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Publications de la Chambre

Les Débats constituent le rapport intégral — transcrit, révisé et corrigé — de ce qui est dit à la Chambre. Les Journaux sont le compte rendu officiel des décisions et autres travaux de la Chambre. Le Feuilleton et Feuilleton des avis comprend toutes les questions qui peuvent être abordées au cours d’un jour de séance, en plus des avis pour les affaires à venir.

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44e LÉGISLATURE, 1re SESSION

HANSARD RÉVISÉ • No 316

TABLE DES MATIÈRES

Le jeudi 23 mai 2024




Emblème de la Chambre des communes

Débats de la Chambre des communes

Volume 151
No 316
1re SESSION
44e LÉGISLATURE

COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD)

Le jeudi 23 mai 2024

Présidence de l'honorable Greg Fergus

    La séance est ouverte à 10 heures.

Prière



Affaires courantes

[Affaires courantes]

  (1005)  

[Traduction]

Budget supplémentaire des dépenses (A) de 2024‑2025

     La présidente du Conseil du Trésor présente un message dont le Président donne lecture à la Chambre et par lequel Son Excellence la gouverneure générale transmet le budget supplémentaire des dépenses (A) pour l'exercice se terminant le 31 mars 2025.
    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles, le Budget supplémentaire des dépenses (A) de 2024‑2025.

Réponse du gouvernement à des pétitions

    Monsieur le Président, conformément à l'article 36(8)a) du Règlement, j'ai l'honneur de déposer, dans les deux langues officielles et sous forme électronique, la réponse du gouvernement à 78 pétitions.

[Français]

La Loi sur la citoyenneté

    (Les motions sont réputées adoptées, le projet de loi est lu pour la première fois et imprimé.)

[Traduction]

Les comités de la Chambre

Accès à l'information, protection des renseignements personnels et éthique 

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 11e rapport du Comité permanent de l'accès à l'information, de la protection des renseignements personnels et de l'éthique, intitulé « Budget principal des dépenses 2024‑2025: crédit 1 sous la rubrique Bureau du commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, crédit 1 sous la rubrique Bureau du conseiller sénatorial en éthique, crédit 1 sous la rubrique Commissariat au lobbying, crédits 1 et 5 sous la rubrique Commissariats à l'information et à la protection de la vie privée au Canada ».

Agriculture et agroalimentaire  

    Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 18e rapport du Comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire, intitulé « Un appel à l'action: Comment le gouvernement et l'industrie peuvent lutter contre la volatilité des prix alimentaires ».
    Conformément à l'article 109 du Règlement, le Comité demande que le gouvernement dépose une réponse globale à ce rapport.
    Je remercie tous ceux qui ont contribué à la préparation de l'étude et du rapport à l'intention du Parlement.
    Monsieur le Président, le Parti conservateur a joint un rapport complémentaire à cette étude. Je pense qu'il est malhonnête de ne pas inclure dans l'étude les conséquences directes de certaines politiques du gouvernement libéral—néo-démocrate sur l'inflation des prix, notamment le quadruplement de la taxe sur le carbone et l'interdiction des plastiques visés par l'avis sur la prévention de la pollution. Les conséquences sont là: augmentation de 54 % du prix de l'alimentation.
    Ces politiques se répercutent particulièrement sur les aliments. En outre, les politiques imminentes comme l'étiquetage sur le devant des emballages augmenteront également le prix des aliments. Nous savons que 25 % des jeunes dépendent des banques alimentaires et que d'autres fouillent dans les poubelles pour trouver leur souper.
    Je pense qu'il est très important de tenir compte de tous les aspects et de toutes les répercussions de l'inflation alimentaire, y compris les politiques malavisées du gouvernement libéral—néo-démocrate qui sont incluses dans le rapport dissident du Parti conservateur.

Pêches et océans  

     Monsieur le Président, j'ai l'honneur de présenter, dans les deux langues officielles, le 14e rapport du Comité permanent des pêches et des océans, qui porte sur une motion adoptée le 2 mai concernant la fermeture de la saison de la pêche à la civelle de 2024.
    Je tiens à remercier chaleureusement tous les députés, le personnel, la greffière, l'analyste et tous ceux qui ont permis au comité de terminer ce rapport.

Pétitions

La sécurité publique  

    Madame la Présidente, c'est toujours un honneur de présenter une pétition au nom de mes concitoyens.
     C'est la 37e fois que je présente une pétition concernant la hausse du taux de criminalité au nom des gens de Swan River, au Manitoba, qui exigent que leurs voix soient entendues. Ils vivent dans la criminalité et le chaos parce que les lois du gouvernement libéral sont trop laxistes envers les criminels. C'est le cas notamment du projet de loi C‑5, qui autorise les criminels à purger leur peine à domicile. En fait, selon le district de l'Ouest du Manitoba de la GRC, en l'espace de 18 mois, 15 personnes ont, à elles seules, fait l'objet de plus de 200 chefs d'accusation.
    Les habitants de Swan River réclament la prison, et non la mise en liberté sous caution, pour les récidivistes violents. Ils exigent que le gouvernement libéral renonce à ses politiques laxistes en matière de criminalité, qui menacent directement leurs moyens de subsistance et leur milieu de vie.
    J'appuie les bonnes gens de Swan River.

  (1010)  

La tarification du carbone  

     Madame la Présidente, je présente aujourd'hui une pétition signée par 114 personnes qui demandent à la Chambre des communes d'examiner ce qui suit.
    Au bout de huit ans, il est évident que le premier ministre n'en vaut ni le coût, ni la criminalité, ni la corruption. Le premier ministre et le gouvernement néo-démocrate—libéral n'assument pas la responsabilité de leurs échecs. Ils ont fait augmenter le prix de tout et, à cause de leurs politiques ratées, la criminalité, le chaos, la drogue et le désordre règnent dans nos rues.
    Les signataires, des citoyens et des résidents du Canada, demandent donc au gouvernement du Canada d'abolir la taxe, de faire construire des logements, de redresser le budget et de mettre fin à la criminalité. Ils réclament la tenue d'une conférence télévisée sur la taxe sur le carbone, où ils pourraient immédiatement exprimer leur défiance envers le piètre gouvernement néo-démocrate—libéral, ainsi que le déclenchement d'élections sur la taxe sur le carbone pour que les Canadiens puissent voter et éliminer pour de bon la taxe sur le carbone au pays.

La décriminalisation des drogues  

    Madame la Présidente, le gouvernement du Canada a exempté la Colombie-Britannique de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances en vue de décriminaliser la possession de substances illégales pour usage personnel pendant trois ans. Après une année de décriminalisation, la Colombie‑Britannique a enregistré un nombre record de 2 511 décès liés à des drogues non réglementées, ce qui est supérieur à toutes les autres causes de décès combinées.
    Avec cette exemption, le gouvernement fédéral a autorisé la Colombie‑Britannique à prescrire du fentanyl aux mineurs sans exiger le consentement de leurs parents. Rien ne prouve encore que la décriminalisation et l'offre de drogues dures financées par les contribuables aux toxicomanes réduisent les décès par surdose.
    Par conséquent, les soussignés, citoyens et résidents permanents du Canada, demandent au gouvernement fédéral d'annuler l'exemption à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, de mettre fin à la décriminalisation des drogues illicites et de consacrer plutôt l'argent des contribuables à l'amélioration de l'accès à des traitements rapides et efficaces.

Le crédit d'impôt pour les premiers intervenants  

    Madame la Présidente, je suis heureux de présenter une pétition signée par mes concitoyens des collectivités d'Emerson‑Franklin et de Springfield, ainsi que des villes de Niverville et de Kleefeld.
    Les pétitionnaires veulent faire valoir à la Chambre que les pompiers volontaires représentent 71 % de l'ensemble des premiers intervenants essentiels en matière de lutte contre les incendies au Canada. De plus, environ 8 000 bénévoles essentiels en recherche et sauvetage interviennent lors de milliers d'incidents chaque année.
    À l'heure actuelle, le code fiscal prévoit une déduction fiscale de 3 000 $ pour ces personnes, ce qui leur permet d'obtenir un avantage d'environ 450 $ par année. Les pétitionnaires demandent que ce montant soit porté à 10 000 $, ce qui augmenterait les avantages qu'ils tirent de leurs services bénévoles.
    Ces bénévoles représentent d'énormes économies de taxes pour notre municipalité et fournissent des services essentiels de première intervention en cas d'accidents et d'incendies. Par conséquent, les pétitionnaires demandent à la Chambre d'appuyer le projet de loi C‑310.
    Je tiens à faire un rappel aux députés.

[Français]

    Il y a des députés qui présentent des pétitions et il y a beaucoup de discussions à l'autre bout de la Chambre, alors je demande aux gens de parler à voix basse.
    L'honorable députée de London‑Ouest a la parole.

[Traduction]

La protection de l'environnement.  

    Madame la Présidente, je prends la parole aujourd'hui pour présenter la pétition E‑4748, qui a été lancée par un ardent défenseur de l'environnement de ma ville, Brendon Samuels.
    La pétition demande au gouvernement d'agir d'urgence pour répondre au besoin de stocks d'arbres indigènes afin que le Canada puisse respecter l'engagement qu'il a pris en matière de plantation d'arbres d'ici 2030 pour lutter contre les changements climatiques.
    La pétition souligne les pénuries, la hausse des coûts et les difficultés dans les chaînes d'approvisionnement d'arbres qui sont attribuables à divers facteurs, dont les feux de forêt. Elle préconise des méthodes de reforestation de nature à atténuer les risques de futurs incendies et qui accordent la priorité à la biodiversité et aux pratiques autochtones.
    La pétition souligne également l'importance des oiseaux sauvages dans la dispersion des semences ainsi que les services écosystémiques qui sont menacés par les pesticides et les collisions des oiseaux avec les bâtiments.
    Je tiens également à profiter de l'occasion pour remercier Brendon Samuels, de London‑Ouest, pour les efforts qu'il a déployés afin que de nombreuses personnes d'un bout à l'autre du Canada prennent part à cette pétition. Je suis heureuse de la présenter.

  (1015)  

Les pêches et les océans  

    Madame la Présidente, je suis fort honorée de prendre la parole au nom de nombreux habitants de ma circonscription pour présenter une pétition adressée à la ministre des Pêches et des Océans et de la Garde côtière canadienne et au Parlement.
     Les pétitionnaires s'inquiètent de la situation très précaire de la population d'épaulards résidents du Sud. Ces épaulards sont en voie de disparition au sens de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Leur habitat essentiel, protégé par la loi, est situé dans une zone que fréquenteront bientôt de plus des pétroliers Aframax chargés de bitume dilué en raison de l'exploitation de l'oléoduc Trans Mountain qui, malheureusement, appartient à tous les Canadiens.
     Le bruit sous-marin et les perturbations physiques provoquées par les navires compromettront la capacité des épaulards résidents du Sud à communiquer entre eux et à survivre, à se nourrir et à se reproduire. Leur champ d'écholocalisation pourrait être réduit de plus de 50 % à proximité du trafic maritime commercial.
     La pétition contient beaucoup d'autres éléments, mais je résumerai en disant que les pétitionnaires veulent que le Canada protège nos épaulards autant que l'État de Washington protège les siens. L'État de Washington applique une réglementation sur la distance obligatoire entre les navires. Les bateaux de plaisance et les embarcations commerciales d'observation des épaulards doivent se tenir à au moins 1 000 mètres des épaulards résidents du Sud. Cela devrait être la norme.
     Les pétitionnaires disent à la Chambre et au gouvernement que cela devrait être la norme au Canada, tout comme dans l'État de Washington.

Le logement  

    Madame la Présidente, j'ai l'honneur de présenter une autre pétition au nom d'habitants de ma circonscription qui dénoncent la crise du logement que nous vivons.
     Les pétitionnaires soulignent que l'inabordabilité du logement et l'itinérance sont les deux faces d'une même crise. Ils ajoutent que la financiarisation du logement gonfle les prix de l'immobilier au Canada. Plus précisément, ils dénoncent les entreprises, les sociétés à numéro et les fiducies de placement immobilier qui achètent rapidement des logements abordables et les transforment en logements au cours du marché.
     Les pétitionnaires proposent huit mesures que le gouvernement du Canada pourrait prendre pour aider à résoudre la crise du logement que nous vivons. Je vais en résumer quelques-unes.
     Tout d'abord, les pétitionnaires demandent que l'on redéfinisse la formule, la définition du logement abordable. Ensuite, ils demandent l'instauration d'une réglementation visant à limiter les profits excessifs réalisés par les sociétés d'investissement et les fonds de placement immobilier. Enfin, ils demandent que le financement soit accordé en priorité aux organismes sans but lucratif et aux coopératives d'habitation.
     Ce ne sont là que trois des huit appels à l'action contenus dans cette pétition et pour lesquels les pétitionnaires demandent au gouvernement d'agir.
    Des voix: Oh, oh!
    À l'ordre! Il semble y avoir un débat à la Chambre. Les gens ne respectent pas les décisions et les directives de la présidence. Je tiens simplement à rappeler aux députés qu'ils ont eu l'occasion de présenter leurs pétitions et je leur demanderais de bien vouloir respecter les députés dont le tour est venu de présenter leurs pétitions.
     La députée de Saanich—Gulf Islands invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, pardonnez-moi, mais tout ce chahut est bien décevant. Les pétitions ne sont pas une occasion pour les députés de prendre position à la Chambre des communes. Il s'agit plutôt d'être le porte-voix des gens que nous représentons. Nous ne sommes ni pour ni contre les pétitions que nous présentons. Comme nous transmettons un message au nom de nos concitoyens, de telles interruptions sont particulièrement offensantes dans ce contexte.
    Madame la Présidente, en ce qui concerne le rappel au Règlement, je veux simplement souligner que la présidence a rendu de nombreuses décisions sur cette situation. En fait, la députée d'en face a adopté diverses positions sur cette décision. En règle générale, nous savons tous comment présenter une pétition et c'est le droit de certains députés, lorsqu'ils constatent que ces règles sont violées, d'attirer votre attention, et c'est ce qui s'est passé ici, à mon avis.
    D'après ce que j'ai entendu, il semble que le député parlait de la pétition, et il est très difficile pour les gens de dire si le contenu fait partie de la pétition ou non. Par conséquent, je tiens à rappeler aux députés de bien vouloir s'exprimer sur le contenu de la pétition. Je m'en tiendrai là.
     J'ai déjà indiqué que les députés qui présentent une pétition devraient tous bénéficier du respect de la Chambre afin que l'on puisse entendre ce qui est dit, au lieu d'essayer de les interrompre pendant la présentation de leurs pétitions.

  (1020)  

Questions au Feuilleton

    Madame la Présidente, je demande que toutes les questions restent au Feuilleton.
    Des voix: D'accord.

Ordres émanant du gouvernement

[Travaux des subsides]

[Français]

Travaux des subsides

Motion de l'opposition — Les intrusions fédérales dans les champs de compétence exclusifs du Québec et des provinces  

    Que la Chambre
a) dénonce les intrusions répétées du gouvernement fédéral dans les champs de compétence exclusifs du Québec, des provinces et des territoires;
b) rappelle au premier ministre que, malgré ses affirmations, il est faux de prétendre que « les citoyens se foutent de quel ordre de gouvernement est responsable de quoi »;
c) réclame que le gouvernement offre systématiquement au Québec, aux provinces et aux territoires un droit de retrait avec pleine compensation et sans condition chaque fois que le fédéral s’ingère dans leurs juridictions.
    L'honorable députée de Salaberry-Suroît invoque le Règlement.
    Madame la Présidente, je souhaite préciser à la présidence que, conformément à l’article 43(2)a) du Règlement, toutes les interventions réservées au Bloc québécois seront divisées en deux pour le débat d’aujourd’hui portant sur les travaux des subsides.
    Nous entamons le débat. L’honorable député de Beloeil—Chambly a la parole.
    Madame la Présidente, le gouvernement du Canada a construit une façon de faire la politique, au cours des dernières années, qui a pris des tangentes lourdes et claires, parmi lesquelles un abus grossier de ce qu'il est convenu d'appeler le déséquilibre fiscal. Cela veut dire que le gouvernement fédéral reçoit davantage de revenus que ce que commandent les missions dont il est responsable. Dans ce contexte, on en arrive à une situation où le Québec et les provinces, a contrario, reçoivent et perçoivent moins que ce que commandent leurs missions respectives.
     Avec cet argent, le gouvernement utilise le pouvoir de dépenser qui lui est octroyé dans la Constitution pour faire des intrusions dans des champs de compétence qui sont réservés, selon la Constitution, au Québec, aux provinces et aux territoires. Ça met en place un mécanisme de plus en plus insistant, clair et idéologique de centralisation des compétences, dans le sens de responsabilités propres à un ordre de gouvernement; ce n'est certainement pas au sens de compétence ou d'intelligence du terme. C'est une centralisation des pouvoirs entre les mains du Parlement fédéral.
     Le constat est assez clair dès qu'une observation sérieuse est faite: c'est un échec. C'est constamment échec par-dessus échec. J'en profite pour dire que je veux partager mon temps de parole avec mon collègue le député de Jonquière. Je pourrais énumérer ce qui s'est avéré une série d'échecs du gouvernement fédéral en matière d'ingérence, mais j'en aurais pour trois jours. Alors, je vais juste en nommer quelques-uns.
    Je vais prendre un cas récent: la volonté du gouvernement de faire intrusion dans le domaine de l'assurance dentaire. À première vue, cela semble idéologique. Après ça, on arrive avec le fait que c'est confié au privé, avec l'appui du NPD. Là, on se dit qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits. C'est un échec qui commence de même. Évidemment, c'est un refus, depuis de nombreuses années, de faire les transferts en santé qui sont demandés unanimement par le Québec, les provinces et les territoires.
     Dans ce contexte, c'est une prétention du gouvernement fédéral de travailler main dans la main avec le Québec et les provinces. Pourtant, il n'y a plus personne de sérieux avec une troisième année B forte qui pense que ce n'est pas une espèce de conflit perpétuel avec les provinces.
    C'est des conditions imposées par Ottawa sur les infrastructures municipales. C'est des conditions imposées par Ottawa sur le logement social. C'est un échec monstrueux en matière d'immigration: une incapacité de gérer les visas, des dossiers en attente pendant des années, des centaines de milliers de personnes sur le territoire canadien dont le ministère de l'Immigration ne sait même pas où elles sont. C'est la sous-traitance des politiques en immigration à une firme éminemment douteuse comme McKinsey, une perversion idéologique qui a notamment pour effet d'affaiblir le Québec. C'est un échec du gouvernement fédéral sur toute la ligne.
     Dans les derniers jours, on a beaucoup parlé de langue. Les propos vulgaires qu'on a entendus sont, essentiellement, un geste de panique. C'est une absence de réponse intelligente, parce qu'il ne saurait y avoir de réponse intelligente à ce qu'on a observé. On ne reçoit pas des gens en comité pour les traiter avec une vulgarité indigne d'une cour d'école.
    Pourtant, les chiffres sont éloquents par rapport à la situation du français, tant au Québec que dans l'ensemble canadien, mais le recul du français ne dérange pas le gouvernement libéral. Qu'on dise que le français recule, ça, ça dérange le gouvernement libéral. C'est ce même gouvernement libéral qui a bien l'intention de soutenir une contestation jusqu'en Cour suprême de la loi 96, dont l'objet est de renforcer le français au Québec.
    C'est un ensemble de reculs, un ensemble d'échecs, un ensemble d'intrusions, un manque de respect.
    On pourrait parler, bien sûr, de la laïcité. À ce sujet, ne faisons que mentionner que, dans un État laïque, on ne penserait jamais à imposer une hypothèque islamique à un ordre de gouvernement comme celui du Québec qui, lui, veut la laïcité de l'État. On n'hésiterait pas à mettre un terme à l'exception religieuse qui permet le pire des propos haineux sous le paravent du prétexte religieux.
    Encore une fois, ce sont des échecs. En fait, le seul succès en matière de langue et de laïcité du gouvernement libéral, c'est d'avoir convaincu le Parti conservateur d'avoir essentiellement les mêmes positions que lui, lesquelles sont éminemment impopulaires au Québec.

  (1025)  

     Le service de paie Phénix, qui est un terrible échec, sera maintenant remplacé et ça ne nous rendra pas notre argent. Il y a aussi l'échec ArriveCAN, dont les retombées, les spin-offs, si je peux me permettre l'expression, ou les jeunes pousses, atteignent maintenant le milliard de dollars, qui est sorti des poches de l'État canadien. C'est un échec après l'autre.
    On peut penser à l'abandon de dizaines de milliers d'entreprises à la suite de leurs programmes d'aide durant la pandémie. Les entreprises, compte tenu de la pénurie de main-d'œuvre, de l'inflation et des taux d'intérêt, se sont retrouvées dans une situation éminemment complexe. Un grand nombre de ces entreprises — on ne saura jamais le chiffre précis et réel — auront dû faire faillite et cesser leurs activités à cause de l'ineptie de ce gouvernement. C'est un autre échec.
    Il y a un échec sur la scène internationale, qui est encore une fois répété et constant, et c'est le manque de crédibilité. C'est l'incapacité d'avoir un plan pour atteindre la cible de 2 % d'investissement. C'est la posture sur la guerre à Gaza et l'incapacité de poser le geste normal et de plus en plus reconnu à l'échelle internationale de reconnaître l'État palestinien. Encore une fois, c'est une série d'échecs.
    On peut penser à Bombardier qui aura vu échapper des retombées de plus de 5 milliards de dollars alors que Boeing accordera 400 millions de dollars de contrats avec la participation du gouvernement du Québec et du Canada. Je pense qu'on ne connaîtra jamais les vraies raisons de cette histoire-là. C'est une série d'échecs.
    Le gouvernement n'est pas capable de faire son propre travail comme du monde et il veut faire le travail des autres qui en ont la compétence. Or, le mandat du gouvernement, il vient du peuple. Son mandat, il est minoritaire. Ce mandat minoritaire du gouvernement, comme je le disais, est un échec. Les ingérences, c'est toujours plus long, c'est toujours plus cher et ce n'est jamais meilleur. Ça se fait au coût d'un ensemble de sous-traitances, que ce soit McKinsey ou ArriveCAN ou les autres de ce type. Ça se fait au coût de 109 000 fonctionnaires de plus, en plus de la sous-traitance et de la multiplication des doublons dans les champs de compétence du Québec et des provinces. Il y a aussi le déficit de 40 milliards de dollars; ce n'est pas banal.
     Pour gouverner de façon majoritaire, pour le pur pouvoir, le gouvernement s'est allié au NPD. Plutôt que de recevoir son mandat du peuple, le gouvernement reçoit son mandat du NPD. C'est un marché de dupes, parce que si le NPD ne réagit pas bientôt, il commande sa propre disparition. Alors, le gouvernement a deux choix. Il peut suspendre son programme de centralisation agressif, l'abus du déséquilibre fiscal et l'abus du pouvoir de dépenser jusqu'à la fin de son mandat, qui normalement devrait se rendre jusqu'à la fin de 2025, ou il peut déclencher les élections maintenant pour essayer d'obtenir un tel mandat, dont je doute fort que le Québec le considère. Il n'a le droit ni de duper le peuple ni de duper des partis à la Chambre. Je l'avais déjà dit, si le premier ministre est à ce point fasciné par les champs de compétence du Québec et des provinces, il peut s'en aller faire de la politique provinciale, de préférence en Ontario.
    Au minimum, toutefois, ce que le gouvernement doit faire, c'est reconnaître dans chacun de ses gestes le droit de retrait avec pleine compensation, sans condition pour le Québec et pour les provinces. Au moins, son idéologie centralisatrice pourra être contournée adéquatement dans le respect des champs de compétence du Québec et des provinces. L'essentiel, au fond, et c'est l'esprit de cette motion, c'est que le gouvernement canadien mette un terme à ses abus de plus en plus nombreux, de plus en plus grossiers et toujours aussi ratés dans les compétences du Québec et des provinces. Si jamais il ne le fait pas, puisqu'il s'amusera à soulever la question, au prochain scrutin, il va voir c'est quoi l'utilité du Bloc québécois.

  (1030)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'ose croire que les députés accordent la priorité aux intérêts des gens qu'ils représentent. Qu'il s'agisse du régime de soins dentaires, du programme d'alimentation scolaire destiné aux enfants ou du programme national de garderies, ce sont tous des programmes que le gouvernement du Canada a mis de l'avant en collaboration avec des parties prenantes et d'autres ordres de gouvernement. Ils sont bien accueillis dans toutes les régions du pays.
     La députée ne croit-elle pas que le gouvernement du Canada devrait tenir compte des attentes des habitants de toutes les régions du pays, ce qui comprend les types d'investissements que nous faisons aujourd'hui?

[Français]

    Madame la Présidente, la réponse est un peu dans la question.
    J'aimerais que les Québécois entendent quelqu'un se lever au Parlement et leur dire, en anglais, de regarder ce qu'on fait de meilleur qu'eux et qu'ils ne sont tellement pas bons qu'il faut le fédéral pour développer des programmes qu'on va leur imposer avec leur propre argent. Je trouve d'un farfelu complet le fait de dire qu'un Canadien est intrinsèquement supérieur à un Québécois.
    Si de bonnes idées sont concrétisées à une place, elles peuvent être concrétisées à d'autres endroits. Par exemple, on peut penser aux services de garde, dont le modèle était à l'origine québécois, ou à l'assurance-médicaments, dont le modèle était à l'origine québécois. Si le gouvernement canadien se sent habilité à copier ce que le Québec fait de bien, j'espère qu'il va au moins reconnaître que c'est parce que le Québec est capable de le faire.
    Madame la Présidente, je tiens à remercier mon collègue de Beloeil—Chambly, chef du Bloc québécois.
    Il y a bien des choses qui nous séparent. On le reconnaît, j'en suis sûr et certain. Par contre, il y a des choses qui nous unissent. Je pense qu'il va être reconnaissant du fait que nous, les conservateurs, respectons les champs de compétence. C'est un point cardinal de notre action politique. D'ailleurs, quand nous étions au pouvoir, nous avions un gouvernement qui s'occupait de ses affaires au fédéral et qui laissait les provinces agir. On en a aussi vu le résultat: l'option souverainiste a baissé dans les intentions de vote.
    Par contre, comme le chef du Bloc québécois en a fait la démonstration, ce qu'on voit depuis neuf ans, c'est un gouvernement fédéral qui ne s'occupe pas de ses affaires de façon correcte. Non seulement il ne s'occupe pas des affaires dont il doit s'occuper correctement, mais, en plus, il s'invite dans les champs de compétence provinciale. Le résultat, c'est qu'on voit que le mouvement indépendantiste monte au Québec, ce qui peut faire plaisir au chef du Bloc québécois, mais qui n'est pas nécessairement une bonne idée. On constate aussi qu'à l'Assemblée nationale, il y a deux semaines, le chef du Parti québécois s'est servi de la mauvaise gestion des fonds canadiens par le gouvernement libéral comme argument en faveur de l'indépendance.
    Ma question est fort simple: pourquoi, dans une situation semblable, le Bloc québécois a-t-il voté en faveur de 500 milliards de dollars de crédits budgétaires?

  (1035)  

    Madame la Présidente, c'est une belle occasion. Cependant, il y a plusieurs éléments.
    Premièrement, je prends acte de la nouvelle position des conservateurs de vouloir donner sans condition les transferts en santé, ou en toute matière, au Québec et aux provinces.
    J'ai une deuxième bonne nouvelle. On va tenir le débat sur l'indépendance, parce qu'il est vrai que la tendance monte, il est vrai qu'on arrive au troisième référendum, et il est vrai qu'on va le gagner. Il y aura de la place pour tout le monde au Québec, qui va continuer de faire de la politique au Québec, en incluant les députés.
    Il y a une troisième chose. Éclairons quelque chose dans cette démagogie qui marche à coups de slogans: le Bloc québécois a voté contre tous les budgets libéraux et contre toutes les mises à jour économiques des libéraux. Par contre, le fait de ne pas voter en faveur de crédits dans un certain nombre de cas équivaut à reproduire, comme les conservateurs en sont bien conscients, le modèle américain de paralysie du gouvernement, par lequel on veut empêcher l'État de fonctionner. Dans les ministères dont il serait question, on ne pourrait pas sortir les paies. Voilà la simple explication. Nous avons voté contre les budgets et contre les mises à jour, mais les conservateurs peuvent continuer à répéter en français que le Bloc québécois a fait ça et en anglais que le NPD a fait autre chose.
    Madame la Présidente, je remercie le chef du Bloc québécois de son discours et de sa motion sur des choses qui nous interpellent comme néo-démocrates, comme les services publics et les services de santé, ou encore l'assurance-médicaments, pour laquelle il va falloir une négociation avec les provinces, le système québécois étant imparfait. Il y a d'ailleurs une réclamation unanime de toutes les centrales syndicales au Québec pour un régime public et universel. On pourrait faire un pas en avant ensemble en discutant.
    Au sujet des soins dentaires, il n'y a pas d'ingérence parce que le gouvernement fédéral ne dit pas au Québec comment gérer son réseau de la santé; il paie directement les factures des dentistes. Ça va profiter à 4 millions de Québécois et de Québécoises qui n'ont pas d'assurance dentaire. Il y a déjà des milliers d'aînés qui ont reçu ces soins. Il serait dommage que le Bloc québécois s'oppose aux soins pour les personnes âgées du Québec.
    Madame la Présidente, je trouve merveilleux de voir le NPD recommander et souhaiter que l'État canadien confie des programmes publics au privé, qui va faire du profit avec le programme public.
    Je répète le principe fondamental aux syndicats, au NPD et au député de Rosemont—La Petite‑Patrie: il n'existe rien qu'un Canadien soit capable de faire et qu'un Québécois soit incapable de faire, sauf peut-être de l'extraction de pétrole. Conséquemment, j'invite tout le monde à s'engager dans l'amélioration des services au Québec. On doit investir dans les services au Québec. On n'a pas à négocier avec le Québec. On est censé faire un transfert d'argent sans condition. C'est ça qui manque.
     Madame la Présidente, quel discours inspirant. C'est difficile d'intervenir après cela. Pour imager l'ampleur que prend l'intrusion du gouvernement fédéral dans les champs de compétence du Québec et des provinces, revenons sur ce qui s'est passé cette semaine lors de la période des questions.
    Cette semaine, j'ai posé une question au ministre des Transports dans laquelle je disais en quelque sorte que les Québécois espèrent être maîtres chez eux, mais que le gouvernement fédéral, lui, souhaite être maître partout. C'est ce qu'on voit avec l'assurance‑médicaments, avec l'assurance pour les soins dentaires, avec des tas d'empiétements sur les champs de compétence.
    En guise de réponse, le ministre des Transports m'a dit que le Bloc québécois cherchait la chicane. Il dit cela constamment. Non seulement il dit cela, mais il dit aussi que les bloquistes étaient auparavant ici par passion et qu'ils sont maintenant ici pour leur pension. C'est une vieille rhétorique stupide. Je ne crois pas que seuls les députés du Bloc québécois aient une pension. Nous réduire à cela, c'est quand même assez vulgaire.
    Je dis cela parce que j'avais pensé, au départ, construire mon allocution autour d'une réponse à l'endroit du ministre des Transports. Cependant, je trouve que c'est mesquin et que ce serait accepter de jouer dans cette bassesse. Je préfère plutôt démontrer au ministre des Transports ce qui nous passionne ici, c'est-à-dire la défense des intérêts du Québec.
    Lorsqu'il est question d'ingérences dans les champs de compétence, on ne peut pas faire l'économie d'un retour sur la définition de ce qu'est le fédéralisme canadien. Il faut faire la distinction entre deux choses. D'un côté, il y a un État unitaire qui dispose de tous les pouvoirs. Ceux qui ont suivi un cours de politique 101 le savent. De l'autre, il y a le fédéralisme qui suppose l'autonomie de l'État central, à savoir le gouvernement fédéral, mais surtout l'autonomie des États fédérés, en l'occurrence les provinces et le Québec. Tous les étudiants qui ont fait un cours de droit ou de sciences politiques savent que cela suppose que, dans leurs champs de compétence, les provinces sont autonomes. Par conséquent, dans le contexte canadien, cela suppose que l'État québécois est autonome.
    Il est donc clair pour ma formation politique que le Québec est capable de prendre ses décisions et de mettre de l'avant les orientations économiques, sociales et culturelles qui assureront son maintien et sa vitalité. Même les fédéralistes du Québec reconnaissent cette réalité. C'est d'ailleurs dans cette perspective que la grande majorité des politiciens qui siègent à l'Assemblée nationale du Québec se définissent comme des autonomistes. S'ils ne se définissent pas comme des autonomistes, c'est qu'ils se définissent comme des indépendantistes. C'est la manière de faire de la politique au Québec. Le Parti québécois, la Coalition Avenir Québec et Québec solidaire sont tous des partis qui veulent plus de pouvoirs pour la nation québécoise et plus de pouvoirs pour assurer son avenir. Sans vouloir être méchant, je dirais que, de façon différente et un peu plus molle, même le Parti libéral du Québec veut plus de pouvoirs pour le Québec. La preuve en est fort simple. Il y a des tas de motions de l'Assemblée nationale qui sont soutenues par le Bloc québécois. Chaque fois que le gouvernement fédéral essaie de s'ingérer dans les champs de compétence du Québec, il y a une motion votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale.
    Même si on regarde l'histoire du Québec, on serait en mesure de faire cette démonstration. C'est indéniable que tous les gouvernements du Québec étaient résolus à en défendre l'autonomie. En allant du gouvernement Duplessis au gouvernement Bourassa, et même au gouvernement Legault, en passant par les gouvernements Marois, Parizeau et Lévesque, l'objectif a été d'étendre les pouvoirs du Québec. On a vu ça dans des cycles de négociations constitutionnelles, qui se sont faits à notre détriment, mais on a vu ça aussi dans des accords administratifs. Le Québec est la seule province qui dispose de pouvoirs en immigration. Le Québec est la seule province qui dispose d'accords spécifiques sur la formation de la main‑d'œuvre.
    Il y a donc un consensus dans l'ensemble de la société québécoise pour la défense de l'autonomie du Québec. Benoît Pelletier est peut-être celui qui a le mieux exprimé cela. Je le cite rapidement:
[...] l'histoire comme l'actualité de notre fédéralisme montrent avec éloquence l'attachement profond du Québec à son autonomie dans le système fédéral. Et cela s'explique aisément. La situation minoritaire du peuple québécois dans l'ensemble canadien donne à la sphère d'autonomie du Québec découlant du partage des compétences une valeur tout à fait particulière.
    Benoît Pelletier est un fédéraliste, mais il est quand même un peu plus éclairé que les autres. Il reconnaît que l'autonomie est une question de survie pour une nation minoritaire. Le Québec est une nation minoritaire dans le Canada. Défendre son autonomie, c'est une question de survie. C'est ce qui explique que d'autres provinces s'accommodent facilement des interventions du gouvernement dans les champs de compétence.

  (1040)  

    Cela m’amène à une question qui est centrale, d’après moi. Je me pose cette question depuis que je suis arrivé à la Chambre en 2019. Pourquoi y a-t-il seulement les députés du Bloc québécois qui dénoncent le fédéralisme de prédateur, je pèse mes mots, qui fragilise la nation québécoise? Pourquoi mes collègues québécois du Parti conservateur et mes collègues québécois du Parti libéral et du NPD ne dénoncent-ils jamais cette logique?
    La réponse est fort simple. C’est parce que le fédéralisme de prédateur, ça fait leur affaire. C’est parce qu’ils en vivent d’une certaine façon, politiquement. Ce que cherchent à faire maintenant le Parti libéral et le NPD, c’est utiliser ce fédéralisme de prédateur pour sortir du sous-sol de l’impopularité. C’est ce qu’ils ont fait avec l’assurance-médicaments et avec l’assurance pour les soins dentaires. Ils essaient d’utiliser des questions d’ordre social qui ne relèvent pas du gouvernement fédéral pour sortir de l’impopularité dans laquelle ils se trouvent.
    La force des fédéralistes, c’est surtout celle de n’importe quel prédateur. Comme on le sait, un prédateur est quelqu’un qui survit au détriment de l’autre, qui utilise sa puissance pour profiter de la faiblesse de l’autre. La force des fédéralistes, c’est de disposer d’outils qui leur permettent d’agenouiller le peuple québécois. Quand je parle de ces outils, je fais bien entendu référence au pouvoir de dépenser, qui engendre le déséquilibre fiscal. C’est cette logique pernicieuse qui leur permet d’agenouiller le peuple québécois. Jean Chrétien, dans toute sa splendeur, à un moment donné de sa vie, a eu une épiphanie. Il a reconnu qu’il avait la possibilité de faire des coupes dans les paiements de transfert sans en payer le prix politique. C’est la base de ce qu’est le déséquilibre fiscal.
    Ce fédéralisme de prédateur, je ferai remarquer qu’il fait aussi l’affaire des conservateurs. Même s’ils se disent plus respectueux de l’autonomie du Québec, on a vu ce qu’a dit le chef conservateur ces derniers mois. Il a voulu bâtir une certaine forme de domination électorale sur le dos du Québec. Quand il dit publiquement, sans gêne, qu’il va contester la loi 21 et la loi 96, il répond aux intérêts de la majorité anglophone du reste du Québec et il répond à des intérêts électoralistes qui lui sont propres et qui sont quand même assez simples. Il essaie de charmer les communautés ethnoculturelles du grand Toronto. À ce moment, cela lui permet de dire au Québec que, son autonomie, il la repousse très loin de ce que sont ses préoccupations.
    Les conservateurs, les libéraux et les néo-démocrates respectent les champs de compétence du Québec pour autant que cela ne leur crée pas de problème. Le Parti libéral, le Parti conservateur et le NPD, si on regarde cela de plus près, sont donc des partis qui supposent que l’État fédéral est au-dessus du Québec, que la seule nation francophone d’Amérique du Nord doit obéir comme les autres, et que les Québécois doivent se comporter comme des Canadiens comme les autres. C’est le propre du Parti conservateur, comme c’est le propre du NPD et du Parti libéral.
    Je terminerai en disant ce qui suit. On se souvient peut-être de la phrase malheureuse du premier ministre, à savoir que les gens se « foutent » des chicanes de compétence. On se souvient peut-être également de la phrase malheureuse du chef du Parti conservateur, qui disait que les maires du Québec sont des « incompétents » et qu'il allait, lui, gérer la production de logements. Je dirais que cela démontre finalement que les fédéralistes se foutent un peu des champs de compétence, et que les fédéralistes se foutent donc un peu de ce qu’est le fédéralisme canadien. Si c’est le cas, cela ouvre la porte grande au projet de souveraineté.
    Je dirais que, ce dont les gens se foutent au Québec, c’est des excuses du fédéral en immigration. Ce qu’ils souhaitent, ce sont des seuils qui représentent notre capacité d’intégration, c'est un système qui répond aux attentes des gens qui le sollicitent et c'est que le fédéral rembourse le Québec pour les services rendus. Les gens se foutent des problèmes informatiques de Phénix; ils veulent être payés. Les gens se foutent des ratés de l’assurance-emploi; ils veulent des prestations. Les aînés se foutent des symboles de la monarchie; ils veulent voir leur pension augmenter. Les Québécois se foutent des produits des grandes pétrolières, ces gloutonnes qui nous ont soutiré 34 milliards de dollars pour un pipeline et qui vont nous soutirer 83 milliards de dollars d’ici 2035; ils veulent un système de santé qui répond à leurs besoins et qui n'est pas sous-financé.

  (1045)  

     Finalement, je pense qu'il y a une portion importante de la population au Québec qui se fout du fédéralisme.
     Madame la Présidente, j'aimerais poser une question à mon collègue de Joliette.
    J'ai du respect pour tous les députés ici à la Chambre, qui représentent ultimement leurs citoyens. Cependant, j'ai une question relative aux compétences. Nous respectons les compétences, parce que nous employons une approche de gouvernement à gouvernement. Je vais en quelque sorte reprendre les mots du premier ministre Legault, qui a demandé à quoi servait le Bloc québécois à Ottawa. Les enjeux entre le gouvernement d'Ottawa et celui du Québec sont abordés entre nos gouvernements, pas avec le Bloc québécois.
    Madame la Présidente, je pourrais reprendre les mots assez sévères que M. Legault a utilisés pour qualifier le gouvernement libéral, mais je ne ferai pas ce coup odieux à ma collègue. Elle peut les voir aisément dans les médias.
     Le gouvernement du Québec a été très critique à l'égard de la mise en place d'une assurance-médicaments. Le gouvernement du Québec a été très critique sur la mise en place d'une assurance dentaire. Ce n'est pas uniquement le premier ministre Legault, mais c'est l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale qui, au moyen d'une motion, ont indiqué au gouvernement libéral qu'il agissait à l'extérieur de ses champs de compétences. Si ça ne sonne pas une cloche à ma collègue, je ne sais pas de quelle façon on va pouvoir la sortir de sa torpeur.

  (1050)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, le gouvernement provincial a récemment dû intenter une action en justice contre les libéraux fédéraux pour s'opposer à leurs ingérences inappropriées dans la compétence de ma province en matière d'exploitation des ressources naturelles. La Cour suprême du Canada a tranché contre les libéraux fédéraux et en faveur des arguments des provinces sur la manière d'approuver de grands projets de ressources naturelles dans le pays. Les libéraux persistent à violer les droits des provinces dans ce domaine.
     Le Québec a de nombreux projets d'exploitation des ressources naturelles qui pourraient être compromis par l'ingérence inappropriée du gouvernement libéral dans ce champ de compétence, y compris sa stratégie sur les minéraux critiques. Le député croit-il que les principes énoncés dans la motion présentée aujourd'hui par son parti s'appliquent également au respect du droit de la province de déterminer comment elle exploite ses ressources naturelles?

[Français]

     Madame la Présidente, je suis entièrement d'accord avec ma collègue. Le Bloc québécois a d'ailleurs déjà déposé un projet de loi pour indiquer que toutes les évaluations environnementales qui touchent l'exploitation des ressources naturelles devraient relever des provinces et devraient relever du Québec.
    Cependant, il y a un autre élément que j'aimerais souligner. Moi, j'irais encore plus loin que ce que dit ma collègue. Je ne trouve pas ça normal que le Québec, par le truchement de ses impôts, soit obligé de financer un pipeline de 34 milliards de dollars qui ne lui sert absolument à rien. Je ne trouve pas ça normal que le Québec, par le truchement de ses impôts, soit obligé de donner 84 milliards de dollars d'ici 2035 aux grandes pétrolières, qui sont multimillionnaires, quand ça ne nous sert à rien. J'irais plus loin et je répartirais l'argent en fonction des projets de ressources naturelles de chaque province et de la nation québécoise.
     Madame la Présidente, le Bloc québécois dit toujours qu'il est favorable à ce qui est bon pour le Québec. Parfois, ce serait bien qu'il regarde aussi ce qui est bon pour les Québécois, pour M. et Mme Tout‑le‑Monde qui n'ont pas de couverture d'assurance dentaire.
     Au NPD, nous avons fait campagne en disant que nous allions venir à Ottawa et obtenir cela pour les gens. Nous l'avons fait. Nous tenons nos promesses pour 4 millions de Québécois et de Québécoises qui n'ont aucune couverture dentaire, ni privée, ni publique. Nous avons sécurisé 13 milliards de dollars sur 5 ans.
    C'est environ 4 milliards de dollars pour le Québec qui seront directement investis pour faire épargner de l'argent à des Québécois qui n'étaient pas capables de se payer des soins dentaires. Il n'y a pas de programme québécois pour les personnes âgées. Il n'y a pas de programme québécois pour les adolescents. Nous allons aider directement des gens qui en ont besoin.
    J'étais dans ma circonscription la semaine dernière et les gens venaient me voir et me disaient: merci M. Boulerice, pour votre travail à Ottawa.
    Madame la Présidente, je…
    Des voix: Il n'a pas le droit de dire son nom.
    Les députés peuvent mentionner leur propre nom. Ils ne peuvent pas mentionner le nom d'autres députés.
    L'honorable député de Jonquière a la parole.
    Madame la Présidente, je ferais simplement remarquer à mon collègue que, ce que les Québécois cherchent à avoir, c'est un système de santé qui est digne de ce nom. Le sous-financement récurrent du système de santé fait que le gouvernement fédéral génère de nouveaux programmes et, dans quelques années, il se retirera progressivement et exercera la pression sur le Québec.
    L'assurance dentaire et l'assurance-médicaments, ce sont des mesures de papier. Le gouvernement du Québec dit candidement qu'il ne voit pas quand ça va pouvoir se développer, parce que ça n'a pas été fait en consultation avec les gens de Québec. La seule raison pour laquelle on a mis de l'avant une assurance-médicaments et une assurance dentaire, c'est pour faire sortir le Parti libéral et le NPD du sous-sol des intentions de vote. Voilà.
     Madame la Présidente, je tiens à mentionner que je partagerai mon temps de parole avec ma collègue de Châteauguay—Lacolle. Je suis reconnaissant et heureux d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui et je souhaite en profiter pour discuter de l'engagement de notre gouvernement pour le Québec.
     Je suis un fier député du Québec représentant une région majoritairement francophone et rurale. Je suis un grand défenseur de la langue française et je tiens à mentionner que la collaboration avec le Québec est très bonne. Elle est aussi très bonne depuis 2015 avec les députés qui sont situés dans mon secteur.
     Si je prends la parole aujourd'hui, c'est pour souligner que notre gouvernement a toujours été là pour soutenir le Québec et que nous comptons bien continuer d'aider l'ensemble des Québécoises et des Québécois. Même si le Bloc n'aime pas cela et qu'il préfère la chicane, notre bilan démontre que nous sommes capables de travailler avec le gouvernement du Québec et d'atteindre nos objectifs pour le Québec. En effet, le Québec est un allié.
     Notre gouvernement s'est entendu par le passé sur une multitude de choses avec le Québec, telles que la création de places en garderie, l'accélération de la construction de logements, la santé, l'infrastructure ou encore l'Opération haute vitesse. Lors de la crise de la COVID‑19, on se rappelle que le gouvernement fédéral était main dans la main avec Québec et qu'il a fourni la plupart des instruments et des outils nécessaires pour soutenir la santé. Nous étions là avec l'armée et avons pris soin de nos centres pour aînés. Nous étions en pleine collaboration avec Québec. C'est la preuve que le Canada et le Québec travaillent bien ensemble.
     Notre gouvernement est là pour le Québec et avec le Québec. Seulement en 2024‑2025, c'est plus de 30 milliards de dollars qui seront transférés au Québec sous forme de transferts fédéraux pour aider le gouvernement du Québec à offrir les services à la population. Ces sommes incluent des montants additionnels avec le nouvel accord sur les soins de santé qui a été conclu avec Québec. Cette entente est de 8,56 milliards dollars. Ce n'est pas rien. Ces montants supplémentaires seront distribués sur 10 ans pour améliorer les soins de santé au Québec. Pas plus tard qu'hier, on a décrété qu'il y avait une crise en santé dans la région de la capitale nationale, en Outaouais, ma région. Des médecins, des professionnels et des thérapeutes de toutes sortes ont quitté la région pour aller en Ontario. La situation est très difficile dans la région de l'Outaouais. C'est pour cela que le gouvernement du Canada est là pour soutenir le gouvernement du Québec.
    Ce financement supplémentaire aidera notamment à améliorer l'accès aux cliniques de première ligne et à faciliter la prise de rendez-vous par l'intermédiaire de la plateforme Votre santé. Ce nouveau financement viendra aussi améliorer les soins pour les patients atteints de maladies rares ou chroniques. Pensons notamment aux diabétiques du Québec. Ma fille en fait d'ailleurs partie, étant atteinte du diabète de type 1. Voilà un bel exemple de la façon dont notre plan fonctionne grâce à la collaboration avec le Québec.
    D'ailleurs, je me réjouis du fait que notre collègue le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie était à Montréal, plus tôt cette semaine, pour l'annonce d'un investissement important effectué par Boeing dans la nouvelle zone d'innovation en aérospatiale au Québec. Que ce soit pour la filière des batteries, que ce soit pour l'innovation ou que ce soit pour l'aérospatiale ou la recherche, nous travaillons conjointement avec le Québec. Que le Bloc le veuille ou non, nous allons continuer de travailler avec le Québec.
    Ces investissements majeurs de 240 millions de dollars s'inscrivent dans l'engagement de Boeing en matière de retombées industrielles et technologiques. Tout le Québec en bénéficiera. Toutes les circonscriptions au Québec bénéficieront de cette bonne nouvelle pour notre secteur aérospatial. C'est sans compter tous ceux qui font partie de la chaîne d'approvisionnement du secteur aérospatial. C'est toute notre chaîne d'approvisionnement qui en sort gagnante.
    Un autre exemple important de collaboration, c'est celui de l'Opération haute vitesse Canada-Québec. J'en suis extrêmement fier. C'est un des premiers dossiers sur lequel j'ai travaillé lorsque je suis entré en politique. Lors des toutes premières rencontres auxquelles j'ai assisté, nous avons parlé de connectivité.

  (1055)  

    C'est ce dont nous entendions parler dans ma circonscription en 2015. L'Opération haute vitesse Canada-Québec a fait débloquer le tout. Le Bloc québécois a la mémoire courte. Il nous reprochait de ne pas en faire assez, de ne pas le faire assez vite et d'oublier des territoires. Dès qu'il y avait un petit problème quelque part, c'était la faute du gouvernement fédéral. Toutefois, il faut se rappeler que nous avons conclu une entente avec le gouvernement du Québec en 2021. Grâce à cette entente, plus de 250 000 foyers au Québec ont maintenant accès à Internet à la maison. C'était un besoin criant à l'époque. Cela a beaucoup résonné dans ma circonscription, dans les circonscriptions du Bloc québécois, mais aussi partout au Québec. Donc, nous avons collaboré avec le Québec pour améliorer la connectivité au Québec.
    Comme je le disais, notre plan fonctionne. Ce ne sont pas juste des mauvaises nouvelles. Nous avons beaucoup de bonnes nouvelles.
    Je me réjouis de voir que notre gouvernement a mis de l'avant un système d'apprentissage et de garde de jeunes enfants à l'échelle du Canada qui s'inspire largement du modèle qui existe au Québec. Oui, le Québec est un modèle. Je suis fier des modèles qui viennent du Québec. Nous prenons ces modèles qui fonctionnent et nous les implantons partout au Canada en améliorant ceux du Québec. Évidemment, le Québec en bénéficie aussi. Dans le cadre d'un accord de plus de 6 milliards de dollars, le Québec s'est engagé à créer 30 000 nouvelles places en garderie d'ici mars 2026. Depuis le lancement du Grand chantier pour les familles en octobre 2021, 20 500 places additionnelles subventionnées ont été créées. C'est une merveilleuse collaboration. Notre système de garderie viendra grandement aider les familles, mais les avantages ne s'arrêtent pas là.
     Les services de garde abordables de jeunes enfants ont aussi aidé à faire augmenter le taux de participation à la population active des femmes. Encore une fois, lorsque nous agissons, ça a des effets dominos. Nous avons permis aux femmes de retourner travailler ou d'entrer sur le marché du travail. Le taux de participation à la population active des femmes dans la force de l'âge est à un niveau record; en septembre 2023, il était de 85,7 % au Canada par rapport à seulement 74,4 % aux États-Unis. Imaginons l'importance qu'on donne aux femmes lorsqu'on leur donne la possibilité de retourner sur le marché du travail. Ce système bénéficie aussi à l'économie. Lorsque tout le monde travaille, l'économie va bien.
    La priorité de notre gouvernement demeure d'aider la population. C'est ce que nous faisons avec nos investissements dans le système de santé, dans les soins dentaires, dans le système de garderie, mais aussi dans le logement. C'est dans ce même esprit de soutien aux Canadiens que nous faisons d'autres investissements pour rendre la vie plus abordable au Canada.
    Nous sommes d'avis que notre gouvernement doit fonctionner en partenariat, et nous souhaitons ardemment être un partenaire pour le gouvernement du Québec. Là où les provinces doivent être encouragées à en faire un petit peu plus, notre gouvernement sera là pour les encourager et leur offrir plus d'argent pour pouvoir le faire.
    C'est justement dans cet esprit que, l'automne dernier, nous avons conclu une entente de 1,8 milliard de dollars avec le Québec pour favoriser l'accélération et la construction de logements. Cette somme s'ajoute à d'autres investissements faits dans le passé grâce à la Stratégie nationale sur le logement. Dans ce partenariat pour le logement, 900 millions de dollars proviennent du gouvernement du Québec et 900 millions de dollars, du gouvernement canadien. Notre gouvernement a une longue histoire de collaboration avec le Québec sur les questions de logement. C'est le genre d'entente dont nous avons besoin pour construire plus de logements plus rapidement pour les nouvelles générations. C'est exactement le genre d'entente gagnante qui profite au Québec et aux Québécois. Évidemment, lorsque nous collaborons, ce sont les citoyens qui en bénéficient.
    La réalité, c'est que bien des Canadiens ont besoin de soutien pour réussir. Lorsque c'est possible, notre gouvernement souhaite aider. Depuis 2015, nous mettons en place des programmes afin de soutenir la classe moyenne et d'assurer une meilleure équité entre les générations, et ce, d'un océan à l'autre. Cela passe par l'Allocation canadienne pour enfants ou encore le Régime canadien de soins dentaires.
    Dans le budget 2024, nous continuons d'appuyer les priorités des Canadiens et des Québécois en investissant massivement dans le logement.

  (1100)  

    L'une des priorités clés de ce budget, c'est le logement. Nous allons travailler avec les provinces et les territoires pour construire plus de logements plus rapidement. Comme dans l'entente de l'automne dernier, nous allons accélérer la construction de logements en collaboration avec les provinces et les territoires, que le Bloc québécois le veuille ou non.
    Madame la Présidente, j'ai écouté attentivement le discours de mon collègue d'en face. En ce qui concerne la question de l'aérospatiale et l'annonce de cette semaine, je crois qu'il y a quelques petits détails qui lui échappent.
    La première chose, c'est qu'il y a deux annonces en une. Le bon côté, c'est le fait d'avoir une zone d'innovation et ça, ça vient de Québec. Ottawa n'a rien à voir là-dedans.
     L'autre annonce faite en même temps, et qui sans doute porte à confusion, est une annonce de Boeing à laquelle le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie a participé. Quand on regarde cette annonce, il s'est contenté de dire qu'on travaillait à l'avion de l'avenir. Il a dit ça au début de la semaine. Toutefois, je rappelle que cet avion de l'avenir, ça s'est fait sans appel d'offres, en excluant un géant québécois au profit d'une compagnie américaine annoncée à la fin de l'automne dernier. On aurait pu procéder autrement. Le ministre fait du neuf avec du vieux en disant qu'il va avoir une politique de retombées, mais c'était déjà annoncé pour faire avaler la pilule l'automne dernier.
    Je voudrais poser une question très simple à mon collègue. Cette semaine seulement, dans cette supposée annonce qu'Ottawa a faite, combien, en chiffres, investira-t-on dans Boeing pour cette recherche-là?

  (1105)  

     Madame la Présidente, je suis très content de répondre à cette question. Les investissements faits au Québec en aérospatiale, que le Bloc québécois le veuille ou non, sont une bonne nouvelle. Tous les dirigeants des chaînes d'alimentation et des entreprises à qui j'ai parlé et qui s'installent dans les circonscriptions du Québec, que ce soit dans la circonscription de Mirabel, de Laurentides—Labelle ou dans celle de mon collègue, vont profiter de retombées économiques importantes. Toutes les entreprises, toutes les filières qui sont liées à Boeing, même le petit restaurant du coin, vont en profiter.
    Madame la Présidente, ce qu'on voit dans les nombreuses annonces des libéraux, c'est une ingérence dans les champs de compétence des provinces. Ils augmentent de façon énorme la bureaucratie. On voit un déficit de 40 milliards de dollars cette année. Ça coûte énormément cher aux contribuables canadiens.
    Le député libéral ne comprend-il pas que les actions des libéraux ont des conséquences graves pour le Canada et les Canadiens en ce qui a trait à une qualité de vie de base?
     Madame la Présidente, j'aimerais remercier mon collègue d'avoir fait l'effort notable de poser sa question en français.
    Quand on parle d'économie mondiale, on parle du fait d'avoir traversé une pandémie, on parle de guerre, on parle d'une économie difficile sur le plan de l'alimentation, on parle de nombreux effets secondaires et on parle des taux d'intérêt qui ont augmenté.
    Le gouvernement qui est en place a été là pour aider les citoyens pendant la pandémie. Il est là pour la classe moyenne, pour tous les citoyens dans chaque circonscription. Nous avons aidé des centaines d'entreprises, des individus à traverser la pandémie. Nous avons fait le choix d'investir dans la personne et dans les entreprises pour sauver l'économie du futur pour les générations à venir.
     Madame la Présidente, mon collègue a parlé de l'importance de lutter contre la hausse du coût de la vie. C'est vrai que c'est difficile pour beaucoup de gens que nous représentons.
    Le nouveau programme de soins dentaires va faire économiser des centaines de dollars, voire des milliers de dollars à plusieurs personnes. La moitié de la population au Québec n'a aucune assurance dentaire, ni privée ni publique. Je suis content que le gouvernement minoritaire libéral ait fini par écouter le NPD. Nous leur avons un peu tordu le bras pour accepter le programme de soins dentaires et les libéraux ont fini par dire oui. Maintenant, c'est réel: on commence à mettre sur pied ce programme.
    Mon collègue peut-il me dire comment ce programme va aider les personnes aînées et les adolescents et les adolescentes dans sa circonscription?
     Madame la Présidente, j'aimerais rappeler à mon collègue que ce programme a été mis en place par le gouvernement libéral.
    Aujourd'hui, plus de 2 millions de personnes sont déjà inscrites à ce programme. Dans ma circonscription, ce programme donne déjà des résultats. Plus de 9 500 fournisseurs et spécialistes de soins buccodentaires y sont déjà inscrits et encore d'autres s'y rajouteront cette semaine et la semaine prochaine. Le programme fonctionne bien et c'est bien pour toute la population du Québec et le Canada.
    Madame la Présidente, c'est un plaisir pour moi de me lever aujourd'hui pour parler de la motion du député de Jonquière et porte-parole du Bloc québécois en matière d'affaires intergouvernementales, de ressources naturelles et d'énergie.
    J'aimerais aborder un peu la question des compétences fédérales et provinciales. J'ai eu l'occasion de faire mes études à l'Université du Québec à Chicoutimi dans les années 1978, 1979 et 1980, des années très mouvementées dans l'histoire du Québec. C'était une expérience très enrichissante. Nous avions beaucoup appris sur l'histoire, le développement et l'évolution du Canada, et surtout sur la Confédération. Nous avions eu des discussions très intéressantes dans les salles de cours.
    Ce qui m'avait beaucoup frappée, ce sont les partenariats qui se sont formés au cours des années. On peut commencer par les patriotes, qui ont lancé une rébellion au Bas‑Canada en 1837 et en 1838, et que nous venons de célébrer au Québec. Cette révolte très importante a eu des conséquences très néfastes pour ceux qui y ont participé, notamment pour les 58 patriotes de chez nous qui ont été exilés en Australie, mais leurs paroles et leurs actions ont marqué les événements autour d'eux.
    Il y a aussi eu une autre rébellion dans le Haut‑Canada, qui était moins marquée, mais ces événements ont déclenché toute la discussion sur l'importance d'avoir un gouvernement responsable, c'est-à-dire un gouvernement représentatif des citoyens, surtout pour une société en plein développement.
    Quelques décennies plus tard, Louis‑Hippolyte LaFontaine et Robert Baldwin ont formé un partenariat pour déloger les pouvoirs actuels et réclamer la mise en place d'un gouvernement responsable à l'Empire britannique. À un moment donné, la famille de M. LaFontaine a même gardé les enfants de M. Baldwin au Québec, et une des enfants de M. Baldwin est devenue une sœur dans le couvent des Ursulines, ce qui est très touchant.
    On peut constater que j'aime beaucoup l'histoire, mais il est important de reconnaître que l'histoire de notre pays est l'histoire des personnes, de vraies personnes, qui ont trouvé qu'il était plus important de travailler ensemble que de se séparer. On n'a pas besoin d'aller plus loin que le fameux partenariat entre John A. Macdonald et George‑Étienne Cartier, qui ont signé une entente, avec tous les autres Pères de la Confédération, qui reconnaissait les pouvoirs des provinces, mais qui les plaçait sous le parapluie du gouvernement fédéral. C'est cette entente qui souligne à la fois l'importance de respecter ces pouvoirs et l'importance d'avoir un gouvernement responsable local lorsqu'il est question de commerce, de services sociaux, d'éducation, de santé, etc.
    Puisqu'il y avait des guerres durant ces années, que ce soit avec nos voisins, aux États‑Unis, ou avec des pays d'Europe, il était important pour le gouvernement fédéral d'avoir le pouvoir de défendre le pays et de maintenir l'ordre dans la société pour assurer la sécurité de tout le monde.

  (1110)  

    Je sais que je remonte loin dans l’histoire, mais c’est pour nous amener à aujourd’hui et expliquer pourquoi ce n'est pas seulement une richesse, mais une garantie relative à notre démocratie, à notre liberté et à nos droits qu’on trouve dans la Constitution canadienne pour tous les gens qui demeurent au Canada, peu importe la province. La Constitution canadienne garantit que tous les Canadiens et les Canadiennes ont accès aux mêmes droits et libertés.
    Cela dit, je devrais parler de ce qui se passe aujourd’hui afin de démontrer comment cette belle collaboration entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec se poursuit.
    Mon collègue a donné l’exemple des services de garde. Il s'agit d'un bel exemple où le Québec a été un pionnier. J'ai pu en bénéficier lorsque ma fille fréquentait le service de garde il y a 35 ans. J'ai maintenant un petit-enfant, et, il y a quelques années, ma fille et son mari étaient à New York. Ils se demandaient comment ils allaient faire pour payer les frais de garderie. Maintenant, ils ont déménagé à Halifax. J'ai ressenti une telle joie quand elle m’a appelée pour me dire qu’elle et son mari avaient trouvé une garderie pour Roy, que ce n’était pas cher et qu’elle était en mesure de retourner au travail. C'est le Québec qui a donné l’exemple en cette matière.
    Je dis toujours que c’est le Canada qui a besoin du Québec. C’est un partenariat qui continue à ce jour et qui nous permet de mettre tous nos talents et toutes nos capacités ensemble. En ce qui concerne les services de garde, la signature d’une entente asymétrique avec le Québec permettra d’allouer près de 6 milliards de dollars entre 2021 et 2026 et d'offrir tellement d’opportunités partout au pays, mais aussi au Québec. En effet, la capacité du fédéral d’être un partenaire dans le soutien financier a aidé le Québec à ouvrir d’autres places en garderie. Bien sûr, nous sommes très fiers de ce système.
    Le logement est un autre très bon exemple. Je vais parler de quelque chose qui est très important dans ma circonscription, mais aussi dans les circonscriptions avoisinantes chez moi en Montérégie. J’ai eu l’occasion de me rendre dans la circonscription de la députée de Salaberry-Suroît il y a quelques semaines pour une annonce sur les logements abordables. Ce sont 48 logements qui seront construits. J’y étais avec le député provincial, le maire, tous les intervenants et aussi avec la députée de Salaberry-Suroît. Nous étions très contents de faire cette annonce ensemble. De plus, nous avons promis que d'autres logements allaient être construits. C'est arrivé grâce à une contribution de 900 millions de dollars versée au Québec dans le cadre du Fonds pour accélérer la construction de logements afin d’accélérer la construction de logements résidentiels au Québec. Le gouvernement du Québec a ajouté un montant équivalent de 900 millions de dollars.
    Nous travaillons main dans la main pour atteindre une masse critique pour mettre en œuvre cette priorité, qui est une priorité pour les deux gouvernements et au sujet de laquelle nous avons mené des consultations afin d'arriver à cette entente. Je suis d'accord que cela prend parfois du temps pour parvenir à des ententes entre le fédéral et les provinces, mais ça vaut la peine de travailler ensemble. Il faut penser justement aux collègues d’autrefois, les patriotes, Baldwin, LaFontaine et les Sioux, qui ont travaillé ensemble pour construire notre pays d'aujourd’hui.

  (1115)  

     Madame la Présidente, je suis un peu subjuguée. Je ne sais pas trop quoi dire, en fait, depuis ce que j'entends comme répliques dans notre journée d'opposition depuis ce matin. Je pense encore à une petite phrase de ma collègue de Terrebonne, qui est sortie sur les réseaux sociaux cette semaine: à quoi ça sert, les libéraux, sinon à dépenser plus, mais en étant encore moins efficaces? Je la paraphrase, mais c'est effectivement ce que j'entends. Les conséquences sont immenses.
    J'entendais mon collègue précédent se vanter pour l'aérospatiale, alors que le Bloc québécois est le seul parti à demander une réelle et vraie stratégie nationale, qui est demandée par le milieu aussi. Ce collègue précédent et cette collègue-ci se vantent des investissements. On parlait d'aider les aînés, mais le fédéral, qui s'occupe des pensions, n'est même pas capable de le faire comme du monde. Il crée encore deux classes d'aînés en refusant encore d'augmenter les prestations des aînés de 65 à 74 ans, qui crient famine, pour les aider. C'est de l'incompétence. En plus, il augmente le nombre de fonctionnaires sans offrir plus de services sur le terrain.
    Je suis prête à m'exprimer tellement plus longtemps, mais je vais m'arrêter là.

  (1120)  

    Madame la Présidente, j'ai beaucoup de respect pour ma collègue. Je sais qu'elle a beaucoup milité pour les personnes âgées chez nous, et j'ai des bonnes nouvelles. C'est justement le programme de soins dentaires, qui marche. Ça marche…
    L'honorable députée de Shefford a eu l'occasion de poser sa question. Elle devrait écouter la réponse. Si elle a d'autres commentaires, elle devrait attendre le moment approprié.
    Madame la Présidente, j'ai fait la tournée dernièrement des soupers de fin d'année de la FADOQ, et, à chaque table où je me suis arrêtée, quelqu'un m'a saluée, m'a serré la main et m'a remerciée de ce programme de soins dentaires. Ils avaient des rendez-vous et allaient se faire traiter les dents.
    Madame la Présidente, j'ai écouté avec intérêt le récit historique de notre collègue, mais je veux revenir sur la réalité et sur l'avenir, où on offre des soins concrets aux Québécois et aux Québécoises dans le cadre du programme de soins dentaires. Ce dernier ne dit pas du tout à Québec comment gérer le réseau de la santé, ne crée pas de dentistes fédéraux ni de cliniques dentaires fédérales, mais paye des factures que les gens ne seraient pas capables de payer sinon.
    Il y a déjà 90 000 personnes qui se sont fait soigner grâce à ce programme, dont des milliers de Québécois et de Québécoises. Ce sont des gens qui, dans certains cas, n'étaient pas capables d'avoir accès à un dentiste depuis des décennies. Je voudrais entendre ma collègue se prononcer sur la manière dont ce programme va aider non seulement les personnes âgées dans sa circonscription, mais également les adolescents, qui vont pouvoir s'y inscrire à partir du mois prochain.
    Madame la Présidente, je suis tout à fait d'accord avec mon collègue. Le fait d'avoir un programme de soins dentaires va toucher tous les aspects de la santé, puisque les recherches démontrent comment notre santé buccale nous affecte, comme pour la maladie d'Alzheimer ou les maladies du cœur. Quand je pense aux jeunes qui vont avoir l'occasion d'avoir un beau sourire, ça n'a pas de prix.

[Traduction]

    Madame la Présidente, j'aimerais que la députée nous parle de l'appui du gouvernement fédéral aux secteurs très importants pour le Québec, comme le développement d'une économie propre, le secteur aérospatial et les secteurs qui possèdent des atouts dans l'intelligence artificielle. Par exemple, dans le dernier budget, le gouvernement fédéral envisage d'investir 2 milliards de dollars pour soutenir le secteur de l'intelligence artificielle, et 200 millions de dollars supplémentaires pour soutenir diverses entreprises dans des secteurs comme les soins de santé, l'agriculture et la fabrication afin de favoriser l'intelligence artificielle.
     La députée peut-elle expliquer comment cela permettrait non seulement de renforcer le Québec, mais aussi d'aider tous les Canadiens dans l'ensemble du pays?
     Madame la Présidente, je remercie mon collègue de cette question parce que Châteauguay—Lacolle, bientôt Châteauguay—Les Jardins-de-Napierville, est une plaque tournante de l'agriculture, et nos agriculteurs sont à l'avant-garde de la technologie, ce qui permet d'accroître la production agricole sans faire augmenter les gaz à effet de serre. Nous avons des entreprises de captage du carbone qui travaillent dans cette région et qui ont reçu des fonds fédéraux pour leurs recherches. Elles sont très reconnaissantes de l'aide fédérale qui leur permettra de poursuivre leur travail.

[Français]

     Avant de commencer, j'aimerais dire que je partagerai mon temps de parole avec l'excellent député de Carleton.
    Mes propos des prochaines minutes ne se veulent pas à une attaque personnelle contre le Bloc québécois ou ses députés. Au Bloc, il y a plusieurs très bonnes personnes. C'est plus de façon générale que je vais m'exprimer en parlant du Bloc aujourd'hui.
    Premièrement, nous sommes tout à fait d'accord sur la motion présentée. C'est la façon de travailler des conservateurs depuis toujours: nous avons toujours respecté les champs de compétence des provinces. Ça fait partie de notre ADN et nous n'avons aucune objection à ce sujet. Nous avons cependant des questions sur les contradictions qui entourent la gestion de la façon d'être et d'agir du Bloc québécois.
    Tout d'abord, il faut comprendre que la motivation première du Bloc est la séparation, la souveraineté du Québec. C'est dans leur cahier de propositions politiques et le Bloc ne s'en cache pas. Tout le monde sait que le Bloc veut séparer le Québec du Canada.
    Il faut comprendre également que les députés du Bloc ont été élus par environ 30 % de la population du Québec. Il reste donc 70 % de Québécois, dont mes collègues ici et moi faisons partie, qui sont tout aussi Québécois que les députés du Bloc. Ces 70 % de Québécois qui ont voté pour d'autres partis que le Bloc ont des aspirations pour la nation québécoise au même titre que les députés du Bloc. Il faut donc arrêter de faire des jeux, de toujours dire que les gens du Bloc sont de vrais Québécois, mais pas les députés des autres formations. C'est le message qu'on sent, qu'on ressent et qu'on entend dans l'enceinte du Parlement du Canada.
    Il y a une autre contradiction. Selon le Bloc, et ce que disait publiquement la candidate du Bloc qui s'est présentée contre moi en 2021, le fait d'être élu pour le Bloc signifie que l'élu bloquiste va aller travailler dans le Parlement d'un pays étranger. La personne candidate du Bloc se présente, se fait élire par peut-être 30 % ou 40 % des gens de sa circonscription, et dit aux citoyens qu'elle s'en va dans un Parlement étranger pour tous les représenter. C'est ce qui a toujours été et ça fait 30 ans que c'est le même discours.
    J'en viens maintenant aux contradictions plus profondes.
    Le chef du Bloc a répété, et c'est son slogan à lui, que si c'est bon pour le Québec, le Bloc votera pour, mais que si ce n'est pas bon pour le Québec, le Bloc votera contre. C'est le discours que tient publiquement le chef du Bloc québécois. Comme Québécois, on peut dire que ce n'est pas mauvais. C'est vraiment une approche centrée sur les intérêts premiers du Québec, sur un travail de collaboration avec la fédération canadienne. On ne peut donc pas être contre.
    Cependant, on a vu les gestes concrets que le Bloc a faits en votant sur les budgets, qui sont contradictoires. Le Bloc québécois dit publiquement qu'il vote contre tous les budgets parce qu'ils ne sont pas bons, et c'est vrai. Il le fait pour différentes raisons, en disant qu'il est contre, et les gens disent donc que le Bloc québécois vote contre les budgets du gouvernement libéral.
    Par contre, il y a tout le côté, important, des crédits budgétaires. Le Bloc québécois a voté en faveur de tous les crédits budgétaires supplémentaires, représentant 500 milliards de dollars, mais il ne s'en vante pas.
    J'écoutais le chef du Bloc ce matin répondre à la question que mon collègue de Louis‑Saint‑Laurent lui a posée précisément sur ça. Il lui a répondu qu'on ne ferait pas comme les Américains et qu'on ne commencerait pas à bloquer l'appareil gouvernemental, notamment. Voilà comment il s'est justifié d'avoir approuvé 500 milliards de dollars de dépenses supplémentaires. Ces crédits ont fait grossir l'appareil fédéral de 109 000 fonctionnaires. Ces crédits ont, entre autres, servi à donner des millions, des dizaines de millions de dollars à ArriveCAN.
     Quand le scandale arrive, tout d'un coup, les députés du Bloc s'étonnent d'avoir voté en faveur de cette mesure. Dans un échange public, les médias ont posé une question au leader à la Chambre du Bloc Québécois, et il leur a répondu en leur demandant s'ils pensaient que les députés du Bloc avaient le temps d'étudier chacun des crédits. Pourtant, c'est quoi, leur job? Ils sont 32 députés. Il y a en plus leurs équipes de recherche et le monde qui travaille dans leurs bureaux. Que font-ils? De notre côté, nous le faisons: nous fouillons les crédits, nous les étudions. C'est pour ça que nous votons contre la majorité du temps, parce que ça n'a pas de sens.
    Le Bloc dit publiquement qu'il vote contre les budgets alors que, dans les faits, il vote en faveur de tous ces crédits tout en prétendant et en déclarant qu'il n'a pas le temps de les étudier. Pourtant, quelle est la responsabilité première d'un élu? C'est de savoir pour quoi il vote et, surtout quand ça n'a aucun sens, de s'y opposer.

  (1125)  

     Le chef du Bloc québécois dit souvent que les bloquistes sont les adultes dans la pièce, qu'ils sont les meilleurs et qu'ils travaillent vraiment dans l'intérêt des Québécois. Pourtant, ils ont voté en faveur de 500 milliards de dollars de dépenses supplémentaires de ce gouvernement qui, soit dit en passant, est le pire gouvernement de l'histoire du pays.
    Ce gouvernement a doublé la dette de notre pays, ce qui a pour effet que les Québécois ont aujourd'hui des conditions de vie exécrables et que tout coûte beaucoup plus cher. L'inflation ainsi que la hausse des taux d'intérêt et du coût de la vie en général, notamment le prix des logements, ont explosé et sont en grande partie attribuables à la gestion pitoyable de ce gouvernement. Le Bloc québécois a appuyé ces dépenses folles.
    En tant qu'organisation, le Bloc québécois est un parti de gauche, un parti socialiste. Nous le savons. Les bloquistes l'ont avoué, l'ont dit. Comment peut-on faire coïncider des responsabilités fiscales avec le fait d'être toujours en train de vouloir supporter des mesures socialistes, de gauche, et des dépenses exponentielles? On ne peut pas jouer sur deux tableaux. On ne peut pas dire qu'on est l'adulte dans la pièce et qu'on est responsable, alors qu'on vote les yeux fermés. Comme le chef du Bloc québécois l'a dit, les bloquistes n'ont pas le temps de regarder cela. C'est difficile de voter les yeux fermés, de voter pour des dépenses qui ne font que créer des problèmes pour les citoyens aujourd'hui. À la Chambre, on n'a aidé personne au cours des neuf dernières années. Personne n'a été aidé. Nous vivons juste plus de problèmes qu'il y en avait en 2015.
    Je vais donner un exemple concernant le vote sur les crédits. Depuis l'arrivée du nouveau chef du Bloc québécois en 2019, 219 votes ont été considérés comme des votes de confiance. Il s'agit de votes sur des crédits budgétaires ou sur des motions similaires à celle que le Parti conservateur a présentée il y a un mois. À 219 reprises, le Bloc québécois a eu l'occasion de voter contre ce gouvernement, qu'il décrie, ce sur quoi nous lui donnons raison par ailleurs. Or les bloquistes ont voté 200 fois en faveur des crédits. Ils n'ont pas appuyé la motion de censure et ont soutenu le gouvernement. À 92 % des occasions, ils auraient pu dire qu'ils en avaient assez, mais ils ne l'ont pas fait. Ils ont préféré continuer à soutenir les dépenses exponentielles de ce gouvernement.
    Je vais donner un exemple de dépense pour qu'on puisse retenir cela dans les archives publiques. Prenons le projet de loi C‑36, Loi de crédits no 4 pour 2022‑2023. C'est le genre d'affaire dont on se demande ce que c'est. Si on ne prend pas le temps de fouiller, on ne peut pas vraiment savoir de quoi il s'agit. À titre d'information, cela représente 20,7 milliards de dollars de dépenses. Voici un autre exemple: le projet de loi C‑16, Loi de crédits no 1 pour 2022‑2023. Les gens qui nous écoutent vont encore une fois se demander de quoi je parle. Je parle de 75,483 milliards de dollars et d'autres centaines de milliers de dollars de dépenses. Il y a plein d'affaires là-dedans, comme des pipelines. Le Bloc québécois a voté pour des pipelines dans le Nord. Les bloquistes ont soutenu cela alors que le député de Jonquière parle tous les jours à la Chambre contre l'industrie gazière. Les bloquistes ont voté pour. Ils ne savaient pas que le projet de loi contenait ça parce qu'ils ne regardent pas.
    Voici encore un autre exemple: le projet de loi C‑24, Loi de crédits no 2 pour 2022‑2023. On parle de 115,056 milliards de dollars et des poussières. Les poussières, ce sont des centaines de milliers de dollars. Pour le projet de loi C‑54, Loi de crédits no 2 pour 2023‑2024, on parle de 108 700 157 669 $. Ce ne sont que quatre exemples d'une longue liste de dépenses qui ont été soutenues par le Bloc québécois. Les bloquistes diront bien ce qu'ils voudront. Ils vont faire plein d'actions un peu partout pour dire qu'ils sont de grands adultes et des gens responsables, mais, dans les faits, ils ont supporté ce gouvernement dépensier qui dépense sans contrôle. Nous avons aujourd'hui des problèmes et ces problèmes ont été appuyés par le Bloc québécois.
     Pourquoi le Bloc québécois a-t-il appuyé ce gouvernement alors que les libéraux ont une entente avec les néo-démocrates et que le NPD est toujours là pour supporter le gouvernement, quoi qu'il arrive? Le Bloc québécois pourrait faire comme le Parti conservateur: voter contre les niaiseries des libéraux et assurer une vraie gestion efficace du pays. Or non, leur objectif est de séparer le Québec. Les bloquistes se donnent donc des raisons pour que ça aille mal de l'autre bord.

  (1130)  

     Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son allocution. D'ailleurs, j'aimerais juste rectifier qu'on ne dit pas « supporter », mais on dit « appuyer » ou « soutenir », « supporter » étant un anglicisme dans le contexte.
     Nous, au Bloc québécois, n'avons pas eu la berlue pour venir ici défendre les intérêts du Québec. Si nous sommes 32 députés à la Chambre, c'est parce que les Québécois et les Québécoises ont compris qu'il fallait que nous défendions leurs intérêts à la Chambre parce que personne d'autre ne le faisait.
     Dans ce contexte, j'aimerais dire ceci à mon collègue. Si nous avions voté contre les crédits, nous aurions fait en sorte que plusieurs salariés fédéraux qui sont au Québec n'auraient pas reçu leur salaire. En outre, plusieurs aînés n'auraient pas reçu leurs prestations, qui viennent du fédéral en attendant que le Québec soit indépendant.
    Notre objectif, ici, ce n'est pas de bousiller le gouvernement juste pour bousiller le gouvernement politiquement, de façon populiste. C'est de faire des gestes concrets qui font que le Québec est toujours maintenu le plus haut possible dans le contexte fédéral en attendant la suite, et je pense que la suite s'en vient rapidement.

  (1135)  

     Madame la Présidente, je remercie ma collègue. Elle confirme justement ce que nous disons: le Bloc québécois a voté pour ces crédits budgétaires, alors qu'il y a une entente officielle entre le NPD et les libéraux. C'est donc impossible qu'un vote de nature budgétaire soit perdu.
     Le Bloc québécois aurait pu prendre le temps de travailler, d'étudier les crédits et de dire qu'il ne voterait pas pour cela pour telle raison, mais non. Ces députés ont voté en bloc pour chacun des 500 milliards de dollars. Qu'on arrête d'encore une fois essayer de jouer à l'adulte dans la pièce. Il y avait une entente de l'autre côté. Le gouvernement ne pouvait pas tomber, même si on votait contre. Le Bloc québécois aurait pu se tenir avec nous et dire qu'il est contre les dépenses extravagantes du gouvernement actuel.

[Traduction]

    Madame la Présidente, l'ancien premier ministre Stephen Harper a hérité d'un accord sur les soins de santé qui prévoyait des augmentations progressives des dépenses de santé. Cet aspect préoccupe un grand nombre de Canadiens, car lorsque le moment est venu de renouveler l'accord sur les soins de santé, le gouvernement Harper n'a absolument rien fait. En fait, il a fait passer la proportion de 6 % à 3 %. Je ne suis pas tout à fait sûr de ce chiffre, mais je le crois exact.
     Le député pourrait-il expliquer aux Canadiens quel est le rôle des soins de santé? Le Parti conservateur croit-il que ce n'est rien de plus qu'un transfert d'argent aux provinces? Croit-il que la prestation des soins de santé joue un autre rôle?

[Français]

    Madame la Présidente, ce qui est clair pour le Parti conservateur, c'est qu'on doit respecter les champs de compétences. Les transferts en santé doivent être effectués aux provinces. Les provinces sont les maîtres de la gestion de la santé.
     On n'a pas à s'ingérer dans les façons de faire au provincial, parce que la santé et l'éducation relèvent des provinces. Comme le Québec est un grand garçon ou une grande fille, dépendamment de comment on le prend, le Québec est capable de gérer les soins de santé. Du côté fédéral, on transfère les fonds et on n'a pas à faire de l'ingérence comme les libéraux le font.

[Traduction]

    Madame la Présidente, nous parlons souvent de compétence, et une compétence que nous excluons souvent dans cette enceinte est celle des peuples autochtones. Il est évident que, dans le cas du Québec, il y a eu de nombreuses occasions où le gouvernement a tenté d'acquérir une compétence qui n'est pas forcément la plus appropriée pour les Premières Nations.
     Le député pourrait-il préciser si son parti appuierait les allégations des peuples autochtones, en particulier des Premières Nations, qui affirment que le Québec tente d'effacer leur histoire?

[Français]

    Madame la Présidente, je ne répondrai pas au nom du gouvernement du Québec, mais je peux dire que les relations entre le gouvernement du Québec et les Autochtones vont très bien. C'est l'endroit, je pense, où les traités et les façons de travailler avec les communautés autochtones sont parmi les meilleurs au Canada.
    Madame la Présidente, le Bloc québécois est en crise identitaire.
    En effet, le Bloc québécois tire dans deux directions qui sont inconciliables. D'abord, le Bloc québécois prétend être indépendantiste pour enfin se débarrasser du contrôle de l'État fédéral sur la nation québécoise et la vie des Québécois. Ensuite, selon son chef, le Bloc québécois est un parti « de courant progressiste et social-démocrate. » C'est la même idéologie que celle du premier ministre libéral actuel. On veut un grand État qui dirige l'économie avec d'énormes taxes, impôts, déficits, réglementations, programmes et subventions industrielles. En effet, c'est un État avec des tentacules partout.
    Même si je ne partage pas ces deux objectifs, soit le socialisme et la souveraineté, un parti à l'Assemblée nationale peut, de façon cohérente, proposer les deux en même temps. Il peut proposer la séparation du Québec du reste du Canada et la création d'un grand État-providence au Québec. Je pense que c'est une mauvaise idée, mais au moins, on sait que cela pourrait s'inscrire dans une pensée cohérente. Le problème, c'est que le Bloc québécois n'est pas un parti provincial de l'Assemblée nationale du Québec. C'est un parti fédéral à Ottawa. Par conséquent, ses revendications sociales-démocrates contribuent à augmenter la taille de l'État fédéral.
    Dans ce jeu à somme nulle, quand il y a plus d'argent et de pouvoir au fédéral, cela laisse moins d'argent et de pouvoir au Québec et aux Québécois. Chaque dollar des contribuables dépensé à Ottawa laisse un dollar de moins au gouvernement du Québec ou aux contribuables québécois. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Paul St‑Pierre Plamondon, ou PSPP. Il calcule que les Québécois paient 82 milliards de dollars à Ottawa en taxes. La plupart des taxes et des impôts que paient les Québécois au fédéral reviennent aux Québécois sous forme de prestations pour enfants, de paiements pour les aînés ou de transferts pour la santé et les services sociaux qui sont reçus par le gouvernement du Québec. PSPP semble dire qu'il y a encore plus d'argent qui ne revient pas au Québec. Où est allé cet argent? Il est allé dans les crédits budgétaires.
    Les crédits budgétaires, c'est l'argent qui est voté au Parlement et dépensé pour financer la bureaucratie, les consultants, les agences, les contributions aux grandes entreprises et aux groupes intérêts. Bref, c'est le grand monstre fédéral à Ottawa, duquel les indépendantistes veulent se séparer.
    On penserait donc qu'un parti indépendantiste aurait voté contre tous les crédits budgétaires qui nourrissent ce monstre fédéral, mais ce n'est pas ce qui s'est produit. En effet, depuis son arrivée au Parlement fédéral en 2019, le chef du Bloc québécois a voté en faveur de tous les crédits budgétaires de ce premier ministre libéral. Il a voté 205 fois pour autoriser un total de 500 milliards de dollars de dépenses supplémentaires au gouvernement fédéral. C'est presque l'équivalent du PIB du Québec. On parle de 500 milliards de dollars, soit un demi-billion. Ce ne sont pas des dépenses pour la pension de la Sécurité de la vieillesse ou pour la santé. Ces dépenses sont déjà encadrées par la loi. On n'a pas besoin de voter pour autoriser cela. Le Bloc québécois a voté en faveur de la machine centrale à Ottawa, pour ajouter 100 000 fonctionnaires et 50 % plus d'argent pour la bureaucratie fédérale. Il a voté pour doubler les dépenses pour les consultants privés. Il a voté pour des dépenses de 21 milliards de dollars, ou 1 400 $ par famille québécoise, pour des consultants fédéraux.

  (1140)  

    Cela inclut le financement d'ArriveCAN, qui a coûté 25 millions de dollars, alors que le gouvernement libéral avait promis que cela allait coûter seulement 80 000 $.
    Encore une fois, je trouve cela fascinant qu'un parti soi-disant indépendantiste du Québec n'appuie littéralement jamais les mesures visant à réduire le fardeau fiscal fédéral sur les épaules des Québécois. Il n'appuie jamais les baisses de taxes et d'impôt. On penserait qu'un parti indépendantiste s'opposerait toujours à ce que l'on force les Québécois à envoyer leur argent à Ottawa, mais ce n'est pas le cas des députés du Bloc québécois. Ils veulent, selon leurs propres mots, augmenter radicalement les taxes. D'ailleurs, le Bloc québécois a voté pour le projet de loi C‑11, qui donne au CRTC, une agence fédérale, le plein contrôle de ce que les Québécois peuvent visionner et écrire sur les réseaux sociaux.
    Même son soutien à Radio-Canada est paradoxal. Le Bloc québécois veut se séparer du Canada, ce qui expulserait Radio-Canada du Québec, mais en même temps, il dit que Radio-Canada est essentielle pour la culture et les médias au Québec. Apparemment, il croit donc que le Canada et le fédéral sont essentiels dans la vie des Québécois. Ce n'est pas très indépendantiste non plus.
    La vraie question est la suivante: en quoi un Québec souverain mené par le chef du Bloc québécois serait-il différent du Canada mené par l'actuel premier ministre libéral? Le Bloc québécois appuie des taxes et des impôts élevés, un endettement massif de l'État et une bureaucratie obèse qui se mêle de tout, mais qui n'est bonne à rien.
     Rappelons également que le Bloc québécois appuie le système de justice qui libère les criminels récidivistes et qui interdit les armes de chasse des chasseurs. En fait, un Québec indépendant avec le chef du Bloc québécois comme premier ministre serait presque identique à l'État fédéral sous le premier ministre actuel.
    Heureusement pour le Bloc québécois, ses fantasmes d'un État-providence sont déjà réalisés au Canada sous le premier ministre actuel, avec la quantité énorme de programmes, de bureaucratie, de taxes, de déficits et de réglementation. Tout le monde dépend du gouvernement. Pour les idéologues de la gauche, comme les chefs du Bloc québécois, du Nouveau Parti démocratique et du Parti libéral, c'est un rêve, mais pour la classe ouvrière, c'est un cauchemar où le logement, la nourriture et toute autre chose sont hors de prix. Il y a plus d'itinérance, de pauvreté et de désespoir.
    Le Bloc québécois n'offre ni la souveraineté ni l'autonomie aux Québécois. Il leur offre plutôt un gouvernement fédéral plus coûteux, centralisateur et endetté, exactement comme les libéraux. Le bloc libéral n'est pas un parti indépendantiste, c'est un parti dépendantiste. Il défend ce dont il dépend. Le Bloc québécois dépend du fédéral pour ses pensions et des chèques de paie et pour tous ses rêves idéologiques, qui sont vraiment centralisateurs.
     Par contre, avec notre plan de gros bon sens, nous allons réduire les taxes et les impôts, bâtir des logements en réduisant la bureaucratie et réparer le budget en plafonnant les dépenses et en éliminant le gaspillage. Bref, avec un gouvernement fédéral petit, on laissera les Québécois prendre leurs propres décisions. Ils pourront décider de garder plus d'argent dans leurs poches ou d'en donner plus à leur gouvernement à Québec. C'est leur choix. C'est un message pour les Québécois: avec le bloc libéral, le fédéral est maître chez vous; avec les conservateurs de gros bon sens, les Québécois seront maîtres chez eux.
    Merci beaucoup.

  (1145)  

     J'ai écouté avec beaucoup d'attention le chef de l'opposition nous dire qu'il s'était découvert une passion passée, présente et future pour l'autonomie des provinces. À l'époque du gouvernement Harper, ce n'était peut-être pas ce qu'en disait le premier ministre Charest, le chouchou de l'aile québécoise des conservateurs, mais passons là-dessus.
    Allons au présent. Puisque le chef de l'opposition est si sensibilisé au respect des compétences des provinces, peut-il s'engager aujourd'hui à ce qu'un éventuel gouvernement conservateur n'impose jamais de projet d'oléoduc ou de gazoduc sans l'accord du Québec?

  (1150)  

    Madame la Présidente, je sais pourquoi le Bloc québécois ne veut pas l’approche des années Harper, parce que dans les années Harper, nous avons réduit le rôle de l’État fédéral, nous avons décentralisé les pouvoirs et nous avons respecté les pouvoirs des provinces, ce qui a éliminé le Bloc québécois.
    Le Bloc québécois avait alors quatre sièges. Les Québécois se demandaient pourquoi ils avaient besoin du Bloc québécois alors que les conservateurs les laissaient prendre leurs propres décisions. De plus, ils avaient leur propre autonomie et un premier ministre qui respectait le Québec. Sur les enjeux sur lesquels ils n’étaient pas d’accord, le fédéral ne se mêlait pas de leurs affaires. Ils étaient donc bien.
    Le Bloc québécois dépend maintenant de ce premier ministre centralisateur pour créer sa raison d’être. C’est pour ça qu’on a vu ce beau mariage d’amour hier entre le premier ministre et le Bloc québécois qui s’applaudissaient.
    Nous sommes le cauchemar du bloc libéral, mais ça va être un rêve pour ceux et celles qui respectent l’autonomie de toutes les provinces, y compris le Québec.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je pense à des programmes comme le programme national de soins dentaires et le programme national d'assurance-médicaments qui est proposé. Je pense aux ententes sur les soins de santé, où le gouvernement fédéral a manifesté un réel intérêt à offrir davantage de soins en santé mentale et de soins de longue durée. Par le biais de la Loi canadienne sur la santé, le gouvernement fédéral a un rôle très important à jouer dans la prestation des soins de santé dans nos collectivités.
     J'ai une question pour le député. Contrairement à ce qu'a dit le député conservateur précédent, le chef du Parti conservateur croit-il que le rôle du gouvernement fédéral se limite à verser de l'argent aux provinces?
    Madame la Présidente, si le gouvernement a joué un rôle, ce rôle a consisté à prolonger les délais d'attente et à aggraver l'engorgement des urgences. Depuis que le premier ministre a dit qu'il allait s'impliquer davantage dans les soins de santé, les délais d'attente ont doublé. S'il souhaite exercer le pouvoir, il doit prendre ses responsabilités et expliquer pourquoi il a échoué aussi lamentablement.
     Il parle ensuite d'autres grands programmes fédéraux, ce qui est intéressant, comme le programme de soins dentaires, qui n'a pas encore payé un seul nettoyage de dents. Il y a aussi le programme de logement qui a doublé le coût des logements et fait augmenter de 88 % les cas graves d'itinérance. Puis, il y a le programme d'assurance-médicaments, qui n'a pas encore couvert le prix d'un seul contenant de médicaments et qui, s'il était mis en œuvre, interdirait aux Canadiens d'avoir leur propre régime privé d'assurance-médicaments.
     Le premier ministre et le NPD veulent faire reculer les droits que les syndicats ont obtenus de longue et chaude lutte. Le mouvement syndical canadien s'est battu très fort pour obtenir des régimes privés d'assurance-médicaments et nous ne laisserons jamais un gouvernement tentaculaire, centralisateur et bureaucratique à Ottawa retirer ces droits aux travailleurs.
    Madame la Présidente, les syndicats de tout le pays sont en faveur d'un régime universel d'assurance-médicaments et de la distribution de médicaments contre le diabète aux Canadiens. Le chef de l'opposition et sa famille bénéficient de l'un des meilleurs régimes de soins de santé au pays. J'ai rencontré une mère qui était très inquiète parce qu'elle n'avait pas les moyens de payer les médicaments…
    Des voix: Oh, oh!
    Je n'arrive pas à entendre la question et je ne doute pas que le chef de l'opposition officielle éprouve les mêmes difficultés parce que les députés de son propre parti chahutent la députée de Victoria. S'ils ont des questions ou des observations, je leur demande de bien vouloir attendre le moment opportun.
    La députée de Victoria a la parole.
    Madame la Présidente, cette maman m'a dit qu'elle n'arrivait plus à penser à autre chose qu'au coût des médicaments et des fournitures dont a besoin sa fille diabétique, qui n'est âgée que trois ou quatre ans. Comment pouvons-nous regarder cette petite fille dans les yeux et lui dire qu'elle ne mérite pas d'avoir accès à des médicaments qui peuvent lui sauver la vie?
     Le député peut-il m'expliquer pourquoi il pense que lui et sa famille méritent d'être couverts, et que des familles de partout au Canada, comme celle dont je viens de parler, ne le méritent pas?
    Madame la Présidente, tout d'abord, si la députée estime que la couverture dont bénéficient les parlementaires est trop avantageuse, elle pourrait présenter une motion pour la réduire. Or, ce qu'elle propose, c'est de réduire les régimes d'assurance-médicaments des Canadiens ordinaires, en particulier des syndiqués. Environ 90 % des Canadiens ont une certaine assurance-médicaments, mais le projet de loi présenté par les néo-démocrates et les libéraux exigerait un payeur unique. Par « payeur unique », on entend qu'il y aurait seulement le régime du gouvernement fédéral. La députée interdirait donc les régimes privés et même les régimes provinciaux, qu'elle remplacerait par un régime du gouvernement fédéral. Un gouvernement qui n'arrive même pas à délivrer un passeport deviendrait soudainement responsable d'offrir une assurance-médicaments à l'ensemble de la population canadienne.
     Comment la députée peut-elle regarder les travailleurs canadiens droit dans les yeux alors qu'elle promet de retirer leur assurance-médicaments durement gagnée grâce à la négociation collective?

  (1155)  

[Français]

    Encore une fois, j'aimerais rappeler à tous les députés à la Chambre de ne pas déranger les autres qui ont la parole, de ne pas faire de commentaires ou de leur poser des questions. Il y a des moments appropriés pour faire cela.

[Traduction]

    Nous reprenons le débat. La députée de Churchill—Keewatinook Aski a la parole.

[Français]

    Madame la Présidente, j'aimerais d'abord préciser que je vais partager mon temps de parole avec le député de Rosemont—La Petite-Patrie.
    Je me présente...
    Je demande aux gens qui sont en train d'avoir des discussions de sortir de la Chambre et de poursuivre leurs discussions dans l'antichambre. Ce serait plus approprié, surtout après les commentaires que je viens de faire.
    La députée de Churchill—Keewatinook Aski peut poursuivre son discours.
    Madame la Présidente, je me lève aujourd'hui pour parler de la motion troublante que le Bloc québécois a présentée aujourd'hui et que nous essayons d'amender. C'est une motion qui pose de graves problèmes pour l'avenir des Québécoises et des Québécois et du Canada entier.
    Je vais commencer en disant qu'au NPD, nous nous engageons sans équivoque à respecter le Québec et nous reconnaissons que le Québec est une nation unique au sein du Canada. En fait, le NPD est fier d'avoir reconnu cela, il y a plusieurs années, en adoptant la Déclaration de Sherbrooke sous la direction de notre ancien chef Jack Layton, avec qui j'ai eu le privilège de servir.
    Je veux aussi reconnaître l'histoire unique du Québec en ce qui concerne les programmes sociaux et l'idée du bien-être collectif. Le gouvernement fédéral doit faire preuve de leadership et faire des investissements essentiels pour répondre aux besoins des citoyens du Québec et du Canada.
    Il est évident dans l'histoire de la culture québécoise que le Québec est une nation ayant un riche patrimoine. En tant que parti néo-démocrate et progressiste, nous avons reconnu que le Québec est une nation et qu'il a et mérite le droit à l'autodétermination. Nous avons reconnu cela bien avant les libéraux et les conservateurs. La Révolution tranquille était une des grandes révolutions progressistes et sociales-démocrates, pas seulement dans l'histoire du Québec, mais aussi dans l'histoire de l'Amérique du Nord, où le peuple québécois a pris son destin en main.
    Nos anciens chefs, Jack Layton et Thomas Mulcair, ainsi que notre chef actuel de Burnaby-Sud sont clairs: le Québec est une nation avec sa propre histoire. Les décisions du fédéral doivent être prises en tenant compte de cette réalité. Il est clair...
    À l'ordre. Je dois demander au sergent d'armes de sortir de la Chambre pour voir ce qui se passe. Il semble y avoir beaucoup de bruit. Peut-il demander aux gens de poursuivre leurs discussions à l'extérieur?
    L'honorable députée de Churchill—Keewatinook Aski peut poursuivre son discours.
    Madame la Présidente, c’est clair, le Québec doit être consulté sur les questions qui affectent les Québécois et les Québécoises. Nous estimons que la dynamique de va-et-vient entre le gouvernement fédéral et les provinces peut être bénéfique pour la politique sociale. Nous pensons que les meilleures politiques sociales peuvent être réalisées en travaillant ensemble plutôt que par une action unilatérale du gouvernement fédéral.
    Or, c’est aussi vrai que plusieurs voix québécoises appuient clairement un programme de soins dentaires fédéral et que ce programme va améliorer la vie de nombreux Québécois et Québécoises. Il en a été de même lors du débat sur la Loi canadienne sur la santé; il y avait alors eu des discussions au sujet de cette loi au regard des compétences provinciales. Aujourd’hui, c’est considéré comme un fait accompli. En fait, c’est une des valeurs principales de notre pays.
    Un jour, il en sera de même pour les programmes de soins dentaires et d’assurance-médicaments. Je suis fière que ce soit grâce au NPD que nous pouvons avancer sur cela.
    Je veux être claire et faire entendre les voix québécoises qui appuient notre programme de soins dentaires et notre programme d’assurance-médicaments. La Centrale des syndicats démocratiques, ou CSD, la Confédération des syndicats nationaux, ou CSN, la Centrale des syndicats du Québec, ou CSQ, et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, ou FTQ, réclament depuis longtemps un régime public d’assurance-médicaments. Ils ont salué ce premier pas et en réclament d’autres. Je me demande donc pourquoi le Bloc québécois ignore les leaders syndicaux du Québec et les voix des travailleuses et des travailleurs du Québec sur cette question.
    Selon le président de la CSD, M. Luc Vachon: il est inconcevable que la santé d'une personne dépende de son revenu ou fasse l'objet d'une négociation. Même si le Québec a son propre régime, il discrimine les personnes à faible revenu. Un véritable régime public et universel doit consacrer le droit de chacun à un accès facile aux médicaments. Il est temps de dépasser les querelles constitutionnelles pour assurer à l'ensemble de la population un accès réel à des médicaments abordables.
    La CSN estime que le Québec fait actuellement fausse route en exigeant un droit de retrait sans condition. Pour elle, « il ne serait pas acceptable que le Québec reçoive des fonds fédéraux sans condition dans le but de maintenir un régime dysfonctionnel et inéquitable ». Elle demande au gouvernement fédéral de «  se montrer ouvert envers les provinces qui souhaitent [...] financer des régimes publics universels provinciaux ». Pourquoi le Bloc québécois se positionne-t-il contre ce que dit la CSN?
    Nous nous sommes basés sur les messages enthousiastes que nous avons reçus des Québécois à l’égard du programme de soins dentaires. Plus de 600 000 d’entre eux se sont inscrits pour recevoir des soins dentaires. Pourquoi le Bloc québécois s’oppose-t-il à ces 600 000 personnes inscrites? Encore une fois, les faits sont clairs.
    Le plan du NPD profiterait à 2,5 millions de Québécois et permettrait aux personnes âgées d’économiser déjà 1 000 $ par an. Il y a 10 000 prestataires de soins dentaires qui sont déjà inscrits.
    On peut certes poser au Bloc québécois des questions comme celles-ci: pourquoi ce parti qui se dit grand défenseur du Québec s’oppose-t-il aux leaders syndicaux de la FTQ, de la CSD, etc.? Pourquoi s’oppose-t-il aux 600 000 Québécoises et Québécois qui se sont inscrits au programme? La grande question est: pourquoi le Bloc québécois met-il tant d’efforts à défendre des provinces de gouvernement de droite hors Québec?

  (1200)  

[Traduction]

     J'aimerais revenir au discours que vient de prononcer le chef de l'opposition officielle. À un moment donné, il a parlé de cauchemars et de rêves. Je pourrais dire que ce que son discours à la Chambre symbolise pour de nombreux Canadiens, en particulier les gens à faible revenu et les travailleurs, c'est le cauchemar auquel nous aurions à faire face si nous avions un gouvernement dirigé par le chef de l'opposition officielle.
     Les Canadiens se souviennent des sombres années du gouvernement Harper, lorsque les programmes sociaux et les investissements dans les soins de santé ont été réduits. En fait, des changements ont été apportés aux formules d'investissement dans les provinces, si bien que des provinces comme la mienne ont obtenu moins d'argent que ce dont elles avaient besoin pour répondre aux besoins de leurs collectivités. Le Manitoba ne s'est pas encore remis des compressions imposées par le gouvernement Harper.
     Il est toutefois clair que le Bloc défend les premiers ministres et les gouvernements provinciaux de droite qui mettent à genoux notre système de santé public universel. Pensons aux compressions en Ontario ainsi qu'aux déclarations de la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith. L'avenir des habitants de ces provinces est particulièrement sombre. On voit comment ils préconisent la privatisation des soins de santé. Ils affaiblissent le système public de soins de santé pour accorder la priorité aux soins privatisés, et ils érodent les soins de santé universels sur lesquels les Canadiens comptent. En réalité, le Bloc ne se contente pas de prendre position contre les intérêts des syndicats, des travailleurs, des 600 000 Québécois qui se sont inscrits au régime de soins dentaires et des nombreuses personnes qui ont souligné l'importance de l'assurance-médicaments. Le Bloc, pour une raison étrange, défend aussi les premiers ministres de droite hors Québec qui sont déterminés à vider de leur substance les soins de santé publics.
     Le NPD ne les laissera pas faire. Nous le disons clairement: nous sommes solidaires des dirigeants syndicaux, des travailleurs syndiqués du Québec, des 600 000 Québécois qui se sont inscrits au programme de soins dentaires, et des nombreux autres qui, nous le savons, le feront dans les mois à venir. Nous disons que nous devons aller de l'avant pour étendre l'universalité de l'accès aux soins de santé aux soins dentaires, à l'assurance-médicaments et à cette vision plus large des soins de santé dont des leaders comme Tommy Douglas et d'autres ont parlé il y a tant d'années. Il est inconcevable que, dans un pays aussi riche que le Canada, nous ne soyons pas en mesure de prendre soin les uns des autres, de prendre soin de nos concitoyens d'une manière qui tienne compte de leurs besoins. Il y a quelques semaines à peine, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec une infirmière spécialisée en diabète, à Thomson, ma ville d'origine. Elle m'a parlé des problèmes et de la difficulté qu'il y a à travailler avec des patients qui n'ont pas les moyens d'acheter les médicaments et l'équipement dont ils ont besoin pour le traitement du diabète.
     Je terminerai en disant que je suis fière de représenter des électeurs qui ont désespérément besoin de ce que peut leur apporter l'assurance-médicaments et l'accès aux soins dentaires étant donné ce que cela signifierait pour eux. Je suis fière de la position du NPD, qui s'appuie sur la déclaration de Sherbrooke et qui dit oui à l'universalité des soins de santé, aux soins dentaires et à l'assurance-médicaments, et non aux jeux politiques du Bloc, des premiers ministres de droite et du chef de l'opposition officielle.

  (1205)  

    Madame la Présidente, le système fédéral canadien est de nature collaborative. Les Canadiens font face à des problèmes complexes. Les frontières d'une province ne permettent pas de circonscrire ces problèmes complexes, qui en débordent. Le gouvernement fédéral, les provinces et les territoires doivent travailler ensemble pour répondre aux besoins de la population canadienne. J'aimerais entendre les commentaires de la députée là-dessus.
    Madame la Présidente, il est clair que, sous le couvert de la compétence provinciale, le Bloc Québécois tente malheureusement d'éroder les gains réalisés en matière d'expansion des soins de santé. Toutefois, il convient également de préciser que les conservateurs sont tout à fait favorables à la privatisation des soins de santé et à l'abandon du régime public d'assurance maladie universelle ou à tout le moins à son expansion. Enfin, je voudrais dire que je suis très fière que le NPD ait insisté sur les soins dentaires et l'assurance-médicaments et qu'il ait poussé les libéraux à agir dans ce domaine. Sans le NPD, nous ne serions pas ici à nous battre pour ce que tant de Canadiens méritent.

[Français]

    Madame la Présidente, je suis toujours surprise d'entendre parler de la fameuse Déclaration de Sherbrooke alors que le NPD se comporte constamment ici en gouvernement qui souhaite gérer une province. C'est le cas et ma collègue vient d'en donner un exemple. Elle a commencé à accuser le Bloc québécois de manquer de sensibilité quand il parle d'ingérence alors qu'il y a des conséquences sur les gens.
    Les conséquences, je les vois. D'abord, la demande d'un droit de retrait avec compensation pour l'assurance dentaire est une demande unanime de l'Assemblée nationale parce que le Québec est capable de gérer lui-même son système. Si je le dis, c'est parce que toute tentative d'ingérence conduit à du travail en double et allonge les délais. Des citoyens de ma circonscription, Shefford, viennent me voir. Ils me disent qu'ils n'arrivent pas à s'inscrire et qu'ils ont des problèmes. C'est long et c'est complexe.
    C'est ce qui arrive quand on essaie de s'ingérer dans un champ de compétence qui n'est pas le sien. Ça crée du travail en double, ça rallonge les délais et, au bout du compte, ce sont les gens qui paient.

  (1210)  

    Madame la Présidente, je dirais à ma collègue que le fait qu'elle a des concitoyens qui veulent s'inscrire et qui veulent accéder à ce programme montre que les Québécois et les Canadiens voient l'importance de ce type de programme. Alors, je me demande pourquoi le Bloc québécois s'y oppose. S'il veut collaborer pour améliorer le processus d'inscription et trouver des solutions pour un programme qui en est à ses débuts, on l'invite à le faire.
    Or, au lieu de ce type de collaboration, on voit manifestement des jeux politiques, où le Bloc québécois s'oppose à plusieurs Québécois, aux syndicats et aux citoyens québécois sur la question des soins dentaires et de l'assurance-médicaments. En même temps, il collabore avec la droite hors Québec, qui veut simplement s'attaquer à notre système de santé. C'est inacceptable.
    Madame la Présidente, je voudrais simplement indiquer ceci à ma collègue. Effectivement, le programme québécois d'assurance-médicaments est hybride; il est limité et il est imparfait. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Dr Rochon qui a dit qu'on a bien commencé, que c'était une avancée à l'époque, mais qu'il fallait le compléter avec un régime public et universel, ce qui est le seul moyen de contrôler le coût des médicaments.
    C'est pour cela que les groupes syndicaux de la FTQ, la CSD et la CSN au Québec sont d'accord pour qu'on mette en place un programme d'assurance-médicaments public et universel, parce que cela va profiter aux Québécois et aux Québécoises.
    J'aimerais avoir l'avis de ma collègue là-dessus.
    Madame la Présidente, c'est tout à fait le cas, les chefs syndicaux de la CSD, la CSN et la FTQ ont fait des déclarations claires en ce sens.
    De la part des Québécois, je remercie mon collègue de son leadership sur l'importance des soins dentaires et de l'assurance-médicaments. À l'évidence, le Bloc québécois tient pour acquis les mouvements syndicaux et les 600 000 Québécois qui se sont inscrits aux programmes, parce que, s'il les respectait, il ne présenterait pas cette motion aujourd'hui, il ne s'attaquerait pas à ces programmes.
    J'ai hâte d'entendre le discours de mon collègue, qui va sûrement présenter le point de vue des Québécois souhaitant un meilleur système de santé.
     Madame la Présidente, je me fais un plaisir de me lever à la Chambre pour parler de sujets qui sont extrêmement importants pour les gens qu'on représente un peu partout au Québec.
    J'aimerais aborder deux choses pour commencer.
    Premièrement, on entend souvent les députés ou le chef du Bloc québécois dire que, pour le Bloc, ce n'est pas compliqué: quand c'est bon pour le Québec, il vote pour, quand ce n'est pas bon pour le Québec, il vote contre. C'est très simple, mais il y a des questions que le Bloc ne se pose jamais, à savoir si c'est bon pour les Québécois et les Québécoises, si c'est bon pour les travailleurs et travailleuses du Québec et leur famille, si c'est bon pour les aînés québécois, ou si c'est bon pour les adolescents québécois. Le Bloc nous sort toujours un vote unanime à l'Assemblée nationale, mais, dans la réalité, est-ce que ça va aider M. et Mme Tout-le-Monde? Est-ce que ça va changer quelque chose dans leur vie?
    Personnellement, pourquoi est-ce que je fais de la politique? C'est pour défendre les droits des travailleurs, pour défendre la justice sociale, pour lutter contre la pauvreté, et pour apporter plus de justice et d'égalité dans notre société. C'est ça, se demander si c'est bon pour les Québécois et les Québécoises et si c'est bon pour ceux que je représente dans ma circonscription.
    Deuxièmement, il faut comprendre la contradiction intrinsèque du Bloc, qui fait que ce dernier a de la difficulté à avoir une approche constructive ici. L'ensemble du récit qu'il nous présente, c'est que le fédéral est mauvais et ne fonctionne pas. Il est vrai que, des fois, ça ne fonctionne pas et que, des fois, ça fonctionne mal. Par contre, des fois, ça fonctionne bien et ça peut faire de bonnes choses. Par contre, le Bloc est incapable de le dire parce que ça ne rentre pas dans le récit qu'il veut raconter. S'il y a des succès, il ne peut pas en parler parce qu'il irait contre sa thèse fondamentale. Ce qu'on voit depuis des années avec les députés du Bloc, c'est qu'ils préfèrent nourrir leur argumentaire que nourrir le monde alors que, nous, au NPD, sommes là pour aider les gens.
    Que peut-on faire pour faire avancer des dossiers et régler des problèmes au lieu de prouver tout le temps que le fédéral est le grand méchant loup? Des fois, il l'est. Des fois, il est inefficace, comme on l'a vu dans le dossier des passeports et, depuis des années, dans celui de l'immigration. Si on peut cependant faire des choses positives et constructives, pourquoi pas? C'est pour ça qu'on fait de la politique, pour représenter les gens dans nos circonscriptions, aider le monde, et aider les gens qui ont voté pour nous.
    Je comprends que le Bloc québécois a récolté 1,3 million de votes aux dernières élections. Par contre, ce n'est pas nécessairement à lui de décider ce qui est bon pour le Québec ou non. Pourquoi aurait-il le monopole ou l'exclusivité de ce qui est bon pour le Québec? Il y a des gens qui ont voté pour le Parti conservateur du Canada. Il y a des gens qui ont voté pour le Parti libéral du Canada. Il y a des gens qui ont voté pour le Parti vert du Canada. Il y a même 400 000 Québécois qui ont voté pour le NPD.
    Le Bloc québécois a reçu à peu près un tiers des votes. Par contre, le NPD n'a malheureusement pas l'équivalent du tiers de la députation du Bloc, puisqu'on n'a pas de système de représentation proportionnelle au Canada. Cependant, ce sont tout de même 400 000 Québécois et Québécoises qui nous ont envoyés ici et qui, entre autres, nous ont demandé d'aller leur chercher de meilleurs soins de santé et de leur procurer une expansion de leurs traitements, de leur système de santé et de leurs soins dentaires.
    Au NPD, nous nous sommes dit que nous irions à Ottawa nous battre pour qu'ils aient accès plus facilement à des soins dentaires. C'est ce que nous avons fait. Nous avons utilisé notre rapport de force, puisque nous détenons la balance du pouvoir. Nous avons négocié avec les libéraux pour les forcer à faire des choses qu'ils n'avaient jamais acceptées dans le passé. Aujourd'hui, évidemment, ils s'en attribuent le mérite. C'est normal, c'est le jeu politique. Cependant, ils ont toujours voté dans le passé contre les soins dentaires et contre une assurance-médicaments publique et universelle.
    Si ça n'avait pas été du travail du NPD, ça n'existerait pas. Ça existe réellement maintenant. Grâce au plan que nous avons mis de l'avant et que nous avons forcé les libéraux à réaliser, 600 000 Québécois et Québécoises sont aujourd'hui inscrits au Régime canadien de soins dentaires. Ce programme n'est pas du tout une intrusion ou une ingérence dans le réseau québécois de la santé. Le gouvernement fédéral ne vient pas dire comment gérer un hôpital, un centre local de services communautaires ou un centre d'hébergement et de soins de longue durée. Il vient simplement offrir la possibilité de payer le dentiste.
    Il y a 4 millions de Québécois et de Québécoises qui n'ont aucune couverture dentaire, ni publique, ni privée, ce qui a des conséquences extrêmement graves, notamment pour leur santé buccale, mais également pour leur santé globale. J'ai appris que des chirurgies cardiaques pouvaient être reportées si le chirurgien considérait que la santé buccale d'une personne était trop mauvaise, soulevant alors trop de risques de transmission de bactéries ou de virus. C'est quelque chose de très concret.
    C'est ça qu'on essaie de régler et ça devient réel. Contrairement à ce qu'a dit plus tôt le chef de l’opposition officielle et qui est faux, à savoir que pas une seule dent n'avait encore été nettoyée, 90 000 personnes de partout au Canada, dont des milliers de Québécois et Québécoises, ont depuis le 1er mai eu accès à un dentiste, soit gratuitement, soit moyennant un remboursement de 80 % ou 90 % des coûts, ce qui n'est pas rien.

  (1215)  

     Il y a 10 000 fournisseurs de soins dentaires au pays qui sont déjà inscrits. À partir du 8 juillet, ce sera encore plus facile parce qu'ils n'auront pas besoin de s'inscrire. Ils vont pouvoir envoyer directement la facture sur le portail de la Sun Life. Cela va accélérer le processus et les gens vont avoir accès à ces soins dentaires de manière beaucoup plus simple et efficace.
    On apprend que, parmi les 90 000 Canadiens qui ont eu accès à des soins dentaires depuis le 1er mai, certains n'étaient pas allés chez le dentiste depuis des décennies. Cette année, les personnes aînées du Québec peuvent avoir accès à des soins dentaires remboursés à 80 %, à 90 % ou parfois à 100 %, dépendamment des tarifs. Au mois de juin, les adolescents de 12 à 18 ans, les personnes de 18 ans et moins vont pouvoir s'inscrire à ce nouveau programme de soins dentaires. Pour les familles qui payent pour des nettoyages réguliers ou des extractions pour leurs adolescents, cela va apporter des changements importants. Ce sont des centaines de dollars par année que ces familles québécoises vont pouvoir économiser.
    À partir du mois de juin, les personnes en situation de handicap qui ont des crédits d'impôt au fédéral vont pouvoir également s'inscrire au programme de soins dentaires. C'est révolutionnaire, et on ne dit pas à Québec quoi faire ni comment faire. Il n'y a pas de régime québécois de soins dentaires pour les personnes âgées. Il n'y a pas de régime québécois de soins dentaires pour les adolescents. Cela n'existe pas non plus pour les adultes de 18 à 64 ans, qui vont pouvoir s'inscrire dès l'année prochaine.
    Ce qu'on a réussi aussi à arracher aux libéraux, de peine et de misère et en exerçant beaucoup de pression, c'est la fondation d'un programme d'assurance-médicaments public et universel. C'est le meilleur moyen de contrôler et de réduire le coût des médicaments. Toutes les études et tous les rapports, y compris le rapport Hoskins de 2019, nous disent que c'est ce qu'il faut faire. Le régime québécois, qui est un régime hybride, était une avancée et un réel progrès il y a 30 ans, mais aujourd'hui, il est dépassé et on a perdu le contrôle sur le coût des médicaments.
    Toutes les grandes centrales syndicales nous le disent au Québec, il faut absolument avoir un régime public universel à payeur unique. On établit les fondations de cela avec des discussions avec les provinces. Évidemment, le Québec devrait avoir le droit de retrait avec compensation. Au NPD, nous pensons que ce serait tellement avantageux qu'il faut continuer ces discussions-là, qu'il faut au moins avoir ces discussions pour aller de l'avant.
    À la FTQ, la CSN et la CSQ, qui représentent 1,5 million de travailleurs et travailleuses au Québec, on est unanime pour dire qu'il faut mettre sur pied un régime d'assurance-médicaments pour réduire les coûts, pour améliorer grandement la santé des gens, mais aussi leurs économies, alors que la hausse du coût de la vie frappe tout le monde.
    Les soins dentaires et le programme d'assurance-médicaments sont des programmes d'économies pour les travailleurs, pour les employeurs, pour le réseau de la santé québécois. Si les gens vont chez le dentiste et se font soigner, s'ils peuvent se payer les médicaments et de recevoir les médicaments dont ils ont besoin, ils seront moins malades. Ils ne vont pas se retrouver à l'urgence, ils ne vont pas aller dans le réseau de la santé du Québec pour engorger justement ces urgences-là. C'est une manière réelle et concrète d'améliorer la vie des gens.
    Je suis très fier que ce programme porte la marque du NPD. C'est grâce à notre initiative et à nos pressions que cela deviendra une réalité. Cela va aider toutes les personnes québécoises qui veulent avoir accès à des contraceptifs. Si ces discussions et ces négociations avec les provinces aboutissent, des millions de personnes auront accès à un meilleur contrôle de leur procréation et de leur propre corps. Pour les personnes qui sont atteintes du diabète, avoir accès à l'insuline, à l'équipement, mais également à tous les équipements, changera grandement les choses. Nous devons aller de l'avant et j'invite le gouvernement du Québec à être ouvert à cela.
     Madame la Présidente, je présente un amendement à la motion qui nous est présentée en cette journée de l'opposition du Bloc québécois:
    Que la motion soit modifiée a) par substitution, au paragraphe a), de ce qui suit: « a) réaffirme le principe de fédéralisme coopératif où le Québec est reconnu comme une nation au sein du Canada et où le gouvernement fédéral doit collaborer avec les provinces et territoires dans le respect des champs de compétence reconnus par la Constitution »; b) par substitution, au paragraphe c), de ce qui suit: « c) réclame que le gouvernement travaille de manière coopérative avec tous les niveaux de gouvernement pour répondre aux besoins des citoyens tout en offrant systématiquement au Québec un droit de retrait avec pleine compensation et sans condition chaque fois que le fédéral s'ingère dans sa juridiction; » c) par adjonction de ce qui suit: « d) reconnaisse le fait que plus de 600 000 aînés du Québec se sont déjà inscrits au régime de soins dentaires du Canada et du fait que la Centrale des syndicats démocratiques, la Confédération des syndicats nationaux, la Centrale des syndicats du Québec et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec accueillent favorablement le développement d'un régime d'assurance-médicaments au fédéral. »

  (1220)  

    Madame la Présidente, nous rejetons l'idée du dépôt de cet amendement.
    Je dois informer les honorables députés qu'un amendement à une motion de l'opposition ne peut être proposé qu'avec le consentement du motionnaire. Dans le cas où il n'est pas présent, le leader parlementaire, le leader parlementaire adjoint, le whip ou le whip adjoint du parti du motionnaire peut donner ou refuser le consentement à la place du motionnaire.
    Si je comprends bien, il n'y a pas de consentement.
    Par conséquent, conformément à l'article 85 du Règlement, l'amendement ne peut être proposé à ce moment-ci.
    Le député de Lac-Saint-Louis a la parole.
    Madame la Présidente, j'ai été très heureux d'écouter mon collègue parler du programme national de soins dentaires.
    On prétend que le fédéral s'ingère dans un champ de compétence du Québec, mais beaucoup de Québécois et de Québécoises bénéficient ou vont bénéficier de ce programme.
    Si on demandait à ces Québécois et ces Québécoises de se passer de ce programme afin de protéger les compétences de la province, que répondraient-ils, selon le député?

  (1225)  

    Madame la Présidente, j'ai tenu 26 assemblées publiques dans Rosemont—La Petite-Patrie pour présenter le nouveau programme de soins dentaires. Les gens l'ont accueilli très favorablement. Les gens qui, depuis des années, n'ont pas les moyens de se payer un dentiste ont très bien vu que cela pouvait leur faire réaliser des économies magistrales pour des besoins qu'ils avaient.
    La beauté de ce programme, c'est que c'est un programme de paiement de factures et que celles-ci sont payées directement. C'est un programme d'assurance qui est collectif et public. On ne vient pas dire à Québec comment gérer son réseau de la santé, mais on vient prendre soin des Québécois et des Québécoises.
    La semaine dernière, alors que nous avions une semaine de travail en circonscription, beaucoup de personnes âgées sont venues me voir pour nous remercier de notre travail, pour avoir réalisé cela. Ces personnes ont pu se faire soigner déjà et ont pu voir à quel point cela pouvait améliorer les choses dans leur vie. J'ai hâte que ce soit le cas aussi pour les adolescents, pour les personnes en situation de handicap et pour les adultes en général.
    Madame la Présidente, j'ai écouté avec attention mon collègue. J'en reviens cependant au fait que les programmes gérés par Ottawa en ce moment, c'est complètement inefficace.
    Les exemples sont nombreux. Selon moi, c'est faire croire que tout va bien et que les programmes mis en place par le gouvernement fédéral vont régler les problèmes des soins dentaires des aînés. C'est un mirage. Je le pense et je le vois, car les aînés qui viennent à mon bureau sont plutôt dans les plaintes, dans le fait que cela ne fonctionne pas. C'est pour cela que nous disons: simplifions les choses et transférons l'argent à Québec, qui fera ses choix et aidera les gens.
    De toute évidence, cela ne fonctionne pas. Les tentatives d'ingérence entraînent un dédoublement des services ainsi que des délais supplémentaires. Finalement, les gens ne sont pas plus servis. Ils n'ont pas ce service et ils attendent. C'est triste que les gens continuent à souffrir.
    Madame la Présidente, j'entends ce que ma collègue dit, et je ne dis pas que le programme est parfait tout de suite. C'est quelque chose qu'on bâtit. Il y aura des hauts et des bas. Parfois, il y a de petits ajustements à faire.
    Pour l'instant, déjà 90 000 personnes se sont fait traiter en trois semaines. C'est 90 000 personnes de plus qu'il y a quelques mois. Sans le travail du NPD, tous ces gens n'auraient pas eu accès à un dentiste. J'ai vu la facture d'une personne qui l'avait affichée sur les réseaux sociaux. Elle a dû payer 10,71 $ alors que la facture était de 130 $. Elle a donc économisé 120 $. C'est gigantesque. Des gens vont pouvoir économiser des centaines de dollars par année, que ce soit pour des prothèses ou des dentiers.
    Je pense que le programme va s'améliorer et devenir plus efficace. Pour l'instant, il n'entre pas en compétition avec le programme québécois, puisque le Québec n'offre pas de tels soins aux personnes âgées. Un tel programme n'existe pas au Québec. Nous n'allons pas attendre que la CAQ bouge si nous sommes capables de faire en sorte d'aider le monde directement.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de défendre sans relâche les intérêts des aînés, en particulier ceux du Québec. C'est un immense honneur de travailler avec un tel député, et je sais qu'il parle souvent de l'importance des soins que les aînés méritent. Pourrait-il nous en dire plus sur le fait que ce programme transformerait la vie de milliers et de milliers de Québécois?

[Français]

    Madame la Présidente, je remercie le député d'Edmonton Griesbach, et je salue son travail exceptionnel pour la défense des gens de sa circonscription et de l'Ouest, particulièrement de l'Alberta.
    Il s'agit effectivement de deux programmes qui vont changer la vie des personnes aînées, qui, parfois, souffraient. Avant que le programme ne soit annoncé, une aînée de ma circonscription appelait à mon bureau chaque semaine pour me demander quand elle allait enfin avoir accès à un dentiste. Elle avait des infections dans ses gencives à cause de dents qui étaient pourries — ça lui faisait mal et l'empêchait de dormir. Grâce au programme qui a été mis sur pied, elle va avoir accès à un dentiste. Cela va changer sa vie.
    Madame la Présidente, ce n'est pas facile de m'exprimer aujourd'hui après tous mes éloquents collègues du Bloc québécois et avant ceux qui me suivront.
    Jusqu'à maintenant, je retiens ceci: plus libre est le Québec, mieux il se porte. Le régime fédéral se mêle de ce qui ne le regarde pas. Année après année, budget après budget, le gouvernement fédéral multiplie ses ingérences dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence. Il est temps que ça cesse. Les ingérences causent du retard, surtout au Québec, où il y a un consensus sur l'illégitimité du pouvoir de dépenser. Le Bloc québécois exige donc un droit de retrait avec pleine compensation financière pour le Québec, et ce, sans conditions et pour chacune des ingérences d'Ottawa dans les domaines qui ne sont pas les siens.
     Je tenterai donc de répéter ce que nous nous époumonons à essayer de faire comprendre aux gens: le progressisme du Québec, les ratés des ingérences du régime fédéral et, finalement, le déséquilibre fiscal.
    D'abord, toutes les grandes avancées sociales et économiques du Québec, nous les avons faites en nous retirant de programmes fédéraux mal adaptés à nos besoins ou en créant des programmes qui ont ensuite servi d'inspiration, ironiquement, pour ceux que le fédéral a voulu nous imposer.
     C'est en refusant d'adhérer au Régime de pensions du Canada que nous avons pu créer la Caisse de dépôt et placement du Québec, formidable levier de développement et de modernisation économique du Québec. C'est en nous retirant du programme de prestations spéciales de l'assurance-emploi que nous avons pu mettre en place nos congés parentaux, faisant exploser la participation des femmes au marché du travail et permettant de concilier le travail et la vie familiale. C'est en nous retirant du programme fédéral de prêts étudiants que nous avons pu mettre en place notre régime d'aide financière, faisant du Québec l'endroit en Amérique où l'éducation est la plus accessible. C'est en nous retirant des programmes fédéraux de main-d'œuvre que nous avons pu mettre en place une politique d'emploi où, en réunissant les travailleurs, les employeurs et les établissements d'enseignement, on arrive à arrimer la formation et le marché du travail.
    Parlons maintenant des problèmes. Le dernier exemple, c'est le régime d'assurance dentaire, qui relève du domaine de la santé, compétence exclusive du Québec. Ottawa s'arroge un nouveau pouvoir et choisit d'octroyer 2 milliards de dollars à la Sun Life, une entreprise privée, pour la gestion de ce régime, en ne faisant aucun arrimage avec le programme public québécois, qui couvre déjà les soins aux enfants. Si le gouvernement fédéral choisit de présenter un programme d'assurance-médicaments, qui relève aussi strictement de la compétence du Québec, on peut s'attendre à davantage de centralisation et à un important risque de non-arrimage avec le programme québécois. Les exemples d'ingérence ratée sont donc nombreux.
    L'automne dernier, le gouvernement a présenté un projet de loi pour mettre en place des tables sectorielles sur la formation de la main-d'œuvre. Même si le Québec a déjà mis en place ce système et s'en occupe, Ottawa n'en tient tout simplement pas compte et propose de dupliquer le programme sans aucun arrimage et sans aucune compensation. Ce n'est pas un cas isolé. On n'a qu'à penser au financement des infrastructures québécoises et municipales, au logement, où Ottawa multiplie les programmes ciblés et compliqués, créant une lourdeur et une confusion qui retardent la réalisation de projets, ou à la santé. Ottawa a mis en place des initiatives en matière de santé dans le cadre du dernier budget, mais il n'offre aucun service, alors que le réseau de la santé crie famine.
    On peut encore ici penser aux transferts en santé, dont l'augmentation est six fois moindre qu'attendue et qui sont assortis de conditions qui ont entraîné une partie de bras de fer. Le résultat est que l'argent nécessaire tarde à être versé. En fait, on pourrait dire que le recul de l'autonomie du Québec et de la capacité des Québécois à faire leurs propres choix est une tendance lourde. Même l'Institut de recherche en politiques publiques, un groupe de recherche pancanadien basé à Ottawa, concluait la même chose en juin dernier.
     Tout cela s'inscrit dans un contexte où Ottawa s'occupe déjà très mal des dossiers qui relèvent de sa compétence, multiplie ses dépenses sans recherche d'efficacité ou de résultats et sabre ses transferts aux provinces en multipliant les conditions et en retardant le versement des sommes promises. Les délais sont tout aussi inacceptables dans le cas des programmes d'infrastructure ou de logement, où il faut attendre des années pour qu'une entente soit conclue et que l'argent voté soit versé, parce qu'ici aussi, Ottawa fait de l'ingérence.
    Pour ce qui est des questions dont je m'occupe à titre de porte-parole, le gouvernement a tardé, pendant la pandémie, à verser l'argent aux maisons pour victimes de violence conjugale. De plus, le gouvernement, malgré nos demandes répétées, refuse encore et toujours d'augmenter la pension de la Sécurité de la vieillesse de 10 % pour les aînés âgés de 65 à 74 ans. Finalement, à titre de troisième exemple, dans ma circonscription, il ne fournit pas sa contribution dans le cadre d'un programme d'infrastructure à coûts partagés pour la construction de l'aréna de Saint‑Césaire. L'inflation a fait grimper les coûts et les deux autres ordres de gouvernement ont mis la main à la pâte, mais du côté fédéral, c'est le silence radio.
    Voilà des preuves concrètes démontrant que l'ingérence et l'incompétence du gouvernement fédéral retardent les travaux, voire leur nuisent.
     Par ailleurs, Ottawa agit de la sorte parce qu'il a le gros bout du bâton, à cause de la persistance du déséquilibre fiscal. Au Canada, il y a un grave déséquilibre fiscal au détriment du Québec et des provinces. Le directeur parlementaire du budget le répète année après année dans son rapport sur la viabilité financière: à terme, les finances des provinces ne sont pas viables.
     Les dysfonctionnements, eux, sont de trois ordres. Premièrement, en percevant plus de revenus que nécessaire pour répondre à ses obligations, Ottawa ne fait pas l'effort de gérer de manière efficace son administration.

  (1230)  

    L'État fédéral est notoirement inefficace. Quand Ottawa s'en mêle, tout coûte plus cher que cela ne le devrait.
    L'ingérence continuelle d'Ottawa mène à une centralisation sans précédent des pouvoirs entre ses mains. Cela retire la capacité du peuple québécois de se développer selon ses besoins, ses forces, ses particularités et ses désirs. Cette centralisation est une tendance qui remonte à loin, soit au début de la Confédération. Depuis, chaque gouvernement du Canada s'emploie à transformer la fédération en une union législative, où Ottawa règnerait en maître sur les provinces et le Québec. Même sous le gouvernement Harper, un gouvernement conservateur, on a assisté à une centralisation des pouvoirs, et cela se poursuit. Au Canada, le statu quo n'existe pas. Entre notre souveraineté et notre assimilation, la troisième voie autonomiste où le Québec serait respecté est constamment attaquée par le gouvernement fédéral, tous partis confondus. La conclusion, c'est que ça ne fonctionne pas.
    Mettre fin aux ingérences, cela signifie concrètement qu'il faut prévoir un droit de retrait avec pleine compensation et sans condition pour le Québec, et ce, pour tout nouveau programme fédéral qui relève des compétences constitutionnelles des provinces. Il faut aussi entreprendre immédiatement des négociations avec le Québec, afin de mettre en œuvre ce droit de retrait pour l'assurance dentaire et pour l'éventuelle assurance‑médicaments. Il faut entreprendre des négociations avec le gouvernement du Québec afin de lui transférer entièrement le Programme des travailleurs étrangers temporaires, afin de poursuivre le retrait du gouvernement fédéral du domaine de la main-d'œuvre au Québec, qui a été amorcé en 1997. Il faut également introduire systématiquement le principe d'asymétrie dans l'ensemble des transferts fédéraux, afin d'accorder une plus grande souplesse au gouvernement du Québec, point d'appui d'une nation jouissant du droit inhérent à l'autodétermination. Enfin, il faut entreprendre une révision systématique des programmes fédéraux, dans le but de déterminer quels sont ceux qui empiètent sur les champs de compétence des provinces ou qui dédoublent totalement ou en partie leurs programmes. Bref, il n'y a que le Québec qui se tient encore debout devant les ingérences du gouvernement fédéral.
    Lorsque le gouvernement fédéral crée des programmes en logement, il lui est facile de les imposer aux provinces, qui se contentent de les accepter et d'y ajouter leur contribution. Au Québec, le fédéral arrive avec ses gros sabots dans un écosystème déjà existant, ce qui cause des frictions et retarde le démarrage des programmes. Après l'annonce de la Stratégie nationale sur le logement, il aura fallu plus de trois ans pour qu'une entente soit signée entre Québec et Ottawa. Récemment, le gouvernement fédéral refusait encore de verser 900 millions de dollars au Québec sans imposer de conditions en matière de création de logements. Il est difficile de croire que les négociations se simplifieront et s'accélèreront sous un nouveau ministère du gouvernement fédéral.
    La même chose se produit dans les programmes d'infrastructures: le gouvernement fédéral veut déterminer les priorités du Québec et des municipalités en matière d'infrastructure, allant jusqu'à vouloir s'ingérer dans des questions aussi locales que les plans d'urbanisme et la densité des quartiers d'habitation.
    Lorsque le gouvernement fédéral annonce un nouveau programme d'infrastructure assorti de nouvelles conditions, un bras de fer s'amorce avec le Québec. Au Québec, les programmes commencent en moyenne 18 mois plus tard que dans le reste du Canada, où le gouvernement a le champ libre pour agir comme maître d'œuvre dans des domaines qui ne relèvent pas de sa compétence.
    En conclusion, l'un après l'autre, tous les partis fédéraux ont abandonné la reconnaissance de la nation québécoise et ce qui en découle. Même les conservateurs, qui prétendent rejeter l'héritage de Pierre Elliott Trudeau, embrassent le principe d'égalité des provinces mis en avant par Trudeau. Il n'est pas question de statut particulier ou de droit de retrait. Les dépenses fédérales qui empiètent sur les compétences des provinces nient le partage des pouvoirs au Canada et l'autonomie du Québec. Or il n'y a pas de moyen par lequel le Québec peut faire cesser ces ingérences fédérales.
    Les ingérences fédérales prouvent que le déséquilibre fiscal n'est pas réglé. Si Ottawa a les moyens de dépenser dans des domaines qui relèvent des provinces, c'est parce que le déséquilibre fiscal n'est pas réglé. On ne réglera pas le déséquilibre fiscal si on ne met pas fin au pouvoir fédéral de dépenser dans des domaines qui empiètent sur les champs de compétence du Québec et des provinces. Les transferts conditionnels et les ingérences d'Ottawa minent l'autonomie du Québec.
    La Chambre des communes reconnaît que la nation québécoise existe — tout le monde semble d'ailleurs s'en vanter aujourd'hui. Cependant, reconnaître l'existence d'une nation, c'est plus qu'un acte symbolique. Tout comme les personnes, les nations ont des droits fondamentaux. Le plus fondamental d'entre eux, c'est le droit d'une nation de contrôler elle-même le développement social, économique et culturel de sa propre société. Il s'agit du droit à l'autodétermination. On ne peut pas, d'un côté, reconnaître que la nation québécoise existe et a le droit de faire des choix différents de ceux du Canada, et, de l'autre, lui nier ce droit en maintenant le pouvoir du gouvernement fédéral de dépenser. Finalement, le pouvoir de dépenser, c'est la négation même de la nation québécoise par le gouvernement fédéral.

  (1235)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, il est plutôt triste qu'une entité politique à la Chambre ne soit pas favorable, par exemple, au fait qu'un aîné vivant avec un revenu fixe qui a besoin de soins dentaires ait accès à un régime national de soins dentaires. Il est plutôt triste que certains députés estiment normal de laisser un enfant avoir faim en classe parce qu'ils s'opposent à un programme national d'alimentation dans les écoles.
     La députée ne pense-t-elle pas que nous devons mettre de côté le parti dans l'intérêt supérieur des concitoyens que nous servons?

  (1240)  

[Français]

     Madame la Présidente, ce qui est encore plus triste, c'est que la seule réponse de mon collègue à la question des aînés, c'est le régime de soins dentaires. Il n'a aucunement parlé de ce qui relève de son gouvernement. Soyons clairs. La pension de la Sécurité de la vieillesse, c'est son gouvernement qui devrait s'en occuper. Il l'a augmentée de seulement 10 %, et seulement pour les gens de 75 ans et plus. Je m'en fais parler tous les jours. Les aînés ne comprennent pas pourquoi son gouvernement, qui gère ce programme, ne s'est pas occupé des gens de 65 à 74 ans. Ils sont laissés pour compte. Ils n'ont pas plus d'argent dans leur poche. C'est ce que je ne comprends pas et que je trouve absolument triste.
    Pour ce qui est de mettre la partisanerie de côté, je vais le répéter: si c'est bon pour le Québec, nous allons voter pour, et si ce n'est pas bon pour le Québec, nous allons voter contre. Ma collègue d'Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou a travaillé sur la question de l'aide alimentaire pour les enfants.
    Madame la Présidente, j'ai une question très simple pour ma collègue. Notre chef en a parlé tout à l'heure lors de son discours. Le Bloc québécois a voté pour les crédits budgétaires. On a même entendu le chef et certains de ses collègues du Bloc québécois dire que ce n'est pas grave, qu'on n'a pas le temps de s'occuper de ça.
    L'intervention du Parti libéral du Canada dans les compétences québécoises est visible depuis longtemps et est en partie attribuée à ces crédits budgétaires.
    Pourquoi a-t-elle voté pour cela?
    Madame la Présidente, voici une leçon de politique et d'économie 101. Un budget et des crédits, des votes sur des budgets et des votes sur des crédits, ce n'est pas la même chose. Nous nous opposons aux dépenses vraiment insensées, souvent inefficaces et mal ciblées du gouvernement libéral. Nous avons voté contre le budget. C'est là que nous avons démontré notre opposition à ces dépenses effrénées d'argent.
     D'ailleurs, en comité la semaine dernière, j'ai posé une question concernant un autre exemple d'argent mal ciblé: d'un côté, il y a une augmentation du nombre de fonctionnaires, mais, d'un autre côté, on fait davantage appel à des consultants externes, qui coûtent plus cher. On n'a pas été capable de me répondre en comité, d'ailleurs.
     Personne n'a intérêt à faire en sorte que finalement le système tombe. C'est ça, la différence entre les crédits et le budget. Notre opposition aux dépenses, elle est claire, mais notre respect des institutions, notre respect de ceux qui travaillent pour la machine, doit être clair également. Personne n'a intérêt à ce que le système soit bloqué.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je parlerai directement de la question de la compétence soulevée par le député et du risque réel qu'elle représente pour les Québécois de voir leur culture effacée. Je trouve cela curieux à bien des égards, car il y a plus de deux nations au Canada. Le Bloc parle souvent de deux nations seulement. Or, l'île de la Tortue repose sur la diversité de nombreuses nations, dont je fais partie en Alberta, comme les Cris et les Métis.
     La députée parle de liberté et d'autodétermination pour les Québécois, mais nous avons entendu tout récemment que les Premières Nations de sa province sont préoccupées par la suppression de leur propre culture.
     Comment la députée concilie-t-elle la difficulté bien réelle que représentent l'autodétermination des Québécois et l'autodétermination des peuples autochtones au Québec?

[Français]

    Madame la Présidente, nous avons toujours fait la promotion d'un discours de nation à nation au Québec avec les peuples autochtones. Voici un autre exemple de ce qui ne fonctionne pas. Le fédéral a la responsabilité en matière de logement, particulièrement en ce qui concerne les communautés autochtones. En ce moment, pour l'avoir étudié en comité, les femmes autochtones et les peuples autochtones n'ont pas les investissements nécessaires en logement.
    Au lieu d'investir dans les champs de compétence du Québec, que le fédéral s'occupe de gérer ses affaires.
    Madame la Présidente, j’espère que vous avez trouvé de la gomme de sapin.
    Je me suis demandé sous quel angle je ferais cette allocution. Il y a tant à dire, et en même temps, si peu. Cela se résume en une phrase tout à fait juste que ma grand-mère me disait quand j’étais petite et que je voulais jouer dans la pâte à tarte, alors qu’elle cuisinait pour des dizaines de convives. Cela s’applique à toutes sortes de situations, particulièrement quand on observe les multiples ingérences du fédéral dans les compétences du Québec: en toutes circonstances, quand on n'est pas utile, on doit s'abstenir de nuire.
    Je pourrais m’arrêter là-dessus.
    Le fédéralisme, par définition, consiste à mettre une part de nos billes ensemble, d’établir des priorités et des domaines où il sera bon de faire les choses pour l’ensemble, de définir ce qui pourrait être avantageux de financer ensemble et puis de laisser chacun faire ce qu’il veut avec le reste de ses billes. Celui qui a les données, les institutions et les capacités intellectuelles et organisationnelles de le faire au mieux, c’est le Québec.
    Le fédéralisme n'a pas pour but d’appauvrir les membres qui constituent l’ensemble. Or, dans les faits, c’est tout le contraire qui se passe ici, au Canada. Ce n’est pas une question de parti politique. C’est mis en place, tous gouvernements confondus, dans des buts de domination, d’ingérence dans tout, de dépenses outrancières, de dédoublement des dépenses et de demandes toujours plus élevées en échange. La preuve, c’est que cela empire tout le temps. On n’a jamais vu, dans l’histoire du fédéralisme canadien, autant de conditions attachées à d’aussi maigres propositions.
    On essaie de me faire avaler qu’au Québec, il est normal que personne ne s’intéresse à la provenance de l’argent et que, ce qui est important, c’est qu’on verse de l’argent. Je m’excuse auprès de tous ceux qui croient à cette légende: au Québec, cela ne passe pas.
    Pourquoi le fédéral ferait-il autrement? Ottawa a le gros bout du bâton à cause de son maintien du déséquilibre fiscal. C’est là son ultime pouvoir qu'il alimente lui-même. Dans une fédération, il y a déséquilibre fiscal lorsqu’un niveau de gouvernement perçoit plus d’impôts que ce dont il a besoin pour assumer ses responsabilités constitutionnelles, alors que l’autre niveau n’arrive pas à financer les siennes d’une manière autonome, car il est sous-financé.
    Au Canada, il y a un grave déséquilibre fiscal au détriment du Québec et des provinces. C’est reconnu, c’est étudié et c’est analysé. Le directeur parlementaire du budget le répète année après année dans son rapport sur la viabilité financière des provinces. Au bout du compte, les finances des provinces ne sont pas viables. Au fur et à mesure, le gouvernement fédéral voit sa marge de manœuvre augmenter considérablement en matière d’ingérence, car le Québec et les provinces finissent par se retrouver dans un tel état de vulnérabilité financière qu’elles sont prêtes à accepter n’importe quelle grenaille plutôt que de ne rien avoir. C’est ce qui est le plus grave. On les fait plier au moyen de privation. C’est odieux.
    Prenons l'exemple de la santé. Le fédéral finance une maigre part de 23 % des dépenses en santé des provinces. Son obligation constitutionnelle parle même d’aller jusqu’à 50 %. Dans les faits, un front commun lui demandait 35 %. Cela aurait signifié autour de 6 milliards de dollars par année pour le Québec. On lui a répondu qu’il recevrait 900 millions de dollars par année, qu’il attend toujours.
    Si le fédéral avait accepté ses obligations d’année en année, soit de financer adéquatement les provinces en matière de santé, tout cela et seulement cela, le portrait financier des provinces serait tout autre. On ne serait pas en train de s’obstiner à propos d'une assurance dentaire. On l’aurait, au même titre qu’on a l’assurance-médicaments. Le problème n’est pas qu’on ne veut pas de l’assurance dentaire. Le problème, c’est que le fédéral ne s’assure pas de ses responsabilités et ne finance pas convenablement les systèmes de santé des provinces et que les provinces sont contraintes d'accepter n’importe quoi plutôt que rien. Cela donne ce que nous avons aujourd’hui. Ensuite, le gouvernement arrive en sauveur comme un Robin des bois et dit que maintenant qu’on les a bien affamées, on va répandre quelques petits dollars pour les apaiser.
    Même sous le gouvernement Harper, on a assisté à une centralisation des pouvoirs. Au Canada, le statu quo n’existe pas. Entre notre souveraineté et notre assimilation, la troisième voie autonomiste où le Québec serait respecté est constamment attaquée par le fédéral, tous partis confondus. Il y a, au Québec, cette volonté naturelle, organique et créative qui a permis et permet toujours un développement exceptionnel de notre organisation socioéconomique et qui assure sa modernité. Moi, j’arrive du terrain de l’entrepreneuriat en région. Le travail, la débrouillardise, la logique, l’organisation tournée vers l’efficacité en région, cela nous connaît.

  (1245)  

    C'est probablement ce qui m'a le plus frappée quand je suis arrivée à la Chambre. Je me suis demandé où nous étions. Nous parlons de plein d'affaires que nous avons déjà au Québec. Lorsque le reste du Canada veut se donner des CPE et une assurance-médicaments comme le Québec, pourquoi le fédéral ne peut-il pas reconnaître les avancées du Québec et lui redonner tout simplement sa part de contribution fiscale, sans condition? Le Québec peut simplement dire non merci, qu'il a déjà tout ça, qu'il veut sa part et qu'il va s'organiser pour investir dans ce qui lui est approprié, là où il est rendu.
    Non, on ne veut pas nous accorder cela. Nous devons nous ranger, ralentir nos ardeurs et nous asseoir tranquillement. Nous devons payer deux fois pour des choses que nous avons déjà, pour des dédoublements qui viennent brouiller tout notre système et ralentir fortement toutes nos belles initiatives ingénieuses qui ont depuis toujours été notre signature et notre force. Nous devons nous ranger comme des moutons. Nous devons envoyer notre part d'argent qui sera dépensée comme bon leur semble. Quand ça leur tente, un peu d'argent nous est envoyé, juste pour nous tenir tranquilles.
    Dans le cadre de cette journée de l'opposition — et je trouve que ces mots prennent tout leur sens —, nous disons que, pour nous, être dépendants d'une machine qui multiplie les lourdeurs administratives pour alimenter son pouvoir de décider de notre avenir avec notre argent, c'est non. Au Québec, nous sommes capables de penser, de décider, d'orienter notre société nous-mêmes. La preuve, c'est que malgré les situations exiguës créées en grande partie par la centralisation qu'impose le fédéral au Québec, celui-ci, à travers le temps, a réussi à se donner plus de services sociaux et plus de victoires économiques que bien des États dans le monde; et ça va continuer. Ça va continuer parce que nous sommes comme ça au Québec. Au Québec, nous parlons français, nous sommes tissés serrés. Nous nous soutenons et nous protégeons nos acquis. Notre avenir est vert et durable, et nous avançons vers ça à coups de génie et de créativité.
    Sincèrement, être dépendants d'un fédéralisme qui s'empêtre dans ses propres compétences et qui ose nourrir à outrance ses accoutumances centralisatrices, ça nous donne encore plus le goût de devenir indépendants. Le Bloc québécois est ici précisément pour mettre un frein à tout ce qui est constamment mis en place par le fédéral pour mettre au pas le Québec. Le fédéral s'ingère dans notre économie, dans nos ressources, dans nos services publics, dans nos valeurs et dans notre langue.
    Au Québec, ça, c'est non.

  (1250)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, tout comme la Saskatchewan a joué un rôle très important dans la création de la Loi canadienne sur la santé et de notre système de santé national, le Québec a joué un rôle très important dans celle du programme national de garderies que nous avons maintenant et de la loi qui a fini par être mise en place. C'est un des aspects positifs de la fédération. Je pense aux personnes que le régime national de soins dentaires et le programme national d'alimentation dans les écoles aideront dans toutes les régions du pays.
     Je me demande pourquoi certains députés ne jugent pas bon de soutenir ces programmes qui aideront de vraies personnes, de vrais enfants et de vrais aînés qui vivent avec un revenu fixe. Pourquoi la députée ne le reconnaît-elle pas?

[Français]

     Madame la Présidente, ça revient à ce que je disais tout à l'heure: on affame les provinces, on affame le Québec, on le sous-finance. Ensuite, on arrive en héros et on prétend être fin et bon en nous donnant enfin quelques grenailles. On appauvrit les aînés. On appauvrit le système de santé. On peut aussi penser au logement. Au lieu de donner l'argent au Québec, qui sait très bien quoi faire avec ses affaires, on préfère retirer l'argent et appliquer des conditions pour faire un chèque alors que la compétence du Québec est telle qu'il est capable de faire tout ça lui-même.
     Madame la Présidente, je vais poser une question à ma collègue, qui demeure juste en face de chez moi, de l'autre bord du fleuve Saint-Laurent. On vit dans une province absolument extraordinaire, d'une beauté exceptionnelle. L'Isle-aux-Coudres, où demeure ma collègue, est absolument phénoménale. C'est juste en face de chez moi. D'ailleurs, je lui dis à la blague que je l'observe avec ma longue-vue, ce qui n'est pas tout à fait le cas.
    J'ai une question très simple pour ma collègue, pour qui j'ai énormément de respect et qui a une voix extraordinaire. La souveraineté du Québec, si un jour elle se fait, va se faire à Québec, pas à Ottawa. Depuis plus de 30 ans maintenant, le Bloc québécois se plaint de ce que le fédéral fait ou ne fait pas par rapport aux besoins du Québec, en sachant que c'est à Québec que ça va se faire.
     Pour quelle raison vient-elle siéger ici même, à la Chambre, et se considérer dans un autre pays? En effet, elle est rémunérée par l'ensemble des Canadiens, mais dit qu'elle vit dans un autre pays. J'aimerais donc qu'elle réponde à ma question très simplement. Pourquoi est-elle ici?

  (1255)  

    Madame la Présidente, voici une belle occasion de rappeler à mon collègue que, comme lui, démocratiquement, plus de 18 000 personnes m'ont fait confiance et ont fait confiance en ma voix pour porter leurs intérêts et leurs convictions et, surtout, exercer une vigilance extrême face aux manipulations fédérales dans les ingérences du Québec, entre autres. Nous, les 32 députés du Bloc québécois, avons ce mandat, parce que les députés des autres partis du Québec n'ont pas réussi à le faire. C'est pour ça que je suis assise ici. J'en suis très fière. Quand je vais partir, je vais acheter ma chaise.

[Traduction]

    Madame la Présidente, à écouter la réponse de la députée sur les soins dentaires, on dirait que, parfois, le Bloc travaille pour François Legault au lieu de travailler pour les Québécois. La moitié des Québécois n'ont pas d'assurance dentaire. Je me demande ce que la députée répondrait aux Québécois qui sont enthousiasmés par le régime de soins dentaires, aux 600 000 d'entre eux qui s'y sont déjà inscrits.

[Français]

    Madame la Présidente, nous avons plusieurs façons parentes de voir la société. Les valeurs du NPD recoupent les nôtres de temps en temps. Au sujet de certaines choses, nous avons beaucoup de difficulté à nous comprendre, parce qu'on voit souvent le NPD, au risque de perdre de la cohérence, laisser tomber des valeurs qui sont les siennes pour s'arrimer à un gouvernement et être capable de dire que c'est lui qui a inventé ça et que c'est lui qui change la vie des gens.
    Dans les faits, ce sont des palliatifs. Les propositions du gouvernement néo-démocrate sont des propositions palliatives. Ce que nous voulons, c'est créer de la santé économique dans notre milieu, ce qui passe par les transferts en santé sans condition qui sont dus au Québec.
    Madame la Présidente, tout d'abord, je tiens à dire que je vais partager mon temps de parole avec le député de Nepean.
    Je veux commencer par dire que cela me peine de voir le Bloc et les conservateurs se disputer, alors qu'ils sont souvent sur la même longueur d'onde.
    Je vais entrer au cœur de mon discours. J'aimerais examiner les suppositions qui sont à la base de cette motion. Selon la première, le gouvernement fédéral est un genre de monstre centralisateur qui tente d'étouffer les aspirations des Québécoises et des Québécois. C'est une trame qu'on entend depuis que je suis au monde.
    Je vais donner des exemples concrets montrant que le fédéral tient à ne pas s'occuper de la gestion de tout, si c'est possible, même lorsqu'il s'agit de ses propres compétences. Il préfère déléguer des responsabilités aux provinces pour leur permettre de gérer leurs propres affaires, même s'il s'agit d'une compétence fédérale.
    Prenons la Loi sur les pêches. C'est carrément une loi fédérale en vertu de la Constitution du Canada. Le gouvernement fédéral a signé une entente d'équivalence avec la province de Québec pour permettre à celle-ci de s'occuper de la mise en œuvre de cette loi et de ses règlements.
    La Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre constitue mon deuxième exemple. On a douté de la compétence fédérale en la matière. Cela s'est rendu jusqu'à la Cour suprême. La Cour suprême a statué que la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre relevait bien des compétences du gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral n'a pas dit qu'il voulait que cette loi s'applique à toutes les provinces pour s'ingérer dans les provinces et gérer cette loi. Le fédéral a tout simplement dit que, si une province avait un système équivalent — c'est notamment le cas du Québec et de la Colombie‑Britannique —, c'est son système qui serait en vigueur. C'est un deuxième exemple qui montre que le fédéral ne veut pas se mêler de tout.
    Souvent, même quand il est question de sa compétence, le fédéral ne veut pas s'en mêler et préfère déléguer la responsabilité aux provinces. L'immigration est un autre exemple où le fédéral a fait de même. Le premier ministre Mulroney, qui était un grand ami de la députée de Beauport—Côte‑de‑Beaupré—Île d'Orléans—Charlevoix. Elle a parlé éloquemment, au moment de son décès, au sujet de son amitié. Elle chantait pour lui et sa famille. C'était très touchant. Le premier ministre Mulroney a conclu une entente avec le Québec pour permettre au Québec de décider qui serait résident permanent dans la province de Québec.
    Oui, il y a de la centralisation. Il y a de la centralisation, mais c'est dicté par des facteurs pratiques et par la technologie. Par exemple, il fait beau dehors aujourd'hui. Parlons de la météo. C'est le fédéral qui s'occupe de la météo, parce que les prévisions météorologiques sont assez complexes sur le plan technologique. Cela demande beaucoup d'antennes paraboliques. Cela prend des systèmes extrêmement sophistiqués. Cela relève donc du gouvernement fédéral, mais ce n'est pas une centralisation qui tente d'étouffer les aspirations des Québécois. C'est une question pratique. Il est préférable que ce soit centralisé plutôt que chaque province ait son propre système de prévisions météorologiques.
    Les communications sont un autre exemple. La population du Canada n'est pas très importante. Nous sommes 40 millions d'habitants. C'est à peu près la population de la Californie. J'ignore quelle est la population de l'État de New York ou de l'État de la Floride. Nous sommes peu nombreux, et nous faisons face à des géants du Web, à des grandes entreprises avec énormément de pouvoirs financiers et technologiques.

  (1300)  

    Au Canada, nous avons un contrepoids, qui s'appelle le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, ou CRTC. Le Conseil tente de protéger les intérêts culturels du Québec et du reste du Canada en s'opposant, dans certains cas, aux géants du Web. Il y a beaucoup d'exemples qui démontrent que la centralisation n'est pas une mauvaise chose. Il y a d'autres exemples où l'on peut voir assez clairement que le fédéral, même si cela relève de sa compétence, préfère que les provinces s'occupent de l'administration des dossiers.
    J'aimerais aussi parler du point b) de la motion, où on demande que la Chambre « rappelle au premier ministre que, malgré ses affirmations, il est faux de prétendre que “les citoyens se foutent de quel ordre de gouvernement est responsable de quoi” ».
    Ce constat n'est pas très nuancé, et, pour y répondre, je dirais que c'est vrai dans certains cas, mais faux dans d'autres cas. Lorsqu'on parle de l'éducation primaire et secondaire, en effet, les Québécois et les Québécoises et les citoyens des autres provinces tiennent mordicus à ce que le fédéral ne s'en mêle pas. Le fédéral ne veut pas s'en mêler. Il n'y a aucun problème.
    Or, les citoyens présument que l'éducation postsecondaire est une affaire provinciale. Toutefois, pensons à ce que fait le gouvernement du Québec à l'Université Concordia et à l'Université McGill. Le gouvernement caquiste, à Québec, est en train de miner l'Université McGill, qui est la 28e meilleure université au monde. C'est une université fièrement québécoise, que beaucoup de Québécois de langue française fréquentent. Si les gens étaient au courant de ce qui se passe entre McGill et le gouvernement du Québec, je pense qu'ils demanderaient l'ingérence du gouvernement fédéral, une ingérence financière, si je peux dire. Ils demanderaient que le fédéral injecte des fonds pour pallier le gouffre. J'allais utiliser le mot « lacunes », mais c'est un gouffre que le gouvernement provincial est en train de créer.
    Je pense que le monde des affaires, surtout le monde de la haute technologie, demanderait que le fédéral s'en mêle financièrement parce que ces secteurs dépendent de la recherche pour avancer. La prospérité québécoise est beaucoup axée sur la santé du secteur de la technologie. De plus, on sait que le monde des affaires au Québec a des craintes relatives à l'offre de main-d'œuvre.
    J'aimerais maintenant parler de la pandémie. Que s'est-il passé pendant la pandémie? Le fédéral a utilisé son pouvoir de dépenser pour offrir ce qui était en fait une assistance sociale à beaucoup de citoyens et, en passant, à beaucoup d'entreprises. Des milliards et des milliards de dollars ont été versés. On ne s'est pas plaint à ce moment-là. Le gouvernement de M. Legault ne s'est pas plaint d'une ingérence du gouvernement fédéral.
    On ne se plaignait pas à ce moment-là et je n'entends pas de plaintes de la part de Québécois et de Québécoises concernant le programme national de soins dentaires. C'est vrai que, dans certains cas, les Québécois et Québécoises tiennent mordicus à ce que la compétence provinciale soit respectée, mais, dans d'autres cas, ils veulent que leurs intérêts priment et que l'on s'occupe de leurs besoins.

  (1305)  

     Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours et je le remercie surtout de fournir à chaque phrase de son discours une inspiration de questions ou de réactions de la part des membres du Bloc québécois, dont je suis. J'en aurais pour 15 minutes à poser des questions et à remettre en question certaines affirmations de mon collègue, mais je vais y aller de façon plus constructive.
    D'abord, je lui dirais que 82 % des Québécois sondés au mois de mars souhaitent que les champs de compétence fédéraux, provinciaux et municipaux soient respectés. Il n'y a pas de distinction qu'il s'agisse de la santé ou d'un autre domaine; 82 % disent que tout le monde devrait se mêler de ses affaires. Ça, c'est clair.
    J'ai particulièrement aimé l'exemple que mon collègue a donné concernant un succès de centralisation en mentionnant le CRTC. C'est un exemple qui me touche particulièrement, parce que, d'abord, j'ai travaillé en collaboration étroite avec le gouvernement pour l'amélioration de la Loi sur la radiodiffusion avec le projet de loi C‑11, et parce que je suis un fervent défenseur, justement, de la culture, de la langue, et ainsi de suite.
     Cependant, d'entendre que le CRTC est un exemple de réussite de centralisation, ça me fait un peu friser les oreilles. En effet, sans l'intervention du Bloc québécois, le projet de loi C‑11, qui serait devant le CRTC présentement, serait à peu près dénué de toute espèce de protection de la culture francophone et des radiodiffuseurs du Québec.
    J'aimerais que mon collègue me dise ce qu'il pense de l'idée que le Bloc québécois véhicule depuis des années quant à la création d'un CRTC essentiellement québécois pour gérer davantage à l'avantage...
    L'honorable député de Lac-Saint-Louis a la parole.
    Madame la Présidente, je suis familier avec cette idée. J'ai entendu ces arguments lorsqu'on débattait du projet de loi C‑11, mais je crois vraiment qu'il y a des avantages à ce que les provinces, la nation québécoise, les nations autochtones et tout autre groupe de Canadiens travaillent ensemble pour offrir un contrepoids à cette puissance qui est au sud de la frontière et dont je me méfie autant que le député. Ça prend un contrepoids. Si nous sommes divisés en dix, chacun ayant son propre régulateur des communications, je crois que ça nous affaiblira à la longue. Honnêtement, c'est ce que je crois très sincèrement.

  (1310)  

[Traduction]

    Madame la Présidente, Toronto est une grande ville. Montréal est une ville cosmopolite. Je pense d'ailleurs que cela offense assurément bien des membres du Bloc et certains indépendantistes au Québec qui sapent constamment la position de Montréal. Le député a parlé de McGill, qui est une université de tout premier ordre. McGill attire des gens du monde entier à Montréal, non seulement en raison de sa culture, mais aussi parce qu'il s'agit d'un pôle d'enseignement. Cependant, McGill doit recourir aux tribunaux pour défendre le droit des étudiants à l'éducation et contester l'attaque anticonstitutionnelle dont fait l'objet un établissement de renommée mondiale.
     Que pense le député d'un gouvernement qui attaque un établissement respecté dans le monde entier en avançant des arguments tendancieux pour plaire aux souverainistes?
    Madame la Présidente, le député aborde un sujet qui me tient beaucoup à cœur. Avec quelques autres, j'ai rencontré hier le président de McGill, Deep Saini. Je croyais savoir à quel point le gouvernement québécois traitait mal McGill. J'étais loin de tout savoir, mais je connais à présent les faits. McGill occupe le 28e rang des meilleures universités du monde. Ses diplômés ont créé des entreprises comme Intel. Ce qui est bon pour McGill est bon pour le Québec à bien des égards, bon pour son économie et bon pour sa culture.
     Je trouve fort choquant que le gouvernement du Québec nuise à la province et à tous ses citoyens. Peu importe qu'il s'agisse de francophones ou d'anglophones. Il nuit à la province en prenant pour cibles deux établissements comme McGill et Concordia. C'est fort dommage, je trouve.
    Madame la Présidente, je suis reconnaissant de l'occasion qui m'est donnée de prendre part au débat d'aujourd'hui. J'irai droit au but. Il est non seulement mal avisé, mais très injuste de critiquer la prétendue ingérence du gouvernement fédéral dans une compétence provinciale et territoriale. C'est oublier que le fédéralisme canadien repose sur la collaboration. En travaillant de concert, les deux ordres de gouvernement peuvent régler des problèmes complexes qui transcendent les frontières régionales et ainsi favoriser la cohésion et la prospérité nationales.
     En réalité, la structure fédérale particulière du Canada confère plus d'autonomie aux provinces et aux territoires pour mettre en œuvre des programmes et des politiques adaptés à leur population, tout en leur permettant de faire connaître leurs atouts sur la scène internationale. Tout le monde y gagne, et les Canadiens, y compris les Québécois, bénéficient ainsi de nombreux avantages économiques et sociaux sans pareil.
     Je me permets quelques mots sur l'identité particulière du Québec au sein du Canada, identité qui se définit par son riche patrimoine culturel, sa langue distincte, son système juridique et son importance historique. Ces éléments contribuent au statut spécial du Québec et influent sur ses interactions au sein de la fédération canadienne.
     Le Québec possède un milieu culturel dynamique et distinct, solidement ancré dans son héritage français. La province est fort bien représentée dans le monde de la littérature, de la musique, du théâtre, du cinéma et des arts visuels. Chaque année, des manifestations comme le Festival international de jazz de Montréal et le Carnaval de Québec mettent en valeur la culture québécoise et attirent des visiteurs du monde entier. La préservation de la culture française est indispensable à l'identité québécoise, et elle exerce une influence indéniable sur la vie sociale et politique de la province.
     Le système juridique du Québec est fondé sur le droit civil hérité du code Napoléon, contrairement au reste du Canada qui applique le système de la common law. Cette distinction est à l'origine des traditions juridiques et des structures gouvernementales qui sont propres à cette province, ce qui a un impact aussi bien sur les droits de propriété que sur le droit de la famille. Le Québec suit sa propre trajectoire historique au sein du Canada. La province défend le concept bien affirmé de l'autonomie politique, avec ses propres politiques d'immigration et son propre régime de pensions.
     Son système d'éducation reflète son identité particulière, avec une structure qui lui est propre et un programme d'études qui met l'accent sur la langue française et la culture québécoise. Des institutions comme l'Université de Montréal et l'Université Laval sont des piliers culturels et universitaires de l'identité de la province.
     Le Québec joue un rôle crucial dans l'économie canadienne, notamment dans les secteurs de l'aérospatiale, des technologies de l'information, de la biotechnologie et de l'énergie. Les politiques économiques de la province sont généralement le reflet des priorités qui lui sont propres, notamment la promotion des entreprises et des industries francophones.
     Le Québec est reconnu pour ses politiques sociales progressistes, notamment un système de garderies abordables, un congé parental généreux et un système de santé publique solide. Ces politiques témoignent de l'engagement de la province envers le bien-être de sa population et contribuent à fabriquer un tissu social distinct.
     L'identité unique du Québec est une source de fierté pour ses habitants, et elle contribue à la diversité et à la richesse de la fédération canadienne. L'équilibre que doit maintenir la province entre sa spécificité et son rôle au sein du Canada a un impact déterminant sur le paysage social, culturel et politique du Québec.
     Même si, au Canada, certains secteurs relèvent en priorité de la compétence provinciale, le gouvernement fédéral peut néanmoins y jouer un rôle important par différents mécanismes. C'est ainsi qu'il fournit une aide financière aux provinces par la voie des paiements de transfert, comme le Transfert canadien en matière de santé et le Transfert social canadien. Ces fonds aident les provinces à financer des services essentiels comme les soins de santé, l'éducation postsecondaire et les services sociaux. Il faut ajouter à cela les paiements de péréquation qui garantissent que toutes les provinces, y compris le Québec, ont des niveaux de services publics comparables malgré des ressources fiscales différentes.
     Le gouvernement fédéral peut établir des normes et des lignes directrices nationales afin de promouvoir l'uniformité et la qualité des services dans tout le pays. Par exemple, dans la Loi canadienne sur la santé, le gouvernement fédéral énonce les principes qui sous-tendent la prestation des soins de santé. Il peut mettre en place des programmes de financement ciblés pour répondre à des besoins particuliers. Par exemple, il a investi dans des projets d'infrastructures comme des autoroutes et des systèmes de transport public, ce qui a permis de renforcer les réseaux de transport. Il a aussi financé des initiatives dans le domaine de l'éducation, sous la forme de subventions pour la formation spécialisée et la recherche, par exemple, afin de renforcer les systèmes d'éducation provinciaux.

  (1315)  

     Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux, y compris celui du Québec, peuvent collaborer et ils l'ont fait à l'aide d'accords intergouvernementaux. Ces accords facilitent les efforts menés conjointement pour œuvrer à des priorités communes comme une meilleure prestation des soins de santé, la lutte contre les changements climatiques et un meilleur développement économique.
     Le gouvernement fédéral peut aider les provinces, y compris le Québec, au moyen de recherches et du partage de données qui éclairent les décisions politiques. En effet, les organismes fédéraux peuvent fournir des informations précieuses sur les meilleures pratiques et les tendances émergentes, qui peuvent aider les provinces à concevoir des programmes efficaces. En tirant parti des mécanismes disponibles, le gouvernement fédéral a bonifié les efforts des provinces, y compris ceux du Québec, en permettant aux Canadiens d'avoir accès à des services de grande qualité, peu importe où ils vivent.
     En ce qui concerne l'abordabilité, les Canadiens de toutes les régions et de tous les âges bénéficient du plan économique du gouvernement fédéral, un plan financièrement responsable et axé sur la population. Le plan d'apprentissage et de garde des jeunes enfants pancanadien est un excellent exemple de collaboration entre le gouvernement fédéral et les provinces. Nous renforçons le système de garde d'enfants abordable déjà en place au Québec en aidant à créer davantage de places en garderie. Nous soutenons également environ 3,5 millions de familles partout au Canada chaque année grâce à l'Allocation canadienne pour enfants, qui est non imposable. En outre, nous continuerons à travailler avec les provinces pour lancer un programme national d'alimentation dans les écoles.
     Nous avons augmenté de 10 % les prestations de Sécurité de la vieillesse pour les personnes âgées de 75 ans et plus. Nous avons également versé le premier paiement trimestriel augmenté de l'Allocation canadienne pour les travailleurs, destinée aux travailleurs les moins bien rémunérés et souvent les plus essentiels. L'an dernier, le montant versé à une famille recevant une prestation complète pouvait atteindre 2 616 $. Notre nouvelle prestation canadienne pour les personnes handicapées, elle, améliorerait le bien-être financier des Canadiens handicapés à faible revenu dans toutes les régions du pays.
     En plus de la longue liste de mesures que je viens de mentionner, nous travaillons avec les provinces pour améliorer les soins de santé offerts aux Canadiens. L'année dernière, nous nous sommes engagés à octroyer près de 200 milliards de dollars sur 10 ans pour améliorer les soins de santé publics destinés aux Canadiens, et cela comprend des transferts records en santé et des accords bilatéraux adaptés. Cette année, nous avons présenté un projet de loi pour lancer la première phase d'un régime universel d'assurance-médicaments au Canada, qui offrirait une couverture universelle à payeur unique pour un certain nombre de contraceptifs et de médicaments contre le diabète. Enfin, nous faisons des investissements historiques dans les soins dentaires abordables, qui sont essentiels non seulement pour la santé bucco-dentaire, mais aussi pour la santé en général.
     Grâce aux efforts déployés par le gouvernement fédéral pour travailler avec les provinces à l'accélération de la construction de logements dans tout le Canada, nous sommes bien partis pour faire construire près de quatre millions de logements d'ici à la fin de 2031.
     Nous n'avons pas ménagé nos efforts pour collaborer avec les provinces et les territoires afin de construire un Canada meilleur et plus juste, et ces efforts ont effectivement porté leurs fruits. Toutefois, il est essentiel que nous poursuivions sur notre lancée. En continuant à travailler avec nos partenaires de tous les ordres de gouvernement, nous pouvons faire croître notre économie, la rendre inclusive et veiller à ce que le rêve canadien reste accessible à tous. C'est pourquoi j'invite les députés à rejeter la motion malavisée d'aujourd'hui.

  (1320)  

[Français]

    Madame la Présidente, ce que je constate, quand j’entends les propos du député, c’est qu’il y a une incompréhension et une absence de désir de bien comprendre la réalité du Québec, qui est peut-être une société où le besoin de cette espèce de respect des compétences se fait encore plus sentir.
    Je comprends la réalité de mon collègue qui vit dans un environnement multiculturaliste, où cela ne dérange pas tant que ça que le fédéral mette ses pattes un peu partout. Cependant, au Québec, il y a une réalité différente. Ce que je constate, c’est que mon collègue ne semble pas comprendre ou bien saisir la distinction de la nation québécoise.
    Sur le plan de la responsabilité du fédéral en matière de santé, par exemple, le problème, c’est que le fédéral, ne remplissant pas ses obligations, qui sont de transférer les sommes au Québec et aux provinces pour la gestion de leur système de santé, crée les problèmes que vivent le Québec et les provinces dans leur système de santé et cela les empêche de pouvoir les régler. Le fédéral arrive avec ses gros sabots en disant qu’il va s’ingérer dans les champs de compétence de la province et régler ses problèmes.
    J’aimerais entendre mon collègue à ce sujet, mais j'aimerais surtout qu’il me rassure sur sa compréhension de la nature particulière du Québec et de certaines autres régions du Canada qui ne sont pas nécessairement aussi multiculturalistes que l’ensemble des provinces canadiennes.

[Traduction]

    Madame la Présidente, je crois que le député ne comprend pas que le fédéralisme canadien est collaboratif par nature. Il a parlé de la santé, mais dans le dernier discours d'un de ses collègues, je ne l'ai pas vu réagir à la question posée par une députée néo‑démocrate concernant les 600 000 Québécois qui se sont inscrits au Régime canadien de soins dentaires. Ce n'est pas seulement une question de champs de compétence. L'important, c'est que tous les ordres de gouvernement travaillent en collaboration afin de régler les problèmes que vivent les Canadiens à cause du coût de la vie.
    Madame la Présidente, j'ai écouté mon collègue avec beaucoup d'intérêt. Je sais qu'il a de bonnes connaissances en matière de développement économique et qu'il est au courant de ce qui se passe dans les diverses provinces, en particulier au Québec, dans le domaine de l'économie verte et des innovations nécessaires pour parvenir à un avenir meilleur, sans carbone.
    On sait que Northvolt et d'autres industries font des investissements historiques au Québec. Ma question à l'intention du député est la suivante: que se passerait-il si le gouvernement fédéral n'avait pas fait ces investissements?
    Madame la Présidente, le Canada est effectivement à l'avant-garde de nombreuses technologies de pointe, l'intelligence artificielle par exemple. Le Québec est effectivement très fort en matière d'économie propre et d'industries du savoir, en particulier l'intelligence artificielle. Le Québec est aussi bon dans l'aérospatiale et d'autres industries connexes.
    Toutefois, si toutes ces industries sont sur la scène mondiale, c'est grâce à la participation active du gouvernement fédéral au fil du temps. Sans les investissements du gouvernement fédéral dans ces technologies de pointe, le Québec ne serait pas arrivé à la position qu'il occupe actuellement, et sans des investissements continus de la part du gouvernement fédéral, le Québec ne serait pas parvenu à un point où les technologies canadiennes et québécoises sont à l'avant-garde de l'économie mondiale du savoir.

  (1325)  

[Français]

     Madame la Présidente, j'ai l'honneur de réchauffer la salle pour ma collègue de Terrebonne. Ça me fait bien plaisir.
    J'ai écouté plusieurs des discours de mes collègues avant de me lever à mon tour. J'aimerais relire le texte de la motion, parce que nous allons évidemment y revenir toute la journée:
    Que la Chambre:
a) dénonce les intrusions répétées du gouvernement fédéral dans les champs de compétence exclusifs du Québec, des provinces et des territoires;
b) rappelle au premier ministre que, malgré ses affirmations, il est faux de prétendre que « les citoyens se foutent de quel ordre de gouvernement est responsable de quoi »;
c) réclame que le gouvernement offre systématiquement au Québec, aux provinces et aux territoires un droit de retrait avec pleine compensation et sans condition chaque fois que le fédéral s'ingère dans leurs juridictions.
     Il y a une sorte de contradiction dans la dernière phrase, parce que le gouvernement fédéral ne devrait jamais s'ingérer dans les champs de compétence du Québec, des provinces et des territoires.
    Je veux revenir au paragraphe b) de notre motion d'aujourd'hui, parce que, tantôt, le député de Lac‑Saint‑Louis y a fait allusion en laissant sous-entendre que c'était un peu n'importe quoi. Je vais reprendre la citation qui est entre guillemets: « les citoyens se foutent de quel ordre de gouvernement est responsable de quoi ». Ça ne vient pas de nulle part, ça vient de la bouche du premier ministre lui-même. On remet ça en question, pourtant, 82 % des Québécoises et des Québécois qui ont été sondés au mois de mars ont affirmé se préoccuper du respect des compétences du gouvernement fédéral, des provinces, en l'occurrence le Québec, et des municipalités. Ce n'est pas rien. Ça veut dire que les citoyens en ont quelque chose à foutre, pour réutiliser les termes utilisés par le premier ministre.
    Il n'y a rien qui m'énerve plus que quelqu'un qui ne se mêle pas de ses affaires et qui vient faire quelque chose qui relève des responsabilités de quelqu'un d'autre uniquement pour s'en attribuer le mérite. Imaginons qu'aujourd'hui, je décide de donner la parole à un député qui invoque le Règlement. Vous me diriez de me rasseoir assez vite, madame la Présidente, et avec raison. Eh bien, c'est comme ça que les Québécoises et les Québécois se sentent quand le gouvernement fédéral arrive avec ses gros sabots dans nos champs de compétence. Ces tensions que le gouvernement fédéral entretient avec le Québec sur le respect des champs de compétence ne datent pas d'hier, et ce n'est pas non plus exclusivement une affaire de souverainistes qui cherchent la chicane. Robert Bourassa s'en plaignait. Y a-t-il eu quelqu'un de plus fédéraliste et libéral que lui, en politique provinciale, au Québec?
    Les ingérences fédérales sont perçues non seulement comme des violations de l'autonomie du Québec et des provinces, mais aussi comme des obstacles au développement et à l'épanouissement de la nation québécoise. Ça a été l'opinion d'à peu près tous les gouvernements qui se sont succédé à l'Assemblée nationale. Je le répète: 82 % des citoyens du Québec sont d'avis que le gouvernement fédéral devrait se mêler de ses affaires. Ce ne sont pas seulement les élus qui le pensent.
    Lorsqu'on demande au gouvernement de se mêler de ses affaires, ça commence par faire correctement ce qu'on attend de lui. Par exemple, il devrait apprendre où va l'argent des contribuables avant de réaliser qu'on a gaspillé 1 milliard de dollars au profit de consultants ou de petites entreprises qui ne sont pas toujours compétentes et auxquelles on confie le mandat, par exemple, de créer une application pour gérer les arrivées à la frontière en temps de pandémie. Ce n'est qu'un exemple, bien sûr.
    Se mêler de ses affaires, ça veut aussi dire régler le fiasco de Phénix, à cause duquel, encore aujourd'hui, nous devons aider des citoyens de nos circonscriptions — je ne suis pas le seul à le faire — à qui le gouvernement doit souvent jusqu'à des dizaines de milliers de dollars. Ils vivent dans une misère qu'on ne souhaite à personne et qui n'est certainement pas méritée, compte tenu des efforts qu'ils ont consacrés à leur retraite toute leur vie. Ils se présentent à nos bureaux parce que le gouvernement leur doit encore 30 000 $, 40 000 $ ou 50 000 $, à cause du problème de Phénix qu'il n'est pas capable de régler.
    Se mêler de ses affaires, c'est aussi ne pas essayer d'imposer des conditions pour les transferts en santé au Québec et aux provinces, parce que le fédéral ne connaît rien au système de santé du Québec. En fait, en ne contribuant pas au système de santé du Québec et des provinces, il a contribué au désastre qu'on vit présentement dans nos systèmes de santé. Là, je vais entendre les néo-démocrates et les libéraux se lever pour dire qu'il y a 600 000 Québécois qui sont contents d'avoir un système d'assurance dentaire. Cependant, si on avait fait des transferts adéquats au Québec et aux provinces au fil des années pour financer leur système de santé et que les Québécois voulaient un régime d'assurance dentaire qui couvre l'ensemble de la population, nous aurions les moyens de nous l'offrir, comme nous nous sommes dotés d'une assurance-médicaments et de services de garde. Nous sommes capables de créer des programmes sociaux à la couleur et à la saveur de la nation québécoise, ainsi que selon ses valeurs.

  (1330)  

     Se mêler de ses affaires, c'est aussi arrêter de faire semblant d'avoir les aînés à cœur. Je sais que je touche une corde sensible de ma collègue de Shefford. Les personnes de 65 à 74 ans sont oubliées dans la misère, parce que le fédéral ne veut pas les inclure dans le programme d'augmentation des pensions de la vieillesse. C'est complètement ridicule, c'est complètement inexplicable et inexcusable. Il ne se passe pas une semaine où je ne reçois pas de courriels, d'appels de mes concitoyens âgés de 65 à 74 ans, qui se demandent ce qui se passe. Ils se demandent s'ils vont finir par avoir l'augmentation. Eh bien, non.
    Le Bloc québécois continue de travailler à cela. Les aînés de 65 à 74 peuvent être assurés que nous allons continuer d'être de leur côté.
     Nous serons aussi avec les gens de 75 ans et plus, pour qu'il y ait une équité et qu'on cesse d'avoir deux classes d'aînés. Si le fédéral se mêlait de ces affaires et s'occupait de ses oignons comme du monde, on n'aurait pas à gérer cette situation.
    Se mêler de ses affaires, c'est aussi arrêter de prétendre vouloir défendre le français, quand de l'autre côté, on veut contester à la Cour suprême la loi 96, une loi votée tout à fait démocratiquement par l'Assemblée nationale du Québec, qui sait d'ailleurs, et je le souligne, mieux qu'Ottawa comment contrer le déclin du français au Québec, au Canada et même en Amérique du Nord. En effet, le Québec est le dernier bastion francophone en Amérique; il est le berceau de la culture et de la langue française. Personne, mieux que le Québec, ne peut défendre la langue française et contrer son déclin.
     La notion des champs de compétence des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux est enseignée dans les écoles du Québec au niveau de la 4e secondaire. Cela veut dire qu'au Québec, les jeunes de 14 et 15 ans savent ce qui relève du fédéral, ce qui relève du Québec, ce qui relève de la responsabilité des municipalités. À 14 ou 15 ans, ils apprennent cela à l'école. Ces jeunes à qui on apprend cela s'intéressent pendant un petit bout de temps à la politique. Ils regardent un peu ce qui se passe, puis ils voient qu'ici, au Parlement d'Ottawa, on est complètement dans le champ. On ne se mêle pas du tout de ce dont on devrait se mêler. Ils se grattent la tête, puis ils se demandent comment il se fait que des adultes qui sont élus au Parlement ne sachent même pas cela, alors qu'ils viennent de l'apprendre à l'école à 14 ans.
     Quelque chose explique cela. En effet, depuis quelque temps, on assiste à une exploitation de l'ignorance des gens. On bombarde notre monde à coups de slogans insipides et vides de sens. On répand de la désinformation crasse à gauche et à droite — c'est surtout à droite—, puis on réalise que cela fonctionne. Les gens avalent cela sans trop se poser de questions. C'est triste et c'est dangereux pour la démocratie.
    L'un des enseignements de Socrate — je vais avoir l'air savant — dit qu'une démocratie ne peut fonctionner que si le peuple est éduqué. Nous vivons une époque préoccupante, si les politiciens exploitent l'ignorance plutôt que de contribuer à l'édification d'une société mieux informée et à des citoyens capables d'esprit critique. On a le devoir, en tant que parlementaire, de faire les choses correctement, de respecter les institutions, de respecter notre devoir envers nos concitoyens. Or cela passe par le respect des compétences de chaque palier de gouvernement et du fait que chaque palier de gouvernement doit faire son travail comme il faut.
     Madame la Présidente, je remercie mon collègue de son discours.
    J'aimerais lui poser une question que j'ai déjà posée. J'aimerais entendre ses commentaires.
    Pense-t-il que les députés du Bloc québécois, qui représentent sûrement leurs concitoyens, représentent le gouvernement du Québec?
    Madame la Présidente, j'apprécie la question de ma collègue de Châteauguay—Lacolle.
    Si elle suit un peu les travaux de la Chambre — je suis convaincu qu'elle le fait assidûment —, elle sait très bien que le Bloc québécois représente l'Assemblée nationale du Québec, les élus de la population du Québec et, idéalement, les consensus de l'Assemblée nationale. Nous respectons surtout, d'abord et avant tout, les décisions qui sont prises à l'Assemblée nationale du Québec, parce que c'est ce qui représente le mieux les intérêts des Québécois.

  (1335)  

    Madame la Présidente, je remercie mon collègue de Drummond d'avoir bien réchauffé la salle. On sent maintenant un engouement pour le respect des champs de compétences.
    J'ai une question à lui poser sur la légitimité qu'a le gouvernement libéral pour s'immiscer dans les champs de compétences du Québec, sachant que celui-ci a reçu un mandat minoritaire.
    J'aimerais que mon collègue nous en parle un peu.
    Madame la Présidente, j’espère que j’ai 15 minutes pour répondre à la question de ma collègue de Terrebonne, parce que j’en ai beaucoup à dire.
    Il est préoccupant de voir que la population offre un mandat minoritaire à un gouvernement et que ce gouvernement, plutôt que de respecter la volonté de la population, s’acoquine avec un autre parti de l’opposition afin de gouverner comme un gouvernement majoritaire, et ce, avec des politiques et des projets de loi qui, peut-être avec une bonne volonté à la base, vont quand même à l’encontre de certains principes, dont celui du respect des compétences du Québec et des provinces.
    Non, je ne pense pas que le gouvernement a la légitimité de gouverner comme il le fait.
    Madame la Présidente, nous commémorions lundi la Journée nationale des patriotes, des patriotes qui se sont battus, ont parfois été exilés, voire pendus pour défendre le droit des Québécois de se gérer eux-mêmes.
    En 1838, à la suite de la rébellion des patriotes, le Québec est un champ de ruines. Dans la fumée des incendies de la répression britannique, une réflexion a cours: comment se débarrasser de ces damnés francophones qui refusent de se soumettre à la reine Victoria et aux intérêts des hommes d'affaires britanniques qui dominent la colonie? Que faire alors pour créer un dominion loyal à l'Empire britannique, sans que les Québécois se révoltent à nouveau?
    La solution fut toute trouvée: annonçons donc la création d'une confédération. Dans une confédération, ce sont les provinces qui ont le gros du pouvoir. Les Québécois pourraient se gouverner en paix sans trop d'ingérence. Après, on pourra leur imposer une fédération sans leur demander leur avis. Hop, ni vu ni connu, ainsi naît la fédération canadienne; un beau mensonge initial pour que des francophones ne se soulèvent plus.
    Dans le Canada anglais, la mesure ne fait toutefois pas l'unanimité. Pourquoi faire des concessions à ces vaincus? La Constitution de 1867 est donc basée sur un mensonge visant à concilier l'inconciliable; d'une part, la volonté d'autodétermination du peuple québécois, d'autre part, la volonté unitaire de la population d'origine britannique. Toute l'histoire du régime fédéral est là, tiraillée entre ceux pour qui le vrai pouvoir est à Québec et ceux pour qui le vrai pouvoir est à Ottawa.
    Il est quand même ironique que ce soit une députée indépendantiste qui doive encore rappeler à la Chambre comment fonctionne la Constitution canadienne, alors que le gouvernement ne perd pas une occasion de rappeler qu'il ne faut pas toucher à la Constitution et que tous les enjeux qui y sont reliés ne sont pas importants pour les Canadiens et les Québécois ou que les Québécois ne se soucient pas des champs de compétence.
    C'est d'autant plus ironique que la Constitution dont je parle est celle imposée en secret par le père du premier ministre actuel, lors de la nuit des longs couteaux en 1982. Depuis, la tendance du Parti libéral s'est renforcée. De plus en plus, le Canada anglais souhaite faire d'Ottawa son vrai gouvernement, celui qui gère l'essentiel des services publics. Le Québec, lui, fait un autre choix. Tous les sondages le montrent et mes collègues l'ont rappelé. Quand on demande aux Québécois si c'est le Québec ou Ottawa qui devrait gérer chaque champ de compétence isolément, ils répondent chaque fois avec une écrasante majorité: le Québec.
    Plusieurs mesures présentées dans le dernier budget, par exemple, ont des objectifs nobles: prendre soin des gens touchés par les conditions économiques difficiles qui sont d'ailleurs les nôtres aujourd'hui. Le problème, c'est que ces mesures sont mal adaptées aux diverses réalités. Je ne crois pas apprendre quoi que ce soit à mes collègues quand je dis que le Canada, dans son état actuel, est assez diversifié. Les réalités sont très différentes entre le Québec et l'Alberta, par exemple.
    Cependant, avec toute la bonne foi du monde, c'était inévitable. Sans consultation préalable avec les provinces, les programmes seront mal adaptés. La santé et le logement ne sont pas de compétence fédérale. La Chambre n'a rien à faire dedans. Pourquoi? Parce que les Québécois considèrent que leur vrai gouvernement est à Québec. Tant que ce sera le cas, le concept de déséquilibre fiscal existera. Par déséquilibre fiscal, j'entends ici le fait que les provinces disposent de moyens financiers insuffisants au regard des compétences propres, alors que le gouvernement fédéral pourrait, s'il le souhaitait, enregistrer des excédents — on ne sait pas comment il fait pour avoir un déficit — pour s'acquitter des responsabilités qui découlent des compétences qu'il exerce. Comme le disait Bernard Landry: « Les besoins [...] se trouvent dans les provinces, mais les moyens [...] se trouvent à Ottawa. »
    Même si le gouvernement fédéral s'efforce de renier son existence, le déséquilibre fiscal est un concept bien connu et un enjeu majeur et reconnu depuis les années 1990. Avec le vieillissement de la population, le coût des programmes sociaux du Québec augmente rapidement. C'est au gouvernement du Québec, et à lui seul, de déterminer où les fonds des programmes sociaux devraient aller. Puisque le Québec est systématiquement sous-financé, on peut se demander — et on se le demande souvent — si, pour le Parti libéral, un Québécois vaut moins qu'un Canadien.
    Le gouvernement du Québec s'époumone à demander des hausses de transferts en santé. Que lui répond le fédéral? Il lui répond par encore plus d'intrusions dans ses champs de compétence. Dans le cas précis du programme d'assurance dentaire dont on parle un peu aujourd'hui, il s'agit d'une intrusion dans un programme déjà couvert par le régime d'assurance maladie du Québec. Oui, je tiens à rappeler à mes amis du NPD que la Régie de l'assurance maladie du Québec est un organe public qui ne prévoit pas de s'enrichir sur le dos des contribuables comme c'est prévu dans le programme de soins dentaires du gouvernement fédéral. Si la politique proposée sur les chèques dentaires est si mauvaise finalement, c'est parce que le gouvernement refuse encore obstinément de consulter le Québec et les provinces lorsqu'il conçoit ses programmes.

  (1340)  

    D'ailleurs, par son code du travail progressiste, le Québec est l'endroit en Amérique du Nord où le taux de syndicalisation et d'assurance collective est le plus élevé, ce qui rend les travailleurs inéligibles aux programmes conçus par le fédéral. C'est toujours et encore une fois le Québec qui écope du retard du fédéral, parce qu'il s'est doté lui-même d'un bon filet social, bien avant les volontés du fédéral.
    Pourquoi le gouvernement fédéral ne peut-il pas s'empêcher de s'ingérer là où il n'a pas affaire, alors qu'il n'est même pas capable de s'occuper adéquatement de ses propres champs de compétence? J'ai une hypothèse. Je pense qu'il veut tuer le concept de déséquilibre fiscal. C'est bien simple: au lieu de le régler, il va le faire disparaître. Pensons-y bien. Plutôt que d'envoyer des transferts en santé aux provinces ou de permettre au Québec un droit de retrait avec pleine compensation, il crée un gouvernement unitaire où il n'y a plus de séparation des pouvoirs. Donc, en grugeant peu à peu les pouvoirs des provinces, le concept de déséquilibre fiscal, en vertu duquel les besoins sont dans les provinces, mais les moyens à Ottawa, n'existe plus. Comme cela, le concept de déséquilibre fiscal n'a pas été réglé, mais n'existe plus.
    Cependant, pour convaincre la population que le gouvernement fédéral est capable de devenir un État unitaire, muni de tous les pouvoirs, il devrait peut-être commencer par montrer qu'il est capable de s'occuper au moins de ses propres champs de compétence, de ce qui relève vraiment de lui. Dois-je parler à nouveau — comme je l'ai fait à maintes reprises à la Chambre — d'ArriveCAN ou des milliards qui partent depuis des années à des entreprises qui ne livrent aucun service, sauf pour sous-traiter à coût de commissions très élevées?
     On apprend encore une fois chaque semaine de nouvelles choses. Le gouvernement fédéral, au lieu de faire le ménage dans ses propres agences, promeut des employés qui ont ouvertement enfreint le code de conduite, des employés qui sont allés prendre des verres et souper avec GC Strategies, puis qui ont été promus. C'est scandaleux. Le gouvernement fédéral ne s'occupe pas de ses propres champs de compétence, mais multiplie les intrusions dans les champs de compétence du Québec et des provinces.
    Au cœur de ce débat se trouve réellement le rôle du gouvernement fédéral. Si nos collègues souhaitent un État unitaire où toutes les décisions sont prises à Ottawa, qu'ils le disent ouvertement. Certains pays fonctionnent ainsi. C'est une vision qui se défend. Pourtant, il faudrait rouvrir la Constitution, ce qui leur fait peur. Je suis persuadée que les Québécois n'accepteront jamais de perdre leur autonomie et leurs pouvoirs.
    Mes collègues des autres partis se disent fédéralistes. Justement, qu'ils soient fédéralistes. Qu'ils acceptent qu'ils n'ont pas tous les pouvoirs et qu'ils doivent faire confiance au Québec et aux provinces pour s'occuper de leurs propres champs de compétence. Une fois reconnu le problème du déséquilibre fiscal, qui existera tant et aussi longtemps que le Canada sera régi par la Constitution canadienne actuelle, d'un côté, et par le besoin d'agir pour aider nos citoyens, de l'autre, il faudra que la Chambre se pose de vraies questions. Lorsque le régime fédéral s'est mis en place, les besoins importants étaient de compétence fédérale: participer aux guerres de l'Empire britannique pour s'emparer des mines de diamant des Boers, construire des navires cuirassés pour ce même empire, détruire les nations autochtones à coups de famines, de réserves et de pensionnats. Voilà quelles étaient les priorités du gouvernement fédéral à l'époque où le régime fédéral a été créé. Ils avaient des vrais besoins et allaient puiser l'argent dans les provinces.
    Cependant, en 2024, les vrais besoins sont au Québec et dans les provinces. Les solutions aux vrais problèmes sont également dans les mains des gouvernements québécois et provinciaux. Si la Chambre veut vraiment aider les gens avec leur logement ou les soins dentaires de leurs enfants, elle devrait réfléchir. Au lieu de penser à des projets d'un océan à l'autre forcément mal adaptés, le gouvernement fédéral devrait abandonner ses prétentions à tout régenter. Renversons le déséquilibre fiscal. Donnons au Québec et aux provinces les moyens de prendre soin de leur monde. Sinon, soyons sincères — ce qui manque souvent à la Chambre —, et rouvrons la Constitution une fois pour toutes. Que le gouvernement du Canada devienne un gouvernement unitaire et qu'il le propose à la population pour voir sa réponse, à moins qu'il craigne trop que, cette fois-ci, les Québécois lui disent une fois pour toutes qu'ils s'en vont, pour de vrai.

  (1345)  

    Madame la Présidente, j'apprécie beaucoup le discours de ma collègue. Nous travaillons ensemble au Comité permanent des comptes publics. Son travail assidu sur les comptes publics est vraiment important et on voit à quel point elle porte attention aux détails.
    Comme c'est quelqu'un qui a déjà travaillé comme consultante dans les dossiers financiers, je sais qu'elle comprend très bien à quel point le financement de n'importe quel projet est important. C'est là où le fédéral est un vrai partenaire avec les provinces, surtout le Québec. Je pense notamment à l'exemple du manque de connectivité dans ma région. C'était un gros problème il y a 10 ans à peu près. J'étais une des personnes qui avaient soutenu qu'il fallait que les provinces s'en occupent. C'est Québec qui a traité avec Hydro‑Québec pour les poteaux de télécommunication, mais le gouvernement fédéral a fourni l'argent, au-delà d'un milliard de dollars.
    Ma collègue pense-t-elle que c'est une bonne idée de travailler ensemble comme cela?
     Madame la Présidente, je remercie ma collègue de sa question. C'est une belle illustration de ce qu'il y a dans la Constitution. Internet n'existait pas quand la Constitution, quand le régime fédéral a été créé.
    Tout nouveau pouvoir appartient au fédéral, et, pour une fois, on a agi dans le respect des champs de compétences. Pour une fois, le fédéral a remis l'argent au Québec, et c'était une victoire du Bloc québécois. Ainsi, le Québec est devenu la province la mieux connectée au Canada. C'est grâce au Bloc québécois, qui a fait des pressions pour que le fédéral prenne ses responsabilités et envoie l'argent au Québec pour que ce dernier puisse faire ce qu'il avait à faire, que tout cela a été réglé.
    Madame la Présidente, je remercie ma collègue de son discours.
    Lorsque j'ai fait mon discours plus tôt, j'ai dit que c'était intimidant de prendre la parole après mes collègues qui avaient débuté notre journée de l'opposition et avant ceux qui allaient prendre la parole après moi.
    Je félicite ma collègue pour son discours. Elle a très bien expliqué le thème d'aujourd'hui. J'aimerais cependant qu'elle nous parle du silence des conservateurs. Aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup d'engouement pour parler de cela. Est-ce peut-être parce que le chef de l’opposition, en guise de solution à la crise du logement, a proposé d'inclure des conditions dans son projet de loi? Est-ce peut-être parce que les conservateurs ont annoncé qu'ils s'opposeraient probablement à la loi 21 pour contester la demande du Québec en matière de laïcité? Est-ce peut-être tout simplement parce que les conservateurs ne sont pas prêts à respecter la demande du Québec et des provinces d'augmenter à 35 % les transferts en santé?
    C'est bien beau de dire qu'on ne va pas imposer de conditions, mais si l'on ne répond pas à la demande principale, qui est d'augmenter considérablement les transferts, on ne viendra pas régler le problème. Cela pourrait-il expliquer une partie du silence des conservateurs?
    Madame la Présidente, c'est une excellente question.
    Je devrais peut-être mentionner les mots « taxe » et « carbone » pour qu'ils se lèvent enfin à la Chambre, mais, aujourd'hui, nous abordons un autre sujet qui devrait les préoccuper, c'est-à-dire le Québec.
    Je pense cependant que ce parti a compris qu'il pouvait prendre le pouvoir en ignorant totalement les besoins des Québécois. C'est ce qu'il fait aujourd'hui; il ignore nos demandes.
    Comme l'a mentionné ma collègue, l'autre raison, c'est qu'ils sont divisés à l'interne. Il y a les anciens conservateurs, qui ont justement du respect pour les champs de compétences, et les nouveaux, les néo-conservateurs, qui sont un peu ignorants au sujet de ce concept de division des champs de compétences et qui veulent intervenir à droite et à gauche, mais simplement par pur populisme et par pure démagogie.

  (1350)  

    Madame la Présidente, c'est un plaisir de pouvoir me lever et de profiter du silence des conservateurs, des libéraux et du NPD dans le cadre des questions qui suivent le discours de ma collègue de Terrebonne. Je corrige mon propos: une députée libérale s'est effectivement levée tout à l'heure. Je comprends que le sujet est peut-être un peu sensible pour les partis qui souhaiteraient faire des gains au Québec. On sait que c'est un sujet qui préoccupe les Québécoises et les Québécois.
    Ma collègue a parlé plus tôt d'un gain du Bloc québécois, soit le fait que le fédéral a transféré au Québec les fonds pour le déploiement d'Internet haute vitesse dans toutes les régions du Québec. C'est un programme qui a mieux fonctionné entre les mains du gouvernement du Québec alors que cela brettait depuis des années avec le fédéral. Il y a encore des problèmes de cette nature, notamment en ce qui concerne la couverture cellulaire. Il y a un paquet de problèmes de cette nature.
    Ma collègue ne pense-t-elle pas que, finalement, le fédéral devrait seulement se contenter de redistribuer l'argent au Québec et aux provinces pour que les affaires se règlent dans des délais qui ont du bon sens et d'une manière un peu plus compétente?
     La réponse de l'honorable députée de Terrebonne doit être brève.
    La réponse est: absolument.
    Chaque fois que le fédéral a transféré les fonds au Québec, le problème a naturellement été réglé. Le Québec a été un des précurseurs en ce qui concerne la haute connectivité dans les régions et en termes de connexion cellulaire.
    Moins le fédéral touche aux enjeux des provinces et du Québec, mieux ils se portent. Encore une fois, en attendant l'indépendance du Québec, tout ce que nous voulons, ce sont des transferts en santé et, évidemment…
    Nous devons malheureusement reprendre le débat.
    L'honorable secrétaire parlementaire de la leader du gouvernement à la Chambre des communes a la parole.

[Traduction]

    Monsieur le Président, je suis bien content de la motion présentée par le Bloc aujourd'hui parce qu'elle illustre vraiment un grand contraste. D'un côté, il y a ce que je qualifierais d'alliance contre nature entre les conservateurs, ou plutôt les réformistes, et le Bloc québécois. Dans cette alliance malsaine, les deux partis estiment que le Canada n'a pas de rôle à jouer dans la prestation de services comme les soins de santé. J'ai d'ailleurs interrogé le chef du Parti conservateur à ce sujet ce matin. Les conservateurs et les bloquistes ne croient donc pas à la nécessité d'un programme dentaire national, même si des milliers de Canadiens aux quatre coins de notre pays s'y inscrivent et en bénéficient.
     Tout récemment, le premier ministre du Canada s'est rendu au Manitoba, dans le Nord de Winnipeg. Nous y avons parlé d'un programme national d'alimentation en milieu scolaire qui permettrait aux enfants de mieux apprendre avec un estomac plein. Des programmes nationaux de ce genre existent ailleurs. Que font les bloquistes et les conservateurs à ce sujet? Ils s'y opposent. Ils font donc passer leur partisanerie avant les gens qu'ils représentent, puisque ces programmes font toute la différence.
     Je pense à l'ancien premier ministre Mackenzie King. Lorsqu'il était au pouvoir, il a mis en place des programmes comme la pension pour les personnes âgées, la Sécurité de la vieillesse, et l'assurance-emploi. Il a mis en place les allocations familiales. Comparons ces programmes, auxquels les gens de toutes les régions du pays croient, avec ceux que nous avons mis en place au cours des dernières années. Ce qui ne change pas, c'est que les séparatistes, les députés du Bloc, disent sans cesse non et que les conservateurs soutiennent le Bloc sur ce point. Selon eux, Ottawa ne devrait pas se concentrer sur ce qu'ils considèrent comme une responsabilité provinciale. Or, s'abstenir d'agir, comme ils le réclament, reviendrait à ne pas s'occuper de ce que veulent les Canadiens.
     Les Canadiens sont conscients de la valeur que revêt d'un programme national de garde d'enfants. Tout comme la Saskatchewan s'est dotée d'un régime de soins de santé qui s'est révélé utile dans cette province, le Québec disposait d'un merveilleux programme de garderies, que nous avons été en mesure de transformer en un programme national. Ce ne sont donc plus seulement les habitants d'une région du pays qui en tirent les bénéfices, mais ceux de tout le Canada, tout cela parce que nous avons un programme national de garde d'enfants, que le Parti conservateur a d'ailleurs déclaré vouloir supprimer.
    J'ai posé des questions sur le système de santé, un enjeu très important pour les Canadiens. Le Parti conservateur, l'opposition officielle avec son programme conservateur caché, les réformistes d'en face, eux ne soutiennent pas le système de santé, du moins vraiment pas autant que nous. Le Parti conservateur aurait de la chance s'il parvenait à maintenir les transferts financiers. Nous pouvons examiner ce que nous avons fait. Dès le début, nous avons négocié avec les provinces et nous avons conclu des accords sur la santé pour pérenniser la coopération dans la prestation des services de santé que les Canadiens attendent d'un océan à l'autre. Voilà la différence.
    Nous avons investi un peu moins de 200 milliards de dollars dans la santé afin que les générations futures de Canadiens jouissent du système de santé de qualité qu'ils méritent. Une fois de plus, les conservateurs disent non. Le Parti conservateur s'oppose à de nombreuses mesures progressistes qui améliorent concrètement la situation au pays, qu'il s'agisse du programme de garderies, du régime de soins dentaires ou du régime d'assurance-médicaments. Ces programmes aideront des milliers de Canadiens dans tout le pays, mais le Parti conservateur n'appuie pas ces types d'initiatives.

  (1355)  

     Les conservateurs ne font que débiter toujours les mêmes slogans. Il cherchent à critiquer le gouvernement et à détruire des réputations. C'est là-dessus qu'ils se concentrent. En revanche, le gouvernement, lui, comprend les choses.
    Prenons le budget. On peut voir qu'il répond vraiment aux aspirations des Canadiens, car les députés libéraux ont à cœur d'être à l'écoute des électeurs de leur circonscription. Ils notent leurs idées, ils les rapportent à Ottawa, et nous les mettons en œuvre dans des politiques publiques. C'est pour cette raison que nous avons aujourd'hui un régime national d'assurance-médicaments et un programme national de garderies. C'est parce que nous sommes conscients des besoins des Canadiens. Nous tenons à être là pour les aider.
     J'ai du mal à imaginer que les députés du Bloc québécois, le parti séparatiste, puissent privilégier leur séparatisme plutôt que les intérêts des électeurs qu'ils représentent. Par exemple, il y a littéralement des milliers de personnes au Québec qui vont bénéficier du régime de soins dentaires. Elles sont inscrites pour ainsi recevoir des soins. Ce sont des personnes âgées qui ont des revenus fixes. Les bloquistes privilégient leur séparatisme plutôt que les intérêts des personnes âgées qui ont des revenus fixes. Je trouve cela déplorable.
     Que ce soit au Québec, au Manitoba, en Nouvelle‑Écosse, en Colombie‑Britannique ou dans n'importe quelle autre province, ou encore dans les territoires nordiques, je suis sûr que ces programmes nationaux font la différence pour les personnes âgées. William Mackenzie King l'a montré en mettant en place de nombreux programmes, des programmes auxquels nous sommes désormais attachés et qui font partie de l'identité canadienne. J'estime que les programmes que nous proposons actuellement vont eux aussi avoir des retombées profondément positives sur la Confédération. Ce sont des services qui vont exister des années durant.
     Ce qui menace le plus les services dont je parle, ce sont les députés du Parti réformiste qui siègent en face. Ils sont tellement à droite de l'échiquier politique que les intérêts des électeurs, des Canadiens, ne sont absolument pas leur priorité. Ce qu'ils veulent, c'est sabrer les dépenses. Ils n'hésiteront pas à mettre la hache dans les programmes de garderies, d'assurance-médicaments et de soins dentaires. Au lieu de laisser les Canadiens continuer d'en bénéficier, voire de les bonifier, ils vont y mettre la hache. Il y a de quoi tous nous inquiéter.
     J'aimerais bien qu'il y ait une campagne électorale axée sur la Confédération, sur le drapeau canadien.

Déclarations de députés

[Déclarations de députés]

  (1400)  

[Traduction]

Le Mois de sensibilisation au lupus

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour souligner que le mois de mai est le Mois de sensibilisation au lupus. Le lupus est une maladie chronique caractérisée par une inflammation qui peut cibler n'importe qui à n'importe quel moment de sa vie. Plus de 1 Canadien sur 1 000 a reçu un diagnostic de lupus, un processus qui prend en moyenne 7 ans.
    Le traitement du lupus nécessite un plan complet qui comprend souvent des médicaments et une supervision médicale constante, tout en tenant compte des coûts et des obstacles associés aux soins. Le gouvernement demeure déterminé à assurer l'accès de tous les Canadiens à des soins et à des traitements équitables au sein du système de santé. Il est donc important de sensibiliser la population et d'impulser des changements, à l'occasion du Mois de sensibilisation au lupus comme le reste du temps. Je remercie Lupus Canada du travail qu'il accomplit afin que l'on continue d'améliorer la santé de tous les Canadiens.

L'économie

    Monsieur le Président, après neuf ans sous la direction du premier ministre, la vie est devenue si chère que les Canadiens sont de plus en plus nombreux à avoir du mal à se nourrir et à subvenir aux besoins de leur famille. Le Medicine Hat Root Cellar Food and Wellness Hub, qui nous tient lieu de banque alimentaire, a vu sa clientèle grossir de 170 % depuis 2019, soit une croissance de 36 % pour l'année dernière seulement.
     Tous les mois, plus de 2 700 de mes concitoyens ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence et 63 % d'entre eux sont de nouveaux utilisateurs de la banque alimentaire. La grande majorité de ces clients disent qu'ils ont besoin de cette aide d'urgence à cause de l'augmentation inflationniste du coût de la vie. La banque alimentaire Root Cellar a de la difficulté à obtenir suffisamment de nourriture pour répondre à cette demande accrue. Bon nombre des anciens donateurs issus de la classe moyenne sont tombés dans la pauvreté et de nombreuses entreprises qui avaient l'habitude de faire des dons sont désormais incapables d'être aussi généreuses en raison de la crise économique qui sévit dans notre pays.
     Ce sont là des conséquences réelles des politiques économiques inefficaces que le gouvernement de coalition néo-démocrate—libéral a infligées aux Canadiens. La vie n'était pas comme ça avant l'arrivée du premier ministre, et elle le sera plus quand les conservateurs auront réglé ce gâchis.

[Français]

Virginia Pesemapeo Bordeleau

    Monsieur le Président, à la fin du mois de mai, l'Université de Moncton remettra un doctorat honorifique en arts à Mme Virginia Pesemapeo Bordeleau. Née en Jamésie, Mme Pesemapeo Bordeleau est une artiste multidisciplinaire et eeyou. Depuis plus de 40 ans, elle expose ses tableaux surréalistes aux couleurs éclatantes au Québec, au Canada, en Europe et au Mexique.
    Auteure de trois romans, de trois recueils de poésie, d'un livre pour enfants, de correspondances et de nouvelles, elle n'en est pas à ses premiers honneurs. Le temps me manquerait pour énumérer la liste complète de ceux qu'elle a obtenus. Notons qu'en 2020, elle obtient le prix de l'Artiste de l’année en Abitibi-Témiscamingue remis par le Conseil des arts et des lettres du Québec. En 2021, elle reçoit la Médaille de l'Assemblée nationale du Québec pour l'ensemble de son œuvre. Toujours en 2023, elle est nommée Chevalier de l'Ordre des Palmes académiques de la République française.
    C'est à Senneterre qu'elle continue de peindre, de faire de la culture et de la sculpture et, bien entendu, d'écrire.
    Je dis bravo à Mme Pesemapeo Bordeleau pour ce nouvel honneur tant mérité!

[Traduction]

L'industrie minière

    Monsieur le Président, récemment, à l'occasion d'une conférence de la Fédération des municipalités du nord de l'Ontario, des dirigeants communautaires se sont réunis pour trouver des façons de continuer à libérer le potentiel du Nord. Ils ont entre autres parlé de l'expansion du secteur minier prospère et des mesures de soutien nécessaires. Cette industrie est un important chef de file de la transition vers l'énergie verte. La semaine dernière, le gouvernement fédéral a annoncé l'octroi de 11 millions de dollars pour l'achat de véhicules électriques à batterie dans le cadre du projet Onaping Depth à la mine souterraine de Nickel Belt.

[Français]

    Qu'il s'agisse de l'exploitation minière, de l'industrie papetière ou forestière et d'autres secteurs de développement économique, le Nord de l'Ontario continue à proposer des solutions.
    La conférence « VEB en profondeur: des mines à la mobilité » aura lieu au collège Cambrian. Les experts de l'industrie exploreront les défis liés à l'établissement de chaînes d'approvisionnement complètes en batteries pour les véhicules électriques.
    La députée de Sudbury et moi-même allons y être présents. Nous encourageons tous les membres à y participer.

  (1405)  

[Traduction]

La justice

    Monsieur le Président, après neuf années de ce gouvernement néo-démocrate—libéral, la criminalité, le chaos, et le désordre ne cessent de s'amplifier à Saskatoon. Dans tous les quartiers, la vague de crimes associés aux opioïdes alimentée par le gouvernement portent atteinte aux Canadiens ordinaires et sensés.
     Le centre de consommation supervisée de drogues de la 20e rue, financé par les libéraux, a créé une situation chaotique et dangereuse pour les résidants. La dentiste du quartier, qui ramasse tous les jours des déchets et des excréments humains, a été agressée et a dû reporter ses rendez-vous parce que ses clients ne pouvaient pas entrer dans l'immeuble. La semaine dernière, Postes Canada a interrompu ses livraisons de courrier dans le quartier en raison de la consommation endémique de drogues et de la criminalité. Dans le quartier Fairhaven, auparavant si paisible, l'ouverture d'un nouveau refuge de 106 lits a semé le chaos et le désordre. Le maire a reconnu que les campements de tentes ont triplé depuis un an, ce qui incite les résidents à renoncer à aller au parc et leur fait craindre de sortir de chez eux, même en plein jour.
     Voilà la situation qui règne à Saskatoon, après neuf ans des soi-disant efforts de réduction des méfaits déployés par les néo démocrates et les libéraux. La seule solution serait l'élection d'un nouveau gouvernement conservateur qui mettrait fin à la consommation de drogues et à la criminalité.

Le champion du monde de boxe poids lourds

    Monsieur le Président, samedi soir, le boxeur ukrainien Oleksandr Usyk a battu le boxeur Tyson Fury, beaucoup plus gros que lui, remportant le titre incontesté de champion du monde des poids lourds, le premier en 24 ans. Ironiquement, M. Fury est lui-même devenu champion en battant un autre boxeur ukrainien, Wladimir Klitschko, le frère de l'actuel maire de Kiev, en Ukraine.
     Bien que l'Ukraine continue à se défendre contre un envahisseur russe beaucoup plus grand qu'elle, elle a eu du mal à tenir le front ces dernières semaines, en grande partie à cause d'une pénurie de munitions, qui commencent heureusement à arriver des États‑Unis. Samedi a été une grande victoire pour Oleksandr Usyk, une grande victoire pour la boxe et, surtout, une grande victoire pour l'Ukraine, car M. Usyk a montré au monde comment, avec suffisamment de cœur, de force et d'intelligence, David peut réussir à vaincre Goliath.
    Slava Ukraini

L'industrie minière

    Monsieur le Président, en ce qui concerne les matériaux, tout ce qui n'est pas cultivé vient des mines. Les riches ressources en minéraux critiques du Canada représentent un débouché économique générationnel. Ces minéraux sont les éléments constitutifs des technologies propres, du lithium dans les batteries des véhicules électriques au cuivre des lignes de transmission et bien d'autres choses encore dont le monde a besoin pour bâtir un avenir prospère et durable.
     Notre industrie minière, d'une valeur de 100 milliards de dollars, génère 700 000 emplois directs et indirects, y compris dans ma circonscription de Sudbury. C'est une industrie qui offre de nombreux emplois syndiqués bien rémunérés dont nous sommes fiers. Nous ouvrons l'avenir de nos minéraux critiques grâce à notre stratégie de 3,8 milliards de dollars, qui comprend un fonds d'infrastructure, un programme de recherche-développement, des crédits d'impôt et des programmes de partenariat avec les Autochtones.
     Nous devons à nos entreprises minières, à nos innovateurs et, surtout, aux prochaines générations de travailleurs de veiller à ce que l'économie canadienne prospère dans un monde en mutation, et c'est exactement ce que nous faisons.

Le vol de véhicules

    Monsieur le Président, le programme laxiste du premier ministre en matière de criminalité a entraîné une vague de vols de véhicules automobiles, et les Canadiens en paient le prix. Le coût des demandes de règlement présentées aux assureurs pour vol de véhicules a grimpé en flèche pour atteindre 1,5 milliard de dollars, pulvérisant ainsi le record précédent. Non seulement les Canadiens se font voler leurs véhicules, mais ils subissent également la hausse de leurs primes d'assurance, et ce, parce que le gouvernement libéral refuse de sévir contre le vol de véhicules. Dans la seule province de l'Ontario, le Bureau d'assurance du Canada a estimé que les vols de voitures ont fait augmenter les primes d'assurance de 130 $ l'année dernière, et ce chiffre devrait encore augmenter.
     Les conservateurs freineraient le vol de voitures. Nous mettrions fin au système judiciaire libéral — sitôt arrêté, sitôt relâché — qui permet la remise en liberté sous caution des récidivistes dans les heures qui suivent leur arrestation, et nous abrogerions le projet de loi C-5, afin de supprimer la détention à domicile pour le vol de voitures, de sorte que les criminels ne pourraient plus sortir de chez eux pour voler une autre voiture. Notre plan de bon sens protégerait les biens des citoyens et rendrait les rues plus sûres.

L'organisme Heart Lake Turtle Troopers

    Monsieur le Président, je suis ravie de prendre la parole aujourd'hui pour remercier un organisme de ma collectivité qui prend à cœur la préservation de l'environnement. Les Heart Lake Turtle Troopers sont les récents lauréats du Grow Green Environmental Award 2024, un prix décerné par la Ville de Brampton dans le domaine de l'environnement.
     Non seulement les bénévoles des Heart Lake Turtle Troopers sauvent des tortues blessées et construisent et entretiennent des dispositifs de protection de leurs nids, mais ils recueillent aussi des données et mènent des campagnes de sensibilisation afin d'assurer la préservation future de ces tortues. Cet organisme communautaire, qui a démarré avec deux membres seulement, compte maintenant tout une communauté de bénévoles. Il nous incombe à tous de protéger notre planète, et cet organisme est la preuve que de petits gestes peuvent avoir un impact important.
     Je félicite les Heart Lake Turtle Troopers et les remercie de tout le travail de préservation qu'ils accomplissent dans notre collectivité.

  (1410)  

Taïwan

    Monsieur le Président, je prends la parole aujourd'hui pour exprimer mon soutien à la participation de Taïwan à l'Assemblée mondiale de la santé. L'exclusion de Taïwan des initiatives mondiales dans le domaine de la santé crée une lacune importante sur le plan de la sécurité sanitaire mondiale, et il faut remédier. Malgré ses contributions majeures à la santé mondiale partout dans le monde, notamment par l'entremise des mesures d'aide qu'elle offre à de nombreux pays, Taïwan se heurte à des obstacles qui l'empêchent de participer pleinement aux initiatives de l'Organisation mondiale de la santé.
     L'inclusion de Taïwan au sein de l'Assemblée mondiale de la santé servirait l'intérêt non seulement de ses citoyens, mais aussi celui de l'ensemble de la communauté internationale. La prochaine Assemblée mondiale de la santé se tenant du 27 mai au 1er juin, je demande instamment à l'Organisation mondiale de la santé et à ses membres de reconnaître les efforts et les contributions de Taïwan à l'égard de la santé mondiale et de lui accorder la pleine participation au sein de l'Assemblée mondiale de la santé. J'exhorte cette dernière à laisser Taïwan aider, car elle a beaucoup à offrir.

Les clubs 4‑H du Canada

    Monsieur le Président, après neuf ans, le gouvernement néo-démocrate—libéral n'en vaut pas le coût pour les agriculteurs canadiens. Cette fois-ci, il réduit le financement d'un de nos organismes bénévoles qui obtiennent le plus de résultats. Depuis 111 ans, les clubs 4‑H du Canada transmettent aux jeunes Canadiens des enseignements sur la communauté, l'agriculture et le leadership, mais parmi ses premières mesures, le ministre de l'Agriculture libéral a décidé de marquer cet incroyable jalon en réduisant de 30 % le financement des clubs 4‑H. L'organisme a été contraint de se restructurer, et des programmes fantastiques, comme le Congrès sur la citoyenneté, sont menacés. Les membres des clubs 4‑H apprennent en travaillant, promeuvent l'agriculture durable et sensibilisent les Canadiens sur la provenance de leurs aliments.
     Les conservateurs comprennent l'importance de l'agriculture canadienne et de ceux qui servent de modèles aux jeunes Canadiens qui seront les moteurs de l'innovation et de la croissance économique futures. Voilà pourquoi un futur gouvernement conservateur annulera la réduction de financement des clubs 4‑H par les libéraux en réaffectant des millions de dollars d'Agriculture Canada, car pour nous, il est bien plus important de financer des programmes pour la jeunesse canadienne, comme les clubs 4‑H, que de financer des consultants inutiles.

L'économie

    Monsieur le Président, après neuf ans de ce premier ministre libéral—néo-démocrate, de plus en plus de Canadiens n'arrivent plus à se nourrir et à se loger. Le directeur parlementaire du budget est d'accord. Selon son rapport, le gouvernement n'atteint pas son objectif de mettre fin à l'itinérance. En fait, les choses se sont aggravées de 88 % entre 2018 et 2022, dont près de 80 % est strictement attribuable aux problèmes d'abordabilité.
     Depuis, avec l'aide de ses complices néo-démocrates et des lobbyistes des chaînes d'épicerie, l'inflation alimentaire n'a jamais été aussi forte en 40 ans. Cette situation est à mettre directement sur le compte d'un gouvernement qui refuse d'assumer la responsabilité de ses actes. La réponse à ses échecs est toujours la même: « Ce n'est pas notre faute, mais ne vous inquiétez pas, nous arrangerons cela plus tard. »
     Les statistiques alarmantes sur l'itinérance sont carrément honteuses. On ne parle pas seulement de chiffres, mais bien de personnes. Après près de 10 ans avec les libéraux au pouvoir, le Canada est méconnaissable. Il ressemble plus à ce qu'il était en 1934 qu'à ce qu'il devrait être en 2024, et les choses seront bien différentes sous un gouvernement conservateur plein de gros bon sens.

[Français]

Sylvie Brunelle

    Monsieur le Président, quoi de plus rassembleur qu’un marché public, lieu de regroupement pour la communauté, vitrine pour nos producteurs et artisans locaux? Avec Sylvie Brunelle, le Marché de la gare de Sherbrooke est aussi devenu un site où la magie opère. Comme coordonnatrice de la Corporation du Marché de la gare, Mme Brunelle a su, au cours des dernières années, créer une cohésion entre les acteurs locaux pour offrir à la population de Sherbrooke des événements incroyables.
    Une visite au marché de Noël est devenue une tradition pour plusieurs familles sherbrookoises. Mme Brunelle n’hésite d’ailleurs jamais à mettre la main à la pâte pour dynamiser ses événements. Elle incarne même la mère Noël elle-même, au grand bonheur des petits. Elle est aussi très impliquée dans la relève en accueillant de jeunes entrepreneurs en période estivale afin qu’ils vivent une première expérience de vente.
    Mme Brunelle a pris la décision de se consacrer à de nouveaux projets. Je lui souhaite du succès pour la suite. Je la remercie, au nom des Sherbrookoises et des Sherbrookois, pour son implication au sein de notre communauté.

  (1415)  

[Traduction]

Les affaires étrangères

    Monsieur le Président, la semaine dernière, trois autres pays ont annoncé qu'ils reconnaîtront officiellement la Palestine en tant qu'État. Partout dans le monde, la réaction dominante a été qu'il était temps. Cela signifie que 143 pays reconnaîtront l'existence de la Palestine en tant qu'État. Ils reconnaissent que le statut d'État palestinien n'est pas quelque chose qui doit être accordé, mais qu'il s'agit plutôt d'un droit inhérent.
     Nous observons également la vacuité des paroles de ceux qui déclarent appuyer une solution à deux États tout en affirmant qu'il ne faut pas reconnaître le statut d'État palestinien à moins que cela ne soit négocié. Cela nous amène au gouvernement libéral. À un moment critique de l'histoire, les libéraux veulent tout et rien à la fois. Quelle est leur position, au juste, sur la reconnaissance d'un État palestinien?
     S'il y a une leçon à tirer de l'histoire, c'est qu'elle ne s'est pas faite toute seule. Le conflit en Palestine n'est pas né du hasard. Une solution à deux États est nécessaire pour promouvoir la paix. Il faut deux États, de même que la volonté politique nécessaire pour concrétiser cette solution.
     Notre message au Parlement doit être clair: si on ne fait pas partie de la solution, c'est qu'on fait partie du problème. Reconnaître la Palestine comme État, c'est faire partie de la solution. Le premier ministre et la ministre des Affaires étrangères doivent prendre position en faveur de la paix, de la sécurité et de la justice.

[Français]

Le dépanneur Saint‑François

     Monsieur le Président, en matière de solidarité et d’entraide, on s’y connaît, au Lac‑Saint‑Jean.
    Il y a plus de cinq ans, la municipalité de Saint‑François‑de‑Sales, dans ma circonscription, est devenue un véritable désert alimentaire alors que fermait le seul commerce d’alimentation du milieu. Comme il était presque impossible pour plusieurs personnes âgées de se déplacer vers les grands centres, la communauté s’est retroussé les manches à la recherche d’une solution. C’est ainsi qu’a vu le jour le dépanneur Saint‑François.
    Ouvert à l’année, sept heures par jour et quatre jours par semaine, le dépanneur est soutenu entièrement par le travail des bénévoles. Ce sont d’ailleurs des bénévoles qui en ont fait la conception et qui assurent aujourd’hui toutes les opérations. Sans surprise, le dépanneur Saint-François est une fierté pour la municipalité et, surtout, un modèle qui prouve qu’au Lac‑Saint‑Jean, on a du cœur au ventre et qu’on n’hésite jamais quand vient le temps de se serrer les coudes.
    À tous ces bénévoles dont l’implication fait une véritable différence dans notre communauté, du fond du cœur, je les remercie.

[Traduction]

Rex Murphy

    Monsieur le Président, c'est avec autant de tristesse que de gratitude que je prends la parole aujourd'hui pour rendre hommage à un grand Canadien, Rex Murphy. Rex était fier d'être Terre-Neuvien. Il avait acquis la réputation de critique implacable des gens de pouvoir, y compris Joey Smallwood, ce qui n'était pas tâche facile à l'époque. Après avoir occupé des fonctions d'attaché politique dans les deux grands partis de la province, il est devenu le grand chroniqueur national que l'on connaît.
    Rex était capable de se lancer dans des diatribes incroyables sur CBC/Radio-Canada, à un point tel que même moi, je regardais CBC/Radio-Canada pour l'entendre. Il a ensuite animé l'émission Cross Country Check-up, où il écoutait avec compassion et respect des témoignages de gens ordinaires. Il a écrit de nombreux poèmes, récits et pamphlets fort estimables. Sa voix va nous manquer.
     Je me joins à tous les autres Canadiens pour remercier Rex pour tout ce qu'il a fait. Qu'il repose en paix.

Le Programme d'aide aux anciens combattants

    Monsieur le Président, j'aimerais souligner le travail accompli dans le cadre du Programme d’aide aux anciens combattants, dont l'agent Aaron Dale, du service de police de Toronto, est le champion. Ce programme dispense de la formation aux policiers qui viennent en aide aux anciens combattants en situation de crise.
     Dans ma circonscription, les agents David Cassidy et Brian Serapiglia ont joué un rôle clé dans la mise en œuvre du programme dans la région de Waterloo. Grâce à leur initiative, nous sommes désormais en mesure de sensibiliser nos premiers intervenants sur la culture militaire et sur les techniques de désamorçage des crises, afin de pouvoir aiguiller rapidement les anciens combattants vers les services nationaux qui pourront les aider. Ce partenariat avec Anciens combattants Canada réunit désormais 80 services de police et a permis jusqu'à présent de venir en aide à plus de 200 anciens combattants.
     J'invite tous mes collègues à se renseigner auprès de leurs services de police locaux pour s'assurer qu'ils ont accès à cet excellent programme qui, en plus, est gratuit. Tous ensemble, nous pouvons équiper les services de police canadiens des outils dont ils ont besoin pour venir en aide aux anciens combattants de toutes les régions du Canada.

QUESTIONS ORALES

[Questions orales]

[Français]

Les priorités du gouvernement

    Monsieur le Président, après neuf ans, on réalise que le premier ministre n'en vaut pas le coût: il y a une augmentation de 38 % de l'itinérance et un quart des Canadiens sautent des repas par manque d'argent. Le Bloc a voté pour 500 milliards de dollars de dépenses centralisatrices et inflationnistes pour ajouter 100 000 autres fonctionnaires et doubler les dépenses des consultants. Il dit qu'il n'avait pas le choix, parce que, sinon, le gouvernement allait fermer.
    Est-ce que le gouvernement va informer le Bloc que ces dépenses allaient être adoptées avec les néo-démocrates, peu importe le vote du Bloc?

  (1420)  

    Le Parti conservateur emploie le mot « itinérance », mais, dans son programme et dans son plan, ce mot n'existe même pas. Je trouve ça hypocrite de la part d'un parti qui, à la Chambre, a voté contre toutes les mesures qui peuvent donner un toit aux Canadiens. Je pense que le Parti conservateur doit faire un examen de conscience quant à sa réelle intention en ce qui a trait à la lutte contre l'itinérance.
    Monsieur le Président, le premier ministre a doublé la dette nationale et augmenté les taxes et l'inflation en disant que tout cet argent allait financer les généreux programmes pour éliminer l'itinérance. Depuis ce temps, l'itinérance a augmenté de 38 % et un quart des Canadiens sautent des repas par manque d'argent. Avec l'appui du Bloc, le gouvernement dévore tout l'argent des Canadiens.
    Pourquoi le bloc libéral force-t-il les Canadiens à nourrir ce gouvernement obèse au lieu de nourrir leurs familles?
    Ce parti a voté contre le programme alimentaire dans les écoles. Quand on parle de nourrir les Canadiens, on commence par les enfants, mais il a voté contre. On dit que les gens manquent d'argent et qu'on leur donne de l'aide, mais il a voté contre l'Allocation canadienne pour enfants. Quand on lui dit qu'on va aider les Canadiens à avoir un toit et à payer le loyer, il vote contre.
    Qu'ils se décident: veulent-ils aider les Canadiens ou couper dans leurs services?

[Traduction]

    Monsieur le Président, après neuf ans, le premier ministre néo-démocrate—libéral ne vaut pas le coût de l'itinérance et de la faim. Il a doublé la dette, augmenté les impôts et provoqué l'inflation, mais il a prétendu que tout cela visait à financer de généreux programmes qui mettraient fin à l'itinérance. L'itinérance a augmenté de 38 %, et le quart des Canadiens sautent des repas parce qu'ils n'ont pas les moyens de se les payer. C'est parce que son gouvernement cupide engloutit tout ce que les Canadiens gagnent.
    Pourquoi les néo-démocrates et les libéraux forcent-ils les Canadiens à nourrir ce gouvernement d'une obésité morbide au lieu de nourrir leur famille?
    Monsieur le Président, nous n'avons pas de leçon à recevoir des conservateurs, qui prétendent se soucier de la pauvreté et des Canadiens, alors que, chaque fois, ils votent contre des mesures de soutien comme les garderies à 10 $ par jour et l'éducation préscolaire. Ils n'appuient pas nos mesures budgétaires visant à mettre de la nourriture dans les boîtes à lunch de 400 000 enfants. Il est incroyable que, d’une part, ils disent qu’ils soutiennent les Canadiens, mais que, d’autre part, ils votent systématiquement contre ces mesures de soutien.
    Monsieur le Président, je remercie la députée d'avoir mentionné que nous avons voté contre toutes les politiques ayant mené à une hausse de 38 % de l'itinérance. Nous avons voté contre toutes les politiques inflationnistes qui ont contraint un quart des Canadiens à sauter des repas, car ils n'avaient pas les moyens de se nourrir. Le gouvernement a doublé la dette, a fait augmenter l'inflation et a bloqué la construction de logements.
    Pourquoi force-t-il les Canadiens à nourrir ce gouvernement d'une obésité morbide au lieu de nourrir leur famille?
    Monsieur le Président, le gouvernement s'efforce de contenir l'inflation pour que les taux d'intérêt diminuent. D'ailleurs, l'inflation a baissé sous la fourchette cible de 3 %. En même temps, nous avons le budget de 2024, qui comprend des mesures de soutien pour les locataires et le logement abordable ainsi qu'un programme national d'alimentation dans les écoles. Nous continuerons d'aider les Canadiens au chapitre des soins dentaires et de l'éducation préscolaire alors que les conservateurs continueront de voter contre ces mesures. Les députés de l'autre côté de la Chambre n'ont aucun plan. Nous aiderons les Canadiens...

  (1425)  

    Le chef de l'opposition a la parole.
    Monsieur le Président, elle répète les mêmes promesses coûteuses que le premier ministre ne tient pas depuis neuf ans.
    En six semaines, 50 campements de sans-abri ont vu le jour à Toronto. Pensons-y un instant. À Toronto seulement, il y a au total 256 villages de tentes. Ce n'était pas comme cela avant l'actuel premier ministre et ce ne sera pas comme cela après son départ non plus. Admettra-t-il que rien ne va plus après neuf ans sous sa gouverne?
    Monsieur le Président, lorsque le député était le ministre responsable du logement, il y avait plus de 2 millions de Canadiens de plus qui vivaient dans la pauvreté, mais il n'a jamais parlé des personnes vulnérables ou pris des mesures pour aider les sans-abri. En cette période difficile dans le monde, il veut faire croire aux gens que la solution consiste à supprimer les programmes dont ils ont besoin, comme le programme de soins dentaires et le régime d'assurance-médicaments. Il devrait avoir honte. Nous défendrons les personnes vulnérables comme il ne l'a jamais fait.

[Français]

Les institutions démocratiques

    Monsieur le Président, la commission Hogue s'est plainte que les libéraux font encore des cachoteries concernant l'ingérence étrangère. Le bureau du premier ministre invoque le secret ministériel pour caviarder des documents et même pour carrément empêcher la juge d'y avoir accès. On ne parle même pas des documents qui vont être publiés; on parle des documents nécessaires pour l'enquête de la juge, qui a le mandat de protéger cette information stratégique.
     Ça remet en question toute l'efficacité de cette commission. Le ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales a promis que la juge aurait accès à tous les documents.
    Est-il d'accord pour dire que, les cachoteries, ça suffit?
     Monsieur le Président, j'apprécie beaucoup la question de mon ami du Bloc québécois. D'ailleurs, j'ai été heureux de travailler avec lui et avec nos collègues de l'opposition l'été passé pour mettre en place la commission Hogue. Il sait très bien que nous nous sommes engagés à partager avec la commission, à un moment exceptionnel qui n'arrive pas très souvent, les renseignements du Conseil des ministres, comme nous l'avions fait avec M. Johnston.
    Nous demerons toujours disponible pour travailler avec la commission afin qu'elle ait accès à tous les documents appropriés.
    Monsieur le Président, c'est plus fort qu'eux. On a fait la commission Hogue parce que les libéraux camouflaient l'ingérence étrangère depuis le premier jour. C'est pour mettre fin à cela qu'on a créé la commission Hogue. C'est pour faire toute la lumière, grâce à une juge neutre et sans partisanerie. La population n'a pas besoin de lire l'information confidentielle, mais la juge, oui; ça fait partie de son mandat. Si la commission n'a pas accès à l'information, les Québécois vont perdre confiance en cette enquête.
    Est-ce que les libéraux vont être enfin responsables et surtout transparents avec la juge?
     Monsieur le Président, la réponse est oui. Nous allons continuer d'être transparents et de collaborer avec la commission. Je suis d'accord avec mon collègue. Une juge aussi exceptionnelle que la juge Hogue de la Cour d'appel du Québec est très bien placée pour donner confiance aux Canadiens à l'égard de nos institutions démocratiques.
    Les Canadiens doivent comprendre qu'à tout moment le gouvernement va s'assurer que la commission a accès à tous les documents nécessaires pour faire le travail important.
    J'ai très apprécié le travail que j'ai pu faire avec mon ami le député de La Prairie.

L'environnement

     Monsieur le Président, ses eaux se réchauffent trop vite. Elles sont de plus en plus acides et contiennent de moins en moins d'oxygène. Voilà l'état inquiétant de notre fleuve Saint‑Laurent.
    Les scientifiques sonnent l'alarme. On a atteint le niveau fatal d'oxygène pour plusieurs espèces aquatiques. Le temps de donner un statut juridique au fleuve, c'est maintenant. Cependant, le ministre de l'Environnement et du Changement climatique néglige ce grave problème.
    Qu'est-ce que ça va prendre pour que ce ministre de l'Environnement donne des droits au fleuve Saint‑Laurent afin de protéger la biodiversité au Québec?

  (1430)  

    Monsieur le Président, je remercie mon collègue de sa question.
    J'aimerais quand même lui rappeler que, lorsque nous sommes arrivés au gouvernement en 2015, le Canada ne protégeait même pas 1 % de ses eaux territoriales et de ses côtes. Nous sommes rendus à 15 %. Nous serons probablement à 20 % dans les prochaines années et nous sommes en route vers au moins 30 % d'ici 2030, ce qui est l'objectif sur lequel l'ensemble des pays se sont entendus à la COP15 à Montréal.
    Nous investissons des sommes records, notamment en partenariat avec les Autochtones partout au pays, pour protéger des portions de plus en plus importantes de notre territoire.

[Traduction]

    Monsieur le Président, des familles ont vu leur maison être rasée par les flammes dans le Nord de la Colombie‑Britannique cette semaine, et l'été n'a même pas encore commencé. Cependant, les conservateurs ne semblent pas penser que les changements climatiques sont réels, et le ministre de l'Environnement ne fait que prononcer des paroles creuses et retarder les choses.
    Les libéraux refusent d'investir le milliard de dollars nécessaire à la création d'un fonds pour la sécurité des bassins hydrographiques de la Colombie‑Britannique, alors qu'un tel fonds permettrait de prévenir les feux de forêt et de sauver des vies. Ils savaient que cette saison des feux de forêt serait dévastatrice pour les collectivités, mais ils laissent les Britanno‑Colombiens se débrouiller seuls. Le gouvernement corrigera-t-il son erreur et créera-t-il immédiatement un fonds pour la sécurité des bassins hydrographiques en Colombie‑Britannique?
    Monsieur le Président, les incendies de forêt de l'an dernier et, malheureusement, de cette année, en particulier en Colombie‑Britannique et dans la région de Fort Nelson ont certes été dévastateurs, et nos pensées vont à toutes les personnes qui en sont affectées. C'est pourquoi nous avons prévu 350 millions de dollars afin d'aider les provinces à se procurer de l'équipement, et c'est aussi pourquoi nous formons actuellement des pompiers forestiers. Voilà essentiellement pourquoi nous avons un plan complet de lutte contre les changements climatiques. Nous devons lutter contre la menace existentielle que représentent les changements climatiques. Le Parti conservateur du Canada a un plan climatique. Il consiste à laisser la planète brûler. C'est irresponsable et honteux.

L'économie

    Monsieur le Président, c'est un tour du chapeau pour le premier ministre, mais pas dans le bon sens. Trois rapports publiés en une seule journée dressent un tableau dévastateur de la vie au Canada après neuf ans sous le gouvernement néo-démocrate—libéral. Banques alimentaires Canada, l'Armée du Salut et le directeur parlementaire du budget disent tous qu'il y a davantage d'itinérance et de gens qui souffrent de la faim. Les libéraux nous répètent sans cesse qu'ils dépensent notre argent pour notre bien, que tout va bien et que ce n'est pas leur faute. Ils sont au pouvoir depuis neuf ans. À qui la faute?
    Monsieur le Président, l'inflation du prix des aliments est en baisse. Elle atteignait 1,4 % en avril dernier, ce qui représente une baisse par rapport au taux de 1,9 % du mois précédent. Voilà des nouvelles encourageantes, certainement pour les Canadiens, mais il est important de savoir que le gouvernement a présenté l'ensemble de réformes de la concurrence le plus complet de l'histoire du Canada. Pourquoi? Parce qu'une plus grande concurrence se traduit par de meilleurs prix. Par ailleurs, il est un peu fort que les conservateurs soulignent les files d'attente devant les banques alimentaires alors qu'ils s'opposent à la création d'un programme national d'alimentation dans les écoles, qui permettrait de nourrir plus de 400 000 enfants partout au Canada.
    Monsieur le Président, neuf ans plus tard, ce programme n'a pas nourri un seul enfant. Les libéraux ne comprennent tout simplement pas. Les politiques qu'ils ont mises en œuvre nous ont donné la pire qualité de vie depuis un demi-siècle, la pire depuis que le dernier Trudeau a dirigé le gouvernement.
    Au cours des trois derniers mois, 25 % des jeunes adultes ont dû recourir à une banque alimentaire au Canada. Le nombre de sans-abri a augmenté de 38 % alors que les libéraux avaient promis de mettre fin à l'itinérance, et environ la moitié des Canadiens sont moins bien lotis cette année que l'année dernière. Comment le gouvernement peut-il avoir autant d'argent à dépenser, alors que des Canadiens ordinaires ne mangent pas à leur faim et n'ont pas de logis?
    Monsieur le Président, voilà toute une déclaration de la part de la cheffe adjointe du Parti conservateur. Je lui conseille de lire le rapport du directeur parlementaire du budget. À la lecture de ce rapport, elle constatera que pas moins de 50 000 Canadiens sont soutenus par la Stratégie nationale du logement, plus précisément par le programme Vers un chez-soi, une initiative que les conservateurs supprimeraient. Nous savons qu'ils préconisent des mesures d'austérité. C'est aussi ce que dit la cheffe adjointe, qui a clairement indiqué il y a quelques semaines seulement — sur un yacht rien de moins — que moins de maisons doivent être construites au Canada. Les conservateurs se rangent du côté des tenants du « pas dans ma cour ». De ce côté-ci, nous voulons construire plus de logements, notamment pour les personnes les plus vulnérables du Canada.

  (1435)  

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, les Canadiens ont faim et sont sans abri. C'est de plus en plus clair: plus les libéraux font de dépenses inflationnistes, plus la situation des Canadiens se détériore. Il suffit de lire le rapport de la Banque alimentaire d'Ottawa qui a été publié cette semaine, selon lequel la banque alimentaire de notre capitale nationale a reçu un demi-million de visites l'an dernier. Cela représente une augmentation de 95 % au cours des cinq dernières années et de 22 % au cours de la dernière année seulement, et 36 % des bénéficiaires étaient des enfants. Combien de fois encore les libéraux vont-ils augmenter la taxe sur le carbone avant de se rendre compte qu'elle pousse des millions de personnes de plus à recourir aux banques alimentaires?
    Monsieur le Président, je trouve très paradoxal que le député conservateur mentionne les enfants alors qu'il va bientôt prendre la parole pour s'opposer à un programme national d'alimentation dans les écoles que Banques alimentaires Canada et le Réseau pour une alimentation durable réclament depuis plus de 10 ans, parce qu'ils savent que cela aurait une incidence considérable sur l'insécurité alimentaire dans ce pays. Le budget fédéral de 2024 prévoit 1 milliard de dollars pour nourrir 400 000 enfants de plus, et les conservateurs disent: « Non, nous sommes contre. »
    Monsieur le Président, après neuf ans, ce programme n'a nourri absolument aucun enfant au pays. Tout ce qu'il alimente, en fait, c'est la bureaucratie ici, à Ottawa.
    On n'a qu'à examiner ce que Banques alimentaires Canada a à dire au sujet des mesures de lutte contre la pauvreté du gouvernement. L'organisation a publié son bulletin annuel cette semaine, et elle a attribué la note F — un échec — au gouvernement pour ses efforts, car il pousse des millions de personnes de plus chaque année à recourir aux banques alimentaires. Selon le rapport, la situation ne fera qu'empirer à mesure que le gouvernement augmentera la taxe sur le carbone, rendant ainsi le coût de la vie de plus en plus inabordable.
    Combien d'autres rapports accablants devront être publiés avant que le gouvernement n'abolisse la taxe sur le carbone pour que le prix des aliments baisse?
     Monsieur le Président, aujourd'hui, j'aimerais vous faire part de l'une des réponses au budget de 2024 et de l'annonce du financement du programme national d'alimentation dans les écoles. Le Club des petits déjeuners du Canada a publié une déclaration selon laquelle ce programme « marque un tournant dans l'engagement du pays envers le bien-être de tous les enfants. »
     Les enfants apprennent mieux quand ils ont l'estomac plein, et les investissements d'aujourd'hui pour les enfants sont des investissements pour l'avenir. De ce côté-ci de la Chambre, nous allons continuer d'investir dans le bien-être des enfants. Les conservateurs doivent expliquer aux Canadiens pourquoi ils sont contre ces investissements.

[Français]

Le développement économique régional

    Monsieur le Président, après neuf ans de ce premier ministre libéral, les Québécois ont faim et sont de plus en plus nombreux dans la rue. Cette semaine, il y a eu trois rapports dévastateurs qui ont confirmé que les dépenses inflationnistes des libéraux appuyés par le Bloc québécois font mal aux plus démunis, aux familles et aux travailleurs. Selon l'étude de l'Armée du Salut, l'insécurité alimentaire touche de plus en plus de Québécois. En effet, 25 % des parents sautent des repas pour être capables de nourrir leurs enfants.
    Pourquoi le « Bloc libéral » et ce premier ministre, qui n'en valent pas le coût, préfèrent nourrir le gros gouvernement fédéral plutôt que les Québécois?
    Monsieur le Président, encore une fois, j'inviterais mon collègue à dire à ses collègues du Parti conservateur d'inclure dans leur plan, s'ils veulent sérieusement soutenir les Canadiens, les mots « itinérance », « lutte contre la pauvreté » « investir dans les Canadiens ».
    Je peux leur donner quelques idées: ils peuvent commencer par voter en faveur des programmes que nous mettons en place pour nous attaquer à la pauvreté, au loyer, au logement, au fait de nourrir les enfants. Je pense que c'est la base.
    Monsieur le Président, après neuf ans, c'est le gouvernement libéral, appuyé par le Bloc québécois, qui a causé cette crise et il voudrait aujourd'hui avoir des applaudissements.
    C'est totalement irresponsable de leur part. À cause des 500 milliards de dollars de dépenses inflationnistes de ce premier ministre que le Bloc québécois a appuyé, l'essence, la nourriture, le logement, tout coûte plus cher, et les Canadiens et les Québécois sont de plus en plus nombreux dans les banques alimentaires. Ce sont eux qui ont créé la crise.
    Le premier ministre admet-il que c'est le temps de réduire l'appétit vorace de ce gouvernement centralisateur pour que tous les Québécois puissent enfin manger à leur faim?
    Monsieur le Président, j'aimerais rappeler aux Canadiens qui nous écoutent que si un gouvernement conservateur avait été en place durant la plus grande pandémie que nous avons vécue, les gens auraient énormément souffert.
    Aujourd'hui, nous sommes en meilleure position parce qu'un gouvernement libéral était présent pour soutenir les Canadiens et les Canadiennes lors de la plus grande crise que nous avons vécue.
    Aujourd'hui, ce que nous leur demandons est tout simple. Nous leur demandons d'adopter des réformes sur le plan dentaire, d'adopter des réformes sur le plan alimentaire, d'adopter des réformes sur le logement. Adoptons tout ça.

  (1440)  

Les langues officielles

    Monsieur le Président, revenons au cas du député de Glengarry—Prescott—Russell.
    Pour empêcher qu'il ne soit congédié comme président de l'association des parlementaires de la Francophonie, les libéraux ont noyauté l'organisation. Ils se sont inscrits en masse pour passer de 25 libéraux à 112, y compris toute une bande d'unilingues anglophones. Ainsi, pour la première fois, l'APF a dû envoyer un ordre du jour en anglais. Elle a même dû convoquer des interprètes pour les libéraux unilingues anglophones soudainement épris de la langue française.
    Est-ce que les libéraux réalisent que, pour protéger leurs collègues de l'APF, ils sont littéralement en train de l'angliciser?
     Monsieur le Président, le Canada sera toujours là pour soutenir la Francophonie internationale. D'ailleurs, le Canada est un des cofondateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie.
    J'aimerais rappeler à mon collègue qu'il ne s'agit pas de l'association des parlementaires, mais de l'Assemblée des parlementaires de la Francophonie. Dans les circonstances, nous allons continuer non seulement de soutenir l'Assemblée, mais également nous devrions être fiers du fait que c'est un Canadien, un très grand Canadien, un Franco-Ontarien, qui est le président de cette assemblée.
    Nous serons toujours là pour protéger le français au Québec, partout au pays et partout au monde.
    Monsieur le Président, je remercie la ministre de sa correction.
    Pour protéger un libéral qui nie le déclin du français au Québec, les libéraux se rendent responsables du déclin à l'APF. Cela ne s'invente pas. Toutefois, leur responsabilité ne s'arrête pas là. Tous nos nouveaux passionnés du français à l'APF ont sûrement lu le rapport de l'Office québécois de la langue française, hier. Peut-on deviner quel secteur se classe au premier rang des milieux de travail au Québec avec la plus faible proportion de travailleurs utilisant le plus souvent le français? C'est la fonction publique fédérale.
    Les libéraux sont responsables de la principale machine d'anglicisation en milieu de travail au Québec. Quand vont-ils cesser d'alimenter le déclin du français?
    Monsieur le Président, nous n'avons absolument aucune leçon à recevoir du Bloc québécois. On sait que l'objectif du Bloc québécois est encore et toujours de démontrer que ce n'est que la souveraineté du Québec qui peut fonctionner pour les Québécois.
    Les Québécois ne sont pas dupes. Les Québécois savent qu'en ayant un gouvernement fort, un gouvernement qui est prêt à reconnaître pour la première fois de l'histoire le déclin du français au Québec et partout au pays, on sera en mesure de réinvestir, d'améliorer, de protéger la langue de Molière et d'être là pour les francophones de partout au pays.
    Nous n'avons vraiment aucune leçon à recevoir du Bloc québécois.
    Monsieur le Président, ça fait sourire.
    Le fédéral est le pire employeur du Québec pour le français. Coïncidence: c'est le principal employeur de la région de Gatineau. Entre 2016 et 2021, la proportion de Gatinois travaillant principalement en français est passée de 77 % à 62 %. C'est une chute de 17 % en quatre ans seulement.
    On parle de Gatineau, Hull—Aylmer, Pontiac, Argenteuil—La Petite-Nation; quatre députés libéraux. Leur fonction publique est le pire milieu de travail du Québec pour le français. Coïncidence: ça décline partout, à Gatineau plus qu'ailleurs.
    Au lieu de protéger leurs collègues à l'APF, est-ce qu'ils vont plutôt protéger les francophones à Gatineau?
     Monsieur le Président, je suis très fier de la participation québécoise à la fonction publique du gouvernement du Canada. C'est un gouvernement qui a fait croître la participation québécoise au sein de la fonction publique fédérale.
    Nous sommes très fiers d'accueillir en sol québécois des emplois de la fonction publique du gouvernement du Canada, tout autant que nous sommes fiers de la participation des Québécois de l'autre côté de la rivière. Oui, nous opérons un gouvernement bilingue qui s'occupe des deux langues officielles des deux côtés de la rivière.

[Traduction]

La tarification du carbone

    Monsieur le Président, après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, de plus en plus de Canadiens ont faim ou sont sans-abri. Nous le voyons de nos propres yeux partout au pays, et Banques alimentaires Canada le confirme dans son dernier rapport. Selon celui-ci, près de 50 % des Canadiens pensent être dans une situation financière plus précaire que l'an dernier, et une personne sur quatre ne mange pas à sa faim. Un grand nombre de banques alimentaires m'ont dit que les groupes démographiques qui ont de plus en plus besoin de leurs services sont les familles de travailleurs et les aînés.
    La nature d'une nation se reflète dans la façon dont elle traite ses citoyens les plus vulnérables, et le Canada laisse tomber les siens. Quand le gouvernement néo-démocrate—libéral cessera-t-il de s'en prendre aux Canadiens et répondra-t-il à leurs demandes désespérées? Pourquoi ne pas commencer dès maintenant en abolissant la taxe sur le carbone?

  (1445)  

    Monsieur le Président, je suis heureux de voir que les conservateurs se rangent enfin du côté de Banques alimentaires Canada. Nous avons pu être témoins du fait que, pendant plus d'une décennie, les conservateurs de Harper ne faisaient rien pour lutter contre l'insécurité alimentaire au Canada.
    Aujourd'hui, le gouvernement stimule la concurrence sur le marché et investit dans un programme national d'alimentation dans les écoles, deux mesures auxquelles les conservateurs s'opposent. Je ne sais pas comment ils peuvent dire qu'ils se soucient des Canadiens en difficulté, alors qu'ils s'opposent à ces programmes et qu'ils enlèveraient le pain de la bouche des enfants.
    Monsieur le Président, le député a réussi à esquiver complètement la question de façon absolument exceptionnelle.
    Il y a quelques mois à peine, j'ai visité la banque alimentaire d'Oromocto, au Nouveau‑Brunswick. On trouve à Oromocto la plus grande base militaire du Canada, soit la base des Forces canadiennes de Gagetown. Nous avons été stupéfaits lorsque la directrice de la banque alimentaire de cette ville nous a appris que la banque sert plus de 50 militaires ainsi que leur famille. Cela représente un bénéficiaire sur dix.
    Nos courageux militaires méritent mieux et ils demandent au gouvernement de prendre les mesures qui s'imposent. Ce n'est pas hors de sa portée. Pourquoi le gouvernement ne commence-t-il pas par abolir la taxe et laisser les Canadiens tranquilles?
    Monsieur le Président, je m'étonne qu'une personne puisse, dans cette enceinte, avoir l'audace de voter contre une augmentation de salaire bien méritée pour tous les membres des Forces armées canadiennes pour ensuite prétendre qu'elle se soucie vraiment des hommes et des femmes de nos forces armées.
    Monsieur le Président, après neuf longues années, le premier ministre n'en vaut tout simplement pas le coût. Les chiffres publiés par Banques alimentaires Canada sont accablants: 50 % des Saskatchewanais estiment que leur situation est pire que l'année dernière, et 35 % des Saskatchewanais craignent de ne pas pouvoir se nourrir ou nourrir leur famille.
    La coûteuse coalition néo-démocrate—libérale peut faire ce qui s'impose dès maintenant et abolir la taxe afin que les parents puissent nourrir leurs enfants.
    Monsieur le Président, il est évident que le député et le Parti conservateur veulent éliminer le remboursement pour les Canadiens. Ils ont parlé de l'itinérance à la Chambre aujourd'hui. C'est assez choquant et hypocrite. Si nous examinons leur plan en matière de logement, nous constatons qu'il ne fait jamais mention de l'itinérance. Ils ne veulent rien faire à ce sujet.
    Si l'on veut comprendre le degré de compassion des députés du parti d'en face, et de leur chef en particulier, il suffit de regarder ce que ce dernier a fait il y a quelques mois. Il s'est rendu chez quelqu'un, s'est tenu devant la demeure et l'a qualifiée de cabane. Il a parlé ainsi de la maison d'un membre de la classe ouvrière. Voilà le respect qu'ont les conservateurs pour les travailleurs. Ce n'est pas un parti sérieux.

Les ressources naturelles

    Monsieur le Président, les libéraux ont pris la décision d'augmenter la capacité du pipeline Trans Mountain, ce qui multipliera par sept la circulation des pétroliers dans la baie Burrard. En cas de déversement, les habitants de Port Moody—Coquitlam, d'Anmore et de Belcarra risquent d'être confrontés à des évacuations, à des incendies, à de la fumée et à des substances cancérigènes. Le gouvernement de la Colombie‑Britannique et les autorités sanitaires locales demandent un plan pour protéger la population, mais les libéraux n'ont aucun plan pour assurer la sécurité des gens, et cet enjeu n'intéresse aucunement les conservateurs.
    Que feront les libéraux pour protéger les Canadiens de ma circonscription et d'ailleurs contre un déversement catastrophique?
    Monsieur le Président, lorsque nous acheminons des produits vers les marchés, il est absolument crucial de le faire de manière sûre et efficace. Il est certain que le transport du pétrole par pipeline est beaucoup plus sûr que le transport par train.
    Il est toutefois important de mettre en place des mesures pour assurer aux Britanno‑Colombiens et aux Canadiens que cela se fera en toute sécurité. Nous avons consacré énormément de temps à mettre en place les dispositions à cet effet concernant le pipeline et le transport maritime. La Régie de l'énergie du Canada joue un rôle important à cet égard. Nous veillerons à ce que toutes les mesures de protection soient mises en place et à ce que le pipeline soit exploité de façon sûre et efficace.

L'environnement

    Monsieur le Président, l'empoisonnement de la population de Grassy Narrows constitue un crime d'entreprise sans précédent. Pendant plus de 60 ans, le gouvernement a protégé l'entreprise et couvert ses crimes, qui ont donné lieu à un cauchemar sans fin pour les personnes empoisonnées au mercure, c'est-à-dire tout le monde, y compris de jeunes enfants.
    Nous apprenons maintenant que l'usine de Dryden Fibre Canada a déversé des sulfates dans la rivière Wabigoon. Cette situation entraîne une crise du mercure pour une autre génération. Quelles mesures le ministre de l'Environnement prendra-t-il afin de tenir la compagnie responsable et travailler avec les habitants de Grassy Narrows pour enfin nettoyer le désastre de la rivière Wabigoon?

  (1450)  

    Monsieur le Président, ce qui se passe à Grassy Narrows est une tragédie. Tous les ordres de gouvernement doivent faire mieux. Services aux Autochtones Canada soutient plusieurs projets qui aideront à répondre aux besoins de la communauté tout en évitant l'évacuation. Le budget de 2024 prévoit également un montant supplémentaire de 57,5 millions de dollars pour la construction d'un centre de soins pour les personnes atteintes d'empoisonnement au mercure.
    La catastrophe et la tragédie de Grassy Narrows nous rappellent ce qui se produit lorsque les sources d'eau ne sont pas protégées contre la pollution. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons présenté le projet de loi sur l'eau propre des Premières Nations, qui garantirait à celles-ci les outils nécessaires pour protéger leurs sources d'eau et tenir les pollueurs pour responsables.

Les femmes et l'égalité des genres

    Monsieur le Président, dans les conversations, les femmes sont plus susceptibles d'être constamment interrompues que les hommes. Souvent, quand elles expriment leurs idées, ces dernières ne sont pas prises en considération jusqu'à ce qu'elles soient répétées par un homme. Quand les femmes ripostent, on les juge moins sympathiques et on les voit d'un œil négatif de façon disproportionnée. Aujourd'hui plus que jamais, il est essentiel que les hommes prennent la parole pour défendre les droits des femmes et pour souligner leur soutien à une égalité durable entre les hommes et les femmes.
    Le ministre de la Justice peut-il réitérer le soutien du gouvernement quant à l'importance de la solidarité des hommes et décrire les moyens mis en œuvre par le gouvernement pour s'attaquer à ce problème?
    Monsieur le Président, je suis un allié et je prends position. Je parle de l'épidémie de violence faite aux femmes. Je réclame le droit des femmes à disposer pleinement de leur corps et à prendre leurs propres décisions en matière de procréation. Cela inclut le droit à l'avortement et le droit à la contraception gratuite.
    Quand les hommes laissent les femmes s'exprimer, non seulement ils apprennent, mais ils contribuent aussi à créer des politiques meilleures et plus inclusives. J'invite tous les hommes présents dans cette enceinte, quel que soit leur parti, à prendre position et à devenir des alliés. La lutte pour l'égalité des genres dans notre pays est une lutte qui nous concerne tous.

L'économie

    Monsieur le Président, après neuf ans sous la gouverne du premier ministre néo-démocrate—libéral, de plus en plus de Canadiens ont faim et n'ont pas de domicile. Le gouvernement a promis de mettre fin à l'itinérance chronique au Canada d'ici 2030. Or, le directeur parlementaire du budget a constaté que l'itinérance s'aggrave et que l'itinérance chronique a augmenté de 38 %. La grande majorité des sans-abri au Canada, soit 80 %, le sont uniquement pour des raisons d'abordabilité. Le premier ministre n'en vaut tout simplement pas le coût.
    Comment le gouvernement peut-il dépenser autant et obtenir d'aussi piètres résultats?
    Monsieur le Président, j'ai beaucoup de mal à entendre les conservateurs de l'autre côté de la Chambre se dire préoccupés pour les Canadiens qui ont du mal à joindre les deux bouts. En effet, ils votent sans cesse contre les mesures que nous proposons pour aider les Canadiens lorsqu'ils en ont besoin, comme les efforts visant à soutenir et à renforcer le filet de sécurité sociale, notamment les garderies à 10 $ par jour, la mise en place d'un programme national d'alimentation dans les écoles et l'adoption d'un programme de soins dentaires pour que les Canadiens reçoivent les soins dont ils ont besoin.
    Nous continuerons de nous battre pour les Canadiens.
    Monsieur le Président, la ministre devrait peut-être défendre les Canadiens en commençant par discuter avec eux et les écouter, parce que, après neuf années sous le règne du premier ministre néo-démocrate—libéral, les choses n'ont jamais été aussi mal. Plus de Canadiens ne mangent pas à leur faim ou n'ont pas de domicile.
     Le directeur parlementaire du budget a confirmé ce que la plupart des Canadiens savaient déjà: l'itinérance a augmenté de 38 % alors que les libéraux avaient promis de l'éliminer. Mais il y a pire. Le Toronto Star titrait ceci en première page: « En réponse à l'augmentation du nombre de tentes partout sur son territoire, la Ville entend privilégier les grands campements d'itinérants ».
    Quand le premier ministre a-t-il simplement abandonné et s'est-il dit: « Vous savez quoi? Une tente c'est bien assez »?
    Monsieur le Président, je vais répéter ce que j'ai déjà dit: les conservateurs prennent la parole à la Chambre pour dire qu'ils soutiennent les Canadiens, mais je dois dire que ce n'est pas ce que nous observons au quotidien. Que se passe-t-il quand nous proposons des mesures comme le programme national d'alimentation dans les écoles, qui vise à nourrir 400 000 enfants de plus dans les écoles? Les conservateurs votent contre. Quand nous avons proposé l'Allocation canadienne pour enfants, que s'est-il passé? Les conservateurs ont voté contre.
     Nous allons nous battre pour...

  (1455)  

    Le député de South Shore—St. Margarets a la parole.

Le logement

    Monsieur le Président, après neuf ans, le premier ministre néo-démocrate—libéral n'en vaut ni la faim ni l'itinérance.
    Le premier ministre a promis de mettre fin à l'itinérance. Quel a été le résultat de ce vœu pieux? L'itinérance à long terme a augmenté de 38 % parce que les Canadiens n'ont pas les moyens de se loger. Une aide supplémentaire des libéraux comme celle-ci entraînera encore plus de misère pour les Canadiens. Le gouvernement néo-démocrate—libéral ne comprend pas qu'il ne peut s'extirper d'une situation difficile à coups de dépenses.
    Quand les libéraux auront-ils le bon sens de se rendre compte que ce n'est pas en finançant les empêcheurs de tourner en rond que l'on met fin à l'itinérance?
    Monsieur le Président, chaque fois qu'un Canadien n'a pas de toit sur la tête, c'est une tragédie. C'est inacceptable, et il nous incombe à tous de nous retrousser les manches et de travailler ensemble pour régler le problème de manière non politisée. Cependant, comme nous le constatons, les conservateurs en sont incapables.
    Le député parle du financement des empêcheurs de tourner en rond, mais ce dont il parle vraiment, c'est de notre travail avec, par exemple, des organismes sans but lucratif. Nous avons travaillé avec des organismes sans but lucratif à la mise en place d'un fonds d'acquisition de 1,5 milliard de dollars. Par conséquent, ce programme ira de l'avant, et des logements resteront à la portée financière des gens ordinaires. Le député s'oppose à cette mesure, tout comme le reste des conservateurs.
    Monsieur le Président, examinons le bilan dont les libéraux sont si fiers. Le résultat, c'est que le nombre d'itinérants à Halifax est passé de 284 en 2015 à plus de 1 200 aujourd'hui. Le ministre du Logement a donné des fonds publics à Halifax pour embaucher 30 autres bureaucrates empêcheurs de tourner en rond. Après neuf ans sous la gouverne du premier ministre néo-démocrate—libéral, il y a maintenant plus de 30 campements de sans-abri à Halifax.
    Encore une fois, les libéraux feront-ils preuve de gros bon sens et se rendront-ils compte que financer des empêcheurs de tourner en rond ne permet pas de construire des logements?
    Monsieur le Président, j'attire l'attention du député sur le prétendu plan sur le logement du chef de l'opposition, qui ne prévoit rien en matière d'itinérance. Les conservateurs peuvent bien en parler, mais nous savons à quel point ils prennent cette question au sérieux, à savoir pas du tout.
    Dans ce cas-ci, les empêcheurs de tourner en rond dont parle le député sont des élus municipaux. Ce sont des maires et des conseillers municipaux, par exemple, et d'autres personnes à Halifax, à London, en Ontario, à Brampton et dans plus de 170 collectivités partout au pays qui comprennent que les changements de zonage sont essentiels pour pouvoir construire davantage de logements. Ces changements permettraient la construction de logements intermédiaires, de quadruplex, de duplex et des triplex, mais les conservateurs s'y opposent.

[Français]

L'éducation postsecondaire

    Monsieur le Président, on débat aujourd'hui de l'ingérence du fédéral dans les champs de compétence du Québec et des provinces. Un des exemples frappants, ce sont les chaires de recherche. Le fédéral se mêle de l'enseignement supérieur et détermine quels seront les champs d'études que nos universités vont privilégier si elles veulent, évidemment, recevoir leur part du financement.
     Pire, avec ses critères d'équité, de diversité et d'inclusion, ou EDI, Ottawa décide non seulement des sujets d'étude, mais de qui donnera les cours. C'est littéralement une prise de contrôle de nos universités par Ottawa.
    Pourquoi le gouvernement ne laisse-t-il pas les universités embaucher les professeurs par elles-mêmes, en fonction de leurs compétences et rien d'autre?
    Monsieur le Président, là, c'est le comble. Le Bloc québécois cherche la chicane en science. On pensait qu'il en avait trouvé dans tous les champs, mais là, c'est dans la science qu'il veut de la chicane.
     Nous avons investi 3,5 milliards de dollars dans le dernier budget pour la science partout au pays. C'est pour aider nos chercheurs, pour aider nos professeurs et pour aider nos universités. Le Bloc québécois devrait se réjouir que nous investissions dans la science et dans la recherche. Je sais que les gens qui nous regardent à la maison se réjouissent. Nous allons continuer d'investir dans la science au pays.
    Monsieur le Président, je ne sais pas si les gens se réjouissent, mais, en tout cas, ils se divertissent des réponses du ministre.
     C'est Isabelle Hachey, qui n'est pas une journaliste de seconde classe quand même, qui donnait hier l'exemple de deux postes de profs d'informatique à l'Université de Waterloo, un ouvert strictement aux minorités sexuelles et de genre, l'autre strictement aux minorités racialisées, peu importe les compétences.
     Ça rappelle, il y a deux ans, le cas d'un poste de prof de biologie à l'Université Laval. Encore une fois, c'était peu importe les compétences. Quelle était la réponse de l'université à ce moment pour la situation? C'était de se conformer aux exigences du fédéral. Le fédéral est dans le champ. On ne lutte pas contre la discrimination en faisant de la discrimination.
    Quand est-ce qu'il va mettre un terme à ces critères qui nuisent plus qu'ils n'aident à la diversité et à l'inclusion?
    Monsieur le Président, je suis sûr que les Québécois qui nous regardent à la maison s'arrachent les cheveux. Là, c'est rendu que le Bloc québécois cherche la chicane en science. Il faut le faire. Je pense que les bloquistes ont regardé tout le manuel. Là, ils ont le dernier onglet. Ils se sont dit: tiens, en science, on ne s'est pas chicané depuis longtemps.
     De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes sérieux. Nous allons continuer d'investir dans nos universités. Nous allons continuer d'investir dans nos chercheurs. Nous allons continuer d'attirer nos jeunes. Nous savons que la science d'aujourd'hui, c'est l'économie de demain. Nous allons continuer d'investir dans notre avenir.

  (1500)  

L'agriculture et l'agroalimentaire

    Monsieur le Président, après neuf ans de ce premier ministre, les dépenses excessives et les politiques antiagricoles poussent nos agriculteurs vers la faillite. Selon l'Union des producteurs agricoles, une exploitation sur cinq n'est plus en mesure de rembourser ses dettes.
     Avec l'aide du Bloc québécois, le gouvernement étouffe notre secteur agricole en bloquant le projet de loi C‑234 et en votant pour des dépenses centralisatrices et inflationnistes.
    Quand ce gouvernement libéral-bloquiste donnera-t-il un répit à nos agriculteurs pour qu'ils puissent nourrir notre population déjà affamée?
    Monsieur le Président, le Parti conservateur sait très bien que le prix sur la pollution ne s'applique pas au Québec. Le député sait aussi qu'il n'a qu'à s'avancer de quatre rangées pour parler au leader à la Chambre de l'opposition officielle s'il souhaite que le projet de loi C‑234 soit adopté à la Chambre. C'est le leader à la Chambre de l'opposition officielle qui contrôle le sort de ce projet de loi.
    Monsieur le Président, quelle réponse classique de la part du ministre libéral. Les libéraux sont assis dans leurs limousines et sont déconnectés de la réalité. Les Canadiens souffrent de faim à cause de ce premier ministre et de ses partenaires du Bloc québécois. Il est clair qu'ils n'en valent pas le coût.
    Chez nous, le nombre de recours aux banques alimentaires atteint un record, soit une personne sur quatre. Au cours de la dernière année, 10 % des fermes dans la région de Chaudière‑Appalaches ont fermé leurs portes.
    Quand le gouvernement apportera-t-il à nos agriculteurs l'aide qu'ils demandent à grand cri du cœur?
    Monsieur le Président, je suis ministre responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour le Québec, ou DEC. S'il y a un secteur où DEC a aidé toutes les régions, entre autres les régions du Québec, c'est notamment en agriculture. Nous avons soutenu la transformation des produits agricoles et les entreprises agricoles vers la transformation verte pour nous assurer qu'elles contribuent aussi à la carboneutralité. DEC est présent dans toutes les régions du Québec. Nous allons continuer à être présents pour les aider dans cette transformation.

Le développement économique régional

     Monsieur le Président, après neuf ans sous le gouvernement de ce premier ministre, de plus en plus de Québécois ont faim et sont dans la rue. La crise de l'inflation qui frappe les Canadiens est le résultat des dépenses centralisatrices de ce gouvernement appuyé à 100 % par le Bloc québécois. Cela me fait rire un peu parce que le Bloc prétend défendre les intérêts des Québécois. Or il a voté pour 500 milliards de dollars de crédits budgétaires inflationnistes.
    Ce n'est alors pas seulement le premier ministre qui n'en vaut pas le coup. Il faut inclure le Bloc.
    Les bloquistes et les libéraux comprennent-ils que, plus d'argent pour le fédéral, cela fait moins d'argent pour les Québécois?
    Monsieur le Président, je peux vous dire une chose que les gens qui nous regardent à la maison comprennent. Ils savent que, de ce côté-ci de la Chambre, nous sommes prêts à investir dans les Canadiens et les Canadiennes.
    Les gens ont compris que le plan du Parti conservateur est de couper. C'est de couper dans tous les programmes.
    Ces gens ont eu le culot de se lever aujourd'hui. Ceux qui ont regardé la période des questions le savent. Tous les conservateurs qui se sont levés aujourd'hui ont voté contre l'Allocation canadienne pour enfants. Ils vont voter contre le Régime canadien de soins dentaires; ils vont voter contre le programme national d’alimentation scolaire pour 400 000 enfants.
    Je ne sais pas comment ces gens, le soir, sont capables de se regarder, mais, aujourd'hui, on a vu les vraies couleurs du Parti conservateur.

[Traduction]

La santé

    Monsieur le Président, ma province, l'Île‑du‑Prince‑Édouard, a économisé plus de 2 millions de dollars en coûts directs depuis le lancement du programme de quote-part, l'année dernière. Le financement fédéral accordé à l'Île‑du‑Prince‑Édouard a permis d'améliorer l'accès aux médicaments sur ordonnance et de les rendre plus abordables pour les résidants de la province. Le succès de ce projet pilote peut être reproduit à l'échelle du pays.
    Le ministre de la Santé peut-il indiquer quelle incidence une couverture universelle à payeur unique pour les contraceptifs et les médicaments contre le diabète aura sur la santé des Canadiens?
     Monsieur le Président, d'entrée de jeu, je félicite le député de Charlottetown de ses efforts dans ce dossier. Il travaille sans relâche pour que les résidants de l'Île‑du‑Prince‑Édouard obtiennent la couverture d'assurance-médicaments dont ils ont besoin en vue d'épargner des centaines de dollars. Au cours des 10 derniers mois, j'ai souvent accompagné le député pour expliquer aux gens de l'Île‑du‑Prince‑Édouard ce que cette couverture signifie, non seulement en termes d'abordabilité, mais aussi en termes de prévention, pour éviter que les gens finissent par souffrir d'une maladie chronique.
    Les conservateurs estiment irréaliste de la part des gens d'espérer obtenir les médicaments dont ils ont besoin. Ils disent que c'est irréaliste d'espérer que les gens puissent obtenir les soins dentaires dont ils ont besoin. Or, 100 000 personnes ont reçu des soins dentaires en seulement trois semaines. Nous agissons.

  (1505)  

L'éthique

    Monsieur le Président, pour sa caisse noire environnementale de 1 milliard de dollars, le premier ministre a choisi une présidente qui fait maintenant l'objet d'une enquête parce qu'elle s'en est mis plein les poches. Elle a démissionné dans la honte. Après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral, il est clair que le premier ministre n'en vaut pas le coût ni cette corruption.
    Par ailleurs, une autre directrice nommée par le gouvernement néo-démocrate—libéral s'est fait prendre à verser 42 millions de dollars à des entreprises dans lesquelles elle a des intérêts. Les libéraux le savaient, mais ils l'ont quand même promue à la Banque de l'infrastructure. Elle a soudainement démissionné. Autrement dit, les libéraux lui ont donné les clés d'un plus grand manoir après qu'elle eut cambriolé le premier.
    Les libéraux vont-ils enquêter sur chaque dollar qu'elle a distribué?
    Monsieur le Président, le Parti conservateur du Canada s'en prend maintenant à toutes les entreprises qui participent à la lutte contre les changements climatiques au pays. Voilà la vraie nature des conservateurs. Ce que l'on peut déduire de leurs questions, c'est qu'ils sont contre les nouvelles technologies pour aider à combattre les changements climatiques.
    Les députés d'en face savent très bien — et je l'ai dit à maintes reprises à la Chambre — que, dès que nous avons été au courant des allégations, nous avons lancé une enquête. La présidente a démissionné; la PDG a démissionné. L'enquête est en cours. Nous allons veiller à ce que chaque dollar dépensé le soit à bon escient. Nous allons rétablir la gouvernance et la confiance et nous allons continuer d'investir dans les entreprises canadiennes.
    Monsieur le Président, le ministre ne se réveille que quand les gens se font prendre, mais c'est vraiment trop tard.
     La présidente nommée par les néo-démocrates—libéraux et une autre directrice ont été prises en train de se remplir les poches avec l'argent des contribuables. Elles se sont fait prendre; elles ont démissionné. Elles font l'objet d'une enquête. Cependant, une troisième personne, dont on a découvert qu'elle servait ses propres intérêts, a ensuite été nommée à la Banque de l'infrastructure, mais elle a soudainement démissionné, à la grande surprise du ministre responsable. C'est la vie après neuf ans de gouvernement néo-démocrate—libéral. Le gouvernement n'a aucune idée où va l'argent.
    Nous devons protéger l'argent des contribuables canadiens. Le gouvernement demandera-t-il à la GRC d'enquêter?
    Monsieur le Président, le député vient de poser la même question, et le ministre vient d'y répondre.
    Cependant, pendant que nous discutons et que nous avons un peu de temps, je voudrais savoir pourquoi une dame d'Aurora, Sabrina Maddeaux, et une autre, Rachel Gilliland, allèguent que certaines choses ne sont pas tout à fait nettes dans les investitures conservatrices. Ces allégations font suite aux accusations de Mme Maddeaux concernant l'illégalité d'une investiture conservatrice. Il se trouve que ce sont les deux seules femmes dans cette course à l'investiture. Pourquoi?
    À l'ordre. Je sais que tous les députés, et en particulier tous les ministres, comprennent que les questions posées doivent porter sur l'administration du gouvernement ou des comités. On attend la même chose des ministres, à savoir qu'ils répondent en parlant de l'administration du gouvernement.
    Le député de St. Albert—Edmonton a la parole.

Les institutions démocratiques

    Monsieur le Président, après que le premier ministre se soit fait prendre à fermer les yeux sur l'ingérence de Pékin dans les élections, son gouvernement a été contraint, à son corps défendant, d'ordonner la tenue d'une enquête publique. On a maintenant découvert que le premier ministre et le Cabinet font obstruction à l'enquête en refusant de remettre des documents à la commissaire.
    Ma question est simple. Le premier ministre va-t-il, oui ou non, mettre un terme à cette obstruction et remettre tous les documents non caviardés que la juge Hogue a demandés?
    Monsieur le Président, mon collègue sait très bien qu'il n'y a aucune obstruction. Il devrait s'entretenir avec son leader à la Chambre, avec qui j'ai travaillé en étroite collaboration tout l'été pour mettre sur pied la Commission Hogue. Nous avons accepté tous les détails du mandat, y compris le fait que le secret professionnel des avocats et le secret du Cabinet sont des éléments essentiels qu'il faut protéger.
    Bien sûr, les députés qui ont fait partie du gouvernement de M. Harper savent à quel point il était attaché à ces principes, mais le gouvernement actuel est allé plus loin et a fourni les documents du Cabinet qui étaient pertinents à cette enquête. Nous continuerons de faire tout ce qui est nécessaire pour permettre à la commission de faire son travail.

  (1510)  

La justice

    Monsieur le Président, le gouvernement est fier de défendre la Charte canadienne des droits et libertés. Si le parti qui forme l'opposition officielle était élu, par contre, il pourrait devenir le premier gouvernement fédéral à adopter des lois qui violeraient sciemment les droits des Canadiens. En effet, il invoquerait la disposition de dérogation pour bafouer les droits garantis par la Charte. En tant que parlementaire, mais surtout en tant que Canadienne, cette idée me donne froid dans le dos.
    Le ministre de la Justice pourrait-il nous parler davantage de l'importance de protéger les droits des Canadiens garantis par la Charte?
    Monsieur le Président, la Charte protège notre droit à la liberté d'expression. Elle protège notre droit de pratiquer la religion de notre choix. Elle protège notre droit à l'égalité. Elle protège notre droit à la présomption d'innocence.
    Quand on défend la liberté, on ne peut pas choisir de défendre seulement certains droits et libertés mais pas d'autres. Pourtant, c'est exactement ce que le chef de l'opposition a dit qu'il ferait. Il a ouvertement déclaré qu'il invoquerait la disposition de dérogation pour bafouer les droits garantis par la Charte. Aucun dirigeant fédéral n'a agi ainsi dans toute l'histoire du Canada.
     C'est notre parti qui a fait adopter la Charte. Nous la respectons et nous défendrons toujours les droits et libertés garantis par la Charte pour tous les Canadiens.

La Société canadienne des postes

    Monsieur le Président, il y a des décennies, les libéraux ont promis de mettre fin à la fermeture des bureaux de poste ruraux. Cependant, dans la plus pure tradition libérale, ils n'ont pas tenu cette promesse année après année. Depuis 1994, 500 bureaux de poste ruraux ont été fermés, dont 33 seulement au cours de l'année dernière. Avant que les conservateurs ne commencent à chahuter, je signale que le bilan de leur gouvernement était encore pire.
    Combien de bureaux de poste ruraux devront fermer avant que le ministre fasse enfin quelque chose?
     Monsieur le Président, je remercie le député d'en face de sa question, car elle traite d'un problème très pertinent qui touche les Canadiens dans tout le pays — pas seulement dans sa collectivité, mais partout au pays.
     Nous travaillons en étroite collaboration avec la Société canadienne des postes afin de modifier ses méthodes et d'améliorer les livraisons à l'échelle du pays. Il s'agit d'un problème sérieux, nous le reconnaissons. Nous examinons la question. Nous travaillons en étroite collaboration avec les Canadiens. Nous allons passer plus de temps à discuter de la manière d'améliorer les activités de l'organisation afin de mieux servir le Canada.

Les finances

    Monsieur le Président, je félicite le gouvernement libéral d'avoir atteint les taux d'intérêt les plus élevés des deux dernières décennies, d'avoir fait en sorte de maintenir le prix des aliments à un niveau sans précédent depuis les années 1980 et d'avoir ramené le niveau de vie des Canadiens pratiquement à son niveau le plus bas des 40 dernières années.
    Échelonné sur 20 ans et au-delà des prochaines élections, le budget de 2024 ne règle rien. Oui, le Canada a fait beaucoup de chemin depuis 2015. Malheureusement, il fait fausse route.
    Étant donné la longue liste des échecs, la ministre des Finances va-t-elle démissionner et amener tout le Cabinet avec elle pour aller préparer des affiches de course à la direction du parti pour Mark Carney?