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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 321

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 30 mai 2024




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 321
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 30 mai 2024

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

(1000)

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

     Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à deux pétitions.

[Français]

Les comités de la Chambre

Transport, infrastructure et collectivités 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 17e rapport du Comité permanent des transports, de l'infrastructure et des collectivités, intitulé « Budget principal des dépenses 2024‑2025 ».

[Traduction]

Affaires autochtones et du Nord  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 15e rapport du Comité permanent des affaires autochtones et du Nord, intitulé « Budget principal des dépenses 2024‑2025 ».

[Français]

Anciens combattants  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 14e rapport du Comité permanent des anciens combattants, intitulé « Budget principal des dépenses 2024-2025 : crédits 1 et 5 sous la rubrique Ministère des Anciens Combattants, crédit 1 sous la rubrique Tribunal des anciens combattants (révision et appel) ».

Défense nationale  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 11e rapport du Comité permanent de la défense nationale, intitulé « Budget principal des dépenses 2024-2025 : crédit 1 sous la rubrique Bureau du commissaire au renseignement, crédit 1 sous la rubrique Centre de la sécurité des télécommunications, crédit 1 sous la rubrique Comité externe d’examen des griefs militaires, crédit 1 sous la rubrique Commission d'examen des plaintes concernant la police militaire, crédits 1, 5, 10 et 15 sous la rubrique Ministère de la Défense nationale ».

Le Code criminel  

    — Monsieur le Président, je suis assez fier de déposer ce projet de loi aujourd'hui. Il vient colmater une brèche dans nos systèmes de justice pour nous assurer que le principe de l'accès à la justice est respecté en ce qui concerne les crimes graves et violents, en plus de contribuer à rétablir la confiance de la population à l'égard du système de justice.
    Le projet de loi du Bloc québécois vise à encadrer le recours à l'arrêt Jordan en modifiant le Code criminel pour qu'il ne puisse être évoqué pour les infractions primaires désignées à l'article 487.04 du Code criminel. Ces infractions constituent des crimes graves comme les agressions sexuelles, les homicides, les voies de fait graves, les enlèvements, la torture, et ainsi de suite.
    Depuis 2021, au Québec seulement, 148 arrêts des procédures pour cause de délai déraisonnable ont été accordés par des juges à la demande de la défense. Notre projet de loi agira comme une ceinture de sécurité face à la lenteur du gouvernement dans la nomination des juges, qui accentue les délais judiciaires.
    Présentement, il y a 57 postes de juges vacants au Canada. Si le gouvernement procédait à la nomination de juges comme le lui demande l'ensemble des juges en chef des différents tribunaux, le projet de loi n'aurait pas à être utilisé.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

(1005)

[Traduction]

Pétitions

Postes Canada  

    Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter une pétition au nom des habitants de Langdon, une municipalité de 7 000 habitants qui n'a plus de bureau de poste depuis un an et demi. Je peux comprendre pourquoi Postes Canada perd de l'argent quand la société d'État ne fournit pas de services dans cette collectivité. Les gens sont envoyés à 30 kilomètres de là, dans une autre localité. C'est inacceptable. C'est pourquoi le bureau de poste est dans le rouge. Il ne fournit pas le service.
    Les habitants de Langdon méritent un bureau de poste, et voici une autre pétition qui l'affirme.

La sécurité publique  

    Monsieur le Président, c'est toujours un honneur de présenter une pétition au nom de mes concitoyens.
     Je prends la parole pour la 39e fois au nom des habitants de Swan River, au Manitoba, afin de présenter une pétition sur la hausse du taux de criminalité. Le gouvernement néo-démocrate—libéral ne protège pas les habitants de Swan River, alors qu'une vague de criminalité déferle sur cette ville rurale de 4 000 habitants.
    Selon un rapport publié en 2023 par le district de l'Ouest du Manitoba de la GRC, en 18 mois, la région a reçu 1 184 appels de service et a été le théâtre de 703 infractions commises par seulement 15 personnes. Quatre personnes à Swan River ont été responsables de 53 infractions violentes et de 507 appels de service. C'est pourquoi la communauté rurale réclame des mesures et exige que les récidivistes violents soient emprisonnés, et non mis en liberté sous caution.
     Les habitants de Swan River exigent que le gouvernement libéral abandonne ses politiques laxistes en matière de criminalité qui menacent directement leurs moyens de subsistance et leur milieu de vie. J'appuie les bonnes gens de Swan River.

La citoyenneté et l'immigration  

    Monsieur le Président, je suis heureux de présenter aujourd'hui une pétition au nom de Hongkongais au Canada qui sont préoccupés par les volets A et B des voies d'accès à la résidence permanente. Leur demande est particulièrement pertinente, compte tenu de la décision qui a été rendue à Hong Kong hier.
    Les pétitionnaires soulignent que 7 500 demandeurs ont obtenu la résidence permanente, mais qu'il y a encore plus de 8 000 demandes en attente de traitement.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement et au ministre de reconnaître la crise humanitaire en cours, de créer un mécanisme pour délivrer des permis d'études aux enfants de façon à ce que leur bien-être soit préservé, de créer un mécanisme pour maintenir le statut juridique de tous les demandeurs de la voie d'accès pour les résidents de Hong Kong et d'accélérer le processus de résidence permanente.

Les agents correctionnels  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter une pétition au nom des agents correctionnels, qui demandent au gouvernement du Canada de mettre fin au Programme d'échange de seringues dans les prisons et à la prolifération des drogues dures dans les établissements fédéraux.
    Les agents correctionnels réclament des mesures et des politiques de sécurité renforcées, comme une stratégie de détection des drones pour mettre fin au largage de drogue par des drones survolant les établissements.

[Français]

L'immigration et la citoyenneté  

     Monsieur le Président, j'ai deux pétitions à présenter ce matin.
     La première porte sur les délais de traitement pour les demandes de parrainage d'époux, de conjoints de fait ou d'enfants à destination du Québec. Ces retards, qui sont vraiment trop longs, causent des séparations trop longues et forcées et créent beaucoup de souffrance et d'anxiété pour ces familles.
    Plus d'un millier de personnes ont signé cette pétition pour demander que le gouvernement respecte l'engagement du ministre de l’Immigration de mai 2023 pour une réunification familiale plus rapide et qu'il assure un traitement juste et prioritaire des visas de visiteur dans ce contexte. Ils font aussi d'autres demandes qui vont dans ce sens pour que les familles puissent être ensemble, car c'est vraiment primordial.

(1010)

Les chiens d'assistance  

    Monsieur le Président, je vais maintenant présenter ma deuxième pétition.
    Souvent, à l'entrée des commerces, il y a des enseignes qui disent que les chiens ne sont pas admis, mais rien n'indique que les animaux d'assistance sont acceptés, ce qui fait qu'il y a des tensions parfois entre les personnes en situation de handicap et le personnel sur place.
    On demande qu'il y ait une modification de l'affichage à l'entrée des services et des commerces en remplaçant « chiens interdits » par « chiens d'assistance acceptés » et « animaux de compagnie interdits ». On demande aussi que ce soit accompagné d'une campagne d'éducation et de sensibilisation des commerçants afin que les personnes en situation de handicap qui ont besoin d'un chien d'assistance puissent avoir accès à ces commerces-là.

[Traduction]

Les droits de la personne  

    Monsieur le Président, je présente une pétition au nom de nombreux Canadiens qui sont préoccupés par la protection des droits de la personne en Inde.
     Les pétitionnaires affirment que, selon la Commission des États‑Unis sur la liberté religieuse internationale, divers acteurs soutiennent et appliquent des politiques sectaires visant à faire de l'Inde un État hindou. Ils affirment que les chrétiens de l'Inde sont la cible d'extrémistes qui vandalisent les églises, attaquent les travailleurs ecclésiastiques et menacent et humilient les fidèles. Ils soulignent que les crimes contre les groupes dalits, y compris les femmes et les jeunes filles, sont en hausse. Ils affirment que les musulmans de l'Inde sont menacés de génocide, d'agression et de violence sexuelle.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement de veiller à ce que les accords commerciaux avec l'Inde contiennent des dispositions contraignantes sur le respect des droits de la personne. Ils demandent aussi au gouvernement d'imposer des sanctions aux extrémistes et de promouvoir un dialogue respectueux sur les droits de la personne entre le Canada et l'Inde.

La taxe sur le carbone  

    Monsieur le Président, je présente aujourd'hui une pétition signée par plus de 100 personnes, qui demandent l'élimination de la taxe sur le carbone des libéraux pour le chauffage domestique.
    À cause de la taxe sur le carbone pour le chauffage domestique du premier ministre, l'hiver a été froid et coûteux à Westman. Le gouvernement libéral sème la discorde: il pense que seules les provinces qui votent pour les libéraux devraient être exemptées de la taxe sur le carbone pour le chauffage. Or, les habitants de Westman, qui croulent sous le poids des factures élevées et de l'inflation, sont en désaccord.
    David, de Cartwright, a écrit que les règles qui accordent un allégement de la taxe sur le carbone à seulement certaines régions du Canada « sont antidémocratiques et sèment la discorde, et que tous les Canadiens devraient être exemptés de la taxe sur le carbone pour le chauffage domestique, peu importe le combustible qu'ils utilisent ».
    Ces pétitionnaires sont d'accord avec lui. En effet, nous avons vu les effets concrets des prix élevés et de l'inflation à Westman. La banque alimentaire de Samaritan House a remis près de 36 000 paniers l'an dernier, une augmentation incroyable de 12 000 paniers, soit 50 % de plus que la moyenne annuelle normale.
    L'appui considérable à l'égard de cette pétition est manifeste. La solution est simple: abolissons la taxe pour que les habitants de Westman, tous les habitants de Westman, puissent chauffer leur logement et se nourrir.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Le Règlement est assez clair pour la présentation d'une pétition. Le député doit transmettre l'essentiel de la pétition et ne pas prendre trop de temps. Ce n'est pas censé être une déclaration partisane. Le député a mentionné le fait d'abolir la taxe.
    Je ne vais pas accepter une série de recours au Règlement à ce propos. Le secrétaire parlementaire a partiellement raison. Le dépôt d'une pétition doit être bref et se limiter à une présentation. Je rappelle à tous les députés de s'abstenir de préciser s'ils sont d'accord ou pas avec la pétition qu'ils présentent. La présidence sera néanmoins heureuse d'accorder une certaine latitude à cet égard.

Le Code criminel  

    Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter une pétition de l'organisme Survivors Safety Matters, qui a été cofondé par Alexa Barkley et Tanya Couch.
    La pétition porte sur l'article 278 du Code criminel, qui autorise la divulgation au cours de procédures judiciaires de dossiers privés de la victime, y compris des dossiers thérapeutiques, des dossiers tenus par des services de consultation et des journaux intimes. En fait, cette disposition permet également d'accéder aux notes et aux registres du service d'assistance téléphonique pour les suicides, la ligne 988. Les pétitionnaires jugent cette mesure absolument inacceptable, car elle a pour résultat de victimiser à nouveau les victimes et de les dissuader de dénoncer des agressions sexuelles par crainte de voir leurs dossiers être utilisés contre elles.
     Les pétitionnaires demandent donc au gouvernement du Canada de protéger inconditionnellement la vie privée et la sécurité des victimes d'agression sexuelle en supprimant cette disposition de l'article 278.

L'environnement  

    Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter une pétition. Les pétitionnaires soulignent que nous sommes confrontés à des crises qui se recoupent, à savoir la crise du climat et la crise de la biodiversité, ainsi que la pollution et l'épuisement des ressources.
     Les pétitionnaires demandent au gouvernement de déclarer publiquement qu'il appuie l'ajout de l'écocide aux crimes internationaux reconnus.

(1015)

[Français]

Les forêts anciennes  

     Monsieur le Président, j’ai l’honneur de présenter aujourd’hui une pétition de mes électeurs de Saanich-Gulf Islands. Ils sont préoccupés par les menaces sur notre forêt ancienne. Il y a seulement une seule vallée ancienne intacte non protégée dans tout le Sud de l’île de Vancouver. Les électeurs ont demandé et exigé que le gouvernement agisse contre les coupes à blanc.
    Je ne veux pas faire quelque chose en anglais ou une petite blague.

[Traduction]

    Peut-être qu'il faudrait abolir la hache, au lieu de la taxe. Les pétitionnaires espèrent que le gouvernement agira de concert avec les provinces pour défendre les intérêts des Premières Nations.

[Français]

    Il faut travailler avec les provinces et les Premières Nations pour mettre fin immédiatement à l’exploitation des écosystèmes anciens en danger.

[Traduction]

     Les pétitionnaires soulignent que cette exploitation a un effet sur les changements climatiques, sur la biodiversité et sur les droits des Autochtones. Ils exhortent le gouvernement à agir tant qu'il est encore temps.

Les travailleurs de la santé  

    Monsieur le Président, j'ai une pétition au sujet des travailleurs de la santé du Canada.
    Les pétitionnaires demandent à tous les parlementaires, autant du fédéral et que des provinces, de reconnaître le rôle important que jouent les travailleurs de la santé partout au pays et de les soutenir. Ils demandent aussi de souligner l'importance de reconnaître les titres de compétence des immigrants.

L'environnement  

    Monsieur le Président, j'ai deux pétitions à présenter. La première pétition a été lancée par Amalie Wilkinson. Elle est signée par plus de 1 200 personnes de partout au Canada, y compris un grand nombre de personnes de ma circonscription. La pétition mentionne les trois crises croisées auxquelles nous devons faire face: la pollution, l'effondrement de la biodiversité et l'épuisement des ressources. Elle précise que le préjudice écologique à long terme le plus grave lié à ces crises est l'écocide. Elle souligne que de nombreux autres pays ont adopté ou proposé des projets de loi concernant l'écocide, se joignant ainsi aux appels internationaux pour l'adoption de ce genre de mesures législatives à l'échelle mondiale. Les pétitionnaires demandent au gouvernement fédéral de déclarer publiquement son appui à l'ajout de l'écocide aux crimes internationaux reconnus.

Le cannabis  

    Monsieur le Président, la deuxième pétition que je présente aujourd'hui a été lancée par Sarah Mills et porte la signature de plus de 3 200 Canadiens. Les pétitionnaires signalent que la limite actuelle du taux de THC ne répond pas de manière adéquate aux besoins des consommateurs existants, que cela constitue l'un des facteurs qui empêchent l'industrie légale et réglementée du cannabis de concurrencer le marché illicite, lequel, évidemment n'est pas réglementé. D'ailleurs, le Bureau de la concurrence et la Société ontarienne du cannabis réclament tous deux une révision des limites actuelles de THC. Par conséquent, les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada de porter à 100 mg le taux de THC maximal autorisé dans les produits comestibles à base de cannabis.

Questions au Feuilleton

     Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    D'accord?
    Des voix: D'accord.

Privilège

L'allégation de désignation indue d'une députée — Décision de la présidence  

[Décision de la présidence]
    Je suis maintenant prêt à me prononcer sur la question de privilège soulevée le 1er mai 2024 par la députée de Lethbridge concernant le contenu des Débats du 30 avril 2024. Ce faisant, je voudrais également commenter plusieurs rappels au Règlement soulevés ultérieurement concernant les retombées des événements de cette journée.
    Lors de son intervention, la députée a indiqué que les Débats du 30 avril 2024 ne reflétaient pas avec exactitude les délibérations survenues la veille en Chambre. Elle a allégué que les mots « je retire mes paroles » avaient été retirés des bleus, dans la partie où la présidence la désigne par son nom. La députée a affirmé que ces mots apparaissaient dans la première version des bleus et lui étaient attribués, et qu'on pouvait les entendre dans l'enregistrement audio.
    Elle a ajouté que ces mêmes mots, dans ce contexte précis, n'étaient pas anodins, puisqu'ils signifiaient qu'elle se conformait aux directives de la présidence, sans réserve, et que, par conséquent, son retrait de la séance n'était pas justifié. Selon la députée, comme elle n'avait pu participer cette journée-là aux débats et aux votes, ses privilèges auraient été enfreints. Elle a aussi mentionné que la fausse représentation de ses actions pouvait être assimilée à une atteinte à la dignité d'un député. Elle a été appuyée par certains de ses collègues qui ont affirmé avoir entendu la députée prononcer ces paroles.
    Revenons maintenant plus précisément sur les événements du 30 avril dernier. Le commencement de la période des questions orales ce jour-là a été particulièrement difficile; il y a eu manifestement beaucoup de mots forts et de réactions fortes qui ont nécessité l'intervention de la présidence. J'ai donné des avertissements, mais aussi la possibilité de reformuler leurs commentaires, à la fois au chef de l'opposition et au premier ministre, pour des mots particuliers qu'ils ont utilisés, ces termes étant respectivement « raciste » et « mou ».
    J'ai ensuite demandé que le mot « cinglé » soit retiré lorsqu'il a été utilisé comme une insulte personnelle. Je suis certain que tous les députés conviendront que de tels termes ne sont pas utiles et ne contribuent pas au type de civilité nécessaire à nos délibérations. Dans le cours de ces événements, la présidence a été l'objet d'invectives de la part de la députée de Lethbridge. La présidence a indiqué à la députée que la contestation de ses décisions était contraire au Règlement et lui a ensuite enjoint de retirer ses propos. La députée a répondu que la présidence agissait de manière disgracieuse. À ce moment-là, comme elle ne semblait pas se conformer à ma demande de retirer ses propos, je me suis levé et son micro a été coupé. Même si la députée était à quelques mètres du fauteuil, je n'ai pas entendu ses propos après que son micro a été coupé, car il y avait trop de bruit en Chambre. Elle a été désignée par son nom en vertu de l'article 11 du Règlement.

(1020)

[Français]

    Les bleus du hansard constituent la transcription non révisée des débats de la Chambre des communes. Quant à eux, les Débats représentent le compte rendu des délibérations avec les changements grammaticaux et rédactionnels nécessaires. Comme l'indique La procédure et les usages de la Chambre des communes, troisième édition, à la page 1227, « [p]ubliés avec l'autorisation du Président de la Chambre, les Débats sont préparés à partir de l'enregistrement sonore des délibérations ainsi que des renseignements fournis par le personnel des Publications parlementaires en poste sur le parquet de la Chambre. »
    Tel que l'a expliqué le Président Milliken le 20 mars 2001, à la page 1917 des Débats, « [c]oncernant le hansard, les rédacteurs essayent toujours de faire la chose juste et équitable en rapportant et en imprimant ce que nous avons dit à la Chambre. C'est souvent difficile de discerner ce que nous avons dit. »

[Traduction]

    Une voix: J'invoque le Règlement.
    Le Président: À la Chambre, la tradition veut que la présidence termine la lecture de sa décision avant de permettre les rappels au Règlement. Je les entendrai après la décision, soit dans quelques minutes.
     Même si les Débats sont publiés sous son autorité, la présidence tient à assurer à la Chambre qu'elle ne joue aucun rôle dans l'édition des Débats. Les éditeurs de l'équipe des Publications parlementaires préparent un compte rendu qui, selon leur jugement, correspond le plus fidèlement possible aux délibérations, sans ingérence politique et de manière entièrement non partisane.
    Les éditeurs peuvent apporter des changements au texte des comptes rendus de la Chambre, que les modifications aient été proposées par les députés ou non, selon leurs propres lignes directrices et leurs pratiques longuement établies. Il semble par ailleurs acquis que la révision ne devrait pas modifier la substance ni le sens des interventions faites par les députés en Chambre.
    La présidence a appris que le 30 avril dernier deux versions des bleus avaient été préparées. Les mots « je retire mes paroles » se trouvaient bel et bien dans la première version des bleus et avaient été associés à la députée de Lethbridge. Cependant, en réécoutant attentivement l'enregistrement audio de la séance, les éditeurs n'ont pas pu déterminer avec exactitude que ces mots précis avaient été prononcés ni que l'intervention devait être attribuée à la députée. Le mot « retire » était clairement audible, mais ce qui le précédait ne l'était pas.
     Compte tenu du contexte de l'échange entre la présidence et la députée, des mots qu'elle avait prononcés immédiatement avant et du fait que le processus visant à désigner la députée par son nom s'est ensuite amorcé, l'extrait laissait croire qu'autant les mots « je retire mes paroles » que les mots « je ne retire pas mes paroles » avaient pu être prononcés.
    Le bruit ambiant particulièrement élevé a d'ailleurs compliqué considérablement la tâche des éditeurs. Devant cette incertitude, ces mots ont par conséquent été retirés par les éditeurs, une deuxième version des bleus a été produite, puis transmise à la députée. Aucun commentaire ou révision n'a été communiqué au service des Publications parlementaires en lien avec cette intervention avant la publication du hansard, ni par la députée de Lethbridge ou son personnel, ni par un autre député ou son personnel.
    Finalement, les mots ne se sont pas retrouvés dans la version publiée des Débats. En enquêtant sur cette affaire, la présidence a aussi appris que le personnel responsable des Débats avait fourni ces explications à la députée l'après-midi du 1er mai, avant même qu'elle ne soulève sa question de privilège.

(1025)

[Français]

    Comme la députée de Lethbridge l'a ensuite indiqué le 9 mai, il est vrai qu'un membre de mon personnel a reçu le matin du 1er mai une question d'une journaliste au sujet de la différence entre les bleus et les Débats. En revanche, il faut préciser que la réponse offerte était très générale et a été fournie avant même que la question de privilège ne soit soulevée à la Chambre.

[Traduction]

    La présidence reconnaît que la députée de Lethbridge affirme avoir dit les mots « je retire mes paroles ». La présidence n'a aucune raison de remettre en cause sa parole, ni celle de la whip en chef de l'opposition, qui a confirmé que d'autres ont entendu ces mêmes paroles. J'espère qu'elle pourra accepter que, comme elle avait commencé son intervention en répétant ses propos et, compte tenu du niveau sonore élevé, la présidence n'a pas entendu la députée dire qu'elle retirait ses paroles ce jour-là. Ma décision de la désigner par son nom me semblait justifiée selon les informations dont je disposais à ce moment-là. Si la députée avait commencé son intervention en retirant ses propos, la suite des événements aurait sans doute été différente.
    Je tiens à mettre l'accent sur ce point. Lorsque la présidence demande à un député de retirer des propos offensants et de présenter ses excuses, par respect pour la présidence et pour les règles de la Chambre, elle s'attend à ce que les députés se conforment sans hésitation, point à la ligne. Une invitation à retirer des propos jugés inacceptables n'est pas une invitation à répéter ces mêmes propos. En cas de refus, on risque de se faire désigner par son nom et d'être prié de quitter la Chambre, ou encore de ne pas se faire accorder la parole par la présidence tant qu'on n'aura pas obtempéré.

[Français]

     Les députés sont parfois en désaccord avec les décisions de la présidence, mais il est important que tous les respectent une fois qu'elles sont rendues. Le non-respect des règles est une chose; le non-respect de l'autorité de la présidence lorsqu'on est rappelé à l'ordre en est une autre.
    Comme l'a souligné le député de New Westminster—Burnaby dans son rappel au Règlement du 1er mai 2024, critiquer de telles décisions à la Chambre revient à défier la présidence et n'est pas conforme à nos pratiques. Par ailleurs, il est vrai que la présidence exerce un contrôle sur le décorum pendant les délibérations et ne commente généralement pas les déclarations faites à l'extérieur. Les attaques contre le Président ou les vice-présidents à l'extérieur de la Chambre peuvent avoir un effet corrosif sur les délibérations. Chose certaine, cela ne contribue certainement pas au bon fonctionnement de la Chambre.

[Traduction]

    En conclusion, la présidence est d'avis que la version finale des débats a été préparée conformément aux normes appliquées par les rédacteurs en chef des débats et que leur décision, ainsi que la décision du Président de nommer le député, était justifiable en fonction de l'information disponible le 30 avril. Par conséquent, je ne peux conclure qu'il y a matière à question de privilège. La députée de Lethbridge a clairement indiqué quels étaient ses propos et cela fait maintenant également partie du compte rendu.

[Français]

     Je remercie les députés de leur attention.
    L'honorable députée de Calgary Nose Hill souhaite invoquer le Règlement.

[Traduction]

    Monsieur le Président, mon rappel au Règlement porte sur votre manière d'arriver à cette décision.
    Dans plusieurs cas précédents où votre conduite a été remise en question — par exemple, lorsque j'ai soulevé une question de privilège sur la possibilité que le gouvernement dissimule des renseignements dans sa réponse à une question inscrite au Feuilleton que vous aviez approuvée en tant que secrétaire parlementaire pendant cette législature —, vous vous êtes récusé.
     Dans ce cas-ci, vous vous êtes prononcé sur une question qui est encore une fois directement liée à votre conduite et à votre comportement. Comment est-il possible que vous puissiez rendre une décision relative à votre comportement quand les précédents établis pendant cette législature établissent clairement que vous auriez dû vous récuser?

(1030)

    Je remercie la députée de Calgary Nose Hill de son rappel au Règlement.
    La question de privilège étant liée à la préparation des bleus et au contenu du hansard, ce qui n'est bien sûr pas du ressort de la présidence, il a été jugé approprié que le Président lui-même soit en mesure de rendre cette décision.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. Quand la députée de Lethbridge a porté cette controverse à notre attention, j'ai exprimé ma profonde préoccupation à l'idée que les paroles prononcées, qui figuraient dans les bleus, aient été changées à l'insu de la députée, car il s'agit d'un aspect essentiel du fonctionnement de la Chambre, à savoir que nous ayons l'assurance que l'on ne touche pas aux paroles que nous prononçons, qu'elles soient consignées le mieux possible par le personnel extraordinairement talentueux et dévoué, de toute évidence à l'aide d'un nouvel équipement. Cependant, le hansard existe depuis des siècles et les propos des parlementaires y sont consignés, nous l'espérons, fidèlement.
     Je tiens aussi à faire une brève observation. Ensuite, je poserai une question précise, au cas où votre décision l'inclurait et que cela m'ait échappé.
     À propos du fonctionnement du Parlement, c'est-à-dire de la fragilité de notre démocratie, dans les démocraties parlementaires fondées sur le modèle de Westminster, ce qui est le cas du Canada, tout particulièrement, bien des choses reposent sur des éléments intangibles: le respect, la bienséance, les règles tacites, les traditions, le fait d'avoir les intérêts du pays à cœur, etc. Beaucoup d'intangibles interviennent en ce qui concerne le respect. Je sais que lorsque le député de Regina—Qu'Appelle présidait la Chambre, j'étais en profond désaccord avec nombre de ses décisions, mais je savais, puisqu'il est impossible de faire appel des décisions du Président, que ne pas respecter les décisions prononcées ne pouvait conduire qu'au chaos, aussi profond que puisse être mon désaccord.
     Voici où je veux en venir. Nous sommes dans une situation périlleuse, je dirais la même chose à tous mes collègues, et nous devons être capables de travailler ensemble et de respecter nos traditions. Elles sont intangibles et imparfaites, mais sans elles, ce lieu est voué au chaos.
     Voici ma question. Je ne sais pas si vous pouvez y répondre maintenant ou si vous devrez m'éclairer plus tard. Il m'est arrivé de dire des choses et que le personnel du hansard ne soit pas certain d'avoir bien entendu et vienne vérifier auprès de moi ce que j'avais dit. Quelque chose m'échappe. Je me souviens de cette journée. Il y avait beaucoup de bruit et de chaos. Là où je ne suis pas certaine — et je serais très rassurée de le savoir, car ce que la députée de Lethbridge a signalé m'inquiète —, bref, est-il absolument certain qu'il ne s'est rien passé de douteux entre le moment où la députée a parlé et celui où le compte rendu a été publié?
     Est-ce que nous savons si le personnel du hansard a communiqué avec la députée de Lethbridge pour avoir des précisions avant que la nouvelle version du hansard soit publiée sans qu'y figurent les mots « je retire mes paroles »?
    Je remercie la députée de Saanich—Gulf Islands de son rappel au Règlement.
    Si les députés consultaient la décision de la présidence, ils verraient qu'elle traite précisément de ce point: les bleus ont été préparés et distribués à deux reprises, et il y a eu en plus un échange entre la députée de Lethbridge et les personnes qui préparent le hansard.
    Monsieur le Président, j'aimerais répondre à ce rappel au Règlement.
     Aucun effort n'a été fait pour communiquer avec mon bureau afin d'éclaircir ce que j'avais dit ce jour-là et de savoir si les bleus avaient été modifiés. En fait, ils ont été modifiés à mon insu, puis publiés dans le hansard, qui a été approuvé par votre bureau, tout cela sans que je le sache. Ce n'est qu'après le changement que j'ai, de ma propre initiative, communiqué avec votre bureau afin de demander des éclaircissements et de mieux comprendre la procédure.
    Je remercie la députée de Lethbridge. Encore une fois, j'encourage tous les députés à lire attentivement la décision.
     Le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes invoque le Règlement.
    Monsieur le Président, ce qui me préoccupe en partie, c'est que le compte rendu officiel du hansard est censé représenter le discours d'un député qui a la parole. Par contre, il y a des députés qui chahutent, et les micros captent souvent aussi le chahut.
     Si j'ai bien compris, il n'y a aucun problème quant à ce qu'ont dit les députés qui ont été reconnus et qui avaient la parole. Ce dont nous parlons, ce sont des remarques en marge de la séance. Le hansard n'enregistre pas toutes les remarques en aparté, et je doute que nous souhaitions que ce soit le cas, parce qu'il nous faudrait une autre équipe entière, parfois plus, pour enregistrer toutes les observations qui sont faites par des députés qui n'ont pas officiellement la parole. Ce que la députée a dit n'a jamais été capté. Je ne l'ai même pas entendu.

(1035)

    Avant que les députés ne commencent à se renvoyer la balle, je tiens à préciser que la présidence s'est montrée très ouverte à écouter tous les points de vue, en particulier sur une question aussi délicate que celle-ci. Je vais inviter tous les députés à examiner de plus près la décision. Le secrétaire parlementaire a soulevé un point qui, là encore, se trouve dans la décision, pour ce qui est de savoir si les propos en question ont été captés ou non.
     Je vais permettre à la whip en chef de l'opposition de prendre la parole pour le dernier rappel au Règlement sur cette question. Ce n'est pas normalement...
    Des voix: Oh, oh!
    Le Président: Une fois rendue, une décision de la présidence n'est pas sujette à débat. Je comprends tout à fait, et j'ai beaucoup de respect pour la whip en chef de l'opposition.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement pour apporter une précision à ce sujet. Ce n'était pas du chahut. Ce n'était pas un aparté, contrairement à ce qui vient d'être dit. C'était un...
    Une voix: Oui, c'en était.
    L'hon. Kerry-Lynne Findlay: Non, ce n'en était pas. Le député chahute maintenant. Ce n'est pas la même chose.
     Il s'agissait d'un énoncé prononcé par la personne qui avait la parole. Un échange a suivi. Le dernier commentaire de la députée était « je retire mes propos », qui a été entendu et consigné dans les bleus. Je n'irai pas plus loin sur ce point, si ce n'est pour dire qu'il s'agit d'une fausse représentation de ce qui s'est passé ce jour-là.
    Je remercie la whip en chef de l'opposition officielle et je comprends son argument. C'est un argument valable, par ailleurs. Une fois de plus, j'invite tous les députés à lire la décision, qui explique très clairement la séquence des événements.
     Je crains que ce ne soit la dernière intervention que la présidence entendra sur la question.
     Si la députée de Yorkton—Melville veut intervenir sur la même question, je l'invite à lire la décision de la présidence, comme je l'ai dit plus tôt.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Le congé de taxes d'été  

    Que, afin d’aider les Canadiens à se payer de simples vacances estivales et d’épargner 670 $ aux familles canadiennes typiques cet été, la Chambre demande au gouvernement libéral-néo-démocrate d’abolir immédiatement la taxe sur le carbone, la taxe fédérale sur les carburants et la TPS sur l’essence et le diesel jusqu’à la fête du Travail.
    — Monsieur le Président, après neuf ans de ce premier ministre, le bloc libéral n'en vaut pas le coût. Le coût du logement a doublé. La dette a doublé. L'inflation a atteint son niveau le plus élevé depuis 40 ans. Ces hausses de taxes et de dépenses ont puni le travail des Québécois. De plus, elles ont encore une fois centralisé le pouvoir de notre pays entre les mains des politiciens et des bureaucrates fédéraux.
    Ce qui est bizarre et ironique, c'est que tout ça s'est fait avec l'appui du Bloc québécois. Un parti qui se dit indépendantiste veut dépendre davantage du fédéral. Il a voté pour 500 milliards de dollars de dépenses bureaucratiques, inflationnistes et centralisatrices. Ce sont des dépenses qui ne sont pas pour la santé ni pour la pension de la Sécurité de vieillesse, mais qui sont pour la bureaucratie, les agences, les consultants et les autres parties de la grande machine fédérale et centrale, ici, à Ottawa.
    D'une fois à l'autre, le Bloc québécois vote pour ramasser les pouvoirs et l'argent des Québécois à Ottawa. Ce n'est pas un parti indépendantiste, c'est un parti « dépendantiste ».
    Par contre, le Parti conservateur vise à réduire le rôle, le pouvoir et le coût du fédéral. Nous voulons un gouvernement fédéral plus petit pour des Québécois plus grands. Nous allons réduire le coût du gouvernement en plafonnant les dépenses et en coupant le gaspillage pour réduire les taxes, les impôts, l'inflation et les taux d'intérêt. Ça signifie plus d'argent dans les poches des Québécois et moins d'argent dans les coffres de ce premier ministre centralisateur.
    Nous sommes le seul parti qui appuie l'autonomie des Québécois et de tous les Canadiens. Notre plan de gros bon sens est ciblé. Il s'agit de réduire les taxes et les impôts, de bâtir des logements, de réparer le budget et de stopper les crimes. En plus, nous proposons que les Québécois aient une réduction de la taxe sur l'essence de 17 sous le litre cet été. Cela leur permettrait au moins d'avoir des vacances et de partager du temps dans les communautés québécoises, tout en soutenant les petites et moyennes entreprises en faisant du camping, en visitant les petites auberges et hôtels magnifiques qu'il y a dans la belle province. Cela laisserait davantage d'argent dans l'économie québécoise au lieu de nourrir le grand monstre obèse qu'on appelle le gouvernement fédéral.
    Notre approche, c'est moins pour Ottawa et plus pour les Québécois. C'est ça, le gros bon sens. Heureusement, il y a un parti qui est là pour ça; de l'autre côté, il y a les autres partis et le bloc libéral. Pour les prochaines élections, le choix est clair. C'est soit le bloc libéral, qui taxe la nourriture, qui punit le travail, qui double le coût du logement et qui libère les criminels dans les rues, soit le Parti conservateur de gros bon sens, qui va réduire les taxes et les impôts, bâtir des logements, réparer le budget et stopper les crimes. C'est ça, le gros bon sens.

(1040)

[Traduction]

     Je vais d'abord citer un message texte que je viens de recevoir du propriétaire d'une petite entreprise d'Ottawa qui a ouvert de magnifiques et légendaires restaurants locaux: Fratelli, qui signifie « frères » en italien, et Roberto, une incroyable et magnifique pizzeria où l'on peut déguster des pizzas cuites au four à bois.
     Il m'a envoyé ce message, dans lequel il répondait à un ami qui lui proposait une occasion d'affaires à Ottawa: « Bonjour Victor, je te remercie d'avoir pensé à moi. Personnellement, j'en ai fini d'investir temps et argent au Canada. D'ailleurs, j'ai entamé le processus pour quitter le pays. Mes enfants sont déjà partis et ils ne veulent pas revenir ici. L'un est en Italie, l'autre en Floride. Tous deux sont extrêmement heureux et vivent leur vie comme elle devrait être vécue. C'est triste, mais c'est ma nouvelle réalité, compte tenu de ce qui se passe avec ce premier ministre libéral et le Canada, pour la prochaine génération. J'espère que tout va bien pour toi et ta famille. Enfin, pour information, j'ai appris aujourd'hui que 46 % des entreprises de la zone d'amélioration commerciale du centre-ville ne renouvelleront pas leur bail. C'est effrayant. Qu'est-ce qui se passera d'ici un an ou deux? Je vous souhaite le meilleur, à toi et à ta famille. À bientôt. »
     N'est-ce pas triste? C'est le genre de personne que le premier ministre se plaît à diaboliser. C'est une personne qui a gagné sa vie et qui a créé sa propre entreprise en partant de zéro. Il n'a pas hérité d'un fonds en fiducie de plusieurs millions de dollars à imposition différée.
    Non, ses parents étaient des immigrants pauvres du Sud de l'Italie, des gens comme on en trouve un peu partout au pays, comme dans South Shore—St. Margarets où habite le député avec qui je partage mon temps de parole. Je sais que c'est le genre d'histoire que les médias contrôlés par les libéraux ont tendance à étouffer. Par exemple, j'ai raconté l'histoire d'un couple du Cap‑Breton qui avait déménagé au Nicaragua et Bell CTV a tenté de nous manipuler en prétendant que je disais des folies. En fait, l'histoire m'avait été racontée par la personne concernée.
    Évidemment, Bell est la compagnie de téléphone préférée du premier ministre. Elle adore obtenir des passe-droits de la part de son organisme de réglementation en diffusant beaucoup de propagande flatteuse à l'égard du premier ministre. Elle publie même la propagande régurgitée par La Presse canadienne, qui reprend textuellement le contenu transmis par le Cabinet du premier ministre. Elle ne peut plus mener les Canadiens en bateau en ce qui concerne les faits.
    Je vais citer un article. Même la CBC a dû l'admettre aujourd'hui:
    L'émigration du Canada vers les États‑Unis atteint un sommet en 10 ans, des dizaines de milliers de personnes se dirigeant vers le Sud. Selon les données du recensement, 126 340 personnes ont quitté le Canada pour les États‑Unis en 2022, soit une augmentation de 70 % en 10 ans [...]
     Un groupe appelé Canadians Moving to Florida & USA compte plus de 55 000 membres et en ajoute des dizaines [chaque] semaine […]
    Marco Terminesi est un ancien joueur de soccer professionnel qui a grandi à Woodbridge, en Ontario, et qui travaille maintenant comme agent immobilier pour une agence très occupée dans le comté de Palm Beach, en Floride, qui a une grande clientèle d'expatriés canadiens.
    « Je déteste la politique ici » […]
    — « ici » veut dire le Canada —
    […] M. Terminesi a déclaré qu'il n'a cessé de recevoir des appels ces 18 derniers mois de la part de Canadiens qui souhaitaient s'installer sous le soleil de la Floride.
    « Les gens me disent qu'ils doivent quitter le pays en raison du [premier ministre]. Ils me disent: « Marco, à qui dois-je m'adresser pour m'en aller d'ici? »[…]
    « Il y a beaucoup de haine et beaucoup d'appels de gens en beau maudit. C'est vraiment choquant pour moi d'entendre tout cela […]
    « En plus, je ne suis pas sûr que tous ces gens déménagent pour la bonne raison. Ils affirment qu'ils détestent la politique […] et qu'ils vont déraciner toute leur famille et déménager au Sud, et je leur dis que ce problème pourrait être résolu dans un an ou deux. »
     Si Dieu le veut. Je pense que beaucoup de gens espèrent que les conservateurs pleins de bon sens viendront résoudre le problème causé par le premier ministre. Je pense que c'est évident. Ne mâchons pas nos mots. Si je ne suis pas premier ministre d'ici les deux prochaines années, on entendra un grand bruit de succion causé par le vide laissé par les entreprises, les entrepreneurs et les travailleurs canadiens qui quitteront ce pays pour aller n'importe où ailleurs sur Terre et échapper au doublement du coût du logement, au quadruplement de la taxe sur le carbone et aux politiques économiques dévastatrices qui poussent les gens à quitter leur propre pays en raison de l'augmentation des prix. Telle est la réalité.
     C'est déjà en train d'arriver. Les Canadiens fuient le doublement du coût du logement que le premier ministre a provoqué en sortant la planche à billets pour gonfler les coûts et en finançant la bureaucratie qui bloque la construction résidentielle. Les Canadiens quittent le pays pour éviter les augmentations massives de taxes qui ont entraîné la fermeture d'entreprises et qui, selon un ancien gouverneur libéral de la banque centrale, ont fait fuir à l'étranger 800 milliards de dollars canadiens de plus que la somme des investissements qui sont entrés au pays.
     Avec toute cette souffrance et cette misère, les 256 campements de sans-abri qui ont surgi à Toronto, les 35 campements de sans-abri à Winnipeg, les 2 millions de personnes qui font la queue aux banques alimentaires, le Canadien sur 4 qui saute des repas parce qu'il ne peut pas se payer à manger, et les 76 % de jeunes qui disent qu'ils ne seront jamais propriétaires d'une maison, pour l'amour de Dieu, les Canadiens ne peuvent-ils pas au moins profiter d'un congé de taxes miséricordieux?
     C'est pourquoi les conservateurs pleins de bon sens veulent non seulement supprimer la taxe, construire des maisons, redresser le budget et faire échec au crime quand ils formeront le gouvernement, mais aussi, entre-temps, demander une exonération de taxe sur le carburant qui permettrait d'économiser 35 ¢ le litre et aux familles de prendre leur voiture, de prendre la route, de faire du camping et de soutenir les entreprises touristiques locales.
     Ramenons notre argent à la maison. Offrons des vacances aux Canadiens qui souffrent depuis longtemps. C'est le gros bon sens. Ramenons le gros bon sens chez nous.

(1045)

    Monsieur le Président, j'ai une question très précise pour le chef de l'opposition et je lui demanderais d'écouter et d'essayer d'y répondre directement. Je pense que c'est très important, et cela se rapporte à la teneur de sa motion.
    La motion du député dit que le Canadien moyen économisera 670 $ d'ici la fête du Travail. Toutefois, en ce qui concerne la taxe sur le carbone, elle est à 17,6 ¢, et la taxe fédérale sur l'essence est de 10 ¢. Si on ajoute la TPS à cela, on arrive à 29 ¢. Pour que le Canadien moyen économise 670 $, il devrait parcourir 25 842 kilomètres d'ici la fête du Travail. Pour mettre les choses en perspective, si nous devions conduire du pôle Nord au pôle Sud, il nous resterait encore plus de 5 000 kilomètres à parcourir. Nous devrions parcourir 272 kilomètres par jour d'ici la fête du Travail.
    Le député peut-il expliquer où il prévoit se rendre pour parcourir 272 kilomètres par jour, à compter d'aujourd'hui, d'ici la fête du Travail?

(1050)

    Monsieur le Président, je pense que le député s'est embrouillé. En fait, il parcourait le manifeste qui expose les vacances d'île en île du premier ministre à l'étranger, et c'est là qu'il a trouvé tous ces chiffres. C'est son chef qui parcourt ces distances pour passer des vacances sur les îles privées de milliardaires dans les Caraïbes et qui adore parcourir le monde pour se rendre dans différents paradis fiscaux où il peut passer des vacances.
     Nous parlons de Canadiens qui font du camping et d'une économie de 35 ¢ le litre de diésel ou d'essence en se débarrassant de la taxe sur le carbone et de la taxe sur la taxe. Il n'a même pas voulu reconnaître que non seulement les libéraux taxent l'essence, mais qu'ils ont aussi une taxe sur le carbone, puis qu'il y a la TPS qui s'ajoute à ces deux autres taxes. L'effet composé de ces taxes fait grimper de plusieurs centaines de dollars les taxes que les Canadiens paient chaque année. Le député pense que ce n'est pas suffisant. Il veut quadrupler la taxe sur le carbone. Nous déciderons de la suite des choses lors des élections sur la taxe sur le carbone.
    Monsieur le Président, le chef de l'opposition est un fervent défenseur de l'industrie pétrolière et gazière. Il remplit ses collectes de fonds de lobbyistes et de PDG de ce secteur, et il n'est donc pas surprenant qu'il n'ait pas de plan pour le climat. Il ne se préoccupe pas du fait que de nombreux Canadiens devront prendre leur voiture cet été pour fuir les incendies de forêt, tout en se demandant si leur maison sera toujours là à leur retour. De plus, il parcourt le pays en disant qu'il supprimerait également le moratoire relatif aux pétroliers le long de la côte nord. Ainsi, il ne tiendra pas compte des municipalités, des Premières Nations, des pêcheurs à la ligne, des pêcheurs commerciaux et de la majorité des habitants du district de Kitimat qui, avec de nombreuses autres collectivités nordiques, rejettent catégoriquement tout projet de transport de pétrole brut par superpétroliers sur la côte nord de la Colombie‑Britannique.
     Le chef de l'opposition peut-il confirmer qu'il supprimerait ce moratoire?
    Monsieur le Président, tout d'abord, je reconnais que la députée et son parti ont été des partisans enthousiastes des secteurs pétroliers de la Russie, de l'Arabie Saoudite et du Venezuela. Ils aiment les secteurs pétroliers des pays où leurs alliés idéologiques dirigent des gouvernements socialistes. Ils n'ont pas non plus de problème avec les pétroliers. Ils sont d'accord pour faire venir des pétroliers saoudiens et nigérians au port de Saint John, au Nouveau‑Brunswick.
     Je trouve très intéressant qu'ils s'opposent à ce que des produits énergétiques canadiens soient chargés sur des navires pour être expédiés vers les marchés étrangers, mais qu'ils sont ravis de voir le pétrole sale des dictateurs arriver sur nos côtes à raison de 130 000 barils par jour. Il est intéressant de constater à quel point il faut être cinglé pour être pour le pétrole des dictateurs tout en refusant des chèques de paie à des travailleurs canadiens syndiqués. Nous sommes pour que les travailleurs syndiqués de ce pays reçoivent des chèques de paie bien garnis.

[Français]

    Monsieur le Président, je trouve que c'est la journée de l'opposition la plus extraordinaire que nous ayons eue. C'est toute une « balloune ». C'est d'un populisme épouvantable.
    Ces taxes représentent 1,3 milliard de dollars pour les trois mois au cours desquels le chef de l'opposition souhaite qu'on les mette de côté.
    Comment ferait-il, lui, pour combler ce manque à gagner de 1,3 milliard de dollars? Se trouverait-il à faire des coupes ou augmenterait-il tout simplement la dette des Canadiens?
     Monsieur le Président, je crois que c’est René Lévesque qui a dit ceci: « Méfiez-vous des gens qui disent aimer le peuple, mais qui détestent tout ce que le peuple aime. » C’est ma réponse à son approche qui vise à ramasser l’argent ici à Ottawa. Je trouve intéressant qu'un député bloquiste s’oppose à ce qu'on enlève de l’argent au gouvernement fédéral pour le laisser dans les poches des Québécois.
    Où vais-je trouver l’argent pour réduire les taxes sur l’essence? Nous allons réduire les montants dépensés pour l'embauche de consultants. Ce sont 21 milliards de dollars qui ont été dépensés pour embaucher des consultants. C’est une augmentation de 100 %, qui représente 1 400 $ pour chaque famille québécoise. Le Bloc québécois a voté pour cette augmentation des consultants fédéraux et nous avons voté contre. C’est nous qui allons abolir ces dépenses centralisatrices pour mettre l’argent dans les poches des Québécois.

(1055)

[Traduction]

    Monsieur le Président, il est toujours un peu intimidant de prendre la parole après le chef de l'opposition, mais je vais me lancer.
     La motion est vraiment importante pour que les députés montrent qu'ils ont un peu de cœur, qu'ils se soucient des autres et qu'ils comprennent ce que les Canadiens vivent. Elle m'a fait penser à mon enfance, à mon adolescence et à cette période de l'année, à l'approche de la fin des classes, en juin. Je me réjouissais à l'idée d'être libre de faire tout ce que j'aimais faire en été, comme du vélo et toutes les activités que je faisais avec mes amis. À l'époque, les étés semblaient durer éternellement.
     Dans ma famille, nous faisions des voyages estivaux en voiture. Mes parents se démenaient chaque mois pour savoir quelle facture payer ou ne pas payer, mais ils trouvaient toujours l'argent nécessaire pour emmener les quatre enfants en vacances. Parfois, nous traversions simplement la vallée de l'Annapolis à partir de notre maison à Halifax et nous logions chez ma grand-mère dans un endroit appelé Paradise. Pour un enfant, c'était vraiment le paradis. D'autres fois, ils avaient assez d'argent pour nous emmener à Toronto en voiture. Nous logions chez ma tante, visitions l'Exposition nationale du Canada et faisions des activités merveilleuses.
     De temps en temps, nous avions assez d'argent pour aller aux États-Unis; nous allions à Washington ou nous visitions Disney World en été — si, si, en été. Ce sont d'excellents souvenirs, et nous n'étions pas conscients que nos parents pouvaient éprouver des difficultés financières.
     Cependant, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, ce rêve s'est envolé pour des millions de familles canadiennes. Les Canadiens souffrent de la faim, et ils ont même du mal à payer leur loyer ou leur prêt hypothécaire. L'an dernier, les banques alimentaires ont dû composer avec un nombre record de deux millions de visites, et elles prévoient un million de visites de plus cette année. Les députés peuvent-ils se l'imaginer? Il y a eu trois millions de visites, un chiffre record, aux banques alimentaires du Canada. Dans ma province, Feed Nova Scotia estime que le recours aux banques alimentaires a augmenté de 27 % rien que l'an dernier. Tous les aspects qu'elle observe de près ont fracassé des records.
     Le week-end dernier, je me suis rendu à la Souls Harbour Rescue Mission qui fournit des repas aux sans-abri de Bridgewater, dans ma circonscription. La mission n'avait pas à le faire il y a deux ans, et maintenant elle doit cuisiner des repas pour les sans-abri. Le député de Tobique—Mactaquac a rencontré les personnes qui font ce travail formidable. L'an dernier, 36 % des banques alimentaires ont dû refuser des gens parce qu'elles manquaient de nourriture. Les Canadiens sont sans abri parce qu'ils n'ont plus les moyens de posséder ou de louer un logement sous le régime néo-démocrate—libéral.
     Les loyers ont augmenté de 107 %, et il faut maintenant 25 ans aux Canadiens pour économiser ne serait-ce que la mise de fonds sur une maison. Nous savons que les campements de sans-abri se multiplient partout, dans les petites villes comme dans les grandes. Il y en a 35 à Halifax. En 2015, il n'y avait que 284 sans-abri à Halifax; aujourd'hui, ils sont plus de 1 200, soit une hausse de 326 % sous le règne des néo-démocrates—libéraux. Selon le directeur parlementaire du budget, depuis 2018, le nombre de personnes en situation d'itinérance chronique a augmenté de 38 % à l'échelle nationale. Il s'agit de personnes sans abri depuis plus d'un an. Pour celles qui le sont depuis peu de temps, l'augmentation est de 88 %.
     Après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, les familles à faible revenu ne sont pas les seules à en arracher. Les familles de la classe moyenne ont recours aux banques alimentaires bien qu'elles travaillent parce que tous leurs revenus servent à payer leur prêt hypothécaire. Comment cette situation s'explique-t-elle? Ce n'est pas à cause de l'Europe, contrairement à ce que le gouvernement prétend. C'est l'œuvre on ne peut plus canadienne du NPD et des libéraux. Des années d'endettement et de taxes et impôts inflationnistes ont conduit au taux d'inflation record du Canada, qui a atteint 8,1 % au cours des deux dernières années, ainsi qu'à la croissance la plus rapide de l'inflation dans l'histoire du pays.
     Ces hausses de l'inflation ont été un coup dur pour d'innombrables Canadiens, qui doivent aujourd'hui renouveler leur prêt hypothécaire. Ils sont déjà confrontés à un endettement inédit et à la crise du coût de la vie. Au cours des deux prochaines années, 45 % des prêts hypothécaires contractés au Canada devront être renouvelés. Il s'agit de maisons construites à des prix atteignant des sommets sans précédent alors que les taux d'intérêt avaient plongé à un creux record. Les propriétaires pourraient voir leur taux d'intérêt bondir de 30 à 40 % par rapport à celui dont ils bénéficiaient il y a quelques années à peine. Pour un prêt hypothécaire de 500 000 $ sur 25 ans à échéance fixe de 5 ans, cela se traduira par une hausse de paiements de près de 1 000 $ par mois.
     En outre, nous savons que le prix de l'alimentation a augmenté de 23 % depuis 2020 et celui de l'essence, de 30 %. Les années où le pouvoir d'achat d'aliments des Canadiens a le plus baissé sont 2022 et 2023.

(1100)

     Malheureusement pour les Canadiens, ces records ne sont pas ceux qu'ils attendent du gouvernement, mais lui se vante néanmoins du repli de l'inflation à 3 %. Le gouvernement se vante que les prix continuent d'augmenter, mais ce sont là des chocs que les Canadiens ne peuvent pas se permettre.
     Alors que les Canadiens peinent à joindre les deux bouts, le gouvernement néo-démocrate—libéral a alourdi le fardeau fiscal en haussant la taxe sur le carbone de 23 % en avril dernier. En conséquence, selon le directeur parlementaire du budget, la famille néo-écossaise moyenne paiera désormais 1 500 $ de plus en taxe sur le carbone que ce qu'elle recevra en retour en pseudo-remise de cette taxe. On estime qu'en 2024, la famille canadienne moyenne devra payer 700 $ de plus que l'an dernier pour se nourrir.
     Les Canadiens n'ont pas les moyens de se permettre ces augmentations. Malgré la mésinformation dangereuse que les néo-démocrates—libéraux répandent sur le lot plus qu'enviable des Canadiens, la situation de ces derniers ne s'est pas améliorée grâce au gouvernement. Ils en arrachent comme ce n'est pas possible. C'est pourquoi les premiers ministres de presque toutes les provinces ont demandé au gouvernement de se débarrasser de la taxe sur le carbone. Le gouvernement affirme qu'il se soucie des provinces, mais il ne fait aucun cas de toutes leurs demandes.
    Un poète du nom de Ralph Waldo Emerson a écrit un jour: « La cohérence imbécile est le spectre des petits esprits. » La cohérence imbécile du gouvernement néo-démocrate—libéral, c'est de continuer de dépenser de l'argent, ce qui fait grimper l'inflation, les taux d'intérêt et le coût des aliments. Après neuf ans de ce comportement libéral, le gouvernement pense que le résultat ne sera pas une pauvreté de plus en plus grande au sein de la population. Voilà la cohérence imbécile du gouvernement. Je laisse aux députés le soin de juger ce qui en est des petits esprits.
    Je laisse également aux députés le soin d'entendre la demande des Canadiens: ils veulent un répit. La question qu'ils nous posent le plus souvent, c'est: « À quand les prochaines élections? » Ce n'est pas parce que les Canadiens aiment les élections, mais bien parce qu'ils veulent se débarrasser du gouvernement. Les Canadiens ont besoin d'un répit de la souffrance, de la douleur et de la faim causées par les néo-démocrates—libéraux.
    Nous proposons de donner un répit temporaire aux Canadiens afin que cet été, ils puissent connaître le grand privilège que certains d'entre nous avons connu durant notre jeunesse, c'est-à-dire monter dans la voiture familiale, partir en vacances et vivre une grande aventure cet été. Quelle est la meilleure façon d'y arriver? C'est la motion que nous présentons aujourd'hui, qui se lit comme suit:
    Que, afin d'aider les Canadiens à se payer de simples vacances estivales et d'épargner 670 $ aux familles canadiennes typiques cet été, la Chambre demande au gouvernement libéral-néo-démocrate d'abolir immédiatement la taxe sur le carbone, la taxe fédérale sur les carburants et la TPS sur l'essence et le diesel jusqu'à la fête du Travail.
    C'est une demande raisonnable. Cela permettrait aux Néo-Écossais d'épargner 542 $ cet été. Certains ici pourraient penser que 542 $, ce n'est pas grand-chose, mais une telle somme aidera une personne à payer l'essence pour le trajet en voiture d'Halifax à Toronto afin d'emmener les enfants voir une partie des Blue Jays ou visiter le Temple de la renommée du hockey. Cela permettrait à de nombreuses familles en difficulté de ma province de se payer une petite gâterie. Elles pourraient même aller à l'Exposition nationale canadienne pour admirer le merveilleux spectacle aérien qui a lieu à la fête du Travail.
    Par contre, tout cela est hors de portée pour les familles de ma région, en Nouvelle-Écosse, dont le revenu moyen s'élève à 30 000 $. Ces 542 $ représentent des taxes que les néo-démocrates—libéraux vont continuer de leur prélever pendant qu'elles souffrent et qu'elles tentent de mettre du pain sur la table. Cela représenterait la différence entre partir en vacances et ce qui est malheureusement devenu la norme sous le gouvernement actuel, soit des vacances chez soi. Cela signifie qu'elles ne peuvent se permettre de partir en vacances et qu'elles doivent se contenter de rester à la maison. Pour une famille, ce ne sont pas des vacances.
     Nous demandons au gouvernement de faire preuve d'un peu de compassion et de bienveillance. Nous n'en serions pas là si le gouvernement avait suivi notre plan sensé visant à abolir la taxe, à construire des logements, à redresser le budget et à faire échec au crime. Cet été, en particulier, les conservateurs veulent que le gouvernement abolisse la taxe sur tous les carburants et qu'il déclenche des élections sur la taxe sur le carbone, s'il y croit à ce point, afin que nous puissions enfin donner aux Canadiens ce qu'ils demandent. Je mets le gouvernement au défi de faire l'une de ces deux choses. Si les libéraux n'ont pas le courage de supprimer les taxes fédérales cet été pour donner un répit aux Canadiens, qu'ils aient au moins le courage de déclencher des élections et de laisser les Canadiens décider de leur sort.

(1105)

    Monsieur le Président, c'est un peu fort. La gourou de la politique conservatrice en Alberta, mieux connue sous le nom de première ministre Danielle Smith, a augmenté la taxe sur l'essence de 4 ¢. Réfléchissons un instant au calcul bizarre que font les conservateurs. Ils promettent des épargnes de 670 $. C'est une blague. Leur calculatrice est complètement détraquée, comme le leader adjoint du gouvernement à la Chambre vient de le faire remarquer. Pour obtenir ce chiffre, un automobiliste moyen devrait rouler du pôle Nord jusqu'au pôle Sud, presque dans les deux sens.
     Je ne sais pas ce qui se passe au Parti conservateur. Il est encore plus à droite que la première ministre Danielle Smith et les conservateurs du MAGA. Sa calculatrice est brisée. D'où les conservateurs sortent-ils ce chiffre de 670 $? Je ne comprends pas.
    Monsieur le Président, pardonnez-moi de dire que je n'ai aucune confiance dans les calculs des libéraux, qui n'ont jamais été capables d'atteindre un seul objectif budgétaire. Ils ont même dit que le budget allait s'équilibrer de lui-même. Il est possible que lorsque le député précédent, le député de Kingston et les Îles, a fait ses calculs, il se soit fié à l'odomètre de la Ford Lightning de 150 000 $ qu'il conduit. Il devrait essayer d'utiliser un véhicule normal, comme celui que conduisent la plupart des Canadiens.
     Je comprends l'embarras du député à cet égard, mais les libéraux ont augmenté de 23 % la taxe sur le carbone le 1er avril, le jour du poisson d'avril. Ils continuent de l'augmenter et prévoient que la hausse atteindra 65 ¢ le litre d'ici 2030. Les libéraux n'ont aucune compassion pour les gens qui souffrent à cause de leur politique fiscale.
    Monsieur le Président, j'ai l'impression que certaines informations fournies par mon collègue dans son intervention n'étaient pas tout à fait exactes, et je tiens à lui donner un autre éclairage.
     L'un des députés du Parti libéral vient de nous parler de Danielle Smith et des taxes qu'elle a imposées sur l'essence en Alberta. Trevor Tombe, professeur d'économie à l'Université de Calgary qui jouit d'une excellente réputation dans le domaine de l'économie du carbone, a écrit qu'une nette majorité de ménages reçoivent des remises plus importantes que ce qu'ils paient pour la taxe sur le carbone. Il a ajouté que si nous nous débarrassons de cette taxe et du remboursement, cela nuira à une proportion beaucoup plus importante des ménages à revenus faibles et moyens que des ménages à revenus plus élevés. Le Business Council of Alberta a déclaré que la taxe sur le carbone est le moyen le plus simple, le plus transparent, le moins cher et le moins interventionniste d'atteindre les objectifs climatiques du Canada. Voilà ce que disent des experts qui se sont penchés sur cette question et qui ont mené des recherches.
     Je me demande pourquoi les informations que le Parti conservateur du Canada tente de diffuser aujourd'hui contredisent complètement celles d'experts comme Trevor Tombe et le Business Council of Alberta.
    Monsieur le Président, pourquoi ne suis-je pas surpris que le NPD continue de parler au nom des élites universitaires plutôt qu'au nom des cols bleus ordinaires?
     Je sais que cela dérange les néo-démocrates et les libéraux, mais parlant d'experts, le directeur parlementaire du budget indépendant affirme que la taxe coûtera aux familles 1 500 $ de plus par année que ce qu'elles obtiendront en faux remboursements. C'est une façon commode pour les néo-démocrates—libéraux d'ignorer les experts. Ils choisissent de faire confiance à leurs économistes universitaires élitistes.
     Je demande à la députée de relire le rapport du directeur parlementaire du budget afin de mieux comprendre l'incidence de cette taxe sur les familles.

[Français]

    Monsieur le Président, mon collègue vient de s'ériger en défenseur du peuple dans la lutte des élites universitaires contre le peuple. Les conservateurs veulent défendre ce qu'ils appellent les gens ordinaires.
    Or, les politiques du Parti conservateur avantagent les pétrolières de l'Ouest. Mon collègue croit-il vraiment que les pétrolières de l'Ouest ont besoin d'aide et que ce sont des gens ordinaires?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les politiques du gouvernement ont fait perdre leur emploi à 78 000 personnes ordinaires dans le secteur pétrolier, ce qui a fait chuter l'investissement par employé dans ce pays et fait en sorte que notre productivité est maintenant 40 % inférieure à celle des États‑Unis, rendant le coût de la vie beaucoup plus difficile à supporter pour les gens ordinaires.
     Il est carrément cinglé qu'en dépit des ressources naturelles qui donnent à notre pays un avantage concurrentiel, le gouvernement néo-démocrate—libéral affirme que nous devrions fermer tous les puits de pétrole et espérer qu'en saupoudrant l'argent des contribuables dans d'autres secteurs comme de la poudre magique — de l'argent acquis notamment grâce à l'industrie pétrolière, soit dit en passant —, on corrigera ou changera d'une manière ou d'une autre le fonctionnement de notre économie et la manière dont nous ferons prospérer nos familles. Les excellentes politiques dont nous profitons au Canada doivent être assurées par les bénéfices des entreprises, qui créent des emplois et favorisent l'innovation.
     J'invite la députée à faire un nouvel examen de conscience.

(1110)

    Je rappelle à tous les députés d'essayer d'écourter leurs réponses et leurs questions afin que tous les députés qui souhaitent participer et poser des questions aient la chance de le faire. La députée de Saanich—Gulf Islands a essayé d'obtenir la parole à plusieurs reprises, et je vais voir si je peux la lui donner en premier lors du prochain tour.
     Nous reprenons le débat. Le secrétaire parlementaire du ministre de l'Environnement et du Changement climatique a la parole.
    Monsieur le Président, j'aimerais remercier l'opposition d'avoir fait porter une autre journée de l'opposition sur l'un des outils les plus efficaces du Canada pour réduire notre pollution par le carbone. La tarification du carbone fonctionne, et cela n'a jamais été aussi clair.
     Avant de poursuivre, j'aimerais dire que je souscris sans réserve à l'idée du Président de demander à la députée de Saanich—Gulf Islands de poser la première question afin que nous puissions parler de la manière dont nous luttons contre les changements climatiques, et non de la question de savoir si nous luttons contre les changements climatiques. Les conservateurs semblent bien décidés à laisser notre planète brûler.
     La tarification du carbone fonctionne à l'échelle des entreprises, mais aussi à l'échelle des ménages. En fait, elle accroît le succès de toutes les autres politiques de réduction des émissions parce qu'elle intègre un puissant encouragement à l'efficacité énergétique directement à l'économie canadienne. Nous pourrions qualifier la tarification du carbone de sixième joueur du plan de réduction des émissions du Canada. La modélisation du ministère de l'Environnement montre que la tarification du carbone représente à elle seule environ un tiers des réductions d'émissions attendues au Canada entre 2005 et 2030. D'autres experts indépendants ont calculé qu'elle serait encore plus efficace pour réduire la pollution par le carbone au Canada.
     Les conservateurs n'ont pas besoin d'écouter les experts, qu'ils ont qualifiés de « soi-disant experts », mais ils devraient suivre l'avis de William Nordhaus, un économiste lauréat du prix Nobel qui a récemment déclaré que le Canada visait juste avec sa tarification du carbone, que nous visons juste en matière de réduction des émissions de carbone, que notre pollution diminue en conséquence et que notre économie demeurait très forte. Je me permets de résumer brièvement comment notre ministère calcule les réductions d'émissions.
     Nous utilisons un programme appelé EC-PRO. Il s'agit d'un modèle d'équilibre général calculable qui nous permet d'effectuer des calculs statistiques complexes. Nous préparons d'abord une hypothèse de référence qui inclut toutes les politiques de réduction des émissions fédérales, provinciales et territoriales en vigueur et qui calcule les émissions totales attendues d'ici 2030. Nous préparons ensuite une deuxième hypothèse qui exclut totalement la tarification du carbone. Nous excluons également toutes les politiques de tarification du carbone provinciales, y compris celles de l'Alberta, de la Colombie-Britannique et du Québec, qui ne sont pas couvertes par le régime fédéral. Enfin, l'écart permet d'estimer l'effet de la tarification du carbone sur les émissions. Nous obtenons un écart de 78 mégatonnes d'équivalent CO2, ce qui représente environ un tiers des émissions totales que le Canada prévoit entre 2005 et 2030. C'est conforme à nos engagements dans le cadre de l'Accord de Paris, que nous avons réaffirmés quand nous avons formé le gouvernement en 2015.
     Notre modélisation montre également que l'effet de la tarification du carbone se fait sentir très rapidement. C'est l'un des moyens les moins coûteux, les moins importuns et les plus rapides de réduire les émissions de carbone. En 2023, nos émissions auraient été supérieures d'environ 24 millions de tonnes sans la tarification minimale du carbone, qui était en place pour la quatrième année seulement au Canada. Cela équivaut à retirer de la circulation plus de sept millions d'automobiles à moteur à combustion interne.
     Je rappellerai à mon collègue du Parti conservateur, qui a interrogé un député sur les calculs qu'il a utilisés pour en arriver aux économies de 670 $ dont se vante le Parti conservateur et lui a demandé s'il allait conduire sa voiture électrique, que les voitures électriques n'ont pas besoin de carburant. Les conservateurs semblent oublier que cette innovation ne nécessite pas l'utilisation de combustibles fossiles.
     Bref, la tarification de la pollution fonctionne, et nos données le prouvent. Il n'y a pas seulement nos données, mais aussi celles de 300 économistes indépendants de tout le pays, des personnes renommées qui travaillent dans des universités et que les conservateurs continuent d'appeler des soi-disant experts. S'il y a des experts, des experts conservateurs, qui souhaitent présenter des données, des analyses économiques ou quoi que ce soit d'autre qui indiquent que la tarification du carbone aggrave les problèmes d'abordabilité bien réels auxquels les Canadiens confrontés, je suis intéressé à les entendre. J'ai lancé l'invitation en décembre, mais il n'y a rien eu depuis.
     La tarification du carbone reste le moyen le plus efficace, le plus simple et le plus rentable d'atteindre nos objectifs. C'est une mesure qui incite l'ensemble de la population, tous les ménages et toutes les entreprises, à trouver des moyens de réduire la pollution, qu'ils en aient envie ou non. Elle envoie un message d'encouragement fort aux entreprises pour qu'elles investissent dans des technologies plus propres et améliorent leur efficacité énergétique future.
     Il est vraiment ahurissant de voir toutes les informations erronées qui sont diffusées, en particulier par le Parti conservateur du Canada. La tarification du carbone n'augmente pas le coût de la vie. Des économistes de tout le pays, des experts de ce type d'analyses, l'indiquent, mais le Parti conservateur choisit de continuer dans cette voie, sans aucune donnée factuelle pour étayer ses propos.
     Dans les provinces où la redevance fédérale sur les carburants s'applique, celle-ci ne représente qu'une infime partie de l'inflation et de l'augmentation du prix des produits alimentaires. Comme l'a souligné mon collègue du NPD, Trevor Tombe, de l'Université de Calgary, en Alberta, a déclaré que l'augmentation du prix des produits d'épicerie qui lui est attribuable est très négligeable. Nous parlons de quelques sous pour un plein panier d'épicerie.

(1115)

     J'aimerais également souligner qu'un supplément de 10 % est offert aux personnes qui vivent dans des régions rurales et éloignées où il n'y a pas de moyens de transport actif ou des services de transport public. Les Canadiens des régions rurales dépendent peut-être davantage du propane ou du gaz naturel, car ils n'ont pas accès à d'autres formes de carburant pour se chauffer. Nous avons proposé de faire passer ce supplément à 20 %, mais les conservateurs retardent l'adoption du projet de loi C‑59 depuis des mois, privant ainsi des Canadiens de cet argent.
     Dans les provinces assujetties au système fédéral de tarification, grâce à la Remise canadienne sur le carbone, 80 % des ménages canadiens reçoivent un remboursement supérieur à ce qu'ils déboursent. En fait, si la taxe sur le carbone était abolie, non seulement cela mettrait fin à l'investissement dans l'énergie propre, à l'innovation et à la création d'emplois, mais les familles à faible et à moyen revenu se retrouveraient avec moins d'argent dans leurs poches.
     J'aimerais maintenant parler d'une autre fausse information véhiculée par le Parti conservateur du Canada concernant les répercussions de la taxe sur le carbone sur notre économie. Non, la tarification du carbone ne nuit pas aux entreprises et ne nuit pas à l'économie.
     Dans d'autres pays semblables au Canada, où il fait froid en hiver et chaud en été, nous constatons que les systèmes de tarification comme le nôtre offrent la stabilité nécessaire pour bâtir des économies plus prospères. La Suède, qui tarifé le carbone il y a plus de 30 ans, a réussi à réduire ses émissions du tiers et à doubler sa croissance économique.
     Il en va de même pour nous, notamment en Colombie‑Britannique, qui a son propre système depuis plus de 10 ans. De nombreux députés du Parti conservateur du Canada siégeaient à l'Assemblée législative de la province quand ce système a été instauré par le Parti libéral. Ils semblent avoir oublié que, depuis des dizaines d'années, la merveilleuse province de la Colombie‑Britannique réduit ses émissions par habitant et ses émissions par rapport à son PIB. Au cours de la même période, la province a également accéléré sa croissance économique et ses innovations. Félicitations à la Colombie‑Britannique. Le gouvernement fédéral est fier de suivre ses traces dans ce domaine.
     Nous devons également tenir compte de la demande en matière d'innovation propre, qui est en croissance à l'échelle mondiale. Le Canada a attiré des investissements dans ce domaine. En fait, l'investissement direct étranger au Canada n'a jamais été aussi élevé, et c'est parce que les gens veulent investir ici. C'est le moment idéal pour investir au Canada. Nous offrons aux investisseurs de l'énergie verte et les grandes idées dont le monde a besoin pour stimuler l'innovation et la révolution verte. Voilà pourquoi ils viennent faire des affaires chez nous.
     La tarification du carbone attire des investissements dans nos énergies vertes et dans notre industrie à faibles émissions de carbone, ce qui permet aux entreprises canadiennes de prendre les devants. Si nous l'abolissions, nous perdrions notre place dans la course planétaire vers la carboneutralité, et nous condamnerions tous les emplois qui y sont associés. Cela nuirait considérablement aux entreprises canadiennes qui exportent vers des pays qui leur imposeraient alors des mécanismes d'ajustement à la frontière. Je veux parler de l'Union européenne et du Royaume-Uni, par exemple, et des autres pays qui comptent le faire bientôt.
     Le Canada a déjà accompli beaucoup de progrès. Grâce au train de mesures adoptées depuis 2015 pour lutter contre les changements climatiques et réduire les émissions de carbone, le Canada devrait dépasser son objectif provisoire pour 2026, à savoir une réduction de 20 % de ses émissions par rapport au niveau de 2005. Voilà un autre argument des conservateurs qui part en fumée.
     C'est curieux d'entendre des députés de l'opposition nous reprocher de ne pas atteindre nos objectifs climatiques, alors qu'ils font tout pour saboter les politiques qui nous permettent justement d'atteindre ces cibles. Selon les projections les plus récentes qui ont été publiées en décembre dernier, le Canada devrait enregistrer une réduction de 36 % d'ici à 2030. Nous y arrivons. Le Rapport d'inventaire national confirme, dans sa dernière édition, que les émissions sont conformes aux prévisions et qu'elles restent inférieures aux niveaux d'avant la pandémie.
     Sauf pendant la pandémie, les émissions du Canada n'ont jamais été aussi faibles depuis 25 ans. C'est un exploit dont nous devrions tous être fiers à la Chambre, et nous devrions même chercher à faire mieux. La production d'électricité et le chauffage dans le secteur public sont aujourd'hui moins polluants grâce à une utilisation réduite du charbon et du coke. Les fuites d'émissions, dans le secteur de l'extraction de pétrole et de gaz naturel, ont aussi diminué.
     Les chiffres sont éloquents. La tarification du carbone donne des résultats, et elle permettra d'atteindre le tiers des cibles canadiennes de réduction des émissions d'ici à 2030. Elle permet également d'améliorer le pouvoir d'achat des familles qui en ont le plus besoin. Sans compter que c'est bon pour les entreprises et que c'est bon pour l'économie. Du fait de sa neutralité fiscale, notre système de tarification du carbone est moins coûteux que l'octroi de subventions ou l'adoption de mesures réglementaires.
     Avec leur motion d'aujourd'hui, les conservateurs proposent de supprimer toutes les taxes et redevances sur l'essence et le diésel pendant l'été, laissant entendre que cela représenterait une économie de 670 $ par famille, ce qui est absolument faux. Il faudrait pour cela que les gens fassent plus de 25 000 km en voiture en l'espace de quelques mois. Cette motion ne tient pas compte du fait que les Canadiens qui en ont vraiment besoin reçoivent un remboursement de la TVH quatre fois par an.

(1120)

     Je me rappelle que, quand j'étais jeune, ma mère avait vraiment hâte de recevoir ce remboursement. Lorsque ma mère recevait le remboursement de la TVH, il y avait d'habitude un repas au Chalet Suisse à l'horaire. C'était vraiment très utile à notre famille. À l'époque, je crois que le remboursement se chiffrait à environ 90 $, quatre fois par année, mais il est plus élevé maintenant.
     Toutefois, ce qui est plus important encore, c'est que la Remise canadienne sur le carbone aide vraiment les familles, en particulier celles à revenu faible ou modeste, non pas parce qu'elles reçoivent un peu plus d'argent, comme avec le remboursement de la TVH, mais parce que tout le monde reçoit cet incitatif. Tout le monde reçoit le même montant. Une famille de quatre personnes en Alberta reçoit la même chose qu'une autre famille de quatre personnes. Les conservateurs ont honteusement qualifié la mesure de tour de passe-passe, mais ce n'en est pas un: c'est un remboursement. La Remise canadienne sur le carbone est comme l'Allocation canadienne pour enfants et n'importe quel service ou programme que nous avons mis en œuvre pour réduire la pauvreté au cours des huit dernières années. La Remise canadienne sur le carbone fonctionne vraiment et, comme je l'ai dit, c'est une solution moins chère et moins intrusive que d'offrir des subventions ou d'adopter des mesures réglementaires strictes. Il faut absolument la conserver.
     Je n'ai pas besoin de rappeler aux députés l'urgence d'agir. C'est malheureusement encore une fois la saison des feux de forêt. Notre pays est très vulnérable aux changements climatiques. J'ai lu tout récemment une statistique absolument alarmante: le Canada compte pour 0,5 % de la population mondiale, soit environ 41 millions de personnes sur une planète de plus de 8 milliards d'habitants; cependant, plus de 40 % — je crois que c'était 45 % — des familles déplacées de leur domicile en raison des feux de forêt en 2023 étaient canadiennes. Le Canada est extrêmement vulnérable aux répercussions des changements climatiques. Notre climat se réchauffe plus vite et il s'assèche plus vite qu'ailleurs. Or, lorsque le temps est sec, comme c'est prévu pour cet été, il y a davantage de feux de forêt, et ils sont plus intenses, ce qui se traduira par un plus grand nombre de Canadiens chassés de leur domicile.
     Chaque jour, les Canadiens constatent les effets coûteux des changements climatiques, qu'il s'agisse de sécheresses, de feux de forêt ou d'inondations. Les changements climatiques coûtent en moyenne 720 $ par année à un ménage canadien. On ne parle pas assez à la Chambre des communes des coûts associés aux changements climatiques. Les changements climatiques sont l'une des principales causes de l'inflation dans le secteur de l'alimentation. Quand les gens font l'épicerie, ils se demandent pourquoi la laitue coûte 3,50 $ et pourquoi les tomates coûtent soudainement 1,99 $ ou 2,99 $. C'est à cause des changements climatiques. C'est parce qu'elles sont cultivées dans des endroits vulnérables aux changements climatiques et aux conditions météorologiques extrêmes qui ont des répercussions sur la sécheresse et sur toutes sortes de paramètres importants. Cela montre vraiment la nécessité d'une stratégie alimentaire plus complète au Canada, ce à quoi je suis également favorable.
     La Remise canadienne sur le carbone soutient vraiment les familles qui ont de la difficulté à payer leur épicerie, et il est important de souligner qu'elle soutient encore plus les familles à revenu faible ou modeste. Le prochain versement de la Remise se fera le 15 juillet et, pour de nombreuses familles, elle sera plus élevée que la moyenne parce que, si elles n'ont pas soumis leur déclaration de revenus avant le 15 avril, le versement sera beaucoup plus élevé que ce qu'il devait être. Le 15 juillet est le prochain versement de la Remise canadienne sur le carbone. Qu'elles vivent en Alberta, au Manitoba, en Saskatchewan, en Nouvelle-Écosse, comme votre famille, monsieur le Président, à l'Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick ou en Ontario, les familles recevront toutes le versement de la Remise canadienne sur le carbone le 15 juillet.
     Au cours de la période où nous avons assisté à tous ces changements, il se pourrait que les revenus des ménages aient diminué d'un montant pouvant atteindre 1 900 $ simplement en raison des changements climatiques. Les changements climatiques ont un impact vraiment néfaste. Dans une lettre d'opinion publiée dans le National Post, un ancien député conservateur a décrit les effets bénéfiques que pourraient avoir les changements climatiques au Canada. Quel point de vue cynique, pessimiste et horriblement malavisé! Les changements climatiques coûtent cher, et les Canadiens sont plus vulnérables que les citoyens moyens des autres pays.
     C'est sans compter les problèmes de santé physique et mentale que les changements climatiques causent. Il n'y a pas si longtemps, il y a à peine un an, le ciel d'Ottawa est devenu complètement orange à cause de la fumée des feux de forêt, et les députés avaient de la difficulté à respirer. Les conservateurs oublient vite.
     Le budget fédéral de 2024 annoncé récemment s'intitule « Une chance équitable pour chaque génération ». L'équité entre les générations signifie que nous ne pouvons pas léguer à nos enfants, à nos petits-enfants et à nos arrière-petits-enfants un gâchis climatique qu'ils seront obligés de réparer. En effet, nous avons l'obligation d'apporter des changements à nos comportements qui engendrent des émissions afin de laisser la planète dans un meilleur état que celui dans lequel nous l'avons trouvée, comme un bon terrain de camping. Nous sommes actuellement dans un siècle de répercussions climatiques, et il n'est plus possible de remettre à plus tard la résolution du problème. Les générations précédentes ont parlé des changements climatiques, du réchauffement de la planète et d'autres répercussions sur notre environnement naturel, notre pays et notre économie. Je ne serai pas de ceux qui ignorent ces problèmes parce qu'ils ont d'autres priorités, comme l'augmentation des profits des sociétés pétrolières et gazières, ce qui intéresse beaucoup les conservateurs.
     La tarification du carbone nous donne de bien meilleures chances de succès que pratiquement toute autre politique. Il est également important de savoir que notre protocole de tarification du carbone n'est qu'une mesure parmi tant d'autres.

(1125)

     Comme je l'ai dit, les Canadiens sont au front de la crise climatique. Les changements climatiques se manifestent dans nos vies au quotidien, qu'il s'agisse de la qualité de l'air ou, comme l'ont malheureusement vécu de nombreux Canadiens l'année dernière, d'un ordre d'évacuation. Les changements climatiques nous ont déjà contraints et continueront de nous contraindre à nous adapter et à modifier la manière dont nous gérons nos entreprises, organisons nos vies et interagissons avec la nature.
     Le réchauffement des températures s'accompagne de phénomènes météorologiques plus intenses et plus fréquents partout dans le monde, mais surtout chez nous. À l'échelle mondiale, on estime qu'entre 2000 et 2019, les phénomènes météorologiques extrêmes ont causé des dommages d'une valeur moyenne de 143 milliards de dollars. Ce sont 16 millions de dollars l'heure toute l'année durant 20 ans. Les changements climatiques sont une menace réelle pour notre économie, nos gagne-pain et nos vies.
    Chez nous, les Canadiens ont vécu directement des phénomènes météorologiques violents, comme des ouragans, des tempêtes, des inondations, des chaleurs extrêmes et des feux de forêt, qui sont désormais courants, graves et plus désastreux que jamais. C'est pourquoi j'ai été très déçu d'entendre l'intervenant précédent, originaire de la Nouvelle-Écosse, parler comme si les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes n'étaient pas liés. Ils le sont effectivement. Nous n'avons qu'à nous tourner vers certains de nos grands paléoclimatologues et nos incroyables économistes canadiens. Ils font des recherches dans ce domaine, et les députés devraient s'appuyer sur certaines de ces données économiques et paléoclimatiques pour se faire une idée.
     Les phénomènes météorologiques de cette nature ont eu des répercussions majeures sur les biens et les infrastructures. Ils causent des dommages à l'environnement. Ils menacent nos vies et la sécurité de notre approvisionnement en eau et en nourriture. L'effet des phénomènes météorologiques extrêmes sur les collectivités canadiennes ne se limite pas à un endroit donné. Nous constatons ces changements dans l'ensemble du pays et des phénomènes météorologiques violents partout.
     En ce qui concerne l'impact financier des phénomènes météorologiques extrêmes, 6 des 10 années les plus coûteuses jamais enregistrées au Canada l'ont été au cours de la dernière décennie. En effet, 2023 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée, et 2024 devrait être encore plus chaude. Le mois de janvier dernier a été le plus chaud jamais enregistré. Le mois de février a été le plus chaud jamais enregistré. Le mois de mars a été le plus chaud jamais enregistré — cela crève les yeux. Face à la crise climatique, agir n'est pas une option, mais bien une obligation absolument incontournable. Les générations futures comptent de nous.
     Si les conservateurs veulent continuer avec leurs slogans et leur approche malavisée qui ne se fondent sur aucune donnée, afin d'envenimer encore le débat sur la crise de l'abordabilité, sans proposer de solutions, je leur demanderais simplement de suivre un cours à l'université durant l'été ou de consulter un climatologue; ils pourront ainsi se renseigner un peu et revenir à la Chambre en septembre avec des données susceptibles d'étayer leurs deux arguments, à savoir que la tarification de la pollution par le carbone serait inefficace pour réduire nos émissions et que la Remise canadienne sur le carbone ne serait pas utile pour combattre le problème de l'inabordabilité dans tout le pays.
     C'est le contraire de ces deux arguments qui est vrai. Les faits le démontrent, et il est difficile de les contester lorsque des économistes les soulignent en disant qu'il n'y a pas de controverse à ce sujet et que les calculs sont exacts puisqu'ils les ont vérifiés. Ils sont d'accord pour dire que les mesures prises par le gouvernement aident les Canadiens. »
     Quant à la réduction de la pauvreté, je me suis fait élire député parce que je voulais qu'on légifère sur la pauvreté au Canada. Je crois fermement que nous pouvons simplement décider, comme pays, de mettre en œuvre des politiques visant à réduire la pauvreté. Je sais également que la pauvreté et les changements climatiques sont liés. Les changements climatiques touchent plus fortement les Canadiens les plus pauvres et ceux qui n'ont qu'un revenu modeste. Lorsqu'il y a une vague de chaleur au pays, les personnes âgées qui n'ont pas d'air climatisé souffrent davantage que les personnes aisées avec piscine et jardin qui, elles, peuvent se baigner et se rafraîchir.
     Les collectivités qui sont surtout asphaltées et peu arborées sont bien plus chaudes que celles qui vivent à l'ombre d'une abondance d'arbres. J'ai grandi dans une coopérative où il y avait une bonne quantité d'arbres. Il y a 40 ans, cette coopérative a eu l'heureuse idée d'en planter beaucoup, et j'étais bien conscient de ce que cela nous apportait. Dans notre petite coopérative, nous pouvions jouer au softball dans le parc. Lorsqu'il faisait chaud, nous pouvions nous abriter sous un arbre. Ce n'est pas le cas dans tous les quartiers. Là où il y a beaucoup d'immeubles d'habitation destinés aux personnes à faible revenu, le béton est abondant et les arbres sont rares. Les Canadiens à revenu modeste souffrent plus des répercussions des changements climatiques.
     Je voudrais simplement conclure en disant que, selon les conservateurs, la motion dont il est question ici a pour but de diminuer le prix de l'essence durant l'été pour que les Canadiens puissent économiser de l'argent. Mais ce qu'ils ignorent, comme ils le font toujours, c'est la Remise canadienne sur le carbone. Cette remise permettra aux Canadiens de l'Alberta de recevoir 450 $ par trimestre, quatre fois par an, soit 900 $ durant les six prochains mois environ, montant qui est supérieur en fait à celui que les gens économiseront selon les conservateurs.
     Les conservateurs veulent éliminer la Remise canadienne sur carbone. Ils veulent enlever cet argent aux familles à revenu moyen et faible et faire en sorte que les sociétés pétrolières et gazières puissent en profiter. Je pose de nouveau la question: le secteur pétrolier et gazier est tellement bien représenté dans cette enceinte, avec le Parti conservateur, qu'il n'a pas besoin d'embaucher d'autres lobbyistes?

(1130)

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue, le secrétaire parlementaire, d'entériner l'élan de générosité de la présidence, car il est vrai que je me lève et me rassois beaucoup. Il faut dire que je suis anglicane, j'ai donc l'habitude.
     Je voudrais poser une question à mon ami, le secrétaire parlementaire. Je sais que le débat porte sur la suspension de la taxe pendant l'été, à laquelle je m'oppose pour de nombreuses raisons. Le secrétaire parlementaire a admirablement résumé la plupart d'entre elles, mais j'ai voulu me lever toute la matinée parce que j'ai été surprise de voir à quel point le discours du chef de l'opposition officielle m'a perturbée. Je ne pense pas qu'il avait l'intention de le faire, mais j'aimerais poser la question suivante au secrétaire parlementaire. Son discours m'a perturbée, parce qu'il semblait laisser entendre que les Canadiens auraient tout intérêt de faire leurs valises et d'affluer en masse vers les États-Unis. Les États-Unis restent un pays où la vie est plus chère qu'ici. Les soins de santé y sont plus coûteux.
     Il ne fait aucun doute que notre système de santé traverse une crise. Le coût de la vie a augmenté, il est de plus en plus difficile de payer un loyer et il ne fait aucun doute que les Canadiens sont aux prises avec une augmentation des coûts. Cependant, en tant que Canadienne et en tant que seule députée à avoir eu l'honneur d'être nommée officière de l'Ordre du Canada, je peux citer le slogan de l'Ordre du Canada qui est: « Ils aspirent à une patrie meilleure. » Toutefois, c'est de notre pays qu'il s'agit. Cela ne veut pas dire qu'il existe un meilleur pays ailleurs. Le Canada est le meilleur pays au monde où vivre. C'était le cas il y a 20 ans, c'était le cas il y a 50 ans et c'est toujours le cas aujourd'hui. Nous disposons d'un système de santé universel. Le coût de l'éducation y est plus faible. Face à la crise climatique, je veux vivre dans un endroit où les voisins prennent soin les uns des autres, où nous sommes, pour reprendre les paroles du très honorable Joe Clark, ancien premier ministre, « une communauté de communautés », et où nous pouvons nous serrer les coudes.
     Je me demande si le secrétaire parlementaire pourrait trouver des moyens, au sein de son parti, de transcender les clivages politiques et de rappeler aux uns et aux autres que nous ne devons jamais dénigrer accidentellement notre propre pays. Nous sommes de fiers Canadiens et nous nous battons pour le Canada. Nous protégeons les foyers et les droits du Canada.
    Monsieur le Président, avant de commencer, je tiens à dire que la désignation de membre de l'Ordre du Canada n'aurait pas pu être attribuée à une députée plus honorable et à une meilleure amie. Par conséquent, je remercie ma collègue de Saanich—Gulf Islands de son intervention aujourd'hui.
     En fait, je pense que ce dont nous parlons aujourd'hui, c'est du Canada que nous imaginons collectivement pour l'avenir. J'ai eu le privilège de faire partie d'un voyage en tant que membre d'Équipe Canada. J'ai visité 70 pays sur tous les continents et j'ai pu les voir de mes propres yeux. J'étais là pour des élections fédérales. J'ai lu les nouvelles locales. J'ai visité des cafés et j'ai appris à connaître des gens d'ailleurs. En fait, j'ai fait des emplettes d'épicerie et payé mon loyer dans des pays comme la Suède, la Norvège, l'Australie, la Nouvelle‑Zélande et les États‑Unis, et j'ai eu beaucoup de chance dans certaines de ces expériences...
    Des voix: Oh, oh!
    M. Adam van Koeverden: Monsieur le Président, je ne sais pas pourquoi les conservateurs chahutent à ce moment-ci.
     La réalité, c'est que nous avons l'obligation de continuer de veiller à ce que le Canada soit le meilleur pays au monde. Le Canada est le meilleur pays au monde et les conservateurs continuent de le dénigrer. Ce faisant, ils dénigrent les innovateurs, les scientifiques, les étudiants et les travailleurs canadiens. Il est toujours possible de faire mieux, mais ce gros non-sens d'extrême droite des conservateurs, qui ressemblent davantage aux républicains de Trump qu'au bon vieux temps d'Erin O'Toole ou qu'aux conservateurs raisonnables de l'époque de Brian Mulroney, est un effort digne des républicains américains qui cherche à exploiter la peur et l'anxiété plutôt que de répondre aux préoccupations et aux problèmes réels auxquels les Canadiens sont confrontés.

(1135)

    Monsieur le Président, ce matin, j'ai entendu le chef conservateur parler de son plan du gros non-sens et promettre que les conservateurs allaient abolir les faits. Tout d'abord, nous avons entendu une attaque contre les médias, l'un des piliers de la démocratie, puis une attaque contre les établissements d'enseignement.
     Nous savons que les changements climatiques sont réels, du moins ceux d'entre nous qui croyons vraiment à la science, et nous savons que le plan des conservateurs consiste simplement à soutenir les grandes pétrolières, avec lesquelles ils entretiennent des liens étroits, et à leur faire profiter d'un merveilleux été de profits faramineux, au lieu de leur serrer la vis. Cependant, en parallèle, le gouvernement libéral continue d'autoriser les subventions aux combustibles fossiles.
     Je ne mets pas en doute la sincérité de mon collègue, mais j'aimerais lui poser quelques questions.
     Appuie-t-il le soutien continu de son gouvernement à l'industrie des combustibles fossiles et le soutien des grandes pétrolières?
     De plus, le député a parlé du coût de la vie, et j'ai présenté un projet de loi d'initiative parlementaire, le projet de loi C-223, qui vise à mettre en place un revenu de base garanti suffisant. Il a dit que l'une des raisons pour lesquelles il s'est présenté aux élections était de modifier la loi pour s'attaquer de front à la pauvreté. Nous savons, en nous appuyant sur des faits et sur l'avis d'économistes de premier plan, dont Evelyn Forget, qui a reçu l'Ordre du Canada, que c'est ainsi qu'il faut procéder.
     Le député pourrait-il répondre?
    Monsieur le Président, oui, en effet, ce matin le chef conservateur a pris la parole dans cette enceinte pour attaquer une fois de plus les médias et mettre en doute le savoir des scientifiques. Il a décidé de prendre sur lui de déclarer, une fois de plus, que les médias au Canada ne font pas leur travail. Ils font un excellent travail et je tiens à remercier tous les journalistes canadiens qui prennent position, qu'ils rédigent un article d'opinion, un éditorial ou qu'ils présentent un bulletin d'informations. Nous ne pouvons pas tenir cela pour acquis. Nous avons des médias indépendants. Nous avons d'excellents journalistes au Canada, et je tiens à les remercier tous. La négativité et la colère du chef conservateur à leur égard prouvent qu'il n'a aucun respect pour les institutions.
     La question de la députée portait sur le revenu universel de base, c'est une mesure à laquelle je souscris sans réserve. Je tiens aussi à souligner que nous sommes le premier gouvernement à la tête d'un pays producteur de pétrole et de gaz qui supprime progressivement les subventions à l'industrie pétrolière et gazière. Cependant, on ne peut pas mettre toutes les subventions dans le même panier. Certaines permettent d'acheminer du diésel dans le Grand Nord aux collectivités éloignées qui en dépendent de manière démesurée.

[Français]

    Monsieur le Président, je vais poser une question très simple à mon collègue pour qui j'ai du respect et dont je reconnais l'engagement sincère pour la cause.
    D'un côté, il y a les conservateurs qui déposent des motions très populistes et très faciles à gober pour ceux qui ne posent pas de questions au-delà du grand titre. De l'autre, il y a un gouvernement qui continue de financer allègrement les pétrolières et l'exploitation du pétrole sale dans l'Ouest. Dans un tel contexte, ne peut-on s'imaginer que les grandes pétrolières, dans leurs bureaux, se tapent sur les cuisses en rigolant et en se disant que la vie est belle en mosus pour eux autres?
    Monsieur le Président, je suis d'accord avec mon collègue pour dire que le chef du Parti conservateur ne rapporte pas les faits. Cela en est une autre démonstration. Malgré le fait qu'il y a beaucoup de députés à la Chambre, il n'y a qu'un parti à la Chambre qui ne croit pas à la lutte contre les changements climatiques.
    Encore une fois, comme je l'ai dit dans ma réponse plus tôt, oui, nous devons continuer à soutenir les industries au Canada.

(1140)

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai une brève question à poser. Pourquoi le gouvernement ne dit-il pas aux Canadiens s'il va augmenter la taxe sur le carbone au-delà de 170 $ la tonne après 2030?
    Monsieur le Président, nous avons répondu à cette question maintes fois. Nous n'avons pas l'intention d'augmenter la tarification de la pollution au-delà de cela. Je voudrais simplement mentionner aux électeurs du député qu'au Manitoba, le 15 juillet, ils recevront la remise trimestrielle de 300 $ sur les émissions de carbone du Canada. Les familles de quatre personnes recevront une remise sur le carbone de 1 200 $ en 2024, ce qui aide à rendre le coût de la vie plus abordable au Manitoba.
    Je le répète : posons des questions aussi courtes que possible et donnons des réponses tout aussi courtes afin que tous puissent participer au débat. Tout le monde devrait prendre exemple sur le député de Dauphin—Swan River—Neepawa. La question et la réponse étaient courtes; c'était parfait.

[Français]

    Nous reprenons le débat. L'honorable député de Mirabel a la parole.
    Monsieur le Président, je remercie mes collègues de leur présence. Si on me le permet, je partagerai mon temps de parole avec le député de Jonquière.
    Tout à l'heure, dans son discours, le chef de l'opposition officielle a cité René Lévesque, qui avait dit: « Méfiez-vous des gens qui disent aimer le peuple, mais qui détestent tout ce que le peuple aime. » Évidemment, c'est difficile de ne pas rebondir sur cette phrase. C'est difficile de ne pas y réfléchir. En effet, le peuple aime la vérité. Le peuple aime les faits. Le peuple aime les chefs politiques qui ont déjà eu une vraie job. On parle de gens qui, comme le député de Jonquière, ne sont pas arrivés ici à 22 ans. Le député de Jonquière eu passablement de vraies jobs. Les Québécois aiment les gens qui n'insultent pas leur intelligence, qui font appel à leur intelligence.
    Les Québécois et le peuple n'aiment pas les gens qui se cachent des débats, les gens qui, comme le chef de l'opposition officielle, refusent de débattre. Les Québécois et le peuple n'aiment pas les gens qui veulent fermer les médias locaux et « définancer » Radio‑Canada en région. Les gens n'aiment pas cela. Les gens n'aiment pas des chefs de l'opposition officielle qui, pendant des années, ont caché le fait qu'ils parlaient français pour être plus populaires dans leur circonscription agricole de l'Ontario. Les Québécois et le peuple n'aiment pas cela. Le peuple n'aime pas non plus les politiciens qui déposent des motions stupides. Cela nous amène à l'ordre du jour. Évidemment, c'est à la motion que le qualificatif s'applique.
    Je pense que j'en suis à mon 42e discours à propos de la taxe sur le carbone. J'en suis rendu à partir l'horloge et à attendre que les 10 minutes passent. C'est un peu ce que je fais aussi quand les conservateurs parlent. Cette fois-ci, les conservateurs essaient de réinventer la roue, en nous parlant d'une pause pour l'été. Quand on aime ce que le peuple aime, les vacances d'été sont plus importantes que les vacances de Noël ou que les vacances de Pâques; voilà la conception de l'amour du peuple des conservateurs.
    Ils réinventent donc la roue et, chaque fois qu'ils la réinventent, elle tourne de plus en plus carré. On en a un autre exemple sous les yeux. C'est encore une façon de miner la taxation de la pollution, que tous nos partenaires économiques ont. C'est encore une fois une façon d'essayer de convaincre les gens que de s'attaquer au réchauffement climatique, c'est contre leur intérêt. C'est surtout une façon populiste, inefficace et qui va à l'encontre des valeurs conservatrices les plus fondamentales que d'essayer de faire croire aux gens que le Parti conservateur se soucie du pouvoir d'achat de la classe moyenne et des gens les plus démunis.
    D'abord, au Canada, depuis deux ans et demi, il y a eu de l'inflation, tout comme dans les autres pays du G7 et du G20. On a proposé une panoplie de mesures pour aider ponctuellement les gens qui étaient le plus affectés par l'inflation et la hausse du coût de la vie. Les conservateurs ont toujours été contre. Tout à coup, il faut ponctuellement aider les gens à aller faire du camping. C'est exactement ce qui se passe.
    Par exemple, on voulait aider les chauffeurs de taxi et les camionneurs qui faisaient face à une hausse du coût de l'essence, qui avaient déjà signé des contrats, qui avaient déjà des engagements. C'est quand même du monde qui brûle du gaz. On s'entend pour dire que c'est dans l'ADN des conservateurs de vouloir les aider. Or, les conservateurs se sont opposés à cela. On a voulu augmenter le crédit pour la TPS. Il s'agit d'un chèque envoyé aux gens les plus démunis afin qu'ils puissent payer l'épicerie. Les conservateurs ont dit que c'était inflationniste et ils ont envoyé paître les gens les plus pauvres de notre société.
    Tout à coup, il faudrait aider les conservateurs en levant une taxe, ce qui serait extrêmement coûteux. J'en reparlerai plus tard. Tout à coup, les conservateurs se soucient des gens. La députée de Shefford travaille comme une acharnée pour qu'on augmente les prestations de la Sécurité de la vieillesse et qu'on abolisse les deux classes d'aînés. Les conservateurs sont supposément contre dès que ça coûte une cenne, mais, quand c'est le temps de déposer une motion niaiseuse, ils se soucient de ce que le peuple aime. C'est quand même tout un vaudeville.
    Le peuple se soucie des transferts en santé. Les gens se soucient des délais d'attente. Les gens en région se soucient de l'accès à un médecin. Pour cela, il faut des transferts sans condition. Tout ce que les conservateurs nous disent, c'est qu'ils vont faire des coupes. Alors oui, il faut se méfier des gens qui disent aimer le peuple et qui crachent sur le peuple. Il faut surtout se méfier des gens qui disent aimer le Québec et qui crachent sur le Québec tout en disant l'aimer.

(1145)

    Parlons des bourses pour les étudiants. Nous croyons à la recherche et à la science. Sous le gouvernement Harper, nous avons a eu un ministre des Sciences et Technologies qui était créationniste. Nous espérons qu’on va faire mieux un jour. Depuis 20 ans, des étudiants quittent le Canada parce que le financement de la recherche est insuffisant. Non seulement les conservateurs ont refusé d’aider ces jeunes pour qu’ils puissent passer la période de leur carrière où ils sont le plus touchés par le coût de la vie, mais ils ont remis une opinion dissidente contre la proposition de notre collègue de Rimouski‑Neigette-Témiscouata-Les Basques à ce sujet. Tout à coup, ces gens ont le culot de citer René Lévesque. C’est l’art d’être incapable de comprendre ce qu’on lit.
    Maintenant, ils nous disent que, s’ils forment le gouvernement, chaque sou qu’ils vont dépenser, ils vont l'économiser ailleurs. Hier, à la période des questions orales, le chef de l’opposition a dit au premier ministre que chaque sou dépensé était une dépense inflationniste. Le fait de lever cette taxe, c'est une dépense fiscale de centaines de millions de dollars, voire de milliards de dollars, mais cela ne les dérange pas. Ce qu’ils proposent, c’est l’équivalent de faire des chèques aux gens. C’est une dépense fiscale. C’est juste que ça paraît moins. Tout à coup, les dépenses fiscales, ce n’est pas grave. Ce parti vit de slogans. Qu’est-ce que c’est, son slogan? Est-ce que c'est « Axe the homes »? Je ne m’en souviens plus.
    Un député me répond. Je suis content de voir qu'il y a au moins une personne qui m'écoute chez les conservateurs. Je le prends comme un compliment.
    Tout à coup, ces dépenses ne sont pas inflationnistes.
    De plus, il y a le red tape, ou les formalités administratives. Ils veulent réduire les formalités administratives, tout en, soit dit en passant, omettant le fait que les transferts pour le logement doivent aller à Québec. Le fédéral ne peut pas faire directement affaire avec les municipalités. Il y a le programme de bonus-malus pour le logement du chef conservateur, qui est appuyé par ses sbires du Québec, qui n’ont à peu près rien compris à la façon dont ça fonctionne à Québec, même s’ils ont parfois siégé à Québec ou été chefs de cabinet à Québec. Ils n’ont aucune considération pour les gens.
    La TPS, on ne peut pas lever ça de même. Il faut comprendre que c’est dans un système de taxes sur la valeur ajoutée. Une entreprise qui vend un produit collecte la TPS et la remet au gouvernement. Quand une entreprise achète des biens et des services qu’elle utilise pour en créer d’autres, elle demande un crédit pour la TPS, et c’est une chaîne. C’est une taxe qui est efficace dans le sens où elle crée peu de distorsion, moins de distorsion et de dommages à l’économie que d’autres taxes, mais c’est une taxe de pays développé qui est lourde à administrer.
    C’est une chaîne, c'est un processus. Les conservateurs veulent lever cette taxe pour quatre mois. Imaginons les vacances de la construction que vont avoir les comptables de toutes les PME du Canada, d’un océan à l’autre. Je ne sais pas à qui ils veulent faire payer du camping, mais ce ne sera certainement pas à nos PME et à nos entreprises. Ils vont leur compliquer la vie. Ce serait plus simple d’envoyer des chèques, mais, par pure idéologie, ils ne veulent pas envoyer de chèques, ils ne veulent pas de programme et ils ne veulent pas aider le monde. Tout ce qu’ils sont capables de dire, c’est « Axe the tax » à répétition.
    Quelle en est la raison? C’est parce qu’ils n’ont absolument aucun contenu. Or, ils nous démontrent aujourd’hui qu’ils n’ont même pas la compréhension de base du fonctionnement du système fiscal des entreprises. On ne comprend pas ça et on veut devenir premier ministre.
    On peut être débordant d’ambition, mais je vais conclure en disant la chose suivante: le chef de l’opposition officielle, il s’en sacre des vacances des gens. C’est le dernier de ses problèmes. Il s’en sacre que les gens puissent faire du camping. Il s’en sacre de supprimer la taxe. Je vais dire ce qu’il veut. Ce qu’il veut, c’est qu’il y ait un rabais de taxes pour l’été pour avoir le plaisir de redevenir un marchand de haine à l’automne lorsque la taxe va être remise en place. C’est ce qu’il veut faire. C’est purement électoraliste. Ce qu’il veut faire, c’est dire qu’on va faire un break de taxes et, quand on va revenir en septembre, quand on va remettre en vigueur la taxe, à sa demande, on va se lever, on va écœurer tout le monde tout l’automne parce que la taxe est remise en place. On va faire un autre faux scandale avec ça, alors que sa proposition aura engendré des coûts de gestion pour toutes les entreprises du Canada.
    Ça, c’est irresponsable parce que la principale chose que fait le chef de l’opposition officielle, c’est cultiver la détestation, la haine et la perte de confiance dans des institutions que nous vouons quitter, car nous sommes souverainistes, mais que nous respectons parce que nous sommes des démocrates. Je pense que ces gens, au-delà de leur manque de rigueur, devraient avoir aujourd’hui un profond sentiment de honte.

(1150)

[Traduction]

    Monsieur le Président, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce discours était divertissant.
     J'ai grandi dans une ferme de la Saskatchewan rurale. Le Bloc représente en grande partie le Québec rural. Ma famille parcourait environ 115 000 kilomètres par an avec ses deux véhicules personnels, sans compter les véhicules agricoles, les machines agricoles et tout le reste.
     Si nous voulions partir en vacances en famille au parc national Jasper, il fallait parcourir 1 000 kilomètres pour s'y rendre depuis chez moi. Dans ma province, la Saskatchewan, le parc national de Prince Albert, par exemple, se trouvait à 650 kilomètres du lieu où j'ai grandi. Même si nous voulions simplement camper au Landing, où nous allions toujours, il fallait compter environ 250 kilomètres pour s'y rendre. Les habitants des régions rurales du Canada doivent parcourir de longues distances pour aller d'un point à l'autre.
     Je sais qu'on dit qu'ils ne paient pas la taxe sur le carbone, mais il y a tout de même une taxe fédérale et la TPS. Les députés du Bloc ne seraient-ils pas au moins d'accord pour dire que la suppression de la taxe fédérale et de la TPS pour l'été serait une bonne idée?

[Français]

    Monsieur le Président, je suis un peu écœuré des conservateurs qui se lèvent et qui pensent que puisqu'ils ont grandi sur une ferme, ils peuvent dire n'importe quoi et ça va passer. Moi, j'ai grandi à 1 000 kilomètres au nord de Montréal, dans le Grand Nord. Pour aller à la quincaillerie, il fallait faire 200 kilomètres pour descendre à Val‑d'Or. Je sais ce que c'est, vivre en région. Je sais que les producteurs laitiers dans ma circonscription travaillent tellement fort qu'ils ne prendront probablement pas de vacances cet été.
    On s'attaque toujours à notre identité, comme si nous étions des élitistes. Tantôt, le collègue de South Shore—St. Margarets a littéralement dit à la Chambre quelle voiture conduisait le député de Kingston et les Îles, alors que des députés conservateurs — on pourrait les nommer — viennent ici en avion privé et qu'une députée du Québec arrive en Cadillac. On ne peut pas dire n'importe quoi toujours en disant qu'on a grandi sur une ferme.
    La réalité, c'est que la mesure que les conservateurs proposent est inefficace, coûteuse et n'aide pas beaucoup de gens. C'est fait pour fabriquer un scandale à l'automne. Si on veut que les gens s'enrichissent, il faut développer des technologies vertes, s'engager dans l'économie de demain et arrêter de vivre au XIXe siècle.
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup apprécié le discours de mon collègue de Mirabel, justement parce qu'il a fait un résumé de l'enjeu d'aujourd'hui. Ce n'est pas du tout à propos de l'abordabilité ni de la lutte contre les changements climatiques. Je me pose toujours la question quand les conservateurs parlent du prix sur la pollution. Ils ne veulent aucun prix. Ils imaginent que ça ne coûte rien. Au Québec, on a bien compris depuis longtemps qu'il y a un coût.
    J'aimerais entendre les commentaires de mon collègue là-dessus. Si les conservateurs haïssent tellement l'idée d'un prix sur le carbone, pourquoi n'adoptent-ils pas la bourse de carbone?

(1155)

    Monsieur le Président, ça fait partie des niaiseries que le chef de l’opposition officielle nous a dites aujourd'hui. Il nous a dit que si nous étions contre l'industrie pétrolière et contre le développement de l'industrie pétrolière ici, nous étions pour les régimes étrangers, dont l'Arabie saoudite, un pays socialiste. Il nous a dit ça. On voit que c'est un homme de grande rigueur.
     La taxe sur le carbone, il va y en avoir une, et voici pourquoi: à partir de 2035 ou 2040, si nous ne taxons pas nous-mêmes le carbone, l'Union européenne et la plupart de nos grands partenaires commerciaux vont le faire aux frontières. Il y a des mécanismes de rajustement aux frontières.
    Pour le chef conservateur, il faudrait produire plus de pétrole ici pour acheter notre propre pétrole, mais il veut développer des politiques qui vont faire en sorte que les Canadiens, dans les prochaines années, vont bourrer les poches des pays étrangers de taxes sur le carbone aux frais des Canadiens.
    C'est le genre d'incohérence chronique dont est affligé le chef de l'opposition officielle.
     Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. C'est une prise de position vigoureuse.
    Si les conservateurs voulaient vraiment aider les gens relativement au coût de la vie et leur faire économiser des sous, ils pourraient avoir des initiatives comme celles que nous mettons de l'avant au NPD. Je parle d'un meilleur accès aux soins dentaires pour réduire les factures, d’une assurance-médicaments, comme pour les médicaments pour le diabète ou alors les contraceptifs. Non, ils s'attaquent encore à la taxe sur le carbone et à la taxe sur l'essence.
    Je veux revenir à notre collègue de Kingston et les Îles, qui a fait un calcul tantôt qui était magnifique. Il a calculé que pour arriver à une économie de 670 $ par famille, les gens devaient parcourir à peu près 25 000 kilomètres pendant leurs vacances. Cela veut dire qu'après être allé du pôle Nord au pôle Sud, il reste encore 5 000 kilomètres.
    Parlant de planète, j'aimerais poser cette question à mon collègue. Sur quelle planète pense-t-il que les conservateurs vivent ?
     Monsieur le Président, pour répondre au préambule de la question de mon collègue, nous sommes en faveur des soins de santé universels et d'un régime d'assurance-médicaments, mais, comme pour la mesure sur la taxe sur les produits et services, nous voulons que ce soit fait efficacement. Pour ce faire, il faut que l'argent aille à Québec. On ne doit pas se vendre à bas prix. Malheureusement, c'est parfois ce que certains font.
    Le directeur parlementaire du budget lui-même l'a dit en ondes. Cependant, on va dire que ce sont des pseudo-journalistes. C'est évidemment ce qui arrive quand il y a des faits. Or, le directeur parlementaire du budget l'a dit. Les conservateurs prennent des morceaux de toutes sortes de rapports pour essayer de rafistoler toutes sortes de trucs. Ils misent sur le fait que la personne moyenne n'aura pas toute sa journée pour aller étudier la motion.
    Or, nous avons une responsabilité en tant que parlementaires. Nous devons débattre d'idées et de politiques. Nous pouvons proposer des solutions différentes aux problèmes, mais, pour les membres de ce parti, particulièrement depuis qu'ils ont changé de chef, la Terre est plate. Ça m'attriste et je les invite à rectifier le tir.
    Monsieur le Président, je tiens à féliciter mon collègue de Mirabel. Je suis son confident, donc je connais ses secrets, que je ne révélerai pas, mais qui expliquent un peu sa candeur de ce matin.
    Comme on l'a vu, c'est une autre journée de l'opposition, de populisme racoleur. C'est une autre journée qui nous fait la démonstration que le Parti conservateur prend ses aises avec la vérité. Mon collègue de Mirabel l'a bien démontré tout à l'heure. Le Parti conservateur est un peu déconnecté de la réalité politique.
    Je vais essayer de faire la démonstration de cela rapidement en énonçant quelques faits et affirmations qui touchent le chef du Parti conservateur. Il y a deux ou trois jours, en parlant du Bloc québécois, le chef de l'opposition a dit ceci dans un gazouillis: « Sous le dernier gouvernement conservateur, qui respectait les compétences du Québec et avait une approche décentralisatrice, [le Bloc] est passé de 51 à 4 sièges. Les bloquistes sont des dépendantistes. Ils défendent ceux dont ils dépendent. »
    J'aimerais bien déconstruire ça avec les députés à la Chambre. Le chef de l'opposition nous dit que c'est grâce aux conservateurs si le Bloc québécois s'est effondré au Québec lorsqu'ils ont formé le gouvernement en 2011. J'aimerais faire une petite rectification assez simple des faits et rappeler au chef de l'opposition qu'en 2011, il y avait cinq députés conservateurs au Québec. C'est un de moins que les six logements que le chef de l'opposition officielle a réussi à construire lorsqu'il était ministre responsable du logement. Il y avait donc cinq députés conservateurs au Québec, mais plein de députés du NPD. C'est ce qu'on a appelé la vague orange.
    Pourquoi est-ce que je parle de ça? C'est parce que les Québécois ne sont pas dupes. Depuis le départ de Brian Mulroney, jamais le Parti conservateur n'a réussi à percer au Québec. C'est parce que jamais le Parti conservateur ne s'est adressé aux Québécois.
    La motion d'aujourd'hui démontre encore une fois que le Parti conservateur ne s'adresse pas aux Québécois. Les Québécois n’en ont rien à cirer du conservatisme social. Les Québécois n’en ont rien à cirer d'un multiculturalisme qui est défendu à tout crin. Les Québécois veulent qu'on défende la langue française, ce que ne fait pas le Parti conservateur.
    Pour reprendre le jeu de mots du chef de l'opposition officielle dans son gazouillis, effectivement, le Bloc québécois est indépendantiste, mais il est aussi « dépendantiste ». La seule chose dont dépend le Bloc québécois, c'est la nation québécoise. La seule chose dont dépend le Bloc québécois, ce sont les intérêts du Québec. La seule chose dont dépend le Bloc québécois, ce sont les motions qui sont adoptées de façon unanime à l'Assemblée nationale du Québec.
    On pourrait faire le chemin inverse et se demander de qui sont dépendants les conservateurs. Quand on regarde la motion qui est à l'étude aujourd'hui, je pense qu'il est assez clair que le Parti conservateur est dépendant des grandes pétrolières. C'est la démonstration que je veux faire.
    La première chose que l'on voit dans la motion, c'est l'abolition de la taxe sur le carbone. Or la taxe carbone ne s'applique pas au Québec, donc il y aurait une forme d'iniquité quand même assez importante si, par malheur, des gens votaient pour cette motion-là.
    La deuxième chose, c'est l'abolition de la TPS uniquement sur l'essence. Pourquoi avoir choisi l'essence? Il y a d'autres éléments sur lesquels on va payer de la TPS si on prend des vacances, dont une chambre d'hôtel. Il y a plusieurs éléments sur lesquels on pourrait soustraire la TPS. Pourquoi soustraire la TPS uniquement sur l'essence? Est-ce que ce n'est pas pour donner aux pétrolières le loisir de jouer avec les marges de raffinage et de hausser les coûts? Quel est l'intérêt du Parti conservateur là-dedans?
     Eh bien, je vais en faire la démonstration. Il y a quelques jours est paru un article où on présentait le point de vue de M. Derek Evans, l'ancien PDG de MEG Energy, qui est aujourd'hui le président exécutif d'Alliance Nouvelles voies. L'Alliance Nouvelles voies, c'est le plus grand consortium de l'industrie des sables bitumineux; elle représente 95 % de l'ensemble des producteurs de pétrole au Canada. Il y a quelques jours, Derek Evans s'est exprimé à propos du chef de l'opposition officielle et de la tarification du carbone. Ce qu'il dit vaut la peine d'être entendu. Il a dit qu'il serait très utile que le chef de l'opposition officielle fournisse plus de clarté à ce sujet. Le gars qui représente le plus gros consortium de sables bitumineux au Canada trouve que la position du chef conservateur n'est pas assez claire sur le sujet de la tarification du carbone. Non seulement ça, il dit que le conseil qu'il donnerait au chef de l'opposition est que la politique carbone sera absolument essentielle pour maintenir notre position sur la scène mondiale.

(1200)

     Le plus grand consortium de pétrolières au Canada dit au chef de l'opposition officielle que, sur la question de la tarification du carbone, il va plus loin que lui. C'est quand même étonnant. Les représentants de l'industrie pétrolière font la leçon au chef de l'opposition officielle sur la taxe sur le carbone. Je vais faire une analogie. Pour moi, c'est comme Maxime Bernier qui dirait à Greenpeace que, sur le plan de l'environnement, l'organisation n'en fait pas assez. C'est comme un souverainiste qui trouverait que les fêtes du Canada ne sont pas suffisamment exubérantes dans sa circonscription. C'est quelque chose qui est complètement contre-intuitif.
    Pourquoi est-ce que je dis ça? Je le dis parce que cela démontre très bien que, la seule chose dont sont dépendants les conservateurs, ce sont les grandes pétrolières. Je vais aller encore plus loin, parce que les faits me donnent raison. Si on regarde l'ensemble des journées de l'opposition du Parti conservateur et du Bloc québécois, on verra que, pour l'un, elles portent sur une dépendance aux pétrolières, et que, pour l'autre, elles portent sur une dépendance à la nation québécoise.
    De notre côté, de quoi avons-nous parlé lors de nos journées de l'opposition? Nous avons parlé de la représentation du Québec à la Chambre des communes. Nous avons parlé du fait que le redécoupage de la carte faisait en sorte qu'il y avait une diminution de la représentativité de la seule nation francophone au Canada. Nous avons fait une journée de l'opposition à ce sujet. Les conservateurs ont fait une journée de l'opposition sur quoi? Je le donne en mille: ils l'ont faite sur la taxe sur le carbone.
    Le Bloc québécois a fait une journée de l'opposition sur l'utilisation de la disposition de dérogation pour garantir que les lois votées à l'Assemblée nationale du Québec sont respectées, comme c'est le cas pour la loi 21, comme ce fut le cas jadis pour la loi 101 et comme sera le cas pour la loi 96. Qu'ont fait les conservateurs à ce moment? Ils ont fait une journée de l'opposition sur la taxe sur le carbone.
    Le Bloc québécois a fait une journée de l'opposition sur les seuils d'immigration, sur la Century Initiative, qui demandait au premier ministre une rencontre avec les premiers ministres provinciaux pour déterminer des cibles d'immigration. Au même moment, qu'ont fait les conservateurs de leur journée de l'opposition? Ils ont présenté une motion sur la taxe sur le carbone.
    Nous avons fait une journée de l'opposition au sujet des changements climatiques. Au même moment, qu'ont fait les conservateurs? Ils ont fait une journée de l'opposition au sujet de la taxe sur le carbone. Nous avons fait une journée de l'opposition au sujet de l'intrusion du gouvernement fédéral dans les champs de compétence exclusifs du Québec et des provinces. Qu'ont fait les conservateurs? Ils ont fait une journée de l'opposition sur la taxe sur le carbone.
    Pour moi, il est clair que le Bloc québécois, indépendantiste, est dépendant d'une seule chose — l'intérêt de la nation québécoise — et que le Parti conservateur est dépendant d'une seule chose — l'intérêt des grandes pétrolières. Même les grandes pétrolières trouvent que les conservateurs en font trop. C'est quand même assez étonnant.
    Le chef de l'opposition essaie de construire un monde caricatural. Je dirais même que ce n'est plus un monde caricatural, que c'est en train de devenir un monde imaginaire à la Walt Disney. Quand j'écoute le chef conservateur, c'est ce à quoi je pense. Pourquoi? C'est parce que, et le chef conservateur l'a avoué récemment, c'est comme si Jiminy Cricket était devenu électricien et qu'il était capable d'attraper la foudre pour illuminer la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Si on suit la logique du chef du Parti conservateur, c'est comme si la Fée Clochette était capable de souder deux pièces de métal à main nue. C'est comme si Pinocchio, en criant deux ou trois fois « gros bon sens », était capable de construire des logements. C'est comme si Cendrillon se mettait de la partie et réparait le budget.
    Ce monde imaginaire des conservateurs, nous le voyons tous les jours. Le plus triste, c'est que, dans le monde imaginaire des conservateurs, les changements climatiques n'existent pas. Ce n'est pas une réalité pour eux. Le pire, c'est que les députés québécois du Parti conservateur sont en train d'avaler cette logique pernicieuse. Il n'y a aucun des députés du Québec qui est prêt à défendre les intérêts spécifiques de la nation québécoise. Cela va apparaître quand nous allons faire le débat sur la loi sur la laïcité.
    Je finis sur les bons mots du député de Chicoutimi—Le Fjord, qui disait récemment: « Les libéraux refusent de dire qu'ils respecteront la Loi sur la laïcité votée par le gouvernement du Québec. Nous savons tous qu'ils veulent la contester avec [notre] argent. En tant que nationalistes, nous devons les empêcher de le faire. » Ça, c'est dans le monde réel. C'est ce que le député de Chicoutimi—Le Fjord disait, il n'y a pas si longtemps. J'aimerais qu'il le répète.

(1205)

    Il allait encore plus loin en disant qu'on sait qu'une majorité de Québécois est d'accord sur la loi 21, d'accord pour interdire les signes religieux pour les personnes en autorité, et que le premier ministre devait prendre acte de ce que souhaite la majorité des Québécois.
    Avant l'arrivée du député de Carleton comme chef de l'opposition, les députés québécois du Parti conservateur défendaient encore un minimum la nation québécoise. Aujourd'hui, ils ne défendent que les pétrolières.
    Madame la Présidente, j'ai beaucoup apprécié le point de vue de mon collègue de Jonquière, surtout ce qu'il disait en lien avec l'industrie pétrolière, qui est d'accord et qui travaille encore sur la tarification du carbone. Ses représentants disent que c'est important pour l'avenir de l'industrie. Au Québec, on a l'industrie agricole, entre autres, qui travaille pour réduire les effets des changements climatiques.
    J'aimerais que mon collègue nous entretienne de cela.
    Madame la Présidente, j'aimerais que mes collègues libéraux soient aussi conscients que la lutte contre les changements climatiques suppose de ne pas acheter un pipeline à 34 milliards de dollars. J'aimerais que mes collègues libéraux soient conscients que lutter contre les changements climatiques suppose de ne pas donner 83 milliards de dollars aux gloutons du pétrole d'ici 2035.
    Malheureusement, j'ai l'impression que lorsqu'il est question des intérêts de l'industrie pétrolière, les libéraux et les conservateurs sont un peu dans la même famille.
    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son bon discours. Il était très amusant, très drôle.
    J'ai une brève question pour mon collègue. En Alberta, Suncor ne paie qu'un quatorzième du prix sur le carbone. Est-ce juste pour les Canadiens? Pourquoi pense-t-il que le gouvernement permet cela?

(1210)

    Madame la Présidente, je suis entièrement d'accord avec ma collègue.
    La complaisance du gouvernement envers l'industrie pétrolière est sans fin. On était censé avoir des directives claires sur la fin des subventions aux énergies fossiles, la fin des subventions inefficaces. Or, le gouvernement n'est même pas capable de définir ce que veut dire inefficace.
    Le lobby du secteur pétrolier est tellement bien représenté ici que les pétrolières n'ont besoin d'absolument rien. C'est symptomatique. Elles sont tellement bien représentées à la Chambre des communes qu'elles sont obligées de faire la leçon au chef de l'opposition officielle qui ne reconnaît pas les changements climatiques. On est rendu loin.
    Madame la Présidente, on n'arrête pas de se faire dire qu'à l'époque du gouvernement Harper, il y avait un fédéralisme tellement ouvert que cela a nui au mouvement indépendantiste. Pourtant, un certain premier ministre du Québec, Jean Charest, qui est devenu par la suite le chouchou de l'aile québécoise du Parti conservateur, disait que ce n'était pas vrai que c'était si ouvert que cela, qu'on se faisait dicter des choix et qu'on n'était pas content.
    On a un aspirant premier ministre qui se dit très soucieux des compétences et de l'autonomie des provinces. Or, il n'est encore pas capable de nous dire aujourd'hui s'il serait prêt à imposer un pipeline sans l'accord des provinces.
    Est-ce que c'est cela le fédéralisme d'ouverture?
    Madame la Présidente, c'est tout à fait cela.
    On se rappelle les élections de 2019. Les conservateurs avaient un projet de corridor énergétique, où ils ont essayé de nous faire passer à travers la gorge un pipeline de pétrole sale, le pétrole le plus sale au monde, qui se serait rendu jusqu'au Québec. On se souvient de cela. On se souvient des nombreuses tergiversations de l'ensemble des candidats à la dernière course du Parti conservateur sur la loi 21. C'est la seule chose sur laquelle ils étaient d'accord. Ils étaient tous d'accord pour la contester devant les tribunaux.
    Un champion qui défend le Québec au Parti conservateur, c'est aussi rare que quelque chose que je ne dirai pas ici.

[Traduction]

    Madame la Présidente, c'est la première fois que je fais une intervention complète depuis l'attaque aérienne des Forces de défense israéliennes contre un camp de personnes déplacées. Je veux prendre un moment pour prendre acte des horreurs qui se déroulent à Gaza. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour arrêter un génocide.
     Je pense aux familles qui ont été brûlées vives dans leurs tentes, à un endroit dont on leur avait dit qu'il serait sûr. J'exhorte le gouvernement à appliquer immédiatement un embargo sur les armes qui circulent dans les deux sens, à respecter les décisions de la Cour internationale de justice, à soutenir l'appel à l'arrestation lancé par la Cour pénale internationale et à imposer des sanctions dès maintenant.
     Les conservateurs et les libéraux continuent de s'opposer à la reconnaissance de l'État palestinien. C'est une attitude déshumanisante, qui nuit aux personnes œuvrant pour la paix et compromet la sécurité des Israéliens et des Palestiniens.
     J'en viens maintenant à la motion que les conservateurs ont présentée aujourd'hui.
     Je ne suis pas surprise qu'une fois de plus, les conservateurs ignorent le rôle des PDG des grandes sociétés pétrolières et gazières dans l'augmentation des prix de l'essence, tout en alimentant la crise climatique. Ils ont dit vouloir aider les Canadiens à voyager en voiture, mais ils ignorent le fait que, pour de nombreux Canadiens, le voyage en voiture qu'ils seront obligés de faire cet été sera celui qu'ils feront pour fuir les zones d'évacuation touchées par des incendies de forêt.
     Les conservateurs n'ont pas de plan de lutte contre le changement climatique et ils ne se soucient pas des Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts. S'ils s'en souciaient, ils seraient en faveur des soins dentaires, des médicaments pour les diabétiques, de la contraception pour les femmes et d'un programme national d'alimentation en milieu scolaire, afin que les enfants ne souffrent pas de la faim et puissent se concentrer sur leurs études.
     Pour de nombreux Canadiens, les voyages en voiture sont une tradition estivale qui remonte à plusieurs générations. C'est l'occasion d'explorer notre beau pays et la nature que nous sommes heureux d'avoir au Canada. J'ai beaucoup aimé les voyages en voiture par le passé, mais quand je pense aux voyages en voiture l'été prochain, je me demande, à l'instar de bien des Canadiens, selon moi, si nous n'aurons pas du mal à respirer en raison de la fumée. Ma circonscription sera-t-elle en danger?
     Des collectivités luttent déjà contre des feux de forêt. Des maisons ont déjà été réduites en cendres. Au cours des deux derniers mois, des collectivités ont dû être évacuées en raison de terribles inondations, après avoir subi plusieurs années de sécheresse. Nous sommes en pleine urgence climatique.
     Le chef de l'opposition se leurre s'il pense que suspendre les taxes sur l'essence et le diésel sauvera l'été des Canadiens. En 2021, le dôme de chaleur en Colombie-Britannique a coûté la vie à 619 personnes. Ces 619 personnes avaient des proches à qui elles manquent. La plupart de ces personnes étaient des personnes à faible revenu, des aînés et des personnes à revenu fixe qui vivaient dans des maisons sans climatisation.
     Nous avons des solutions qui rendront la vie plus abordable, qui réduiront nos émissions et qui sauveront des vies. Il n'y aurait jamais eu de dôme de chaleur sans les effets cumulatifs du changement climatique. Je trouve inquiétant que des députés qui siègent à la Chambre continuent de s'interroger sur la réalité des changements climatiques.
     Si les conservateurs nient la réalité de la crise climatique et la nécessité de lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité, qui sont à un point de confluence, les libéraux, eux, disent qu'ils croient au changement climatique et à la crise de la biodiversité, mais refusent de prendre des mesures proportionnelles à l'ampleur et à l'urgence de la crise.
     Nier l'existence du changement climatique et repousser la lutte contre celui-ci ne sont pas de bonnes options. Dans les deux cas, on obtient un scénario où la crise climatique coûtera la vie à des Canadiens.

(1215)

     Une conversation que j'ai eue cette semaine me vient à l'esprit. J'ai parlé à des membres de la Première Nation Mikisew. Ils m'ont dit que s'il y avait un feu de forêt à proximité de leur collectivité et que la fumée était trop dense, ils n'auraient aucun moyen d'évacuer les lieux. C'est une collectivité isolée desservie par le transport aérien. Si le vent souffle dans une certaine direction et qu'il y a trop de fumée, ils n'ont aucun moyen de partir.
     Ils m'ont également dit que de nombreux membres de leur collectivité sont atteints d'une forme rare de cancer du conduit biliaire. Ils ont tous raconté l'histoire de nombreux proches qui ont reçu un diagnostic de cancer parce qu'ils vivent tout près des bassins de résidus miniers. Leur eau est empoisonnée. Depuis des décennies, ils demandent au gouvernement de financer, au strict minimum, une étude sur la santé pour découvrir et prouver ce qui se passe et pour quelles raisons leurs proches meurent.
     Les gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé ont laissé tomber la Première Nation crie Mikisew. Si les libéraux aiment affirmer qu'ils croient au changement climatique, cela n'excuse pas le fait qu'ils refusent d'obliger les compagnies pétrolières et gazières à rendre des comptes pour la pollution de l'eau et l'augmentation des émissions. En fait, non seulement ils refusent de leur demander des comptes, mais ils distribuent l'argent des contribuables à ces mêmes entreprises et leur accordent des allègements fiscaux.
     À l'heure où les Canadiens demandent au gouvernement de prendre des mesures audacieuses en matière de climat, nous n'obtenons que des politiques édulcorées. Le gouvernement libéral invite les PDG des sociétés pétrolières et gazières à l'aider à élaborer son plan de lutte contre le changement climatique. Je l'ai déjà dit et je le répète, c'est comme inviter le loup à nous aider à concevoir notre bergerie.
     Les conséquences sont désastreuses pour les Canadiens et pour la Première Nation crie Mikisew. Je demande au gouvernement de financer l'étude sur la santé que cette collectivité réclame depuis des décennies. Je lui demande de respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones et de veiller à obtenir le consentement des nations directement touchées par la pollution causée par les PDG cupides de l'industrie pétrolière et gazière.
     Je pense aux faibles niveaux d'eau dans leur collectivité, une conséquence directe de la crise climatique. Les changements climatiques continuent d'avoir un impact sur l'accès à l'eau douce.
     L'Ouest du Canada est plongé dans une sécheresse qui dure depuis plusieurs années et dont on ne voit pas la fin. Des écosystèmes qui existent depuis des centaines de milliers d'années sont en train de s'effondrer en raison de l'augmentation des émissions dans l'atmosphère. Si les conservateurs n'aiment pas admettre qu'il y a une crise climatique et qu'ils refusent d'accepter l'avis d'experts internationaux, des experts du climat, qui affirment que nous sommes en pleine urgence climatique, je peine à comprendre comment ils peuvent faire face à leurs concitoyens, à ceux qui fuient les feux de forêt, à ceux qui voient leur ferme inondée et leur bétail en détresse.
     Comment les députés conservateurs peuvent-ils regarder les jeunes dans les yeux et leur dire qu'ils ne méritent pas d'avoir un avenir sans risque climatique? Quand je parle aux jeunes, ils me disent à quel point ils sont inquiets pour leur avenir. Ils me disent qu'ils en ont assez des gouvernements qui ne font rien, qui parlent, mais qui n'agissent pas. Pour la première fois depuis des générations, la jeune génération aura une qualité de vie inférieure à celle de ses parents. Les gouvernements, les uns après les autres, n'ont pas réussi à résoudre les problèmes systémiques qui se sont matérialisés.

(1220)

     Il ne s'agit pas seulement de la crise climatique; nous sommes également plongés dans une crise du coût de la vie. Je suis surprise que les conservateurs et les libéraux ne comprennent pas l'interrelation de la crise climatique, de la crise environnementale, et de la crise de l'abordabilité. Nous avons des solutions pour réduire les coûts et les émissions. Nous avons des solutions qui peuvent soutenir les jeunes, comme un groupe de jeunes pour le climat, des solutions qui peuvent offrir aux jeunes des emplois verts et durables d'avenir, les aider à obtenir une formation et garantir une main-d'œuvre qualifiée pour le genre d'emplois dont nous avons besoin dans une économie à faibles émissions de carbone.
     Les feux de forêt coûtent au Canada un milliard de dollars par saison. Ces coûts ne feront qu'augmenter. Les familles vivant dans des zones à haut risque d'inondations et de feux de forêt ne peuvent pas assurer leurs maisons ou paient des primes extrêmement élevées. Nous devons trouver inquiétant le coût astronomique de la crise climatique, mais également la façon dont le gouvernement finance l'industrie pétrolière et gazière.
     En 2023, le gouvernement du Canada a accordé au moins 18,6 milliards de dollars d'aide financière à des entreprises du secteur des combustibles fossiles et de la pétrochimie. Au cours des quatre dernières années, l'aide financière totale du gouvernement fédéral au secteur pétrolier et gazier s'est élevée à au moins 65 milliards de dollars, à une époque où les compagnies pétrolières et gazières réalisent des bénéfices records et leurs PDG touchent des primes de plus de 1 million de dollars.
     L'inaction face à la crise climatique a coûté des centaines de milliards de dollars aux contribuables canadiens, et l'édulcoration des principales politiques climatiques et le report des mesures nécessaires continuent de coûter cher aux Canadiens. Cela fait perdre de l'argent aux contribuables et coûte des emplois, des maisons et des vies.
     Il y a aussi les effets à long terme sur notre économie.
     Si le chef de l'opposition officielle, ou le premier ministre lui-même d'ailleurs se souciait de l'économie canadienne, il souscrirait à une action climatique forte, et non à l'action climatique édulcorée que nous avons vue de la part du gouvernement, au lieu des retards et des promesses non tenues. Le gouvernement cesserait de mettre en œuvre des changements progressifs et de s'acoquiner avec ses amis du pétrole et du gaz. Trop, c'est trop.
     Il est clair pour beaucoup de gens, surtout dans ma collectivité, que les PDG des géants du pétrole et du gaz doivent être contraints de s'amender. Ils menacent notre avenir. Ils empoisonnent nos eaux. Ils augmentent les émissions et menacent nos côtes. Il est impossible que ces entreprises, qui font des bénéfices records et polluent à un niveau sans précédent acceptent de plein gré de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, mais le premier ministre et le ministre de l'Environnement semblent croire que si nous le demandons assez gentiment, si nous faisons de petits pas vers le progrès, tout ira bien, que si nous achetons un gazoduc pour financer l'action climatique, cela nous aidera d'une quelconque façon à éviter les pires conséquences de la crise climatique.
     Le Canada induit les Canadiens en erreur, mais rien ne se compare à la mesure dans laquelle nous avons vu le chef de l'opposition tromper les Canadiens. Si les conservateurs entendent annuler les politiques climatiques, j'aimerais avoir une conversation pour savoir quelles politiques ils vont mettre en place pour réduire les émissions au même niveau ou, mieux encore, pour obtenir des réductions d'émissions plus importantes, mais ce n'est pas ce dont ils parlent dans le moment.

(1225)

     Les conservateurs continuent de faire comme s'il n'y avait pas de crise climatique. Que va-t-il falloir faire pour que le chef de l'opposition et le premier ministre prennent cette crise au sérieux?
     Les libéraux pensent qu'ils sont les champions de la lutte contre les changements climatiques parce qu'ils ont mis en place une taxe sur le carbone. Cette taxe est responsable de 8 à 14 % des réductions d'émissions. Pendant ce temps-là, ils laissent les grands pollueurs s'en tirer à bon compte. En effet, le système de tarification du carbone qu'ils appliquent au secteur industriel, et qui permet de réduire la majeure partie des émissions, comporte des lacunes qui font en sorte que Suncor paie 14 fois moins que le Canadien moyen.
     Les libéraux considèrent la taxe sur le carbone comme la recette magique de leur politique climatique, mais ils refusent d'instaurer un plafonnement strict pour les émissions, afin de transformer notre économie en une stratégie industrielle verte, de mobiliser les Autochtones dans la lutte contre les changements climatiques et d'investir dans un fonds pour la sécurité des bassins hydrographiques de ma province natale de Colombie-Britannique.
     Si nous investissons dans la résilience climatique et l'adaptation aux changements climatiques, en aidant nos collectivités, nos agriculteurs et les communautés autochtones à s'adapter à ces changements, nous économiserons des milliards de dollars et nous sauverons des vies.
     Malheureusement, on a l'impression que les libéraux et les conservateurs se moquent complètement des milliers de personnes qui vont devoir être évacuées de leur maison encore cette année. Au lieu de manifester de la sollicitude et de la compassion pour tous ces gens qui vont se retrouver dans cette situation inimaginable, l'un des deux partis nie carrément qu'il y a un problème, tandis que l'autre continue de faire traîner les choses et de ne pas tenir ses promesses.
     Comment le Canada va-t-il pouvoir respecter ses engagements internationaux et ses accords sur le climat? Comment allons-nous empêcher les incendies de forêt, les inondations et les dômes de chaleur? Comment allons-nous protéger les Canadiens contre les conséquences délétères de la crise climatique?
     Les Canadiens se rendent compte que les gens qu'ils ont élus ne s'occupent pas des problèmes les plus graves auxquels ils sont confrontés. Ils ne devraient pas être obligés de choisir entre le déni et les atermoiements, entre l'absence de plan et des politiques édulcorées.
     Les Canadiens sont aux prises avec une crise climatique et une crise du coût de la vie. Nous savons que la cupidité des entreprises en est une cause importante. Ces deux grands partis refusent de s'attaquer à la question de la cupidité des entreprises. Ils n'osent pas s'en prendre aux grandes entreprises et aux PDG qui engrangent des profits records pendant que les Canadiens ont du mal à joindre les deux bouts, pendant que la planète brûle et pendant que nos concitoyens sont incommodés par la fumée des incendies et qu'ils sont évacués de leur maison.
     Les néo-démocrates sont les seuls à oser s'attaquer à la cupidité des entreprises, et à dénoncer les PDG de l'industrie gazière et pétrolière qui ne font qu'alimenter la crise climatique. Nous allons continuer de nous battre dans l'intérêt des Canadiens. Nous allons continuer de nous battre pour que des mesures climatiques audacieuses soient prises. Je vais continuer de demander des comptes aux chefs du Parti libéral et du Parti conservateur qui ont fait preuve de négligence.

(1230)

    Madame la Présidente, la motion du Parti conservateur vise à faciliter la vie des Canadiens, car ils ont du mal à joindre les deux bouts.
    La députée devrait certainement le savoir, puisqu'elle représente Victoria. En tant que député de la Colombie‑Britannique, je peux dire en toute connaissance de cause que tout ce que j’entends de la part des jeunes et d’autres personnes, c’est qu’ils ont de la difficulté à joindre les deux bouts, que ce soit en raison de la hausse du prix du logement ou de celle du prix de l’essence. Voilà l'objet de cette motion.
    La députée ne sait-elle pas que les trois quarts de l'argent qui est perçu au titre de la taxe sur le carbone en Colombie‑Britannique, par le gouvernement néo-démocrate, vont en fait dans les recettes générales et ne favorisent aucunement les mesures de lutte contre les changements climatiques? Je parle ici de ses frères et sœurs du gouvernement néo-démocrate de la Colombie‑Britannique. Je me demande si la députée pourrait nous dire ce qu'elle en pense.
    Madame la Présidente, les jeunes ont du mal à joindre les deux bouts et ils s'inquiètent de leur avenir. Ils s'inquiètent à la fois de la crise climatique et de la crise du coût de la vie. J'aurais aimé que les conservateurs présentent aujourd'hui une motion pour s'attaquer à ces problèmes et pour que les jeunes n'aient pas à voir les écosystèmes s'effondrer, les systèmes alimentaires être menacés et les services d'interventions en cas de catastrophe être débordés. J'aurais aimé qu'ils présentent une motion qui s'attaque à la crise du logement. Malheureusement, les conservateurs ne font que soutenir davantage les PDG des sociétés pétrolières et gazières, les riches investisseurs immobiliers, les grandes sociétés pharmaceutiques et les grandes épiceries. Ils continuent de défendre les intérêts des Canadiens les plus riches...
    La députée devrait parler à son chef au sujet de son frère.
    Je rappelle aux députés que, s'ils ont des questions et des observations, ils doivent attendre le moment opportun et ne pas interrompre les députés qui ont déjà la parole.
    Nous reprenons les questions et observations. Le secrétaire parlementaire du leader du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, j'ai écouté très attentivement ce qu'a dit la députée.
     La députée semble fermement décidée à voir notre environnement protégé. Je lui demanderai, à propos de la tarification de la pollution, s'il est important de maintenir la politique, non seulement aujourd'hui, mais dans les années à venir. Peut-elle s'engager fermement à continuer d'appuyer la Remise sur le carbone, en plus de la taxe sur le carbone ou de la tarification de la pollution? Prendra-t-elle cet engagement aujourd'hui?
    Madame la Présidente, je suis très fermement attachée à la tarification du carbone. La tarification du carbone pour le secteur industriel représente de 20 à 48 % de notre réduction des émissions. La tarification du carbone pour les consommateurs en représente de 8 à 14 %. Je tiens à ce que nous réduisions les émissions au Canada afin d'atteindre les cibles climatiques internationales qu'il s'est fixées. À dire vrai, je ne tiens pas à une politique en particulier, mais j'entends faire en sorte que nous ayons un plan de lutte contre les changements climatiques crédible et, à l'heure actuelle, cela veut dire y inclure la tarification du carbone.
     Le fait est que les conservateurs veulent supprimer la taxe sur le carbone, mais ils ne précisent pas si cela concerne aussi la tarification du carbone pour le secteur industriel, ce qui voudrait dire renoncer tout à coup à la moitié environ de la réduction des émissions du Canada. Cependant, les libéraux n'ont malheureusement pas éliminé les échappatoires dans la tarification du carbone pour le secteur industriel. Ils n'ont pas responsabilisé les gros pollueurs. Il n'est guère étonnant que les citoyens s'interrogent sur le gouvernement libéral et sa volonté réelle de lutter contre les changements climatiques quand il édulcore ses politiques sur le plafonnement des émissions, ne met pas en œuvre aucune politique audacieuse relativement à l'urgence climatique et achète un oléoduc.

(1235)

[Français]

    Madame la Présidente, j'adore toujours entendre ma collègue de Victoria s'exprimer à la Chambre. Elle parle avec sincérité, avec conviction, avec amour et avec sensibilité. Elle devrait être un exemple pour certains de nos collègues. Je vais lui lancer une affirmation. Selon moi, l'adoption de cette motion des conservateurs ferait que, dorénavant, il serait permis et gratuit de polluer au Canada anglais. Qu'en pense-t-elle?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je remercie le député de ses paroles aimables.
     Cependant, nous constatons que c'est ainsi que le Parti conservateur se comporte sans cesse. Les conservateurs aimeraient qu'il n'y ait aucune conséquence pour les plus gros pollueurs. Ils ne s'engagent pas à lutter contre les changements climatiques. Quand ils ont voté à leur congrès, ils ont été incapables d'adopter une résolution disant que les changements climatiques sont réels. Voilà le niveau du débat actuel.
     Je demande aux députés conservateurs d'examiner les données scientifiques et d'écouter les experts de calibre international sur le climat qui nous disent que nous sommes en pleine urgence climatique et que nous devons nous unir en tant qu'élus pour créer et assurer un avenir sans risque climatique pour les Canadiens d'aujourd'hui et pour les générations futures.
    Madame la Présidente, la députée a parlé dans son intervention de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Les conservateurs tiennent de beaux discours sur la réconciliation économique, que je traduirai ainsi: « Nous soutiendrons votre consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause si vous soutenez notre programme en matière d'économie et de ressources naturelles. Autrement, nous vous mettrons de côté. » C'est une position claire qui ne respecte pas le oui, le non ou le oui assorti de conditions.
     La députée soutient-elle sans réserve un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause: oui, non ou oui à certaines conditions?
    Madame la Présidente, je tiens à remercier la députée de réclamer sans relâche des mesures audacieuses pour lutter contre les changements climatiques, mais aussi de défendre continuellement les droits des peuples autochtones. La Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones est très claire: elle parle d'un consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause. Cela veut dire oui. Cela veut dire non. Cela veut dire oui à certaines conditions. Il incombe à tous les députés de faire respecter cette déclaration.
    Madame la Présidente, la députée a longuement parlé des dommages à l'écologie. Elle parle beaucoup de faire payer les pollueurs. Sa ville, Victoria, a toujours été parmi celles qui rejettent le plus d'eaux usées brutes dans l'océan sans avoir rien à payer pour cela. En 2018, Port Alberni, en Colombie‑Britannique, a déversé près de 47 milliards de litres d'eaux usées brutes. Toujours en 2018, Richmond, en Colombie‑Britannique a également rejeté 42 milliards de litres d'eaux usées brutes. Port Alberni est représentée par un député néo-démocrate, aussi.
     En fait, les conservateurs ont déjà déposé un projet de loi visant à rendre illégal le déversement d'eaux usées brutes dans les océans afin de protéger nos écosystèmes, mais la députée a voté contre. Pourquoi diable voterait-elle contre ce projet de loi?

(1240)

    Madame la Présidente, je tiens à apporter une précision afin que les Canadiens qui nous regardent ne soient pas induits en erreur par les discours des conservateurs. Victoria est, en fait, dotée d'une station d'épuration des eaux et elle traite ses eaux usées. J'ai assisté à de nombreuses réunions pour m'en assurer.
     Par ailleurs, je présente une motion, que j'ai présentée lors de la dernière législature et que je présente de nouveau, visant à faire en sorte que l'industrie des croisières cesse de déverser ses eaux usées et ses effluents dans les océans. Je continuerai de défendre nos eaux et de faire cesser les déversements, et je continuerai de m'élever contre l'industrie pétrolière et gazière, dont les dirigeants et les lobbyistes accourent aux activités de collecte de fonds des conservateurs parce qu'ils savent que ceux-ci continueront de les laisser polluer.
    Madame la Présidente, beaucoup de gens disent que, parce que nous polluons peu au regard des émissions mondiales, nous ne devrions rien faire. Que répond la députée à cette logique?
    Madame la Présidente, je tiens à dire que le Canada devrait être un chef de file. Nous avons le devoir, en tant que pays qui compte parmi ceux qui ont le plus d'émissions par habitant, de faire notre juste part pour moins polluer. Nous avons le devoir en tant que Canadiens de nous attaquer de front à l'urgence climatique.
     Je tiens à remercier le député de son travail au comité de l'environnement et de son engagement sur la question de l'eau douce. J'en profite pour lui demander d'inciter le gouvernement à financer un fonds pour la sécurité des bassins hydrographiques en Colombie‑Britannique. Il y a des investissements sur la côte Est, ou du moins dans l'Est du Canada, mais la Colombie‑Britannique est malheureusement aux prises avec des sécheresses répétées et avec les pires saisons de feux de forêt qu'elle ait jamais connues. Un fonds pour la sécurité des bassins hydrographiques en Colombie‑Britannique ferait toute la différence dans l'adaptation aux changements climatiques.
    Madame la Présidente, je vais partager mon temps de parole avec le député d'Oxford dont le discours sera, je le promets, électrisant.
     Aujourd'hui encore, on nous dit à la Chambre pourquoi le premier ministre et ses complices néo-démocrates n'en valent tout simplement pas le coût. Après neuf années de gouvernement néo-démocrate—libéral, il n'est plus exagéré de dire que les Canadiens se voient privés non seulement des petits luxes qu'ils pouvaient s'offrir, mais aussi de leur argent durement gagné et des nécessités de la vie. Nous savons tous que le plus grand voleur, c'est le régime d'imposition et de dépenses de cette coûteuse coalition, un régime qui prend aux pauvres pour donner aux riches, qui ne fait rien pour protéger l'environnement et qui laisse les Canadiens avec de moins en moins d'argent à la fin de chaque mois.
     Les taxes à tout va des libéraux ont déjà privé nos concitoyens de Noël en faisant augmenter le coût du chauffage résidentiel et des produits d'épicerie, sans parler des cadeaux de Noël, qui étaient tout bonnement hors de portée. Il ne suffisait pas au premier ministre libéral, à ses ministres et à ses complices néo-démocrates de gâcher les vacances de Noël. À présent, ils s'en prennent aussi aux vacances d'été. Grâce au gouvernement libéral—néo-démocrate, il devient trop cher pour une famille de partir en vacances, d'aller quelque part en voiture ou de profiter de tout ce que le pays a à offrir. Il n'y a plus rien à dépenser, d'abord, parce que les loyers et les hypothèques ont tous augmenté. Ils ont doublé. Les factures d'épicerie ont grimpé en flèche, et le coût de la vie augmente partout. Les députés n'ont pas à me croire sur parole. Il leur suffit de parler à n'importe qui dans leur quartier, ce que les libéraux ont, selon moi, cessé de faire.
     Charger la voiture et partir explorer un nouvel endroit avec mes parents fait partie de mes plus beaux souvenirs d'enfance. Pour moi, c'est en découvrant en voiture la beauté du Canada qu'est né cet amour de mon pays qui m'habite encore aujourd'hui. Nous sommes allés visiter le Parlement et bien d'autres sites, en nous arrêtant en chemin, n'importe où un vieux guide signalait quelque chose à voir. Notre famille d'immigrés éprouvait une immense fierté de pouvoir explorer librement le pays.
     Revenons à aujourd'hui, à cette période où les familles ne pourront pas vivre une telle expérience. En fait, on nous le dit tous les jours, et tout cela à cause d'un gouvernement trop gourmand qui ne peut pas s'empêcher de piocher dans nos portefeuilles. Sacrifier des vacances en famille, des congés bien mérités, même des choses comme des repas ou des choses auxquelles nous étions habitués, semble être devenu la nouvelle norme dans ce pays. Les Canadiens d'un océan à l'autre n'ont qu'un message pour le premier ministre: ils lui demandent d'arrêter, point.
     C'est justement l'objet de la motion d'aujourd'hui. Elle met fin au banditisme de grand chemin auquel le régime libéral se livre aux pompes à essence de tout le pays. En moyenne, le gouvernement ajoute 30 ¢ au prix final du litre d'essence sous forme de TPS, de taxe sur le carbone et de taxe d'accise, sans parler de tous les coûts cachés à cause des obsédés des ressources et de leurs lois anti-ressources, en plus des formalités administratives à chaque étape lorsqu'il s'agit de forer des puits, de raffiner le pétrole, de l'expédier et de le vendre. Aujourd'hui, nous demandons au gouvernement d'accorder un répit temporaire aux Canadiens, de les aider à économiser 30 ¢ par litre d'essence en supprimant la TPS, la taxe sur le carbone et la taxe d'accise appliquées chaque fois que les conducteurs passent à la pompe.
     En quelques mois à peine, cela ferait économiser plus de 650 $ à la famille moyenne. Voilà quel serait le résultat. Cet argent pourrait payer aux gens les vacances d'été durement gagnées dont ils rêvent après une longue année de travail et après neuf ans de gouvernement libéral—néo-démocrate.
     Ce serait toute une bouffée d'air frais non seulement pour les familles, mais aussi pour les PME et les régions de tout le pays. Une nouvelle vague de tourisme déferlerait par exemple sur la magnifique région intérieure de la Colombie‑Britannique, dans le Nord de l'Ontario ou sur le Nouveau‑Brunswick, autant d'endroits où des Canadiens m'ont dit à quel point ce serait bénéfique.
     Ce sont des endroits où les temps sont durs non seulement pendant l'été, mais aussi le reste de l'année, à cause de la taxe sur le carbone. Nous le savons, particulièrement sur la côte Est, puisque le premier ministre a accordé un répit à cette région. En accordant un répit aux habitants de la côte Est, il a reconnu que sa taxe sur le carbone coûtait trop cher, et la ministre libérale a déclaré que pour bénéficier de cet allégement fiscal, les autres régions du pays auraient dû élire plus de libéraux. C'est ce qu'a fait le premier ministre.

(1245)

     Ce sont des régions où les Canadiens n'ont pas d'autre choix que de se rendre au travail en voiture, d'acheter des produits d'épicerie transportés par camion et de chauffer leur logement au mazout. Toute l'année, le premier ministre et le gouvernement néo-démocrate—libéral qu'il dirige les punit, ainsi que leurs concitoyens d'un bout à l'autre du pays, dont 80 % paient plus au gouvernement, d'après le directeur parlementaire du budget, que ce qu'ils reçoivent en retour en prétendus remboursements.
     Voilà qui m'amène à mon point suivant: que se passera-t-il après les vacances d'été? C'est difficile à croire, mais dans quelques mois à peine — je préférerais d'ailleurs ne pas y penser —, nous remiserons nos shorts pour ressortir nos manteaux. S'il n'en tient qu'au le gouvernement libéral néo-démocrate—libéral, il appliquera la taxe sur le carbone jusqu'à la fin des temps, sans espoir de répit. D'ailleurs, la taxe va encore augmenter le 1er avril 2025. Par contre, avec un gouvernement conservateur majoritaire plein de gros bon sens, les Canadiens auraient un répit non seulement cet été, mais toute l'année. Nous supprimerions la taxe sur le carbone pour que les familles aient les moyens de se nourrir, de se chauffer et de se loger.
     Les conservateurs supprimeraient d'autres impôts, et des prélèvements aussi, pour que les travailleurs puissent garder une plus grande part de leur argent durement gagné et le dépenser eux-mêmes, au lieu que le gouvernement le dépense à leur place. Nous plafonnerions les emprunts et les dépenses inflationnistes effrénés ici, à Ottawa, pour que les factures d'épicerie et les paiements hypothécaires soient enfin à la portée des gens, de façon à ce que ceux qui n'ont pas de parents riches ou de fonds en fiducie puissent prendre des vacances d'été.
     Tous les jours, les conservateurs interviennent à la Chambre des communes en étant les seuls dont le parti se porte à la défense du travailleur canadien moyen, à qui le gouvernement prend tous les jours plus d'argent. Tous les jours, nous le répétons aux Canadiens, mais tous les jours, le gouvernement libéral et ses complices néo-démocrates disent non. Ils votent pour alourdir le fardeau fiscal d'absolument tous les Canadiens. Il n'y a pas qu'à nous qu'ils disent non: ils disent non à tout programme qui relève du gros bon sens. Ils disent non aux millions de Canadiens qui pensent comme nous, aussi. Ils font ouvertement un pied de nez à une multitude de personnes qui veulent seulement s'en sortir, comme les deux millions d'entre elles qui, en un mois, recourent à une banque alimentaire, comme la mère qui dilue le lait de son enfant avec de l'eau ou comme le menuisier qui répare ses bottes avec du ruban adhésif.
    C'est un étalage d'arrogance et d'incompétence stupéfiant. On comprend à quel point, après neuf ans au pouvoir, les libéraux sont déconnectés de la réalité. Ils préconisent l'imposition d'une grosse taxe applicable à presque tout ce que les Canadiens font et achètent, non seulement comme étant une mesure pour faire baisser le coût de la vie, mais aussi le fleuron de leur croisade idéologique. Si on posait la question aux Canadiens, ils répondraient qu'ils ne s'en tirent pas mieux qu'avant. Pour tout dire, je n'ai rencontré personne qui s'en tire mieux aujourd'hui qu'il y a neuf ans.
     De ce côté-ci de la Chambre, nous avons un programme crédible. Les conservateurs vont abolir la taxe, nous allons construire des logements, nous allons redresser le budget et nous allons faire échec au crime. C'est un plan plein de gros bon sens pour réparer les pots que le premier ministre a cassés durant ses neuf années en poste. Ce plan commence ici et maintenant, pour cet été. Les libéraux pourraient voter en faveur de cette mesure aujourd'hui. Nous continuerons de nous battre pour tous les Canadiens qui sont laissés pour compte après neuf années de gouvernement libéral. Le choix est clair. Les Canadiens doivent choisir le seul parti qui abolirait la taxe pour eux, qui construirait des logements pour eux, qui redresserait le budget pour eux et qui ferait échec au crime pour eux. Parmi tous les partis à la Chambre, nous formons le seul qui a le moindre bon sens. Quiconque ne me croit pas n'a qu'à sortir dans la rue pour poser la question aux Canadiens: 9 d'entre eux sur 10 répondront qu'ils ne s'en sortent pas mieux.
     Aujourd'hui, demain et tous les jours, qu'ils soient au pouvoir ou dans l'opposition, les conservateurs n'auront de cesse de défendre les intérêts des Canadiens. Tout ce que nous demandons aux libéraux, c'est pour une fois de faire preuve d'un peu de compassion et même de courage en tenant un vote libre afin de voter pour la motion, de manière à permettre aux Canadiens de passer les vacances d'été qu'ils souhaitent et qu'ils méritent.

(1250)

    Madame la Présidente, ma collègue est très éloquente, mais elle a omis quelques détails. Avec le genre de congé de taxes dont parlent les conservateurs, il faudrait que quelqu'un consomme près de 1 300 litres d'essence au cours des 3 prochains mois pour que ce soit vraiment logique.
     J'ai deux ou trois autres commentaires à faire. Nous pourrions nous passer des remises, ce qui serait une conséquence de l'abolition de la taxe, mais beaucoup de gens ont tendance à oublier que 40 % des taxes d'accise perçues au Canada sont reversés aux administrations municipales pour les aider par rapport aux infrastructures. Je le sais parce que j'ai travaillé dans la région métropolitaine de Vancouver, à l'administration des transports, et nous bénéficiions de cet argent. La députée est-elle prête à y renoncer aussi?
     Serait-elle également prête à envisager que quelqu'un refasse le même coup que Danielle Smith ou que les grosses pétrolières en augmentent tout simplement les prix pour profiter de l'espace financier dégagé par l'abolition de la taxe?
    Madame la Présidente, imaginons que l'on dise aux Canadiens que 30 ¢ le litre, c'est en quelque sorte une punition et que ce serait une mauvaise chose de réduire le prix de 30 ¢ le litre en supprimant la taxe sur le carbone, la taxe d'accise et la TPS. Imaginons qu'on leur dise qu'ils ne peuvent pas prendre de vacances cet été.
     Dans le cas de l'Alberta, et nous le savons tous et l'avons dit des centaines de fois à la Chambre, le coût de la taxe sur le carbone est de 2 943 $, tandis que la remise s'élève à 2 032 $. Ce chiffre, le montant de la remise, est inférieur au montant que les gens paient. En réalité, lorsque le gouvernement quadruplera la taxe sur le carbone, comme il le souhaite, le coût pour les familles sera de plus de 5 700 $, tandis que la remise sera de 2 900 $.
    Madame la Présidente, lorsque la députée parle de l'Alberta et de la taxe sur le carbone, j'ai de la difficulté avec le fait qu'elle n'écoute pas les spécialistes de l'économie. J'en ai parlé à la Chambre aujourd'hui, mais je vais lire la citation encore une fois: « Une nette majorité de ménages reçoivent des remises plus importantes que ce qu'ils paient pour la taxe sur le carbone […] Si nous nous débarrassons de cette taxe et du remboursement, cela nuira à une proportion beaucoup plus importante des ménages à revenus faibles et moyens que des ménages à revenus plus élevés. »
     En fait, la proposition des conservateurs nuirait aux personnes qui ont le plus besoin de la remise. C'est un professeur d'économie de l'Université de Calgary, Trevor Tombe, qui l'affirme. Il est très connu en Alberta et il devrait l'être également à la Chambre. C'est un homme très intelligent. Ce que dit la députée, c'est que les riches sont les personnes que les conservateurs souhaitent le plus aider.

(1255)

    Madame la Présidente, nous sommes à l'écoute des Canadiens ordinaires. Nous sommes à l'écoute des premiers ministres des provinces, dont 70 % souhaitent éliminer de la taxe, tout comme les 70 % de Canadiens qui veulent aussi l'éliminer. Même si le gouvernement leur fait la leçon et continue de nous dire le contraire de ce que le directeur parlementaire du budget, un autre expert, a déclaré à la Chambre, ils savent que les familles albertaines reçoivent effectivement moins. Je suppose que le gouvernement choisit ses experts.
     Je suggère à la députée d'en face d'écouter ses concitoyens et les gens de tout le pays qui demandent au gouvernement de supprimer cette taxe. Si le gouvernement ne le fait pas, les Canadiens auront finalement un gouvernement qui le fera après les élections sur la taxe sur le carbone.
    Madame la Présidente, c'était une excellente intervention de la part de ma collègue. J'ai une brève question à lui poser.
     L'un des chiffres qu'elle a cités est le montant que la famille moyenne économiserait grâce au remboursement de la taxe sur le carbone, de la taxe d'accise et de la TPS au cours de l'été. Nous savons aussi que, selon des rapports, une famille moyenne dépensera 700 $ de plus pour se nourrir cette année, de sorte que les coûts ne cessent d'augmenter.
     Quelle importance aurait un congé de taxes pour les familles?
    Madame la Présidente, je crois que, de tous les partis à la Chambre, un seul parle de réductions d'impôt. C'est le Parti conservateur. Si les Canadiens veulent un parti qui va mettre plus d'argent dans leurs poches et moins d'argent pour nourrir le gouvernement obèse, ils auront un choix clair à faire aux prochaines élections, dont l'enjeu sera la taxe sur le carbone et où les conservateurs feront appel au peuple.
    Madame la Présidente, je tiens tout d'abord à remercier ma collègue, la cheffe adjointe de notre parti et excellente députée de Thornhill, qui s'est battu sans relâche pour les travailleurs canadiens.
     « Choisir d'avancer », « Avançons ensemble », « Des voies ensoleillées » et voter pour « le vrai changement » ont été quelques-uns des slogans de campagne des libéraux au fil des ans, et pour ce qui est de vrais changements, nous en avons vu amplement. Après neuf ans de gouvernement libéral-néo-démocrate, les banques alimentaires ont fourni de l'aide à deux millions de personnes par mois l'an dernier, et on s'attend à ce qu'il y en ait un million de plus cette année. Le coût de la vie des Canadiens n'a jamais été aussi élevé. Les familles paient maintenant plus cher pour la nourriture, l'essence, le logement et le loyer.
     Une véritable crise sévit dans notre pays. Les Canadiens consultent des pages Facebook pour connaître les meilleurs endroits où plonger dans des bennes à ordures où ils peuvent trouver de quoi nourrir leur famille. Ce n'est pas ce dont rêvaient les Canadiens, mais après neuf ans de politiques irresponsables du gouvernement, les dommages causés sont immenses. Il est là, le vrai changement, avec ce gouvernement.
     Dans ma circonscription, plus précisément dans le comté d'Oxford, il y a 22 campements de personnes en situation d'itinérance. J'étais à Halifax récemment, et il y a là 35 nouveaux campements. À Toronto et en Colombie-Britannique, des villages de tentes voient le jour, de même que partout au pays. Nous n'avons jamais vu cela auparavant, mais c'est le vrai changement après neuf ans de ce gouvernement.
     Dans ma circonscription, à Tillsonburg, j'ai rencontré une mère de famille monoparentale qui a un enfant autiste. Elle m'a dit qu'elle avait de la difficulté à conduire son fils à London pour pour qu'il y reçoivent des traitements parce qu'elle n'avait plus les moyens de payer l'essence. Les députés peuvent-ils le croire? Nous vivons dans un pays où une mère seule ne peut pas aller à l'hôpital pour faire traiter son enfant autiste. À Thamesford, des grands-parents qui voudraient rendre visite à leurs petits-enfants et passer du temps avec eux doivent s'en priver à cause de la crise du coût de la vie.
     Ce qui est inquiétant, c'est que les travailleurs canadiens qui ont de bons emplois, qui ont du cœur à l'ouvrage, qui font les bons choix, qui ont fait des études et qui ont épargné leur argent arrivent à peine à joindre les deux bouts. Cinquante pour cent des Canadiens sont maintenant à seulement 200 $ de la faillite. C'est très inquiétant. Les banques alimentaires ont atteint leur pleine capacité et elles réclament de l'aide.
     Dans ma propre circonscription, de nombreux organismes de bienfaisance se mobilisent. Une femme, Jayna, a créé un groupe Facebook pour aider nos personnes âgées à mettre de la nourriture sur leur table et pour leur offrir du transport lorsqu'elles ne peuvent pas se rendre à un rendez-vous médical. Nos communautés commencent à se mobiliser, tout comme les banques alimentaires, l'Armée du Salut à Woodstock et la banque alimentaire Helping Hand à Tillsonburg. L'organisme Operation Sharing s'est établi à Woodstock. Les organismes se surpassent pour apporter leur aide partout où ils le peuvent. Les églises s'unissent pour offrir un peu d'espoir dans nos collectivités. Les clubs Lions, Rotary et Kiwanis se mobilisent alors que le gouvernement laisse tomber les Canadiens.
     Les Canadiens souhaitaient que le budget leur permette de souffler. Nous espérions tous que le budget permette aux Canadiens de souffler un peu après que le gouvernement a augmenté la taxe sur le carbone de 23 %, le jour du poisson d'avril. En agissant ainsi, il punissait les Canadiens, y compris les agriculteurs et les travailleurs canadiens qui veulent simplement joindre les deux bouts. Le budget n'a apporté aucun allégement. Au lieu de reprendre le contrôle de ses dépenses, le gouvernement a ajouté 60 milliards de dollars de dépenses inflationnistes. Nous versons maintenant 55 milliards de dollars de l'argent durement gagné de nos contribuables pour payer les intérêts de sa dette. Les Canadiens gagnent de l'argent, et le gouvernement le leur prend.

(1300)

     Voilà pourquoi les conservateurs ont très clairement dit qu'ils allaient abolir cette taxe une fois pour toutes, pour tout le monde et pour de bon. Toutefois, afin d'offrir un répit aux familles cet été, nous avons présenté une motion visant à leur accorder un congé estival. Nous avons tous besoin d'un congé de temps en temps, comme la leader adjointe l'a dit, et certains de mes meilleurs souvenirs d'enfance ont été les moments passés avec ma famille pendant la saison estivale. Nous nous rendions d'un endroit à un autre, nous visitions des parcs d'attractions et nous passions simplement du temps en famille.
    Nous ne voyons plus ce genre de choses aujourd'hui, et c'est pourquoi notre motion permettrait à une famille canadienne moyenne de bénéficier d'un allégement de 670 $. Cet argent pourrait être investi dans l'achat de nourriture, dans une activité ou dans le soutien d'une œuvre de bienfaisance de son choix. On pourrait faire beaucoup avec cet argent.
     En moyenne, à cause de la taxe sur le carbone, les Canadiens paient près de 1 700 $ de plus en Ontario. J'ai écouté les libéraux et, malgré leurs prétentions, le directeur parlementaire du budget a lui-même déclaré que les Canadiens paient davantage au titre de la taxe sur le carbone qu'ils ne récupèrent grâce aux soi-disant remises. Si nous prenons les chiffres bruts, le congé accorderait aux Canadiens une réduction de près de 36 ¢ le litre. Ce n'est pas négligeable, c'est énorme. Ce serait un allégement énorme pour les familles.
     Les libéraux aiment se présenter comme des champions de la compassion, comme des défenseurs de la classe ouvrière. Pourtant, pas une de leurs politiques n'a amélioré le sort de la classe ouvrière. Les slogans avec lesquels les libéraux ont fait campagne ne sont que des promesses en l'air. Ce ne sont que des mots sans aucune mesure concrète. C'est tout. Pendant qu'ils s'affichent avec de prétendus experts, nous, les conservateurs, nous discutons avec les Canadiens ordinaires, avec nos voisins, avec les Canadiens de la classe ouvrière qui nous disent tous les jours que la taxe sur le carbone les frappe de plein fouet. Les premiers ministres des provinces disent la même chose, que c'est une taxe punitive.
     Toutes les politiques que le gouvernement a mises en place coûtent de l'argent aux Canadiens, et c'est la raison pour laquelle nous demandons au NPD, aux libéraux, au Bloc et aux verts de prendre la bonne décision, soit d'accorder un répit aux Canadiens pendant l'été. Laissons-les profiter de l'été en supprimant la taxe sur le carbone sur l'essence, la taxe fédérale sur l'essence et aussi la TPS.
     Ce qui est formidable, c'est que, dans des circonscriptions comme la mienne, le tourisme est très dynamique. J'encourage tous les députés à aller visiter Oxford. C'est une ville superbe, c'est la capitale canadienne des produits laitiers. Ceux qui aiment le fromage peuvent y faire la tournée des fromageries. Personnellement, je suis un amateur de produits laitiers. Les députés le savent, j'ai pris presque 18 livres depuis que j'ai été élu. C'est affolant tout le fromage que je mange.
    Oxford est vraiment un endroit formidable. On y trouve toutes sortes de produits laitiers, et c'est le paradis des amateurs de crème glacée. Il y a aussi de superbes terrains de camping, comme le Willow Lake Campground dans ma circonscription. La ville compte également d'excellents restaurants, comme The Mill, et des cafés tels que Kintore Coffee. Le secteur de l'agrotourisme est très dynamique, qui permet à nos agriculteurs d'exposer leurs produits et tout ce que notre collectivité a à offrir aux visiteurs du monde entier.
     Voilà ce qu'offre le Canada: la chance pour tous les Canadiens de visiter notre beau pays. Nous devons redonner de la valeur à la promesse que représente le Canada, à savoir que ceux qui travaillent fort, qui respectent la loi et qui suivent les règles du jeu auront toutes les chances de réussir dans la vie, d'économiser un peu d'argent, d'acheter la maison de leurs rêves et de partir en vacances. Toutefois, à cause des politiques insensées des libéraux, cela n'est plus possible.
     Je demande aux députés d'autoriser un vote libre, afin que les Canadiens obtiennent le répit dont ils ont besoin, à savoir l'abolition de la taxe pendant l'été.

(1305)

    Madame la Présidente, j'ai trois questions à poser au député.
     Premièrement, la Cour suprême a statué que la tarification du carbone n'est pas une taxe. Le député est-il en accord ou en désaccord avec la Cour suprême? Deuxièmement, j'aimerais savoir pourquoi le chef de l'opposition refuse de donner son avis sur la tarification fondée sur le rendement. Pourquoi se cache-t-il? Troisièmement, j'aimerais savoir ce que le député pense de la rétractation du directeur parlementaire du budget sur le rapport qu'il avait publié précédemment, dont les conservateurs se sont servis ad nauseam pendant ces dernières semaines. Le caucus conservateur va-t-il présenter ses excuses pour avoir propagé de fausses informations?
    Madame la Présidente, je comprends que le député ait du mal à retourner dans sa circonscription et à expliquer à ses concitoyens pourquoi les libéraux alourdissent encore et toujours leur fardeau fiscal. Je comprends tout à fait qu'une tâche difficile attendra les députés ministériels quand ils iront frapper aux portes des électeurs cet été. Je comprends qu'ils soient désespérés et divisés. Ils essaient de rejeter tout le blâme sur les autres.
    Voici ce que je leur réponds: c'est votre responsabilité. Vous êtes au pouvoir depuis neuf ans...
    Je rappelle au député qu'il doit adresser ses questions et ses observations à la présidence.
    Il semble aussi y avoir des échanges entre les deux côtés de la Chambre. Je demanderais donc aux députés de s'abstenir de faire des observations tant que ce ne sera pas à leur tour de parler.
    Le député d'Oxford a la parole.
    Madame la Présidente, ils sont désespérés. Ils ont peur et, quand les élections seront déclenchées, ils recevront une réponse ferme de la part des Canadiens. Leur approche irresponsable, qui alourdit le fardeau fiscal des agriculteurs, de la classe ouvrière et des familles, sera rejetée une fois pour toutes. S'ils veulent aller aux urnes, nous sommes prêts. Faisons-le maintenant.

[Français]

    Madame la Présidente, encore une fois, la motion proposée par le chef conservateur est une motion très populiste et très bonbon. C’est facile de dire aux gens qu’on va demander une suspension de la taxe pendant le temps des vacances et que, comme ça, ils vont pouvoir partir en vacances. Je pense que ce n’est pas si simple que ça pour les familles québécoises et les familles canadiennes, mais l’idée, aussi farfelue puisse-t-elle paraître, engendrerait des coûts.
    Mon collègue est-il en mesure de me dire combien on estime que les Québécois et les Canadiens vont pouvoir économiser grâce à la mesure proposée par les conservateurs, mais surtout, combien cela va coûter aux PME, aux entreprises québécoises et aux entreprises canadiennes et à l’administration du système en général de suspendre une taxe pour une durée limitée?
    Qu’est-ce que ça va coûter en frais d’exploitation et qu’est-ce que ça va coûter aussi en manque de revenus pour le Trésor public?

[Traduction]

    Madame la Présidente, le comté d'Oxford est foncièrement agricole. C'est le cas de la grande majorité du milieu rural d'Oxford. Nos agriculteurs ont de longues distances à parcourir, tout comme les familles québécoises, qui éprouveront aussi un grand soulagement. En moyenne, la mesure permettra une économie de 670 $ par famille, rien que pour cet été. Nous ferons des économies en réduisant les dépenses irresponsables du gouvernement en services d'experts-conseils. En effet, le gouvernement a dépensé 21 milliards de dollars en services d'experts-conseils. Il a nourri l'élite libérale au lieu de nourrir les familles canadiennes.
     Nous allons récupérer cet argent, l'investir pour les Canadiens et offrir un répit aux Canadiens de l'Atlantique, du Québec, de l'Ontario et de l'Ouest.
     Nous travaillerons dur pour remettre cet argent dans les poches des Canadiens.

(1310)

    Madame la Présidente, j'ai beaucoup apprécié le discours de mon collègue. C'était très bien.
     Voici ce que je trouve intéressant au sujet du Parlement: si les néo-démocrates et les libéraux ont tant confiance en la taxe carbone, s'ils sont si convaincus de son utilité et s'ils sont si certains que les gens la veulent et qu'ils sont prêts, malgré les difficultés qu'ils éprouvent, à renoncer à des choses comme la nourriture et le logement pour pouvoir payer une taxe sur le carbone, pourquoi ne déclenchent-ils pas des élections?
     Le député peut-il me donner une idée de la raison pour laquelle les libéraux ou les néo-démocrates ne disent pas qu'il faut laisser les gens décider?
     Pourquoi ne le font-ils pas?
    Madame la Présidente, le député a tout à fait raison. Chaque fois que nous parcourons le pays, en particulier dans les circonscriptions détenues par le NPD, les gens ont l'impression que le parti les a trahis, qu'il a trahi leurs valeurs. Le NPD était autrefois connu comme le parti des travailleurs, des syndicats et des cols bleus, mais il les a abandonnés; il s'identifie maintenant aux sacs Versace et aux Rolex, affichant un socialisme de salon.
     Absolument, nous sommes prêts pour des élections. Ils verront, lors des prochaines élections, que les Canadiens réagiront fermement à leurs politiques irresponsables.
    Madame la Présidente, mes collègues me demandent de sauter l'allocution et de passer directement aux questions. Si la Présidente m'autorisait à prendre 30 minutes pour répondre à des questions, j'en serais absolument ravi, mais je ne pense pas qu'elle le permettra. S'il y avait un consentement unanime de la Chambre, j'accepterais même...
    Des voix: Oh, oh!
    Je m'adresse aux deux côtés de la Chambre. Je demande au député de ne pas s'engager dans cette voie tant que le moment n'est pas venu de poser des questions et de faire des observations. Je demande aux députés de bien vouloir garder leurs réflexions pour eux; ils auront le temps de poser des questions.
     L'honorable leader adjoint du gouvernement.
    Madame la Présidente, il n'y a rien de tel que de rabattre avec vigueur la mésinformation pendant la période des questions et des observations. C'est ce que je préfère, mais nous garderons cela pour plus tard; le moment viendra sous peu.
     J'ai eu la chance de siéger ici aujourd'hui et de pouvoir écouter trois discours des conservateurs. J'ai entendu le chef de l'opposition, sa cheffe adjointe, la députée de Thornhill, et maintenant le député d'Oxford. Tout ce que je peux dire, c'est que cela représente une tonne de mésinformation, d'hyperboles et d'inexactitudes. Chaque fois que je leur demande de m'expliquer où ils prennent leurs renseignements et leurs données, personne ne daigne prendre la parole pour le faire.
     Pour commencer, le député d'Oxford vient de dire que la motion permettrait aux gens d'économiser 36 ¢ le litre; l'intervenante précédente, la députée de Thornhill, a plutôt parlé de 30 ¢ le litre. Quel est le vrai chiffre? Il est très important que les calculs soient exacts. La réalité, c'est que la taxe fédérale sur le carbone est de 17,6 ¢ le litre; en ajoutant 10 ¢ le litre, c'est-à-dire la taxe sur l'essence, on arrive à 27,6 ¢ le litre. En ajoutant la TPS, on arrive à un peu moins de 29 ¢. C'est de cela qu'ils parlent.
     Je voudrais expliquer pourquoi je pense qu'il est si important d'insister sur ce chiffre. Si nous prenons le chiffre de 29 ¢ le litre et que nous l'acceptons comme une donnée exacte — et j'espère que c'est le cas pour tout le monde, parce que c'est un fait — et que nous examinons la motion…
    Des voix: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen : Madame la Présidente, ils en rient. Je suppose que, pour eux, il ne s'agit pas d'un fait, même si c'est bien le cas.
     Selon la motion, le Canadien moyen économisera 670 $ d'ici la fête du Travail, c'est-à-dire en 3 mois environ. J'extrapole le nombre de litres qu'il faudrait consommer pour économiser cette somme à raison de 29 ¢ le litre et, d'après les calculs du député d'Oxford, nous arrivons à 3 293 litres.
     Les conservateurs affirment que le Canadien moyen consommera 3 293 litres d'ici la fête du Travail. Il est important de le savoir; voyons ce que quelqu'un peut faire avec 3 293 litres. Avec le véhicule moyen au Canada, un conducteur pourrait parcourir 25 842 kilomètres. C'est beaucoup. Pour mettre cela en perspective pour les gens qui nous regardent, je dois rappeler qu'entre le pôle Nord et le pôle Sud, la distance est de 20 000 kilomètres. Donc, je pourrais aller du pôle Nord au pôle Sud en voiture et parcourir encore plus de 5 000 kilomètres pour atteindre les objectifs dont parle le chef de l'opposition.
     En d'autres termes, je pourrais aller d'Ottawa à la Floride et en revenir cinq fois, et il me resterait encore des kilomètres à parcourir. Je pourrais aller d'Ottawa à San Diego en faisant trois allers-retours et il me resterait encore des kilomètres à parcourir. Le député d'Oxford nous a invités à aller dans sa circonscription, et j'en serais ravi. Je ne sais pas si je dois y aller 60 fois d'ici la fête du Travail, ce que je devrais faire pour réaliser les économies dont parlent le chef de l'opposition, sa cheffe adjointe et le député d'Oxford…

(1315)

    Le député de Provencher invoque le Règlement, et j'espère que son rappel concerne un article du Règlement.
    Madame la Présidente, je suis sûr que c'est le cas, car j'ai fait un bref calcul avec ma calculatrice...
    Il s'agit d'un point de débat et non d'un rappel au Règlement.
     Le leader adjoint du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, j’espère que le député ne s’en ira pas, car je veux entendre sa question. Il aura l’occasion de me la poser, et j’aimerais entendre son calcul. La vérité, c’est qu’il tente au moins d’y répondre.
     J'ai posé la question au chef de l'opposition après son discours d'aujourd'hui. J'ai dit: « Je veux simplement comprendre le calcul; expliquez-moi comment vous faites le calcul ». Bien entendu, le chef de l'opposition n'est même pas venu près de répondre à ma question. Il s'est contenté de patiner et de dire que le premier ministre fait telle ou telle chose et que lui-même fait tel voyage. Il n'a pas répondu à ma question. Je veux simplement savoir qui a fait le calcul et comment ils l'ont fait. La réalité, c'est que ce n'est tout simplement pas vrai.
     Voilà le problème: les conservateurs s'indignent lorsque nous disons qu'ils répandent de la mésinformation, ce qui est vrai, mais ils devraient être en mesure d'étayer leurs affirmations. La motion dit explicitement que la famille canadienne moyenne économisera 670 $ cet été d'ici, vraisemblablement, la fête du Travail, qui marque officieusement la fin de l'été.
     Je pourrais continuer à parler des données qui s'y rattachent, mais je pense avoir fait valoir que les députés d'en face véhiculent énormément de mésinformation. Pourquoi les conservateurs véhiculent-ils cette mésinformation? Pourquoi le font-ils sans cesse? C'est parce que le chef de l'opposition veut collecter des fonds. Il se sert des débats de la Chambre, centre démocratique de notre pays et lieu où nous tenons des débats sur les politiques, pour collecter des fonds. Il veut faire un discours, parler de ces choses et ensuite envoyer un courriel disant: « Faites-moi un don, et nous rendrons la vie plus abordable ». Est-ce que cela vous rappelle quelqu'un? Cela ressemble beaucoup au type à la cravate rouge aux États-Unis, Donald Trump. Il semble faire beaucoup de choses de ce genre, n'est-ce pas? C'est la même indignation, la même...
    Des voix: Oh, oh!
    Encore une fois, je tiens à rappeler aux députés que s'ils ont des observations ou des questions à formuler, ils devraient attendre le moment opportun et ne pas interrompre les députés qui ont la parole. Lorsque la présidence s'exprime, il est inapproprié que des députés continuent à passer des commentaires.
     Le leader adjoint du gouvernement à la Chambre a la parole.
     Madame la Présidente, cela se produit souvent. Chaque fois que je parle des conservateurs et que je les compare aux républicains MAGA des États-Unis, ils s'indignent ainsi. Les conservateurs n'aiment pas la comparaison.

(1320)

     Madame la Présidente, j'invoque le Règlement sur la question de la pertinence. Le député est censé parler de la politique canadienne. Il a fait référence au Président...
    Le député sait très bien qu'une certaine latitude est permise dans les discours. Je demande aux députés de bien vouloir permettre au député de faire son discours, et je suis convaincue qu'ils verront qu'il est très pertinent.
    Le leader adjoint du gouvernement à la Chambre a la parole.
    Madame la Présidente, voilà pourquoi il a dû voter contre l'Ukraine. Il pense que nous ne devrions parler que de politique canadienne dans cette enceinte. Quelle déclaration scandaleuse, sur un rappel au Règlement qui plus est. La réalité, c'est que le Parti conservateur est l'équivalent de l'extrême droite républicaine aux États-Unis. C'est un fait. Cette position découle du concept néolibéral qui consiste à ne participer d'aucune façon à l'amélioration de la vie des Canadiens et, surtout, à utiliser la fausse indignation chaque fois qu'ils peuvent trouver une occasion de s'en servir.
     Voyons qui le chef de l'opposition fréquente. Il participe à des camps organisés par des membres de Diagolon, organisation canadienne associée à des activités plutôt louches. C'est un fait. Les conservateurs ne cessent de chahuter parce que cela les contrarie, et peut-être que certains d'entre eux demandent même pourquoi il a fait cela, pourquoi il a participé à ces activités. Ce sont des questions pertinentes et valables. Cependant, c'est ce que le député de Carleton a fait du Parti conservateur de Brian Mulroney. Ils ont la même couleur, la même nuance de bleu et ils se disent conservateurs, mais ils ne le sont pas. Ils sont l'ancien Parti réformiste du Canada. Je ne comprends pas pourquoi ils ont honte de s'appeler ainsi. Ils devraient simplement changer de nom pour refléter fidèlement ce qu'ils sont.
     Ils suivent le même cahier de stratégie que Donald Trump. Ils font exactement la même chose. Ils essaient de trouver des moyens d'indigner les gens. Ils essaient d'exploiter les angoisses des gens. Ils essaient d'exploiter les peurs que les gens éprouvent en ce moment et les angoisses qu'ils ressentent dans leur vie. C'est ce qu'ils font avec cette motion.
     Une fois de plus, nous sommes saisis d'une motion sur la tarification du carbone. J'ai ici une reliure remplie de toutes les fois où ils ont soulevé la question. Bien sûr, ils ne parlent jamais du fait que les gens récupèrent plus d'argent, encore moins du montant qu'ils reçoivent. Les conservateurs traitent la taxe sur le carbone comme s'ils savaient qu'ils peuvent attiser davantage la rage des gens s'ils en parlent. C'est ce que nous voyons continuellement de la part des conservateurs, encore et encore.
     Je l'ai souligné lorsque j'ai commencé mon intervention en parlant des calculs et en expliquant comment ils étaient parvenus à la conclusion que le Canadien moyen allait économiser 670 $ par mois. Je voudrais savoir comment ils sont parvenus à cette conclusion. D'après mes calculs, quelqu'un devrait parcourir 272 kilomètres par jour entre aujourd'hui et la fête du Travail pour réaliser les économies dont ils parlent.
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre. Je sais que des députés étaient présents il y a un moment lorsque j'ai dit qu'ils auraient l'occasion de formuler des questions et des observations, mais d'autres étaient peut-être absents. Je le répète, tous ces rappels au Règlement et toutes ces interruptions qui m'obligent à prendre la parole signifient que les députés risquent de perdre leur place parce qu'ils prennent trop de temps pour faire leur intervention.
     Les députés devraient patienter. Il reste un peu moins de 10 minutes au député pour terminer son intervention. Comme les députés disposeront de 10 minutes pour les questions et les observations, ils devraient noter leurs réflexions.
     Le député de Kingston et les Îles a la parole.
    Madame la Présidente, je viens de parler du Canadien moyen. Toutefois, les députés de l'Alberta, en supposant qu'ils achètent leur essence en Alberta, pourraient parcourir 37 000 kilomètres avec les économies potentielles dont parle leur chef.
     Tout cela pour dire que ce que les conservateurs laissent entendre et essaient de vendre aux Canadiens est parfaitement ridicule. Je suis sûr qu'ils enverront plus tard dans la journée un courriel à leurs partisans pour leur dire qu'ils permettraient aux Canadiens d'économiser 670 $ et qu'ils devraient donc faire un don de 1 000 $. Je suis sûr que cela se produira plus tard dans la journée parce que c'est ce qu'ils font. Cependant, en vérité, ils induisent les Canadiens en erreur en laissant entendre que le Canadien moyen économiserait 670 $. C'est absolument faux. Il n'y a absolument rien de vrai là-dedans, à moins que le député de Dufferin—Caledon compte se rendre du pôle Nord au pôle Sud en voiture et qu'il roule encore 5 000 kilomètres supplémentaires. C'est la seule façon pour lui de faire le genre d'économies dont ils parlent.
     Je trouve qu'il est incroyablement inquiétant de voir les conservateurs faire constamment preuve de fausse indignation et essayer d'induire les Canadiens en erreur et de leur vendre des faussetés. En réalité, si nous nous arrêtons pour y réfléchir, si nous supprimons la tarification de la pollution, la taxe sur le carbone, il nous faudrait également supprimer le remboursement. Même si ce qu'ils disent est vrai et nous pouvions arriver à la conclusion que nous économiserions 670 $ au point de vente, même si nous pouvions accepter cette idée, leur calcul ne fonctionnerait toujours pas parce que les gens n'obtiendraient plus de remboursement.
     La raison d'être des remboursements, la raison de la tarification de la pollution, c'est d'encourager les gens à prendre des décisions différentes par rapport à leur pouvoir d'achat, ce qu'ils achètent et la manière dont ils passent leur journée. Ce sera plus facile pour certains que pour d'autres. C'est pourquoi nous avons mis en place différents programmes pour aider les gens à faire la transition vers des options plus propres, à faire des choses différemment qui n'ont pas une grande empreinte carbone. C'est ce dont il s'agit.
     Pour quelqu'un qui a étudié l'économie à l'université, je comprends cela. Cependant, ce qui m'étonne le plus, c'est à quel point les conservateurs ne comprennent pas. Ce sont les conservateurs qui vont nous dire qu'ils savent tout sur le fonctionnement d'une économie. Ils savent comment faire économiser de l'argent aux gens et ils savent ce qui est dans l'intérêt de la croissance économique tout en économisant de l'argent. Ils ne cessent d'induire la population en erreur là-dessus. Cependant, pour une raison ou une autre, ils ont récemment perdu la capacité d'examiner les choses d'un point de vue macroéconomique pour comprendre les répercussions au niveau microéconomique. C'est exactement ce qui se passe. C'est exactement ce que les conservateurs ont fait à maintes reprises.
     Ce n'a pas toujours été le cas. C'est une nouvelle passion. En ce qui concerne les conservateurs qui continuent de me chahuter en ce moment même, eh bien, ils ont fait campagne en promettant la tarification de la pollution. Ils ont fait campagne sur le concept de la tarification de la pollution et d'une taxe sur le carbone. Ce ne sont même pas les libéraux qui ont lancé l'idée de la tarification du carbone. C'est Stephen Harper, en 2008, qui a dit qu'il voulait mettre un prix sur la pollution, parce qu'en tant qu'économiste, il comprenait qu'il est facile de changer le comportement du marché en imposant un prix sur un bien ou un service. Nous sommes allés un peu plus loin en disant que non seulement nous allions changer les comportements, mais que nous allions remettre tout l'argent sous forme de remboursements.
     Je sais que les conservateurs vont dire que le directeur parlementaire du budget a dit ceci et cela, mais mon collègue vient de soulever le fait que le directeur parlementaire du budget a récemment publié une rétractation au sujet des chiffres qu'il avait présentés auparavant, qui sont à l'origine de toute la mésinformation des conservateurs. La réalité, c'est que 8 Canadiens sur 10 reçoivent plus que ce qu'ils ont versé. Plus important encore, 94 % des Canadiens dont le revenu familial est inférieur à 50 000 $ par année en retirent davantage que ce qu'il leur en coûte.

(1325)

    Les détracteurs de ce régime sont les personnes mieux nanties, et ô surprise, il s'agit de la base conservatrice, les personnes que les conservateurs sollicitent constamment pour financer leur parti, les personnes à qui ils demanderont des dons plus tard aujourd'hui. Les conservateurs insistent pour plaire à ces gens parce qu'ils savent que plus ils satisfont leurs amis riches, mieux leur parti se portera, et surtout, plus les coffres du parti seront remplis.
    Je vais m'arrêter là. Je suis impatient de répondre aux questions de mes collègues. J'espère sincèrement que lorsqu'ils s'exprimeront, le député de Provencher ou celui de Dufferin—Caledon expliqueront plus précisément comment ils sont parvenus à cette somme de 670 $. Je veux comprendre qui a fait le calcul et comment cette personne en est arrivée à ce montant. Je suis tout à fait ouvert à ce qu'on prouve que j'ai tort. Je veux simplement comprendre les faits. Chaque fois que j'ai posé la question aujourd'hui, on ne m'a pas répondu. Même le chef de l'opposition a complètement esquivé ma question.
    J'aimerais que les conservateurs m'expliquent comment ils peuvent conclure que les Canadiens économiseraient 670 $ d'ici la fête du Travail. D'après mes calculs, au mieux, une personne devrait faire au moins 25 000 kilomètres de route pour économiser une telle somme, ce qui équivaut à se rendre du pôle Nord au pôle Sud, et même à faire également une bonne partie du chemin de retour.

(1330)

    Madame la Présidente, je remercie le député de Kingston et les Îles de vouloir présenter les faits. Par suite de son discours, nous sommes tous d'accord pour dire que le panier d'épicerie est le véhicule le plus coûteux au Canada pour tous les Canadiens.
    Par ailleurs, ma circonscription, York—Simcoe, n'est pas admissible au supplément de 20 % pour les régions rurales. Je ne peux même pas voir la Tour CN de ma circonscription. Les Chippewas de Georgina Island, au milieu du lac Simcoe, se trouvent à 70 milles de Toronto, et leur région est considérée comme une région rurale et éloignée par le gouvernement fédéral. Nous savons, d'après les faits, que le gouvernement a réduit le nombre de régions métropolitaines de recensement dans certaines circonscriptions. Le gouvernement sait qu'il y a un problème. Houston, nous avons un problème. Il l'a même dit dans le budget, mais il n'a rien fait pour le régler.
    Madame la Présidente, je ne vais pas éluder la question du député. Je ne ferai pas ce que le chef de l'opposition ou le député d'Oxford ont fait plus tôt lorsqu'on leur a posé une question. Je vais donc y répondre directement.
     Je pense que le député soulève un très bon point. Quand je pense à sa circonscription, je ne la situe pas au centre-ville de Toronto. Cela m'amène vraiment à me demander pourquoi sa circonscription ne bénéficie pas également de l'aide supplémentaire pour les régions rurales. C'est une bonne question. Je n'ai pas de réponse précise, mais je crois certainement qu'il faudrait se pencher sur la question.
    Des voix: Oh, oh!
    M. Mark Gerretsen: J'affirme être d'accord avec leur collègue et les conservateurs me chahutent. C'est irréel.
     Je pense qu'il devrait y avoir une bonne évaluation de la question afin de comprendre pourquoi le gouvernement en est arrivé à cette conclusion. Je suis très heureux que le gouvernement ait doublé le financement supplémentaire pour les régions rurales afin de continuer à aider un plus grand nombre de Canadiens des régions rurales, qui subissent encore plus de répercussions. En toute franchise, je me demande aussi pourquoi cela ne touche pas sa circonscription.

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie le secrétaire parlementaire de son discours et de sa capacité à tenter de livrer un discours qui se tient — tout étant relatif — alors qu'on s'efforce de le déconcentrer. Je voulais le souligner. Il pourrait y avoir un peu plus de décorum dans cette salle.
    Au Québec, l'effet de la taxe sur le carbone sur le litre d'essence est estimé à...
    L'honorable député de York—Simcoe invoque le Règlement.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je veux demander au député de Kingston et les Îles s'il accepterait de signer ma pétition.
    Ce n'est pas un recours au Règlement. Le député a déjà été averti par quelqu'un de son parti au sujet des rappels au Règlement.

[Français]

    L'honorable député de Drummond a la parole.
     Madame la Présidente, je venais de parler de décorum à la Chambre. Ces interventions un peu ridicules ne font rien pour donner de la crédibilité à nos travaux.
    J'étais en train de dire que l'effet de la tarification de la bourse du carbone au Québec est de 9,9 ¢ le litre d'essence, tandis que dans les autres provinces, là où la taxe fédérale sur le carbone s'applique, on estime que l'effet de cette taxe est de 14,3 ¢ le litre.
    Évidemment, on regarde ça et on se dit que c'est bien plus avantageux d'avoir une bourse du carbone à laquelle participent le Québec et la Colombie‑Britannique. Non seulement elle incite à moins polluer, mais on n'arrête pas de la vanter. Or, les Canadiens dans les autres provinces semblent préférer la formule de la taxe sur le carbone parce qu'il y a des redevances.
    Mon collègue pourrait-il me dire quelle est la ristourne moyenne qui est octroyée aux Canadiennes et aux Canadiens dans les provinces où s'applique la tarification du carbone? Comme ça, on va pouvoir voir si la proposition des conservateurs tient la route en fonction des redevances qui sont versées.

(1335)

[Traduction]

     Madame la Présidente, j'apprécie ce commentaire. J'ai toujours l'impression de me faire piéger lorsque les députés québécois me posent des questions sur les mécanismes de tarification au Québec, car je pense qu'ils savent ce que j'en pense. Je pense qu'ils comptent parmi les meilleurs au monde. L'Ontario, ma province, participait également à ce mécanisme de tarification, mais malheureusement, notre premier ministre a manqué de vision et s'en est retiré. En même temps, il a commencé à retirer les bornes de recharge de certains endroits, pour les réinstaller cinq ans plus tard, mais je m'éloigne du sujet.
    Le député a soulevé un point très important lorsqu'il s'est interrogé sur le montant que le Canadien moyen obtiendrait en retour. Comme il le sait, ce montant varie d'une province à l'autre, en fonction de la région et de l'impact qu'elle subit. Ce que je peux lui dire, c'est que la dernière fois que les conservateurs ont soulevé cette question à la Chambre dans le cadre d'une motion de l'opposition, je suis intervenu. C'était après avoir fait le calcul de mes finances personnelles, en regardant ce que je payais pour le chauffage et ce que je paierais si je conduisais un véhicule à essence. J'ai ensuite regardé ce qui était effectivement déposé dans mon compte en banque, et j'ai vu que j'en ressortais gagnant.
    Quand le directeur parlementaire du budget dit que huit Canadiens sur dix y gagnent au change, je n'ai aucun mal à le croire, parce que, pour avoir fait le calcul, je sais que c'est mon cas.
    Madame la Présidente, j'aimerais revenir sur les dernières observations du député de Kingston et les Îles. Il a parlé du fait qu'il a récupéré plus d'argent. C'est très bien pour lui, mais ce n'est malheureusement pas la réalité pour la grande majorité des Canadiens, surtout ceux qui vivent dans les régions rurales et nordiques du pays et qui paient la taxe sur le carbone. Ils consomment plus de carburant pour les choses essentielles. Comme les députés le savent bien, les habitants du nord-ouest de l'Ontario doivent parcourir de grandes distances pour se procurer des choses essentielles comme des soins de santé qui ne sont pas offerts dans leur collectivité. Conduire n'est pas un luxe, c'est une nécessité.
     Pourquoi le gouvernement est-il si déterminé à taxer les Canadiens simplement parce qu'ils vivent leur vie?
    Madame la Présidente, comment est-il possible que le député ait écouté la première moitié de ma phrase et pas la seconde? Dans la seconde moitié de ma phrase, après avoir dit que je savais que j'étais avantagé, j'ai dit que je n'avais aucun mal à croire le directeur parlementaire du budget lorsqu'il dit que huit Canadiens sur dix sont plus avantagés.
     Pour répondre à la question du député, c'est la raison pour laquelle nous avons un supplément pour les régions rurales. C'est la raison pour laquelle le supplément pour les régions rurales a été doublé dans le dernier énoncé économique de l'automne. En réalité, huit Canadiens sur dix sont avantagés. Surtout, comme je l'ai mentionné à la fin de mon intervention, 94 % des ménages qui gagnent 50 000 $ ou moins sont avantagés.
     Le député est en croisade contre la tarification de la pollution et contre les remboursements de la taxe sur le carbone qui l'accompagnent. Il devrait savoir que sa croisade ne vise pas les moins fortunés de notre pays. Sa croisade vise les mieux nantis de notre pays.
    Madame la Présidente, lorsque j'ai interrogé le chef de l'opposition sur la tarification du carbone pour l'industrie, il a répondu que cette tarification n'existait pas, ce qui est un nouveau degré de mésinformation.
     Toutefois, je critique les échappatoires laissées par le gouvernement libéral dans le filet fédéral, qui permettent à des entreprises comme Suncor de payer 14 fois moins que le Canadien moyen. Le gouvernement pourrait fermer les échappatoires de la tarification du carbone pour l'industrie, renforcer notre plan de réduction des émissions, réduire davantage les émissions et demander des comptes aux plus grands pollueurs. Il pourrait également inscrire la tarification du carbone pour l'industrie dans la loi, de sorte que si, à l'avenir, un autre gouvernement voulait s'en débarrasser, il serait beaucoup plus difficile de supprimer cette politique cruciale qui assure l'essentiel de la réduction de nos émissions.
     Je suis curieuse de savoir si le député pousse son gouvernement à fermer les échappatoires et à inscrire la tarification du carbone pour l'industrie dans la loi?
    Madame la Présidente, je pousse toujours le gouvernement, que ce soit à la Chambre ou lors des réunions de notre caucus, à faire tout ce qu'il peut pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Un modèle qui incite les gens à faire des choix différents, comme la tarification de la pollution, que ce soit au niveau de la vente au détail ou des procédés industriels, donnera des résultats tangibles dans l'avenir. Je ne suis pas le seul à le dire. La grande majorité des économistes le disent.
    La lettre conjointe signée par des économistes de partout au Canada compte maintenant plus de 400 signataires. Ces personnes croient que la tarification de la pollution est un moyen efficace de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et de les réduire, et que le programme de remise sur le carbone est avantageux pour la majorité des gens.
    Il n'y a que les conservateurs, avec leurs grands discours et leur mésinformation, qui disent le contraire. La grande majorité des gens, si on leur posait la question, conviendraient qu'il y a effectivement des avantages pour eux et, en particulier, pour les plus démunis.

(1340)

     Madame la Présidente, mon collègue pourrait-il parler de l'hypocrisie révélée par le fait que le gouvernement conservateur de l'Alberta a augmenté sa taxe sur l'essence de quatre cents le litre alors que le Parti réformiste national propose que nous éliminions la taxe sur l'essence? A-t-il quelque chose à dire à ce sujet?
    Madame la Présidente, c'est difficile à croire, mais j'ai une opinion à ce sujet. Le même jour où la taxe sur le carbone a été haussée de trois cents au pays, l'Alberta a augmenté sa propre taxe sur l'essence de quatre cents. Je n'ai entendu absolument aucun député conservateur s'indigner de la décision de Danielle Smith. Ils savent que les renseignements qu'ils transmettent sont faux et qu'ils n'agissent qu'à des fins partisanes. S'ils étaient honnêtes, ils se seraient opposés à Danielle Smith de la même façon qu'ils se sont opposés au premier ministre.
    Madame la Présidente, cet après-midi, je partagerai mon temps de parole avec le député de Langley—Aldergrove.
     Je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui au sujet de notre motion de l'opposition qui demande que la taxe sur le carburant soit supprimée jusqu'à la fête du Travail. Bien que nombre de mes collègues se concentrent sur les avantages économiques immédiats que cette suppression apporterait à tous les Canadiens aux prises avec des difficultés financières qui nous écoutent en ce moment, j'aimerais ajouter à la conversation un élément relatif à la santé mentale.
     Comme nous le savons tous, la santé mentale est en déclin au Canada. Un article paru sur le site de la Queen's Gazette le résume assez bien:
    Un rapport publié en 2023 par Statistique Canada a révélé que, malgré le fait que plus de la moitié des Canadiens se disent en très bonne ou en excellente santé en général, la santé mentale affiche un déclin inquiétant. Les troubles de l'anxiété et de l'humeur, en particulier chez les groupes vulnérables, ont grimpé en flèche, tout particulièrement chez les adultes de 18 à 34 ans. Selon l'Association canadienne pour la santé mentale, au cours d'une année donnée, une personne sur cinq au Canada sera personnellement confrontée à un problème de santé mentale ou à une maladie mentale...
    À mon avis, ce n'est une nouvelle pour personne. C'est un véritable problème.
    S'il est vrai que la pandémie a grandement contribué à exacerber cette catastrophe publique, elle n'est pas la seule coupable. La santé mentale des Canadiens se détériore à peu près au même rythme que leur santé financière.
     Il y a deux mois, l'Institut canadien d'information sur la santé a publié un communiqué de presse intitulé « Les Canadiens sont plus nombreux à déclarer avoir des problèmes de santé mentale; les préoccupations économiques grandissantes figurent parmi les facteurs contributifs ». Par rapport à la moyenne du Fonds du Commonwealth, un pourcentage plus élevé de Canadiens s'inquiètent de leur capacité à payer le loyer, à avoir assez de nourriture et même à avoir un toit au-dessus de leur tête. Le message est clair: le Canada traîne loin derrière ses alliés du Commonwealth en ce qui concerne les facteurs de stress économiques sur la santé mentale.
    Je sais que les autres partis ici se soucient de la santé mentale. Dans sa plateforme électorale de 2021, intitulée « Avançons ensemble », le gouvernement a consacré un peu plus d'une page de son document de 106 pages à la santé mentale. La section commençait par le paragraphe suivant:
    Au cours d'une année normale, une personne sur cinq au Canada est atteinte d'une maladie mentale ou a un problème de toxicomanie. Nous savons qu'au cours des dix-huit derniers mois, près de la moitié des Canadiens affirment que leur santé mentale s'est détériorée pendant la pandémie. La santé mentale, c'est la santé. Voilà pourquoi nous avons fait de la santé mentale une priorité.
    Nos amis du NPD ont fait des déclarations semblables dans leur plateforme intitulée « Oser mieux ».
     Ce que je trouve troublant et déconcertant, c'est que le gouvernement libéral se soit engagé dans une véritable folie de dépenses inflationnistes et qu'il ait en même temps imposé des mesures fiscales paralysantes à des Canadiens à court d'argent. Ce qui est encore plus déconcertant, c'est que le NPD joue un rôle de facilitateur pour le gouvernement libéral. Il se trouve que la santé mentale, qui était une priorité en 2021, a été remplacée, en 2024, par des taxes excessives sur des Canadiens au bord de la ruine, sans aucune considération pour les répercussions sur leur santé mentale.
     Le fait est que, oui, la santé mentale c'est la santé, mais la stabilité économique contribue à la santé mentale. Les Canadiens qui ont une situation financière stable ne sont pas soumis aux mêmes stress économiques que les Canadiens dont la situation financière est instable, ce qui a pour effet de réduire les pressions qui s'exercent sur notre système de santé déjà à bout de souffle, et notamment notre système de santé mentale.
     Il suffit de se reporter aux propres chiffres du gouvernement pour avoir confirmation de cette relation entre les ressources financières et la santé physique et mentale.
     En mars 2019, l'Agence canadienne de la consommation en matière financière a publié un rapport indiquant que les soucis financiers étaient une plus grande source de stress que les relations personnelles, le rendement au travail ou la santé physique. Près de la moitié des Canadiens souffrent d'insomnie parce qu'ils ne savent pas quelles factures ils vont être capables de payer. Pour 44 % des Canadiens, un chèque de paye en retard aurait des conséquences catastrophiques.
     C'est un véritable cercle vicieux. Ceux qui souffrent de troubles mentaux ont plus de mal à gagner leur vie et à demander de l'aide, ce qui se traduit par la précarité financière. Ensuite, les gens commencent à se demander où ils vont aller pour trouver à manger, ou quels objets précieux ils vont devoir vendre pour payer leur facture d'Internet déjà en retard, afin d'éviter une interruption de service, ou encore quel petit boulot ils vont devoir se trouver, tout cela ne faisant qu'ajouter du stress et de l'anxiété à des troubles mentaux déjà existants.

(1345)

     C'est toujours la même chose pour un trop grand nombre d'électeurs de Hastings—Lennox and Addington et de partout ailleurs au Canada. Ce dont ils n'ont vraiment pas besoin, c'est que le gouvernement alourdisse encore leur fardeau financier.
     Voici donc l'occasion d'alléger ce fardeau financier que le gouvernement a imposé aux Canadiens lorsqu'il a augmenté la taxe sur l'essence. Les vacances et les escapades en voiture sont une façon formidable de réduire le stress, de passer du temps en famille et de revenir au travail motivé, inspiré et ressourcé. C'est tout à fait vrai. Mais il y a beaucoup trop de Canadiens qui ne pourront pas prendre de vacances parce qu'ils n'en ont pas les moyens. Cette motion conservatrice pleine de bon sens permettra aux Canadiens de garder plus d'argent dans leurs poches, pas forcément pour partir en vacances, mais au moins pour payer l'épicerie ou toute autre facture importante.
     Un récent sondage d'Ipsos montre que près de 80 % des Canadiens ont vraiment besoin de vacances, que deux tiers d'entre eux ont décidé de les raccourcir à cause de l'inflation et d'une économie incertaine, et que trois Canadiens sur cinq ne prendront pas de vacances du tout. Les Canadiens ne pensent pas à Disney, ils pensent à leur prochain repas. Ce gouvernement est un échec, non seulement parce qu'il ne répond pas aux besoins des Canadiens, mais aussi parce qu'il continue de leur prendre le peu qui leur reste.
     Aujourd'hui, nous avons l'occasion de donner aux Canadiens un répit temporaire pour l'été. Cette mesure aiderait les familles, les chefs de famille monoparentale, les étudiants, les personnes âgées et tous les autres. Un congé de taxe sur le carburant profiterait à l'ensemble des Canadiens. S'ils choisissent d'utiliser cet argent supplémentaire pour faire un voyage en voiture et soutenir le tourisme régional, c'est très bien. S'ils souhaitent plutôt utiliser l'argent pour payer leurs factures et faire l'épicerie, c'est très bien aussi. Le principal, c'est que nous ne proposons pas de donner aux Canadiens l'argent de leurs impôts, nous demandons simplement au gouvernement fédéral de cesser de prendre de l'argent dans leur poche.
     Je pense que ce dernier argument illustre vraiment la mentalité dangereuse de beaucoup trop de gouvernements. Ils s'imaginent qu'ils ont le droit de puiser dans les poches des contribuables, comme si cet argent n'appartenait pas aux Canadiens, mais à eux, alors ils le perçoivent. Cela me rappelle le commentaire qu'un ancien ministre libéral a fait quand il était directeur général de la Monnaie. Cela résume bien, à mon avis, la mentalité de l'actuel gouvernement libéral—néo-démocrate. Il a dit: « J'ai droit à mes droits [...] » Cette fois-ci, je pense que même David Dingwall lui-même serait obligé d'admettre que c'est le contribuable qui paie la note.

(1350)

    Madame la Présidente, la députée a commencé son discours en parlant de l'importance de la santé mentale et des effets néfastes que les problèmes environnementaux peuvent avoir sur la santé mentale, ce qui m'amène à me demander pourquoi le Parti conservateur vote contre les programmes de soutien destinés aux Canadiens. Je pense notamment aux personnes à revenu fixe, aux personnes âgées ou aux enfants ainsi qu'aux régimes de soins dentaires et d'assurance-médicaments. La députée représente toutes ces catégories de citoyens. Elle n'en représente pas seulement des centaines, mais des milliers. Elle continue pourtant de voter contre des programmes essentiels qui, à mon avis, sont également bons pour la santé mentale.
    Madame la Présidente, je garantis à mon collègue d'en face que, tous les jours, je suis à l'écoute des vaillants Canadiens de Hastings—Lennox and Addington et je travaille pour eux.
     Je rappelle également au député que nous devrions cibler la cause des problèmes de santé mentale. Il est là, le problème. Si nos efforts portent toujours sur les symptômes, nous devons revoir notre façon d'aborder ce problème. Comment en sommes-nous arrivés là? Quelle est l'origine du problème? Les gens traversent une période très difficile et ils ont sérieusement besoin d'aide. Il y en a qui souffrent. Il y en a qui meurent. Les conservateurs offrent une petite piste de solution.

[Français]

    Madame la Présidente, ma question pour ma collègue sera très simple.
    Notons d'abord qu'il s'agit de 1,4 milliard de dollars en revenus pour l'État, ce qui est vraiment astronomique.
    Ma collègue peut-elle m'expliquer sur quoi les conservateurs se basent pour dire que supprimer cette taxe serait plus favorable aux gens démunis qu'aux gens en moyens qui utilisent évidemment plus de pétrole que les autres?

[Traduction]

    Madame la Présidente, je dirais que la classe moyenne s'amenuise, et pour diverses raisons. Le Canada est devenu un pays où les impôts sont très élevés, les revenus diminuent, l'État est omniprésent, les programmes sociaux sont tentaculaires et les déficits sont abyssaux. L'inflation et les taux d'intérêt élevés ont fait disparaître la classe moyenne. Il faut faire quelque chose. Il faut des solutions. Nous ne devons pas nous contenter de déplorer la situation. Le gouvernement ne fait pas ce qu'il faut. Les conservateurs offrent une solution.
    Madame la Présidente, je voulais poser une question à la députée au sujet de la crise de santé mentale chez les jeunes qui sont préoccupés par la crise climatique. Le niveau d'anxiété face aux changements climatiques n'a jamais été aussi élevé. Lorsque les jeunes voient des communautés évacuées en raison des feux de forêt, des sécheresses qui s'étendent sur plusieurs années, des dômes de chaleur qui tuent des centaines de personnes et des inondations extrêmes, ils sont inquiets de ce qui se passe en ce moment et ils sont inquiets pour leur avenir.
    La députée peut-elle dire aux jeunes pourquoi les conservateurs n'ont pas de plan de lutte contre les changements climatiques?
    Madame la Présidente, je tiens d'abord à dire qu'éprouver de la compassion dans l'abstrait et trouver des solutions concrètes sont deux choses différentes. L'idée qu'on s'en fait diffère d'une personne à l'autre.
    Les députés d'en face conviendront sans doute que les jeunes représentent l'avenir de notre pays. Les jeunes doivent poser des questions essentielles et éclairées. Je sais que, de ce côté-ci de la Chambre, nous leur proposons des solutions rigoureuses et positives.

(1355)

    Madame la Présidente, c'est avec grand plaisir que j'interviens aujourd'hui pour parler de la motion des conservateurs, qui propose des vacances d'été sans taxe. J'ai eu une enfance très heureuse. Je passais de nombreuses heures en plein air à Edmonton, en Alberta, à longueur d'année, même en hiver lorsque tout était complètement gelé, mais pour ma famille, le moment culminant de l'année était toujours celui de la planification de notre escapade en auto pendant l'été.
     Nous commencions à planifier le voyage dès que la neige se mettait à fondre, généralement à ce moment-ci de l'année, à la fin du mois de mai. Je sais qu'avec le réchauffement climatique, cela se produit quelques semaines plus tôt, mais c'est une activité qui a toujours uni ma famille. Nous étions toujours très enthousiastes. Il s'agissait généralement d'un voyage de trois jours entre Edmonton, en Alberta, et la côte Ouest de la Colombie‑Britannique. Nous prenions notre temps et nous campions en chemin. Nous passions souvent la première nuit à Jasper, ou à Banff, et la deuxième nuit quelque part dans la vallée de l'Okanagan. Nous n'avons jamais pris l'itinéraire le plus court, parce qu'il y avait tant de lieux à explorer et de choses à voir dans ce grand pays qui est le nôtre.
    Le troisième jour, nous arrivions au magnifique lac Cultus, à Chilliwack, où nous faisions du camping pendant deux ou trois semaines. Sur la route, nous faisions toujours du camping: pas de motels ni de restaurants pour nous. Nous n'avions pas d'argent pour cela. Cela coûtait trop cher, mais la seule chose dont nous n'avions jamais à nous soucier, c'était le prix de l'essence pour faire tourner le gros moteur V8 de notre Chevrolet.
     Je me demande à quoi ressemblerait cette aventure si nous la revivions aujourd'hui. Pour en rester à mon exemple personnel, il n'y avait pas beaucoup de choses que nous pouvions retrancher de notre budget de voyage. Les motels et les restaurants étaient déjà hors de question. Peut-être aurions-nous pu éliminer le mini-golf des terrains de camping ou les bandes dessinées grâce auxquelles nous nous tenions tranquilles pendant des heures sur la banquette arrière de la voiture, ou certaines excursions comme la descente en téléphérique jusqu'à Hells Gate, dans le canyon du Fraser. Tous les Canadiens devraient voir la beauté naturelle impressionnante du canyon du Fraser et la conception de la voie ferrée qui le traverse.
    Les décisions que les familles doivent prendre de nos jours sont bien plus difficiles que cela, parce qu'après neuf ans sous la gouverne du gouvernement libéral, les Canadiens sont obligés d'annuler complètement leurs vacances estivales, car le programme mal conçu des libéraux en matière d'impôts et de dépenses a rendu inabordable même un simple voyage en voiture.
    Les parents peuvent à peine se procurer les produits de première nécessité, et encore moins s'offrir un petit voyage estival. Les familles paieront en moyenne 700 $ de plus en nourriture cette année qu'en 2023. L'année dernière, les banques alimentaires ont dû gérer un nombre record de 2 millions de visites en un seul mois, et 1 million de visites supplémentaires sont attendues cette année, car l'inflation du prix des aliments continue d'être un vrai casse-tête pour les gens.
    Parlons de l'inflation dans le secteur du logement. C'est ce dont me parlent les habitants de ma ville, Langley. Tanya m'a écrit le message suivant: « Les jeunes à l'école secondaire et à l'université ne rêvent même plus d'être propriétaires d'une maison. Ils espèrent simplement avoir un jour les moyens de louer leur propre appartement. L'inflation étouffe les espoirs et les rêves de la jeunesse canadienne. »
    De même, Fred et Elaine m'ont écrit: « Nous avons plus de 80 ans. Nous ne pouvons pas quitter la Colombie‑Britannique parce que toute notre famille vit ici et que c'est de plus en plus difficile pour nous, et beaucoup de nos amis sont alarmés par la tournure que prennent les événements. Les loyers sont terriblement chers. Comment nos petits-enfants et arrière-petits-enfants vont-ils y arriver? »
    Je remercie Fred et Elaine de cette observation.
    Je reçois beaucoup de commentaires de ce genre, et en voici un autre d'Anthony, qui est un homme d'affaires. Il parle du coût des logements et de ses conséquences. Il a dit: « J'ai du mal à retenir et à attirer de jeunes employés, car le coût de la vie dans la région métropolitaine de Vancouver est tout simplement prohibitif. Un apprenti formidable m'a quitté l'été dernier pour aller s'installer à Calgary. Il a dû accepter une baisse de salaire, mais il voulait fonder une famille et il ne voyait aucune possibilité de faire cela ici, en Colombie‑Britannique. »
    Encore une fois, c'est bon pour Calgary. Une autre personne quitte la Colombie‑Britannique pour aller à Calgary, où le coût de la vie est plus abordable, mais il y a aussi des difficultés bien réelles là-bas.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

(1400)

[Traduction]

La lauréate du Prix de la femme de l'année

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour féliciter Nedia El Khouri, une artiste douée, une militante pour les arts dévouée et une entrepreneure dynamique qui a reçu en 2024 le Prix de la femme de l'année remis par le Conseil des femmes de Montréal. Ce prix prestigieux a été décerné notamment à Sheila Goldbloom, Chantal Hébert et Margaret Trudeau.
    Inspirée par sa passion pour les arts et l'éducation artistique ainsi que par sa profonde conviction que l'art a un pouvoir transformateur, Nedia a fondé en 2009 la galerie d'art Viva Vida, dans le village de Pointe-Claire, qui se trouve dans ma circonscription, Lac-Saint-Louis. La galerie présente des expositions sur des thèmes importants, aide les artistes à se perfectionner et offre des cours d'art aux jeunes et aux adultes. La galerie et les explorations artistiques de Nedia apportent quelque chose de nouveau dans la vie des résidants de l'Ouest de l'île de Montréal.
    Je remercie Nedia et, encore une fois, je la félicite de cet honneur bien mérité.

La fin de l'année scolaire

    Monsieur le Président, je félicite chaleureusement tous les élèves de 8e et 12e année qui obtiennent leur diplôme cette année dans la région de Lambton—Kent—Middlesex et ailleurs. Nous sommes tous fiers qu'ils aient franchi cette étape importante de leur parcours scolaire. Leur travail acharné, leur détermination et leur résilience ont porté leurs fruits et ils peuvent être fiers de leurs réalisations.
    La cérémonie de cette année est particulièrement spéciale pour les élèves de 12e année, qui ont été privés d'une remise des diplômes de 8e année à cause de la pandémie. J'espère que leur cérémonie de remise des diplômes d'études secondaires sera encore plus mémorable, car elle souligne leur passage à travers une période très difficile. Alors qu'ils poursuivent leur chemin, que ce soit au secondaire, au postsecondaire, en apprenant un métier ou en intégrant le marché du travail, je leur rappelle de saisir toutes les occasions qui leur sont offertes, de continuer à viser l'excellence et de ne jamais cesser d'apprendre. Les finissants de 2024 sont l'avenir du Canada. Je leur souhaite de célébrer ce moment important dans la joie. Je leur adresse mes meilleurs vœux de réussite et de bonheur, et je leur renouvelle mes félicitations.

L'Expo-sciences pancanadienne

    Monsieur le Président, cette semaine, j'ai eu l'occasion de rencontrer des élèves de Waterloo‑Wellington et d'autres régions du Canada au Musée canadien de la nature. Cette année, ils participent à l'Expo-sciences pancanadienne, organisée par Sciences jeunesse Canada.
    Chaque année depuis 11 ans, des jeunes talentueux de partout au pays ont l'occasion de présenter leurs projets scientifiques et techniques qui transformeront l'avenir du paysage scientifique et technologique du Canada. Certains des jeunes esprits les plus brillants de notre pays se réunissent dans le but de partager leur passion pour la science, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques, de même que l'innovation. La prochaine génération de scientifiques et d'innovateurs canadiens déborde de curiosité et est pleine de promesses, et j'ai hâte de voir ses prochaines réalisations.
    Félicitations à tous les lauréats nationaux, qui seront annoncés aujourd'hui.

[Français]

La Journée mondiale du lait

    Monsieur le Président, ce samedi sera la Journée mondiale du lait. Écrémé, sans lactose ou encore chocolaté, ce breuvage saura toujours nous réconforter. Cependant, à cause des parts de marché cédées dans les accords passés, ce sera à terme environ une pinte de lait sur cinq qui sera importée de l'étranger.
    C'est pourquoi le projet de loi C‑282 doit obtenir l'aval du Sénat le plus rapidement possible. Nos producteurs ne veulent pas quêter des compensations temporaires pour des pertes permanentes; ils veulent vivre des fruits de leur travail et nous fournir un lait de qualité. Nos politiques publiques doivent être votées pour servir les intérêts de nos concitoyens et garantir notre propre sécurité alimentaire, et non pour plaire aux intérêts étrangers.
    Il est temps de se tenir debout. Passionnés de production laitière, engagés pour un avenir durable et fiers de leur réalisation collective, nos producteurs demandent au Sénat d'agir promptement. Célébrons tous ensemble la Journée mondiale du lait.

Les Seigneuriales de Vaudreuil‑Dorion

     Monsieur le Président, oyez, oyez!
     Les seigneurs, les gentes dames et nobles gens, et toute la seigneurie de Vaudreuil‑Dorion se rassembleront les 6, 7, 8 et 9 juin prochains lors de la 32e édition des Seigneuriales de Vaudreuil‑Dorion pour manger, boire, jouer et chanter, mais surtout pour célébrer le riche patrimoine historique de notre communauté de Vaudreuil‑Soulanges.
     Grâce au travail extraordinaire du Musée régional de Vaudreuil‑Soulanges, de la Ville de Vaudreuil‑Dorion et de Christiane Lévesque et de son équipe, les Vaudreuil‑Soulangeois peuvent explorer la foire aux artisans locaux tout au long de la fin de semaine et être charmés par les costumes d'époque et l'ambiance digne de la Nouvelle‑France.
    Je profite donc de l’occasion pour inviter tous les nobles gens et les gentes dames de Vaudreuil‑Soulanges à se joindre à moi pour profiter des activités pour toute la famille, des artisans locaux et, bien sûr, de tout ce que notre seigneurie a à offrir.

(1405)

La Journée mondiale du lait

    Monsieur le Président, samedi prochain, le 1er juin, nous célébrerons la Journée mondiale du lait.
    À nos près de 10 000 exploitations laitières et à nos plus de 500 usines de transformation au Canada, je dis merci. Ces hommes et ces femmes se lèvent à l’aube tous les jours, enfilent leurs bottes de travail et effectuent un boulot incroyable afin de nourrir les Canadiens avec des produits de qualité que nous célébrons.
    Dans ma circonscription, on retrouve plusieurs de ces entreprises qui ne manquent jamais de fournir les meilleurs produits parmi les plus sains et les plus nutritifs au monde. Non seulement ces agriculteurs nous fournissent les meilleurs produits au monde, mais ils jouent également un rôle important dans la réalisation des objectifs environnementaux de notre pays.
    Je parle au nom de tous les parlementaires quand je leur dis merci de leur travail acharné. Comme conservateurs, nous continuerons de soutenir notre secteur agricole, un moteur économique essentiel dans ce pays.
    À la veille de la Journée mondiale du lait et en l’honneur des Canadiens qui travaillent avec acharnement dans notre industrie laitière, j’invite tous mes collègues à se lever et à lever un verre de lait.
     J’aimerais juste rappeler aux députés encore une fois qu’on ne peut pas utiliser d'accessoire pour faire valoir son propos. En plus, on a seulement le droit d’apporter de l’eau sur le parquet de la Chambre des communes.
    L'honorable député de Coquitlam-Port Coquitlam a la parole.

[Traduction]

Les prix des champions communautaires

    Monsieur le Président, je suis heureux d'annoncer le retour des prix des champions communautaires, pour lesquels nous acceptons dès maintenant des mises en candidature. Chaque année, nous rendons hommage aux chefs de file qui travaillent fort jour après jour pour bâtir une meilleure collectivité pour tous. Un champion communautaire, c'est un voisin exceptionnel, comme un bénévole, un travailleur de première ligne, un parent ou un héros méconnu, qui fait preuve de leadership. Grâce à leur leadership, ils créent une meilleure société en favorisant une culture de bonté et de générosité. Ils inspirent les autres à se mobiliser et à contribuer à des changements positifs. Pour soumettre la candidature d'un champion communautaire, les gens peuvent m'envoyer un courriel à mon bureau de circonscription. Nous acceptons les candidatures jusqu'au 14 juillet. J'ai hâte de rendre hommage aux champions communautaires exceptionnels de Coquitlam—Port Coquitlam.

La Journée de sensibilisation à l'encéphalomyélite myalgique

     Monsieur le Président, le 12 mai était la Journée internationale de sensibilisation à l'encéphalomyélite myalgique. Je tiens à souligner le courage des quelque 2 à 3 millions de Canadiens qui vivent avec cette maladie débilitante. L'encéphalomyélite myalgique, anciennement connue sous le nom de syndrome de fatigue chronique, est une maladie chronique, complexe, multisystémique et dévastatrice. Elle touche des enfants, des adolescents et des adultes de tous les âges et de tous les milieux, et les trois quarts des personnes atteintes sont des femmes. Jusqu'à 75 % des personnes atteintes de cette maladie sont incapables de travailler, et 25 % sont constamment confinées au lit ou à la maison. L'encéphalomyélite myalgique est une crise sanitaire urgente, et les recherches montrent qu'au moins 50 % des personnes atteintes de la COVID longue finissent par développer cette maladie. Les personnes atteintes d'encéphalomyélite myalgique souffrent et veulent désespérément retrouver une vie normale. Il n'existe actuellement aucun remède ni traitement approuvé pour cette maladie. Il est donc crucial que le Canada passe à l'action, augmente le financement de la recherche et fournisse des ressources pour l'éducation et la formation à l'échelle nationale.

[Français]

Le logement

    Monsieur le Président, la crise du logement atteint un degré insoutenable pour les Canadiens. Le journal La Presse nous apprend que les délais pour obtenir un permis de construction à Montréal s’élèvent à 610 jours dans certains arrondissements, c’est-à-dire presque deux ans.
    Les Québécois souffrent et le chef du Parti conservateur voit cette souffrance. Il prend des mesures concrètes pour soulager la souffrance des Québécois. Sa loi pour bâtir des logements et pas de la bureaucratie exige des villes une construction rapide de logements, avec des récompenses pour les villes qui le font et des sanctions pour celles qui érigent des barrières bureaucratiques.
    Le Bloc québécois a voté contre cette solution hier, tout comme il a voté contre l’intérêt fondamental des Québécois lorsqu’il a voté pour 500 milliards de dollars en crédits budgétaires. Le Bloc québécois refuse de rendre les logements plus abordables. Cette crise du logement nécessite des solutions de gros bon sens. Les Canadiens en ont grandement besoin. Non seulement le Bloc québécois refuse de répondre aux besoins des Québécois, mais il s’oppose aux solutions qui visent à alléger leur misère.

(1410)

[Traduction]

L'antisémitisme

    Monsieur le Président, pendant la Deuxième Guerre mondiale, notre pays a tenu les Canadiens d'origine japonaise, allemande et italienne responsables des gestes posés par le pays de leurs ancêtres ou leur pays d'origine. C'était injuste. Avec la montée actuelle de l'antisémitisme, un trop grand nombre de Canadiens commettent à nouveau la même erreur. Il est injuste de tenir les Canadiens d'origine juive responsables des gestes commis par Israël. La grande majorité des Canadiens d'origine juive sont profondément attachés à Israël. Cela s'appelle le sionisme. Il s'agit du même attachement qui unit de nombreux députés au pays de leurs ancêtres ou à leur pays d'origine, mais nous ne pouvons pas et ne devons pas tenir quiconque responsable des gestes commis par un autre pays, et nous ne devrions jamais remettre en question leur loyauté envers notre grand pays. Opposons-nous tous ensemble à l'antisémitisme, qui est dangereux et qui doit cesser.

La taxe sur le carbone

    Monsieur le Président, à chaque porte, à chaque conversation et à chaque appel téléphonique, nous entendons le même commentaire: le coût de la vie est trop élevé. Comment en sommes-nous arrivés là au Canada?
    Nous savons que ce sont les dépenses inflationnistes, les taxes et les déficits du gouvernement libéral—néo-démocrate qui ont fait grimper le coût de pratiquement tout, et que le premier ministre n'en vaut pas le coût.
    Les Canadiens réclament un peu de répit. C'est pourquoi, dans la motion dont le Parlement est saisi aujourd'hui, les conservateurs pleins de bon sens demandent au gouvernement de suspendre toutes les taxes sur l'essence et le diésel pour l'été, jusqu'à la fête du Travail. Cela représenterait des économies de 670 $ pour une famille canadienne type, assez pour faire un voyage en voiture, faire du camping ou entreprendre une excursion d'une journée pour visiter l'une des nombreuses attractions locales exceptionnelles de notre pays, qui sont celles qui forgent nos souvenirs.
    Cette mesure donnerait aux gens un peu de répit et d'espoir, jusqu'à ce qu'un nouveau gouvernement conservateur plein de bon sens, sous la direction du chef de l'opposition, puisse abolir la taxe sur tout, partout, pour de bon.

La taxe sur le carbone

    Monsieur le Président, cette semaine, le Calgary Herald a confirmé à quel point les habitants de ma ville tirent le diable par la queue à cause de l'incompétence financière et de l'arrogance du gouvernement libéral—néo-démocrate.
     Depuis 2019, le coût du logement et de la nourriture a augmenté de 26 % pour les Calgariens, tandis que le coût de l'électricité et du gaz naturel, lui, a augmenté de plus de 70 %. L'Alberta était autrefois une province de possibilités et de prospérité économique, mais le premier ministre a tout fait pour changer la situation. Sa taxe sur le carbone imposée idéologiquement et ses dépenses irresponsables ont plongé les habitants de ma circonscription dans le désespoir et la peur. Les jeunes adultes n'ont pas les moyens d'avoir les enfants dont ils rêvent. Les parents doivent retirer leurs enfants des programmes de sport organisé. Les aînés sont gênés de devoir compter sur les banques alimentaires.
    Aujourd'hui, nous demandons au gouvernement libéral—néo-démocrate d'abolir immédiatement la taxe sur le carbone, la taxe fédérale sur les carburants et la TPS sur l'essence et le diésel jusqu'à la fête du Travail. J'espère que les autres députés feront ce qui s'impose en votant pour aider les Canadiens qui ont besoin d'un répit et qui le méritent.

Le Régime canadien de soins dentaires

    Monsieur le Président, les soins dentaires font partie des soins de santé, et je suis fier de faire partie d'une équipe qui rend les soins dentaires plus accessibles et abordables pour des millions de Canadiens, dont de nombreux citoyens de ma circonscription, Brampton-Est.
    Plus de deux millions de Canadiens se sont inscrits au Régime canadien de soins dentaires. Plus de 10 000 dentistes et fournisseurs de soins buccodentaires se sont inscrits pour participer au régime. En trois semaines, plus de 120 000 aînés ont consulté leur fournisseur de soins buccodentaires dans le cadre du régime financé par le gouvernement fédéral, ce qui leur a permis d'économiser des centaines de dollars en soins dentaires.
    J'ai du mal à croire que les conservateurs s'opposent à ces mesures de soutien vitales pour les aînés. Le Régime canadien de soins dentaires est une belle réalisation du gouvernement fédéral. Non seulement il réduira les obstacles et les fardeaux financiers, mais il améliorera aussi la qualité de vie de nombreux Canadiens.
    Au fil de la mise en œuvre des étapes de l'initiative, le régime contribuera à améliorer la santé dentaire non seulement des aînés de ma circonscription, mais aussi des aînés de partout au Canada.

L'industrie de l'aviation

     Monsieur le Président, les grandes compagnies aériennes engrangent des milliards de dollars de bénéfices grâce au travail non rémunéré. Au Canada, les agents de bord, qui sont en majorité des femmes, travaillent en moyenne 35 heures par mois sans être rémunérés.
    Il n'y a aucune raison pour que les grandes compagnies aériennes, qui réalisent d'énormes profits, fassent travailler leur personnel gratuitement. Pourtant, les libéraux permettent aux grandes compagnies aériennes de profiter des travailleurs.
     Aujourd'hui, des agents de bord sont à Ottawa pour défendre leur droit d'être payés pour le travail qu'ils effectuent. Ils veulent que le gouvernement modifie la loi, qu'il remédie à la situation actuelle qui est inacceptable et qu'il veille à ce que les agents de bord soient payés lorsqu'ils sont au travail, qu'ils portent l'uniforme et qu'ils s'acquittent de leurs tâches. C'est une question de justice. Les néo-démocrates partagent ce point de vue.
    Le gouvernement doit s'opposer à la cupidité des entreprises et protéger les travailleurs. Les agents de bord méritent mieux et, aujourd'hui, je me fais leur porte-voix à la Chambre des communes en affirmant que le travail non rémunéré n'a pas sa place au Canada.

(1415)

[Français]

Réginald Charles Gagnon

     Monsieur le Président, le géant acadien du country, Cayouche, s'est éteint à l'âge de 76 ans des suites d'un cancer.
    Réginald Charles Gagnon, de son vrai nom, a eu une vie bien remplie et une carrière exceptionnelle. Loin des paillettes du star system, il s'est construit un public fidèle en racontant ses histoires de chums, de peines d'amour et de voyages.
    Pour ceux qui auraient le malheur de ne pas le connaître, on pourrait dire qu'il était entre Willie Nelson et Willie Lamothe. Pour ceux qui le connaissaient, on dira que ces deux-là avaient un petit quelque chose de Cayouche.
    Avec sa guitare sur le dos, il a joué partout, dans les petites villes comme dans les grands festivals. Cayouche, l'inimitable, l'unique, est l'auteur des chansons La chaîne de mon tracteur, Le frigidaire de mon chum, Mon bicycle, ma musique et C'est ça mon Acadie. Il est parmi les artistes acadiens qui ont eu le plus de succès, avec plus de 100 000 albums vendus.
    Nous adressons nos condoléances à tous ses proches, à sa famille et à tous ses fans. Nous nous joignons à tous nos amis acadiens pour lui souhaiter d'être accueilli au ciel avec une bonne Alpine bien fraîche.
    Je dis au revoir à Cayouche.

[Traduction]

Le Parti libéral du Canada

     Monsieur le Président, les voici, les voilà. La course pour remplacer le premier ministre est lancée, et Mark Carney, le responsable de la taxe sur le carbone, est en tête de peloton. On l'a vu sillonner le monde en jet, se glisser dans les salles de bal, siroter du champagne, manger du caviar et tenter de s'attirer les faveurs des élites libérales mondiales alors qu’au même moment, les travailleurs canadiens peinent à payer leur loyer et à faire l'épicerie.
    Le comité des finances a demandé à Mark Carney de venir répondre à des questions. Aura‑t‑il le courage de se présenter ou continuera‑t‑il à faire campagne depuis son jet privé? Les Canadiens ont besoin de savoir à combien s'élèvera la taxe sur le carbone du premier ministre, ou s'il y a ne serait-ce qu'un dollar de dépenses inflationnistes qu'il est disposé à supprimer. La réalité, c’est qu'il n'a jamais vu un seul dollar d'impôt qu’il ne serait pas enclin à prélever des travailleurs canadiens, et qu'il n'est pas prêt à diminuer d’un cent le gaspillage libéral. M. Carney est prêt à tout pour gagner un dollar. Il a les Canadiens dans sa ligne de mire. Va‑t‑il se présenter devant le comité et répondre aux questions de ce dernier?

La Super Ligue du Nord de soccer féminin professionnel

    Monsieur le Président, le 9 août 2012, l'équipe canadienne de soccer féminin affrontait la France pour la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Londres. Dans les dernières secondes de la partie, Diana Matheson, d'Oakville, a marqué le but gagnant. Ce but a changé l'avenir du soccer au Canada et a inspiré une génération entière de jeunes joueuses canadiennes de soccer, dont Sophia Stevens, qui travaille avec moi.
     Diana Matheson et Équipe Canada ont ensuite remporté la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Plus qu'une simple héroïne olympique nationale, Diana Matheson est une précurseure et une leader extraordinaire.
    Le Canada est le seul pays ayant une des dix meilleures équipes de soccer féminin au monde sans avoir sa propre ligue professionnelle. En 2022, Diana Matheson a lancé Project 8 pour faire bouger les choses. Son objectif était de mettre sur pied une ligue pour que les meilleures joueuses de soccer au Canada jouent dans leurs villes natales au lieu de devoir déménager à l'étranger. Cette semaine, ce rêve est devenu une réalité avec l'annonce de la Super Ligue du Nord par Project 8.
    Je félicite Diana Matheson pour son dévouement et son travail acharné.

Questions orales

[Questions orales]

[Traduction]

La fiscalité

    Monsieur le Président, après neuf ans, force est de constater que le premier ministre néo-démocrate —libéral n'en vaut pas le coût et que les Canadiens sont pénalisés à cause de l'inflation et de la hausse des taux d'intérêt dont il est responsable.
    De nombreuses familles peuvent au mieux espérer faire un modeste voyage en voiture cet été. Les parents établiront un budget basé sur les repas et les hôtels, et l'une des principales dépenses sera le carburant. La TPS, la taxe d'accise et la taxe sur le carbone ont contribué à faire grimper le prix du carburant à un niveau presque record, de sorte que de nombreuses familles n'ont pas les moyens de partir en vacances. Les conservateurs ont proposé de supprimer la taxe sur l'essence et le diésel pour l'été, ce qui permettrait aux Canadiens d'économiser 35 ¢ le litre.
    Le premier ministre votera-t-il pour notre motion, ou forcera-t-il davantage de Canadiens à rester à la maison cet été?

(1420)

    Monsieur le Président, les conservateurs nous offrent un autre morceau de choix qui tranche avec la réalité. Je sais de quoi je parle; mon père était boucher.
    Le Parti conservateur du Canada prétend faire réaliser aux Albertains des économies calculées sur des déplacements de 37 000 kilomètres pendant les vacances. Or, pour parcourir 37 000 kilomètres, il faudrait aller du pôle Nord au pôle Sud, et il resterait encore des kilomètres à parcourir pour réaliser les économies annoncées.
    Monsieur le Président, ce n'est tout simplement pas vrai. Tout le monde sait que la taxe sur le carbone coûte plus cher que la remise accordée. Voilà pourquoi, comble de l'humiliation, le premier ministre a été contraint d'accorder une exemption à quelques personnes seulement dans certaines régions du pays. Or, c'est tout ce que nous demandons aujourd'hui: une exemption de la taxe fédérale sur le carburant et le diésel pour l'été.
    Pour la famille moyenne en Ontario, cette exemption se traduirait par des économies de près de 600 $. Pour les riches amis du premier ministre, cela ne semble peut-être pas beaucoup d'argent, mais, pour les Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts, cela pourrait permettre à des parents de dire oui à leurs enfants lorsqu'ils voudront s'amuser cet été.
    Le premier ministre fera-t-il preuve de la moindre compassion et aidera-t-il un plus grand nombre de familles canadiennes à se payer des vacances?
    Monsieur le Président, je sais que les mathématiques ne sont pas le fort du Parti conservateur du Canada. Permettez-moi d'en faire la démonstration à ses députés. Selon leurs calculs, les Albertains devraient consommer 3 293 litres d'essence sur une période de trois mois. À une moyenne de 8,9 litres par 100 kilomètres, cela équivaut à 37 000 kilomètres. Une personne devrait conduire son véhicule pendant 10 jours consécutifs, sans arrêt, et, sur deux semaines de vacances, il ne lui resterait que deux jours, ou peut-être trois, pour profiter de ces vacances.
    Monsieur le Président, je doute que les mathématiques soient le point fort d'une personne qui se vante de ne pas réfléchir à la politique monétaire et qui pense que les budgets s'équilibrent d'eux-mêmes.
    Si le premier ministre se montre si cruel à cet égard, c'est peut-être parce qu'il a depuis longtemps oublié le frisson d'une escapade sur la route en famille. De riches lobbyistes l'invitent à leur île privée où il n'a pas à payer la villa où il loge, et il refile la note aux contribuables. Les travailleurs canadiens doivent assumer eux-mêmes tous les coûts liés à l'inflation et aux hausses d'intérêts et de taxes.
    Le premier ministre fera-t-il preuve d'un minimum de compassion en abolissant les taxes sur le carburant pour l'été, afin que les Canadiens puissent faire un voyage sur la route cette année?
    Monsieur le Président, je doute que l'idée que les Canadiens se font des plaisirs de l'été soit d'être enfermés dans une voiture pendant dix jours d'affilée. Je ne pense pas non plus que l'idée qu'ils se font des plaisirs de l'été soit de se voir retirer les soins dentaires, les médicaments contre le diabète ou les services de garderie.
    Je pense que les parents canadiens devraient s'entretenir avec leurs enfants afin de voir ce que ces derniers veulent faire cet été et ce qui leur ferait plaisir. Je suis d'avis que nos concitoyens se soucient davantage des soins dentaires et d'avoir de bonnes dents que d'être enfermés dans une voiture pendant 10 jours d'affilée.

[Français]

    Monsieur le Président, après neuf ans, ce premier ministre, avec l'appui du Bloc québécois, ne vaut pas le coût des 500 milliards de dollars de dépenses inflationnistes qui ont forcé des parents à sauter des repas pour nourrir leurs enfants. Alors que le chef du Bloc québécois et plusieurs de ses députés font campagne pour augmenter radicalement les taxes sur l'essence, les Québécois en région, eux, paient le prix parce qu'ils n'ont pas accès aux transports en commun.
     Ça s'appelle être complètement déconnecté. Est-ce qu'au moins le bloc libéral va mettre son programme idéologique de taxer davantage les Québécois de côté et voter pour notre motion pour suspendre les taxes fédérales pour l'été?

(1425)

     Monsieur le Président, les calculs et les économies présentées par le Parti conservateur du Canada, c'est de la bouillie pour les chats. Pour pouvoir économiser autant que les conservateurs le clament, il faudrait qu'une famille albertaine, par exemple, fasse 37 000 kilomètres pendant ses vacances. On pourrait partir de Montréal, aller à Mexico, revenir à Montréal, retourner à Mexico, revenir à Montréal, retourner à Mexico, revenir à Montréal et retourner à Mexico, puis on aurait encore des kilomètres et on n'aurait pas encore…
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre.
    L'honorable député de Mégantic—L'Érable a la parole.
    Monsieur le Président, je ne sais pas où ils prennent leurs chiffres. Comme d'habitude, ils inventent des choses. Nous savons très très bien que les Québécois qui vont payer à la pompe chaque semaine vont voir la différence sur leurs factures quand ils vont arriver à la fin du mois.
    C'est la réalité des Québécois qui paient trop cher pour leur nourriture et pour leur loyer, qui n'arrivent pas à la fin du mois et qui font la file dans les banques alimentaires. Eux, les mathématiques des libéraux, ils les comprennent très bien. Ça prend trop d'argent de leurs poches. Est-ce que les libéraux vont écouter le gros bon sens et suspendre les taxes sur l'essence pour l'été?
     Monsieur le Président, je sais que les mathématiques ne sont pas le fort du Parti conservateur du Canada, alors je vais l'aider. Pour pouvoir bénéficier des économies que les conservateurs présentent, il faudrait qu'une famille brûle dans un été 3 293 litres d'essence sur une période de trois mois.
    Si un véhicule consomme 8,9 litres sur 100 kilomètres, ça veut dire qu'il faut parcourir une distance de 37 000 kilomètres. On pourrait partir du pôle Nord et se rendre au pôle Sud et on pourrait presque retourner jusqu'au pôle Nord. Il faudrait faire ça, évidemment, en l'espace de quelques mois seulement. C'est n'importe quoi.

La santé

     Monsieur le Président, et la lumière fut, les libéraux de l'Outaouais viennent d'allumer sur le fait qu'il y a une crise dans le système de santé. Ils ont écrit à Québec pour demander plus d'argent en santé. Ils étaient où, ces visionnaires-là, quand le Québec avertissait qu'il manquerait 28 milliards de dollars par année? Où étaient-ils quand le premier ministre, leur boss, se battait contre les provinces pour ne pas augmenter les transferts d'une cenne? Où étaient-ils quand leur boss a imposé au Québec une entente au rabais? Pourquoi nos visionnaires ont-ils personnellement voté contre notre motion pour la hausse durable du financement en santé? Les libéraux sous-financent la santé depuis 2015. Sont-ils au moins un peu gênés de ça?
    Monsieur le Président, c’est la preuve encore une fois que ça prend un député libéral québécois pour défendre les Québécois et défendre les intérêts des électeurs québécois à la Chambre des communes. Évidemment, nous respectons pleinement les champs de compétence du Québec. Ce n’était pas mon intention de soulever ça, mais, grâce au Bloc québécois, je réaffirme que le gouvernement du Québec doit s’attarder de façon urgente aux besoins en santé dans la région de l’Outaouais.
    N’importe qui d’objectif qui regarde cette situation va conclure que de l’action est requise en Outaouais en santé.
    Monsieur le Président, ils ont raison, les députés libéraux de l'Outaouais. Il manque d'argent en santé en Outaouais, mais c'est de leur faute. Il manque d'argent sur la Côte‑Nord. Il manque d'argent au Québec au complet. C'est de leur faute à eux. Ils ont voté pour ça. Ils n'ont jamais dit un mot contre le sous-financement fédéral en santé. Jamais ils n'ont contredit leur boss, qui refusait d'augmenter les transferts en santé. Jamais ils n'ont défendu les citoyens qui se font dire d'aller au privé pour se faire soigner. Ils étaient trop occupés à se magasiner des postes de ministres et de présidents. C'est là qu'ils se réveillent. Qu'ils se regardent dans le miroir. Ces visionnaires sont-ils bien placés pour donner des leçons au monde?
    Monsieur le Président, le Bloc québécois vote contre l'assurance-médicaments. Le Bloc québécois vote contre les budgets en santé. Le Bloc québécois vote contre tout ce que nous essayons de faire pour offrir des soins dentaires et j'en passe.
    En Outaouais, si on prend le ratio que le Bloc québécois souhaite ou si on fait une comparaison avec n'importe quelle autre région au Québec, on va trouver que la région de l'Outaouais est sous-financée. En Outaouais, le nombre de médecins, d'infirmières, de chirurgies, de salles d'hôpital a diminué. L'Outaouais a besoin que l'on agisse de façon urgente en santé.

(1430)

Le logement

     Monsieur le Président, le manque de logements, l'augmentation des loyers, la hausse du coût de la vie, voilà pourquoi il y a de plus en plus de sans-abri dans les rues de Montréal. Il faut du logement social et abordable.
    Sous les libéraux, l'itinérance partout au pays n'a fait qu'augmenter. Malgré les promesses, les gens n'ont pas le droit au logement. Les conservateurs ont perdu 800 000 logements abordables quand ils étaient au pouvoir. Les libéraux, eux, ont perdu 370 000 autres logements.
     Ça sert à quoi des députés libéraux à Montréal quand ils ne sont même pas capables d'assurer un toit aux Montréalais?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question. Une chose sur laquelle je suis d'accord avec mon collègue, c'est que de ce côté-ci de la Chambre, et je l'inclus, nous croyons vraiment qu'un gouvernement doit s'attarder à l'itinérance et doit travailler à lutter contre l'itinérance chronique, pas comme les gens de l'autre côté.
    Le plan du logement a donné plus d'argent aux municipalités pour les aider à mettre un toit sur la tête de tous les gens qui en ont besoin. Nous allons continuer de travailler avec les municipalités pour le faire, au lieu d'insulter les maires.

[Traduction]

Les personnes handicapées

    Monsieur le Président, cette semaine, un rapport historique a révélé que les femmes handicapées sont plus susceptibles de se rendre à l'urgence pendant leur grossesse parce qu'elles n'ont pas accès à des soins génésiques. Cela a une incidence sur leur santé mentale pendant la grossesse et après l'accouchement. Les personnes handicapées en ont assez des demi-mesures des libéraux. Les libéraux sont de grands parleurs, mais de petits faiseurs, comme le montre la prestation canadienne pour les personnes handicapées, qui ne permet vraiment pas de subvenir aux besoins de base.
    Que compte faire le gouvernement pour éliminer les barrières inacceptables qui se dressent devant les femmes handicapées enceintes qui ont besoin de soins?
    Monsieur le Président, nous avons signé des ententes avec l'ensemble des provinces et des territoires afin d'améliorer les soins de santé, et cela comprend sans contredit les soins aux personnes handicapées. En ce qui concerne la santé sexuelle et génésique, nous veillons à offrir aux femmes l'aide nécessaire et nous faisons en sorte qu'elles aient accès aux moyens de contraception dont elles ont besoin pour être maîtresses de leur vie sexuelle et reproductive ainsi que de leur avenir.
    Nous allons assurément continuer de travailler avec les provinces et les territoires afin d'améliorer l'accès et de résister aux compressions et aux réductions que les conservateurs veulent imposer.

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, après neuf ans, le premier ministre libéral—néo-démocrate ne semble pas se soucier de la faim ou de l'itinérance, alors qu'un Canadien sur quatre est contraint de sauter des repas. Édith, une mère célibataire de ma collectivité, n'a pas les moyens de nourrir ses enfants parce que le premier ministre a fait doubler le coût de l'épicerie et de l'essence. Son idée géniale a été d'augmenter la taxe sur le carbone de 23 %. Les conservateurs guidés par le gros bon sens lui demandent de supprimer toutes les taxes fédérales sur les carburants cet été afin de permettre aux familles moyennes d'économiser 670 $.
    Le premier ministre votera‑t‑il pour notre proposition ou souhaite-t-il plutôt que davantage de familles comme celle d'Édith souffrent de la faim et de la pauvreté ?
    Monsieur le Président, j'ai peut-être une fois de plus besoin d'expliquer les calculs afin d'assurer qu'ils sont bien compris. Les économies que le Parti conservateur prétend réaliser, selon l'affirmation du député, sont basées sur une consommation d'essence qui, pour la saison estivale, s'élèverait à 3 293 litres. Faites le calcul, ce n'est pas compliqué. Avec une consommation moyenne de 8,9 litres aux 100 kilomètres, une famille albertaine aurait à parcourir 37 000 kilomètres pour économiser la somme présumée.
     Cela n'a rien à voir avec la réalité. Il serait bon que le Parti conservateur du Canada quitte un peu son monde imaginaire et redescende sur terre.
    Monsieur le Président, les mathématiques libérales utilisées par le ministre anti-Alberta disent que l'augmentation de 20 % de la taxe sur le carbone va en quelque sorte régler le problème des incendies de forêt et réduire...
    Des voix: Oh, oh!
    Je vais demander au député de reprendre son intervention du début et de la reformuler un peu.
    Monsieur le Président, selon les mathématiques libérales, le fait d'augmenter de 23 % la taxe sur le carbone va, d'un coup de baguette magique, mettre fin aux incendies de forêt et réduire le coût des aliments, y compris ceux qu'Edith ne peut pas se payer. Les libéraux pensent-ils que nous sommes naïfs et incompétents comme le NPD, qui appuie aveuglément des politiques qui ont forcé deux millions de Canadiens à visiter une banque alimentaire en un seul mois et le quart des Canadiens à sauter des repas?
    Pourquoi le gouvernement ne rend-il pas service à tout le monde en donnant un répit aux Canadiens et en mettant enfin un terme à leur misère? Le gouvernement devrait déclencher des élections sur la taxe sur le carbone afin que les conservateurs pleins de bon sens puissent supprimer cette arnaque qu'est la taxe sur le carbone et que les Canadiens puissent mettre dehors la coûteuse coalition pour la taxe sur le carbone.

(1435)

    Monsieur le Président, c'est reparti. Les conservateurs veulent éliminer la remise pour les Canadiens, un remboursement qui touche de manière disproportionnée les Canadiens à faible revenu qui travaillent fort pour faire partie de la classe moyenne, ainsi que la classe moyenne elle-même.
    J'ai également remarqué qu'au cours des dernières semaines, ils ont cité des rapports de Banques alimentaires Canada et de l'Armée du Salut, des rapports importants. Nous remercions les organisations pour ces rapports. Ce qu'elles soulignent, ce sont les difficultés auxquelles les Canadiens sont confrontés. Parmi les recommandations, dont les conservateurs ne tiennent pas compte, on mentionne des programmes pour lesquels le gouvernement a maintenu son appui, comme l'Allocation canadienne pour enfants, par exemple, mais auxquels les conservateurs se sont systématiquement opposés.
    Monsieur le Président, après neuf ans, le gouvernement néo-démocrate—libéral n'en vaut pas la faim et l'itinérance qu'il cause à tant de Canadiens partout au pays. De nombreux Canadiens attendent simplement avec impatience leurs petites vacances estivales, un voyage en voiture peut-être. En temps normal, les Canadiens peuvent espérer aller camper dans les montagnes, explorer un parc national ou rendre visite à des êtres chers. Cette année toutefois, de nombreux Canadiens ne pourront pas se permettre ce simple plaisir parce que le gouvernement a rendu la vie trop chère.
    Lundi, la Chambre des communes aura l'occasion de se prononcer sur une motion pleine de bon sens visant à faire économiser aux Canadiens 35 ¢ le litre d'essence. Le premier ministre votera-t-il comme nous, conservateurs pleins de bon sens, afin que les Canadiens puissent se permettre de simples vacances, ou les obligera-t-il à rester à la maison?
    Monsieur le Président, j'ai de bonnes nouvelles pour les enfants. Ils pourront savourer des vacances estivales amusantes où ils seront enfermés dans une voiture pendant 10 jours consécutifs, sans arrêt pour aller à la toilette, et les conservateurs ont un plan pour qu'ils s'amusent pendant tout l'été. À quel prix? Au prix de renoncer à l'avenir de la planète.
    Les enfants n'ont pas à s'inquiéter des changements climatiques. Ils n'ont pas à se soucier d'agir pour sauver la planète. Ils peuvent profiter de leurs 10 heures en voiture et laisser la planète brûler.
    Monsieur le Président, le premier ministre, qui est déconnecté de la réalité, peut peut-être prendre des vacances de 230 000 $ aux frais des contribuables dans une île luxueuse, mais ce n'est pas une option pour la plupart des Canadiens. En fait, la plupart des Canadiens veulent simplement pouvoir prendre leur voiture et parcourir quelques kilomètres afin de profiter d'un parc national ou des montagnes pour la journée, mais même cela est hors de portée pour un grand nombre d'entre eux à cause des politiques déconnectées du gouvernement libéral qui font grimper tous les coûts.
    Lundi, la Chambre aura l'occasion de voter sur une motion pleine de bon sens qui éliminerait la taxe fédérale sur le carburant. Cette mesure rendrait la vie abordable pour les Canadiens et leur permettrait de profiter de l'été. Le premier ministre votera-t-il avec nous pour que les Canadiens puissent se permettre un simple voyage en voiture, ou les obligera-t-il à rester chez eux pendant ses vacances luxueuses?
    Monsieur le Président, aujourd'hui, nous nous amusons beaucoup avec les chiffres parce que la machine d'intelligence artificielle des conservateurs s'est soudainement effondrée et ne leur a pas fourni les bons calculs. Ils s'y fient beaucoup pour les mathématiques.
    Je remarque que la députée se bat contre un régime qui envoie à 8 Albertains sur 10 plus d'argent qu'ils n'en paient, mais elle a été un peu gênée, un peu tranquille, quand sa propre première ministre, Danielle Smith, a augmenté les taxes sur l'essence de 13 ¢ et qu'elle a augmenté les dépenses gouvernementales en Alberta. La députée n'a pas parlé de ces décisions. Je me demande pourquoi.
    Monsieur le Président, après neuf ans sous le gouvernement néo-démocrate—libéral, les Canadiens savent que le premier ministre libéral n'en vaut ni l'itinérance, ni la faim, ni les villages de tentes qui apparaissent partout. Cependant, il existe un plan pour offrir un peu de répit aux gens. Une motion conservatrice abolirait la taxe sur le carbone et toutes les taxes fédérales sur l'essence à partir de maintenant et jusqu'à la fête du Travail. Cette mesure permettrait aux Canadiens d'économiser 35 ¢ le litre et elle leur donnerait peut-être l'occasion de faire un voyage en voiture. Le seul voyage en voiture que les libéraux connaissent est celui que leurs ministres font dans leur limousine avec leur chauffeur.
    Les libéraux appuieront-ils la motion visant à abolir la taxe, oui ou non?
     Monsieur le Président, la motion des conservateurs a été rédigée sur le même coin de table que leur plan sur le logement.
    En réalité, chaque fois qu'il s'agit de questions d'actualité sérieuses, les conservateurs ne font que répéter des slogans creux. Que s'est-il passé à la Chambre des communes hier? Tous les partis à la Chambre, à l'exception des conservateurs, ont voté contre leur initiative parce qu'elle aurait taxé la construction de logements et qu'elle ne mentionnait rien sur l'itinérance.
    Enfin, le caucus conservateur est composé en grande partie de députés représentant des régions rurales. Savent-ils que le plan sur le logement ne s'applique qu'à un certain nombre de villes, et non à l'ensemble du pays?

(1440)

    Monsieur le Président, c'est incroyable. On parle d'économies de 35 ¢ le litre d'essence. Ce n'est certes pas grand-chose pour les ministres qui se promènent en limousine avec leur chauffeur et qui n'ont probablement pas fait un plein eux-mêmes ou regardé le prix de l'essence depuis une dizaine d'années. Cependant, pour la famille canadienne moyenne, cela voudrait dire beaucoup, et les libéraux pourraient faire quelque chose à ce sujet. Je sais qu'ils ne font pas de voyages en voiture, mais les familles canadiennes, oui, et cela leur faciliterait la vie.
    Les libéraux ont le choix. Ils peuvent voter pour l’élimination de ces taxes et faire économiser aux Canadiens 35 ¢ le litre afin qu’ils puissent faire un voyage en voiture, ou ils peuvent continuer à punir les Canadiens avec cette maudite taxe sur le carbone.
    Je demande aux députés de faire très attention au langage qu'ils emploient à la Chambre.
    La ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a la parole.
    Monsieur le Président, les conservateurs veulent parler de chiffres aujourd'hui, alors parlons de quelques-uns de ces chiffres: 4, le nombre de mois consécutifs où l'inflation a diminué au pays; 750 000, le nombre de familles qui bénéficient de nos services d'éducation préscolaire et de garde d'enfants abordables; 1,3 million, le nombre de Canadiens qui sont sortis de la pauvreté grâce à nos politiques; et 400 000, le nombre d'enfants qui auront accès à de la nourriture à l'école.
    C'est ce que fait le gouvernement de ce côté-ci de la Chambre. Pourquoi les conservateurs ne se rangent-ils pas de notre côté et n'appuient-ils pas les Canadiens?

[Français]

L'immigration, les réfugiés et la citoyenneté

    Monsieur le Président, le commissaire à la langue française du Québec sonne l’alarme.
    Le Québec est incapable de franciser un nombre aussi élevé d’immigrants. On a beau investir par centaines de millions de dollars, il y a 642 000 personnes au Québec en ce moment qui ne parlent pas français. Seulement 70 000 ont pu suivre un cours de francisation, ce qui est un record, mais ce qui est très loin de suffire.
    Quand le fédéral va-t-il répartir l’accueil des demandeurs d’asile et baisser l’immigration temporaire en collaboration avec le gouvernement du Québec?
    Monsieur le Président, c’est précisément ce que nous faisons en groupe de travail avec la ministre Fréchette et d’autres ministres provinciaux. Le député d’en face semble oublier que la loi 101 existe depuis fort longtemps. Il semble oublier aussi que nous transférons 5,2 milliards de dollars depuis 2015 au Québec sans reddition de comptes, justement pour la francisation.
    Évidemment, si le Québec a besoin de plus d’immigrants francophones, nous sommes là pour l'aider.
    Monsieur le Président, les libéraux eux-mêmes ne respectent pas la loi 101.
    Le commissaire à la langue française est clair. En ce moment, il y a 20 000 personnes chaque mois qui entrent au Québec et qui ont besoin de francisation. Il y en a seulement 8 000 qui s’inscrivent à Francisation Québec. Francisation Québec n’arrive plus. On ne peut tout simplement pas maintenir le niveau d’immigration actuel sans fragiliser la langue française au Québec. C’est ça, en fait, le constat purement mathématique du commissaire à la langue française du Québec.
    Le fédéral va-t-il enfin respecter la capacité d’accueil du Québec?
    Monsieur le Président, encore une fois, il semble que le député d’en face pose la question à la mauvaise assemblée législative.
    Il faut savoir que sous l’accord Canada‑Québec, le Québec détient la majorité du pouvoir de sélection des immigrants francophones. Il a le pouvoir et la capacité de le faire. Avec les transferts d’argent, soit 5,2 milliards de dollars depuis 2015, il a la capacité financière de faire le tout, évidemment sans reddition de comptes.
    Pour les redditions de comptes, ce sont les Québécois qui devront demander des réponses.
    Monsieur le Président, la capacité de financer, c’est un élément clé de notre capacité d’accueil. Cependant, c’est difficile de demander à des gens d’apprendre le français quand ils n’arrivent même pas à se nourrir.
    Seulement à Drummondville, le comptoir alimentaire enregistre cette année une hausse de 97 % des besoins. Il doit refuser des gens. Cette hausse-là, c’est aussi des demandeurs d’asile, c'est aussi des travailleurs étrangers. L’organisme s’est fait dire par un immigrant déçu: « Je ne pensais pas que ce serait comme ça au Canada ». Il a raison.
    Le ministre va-t-il enfin agir et comprendre que dépasser la capacité d’accueil, c’est être responsable d’une crise humanitaire?

(1445)

    Monsieur le Président, je peux dire qu'il va encore blâmer les immigrants pour l’augmentation des prix en alimentation. Évidemment, il faut être raisonnable.
    C’est clair que le Canada va jouer un rôle et qu'il n’est pas exempt de responsabilité dans tout ça. C’est pourquoi nous travaillons intimement avec le Québec pour répartir les demandeurs d’asile. Il y a du travail à faire à plusieurs niveaux. C’est un travail que j’ai hâte de faire avec Mme Fréchette.

[Traduction]

    Monsieur le Président, cela fait neuf ans que le premier ministre néo-démocrate—libéral est au pouvoir, et les Canadiens fuient le Canada et s'installent au sud de la frontière en nombre record. Des dizaines de milliers de personnes, le nombre le plus élevé en 10 ans, fuient la ruine économique provoquée par le premier ministre, afin d'avoir les moyens de vivre, d'acheter une maison et d'arrêter de payer pour le gaspillage du gouvernement. C'est une vérité qui dérange qui nous est livrée ce matin par la propre machine médiatique du premier ministre, la CBC.
    Combien d'autres Canadiens devront quitter le pays avant que le premier ministre comprenne que son gouvernement n'en vaut tout simplement pas le coût?
    Monsieur le Président, nous y voilà. Je me demandais, puisqu'ils ne cessent de dénigrer notre pays, qui les conservateurs voulaient que nous soyons et quel modèle ils voulaient imiter. Nous savons maintenant qu'ils préféreraient avoir un modèle américain, par exemple, en matière de soins de santé.
     Il y a quelques mois, je suis allé aux États‑Unis avec ma conjointe et nous avons vu un homme s'effondrer. Quand il a repris connaissance, après que j'ai appelé le 911, il se faisait du souci non pas pour sa santé, mais pour la façon dont il allait payer les soins de santé. Il craignait de ne pas avoir assez d'argent. Ce n'est pas le genre de pays dans lequel je veux vivre.
    De ce côté-ci, nous nous battrons pour les soins de santé publics, nous lutterons contre les compressions que les conservateurs veulent apporter à notre système de santé et nous veillerons à ce que chaque Canadien ait accès aux soins dont il a besoin.
    Monsieur le Président, leur plan provoque l'exode des Canadiens. Plus de 126 000 personnes ont quitté le Canada pour s'établir aux États‑Unis en 2022, une hausse de 71 % par rapport à l'année précédente. Ces personnes sont des médecins, des infirmiers, des mécaniciens et de jeunes Canadiens ayant obtenu un diplôme universitaire. Les libéraux ne comprennent-ils pas pourquoi ces gens émigrent? Les politiques du premier ministre leur causent du tort.
    Quand le premier ministre réalisera-t-il que les Canadiens ne l'aiment pas vraiment?
     Monsieur le Président, des familles comme la mienne ont choisi de quitter un endroit difficile ou dangereux pour venir au Canada. Les Canadiens sont fiers du pays que nous avons. Les conservateurs ne cessent de dénigrer notre pays, mais chaque jour, des gens de partout sur la planète choisissent ou rêvent de venir au Canada pour y vivre librement, pour être libres d'être qui ils sont, d'aimer qui ils aiment et d'observer fièrement leurs traditions. Le Canada permet de faire cela.
    Nous avons un système public de soins de santé et tous ces avantages qui sont chers aux Canadiens et qui font l'envie de beaucoup dans le monde. Tandis que les conservateurs continuent de dénigrer notre pays, nous continuerons de lutter pour y maintenir ces programmes et ces services.
    Monsieur le Président, après neuf ans d'un gouvernement dirigé par le premier ministre néo-démocrate—libéral, les Canadiens savent à quel point le coût de la vie a monté en flèche. Les faits parlent d'eux-mêmes et ils sont tellement flagrants que même la CBC, rien de moins, couvre l'augmentation record du nombre de Canadiens qui vont s'établir aux États‑Unis. Rien qu'en 2022, quelque 126 000 Canadiens sont partis vivre aux États‑Unis, ce qui représente une augmentation de 70 % au cours de la dernière décennie. Il y a des groupes Facebook, dont certains comptent jusqu'à 55 000 membres, qui trouvent des moyens et échangent des conseils pour quitter le Canada.
    Si tout va si bien, pourquoi un nombre record de Canadiens vont-ils s'établir aux États‑Unis?
    Monsieur le Président, puisque nous parlons des États‑Unis, prenons un moment pour penser à ce que vivent les femmes dans ce pays: la privation de la liberté de choisir en matière de procréation. Hier, j'ai lu un article du New York Times sur le nombre de femmes qui meurent parce qu'elles n'ont pas accès à des services d'avortement dans leur État. Voilà l'avenir que les conservateurs veulent pour les Canadiennes, et nous lutterons pour leur liberté.

Le patrimoine canadien

    Monsieur le Président, chaque année, des centaines de festivals font vibrer les villes d'un peu partout au Canada. À Edmonton, le Fringe Festival, un festival de renommée internationale, soutient des milliers d'artistes, de bénévoles et de touristes. Il génère des retombées économiques de 16 millions de dollars. Malgré cela, le Fringe Festival et d'autres festivals ont vu leur financement du gouvernement fédéral être considérablement réduit. C'est une nouvelle dévastatrice pour nos festivals et pour la population. Il s'agit d'ententes de financement qui étaient déjà prévues.
    Pourquoi le gouvernement réduit-il ce financement et nuit-il aux arts et à la culture du Canada?

(1450)

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie ma collègue de sa question parce que ça me permet de parler du budget de 2024 dans lequel nous avons réinvesti 31 millions de dollars dans les festivals. Le festival Fringe va normalement en bénéficier.
    On sait l'importance que la culture a pour toutes les communautés partout au Canada, surtout après la pandémie. Les festivals sont des lieux absolument extraordinaires pour rapprocher les communautés et leur faire partager un événement culturel qui les rapproche et qui raconte les histoires canadiennes.
    Malheureusement, les conservateurs vont voter contre ça dans le budget de 2024, tout comme ils vont voter contre tous les autres soutiens pour la communauté culturelle partout au pays.

[Traduction]

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, l'an dernier, 523 personnes sont mortes à Toronto à cause de drogues toxiques. Pourtant, sans offrir d'autres solutions, les libéraux rejettent toujours la demande de la Ville de Toronto, qui souhaite adopter une approche axée sur la santé pour résoudre cette crise. Puis, nous avons les conservateurs qui ne cessent de hurler de la désinformation dommageable et d'attaquer de vraies personnes. Des gens meurent, et le Canada doit prendre une approche humaine qui comprend le traitement, le logement et les soins de santé.
    La ministre examinera-t-elle de nouveau la proposition de Toronto en vue de résoudre cette crise et de sauver des vies?
    Monsieur le Président, nous agissons dans une optique de santé publique et de sécurité publique. Nous avons refusé la demande du Bureau de la santé publique de Toronto, car elle ne protégeait pas suffisamment la santé publique et la sécurité publique. Nous nous fions à la science. Nous écoutons les familles, les médecins et les personnes qui vivent ou qui ont vécu avec un problème de toxicomanie. Nous savons ce qui fonctionne: une gamme complète de mesures d'aide allant de la prévention au traitement, en passant par la réduction des méfaits.

Les femmes et l’égalité des genres

    Monsieur le Président, si je crois en une cause, je la défends. Le gouvernement croit fermement au droit des femmes au libre choix. C'est pourquoi nous défendons sans relâche le droit à l'avortement, au Parlement comme dans nos collectivités.
    Les membres du caucus conservateur diabolisent l'avortement et préféreraient l'interdire au Canada. Le chef de l’opposition refuse carrément de défendre l'avortement. Pourquoi est-il si muet à ce sujet? Les Canadiens ont le droit de connaître la position de leurs dirigeants sur l'avortement.
    Le ministre de la Justice pourrait-il nous faire part de la position du gouvernement?
    Monsieur le Président, à pareille date en 1990, les députés ont adopté un projet de loi conservateur qui visait à condamner des médecins à la prison pour avoir pratiqué des avortements. Heureusement, ce projet de loi est mort au Sénat.
     L'avortement fait partie des soins de santé. Les Canadiennes devraient toujours avoir accès à l'avortement. Reconnaissant ce droit constitutionnel, le projet de loi libéral C‑75 a rayé du Code criminel toute allusion à l'avortement en 2019. C'est exactement le même projet de loi que le chef conservateur ne cesse de promettre d'abroger.
    Alors que les conservateurs prennent la parole à des rassemblements contre l'avortement et vénèrent les restrictions américaines sur l'avortement, le gouvernement libéral défendra toujours les droits des femmes.

[Français]

Le logement

     Monsieur le Président, dans Ville-Marie, là où la mairesse de Montréal est élue, les délais pour obtenir un permis de construction sont de 540 jours.
    En plus, le Bloc québécois a voté contre le projet de loi pour construire des logements. Cela s'appelle de l'incompétence. Comble du ridicule, ce gouvernement libéral-bloquiste n'exige rien des villes pour accélérer la construction de logements.
    Pourquoi le premier ministre refuse-t-il le gros bon sens et protège-t-il toujours l'incompétence des maires et mairesses qui le soutiennent?
    Il y a un concept de base en mathématiques qui s'appelle la notion de grandeur. Le chiffre un est plus petit que le chiffre dix. Donc, six, c'est plus petit que des milliers. Un plan, c'est beaucoup plus grand que zéro plan.
    Tout ce que l'autre côté veut faire, c'est couper en infrastructure et simplement insulter les maires. Cela construit zéro logement.
    Monsieur le Président, après neuf ans sous ce gouvernement qui n'en vaut pas le coût, la SCHL a déclaré que le Canada avait besoin de 5,8 millions de logements pour rétablir l'abordabilité dans le logement.
    Ce gouvernement libéral-bloquiste construit moins de logements que dans les années 1970. C'est un vrai scandale.
    La loi conservatrice pour bâtir des logements et non de la bureaucratie est une solution logique. Pourquoi le premier ministre protège-t-il l'incompétence des maires et des mairesses libéraux au lieu de construire des logements?

(1455)

    Monsieur le Président, à propos des concepts de mathématiques, je pense qu'il y a vraiment des leçons à apprendre pour mes amis conservateurs.
    Zéro, c'est beaucoup plus petit que 179 ententes partout au pays avec les municipalités; 200 000 est plus petit que 240 000. Zéro logement, en fait, c'est zéro.
    Leur plan, c'est zéro. Cela ne fonctionne pas, tout simplement.
    Monsieur le Président, après neuf ans avec ce premier ministre au pouvoir, les Québécois paient le coût de la crise du logement.
    Dans Ville-Marie, sous la mairesse de Montréal, le délai pour obtenir un permis de construction est de 540 jours. C'en est un chiffre: 540 jours. En pleine crise du logement, cela s'appelle de l'incompétence.
    Les Québécois souffrent et le Bloc québécois, lui, vote pour 500 milliards de dollars en crédits budgétaires et contre les solutions de gros bon sens pour régler cette crise.
    Le gouvernement libéral-bloquiste peut-il se mettre à la tâche et favoriser la construction de logements à Montréal et partout au Québec, une fois pour toutes?
    Monsieur le Président, on parle effectivement de mathématiques aujourd'hui. Il y a un tout petit chiffre qui est facile à oublier tellement il est petit: six.
    C'est six logements abordables que le chef conservateur, insulteur en chef, a construits lorsqu'il était ministre responsable du logement, d'un bout à l'autre du pays et durant tout son mandat. Il a construit six petits logements alors que, dans la circonscription de mon collègue qui a parlé il y a quelques instants, il y a 134 logements abordables qui ont été construits au cours des derniers mois avec le financement du gouvernement canadien.
    Pourtant, notre chef insulteur continue d'insulter les municipalités du Québec.
     Monsieur le Président, neuf, c'est plus que six. Cela fait neuf ans que, sous ce premier ministre, de plus en plus de Québécois vivent dans la rue à cause du manque de logements abordables partout au Canada.
    Le gouvernement libéral-bloquiste a doublé le coût des loyers. À Montréal seulement, ça prend deux ans pour avoir un permis de construction. Ça, c'est quand ça va bien. Une fois de plus, l'incompétence est flagrante. Les Québécois ont besoin de solutions, mais le Bloc québécois a voté contre le plan de notre chef conservateur pour des logements abordables.
    Le gouvernement bloc libéral peut-il aider les citoyens partout au Canada, une fois pour toutes, en aidant à construire des logements?
    Monsieur le Président, on va laisser les mathématiques de côté. On va plutôt parler de ce dont ils aiment parler, c'est-à-dire du gros bon sens.
    Quand on construit une maison, on s'assure qu'il y a des choses de base qui s'appellent les infrastructures: de l'eau, de l'électricité, un trottoir, des rues. Là où les conservateurs veulent faire des coupes, c'est notamment dans les infrastructures pour les municipalités, pour qu'elles puissent construire des logements.
    Encore une fois, il y a le plan un, qui prévoit 3 millions de logements, et le plan zéro, qui prévoit zéro logement.

La justice

     Monsieur le Président, en mars dernier, le ministre de la Justice du Québec nous apprenait que 109 arrêts de procédure pour délais déraisonnables avaient été prononcés l'an dernier, et ce, seulement au Québec.
    Comment veut-on que la population ait confiance dans notre système de justice quand la justice n'est plus capable de suivre son cours? Ça fait des années qu'on sonne l'alarme sur la nonchalance de ce gouvernement à nommer des juges. Il en manque encore près de 60, et c'est récurrent.
    Le ministre de la Justice trouve-t-il acceptable que des procès avortent parce qu'il n'a pas pris le temps de nommer des juges?
     Monsieur le Président, je n'accepte pas du tout la question posée par le député du Bloc québécois.
    Le rythme avec lequel j'ai nommé les juges à la magistrature est le plus rapide de l'histoire canadienne. Il y a eu 113 nominations au cours de mes 10 premiers mois en poste. Cela dit, il y a toujours plus de choses à faire. On est en train de le faire.
    En ce qui concerne les délais dans le système de justice pénale, on a investi 700 millions de dollars pour améliorer l'accès à l'aide juridique, ce qui va aider à accélérer les procès.

(1500)

    Monsieur le Président, le Bloc québécois est évidemment favorable à ce qu'un accusé subisse un procès dans un délai raisonnable, mais quand des personnes accusées de meurtre ou d'autres crimes contre la personne échappent à la justice parce que nos cours débordent, là, on décroche.
    Au-delà des statistiques du ministre, remettre des gens violents et dangereux en liberté parce qu'en fin de compte, on manque de juges, ça a des conséquences graves sur la sécurité et la confiance de la population dans le système de justice.
    Le ministre va-t-il appuyer notre projet de loi pour que des personnes accusées de crimes violents ne soient plus libérées pour la simple raison qu'on n'a pas le temps de les juger?
    Monsieur le Président, juste pour être clair, le projet de loi que le Bloc québécois a déposé aujourd'hui propose une utilisation de la disposition de dérogation en vertu de l'article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés.
    Le chef de l'opposition a ouvert les vannes, le mois dernier. Il a déclaré qu'il utilisait la disposition de dérogation pour piétiner les droits et libertés garantis par la Charte.
    Nous voyons maintenant un autre parti fédéral décider que la Charte est simplement une option. Notre gouvernement, de son côté, protégera toujours les droits et libertés garantis par la Charte.

[Traduction]

La santé mentale et les dépendances

    Monsieur le Président, plus tôt aujourd'hui, le comité de la santé a entendu un puissant témoignage du leader autochtone Earl Thiessen, directeur exécutif de la Oxford House, qui a dit que l'approvisionnement sûr était comparable à une colonisation pharmaceutique.
    Le premier ministre écoutera-t-il les leaders autochtones, comme Earl Thiessen, et mettra-t-il fin immédiatement à ce dangereux programme gouvernemental de trafic de drogues?
    Monsieur le Président, il importe de se rappeler qu'il y a différents avis sur la meilleure façon de contrer l'approvisionnement en drogues toxiques qui sévit dans notre pays. C'est pourquoi le gouvernement s'efforce d'abord de fournir des outils pour répondre aux besoins des collectivités. En fait, si des collectivités ne sont pas à l'aise avec l'approvisionnement sûr, cette solution n'est pas utilisée. Il serait faux de prétendre que l'application de cette approche à l'ensemble du pays n'aurait pas d'effets négatifs.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous visons à sauver la vie des enfants de nos amis et nous continuerons à le faire.
    Monsieur le Président, hier soir, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances a déclaré que l'expérience mortelle tentée par le premier ministre concernant la légalisation des drogues dures en Colombie‑Britannique était un succès. Or, après neuf ans de règne du premier ministre néo-démocrate—libéral, les décès par surdose en Colombie‑Britannique ont augmenté de 380 %.
    La ministre a refusé d'exclure la possibilité d'étendre la légalisation de ces drogues à Toronto, à Montréal ou à d'autres endroits au Canada. Le message est clair: avec cette expérience mortelle, le gouvernement néo-démocrate—libéral importera la mort, le désordre, la criminalité et le chaos.
     Pourquoi le premier ministre ne renonce‑t‑il pas à ses politiques mortelles en matière de drogues dures?

[Français]

     Monsieur le Président, le discours qu'on entend du côté conservateur est déshumanisant. En fait, son message, c'est ni plus ni moins qu'il faut faire le ménage parce que ça dérange.
    De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes là pour aider les gens qui consomment des drogues. Ces gens n'ont pas choisi de devenir dépendants. Ils ne se sont pas levés un matin en disant qu'ils allaient commencer à consommer des drogues. L'important, c'est de leur offrir une panoplie d'options pour qu'ils trouvent leur voie pour avancer et régler leur problématique, qui n'est pas une problématique de droit criminel, mais plutôt une problématique de santé mentale.
    Monsieur le Président, hier, la ministre de la Santé mentale et des Dépendances a persisté et signé en avouant que son expérience mortelle de légalisation des drogues dures en Colombie‑Britannique était un succès. Pour la ministre, un succès, c'est une augmentation de 380 % du nombre de décès liés aux drogues.
     De son côté, en 2023, la mairesse de Montréal a réitéré sa demande radicale de légaliser des drogues dures comme l'héroïne et le crack. La directrice régionale de la santé publique de Montréal a dit un oui très clair en comité ce matin pour reproduire le modèle de la Colombie‑Britannique, qui est pourtant un échec flagrant.
     Est-ce que la ministre peut rassurer les Québécois et leur dire qu'elle ne reproduira jamais son expérience de drogues dures à Montréal?
     Avant de donner la parole à l'honorable secrétaire parlementaire, j'aimerais encourager tous les députés à s'abstenir de parler jusqu'à ce que la présidence leur accorde la parole. Je m'adresse surtout au député de Courtenay—Alberni, qui a eu le privilège de poser une question.

(1505)

     Monsieur le Président, il se trouve que je siège aussi au Comité permanent de la santé. Lors des dernières rencontres, nous avons entendu ce que mon collègue de l'autre côté vient de dire, mais nous avons aussi entendu dire que ça prenait une panoplie d'options, parce qu'il n'y a pas juste une manière de se sortir de la consommation de drogue.
     Ça prend plusieurs options, plusieurs stratégies et plusieurs initiatives pour que chacun y trouve son compte. Alors, c'est dans cette voie-là que nous nous engageons. Pour ce qui est de la demande d'exemption, il n'y a pas eu de demande encore de Montréal. Si nous en recevons une, nous ferons ce qu'il faut.

[Traduction]

L'environnement

    Monsieur le Président, taxer les changements climatiques, réduire les émissions et bâtir un avenir à faibles émissions de carbone sont des priorités absolues pour les Canadiens et pour le gouvernement libéral. Nous mettons en œuvre un plan d'action rigoureux contre les changements climatiques tout en essayant de limiter les coûts pour les Canadiens.
    Nous avons appris récemment que le directeur parlementaire du budget a accepté de réviser son rapport sur les coûts de la tarification du carbone pour les Canadiens, car il a reconnu que l'analyse initiale comportait des erreurs.
    Le ministre de l'Environnement pourrait-il informer la Chambre des avantages de la Remise canadienne sur le carbone pour les Canadiens et donner son avis sur la récente publication du directeur parlementaire du budget?
    Monsieur le Président, le 17 avril, le directeur parlementaire du budget a publié une mise à jour sur son site Web pour dire que la dernière estimation qu'il avait faite était fondée sur des prémisses erronées. Nous remercions le directeur parlementaire du budget de l'avoir fait. D'ailleurs, il confirme ce que nous savions depuis le début et ce que disent les économistes et les organismes indépendants du pays, à savoir que huit Canadiens sur dix sont en meilleure posture grâce au régime fédéral de tarification du carbone. Ce régime contribue à la lutte contre les changements climatiques. Il aide à rendre le coût de la vie plus abordable pour les Canadiens. Nous remercions le directeur parlementaire du budget d'avoir apporté ces précisions.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, une fois de plus, le gouvernement néo-démocrate—libéral embauche des mercenaires étrangers pour abattre des cerfs sur une île de Colombie‑Britannique. Il coûtera aux contribuables plus de 12 millions de dollars pour abattre moins de 900 cerfs envahissants, alors que les chasseurs locaux avaient déjà abattu gratuitement plus de 2 000 daims envahissants.
    Pourquoi le ministre gaspille-t-il 12 millions de dollars pour une chasse au cerf que les chasseurs canadiens feraient gratuitement?
     Monsieur le Président, je ne suis pas au courant de ce dossier. Nous allons examiner la question et donner une réponse au député le plus rapidement possible.
     Monsieur le Président, des chasseurs canadiens affirment qu'ils paieraient même pour venir chasser ces cerfs, mais les néo-démocrates—libéraux ont trouvé un moyen pour que cela coûte des millions.
    Scott Carpenter explique: « C'est une véritable gifle pour les chasseurs canadiens, et nous sommes des millions au pays qui aurions été plus qu'heureux de dépenser notre propre argent pour aller sur place et récolter une partie de la viande nous-mêmes [...] Que les autorités invitent des étrangers chez nous parce qu'elles estiment que nous sommes incapables de faire ce travail nous-mêmes, c'est pour le moins insultant. »
     Qu'est-ce que le gouvernement néo-démocrate—libéral a contre les chasseurs canadiens?
    Monsieur le Président, comme je viens de le dire, nous allons nous pencher sur la question pour donner une réponse au député le plus rapidement possible.
    Monsieur le Président, voilà qui montre que lorsqu'il ne s'agit pas du changement climatique, les libéraux ne s'y connaissent pas du tout.
    En 2015, le premier ministre a dit aux Canadiens qu'il n'était pas nécessaire d'avoir un fusil AR‑15 pour abattre un cerf. Or, il a retenu les services de mercenaires étrangers équipés de fusils semi-automatiques ayant des chargeurs de grande capacité pour abattre quelques centaines de cerfs sur l'île Sidney, au coût de 12 millions de dollars. Voilà un autre exemple du gaspillage de ce gouvernement néo-démocrate—libéral, dont l'hypocrisie est palpable.
    Pourquoi le premier ministre continue-t-il de diaboliser les chasseurs et retient-il la solution la plus coûteuse pour faire un travail que les chasseurs locaux auraient fait gratuitement?

(1510)

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai répondu deux fois en anglais à cette question. Je sais que mon anglais est parfois à corriger. Je vais donc répondre en français.
     Nous allons regarder cette question et fournirons une réponse au député le plus rapidement possible.

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, le Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs vient d'annoncer la mise à jour de ses recommandations sur le dépistage du cancer du sein. Je suis déçue que ces recommandations ne tiennent pas compte des préoccupations exprimées par de nombreux Canadiens.
    Le ministre de la Santé pourrait-il nous dire ce qu'il pense des recommandations de ce groupe d'étude?
    Monsieur le Président, je partage les préoccupations de la députée. Pour dire franchement, j'ai été préoccupé et déçu par les recommandations proposées. Elles ne semblent pas correspondre à l'avis des experts à qui j'ai parlé d'un bout à l'autre du pays.
    C'est pourquoi j'ai immédiatement demandé à l'administratrice en chef de la santé publique d'examiner la décision de ce groupe d'étude indépendant afin de nous assurer de réunir les meilleures données scientifiques et les meilleurs experts pour prendre la décision qui permettra à chaque Canadienne de recevoir les conseils dont elle a besoin pour protéger sa santé.

La protection civile

    Monsieur le Président, les Canadiens s'attendent à ce que la saison des incendies de forêt soit dévastatrice, et le ministre dit la même chose.
    L'été dernier, il a fallu demander l'aide de l'armée pour combattre les incendies de forêt et soutenir les collectivités. Cette année, le chef d'état-major de la Défense a dit que ce ne serait plus possible. Nous devons trouver une solution.
    Une très grande majorité de Canadiens veulent la création d'une force nationale de lutte contre les incendies de forêt. Les libéraux vont-ils créer cette force nécessaire pour combattre les incendies de forêt, soutenir les collectivités et sauver des vies?
    Monsieur le Président, tout d'abord, j'aimerais dire que nos pensées vont vers les familles des huit pompiers qui sont morts l'an dernier pendant la saison des incendies de forêt. Plus de 200 000 Canadiens ont été évacués l'an dernier. L'important, c'est de travailler en très étroite collaboration avec les municipalités, les provinces et les territoires, qui forment la première ligne de défense contre les incendies de forêt. Nous allons toujours être là pour eux. Nous veillons à disposer des ressources appropriées afin d'être prêts pour cette saison.

La réforme électorale

     Monsieur le Président, hier, j'ai eu le grand honneur de participer à un symposium organisé par la sénatrice Marilou McPhedran, de l'autre endroit. De nombreux jeunes gens brillants y ont participé et ont défendu l'idée que l'âge du droit de vote devrait être fixé à 16 ans. Le mouvement #Vote16 comprend un tas de gens de plus de 70 ans, comme moi. Enfin, je n'ai pas plus de 70 ans, mais j'ai presque 70 ans. Cependant, ce que je veux dire, c'est que nous devrions tous soutenir ce mouvement, quelle que soit notre allégeance politique.
     Le ministre de la Réforme démocratique, qui est responsable des élections, peut-il nous dire si le gouvernement est prêt à écouter les jeunes et à fixer l'âge du droit de vote à 16 ans?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier la députée d'en face de sa question, mais surtout les jeunes de leur participation aux institutions démocratiques. C'est précisément ce que nous voulons que les jeunes fassent, soit prendre part au processus. Le processus démocratique suppose que les Canadiens de tout le pays et de tous les âges participent à la vie démocratique.
     Le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre étudie également cette question, et nous avons proposé des réformes à la Loi électorale du Canada. Nous continuerons d'écouter les Canadiens pour que tout le monde puisse prendre part au processus démocratique.

[Français]

Réginald Charles Gagnon

     À la suite de discussions entre les représentants de tous les partis à la Chambre, je crois comprendre qu'il y a consentement pour observer un moment de silence en mémoire de Réginald Charles Gagnon, connu sous le nom de Cayouche.
    J'invite les honorables députés à se lever.
    [La Chambre observe un moment de silence.]

(1515)

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, c'est la traditionnelle question du jeudi, mais depuis quelques jours, voire quelques semaines, nous constatons que le gouvernement a beaucoup de difficulté à s'en tenir à un programme. Il multiplie les motions d'attribution de temps et muselle beaucoup les parlementaires sur d'importants projets de loi.
    Est-ce que le leader du gouvernement à la Chambre peut nous dire quels travaux sont prévus demain et la semaine prochaine? Est-ce que l'horaire dont il va nous faire part aujourd'hui sera vraiment celui que nous verrons la semaine prochaine?
    Monsieur le Président, mes tentatives quotidiennes visant à tendre la main aux députés de l'opposition afin de rendre les travaux à la Chambre plus efficaces sont toujours rejetées d'un revers de main, car les conservateurs préfèrent faire de l'obstruction, soulever des questions de privilèges qui sont absolument fausses, et utiliser toutes sortes de tactiques dilatoires à la Chambre pour empêcher le gouvernement de faire adopter des mesures qui vont aider les Canadiens et les Canadiennes dans leur quotidien.
    Malgré tout cela, je continuerai à tendre la main aux députés de l'opposition pour faire en sorte que les travaux à la Chambre puissent se dérouler efficacement.

[Traduction]

     Ce soir, nous passerons à l'étape du rapport du projet de loi C‑64, Loi concernant l'assurance médicaments. Demain, nous entamerons la deuxième lecture du projet de loi C‑65, Loi sur la participation électorale. Lundi, nous mettrons à l'étude une fois de plus le projet de loi C‑64, cette fois-ci à l'étape de la troisième lecture.

[Français]

    J'aimerais aussi informer la Chambre que mardi et jeudi prochains seront des jours désignés. Mercredi, nous procéderons à la deuxième lecture du projet de loi C‑61, Loi concernant l'eau, les sources d'eau, l'eau potable, les eaux usées et les infrastructures connexes sur les terres des Premières Nations.
    La semaine prochaine, nous donnerons aussi la priorité aux projets de loi C‑20, Loi établissant la Commission d'examen et de traitement des plaintes du public et modifiant certaines lois et textes réglementaires et C‑40, Loi sur la Commission d'examen des erreurs du système judiciaire, également connue sous le nom de Loi de David et Joyce Milgaard.

[Traduction]

Recours au Règlement

Les questions orales  

[Recours au Règlement]
    Monsieur le Président, plus tôt aujourd'hui, pendant la période des questions, un de mes collègues de l'Alberta, le député de Calgary Forest Lawn, a posé une question dans laquelle il a qualifié le ministre de l'Environnement de « ministre anti-Alberta ». Vous lui avez demandé de reformuler sa question.
    Une simple recherche sur Google montre qu'au fil des ans, des députés des quatre partis reconnus à la Chambre ont utilisé le terme « anti-Alberta » ou « anti-Québec » lorsqu'ils ont défendu leurs concitoyens, comme ces derniers s'attendaient à ce qu'ils le fassent.
    Je pense que nous ne sommes pas mieux servis à la Chambre lorsque la liste des mots que nous ne pouvons pas utiliser ne cesse de s'allonger. Je pense que nous souffrons actuellement d'un manque de clarté alors que nous nous efforçons, en tant que députés, de défendre les intérêts de nos concitoyens.
    J'aimerais obtenir quelques précisions sur les termes que nous pouvons ou ne pouvons pas employer, car ils semblent avoir changé considérablement au cours des derniers mois.
    Je remercie le député d'Edmonton—Wetaskiwin d'avoir soulevé cette question.
    À ce sujet, la présidence a pensé que les députés peuvent qualifier certaines politiques ou certaines idées d’une façon ou d'une autre. Je dois dire que ce qui a interpellé la présidence — et je vais revenir là-dessus pour répondre au député — c'est de savoir si les députés devraient attribuer certains qualificatifs à leurs collègues. Je vais examiner la question. Je remercie le député de l'avoir soulevé, et je ferai part de ma décision à la Chambre sur ce recours.
    Il y a un autre rappel au Règlement. Je vais demander au député de Kingston et les Îles de faire une très brève intervention, car nous allons rendre une décision à la Chambre à cet égard.

(1520)

    Monsieur le Président, je suis d'accord avec le député et je souscris à ce qu'il a dit.
    J'attire l'attention de la présidence sur le fait qu'il y a un député de ce côté-ci de la Chambre qui ne peut toujours pas prendre la parole, depuis environ un mois et demi, parce qu'il a accusé les conservateurs d'être prorusses.
    Par conséquent, le vice-président lui a demandé de retirer ses paroles. Le député ne voulait pas retirer ses paroles parce qu'il estimait avoir raison. Par conséquent, il ne peut plus prendre la parole depuis environ six semaines.
    Dans le cadre de votre examen de cette question, je vous demanderais également de déterminer s'il est approprié ou non de faire une telle déclaration, car je suis d'accord avec le député d'Edmonton—Wetaskiwin pour dire que cela limiterait les mots que nous pouvons utiliser à la Chambre.
    Je remercie le député de son intervention. Je vais examiner la question et je ferai part de ma décision à la Chambre.

Privilège

La violation présumée de l'impartialité du vice-président  

[Privilège]
    Monsieur le Président, plus tôt cet après-midi, mon bureau vous a remis un avis écrit, conformément au paragraphe 48(2) du Règlement, pour vous aviser de mon intention de prendre la parole sur ce que je crois être une possible question de privilège. Le document auquel je vais faire référence a récemment été porté à mon attention. Comme il se doit, je saisis la première occasion qui se présente pour vous soumettre ce qui suit.
     Le 31 octobre 2023, j'ai appris que notre estimé vice-président, le député de Nova-Ouest, est apparu dans une publicité du Parti conservateur vêtu de sa toge de président. À première vue, il s'agit d'une utilisation inappropriée de ce vêtement, qui est censé être détaché de toute forme de partisanerie. Il convient également de noter que la publicité mentionne en toutes lettres qu'il est le vice-président de la Chambre des communes et non un simple député.
     Comme le souligne La procédure et les usages de la Chambre des communes, le rôle du vice-président est important, son autorité étant comparable à celle du Président de la Chambre. À la page 359, on peut lire: « Toutes les mesures prises par le vice-président lorsqu’il remplace le Président ont le même effet et la même validité que si elles étaient prises par le Président. »
    Au cours des derniers mois, il y a eu des discussions à la Chambre sur le principe d'impartialité et l'utilisation des ressources de la Chambre des communes, notamment la toge du Président. Le 4 décembre 2023, le député de Regina—Qu'Appelle a commenté l'apparition du Président dans une publicité partisane, alors qu'il était vêtu de sa toge et qu'on mentionnait son rôle de Président. Le député a souligné ce qui suit:
     [Le Président] a tenu ces propos, vêtu de la toge protocolaire, depuis le bureau du Président de la Chambre, dans l'édifice de l'Ouest. Ce n'était déjà pas une bonne chose d'apparaître au congrès d'un parti, mais cela aurait pu légèrement mieux passer s'il avait été présenté en tant que député de Hull—Aylmer et qu'il avait porté un costume ou un chandail en se tenant devant une toile de fond pittoresque dans sa circonscription. Or, cela n'a pas été le cas.
    Le jour suivant, le même député a dit:
     Les gens qui, après être devenus députés, décident de se présenter à la présidence de la Chambre déploient généralement des efforts considérables pour convaincre les députés qu'ils savent être non partisans, qu'ils sont en mesure de laisser de côté leur partisanerie et leurs allégeances politiques et qu'ils sauront être impartiaux lorsqu'ils revêtiront la toge du Président et occuperont le fauteuil.
    Encore une fois, le détail crucial ici est l'utilisation de la toge, qui, selon le député, est censée représenter l'impartialité des occupants du fauteuil. Au bout du compte, le comité de la procédure et des affaires de la Chambre a conclu qu'en utilisant la toge protocolaire, le Président avait effectivement utilisé les ressources de la Chambre des communes. Pour cette raison, on a ordonné au Président de payer une amende.
     Monsieur le Président, comme vous le savez, plus tôt cette semaine, il y a eu un débat concernant la publication, par le Parti libéral du Canada, d'une annonce inappropriée mettant en vedette le Président et véhiculant un message partisan. Le parti...
    Je suis navré d'interrompre la députée. Elle pourra poursuivre sous peu.
     Le leader du gouvernement à la Chambre des communes semble tenir une conversation avec des députés de ce côté-ci de la Chambre. Je leur demanderais de bien vouloir se retirer derrière les rideaux pour que je puisse entendre l'intervention de la députée de London—Fanshawe sans interruption.
    La députée peut poursuivre son recours au Règlement.
    Monsieur le Président, je vais reprendre là où j'ai été interrompue.
    Comme vous le savez, monsieur le Président, plus tôt cette semaine, il y a eu un débat sur la publication par le Parti libéral du Canada de messages partisans et d'une publicité inappropriée mettant en vedette le Président. Le parti en a assumé la responsabilité et l'affaire a été réglée.
    Je soupçonne qu'il en est de même dans le cas du député de Nova-Ouest et de la publicité dont j'ai parlé aujourd'hui. Je crois que le député et le Parti conservateur du Canada devraient avoir l'occasion de préciser qui était responsable. Si le parti prouve qu'il a pris cette décision à l'insu du vice-président ou sans son consentement, alors le parti devrait présenter des excuses au député et j'estimerais l'affaire close.
    Cependant, si le vice-président a approuvé ou ordonné cette publicité dans laquelle il se prévaut manifestement de la charge d'occupant du fauteuil à des fins partisanes, alors je crois, monsieur le Président, que vous devriez conclure qu'il y a, de prime abord, matière à question de privilège. Si c'est le cas, je serais prête à présenter la motion appropriée pour que cette question soit renvoyée au comité de la procédure et des affaires de la Chambre.

(1525)

    Je remercie la députée de London—Fanshawe d'avoir soulevé cette question de privilège.

[Français]

     L'honorable député de Mégantic-L'Érable a la parole.
    Monsieur le Président, nous allons prendre quelques instants et nous répondrons plus tard à cette question de privilège avec nos commentaires.

[Traduction]

    Je vois également le secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre se lever. Je suppose que c'est un peu pour les mêmes raisons que le député de Mégantic—L'Érable.
    Le secrétaire parlementaire a la parole.
    Vous avez raison, monsieur le Président. J'aimerais pouvoir examiner les propos qui ont été inscrits au compte rendu. Nous prenons la question au sérieux et nous aimerions faire des observations à ce sujet prochainement.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Traduction]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Le congé de taxes d'été  

    La Chambre reprend l'étude de la motion.
    Monsieur le Président, nous parlons de la motion du Parti conservateur visant à abolir la taxe pour l'été afin de rendre le coût de la vie plus abordable pour les Canadiens et surtout de les aider à faire un voyage en voiture cet été. J'ai déjà parlé des bons souvenirs que je garde des voyages en voiture que j'ai faits dans mon enfance. Cette motion est présentée dans un contexte où le Canada est aux prises avec une crise du coût de la vie. Que fera la coalition néo-démocrate—libérale? Les députés auront peut-être du mal à le croire, mais elle a décidé d'augmenter encore la taxe sur le carbone de 23 %. Ce n'est qu'une étape de leur plan visant à quadrupler la taxe sur le carbone au cours des six prochaines années, ce qui fera augmenter tous les prix au pire moment.
    Le directeur parlementaire du budget a clairement indiqué que la plupart des familles paieront plus pour la taxe sur le carbone que ce qu'elles recevront en retour. Cette année, la taxe sur le carbone coûtera 1 963 $ à la famille canadienne moyenne. Je sais que les députés d'en face vont s'empresser de dire que nous avons tout faux, que 80 % des ménages ont tout intérêt à être taxés à l'os; ensuite, le gouvernement pourra venir à la rescousse, leur rendre une partie de leur argent et passer pour un héros. Cependant, nous disons que les gens ne devraient pas se laisser berner par ce tour de passe-passe. Ce que les libéraux et les néo-démocrates ne nous disent pas, c'est que la taxe sur le carbone ajoute un coût inflationniste à tout ce que nous achetons, ce qui a un impact négatif sur l'économie, les entreprises et les familles du pays.
    Voici un très bon exemple de ce que cela donne. La fin de semaine dernière, ma femme Inga et moi avons fait un voyage dans le Sud de l'Ontario. Nous avons rendu visite à nos amis Ken et Julie Wall, maraîchers et propriétaires de Sandy Shore Farms, sur les magnifiques rives du lac Érié. Ils nous ont expliqué qu'il est de plus en plus difficile de concurrencer les agriculteurs des endroits dans le monde où les taxes sont moins élevées, comme la Californie, le Mexique