La Chambre reprend l'étude, interrompue le 24 septembre, de la motion portant que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
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Monsieur le Président, Benjamin a 20 ans. Il vient de chez nous, dans Montmorency—Charlevoix. L'école n'a pas tout le temps été facile pour lui. Il en a arraché pour obtenir son diplôme, mais, après, il a fait un diplôme d'études professionnelles en ferblanterie. Aujourd'hui, il travaille six jours par semaine. Il se lève à 4 heures du matin pour aller installer de la ventilation dans des maisons du Québec, des maisons qu'il sait très bien qu'il ne pourra jamais se payer. Benjamin m'a écrit une question super simple: quand est-ce que le gouvernement va tenir ses promesses?
Selon Statistique Canada, le coût de l'épicerie a augmenté de 29 % depuis 2021. Le salaire de Benjamin, lui, évidemment, n'a pas suivi. Dans Montmorency—Charlevoix, des Benjamin, il y en a beaucoup. On parle de gens qui travaillent à temps plein, mais qui doivent remettre des choses sur les tablettes de l'épicerie chaque semaine, parce qu'ils ne sont pas capables de payer et de joindre les deux bouts à la fin du mois.
En 2025, après la dernière élection, un gouvernement minoritaire devait travailler avec les partis de l'opposition. Ils devaient collaborer à la recherche de solutions visant à faire avancer le pays. À ce moment-là, le gouvernement libéral a proposé le projet de loi , qui permettait de bâtir à une vitesse jamais vue depuis des générations. Il s'accordait des pouvoirs exceptionnels pour affronter une situation exceptionnelle, soit la guerre tarifaire avec nos voisins du Sud. Les citoyens avaient été clairs: ils nous demandaient de travailler ensemble dans leur intérêt, d'agir pour le bien commun et de ne pas politiser la situation.
Les conservateurs ont dit oui au projet de loi C‑5, par respect pour les citoyens. Nous ne l'avons pas fait par naïveté, mais dans un esprit de collaboration. Bâtir le pays, c'est quelque chose que nous demandons depuis des années. Nous avons tenu parole et respecté la volonté du peuple. Nous avons voté en faveur du projet de loi C‑5.
Aujourd'hui, je vais poser une question au nom de Benjamin. Qu'ont fait les libéraux de ce pouvoir qui leur a été donné et de cette collaboration que nous leur avons accordée dans le respect de la démocratie? La réponse, c'est qu'ils sont devenus majoritaires sans que les électeurs retournent voter, par des accords faits dans des bureaux, mais pas dans des bureaux de vote. Ils se sont acheté une majorité; ils ont pris le contrôle du Parlement.
Ça fait 11 ans que les libéraux gouvernent. Depuis ce temps, des promesses, il n'en manque pas; il y en a eu pas mal.
Je vais rappeler les slogans et les annonces qui ont été faites depuis 2017 relativement à la crise du logement.
En 2017, il y a eu le programme Vers un chez-soi, lié à la Stratégie nationale sur le logement. On a annoncé qu'on allait bâtir des logements pour tous les Canadiens, construire plus de logements plus rapidement et rendre les logements abordables. Il y a aussi eu Maisons Canada. On disait qu'on allait débloquer la construction de plus de logements. Ce sont tous des slogans.
En 2024, on disait qu'il était temps de construire et on a proposé le plan du Canada sur le logement. On disait qu'on allait augmenter l'offre, réduire les coûts et réduire la bureaucratie. On disait que chaque Canadien méritait un chez-soi. C'était, encore une fois, des slogans.
En 2025, on nous a présenté le soi-disant plan le plus ambitieux depuis la Deuxième Guerre mondiale, soit le fameux Bâtir un Canada fort.
Une promesse, c'est comme un chèque. Depuis 11 ans, ce chèque revient toujours avec la même mention: on dit qu'il manque de fond. Des slogans et des promesses, depuis que le gouvernement libéral est au pouvoir, il y en a eu. Des chantiers, il y en a eu pas mal moins. Pendant ce temps-là, comme je l'ai dit, le coût de l'épicerie a augmenté de 29 % depuis 2021 et l'essence a augmenté de près de 23 % en un an. Dans Charlevoix, deux jeunes de 23 ans formant un couple m'ont écrit la semaine dernière. Pour réussir à économiser, ils doivent faire leurs courses dans trois épiceries différentes. Ils n'ont pas pris de vacances parce que le prix de l'essence est trop cher. C'est ça, la réalité du vrai monde et le résultat des décisions libérales.
Là, on nous dit qu'il y a urgence et qu'on doit agir vite et adopter le projet de loi le plus rapidement possible. Cette urgence ne tombe pas du ciel. C'est le résultat de près de 11 ans de retard et de manque de construction au pays: 11 ans à ne pas diversifier nos marchés; 11 ans sans bâtir les infrastructures qui nous auraient permis de négocier avec les Américains à partir d'une position de force; 11 ans à s'appauvrir au lieu de se développer.
La fameuse histoire de la cigale et de la fourmi, est-ce que ça dit quelque chose à quelqu'un? Eh bien, on a passé 11 ans à vouloir avoir l'air gentil avec la planète entière, à inviter le monde à venir profiter de nos services et à demander aux citoyens de payer tout le temps plus cher pour obtenir moins. Je vais revenir au projet de loi . Quinze mois après son adoption, pas un seul projet n'a encore été inscrit comme projet d'intérêt national en vertu de cette loi. Pendant ce temps-là, on a créé un nouveau Bureau des grands projets, qui a été financé à hauteur de 214 millions de dollars pour cinq ans. C'est un bureau qui a coûté 42 millions de dollars l'année dernière seulement. Quand j'ai demandé à la directrice du Bureau des grands projets combien de grands projets ont vu le jour pour 42 millions de dollars, elle m'a répondu qu'il n'y en avait eu aucun.
Pire encore, c'est plus que six nouvelles agences, nouveaux bureaux ou nouvelles structures fédérales qui ont été créés. Il y a de la bureaucratie et de l'administration, mais il n'y a rien en production.
Aujourd'hui, le même gouvernement, qui est maintenant majoritaire, arrive avec un projet de loi grandiose de 250 pages. Ça a été déposé lundi dernier. Là, le gouvernement nous dit, encore une fois, qu'il faut aller vite, vite, qu'il faut que ça accélère et qu'il faut finalement atteindre une vitesse jamais vue depuis la dernière vitesse que, effectivement, personne n'a vue. Quinze mois plus tard, on revient avec la même promesse et un titre un peu plus grandiose, plus accrocheur et plus impressionnant. C'est plus de poudre aux yeux.
Je vais revenir à Benjamin. Benjamin gagne 800 $ par semaine. Avec ça, il paie sa voiture pour se rendre au chantier, son épicerie, son loyer, ses assurances et son essence. Il m'a écrit en lettres majuscules dans sa lettre que chaque sou compte. Quand Benjamin va demander une augmentation de salaire, ce ne sera pas un caprice. Ça va être pour l'épicerie, le loyer, l'essence et ses assurances. Les travailleurs qui se battent pour être mieux payés ne sont pas des adversaires de notre économie. Ce sont eux qui la bâtissent avec leurs mains à 4 heures du matin.
Souvenons-nous de l'été 2025. Il y avait 10 000 agents de bord d'Air Canada en grève. Que demandaient-ils? Ils demandaient d'être payés pour les heures travaillées, soit les heures quand il y a l'embarquement, quand il y a des attentes et des retards dans les aéroports. Ce sont des heures qui n'étaient pas payées. Moins de 12 heures après le début de cette grève, le gouvernement a invoqué l'article 107 du Code canadien du travail pour les renvoyer au travail. Ces gens ne demandaient que d'être payés pour des heures travaillées.
La partie 3 du projet de loi revoit l'article 107. Le gouvernement parle d'un cadre pour éviter les dérapages. Les travailleurs, eux, disent que ça va rendre le droit de grève presque impossible dans les ports, dans les trains et dans les compagnies aériennes. Ceux qui vivent les effets de la loi nous disent qu'ils la voient à l'inverse de ce que le gouvernement dit. Notre rôle, ici, c'est de comprendre, d'analyser et de défendre les intérêts des travailleurs et des citoyens. Le rôle de l'opposition, c'est d'être loyal envers le peuple et envers la nation. Je ne parle pas de structures administratives et d'organisations. Je parle du vrai monde. Je parle des gens comme Benjamin. Je parle de défendre ceux qui travaillent et qui n'y arrivent plus.
Toutefois, nous allons être justes. Il y a de bonnes choses dans le projet de loi. Par exemple, l'approche « un projet, une évaluation, un an » est une très bonne idée. Elle est tellement bonne, en fait, que c'est notre idée. C'est mon collègue de qui l'a déposée à la Chambre sous la forme du projet de loi . En mai 2024, la Chambre l'a rejeté à 177 voix contre 150. Les libéraux ont voté contre.
Alors, quand le nous a dit cette semaine que les conservateurs n'avaient pas inventé l'eau chaude, eh bien, il faut croire que nous l'avions vue bouillir avant lui. Je ne reproche toutefois pas au gouvernement d'avoir changé d'idée, finalement. C'est bien que les libéraux arrivent à comprendre qu'ils ont leurs manquements, parce que les idées que nous défendons ici n'appartiennent pas à un parti. Elles appartiennent à tous ceux qui veulent faire avancer le pays, qui veulent qu'on s'enrichisse collectivement et qu'on bâtisse.
Or, après 11 ans de belles annonces, Benjamin n'a plus besoin de belles intentions. Lui, il veut que ça marche. Il veut que ça avance, il veut voir des résultats, il veut vivre les résultats. Une autre personne m'a écrit récemment pour dire que les citoyens ne demandent pas des promesses, mais des résultats concrets et mesurables. Elle nous demandait de faire moins de politique et d'apporter plus de solutions.
Moi, je vais offrir deux solutions très simples. La première, c'est une vraie étude en comité. Il ne faut pas que ce soit des débats écourtés ou un comité qui vote lui-même d'accélérer ses travaux parce que le gouvernement est rendu majoritaire. Il faut entendre les travailleurs, les employeurs, les spécialistes et les Premières Nations. Il faut entendre les régions comme la mienne et nos entrepreneurs. Il faut que le monde, qu'il soit touché positivement ou négativement par le projet de loi, vienne témoigner. On ne peut pas analyser 250 pages en quelques jours.
La deuxième chose, c'est que ça nous prend un vrai chronomètre. On parle d'une évaluation en un an pour un projet. Il ne faut pas de pauses cachées, pas de prolongation derrière des portes fermées, pas d'affirmation qu'il faut comprendre qu'il y a des retards. C'est une promesse. Si c'est un an, il faut que ce soit un an du début à la fin.
Quand le gouvernement nous dit que c'est urgent, que nous devons lui faire confiance et qu'il veut plus de pouvoir parce qu'il y a une crise, notre devoir n'est pas d'aller plus vite. C'est de ralentir et de lire parce que, dans chaque virgule, à chaque point et dans chaque phrase il y a des choses importantes à soulever. C'est parce que, dans chaque virgule, il y a le salaire d'un travailleur. Dans chaque point, il y a un chantier dans une région. Dans chaque phrase, il y a une promesse qui a été faite à Benjamin. Ces promesses, cette fois-ci, on veut s'assurer qu'elles n'arrivent pas avec un chèque sans provision.
Demain, à 4 heures du matin, Benjamin va se lever pour aller bâtir une maison qu'il ne peut pas se payer. Il ne nous demande plus de slogans, il nous demande de bâtir un pays où, travailler fort, ça suffit encore. Les slogans, ça ne bâtit rien. Les chantiers le font. Il est plus que temps qu'on bâtisse ensemble.
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Monsieur le Président, je prends la parole au sujet de la Loi visant à bâtir un Canada fort. Le Canada se trouve à un tournant décisif. Partout dans le monde, les échanges commerciaux se redéfinissent, les tensions géopolitiques s'accentuent et la concurrence pour attirer les investissements est féroce. Depuis des années, le Canada dépend largement d'un seul partenaire commercial, ce qui expose les entreprises, les travailleurs et les collectivités d'ici aux perturbations externes et aux mesures tarifaires imprévues.
Pour protéger sa souveraineté et sa prospérité à long terme, le Canada doit agir pour devenir véritablement autonome sur le plan économique. Le gouvernement s'est fixé l'objectif ambitieux de doubler les exportations vers les marchés autres que les États‑Unis d'ici 10 ans dans le but d'ouvrir de nouveaux débouchés et d'attirer des investissements.
Le pays transforme maintenant ce potentiel en progrès. Or, le processus décisionnel fédéral est lent, morcelé et encombré par des chevauchements administratifs. Les projets qui pourraient créer des emplois bien rémunérés et alimenter notre transition vers l'énergie propre sont paralysés par la réglementation. Résultat: il faut parfois attendre cinq ans, et même plus, avant d'obtenir des réponses. La Loi visant à bâtir un Canada fort s'attaquerait directement à ces obstacles structurels. Elle s'articule autour de trois piliers étroitement liés: accélérer l'examen des grands projets, moderniser les chaînes d'approvisionnement et les corridors commerciaux, améliorer le processus de négociation collective et renforcer la protection des travailleurs.
Sachant qu'une mesure législative d'une telle portée peut soulever des inquiétudes, je tiens aujourd'hui à aborder les questions qui sont soulevées au sujet de la protection de l'environnement, des droits des travailleurs et de la réconciliation avec les Autochtones et à expliquer comment ce projet de loi y répondrait.
Une question qui a été soulevée est la suivante: comment pouvons-nous accélérer les examens fédéraux sans tourner les coins ronds ou affaiblir les normes environnementales? Je tiens à être clair: la Loi visant à bâtir un Canada fort constitue une réforme des processus, et non un assouplissement des normes. Ce n'est pas un choix entre la protection de l'environnement et la construction d'infrastructures majeures. Nous pouvons et nous devons faire les deux.
Dans le système actuel, les ministères fédéraux examinent les projets de façon consécutive. Un promoteur peut passer deux ans à réaliser une évaluation en vertu de la Loi sur l'évaluation d'impact, pour ensuite devoir repartir à zéro afin d'obtenir des permis successifs distincts de Pêches et Océans Canada ou de Transports Canada. Il s'agit là de dédoublements inutiles.
Ce projet de loi vise à faire passer les examens fédéraux d'un processus séquentiel à un processus parallèle. En vertu du nouveau cadre, l'Agence d'évaluation d'impact du Canada coordonnerait les activités des ministères fédéraux de façon simultanée. En termes simples, au lieu de faire passer les projets par chaque ministère l'un après l'autre, tous les organismes fédéraux travailleraient en même temps et de concert.
Le gouvernement fédéral s'engagerait à mener à bien un examen et à rendre une décision fédérale globale, qu'elle soit favorable ou non, dans l'année suivant la présentation d'une demande complète. La portée des évaluations environnementales demeurerait intacte et tiendrait compte des répercussions sur la santé, la société et l'environnement, ainsi que du savoir traditionnel autochtone.
Le gouvernement a écouté attentivement ce qu'on avait à lui dire pendant les vastes consultations ayant donné lieu à plus de 26 000 mémoires. En réponse à cette rétroaction, nous avons explicitement retiré les modifications proposées à la disposition de la Loi sur les espèces en péril concernant la mise en péril des espèces. Ainsi, cette loi resterait intacte, et les espèces en péril bénéficieraient d’une protection sans compromis.
De solides protections environnementales demeurent un fondement non négociable de notre approche, garantissant que la croissance économique et la conservation vont de pair. En cernant les considérations environnementales plus tôt dans le processus, cette approche maintient la protection de l'environnement tout en offrant une plus grande certitude aux collectivités et aux promoteurs de projets.
Le deuxième groupe à nous avoir fait part de ses commentaires est celui des travailleurs syndiqués et des représentants syndicaux. Les travailleurs veulent avoir l'assurance que la loi ne restreindra pas leur droit constitutionnel de faire la grève et n'entraînera pas une augmentation de l'ingérence gouvernementale dans les négociations collectives. Je crois fermement qu'une économie forte repose sur des travailleurs bien rémunérés et bien protégés.
La Loi visant à bâtir un Canada fort préserverait et enchâsserait le droit constitutionnel de faire la grève. Les accords les plus fructueux et les plus durables sont ceux qui sont négociés directement par les travailleurs et les employés à la table de négociation.
Par ailleurs, ce projet de loi moderniserait le Code canadien du travail afin d'aider les parties à parvenir à un accord avant qu'une crise ne survienne, par exemple en cas de différends dans les secteurs essentiels de la chaîne d'approvisionnement ou de désaccords quand la mauvaise foi des employeurs ou des syndicats maintient les négociations au point mort pendant des mois. Pour les négociations complexes, les pourparlers commenceraient plus tôt et la période de conciliation serait prolongée. Au lieu d'imposer un accord, un conciliateur neutre serait nommé pour encadrer le déroulement des discussions et collaborer avec les employeurs et les syndicats afin d'en arriver à un compromis équitable avant qu'un conflit ne dégénère en arrêt de travail. Un médiateur spécial serait nommé pour aider à surmonter les blocages. En cas d'impasse, ce médiateur présenterait un rapport public dans les cinq jours afin de tenir les deux parties responsables de leurs actes.
Au-delà du règlement des différends, nous investirions directement dans la protection quotidienne des travailleurs en renforçant la sécurité au travail, en réglant plus rapidement les plaintes et en sévissant contre le vol de salaire. La Loi visant à bâtir un Canada fort nous permettrait de faire croître notre économie ainsi que de protéger, de respecter et de soutenir les travailleurs qui contribuent à cette croissance.
Le troisième point que j'aimerais aborder est celui de nos obligations constitutionnelles et morales envers les peuples autochtones. L'obligation de la Couronne de consulter et d'accommoder est protégée par la Constitution. Elle n'est pas négociable et serait pleinement appliquée dans le cadre de cette loi. La réconciliation économique est inscrite dans ce projet de loi et doit se faire par l'entremise des comités consultatifs autochtones et en permettant aux Autochtones de détenir une participation dans les grandes infrastructures. Ce projet de loi remplacerait l'enchevêtrement confus d'examens ministériels distincts par un nouveau centre de consultation de la Couronne, ce qui offrirait aux communautés autochtones un point de contact fédéral coordonné unique pour chaque projet.
Afin de faire croître notre économie de manière collaborative, nous devons également moderniser nos corridors commerciaux et nos réseaux de transport. Quatre-vingts pour cent des échanges commerciaux du Canada avec les marchés autres que les États-Unis transitent par nos ports maritimes. La Loi visant à bâtir un Canada fort établirait un réseau de portails numériques à déclaration unique. En passant des formulaires papier aux dossiers commerciaux électroniques conformes aux normes des Nations unies, nous éliminons le dédoublement des documents entre les ministères et pouvons libérer un énorme potentiel économique pour les exportateurs canadiens.
En conclusion, c'est en accompagnant les gens qui bâtissent le Canada qu'on bâtit un Canada plus fort. Le projet de loi visant à bâtir un Canada fort constitue un ambitieux train de mesures économiques intégrées. L'approbation des projets serait plus rapide et mieux prévisible tout en respectant des normes environnementales parmi les plus rigoureuses au monde. La mesure respecte les droits autochtones au titre de l'article 35 tout en simplifiant les consultations. Elle protégerait le droit de grève, un droit constitutionnel, tout en fournissant des outils modernes aux travailleurs et aux employeurs, de manière à leur permettre de conclure des ententes équitables à la table de négociations.
Avançons main dans la main, soutenons les travailleurs d'ici, protégeons notre environnement et bâtissons une économie résiliente, concurrentielle et solide, pour le bien de tous les Canadiens.
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Monsieur le Président, les Canadiens veulent que le Canada se développe. Ils veulent davantage de logements et d'infrastructures énergétiques, des ports plus performants, des corridors de transport plus efficaces et des grands projets qui créent des emplois et favorisent les échanges commerciaux. Par conséquent, la question qui se pose au Parlement n'est pas de savoir si le Canada doit se développer, mais si le projet de loi résout les problèmes qui empêchent le Canada de se développer.
Cela m'amène à cette question fondamentale: qu'est-il advenu du projet de loi ? Il y a un peu plus d'un an, le Parlement a adopté la Loi sur l'unité de l'économie canadienne. Le projet de loi C‑5 a institué la Loi visant à bâtir le Canada afin d'accélérer les projets d'intérêt national et d'assurer un processus d'approbation fédéral plus coordonné et plus prévisible. Les libéraux ont également créé le Bureau des grands projets, qui sert de point de contact central.
À l'époque, les libéraux avaient assuré aux Canadiens que ce cadre permettrait de simplifier le processus d'approbation, de réduire les chevauchements et de faire avancer plus rapidement les grands projets; pourtant, à peine un an plus tard, ils reviennent avec le projet de loi , un autre projet de loi majeur, un autre cadre de plus et une nouvelle promesse selon laquelle, cette fois-ci, ils feront les choses comme il faut. Cela soulève une question fondamentale. Si le Canada ne construit pas assez vite, le problème tient-il à l'absence de mesures législatives ou à l'incapacité des libéraux à mettre en œuvre les lois déjà adoptées par le Parlement?
Si le problème tient à la coordination entre les fonctionnaires, alors il faut améliorer la coordination. Si le problème tient à un manque de ressources, alors fournissons les ressources. S'il y a un problème de dédoublement, qu'on supprime le dédoublement. Si les lois actuelles sont désuètes, il faut les abroger ou les refondre plutôt que d'ajouter continuellement une nouvelle couche législative. Une nouvelle loi ne règle pas un problème de mise en œuvre comme par magie; elle ne fait que le camoufler.
C'est pourquoi le choix du moment est important. Le Parlement a créé un nouveau cadre il y a à peine un an, avec des objectifs clairs, des pouvoirs clairs et un Bureau des grands projets spécialement consacré à la question. Pourtant, 12 mois plus tard, seulement quelques projets ont été inscrits sur la liste, et aucun n'a été approuvé. Si le cadre existant n'a pas donné de résultats, le Parlement a le droit de savoir pourquoi. Quels sont les défis de coordination qui subsistent? Quels sont les dédoublements qui persistent? Pourquoi l'ajout d'une autre grosse mesure législative réglerait-il soudain des retards qui découlent de toute évidence de l'exécution, et non de l'absence de pouvoir légal? Avant de créer un nouveau cadre, le Parlement devrait insister pour obtenir une explication claire des raisons pour lesquelles le cadre existant n'a pas donné les résultats promis aux Canadiens.
Cela nous amène au délai d'un an, c'est-à-dire l'argument central des libéraux en faveur du projet de loi . À première vue, une telle mesure semble intéressante. Selon les libéraux, les examens et les processus décisionnels du gouvernement fédéral seraient terminés dans un délai d'un an après la réception de tous les renseignements requis. Que se passe-t-il lorsque ce délai n'est pas respecté? Le projet est-il automatiquement approuvé? Le projet échappe-t-il au gouvernement? Y a-t-il la moindre conséquence? L'explication des libéraux indique clairement que le compte à rebours ne commence qu'une fois que les promoteurs ont terminé les études et soumis des demandes complètes et les renseignements requis. Les promoteurs peuvent se soustraire au délai d'un an. Il peut y avoir des prolongations et des ajouts, notamment pour achever les consultations auprès des Autochtones. Il existe peut-être des raisons légitimes de faire preuve de souplesse. On ne peut pas précipiter les consultations auprès des Autochtones. On ne peut pas faire fi des renseignements techniques. Les promoteurs pourraient avoir besoin de plus de temps.
C'est précisément ce qui nous amène au cœur du problème, à savoir la reddition de comptes. Si le délai peut être prolongé ou suspendu, ou que l'on peut s'y soustraire, en quoi ce délai d'une année est-il un engagement exécutoire et non un énième argument bidon des libéraux? Si on peut retirer la cible et qu'il n'y a aucune conséquence si on ne l'atteint pas, qui rendra des comptes? Qui expliquera les retards: le ministère, l'organisme de réglementation, le ministre ou l'évaluateur principal? Les Canadiens seront-ils en mesure de savoir à quelle fréquence les délais sont prolongés ou suspendus et pour combien de temps?
Pour être utile, une cible d'un an doit s'accompagner de mesures de transparence et de reddition de comptes. Autrement, ce n'est qu'une promesse de plus sans dispositions d'application.
Les ports sont un bon exemple du problème aux frontières. La stratégie commerciale du Canada repose sur le transport efficace des marchandises du producteur jusqu'aux marchés internationaux. Les libéraux affirment que les infrastructures de transport se heurtent à des exigences qui se chevauchent, à un processus redondant et à de longs délais. Le projet de loi propose des changements qui amélioreraient l'efficacité des corridors commerciaux et qui moderniseraient la gouvernance portuaire. Ce sont des propositions importantes.
Le Canada a déjà la Loi maritime du Canada, la Loi sur les transports au Canada ainsi que le Fonds national des corridors commerciaux et les administrations portuaires. Il a maintenant la Loi visant à bâtir le Canada et le Bureau des grands projets. Si ces mécanismes ne donnent pas de résultats en temps voulu, le problème ne réside pas dans les lacunes législatives, mais dans les goulots d'étranglement opérationnels auxquels le projet de loi ne s'attaque pas directement.
Prenons l'exemple du projet de Terminal 2 à Roberts Bank, en Colombie‑Britannique. Il a fait l'objet d'évaluations fédérales pendant plus de dix ans. Son évaluation d'impact a été complétée en 2023. Le projet a été renvoyé au Bureau des grands projets, mais on attend toujours. Le Parlement devrait se demander ce que le projet de loi changera précisément pour un projet comme celui-ci. Est-ce qu'il va éliminer les redondances? Est-ce qu'il va coordonner les permis restants? Va-t-il établir une responsabilité claire? Produira-t-il à un échéancier mesurable? Ou va-t‑il plutôt créer un autre niveau de bureaucratie?
Un corridor commercial ne se limite pas à un port. Il englobe toute la chaîne: le producteur, les liaisons routières ou ferroviaires, le terminal, le port, le navire et, en fin de compte, le client. Si une partie est lente, c'est tout le corridor qui est lent. Le Parlement doit appuyer les efforts visant à bâtir plus rapidement, mais, pour y parvenir, il faut assurer la mise en œuvre, la coordination et la reddition de comptes, plutôt que d'adopter simplement davantage de mesures législatives.
Deux questions devraient guider notre examen du projet de loi . Premièrement, si le problème réside dans la mise en œuvre, pourquoi une autre loi est-elle la solution? Le projet de loi a déjà créé la Loi visant à bâtir le Canada et le Bureau des grands projets pour accélérer et coordonner les grands projets. Deuxièmement, les libéraux promettent que les décisions seront prises dans un délai d'un an, mais en quoi cela constitue-t-il un véritable engagement si le délai peut être prolongé ou suspendu et qu'il n'y a pas de conséquence s'il n'est pas respecté?
Voilà les questions que le Parlement devrait placer au cœur de l'examen du projet de loi . Le Canada a besoin de grands projets, de ports efficaces, de corridors commerciaux fiables et d'un système de réglementation qui crée un climat de certitude pour les investisseurs, les collectivités et les partenaires autochtones. Une autre loi n'est pas la solution si le problème est la mise en œuvre. Le Canada n'a pas besoin de couches législatives supplémentaires; il a besoin de résultats.
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Monsieur le Président, c'est à mon tour de dire quelques mots sur le projet de loi qui, comme certains de mes collègues l'ont déjà mentionné, est d'abord et avant tout un projet de loi économique. C'est un ensemble de mesures. Je suis tout à fait conscient qu'il s'agit d'un projet de loi plutôt complet, si je peux m'exprimer ainsi, qui est absolument nécessaire pour stimuler notre économie et notre croissance économique.
Nous avons été élus, il y a environ un an et demi, pour bâtir un Canada fort et rebâtir l'économie canadienne. Pour ce faire, nous devons accélérer le processus d'approbation. Il faut produire des résultats concrets, et pour cela, nous avons besoin de plusieurs modifications législatives afin que l'économie canadienne s'adapte au nouveau contexte.
Je vais commencer par mettre l'opportunité de notre démarche en contexte. Si nous procédons maintenant, c'est avant tout parce que c'est nécessaire. Nous aurions de toute façon dû moderniser le cadre réglementaire pour le mettre à jour. Néanmoins, la conjoncture particulièrement délicate appelle une réforme structurelle en profondeur. C'est ce que le projet de loi vise à accomplir. Nous sommes en pleine guerre commerciale. Ce n'est pas nous qui l'avons déclenchée: elle nous a été imposée de manière tout à fait arbitraire et sans tenir compte du fait que l'économie du Canada et celle des États‑Unis, depuis au moins 30 ans, sont devenues de plus en plus intégrées, surtout pour ce qui est des secteurs industriels, qui sont complètement intégrés.
Le Canada n'est pas qu'une version miniature des États‑Unis qui fabrique tout ce qui se fabrique là-bas, mais à moindre échelle. Ce n'est pas du tout la réalité. L'économie canadienne s'est spécialisée dans un nombre relativement petit de secteurs et de produits, qui sont entièrement intégrés dans la chaîne d'approvisionnement nord-américaine. Notre voisin au sud, particulièrement son gouvernement — ne mélangeons pas les choses, car c'est du gouvernement des États-Unis qu'il s'agit —, ne soucie pas du tout de cette intégration. Il a décidé de désintégrer l'économie nord-américaine, de la fractionner, au motif qu'il n'a pas besoin de ce que nous fabriquons.
Pourtant, il en a bel et bien besoin. Malgré tout, le gouvernement des États-Unis pense que son pays n'a pas besoin de ce que nous offrons, alors le Canada doit changer son fusil d'épaule. Il doit revoir sa structure. Il faut fabriquer les produits que recherche le marché local, ce qui suppose dans une certaine mesure de supplanter des importations. Parallèlement, il faut aussi trouver de nouveaux marchés, de nouveaux débouchés à l'étranger.
Avec ce projet de loi, nous tenterions de changer notre fusil d'épaule. Pour ce faire, plusieurs mesures s'imposent. Tout d'abord, il faut nous assurer d'être réellement en mesure d'approuver des projets, notamment dans le domaine des infrastructures. Il faut améliorer nos infrastructures et renforcer notre capacité à transporter les marchandises et les personnes aux quatre coins du pays. Des améliorations massives de nos infrastructures sont nécessaires, et ce projet de loi permettrait d'accélérer le processus.
J'entends déjà nos amis du Bloc québécois affirmer que cela constituerait une ingérence massive dans les domaines relevant de la responsabilité et de la compétence des provinces. Soyons clairs: ce que nous proposons s'appliquerait aux lois et aux règlements fédéraux. Nous ne modifierions en aucun cas les règlements provinciaux ni ne leur imposerions de changement, quel qu'il soit.
Bien entendu, nous invitons les provinces à participer elles aussi à ce processus et à s'y harmoniser. D'ailleurs, sept provinces ont déjà signé des accords avec le gouvernement fédéral. Ainsi, notre objectif — à savoir pour un projet, un seul processus d'approbation et un délai d'un an pour que le projet se réalise en une année — permettra d'accélérer les choses si les provinces sont déjà sur la même longueur d'onde. Si ce n'est pas le cas, alors la législation et les procédures provinciales resteront en vigueur.
L'objectif est de bâtir une économie plus forte, plus résiliente, plus productive et, à terme, plus indépendante.
Soit dit en passant, depuis notre retour à la Chambre, nous avons aussi beaucoup discuté de la question de la hausse du coût de la vie, qui est une réalité et une préoccupation majeure pour la plupart des Canadiens. J'aimerais faire deux observations là-dessus. D'abord, les programmes sociaux nécessaires pour aider les Canadiens à surmonter la hausse des coûts ou à s'y adapter sont bel et bien en place. Les programmes sociaux sont importants, et le Canada se distingue entre autres par son solide filet social. C'est en grande partie parce que nous prenons soin les uns des autres et que nous aidons les gens dont les revenus sont modestes grâce à des programmes sociaux ciblés et relativement généreux que le Canada est ce qu'il est. Nous continuerons ainsi. En effet, nous avons considérablement renforcé nos programmes sociaux.
Toutefois, d'un point de vue plus fondamental, la seule façon de rendre la vie plus abordable à long terme et de manière durable consiste à améliorer la productivité. Une meilleure productivité nous mènera à une économie bien plus efficace, ce qui permettra d'augmenter les revenus. Si les revenus augmentent, la vie deviendra plus abordable. Le gouvernement, l'État, ne peut pas et ne doit pas réglementer directement les prix. C'est voué à l'échec. De nombreux exemples dans d'autres pays ont démontré que cela ne fonctionne pas. Toutefois, si nous mettons en place des politiques qui favorisent l'investissement et la croissance de la productivité, les revenus augmenteront, et les Canadiens pourront alors subvenir à leurs besoins et mener une vie meilleure.
L'offre pose aussi problème dans certains domaines. Dans le cas du logement, par exemple, l'offre est un des principaux facteurs qui augmentent le coût de la vie. Elle cause l'augmentation du prix des loyers et des maisons. L'offre est insuffisante. Encore une fois, c'est un enjeu complexe et difficile à gérer. Le projet de loi ne s'attaquerait pas nécessairement à cet enjeu directement, mais indirectement, d'une certaine façon, en améliorant les infrastructures.
Le mauvais état d'un grand nombre d'infrastructures municipales dans toutes les provinces, y compris la mienne, et dans ma circonscription en particulier, est un autre problème, un des facteurs qui freinent la construction de logements. Les infrastructures municipales de base, comme les égouts et les installations de traitement des eaux, nuisent également à la construction. Par conséquent, nous pourrions améliorer la situation si nous arrivons à accélérer les processus et la construction.
Mais ne perdons pas de vue le volet de la demande: la croissance soutenue des revenus repose sur une économie plus productive, ce qui nécessite des investissements massifs. Le principal objectif du projet de loi est de veiller à ce que les investissements nécessaires soient faits. Le processus d'approbation des grands projets au Canada est particulièrement complexe, et il prend du temps. Notre intention est claire: nous voulons accélérer radicalement ce processus.
Le projet de loi comporte trois volets. Nous allons bâtir dès maintenant, et nous devons accélérer la cadence et avancer avec détermination pour tous les Canadiens.