque considérable pour la vie et la santé des personnes en situation de handicap vivant dans la pauvreté engendrée par les lois au Canada. Ils indiquent que le gouvernement fédéral a refusé de verser aux personnes handicapées une prestation intérimaire d'urgence, que la prestation canadienne pour les personnes handicapées n'est toujours pas en vigueur, que le gouvernement n'a toujours pas déclenché le décompte de 12 mois prévu pour la mise en place du cadre réglementaire, ce qui retarde encore plus le versement de la prestation.
    Par conséquent, les pétitionnaires prient le gouvernement du Canada de mettre en vigueur la prestation canadienne pour les personnes handicapées dans les deux semaines suivant la présentation de la présente pétition à la Chambre.

  (1015)  

Le transport aérien  

     Madame la Présidente, je prends la parole pour présenter une pétition au nom des habitants de Humber River—Black Creek, car Transports Canada doit s'attaquer à la pollution sonore causée par les avions en exerçant ses pouvoirs et en mettant en œuvre les mesures qui s'imposent dans la communauté de Humber River—Black Creek. Les pétitionnaires sont convaincus que la responsabilité environnementale suppose de s'attaquer à la fois à la pollution aérienne et aux répercussions du bruit sur leur bien-être.
    Ainsi, les résidants de la communauté de Humber River—Black Creek qui ont signé la pétition prient le gouvernement du Canada d'évaluer rapidement la pollution sonore nocturne causée par les activités des avions dans leur communauté; de collaborer avec NAV Canada pour élaborer des stratégies d'atténuation efficaces, comme des couvre-feux et autres mesures de réduction du bruit; d'établir des règlements sur les niveaux de bruit et les faire appliquer, afin que les émissions sonores respectent des limites acceptables; d'effectuer une surveillance régulière pour assurer la conformité aux règlements; et de faire preuve de transparence dans les communications avec la population de Humber River—Black Creek.
    J'ajouterai que ce problème ne concerne pas seulement les résidants de Humber River—Black Creek et qu'il existe un peu partout au Canada.
    Encore une fois, je rappelle aux députés qu'ils ne doivent pas donner leur point de vue ou celui de leur parti sur les pétitions. Ils doivent résumer brièvement la pétition.
    Nous poursuivons la présentation de pétitions. Le député de Willowdale a la parole.

Les femmes et l'égalité des genres  

    Madame la Présidente, je suis très heureux de présenter deux pétitions aujourd'hui. Elles font suite à une journée d'action pendant laquelle plus de 40 femmes afghanes et iraniennes sont venues à Ottawa pour rencontrer des députés et des sénateurs afin de les exhorter à reconnaître le crime de l'apartheid sexuel.
     La première pétition, signée par des Afghanes, exige essentiellement que les institutions internationales reconnaissent l'apartheid sexuel comme un crime contre l'humanité. Les pétitionnaires veulent aussi qu'on exhorte la Cour pénale internationale à accélérer son enquête sur les talibans. Enfin, les pétitionnaires veulent que l'on plaide pour que les principes féministes et l'universalisme des droits de la personne soient reflétés dans le droit international existant et émergent.
     La deuxième pétition que j'ai l'honneur de présenter provient d'Irano-Canadiennes qui demandent d'adopter la position voulant que l'apartheid sexiste constitue un crime contre l'humanité. Elles exigent des efforts internationaux pour que l'apartheid sexiste soit reconnu comme un crime contre l'humanité en droit international. Enfin, elles exigent qu'on prenne des mesures concrètes et concertées pour l'adoption de politiques proactives, que l'on exerce des pressions sur le gouvernement iranien et sur tout régime qui exerce un apartheid sexiste systématique et que l'on prenne des mesures pour convaincre d'autres pays d'adopter des politiques semblables.

Les soins de santé  

    Madame la Présidente, je suis heureux de prendre la parole pour présenter une pétition concernant ce que les Canadiens chérissent beaucoup, à savoir les soins de santé et les travailleurs de la santé.
    Les pétitionnaires demandent de veiller à ce que les travailleurs de la santé soient mieux protégés en ce qui concerne l'étendue de leurs responsabilités quotidiennes. Les pétitionnaires demandent aux divers ordres de gouvernement de réfléchir à ces responsabilités et de prendre les mesures nécessaires pour soutenir les milliers de travailleurs de la santé canadiens.

Questions transformées en ordres de dépôt de documents

    Madame la Présidente, si la réponse révisée à la question no 2362 déposée initialement le 10 avril pouvait être transformée en ordre de dépôt de document, le document serait déposé immédiatement sous forme électronique.

[Texte]

Question no 2362 —
M. Philip Lawrence:
    En ce qui concerne les routes et autoroutes recevant du financement dans le cadre de programmes gouvernementaux, y compris les routes et autoroutes ordinaires et non traditionnelles, comme celles qui se trouvent dans les régions du Nord ou éloignées: quels sont les détails de toutes les ententes de financement actuellement en vigueur, y compris, pour chacune, (i) le montant du financement fédéral, (ii) le type d’entente, (iii) les partenaires de l’entente, (iv) l’entente de partage des coûts, (v) le nom de l’entente, (vi) le programme de financement, (vii) la description du projet, (viii) le lieu géographique précis où se situent les routes visées par le financement, y compris les numéros de routes ou d’autoroutes, s’il y a lieu?
    (Le document est déposé.)

  (1020)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je demande que les autres questions restent au Feuilleton.
     Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Le budget]

[Français]

Le budget

L'exposé financier de la ministre des Finances  

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 16 avril, de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement.
    Madame la Présidente, après neuf ans et neuf budgets déficitaires, le premier ministre a doublé la dette nationale. Il a alourdi notre dette plus que tous les autres premiers ministres réunis.
     Il a doublé le coût du logement et forcé 2 millions de personnes à devoir recourir aux banques alimentaires. Maintenant, il présente un budget contenant 50 milliards de dollars de dépenses additionnelles et inflationnistes en refaisant les mêmes promesses électorales qu'il n'a pas su respecter depuis une décennie. C'est pour ça que ce budget et ce premier ministre n'en valent pas le coût. Nous voterons contre ce budget pour indiquer au gouvernement que nous ne lui accordons pas notre confiance.
    Le Parti conservateur a un plan de gros bon sens: réduire les taxes et les impôts, bâtir des logements, réparer le budget et stopper les crimes. Avant de parler de notre plan de gros bon sens, je tiens cependant à complimenter généreusement la ministre des Finances pour avoir posé de très bonnes questions aux plus riches. Elle a notamment dit: « [...] le 1 % le plus riche du Canada — le 0,1 % du Canada — devrait répondre à cette question: dans quel genre de pays voulez-vous vivre? ».
    Premièrement, il faut reconnaître que la ministre et le premier ministre avouent que le 0,1 % vit très bien, après neuf ans sous ce gouvernement libéral. Ces gens-là ont reçu d'énormes subventions pour leurs entreprises, des subventions plus grandes que jamais dans l'histoire de notre pays. Ils ont reçu d'énormes garanties de prêts les empêchant de perdre de l'argent lorsqu'ils font de mauvais investissements, ce qui force les contribuables de la classe ouvrière à payer le prix. Des entrepreneurs millionnaires comme ceux de GC Strategies font certainement partie du 0,1 % le plus riche grâce aux cadeaux que ce premier ministre leur a versés, comme l'augmentation de 100 % du nombre de contrats à l'externe. Deuxièmement, il faut reconnaître qu'avec l'impression de 600 milliards de dollars, ce gouvernement a gonflé la richesse des milliardaires. Finalement, il faut reconnaître que le 0,1 % le plus riche inclut le premier ministre, parce qu'il a hérité des millions de dollars de son grand-père et qu'il a placé cet argent dans une fiducie qui met cet argent à l'abri de l'impôt et le protège, tout comme le font ces milliardaires qui l'invitent sur leur île privée dans les Caraïbes. C'est donc une très bonne idée d'adresser cette question à ce 0,1 % des plus riches qui n'ont jamais eu autant de plaisir et de richesse qu'après neuf ans sous ce premier ministre.
    Je vais citer d'autres questions que la ministre leur a posées, notamment celle-ci: « Voulez-vous vivre dans un pays où vous pouvez deviner la taille du chèque de [paie] d'une personne en regardant son sourire? » Après neuf ans d'augmentation des taxes et des impôts, de l'inflation et des taux d'intérêt, les Canadiens n'ont plus le goût de sourire lorsqu'ils regardent leur chèque de paie parce que ce chèque de paie disparaît. Le Canada a la pire croissance de revenus personnels parmi tous les pays du G7 depuis neuf ans. Notre PIB par habitant a reculé par rapport à ce qu'il était il y a cinq ans. Les gens n'ont donc aucune raison de sourire. Un chèque de paie n'achète plus la nourriture et ne paie plus le logement, comme c'était le cas il y a neuf ans.

  (1025)  

    La ministre a également demandé: « Voulez-vous vivre dans un pays où les enfants vont à l'école le ventre creux? » La réponse est évidemment non. C'est toutefois la réalité aujourd'hui, après neuf ans de ce premier ministre. Selon les documents publiés par son propre gouvernement, le premier ministre avoue que presque un enfant sur quatre va à l'école sans nourriture chaque jour. Après neuf ans de ce premier ministre, qui impose des taxes sur les agriculteurs qui produisent notre nourriture et sur les camionneurs qui livrent notre nourriture, un quart des enfants n'ont pas assez à manger. On voit aujourd'hui dans le budget une promesse de les nourrir. Or cette promesse avait été faite en 2021, il y a trois ans. Combien de repas a-t-on fournis depuis? On n'en a fourni aucun. Après neuf ans de ce premier ministre, nos enfants ont faim.
    La ministre a aussi posé cette question: « Voulez-vous vivre dans un pays où les seuls jeunes qui peuvent s'acheter une maison sont ceux dont les parents peuvent contribuer à leur mise de fonds? » C'est pourtant le pays dans lequel nous vivons maintenant, après neuf ans sous ce premier ministre.
    Après neuf ans, il a doublé le coût du logement, il a doublé la mise de fonds nécessaire pour acheter une maison et il a doublé le paiement hypothécaire pour une maison moyenne. N'oublions pas qu'il y a neuf ans, la mise de fonds moyenne était d'à peu près 20 000 $. Je m'en souviens, parce que j'étais le ministre responsable du logement à ce moment-là, et il était possible d'acheter une maison avec une modeste mise de fonds de 20 000 $. Maintenant, la mise de fonds nécessaire a plus que doublé. Il faut 64 % du revenu mensuel moyen pour payer les coûts mensuels liés au logement. C'est un montant qui est presque le double de ce qu'il était il y a neuf ans. Par conséquent, seuls les plus riches, seuls les enfants des mieux nantis peuvent acheter une maison en ce moment.
    « Voulez-vous vivre dans un pays où nous réalisons les investissements dont nous avons besoin dans les soins de santé, le logement, les pensions de vieillesse, mais où nous n'avons pas la volonté politique de les payer et nous choisissons plutôt de léguer une dette grandissante à nos enfants? » Je cite la ministre des Finances.
    C'est ce premier ministre qui a doublé notre dette nationale neuf ans après avoir dit que le budget allait s'équilibrer par lui-même. Il a dit qu'on allait faire trois petits déficits ne dépassant pas 10 milliards de dollars. Il a maintenant ajouté près de 700 milliards de dollars à la dette, dont la majorité n'a rien à voir avec les dépenses liées à la COVID‑19. Il continue avec des déficits d'environ 40 milliards de dollars, et ce, trois ans après la COVID‑19. On ne peut plus dire que le chien a mangé ses devoirs et que les déficits sont liés à la COVID‑19. C'est un choix de continuer de plus en plus à la dette.
    J'aimerais dire à madame la ministre que nous ne voulons pas vivre dans un pays où on laisse aux enfants une dette grandissante, mais c'est le pays dans lequel nous vivons maintenant après neuf ans sous ce premier ministre.
    « Voulez-vous vivre dans un pays où les mieux nantis vivent dans le luxe, mais dans des quartiers protégés, derrière des clôtures toujours plus hautes, en se tournant vers des soins de santé et des avions privés parce que le secteur public est mal en point et que la colère de la grande majorité moins fortunée est déchaînée? » Je cite encore une fois la ministre des Finances.
    C'est le pays dans lequel nous vivons maintenant après neuf ans sous ce premier ministre. Oui, les mieux nantis ont des avions privés, comme lui. Il utilise son avion privé plus que tous les autres alors qu'il fait payer une taxe sur le carbone aux mères de famille monoparentale qui commettent le crime d'utiliser leur Toyota Corolla. Lui, il dépense l'argent des contribuables pour prendre des vacances illégales sur des îles privées. C'est lui et ses petits amis qui tirent avantage de cela alors que nous voyons un chaos total et une détérioration sans précédent dans les rues et les quartiers de notre pays. Les vols de voitures sont si normaux que les policiers disent aux gens de laisser les clés à côté de la porte pour permettre aux voleurs de prendre la voiture de façon paisible. Après neuf ans de ce premier ministre, c'est le pays dans lequel nous vivons.

  (1030)  

    Madame la ministre, voulons-nous vivre dans un pays où nous pouvons dire la taille de la richesse de quelqu’un par son sourire? Non, mais c’est le pays dans lequel nous vivons. Voulons-nous des enfants qui ont faim à l’école? Non, mais selon le gouvernement, c’est le pays dans lequel nous vivons maintenant. Voulons-nous vivre dans un pays où seuls les jeunes qui peuvent s'acheter une maison sont les enfants des riches? Non, mais c’est le pays dans lequel nous vivons maintenant après neuf ans de ce premier ministre. Voulons-nous vivre dans un pays où les enfants héritent d’une dette grandissante année après année? Non, mais c’est le pays dans lequel nous vivons maintenant après neuf ans de ce premier ministre. Voulons-nous vivre dans un pays où les riches, comme ce premier ministre, peuvent voyager à travers le monde dans des jets privés, alors que la majorité vit dans le chaos et l’enfer de la criminalité dans nos villes? Non, mais c’est le pays dans lequel nous vivons maintenant.
    Nous ne voulons pas de ce type de pays. C’est exactement pour ça que nous avons besoin d’une élection pour élire un nouveau gouvernement basé sur le gros bon sens, une gouvernement qui va offrir le pays que nous aimons pour tous les Canadiens.
    Pour un instant, parlons de la fameuse légende qu’ils sont très riches. Rappelons-nous qu'il y a neuf ans, le premier ministre a dit qu’il allait dépenser sans contrôle, que ça ne coûterait rien à personne et qu’un homme riche sur une colline allait payer toutes les factures. Où est-il?
    Après neuf ans de ce gouvernement, les riches paient moins que jamais. Après neuf ans de ce premier ministre, pour la première fois de notre histoire, toute une génération a perdu la possibilité d’avoir une maison. Après neuf ans de ce premier ministre qui a promis d’aider la fameuse classe moyenne, cette dernière n’existe pas. La classe moyenne est pauvre.
    Si on pense que je suis en train d’exagérer, je pose une question simple: est-ce qu’une personne de la classe moyenne peut s'acheter une maison aujourd’hui? C’est mathématiquement impossible pour une personne de la classe moyenne d’acheter une maison moyenne. Ce n’est pas moi qui dis ça. Selon la Banque Royale du Canada, ça prend maintenant 63 % du revenu familial moyen avant impôts pour payer les coûts moyens d'une maison. C’est une impossibilité mathématique. Il y a neuf ans, ça coûtait 38 % d’un chèque de paie chaque mois pour payer son hypothèque. C’est le double maintenant.
    Si on ne peut pas acheter une maison, on ne fait pas partie de la classe moyenne. Si on est l’une des familles sur quatre qui ne peut pas nourrir ses propres enfants — une famille sur quatre, ça provient des documents du gouvernement —, on ne fait plus partie de la classe moyenne.
    Hier, le budget présenté par la ministre des Finances était une grande admission d'un échec. Elle avoue qu’après neuf ans de son gouvernement, c’est l’enfer pour la soi-disant classe moyenne. Les gens de la classe moyenne sont devenus les pauvres de ce pays. Ce premier ministre a engendré le pire déclin de la qualité de vie de la classe moyenne dans l’histoire de notre pays; c'est peut-être pire que pendant la Grande Dépression. Ce n’est pas moi qui dis ça, c’est la ministre elle-même et le premier ministre.
    Quand le premier ministre parle de l’état de ce pays, il le décrit comme étant un enfer total pour les pauvres et pour les travailleurs. Il décrit un enfer pour les enfants qui ne peuvent pas manger. Il décrit un pays où les aînés ne peuvent pas payer leurs factures.

  (1035)  

    C'est comme s'il n'était pas le premier ministre depuis une décennie. Il essaie de nous convaincre magiquement que c'est sa première journée en poste. Après neuf ans, le premier ministre a raison: c'est l'enfer pour la classe moyenne, et c'est parce qu'on a un premier ministre qui n'en vaut pas le coût.
    Heureusement, ce n'était pas comme ça avant ce premier ministre et ça ne sera pas comme ça après ce premier ministre. Nous allons le remplacer par un gouvernement de gros bon sens qui va réduire les taxes et les impôts, bâtir des logements, réparer le budget et stopper les crimes. Je vais expliquer comment nous allons le faire.
    Premièrement, parlons des taxes et des impôts. Les Canadiens paient plus en taxes et en impôts qu'ils ne paient pour l'alimentation, pour le logement et pour les vêtements. C'est ainsi après neuf ans de ce gouvernement cher. C'est pour ça qu'il faut renverser la tendance. Il faut contrôler les dépenses pour pouvoir réduire le coût des taxes et des impôts et rembourser le travail. Il faut permettre aux travailleurs, aux entrepreneurs et aux aînés de garder une plus grande partie de l'argent qu'ils ont gagné.
     Deuxièmement, il faut bâtir plus de logements. On a le moins de logements par habitant parmi tous les pays du G7, après neuf ans de ce premier ministre, et ce, parce que nous avons la pire bureaucratie. Cette bureaucratie empêche la construction, ajoute des centaines de milliers de dollars de coûts à chaque logement et engendre des années de retard. Le Canada est deuxième en matière de lenteur d'octroi de permis de construction parmi les pays de l'OCDE. Cela ajoute 1,3 million de dollars pour chaque nouveau logement à Vancouver, 350 000 $ pour chaque logement à Toronto. L'Hôtel de Ville de Montréal a empêché la construction de 25 000 logements. La Ville de Winnipeg a empêché la construction de 2 000 logements à côté d'une station de transport en commun bâtie spécifiquement pour ces futures maisons. Ça n'a pas de bon sens. Le gouvernement fédéral ne devrait plus envoyer 5 milliards de dollars aux Hôtels de Ville pour qu'ils bâtissent des bureaucraties qui empêchent la construction.
    Au contraire, il faut commencer à inciter les municipalités à permettre plus de construction en libérant les terrains et en autorisant les mises en chantiers plus rapidement. Les agences immobilières sont payées pour chaque maison vendue. Les constructeurs sont payés pour chaque maison construite. On devrait payer les municipalités pour chaque logement permis. Mon plan de gros bon sens va obliger les municipalités à permettre 15 % de construction de plus par année et à autoriser la construction de grandes tours d'appartement à proximité des stations de transport en commun financées par le fédéral. Ce sera la condition à remplir afin de recevoir cet argent.
    Nous allons le faire avec des ententes avec les provinces en respectant totalement leurs champs de compétence et en leur permettant d'atteindre ces résultats à leur manière, sans ingérence du fédéral. Ensuite, nous allons vendre 6 000 édifices et des milliers d'acres de terrains fédéraux pour permettre de la construction. Aussi, nous allons réduire les taxes et les impôts sur la construction de logement pour accélérer la construction. C'est un plan de gros bon sens pour revenir à un état où c'est abordable, comme ce l'était il y a neuf ans, quand j'étais ministre responsable du logement.
    Troisièmement, nous allons réparer le budget en imposant la règle d'un dollar pour un dollar. Pour chaque nouveau dollar dépensé, mon gouvernement fera un dollar d'économie ailleurs. C'est ainsi qu'on plafonne le coût de l'État pour permettre aux contribuables et à l'économie de croître et pour réduire la taille de l'État relativement au pays.

  (1040)  

    C'est une approche décentralisatrice et responsable. C'est ainsi que nous allons éventuellement équilibrer le budget, réduire les taux d'intérêt et réduire l'inflation.
    Je trouve très ironique que le Bloc québécois ait voté plus d'une fois pour faire croître l'État fédéral. Il a voté en faveur de 500 milliards de dollars de dépenses centralisatrices, inflationnistes et discrétionnaires du premier ministre actuel. Je parle des dépenses qui ont augmenté la taille de l'État et le nombre de fonctionnaires fédéraux de 40 %. Le Bloc québécois a voté pour ajouter 100 000 fonctionnaires fédéraux à Ottawa sur les épaules des Québécois. Le Bloc québécois a voté pour doubler les dépenses pour des consultants externes, qui coûtent maintenant 21 milliards de dollars, c'est-à-dire 1 400 $ en taxes et en impôt pour chaque famille québécoise, juste pour des consultants.
    On comprend pourquoi ce gouvernement centralisateur libéral voudrait faire cela, mais on ne peut pas comprendre pourquoi un parti soi-disant souverainiste voterait pour une telle augmentation et une telle concentration des pouvoirs et de l'argent au fédéral. Cela n'a pas de bon sens. C'est parce que le Bloc québécois ne vise pas à libérer les Québécois des coûts d'Ottawa. Il veut mettre en œuvre une idéologie de « gaugauche » qui provient du Plateau Mont-Royal. Il veut juste un plus grand rôle de l'État, que celui-ci soit fédéral, provincial ou municipal. L'obsession du chef du Bloc québécois, c'est plus de gouvernement, plus d'État, plus de coûts sur les épaules des travailleurs. Nous, les conservateurs, voulons un gouvernement fédéral plus petit pour un Québec plus grand. Nous voulons moins de contrôle par Ottawa et plus de pouvoir pour les Québécois. Un moins grand gouvernement fédéral pour un Québec plus grand, c'est le gros bon sens. Nous sommes le seul parti qui va pouvoir faire cela.
    En même temps, il faut éliminer l'inflation qui, en effet, agrandit l'écart entre les plus riches et les plus pauvres. Le système monétaire qui imprime de l'argent favorise les riches, c'est sûr. C'est quelque chose que le premier ministre a importé des États-Unis. Aux États-Unis, ils ont une politique monétaire qui cause de l'inflation d'une année à l'autre pour faire gonfler les dépenses à Washington et faire gonfler les actions à Wall Street. C'est une belle alliance entre Wall Street et Washington, entre les grandes entreprises et un grand gouvernement. Évidemment, cela favorise les plus riches. Les gens qui vivent à Manhattan et à Washington sont les plus riches au pays. C'est en partie dû au fait qu'on imprime beaucoup d'argent pour favoriser les deux.
    Ici, au Canada, pour la première fois, un premier ministre a essayé de copier-coller cette approche en imprimant 600 milliards de dollars pour financer ses propres dépenses. Il a causé la pire inflation depuis son père, qui avait fait pareil. Quelles sont les conséquences? Ceux qui ont des actions ou des investissements dans les terrains propices à la spéculation, l'or, ou les vins exclusifs et luxueux s'enrichissent. La valeur de leurs actifs gonfle. À l'inverse, les gens qui vivent de leur chèque de paie et de leur pension deviennent plus pauvres. La valeur de leur chèque de paie diminue. C'est un transfert de richesse des plus démunis aux mieux nantis. C'est un avantage souvent non imposable.

  (1045)  

    C'est un avantage auquel le premier ministre ajoute jour après jour en causant cette inflation. J'ajoute que, souvent, les gens qui reçoivent ces grands cadeaux financiers des gouvernements ne paient pas de taxes du tout parce qu'ils ne vendent jamais leurs actifs. Ils empruntent en utilisant les actifs comme garantie pour acheter d'autres actifs dont la valeur gonfle encore avec l'inflation, qu'ils utilisent pour acheter d'autres actifs, et ainsi de suite. La richesse se concentre entre les mains du fameux 1 % ou 0,1 % de la population. C'est un phénomène qui s'accélère depuis l'arrivée au pouvoir de ce premier ministre, parce qu'en même temps que ça aide les plus riches, ça donne à son gouvernement les moyens de dépenser sans contrôle. Les deux reçoivent ce qu'ils veulent. Le premier ministre est capable de dépenser de l'argent imprimé créé à partir de rien et les plus riches profitent de l'inflation de la valeur de leurs actifs et de leur richesse. C'est toujours la classe ouvrière qui paie la facture de cette approche irresponsable.
    Moi, je vais mettre fin à ça. Je vais rétablir le mandat de la Banque du Canada, qui est de garder l'inflation basse et le dollar plus fort. Nous allons nous assurer que nous n'imprimons pas d'argent pour le dépenser, car c'est une taxe de l'inflation. C'est une taxe qui est injuste et amorale. Je vais abolir la taxe de l'inflation en réparant le budget. Je veux que les gens aient de meilleurs chèques de paie à rapporter chez eux.
    En parlant de chez eux, c'est devenu plus dangereux après neuf ans de gouvernement de ce premier ministre qui libère des criminels automatiquement sous caution, ou les laisse purger leurs peines à la maison, des « peines Netflix » qu'il a mises en place avec les projets de loi C‑5, C‑75 et C‑83. Ces lois ont permis à des gens de se faire libérer quelques heures après leur arrestation pour refaire les mêmes crimes. C'est pour ça que la criminalité explose dans les rues, partout au pays.
    Hier, nous avons entendu parler d'une grande fusillade au centre-ville de Montréal. Nous avons constaté une augmentation du nombre de vols d'autos de plus de 100 % à Montréal, à Toronto et dans d'autres grandes villes. Donc, mon plan du gros bon sens va garder les criminels les plus dangereux en prison en supprimant les libérations sous caution pour ceux qui ont des douzaines de condamnations, en supprimant les « peines Netflix », en forçant les voleurs d'autos à purger leur peine en prison et en arrêtant de cibler nos chasseurs et nos tireurs sportifs. Si une personne a une arme qu'elle a achetée de façon légale après des vérifications de la Gendarmerie royale du Canada, des formations et des examens qui démontrent qu'elle est une personne sécuritaire et responsable, elle va pouvoir continuer de la posséder. Cependant, si ce sont des criminels, nous allons les en empêcher. Nous allons renforcer la frontière et les ports. Nous allons scanner les conteneurs pour nous assurer qu'il n'y a pas d'armes et de drogues qui entrent, ni de voitures volées qui sortent. C'est ça, le gros bon sens pour rétablir la sécurité dans nos communautés et stopper les crimes.
    Nous allons mettre en place un plan du gros bon sens qui va rétablir le pays que nous voulons, un pays à l'opposé de ce pays que la ministre des Finances a décrit dans son discours. Ce sera un pays où le travail est payant, où chaque personne qui a travaillé fort peut s'offrir une maison et de la nourriture abordable dans des communautés sécuritaires. Les Canadiens en ont le droit. Les Canadiens le méritent. Avec un gouvernement du gros bon sens, les Canadiens vont l'avoir.

  (1050)  

     Des voix: Oh, oh!
    Madame la Présidente, je n'ai pas terminé.
    Je vais continuer en anglais. Je veux partager cette belle allocution avec nos compatriotes anglophones.

[Traduction]

     Après les neuf ans de déficits du premier ministre, qui ont doublé la dette nationale et le coût du logement, et un nouveau budget qui prévoit 50 milliards de dollars de nouvelles dépenses non capitalisées pour des promesses déjà brisées, les conservateurs voteront contre le budget qui, tout comme le premier ministre, n'en vaut pas le coût.
     Avant d'en venir aux raisons de ce vote et à mon plan plein de bon sens qui permettra d'abolir la taxe, de construire des logements, de redresser le budget et de faire échec au crime, je voudrais féliciter la ministre des Finances pour une page de son discours que j'ai trouvée extrêmement représentative. Elle a dit que « le 1 % le plus riche du Canada — le 0,1 % du Canada — devrait répondre à cette question: dans quel genre de pays voulez-vous vivre? »
     Avant d'aller plus loin, soulignons l'incroyable culot: tout comme elle et son chef le soulignent, le 0,1 % du Canada se porte mieux que jamais après neuf ans de mises en garde par le premier ministre. Oui, ces personnes ont bénéficié de dizaines de milliards de dollars d'aides et de subventions non méritées aux entreprises, paradoxalement soutenues par le NPD; de garanties de prêts aux entreprises qui les protègent contre les pertes en cas d'incompétence ou d'appels d'offres malhonnêtes; de contrats, dont le montant s'élève aujourd'hui à 21 milliards de dollars, des contrats accordés à des experts-conseils très bien payés, dont bon nombre gagnent des millions de dollars par an en marchés publics pour un travail qui pourrait être effectué au sein du gouvernement lui-même si ce travail avait une quelconque valeur; et enfin, de ces grandes fortunes qui ont été gonflées par l'impression inflationniste de 600 milliards de dollars qui ont fait passer la richesse de la classe ouvrière aux plus riches d'entre nous. Ce 0,1 % se porte mieux que jamais après neuf années où le premier ministre a prétendu qu'il serait plus sévère à son égard.
    Je me permets de poursuivre. Voilà que je m'interromps. La ministre des Finances a demandé: « Voulez-vous vivre dans un pays où vous pouvez deviner la taille du chèque de paye d'une personne en regardant son sourire? » Wow! Combien de Canadiens sourient quand ils regardent leur chèque de paye aujourd'hui? Les gens ne sourient pas du tout parce qu'un chèque de paye ne peut pas leur acheter un panier d'épicerie abordable, selon Sylvain Charlebois, la référence en agroalimentaire. Selon lui, le coût d'un panier d'épicerie a augmenté de plusieurs milliers de dollars par an, mais la majorité des Canadiens dépensent des centaines de dollars de moins que ce qui est nécessaire pour acheter ce panier. Donc, ils ne mangent pas à leur faim. Nous vivons dans un pays où le salaire moyen ne permet pas de payer le loyer moyen. Je vous dirais que personne ne sourit quand il regarde son chèque de paye.
     La ministre a poursuivi en demandant: « Voulez-vous vivre dans un pays où des jeunes enfants vont à l'école le ventre creux? » Selon le premier ministre lui-même, un enfant sur quatre va à l'école le ventre vide après ses neuf ans au pouvoir. Je regarde ici un communiqué de presse que son gouvernement a publié le 1er avril, le jour du poisson d'avril, rien de moins, où il dit: « [P]rès d'un enfant sur quatre [...] ne mange pas à sa faim ». En fait, il dit qu'ils n'ont pas assez de nourriture pour apprendre et grandir.
     Non, nous ne voulons pas vivre dans un pays où les enfants vont à l'école le ventre vide, mais selon le propre communiqué du premier ministre, nous vivons dans un pays où un enfant sur quatre va à l'école le ventre vide. La ministre des Finances a ensuite déclaré: « Voulez-vous vivre dans un pays où les seuls jeunes qui peuvent s'acheter une maison sont ceux dont les parents peuvent contribuer à leur mise de fonds? » Non, nous ne voulons pas y vivre, mais nous vivons dans ce pays aujourd'hui.

  (1055)  

     Selon les données publiées par RBC Dominion, pour qu'une famille moyenne puisse payer les mensualités d'un logement moyen au Canada, elle devrait dépenser 64 % de son revenu avant impôt. La plupart des familles ne conservent pas 64 % de leur revenu avant impôt parce qu'elles paient beaucoup d'impôt. Par conséquent, la plupart des familles devraient renoncer à manger, à se divertir, à s'habiller et à se déplacer pour être mathématiquement en mesure d'effectuer les paiements d'un logement moyen. Pour les jeunes, la situation est encore pire, car ils n'ont pas de bas de laine. Ils ne peuvent pas se permettre une mise de fonds qui a doublé au cours des neuf dernières années. C'est pourquoi 76 % des Canadiens qui ne sont pas propriétaires d'un logement disent aux sondeurs qu'ils pensent qu'ils ne le seront jamais. Voulons-nous vivre dans un pays où les seuls jeunes qui peuvent se permettre une mise de fonds sont ceux dont les parents peuvent la verser à leur place? Non. Pourtant, c'est le pays dans lequel nous vivons aujourd'hui.
    « Voulez-vous vivre dans un pays où nous réalisons les investissements dont nous avons besoin dans les soins de santé, le logement, les pensions de vieillesse, mais où nous n'avons pas la volonté politique de les payer et nous choisissons plutôt de léguer une dette grandissante à nos enfants? »
     Sommes-nous entrés dans la quatrième dimension? Franchement. Ce sont les paroles de la ministre: voulons-nous vivre dans un pays où nous léguons une « dette grandissante » à nos enfants? Elle pose cette question alors qu'elle gonfle la dette en y ajoutant 40 milliards de dollars. Elle pose cette question alors qu'elle prononce un discours sur le danger de transmettre une dette grandissante à nos enfants. Elle est la ministre des Finances du gouvernement qui a accumulé plus de dettes que tous les gouvernements précédents réunis en 150 ans. Il convient de noter que le premier ministre a creusé des déficits en pourcentage du PIB qui sont plus importants que ceux de la Première Guerre mondiale, de la Grande Dépression et de la récession mondiale de 2008‑2009.
     Je me dois également de souligner que la majorité de la dette qui a été ajoutée sous la gouverne du premier ministre n'était pas liée à la COVID. L'excuse « le chien a mangé mon devoir », qui consiste à reprocher à la COVID tout ce qui ne va pas au Canada, ne fonctionne plus. J'ajouterai que trois ans se sont maintenant écoulés depuis la COVID, et que les déficits et la dette ne cessent d'augmenter, ce qui fait mentir cette excuse écœurante que le gouvernement ne cesse d'invoquer.
     Le premier ministre a tellement augmenté la dette que nous dépensons aujourd'hui plus en intérêts sur cette dette qu'en soins de santé, soit 54,1 milliards de dollars cette année, ce qui veut dire plus d'argent pour ces riches banquiers et détenteurs d'obligations qui détiennent notre dette et moins d'argent pour les médecins et le personnel infirmier que nous attendons quand nous passons 26 heures dans une des salles d'urgence au pays.
     Non, nous ne voulons pas vivre dans un pays qui transmet une dette grandissante à nos enfants, mais après les neuf ans de règne du premier ministre, c'est exactement le pays dans lequel nous vivons.
     La ministre des Finances demande: « Voulez-vous vivre dans un pays où les mieux nantis vivent dans le luxe »? À qui cela nous fait-il penser? À quelqu'un qui se déplace en jet privé pour séjourner dans des îles secrètes à l'autre bout de l'hémisphère, où on lui offre du luxe à 8 000 ou à 9 000 $ par jour, qu'il paie avec l'argent des contribuables canadiens et qui émet des milliers de tonnes de gaz à effet de serre dans notre atmosphère, à quelqu'un qui s'offre ce luxe aux dépens de tous les autres. Il ne sera pas nommé parce que nous ne pouvons pas prononcer le nom du premier ministre à la Chambre des communes. Je ne vais donc pas enfreindre cette règle parlementaire, mais je souligne le culot de la question.
     Je recommence. La ministre des Finances demande:
    Voulez-vous vivre dans un pays où les mieux nantis vivent dans le luxe, mais dans des quartiers protégés, derrière des clôtures toujours plus hautes, en se tournant vers des soins de santé et des avions privés parce que le secteur public est mal en point et que la colère de la grande majorité moins fortunée est déchaînée?

  (1100)  

     Elle dit que la colère de la grande majorité de ses compatriotes moins fortunés est déchaînée. Elle a raison de dire que certaines personnes n'ont pas la possibilité de vivre dans des quartiers protégés, sous la surveillance de gardiens armés. On dit à ces personnes qu'elles devraient laisser leurs clés à côté de la porte pour que les voleurs puissent entrer et voler tranquillement leur voiture.
     Dans tout le pays, les collectivités sont ravagées par la criminalité, le chaos, la drogue et le désordre. Ce qu'elle a décrit est exactement ce qui se passe après neuf ans de son gouvernement. Dans les hôpitaux de Colombie-Britannique, le personnel infirmier est terrifié à l'idée d'aller travailler parce que le premier ministre, de concert avec le premier ministre néo-démocrate de la province, a décriminalisé les drogues dures et a permis aux pires criminels d'apporter des armes et des stupéfiants dans leur chambre d'hôpital, où ils ne peuvent pas être confrontés. Nous avons 26 étudiants étrangers entassés dans le sous-sol d'une maison de Brampton. Une voiture est volée toutes les 40 minutes dans la région du Grand Toronto. Le nombre de meurtres par arme à feu a augmenté de 100 % dans tout le pays.
     Dans certaines collectivités, les gens sont terrifiés à l'idée de sortir. Des propriétaires de petites entreprises de Brampton et de Surrey reçoivent chaque semaine des lettres les avertissant que s'ils ne signent pas des chèques de plusieurs millions de dollars à des extorqueurs, leur maison sera criblée de balles et leurs enfants verront des balles voler à travers les fenêtres pendant leur sommeil.
     Telle est la vie au Canada aujourd'hui. Voulons-nous vivre dans ce pays? Non, nous ne voulons pas vivre dans ce pays. Après huit années à voir monter les coûts, la criminalité et le chaos, le premier ministre n'en vaut pas le coût. Nous le remplacerons par un gouvernement conservateur plein de bon sens qui restaurera le pays que nous aimons.
     À quoi ressemble ce pays et comment y parviendrons-nous? Heureusement, nous avons un plan plein de bon sens qui abolira la taxe, construira des logements, redressera le budget et fera échec au crime.
     Commençons par la taxe sur le carbone, qui a augmenté de 23 % le 1er avril. Aujourd'hui, nous voyons les prix de l'essence s'envoler à la pompe partout en Ontario. C'est le chaos, car les gens essaient désespérément de se rendre à la station-service et de faire le plein avant que les plus récentes hausses entrent en vigueur.
    Le premier ministre s'en réjouit en disant que le prix élevé de l'essence est son objectif et il peut compter sur l'appui inconditionnel du chef du NPD la plupart du temps, c'est-à-dire quand celui-ci arrive à définir sa politique. Le chef du NPD a voté 22 fois pour la hausse de la taxe sur le carbone. Les deux partis, avec l'aide du Bloc, ont voté pour des hausses futures qui vont quadrupler la taxe pour atteindre 61 ¢ le litre, une taxe qui s'appliquera aussi au chauffage domestique et, bien sûr, aux agriculteurs qui produisent les aliments, aux camionneurs qui les transportent et, par conséquent, à tous ceux qui les achètent.
    C'est pour cette raison que les conservateurs, guidés par le gros bon sens, vont abolir la taxe afin de faire baisser les prix. Nous adoptons une approche diamétralement opposée à celle du premier ministre à l'égard de la protection de l'environnement. Son approche consiste à faire grimper le prix des sources d'énergie traditionnelles dont nous avons encore besoin. Notre approche consiste à réduire le prix des autres sources d'énergie. Nous donnerons le feu vert à des projets écologiques, que l'on pense à l'énergie nucléaire, aux barrages hydroélectriques, au captage et au stockage du carbone ou à l'exploitation de minéraux critiques, comme le lithium, le cobalt, le cuivre et d'autres encore. Nous y parviendrons en abrogeant le projet de loi C‑69, qui a été jugé inconstitutionnel, afin d'approuver ces projets en 18 mois au lieu de 18 ans.
    Voici la différence: le premier ministre opte pour les ponctions fiscales pendant que je mise sur les technologies. Il veut faire fuir les capitaux vers les dictateurs véreux à l'étranger alors que je favorise les investissements ici pour permettre à nos concitoyens de toucher de bons chèques de paye.

  (1105)  

    Pour stimuler la construction domiciliaire, nous procéderons de la même façon que pour libérer le potentiel du secteur énergétique, répandre l'abondance et faire baisser le coût de la vie, c'est-à-dire en abolissant les barrières gouvernementales.
    Après neuf ans sous la gouverne du premier ministre, pourquoi le Canada affiche-t-il la pire inflation dans le secteur du logement au sein du G7? Pourquoi le coût du logement a-t-il grimpé 40 % plus rapidement que les revenus? C'est de loin le pire écart de tous les pays du G7. Pourquoi, selon UBS, y a-t-il à Toronto la pire bulle immobilière au monde? De surcroît, selon une étude de Demographia, si l'on compare le revenu moyen au prix moyen d'une maison, Vancouver est en troisième position mondiale pour la surévaluation de son marché immobilier. Pourquoi? C'est parce que nous avons les pires lourdeurs bureaucratiques en matière de construction résidentielle.
    Après neuf ans sous la gouverne du premier ministre, le Canada arrive avant-dernier parmi les 40 pays de l'OCDE pour la rapidité d'octroi de permis de construction. Ces permis, ajoutent 1,3 million de dollars au prix de tout logement construit à Vancouver et 350 000 $ dans le cas de Toronto. À Winnipeg, on a bloqué la construction de 2 000 logements juste à côté d'une station de transport en commun qui avait été construite pour les desservir. À Montréal, la Ville a bloqué la construction de 25 000 logements en sept ans. La lenteur des processus de délivrance des permis paralyse la construction de rien de moins que des centaines de milliers de logements.
     Qu’est-ce qu’ils ont choisi en guise de solution? Le premier ministre a choisi le pire ministre de l’Immigration que notre pays a connu, celui-là même auquel il avait reproché de faire exploser les prix de l’immobilier à cause d’une immigration incontrôlée, et lui a confié le portefeuille du Logement. Depuis, le ministre a avoué que son fonds de 4 milliards de dollars pour accélérer la construction de logements n’a pas permis de construire un seul logement.
    Depuis qu'il a distribué tout cet argent à ses copains des administrations municipales incompétentes, la construction de logements s’est effondrée. En fait, elle a diminué cette année et, selon l’agence du logement du gouvernement fédéral, elle diminuera encore l’année prochaine et l’année d’après. C’est donc un fonds qui décélère la construction de logements, et non qui l’accélère.
     Voilà ce qui arrive lorsqu’on choisit un ministre parce que c’est un beau parleur et un chouchou des médias, au lieu de prendre quelqu’un qui sait faire avancer les dossiers, comme je l'ai fait quand j’étais ministre du Logement. À l’époque, les loyers ne coûtaient que 973 $ par mois pour une famille moyenne, partout au Canada, et le prix moyen d’une maison se situait autour de 400 000 $. Pour des résultats, c’étaient des résultats. À l’époque, il y avait moins de beaux discours et moins de dépenses gouvernementales, mais il se construisait beaucoup plus de logements. C’est ce que nous ferons avec notre plan plein de gros bon sens.
     Avec ce plan, nous construirons des logements en obligeant les municipalités à passer au braquet supérieur, à libérer davantage de terrains pour la construction de logements et à accélérer la construction. Elles devront autoriser la construction de 15 % plus de logements par année si elles veulent obtenir des fonds fédéraux, et elles devront autoriser la construction de tours d’appartements à proximité de chaque station de transport en commun financée par le gouvernement fédéral. Nous vendrons 6 000 immeubles fédéraux et des milliers d’acres de terres fédérales pour construire des logements. Nous nous débarrasserons de la taxe sur le carbone pour faire baisser le coût des matériaux de construction.
     Enfin, nous récompenserons les travailleurs qui construisent des maisons, parce que nous avons plus besoin de bâtisseurs que de fonctionnaires. Nous ferons adopter une loi conservatrice pleine de bon sens qui permettra aux gens de métier de déduire la totalité de leurs frais de transport, d’alimentation et de logement lorsqu’ils doivent se rendre d’un chantier à l’autre, ce qui les aidera à mieux gagner leur vie tout en construisant des logements.
     Ces logements seront construits dans des quartiers sûrs. Nous ferons échec au crime en supprimant la mise en liberté sous caution, la libération conditionnelle et la détention à domicile pour les récidivistes violents. Nous mettrons donc fin aux politiques de capture et de remise en liberté. Nous abrogerons le projet de loi C‑5, qui porte sur la détention à domicile. Nous abrogerons le projet de loi C‑75, qui porte sur la capture et la remise en liberté. Enfin, nous abrogerons le projet de loi C‑83, qui permet d’offrir une vie de pacha à des meurtriers récidivistes comme Paul Bernardo, qui a accès à un court de tennis et à une patinoire, ce que beaucoup de familles canadiennes ne peuvent même plus se permettre à l’extérieur de la prison.
     Nous imposerons l'incarcération plutôt que la liberté sous caution aux récidivistes violents. Nous éliminerons tout le système de capture et de remise en liberté que le premier ministre radical a mis en place avec l’aide des gauchistes cinglés néo-démocrates. Ce système radical qui a transformé bon nombre de nos rues en véritables champs de bataille sera bientôt chose du passé.

  (1110)  

     Nous cesserons également de distribuer des stupéfiants mortels. J'ai réalisé une vidéo sur ce que l'on appelle l'approvisionnement sûr. Je me suis rendu sur le site tragique d'un nouveau campement de sans-abri à Vancouver, une ville qui offrait autrefois l'un des plus beaux panoramas du monde. Aujourd'hui, c'est malheureusement un endroit où les gens vivent dans la misère et meurent de surdoses. Tous ont dit qu’il était épouvantable que je prévoie de supprimer les drogues financées par les impôts et que toutes les affirmations que j'ai faites n'étaient qu'un ramassis de théories du complot, mais tout, absolument tout, ce que j'ai dit à l'époque s'est avéré.
     J'ai remarqué que les libéraux et les brillants professeurs sur lesquels ils se sont appuyés pour élaborer leurs politiques se sont également tous faits discrets. Pourquoi? Parce que la réalité est en train de se faire jour. Même l'agence de santé publique de la Colombie‑Britannique, qui prône l'idéologie néo-démocrate—libérale, admet que l'hydromorphone, financée par les impôts, est détournée. La police de Vancouver a déclaré cette semaine que 50 % de tout l’hydromorphone, un opioïde très puissant, est payée avec l'argent des contribuables et distribuée par les agences de santé publique, supposément pour sauver des vies. Nous savons maintenant que ce médicament très puissant est revendu à des enfants, qui en deviennent dépendants, et que les profits sont utilisés pour acheter du fentanyl, du tranq et d'autres drogues encore plus dangereuses, qui amènent nos concitoyens à mourir sur le trottoir, la tête contre le sol, victimes de surdoses records.
     Les prétendus experts nous disent toujours de ne pas tenir compte des slogans et de regarder les faits. Or, les faits sont là. En Colombie‑Britannique, où cette politique radicale et sans précédent a été adoptée avec le plus d'enthousiasme, les décès par surdose ont augmenté de 300 %. Ils ont augmenté en Colombie‑Britannique plus rapidement que partout ailleurs au Canada et peut-être même que partout ailleurs en Amérique du Nord. L'État ultraprogressiste de l'Oregon a mis fin à la décriminalisation, reconnaissant le chaos total, les morts et les ravages que cette politique a entraînés.
     Que fait le premier ministre radical, avec l'aide de son homologue néo-démocrate? Ils regardent les morts et les ravages survenus dans le Downtown Eastside de Vancouver et ailleurs et disent qu’il nous en faut plus. Ils se sont promenés, ou mieux encore, ces deux politiciens ont probablement traversé le Downtown Eastside dans leurs limousines blindées. Ils ont regardé les gens pliés en deux, complètement figés par le fentanyl, les gens allongés face contre terre, les tentes qui, selon la police, seraient remplies d'armes et de drogues dangereuses, tous les petits commerces qui ont fermé à cause de cette politique, et ils ont dit qu’il nous en faut plus. Ils veulent reproduire toutes les politiques à l'origine de cette situation afin que nous puissions avoir des villes de tentes et des campements de sans-abri partout au pays.
    C'est exactement ce qu'ils ont fait. À Halifax, après neuf années passées sous la conduite du premier ministre, de son homologue néo-démocrate et du maire libéral d'Halifax, il y a 35 campements de sans-abri dans la ville. Dans toutes les villes du pays, il y a des campements de sans-abri qui n'existaient pas il y a neuf ans. Cette politique passera à l'histoire comme l'une des expériences les plus insensées jamais menées sur une population. Cela ne se fait nulle part ailleurs dans le monde. Les libéraux nous prennent pour des imbéciles. Ils répètent à qui veut l'entendre que toutes les personnes civilisées croient que distribuer des drogues sauve des vies, alors que cela ne se fait nulle part ailleurs. Quand nous en parlons, les gens ont du mal à croire que, au Canada, on distribue gratuitement aux toxicomanes des drogues comparables à de l'héroïne en s'attendant à sauver ainsi des vies.

  (1115)  

    Maintenant, les répercussions se font sentir jusque dans les hôpitaux, où le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique et le gouvernement libéral à Ottawa disent au personnel d'infirmier qu'il n'a pas le droit de confisquer les pipes à crack, les couteaux ou les armes à feu. Il est censé s'attendre à ce que les toxicomanes, en pleine crise après avoir consommé de la drogue, commencent à faire des ravages à l'hôpital. C'est de l'ordre de l'hallucination effrayante et c'est une hallucination qui prendra fin quand je serai premier ministre. Nous mettrons fin à ce cauchemar.
    Nous offrirons une meilleure solution aux Canadiens. Non seulement nous allons interdire les drogues et cesser la distribution de drogues payées à même les deniers publics, mais nous allons fournir des traitements et favoriser l'affranchissement de la dépendance.
    Si des gens qui nous regardent aujourd'hui souffrent de dépendance et ignorent comment s'en sortir, je veux qu'ils sachent qu'il y a de l'espoir. Un avenir plus reluisant les attend. Nous allons financer de beaux centres de traitement offrant du counselling, de la thérapie de groupe, de l'exercice physique, du yoga et des sueries pour les membres des Premières Nations, et au sortir, les gens seront libérés de l'emprise de la drogue et pourront vivre dans des logements à proximité où on les soutiendra dans leur transition vers une vie exempte de drogues et respectueuse des lois. Ils pourront revenir au centre pour une séance de counselling ou de conditionnement physique, voire pour accompagner un toxicomane nouvellement admis vers un avenir rempli d'espoir. Voilà comment nous allons ramener nos êtres chers chez eux, sobres.
    Comme je le dis toujours, nous instaurerons la politique « un dollar pour un dollar », une politique axée sur le gros bon sens qui nous obligera à trouver un dollar d'économie pour chaque nouveau dollar dépensé. En l'occurrence, cela inclura la manière dont nous financerons, en partie, ces centres. Nous entamerons la plus importante poursuite judiciaire de l'histoire du Canada contre les sociétés pharmaceutiques corrompues qui tirent profit de ce cauchemar. Nous les ferons payer.
     Enfin, nous allons mettre fin au crime commis au moyen d'une arme à feu. Nous savons que ce genre de crime échappe à tout contrôle. Pas plus tard qu’hier, nous avons vu la nouvelle au sujet du vol de lingots d’or. Incidemment, les voleurs d’or sont déjà en liberté sous caution, vous n’avez donc pas à vous inquiéter. Ils devront envoyer au premier ministre une pépite d’or pour le remercier d’avoir adopté le projet de loi C-75 et de les avoir fait sortir de prison à peine quelques jours après qu'ils aient commis ce vol d'or monstre.
     Pourquoi ont-ils volé ces lingots d’or? Ils les ont volés pour pouvoir acheter des armes à feu, car nous savons que tous les crimes commis avec des armes à feu sont commis avec des armes volées. Le premier ministre veut interdire à tous les bons citoyens respectueux des lois de posséder des armes à feu, mais il veut permettre à tous les criminels d’en posséder autant qu’ils le veulent. Je ne parle pas seulement de carabines. Je parle de mitrailleuses, de mitrailleuses chargées qu’on retrouve maintenant dans la rue, et qu’on ne voyait plus depuis leur interdiction dans les années 1970. Aujourd’hui, les criminels peuvent en obtenir parce que le premier ministre a mal géré les frontières et les ports fédéraux et parce qu’il gaspille beaucoup d’argent à courir après les bons citoyens.
     Le premier ministre veut interdire nos fusils de chasse. C’est ce qu’il a dit dans une entrevue sur la chaîne CTV en 2022. Il a été très clair. Il a dit qu’il allait devoir retirer les fusils de chasse aux gens qui en possèdent. Il a tenu parole en présentant un amendement de 300 pages à son projet de loi C-21, qui aurait interdit les fusils de chasse les plus populaires et les plus sûrs. Il a mis cette politique en veilleuse à cause d’un mouvement de protestation mené par les conservateurs pleins de gros bon sens, qui a mobilisé des Canadiens des régions rurales, des Canadiens autochtones et des néo-démocrates des collectivités rurales. Il a dû faire volte-face.
     Je sais que dans des endroits comme Kapuskasing, des gens respectueux des lois aiment chasser. Le chef du NPD et le premier ministre regardent ces gens de haut et les croient responsables de la criminalité, mais nous, nous savons que les chasseurs de Kapuskasing sont le sel de la terre, les meilleures personnes qui soient, et nous allons faire en sorte qu’ils gardent leurs fusils de chasse. Dieu les aime. Dieu aime chacun d’entre eux.
     Pendant que le premier ministre cherche à protéger les dindes contre les chasseurs, les conservateurs pleins de gros bon sens, eux, veulent protéger les Canadiens contre les criminels. Voilà pourquoi nous allons abroger ces politiques insensées.
     J’en profite pour signaler qu’il n’a jamais appliqué aucune de ces interdictions. Rappelons-nous la grosse conférence presse qu’il a donnée durant la campagne électorale. Ce matin-là, il avait demandé à son équipe politique de lui concocter une politique lui permettant de placer l’image d’une grosse arme noire terrifiante sur son lutrin et ses collaborateurs se sont mis au travail. Après avoir installé l’image de ce gros fusil noir terrifiant sur son lutrin, il a dit qu’il allait interdire tous ces fusils d’assaut. Quand on lui a demandé ce qu’était une arme d’assaut, il a répondu qu’il l’ignorait, il savait seulement que c’était cet objet noir et terrifiant qui était placé à l’avant du lutrin. C’était ça le fusil d’assaut dont il parlait.

  (1120)  

     Cela fait maintenant trois ans qu’il a fait cette promesse. Dans les couloirs, on lui a de nouveau demandé ce qu’était un fusil d’assaut. Il a répondu qu’il travaillait encore à se renseigner là-dessus. Il ne sait pas ce que sont ces fusils qu’il dit vouloir interdire un jour, mais un jour, il le découvrira et les interdira. En attendant, il a dépensé 40 millions de dollars pour racheter exactement zéro arme à des propriétaires. Il a dit qu’il allait interdire ces armes et les racheter aux propriétaires. Pas une seule arme n’a été retirée de la circulation après cette dépense de 40 millions de dollars.
     Nous aurions pu utiliser cet argent pour embaucher des agents de l’Agence des services frontaliers du Canada qui auraient protégé nos ports contre les milliers d’armes illégales qui y entrent et tuent des gens dans nos rues. Lorsque je serai premier ministre, nous éliminerons ce gaspillage de plusieurs milliards de dollars. Nous nous servirons de cet argent pour embaucher des agents de première ligne qui seront sur le terrain et inspecteront les conteneurs et pour acheter des détecteurs qui pourront balayer l’intérieur de ces conteneurs, afin de mettre fin au trafic de stupéfiants et d'armes illégales ainsi qu'à l’exportation des voitures volées et à la criminalité.
    C'est une philosophie tout autre que nous voyons dans cette enceinte. Dans ses conclusions, la ministre des Finances a déclaré que ce dont nous avons besoin, c’est d’un gouvernement plus gros et plus puissant. N'est-ce pas étrange? Autrement dit, elle et le premier ministre veulent être plus gros et plus puissants. C’est pourquoi ils cherchent à faire sentir les Canadiens plus petits et plus faibles. Le premier ministre a littéralement qualifié notre peuple de petite minorité marginale. Il lance des pointes à nos concitoyens. Il accuse les petites entreprises de se livrer à la fraude fiscale. Il prétend que les propriétaires de fusils de chasse ne sont que des Américains.
     Le premier ministre pointe du doigt ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Il a l’audace de prétendre que quiconque n’est pas d’accord avec lui est un raciste. C’est un homme qui a si souvent revêtu des costumes racistes qu’il ne se souvient plus de tous ceux qu'il a enfilés. Il a dénigré les autres toute sa vie, parce qu’il est mû par l'égocentrisme. Il cherche à se donner plus de pouvoir et d’argent. Ce budget ne fait pas exception à la règle: un gouvernement plus gros et des citoyens plus petits. Il achète son ticket jusqu’aux prochaines élections avec l’argent que les travailleurs ont gagné et qu’il a flambé.
    Ce que moi je veux, c'est le contraire. Je veux qu'on donne moins de pouvoirs au gouvernement et plus de pouvoirs aux citoyens. Je veux un État serviteur et non maître. Je veux un pays où le premier ministre est à la hauteur du mot « ministre », qui signifie « serviteur ». Le « ministre » n'est pas le maître; il est un serviteur. Le premier ministre est donc le premier serviteur.
    Nous voulons un pays qui redonne aux gens le contrôle de leur argent, de leur collectivité, de leur famille et de leur vie, un pays fondé sur le bon sens des gens ordinaires, unis pour notre chez-nous, pour ce pays qui est à nous tous. Ramenons le gros bon sens chez nous.
    Par conséquent, je propose:
     Que la motion soit modifiée par substitution, aux mots suivant le mot « Que », de ce qui suit:
« la Chambre rejette le budget du gouvernement puisqu'il omet:
a) d'abolir la taxe pour les agriculteurs et les aliments en adoptant immédiatement le projet de loi C‑234 dans sa forme originale;
b) de bâtir des habitations, pas de la bureaucratie, en exigeant que les villes augmentent de 15 % la construction résidentielle chaque année comme condition pour l'obtention des fonds fédéraux pour l'infrastructure;
c) de plafonner les dépenses au moyen d'une règle d'un dollar pour chaque dollar afin de réduire l'inflation et les taux d'intérêt, en obligeant le gouvernement à trouver un dollar d'économie pour chaque nouveau dollar dépensé.

  (1125)  

[Français]

    L’amendement est recevable.

[Traduction]

    Nous passons aux questions et observations. Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, je pourrais interroger le chef du Parti conservateur sur de nombreux points, mais le temps ne me le permet pas. Je me contenterai de dire qu'il ne fait aucun doute que le chef est un maître de la manipulation de l'information, comme en témoignent les messages sur les médias sociaux et bon nombre des discours qu'il prononce à la Chambre.
    Je vais donner un exemple classique. Il ne tarit pas d'éloges sur l'époque où il était ministre responsable du logement, mais, en vérité, il a construit six maisons abordables pendant qu'il était ministre du Logement. Les Canadiens vivent aujourd'hui une réalité qui exige que le gouvernement s'implique considérablement et travaille avec d'autres administrations. Au lieu de cela, en tant que chef, il ne cesse d'insulter les dirigeants municipaux et les politiciens provinciaux en leur reprochant de ne pas participer aux discussions sur le logement.
    Pourquoi croit-il vraiment que les Canadiens devraient lui faire confiance, compte tenu de son bilan, de son manque de respect pour les différents pouvoirs publics et de son incapacité à produire des...

  (1130)  

    Le chef de l'opposition officielle a la parole.
    Madame la Présidente, je commencerai par corriger les faussetés contenues dans sa question. Le député tire ses renseignements sur mon bilan du compte Twitter du ministre du Logement. Avant de consulter ce compte Twitter, rappelez-vous qu'il s'agit du même gars...
    M. Mark Gerretsen: J'invoque le Règlement.
    Le député adressera toutes ses questions et tous ses commentaires à la présidence. Je présume que c'est peut-être la raison pour laquelle le député de Kingston et les Îles a invoqué le Règlement.
    Le chef de l'opposition officielle a la parole.
    Madame la Présidente, c'est le même ministre du Logement qui a perdu la trace de 1 million d'immigrants lorsqu'il était ministre de l'Immigration. C'est le même ministre qui a déclenché un chaos hors de contrôle dans notre système d'immigration, et ce n'est pas moi qui le dis, mais bien son successeur libéral et le premier ministre. Le député d'en face devrait donc cesser de citer cette source. Si vous voulez savoir, madame la Présidente, combien de logements abordables ont été construits lorsque j'étais ministre, sachez que nous avons construit 92 782 appartements et que le loyer moyen était de 973 $.
     Quelqu'un peut-il me dire où nous pourrions trouver un loyer de 973 $ par mois après neuf années de gouvernement libéral?

[Français]

    Madame la Présidente, jusqu'à récemment, les seules questions que les conservateurs posaient en français lors de la période des questions portaient sur la taxe sur le carbone. Pendant des mois, ils n'ont parlé que de cela. À un moment donné, ils ont eu une épiphanie et se sont rendu compte qu'elle ne s'appliquait pas au Québec, comme quoi ils peuvent vite comprendre quand on leur explique longtemps. Ils se sont alors dit qu'il fallait trouver autre chose sur quoi pouvoir taper lors de la période des questions. Ils ont donc pensé à l'ingérence du fédéral dans les compétences du Québec et ils en font leurs choux gras depuis quelques jours.
    Là, j'entends le chef conservateur nous parler de logement. Il mentionne qu'il va dire aux villes quoi faire, mais sans empiéter dans leurs champs de compétence. Or quand des villes ne font pas son affaire, il ne se gêne pas pour insulter copieusement les maires. En gros, il les insulte respectueusement. À une certaine époque, Harper avait promis d'abroger le pouvoir de dépenser, question de respecter les champs de compétence. La seule façon de vraiment respecter les champs de compétence, c'est de faire des transferts sans condition.
    Le chef de l'opposition officielle s'engage-t-il à faire des transferts sans condition en matière de logement au Québec s'il prend le pouvoir un jour?
    Madame la Présidente, il n'y aura pas de condition, il y aura des résultats. Je dirai simplement aux municipalités qu'elles seront payées pour le nombre de maisons bâties. Ce n'est pas de l'ingérence, ce sont des résultats.
    Le Bloc québécois est d'accord que le gouvernement devrait faire des transferts en matière de logement. Nous ne nous entendons simplement pas sur la formule. Le Bloc québécois propose de juste injecter de l'argent pour bâtir des bureaucraties locales. Moi, je propose de payer les municipalités pour le nombre de maisons qu'elles permettront de construire. Elles peuvent le faire de plusieurs façons: en accélérant les permis, en vendant les terrains, en utilisant n'importe quelle stratégie qui fonctionne pour elles.
    Ce que nous voulons financer, c'est simplement le résultat. De son côté, le Bloc québécois veut financer la bureaucratie, surtout la bureaucratie fédérale pour laquelle il vote toujours afin de financer les dépenses du gouvernement centralisateur de ce premier ministre.

[Traduction]

    Madame la Présidente, puisque le député aime parler des mères célibataires, je vais parler de Brianna.
     Brianna est une mère célibataire qui a cinq enfants et qui a bénéficié de la prestation dentaire canadienne provisoire que le NPD a négociée. Cela a changé sa vie. Chacun de ses enfants a eu droit à 1 300 $ pour obtenir des soins dentaires, tout comme les enfants du député, avec l'argent des contribuables, soit dit en passant. Cependant, les conservateurs ont voté contre cette mesure.
     Maintenant, nous apprenons, comme le député l'a dit en français hier, que sous un gouvernement conservateur, il n'y aurait pas de programme de soins dentaires qui permet à tout le monde d'avoir accès à un dentiste. Le député peut-il le répéter en anglais pour que Brianna et tous les Canadiens sachent quelle est sa position sur le droit de tous les Canadiens d'avoir accès à des soins dentaires?

  (1135)  

    Madame la Présidente, une telle mesure n'existe toujours pas à l'heure actuelle, après neuf ans au pouvoir du premier ministre actuel et environ deux ans depuis que le NPD s'est allié au gouvernement fédéral. Tout ce que nous avons, c'est une promesse; nous ignorons quand et si cette promesse sera réalisée. Nous savons qu'il y a déjà beaucoup de dentistes qui refusent de participer à ce programme parce qu'il est mal géré, et paradoxalement, nous savons que ce programme et d'autres sont administrés grâce à des cadeaux de centaines de millions de dollars accordés à des compagnies d'assurance à but lucratif, encore une fois, avec le soutien du NPD.
     Le député néo-démocrate a trahi ses concitoyens en aidant le premier ministre à doubler le coût du logement, à quadrupler la taxe sur le carbone et à forcer 2 millions de Canadiens à fréquenter une banque alimentaire. Il devrait retourner parler à cette mère célibataire et à toutes les mères célibataires et leur présenter des excuses pour avoir contribué à l'augmentation de leurs dépenses d'épicerie, d'essence et de chauffage et pour avoir fait en sorte qu'il leur soit impossible de posséder un jour une maison.
    Madame la Présidente, le gouvernement a accordé à l'industrie pétrolière et gazière des subventions de 18,5 milliards de dollars l'an dernier et de 65 milliards de dollars au cours des quatre dernières années seulement. Il s'agit pourtant d'une industrie dont les cinq plus grandes entreprises ont réalisé des bénéfices records de 38 milliards de dollars en 2022, tout en alimentant la crise climatique.
     Si j'ai bien compris, le chef de l'opposition veut réduire les dépenses du gouvernement. Il semble aussi vouloir qu'on lui réponde par oui ou non. Je lui demande donc de répondre, par oui ou non, à la question suivante: s'il était au pouvoir, mettrait-il fin à ces subventions de 18,5 milliards de dollars à des entreprises qui réalisent déjà des bénéfices records?
    Madame la Présidente, je vais éliminer toutes les subventions accordées aux entreprises dans tous les secteurs. Je ne crois pas aux subventions aux entreprises. Nous sommes le seul parti qui s'oppose à l'aide aux entreprises parasites. Nous croyons que les entreprises doivent faire de l'argent, et non en recevoir. Nous croyons au libre marché, et non au capitalisme d'État.
    Ce sont les néo-démocrates et les libéraux qui distribuent continuellement de gros chèques à des entreprises qui ne font pas d'argent. Paradoxalement, ils sont toujours fâchés contre les entreprises qui font de l'argent en vendant des choses que les consommateurs choisissent d'acheter, mais ils ne sont jamais offusqués de prendre par la force l'argent des contribuables qui travaillent, puis de le donner à de grandes sociétés qui disposent de lobbyistes très habiles.
    Je veux une économie où les entreprises font de l'argent au lieu d'en recevoir, où elles réalisent des bénéfices grâce à la qualité de leurs produits au lieu de celle de leurs lobbyistes, et où elles satisfont les clients au lieu des politiciens. C'est ce qu'on appelle le libre marché.
    Madame la Présidente, nous savons que ce sont les Canadiens qui paieront la note des dépenses énormes des libéraux. Le service de la dette coûtera maintenant plus cher que les soins de santé. Comment le chef de l'opposition propose-t-il de redresser le budget?
    Madame la Présidente, nous allons redresser le budget au moyen de la règle d'un dollar pour un dollar et gérer nos finances comme le font les mères seules et les petites entreprises, c'est-à-dire en trouvant pour chaque nouvelle dépense des économies équivalentes. Cela correspond au principe de frugalité qui guide la vie de toutes les créatures de l'univers, à l'exception des politiciens, qui se contentent d'externaliser la frugalité en imposant à tout le monde davantage d'inflation, de dette et de taxes.
    En intégrant ce principe aux activités du gouvernement, nous obligerons les bureaucrates et les politiciens à réaliser eux-mêmes des économies au lieu d'obliger les familles et les entrepreneurs canadiens à vivre dans l'austérité en leur imposant des taxes plus élevées. C'est le gros bon sens. C'est ainsi que nous équilibrerons le budget pour faire baisser les prix, l'inflation et les taux d'intérêt.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Les députés ne peuvent pas induire intentionnellement la Chambre en erreur, et je crains que le chef du Parti conservateur ne l'ait fait lorsqu'il a sciemment affirmé que, lorsqu'il était ministre du Logement, il a été responsable de la construction de dizaines de milliers...
     Des voix: C'est un sujet de débat.
     M. Kevin Lamoureux: Cela ne relève pas du débat.

  (1140)  

    Tout d'abord, le microphone est éteint. Je n'ai pas demandé qu'il soit éteint. Je vais entendre le rappel au Règlement en entier et je déterminerai s'il relève du débat ou non.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Madame la Présidente, je pense que c'est vraiment important, car je crois qu'il induit intentionnellement la Chambre en erreur. Il était le ministre responsable...
    Si le député n'est pas d'accord avec ce qui est dit, il peut soulever le point dans le cadre du débat.
    Le chef de l'opposition invoque lui aussi le Règlement à ce sujet.
    Madame la Présidente, nous pouvons régler la question.
    Je crois que vous constaterez qu'il y a consentement unanime pour que je dépose à la Chambre des communes des données provenant du site Web de Statistique Canada qui démontrent que 92 782 appartements ont été construits à un prix moyen de 973 $ par mois...
    Des voix: Non.
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Le chef de l'opposition vient de confirmer qu'il a induit la Chambre en erreur, car il a été ministre du Logement de janvier 2015 jusqu'aux élections, soit pendant environ huit mois. Il affirme avoir construit 92 000 appartements, mais il n'y a eu que 190 000 mises en chantier dans l'ensemble du Canada pendant toute l'année. Il vient d'induire la Chambre en erreur, car il sous-entend qu'il s'agissait de logements abordables, et nous savons maintenant que ce n'était pas le cas.
    Madame la Présidente, je me demande si la présidence pourrait vérifier le Règlement afin de déterminer si 973 $ par mois est jugé abordable par les temps qui courent. Dans la majorité des collectivités, on trouverait cela abordable. Avez-vous une réponse à cela?
    Cela relève du débat.
    Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole pour un autre recours au Règlement.
    Madame la Présidente, je reviens à mon recours au Règlement initial, sur lequel on n'a pas tranché. J'avais soutenu que le chef du Parti conservateur a intentionnellement induit la Chambre en erreur. C'est ce sur quoi je demande que l'on rende une décision. J'ai été...
    Je vais rendre la décision, qui est fondée sur les informations fournies. Cela relève du débat en ce qui concerne les faits.
    Je prie les députés de bien vouloir utiliser la période des questions et observations pour exprimer leurs désaccords dans le cadre du processus de débat.
    Nous reprenons le débat. Le député de Joliette a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, avec son dernier budget, Ottawa lance une fronde sans précédent contre le Québec et les pouvoirs des provinces.
    On l'a vu venir durant la séance d'effeuillage précédant le budget, où le premier ministre, digne héritier de Pierre Elliott Trudeau, est allé clamer que les gens se foutaient des champs de compétence. Si Ottawa a toujours cherché à tirer la couverture de son bord, cette fois-ci, c'est fait sans réserve, ni retenue, ni gêne.
    Prenons le dossier du logement. Si, d'un côté, Ottawa prend enfin acte de la crise et propose certaines mesures intéressantes, de l'autre, il en profite pour procéder à une offensive centralisatrice sans précédent. Selon le budget, il devient maître d'œuvre de l'ensemble des questions liées à l'habitation, les provinces et les municipalités étant reléguées au rang d'exécutantes des priorités fédérales.
    Par exemple, Ottawa oblige les provinces à signer une entente d'ici le mois de janvier prochain. Le budget prévoit que, si le Québec rejette les conditions de « papa Ottawa » ou invoque des priorités différentes, Ottawa va ignorer le Québec ou la province récalcitrante et va chercher à s'entendre directement avec les villes. Cette approche est illégale au Québec. En effet, depuis une décision du gouvernement de Robert Bourassa en 1971, les municipalités québécoises ne peuvent transiger directement avec Ottawa. Le but est d'empêcher le fédéral de diviser pour mieux régner — on connaît ses méthodes — et d'affaiblir le rapport de force du Québec à la table des négociations.
    Le fédéral s'ingère dans les plans d'urbanisme des municipalités en imposant des exigences précises pour avoir droit à certains transferts en infrastructures. Il va jusqu'à déterminer la hauteur et la densité des quartiers résidentiels dans un rayon de 800 mètres des institutions d'enseignement ou des lignes de transports en commun. Si les villes n'autorisent pas la construction de certains types de multiplexes dans ces secteurs, elles n'auront pas droit aux transferts fédéraux. Ottawa envahit le champ de la taxe foncière en annonçant une taxe sur les terrains non construits en milieu urbain.
    Enfin, Ottawa entend acheter des terrains aux provinces et aux municipalités et utiliser les terrains dont il est propriétaire pour les louer à long terme à des promoteurs pour y construire des immeubles. Puisque ces constructions seront érigées sur des terrains fédéraux, elles seront automatiquement soustraites aux règlements des municipalités et aux lois des provinces. Cela représente un risque non négligeable.
    Le budget est truffé d'ingérences dans les champs de compétence du Québec qui entraîneront des conflits liés aux champs de compétence à répétition et ralentiront la prestation de services aux citoyens. En plus du logement, le fédéral s'ingère dans la santé, avec l'annonce d'un projet de loi sur des normes pancanadiennes de soins de longue durée et avec son assurance-médicaments et ses soins dentaires. C'est la même chose en éducation.
    Ottawa a annoncé beaucoup d'argent pour la transition énergétique. Le budget en précise la répartition. Le secteur privé et l'Ouest canadien pourront bénéficier de généreuses subventions et crédits pour le captage du carbone et le développement du nucléaire. C'est ça, le plan de transition. En termes de compensations, Ottawa offre un crédit d'impôt de 15 % aux sociétés d'État comme Hydro‑Québec pour le développement de projets verts. Cependant, le gouvernement fédéral pousse le bouchon jusqu'à s'immiscer dans la gestion des sociétés d'État des provinces. Par exemple, il impose des conditions relatives à la grille tarifaire d'Hydro‑Québec. La société d'État pourra disposer du crédit d'impôt de 15 % pour des investissements dans ses projets seulement si elle s'engage à respecter les conditions de « papa Ottawa ». Ce gouvernement oblige Hydro‑Québec à l'utiliser pour diminuer la facture d'électricité et à divulguer publiquement « la façon dont le crédit d'impôt a allégé les factures des contribuables. »
    Le budget est une démonstration des effets du déséquilibre fiscal. Les champs de compétence n'existent plus aux yeux du gouvernement fédéral. Avec ce budget, le premier ministre se déclare premier ministre du Canada, premier ministre de toutes les provinces et maire de toutes les villes. Pendant que les libéraux jouent aux apprentis sorciers dans les champs de compétence du Québec, on est en droit de se demander qui s'occupe des domaines de compétence fédéraux comme la gestion des frontières ou l'assurance-emploi, dont la réforme plus que nécessaire est toujours attendue.
    C'est un budget sur le dos du Québec. C'est une démonstration claire des dommages que la combinaison du déséquilibre fiscal et du pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral peuvent causer en réduisant la capacité des Québécois à gérer eux-mêmes leur propre société.

  (1145)  

    Il est aussi à remarquer que l'immense majorité des sommes liées aux nouvelles annonces claironnées dans les médias sont ventilées pour n'être dépensées qu'après les prochaines élections. C'est donc un budget de promesses électorales. Ainsi, 97 % du 1,1 milliard de dollars consacré à accélérer la construction d'appartements est budgété après l'élection, tout comme 91 % du 1,5 milliard de dollars prévu dans le nouveau Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement. Il en va de même pour 88 % des sommes promises pour l'assurance-médicaments, pour 88 % du soutien à la recherche et pour 87,5 % des sommes destinées à renforcer la position du Canada dans le domaine de l'intelligence artificielle.
    Le Bloc québécois avait présenté ses demandes au gouvernement: le soutien aux aînés, le droit de retrait du Québec relativement aux ingérences du fédéral, le logement, le remboursement à Québec de la facture de l'aide aux demandeurs d'asile et la fin du culte voué au pétrole. Or, le budget n'y répond pas.
    À propos du pétrole, le gouvernement reconnaît dans le budget qu'il subventionne toujours l'industrie en s'engageant à élaborer et diffuser « un plan de mise en œuvre qui éliminera progressivement le financement public du secteur des combustibles fossiles, y compris celui des sociétés d'État fédéral, d'ici l'automne 2024 ». Il ne s'engage donc pas à couper ses subventions, mais bien à produire un plan. En lisant entre les lignes, on comprend bien que les subventions vont continuer à être versées.
    Pendant ce temps, il n'y a pas un mot sur la politique de l'aérospatiale pourtant promise. Si le déficit de 11 milliards de dollars à Québec a fait réagir, celui de 40 milliards de dollars à Ottawa semble perçu comme raisonnable. L'ingérence continuelle d'Ottawa mène à une centralisation sans précédent des pouvoirs, retirant au peuple québécois la capacité de se développer selon ses besoins, ses forces, ses particularités et ses désirs. Cette centralisation est une tendance qui remonte au début de la Confédération, mais il ne faut pas oublier qu'en 1867, le compromis accepté par notre nation pour faire partie du Canada avait été l'adoption d'un modèle fédéral avec deux ordres de gouvernement égaux et aussi souverains l'un que l'autre dans leurs domaines respectifs.
     Du « Maîtres chez nous » des Québécois, on glisse vers un « Maîtres partout » fédéral. Nous aurons donc le choix: laisser le fédéral et la nation voisine dicter d'en haut leurs priorités et décider à notre place de nos choix de société à même notre argent, ou choisir d'assumer pleinement notre entière souveraineté. Plus libre est le Québec, mieux il se porte. C'est l'objectif qui nous anime et qui a dicté nos attentes et analyses liées à ce budget.
    Toutes les grandes avancées sociales et économiques du Québec, nous les avons faites en nous retirant de programmes fédéraux mal adaptés à nos besoins ou en créant des programmes qui inspireront ceux que le gouvernement fédéral veut ironiquement nous imposer. C'est en refusant d'adhérer au Régime de pensions du Canada que le Québec a pu créer la Caisse de dépôt et placement du Québec, formidable levier de développement et de modernisation économique du Québec. C'est en se retirant des insuffisantes prestations spéciales de l'assurance-emploi que le Québec a pu mettre en place ses congés parentaux, faisant exploser la participation des femmes au marché du travail et permettant de concilier le travail et la vie familiale. C'est en se retirant des prêts étudiants fédéraux que le Québec a pu mettre en place son régime d'aide financière aux études, faisant du Québec l'endroit en Amérique où l'éducation est la plus accessible. C'est en se retirant des programmes fédéraux de main-d'œuvre que le Québec a pu mettre en place une politique d'emploi qui assoit ensemble les travailleurs, les employeurs et les institutions d'enseignement pour arriver à arrimer la formation et le marché du travail.
    Le moment était pourtant propice à la fin des ingérences, sources de fouillis et de gaspillage. Avec la conjoncture économique qui combine la persistance de l'inflation et la stagnation économique, le gouvernement se devait de mieux cibler chaque dollar dépensé pour en maximiser l'impact. Cela signifiait de mieux se concentrer sur les domaines qui sont les siens, comme le soutien aux aînés ou la réforme de l'assurance-emploi, et non de multiplier les ingérences. Cela signifiait aussi de payer ce qu'il doit au Québec, comme lui verser le milliard de dollars pour couvrir les dépenses liées aux demandeurs d'asile. Ottawa doit aussi faire mieux pour répondre aux urgences actuelles, comme les changements climatiques. Il doit mieux contrôler ses dépassements de coûts et, surtout, arrêter de multiplier ses ingérences dans les domaines qui ne sont pas les siens. Bref, c'est tout le contraire de ce budget. Année après année, budget après budget, le gouvernement fédéral multiplie ses ingérences dans des domaines qui ne relèvent pas de sa compétence. Avec ce budget, c'est du jamais vu, et il est temps que ça cesse.

  (1150)  

    Le Bloc québécois exige un droit de retrait avec pleine compensation financière pour le Québec, et ce, sans condition et pour chaque ingérence d’Ottawa dans les domaines qui ne sont pas les siens.
    Le dernier exemple est le projet d’assurance pour les soins dentaires. Relevant de la santé, domaine de compétence qui relève uniquement de Québec, Ottawa s’arroge un nouveau pouvoir, choisit d’en confier sa gestion à une multinationale et ne fait aucun arrimage avec le programme public québécois, qui couvre déjà les soins aux enfants. Ce sont 2 milliards de dollars qui sont octroyés à la multinationale Sun Life pour le gérer; 2 milliards, ça en fait des soins dentaires perdus. Avec son ingérence, Ottawa multiplie les programmes ciblés et compliqués, créant une lourdeur et une confusion qui retarde la réalisation des projets.
    En fait, on pourrait dire que, le recul de l’autonomie du Québec et de la capacité des Québécois à faire leurs propres choix, c’est une tendance lourde. L’Institut de recherche en politiques publiques, un groupe de recherche pancanadien basé à Ottawa, concluait en juin dernier que « la tendance actuelle est...

  (1155)  

    L’honorable député de Brandon—Souris invoque le Règlement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il n'y a pas quorum.
    Nous allons vérifier s'il y a quorum.
    Après le compte:

[Français]

    Le vice-président: Il y a maintenant quorum.
    L'honorable député de Joliette a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie mes collègues de leur participation active à l’écoute de mon discours...
    Je tiens à m’assurer que l’honorable député de Joliette a l’attention de tous les députés présents à la Chambre.
    Puisque c'est maintenant fait, l’honorable député de Joliette a la parole.
    Monsieur le Président, comme je le mentionnais, on pourrait dire en fait que, le recul de l'autonomie du Québec et de la capacité des Québécois à faire leurs propres choix, c'est une tendance lourde.
    Je citais l'Institut de recherche en politiques publiques, un groupe de recherche pancanadien basé à Ottawa, qui concluait en juin dernier que « la tendance actuelle est à une utilisation plus directive du pouvoir de dépenser » et que « le degré de collaboration fédérale-provinciale dans la définition des objectifs a diminué. » On ajoutait: « Les partenariats semblent désormais conditionnels à l'acceptation par une province de la vision politique du gouvernement fédéral [...] ».
    Le dernier budget donne davantage de poids à leurs conclusions. Tout cela se passe dans un contexte où Ottawa s'occupe très mal des domaines qui relèvent de ses compétences, multiplie ses dépenses sans recherche d'efficacité ou de résultats et coupe ses transferts aux provinces en multipliant les conditions et en retardant le versement de ses engagements. On peut encore ici penser aux transferts en santé, dont l'augmentation est six fois moindre qu'attendue, assortis de conditions qui ont entraîné une partie de bras de fer. Le résultat est que l'argent tarde à être versé. Ce sont des délais tout aussi inacceptables avec les programmes d'infrastructures ou de logements. Il faut des années avant d'arriver à une entente et à ce que l'argent voté soit versé parce que, ici aussi, Ottawa fait de l'ingérence. Je remercie papa Ottawa. Ottawa agit de la sorte parce qu'il a le gros bout du bâton à cause de la persistance du déséquilibre fiscal.
    Dans une fédération, il y a déséquilibre fiscal lorsqu'un niveau de gouvernement perçoit plus d'impôts que ce dont il a besoin pour assumer ses responsabilités, alors que l'autre niveau n'arrive pas à financer les siennes d'une manière autonome. Au Canada, il y a un grave déséquilibre fiscal au détriment du Québec et des provinces. Le directeur parlementaire du budget le répète année après année: au bout du compte, les finances des provinces ne sont pas viables. Ce n'est pas juste le Québec, c'est l'ensemble des provinces qui ne sont pas viables. C'est le statut de province qui n'est pas viable. Le déséquilibre fiscal cause des dysfonctionnements importants qui limitent la capacité de l'État de faire face aux défis auxquels il est confronté. Ces dysfonctionnements sont nombreux. Ils sont de trois ordres.
    Premièrement, en percevant plus de revenus que nécessaire pour répondre à ses obligations, Ottawa ne fait pas d'efforts pour gérer de manière efficace son administration. L'État fédéral est notoirement inefficace. Tout coûte plus cher que cela ne le devrait, sans même parler du scandale ArriveCAN. Deux exemples nous donnent un ordre de grandeur de l'écart. À Ottawa, traiter un dossier d'assurance-emploi coûte deux fois et demie plus cher que traiter un dossier d'assistance sociale à Québec. Délivrer un passeport coûte quatre fois plus cher à Ottawa qu'il n'en coûte au Québec pour délivrer un permis de conduire. Tout coûte plus cher.
    Deuxièmement, Ottawa utilise sa marge de manœuvre financière pour s'ingérer dans les domaines qui relèvent constitutionnellement du Québec et des provinces. Ces intrusions brouillent le partage des pouvoirs, le rendent moins rationnel, tout en minant notre autonomie. Les doublons de compétence n'ont aucune vertu d'efficacité. Ils ne font que favoriser la centralisation vers Ottawa. Avec la nouvelle assurance pour les soins dentaires, il y a un dédoublement. C'est aussi le cas avec les deux déclarations de revenus. Il y en a une de trop: celle qui est perçue par ce niveau de gouvernement.
    Finalement, Ottawa tenant indirectement les cordons de la bourse du gouvernement du Québec et de ceux des autres provinces canadiennes, la capacité du gouvernement du Québec à assumer pleinement ses responsabilités s'en trouve diminuée. Le constat du directeur parlementaire du budget est sans appel: les provinces ne seront plus viables. J'ajoute que l'implosion les menace, alors que le gouvernement fédéral verra sa marge de manœuvre augmenter considérablement.
    L'ingérence continuelle d'Ottawa mène à une centralisation sans précédent des pouvoirs entre ses mains, retirant au peuple québécois la capacité de se développer selon ses besoins, ses forces, ses particularités et ses désirs. Au Canada, le statu quo n'existe pas. Entre notre souveraineté et notre assimilation, la troisième voie autonomiste où le Québec serait respecté est constamment attaquée par le fédéral, tous partis confondus. Dans les faits, le statu quo est un affaiblissement de l'Assemblée nationale du Québec au profit d'Ottawa. Or, le contexte actuel d'incertitudes et de crises doit exiger le règlement du déséquilibre fiscal. Cela passe notamment par un arrêt de l'ingérence. Cela passe aussi par un droit de retrait avec pleine compensation qui soit automatique.
    Les crises multiples entraînent de nombreux défis à relever. Nous pouvons en sortir grandis ou affaiblis. Les crises à répétition vécues depuis quatre ans ont révélé bien des problèmes. D'abord, la COVID‑19 a démontré que notre système de santé avait été fragilisé par le sous-financement chronique du fédéral, tandis que les graves lacunes du régime d'assurance-emploi ont forcé l'adoption d'une série de programmes coûteux conçus sur un coin de table.

  (1200)  

    La réouverture soudaine de l'économie a exposé d'autres problèmes: le manque de logements, la pénurie de main-d'œuvre accentuée par le vieillissement de la population et la grande fragilité de notre secteur manufacturier. C'est sans oublier tous les problèmes engendrés par l'inflation. Le gouvernement n'a pris au sérieux aucun de ces enjeux fondamentaux.
    Nous demandons au gouvernement d'arrêter de s'ingérer dans les domaines qui ne sont pas les siens et d'intégrer de façon permanente un mécanisme automatique de droit de retrait avec pleine compensation pour Québec dans chaque domaine où le fédéral s'est ingéré. Nous exigeons que le gouvernement fédéral transfère immédiatement et sans condition les sommes votées qui doivent être transférées à Québec. Nous exigeons aussi qu'Ottawa paie immédiatement la facture à Québec pour couvrir les dépenses liées à l'accueil des demandeurs d'asile.
     Le Québec a une vision très claire des mesures à mettre en œuvre pour faire face efficacement aux défis actuels. La solution est simple. Elle passe par davantage de moyens financiers pour le Québec. Le gouvernement doit s'attaquer au déséquilibre fiscal en rehaussant les transferts fédéraux pour assurer une redistribution plus équitable et plus juste. L'avenir se prépare en tablant sur les forces du Québec, qui sont justement celles qui vont gagner en importance dans l'économie de demain. Les ingérences sont toujours plus coûteuses, toujours plus longues et jamais meilleures que le respect des compétences. La fin des ingérences, ce sera l'exercice de notre pleine souveraineté.
     Le XXIe siècle, c'est le siècle du Québec. C'est le siècle de l'innovation, des technologies de pointe et des technologies vertes qui concilient création de richesse et écologie. De la créativité, on en a à revendre dans tous les domaines. Il faut les soutenir. C'est le siècle des énergies renouvelables et du développement durable. Nous avons tout — eau, vent, forêt, savoir-faire — pour être des leaders mondiaux, si Ottawa arrête de pomper des milliards de dollars dans les énergies fossiles. Le modèle canadien pétrolier et le modèle québécois renouvelable et durable sont incompatibles.
    C'est le siècle des circuits courts en agriculture, où notre production vise d'abord à nourrir notre population dans un monde marqué par des circuits commerciaux moins fluides. Il nous faut préserver cette agriculture diversifiée au moment où elle est bousculée par les aléas de l'environnement mondial et les changements climatiques.
    Toutefois, c'est aussi un siècle de tensions sociales, où une hausse des inégalités entraîne une perte d'espoir dans un avenir meilleur un peu partout en Occident. Notre État doit avoir les moyens de préserver la cohésion sociale, en particulier quant à la crise du logement et la hausse des prix des propriétés. C'est un défi urgent. C'est sans compter la préservation du pouvoir d'achat des aînés, dont l'appauvrissement aurait des conséquences funestes sur l'économie avec le vieillissement de la population.
    En conclusion, ce budget s'inscrit dans un contexte où les besoins sont criants et nombreux, mais où les ressources ne sont pas illimitées. La seule façon pour Ottawa d'y faire face, c'est de faire ce qui relève de lui, mais de bien le faire. C'est cette utilisation rationnelle et bien ciblée des ressources qui va nous permettre d'éviter une austérité tous azimuts dont tous souffriraient. C'est le contraire que nous avons devant nous dans ce budget.
    C'est pourquoi, appuyé par la députée de Saint-Jean, je propose le sous-amendement suivant:
     Que l'amendement soit modifié par substitution, aux paragraphes a) et b) de ce qui suit:
a) respecter les champs de compétences du Québec et des provinces et accorder un droit de retrait avec pleine compensation au Québec et aux provinces.

  (1205)  

    Le sous-amendement est recevable.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député a mentionné les questions fiscales. J'aimerais lui rappeler que le Canada a le plus faible ratio du déficit au PIB et le plus faible ratio de la dette nette au PIB de tous les pays du G7. En fait, le Canada a non seulement une cote de crédit AAA, mais il est aussi l'un des deux seuls pays du G7 à avoir obtenu une cote AAA de deux des trois agences indépendantes d'évaluation du crédit.
     Le Québec a montré qu'il était possible de passer d'une économie à forte intensité de carbone à une économie propre. Le Québec possède des entreprises manufacturières et axées sur le savoir à la fine pointe de la technologie. Le député ne reconnaît-il pas l'importance que ce budget accorde aux entreprises axées sur le savoir et, plus précisément, la façon dont il aiderait les entreprises québécoises, par exemple dans le domaine de l'intelligence artificielle, avec une enveloppe de 2 milliards de dollars pour le Fonds d'accès à une puissance de calcul pour l'IA, avec 200 millions de dollars pour les jeunes entreprises dans le domaine de l'intelligence artificielle et avec une aide aux secteurs cruciaux, tels que l'agriculture, les soins de santé et la fabrication, pour qu'ils adoptent l'intelligence artificielle?

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie le député de Nepean de sa question qui avait plusieurs volets.
    Sur le premier volet, on reconnaît que le ratio de la dette par rapport au PIB du fédéral est parmi les meilleurs, sauf que cela renvoie à ce que dit le directeur parlementaire du budget. On se rappelle que, dans les années 1990, le fédéral a réglé son problème de dette en creusant le déséquilibre fiscal, c’est-à-dire en réduisant les transferts aux provinces. C’est la situation des provinces qui est difficile à cause du choix du fédéral de creuser le déséquilibre fiscal, au lieu de le régler.
    En ce qui a trait aux différents secteurs de l’économie, je rappellerai que le ministre de l’Innovation avait finalement promis une politique pour l’aérospatiale. Le Canada est le seul pays qui a ce secteur sans avoir de politique. Qu’y a-t-il dans le budget à cet égard? Il n’y a rien pantoute, zéro, niet.
    Monsieur le Président, certains collègues du Bloc québécois sont quand même assez sensés, mais j’aimerais comprendre comment le Bloc québécois peut parler des deux côtés de la bouche. Lorsque le NPD vote avec le gouvernement minoritaire, le Bloc québécois vote contre. Lorsque le NPD n’est pas d'accord avec le gouvernement minoritaire libéral, le Bloc québécois vote avec le gouvernement. En fait, ce Bloc québécois maintient le gouvernement libéral minoritaire au pouvoir.
    Comment mon collègue peut-il parler des deux côtés de la bouche? J’aimerais connaître son opinion à ce sujet parce qu’il y a une incohérence. Malheureusement, je suis obligé de dire que le Bloc québécois ne représente pas vraiment les intérêts du Québec.
    Monsieur le Président, d'entrée de jeu, ce sera à la population du Québec de décider qui les représentera à la prochaine élection, comme elle l’a fait à la dernière et à toutes les autres. C’est la façon de fonctionner.
    Nous avons émis un critère très clair qui détermine si nous votons en faveur ou contre le gouvernement: quand c’est bon pour le Québec, nous votons en faveur, quand ce n’est pas bon pour le Québec, nous votons contre. Ce n’est pas plus compliqué que ça.
    Entre les deux, le Bloc québécois essaie toujours de bonifier les propositions pour mieux répondre aux besoins du Québec. Nous ne sommes pas tout le temps contre le gouvernement, comme les conservateurs le sont. Nous ne passons pas notre temps à dénoncer la taxe sur le carbone qui ne s’applique pas au Québec. Nous étudions si c’est bon pour le Québec. Si c’est oui, nous sommes en faveur, sinon, nous sommes contre.
    Ce budget est mauvais pour l’économie du Québec et ne répond pas aux grands besoins du Québec. Nous serons donc contre. C’est clair et c’est notre façon de fonctionner.

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon collègue, avec qui j'ai le plaisir de siéger au comité des finances, a parlé de la compétence en matière d'assurance-médicaments.
     Le projet de loi sur l'assurance-médicaments dont la Chambre est actuellement saisie fonctionnerait exactement comme la Loi canadienne sur la santé. Elle offrirait des fonds fédéraux à toutes les provinces qui accepteraient de fournir gratuitement des médicaments contre le diabète et des contraceptifs à leurs citoyens dans le cadre d'un système public à payeur unique. Aucune province ne serait obligée d'y participer. Si la province voulait y participer, elle recevrait l'argent et le délivrerait comme n'importe quel autre service médical par l'intermédiaire du système public de soins de santé, tout comme le Québec le fait avec tous les autres services.
     En 2016, l'Union des consommateurs du Québec a présenté un mémoire au Comité permanent de la santé sur l'assurance-médicaments. On y lit ce qui suit:
    L'explosion des dépenses en médicaments au Canada commande des mesures immédiates, dont la plus efficace serait [...] l'adoption d'un régime entièrement public d'assurance-médicaments. Nous souhaitons que le gouvernement agisse dans ce dossier et vous assurons de notre collaboration pleine et entière.
     Mon collègue n'est-il pas d'accord pour dire que les Québécois méritent d'avoir accès à des médicaments et à des produits pharmaceutiques gratuits pour le diabète, comme à n'importe quel autre service médical offert au Québec, si le gouvernement fédéral assume 100 % des coûts?

  (1210)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon nouveau collègue au Comité permanent des finances. Ça va être un plaisir de travailler avec lui, j’en suis certain.
    Évidemment, les besoins en santé sont grands et nombreux. Oui, je souhaite que toute personne qui a besoin de médicaments puisse y avoir accès. Au Québec, on a une demi-assurance-médicaments; il y a une couverture limitée pour les personnes qui n’ont pas d’assurance privée. Oui, le coût des médicaments explose et c’est un terrible défi.
    Au Bloc québécois, nous voulons le respect des champs de compétence. Par exemple, la santé relève de Québec et des provinces. Le rôle d’Ottawa, c’est de financer la santé.
    Pour financer la santé à la hauteur de ses engagements, le gouvernement fédéral devrait donner six fois plus qu'il ne le fait. Conséquemment, Québec et les provinces n’ont pas assez de ressources pour offrir des services de santé convenables qui devraient inclure une assurance-médicaments universelle. D'un côté, le gouvernement fédéral sous-alimente le secteur de la santé en ne jouant pas son rôle; de l’autre, il s’ingère dans les champs de compétence. Quelle est la conséquence de cela? Des dédoublements et une vision de « papa Ottawa », du haut vers le bas, qui ne représente pas les réalités.
    Si Québec a un droit de retrait avec pleine compensation, sans condition, pour bonifier son assurance-médicaments ou gérer ses fonds pour le système de santé comme il le veut, nous allons appuyer cela. Nous l'avons toujours dit. Ce que nous ne voulons pas, c’est qu’Ottawa s’arroge des pouvoirs de dépenser. Tout ce qui est fait ici, ça coûte plus cher. C’est bureaucratique et déconnecté de la population.
    Il n’y a même pas une proposition d’arrimage avec l’assurance-médicaments au Québec. C’est la même chose pour les soins dentaires. Il n’y a même pas une proposition d’arrimage avec l’assurance publique qui existe pour les enfants. On donne ça à la Sun Life; c'est 2 milliards de dollars de fonds de gestion pour qu'elle s’en mette plein les poches au lieu de donner des services à la population. C’est ça, Ottawa.
    C’est pour cela que nous voulons que le Québec fasse ses choix.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son exposé quasi scientifique sur le budget. Je l'ai particulièrement aimé.
    Je connais son désir d'aller au fond des choses et de connaître la vérité. Je suis particulièrement curieux de savoir ce qui suit. On sait qu'il y a beaucoup d'argent qui est promis à Ottawa, mais qui n'est jamais dépensé parce que ce n'est pas adapté à la réalité des régions. L'argent versé pour le logement ne s'applique pas à la réalité d'une région dont les conditions sont différentes de celles de la région du grand Toronto. C'est la même chose chez les Autochtones: année après année, il y a tellement d'argent qu'on retourne au Trésor, alors que cet argent devrait aller dans les poches de ceux qui en ont besoin pour pouvoir notamment construire des logements.
    Selon mon collègue, quelles sont les conséquences de cela sur un budget et sur le déficit réel? En ce qui concerne un défi aussi important que celui du logement, si le Québec était souverain, comment pourrait-il mieux faire qu'Ottawa?
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de sa question et de sa vision dont il nous a fait part. Je suis tout à fait d'accord avec lui.
    Avant de parler du logement, je vais parler d'infrastructure. Les municipalités nous demandent si Ottawa va enfin renouveler le Programme de la taxe sur l'essence et de la contribution du Québec, ou TECQ, et verser les sommes au prorata de la population sans condition. Quand l'argent est débloqué, les municipalités peuvent réaliser des projets rapidement.
    Or, dans le dernier budget, Ottawa propose des programmes d'infrastructure qui nécessitent des ententes parce qu'ils constituent de l'ingérence. Cela prend un, deux, trois ou quatre ans avant qu'on s'entende et cela prend des années avant que l'argent soit versé. Les besoins sont là, mais l'argent n'est pas versé.
     C'est la même chose pour le logement. En ce qui concerne l'Initiative pour la création rapide de logements, ou ICRL, Ottawa a laissé à Québec la possibilité de choisir les logements qu'il veut financer. L'argent a été débloqué rapidement. Dans tous les autres programmes, cela prend des années avant qu'il y ait un sou qui soit versé, avant qu'il y ait une seule pelletée de terre. On se renvoie la balle. C'est donc l'argent sur lequel nous avons voté, l'argent payé par les impôts des contribuables québécois, qui est bloqué ici à Ottawa pour des considérations idéologiques et finalement, bureaucratiques.
    C'est la même chose pour les Autochtones. Dans le budget, encore une fois, l'argent est là, mais à chaque fin d'année financière, l'argent n'est pas dépensé. C'est encore à cause de la gestion bureaucratique. Les besoins vont en augmentant et l'argent a été voté, mais il n'est pas dépensé. Il faut que cela change. Il faut dire à Ottawa de réduire la bureaucratie et de cesser de mettre des barrières en exigeant des conditions. Ce sont les gouvernements de proximité qui savent ce qui est bon et où sont les besoins. Le gouvernement doit transférer l'argent et se tasser du chemin.

  (1215)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd’hui pour parler du budget de 2024 et pour prononcer mon premier discours à la Chambre en tant que ministre des Finances du cabinet fantôme du Nouveau Parti démocratique du Canada. Je suis profondément honoré d’occuper ce poste important et, ce faisant, je me rappelle les objectifs économiques fondamentaux d’un parti politique progressiste dans une démocratie moderne, les principes qui ont permis d’obtenir des résultats impressionnants dans de nombreux pays sociaux-démocrates du monde entier.
     Ces principes sont les suivants: bâtir une économie nationale forte qui fonctionne pour tous les citoyens, et pas seulement pour les privilégiés; exploiter les actifs nationaux pour le bien collectif tout en créant un marché prospère qui produit des biens et des services de qualité; respecter à la fois ceux qui utilisent leurs talents d’entrepreneurs et les travailleurs dont les compétences et l’énergie sont essentielles à la réalisation de ces talents; développer nos ressources de manière intelligente, durable et responsable, en respectant à la fois les générations futures et notre planète, qui, après tout, sont le fondement de toute activité économique; encourager l’activité productive, récompenser le travail acharné, répartir équitablement les richesses et prendre soin de ceux qui, sans que ce soit leur faute, ont besoin de notre aide; et promouvoir l’égalité et créer les conditions nécessaires pour que chacun ait pleinement et équitablement la possibilité de réaliser son potentiel, de contribuer et de réussir.
     Le document dont nous débattons est un rappel essentiel de ce qu’un gouvernement national peut faire pour contribuer à la réalisation de ces objectifs, qu’il s’agisse de les respecter ou de les enfreindre. Il montre également ce qu’une opposition efficace peut réaliser lorsqu’elle fait preuve de maturité et s’efforce de réparer ce qui est cassé, au lieu d'opter pour la division et le pessimisme. Bien que le conflit puisse sembler opportun aux politiciens qui veulent exploiter les sentiments de frustration et de colère, il n’apporte aucun résultat aux citoyens et affaiblit nos institutions et notre démocratie. Comme Jack Layton nous le rappelait souvent, le travail de l’opposition n’est pas seulement de s’opposer, mais aussi de proposer. Ce budget est le fruit de l’application de cette approche.
     Contrairement aux autres partis d’opposition présents à la Chambre, le NPD s’est efforcé d’apporter des avantages tangibles aux Canadiens. Dans ce seul budget, les néo-démocrates du Canada ont contraint le gouvernement libéral à prendre un certain nombre de mesures importantes, concrètes et positives. Voici les mesures dont le NPD s’est fait le champion et pour lesquelles il s’est battu, dans certains cas pendant des décennies: construire plus de logements, préserver les logements abordables existants et protéger les locataires, ce qui contribue à résoudre l’un des problèmes les plus fondamentaux de la société; jeter les bases d’un régime public universel d’assurance-médicaments, en commençant par la contraception et les médicaments et dispositifs pour le diabète, ce qui aide des millions de Canadiens et nous met sur la voie d’une couverture complète des médicaments pour tous; établir le tout premier programme national d’alimentation scolaire, qui aide les enfants à apprendre et à rester en bonne santé tout en apportant un réel soulagement aux familles touchées par le prix élevé des aliments; et annuler les compressions préjudiciables aux services aux Autochtones, domaine qui réclame des ressources et une réconciliation.
     S'ajoute aussi ce qui suit: investir dans des services de garde d'enfants accessibles, de haute qualité et sans but lucratif, un soutien social vital pour les familles et pour les femmes en particulier; augmenter le financement de la recherche pure et appliquée et mieux soutenir les étudiants canadiens, qui sont la clé de la productivité et de l'innovation au pays; augmenter l'impôt sur les gains en capital pour la tranche de 1 % des plus riches, une mesure qui rapporterait quelque 19 milliards de dollars au Trésor au cours des 5 prochaines années de la part de cette même tranche de 1 % des plus riches du Canada; améliorer la capacité de VIA Rail, afin de relier les collectivités et d'aider l'environnement; doubler les crédits d'impôt pour les pompiers volontaires et les volontaires en recherche et sauvetage; et créer un fonds dédié à la santé mentale des jeunes, afin de continuer à intégrer ce domaine crucial dans notre système de soins de santé général.
     Ces mesures apporteraient un soulagement urgent à des millions de Canadiens, et ne nous y méprenons pas, elles n'auraient pas vu le jour sans le militantisme de tous les députés néo-démocrates de la Chambre et la pression qu'ils ont exercée. Cependant, il est essentiel de souligner que, si ces réalisations illustrent en partie ce qu'un gouvernement néo-démocrate pourrait accomplir, le budget actuel ne reflète pas entièrement la vision du parti. C'est le résultat d'une différence majeure entre le NPD et les deux partis de la vieille garde.
     Les néo-démocrates considèrent le gouvernement comme un instrument profondément important du bien public, comme quelque chose qui doit être fermement derrière les gens, et non pas derrière des intérêts privés puissants. Nous le voyons comme une force positive qui peut fournir collectivement des ressources que les particuliers ne peuvent pas fournir seuls, qui peut construire des institutions offrant des débouchés à tous, indépendamment de la richesse personnelle et de la position sociale. Nous sommes les seuls à voir l'interconnexion vitale de la justice sociale, de la justice économique et de la justice environnementale.

  (1220)  

     En revanche, les conservateurs se méfient des gouvernements, qu'ils craignent, méprisent, réduisent et marginalisent. Les libéraux, pour leur part, s'en tiennent à un gradualisme paralysant, effrayés à l'idée de prendre des mesures audacieuses, même face à un besoin social important ou à des preuves évidentes.
     Plus concrètement, les conservateurs reconnaissent une crise économique, mais nient l'existence d'une crise climatique. Les libéraux reconnaissent l'existence d'une crise climatique, mais ne reconnaissent pas pleinement l'existence d'une crise économique.
     Seuls les néo-démocrates canadiens comprennent fermement que le Canada connaît à la fois une crise économique et une crise climatique. Nous sommes les seuls à comprendre que ces crises sont étroitement liées et que nous ne ferons de réels progrès que si nous parvenons à les résoudre toutes les deux.
     Le contexte dans lequel s'inscrit ce budget est clair. La réalité est que des millions de Canadiens sont aux prises avec l'augmentation du coût de la vie et peinent à payer des produits de première nécessité comme la nourriture et le logement. Pendant ce temps, des incendies de forêt ravagent des villes entières, des sécheresses menacent notre approvisionnement alimentaire, des inondations détruisent nos collectivités, des vagues de chaleur sans précédent coûtent la vie à nos aînés et des enfants sont confinés à l'intérieur parce que l'air est irrespirable. Tandis que les politiciens, comme les conservateurs, qui sont dans le déni ou qui font fi de ces réalités, soulignent les coûts de la gestion de ces crises, ils ne reconnaissent pas le prix bien plus élevé de l'inaction. Le résultat est que le Canada prend du retard dans le respect de ses engagements climatiques et dans la nécessité de s'orienter vers une économie durable qui fonctionne pour tous les Canadiens.
     Bien que ce budget promette des progrès considérables dans un certain nombre de domaines — des progrès qui dépendront d'une mise en œuvre réelle, une lacune constante du gouvernement actuel, il faut bien le noter —, il ne parvient pas non plus à faire les investissements nécessaires et les changements de politique qu'exigent les crises actuelles.
     Je mettrai l'accent sur le logement. Il y a beaucoup de questions en politique, mais certaines sont fondamentales, voire existentielles. C'est le cas du logement. Le logement n'est pas seulement un bien, c'est aussi une nécessité. Il nous ancre dans la collectivité et nous relie à notre famille, à nos voisins, à nos amis, à l'école, au travail et aux services. Cependant, en raison de décennies d'échecs politiques par les gouvernements libéraux et conservateurs successifs, les campements de fortune s'étendent dans tout le pays à des niveaux records, tant dans les zones urbaines que les zones rurales. La défenseure fédérale du logement a parlé d'une « question de vie ou de mort ».
     La financiarisation du logement a laissé un tiers de tous les logements pour personnes âgées au Canada entre les mains d'investisseurs institutionnels, ainsi que 30 % des immeubles construits dans un but locatif. Les jeunes sont exclus du marché du logement et les locataires perdent l'espoir d'accéder un jour à la propriété. Les paiements hypothécaires et le loyer avalent une part insoutenable des revenus des gens. Le Bureau du défenseur fédéral du logement a récemment publié une analyse de la pénurie de logements au Canada, qui révèle qu'il manque 4,5 millions de logements abordables pour les personnes ayant besoin d'un logement.
     Les données probantes recueillies à l'échelle mondiale démontrent que le fait de financer directement la construction de logements hors marché, tels que les coopératives, les logements à but non lucratif et les logements sociaux, est le moyen le plus efficace et le plus rentable de remédier à cette pénurie, mais le gouvernement libéral continue de s’appuyer fortement sur l’industrie du logement à but lucratif pour résoudre le problème. Cela ne signifie pas que le marché privé n’a aucun rôle à jouer dans la construction de logements; au contraire, cela souligne l’importance de veiller à ce que les investissements publics produisent des avantages publics tangibles et de donner la priorité aux solutions de logement qui répondent réellement aux besoins de nos collectivités.
     Il est important de noter que les dépenses publiques consacrées aux logements sociaux contribuent à réduire l'inflation. Elles augmentent l’offre et exercent une pression à la baisse sur les prix dans l’ensemble du marché du logement. En outre, si les dépenses publiques sont compensées par des augmentations fiscales mesurées et équitables, l’effet net sur la demande globale reste neutre.
     Ce budget contient de nombreuses promesses en matière de logement qui, si elles sont réalisées, contribueront grandement à l'atteinte de nos objectifs. Cependant, le problème est que nous avons déjà entendu cela auparavant. En 2017, le premier ministre a annoncé la Stratégie nationale sur le logement, accompagnée d'une enveloppe de 40 milliards de dollars. Il affirmait alors qu’il s’agissait d’un « plan robuste et exhaustif qui transformera les vies des Canadiens en aidant les gens à trouver un foyer et à y rester. » Sept ans plus tard, ce que les Canadiens ont réellement vécu, c’est une crise du logement robuste et exhaustive qui transforme la vie des Canadiens, une crise dans laquelle les prix des loyers et des maisons ont doublé. L’accès à la propriété est un rêve plus éloigné que jamais, et pour chaque logement abordable construit, nous en avons perdu 11.
     Les néo-démocrates soutiennent les investissements annoncés dans ce budget, mais le véritable test sera de veiller à ce qu’ils soient réalisés. Nous ferons notre part pour assurer cette surveillance et faire pression pour que cela se produise.
    Ce budget comporte plusieurs faiblesses que je me dois de souligner.

  (1225)  

     Le versement d’un maigre 200 $ par mois au titre de la prestation canadienne pour les personnes handicapées est plus que dérisoire. C'est une insulte. C'est bien inférieur à ce dont ces citoyens ont besoin pour sortir de la pauvreté. Combinée aux programmes provinciaux de prestations d’invalidité, elle n'atteint même pas le seuil de subsistance tel que le gouvernement lui-même l'a établi, à 2 000 $ par mois, lorsqu’il a fixé le montant de la Prestation canadienne d’urgence durant la COVID. C’est inacceptable. Les néo-démocrates demandent une augmentation considérable et immédiate de ce montant.
     Ce budget compte supprimer, par attrition, 5 000 emplois dans la fonction publique. Il s'agit là d'un manque de vision et d'une erreur. Nous avons besoin de nos fonctionnaires pour mettre en œuvre les programmes sur lesquels les Canadiens comptent.
     Nous nous souvenons tous de l’importance vitale de nos fonctionnaires pendant la COVID, lorsqu’ils fournissaient les prestations dont les gens avaient désespérément besoin en cette période de crise nationale. Ce que nous devrions réduire, c’est le recours à la sous-traitance et aux consultants privés, qui coûtent bien plus cher et qui, dans bien des cas, mènent à du gaspillage scandaleux. Il suffit de penser au montant exorbitant de 60 millions de dollars que le gouvernement a dépensé pour l’application ArriveCAN, qui s’est révélée peu fiable et d’une utilité discutable, alors qu’elle aurait dû être créée pour un dixième de ce coût, pas plus.
     Ce budget est une occasion manquée de renverser le déséquilibre fiscal flagrant que les gouvernements libéraux et conservateurs successifs ont créé au Canada.
     Pendant des décennies, les deux partis de la vieille garde ont réduit l'impôt des sociétés, faisant de plus en plus supporter le coût de l'État par les citoyens de la classe moyenne et de la classe ouvrière. Aujourd'hui, le Canada a l'un des taux d'imposition des sociétés les plus bas de l'OCDE, se classant 33e sur 38 pays. Notre taux fédéral d'imposition des sociétés de 15 % est inférieur de plus de 5 % à celui des États‑Unis, et le président Biden a récemment annoncé son intention d'augmenter le taux d'imposition des sociétés américaines d'environ 7 %. Il en résulte que nous pourrions et devrions également procéder à une augmentation prudente et mesurée, ce qui permettrait de dégager des milliards de dollars de recettes pour les programmes dont les Canadiens ont besoin et de réduire notre déficit tout en maintenant notre compétitivité par rapport à nos pairs.
     Ce budget a également manqué une occasion évidente de mettre en œuvre une taxe sur les bénéfices exceptionnels tirés de l'exploitation du pétrole et du gaz.
     Alors que les Canadiens souffraient des séquelles de la pandémie, en 2022, les sociétés d'extraction de pétrole et de gaz au Canada ont réalisé des bénéfices record de 63 milliards de dollars. Bien que les données pour 2023 n'aient pas encore été publiées, cette année devrait être la deuxième année la plus rentable de l'histoire de l'industrie pétrolière. Le budget fédéral de 2022 a introduit une taxe unique de 15 % sur les bénéfices supérieurs à 1 milliard de dollars pour les banques et les compagnies d'assurance. Le rapport du directeur parlementaire du budget a conclu qu'étendre cette taxe au secteur pétrolier et gazier pourrait générer 4,2 milliards de dollars de recettes sur cinq ans. Les néo-démocrates estiment que ce serait là une mesure politique éminemment justifiée.
     Je voudrais également souligner que ce budget ne met pas suffisamment l'accent sur la crise climatique.
     Nous pensons qu'il s'agit de l'enjeu le plus important auquel notre planète est confrontée, un autre enjeu véritablement existentiel. S'il est vrai que la résolution de ce problème nécessitera une action concertée à l'échelle mondiale, le Canada doit tout de même fournir sa part d'efforts. Bien que le budget comporte un certain nombre de mesures louables dans ce sens, notamment des fonds pour la transition vers des véhicules sans émission et le programme de thermopompes, nous pensons qu'il devrait aller beaucoup plus loin et plus vite si nous voulons respecter nos engagements internationaux et nos obligations envers les générations futures de Canadiens.
     Enfin, je voudrais aborder l'important débat qui a lieu au Canada sur la productivité.
     Les statistiques sur les niveaux de productivité au Canada sont en effet préoccupantes. La première sous-gouverneure de la Banque du Canada a récemment indiqué que la nécessité d'améliorer la productivité avait atteint un degré d'urgence dans ce pays, mais nous devons analyser et interpréter les chiffres avec prudence. Il est évident que nous subissons encore les contrecoups de la pandémie et des chocs sans précédent qu'elle a fait subir à notre économie, aux chaînes d'approvisionnement intégrées et à notre marché du travail. Nous devons veiller à ne pas donner foi à des idées dépassées et offensantes selon lesquelles le meilleur moyen d'améliorer la productivité est de blâmer les travailleurs ou de leur faire porter le fardeau, en les obligeant à travailler plus dur, plus vite, plus longtemps et pour un salaire moins élevé.
     Un facteur bien plus important à prendre en compte dans le problème de la productivité est la faiblesse persistante des dépenses d'investissement des entreprises au Canada. Les dépenses en machinerie et en équipement des entreprises, ainsi qu'en recherche et développement et en innovation, diminuent en pourcentage du PIB depuis de nombreuses années, en fait, depuis les importantes réductions de l’impôt des sociétés instaurées par Paul Martin au tournant du siècle. C’est ironique parce qu’à l’époque, on faisait valoir qu’en réduisant l’impôt des sociétés, on stimulerait l’investissement des entreprises, au lieu de le freiner. Cependant, le fait est que, même avec la création rapide d’emplois et la croissance démographique, les dépenses d’investissement des entreprises n’ont pas suivi.

  (1230)  

     Les néo-démocrates pensent que pour remédier à cette situation, le gouvernement fédéral doit mettre en œuvre des stratégies qui encouragent plus efficacement les dépenses d’investissement et l’innovation au Canada, au lieu de s’en tenir aux théories usées de la percolation, avec leurs réductions d’impôt pour les sociétés et les riches, qui ne fonctionnent manifestement pas. D’autres pays, notamment en Europe du Nord et en Asie de l’Est, ont montré qu’il était possible de combiner des investissements et des technologies importants avec des normes de travail rigoureuses et des programmes publics robustes. Les travailleurs canadiens sont qualifiés et productifs. En fait, selon certains critères, notre main-d’œuvre est la mieux formée de tous les pays de l’OCDE.
     Pour que nous puissions tirer pleinement parti de ces compétences, les travailleurs ont besoin de bons emplois, sûrs et stables, d’un accès à la machinerie et à l'équipement appropriés, d’une formation continue et de la possibilité de gagner de meilleurs salaires en fonction de leur productivité, afin de pouvoir partager la richesse créée par leurs talents et leurs compétences. C’est pourquoi les néo-démocrates militent en faveur d'une meilleure formation professionnelle, de normes du travail plus strictes et de syndicats qui peuvent être des partenaires actifs en ce qui concerne les changements technologiques, la formation, la sécurité et la qualité de l’emploi.
     Pour conclure, je me permets d’établir une distinction claire entre les voies économiques divergentes qui s’offrent à notre pays.
     Les conservateurs donneraient la priorité aux intérêts des entreprises, même aux dépens des Canadiens ordinaires. S’il n’en tient qu’à eux, les services essentiels en pâtiront. Il n’y aura pas de soins dentaires, pas d’assurance-médicaments, pas de protection des locataires, pas d’investissements dans des logements abordables ou des services de garde d’enfants et pas de programmes d'alimentation scolaire pour nos enfants.
     Sous la direction des libéraux, les Canadiens ont été laissés aux prises avec la hausse des coûts, tandis que les grandes entreprises et les riches PDG prospèrent. Le contraste est saisissant. Quelques privilégiés prospèrent, tandis que la majorité peine à joindre les deux bouts. Cette situation est inadmissible dans un pays aussi riche que le Canada. La crise de l’accessibilité financière a atteint un point de rupture, mais le gouvernement libéral hésite encore à prendre des mesures décisives. Il n’agit que sous la pression du NPD. Il a fallu que les néo-démocrates lui forcent la main dans le budget de 2024 pour qu’il mette en place des politiques réellement bénéfiques pour la population.
     Notre vision va au-delà du présent et s’étend à un avenir où notre gouvernement fédéral se fait le champion de l’accessibilité, de l’équité et du bien-être de chaque famille. Ce serait un Canada où personne n’est laissé pour compte, où les soins de santé accessibles, le logement et les possibilités pour tous ne sont pas de simples aspirations, mais des droits fondamentaux et la réalité.
     Ensemble, nous savons que nous pouvons bâtir un Canada qui prend son essor grâce à l’équité, à la compassion et à la prospérité partagée. Ne les laissons jamais dire que ce n’est pas possible.
    Madame la Présidente, le député a parlé du classement du Canada parmi les pays de l’OCDE. Ne remarque-t-il pas également que le Canada est en tête de tous les pays de l’OCDE pour l’investissement étranger direct par habitant au cours de l’année écoulée? Il sait très bien que cela n’est pas le fruit du hasard. C’est le fruit de l’attention portée par le Canada aux changements climatiques, à la production d’énergie propre, à la disponibilité de travailleurs compétents et qualifiés, à la prudence fiscale générale dont le gouvernement a fait preuve et à la stabilité économique qu’il a créée.
     Ne sont-ce pas là les raisons pour lesquelles les entreprises étrangères souhaitent encore investir au Canada aujourd’hui?
    Madame la Présidente, j’ai vu les chiffres et j’ai écouté la ministre des Finances déclarer que le Canada est en tête du G7 en matière d’investissements directs étrangers.
     J’aimerais porter mon attention sur les investissements intérieurs. Je ne souhaite pas que seules des entreprises étrangères viennent au Canada pour faire croître notre économie. Je veux bâtir des entreprises canadiennes fortes et des champions solides ici, chez nous. Les entreprises canadiennes n'investissent pas suffisamment dans la machinerie, l’équipement, la technologie et l’innovation; ces investissements sont à la traîne et en baisse depuis de nombreuses années.
     C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le Canada ne concrétise pas tout le potentiel de son économie. Nous devrions être le pays le plus riche du monde. Nous avons tout ici: des terres, des minéraux, du pétrole et du gaz, des aliments, une population instruite et un filet de sécurité sociale solide. Pourtant, nous n’atteignons pas notre potentiel. C’est attribuable à des décennies de mauvaises décisions économiques prises par les gouvernements fédéraux successifs qui n’ont pas réussi à exploiter pleinement le potentiel disponible.

  (1235)  

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue du NPD de son allocution et de sa présentation.
    Notre formation politique est souvent assez proche des réflexions de la sienne. Toutefois, je me demande comment le NPD peut appuyer le fait que, depuis 15 ans, les aînés n'ont pas eu d'augmentation substantielle de leur pouvoir d'achat par l'entremise de la Sécurité de la vieillesse. Pourquoi n'y a-t-il pas au NPD une volonté profonde de réfléchir et d'avancer à cet égard, alors que le Bloc québécois a déposé un projet de loi et que nous insistons là-dessus depuis très longtemps?
    J'aimerais savoir ce qu'en pense mon collègue. Je sais ce qu'il va me dire. Il va dire qu'il y a l'assurance dentaire et l'assurance-médicaments. Toutefois, il faut constater que les aînés n'ont pas seulement besoin de soins pour les dents et de médicaments, ils ont aussi besoin d'un plus grand pouvoir d'achat pour se payer les biens essentiels et fondamentaux de la vie. Comment se fait-il que mon collègue appuie ce budget qui n'a aucun égard pour les aînés?

[Traduction]

    Madame la Présidente, en général, je suis tout à fait d’accord avec ma collègue. Les aînés sont les Canadiens qui, grâce à leurs nombreuses décennies d’efforts, de labeur et de travail, ont bâti ce pays. Il est honteux que tant d'aînés vivent d’un chèque de Sécurité de la vieillesse à l’autre, souvent sous le seuil de la pauvreté, et nous pensons donc qu'il faut trouver une solution globale à ce problème.
     C’est pourquoi, dans mon intervention et dans le budget, nous insistons sur la nécessité d’offrir des logements abordables subventionnés, y compris pour les aînés. Nous réclamons depuis longtemps des majorations des prestations du Régime de pensions du Canada et de la Sécurité de la vieillesse, qui devraient être fixées, au minimum, au seuil de la pauvreté.
     Ma collègue a parlé des soins dentaires. Il y a deux façons d’aider les aînés. Nous pouvons augmenter leurs revenus et réduire leurs dépenses. En ce qui concerne les soins dentaires, je ne saurais dire à la Chambre combien d'aînés, y compris au Québec, sont venus nous voir, mes collègues néo-démocrates et moi-même, pour nous remercier d’avoir fourni des soins dentaires parce qu’ils n’ont plus à payer de leur poche les soins dentaires nécessaires, comme les prothèses dentaires et les autres choses dont ils ne peuvent se passer. Le régime canadien de soins dentaires les paiera pour eux. Cela aura une incidence positive sur leur situation financière et leur budget, et ils en sont reconnaissants.
    Madame la Présidente, dans son discours, le député a dit que le Canada avait la chance de disposer d'une ressource merveilleuse, soit le pétrole et le gaz. Toutefois, le député de Timmins—Baie James, un collègue de son parti, est déterminé à mettre un terme à l'exploitation du pétrole et du gaz. Or, nous savons tous que le pétrole et le gaz contribuent aux impôts qui financent les programmes sociaux mentionnés par le député.
     Peut-il nous expliquer un peu plus en quoi il considère que le pétrole et le gaz contribuent de façon importante à l'économie canadienne?
    Madame la Présidente, le pétrole et le gaz ont généré beaucoup de revenus pour les gouvernements au cours des dernières décennies.
     Le pétrole et le gaz sont, en soi, des produits merveilleux. Ils permettent de voler et, dans certains cas, ils sont à la base de produits pharmaceutiques, de l'industrie des plastiques et d'autres produits similaires. Ce que nous constatons dans ce pays, et ce que les conservateurs semblent ne pas comprendre, c'est que la planète nous dit que nous brûlons trop de pétrole, trop vite. Nous n'avons pas besoin de l'éliminer totalement. Ce que nous devons faire, c'est ramener nos émissions de carbone en dessous de la limite que notre environnement naturel peut supporter.
     Je suis toujours stupéfait que les conservateurs — étant donné que la racine de leur nom est « conserve » —, ne soient pas prudents et circonspects lorsque la nature nous dit que nous devons lever le pied et ramener les émissions de carbone en dessous d'un niveau que notre planète peut supporter. Il ne faut pas pour autant considérer que les combustibles fossiles n'ont pas leur place ni leur utilité, mais il faut calibrer leur consommation d'une manière qui soit en harmonie avec la nature.
     Or, ce n'est pas ce que nous faisons aujourd'hui, et c'est pourquoi le NPD est si préoccupé par la crise climatique. C'est parce que nous risquons une catastrophe planétaire.
    Madame la Présidente, j'ai eu l'occasion d'écouter le discours du député de Carleton, le chef du Parti conservateur. J'ai été particulièrement consternée par certains points. Dans le premier cas, il a parlé des terres fédérales. Le leader conservateur ne comprend manifestement pas le droit de préemption des Autochtones, en particulier en ce qui concerne l'extraction des ressources.
     Il a également un plan très clair pour éliminer toute forme de mesures de santé publique pour réagir à la crise des surdoses. En fait, il a déclaré que nous devons nous appuyer sur les façons de faire autochtones et sur nos traditions, alors que les Autochtones de ma circonscription se battent pour des sites de consommation sûrs et un approvisionnement sûr.
     Il y a une autre chose qui manque dans le budget. Je tiens à dire que le vol de voitures est un problème très grave dans ce pays, et le gouvernement y a consacré 47 millions de dollars, mais il a prévu 22 millions de dollars pour s’attaquer à la crise des femmes et des jeunes filles autochtones assassinées et disparues. Cela envoie un message clair aux femmes et jeunes filles autochtones et aux personnes 2SLGBTQIA+: ce pays accorde plus d'importance aux voitures qu'à nous.
     Je me demande si mon collègue peut parler de certaines questions que les conservateurs voudraient clairement vider de leur substance et aggraver, et auxquelles les libéraux ne répondent pas.

  (1240)  

    Madame la Présidente, je tiens à remercier ma collègue de défendre avec ardeur les intérêts des résidants de sa circonscription, mais aussi ceux des Autochtones, des Métis et des Inuits ainsi que des nombreuses communautés minoritaires et marginalisées du pays.
     Je tiens aussi à la remercier pour son travail constant et efficace relativement à l'alerte robe rouge à laquelle, je le souligne, on consacre un montant dérisoire dans ce budget, soit moins de 2 millions de dollars, si je ne m'abuse. Cette mesure devrait être mise en œuvre immédiatement et bénéficier de ressources et d'un financement complets. L'alerte robe rouge est une mesure de précaution et de prévention extrêmement importante qui a le potentiel de prévenir nos communautés et ainsi d'éviter qu'une femme ou une fille autochtone ou toute autre personne à risque soit blessée.
     Pour ce qui est de la question plus générale, nous n'avons pas encore eu l'occasion d'analyser le budget. Comme je l'ai dit, nous n'avons pas encore donné suite au besoin de justice et de réconciliation, à cette dette que nous avons envers les populations autochtones. Ce budget est loin de prévoir les investissements nécessaires pour permettre aux populations autochtones de réaliser pleinement leur potentiel et de jouir de leurs droits. Le NPD continuera d'exercer des pressions sur le gouvernement à cet égard.
    Madame la Présidente, je tiens d'abord à souligner qu'il n'y a pas de gouvernement de coalition à la Chambre, que le NPD a conclu une entente de soutien et de confiance avec le gouvernement, ce qui signifie que, par son appui, il permet au parti au pouvoir de continuer d'exister.
     Je suis reconnaissant au député de Vancouver Kingsway d'avoir dénoncé le montant scandaleusement bas réservé à la prestation canadienne pour les personnes handicapées ainsi que l'absence d'un impôt sur les bénéfices exceptionnels de l'industrie pétrolière et gazière, laquelle enregistre des profits records en pleine crise climatique.
     Le NPD retirera-t-il son appui à ce budget en imposant comme condition que le gouvernement augmente au moins la prestation canadienne pour les personnes handicapées au-delà du seuil de la pauvreté et qu'il mette en place un impôt sur les bénéfices exceptionnels de l'industrie pétrolière et gazière?
    Madame la Présidente, voilà l'occasion pour nous, parlementaires, de reconnaître que nous devons à nos concitoyens d'élever le débat à la Chambre et de parler vrai. Chaque fois que les conservateurs parlent d'un gouvernement de coalition ou disent que nous sommes au pouvoir depuis neuf ans, alors que ce n'est pas vrai, ils ne rendent pas service à cette institution et ils sèment la confusion dans l'esprit des Canadiens et par rapport à notre démocratie. Il faut que cela cesse.
     Nous continuerons à analyser le budget et nous présenterons notre position en temps voulu. Ce document compte 497 pages et contient beaucoup de dispositions intéressantes, comme l'assurance-médicaments, un programme d'alimentation scolaire…
    Nous reprenons le débat. Le député de Nepean a la parole.
    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Milton.
     Je me suis lancé en politique avec trois grands objectifs en tête: le premier consistait à offrir un logement abordable à tous les Canadiens; le deuxième était de garantir un revenu de retraite à plus de 11 millions de travailleurs canadiens n'ayant pas cotisé à une caisse de retraite d'un employeur; et le troisième visait à faire en sorte que l'économie canadienne demeure solide et concurrentielle dans une économie mondialisée fondée sur le savoir, cela pour assurer la prospérité de nos enfants et petits-enfants.
     S'agissant de mon premier objectif, le budget prévoit des investissements considérables dans le logement, conformément à une priorité que nous avions précédemment énoncée dans la Stratégie nationale sur le logement. Pour réaliser ce qui était mon deuxième objectif, nous avons réformé le Régime de pensions du Canada afin de garantir un revenu de retraite aux Canadiens et nous avons présenté différents programmes ciblés pour appuyer les aînés. Quant à mon troisième objectif, qui était de protéger la position du Canada dans une économie mondiale en mutation fondée sur le savoir, nous avons redoublé d'efforts comme le démontre le présent budget.
     Le Canada est le meilleur pays au monde grâce à la richesse de ses ressources naturelles, comme le pétrole et le gaz, les minéraux et les métaux, grâce aussi à un secteur agricole solide et au travail acharné de plusieurs générations de Canadiens, dont nos aînés. Cependant, les profondes mutations de l'économie mondiale affectent directement l'économie canadienne et ont des conséquences sur notre prospérité.
     La mondialisation que nous avons connue au cours des dernières décennies n'existe plus. L'évolution actuelle va dans le sens de la délocalisation régionale, de la délocalisation dans un pays proche et de l'amilocalisation. Le monde est en grande transition et le Canada doit agir rapidement pour se tailler une place dans le nouvel ordre économique mondial.
     Comme nous avions senti le mouvement, nous avons adopté des politiques pour renforcer le secteur manufacturier, en nous concentrant sur les secteurs axés sur le savoir. Nous avons effectué des investissements majeurs dans de nombreux secteurs de l'économie, notamment dans le secteur manufacturier et dans les secteurs misant sur les technologies de pointe, et nous poursuivons dans cette voie.
     Avant de vous parler des aspects du budget qui portent sur les technologies de pointe, notamment sur l'intelligence artificielle, j'aimerais souligner certaines choses.
     L'automne dernier, nous avons établi trois principes directeurs très précis en matière de fiscalité. Ce budget est la concrétisation des trois objectifs que nous nous étions fixés l'automne dernier, et notre cible budgétaire, soit de réduire le ratio dette-PIB du gouvernement fédéral à moyen terme, est atteinte. En réalité, le Canada possède le ratio déficit-PIB et le ratio net dette-PIB les plus bas des pays du G7, et nous conservons notre cote de crédit AAA. Nous avons une vision novatrice, inclusive et active pour l'avenir du Canada.
     J’aimerais souligner le rôle crucial de l’innovation et des technologies avancées pour l’avenir de l’économie canadienne. Le monde change de plus en plus vite, grâce aux avancées technologiques, et il faut non seulement que le Canada suive le rythme, mais aussi qu’il soit dans le peloton de tête de la course aux innovations. L’innovation est la pierre angulaire de la résilience et de la croissance économiques. C’est le moteur de la productivité, qui génère des emplois rémunérateurs et qui favorise la compétitivité des industries.
     Grâce aux technologies avancées, nous pourrons résoudre quelques-uns de nos problèmes les plus urgents, qu’il s’agisse des changements climatiques ou des services de santé, et nous pourrons améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens tout en assurant un développement durable. Le Canada s’est résolument engagé dans les nouvelles technologies, comme le démontrent nos investissements stratégiques dans des secteurs comme l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, et les technologies vertes. Ces secteurs ne sont pas seulement des sujets de recherche universitaires, ce sont aussi les moteurs de l’économie du futur. En investissant dans ces secteurs, nous nous préparons à être un chef de file dans une nouvelle ère industrielle et technologique. Les technologies avancées sont aussi la source d’énormes retombées économiques. Elles nous permettent d’accéder à de nouveaux marchés. Elles aident les entreprises canadiennes à faire face à la concurrence sur les marchés internationaux et à attirer des investissements étrangers.

  (1245)  

     Chaque dollar investi dans l’innovation a un effet multiplicateur dans toute économie. Il génère de la richesse et des retombées économiques dans chaque province et dans chaque secteur. De plus, l’adoption des technologies avancées permet au Canada de demeurer une destination de choix pour les innovateurs et les entrepreneurs talentueux de l’étranger. En adoptant les technologies avancées, nous contribuons à l’édification d’un écosystème robuste qui encourage la créativité et transforme les idées novatrices en solutions concrètes et bénéfiques pour la société dans son ensemble.
     Pour vous donner un exemple de notre engagement, je vais vous parler d’un domaine qui est au cœur même de notre prospérité économique future et qui devrait faire de nous un chef de file mondial, à savoir l’intelligence artificielle. Notre pays a déjà fait des progrès considérables dans ce domaine, et il est impératif que nous comprenions et encouragions les efforts et les investissements stratégiques relatifs aux technologies de l'intelligence artificielle qui propulseront le Canada et consolideront sa position de chef de file.
     Depuis 2017, nous avons consacré plus de 2 milliards de dollars au développement de notre écosystème de l’intelligence artificielle, ce qui nous a permis de faire du Canada un véritable pôle à l’échelle mondiale en matière d’innovation et d’expertise. Cette initiative a largement porté ses fruits. Nous sommes désormais reconnus comme une pépinière de talents en intelligence artificielle, avec des capacités de recherche considérables et un secteur de l’intelligence artificielle en pleine croissance, qui dépasse les performances des autres pays du G7 selon plusieurs critères, notamment l’augmentation du nombre de femmes dans le secteur de l'intelligence artificielle et le taux de croissance annuelle des talents en intelligence artificielle.
     Nos chercheurs et nos entreprises ont non seulement suivi le rythme, mais ils ont aussi établi des records en publiant davantage d’études sur l’intelligence artificielle que n’importe quel autre pays du G7 depuis 2019, en proportion du nombre d'habitants. Nos entreprises d'intelligence artificielle sont à l’avant-garde de l’innovation, elles aussi, car elles présentent trois fois plus de brevets que le nombre moyen de brevets présentés par les pays du G7, et elles attirent une bonne partie du capital de risque vers le Canada. Rien que l’an dernier, le nombre de professionnels activement engagés au Canada dans l’intelligence artificielle a augmenté de 29 %, ce qui témoigne de l’existence d’une main-d’œuvre particulièrement dynamique dans un secteur en pleine croissance.
     Cependant, notre ambition ne s’arrête pas aux succès passés. Conscients du potentiel transformateur de l’intelligence artificielle, nous avons pris des initiatives qui font de nous des pionniers, notamment la première stratégie nationale au monde dans le domaine de l'intelligence artificielle, qui s'appelle la Stratégie pancanadienne en matière d’intelligence artificielle. Toutefois, des difficultés risquent d’entraver nos progrès.
     À l’heure actuelle, la plupart des capacités informatiques de pointe, qui sont essentielles au développement de l’intelligence artificielle, se trouvent à l’étranger. En plus de ralentir la recherche et l'innovation chez nous, cela pose des risques en matière de sécurité et de dépendance à l’égard des technologies étrangères. Pour surmonter cet obstacle et nous propulser vers l’avenir, nous avons annoncé, dans le budget de 2024, un montant historique pour l’intelligence artificielle, soit 2,4 milliards de dollars destinés à renforcer nos capacités en la matière. Cela comprend 2 milliards de dollars pour établir le Fonds d’accès à une puissance de calcul pour l’IA et la Stratégie du Canada sur une puissance de calcul souveraine pour l’IA. Cette stratégie vise à stimuler le développement d’infrastructures d’intelligence artificielle dont la propriété est canadienne ainsi qu'à réduire notre dépendance à l’égard de ressources externes. Un montant supplémentaire de 200 millions de dollars servira à aider les entreprises en démarrage dans le domaine de l’intelligence artificielle et accélérera l’adoption de l’intelligence artificielle dans des secteurs cruciaux comme l’agriculture, la santé et la fabrication.
     C'est grâce à nos efforts collectifs et à notre vision commune que nous pourrons exploiter tout le potentiel de l’intelligence artificielle et assurer l’avantage du Canada sur cette frontière cruciale.
     On ne saurait trop insister sur l’importance de l’innovation et des technologies de pointe pour l’économie canadienne. Le regard tourné vers l’avenir, continuons à investir dans les technologies de demain et veillons à ce que le Canada reste à l'avant-garde de l’innovation dans le monde. Faisons preuve d’audace, soyons ambitieux et ne fléchissons pas dans notre détermination, afin que le Canada soit un pays prospère et technologiquement avancé.

  (1250)  

[Français]

    Madame la Présidente, j'écoutais mon collègue vanter le budget, mais j'aimerais plutôt parler des gens qui ont été complètement oubliés dans ce budget. Je dirais même que c'est un comble d'insulte.
     Non seulement le gouvernement ne budgète toujours pas l'augmentation de la Sécurité de la vieillesse pour les 65 à 74 ans comme l'a demandé prioritairement le Bloc québécois — c'était une demande prébudgétaire —, non seulement il n'accorde pas l'argent pour le projet de loi C‑319, mais il n'y a rien.
    Non, je ne veux pas entendre qu'il y a des mesures pour le logement. Ces mesures pour le logement ne viendront pas toucher précisément les aînés. Les aînés ont des demandes précises. Dans ce budget, il n'y a rien. Ils sont oubliés. C'est un comble d'insulte.

[Traduction]

    Madame la Présidente, depuis notre arrivée au pouvoir il y a environ huit ans et demi, nous avons pris de nombreuses mesures pour aider les Canadiens de tous âges, y compris les personnes âgées. Nous avons ramené l’âge de la retraite de 67 à 65 ans. Nous avons pris des mesures ciblées pour aider les Canadiens, en particulier les personnes âgées, mais pas seulement elles. Grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, aux services de garde à 10 $ par jour, au régime de soins dentaires et au régime national d’assurance médicaments que nous proposons, nous sommes là pour aider les Canadiens dans le besoin.

  (1255)  

    Madame la Présidente, ma question porte sur la prestation canadienne pour les personnes handicapées. La communauté a clairement exprimé son mécontentement à l’égard de cette prestation. Celle-ci représenterait environ 200 $ par mois pour les bénéficiaires.
     Nous savons que, pendant la COVID, les Canadiens ont dit très clairement que tout le monde avait besoin de 2 000 $ pour survivre, c'est-à-dire pour payer son loyer et son épicerie et vivre dans la dignité. Cependant, le gouvernement dit aux personnes handicapées qu’elles n’auront droit qu’à 200 $ par mois. Pour nombre d’entre elles, l'ajout de ce montant à leurs prestations provinciales fait un total qui est bien inférieur au montant 2 000 $ par mois, qui a été calculé avant que le coût des aliments et le coût de la vie ne montent en flèche. Les personnes handicapées de nos communautés sont parmi les plus vulnérables, et le gouvernement les a abandonnées. Qu’est-ce que le député peut nous dire au sujet de cette décision?
    Madame la Présidente, nous avons instauré de nombreux programmes qui apportent un soutien aux Canadiens dans le besoin, notamment le programme de soins dentaires et le programme national d’assurance-médicaments que nous proposons maintenant. En ce qui concerne les personnes handicapées, il est très important de veiller à ce que les provinces ne soustraient pas à leurs prestations les montants d'argent accordés par le gouvernement fédéral.
    Madame la Présidente, comme toujours, l’intervention de mon collègue était intéressante et fort instructive. Je connais son travail de promotion très important dans les domaines du commerce international, de l’intelligence artificielle et ainsi de suite, et je salue ce travail.
     Je sais que Montréal est un pôle de l’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle et qu’il y a d’autres pôles partout au pays. Le député pourrait-il nous donner des exemples montrant que notre budget les aiderait à se développer davantage?
    Madame la Présidente, le point soulevé par la députée est très important. Nous sommes un chef de file mondial dans le domaine de l’intelligence artificielle, et Montréal et le Québec jouent un rôle majeur.
     Cependant, nous dépendons pour l'instant d'autres pays pour l’accès aux technologies informatiques qui sont indispensables dans le domaine de l’intelligence artificielle. Nous proposons un montant de 2 milliards de dollars pour qu'il soit possible de se procurer au Canada la puissance de calcul nécessaire. En outre, nous proposons un montant de 200 millions de dollars pour aider les jeunes entreprises spécialisées dans le domaine ainsi que les entreprises qui devraient utiliser et adopter les technologies d'intelligence artificielle existantes, dans des secteurs cruciaux comme les services de santé, l’agriculture et la fabrication.

[Français]

    Madame la Présidente, il est toujours bon de vous voir occuper le fauteuil et il en va de même aujourd'hui.
    Je suis très fier d'avoir l'occasion aujourd'hui de parler du budget de 2024, un budget particulièrement axé sur la génération Z et qui vise à assurer un meilleur avenir à tous les Canadiens.

[Traduction]

     Le budget 2024 nous garantit que le filet de sécurité sociale du Canada fonctionnera pour toutes les générations. Lorsque le gouvernement actuel a été élu pour la première fois, en 2015, nous étions conscients que l’économie avait changé. Les gens avaient besoin de plus de soutien et de nouvelles formes de soutien. Le gouvernement s’est immédiatement mis au travail.
     Nous avons créé la nouvelle Allocation canadienne pour enfants. Grâce à cette mesure, entre autres, nous avons pu réduire de plus de la moitié la pauvreté parmi les enfants au cours des huit dernières années. Nous avons amélioré la sécurité dont jouissent les retraités et nous leur avons permis de vivre dignement. Pour ce faire, nous avons renforcé le Régime de pensions du Canada. Nous avons augmenté les prestations de Sécurité de la vieillesse pour les personnes de 75 ans et plus et nous les avons indexées au coût de la vie. Nous avons rendu l’Allocation canadienne pour enfants non imposable. Pour les Canadiens en âge de faire des études, nous avons éliminé en permanence les intérêts sur tous les prêts fédéraux accordés aux étudiants et aux apprentis. Nous avons commencé à fournir aux garderies un financement qui marquera toute une génération, de manière à ce qu'elles offrent des places à 10 $ par jour. Ce tarif a pour effet de réduire d'au moins la moitié les frais de garde d'enfants dans l’ensemble des provinces et des territoires du Canada. Les familles ont ainsi plus d’argent dans leur poche et les enfants peuvent mieux commencer leur vie.
     En me promenant dans les rues de Milton, je vois beaucoup de poussettes. Le nombre d’enfants par habitant y est élevé. Les parents m’arrêtent tout le temps pour me dire qu’ils économisent beaucoup d’argent sur les frais de garde d’enfants. Ils savent que c’est une mesure sur laquelle le gouvernement fédéral a fait campagne et qu’il a mise en œuvre.
     Dans le budget de 2024, nous réalisons davantage d’investissements transformateurs qui continueront à uniformiser les règles du jeu et à donner à chaque génération les moyens de réussir. En tête de liste figurent les soins de santé publics universels, car nous avons promis aux Canadiens que s’ils tombent malades ou se blessent, ou s’ils naissent avec de graves problèmes de santé, ils n’auront pas besoin de s’endetter simplement pour obtenir des soins de santé essentiels. Contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, nous comptons sur notre réseau de la santé, et non sur notre carte de crédit pour obtenir les soins dont nous avons besoin lorsque nous consultons un médecin ou nous nous rendons dans une clinique. C’est pourquoi le gouvernement fédéral a annoncé l’an dernier son plan décennal pour les soins de santé qui prévoit près de 200 milliards de dollars pour résorber les listes d’attente, améliorer les soins primaires, réduire les délais et obtenir les résultats en matière de santé dont les Canadiens ont besoin et qu’ils méritent.
     Dans le budget de 2024, nous instaurons de nouvelles mesures qui renforceraient le filet de sécurité sociale du Canada afin de donner à chaque génération les moyens de réussir. Un régime d’assurance médicaments national figure au premier rang de ces mesures. Il s’agit notamment d’une mesure historique visant à mettre en place un régime national complet d’assurance médicaments. Le projet de loi C-64, la Loi concernant l’assurance médicaments, propose les principes fondamentaux d’un régime national universel d’assurance médicaments au Canada. Il décrit l’intention du gouvernement fédéral de travailler de concert avec les provinces et les territoires pour assurer une couverture universelle à payeur unique pour la plupart des contraceptifs sur ordonnance et de nombreux médicaments contre le diabète.
     C’est une mesure sur laquelle j’ai fait campagne et à laquelle je crois fermement. Le Canada reste le seul pays au monde à disposer d’une médecine socialisée sans régime national d’assurance médicaments, mais la situation est en train de changer parce que le gouvernement prend des mesures.
     Nous savons aussi pertinemment que la santé mentale fait partie intégrante de la santé. Notre gouvernement sait que les jeunes Canadiens sont confrontés à des niveaux de stress extrêmement élevés et à des problèmes de santé mentale, notamment la dépression et l’anxiété. Il n’est pas facile de faire partie de la génération du millénaire. Bon nombre de ces jeunes sont encore à l’école ou au tout début de leur carrière, et ils ont du mal à assumer le coût des soins de santé mentale privés. L’augmentation du coût de la vie n’a fait qu’exacerber ces préoccupations. Voilà pourquoi le gouvernement reste déterminé à garantir aux générations futures un accès à des services de base en matière de santé mentale afin qu'ils entament leur vie adulte du bon pied.
     Le budget de 2024 prévoit également de consacrer 500 millions de dollars sur cinq ans à la création d’un nouveau fonds pour la santé mentale des jeunes qui aidera les jeunes Canadiens à obtenir les soins de santé mentale dont ils ont besoin.
     Nous aidons également les enfants de manière progressive dans le budget de 2024. Nous savons que les enfants sont l’avenir du Canada. Nombre d’entre eux sont les leaders d’aujourd’hui. Ils deviendront les médecins, les infirmiers, les électriciens, les enseignants, les chercheurs et les propriétaires de petites entreprises de demain. Chaque enfant mérite le meilleur départ possible dans la vie. Leur réussite est véritablement celle du Canada.
     Dans le budget de 2024, le gouvernement poursuit sur cette lancée grâce à des investissements destinés à renforcer et à élargir le système pancanadien de services d'éducation préscolaire et de garde d'enfants, à favoriser l'épargne pour les études plus tard dans la vie, à assurer de bons soins de santé et à concrétiser la promesse du Canada pour la prochaine génération.
     Le budget de 2024 prévoit également des mesures énergiques pour lancer un nouveau programme national d'alimentation scolaire afin que les enfants aient accès aux aliments dont ils ont besoin pour prendre un bon départ dans la vie, quelle que soit leur situation familiale. Doté d'un budget de 1 milliard de dollars, ce programme devrait permettre d'offrir des repas à plus de 400 000 enfants dans les écoles chaque année.

  (1300)  

     C'est un sujet qui m'est cher. J'ai grandement bénéficié des programmes d'alimentation scolaire dans ma région. J'ai eu de la chance. J'ai grandi dans une ville où il y avait beaucoup de bénévoles et d'excellents organismes de services communautaires, comme Food for Life, Halton Food For Thought et Food4Kids dans la région de Halton. Lorsque les enfants avaient besoin d'une collation à l'époque, et encore aujourd'hui, ils pouvaient et peuvent toujours y avoir accès, mais ce n'est pas le cas dans toutes les écoles.
     Je suis très fier que Brent Mansfield soit venu ici. Grâce au travail de la Coalition pour une saine alimentation scolaire et aux activités de sensibilisation de tous les organismes de sécurité alimentaire au cours des dernières décennies, nous sommes en train de mettre en place le tout premier programme national d'alimentation scolaire du Canada. Ce programme s'appuie sur le travail effectué par d'excellents organismes de bienfaisance, comme Food for Life, Food For Thought, Food4Kids et bien d'autres, dans leurs régions. Il est important de souligner que tout cela est rendu possible grâce au travail de bénévoles et aux enseignants qui puisent dans leurs propres poches, qui apportent parfois de la nourriture de chez eux, et qui prennent du temps sur leur programme pour enseigner l'éducation alimentaire et la littératie nutritionnelle, qui sont des compétences très importantes.
     Je suis un grand admirateur de Jamie Oliver. Hier, j'ai vu sur les médias sociaux qu'il avait félicité le maire de Londres, au Royaume‑Uni, pour avoir introduit dans les écoles davantage d'aliments sains pour les enfants. Je suis un grand partisan et défenseur d'un programme national d'alimentation scolaire et je suis ravi qu'il figure dans le budget de 2024.
     Nous aidons aussi les millénariaux et la génération Z. Nous devons leur redonner des chances équitables. S'ils restent à l'école et étudient bien, ils devraient pouvoir se payer des études collégiales ou universitaires, ou une formation professionnelle. Ils devraient pouvoir obtenir un diplôme, décrocher un bon emploi, avoir un toit sur la tête et offrir à leur famille une vie au sein de la classe moyenne. Le budget de 2024 garantit que le gouvernement contribuera à rétablir l'équité entre les génération pour les millénariaux et la génération Z en supprimant les intérêts sur les prêts d'études canadiens, en ouvrant l'accès aux études postsecondaires, y compris pour les étudiants et les jeunes les plus vulnérables, en investissant dans les compétences de demain; et en créant pour les jeunes Canadiens de nouvelles possibilités d'acquérir les compétences dont ils ont besoin pour obtenir d'excellents emplois.
     Plus précisément, dans le budget de 2024, nous annonçons que le gouvernement entend maintenir pour une année de plus la hausse qui fait passer de 3 000 $ à 4 200 $ par année les bourses d'études canadiennes aux étudiants à temps plein et de 210 $ à 300 $ par semaine les prêts d'études canadiens sans intérêt. La bonification des bourses aidera 587 000 personnes aux études et la bonification des prêts sans intérêt, 652 000 personnes aux études, pour un total combiné s'élevant à 7,3 milliards de dollars pour l'année scolaire à venir. Je ne vois pas de meilleur investissement.
     Je suis fier du filet de sécurité sociale que notre gouvernement offre aux Canadiens depuis 2015, et même avant, bien sûr, mais nous sommes conscients que trop de Canadiens n'ont pas l'impression que leur dur labeur porte ses fruits. Je suis ici aujourd'hui pour dire aux Canadiens qu'il n'est pas nécessaire qu'il en soit ainsi. On m'entend régulièrement ici parler du logement coopératif, et je suis vraiment heureux que nous tenions notre promesse de relancer le logement coopératif au Canada, de construire davantage de coopératives d'habitations et d'investir dans davantage de solutions de logements sociaux.
     Le gouvernement travaille d'arrache-pied pour faire en sorte que les Canadiens puissent conserver une plus grande partie de leur argent. À bien des égards, cela leur permettrait d'investir dans l'économie, mais il s'agit aussi du bien-être des familles. Nous prenons des mesures pour demander des comptes à ceux qui font payer aux Canadiens des prix inutilement élevés, qu'il s'agisse d'entreprises qui facturent des frais indésirables ou des banques qui facturent des frais bancaires inutiles. Ce budget permettra également de mieux garantir que les entreprises n'exploitent pas les Canadiens. Il veillera à ce que l'économie soit équitable et abordable et à ce que tout le monde soit en mesure de faire de bonnes affaires. Le budget de 2024 s'appuierait également sur ces efforts et redonnerait aux gens le contrôle de leurs finances personnelles et de leurs choix bancaires grâce à des mesures visant à plafonner les frais bancaires et à assurer un meilleur accès aux services bancaires numériques, à des comptes à moindre coût et à une protection des consommateurs plus robuste.
     Alors que les conservateurs ne cessent de donner la priorité aux intérêts des riches PDG et des lobbyistes des sociétés, surtout du secteur pétrolier et gazier, nous garderons le cap. Nous savons que nous travaillons pour les Canadiens ici à la Chambre, et non pour les intérêts cupides du 1 % des mieux nantis. Grâce aux mesures du budget de 2024 dont j'ai parlé, nous continuerons de défendre les intérêts des Canadiens et de leur offrir de l'aide.

  (1305)  

    Madame la Présidente, je tiens à remercier le secrétaire parlementaire de nous avoir fait part de son expérience du programme d'alimentation scolaire et des coopératives d'habitation.
     J'ai toujours été fasciné par le concept des coopératives d'habitation; il s'agit d'une forme de logement où les personnes qui y vivent sont propriétaires et participent de diverses façons. Elles paient un loyer inférieur au prix courant, mais elles doivent parfois s'acquitter de certaines tâches.
    Le député pourrait-il faire bénéficier la Chambre de son expérience du logement coopératif et nous dire s'il est du même avis que moi concernant la participation personnelle des membres de la coopérative?
    Madame la Présidente, je saisis toujours l'occasion de parler des coopératives d'habitation à la Chambre parce que c'est de là que je viens, et je n'oublierai jamais mes origines.
     Dans les années 1990, plusieurs gouvernements ont décidé de se retirer de la partie. Ils voulaient cesser de construire des coopératives d'habitation et laisser faire le marché. Ils ont dit qu'ils allaient céder cette responsabilité aux autres ordres de gouvernement et ont fait fi de l'excellent travail réalisé par les solutions de logement social. C'est vraiment regrettable.
     Nous n'avons pas de machine à remonter le temps, mais nous avons un budget. Le gouvernement a investi dans les coopératives d'habitation dans les trois derniers budgets. Il est choquant de constater que nous sommes le premier gouvernement à le faire depuis le début des années 1990. Reconnaître l'existence d'un problème est la première étape, mais il faut du courage et de l'audace pour agir concrètement. Le gouvernement n'a pas peur d'être courageux et audacieux. Nous avons pris la responsabilité d'investir dans les coopératives d'habitation.
     J'ai travaillé en étroite collaboration avec la Fédération de l'habitation coopérative du Canada. Cet organisme est un défenseur extraordinaire. Je dois annoncer que je suis en situation de conflit personnel. En effet, j'ai grandi dans la coopérative Chautauqua, ma mère construit encore des coopératives d'habitation et elle gère une coopérative à Mississauga. Cela signifie que certaines familles et collectivités ont la chance d'avoir des coopératives.
     Je dirais qu'il y a plus de coopératives au Québec et en Colombie‑Britannique que partout ailleurs dans le monde parce que ces provinces ont fait un travail extraordinaire pour veiller à ce que les coopératives figurent dans leurs budgets et dans leurs programmes. Je suis vraiment fier que le gouvernement actuel fasse preuve du même courage.

  (1310)  

[Français]

    Madame la Présidente, il y a une Constitution qui départage les champs de compétence du Canada et ceux des provinces. On me voit un peu venir. Dans ce budget, il y a une ingérence épouvantable dans les champs de compétences du Québec; ça continue, et ça continuera.
    La semaine dernière, un journaliste a demandé au premier ministre comment il réagirait si le Québec voulait investir dans un de ses champs de compétence. J'imagine que c'était à la blague, mais le premier ministre a répondu qu'il en parlerait avec la province en question.
    J'aimerais avoir l'opinion de mon collègue là-dessus. Est-ce que les provinces et le Québec ont vraiment été interpellés? Est-ce qu'il y a eu des négociations pour ce budget dans tous ces champs de compétence ou bien est-ce qu'il y a encore une fois ingérence de la part du Canada?
    Madame la Présidente, la réponse est: certainement; toutes les provinces ont eu l'occasion de fournir les budgets provinciaux. Les provinces et les territoires ont beaucoup d'occasions de discuter de leurs priorités avec notre gouvernement. Je suis ouvert à avoir cette conversation avec mes collègues provinciaux et territoriaux lors des rencontres fédérales-provinciales-territoriales et à d'autres occasions aussi.
    En même temps, je pense que la meilleure façon d'assurer et d'encourager la protection du français au Canada est de promouvoir le français dans toutes les provinces, dont l'Ontario. C'est une priorité pour moi d'améliorer mon français et je suis très chanceux d'avoir l'occasion de travailler ici avec une professeure. Toutefois, dans les écoles canadiennes d'un bout à l'autre du pays, les élèves n'ont pas les mêmes occasions de s'exercer à parler français.
    C'est une part importante du fait d'être Canadien.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles.
     Que l'on ait immigré au Canada comme moi ou que l'on y ait vécu toute sa vie, on peut difficilement ne pas sentir que le Canada n'est plus le même. Après neuf ans sous le gouvernement néo-démocrate—libéral, le pays est plus brisé que jamais. On peut difficilement se promener dans les rues de nos grandes villes sans voir des tentes partout, ainsi que la criminalité, le chaos et le désordre, ou sans passer devant une entreprise en faillite où une pancarte indique « À louer » ou « À vendre ».
    On entend sans cesse des histoires au sujet de mères de famille qui doivent remettre des articles sur les tablettes à l'épicerie parce qu'elles ne sont pas sûres de pouvoir les payer ou qui doivent acheter des aliments moins nutritifs. Ces mères, ainsi que les personnes âgées, ont dû trouver d'autres solutions parce que les loyers ont augmenté et les hypothèques ont doublé. Aujourd'hui, on entend parler d'étudiants qui vivent sous les ponts. On entend parler d'infirmières et d'enseignants qui, après neuf ans sous le gouvernement actuel, doivent vivre dans leur voiture parce qu'ils n'ont pas les moyens de se loger même s'ils ont un bon emploi. Il est de plus en plus difficile pour les gens de se nourrir, de se chauffer et de se loger après neuf ans sous le gouvernement actuel.
     Les taux d'intérêt élevés ont été gonflés par les déficits du gouvernement. Une fois de plus, la semaine dernière, les Canadiens qui attendaient un allégement quelconque dans le secteur du logement n'en ont pas eu. Il n'y a pas de lumière au bout du tunnel parce qu'une fois de plus, la Banque du Canada a dû maintenir les taux élevés pour plus longtemps. Comme les taux demeurent élevés à plus long terme, les constructeurs ne construisent pas, les acheteurs n'achètent pas et les promoteurs ne lancent pas de projets immobiliers.
     Autrefois, dans ce pays, si les gens travaillaient dur, ils en retiraient quelque chose. Le député qui m'a précédé a parlé de son expérience personnelle. Nous sommes arrivés ici comme immigrants. Nous ne sommes pas venus avec grand-chose. J'étais considéré comme un jeune à risque. Nous avons vécu la dure réalité de la pauvreté. Ma famille et moi, nous faisions la queue pour recevoir les cartes d'autobus destinées aux personnes à faible revenu. Toutefois, à l'époque, le Canada tenait une promesse, ce que nous appelions le « rêve canadien »: si les gens travaillaient dur, ils pourraient voir les fruits de leur labeur.
     Aujourd'hui, après neuf ans de ce gouvernement, le rêve canadien s'est transformé en cauchemar pour un nombre croissant de familles. Les gens qui sont venus ici disent que ce n'est pas le Canada qu'on leur avait promis, un Canada où l'on pouvait posséder une entreprise, avoir une maison, acheter ses produits à l'épicerie et vivre dans un lieu abordable. Ceux qui ont vécu ici toute leur vie se demandent ce qu'ils y font, parce qu'ils n'ont plus l'impression de vivre dans le même pays. En effet, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, la vie n'a jamais été aussi misérable ni aussi chère.
     Comment en sommes-nous arrivés là? Après avoir affirmé que les budgets s'équilibraient d'eux-mêmes, le premier ministre a présenté huit budgets inflationnistes qui ont poussé l'inflation à des sommets sans précédent depuis 40 ans. Les Canadiens ont été témoin des hausses de taux d'intérêt les plus rapides et les plus brutales de l'histoire du pays. Le premier ministre a imposé aux Canadiens l'arnaque qu'est la taxe sur le carbone, rendant le coût de tout encore plus élevé. Pas plus tard que ce mois-ci, alors que 70 % des Canadiens lui disaient d'annuler la hausse de la taxe sur le carbone, il l'a augmentée de 23 %.
     Le directeur parlementaire du budget du gouvernement vient de confirmer, encore une fois, ce qu'il avait dit avant l'augmentation de la taxe sur le carbone, à savoir qu'une majorité de familles perdront au change en raison de cette arnaque qu'est la taxe sur le carbone quand on tient compte des répercussions économiques et fiscales des prétendus remboursements qui leur seront versés. Il a également confirmé que ces gens continueront de perdre au change après l'augmentation du 1er avril.
     Le gouvernement diffuse de la mésinformation. Il ne comprend pas la souffrance réelle que toutes ces mauvaises politiques imposent aux Canadiens et pourquoi les Canadiens ont l'impression qu'ils ne vivent plus dans le Canada qu'ils connaissaient. Le rêve et la promesse du Canada ont disparu.

  (1315)  

     Rien que cette année, le gouvernement libéral—néo-démocrate va obliger les contribuables canadiens à payer plus pour les intérêts sur la dette du premier ministre libéral—néo-démocrate que pour les soins de santé ou la défense nationale. C'est vraiment incroyable, non? Ce sont donc 54 milliards de dollars qui seront remis à des banquiers, à des créanciers obligataires et aux copains du premier ministre dans les milieux financiers de Toronto plutôt qu'aux médecins, au personnel infirmier et aux hôpitaux. Voilà le résultat de neuf années de gouvernement libéral—néo-démocrate.
    La situation ne risque d'ailleurs pas de s'arranger, puisqu'il est en bonne voie de quadrupler son arnaque fiscale avec l'augmentation de 23 % de sa taxe sur le carbone. Tous les Canadiens en ont vu immédiatement le résultat quand ils ont voulu faire le plein ou l'épicerie.
     En plus, il n'y a toujours rien de prévu pour augmenter la productivité. La première sous-gouverneure de la Banque du Canada, Carolyn Rogers, a déclaré récemment que la productivité du Canada s'est tellement dégradée qu'il fallait tirer la sonnette d'alarme. Selon la Banque du Canada, l'heure a sonné. Si c'est la Banque qui le dit, il y a de quoi s'inquiéter, car quand elle annonce de la pluie, c'est souvent parce qu'il y a un ouragan ou une tornade qui se prépare. Encore une fois, voilà le résultat de neuf années de ce gouvernement.
     Il n'y a pas que les conservateurs ou la Banque du Canada qui le disent. Des libéraux vont même jusqu'à critiquer le budget libéral. Fier libéral et ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge a dit que c'était le pire budget depuis 1982. Pourquoi? Parce que le Canada connaît une crise de la productivité provoquée par le gouvernement quand il a fait fuir les investisseurs. En fait, il a provoqué la fuite de plus de 260 milliards de dollars d'investissement depuis 2016 à cause de ses politiques désastreuses et de son programme anti-énergie, anti-Canada, anti-Alberta et anti-ressources.
     C'est à cause de son programme politique woke que les investisseurs ne viennent plus au Canada ou qu'ils en partent. Ils laissent tout en plan et ils partent, parce qu'ils se rendent compte qu'ils n'ont plus aucune raison d'investir dans notre pays.
     Il n'y a pas que le fardeau fiscal. Il y a beaucoup plus de tracasseries administratives et de réglementations au Canada qu'ailleurs, même si les normes canadiennes en matière d'environnement et de droits de la personne sont parmi les meilleures au monde. L'idéologie anti-énergie et hostile aux affaires du gouvernement fait toutefois fuir un nombre croissant de grands investisseurs qui finissent par nous préférer d'affreuses dictatures ou d'autres pays alors qu'ils devraient rester chez nous au bénéfice des Canadiens.
    Le Canada demeure en mauvaise posture quand il s'agit de productivité. Il enregistre le pire taux de croissance économique de tous les pays de l'OCDE, et notre PIB par habitant, qui détermine le niveau de richesse de chaque Canadien, est inférieur aujourd'hui à ce qu'il était en 2018. Autrement dit, les Canadiens sont plus pauvres qu'avant. C'est évident lorsqu'on voit qu'en l'espace d'un mois, 2 millions de Canadiens ont utilisé une banque alimentaire, et qu'il devrait y en avoir 1 million de plus cette année. Même chose quand on voit aussi des étudiants qui couchent sous les ponts, comme je l'ai dit, ou du personnel infirmier ou encore des enseignants qui vivent dans leur voiture. Voilà le Canada après neuf années de ce premier ministre libéral—néo-démocrate.
     Ce budget ne fait rien d’autre que de verser 40 milliards de dollars supplémentaires d'huile inflationniste sur le feu que ce gouvernement a allumé, avec plus de déficits, plus d'impôts, plus de douleur et plus de souffrance pour les Canadiens. La situation était bien différente avant l’arrivée de ce premier ministre libéral—néo-démocrate, et elle sera à nouveau bien différente après son départ.
     Il n’en vaut pas le coût. Après les prochaines élections, celles de la taxe sur le carbone, le Canada verra un gouvernement conservateur plein de gros bon sens supprimer la taxe sur le carbone pour faire baisser le coût de l’essence, de l’épicerie et du chauffage domestique. Il supprimera également une grande partie de l’inflation que nous connaissons aujourd’hui, ce qui signifie que les taux d’intérêt pourraient baisser plus rapidement. Les conservateurs pleins de gros bon sens bâtiront plus de maisons, et non plus de bureaucratie comme nous l’avons vu après neuf ans de ce gouvernement, qui a injecté 89 milliards de dollars de dépenses inflationnistes pour en arriver seulement à doubler le coût du logement, en doublant les loyers et les hypothèques.
    Un gouvernement conservateur plein de gros bon sens incitera les municipalités à augmenter de 15 % le nombre de permis octroyés aux fins de construction. Nous redresserons le budget. Nous mettrons en place la règle d'un dollar pour un dollar afin que les taux d’intérêt et l’inflation diminuent et que les Canadiens ne perdent pas leur maison. Nous travaillerons de manière responsable avec l’argent des contribuables et ne le gaspillerons pas comme le fait ce gouvernement. Nous mettrons fin à la criminalité, au chaos et au désordre que nous observons dans ce pays. Nous devons aider nos proches à se remettre sur pied en leur proposant des solutions de guérison et non en leur offrant plus de drogues.
     Nous ramènerons le gros bon sens chez nous pour les Canadiens et nous relancerons le rêve canadien qui faisait honneur à notre grand pays.

  (1320)  

    Madame la Présidente, les faits semblent contredire les propos du député. Le Canada est l’un des pays qui attirent le plus d’investissements directs étrangers. En fait, c’est le pays qui attire le plus d’investissements directs étrangers par habitant. Toutefois, j’admets que des pressions s’exercent sur les capitaux canadiens pour aller aux États‑Unis, en particulier dans les industries vertes. Ces pressions découlent de la loi américaine sur la réduction de l’inflation de 400 milliards de dollars.
     Le député pense-t-il que nous devrions dépenser beaucoup plus pour les technologies vertes au pays afin de contrebalancer l’attrait exercé par les États‑Unis?
    Madame la Présidente, la première chose à faire est d’écarter ce gouvernement anti-énergie et anti-ressources et de le remplacer par un gouvernement conservateur plein de bon sens qui donnera le feu vert aux projets verts. Lorsque l’Allemagne, la Grèce et le Japon sont venus récemment supplier le Canada de leur fournir du gaz naturel liquéfié, nous aurions dû être des leaders et être en mesure de le leur fournir, non seulement pour apporter des chèques de paie plus importants au peuple canadien, mais aussi pour remplacer, partout dans le monde, le pétrole sale provenant de régimes dictatoriaux.
     Un autre excellent moyen de réduire les émissions mondiales est de remplacer le pétrole sale des régimes dictatoriaux par l'énergie canadienne propre, verte et à faibles émissions de carbone, dont nous pouvons être fiers. Cette énergie apporte des salaires élevés à nos concitoyens et contribue à renforcer l'économie, ce qui aidera à résoudre notre problème de productivité. Après neuf ans de ce gouvernement, le Canada n’a plus l’air d’être ouvert aux affaires.
    Madame la Présidente, c'est l'une des choses qui m'étonnent toujours. Le député vient de l'Alberta, tout comme moi, et il sait que la saison des feux de forêt est déjà commencée dans cette province. Elle a commencé en février dernier, ce qui est incroyable et inédit. Des agriculteurs du Sud de l'Alberta nous disent qu'ils vendent leurs troupeaux. Ils n'ont pas les moyens de les nourrir à cause de la sécheresse pluriannuelle que l'on connaît. Cependant, quand je constate qu'un député de l’Alberta ne veut jamais parler de ces questions, je pense à mes deux enfants, que je veux voir vivre dans ma province. Je veux qu'ils restent en Alberta et qu'ils aient de bons emplois tournés vers l'avenir. Pourtant, le député n'a aucun plan pour faire face à la crise climatique. Les conservateurs ne veulent même pas parler du fait que les agriculteurs et les Albertains font face à une urgence climatique en ce moment.
    Cette année, il y aura des réfugiés climatiques en Alberta, lorsque la saison des feux de forêt empêchera les gens de respirer, et les conservateurs n'ont aucun plan à ce sujet. Je ne crois pas que, s'ils formaient un jour le gouvernement, ils feraient le moindre effort pour protéger l'environnement.

  (1325)  

    Madame la Présidente, je me demande si la députée, qui fait partie du gouvernement actuellement, serait capable de faire quelque chose à ce sujet. Ce qu'elle devrait faire, c'est…
    Je pense que le député de Calgary Forest Lawn sait pertinemment que ce n'est pas le cas.
    La députée d'Edmonton Strathcona a la parole.
    Madame la Présidente, j'invite le député à retirer ses paroles, car il sait que ce n'est pas vrai, et je ne voudrais pas qu'il soit accusé de mentir à la Chambre.
    Le député de Calgary Forest Lawn sait que ce n'est pas vrai, et je lui demanderais de bien vouloir retirer ses paroles.
    Madame la Présidente, si seulement la députée cessait de soutenir cette corruption, cette ineptie...
    Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Le député doit retirer ses paroles sans équivoque, comme vous l'avez demandé.
    Oui, le député peut-il retirer ses paroles avant de reformuler ses observations?
    Madame la Présidente, à titre d'éclaircissement, pouvez-vous me dire pourquoi je dois le faire? J'aimerais simplement le savoir.
    C'est contraire aux faits.
    Madame la Présidente, je retire sans équivoque cette partie de mon affirmation.
     Cependant, la députée continue d'intervenir dans cette enceinte pour soutenir le gouvernement, gouvernement qui a poussé plus de Canadiens que jamais vers les banques alimentaires. Elle a ensuite le culot de parler des agriculteurs, alors qu’elle est tout à fait favorable à ce que les agriculteurs soient presque acculés à la faillite et à ce que le projet de loi C-234 ne soit pas adopté dans sa version originale, ce qui permettrait pourtant de réduire le coût de l’essence et de l’épicerie. Ce projet de loi contribuerait à réduire les coûts pour les agriculteurs, qui travaillent dur, mais ces députés poursuivent leur offensive contre les agriculteurs et ne voient pas d’inconvénient à ce que tout coûte plus cher. Ils continuent à soutenir le gouvernement.
     Je pense que la députée doit cesser de défendre le penchant de son chef à soutenir le premier ministre corrompu. L'heure est venue de s’enlever du chemin et de tenir une élection portant sur la taxe sur le carbone afin que les Canadiens, et en particulier les Albertains puissent dirent à la députée et à son gouvernement ce qu’ils pensent de la taxe sur le carbone. Après la prochaine élection sur la taxe sur le carbone, les Canadiens se débarrasseront du premier ministre et du gouvernement néo-démocrate.
    Madame la Présidente, une chose me préoccupe, ainsi qu’un grand nombre de mes concitoyens, soit le montant des intérêts que nous payons sur la dette nationale. Mon collègue a dit que plus d’argent était consacré au service de la dette qu’aux soins de santé, mais il a également parlé de l’armée.
     J’aimerais lui demander son avis sur l’importance de soutenir l'armée canadienne, surtout en cette période d’instabilité mondiale, mais aussi sur le peu d'empressement que montre le gouvernement actuel à respecter les engagements internationaux du Canada, en particulier envers l’OTAN, et sur le mécontentement que cela suscite chez de nombreux Canadiens et chez nos alliés.
    Madame la Présidente, je tiens à remercier le député de son service militaire et de l’excellent travail qu’il accomplit ici. Il est peut-être un peu meilleur joueur de hockey que moi.
     Cependant, je suis d’accord avec lui. Cela montre bien qu'après neuf ans sous la gouverne du premier ministre le Canada est devenu une risée et qu'il n’est pris au sérieux ni par ses alliés ni sur la scène mondiale. Nous devons rétablir la responsabilité d’un gouvernement conservateur plein de gros bon sens...
     Madame la Présidente, j'invoque le Règlement. Conformément à l'article 43(2)a) du Règlement, j'aimerais informer la Chambre que les périodes d'intervention restantes du Parti conservateur seront partagées en deux.

[Français]

    Madame la Présidente, habituellement, quand je fais un discours, je dis que je suis heureux de me lever à la Chambre pour parler d'un sujet. Aujourd'hui, toutefois, je ne peux pas vraiment dire que je suis heureux.
    J'aimerais d'abord faire un petit retour dans le temps. Revenons au 2 août 2015, date à laquelle la campagne électorale a été déclenchée. Nous avons appris durant les semaines suivant le début de la campagne électorale que le gouvernement conservateur laissait un surplus budgétaire de 1 milliard de dollars. On terminait l'année financière avec un surplus.
    Je dois admettre que les libéraux sont des maîtres en marketing. Ils sont experts en la matière. Ils sont capables de jouer avec les émotions et avec l'intelligence des gens. Durant la campagne électorale, le premier ministre, qui était alors chef du Parti libéral, a promis de faire des petits déficits de 10 milliards de dollars durant la première année et la deuxième année afin d'investir massivement dans les infrastructures canadiennes, et il a promis de revenir à l'équilibre budgétaire lors de la troisième année.
    Les électeurs qui écoutaient cela se sont dit que ce n'était peut-être pas fou, qu'il avait peut-être raison, qu'il fallait investir dans les infrastructures. Ils ont décidé de lui donner une chance. Les électeurs se sont fait endormir par cette promesse. En effet, au lieu de faire des investissements massifs en infrastructure et de faire un déficit de 10 milliards de dollars par année durant les deux premières années, on a fait, dès la première année, un déficit de 30 milliards de dollars, et c'est aussi ce qui s'est produit durant les deux années suivantes. Après quatre ans, à la fin du premier mandat libéral, 100 milliards de dollars de déficit s'étaient ajoutés à la dette.
    Dès la première année, après 30 milliards de dollars de déficits, on a vérifié où étaient les infrastructures. Finalement, 3 milliards de dollars sur 30 milliards de dollars avaient été dépensés en infrastructure. Il y avait 27 milliards de dollars qui étaient disparus on ne sait où. Cette situation se répète depuis neuf ans. C'est neuf ans de budget déficitaire. Ce ne sont pas des petits déficits, ce sont des budgets massifs. On a doublé la dette du pays, qui s'élève maintenant à 1,2 trillion de dollars. C'est 600 milliards de dollars de plus que depuis le début du mandat du gouvernement libéral.
    Depuis ce temps, que se passe-t-il? Les déficits inflationnistes ont provoqué la hausse des taux d'intérêt. Je trouve que les gens ne portent pas attention au fait que cela met en péril les programmes sociaux. Oui, il y avait déjà des programmes sociaux mis en œuvre par le gouvernement fédéral. Or, à force de cumuler les déficits, on n'a plus d'argent. On met en péril ce qui existait déjà en créant d'autres programmes qui ne sont que des idées, parce que rien ne fonctionne pour l'instant. Ce n'est pas le rôle du fédéral que de créer des programmes qui s'ingèrent dans les champs de compétence des provinces.
    Comme je le disais, on fait du marketing. On met en avant de belles images. On promet à tout le monde monts et merveilles, mais ce n'est pas ce qui se passe. On met en péril les programmes. Partout, il y a des organismes qui en arrachent et qui n'obtiennent plus de réponses. Les gens nous téléphonent et nous disent qu'ils ne savent plus quoi faire parce que le financement qu'ils recevaient n'existe plus. Ils ne savent pas quoi faire, ils n'ont pas de réponse. Ce n'est pas compliqué: il n'y a plus d'argent dans le compte de banque et la marge de crédit est pleine. Voilà ce qui arrive quand on est en mode déficitaire massif et qu'on fait croire qu'on aide les gens alors qu'on n'a plus d'argent pour les aider. On se retrouve dans une situation qui est intenable.
    Concernant le budget de cette année, on va dire que l'opposition chiale tout le temps, qu'elle n'a que cela à faire. C'est vrai que nous formulons des critiques, mais nous le faisons avec raison. Il y a beaucoup de matériel pour nous donner une raison de critiquer ce qui est fait. En passant, c'est notre travail. Le plus important, c'est que les experts, les analystes, les journalistes qui couvrent l'économie, tous ont dit dès le début qu’encore une fois cela n'avait aucun bon sens. Quand on dit « avoir du gros bon sens », c'est par opposition à ce qui n'a pas de bon sens. Encore une fois, c'est un budget déficitaire massif qui ne s'explique pas. Voilà ce qui est magistral dans la façon de faire des libéraux.
    Je n'ai pas le droit de le montrer, parce qu'on n'a pas le droit de montrer quoi que ce soit à la Chambre, mais j'ai entre les mains une brique, soit le budget. En lisant cela, on voit que ce sont de belles paroles et de belles intentions, mais il n'y a rien qui se tient. À la fin, on voit qu'il y a plus de 40 milliards de dollars de nouvelles dépenses inflationnistes, un déficit de 39,5 milliards ou 40 milliards de dollars et on n'en a pas pour son argent. Si seulement il y avait quelque chose qui se tient.
    Si, à l'époque, quand les libéraux ont promis d'investir dans les infrastructures, ils avaient mis sur pied quelque chose de consistant en matière d'infrastructure, on aurait pu dire que leur plan fonctionnait. Toutefois, on dirait plutôt que l'argent est brûlé et qu'on ne sait pas où il va. Voilà ce qui est fascinant, mais malheureux en même temps pour les Canadiens.

  (1330)  

    Les signaux et les drapeaux rouges sont soulevés par plusieurs personnes depuis longtemps, et ce n'est pas du côté conservateur. Du côté libéral, il y a deux semaines, l'ancien gouverneur libéral de la Banque du Canada, David Dodge, a dit que ce budget serait le pire depuis 1982. Il y a également eu John Manley, un ancien ministre des Finances libéral. Il y a quelques mois, il a mentionné qu'en agissant comme il le fait, le gouvernement mettait le pied sur l'accélérateur de l'inflation. Cette façon de dépenser et de brûler l'argent comme ça — cet argent qui, il ne faut pas se le cacher, est emprunté, car il arrive d'une banque qui nous la prête — fait monter l'inflation et le taux d'intérêt.
    On dirait que ça ne dérange pas le premier ministre, et c'est ce qui est choquant. Un moment donné, on se dit qu'il va bien finir par comprendre, par se ressaisir et dire que son idée de licornes et de vie en rose ne fonctionne pas et qu'il faut reprendre le contrôle des finances publiques, mais non. Le gouvernement s'acoquine avec le NPD et, trop souvent, avec les amis du Bloc québécois. Il dépense et dépense encore, et on ne sait pas où va cet argent. Cela n'aide pas les gens.
    Plus que jamais, les Canadiens sont dans la misère. Ils n'arrivent pas. Tout coûte plus cher. Le prix des loyers a doublé. Pour faire une mise de fonds hypothécaire pour acheter une maison, les montants ont doublé. Les jeunes ne sont pas capables de payer cela. J'ai des enfants de vingt ans. Ils regardent ça et ils se disent qu'ils n'arriveront jamais à s'acheter une maison, que c'est impossible. Le prix des maisons a augmenté. Ce qu'il faut comme mise de fonds a augmenté. C'est la même chose avec les loyers. Avant, un petit quatre et demi coûtait 1 000 $, là, c'est rendu 2 000 $ ou 2 200 $.Ça ne fonctionne pas.
    Pire que cela, l'accumulation de tous ces déficits en neuf ans fait qu'aujourd'hui on doit payer les intérêts sur la dette, qui représentent 54,1 milliards de dollars par année. C'est l'équivalent du montant des transferts en santé. Au lieu d'envoyer cet argent aux provinces pour aider le système de santé, on l'envoie directement dans les coffres des banques à Londres et à New York. Qu'est-ce que ça nous rapporte? Ça ne nous rapporte rien.
    Pire que cela, Thomas Mulcair et d'autres personnes ont mentionné que le montant de 54,1 milliards de dollars était l'équivalent de toute la TPS que nous payons sur nos factures. Si on a une facture de restaurant qui coûte 13 $ en TPS, on peut se demander où iront ces 13 $ et si cela va servir les Canadiens. Malheureusement, ce montant s'en va en intérêts aux banques. Toute la TPS collectée auprès des entreprises et des particuliers ne sert qu'à payer les intérêts sur la dette.
    Il n'y a personne qui peut me vendre l'idée que cela a du sens. Personne ne peut me dire que ce n'est pas grave ou, comme les défaites libérales, qu'on est les moins mauvais du G7. Est-ce qu'on est vraiment les moins mauvais du G7? Aux États‑Unis, acheter une maison unifamiliale normale coûte moitié moins cher qu'ici. L'essence coûte moins cher. Tout coûte moins cher aux États‑Unis en fonction de la population. Avec quoi se compare-t-on? C'est ça qui ne fonctionne pas. Les libéraux ne se rentre pas dans la tête que c'est la vie de tous les jours qu'il faut évaluer, la vie de tous les jours des citoyens qui travaillent, qui paient de l'impôt et qui se rendent compte qu'à la fin, tout leur coûte plus cher et qu'il leur manque de l'argent pour arriver.
    Les citoyens n'ont pas le luxe de se revirer de bord et d'aller à la banque pour demander un prêt de 50 000 $ avec l'intention de payer les intérêts quand ils auront de l'argent. Ça ne marche pas comme ça dans la vraie vie. Le gouvernement devrait agir comme on le fait dans la vraie vie et faire attention. C'est ce qui est déplorable de ce gouvernement. Il ne fait pas attention aux fonds publics. Pire que ça, il emprunte de l'argent à répétition et on paie des intérêts.
    En fin de compte, nous ne pouvons pas appuyer ce projet de loi. Plus que ça, nous allons voter contre et ce sera un vote de censure, car c'est terminé. Nous ne pouvons pas avoir confiance en ce gouvernement. Après neuf ans, nous en avons la preuve encore davantage.

  (1335)  

    Madame la Présidente, l'honorable député prétend qu'il n'y a pas eu d'investissements faits en infrastructures. Or, on sait que la Banque de l'infrastructure du Canada a investi dans le REM à Montréal, qui est un projet magnifique. La reconstruction du pont Champlain a été effectuée à même des fonds fédéraux. J'ai donc de la misère à comprendre ce qu'il veut dire. Autrement dit, est-ce que c'est de l'argent brûlé?
     Le député semble dire que toutes ces dépenses sont de l'argent brûlé. J'aimerais avoir ses commentaires à propos de ces deux projets.
    Madame la Présidente, au contraire, j'aurais aimé que la promesse du premier ministre, à l'époque où il était chef du Parti libéral, en 2015, soit réalisée et que ses déficits de 10 milliards de dollars les première et deuxième années servent à financer des infrastructures.
    Je rappellerais à mon collègue que c'est Denis Lebel, du gouvernement conservateur de l'époque, qui avait fait l'annonce du projet d'infrastructure du pont Champlain, à Montréal, qui a coûté 5 ou 6 milliards de dollars. Ce sont les conservateurs qui ont mené ce projet et nous avons fait un superbe travail.
    Nous voulons des infrastructures qui vont respecter les moyens des citoyens, mais ce que nous dénonçons, c'est le gaspillage qui s'en va on ne sait où.

  (1340)  

    Madame la Présidente, j'ai une question bien simple pour mon collègue. Advenant que le Parti conservateur prenne le pouvoir, qu'est-ce qu'il va faire avec l'augmentation quand même importante de l'imposition sur les gains en capital? Va-t-il la mettre de côté?
     Madame la Présidente, sa question n'est pas hypothétique: nous allons prendre le pouvoir l'année prochaine, tout en restant très humbles. Je pense que les Canadiens ont compris qu'après neuf ans de ce gouvernement, il est temps de faire un grand changement.
    Pour ce qui est des taux imposés aux entreprises et aux particuliers qui réalisent des gains en capital, je pense qu'il faut faire une analyse à ce sujet. De plus en plus d'analystes financiers décortiquent le sujet. Les gens qui ont acheté un petit duplex il y a 25 ou 30 ans dans le but de créer un fonds de pension pour leurs vieux jours vont tellement se faire taxer que tout leur espoir va se faire couper en deux. Ces mesures doivent donc être réévaluées.
    La magie libérale est de dire que les plus riches vont payer, mais, dans l'ensemble, les vrais riches qui cachent leur argent aux Îles Caïmans ne paieront rien, alors que les gens qui ont créé un fonds de pension se font attaquer par ce budget.

[Traduction]

    Madame la Présidente, il est frappant de voir que le gouvernement actuel commence à reconnaître les problèmes qui existent dans de nombreux domaines, mais que ses députés ne réalisent pas qu'ils sont aux commandes depuis un certain temps et que, dans de nombreux cas, ils sont eux-mêmes à l'origine de ces problèmes. Je me demande si mon collègue pourrait nous parler plus en détail de la nécessité, pour les députés du gouvernement libéral, de reconnaître qu'ils sont souvent la cause des problèmes qu'ils commencent à déplorer.

[Français]

    Madame la Présidente, mon collègue a absolument raison. Comme je le mentionnais au début de mon discours, avant l'élection de 2015, le gouvernement conservateur avait laissé un surplus de 1 milliard de dollars. Or, depuis les neuf dernières années, on a doublé la dette du pays. On n'a plus d'argent pour subventionner les programmes sociaux et existants, mais on en ajoute de nouveaux en s'ingérant dans les champs de compétence des provinces. Ce sont des fabulations. C'est une espèce de marketing pour essayer de gagner des votes, mais, au bout du compte, on ne fait que créer des problèmes pour tous les Canadiens.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le Parti conservateur est un parti trompeur. Les conservateurs aiment déformer les faits. Par exemple, ils parlent d'un manque d'investissements. Au cours des trois premiers trimestres de 2023, c'est-à-dire l'an dernier, le Canada a enregistré les investissements étrangers les plus importants parmi les pays du G7. Les députés savent-ils qu'il a fallu près de 10 ans à Stephen Harper pour créer près d'un million d'emplois? En moins de neuf ans, nous avons créé plus de deux millions d'emplois. Je dirais que les conservateurs sont très doués pour faire de la propagande, mais qu'ils échouent lorsqu'il s'agit d'obtenir des résultats pour les Canadiens.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aime voir mon collègue s'emporter et crier fort, mais ce n'est pas ça qui va me stresser.
    Ce qui est clair actuellement, c'est que le Canada est la risée du monde pour plusieurs volets. Plus particulièrement, les investisseurs hésitent énormément à venir au pays, compte tenu des politiques fiscales du gouvernement. Plusieurs entreprises n'ont aucun intérêt à venir s'installer ici. Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, que j'aime beaucoup, fait énormément d'efforts, mais, malheureusement, il a de la difficulté à convaincre les industries, parce que ces dernières voient bien que ce gouvernement a des politiques beaucoup trop socialistes.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je partagerai mon temps de parole avec le ministre de la Justice.
    Le budget de 2024 comprend un certain nombre de programmes. Comme je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui, je vais concentrer mes observations sur un programme en particulier, puis sur certaines choses que j'ai entendues dans ce débat.
    Je tiens d'abord à féliciter le gouvernement de vouloir créer un programme national d'alimentation en milieu scolaire. Le Canada est le seul pays du G7 à ne pas s'être doté d'un tel programme. Je sais que, dans bien des régions du pays, différents organismes comme le Food Sharing Project, à Kingston, dans ma circonscription, ont collaboré au fil des ans avec des bénévoles et ont recueilli des dons pour fournir des repas dans les écoles afin que les enfants puissent bien commencer leur journée, avec le ventre plein, et qu'ils soient bien nourris tout au long de la journée, lorsqu'ils sont à l'école.
     Il n'y a pas si longtemps, j'ai eu l'occasion d'aller avec ma famille aider les gens du Food Sharing Project à emballer, organiser et préparer des aliments destinés aux écoles. J'ai été très impressionné lorsque mon fils de sept ans m'a regardé et a reconnu que c'était de là que venait ce qu’il mange à l’école. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'en ce qui concerne les enfants, lorsqu'ils sont à l'école et qu'ils ont accès à cette nourriture, il n'y a pas de stéréotypes quant à ceux qui la reçoivent. Qu'ils soient moins bien nantis ou mieux nantis, tout le monde a accès à la même nourriture. Cela contribue à briser les stéréotypes qui existent sur les personnes qui ont besoin de cette aide parce que leurs parents n'ont pas les moyens de subvenir à tous leurs besoins, et cela donne aux enfants un point de départ dans la vie où tout le monde est sur un pied d'égalité.
     Je suis donc très content de voir que 1 milliard de dollars seront consacrés au cours des cinq prochaines années à un programme national d’alimentation en milieu scolaire, parce que le programme ne permettra pas seulement de nourrir des Canadiens et des enfants particulièrement vulnérables, mais également de briser des stéréotypes qui existent entre les mieux nantis et les plus démunis. Je suis heureux de voir que le gouvernement a répondu aux appels à l'action lancés dans nos milieux.
     J'ai eu l'occasion de présenter de nombreuses pétitions au cours des derniers mois. En effet, tous les centres scolaires de ma circonscription ont rédigé des pétitions que j'ai présentées à différents moments au cours des derniers mois à la Chambre. Je tiens à les remercier pour ce travail formidable. Les centres scolaires de ma circonscription peuvent maintenant constater que leur voix a été entendue. Ils ont demandé au gouvernement de faire quelque chose de manière urgente, et celui-ci a répondu à l'appel. Je suis très fier de faire partie d'un gouvernement qui met en place ce programme national d’alimentation en milieu scolaire.
     L'autre point que je souhaite aborder aujourd'hui est la mésinformation et une certaine dose de désinformation. En particulier, je voudrais revenir sur un échange qui a eu lieu plus tôt dans la journée entre le chef de l'opposition et le député de Winnipeg‑Nord, le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes.
     Après le discours d'introduction, où le député de Carleton a parlé pendant des heures, je crois, parce que le premier orateur a la possibilité de le faire, la première question que lui a posée le secrétaire parlementaire concernait le nombre de logements abordables qu'il avait bâtis. Le secrétaire parlementaire a eu l'amabilité d'indiquer au chef de l'opposition qu'il avait construit un total de six logements.
    Ce que je trouve particulièrement intéressant, c'est la réponse du chef de l'opposition. On peut voir qu'il excelle à manipuler l'information, ce que le secrétaire parlementaire a souligné à ce moment-là. Voici ce qui s'est passé. En réponse à la question, le chef de l'opposition a essentiellement reproché au député de Winnipeg-Nord de propager de la mésinformation qu'il avait glanée sur un compte Twitter. J'espère que les gens à l'écoute, que ce soit à la tribune ou à la maison, remarqueront le choix des mots. Il a dit: « Si vous voulez savoir [...] combien de logements abordables ont été construits lorsque j'étais ministre, nous avons construit 92 782 appartements [...] » Ce sont ses mots exacts. Le député de Winnipeg-Nord, le secrétaire parlementaire, a invoqué le Règlement et il a dit que le chef de l'opposition avait intentionnellement...

  (1345)  

[Français]

    L'honorable député de Mégantic—L'Érable invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, je voulais ajouter que les 90 000 et quelques logements qui ont été construits pendant que le député de Carleton était là avaient un loyer moyen de 970 dollars par mois.

  (1350)  

    Ceci n'est pas un rappel au Règlement et l'honorable député le sait très bien.
    L'honorable député de Kingston et les Îles a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'admire le travail du député conservateur qui tente de justifier son chef et fait le sale boulot pour lui. Malheureusement, dans le cadre de l'échange en question, le chef de l'opposition a réaffirmé ce qu'il avait dit.

[Français]

    L'honorable député de Mégantic—L'Érable invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, je veux juste rappeler que le chef de l'opposition officielle a demandé le consentement unanime de la Chambre pour déposer les chiffres qu'il a présentés…
    Cette intervention n'est pas un rappel au Règlement, mais relève du débat.
    L'honorable député de Kingston et les Îles a la parole.

[Traduction]

    Madame la Présidente, la bonne nouvelle pour le député, c’est que je vais demander le consentement unanime pour déposer une information. Le whip et les gens dans l’antichambre des conservateurs feraient mieux d’aller chercher leurs collègues et de leur dire de voter non. J’aime autant les prévenir.
     Le député de Winnipeg-Nord a invoqué le Règlement pour signaler à la présidence que le chef de l’opposition induisait la Chambre en erreur. Ensuite, le chef de l’opposition s’est levé et a dit essentiellement ce que vient de répéter un député conservateur. Il a dit que l'information provenait « du site Web de Statistique Canada, qui montre que 92 782 appartements ont été construits. » Le chef de l’opposition a reconnu le fait, lorsqu’il s’est levé de nouveau plus tard, qu’il ne parlait pas vraiment des logements abordables qui ont été construits lorsque son parti formait le gouvernement, mais du nombre total de mises en chantier d’appartements, toutes attribuables au secteur privé, sauf six.
     Je dirais que le secteur privé a construit ces habitations en dépit du gouvernement précédent, qui n'avait pas ce genre d'objectif. C’est la réalité, et c’est paradoxal. Le chef de l’opposition a été ministre du Logement de février à octobre 2015. Pour lui accorder le bénéfice du doute, arrondissons et disons qu’il a été ministre du Logement pendant toute l’année 2015.
     La raison pour laquelle nous sommes bien renseignés et nous donnons le chiffre de six logements abordables construits pendant qu’il était ministre, c’est que nous avons obtenu cette information en réponse à une question inscrite au Feuilleton. Pour les gens qui sont à la tribune et à la maison, une question inscrite au Feuilleton est une question qui peut être déposée par un député pour obtenir une réponse du gouvernement.
     La question inscrite au Feuilleton, qui concernait le gouvernement précédent, portait sur le nombre de logements construits en 2015. La réponse a été six logements. Au total, six logements abordables ont été construits en 2015. Avec le consentement de la Chambre, je demande respectueusement de déposer ce document afin que le public puisse voir la question inscrite au Feuilleton dont je parle.
    Y a-t-il consentement unanime au dépôt du document?
    Des voix: Non.
    Madame la Présidente, c’est intéressant. Les députés conservateurs ont répondu non parce qu’ils ne veulent pas que je dépose la réponse à la question inscrite au Feuilleton. J’ai toutefois de bonnes nouvelles pour le public. La réponse à cette question inscrite au Feuilleton a déjà été déposée. Le public peut la consulter.
     Les députés conservateurs sont essentiellement en train de se féliciter du bilan qui est exposé dans la réponse à cette question inscrite au Feuilleton et qui consiste à avoir fait construire six logements abordables au total pendant qu’ils étaient au pouvoir. Ils se félicitent littéralement leur bilan lamentable.
    Madame la Présidente, j'ai écouté avec plaisir mon collègue une fois de plus. Ses propos n'avaient rien à voir avec le discours qu'il prononçait, parce qu'il ne semblait pas avoir grand-chose à dire au sujet du budget. Il n'a fait que critiquer des commentaires formulés de ce côté ci de la Chambre au sujet du budget. C'était une critique d'une critique.
     Le député peut-il nous dire s'il y a un élément du budget dont il sait quoi que ce soit et dont il pourrait parler de façon positive à la Chambre des communes?
    Madame la Présidente, j'invite le député à réécouter les quatre premières minutes de mon discours. Contrairement à ce qu'il vient de dire, il ne semble pas m'avoir écouté attentivement. Apparemment, les conservateurs n'écoutent que les bouts où je commence à les critiquer. Pendant ces quatre minutes, j'ai parlé du programme national d'alimentation qui serait mis en place et j'ai dit que je félicitais non seulement le gouvernement pour ce programme, mais également les champions de ma collectivité. Ils ont fait le tour des écoles pour inciter les gens à signer de nombreuses pétitions, que j'ai déposées à la Chambre.
     Je suis très fier que le gouvernement mette en place, pour la toute première fois, un programme national d'alimentation scolaire pour aider les enfants à partir du bon pied dans la vie.

  (1355)  

[Français]

    Madame la Présidente, je salue les efforts de part et d’autre de la Chambre pour essayer de gagner la partie, mais heureusement que le Bloc québécois est là. J’espère que nous serons encore plus nombreux après les prochaines élections, lors de la prochaine législature, afin de contrôler les différentes polarités de ces deux côtés de la Chambre.
    Maintenant, j’aimerais m’adresser à mon collègue. Il va falloir redéfinir ce qu’est un logement abordable parce que, dans le budget qu’on vient de recevoir, je souligne qu'il n’y a encore une fois rien, zéro comme dans Ouelette, pour les aînés. Pour ceux qui sont pauvres et qui n’ont pas eu d’indexation substantielle de la pension de la Sécurité de la vieillesse depuis 15 ans, il va falloir que le logement abordable soit quasiment donné. En effet, les aînés n’ont plus rien pour vivre et ils ne sont pas capables de s’adapter. Ils doivent ou bien se loger ou bien se nourrir.
    J’aimerais que mon collègue nous parle de l’avenir de nos aînés dans le contexte du budget actuel.

[Traduction]

    Madame la Présidente, le logement abordable est très diversifié. Cela peut aller de l'indexation d'un loyer au revenu du locataire jusqu'à l'aide à l'accession à la propriété. Le logement abordable, c'est tout ce qui se trouve entre ces deux exemples. Bien entendu, nous ne pouvons pas nous occuper que d'un seul cas de figure. Nous devons aider les gens qui se situent dans toutes les situations liées au logement abordable.
     Nous avons proposé un certain nombre de programmes, dont notre plan national de logement. Nous avons proposé des mesures pour aider les jeunes à accéder à la propriété. Parallèlement, nous construisons des logements. Dans ma circonscription seulement, je peux nommer 12 projets, par exemple ceux de Cliff Crescent, de Princess Street, de Curtis Crescent et de Wright Crescent. Si le temps me le permet, je pourrai mentionner les autres. L'important, c'est que le gouvernement fédéral a été là pour construire des logements.
     J'ai été maire de Kingston et conseiller municipal à l'époque où Stephen Harper était premier ministre. Les députés ne sont pas obligés de me croire sur parole quand je dis que les conservateurs n'ont rien construit; j'ai essayé de déposer aujourd'hui une question inscrite au Feuilleton concernant ce que le chef de l'opposition a fait lorsqu'il était ministre du Logement. Il n'a pas construit de logements.
    Madame la Présidente, le député peut-il expliquer pourquoi le chef de l'opposition officielle, en particulier, a tendance à vouloir induire les Canada en erreur, surtout sur les médias sociaux?
    Madame la Présidente, j'en ai parlé en termes très clairs. Plus tôt aujourd'hui, par exemple, dans le cadre de ce débat sur le budget, le député de Carleton, le chef de l'opposition, a tenté d'induire la Chambre en erreur. Il a dit: « Si [le député veut] savoir [...] combien de logements abordables ont été construits lorsque j'étais ministre, nous avons construit 92 782 appartements [...] » C'est faux. Cette statistique correspond au nombre de mises en chantier résidentielles dans tout le pays, par des promoteurs, en dépit du gouvernement dont le député faisait partie, et non grâce aux politiques de ce gouvernement.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

[Traduction]

La Semaine nationale de l'action bénévole

    Madame la Présidente, je prends la parole à la Chambre des communes aujourd'hui pour célébrer la Semaine nationale de l'action bénévole, qui a commencé le 14 avril.
     Dans ma circonscription, Sackville—Preston—Chezzetcook, les bénévoles jouent un rôle crucial pour autonomiser leurs voisins et leurs communautés et soutenir les personnes dans le besoin.
    Cette semaine, à Cherry Brook, l'Africadian Empowerment Academy célèbre ses 10 ans à la défense de l'intérêt des Néo‑Écossais d'origine africaine de la région. Récemment établi, le Cobequid Food Security Network est une coalition de bénévoles qui unissent leurs efforts pour éliminer l'insécurité alimentaire dans leur collectivité.
    Je dis toujours que, même si le gouvernement peut aider en fournissant du financement, ce sont les gens sur le terrain qui améliorent véritablement la vie des gens. Je remercie tous les bénévoles de Sackville—Preston—Chezzetcook et de partout au Canada de leur intendance et de la générosité dont ils font preuve pour aider nos collectivités.

  (1400)  

Ronnie King

     Monsieur le Président, le mois dernier, nous avons perdu un monument du rock and roll canadien. Le joueur de basse des Stampeders, Cornelis van Sprang, connu de ses admirateurs sous le nom de Ronnie King, est décédé à Calgary à l'âge de 76 ans.
    Ronnie a été l'un des membres fondateurs des Stampeders, en 1966, et le groupe a su gagner un public de fidèles admirateurs grâce à des titres à succès comme Carry Me, Wild Eyes, Oh My Lady et surtout leur iconique succès international de 1971, Sweet City Woman.
    Beaucoup d'amis et de membres de la famille de Ronnie habitent dans le Nord‑Ouest de Calgary, et je leur offre mes sincères condoléances, notamment à Cindy et à Zoe van Sprang.
     Ronnie aimait jouer de la musique et il était toujours prêt à faire des séances improvisées avec ses voisins et amis, et même avec son député. Il attendait toujours avec impatience la prochaine tournée des Stampeders, même lorsqu'il a commencé à être malade avant de mourir.
    Cette année, la tournée des Stampeders s'intitule « Rock in Memory of Ronnie King » et elle se veut un hommage à Ronnie. Le groupe s'est arrêté à Ottawa, mardi soir. Que Ronnie repose en paix. Sa musique restera toujours avec nous.

Les pompiers

    Monsieur le Président, cette semaine, j'ai accueilli à Ottawa deux de mes amis pompiers: Tim Sparks et Jeff Voisin, du service d'incendie de Richmond Hill.
    Nous avons discuté de sujets qui préoccupent les pompiers de partout au Canada, comme le risque d'exposition et de contamination aux substances perfluoroalkylées dans leur équipement, et le fait qu'ils doivent se soumettre à de fréquents dépistages du cancer. Nous avons parlé des solutions et des innovations mises en œuvre, comme l'adoption, Vancouver en tête, d'équipement certifié par la National Fire Protection Association dont la membrane hydrofuge est exempte de substances perfluoroalkylées.
    Nous sommes déterminés à travailler avec l'industrie pour répondre à ces préoccupations en matière de santé, mais nous avons besoin de la coopération entre les gouvernements provinciaux et municipaux et notre gouvernement pour protéger les pompiers qui nous protègent.
    Je remercie Tim et Jeff, le chef adjoint Rocco Volpe, du service d'incendie de Central York, le chef Bryan Burbridge, du service d'incendie de Richmond Hill, et tous les pompiers du Canada pour ce qu'ils accomplissent.

[Français]

Le championnait national de cheerleading

    Monsieur le Président, c'est en fin de semaine dernière qu'avait lieu le championnat national de cheerleading.
    Ce sont plus de 8 000 athlètes de partout au Canada qui se sont réunies à Niagara Falls pour se disputer le titre de meilleure équipe canadienne. En tant que fier parent d'une jeune athlète qui s'appelle Ophélie, je peux dire que la fierté était au rendez-vous.
    Chaque fois que j'ai la chance d'assister à ces compétitions, je suis impressionné par le talent et la détermination de ces athlètes qui repoussent leurs limites, surmontent les obstacles et parfois même les blessures. Réglées comme de véritables métronomes, leurs routines sont d'une qualité exceptionnelle.
    Je suis d'autant plus fier de pouvoir dire que l'équipe de ma fille, Furious Pack, a obtenu la troisième place au classement de la plus grande compétition de cheerleading au Canada. C'est sous la supervision de deux entraîneuses passionnées, Geneviève Laurin et Alex Côté, que l'équipe s'est dépassée.
    Je ne peux passer sous silence les performances exceptionnelles de la famille des Coyotes: le Feral Pack, le Cruel Pack et celui qui a d'ailleurs remporté le bronze au prestigieux Canadian Finals, le Savage Pack.
    Je dis bravo aux Coyotes. Nous sommes vraiment très fiers d'elles.

La Semaine nationale du tourisme

    Monsieur le Président, que ce soit le Parlement, le Musée des beaux-arts du Canada, le canal Rideau, le Festival canadien des tulipes ou même le quartier du Marché By, Ottawa, notre capitale nationale, est une destination incontournable pour les gens d'ici et d'ailleurs.

[Traduction]

    Le tourisme est l'un des principaux moteurs économiques d'Ottawa. Tourisme Ottawa a travaillé avec plus de 450 entreprises liées au tourisme pour faire connaître Ottawa et tous ses joyaux culturels.

[Français]

    En cette semaine nationale du tourisme, c'est l'occasion de célébrer l'économie touristique d'Ottawa qui emploie plus de 43 000 personnes et génère plus de 3 milliards de dollars par année pour notre région.

[Traduction]

    Le secteur touristique d'Ottawa crée de bons emplois, fait connaître différentes cultures et fait croître notre économie. L'an dernier, dans le cadre du Fonds d'aide au tourisme, les entreprises d'Ottawa—Vanier ont reçu près de 1 million de dollars pour les aider à croître et à lancer de nouvelles attractions.
    C'est pourquoi nous allons continuer d'y investir. Un secteur touristique florissant, c'est un Canada prospère.

Werner Schmidt

    Monsieur le Président, c'est le cœur lourd que je prends la parole pour annoncer le décès d'un ami cher, Werner Schmidt. Werner était un brillant éducateur, un ancien député fédéral, un politicien albertain et, surtout, un homme de foi et de famille apprécié. Au cours de ses 92 années de vie, Werner a toujours mis de l'avant les valeurs que sont l'intégrité et l'honnêteté. Il était déterminé à donner l'exemple et il a inspiré bon nombre d'entre nous.
    Ancien directeur d'école, Werner a été chef du Parti Crédit social de l'Alberta de 1973 à 1975. Membre fondateur du Parti réformiste du Canada, il a joué un rôle déterminant dans sa création en Colombie‑Britannique. Sa carrière politique s'est épanouie lorsqu'il est devenu député de Kelowna—Lake Country, fonction qu'il a occupée de 1993 à 2006. Il laisse dans le deuil sa remarquable épouse, Teena, ses fils, Allan et Dwayne, et leurs épouses, Lori et Cheryl, ainsi que ses petits-fils, Tyler et Wyatt.
    Que Werner repose en paix. Le Canada se porte mieux grâce à ses services distingués.

  (1405)  

Les relations entre le Canada et la Corée

    Monsieur le Président, j'aimerais vous remercier d'avoir été l'hôte, hier soir, d'un souper visant à accueillir chaleureusement une délégation de six députés du Parlement coréen dirigée par le Président de l'Assemblée nationale de Corée du Sud.
    Je crois que tous les députés conviendront que les relations entre le Canada et la Corée n'ont jamais été plus fortes. Ces dernières années, nos liens bilatéraux ont connu un regain marqué grâce à d'innombrables visites de chefs de gouvernement et de hauts dignitaires. En fait, la ministre de la Promotion des exportations, du Commerce international et du Développement économique partira bientôt pour une mission commerciale d'Équipe Canada en Corée.
    Compte tenu de nos profondes valeurs démocratiques communes, nos deux pays ont renforcé leur sécurité économique et leurs liens culturels afin de forger un partenariat fort, stable et prospère des deux côtés du Pacifique. Nos pays sont certainement plus forts en travaillant ensemble.

La Semaine nationale du tourisme

    Monsieur le Président, pendant la Semaine nationale du tourisme, nous soulignons les énormes retombées du tourisme sur toutes les régions de notre grand pays et, bien sûr, sur l'économie canadienne.
    Le gouvernement est là pour soutenir le secteur du tourisme avec, par exemple, le Fonds pour la croissance du tourisme, qui est offert à l'échelle du Canada. Le Niagara Tourism Network, l'organisme de marketing de destination de notre coin de pays, ne ménage aucun effort pour promouvoir la magnifique région de Niagara et tout ce qu'elle a à offrir à plus de 14 millions de visiteurs par année. Les 12 municipalités offrent une pléthore de joyaux à ne pas manquer: les chutes et les établissements vinicoles, les destinations culinaires, autochtones, historiques et riveraines, les plages de sable blanc, les sentiers récréatifs, la pêche et le tourisme sportifs, des centres commerciaux uniques, sans oublier des événements et des festivals.
    Niagara continue d'accueillir le monde à bras ouverts. Joyeuse Semaine nationale du tourisme!

La fusillade de 2020 en Nouvelle‑Écosse

    Monsieur le Président, Joy Bond, Peter Bond, Gina Goulet, Elizabeth Joanne Thomas, John Joseph Zahl, Corrie Ellison, Dawn Madsen, Frank Gulenchyn, Aaron Tuck, Emily Tuck, Jolene Oliver, Sean McLeod, Alanna Jenkins, Tom Bagley, Lisa McCully, l'agente Heidi Stevenson, Heather O'Brien, Kristen Beaton et son enfant à naître, Greg Blair, Jamie Blair, Joey Webber et Lillian Campbell Hyslop: ce sont les noms des 23 Canadiens qui ont été sauvagement assassinés les 18 et 19 avril 2020.
    Quatre ans se sont écoulés, et les blessures infligées au comté de Colchester, à l'ensemble de la Nouvelle‑Écosse et, en fait, au Canada tout entier n'ont pas encore guéri complètement. Nous devrions nous souvenir de ces noms. Ils étaient des amis, des collègues, des proches et des voisins.
    Qu'ils reposent en paix et qu'ils ne tombent jamais dans l'oubli.

Le maire de Dover

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à une personne vraiment fantastique de Bonavista—Burin—Trinity, Tony Keats, maire de la magnifique ville de Dover. M. Keats s'est récemment classé parmi les meilleurs candidats au World Mayor Award, un concours mondial des maires.
    Le prix World Mayor est attribué tous les deux ans, et l'événement est organisé par la City Mayors Foundation depuis 2004. Parmi les 25 candidats sélectionnés à travers le monde, le maire Keats était le seul Canadien à figurer sur la liste. Grâce à une campagne locale de votes, le maire Tony Keats a été l'un des quatre finalistes. Il s'est mérité le prix World Mayor Community pour l'année 2023. Une célébration a eu lieu à Dover le 8 avril dernier pour souligner sa victoire.
    M. Keats est un véritable défenseur de la ville de Dover, que les gens connaissent peut-être pour sa ligne de faille ou pour avoir été en vedette dans Come from Away. Il est très aimé de ses concitoyens et il incarne parfaitement la passion qu'éprouvent les politiciens locaux pour leur collectivité et l'influence positive qu'ils ont sur elle.
    Je demande aux députés de se joindre à moi pour féliciter le maire Tony Keats.

  (1410)  

Le budget de 2024

    Monsieur le Président, le budget de 2024 a été déposé. Les évaluations sont sorties, et je suis certain que les députés néo-démocrates et libéraux sont emballés. Voyons ce que les gens ont à dire.
    Bill Morneau, ex-ministre des Finances, a déclaré que certains aspects de ce budget « nuisent de toute évidence à notre objectif à long terme, c'est-à-dire la croissance de l’économie, la croissance de la productivité et les investissements ». Mais bon, ce n'est qu'un quelconque libéral.
    Écoutons ce que le NPD avait à dire; je suis certain que les néo-démocrates sont enthousiastes. Thomas Mulcair, ancien chef du NPD, a dit que « ce n'était pas suffisant », que c'était « un véritable coup de poing à beaucoup de petits commerçants, entrepreneurs et artisans » et que le budget ne ciblait pas « les super riches », mais bien « les Canadiens ordinaires ».
    Les conservateurs sont d'accord. Ce budget aurait dû être axé sur la croissance, mais il se veut plutôt une multiplication d'échecs, de hausses d'impôts et de dépenses. La bonne nouvelle, c'est que cela ne se passait pas ainsi avant le premier ministre et que cela ne se passera pas ainsi après lui. Les conservateurs sont pleins de gros bon sens et ont un plan plein de gros bon sens. Ramenons le gros bon sens chez nous.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, les Canadiens subissent les conséquences du programme laxiste du gouvernement à l'égard de la criminalité. Les voitures canadiennes sont devenues la cible du crime organisé. Au Canada, une voiture est volée toutes les six minutes et, depuis que le premier ministre est arrivé au pouvoir en 2015, les vols de voitures ont triplé dans les grandes villes du pays.
    La situation est si grave que le New York Times a décrit les rues canadiennes comme un paradis pour les voleurs de voitures. Les criminels sont enhardis par la politique de justice laxiste du gouvernement néo-démocrate—libéral. La Police provinciale de l'Ontario a confirmé que 68 % des voleurs de voitures condamnés passent moins de six mois en prison. Avec de telles peines, il n'est pas étonnant que les réseaux criminels concentrent leurs efforts sur les Canadiens.
    Le vol de voitures n'est pas un crime sans victime. Les gains réalisés au moyen de ces voitures volées financent directement la violence dans nos collectivités, notamment le trafic de stupéfiants et les homicides. Les conservateurs pleins de gros bon sens ont le seul plan qui permettra de faire échec à la criminalité, au chaos et à la corruption qui sévissent dans nos rues. Il est temps de punir sévèrement les récidivistes violents et d'assurer la sécurité de nos frontières.

Le don d'organes

    Monsieur le Président, alors que les célébrations du Mois du patrimoine sikh se poursuivent pendant tout le mois d'avril, le stade BC Place était bondé pour la soirée du Vaisakhi, où les gens ont pu assister à d'excellentes prestations du chanteur Juggy Bajwa, interprète de l'hymne national, et du légendaire chanteur Jazzy B, et où, enfin, les Whitecaps ont battu le Toronto FC par la marque de 4 à 0.
    Avant le match, j'ai eu l'occasion de participer à un message de lancement avec Carl Valentine, une légende des Whitecaps, et Malia et Noah Kumar, de jeunes héros, pour encourager les partisans à s'inscrire comme donneurs d'organes.
    Malia et Noah ont été choisis comme jeunes capitaines des Whitecaps en raison de leur travail de sensibilisation au don d'organes en collaboration avec BC Transplant en mémoire de leur mère et d'Anju, une travailleuse de la santé et une amie chère qui a sauvé huit vies en faisant don de ses organes.
    Comme je fais partie des milliers de Canadiens qui ont eu la chance d'avoir accès à d'excellents soins médicaux et à un donneur, j'encourage tous les Canadiens à en apprendre davantage sur le don d'organes et à sensibiliser leurs amis et leur famille à ce sujet.
    Je souhaite que la Chambre se joigne à moi pour souligner les efforts de BC Transplant, de la famille Kumar, des Whitecaps de Vancouver et de tous les bénévoles et employés qui ont travaillé en collaboration. Ensemble, nous pouvons bâtir des collectivités plus saines et sauver des vies.

Le Réseau de coordination des conseils

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour offrir mes sincères félicitations aux membres du Réseau de coordination des conseils provinciaux et régionaux pour la coopération internationale. Ils célèbrent un jalon important, soit celui de leurs 50 ans d'existence.
    Le réseau est une coalition de huit conseils provinciaux et régionaux. Il représente des centaines d'organisations canadiennes dans toutes les régions et toutes les provinces. Le premier conseil a été formé dans ma province, l'Alberta. Il s'agit de l'Alberta Council for Global Cooperation, qui a commencé à mobiliser les Canadiens et à appuyer les activités de développement international en 1973.
    Les conseils du Manitoba et de la Saskatchewan ont commencé leurs travaux un an plus tard, et ceux du Québec, de l'Ontario, de l'Atlantique, de la Colombie‑Britannique et du Nord ont suivi.
    Ces organisations sont au cœur des efforts de développement international des Canadiens, mobilisant ces derniers grâce à des initiatives novatrices et améliorant les principes de développement. Nous sommes tous très reconnaissants et fiers du travail qu'ils font pour les Canadiens.

  (1415)  

[Français]

Guy Rocher

    Monsieur le Président, samedi prochain, Guy Rocher, un des grands penseurs de la Révolution tranquille et, emblématiquement, si on tient compte de son parcours personnel, de la laïcité québécoise, célébrera son 100e anniversaire. Ce siècle de sagesse doit être célébré.
    Il est l'un des piliers trop peu connus de notre système d’éducation par son rôle central dans la mystique commission Parent et dans la création de la plus grande université du Québec et du Canada, le réseau des universités du Québec et de l’extraordinaire réseau des cégeps, uniques au Québec.
    Diplômé de l'Université Laval, de l'Université de Montréal et de l'Université Harvard, le sociologue du Québec, comme l’aura appelé son biographe, Pierre Duchesne, a été le premier à comprendre que la modernisation de notre système d’éducation était impossible sans sa laïcisation. Il a peut-être même été le premier à si bien comprendre le Québec.
    En souhaitant à M. Guy Rocher un joyeux centenaire, ce que je compte faire en personne ce soir, sachons nous inspirer de sa calme ténacité. Pour M. Rocher, 100 ans, c’est jeune.

[Traduction]

Le budget

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts. Cette année, les Canadiens dépenseront plus de 46 milliards de dollars pour le service de la dette du premier ministre, mais la coûteuse coalition du premier ministre ne s'arrête pas là. Le 1er avril, le gouvernement néo-démocrate—libéral a augmenté la taxe fédérale sur le carbone de 23 %. Cette hausse a une incidence sur le coût de la vie de tous les Canadiens, notamment à cause de la hausse importante du prix de l'essence. Le premier ministre n'en vaut tout simplement pas le coût.
    Il n'y a pas que des libéraux comme David Dodge et Bill Morneau qui pensent que les dépenses du premier ministre sont hors de contrôle. L'ancien ministre des Finances John Manley a déclaré que les dépenses gonflent l'inflation et les taux d'intérêt.
    Les conservateurs tiendront un vote de défiance contre le budget, à moins que les libéraux ne limitent les dépenses en appliquant la règle d'un dollar pour un dollar afin de réduire l'inflation et les taux d'intérêt. Pour chaque nouveau dollar dépensé, le gouvernement doit trouver un dollar d'économie, et il doit immédiatement adopter le projet de loi C‑234, dans sa forme originale, pour abolir la taxe imposée aux agriculteurs et aux aliments.

Wally Firth

    Monsieur le Président, Wally Firth, qui a été mon prédécesseur à la Chambre et le premier député autochtone des Territoires du Nord‑Ouest, est décédé le mois dernier à 89 ans. Il a été député néo-démocrate des Territoires du Nord‑Ouest de 1972 à 1979. Il a également été l'un des premiers gestionnaires autochtones de la Compagnie de la Baie d'Hudson, l'un des premiers pilotes professionnels autochtones du Nord, ainsi qu'animateur de radio et journaliste à CBC North.
    M. Firth militait ardemment contre la pauvreté et les injustices dont les Autochtones sont victimes. Il a également poussé le gouvernement fédéral à négocier des accords modernes sur des revendications territoriales avec les Dénés et les Inuits. Je trouve intéressant de noter que, 50 ans plus tard, nous poursuivons toujours ces mêmes objectifs.
    J'ai eu une conversation avec Wally avant son décès. Il m'a parlé de ces enjeux et nous avons échangé les dernières nouvelles au sujet d'amis et de membres de la famille. On se souviendra de lui comme d'un pionnier. C'était un homme humble, qui savait écouter, qui était passionné de musique et qui adorait jouer des airs traditionnels au violon.
     Mahsi cho, monsieur le Président.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Traduction]

La justice

    Monsieur le Président, après neuf ans du gouvernement libéral—néo-démocrate et de politiques laxistes en matière de criminalité, le système de justice pénale du Canada ne fonctionne plus et les Canadiens ne se sentent pas en sécurité dans leurs quartiers. Nous apprenons aujourd'hui que des gens ont commis le plus grand vol de l'histoire du pays en se sauvant avec un chargement d'or d'une valeur de 20 millions de dollars, et que plusieurs suspects liés à des gangs et au trafic d'armes à feu sont déjà en liberté sous caution, 24 heures plus tard.
    Pourquoi le gouvernement pense-t-il que les gangsters qui volent des millions de dollars méritent d'être remis en liberté?
    Monsieur le Président, je signale à la députée d'en face et aux autres députés que la Chambre a adopté d'importantes mesures législatives pour réformer le cautionnement avec la collaboration des premiers ministres provinciaux et des responsables de l'application de la loi de l'ensemble du pays.
    Je signale également à la députée d'en face que je partage ses préoccupations au sujet du crime organisé, à tel point que le projet de loi d'exécution du budget contient des mesures pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement de la criminalité. J'espère sincèrement que la députée et tous ses collègues appuieront cet aspect de notre projet de loi et nous aideront à lutter contre le crime organisé et le blanchiment d'argent.
     Des voix: Oh, oh!

  (1420)  

    Avant de poursuivre la période des questions et de passer à la prochaine question de la députée de Thornhill, je demanderais aux députés de Miramichi—Grand Lake et de Dufferin—Caledon d'attendre leur tour avant de prendre la parole.
    La députée de Thornhill a la parole.
    Monsieur le Président, les choses n'ont pas fonctionné parce que les libéraux pensent que ces criminels doivent être remis en liberté. Ils ont d'ailleurs fait adopter les projets de loi qui ont rendu cela possible. C'est leur faute si des trafiquants d'armes et des gangsters qui volent des millions de dollars de lingots d'or sont remis en liberté.
    Le premier ministre a-t-il reçu une petite pépite d'or de ces criminels pour faire adopter son projet de loi de capture et de remise en liberté, c'est-à-dire le projet de loi C‑75? Quand le gouvernement va-t-il enfin annuler ces politiques, protéger les collectivités et garder les criminels en prison, comme il se doit?
    Monsieur le Président, nous sommes fermement résolus à assurer la sécurité des collectivités. Au cours des 18 derniers mois, nous avons fait adopter des mesures législatives qui s'attaquent aux causes profondes de la criminalité. Au cours des 18 derniers mois, nous avons fait en sorte que la réforme du cautionnement vise les délinquants violents et dangereux. Nous avions l'appui des forces de l'ordre de tout le pays. L'autre question dont les responsables de l'application de la loi nous ont parlé, à mon collègue le ministre de la Sécurité publique et à moi, c'est le besoin criant de lutter contre le crime organisé au Canada.
    Les fois précédentes où des projets de loi de cette nature ont été présentés à la Chambre, les conservateurs ont voté contre. Voici maintenant qu'ils ont une occasion de se racheter, mais ils ont déjà annoncé qu'ils ne nous aideront pas à sévir contre le blanchiment d'argent et le crime organisé.

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, ces criminels sont mis en liberté sous caution en moins de 24 heures.
    L'incompétence des libéraux va au-delà du système de justice pénale. En ce moment, les Ontariens ont presque besoin d'une pépite d'or pour acheter de l'essence. Neuf ans après l'arrivée au pouvoir du premier ministre, sa taxe sur le carbone fait aujourd'hui grimper le prix de l'essence de 14 ¢ le litre.
     S'il refuse de déclencher des élections sous le thème de la taxe sur le carbone, le premier ministre entend-il mettre ses hausses punitives en veille pendant l'été pour que les Canadiens puissent partir sur la route ou plutôt rendre service à tout le monde au pays en partant en voyage pour toujours, de façon à ce que les Canadiens aient les moyens de vivre?
    Monsieur le Président, grâce à la Remise sur le carbone, huit familles sur dix reçoivent plus d'argent qu'ils n'en ont payé au titre de la tarification du carbone. En effet, tous les revenus issus de la tarification sur le carbone sont retournés aux Canadiens. Les familles nanties mettent davantage la main à la poche pour que les ménages à faible revenu et ceux de la classe moyenne touchent une remise plus généreuse. Grâce à la remise sur le carbone, huit familles sur dix reçoivent plus d'argent en retour que ce que leur a coûté la tarification du carbone.
    En outre, ces mesures contribuent évidemment à la lutte contre la pollution et les coûteuses conséquences des changements climatiques.

[Français]

L'économie

    Monsieur le Président, après neuf ans sous ce premier ministre, le coût de la vie a atteint un degré vraiment inquiétant, les banques alimentaires sont plus fréquentées que jamais, les criminels vivent dans l'impunité totale et les logements abordables se font tellement rares que les Québécois sont obligés de vivre dans un motel.
    Les Canadiens qui n'arrivent plus à se loger ni même à se nourrir, c'est la réalité d'aujourd'hui. Ce premier ministre n'en vaut simplement pas le coût.
    Peut-il montrer un peu d'empathie envers les Canadiens ou va-t-il continuer d'empirer leurs conditions de vie?
    Monsieur le Président, un, deux, trois, quatre, cinq, six; six, c'est le nombre de logements abordables créés par le chef conservateur alors qu'il était ministre responsable du logement, et ce, durant tout son mandat et partout au pays. Il est difficile de parler d'empathie quand on pense au chef conservateur qui a créé six logements abordables, soit un pour six millions de Canadiens, durant tout son mandat.
    Dans la seule circonscription de ma collègue, il y en a eu 170 de créés dans les dernières semaines.
    Monsieur le Président, je vais lui en donner un chiffre: neuf. Neuf ans de ce gouvernement libéral, c'est neuf ans de politiques inflationnistes, neuf ans de gaspillage d'argent des Canadiens, neuf ans d'imprudence et d'insouciance envers eux. C'est de l'argent partout sauf dans les poches des Canadiens. C'est des criminels partout sauf en prison. C'est des coûts de loyer abordables partout sauf au Canada. Pourquoi y a-t-il tant d'échecs? La réponse est aussi simple que criante. C'est à cause de ce premier ministre qui n'en vaut pas le coût.
    Va-t-il mettre fin au désordre budgétaire et penser un peu plus aux Canadiens qui n'arrivent même pas à se loger à cause de lui?

  (1425)  

    Monsieur le Président, ma collègue parle de logement abordable. Six logements abordables ont été construits durant tout le mandat du chef conservateur lorsqu'il était ministre responsable du logement. C'était durant tout son mandat et pour tout le pays.
    Dans sa seule circonscription, 173 logements abordables ont été créés par les municipalités avec l'aide financière du gouvernement canadien. Pourtant, son chef, qui n'a construit que six logements, continue à insulter les municipalités du Québec en les traitant d'incompétentes. Dans sa circonscription, 173 logements abordables ont été construits.
    Des voix: Oh, oh!
    Encore une fois, j'invite les députés à ne pas prendre la parole lorsque la présidence ne leur a pas donné la parole. Je fais référence à mon ami et cher collègue de Portneuf—Jacques-Cartier.
    L'honorable député de La Prairie a la parole.

Le budget

    Monsieur le Président, le budget du premier ministre est un budget de menaces. Le premier ministre menace les provinces de leur couper l'argent du logement si elles n'acceptent pas les conditions fédérales. Il menace aussi les villes de couper l'argent du transport en commun si elles n'acceptent pas de se faire dicter par lui leurs règles de zonage. C'est drôle, c'est exactement les mêmes menaces proposées par le chef conservateur.
    Les Canadiens avaient déjà un petit boss au fédéral qui veut tout décider sans proposer de vraies solutions; depuis le budget, ils en ont un deuxième. Quant aux Québécois, nous sommes pognés devant une coalition « libéralo-conservatrice ».
    Avons-nous besoin de ça?
    Monsieur le Président, le Bloc québécois nous dit que le logement est important. Ça tombe bien, c'est dans le budget. Il nous dit qu'aider les jeunes, c'est important. Ça aussi, ça tombe bien, parce que c'est également dans le budget. Les aînés, pour le Bloc québécois, sont tout aussi importants. Eh bien, c'est aussi dans le budget, sauf que les bloquistes vont faire comme leurs collègues conservateurs, leurs grands amis, et vont voter contre le budget.
    Il serait temps que les bottines suivent les babines.
    Monsieur le Président, l'ultime menace de ce budget, c'est son électoralisme. La priorité des libéraux, ce n'est pas le logement, c'est leur réélection. Les chiffres sont têtus. Si leur priorité était le logement, il n'aurait pas budgété 97 % du milliard de dollars consacré à accélérer la construction d'appartements seulement après les élections. Il n'aurait pas non plus budgété 91 % du nouveau fonds canadien pour les infrastructures liées au logement seulement après les élections. Si leur priorité était le logement, il verserait l'argent maintenant, pas après les élections.
    N'est-ce pas leur façon de dire que si on ne vote pas libéral, on n'aura pas une cenne?
    Monsieur le Président, notre collègue a tout à fait raison, ce n'est pas après, c'est maintenant que ça se passe. Ce sont 8 000 logements au Québec qui sont construits en raison du partenariat exceptionnel entre le gouvernement canadien et le gouvernement québécois. En effet, 8 000 logements abordables, c'est le plus grand nombre de logements abordables construits dans l'histoire du Québec en raison de la collaboration extraordinaire entre le gouvernement canadien et le gouvernement québécois.
    Le seul problème, c'est que c'est une très mauvaise nouvelle pour le Bloc québécois.

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, les libéraux n'ont pas le courage de renverser les énormes cadeaux donnés aux grandes entreprises par les conservateurs, mais supprimer 5 000 postes dans la fonction publique, ça, ça ne les gêne pas. Moins d'employés, c'est moins de services à la population. Comme les conservateurs, les libéraux coupent dans les services, mais ils sont vites sur la gâchette pour donner des milliards de dollars à des sous-traitants incompétents. On n'a qu'à regarder ArriveCAN.
    J'ai une question simple. Pourquoi ne pas garder les services publics en se débarrassant des sous-traitants qui coûtent un bras et qui ne font pas la job?
    Monsieur le Président, nous continuons d'être responsables en ce qui concerne les services publics, surtout avec l'approvisionnement, mais aussi avec notre fonction publique. Par exemple, dans le budget de 2024, on parle d'attrition naturelle dans la fonction publique.
    Nous continuons toutefois d'avoir des consultations avec la fonction publique et avec les syndicats. Nous savons que la fonction publique est là pour nous et nous continuerons d'être là pour elle.

  (1430)  

[Traduction]

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, des documents ont révélé que le gouvernement ne faisait pas le suivi du nombre d'emplois créés par les milliards de dollars qu'il verse en subventions aux entreprises. Alors que les Canadiens peinent à payer le loyer et l'épicerie, les libéraux, comme les conservateurs avant eux, envoient chaque année des milliards de dollars aux grandes entreprises sans rien exiger en retour. Déjà que les libéraux n'exigent pas des entreprises qu'elles paient leur juste part, il est scandaleux qu'ils leur donnent en plus de l'argent sans condition.
    Pourquoi les libéraux accordent-ils, sur le dos des Canadiens, un traitement de faveur à ces entreprises?
    Monsieur le Président, je suis très heureux que, le lendemain de la présentation du budget, mon collègue me donne l'occasion de parler des excellents investissements que nous attirons au Canada. Par exemple, l'année dernière, le Canada est arrivé troisième au monde, et premier au classement par habitant, pour ce qui est d'attirer des investissements étrangers. Je pense à l'investissement de Northvolt, au Québec, qui est le troisième investissement privé en importance de l'histoire de la province. Je peux aussi parler de Volkswagen, à St. Thomas. Cet investissement transformera toute la région. Nous créons des emplois. Nous créons de la prospérité. Nous créons des débouchés pour les prochaines générations. Il y a aussi l'investissement de Northstar, à Windsor.
    Nous allons nous battre chaque jour pour les Canadiens.
    Certains députés ont déjà indiqué dans le passé qu'ils étaient préoccupés par le bruit et le fait que des collègues interviennent sans que ce soit leur tour de parler.
    Faisons tous preuve de retenue afin de pouvoir entendre la question, ainsi que la réponse à la question du député de Foothills.

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, après neuf ans, les agriculteurs canadiens savent que le premier ministre n'en vaut pas le coût. Ces dernières semaines, j'ai reçu des dizaines de lettres représentant des dizaines de milliers de familles d'agriculteurs de partout au pays. Il s'agit de producteurs de grain, d'éleveurs, de producteurs de champignons, de producteurs de fruits et de légumes, ainsi que de premiers ministres et de ministres de l'Agriculture provinciaux.
    Ils sont unanimes. Afin d'assurer la durabilité de la production alimentaire au Canada, ils ont besoin que la coalition néo‑démocrate—libérale de la taxe sur le carbone annule la hausse de 23 % de la taxe sur le carbone et qu’elle adopte le projet de loi C‑234 dans sa forme initiale.
    Le premier ministre va-t-il assurer l'abordabilité des aliments et de l'agriculture en adoptant le projet de loi C‑234 dans sa forme initiale?
    Monsieur le Président, bien entendu, le budget contient de bonnes nouvelles, non seulement pour les Canadiens, mais aussi pour les agriculteurs de partout au pays. Par exemple, nous bonifions le report d’impôt relativement au bétail, un gros avantage lorsque les éleveurs subissent les contrecoups du climat, ainsi que la partie sans intérêt des prêts du Programme de paiements anticipés, qui s'élève à 250 000 $.
    Toutes ces mesures et bien d'autres sont vraiment importantes pour faire en sorte que les agriculteurs et les éleveurs restent à l'avant-garde.
    Monsieur le Président, je ne suis pas certain que ce soit une bonne nouvelle quand, après neuf ans sous la direction du premier ministre, le recours aux banques alimentaires atteint des sommets inégalés et le nombre de Canadiens qui n'ont pas les moyens de nourrir leur famille ne cesse d'augmenter.
    À l'Île‑du‑Prince‑Édouard, la banque alimentaire Caring Cupboard peine à garder ses portes ouvertes. La demande a augmenté de 70 %. Ces gens habitent dans la circonscription du ministre de l’Agriculture, mais quelle est sa réponse? Il hausse la taxe sur le carbone de 23 %, ce qui augmentera encore plus le coût des aliments.
    Pourquoi le premier ministre ne fait-il pas en sorte que l'agriculture et les aliments soient plus abordables et n'adopte-t-il pas le projet de loi C‑234 dans sa forme originale?
    Monsieur le Président, je suis un peu surpris de me faire poser cette question par le député, qui s'intéresse beaucoup à l'agriculture.
    C'est simple, lorsque les conservateurs étaient au pouvoir, ils ont sabré un demi-milliard de dollars dans l'agriculture et l'agroalimentaire et 200 millions de dollars dans les programmes de gestion des risques de l'entreprise. Or, ces investissements sont très importants quand les agriculteurs traversent une période difficile. Nous avons rétabli ce financement et nous allons continuer d'appuyer les agriculteurs et les éleveurs d'un océan à l'autre.
    Monsieur le Président, hier soir, gagnés par la panique, les Ontariens ont fait la queue à la pompe parce que le prix de l'essence allait grimper à 1,80 $ le litre — un sommet en deux ans. Pour chaque litre d'essence, 18 ¢ sont attribuables à la taxe sur le carbone du premier ministre néo-démocrate—libéral. Lorsque la coûteuse coalition aura fait son œuvre, la taxe sur le carbone aura quadruplé et atteint 61 ¢ le litre.
    Après neuf ans et avec le prix du plein d'essence qui augmente de 10 $ du jour au lendemain, le premier ministre n'en vaut pas le coût. Pourquoi ne pas annuler la taxe sur le carbone sur l'essence cet été, pour que les Canadiens puissent au moins jouir d'une escapade sur la route, comme dans le bon vieux temps?

  (1435)  

    Monsieur le Président, lorsque les conservateurs attribuent la crise du coût de la vie à la tarification du carbone et à d'autres stratégies éprouvées pour réduire les émissions, ils ne font que servir la cupidité des cadres des grandes chaînes alimentaires et des sociétés gazières et pétrolières.
    Il n'y a pas de remise sur la taxe provinciale sur l'essence que Danielle Smith a augmentée en Alberta le 1er avril. Il n'y a pas de remise sur le supplément d'été pour le carburant ou en réponse aux profits excessifs des grandes pétrolières. La Remise canadienne sur le carbone, quant à elle, est un incitatif à consommer un peu moins en échange de quatre remboursements libres d'impôt par année.
    Les conservateurs n'ont pas de plan pour favoriser l'abordabilité ni pour protéger l'environnement. Ils font toujours passer l'avidité de leurs maîtres du secteur pétrolier et gazier avant les besoins des Canadiens ordinaires.
    Monsieur le Président, si le député a autant confiance dans la taxe sur le carbone, je le mets au défi de convaincre le premier ministre de déclencher des élections.
    La hausse a provoqué la panique et de longues files d'attente dans les stations-service de Barrie—Innisfil, hier soir. Le magasin Costco a connu une telle affluence que des voitures faisaient la queue sur la promenade Mapleview, gênant la circulation.
    Le gouvernement néo-démocrate—libéral prévoit de quadrupler la taxe sur carbone pour la porter à 61 ¢ le litre. Les files d'attente et la panique observées partout au pays montrent qu'après neuf ans, les Canadiens n'ont plus les moyens de financer cette coûteuse coalition. Pourquoi le gouvernement n'accepte-t-il pas la réalité et n'abolit-il pas la taxe sur le carbone pour que les Canadiens arrivent à joindre les deux bouts?
    Monsieur le Président, il y a eu des élections sur la taxe sur le carbone. En fait, il y en a eu trois. Nous les avons toutes remportées.
    Lors des dernières élections, les conservateurs ont fait campagne sur une promesse avec Erin O'Toole. Les députés se souviennent-ils de son petit subterfuge selon lequel il se souciait de l'environnement pour une fois? Soudainement, les conservateurs se préoccupaient des changements climatiques et ils comptaient recourir à la tarification du carbone pour réduire les émissions. Ils ont perdu, mais ils ont tous fait campagne en promettant de tarifer le carbone. Cependant, quand un autre député, la marionnette des pétrolières de Carleton, est entré en jeu comme nouveau chef des conservateurs...
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre.
    Chers collègues, nous pouvons être tranchants, nous pouvons montrer notre passion et nous pouvons faire bien des choses. Toutefois, nous devons toujours veiller à bien nous comporter et à nous adresser les uns aux autres avec politesse. Le secrétaire parlementaire le sait. Je lui demande de retirer cette partie de son intervention et de terminer sa réponse.
    Monsieur le Président, les conservateurs peuvent bien critiquer, mais ils ont fait campagne en promettant une tarification du carbone. En luttant contre cette mesure maintenant, ils manquent d'intégrité.
    J'ai demandé au secrétaire parlementaire de retirer cette partie de sa déclaration afin de maintenir un ton poli à la Chambre.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Monsieur le Président, je m'excuse d'avoir légèrement perturbé les délibérations. Il semble que les conservateurs...
    Des voix: Oh, oh!
    Le député s'est excusé d'avoir perturbé les délibérations à la Chambre.
    La députée d'Hastings—Lennox and Addington a la parole.
    Monsieur le Président, avant l'arrivée au pouvoir du gouvernement, les voyages en voiture étaient des vacances types pour de nombreuses familles canadiennes. Cependant, en Ontario, le prix de l'essence a explosé du jour au lendemain. Il frôle 1,80 $. C'est le prix le plus élevé en deux ans.
    La taxe sur le carbone du premier ministre libéral—néo-démocrate s'élève maintenant à 18 ¢ le litre pour l'essence, et quand il aura multiplié la taxe sur le carbone par quatre, ce montant sera encore plus élevé. Après neuf ans, les Canadiens sont convaincus que le premier ministre n'en vaut pas le coût.
    Le premier ministre soustraira-t-il l'essence à la taxe sur le carbone cet été pour que les Canadiens puissent se permettre de prendre des vacances en famille?

  (1440)  

    Monsieur le Président, apportons un peu de rationalité à cette conversation et revenons-en aux faits.
    Selon Dan McTeague, le président du groupe de pression Canadians for Affordable Energy, au cours des dernières années, le passage au carburant d'été a généralement entraîné une augmentation d'environ 6 à 10 ¢ le litre. Il a dit que, par temps chaud, les raffineries doivent faire ce changement pour que le carburant soit plus stable.
    Il y a une bonne nouvelle: d'ici vendredi, les prix baisseront d'environ 5 ¢; d'ici septembre, ils seront encore plus bas. Cela n'a rien à voir avec la tarification de la pollution et tout à voir avec les envolées rhétoriques des conservateurs.
    Monsieur le Président, les libéraux sont complètement déconnectés de la réalité.
    Alors que les Canadiens sont aux prises avec l'endettement, le chaos, des situations pénibles et le stress, les décisions stratégiques du gouvernement libéral—néo-démocrate contribuent directement à leurs souffrances.
    La réalité, c'est que le budget des ménages a diminué, et les vacances en famille sont, pour beaucoup, une chose du passé. Ce matin, l'essence coûtait 1,80 $ le litre.
    Le premier ministre annulera-t-il la taxe sur le carbone et partira-t-il en vacances pour de bon afin que les Canadiens aient les moyens de s'offrir un petit voyage en voiture l'été?
    Monsieur le Président, chaque année, c'est la même histoire: on passe de l'essence d'hiver à l'essence d'été. C'est nécessaire pour que le carburant demeure stable dans nos véhicules.
    Voici ce qu'en dit Dan McTeague: « L'ingrédient le plus important, ce sont les alkylats, et ceux-ci sont extrêmement dispendieux » en ce moment. Toutefois, M. McTeague a ajouté: « [...] la bonne nouvelle, c'est qu'on observera une baisse de cinq cents le litre dans les stations-service d'ici vendredi. »
    Nous luttons contre les changements climatiques. Cela n'a rien à voir. Les conservateurs racontent carrément des histoires pour faire peur aux gens. Pour notre part, nous avons à cœur l'intérêt des Canadiens d'un océan à l'autre.

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, à la page 83 du budget de 2024, on peut lire ceci: « Élargir l’accès aux prêts hypothécaires islamiques ».
    Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fédéral réfléchit aux prêts hypothécaires conformes à la charia. En 2009, la SCHL avait commandé une étude sur la question.
    La réaction du Congrès musulman canadien, à l’époque, avait été claire. Je cite son fondateur, Tarek Fatah: « Cela cible des musulmans vulnérables et marginalisés, à qui l’on dit que, s’ils font affaire avec des non-musulmans, ils iront en enfer. »
    Ma question est simple. À qui s’adresse cette mesure exactement?
    Monsieur le Président, il s’agit d’un outil financier qui n’est absolument pas proposé par le gouvernement, mais qui existe.
    Ce que nous avons dit, c’est que nous allons nous pencher sur cette question pour nous assurer que c'est fait dans les règles de l'art, sans plus.
    Monsieur le Président, mardi, le lieutenant du Québec nous faisait la leçon: le Canada est un pays laïc, nous sommes attachés à la laïcité nous autres aussi, nous sommes Québécois, ils cherchent juste la chicane. On connaît la rengaine.
    Si les libéraux sont tant pour la laïcité que ça, peut-on savoir pourquoi ils veulent déplacer la date des élections pour une fête religieuse et pourquoi ils veulent introduire des éléments de la charia dans les règles hypothécaires de ce pays supposément laïc?
    Monsieur le Président, encore une fois, il s’agit d’un outil financier qui n’est absolument pas proposé par notre gouvernement. Nous nous intéressons au produit. Nous voulons savoir s’il est juste, s’il répond aux règles.
    Nous allons simplement nous pencher sur cette question, mais il n’y a aucune intention de notre gouvernement de l’appuyer. Nous voulons juste nous assurer que c’est juste.
    Monsieur le Président, il faudra m'expliquer pourquoi ils ont mis ça dans le budget. Je ne comprends pas trop.
    En tout cas, chose certaine, on assiste ici à un choc des valeurs. Alors que le ministre de la Justice entend financer avec l’argent des Québécois la contestation de la loi québécoise sur la laïcité de l’État, les libéraux songent à intégrer davantage de religion dans les lois canadiennes.
    Je cite encore Tarek Fatah, fondateur du Congrès musulman canadien, sur les hypothèques islamiques: « Nous voyons cela comme le front financier du mouvement islamiste. » Ce sont des mots graves.
    Le gouvernement va-t-il reconnaître qu’il ne défend pas la laïcité, mais plutôt qu’il met de plus en plus de religion dans les affaires de l’État?

  (1445)  

    Monsieur le Président, encore une fois, on parle d’outils financiers qui sont disponibles sur le marché. Ce n’est d’aucune façon un produit qui est proposé par notre gouvernement.
    Nous voulons nous assurer que ce produit financier, qui est sur le marché, ne présente pas des abus.

[Traduction]

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, après neuf ans sous la gouverne du premier ministre néo-démocrate—libéral, il n'en vaut pas le coût ni la corruption liée à son application ArnaqueCAN de 60 millions de dollars. Hier, l'escroc préféré du premier ministre a dit à la Chambre qu'étant donné son propre rôle dans ce dernier scandale, sa maison avait fait l'objet d'une descente de la GRC, mais il a également dit à la Chambre que le gouvernement néo-démocrate—libéral n'avait pas demandé qu'on lui rembourse le moindre sou des gains mal acquis.
    La Chambre a ordonné de recouvrer les sommes en cause. Pourquoi le premier ministre ne s'est-il pas exécuté? Quand les Canadiens récupéreront-ils leur argent?
    Monsieur le Président, comme mon collègue le sait, l'Agence des services frontaliers du Canada mène des audits internes. La GRC étudie cette affaire. La vérificatrice générale a produit un rapport, et nous avons accepté ses recommandations. Mon collègue chargé des services publics et de l'approvisionnement a modifié de nombreuses règles entourant ce type de contrats.
    De plus, nous disons depuis le début que quiconque a abusé de l'argent des contribuables en subira les conséquences. Le gouvernement cherchera toujours à récupérer l'argent des contribuables qui a été dépensé de façon inappropriée.
    Monsieur le Président, je suis heureux d'apprendre que le plus récent candidat à la direction du Parti libéral souhaite que les Canadiens récupèrent leur argent, car l'actuel premier ministre a jusqu'à présent refusé d'agir en ce sens. C'est ce que nous a dit hier le représentant de GC Strategies, après nous avoir expliqué que sa maison avait été perquisitionnée en raison du rôle qu'il joue dans le dernier scandale du premier ministre, mais que le premier ministre n'avait toujours pas recouvré l'argent des Canadiens.
    Nous voulons simplement savoir, puisque la Chambre l'a ordonné, quand le premier ministre et la prochaine personne qui auditionne pour son poste feront le nécessaire. Quand les Canadiens récupéreront-ils leur argent?
    Monsieur le Président, le député sait qu'une série d'audits internes sont en cours dans ce dossier. Il a fait référence à la GRC, qui est également saisie d'un grand nombre de questions en cause. Elle a d'ailleurs pris, hier, des mesures qui ont été mentionnées à la Chambre. Le député devrait avoir une certaine confiance que les individus qui ont gaspillé l'argent des contribuables en subiront les conséquences. Si on a perdu la trace de fonds publics ou que ceux-ci ont été mal gérés, le gouvernement cherchera bien sûr à les récupérer.

[Français]

    Monsieur le Président, le premier ministre et ses alliés du Bloc québécois devraient avoir honte d'avoir voté en faveur de l'octroi de millions de dollars supplémentaires pour ArriveCan, une décision qui a rendu les propriétaires de GC Strategies multimillionnaires.
    Kristian Firth, dirigeant principal de GC Strategies, a déclaré hier que le premier ministre n'a fait aucune démarche pour récupérer l'argent gaspillé pour son application ArriveCan. ArriveCan a coûté 60 millions de dollars.
    Hier, le premier ministre a ordonné à ses troupes de ne pas poser de questions et de ne pas demander de remboursement à GC Strategies.
    Le temps passe. Quand le premier ministre rendra-t-il aux Canadiens l'argent gaspillé pour ArriveCan?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit à notre collègue auparavant, il sait très bien que des enquêtes sont en cours, y compris de la GRC. Il y a des vérifications internes qui sont aussi en cours. Mon collègue le ministre des Services publics et de l'Approvisionnement a changé certaines règles à la suite du rapport de la vérificatrice générale.
    Aussi, nous avons toujours dit que n'importe qui qui a abusé de l'argent des contribuables devra faire face aux conséquences. Évidemment, le gouvernement va entamer les processus nécessaires pour recouvrer ces fonds.

[Traduction]

L'industrie pétrolière et gazière

    Monsieur le Président, en se réveillant ce matin, les Ontariens se sont rendu compte qu'ils ont été victimes de la cupidité des grandes sociétés pétrolières et gazières, puisque le prix de l'essence à la pompe avait bondi de 14 ¢, pour atteindre 1,80 $. Le gouvernement libéral a presque trouvé le courage d'imposer les profits des sociétés pétrolières et gazières, mais il a abdiqué lorsque les lobbyistes lui ont dit de ne pas le faire.
    Nous savons que les libéraux et les conservateurs protégeront toujours les profits records des sociétés pétrolières et gazières. Quand le gouvernement libéral aura-t-il enfin le courage de dire non aux lobbyistes afin de défendre les intérêts des travailleurs canadiens?
    Monsieur le Président, j'ai l'habitude de dire aux conservateurs que nous n'avons pas de leçons à recevoir de leur part, mais cette fois-ci, c'est aux néo-démocrates que je vais le dire.
    Les Canadiens qui nous regardent chez eux savent que nous nous battons pour eux tous les jours. Tous les députés de ce côté-ci de la Chambre se lèvent le matin afin de travailler pour les Canadiens et d'améliorer leur sort. Pour stabiliser les prix, nous avons apporté la plus vaste réforme au pays en matière de concurrence. Nous devrions tous en être fiers, car il s'agit de la mesure la plus importante pour aider les Canadiens, non seulement pour la génération actuelle, mais pour les générations à venir.

  (1450)  

    Monsieur le Président, alors que les feux de forêt ravagent des collectivités canadiennes, le besoin de sources d'énergie propres et durables est plus grand que jamais. Pourtant, les libéraux continuent de se ranger du côté de l'industrie pétrolière et gazière et tardent à appliquer un plafonnement strict des émissions pour les grands pollueurs. Les conservateurs, eux, se contentent de laisser la planète brûler.
    Les néo-démocrates savent que des mesures immédiates doivent être prises pour lutter contre la crise climatique. Pourquoi les libéraux continuent-ils de servir les intérêts des grandes pétrolières et pourquoi refusent-ils de mettre en place un plafonnement des émissions pour sauver l'avenir de nos enfants?
    Monsieur le Président, j'invite les néo-démocrates et leur chef à avoir le courage de leurs convictions et à renouer avec leur appui de la tarification de la pollution.
    Nous maintenons le cap en défendant la tarification de la pollution jour après jour. Nous ferons tout pour assurer la viabilité de la planète pour nos enfants et nos petits-enfants. Nous appliquerons une tarification de la pollution. Huit Canadiens sur 10 recevront plus d'argent qu'ils en paient. C'est l'approche que nous avons adoptée. Nous avons mené trois campagnes électorales sur ce thème. Nous poursuivrons sur cette lancée.
    Nous défendrons les Canadiens. Nous défendrons la planète. Nous le ferons d'une façon qui améliore le sort des Canadiens.

L'innovation, les sciences et l'industrie

    Monsieur le Président, en tant que président du comité des sciences et de la recherche et député de Guelph, je suis vraiment emballé par les investissements dans les sciences prévus dans le récent budget. Les chercheurs et les scientifiques de partout au Canada ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de l'innovation et du savoir.
    Le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie pourrait-il nous parler des investissements importants que le gouvernement fait dans le domaine des sciences et de la recherche afin d'aider les étudiants et les générations de chercheurs à venir?
    Monsieur le Président, j'aimerais d'abord remercier mon collègue de son leadership en matière de recherche et de science.
    Notre budget montre que nous avons une vision et de l'ambition pour la science et la recherche dans ce pays parce que, de ce côté-ci de la Chambre, nous savons que la science d'aujourd'hui est l'économie de demain. Nous avons annoncé des investissements historiques dans les infrastructures parce que nous voulons nous assurer que nous aurons des installations à la fine pointe de la technologie pour nos chercheurs au pays. Surtout, nous avons fait un investissement historique dans les subventions pour soutenir nos chercheurs, nos jeunes étudiants et la prochaine génération. Grâce à nos investissements, nous savons que la science au Canada continuera d'assurer notre prospérité pour les générations à venir.

Les services publics et l'approvisionnement

    Monsieur le Président, hier, Kristian Firth, de GC Strategies, a confirmé que sa résidence avait fait l'objet d'une perquisition de la GRC. GC Strategies a proposé un contrat à Jeremy Broadhurst, ancien chef de cabinet de la vice-première ministre et actuel directeur de campagne du Parti libéral. Ce contrat a mené à la perquisition de mardi dans la résidence de Kristian Firth.
    La vice-première ministre peut-elle confirmer son échange au sujet d'une proposition de contrat qui a mené à une perquisition de la GRC?
    Monsieur le Président, comme notre collègue le ministre de la Sécurité publique l'a dit clairement à maintes reprises au cours des dernières minutes, cette affaire fait l'objet d'une enquête interne et d'une enquête de la GRC. Il serait tout à fait inapproprié qu'un politicien, quel qu'il soit, tente de prétendre qu'il est meilleur que les autres et que la GRC pour faire ce genre de travail.
    Monsieur le Président, je vais dire au député ce qui est inapproprié. L'application ArriveCAN fait déjà l'objet d'une enquête de la GRC, mais nous savons maintenant que deux enquêtes de la GRC sont liées à GC Strategies. La perquisition à la maison de Kristian Firth il y a deux jours soulève d'autres préoccupations par rapport aux deux contrats visés, dont l'un, comme nous le savons maintenant, a un lien avec le cabinet de la vice-première ministre.
    Après neuf ans, GC Strategies a reçu plus de 100 millions de dollars du gouvernement libéral. La vice-première ministre collaborera-t-elle à l'enquête de la GRC?

  (1455)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai déjà répondu à cette question en anglais. Je suis enchanté de le faire en français aussi.
    La députée sait très bien que des enquêtes à l'interne sur cette question sont faites depuis un certain temps. Elle sait aussi que le rapport de la vérificatrice générale est maintenant connu et que des mesures importantes ont été mises en place à la suite de ce rapport. Elle sait aussi qu'il serait totalement inapproprié de la part de politiciens à la Chambre de prétendre mieux faire et mieux connaître le travail de ces organisations, et de la GRC en particulier.

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'application ArnaqueCAN du premier ministre a donné lieu à des témoignages sans précédent à la Chambre des communes, ce que le leader parlementaire du Parti libéral a tenté d'empêcher. Ce n'est pas surprenant. Cette arnaque, pour laquelle les néo-démocrates et les libéraux ont voté, a coûté au moins 60 millions de dollars aux contribuables. Le Parlement a ordonné au gouvernement de rembourser l'argent, mais les libéraux n'ont même pas demandé qu'il leur soit rendu. Maintenant, la GRC débarque.
    Après neuf ans, le premier ministre n'en vaut ni le coût, ni la corruption, ni le crime. Le premier ministre suivra-t-il enfin les directives du Parlement et récupérera-t-il l'argent du programme ArnaqueCAN?
    Monsieur le Président, le député sait que le gouvernement travaille toujours en collaboration avec le Parlement. C'est ce que nous avons fait dans bien des cas. Par ailleurs, des comités parlementaires se sont également penchés sur cette question, et, comme il se doit, les fonctionnaires ont été à leur disposition pour répondre à toutes leurs questions et pour leur fournir des documents.
    Comme mon collègue le ministre des Services publics et de l'Approvisionnement l'a dit clairement, des vérifications internes sont en cours. La GRC est également saisie de ce dossier. Nous pensons qu'il serait approprié de permettre à ces enquêtes de se terminer.
    Je peux assurer aux députés que le gouvernement prendra toujours des mesures pour récupérer l'argent des contribuables qui a été versé de façon inappropriée et pour demander des comptes à ceux qui en ont abusé.
    Monsieur le Président, le gouvernement n'a pas coopéré parce que la Chambre a voté pour que l'argent soit remboursé et parce que Kristian Firth a déclaré dans son témoignage que le gouvernement n'a pris aucune mesure pour demander le remboursement de cet argent.
    Après neuf ans, il est évident que le premier ministre est à la tête d'un système de passation de marchés gravement incontinent qui laisse sans cesse fuir de l'argent au bénéfice des proches de la coalition néo-démocrate—libérale. Les Canadiens réclament un gouvernement sur lequel ils peuvent compter pour mettre fin à la criminalité et à la corruption.
    Encore une fois, le premier ministre suivra-t-il les directives du Parlement et demandera-t-il aux escrocs d'ArnaqueCAN de rembourser l'argent?
    Monsieur le Président, comme mon collègue vient de répéter sa question, je vais répéter ma réponse.
    Le gouvernement prend toujours extrêmement au sérieux l'utilisation de l'argent des contribuables. Nous avons déjà dit que si cet argent a été mal utilisé ou mal géré, le gouvernement prendra évidemment les mesures appropriées pour le récupérer.
    Mon collègue a peut-être eu vent de ce que la GRC a fait hier. Dans le cas des individus qui ont gaspillé l'argent des contribuables, la GRC prendra bien entendu les mesures appropriées et poursuivra son enquête.

[Français]

Le budget

    Monsieur le Président, le budget libéral n'est pas juste la fin du respect des champs de compétence, c'est la fin de la gestion compétente en politique.
    Ottawa impose ses priorités partout sans même savoir si c'est intelligent. Il exige la construction de tours de logement de 40 étages à côté d'écoles dans des quartiers où il n'a jamais mis les pieds. Il se mêle de la formation des travailleurs de la construction sans rien connaître là-dedans. Il impose des normes de soins de longue durée pour des aînés qu'il n'a jamais soignés.
    Pourquoi ne pas laisser les gens compétents s'occuper des dossiers qui relèvent de leur compétence?
    Monsieur le Président, que les bloquistes aient un peu de courage et qu'ils nous disent contre quel volet du budget ils sont.
    Sont-ils contre les investissements en logement? Sont-ils contre le fait qu'on va éviter que des enfants aillent à l'école le ventre vide? Sont-ils contre les investissements pour aider nos municipalités et nos régions? À quels volets s'opposent-ils? Qu'ils aient au moins le courage de le dire.
    Pour l'instant, ils ne disent pas ce qu'ils n'aiment pas. Tout ce qu'ils font, c'est de faire comme leur grand ami. Ils se bécotent. Ils n'ont pas le courage de nous dire ce contre quoi ils sont, mais ils vont quand même voter contre le budget.
    Monsieur le Président, nous sommes contre l'ingérence dans les compétences. Si les libéraux veulent faire de la politique québécoise, qu'ils se présentent au Parti libéral du Québec. Sinon, qu'ils s'occupent du gouvernement fédéral, ce n'est pas le travail qui manque.
    Qu'ils transfèrent l'argent du logement maintenant pour qu'on construise maintenant, au lieu de négocier jusqu'en 2025. Qu'ils mettent fin aux deux classes d'aînés de la pension de la vieillesse. Qu'ils remboursent le Québec pour les demandeurs d'asile. Qu'ils réforment l'assurance-emploi, comme ils le promettent depuis 2015. Qu'ils empêchent l'industrie des énergies fossiles de gâcher la lutte contre les changements climatiques. Bref, qu'ils fassent leur travail. Quand est-ce qu'ils vont s'y mettre?

  (1500)  

    Monsieur le Président, mon collègue est un distingué économiste qui sait qu'il est important pour tout le monde de travailler ensemble pour prendre soin des Canadiens, y compris des Québécois, qui en arrachent ces temps-ci. C'est pour ça qu'il va évidemment se réjouir des 6 milliards de dollars qui ont été investis avec le Québec sur quatre ans. Le Québec est enchanté. Ça aide à créer 35 000 nouvelles places en services de garde au Québec.
    Il sait comme moi, comme économiste, que ça, c'est excellent pour augmenter le revenu des familles. C'est excellent pour l'égalité des hommes et des femmes. C'est excellent pour la réduction de la pauvreté. C'est excellent pour le développement de nos enfants.
    Tout ça se fait dans le respect des compétences, en ayant chacun sa propre contribution.

[Traduction]

La sécurité publique

    Monsieur le Président, je sais que nous avons tous entendu les histoires horribles sur l'ampleur qu'a pris le vol de voitures au Canada après neuf ans de politiques laxistes du gouvernement néo-démocrate—libéral en matière de criminalité. Maintenant, la presse rapporte que, à Toronto, un bon samaritain qui s'était arrêté pour aider quelqu'un qui avait besoin de soins médicaux d'urgence s'est fait voler sa voiture pendant qu'il aidait cette personne.
    C'est dire à quel point rien ne va plus dans ce pays. Une voiture est volée toutes les six minutes, et les vols de voitures avec violences sont en hausse. Puisque les libéraux ne feront rien à ce sujet, quand laisseront-ils le champ libre à un gouvernement conservateur plein de gros bon sens pour qu'il mette fin à la criminalité?
    Monsieur le Président, mon estimé collègue sait que le gouvernement prend très au sérieux cette hausse vraiment inquiétante de la criminalité. J'ai eu une conversation très productive la semaine dernière avec mon homologue de l'Ontario, le solliciteur général. Nous avons convenu d'une série de mesures que nous pouvons continuer à prendre en collaboration avec les services de police locaux, la Police provinciale de l'Ontario, qui fait un travail important dans ce domaine, et, bien sûr, la GRC, qui est toujours un partenaire, avec l'Agence des services frontaliers du Canada, quand il est question de crime organisé transnational. Nous continuerons de faire tout ce qui est en notre pouvoir, en collaboration avec nos partenaires, pour inverser cette tendance inquiétante.

[Français]

    Monsieur le Président, on apprend dans les médias qu'un policier de Montréal a dû faire feu sur un voleur de voitures qui fonçait vers lui avec la voiture qu'il venait de voler.
    Les voleurs de voitures sont de plus en plus audacieux, car ils n'ont pas peur de la justice. C'est pourquoi le chef conservateur a présenté un plan de gros bon sens en février dernier, qui consiste notamment à augmenter les peines de prison pour les voleurs d'autos.
    Le premier ministre compte-t-il écouter nos demandes et serrer la vis pour décourager la violence liée aux vols d'autos?
    Monsieur le Président, il y a deux choses que je voudrais souligner.
    La première chose, c'est que dès que le projet de loi C‑75 a été présenté à la Chambre il y a deux législatures, ce député a voté contre ce projet de loi, qui augmentait les peines pour les vols d'autos.
    Maintenant, nous avons un budget. Dans le budget, nous avons déjà dévoilé que nous allons augmenter les peines maximales pour les vols d'autos. Toutefois, ce député et son chef ont déjà déclaré que les conservateurs sont contre notre budget et contre nos efforts pour contrôler les vols d'autos.
    Monsieur le Président, au contraire, je pense que le ministre de la Justice oublie qu'à cause du projet de loi C‑5 et du projet de loi C‑75, qui concerne les arrestations et remises en liberté, les voleurs d'autos et les autres criminels à Montréal n'ont pas peur. Ils savent qu'il n'y aura pas de conséquences. S'ils se font arrêter, ils sont remis en liberté immédiatement. C'est ça, le projet de loi C‑75.
    Est-ce que le ministre de la Justice ou le premier ministre peut répondre à la question? Est-ce qu'ils vont faire en sorte d'augmenter les peines pour les voleurs d'autos afin qu'ils aient peur de se faire arrêter et qu'ils arrêtent de voler des autos à Montréal?
    Monsieur le Président, juste pour être tout à fait clair pour les concitoyens de ce député, lorsque le projet de loi C‑75 était à la Chambre, nous avons proposé d'augmenter de 18 mois à deux ans la peine pour les vols d'autos. Ce député et tous ses collègues ont voté contre.
    Dans ce budget-ci, ce n'est pas juste le Code criminel que nous allons changer. Nous allons changer aussi les peines pour le blanchiment d'argent qui sont dans le Code criminel. Lui et tous ses collègues ont déjà déclaré qu'ils vont voter encore une fois contre.
    C'est un peu difficile de comprendre ses idées maintenant.

[Traduction]

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, il est urgent de mettre fin à la violence contre les femmes, les filles et les personnes bispirituelles et de diverses identités de genre chez les Autochtones au Canada. De nombreux Canadiens réclament la création d'une alerte robe rouge pour aviser le public quand une femme, une fille ou une personne bispirituelle autochtone est portée disparue.
    Le ministre des Relations Couronne-Autochtones pourrait-il informer la Chambre de ce que fait le gouvernement pour soutenir ces efforts?

  (1505)  

    Monsieur le Président, la crise nationale qui sévit doit cesser. Nul n'en est davantage conscient que les familles à qui cette crise a causé la perte d'un être cher. Voilà pourquoi nous avons prévu, dans le budget de 2024, un investissement de 1,3 million de dollars pour créer, en collaboration avec des partenaires autochtones, un système régional d'alerte robe rouge.
     Depuis le logement jusqu'aux services de police autochtones, le budget de 2024 poursuit les progrès afin d'instaurer le changement systémique qui s'impose pour mettre fin à cette crise une fois pour toutes. Je remercie la députée de cette importante question et de sa défense de cette cause. Nous poursuivrons cet important travail en collaboration avec nos partenaires autochtones et nos collègues d'en face.

La justice

    Monsieur le Président, après neuf années de gouvernement néo-démocrate—libéral, le premier ministre n'en vaut pas le coût ni la criminalité. Aujourd'hui, on apprenait que ceux qui ont dérobé l'équivalant de 20 millions de dollars dans le plus important vol d'or de l'histoire du Canada sont en liberté sous caution. C'est à cause des mesures honteuses que contient le projet de loi C‑75 des libéraux, des mesures qui font que les délinquants peuvent être emprisonnés le matin et relâchés le soir même.
    Le premier ministre va-t-il abroger les mesures du projet de loi C‑75 favorisant la mise en liberté sous caution?
    Monsieur le Président, le projet de loi que le Parti conservateur mentionne toujours dans ce contexte comportait des mesures comme des peines plus sévères pour le vol de voiture, un important problème de criminalité qui touche les Canadiens à l'heure actuelle. Il s'agit d'un problème auquel nous devons tous nous attaquer.
    Je trouve un peu dérangeant et hypocrite que le député et ses collègues aient voté contre ce projet de loi à l'époque, alors qu'il visait à augmenter les peines pour ceux qui volent des voitures. Les conservateurs ont une nouvelle occasion d'agir, mais, malheureusement, ils ont déjà indiqué qu'ils s'opposeraient une fois de plus aux efforts que nous déployons pour lutter contre le vol d'automobiles.

La sécurité publque

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, les délinquants comme Bernardo et Magnotta vivent mieux que beaucoup de Canadiens. Alors même que les Canadiens ont du mal à se chauffer, à se nourrir et à se loger, eux ont accès au câble, à une cantine et à un beau centre de conditionnement physique. Il s'agit d'une nouvelle de dernière heure. Le syndicat des agents correctionnels nous dit que la criminalité est en plein essor, non pas dans les rues, mais dans les prisons, où des drones livrent de la drogue et des armes qui n'ont rien de rudimentaires.
    Quand le gouvernement libéral se rendra-t-il compte que les délinquants violents ne devraient pas avoir accès à de telles choses? Qui dirige les services correctionnels?
    Monsieur le Président, mon collègue sait très bien que la sécurité des hommes et des femmes qui travaillent au service correctionnel revêt une importance capitale pour le gouvernement. J'ai rencontré des représentants du syndicat. Je discute souvent avec l'administration du Service correctionnel du Canada de ce que nous pouvons faire pour lui donner accès aux technologies et aux outils nécessaires afin de protéger les personnes qui travaillent au sein de notre appareil correctionnel.
    Nous ferons toujours tout ce qui est en notre pouvoir afin que les établissements restent sûrs pour les femmes et les hommes courageux qui accomplissent leur travail difficile pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, les principaux services de police de la Colombie‑Britannique sonnent l'alarme en disant que la décriminalisation de la drogue, une expérience néo-démocrate—libérale dangereuse et radicale, les empêche d'assurer la sécurité de la population. Dans le cadre de cette expérience sociale dangereuse, la consommation de psychotropes est légale dans les hôpitaux, sur les terrains de jeu, dans les parcs ainsi que sur les plages. La cheffe de police adjointe de Vancouver a déclaré que, à cause de la décriminalisation, ils ne peuvent rien y faire.
    Le premier ministre mettra-t-il fin à son expérience dangereuse et mortelle de décriminalisation de la drogue, oui ou non?
    Monsieur le Président, ce que la députée choisit d'ignorer ou de ne pas entendre, c'est que les forces de l'ordre disent également que la situation est on ne peut plus claire: c'est le fentanyl qui alimente la crise et qui cause la mort de trop de Canadiens. Des gens meurent seuls, mais les conservateurs ne se préoccupent que d'une seule chose: instrumentaliser les faits à mauvais escient.
    Je rencontrerai mon homologue de la Colombie‑Britannique et des partenaires des forces de l'ordre en vue de renforcer notre collaboration pour lutter contre le détournement de médicaments. La députée sait que le détournement de médicaments est illégal. Nous nous attendons à ce que les agents de la paix et les ordres professionnels fassent leur travail et à ce qu'ils agissent rapidement pour régler le problème. Nous travaillons ensemble. Où sont les conservateurs?

La petite entreprise

    Monsieur le Président, les PME font partie intégrante de l'économie canadienne. Elles emploient environ 65 % des travailleurs canadiens. Étant donné que les petites entreprises méritent un soutien supplémentaire, nous croyons qu'il est important de faire baisser ce qu'il en coûte aux entrepreneurs de faire des affaires.
    La ministre de la Petite Entreprise peut-elle nous parler des mesures que renferme le budget de 2024 pour aider les entrepreneurs de Kitchener—Conestoga et du reste du Canada?

  (1510)  

    Monsieur le Président, en tant qu'ancienne propriétaire d'une petite entreprise, je sais à quel point le pouvoir d'achat, c' est important pour les entrepreneurs. Je suis heureuse que le gouvernement se soit engagé, dans le cadre du budget de 2024, à verser 2,5 milliards de dollars à 600 000 petites entreprises dans l'ensemble du Canada par l'intermédiaire de la Remise canadienne sur le carbone.
    Selon certains rapports, les changements climatiques ont une incidence directe sur 60 % des petites entreprises, et même si l'opposition officielle s'entête à vouloir éliminer la Remise canadienne sur le carbone, de ce côté-ci de la Chambre, nous allons continuer de lutter contre les changements climatiques tout en laissant davantage d'argent dans le compte de banque des Canadiens et des petites entreprises.

Les femmes et l'égalité des genres

    Monsieur le Président, alors que la ministre des Finances célèbre les politiques soi-disant féministes qui caractériseraient le budget de cette année, dans les régions rurales du Manitoba, les libéraux ont éliminé tout le financement destiné aux services de counseling et aux services juridiques pour les survivants de violence sexuelle offerts au Survivor's Hope Crisis Centre. Le premier ministre a montré à d'innombrables reprises qu'il n'est qu'un faux féministe. Quant au chef conservateur, il ne rate jamais une occasion de rogner les droits des femmes tout en s'acoquinant avec des misogynes extrémistes comme Alex Jones.
    La ministre rétablira-t-elle le financement du Hope Crisis Centre pour les survivants, comme il se doit?
    Monsieur le Président, nous savons qu'il y a toujours plus à faire. J'apprécie sincèrement la députée d'en face et le travail qu'elle accomplit au sein du comité de la condition féminine. Elle défend vraiment les intérêts des femmes.
    Je tiens à souligner que ce budget couvre les contraceptifs pour les femmes et que neuf millions de Canadiennes seront ainsi en mesure de faire des choix concernant leur propre corps. Nous investissons dans la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu de travail. Nous investissons dans l'ouverture de places en garderie au pays et nous investissons davantage dans le soutien les personnes queer et trans du Canada.

[Français]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, le gouvernement a réinstauré l'obligation pour la majorité des Mexicains d'obtenir un visa pour venir au Canada. Les détenteurs de permis de travail valides peuvent venir au Canada avec une simple autorisation électronique. Cependant, les membres de leur famille et leurs enfants ne peuvent être inclus dans cette même demande.
    Ils doivent demander un visa de visiteur pour leurs enfants, une procédure beaucoup plus longue. Une mère de famille de ma circonscription a perdu son emploi, car elle ne pouvait pas rentrer au Canada à moins d'abandonner son enfant au Mexique. La travailleuse est perdante, la famille est perdante et l'entreprise est dans le trouble.
     Est-ce que le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, compte corriger cette situation rapidement?
    Monsieur le Président, je prierai le député de venir me voir après pour discuter de la situation de vive voix. Évidemment, les gens qui doivent présenter une demande pour obtenir un visa doivent le faire du Mexique. C'est la règle. S'il y a des exceptions à faire, qu'il vienne me voir, et nous pourrons en discuter ensemble.

[Traduction]

La fusillade de 2020 en Nouvelle‑Écosse

    Je crois comprendre qu'à la suite de discussions, les représentants de tous les partis à la Chambre se sont entendus pour qu'un moment de silence soit observé.
    J'invite donc tout le monde à la Chambre à se lever pour observer un moment de silence à la mémoire des victimes de la tragédie qui a eu lieu en Nouvelle‑Écosse il y a quatre ans.
     [La Chambre observe un moment de silence.]

  (1515)  

    Le député de Grande Prairie—Mackenzie invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, par le passé, vous avez statué que l'utilisation de faux titres est interdite à la Chambre, en précisant que les députés qui les utilisent doivent se rétracter immédiatement.
    Aujourd'hui, au cours de la période des questions, le député de Milton a utilisé un faux titre. Vous avez déclaré, à juste titre, comme vous le faites toujours, que le député devait se rétracter immédiatement. Le député de Milton a toutefois refusé de le faire. Il a dit avec désinvolture qu'il s'excusait d'avoir « perturbé les délibérations ». Or, ce n'est pas conforme à votre décision. Vous aviez statué que le député devait retirer le faux titre qu'il avait utilisé pour désigner le député de l'opposition officielle.
    Je crois que les députés sont préoccupés, surtout ceux de ce côté-ci de l'enceinte, parce qu'il semble y avoir de l'incohérence entre vos décisions.
    Si vous me le permettez...
    Je suis sensible à ce que dit le député de Grande Prairie—Mackenzie et j'ai l'intention d'y réagir immédiatement.
    Je vois que le député de Milton veut intervenir. J'espère que c'est pour faire ce qui serait conforme aux observations et aux décisions passées de la présidence.
    Monsieur le Président, je retire mes paroles.
    J'ai bien entendu le député retirer ses paroles.
    Le député de Grande Prairie—Mackenzie invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, hier, la députée de North Island—Powell River n'a pas immédiatement retiré ses paroles et elle a été sanctionnée pour le reste de la journée.
    Il y a de l'incohérence dans les décisions à la Chambre. Cette députée n'a pas bénéficié d'une demi-heure pour décider si elle entendait ou non retirer ses paroles.
    Dans l'intérêt de la Chambre, quelles seront vos décisions à l'avenir?
    Je remercie le député de son intervention. Je continuerai à appliquer les décisions telles qu'elles auront été notifiées à la Chambre.

[Français]

    L'honorable député de Drummond invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, j'invoque effectivement le Règlement sur le même thème que mon collègue conservateur, mais en complément de son commentaire.
    Depuis quelques mois, nous constatons beaucoup d'irrégularités dans la façon dont est interprétée la liberté d'expression à la Chambre des communes. La liberté d'expression fait partie fondamentalement du privilège parlementaire et nous ne pouvons faire notre travail de parlementaires adéquatement si nous ne connaissons pas les balises que la Chambre nous accorde en matière de liberté d'expression.
    Certaines expressions qu'on pourrait juger plus ou moins graves que d'autres subissent des sanctions qui sont différentes, plus ou moins sévères, et il y a une certaine irrégularité. Je demanderais à la présidence de revenir à la Chambre après une réflexion et de nous établir des balises claires quant aux limites que nous ne devons pas franchir, afin que, lorsque nous nous levons pour nous exprimer à la Chambre des communes, nous ne marchions pas continuellement sur des œufs par crainte de prononcer quelque chose qui pourrait se retrouver à offenser quelqu'un ou à être en contradiction avec les règles de la Chambre.
    Je remercie l'honorable député de Drummond de son intervention. Les députés peuvent se référer à la déclaration que j'ai faite le 18 octobre 2023, laquelle donne les grandes lignes de ce qu'il est acceptable de dire au Parlement.
    Cela dit, je vais avoir la chance de poursuivre mes discussions avec les leaders de tous les partis politiques pour approfondir la question des balises qui sont nécessaires afin que nous puissions avoir des débats passionnés et pointus, mais qui demeurent acceptables sur le plan du langage parlementaire.
    L'honorable député de Saint‑Hyacinthe—Bagot invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, il y a eu consultation entre les partis et je pense que vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante:
    « Que la Chambre estime, tout comme le Comité permanent...
    Des voix: Non.

  (1520)  

    Malheureusement, j'ai entendu certains députés dirent non.
    Encore une fois, j'encourage tous les députés à recevoir la confirmation de tous les partis politiques avant de demander le consentement unanime pour présenter une motion.

[Traduction]

Les Canadiens d'origine juive

    Monsieur le Président, il y a eu consultations entre les partis et vous constaterez qu'il y a consentement unanime à l'égard de la motion suivante.
    Je propose:
     Que la Chambre condamne sans équivoque l'antisémitisme et rejette en particulier la notion selon laquelle les Juifs canadiens sont responsables des actions de l'État d'Israël.

[Français]

    Que tous ceux qui s'opposent à ce que l'honorable députée propose la motion veuillent bien dire non.
    Il n'y a aucune objection. La Chambre a entendu l'énoncé de la motion. Que tous ceux qui s'opposent à la motion veuillent bien dire non.

    (La motion est adoptée.)

[Traduction]

    Monsieur le Président, vous venez de dire qu'au cours de la prochaine semaine de relâche, vous vous pencherez sur les appellations ou informations erronées qui sont utilisées à la Chambre des communes.
    Comme je l'ai souligné hier, le terme « gouvernement néo-démocrate—libéral » est erroné. Il ne fait aucun doute que c'est de la désinformation. Il n'y a pas de coalition en place. C'est d'ailleurs un terme que le député de Leeds—Grenville—Thousand Islands et Rideau Lakes a retiré hier lorsque nous avons questionné le témoin. J'estime que, lorsqu'ils interviennent à la Chambre, les députés devraient normalement s'efforcer de fournir de l'information exacte et non erronée.
    Nous vous demanderons assurément, monsieur le Président, de rendre une décision à ce sujet dans les jours qui suivront la semaine de relâche.
    Monsieur le Président, comme nous le savons tous, à la Chambre, il peut y avoir divers types de gouvernements. Il y a des gouvernements majoritaires, des gouvernements minoritaires, des gouvernements de coalition et des gouvernements qui comptent sur l'appui d'un autre parti. Ce à quoi les conservateurs et d'autres députés s'opposent, c'est lorsque le remplacement des noms cause du désordre ou s'avère insultant.
    Si les néo-démocrates trouvent insultant et humiliant d'être associés aux libéraux, ils peuvent décider de ne pas appuyer le gouvernement libéral. Quant aux libéraux, s'ils croient qu'il est désobligeant ou insultant d'être associé au NPD, ils peuvent mettre fin au partenariat.
    Quoi qu'il en soit, le gouvernement actuel compte sur le NPD pour faire adopter ses budgets et ses projets de loi. Les députés néo-démocrates participent activement aux décisions de haut niveau en ce qui concerne les motions présentées à la Chambre et les projets de loi. Le nom qu'on devrait donner à cette dynamique est matière à débat. Comme il se doit, les conservateurs disent les choses telles qu'elles sont, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un gouvernement néo-démocrate—libéral, et il n'y a rien de non parlementaire à décrire la situation ainsi.
    Monsieur le Président, au sujet du rappel au Règlement que, si j'ai bien compris, vous examinerez pendant la pause parlementaire, je vous encourage fortement à tenir compte de certaines décisions récemment rendues sur ce que disent les députés.
    En particulier, un député pourrait laisser entendre que son collègue tend à une idéologie politique donnée. C'est déjà arrivé, et il reste quelqu'un sur les banquettes libérales qui n'a toujours pas pris la parole depuis qu'une décision a été rendue à ce sujet. C'est extrêmement pertinent d'exprimer comment nous nous sentons. C'est même notre droit. Votre rôle, monsieur le Président, consiste bien entendu à baliser le langage parlementaire et à indiquer ce qui n'en fait pas partie. Cependant, je ne crois pas qu'il serait dans l'intérêt de la présidence de se mettre à décider de ce qu'il est acceptable ou non d'exprimer sur le plan de l'idéologie politique.
    Par exemple, si je disais qu'un député est prorusse, vous pourriez décider que c'est inapproprié. Cependant, monsieur le Président, considérerez-vous la chose du même œil si je disais plutôt qu'un député est proaméricain? Vous devez absolument y réfléchir afin d'éviter qu'on finisse par ne plus pouvoir s'exprimer ouvertement.
    Je vous encourage, monsieur le Président, à tenir également compte de mon intervention dans vos réflexions, la semaine prochaine.

  (1525)  

Recours au Règlement

Les questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, aujourd'hui, pendant la période des questions, le député de Milton a fait un geste tout à fait inapproprié. D'abord, il a fait un signe de la main, puis il a manifestement envoyé un baiser en face au cours de son échange avec le député de Barrie—Innisfil.
    Tout geste de nature sexuelle, quel qu'il soit, n'est pas approprié. Je vous demanderais, monsieur le Président, de dénoncer ce comportement non parlementaire et de demander au député de Milton de s'excuser.
    La présidence devra y réfléchir et fera part de sa décision à la Chambre, s'il y a lieu.

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, comme c'est jeudi, je prends bien sûr la parole pour demander au leader du gouvernement à la Chambre s'il peut informer la Chambre des travaux dont nous débattrons le reste de la semaine et, comme la semaine prochaine sera une semaine de travail dans nos circonscriptions, de ce à quoi nous pouvons nous attendre à notre retour.
    Comme c'est la neuvième fois que la Chambre débat d'un budget libéral, je me demande si mon collègue croit vraiment que, après que le premier budget a fait augmenter l'inflation et les taux d'intérêt, que le deuxième budget a fait augmenter l'inflation, les taux d'intérêt et les impôts, et que les troisième, quatrième, cinquième et sixième budgets ont tous contribué à créer la crise du logement qui frappe les Canadiens et à faire grimper le coût des produits de tous les jours, appauvrissant les Canadiens, après huit ans, après huit budgets fondés sur la même approche vouée à l'échec, et après que son propre gouvernement a admis qu'il était une source de difficultés et d'injustices pour les Canadiens, la même approche appliquée une neuvième fois donnera des résultats différents.
    Monsieur le Président, parlant de résultats différents, nous espérons que les conservateurs cesseront de voter contre le train de mesures que nous mettons en place pour remédier aux problèmes dont le député prétend se soucier. En particulier, ce serait bien que nous puissions adopter la mesure visant à doubler le supplément à la Remise canadienne sur le carbone. Les résidants des régions rurales de l'ensemble du pays pourraient ainsi bénéficier de cette mesure additionnelle visant à rendre la vie plus abordable alors que nous poursuivons nos efforts de lutte contre les changements climatiques, qui, il faut le dire, les touchent de manière disproportionnée. J'assure à mon collègue que nous sommes tout à fait déterminés à adopter ce budget, car il est exceptionnellement positif et musclé, et il viendra en aide à tous les Canadiens.

[Français]

    Cet après-midi, en effet, nous poursuivrons le débat sur le budget.
    Demain, nous terminerons le débat sur la motion concernant les amendements proposés par le Sénat au projet de loi C‑29, Loi prévoyant la constitution d'un conseil national de réconciliation.

[Traduction]

    Au retour de notre semaine de travail dans notre circonscription — et je souhaite à tous les députés une bonne semaine dans leur circonscription —, nous débattrons du budget le lundi, le mardi et le mercredi.

[Français]

Privilège

La divulgation anticipée de mesures budgétaires — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
    Je suis maintenant prêt à me prononcer sur la question de privilège soulevée le 9 avril 2024 par le député de La Prairie au sujet de la divulgation prématurée d'initiatives financières avant le dépôt du budget de 2024.
    Lors de son intervention, le député a allégué que le gouvernement a contrevenu aux principes de discrétion financière en dévoilant depuis quelques semaines des programmes et des mesures avant l'exposé budgétaire du 16 avril 2024. En dévoilant à la pièce des éléments importants de son budget, le gouvernement aurait également, selon le député, porté atteinte aux privilèges des députés en affectant la capacité des partis de l'opposition de prendre une position éclairée et d'informer convenablement les électeurs sur la nature et les effets desdites mesures.

[Traduction]

     En réponse, le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre des communes a fait référence à une décision de la Présidente Sauvé du 18 novembre 1981 et à l'ouvrage La procédure et les usages de la Chambre des communes, troisième édition. À la page 899 de cet ouvrage on indique: « [...] les Présidents ont jugé que le secret [budgétaire] tenait davantage à une convention parlementaire qu'au privilège. »
    En soulignant qu'il ne s'agissait peut-être pas d'une question de privilège, les députés de New Westminster—Burnaby et de Saanich—Gulf Islands ont pour leur part déploré que la divulgation prématurée de détails entourant le budget était devenue trop courante et qu'elle devrait être examinée.

  (1530)  

[Français]

    En ce qui a trait au secret budgétaire, j'aimerais rappeler de mon côté la décision du Président Jerome du 7 avril 1978, que l'on trouve à la page 4549 des Débats, et celle du Président Fraser, rendue le 18 juin 1987, à la page 7315 des Débats. Je cite cette dernière:
    Le secret budgétaire est une convention parlementaire. Il s'agit d'empêcher quiconque de tirer un avantage de l'obtention à l'avance de renseignements budgétaires. […] Les limites du privilège parlementaire sont très restreintes et il n'incombe pas à la présidence de décider si oui ou non une convention parlementaire est justifiée ou si on l'a bel et bien violée. Cette question doit faire l'objet d'un débat politique auquel la présidence ne voudrait pas être mêlée.

[Traduction]

    Chaque année, le ministre des Finances expose de manière détaillée la position financière du gouvernement dans son budget. Il peut y proposer diverses mesures, y compris sur les programmes gouvernementaux qui pourraient être créés, modifiés ou abolis, ainsi que de la manière de financer ses dépenses. Il n'est pas inhabituel que certaines des nouvelles initiatives soient annoncées dans le cadre d'exercices de communication politique quelques semaines, voire des mois avant le budget. Certains pourraient trouver préférable de faire toutes ces annonces au même moment, mais le Règlement et la pratique de la Chambre ne prescrivent pas cette façon de faire.

[Français]

    Les interventions des députés de New Westminster—Burnaby et de Saanich—Gulf Islands m'ont laissé l'impression qu'il pourrait y avoir un appétit pour revoir nos façons de faire. Je les invite à en saisir le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre, si tel en est bien leur souhait.
    Pour ma part, je ne peux pas conclure qu'il y a, de prime abord, matière à question de privilège.
    Je remercie les députés de leur attention.

Ordres émanant du gouvernement

[Le budget]

[Traduction]

Le budget

L'exposé financier de la ministre des Finances  

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que la Chambre approuve la politique budgétaire générale du gouvernement, ainsi que de l'amendement et du sous-amendement.
    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour parler du budget de 2024. Je me propose de présenter mes observations en deux volets: premièrement, j'expliquerai comment ce budget trouve un écho auprès des résidents de Parkdale—High Park, à Toronto, que j'ai le privilège de représenter; deuxièmement, j'examinerai essentiellement certains des éléments très importants qui concernent l'administration de la justice au pays et qui sont évoqués dans le budget.
     Je suis fier de représenter, depuis près de neuf ans maintenant, les habitants de Parkdale—High Park. Ils me parlent souvent de la nécessité de régler le problème de logement. Le budget de 2024 contient des dispositions très importantes au sujet du logement. Je ne peux pas toutes les énumérer, mais certaines traitent de l'urgence de construire plus de logements afin d'accroître l'offre de logements. Il s'agit là d'un aspect fondamental des mesures que le gouvernement s'efforce de prendre, mesures que cet important budget renforce et fait progresser. Je parle ici, par exemple, de 15 milliards de dollars de plus en contributions au programme canadien de prêts à la construction d'appartements, ce qui aidera à construire plus de 30 000 nouveaux logements.
     Autre chose dont je suis également très fier, c'est que nous répondons aux besoins pressants des locataires. Je le dis à deux égards. Ce budget indique, par exemple, qu’un bon historique de paiement de loyer pourrait aider les locataires à accéder à la propriété. Cela peut contribuer à renforcer la capacité financière d'une personne auprès des agences d'évaluation du crédit. Lorsqu'une personne demandera un prêt hypothécaire, elle pourra renforcer sa capacité financière en démontrant qu'elle a payé régulièrement son loyer pendant plusieurs années. C'est une véritable avancée pour les locataires de ma collectivité et des collectivités de tout le pays. Les locataires que je représente m'en ont déjà parlé.
     Enfin, je voudrais simplement souligner ce que nous faisons en ce qui concerne la charte des droits des locataires. Il s'agit d'un document très important qui vise à garantir aux locataires des droits qu'ils peuvent faire valoir, notamment devant les tribunaux et, éventuellement, les cours de justice. Nous associons à cela un investissement de 15 millions de dollars qui permettrait des moyens et des ressources aux organismes qui aident ces locataires. C'est essentiel. Cette mesure est liée aux deux rôles que je joue à la Chambre, à savoir représentant de locataires de ma circonscription et ministre de la Justice.
    Il y a un autre élément dont mes électeurs me parlent régulièrement depuis 2015: notre engagement à promouvoir une véritable réconciliation avec les peuples autochtones. Encore une fois, le budget de 2024 comporte un certain nombre d’éléments qui concernent les peuples autochtones. J’en soulignerai deux dans le cadre de mon intervention. Premièrement, il y a l’idée de ce que nous faisons pour régler les poursuites intentées contre les peuples autochtones afin d'emprunter une meilleure voie, qui favorise la conciliation. Nous parlons d’un règlement de 23 milliards de dollars pour indemniser des groupes autochtones qui contestent le sous-financement discriminatoire des services à l’enfance et à la famille, et du fait que ce règlement historique a été entériné par la cour fédérale. Il s’agit là d’un point essentiel.
     Deuxièmement, dans le budget, il est aussi question du financement d’un projet qui me tient particulièrement à cœur. Pourquoi est-ce que je dis cela? Parce qu’en 2017, j’ai eu le privilège d’être secrétaire parlementaire du ministre du Patrimoine. À l’époque, de concert avec des dirigeants des Métis, des Premières Nations et des Inuits, j’ai participé à l’élaboration du projet de loi qui est devenu la Loi sur les langues autochtones. Cette loi prévoit la constitution d'un bureau du commissaire aux langues autochtones. Dans le document budgétaire, nous parlons de 225 millions de dollars pour que ce bureau puisse poursuivre avec succès le travail important qu’il accomplit pour promouvoir, valoriser et revitaliser les langues autochtones dans ce pays.
     Il s’agit là d’investissements fondamentaux. Je pense qu’il est vraiment important d'en parler dans le contexte de cette discussion.
     Je suis également fier de dire que ma circonscription compte un grand nombre de personnes qui se soucient des femmes. Elles s’intéressent au féminisme et elles s’intéressent aux politiques sociales et économiques qui favorisent l’émancipation des femmes. Je mentionnerai seulement deux de ces politiques. Tout d’abord, nous parlons de l’assurance-médicaments dans ce budget. La première série de produits pharmaceutiques qui seront couverts comprend des contraceptifs qui aideraient, si j’ai bien compris, jusqu’à neuf millions de Canadiennes à accéder à la contraception. Cela permettrait aux femmes, en particulier aux jeunes femmes et aux femmes plus âgées, de contrôler leur fonction reproductive. C'est quelque chose de fondamental pour moi en tant que député, et ce l'est aussi pour le gouvernement, car cela fait partie de ses priorités au pays. Je dirais également qu'avec des services de garde d’enfants à 10 $ par jour les gens disposent de bons moyens abordables de prendre soin des enfants dans ce pays; cela permet aux femmes de participer à la vie active, par exemple.

  (1535)  

     Ce que je dis , c’est que nous atteignons des niveaux records de participation des femmes à la population active, avec un taux de participation de 85,4 %. Il s’agit là d’une politique sociale incroyable qui se traduit par une politique économique formidable.
     Nous pouvons aussi parler de la prestation canadienne pour les personnes handicapées, dotée de 6,1 milliards de dollars. Je suis fier de dire que mes concitoyens de Parkdale—High Park se soucient beaucoup des politiques inclusives, des politiques qui réduisent la pauvreté et qui s’adressent aux personnes vulnérables et aux personnes dans le besoin. Des gens m’ont interrogé sur la prestation pour les personnes handicapées, notamment sur la date à laquelle elle entrera en vigueur. Nous la voyons dès à présent dans ce document. Le document même sur lequel nous allons voter dans cette Chambre prévoit un modèle de financement de 6,1 milliards de dollars destiné à renforcer les capacités des Canadiens en situation de handicap et à répondre à leurs besoins.
     Ce budget prévoit aussi un certain rattrapage, plus précisément par rapport au reste du G7. Jusqu’à la présentation de ce budget, nous étions le seul pays du G7 sans programme national d’alimentation en milieu scolaire. Il va sans dire que pas un seul des 338 députés qui ont le privilège de siéger dans cette Chambre ne penserait qu’il est bon qu’un enfant arrive à l’école le ventre vide, que ce soit dans l’une ou l’autre de leurs collectivités ou n'importe où ailleurs au pays. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une déclaration partisane de quelque façon que ce soit. Nous nous attaquerons de front à la faim chez les enfants. Grâce à un programme national d’alimentation en milieu scolaire, nous ferons en sorte que les enfants n’arrivent pas à l’école le ventre vide, car cela nuit à leur productivité et limite certainement leur apprentissage. Grâce à un investissement de 1 milliard de dollars, nous remédierons à la pauvreté et à la faim dans les écoles.
     Nous présentons également une mesure législative visant à réduire les frais de téléphonie cellulaire et les frais bancaires, ce qui est fondamental.
     En ce qui concerne mon rôle de ministre de la Justice, que j’exerce depuis environ huit mois, je suis fermement convaincu que l’un de mes rôles essentiels consiste à garantir l’accès à la justice. Je dirais que ce document respecte vraiment l’engagement que j’ai pris personnellement et que le gouvernement et le premier ministre ont pris à cet égard. Je parle ici de notre engagement pour l’aide juridique. L’aide juridique comporte de multiples composantes, mais elle est fondamentale pour garantir que les gens puissent faire valoir leurs droits avec l’aide d’un avocat. Cela permet de remédier à des problèmes comme l’engorgement des tribunaux et les retards dans les procédures judiciaires. C’est aussi fondamental pour les personnes qui se présentent devant les tribunaux. Ce budget prévoit un ensemble de mesures d’aide juridique en matière pénale doté d’une enveloppe de 440 millions de dollars sur cinq ans.
     Il y a aussi l’aide juridique pour les immigrants et les réfugiés. Malheureusement, puisque les provinces ont renoncé en bloc à leur participation à ce portefeuille depuis 2019, nous avons pris le relais en accordant un financement annuel. Or, nous faisons maintenant en sorte que, plutôt que d'être renouvelé annuellement, ce financement sera prévu pour une période de cinq ans, ce qui donne de la certitude et de la prévisibilité aux personnes qui dépendent de l’aide juridique pour les immigrants et les réfugiés, à hauteur de 273 millions de dollars. C’est fondamental.
     Au cours de la période de questions, les députés ont entendu parler des efforts que nous déployons pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail. Je vais changer de cap de nouveau pour dire que ce dossier est lié à la fois à mon rôle de ministre et à mon rôle de représentant dévoué de ma circonscription comme député de Parkdale—High Park. Mes concitoyens me parlent beaucoup des besoins des femmes en ce qui concerne la lutte contre le harcèlement et le harcèlement sexuel. Grâce à ce budget, nous accorderions 30 millions de dollars sur trois ans pour lutter contre le harcèlement sexuel au travail. C’est également fondamental.
     De même, les mesures que nous prenons contre la haine sont fondamentales. Trois pages entières du budget sont consacrées à la lutte contre la haine. Certains points concordent avec les mesures législatives que j’ai déposées dans cette Chambre, notamment le projet de loi C-63, sur les mesures que nous prendrions pour contrer la haine en ligne et sa propension à se propager. Cependant, des investissements concrets concernent aussi le plan d’action du Canada pour lutter contre la haine et l’autonomisation d’organismes tels que la Fondation canadienne des relations raciales, avec le travail important qu’elle accomplit pour la promotion d’une meilleure compréhension et la base de connaissances des unités de lutte contre les crimes haineux. En outre, ce même budget prévoit des fonds pour garantir que les organismes d’application de la loi et les procureurs de la Couronne soient mieux formés et informés sur la façon de reconnaître les crimes haineux et de les poursuivre éventuellement en justice. Vu la situation actuelle de notre pays, le besoin est pressant. Je suis très fier de voir que le budget de 2024 y répond directement.
     Pour les raisons que j’ai déjà évoquées, en ce qui concerne la façon dont ce budget répond aux besoins particuliers de mes concitoyens et les investissements très considérables qui sont faits dans le domaine de la justice pour garantir l’accès à la justice et remédier aux problèmes pernicieux, comme le harcèlement sexuel et la haine, je pense que c’est un budget que les 338 députés ici présents devraient appuyer et soutenir.

  (1540)  

    Monsieur le Président, j’aimerais ramener le député au programme libéral de 2021, intitulé « Avançons ensemble ». Dans ce programme, la promesse des libéraux n’était pas négligeable; il s’agissait d’une promesse majeure de 4,5 milliards de dollars pour le transfert canadien en santé mentale, qui serait mis en œuvre sur cinq ans. Cela remonte à près de trois ans. Pourquoi n’en est-il pas question dans le dernier budget? S’agit-il d’une autre promesse libérale rompue?
    Monsieur le Président, je dirais que notre engagement en matière de santé mentale est total.
     Au cours des 12 à 18 derniers mois, les députés savent que nous avons lancé une ligne téléphonique 988 de prévention du suicide. Ils savent que nous avons annoncé un tout nouvel accord canadien sur la santé, qui atteint près de 200 milliards de dollars, dont l’un des piliers est consacré aux besoins en matière de santé mentale. Le budget en soi cible très précisément les programmes de santé mentale qui répondent, par exemple, aux besoins des Noirs au Canada.
     Je sais que le député est un membre actif de la communauté juive. Je lui dirais que je sais à quel point la haine alimentée par l’antisémitisme a également des effets pernicieux sur la santé mentale des Canadiens juifs. Dans ce document, il trouvera non seulement des appuis à l’envoyée spéciale pour la lutte contre l’antisémitisme, mais aussi des appuis consacrés à la lutte contre l’antisémitisme et à la promotion de la commémoration de l’Holocauste par l’entremise d’un nouveau musée à Montréal.
     Voilà le genre d’investissements que nous devons faire au Canada. Je pense que nous devrions tous les appuyer.

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