La Chambre reprend l'étude, interrompue le 10 octobre, de la motion portant que le projet de loi , soit lu pour la deuxième fois et renvoyé à un comité.
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Madame la Présidente, j'ai l'honneur de prendre la parole au sujet du projet de loi , Loi instituant le Mois du patrimoine arabe, qui vise à désigner officiellement le mois d'avril comme mois du patrimoine arabe partout au Canada. Ce projet de loi souligne l'importance de reconnaître non seulement la diversité et le dynamisme du Canada, mais aussi la notion plus large qui sous-tend le fait d'appartenir à ce grand pays, d'y être considéré et d'y être célébré. Le projet de loi a déjà été adopté au Sénat, et je suis fier de le parrainer ici, à la Chambre des communes, à mesure qu'il franchit les étapes du processus parlementaire.
Certains députés se souviendront peut-être que la Chambre a déjà été saisie de ce projet de loi. Au cours de la 44e législature, le député d' avait présenté le projet de loi , qui avait exactement le même objectif. Il a été adopté à l'unanimité à toutes les étapes à la Chambre, dans un rare et puissant élan d'unité. Des députés de tous les horizons politiques, de toutes les régions et de tous les milieux ont ainsi reconnu l'importance du patrimoine arabe.
Je tiens à remercier tout particulièrement quelques-uns de mes collègues de leur travail sur le projet de loi, y compris, bien sûr, le député d', qui a été le premier à présenter le projet de loi en 2022. Sans lui, nous ne serions pas ici aujourd'hui. Il a dit: « [...] je mentionnerai [...], parmi les membres de ma famille, mon parrain canado-syrien, un homme d'une intelligence, d'une gentillesse et d'une intégrité remarquables. Il venait d'un milieu modeste, même pauvre, en fait, et il a su par ses valeurs m'inculquer une profonde appréciation du dur labeur, de la générosité et du service public. »
J'aimerais également exprimer ma gratitude au député d', dont le soutien indéfectible a joué un rôle clé dans l'avancement du projet de loi. Il a dit: « Comme je l'ai dit, mon histoire ressemble à celle de beaucoup d'autres [Canadiens d'origine arabe] qui sont arrivés dans notre pays en quête d'une vie meilleure et pour redonner à la communauté. Je suis fier de mes origines et je suis heureux d'assister à la création du Mois du patrimoine arabe. »
Je tiens aussi à remercier les anciens députés Sylvie Bérubé, Blake Desjarlais et Brian Masse, qui ont tous apporté une contribution précieuse pour aider le député d' à donner vie à cet important projet de loi. Leurs efforts collectifs reflètent leur conviction commune que les Canadiens d'origine arabe méritent une reconnaissance nationale officielle pour leur contribution au tissu social de notre pays, hier comme aujourd'hui.
Malheureusement, malgré son caractère rassembleur et l'élan qu'il avait suscité, le projet de loi, après avoir atteint l'étape de la troisième lecture au Sénat, est mort au Feuilleton à la suite de la dissolution du Parlement en 2024. Aujourd'hui, nous avons l'occasion, et je dirais même la responsabilité, de terminer ce travail inachevé, de réaffirmer notre engagement envers la diversité et l'inclusion, et de veiller à ce que la contribution des Canadiens d'origine arabe, passée et présente, soit officiellement soulignée en avril de chaque année partout au pays.
Pourquoi en avril, et pourquoi faut-il agir maintenant? En fait, le choix du mois d'avril est délibéré. Ce mois coïncide avec plusieurs célébrations culturelles et historiques dans les communautés arabes, et il constitue l'occasion parfaite de mettre en valeur chaque année la grande diversité du patrimoine, de la culture et de la langue arabes, ainsi que leur grande contribution à la société canadienne.
Nous savons que les Canadiens d'origine arabe ne forment pas un groupe monolithique. La communauté est très diversifiée et très dynamique. Le monde arabe s'étend sur plus de 22 pays, de l'Afrique du Nord au Moyen-Orient, et il compte plus de 450 millions de personnes. Il englobe une riche mosaïque de langues, de religions et de traditions. Parmi les Canadiens d'origine arabe, il y a notamment des chrétiens, des musulmans, des juifs et des druzes. Ils parlent l'arabe dans de nombreux dialectes, ainsi que le français, l'anglais, l'arménien, le syriaque et bien d'autres langues.
Leurs cultures sont aussi diversifiées que les régions d'où ils viennent, des montagnes du Liban aux déserts de la Jordanie, en passant par les villes d'Égypte et les côtes du Maroc. Désigner avril comme le mois du patrimoine arabe serait une façon de reconnaître cette diversité et de célébrer la façon dont elle a enrichi le tissu social de notre pays.
Les Canadiens d'origine arabe bâtissent le Canada aux côtés d'autres peuples depuis plus de 140 ans. Les immigrants provenant principalement du Liban actuel ont été le premier groupe arabe à venir au Canada. Le premier immigrant arabe documenté au Canada était Ibrahim Abu Nadir, un chrétien maronite libanais arrivé à Montréal dans les années 1880. Il a travaillé comme marchand. Il se déplaçait de ville en ville pour vendre des marchandises et il a fini par devenir un marchand prospère. Il a ouvert la voie à des milliers d'autres personnes venant de ce qu'on appelait alors la Grande Syrie, le Levant, qui est aujourd'hui le Liban, la Syrie, la Jordanie et la Palestine.
Ces pionniers ont contribué à l'établissement de certaines des premières églises et mosquées arabes du Canada. J'ai eu l'occasion de visiter l'une de ces mosquées à Edmonton, qui a été fondée il y a très longtemps. C'est une ancienne église communautaire ukrainienne qui a été transformée en mosquée, ce qui est encore un autre signe de la diversité et de l'inclusion dans nos collectivités. Les nouveaux immigrants ont créé des entreprises, fondé des familles et contribué à la vie culturelle et économique de leur collectivité, souvent tout en étant confrontés à la discrimination, à l'isolement et à des difficultés économiques. Le mois d'avril serait l'occasion de reconnaître et de célébrer les contributions de ces premiers immigrants.
Aujourd'hui, les Canadiens d'origine arabe sont représentés dans tous les domaines imaginables de la vie canadienne. On croit que Peter Baker, qui a été député provincial dans les Territoires du Nord‑Ouest dans les années 1960, a été le premier musulman arabe à occuper un poste électif au Canada. Joe Ghiz, d'origine libanaise, a été premier ministre de l'Île‑du‑Prince‑Édouard. Il a été le premier premier ministre provincial d'origine non européenne au pays. Son leadership, en particulier lors des négociations constitutionnelles, a laissé une empreinte durable sur le fédéralisme canadien.
Dans le domaine des arts, Paul Anka, né à Ottawa de parents syriens, est devenu l'un des artistes musicaux canadiens les plus présents à l'étranger, connu dans le monde entier pour ses compositions et sa voix intemporelle. Dans le monde des affaires, Salim Rassy, plus tard connu sous le nom de Rossy, un immigrant syro-libanais, a fondé en 1910 à Montréal un petit magasin général qui allait devenir la chaîne nationale de magasins de détail que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Dollarama. Dans le milieu universitaire, Bessma Momani, l'une des principales voix canadiennes en matière d'analyse des affaires du Moyen‑Orient, a contribué à notre compréhension de la politique internationale et des questions de sécurité.
Dans le domaine des sciences, il y a Noubar Afeyan, un entrepreneur, inventeur et philanthrope canado-libanais, surtout connu pour avoir cofondé la société de biotechnologie Moderna. Sa famille a déménagé au Canada en 1975 pendant la guerre civile au Liban. M. Afeyan a obtenu son baccalauréat en génie chimique de l'Université McGill en 1983. En 2022, il a reçu un doctorat honorifique en sciences de son alma mater, l'Université McGill. Il souligne que ses origines et sa mentalité d'immigrant sont la force motrice de ses activités philanthropiques, scientifiques et commerciales.
De nombreux immigrants continuent de redonner au Canada, parce qu'ils sont reconnaissants de ce que notre pays a fait pour eux. Ces histoires ne sont pas rares. Ce sont les histoires inédites de milliers de propriétaires de petites entreprises, d'artistes, d'enseignants, de médecins, de travailleurs de première ligne, de policiers, de pompiers et d'ambulanciers paramédicaux qui ont discrètement, mais indéniablement, façonné la société et les collectivités canadiennes.
Le projet de loi n'est pas qu'un geste symbolique: c'est un outil pratique et opportun d'inclusion, un autre puissant rappel de l'importance de la diversité et de l'inclusion. Il invite tous les Canadiens à se renseigner sur la richesse culturelle des Canadiens d'origine arabe, à la célébrer et à la comprendre, ainsi qu'à reconnaître les obstacles auxquels bon nombre d'entre eux continuent de se heurter, notamment le racisme, l'islamophobie, le sentiment anti-arabe et les informations trompeuses. En désignant le mois d'avril comme le mois du patrimoine arabe, nous permettrions non seulement aux voix et aux histoires des Canadiens d'origine arabe d'être entendues, mais aussi à leurs contributions d'être reconnues, non seulement durant un mois qui leur est consacré, mais aussi dans nos conversations, nos salles de classe, nos milieux de travail et nos collectivités. C'est un geste de reconnaissance, certes, mais c'est aussi un engagement envers l'éducation, l'équité et le dialogue.
Le leadership du sénateur Mohammad Al Zaibak, le parrain du projet de loi , a été exemplaire dans ce dossier, et je tiens à le féliciter publiquement d'avoir défendu le projet de loi au Sénat et d'avoir prononcé un discours percutant à l'étape de la deuxième lecture en octobre dernier. Je le connais depuis de nombreuses années et je l'ai vu contribuer énormément à la vie des gens, à la vie communautaire et à de bonnes causes dans la région du Grand Toronto et partout au Canada. Il a mené de vastes consultations auprès d'intervenants de partout au Canada au sujet du projet de loi. Le projet de loi est non partisan et il a déjà été adopté au Sénat avec un large appui.
En conclusion, le Canada est à son meilleur lorsque nous reconnaissons notre diversité non pas comme un problème, mais plutôt comme une force qui nous permet de comprendre les autres et d'accéder à d'autres communautés, à d'autres pays, à d'autres régions du monde et à d'autres marchés et débouchés.
Ce projet de loi nous donne l'occasion de célébrer ce qui nous rend uniques tout en réaffirmant ce qui nous unit également: la communauté, la foi, la liberté, les droits de la personne, notre engagement envers notre patrimoine multiculturel et notre engagement commun envers le respect, l'équité et la compréhension mutuelle.
Saisissons cette occasion d'envoyer un message clair et unanime, à savoir que les Canadiens d'origine arabe font partie intégrante du passé, du présent et de l'avenir du Canada, qu'ils ont leur place ici, que leurs histoires sont importantes et que leurs contributions ne seront jamais oubliées. En célébrant et en adoptant ce projet de loi, non seulement nous reconnaîtrons ces contributions, mais nous les célébrerons aussi.
J'exhorte tous les députés, tous mes collègues de tous les partis à la Chambre, à appuyer l'adoption rapide du projet de loi et à se joindre à moi pour faire en sorte que le mois du patrimoine arabe devienne un événement permanent de notre calendrier national.
Comme je l'ai dit, cet événement dans le calendrier n'est pas que symobolique. C'est une occasion d'apprendre à connaître nos voisins et leurs contributions. Terminons ce que nous avons commencé lors de la dernière législature, faisons ensemble ce pas important et adoptons ce projet de loi.
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Monsieur le Président, je suis très heureux de prendre la parole pour appuyer le projet de loi .
Plus d'un million de Canadiens sont d'origine arabe, et ils sont répartis dans toutes les provinces et tous les territoires. Ils ont tous une histoire différente sur la façon dont leurs ancêtres ou eux-mêmes sont arrivés au Canada. Peu importe d'où ils viennent, du Liban, de la Syrie, de l'Irak, de l'Égypte, de la Palestine, du Maroc, de la Jordanie ou d'une dizaine d'autres pays, une des choses que les Canadiens d'origine arabe ont en commun, c'est qu'ils sont venus en quête d'une vie meilleure. Une autre chose qu'ils ont en commun, c'est leur désir de redonner au Canada.
Je fais partie de ce million de Canadiens d'origine arabe. Comme beaucoup d'autres, je suis arrivé au Canada en tant qu'immigrant pour fuir les dangers de la guerre et des bouleversements économiques. Je me suis bâti une vie ici et j'ai fondé une famille. Aujourd'hui, je suis fier de pouvoir redonner à la société en servant tous les Canadiens à la Chambre. Je suis fier de mon héritage, de mes origines arabes, mais je suis encore plus fier d'être Canadien.
C'est donc avec plaisir que je célébrerai le mois d'avril en tant que mois du patrimoine arabe. Je célébrerai les contributions de la culture et du peuple arabes à la société canadienne, mais je ne me laisserai pas définir par le trait d'union que les gens utilisent lorsqu'ils me désignent comme une personne canado-arabe. Lorsque je suis devenu citoyen canadien, j'ai fait le choix de faire pleinement partie de ce pays. Je ne me suis pas engagé en partie, je me suis investi corps et âme.
Comme la plupart des Arabes, j'adore ma terre natale. Ce patrimoine a façonné qui je suis, mais mon présent et mon avenir se trouvent au Canada. Comme le regretté John Diefenbaker, 13e premier ministre du Canada, nous l'a rappelé lors de l'adoption de la Déclaration canadienne des droits en 1960:
Je suis Canadien, un Canadien libre, libre de m'exprimer sans crainte, libre de servir Dieu comme je l'entends, libre d'appuyer les idées qui me semblent justes, libre de m'opposer à ce qui me semble injuste, libre de choisir les dirigeants de mon pays. Ce patrimoine de liberté, je m'engage à le sauvegarder pour moi-même et pour toute l'humanité.
Quand on est Canadien, le trait d'union est superflu. Il n'y a pas de Canadiens de seconde classe. Les origines ethniques et les croyances religieuses n'ont aucune importance. C'est la nature profonde d'une personne qui la définit, pas son histoire. Voilà l'idéal canadien. En tant que citoyens et en tant que nation, nous ne sommes pas toujours à la hauteur de cet idéal. Toutefois, quand nous nous en éloignons, nous nous reprenons. En nous efforçant de toujours faire mieux, nous tirons des leçons de nos erreurs.
Vouloir faire mieux est l'une des raisons pour lesquelles les Arabes veulent venir ici pour faire partie du Canada. Nous venons d'une région où de vieilles rivalités, qui remontent parfois à des milliers d'années, peuvent nuire au progrès. Le Canada offre la possibilité d'un nouveau départ, et les valeurs canadiennes sont aussi des valeurs arabes. Quand on lit la Déclaration canadienne des droits, qui a établi les assises de la Charte des droits et libertés, les valeurs qui ont fondé la société canadienne transparaissent. Ces valeurs m'ont interpellé quand j'étais un nouvel arrivant.
On peut y lire ceci:
Le Parlement du Canada proclame que la nation canadienne repose sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu, la dignité et la valeur de la personne humaine ainsi que le rôle de la famille dans une société [d'individus] libres et d'institutions libres [...]
Puis, elle poursuit ainsi:
Il proclame en outre que les [individus] et les institutions ne demeurent libres que dans la mesure où la liberté s'inspire du respect des valeurs morales et spirituelles et du règne du droit [...]
Comme le reconnaît la Déclaration canadienne des droits:
[...] les droits de l'homme et les libertés fondamentales ci-après énoncés ont existé et continueront à exister pour tout individu au Canada quels que soient sa race, son origine nationale, sa couleur, sa religion ou son sexe:
a) le droit de l'individu à la vie, à la liberté, à la sécurité de la personne ainsi qu'à la jouissance de ses biens, et le droit de ne s'en voir privé que par l'application régulière de la loi;
b) le droit de l'individu à l'égalité devant la loi et à la protection de la loi;
c) la liberté de religion;
e) la liberté de réunion et d'association;
f) la liberté de la presse.
Malheureusement, dans de nombreux endroits du monde, y compris dans certains pays arabes, certains de ces droits ne sont pas offerts aux citoyens. À certains endroits, aucun d'entre eux ne l'est. Il n'est donc pas étonnant que le Canada soit devenu la destination de choix des Arabes en quête d'une vie meilleure. Le manque de libertés dans certains endroits du monde arabe constitue peut-être l'une des raisons pour lesquelles il nous faut le mois du patrimoine arabe. Il faut rappeler aux Canadiens que l'histoire et la culture du peuple arabe sont bien plus vastes que les représentations négatives que l'on trouve trop souvent dans les médias.
Les activités politiques actuelles dans la région ne reflètent pas toujours les valeurs du peuple arabe, tout comme les mesures que prend le gouvernement du Canada ne reflètent pas toujours les valeurs des Canadiens. Le mois du patrimoine arabe serait l'occasion pour ceux d'entre nous qui ont des racines arabes de partager la richesse de notre culture d'une manière plus réfléchie que ce n'est le cas actuellement. Nous pourrions initier d'autres personnes à la richesse de la langue, de la littérature, de la tradition cinématographique et de l'alimentation du monde arabe. Nous le faisons déjà, mais il s'agirait d'une occasion de partager notre culture à plus grande échelle.
Unissons-nous, en tant que Chambre, pour appuyer le projet de loi. Instituons le mois du patrimoine arabe et célébrons les contributions des Canadiens d'origine arabe à ce grand pays. En faisant du Canada leur patrie, ils nous ont enrichis de multiples façons. Qui sont les personnes que nous célébrons avec le projet de loi? Ce sont des employeurs et des employés, des médecins et des infirmières, des athlètes, des chanteurs, des acteurs et des spectateurs. Ils viennent de tous les horizons et de tous les milieux sociaux, mais ils sont unis par leur patrimoine et leur identité commune en tant que Canadiens.
Je suis fier de mon origine arabe et je me réjouis de la création du mois du patrimoine arabe. Je suis encore plus fier d'être Canadien. C'est un grand honneur d'avoir été choisi par mes concitoyens canadiens de toutes origines pour les représenter à la Chambre. Tout en reconnaissant mon héritage, ils m'ont demandé de servir tous les Canadiens et d'affirmer, comme le dit la Déclaration canadienne des droits, « [...] que la nation canadienne repose sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu, la dignité et la valeur de la personne humaine ainsi que le rôle de la famille dans une société d'hommes libres et d'institutions libres [...] ».
En avril prochain, et chaque mois d'avril par la suite, célébrons le mois du patrimoine arabe et les contributions des Canadiens d'origine arabe à notre merveilleux pays. Depuis les années 1880, les Canadiens d'origine arabe enrichissent le Canada en y apportant leurs idées, leur énergie et leurs valeurs, et ils contribuent ainsi à en faire le meilleur pays au monde. Comme je l'ai déjà dit, le Canada montre à quoi peut ressembler une société dans laquelle les gens célèbrent leur patrimoine sans oublier ce qui les unit dans un but commun. Peu importe qui nous sommes et d'où nous venons, célébrons le mois du patrimoine arabe.
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Monsieur le Président, il va de soi que le Bloc québécois est favorable au principe du projet de loi , qui institue le Mois du patrimoine arabe. Le projet de loi S‑227 est une reprise du projet de loi de la 44
e législature, que le Sénat n'avait pas terminé d'étudier au moment de la dissolution en mars 2025. Ainsi, la Chambre a déjà traité du contenu du projet de loi à toutes les étapes du processus législatif entre février 2022 et mars 2023.
Le Bloc québécois a participé au débat et à l'étude en comité de ce projet de loi et a voté en faveur de son adoption. Nous réitérons donc notre appui à la reconnaissance du patrimoine culturel des Québécois et des Québécoises d'origine ou de langue arabe. Le Bloc québécois tient à souligner l'apport exceptionnel des Québécois et des Québécoises d'origine arabe à la société québécoise et à la culture québécoise. Nous souhaitons également rappeler le lien unique qui lie le Québec et les pays du Maghreb sur les plans économique, politique et culturel, comme en témoigne l'Entente de coopération dans les domaines de l'éducation et de la formation entre le gouvernement du Québec et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire.
Le succès des personnes immigrantes admises au Québec dans les dernières années provenant de pays comme l'Algérie, la Tunisie, le Maroc ou la Syrie, attesté par les statistiques, est le signe de l'importance de la maîtrise de la langue française pour assurer le succès de l'immigration au Québec. Le Bloc québécois se rappelle que les lois canadiennes discriminatoires à l'encontre des populations asiatiques, en vigueur de 1910 à 1950, ont eu un impact négatif sur l'immigration arabe, les Syriens étant alors associés à la catégorie asiatique. Nous reconnaissons par là le courage des citoyens d'origine arabe de l'époque, en particulier de celles et ceux qui se sont mobilisés politiquement pour faire évoluer les lois et les mentalités, de même que pour favoriser l'intégration réussie des nouveaux citoyens d'origine arabe.
Finalement, il n'est pas certain que l'histoire des Canadiens arabes et celle des Québécois et des Québécoises d'origine arabe soient la même histoire, en particulier depuis la Révolution tranquille et l'adoption de la Charte de la langue française, en raison précisément du lien particulier qui unit les Québécois de toutes les origines et qui fait notre histoire commune, c'est-à-dire le partage de notre langue française et de la culture québécoise.
Néanmoins, l'histoire du Québec depuis 1882, date de l'arrivée des premiers immigrants arabes à Montréal, à aujourd'hui, faisant également partie de l'histoire du Canada, et les Canadiens d'origine arabe hors Québec ayant également leur histoire propre, le Bloc québécois accueille favorablement la reconnaissance, par la Chambre des communes, du patrimoine arabe et de son apport culturel à nos nations respectives, la nation canadienne tout comme la nation québécoise.
En référant aux Canadiens d'origine arabe ainsi qu'aux communautés arabo-musulmanes, le texte du projet de loi présente un portrait des populations d'origine arabe du Québec et du Canada qui n'est pas tout à fait conforme à la réalité, en suggérant que la diaspora arabe formerait une communauté uniforme dans l'ensemble pancanadien. Cette approche n'est pas surprenante puisqu'elle est conforme à la vision multiculturaliste canadienne qui se représente la population du Canada comme formant une vaste mosaïque culturelle qui ne serait pas influencée par l'existence de nations au sein du Canada. Or, les réalités nationales respectives du Québec et du Canada exercent nécessairement une influence sur l'environnement d'accueil qu'ont connu les vagues successives des personnes immigrantes au fil des décennies.
Si les lois et les politiques d'immigration canadiennes se sont appliquées sur l'ensemble du territoire canadien et ont influencé le rythme de l'immigration des populations arabes dans ce que l'on pourrait appeler l'âge d'or de cette immigration, la volonté explicite du Québec de renforcer ses liens avec les pays du Maghreb et de favoriser l'immigration francophone, exprimée depuis la Révolution tranquille, a nécessairement un impact sur la trajectoire de l'immigration arabe au Québec qui le distingue du reste du Canada. Surtout, le facteur linguistique et culturel — il faut insister là-dessus — suffit à interdire d'assimiler les parcours de vie des Québécois d'origine arabe de ceux des Canadiens d'origine arabe. Dans les faits, ils ne s'intègrent pas à la même société. Les populations immigrantes s'établissant au Canada hors Québec s'intègrent à la société canadienne, c'est-à-dire à la majorité canadienne-anglaise. Les populations immigrantes s'établissant au Québec s'intègrent à la société québécoise, c'est-à-dire à la majorité francophone.
Étant donné les facteurs historiques qui expliquent que de nombreuses populations arabes ont déjà la culture francophone en partage, il est normal que les parcours d'intégration diffèrent selon qu'ils soient vécus au Québec ou au Canada. Il est parfaitement souhaitable de reconnaître le patrimoine culturel des citoyens et des citoyennes d'origine arabe du Québec et du Canada. C'est la raison pour laquelle le Bloc québécois entend appuyer le principe du projet de loi . J'aimerais simplement souligner qu'il n'est pas nécessaire, pour ce faire, d'assimiler les Québécois et les Canadiens comme s'ils faisaient partie d'une seule et même communauté, les « Arabo‑Canadiens », comme le projet de loi semble erronément le suggérer.
Nous nous proposons d'appuyer le projet de loi tout en faisant valoir le plus possible l'apport privilégié des Québécois d'origine arabe à la société québécoise et le rôle névralgique de la langue française dans le succès de leur intégration. Je terminerai en invitant l'ensemble des députés à la Chambre à lire l'ouvrage fort éclairant de Rachida Azdouz qui s'intitule Panser le passé, penser l’avenir: racisme et antiracismes. Il s'agit d'une contribution fondamentale à la conciliation des cultures qui nous démontre toute la richesse de la pensée arabe et toute la richesse de la pensée québécoise.
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Monsieur le Président, je suis heureux de prendre la parole au sujet du projet de loi à l'étude et de parler de la fière histoire des Arabes et des Canadiens d'origine arabe au Canada. Je vais essayer de présenter le contexte qui fait que nous n'avons pas encore de mois du patrimoine arabe au Canada, mais que nous envisageons, en 2025, d'en instituer un.
Mon collègue d' a décrit en détail l'histoire de la communauté — ou plutôt, en fait, des communautés — établies au Canada. À notre connaissance, les Arabes, plus particulièrement des Syriens et des Libanais, ont commencé à arriver en petit nombre au Canada dans les années 1880, mais les véritables vagues d'immigration ont commencé dans les années 1950 et 1960. L'histoire de l'immigration au pays nous a appris qu'avant les années 1960, certains groupes étaient accueillis plus chaleureusement que d'autres au Canada.
La situation des Canadiens d'origine arabe et des Arabes au Canada est particulière. Je m'identifie comme arabe et je sais que c'est aussi le cas de certains députés des deux côtés de la Chambre. Réfléchir au monde arabe demande un peu d'imagination. Le monde arabe est une zone géographique, mais il s'agit d'une zone géographique immense qui commence dans la partie ouest de l'Afrique du Nord et qui se rend jusqu'au Levant et aux terres sacrées, et un peu plus à l'est jusqu'à ce que nous appelons parfois l'Asie occidentale.
Les Canadiens d'origine arabe et les Arabes sont souvent associés à la langue arabe, une très belle langue parlée dans un large éventail de dialectes. Certaines parties de la langue ne sont pas nécessairement mutuellement intelligibles. Comme nous le savons, dans sa forme classique, il s'agit de la langue du saint Coran pour les musulmans et les adeptes de l'Islam, de sorte que nous avons des gens de partout dans le monde qui sont capables de parler l'arabe, même s'ils ne sont pas arabes eux-mêmes.
Le monde arabe est parfois considéré comme une construction géographique. En fait, ma famille est originaire d'Égypte, qui a formé pendant un certain temps une union politique avec la Syrie. Leur confédération a donné naissance à la République arabe unie. Nous formons un groupe géographique, et nous formons en partie un groupe linguistique et un groupe ethnique. Les Arabes et les Canadiens d'origine arabe représentent un état d'esprit. Dans un contexte plus moderne, en particulier après la Seconde Guerre mondiale, il est devenu difficile de ne pas associer les Arabes et les Canadiens d'origine arabe aux enjeux géopolitiques, en particulier au Moyen-Orient.
Vu ce contexte, je pense qu'il est important de valoriser les Arabes et les Canadiens d'origine arabe, quelle que soit l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Voilà pourquoi ce mois est si important. Il est important de faire comprendre aux gens qui ont des origines arabes ou des liens avec le monde arabe que nous les voyons, et que les Canadiens les reconnaissent.
J'ai grandi dans le Nord du Nouveau‑Brunswick dans les années 1970 et 1980. Je me souviens que j'avais le sentiment d'être un peu différent, et j'avais conscience qu'il y avait d'autres Arabes ou Canadiens d'origine arabe autour de moi. Quiconque vivait dans les Maritimes dans les années 1970 et 1980 connaissait Joe Ghiz, l'ancien premier ministre de l'Île‑du‑Prince‑Édouard. Plus tard, il y a eu un lien avec la famille Zed à Saint John.
Si on creuse un peu, on en apprend davantage sur l'histoire fascinante des Arabes et des Canadiens d'origine arabe, non seulement à Saint John, mais aussi en Nouvelle‑Écosse, en particulier au Cap‑Breton. Des liens très fascinants se sont tissés au cours des dernières décennies entre les Arabes, les Juifs et les chrétiens dans ce qui pourrait être considéré comme des lieux improbables d'harmonie interconfessionnelle dans des endroits comme Sydney, en Nouvelle‑Écosse.
Cette histoire n'était pas accessible à ceux d'entre nous qui avaient un lien quelconque avec une identité arabe. Elle était encore moins accessible aux gens s'ils avaient de l'arabe sous les yeux. Comme nous le savons, de nombreuses communautés de nouveaux immigrants et de nombreux groupes d'immigrants pionniers qui viennent au Canada n'ont pas accès à des cours de langue. Il arrive souvent, comme ce fut le cas dans ma famille, qu'un père ne transmette pas l'arabe à ses enfants.
Je tiens à parler de cette question d'un point de vue personnel. Comme c'est le cas pour beaucoup de groupes d'immigrants — et de nombreux sont représentés à la Chambre —, qu'ils viennent d'arriver ici ou qu'ils soient arrivés il y a longtemps, notre relation avec notre identité est complexe, et nous n'apprenons des choses à son sujet que lorsqu'on nous raconte son histoire.
Dans le cas de notre famille, mon père, Makram Wissa Henein El-Bardeesy, est né en 1928. Sa famille venait d'une région appelée la Haute-Égypte, c'est-à-dire la partie sud de l'Égypte, qui est la plus haute étendue terrestre le long du Nil. Pour ce qui est de la question complexe de savoir si les Arabes sont des gens d'un groupe ethnique, d'une catégorie raciale ou d'une nation en particulier qui ont une identité commune, nous croyons que les ancêtres de mon père faisaient partie des premiers peuples qui se trouvaient dans le delta du Nil. D'ailleurs, l'Égypte a été colonisée en partie par des gens venus de la région géographique qu'on appelle l'Arabie.
Mon père faisait partie d'une famille de quatre enfants. Son père était fonctionnaire, et sa mère était femme au foyer. Ils étaient de confession chrétienne. Bien que les Arabes soient majoritaires dans le monde musulman, il existe comme on le sait des chrétiens arabes, des juifs d'origine arabe et ainsi de suite. La famille de mon père a déménagé au Caire et, comme dans tant d'histoires d'immigrants et tant de récits sur les avancées de la richesse économique et des sociétés après la Seconde Guerre mondiale, ses membres ont pu faire des études.
Les frères de mon père sont devenus pharmaciens, et mon père est devenu médecin. Il s'est installé dans un pays qui entretenait des liens étroits avec l'Égypte dans les années 1950: le Soudan. Il y a pratiqué la médecine familiale. Il était le seul médecin là où il travaillait au Soudan, à une période où l'Égypte et le Soudan entretenaient des relations.
Le contexte migratoire et la situation politique en Égypte à cette époque ont finalement incité mon père à aller poursuivre ses études en Grande‑Bretagne, où il a rencontré ma mère. Après plusieurs déménagements, ils se sont installés en Égypte, où ils sont restés jusque peu après la guerre du Kippour, la guerre d'octobre 1973, lorsque, pour la dernière fois espérons-le, l'Égypte et Israël se sont retrouvés en conflit armé.
Comme tant d'autres groupes d'immigrants, la diaspora arabe est un groupe dont les membres sont souvent ici à cause de la guerre ou parce qu'ils la redoutaient. C'était sans conteste le cas de mes parents. Ils ont émigré avec mes deux frères aînés alors qu'ils étaient encore jeunes et ils ont eu la chance de pouvoir s'installer à St. John's, à Terre‑Neuve, puis à Bathurst, au Nouveau‑Brunswick.
L'identité et la culture arabes sont fortes, mais il faut les mettre en valeur, les faire connaître et les célébrer. Nous savons qu'il existe certains préjugés qui remontent à loin dans l'histoire et que les médias populaires peuvent contribuer à les renforcer, en particulier à l'égard des Arabes et des Canadiens d'origine arabe. Il n'est pas nécessaire de remonter très loin dans le temps pour se souvenir de certaines représentations culturelles particulièrement préjudiciables de ce qu'était et n'était pas un Arabe. On en a vu dans les films hollywoodiens des années 1980, 1990 et surtout 2000, après les attentats aberrants du 11 septembre 2001.
Quand je rencontre un autre Arabe ou un autre Canadien d'origine arabe, je dois me livrer à un certain exercice d'interprétation. Je dois en apprendre un peu plus sur la personne, puis je finis par découvrir qu'elle est arabe ou arabo-canadienne. Il y a un véritable sentiment d'appartenance. Je sais que, à certains endroits au Canada, cette approche ne demande pas beaucoup d'efforts, car les gens sont suffisamment nombreux, qu'il s'agisse de Canadiens d'origine libanaise, égyptienne, irakienne ou syrienne ou encore d'autres groupes arabes qui ont pu se rassembler et s'installer en nombre suffisant.
Toutefois, eux aussi ont besoin d'être valorisés et d'avoir la confirmation que leur culture, quelle qu'elle soit à leurs yeux, est une culture riche qui mérite d'être reconnue. Ils ont besoin de se faire dire que nous les considérons comme des Canadiens d'origine arabe et que nous reconnaissons la richesse de leur histoire qui, je le rappelle, remonte au XIXe siècle, ainsi que leur attachement à faire vivre leur culture au Canada. C'est pourquoi je suis en faveur du projet de loi.
Je tiens à remercier mon collègue d'. Il a lui-même une histoire familiale fascinante qui trouve son origine dans le monde arabe, en l'occurrence au Yémen. Je le remercie sincèrement et je remercie tous les députés qui seront intervenus sur ce sujet aujourd'hui.
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Monsieur le Président, c'est toujours un honneur et un immense privilège de prendre la parole à la Chambre en tant que député de Windsor‑Ouest, une collectivité connue pour sa générosité, sa diversité et son profond sentiment d'appartenance. Représenter mes concitoyens est l'une des plus grandes responsabilités de ma vie, et je suis le porte-étendard de leurs histoires, de leurs espoirs et de leurs aspirations chaque fois que je prends la parole à la Chambre.
Aujourd'hui, je suis fier de prendre la parole pour appuyer le projet de loi d'initiative parlementaire , qui vise à désigner le mois d'avril comme le mois du patrimoine arabe au Canada. Ce projet de loi est parrainé à l'autre endroit par le sénateur Al Zaibak et, ici, par mon collègue d'.
Je tiens également à remercier le député d' et le pour leur travail sur des projets de loi semblables dans le passé.
Le projet de loi a une signification profonde. Il reconnaît une communauté qui façonne la vie canadienne depuis plus d'un siècle et qui continue d'enrichir notre pays chaque jour par ses nombreuses contributions. En tant que personne de confession sikhe dont la communauté célèbre également le Mois du patrimoine sikh en avril, je comprends le pouvoir d'une telle marque de reconnaissance. Je sais ce que cela signifie pour les communautés de se sentir vues et célébrées, alors je me réjouis d'avoir la chance de partager ce mois avec mes amis de la diaspora arabe.
À Windsor, l'histoire de la communauté arabe est aussi longue que riche. Les premiers colons libanais sont arrivés à la fin des années 1800 et ont commencé à jeter les bases d'une communauté qui s'est développée, s'est épanouie et est devenue l'une des pierres angulaires de la région. En 1924, il y a plus de 100 ans, ils ont construit l'église Saint‑Pierre sur la rue Niagara, un lieu d'identité confessionnelle, familiale et culturelle. En 1960, la ville a accueilli sa première mosquée, construite par des familles arabes qui souhaitaient un lieu où leurs enfants pourraient apprendre, se rassembler et prier. Ces institutions sont encore aujourd'hui des symboles de leur courage, de leurs sacrifices et de leur détermination à bâtir une vie meilleure dans une nouvelle patrie.
Au fil des générations, les gens d'origine arabe de Windsor ont apporté une contribution extraordinaire à la région. Nous en avons eu la preuve dans le leadership de l'ancien maire Eddie Francis, le plus jeune maire de l'histoire de Windsor, dont le mandat historique a contribué à moderniser la ville et à en faire une collectivité avant-gardiste propice à la croissance et au renouvellement. Nous en avons eu la preuve dans le dévouement de professionnels de la santé comme le Dr Tayfour et le Dr Osman Tarabain, dont le travail et les efforts philanthropiques ont profité à tous les résidants de la région.
Nous honorons tout particulièrement la mémoire du regretté Dr Jasey, un homme remarquable dont la compassion et l'engagement envers ses patients ont touché d'innombrables familles de Windsor‑Essex. Son legs sera une source intarissable de fierté et de gratitude pour sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, ainsi que pour les nombreuses personnes dont il s'est occupé.
Ce ne sont là que quelques-unes des personnes que je pourrais nommer. Parmi les Canadiens d'origine arabe de Windsor, il y a des médecins qui sauvent des vies, des entrepreneurs comme Tony Sleiman, de Vengeance Power, Rabia Kirma, de la We Care Association of Windsor, et bien d'autres personnes qui créent des emplois. Il y a des enseignants qui inspirent des gens et des philanthropes qui donnent généreusement sans jamais chercher la reconnaissance. Il y a des policiers comme le sergent Oliver Jibrail, du service de police de LaSalle, qui est arrivé d'Irak quand il était jeune garçon et qui sert maintenant la collectivité.
Ce sont des familles qui ont bâti nos quartiers et nos institutions locales et qui ont contribué à élever des générations de citoyens engagés et bienveillants dans un pays uni. Leurs valeurs, leur dévouement à la foi, leur amour de la famille, leur générosité, leur dur labeur et leur service à la collectivité sont les valeurs mêmes qui ont bâti ce pays. Ce sont des valeurs qui m'interpellent profondément et qui interpellent de nombreux ménages conservateurs de Windsor et, en fait, de partout au Canada.
C'est pourquoi le mois du patrimoine arabe est important. Il ne s'agit pas simplement d'un geste symbolique. C'est l'occasion pour les Canadiens de découvrir et d'honorer la diversité des cultures, des langues, des traditions et des histoires qui façonnent les communautés arabes du Liban, d'Égypte, de Syrie, d'Irak, de Palestine, de Jordanie, du Yémen, du Maroc et de tant d'autres pays. C'est le moment de reconnaître que l'histoire des Canadiens d'origine arabe n'est pas celle d'un seul groupe, mais de nombreux groupes, qu'ils soient chrétiens, musulmans, juifs, zoroastriens, druzes ou issus de divers horizons, qui ont tous des valeurs communes et un engagement profond envers un Canada unifié.
À Windsor, nous savons d'expérience à quel point la communauté arabe contribue à notre vie commune. Il suffit de se promener dans les quartiers, de visiter les restaurants et les magasins, de discuter avec les commerçants locaux ou de se rendre dans les hôpitaux pour constater que cette communauté sert, soigne, construit, enseigne et dirige. Elle laisse sa marque partout, et ce, de la plus belle manière.
Je tiens à remercier les membres de la communauté arabe de Windsor-Ouest et de tout le Canada. Je les remercie de leur leadership, de leur générosité, de leur résilience et de leur engagement à bâtir un Canada plus fort pour tous. Leur histoire est aussi celle de Windsor et du Canada. Ils contribuent à rendre notre pays meilleur.
Comme je suis de ceux qui, en avril, célèbrent le Mois du patrimoine sikh, je peux vraiment dire que j'ai hâte de pouvoir également célébrer le mois du patrimoine arabe avec mes amis canadiens d'origine arabe. Au mois d'avril, nos deux communautés peuvent très bien célébrer ensemble leur fierté, se rendre mutuellement hommage et envisager de bâtir ensemble un avenir fondé sur l'amitié et le respect mutuel dans ce pays, le Canada.
Je suis fier d'appuyer ce projet de loi. Faisons du mois d'avril l'occasion de célébrer la communauté arabe, une communauté qui a tant donné au Canada et qui continue de nous inspirer tous les jours.
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Monsieur le Président, je me joins à mes collègues pour appuyer l'excellent projet de loi à l'étude. Le député d' nous a tous fait un cadeau lorsqu'il a présenté ce projet de loi avec la collaboration du Sénat.
Je pense qu'il est vraiment important de reconnaître qu'il y a probablement un peu plus de 1 million de personnes d'origine arabe au Canada. Cette communauté connaît une réelle croissance dans certaines régions et elle est solidement établie un peu partout au pays. Je pense à des collectivités comme celles du Sud de l'Ontario et d'Edmonton. L'Ontario, le Québec et le Manitoba comptent d'importantes communautés arabes. C'est pourquoi j'apprécie sincèrement le projet de loi.
Mon ami et collègue a parlé d'Albert El Tassi, que j'ai appris à connaître au fil des ans. J'ai toujours pensé qu'il aurait fait un excellent lieutenant-gouverneur pour le Manitoba. C'est tout simplement un Canadien d'ascendance arabe exceptionnel. Il était très heureux de nous en parler, à moi et à beaucoup d'autres.
Le Canada est riche d'une grande diversité. C'est indéniable. Quand je m'exprime au sujet de la communauté arabe ou d'autres communautés culturelles, je dis que le Canada est dans une meilleure position que pratiquement tous les autres pays du monde grâce à sa diversité.
Je réfléchis à ce que nous pourrions faire pour aller de l'avant. Je désapprouve la manière dont les États‑Unis gèrent le multiculturalisme, si je peux m'exprimer ainsi, mais je suis très fier de la manière dont nous gérons cette question. Par conséquent, quand j'envisage la célébration d'un mois du patrimoine, j'y vois beaucoup d'aspects positifs. Cela permettrait aux personnes issues de la communauté arabe ou d'origine arabe qui vivent au Canada et qui considèrent aujourd'hui le Canada comme leur patrie de célébrer une partie de leur identité, d'honorer leurs ancêtres, et cetera. Voilà une façon de voir les choses.
À mon avis, il serait également opportun, à plus forte raison, de considérer les mois du patrimoine comme un outil éducatif. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, j'étais très investi dans le secteur du tourisme au Manitoba, mais également dans celui de l'immigration et dans d'autres domaines. J'ai pu constater l'importance de l'éducation dans la lutte contre le racisme. C'est là que réside la véritable valeur de l'éducation. C'est quelque chose de tangible et de réel.
En ce qui concerne l'éducation dans les salles de classe, si nous adoptions ce projet de loi, chaque année, en avril, toutes les écoles du pays auraient l'occasion de souligner le mois du patrimoine arabe et d'organiser des activités sur ce thème. Chaque fois qu'un membre d'un conseil de parents, un enseignant, un enfant du Liban ou ses parents nés au Liban et ayant immigré au Canada récemment, ou quelqu'un vivant ici depuis des générations manifesterait de l'intérêt, des personnes d'origine arabe pourraient raconter leurs expériences et aider à renseigner les autres dans le cadre d'un programme, d'une célébration ou de quoi que ce soit d'autre en milieu scolaire. Je pense que ce serait bon pour nous tous.
Des événements pourraient aussi être planifiés dans le milieu de travail. De nombreuses grandes entreprises ont une main-d'œuvre qui apprécie la diversité que le Canada a à offrir. Nous savons qu'il y a de nombreux athlètes, des professionnels de la santé et des entrepreneurs; dans tous les secteurs de notre société auxquels on peut penser, il y a d'éminents Canadiens d'origine arabe.
À mon avis, au bout du compte, nous en bénéficions tous, que ce soit dans un environnement de travail, dans un milieu communautaire comme un centre communautaire ou dans une salle de classe. Lorsque nous avons l'occasion d'enrichir nos connaissances et de célébrer notre patrimoine, je considère que c'est une chose très positive.
Le patrimoine du Canada évolue chaque jour, et, ce qui fait notre force, c'est que nous reconnaissons les Premières Nations, les peuples autochtones en général, les gens d'origine française, les gens d'origine anglaise et les gens de partout dans le monde. C'est ce qui, en fin de compte, crée un sentiment d'identité. Cette identité est ancrée dans ce que nous sommes en tant que pays et dans les valeurs que nous défendons.
Quand je pense aux valeurs canadiennes, je pense notamment aux droits de la personne, qu'il s'agisse d'être conscient de ce que nous devons améliorer ici, au Canada, ou de ce qui doit l'être à l'étranger. En raison de notre diversité, je dirais même que nous sommes dans une excellente position pour montrer la voie au monde, ou à tout le moins jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale en ce qui concerne la promotion et l'instauration de la paix, des droits de la personne et même de choses comme les échanges commerciaux.
Le s'est rendu au Moyen-Orient et il a dit que nous souhaitons favoriser les échanges commerciaux. Winnipeg dispose d'un atout naturel. Qu'il s'agisse du parrain du projet de loi qui évoque des liens avec l'Afrique, des députés qui ont des liens solides avec le Moyen‑Orient ou des chefs d'entreprise et des entrepreneurs dont j'ai parlé, nous mettons notre diversité au service des missions de paix, des missions commerciales et de l'entraide. Ce faisant, nous apportons notre pierre à l'édifice.
Chaque été, pendant deux semaines, Winnipeg vibre au rythme de Folklorama. De pavillon en pavillon, les festivaliers découvrent tout un monde de cultures. Si les députés veulent se faire une idée de notre diversité, je les encourage à profiter de la belle saison pour venir à Winnipeg, s'immerger dans cette mosaïque culturelle et constater à quel point le Canada est un pays diversifié et magnifique.
En tant que pays, il y a plusieurs problèmes que nous devons surmonter, et certains d'entre eux sont très délicats. Le député qui a pris la parole avant moi a parlé du Mois du patrimoine sikh. En tant qu'assemblée législative, nous avons jugé qu'il était dans l'intérêt du Canada de désigner certains jours, certaines semaines et, dans des cas comme celui-ci, certains mois pour pouvoir célébrer — et j'ajoute toujours le mot « sensibiliser » — afin de nous attaquer à certains de ces problèmes délicats. Qu'on le veuille ou non, il y a du racisme. Il y a certains aspects sur lesquels nous devons travailler pour promouvoir la tolérance.
J'ai parlé du Mois du patrimoine sikh et du Mois du patrimoine philippin. Je sais que d'autres députés ont invité d'autres communautés à parler de l'importance des célébrations. Je crois en toutes ces célébrations et en la reconnaissance de ce que les gens ont à offrir.
Là où je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'un des députés d'en face, c'est qu'il n'y a rien de mal à dire que l'on est Canadien d'origine arabe. Cela ne me dérange pas du tout, tout comme cela ne me dérange pas que les gens disent qu'ils sont Canadiens d'origine philippine, indienne ou autre. Ce sentiment de fierté nous permet d'enrichir notre diversité et notre éducation. C'est quelque chose qui, à mon avis, se produit lorsque nous organisons des célébrations comme le mois du patrimoine.
J'ai remarqué que les motions ou les projets de loi de cette nature bénéficient toujours d'un appui considérable de l'ensemble des députés. Cela en dit long sur le type de société dans laquelle nous vivons. Je pense que le député d' aura le bonheur de voir cette mesure adoptée à l'unanimité, comme elle l'a été au Sénat.