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Publications de la Chambre

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41e LÉGISLATURE, 2e SESSION

HANSARD RÉVISÉ • NUMÉRO 219

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 28 mai 2015




Débats de la Chambre des communes

VOLUME 147 
l
NUMÉRO 219 
l
2e SESSION 
l
41e LÉGISLATURE 

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 28 mai 2015

Présidence de l'honorable Andrew Scheer

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

  (1000)  

[Traduction]

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 36(8) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, la réponse du gouvernement à 21 pétitions.

Les délégations interparlementaires

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 34(1) du Règlement, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, le rapport de la délégation canadienne de la section canadienne de ParlAmericas concernant sa participation à la 11e assemblée plénière et à la 35e réunion du conseil d'administration de ParlAmericas, à Santiago, au Chili, du 24 au 27 septembre 2014, de même que le rapport concernant la participation de la délégation à la 36e réunion du conseil d'administration de ParlAmericas et à la réunion interparlementaire dans le cadre du Sommet des Amériques sur la transparence, qui ont eu lieu à Panama, au Panama, les 10 et 11 avril 2015.

Les comités de la Chambre

Patrimoine canadien 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter à la Chambre, dans les deux langues officielles, le 13e rapport du Comité permanent du patrimoine canadien concernant le projet de loi C-597, Loi modifiant la Loi instituant des jours de fête légale (jour du Souvenir). Le comité a étudié le projet de loi et convenu d'en faire rapport à la Chambre avec des propositions d'amendement.

Loi instaurant l'évaluation des incidences sur les petites entreprises

    — Monsieur le Président, mon collègue de Thunder Bay—Superior-Nord et moi avons l'honneur de présenter à la Chambre un projet de loi qui, pour la première fois, vise à créer un système permettant d'examiner convenablement les incidences sur les petites entreprises des lois, des règlements et des politiques.
    Ce projet de loi s'inspire librement d'un principe dont j'ai entendu parler pour la première fois auprès de collègues du Parti vert qui siègent au Parlement européen. Ce principe, qui s'appelle « Penser aux PME d'abord », vise à examiner les politiques que le Parlement européen envisage d'adopter afin de déterminer leurs incidences imprévues sur les petites entreprises.
    Ce projet de loi obligerait le ministre de l’Industrie à déterminer si des mesures exigent cette analyse. En gros, il est semblable à un énoncé des incidences environnementales, sauf qu'il s'agirait plutôt d'évaluer les incidences sur les PME pour empêcher que celles-ci doivent faire face à de nouveaux obstacles pouvant découler de conséquences imprévues de politiques gouvernementales.
    J'espère que ce projet de loi fera l'objet d'un appui à l'étape de la première lecture, qu'il passera à l'étape de la deuxième lecture et qu'il deviendra une loi du Canada.

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

  (1005)  

[Français]

Pétitions

Postes Canada  

    Monsieur le Président, c'est vraiment un honneur pour moi de déposer trois pétitions qui portent toutes sur le même sujet, mais qui viennent de provinces différences, soit de l'Ontario, du Québec et de la Saskatchewan.
    Des douzaines de personnes tiennent à conserver la livraison du courrier à domicile. J'ai le plaisir de déposer cela aujourd'hui. Je pense que c'est dans l'intérêt public, dans l'intérêt de la population. Il n'y a aucune raison pour que le Canada soit le seul pays du G7 à ne plus être capable de livrer le courrier chez les gens.

[Traduction]

Les commotions cérébrales  

    Monsieur le Président, je suis heureuse de présenter huit pétitions sur la nécessité de prendre un ensemble complet de mesures à l'égard des commotions cérébrales au Canada.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement d'instaurer une semaine pancanadienne de sensibilisation aux commotions cérébrales afin de favoriser la compréhension de ce traumatisme, d'élaborer une stratégie en ce qui concerne la prévention, le diagnostic et la gestion des cas et de mettre sur pied un centre d'excellence pour la recherche sur les commotions cérébrales.

[Français]

Le Sénat  

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de présenter une pétition de plusieurs centaines de noms portant sur l'abolition du Sénat.
    Manifestement, par les temps qui courent, il nous est démontré que le Sénat est un endroit malséant pour les bonnes moeurs du Canada, et l'immense majorité des Canadiens partage mon opinion. Plusieurs centaines d'entre eux ont décidé de passer à l'acte et de demander officiellement l'abolition de cette institution dont, présentement, près de la moitié des membres devront faire face à des corrections, des remboursements et même à des poursuites légales.
    Je pense que ces Canadiens ont tout à fait raison de demander l'abolition d'une institution si peu démocratique et à la source de tant de scandales. Cela me fait donc plaisir de déposer cette pétition.

[Traduction]

La protection des consommateurs  

    Monsieur le Président, j'ai une pétition signée par plus de 300 personnes de Trail, de Castlegar et de Beaver Valley qui en ont assez de payer des frais supplémentaires pour acquitter leurs factures. Ce sont surtout les aînés qui sont injustement touchés.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada, à ses organismes,à ses ministères et à ses services de recourir aux mesures dont ils disposent et qui relèvent de leurs compétences pour interdire l'imposition de frais aux personnes qui reçoivent chaque mois une facture ou un relevé par la poste.

Les soins palliatifs  

    Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter une pétition concernant l'inclusion des soins palliatifs dans les objectifs des Nations Unies en matière de développement durable, en particulier la reconnaissance du fait que les soins palliatifs constituent un élément primordial des systèmes nationaux de santé.
    Les pétitionnaires aimeraient que le gouvernement du Canada demande aux Nations Unies d'inclure les soins palliatifs dans leurs objectifs de développement durable.

La fiscalité  

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour présenter des pétitions au nom de centaines de personnes de tous les coins du pays qui réclament la suppression de la taxe sur les produits d'hygiène menstruelle.
    Il est clair que la taxe sur ces produits est discriminatoire à l'égard des femmes, et il faut l'abolir. Les pétitionnaires demandent au gouvernement du Canada d'éliminer la TPS sur les produits d'hygiène menstruelle.

[Français]

L'agriculture  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer une pétition de 800 signataires de la circonscription de Richmond—Arthabaska au sujet du respect du droit des petits agriculteurs familiaux de conserver, d'échanger et d'utiliser les semences. Ils demandent au gouvernement fédéral, plus exactement, d'adopter une politique d'aide internationale qui soutient les petits agriculteurs et de s'assurer que les politiques et les programmes sont développés à la suite d'un processus consultatif auprès de ces derniers.
    Je remercie les gens de Développement et paix des régions de Victoriaville et de Richmond qui m'ont rencontré et sensibilisé à cet égard. Je présente aujourd'hui cette pétition en leur nom.

[Traduction]

Les pêches et les océans  

    Monsieur le Président, il y a longtemps, le Congrès mondial sur les parcs a recommandé que 20 % à 30 % de l'ensemble de l'habitat marin soit protégé contre la pêche afin de favoriser la pêche hors de ces secteurs.
    Le Canada a créé des zones de protection marine. Il y en a 161, mais 95 d'entre elles devaient être des zones où la pêche est interdite. Cependant, ce n'est pas ce qui s'est produit. La pêche n'est interdite que dans une seule zone. Il existe 11 classifications pour les zones de protection marine prévues par Pêches et Océans Canada.
    Les pétitionnaires demandent au ministère des Pêches et des Océans de fermer certaines de ces zones à la pêche et de travailler avec les directions générales concernées pour garantir le bon fonctionnement du système.

  (1010)  

[Français]

L'agriculture  

    Monsieur le Président, je présente, moi aussi, une pétition signée par une centaine de personnes de Longueuil demandant le respect du droit des petits agriculteurs familiaux de conserver, d'échanger et d'utiliser des semences.

[Traduction]

La fiscalité  

    Monsieur le Président, j'ai moi aussi une pétition demandant au gouvernement d'éliminer la TPS sur les produits d'hygiène féminine.
    Nous savons que tout comme le NPD, le gouvernement a voté en faveur de l'élimination de la TPS. Nous sommes en train de débattre du budget, et nous pourrions aisément réduire la TPS sur les produits d'hygiène féminine pendant la présente législature.

Le Régime de pensions du Canada  

    Monsieur le Président, je présente moi aussi une pétition, qui est signée par des dizaines d'habitants de la Colombie-Britannique.
    La prestation de décès est un paiement forfaitaire qui est versé à la succession d'un cotisant au Régime de pensions du Canada. La prestation maximale a été réduite à 2 500 $ en 1997, et elle n'a pas augmenté depuis.
    Les pétitionnaires demandent au gouvernement fédéral d'examiner la situation et d'augmenter la prestation de décès en fonction de l'indice des prix à la consommation, comme il l'a fait pour les prestations de la Sécurité de la vieillesse.
    J'exhorte le gouvernement à étudier sérieusement la question.

Le développement international  

    Monsieur le Président, je prends la parole pour présenter aujourd'hui une pétition signée par des résidants de Saanich—Gulf Island, qui souhaitent obtenir des comptes sur le budget de l'aide au développement à l'étranger, de même que sur les activités de l'ancienne Agence canadienne du développement international, qui fait maintenant partie du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement.
    La Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle a été adoptée en 2008. Aux termes de cette loi, l'aide au développement doit contribuer à la réduction de la pauvreté, tenir compte des points de vue des pauvres, et être compatible avec les normes internationales en matière de droits de la personne.
    Les pétitionnaires réclament que ces critères deviennent les principes fondamentaux de nos activités et de nos budgets d'aide au développement à l'étranger. Ils demandent aussi que le ministre responsable de l’aide au développement et le ministre des Affaires étrangères aient de nouveau sur un pied d'égalité.

Questions au Feuilleton

    Monsieur le Président, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Des voix: D'accord.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

[Traduction]

Loi de mise en oeuvre de l'Accord sur les mesures de l'État du port

    La Chambre reprend l'étude, interrompue le 7 mai dernier, de la motion portant que le projet de loi S-3, Loi modifiant la Loi sur la protection des pêches côtières, soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Monsieur le Président, avant de commencer, j'aimerais souligner que je partagerai mon temps de parole avec mon collègue, le secrétaire parlementaire du ministre de l'Emploi et du Développement social.
    La pêche illicite, non déclarée et non réglementée constitue un sérieux problème dans de nombreuses régions du monde. C'est l'un des principaux obstacles à la viabilité des pêches à l'échelle de la planète. La pêche illicite a une incidence sur certains des pays les plus pauvres, qui dépendent fortement de la pêche pour vivre et se nourrir.
    De par sa nature, la pêche illicite n'est pas un problème pouvant être réglé par un pays en particulier, car ce problème transcende les frontières. La pêche illicite menace la viabilité de tous les stocks de poisson et de la faune marine et fausse le prix du poisson sur les marchés mondiaux.
    Ces dernières années, la communauté internationale s'est employée à mettre au point des outils pour prévenir, décourager et éliminer la pêche illicite. Elle s'est notamment efforcée d'améliorer le contrôle des bateaux de pêche étrangers dans les ports, au moyen d'une norme mondiale, dans le but de prévenir la pêche illégale. Bref, si les criminels ne sont pas en mesure de débarquer leurs prises illégales, ils ne pourront pas poursuivre leurs activités.
    Je suis fière de dire que le gouvernement participe à ce mouvement. Le Canada est un pays où l'industrie de la pêche est bien réglementée; il a donc tout intérêt à protéger les stocks de poisson et à veiller à ce que les règlements régissant la pêche soient respectés partout dans le monde.
    En 2009, le Canada et d'autres pays ont approuvé l'Accord sur les mesures de l'État du port qui avait été négocié à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Le Canada a signé cet accord en 2010 pour signifier l'importance de prendre des mesures énergiques dans les ports pour prévenir la pêche illégale. Aujourd'hui, nous faisons un pas vers la ratification de cet important accord. Jusqu'à présent, 11 pays l'ont ratifié. Les États-Unis sont en voie d'adopter une mesure législative de ratification et on s'attend à ce que d'autres pays leur emboîtent bientôt le pas.
    Avant que le Canada puisse ratifier cette nouvelle norme mondiale, nous devons examiner les dispositions de notre actuelle loi qui diffèrent de celles de l'accord international. C'est de ces changements dont il est question aujourd'hui dans le cadre du débat sur le projet de loi S-3.
    Grâce à notre loi actuelle, la Loi sur la protection des pêches côtières, le Canada possède déjà un système rigoureux de contrôle des bateaux de pêche étrangers dans les ports. Les changements proposés dans le projet de loi S-3 renforceraient ce système.
    Les changements proposés à la loi peuvent être classés en trois catégories générales. La première concerne les pouvoirs relatifs aux bateaux de pêche étrangers. Dans l'ensemble, l'Accord sur les mesures de l'État du port fait la promotion de la capacité d'un pays de refuser l'entrée dans le port aux bateaux de pêche soupçonnés d'avoir participé à des activités de pêche illégale ou de les avoir appuyées. Toutefois, dans certaines situations, le pays responsable du bateau de pêche voudra que le Canada l'aide à procéder à une inspection et à réunir les preuves nécessaires contre le bateau soupçonné.
    Les changements proposés créeront un permis de contrôle d'application de la loi pour les bateaux de pêche étrangers ayant reçu de l’État du pavillon l’ordre de se rendre dans un port canadien à des fins d'inspection. Dans ce cas, le Canada émettra un permis uniquement à des fins d'inspection et de contrôle d'application. C'est primordial, car le système actuel impose au bateau lui-même de demander un permis pour entrer dans un port canadien. Or, celui qui fait de la pêche illégale ne risque évidemment pas de demander la permission d'accoster dans un pays doté d'un régime d'inspection aussi rigoureux que celui du Canada. Cette modification permettra donc au Canada, en partenariat avec l'État du pavillon, d'ordonner à un bateau de se rendre dans un port afin que les agents canadiens puissent mettre la main sur les criminels.
    Les changements proposés conféreront également aux agents canadiens de protection des pêches des pouvoirs accrus qui leur permettront d'intervenir dans de telles situations. Lorsqu'un bateau de pêche étranger sera enjoint de se rendre dans un port aux termes du nouveau régime de permis, ces nouveaux pouvoirs autoriseront les agents canadiens de protection des pêches à inspecter le bateau, à le fouiller et à saisir toute prise illicite.
    Le deuxième ensemble de changements proposé concerne la mise en commun d'information. Pour satisfaire aux exigences de l’Accord sur les mesures de l’État du port, ces changements précisent les pouvoirs relatifs à la mise en commun d'information avec les partenaires du Canada en matière d'application de la loi. Les changements proposés couvrent aussi bien le type d'information concernée que les entités auxquelles elle pourra être transmise.

  (1015)  

    Les changements proposés indiquent clairement que le ministre pourra communiquer des renseignements au sujet de l'inspection d'un bateau de pêche étranger, du refus d'accepter un bateau de pêche étranger dans un port, de toute mesure d'exécution de la loi ou de l'issue de toute procédure découlant de l'une ou l'autre de ces démarches. Ils préciseront aussi les partenaires internationaux à qui cette information peut être communiquée. Ces efforts mondiaux permettront de déceler plus facilement les gens qui s'adonnent à la pêche illicite pour ainsi refuser l'accès aux ports du monde entier à ces bandits.
    En ce qui concerne les agents canadiens, les changements proposés préciseront que Pêches et Océans Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada peuvent communiquer de l'information relativement à l'importation de produits de la mer.
    La troisième grande catégorie de changements concerne les interdictions visant les importations. Les changements proposés érigeront en infraction l'importation au Canada de poissons pêchés illégalement.
    Les modifications donneront aussi de nouveaux outils aux autorités pour faire respecter ces interdictions. Le projet de loi S-3 élargira, par exemple, les pouvoirs des agents de protection des pêches de façon à leur permettre d'inspecter n'importe quel endroit, y compris les conteneurs, les entrepôts, les espaces d'entreposage et les véhicules. Ces inspections pourront aussi être menées dans tous les points d'entrée. Ce changement est important, car les pouvoirs actuels se limitent aux bateaux de pêche et aux quais. Les modifications permettront aussi aux agents de protection des pêches de saisir à ces endroits les poissons pêchés illégalement et d'en demander la confiscation dans l'éventualité d'une condamnation.
    La pêche illicite constitue une menace mondiale à la pérennité des pêches ainsi qu'à la gestion et à la conservation de notre milieu marin. De plus en plus, les organisations régionales de gestion des pêches exigent une documentation concernant les espèces de grande valeur, qui sont les cibles de la pêche illicite. Le Canada peut jouer un rôle pour empêcher les exploitants illégaux de réaliser des gains économiques. Comment? En interdisant l'importation de poisson et de produits du poisson lorsque la documentation requise n'est pas fournie. Si les tribunaux devaient juger qu'une personne s'est rendue coupable d'une infraction d'importation au titre de la loi, ils lui infligeraient une amende salée. Par ailleurs, grâce à ces modifications, ils pourraient aussi lui imposer une amende supplémentaire égale aux avantages financiers tirés des activités illégales. Ainsi, les amendes ne seraient pas considérées comme un simple coût d'exploitation, ce qui dissuaderait nettement les criminels de s'adonner à ces activités.
    Outre ces trois grandes catégories, les dispositions proposées visent aussi à modifier plusieurs définitions pour les rendre conformes à l'Accord sur les mesures de l'État du port.
     La nouvelle définition de « bateau de pêche » engloberait toute construction flottante utilisée pour le transbordement du poisson ou de plantes marines qui n'ont pas été débarqués auparavant. La portée de cette définition est limitée afin d'exclure les bateaux qui ne servent qu'à transporter des marchandises, comme du grain. Les modifications proposées redéfiniraient aussi le terme « poisson ». Conformément à l'Accord sur les mesures de l'État du port et à la Loi sur les pêches, le terme « poisson » désignerait les poissons, les mollusques et les crustacés, qu'ils soient transformés ou non. Les modifications ajouteraient également une définition de « plante marine ».
    Le projet de loi S-3 renforcerait la Loi sur la protection des pêches côtières en y intégrant les nouvelles normes mondiales définies dans l'Accord sur les mesures de l'État du port.
    Dans l'atteinte de nos obligations internationales, le projet de loi nous permettrait de mieux protéger le gagne-pain des pêcheurs légitimes du Canada, en limitant la quantité de poisson pêché illégalement vendu dans les marchés mondiaux.
    J'exhorte tous les députés à se joindre à moi pour appuyer ces modifications essentielles à la Loi sur la protection des pêches côtières.

  (1020)  

    Monsieur le Président, j'aimerais poser une question à la ministre. Quand nous pensons à nos régions côtières, nous nous inquiétons beaucoup de la surpêche, des quotas et ainsi de suite. Le Canada a toujours joué un rôle important sur la scène internationale en se comportant comme un chef de file de la protection et en se préoccupant de conservation, cherchant toujours à faire le nécessaire pour que les populations de poissons soient en meilleure santé.
    Je me demande si la députée pourrait nous donner une idée de de que fera la mesure législative pour les pêches dans les eaux intérieures. Je pense plus précisément au lac Winnipeg. Le Canada compte beaucoup d'industries de pêche en eau douce qui se portent bien. Je me demande si la députée pourrait nous dire si la mesure législative aurait un effet dans le secteur de la pêche en eau douce.
    Monsieur le Président, le député d'en face a tout à fait raison de dire que le Canada a toujours joué un rôle de premier plan dans le domaine de la protection et de la conservation et qu'il a toujours pris les mesures qui s'imposaient pour protéger nos pêches.
    Notre pays est un grand exportateur de produits de la pêche, ce qui signifie que nous ne sommes pas à l'abri des répercussions économiques de la pêche dans le commerce international. Comme je l'ai dit, c'est un enjeu international et c'est la raison pour laquelle le projet de loi S-3 est présenté. Nous voulons maintenir l'excellent rôle que nous avons toujours joué dans le monde. Nous voulons pouvoir participer à l’Accord sur les mesures de l’État du port.
    Pour ce faire, nous devons apporter les modifications proposées dans le projet de loi S-3. Nous voulons pouvoir continuer à prévenir la pêche illégale et participer à l'établissement de la norme mondiale régissant les mesures prises lorsque des navires cherchent à entrer dans un port et qu'ils ne le devraient pas.
    Monsieur le Président, la députée d’en face a certainement expliqué ce que ferait le projet de loi, mais je me pose certaines questions concernant les plans du présent gouvernement. En particulier, nous savons que 25 pays doivent ratifier le traité international pour qu’il puisse entrer en vigueur.
    Que fait le gouvernement pour faire preuve de leadership dans le dossier et collaborer avec les autres pays en vue de les encourager à ratifier l’Accord sur les mesures de l’État du port? Je me demande si le gouvernement fait preuve de leadership en particulier auprès de nos partenaires commerciaux, comme le Mexique, l’Espagne et le Panama, dont certains navires font de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, comme nous le savons. C’est un problème sérieux à l’égard duquel le Canada devrait faire preuve de leadership. Or, je n’en vois aucun.

  (1025)  

    Monsieur le Président, nous savons que 25 pays membres doivent ratifier l’accord pour qu’il entre en vigueur. Je crois que 11 pays l’ont déjà fait jusqu’à maintenant. Il y en a deux autres qui sont sur le point de le faire. Le Canada va évidemment de l’avant en ce qui concerne les modifications proposées dans le projet de loi S-3.
    Nous ne voulons certes pas être le dernier pays à ratifier cet accord. Nous avons toujours assumé un rôle de chef de file quant à la conservation et aux mesures de protection de nos pêches. Nous voulons pouvoir continuer de le faire. Nous rencontrons constamment d’autres pays, et il va sans dire que nous les encourageons à ratifier l’accord.
    Monsieur le Président, je m'inquiète de voir qu'on parle peu de la troisième côte du pays, sur l'Arctique.
    Les questions que je voudrais poser à la députée sont les suivantes. À quel endroit dans le budget et dans les budgets successifs trouve-t-on des sommes qui vont en augmentant pour la construction des navires devant croiser dans nos eaux pour protéger nos pêches? Quelles mesures ont été prises, y compris par l'intermédiaire du Conseil de l'Arctique, pour assurer une meilleure surveillance des pêches dans nos eaux arctiques? Quelles mesures devrions-nous prendre en coopération avec d'autres pays pour que les pêches dans les eaux canadiennes soient protégées également le long de notre côte arctique?
    Monsieur le Président, le gouvernement du Canada joue certainement un rôle de premier plan pour ce qui est de la protection des côtes du pays. Nous savons que nous disposons de services formidables à Vancouver, sur la côte Ouest. La Garde côtière y est présente avec tous ses moyens et y accomplit de l'excellent travail de nombreuses façons.
    Le projet de loi S-3 s'appliquerait à tous les ports, et non uniquement à la côte Est, si c'est ce qui inquiète la députée.
    Monsieur le Président, je suis heureux de pouvoir ajouter ma voix à celles des autres députés qui appuient les modifications proposées à la Loi sur la protection des pêches côtières. Comme nous avons pu le constater la dernière fois que ce projet de loi a été débattu, les députés de tous les partis sont conscients de l'importance qu'a l'étude de ce projet de loi. Malheureusement, l'opposition n'a pas voulu accepter la suggestion de mon collègue le député de Yukon, qui nous invitait à demeurer assis et à passer au vote concernant cet important projet de loi.
    En tant que Néo-Écossais, je sais que cette question a une importance particulière pour l'économie de ma province et l'économie de la circonscription que je représente. J'ai certainement espoir que nous adoptions rapidement ce projet de loi. Nous pourrions ainsi continuer de nous concentrer sur la protection des pêches dans nos ports et avoir recours, pour ce faire, aux nouveaux outils prévus dans ce projet de loi.
    Les modifications proposées dont nous discutons aujourd'hui serviraient à harmoniser notre système déjà rigoureux avec les nouvelles normes internationales pour combattre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, conformément à l'Accord sur les mesures de l'État du port. Comme ma collègue l'a souligné, c'est en 2010 que le Canada a signé cet important accord.
    L'accord ouvre la voie à des solutions concrètes et rentables pour décourager les activités de pêche illégale et y mettre fin. Pour ce faire, il exigerait que les ports du monde entier adoptent certaines normes concrètes. Par exemple, l'accord stipule que les navires pratiquant la pêche illégale se verraient refuser l'entrée d'un port ou l'utilisation de ses services. Il énonce également des normes minimales quant aux renseignements que les navires doivent fournir pour avoir accès à un port, pour l'inspection des navires et pour la formation des inspecteurs. En outre, l'accord prévoit une coopération et des échanges de renseignements accrus entre les pays.
    Pour que cet accord entre en vigueur, il doit être ratifié par au moins 25 pays. Comme ma collègue l'a mentionné, 11 pays membres de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture ont déjà agi en ce sens. Quelque 20 autres pays, dont le Canada, ont signalé qu'ils se préparent à ratifier l'accord. Ainsi, ces mesures appuieraient les efforts mondiaux de lutte contre la pêche illégale et nous aideraient à protéger le gagne-pain de nos pêcheurs, ici au Canada.
    Le gouvernement est déterminé à appuyer les efforts de nos vaillants pêcheurs. Dans le cadre du Plan d'action économique de 2015, le gouvernement fait passer à 1 million de dollars l'exonération cumulative des gains en capital pour les propriétaires d'entreprises de pêche. Cela signifie que les pêcheurs et leur famille auront plus d'argent dans leurs poches.
    En ce qui a trait au soutien à nos pêcheurs, j'aimerais dire un mot sur les avantages économiques associés à l'adoption des modifications législatives proposées.
    L'industrie canadienne de la pêche commerciale est l'une des plus importantes au monde. Environ 85 % du poisson et des fruits de mer canadiens sont exportés, et ces exportations rapportent plus de 4 milliards de dollars par année. Nous sommes l'un des plus importants joueurs du marché mondial des fruits de mer. En fait, le Canada se classe au septième rang des principaux exportateurs des produits de la mer, et nous nous attendons à ce que notre industrie connaisse une croissance exponentielle. Bien entendu, si nous voulons que l'industrie continue à offrir des possibilités économiques avantageuses aux générations futures, nous devons souscrire à des pratiques de pêche responsables. C'est pourquoi nous surveillons de près la pêche pratiquée dans nos eaux et l'activité des pêcheurs canadiens dans les eaux internationales.
    Avec la Loi sur la protection des pêches côtières, le Canada a tout ce qu'il lui faut pour surveiller attentivement et réglementer les activités des navires de pêche étrangers qui pêchent dans nos eaux et dans des zones précises en haute mer, mais qu'advient-il des pêcheurs qui n'agissent pas de façon responsable? Qu'en est-il de ceux qui essaient de contourner ou d'enfreindre les règles? Ces infractions ont d'importantes répercussions sur le plan économique.
    Selon une étude réalisée en 2008, les pêcheurs illégaux pourraient soutirer jusqu'à 23 milliards de dollars par année à l'économie mondiale. En refusant d'obéir aux règlements, les pêcheurs illégaux réduisent leurs frais d'exploitation sans se soucier du reste du monde, ce qui place les pêcheurs légitimes du Canada et du monde entier en situation de désavantage économique.
    Le poisson est l'une des denrées qui se négocient le plus à l'échelle mondiale. Les chiffres annuels sur le volume des exportations canadiennes montrent clairement que la pêche illégale pratiquée dans d'autres parties du monde nuit énormément à notre économie.

  (1030)  

    Pendant un moment, les députés devraient réfléchir à l'incidence de la pêche illégale sur notre relation commerciale avec l'Europe. De 2010 à 2012, l'Union européenne a importé en moyenne 25 milliards de dollars de poisson et fruits de mer par année. La part de cette somme revenant au Canada s'élevait à 400 millions de dollars. Grâce à l'Accord économique et commercial global que le Canada et l'Union européenne ratifieront prochainement, notre industrie du poisson et des fruits de mer pourrait avoir un accès sans précédent au marché européen. C'est une bonne nouvelle pour les pêcheurs et les conditionneurs de poisson canadiens. Lorsque l'accord entrera en vigueur, il éliminera 96 % des droits de douane sur le poisson et les fruits de mer canadiens, et les droits de douane qui restent disparaîtront au cours des sept prochaines années. Nous voulons protéger ces débouchés économiques pour nos pêcheurs et éviter que la pêche illégale leur nuise en faisant baisser les prix.
    Bien entendu, ces règlements sont mis en place non seulement pour protéger le gagne-pain des pêcheurs légitimes, mais aussi pour préserver nos ressources maritimes pour les générations futures. Lorsque les pêcheurs illégaux enfreignent les règles assurant la durabilité des stocks mondiaux de poissons, ils endommagent les écosystèmes dont les poissons dépendent. Par conséquent, pour des raisons à la fois économiques et environnementales, nous devons nous joindre à nos partenaires internationaux, afin de prendre des mesures exhaustives visant à stopper les activités de pêche illégale aux effets dévastateurs. En adoptant le projet de loi S-3, c'est exactement ce que nous ferons. Nous renforcerons notre système déjà rigoureux, et nous appuierons ce plan d'action mondial qui vise à protéger les ressources halieutiques du monde entier
    Par exemple, à l'heure actuelle, la Loi sur la protection des pêches côtières et son règlement accordent au ministre des Pêches et des Océans le pouvoir discrétionnaire d'autoriser des bateaux de pêche étrangers à pénétrer à l'intérieur des eaux de pêche et des ports canadiens. Autrement dit, la loi interdit aux bateaux de pêche étrangers de pénétrer à l'intérieur des eaux de pêche canadiennes, à moins qu'ils aient déjà été autorisés à le faire en vertu de la loi, du règlement ou d'autres mesures législatives canadiennes. De plus, la loi interdit à tout passager ou membre d'équipage d'un bateau de pêche étranger de pêcher dans les eaux canadiennes sans autorisation.
    Il est important de souligner que la loi canadienne est déjà efficace. Nous faisons partie des chefs de file mondiaux en matière de pêche responsable. Il y aurait quand même lieu de renforcer notre loi à certains égards pour que le Canada puisse répondre aux exigences d'une nouvelle approche normalisée. L'approche en question est décrite dans l'Accord sur les mesures du ressort de l’État du port. Le débat d'aujourd'hui ne porte pas seulement sur le renforcement de l'approche du Canada à l'égard de nos mesures de contrôle portuaire; il vise aussi à encourager l'effort mondial de lutte contre la pêche illégale. Ces deux objectifs vont de pair pour protéger et soutenir tant notre industrie que notre environnement.
    À cette fin, le projet de loi S-3 propose un certain nombre de changements importants qui permettraient l'échange de renseignements entre les ministères fédéraux et avec nos partenaires internationaux de confiance. Ces amendements permettraient aussi aux autorités canadiennes de prendre des mesures d'application contre les bateaux de pêche étrangers qui sont dirigés vers nos ports par leurs États du pavillon aux fins d'inspection et d'application. Ces modifications feraient en sorte qu'il soit illégal d'importer du poisson et des produits du poisson obtenus dans le cadre d'activités criminelles, et empêcheraient l'entrée de ces produits dans notre marché.
    Ensemble, ces changements créeraient les conditions pour ratifier l'Accord sur les mesures du ressort de l’État du port, arme importante dans l'arsenal mondial pour lutter contre la pêche illégale.
    L'industrie du poisson et des fruits de mer du Canada est un pilier de la vie économique dans des collectivités côtières et intérieures, un peu partout au pays. Ma circonscription en est un parfait exemple. À l'heure actuelle, l'industrie de la pêche emploie 80 000 Canadiens à la grandeur du pays, dans des secteurs allant de la pêche au poisson sauvage à la récolte en milieu aquacole. L'ambitieux programme commercial de notre gouvernement bénéficierait directement à l'industrie et ferait en sorte que les produits de la mer canadiens, de calibre mondial, se retrouvent dans les assiettes partout dans le monde.
    Nous voyons déjà certains de ces avantages et améliorations dans des industries comme celle du homard en Nouvelle-Écosse. Cependant, dans ce contexte mondial, nous devons continuer d'appuyer la lutte contre la pêche illégale, pour des raisons tant économiques qu'environnementales. À cette fin, je conseille vivement à tous les députés de voter en faveur des modifications à la Loi sur la protection des pêches côtières afin de protéger notre industrie et notre environnement, et de veiller à ce que nous continuions à protéger cette industrie et cette ressource économique vitales pour l'économie canadienne.

  (1035)  

    Monsieur le Président, j'aimerais poser à mon collègue d'en face la même question que j'ai posée à sa collègue qui a parlé avant lui. Rien ne me laisse croire que le gouvernement veut jouer un rôle de chef de file à cet égard.
    Le projet de loi a été présenté pour la première fois en 2012. Nous voici ici, quelques années plus tard, et nous ne l'avons toujours pas adopté au Canada. Je voudrais savoir une chose. Lorsque nous aurons enfin réglé cette question et adopté cette mesure législative, le gouvernement exhortera-t-il d'autres pays de la communauté internationale à signer et à ratifier l'Accord sur les mesures de l'État du port?
    En ce qui concerne le leadership sur la scène internationale, le gouvernement envisagerait-il la mise en place d'une réglementation semblable à celle de l'Union européenne, qui exigerait que tous les poissons et fruits de mer qui arrivent sur le marché canadien soient certifiés et que leur provenance soit établie? Ce sont vraiment les deux prochaines étapes à franchir si nous voulons régler cette question et le faire sérieusement.
    C'est une bonne question, monsieur le Président. Comme je l'ai dit dans mes observations, il faudrait 25 pays pour ratifier cet accord afin qu'il soit mis en oeuvre à l'échelle internationale. Actuellement, 11 pays l'ont fait. Le Canada est l'un des 25 pays qui mettent les dispositions législatives en place et qui se dirigent vers une ratification. Comme les députés peuvent le voir, nous cheminons tous ensemble, en tant que communauté internationale, pour protéger l'industrie de la pêche et les ressources en poisson.
    Tout en ratifiant l'accord au Canada, nous continuerons d'encourager nos alliés et nos collègues de la communauté internationale à mettre en place cette mesure, qui permettrait d'instaurer une réglementation internationale qui devrait être respectée partout sur la planète. Nous encourageons tous les autres pays à emboîter le pas; nous voulons adopter cette mesure législative et assurer la protection de notre industrie et de notre environnement.

  (1040)  

    Monsieur le Président, j'aimerais répéter la question que j'ai posée à la collègue du député. Le projet de loi aurait-il le moindre effet sur la pêche intérieure en eau douce? C'est une industrie importante au Canada. J'aimerais beaucoup obtenir une réponse à cette question.
    La deuxième question a trait aux délais. La première fois que j'ai posé une question à ce sujet, j'ai parlé du rôle de premier plan que le Canada pourrait et devrait jouer sur la scène internationale. J'aimerais que le député me dise pourquoi, à son avis, il a fallu attendre aussi longtemps simplement pour que le projet de loi se rende jusqu'à l'étape actuelle. Est-ce que le gouvernement travaillait avec divers intervenants? Pourquoi a-t-il fallu attendre aussi longtemps pour en arriver là?
    Monsieur le Président, comme je l'ai dit, il y a jusqu'à présent 11 pays qui ont ratifié l'accord, tandis que 25 autres pays sont en voie de le faire, y compris le Canada. Nous collaborons avec nos partenaires internationaux en vue non seulement d'adopter ce projet de loi, mais aussi d'inclure le plus grand nombre de pays possible.
    Ce projet de loi a une portée internationale. Pour entrer en vigueur, il faut que l'accord soit ratifié par de nombreux pays, soit au moins 25. Par conséquent, nous travaillons non seulement avec les 11 pays qui ont déjà ratifié l'accord, mais aussi avec d'autres pays afin de les encourager à le ratifier le plus rapidement possible.
    Pour que l'accord puisse entrer en vigueur, il faut qu'il soit ratifié par au moins 25 pays. Si tout se passe comme prévu, nous devrions faire partie des prochains pays à ratifier l'accord, avec l'appui des partis de l'opposition et des députés de ce côté-ci de la Chambre.
    Les choses avancent comme il se doit. Il arrive parfois que l'adoption d'un texte législatif de portée internationale nécessite plus de temps que les projets de loi de portée nationale simplement parce que de nombreuses assemblées législatives doivent tenir compte d'une foule de règlements divers avant que le texte en question soit adopté. Nous sommes cependant sur la bonne voie. C'est un bon projet de loi, et nous sommes reconnaissants de l'appui de l'opposition.
    Monsieur le Président, j'aimerais d'abord signaler que je partagerai mon temps de parole avec la députée de Rivière-des-Mille-Îles.
    Le projet de loi S-3 que nous étudions actuellement portait le numéro S-13 avant la prorogation, si je me souviens bien. Nous reprenons donc le processus. J'aimerais tout d'abord fournir un peu de contexte, expliquer ce qui a mené à la situation actuelle et situer l'enjeu que constitue la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
    Au début des années 2000, un petit groupe de ministres et de directeurs généraux d'ONG internationales ont décidé de s'attaquer au problème posé par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Ce groupe comptait notamment des ministres de l'Australie, du Chili, de la Namibie, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et du Canada. Le Groupe de travail sur la haute mer, établi en 2003, s'est vu confier la tâche d'agir comme conseiller et d'élaborer un plan d'action. On souhaitait établir un leadership politique qui ferait avancer les choses et mènerait à des mesures concrètes qui permettraient d'intervenir immédiatement pour contrer le problème de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Le mot « immédiatement » est important. Cela se déroulait en 2003. Comme les députés pourront le constater, nous traînons vraiment la patte dans ce dossier.
    Pourquoi ont-ils décidé d'unir leurs efforts contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée? Parce qu'il s'agit d'un grave problème international, voire planétaire. On considère de plus en plus qu'il figure parmi les principaux obstacles à la durabilité des pêches mondiales, un objectif que tous les députés veulent atteindre, je n'en doute pas un instant.
    Le groupe de travail a notamment produit le rapport « Les mailles du filet se resserrent: Arrêt de la pêche illégale en haute mer » en 2006. Cet excellent rapport fait état d'une série de chiffres: on y apprend par exemple que la valeur des prises mondiales attribuées à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée varie de 4 à 9 milliards de dollars américains par année. À elle seule, la pêche en haute mer représente 1,25 milliard de dollars. Le reste provient des zones économiques exclusives des États côtiers — on parle par exemple de la zone côtière où le Canada a le droit exclusif de pêcher.
    Même si ça peut sembler difficile à croire, ce sont les pays développés qui fournissent plus de la moitié de tous les produits de la mer commercialisés du monde qui subissent la majorité des pertes associées à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée. En fait, non, ce n'est peut-être pas si difficile à croire que ça. Voilà pourquoi j'ai demandé aux conservateurs ce qu'ils pensaient de l'idée de rendre obligatoire l'étiquetage des fruits de mer, parce que nous n'avons aucune idée de leur provenance, ni s'ils ont été pêchés légalement ou non.
    Dans les eaux au large de l'Afrique subsaharienne, les pertes se chiffrent à 1 milliard de dollars américains par année. À peu de chose près, c'est l'équivalent du quart de toutes les exportations de poisson de l'Afrique. On voit donc à quel point l'heure est grave. Le groupe environnemental Pew rappelle que, selon les calculs des halieutistes, la pêche illégale représente jusqu'à 40 % des prises au large de l'Afrique de l'Ouest. C'est ahurissant. La pêche illégale, non déclarée et non réglementée représente donc un fardeau financier considérable pour certains des pays les plus pauvres, où la population compte le plus sur la pêche pour se nourrir, gagner sa vie et faire entrer de l'argent. Elle compromet surtout les efforts déployés récemment par ces pays pour gérer les ressources naturelles de manière à contribuer à leur croissance et à leur bien-être.
    La pêche illégale, non déclarée et non réglementée ne reconnaît pas les frontières nationales. Elle fait surtout fi des tentatives internationales pour gérer les ressources en haute mer. Elle est florissante là où les autorités sont faibles et lorsqu'un pays — y compris le Canada — manque à ses responsabilités internationales. Elle exerce une pression insoutenable sur les stocks de poisson, la vie marine, et l'habitat de la faune aquatique. Elle détourne les normes du travail et crée des distorsions sur les marchés. Les répercussions de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée sont nombreuses.
    Le phénomène s'est révélé extraordinairement rebelle aux récentes tentatives internationales pour le contrôler. Cette persistance de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée est attribuable à sa rentabilité — qui est nourrie par la demande —, la capacité de pêche excédentaire, les lacunes de gouvernance et le manque de volonté politique chez les instances internationales, qui hésitent à s'attaquer aux causes premières. Je reviendrai sur ce dernier point dans un instant.
    Dans le rapport intitulé « Les mailles du filet se resserrent », on indique ceci:
    Un large éventail de mesures internationales a été mis en place dans le but de contrecarrer [ce problème] mais l’absence de volonté politique pour appliquer les objectifs et les déclarations adoptés est un des problèmes majeurs.

  (1045)  

    C'est ce qui se passe à l'heure actuelle. De nombreux États sont réticents à exercer un contrôle de leurs navires de pêche en haute mer. Même chez ceux qui ont mis en place des mesures à cet égard, l'application de celles-ci — élément crucial s'il en est — est tout au plus inégale.
    Grâce aux efforts du Groupe de travail sur la haute mer, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a fait adopter en 2009 l'Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Le projet de loi à l'étude donnerait force de loi à cet accord conclu en 2009. Il vise sa mise en oeuvre au Canada, en modifiant la Loi sur la protection des pêches côtières.
    Je tiens à souligner combien il est important que le Canada honore ses engagements envers les Nations Unies et qu'il fasse figure de leader dans la lutte internationale contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Notre pays a les compétences pour le faire. Nous sommes heureux de voir le gouvernement agir dans ce dossier avec le projet de loi S-3.
    En plus de présenter des risques pour l'environnement et, bien sûr, pour nos écosystèmes marins, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée nuit aux pratiques durables des entreprises de pêche légitimes, y compris celles établies au Canada, et constitue une concurrence déloyale en matière d'exploitation durable des produits de la mer. Les modifications prévues dans le projet de loi aideraient les pêcheurs et leurs collectivités à contrer la concurrence déloyale, ce qui est important pour les pêcheurs de la région d'Halifax, ainsi que de partout au pays. Bien que le projet de loi soit un petit pas dans la bonne direction, il fait suite à des décennies de mauvaise gestion par les conservateurs et les libéraux ayant mené le Canada dans la mauvaise direction.
    Je dirai que, grâce à ses années d'expérience comme ministre de l'Environnement du Québec, le chef du NPD comprend que, pour prospérer, l'industrie canadienne de la pêche a besoin de protections environnementales. Les Canadiens peuvent compter sur lui pour favoriser la croissance économique tout en protégeant l'environnement. C'est ce que nous cherchons à faire. Nous voulons stimuler l'économie et l'industrie de la pêche tout en veillant à ce que cette dernière soit viable, légitime et réglementée. C'est là l'équilibre qu'il faut établir.
    Nous avons entendu parler de la situation désastreuse qu'engendre la pêche illicite dans le monde. Il est temps d'agir. Le projet de loi permet au Canada de ratifier l'accord de la FAO de 2009. Lorsqu'il aura ratifié en bonne et due forme l'Accord sur les mesures de l'État du port, le Canada devra encourager d'autres pays à faire de même. Comme d'autres intervenants nous l'ont dit, nous avons besoin de 25 pays si nous voulons mettre en oeuvre l'accord à l'échelle internationale. Le temps presse.
    Le projet de loi a été adopté au Sénat en 2012. Il n'a été renvoyé à la Chambre des communes et au comité que récemment. Nous appuyons le projet de loi, nous en appuyons l'adoption. Mais que se passe-t-il? Pourquoi le gouvernement se traîne-t-il les pieds dans ce dossier? Nous avons beaucoup entendu parler de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et de notre engagement international en vue de ratifier un projet de loi en 2012. Or, nous sommes maintenant en 2015, trois semaines et demie avant que la Chambre s'ajourne, et nous sommes enfin saisis du projet de loi.
    Il ne faut pas oublier que la valeur des prises issues de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée à l'échelle mondiale se situe entre 4 milliards de dollars et 9 milliards de dollars par année. Or, nous avons attendu des années avant de ratifier l'accord, et c'est sans parler des dommages écologiques causés par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
    Nous ne sommes pas les seuls à nous demander pourquoi il a fallu tout ce temps. Patrick McGuinness, du Conseil canadien des pêches, a comparu devant le comité. Il a dit ceci:
    Le problème qui survient lorsque nous essayons de régler le problème de la pêche INN au moyen d'un accord international comme l'Accord sur les mesures de l'État du port, c'est que la procédure est longue. Les négociations ont été longues, et il faudra encore du temps avant que l'accord ne soit ratifié par un nombre suffisant de pays pour dire que c'est la bonne façon de régler le problème de pêche INN.

  (1050)  

    Les néo-démocrates appuient le projet de loi. Je me demande pourquoi on a tant tardé à le présenter, étant donné que 25 pays doivent ratifier l'accord pour que celui-ci puisse entrer en vigueur.
    J'ai d'autres questions sur le projet de loi. J'en ai déjà posé quelques-unes aux députés conservateurs, et j'en poserai d'autres un peu plus tard.
    Monsieur le Président, la députée a dit que le chef de l'opposition officielle a fait de bonnes choses pour l'environnement. À l'époque, il était ministre de l'Environnement sous un gouvernement libéral. Il est vrai qu'il a pris de bonnes mesures, mais c'était en tant que ministre libéral: nul doute que cela a dû y être pour quelque chose.
    La question que j'aimerais poser à la députée porte sur l'accord. Elle a insisté sur celui-ci, et nous estimons qu'elle a raison de le faire. Le gouvernement n'a pas fait preuve de diligence et il n'a certainement pas été proactif. Il n'a absolument rien fait pour accélérer l'adoption de ce projet de loi à la Chambre. La députée pourrait peut-être nous en dire davantage sur ce sujet. Elle a raison de dire que le gouvernement n'a pas fait preuve de leadership.
    Pensons au rôle que le Canada devrait jouer en tant que pays. Je crois qu'aucun autre pays au monde ne possède un littoral aussi vaste. Je me trompe peut-être, et j'ai sans doute un parti pris pour mon pays. Toutefois, il est clair que le gouvernement aurait dû faire preuve d'un leadership beaucoup plus fort.
    Monsieur le Président, je remercie le député d'avoir souligné que le chef de mon parti a déjà été ministre au sein d'un parti fédéraliste. C'est vraiment important de le souligner.
    Je suis d'accord avec le député pour dire que le gouvernement ne fait pas du tout preuve de leadership, et pas seulement dans le dossier qui nous occupe aujourd'hui. Les conservateurs sont très bons quand vient le moment de faire de beaux discours sur la scène internationale et de dire qu'ils vont signer tel ou tel traité, mais le problème, c'est qu'ils ne joignent pas le geste à la parole. C'est vraiment important de le dire.
    En voici un très bon exemple: mon collègue, le député de New Westminster—Coquitlam, a présenté un projet de loi visant à interdire le prélèvement des nageoires de requin dans les eaux canadiennes. L'interdiction existe, mais elle n'est pas inscrite dans une loi. Nous ne disposons pas non plus de loi visant à empêcher l'importation de nageoires de requin. Mon collègue a donc pensé que nous devrions agir à cet égard. En tant que législateurs, c'est notre rôle. Il a donc présenté un projet de loi, mais celui-ci a été rejeté dans une proportion de 143 à 38. Comment pouvons-nous dire au reste du monde que nous nous opposons au prélèvement des nageoires de requin alors qu'aucune loi au pays ne permet d'appliquer cette interdiction ou pour empêcher l'importation de nageoires de requin? Les nageoires de requin importées au Canada ne portent pas une étiquette indiquant leur origine.
    Il s'agit d'abord et avant tout de joindre le geste à la parole, ou bien, comme nous l'avons entendu à la Chambre l'autre jour, de joindre la parole au geste. Cette expression me laisse un peu perplexe. Le gouvernement n'a pas encore pris de mesures concrètes dans ce dossier.

  (1055)  

[Français]

    Monsieur le Président, d'abord, je félicite ma collègue pour son discours. Nous connaissons toute l'ambition qu'elle a de protéger notre planète à plusieurs égards.
     De toute évidence, je prends connaissance d'un dossier avec lequel je n'étais pas très familier, étant moi-même peu consommateur de poisson. Puisque je suis allergique, j'en mange très peu, et j'en suis désolé.
    C'est tout de même intéressant pour les citoyens de notre pays d'en parler, d'autant plus qu'à entendre les débats et à lire un peu plus sur le sujet, il semblerait que cet enjeu soit planétaire. Il fait référence à une ressource vivante et sauvage, soit des poissons vivant dans des eaux internationales.
    Ma collègue voudrait-elle nous dire à quel point le fait de se coordonner rapidement sur cet enjeu et d'en faire une priorité est un grand défi, justement à l'échelle internationale, au même titre que la lutte contre les changements climatiques l'est?
    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    Exactement, il s'agit d'un défi vraiment global et international, et il faut que tous les pays travaillent ensemble, à l'instar du NPD, aux enjeux des changements climatiques et de la pêche.

[Traduction]

    Nous devons agir en collaboration avec nos partenaires étrangers si nous voulons relever ce défi, et c'est tout de suite que nous devons le faire. Il ne s'agit pas d'un optimisme naïf; nous pouvons vraiment réussir si nous considérons les avantages économiques que nous pourrions retirer en décidant de nous attaquer aux changements climatiques. L'économie axée sur l'énergie verte présente pour nous de véritables possibilités économiques.
    La question de la pêche internationale illicite a à voir avec l'environnement, les écosystèmes et le tort causé non seulement aux ressources, mais également à l'économie. Puisqu'il se pratique une pêche illicite, non déclarée et non réglementée, la réglementation s'avère absolument primordiale. Nous devons travailler à l'échelle internationale, en collaboration avec les autres pays.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai le plaisir de me lever à la Chambre pour parler du projet de loi S-3. C'est vraiment un plaisir de me lever après la députée d'Halifax. En effet, j'ai déjà eu l'occasion de travailler avec elle en tant que porte-parole adjointe en matière d'environnement. Nous avons siégé ensemble au Comité permanent de l'environnement et du développement durable.
    C'est à l'époque où le gouvernement a complètement éviscéré la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale. Ce gouvernement ne tient pas compte de l'équilibre entre l'économie et l'environnement. Au NPD, nous comprenons que ce sont des concepts qui ne se nuisent pas entre eux. Nous savons que nous pouvons développer des politiques qui favorisent et protègent notre environnement tout en protégeant nos industries.
    Aujourd'hui, nous parlons de l'industrie de la pêche, puisque nous parlons du projet de loi S-3 qui porte essentiellement sur la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. C'est un projet de loi essentiel. Il s'agit en grande partie d'un projet de loi administratif, visant à permettre au Canada de ratifier un accord des Nations Unies que nous avons signé en 2010, soit l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
    Nous allons appuyer ce projet de loi et nous félicitons le gouvernement de l'avoir proposé. Malheureusement, il reste seulement quatre semaines à cette session parlementaire. Nous avons vu ce gouvernement hésiter à passer à l'action. Il a vraiment traîné les pieds dans ce dossier visant à contrer la pêche illicite.
    La pêche illicite est un enjeu mondial qui touche des pays partout dans le monde. Selon une étude menée en 2008, la perte économique dans le monde entier attribuable à la pêche pirate varie entre 10 et 23 milliards de dollars américains par année. La pêche illicite produit aussi entre 11 et 26 millions de tonnes de produits de la mer chaque année, et elle peut représenter jusqu'à 40 % du total des prises dans certaines pêches. Finalement, il y a une dernière statistique que je veux mentionner: la pêche commerciale, l'aquaculture et la transformation des poissons et des produits de la mer au Canada contribue 5,4 milliards de dollars au PIB total. C'est donc une partie importante de notre économie. C'est pourquoi il faut lutter contre la pêche illicite, afin de protéger les pêcheurs légitimes et l'industrie de la pêche au Canada.
    Un autre problème dans le combat contre la pêche illicite partout dans le monde, c'est que plusieurs pays ont des règles ou des réglementations en place pour lutter contre la pêche illicite, mais ils ont beaucoup de difficulté à les appliquer. Il y a un manque d'inspections et de ressources pour faire en sorte que ces lois, ces réglementations et ces accords internationaux sont respectés. Cela nous préoccupe beaucoup.
    Le Canada doit jouer un rôle à l'échelle internationale afin d'encourager d'autres pays à signer l'accord. Il faut que 25 pays signent l'accord des Nations Unies sur les mesures visant à lutter contre la pêche illicite. Le Canada doit jouer un rôle de leader sur la scène mondiale afin d'encourager d'autres pays à s'engager. Il faut le faire pour que les ratifications de cet accord aient lieu le plus rapidement possible. Malheureusement, la réputation et l'image du Canada dans le monde ne sont pas ce qu'elles étaient il y a 10 ou 15 ans. Elles ont beaucoup changé sous la gouverne des conservateurs.
    En 2011, j'ai eu l'occasion d'aller à Durban, en Afrique du Sud, pour les négociations des Nations Unies en matière de changement climatique. J'y étais avec le ministre de l'environnement de l'époque, bien qu'il n'ait pas inclus de députés des partis de l'opposition dans la délégation gouvernementale.

  (1100)  

     Pendant ces négociations sur les changements climatiques, le Canada a été la risée de la communauté internationale. Plusieurs délégués d'autres pays m'ont dit qu'ils avaient eu l'impression que le Canada avait négocié de mauvaise foi, surtout parce que le premier ministre n'avait même pas permis au ministre de l'Environnement de l'époque de rentrer chez lui, après avoir débarqué de l'avion de Durban, avant d'annoncer que le Canada allait se retirer du Protocole de Kyoto. Le ministre a fait l'annonce tout de suite après sa visite à Durban et son arrivée au Canada.
    Alors, plusieurs délégués d'autres pays avaient raison, car le Canada n'avait pas annoncé ses intentions de se retirer du Protocole de Kyoto lors des négociations à Durban. Cela a été fait au mois de décembre, à un moment où très peu de personnes suivent la politique fédérale. Cela a été fait en cachette et sans consultation.
    Je réitère le fait que le Canada doit jouer un rôle de leader et qu'il a beaucoup de travail à faire pour redorer son image auprès de la communauté internationale, surtout en ce qui concerne les enjeux comme l'environnement et la pêche illicite.
    Le gouvernement aurait pu agir plus vite pour mettre en oeuvre cet accord des Nations Unies, et cette idée se résume bien dans le témoignage de Patrick McGuinness, du Conseil canadien des pêches, qui est venu témoigner devant le comité parlementaire. Il a dit, et je cite:
    Le problème qui survient lorsque nous essayons de régler le problème de la pêche INN au moyen d'un accord international comme l'accord sur les mesures de l'État du port, c'est que la procédure est très longue. Les négociations ont été longues, et il faudra encore du temps avant que l'accord ne soit ratifié par un nombre suffisant de pays pour dire que c'est la bonne façon de régler le problème de pêche INN.
    Il ne s'agit donc aucunement d'une priorité pour ce gouvernement conservateur, qui tarde à présenter cette législation à la Chambre.
    Pour ma part, je suis fière de faire partie d'une équipe qui dispose d'une expertise en matière d'environnement et par rapport à l'industrie. Nous avons des députés comme la députée d'Halifax, qui est intervenue avant moi, mais nous avons aussi un chef de caucus, le chef de l'opposition officielle, qui a été ministre de l'Environnement au Québec. Pendant sa carrière en politique provinciale, il a démontré qu'il était un homme de convictions. Il a à coeur la protection de l'environnement, mais il sait aussi comment concilier les priorités environnementales avec les priorités économiques au Canada.
     Je suis donc convaincue que le capitaine de notre équipe est le bon. Il est excellent. Lorsque le NPD deviendra le prochain gouvernement du Canada, nous allons régler cet enjeu. En faisant preuve de leadership au sein de la communauté internationale, nous lutterons contre la pêche illicite à l'échelle internationale.
    Nous tenons à souligner à quel point il est important que le Canada s'acquitte de ses obligations envers l'ONU, et que le Canada peut être un chef de file. Une fois le projet de loi adopté, le gouvernement aura pleinement ratifié l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'État du port.
    Je réitère que nous allons appuyer ce projet de loi, mais le gouvernement doit jouer un rôle en amont et prendre des mesures pour prévenir la pêche illicite. Au cours de la dernière décennie, le gouvernement du Canada a traîné les pieds en ce qui concerne cette situation.

  (1105)  

    Bien que nous accueillions le projet de loi avec beaucoup de plaisir et que nous l'appuyions, le gouvernement fédéral a encore beaucoup de travail à faire. Or on peut constater que les conservateurs manquent beaucoup de leadership.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je partagerai mon temps de parole avec le leader du gouvernement à la Chambre des communes.
    Je suis heureuse de prendre la parole aujourd'hui pour appuyer le projet de loi S-3, Loi modifiant la Loi sur la protection des pêches côtières. Ce projet de loi donnera au Canada de nouveaux outils pour lutter plus efficacement contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et pour soutenir les efforts déployés à l'échelle mondiale afin de mettre un terme à cette activité illégale.
    Je viens des Maritimes, et je sais pertinemment qu'il est crucial d'assurer la viabilité des pêches pour les localités côtières. La pêche illégale est un problème mondial. Malheureusement, ceux qui se livrent à cette activité criminelle ont pu circuler un peu partout, à la recherche de possibilités de gains dans des secteurs où on n'applique pas la loi ou on a de la difficulté à la faire observer.
    Ces dernières années, la communauté internationale a mis au point des outils pour empêcher que le poisson pris illégalement parvienne sur le marché mondial. Il s'agit d'éliminer les profits tirés de la pêche illicite. Si la pêche illicite — extrêmement préjudiciable à environnement et à la viabilité des espèces marines — ne présente plus d'intérêt pécuniaire, nous pouvons espérer y mettre fin.
    Puisque le Canada exporte 85 % de ses prises, nous savons que la pêche illégale dans d'autres régions du monde peut avoir d'importantes répercussions sur l'industrie des pêches ici, au pays. En ratifiant et en mettant en oeuvre l'Accord sur les mesures de l'État du port, nous collaborons avec nos partenaires internationaux pour faire en sorte que les produits de la pêche illégale ne puissent pas être vendus sur les marchés mondiaux. Nous nous engageons également à appuyer une industrie de la pêche qui respecte les règles, tant au Canada qu'à l'étranger.
    Quelles sont les espèces ciblées par ceux qui pratiquent la pêche illégale? Ce sont les espèces qui ont une grande valeur, comme le thon rouge de l'Atlantique et la légine antarctique, entre autres. Dans bien des cas, ces espèces de poissons ont une très grande valeur et sont très intéressantes pour ces criminels parce qu'elles sont rares, mais c'est aussi pour cette raison qu'il faut absolument les protéger contre ces pratiques de pêche non viables.
    Le problème posé par la pêche illégale n'est pas nouveau. En fait, de plus en plus, on exige des preuves garantissant que les poissons et les fruits de mer importés ont été pêchés légalement. Ces preuves sont généralement des documents certifiant que les pêcheurs ont respecté les règles nationales ou régionales sur la gestion des pêches lors de la pêche. Ces documents doivent être étayés par des activités de suivi, de contrôle et de surveillance efficaces pour que le pays qui importe les produits puisse confirmer que les procédures appropriées ont été suivies.
    Selon la région, les exigences relatives à la pêche dans les eaux internationales peuvent être établies par les organismes régionaux de gestion des pêches, comme l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, l'OPANO. Le Canada est membre de cette organisation, ce qui permet au gouvernement de défendre les intérêts des pêcheurs canadiens et d'appuyer les pêches durables. Nous réclamons depuis longtemps des mesures visant à favoriser la durabilité, à lutter contre la surpêche et à protéger d'importants écosystèmes marins.
    Par exemple, à la réunion annuelle de 2014, le Canada a réussi à faire adopter des mesures supplémentaires pour renforcer la déclaration des prises par tous les pays membres. Certains pays ont commencé à exiger des documents faisant état des prises pour une partie ou la totalité des produits de la mer qui sont débarqués ou qui sont importés sur leurs marchés. Par exemple, l'Union européenne exige depuis 2010 que toutes les importations de poissons ou de fruits de mer soient attestées par un certificat de capture. Tous les pays qui exportent vers l'Union européenne, y compris le Canada, doivent démontrer que leurs certificats sont appuyés par des lois rigoureuses concernant les pêches.
    Nombre d'organisations régionales de gestion des pêches adoptent la même approche. Ces organisations mettent l'accent sur l'établissement d'exigences en matière de documentation sur les prises pour les espèces les plus recherchées, qui font souvent l'objet d'une pêche illicite. Par exemple, certaines organisations ont des exigences en matière de documentation pour les différentes espèces de thon. C'est notamment le cas d'organisations régionales de gestion dont fait partie le Canada, comme la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique et la Commission des pêches du Pacifique Centre-Ouest.

  (1110)  

    Nous importons aussi du poisson et des fruits de mer provenant de régions du monde où nous ne menons pas des activités de pêche. Dans nombre de ces régions, des organisations régionales sont en place pour gérer les espèces les plus recherchées, comme le thon. Des organisations telles que la Commission des thons de l'océan Indien et la Commission pour la conservation du thon rouge du Sud exigent également des documents de certification des captures pour s'assurer que le poisson est capturé de façon licite.
    Grâce aux modifications proposées dans le projet de loi à l'étude, le Canada rendrait illégale l'importation de thons de ces régions éloignées sans les documents requis. Le projet de loi vise à protéger le marché canadien des produits de la mer contre les criminels qui pratiquent la pêche illicite afin de profiter de la demande élevée pour ces espèces.
    Les exigences en matière de documents relatifs aux importations peuvent avoir une véritable incidence sur les activités de pêche illicite. Voici un autre exemple d'espèce exposée à de grands risques en raison de la pêche illicite: la légine australe, souvent vendue sous l'appellation commerciale « bar commun du Chili ». Cette espèce, qui vit dans les océans à l'extrémité sud de la planète, est gérée par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique. Tous les bateaux qui pêchent la légine dans ces eaux doivent respecter les mesures de conservation et obtenir un certificat de capture attestant que le poisson a été pêché de façon durable. Depuis que cette exigence relative au certificat de capture est entrée en vigueur en 2000, le volume sur les marchés internationaux de légines capturées de façon illicite a baissé de moitié.
    Cette espèce n'est pas pêchée au Canada, mais elle y est importée. Tout comme dans le cas du thon, les modifications prévues dans le projet de loi S-3 donneront clairement au Canada l'autorisation légale d'adopter et de mettre en oeuvre de telles exigences de certification pour nos importations.
     Les amendements apportés par le comité au projet de loi permettraient au Canada de déterminer par lui-même si, en plus des documents de certification des captures conçus par les organisations régionales de gestion des pêches, des documents devraient être requis pour l'importation d'autres poissons ou fruits de mer et, le cas échéant, ce que devrait être le contenu de ces documents. Les exigences seraient énoncées dans la réglementation.
    Ces amendements adoptés au comité sont importants parce qu'ils permettront au Canada d'imposer rapidement de nouvelles exigences relatives à l'importation de poissons lorsque de nouvelles espèces seront ciblées par ceux qui pratiquent la pêche illicite.
    L'exemple récent du bateau de pêche Thunder montre que la pêche illicite représente une menace continuelle. Ce bateau a été suivi pendant des mois, tandis qu'il pêchait dans les eaux de l'Antarctique avec des filets illégaux. La coopération entre Interpol, plusieurs États et l'organisme chargé de la surveillance du bateau a empêché ce dernier de trouver un havre sûr pour ses prises illégales. Ce cas démontre clairement que, lorsque la communauté internationale unit ses efforts, il est possible d'arrêter ces criminels et de protéger nos océans.
    J'exhorte tous les députés à se joindre à moi pour appuyer l'adoption du projet de loi, tel que le comité en a fait rapport. Ces modifications à la Loi sur la protection des pêches côtières assureraient la compatibilité du régime canadien relatif aux mesures de l’État du port avec cet important accord international et les normes établies par nos partenaires étrangers.
    Je suis fière de faire partie d'un gouvernement qui agit dans ce dossier important. J'espère que l'opposition fera ce qui s'impose et votera en faveur du projet de loi.

  (1115)  

[Français]

    Monsieur le Président, je rassure la députée d'en face: le NPD appuiera cet projet de loi essentiel.
    J'aimerais demander à la députée si le gouvernement est prêt à exhorter d'autres pays de la communauté internationale à signer et à ratifier l'Accord sur les mesures de l'État du port.
    J'aimerais aussi savoir quel est le plan du gouvernement pour mettre fin à la pêche illégale, non réglementée et non déclarée au Canada.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis heureuse d'apprendre que l'opposition appuiera ce très important projet de loi. Il aidera grandement notre économie.
    Nous devons prendre des mesures pour mettre fin à la pêche illégale et c'est ce que feront ces modifications. Le projet de loi donnera un rôle plus important à jouer à nos gardes-pêche. Nous sommes au courant de l'excellent travail qu'ils font et nous les en remercions.
    C'est un projet de loi important pour notre économie et je suis fière de faire partie d'un gouvernement qui prend des mesures pour mettre fin à la pêche illégale dans notre pays et ailleurs.
    Monsieur le Président, les libéraux appuieront également le projet de loi, mais nous avons quelques réserves. L'une d'entre elles concerne l'amende maximale de 500 000 $. Dans certains cas, la pêche illégale peut se traduire par des millions de dollars de profit. Toutefois, pour une raison que j'ignore, le gouvernement — qui a refusé de faire comparaître les spécialistes au comité — a limité l'amende à 500 000 $. Le gouvernement prétend sévir contre la criminalité, mais cette amende maximale n'est pas vraiment sévère pour ce qui sera un crime international une fois le projet de loi mis en oeuvre.
    La députée pourrait-elle expliquer pourquoi son gouvernement hésite tant à imposer les amendes appropriées aux grands ou aux gigantesques bateaux de pêche qui s'adonnent à la pêche illégale? Pourquoi seulement 500 000 $?

  (1120)  

    Monsieur le Président, je remercie le député de l’opposition de sa question, et je suis ravie d’apprendre qu’il appuiera également notre projet de loi, qui aura certainement un grand effet sur notre économie.
    Nos agents auront beaucoup de pain sur la planche; cela présente certainement beaucoup de travail pour eux. Nous sommes reconnaissants de leur dévouement et de leur excellent travail.
    Comme nous le savons tous, le Canada est un chef de file. Je suis très fière de faire partie d’un gouvernement qui comprend l’importance des pêches durables pour les collectivités côtières. Je suis fière de faire partie d’un grand gouvernement qui constate quels sont les besoin et qui prend des mesures. Le gouvernement voit que nous devons nous attaquer aux pêches illégales et prend des mesures en ce sens. Je suis très heureuse de voir que l’opposition nous appuiera dans nos démarches.
    Monsieur le Président, j’ai siégé bon nombre d’années au comité des pêches lorsque j’ai été élu pour la première fois, en 2006. J’ai de l’expérience dans la conservation, l’application de la loi et la gestion des pêches. Par conséquent, je suis très actif dans le dossier, et cela m’intéresse beaucoup. Je suis ravi que le gouvernement aille de l’avant en ce qui concerne le projet de loi S-3.
    Comme la députée est du Canada atlantique, pourrait-elle nous informer de ce que les pêcheurs et les habitants du Canada atlantique pensent de cette mesure législative?
    Monsieur le Président, je tiens à remercier le député de sa question. Lorsque j’ai été élue pour la première fois, j’ai moi aussi siégé au comité des pêches. C’était certainement une excellente expérience.
    Je sais que nos pêcheurs appuient le projet de loi et en comprennent les avantages pour notre économie. Ils sont heureux que le gouvernement prenne des mesures.
    Monsieur le Président, j'aimerais parler du projet de loi S-3, Loi modifiant la Loi sur la protection des pêches côtières. Il s'agit d'un projet de loi particulièrement important qui vise à combattre la pêche illicite, et ce, en collaboration avec nos partenaires internationaux. C'est important pour les Canadiens sur plusieurs plans.
    Bien entendu, la pêche revêt une énorme importance économique. Plusieurs milliers de familles en dépendent d'une façon ou d'une autre. Au cours des dernières décennies, nous avons vu les ravages que peut causer la surpêche étrangère, qui a beaucoup nui à notre économie et qui a miné l'industrie de la pêche, notamment celle de la morue, qui ne s'en est pas encore complètement remise. Voilà pourquoi il est particulièrement important que nous mettions en oeuvre les mesures prévues dans cet accord.
    Le projet de loi est important non seulement du point de vue économique, pour les familles qui vivent de la pêche, mais aussi du point de vue de la souveraineté canadienne. C'est une autre façon de bien affirmer notre souveraineté relativement à nos ressources et à notre territoire, et je pense que les Canadiens appuient les efforts à cet égard.
    Enfin, le projet de loi est de plus en plus important sur le plan de l'environnement. On s'accorde généralement pour reconnaître que les ressources halieutiques sont menacées à l'échelle internationale. Dans certaines parties du monde, la surpêche a eu des effets dévastateurs, et nous n'avons qu'une vague idée des répercussions possibles. Le Canada peut être fier d'avoir joué un rôle de premier plan dans ce dossier, grâce aux mesures prises pour interdire la surpêche illégale et pour assurer une gestion appropriée non seulement de nos ressources, mais aussi de cet écosystème naturel d'une importance cruciale. C'est de cela que nous parlons ici. Il s'agit d'une mesure législative très importante sur le plan écologique.
    Il est donc primordial d'appuyer ce projet de loi du point de vue de l'économie, de la souveraineté et de l'environnement.

  (1125)  

Loi sur la protection des renseignements personnels numériques

Projet de loi S-4 — Motion d'attribution de temps  

    Monsieur le Président, je dois aussi traiter d'un autre dossier, qui a fait l'objet de l'avis que j'ai donné hier à la Chambre en vue de proposer la motion suivante, avec l'appui du ministre de l'Industrie. Je propose:
    Que, relativement au projet de loi S-4, Loi modifiant la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques et une autre loi en conséquence, au plus un jour de séance supplémentaire soit accordé aux délibérations à l'étape du rapport et de la deuxième lecture de ce projet de loi et un jour de séance soit accordé aux délibérations à l'étape de la troisième lecture de ce projet de loi;
    Que, 15 minutes avant l'expiration du temps normalement prévu pour les Ordres émanant du gouvernement au cours du jour de séance attribué pour l'étude à l'étape du rapport et de la deuxième lecture de ce projet de loi et au cours du jour de séance attribué pour l'étude à l'étape de la troisième lecture de ce projet de loi, tout délibération devant la Chambre soit interrompue, s'il y a lieu, aux fins de cet ordre et, par la suite, toute question nécessaire pour disposer de l'étape à l'étude à ce moment soit mise aux voix immédiatement et successivement, sans plus ample débat ni amendement.
    Monsieur le Président, j'invoque le Règlement. J'aimerais faire appel à vos lumières en ce qui concerne la pertinence de la motion. Je sais que le leader du gouvernement à la Chambre peut intervenir à tout moment pour proposer une motion comme cette énième motion d'attribution de temps qui vise un projet de loi d'initiative ministérielle. Toutefois, je m'offusque, eu égard à l'examen du projet de loi S-3, qu'il ait prétendu intervenir à propos du projet de loi S-3, une importante mesure législative qui vise la ratification de mesures mondiales relatives aux pêches, pour détourner le débat sur un tout autre sujet.
    Sur le plan de la pertinence, j'estime que le leader du gouvernement à la Chambre n'aurait pas dû prétendre intervenir à propos du projet de loi S-3 pour plutôt proposer une motion d'attribution de temps relative au projet de loi S-4.
    La députée de Saanich—Gulf Islands dit elle-même que ce qu'a fait le leader du gouvernement à la Chambre est conforme au Règlement. Rien dans le Règlement n'indique qu'une motion ne peut être proposée que lorsqu'elle se rapporte de près ou de loin au dossier dont la Chambre est alors saisie. Par conséquent, et bien qu'il soit inusité de procéder ainsi, le leader du gouvernement à la Chambre a bel et bien agi conformément au Règlement, et la motion est recevable.
    Conformément au paragraphe 67(1) du Règlement, il y aura maintenant une période de questions de 30 minutes. J'invite les députés qui souhaitent poser des questions à se lever maintenant pour que la présidence ait une idée du nombre de personnes qui veulent participer au débat.
    Je vois que ce débat intéresse beaucoup de gens. Je demande aux députés de limiter leur questions à environ une minute, comme c'est habituellement le cas à la période des questions et observations. Le ministre limitera aussi ses réponses de la même façon.
    Nous passons aux questions et observations. La députée de Terrebonne—Blainville a la parole.

[Français]

    Monsieur le Président, je suis extrêmement déçue que la 97e motion d'attribution de temps soit déposée à la Chambre. C'est vraiment une insulte à notre démocratie.
    Ce qui me choque encore plus, c'est que, non seulement le gouvernement impose un bâillon à l'étape du rapport et deuxième lecture, mais il en déjà mis un à l'étape de la troisième lecture, alors que nous n'avons même pas encore commencé à débattre à la Chambre. C'est vraiment spécial. Encore une fois, c'est une insulte à notre démocratie.
    Le gouvernement invoque l'urgence d'adopter ce projet de loi. Je suis d'accord qu'il est très important de protéger les renseignements personnels des Canadiens et d'agir, sauf que ce gouvernement a traîné les pieds pendant des années. Il a eu quatre ans pour agir. Dans le passé, il y a eu des projets de loi qu'il n'a simplement jamais présentés au Parlement.
    Nous avons quand même eu beaucoup de temps pour réviser la Loi sur la protection les renseignements personnels et les documents électroniques. Toutefois, encore une fois, le gouvernement a traîné les pieds dans ce dossier.
    Or, soudainement, il invoque une urgence, alors qu'à maintes occasions, nous aurions pu mettre à jour la Loi sur la protection les renseignements personnels et les documents électroniques. J'ai même déposé un projet de loi qui aurait pu être voté à la Chambre et qui serait déjà intégré à la loi. Mais non! On invoque l'urgence à la dernière minute. Je trouve cela vraiment déplorable.
    Pourquoi ce gouvernement a-t-il attendu si longtemps pour agir pour soudainement dire qu'il y a maintenant urgence d'agir? Ce n'est pas logique.
    Monsieur le Président, il ne s'agit pas d'une urgence dans le contexte que souligne ma collègue. Nous estimons qu'il est très important que ce projet de loi soit adopté, et comme ma collègue le sait très bien, nous allons arrêter de siéger dans à peu près trois semaines.
    Nous avons déjà eu un débat sur ce projet de loi très complexe. À mon avis, nous avons été très respectueux envers les députés de la Chambre des communes et les partis de l'opposition. Nous avons engagé les gens impliqués dans ce dossier qui sont hors de la Chambre des communes.
    Également, par exemple, nous recevons l'appui du commissaire à vie privée. En effet, M. Therrien appuie ce projet de loi et applaudit l'approche du gouvernement dans ce projet de loi.
    Il est vraiment essentiel que nous mettions en avant cet engagement et cette approche au profit de la vie privée des Canadiens, dans un monde plus électronique que jamais. Nous voulons que ce projet de loi devienne réalité au profit des Canadiens.

  (1130)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le ministre de l’Industrie est dans une position peu enviable, car le leader du gouvernement à la Chambre ne cesse d'imposer une limite de temps à l'examen des projets de loi. Cela a pour effet de réduire le temps de parole des membres des petits partis, comme moi, la chef du Parti vert. Il est très rare que ceux-ci aient la possibilité de faire une allocution de 20 ou même de 10 minutes au cours des différentes étapes du processus législatif. Si le processus parlementaire suivait son cours normal, c'est-à-dire s'il n'y avait pas d'attribution de temps, les députés comme moi, les indépendants et ceux qui font partie des trois petits partis, auraient l'occasion de débattre des projets de loi.
    Le leader du gouvernement à la Chambre nous serre la vis en limitant le temps de débat et laisse au ministre de l'Industrie le soin de défendre à répétition le recours à l'attribution de temps, qui porte atteinte aux droits des députés et va à l'encontre de la démocratie.
    Ma question ne s'adresse donc pas directement au ministre de l'Industrie. Nous voudrions discuter des éléments de fond du projet de loi. Nous convenons qu'il constitue tout de même une amélioration, mais pour certains aspects il laisse carrément à désirer.
    La principale raison pour laquelle je prends la parole une fois de plus ce matin, c'est pour contester le recours excessif à la motion limitant le débat. C'est du jamais vu dans l'histoire de notre démocratie constitutionnelle, de notre monarchie constitutionnelle et de la démocratie parlementaire de Westminster, où, en principe du moins, tous les députés sont censés être égaux.
    Monsieur le Président, je sais que la chef du Parti vert exprime très clairement une préoccupation de longue date à ce sujet.
    En ce qui concerne le projet de loi S-4, le temps de la Chambre est précieux. Personnellement, j'aimerais que la Chambre siège plus tard le soir. Puisque le nombre de députés à la Chambre passera de 308 à 338, donner à plus de députés l'occasion de prendre la parole sur un plus grand nombre de projets de loi est un objectif admirable. J'aimerais que, à la prochaine législature, le Règlement en tienne compte.
    Si l'on regarde ce qui se passe dans d'autres pays, on constate que le Congrès américain, par exemple, siège très tard le soir, mais aussi qu'il fixe des délais pour les débats sur certains projets de loi. Il alloue à tous les partis politiques des périodes d'intervention précises, et le temps réservé est alloué de façon très différente. Peut-être qu'il faudrait discuter de cette question, étant donné qu'il y aura 30 députés de plus à la Chambre cet automne.
    Le gouvernement pourrait employer d'autres moyens pour tenir vraiment compte du point de vue des gens sur les mesures législatives du gouvernement.
    Pour ce qui est du projet de loi S-4, qui est un projet de loi technique, tout comme la Loi sur la modernisation du droit d'auteur et d'autres lois, dont j'ai eu la responsabilité de piloter l'étude à la Chambre, je crois que les partis d'opposition conviendront que nous avons tenté d'aborder la question de façon assez impartiale et neutre du point de vue idéologique afin de recueillir l'opinion du secteur privé, du milieu universitaire et des intervenants intéressés à la politique numérique et à la politique de protection de la vie privée, pour en arriver à une mesure législative aussi efficace que possible et représentant un progrès significatif pour le pays.

[Français]

    Monsieur le Président, je trouve intéressant que le ministre de l'Industrie nous parle d'un Parlement qui verra le nombre de ses députés passer à 338, alors que nous avons de la difficulté à avoir du temps de parole pour s'exprimer avec 308 députés à la Chambre. Je n'ai pas hâte de voir ce que ce sera quand nous serons 338 députés. Mon collègue ne devrait avoir aucune fierté de constater une 97e motion d'attribution de temps, c'est-à-dire un bâillon pour empêcher les députés de s'exprimer et, dans ce cas-ci, à toutes les étapes. Cette 97e motion d'attribution de temps est spéciale.
    On entend que le travail du comité aurait été court-circuité et qu'on n'aurait accepté aucune proposition. C'est tout l'exercice de la démocratie qui est en jeu, à l'aube d'une campagne électorale qui s'annonce assez ardue pour le gouvernement, selon ce qu'on entend sur le terrain.
     N'est-il pas inquiet de voir comment on est en train de réduire l'aspect démocratique de notre pays, au-delà du fait que le projet de loi S-4, avec toute l'importance qu'il pourrait avoir, ne vient même pas du gouvernement, mais plutôt du Sénat?

  (1135)  

    Monsieur le Président, le fait est que la moitié du processus législatif au Parlement du Canada inclut le Sénat. Je sais que le NPD veut abolir le Sénat, mais comme la Cour suprême dit que c'est impossible, cette politique du NPD est franchement inutile. Par ailleurs, c'est vrai que le projet de loi S-4 vient du Sénat, mais c'est parce que nous voulions avoir une approche efficace dans notre processus, afin de veiller à ce que les deux Chambres du Parlement du Canada aient le temps nécessaire pour faire leurs devoirs et agir de manière responsable concernant un projet de loi aussi complexe que celui-ci. C'est pour cela que nous avons adopté cette approche.

[Traduction]

    Il est certain que, pour une mesure législative aussi importante que la Loi modifiant la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, en l'occurrence le projet de loi S-4, qui est assez technique, il est important de suivre un processus rigoureux. Le Parlement est mandaté pour faire cet examen et, comme ministre de l’Industrie, c'est moi qui en suis responsable.
    Je sais que le comité de l'industrie en a fait une étude approfondie. Nous avons recueilli divers points de vue qui ont été intégrés à la mesure législative avant que nous la présentions, au cours du processus législatif et des délibérations du comité. La même chose a été faite au Sénat. Je dois dire que je suis plutôt fier de cette mesure législative. Elle est très importante pour notre pays. Le signalement des atteintes à la sécurité des données, la responsabilisation, le soutien évoqué du commissaire à la protection de la vie privée relativement aux atteintes à la sécurité des données, les peines prévues pour les entreprises qui n'informent pas les gens des atteintes à la protection des données qui sont survenues, tout cela est important. Ce serait un grand pas en avant pour le Canada.
    Je répète que cette mesure législative fait suite à de vastes consultations qui ont été menées en dehors de toute partisanerie pour glaner des idées. Nous en sommes arrivés à une mesure législative équilibrée. Lorsqu'elle sera adoptée et appliquée, le pays sera très bien servi.
    Monsieur le Président, avec tout le respect que je dois à mon collègue, je suis inquiète. Le ministre a dit que nous devons aller de l'avant avec ce projet de loi parce que le gouvernement voue un grand respect au commissaire à la protection de la vie privée. Or, on ne peut pas dire qu'il a été très respectueux à l'égard du commissaire lorsque celui-ci a voulu témoigner au sujet du projet de loi C-51, qui portait sur un grand nombre d'enjeux similaires. Il est pour le moins préoccupant que le gouvernement décide tout à coup d'afficher cette profonde déférence à l'égard du commissaire.
    Je trouve aussi troublant que le gouvernement continue à présenter des projets de loi importants par l'intermédiaire du Sénat — la Chambre non élue —, et qu'il restreigne les débats lorsqu'ils arrivent à la Chambre — la Chambre élue. Voilà une façon de faire dont le gouvernement se sert tant et plus.
    Il s'agit effectivement d'un projet de loi important. Pourquoi alors le gouvernement a-t-il attendu à la fin de la session pour le présenter, en précisant qu'il ne reste plus beaucoup de temps et qu'il nous faut l'adopter?
    Je sais pertinemment que mes électeurs vont trouver cela très choquant, comme ils ont trouvé très choquant le processus entourant le projet de loi C-51.
    Monsieur le Président, en tout respect, je vous dirais que le projet de loi a été étudié par la Chambre lors de plusieurs séances. À un certain moment, nous avons cru pouvoir conclure un accord avec le NPD, par exemple, pour que le débat de deuxième lecture sur le projet de loi prenne fin et que nous puissions le renvoyer au comité, qui en aurait fait une étude approfondie. Malheureusement, des députés néo-démocrates ont pris la parole les uns après les autres pour lire exactement le même discours, sans ajouter de nouveaux éléments d'information ni exprimer de nouvelles opinions. Ils ont fait traîner le débat en longueur sans l'enrichir et se sont permis, chemin faisant, de faire la morale au gouvernement sous prétexte qu'il coupait court au débat. Les néo-démocrates se sont amusés à nous faire tourner en rond.
    Nous voulons renforcer la protection des renseignements personnels des Canadiens, et voici ce que le commissaire à la protection de la vie privé pense du projet de loi:
[...] je suis fort encouragé par l’engagement du gouvernement à actualiser la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (la LPRPDE), et [...] j’appuie bon nombre des modifications proposées dans ce projet de loi. Des propositions comme l’avis à signifier en cas d’atteinte, les accords de conformité volontaires et l’amélioration du consentement contribueraient grandement à renforcer le cadre de protection de la vie privée des Canadiens [...]
     Chantal Bernier, la commissaire à la protection de la vie privée par intérim était du même avis. Elle a déclaré qu'elle accueillait avec satisfaction les propositions et que le projet de loi semblait contenir « des éléments très favorables ». Elle a ajouté ceci: « C’est avec plaisir que je constate que le gouvernement a entendu nos préoccupations et a traité des enjeux comme le signalement des atteintes [...] ».
    J'espère que je n'apprends rien à la députée d'en face. Je sais que les néo-démocrates aspirent à former le gouvernement, mais, lorsque les gouvernements présentent des projets de loi, ceux-ci doivent être adoptés par la Chambre et doivent l'être également par le Sénat. Par conséquent, comme le Sénat a déjà adopté le projet de loi, c'est maintenant à la Chambre de l'étudier. L'étude de ce projet de loi a commencé il y a beaucoup plus d'un an au Parlement du Canada. Il est temps d'aller de l'avant. Il est temps de protéger les Canadiens et de mettre à jour la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques au moyen du projet de Loi sur la protection des renseignements personnels numériques.

  (1140)  

    Monsieur le Président, le ministre pourrait-il nous expliquer ce que le gouvernement fait pour accroître les pouvoirs du commissaire à la protection de la vie privée afin de s'assurer que les entreprises suivent les règles en matière de protection des renseignements personnels des citoyens canadiens?
    Monsieur le Président, depuis 2006, l'année de notre arrivée au pouvoir et de la mise en œuvre de notre première mesure législative, le projet de loi C-2, qui a été suivie d'un certain nombre d'autres mesures, nous avons accordé un plus grand nombre d'outils, des budgets plus substantiels et des responsabilités supplémentaires aux mandataires indépendants du Parlement afin de tenir non seulement le Parlement, mais aussi les entreprises et les organismes non gouvernementaux responsables de la protection des Canadiens.
    La mesure législative accordera au commissaire à la protection de la vie privée et à chaque Canadien jusqu'à une année, au lieu des 45 jours actuels, pour traduire une organisation devant les tribunaux si elle a enfreint la loi. Très souvent, les gens ne sont pas informés ou ne comprennent pas complètement les conséquences des atteintes à la sécurité de leurs données et à leur vie privée qui sont survenues en ligne.
    À l'heure actuelle, les Canadiens disposent de seulement 45 jours pour intenter un procès à une institution ou à une entreprise, afin d'obtenir réparation relativement à une atteinte à la sécurité de leurs données. Nous avons fait passer ce délai de 45 jours à une année, et nous avons donné au commissaire à la protection de la vie privée le pouvoir de prendre des mesures au nom des Canadiens pour régler un cas particulier ou un dossier plus vaste et complexe. Cette mesure est très importante.
    Nous souhaitons nous assurer que le commissaire à la protection de la vie privée a ce genre de pouvoirs et ce genre de latitude pour intervenir, car 45 jours représentent une période beaucoup trop courte. Voilà le genre de pouvoirs que le commissaire à la protection de la vie privée a demandés. Nous l'avons écouté, et nous avons intégré ces pouvoirs dans la mesure législative. Cela contribuera grandement à offrir plus de certitudes aux Canadiens dans un monde numérique.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai trouvé intéressant d'entendre, plus tôt, le ministre exprimer ses préoccupations quant à la possibilité des députés de pouvoir participer aux débats de la Chambre. C'est un peu ironique de le voir se lever à la Chambre et être obligé de défendre les décisions du leader du gouvernement à la Chambre des communes. Je trouve aussi ironique de l'entendre passer des commentaires franchement désobligeants sur des propos tenus par des députés d'autres partis.
    Je vais être plus respectueuse que lui et je vais me garder de commenter certains discours que j'ai entendus venant de l'autre côté et qui ont été écrits dans le bureau du premier ministre. Franchement, ils n'étaient pas de grande qualité.
    Le ministre a-t-il déjà exposé à ses collègues ou au leader du gouvernement à la Chambre des communes son malaise devant la situation que vivent certains députés, soit la restriction de leur possibilité de s'exprimer? Il a clairement exprimé à la Chambre que cela le préoccupait compte tenu du nombre accru de députés qui siégeront à la Chambre après la prochaine élection. A--t-il déjà exposé ces préoccupations à ses collègues ou au leader du gouvernement à la Chambre des communes? De plus, est-ce qu'il s'est déjà penché sur l'impact concret qu'a le bâillon imposé de façon répétitive par son gouvernement sur le travail que peuvent accomplir les parlementaires à la Chambre?
    Monsieur le Président, comme vous le savez très bien, en tant que Président et député à la Chambre des communes, il s'agit toujours d'un discours très important au commencement de chaque législature.
    À l'avenir, non seulement à la Chambre des communes, en tant qu'institution, mais également au sein des partis politiques, il sera très important que chacun d'entre nous ait une discussion sur le caractère sérieux de notre travail à la Chambre des communes, ainsi que sur la façon dont nous allons tous nous engager dans un débat respectueux envers nos concitoyens.
     Cela deviendra encore plus important lorsque le nombre de sièges à la Chambre des communes va passer de 308 à 338, cet automne. Alors, c'est toujours un débat au sein des partis, surtout en ce qui concerne la Chambre des communes.
    À mon avis, notre gouvernement fait preuve d'un grand sérieux lorsque vient le temps de répondre aux besoins des contribuables canadiens et d'avoir des débats efficaces et respectueux sur le contenu de nos projets de loi. Voilà ce que nous avons fait dans le cadre du projet de loi S-4.

  (1145)  

    Monsieur le Président, j'insiste sur le terme « débat », car le ministre parle toujours de débat, mais cela implique un échange. Dans le cas présent, il n'y a pas de débat. Malheureusement, c'est un geste habituel de ce gouvernement.
    Que le ministre nous indique les fois où des amendements sont acceptés et où on ne fait pas qu'échanger des paroles, mais où on les écoute, on les analyse et on réagit aussi. L'opposition a parfois accepté de dire que certains projets de loi étaient bons et qu'on pouvait les améliorer. Le projet de loi C-51 était l'exemple typique d'un échec. Même les témoins du gouvernement ont dit que ce n'était pas un bon projet de loi. Toutefois, le gouvernement impose systématiquement le bâillon et clôt le débat. Il clôt l'opposition, le refus et la possibilité d'amendement.
    Pourquoi le ministre utilise-t-il le terme « débat », alors que ce gouvernement refuse systématiquement le débat?
    Monsieur le Président, je ne suis pas du tout d'accord. En ce qui concerne le projet de loi S-4, c'est ce que nous avons fait. Nous avons eu un débat très respectueux et sérieux. Nous avons parlé en profondeur de ce projet de loi et des implications d'un projet de loi aussi complexe que celui-ci.
    Dans le cadre de ce débat qui a eu lieu à la Chambre et en comité, hors de la Chambre des communes, nous avons eu des échanges respectueux avec les partenaires du gouvernement qui sont concernés par ce projet de loi, notamment des avocats, des représentants du secteur privé et le commissaire à la protection de la vie privée. Nous avons fait nos analyses, nous avons pris part à un débat et des présentations ont été faites au gouvernement. Nous avons pris des décisions en écoutant certainement ceux et celles qui avaient des préoccupations concernant le statu quo.
    Nous les avons écoutés, et c'est pourquoi la chambre de commerce, Chantal Bernier, ancienne commissaire à la protection de la vie privée, et Daniel Therrien sont en faveur de ce projet de loi. J'ai une longue liste de personnes qui l'appuient. C'est un grand groupe de Canadiens qui ont souligné le fait que notre gouvernement a été à l'écoute. Nous avons fait nos analyses, nous avons fait nos devoirs et nous en sommes arrivés à un projet de loi équilibré qui respecte tout autant les intérêts de notre avenir commercial et électronique et les besoins des Canadiens que le besoin du gouvernement d'avoir un projet de loi véritablement efficace concernant la loi sur la vie privée des Canadiens.
    Voilà ce que nous avons fait. Le débat a existé ici, à la Chambre des communes, et aux comités, hors de la Chambre des commune, avant que nous déposions le projet de loi et pendant que celui-ci était devant la Chambre. Nous continuons d'avoir une approche non seulement respectueuse de la démocratie, mais également efficace en ce qui concerne un processus qui donne de véritables résultats.

[Traduction]

    Monsieur le Président, le ministre pourrait-il expliquer comment le gouvernement aidera à protéger les renseignements personnels des Canadiens en obligeant les organisations à informer leurs clients de la perte ou du vol de leurs renseignements personnels?
    Monsieur le Président, les modifications proposées dans ce projet de loi imposent aux organisations de signaler les atteintes potentiellement préjudiciables aux mesures de sécurité liées aux renseignements personnels, comme les atteintes à la sécurité des données. Par exemple, s'il y a une atteinte à la sécurité des données relatives aux cartes de crédit sur un site Web, l'entreprise doit le signaler immédiatement au commissaire à la protection de la vie privée ainsi qu'aux personnes concernées. C'est une responsabilité à deux volets. Si une personne achète un produit sur un site Web, que ce site peut avoir été piraté et que les renseignements personnels de la personne peuvent avoir été perdus ou volés, l'entreprise en cause a la responsabilité de le signaler immédiatement au commissaire à la protection de la vie privée et à cette personne. Il y a une double responsabilité, et c'est essentiel.
    Les organisations qui omettent de signaler ces atteintes à la sécurité des données soit aux personnes concernées, soit au commissaire à la protection de la vie privée seraient passibles d'une amende pouvant aller jusqu'à 100 000 $ par infraction. S'il y a une atteinte à la sécurité des données de quelques centaines de clients dont les renseignements relatifs à la carte de crédit peuvent avoir été volés et que cette atteinte n'est pas signalée au commissaire à la protection de la vie privée et aux personnes concernées, dans chaque cas, il y a une amende pouvant aller jusqu'à 100 000 $. Il s'agit d'une lourde pénalité, mais nous estimons que c'est nécessaire.
    Étant donné que de plus en plus de Canadiens exercent leurs activités commerciales et scolaires en ligne, nous devons veiller à ce que leurs renseignements personnels soient protégés, non seulement par le gouvernement, mais indirectement par les entreprises. Elles doivent prendre très au sérieux leurs obligations en matière de protection de la vie privée, demeurer à l'avant-garde de l'évolution technologique et garder une longueur d'avance sur ceux qui voudraient voler les renseignements personnels des gens et porter atteinte à leur vie privée et à leurs intérêts.

  (1150)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais corriger quelques fausses informations qui ont été véhiculées par le ministre. Tout d'abord, il a dit que nous avions eu suffisamment de temps pour débattre du projet de loi S-4, qui porte notamment sur l'information privée des Canadiens. Malheureusement, nous avons seulement eu un jour pour débattre de ce projet de loi si complexe et controversé pour les Canadiens. Nous n'avons donc malheureusement pas eu assez de temps à la Chambre pour étudier ce projet de loi à fond.
    Par son discours, il a démontré un mépris envers l'opposition officielle. Il a tort: toutes les recommandations ont été proposées par l'opposition officielle. Ce n'est pas ainsi que notre Parlement devrait fonctionner. Il a aussi mentionné le commissaire à l'information. Pendant ce Parlement, il y a eu un manque de respect énorme envers le commissaire à l'information.
    En fait, non seulement le gouvernement n'a pas intégré les recommandations du commissaire à l'information lors de l'étude du projet de loi S-4, mais il a aussi empêché le commissaire à l'information de témoigner au comité pendant l'étude du projet de loi C-51, un projet de loi qui, comme nous le savons, est encore plus controversé que le projet de loi S-4.
    Nous avons aujourd'hui le 97e bâillon à la Chambre des communes. Il n'y a pas de quoi être fier. Le gouvernement continue de battre des records en matière de bâillons à la Chambre.

[Traduction]

    Monsieur le Président, avec tout le respect que j'ai pour ma collègue, je suis franchement en désaccord avec elle.
    En ce qui concerne le commissaire à la protection de la vie privée, j'ai consulté Chantal Bernier, qui occupait alors ce poste de façon intérimaire, avant de présenter le projet de loi, et j'ai également eu le temps de consulter Daniel Therrien. Avant que nous présentions ce projet de loi, j'ai eu un long entretien constructif avec ces deux commissaires. Les fonctionnaires de mon ministère ainsi que mon personnel les ont également consultés. Nous avons écouté et consulté avant de présenter le projet de loi.
    Lorsqu'il s'agit d'élaborer un projet de loi aussi complexe et aussi vaste que celui-ci, nous ne sommes pas seuls, et nous n'essayons pas de déterminer à l'aveuglette quelle sera la meilleure façon de proposer une mesure équilibrée. Nous menons une vaste consultation. Nous avons consulté le commissaire à la protection de la vie privée avant de présenter ce projet de loi, et nous avons proposé ce que je crois être une mesure équilibrée. Voilà pourquoi le commissaire à la protection de la vie privée a dit ceci au sujet du projet de loi:
[...] je suis fort encouragé par l’engagement du gouvernement à actualiser [cette loi] et [...] j’appuie bon nombre des modifications proposées dans ce projet de loi. Des propositions comme l’avis à signifier en cas d’atteinte, les accords de conformité volontaires et l’amélioration du consentement contribueraient grandement à renforcer le cadre de protection de la vie privée des Canadiens [...]
    Ce projet de loi a l'appui du commissaire à la protection de la vie privée parce que nous avons respecté le processus et mené une consultation avant de le présenter, et nous avons pu aller de l'avant. Je sais également que, lorsque nous avons présenté ce projet de loi, la porte-parole du NPD en la matière, la députée de Terrebonne—Blainville, a dit ceci: « Nous avons réclamé ces mesures et je me réjouis qu'elles soient présentées. »
    Nous avons été ravis de voir le NPD appuyer ce projet de loi lorsque nous l'avons présenté, et j'espère que le vote du NPD s'accordera avec l'appui qu'il a manifesté lorsque l'étude de ce projet de loi a commencé il y a plus d'un an.
    Monsieur le Président, je remercie le ministre de tenter de poursuivre le débat à propos du projet de loi pendant cette période de questions qui, en fait, ne porte pas vraiment sur le projet de loi lui-même mais sur le fait que le gouvernement impose l'attribution de temps. C'est la 97e fois que le gouvernement a recours à l'attribution de temps pour clore le débat à la Chambre. Voilà le sujet du débat actuel.
    Le ministre a peut-être consulté le commissaire à la protection de la vie privée avant le dépôt du projet de loi mais, après le dépôt de celui-ci, le commissaire a proposé des amendements que le gouvernement a choisi de rejeter.
    Comme ce projet de loi est mal conçu, l'opposition officielle néo-démocrate ainsi que des experts ont proposé des amendements. Le gouvernement les a tous rejetés. Un vrai débat sur le projet de loi, voilà ce que nous souhaitons, mais, pour l'instant, la discussion porte sur le fait que le gouvernement, encore une fois, impose le bâillon.
    Voici la question que j'aimerais poser au ministre. Pourquoi le ministre et le gouvernement montrent-ils un mépris total envers le processus parlementaire?

  (1155)  

    Très respectueusement, monsieur le Président, je serais heureux de débattre du projet de loi autant que l'opposition le désire. Nous disposons actuellement d'une période de 30 minutes pour parler de cette mesure, poser des questions et y répondre. Si les néo-démocrates préfèrent utiliser ce temps pour poser des questions spécieuses et partisanes, ils sont libres de le faire. Pour ma part, je serais heureux de profiter de cette période pour tenir une discussion de fond sur n'importe quel article du projet de loi.
    Dans le même ordre d'idées, je rappelle que j'ai témoigné devant le comité de l'industrie pendant deux heures, et que j'ai répondu à des questions très judicieuses de la part de la collègue de la députée. Elle a consacré beaucoup de temps à cette mesure, de bonne foi, pour être en mesure d'en parler à la Chambre et de contribuer à l'élaboration des politiques publiques. J'ai témoigné devant le comité de l'industrie, notamment cette semaine. J'ai témoigné pendant une heure, et le NPD n'a posé aucune question à propos de ce projet de loi. J'ai comparu devant le comité à trois autres reprises, et le NPD n'a posé aucune question sur ce projet de loi.
    La députée d'en face aurait pu facilement assister aux travaux du comité. D'autres députés y étaient. Elle aurait pu s'y présenter et me poser des questions sur le projet de loi, mais elle ne l'a pas fait. Pareillement, la députée de Terrebonne—Blainville...
    J'ai posé une question. J'étais là.
    D'accord, monsieur le Président, mais la députée d'en face aurait pu, bien entendu, poser des questions concernant ce projet de loi à n'importe quelle autre occasion, ce qu'elle a choisi de ne pas faire. C'est sa prérogative.
    Cependant, il est aussi à noter que la députée qui vient de poser la question et d'autres députés qui prétendent croire aussi fermement en l'importance de la mesure législative et en la nécessité de tenir une discussion sérieuse et non partisane n'ont jamais communiqué avec moi, ne se sont jamais assis avec moi et n'ont jamais fait de démarches pour que je leur fasse une présentation sur ce projet de loi ou pour en parler. Il y a maintenant plus d'un an que ce projet de loi se trouve devant le Parlement, et ces députés n'ont jamais — mais bien jamais — amorcé de discussion à ce sujet.

[Français]

    Monsieur le Président, j'ai clairement entendu le ministre parler de l'absence de ma collègue de Terrebonne—Blainville lors de sa réponse. Il me semble que nous ne pouvons pas parler de l'absence ou de la présence des députés. Pourriez-vous clarifier cela, s'il vous plaît?

[Traduction]

    Ce qui est interdit, c'est de faire allusion à l'absence d'un député à la Chambre au moment où on parle. La règle ne s'applique pas aux commentaires généraux sur ce qui s'est déjà passé à la Chambre.
    La parole est au député de Wetaskiwin.
    Monsieur le Président, je remercie le ministre de ses observations. Je vais m'en tenir à une question sur la teneur du projet de loi.
    J'ai siégé durant plusieurs années au comité de la protection des renseignements personnels et de l'éthique. Nous avons tenu des débats de fond sur ces questions et, au cours des sessions précédentes, nous sommes penchés sur les moutures antérieures du projet de loi.
    Je me réjouis de voir le gouvernement faire progresser le projet de loi, qui a déjà été adopté au Sénat. Maintenant qu'il est à la Chambre, nous avons l'occasion d'en débattre et de le faire adopter rapidement.
    En tant que parent, je me préoccupe du temps que passent mes enfants en ligne, de l'absence de réglementation au sujet d'enjeux et de risques connus entourant la navigation en ligne, et du manque de clarté et de normalisation. Nous savons pertinemment qu'il existe des problèmes à cet égard.
    Le ministre pourrait-il nous dire comment le projet de loi S-4 vient améliorer les choses, notamment au chapitre de la protection des personnes vulnérables, les jeunes et les enfants en particulier?
    Monsieur le Président, je suis toujours prêt à entretenir mon collègue du contenu du projet de loi.
    Rappelons que cette mesure législative est à l'étude depuis plus d'un an. De nombreux députés des deux côtés de la Chambre ont grandement contribué au débat sur le projet de loi et à son contenu. Nous estimons qu'un juste équilibre a été atteint.
    Je suis reconnaissant du soutien apporté par la commissaire à la protection de la vie privée et par des organisations qui reconnaissent combien le Canada a besoin d'un projet de loi proposant l'adoption de normes internationales en matière de protection de la vie privée. Il me tarde de voir le projet de loi adopté.

[Français]

    À l'ordre. Il est de mon devoir d'interrompre maintenant les délibérations et de mettre aux voix la motion dont la Chambre est maintenant saisie.

  (1200)  

[Traduction]

    Le vote porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Des voix: Non.
    Le vice-président: Que tous ceux qui sont en faveur de la motion veuillent bien dire oui.
    Des voix: Oui.
    Le vice-président: Que tous ceux qui s'y opposent veuillent bien dire non.
    Des voix: Non.
    Le vice-président: À mon avis, les oui l'emportent.
    Et cinq députés ou plus s'étant levés:
    Le vice-président: Convoquez les députés.

  (1240)  

    (La motion, mise aux voix, est adoptée par le vote suivant:)
 

(Vote no 409)

POUR

Députés

Ablonczy
Adler
Aglukkaq
Albas
Alexander
Allen (Tobique—Mactaquac)
Ambler
Anderson
Armstrong
Ashfield
Aspin
Barlow
Bateman
Benoit
Bergen
Bernier
Block
Boughen
Braid
Breitkreuz
Brown (Leeds—Grenville)
Brown (Newmarket—Aurora)
Butt
Calandra
Calkins
Cannan
Carmichael
Carrie
Chisu
Chong
Clarke
Clement
Crockatt
Daniel
Davidson
Dechert
Devolin
Dreeshen
Duncan (Vancouver Island North)
Dykstra
Eglinski
Falk
Fantino
Findlay (Delta—Richmond East)
Finley (Haldimand—Norfolk)
Fletcher
Galipeau
Gallant
Gill
Glover
Goldring
Gosal
Grewal
Harper
Harris (Cariboo—Prince George)
Hawn
Hayes
Hillyer
Hoback
Holder
James
Kamp (Pitt Meadows—Maple Ridge—Mission)
Keddy (South Shore—St. Margaret's)
Kenney (Calgary Southeast)
Kent
Kerr
Komarnicki
Kramp (Prince Edward—Hastings)
Lake
Lauzon
Lebel
Leef
Lemieux
Leung
Lizon
Lobb
Lukiwski
Lunney
MacKay (Central Nova)
MacKenzie
Maguire
Mayes
McColeman
McLeod
Menegakis
Miller
Moore (Port Moody—Westwood—Port Coquitlam)
Moore (Fundy Royal)
Nicholson
Norlock
O'Neill Gordon
Opitz
O'Toole
Paradis
Payne
Perkins
Poilievre
Preston
Raitt
Rajotte
Reid
Rempel
Richards
Ritz
Saxton
Schellenberger
Seeback
Shea
Shipley
Shory
Sopuck
Sorenson
Stanton
Strahl
Sweet
Tilson
Toet
Trost
Truppe
Uppal
Valcourt
Van Kesteren
Van Loan
Wallace
Warawa
Warkentin
Watson
Weston (West Vancouver—Sunshine Coast—Sea to Sky Country)
Weston (Saint John)
Wilks
Williamson
Woodworth
Yelich
Young (Oakville)
Young (Vancouver South)
Yurdiga
Zimmer

Total: -- 137

CONTRE

Députés

Allen (Welland)
Angus
Atamanenko
Aubin
Bélanger
Bellavance
Benskin
Bevington
Blanchette
Blanchette-Lamothe
Boivin
Borg
Boulerice
Boutin-Sweet
Brahmi
Brison
Brosseau
Caron
Cash
Chicoine
Chisholm
Choquette
Christopherson
Cleary
Côté
Cullen
Cuzner
Davies (Vancouver Kingsway)
Davies (Vancouver East)
Dewar
Dion
Dionne Labelle
Donnelly
Doré Lefebvre
Dubé
Dubourg
Duncan (Etobicoke North)
Duncan (Edmonton—Strathcona)
Easter
Eyking
Freeman
Garneau
Garrison
Genest
Genest-Jourdain
Giguère
Godin
Gravelle
Harris (Scarborough Southwest)
Harris (St. John's East)
Hsu
Hughes
Jones
Julian
Kellway
Lamoureux
Lapointe
Latendresse
LeBlanc (LaSalle—Émard)
Liu
MacAulay
Mai
Marston
Masse
Mathyssen
May
McCallum
McGuinty
McKay (Scarborough—Guildwood)
Michaud
Moore (Abitibi—Témiscamingue)
Morin (Chicoutimi—Le Fjord)
Morin (Notre-Dame-de-Grâce—Lachine)
Morin (Laurentides—Labelle)
Mourani
Nantel
Nicholls
Nunez-Melo
Papillon
Péclet
Pilon
Quach
Rankin
Ravignat
Raynault
Regan
Saganash
Scarpaleggia
Scott
Sitsabaiesan
St-Denis
Stewart
Stoffer
Sullivan
Toone
Tremblay
Valeriote
Vaughan

Total: -- 98

PAIRÉS

Aucun

    Je déclare la motion adoptée.

AFFAIRES COURANTES

[Affaires courantes]

[Traduction]

Les voies et moyens

Avis de motion   

    Monsieur le Président, conformément au paragraphe 83(1) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer un avis de motion de voies et moyens concernant la Loi sur la taxe d'accise. Conformément au paragraphe 83(2), je demande que l'étude de la motion soit inscrite à l'ordre du jour.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

[Traduction]

Loi de mise en oeuvre de l'Accord sur les mesures de l'État du port

    La Chambre reprend l'étude de la motion portant que le projet de loi S-3, Loi de mise en oeuvre de l'Accord sur les mesures de l'État du port, soit lu pour la troisième fois et adopté.
    Monsieur le Président, c'est un plaisir d'intervenir dans le débat sur le projet de loi S-3, Loi modifiant la Loi sur la protection des pêches côtières. Les modifications prévues dans le texte auraient pour effet de mettre en oeuvre l'Accord sur les mesures de l'État du port, qui interdirait l'importation de poissons pris et de plantes marines récoltées dans le cadre d'activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée et qui clarifierait certains pouvoirs relatifs à l'administration et à l'application de la loi.
    Le Parti libéral du Canada appuie le projet de loi car il permettrait au Canada de lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, activité qui compromet également le gagne-pain de pêcheurs légitimes et du secteur de la pêche au Canada. Le projet de loi nous aiderait également à nous acquitter de nos obligations internationales aux termes de l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture.
    La pêche illégale, non déclarée et non réglementée mène à l'épuisement des stocks de poisson, la concurrence déloyale et des fluctuations de prix engendrées par une une imprévisibilité de l'offre attribuable à la pêche illégale dans les marchés étrangers. La pêche illégale, non déclarée et non réglementée compromet le gagne-pain de pêcheurs légitimes, comme je l'ai déjà dit, autant au Canada que dans le reste du monde. Le coût annuel estimé de cette pratique pour l'économie mondiale est de 10 à 23 milliards dollars américains.
    Les libéraux ont conscience de la place prépondérante qu'occupe la pêche dans l'économie et la culture canadiennes. Sa contribution à l'économie canadienne équivaut à environ 5,4 milliards de dollars et à 71 000 emplois à temps plein. À notre avis, le gouvernement fédéral ne doit reculer devant aucun moyen pour mettre un terme à ce type de pêche et pour protéger le gagne-pain des Canadiens ainsi que les pêcheries et l'économie canadiennes.
    Même si nous voyons d'un bon oeil les mesures figurant dans le projet de loi, le gouvernement n'en a pas moins compromis les programmes de surveillance et de contrôle des navires de pêche hauturière étrangers. Les conservateurs ont coupé 4,2 millions de dollars dans le budget de surveillance des bateaux de pêche étrangers circulant au large des côtes canadiennes, ce qui s'est traduit par la disparition de 23 équivalents temps plein et va faire passer de 1 000 à 600 les heures de vol et de 785 à 600 les jours de mer pour l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest. Voilà ce que j'appelle empêcher sérieusement ces organisations de faire leur travail et de bien protéger les pêches canadiennes.
    L'étude du projet de loi en comité a révélé que le gouvernement manque cruellement d'information sur l'ampleur réelle de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, que ce soit à l'intérieur comme à l'extérieur de la zone de 200 milles marins, ou sur les produits issus de ce type de pêche qui entrent dans les ports canadiens, et cela nous inquiète. En fait, c'est encore plus inquiétant lorsqu'on sait qu'en plus, le gouvernement a sabré dans la surveillance en haute mer. Selon nous, il s'agit de renseignements essentiels auxquels le milieu canadien de la pêche autant que les parlementaires devraient avoir accès.
    L'Accord sur les mesures de l'État du port contribuera à harmoniser les mesures prises par les États, à accroître la collaboration régionale et internationale et à empêcher les produits issus de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée à se rendre jusqu'aux marchés canadiens et étrangers. Il inscrira également de nouvelles interdictions dans la Loi sur la protection des pêches côtières concernant l'importation de poissons et de produits de la mer pêchés illégalement, en plus de préciser en détail certaines dispositions relatives à l'administration et à l'application de la loi.
    Le projet de loi S-3 avait été présenté une première fois à la 1re session de la 41e législature. Il portait alors le numéro S-13.

  (1245)  

    Le projet de loi S-13 a été adopté par le Sénat et était à l’étape de la deuxième lecture à la Chambre des communes lorsqu’il est mort au Feuilleton à la suite de la prorogation du Parlement le 13 septembre 2013. Le projet de loi S-3 a été déposé au Sénat le 23 octobre 2013.
    À l’instar des témoins du gouvernement qui ont comparu devant le Comité sénatorial permanent des pêches et des océans, les deux témoins indépendants ont aussi appuyé le projet de loi. Le comité sénatorial a renvoyé le projet de loi S-3 sans amendement le 9 décembre 2013. Le projet de loi a ensuite été déposé à la Chambre, et tous les partis l’ont appuyé au comité. Les personnes qui ont témoigné devant le comité de la Chambre ont également appuyé le projet de loi.
    Le comité des pêches a renvoyé le projet de loi S-3 avec certains amendements le 29 avril dernier. Les amendements que le gouvernement a faits visaient principalement à éliminer certaines brèches que le libellé original avait laissé passer.
    Ces amendements donnent le pouvoir d’adopter des règlements pour exiger de ceux qui appartiennent à une organisation régionale de gestion des pêches dont le Canada n’est pas membre qu'ils fournissent des documents ou les exigences en matière de suivi sur le commerce lorsqu’ils entrent dans des ports canadiens; pour imposer l’amende ou la peine prévue à cet article si les documents adéquats ne sont pas fournis; et pour autoriser les tribunaux à ordonner la confiscation des biens illégaux relatifs à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée qui ont été saisis ailleurs que sur le bateau de pêche.
    Bien que les amendements aient reçu l'appui de la plupart des députés qui siègent au comité, il n'en demeure pas moins que ces députés avaient des questions et voulaient obtenir des détails sur ces amendements. Toutefois, le gouvernement n'a pas pris le temps ou n'a pas voulu répondre aux questions. Il a refusé de convoquer les fonctionnaires qui auraient pu répondre aux questions des députés qui siégeaient au comité.
    À titre d'exemple, nous aimerions avoir des détails sur l'ampleur de la pêche illégale tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la limite des 200 milles du Canada. Nous n'avons pas pu obtenir de réponse à ce sujet; pourtant le gouvernement devrait y répondre. Peut-il fournir une réponse détaillée à cette question? Il est très important que les Canadiens obtiennent des réponses, et cela est d'autant plus important pour tous les Canadiens qui travaillent dans le secteur de la pêche, dans le secteur du poisson et des fruits de mer, et pour quiconque habite dans de petites localités côtières, comme les gens de Malpeque, la circonscription que je représente.
    En outre, il y a lieu de s'interroger sur les pénalités: 100 000 $ pour les déclarations de culpabilité par procédure sommaire et 500 000 $ pour les déclarations de culpabilité par mise en accusation, est-ce suffisant? J'ai soulevé la question un peu plus tôt aujourd'hui. Si un gigantesque bateau de pêche battant pavillon étranger réalise des profits de millions de dollars en s'adonnant à la pêche illégale, une amende de 500 000 $ serait-elle suffisante? Je ne crois pas. Les tribunaux ont-ils une certaine marge de manoeuvre? Peuvent-ils imposer une amende plus élevée si cela est nécessaire? Nous l'ignorons, et le gouvernement n'a pas donné de réponse à ce sujet.
    Pour des personnes qui s'adonnent à de vastes activités de pêche illégale, qui leur rapportent des millions de dollars, une amende de 500 000 $ équivaut à une simple réprimande. De la part d'un gouvernement qui se vante d'être sévère envers les criminels, ce n'est guère convaincant. De toute évidence, les amendes ne sont pas assez sévères, et le gouvernement ne nous a pas dit si les tribunaux seraient habilités, dans certaines situations, à alourdir les amendes imposées aux individus qui s'adonnent à ces activités illégales.
    Le gouvernement n'a pas voulu qu'un juriste comparaisse devant le comité des pêches ou que celui-ci reçoive une analyse juridique de la situation. Par conséquent, le gouvernement dispose peut-être des renseignements juridiques pertinents, qu'il pourrait communiquer à la Chambre plus tard aujourd'hui par l'entremise de ses porte-parole.

  (1250)  

    D'autres éléments m'inquiètent aussi. D'une part, le gouvernement prend ces mesures pour ratifier l'Accord sur les mesures de l'État du port afin de dissuader la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, ce qui paraît vraiment bien. D'autre part, il sabre dans le budget du ministère des Pêches et des Océans destiné à la surveillance extracôtière.
    En effet, les conservateurs ont réduit ce budget de 4,2 millions de dollars. Ces compressions auront pour effet de réduire considérablement les activités de surveillance aérienne et maritime au large de nos côtes. D'une part, le gouvernement donne l'impression qu'il fait quelque chose, alors que, d'autre part, il réduit le financement nécessaire pour mettre en oeuvre les mesures qu'il prétend vouloir adopter. Le gouvernement actuel nous a habitués à ce genre de comportement. Nous l'avons vu agir ainsi à de nombreuses reprises, et ce, dans de multiples dossiers.
    Au Parti libéral, nous avons une fière tradition d'opposition à la surpêche illégale par des navires étrangers, et je m'en enorgueillis. J'ai déjà présidé le comité des pêches. J'avoue d'ailleurs que ce fut l'un des points forts de ma carrière parlementaire. Ce comité roulait rondement. Tous les partis travaillaient de concert pour formuler de nombreuses recommandations. Même les ministériels proposaient des motions qui faisaient la vie dure au gouvernement. Or, les choses ne se passent plus ainsi aujourd'hui. Pourtant, c'est ainsi que les comités de la Chambre devraient fonctionner.
    Pendant un certain temps, j'ai aussi été secrétaire parlementaire. J'ai toujours été fier de représenter l'industrie de la pêche et les pêcheurs.
    Pour en revenir au Parti libéral et à ce qu'il a fait lorsqu'il était au pouvoir, qu'il s'agisse de définir une zone de pêche de 200 milles afin de protéger les pêcheurs contre les chalutiers étrangers, d'élargir la portée de la Loi sur la protection des pêches côtières pour l'appliquer à la zone de réglementation de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, de livrer la guerre du flétan noir ou d'être un membre actif du Groupe d'étude sur la pêche hauturière, un groupe de travail international voué à l'éradication de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée dans les zones océaniques qui ne relèvent pas du contrôle exclusif d'États étrangers, les libéraux se sont portés à la défense des pêches canadiennes contre la pêche illicite par des navires étrangers.
    Beaucoup se souviendront de la fois où l'ancien ministre des Pêches, Brian Tobin, a porté ce problème à l'attention de la communauté mondiale. Voilà un gouvernement qui était prêt à intervenir dans l'intérêt des pêcheurs. Au lieu de simplement donner l'impression d'agir, nous avons réellement accordé des fonds et pris des mesures pour obtenir des résultats.
    Il est crucial que le gouvernement du Canada agisse dans l'intérêt de l'industrie de la pêche. C'est d'une importance vitale pour le Canada atlantique, région d'où viennent bon nombre des députés, parce que bien des gens comptent sur une pêche saine pour gagner leur vie. Nous estimons tous, je le sais, qu'il s'agit d'une question très sérieuse. C'est d'une très grande importance pour les gens que nous représentons, peu importe notre allégeance.
    Je reviens à ce que j'ai dit au début, et j'insiste là-dessus: les libéraux croient que l'industrie de la pêche joue un rôle vital dans l'économie et la culture canadiennes. Elle rapporte plus de 5,4 milliards de dollars à notre économie et emploie 71 000 Canadiens à temps plein. Chaque année, nous exportons pour plus de 4 milliards de dollars de poissons et de fruits de mer.
     En fait, il n'y a pas si longtemps, la ministre des Pêches participait au Salon international des poissons et fruits de mer de Boston. Nous sommes nombreux à y avoir assisté au fil des ans, et les produits du poisson canadiens sont certainement mis en valeur lors de ce salon dans la région de Boston. Cet événement attire des gens de partout dans le monde, et il s'agit d'une excellente occasion pour les Canadiens de faire valoir le type de poisson de haute qualité que notre pays produit et exporte.

  (1255)  

    Je suis heureux de voir que le gouvernement fait des démarches pour mettre cet accord international en place. Je sais que les conservateurs ne sont pas particulièrement friands d'accords internationaux, alors c'est une nouvelle qui surprend un peu. Ils n'aiment pas particulièrement les Nations Unies. Néanmoins, après des années d'attentisme, je crois que nous pouvons être contents qu'ils se décident enfin à faire le pas.
    Je me demande si d'autres représentants du gouvernement pourraient nous donner des détails concernant l'entrée en vigueur possible de l'accord, et nous dire le nombre de pays qui doivent encore le ratifier et quels pays ne sont pas particulièrement intéressés à le faire. Je rappellerai que le comité n'a pas eu assez de temps et n'a pas entendu assez de témoins pour lui permettre d'avoir des réponses à ces questions élémentaires. Que ces ordres soient venus de l'exécutif ou d'ailleurs, je n'en sais rien, mais ce n'était certainement pas la faute des députés de l'opposition.
    Cette information est importante, et il est important que le Canada fasse tout en son pouvoir pour s'assurer que tous les pays du monde et tous les organismes régionaux de gestion des pêches prennent des mesures pour veiller à ce que la pêche soit pratiquée de façon appropriée. Je sais qu'au Canada, le thon rouge est une espèce de grande importance qui profite énormément à un grand nombre de collectivités côtières. Cette pêche se fait à la ligne — c'est la façon appropriée d'attraper ce poisson — et elle est bien gérée. Cette façon de pêcher le thon est viable et elle contribue au maintien en santé de la ressource. Mais tous les pays ne procèdent pas de la sorte. Certains utilisent d'énormes bateaux et d'énormes filets, ou pratiquent la pêche à la palangre ou d'autres méthodes non viables qui déciment les stocks de thon. Le thon est un grand migrateur. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour nous assurer que tous les pays de monde ont des pratiques de pêche viables et responsables.
    Bien des espèces de poisson migrent, comme le thon. Ces poissons migrateurs peuvent être pêchés ailleurs par des méthodes abusives ou illicites, ce qui nuit sans aucun doute à la pêche au thon dans les eaux canadiennes. Les pêcheurs canadiens et ceux de nos pays partenaires gagneront à ce qu'on prenne les mesures nécessaires pour que la pêche soit durable et qu'elle soit faite légalement dans le monde entier. Nous avons besoin de cette information et de la poigne nécessaire pour faire adopter des pratiques de pêche responsables aux gens qui pratiquent la pêche abusive et illicite. En cela, le projet de loi serait utile.
     En somme, le projet de loi devrait aider les pêcheurs que nous représentons. Il devrait être bénéfique pour l'industrie du poisson et des fruits de mer et pour l'avenir des pêches, autant ici qu'à l'étranger. Il devrait aussi permettre de stimuler l'économie canadienne et de protéger l'environnement.
    En terminant, je dois dire que je suis content que le gouvernement ait enfin présenté ce projet de loi. Mon parti et moi-même l'appuyons avec plaisir, mais nous espérons que le gouvernement fournira les détails et l'information que les députés ont demandés. Nous sommes déçus qu'il ait réduit les crédits budgétaires consacrés à la surveillance extracôtière, sans compter les nombreuses autres compressions imposées au ministère des Pêches et des Océans dans les domaines des sciences, de la recherche, de la gestion des océans et de l'exécution de la loi.
    En résumé, le projet de loi interdirait l'importation de poissons ou de plantes marines pris ou récoltés illégalement, élargirait le contrôle qu'exerce le Canada sur les bateaux de pêche étrangers qui cherchent à entrer dans les ports canadiens, donnerait à nos agents de protection des pêches une autorité et des pouvoirs d'application de la loi accrus, permettrait au ministre de communiquer de l'information concernant l'inspection des bateaux étrangers et faciliterait l'échange d'information entre Pêches et Océans Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada en ce qui touche l'importation du poisson et des produits du poisson.
    Je rappelle que nous appuierons ce projet de loi. Nous saisissons l'ampleur de ce problème et nous espérons que ce projet de loi sera adopté à la Chambre.

  (1300)  

[Français]

    Monsieur le Président, j'aimerais remercier mon collègue de son discours et lui demander de nous parler davantage des conséquences de cette pêche sur la pêche côtière, ici au Canada, dans son propre comté.
    Mon collègue ne croit-il pas qu'installer ultimement un système de traçabilité et de certification des produits de la mer, comme dans l'Union européenne, serait une option à considérer?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le processus de traçabilité que la Communauté européenne a mis en place, ou qu'elle tente de mettre en place, est effectivement bien. Toutefois, ce projet de loi constitue en soi un grand pas en avant parce que, même quand il y a traçabilité, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée est dommageable. Nous devons y aller une étape à la fois. Cette mesure est un grand pas en avant, pourvu que nous puissions la ratifier et la faire ratifier par d'autres pays. C'est la raison pour laquelle nous l'appuyons.
    Pour répondre à sa question, ce sont des étapes subséquentes qui, à mon avis, sont importantes. Je viens du secteur de l'agriculture. Nous avons fait l'essai de la traçabilité dans ce secteur et cela a fonctionné pour certains produits, mais pas pour d'autres. Toutefois, cette idée mérite certainement d'être examinée par un futur gouvernement.
    Monsieur le Président, je tiens à reprendre les propos de mon collègue. J'ai eu l'occasion de siéger au Comité permanent des pêches et des océans quand le député de Malpeque en était le président. Je pense que le député de Sackville—Eastern Shore y a siégé lui aussi pendant cette période. En six ans, nous avons réalisé à peu près 16 ou 18 études, dont la quasi-totalité a été adoptée à l'unanimité. Je pense qu'il y a eu un cas de rapport dissident. Cependant, c'était à l'époque où les comités fonctionnaient vraiment et où leurs membres travaillaient ensemble dans l'intérêt des gens que ces études allaient toucher le plus. Ce n'est pas ce qui se produit à l'heure actuelle.
    Je sais que le député recommande d'appuyer la mesure législative. Je sais toutefois que, surtout dans le secteur des pêches, le gouvernement actuel a déjà proposé des mesures législatives et fait des annonces en grande pompe, mais que nous avons découvert par la suite qu'elles étaient vides de sens. Je pense surtout à l'année particulièrement difficile qu'a vécu l'industrie de la pêche au homard dans le Canada atlantique il y a trois ans. Le gouvernement est intervenu et a annoncé haut et fort qu'il allait verser 50 millions de dollars pour appuyer cette industrie. Au moment d'agir, je pense qu'il a déboursé 8 millions de dollars. Les critères établis étaient tellement rigoureux que bien peu de pêcheurs ont reçu de l'aide. Je pense aussi à l'entente avec la Chine sur les produits du phoque. Cette entente devait donner un coup de fouet à l'industrie de la chasse au phoque, mais elle n'a finalement rien donné.
    Compte tenu du peu de temps que le comité a consacré à l'étude de ce projet de loi, qu'est-ce qui donne à mon collègue l'assurance que les choses seront différentes cette fois-ci?

  (1305)  

    Comme vous le savez, monsieur le Président, le bilan du gouvernement en ce qui concerne les mesures qu'il prétend qu'il prendra ou même celles qu'il a annoncé qu'il prendra, n'est pas vraiment reluisant. C'est aussi le cas dans le domaine où je suis porte-parole. Les conservateurs adoptent une attitude rigide, mais nullement intelligente à l'égard de la criminalité.
    En ce qui concerne les pêches, le sujet sur lequel porte vraiment la question du député...
    La criminalité et les poissons. Quelle corrélation!
    Monsieur le Président, il y a un peu de chahut de l'autre côté. Il y a une chose à laquelle les conservateurs s'opposent, à savoir les faits et les décisions fondées sur des données probantes. Ils n'aiment pas entendre parler des faits. Cependant, le fait est que leurs annonces ne signifient pas grand-chose. Elles servent surtout des fins politiques pendant un certain temps, mais l'argent ne suit pas toujours.
    Je reprends l'argument que le député a avancé à propos de l'ancien comité des pêches. La raison pour laquelle les choses ne fonctionnent pas bien à la Chambre et en comité, c'est que, dans le passé, les membres du comité des pêches travaillaient en fait pour l'industrie et recevaient des directives de celle-ci. Le problème actuel tient essentiellement au fait que les députés ministériels croient que leurs directives devraient émaner de l'exécutif, et ils ont tort. Les députés qui entrent à la Chambre devraient travailler pour l'industrie, et non pour le Cabinet du premier ministre.
    Monsieur le Président, en fait, le programme des pêches continue de recruter de nouveaux employés pour protéger nos pêches. L'approche adoptée par le gouvernement relativement à la protection des pêches et à l'application des lois en la matière fonctionne. Au cours des trois dernières années, les agents des pêches ont déposé 5 529 accusations, donné 2 638 contraventions, obtenu 2 972 condamnations et imposé 6 millions de dollars d'amendes liées à ces accusations et contraventions.
    J'aimerais que le député nous dise s'il fera comme nous et félicitera nos agents des pêches de l'excellent travail qu'ils accomplissent.
    Monsieur le Président, il n'y a rien qui me ferait plus plaisir que de féliciter les agents des pêches de l'excellent travail qu'ils accomplissent.
    J'entends les forts applaudissements des députés d'en face, et je m'en réjouis. Ces applaudissements visaient les agents des pêches. Par contre, si on parle de la politique gouvernementale qui est appliquée par Pêches et Océans Canada, la situation est tout à fait différente.
    Les conservateurs mettent du temps à agir. Combien de temps a-t-il fallu pour que ce projet de loi arrive ici? Il a fallu des années. Ils ne peuvent toujours pas répondre aux questions et nous dire combien de pays n'ont pas encore ratifié l'accord, quels sont ceux qui ne sont pas disposés à le ratifier, et quand l'accord sera mis en oeuvre. Nous adopterons une mesure législative, mais le gouvernement n'a pas convoqué de témoins au comité pour fournir des réponses à ces questions.
    Je dirai donc à mon collègue d'en face qu'un porte-parole de son parti pourrait peut-être nous fournir ces réponses plus tard aujourd'hui, dans le cadre du débat, lorsqu'il aura obtenu des directives du Cabinet du premier ministre.

  (1310)  

    Monsieur le Président, tout d'abord, je mentionne que je partagerai mon temps de parole avec le vaillant et intègre député qui représente la belle circonscription de Langley, en Colombie-Britannique.
    J'interviens aujourd'hui pour appuyer les modifications proposées à la Loi sur la protection des pêches côtières. Cette très importante mesure législative semble jouir de l'appui de plusieurs autres députés. J'espère que l'opposition joindra le geste à la parole et votera, comme nous, en faveur de l'adoption rapide de ce projet de loi.
    En tant qu'ancien membre du comité parlementaire des pêches et doyen du comité de l'environnement, je comprends qu'il est capital de protéger les pêches des activités qui menacent leur pérennité.
    Nous savons tous qu'il est ardu d'estimer précisément le total des prises de la pêche illégale. Il s'agit d'un marché illicite et, naturellement, les estimations sont peu fiables. Néanmoins, certaines études estiment que le volume total à l'échelle mondiale se situe entre 11 et 26 millions de tonnes chaque année. Comme on l'a dit un peu plus tôt, cela représente une portion considérable du volume total des prises dans le monde.
    Le problème de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée est vaste et entraîne de graves répercussions sur les milieux marins et les pêcheurs respectueux des lois.
    Le terme « pêche illégale » s'entend des pêches qui contreviennent aux mesures de conservation et d'application des organisations internationales de gestion des pêches. On parle de pêche non déclarée lorsque les activités ne sont pas signalées aux instances pertinentes ou qu'elles ont fait l'objet de fausses déclarations de la part d'un navire. Le terme « pêche non réglementée » se passe d'explication. Il s'agit des activités de pêche qui ne font pas l'objet d'une réglementation ou d'une surveillance adéquate par l'État du pavillon. Bien entendu, du point de vue de ceux qui se livrent à ces activités criminelles, ce genre de pêche présente de nombreux avantages, car ils n'ont à payer ni permis, ni taxes, ni droits sur les prises.
    Les pays en voie de développement sont particulièrement vulnérables à l'exploitation illégale de leurs ressources. Le Canada s'est doté de la capacité d'appliquer efficacement ses règles, mais, en appuyant les efforts internationaux déployés pour bloquer aux brigands des mers l'accès aux ports, nous venons en aide à des pays qui sont en train de construire leurs infrastructures essentielles.
    Lorsque des clients dans le monde entier commandent du poisson dans un restaurant ou qu'ils achètent du poisson dans un magasin, ils supposent probablement que ce poisson a été pêché de façon licite. Une fois que le poisson capturé de façon illicite entre dans la chaîne d'approvisionnement, il devient très difficile de savoir comment il a été pêché. Par conséquent, les modifications à la Loi sur la protection des pêches côtières renforceront davantage nos mesures de contrôle pour les produits de la pêche qui sont importés au Canada et que l'on soupçonne d'avoir fait l'objet d'une pêche illicite. Cela aidera non seulement les pêcheurs du Canada à protéger leurs intérêts économiques, mais aussi les pêcheurs d'autres pays à protéger leurs stocks de poissons.
    En ce qui concerne les contrôles portuaires, il importe de souligner qu'enrayer le commerce des prises illégales est d'autant plus compliqué du fait que les bateaux n'ont pas à entrer dans un port pour débarquer leurs prises. Les bateaux de pêche plus petits peuvent transférer leurs prises, alors qu'ils sont encore en mer, sur des bateaux plus grands dotés de cales réfrigérées. C'est ce qui s'appelle le transbordement. Les criminels y ont recours pour cacher l'origine du poisson capturé de façon illicite. Au moyen du projet de loi S-3, le Canada réglera cette question en élargissant la définition de bateau de pêche afin d'inclure tous les types de navires porte-conteneurs.
    Un autre élément du problème de la pêche illicite, c'est l'utilisation des pavillons dits de complaisance. Certains pays autorisent en effet des bateaux étrangers à battre pavillon de leur pays, mais n'assument pas ou peu de responsabilité à l'égard des activités de ces bateaux. C'est en réaction à cette lacune en matière d'application des règles relativement à l'État du pavillon que d'autres mesures, comme les mesures de l'État du port à l'étude aujourd'hui, ont été proposées en tant que solution hautement efficace dans la lutte contre la pêche illicite.

  (1315)  

    La question de la pêche illégale est dans le collimateur de la communauté internationale depuis des années. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a établi en 1995 un code de conduite pour la pêche responsable auquel ont adhéré environ 170 États membres, dont le Canada. En 2001, l'organisation a adopté un plan d'action international pour prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
    Conformément à ce plan d'action, les États membres ont convenu que tous les États du port devaient adopter une approche concertée afin qu'il devienne plus difficile, pour les bateaux pratiquant la pêche illégale, de débarquer leurs prises sans craindre de répercussions graves. L'Accord sur les mesures du ressort de l'État du port visant à prévenir, à contrecarrer et à éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée est un traité qui favorise la mise en oeuvre de ce plan d'action concerté.
    Certains organismes régionaux de gestion des pêches dressent maintenant des listes des bateaux de pêche illégale dans lesquelles ils inscrivent des détails sur les bateaux qui ont soutenu ce type d'activité dans la région concernée. Cette politique de dénonciation des coupables est une autre façon de rendre difficile, pour les bateaux pratiquant la pêche illégale et pour leurs navires de soutien, de trouver des ports où débarquer leurs prises. Par ailleurs, avec les modifications que le projet de loi S-3 apportera à la loi, il sera plus facile pour les agents des pêches d'échanger avec l'Agence des services frontaliers du Canada et avec nos partenaires étrangers des renseignements sur ceux qui se rendent coupables de pêche illicite.
    Aucune mesure ne suffira à elle seule à éliminer la pêche illégale. Il faut envisager l'utilisation de tous les moyens possibles, sinon la forte demande sur le marché et les prix élevés, en particulier pour ce qui est des espèces les plus recherchées dans le monde, auront pour effet de continuer d'inciter des gens à pêcher illégalement, ce qui sera à long terme nuisible pour les stocks mondiaux de poisson. C'est pourquoi le projet de loi S-3 vise à dissuader ceux qui pêchent illégalement en accordant aux tribunaux de nouveaux pouvoirs qui leur permettront d'imposer de lourdes amendes à ceux qui seront déclarés coupables.
    Les raisons qui font que ce dossier est important pour les Canadiens et pour l'industrie canadienne de la pêche sont évidentes. Premièrement, comme le Canada est un pays qui prend ses responsabilités dans le secteur de la pêche, nous devons nous assurer de faire partie de la solution et d'être aux avant-postes de la lutte contre la pêche illégale, qui est également une priorité importante pour nos principaux partenaires commerciaux et nos principaux partenaires pour l'application de la loi. Deuxièmement, les effets de la pêche illégale dont j'ai parlé constituent un désavantage concurrentiel pour notre industrie, et nous devons faire notre possible pour que tout le monde soit sur un pied d'égalité. Troisièmement, nous avons tous intérêt à protéger la vitalité des océans de la planète.
    Le projet de loi S-3 aurait pour effet de renforcer la Loi sur la protection des pêches côtières et de l'harmoniser avec les nouvelles normes mondiales définies dans l'Accord sur les mesures de l'État du port.
    Évidemment, les États sont libres de prendre des mesures plus sévères que celles qui sont prévues dans cet accord. Et, dans le cadre des mesures que nous prenons pour respecter nos obligations sur la scène internationale, cette loi nous permettrait de protéger le gagne-pain des pêcheurs respectueux des lois, non seulement au Canada, mais partout dans le monde. Nous prendrions part aux efforts à l'échelle mondiale pour empêcher le poisson pêché illégalement d'arriver sur les marchés internationaux.
    Les modifications législatives prévues dans le projet de loi S-3 permettraient au Canada de ratifier l'Accord sur les mesures de l'État du port et d'améliorer ses mesures de contrôle déjà rigoureuses pour lutter contre la pêche illégale et contre la vente des produits issus de cette activité néfaste.
    C'est un pas important que le Canada doit franchir. J'exhorte tous les députés non seulement à parler de ce problèmes, mais également à appuyer comme moi ces modifications cruciales proposées à la Loi sur la protection des pêches côtières et à voter pour le projet de loi S-3.

  (1320)  

    Monsieur le Président, je siégeais auparavant au comité de l'environnement avec le député et je peux confirmer qu'il y participait très activement.
    Je crois comprendre que le projet de loi a été déposé au départ en septembre 2013, mais qu'il est mort au Feuilleton parce que le gouvernement a prorogé les travaux parlementaires. En conséquence, si on a tardé à déposer un projet de loi portant mise en oeuvre de cet accord international, c'est certainement la faute des députés de l'autre côté, pas du nôtre. Nous voulons simplement discuter du projet de loi pour faire en sorte qu'il soit solide, ce qu'il nous incombe de faire en tant qu'élus.
    J'ai soulevé cette question auprès de certains collègues du député et je fais remarquer qu'il a mentionné qu'il y aurait une exigence d'inspections régulières. Que fait le gouvernement pour enfin acheter et construire les navires nécessaires pour appliquer la loi? Quelles discussions tient-on au Conseil de l'Arctique pour veiller à ce que cette inspection soit aussi menée dans le cadre de toute autre activité de pêche future dans l'Arctique?
    Monsieur le Président, je ne peux pas répondre très adéquatement à la question au sujet du Conseil de l'Arctique. Ce conseil traite une vaste gamme de questions concernant, entre autres, les frontières, les revendications territoriales et le contrôle des polluants. J'avoue que je ne suis pas en mesure de dire si le Conseil de l'Arctique s'est penché en particulier sur la question de la pêche illégale.
    Pour ce qui est de l'achat de bateaux, je sais que la députée d'en face, qui se préoccupe des questions environnementales, comprendra au moins la nécessité de procéder de manière à éviter certains fiascos passés, à bien évaluer les options et à trouver des moyens d'optimiser les avantages du programme de construction de navires de façon économique pour les collectivités canadiennes.
    Dans l'intérim, comme je l'ai mentionné, nos agents des pêches travaillent avec un programme d'application très solide. Au cours des trois dernières années, ils ont porté 5 529 accusations et émis 2 638 contraventions. Ils ont réussi à obtenir 2 972 condamnations et à récolter des amendes à hauteur de 6 milliards de dollars tant pour les accusations que pour les contraventions.
    Monsieur le Président, je sais que le député s'intéresse beaucoup aux questions liées aux pratiques durables. Peut-être pourrait-il nous expliquer leur importance dans ce secteur? Je doute qu'il y ait une industrie qui soit aussi touchée par les mouvements migratoires du poisson dans le monde et les distances qu'il parcourt que l'industrie des pêches. J'ai donné comme exemple tout à l'heure l'industrie du thon; ici, nous avons la pêche à la ligne, mais ailleurs, ce n'est peut-être pas le cas.
    Le député pourrait-il nous parler de l'importance des mesures vigoureuses d'application de la loi prévues dans le projet de loi, alors que d'autres pays appliquent des pratiques durables, comme nous tentons de le faire à long terme pour les pêches et notre économie dans les collectivités côtières?
    Monsieur le Président, je félicite mon collègue, le député de Malpeque, de soulever cette importante question. Il souligne la nécessité pour le Canada de collaborer avec ses partenaires à l'échelle mondiale. Il a tout à fait raison. Ces enjeux ne se limitent pas à une seule côte ou à une seule zone de la haute mer; ils n'ont pas de frontières.
    En fait, le projet de loi permettrait même au Canada de coopérer avec des organisations étrangères de conservation dont il n'est pas membre, afin d'adopter leurs normes et de travailler avec elles pour appliquer des mesures contre les pêches illégales. Nous sommes sur la bonne voie.

  (1325)  

    Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole à la Chambre aujourd'hui au sujet du projet de loi S-3.
    Il est très important d'adopter les modifications proposées dans le projet de loi afin que nous puissions faire tout en notre pouvoir en tant que chef de file mondial pour lutter contre la pêche illicite et ses effets nuisibles sur nos ressources océaniques. Ces modifications renforceraient notre système déjà solide en nous permettant d'exercer un contrôle à l'égard de nos ports et de nos importations de fruits de mer et appuieraient les efforts déployés par les nations aux vues similaires en vue de protéger les pêches à l'échelle mondiale.
    En tant que Britanno-Colombien, je suis conscient de l'importance considérable que revêt le projet de loi en ce qui concerne la protection des intérêts économiques des pêcheurs respectueux des lois et la nécessité de prendre toutes les mesures possibles sur le plan environnemental afin d'assurer la viabilité de toutes les pêches.
    Aujourd'hui, nous avons discuté de l'une des plus grandes menaces au maintien des réserves halieutiques mondiales, c'est-à-dire la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Il est dans l'intérêt de tous les membres de la communauté internationale de collaborer en vue d'assurer, à long terme, la préservation, la gestion et l'exploitation durable des ressources halieutiques et des autres ressources marines à l'échelle mondiale. Ces ressources sont extrêmement importantes parce qu'elles permettent à des millions de personnes de gagner leur vie et d'assurer leur sécurité alimentaire.
    La lutte contre la pêche illégale se mène sur plusieurs fronts. Il faut coordonner efficacement les mesures prises par les États côtiers où se déroule une pêche illicite, les États du port, d'où le poisson suspect peut entrer dans les marchés, les États du pavillon, qui voient au respect des règles, et l'État d'origine des propriétaires et des capitaines de navires s'adonnant à une pêche illégale.
    On considère que les mesures de l'État du port offrent une façon particulièrement rentable et efficace d'empêcher ceux qui pêchent illégalement de tirer profit de leurs activités. Il est donc clair que les pays doivent, individuellement et par l'entremise d'organisations régionales de gestion des pêches, poursuivre l'élaboration et la mise en oeuvre de mesures de l'État du port qui respectent le droit international.
    Le Canada participe déjà aux efforts menés, à l'échelle internationale, pour réduire et ultimement éliminer la pêche illégale. Le Canada surveille attentivement les activités de pêche dans les eaux canadiennes, conformément aux dispositions de la Loi sur les pêches, de même que les activités des pêcheurs canadiens travaillant dans les eaux internationales.
    De plus, grâce à la Loi sur la protection des pêches côtières, le Canada réglemente et surveille attentivement la pêche et les autres activités menées par les navires de pêche étrangers à l'oeuvre dans les eaux canadiennes et dans certaines zones de la haute mer.
    À l'échelle internationale, le Canada contribue aussi à la protection des pêches par l'entremise d'INTERPOL. Des fonctionnaires de Pêches et Océans Canada participent au Programme INTERPOL sur les atteintes à l'environnement et au Groupe de travail sur la pêche illégale.
    Que ce soit au sein de ce groupe ou d'autres organismes internationaux, le Canada ne cesse de réclamer un contrôle plus serré des navires dans les États où ils sont enregistrés et des mesures plus strictes contre quiconque facilite la vente de produits illégaux. Le Canada est reconnu un peu partout pour son expertise dans l'application axée sur le renseignement de la législation sur les pêches, et notamment pour son utilisation des technologies de pointe, comme les analyses numériques judiciaires.
    Nous nous sommes engagés à faire profiter les autres pays de notre expertise afin de pouvoir mieux lutter collectivement contre la pêche illégale.
    Je disais plus tôt qu'il est important de coordonner efficacement les mesures que prennent les États côtiers afin de bien contrer la pêche illégale. Le Canada s'est déjà doté d'un éventail rigoureux de mesures de contrôle portuaire des bateaux de pêche étrangers. Ceux qui pratiquent la pêche illégale évitent déjà de débarquer leurs prises au Canada à cause de nos vastes programmes de surveillance et d'application de la loi.
    Or, tous les pays ne peuvent pas compter sur un régime aussi fort et aussi efficace que le nôtre. Il faut donc que s'installe une véritable collaboration entre les pays si on veut rendre la pêche illégale inintéressante du point de vue commercial.
    C'est dans cet esprit que la communauté internationale a uni ses forces et négocié un traité définissant les normes auxquelles tous les pays doivent se conformer ainsi que les mesures qu'ils doivent prendre concernant les bateaux de pêche étrangers qui entrent dans leurs ports. C'est ce qui a donné l'Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

  (1330)  

    Afin d'éviter d'éventuelles lacunes dans l'Accord sur les mesures de l'État du port, les négociateurs ont essayé de s'assurer que toutes les situations rares ou propres à certaines régions du monde soient couvertes par le traité. Par conséquent, il n'est pas surprenant que, en examinant la Loi sur la protection des pêches côtières, nous ayons constaté que certaines dispositions de l'Accord sur les mesures de l'État du port doivent être harmonisées avec notre loi nationale. Le projet de loi S-3 dont nous sommes saisis aujourd'hui apporterait les changements nécessaires pour harmoniser notre loi existante avec ce traité clé.
    Certes, l'objectif est de ratifier ce traité, mais les mesures proposées dans le projet de loi renforceraient et moderniseraient également notre loi au profit des Canadiens. En effet, il propose de resserrer les contrôles sur l'importation de poissons et de fruits de mer d'autres pays du monde, d'élargir les pouvoirs d'exécution de nos dévoués gardes-pêche dans l'exercice de leurs fonctions et de s'assurer que les gardes-pêche canadiens aient le pouvoir légal de partager les renseignements concernant les activités de pêche illégale avec les partenaires nationaux et internationaux responsables de l'exécution des mesures législatives applicables aux pêches.
    En mettant à jour son régime de mesures de l'État du port déjà solide, le Canada donnerait l'exemple à d'autres pays à qui il reste des étapes à franchir pour se conformer au traité. Notre démarche montrerait que nous restons déterminés à continuer à lutter contre les activités de pêche illégale partout dans le monde et que nous encourageons d'autres pays à nous emboîter le pas. En outre, elle contribuerait à uniformiser les règles du jeu pour notre industrie qui doit composer avec les pratiques injustes et les prix faussés liés à la pêche illégale.
    Comme nous le savons tous, c'est un problème très grave. La pêche illégale est un affront aux règles. Elle nuit énormément au milieu marin du monde, a des répercussions négatives sur les profits des pêcheurs respectueux de la loi et met en péril la sécurité des personnes à bord des bateaux. J'exhorte tous les députés à se joindre à moi pour appuyer le projet de loi S-3 afin que nous puissions ratifier cet important accord et restions un chef de file en matière de protection et d'intendance de la pêche mondiale.
    Pour assurer la pérennité de notre industrie de la pêche et protéger les intérêts économiques de nos collectivités en général et de nos collectivités côtières, nous devons prendre des mesures maintenant, aujourd'hui.

[Français]

    Monsieur le Président, je me pose une question.
    Seulement 11 pays ont ratifié l'entente. Or le gouvernement se vante d'avoir signé des ententes de libre-échange avec 38 pays. Je me demande simplement avec combien de pays non signataires le gouvernement a signé des ententes de libre-échange. N'a-t-il pas raté l'occasion de mettre de la pression sur ces pays pour qu'ils ratifient l'accord?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le député soulève un point très important. Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir en 2006, il y avait quatre accords commerciaux internationaux. Nous en avons maintenant 47, si je ne m'abuse. Les échanges commerciaux ont augmenté considérablement, ce qui offre des débouchés au Canada et crée des emplois et une économie forte. Nous devons entre autres nous assurer que les accords internationaux prévoient des mesures pour protéger nos pêches.
    Monsieur le Président, comme le député l'a dit, il s'agit d'un enjeu très important pour lequel des mesures immédiates doivent être prises. Un groupe de travail dont le Canada faisait partie a dit la même chose en 2005, à savoir que la pêche illicite, non déclarée et non réglementée ne cessera pas si l'on ne prend pas des mesures immédiatement. C'était en 2005. En 2007, ce traité a été adopté. Nous sommes maintenant saisis de notre propre mesure législative en 2015.
    Quelles mesures le Canada prévoit-il prendre? Seulement 11 pays ont ratifié le traité. Or, il en faut 25 pour lui donner force de loi. Qu'est-ce que le Canada envisage de faire dans l'immédiat pour veiller à ce que le traité soit ratifié et mis en vigueur?

  (1335)  

    Monsieur le Président, j'estime que donner l'exemple est la meilleure chose à faire. En modifiant ses lois nationales pour les harmoniser avec le traité international, le Canada donnerait l'exemple aux pays qui ne l'ont pas encore fait. Comme le député l'a signalé, il est très important que les autres pays suivent l'exemple d'excellence du Canada en matière de protection des pêches.
    Monsieur le Président, je suis heureux d'avoir l'occasion de parler du projet de loi S-3, Loi de mise en oeuvre de l’Accord sur les mesures de l’État du port, qui vise à modifier la Loi sur la protection des pêches côtières.
    Le nom complet de l’Accord sur les mesures de l’État du port est « Accord relatif aux mesures du ressort de l'État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture ». Cet accord, adopté en 2009, était le premier traité mondial mettant particulièrement l'accent sur le problème de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Il s'agissait, en quelque sorte, d'un accord historique. Il visait à mettre un terme à la dévastation causée par la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, qui est un fléau mondial et qui nuit considérablement à la viabilité des pêches partout dans le monde. En fait, on estime que le coût de cette pratique est de 10 à 23 milliards dollars. Nous devons y mettre fin.
    J'ai mentionné un peu plus tôt qu'un groupe de travail dont le Canada faisait partie — le Groupe de travail ministériel sur la pêche hauturière illégale, non déclarée et non réglementée — avait parlé en 2005 de la nécessité de prendre des mesures immédiatement. Ce groupe avait publié un rapport intitulé « Les mailles du filet se resserrent ». Il s'agissait-là d'une étape importante. Puis, en 2007, il y a eu le traité. Nous sommes en 2015, et presque 10 ans se sont écoulés depuis que le groupe a parlé de la nécessité de prendre des mesures immédiatement. Pourtant, ce n'est que maintenant que nous tentons d'adopter des règlements en la matière, malgré l'importance de cette question.
    Nous appuyons le projet de loi. Je tiens à ce qu'il soit clairement établi dans le compte rendu que le Nouveau Parti démocratique, l'opposition officielle à la Chambre, appuie le projet de loi car il reconnaît que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée nuit aux pratiques durables des pêches légitimes, y compris au Canada, et constitue une concurrence déloyale en matière d'exploitation durable des produits de la mer.
    Les modifications proposées contribueraient à la protection des pêcheurs et des localités de pêche contre la concurrence déloyale, mais elles constituent seulement la première étape dans la prévention de la pêche illégale. Lorsque nous aurons ratifié l'Accord sur les mesures de l'État du port, il nous faudra ensuite jouer un rôle de chef de file en encourageant d'autres pays à aller de l'avant avec l'accord.
    Le dernier député qui a pris la parole a parlé de donner l'exemple. Cela fait huit ans que nous attendons d'en arriver à cette étape-ci. Si c'est ça, donner l'exemple, c'est un bien mauvais exemple. Il nous faut un gouvernement qui soit disposé à jouer un rôle de premier plan pour encourager d'autres pays, le plus vigoureusement du monde, à prendre au sérieux leurs responsabilités en leur qualité de gardiens de la planète.
    Le problème touche principalement la pêche en haute mer, mais il faut également veiller à ce que tous les pays déploient d'importants efforts pour appliquer le règlement chez eux, dans leurs eaux territoriales, les eaux limitrophes ou les eaux où vivent des espèces qui se chevauchent.
    Le bilan du gouvernement en matière d'application du règlement compte certaines lacunes. Nous savons qu'aux termes de l'accord de l'OPANO, le Canada a un rôle important en matière de surveillance et d'application. Cependant, ces dernières années, le nombre d'heures de vol d'aéronefs de surveillance est passé de 1 000 à 600 par année. C'est une diminution de 40 %. Nous avons également constaté que le nombre de jours passés en mer à mener des activités de surveillance a diminué de 25 %. Voilà qui illustre le manque de sérieux que le gouvernement accorde au problème important de la pêche illégale, autant dans nos propres eaux que dans les zones de l'OPANO et les zones où des stocks de poissons chevauchants passent des eaux internationales aux zones réglementées. Il est extrêmement important d'effectuer une surveillance maritime et aérienne afin de veiller à ce que tout écart soit repéré et de faire en sorte que notre régime d'application soit crédible et qu'il ait un effet dissuasif sur ceux qui souhaiteraient enfreindre la loi.

  (1340)  

    Nous, les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador, connaissons trop bien les conséquences de la dévastation des stocks de poissons. Je pense qu'il vaut la peine de rappeler à tous les Canadiens l'histoire du moratoire sur la pêche à la morue, qui a commencé en 1992, et les effets dévastateurs de celui-ci, qui était le résultat de la surpêche, de la pêche non déclarée et de la pêche illicite. Il a eu des conséquences catastrophiques dans toute la région de l'Atlantique, mais en particulier dans ma province de Terre-Neuve-et-Labrador.
    Je peux vous dire que, sur la côte Nord-Est de Terre-Neuve-et-Labrador et dans le Canada atlantique, la pêche de poissons de fond a diminué de 500 000 tonnes, et 12 000 pêcheurs ainsi que 15 000 travailleurs des usines de transformation de poisson ont perdu leur emploi en raison du moratoire sur la pêche à la morue. L'effondrement de la pêche à la morue en 1992 a fait perdre leur emploi et leur revenu à 25 000 personnes. Je vois mon collègue d'en face écouter attentivement. Dans une province comme Terre-Neuve-et-Labrador, une région côtière parsemée de petites collectivités, ces pertes ont été catastrophiques.
    Imaginons un peu les effets dévastateurs d'un événement comparable sur le secteur de l'automobile en Ontario, par exemple, qui entraînerait la disparition du gagne-pain d'un aussi grand nombre de personnes. C'est ce qui s'est passé à la suite de l'effondrement des stocks de morue. Il en a résulté un dépeuplement d'une bonne partie de Terre-Neuve-et-Labrador, surtout des régions où les gens dépendaient largement de cette pêche. La population au large de la côte Nord-Est de Terre-Neuve, en particulier dans la péninsule Great Northern, a diminué. Les effets se font encore sentir aujourd'hui, puisque les stocks de morue ne se sont pas rétablis.
    Le projet de loi est très important, car il fait bouger les choses. Comme je l'ai dit au début, cette mesure législative se faisait attendre depuis longtemps, mais nous ne la traitons pas avec toute l'urgence qu'elle mérite. C'est en 2012 qu'elle a été présentée au Sénat pour la première fois. J'ignore pourquoi elle n'a pas été renvoyée à la Chambre des communes, où les élus auraient probablement insisté pour agir avec toute la célérité nécessaire. Elle se retrouve donc ici, en 2015. Bref, ce projet de loi a été présenté pour la première fois en 2012 au Sénat, où il a atteint l'étape de la troisième lecture en 2013, mais en raison de la prorogation, il est mort au Feuilleton. Par la suite, il a été présenté de nouveau au Sénat, où il a été adopté, mais nous avons dû attendre jusqu'en février 2014 avant que la Chambre des communes en soit saisie.
    Les néo-démocrates reconnaissent quelques changements notables. Nous sommes heureux de voir que les dispositions ont été modifiées pour prévoir des inspections afin d'empêcher l'entrée de poissons pris dans le cadre d'une pêche illicite, non déclarée et non réglementée dans les ports des États ayant ratifié le traité. Non seulement le projet de loi accorderait des pouvoirs d'inspection et de surveillance, mais il permettrait aussi d'établir un système de déclaration international pour surveiller les agissements des bateaux et des États qui participent à des activités de pêche illicite. Il s'agit là de mesures importantes, mais elles doivent être appliquées en collaboration avec tous les pays du monde, surtout ceux qui ont un bilan peu reluisant quand vient le temps de faire respecter les lois en matière de pêche par leurs citoyens. C'est un problème auquel se heurte le Canada, en particulier dans la zone de l'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest, mais il en a toujours été ainsi au large des côtés, jusqu'à ce que la limite des 200 milles soit établie, et même depuis.

  (1345)  

    La dévastation des stocks de morue au large de Terre-Neuve-et-Labrador et de la côte Nord-Est est très bien documentée. Un livre vraiment fascinant a été écrit en 1983 par un certain William Warner; ce livre s’intitule Distant Water. Il explique que l’arrivée des chalutiers-usines congélateurs dans les années 1950 jusqu’au début des années 1980 a permis de retirer 11 millions de tonnes de morue des eaux au large de la côte Nord-Est. L’avènement de méthodes de pêche qui dévastaient les océans en permettant de capturer les poissons reproducteurs et de pêcher dans les glaces au large du Labrador, et jusqu’aux États-Unis a entraîné une dévastation catastrophique de cette immense biomasse, qui est une source extrêmement importante de protéines pour la planète.
    La population mondiale est actuellement en croissance. Nous devons pratiquer une pêche durable partout dans le monde. Il faut aussi qu’il y ait de la coopération internationale en haute mer pour nous assurer de la viabilité des pêches intérieures, comme celles en Afrique, qui connaissent des difficultés, parce que les lois ne sont pas appliquées. Il faut de la coopération en la matière. Il faut qu’il y ait un sentiment d’urgence, et le gouvernement doit se manifester à ce sujet. Or, je n’entends rien venant de l’autre côté. Une personne dira peut-être en faisant un commentaire sur le discours qu’il y a un programme ou un plan pour nous servir de l’influence du Canada.
     Comme mon collègue vient tout juste de le dire, seulement 11 pays ont ratifié l'accord alors qu'il en faut 25 pour que celui-ci entre en vigueur. Les conservateurs se vantent du nombre de pays avec lesquels ils ont négocié et conclu des accords de libre-échange depuis leur arrivée au pouvoir, en 2006. Il y a lieu de se demander combien de fois ils se sont dit, dans le cadre de ces négociations: « Nous voulons faire des échanges commerciaux et des affaires avec d'autres pays. Nous sommes un pays côtier où la pêche est très importante et pour qui la coopération internationale dans ce domaine est essentielle, et nous voulons que l'Accord sur les mesures de l'État du port entre en vigueur. C'est pourquoi nous demanderons à tous nos partenaires commerciaux de le ratifier. »
    C'est ce genre de pression que le gouvernement pourrait exercer s'il croyait qu'il est urgent de régler ce problème international et, par le fait même, d'assurer la pérennité de l'industrie de la pêche au Canada. La pêche est très profitable pour le Canada, Terre-Neuve-et-Labrador, la côte Ouest, les régions du Québec et les Grands Lacs. La pêche dans les eaux intérieures, bien qu'elle ne soit pas directement visée par ce projet de loi, est aussi très importante. Nous devons respecter les océans, nous devons assurer la pérennité de l'industrie de la pêche et nous devons prendre des mesures à cet égard.
    C'est tout ce que j'avais à dire pour l'instant. J'aimerais ajouter que nous appuyons le projet de loi. Nous voulons qu'il soit adopté, mais nous voulons aussi que le gouvernement prenne des mesures concrètes afin que l'accord soit ratifié par 25 pays. Nous voulons que le Canada soit un leader dans ce dossier.

[Français]

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de son discours. Il est toujours très bien renseigné sur ses dossiers. Je sais aussi que cet enjeu touche sa circonscription et qu'il a consulté les pêcheurs et les gens de l'industrie de la pêche pour avoir une opinion bien éclairée sur le sujet.
    J'aimerais simplement demander au député plus d'informations sur l'industrie de la pêche dans sa circonscription et au Canada.
    Quelles sont les retombées de cette industrie? Pourquoi ce projet de loi est-il si important pour protéger cette industrie au Canada? J'aimerais aussi qu'il nous parle de l'importance du rôle que doit jouer le Canada dans la communauté internationale afin que d'autres pays puissent ratifier l'accord.

[Traduction]

    Monsieur le Président, il est important de souligner que la pêche et l'aquaculture contribuent pour 5,4 milliards de dollars au PIB total du Canada et qu'elles génèrent l'équivalent de 71 000 emplois à temps plein, ce qui est excellent pour notre économie. Ces secteurs sont extrêmement importants dans ma province, Terre-Neuve-et-Labrador.
    Il y a 500 ans, la colonisation de Terre-Neuve-et-Labrador fut fondée sur l'abondance de la morue, en particulier, au large de ses côtes. Par conséquent, la pêche revêt une importance cruciale pour les collectivités, l'économie et l'avenir de la province. Il est extrêmement important d'appuyer ce type de mesure législative et cette approche.
    Pour la gouverne de la députée, je vais citer le président du Conseil canadien des pêches, qui a dit ceci:
     Le problème qui survient lorsque nous essayons de régler le problème de la pêche INN au moyen d'un accord international comme l'Accord sur les mesures de l'État du port, c'est que la procédure est très longue. Les négociations ont été longues, et il faudra encore du temps avant que l'accord ne soit ratifié par un nombre suffisant de pays pour dire que c'est la bonne façon [...]
    Voilà ce qui pose clairement problème dans ce dossier. Il a fallu beaucoup de temps pour en arriver là, et le Canada devra faire énormément d'efforts pour que d'autres pays suivent son exemple et pour que cet accord soit exécutoire comme il devrait l'être depuis 2007.

  (1350)  

[Français]

    Monsieur le Président, étant donné l'importance de la question des pêches pour le comté de mon collègue, j'aimerais savoir si l'avenir de la pêche inquiète beaucoup les gens, particulièrement la jeune génération. De plus, croit-il que les gens de son comté auraient aimé que le projet de loi soit remis sur la table beaucoup plus tôt? Je crois que c'est un projet de loi qui était mort au Feuilleton à la dissolution du Parlement en 2011.
    Selon lui, les gens auraient-ils aimé qu'il soit abordé de nouveau beaucoup plus tôt? Nous sommes à la fin de cette législature, et il aurait été raisonnable pour nous d'en traiter plus tôt au profit des régions côtières. J'aimerais entendre les commentaires de mon collègue à ce sujet.

[Traduction]

    Monsieur le Président, c'est évidemment très important. Ce qui préoccupe les résidants de ma province et de ma circonscription, c'est que le gouvernement du Canada, l'actuel gouvernement conservateur, ne semble pas accorder beaucoup d'importance aux pêches. Cela nous préoccupe vivement. Comme je l'ai déjà dit, j'ai constaté une diminution des travaux de recherche sur les pêches et de la surveillance extracôtière. Les gens sont préoccupés par le manque de diligence à l'égard de ces questions qui devraient pourtant être prioritaires. Comme je l'ai aussi dit, l'accord a été négocié en 2007 sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture. Il y a urgence d'agir. Le dossier doit progresser plus rapidement. Je pense que cela préoccupe les Canadiens. De toute évidence, c'est important. Nous voulons des mesures qui amélioreront les pêches au lieu de les laisser dépérir.
    Monsieur le Président, le programme de conservation et de protection assure d'excellents services de conformité et d'application de la loi dans le but de protéger les pêches canadiennes. Le programme continue à recruter de nouveaux talents pour protéger les pêches. En matière d'application de la loi, notre approche a fait ses preuves. Au cours des trois dernières années, les agents des pêches ont porté 5 529 accusations, émis 2 638 contraventions, obtenu 2 972 condamnations et collecté plus de 6 millions de dollars en amendes, que ce soit à la suite d'accusations ou de contraventions. Le député félicitera-t-il avec nous les fantastiques agents des pêches de leur excellent travail?
    Monsieur le Président, je remercie le député de Langley de l'intérêt qu'il porte à la question et des données qu'il nous a fournies au sujet des poursuites intentées. Je ne sais pas si ses données couvrent tout, de la pêche récréative à la pêche en haute mer. Le député semble englober beaucoup de choses. Les chiffres que j'ai vus sur la pêche illicite en haute mer ou ailleurs ne sont pas aussi élevés. Quoi qu'il en soit, je sais que les nombreux gardes-pêche dévoués que compte le Canada méritent d'être félicités pour le travail qu'ils font.
    La question qui se pose, c'est l'importance que le gouvernement accorde aux mesures prises pour faire adopter et ratifier le traité sur la scène internationale afin que le monde entier adopte des pratiques de pêche durables.

  (1355)  

    Monsieur le Président, les mesures que nous prenons pour protéger les stocks de poisson au Canada donnent des résultats. Nous prenons très au sérieux le dossier de la pêche. Nous avons par exemple modernisé nos programmes de surveillance intensive des prises et d'analyse judiciaire. En ce qui concerne la lucrative pêche au flétan, les mesures que nous avons prises au cours des cinq dernières années ont donné lieu à plus de 1 million de dollars d'amendes et à 164 condamnations. Quand les députés de l'opposition admettront-ils que notre approche modernisée est efficace? Quand auront-ils à coeur de protéger les stocks de poisson?
    Monsieur le Président, le député habite loin de mon coin de pays, je le sais. Il est encourageant de voir qu'un député du Manitoba est préoccupé par l'efficacité de nos pêches. Les gens que je représente se réjouiraient sûrement de savoir que cette question suscite un vif intérêt dans sa circonscription. Je l'en remercie.
    Il est certain que nous reconnaissons l'importance de l'application de la loi. Ce qui nous préoccupe, en particulier lorsqu'il est question de la surpêche étrangère, de nos stocks qui chevauchent diverses zones et des efforts de l'OTAN pour faire respecter la loi, c'est que les mesures d'application de la loi ne sont pas assez sévères. Les jours de mer consacrés à la surveillance de la pêche et de la surpêche au large ont été réduits de 25 %. Les heures de vol affectées à la surveillance aérienne de ce qui se passe dans le vaste océan ont été diminuées de 40 %. L'océan est immense, et il faut y naviguer ou le survoler pour voir ce qui s'y passe. Les réductions à ce chapitre sont considérées, dans ma région, ma circonscription et ma province, comme un grave manquement au devoir.

[Français]

    Monsieur le Président, je voudrais remercier mon collègue de son excellent discours et de son travail pour la protection des ressources halieutiques.
    Selon une étude de 2008, la perte économique attribuable à la pêche pirate, dans le monde entier, varie entre 10 milliards et 23 milliards de dollars américains. Cette pêche pirate a donc quand même de graves répercussions. Il faut mettre l'accent sur l'importance de protéger nos ressources halieutiques. La pêche illégale sape les efforts de conservation et de gestion mis de l'avant par le Canada et d'autres pays.
    Je voudrais demander à mon collègue s'il trouve qu'au Canada, le gouvernement conservateur prend suffisamment de mesures pour mettre fin à la pêche illégale, non réglementée et non déclarée.

[Traduction]

    En un mot, monsieur le Président, non. Je ne pense pas que le gouvernement conservateur en fait assez pour mettre un terme à la pêche illégale, non réglementée et non déclarée, et c'est un problème dévastateur partout dans le monde. La situation est particulièrement problématique, par exemple, le long de la côte africaine.
    Les pays africains ont besoin d'être soutenus par de bons règlements et d'être encouragés par des pays comme le Canada afin que ce traité soit ratifié et puisse être mis en vigueur pour les aider à développer leurs propres pêches, sachant qu'elles seront protégées.
    Nous reprenons le débat.
    La Chambre est-elle prête à se prononcer?
    Des voix: Le vote.
    Le vice-président: Le vote porte sur la motion. Plaît-il à la Chambre d'adopter la motion?
    Des voix: D'accord.
    Le vice-président: Je déclare la motion adoptée.

    (Le projet de loi, lu pour la troisième fois, est adopté.)


DÉCLARATIONS DE DÉPUTÉS

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

Le député d'Okanagan—Coquihalla

    Monsieur le Président, c'est ma dernière déclaration en vertu du Règlement pour la 41e législature et, comme nombre de nos collègues quitteront la Chambre — un grand nombre volontairement, je dois dire — je veux prendre le temps de les remercier.
    Un grand nombre de Canadiens ne nous voient que durant les moments forts de la période des questions. Je pense que la plupart conviendraient que ce n'est qu'une infime partie du travail qui se fait ici, à Ottawa. Il y a de bonnes personnes ici, dans tous les partis, et je sais que toutes donnent beaucoup de leur temps puisque nous travaillons tous à rendre le Canada meilleur.
    Manifestement, je suis biaisé lorsque je dis que la présente législature, la 41e, est la meilleure de toutes puisque c'est la seule que j'aie jamais connue. Toutefois, n'oublions jamais ce que nous avons traversé au cours des quatre dernières années.
    Pour ce qui est des députés qui se retirent, les bonnes gens d'Okanagan—Coquihalla aimeraient que je les remercie de leur service. Je remercie aussi le personnel de la Chambre des communes. Il nous a servis avec compétence et a fait un travail remarquable pour que cet endroit fonctionne toujours bien.

[Français]

Le sport dans Drummond

    Monsieur le Président, dans Drummond, le sport s'écrit en majuscules.
    On n'a qu'à penser à la natation: les jeunes nageurs du club de natation Les Requins de Drummondville accumulent les bons résultats au point d'améliorer leur rang parmi l'ensemble des clubs de natation du Québec.
    Ensuite, en nage synchronisée, les Nixines de Drummondville ont récolté quatre médailles lors de la Coupe du Président.
    En tumbling, n'oublions pas nos athlètes de Drummondville, qui ont défendu les couleurs du Québec lors du Championnats de l'Est du Canada 2015.
    Pour les amateurs de course à pied, la célèbre Course « des Chênes-toi! » fut encore un événement couronné de succès avec plus de 8 000 participants. Tout cela sans oublier le Raimbault-Courons, un événement sportif, festif et familial auquel j'ai participé pour encourager les jeunes à la persévérance scolaire.
    Pour continuer sur cette lancée toute sportive, j'invite la population à venir à Drummondville pour participer au Triathlon FBL qui aura lieu le 13 juin prochain.
    Encore une fois, Drummondville s'écrit en majuscules.

[Traduction]

L'Holocauste

    Monsieur le Président, l'élimination systématique de plus de six millions de Juifs demeure l'un des crimes les plus horribles jamais commis au cours de l'histoire de l'humanité. Les ghettos, les travaux forcés, le choix de ceux qui allaient vivre et de ceux qui allaient mourir, le bébés arrachés des bras de leurs mères éplorées, le transport d'hommes, de femmes et d'enfants et leur massacre dans les chambres à gaz, toutes ces horreurs restent gravées dans la mémoire des survivants.
    Or, au fil du temps, on constate l'émergence troublante d'une autre réalité. Les survivants qui décèdent laissent derrière eux des reliques qu'ils ont conservées pendant plus de 70 ans. Des objets tels que des étoiles jaunes et des habits rayés portés dans les camps de concentration se retrouvent en vente sur des sites Internet, au lieu d'être exposés dans des musées, comme il se doit.
    C'est pourquoi j'ai présenté, le 13 mai, un projet de loi d'initiative parlementaire visant à modifier le Code criminel du Canada pour reconnaître comme acte criminel la vente ou l'achat de biens personnels qui appartenaient ou étaient en possession d'une victime ou d'un survivant de l'Holocauste. Le message doit être clair: il est inacceptable de tirer profit de l'Holocauste.

[Français]

Dany Laferrière

    Monsieur le Président, aujourd'hui, un Canadien entre à l'Académie française pour la première fois depuis que le cardinal de Richelieu a créé cette institution, en 1635. Il entre dans la prestigieuse Coupole par la grande porte, élu au premier tour par ses pairs. Il sera dorénavant l'un des 40 « immortels », notre grand écrivain canadien, québécois et haïtien, Dany Laferrière.
    On peut compter sur l'auteur de L'Énigme du retour pour promouvoir non seulement l'élégance de la langue française, mais aussi sa truculence. Célébrer non seulement l'universalisme de langue française, mais aussi ses multiples réalités, et soigner sa précision autant que son imaginaire et sa sensibilité, voilà à quoi s'attellera, entre la rédaction de deux romans, cet écrivain contrasté, stimulant, savoureux et curieux de tout.
    Lui qui hérite du fauteuil de Montesquieu, l'auteur de De l'esprit des lois, il saura transmettre à ses collègues immortels l'esprit du soleil des Antilles et de l'hiver canadien.
    Bravo, Dany Laferrière! Le Canada vous doit beaucoup.

[Traduction]

La députée de Calgary—Nose Hill

    Monsieur le Président, j'en suis rendue à mes dernières interventions. Après deux décennies passées à titre de députée, je vais bientôt faire mes adieux à la Chambre. Quel message convient-il de laisser?
    Ce fut pour moi un honneur et un privilège d'exercer ces fonctions. J'ai fait la rencontre de personnes formidables, des gens intelligents, travaillants et dévoués envers leur pays. Nombre d'entre eux resteront mes amis pour toujours.
    Le seul fait d'avoir l'occasion de contribuer, même de façon modeste à l'édification de cette grande nation est en soi une leçon d'humilité. Nous devons tellement à nos familles! Elles ont dû sacrifier l'unité que connaissent normalement les familles pour nous permettre de faire ce que nous faisons.
    Je remercie du fond du coeur les personnes qui m'ont appuyée, et celles qui ne m'ont pas appuyée mais qui ont su composer avec moi avec gentillesse.
    Au final, ce n'est pas l'équipe qui importe — fut-elle bleue, orange, rouge ou verte —, mais bien le pays et les formidables gens qui l'habitent. Ce qui importe, c'est de leur donner l'avenir le plus prometteur, le plus sécuritaire et le plus radieux qui soit.
     Je passe le flambeau. Puisse-t-il être tenu bien haut.
     Que Dieu bénisse le Canada.

  (1405)  

La violence faite aux femmes

    Monsieur le Président, la Chambre a eu l'occasion, hier, de faire un grand pas en avant dans la lutte contre la violence faite aux femmes. Malheureusement, tous les députés conservateurs, sauf un, ont choisi de voter contre ma motion visant à créer un plan d'action national pour mettre fin à la violence faite aux femmes. Ce faisant, ils ont envoyé un message clair, un message honteux aux femmes qu'ils représentent: « Votre sécurité n'est pas la priorité du gouvernement. Votre droit à l'égalité importe peu au gouvernement. Le gouvernement n'est pas prêt à défendre vos droits ».
    Pourquoi ont-ils fait de la lutte contre la violence faite aux femmes une question partisane?
    Pour le NPD, il s'agit de répondre à l'appel des femmes de nos circonscriptions et de l'ensemble du pays, et d'entendre les voix des plus vulnérables: les femmes autochtones ou membres d'une minorité visible, les femmes handicapées, les femmes membres de la communauté LGBTBA et les femmes réfugiées et immigrantes.
    Nous continuerons de nous battre pour elles. Nous continuerons de lutter pour la mise en oeuvre d'un plan d'action national, même si leurs représentants conservateurs ne le font pas.

Les producteurs agricoles de l'Alberta

    Monsieur le Président, samedi dernier, j'ai tenu une table ronde dans ma circonscription, Red Deer, à l'enceinte de mise aux enchères d'Innisfail, afin de discuter des problèmes auxquels sont confrontés les éleveurs de bétail de la région.
    Nous avons eu une discussion franche et ouverte sur la façon dont le gouvernement peut aider les producteurs agricoles du centre de l'Alberta et l'industrie agricole en général. Nous avons eu l'occasion de discuter de l'AECG, qui permettrait des échanges commerciaux sans précédent entre le Canada et l'Union européenne.
    Parmi les nombreux avantages qui ont été cernés, notons que, lorsque l'AECG entrera en vigueur, les droits de douane appliqués aux produits canadiens seront éliminés sur près de 98 % des quelque 9 000 lignes tarifaires de l'Union européenne.
    Certains ont également fait part de leur optimisme au sujet de la victoire que nous avons remportée récemment auprès de l'Organisation mondiale du commerce en ce qui a trait à l'étiquetage indiquant le pays d'origine imposé par les États-Unis. Nous espérons que toute l'affaire sera réglée rapidement.
    La ferveur des participants à cette table ronde m'a rendu très fier de ce que les producteurs agricoles du centre de l'Alberta ont fait pour faire avancer leur industrie et pour atteindre les objectifs de notre nation. J'espère pouvoir tenir de nombreuses autres tables rondes à l'avenir.

Robert Huskinson

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage au regretté Robert Huskinson, qui habitait Brockville, en Ontario, dans ma circonscription, Leeds—Grenville.
    Bob, comme on l'appelait, est le membre du conseil municipal qui a eu les plus longs états de service dans cette ville. En effet, il a siégé au conseil pendant 26 années consécutives avant de prendre sa retraite, en 2006. Il est décédé le 3 mai, à l'âge de 77 ans.
    Bob faisait de la politique municipale pour la même raison que la majorité d'entre nous choisit de servir la population. Il a constaté l'existence d'un problème — le toit d'un centre communautaire menaçait de s'effondrer lorsqu'il était entraîneur de hockey mineur — et il a décidé de s'en occuper.
    Ses collègues et ses amis ont dit qu'il a toujours été passionné, honnête et direct et qu'il avait à coeur le bien-être de sa collectivité, en tout temps. Il laisse le souvenir d'une personne qui a travaillé sans relâche pour sa ville.
    Quelqu'un a mentionné qu'il était en quelque sorte le Winston Churchill de Brockville.
    Au nom de tous les députés, j'offre mes condoléances à sa femme, Janice; à ses fils, Craig, Rick et Rob, ainsi qu'à leurs femmes; à son frère, Brian; et à ses nombreux petits-enfants, amis et partisans.

Les relations avec les Pays-Bas

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souhaiter la bienvenue au roi Willem-Alexander et à la reine Máxima des Pays-Bas à l'occasion de leur voyage au Canada.
    Les gens d'Ottawa étaient très fiers dans les accueillir hier. Ottawa est fière de l'amitié qu'elle entretient depuis longtemps avec les Pays-Bas. On se souviendra notamment que la famille royale des Pays-Bas a vécu à Ottawa pendant la Seconde Guerre mondiale et que la princesse Margriet est née ici. C'est une joie et un honneur d'accueillir à nouveau la famille royale à Ottawa.
    J'aimerais aussi en profiter pour féliciter un collègue et ami.
    Il y a quelques semaines, le roi des Pays-Bas a nommé le député de Sackville—Eastern Shore chevalier de l'Ordre d'Orange-Nassau.
    Le député de Sackville—Eastern Shore a toujours travaillé avec ardeur à défendre la cause des anciens combattants et à promouvoir les relations canado-néerlandaises. Je suis certain que tous les députés se joindront à moi pour le féliciter.
    Bien que cet honneur ne soit pas assorti d'un titre officiel, pour nous, il sera désormais « sir Buddy ».

  (1410)  

La fiscalité

    Monsieur le Président, les familles canadiennes de la classe moyenne savent qu'elles sont mieux servies par le gouvernement conservateur. Nous avons instauré l'allégement fiscal pour les familles et la prestation universelle pour la garde d'enfants, afin que la classe moyenne au Canada demeure l'une des plus fortes au monde.
    Ce qui m'inquiète, c'est que l'opposition compte éliminer ces mesures. Le chef du Parti libéral veut abolir la prestation universelle pour la garde d'enfants, le fractionnement du revenu et les comptes d'épargne libre d'impôt.
    En plus de cela, le chef libéral a annoncé hier que sa plateforme électorale prévoit une importante augmentation des charges sociales. Il a déclaré ce qui suit: « Nous envisageons de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. »
    Ce qu'il dit, c'est qu'il appuie une augmentation des charges sociales qui coûterait 1 000 $ sur le salaire net d'une personne gagnant 60 000 $.
    Le chef libéral propose d'augmenter les impôts de la classe moyenne. Nous réduisons les impôts.

Alexie Dallaire-Vincent

    Monsieur le Président, les gens de la région de Timmins—Baie James pleurent le décès d'Alexie Dallaire-Vincent, qui a été tuée dans un accident de transport souterrain à la mine St. Andrew Goldfields à Timmins. Elle aura été la première femme à périr dans une mine en Ontario.
    Les femmes ont joué un rôle de premier plan pour éliminer les obstacles dans le secteur minier. Elles commencent à prendre la place qui leur revient de droit dans les postes bien rémunérés dans l'administration et dans les mines. Cette transformation est une bonne chose et elle se poursuivra. Ce décès nous rappelle qu'il faut trouver des façons de prévenir pareils accidents à l'avenir. Trop de jeunes mineurs ont récemment connu une fin tragique dans le Nord.
    Au nom du Parlement du Canada, j'offre mes plus sincères condoléances à son conjoint, Travis, et aux membres des familles Vincent, Dallaire et Mercier. Alexie valait plus que tout l'or que l'on pourra jamais tirer de la mine. Au moment où nous pleurons cette perte, engageons-nous à faire en sorte que pareille tragédie ne se reproduise pas.

La fiscalité

    Monsieur le Président, le mois qui s'achève nous aura permis d'avoir une bonne idée de ce que le chef du Parti libéral réserve à la classe moyenne.
    Premièrement, il a affirmé que ce qui est juste, ce n'est pas d'instaurer des mesures qui profiteraient à toutes les familles. Hier, il a annoncé la prochaine politique d'envergure de sa plateforme. Oh surprise: il s'agit d'une augmentation massive des charges sociales des Canadiens. Le chef libéral a dit envisager de faire comme Kathleen Wynne en Ontario, soit d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada.
    Si le plan libéral devait se concrétiser, une personne qui gagne 60 000 $ perdrait 1 000 $ de son salaire net. Et c'est sans compter la promesse qu'a faite le chef libéral de supprimer la prestation universelle pour la garde d'enfants que de nombreux électeurs de ma circonscription, London-Centre-Nord, attendent avec impatience, de supprimer le fractionnement du revenu et de supprimer le compte d'épargne libre d'impôt.
    Le plan du chef libéral est très simple: alourdir le fardeau fiscal de la classe moyenne.

La citoyenneté et l'immigration

    Monsieur le Président, pendant des décennies le Canada s'est fait connaître comme l'un des pays les plus accueillants au monde pour les nouveaux arrivants. Les Canadiens sont fiers de cette réputation, et à juste titre.
    Toutefois, nous avons appris hier que, pour la première fois, le Canada ne fait plus partie des cinq meilleurs pays au monde au chapitre de l'intégration des immigrants. Nous échouons à cet égard parce que l'actuel gouvernement a négligé les dossiers de la réunification des familles et de la citoyenneté. Les délais d'attente ont atteint des sommets pour ceux qui souhaitent parrainer et faire venir un conjoint ou un enfant au pays. Depuis l'arrivée au pouvoir de l'actuel gouvernement, les délais ont augmenté de plus de 70 % pour le parrainage d'un conjoint ou d'un enfant et de 500 % lorsqu'il s'agit d'un parent ou d'un grand-parent.
    Cette semaine, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration a tenté en vain de justifier le pitoyable bilan du gouvernement, en remettant en question la crédibilité des statistiques produites par son propre ministère.
    Les Canadiens méritent mieux, tant les nouveaux arrivants que ceux qui sont établis ici depuis des générations.

La fiscalité

    Monsieur le Président, les Canadiens peuvent seulement compter sur le gouvernement conservateur pour aider les familles à économiser plus d'argent qu'elles pourront ensuite dépenser en fonction de leurs priorités. Les néo-démocrates et les libéraux, quant à eux, ont affirmé qu'ils voulaient augmenter les impôts et faire disparaître des emplois. Le chef du Parti libéral a même dit que « ce qui est juste, ce n'est pas de faire profiter toutes les familles de ces mesures ».
    Il l'a démontré en s'engageant à abolir la prestation universelle pour la garde d’enfants, le fractionnement du revenu et le compte d'épargne libre d'impôt. Il veut remplacer notre baisse d'impôt pour les familles par une hausse d'impôt pour les familles. Hier, il a même annoncé qu'il augmenterait massivement les charges sociales des Canadiens. Il a dit: « Nous envisageons de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. »
     Si le plan du chef libéral devait se concrétiser, une personne qui gagne 60 000 $ perdrait plus de 1  00 $ de son salaire net. Il est tout simplement inacceptable qu'il s'en prenne de cette manière à la classe moyenne.

  (1415)  

[Français]

Les droits des travailleurs

    Monsieur le Président, le gouvernement conservateur ne rate jamais une occasion de porter atteinte aux travailleurs et travailleuses, mais là, il va trop loin.
    Les conservateurs veulent remonter dans le temps pour effacer de notre histoire les luttes importantes des travailleurs pour leurs droits, comme la grève générale de Winnipeg, qui ne sera plus représentée au Musée canadien de l'histoire.
    Quand on regarde du côté de l'opposition, on voit que, les libéraux, c'est du pareil au même, avec leurs attaques douteuses contre les droits négociés collectivement des travailleurs de la Colline. Les libéraux croient que les travailleurs ne devraient pas avoir accès à un local pour défendre leurs droits à un environnement de travail sécuritaire et qu'ils ne devraient pas être indemnisés pour les heures supplémentaires travaillées.
    On voit bien que les conservateurs et les libéraux mènent le même combat. Ce sont les mêmes vieux partis usés.
    En 2015, les travailleurs et travailleuses de partout au Canada pourront enfin choisir un gouvernement qui défend leurs droits: celui du NPD.

[Traduction]

La fiscalité

    Monsieur le Président, grâce aux libéraux, le choix est très clair: les familles de la classe moyenne veulent-elles le plan conservateur de réduction des impôts ou le plan d'impôts et d'endettement élevés proposé par le chef du Parti libéral? Je doute qu'ils optent pour ce dernier.
     Il a dit que « ce qui est juste, ce n'est pas de faire profiter toutes les familles de ces mesures ». En effet, il veut accroître l'injustice en haussant radicalement les charges sociales de tous les Canadiens, de sorte qu'une famille qui gagne 60 000 $ paiera 1 000 $ d'impôts en plus. Qui plus est, il aggravera l'injustice en abolissant la prestation universelle pour la garde d'enfants, le fractionnement du revenu et le compte d'épargne libre d'impôt.
     L'emploi de premier ministre n'est pas pour un débutant et le chef du Parti libéral a prouvé à maintes reprises qu'il n'est tout simplement pas à la hauteur de la tâche.
    Sous l'actuel premier ministre, les Canadiens gardent plus d'argent dans leurs poches.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Français]

L'éthique

    Monsieur le Président, étant donné que le premier ministre refuse toujours de répondre aux questions, les Canadiens ont appris par l'entremise de la police que son bureau avait falsifié le rapport sur les dépenses du sénateur Mike Duffy, et ce, à sept reprises. Ils ont entre autres effacé des passages qui prouvaient que la résidence du sénateur Duffy était bel et bien à Ottawa.
    Comment le premier ministre peut-il expliquer que son bureau a modifié des parties aussi importantes dans le rapport sur Mike Duffy?
    Monsieur le Président, je n'accepte pas de telles déclarations de la part du NPD.
    La réalité est que M. Duffy est devant les tribunaux pour ses propres actions. Il sera jugé pour ces actions. Le gouvernement va continuer de collaborer avec la Couronne et la GRC dans cette affaire.

[Traduction]

    Monsieur le Président, Dean Del Mastro, Michael Sona, Peter Penashue, Saulie Zajdel sont des conservateurs qui ont été condamnés devant un vrai tribunal présidé par un vrai juge. C'est sans oublier les sénateurs conservateurs qui ont plaidé coupable d'avoir contrevenu à la Loi électorale, et toutes les autres accusations qui seront portées sous peu.
    Le cabinet du premier ministre a été accusé d'avoir dissimulé des faits et édulcoré le rapport de vérification de Deloitte pour infirmer la conclusion selon laquelle la résidence principale du sénateur conservateur Mike Duffy n'était pas à l'Île-du-Prince-Édouard. Le premier ministre confirmera-t-il maintenant que le cabinet du premier ministre a trafiqué le rapport à l'issue d'une entente secrète conclue avec Mike Duffy?
    Monsieur le Président, soit dit en passant, M. Duffy est devant les tribunaux à cause de gestes qu'il a lui-même posés. C'est de cela que la cour est saisie. Il sera jugé en fonction des gestes qu'il a posés, et nous continuerons d'aider la Couronne dans cette affaire.
    Il est incroyable d'entendre le leader parlementaire du NPD insulter certains conservateurs alors que plus de 60 députés néo-démocrates utilisent à mauvais escient les fonds parlementaires pour financer un parti politique. C'est absolument interdit par le Règlement. On parle ici de près de 3 millions de dollars de l'argent des contribuables. Le NPD devrait faire ce qui s'impose, à savoir rembourser l'argent ou subir les conséquences.
    Monsieur le Président, 78 députés conservateurs sont mentionnés dans les agendas de Duffy, notamment le secrétaire parlementaire du premier ministre; c'est à la page 135, lorsque Mike Duffy a fait campagne avec le secrétaire parlementaire du premier ministre. J'ai un bon conseil à leur donner. Devant un vrai tribunal, ils devront dire la vérité.
    Le cabinet du premier ministre a pris des libertés avec les règles de résidence, puis il a falsifié les résultats des vérifications. Bien entendu, les libéraux ont caché certains éléments de preuve lors de la Commission Gomery. Le premier ministre cessera-t-il enfin d'invoquer le privilège parlementaire dans le but d'écarter du procès de Mike Duffy une vérification réalisée à l'interne sur les règles du Sénat en matière de résidence?

  (1420)  

    Monsieur le Président, je répète les faits: aucune des personnes que le député néo-démocrate vient de nommer ne fait l'objet d'une accusation. La réalité, c'est qu'entre 60 et 70 députés néo-démocrates ont dépensé près de 3 millions de dollars, puisés à même l'argent des contribuables, ce qui est explicitement contraire au Règlement de la Chambre, pour financer les activités de leur parti politique dans l'ensemble du pays. C'est tout à fait inacceptable, tout à fait contraire au Règlement et tout à fait illégal. Le NPD devrait tout rembourser, car, sinon, il en subira les conséquences.

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, la pénurie de logements dans les collectivités des Premières Nations est devenue une crise. Dans les collectivités du Nord du Manitoba, il manque jusqu’à des centaines de maisons, mais les conservateurs répondent, comme nous l’avons vu hier, par de beaux discours idéologiques et un programme inefficace.
    Selon le président du fonds phare du gouvernement, l’objectif du programme n’a en fait jamais été d’offrir des maisons à ceux qui en avaient le plus besoin.
    Le ministre reconnaîtra-t-il l’échec des politiques gouvernementales? Le gouvernement redirigera-t-il immédiatement des fonds pour construire des maisons dans les collectivités des Premières Nations?
    Monsieur le Président, le gouvernement continue de prendre des mesures concrètes pour soutenir les Premières Nations en vue d’offrir des logements sécuritaires. Des ressources considérables sont affectées chaque année aux Premières Nations pour les aider à répondre à leurs besoins en matière de logement, dont elles ont la responsabilité.
    Depuis 2006, près de 12 000 nouvelles maisons ont été construites, et 22 000 maisons ont été rénovées dans les collectivités des Premières Nations. Nous poursuivrons notre excellent travail.
    Monsieur le Président, nous demandons au gouvernement de rediriger des fonds, soit un fonds de 344 millions de dollars pour offrir des logements dont les Premières Nations ont grandement besoin, et non de faire de beaux discours.

[Français]

    Les excuses officielles du premier ministre, en 2008, pour les pensionnats indiens doivent être plus que de simples mots. La Commission de vérité et réconciliation s'apprête à présenter ses conclusions, mardi prochain, et nous y serons. Cependant, le premier ministre doit faire preuve de leadership. Va-t-il au moins assister aux événements de clôture de la commission?
    Monsieur le Président, le gouvernement respecte ses engagements dans l'entente qui a été conclue. Nous allons continuer notre travail de collaboration étroite avec la Commission de vérité et réconciliation. Le gouvernement sera représenté à tous les événements qui vont se tenir ici, à Ottawa. Nous espérons que le public voudra également participer, parce que c'est un autre pas important dans la réconciliation de tous les Canadiens avec les Premières Nations du pays.

[Traduction]

L'emploi

    Monsieur le Président, le ministre des Finances se trouve en Allemagne et il y fait la promotion d'une refonte des lois du travail du Canada.
    Voici ce que nous avons appris dans un article publié aujourd'hui:
    [Le ministre des Finances] a dit que, pour augmenter la croissance, on peut notamment assouplir les lois sur le travail afin de faciliter la mise à pied des employés. Il a reconnu du même souffle que cela pourrait « mener à des manifestations dans les rues ».
    Le premier ministre est-il d'accord avec son ministre des Finances, qui affirme que l'économie canadienne se porterait mieux s'il était plus facile de licencier des travailleurs canadiens?
    Il va sans dire, monsieur le Président, que le ministre des Finances n'a rien dit de tel. Il parlait de la situation en Grèce où, en raison de déficits et de dépenses hors de contrôle, il y a eu des hausses d'impôt colossales, des licenciements massifs et de terribles réductions des services. En fait, c'est exactement ce que le gouvernement libéral a fait dans les années 1990 après avoir mal géré les finances publiques.
    Aujourd'hui, notre pays a un budget équilibré, les impôts sont moins élevés et nous investissons dans les choses auxquelles tiennent les Canadiens.
    Monsieur le Président, ce n'est pas de la mauvaise gestion que d'équilibrer le budget et de rembourser la dette. C'est comme cela qu'une économie se dirige. Ce n'est pas comme cela, cependant, que les conservateurs la dirigent. Ils ont ajouté 150 milliards de dollars à la dette nationale du Canada.
    À un moment où l'économie canadienne est en léthargie, le ministre des Finances nous dit qu'il pense vraiment que les licenciements stimulent la croissance. Il nous faut plus d'emplois, pas plus d'emplois vacants.
    Pourquoi le premier ministre appuierait-il un ministre des Finances qui pense vraiment que le licenciement de travailleurs est bon pour la croissance?

  (1425)  

    Monsieur le Président, le ministre des Finances n'a jamais rien dit de la sorte, mais il est intéressant d'entendre le député défendre le bilan économique des libéraux qu'il dénonçait lorsqu'il a été élu à la Chambre.
    Voici autre chose que je l'invite à défendre s'il en est capable. Hier, le chef libéral a dit envisager de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. Cela revient à une réduction de salaire de 1 000 $ pour chaque travailleur ontarien dont le revenu annuel est de 60 000 $. Ce chiffre, c'est le manque à gagner des travailleurs; on ne parle même pas des coûts accrus pour les employeurs. Ce n'est pas ce que réclament les Canadiens. Ce n'est pas ce qu'ils veulent, et ils ne l'accepteront jamais.

[Français]

    Monsieur le Président, selon certaines sources, le ministre des Finances aurait dit que, pour augmenter la croissance, une des solutions est d'assouplir les lois sur le travail, afin de faciliter la mise à pied des employés. Il aurait, par contre, reconnu en même temps que cela peut mener à des manifestations dans les rues. On savait déjà que ce gouvernement ne s'intéressait pas aux défis de la classe moyenne, mais cette déclaration, elle, bat des records d'insensibilité.
     Le ministre a-t-il vraiment fait cette déclaration pitoyable, et le premier ministre est-il d'accord avec le ministre?
    Monsieur le Président, le ministre des Finances n'a pas dit une telle chose. Il a dit le contraire
    Il a parlé de la situation en Grèce, où les politiques libérales ont mené à une situation où on a des suppressions d'emplois, des hausses de taxes et d'impôts et des réductions de services à la population. C'est tout à fait le contraire au Canada, où on a un budget équilibré.
    Les Canadiens ne veulent pas de la plus récente hausse de taxes et d'impôts proposée par le chef du Parti libéral: 1 000 $ de la poche de chaque employé qui gagne seulement 60 000 $ par année.
    Les Canadiens veulent plus d'argent dans leurs poches, ils n'en veulent pas moins comme le prône le chef du Parti libéral.

Les aînés

    Monsieur le Président, les conservateurs vont piger jusqu'à 30 000 $ dans les poches de nos aînés en les forçant à travailler deux années de plus.
     Ils proposent maintenant d'étudier — une autre étude qui va coûter cher — un régime d'épargne volontaire, alors qu'ils le rejetaient catégoriquement en 2010. Pourtant, même Jim Flaherty disait que cela ne fonctionnerait pas et que le RPC ne serait pas en mesure d'administrer ce nouveau volet.
    Pourquoi les conservateurs font-ils miroiter à nos aînés des propositions auxquelles ils ne croient même pas?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral feraient tous deux augmenter les charges sociales considérablement. En fait, hier, le chef libéral a dit envisager de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. Pour quelqu'un qui gagne 60 000 $ par année, cela représente une hausse d'impôt de 1 000 $.
    Alors que nous laissons les Canadiens de la classe moyenne garder plus de leur argent, ce parti-là veut faire le contraire.
    Monsieur le Président, il n'est pas facile de vivre avec un revenu fixe. C'est épuisant, et beaucoup trop d'aînés ont du mal à simplement joindre les deux bouts au pays. Les compressions imposées par les conservateurs à la Sécurité de la vieillesse ne feront qu'aggraver la situation, privant nos aînés de 13 000 $ chacun. Après avoir été insensibles au sort des personnes âgées pendant 10 ans, les conservateurs tentent maintenant de nous faire croire qu'ils ont changé. Toutefois, l'ancien ministre des Finances avait déclaré que la nouvelle idée des conservateurs ne marcherait pas, et celle-ci avait d'ailleurs été rejetée à l'unanimité.
    Les conservateurs pensent-ils vraiment que les aînés sont assez dupes pour croire qu'ils ont changé d'idée?
    Monsieur le Président, grâce à la mise en place du compte d'épargne libre d'impôt, à l'augmentation du Supplément de revenu garanti et à d'autres mesures d'allégement fiscal, nous permettons aux aînés de garder plus d'argent dans leurs poches. Toutefois, les libéraux et les néo-démocrates feraient le contraire.
    Le chef libéral a déclaré « Nous envisageons de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. » Cela signifie une hausse d'impôt de 1 000 $ pour un travailleur qui gagne seulement 60 000 $ par année. La petite entreprise qui emploie ce travailleur devra payer le même montant d'impôt, ce qui sera néfaste sur le plan de l'emploi. Nous allons nous opposer à la hausse d'impôt que le chef libéral souhaite infliger aux travailleurs.

  (1430)  

    Monsieur le Président, ce n'était pas cela la question.
    La vérité, c'est que les conservateurs ont un plan assurant un faible revenu pour les aînés du pays. Des millions de Canadiens comptent sur les maigres 640 $ par mois du RPC, qui constituent leur principal revenu de pension, pour joindre les deux bouts. La dernière fois que le gouvernement a promis de hausser les prestations, les conservateurs ont empêché tout progrès. Au sujet d'une nouvelle promesse, l'ancien ministre d'État aux Finances a déclaré: « Le verdict a été unanime. L'idée était mauvaise. »
    Comment les conservateurs pensent-ils que la population va les croire quand ils ne croient même pas eux-mêmes dans leur prétendu plan?
    Monsieur le Président, soyons francs: les Canadiens savent que le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral veulent augmenter les impôts.
    Je me permets de rappeler ce que le chef libéral a dit hier: « Nous envisageons de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. » Là encore, pour celui qui gagne 60 000 $ par année, cela représente une hausse d'impôt de 1 000 $.
    Alors que nous laissons les gens de la classe moyenne décider comment dépenser et économiser, les libéraux, eux, veulent augmenter les impôts. Voilà leur politique.

La défense nationale

    Monsieur le Président, le Collège militaire royal fait face à une autre allégation d'agression sexuelle. Cette allégation fait suite à d'autres incidents et à un rapport cinglant, qui constate qu'une culture où l'on ferme les yeux sur le harcèlement et les abus règne dans les Forces canadiennes. Plus tôt cette semaine, la major-général Whitecross a même admis qu'il n'y a pas consensus parmi les hauts gradés quant à la gravité du problème.
    Le ministre finira-t-il par faire preuve de leadership et mettre fin au harcèlement sexuel et à la violence sexuelle dans l'armée?
    Monsieur le Président, je peux informer la Chambre que le Service national des enquêtes se penche actuellement sur l'incident en question, qui vient d'être signalé. Comme l'a dit clairement le commandant du Collège militaire royal du Canada, l'inconduite sexuelle ne doit aucunement être tolérée au collège. Le collège est en train d'élaborer une stratégie semblable à celle des Forces armées canadiennes en réponse au rapport de la juge Deschamps, dont les 10 recommandations ont été, en principe, acceptées.
    La lieutenant-général Christine Whitecross, qui vient d'être promue, a été mandatée par le chef d'état-major de la Défense pour appliquer les recommandations de ce rapport dans toute l'armée canadienne.

[Français]

    Monsieur le Président, il est clair que ce gouvernement ne reconnaît pas le sérieux de la situation.
    Nous avons appris ce matin qu'il y avait une enquête sur un nouveau cas d'agression sexuelle au Collège militaire royal. Dans leur milieu de travail, dans leur communauté et à la maison, trop de femmes sont encore victimes de violence.
    Hier, le gouvernement avait la chance d'agir, mais il a préféré voter contre la motion du NPD pour mettre en avant un plan d'action national et mettre fin à la violence contre les femmes.
    Quand le gouvernement va-t-il comprendre l'urgence d'agir et présentera-t-il une réelle stratégie?
    Monsieur le Président, la stratégie se trouve dans le rapport de Mme Deschamps, qui a été commandé par le chef d'état-major.
    Les 10 recommandations ont toutes été acceptées en principe par les militaires. La lieutenant-général Christine Whitecross est chargée de mettre en oeuvre ce rapport. L'incident en question du Collège militaire royal fait l'objet d'une enquête par le Service national des enquêtes des Forces canadiennes.
    Évidemment, nous n'accepterons jamais l'agression sexuelle au sein des militaires canadiens.
    Monsieur le Président, ce nouveau cas d'agression sexuelle, rapporté au Collège militaire royal, démontre clairement que la violence sexuelle et le harcèlement sont des problèmes structurels au sein de nos institutions militaires.
    Or le Canada ne peut accepter qu'on traite ainsi celles et ceux qui se dévouent pour leur pays. Les faits sont indéniables. Toutefois, l'armée ne s'entend toujours pas sur la gravité de la situation.
    Qu'attend le ministre de la Défense nationale pour exiger la mise en place de mesures concrètes qui mettent fin à ce fléau immédiatement? Pas après des enquêtes, mais maintenant.

  (1435)  

    Monsieur le Président, il y a allégations d'acte criminel. Ainsi, le Service national des enquêtes des Forces armées canadiennes a lancé une enquête criminelle. Est-ce la position de la députée que nous ne devons pas avoir d'enquête criminelle sur ces allégations graves? J'espère que non.
    La question est plus large. Les militaires ont accepté les 10 recommandations de la juge Deschamps, qui a été nommée pour faire ce rapport par le chef d'état-major, et la lieutenant-général Christine Whitecross est chargée de mettre en oeuvre toutes ces recommandations.
    Monsieur le Président, c'est n'importe quoi. Les victimes ont assez attendu. Il faut agir maintenant.
    Parlons d'un autre dossier tout aussi mal géré. Les conservateurs nous arrivent maintenant avec un comité pour gérer le système d'approvisionnement de l'armée. Voilà encore des délais, encore de la bureaucratie!
    La décision du gouvernement pour le renouvellement temporaire de sa flotte de bateaux de ravitaillement se fait toujours attendre, et la proposition de Chantier Davie demeure sans réponse.
    Le ministre peut-il nous expliquer comment il pense que davantage de bureaucratie va vraiment arriver à corriger 10 ans de gestion catastrophique?
    Monsieur le Président, nous allons nous assurer que la Marine royale canadienne a l'équipement nécessaire, y compris les navires d'approvisionnement, pour faire ses démarches.
    Cela étant dit, si le NPD en était responsable, il n'y aurait aucun nouvel équipement pour les militaires. Dans toute son existence, le NPD a voté contre les ressources supplémentaires pour les militaires canadiens, et le meilleur parti en ce qui concerne les intérêts des militaires canadiens, c'est le NPD.

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous votons contre les projets qui sont mauvais.
     Il a fallu presque 10 ans pour que le gouvernement se rende compte que sa soi-disant stratégie d'approvisionnement en matière de défense est un échec total. Du fiasco des F-35 à l'hélicoptère Cyclone, en passant par l'aéronef de recherche et de sauvetage à voilure fixe et les navires de soutien interarmées, les conservateurs ont systématiquement accusé des retards et dépassé les budgets prévus pour finir par doter nos militaires d'équipements sous-performants. Toutefois, au lieu d'assumer ses responsabilités, le ministre propose de créer un autre comité pour encadrer ce bourbier.
    Le ministre peut-il expliquer comment un alourdissement de la bureaucratie, sans aucune responsabilité ministérielle, permettra de redresser le bilan catastrophique des conservateurs en matière d'acquisitions?

[Français]

    Monsieur le Président, d'abord, j'aurais dû dire que le NPD est le pire parti quant aux intérêts des militaires.

[Traduction]

    Soyons clairs. Le gouvernement veillera à ce que la Marine royale canadienne dispose de l'équipement dont elle a besoin pour remplir son mandat, aujourd'hui et demain, notamment des navires de soutien et des navires de ravitaillement.
    Comprenons-nous bien. Dans toute son histoire, le NPD a toujours voté contre l'octroi de ressources additionnelles à l'armée canadienne. Nous savons qu'il ferait des coupes massives dans le budget militaire s'il était au pouvoir. La différence tient au fait qu'il ne veut même pas utiliser notre armée de façon prudente pour sauver des vies et assurer la sécurité du Canada dans le monde. Il ne peut pas se tromper davantage sur nos forces armées.
     Monsieur le Président, je pensais que le ministre assistait à la séance de notre comité l'autre jour, lorsque nous avons voté pour le budget des dépenses de son ministère. Cela doit lui avoir échappé.
    Pour faire leur travail, nos forces doivent être munies de l'équipement qui convient, et les contribuables doivent en avoir pour leur argent. Toutefois, les conservateurs sont incapables de satisfaire à ces deux besoins. Aujourd'hui, nous avons appris que le projet crucial de navire de soutien interarmées pourrait être retardé de nouveau. Maintenant, il se peut que les navires ne soient pas prêts avant 2020 ou plus tard, soit au moins huit années complètes après la date où ils étaient censés être à flot.
    Ces retards causés par les conservateurs menacent des emplois dans les chantiers navals et empêchent nos militaires d'obtenir l'équipement dont ils ont besoin. Comment le ministre peut-il permettre que ces retards inacceptables se multiplient?
    Monsieur le Président, le gouvernement actuel est celui qui a acheté les appareils C-17 Globemasters, les appareils C-130J Hercules, les nouveaux hélicoptères Chinook, les nouveaux obusiers de l'armée et les blindés légers remis complètement en état. Le gouvernement a entrepris l'énorme projet de modernisation des frégates de classe Halifax et a mis en oeuvre le plus important programme de construction navale en temps de paix de l'histoire de l'armée canadienne, un programme de 36 milliards de dollars qui comprend deux navires de soutien interarmées.
    Le NPD a voté contre chacune de ces mesures de nos budgets. Il a voté contre de nouveaux équipements pour nos hommes et nos femmes en uniforme. Quelle honte!

  (1440)  

Les affaires autochtones

    Monsieur le Président, en 2008, le gouvernement nous a promis que le Fonds pour les logements du marché destinés aux Premières Nations permettrait l'ajout de 25 000 logements sur une période de 10 ans.
    En réalité, un total de 99 habitations ont été construites depuis 7 ans. En 2011, un rapport du gouvernement lui-même révélait une pénurie de 35 000 habitations dans les réserves. Or, à la suite de ce constat, le gouvernement n'a prévu aucune somme d'argent supplémentaire dans ses budgets. Il a même détourné 500 millions de dollars qui avaient été promis aux Premières Nations pour les infrastructures.
    Comment les conservateurs peuvent-ils continuer d'ignorer la désolante crise du logement qui sévit dans les réserves?
    Monsieur le Président, comme je l'ai déjà dit, le gouvernement continue de prendre des mesures concrètes pour aider les Premières Nations de partout au pays à se doter d'habitations salubres.
    Chaque année, des ressources importantes sont allouées aux Premières Nations pour les aider à répondre à leurs besoins en matière de logement comme elles en ont la responsabilité.
    Depuis 2006, les sommes consacrées par le gouvernement au logement dans les réserves ont permis la construction de 12 000 habitations et la rénovation de plus de 22 000 habitations. Nous allons garder le cap.

[Français]

La citoyenneté et l'immigration

    Monsieur le Président, le Canada ne figure plus parmi les cinq meilleurs pays pour l'intégration des immigrants. Une des causes de ce déclin est que les temps d'attente pour la réunification des familles ne cessent de s'allonger.
    Selon le site même du ministère, entre 2007 et 2014, il y a eu une augmentation de 146 % du temps d'attente pour les familles, de 546 % pour les parents et les grands-parents et de 73 % pour les épouses et les enfants.
    Le ministre nie-t-il ces chiffres accablants? Ils sont tirés du site Web de son ministère.
    Monsieur le Président, tout le monde sait que les arriérés contre lesquels nous menons un combat soutenu depuis neuf ans sont l'héritage des libéraux. Tout le monde sait que, sans les mesures prises par ce gouvernement, les parents et les grands-parents pourraient attendre jusqu'à 10 ans, voire 12 ans, en 2015.
    Contrairement à cette approche, nous avons pris des mesures pour réunir les familles, et c'est pour cela que nous sommes très fiers du fait que 75 000 parents et grands-parents immigreront au Canada au cours des trois prochaines années.

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'augmentation du temps d'attente a été de 70 % pour les enfants et les conjoints et de 500 % pour les parents et les grands-parents. Ce sont les chiffres du ministère lui-même, alors je vois mal comment le ministre pourrait dire que ces chiffres sont erronés.
    Les augmentations ont été calculées à partir du moment ou le Parti conservateur est arrivé au pouvoir. Le ministre ne peut donc pas imputer le problème au gouvernement formé par le Parti libéral qui a quitté le pouvoir il y a neuf ans. C'est le ministre actuel qui a créé ce gâchis. Comment a-t-il l'intention de réparer les pots cassés par les conservateurs eux-mêmes?
    Monsieur le Président, le ministre de la Défense nationale et ses prédécesseurs ont dû malheureusement rappeler sans cesse aux Canadiens la décennie noire des libéraux dans le dossier de la défense: mauvaise gestion, enveloppe budgétaire trop petite, achats de matériel insuffisants.
    Dans le domaine de l'immigration, les députés de mon parti doivent également rappeler aux Canadiens les décennies de mauvaise gestion du système canadien d'immigration par le Parti libéral. Nous avons hérité d'un système qui générait des arriérés partout dans le traitement des demandes. Nous avons réduit tous les arriérés.
    Des immigrants entrent au Canada. Il ne leur faut que quelques semaines pour obtenir l'autorisation d'y venir dans la catégorie de l'immigration économique. Les parents et les grand-parents sont accueillis au Canada en plus grand nombre que jamais auparavant, grâce à...
    Le député de Burnaby—Douglas a la parole.

L'infrastructure

    Monsieur le Président, il est bon de les entendre se disputer quant à savoir qui était le pire gouvernement.
    Les villes font également les frais de la politicaillerie conservatrice. Après avoir aboli le plan d'infrastructure communautaire en 2014, de façon honteuse, les conservateurs présentent maintenant à la hâte un nouveau programme, avec des délais serrés, dans le cadre de leur campagne électorale.
    En Colombie-Britannique, les collectivités disposent de moins d'un mois pour soumettre leurs propositions. Hier, Derek Corrigan, maire de Burnaby, a témoigné au comité et a dit trouver que cela sent la politique à plein nez.
    Nos municipalités ont besoin d'investissements dans l'infrastructure. Pourquoi les conservateurs font-ils encore une fois passer leurs intérêts partisans avant tout le reste?
    Monsieur le Président, le gouvernement conservateur atteindra un certain nombre d'objectifs importants grâce au Programme d'infrastructure de Canada 150.
    Nous célébrerons, bien sûr, le 150e anniversaire, l'histoire et le patrimoine de notre grand pays. Nous aiderons également les collectivités du pays à rénover les infrastructures de loisirs existantes, et nous ferons tout cela dans le cadre du Programme d'infrastructure communautaire de Canada 150.

  (1445)  

[Français]

    Monsieur le Président, dans leur empressement de racheter 10 ans de mauvaise gestion juste avant les élections, les conservateurs ont créé un nouveau fonds pour des mises à niveau d'infrastructures communautaires. Toutefois, 10 ans de mauvaise gestion, cela crée de mauvaises habitudes.
    Le ministre, un ancien maire, a oublié de faire ses devoirs. Les municipalités du Québec sont les seules au pays à être exclues.
    Le ministre va-t-il s'asseoir avec le gouvernement du Québec et signer une entente?

[Traduction]

    Monsieur le Président, le gouvernement conservateur atteindra un certain nombre d'objectifs très importants grâce au Programme d'infrastructure communautaire de Canada 150. Nous voulons bien entendu célébrer, au Québec et ailleurs au pays, les 150 ans de notre nation. Nous trouverons aussi des occasions de rénover et d'agrandir les infrastructures de loisirs existantes, notamment pour certains organismes sans but lucratif. Nous faisons ce qui s'impose.

[Français]

CBC/Radio-Canada

    Monsieur le Président, le tout nouveau membre du conseil d'administration de Radio-Canada vient d'être nommé. Il s'agit d'un ancien trésorier — attention, suspense! — du Parti conservateur en Nouvelle-Écosse. C'est pathétique. C'est un autre laquais du premier ministre qui va démolir Radio-Canada et CBC.
    Alors qu'on a tant de gens de talent en culture au pays et que le diffuseur public est confronté à tant de défis actuellement, comment celle qu'on croit responsable de la culture au pays peut-elle défendre son processus de nomination, qui paraît tout simplement honteux et grossier?

[Traduction]

    Très franchement, monsieur le Président, ce qui me semble grossier, moi, c'est qu'un député s'en prenne à un Canadien au bagage aussi brillant que celui de M. Jeffery. En vérité, M. Jeffery est un éminent comptable professionnel agréé qui compte de nombreuses années d'expérience. Il a entre autres été directeur de la fiscalité chez Sobeys et directeur principal chez Deloitte et Touche. Il possède une vaste expérience en gouvernance auprès de l'Institut des comptables professionnels agréés de la Nouvelle-Écosse, de l'Université Acadia et des Grands Frères et Grandes Soeurs du Grand Halifax. Il donne en outre divers cours de perfectionnement professionnel en matière de fiscalité.
    J'invite le député à présenter des excuses à ce Canadien hors pair.
    Monsieur le Président, il faut qu'un gouvernement soit vraiment usé et rongé par les scandales pour avoir une réaction aussi épidermique relativement à ses amis.
    Le copinage semble être devenu le passe-temps préféré du premier ministre. Prenons par exemple l'ancien trésorier du Parti conservateur de la Nouvelle-Écosse, qui se retrouve tout d'un coup administrateur de CBC/Radio-Canada. Les conservateurs puisent à même les postes prestigieux au service de l'intérêt public pour prodiguer des faveurs personnelles aux candidats défaits, aux donateurs du parti et à leurs amis.
    Qu'est-il advenu du premier ministre? Il avait pourtant promis de faire le ménage à Ottawa. Il a plutôt plongé tête première dans l'assiette au beurre. Qu'est-il advenu de lui?
    Monsieur le Président, je rappelle aux députés que nous avons le devoir d'adopter ce que l'on considère être un comportement honorable envers non seulement les autres députés, mais bien tous les Canadiens.
    Je répète que M. Jeffery apportera au conseil d'administration un bagage considérable de talent et de compétences. Le processus de nomination se fait d'ailleurs en toute transparence et strictement en fonction des compétences et qualités des candidats. Comme je viens de le dire, M. Jeffery fera profiter le conseil d'administration de son bagage exceptionnel de compétences.

Les pensions

    Monsieur le Président, le chef libéral a annoncé hier qu'il haussera les cotisations sociales des Canadiens de la classe moyenne. Le ministre d’État aux Finances pourrait-il présenter à la Chambre la position du gouvernement sur l'augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada?
    C'est bel et bien vrai, monsieur le Président. Le chef libéral a dit ceci hier: « Nous envisageons de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada. »
     Pour les personnes qui gagnent 60 000 $ par année, la politique du chef libéral représente une hausse d'impôt de 1 000 $. Les ménages à deux revenus de la classe moyenne payeraient des milliers de dollars de plus en impôt.
    Nous permettons aux Canadiens de garder plus d'argent dans leurs poches, de gérer eux-mêmes leur argent et d'épargner comme ils l'entendent en prévision de la retraite. Au contraire, la politique libérale soutirerait plus d'argent aux Canadiens.

  (1450)  

L'agriculture

    Monsieur le Président, les abeilles joue un rôle essentiel dans la pollinisation des récoltes, notamment celles du maïs, du soya et du canola. En fait, le tiers de notre régime alimentaire dépend de la pollinisation. Or, depuis une décennie, les colonies d'abeilles sont soumises à des conditions difficiles, et les pertes sont supérieures à la moyenne. En fait, 58 % de la population d'abeilles de l'Ontario a succombé au cours de l'hiver 2013-2014.
    Le président Obama a récemment annoncé aux États-Unis un programme de réduction du déclin des abeilles. Or, ici, au Canada, le gouvernement ne fait rien. À quand un tel programme?
    Monsieur le Président, je ne sais pas où était passé le député. En fait, nous avons fait d'importants investissements dans le domaine de la santé des abeilles. Voici quelques chiffres qui ont peut-être échappé au député.
    Le Canada compte 136 000 colonies d'abeilles de plus qu'en 2008. Les apiculteurs canadiens produisent près de 26 000 livres de miel de plus qu'il y a 5 ans. Les recettes moyennes des exploitations productrices de miel ont augmenté de 65 000 $ depuis 2008. Enfin, les apiculteurs ont produit 90 millions de livres de miel en 2012, d'une valeur de 173 millions de dollars. Ces chiffres sont très positifs.

[Français]

    Monsieur le Président, c'est n'importe quoi!
    Plus de 25 % de nos abeilles ont disparu l'hiver dernier. Juste au Québec, les pertes ont doublé en 10 ans. L'ensemble de nos récoltes dépend de la pollinisation. Le problème, c'est que le nombre d'abeilles diminue de façon alarmante en Amérique du Nord.
    Les États-Unis ont un plan. L'Union européenne a banni les insecticides et les pesticides. Quant à l'Ontario, elle en a réduit l'utilisation.
    Ma question est simple: où est le plan du gouvernement pour protéger la santé de nos abeilles?

[Traduction]

    Monsieur le Président, l'opposition a tout faux. Elle fait constamment fausse route. Évidemment, l'Union européenne a imposé un moratoire et non une interdiction.
    Comme je l'ai dit, le nombre total de colonies d'abeilles au pays a augmenté de 136 000 depuis 2008. La production de miel a augmenté de 90 millions de livres, ce qui représente une valeur de 173 millions de dollars.
    Même si leur population varie d'année en année, nous avons évidemment besoin des abeilles pour polliniser nos cultures. À cet égard, les agriculteurs sont les premiers environnementalistes sur le terrain, et ils ne feraient jamais de mal à ces petites bêtes de façon intentionnelle.

[Français]

Le commerce international

    Monsieur le Président, lors de ma plus récente rencontre avec l'UPA, tout le monde autour de la table avait la même question sur le bout des lèvres. Tout le monde voulait savoir si la gestion de l'offre était un des éléments de négociation pour le Partenariat transpacifique. On sait que les conservateurs ne se sont pas gênés pour sacrifier certaines parties de notre système pour l'accord avec l'Union européenne.
    Les conservateurs peuvent-ils nous dire si la gestion de l'offre est sur la table des négociations du Partenariat transpacifique?
    Monsieur le Président, j'ai le plaisir d'informer ma collègue que nous allons signer un accord de libre-échange, dans un avenir rapproché, je l'espère, avec les pays d'Asie-Pacifique, comme nous l'avons fait avec d'autres pays comme la Corée du Sud, tout en protégeant la gestion de l'offre et en en faisant la promotion.
    Je spécifie quels sont les trois piliers de la gestion de l'offre: le contrôle de la production, la détermination des prix par les producteurs et le contrôle des importations. Nous avons toujours défendu le système de la gestion de l'offre.
    Je dis à ma collègue que le passé est garant de l'avenir. Nous allons continuer à défendre l'ensemble des intérêts de tous les agriculteurs.

L'agriculture

    Monsieur le Président, ce n'est pas juste le sacrifice de la gestion de l'offre qui fait mal à nos agriculteurs. Les conservateurs réduisent aussi les investissements en agriculture. Cela nuira au développement économique de nos régions, comme dans Beauharnois—Salaberry.
    Plusieurs fermes familiales ont déjà de la difficulté à embaucher des travailleurs ou à boucler leur fin de mois. Maintenant, le soutien financier des conservateurs disparaît. Pourtant, le secteur agroalimentaire contribue à créer un emploi sur huit au Canada.
    Pourquoi les fermes familiales ne sont-elles pas une priorité budgétaire pour les conservateurs?

[Traduction]

    Monsieur le Président, les fermes familiales ont toujours fait partie des priorités du gouvernement, et 98 % des exploitations agricoles du pays sont encore détenues et gérées par une famille. Nous en sommes ravis. Nous offrons toute une gamme de programmes de gestion des risques de l'entreprise ainsi que d'autres programmes qui contribuent à encourager le secteur agricole à être le plus efficace et le plus efficient possible. Les recettes agricoles ont atteint un niveau sans précédent pendant deux années de suite, un résultat qui serait évidemment anéanti par la taxe sur le carbone que le NPD voudrait mettre en place.

  (1455)  

La citoyenneté et l'immigration

    Monsieur le Président, permettez-moi de donner un exemple de l'incompétence des conservateurs. Les députés connaissent le Programme des aides familiaux résidants, un programme qui est venu en aide à des milliers de Canadiens dans toutes les régions du pays. L'incompétence des conservateurs est éloquente: en trois mois, il y a eu 750 demandes et 97 % d'entre elles ont été refusées. Le gouvernement conservateur actuel ne veut rien savoir du Programme des aides familiaux résidants.
    Je pose donc la question suivante au ministre: pourquoi le gouvernement ne reconnaît-il pas les avantages du Programme des aides familiaux résidants, lequel est pourtant venu en aide à des milliers de Canadiens au cours des dernières années?
    Monsieur le Président, le député d'en face vient de nous donner un autre exemple de l'héritage libéral, de cette période sombre pour l'immigration qui a duré des décennies. Le programme des aides familiaux accuse des retards qui se sont traduits par la séparation d'aidants de leur famille pendant des périodes pouvant aller jusqu'à 10 ans. Nous devons remédier à cela. Nous éliminons ces retards...
    Allons donc!
    C'est assez.
    À l'ordre! Je peux entendre la députée de St. Paul's presque aussi bien que le député de Winnipeg-Nord, il y a quelques instants, mais elle n'a pas la parole. C'est le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration qui a la parole, et j'aimerais entendre la réponse.
    Monsieur le Président, il est très révélateur de voir les députés du Parti libéral chahuter aussi fort tout en disant s'intéresser aux aidants, alors que l'on connaît la détresse et les séparations que des générations de travailleurs canadiens — nouveaux arrivants ou citoyens — ont vécues à cause de ce parti. Nous sommes le premier gouvernement de l'histoire du pays qui fait quelque chose pour remédier à ces retards, et pour améliorer les possibilités de carrière des aidants. Les aidants arrivent au Canada plus rapidement qu'à toute autre époque grâce au Programme des travailleurs étrangers temporaires. Les statistiques évoquées sont totalement fausses.

[Français]

    Monsieur le Président, le Burundi traverse une crise. Lors de manifestations de plus en plus violentes, des dizaines de citoyens ont été tués et des centaines ont été blessés, emprisonnés ou torturés. Plus de 100 000 citoyens fuient le pays. Le Canada recommande aux citoyens canadiens de quitter le Burundi immédiatement.
    Pourquoi notre gouvernement n'a-t-il pas instauré des mesures pour accélérer les demandes de réunification familiale et d'immigration, comme il a été fait ailleurs dans des circonstances semblables? Pourquoi aussi le gouvernement n'a-t-il pas suspendu les déportations vers le Burundi?
    Monsieur le Président, nous sommes très conscients de la situation pénible qui a présentement cours au Burundi, et c'est pourquoi nous continuons à travailler pour élargir nos programmes de rapatriement des réfugiés et à suivre la situation de près.
    Environ 30 000 nouveaux immigrants vont bénéficier de nos programmes humanitaires, cette année. L'Afrique reste un continent sur lequel nous nous concentrons. Les Grands Lacs, le Rwanda, le Burundi et les autres pays de cette région sont au centre de nos efforts.

[Traduction]

Les finances

    Monsieur le Président, le ministre des Finances conservateur s'est encore mis les pieds dans les plats, mais une fois de plus, le premier ministre refuse d'obliger ce ministre prédisposé aux bévues à rendre des comptes.
    Les conservateurs ne semblent tout simplement pas comprendre la situation. Des normes du travail strictes créent une économie forte. La solution ne consiste certainement pas à faciliter la tâche des employeurs qui souhaitent congédier des employés, que ce soit en Europe ou ici, au Canada.
    Le premier ministre va-t-il maintenant présenter des excuses au nom de son ministre des Finances, qui a formulé des observations insultantes et peu judicieuses?
    Monsieur le Président, encore une fois, le ministre des Finances parlait de la situation en Grèce. Il va sans dire que le bilan du gouvernement en matière de création d'emplois est solide, car il s'est créé, net, 1,2 million d'emplois. Nous avons présenté un budget équilibré. Nous avons mis en oeuvre un plan de réduction des impôts pour créer plus d'emplois et stimuler la croissance. Cela dit, les députés néo-démocrates, eux, veulent faire disparaître des emplois et faire en sorte que le Canada s'engage dans la même voie que la Grèce en mettant en oeuvre un plan qui fera augmenter la dette et les impôts.

[Français]

    Monsieur le Président, encore une fois, le premier ministre refuse de corriger son ministre des Finances quand il dit des inepties. Aujourd'hui, en Allemagne, le ministre des Finances conservateur a dit, et je cite: une façon de stimuler l'économie est de sabrer dans les lois du travail et de faciliter le congédiement des employés.
     Voilà le vrai visage des conservateurs. Ils ne comprennent rien. Une économie forte est basée sur une classe moyenne forte, de bons emplois et de bons salaires. Sacrer du monde à la porte, ce n'est pas une solution, ni en Grèce, ni en Europe ni au Canada.
    Est-ce que le premier ministre va s'excuser pour les propos indignes de son ministre des Finances?

  (1500)  

[Traduction]

    Monsieur le Président, le ministre des Finances se trouve en Europe, en Allemagne, où il a formulé des observations sur la situation en Grèce. Je le répète, le gouvernement a adopté des mesures différentes de celles adoptées par de nombreux autres pays. C'est pour cette raison que nous nous retrouvons en tête du G7 pour ce qui est de la création d'emplois, car il s'est créé, net, 1,2 million d'emplois.
    Nous avons présenté un budget équilibré. Nous avons mis en oeuvre un plan de réduction des impôts pour créer plus d'emplois et favoriser la croissance économique. Ce sont les néo-démocrates qui induiraient les Canadiens en erreur et qui engageraient notre pays dans la même voie que la Grèce.

La fiscalité

    Monsieur le Président, ma question s'adresse au ministre de l’Emploi et du Développement social.
    Partout au pays, les familles de la classe moyenne parlent des mesures importantes que prend le gouvernement afin que toutes les familles puissent maximiser leurs économies et utiliser leur argent selon leurs priorités. Le ministre pourrait-il parler à la Chambre de ce qu'il fait pour que toutes les familles avec des enfants tirent parti de ces mesures?
    Monsieur le Président, je remercie le député pour le travail acharné qu'il accomplit au service des contribuables canadiens.
    Nous ne sommes pas d'accord avec les propos du chef libéral, qui a dit hier envisager « de faire comme Kathleen Wynne en Ontario et d'instaurer une augmentation obligatoire des cotisations au Régime de pensions du Canada ». Avec ce plan, tous les travailleurs qui gagnent 60 000 $ par année verraient leur impôt grimper de 1 000 $. Nous rejetons cette proposition.
    Notre stratégie consiste à maintenir les impôts bas afin que les gens puissent se préparer une retraite sécuritaire. C'est pourquoi nous avons mis en place le compte d'épargne libre d'impôt pour 11 millions de travailleurs canadiens.

[Français]

La citoyenneté et l'immigration

    Monsieur le Président, j'ai demandé au ministre de reporter ou de prolonger le moratoire sur la déportation qui touche les Haïtiens et les Zimbabwéens et qui arrive à échéance ce dimanche. Plus de 3 000 personnes sont concernées, et les organismes communautaires qui les aident sont vraiment débordés.
    Aujourd'hui, je demande au ministre s'il a discuté avec son vis-à-vis du gouvernement du Québec et s'il a consulté son ministère pour considérer cette demande de la part du Parti libéral et du gouvernement du Québec quant à cette déportation?
    Monsieur le Président, ce moratoire a été en vigueur pendant 10 ans. Nous étions tous d'un seul avis au mois de décembre pour le lever au mois de juin. Les Haïtiens ont été nombreux à soumettre des demandes de résidence permanente et la porte est encore ouverte. Pourquoi les députés d'en face disent-ils une chose en privé et une autre chose en public? Je ne le comprends pas.
    Une chose est sûre, c'est qu'aucun immigrant, au Canada, n'endossera les déclarations du chef libéral, qui envisage une expansion, et une expansion obligatoire du régime des pensions du Canada, du genre de celle qu'a proposée Kathleen Wynne en Ontario. Cela n'attirera pas les immigrants.

[Traduction]

La Garde côtière canadienne

     Monsieur le Président, la semaine dernière en Colombie-Britannique, les bateaux qui circulaient ont été abandonnés à leur sort durant une panne des services de communications maritimes. Heureusement, rien de fâcheux ne s'est produit — cette fois-ci.
    Imaginons un aéroport sans contrôleurs aériens. Bien que Vancouver soit l'un des ports les plus achalandés du Canada, l'actuel gouvernement s'entête à fermer les centres de communications maritimes et à sabrer les services d'intervention d'urgence de la Garde côtière, ce qui met des vies en danger et menace l'environnement.
    Quand le gouvernement annulera-t-il ses compressions concernant la Garde côtière et la sécurité maritime?
    Monsieur le Président, en ce qui concerne les centres de Services de communications et de trafic maritimes, le député semble penser que les employés hautement qualifiés de la Garde côtière font leur travail simplement en regardant par la fenêtre. Il en est tout autrement, et ce, depuis toujours. Ils utilisent des outils technologiques. En fait, nous investissons dans la technologie de pointe et utilisons des centres situés stratégiquement pour être raccordés à un réseau de tours de téléphonie cellulaire. Il n'y a aucun changement de ce côté-là et nous sommes certains que ce nouveau programme nous permettra de fournir aux navigateurs des services encore meilleurs.

Les télécommunications

    Monsieur le Président, la semaine dernière, j'ai eu le privilège d'annoncer, en compagnie du président du Conseil du Trésor, que ma circonscription recevrait des fonds dans le cadre du programme Un Canada branché. Cela permettra, pour la première fois, à plus de 4 500 foyers, dans la circonscription de Provencher, d'obtenir, à des prix abordables, des services Internet à haute vitesse.
    Le ministre de l’Industrie pourrait-il informer la Chambre de ce que le gouvernement fait, ainsi que de son intention de continuer à fournir des services Internet à haute vitesse abordables aux collectivités rurales et éloignées?

  (1505)  

    Monsieur le Président, mon collègue de Provencher est bien conscient que nous ne devrions jamais oublier la taille du Canada et l'importance de veiller à ce que nous soyons tous liés les uns aux autres et que nous ayons tous pleinement accès aux possibilités offertes par Internet, telles que le commerce électronique, les possibilités d'apprentissage et les services de santé, toutes des choses qui sont à la disposition des personnes ayant accès à Internet.
    Le gouvernement s'était engagé à connecter 280 000 foyers canadiens, et nous avons dépassé de 76 000 cet objectif. C'est ce que nous avons fait, et les coûts de cette initiative sont 40 % en deçà du budget.
    Cela fait quelques décennies que nous souhaitons que tous les Canadiens aient accès à des services Internet à haute vitesse. Grâce au gouvernement actuel et au premier ministre, c'est maintenant chose faite.

La sécurité publique

    Monsieur le Président, j'aimerais, par votre entremise, poser la question suivante au premier ministre. J'aimerais qu'il se remémore l'époque où il était chef de l'opposition et qu'il s'imagine que le premier ministre, peut-être un premier ministre libéral dont le gouvernement a remporté la majorité des sièges, décide de faire disparaître comme par magie une loi faisant l'objet d'une enquête parce qu'elle constituerait une infraction — de faire disparaître la loi de façon rétroactive et, par conséquent, l'infraction elle-même —, et de le faire au moyen d'un projet de loi omnibus d'exécution du budget.
    Qu'aurait dit le chef de l'opposition au sujet de cet abus de pouvoir?
    Monsieur le Président, nous rejetons bien évidemment toute allégation selon laquelle la Gendarmerie royale du Canada aurait agi de façon répréhensible en respectant la volonté du Parlement de détruire les données du registre des armes d'épaule. Je tiens à être très claire. Le gouvernement conservateur a respecté son engagement pour ce qui est d'abolir une fois pour toutes le coûteux et inefficace registre des armes d'épaule, et il n'a pas l'intention de s'excuser à la Chambre pour s'être assuré que la volonté du Parlement était respectée.

[Français]

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, d'un jour à l'autre, Enbridge pourrait obtenir la permission de faire couler 300 000 barils de pétrole par jour dans son pipeline 9B, vieux de 40 ans, qui traverse plusieurs municipalités et qui passe à proximité de résidences, d'écoles et de garderies. Avec ses réponses contradictoires, on ne sait toujours pas si l'Office national de l'énergie exigera les tests hydrostatiques les plus fiables pour vérifier l'état du pipeline.
    Si l'office ne veut pas faire sa job, le ministre des Ressources naturelles va-t-il faire la sienne et exiger ces tests comme le demandent les municipalités et la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles du Québec?

[Traduction]

    Monsieur le Président, nous veillons à ce que tous les Canadiens profitent de normes de calibre mondial en matière de protection environnementale et de sécurité pour tous les projets d'infrastructure énergétique. L'Office national de l'énergie, un organisme indépendant, est chargé de veiller à ce que le projet soit sécuritaire pour les Canadiens et pour l'environnement avant d'être approuvé.
    Le projet n'ira de l'avant qu'une fois que le promoteur aura rempli les conditions de l'Office national de l'énergie et qu'il aura démontré que le pipeline peut être exploité en toute sécurité.

[Français]

Présence à la tribune

    Je voudrais souligner la présence à la tribune des lauréats des Prix du gouverneur général pour les arts du spectacle.

[Traduction]

    Le Prix de la réalisation artistique a été remis à Walter Boudreau, Atom Egoyan, Diana Leblanc et R.H. Thomson.
    Le prix Ramon John Hnatyshyn pour le bénévolat dans les arts de la scène a été remis à Michael M. Koerner.
    Des voix: Bravo!
    J'invite tous les députés à se rendre sans tarder à la pièce 216-N pour y rencontrer les lauréats.

[Français]

Les travaux de la Chambre

[Travaux de la Chambre]
    Monsieur le Président, d'abord, j'ai de mauvaises nouvelles. Le gouvernement a imposé, pour la 97e fois, le bâillon pour empêcher les débats au Parlement. C'est un triste record. Nous sommes presque rendus à 100 motions d'attribution de temps, comme vient de le dire le député de Chambly—Borduas. C'est triste que ce gouvernement ne donne pas aux députés l'occasion de débattre de projets de loi.

[Traduction]

    J'ai aussi une bonne nouvelle. Je tiens d'ailleurs à remercier la députée de London—Fanshawe ainsi, il va sans dire, que les dizaines de milliers de femmes de partout au pays. La campagne intensive du NPD visant à convaincre le gouvernement de ne plus s'opposer à ce que les produits d'hygiène féminine soient exemptés de la TPS a été couronnée de succès. En effet, la TPS ne s'appliquera plus à ces produits à compter du 1er juillet.
    Ma question est très simple. L'heure est venue de connaître l'ordre du jour parlementaire de la semaine prochaine. Quelle autre bonne idée néo-démocrate le gouvernement va-t-il faire sienne au cours des jours à venir?

  (1510)  

    Monsieur le Président, tout le monde sait que seuls les conservateurs pensent à réduire les taxes et les impôts. En fait, quand nous avons fait passer la TPS de 7 % à 6 %, puis à 5 %, le NPD a voté contre ces mesures, qui ont pourtant permis d'aider les Canadiens. Tout le monde sait qui allège le fardeau fiscal des Canadiens.

[Français]

    Cet après-midi nous commencerons l'étape du rapport du le projet de loi S-7, Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares. Je suis évidemment déçu que 17 propositions d'amendements au projet de loi sont inscrites au Feuilleton des avis. S'ils étaient adoptés, ces amendements videraient le projet de loi de sa substance. L'opposition montre clairement qu'elle n'appuie pas les efforts que déploie le gouvernement conservateur pour envoyer un message fort à tous ceux qui vivent ou qui veulent venir au Canada. Nous ne tolérons pas les pratiques culturelles qui privent les gens de leurs droits les plus fondamentaux. Les mariages forcés, les mariages de personnes de moins de 16 ans, la violence motivée par l'honneur et la polygamie ne sont pas tolérés au Canada, et c'est pourquoi les conservateurs voteront contre tous les amendements présentés par l'opposition.

[Traduction]

     Demain, nous reprendrons le débat à l'étape de la troisième lecture du projet de loi C-42, Loi visant la délivrance simple et sécuritaire des permis d'armes à feu. Je crois que nous pourrons adopter le projet de loi bientôt afin que le Sénat ait assez de temps pour examiner la réduction des lourdeurs administratives que doivent subir les chasseurs, les agriculteurs et les amateurs de plein air canadiens qui respectent la loi.
    Lundi, ce sera le sixième jour désigné. Les néo-démocrates présenteront une motion demandant la tenue d'un débat à la Chambre à notre retour à Ottawa, après la fin de semaine.
    Nous terminerons, mardi, les étapes du rapport et de la deuxième lecture du projet de loi S-4, Loi sur la protection des renseignements personnels numériques. Les députés ont déjà entendu, plus tôt aujourd'hui, mon collègue, le ministre de l'Industrie, expliquer l'importance de ce projet de loi.
    Mercredi, nous reviendrons à l'étape du rapport sur le projet de loi S-6, Loi sur l'amélioration de la réglementation au Yukon et au Nunavut. Il est clair que ce projet de loi est nécessaire et que les gens qui vivent au nord du 60e parallèle l'appuient. Il modernisera les régimes réglementaires du Nord pour que ceux-ci soient conformes à ceux du reste du Canada, il protégera l'environnement et renforcera la gouvernance dans le Nord.
    Jeudi prochain, le 4 juin, sera le septième jour désigné. La Chambre débattra encore d'un sujet choisi par les néo-démocrates.
    Enfin, à titre d'information pour les comités qui examinent le Budget supplémentaire des dépenses, j'ai choisi le lundi 8 juin comme date provisoire du dernier jour désigné du cycle budgétaire. Je confirmerai la date dans une semaine exactement.

INITIATIVES MINISTÉRIELLES

[Initiatives ministérielles]

Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares

    La Chambre passe à l'étude du projet de loi S-7, Loi modifiant la Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés, la Loi sur le mariage civil, le Code criminel et d'autres lois en conséquence, dont le comité a fait rapport avec des propositions d'amendement.

[Traduction]

Décision de la présidence  

     Dix-sept motions d'amendement figurent au Feuilleton des avis pour l'étude à l'étape du rapport du projet de loi S-7.
    Les motions nos 1 à 17 seront groupées pour les fins du débat et mises aux voix selon les modalités que l'on peut consulter au Bureau.

[Français]

    Je vais maintenant soumettre les motions nos  1 à 17 à la Chambre.

  (1515)  

Motions d'amendement  

Motion no 1
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression du titre intégral.
Motion no 2
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression du titre abrégé.
Motion no 3
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 2.

[Traduction]

Motion no 4
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 3.
Motion no 5
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 4.
Motion no 6
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 5.
Motion no 7
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 6.

[Français]

Motion no 8
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 7.

[Traduction]

Motion no 9
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 8.

[Français]

Motion no 10
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 9.

[Traduction]

Motion no 11
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 10.
Motion no 12
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 11.
Motion no 13
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 12.
Motion no 14
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 13.
Motion no 15
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 14.
Motion no 16
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 15.
Motion no 17
    Que le projet de loi S-7 soit modifié par suppression de l'article 16.

[Français]

    Monsieur le Président, je me lève encore une fois à la Chambre pour exprimer mon opinion au sujet du projet de loi  S-7 qui est devant nous aujourd'hui. Vous venez de lire les motions qui ont été apportées par les différents partis de l'opposition et, si je ne me trompe pas, vous n'avez nommé aucune motion du Parti conservateur. C'est parce qu'il n'y en a probablement pas, tout comme il n'y a pas eu d'amendement proposé par les conservateurs en comité. D'ailleurs, comme tous les amendements de l'opposition en comité à l'étape de la deuxième lecture, ceux-ci ont tous été refusés.
    Bien évidemment, je soutiens l'intention du projet de loi  S-7, qui est de lutter contre la violence faite aux femmes et aux enfants, notamment dans le cadre de mariages forcés, de mariages de mineurs et de crimes d'honneur, et contre la polygamie. Ce type de violence est supposément visé par le projet de loi  S-7.
    Le NPD, comme tous les partis à la Chambre, veut que des mesures concrètes soient mises en place pour lutter contre la violence faite aux femmes et aux enfants. Tout le monde appuie ce principe-là. Je tenais à le dire, car certains députés prétendent que d'autres députés n'ont pas à coeur la protection des femmes et des enfants. C'est de la partisanerie à son plus bas niveau, dans un débat comme celui-ci.
    Nous appuyons également d'autres éléments de ce projet de loi. Effectivement, nous ne sommes pas nécessairement opposés à tous les aspects du projet de loi. Nous soutenons, par exemple, l'instauration d'un âge minimal pour le mariage, ainsi que le fait de rendre explicitement criminel le fait de célébrer un mariage forcé lorsque le célébrant est au courant de ce fait. Nous sommes en faveur de ces deux mesures. Par contre, il y a d'autres mesures dans le projet de loi qui sont préoccupantes et auxquelles il faut s'attarder.
    Des amendements proposés par le NPD à l'étape du rapport proposent de supprimer intégralement certaines parties du projet de loi  S-7, car l'étude faite au Sénat et celle que nous avons menée au Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration ont mis en lumière plusieurs inquiétudes concernant ces mesures précises que nous voulons supprimer.
    Quand autant d'experts qui travaillent sur le terrain avec les victimes nous disent qu'on risque de vulnérabiliser davantage les victimes que l'on veut protéger, il faut prendre ces avertissements au sérieux, retirer ces éléments du projet de loi qui soulèvent des préoccupations sérieuses, les réexaminer et proposer des mesures qui ne risquent pas d'aggraver la situation pour les victimes. Malheureusement, jusqu'à présent, le gouvernement n'a pas montré d'ouverture par rapport à de tels changements qui semblent nécessaires.
    Le premier article de ce projet de loi que nous voulons supprimer, c'est le titre abrégé, « Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares ». Le NPD a proposé une motion pour le modifier, mais elle a été rejetée par les conservateurs.
    Ce titre a soulevé un débat à l'intérieur de la population canadienne, car plusieurs personnes se sentent pointées du doigt, comme si elles appartenaient elles-mêmes à une culture barbare. En effet, dire « pratiques culturelles barbares », c'est comme dire que certaines cultures soutiennent la violence contre les femmes et les enfants.
     Dans un contexte canadien où il y a déjà beaucoup de racisme, de discrimination et d'islamophobie — disons-le —, il faut faire attention aux mots qu'on utilise. Si certaines communautés culturelles qui vivent au Canada se sentent blessées et visées par un tel titre, c'est simple, il n'y a pas matière à le garder.
    Les pratiques mentionnées dans ce projet de loi sont-elles barbares? Oui, elles sont cruelles. On pourrait aussi utiliser les mots « barbares » et  « inacceptables ». Toutefois, est-ce qu'elles sont culturelles? Il est là, le problème. Dans le titre d'un projet de loi, le mot « culturelles » n'est pas d'une grande utilité.

  (1520)  

    En quoi ce mot peut-il nous empêcher d'atteindre le but du projet de loi? Là est la question.
    Mme Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme au Québec a dit:
[...] il faut que les communautés soient avec nous et non contre nous, d'où la nécessité absolue de modifier le titre de cette loi.
    Si un titre de projet de loi nous met à dos les personnes mêmes qui, en première ligne, peuvent nous aider à régler ce problème, c'est problématique. Or c'est le cas. Des associations de personnes, de femmes musulmanes, sud-asiatiques ou chinoises, qui nous disent que ce titre ne leur convient pas. Il les menace et leur fait mal. Alors pourquoi ne pas enlever ce mot pour s'assurer d'avoir le plus d'alliés possible dans la lutte contre la violence contre les femmes?
    Mme Yao-Yao Go, directrice de la clinique Metro Toronto Chinese and Southeast Asian Legal Clinic, dit aussi au sujet de ce titre qu'il repose sur des stéréotypes racistes et alimente la xénophobie à l'égard de certaines collectivités racialisées. Bref, pourquoi ne pas changer le titre abrégé d'un projet de loi qui pourrait nuire au but même du projet de loi?
    Le deuxième amendement que nous proposons aujourd'hui vise encore une fois à supprimer un article. Il s'agit cette fois-ci de l'article 2, qui traite de l'interdiction de territoire pour les personnes accusées de polygamie. J'aimerais expliquer davantage le contexte.
    Cela ne vise pas seulement des personnes accusées de pratiquer la polygamie, mais des personnes soupçonnées d'avoir pratiqué, de pratiquer actuellement ou de pratiquer dans le futur la polygamie. En vertu de ce soupçon, un agent d'immigration peut refuser l'entrée sur le territoire non seulement à des gens qui veulent habiter, mais aussi à ceux qui veulent visiter le Canada. De plus, il peut aussi déporter des gens sur le soupçon qu'ils ont pratiqué, qu'ils pratiquent ou qu'ils vont pratiquer dans le futur la polygamie.
    La latitude d'interprétation des agents est donc problématique, et certaines personnes suggèrent de faire bien attention. En effet, dire à un agent qu'il peut supposer qu'une personne pourrait éventuellement pratiquer la polygamie ouvre la porte à une certaine discrimination. Or nous ne voulons surtout pas que certains groupes subissent de la discrimination par rapport à cela.
    À ce sujet, Mme Rupaleem Bhuyan, professeure à la Faculté de travail social à l'Université de Toronto, ajoute:
    Le seuil peu élevé du fardeau de la preuve [concernant cette pratique de la polygamie] pourrait mener à la discrimination raciale à l'égard des immigrants de certaines régions du monde qui sont considérés comme indésirables. Cette disposition mettrait aussi les femmes d'hommes polygames à risque d'être expulsées ou d'être séparées de leurs enfants.
    C'est un deuxième problème. Si on expulse les gens qui pratiquent la polygamie parce qu'on veut protéger les femmes, on oublie que les femmes aussi sont prises dans une relation polygame. Alors si, pour protéger les femmes, on les déporte avec leur mari, en quoi les protège-t-on vraiment? Peut-être est-ce un oubli de la part des gens qui ont dessiné ce projet de loi, mais il soulève de sérieuses craintes quant au fait que les femmes qu'on veut protéger seront en fait davantage vulnérables à cause de ce projet de loi.
    Mme Chantal Desloges mentionne également un autre problème par rapport à cette mesure du projet de loi. Elle dit:
    Je pense que si nous souhaitons que ce comportement [la polygamie] ait de graves conséquences, comme l’expulsion, nous devons fixer des limites très claires, afin que les gens sachent s’ils contreviendront à la loi et qu’ils puissent modifier leur comportement en conséquence.
    Bref, il n'y a aucune définition claire de ce qu'est la polygamie, et cela, en soi, est un problème.
    Nous voulons supprimer un autre élément du projet de loi, et c'est la criminalisation de ceux qui assisteront à un mariage forcé s'ils savent que c'en est un. La criminalisation en elle-même n'est pas un problème, pour le NPD. Toutefois, le but est de protéger les victimes. Or, si elles savent qu'en dénonçant les gens qui étaient à leur mariage forcé, elles aideront à tous les criminaliser et les mettre en prison, beaucoup de victimes n'en parleront pas de peur que leur famille ou leur communauté entière soit criminalisée. Les gens qui travaillent sur le terrain nous disent que c'est un danger réel.

  (1525)  

    J'aimerais nommer, par exemple, Mme Siddiqui, responsable des politiques et de la recherche à Southall Black Sisters. Elle travaille au Royaume-Uni, un pays qui a exploré plusieurs pistes concernant la criminalisation du mariage forcé. Cette dernière dit que les jeunes filles et les jeunes femmes victimes avec lesquelles elle travaille sur le terrain depuis des années lui disent: « Je veux être protégée par les policiers, mais je ne veux pas poursuivre mes parents ni ma famille. Je ne veux pas qu'ils aillent en prison ». Ces victimes poursuivent en disant que si elles parlent aux policiers et que ceux-ci criminalisent leur famille ou leur communauté, elles refuseront même de porter plainte. Quand on met une telle pression sur les victimes et qu'on encourage le secret autour d'une pratique déjà trop secrète, le mariage forcé, il y a un problème.
    Bref, le projet de loi S-7 ne répond pas aux préoccupations majeures, il ne permet pas d'atteindre l'objectif qu'il vise et il risque même de vulnérabiliser davantage les victimes. C'est pourquoi nous proposons les amendements que la Chambre a entendus aujourd'hui.

[Traduction]

    Monsieur le Président, j'ai écouté attentivement le discours de la députée au sujet du projet de loi. La députée siège au Comité permanent de la Citoyenneté et de l'Immigration en tant que porte-parole du NPD.
    Nous avons entendu des témoignages très convaincants de femmes qui ont été victimes de pratiques culturelles barbares. Elles ont parlé avec passion au comité de la façon dont leur culture et leur famille leur ont fait subir des années de mauvais traitements dans des relations très difficiles. Une femme a dû se faire reconstruire la mâchoire. Pour nous, de ce côté-ci de la Chambre, ce sont les témoignages des victimes qui étaient les plus convaincants.
    Pourquoi le député et le NPD ont-ils tant de mal à comprendre que la violence contre les femmes, et particulièrement à un très jeune âge, est ancrée dans certaines cultures? Pourquoi ne veulent-ils pas que le projet de loi s'intitule « Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares »?

[Français]

    Monsieur le Président, les pratiques que mon collègue a nommées tantôt sont des pratiques barbares. Toutefois, la violence contre les femmes n'appartient pas à une culture. Nous la retrouvons partout dans le monde et même au sein de la communauté et des familles canadiennes. Mon collègue faisait aussi partie du comité. Bien sûr, les victimes nous demandent d'agir. Elles nous demandent des outils pour beaucoup mieux protéger les femmes et les enfants. Je suis d'accord avec lui à ce sujet.
    J'ai toutefois demandé à une des victimes qui a comparu devant nous si elle pouvait nommer un seul élément du projet de loi S-7 qui l'aurait protégée en tant que victime. Elle a répondu que non, qu'elle ne connaissait pas exactement les détails du projet de loi, mais qu'elle en appuyait l'intention.
    Beaucoup d'experts ont aussi comparu devant le comité, des gens qui connaissent notre Code criminel et la Loi sur la l'immigration et la protection des réfugiés, des gens qui ont fait des doctorats portant spécifiquement sur le sujet de la criminalisation du mariage forcé. En conclusion, ils nous ont dit que les mesures contenues dans le projet de loi S-7 vont aggraver le problème et vulnérabiliser davantage les victimes.
    Si c'est un sujet qui tient vraiment à coeur à mon collègue et à ses collègues conservateurs, ils vont retirer des éléments de ce projet de loi et chercher à comprendre davantage les phénomènes auxquels ils veulent s'attaquer pour mettre en place un projet de loi intelligent qui traite vraiment du problème.

  (1530)  

    Monsieur le Président, je remercie grandement ma collègue de Pierrefonds—Dollard de son excellent travail au comité. Je suis tout à fait d'accord avec toutes les critiques qu'elles a faites aujourd'hui au sujet du projet de loi S-7.
    Je veux simplement lui demander pourquoi elle pense que les conservateurs présentent un projet de loi visant à éliminer des actions qui sont déjà illégales.
    Monsieur le Président, je ne peux pas dire pourquoi les conservateurs font ceci ou cela parce que je ne suis pas dans leur tête; je pense que c'est mieux comme cela. Par contre, je peux dire qu'en effet plusieurs témoins qui ont comparu au comité ont dit que le Code criminel permettait déjà d'imposer des sanctions contre les mariages forcés ou contre la polygamie et des sanctions par rapport aux menaces ou aux abus sexuels et à la violence physique. Bref, il y a déjà des mesures dans le Code criminel qui peuvent nous permettre de sévir.
    Le problème est surtout sur le plan des ressources sur le terrain. Plusieurs victimes et experts nous ont dit, d'un commun accord, que si nous voulons vraiment protéger les femmes, il faut nous assurer qu'elles ont les ressources pour leur permettre, premièrement, de briser le silence et, deuxièmement, de passer par le processus de guérison et le processus de poursuite criminelle, si c'est leur intention.
    Combien de mariages forcés sont actuellement passés sous silence? Que pouvons-nous vraiment faire pour nous attaquer aux racines de ce problème? Il faut d'abord le comprendre et puis mettre en place des mesures qui vont vraiment aider les victimes sur le terrain.

[Traduction]

    Monsieur le Président, jamais pendant mes études de droit — et certainement jamais au cours des quatre dernières années, pendant lesquelles j'ai eu l'honneur de représenter les électeurs de Saanich—Gulf Islands au Parlement — je n'ai vu une mesure législative aussi absurde que cette ineptie. Ce projet de loi, cette soi-disant Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares, n'est rien d'autre qu'un slogan sensationnaliste en quête d'une infraction.
    Je suis profondément offusquée du fait que le Parlement ait eu à perdre son temps à débattre de cette loi. Ceux qui la défendent, les députés conservateurs, nous demandent comment nous pouvons ne pas agir pour mettre fin aux crimes d'honneur. Si ces types de crimes étaient monnaie courante et que le Canada n'avait aucune loi pour sévir contre eux, je dirais qu'il est grand temps, mon Dieu, que nous éliminions les crimes d'honneur.
    Cependant, au Canada, le meurtre est illégal depuis très longtemps, depuis la Confédération, et même bien avant. C'est extraordinaire qu'une mesure législative ayant un titre aussi manipulateur, ridiculement exagéré et chargé de connotations émotives que « Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares » puisse même être présentée au Parlement.
    On nous dit aussi que nous devons mettre fin à la polygamie et au mariage forcé. Ces choses sont déjà illégales. La polygamie est illégale au Canada, tout comme l'enlèvement d'une personne pour la forcer à se marier.
    Cette loi, à tous les égards, n'est rien d'autre qu'une ineptie qui cherche à jouer sur les émotions des gens.
    J'ai commencé à penser aux amendements et je me suis dit que, si on voulait avoir un projet de loi comme cette Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares, il serait à peu près temps que l'on fasse en sorte qu'il soit illégal de lapider les gens sur la place publique. Le Parlement a pris des mesures à cet égard il y a fort longtemps. Pourquoi ne pas inscrire dans nos lois l'interdiction de brûler les femmes sur le bûcher?
    Ce projet de loi porte sur des actes déjà illégaux. En conséquence, que ferait-il en réalité pour modifier les lois en vigueur?
    Je sais gré à ma collègue du Nouveau Parti démocratique qui vient d'évoquer certaines des nombreuses lacunes de cette mesure législative.
     Le projet de loi est fortement critiqué par divers groupes, comme l'UNICEF et l'Association du Barreau canadien. Étant donné que la mesure n'a pas été présentée pour combler une véritable lacune dans la politique publique, ils craignent que l'adoption du projet de loi S-7 compromette le cadre législatif canadien.
    J'ai également présenté des propositions d'amendement au comité dans l'espoir d'en améliorer les dispositions qui nuiraient au cadre législatif canadien et d'éviter toute répercussion indue sur les enfants. Par exemple, aux termes du projet de loi, quiconque assiste à la célébration d'un mariage serait sujet à sanctions, ce qui comprend les enfants présents durant la célébration d'un type de mariage, et les enfants appartenant à une famille pratiquant la polygamie illégalement. Aucun enfant ne devrait être assujetti à des activités criminelles.
    Les amendements que j'ai proposés visant à exclure les enfants des dispositions concernant la célébration d'un mariage illégal, tout comme d'autres amendements semblables présentés par les néo-démocrates, ont été rejetés.
    Il s'agit en fait d'un projet de loi électoral. Il a exactement la même fonction qu'un slogan collé sur un pare-choc. Il n'est pas présenté en réponse à un problème de politique publique. Il va sans dire que les meurtres d'honneur sont profondément choquants et contraires à l'ensemble des valeurs et des lois canadiennes. Ils témoignent de la manipulation et de l'oppression inacceptables dont les femmes sont victimes. Tous ces comportements sont déjà interdits par la loi.
    Voyons voir en quoi la loi pourrait nuire aux enfants.
    Comme il importe toujours de nous en remettre au témoignage d'experts, voici ce qu'a dit l'UNICEF dans son mémoire:
    UNICEF Canada se soucie du risque de représailles auquel s'expose un enfant contraint de participer à un mariage forcé lorsqu'un membre de la famille ou un agent d'âge adulte agissant en son nom est sommé à comparaître devant un tribunal, où il risque, aux termes des modifications proposées au Code criminel, de faire l'objet d'un engagement à ne pas troubler l'ordre public.

  (1535)  

    L’UNICEF ajoute:
Nous recommandons que les autorités chargées de l’application des lois consultent, dans la mesure du possible, des spécialistes de la protection de l’enfance [...] avant d’entamer un processus judiciaire entraînant des sanctions pénales, afin de trouver et d’apporter d’autres solutions moins attentatoires ou plus positives pour protéger et aider les enfants et rétablir ou préserver leurs relations familiales.
    Je vais passer à une autre recommandation du mémoire de l’UNICEF, parce qu'il est très révélateur qu’un organisme voué aux droits des enfants dans le monde trouve des problèmes quant à une loi canadienne. Je ne pense pas avoir déjà vu l’UNICEF présenter un tel mémoire concernant une mesure législative à un comité législatif canadien.
    L’UNICEF recommande:
     Nous recommandons que le Canada prenne toutes les mesures juridiques et administratives voulues pour garantir le libre accès international des enfants à un parent dont ils sont séparés dans le contexte d’une immigration, par exemple lorsqu’un parent dissout une union polygame afin d’émigrer au Canada et laisse un ou des enfants dans le pays d’origine, ou qu’un parent est expulsé du Canada à cause d’une union polygame mais que ses enfants nés dans ce pays y restent.
    Encore une fois, les enfants sont au coeur des préoccupations. Le projet de loi, bien que ce ne soit pas intentionnel, contient des dispositions qui pourraient brimer les droits des enfants. De plus, comme ma collègue de Pierrefonds—Dollard l'a déjà expliqué, on risque en fait d'empirer le sort des femmes si l'on adopte cette mesure législative, qui est pourtant censée protéger leurs droits.
    Un certain nombre de mémoires ont été rédigés par des groupes qui s'inquiètent de la protection des droits des femmes. Dans son mémoire, l'Association du Barreau canadien fait valoir le point suivant:
    Plutôt que de protéger les femmes, cela irait à l’encontre de l’obligation du Canada de protéger les droits de toutes les femmes, particulièrement les droits de celles qui sont forcées ou fortement incitées à se conformer à certaines pratiques culturelles contre leur volonté. Ces femmes n’auront pas la chance de venir au Canada et de bénéficier du respect et de la protection dont jouissent les Canadiennes.
    J'aimerais parler d'un autre article de ce projet de loi inutile qui criminalise des actes qui sont déjà illégaux et qui sème la peur dans la population en tentant de lui faire croire que les pratiques culturelles barbares constituent une menace pour le Canada. Il comporte aussi une disposition injustifiée et rétrograde qui limite l'utilisation de la défense de provocation.
    En tant qu'ancienne avocate, je me rappelle de la jurisprudence en matière de droit pénal, même si je n'ai pas exercé dans ce domaine. Je sais que la défense de provocation ne pourrait jamais s'appliquer aux crimes d'honneur. Par définition, c'est une défense invoquée lorsqu'un acte est commis sous l'impulsion du moment, autrement dit lorsqu'une personne est dépassée par les événements et n'est pas en mesure de raisonner parce qu'elle ne se maîtrise plus.
    Des experts en droit pénal ont témoigné au comité et je vais citer le témoignage de l'un d'entre eux, M. Michael Spratt, qui fut un temps membre de l'Association du Barreau canadien et directeur de sa sous-section de droit pénal. Il est criminaliste et a déjà été vice-président de la Defence Counsel Association d'Ottawa. M. Spratt a parlé des conséquences imprévues — ou prévues, si on est cynique — de priver un défendeur, qui en a besoin, de la défense de provocation en cas d'homicide involontaire ou de meurtre. M. Spratt a dit ceci:
[...] la provocation exige qu'un acte injuste ait été commis ou qu'une insulte ait été proférée qui suffirait à priver une personne ordinaire du pouvoir de se maîtriser. Or, les crimes d'honneur, ce qui est censé justifier les modifications apportées à la notion de provocation dans ce projet de loi, ne répondent pas à ces critères. Nos tribunaux ont maintes et maintes fois rejeté la religion et l'honneur comme bases de définition de la provocation.
    Le Barreau a souligné — et il n'est pas le seul — qu'en privant le défendeur de la défense de provocation lorsqu'elle est nécessaire, on risque de commettre une injustice dans d'autres affaires. Autrement dit, quand on finasse avec la défense de provocation sous prétexte d'empêcher une personne qui commet un crime d'honneur de l'invoquer, c'est tout le système de justice pénale du Canada qui en pâtit.

  (1540)  

    En terminant, je tiens à exprimer le souhait que, après le 19 octobre, nous n'ayons plus affaire à un gouvernement qui utilise à mauvais escient le processus législatif en inventant des titres de projet de loi qui visent à soulever les passions dans un simple dessein électoraliste. J'espère que, à la Chambre, nous pourrons recommencer à servir la population en cernant les problèmes touchant les politiques publiques, en mettant à profit les esprits les plus brillants et en présentant des projets de loi qui, au lieu de servir de slogans, répondent à des besoins concrets.
    Monsieur le Président, j'ai écouté la violente diatribe de la députée contre ce projet de loi. Je n'ai pas fait de chahut pendant son discours; je lui saurais donc gré de garder le silence pendant que je réponds à ses commentaires ou que je lui pose une question à ce sujet.
    Je dirai ceci. Contrairement à ce que laisse entendre la députée, nous n'avons pas conçu ce projet de loi dans le but d'en tirer un avantage politique. Elle a parlé des lendemains du 19 octobre et ainsi de suite. Lorsque la Chambre est saisie d'un projet de loi, nous devrions nous en tenir à son contenu et éviter le genre de propos que la députée vient de tenir. Je sais que la députée souhaite faire plaisir à certains de ses amis en réagissant comme elle vient de le faire.
    Ce projet de loi contient des dispositions qui érigeront en infraction le fait de participer sciemment à un mariage forcé. Plus précisément, il vise à modifier le Code criminel pour y ajouter deux nouvelles infractions: célébrer une cérémonie de mariage forcé, y aider ou y participer, et participer à une cérémonie de mariage mettant en cause une personne âgée de moins de 16 ans. Ces infractions ne figurent pas dans la loi actuelle, mais le projet de loi vise à corriger cette situation.
    La députée ne voit-elle pas qu'il est important de sanctionner les personnes qui participent à ces actes épouvantables...

  (1545)  

    Premièrement, monsieur le Président, j'ai presque envie de soulever la question de privilège, mais comme j'ai l'occasion de répondre à la question du secrétaire parlementaire, j'aimerais préciser aux fins du compte rendu — et il ne pourra pas démontrer le contraire, puisqu'il s'agit d'un fait — que depuis que je siège ici, je n'ai jamais chahuté un député. Je trouve insultant qu'il ait commencé son intervention en me demandant de garder le silence; c'est une affirmation injustifiée. Je n'ai jamais chahuté qui que ce soit, et j'ai bien l'intention de continuer d'agir ainsi.
    Deuxièmement, je voudrais lire l'article auquel le secrétaire parlementaire a fait allusion. L'article 293.2 dit ceci:
    Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans quiconque célèbre un rite ou une cérémonie de mariage, y aide ou y participe sachant que l’une des personnes qui se marient n’a pas atteint l’âge de seize ans.
    J'ai tenté de faire en sorte que cette disposition ne s'applique qu'aux 18 ans et plus, mais ma proposition a été rejetée au comité. À première vue, l'expression « quiconque célèbre un rite ou une cérémonie de mariage, y aide ou y participe » ratisse très large, car cela pourrait inclure, selon toute vraisemblance, des personnes de moins de 18 ans qui ne peuvent pas être reconnues coupables d'un acte criminel, mais aux termes de cette disposition, elles le seraient.
    Monsieur le Président, je suis profondément troublée par les observations du secrétaire parlementaire dans ce dossier.
    Il faut revoir le titre du projet de loi. Je pense que les personnes qui sont intervenues jusqu'à présent ont fait ressortir le caractère fort douteux de l'un des mots qu'il renferme, le mot « culturelles ». Selon ce que l'on constate, les mesures législatives des conservateurs, que les tribunaux finissent généralement par invalider, incitent au racisme et à la discrimination. La députée pourrait sans doute en dire davantage à ce sujet. Lorsqu'une telle mesure est proposée, qu'il s'agisse du projet de loi C-51 ou qu'il est question d'une commission d'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, comme le réclame le NPD, le gouvernement pointe constamment du doigt la culture au lieu de constater que le problème est systémique.
    Comme l'a montré le Royaume-Uni, il est possible d'investir concrètement dans les services. Il en va de même au Danemark. Les gens disent qu'il leur faut davantage de services. C'est la voie à suivre.
    La députée expliquerait-elle en quoi le projet de loi favorise le racisme et la discrimination au lieu de les contrer et pourquoi il importe d'investir dans les services qui aident réellement les victimes?
    Monsieur le Président, je suis tout à fait d'accord avec la députée. Il ne s'agit pas d'un exemple isolé. La députée et bien d'autres en sont conscients, et c'est une réalité troublante.
    Ce qui fait du Canada le meilleur endroit où vivre dans le monde, c'est son extraordinaire harmonie multiculturelle. Nous aimons que des gens du monde entier viennent s'établir ici. Tous les Canadiens qui ne sont pas autochtones viennent d'ailleurs. Il ne s'agit pas seulement de tolérance et de cohabitation. En fait, la diversité culturelle nous enrichit.
    Qu'il s'agisse de la fausse controverse autour d'une femme portant le niqab lors d'une cérémonie de citoyenneté, qui n'a fait que jeter de l'huile sur le feu, ou du fait que premier ministre ait dit à la Chambre qu'une certaine culture serait misogyne, les propos de ce genre, qui peuvent devenir une charge contre les musulmans, sont nuisibles. Ils le sont à une période où, comme la députée le laisse entendre, nous devrions communiquer davantage, éviter la radicalisation et faire comprendre aux gens, peu importe l'endroit d'où ils viennent, qu'ils sont les bienvenus au Canada et que nous les respectons.
    Monsieur le Président, merci de me donner l'occasion de participer à cet important débat.
    Dans le dernier discours du Trône, le gouvernement a indiqué que nous allions nous pencher sur la vulnérabilité des femmes dans le contexte de l'immigration. Il s'est engagé à faire en sorte que les femmes et les filles ne soient plus victimes de violence, y compris de la pratique inhumaine du mariage précoce et forcé en sol canadien.
     Je suis ravi que le gouvernement cherche d'abord et avant tout à renforcer les mesures visant à protéger les femmes vulnérables dans le système d'immigration du Canada et soit fermement déterminé à appuyer les droits des immigrantes et des nouvelles arrivantes.
     Pour ce faire, le gouvernement doit veiller à ce que les politiques et les pratiques d'immigration du Canada visent surtout à mieux protéger les immigrantes et les nouvelles arrivantes. En effet, il est profondément troublant de songer que des pratiques culturelles préjudiciables, qu'il s'agisse de la polygamie ou encore des mariages précoces et forcés, demeurent une réalité pour certaines femmes canadiennes.
     C'est pour cette raison que je suis heureux de souligner que le gouvernement a adopté jusqu'ici une approche proactive en vue de rendre les immigrantes et les nouvelles arrivantes moins vulnérables.
     Par exemple, les règlements qui ont été pris au cours des dernières années font en sorte que les personnes reconnues coupables de crimes ayant causé des lésions corporelles à des membres de leur famille ou d'autres infractions particulièrement violentes ont beaucoup plus de difficulté à parrainer un membre de la catégorie du regroupement familial.
    De meilleures lignes directrices ont été formulées et de la formation est offerte pour aider les agents de première ligne à traiter les demandes d'exemption motivées par de la maltraitance ou de la négligence et à traiter des renseignements de nature délicate qui ont trait à des situations d'abus.
    Ma collègue, la députée de Mississauga-Sud, a présenté une motion ici même, l'automne dernier, pour interdire la reconnaissance des mariages par procuration ou contractés par téléphone, Internet ou télécopieur, à des fins d'immigration parce qu'ils peuvent faciliter les mariages non consensuels, et le gouvernement était fier d'appuyer cette motion.
    Il convient de mentionner que, même si la pratique du mariage forcé peut aussi viser des hommes et des garçons, elle touche surtout les femmes et les jeunes filles. Les femmes et les jeunes filles qui sont forcées de se marier sont presque toujours victimes de toutes sortes de restrictions de leurs droits, des restrictions qui les privent d'une éducation ou de la possibilité de trouver une emploi et qui limitent leur mobilité. Toutes ces restrictions sont odieuses en regard des valeurs canadiennes prônant la liberté individuelle pour tous.
    Pourquoi les immigrantes sont-elles particulièrement exposées au tort causé par ces pratiques?
    Premièrement, elles sont plus susceptibles de ne pas maîtriser l'anglais ou le français, ce qui peut les empêcher de recourir aux services sociaux ou de s'informer de leurs droits légaux dans une relation de violence. Il peut aussi leur manquer l'indépendance économique nécessaire pour quitter des situations de violence, surtout si elles ne sont pas majeures.
    Dans le cadre du programme d'établissement pour les nouveaux arrivants, le gouvernement accorde un financement à divers organismes qui offrent des programmes et des services répondant aux besoins précis des résidents permanents, notamment ceux des femmes immigrantes et de leur famille, qui peuvent se retrouver dans des situations de vulnérabilité.
    De plus, le guide d'étude sur la citoyenneté canadienne, intitulé Découvrir le Canada, et le guide d'orientation intitulé Bienvenue au Canada ont récemment été mis à jour pour refléter le fait que l'ouverture et la générosité du pays ne sauraient cautionner des pratiques préjudiciables, comme le mariage forcé ou la violence familiale fondée sur le sexe.
    À l'occasion de tables rondes organisées dans tout le pays, le ministre de la Citoyenneté et moi avons consacré un temps considérable à rencontrer des particuliers et des représentants d'organismes qui offrent des services aux femmes immigrantes, ainsi que des victimes d'abus.
    Ces discussions importantes ont porté sur la violence conjugale, la polygamie, le mariage forcé, le processus d'immigration et la façon d'accroître la protection offerte aux femmes et aux jeunes filles vulnérables.
    Je suis également fier d'avoir participé à l'étude réalisée par le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration sur le renforcement de la protection des femmes dans notre système d'immigration. Nous avons eu la chance d'entendre des témoins experts et des victimes de violence prétendument motivée par l'honneur. En effet, de telle pratiques ont lieu ici même, dans notre pays.
    Bien entendu, ces discussions sont en grande partie à l'origine du projet de loi S-7, Loi sur la tolérance zéro face aux pratiques culturelles barbares.

  (1550)  

    Le projet de loi S-7 est un autre exemple de l'importance que le gouvernement accorde à la protection des Canadiens vulnérables, et particulièrement à la protection des femmes nouvellement arrivées. Ces mesures vont comme suit: l'interdiction de territoire des résidents permanents et temporaires qui pratiquent la polygamie au Canada; le renforcement des lois canadiennes sur le mariage par l’établissement à l’échelle du Canada d’un nouvel âge minimum de 16 ans pour le mariage, et par la codification des dispositions juridiques existantes relatives au consentement libre et éclairé en ce qui a trait au mariage, et de la nécessité de mettre fin à un mariage existant avant d’en contracter un nouveau; la criminalisation de certains actes liés à des cérémonies de mariage de mineurs ou de mariages forcés, comme l’enlèvement d’un enfant du Canada aux fins de telles cérémonies de mariage; la protection des victimes potentielles de mariages de mineurs ou forcés, grâce à la création d’un engagement préventif de ne pas troubler l’ordre public spécifique imposé par un tribunal, dans les cas où il y a des motifs de craindre qu’une personne puisse commettre une infraction à cet égard; et l'invalidation de la défense de provocation dans les cas de meurtres dits d’honneur et de nombreux homicides de conjoints.
    Le Canada est un pays généreux et tolérant. Je crois toutefois que nous convenons tous que l'ouverture et la générosité du Canada ne s'appliquent pas aux mariages de mineurs, aux mariages forcés ou aux mariages polygames, ou à toute autre pratique qui nierait l'égalité des sexes.
    En somme, les mesures contenues dans le projet de loi S-7 renforceraient nos lois pour protéger les Canadiens et les nouveaux arrivants qui s'installent au Canada contre les pratiques culturelles barbares. Ces mesures protégeraient et aideraient les personnes vulnérables, en particulier les femmes et les filles, en interdisant de territoire les résidents permanents et les résidents temporaires qui pratiquent la polygamie au Canada ainsi qu'en renforçant le Code criminel et la législation canadienne sur le mariage pour empêcher les mariages forcés ou précoces et en veillant à ce que la défense de provocation ne puisse pas s'appliquer dans les cas de meurtres prétendument motivés par l'honneur et bon nombre d'homicides entre conjoints. Voilà pourquoi ce projet de loi est très important.
    En tant que législateurs, nous avons le devoir de mettre en oeuvre le principe de l'égalité entre les hommes et les femmes dans les lois. Je dirais même que ce principe constitue une valeur canadienne fondamentale. Malgré cela, nous devons admettre que des milliers de femmes et de filles canadiennes continuent de subir de la violence et que des pratiques culturelles barbares sont encore une réalité pour de nombreuses femmes canadiennes. En appuyant les mesures proposées et en veillant à ce qu'elles aient force de loi, le Parlement affirmerait clairement sa volonté de ne pas tolérer les pratiques qui privent des personnes des droits qui leur sont reconnus en sol canadien. Tous les députés conviendront sans doute avec moi qu'en notre qualité de représentants du peuple canadien, nous avons l'obligation de toujours aider les victimes de violence et de mauvais traitements. Nous devons faire tout notre possible pour prévenir de telles pratiques dans notre pays.
    Pour les raisons que j'ai énoncées aujourd'hui, j'exhorte mes collègues à appuyer le projet de loi S-7. Et je termine ainsi mon discours d'aujourd'hui sur ce projet de loi.

  (1555)  

[Français]